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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 16:40

http://www.publico.es/sociedad/urnas-no-bastan-derechos-luchando.html

« Les urnes ne suffisent pas. Les droits se gagnent par la lutte »

Les Marches de la Dignité se sont rassemblées dans les rues de Madrid pour exiger notamment le non-paiement de la dette, le droit au logement, des emplois décents et des services publics.

Les Marches de la Dignité ont repris les rues de Madrid pour la deuxième année consécutive pour protester contre les conséquences des politiques d'ajustement mises en œuvre par le Parti Populaire.

Des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Colomb de Madrid pour « exiger une vie dans la dignité et marcher vers la grève générale ». Les porte-paroles des Marches de la Dignité, Mireia Herrera et Frances Cerdá, ont demandé aux gens de « se mobiliser » pour soutenir la grève générale de vingt-quatre heures appelée le 22 octobre prochain et ont lancé un appel pour que les gens non seulement votent mais aussi se mobilisent, parce que « les urnes ne sont pas suffisantes, les droits se gagnent par la lutte », a affirmé Isa Garcia, porte-parole d’Euskal Herria.

Les manifestants sont venus dans la capitale de tous les coins de l’état espagnol. Neuf colonnes territoriales se sont réunies pour se battre pour des objectifs communs, le non-paiement de la dette, le droit au logement et à un emploi décent, les services publics pour tous et le rejet du traité transatlantique pour la liberté du commerce et des investissements entre les États-Unis et l’Union Européenne (TAFTA) et de la loi Mordaza.

Les représentants des différentes communautés autonomes ont défendu les raisons pour lesquelles ils sont revenus pour rejoindre les Marches de la Dignité. Libertad Jimenez, porte-parole de la colonne de Madrid, a souligné le non-paiement de la dette parce qu'il croit « qu’elle est l’une des causes de notre ruine ». Libertad Jimenez a déclaré qu’il faut briser « les chaînes » par les manifestations, et « sortir des institutions les dirigeants du Parti Populaire ».

Libertad Jimenez a remercié toutes les personnes qui ont répondu à l’appel parce que cela signifie « qu’elles ont surmonté la peur », ajoutant que les dirigeants du Parti Populaire ont tort, parce « qu’ils ne nous font pas peur, ni ne nous font renoncer ». Il a dit que « ceux qui appliquent ces politiques de souffrance, qui qu’ils soient, recevront la réponse des Marches, car nous allons continuer à nous battre ».

Le porte-parole de Murcie, Pedro Crespo, le porte-parole de la colonne de la Communauté Valencienne et la porte-parole d’Albacete, Agripa Hervas, ont soutenu ce qu'a dit leur camarade en disant que les Marches sont revenues « pour obtenir une société plus juste et plus libre ». Ils ont fait valoir que le collectif « se bat pour les droits des peuples réduits au silence ».

Raquel Tenias, porte-parole de la colonne d’Aragon, a montré son indignation parce qu’elle « ne comprend pas comment les gens croient que le vote dans les urnes peut changer les choses ». Elle a dit que les manifestations sont ce qui compte pour « mettre fin à cette situation et chasser le gouvernement ». Elle a défendu le mouvement des Marches de la Dignité, parce qu’elle croit que c’est « la voix du peuple en lutte ».

Le porte-parole de la colonne d’Andalousie a tenu à souligner la situation que connaît cette communauté autonome. « Nous venons d'une terre spécialement punie par ceux qui détiennent le pouvoir politique », a-t-il dit, « et je suis revenu parce qu'il existe plus de raisons que jamais de le faire », a-t-il ajouté. Le porte-parole a dit que la pauvreté et les inégalités ont augmenté, et que l'Espagne « voit des milliers de jeunes quitter le pays parce qu'ils n’ont pas d'avenir ».

Le chômage, les coupes budgétaires dans l'éducation et la santé, les retraites et les expulsions ont également été dénoncés par les autres orateurs. «Nous sommes fatigués des politiques agressives, nous voulons qu'ils s’en aillent », a déclaré Silvia Salamanca, la porte-parole de la colonne des Asturies et de La Rioja.

« Le Parti Populaire a laissé un pays avec un taux de chômage de vingt-quatre pour cent », a-t-il ajouté, et « tous les jours il y a de plus en plus de familles sous le seuil de pauvreté ».

Sergio Garcia, porte-parole de la colonne des Canaries, a critiqué l’augmentation quotidienne du taux d’échec à l’école et de la pauvreté. Son camarade de la colonne de Cantabrie, Sergio Tamayo, a soutenu cette remarque en disant que l'Espagne « n’avait jamais vu de tels chiffres de pauvreté ».

La porte-parole de la colonne de Catalogne, Marina Pérez, a appelé l’Espagne à la « solidarité pour que le peuple catalan décide de son avenir », par une critique acerbe de CiU.

Tous les orateurs ont critiqué le « fameux discours » du Parti Populaire pour la vente d'une reprise économique. « Notre réalité est la misère, les expulsions et le chômage élevé », a déclaré Monica Camayo, la porte-parole de la colonne de Galice. « Il est urgent d'inventer la joie », a-t-elle poursuivi, parce que « c’est une nécessité pour sauver nos vies ».

Monica Camayo voulait protester contre les lois Mordaza parce « qu’elles veulent arrêter la vague irrésistible des mouvements sociaux » et elle a annoncé une semaine de lutte contre ces lois parce que « nous allons défendre notre droit de manifester ». Elle a déclaré que « la démocratie élève la voix contre l'injustice » et que ces lois qui seront approuvées la semaine prochaine au Congrès « nous ramènent à la dictature ».

Pour lutter contre cela, chacun des intervenants a appelé à « ne pas rester les bras croisés et lutter contre cette fausse démocratie dans la grève du travail, des consommateurs et sociale convoquée le 22 octobre », a déclaré le porte-parole de la Castille et Léon, Miguel Luis García.

Les porte-paroles des syndicats, Lluis Blanco et José Manuel Muñoz, voulaient souligner que les Marches de la Dignité sont « une lutte commune pour mettre fin au système injuste ». Tous deux croient que la crise « vient de se terminer pour ceux qui n’en ont pas souffert » et que le mouvement du 21 mars « est le début des mobilisations » qui auront leur couronnement final le 22 octobre avec la grève générale. « Ensemble, nous gagnerons », ont-ils conclu.

Charges des brigades anti émeutes contre les manifestants

Un groupe de membres des « Unités d’Intervention de la Police » (UIP) ont chargé un groupe de personnes masquées après la manifestation dans la rue centrale de Montera, et une douzaine de fourgons de police ont pourchassé un groupe de personnes masquées vers la Puerta del Sol.

Sur le chemin, les manifestants ont attaqué une succursale de banque, ont détruit des poubelles sur la voie publique et ont jeté du mobilier des terrasses de certains restaurants de la rue Montera.

Suite à l'intervention de la police, quinze personnes ont été arrêtées suite aux émeutes qui ont suivi les Marches de la Dignité, dont l'une d’entre elles a déjà été arrêtée par la Police Nationale l'année dernière à la fin de cette même manifestation. Son nom est JMB, il est majeur, il a été transféré au commissariat de Moratalaz pour le lancement de fusées contre les agents de la Police Nationale depuis une barricade de la rue Desengano, dans le centre de Madrid, comme l’ont confirmé les sources policières à EFE.

Les sources policières ont indiqué que les membres de ce groupe ne sont pas des manifestants et que les Marches de la Dignité se sont terminées sans incident.

La police a arrêté quatorze autres personnes, dont on ne connaît pas encore l’identité. Elles appartiennent toutes à un groupe d'environ deux cent radicaux qui se sont dirigés vers la rue de Gênes, où se trouve le siège du Parti Populaire, dans le quartier du centre-ville de Madrid, où ils ont brisé du mobilier urbain, ont vidé des containers et ont lancé des objets sur la voie publique, tels que des tables et des chaises des restaurants à proximité.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 20:10

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/17/le-parlement-grec-cree-une-commission-pour-auditer-la-dette_4595460_3234.html

Le parlement grec crée une commission pour auditer la dette

Après l’annonce, au début du mois, de la création d’une commission du parlement grec sur les réparations allemandes de la seconde guerre mondiale, la présidente de la Vouli, Zoé Konstantopoulou, a confirmé, Mardi 17 Mars 2015, la constitution d’une commission d’audit sur la dette grecque.

« L’objectif est de déterminer l’éventuel caractère odieux, illégal ou illégitime des dettes publiques contractées par le gouvernement grec », a précisé Zoé Konstantopoulou lors d’une conférence de presse, faisant allusion à plusieurs affaires de corruption et à l’opacité qui entoure l’achat d’armes par son pays.

« Le peuple a le droit de demander que la partie de la dette qui est illégale, si cela est avéré à l’issue de la commission, soit effacée », a-t-elle ajouté.

L’article sept du règlement adopté en mai 2013 par l’Union Européenne prévoit en effet « qu’un état membre faisant l’objet d’un programme d’ajustement macro-économique réalise un audit complet de ses finances publiques afin, notamment, d’évaluer les raisons qui ont entraîné l’accumulation de niveaux d’endettement excessifs ainsi que de déceler toute éventuelle irrégularité », dit le règlement 472 du 21 mai 2013 « relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des états membres de la zone euro ».

Une annonce explosive

Mais l’annonce de la création de cette commission est explosive alors que le gouvernement grec, qui a longtemps souhaité un effacement d’un pan de la dette, semble s’être rendu, ces dernières semaines, aux arguments de ses créanciers et ne parle plus désormais que de rééchelonnement.

Le gouvernement grec a nommé une nouvelle équipe à la tête de l'agence chargée des privatisations. Cette agence va jouer un rôle primordial dans la mise en place des nouveaux plans du gouvernement d’Alexis Tsipras pour limiter les cessions d'actifs publics dans l'avenir. Le nouveau directeur général de l'agence est l'ancien patron de la division des prêts immobiliers d'Alpha Bank, quatrième banque grecque. Le gouvernement d’Alexis Tsipras est notamment opposé à la vente de quelques actifs publics importants. Il a aussi promis de revoir le processus de certaines opérations de privatisation.

Début mars, le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, a pris acte du refus de ses interlocuteurs européens d’entendre parler d’une décote de la dette, un effacement pur et simple. « Une décote est un gros mot. Je l’ai compris », a expliqué Yanis Varoufakis. « Il y a des solutions plus intelligentes. Nous pourrions reconvertir une partie des crédits que nous avons reçus du fonds de sauvetage européen (FESF) en obligations. Le coupon et les remboursements seraient ainsi indexés sur l’évolution de notre Produit Intérieur Brut (PIB) ».

Formellement la nouvelle commission d’audit devrait commencer ses travaux le 3 avril et présenter ses premières conclusions en juin. Soit au moment précis où arrivera à échéance l’accord conclu le 20 février entre la Grèce et ses créanciers et où le moment d’ouvrir un nouveau chapitre de la renégociation de la dette sera venu.

Cette commission parlementaire sera composée en partie de scientifiques et de juristes grecs mais aussi d’une dizaine de spécialistes de l’audit de renommée internationale.

« Une dette illégitime viole les traités »

« Nous allons étudier dans le détail la constitution de la dette ces dernières années, depuis le début de l’action de la troïka, les bailleurs de fonds du pays, la Banque Centrale Européenne (BCE), la commission de Bruxelles et le Fonds Monétaire International (FMI), mais aussi revenir sur la période antérieure à 2010 », avance le belge Eric Toussaint, du Comité pour l’Abolition de la Dette du Tiers-Monde (CADTM). Ce dernier a été choisi par Zoé Konstantopoulou pour diriger techniquement les travaux de la commission sur l’audit. « Une dette illégitime viole les traités ou les conventions internationales mais aussi les droits humains fondamentaux et c’est ce que nous allons nous attacher à déceler », ajoute Eric Toussaint.

Une fois les résultats de cette commission connus, et pour peu qu’ils concluent à l’illégitimité d’une partie de la dette grecque, rien n’obligera cependant les créanciers du pays à accepter le principe d’un effacement pur et simple de leurs créances. Mais « le gouvernement grec pourra alors prendre la décision souveraine de ne pas payer », assure Eric Toussaint. « Notre commission a pour but de donner des arguments solides et scientifiques pour soutenir, ensuite, une décision politique qui appartient au gouvernement grec », ajoute-t-il

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 18:39

http://www.syriza-fr.org/2015/03/20/discours-da-tsipras-avant-le-vote-du-projet-de-loi-humanitaire

Discours d’Alexis Tsipras avant le vote du projet de loi humanitaire

Mercredi 18 Mars 2015

Aujourd’hui est un grand jour, parce que c’est la première fois depuis plus de quatre ans que le parlement grec discute et vote un projet de loi qui n’a pas été « traduit » mais écrit « ici ».

Il est peut-être paradoxal de le souligner, mais ce projet de loi n’est pas la traduction d’un mail. Il a été écrit en grec, et il va être voté par une grande majorité.

Tout aussi important est le fait que le parlement va voter pour un projet de loi qui répond aux besoins sociaux d’un grand nombre de personnes et non pas au cercle restreint des privilégiés attitrés.

Le parlement va voter un projet de loi favorable à ceux qui ont le plus besoin de soutien. C’est le premier projet de loi depuis cinq ans qui non seulement n’affaiblit pas les citoyens et ne porte pas atteinte aux droits sociaux et au droit du travail, mais qui vise à soutenir et protéger les couches sociales les plus vulnérables.

Le gouvernement commence à mettre en œuvre ses engagements électoraux même si certains ont encore du mal à l’accepter. Nous nous sommes engagés à être le gouvernement qui réalisera son programme. Nous nous sommes engagés à nous saigner nous-mêmes, s’il le faut, à la place du peuple.

Aujourd’hui, donc, c’est un nouveau départ. Et nous allons continuer dans cette voie en déposant les jours suivants un projet de loi qui permettra aux ménages d’étaler en cent fois le paiement de leurs arriérés, qui permettra à nos concitoyens de reprendre haleine tout en augmentant les ressources des fonds publics. Des projets de loi concernant la reconstruction de la fonction publique, la relance de notre économie, la justice et la réouverture de la radio télévision publique (ERT) seront déposés par la suite.

Et tous ces projets seront décidés et écrits ici, parce que nous n’avons pas l’intention de suivre les méthodes de nos prédécesseurs en confiant à des technocrates l’élaboration de nos propres projets.

En deux mots, nous ne revenons pas sur nos engagements et surtout sur les mesures que nous considérons nécessaires pour l’amélioration de l’état de notre société et de notre économie.

Bien sûr, nous sommes ouverts à toute proposition, au dialogue et à la confrontation des idées opposées qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de notre pays.

Mais le mandat populaire que nous avons reçu a été explicite et nous avons l’obligation de le mettre en œuvre.

Que nous a demandé le peuple grec, le 25 janvier ? Il nous a demandé de mettre fin aux mémorandums et à l’austérité et de restituer sa dignité. Et pour ce faire, il nous a naturellement demandé de mener enfin une vraie négociation avec nos partenaires européens.

Ce mandat, que nous avons reçu, nous l’honorons. Nous savions dès le début que le respect de ce mandat nous engageait sur un terrain miné d’avance. Nous prévoyions très bien les difficultés qui allaient se dresser devant nous, les pressions qui allaient s’exercer, et même cette tentative d’asphyxie financière actuellement entreprise contre nous, pour nous détourner de nos engagements envers le peuple grec et nous contraindre à la mise en œuvre d’une politique qui serait tout simplement la continuation des politiques du gouvernement sortant.

Nous connaissions tout cela avant de commencer. En revanche, c’est seulement maintenant que nos partenaires commencent à nous connaître. Et si quelques-uns nourrissaient l’idée que nous serions dans la continuité, avec une certaine « flexibilité », pour utiliser un de leurs termes préférés, des gouvernements précédents, ils doivent être certainement déçus.

Nous avons entamé cette négociation sans user d’une diplomatie secrète ou personnelle. Nous n’avons rien caché au peuple grec. La transparence a été absolue à tout moment. Nous n’avons pas demandé et nous ne demandons pas un traitement spécial. La seule chose que nous avons demandée et nous continuons de demander, c’est l’égalité de traitement. Et à la grande surprise de certaines personnes en Grèce, nous ne nous sommes pas retrouvés isolés et privés d’alliés.

A la suite de l’accord du 20 février, le gouvernement a soumis à l’Euro-groupe son propre projet de réformes et chacun peut enfin les comparer à celles auxquelles le gouvernement d’Antonis Samaras consentait par mail.

Nos démarches ont fait comprendre à tout le monde que le nouveau gouvernement grec n’est pas disposé à continuer dans la voie de ses prédécesseurs, qu’il n’est pas disposé à accepter des ordres venus de technocrates et à transformer en lois les courriels de groupes techniques.

Il est cependant manifeste que cet accord n’a pas été satisfaisant pour un certain nombre de personnes qui se trouvent tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays et qui ont essayé immédiatement de le saborder. Certains en attaquant des membres du gouvernement, d’autres en continuant les litanies, bien ennuyeuses à la longue, des chantages et des menaces. Il s’est même trouvé quelques technocrates qui n’ont pas encore compris, par incapacité ou par mauvaise foi, le changement et qui tentent de nous intimider avec des ultimatums. Nous, nous leur répondons avec des actes.

Les paroles abondantes sont dépourvues d’intérêt. Nous leur répondons aujourd’hui et nous leur répondront demain et après demain en haussant un mur de souveraineté et de dignité par nos actes au sein du parlement. Nous leur répondons aujourd’hui en faisant voter par le parlement le projet de loi pour parer à la crise humanitaire, nous leur répondons en appliquant fidèlement l’accord du 20 février. Nous leur répondons avec autant de sérénité que de détermination.

Cependant, je suis certain que le comportement de certains de nos partenaires, et je dis bien de certains et pas de tous, et aussi de certaines équipes de technocrates, ne fait que renforcer nos arguments. Leur comportement ne réussit qu’à discréditer l’Europe. Que dire de l’impudence de ceux qui osent écrire et confirmer par mail que parer à la crise humanitaire grecque constitue un acte unilatéral non conforme aux institutions européennes? Que dire de ceux qui, ancrés dans leurs habitudes d’hier, osent nous demander de geler nos projets de loi en laissant geler des milliers de ménages grecs sans courant électrique?

Et là, surgit une autre question, que je n’adresse pas naturellement au parlement grec, mais aux institutions européennes. Je l’adresse aux gouvernants politiques de l’Europe mais aussi à tout citoyen européen. Est ce bien cette Europe là à laquelle nous avons aspiré? Est ce bien cette Europe que nous sommes en train de construire? Une Europe qui après avoir créé par ses décisions une crise humanitaire pour tout un peuple, qui après avoir admis cette réalité, ose déclarer que parer à cette crise humanitaire constitue un acte unilatéral? Mais de quoi cette Europe est-elle faite et quelles vocations exprime-t-elle?

Ce projet de loi vise, après une période de catastrophe économique et sociale de cinq ans, à fixer des mesures pour assurer des besoins vitaux comme le logement, l’alimentation ou l’énergie, selon les stipulations de la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne.

Au nom de quel accord européen, de quel traité, de quel sur-pouvoir, de quel principe certains osent parler d’acte unilatéral, argument qu’osent aussi répéter machinalement certains individus au sein même de ce parlement?

S’ils le font juste pour nous faire peur, notre réponse est simple. Nous n’avons pas peur et nous ne laissons pas intimider.

Depuis cinquante jours, nous recevons toujours les mêmes menaces. Des menaces vides, dépourvues de contenu. Elles ne font que discréditer leurs auteurs.

Si, toutefois, ils le font parce qu’ils croient que l’Europe peut fonctionner de la sorte, à l’encontre des principes démocratiques, de souveraineté et de solidarité, dans ce cas là il s’agit d’un autre problème qui nous interpelle aussi. Nous défendrons non seulement les intérêts grecs, mais aussi le caractère et la perspective de l’Europe même. Nous allons débattre de ce problème tant au sommet européen qu’au niveau des autres institutions, la commission et le parlement européen.

Parce que l’Union Européenne n’est pas la propriété des technocrates. Il y a des institutions et des règles qui sont surveillées par les peuples européens. Il n’y a pas des procureurs et des accusés. Il n’y a pas des propriétaires et des locataires. Nous sommes tous des partenaires égaux avec des droits et des devoirs égaux.

Le gouvernement grec est décidé à respecter à la lettre l’accord du 20 février. Mais nous réclamons que nos partenaires en fassent de même. Nous avons devant nous une négociation difficile, qui doit dépasser les affrontements personnels de certains politiques ou les stratégies nationales des états membres, car son enjeu est la confrontation de différentes stratégies politiques pour l’Europe. Il s’agit d’une confrontation d’intérêts économiques, sociale et de classes.

La Grèce a servi pendant cinq ans de cobaye à des expérimentations économiques. Certains désirent l’utiliser maintenant comme cobaye politique afin de couper court au grand changement politique qui est en train de naître dans d’autres pays européens et afin de continuer à appliquer le modèle néo libéral de l’austérité à toute l’Europe, et ce parce que ce modèle profite à certains, les peuples souffrent mais quelques-uns y gagnent, en construisant une société européenne sans droits, sans sécurité et sans aucun contrôle social.

Mais ils n’y arriveront pas. Le changement politique qui a commencé avec les élections du 25 janvier en Grèce, avance comme un fleuve impétueux en Europe, en Espagne, en Irlande et ailleurs. Personne ne peut arrêter ce changement politique, parce qu’il a été enfanté par une trop criante injustice sociale, par les inégalités et par la résilience des peuples asphyxiés.

Le nouveau gouvernement grec a déposé auprès de ses partenaires européens une liste détaillée des réformes pour combattre l’évasion fiscale, la corruption et les conflits d’intérêts, pour faire face à la crise humanitaire, pour restructurer l’appareil étatique et pour éliminer la bureaucratie.

Ces réformes sont nécessaires pour combattre les problèmes qui sont devenus endémiques dans notre pays, pour renforcer la justice sociale et pour inverser le classement honteux de notre pays, premier selon l’indicateur de pauvreté sociale et dernier selon l’indicateur de justice sociale en Europe. Mais je n’ai jamais entendu personne de tous ceux qui réclament des réformes parler de ces classements négatifs ni des moyens pour y remédier.

Les changements que nous voulons promouvoir sont à l’antipode des mesures mémorandaires d’austérité, des mesures visant à la dérégulation des relations de travail et à la destruction de l’état social pour le dire en un mot. Parce que le mémorandum n’était pas une réforme, c’était la désintégration sociale et économique.

Je voudrais demander aux réformateurs zélés de nous parler d’une « réforme mémorandaire » réussie. Les coupes budgétaires, les licenciements, la déréglementation sont-ils des réformes?

Non, mesdames et messieurs les députés, il ne s’agit pas des réformes. Il s’agit de mesures de représailles. Et dites-moi, est-il déjà arrivé à la troïka de frapper la main sur la table en réclamant l’avancement des réformes concernant l’administration ou la justice fiscale? Cela n’arrivait jamais.

Les menaces et le chantage ne servaient qu’à faire passer des mesures concernant les licenciements et les baisses des salaires et des pensions.

Ils sont donc hypocrites, tous ceux qui prétendent se soucier des réformes. Il n’y a eu jamais un projet cohérent et conséquent de réformes qui a été appliqué dans notre pays.

La semaine dernière, j’ai été invité à Paris par le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria.

Nous avons convenu d’un vaste cadre de réformes pour restaurer la justice sociale, pour combattre la corruption et la collusion entre intérêts privés et intérêts publics, réformes qui n’ont jamais été envisagées par les gouvernements précédents, parce qu’ils étaient engagés vis-à-vis de puissants intérêts économiques. Mais maintenant notre pays a enfin l’opportunité de promouvoir ces réformes parce qu’il a un gouvernement qui n’est pas entravé par des intérêts économiques et qui dispose du soutien de la grande majorité de son peuple.

Nous mettrons en œuvre ces réformes, non pas parce qu’elles nous ont été réclamées mais parce que nous le voulons, et ce en respectant en même temps l’accord du 20 février.

Et si certains préfèrent l’ignorer et croient que les élections démocratiques n’impliquent aucun changement, que les pays qui participent à un programme peuvent se dispenser des urnes, que les sièges gouvernementaux peuvent être occupés par des technocrates, si enfin certains rêvent de voir la Grèce retourner à la période mémorandaire malgré le mandat de son peuple, qu’ils se dispensent des menaces qui n’ont aucune emprise sur notre gouvernement et notre peuple.

Nous, mesdames et messieurs les députés, nous sommes voués au service et à la défense de la dignité et des droits de tout un peuple. Nous sommes voués à défendre l’avenir et les générations futures. Et nous le ferons.

Je vous invite, mesdames et messieurs les députés, à le faire en votant pour le premier projet de loi du gouvernement de salut social, indépendamment de votre appartenance politique.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 18:10

Le chef kurde Abdullah Ocalan appelle le PKK à préparer la paix (Reuters)

Le dirigeant kurde emprisonné Abdullah Öcalan a appelé Samedi 21 Mars 2015 les membres de sa formation, le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à organiser un congrès afin de mettre un terme à trente années d'insurrection contre le gouvernement turc.

« Le combat que mène notre mouvement fondé il y a quarante ans est jalonné de souffrances. Il n'a pas été mené en vain mais il est devenu insoutenable », déclare Abdullah Öcalan dans un message lu par deux dirigeants lors d'un rassemblement à l'occasion de Norouz, le nouvel an persan.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, afin d'écouter le message adressé par le chef historique du PKK.

« L'histoire et notre peuple nous demandent une solution démocratique et la paix avec la sagesse que donne l'âge », ajoute le dirigeant, plaidant pour la convocation d'un congrès de son parti afin de définir « une stratégie politique et sociale cohérente avec l'esprit de l'époque ».

Le dirigeant, emprisonné depuis 1999 sur une île au large d'Istanbul, n'appelle toutefois pas ses partisans à mettre immédiatement fin à leur lutte armée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait entamé en 2012, alors qu'il était premier ministre, des discussions avec Abdullah Öcalan pour mettre fin à l'insurrection kurde qui a fait quarante mille morts.

Les progrès ont été peu significatifs mais l'influence d'Abdullah Öcalan parmi les kurdes est demeurée intacte.

Le dirigeant kurde avait décrété il y a deux ans un cessez-le-feu et il avait affirmé dans une déclaration écrite que « le temps était venu pour les armes de se taire et pour la politique de se faire entendre ».

Les combattants peshmergas s'étaient alors retirés des zones montagneuses qu'ils occupaient en Irak suivant un accord prévoyant un élargissement des droits de leur communauté qui représente vingt pour cent de la population turque.

Ce retrait avait été interrompu en septembre 2013, le PKK reprochant aux autorités d'Ankara de faire preuve de mauvaise volonté dans la mise en oeuvre de l'accord.

Si le cessez-le-feu est globalement respecté, la méfiance demeure grande entre les deux camps. Les kurdes affirment que la Turquie n'a pas vraiment soutenu les peshmergas lorsque ceux-ci se sont lancés dans la bataille pour reprendre la ville frontalière syrienne de Kobani face aux djihadistes de l'Etat Islamique.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 17:58

Deux attentats revendiqués par l’Etat Islamique font cent trente sept morts au Yémen (Reuters)

Deux attaques suicide visant deux mosquées du centre de Sanaa fréquentées en majorité par des chiites ont fait cent trente sept morts et plus de trois cent cinquante blessés, Vendredi 20 Mars 2015 à l'heure des prières de la mi-journée, selon un bilan provisoire.

Ces attentats ont été revendiqués par l'organisation Etat Islamique dans un communiqué diffusé sur twitter visant directement les miliciens chiites houthis qui contrôlent depuis septembre la capitale yéménite.

Quatre kamikazes ont déclenché leurs ceintures d'explosifs à l'intérieur et à l'extérieur de chacun des deux lieux de culte où s'étaient rassemblés de nombreux fidèles pour la prière.

Les hôpitaux de la ville, submergés par l'afflux de victimes, ont fait un appel aux dons de sang. L'agence de presse Saba contrôlée par les houthis a annoncé un bilan de cent trente sept morts et trois cent cinquante sept blessés.

Un homme a également tenté de se faire exploser devant l'une des grandes mosquées de la province de Saada, fief des miliciens houthis dans le nord du pays, mais la bombe a explosé prématurément, tuant le kamikaze, a déclaré un responsable des services de sécurité.

L'Etat Islamique est concurrent d’al Qaïda, dont la branche yéménite, Al Qaïda dans la Péninsule Arabique, est l'une des plus actives et contrôle des territoires dans le sud du Yémen. L'Etat Islamique a également revendiqué l'attaque survenue il y a deux jours au musée du Bardo à Tunis.

BOMBARDEMENT À ADEN

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a condamné ces attaques et déclaré qu'il n'avait pas encore été établi de lien opérationnel clair entre les kamikazes qui ont agi vendredi et l'organisation Etat Islamique implantée en Syrie et en Irak.

A Aden, grande ville du sud où a trouvé refuge en février le président Abd-Rabbou Mansour Hadi, forcé à la démission par les houthis en début d'année mais toujours reconnu par l’ONU, des avions ont bombardé le quartier al Maachik, où se trouve le complexe présidentiel, rapportent témoins et sources gouvernementales. Le chef de l’état est indemne, dit-on à la présidence.

La veille déjà, un avion non identifié avait attaqué ce complexe où Abd-Rabbou Mansour Hadi a établi son gouvernement. Treize personnes ont été tuées le même jour dans de violents combats au sol dans le secteur de l'aéroport, repris par les forces d’Abd Rabbou Mansour Hadi.

Abd-Rabbou Mansour Hadi est soutenu par les monarchies sunnites du golfe alors que les milices houthies sont appuyées par l'Iran et proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh.

Par ailleurs, la France n'a pas confirmé les informations faisant état de la libération d'une française et d'une yéménite enlevées le 24 février dernier à Sanaa.

« J'avais été délibérément prudent par rapport à des rumeurs qui circulaient. Aucune de ces rumeurs n'a été confirmée », a déclaré le président François Hollande lors d'une conférence de presse à Bruxelles en début d'après-midi.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:45

http://www.syriza-fr.org/2015/03/20/andreas-xanthos-garder-debout-le-systeme-national-de-sante-grec-esy

Garder debout le système national de santé grec

Le ministre adjoint chargé de la santé Andréas Xanthos a annoncé dans le quotidien Avgi du Dimanche 15 Mars 2015 la suppression immédiate du « ticket d’entrée » à cinq euros pour les consultations externes dans les hôpitaux et les centres de santé du système national de santé (ESY) du pays et aussi bien la suppression de l’ignoble ordonnance sanitaire 39 A qui concerne les femmes séropositives. Andréas Xanthos a rassuré que le service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique Kyriakou ne fermera pas et il a souligné avec insistance que la confrontation de la crise humanitaire qui sévit dans le pays est pour le gouvernement un choix à sens unique, même dans des conditions de déficience budgétaire.

Interview d’Andréas Xanthos par le journaliste Vassilis Venizelos

Vassilis Venizelos. Avez-vous l’impression que la politique gouvernementale pour la santé sera contrainte par les dures nécessités budgétaires ou bien y a-t-il la possibilité de redresser la pitoyable situation du système national de santé même avec des moyens et des budgets déficients ?

Andréas Xanthos. L’application ces dernières années des mesures associées aux mémorandums a conduit les patients à la détresse et les médecins et autres salariés des hôpitaux publics au désespoir. L’image actuelle des établissements hospitaliers est une image du tiers monde et en aucun cas ne correspond à l’image du système national de santé d’un pays européen. Le système national de santé (ESY) est en train de s’effondrer et nous sommes face à une situation de besoin extraordinaire. Nous savons bien sûr que nous ne pouvons pas du jour au lendemain transformer la santé publique de fond en comble. Nous sommes cependant décidés de faire ce qui est humainement possible pour garder debout le système national de santé et garantir à tous les citoyens du pays l’accès sans entraves au bien fondamental du soin sanitaire. Nous avons déjà démarré l’ouverture de postes de médecins supplétifs dans des hôpitaux, principalement en province, et d’internes dans les unités de soins intensifs. De surcroît, nous avons constitué des groupes de travail pour les soins primaires de santé et pour la facilitation de l’accès des personnes sans couverture sociale au système national de santé. Oui, il est vrai qu’il y a une « déficience budgétaire ». Mais il y a aussi une crise humanitaire et le choix de la confronter est pour nous à sens unique.

Vassilis Venizelos. Y a-t-il l’éventualité de se retrouver en 2015, par la force des choses et à cause des pressions exercées depuis l’étranger, face à une nouvelle diminution du budget des hôpitaux, déjà bien réduit ?

Andréas Xanthos. Il n’est pas possible de procéder à une nouvelle diminution du budget des hôpitaux compte tenu que leurs besoins de financement sont incompressibles. A ce point, j’aurais souhaité apporter une précision, ces derniers jours circule par des voies parallèles une fiction selon laquelle nous aurions diminué les budgets des établissements hospitaliers de cinquante et un pour cent. Il n’en est pas question. Nous n’avons pas « taillé » dans les budgets des hôpitaux et nous n’en avons pas l’intention.

Vassili Venizelos. Je vous transmets une double question qui voit régulièrement le jour dans les reportages. Pourquoi la mesure odieuse du paiement obligatoire de cinq euros par les patients pour accéder aux consultations externes des hôpitaux et centres de santé du système national de santé n’a pas été supprimée et aussi bien l’inacceptable ordonnance sanitaire 39A, en application de laquelle ont été maltraitées et publiquement dénigrées en mai 2012 des femmes séropositives, exténuées et en situation de faiblesse, usagères de drogues intraveineuses ? Ne s’agit-il pas simplement juste d’apposer deux fois la signature ministérielle ?

Andréas Xanthos. Les deux sujets que vous évoquez sont en substance terminés. Concrètement, le « ticket d’entrée » à cinq euros est en suppression. C’est une question de jours et la décision ministérielle conjointe sera déjà en application au moment de la publication de l’interview. Il en est de même de l’ordonnance qui concerne les femmes séropositives.

Vassilis Venizelos. La situation des internes du système national de santé (ESY) dans tout le pays qui s’éloignent progressivement d’ESY menace de dépouiller les départements hospitaliers de soins intensifs, y compris dans les grands hôpitaux d’ESY et, en substance, menace de fermeture des services hospitaliers entiers. Suite à votre intervention une telle situation a été évitée à l’hôpital Sismanoglio d’Athènes. De quelle manière la question globale sera traitée et, en fait, quel est le problème dans sa globalité ?

Andréas Xanthos. Les médecins internes ont une œuvre très importante dans le cadre d’ESY. Jusqu’à présent, le jour où leur convention prenait fin, il y a avait le risque de leur licenciement. Il s’agit d’une question cruciale, à laquelle il fallait une réponse immédiate. Nous avons donc promulgué une circulaire à l’adresse des hôpitaux dans laquelle nous indiquons explicitement que tout médecin interne, indépendamment de l’arrivée à terme de son stage de spécialisation ou de sa convention avec l’hôpital où il travaillait, aura la possibilité de prolonger ses services jusqu’à ce que son poste soit repris par un autre médecin interne. De cette manière il n’y aura pas un seul jour de vacance pour les postes de médecins internes. Nous avons déjà préparé un texte législatif qui arrangera le problème.

Vassilis Venizelos. Il y a un besoin urgent de faire fonctionner à nouveau le service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique d’Athènes, après la démission du dernier héroïque neurochirurgien d’enfants de l’établissement. Prenez-vous déjà des mesures concrètes pour cette situation ?

Andréas Xanthos. D’abord, je voudrais exprimer mon estime pour l’œuvre effectuée par le service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique Kyriakou. Les problèmes cependant qui s’y rencontrent sont nombreux et mettent en risque son bon fonctionnement. J’ai parlé avec Mikhalis Koutzoglou, le médecin chef du service, et je suis au courant de la situation dans sa globalité. Le sous-encadrement des services dans plusieurs hôpitaux est un phénomène général que nous sommes appelés à traiter et nous le ferons. Des cas comme celui du service de neurochirurgie de l’hôpital pédiatrique Kyriakou sont d’une plus grande urgence et nécessitent d’âtre confrontés rapidement et efficacement. La question est en voie d’être arrangée et en aucun cas ce service ne fermera.

Vassilis Venizelos. En coopération avec la fédération des unions des médecins hospitaliers de Grèce (OENGE), il y aurait au ministère de la santé un plan pour la résolution définitive de la question des horaires de travail des médecins d’ESY, une question pour laquelle la Grèce a été mise en accusation devant le tribunal de l’Union Européenne, suite à la requête de la commission à ce sujet. Quel modèle d’horaires proposez-vous pour les médecins hospitaliers ?

Andréas Xanthos. La question des horaires de travail des médecins hospitaliers est sérieuse et elle concerne le fonctionnement sécurisé de la garde des hôpitaux. Aujourd’hui, les directives européennes ne sont pas appliquées à cause du sous-encadrement médical d’ESY. La résolution de cette carence peut se faire seulement par un plan de comblement graduel des manques énormes en personnel médical des structures publiques de soins. Notre volonté politique est assurée. La possibilité de la mettre en œuvre est l’objet de notre effort quotidien.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:14

LE TERRORISME INDIVIDUEL EN RUSSIE

Vous trouverez ci-dessous la traduction en français de la deuxième partie d’un très long article de la revue International Socialism dont le titre est « marxisme et terrorisme ».

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.quefaire.lautre.net/Marxisme-et-terrorisme

Marxisme et terrorisme

Par Gareth Jenkins

Article paru en 2006 dans la revue International Socialism.

Traduction en 2015 par Jean-Marie Guerlin.

Le terrorisme individuel en Russie

Les morts de la prison de Clerkenwell furent accidentelles, les fenians n’avaient pas eu l’intention de tuer des gens, bien que de tels accidents soient les conséquences prévisibles des méthodes conspiratives. Le ciblage délibéré d’individus, le « terrorisme » au sens moderne du terme, était en fait devenu la méthode de prédilection de certains anarchistes et d’une section des révolutionnaires russes, les narodniki et leurs successeurs, dans la période allant de la fin des années 1870 au début du vingtième siècle.

En Russie, Narodnaïa Volia, l’organisation appelée la Volonté du Peuple, accomplit une série d’actions visant des membres éminents du gouvernement, culminant dans l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881. Le tournant des narodniki vers le terrorisme était une réaction à l’échec des premières tentatives « d’aller vers le peuple » et de persuader la paysannerie à renverser le tsarisme, une tentative qui avait mené à une répression impitoyable de la part de l’autocratie.

Seule la terreur, croyaient-ils désormais, pouvait ébranler la confiance du peuple dans le gouvernement et donc accroître leur réceptivité à son renversement.

Lorsque Véra Zassoulitch fut jugée pour la tentative d’assassinat du brutal gouverneur de Moscou en 1878, la haine pour la victime était telle et la sympathie pour l’accusée si évidente que le jury acquitta l’accusée.

Seul un complet réactionnaire l’aurait critiquée pour « l’immoralité » de sa tentative de tuer un membre de la classe dirigeante. Karl Marx lui-même refusait de condamner ce type de violence. Après l’assassinat d’Alexandre II, il écrivit à sa fille Jenny que la terreur était « un moyen d’action historiquement inévitable dont il était aussi inutile de discuter que du séisme de Chios », et il admirait les terroristes russes comme des « gens excellent à tous égards, simples, directs et héroïques ».

Son admiration n’était pas contradictoire, comme celle qui l’avait porté à condamner la politique de conspiration des Fenians. La Russie, à l’inverse de l’Angleterre, était arrivée à un point de désintégration tel qu’elle était « indubitablement à la veille d’une révolution ». Dans ce contexte, l’émergence d’un courant révolutionnaire se donnant pour tâche de contribuer à l’effondrement d’un état vacillant, quels qu’en fussent les moyens, ne pouvait empêcher le processus de se poursuivre. En Angleterre, par contre, le choix des moyens était déterminant.

Les conspirations fenianes pouvaient nuire au but d’une Irlande indépendante en contrariant le processus du développement de la conscience des travailleurs anglais.

En même temps, la question de savoir quelles forces de la société russe pouvaient modeler l’avenir était mise en relief par les activités des narodniki. La motivation de leur tactique consistant d’abord à « aller vers le peuple » et ensuite à se tourner vers le terrorisme résidait dans leur conviction que la forme paysanne archaïque de propriété commune, l’obchtchina, pouvait devenir la base d’une forme supérieure de société, permettant ainsi à la Russie d’éviter l’étape capitaliste. Mais avec l’échec des deux tactiques, certains narodniki en virent à remettre en cause cette conviction et la centralité de la paysannerie.

L’une de ces personnes était Véra Zassoulitch elle-même. Elle en vint, avec d’autres, à tourner ses regards vers la force sociale que le capitalisme avait créée à la fin des années 1880 et au début des années 1890, la nouvelle classe ouvrière. Et Lénine, en particulier, s’employant à appliquer les idées marxistes aux conditions russes, développa une analyse qui non seulement critiquait la vision du développement qui était celle des narodniki mais rejetait également leurs méthodes terroristes. Ce n’était pas un rejet de la révolution, la critique de Lénine ne se basait pas sur l’attente que le capitalisme mûrisse, mais plutôt une critique de l’efficacité du terrorisme en tant que méthode révolutionnaire dès lors que le capitalisme développait en Russie une classe ouvrière capable d’auto-organisation pour la défense de ses intérêts. Une organisation révolutionnaire ferme était aussi importante pour Lénine qu’elle l’avait été pour les narodniki.

Mais là où, pour Lénine, l’organisation révolutionnaire était centrale pour l’auto-organisation de la classe ouvrière, pour les narodniki elle était un substitut à l’activité populaire autonome. C’était une conséquence de leur politique, l’échec des narodniki à « inspirer » les paysans par leur propagande les avait amenés à la conclusion que le terrorisme, mis en oeuvre par eux au nom d’une classe qui n’agissait pas pour elle-même, pouvait être un raccourci vers la révolution. Leur impatience désespérée était une erreur tragique, leur isolement rendant facile aux autorités le harcèlement et l’infiltration des narodniki, y compris pour accomplir des actions terroristes. Le terrorisme devint une stratégie auto destructrice. Pour Lénine, au contraire, l’élément interventionniste de la politique révolutionnaire devait être fondé dans l’activité autonome de la classe ouvrière.

Lénine combinait un grand respect pour les traditions révolutionnaires du narodnisme avec une critique sévère de ses méthodes et de son programme. En 1899, il maintenait que le marxisme révolutionnaire russe « perpétue la cause et les traditions de toute la période révolutionnaire précédente et se dirige vers le but déjà désigné par les glorieux représentants de l’ancienne Narodnaïa Volia ». Il ajoutait immédiatement que la différence entre eux était que l’héroïsme des narodniki s’appuyait sur une base sociale trop étroite et une compréhension théorique inadéquate des développements sociaux. Mais ce qui était peut-être, dans la période, à la fin des années 1870 et au début des années 1880, de Narodnaïa Volia, caractérisée par des conditions politiques répressives et des forces sociales non développées, être une erreur pardonnable, ne l’était plus au tournant du siècle, alors que le mouvement ouvrier avait fait d’énormes pas en avant.

Cet argument devint particulièrement important lorsque se produisit une nouvelle vague d’actions « terroristes » mises en œuvre par les socialistes révolutionnaires, les descendants politiques de Narodnaïa Volia. Elle commença par l’assassinat d’un ministre en 1902, connut un pic en 1907 avec quatre-vingt-deux assassinats avant de se terminer rapidement.

L’assassinat le plus célèbre fut celui de Viatcheslav Plehve, le ministre de l’intérieur, en 1904.

Un des coupables, Yevno Azef, devait s’avérer en 1909 être un agent de la police.

Lénine, écrivant en 1902, était encore plus dur qu’il ne l’avait été avec les narodniki. Le « grondement des événements », disait-il, avait mis en branle des membres de l’intelligentsia, « entraînés par le tourbillon des événements et n’ayant aucune base, ni théorique ni sociale ».

Face à cela, les socialistes révolutionnaires appelant au terrorisme « non pas en remplacement du travail dans les masses, mais précisément au nom de ce travail et parallèlement à lui » semblaient admettre la primauté de la classe ouvrière.

Mais cette admission masquait un éloignement de la politique de classe, tout autant que la conversion au réformisme de sections de la gauche. Pour Lénine, le réformisme reflétait « une totale incompréhension du mouvement de masse et un manque total de confiance en lui ». Il révélait « l’inutilité du terrorisme, puisque sans le peuple ouvrier, toutes les bombes sont impuissantes, notoirement impuissantes ». La justification du terrorisme était, d’après Lénine, encore plus stupide. Les socialistes révolutionnaires prétendaient que ni la « foule », c’est-à-dire les masses, ni les organisations révolutionnaires n’étaient à l’abri de la puissance répressive de l’état. Seuls, « les personnes isolées ou les petits groupes qui, continuellement, et même à l’insu les uns des autres, se préparent à attaquer et attaquent sont insaisissables », ce qui les rend invincibles. Il s’agissait là, pour Lénine, d’un renversement complet de la vérité évidente selon laquelle « le seul espoir de la révolution était la foule » » et son organisation révolutionnaire.

Lénine était également d’une ironie mordante face aux affirmations des socialistes révolutionnaires selon lesquelles « chaque combat singulier d’un héros éveille en nous l’esprit de lutte et de vaillance ». Bien au contraire, disait-il, seules de nouvelles formes de mouvement de masse, ou le déclenchement d’une lutte cohérente par de nouvelles couches de la masse, pourront effectivement animer en tous l’esprit de lutte et de vaillance. Quant aux combats singuliers, précisément dans la mesure où ils restent des combats singuliers, ils ne provoquent dans l’immédiat qu’un choc tout passager et dans la suite conduisent même à l’apathie et à l’attente passive du prochain combat singulier.

Lénine avait un autre argument contre ce type de terrorisme, qui consistait à dire « les terroristes d’aujourd’hui sont de véritables économistes, ceux qui limitent le mouvement à la réforme par des méthodes syndicales, à l’envers ». En mettant les terroristes et les réformistes dans le même panier, il ne voulait bien évidemment pas dire que leurs méthodes étaient les mêmes, mais que les deux tendances se détournaient du rôle central des travailleurs eux-mêmes dans le changement social et de la façon dont l’organisation politique se reliait à cela.

Une tendance substituait le terrorisme au travail dans les masses, l’autre la réforme à la révolution. L’une se tournait vers l’intelligentsia comme agent du changement politique, l’autre vers la bourgeoisie libérale pour mener la lutte contre le tsarisme. L’intérêt de cette question aujourd’hui est que la réforme parlementaire n’est pas l’alternative au terrorisme lorsque c’est de changer la société qu’il s’agit, aucun des deux ne considère l’activité autonome de la classe ouvrière comme le levier du changement révolutionnaire. En ce sens, les approches réformistes et terroristes, malgré toutes leurs différences, partagent les mêmes limitations.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:24

La Grèce s’engage à présenter des réformes à ses créanciers (Reuters)

Une Grèce au bord de la faillite s'est engagée Vendredi 20 Mars 2015 à Bruxelles à présenter rapidement un train de réformes à même de convaincre ses créanciers et les instances européennes de lui accorder une aide financière supplémentaire.

Au terme de plus de trois heures de réunion restreinte organisée dans la nuit en marge du conseil européen, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis des propositions pour « les prochains jours ».

Une promesse confirmée lors de la conférence de presse finale de vendredi, où le chef du gouvernement issu de la gauche radicale a promis de mettre en oeuvre l'accord du 20 février 2015 qui avait permis de prolonger provisoirement l'aide à Athènes.

« Cet accord est de nouveau sur les rails, ce qui va permettre de prendre rapidement des décisions à même de résoudre les problèmes financiers », a-t-il estimé, ajoutant que son pays n'avait pas de problèmes de liquidités à court terme.

Une réunion de l'Euro-groupe devrait être organisée « dans les meilleurs délais », a fait savoir de son côté la chancelière allemande, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin.

« Chaque paragraphe » de l'accord du 20 février 2015 « compte », a prévenu Angela Merkel lors de sa conférence de presse finale.

La Grèce peut très bien présenter de nouvelles réformes économiques sur des questions comme les retraites ou les impôts « du moment qu'elles ont le même effet » sur les engagements pris par Athènes, a-t-elle ajouté devant la presse.

François Hollande a quant à lui évoqué un « esprit de confiance mutuelle », affirmant avoir reçu des assurances de la part d'Alexis Tsipras.

« Le premier ministre grec m'a confirmé qu'il allait aller le plus vite possible pour présenter ces réformes et pour donner toutes les informations qui sont utiles pour permettre à l'Euro-groupe de prendre la décision, y compris pour ce qui concerne le soutien financier à la Grèce », a dit le président français devant la presse.

« CONFIANCE MUTUELLE »

« Un esprit de confiance mutuelle régnait ce matin et je pense que cet esprit permettra de trouver une solution à ce qu'on appelle le problème grec », a-t-il ajouté.

Pour faire face aux urgences d'un pays confronté à de graves problèmes sociaux, l'Union Européenne a débloqué deux milliards d'euros afin que la Grèce puisse investir dans des projets soutenant la croissance, réduise le chômage des jeunes et aide ses citoyens les plus pauvres.

Le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé avoir mis en place une équipe pour aider Athènes à utiliser cet argent, dans le cadre des efforts visant à lutter contre ce qu'Athènes qualifie de « crise humanitaire ».

Dans un communiqué commun publié à l'issue de la réunion qui a duré une partie de la nuit, les présidents du conseil européen, de la commission européenne et de l'Euro-groupe ont répété leur attachement à l'accord du 20 février 2015.

« Dans un esprit de confiance mutuelle, nous sommes tous engagés à accélérer le travail et à le conclure le plus rapidement possible », peut-on lire.

Outre Alexis Tsipras, François Hollande et Angela Merkel, ont aussi participé à cette réunion le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du conseil européen Donald Tusk et le ministre néerlandais des finances Jeroen Dijsselbloem qui préside l'Euro-groupe.

Le vice-premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays aurait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque Centrale Européenne a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de soixante-dix milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires.

Les clients des banques grecques ont retiré trois cent millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:37

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/20/le-tresorier-de-jeanne-le-microparti-de-marine-le-pen-mis-en-examen-pour-escroquerie_4598139_823448.html#xtor=AL-32280515

Le trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, mis en examen pour escroquerie

Selon les informations du Monde, Axel Lousteau, le trésorier de Jeanne, un micro-parti satellite du Front National, a été mis en examen Lundi 16 Mars 2015 pour « escroquerie » dans le cadre du financement des campagnes électorales du parti d'extrême droite pour les élections législatives de 2012.

Au centre des soupçons des juges se trouvent des « kits de campagne » proposés à l'ensemble des candidats du Front National. Fabriqués par la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, l'un des plus proches conseillers de l'ombre de Marine Le Pen, mis en examen en janvier 2015 pour « faux et usage de faux, escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment d'abus de biens sociaux », ils auraient été largement surfacturés aux candidats frontistes.

Cette nouvelle est un coup dur pour Marine Le Pen, à deux jours du premier tour des élections départementales. Axel Lousteau est un personnage essentiel du petit cercle de la présidente du Front National. Ancien du Groupe Union Défense (GUD), un groupuscule étudiant d'extrême droite, ce personnage à la réputation sulfureuse est souvent présenté, un peu rapidement, par le Front National comme un simple prestataire de services.

Il est en réalité bien plus que cela. A quarante-trois ans, ce chef d'entreprise dans la sécurité privée est, outre son rôle au sein de Jeanne, le responsable d'un nouveau cercle frontiste, lancé en toute discrétion, le cercle Cardinal. Ce cénacle est destiné à rassembler des patrons de petites et moyennes entreprises, officiellement pour faire remonter leurs doléances à Marine Le Pen.

Coutumier des intimidations en tous genres, Axel Lousteau avait par ailleurs été interpellé en avril 2013 esplanade des Invalides à Paris, à la suite de violences après les manifestations contre le mariage homosexuel.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 20:15

L’urgence grecque s’invite au conseil européen (Reuters)

Les dirigeants européens réunis Jeudi 19 Mars 2015 à Bruxelles ont fait montre d'impatience à l'égard de la Grèce, sommant le gouvernement d'Alexis Tsipras de mettre en oeuvre au plus vite les réformes capables d'éviter la faillite à son pays.

Le premier ministre grec a demandé une réunion avec la chancelière allemande, le président français et les représentants des principales instances européennes en marge du conseil européen afin d'obtenir la possibilité de lever des fonds à court terme.

Dès son arrivée à Bruxelles, la chancelière Angela Merkel a toutefois prévenu qu'il ne fallait s'attendre à aucune « percée » véritable lors de cette réunion, prévue en toute fin de journée, quant à la mise en oeuvre des réformes prévues par l'accord du 20 février 2015 à l'Euro-groupe, qui a prolongé provisoirement l'aide à Athènes.

Pour Alexis Tsipras, l'Union Européenne doit « prendre des initiatives politiques qui respectent aussi bien la démocratie que ses traités, de façon à laisser la crise derrière nous et nous engager vers la croissance ».

François Hollande a de son côté réaffirmé l'importance pour Athènes de respecter ses « engagements » pris fin février.

« Les grecs doivent démontrer qu'ils font les réformes qui sont attendues d'eux et l'Europe doit mettre à la disposition des grecs les moyens financiers pour qu'elle puisse honorer ses engagements », a-t-il résumé devant la presse.

Interrogé sur les premières mesures prises par Athènes à l'égard des classes populaires, le président français a répondu « que le gouvernement grec fasse des efforts pour les pauvres, ce n'est pas cela qui me choque. Ce que nous demandons à la Grèce, c'est qu'elle demande aux plus riches de payer des impôts ».

Le chef du gouvernement britannique, le conservateur David Cameron, s'est montré beaucoup plus sévère.

« Quand je suis venu ici pour la première fois en tant que premier ministre il y a cinq ans, la Grande-Bretagne et la Grèce étaient grosso modo dans le même bateau, avec des déficits budgétaires comparables », a-t-il déclaré.

« La raison pour laquelle nos situations sont différentes aujourd'hui, c'est que nous, nous avons pris des décisions difficiles sur le long terme, et que nous avons fait un travail très difficile pour le peuple britannique. Je suis déterminé à ne pas revenir en arrière ».

« RÉFORMES NÉCESSAIRES »

Jeudi matin sur Europe 1, le président de la commission européenne a fait état de l'impatience à l'égard des autorités grecques issues de victoire électorale de la gauche radicale.

« Je vais répéter ce que je lui ai déjà dit deux fois », a dit Jean-Claude Juncker. « La Grèce doit entreprendre les réformes qui sont nécessaires. La Grèce doit faire en sorte que les engagements qu'elle a pris au niveau de l'Euro-groupe en 2012 et récemment soient suivis d'effet ».

Devant le Bundestag, Angela Merkel, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin, a évoqué un chemin « très difficile » pour les autorités grecques, qui doivent selon elle comprendre que l'aide internationale est assortie de la condition « d'une réforme budgétaire et d'efforts pour que cette aide ne soit, un jour, plus nécessaire ».

La situation financière de la Grèce demeure « dangereuse » et le délai pour éviter un défaut de paiement est court, a estimé pour sa part le président du parlement européen, Martin Schulz.

« Sur le court terme, deux ou trois milliards sont nécessaires pour assumer les engagements existants », a-t-il dit à la radio Deutschlandfunk.

Il a rappelé qu'Athènes devait s'acquitter de nouveaux remboursements d'ici la fin du mois de mars, que ses banques étaient à court de liquidités et que la banque centrale grecque avait quasiment épuisé ses capacités de refinancement du secteur bancaire.

Le vice-premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays avait un problème de liquidités et avait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de soixante-dix milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires.

Les clients des banques grecques ont par ailleurs retiré trois cent millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

Les européens redoutent que si la Grèce se trouve à court de liquidités d'ici la fin du mois et fait défaut sur sa dette, elle soit contrainte de sortir de la zone euro.

« Je ne crois pas qu'un nouveau séisme se pointe à l'horizon », a toutefois jugé Jean-Claude Juncker.

Le président de l'Euro-groupe, Jeroen Dijsselbloem, a évoqué en début de semaine l'éventualité de mesures de contrôle des mouvements de capitaux pour limiter les retraits bancaires et éviter un mouvement de panique en cas de montée des tensions financières.

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