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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 17:03

 

http://www.cdkf.fr/appel-a-observateurs-pour-suivre-le-proces-de-figen-yuksekdag

 

 Appel à des observateurs internationaux pour suivre le procès de Figen Yuksekdag

 

Communiqué de la commission des affaires étrangères du parti démocratique des peuples (HDP)

 

La coprésidente du HDP Figen Yuksekdag a été arrêtée le 4 novembre 2016, en même temps que le coprésident du HDP Selahattin Demirtas et sept autres députés du HDP. La première audience du procès de Figen Yuksekdag va se tenir devant la seizième cour criminelle d'Ankara, Mardi 4 Juillet 2017, après huit mois de détention. Les opérations politiques et arbitraires menées contre le HDP par Recep Tayyip Erdogan et le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) visent Figen Yüksekdag particulièrement en tant que femme et en tant que socialiste turque. La justice est entièrement mise au service de cette politique répressive.

En ciblant des membres non kurdes du HDP, cette répression vise à détruire la coalition multiethnique, multilinguistique et multiculturelle qu'incarne notre parti. A travers la personne de Figen Yüksekdag, elle porte atteinte à la parité et à la représentation des femmes dans la vie politique.

Figen Yüksekdag est détenue dans la prison de Kandira depuis le 4 novembre 2016. La première audience de son procès se tiendra Mardi 4 juillet 2017 à 14 heures devant la seizième cour criminelle d'Ankara.

Voici quelques un des chefs d'accusation retenus à son encontre, fonder ou diriger une organisation terroriste, faire la propagande d'une organisation terroriste, inciter la population à la haine, à l'hostilité, au crime, à violer la loi et à participer à des manifestations et à des réunions interdites. L'acte d'accusation consiste en huit dossiers compilés. La plupart des dossiers concernent des discours prononcés en tant que dirigeante du HDP.

Il lui est reproché par exemple d'avoir, dans le cadre de ces discours, qualifié de résistance les manifestations qui ont eu lieu dans les villes kurdes placées sous couvre-feu, soutenu l'autonomie démocratique, alors même que celle-ci est inscrite dans le programme du HDP, et qualifié de massacre la mort de centaines de civils durant les opérations menées par les forces turques de sécurité.

Par ailleurs, un des dossiers de l'acte d'accusation concerne les appels du HDP à manifester contre le siège de Kobanê. Durant ces manifestations organisées à l'appel du HDP dans tout le pays, du 6 au 8 octobre 2014, la police turque avait usé d'une extrême violence, tuant au moins cinquante personnes qui étaient pour la plupart des membres ou des sympathisants du HDP.

Nous vous invitons à assister en tant qu'observateur à cette audience pour montrer à l'opinion publique internationale que ce procès politique est suivi de près par les forces démocratiques. Nous appelons en particulier les organisations internationales de femmes à dénoncer les politiques misogynes du régime de l'AKP et à manifester leur soutien aux femmes opprimées du fait de leur lutte pour la liberté, l'égalité et la justice.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:35

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN19N0A0-OFRTP?sp=true

 

Benoît Hamon quitte le Parti Socialiste et lance le mouvement du premier juillet (Reuters)

 

Benoît Hamon a annoncé Samedi Premier Juillet 2017 qu'il quittait le Parti Socialiste, à l'occasion du lancement à Paris de son mouvement du premier juillet, destiné à reconstruire une gauche sonnée par les mauvais résultats des scrutins du printemps.

« Aujourd'hui, j'ai décidé de quitter le Parti Socialiste », a déclaré l’ancien candidat du Parti Socialiste, lourdement battu dès le premier tour des élections présidentielles au mois d’avril 2017, à ses partisans réunis sur la pelouse de Reuilly, dans l'est de la capitale.

« Je quitte un parti mais je n'abdique pas l'idéal socialiste », a-t-il poursuivi en précisant qu'il ne quittait « ni le socialisme ni les socialistes, bien au contraire ».

Parmi les onze mille personnes que Benoît Hamon a dit avoir réunies pour le lancement du mouvement du premier juillet, qui a pour ambition de reconstruire la gauche, figuraient notamment les écologistes Cécile Duflot et Yannick Jadot, l'essayiste Raphaël Glucksmann, le journaliste Edwy Plenel ou encore l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Vainqueur de l’élection primaire de la gauche au mois de janvier 2017 au détriment de l'ancien premier ministre Manuel Valls, Benoît Hamon n'a recueilli que six pour cent des suffrages au premier tour des élections présidentielles, un score historiquement bas pour son camp.

L'ancien député frondeur a ensuite été éliminé dès le premier tour aux élections législatives dans son fief de Trappes, dans le département des Yvelines.

Le Parti Socialiste ne compte que trente et un députés dans la nouvelle assemblée nationale, dix fois moins que dans la précédente, qui a accompagné un quinquennat du socialiste François Hollande aux choix critiqués jusque dans son camp.

Après les échecs électoraux de ces derniers mois, le Parti Socialiste, né dans sa forme actuelle au congrès d'Epinay en 1971 sous la houlette de François Mitterrand, se voit contraint de repartir à zéro.

Son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a décidé de démissionner pour laisser place à une direction collective.

L’ancien premier ministre Manuel Valls, réélu député de l'Essonne, a quant à lui quitté le Parti Socialiste, Mardi 27 Juin 2017, pour s'inscrire dans la majorité présidentielle. Il siègera comme député apparenté au groupe de la République En Marche (REM) à l’assemblée nationale.

Outre Benoît Hamon, d'autres ténors du Parti Socialiste, comme la maire de Paris Anne Hidalgo et l'ancienne ministre Christiane Taubira, veulent oeuvrer à la renaissance de leur formation, laminée par le succès de la REM, le parti du nouveau président Emmanuel Macron.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 15:12

 

https://socialistworker.co.uk/art/44903/Huge+demonstration+in+London+says+the+Tories+must+go+now

 

Une énorme manifestation à Londres dit que les conservateurs doivent partir maintenant

 

Une grande vague de défiance contre le gouvernement de Theresa May a traversé Samedi Premier Juillet 2017 le centre de Londres.

Des dizaines de milliers de personnes qui sont en colère contre l'austérité, le racisme et le blocage des salaires, ont participé à la manifestation. L’incendie de la tour Grenfell a été vu par beaucoup comme le symbole de tout ce qui ne va pas dans une société qui place le profit avant la vie des gens.

Et il y avait une colère générale contre l’accord avec les fanatiques du Democratic Unionist Party (DUP) qui permet à Theresa May de rester au pouvoir et de continuer à mettre en œuvre sa politique d’austérité.

Plusieurs des orateurs du rassemblement ont déclaré que cent mille personnes avaient participé à la manifestation dont le principal slogan était « dehors les conservateurs, pas un seul jour de plus ».

Appelée par l’assemblée du peuple et soutenue par de nombreux syndicats et campagnes, elle a montré la volonté de résister contre les conservateurs et aussi un sentiment d'optimisme et de confiance après la montée du parti travailliste de Jeremy Corbyn lors des élections générales.

C'était un signe très positif de la préparation à la résistance et à la recherche d'une société différente.

Devant une foule qui scandait son nom, à Parliament Square, le leader du parti travailliste a déclaré que « lorsque nous nous sommes rencontrés à Parliament Square il y a deux ans, nous avions un gouvernement conservateur qui faisait une politique d’austérité. Nous avons dit que nous allions nous battre et c'est ce que nous avons fait ces deux dernières années. Nous avons été critiqués par le courant dominant, mais quelque chose s'est passé. Des personnes se sont inscrites pour voter, elles se sont impliquées dans la campagne des médias sociaux et des dizaines de milliers de personnes sont venues à des rassemblements disant que le peuple est uni et déterminé. C’est la défaite des conservateurs, de l'austérité et des arguments économiques d'austérité. C’est la victoire de la justice sociale, de l'unité et des personnes qui se réunissent pour s'opposer au racisme et à tous ceux qui nous divisent. C’est le temps de l'imagination et de la  justice sociale. L’inégalité flagrante de la Grande-Bretagne moderne était au centre des dernières élections et elle sera aussi au centre des prochaines élections ».

Len Mac Cluskey, le secrétaire général du syndicat Unite, a déclaré que « vous venez de tout le pays pour vous battre pour un gouvernement populaire. Theresa May, votre parti et votre cruauté ont échoué. Laissez le parti travailliste faire le travail. Pour le bien de la nation, partez et partez maintenant ».

Mais certains manifestants étaient clairs, ils attendent davantage des dirigeants syndicaux.

Theresa, une infirmière de Doncaster qui participait à la manifestation, a déclaré que « tout le monde en a assez, année après année, du plafond d’un pour cent d’augmentation des salaires et ce sentiment s’est intensifié avec la campagne électorale de Jeremy Corbyn. Unison est le plus grand syndicat des travailleurs de la santé, mais nous ne prenons pas la tête de la lutte pour les salaires des travailleurs de la santé. Nous devrions voter pour l'action. Si vous ne vous battez pas, vous ne gagnerez jamais ».

Mark, un représentant d'Unison de Manchester a déclaré « qu’il y a une ambiance différente au travail maintenant. Les gens se rassemblent pour discuter de la protestation et de l'action collective chaque fois que quelqu'un en parle. Je leur ai dit de rejoindre un syndicat et de participer à plus de manifestations. J'aimerais voir le syndicat au niveau régional prendre contact avec plus de secteurs et commencer à appeler à l’action, en organisant de grands rassemblements locaux. Ils doivent donner l'exemple ».

Mona Kamal, un jeune médecin, a déclaré au rassemblement que « j’étais l'un des cinquante mille jeunes médecins qui se sont mobilisés l'année dernière. Si mes collègues infirmiers font de même, ils auront cinquante mille jeunes médecins derrière eux en solidarité. Nous allons continuer jusqu’au départ des conservateurs ».

Le leader du Trade Union Congress (TUC) Frances O 'Grady a déclaré que « les travailleurs veulent le changement. Nous voulons une augmentation des salaires. Nous n’acceptons plus les salaires actuels ».

Mais le TUC vient d'annuler un rassemblement prévu pour le 17 juillet 2017 contre le blocage des salaires et ne montre aucun signe d'essayer de coordonner les grèves contre le blocage des salaires.

Le leader du syndicat Public and Commercial Services (PCS) Mark Serwotka a déclaré que Theresa May est faible et que Jeremy Corbyn sera le prochain premier ministre. « Nous avons besoin de plus de manifestations, plus de campagnes et une manière que cela se produise plus rapidement est une grève du secteur public », a-t-il déclaré.

Il y a un nouveau sentiment d'espoir après les élections. Mais bien que les députés conservateurs puissent renverser Theresa May pour leurs propres raisons, se débarrasser des conservateurs exigera une mobilisation de masse sérieuse.

Le sentiment du changement doit alimenter l'action dans les rues et dans les entreprises, pas seulement à l’intérieur du parti travailliste ou dans les élections.

Jeremy Corbyn et les dirigeants syndicaux doivent appeler maintenant à une manifestation de masse devant le congrès du parti conservateur à Manchester au mois d’octobre 2017. Et tout le monde doit faire pression sur les dirigeants syndicaux pour que les grèves puissent briser le blocage des salaires, gagner des augmentations de salaire dans le secteur privé, arrêter les coupes budgétaires et combattre les patrons partout.

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 17:32

 

L'assaut est lancé contre le dernier réduit de l'Etat Islamique à Mossoul (Reuters)

        

Les forces de sécurité irakiennes ont lancé l'assaut contre le dernier réduit de l'Etat Islamique dans la vieille ville de Mossoul, Vendredi 30 Juin 2017, au lendemain de la proclamation de la fin du califat après la reprise de la grande mosquée al Nouri, symbole du pouvoir du groupe djihadiste.

Des dizaines de civils, en majorité des femmes et des enfants, ont réussi à fuir Vendredi 30 Juin 2017 l'enclave de moins d'un kilomètre carré encore contrôlée par l'Etat Islamique. Certains ont été blessés dans leur fuite par les tirs des djihadistes.

L'assaut s'annonce difficile pour les forces de sécurité irakiennes, les derniers combattants de l'Etat Islamique étant semble-t-il majoritairement étrangers et déterminés à se battre jusqu'à la mort.

Les djihadistes sont en outre dissimulés au milieu des civils, qu'ils utilisent comme boucliers humains, ont déclaré à Reuters plusieurs commandants du service de contre-terrorisme (CTS), l'unité d'élite du ministère de l’intérieur.

Pour le général Maan al Saadi, du CTS, la reconquête du dernier réduit de l'Etat Islamique pourrait prendre quatre à cinq jours. Le nombre de djihadistes y est estimé à environ deux cent.

Selon les civils qui ont réussi à fuir, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont encore prises au piège dans un territoire qui ne fait que quelques centaines de mètres de large, adossé au Tigre.

Des colonnes de fumée noire s'élevaient Vendredi 30 Juin 2017 au-dessus du secteur, pilonné par l'artillerie irakienne dont les tirs sont ajustés par des drones et des avions de la coalition sous commandement américain, selon le général Maan al Saadi.

Après neuf mois de combats pour reprendre Mossoul, la deuxième ville du pays avant le conflit, le gouvernement de Bagdad est pressé d'en finir avec cette opération qui a déjà fait des milliers de victimes civiles et quelque neuf cent mille déplacés.

Malgré les difficultés à venir, l'issue de la bataille ne fait guère de doute et le premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, n'a pas attendu qu'elle se termine pour déclarer la fin de l’état mythique proclamé il y a trois ans par Abou Bakr al Baghdadi dans la mosquée al Nouri.

Les souffrances endurées par des milliers de civils pendant la bataille tempèrent cependant les sentiments des habitants.

« J'entends des discours de victoire à la radio mais je ne peux pas m'empêcher d'être triste quand je vois ces gens sans maison s'enfuir avec leurs enfants sous un soleil écrasant », a déclaré un habitant de l’est de Mossoul, repris à l'Etat Islamique au mois de janvier 2017.

A Genève, le Conseil des Droits de l’Homme (CDH) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a exhorté les autorités irakiennes à intervenir pour mettre un terme aux expulsions forcées d'habitants soupçonnés d'avoir des liens avec l'Etat Islamique.

Des centaines de familles ont reçu des lettres de menaces assorties d'un ultimatum pour qu'elles partent, ce qui s'apparente selon Rupert Colville, porte-parole de l'ONU pour les droits de l'homme, à des actes de vengeance.

Ces lettres ont été distribuées à Mossoul mais également à Chirkat, au nord de Bagdad, à Hit, à l'est de la capitale, ou à Kayyara, au sud de Mossoul.

Abou Bakr al Baghdadi été déclaré mort par la Russie et par un responsable iranien, bien que cette information n'ait pas été pour le moment confirmée par le groupe djihadiste ni de source indépendante.

De sources militaires irakiennes et américaines, on pense toujours que le chef de l'Etat Islamique se cache dans la région désertique aux confins de l'Irak et de la Syrie.

C'est dans cette région grande comme la Belgique, plus précisément dans la ville syrienne d’al Mayadine, que, selon le renseignement américain, l'Etat Islamique a déplacé ce qui lui reste de structures de commandement après le siège de Mossoul et, plus récemment, celui de Rakka, sa capitale en Syrie.

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 17:18

 

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/113265/deviennent-refugies-syriens-de-cite-de-lair

 

Que deviennent les réfugiés syriens de la Cité de l'Air à Athis Mons ?

 

Par Mylène Hassany

 

Mercredi 28 Juin 2017

 

Que deviennent les familles syriennes de la Cité de l'Air, à Athis-Mons, que nous avions rencontrées au début du mois de février 2017 ? Si un semblant de quotidien s’est installé depuis, malgré les déboires sanitaires et administratifs, elles sont désormais en voie d’être expulsées par les autorités. Nous sommes retournés à leur rencontre.

Souvenez-vous, à la fin du mois de décembre 2016, onze familles syriennes s’installaient à Athis-Mons, dans la Cité de l'Air, dans des maisonnettes de fortune près des pistes de l’aéroport d’Orly. Parmi d’autres réfugiés de plusieurs nationalités, ces femmes, ces hommes et ces enfants, avaient entrepris de longues et difficiles démarches administratives avec, au bout, l'objectif de retrouver une stabilité et une vie normale et que les enfants soient scolarisés.

La plupart des membres de ces familles syriennes ont au moins un récépissé légalisant leur présence sur le territoire, à défaut d’un titre de séjour, mais la route est semée d’obstacles.

Jeudi 22 Juin 2017, une décision d’expulsion demandée par l'état a conduit les concernés, de même que les associations dont  le Droit Au Logement (DAL), à manifester devant la sous-préfecture de Palaiseau.

Au milieu des manifestants, il y avait Yasmine, Amal et les autres, que nous avions rencontrées au mois de février 2017. Elles et d’autres familles sont concernées par l’expulsion des habitants de la Cité de l'Air.

Le frère de Yasmine, parent d’un enfant handicapé, est dans le même cas. Une autre des familles syriennes a eu plus de chance, un logement lui a été attribué « pas loin d’ici » par l’Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII).

En attendant le départ, prévu Vendredi 30 Juin 2017, les maisons de fortune sont toujours occupées et elles sont restées les mêmes. Dans la maison qu’habite Yasmine, des matelas tapissent toujours le sol, au milieu des jouets et des peluches. Ce jour-là, des membres de la famille de Yasmine, venus de Strasbourg, participent à la conversation.

« Nous avons manifesté parce que nous n'avons pas d’autre alternative », raconte Yasmine, qui dit aussi « ne pas savoir où aller » une fois que l’expulsion aura eu lieu. Pourtant, sur le plan des démarches, Yasmine et sa famille sont à jour. « Nous n’avons pas encore de titre de séjour, mais un récépissé », poursuit la jeune femme.

C’est pour la plus petite, née au mois de janvier 2017 à Longjumeau, que c’est plus compliqué. Née en France, elle n’est pas encore prise en compte dans les effectifs familiaux.

A sa naissance, Najoua, le bébé, a souffert d’une bronchiolite et d’infections urinaires. Quant au mari de Yasmine, il doit se faire opérer dans les prochains jours. Le plus grand, Younès, doit rentrer au collège l’année prochaine. Sa scolarité devrait être assurée.

« Je voudrais juste une solution de relogement », poursuit Yasmine, « je voudrais qu’on se stabilise.  De tous les pays où je suis passée, c’est en France que j’ai eu le plus de problèmes », reprend celle qui, passée par l’Algérie, a été surprise par « la solidarité des gens là-bas ».

En attendant, l’association juvisienne Ajar continue de fournir couches, nourriture et produits d’hygiène aux familles. La conversation dévie sur la Syrie. Un retour là-bas sera-t-il un jour possible ?

« Quand la Syrie sera calme et quand ce ne sera plus la guerre », répond Yasmine, « quel que soit le pays, rien ne vaut celui dans lequel on grandit ».

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 16:53

 

 

https://paris.demosphere.eu/rv/56101

 

http://f-i.jlm2017.fr/rassemblement_contre_le_coup_de_force_de_macron_versailles

 

Rassemblement contre le coup de force d'Emmanuel Macron à Versailles

 

En convoquant le parlement en congrès à Versailles, en voulant détruire le code du travail par des ordonnances et en voulant faire entrer l'état d'urgence dans le droit commun, Emmanuel Macron multiplie les coups de force.

 

Les députés du Mouvement de la France Insoumise (MFI) n'iront pas à Versailles.

 

Nous nous donnons au contraire rendez-vous place de la République à Paris Lundi 3 Juillet 2017 à 18 heures pour dénoncer la dérive pharaonique de la monarchie présidentielle.

 

Venez nombreuses et nombreux, inscrivez-vous à l'évènement, partagez-le, transmettez l'information à vos amis et faites circuler largement l'information.

 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 16:36

 

https://www.ensemble-fdg.org/content/ensemble-doit-continuer

 

Ensemble doit continuer

 

Par Sylvie Larue

 

Vendredi 30 Juin 2017

 

Par leur interpellation, des camarades jugent qu’Ensemble doit rejoindre au plus vite le Mouvement de la France Insoumise (MFI). D’où leur demande d’une consultation pour décider rapidement.

Pour notre part, nous sommes déterminés à ce qu'Ensemble se maintienne comme mouvement indépendant et pour ce faire redéfinisse son projet dans une situation politique marquée à gauche par le succès du MFI.

Nous pensons que ce choix est largement partagé au-delà des différences antérieures.

Ce débat de fond est indispensable. La tâche de l'heure est de définir les conditions permettant de le mener au mieux.

Ensemble résulte de l’engagement de courants politiques porteurs de traditions différentes, de personnes à titre individuel et de collectifs dont nombre d’entre eux lui préexistaient.

Personne ne peut disposer du devenir des collectifs.

D'autant que le choix à faire, loin de se borner à une option seulement interne à notre mouvement, est en lien avec les aspirations de centaines de milliers de personnes, celles de l’ensemble des militants de toutes les composantes de la gauche politique, sociale, écologiste, féministe et associative. Nous devons contribuer à rassembler dans la clarté après les séquences électorales. Cela s’adresse aux militants du MFI, aux anciens militants du Parti Socialiste, aux militants écologistes, aux militants du Parti Communiste Français (PCF) et aux militants sans appartenance partisane. Ce débat sera public.

Convaincus de l'utilité d'Ensemble et soucieux de renforcer celle-ci, il nous paraît impératif que ce débat s'accompagne d'initiatives en vue de participer aux efforts pour faire force face au nouveau pouvoir politique, à la droite et à l'extrême droite.

Faire force suppose de multiples contacts avec le souci de favoriser une dynamique de type nouveau. L’urgence l’impose pour s’opposer aux ordonnances au sujet du droit du travail, comme aux effets liberticides de l’état d’urgence maintenu, mais elle n’est pas moindre pour imposer l’égalité entre les femmes et les hommes qui ne peut rester une promesse électoraliste, pour développer en actes une politique écologiste, pour une véritable égalité des droits et pour faire reculer les discriminations sexistes comme xénophobes et racistes.

Nous devons poursuivre des discussions pour élaborer un socle social européen.

Cela demande une présence dans de multiples initiatives en prêtant attention aux propositions et aux réalisations qui auront lieu dans les prochains mois. Cela implique les espaces les plus larges, notamment les suites de l'appel des cent et du front commun, comme celles auxquelles inviteront des groupes du MFI et sans doute d’autres manifestations militantes associatives, syndicales et citoyennes. Au-delà même des divergences à analyser et à discuter avec le MFI, ce mouvement s’avère être un partenaire incontournable pour une construction d’une gauche debout.

Une réelle recomposition, une réelle reconstruction et un mouvement politique nouveau, exigent de définir des axes de transformations ouvrant la voie à une révolution démocratique. Cela est possible. Nous contribuerons à tous les débats locaux ou nationaux allant dans ce sens. Le travail collectif d’élaboration que cela implique ne pourra pas se clore par une simple consultation pour ou  contre entrer dans le MFI.

Il nous faut donc établir un calendrier d’actions et de réflexions de notre collectif national du mois de juillet 2017 jusqu’à une autre étape à la fin du mois de septembre 2017.

Nous pourrons, ainsi, vérifier et décider des contours à maintenir et à changer dans notre mouvement et dans ses investissements politiques.

 

Premiers signataires

 

Etienne Adam, Louis Aminot, Janie Arnéguy, Pierre Cours-Salies, Alexis Cukier, Bruno Della Sudda, Didier Epsztajn, Karl Ghazi, Sylvie Larue, Laurent Lévy, Philippe Marlière, Roland Mérieux, Richard Neuville, Patrick Silberstein, Cécile Silhouette, Francis Sitel, Pierre Zarka

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 05:27

 

COOPERATIVE POLITIQUE ECOLOGIE SOCIALE

 

La Coopérative Politique Ecologie Sociale écrivait récemment un long message relatif au bilan des élections présidentielles et législatives.

 

Vous trouverez ci dessous les quatre derniers paragraphes de ce message.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez son site internet à l'adresse ci dessous.

 

Bernard Fischer

 

https://www.ecologiesociale.org/2017/07/02/le-jour-dapres-declaration-de-la-cooperative-politique-ecologie-sociale

 

Le jour d’après, déclaration de la Coopérative Politique Ecologie Sociale

 

 

La séquence électorale a été marquée par le dégagisme. Celles et ceux d’en bas se sont débarrassés de ceux d’en haut, jugés inutiles, inefficaces, corrompus et politiciens. Ce « qu’ils s’en aillent tous » à la française a été taxé de populisme alors qu’il est une forme d’expression populaire mais surtout une forme d’intervention électorale face à la crise de représentation. Il a été utile à la nouvelle offre électorale, encore plus à la République En Marche (REM) qu’au Mouvement de la France Insoumise (MFI). Celles et ceux d’en bas ne veulent plus être menés en bateau par celles et ceux d’en haut. C’est le dégagisme qui a été à la base du succès du MFI qui, à la manière d’une voiture-bélier, a broyé les appareils du Parti Communiste Français (PCF), du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Pourtant le résultat paradoxal de la séquence électorale est qu’elle renforce le présidentialisme. Lionel Jospin avait accéléré la bipolarisation en inversant le calendrier électoral consacrant ainsi la présidentialisation du régime. Emmanuel Macron en incarnant à la fois la droite et la gauche, en liquidant les partis qui les représentaient et en se présentant comme le seul garant de l’équilibre des pouvoirs, est soutenu alternativement par l’électorat de la gauche contre la droite et inversement. Mais la présidentialisation à l’américaine a son revers. La crise de représentation démocratique sans précédent actée par le deuxième tour des élections législatives dans lequel cinquante sept pour cent des électeurs se sont abstenus sans compter les deux millions de votes blancs auront des conséquences profondes.

Contre un pouvoir illégitime et les pleins pouvoirs, les conflits issus de sa politique risquent bien de se régler cette fois ci dans la rue.

La principale victime du dégagisme a été la gauche plurielle devenue une gauche plus rien. L’union de la gauche n’est plus car elle n’est adaptée ni aux exigences du social libéralisme, ni aux nécessités de la gauche de transformation sociale. Le Parti Socialiste n’est plus que l’ombre de lui même. Le constatant, le Parti des Radicaux de Gauche (PRG) comme une partie des écologistes ont rejoint la REM. L’avenir du Parti Socialiste maintenu, c’est celui de la gauche italienne ou de la gauche chilienne, être un des acteurs subalternes d’un parti démocrate de gestion de l’ordre néolibéral rassemblant la droite et la gauche. La crise du Parti Socialiste était inéluctable car c’est une crise idéologique, stratégique et générationnelle. La tentation de la troisième force a toujours divisé la gauche gestionnaire. François Hollande était favorable à ce tournant stratégique mais il ne s’en est pas donné les moyens politiques. Jusqu’à la fin du vingtième siècle, les états nations assuraient des possibilités de redistribution. Aujourd’hui, la mondialisation libérale étouffe les possibilités d’indépendance d’une gauche réformiste dans la lignée de Jean Jaurès, de Léon Blum et de François Mitterrand. Le néo-centrisme est le nouvel outil de la domination libérale car celle-ci n’a plus besoin de s’encombrer des illusions de redistribution de la sociale démocratie. Le chemin est ouvert aux partisans de la société de post croissance qui risque bien de s’imposer non par le choix mais par la nécessité.

La gauche de transformation sociale s’est retrouvée majoritairement dans le MFI.  Celui-ci est fort de sa cohérence politique, de sa capacité de mobilisation et du charisme jaurésien de son leader. Avec un groupe à l’assemblée nationale, elle a les moyens de fédérer la gauche et l’écologie populaire. Le reste, c’est-à-dire les appareils du PCF, du Parti Socialiste et d’EELV, ont explosé en vol faute d’avoir clarifié leurs contours idéologique, stratégique et politique. Face au bloc bourgeois social libéral, notre tâche est de construire un bloc populaire pour l’alternative citoyenne qui, dans l’indépendance absolue avec le Parti Socialiste, unisse les composantes disparates de la gauche de transformation sociale. Organiser la résistance à la révolution néolibérale est l’urgence absolue. La démoralisation, la démotivation et l’éparpillement, comme après chaque défaite, va gagner toute la gauche. Nous pouvons nous attendre à des explosions de colère sans lendemain et à des règlements de compte au sein et entre les partis. Nous devons refuser ces impasses et proposer une feuille de route au mouvement social. Elle passe par la construction du mouvement de résistance à la mainmise de la REM sur tous les rouages du système politique et par la lutte contre les politiques antisociales.

La destruction et le démantèlement du tissu de la révolution industrielle a déplacé la centralité de l’action politique de l’entreprise au quartier. Il n’y a plus de priorité entre les urgences sociale, sociétale et environnementale. C’est l’accumulation des injustices et des inégalités qui allume le détonateur des résistances. La précarisation des conditions de vie ne se résume pas à la question du travail, du logement ou du revenu. C’est la lutte contre la précarisation et la marchandisation de la vie qui doit être l’enjeu de la résistance. Les élections présidentielles ont démontré l’immense besoin de prévention, de protection et de sécurisation de la plus grande partie de la population. Refuser d’être des kleenex corvéables, vendables et jetables à merci, c’est déjà lutter contre le macronisme et l’ubérisation qui va avec, c’est aussi lutter pour que la santé environnementale, avec les conséquences de sa non-prise en compte chez les salariés comme chez les riverains, soit considérée comme une question sociale et écologique à part entière. La défense des libertés démocratiques est le second pilier de la résistance. La lutte contre l’état d’urgence, dont les dispositions d’exception vont être introduites dans la loi, comme la lutte pour les libertés numériques, est une priorité.

L’émergence de mouvements politiques nouveaux a été centrale dans ses élections. La REM et le MFI sont des Objets Volants Non Identifiés (OVNI) politiques. Des centaines de milliers de gens peuvent s’organiser et agir horizontalement dans le cadre fourni par une direction politique verticaliste. Ce modèle, issu du grillinisme, le Mouvement Cinq Etoiles (MCE) en Italie, et en partie de Podemos et du mouvement pour Bernie Sanders, rompt radicalement avec la structuration pyramidale des partis nés de la révolution industrielle. Le centre nerveux de l’organisation n’est plus le lieu de travail, ni même le quartier. L’organisateur collectif n’est plus le journal. L’espace où se déploie l’organisation politique est le réseau social virtuel et les événements physiques ou virtuels qu’il promeut. La recomposition politique ne pourra pas se faire à travers les vieux appareils issus de l’ère industrielle. La révolution numérique change la donne. Les débats sur la recomposition qui est en cours ne passent plus par la seule remise en cause de la charte d’Amiens qui avait ossifié les rapports entre syndicats et partis politiques, les deux étant des catégories étanches. Il faudra désormais combiner l’activité virtuelle du réseau social avec l’action coopérative, le tout bâtissant une contre-société et un peuple en mouvement. Tous les essais en France ont jusqu’ici été des échecs de la forme cartel du Front De Gauche (FDG) à la coopérative d’EELV en passant par le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et Nouvelle Donne. Le MFI, s’il ne veut pas connaître leur sort, devra se dépasser, inventer les règles de cohabitation entre le Parti de Gauche et le MFI et trouver la forme d’un mouvement alter politique de type nouveau où la démocratie et l’action militante pourront se conjuguer. Le nouveau mouvement politique de masse se formera par en bas et par en haut. Il se formera par en bas par le maillage de groupes locaux issus des partis, MFI, EELV, PCF, gauche du Parti Socialiste et mouvance citoyenne, et surtout de citoyens non encartés. Il se formera par en haut à travers le regroupement des parlementaires à l’assemblée nationale et au sénat et des autres élus qui s’organiseront en lien avec la résistance des mouvements sociaux.

L’écologie politique mainstream d’EELV a failli. Le retrait du candidat écologiste pour la première fois depuis 1974 aura acté l’existence de trois écologies masqué par l’absence de débat au sein d’EELV. Ces trois écologies émergent du vide idéologique incarné par l’appareil d’EELV.

Ces trois écologies ont leur légitimité propre. L’écologie de marché, l’écologie sociale et l’écologie de transformation représentent des orientations, des contenus programmatiques et des alliances potentielles différentes. `

L’écologie politique est conflictuelle pas consensuelle et doit non seulement tirer le bilan de ses erreurs tactiques mais surtout rompre avec ses mythes fondateurs, l’autonomie stratégique, le peuple de l’écologie et la majorité culturelle. La première notion est impraticable sans une vraie proportionnelle, improbable dans la cinquième république. Elle existerait que cela n’invalide pas la question des alliances qui, comme en Allemagne, est toujours aussi prégnante. Le peuple de l’écologie n’existe pas car tout peuple politique que ce soit, celui d’Emmanuel Macron avec ses start-up de l’extrême centre ou celui de Jean Luc Mélenchon avec ses insoumis, se construit dans une dynamique politique et dans des pratiques sociales éparses. On n’est pas un citoyen écologiste quand on va chercher son panier à l’AMAP. Il n’existe pas de peuple écologiste. C’est un objectif à atteindre. Quant à la majorité culturelle, s’il en existe une, elle est environnementaliste et non écologiste. Confondre l’adhésion à un projet de protection de l’environnement avec l’adhésion à un projet de société écologiste est l’erreur originelle des verts puis d’EELV.

EELV a été jusqu’au bout de son alliance structurelle avec le Parti Socialiste. Sa direction s’oriente vers l’écologie sociale en choisissant de se regrouper avec ce qui reste de la gauche du Parti Socialiste pour construire un nouveau Parti Socialiste Unifié (PSU).  Cette voie est une impasse. La sociale démocratie-verte sera broyée comme le Parti Socialiste l’a été entre Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon. Son espace est déjà pris par les écologistes de la REM, Nicolas Hulot en tête, pour qui la sortie de la crise passe par l’investissement massif dans le développement durable comme nouvelle source de profit pour les sociétés occidentales menacées par les pays émergents. Le groupe vert au parlement européen est devenu le laboratoire idéologique de cette politique maintenant suivie par le PVE dans de nombreux pays, en Finlande, en Allemagne, en Autriche et en Tchéquie.

Construire la Coopérative Politique Ecologie Sociale (CPES) comme un mouvement central de l’écologie populaire

Depuis sa prise de position en faveur de Jean Luc Mélenchon, la CPES a fédéré des cadres de valeur, membres ou non d’EELV, d’associations et de collectifs porteurs d’un projet d’écologie populaire et dessinant une insertion stratégique dans le mouvement social. Il faut maintenant qu’elle se dote d’une feuille de route.

Défendre un projet de société écologiste. Devant la faillite de l’écologie mainstream réduite à un consensus mou autour de quelques mesures autour de la transition écologique, nous devons expliquer en quoi notre projet de société écologiste, décentralisée, communaliste et autogestionnaire est différent de la société de marché. Il faut pour cela rompre avec l’idéologie du développement durable, de l’économie verte ou encore de la transition écologique, termes valises cachant le plus souvent le green washing. Ce projet de société écologiste passe par la recherche de toutes les formes de démarchandisation et de déconstruction des modèles dominants de la pensée, ici et maintenant.

Il s’agit de faire contre-société en construisant un peuple de l’écologie à travers un mouvement. La force des écologistes sociaux, c’est de prendre en main cette bataille par le bas, en partant du municipalisme de combat, des enjeux liés à la santé environnementale, à l’alimentation, à l’écologie urbaine et à la défense des communs, des formes de démocratie collaborative, de production d’information et de medias indépendants. Comme le PCF des années 1930, 1940 et 1950, ou certains mouvements des années 1970, il faut faire contre société, c’est-à-dire bâtir des formes de société alternatives et écologiques dans tous les domaines des politiques publiques ou intersticielles, en passant par l’aide concrète aux populations les plus fragiles.  C’était le projet initial de la CPES d’EELV. Il peut maintenant être mis en œuvre avec toutes les forces qui se réclament de la gauche écologiste insoumise.

Construire un pôle d’écologie sociale, inséré dans une dynamique claire antilibérale réunissant tous les courants de l’écologie de transformation.

La CPES doit rester un espace transpartidaire dans cette phase particulière. Ce qui fait notre richesse c’est la construction d’une orientation d’écologie populaire qui pour le moment est minoritaire. Cette option n’a pas de précédent dans le mouvement écologiste, sauf à l’échelle locale comme à Grenoble. Celles et ceux qui l’emprunteront devront donc innover et créer à partir de leurs seules convictions cet espace politique. L’écologie populaire est divisée. L’écologie politique doit unifier l’écologie associative, l’écologie municipale et l’écologie mouvementiste, celle des zadistes notamment, de plus en plus concurrentes. Pour cela elle doit surtout investir des terrains désertés par les écologistes, les quartiers populaires, les injustices sociales et environnementales et les rapports entre le nord et le sud, et contribuer à faire émerger des mouvements et initiatives capables de fédérer des mondes clivés tels que paysans et habitants des banlieues pour faire culture commune des combats des sans droits.

La CPES doit ouvrir un espace politique permanent de discussion avec les autres composantes du mouvement d’écologie populaire, écosocialistes, écosyndicalistes, Utopia, décroissants et gauche alternative d’Ensemble, et des mouvements citoyens apparus cette année. L’objectif est l’unification des composantes écologistes apparues dans la campagne de Jean Luc Mélenchon, l’altermondialisme, l’écologie sociale et les militants des quartiers sans rompre avec les centaines de militants verts déboussolés après le retrait de leur candidat et le ralliement au Parti Socialiste contraire à l’engagement du congrès de juin 2016.

Préparer dés maintenant les municipales de 2020. La CPES doit avec d’autres contribuer à l’émergence de listes citoyennes en formulant des propositions de programmes municipaux déclinables notamment dans les quartiers populaires. Construire un municipalisme écologique est la condition d’une construction politique nationale.

Se concentrer sur la formation et la politisation des mouvements sociaux écologiques, et de la jeunesse en formation.  Nous devons, comme le MFI a su le faire dans la campagne, renouer avec l’éducation populaire en organisant des universités populaires de l’écologie autour de l’histoire de l’écologie paysanne et ouvrière et des orientations de l’écologie sociale. Nous devons constituer un réseau d’éco-syndicalistes pour renouer avec le mouvement ouvrier et aider au développement d’une force d’écologie sociale implantée dans les universités et les lycées et tisser des liens plus étroits avec les mouvements d’éducation à l’environnement qui fasse la part belle à une approche plus systémique et politique des questions environnementales.

Construire un réseau transnational d’écologie populaire regroupant l’écologie sociale, l’écosocialisme et la décroissance soutenable.

L’écologie politique ne peut être absente de l’affrontement entre les oligarchies et les peuples dans le monde entier. Les écologistes sociaux sont souvent au coeur de ces mouvements même s’ils y sont minoritaires. L’internationale des partis verts telle qu’elle existe ne permet pas d’être des acteurs réels de ce mouvement qui, des Zones A Défendre (ZAD) aux luttes contre l’extractivisme en passant par le mouvement pour la justice climatique, est en train de redessiner les contours de l’écologie politique.

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 17:19

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/juillet2017.php#juillet01

 

Le vent se lève

 

Par Robert Duguet

 

Vendredi 30 Juin 2017

 

Quelques jours après cette longue séquence électorale, il me semble nécessaire de procéder à une réflexion politique et idéologique utile pour l’avenir.

Y compris si nous souhaitons être efficaces localement, il faut situer le débat premièrement à l’échelle de l’avenir du pays et secondairement prendre en compte les rapports de force qui se dessinent à l’échelle de l’Europe, particulièrement en Grande Bretagne et en Espagne. Bref, il faut sortir d’une démarche qui ne pense la politique que lorsqu’il faut se situer dans les élections et dans un repli hexagonal. La montée de Jérémy Corbyn dans le parti travailliste britannique contre les blairistes, la réorientation stratégique de Pablo Iglesias au sein de Podemos vis-à-vis de la prise en main du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) par son aile gauche et le choix de pousser à gauche Pedro Sanchez contre le parti libéral au pouvoir, témoignent d’une situation nouvelle contre le néo-libéralisme à l’échelle européenne. Il faut appréhender la situation française dans ce cadre de réflexion. C'est une défaite historique des partis qui ont fondé ou étayé les institutions réactionnaires de la cinquième république. C'est la défaite des républicains, héritiers lointains du gaullisme. C'est la défaite du mitterrandisme et du parti d’Epinay. La majorité qui sort des ruines ne doit pas faire illusion. Elle n’existe que par l’absence d’une alternative anticapitaliste.

Quand je lis les articles qu’écrivent un certain nombre de militants de la gauche radicale française, je suis surpris par ces éléments qui ne sont pas pris en compte et, pour ce qui est de la situation française, par une caractérisation relativement fausse de ce que représente le gouvernement d'Emmanuel Macron et sa majorité présidentielle.

L’élément central, à savoir une abstention massive des salariés et de la jeunesse précarisée, grimpant jusqu’à cinquante six pour cent lors du deuxième tour des élections législatives, traduit le fait que ce gouvernement n’a aucune légitimité pour imposer le programme de destruction des acquis sociaux. Mais aussi que le mouvement social a du mal à se porter en avant du fait qu’il ne s’estime plus représenté dans les institutions et dans la vie. De plus la décomposition du système politique et institutionnel de la cinquième république se poursuit malgré les efforts inouïs déployés par les medias aux ordres pour occulter ces profonds processus en court. Une trentaine de députés proches d'Emmanuel Macron ont déjà eu affaire à la justice dans le passé, quatre ministres sont contraints à la démission dès la constitution du deuxième gouvernement, dont l’innommable François Bayrou. Ce gouvernement ne va tenir que par la volonté de ceux, partis traditionnels de gauche en crise ou en voie de disparition, qui en reconnaisse la légitimité et qui donc hypertrophie sa prétendue puissance de nuisance.  Y compris Jean Luc Mélenchon qui déclarait dans son blog du 28 mai 2017 que l’exigence « d'un gouvernement de cohabitation dirigé par le Mouvement de la France Insoumise (MFI) correspond à la ligne d’action du mouvement ». Il oubliait l'assemblée constituante et la sixième république. Ce gouvernement ne va tenir aussi que par la volonté des confédérations ouvrières d’en reconnaître la légitimité et de négocier. Laurent Berger, responsable de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT) donne le la, il demande à Emmanuel Macron de partager le pouvoir. Il faudrait que Jean Claude Mailly nous explique ce qu’il est en train de négocier de positif dans le silence feutré des cabinets ministériels.

La difficulté de la situation politique tient au fait que nous sommes en face de deux impasses.

A l’heure où je rédige ces notes me parvient l’appel lancé par le collectif de Démocratie et Socialisme, animé par Gérard Filoche, Jean Yves-Lalanne et Claude Touchefeu. Appel lancé en direction de toutes les composantes se réclamant de la gauche, de Clémentine Autain à André Chassaigne, de Philippe Poutou à Jean Luc Mélenchon, de Pierre Laurent à Arnaud Montebourg. Il s’agit une nouvelle fois de nous replacer dans le sillage du parti d’Epinay, dont le résultat dans ces élections annonce l’avis de décès. Aucune des contradictions politiques qui se sont fait jour dans ces élections ne sont posées par cette démarche prétendument inspirée du front de classe.

Quant à l’alternative proposée par le MFI, elle pose un autre type de problème. En rompant avec le Front De Gauche (FDG) de façon brutale et sans aucun respect pour les nombreux militants qui s’étaient investis dans sa politique, Jean Luc Mélenchon entre dans une autre logique. En refusant de continuer l’expérience du FDG et de l’ouvrir à autre chose qu’un cartel d’appareils électoraux, il s’est donné tous les moyens de ne pas être au deuxième tour des élections présidentielles.

Nul doute que, s’il avait entraîné le char dans le bon sens, il aurait été investi incontestablement comme le représentant du front dans les élections présidentielles. Mais, pour ce faire, il fallait entrer dans une logique de pratique démocratique. 

En fait le choix idéologique fait à l’été 2014 dans l’ouvrage intitulé l’ère du peuple pose les principes de la campagne présidentielle de 2017. Il y a le peuple et son combat contre l’oligarchie ou contre la caste. Le candidat-président parle au peuple directement par-dessus la tête de l’oligarchie. Remplacez l’oligarchie par le régime des partis et vous retrouvez la position gaullienne traditionnelle, inspirée du nationalisme intégral de Charles Maurras. Jean Luc Mélenchon s’inspire aujourd’hui d'Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe, idéologues du populisme de gauche. La rupture avec le FDG, quelles que soient par ailleurs les défauts et les limites néo-réformistes du cartel, défauts et limites que Jean Luc Mélenchon lui-même a défendu, est une rupture avec les traditions du mouvement ouvrier. J’aimerais bien qu’on me dise ce qui différencie le populisme de gauche du populisme de droite.

Vincent Présumey écrit à juste titre que « l'idéologie est empruntée à Ernesto Laclau et à Chantal Mouffe, c'est le populisme de gauche. Premièrement, qu'on ne parle plus, ou alors juste par une habitude qui va s'effacer peu à peu, de lutte de classe, de classes sociales, de salariat et de travailleurs. Le clivage fondamental oppose le peuple, également appelé les quatre vingt dix neuf pour cent, à l'oligarchie, appelée aussi la caste. Deuxièmement, le peuple est une nation, la nation française, et son identification comme peuple repose sur une thématique et une symbolique nationale, qui doit se substituer aux thèmes et aux symboles issus du mouvement ouvrier. C'est ainsi que pendant que de faux naïfs dissertent contre les gauchistes qui n'ont pas compris que le drapeau tricolore et le drapeau rouge ne s'opposent pas, Jean Luc Mélenchon, lui, donne des consignes pour que dans ses rassemblements le drapeau rouge soit éliminé progressivement au profit du drapeau tricolore. Troisièmement, le peuple doit se construire par un mouvement qui associe les individus et les citoyens, mouvement dont le contenu premier n'est pas social, mais symbolique et national, reposant sur deux facteurs clefs de mobilisation et de dynamisme. Ernesto Laclau avait vu celle-ci, en Argentine, dans le général Juan Péron, dont il était un partisan ».

Le populisme est un nationalisme.

Quant à établir un parallèle entre Podemos et le MFI, même si les fondateurs de Podemos défendent une position populiste, l’histoire de Podemos est totalement différente. Ce mouvement en Espagne vient du mouvement des indignés et il s’est organisé sur une échelle de masse, comportant, à travers ses instances de base, une vraie référence à la démocratie sociale. Podemos s’appuie sur une réaction motivée par le mouvement propre de la classe ouvrière et de la jeunesse espagnole précarisée. Podemos est passé par la case démocratie, ce qui n’est pas le cas de Jean Luc Mélenchon.

Je redis ce que j’ai défendu dans les articles de mon blog depuis plusieurs années. Jean Luc Mélenchon n’a jamais saisi les opportunités qui auraient pu conduire à l’émergence d’un courant de rupture avec la cinquième république, avec le néo-libéralisme européen et donc à terme avec le capitalisme. La campagne pour le non socialiste au référendum de 2005 se termine chez Jean Luc Mélenchon par un accord avec Laurent Fabius puis par la synthèse dans un congrès du Parti Socialiste. C’est seulement en 2008 que Jean Luc Mélenchon avec Pour la République Sociale (PRS) fait le choix d’une rupture minoritaire et absolument pas discutée à l’intérieur du Parti Socialiste avec les militants qui voulaient en découdre. La base politique de la rupture est très étroite et elle ne vise que des objectifs électoraux. Le dernier grand mouvement politique des militants pour se réapproprier leur parti, c’est en 2005, en fait le non au traité européen était majoritaire. Il y avait là un boulevard pour construire un mouvement politique de masse, mais il fallait passer par la case de la démocratie et Jean Luc Mélenchon n’en voulait pas. Quitter le Parti Socialiste à chaud sur la base du mouvement pour le non au traité européen, il n’en voulait pas. Il le fera à froid en 2008, pour verrouiller d’emblée un parti, le Parti de Gauche, dont il ne voulait pas une construction démocratique. D’ailleurs à quand la disparition définitive du Parti de Gauche au profit d’un MFI qui n’a aucune réalité comme organisation ?

A partir de là, nous pouvons décliner ce qui dérive du nationalisme, large rassemblement social associant le capital et le travail autour d’un destin national du peuple français, opposition entre les bonnes Petites et Moyennes Entreprises (PME) bleu-blanc-rouge et les mauvaises multinationales étrangères, chauvinisme qui conduit le leader maximo à dire que son « amour de la France est physique et pour ainsi dire charnel » ou encore l’exaltation de la Marseillaise et son « sentiment amoureux que l’hymne national délivre et répand entre la chair et l’os ». J’en passe et des meilleures, notamment sur les questions internationales.

Le choix stratégique fait par Jean Luc Mélenchon pour les élections législatives se fonde sur ce populisme gaullien, le refus de déployer une force dans les localités sur la ligne de l’unité a conduit à centrer l’offensive contre les positions électives du  Parti Communiste Français (PCF).

Derrière l’offensive contre le PCF, c’est la question de la rupture avec le mouvement ouvrier qui est posée. Je ne prendrai que deux exemples. Dans la dix-huitième circonscription de Paris, la candidature de Caroline de Haas se situait sur une ligne de rassemblement contre Myriam el Khomri. Caroline De Haas obtient treize pour cent des voix au premier tour des élections législatives et le candidat du MFI obtient seize pour cent des voix au premier tour. L’unité permettait d’élire une députée de gauche contre Myriam el Khomri et contre la loi travail d’Emmanuel Macron. Le MFI a refusé toute alliance politique avec les unitaires, résultat, c’est un macroniste qui l’emporte, merci le MFI. Dans la huitième circonscription de l’Essonne, le député sortant Nicolas Dupont Aignan essuie une campagne de mobilisation sans précédent contre l’alliance qu’il vient de passer avec Marine Le Pen au premier tour des élections présidentielles. Le MFI refuse toute alliance avec le PCF et les quelques militants et élus du Parti Socialiste qui n’ont pas sombré dans le macronisme, alors qu’il y avait une forte demande des citoyens de base pour une candidature de rassemblement. Une campagne quasiment perdue pour Nicolas Dupont Aignan se termine par une courte victoire de Nicolas Dupont Aignan, avec cinquante deux pour cent des voix, merci le MFI.

Par contre dans la première circonscription de l’Allier, à Moulins, une campagne militante en amont conduit à regrouper la gauche sur un programme largement discuté autour du candidat présenté par le PCF le mieux à même de gagner la circonscription, malgré le taux d’abstention populaire.

Jean Luc Mélenchon sauve sa cohorte d’acier en présentant ses dix sept députés comme une victoire politique. La cohorte d’acier d’ailleurs n’est pas aussi unifiée que cela, il y a par exemple François Ruffin et Clémentine Autain. Le résultat du MFI aux élections législatives est une défaite, la défaite d’une orientation populiste, nationaliste et sectaire. Une nouvelle impasse qu’il faudra bien dépasser.

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre », écrivait le poète Paul Valéry, alors que la peste brune en 1922 commençait à gagner des positions dans cette Europe capitaliste. Comprendre le développement social et y prendre sa place, c’est surtout réfléchir et refuser les impasses. Ni retour vers le parti d’Epinay très bien exprimée d’ailleurs par Gérard Filoche, ni reconstruction sur la base des principes du populisme, le populisme mène à tout, y compris aux aventures autocratiques.

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 16:37

 

http://www.humanite.fr/histoire-bataille-de-rue-paris-contre-le-general-americain-ridgway

 

Bataille de rue à Paris contre le général américain Matthew Ridgway

 

Par Michel Pigenet, directeur du centre d’histoire sociale du vingtième siècle, professeur d’histoire contemporaine à l’université Panthéon-Sorbonne.

 

Vendredi 25 Mai 2012

 

Le 28 mai 1952, le Parti Communiste Français (PCF) appelle à manifester contre la venue à Paris du général Matthew Ridgway, accusé d’avoir utilisé les armes bactériologiques en Corée. Le PCF entend tenir la rue, quoi qu’il en coûte. La répression est féroce. Il y a des morts. Des dirigeants du PCF sont emprisonnés.

« Le peuple de Paris ne tolérera pas un criminel de guerre dans la capitale », avait prévenu la fédération de la Seine du PCF. De fait, le 28 mai 1952, quinze mille à vingt mille personnes protestent contre l’arrivée à Paris du général américain Matthew Ridgway, le successeur du général Dwight Eisenhower à la tête des forces armées de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Commandant, jusque-là, des troupes américaines en Corée où il porterait la responsabilité de l’emploi d’armes bactériologiques, le général Matthew Ridgway constitue une cible de choix.

Il offre aussi le prétexte d’une démonstration exceptionnelle dont témoigne le bilan, trois cent soixante douze blessés, dont vingt sept blessés graves, dans les rangs des forces de l’ordre et bien davantage parmi les manifestants. L’un d’eux, Bélaïd Hocine, ouvrier municipal algérien d’Aubervilliers, tombe, place Stalingrad à Paris, mortellement touché par balles. Un autre travailleur, Charles Guénard, également atteint par le tir d’un brigadier, décédera quelques mois plus tard. La police de l’époque n’est pas tendre envers les manifestants du PCF.

Cette fois, pourtant, ceux-ci sont venus avec l’intention d’en découdre. Il y va de l’application de la nouvelle ligne offensive, dévoilée peu auparavant par un éditorial de François Billoux paru dans les cahiers du communisme. Sous une rhétorique empruntée à la troisième période d'erreurs de l'internationale communiste entre 1929 et 1933, il s’agit tout à la fois d’offrir des perspectives immédiates aux militants, de les aguerrir et d’envoyer un avertissement au moment où la France s’apprête à signer, le 27 mai 1952, l’accord instituant la renaissance d’une armée allemande au sein de la très controversée communauté européenne de défense.

Dans l’urgence, réunions internes, tracts, affiches et journaux s’attachent à galvaniser le PCF. Il est question de « nettoyer notre pays de l’armée des milliardaires et de renverser le pouvoir honteux des exploiteurs ».

Pour l’heure, les spécialistes de la puissante fédération de la Seine du PCF, près de cinquante neuf mille cartes placées en 1952, tracent des itinéraires, calculent les temps de trajet et prévoient des positions de repli. Les consignes préconisent de tenir la rue, de ne pas se laisser faire et de pas reculer. Dans les locaux du comité d'entreprise de Renault Billancourt et dans les ateliers municipaux de la banlieue rouge, on fabrique en conséquence de gros manches et des petites pancartes.

Jour après jour, la pression monte. Le 25 mai 1952, le rédacteur en chef de l’Humanité, André Stil, est arrêté en vertu d’une loi de 1848 sur la provocation d’attroupements publics.

Le 28 mai 1952, vers 18 heures, les premiers groupes s’ébranlent en direction d’une place de la République inaccessible. Partis du nord et du nord-est, des cortèges fusionnent place de la Chapelle pour s’engouffrer vers le boulevard Magenta. À l’est, d’autres parcourent le vingtième et le onzième arrondissement. À l’ouest et au nord-ouest, la jonction s’opère dans le secteur de la gare Saint-Lazare et de la place de l'Opéra. Sur la rive gauche, la convergence s’effectue boulevard Saint-Germain en vue de franchir le Pont-Neuf. Place Stalingrad, au carrefour de l’Odéon et devant la gare de l’Est, les premiers barrages de police plient, voire cèdent à la panique. Sur les Grands Boulevards, des véhicules de la préfecture de police sont renversés. Assiégé, le commissariat de la rue de la Banque subit un début d’incendie. L’effet de surprise passé, les forces de l’ordre reprennent le contrôle de la situation sans ménagement.

Au hasard des charges, sept cent dix huit personnes sont interpellées. Parmi eux, une majorité de jeunes adultes, des hommes pour l’essentiel, souvent ouvriers, à l’image du cœur militant communiste de la Seine. En fin de soirée, une arrestation retient plus particulièrement l’attention, celle de Jacques Duclos, secrétaire général du PCF par intérim en l’absence de Maurice Thorez, soigné en Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Dans la voiture du dirigeant, interceptée à deux pas de la place de la République, la police saisit des documents confidentiels et deux pigeons récemment étouffés, formulation lourde de sous-entendus pour des volatiles destinés à la plus banale des casseroles. Lancé en catastrophe, un appel à la grève, le 4 juin 1952, pour sa libération et celle de ses camarades, tourne au fiasco, y compris dans les bastions. L’échec expose à la répression patronale qui décapite le syndicat de Renault Billancourt de la Confédération Générale du Travail (CGT). Une première information ouverte pour atteinte à la sûreté intérieure de l'état entraîne cent soixante dix inculpations, des dizaines de perquisitions et de saisies de documents à l’origine d’une seconde instruction pour démoralisation de l’armée et atteinte à l’intégrité du territoire en relation avec l’action contre la guerre d’Indochine.

L’heure n’est plus à l’offensive. À défaut d’en entretenir la mémoire, le PCF tirera les leçons des dérapages de la manifestation contre la venue en France du général Matthew Ridgway.

Les communistes connaîtront, certes, bien d’autres manifestations sanglantes après 1952. Plus jamais, toutefois, ils n’en reprendront l’initiative.

Le 29 mai 1952, il y a l'ouverture d’une information pour atteinte à la sûreté intérieure de l'état.

Entre le 31 mai et le 7 juin 1952, il y a des perquisitions à Paris et en province.

Le premier juillet 1952, il y a la libération de Jacques Duclos.

Le 8 août 1952, il y a l'ouverture d’une seconde information pour démoralisation de l’armée et de la nation et atteinte à l’intégrité du territoire.

Le 10 août 1952, il y a la libération des interpellés du mois de mai 1952.

Le 8 octobre 1952, il y a des perquisitions et des arrestations parmi les dirigeants du Mouvement des Jeunesses Communistes de France (MJCF) et de la CGT, dont Alain Le Léap, emprisonné le 11 octobre 1952. Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, plonge dans la clandestinité.

Le 15 novembre 1952, il y a la demande de levée de l’immunité parlementaire des principaux dirigeants du PCF.

Le 24 mars 1953, il y a des perquisitions et des mandats d’amener contre des dirigeants de la CGT.

Le 17 novembre 1953, il y a un non-lieu général dans l’instruction ouverte le 8 août 1952.

Le 24 novembre 1955, les vingt deux derniers inculpés du mois de mai 1952 comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris pour rébellion et insultes à agents, port d’armes, coups et blessures. Il y a neuf relaxes et treize peines de prison avec sursis.

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