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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 19:26

http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/23/alexis-tsipras-a-lui-aussi-ses-frondeurs

Alexis Tsipras a lui aussi ses frondeurs

Les négociations du nouveau gouvernement grec avec la troïka à propos de la dette du pays fâchent une partie des soutiens de Syriza, qui reprochent au nouveau premier ministre de brader ses engagements de campagne.

Le torchon brûle entre Alexis Tsipras et l'aile gauche de son parti. Les hostilités ont commencé Dimanche 22 Février 2015 par une lettre aux grecs signée de Manolis Glezos, figure emblématique de la gauche et de la résistance au régime nazi.

Dans son texte, le député européen « s'excuse d'avoir participé à cette illusion » d'avoir espéré changer les choses. Il somme le premier ministre de respecter son programme électoral et lui reproche même de « ne rien avoir fait depuis son élection il y a un mois ». Il s'attriste enfin de voir le gouvernement suivre la même lignée que les précédents, parler des « institutions » de la troïka et qualifier le mémorandum « d’accord », cela revient à « nommer poisson la viande », équivalent grec de l'expression appeler un chat un chat.

« L’effet d’une bombe »

S'il n'y a pas de journaux en kiosque, Lundi 23 Février 2015, leurs sites reprennent intégralement la lettre du doyen de Syriza. C'est par exemple le cas de To Vima, qui titre, « critique sévère de Manolis Glezos ». Cette intervention fait « l’effet d'une bombe » pour le parti au pouvoir, titre de son côté le site www.newsit.gr, qui publie la réponse du gouvernement, ce dernier estime que « le député était peut-être mal informé ».

Or la liste des « frondeurs » ne s'arrête pas là, explique le site d’information www.aixmi.gr, qui rappelle qu'après Manolis Glezos, Yannis Milios, l'un des conseillers économique d'Alexis Tsipras, mais aussi Sofia Sakorafa, députée de Syriza, demandent au premier ministre de respecter ses engagements. « Quand on promet d'annuler le mémorandum, on s'y tient », commente le site.

Le changement de rhétorique du gouvernement pour justifier un tournant politique est enfin souligné dans tous les journaux. Sur le site www.iefimerda.gr, Katerina Anesti résume les actions du premier ministre par une phrase de Mario Cuomo, ancien gouverneur démocrate de l’état de New York, « vous avez fait campagne avec de la poésie, mais vous gouvernez en prose ».

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 19:12

http://www.alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-teresa-rodriguez-le-visage-de-la-dignite-andalouse.html

Teresa Rodriguez, l’autre visage de Podemos, le visage de la dignité andalouse

Mardi 24 Février 2015

On comprend mieux la profonde gravité qui habite Teresa Rodriguez lorsqu’on la voit se faire apostropher par une passante, au détour d’une venelle colorée de Séville, Vendredi 13 Février 2015 au petit matin. « C’est bien toi, Teresa ? demande la femme, l’air de ne pas en revenir. J’ai déjà voté pour Podemos aux élections européennes et je voterai pour toi aux élections en Andalousie. Il n’y a que Podemos qui puisse nous sauver et changer ce pays ». Le regard sombre et soucieux de la jeune politicienne de trente-quatre ans, un bref instant, s’éclaire. Elle étreint la passante en lui promettant de faire « tout son possible » pour ne pas décevoir les attentes, puis reprend son chemin, solennelle. « Podemos a une responsabilité énorme », souffle-t-elle.

Inconnue jusqu’aux élections européennes de mai 2014, Teresa Rodriguez est devenue l’un des visages de Podemos, lorsque le parti anti austérité a remporté, quatre mois après son lancement en janvier 2014, cinq sièges de députés européens, dont le sien, et un million deux cent mille voix, bouleversant l’échiquier politique en Espagne. Moins d’un an plus tard, c’est elle qui emmène la formation à son premier rendez-vous national, les élections régionales anticipées en Andalousie, Dimanche 22 mars 2015, pour lesquelles elle brigue la présidence de la Junta, le gouvernement de la communauté autonome, face à la présidente socialiste sortante, Susana Diaz.

Rendre à l’Andalousie « sa dignité »

Native de Rota, une ville de la province de Cadix, et « militante depuis toujours », la jeune femme aux cheveux noir de jais et à l’allure bohème avance avec le sentiment d’être poussée par les espoirs de huit millions d’andalous, la région la plus peuplée d’Espagne. Et il lui est « inconcevable » de décevoir les siens. Elle aurait l’impression de « trahir » cette terre qui l’a vue naître et grandir. Cette terre de huertas et d’orangeraies, meurtrie par la pauvreté, 38,3 % de la population andalouse risque de connaître la pauvreté ou l’exclusion, contre 27,3 % à l’échelle nationale, la corruption et un chômage endémique, avec 34,2 % de la population active et 59 % des moins de vingt-cinq ans, l’Andalousie est la région de l’Union Européenne la plus touchée par le chômage.

C’est à cette terre endolorie qu’elle veut « rendre sa dignité », en la sortant du « sous-développement économique ». Cette terre qui, de toutes les régions d’Espagne, est celle qui a vu germer, aussi, le plus grand nombre de « cercles » Podemos, ces assemblées citoyennes de quartier qui ont fait le succès du parti. « Si je ne suis pas à la hauteur, je ne sais pas quand se présentera la prochaine occasion d’un changement historique », lâche-t-elle en fronçant les sourcils.

Tête baissée dans la campagne

Depuis que Susana Diaz a convoqué ces élections anticipées pour tenter de prendre de court Podemos dans ce bastion de gauche, l’Andalousie est l’une des deux seules régions, sur dix-sept, gouvernées par le PSOE, tout s’est accéléré. Il a fallu organiser en urgence des élections primaires pour choisir les candidats et les têtes de liste Podemos dans les huit provinces, réunir experts et militants pour établir un programme solide en un temps record, et multiplier les interventions médiatiques avant le début de la campagne, le 7 mars 2015. Podemos court contre la montre. Et Teresa Rodriguez est sur le qui-vive.

La pression est d’autant plus grande que l’Andalousie ouvrira le bal d’une longue année électorale, élections municipales et régionales partielles en mai 2015, élections législatives en novembre 2015. « Il s’agira aussi de créer la dynamique », souligne la candidate. Car l’objectif ultime, la raison d’être du parti anti libéral depuis son lancement, est de « récupérer les institutions nationales », actuellement aux mains des conservateurs du Parti Populaire. Comme Syriza en Grèce, Podemos veut gouverner.

Alors que le parti anti austérité caracole en tête des sondages en Espagne, les perspectives sont plus nuancées pour l’Andalousie, le parti y ferait 15,6 %, soit pas plus de dix-neuf sièges sur les cent neuf que compte le parlement. Une percée non négligeable, mais insuffisante pour remporter la majorité. Teresa Rodriguez hausse les épaules, convaincue que sa formation est capable, une fois encore, de créer la surprise : « Ici plus encore que dans le reste de l’Espagne, la nécessité de changement social est devenue une urgence. Et Podemos est la seule solution aux décennies d’immobilisme et de corruption du PSOE ».

Pour se consacrer entièrement à la préparation de la campagne, la candidate a prévu de démissionner de ses fonctions de députée européenne. Epaulée par une trentaine d’économistes et par autant de citoyens, elle veut élaborer un programme anti austérité « concret et solide », axé sur la transparence et l’emploi, les deux urgences de l’Andalousie. Elle sait qu’il sera scruté à la loupe, à l’heure où le parti est accusé par ses détracteurs de populisme et d’entretenir le flou sur ses intentions une fois arrivé au pouvoir. Fort des multiples campagnes qu’il a engrangées en un an d’existence, « Podemos est largement préparé », assure la tête de liste. « Nous avons déjà démontré nos capacités. »

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 21:18

http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/200215/essai-didentification-de-lislamo-gauchisme

Essai d’identification de l’islamo gauchisme

Par Yann Kindo

Vendredi 20 Février 2015

Il y a quelques semaines, alors que j’utilisais cette expression un peu bancale mais pas complètement dénuée de pertinence, une copine qui semblait douter de l’existence de la chose me demandait ce que c’est que ce fameux « islamo-gauchisme ».

Voyons donc quelques exemples récents qui incarnent une certaine tournure d’esprit justifiant à mes yeux cette étiquette, même si tout cela est quand même à géométrie variable et ne correspond pas à un corps de doctrine bien établi, loin s'en faut.

Disons qu’on peut en gros considérer l’islamo-gauchisme comme l’attitude de militants gauchistes de pays dits « occidentaux », le plus souvent non musulmans, qui pensent que parmi les religions, il faut réserver un sort particulier à la religion musulmane parce que ce serait plutôt celle des immigrés et des opprimés à l'intérieur du monde impérialiste, et que d’un point de vue anti-impérialiste il y a donc une tactique particulière à adopter vis-à-vis des musulmans en tant que musulmans.

Un islamo-gauchiste, c'est pour commencer une personne comme ce « trotskyste » américain qui, en ce début du mois de janvier 2015, alors que les cadavres des gens de Charlie-Hebdo n’étaient pas encore complètement refroidis, m'expliquait qu'il ne faut pas offenser les musulmans parce que c'est la religion des opprimés, et qu'il n'y a pas grand risque à s'en prendre à l'islam quand tu vis en France. On comprendra avec ce dernier argument qu’une fois qu’il a adopté sa posture, l’islamo-gauchiste est peu sensible au réel, qui ne l’affecte pas beaucoup. Même le bruit assourdissant des kalachnikovs ne suffit pas à le réveiller, le sommeil de sa raison est visiblement trop profond.

Un islamo-gauchiste, on l’avait expérimenté quelques années plus tôt, c'est aussi celui ou celle qui trouve que le truc vachement progressiste à faire pour s’implanter dans les quartiers populaires, c'est de présenter une candidate voilée aux élections. Ce qui d’un point de vue marxiste est complètement aberrant, évidemment.

Je dis, « d’un point de vue marxiste », parce que le problème de la candidate voilée du NPA, ce n’était pas pour moi qu’elle était candidate et voilée, c’était qu’elle était candidate voilée du NPA. Qu’une fille voilée siège dans un conseil municipal ou au parlement n’est pas un problème en soi, c’est même une liberté fondamentale à respecter que de ne pas interdire aux électeurs de choisir qui ils veulent en fonction de considérations vestimentaro-spirituelles.

Une candidate musulmane portant le voile doit avoir le droit de se présenter, de la même manière que Jean Luc Mélenchon a le droit de concourir tout en arborant un marqueur social comme le costume-cravate et en blablatant sur la franc-maçonnerie. A chacun ses arriérations et ses aberrations, en démocratie formelle c’est à l’électeur de décider, au final.

Non, ce qui posait problème, c’était que le NPA présente comme incarnation physique de son programme encore vaguement marxiste une militante revêtue d'un symbole d’arriération religieuse et sexiste. Une fille voilée peut être candidate, évidemment, mais pas d’un parti marxiste d’extrême gauche, normalement. L’islamo-gauchisme, c’est aussi ce qui propose l’exception à cette règle a priori évidente.

Bref, l’islamo-gauchisme, cela tourne en France en gros surtout autour de la mouvance du Parti des Indigènes de la République (PIR) et d'une fraction du NPA, et de ses scissions type Ensemble, notamment liée à la tradition du SWP britannique. En Grande-Bretagne, ce parti, le SWP, cherche ainsi consciemment des alliances avec des organisations religieuses musulmanes, et applique avec constance la désastreuse maxime campiste selon laquelle « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ».

Au passage, il faut remarquer une chose, un islamo-gauchiste français en 2015 n'est pas quelqu'un qui est à la fois musulman, islamiste et gauchiste, façon les Moudjahidin du Peuple iraniens. Quelqu’un dont le gauchisme s’appuierait sur l’islam à la manière de la théologie de la libération chez les chrétiens. Cela serait ça, normalement, un « islamo-gauchiste » au vrai sens de l’expression. Mais ce n’est pas de ça dont on parle ici.

Non, à l'image de Pierre Tévanian, je pense, dans l’immense majorité des cas, l'islamo-gauchiste est athée et ne croit absolument pas dans les sornettes religieuses qu'il valorise politiquement. En vrai, presque toujours il est comme vous et moi, l’islamo-gauchiste, c'est-à-dire qu’il est athée ou au pire agnostique, s’il est un peu faux cul, ce dont je le soupçonne, pour tout dire. Mais je ne sais pas pourquoi, l’intellectuel islamo-gauchiste a l’air de croire que l’opprimé n’est pour sa part pas capable de s’émanciper des illusions religieuses, il doit penser que l’opprimé est intellectuellement déficient, je ne sais pas. Pour tout dire, en plus de faux-cul, je le trouve très paternaliste, l’intellectuel islamo-gauchiste.

Note explicative, Pierre Tévanian est ce philosophe « critique » qui s’efforce d’expliquer que le problème de la gauche française c’est sa haine de la religion. Pour faire ça, il triture pathétiquement les textes marxistes pour essayer de leur faire dire l‘inverse de ce qu’ils disent pourtant très clairement.

Il se trouve que pas plus tard qu’hier nous venons d’avoir une nouvelle illustration de la posture islamo-gauchiste avec cet appel à un meeting commun contre « l’islamophobie », qui permet à plusieurs organisations de gauche, dont le NPA et Ensemble, de s’afficher en bien étrange compagnie.

Que des organisations de gauche dire « radicale » tiennent tribune aux côtés des indigènes de la république est déjà en soi un problème, mais on était habitué, on reste dans l’entre soi gauchiste. Même si c’est déjà lamentable pour le NPA d‘avoir des activités communes avec le PIR, pour qui le monde ne se divise pas avant tout entre exploiteurs et exploités, mais entre « blancs » et « non blancs », d’où la récurrence dans leurs textes d’expression telles que « la gauche blanche » et autres concepts du même tonneau. Nous sommes aujourd’hui dans une situation politique très pénible où la conscience de classe est déjà à un niveau historiquement bas et où s’épanouissent tous les communautarismes qui corrodent les identités de classe, alors nous n’avons vraiment pas besoin que des gauchistes viennent souffler sur les braises de la division à l’intérieur de la classe ouvrière. Il y a déjà le Front National pour faire très efficacement ce sale boulot, ce n’est pas la peine d’en rajouter, merci le PIR.

Mais là, les organisations de gauche qui ont signé cet appel à un meeting commun viennent de franchir un pas de plus, puisque dans la liste des appelants, il y a par exemple l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF). Si c’est la montée de la dite « islamophobie » qui justifie pour elles de tenir meeting aux côtés de l’UOIF, pourquoi ces organisations de gauche ne pourraient-elles pas désormais tenir meeting commun contre l’antisémitisme aux côtés du CRIF, vraiment, pourquoi ?

Le premier qui me répond, « parce que ce n’est pas pareil, l’islam c’est la religion des dominés », je lui demande si le judaïsme c’est la religion des banquiers et des médias.

Nous remarquons dans cet appel que le NPA a l’air quand même un peu gêné aux entournures de sa signature, puisqu’il a pris soin, chose rare, de l’assortir d’une petite explication alambiquée entre parenthèses, « sur la base de l’appel contre l’union sacrée ».

Le NPA signe ainsi un appel aux côtés de religieux réactionnaires sur la base d’une idée et d’une expression qui ne figurent pas dans le texte de l’appel. Voilà qui va certainement rendre sa politique plus lisible.

Je ne sais pas si à la tribune du meeting le représentant du NPA sera placé à côté de celui de l’UOIF, mais si c’est le cas ils auront plein de choses intéressantes à discuter entre eux, comme l’appel de l’UOIF à participer aux manifestations contre le mariage pour tous ou bien encore ses positions sur l’avortement et les droits des femmes.

Concluons ce petit billet par une petite image qui en dit plus que longs discours, et jetons un œil sur le site de la LCR belge, organisation cousine du NPA en France. Ces « trotskystes » sont funs et modernes, ils ont dans le décor de leur site affublé Karl Marx d’un casque de chantier, pourquoi pas.

Mais qui est-ce qu’ils ont placé à côté de Karl Marx pour que l’internaute puisse bien identifier politiquement les rédacteurs du site en question ?

Quand le fin du fin de la rebellitude post-moderne est l’image iconique d’une fille qui porte un signe religieux et sexiste de soumission, à dieu ou à son mari peu importe, nous nous disons que nous avons atteint le fond du fond.

Complément du Samedi 21 Février 2015

Le lecteur intéressé par cette thématique de la relation de l'extrême-gauche à l’islam et aux musulmans peut prolonger la réflexion avec des articles proposés sur un portail dont j'aime beaucoup le titre, www.mondialisme.org

On y trouve par exemple une analyse par un trotskyste britannique de la montée du racisme contre les musulmans, plutôt que de « l’islamophobie », il explique bien pourquoi il faut refuser ce terme, au Royaume-Uni, analyse qui me semble pouvoir être décalquée quasi telle quelle sur la situation française, malgré les traditions différentes des deux pays en ce qui concerne les rapports entre les religions et les institutions étatiques, ou encore des critiques de la grille de lecture centrée sur « l'islamophobie ».

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:54

http://www.alencontre.org/europe/grece-les-limites-a-ne-pas-franchir-dans-un-compromis.html

Les limites à ne pas franchir dans un compromis

Par Manolis Glézos

Lundi 23 Février 2015

Depuis Bruxelles, Manolis Glézos « foudroie » le gouvernement Tsipras à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de Syriza. Il rappelle « qu’entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ». Une des questions que pose Manolis Glézos est au centre de discussions au sein de Syriza, quels sont les rapports entre le gouvernement Tsipras et Syriza. Manolis Glézos revendique une activation de Syriza, à tous les niveaux, afin de prendre en charge les décisions liées aux négociations et donc à la mobilisation populaire. A cela s’ajoute la façon dont les ministres du courant de gauche vont expliquer concrètement leurs interrogations ou oppositions à l’accord qu’Alexis Tsipras va présenter au parlement. Cet accord permet-il à un ministre en charge des retraites d’accomplir l’engagement de Thessalonique de septembre 2014, soit pour les retraites, treizième mois pour les retraites de moins de sept cent euros, soit des mesures de base dans l’éducation ? Les semaines à venir sont d’une grande importance.

L’article de Manolis Glézos a été publié aujourd’hui sur le site du mouvement « Citoyens Actifs »

« Changer le nom de la troïka en « institutions », celui du mémorandum en « accord » et celui des créanciers en « partenaires » ne change en rien la situation antérieure.

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple grec aux élections législatives du Dimanche 25 Janvier 2015.

Il a voté pour ce que Syriza avait promis, abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi celle des autres pays créanciers de l’Union Européenne et de l’oligarchie grecque.

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

C’est dommage et encore dommage.

Pour ma part, je demande au peuple grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de Syriza doivent décider s’ils acceptent cette situation.

D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis.

Emmanouíl « Manólis » Glézos, résistant, des années en prison et en exil, est une figure politique de premier rang et écrivain grec. Il a été député du Pasok puis de Syriza. Il est né le 9 septembre 1922 dans le village d’Apiranthos, sur l’île de Naxos. Il est député européen.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:40

http://www.saphirnews.com/Le-CFCM-boycotte-le-diner-du-CRIF-une-decision-irreversible-apres-les-propos-de-Cukierman_a20459.html

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) boycotte le dîner du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF)

Un mois avant les élections départementales, et quelques heures avant le trentième dîner annuel du CRIF, son président Roger Cukierman a suscité la colère du CFCM après ses propos, tenus Lundi 23 Février 2015 sur les ondes d’Europe Un, à propos des jeunes musulmans qu'il estime être à l'origine de « toutes les violences » en France, contrairement au Front National.

Selon le président du CRIF, Marine Le Pen est « irréprochable. Je crois que nous sommes tous conscients dans le monde juif que, derrière Marine Le Pen, qui est irréprochable personnellement, il y a tous les négationnistes, tous les vichystes, tous les pétainistes », a-t-il déclaré, le jour où un nouveau sondage donne le Front National en tête du premier tour des élections départementales les Dimanche 22 Mars et Dimanche 29 Mars 2015, avec trente pour cent des suffrages.

Les jeunes musulmans derrière « toutes les violences »

Même s’il a affirmé que le Front National est « un parti à éviter » et pour lequel il ne votera jamais, le président du CRIF a expliqué que « c'est un parti qui aujourd'hui ne commet pas de violence ». En revanche, « il faut dire les choses, toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans », a tenu à ajouter Roger Cukierman.

« Bien sûr, c'est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes », a-t-il tempéré. Mais la phrase rendant les jeunes musulmans responsables des violences, antisémites, comprend-t-on, a été lâchée, sans que celle-ci ne fasse réagir outre-mesure Jean Pierre Elkabbach.

En outre, le président du CRIF a affirmé ne pas être « du tout » choqué par l’emploi du terme « islamo fascisme » par Manuel Valls, qui « correspond assez bien à la réalité ».

Le CFCM consterné par les propos

En réponse à cette déclaration, le CFCM a décidé cette année de boycotter le dîner du CRIF, jugeant « inopportun » d'y participer. Le bureau exécutif, réuni ce lundi à la Grande Mosquée de Paris, « a pris connaissance avec consternation » des propos de Roger Cukierman, s'est-il exprimé dans un communiqué.

« Considérer que « toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans » et que son approbation de l’expression « islamo-fascisme » sont des déclarations irresponsables et inadmissibles qui contreviennent au principe même du vivre-ensemble. Le CFCM ne peut accepter que la composante musulmane de France soit aujourd'hui l'objet d'attaques aussi graves qu'infondées », explique l'instance.

Une décision « irréversible » pour Abdallah Zekri

Selon nos informations, le président du CFCM Dalil Boubakeur, et les vice-présidents Anouar Kbibech et Chems-Eddine Hafiz devaient se rendre au dîner du CRIF. « Leur décision de ne pas y participer est irréversible » malgré les tentatives de Roger Cukierman de leur « faire changer d’avis » par téléphone, a indiqué à Saphirnews Abdallah Zekri, qui a pris part à la rédaction du communiqué d'annonce. Joint par notre rédaction, le président de l’Observatoire Nationale contre l’Islamophobie, qui déclare avoir « toujours refusé de participer au dîner du CRIF » en signe du refus de « cautionner les violences contre les palestiniens », a jugé « trop grave le niveau de stigmatisation des musulmans » atteint avec les propos de Roger Cukierman.

Après l'entretien sur Europe Un, il a tenu à clarifier ses positions vis-à-vis du Front National, jugeant que « ce parti infréquentable et appelons à faire barrage, à tout niveau, à la montée de ce parti ». En revanche, aucune déclaration publique n'a été faite par le CRIF pour répondre à la polémique qui agite les musulmans.

Mise à jour du Lundi 23 Février 2015 au soir

Invité de RTL, Roger Cukierman a maintenu ses propos sur « les jeunes musulmans. Il faut nommer les choses. On ne peut pas guérir d'une maladie si on ne la nomme pas. L'immense majorité des actes de violence physique antisémites sont commis par des jeunes musulmans mais ils sont une infime minorité de la communauté musulmane », a-t-il déclaré. Il ne regrette rien, sauf la décision du CFCM, qui est « infondée et dommageable pour les juifs et les musulmans ». Le choix de l'instance musulmane l'a « beaucoup surpris » du fait de leurs « relations amicales » de longue date. Des excuses, le CRIF n'en formulera pas.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:16

https://ijsbergmagazine.com/politique/article/18309-syriza-echec-ue-negociations-bilan

« Continuer dans cette voie ne peut conduire qu’à l’échec de Syriza »

Au lendemain de l’accord trouvé entre la Grèce et l’Union Européenne, prolongeant le programme d’aide en échange de la poursuite des réformes structurelles, le gouvernement grec se retrouve dans l’impasse. L’espoir d’un changement n’aura duré qu’un mois pour les partisans de la fin de l’austérité. Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza et professeur de philosophie politique au King’s College de Londres, répond à nos questions.

Question. Symboliquement, que représente la victoire de Syriza ?

Réponse. La victoire de Syriza représente un tournant historique. C’est la première fois dans l’histoire électorale européenne qu’un parti dit de la gauche radicale, qui se situe à gauche de la social-démocratie, gagne des élections et accède au pouvoir gouvernemental. Jusqu’à présent, les seuls cas où des partis de cette famille politique ont exercé des fonctions gouvernementales l’ont été dans des coalitions plus larges et dans des circonstances très particulières. Cette première marque incontestablement un tournant, d’autant plus important que l’Europe est traversée par une crise sociale et économique qui provoque un bouleversement et une instabilité politique croissante. On remarque que dans les pays du nord et du centre de l’Europe ce sont des forces de l’extrême droite et de la droite radicalisée qui semblent en profiter. À l’inverse, dans les pays de la périphérie, soumis aux politiques d’austérité les plus dures, ce sont plutôt les forces de la gauche radicale qui semblent relever la tête. C’est le cas de la Grèce, mais également de l’Espagne ou de l’Irlande.

Question. Ce qui confère une responsabilité très forte à Syriza ?

Réponse. Cela lui confère effectivement une responsabilité très forte, ce qui implique qu’un échec pèserait très lourd dans les rapports de force pour la période à venir.

Question. Dès les premiers jours après la victoire, la majorité parlementaire n’ayant pas été obtenue, Syriza a annoncé une coalition avec les grecs indépendants (ANEL), faction issue de la Nouvelle Démocratie. Comment s’explique cette coalition, comment s’organise-t-elle, et quelle a été la réaction de l’électorat ?

Réponse. Il y a deux malentendus à écarter d’emblée concernant ANEL. D’abord, ce n’est pas un parti d’extrême droite, contrairement à ce qui a pu être dit dans de nombreux médias. C’est effectivement une faction de la Nouvelle Démocratie, avec des transfuges venus d’ailleurs et parfois de la gauche. En France, on dirait que c’est un parti souverainiste, même s’il faut garder en tête que les références souverainistes et patriotiques n’ont pas la même signification dans un grand pays qui fut une puissance coloniale et impérialiste comme la France, et un pays dominé tout au long de son histoire comme la Grèce. ANEL est donc un parti qui s’est positionné contre le mémorandum et contre les politiques d’austérité, à partir de bases patriotiques. Mais ANEL exprime aussi une fibre sociale qui existait au sein de la Nouvelle Démocratie, dont je rappelle qu’elle fut, jusqu’à récemment, un parti de masse, avec un électorat populaire et un secteur syndical important. Le deuxième est qu’il n’y a pas de grande stratégie définie. C’est un choix pragmatique, qui correspond aux contraintes du moment. Syriza savait qu’il aurait une partie très difficile à jouer, il avait besoin d’une majorité au parlement. Le parti communiste grec (KKE) ayant depuis plusieurs années refusé toute coalition politique avec Syriza, ne restaient que des alliances possibles à droite ou au centre droit. Ce que Syriza a voulu éviter, c’est le piège d’une alliance avec To Potami. Ce parti est fabriqué de toute pièce par le système. Il se présente comme un parti joker à même de participer à n’importe quelle configuration gouvernementale. C’est d’ailleurs pour cela que les médias étrangers n’ont cessé de présenter cette alternative, en pensant qu’elle forcerait Syriza à faire des concessions. C’est précisément cela que Syriza a voulu éviter, en choisissant de s’allier avec un parti qui ne lui aurait pas posé de problèmes dans ses négociations contre le mémorandum. Donc si Syriza recule, ce qui est aujourd’hui le cas, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Toute la campagne médiatique menée contre Syriza en présentant ANEL comme un parti d’extrême droite, xénophobe, en parlant d’une configuration « rouge-brun » comme l’a fait Jean Quatremer, l’a été pour faire payer Syriza son refus de s’allier avec To Potami et donc de se conformer aux exigences du système. La réaction en Grèce a d’ailleurs été très positive. Il faut bien comprendre que sans annuler la division entre la gauche et la droite, le clivage pour ou contre les memoranda est devenu le clivage dominant de la vie politique grecque. L’alliance avec ANEL faisait donc beaucoup plus sens qu’avec To Potami.

Question. Les élections ont eu lieu Dimanche 25 Janvier 2015. Un mois après, quel bilan peut-on tirer ?

Réponse. Il y a un premier ensemble de mesures qui ont été annoncées, traduisant la volonté de transparence et de démocratisation du nouveau gouvernement. Le changement du code de la nationalité, rendant automatique la citoyenneté grecque aux enfants d’immigrés nés en Grèce, est un bouleversement considérable dans la manière dont la société grecque définit la nationalité, la citoyenneté et même l’identité nationale. La transparence des médias fait également l’objet de ces annonces, pour mettre un terme à l’enchevêtrement d’intérêts des milieux d’affaires liés à l’état et au personnel politique, où l’on retrouve souvent des propriétaires des médias. Ce n’est pas une exclusivité grecque, Silvio Berlusconi en Italie ou Bouygues en France en sont l’exemple, mais en Grèce cela atteint des proportions vraiment très fortes. Le choix des personnalités pour les portefeuilles ministériels a montré que Syriza n’allait pas céder du terrain à ce niveau-là. Le ministère de l’intérieur a notamment été confié à une figure de proue des mouvements antiracistes, proche des combats en faveur des immigrés, et la nouvelle présidente de l’assemblée, Zoé Constantopoulou, est connue pour sa lutte contre la corruption et pour son engagement en faveur des libertés individuelles. Ce sont des signaux forts. D’un point de vue économique et social, le rétablissement de la législation du travail, qui avait été supprimée par les gouvernements précédents, est une mesure importante annoncée par Syriza, tout comme la réembauche de fonctionnaires licenciés, le rétablissement de l’électricité pour les foyers qui en étaient privés, ou la reconstitution du groupe de radio et de télévision publique ERT. Ces annonces visaient à établir une idée de rupture avec les politiques précédentes, mémorandaires. L’ensemble de ces mesures, qui correspondent au mandat de Syriza et qui doivent mettre fin à la politique d’austérité, s’est rapidement heurté aux exigences de l’Union Européenne et de la troïka. Ils ont contraint le gouvernement grec à des reculs successifs, paralysant le programme de Syriza. À peine élu, le gouvernement se retrouve face à des difficultés qui laissent entrevoir comme une éventualité très sérieuse la possibilité de son échec.

Question. C’est ce que laisse entrevoir l’accord signé Vendredi 20 Février 2015 ?

Réponse. L’accord prévoit de rembourser intégralement et à temps les créditeurs. Il prévoit surtout de mener à terme le programme précédent, c’est-à-dire que le pays acceptera d’être mis sous tutelle par les « institutions », le nouveau nom de la troïka. En fait, le gouvernement grec s’engage à ne prendre aucune mesure unilatérale, qui pourrait mettre en danger les objectifs budgétaires fixés par les créditeurs. L’action du gouvernement Syriza et sa capacité de mettre en œuvre son programme se retrouvent neutralisées par cet accord. Le cadre du mémorandum est maintenu dans sa quasi-intégralité, il faut être très clair là-dessus.

Question. Comment s’explique cet échec aussi rapide ?

Réponse. Premièrement, par la pression énorme exercée d’emblée par les institutions européennes. Cela a commencé le 4 février 2015 quand la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé que le refinancement des banques grecques était stoppé, car elle n’acceptait plus les bons de la dette grecque, quand dans le même temps un mouvement massif de retraits de liquidités s’opérait en Grèce. Calculé à environ deux milliards d’euros par semaine, il aurait atteint selon des sources fiables un milliard cinq cent millions d’euros par jour ces derniers jours. Selon les informations que j’ai reçues d’Athènes, les banques grecques n’auraient pas pu ouvrir dès mardi si la Grèce n’était pas parvenue à un accord. La BCE a appliqué en Grèce exactement le même type de chantage qu’à Chypre en 2013 et en Irlande en 2010. Il y a une strangulation mise en place contre le gouvernement grec via le maillon le plus faible qui est le système bancaire. La pression est allée croissante lors des réunions de l’Euro-groupe pour que la Grèce accepte le cadre memorandaire, et si l’Allemagne a été la plus vindicative, avec la part de spectacle qui accompagne ces moments, aucune différenciation n’est apparue de la part des autres pays européens. Personne ne s’est opposé à l’Allemagne.

Question. La France, qui constituait un motif d’espoir pour la Grèce lors de l’élection de François Hollande, ne lui est absolument pas venue en aide ?

Réponse. Superficiellement, on aurait pu l’attendre. Mais on ne peut pas mettre en œuvre une politique d’austérité et voter la loi Macron d’un côté, et aider politiquement un pays qui veut rompre avec l’austérité.

Question. Quelles responsabilités incombent à Syriza ?

Réponse. Il faut être clair. Un certain nombre de points qui faisaient l’objet de débats au sein de Syriza ont été tranchés de façon négative. L’idée selon laquelle on pourrait rompre avec les politiques d’austérité en faisant l’économie d’une confrontation avec l’Union Européenne a été invalidée dans les faits. La ligne majoritaire au sein de Syriza a évité de répondre clairement à un éventuel refus de négocier de la part des créanciers de la Grèce. Elle a également pensé que les partenaires européens seraient obligés d’accepter la légitimité de Syriza et par conséquent les demandes du gouvernement grec. Et on voit bien que ce n’est pas le cas. Il y a eu des illusions de la part de la ligne dominante de la direction de Syriza quant aux possibilités de changer les choses dans le cadre actuel de l’Union Européenne. Ces institutions ont révélé leur vrai visage, qui est celui d’imposer des politiques néo-libérales extrêmement dures et des politiques qui conduisent à la marginalisation économique et sociale de pays entiers.

Question. Comment peut-on expliquer ces « illusions » ?

Réponse. Il y a un véritable blocage qui ne relève pas uniquement du psychologique, mais bien de la stratégie politique. Syriza, comme la quasi-totalité de la gauche radicale européenne, partage l’idée d’une réformabilité, d’une transformation de l’intérieur des institutions européennes existantes. Tout le problème est là. Syriza s’était arc-bouté de plus en plus clairement dans une position qui refusait la rupture avec l’euro, à la fois comme une éventualité, mais aussi comme une possible arme à brandir lors des négociations. On a vu en réalité qu’à aucun moment Yanis Varoufakis ou Alexis Tsipras n’ont utilisé cette éventualité. Ce courant refuse de prendre la mesure de ce qui fait la réalité des institutions et du processus d’intégration européenne, processus qui porte le néo-libéralisme dans son code génétique. Ces institutions ont été créées pour verrouiller les politiques néo-libérales et les soustraire au contrôle populaire. On ne peut pas rompre avec les politiques d’austérité et les mécanismes de mémorandum sans entrer dans une confrontation avec l’Union Européenne, et le cas échéant sortir de la zone euro. La Grèce a montré lors des négociations qu’elle craignait plus le « Grexit » que ses interlocuteurs, et ça, c’est une erreur fatale.

Question. Quelles conclusions tirer de cet accord ?

Réponse. On peut parler d’un échec majeur pour Syriza, possiblement fatal, et l’échec touche l’ensemble des composantes de Syriza. L’aile gauche n’a pas su faire prévaloir son point de vue, et a surtout été mise en échec par la stratégie de recentrage de la direction après les élections de 2012. L’idée était que le plein des voix à gauche avait été fait et qu’il s’agissait donc d’aller chercher des voix au centre. Une logique électoraliste et fausse, puisque l’opinion publique, vu l’ampleur du désastre social, n’évolue pas du tout dans le renforcement des positions centristes. Au contraire, elle se radicalise. Cette radicalisation explique à la fois l’audience d’Aube Dorée et celle de Syriza. Il y a une véritable erreur d’analyse de fond. Quand il s’agit de céder sur des points fondamentaux d’une force politique de gauche anti-austérité, cela ne peut conduire qu’à l’échec. C’est malheureusement le scénario qui est en train de se dérouler sous les yeux. Le gouvernement Syriza n’aura pas d’autre choix que d’être un gestionnaire du cadre mémorandaire. Les petits aménagements seront certes des éléments d’amélioration, mais ils n’arriveront pas à transformer une situation économique et sociale totalement désastreuse. Cela conduira à la déception des espoirs et des attentes placés dans Syriza par l’électorat populaire. Continuer dans cette voie ne peut conduire qu’à l’échec. La désintégration de Syriza me semble envisageable, de même que la reconfiguration des alliances politiques. Si c’est pour continuer cette politique, il n’y a aucune raison que les forces politiques pro-mémorandum refusent de collaborer avec Syriza. Que ce soit To Potami, le Pasok et même une frange de la Nouvelle Démocratie, précisément celle à laquelle Syriza fait un clin d’œil en choisissant Prokopis Pavlopoulos comme président de la république, une figure de proue de l’aile centriste de la Nouvelle Démocratie.

Question. Comment risque de réagir le peuple grec ?

Réponse. La victoire de Syriza a redonné espoir au peuple grec. Au lendemain du chantage de la BCE, on a par exemple vu des gens descendre spontanément dans la rue pour apporter leur soutien à Syriza. Le recul actuel risque de donner un coup d’arrêt et provoquer une déception très importante.

Question. Peut-on craindre que ces électeurs déçus se tournent vers Aube Dorée ?

Réponse. Le succès des partis d’extrême droite en Europe est essentiellement dû au fait qu’ils apparaissent véritablement comme des formations anti système auprès de très larges secteurs de l’opinion publique. Elles apparaissent comme plus crédibles, plus radicales que les forces de gauche. Du fait de l’ampleur des mobilisations entre 2010 et 2012, l’électorat qui s’est détaché des partis traditionnels s’est majoritairement déporté vers la gauche. Néanmoins, les scénarios de recomposition politique qui pourraient avoir lieu comportent le danger énorme de laisser à l’extrême droite le terrain de la contestation du cadre actuel. Syriza a été contraint d’accepter la poursuite de la mise sous tutelle de la Grèce par la troïka. Ce sentiment d’humiliation nationale est d’une importance décisive pour comprendre la percée d’Aube Dorée. La montée d’Aube Dorée est vraiment une réaction nationaliste régressive à ce sentiment d’humiliation nationale, combinée à l’effondrement économique et social.

Question. Jean Claude Juncker, président de la commission européenne, a récemment déclaré « qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Peut-on considérer, en Grèce comme ailleurs en Europe, que nos sociétés sont réellement démocratiques ?

Réponse. Cette citation de Jean Claude Juncker résume la réalité de la situation. La construction européenne depuis les années 1980 est le vecteur des politiques néo-libérales. Cette construction européenne inscrit le néo-libéralisme dans son code génétique, le verrouille dans ses traités. La logique profonde de cette construction est une logique constitutivement antidémocratique. Elle vise à dissoudre le niveau de contrôle national en établissant un contrôle supranational qui est détaché, autonomisé de tout mécanisme de contrôle populaire. C’est ce qui conduit les forces politiques d’opposition à la paralysie. L’échec de Syriza face à l’Union Européenne en est l’illustration la plus frappante, mais aussi la plus cuisante. Pour toute force qui veut s’inscrire en faux contre les choix dominants en matière de politique économique, la rupture est une condition indispensable.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 15:20

Relaxe requise pour Eric Woerth au procès Bettencourt (Reuters)

Le ministère public a requis Vendredi 20 Février 2015 la relaxe de l'ancien ministre UMP Eric Woerth au procès des abus de faiblesse dont aurait été victime l’héritière de l’Oréal Liliane Bettencourt.

La conviction du parquet, qui avait déjà requis un non-lieu pour Eric Woerth à la fin de l’instruction, n’a pas évolué au cours de près d'un mois de procès où ont comparu dix prévenus.

Il considère que « les charges ne sont pas suffisantes, le doute bénéficiant par principe au prévenu ».

Eric Woerth est poursuivi dans cette affaire pour recel de sommes d’argent qu’il aurait obtenues de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, lequel aurait obtenu cet argent liquide de la milliardaire.

L’ancien comptable de la maison Bettencourt a indiqué qu’elle avait préparé une enveloppe de cinquante mille euros destinée à Patrice de Maistre, qui avait un rendez-vous deux jours après, le 19 janvier 2007, avec Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Les deux hommes s’étaient revus le 7 février 2007, deux jours après que quatre cent mille euros en liquide en provenance de Suisse avaient été « livrés » au domicile de Liliane Bettencourt.

Le parquet a estimé que les « coïncidences de dates » ne suffisaient pas. Nicolas Sarkozy, qui a été mis en examen dans cette affaire, a déjà bénéficié d’un non-lieu.

Trois ans fermes, trois cent soixante-quinze mille euros d’amende ainsi que la confiscation des biens saisis au cours de l’instruction ont été requis contre le photographe et confident de la milliardaire François-Marie Banier, le maximum de la peine.

La peine requise pour le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre est également de trois ans de prison mais assortie de dix-huit mois avec sursis et de la confiscation d’un immeuble saisi.

Carlos Véjarano, le gestionnaire de l’île d’Arros depuis revendue par Liliane Bettencourt, écoperait de deux ans de prison ferme et de trois cent soixante-quinze mille euros d’amende si le procureur était suivi. Il a requis un an de prison avec sursis et cinquante mille euros d’amende contre le notaire Jean-Michel Normand.

Le parquet qui avait requis à la fin de l’instruction la relaxe pour cinq des dix prévenus, n’a pas modifié sa conviction que « les charges ne sont pas suffisantes, le doute bénéficiant par principe au prévenu ».

Outre Eric Woerth, seraient ainsi épargnés l’homme d’affaires Stéphane Courbit, l’avocat Pascal Wilhelm, le notaire Alain Bonduelle et l’ancien infirmier Alain Thurin.

Le parquet a demandé pour ce dernier un autre procès dans la mesure où il était absent du tribunal de Bordeaux depuis sa tentative de suicide la veille de l’ouverture du procès et toujours plongé dans un coma profond à l’hôpital.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 15:07

Les rebelles acceptent le retrait d’armes lourdes en Ukraine (Reuters)

Les séparatistes ukrainiens vont entamer Dimanche 22 Février 2015 le retrait d'armes lourdes de la ligne de front dans l'est de l'Ukraine, a annoncé un officier supérieur rebelle, signe que le camp prorusse pourrait être disposé à interrompre son avance dans le cadre de l'accord de paix conclu la semaine dernière à Minsk.

Les combats ont diminué d'intensité dans plusieurs zones depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu dimanche dernier mais la trêve a été violée à plusieurs reprises, notamment avec la prise mercredi par les séparatistes de la ville stratégique de Debaltseve, qui a obligé plusieurs milliers d'hommes de l'armée régulière à battre en retraite.

Toutefois, l'annonce par les rebelles du retrait d'armes lourdes, quelques heures après un important échange de prisonniers entre les deux camps, pourrait traduire leur volonté de respecter davantage le deuxième accord de Minsk maintenant qu'ils tiennent Debaltseve, l'un de leurs principaux objectifs militaires.

« Le plan a été signé hier soir. A partir d'aujourd'hui, nous avons deux semaines pour retirer les armes lourdes », a dit Edouard Bassourine, un commandant rebelle cité par l'agence de presse russe Interfax.

Une autre agence russe, Tass, rapporte d'autres propos d'Edouard Bassourine selon lesquels les modalités du retrait ne sont pas encore arrêtées et le retrait effectif des armes ne devrait débuter que mardi.

Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne, a déclaré par téléphone ne pas être en mesure dans l'immédiat de confirmer que les rebelles avaient entamé le retrait des armes lourdes.

ÉCHANGE DE PRÈS DE DEUX CENT PRISONNIERS

Un journaliste de Reuters a vu un convoi de vingt véhicules militaires rebelles transportant entre autres des systèmes de missiles quitter Debaltseve pour prendre la direction de Donetsk.

Samedi, les forces gouvernementales et les rebelles ont procédé à l'échange de près de deux cent prisonniers, l'un des premiers actes illustrant la mise en oeuvre du deuxième accord de Minsk, conclu le 12 février 2015 dans la capitale biélorusse au terme de négociations impliquant les présidents ukrainiens, russes et français ainsi que la chancelière allemande.

Depuis une semaine, les deux camps s'accusent mutuellement d'enfreindre le cessez-le-feu.

Dimanche, l'armée ukrainienne a fait état de douze attaques rebelles sur des positions gouvernementales depuis samedi soir.

Les combats les plus intenses ont eu lieu dans la ville de Peski, proche de Donetsk, et des groupes séparatistes ont tenté un « raid » sur des positions de l'armée à Chyrokine, à l'est de la ville portuaire stratégique de Marioupol, sur la mer d'Azov, a-t-elle précisé sur facebook.

Kiev accuse les séparatistes de continuer à masser des troupes et des armes dans le sud-est du pays et l'armée a déclaré samedi se préparer à l'éventualité d'une offensive rebelle sur Marioupol.

Le service d'information des rebelles DAN a rapporté que des troupes ukrainiennes avaient bombardé certains quartiers de Donetsk et que des tirs d'artillerie se faisaient entendre dans la ville vers 7 heures 30 GMT.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 14:57

Brève incursion turque en Syrie pour évacuer des soldats (Reuters)

L'armée turque est entrée brièvement en territoire syrien dans la nuit de samedi à dimanche pour évacuer une quarantaine de soldats encerclés depuis plusieurs mois par des djihadistes de l’Etat Islamique alors qu'ils gardaient le mausolée d'une figure de l’ancien empire ottoman.

L'opération qui a mobilisé des chars, des drones, des avions de reconnaissance et près de six cent soldats au sol, constitue la première incursion importante de troupes turques en Syrie depuis le début de la guerre civile il y a près de quatre ans.

L'armée a déclaré que l'opération n'avait donné lieu à aucun combat mais qu'un soldat avait été tué dans un accident.

Le gouvernement syrien a fustigé une « agression flagrante » et indiqué qu'Ankara serait tenu responsable des conséquences.

Dans un communiqué lu à la télévision d’état, le gouvernement syrien explique que le gouvernement turc a bien informé le consulat syrien à Istanbul de l'opération mais qu'il n'a pas attendu que Damas donne son feu vert.

Les trente-huit soldats qui gardaient la tombe de Souleiman Shah, grand-père du fondateur de l’empire ottoman, ont été rapatriés sains et saufs. Le mausolée, situé sur le sol syrien mais que la Turquie considère comme relevant de sa souveraineté, a été déplacé.

Le détachement affecté à sa garde est habituellement relevé tous les six mois mais le dernier envoyé sur le site était encerclé depuis huit mois par les combattants de l'Etat Islamique.

Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré lors d'une conférence de presse que son pays n'avait demandé ni autorisation, ni assistance pour cette mission mais qu'il avait informé la coalition internationale contre l'Etat Islamique une fois l'opération entamée.

Une source au sein des services de sécurité turcs a déclaré que l'opération avait été lancée via la ville frontalière de Kobani, avec le soutien des autorités locales kurdes.

Le ministère turc des affaires étrangères a expliqué que la tombe de Souleiman Shah avait été temporairement transférée sur un nouveau site en Syrie, au nord du village d'Esmessi, proche de la frontière turque.

Ahmet Davutoglu a précisé qu'une centaine de véhicules militaires, dont trente-neuf chars, et cinq cent soixante-douze soldats, parmi lesquels des membres des forces spéciales, avaient participé à l'opération.

Des avions de chasse sont restés en alerte pendant toute la mission mais n'ont pas eu à être déployés, a-t-il ajouté.

Le gouvernement turc avait dit fin 2014 que des militants de l'Etat Islamique s'approchaient du mausolée.

Le tombeau a été déclaré territoire turc par un traité signé avec la France en 1921, alors que la Syrie, comme le Liban, était sous protectorat français.

Ankara avait fait savoir à plusieurs reprises qu'elle défendrait le mausolée de Souleiman Shah en cas d'attaque.

La Turquie est jusqu'à présent restée réticente à toute implication directe dans la campagne contre l'Etat Islamique emmenée par les Etats-Unis, en partie parce qu'elle considère que cette campagne doit aussi viser les forces du régime de Bachar al Assad.

L'Etat Islamique et d'autres groupes islamistes ont détruit plusieurs tombeaux et mosquées en Syrie au nom d'une interprétation stricte de l'interdiction de la vénération des idoles par l'islam.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 14:35

http://en.firatajans.com/news/march-in-cologne-against-pkk-ban

Marche à Cologne contre l'interdiction du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)

Une grande organisation du peuple kurde et ses amis politiques a organisé une marche à Cologne Samedi 21 Février 2015 pour protester contre l'interdiction du PKK.

La manifestation a été organisée avant une session extraordinaire du Bundestag allemand sur l'interdiction du PKK qui se tiendra le 26 février 2015. La marche a eu lieu de Rudolfplatz à l’église historique Dom. Des organisations de gauche en Allemagne ont également soutenu la marche.

Sur la principale banderole qui ouvrait la marche, on pouvait lire « supprimer l’interdiction du PKK », tandis que la foule scandait fréquemment les slogans « vive le PKK », « vive le leader Apo », et « les martyrs sont immortels » en signe de protestation contre l’exécution des militants kurdes Saman Nesim, Ali Efshari et Habibullah Efshari par le régime iranien.

La foule a porté les photographies des trois activistes exécutés ainsi que celle d’Özgecan Aslan qui a été brutalement tué à Mersin par trois hommes, chantant aussi les slogans « Iran assassin » et « état turc assassin ».

Andrej Hunko, député de die Linke, et Yüksel Koç, coprésident de la maison civique démocratique des kurdes d’Allemagne (NAV DEM), ont fait des discours dans le rassemblement organisé après la marche. Andrej Hunko, député de die Linke, a attiré l'attention sur la reconnaissance de la lutte des kurdes dans le monde par la résistance dans Kobanê et a ajouté qu'il attendait avec espoir la session du parlement fédéral sur l'interdiction du PKK.

Andrej Hunko a dit que la résistance de Kobanê a été largement couverte par les médias internationaux, donnant une légitimité à la lutte de libération kurde et soulignant que cette opportunité doit être utilisée pour faire pression sur le parlement fédéral pour la levée de l'interdiction du PKK.

Andrej Hunko a appelé le gouvernement allemand à supprimer l'interdiction du PKK et à cesser de criminaliser les kurdes vivant en Europe, ajoutant que la loi de Manfred Kanther devrait être abrogée.

Yüksel Koç, coprésident de NAV DEM, a attiré l'attention sur les paroles d’Angela Merkel dans ses entretiens avec les autorités turques, en disant que l'Allemagne soutient les pourparlers de paix en Turquie, et a ajouté que l'interdiction du PKK en Allemagne doit être retirée si Angela Merkel est sincère dans ce qu'elle dit.

Yuksel Koç a dit que « vous devez arrêter la criminalisation du peuple kurde sur la base de l'interdiction du PKK et retirer le PKK de la liste des organisations terroristes si vous voulez la paix en Turquie ».

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