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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:54

http://www.alencontre.org/europe/grece-les-limites-a-ne-pas-franchir-dans-un-compromis.html

Les limites à ne pas franchir dans un compromis

Par Manolis Glézos

Lundi 23 Février 2015

Depuis Bruxelles, Manolis Glézos « foudroie » le gouvernement Tsipras à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de Syriza. Il rappelle « qu’entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ». Une des questions que pose Manolis Glézos est au centre de discussions au sein de Syriza, quels sont les rapports entre le gouvernement Tsipras et Syriza. Manolis Glézos revendique une activation de Syriza, à tous les niveaux, afin de prendre en charge les décisions liées aux négociations et donc à la mobilisation populaire. A cela s’ajoute la façon dont les ministres du courant de gauche vont expliquer concrètement leurs interrogations ou oppositions à l’accord qu’Alexis Tsipras va présenter au parlement. Cet accord permet-il à un ministre en charge des retraites d’accomplir l’engagement de Thessalonique de septembre 2014, soit pour les retraites, treizième mois pour les retraites de moins de sept cent euros, soit des mesures de base dans l’éducation ? Les semaines à venir sont d’une grande importance.

L’article de Manolis Glézos a été publié aujourd’hui sur le site du mouvement « Citoyens Actifs »

« Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires » ne change en rien la situation antérieure.

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple grec aux élections législatives du Dimanche 25 Janvier 2015.

Il a voté pour ce que Syriza avait promis, abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi celle des autres pays créanciers de l’Union Européenne et de l’oligarchie grecque.

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

C’est dommage et encore dommage.

Pour ma part, je demande au peuple grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de Syriza doivent décider s’ils acceptent cette situation.

D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Emmanouíl « Manólis » Glézos, résistant, des années en prison et en exil, est une figure politique de premier rang et écrivain grec. Il a été député du Pasok puis de Syriza. Il est né le 9 septembre 1922 dans le village d’Apiranthos, sur l’île de Naxos. Il est député européen.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:40

http://www.saphirnews.com/Le-CFCM-boycotte-le-diner-du-CRIF-une-decision-irreversible-apres-les-propos-de-Cukierman_a20459.html

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) boycotte le dîner du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF)

Un mois avant les élections départementales, et quelques heures avant le trentième dîner annuel du CRIF, son président Roger Cukierman a suscité la colère du CFCM après ses propos, tenus Lundi 23 Février 2015 sur les ondes d’Europe Un, à propos des jeunes musulmans qu'il estime être à l'origine de « toutes les violences » en France, contrairement au Front National.

Selon le président du CRIF, Marine Le Pen est « irréprochable. Je crois que nous sommes tous conscients dans le monde juif que, derrière Marine Le Pen, qui est irréprochable personnellement, il y a tous les négationnistes, tous les vichystes, tous les pétainistes », a-t-il déclaré, le jour où un nouveau sondage donne le Front National en tête du premier tour des élections départementales les Dimanche 22 Mars et Dimanche 29 Mars 2015, avec trente pour cent des suffrages.

Les jeunes musulmans derrière « toutes les violences »

Même s’il a affirmé que le Front National est « un parti à éviter » et pour lequel il ne votera jamais, le président du CRIF a expliqué que « c'est un parti qui aujourd'hui ne commet pas de violence ». En revanche, « il faut dire les choses, toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans », a tenu à ajouter Roger Cukierman.

« Bien sûr, c'est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes », a-t-il tempéré. Mais la phrase rendant les jeunes musulmans responsables des violences, antisémites, comprend-t-on, a été lâchée, sans que celle-ci ne fasse réagir outre-mesure Jean Pierre Elkabbach.

En outre, le président du CRIF a affirmé ne pas être « du tout » choqué par l’emploi du terme « islamo fascisme » par Manuel Valls, qui « correspond assez bien à la réalité ».

Le CFCM consterné par les propos

En réponse à cette déclaration, le CFCM a décidé cette année de boycotter le dîner du CRIF, jugeant « inopportun » d'y participer. Le bureau exécutif, réuni ce lundi à la Grande Mosquée de Paris, « a pris connaissance avec consternation » des propos de Roger Cukierman, s'est-il exprimé dans un communiqué.

« Considérer que « toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans » et que son approbation de l’expression « islamo-fascisme » sont des déclarations irresponsables et inadmissibles qui contreviennent au principe même du vivre-ensemble. Le CFCM ne peut accepter que la composante musulmane de France soit aujourd'hui l'objet d'attaques aussi graves qu'infondées », explique l'instance.

Une décision « irréversible » pour Abdallah Zekri

Selon nos informations, le président du CFCM Dalil Boubakeur, et les vice-présidents Anouar Kbibech et Chems-Eddine Hafiz devaient se rendre au dîner du CRIF. « Leur décision de ne pas y participer est irréversible » malgré les tentatives de Roger Cukierman de leur « faire changer d’avis » par téléphone, a indiqué à Saphirnews Abdallah Zekri, qui a pris part à la rédaction du communiqué d'annonce. Joint par notre rédaction, le président de l’Observatoire Nationale contre l’Islamophobie, qui déclare avoir « toujours refusé de participer au dîner du CRIF » en signe du refus de « cautionner les violences contre les palestiniens », a jugé « trop grave le niveau de stigmatisation des musulmans » atteint avec les propos de Roger Cukierman.

Après l'entretien sur Europe Un, il a tenu à clarifier ses positions vis-à-vis du Front National, jugeant que « ce parti infréquentable et appelons à faire barrage, à tout niveau, à la montée de ce parti ». En revanche, aucune déclaration publique n'a été faite par le CRIF pour répondre à la polémique qui agite les musulmans.

Mise à jour du Lundi 23 Février 2015 au soir

Invité de RTL, Roger Cukierman a maintenu ses propos sur « les jeunes musulmans. Il faut nommer les choses. On ne peut pas guérir d'une maladie si on ne la nomme pas. L'immense majorité des actes de violence physique antisémites sont commis par des jeunes musulmans mais ils sont une infime minorité de la communauté musulmane », a-t-il déclaré. Il ne regrette rien, sauf la décision du CFCM, qui est « infondée et dommageable pour les juifs et les musulmans ». Le choix de l'instance musulmane l'a « beaucoup surpris » du fait de leurs « relations amicales » de longue date. Des excuses, le CRIF n'en formulera pas.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:16

https://ijsbergmagazine.com/politique/article/18309-syriza-echec-ue-negociations-bilan

« Continuer dans cette voie ne peut conduire qu’à l’échec de Syriza »

Au lendemain de l’accord trouvé entre la Grèce et l’Union Européenne, prolongeant le programme d’aide en échange de la poursuite des réformes structurelles, le gouvernement grec se retrouve dans l’impasse. L’espoir d’un changement n’aura duré qu’un mois pour les partisans de la fin de l’austérité. Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza et professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, répond à nos questions.

Question. Symboliquement, que représente la victoire de Syriza ?

Réponse. La victoire de Syriza représente un tournant historique. C’est la première fois dans l’histoire électorale européenne qu’un parti dit de la gauche radicale, qui se situe à gauche de la social-démocratie, gagne des élections et accède au pouvoir gouvernemental. Jusqu’à présent, les seuls cas où des partis de cette famille politique ont exercé des fonctions gouvernementales l’ont été dans des coalitions plus larges et dans des circonstances très particulières. Cette première marque incontestablement un tournant, d’autant plus important que l’Europe est traversée par une crise sociale et économique qui provoque un bouleversement et une instabilité politique croissante. On remarque que dans les pays du nord et du centre de l’Europe ce sont des forces de l’extrême droite et de la droite radicalisée qui semblent en profiter. À l’inverse, dans les pays de la périphérie, soumis aux politiques d’austérité les plus dures, ce sont plutôt les forces de la gauche radicale qui semblent relever la tête. C’est le cas de la Grèce, mais également de l’Espagne ou de l’Irlande.

Question. Ce qui confère une responsabilité très forte à Syriza ?

Réponse. Cela lui confère effectivement une responsabilité très forte, ce qui implique qu’un échec pèserait très lourd dans les rapports de force pour la période à venir.

Question. Dès les premiers jours après la victoire, la majorité parlementaire n’ayant pas été obtenue, Syriza a annoncé une coalition avec les grecs indépendants (ANEL), faction issue de la Nouvelle Démocratie. Comment s’explique cette coalition, comment s’organise-t-elle, et quelle a été la réaction de l’électorat ?

Réponse. Il y a deux malentendus à écarter d’emblée concernant ANEL. D’abord, ce n’est pas un parti d’extrême droite, contrairement à ce qui a pu être dit dans de nombreux médias. C’est effectivement une faction de la Nouvelle Démocratie, avec des transfuges venus d’ailleurs et parfois de la gauche. En France, on dirait que c’est un parti souverainiste, même s’il faut garder en tête que les références souverainistes et patriotiques n’ont pas la même signification dans un grand pays qui fut une puissance coloniale et impérialiste comme la France, et un pays dominé tout au long de son histoire comme la Grèce. ANEL est donc un parti qui s’est positionné contre le mémorandum et contre les politiques d’austérité, à partir de bases patriotiques. Mais ANEL exprime aussi une fibre sociale qui existait au sein de la Nouvelle Démocratie, dont je rappelle qu’elle fut, jusqu’à récemment, un parti de masse, avec un électorat populaire et un secteur syndical important. Le deuxième est qu’il n’y a pas de grande stratégie définie. C’est un choix pragmatique, qui correspond aux contraintes du moment. Syriza savait qu’il aurait une partie très difficile à jouer, il avait besoin d’une majorité au parlement. Le parti communiste grec (KKE) ayant depuis plusieurs années refusé toute coalition politique avec Syriza, ne restaient que des alliances possibles à droite ou au centre droit. Ce que Syriza a voulu éviter, c’est le piège d’une alliance avec To Potami. Ce parti est fabriqué de toute pièce par le système. Il se présente comme un parti joker à même de participer à n’importe quelle configuration gouvernementale. C’est d’ailleurs pour cela que les médias étrangers n’ont cessé de présenter cette alternative, en pensant qu’elle forcerait Syriza à faire des concessions. C’est précisément cela que Syriza a voulu éviter, en choisissant de s’allier avec un parti qui ne lui aurait pas posé de problèmes dans ses négociations contre le mémorandum. Donc si Syriza recule, ce qui est aujourd’hui le cas, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Toute la campagne médiatique menée contre Syriza en présentant ANEL comme un parti d’extrême droite, xénophobe, en parlant d’une configuration « rouge-brun » comme l’a fait Jean Quatremer, l’a été pour faire payer Syriza son refus de s’allier avec To Potami et donc de se conformer aux exigences du système. La réaction en Grèce a d’ailleurs été très positive. Il faut bien comprendre que sans annuler la division entre la gauche et la droite, le clivage pour ou contre les memoranda est devenu le clivage dominant de la vie politique grecque. L’alliance avec ANEL faisait donc beaucoup plus sens qu’avec To Potami.

Question. Les élections ont eu lieu Dimanche 25 Janvier 2015. Un mois après, quel bilan peut-on tirer ?

Réponse. Il y a un premier ensemble de mesures qui ont été annoncées, traduisant la volonté de transparence et de démocratisation du nouveau gouvernement. Le changement du code de la nationalité, rendant automatique la citoyenneté grecque aux enfants d’immigrés nés en Grèce, est un bouleversement considérable dans la manière dont la société grecque définit la nationalité, la citoyenneté et même l’identité nationale. La transparence des médias fait également l’objet de ces annonces, pour mettre un terme à l’enchevêtrement d’intérêts des milieux d’affaires liés à l’état et au personnel politique, où l’on retrouve souvent des propriétaires des médias. Ce n’est pas une exclusivité grecque, Silvio Berlusconi en Italie ou Bouygues en France en sont l’exemple, mais en Grèce cela atteint des proportions vraiment très fortes. Le choix des personnalités pour les portefeuilles ministériels a montré que Syriza n’allait pas céder du terrain à ce niveau-là. Le ministère de l’intérieur a notamment été confié à une figure de proue des mouvements antiracistes, proche des combats en faveur des immigrés, et la nouvelle présidente de l’assemblée, Zoé Constantopoulou, est connue pour sa lutte contre la corruption et pour son engagement en faveur des libertés individuelles. Ce sont des signaux forts. D’un point de vue économique et social, le rétablissement de la législation du travail, qui avait été supprimée par les gouvernements précédents, est une mesure importante annoncée par Syriza, tout comme la réembauche de fonctionnaires licenciés, le rétablissement de l’électricité pour les foyers qui en étaient privés, ou la reconstitution du groupe de radio et de télévision publique ERT. Ces annonces visaient à établir une idée de rupture avec les politiques précédentes, mémorandaires. L’ensemble de ces mesures, qui correspondent au mandat de Syriza et qui doivent mettre fin à la politique d’austérité, s’est rapidement heurté aux exigences de l’Union Européenne et de la troïka. Ils ont contraint le gouvernement grec à des reculs successifs, paralysant le programme de Syriza. À peine élu, le gouvernement se retrouve face à des difficultés qui laissent entrevoir comme une éventualité très sérieuse la possibilité de son échec.

Question. C’est ce que laisse entrevoir l’accord signé Vendredi 20 Février 2015 ?

Réponse. L’accord prévoit de rembourser intégralement et à temps les créditeurs. Il prévoit surtout de mener à terme le programme précédent, c’est-à-dire que le pays acceptera d’être mis sous tutelle par les « institutions », le nouveau nom de la troïka. En fait, le gouvernement grec s’engage à ne prendre aucune mesure unilatérale, qui pourrait mettre en danger les objectifs budgétaires fixés par les créditeurs. L’action du gouvernement Syriza et sa capacité de mettre en œuvre son programme se retrouvent neutralisées par cet accord. Le cadre du mémorandum est maintenu dans sa quasi-intégralité, il faut être très clair là-dessus.

Question. Comment s’explique cet échec aussi rapide ?

Réponse. Premièrement, par la pression énorme exercée d’emblée par les institutions européennes. Cela a commencé le 4 février 2015 quand la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé que le refinancement des banques grecques était stoppé, car elle n’acceptait plus les bons de la dette grecque, quand dans le même temps un mouvement massif de retraits de liquidités s’opérait en Grèce. Calculé à environ deux milliards d’euros par semaine, il aurait atteint selon des sources fiables un milliard cinq cent millions d’euros par jour ces derniers jours. Selon les informations que j’ai reçues d’Athènes, les banques grecques n’auraient pas pu ouvrir dès mardi si la Grèce n’était pas parvenue à un accord. La BCE a appliqué en Grèce exactement le même type de chantage qu’à Chypre en 2013 et en Irlande en 2010. Il y a une strangulation mise en place contre le gouvernement grec via le maillon le plus faible qui est le système bancaire. La pression est allée croissante lors des réunions de l’Euro-groupe pour que la Grèce accepte le cadre memorandaire, et si l’Allemagne a été la plus vindicative, avec la part de spectacle qui accompagne ces moments, aucune différenciation n’est apparue de la part des autres pays européens. Personne ne s’est opposé à l’Allemagne.

Question. La France, qui constituait un motif d’espoir pour la Grèce lors de l’élection de François Hollande, ne lui est absolument pas venue en aide ?

Réponse. Superficiellement, on aurait pu l’attendre. Mais on ne peut pas mettre en œuvre une politique d’austérité et voter la loi Macron d’un côté, et aider politiquement un pays qui veut rompre avec l’austérité.

Question. Quelles responsabilités incombent à Syriza ?

Réponse. Il faut être clair. Un certain nombre de points qui faisaient l’objet de débats au sein de Syriza ont été tranchés de façon négative. L’idée selon laquelle on pourrait rompre avec les politiques d’austérité en faisant l’économie d’une confrontation avec l’Union Européenne a été invalidée dans les faits. La ligne majoritaire au sein de Syriza a évité de répondre clairement à un éventuel refus de négocier de la part des créanciers de la Grèce. Elle a également pensé que les partenaires européens seraient obligés d’accepter la légitimité de Syriza et par conséquent les demandes du gouvernement grec. Et on voit bien que ce n’est pas le cas. Il y a eu des illusions de la part de la ligne dominante de la direction de Syriza quant aux possibilités de changer les choses dans le cadre actuel de l’Union Européenne. Ces institutions ont révélé leur vrai visage, qui est celui d’imposer des politiques néo-libérales extrêmement dures et des politiques qui conduisent à la marginalisation économique et sociale de pays entiers.

Question. Comment peut-on expliquer ces « illusions » ?

Réponse. Il y a un véritable blocage qui ne relève pas uniquement du psychologique, mais bien de la stratégie politique. Syriza, comme la quasi-totalité de la gauche radicale européenne, partage l’idée d’une réformabilité, d’une transformation de l’intérieur des institutions européennes existantes. Tout le problème est là. Syriza s’était arc-bouté de plus en plus clairement dans une position qui refusait la rupture avec l’euro, à la fois comme une éventualité, mais aussi comme une possible arme à brandir lors des négociations. On a vu en réalité qu’à aucun moment Yanis Varoufakis ou Alexis Tsipras n’ont utilisé cette éventualité. Ce courant refuse de prendre la mesure de ce qui fait la réalité des institutions et du processus d’intégration européenne, processus qui porte le néo-libéralisme dans son code génétique. Ces institutions ont été créées pour verrouiller les politiques néo-libérales et les soustraire au contrôle populaire. On ne peut pas rompre avec les politiques d’austérité et les mécanismes de mémorandum sans entrer dans une confrontation avec l’Union Européenne, et le cas échéant sortir de la zone euro. La Grèce a montré lors des négociations qu’elle craignait plus le « Grexit » que ses interlocuteurs, et ça, c’est une erreur fatale.

Question. Quelles conclusions tirer de cet accord ?

Réponse. On peut parler d’un échec majeur pour Syriza, possiblement fatal, et l’échec touche l’ensemble des composantes de Syriza. L’aile gauche n’a pas su faire prévaloir son point de vue, et a surtout été mise en échec par la stratégie de recentrage de la direction après les élections de 2012. L’idée était que le plein des voix à gauche avait été fait et qu’il s’agissait donc d’aller chercher des voix au centre. Une logique électoraliste et fausse, puisque l’opinion publique, vu l’ampleur du désastre social, n’évolue pas du tout dans le renforcement des positions centristes. Au contraire, elle se radicalise. Cette radicalisation explique à la fois l’audience d’Aube Dorée et celle de Syriza. Il y a une véritable erreur d’analyse de fond. Quand il s’agit de céder sur des points fondamentaux d’une force politique de gauche anti-austérité, cela ne peut conduire qu’à l’échec. C’est malheureusement le scénario qui est en train de se dérouler sous les yeux. Le gouvernement Syriza n’aura pas d’autre choix que d’être un gestionnaire du cadre mémorandaire. Les petits aménagements seront certes des éléments d’amélioration, mais ils n’arriveront pas à transformer une situation économique et sociale totalement désastreuse. Cela conduira à la déception des espoirs et des attentes placés dans Syriza par l’électorat populaire. Continuer dans cette voie ne peut conduire qu’à l’échec. La désintégration de Syriza me semble envisageable, de même que la reconfiguration des alliances politiques. Si c’est pour continuer cette politique, il n’y a aucune raison que les forces politiques pro-mémorandum refusent de collaborer avec Syriza. Que ce soit To Potami, le Pasok et même une frange de la Nouvelle Démocratie, précisément celle à laquelle Syriza fait un clin d’œil en choisissant Prokopis Pavlopoulos comme président de la république, une figure de proue de l’aile centriste de la Nouvelle Démocratie.

Question. Comment risque de réagir le peuple grec ?

Réponse. La victoire de Syriza a redonné espoir au peuple grec. Au lendemain du chantage de la BCE, on a par exemple vu des gens descendre spontanément dans la rue pour apporter leur soutien à Syriza. Le recul actuel risque de donner un coup d’arrêt et provoquer une déception très importante.

Question. Peut-on craindre que ces électeurs déçus se tournent vers Aube Dorée ?

Réponse. Le succès des partis d’extrême droite en Europe est essentiellement dû au fait qu’ils apparaissent véritablement comme des formations anti système auprès de très larges secteurs de l’opinion publique. Elles apparaissent comme plus crédibles, plus radicales que les forces de gauche. Du fait de l’ampleur des mobilisations entre 2010 et 2012, l’électorat qui s’est détaché des partis traditionnels s’est majoritairement déporté vers la gauche. Néanmoins, les scénarios de recomposition politique qui pourraient avoir lieu comportent le danger énorme de laisser à l’extrême droite le terrain de la contestation du cadre actuel. Syriza a été contraint d’accepter la poursuite de la mise sous tutelle de la Grèce par la troïka. Ce sentiment d’humiliation nationale est d’une importance décisive pour comprendre la percée d’Aube Dorée. La montée d’Aube Dorée est vraiment une réaction nationaliste régressive à ce sentiment d’humiliation nationale, combinée à l’effondrement économique et social.

Question. Jean Claude Juncker, président de la commission européenne, a récemment déclaré « qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Peut-on considérer, en Grèce comme ailleurs en Europe, que nos sociétés sont réellement démocratiques ?

Réponse. Cette citation de Jean Claude Juncker résume la réalité de la situation. La construction européenne depuis les années 1980 est le vecteur des politiques néo-libérales. Cette construction européenne inscrit le néo-libéralisme dans son code génétique, le verrouille dans ses traités. La logique profonde de cette construction est une logique constitutivement antidémocratique. Elle vise à dissoudre le niveau de contrôle national en établissant un contrôle supranational qui est détaché, autonomisé de tout mécanisme de contrôle populaire. C’est ce qui conduit les forces politiques d’opposition à la paralysie. L’échec de Syriza face à l’Union Européenne en est l’illustration la plus frappante, mais aussi la plus cuisante. Pour toute force qui veut s’inscrire en faux contre les choix dominants en matière de politique économique, la rupture est une condition indispensable.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 15:20

Relaxe requise pour Eric Woerth au procès Bettencourt (Reuters)

Le ministère public a requis Vendredi 20 Février 2015 la relaxe de l'ancien ministre UMP Eric Woerth au procès des abus de faiblesse dont aurait été victime l’héritière de l’Oréal Liliane Bettencourt.

La conviction du parquet, qui avait déjà requis un non-lieu pour Eric Woerth à la fin de l’instruction, n’a pas évolué au cours de près d'un mois de procès où ont comparu dix prévenus.

Il considère que « les charges ne sont pas suffisantes, le doute bénéficiant par principe au prévenu ».

Eric Woerth est poursuivi dans cette affaire pour recel de sommes d’argent qu’il aurait obtenues de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, lequel aurait obtenu cet argent liquide de la milliardaire.

L’ancien comptable de la maison Bettencourt a indiqué qu’elle avait préparé une enveloppe de cinquante mille euros destinée à Patrice de Maistre, qui avait un rendez-vous deux jours après, le 19 janvier 2007, avec Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Les deux hommes s’étaient revus le 7 février 2007, deux jours après que quatre cent mille euros en liquide en provenance de Suisse avaient été « livrés » au domicile de Liliane Bettencourt.

Le parquet a estimé que les « coïncidences de dates » ne suffisaient pas. Nicolas Sarkozy, qui a été mis en examen dans cette affaire, a déjà bénéficié d’un non-lieu.

Trois ans fermes, trois cent soixante-quinze mille euros d’amende ainsi que la confiscation des biens saisis au cours de l’instruction ont été requis contre le photographe et confident de la milliardaire François-Marie Banier, le maximum de la peine.

La peine requise pour le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre est également de trois ans de prison mais assortie de dix-huit mois avec sursis et de la confiscation d’un immeuble saisi.

Carlos Véjarano, le gestionnaire de l’île d’Arros depuis revendue par Liliane Bettencourt, écoperait de deux ans de prison ferme et de trois cent soixante-quinze mille euros d’amende si le procureur était suivi. Il a requis un an de prison avec sursis et cinquante mille euros d’amende contre le notaire Jean-Michel Normand.

Le parquet qui avait requis à la fin de l’instruction la relaxe pour cinq des dix prévenus, n’a pas modifié sa conviction que « les charges ne sont pas suffisantes, le doute bénéficiant par principe au prévenu ».

Outre Eric Woerth, seraient ainsi épargnés l’homme d’affaires Stéphane Courbit, l’avocat Pascal Wilhelm, le notaire Alain Bonduelle et l’ancien infirmier Alain Thurin.

Le parquet a demandé pour ce dernier un autre procès dans la mesure où il était absent du tribunal de Bordeaux depuis sa tentative de suicide la veille de l’ouverture du procès et toujours plongé dans un coma profond à l’hôpital.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 15:07

Les rebelles acceptent le retrait d’armes lourdes en Ukraine (Reuters)

Les séparatistes ukrainiens vont entamer Dimanche 22 Février 2015 le retrait d'armes lourdes de la ligne de front dans l'est de l'Ukraine, a annoncé un officier supérieur rebelle, signe que le camp prorusse pourrait être disposé à interrompre son avance dans le cadre de l'accord de paix conclu la semaine dernière à Minsk.

Les combats ont diminué d'intensité dans plusieurs zones depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dimanche dernier mais la trêve a été violée à plusieurs reprises, notamment avec la prise mercredi par les séparatistes de la ville stratégique de Debaltseve, qui a obligé plusieurs milliers d'hommes de l'armée régulière à battre en retraite.

Toutefois, l'annonce par les rebelles du retrait d'armes lourdes, quelques heures après un important échange de prisonniers entre les deux camps, pourrait traduire leur volonté de respecter davantage le deuxième accord de Minsk maintenant qu'ils tiennent Debaltseve, l'un de leurs principaux objectifs militaires.

« Le plan a été signé hier soir. A partir d'aujourd'hui, nous avons deux semaines pour retirer les armes lourdes », a dit Edouard Bassourine, un commandant rebelle cité par l'agence de presse russe Interfax.

Une autre agence russe, Tass, rapporte d'autres propos d'Edouard Bassourine selon lesquels les modalités du retrait ne sont pas encore arrêtées et le retrait effectif des armes ne devrait débuter que mardi.

Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne, a déclaré par téléphone ne pas être en mesure dans l'immédiat de confirmer que les rebelles avaient entamé le retrait des armes lourdes.

ÉCHANGE DE PRÈS DE DEUX CENT PRISONNIERS

Un journaliste de Reuters a vu un convoi de vingt véhicules militaires rebelles transportant entre autres des systèmes de missiles quitter Debaltseve pour prendre la direction de Donetsk.

Samedi, les forces gouvernementales et les rebelles ont procédé à l'échange de près de deux cent prisonniers, l'un des premiers actes illustrant la mise en oeuvre du deuxième accord de Minsk, conclu le 12 février 2015 dans la capitale biélorusse au terme de négociations impliquant les présidents ukrainiens, russes et français ainsi que la chancelière allemande.

Depuis une semaine, les deux camps s'accusent mutuellement d'enfreindre le cessez-le-feu.

Dimanche, l'armée ukrainienne a fait état de douze attaques rebelles sur des positions gouvernementales depuis samedi soir.

Les combats les plus intenses ont eu lieu dans la ville de Peski, proche de Donetsk, et des groupes séparatistes ont tenté un « raid » sur des positions de l'armée à Chyrokine, à l'est de la ville portuaire stratégique de Marioupol, sur la mer d'Azov, a-t-elle précisé sur facebook.

Kiev accuse les séparatistes de continuer à masser des troupes et des armes dans le sud-est du pays et l'armée a déclaré samedi se préparer à l'éventualité d'une offensive rebelle sur Marioupol.

Le service d'information des rebelles DAN a rapporté que des troupes ukrainiennes avaient bombardé certains quartiers de Donetsk et que des tirs d'artillerie se faisaient entendre dans la ville vers 7 heures 30 GMT.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 14:57

Brève incursion turque en Syrie pour évacuer des soldats (Reuters)

L'armée turque est entrée brièvement en territoire syrien dans la nuit de samedi à dimanche pour évacuer une quarantaine de soldats encerclés depuis plusieurs mois par des djihadistes de l’Etat Islamique alors qu'ils gardaient le mausolée d'une figure de l’ancien empire ottoman.

L'opération qui a mobilisé des chars, des drones, des avions de reconnaissance et près de six cent soldats au sol, constitue la première incursion importante de troupes turques en Syrie depuis le début de la guerre civile il y a près de quatre ans.

L'armée a déclaré que l'opération n'avait donné lieu à aucun combat mais qu'un soldat avait été tué dans un accident.

Le gouvernement syrien a fustigé une « agression flagrante » et indiqué qu'Ankara serait tenu responsable des conséquences.

Dans un communiqué lu à la télévision d’état, le gouvernement syrien explique que le gouvernement turc a bien informé le consulat syrien à Istanbul de l'opération mais qu'il n'a pas attendu que Damas donne son feu vert.

Les trente-huit soldats qui gardaient la tombe de Souleiman Shah, grand-père du fondateur de l’empire ottoman, ont été rapatriés sains et saufs. Le mausolée, situé sur le sol syrien mais que la Turquie considère comme relevant de sa souveraineté, a été déplacé.

Le détachement affecté à sa garde est habituellement relevé tous les six mois mais le dernier envoyé sur le site était encerclé depuis huit mois par les combattants de l'Etat Islamique.

Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré lors d'une conférence de presse que son pays n'avait demandé ni autorisation, ni assistance pour cette mission mais qu'il avait informé la coalition internationale contre l'Etat Islamique une fois l'opération entamée.

Une source au sein des services de sécurité turcs a déclaré que l'opération avait été lancée via la ville frontalière de Kobani, avec le soutien des autorités locales kurdes.

Le ministère turc des affaires étrangères a expliqué que la tombe de Souleiman Shah avait été temporairement transférée sur un nouveau site en Syrie, au nord du village d'Esmessi, proche de la frontière turque.

Ahmet Davutoglu a précisé qu'une centaine de véhicules militaires, dont trente-neuf chars, et cinq cent soixante-douze soldats, parmi lesquels des membres des forces spéciales, avaient participé à l'opération.

Des avions de chasse sont restés en alerte pendant toute la mission mais n'ont pas eu à être déployés, a-t-il ajouté.

Le gouvernement turc avait dit fin 2014 que des militants de l'Etat Islamique s'approchaient du mausolée.

Le tombeau a été déclaré territoire turc par un traité signé avec la France en 1921, alors que la Syrie, comme le Liban, était sous protectorat français.

Ankara avait fait savoir à plusieurs reprises qu'elle défendrait le mausolée de Souleiman Shah en cas d'attaque.

La Turquie est jusqu'à présent restée réticente à toute implication directe dans la campagne contre l'Etat Islamique emmenée par les Etats-Unis, en partie parce qu'elle considère que cette campagne doit aussi viser les forces du régime de Bachar al Assad.

L'Etat Islamique et d'autres groupes islamistes ont détruit plusieurs tombeaux et mosquées en Syrie au nom d'une interprétation stricte de l'interdiction de la vénération des idoles par l'islam.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 14:35

http://en.firatajans.com/news/march-in-cologne-against-pkk-ban

Marche à Cologne contre l'interdiction du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)

Une grande organisation du peuple kurde et ses amis politiques a organisé une marche à Cologne Samedi 21 Février 2015 pour protester contre l'interdiction du PKK.

La manifestation a été organisée avant une session extraordinaire du Bundestag allemand sur l'interdiction du PKK qui se tiendra le 26 février 2015. La marche a eu lieu de Rudolfplatz à l’église historique Dom. Des organisations de gauche en Allemagne ont également soutenu la marche.

Sur la principale banderole qui ouvrait la marche, on pouvait lire « supprimer l’interdiction du PKK », tandis que la foule scandait fréquemment les slogans « vive le PKK », « vive le leader Apo », et « les martyrs sont immortels » en signe de protestation contre l’exécution des militants kurdes Saman Nesim, Ali Efshari et Habibullah Efshari par le régime iranien.

La foule a porté les photographies des trois activistes exécutés ainsi que celle d’Özgecan Aslan qui a été brutalement tué à Mersin par trois hommes, chantant aussi les slogans « Iran assassin » et « état turc assassin ».

Andrej Hunko, député de die Linke, et Yüksel Koç, coprésident de la maison civique démocratique des kurdes d’Allemagne (NAV DEM), ont fait des discours dans le rassemblement organisé après la marche. Andrej Hunko, député de die Linke, a attiré l'attention sur la reconnaissance de la lutte des kurdes dans le monde par la résistance dans Kobanê et a ajouté qu'il attendait avec espoir la session du parlement fédéral sur l'interdiction du PKK.

Andrej Hunko a dit que la résistance de Kobanê a été largement couverte par les médias internationaux, donnant une légitimité à la lutte de libération kurde et soulignant que cette opportunité doit être utilisée pour faire pression sur le parlement fédéral pour la levée de l'interdiction du PKK.

Andrej Hunko a appelé le gouvernement allemand à supprimer l'interdiction du PKK et à cesser de criminaliser les kurdes vivant en Europe, ajoutant que la loi de Manfred Kanther devrait être abrogée.

Yüksel Koç, coprésident de NAV DEM, a attiré l'attention sur les paroles d’Angela Merkel dans ses entretiens avec les autorités turques, en disant que l'Allemagne soutient les pourparlers de paix en Turquie, et a ajouté que l'interdiction du PKK en Allemagne doit être retirée si Angela Merkel est sincère dans ce qu'elle dit.

Yuksel Koç a dit que « vous devez arrêter la criminalisation du peuple kurde sur la base de l'interdiction du PKK et retirer le PKK de la liste des organisations terroristes si vous voulez la paix en Turquie ».

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 19:28

http://www.cjpme.org/DisplayHTMLDocument.aspx?DO=795&ICID=3&RecID=1270&SaveMode=0

Les Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen Orient mettent en garde contre la montée de l’islamophobie au Canada

Jeudi 19 Février 2015

Bien que tous les canadiens s’inquiètent de la montée de l’extrémisme violent dans le monde, les Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) souhaitent mettre en garde contre le danger de la montée de l’islamophobie au Canada. CJPMO croit que la menace que présente l’extrémisme violent dans le monde, y compris l’extrémisme violent islamique, doit être condamnée et prise au sérieux, mais les musulmans du Canada doivent être protégés d’un certain nombre de nouvelles formes de discrimination. « Au nom de la protection des musulmans et des autres minorités, et au nom de la préservation des valeurs que nous chérissons, nous ne devrions pas laisser les événements internationaux compromettre le droit à l’équité reconnu par la loi canadienne », affirme Thomas Woodley, président de CJPMO.

CJPMO fait remarquer qu’une tendance à être contre tout ce qui est musulman semble s’être installée au Canada au cours des dernières semaines, sans doute alimentée par la peur généralisée du soi-disant « État Islamique » et d’autres incidents à travers le monde. La semaine dernière, le maire de Shawinigan, Michel Angers, a admis que son conseil municipal avait cédé à des « peurs irrationnelles » en refusant de modifier le zonage pour permettre l’ouverture d’une mosquée dans la ville. Plus tôt cette semaine, en référence à cet incident, le troisième parti politique au Québec a suggéré la création d’un organisme ayant comme mandat d’enquêter sur les personnes en désaccord avec les prétendues valeurs québécoises.

Ensuite, un conseiller d’Emploi Québec aurait dit à une musulmane canadienne qu’elle avait choisi de « vivre dans un ghetto » et qu’il aurait été préférable pour elle d’aller vivre dans « un pays arabe » pour trouver un emploi. Cette semaine, le gouvernement fédéral a choisi de porter en appel la décision de la cour fédérale voulant que le gouvernement ne puisse interdire le port du niqab lors des cérémonies d’assermentation pour recevoir la citoyenneté canadienne. Ce ne sont que quelques exemples publics d’un phénomène beaucoup plus large en émergence au Canada, où de plus en plus de canadiens musulmans sont discriminés dans leur quotidien.

« Le Canada doit s’assurer que sa réponse aux menaces, réelles ou imaginées, s’effectue de façon à respecter tous les citoyens canadiens, en accord avec le droit canadien existant », continue Thomas Woodley. CJPMO souligne, par exemple, qu’accepter ou refuser de fournir un service en raison d’impressions ou de menaces perçues au sujet d’un groupe ne relève légalement pas de la municipalité. Il existe, au Canada, des lois sur les droits de la personne et le droit pénal pour protéger la société contre l’incitation à la haine et celles-ci permettent aux forces de sécurité appropriées d’enquêter sur les menaces. « Nous ne pouvons pas laisser les préjugés et les idées préconçues, qu’elles soient avancées par des individus, des entreprises ou des agences du gouvernement, fausser la prise de décision à l’encontre des membres d’une minorité. Cette pratique viole leurs libertés et leurs droits constitutionnels ».

Cette semaine, le président américain, Barack Obama, participe à un séminaire sur la question de l’extrémisme violent. Des dirigeants d’organismes sans but lucratif américains s’interrogent néanmoins sur la capacité du gouvernement à traiter de cet enjeu équitablement.

« Le fait de se concentrer uniquement sur les attaques perpétrées par des arabes ou des musulmans renforce le stéréotype selon lequel ces derniers présentent une menace à la sécurité et perpétue ainsi la haine des communautés respectives », a déclaré Samer Khalaf, président du comité américano-arabe de lutte contre la discrimination.

Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) est une organisation séculière, sans but lucratif, regroupant des hommes et des femmes d’horizons divers qui oeuvrent pour que la paix et la justice renaissent au Moyen-Orient. Elle a pour vocation de responsabiliser les personnes d’influence à traiter les protagonistes avec équité et à favoriser l’essor durable et équilibré de la région.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 19:12

http://www.saphirnews.com/Une-solution-de-relogement-a-Paris-pour-les-chibanis-expulses_a20454.html

Une solution de relogement à Paris pour les chibanis expulsés

La trentaine de chibanis résidant 73 rue du Faubourg Saint Antoine dans le onzième arrondissement de Paris, a été expulsée, Jeudi 19 Février 2015, de leur logement qu’ils occupaient depuis de nombreuses années.

L’expulsion des retraités algériens et marocains intervient en pleine trêve hivernale, une période qui s’étend du premier novembre au trente et un mars pendant laquelle aucune expulsion n’est sensée avoir lieu.

La préfecture de police de Paris a évoqué la dangerosité du bâtiment pour expliquer l'évacuation des lieux. Mais celle-ci « prend par surprise les locataires organisés en association de locataires affiliés à l’association Droit Au Logement (DAL) depuis l’été depuis qu’une menace d’expulsion arbitraire pesait sur leurs épaules », a fait savoir l’association DAL, qui dénonce « un coup de force ».

Les chibanis étaient menacés d’expulsion depuis un jugement rendu en juillet 2013 par le Tribunal de Grande Instance de Paris, mais n’ont été avertis de l’arrêté qu’en juin 2014. Leur sort connu, la solidarité s’était formée autour d’eux.

Ils sont désormais hébergés dans un immeuble géré par l’association Aurore en attendant une proposition de relogement prévue d'ici le 30 juin 2015 par la mairie de Paris. « Ces hommes ont contribué aux richesses de notre ville et de notre pays. Il est essentiel de leur proposer dans les plus brefs délais des solutions respectueuses de leur dignité », a déclaré Ian Brossat, maire adjoint de Paris en charge du logement et de l’hébergement d’urgence, dans un communiqué.

Vingt d'entre eux se sont vus proposé un logement et un chibani a déjà emménagé dans le dix-neuvième arrondissement. Un appel aux dons afin de financer leur relogement a été lancé.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 18:45

https://www.m6r.fr/2015/02/lettre-de-jean-luc-melenchon-aux-partisans-dune-6e-republique

Lettre de Jean Luc Mélenchon aux partisans d’une sixième république

Chers partisans de la sixième république,

Ce courrier est destiné à vous informer directement et à solliciter votre aide. Notre mouvement va franchir un seuil décisif en vue de son auto-organisation. Le moment politique illustre bien cette nécessité.

La marche républicaine du Dimanche 11 Janvier 2015 après les assassinats de sinistre mémoire a prouvé l’enracinement profond de l’idéal républicain dans notre peuple. Depuis, les dirigeants politiques et leurs accompagnateurs médiatiques ont montré qu’ils pouvaient agir sans vergogne à l’inverse. En effet, le recours à l’article 49-3 pour faire passer sans vote la loi Macron et les ultimatums adressés au gouvernement grec par l’Union Européenne et la Banque Centrale Européenne ont dessiné une actualité consternante. Ils montrent que la violence politique est désormais un mode d’action ordinaire pour imposer les volontés de l’oligarchie contre les peuples. Sans les institutions confiscatoires de la cinquième république, notre pays ne pourrait pas être contraint à une telle soumission.

Notre combat commun pour la sixième république prend un relief singulier à cet instant.

En quelques mois, près de quatre-vingt mille personnes ont signé pour la sixième république sur le site www.m6r.fr et près de dix mille se sont inscrites sur la plateforme de débat « nous le peuple ». C’est sans précédent et sans équivalent dans la vie politique de notre pays. La preuve est faite de la disponibilité des citoyens pour mener ce combat. L’outil inédit que nous construisons fait ses preuves dans la durée.

L’heure est venue pour le Mouvement pour la Sixième République de franchir un palier. Il doit se structurer par lui-même pour décider collectivement des prochaines étapes de son développement et de son action.

Dès que j’ai lancé ce mouvement, j’avais affirmé sans ambiguïté ma volonté de le voir s’auto-organiser. Progressivement, les bénévoles volontaires ont construit la plate-forme sur internet qui nous a donné accès à tous les moyens contemporains d’échanges directs. Ils viennent d’achever la construction de la machine qui va nous permettre de franchir en toute indépendance l’étape décisive suivante, celle de l’auto-administration du mouvement.

Oui, c’est le moment ! Notre mouvement doit être porté par ses signataires, c’est-à-dire par les délégués nécessaires à son administration, à l’organisation des discussions et à son expression publique.

J’ai donc proposé la désignation d’une assemblée représentative du mouvement. Cette désignation se déroulera du 20 février au 18 mars 2015. Pour tenir compte de la diversité de notre mouvement naissant, cette assemblée sera désignée de trois manières à la fois

Un quart sera désigné par tirage au sort parmi les quatre-vingt mille signataires sur www.m6r.fr. Il est encore temps d’inviter vos proches à signer.

Un quart sera désigné par cooptation parmi les initiateurs du mouvement.

La moitié sera désignée par une élection dans des circonscriptions virtuelles sur la plate-forme « nous le peuple ». Il est encore temps de vous inscrire sur cette dernière.

Rendre majoritaire la volonté de la sixième république dans le peuple français est, certes, un travail de longue haleine. Mais il est à notre portée si l’on réalise bien l’ampleur de la crise politique que nous traversons. Les records d’abstention qui se constatent dans les élections générales ou partielles annoncent une tempête majeure. Notre action rencontrera, le moment venu, l’histoire de notre pays.

Je m’en remets à vous pour la suite de notre travail commun.

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