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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 17:36

http://jeunes.npa2009.org/spip.php?article1550

Retour sur la manifestation et l’occupation des migrants du Jeudi 11 Juin 2015

Réponse à L’Humanité

Ces derniers jours, la situation dramatique que vivent les réfugiés de la Chapelle depuis maintenant plusieurs mois, a été largement rendue publique et médiatisée. Les évacuations violentes menées à deux reprises par les forces de l’ordre ont révélé au grand jour l’inhumanité d’un gouvernement ouvertement raciste qui organise l’expulsion de ces migrants pourtant déjà parqués dans des conditions de confort et d’hygiène scandaleuses. Des centaines de personnes sont venues les soutenir le Lundi 8 Juin et le Mardi 9 Juin 2015, et exiger des conditions de relogement décentes. Faute de solution avancée par les pouvoirs publics et face à l’inertie de la mairie, un nouveau rassemblement a été organisé Jeudi 11 Juin 2015 et a débouché sur l’occupation par une centaine de migrants et environ deux cent soutiens, d’une caserne désaffectée dans le dixième arrondissement. L’Humanité a par la suite publié un article critiquant vivement cette décision et notamment l’attitude des militants du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) au cours de cette action. Nous revenons ici sur notre version des événements.

Un rapide retour sur les faits :

Réunis en assemblée générale, Mercredi 10 Juin 2015, les migrants avaient décidé collectivement d’exiger auprès de la mairie de Paris et du gouvernement français un relogement décent, c’est à dire couvert et comprenant des sanitaires, et pérenne, mais aussi suffisamment vaste pour leur permettre de rester tous ensemble afin de pouvoir s’organiser et de maintenir la solidarité. Rappelons que cela fait plusieurs mois maintenant, que ces hommes et ces femmes vivent dehors dans la plus grande précarité et qu’ils ont été au cours des derniers jours, baladés de jardin public en jardin public. Leur revendication semblait donc bien légitime, voire minimale !

Mais les dirigeants du Parti Communiste Français (PCF), d’Europe Écologie Les Verts (EELV) et du Parti de Gauche présents, pour la plupart des élus, précisons-le, avaient pris entre eux une décision toute autre, installer les migrants dans un jardin du dix-huitième arrondissement en attendant patiemment que la mairie daigne leur attribuer un nouveau lieu de résidence, car comme le précise l’article de l’Humanité, la priorité était « la garantie d’une négociation sereine avec la ville ». Ces élus ont ainsi tenté par maintes pressions d’imposer aux migrants une autre décision que celle qui avait été la leur quelques heures plus tôt, allant jusqu’à les faire rentrer un par un dans un car, leur faisant croire qu’ils seraient reloger tous ensemble quelques heures plus tard s’ils acceptaient de monter. Quelle hypocrisie quand on sait que seules soixante places d’hébergement en dur avaient été offertes par la mairie.

Alors que les migrants voulaient continuer à se battre pour leurs revendications et refusaient de se plier au chantage des pouvoirs publics, les élus communistes et écologistes, pétrifiés à l’idée de passer du côté de l’affrontement avec la mairie, ont cherché coûte que coûte à leur imposer la conciliation et une nuit supplémentaire dehors sous la pluie. Ces événements sont relatés précisément dans un article de presse.

Faire respecter le choix des migrants, une priorité qui devrait être celle de tous !

Les militants du NPA ont au contraire fait le choix de respecter la décision des migrants. Nous sommes convaincus qu’une mobilisation doit être dirigée par les premiers concernés, c’est à dire dans ce cas, par les migrants. Leurs décisions doivent être souveraines vis à vis de tous les autres cadres et les organisations politiques ou syndicales ne doivent en aucun cas chercher à s’y substituer. Par ailleurs, nous partagions largement la décision prise par les migrants de ne pas céder sur leurs revendications. Nous sommes en effet convaincus que seule la construction d’un rapport de force réel vis à vis de la mairie sera en mesure d’imposer la mise à disposition de logements corrects pour tous les migrants. Il ne s’agit pas de mener de cordiales négociations, mais bien d’imposer l’ouverture d’un espace que la ville, qui a pourtant à sa disposition plusieurs milliers de logements vides dans Paris, refuse de mettre à disposition. Alors que certains militants, notamment du PCF, tentaient d’empêcher le départ en manifestation, y compris en usant de la force, nous avons tout fait pour les en empêcher.

Une manifestation rassemblant près de quatre cent personnes et notamment plus d’une centaine migrants a ainsi pu se tenir, bien que tous les élus aient cherché pendant toute la durée du parcours a empêché son bon déroulement.

L’objectif de la manifestation était de se rendre dans une caserne désaffectée située tout près des lieux et permettant d’accueillir plus d’une centaine de personne et de leur offrir un toit. Le lieu était bien sur loin d’être idéal mais nous semblait bien plus décent qu’un jardin public !

En réalité, il s’agissait surtout par le biais de cette occupation, de renforcer le rapport de force et d’augmenter la pression sur la ville et sur le gouvernement. Et cela n’a pas manqué !

Quelques heures plus tard, le préfet de police de Paris, le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo et enfin Bernard Cazeneuve en personne se sont déplacés afin de faire face à cette petite crise.

Une victoire partielle grâce à l’occupation, mais une mobilisation qui doit continuer !

La pression exercée par les migrants a permis de faire évoluer les négociations et d’obtenir la mise à disposition de cent dix places d’hébergement pour le soir même. La mairie a même été contrainte par les migrants de signer un engagement écrit. Rappelons que la proposition initiale était de seulement soixante places d’hébergements, les migrants restants devant alors se contenter d’un jardin public !

D’ailleurs, l’Humanité le note très bien, « il propose d’abord soixante places d’hébergement, puis quatre-vingt places. Enfin, il annonce qu’il a un accord du ministère de l’intérieur pour cent dix places d’hébergement ».

C’est donc bien une victoire, que les migrants ont obtenu par leur mobilisation, même si celle-ci demeure relative. Cette solution de relogement n’est en effet que temporaire et prendra fin en début de semaine prochaine. Plus d’une centaine de personnes se retrouveraient donc de nouveau à la rue. L’enjeu des prochains jours, plutôt que de se répandre en écrits sectaires et mensongers comme semble vouloir le faire l’Humanité, doit bien être d’amplifier la mobilisation afin d’imposer enfin, une solution pérenne. Nous devons exiger la régularisation immédiate de tous les réfugiés et la réquisition immédiate de logements vides existants dans Paris.

Pour cela, tous les soutiens sont nécessaires et de nouvelles dates de mobilisation doivent émerger et être relayées par les organisations politiques, syndicales et associatives. Nous devons apporter toute l’aide nécessaire aux migrants, matérielle, logistique et politique, mais surtout nous devons respecter leurs choix et leur permettre de devenir les premiers acteurs de leur lutte.

Face à un gouvernement qui n’a de cesse de renforcer ses politiques racistes et qui n’a pas hésité à employer une violence démesurée face à une centaine de personnes venues soutenir les réfugiés, envoyant une dizaine de personnes à l’hôpital du fait des blessures infligées par les coups des CRS, il faudra une mobilisation massive et déterminée. Le NPA appelle à participer à toutes les initiatives de solidarité et à amplifier la mobilisation dans les prochains jours afin d’imposer le logement décent et pérenne des migrants mais aussi leur régularisation immédiate !

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 17:14

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/06/12/en-espagne-les-partis-alternatifs-en-faiseurs-de-roi_4652714_3214.html

En Espagne, les partis alternatifs en faiseurs de roi

Par Sandrine Morel, correspondante du Monde à Madrid

Vendredi 12 Juin 2015

Jusqu’où les deux grands partis espagnols, socialistes et conservateurs, qui se sont succédé au pouvoir depuis le retour de la démocratie, sont-ils prêts à céder aux forces politiques émergentes ?

La chef de file des socialistes andalous, Susana Diaz, a arraché dans la douleur le pacte lui garantissant l’investiture comme présidente de l’Andalousie. Il lui aura fallu quatre-vingts jours de négociations, ponctués de longues périodes de tensions, pour se maintenir au pouvoir dans la région la plus peuplée d’Espagne.

Elle avait remporté les élections anticipées dans la région, Dimanche 22 Mars 2015, avec une courte majorité de 35,4 % des suffrages.

Jeudi 11 Juin 2015, lors d’une quatrième tentative, c’est finalement le jeune parti libéral de centre droit Ciudadanos qui a soutenu son investiture. Mais son vote n’a pas été gratuit. Pour l’obtenir, Susana Diaz a dû accepter et parapher noir sur blanc son engagement à respecter soixante-douze mesures. Son gouvernement devra lutter activement contre la corruption, se défaire de tous les élus et cadres du parti mis en examen, limiter les mandats du président régional, réformer la loi électorale, réduire le nombre d’organismes publics, imposer des primaires internes à ses candidats, mais aussi baisser les impôts régionaux et augmenter les aides aux entreprises.

« Nous avons obtenu davantage que le Parti Populaire en trente ans dans l’opposition », s’est félicité le président de la formation, Albert Rivera. « Ce pacte suppose l’application de près de quatre-vingt pour cent du programme de Ciudadanos ».

Mesures dures à avaler

Dans la région de Madrid, c’est encore Ciudadanos qui jouera les faiseurs de roi, pour permettre, dans ce cas, l’investiture de la candidate conservatrice Cristina Cifuentes. Albert Rivera a annoncé avoir obtenu un « accord verbal » sur son programme anticorruption, qu’il attend qu’elle signe « par écrit ». Pour le Parti Populaire, les mesures prônées par Ciudadanos sont dures à avaler, en particulier celle qui l’obligerait à organiser des élections primaires internes pour la désignation de ses têtes de liste, considérée comme une ingérence dans la vie du parti, réputé très hermétique et hiérarchisé.

« Ciudadanos a obtenu quelque chose d’inédit, que le Parti Populaire et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) s’engagent par écrit à changer », a insisté Albert Rivera. « Les partis qui, jusqu’à aujourd’hui, ont été les acteurs de la détérioration démocratique des institutions doivent à présent miser sur la régénération et le changement de leurs politiques économiques et sociales ».

Dans les Asturies, en Estrémadure, dans La Castille-La Manche et en Aragon, c’est le nouveau parti de la gauche radicale Podemos qui détient la clé de l’investiture des candidats socialistes. En Andalousie, il n’a pas réussi à obtenir de Susana Diaz qu’elle accepte ses trois conditions, en particulier que le gouvernement régional retire ses fonds des banques qui pratiquent des expulsions immobilières. Le parti socialiste andalou lui a « claqué la porte au nez », a affirmé la chef de file régionale de Podemos, Teresa Rodriguez.

« Podemos n’est pas intéressé par un accord », a rétorqué le vice-président du gouvernement andalou sortant, Mario Jimenez. « Nous avons constaté son intransigeance ».

Mais ailleurs, le parti de Pablo Iglesias est proche d’un accord avec le PSOE, duquel il exige un « virage à cent quatre-vingt degrés », provoquant la colère de l’ancien président du gouvernement Felipe Gonzalez, entre 1982 et 1996. Celui-ci n’a pas apprécié pas que le nouveau venu dicte sa conduite au parti.

En Aragon, Podemos a imposé aux socialistes de signer le « décalogue » de ses exigences, faire pression sur les banques pour limiter les expulsions immobilières des personnes en difficulté, interdire des coupures d’électricité et de gaz pour des familles vulnérables, garantir l’accès complet à la santé publique pour les sans-papiers, la dépolitisation de la télévision publique régionale, l’ajout de clauses sociales et environnementales aux appels d’offres publiques ou encore la réduction du nombre de hauts fonctionnaires.

Dans la région de Valence, les tensions entre les socialistes et le parti régionaliste de gauche Compromis, qui revendique la présidence de la région bien qu’il soit arrivé en troisième position derrière le PSOE, ont failli faire échouer les négociations pour détrôner le Parti Populaire. Le pacte, signé Jeudi 11 Juin 2015 par les deux partis et Podemos, compte trente-cinq mesures, parmi lesquelles la mise en place d’un « revenu minimum citoyen », un audit de la dette régionale ou la création d’une banque publique.

La fin des majorités absolues dont se prévalait le Parti Populaire et la chute du partenaire de gouvernement traditionnel des socialistes, le parti des écolo-communistes d’Izquierda Unida, qui n’a pas résisté à la vague Podemos, ouvrent un temps nouveau pour la politique espagnole. Un temps qui promet d’être d’autant plus agité que les alliances scellées ne sont pas des pactes de gouvernement.

Ciudadanos ainsi que Podemos ne soutiennent que l’investiture. Ils entendent surveiller que les deux grands partis respectent leurs engagements tout en restant dans l’opposition. Une façon d’éviter l’usure du pouvoir et une trop grande collusion avec les « vieux partis », avant les élections législatives prévues pour la fin de l’année.

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 16:26

http://www.elconfidencial.com/elecciones-municipales-y-autonomicas/2015-06-14/andalucia-la-roja-kichi-y-espadas-capitanean-la-revuelta-de-la-izquierda_883603

Andalousie, la « Rouge », Kichi et Juan Espadas à la tête de la révolte de la gauche

Le nouveau maire de Cadix, en remplacement de l'historique Teofila Martinez après vingt années consécutives de gouvernement du Parti Populaire, est la référence de Podemos en Andalousie

Dimanche 14 Juin 2015

Andalousie, la Rouge, Kichi, à Cadix, et Juan Espadas, à Séville, sont à la tête de la révolte de la gauche andalouse qui a réussi à évincer le Parti Populaire de ces deux mairies emblématiques.

Le nouveau maire de Cadix, qui remplace l’historique Teofila Martinez après vingt années consécutives de gouvernement du Parti Populaire, a réussi à se positionner comme la grande référence de Podemos dans la communauté andalouse à travers son sigle local, « pour Cadix oui vous pouvez ». Vous suivez en direct la journée de constitution des municipalités en Espagne.

Avec « la main tendue, le regard haut, une grande accolade et la compréhension mutuelle », José María González Santos, dit Kichi, a été élu maire de Cadix, la plus vieille ville de l’occident, qui veut se transformer en une « ville heureuse ».

Quand il monte au balcon de l'hôtel de ville, les invités de Podemos l’acclament sans arrêt. « Le peuple uni ne sera jamais vaincu », crient-ils. Il ressemblait plus au héros d’une promotion du club de football de Cadix en première division.

Teofila Martinez n’est pas Rita Barbera, abattue en vol. En principe, elle entend rester à la tête du principal parti de l'opposition et il reste à voir si elle sera à la tête de la liste au congrès des députés de la province de Cadix. Teófila Martinez se sent toujours moralement le maire et elle attend un contretemps du pacte de Kichi avec le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et la liste Gagner Cadix en Commun, le sigle pour blanchir Izquierda Unida, pour revenir au pouvoir.

Ce ne sera pas facile. L’ancienne maire a déjà été huée à la sortie du conseil municipal de Cadix, comme ses amis ne l’avaient pas fait avec le nouveau maire de Cadix. « Si vous êtes, comme vous l’avez dit, une personne respectueuse avec les minorités, soyez respectueux avec la majorité qui ne vous a pas élu en tant que maire », a déclaré Teofila Martinez dans son discours en séance plénière.

Kichi, le conjoint de Teresa Rodriguez, la porte-parole de Podemos au parlement d’Andalousie et la secrétaire générale du parti de Pablo Iglesias dans la région autonome, est professeur d'histoire et un célèbre acteur de carnaval. Il vit dans le quartier de Cadix de son enfance, la Vina, l'un des plus populaires de la ville.

Pendant ce temps, Juan Manuel Moreno revient à ses origines dans la Maison du Parc, le siège de la mairie de Malaga, où dans les années 1990 il a commencé sa carrière politique comme conseiller municipal de la jeunesse dans le gouvernement de Celia Villalobos, et il a ensuite assisté Francisco de la Torre en tant que maire de Malaga, Susana Diaz a fait de même dans sa ville natale. Devenant la présidente du gouvernement régional en fonction, dont elle a maintenant pris possession, à la Plaza Nueva de Séville, le siège de la mairie de Séville. Susana Diaz soutient Juan Espadas, le nouveau maire de Séville, qui remplace le maire du Parti Populaire, Juan Ignacio Zoido, qui avait été élu après avoir remporté une confortable majorité de vingt conseillers en 2011.

La mairie de Séville est déterminante pour avoir une vision claire de l’ascension municipale du PSOE en Andalousie. Juan Ignacio Zoido savait depuis la nuit des élections du Dimanche 24 Mai 2015 qu’il avait tout perdu. Les voix de Participa Sevilla et d’Izquierda Unida ont été déterminantes pour que Juan Espadas soit maire du joyau de la couronne en Andalousie. Le nouveau maire est conscient que les voix de Juan Ignacio Zoido étaient nombreuses il y a quatre ans et qu’elles avaient été la cause de son élection à la Plaza Nueva.

Quelle est la nouvelle Séville de Juan Espada ? Il y a des clés dans son discours, « les électeurs veulent une transformation profonde, pas seulement un changement de maire, avec une capacité d’autocritique et un projet de ville solide et ambitieux, à la hauteur de cette ville. Ils veulent une nouvelle forme de gouvernement pour une mairie plus utile, à la hauteur des problèmes et des situations d'urgence d’une partie de la ville ».

Juan Espadas veut se démarquer de l’expérience d'Alfredo Sanchez Monteseirín à la tête de la mairie de Séville, au centre des scandales du pacte entre le PSOE et Izquierda Unida avec le cas de Mercasevilla comme principal exemple, ou les gaspillages de Las Setas de la Place de l’Incarnation. Il promet d'utiliser « tous les outils et mécanismes fiscaux » pour qu’il ne puisse pas y avoir de « cas de corruption ou de détournement de fonds publics ». Pour ce faire, il insiste sur « la meilleure utilisation de chaque euro » du budget de la mairie.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 19:31

http://www.ujfp.org/spip.php?article4219

http://www.politis.fr/Pierre-Stambul-Une-police-entre,31543.html

« Une police entre incompétence et collusion »

Interview de Pierre Stambul par Denis Sieffert

Vendredi 12 Juin 2015

Le coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) raconte l’interpellation brutale et inexpliquée dont il a été victime chez lui il y a trois jours.

Dans la nuit du Lundi 8 Juin au Mardi 9 Juin 2015, le coprésident de l’UJFP, Pierre Stambul, a été victime chez lui d’un assaut toujours inexpliqué du RAID, commando dit d’élite de la police nationale. Trois jours plus tard, il n’a toujours reçu ni excuses ni explications de la part des autorités.

Pierre Stambul revient ici pour Politis sur les circonstances de cette agression.

Denis Sieffert. Vous n’avez toujours eu aucune nouvelle des autorités ?

Pierre Stambul. Le préfet prétend avoir téléphoné à l’UJFP, mais à ce jour l’UJFP n’a strictement rien reçu. Mon propriétaire a commencé à recenser tous les dégâts, mais il n’a lui non plus eu aucune nouvelle des autorités.

Denis Sieffert. Comment cela s’est passé ?

Pierre Stambul. Il était 3 heures 50 du matin lorsque les policiers du RAID sont rentrés de force chez la voisine et ont pointé un pistolet sur elle en criant « on cherche Pierre Stambul ». Mais elle vient d’arriver et elle ne me connaît pas. Elle a fait ce qu’ils n’avaient pas fait, c’est-à-dire qu’elle a pris son ordinateur et cherché mon nom. Ils auraient fait cela, rien ne se serait passé. On peut quand même se poser des questions, c’est la quatrième agression en quelques semaines, et il y en eu une cinquième le lendemain chez Jean-Claude Lefort. Cela, exactement selon le même procédé. Et Jean-Claude Lefort, ancien président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), a été député pendant dix-huit ans. Il n’était pas difficile de le situer.

Denis Sieffert. Vous pensez que l’agression vient d’Ulcan, alias Grégory Chelly, ce militant d’extrême-droite qui agit depuis Israël où il est réfugié.

Pierre Stambul. Cela ne fait guère de doute. Il s’en était lui-même vanté après l’agression contre un autre responsable de l’UJFP, Jean-Guy Greilsamer, le 31 mars 2015, et contre Pierre Haski, du site www.rue89.com.

Denis Sieffert. Mais ce n’est tout de même pas Ulcan qui dirige le RAID.

Pierre Stambul. Non, on peut penser à certaines collusions. Est-ce qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre Grégory Chelli, à ma connaissance, aucun. Nous avons affaire à une agression par un psychopathe d’extrême-droite protégé par un état voyou et la France laisse faire. Mais nous avons en plus une police complètement incompétente. Je peux dire que ce ne sont pas des tendres, mais pas seulement cela. C’est surtout qu’on m’a mis dans une situation où je n’ai jamais pu parler et où je n’ai jamais eu d’interlocuteur. J’ai immédiatement été plaqué au sol, tutoyé, insulté, menotté avec des menottes qui vous blessent les poignets et se resserrent dès que l’on bouge. Ma femme, que j’étais censé avoir tuée, était à cinq mètres de moi, retenue dans la chambre par d’autres « Robocop ». Je suis resté comme ça trois quarts d’heure, avec tous les voisins qui arrivaient. Nous allons d’ailleurs déposer une plainte commune avec le propriétaire. Mais lorsqu’ils se sont rendu compte qu’ils s’étaient trompés, ils ne m’ont pas du tout libéré. Ils ont passé la main à la police nationale. On m’a emmené, ma compagne et moi, et j’ai été placé en garde à vue alors qu’ils avaient tous les éléments. J’ai été maintenu dans une cellule pisseuse. A 7 heures 50, j’ai enfin été interrogé. Mais je ne serai libéré qu’à 11 heures 30, après avoir été remis en garde à vue. Au passage, il faut dire qu’au commissariat, c’était Emile Zola. Les policiers ne comprenaient rien. Une anecdote, le journaliste israélien de Haaretz, Gideon Levy, a téléphoné pour m’apporter son soutien, mais les policiers n’ont pas compris. Pas un seul ne parlait anglais. Ma déposition est d’ailleurs couverte de fautes. On a donc affaire à tous les niveaux à une incompétence incroyable. Mais il y a sans doute quelque chose de bien pire qui est une collusion. J’ai tout de suite compris que c’était Ulcan et que j’étais accusé d’avoir tué ma femme, parce que ce sont ses méthodes. En cinq minutes, les policiers ont compris qu’ils s’étaient fait avoir. Le type du RAID l’a même dit à ma femme. Il était 3 heures 30 du matin. Je suis sorti à 11 heures 30.

Denis Sieffert. Les dégâts sont importants ?

Pierre Stambul. Ils ont fracturé la porte d’entrée du lotissement et les portes de deux locataires. Ils ont plaqué au sol le fils du propriétaire qui est venu témoigner pour moi. Le propriétaire est d’ailleurs venu pour porter plainte contre la police et ils ont refusé de prendre la plainte.

Denis Sieffert. Pourquoi cette opération aujourd’hui ?

Pierre Stambul. Je pense que l’on a voulu m’empêcher de faire la conférence qui était prévue à Toulouse le soir même. Le site www.jjssnews.com avait lancé un appel au covoiturage pour mobiliser. Sur le site de la Ligue de Défense Juive (LDJ), il y avait également un appel à empêcher à tout prix la conférence. Mais la conférence a eu lieu. A 20 heures 30, il y avait trois cents personnes. Et la supposée contre-manifestation nationale a réuni vingt personnes. Ce qui n’a pas empêché le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) de donner une version selon laquelle il y aurait eu des slogans antisémites. Version évidemment complètement fausse mais qui a été reprise par la Dépêche du Midi. En fait, il s’agissait, avec trois membres du bureau national de l’UJFP, de faire entendre une parole juive contre le sionisme.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 18:57

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/06/11/la-juge-et-l-activiste_4651518_3214.html#

Manuela Carmena et Ada Colau, deux indignées maires de Madrid et de Barcelone

Par Sandrine Morel, correspondante du Monde à Madrid

Samedi 13 Juin 2015

Manuela Carmena, ancienne juge madrilène de soixante et onze ans, porte la voix de l’expérience et Ada Colau, activiste barcelonaise contre les expulsions immobilières, la fougue de la jeunesse. Toutes deux illustrent le désir de changement qui se manifeste dans l’Espagne de la crise économique, de la remise en cause du bipartisme et de la corruption qui gangrène la politique et l’administration. Celle, en somme, de l’indignation, puissant moteur qui a porté ces deux femmes aux portes de Madrid et Barcelone lors des élections municipales du Dimanche 24 Mai 2015.

Manuela Carmena a été investie Samedi 13 Juin 2015 maire de Madrid. Avec sa plate-forme citoyenne, Ahora Madrid, regroupant des activistes, Podemos, Equo et des communistes critiques d’Izquierda Unida, elle est arrivée en deuxième position derrière le Parti Populaire avec trente-deux pour cent des voix. Elle a obtenu Samedi 13 Juin 2015 le soutien des socialistes pour pouvoir gouverner la capitale espagnole.

Ada Colau et sa candidature d’unité populaire, Barcelona en Comù, qui a inspiré le modèle madrilène, a remporté les élections à Barcelone avec une courte majorité, vingt-cinq pour cent des suffrages, qui l’obligera à composer avec un conseil municipal fragmenté. Sauf surprise de dernière minute, elle devrait également être investie maire de Barcelone, Samedi 13 Juin 2015.

Dernières heures du post franquisme

Toutes deux ont vécu des moments tourmentés de l’histoire espagnole contemporaine. Manuela Carmena a souffert dans sa chair des dernières heures convulsives du post-franquisme.

En 1977, des phalangistes et des militants d’extrême droite fasciste sont entrés dans le cabinet d’avocats, spécialisés dans le droit du travail et proches du Parti Communiste Espagnol (PCE), alors interdit, qu’elle avait cofondé. Ils ont tué cinq de ses compagnons et en ont blessé quatre autres. Absente, elle a échappé au massacre. Elle a continué à défendre la démocratie sous Francisco Franco, luttant contre les pots-de-vin dans les tribunaux au début des années 1990, contre les abus policiers et militant pour la réinsertion des prisonniers.

Avant d’écrire, en 2012, un livre sur la nécessaire régénération démocratique de l’Espagne, « pourquoi les choses peuvent être différentes ».

De trente ans sa cadette, Ada Colau a vécu la crise économique de 2008 de plein fouet, ses vingt-cinq pour cent de chômeurs, cinquante pour cent chez les jeunes, la politique d’austérité, la dégradation des services publics et la baisse des salaires. Elle s’est engagée dès 2006 contre la spéculation immobilière puis contre les expulsions, avant de participer au mouvement des « indignés » qui, en 2011, a exigé une « démocratie réelle » en se réunissant sur les places publiques d’Espagne. L’association qu’elle a cofondée en 2009, la Plataforma de los Afectados por la Hipoteca (PAH), a paralysé plus de mille six cent expulsions immobilières depuis le début de la crise. Toutes deux, courtisées par différents partis, avaient juré qu’elles n’entreraient pas en politique. La lutte contre les injustices devait, à leurs yeux, se mener ailleurs.

La politique est « trop violente »

Manuela Carmena, deux fois grand-mère, retraitée de la justice mais gérante d’un magasin de vêtements pour bébés confectionnés par des recluses de la prison d’Alcala, s’est donc fait désirer. A maintes reprises, des membres de Podemos sont venus lui proposer d’être la tête de liste d’une candidature « d’unité populaire » pour Madrid. A chaque fois, elle a dit non, alléguant qu’il était temps de laisser la place aux jeunes. Elle a changé d’avis in extremis, entre autres, en raison de la candidature d’Esperanza Aguirre, ancienne présidente de la région, entre 2003 et 2012, et représentante de l’aile dure du Parti Populaire. « Je souhaite être la passerelle entre une démocratie vieillie et ceux qui veulent changer le modèle représentatif », répète-t-elle. Elle juge la politique « trop violente » et aspire à y introduire « des valeurs de la culture féminine, l’émotion, l’empathie, la concertation et l’écoute », disait-elle, en mai 2015, à Yo Dona, l’hebdomadaire féminin d’el Mundo.

Ada Colau, mère d’un petit garçon de quatre ans, s’est laissé entraîner dans l’aventure politique « parce que la situation est exceptionnelle », explique-t-elle au Monde. « L’Espagne vit une révolution démocratique. Les grands partis, qui baignent dans la corruption, traversent une crise de légitimité. Un nouveau cycle électoral a commencé avec les élections européennes, où les gens ont exprimé le désir de faire de la politique d’une autre manière. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les candidatures citoyennes ».

Née le 3 mars 1974, Ada Colau était-elle prédisposée pour la révolte ? Sa mère raconte que quand elle s’est réveillée de l’anesthésie, après son accouchement, la deuxième question qu’elle a posée aux sages-femmes, après le sexe de son enfant, est « qu’est-il arrivé à Puig Antich », a-t-elle confié à el Periodico. La veille, le jeune anarchiste fut le dernier condamné à mort du franquisme.

Durant sa jeunesse, Ada Colau est sur tous les fronts. Elle participe aux manifestations contre la guerre du golfe, puis contre la guerre en Irak en 2003.

Dans Barcelone, ville rebelle, elle occupe avec ses amis des édifices vides, pour les protéger de ce qu’elle considère comme de la spéculation immobilière ou les transformer en centres autogérés. Elle ne finit pas ses études de philosophie, malgré ses bons résultats, mais elle enchaîne les emplois précaires. L’Espagne du boom économique qui est aussi celle des mileuristas, ces jeunes condamnés à gagner seulement mille euros par mois, incapables de s’émanciper du domicile familial alors que flambent les prix des logements. En 2006, elle arpente les rues de Barcelone déguisée en super-héros pour dénoncer, au sein de l’association qu’elle a créée, V de Vivienda, « la bulle immobilière que les autorités niaient mais dont nous souffrions ». Responsable des questions de logement pour l’observatoire des droits économiques, sociaux et culturels (DESC) depuis 2007, elle anticipe les problèmes qui se profilent, les crédits impossibles à rembourser et les expulsions qui suivront.

En 2009, elle participe ainsi à la création de la PAH. L’année suivante, elle empêche une première expulsion immobilière en bloquant avec des dizaines de personnes l’accès du logement aux huissiers et aux policiers. Les images de la jeune femme, traînée par terre par des policiers, ont ressurgi durant la campagne municipale. Avec le mouvement des indignés, la PAH prend de l’ampleur et, en 2012, recueille un million cinq cent mille signatures en faveur de la dation en paiement, la possibilité d’effacer le crédit immobilier en rendant le logement à la banque. Devant une commission du parlement, en février 2013, les yeux humides et la voix tremblante, elle qualifie le président de l’association espagnole des banques, qui vient de nier le problème du logement, de « criminel ». Son discours sur les effets de la crise la rend célèbre dans toute l’Espagne. A Barcelone, où Ada Colau a mobilisé les jeunes et les abstentionnistes, en particulier dans les quartiers populaires, la participation a augmenté de huit points.

« Nous désobéirons » s’il le faut

Comme maire, elle compte poursuivre la lutte, sanctionner les banques qui ont des logements vides, freiner les expulsions, limiter le tourisme, réorienter les développements urbanistiques et imposer aux entreprises avec lesquelles la ville signe des contrats des conditions de travail dignes pour leurs employés. Pour donner l’exemple, son salaire sera de trente-cinq mille euros par an brut, quatre fois moins que son prédécesseur.

Au journal el Pais, Ada Colau la rebelle, qui a relégué le débat sur l’indépendance de la Catalogne au second plan mais défend le « droit à décider », affirme qu’elle n’acceptera pas qu’on l’empêche de faire une consultation sur cette question. « S’il faut désobéir à des lois injustes, nous désobéirons », dit la jeune femme, alimentant le discours de la peur utilisé par l’opposition contre Podemos et ses alliés.

Alors qu’Ada Colau inquiète certains électeurs, Manuela Carmena en rassure d’autres, malgré un programme très similaire. Si elle est parvenue à rassembler plus d’un tiers des voix, c’est notamment parce qu’elle a séduit des électeurs du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), qui n’a obtenu que quinze pour cent des suffrages à Madrid.

Méconnue du grand public, Manuela Carmena est devenue une véritable icône en l’espace de quelques semaines. Parce que cette femme intelligente et simple, à la voix posée, qui circule à vélo dans la capitale, ne dispose que de cent cinquante mille euros pour faire campagne, obtenus par des microcrédits, refuse les grands meetings qui la mettent mal à l’aise et se contente de petites réunions dans les quartiers, des centaines de personnes se mobilisent. Le mouvement de libération graphique de Madrid rassemble le travail bénévole d’artistes qui produisent dessins, affiches, logos et slogans en faveur de Manuela Carmena.

On la voit, avec le masque de Catwoman pour sauver les « chats », surnom donné aux madrilènes. Elle apparaît serrant dans ses bras l’ours, symbole de la capitale. Le slogan « Madrid mérite Manuela » se répand partout dans la ville.

Sur les réseaux sociaux, des jeunes clament leur désir d’avoir Manuela comme grand-mère. Certains la comparent à Enrique Tierno Galvan, maire socialiste de la capitale entre 1979 et 1986, âgé de soixante et un ans quand il fut élu et grand défenseur de la Movida.

Curriculum Vitae irréprochable

Le Curriculum Vitae de l’ancienne juge est irréprochable. A l’université, dans les années 1960, elle combat la dictature, partage avec ses amis sa Seat 600 et la revue du PCE, Mundo Obrero, illégale. En 1965, elle obtient son diplôme à une époque où la femme « était légalement et socialement un objet », rappelait-elle dans une interview à la sortie de son livre. Elle y raconte comment, dans les années 1990, menacée par l’ETA, elle refusait d’utiliser son véhicule de fonction et prenait le métro avec son garde du corps.

Cofondatrice, en 1983, de l’association progressiste des juges pour la démocratie, elle fut aussi porte-parole du conseil de la magistrature, doyenne des juges, rapporteur de l’ONU pour le groupe de travail contre les détentions arbitraires et membre, pour le gouvernement basque, de celui sur les victimes des abus policiers. En 2011, elle regarde avec sympathie le mouvement des indignés. « La société rejette le modèle de capitalisme néo libéral qui a atteint des niveaux de cruauté inacceptables », estime-t-elle dans une interview parue en avril 2015 sur le site d’information www.eldiario.es.

A Madrid et Barcelone, les deux femmes auxquelles de nombreux Espagnols ont confié leurs espoirs de changement seront scrutées à la loupe. Podemos espère qu’elles seront le tremplin politique de la gauche anti-austérité pour les élections législatives de la fin de l’année.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 18:18

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/13/grece-le-scenario-du-defaut-de-paiement-se-precise_4653522_3234.html#xtor=AL-32280515

Le scénario du défaut de paiement se précise

Par Cécile Ducourtieux, correspondante du Monde à Bruxelles, et Adéa Guillot, correspondante du Monde à Athènes

Samedi 13 Juin 2015

Les responsables de la zone euro se préparent au pire. Ils craignent qu’un accord « réforme contre argent frais » entre Athènes et ses créanciers, la Banque Centrale Européenne (BCE), la commission européenne de Bruxelles et le Fonds Monétaire International (FMI), ne puisse pas être trouvé. Et qu’un défaut de paiement grec, aux conséquences imprévisibles, advienne d’ici quelques semaines, quand la Grèce, à court d’argent, se retrouvera dans l’incapacité de rembourser le FMI, un milliard six cent millions d’euros, dus au 30 juin 2015, ou la BCE, trois milliards cinq cent millions d’euros dus au 20 juillet 2015.

Pour la première fois depuis le début du bras de fer avec le gouvernement de la gauche radicale du premier ministre Alexis Tsipras, il y a maintenant presque cinq mois, ses partenaires de l’union monétaire « ont évoqué la nécessité de préparer un plan B, lors de la réunion des directeurs du trésor de la zone euro, Jeudi 11 Juin 2015, à Bratislava », assure une source européenne. Selon nos informations, ces responsables se seraient inquiétés du fait que la Grèce ne dispose pas d’une loi encadrant le contrôle des capitaux. En cas de défaut de paiement de l’état grec, les créanciers craignent un mouvement de panique des épargnants, entrainant des sorties massives de capitaux pouvant conduire des banques à la faillite.

« Il y a une prise de conscience dans les institutions, la BCE, le FMI et la commission européenne, qu’il faut se préparer à un défaut de paiement de la Grèce », ajoutait Vendredi 12 Juin 2015 une autre source européenne, pourtant d’habitude très prudente. Un scénario qui a provoqué la chute de la bourse d’Athènes le même jour qui perdait 5,92 %.

« Prendre la mesure de la situation »

« Nous devons évaluer toutes les possibilités, mais j’espère que les autorités grecques vont prendre la mesure de la situation », a dit à l’AFP, Vendredi 12 Juin 2015, Rimantas Sadzius, le ministre lituanien des finances. Jean-Claude Juncker, le président de la commission européenne, qui se démène depuis des semaines pour éviter le scénario du pire, et qui a passé à nouveau deux longues heures avec Alexis Tsipras, jeudi à Bruxelles, « a fait à ce moment-là une dernière tentative pour rendre un deal possible », selon une source diplomatique.

Ces messages alarmistes sont-ils un moyen d’obtenir de la Grèce le compromis décisif ? Probablement, car même si Athènes a démenti, Vendredi 12 Juin 2015, que de telles discussions sur un défaut aient eu lieu, même si des sources gouvernementales ont relativité les menaces, « à chaque fois, ces cinq dernières années, que les négociations se sont tendues, on nous a dit que le Grexit était imminent, les grecs n’y croient plus », Alexis Tsipras a tout de même annoncé qu’il dépêchait une nouvelle fois à Bruxelles, Samedi 13 Juin 2015, une équipe de négociateurs, dont son bras droit, Nikos Pappas, avec dans ses bagages une proposition pour sortir de l’impasse. « Les négociations devraient reprendre Dimanche 14 Juin et Lundi 15 Juin 2015 et se conclure si les propositions grecques sont acceptables » précise une source à Bruxelles.

Malgré ce nouveau signe d’ouverture, le sentiment était au pessimisme à Bruxelles, Vendredi 12 Juin 2015. Car cela fait plus de dix jours que les européens se sont mis dans la situation de « faire le deal », depuis que la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont réuni à Berlin, Lundi Premier Juin 2015, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et le président de la commission européenne, Jean Claude Juncker, afin qu’ils se mettent d’accord sur un projet d’accord commun.

Or, malgré la multiplication des réunions au sommet, Alexis Tsipras n’a pas cédé. Il a fait une première série de « contre-propositions », Lundi 8 Juin 2015, mais n’a pas semblé comprendre que les créanciers n’étaient plus prêts à transiger. « Ils ne peuvent pas aller plus loin dans le compromis. Cette proposition de début juin 2015 est la seule qui ait une chance de passer la barre d’un Euro-groupe à dix-neuf membres de la zone euro », précisait une source proche des négociations, Vendredi 12 Juin 2015.

Joug bruxellois

Il est proposé à Athènes une marge de manœuvre budgétaire, un surplus primaire, avant paiement des dettes, de un pour cent de son Produit Intérieur Brut (PIB) en 2015, deux pour cent en 2016, trois pour cent en 2017 et 3,5 % en 2018. « On a beaucoup desserré le verrou budgétaire », assure un responsable de haut niveau de la zone euro. Les créanciers exigeaient un objectif de 3,5 % pour 2015, avant l’arrivée d’Alexis Tsipras au pouvoir.

En revanche, les créanciers imposent à Athènes une nouvelle réforme des retraites et de la TVA. Mais, ils l’ont répété au premier ministre grec, ces derniers jours, ils sont flexibles. S’il refuse de supprimer les primes aux petites retraites ou d’instaurer une Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) à vingt-trois pour cent pour l’électricité, libre à lui de trouver des mesures alternatives.

A Athènes, Vendredi 12 Juin 2015, signal inquiétant, les positions politiques se figeaient. Le vice-ministre de la sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, proche d’Alexis Tsipras, a couru les plateaux de télévision pour marteler qu’il n’était pas question que le gouvernement « cède aux pressions des créanciers et accepte de nouvelles baisses des retraites ». Tout au long de la journée, à mesure que les rumeurs de défaut grec enflaient à Bruxelles, Athènes a multiplié les notes aux médias expliquant pourquoi l’offre des créanciers ne pouvait être acceptée en l’état car, à part la revue à la baisse des objectifs d’excédent primaire, elle ne « reprenait aucune des propositions formulées ces quatre derniers mois par les négociateurs grecs ».

L’exercice est de fait périlleux pour Alexis Tsipras, élu sur la promesse d’en finir avec le joug bruxellois, mais obligé de naviguer entre un parti, Syriza, qui menace de ne pas voter au parlement un « mauvais accord » et une opinion publique partagée entre son désir d’en finir avec l’austérité et sa volonté de rester dans la zone euro.

« Faire de la pédagogie »

Ce qui inquiète aussi à Bruxelles, Paris ou Berlin, où le message lui a été clairement passé, est que le leader grec ne semble pas vouloir non plus accepter le « processus » de décision, les « règles du jeu européennes » que les créanciers veulent lui imposer. Malgré les heures passées par Jean Claude Juncker à « faire de la pédagogie » au leader grec. De fait, Alexis Tsipras a toujours dit vouloir un accord politique, et pourrait parier sur une résolution du conflit au conseil européen des 25 et 26 juin 2015.

Ce sera trop tard, lui répètent ses partenaires. D’abord, il faut que la liste des réformes auxquelles s’engage Athènes soit validée par l’Euro-groupe. Une réunion de ce type est programmée Jeudi 18 Juin 2015 à Luxembourg, il faudrait qu’elle soit conclusive. Puis l’accord doit décrocher le feu vert de plusieurs parlements nationaux, dont le Bundestag, pas un des plus favorables à Athènes.

Ce processus prenant au bas mot une petite dizaine de jours, c’est pour cela qu’il « ne reste plus que quatre ou cinq jours utiles », confiait, Vendredi 12 Juin 2015, une source européenne proche des négociations, pour qu’un accord soit encore possible. Et que puisse être envisagé avant le 30 juin 2015 un déboursement de tout ou partie des sept milliards deux cent millions d’euros encore à verser à la Grèce dans le cadre de son plan d’aide internationale.

« Personne ne veut passer pour le responsable de l’échec des négociations », ont confié ces derniers jours au Monde des sources diplomatiques, pour expliquer les efforts répétés, à tous les niveaux, notamment au plus haut, pour décrocher un accord. « Surtout Angela Merkel », ajoute une de ces sources. « La chancelière veut aider Alexis Tsipras, elle pense qu’il est comme un étudiant en médecine à qui on demande de faire une opération à cœur ouvert », croyait savoir une source diplomatique européenne, Vendredi 12 Juin 2015.

A la BCE, en l’absence de signal fort avant Jeudi 18 Juin 2015, on réfléchit à la conduite à tenir. Faut-il envoyer un signal aux marchés ? Une réunion des gouverneurs devrait se tenir, Mercredi 17 Juin 2015, « la question d’une réponse adéquate à la situation y sera soulevée », selon une source européenne. « Si le risque d’un défaut grec grandit, la BCE devra probablement faire une annonce aux marchés » expliquait une source de même niveau ce printemps, quand déjà les inquiétudes sur un possible accident de paiement, à Athènes, étaient apparues.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 17:42

http://www.ujfp.org/spip.php?article4218

http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3743%3Asucces-du-meeting-bds-contre-le-sionisme-et-lantisemitisme-avec-pierre-stambul-a-toulouse&catid=49%3Aactualites&lang=fr

http://www.npa2009.org/actualite/succes-du-meeting-bds-contre-le-sionisme-et-lantisemitisme-avec-pierre-stambul-toulouse

Succès du meeting de la campagne Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) contre le sionisme et l’antisémitisme avec Pierre Stambul à Toulouse

Environ trois cent personnes se sont pressées Mardi 9 Juin 2015 soir salle Barcelone à Toulouse pour écouter et débattre avec Pierre Stambul, coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), soutenu par la présence de Georges Gumpel et d’André Rosevègue, autres personnalités de l’UJFP. Un débat sur l’opposition juive au sionisme et aux raisons du soutien de l’UJFP à la campagne BDS. Un public bien plus nombreux que celui des réunions publiques précédentes sur la Palestine depuis la fin de la deuxième intifada.

Cette soirée n’avait pourtant rien eu d’évident. Une des raisons de son organisation conjointe par l’UJFP et par BDS France Toulouse était de répondre, politiquement et symboliquement, à l’interdiction, le 31 mars 2015, de la même salle municipale pour une réunion avec le professeur Farid Esack, président de BDS Afrique du Sud. Pour justifier cette interdiction, combinant mensonge et calomnie, le maire de Toulouse a écrit qu’il s’agissait d’une « réunion publique autour de personnes condamnées pour discrimination et incitation à la haine raciale ». Aussi la réunion de Mardi 9 Juin 2015, intitulée « antisionisme contre antisémitisme, à qui profite l’amalgame », avait pour but de mettre au défi le maire d’interdire une réunion exposant le soutien des juifs progressistes antisionistes à la campagne BDS.

Les groupes d’extrême droite pro-Israël ne s’y sont pas trompés. A commencer par le site www.jjssnews.com dirigé depuis Jérusalem, appelant à empêcher physiquement la réunion, ou au moins à fournir un prétexte à une annulation pour « risque de trouble à l’ordre public ». Ensuite par le site des nervis de la Ligue de Défense Juive (LDJ), qui proposait d’appeler la ville et la préfecture pour faire interdire la réunion.

La tenue de la réunion a été un double échec pour les sionistes. La municipalité a eu le bon sens de ne pas pratiquer l’antisémitisme contre l’UJFP, et la contre-manifestation, « des bus partiront de toutes les grandes villes de France, de Nice et de Marseille, et les groupes parisiens arriveront par voiture, avion et train », s’est limitée à une vingtaine d’individus qui sont restés tenus à distance par un solide service d’ordre que nous remercions.

Le succès de la réunion a tenu aussi à la présence d’une assistance jeune qui, en grande partie, entendait pour la première fois l’exposition de l’opposition juive au sionisme et son soutien au BDS. C’est aussi un nouvel encouragement pour le comité BDS France Toulouse. La conférence de Pierre Stambul sera transcrite.

Plus que jamais le combat continue !

BDS-France Toulouse

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 17:57

https://www.opendemocracy.net/can-europe-make-it/john-weeks/grexit-end-of-illusion

Grexit, fin de l'illusion

Par John Weeks, professeur émérite à l’Ecole des Etudes Africaines et Orientales de l’Université de Londres

Mercredi 10 Juin 2015

Les négociations entre la troïka et la Grèce sont une imposture. La soumission de la Grèce au projet néo libéral de l'Union Européenne ou la sortie forcée était le plan de match de la troïka à partir du moment où Syriza a formé un gouvernement.

Apparence et réalité

Pendant cinq mois, nous avons regardé la tentative par le gouvernement de la Grèce de renégocier sa dette avec la tristement célèbre troïka de la commission européenne, de la Banque Centrale Européenne (BCE) et du Fonds Monétaire International (FMI), avec le gouvernement allemand sur la photo dans la salle.

C’était ce qu’il apparaissait. Nous savons maintenant que la réalité était et est tout à fait différente des apparences. Le gouvernement Syriza et ses créanciers ne sont pas et n’étaient pas en conflit sur le service de la dette, mais sur quelque chose de beaucoup plus fondamental sur lequel il ne pouvait y avoir de compromis. La Grèce est le seul gouvernement de l'Union Européenne qui s’oppose au projet qui connaît un succès alarmant pour solidifier une Europe néo libérale.

En raison de cette opposition, il n'y aura pas « d’accord » entre le gouvernement grec et la troïka. En effet, à partir du moment Syriza a formé un gouvernement, il y avait seulement deux résultats possibles, le remplacement du gouvernement Syriza par un autre gouvernement obéissant au projet néo libéral ou l'expulsion de la zone euro et de l'Union Européenne. Avec le gouvernement grec profitant d’un soutien massif, l'expulsion devient la seule possibilité.

La question pour la troïka est comment ? L'absence de tout mécanisme formel d'expulsion d'un pays membre de la zone euro ou de l'Union Européenne est le problème central de la troïka. Ce problème sera résolu en créant les conditions telles qu'il semble que le gouvernement Syriza choisit le résultat que désire la troïka.

Telle est la véritable histoire. Elle est très simple, forcer le gouvernement grec à se retirer dans des circonstances qui permettent à la troïka de nier sa culpabilité. Sans le savoir, nous avons suivi les manœuvres de la troïka pour atteindre ce but. La nature du conflit est une stratégie de la troïka, pour priver d’argent le gouvernement grec jusqu'à ce qu'il accepte ce que le premier ministre a appelé des demandes « absurdes » ou choisisse une sortie de plus en plus coûteuse de la zone euro.

Le temps n’est pas du côté du gouvernement grec, simulacre de négociation

Il est une pratique internationale courante que les gouvernements acceptent la responsabilité des dettes contractées par les gouvernements précédents. Mais ils ne sont pas tenus d'appliquer les mêmes politiques. Sauf si une dette est illégale ou « odieuse », un nouveau gouvernement est tenu de payer sous le taux d'intérêt contractuel, le calendrier et les autres conditions, même s’il peut tenter de renégocier ces termes. La politique intérieure détermine la façon dont il le fait.

Peu de temps avant d'appeler une élection pour janvier 2015, le gouvernement grec de centre-droit qui a précédé Syriza a signé un accord avec la troïka qui a fait que les versements dépendent de nombreuses conditions politiques spécifiques. Ces conditions étaient en effet l'extension des politiques que la troïka avait requises quatre ans auparavant, qui ont conduit à la démission du gouvernement de Georges Papandréou et son remplacement sans une nouvelle élection par ce que beaucoup de critiques, y compris moi-même, considèrent comme un régime client de la troïka.

Ces conditions ne se rapportent pas directement à des dettes dues par le gouvernement grec. Elles participent d’interventions politiques spécifiques conçues et justifiées par la troïka pour des raisons de mesures de facilitation du service de la dette, de la réduction de la dette et de la reprise économique. Lorsque l'élection a eu lieu en janvier 2015, l'économie grecque n’avait pas atteint les objectifs des conditions politiques de la troïka. Un excédent commercial représentait la seule « réussite » de l'ensemble de la politique de la troïka et cela a été réalisé par l'effondrement des revenus des ménages et des importations, pas par une « compétitivité » axée sur une augmentation des exportations.

La plateforme du parti Syriza a rejeté explicitement les plus importantes de ces conditions. Par conséquent, il ne peut y avoir aucun doute que l'électorat grec a fourni un mandat démocratique pour le nouveau gouvernement de changer de politique. Ce ne fut pas une unique ou même une inhabituelle situation. De nombreux gouvernements en Asie, en Afrique et en Amérique Latine ont renégocié des conditions associées aux prêts du FMI et de la Banque Mondiale, y compris certaines par des gouvernements que j’ai conseillé, la Zambie au cours des dix dernières années est un exemple clair.

Fonctionnant sur la pratique internationale courante, le gouvernement Syriza a envoyé ses représentants à Bruxelles en février 2015 avec une proposition détaillée pour le service de la dette conformément à son mandat électoral. La réaction normale des créanciers et des institutions de contrôle de la dette aurait été d'accepter certaines propositions et d’en rejeter d'autres. Parce que la quasi-totalité de la dette du gouvernement grec avait été convertie en obligations de la BCE et du FMI, les « créanciers » se composaient de la BCE et du FMI, avec les ministres des finances des autres pays de la zone euro servant de représentants de la commission européenne.

Tout au long des échanges conflictuels, les rapports des médias ont suggéré que certains représentants de la troïka ont pris initialement l'approche positive de « décider ce qui est essentiel, tenir à cela, et céder sur les petites choses ». Le modus operandi des négociations révèle fréquemment ce qu’une partie considère comme importante et l'autre pas, ce qui permet de faire des compromis.

Le gouvernement allemand n'a pas pris l'approche habituelle. Dès la mi-février 2015, le ministre grec des finances Yanis Varoufakis a accusé les gouvernements des « créanciers » d'un manque de flexibilité. Le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble s’est continuellement et explicitement opposé à Yanis Varoufakis, peut-être plus crûment en avril 2015 lorsque ce politicien allemand de droite a déclaré publiquement que « personne ne croit à une solution ».

Il y a des suppositions selon lesquelles des divergences seraient apparues parmi les membres de la troïka. Étant donné que les ministres des finances de la zone euro sont plus de dix, un accord complet semble peu probable. L'une des rumeurs les plus populaires, pour laquelle il y a peu de preuves à l'appui, a jugé que le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a été le « bon flic » et que Wolfgang Schäuble a été le « mauvais flic ».

Une autre rumeur a spéculé que le FMI était souple sur le rééchelonnement de la dette, mais pas sur les conditionnalités politiques, cela a été nié publiquement par la tête du FMI, avec la position inverse détenue par la BCE et les ministres des finances. Les incohérences entre ces rumeurs me donnent à penser qu’elles faisaient partie d'une campagne orchestrée pour générer l'illusion de la flexibilité de la troïka et de l'intransigeance du gouvernement grec.

Quelle que soit la position des différents membres de la troïka, le premier jour de juin 2015 a peut-être été l'événement le plus extraordinaire au cours des négociations fictives, une réunion secrète de la troïka à Berlin. Selon le Financial Times, ce rassemblement clandestin a discuté « des divergences entre les créanciers de la Grèce ». Pour citer le Financial Times, « Christine Lagarde, directrice générale du FMI, et Mario Draghi, président de la BCE, sont arrivés secrètement à Berlin Lundi Premier Juin 2015 pour rejoindre le président français François Hollande et le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, qui étaient déjà à Berlin pour une réunion préalablement organisée avec la chancelière allemande ».

S’il restait un espoir que les fausses négociations avaient un but positif, il a pris fin Mardi 2 Juin 2015. Ce rassemblement de cape et d'épée des principaux membres de la troïka, en l'absence des ministres des finances, a démontré qui décidait. Lorsque les poids lourds de la troïka n’ont autorisé aucun représentant du gouvernement grec à y assister, en effet, ils n’ont pas informé le gouvernement grec de la réunion, la logique politique du nouvel ordre de l'Union Européenne s’est révélée elle-même.

Expulsion de l’euro ou fuite de l’euro ?

De cette réunion secrète est venu un document de la troïka de quelques pages qui a été officiellement transmis au gouvernement grec. Le seul aspect surprenant de ce document est sa longueur excessive, car il a transmis un message très clair et concis, mettre en œuvre les politiques économiques pré-électorales que nous, la troïka, avons conçu et qui ont été acceptées par les gouvernements précédents.

Au début du mois de juin 2015, le gouvernement grec avait un paiement à faire au FMI. Compte tenu de la rigidité de la troïka, l'annonce par le gouvernement grec d’utiliser un dispositif de procédure du règlement du FMI pour reporter le paiement est la réponse rationnelle. Je ne considère pas cela comme un geste de désespoir d’un gouvernement « au bord de la faillite ». Il reflète plutôt la nécessité de conserver des euros pour la transition tant attendue à une monnaie nationale, lorsque l'euro sera, comme le dollar, une partie des réserves de change du gouvernement.

La dette publique de la Grèce ne peut pas être payée en totalité et ne le sera pas. Même Wolfgang Schäuble doit le savoir. La soumission du gouvernement grec au projet néo libéral de l'Union Européenne ou la sortie forcée était le plan de match de la troïka à partir du moment où Syriza a formé un gouvernement.

Bientôt, les négociations qui n’étaient pas ne seront plus. Le défi auquel fait face le gouvernement grec sera de convertir l'expulsion de la zone euro en évasion de l'Europe néo libérale.

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 16:26

http://www.humanite.fr/premiere-victoire-pour-les-migrants-de-la-chapelle-576792?IdTis=XTC-FT08-AV53AU-DD-DLH85-F23M

Première victoire pour les migrants de la Chapelle

Par Pierre Duquesne

Vendredi 12 Juin 2015

Après avoir occupé une ancienne caserne désaffectée, Jeudi 11 Juin 2015, une partie des migrants qui dormaient dans le Bois Dormoy ont obtenu cent dix places d’hébergement et la promesse de l’état de les accompagner, récit d’une folle nuit de négociation.

C’est une première victoire. Après avoir dormi des mois durant sous le pont du métro la Chapelle, après avoir été pourchassés par les forces de l’ordre pendant dix jours, la centaine d’exilés qui s’étaient réfugiés dans le Bois Dormoy, dans le dix-huitième arrondissement de Paris, ont enfin obtenu une mise à l’abri.

Vers minuit, Jeudi 11 Juin 2015, ils ont tous embarqué, de leur plein gré, dans deux bus qui les ont déposés dans quatre centres d’hébergement, situés à Paris et Nanterre. Ils y seront nourris et soignés et seront accompagnés par une association dans le but d'examiner leur situation le plus rapidement possible, qu’ils soient demandeurs d’asile ou non. Et cela, jusqu’à l’ouverture prochaine d’un centre d’accueil de migrants par la ville de Paris.

Tout avait pourtant très mal commencé. Les riverains et les militants qui soutiennent ces réfugiés s’étaient donné rendez-vous à 17 heures au Bois Dormoy afin de les accompagner vers un nouvel emplacement. L'association gérant ce jardin partagé leur avait lancé un ultimatum et demandé de quitter les lieux. Les militants du Parti Communiste Français (PCF), d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV), du Parti de Gauche, de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et d’autres soutiens, s’étaient mis d’accord, ils comptaient investir les jardins d’Eole, parc situé à deux rues de là, pour y installer un nouveau campement. Le NPA, appuyé par des anarchistes autonomes, dont certains débarquaient pour la première fois dans le quartier, avaient un tout autre plan, squatter une caserne désaffectée dans le dixième arrondissement. D’un côté, un terrain appartenant à la mairie de Paris, avec des points d’eau et des sanitaires, et offrant la garantie d’une négociation sereine avec la ville, de l’autre, un bâtiment qui, s'il présente l'avantage d'avoir un toit, est complètement délabré et abandonné depuis dix ans, avec des escaliers vermoulus et dangereux.

Qu’importe, le NPA et les autonomes veulent leur squat, leur nouvelle église Saint-Bernard.

Ils empêchent des migrants de monter dans un bus qui devait envoyer certains d’entre eux dans des places d’hébergement négociées par les militants du dix-huitième arrondissement. Ils désorganisent ensuite le service d’ordre du rassemblement du Bois Dormoy, poussent les migrants et détournent le convoi.

Vers 18 heures 30, la caserne de Château Landon, à proximité de la Gare de l’Est, est investie par cent cinquante à deux cent personnes. Sur twitter, certains autonomes rêvent déjà de CAZAD, contraction de caserne et de ZAD, concept né dans la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Des élus et des responsables de partis de gauche ont néanmoins réussi à se glisser à l’intérieur du bâtiment abandonné.

Dans un communiqué commun, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, dénoncent « des individus irresponsables qui, depuis plus d'une semaine, instrumentalisent cyniquement la situation dramatique dans laquelle se trouvent les migrants à des fins purement politiciennes ». Cela n’empêche nullement le directeur de cabinet de la maire de Paris, Mathias Vicherat, de venir en personne constater la situation. Des migrants, après avoir chanté et dansé, s’assoient en cercle avec des militants. La cour, d’habitude utilisée pour les distributions de l’Armée du Salut, se transforme en gigantesque assemblée générale estudiantine.

A l'extérieur, les nombreux journalistes qui n’ont pu entrer dans les lieux relatent surtout les échauffourées ayant éclaté autour du bâtiment entre des activistes venus les soutenir et des CRS. Des manifestants tentant de pénétrer au premier étage sont refoulés par les forces de l’ordre. Du gaz lacrymogène pénètre dans une aile de la caserne. Cette agitation tranche avec le calme régnant à l’autre extrémité du bâtiment. Le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo s’isole avec des leaders de groupe de migrants dans l’ancien « bureau des officiers ».

Une minuscule salle où une dizaine de délégués des migrants, principalement soudanais et érythréens, échangent directement avec le responsable de la ville de Paris, sans le moindre intermédiaire.

Seul Aziz Hmoudane, élu communiste du vingtième arrondissement, en charge de la lutte contre les discriminations et des foyers de travailleurs migrants, assure la traduction.

Fathi, un des leaders, qui a récemment témoigné sur Canal Plus, entre et sort à plusieurs reprises, tout comme le fonctionnaire qui joue les négociateurs pour le compte du ministère de l’intérieur. Il propose d’abord soixante places d’hébergement, puis quatre-vingt. Enfin, il annonce qu’il a un accord du ministère de l’intérieur pour cent dix places d’hébergement. « Ils voulaient être tous relogés, sans exception », rapporte Aziz Hmoudane, encore stupéfait par l’une des confidences faite par l’un des migrants. « Il m’a dit, moi, vous savez, je suis indifférent à la mort après tout ce que j’ai subi dans le désert en Lybie. Je suis arrivé pour la paix ». En attendant, il aura droit à quelques jours de répit dans un centre d’hébergement jusqu’à l’ouverture d’un centre d’accueil des migrants pérenne par la ville de Paris. Fathi transmet la nouvelle au groupe.

Des cris de joie éclatent. Reste à savoir comment faire sortir cette foule de deux cent à trois cent personnes, de plus en plus invectivée par certains agités, de plus en plus nerveux. « Il y a encore d’autres migrants dehors », crie un jeune. « Le PCF, c’est la police », gueule un autre.

Les migrants, qui ont peur de la police et qui ne savent plus qui suivre, ni croire, exigent un écrit. Une scène incroyable se déroule alors sous nos yeux. Entouré de soudanais et d’érythréens, Mathias Vicherat, le directeur de cabinet d'Anne Hidalgo, prend la plume et rédige les engagements de la ville de Paris et de l’état sur un bloc note de journaliste, une scène surréaliste, immortalisée par la lumière de dizaines de portable. Fathi, soulagé, ne cesse de montrer le petit papier aux caméras pour sceller l'engagement. Il est 22 heures 53, les migrants peuvent enfin sortir.

« C’est une belle victoire », réagit à chaud Anne Souyris, coprésidente du groupe EELV au conseil de Paris, présente sur place. « Mais il faudra ne pas lâcher ces migrants et rester extrêmement vigilant sur le respect de ces promesses faites par l’état ».

L'autre conclusion, c'est bel et bien que l’état, quand il le veut, peut dégager des solutions pour les exilés, sans violence, ni brutalités. Mais il aura fallu une occupation risquée et une action exposant particulièrement les migrants à la menace d'une nouvelle interpellation, pour obtenir de la puissance publique le simple respect de la loi. L’article 345-2-2 du code de l’action sociale stipule que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale doit pouvoir avoir accès à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ». Un texte qui s’applique aux français comme aux étrangers.

« C’est un premier pas », estime Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche. « Ce n’est pas le gouvernement, ni la ville de Paris, qui a été sur le pont, ils n’auraient pas bougé sans cette occupation, mais surtout une grosse mobilisation qui dure depuis plusieurs jours et même plusieurs semaines dans le quartier », rappelle le dirigeant du Parti de Gauche, également présent dans la cour de la caserne. « Tout cela n’a été rendu possible que par l’action exemplaire des militants et des riverains, et leur esprit de solidarité ».

Emmanuelle Becker, élue PCF du treizième arrondissement, est elle aussi soulagée par l’issue de la soirée, longtemps confuse. « C'est une victoire pour les migrants. Ils vont être logés, nourris et soignés. Certains en ont besoin. Mais la bataille n’est pas finie. Il y a encore deux cent migrants qui dorment à proximité de la Gare d’Austerlitz. Une vingtaine sont retournés au Bois-Dormoy et d’autres dorment ici ou là, dans les rues. Ce n’est pas seulement une question parisienne. Le problème se répète dans l’ensemble du pays et dans les autres pays européens. La question des migrants n'est pas résolue ce soir ».

Eric Coquerel renchérit. « Il faut arrêter de croire que la France, parce qu’elle serait le pays des droits de l’homme, serait pour toujours une terre d’asile. C’est faux. La France est un des plus mauvais pays européens en la matière. Il faut qu’elle change sa politique et qu’elle pèse de tout son poids pour changer celle de l’Europe. On ne peut pas laisser les réfugiés qui fuient la pauvreté, la misère et la guerre, dont l’Europe a une part de responsabilité, à la seule charge de pays comme la Grèce ou l’Italie. La France a aussi sa part de responsabilité ».

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 15:58

Soutenue par Podemos, Manuela Carmena prend la mairie de Madrid (Reuters)

Manuela Carmena, soutenue par le parti anti-austérité Podemos, a été officiellement choisie Vendredi 12 Juin 2015 par la gauche pour occuper le fauteuil de maire de Madrid, devenant la première élue de gauche à diriger la capitale espagnole après vingt-quatre années d'administration de la ville par le Parti Populaire.

Manuela Carmena, soixante et onze ans, ancienne magistrate et opposante communiste à Francisco Franco, qui a fait campagne sur la suspension de la privatisation des services publics et l'arrêt des expulsions de locataires, a passé un accord de coalition avec l'opposition socialiste après deux semaines de négociations.

Arrivée deuxième du scrutin, elle est assurée grâce à cette alliance avec le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) de disposer de la majorité absolue de vingt-neuf sièges au conseil municipal.

Lors d'une conférence de presse organisée avec le PSOE, elle a dit espérer que sa désignation permettrait « de changer vraiment la manière de faire de la politique ».

Cette nomination constitue un revers pour le parti du président du gouvernement Mariano Rajoy et pour Esperanza Aguirre, la candidate du Parti Populaire, qui était pourtant arrivée en tête, Dimanche 24 Mai 2015.

Après six années de politique d'austérité, la droite espagnole a été punie dans les urnes lors d'élections locales marquées par une poussée de Podemos, représentant la gauche radicale, et des centristes anti-corruption de Ciudadanos.

A la retraite depuis 2010, Manuela Carmena avait ouvert un magasin de vêtements pour enfants fabriqués par d'anciens détenus. Elle avait été sollicitée par Pablo Iglesias, le chef de file de Podemos, pour mener la campagne dans la capitale espagnole.

Après un premier refus, elle avait finalement accepté de prendre en mars 2015 la tête du mouvement Ahora Madrid soutenu par des militants et personnalités du mouvement des indignés né en 2011.

Manuela Carmena a rappelé qu'elle n'était affiliée à aucun parti politique. « Je suis bien plus intéressée par l'amélioration de la vie des gens que par la politique », expliquait-elle dans une récente interview accordée au quotidien el Pais.

A Barcelone, c'est là encore une coalition de gauche qui va prendre les clés de la ville. La militante de gauche Ada Colau, soutenue par Podemos et le PSOE a été désignée pour devenir maire de la capitale catalane après une campagne électorale centrée sur son opposition aux expulsions immobilières.

L'alternance est également au programme à Valence où la maire de droite Rita Barbera a annoncé vendredi qu'elle quittait l'hôtel de ville après plus de deux décennies. Elle sera remplacée par un candidat du parti de gauche Compromis qui va diriger la troisième ville espagnole.

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