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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:42

 

https://www.paris-luttes.info/1er-janvier-1894-suite-au-vote-des-7313

 

Lundi Premier Janvier 1894, suite au vote des lois scélérates, la répression s’abat contre les anarchistes français.

 

Dimanche Premier Janvier 2017

 

Durant l’année 1892 une série d’attentats à la bombe perpétrés par Ravachol inaugure un ensemble d’actions qui visent à déstabiliser le pouvoir en attaquant directement ses détenteurs.

Cette année là de nombreuses actions violentes sont menées, vol de dynamite à Soisy-sous-Etiolles, attentat, le 11 mars 1892 au 136 boulevard Saint-Germain habité par un conseiller à la cour d’appel, le 13 mars 1892, une bombe est découverte sur une fenêtre de la caserne Lobau, le 27 mars 1892, une nouvelle explosion vise le domicile de l’avocat général Léon Jules Bulot. Toutes ces actions sont menées par des anarchistes convaincus de la propagande par le fait.

La propagande par le fait proclame le fait insurrectionnel et vise à sortir du terrain légal pour passer à une période d’action et de révolte permanente, la seule voie menant à la révolution.

Les actions de propagande par le fait sont diverses et visent à provoquer une prise de conscience populaire. Il peut s’agir d’attentats, d’actions de récupération et de reprise individuelle ou encore d’expéditions punitives, de sabotage et de boycott.

En Europe dès 1881, plusieurs attentats son menés avec succès. Les plus fameux d’entre-eux déclencheront de nombreuses vagues de répressions contre les anarchistes et les milieux contestataires en général. En Allemagne, l’empereur Guillaume Premier est victime de deux tentatives d’assassinat. Le chancelier Otto von Bismarck prend alors prétexte de ces événements pour faire passer des lois contre les socialistes. En Russie, le tsar Alexandre II est assassiné par un groupe anarchiste, le 13 mars 1881. La réaction mettra alors en place une nouvelle police politique de sécurité, l’Okhrana.

C’est dans ce contexte que, le 9 décembre 1893, Auguste Vaillant lance une bombe de la tribune à la chambre des députés. Ces événements suscitent l’inquiétude et les journaux républicains radicaux comme les feuilles conservatrices réclament des mesures d’exception.

Dès le 12 décembre 1893, à la suite de l’attentat à la chambre, les députés adoptent en une série de lois liberticides, dites lois scélérates.

La première abroge les garanties conférées à la presse et fait désormais juger les délits d’opinion au tribunal correctionnel.

La seconde, concerne les associations de malfaiteurs et vise particulièrement les groupes anarchistes. C’est une loi qui permet d’inculper tout membre ou sympathisant sans faire de distinction. Elle encourage également à la délation. Elle est votée le 18 décembre 1893.

La troisième, le 28 juillet 1894, vise directement les mouvements anarchistes en les nommant et en leur interdisant tout type de propagande. De nombreux journaux anarchistes comme Le Père Peinard sont alors interdits.

Cette série de dispositions législatives viole les principes du droit d’expression et de la liberté de la presse et elles criminalisent les individus qui, au moindre soupçon, deviennent passibles des travaux forcés. Ces mesures permettront des milliers de perquisitions et d’arrestations. Des séries de listes nominatives sont dressées sur demande de l’état par des agents zélés afin de répertorier les individus soupçonnés de sympathies libertaires.

Louis Lépine est alors préfet de Paris et du département de la Seine.

Inventeur de la brigade criminelle, des permanence dans les commissariats, de la brigade fluviale et des brigades cyclistes, et fervent supporter des méthodes scientifiques d’enquêtes criminelles, il supervise les rafles d’anarchistes en région parisienne.

Face à la répression, quelques voix s’élèvent pour protester dont la plus célèbre est celle de Jean Jaurès, mais aussi celles d'Emile Pouget et de Léon Blum. Jean Jaurès prononce un discours à la chambre, le 30 avril 1894, où il dénonce la politique répressive du gouvernement, la censure du Père Peinard et la disparité de la répression avec d’un côté la censure des journaux et des députés socialistes et de l'autre côté la tolérance de discours violents de certains catholiques et réactionnaires. Il y dénonce également l’usage d’agents provocateurs par les forces de police.

« C’est ainsi que vous êtes obligés de recruter dans le crime de quoi surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère et dans l’anarchie de quoi surveiller l’anarchie. Et il arrive inévitablement que ces anarchistes de police, subventionnés par vos fonds, se transforment parfois, comme il s’en est produit de douloureux exemples que la chambre n’a pas pu oublier, en agents provocateurs ».

Il se réfère dans cette citation à Marius Tournadre, qui avait proposé aux ouvriers de Carmaux lors des grèves de 1892, de l’argent pour acheter de la dynamite. On découvrira chez lui lors de perquisitions deux lettres, l’une du baron de Rothschild, l’autre de la duchesse d’Uzès incitant à penser qu’il agissait pour leur compte.

Le 25 juillet 1894, Jean Jaurès dénonçait aussi la promiscuité entre parlementaires et milieux d’affaire.

« Est-ce que vous vous imaginez », a-t-il pu s’écrier, « qu’il y a eu quelqu’un qui n’ait pas pu être touché, remué et bouleversé dans sa conscience si isolé que vous le supposiez, lorsque pendant six mois, tout ce pays et toute cette chambre ont été suspendus à la dramatique discussion de l’affaire que vous connaissez bien, lorsque le pays a appris tout à coup que, sur les centaine de millions qu’il avait versés, près des deux tiers avaient été gaspillés d’une façon criminelle, quand il a pu voir que cette corruption capitaliste et financière avait voisiné avec les pouvoirs publics et que le parlement et la finance causaient dans les coins et trinquaient ensemble ».

Après le vote de la première loi scélérate, la répression ne se fait pas attendre. Lundi Premier Janvier 1894, Jean Casimir-Périer, président du conseil, David Raynal, ministre de l’intérieur, et Antonin Dubost, ministre de la justice, ont les pleins pouvoirs pour agir. Les commissaires de police perquisitionnent mandat en main les anarchistes connus dans toute la France. Ainsi commence le Lundi Premier Janvier 1894 une véritable rafle.

A la fin de la journée, deux mille perquisitions auront été effectuées dont il résultera soixante arrestations. L’état va poursuivre durant l’année 1894 une intense répression contre les idées anarchistes et ceux qui s’en réclament.

La vague d’arrestations se poursuit tout au long de l’année, Paul Bernard, Charles Chatel, Ivan Agueli, Sébastien Faure, Félix Fénéon, Jean Grave, Louis Matha et Elisée Bastard, sont ainsi emprisonnés.

Du premier janvier 1894 au 30 juin 1894, quatre cent vingt six personnes, dont vingt neuf ne purent être arrêtées, furent jugés sous l’accusation « d’association de malfaiteurs ». Ceux qui échapperont à ces rafles entrent alors dans la clandestinité ou fuient à l’étranger. C’est ainsi que Louise Michel, Charlotte Vauvelle, Achille Vauvelle, Charles Malato, Emile Pouget, Jacques Prolo, Constant Martin, Lucien Pemjean, Augustin Hamon, Zo d’Axa et bien d’autres s’exilent en Angleterre. Une partie des militants arrêtés durant ces rafles seront jugés lors du procès des trente.

Le 6 août 1894, à Paris, devant la cour d’assises de la Seine, trente personnes sont jugées, mais seulement vingt-cinq sont effectivement au procès, les autres sont en exil. Des anarchistes connus comme des détenus de droit commun se retrouvent alors sur les bancs de la justice accusés d’affiliation à une association de malfaiteurs. La censure s’exerce encore un peu plus lorsque la cour décide qu’il sera interdit de reproduire les interrogatoires de Jean Grave et de Sébastien Faure de peur que cela ne soit employé par le mouvement pour faire de la propagande via les récits du procès dans les journaux.

Le 12 août 1894, c’est la fin de ce procès visant à justifier les mesures de répression. L’avocat général s’emploie sans succès à soutenir l’accusation.

Les prévenus, dont certains ne se connaissant même pas, n’eurent aucun mal à réfuter l’accusation. Les jurés prononcent, malgré tous les efforts de l’état pour réprimer le mouvement, un acquittement général sauf à l’encontre des trois prévenus coupables de vols qui écopent de plusieurs années de bagne.

Paul Reclus, Alexandre Cohen, Constant Martin, Louis Duprat et Emile Pouget, absents au procès, ils sont en exil pour fuir la répression, quant à eux, seront condamnés par défaut, le 31 octobre 1894, à vingt ans de travaux forcés.

En dépit de ce désaveu par les jurés de la politique de répression visant à criminaliser et étouffer toutes velléités contestataires, et notamment libertaires, la loi du 28 juillet 1894 ne sera abrogée que le 23 décembre 1992.

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 20:04

 

L'état d'urgence en Turquie devrait être prorogé de trois mois (Reuters)

 

Le parlement turc devra voter cette semaine sur une nouvelle prorogation de trois mois de l'état d'urgence, a annoncé Mardi 3 Janvier 2017 le premier ministre Binali Yildirim lors d'un discours devant les députés de sa formation, le parti de la justice et du développement (AKP).

L'état d'urgence, instauré pour trois mois après le coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016, a été une première fois prorogé de trois mois au mois d'octobre 2016. Il autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance sans passer par le parlement et à limiter ou suspendre les droits et libertés s'il l'estime nécessaire.

La commission de Venise, un organe consultatif du conseil de l'Europe, a estimé le mois dernier que la mise en oeuvre de l'état d'urgence échappait à tout contrôle judiciaire et violait le droit turc et international, en raison notamment du nombre très important d'arrestations arbitraires au sein de la fonction publique.

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 19:55

 

Première séance agitée au nouveau congrès des Etats-Unis (Reuters)

 

Le nouveau congrès américain issu des élections du Mardi 8 Novembre 2016 a vécu Mardi 3 Janvier 2017 une première séance houleuse qui a fait apparaître des tensions entre les élus républicains de la chambre des représentants et Donald Trump, pourtant issu lui aussi du Grand Old Party.

Le futur président des Etats-Unis, qui sera investi le 20 janvier 2017, a sommé la majorité républicaine de la chambre basse du congrès de revenir sur une décision adoptée la veille à huis clos visant à rogner les prérogatives de l’Office of Congressional Ethics (OCE).

Créé en 2008 sous majorité démocrate à la suite de plusieurs scandales de corruption, l'OCE est un organisme indépendant et bipartisan chargé d'enquêter sur les allégations d'inconduite portées contre des élus, des fonctionnaires ou des assistants parlementaires de la chambre des représentants.

L'annonce de cette décision a été dénoncée par la présidente du groupe démocrate, Nancy Pelosi, à l'origine de la création de l'OCE, qui a déploré dès Lundi 2 Janvier 2017 que « la déontologie soit évidemment la première victime du nouveau congrès à majorité républicaine ».

Mais Donald Trump, qui a promis lors de la campagne « d’assécher le marécage » de Washington et d'y rétablir l'éthique, n'a lui non plus guère apprécié la décision et l'a fait savoir Mardi 3 Janvier 2017 en écrivant sur son fil Twitter « qu’avec tout le travail qui attend le congrès, avaient-ils vraiment besoin de faire de l'affaiblissement de l'office indépendante de supervision de la déontologie, aussi injuste puisse-t-il être, leur première initiative et priorité. Focalisez-vous sur la réforme fiscale, la santé et tant d'autres choses d'une tout autre importance », a-t-il ajouté.

Avant même la sortie du président élu, d'autres républicains parmi lesquels des ténors du parti s'étaient émus de l'initiative. Le tweet de Donald Trump a entraîné une réunion de crise. Et le président élu a obtenu gain de cause. La décision a été enterrée, a fait annoncer dans la journée Paul Ryan, par ailleurs réélu président de la chambre des représentants.

Mais ce couac a fait passer au second plan, du moins momentanément, les premiers pas d'une majorité républicaine qui entend bien profiter de son contrôle sur les deux chambres du cent quinzième congrès des Etats-Unis pour annuler une partie des réformes du démocrate Barack Obama dans le domaine de la santé, de la finance et de l'environnement.

Au sénat, le républicain Mike Enzi, élu du Wyoming et président de la commission budgétaire, a déposé une résolution autorisant l'abrogation de l'Obamacare, la réforme de l'assurance maladie qui constitue l'une des principales réalisations de Barack Obama.

La mesure est encore très symbolique et les républicains, qui estiment que le processus pourrait durer des mois, n'ont pas finalisé leur projet de contre-réforme.

« Les gens doivent se souvenir que l'Obamacare ne fonctionne tout simplement pas et qu'elle n'est pas abordable. C'est une santé lamentable », a écrit Donald Trump sur Twitter.

Du côté du parti démocrate, on n'entend pas laisser la nouvelle administration défaire cette réforme emblématique de la présidence de Barack Obama dont la Maison Blanche dit qu'elle a permis d'assurer vingt millions d’américains jusque-là privés de couverture maladie.

Dès Lundi 2 Janvier 2017, Nancy Pelosi et Steny Hoyer, son numéro deux, ont annoncé le lancement d'une campagne de mobilisation qui mettra l'accent sur les répercussions de son abrogation. « Nous allons lutter comme jamais pour la protéger », a déclaré Steny Hoyer.

Barack Obama a prévu pour sa part de réunir Mercredi 4 Janvier 2017 à la Maison Blanche les parlementaires démocrates pour réfléchir à la stratégie à adopter pour contrer les attaques républicaines.

Outre l'abrogation de la loi santé, les républicains veulent aussi revenir sur la législation visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Ils veulent aussi lever des garde-fous instaurés dans le monde bancaire par la loi de Christopher Dodd et de Barney Frank après la crise financière de 2008.

Le sénat doit en outre s'atteler aux audiences de confirmation des personnalités, parfois controversées, choisies par Donald Trump pour constituer le futur gouvernement et la haute fonction publique.

Le sénateur républicain John Mac Cain a prévenu que Rex Tillerson, qui était Président Directeur Général (PDG) d'Exxon Mobil avant d'être choisi par le futur président comme chef de la diplomatie américaine, allait devoir s'expliquer sur ses relations avec le président russe Vladimir Poutine.

John Mac Cain a qualifié ce dernier de voyou et de meurtrier.

De même, les démocrates devraient exprimer leur opposition à la nomination du très conservateur Jeff Sessions au poste de ministre de la justice, en raison notamment de ses positions contre l'immigration.

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 21:01

 

Décision Mercredi 4 Janvier 2017 sur un report du procès de Teodorin Obiang (Reuters)

 

Le tribunal correctionnel de Paris se prononcera Mercredi 4 Janvier 2017 sur l'opportunité de reporter le procès du fils aîné du président de la Guinée Equatoriale, Teodorin Obiang, pour ses biens présumés mal acquis en France, comme l'a demandé sa défense.

Lundi 2 Janvier 2017, le procès de l’ancien ministre de l’agriculture et des forêts, désormais vice-président de la Guinée Equatoriale, s'est ouvert en son absence, le prévenu estimant ne pas avoir été correctement cité à comparaître.

Ses avocats, qui considèrent ne pas avoir eu assez de temps pour préparer sa défense, ont demandé un renvoi des audiences.

« Teodoro Nguema Obiang Mangue n'est pas un voyou, il n'est pas un bandit de grand chemin », a plaidé l'un de ses conseils, Emmanuel Marsigny. « Il n'entend pas fuir ses responsabilités. Il entend simplement être en mesure de faire valoir tous les moyens de droit pour sa défense », a-t-il ajouté.

Mais les parties civiles comme le parquet national financier ont fustigé des manœuvres dilatoires.

« Ordonner un renvoi, ce serait récompenser une stratégie de mauvaise foi », a déclaré William Bourdon, qui représente Transparency International France, à l'origine de l'affaire.

« Nous arrivons au summum de ce qui peut être fait en matière de demandes dilatoires », a renchéri le procureur Jean-Yves Lourgouilloux, soulignant que la comparution est un devoir.

Le procès de Teodorin Obiang, le premier en France sur des biens présumés mal acquis par des chefs d’états africains ou leur entourage, est théoriquement prévu jusqu'au Jeudi 12 Janvier 2017.

Poursuivi pour blanchiment de corruption, détournement de fonds publics et abus de bien social, Teodorin Obiang encourt jusqu'à dix ans d'emprisonnement et au moins cinquante millions d'euros d'amende.

En matière de blanchiment, le tribunal peut en effet prononcer une amende allant jusqu'à la moitié des sommes blanchies, évaluées ici à au moins cent millions d'euros.

Teodorin Obiang conteste tout délit et assure avoir acquis son patrimoine français avec de l'argent légalement gagné dans son pays.

« Sur le fond, il ne craint pas du tout cette audience », assure Emmanuel Marsigny.

Mais sur la forme, ses avocats dénoncent la précipitation avec laquelle le Parquet National Financier (PNF) a selon eux géré le dossier. « Si l'affaire n'est pas renvoyée, je quitterai le procès », a dit Emmanuel Marsigny à Reuters avant l'audience.

La présidente du tribunal, Bénédicte de Perthuis, a souligné que le délai dans lequel le procès avait été organisé était tout à fait habituel.

Elle a en revanche indiqué qu'elle s'interrogeait sur les conséquences, pour ce procès, d'une procédure en cours devant la Cour Internationale de Justice (CIJ).

Le 7 décembre 2016, la CIJ, qui siège à La Haye, s'est déclarée incompétente pour juger une requête de la Guinée Equatoriale visant à faire cesser toutes les poursuites contre Teodorin Obiang.

Mais elle a aussi reconnu, provisoirement, qu'un hôtel particulier de l'avenue Foch, au coeur de l'enquête française, était susceptible d'être couvert par l'immunité diplomatique, et interdit à l’état français d'exécuter sa confiscation, dans l'attente d'une décision sur le fond du dossier qui ne sera prise que dans deux à trois ans, selon les parties civiles.

« Est-ce que le tribunal sera en mesure de choisir une peine en sachant qu'elle ne sera pas exécutée », s'est interrogée Lundi 2 Janvier 2017 Bénédicte de Perthuis, évoquant la possibilité de demander son avis au ministère français des affaires étrangères.

D'après l'accusation, Teodorin Obiang a acquis entre 2007 et 2011, soit directement, soit par l'intermédiaire de prête-noms ou de sociétés écrans, un patrimoine considérable en France via le produit de délits commis en Guinée Equatoriale.

Parmi ces biens, dont il ne conteste pas la propriété, un hôtel particulier avenue Foch à Paris abritant notamment une salle de sport, un hammam, une discothèque avec écran de cinéma et un salon de coiffure, acheté vingt cinq millions d'euros au début de l’année 2005, des vêtements et des bijoux de luxe, ainsi qu'un parc automobile hors du commun.

« En raison de son importance, le patrimoine de Teodoro Nguema Obiang Mangue, valorisé à plus d'une centaine de millions d'euros, constitué en quelques années, ne peut avoir été financé par ses seuls revenus officiels », estiment les juges.

D'après les données recueillies par les Etats-Unis, Teodorin Obiang percevait environ quatre vingt mille dollars par an comme ministre de l’agriculture et il n'avait pas le droit d'exercer une activité commerciale.

Au-delà du cas équato-guinéen, la justice française enquête sur des biens acquis par les familles d'Ali Bongo, président du Gabon, et de Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville, qui possèdent respectivement à Paris trente neuf et vingt quatre propriétés immobilières de luxe et environ deux cent comptes bancaires au total, d'après la police.

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 20:11

 

http://www.kedistan.net/2017/01/02/proces-ozgur-gundem-2-janvier

 

Deuxième audience du procès Ozgur Gundem
 

Lundi 2 Janvier 2017 à 9 heures, nous sommes tous là, mais le procès traîne, car Inan Kizilkaya est attendu. Il devrait être amené de la prison de Silivri. Mais comme la dernière fois sous prétexte « qu’il n’y a pas assez de véhicule », Inan Kizilkaya n’est pas présenté au tribunal.

Lundi 2 Janvier 2017 à 9 heures 50, les journalistes largement présents pour le premier procès sont absents cette fois-ci.

Valérie Manteau de la délégation française est dans la salle et elle twitte pour nous. Nous avons les informations en direct.

Kedistan relaie sur Twitter. Le procès commence.

En l’absence d’Inan Kizilkaya, Bilge Oykut Contepe et Zana Kaya feront leur défense.

Bilge Oykut Contepe, militante du parti vert, comparait la première, accusée de terrorisme et de déstabilisation de l’état.

Elle parle de la protection de la nature.

Il se dit qu’Inan Kizilkaya a été torturé en prison et que c’est la raison pour laquelle il n’a pas été présenté a la cour et aux observateurs.

Le juge dit qu’il sait que des écrivains sont dans la salle et il nous conseille d’écrire prudemment.

Zana Kaya comparait. Il a été éditeur en chef d’Özgür Gündem seulement huit jours et il a fait quatre mois de prison. Il plaide que le journal a toujours été légal. Il confirme que, en tant qu’éditeur et responsable de la ligne éditoriale, il n’a jamais été interrogé, comme les conseillers du journal. Bilge Oykut Contepe, Asli Erdogan, Necmiye Alpay et les autres sont donc là pour rien.

Il dit que son objectif était seulement d’attirer l’attention sur la guerre et les affrontements. Sedat Peker, qui a lancé des menaces, est libre et, lui, il est en prison.

Le juge demande pourquoi il y avait un livre d’Abdullah Ocalan dans les locaux d’Ozgur Gundem.

Asli Erdogan comparaît. Elle dit qu’elle n’a rien de plus à dire que Vendredi 30 Décembre 2016. Elle se rassoit.

Valérie Manteau fait une remarque personnelle, le juge a l’air d’avoir envie d’en finir plus vite que Vendredi 30 Décembre 2016.

Necmiye Alpay comparaît, elle a gardé son humour et elle demande au script d’écrire prudemment « ne dites pas que vous avez saisi des livres, car on ne dit pas saisir des livres ». Elle avait fait cette remarque dans le premier procès. Dans le langage policier et juridique, on dit « ele geçirmek », c’est la même expression pour « attraper » des personnes ou bien des livres.

L'avocat d’Ozgur Gundem dénonce les conditions de détentions très dures et inutiles. Il pourrait y avoir libération conditionnelle.

L'avocat d’Asli Erdogan, Erdal Dogan, se montre drôle aussi, « nous ne sommes pas en train de regarder si le verre est à moitié plein ou bien s'il est à moitié vide. Il n’y a pas de verre et il n’y a pas d’eau », dit-il. Notons qu’il est également l’avocat qui a défendu Hrant Dink, journaliste arménien, assassiné au mois de janvier 2007.

Les avocats d’Asli Erdogan et de Necmiye Alpay demandent des permissions pour elles de sortir du territoire pour leurs activités d’écrivains et d’activistes féministes.

L'ambiance est beaucoup plus détendue par rapport à celle du Vendredi 30 Décembre 2016. Bilge Oykut Contepe dit qu’elle veut rentrer à Bodrum. Le juge lui demande de se calmer, elle insiste et il y a des rires.

L'avocate d’İnan Kizilkaya et de Zana Kaya essaie de parler plus largement de la situation politique et du nombre de journalistes en prison. Le juge la coupe. Elle rappelle que la Turquie a maintenant, dans tous les pays mondiaux, le record du plus grand nombre de journalistes en prison. Le juge demande qu’elle reste dans le sujet.

Mais c’est le sujet. L’avocate dit que ce procès est celui du journalisme et non pas du terrorisme, elle ajoute « qu’Ozgur Gundem est publié depuis les années 1990, alors on ne va pas arrêter tous ses contributeurs ». Elle rappelle qu’Inan Kizilkaya n’est pas présent et que c’est totalement contraire aux droits de sa défense.

Le procureur, dans ses réquisitions, demande qu’on puisse entendre via l’ambassade en Suède les réponses des accusés qui sont à l’étranger.

Le procureur demande la relaxe pour Bilge Oykut Contepe. Il n’a pas changé d’avis pour les autres et il demande qu’ils restent libres pour la suite du procès, sauf Inan Kizilkaya, non présenté au tribunal aujourd’hui. Le procureur demande qu’Inan Kizilkaya reste en prison.

Le tribunal sort pour la délibération à 11 heures 15.

Le tribunal décide qu’Inan Kizilkaya restera en prison. Bilge Oykut Contepe est relaxée. Il n’y a pas de changement pour les autres.

La troisième audience du procès est fixée au 14 mars 2017.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 18:09

 

http://www.rfi.fr/europe/20170101-asli-erdogan-turquie-liberte-expression-nous-unir-exclu-rfi

 

http://www.alencontre.org/asie/turquie/turquie-pour-defendre-la-liberte-dexpression-nous-devons-nous-unir.html

 

Pour défendre la liberté d’expression, nous devons nous unir

 

Interview d'Asli Erdogan par Stefanie Schüler

 

Jeudi 29 Décembre 2016, la célèbre romancière Asli Erdogan a été remise en liberté sous contrôle judiciaire après cent trente six jours en prison. Sa détention avait provoqué une vague d'indignation dans le monde entier. Lundi 2 Janvier 2017, son procès se poursuit. L'intellectuelle est accusée d'appartenance à une organisation terroriste pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem. Radio France Internationale (RFI) a pu joindre Asli Erdogan en Turquie.

 

Stefanie Schüler. Vous avez été libérée sous contrôle judiciaire après cent trente six jours en détention. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

Asli Erdogan. Je pense qu’une grande partie de moi est toujours en prison. Depuis ma sortie de prison, j’ai rencontré des gens et je me suis rendue compte que je ne faisais que parler de la prison. Ma mémoire est restée en prison. C’est difficile à expliquer. Pendant quatre mois et demi, je n’ai pas vu un seul arbre. Et maintenant il y a des milliers d’arbres. C’est trop d’un coup, trop d’arbres et trop de gens. Vous savez, en prison tout est très limité. Donc c’est comme un énorme choc. Le monde est si vaste et si bruyant. La réadaptation est vraiment difficile. Mais c’était très chouette de caresser un chat par exemple. Chose que vous ne pouvez pas faire en prison. Vous ne pouvez pas toucher un animal. Le ciel y est très réduit. Hier j’ai contemplé la mer. C’est la mer d’hiver. Elle est très sombre. J’essaye d’y aller doucement. Mais j’ai toujours peur. Chaque nuit je me demande s'ils vont revenir. Peut-être dans trois jours ils vont encore m’arrêter. En fait je revis le traumatisme initial d’avoir été arrêtée. La nuit dernière je ne pouvais pas dormir. J’attendais la police.

 

Stefanie Schüler. Quelles étaient vos conditions de détention ?

 

Asli Erdogan. Les cinq premiers jours après mon incarcération ils m’ont mise à l’isolement. Et cela c’était vraiment très dur. Les premiers trois jours surtout ils ont été très durs avec moi. Ils ne m’ont pas donné à boire pendant quarante huit heures. Mais ces traitements ont filtré dans la presse. J’ai rencontré les autorités carcérales tardivement. Ils ont réalisé que je n’étais ni membre du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ni kurde. Ces choses-là font la différence. Et petit à petit, les autorités carcérales se sont montrées protectrices envers moi. Mais être en détention restait difficile pour moi, bien que Bakirköy soit la prison la moins dure de Turquie. Seules des femmes y sont incarcérées. Un jour je suis tombée très malade, c’était un mardi. Et ils m’ont dit que je ne pourrais aller à l’infirmerie que le vendredi. J’avais beaucoup de fièvre. J’ai donc vu le médecin le vendredi. Mais je n’ai reçu les médicaments que le lundi. Tout est comme cela. En ce moment, les prisons sont encore plus dures que d’habitude. Nous avons eu le droit de passer un coup de fil de cinq minutes toutes les deux semaines. Des rumeurs circulaient comme quoi des personnes de l’extérieur allaient attaquer des prisonniers. La peur est donc omniprésente. Sans parler du fait que les cellules sont surpeuplées, car quelque cinquante mille personnes ont été arrêtées durant les cinq derniers mois. Et ils ne cessent de changer de manière arbitraire les détenues de prison. Donc chaque matin vous vous réveillez avec la peur au ventre. Vais-je rester dans cette prison, ou vont-ils me transférer dans une autre, pire que celle-là ? C’est difficile d’être en prison.

 

Stefanie Schüler. Vous êtes accusée « d'appartenance à une organisation terroriste » pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem. Votre procès se poursuit Lundi 2 Janvier 2017. Etes-vous confiante ou avez-vous peur ?

 

Asli Erdogan. J’ai peur bien sûr. Ils m’ont laissée sortir de prison mais ils ne m’ont pas acquittée. Les chefs d’accusation peuvent me valoir des peines allant de deux ans et demi de détention jusqu’à la prison à perpétuité. Toutefois il est probable que je sois acquittée de la plupart des chefs d’accusation à mon encontre. Mais je pressens qu’ils me condamneront quand même à une peine de deux ans de prison ou quelque chose dans le genre. Et la situation peut changer du jour au lendemain. Peut-être demain, ils passeront un coup de fil et j’aurais une peine plus sévère, donc bien sûr que j’appréhende ce procès. Rien n’est encore joué. Je suis juste sortie de prison. Et puis il y a ces rumeurs qui prédisent de futurs assassinats d’écrivains, de journalistes et d’avocats. Des listes circulent sur internet. Donc en ce moment personne ne peut se sentir en sécurité en Turquie. Sincèrement, j’ai peur. En revanche je pense que le soutien et la mobilisation internationale a été pour beaucoup. Je vous en remercie, vous les écrivains et journalistes européens et notamment français. Sans vous je serais toujours en prison. Vraiment, ils ne m’auraient pas laissée sortir.

 

Stefanie Schüler. La liberté d’expression est-elle encore garantie dans la Turquie d’aujourd’hui ?

 

Asli Erdogan. C’est une blague. La liberté d’expression en Turquie n’est plus qu’une blague. Ils nous ont laissées sortir et le lendemain ils ont arrêté un journaliste très réputé, accusé d’aider trois organisations terroristes différentes, Ahmet Sik. Il avait déjà été en prison. Actuellement, quelque cent cinquante journalistes sont emprisonnés, voire même plus. Aujourd’hui, des gens sont arrêtés pour avoir posté un message sur twitter. Beaucoup d’académiciens aussi sont menacés. Même les gens du cinéma qui sont très populaires. Un procès s’ouvre contre des réalisateurs et d’autres artistes. A partir du moment où vous vous exprimez sur twitter, vous pouvez déjà vous attendre à ce que la police vienne vous chercher. Les gens ont extrêmement peur. Même de parler au téléphone. Et je les comprends.

 

Stefanie Schüler. Quelle peut être dans ces conditions la marge de manœuvre de gens comme vous, les défenseurs de la liberté d’expression ?

 

Asli Erdogan. Chacun doit décider pour soi-même. Mais je pense que la seule chose qui peut aider à changer la situation est la solidarité. Je veux lancer un appel. Où que vous soyez, quelles que soient vos convictions, pour défendre la liberté d’expression nous devons nous unir. Nous devons mener des campagnes pour ceux qui sont emprisonnés pour des raisons diverses. C’est la seule voie, être ensemble.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:42

 

CONTRIBUTION A L HISTOIRE DE NUIT DEBOUT

 

La revue des Temps Modernes publiait récemment un numéro spécial relatif au bilan du mouvement des Nuits Debout. Vous trouverez ci-dessous la première partie du témoignage de Patrice Maniglier relatif à cette question.

 

Le témoignage est disponible en totalité si vous consultez le site www.bibliobs.nouvelobs.com à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161230.OBS3220/pourquoi-nuit-debout-n-a-pas-tenu-ses-promesses-le-recit-inedit-de-patrice-maniglier.html

 

Nuit debout, une expérience de pensée

 

Par Patrice Maniglier

 

La commission démocratie était chargée de l’organisation des assemblées et d’une réflexion plus générale sur le sens du mot démocratie. J’y suis allé un peu par hasard, pour répondre à la contingence d’un appel, lorsque j’étais venu à l’accueil, au début du mois d’avril 2016, pour demander comment je pouvais me rendre utile, on m’avait demandé ce que je faisais dans la vie. J’avais répondu que cela n’allait pas vraiment nous avancer car, étant professeur de philosophie, ce que je faisais n’avait aucune utilité directe. On m’a cependant opposé que la commission démocratie avait justement besoin de philosophes et que j’y serai sans doute utile. Je me suis de bonne grâce soumis à cette suggestion.

Je me suis d’abord livré à des tâches pratiques. J’écoutais, je rédigeais des compte-rendu des réunions, je participais à la modération des assemblées du soir et à la formation de celles et ceux qui, toujours différents, devaient chaque jour modérer, j’aidais à monter et à démonter les barnums, à trouver les micros et à apporter les gaffeurs, j’allais acheter du matériel, je l’emportais chez moi à minuit et je le rapportais le lendemain à 16 heures, bref je me livrais corps et âme à des tâches d’organisation qui convenaient à l’idée que je m’étais faite d’une certaine neutralité politique et intellectuelle dans laquelle je devais, du moins dans un premier temps, me tenir, ayant pour ma part d’autres lieux d’expression aisément accessibles. De ce point de vue, j’étais un typique militant de Nuit Debout, je m’intéressais à faire vivre le cadre pour lui-même, en déléguant à d’autres le soin de définir les orientations de contenu. Mais je pris néanmoins assez rapidement conscience de la nécessité de sortir de cette réserve.

La commission semblait en effet s’embourber dans une tentative hors sol pour élaborer ce qui s’était mis à ressembler à une sorte de constitution idéale de la place de la République, avec des documents qui ont fait jusqu’à quatorze pages. Il s’agissait de régler le fonctionnement des assemblées, les rapports entre les commissions et même jusqu’au fonctionnement de chaque commission en particulier, bref d’imaginer un petit état doté d’honnêtes statuts et réglementant tous les comportements internes des membres. Je considérais ce projet absurde et pédant mais une étrange dynamique de groupe, mélange de politesse et de mollesse, faisait qu’il semblait brave et honnête d’en discuter puisqu’une personne l’avait proposé.

La difficulté même à le discuter en commission montrait bien cependant combien ce petit délire hyper formaliste était inadapté. On y retrouvait, comme dans les autres commissions, deux groupes, littéralement et physiquement un premier cercle, composé d’habitués puis, dans un deuxième cercle, des gens qui s’y agrégeaient, certains s’asseyant, d’autres restant debout, des passants, des curieux et des âmes errantes.

Les seconds accusaient facilement les premiers d’avoir déjà pris le pouvoir. De fait, les gens qui étaient là depuis plusieurs jours voulaient discuter de ce qui avait été présenté la veille, ils voulaient avancer, aller plus loin et ne pas sans cesse repartir de zéro. Les autres au contraire protestaient que démocratie voulait dire que chacun avait un pouvoir égal et que ce n’était manifestement pas le cas dans ces conditions, ceux qui venaient d’arriver devant se taire et écouter, étant nécessairement hors-sujet, puisqu’il aurait fallu qu’ils prennent connaissance d’un texte de quatorze pages avant même de prendre la parole et que ce texte, d’ailleurs, n’était disponible qu’en un seul exemplaire.

Ceux du premier cercle répondaient parfois, non sans une certaine condescendance, mais souvent avec un sincère désir de prendre en compte les nouveaux venus, que ceux-ci pouvaient écouter aujourd’hui et revenir demain, après avoir lu le texte pour participer aux réunions de manière plus informée. La thèse, en somme, était que le groupe est ouvert, vous pouvez y entrer sans condition, mais pas le bloquer. Le principe me paraissait raisonnable, la question intéressante, comment faire naître une véritable organisation collective sur la place, à partir de rien, assis par terre autour de bouts de carton, et donc dans une temporalité non cumulative. Mais, outre le manque de bon sens sur le contenu des discussions proposées, je voyais de clairs problèmes d’organisation.

Cette commission, qui semblait pourtant si importante pour l’ensemble du mouvement, puisqu’elle était censée être le lieu où l’on réfléchissait au fonctionnement des assemblées, à mes yeux un moment essentiel de notre vie collective, et qui en plus se croyait chargée d’élaborer une petite constitution collective, paraissait aussi l’une des plus démunies. Il n’y avait pas d’accueil, contrairement à ce qu’on voyait pour d’autres commissions.

Les documents dont nous parlions n’étaient pas disponibles, ni sur papier, ni en ligne, certains les avaient reçus par internet, mais on ne savait comment, les autres ne les avaient pas reçus. J’essayais d’ailleurs de m’inscrire sur des listes électroniques, mais sans succès. Je ne recevais toujours pas les documents en question.

Certains disaient qu’on leur cachait des choses. D’autres invoquaient le joyeux bordel qu’était censée être Nuit Debout, garantie supposée de son fonctionnement démocratique. Bref, je pensais que j’avais trouvé là de quoi me rendre utile. Pour cela, il fallait être, semble-t-il, référent.

Les référents étaient des personnes désignées par chaque commission pour faire le lien avec les autres commissions, passer des informations et éventuellement veiller à ces problèmes pratiques. En principe, les référents devaient tourner et avoir un rôle strictement administratif. Dans le cas de la commission démocratie, cela n’était pas le cas, pour une raison assez amusante. Nous étions si procéduriers et si vigilants envers toute impureté démocratique qu’il fallut plusieurs semaines pour se mettre d’accord sur la procédure de désignation.

Je devins malgré tout finalement référent à mon tour. Je découvris alors l’existence de Telegram. Cette application pour téléphone portable permet en somme d’avoir des conversations comme on en trouve sur les forums mais par textos, à travers des fils de conversation thématiques. Longtemps, je n’ai pas compris à quoi elle nous servait concrètement, car il faut être invité sur ces fils pour pouvoir y avoir accès et notre référent n’avait pas pensé à m’y inviter.

Finalement je découvris qu’il existait en fait toutes sortes de conversations parallèles à celles qui se trouvaient sur la place. Sur le principe, cela n’a rien de malsain. Les niveaux d’échange peuvent se démultiplier sans se nuire. Mais dans les faits, je comprenais pourquoi un certain nombre de gens des commissions, les insiders, ne ressentaient pas le besoin de venir en assemblée. Ils étaient déjà en contact les uns avec les autres ailleurs et de différentes manières.

L’assemblée était faite pour les outsiders, qui devenaient une sorte de public. Pire, au lieu de les informer correctement des conditions pour passer de la passivité à l’activité, on continuait son affaire entre soi. Je commençais à découvrir ce qui devait devenir, à mes yeux, un des ingrédients principaux de l’échec.

Ma priorité fut dès lors d’essayer de refaire des assemblées un enjeu important pour le mouvement et de remettre la question du fonctionnement des assemblées quotidiennes au cœur des préoccupations de la commission démocratie, dont cela me semblait la vocation. La commission s’était divisée en deux groupes thématiques distincts, l’un s’occupait des outils de modération et l’autre s’occupait du processus de vote. Les vastes projets de constitution de la place de la République avaient été recentrés sur des choses plus raisonnables mais encore très décalées à mes yeux, en l’occurrence mettre en place un processus de vote permettant de prendre des décisions au nom de Nuit Debout République dans son ensemble.

J’étais plutôt hostile sur le principe à cette démarche. Je trouvais qu’elle ne convenait pas au genre de collectif fragile et éphémère que nous étions. Les gens qui venaient un jour en assemblée ne venaient pas le lendemain, nous n’étions pas sûrs d’être encore là dans quelques semaines, les assemblées se vidaient, la place aussi se vidait et il fallait des mécanismes rapides capables de recréer de la cohésion avant qu’il ne soit trop tard.

En fait, l’affaissement de la capacité de mobilisation du mouvement s’est fait sentir dès les vacances du mois d’avril 2016, peut-être à cause de la pluie, du froid, des vacances, des persécutions policières, de la fatigue des uns et des autres et des premiers désenchantements, je ne sais pas.

Mais il me semblait que, pendant qu’on réfléchissait à mettre en place un protocole pour donner de la légitimité à des décisions collectives, c’est-à-dire pour faire que des décisions prises par des gens particuliers valent comme si elles étaient légitimement imposées à tous, autrement dit pour reconstruire un instrument de pouvoir, pendant qu’on faisait assaut dans cette tâche de prudence et de pureté, nous laissions à l’abandon et à la ruine notre propre maison.

Je voyais mes camarades comme un petit groupe de gens fort distingués en train de prendre le thé et de discuter les détails du règlement de la copropriété entre voisins, lentement, avec une bienveillance appuyée et un pointillisme éclatant de vertu, pendant que, tout autour d’eux, leur immeuble s’effondre.

J’étais d’autant plus agacé qu’il y avait, me semblait-il, des solutions pour au moins essayer de faire revivre les assemblées autrement et même inventer un fonctionnement démocratique qui soit adapté à notre contexte.

Un débat, en effet, avait très vite divisé passionnément la place, l’assemblée était-elle souveraine ? Pouvait-elle voter ? Il y avait d’un côté ceux qui protestaient, généralement pendant les assemblées, qu’il n’y avait pas d’autre source de pouvoir que les assemblées, de sorte que ce qui était approuvé ici et maintenant devait valoir comme loi ou décision de tous, et, de l’autre côté, ceux qui rappelaient que les gens assemblés un jour ne représentaient personne, qu’ils ne pouvaient prendre des décisions pour ceux du lendemain et qu’il fallait encore décider collectivement d’un processus de vote.

Je croyais comprendre ce que ces derniers voulaient dire, mais ils avaient des arguments parfois révoltants. Par exemple, ils disaient qu’il fallait éviter ce genre de vote immédiat, parce que, c’était écrit en toute lettre dans le document même que nous utilisions pour expliquer aux nouveaux modérateurs les quelques règles qui avaient été mises au point sur le tas, nous devions éviter les propositions démagogiques que ferait voter un bon tribun en manipulant la foule hébétée. Il fallait donc forcer l’assemblée à prendre son temps, à réfléchir à ce qu’on lui propose et à ne pas prendre de décision immédiate.

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 16:59

 

La résolution russe sur le cessez-le-feu en Syrie adoptée (Reuters)

 

Le conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté Samedi 31 Décembre 2016 à l'unanimité une résolution russe saluant l'accord de cessez-le-feu conclu en Syrie sous l'égide de Moscou et d'Ankara.

La trêve entrée en vigueur Jeudi 29 Décembre 2016 à 24 heures sur tout le territoire syrien est la troisième depuis le début de l'année.

Le texte russe original proposait d'entériner l'accord alors que la version approuvée, modifiée à la dernière minute pour emporter l'adhésion de certains états membres, le salue et le soutient, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Les auteurs du texte saluent également la conférence de paix prévue dans le cadre de l'accord parrainé par la Russie et la Turquie, qui doit avoir lieu à Astana en présence du gouvernement syrien et de l'opposition avant la reprise, le 8 février 2017, des discussions organisées à Genève par l'ONU.

Après le vote, plusieurs diplomates se sont félicités de la cessation des hostilités, mais ont regretté sa fragilité et les zones d'ombres qui entourent l'accord.

Un certain flou règne notamment au sujet des mouvements exclus du cessez-le-feu. Selon l'armée syrienne, le Front Fatah al Cham, ancien Front al Nosra, n'est pas concerné, ce que contestent plusieurs chefs rebelles.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 16:45

 

Une boîte de nuit attaquée à Istanbul, au moins trente neuf morts (Reuters)

 

Un individu au moins a ouvert le feu à l'aveuglette dans un night-club d'Istanbul, faisant au moins trente neuf morts et plus de quarante blessés dans la nuit du Samedi 31 Décembre 2016 au Dimanche Premier Janvier 2017, selon un bilan fourni par le gouverneur de la plus grande ville de Turquie, qui a parlé d'attentat terroriste.

L'attaque n'a pas été revendiquée pour le moment.

« Un terroriste avec une arme de gros calibre a commis cet acte brutal et sauvage, en ouvrant le feu sur des innocents qui étaient là pour fêter la nouvelle année et s'amuser », a déclaré à la presse le gouverneur, Vasip Sahin, venu sur les lieux de l'attaque.

Cinq à six cents personnes devaient se trouver à l'intérieur de la boîte de nuit Reina, où elles fêtaient le passage à 2017, quand l'assaillant, tuant un policier et un civil à l'entrée, s'est introduit à l'intérieur, Dimanche Premier Janvier 2017 vers 1 heure 15 du matin.

La boîte de nuit se trouve sur le rivage du Bosphore, dans le quartier d'Ortaköy, dans la partie européenne de la mégalopole turque.

Certaines personnes se sont échappées des lieux en plongeant dans les eaux du Bosphore et ont été secourues par les policiers.

Plusieurs dizaines d'ambulances et de véhicules de police ont été dépêchés vers la boîte de nuit d'Ortaköy, quartier niché sous l'un des trois points qui franchissent le Bosphore et où se trouvent des restaurants, des boîtes de nuit, des galeries d'art et des musées.

Reina est l'une des boîtes de nuit les plus connues d'Istanbul, fréquenté aussi bien par des stambouliotes que par des touristes.

Selon le gouverneur d'Istanbul, il n'y a eu qu'un seul assaillant, mais à en croire d'autres informations, notamment sur les réseaux sociaux, ils étaient au moins deux, déguisés en pères Noël. Des témoins, cités par le journal Hürriyet, ont parlé de plusieurs tireurs, qui ont crié en arabe.

« Nous étions en train de nous amuser. Tout à coup, des gens se sont mis à courir. Mon mari a été touché à trois endroits », a déclaré au journal une femme qui se trouvait au Reina.

« Je n'ai pas vu qui tirait mais j'ai entendu les coups de feu et les gens ont pris la fuite. La police est intervenue rapidement », a témoigné sur Twitter Sefa Boydas, un footballeur turc.

Le propriétaire du Reina, Mehmet Kocarslan, cité par Hürriyet, a déclaré que des mesures de sécurité avaient été prises récemment, les services de renseignements américains ayant laissé entendre qu'il pourrait y avoir un attentat.

Le président américain Barack Obama, actuellement en vacances à Hawaï, a adressé ses condoléances à la Turquie et demandé à son administration de proposer à Ankara l'aide des Etats-Unis, a fait savoir la Maison Blanche.

Cette attaque constitue une nouvelle épreuve pour la Turquie, qui cherche à se remettre après la tentative de putsch du Vendredi 15 Juillet 2016 et une série d'attentats meurtriers à Istanbul, Ankara et dans d'autres villes, imputés pour certains au groupe djihadiste Etat Islamique et revendiqués pour d'autres par des organisations séparatistes kurdes.

A Istanbul, le dernier attentat remontait au Samedi 10 Décembre 2016, quand deux bombes avaient explosé aux abords d'un stade de football, faisant quarante quatre morts et plus de cent cinquante blessés. Un groupe kurde avait revendiqué les explosions.

Le 28 juin 2016, un triple attentat suicide a été commis à l'aéroport international Mustapha Kemal Atatürk d'Istanbul, faisant quarante cinq morts et près de deux cent quarante blessés. Le 12 janvier 2016, une explosion avait fait une dizaine de morts dans le centre touristique d'Istanbul, près de la Mosquée Bleue. Huit allemands étaient au nombre des tués.

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:41

 

https://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/12/18/etats-unis-le-gigantesque-affrontement-de-classe-qui-va-decider-de-notre-sort-vient-de-commencer

 

Le gigantesque affrontement de classe qui va décider de notre sort vient de commencer aux Etats Unis

 

Par Yorgos Mitralias

 

Dimanche 18 Décembre 2016

 

Cela se peut que la chute de Matteo Renzi ou le suspens des élections présidentielles en Autriche aient fait dernièrement les grands titres des médias et aient dominé les débats mais là où notre sort est en train d’être joué n’est ni à Rome ou à Vienne, ni à Paris ou même à Berlin.

C’est à Standing Rock dans le lointain état du Dakota du Nord aux Etats Unis, dans le blizzard et le froid polaire.

Évidemment, vous n’avez pas entendu parler de Standing Rock parce que les médias européens et internationaux font bien leur travail. Cela n’empêche pas les quelques vingt mille militants, les indiens sioux et leurs partisans, les trois mille vétérans de l’armée américaine, les écologistes ou tout simplement les syndicalistes et les militants de gauche, de livrer là-bas, depuis déjà huit mois, le plus grand combat écologique contre des géants du pétrole, le système bancaire et le terrible appareil répressif de la super puissance mondiale. Et en plus, de gagner ce combat, tout au moins pour l’instant.

Mais il y a plus. De l’avis commun, là-bas à Standing Rock est actuellement en train de naître et de prendre forme l’opposition radicale populaire contre Donald Trump et ses copains, l’opposition radicale populaire qui livrera demain bataille au nom et pour le compte de nous tous contre ce monstre obscurantiste, raciste, réactionnaire, islamophobe, antisémite, misogyne, néo libéral, anti-ouvrier, va-t-en-guerre et fascistoïde incarné par ce grossier président élu milliardaire des États Unis. Un monstre qui, et ne l’oublions plus jamais, menace non seulement nous tous sans exception mais aussi la planète elle-même.

Alors, s’il y a un endroit au monde où on est actuellement en train d’écrire l’histoire, c’est sûrement à Standing Rock où se concentrent tous les grands problèmes de notre temps et où ceux d’en haut se confrontent à ceux d’en bas des Etats-Unis mais aussi du monde entier. Voici donc pourquoi il y a des moments de cette lutte qui acquièrent des dimensions mythiques et provoquent la plus authentique émotion comme par exemple quand, parlant au nom des trois mille vétérans accourus à Standing Rock, le vétéran et fils de l'ancien commandant suprême de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Wesley Clark Junior, demande agenouillé le pardon du chef des Sioux Lakota pour le génocide et tous les terribles méfaits qu’a fait subir à la nation indigène l'état nord-américain et son armée. Voyant ces images extraordinaires, nous comprenons mieux pourquoi on nous interdit de les voir, parce qu’il est probable qu’elles nous inspirent à nous tous, les opprimés de la terre, les idées dites dangereuses qui font si peur à nos gouvernants.

Mais, il ne faut pas croire que les activistes héroïques de Standing Rock sont seuls face au monstre capitaliste. A part les milliers de leurs compatriotes qui manifestent presque jour après jour leur solidarité dans des centaines de villes nord-américaines, aux États Unis sont aujourd’hui en cours des dizaines de luttes sociales et économiques, ayant comme protagonistes au moins une douzaine de mouvements radicaux de masse. Comme par exemple celui qui a manifesté au début du mois de décembre 2016 dans au moins trois cent quarante villes nord-américaines revendiquant le doublement du salaire horaire minimum de huit à quinze dollars. Au-delà du fait qu’une telle revendication offensive est totalement inimaginable dans notre Europe dans laquelle, depuis trente ans, sont systématiquement perdus même les plus élémentaires des combats défensifs, ce qui impressionne sont les grandes dimensions de ce mouvement qui a réussi à mobiliser une grande partie des soixante huit millions de travailleurs nord-américains, par exemple dans le secteur du fast food, qui gagnent des salaires de famine.

Ce n’est donc sûrement pas un hasard si le mouvement pour les quinze dollars, qui organise surtout des travailleurs afro-américains et latino-américains, soutient et collabore étroitement tant avec le mouvement des peuples indigènes contre l’oléoduc à Standing Rock qu’avec le grand mouvement radical de masse Black Lives Matter. En général, une importante caractéristique de la multitude de mouvements qui couvrent tous les fronts de lutte sociaux, économiques et politiques aux États-Unis est qu’ils collaborent étroitement entre eux, formant ainsi un énorme mouvement unitaire sans précèdent dans l’histoire du pays.

Un énorme mouvement qui, tout en gardant son indépendance, se réfère à Bernie Sanders et le reconnait comme figure emblématique de son combat.

Ceci étant dit, Bernie Sanders est non seulement plus populaire et estimé que jamais, mais il apparaît désormais comme le principal, sinon l’unique adversaire ou plutôt l'ennemi juré de Donald Trump.

Indépendamment de ce qu’on pourrait penser de la possibilité de réformer le parti démocrate, c’est un fait que l’entreprise en cours de Bernie Sanders visant à la démocratisation et la radicalisation du parti démocrate marque des points importants. Et c’est un fait que le protégé de Bernie Sanders, le sénateur noir, musulman, pro-palestinien et homme de gauche Keith Ellison gagne jour après jour du terrain, American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL-CIO) vient de lui accorder son soutien, et semble prêt à devenir le nouveau président du parti démocrate.

Nous terminons cet article avec un rappel que nous considérons bien utile au lecteur. Etant donné que, aux États Unis, l'histoire est en train de galoper et donne lieu à une foule d’événements cataclysmiques, dont plusieurs ont une importance planétaire. Étant aussi donné qu’il est pratiquement impossible non pas d’analyser mais même d’énumérer tous ces événements même dans plusieurs articles. Et enfin, étant donné que les médias européens et internationaux vont intensifier ce qui est déjà un effort sans précèdent de désinformer, censurer ou passer sous silence tous ces développements historiques nord-américains. Pour toutes ces raisons, seul le suivi soutenu de cette actualité nord-américaine si riche et si variée, peut permettre au lecteur et encore plus au lecteur de gauche de se faire sa propre opinion et de tirer ses propres conclusions militantes et autres.

C’est exactement cette actualité quotidienne comme d’ailleurs les développements de tout genre à l’intérieur du mouvement social et ouvrier que couvre, avec des textes, images et vidéos, le Facebook de l'initiative « grecs pour le mouvement de masse de Bernie Sanders ».

Alors, consultez-le en ayant toujours en tête que c’est l’issue de ce gigantesque affrontement de classe déjà en cours aux États Unis qui va décider plus que tout autre du sort de nous tous.

 

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