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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 21:09

http://www.vientosur.info/spip.php?article9929

https://www.ensemble-fdg.org/content/poutine-la-guerre-en-ukraine-et-lextreme-droite

Vladimir Poutine, la guerre en Ukraine et l’extrême droite

Mercredi 25 Mars 2015

La Russie de Vladimir Poutine est un état impérialiste dominé par une oligarchie capitaliste qui s’appuie sur l’appareil d’état. Sa puissance repose avant tout sur sa force militaire, raison pour laquelle elle développe une orientation belliqueuse à l’égard de ses voisins, à qui elle reproche d’avoir profité de l’effondrement de l’URSS pour échapper à sa tutelle centenaire.

Porté par une idéologie ultra-nationaliste qui fait une large place au racisme, à l’antisémitisme et à l’homophobie, son néo-conservatisme autoritaire est devenu un véritable étendard pour l’extrême droite européenne.

En Europe de l’Est, la Fédération de Russie est soutenue par des secteurs significatifs de l’extrême droite comme ATAKA en Bulgarie, le Parti national en Slovaquie et Jobbik en Hongrie. A l’Ouest, elle est appuyée par Aube Dorée en Grèce, le BNP en Angleterre, le NPD en Allemagne, le Front National en France, le FPÖ en Autriche, la Ligue du Nord et Forza Nuova en Italie et le Vlaams Belang en Belgique. Dimanche 22 Mars 2015, au Holiday Inn de Saint-Pétersbourg, le parti russe « Patrie » a ainsi organisé un forum conservateur international en présence d’une grande partie de ces mouvements, avec la participation de chefs militaires séparatistes d’Ukraine orientale liés à des secteurs fascisants. Ce réseau devrait permettre de renforcer la jonction entre nationalistes européens qui appuient la politique étrangère de la Fédération de Russie contre Bruxelles et Washington.

Quel impérialisme russe ?

Certains nostalgiques de l’URSS post-stalinienne ferment les yeux sur cette réalité, oubliant aussi combien la dénonciation de l’impérialisme russe a toujours été au cœur de la pensée et de l’action de Lénine. Ne prônait-il pas le défaitisme révolutionnaire de la Russie dès 1914 ?

Le 12 décembre 1914, Lénine écrivait ainsi que « les grands russes ne peuvent défendre la patrie autrement qu’en souhaitant la défaite du tsarisme dans toute guerre comme un moindre mal pour les neuf dixièmes de la population de la grande Russie, car non seulement le tsarisme opprime économiquement et politiquement ces neuf dixièmes de la population, mais il la démoralise, l’avilit, la déshonore et la prostitue, en l’accoutumant à opprimer d’autres peuples, en l’accoutumant à voiler sa honte sous des phrases hypocrites pseudo-patriotiques ». Remplacez aujourd’hui tsarisme par régime oligarchique et le jugement de Lénine reste pleinement valable.

La Russie est une puissance impérialiste particulière, puisqu’elle a colonisé les peuples non russes de son empire, en même temps que la paysannerie russe et non russe, dont la répression brutale et l’asservissement généralisé, dès le milieu du dix-septième siècle, ressemblaient à ceux perpétrés par les puissances européennes dans leurs plantations d’Outre-Mer. Avec l’émergence du capital impérialiste, dans le dernier tiers du dix-neuvième siècle, elle s’est efforcée de compenser la faiblesse relative de ses monopoles économiques et financiers par le contrôle militaire exclusif d’un immense territoire et, comme le relevait Lénine en 1916, par « certaines facilités de spoliation des allogènes ». Ainsi pouvait-elle tenter de jouer dans la cour des grands, comme alliée subalterne de la France et de l’Angleterre. C’est pourquoi, lorsque certains marxistes se réfèrent à Lénine pour mettre en doute la nature impérialiste de la Russie d’aujourd’hui, invoquant la faiblesse relative de son capital financier, ils montrent qu’ils n’ont pas bien compris sa caractérisation de l’impérialisme russe d’avant 1917.

Le chauvinisme grand russe en Russie soviétique

Si le monopole du capital financier a été brisé par la révolution d’octobre en union soviétique, le chauvinisme grand-russe et les privilèges qui y étaient attachés n’ont pas été éliminés pour autant. C’est pourquoi, dans ses derniers écrits, Lénine proposera des mesures de discrimination positives à l’égard des nations opprimées, et donnera une importance cardinale à la lutte contre le social-nationalisme, n’hésitant pas à traiter Staline, dans son rapport avec les communistes géorgiens, de « brutal argousin grand-russe ». Après sa mort, ce combat sera perdu et « le socialisme dans un seul pays » marquera le triomphe du chauvinisme grand-russe sur les droits des nationalités. Ceci explique en large partie comment la violence « atmosphérique », pour reprendre le mot de Frantz Fanon, de l’ordre stalinien des années 1930, 1940 et 1950 peut être comparée à celle du monde colonial, expropriations massives, camps de travail, déportations, exterminations et russification forcée.

Après la seconde guerre mondiale, l’URSS règne à nouveau sur un empire étendu et revendique des zones d’influence en Chine, en Iran, en Azerbaïdjan et en Turquie. Au-delà, en juillet 1945, Staline préconise même l’établissement d’un protectorat soviétique sur la Tripolitaine. Face à la prise de position britannique en faveur de l’indépendance de la Lybie, en avril 1946, la diplomatie soviétique tentera de se rabattre sur un protectorat des quatre grands. Enfin, à l’approche d’une percée possible du parti communiste italien aux élections de juin 1946, elle jouera sans plus de succès la carte du protectorat italien. Voilà une tentative aussi mal connue que peu glorieuse de Moscou visant à ressusciter à son profit le système des mandats de la Société Des Nations d’après la première guerre mondiale. Toutefois, cette heure de gloire de l’empire russe durera moins d’un demi-siècle et sera suivie d’un effondrement sans précédent, après 1991, avec la perte de quatorze républiques non russes, cinq millions trois cent mille kilomètres carrés.

Réunification de la grande Russie ?

Aujourd’hui, la Fédération de Russie comprend encore vingt et une républiques non russes sur près de trente pour cent de son territoire. Et désormais, le capital financier reconstitué, dont la fragilité relative est une nouvelle fois compensée par le soutien d’un puissant appareil d’état, redevient le premier bénéficiaire de l’exploitation des richesses naturelles de Sibérie et d’Extrême-Orient, organisée derechef sur un mode colonial, drainage des ressources par le centre et restitution d’une infime partie de celles-ci aux régions concernées en vue de leur développement propre. En même temps, il encourage Moscou à une politique expansionniste envers les états voisins, que les ultra-nationalistes présentent comme un effort de « réunification de la grande Russie ». Pour Alexandre Douguine, l’un de leurs principaux idéologues actuels, adepte de la « guerre des continents », l’intégrité de ses anciens dominions ne peut être garantie que s’ils acceptent de ne pas quitter l’orbite russe, « tout état de l’espace post-soviétique, s’il décide de s’opposer violemment à la Russie, ne pourra exister », proclame-t-il, « que sous forme tronquée », cité par Libération du 27 avril 2014.

Même son de cloche de la part d’Igor Strelkow, milicien russe engagé successivement aux côtés des séparatistes de Transnistrie, des serbes de Bosnie, et des pro-russes des deux guerres de Tchétchénie, avant de diriger des unités à l’est de l’Ukraine. Il y deviendra ministre de la défense de la république populaire auto-proclamée du Donetsk jusqu’à la mi-août 2014, date à laquelle il sera écarté du pouvoir par le Kremlin dans des circonstances peu claires. « J’étais d’avis », confie-t-il au Spiegel, « que Moscou devait annexer rapidement le Donbass, comme la Crimée après le référendum. Kiev est une ville russe. Je veux une nouvelle domination russe, qui se justifie historiquement. L’Ukraine a été et reste une partie de la Russie. Mon rêve est que la Russie retrouve ses frontières naturelles, soit au minimum celles de 1939 ».

Avec l’essor de l’ultranationalisme grand-russe, les idéologies racistes et antisémites ont trouvé à nouveau un terreau favorable, dans la tradition des Cent-Noirs, formés au début du siècle dernier, en réaction à la révolution de 1905. Les campagnes islamophobes contre les peuples du Caucase et d’Asie centrale occupent bien sûr la première place, en novembre 2013, le maire de Moscou Sergueï Sobianine annonçait ainsi que la ville ne construirait plus aucune nouvelle mosquée pour les quelque un million cinq cent mille à deux millions de musulmans de la capitale. A cela, il faut ajouter la propagande contre l’immigration de couleur, en particulier africaine, dont les représentants ont fait récemment l’objet d’un nombre record d’agressions. Les juifs sont aussi à nouveau dans le collimateur de groupes antisémites qui agissent de plus en plus à visage découvert sur les réseaux sociaux et dans la rue.

Quand le diable sort de sa boîte

Depuis le début de l’intervention militaire de Moscou aux côtés des séparatistes ukrainiens, l’appel à l’union sacrée justifie une aggravation de la répression politique. D’après Olga Miryasova, sociologue et militante libertaire moscovite, le nombre d’activistes emprisonnés est passé de mille cinq cent en 2013 à deux mille cinq cent en 2014. Une loi contre « l’incitation à la haine sociale » permet d’ailleurs de poursuivre quiconque critique l’action de la police. Le harcèlement judiciaire est particulièrement féroce en Crimée, où toute protestation contre l’annexion russe est systématiquement réprimée. C’est le cas notamment du syndicaliste étudiant écologiste et antifasciste Alexandre Koltchenko, arrêté à Simferopol le 17 mai 2014, et transféré à Moscou, en dépit de sa nationalité ukrainienne, avec plusieurs autres activistes, accusés de façon mensongère d’appartenir à un réseau terroriste d’extrême-droite.

C’est dans ce contexte que Boris Nemtsov a été assassiné à proximité du Kremlin, le 27 février 2015. Jeune physicien libéral de Nijni Novgorod, élu au soviet suprême en 1990, il est nommé gouverneur de sa région, puis conseiller de Boris Eltsine en 1996 pour son deuxième mandat, aux côtés de Vladimir Poutine, qui accédera à la présidence en 1999.

Depuis lors, le destin des deux jeunes réformateurs néolibéraux divergent, s’ils ont soutenu l’un comme l’autre des thérapies de choc aux conséquences sociales dramatiques, le premier, écarté du pouvoir, a critiqué la corruption du second dans une série de publications aux titres sans équivoque, Vladimir Poutine et Gazprom, Vladimir Poutine et la crise financière, Vladimir Poutine et la corruption. En 2009, alors qu’il briguait la mairie de Sotchi pour dénoncer « les affaires » entourant la préparation des jeux olympiques, il avait déjà été agressé physiquement.

Boris Nemtsov était particulièrement haï par les milieux ultranationalistes en raison de ses origines juives et de ses critiques des guerres menées contre les peuples non russes au sein et en dehors de la Fédération de Russie. Récemment, il annonçait la publication d’un ultime rapport sur l’implication de Moscou en Ukraine après avoir posté sur facebook, le 2 mars 2014, un article incendiaire que la presse avait refusé de publier.

« Vladimir Poutine a déclaré une guerre à nos frères d’Ukraine », avertissait-il. « Cette folie sanguinaire d’un enragé du KGB va coûter cher autant à l’Ukraine qu’à la Russie, une fois de plus, la mort de jeunes hommes des deux côtés, des mères et des veuves plongées dans le désespoir et des enfants rendus orphelins. Une Crimée désertée que les touristes ne visiteront jamais. Des milliards, des dizaines de milliards de roubles jetés au feu, dont les personnes âgées et les enfants se verront privés par la guerre, et après cela, encore plus d’argent pour soutenir un régime de voleurs en Crimée. Le vampire a besoin d’une guerre. Il a besoin du sang du peuple ».

De quel côté sommes-nous ?

Vladimir Poutine a certes gagné une bataille en Ukraine, mais sans doute pas la guerre. Ceci au prix du renforcement des secteurs nationalistes les plus réactionnaires du pays. En décembre 2014, dans le grand stade de Grozny, devant des milliers d’hommes en armes, Razman Kadyrov, chef de la république tchétchène de la Fédération de Russie, a ainsi présenté ses hommes comme les bataillons spéciaux du président, « nous savons que le pays a une armée, une marine, une aviation et des ogives nucléaires », a-t-il affirmé, « mais nous savons aussi qu’il y a des missions qui ne peuvent être exécutées que par des volontaires ». A la mi-février 2015, les Night Wolves, équivalent russe des Hells Angels, proches de l’église orthodoxe et de Vladimir Poutine, tenaient un grand rassemblement à Moscou sous le slogan « Il n’y aura pas de Maidan en Russie ».

Ainsi, ceux, au sein de la gauche occidentale, qui prennent pour de l’argent comptant la prétention de la Russie de Vladimir Poutine de soutenir la lutte des peuples russophones d’Ukraine orientale contre la « junte fasciste de Kiev », en réalité, un gouvernement nationaliste conservateur, couvrent en réalité l’offensive en cours de l’impérialisme russe sur ses marges occidentales. Ceci est d’autant plus grave qu’ils le font souvent en épousant la phraséologie belliqueuse et raciste de Moscou. Que penser en effet de ce morceau de bravoure de Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de Gauche en France, lorsqu’il présente l’armée russe comme « le peuple en armes que n’intimideront pas les bandes de pauvres diables chicanos de l’armée des Etats Unis », et lorsqu’il recommande à Vladimir Poutine de faire preuve de « sang-froid en jouant l’écroulement de l’économie ukrainienne, la désagrégation de ce pays qui a tant de peine à en être un » ?

Quel merveilleuse expression de la solidarité de la « grande nation française » avec la « grande nation russe » contre la « petite nation ukrainienne », teintée de mépris envers les mexicains des Etats-Unis, opprimés par un autre impérialisme, au prétexte qu’ils lui serviraient de piètre chair à canon. Ne serait-il pas grand temps que la gauche internationale rompe définitivement avec une telle lecture géopolitique et chauvine du monde, souvent teintée de racisme, qui magnifie toute forme d’opposition aux intérêts de l’impérialisme états-unien, de quelque tyran qu’elle vienne ? N’est-ce pas aux luttes et aux aspirations des classes exploitées et des peuples opprimés du monde pour leur propre émancipation, à l’est comme à l’ouest, au sud comme au nord, que nous devons apporter notre soutien sans conditions ?

Jean Batou est professeur d’histoire internationale contemporaine à l’université de Lausanne et auteur de plusieurs livres et articles sur l’histoire de la mondialisation et des mouvements sociaux.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:57

http://www.mediapart.fr/journal/international/250315/loligarque-kolomoiski-est-evince-de-son-poste-de-gouverneur-en-ukraine

L’oligarque Igor Kolomoïski est évincé de son poste de gouverneur en Ukraine

Par Agathe Duparc

Voilà plusieurs mois que le conflit couvait. Au terme d'une semaine rocambolesque qui a vu les sièges des entreprises gazières UkrNafta et UkrTransNafta investis par des hommes en armes, le milliardaire Igor Kolomoïski a dû renoncer, Mercredi 25 Mars 2015, à son poste de gouverneur de la région de Dnipropetrovsk.

L’affaire n’aura pas traîné. Après une semaine d’une incroyable escalade, le président ukrainien Petro Porochenko a finalement décidé, dans la nuit du Mardi 24 Mars au Mercredi 25 Mars 2015, d’accepter la démission de l’oligarque Igor Kolomoïski qui occupait depuis mars 2014 le poste de gouverneur de la province de Dnipropetrovsk, la région restée fidèle à Kiev, voisine de Donetsk. Dans une déclaration, le chef de l’état évoque le désir de « préserver la paix, la stabilité et la tranquillité ».

Mais à ce stade rien n’est moins sûr, puisqu’en se « débarrassant » d’Igor Kolomoïski, Petro Porochenko s’attaque à l’un des hommes les plus influents et controversés de l’après-Maïdan. À cinquante-deux ans, le milliardaire qui, selon Forbes, pèse un milliard quatre cent millions de dollars, a fait fortune dans la banque, la métallurgie, le transport aérien et les médias. Depuis le début du conflit ukrainien, il s'est surtout imposé comme le principal financier des bataillons d’autodéfense, parmi lesquels le bataillon « Donbass », et les quatre bataillons « Dnipr », qui combattent les séparatistes pro-russes et qui sont soupçonnés d’avoir commis des exactions contre les populations civiles.

Pour Moscou, Igor Kolomoïski est le diable en personne. Depuis juin 2014, il est poursuivi par le comité d’enquête russe pour « crimes de guerre, meurtres et kidnapping », en lien avec les agissements de ses bataillons. Et sur les réseaux sociaux pro-russes, il déchaîne les passions antisémites, accusé de tous les maux, entre autres d'avoir orchestré le crash du Boeing MH17 de la Malaysia Airlines en juillet 2014. En décembre 2014, il avait répondu à ces accusations sur la chaîne suisse RTS.

Le personnage commençait aussi à sérieusement déranger le pouvoir à Kiev. Il y a une semaine, une bagarre de titans s’est ainsi déclenchée autour du contrôle de la société gazière et pétrolière UkrNafta et sa filiale UkrTransNafta, qui assure la gestion des oléoducs dans le pays.

Tout a commencé Mercredi 18 Mars 2015. À Kiev, la Rada adoptait un amendement visant à modifier la composition des conseils d'administration des entreprises publiques afin d'y réduire le contrôle exercé par les actionnaires minoritaires. Le texte stipule qu'il faut désormais l'accord de cinquante pour cent des actionnaires, plus une voix, contre jusqu'ici soixante pour cent, pour qu’une assemblée générale soit convoquée et que soient prises certaines décisions. Ce qui ouvre la porte à une redistribution des cartes au sein d’UkrNafta dont Privat Group, la holding d’Igor Kolomoïsky, détient quarante-deux pour cent des parts, alors que l’état ukrainien est actionnaire à cinquante pour cent, plus une action. Jusqu’ici, le gouverneur de Dnipropetrovsk disposait d’une minorité de blocage lui permettant d’agir à sa guise et de bloquer toutes les décisions qui n’allaient pas dans son intérêt. L’oligarque avait par ailleurs réussi à installer à la tête de UkrTransNafta, pourtant détenue à cent pour cent par l’état, l’un de ses proches, Oleksandr Lazarko.

Jeudi 19 Mars 2015, justement, Oleksandr Lazarko a été démis de ses fonctions, remplacé par Yuri Miroshnik, un proche de Petro Porochenko. Au lieu de s’aligner, le directeur déchu refusait de quitter son bureau. Et dans la nuit, sous les yeux ébahis des journalistes, Igor Kolomoïski décidait d’entrer au siège d’UkrTransNafta, escorté d’une vingtaine d’hommes en treillis. Cette scène surréaliste a été enregistrée par plusieurs télévisions.

On y voit le milliardaire, hors de lui, s’en prenant à un journaliste de Radio Svoboda, qui l'interrogeait sur cette bien étrange sortie nocturne au siège d’une société à cent pour cent étatique. « Espèce de morveux, pourquoi tu me demandes pas pourquoi des raiders se sont emparés de UkrTransNafta ? Et que des saboteurs russes ont atterri ici. Tu cours après Igor Kolomoïski comme une bonne femme après son mec infidèle », lui répond le gouverneur. « Nous avons libéré les locaux de UkrTransNafta des saboteurs russes », lance-t-il à la cantonade, expliquant que le nouveau directeur Yuri Miroshnik s’est lui-même promu à la tête de l’entreprise, et promettant de se rendre de ce pas à l’administration présidentielle pour savoir « qui est derrière tout cela ».

Ni le président Petro Porochenko, ni le premier ministre Arsenii Iatseniouk n’avaient alors jugé utile de réagir à cette équipée sauvage, qui se reproduisait quelques jours après.

Dimanche 22 Mars 2015, alors que les mystérieux hommes en armes quittaient le bâtiment de UkrTransNafta, le siège d’UkrNafta à Kiev était investi. Cette fois-ci par une quarantaine de gaillards lourdement équipés d’armes et gilets pare-balles, de casques et pour certains de cagoules. Dès le matin, des barricades avaient été érigées. Devant les caméras de la chaîne Hromadske TV, l'un des hommes avoue faire partie du bataillon « Dnipr », la milice d’autodéfense créée et financée par Igor Kolomoïski.

Ce soir-là, Igor Kolomoïski avait également fait le déplacement. Pris à partie par un député, il répondait être « venu voir ce qui se passait », s'emportait contre les « traîtres » qui cherchaient à s’emparer de la société, puis s'engouffrait dans le bâtiment. Le même jour, dans une interview accordée à TSN, l’une des télévisions appartenant à son empire médiatique, le gouverneur s'était présenté comme le rempart à « certains groupes criminels organisés » qui veulent contrôler la gestion des oléoducs ukrainiens via UkrTransNafta et qui imposent leurs prix, pouvant changer les tarifs « sur un simple coup de fil ».

La Suisse, terre de repli pour Igor Kolomoïski

Ce spectacle à répétition de milices armées s’introduisant dans les locaux de sociétés étatiques ou semi-étatiques, des scènes qui rappellent celles qui se sont déroulées dans l’est de l’Ukraine, aura finalement eu raison de l’oligarque. Lundi 23 Mars 2015, le président Petro Porochenko, qui lui aussi appartient à la catégorie des oligarques, avec une fortune estimée à un milliard trois cent millions de dollars et un empire intact en dépit de ses promesses électorales, a jugé que « chez nous, aucun gouverneur ne peut disposer de forces armées ». L’ambassadeur américain à Kiev, Jeffrey Payet avait auparavant tenté de raisonner le gouverneur en colère : « Je ne vais pas révéler les détails de notre conversation privée avec Igor Kolomoïski, mais il me semble qu’il comprend que l’Ukraine doit vivre dans une autre réalité. Et que la loi de la jungle qui régnait du temps de Viktor Yanukovitch conduira l’Ukraine à la faillite », a-t-il déclaré.

Jusqu’alors, Igor Kolomoïski semblait indéboulonnable, passant à chaque fois à travers les gouttes. Il y a quelques mois, le procureur général d’Ukraine lui avait rappelé que son statut de gouverneur était incompatible avec ses trois passeports, ukrainiens, chypriotes et israéliens.

Igor Kolomoïski s’en était sorti avec un éclat de rire tonitruant, en déclarant que si la double nationalité était interdite, la loi n’évoquait pas la « triple » citoyenneté.

Dans les prochaines semaines, on peut s’attendre à ce que plusieurs affaires compromettantes refassent surface. Mercredi 25 Mars 2015, Sergueï Leshchenko, ancien journaliste d’investigation et aujourd’hui député du bloc Petro Porochenko, a posté sur son blog une étonnante conversation. On y entend le gouverneur s’adresser à Andreï Kobolev, le directeur de Naftogaz, la compagnie gazière étatique, dans un langage ordurier, et menacer d’envoyer un « bataillon » pour occuper une centrale électrique et les locaux de UkraTransNafta. Ceci en réponse à la menace de couper l’alimentation d’une de ses entreprises qui n'avait pas réglé la facture.

Plus embarrassant, l’enquête en cours autour du meurtre, Samedi 21 Mars 2015, d’un officier du SBU, les services secrets ukrainiens, tué alors qu’il interceptait trois voitures de contrebande qui se dirigeaient vers la république séparatiste de Donetsk. Selon certaines informations, des proches d’Igor Kolomoïski sont soupçonnés d'appartenir à ce réseau de contrebande.

L’ancien gouverneur conserve de puissants appuis, à commencer par les bataillons qu’il finance, les médias qu’il contrôle, et les nombreux actifs qu’il possède en Ukraine dont la Privat Bank, premier établissement privé du pays. Son éviction provoque déjà des remous politiques. Quatre députés, qui lui sont restés fidèles, ont annoncé qu’ils quittaient la fraction pro-présidentielle « Bloc Petro Porochenko ». D’autres pourraient suivre. L’un d’entre eux, Andreï Denissenko, affirme que dans un « protocole secret » des deuxièmes accords de Minsk, le président Petro Porochenko s’était engagé auprès de son homologue Vladimir Poutine à écarter Igor Kolomoïski.

Son départ pourrait aussi servir les intérêts des séparatistes russes de l’est de l’Ukraine. Dans un registre semi-ironique, Alexandre Zakharchenko, le premier ministre de la république populaire de Donetsk a proposé à l’oligarque de proclamer la création de la « république Kolomoïski de Dniepropetrovsk » puisque, de fait, il reste le « propriétaire » de cette région.

La question est de savoir où Igor Kolomoïski pourrait désormais conduire ses affaires. La Suisse apparaît comme une terre de repli possible, même si comme l'a appris Mediapart, le « cas Kolomoïski » embarrasse fortement Berne.

En 2010, l’oligarque avait jeté son dévolu sur Genève. Sa femme et ses enfants y vivent et lui-même bénéficie d’un forfait fiscal. À l'automne dernier, son permis de séjour est cependant arrivé à échéance et une procédure a été lancée pour le renouveler. Or jusqu’ici les choses s’éternisaient. « Cela fait plusieurs mois que la Suisse a choisi, comme à son habitude, de ne pas trancher, elle ne dit ni oui ni non », explique une source, qui précise que « des pressions russes ont été exercées » pour que l’oligarque ukrainien ne puisse plus trouver refuge sur les bords du Léman. Son éviction devrait permettre de trancher plus facilement.

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:25

La ville syrienne d’Idlib tombe aux mains des islamistes (Reuters)

Plusieurs groupes islamistes, dont le Front al Nosra, affilié à al Qaïda, se sont emparés d'Idlib, ville de cent mille habitants du nord-ouest de la Syrie, ont rapporté Samedi 28 Mars 2015 des combattants et l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Avec la chute de cette ville, les insurgés contrôlent désormais la totalité de la province d'Idlib, deuxième province à être totalement entre leurs mains après celle de Rakka, fief de l’Etat Islamique, dans le nord-est de la Syrie.

Des groupes islamistes ont formé une alliance, qui comprend le mouvement intégriste Ahrar al Cham et le Djound al Aksa, mais pas l'Etat Islamique. Ils ont lancé mardi une offensive pour s'emparer de la ville et baptisé cette opération « Armée du Fatah », allusion aux conquêtes arabes qui avaient propagé l'islam à travers le Proche-Orient à partir du septième siècle.

La ville d'Idlib, qui n'avait jamais été aux mains des islamistes depuis le début de la crise syrienne en mars 2011, se trouve non loin de l'axe routier stratégique qui relie Damas à Alep, et est également relativement proche de la province côtière de Lattaquié, l'un des fiefs du régime de Bachar al Assad.

Les groupes qui ont pris part à l'assaut ont posté des vidéos sur internet montrant leurs combattants dans les rues de la ville. Ces rues semblent désertes, à l'exception de dizaines de combattants et de quelques blindés.

Les autorités syriennes n'ont pas réagi pour l'instant à l'annonce par l'OSDH de la chute d'Idlib. Cette organisation proche de l'opposition et basée à Londres s'appuie sur un réseau d'informateurs sur le terrain pour suivre l'évolution du conflit.

Voici quelques heures, les médias officiels faisaient état de la poursuite des combats à Idlib et la télévision nationale affirmait que l'armée avait réussi à stopper la progression des insurgés à partir des flancs nord, est et sud de la ville.

De son côté, Rami Abdelrahman, qui dirige l'OSDH, avait déclaré à la mi-journée que les insurgés avaient « pénétré dans la ville par plusieurs côtés, mais l'assaut majeur a été lancé à partir des flancs nord et ouest ».

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 19:15

La Grèce adresse ses projets de réforme à Bruxelles (Reuters)

La Grèce a soumis Vendredi 27 Mars 2015 à ses créanciers réunis au sein du « groupe de Bruxelles » une liste détaillée de réformes censées assurer un petit excédent budgétaire primaire cette année, dans l'espoir de débloquer une nouvelle aide financière, ont déclaré des responsables gouvernementaux grecs.

Ces créanciers, l’Union Européenne et le Fonds Monétaire International (FMI), devaient entamer l'examen de ce programme de réformes vendredi soir, selon un responsable de la zone euro, alors qu'un haut fonctionnaire grec parle plutôt de samedi.

Leur approbation et celle des ministres des finances de la zone euro, réunis au sein de l'Euro-groupe, sont nécessaires pour que la Grèce bénéficie de fonds supplémentaires afin d'éviter un défaut sur sa dette, ce qui pourrait éventuellement entraîner sa sortie de la zone euro.

La liste présentée vendredi regroupe des mesures qui doivent permettre d'augmenter les recettes de l’état de trois milliards d'euros cette année.

« Les mesures proposées dans la liste de réformes prévoient des recettes de trois milliards d'euros en 2015, lesquelles ne seront en aucun cas le produit d'une réduction des traitements ou des retraites », a expliqué un responsable grec. « La liste ne comporte pas de mesures à caractère de récession ».

La liste évoque par ailleurs un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire hors service de la dette, de 1,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2015, inférieur de moitié à l'objectif figurant dans le programme de renflouement de l'Union Européenne et du FMI, et une croissance de 1,4%.

Le nouveau gouvernement grec, qui a promis avant sa victoire électorale du 25 janvier 2015 de tourner le dos aux politiques d'austérité mises en oeuvre en échange de l'aide internationale, a déjà présenté le mois dernier une première liste de réformes qui n'a guère satisfait les créanciers du pays.

VAROUFAKIS SORT DE SON SILENCE

Ce programme en sept points abordait des thèmes allant de l'évasion fiscale à la réorganisation du secteur public mais il a paru trop imprécis à ses destinataires.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras a assuré que sa nouvelle liste comprendrait des mesures destinées à renforcer la confiance des investisseurs, à gonfler les recettes fiscales et à réformer le système judiciaire, mais sans fournir de détails.

Son programme détaillé devrait aussi aborder le fonctionnement du système de retraites, même si Athènes a d'ores et déjà exclu un report de l'âge de départ ou tout autre mesure susceptible d'être interprétée comme un effort supplémentaire réclamé à une population déjà fortement éprouvée par les politiques suivies depuis le début de la crise en 2010.

Le gouvernement devrait aussi chercher à lutter contre le travail clandestin et s'engager à ne pas entraver les privatisations. Dans les premiers jours qui ont suivi son arrivée au pouvoir, le parti de gauche Syriza a annoncé l'arrêt de certaines privatisations mais il est depuis revenu sur ses projets, même s'il compte toujours exercer un contrôle sur les sociétés concernées après leur cession au privé.

Athènes doit prouver à ses créanciers sa double détermination à mettre en oeuvre les réformes réclamées et à maîtriser son budget. Publiquement, le ton s'est apaisé entre le nouveau gouvernement grec et ses partenaires de l'Euro-groupe après plusieurs semaines d'échanges acrimonieux, en particulier avec l'Allemagne.

Le gouvernement grec a par ailleurs démenti vendredi un article du Bild allemand selon lequel le ministre des finances, Yanis Varoufakis, envisageait de démissionner.

Ce dernier, qui semblait faire profil bas ces derniers jours, a démenti de son côté par le biais de twitter, « chaque fois que les négociations s'accélèrent, une nouvelle rumeur, faisant état de ma démission ou de mon renvoi, surgit. C’est assez amusant ».

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 17:08

http://www.legrandsoir.info/lettre-du-president-nicolas-maduro-au-peuple-des-etats-unis-new-york-times.html

« Le Venezuela n’est pas une menace, c’est un espoir »

Lettre du président Nicolas Maduro au peuple des Etats Unis

Par Nicolás Maduro Moros, président de la république bolivarienne du Venezuela

Publiée dans le New York Times du Mardi 17 Mars 2015

Le Venezuela n’est pas une menace.

Nous sommes le peuple de Simon Bolivar, nous croyons à la paix et au respect de toutes les nations.

Liberté et indépendance

Il y a plus de deux siècles, nos pères ont fondé une république sur la base de l’égalité et de la liberté de tous devant la loi.

Notre nation a subi les plus grands sacrifices pour garantir aujourd’hui, aux sud-américains le droit de choisir leurs dirigeants et d’appliquer leurs propres lois.

Rappelez-vous toujours l’héritage historique de notre père, Simon Bolivar, l’homme qui a consacré sa vie pour que nous héritions d’une patrie de justice et d’égalité.

Nous croyons en la paix, à la souveraineté nationale et au droit international

Nous sommes un peuple pacifique. En deux siècles d’indépendance, nous n’avons jamais attaqué un autre pays. Nous sommes un peuple vivant dans une région de paix, exempte d’armes de destruction massive avec la liberté de pratiquer toutes les religions. Nous défendons le respect du droit international et la souveraineté de tous les peuples du monde.

Nous sommes une société ouverte

Nous sommes un peuple de travailleurs, qui s’occupe de sa famille et professe la liberté de culte. Chez nous, nous respectons les divers modes de vie des immigrants venus de partout dans le monde. Notre presse est libre et nous sommes d’enthousiastes utilisateurs des réseaux sociaux sur internet.

Nous sommes amis du peuple des États-Unis d’Amérique

L’histoire de notre peuple a été liée depuis le début de nos luttes à la conquête de la liberté.

Francisco de Miranda, héros vénézuélien, a partagé avec George Washington et Thomas Jefferson, pendant les premières années de la nation américaine naissante, les idéaux de justice et de liberté qui étaient des concepts fondamentaux dans nos luttes pour l’indépendance. Nous partageons l’idée que la liberté et l’indépendance sont essentielles pour le développement de nos nations.

Les relations entre nos peuples ont toujours été basées sur la paix et le respect. Nous avons toujours eu des relations commerciales dans des domaines stratégiques. Le Venezuela a été un fournisseur d’énergie fiable et responsable pour le peuple américain. Depuis 2005, le Venezuela a fourni de « l’huile de chauffage » subventionnée aux communautés à faible revenu des États-Unis par le biais de notre entreprise CITGO. Cette contribution a aidé des dizaines de milliers d’américains à survivre dans des conditions difficiles, en leur offrant le soulagement et le soutien bien nécessaires quand des citoyens sont dans le besoin, et a montré comment la solidarité peut construire des alliances puissantes au-delà des frontières.

Pourtant, incroyablement, le gouvernement américain nous déclare comme une menace à la sécurité nationale et à la politique étrangère des Etats-Unis

Dans un acte disproportionné, l’administration de Barack Obama a déclaré l’état d’urgence parce qu’il considère le Venezuela comme une menace à sa sécurité nationale. Ces actions unilatérales et agressives du gouvernement des États-Unis contre notre pays ne sont pas seulement sans fondement et en violation des principes de base de la souveraineté et de l’autodétermination des peuples en vertu du droit international, mais aussi, ont été rejetées à l’unanimité par les trente-trois pays de la communauté des états de l’Amérique Latine et des Caraïbes (CELAC) et par les douze états membres de l’union des nations sud-américaines (UNASUR). Dans un communiqué publié le 14 mars 2015, l’UNASUR a réitéré son ferme rejet de ces mesures coercitives qui ne contribuent ni à la paix, ni à la stabilité, ni à la démocratie dans notre région et a exigé l’abrogation du décret du président Barack Obama contre le Venezuela.

Nous rejetons l’unilatéralisme et l’extra territorialité

Le président des États-Unis, sans mandat pour intervenir dans nos affaires intérieures et de façon unilatérale, a lancé une série de sanctions contre des fonctionnaires vénézuéliens et a ouvert la porte à la poursuite de ce type de sanctions, s’immisçant ainsi dans notre ordre constitutionnel et dans notre système de justice.

Nous préconisons un monde multipolaire

Nous croyons que le monde devrait être régi par les règles du droit international. Aucune intervention d’autres pays dans les affaires intérieures d’autrui. Avec la conviction que des relations respectueuses entre les nations sont le seul moyen de consolider la paix et la coexistence, ainsi que l’affirmation d’un monde plus juste.

Nous honorons nos libertés et maintenons nos droits

Jamais auparavant dans l’histoire de nos nations un président américain a tenté de gouverner par décret les vénézuéliens. C’est un ordre tyrannique et impérial qui nous rappelle la période la plus sombre des relations des Etats Unis avec l’Amérique Latine et les Caraïbes.

En raison de notre longue amitié, nous alertons nos frères américains, amoureux de la justice et de la liberté, sur l’agression illégale commise par le gouvernement étasunien en votre nom. Nous ne laisserons pas notre amitié avec le peuple des États-Unis être affectée par cette décision absurde et sans fondement du président Barack Obama.

Nous exigeons que cessent les actions hostiles du gouvernement des États-Unis contre le peuple et la démocratie au Venezuela

Nous exigeons que le décret déclarant le Venezuela comme une menace soit abrogé, comme l’a demandé l’union des nations sud-américaines (UNASUR).

Nous exigeons que soient suspendues les injurieuses sanctions contre de prétendues diffamations de fonctionnaires vénézuéliens honorables qui n’obéissaient qu’à notre constitution et à nos lois.

Notre souveraineté est sacrée

La devise des pères fondateurs des États-Unis s’applique aujourd’hui avec la même dignité aux peuples de Simon Bolivar. Au nom de notre amour commun pour l’indépendance nationale, nous espérons que l’administration de Barack Obama réfléchisse et rectifie ce faux pas.

La défense de notre liberté est un droit auquel nous ne renoncerons jamais, parce qu’il est le pilier de l’avenir de l’humanité. Ainsi Simón Bolívar a dit que « la liberté du Nouveau Monde est l’espoir de l’univers ».

Le Venezuela n’est pas une menace, c’est un espoir, l’indépendance ou rien.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:47

http://www.liberation.fr/monde/2015/03/23/pour-une-catalogne-libre-et-europeenne_1226840

Pour une Catalogne libre et européenne

Par Artur Mas, président de la Generalitat de Catalogne

Lundi 23 Mars 2015

Le tribunal constitutionnel espagnol a déclaré, fin février 2015, anticonstitutionnelle la loi permettant d’organiser des référendums au niveau local, loi pourtant validée par le parlement de Catalogne. Ce texte avait obtenu une majorité de cent six voix contre vingt-huit, ce qui montre bien le large consensus politique et citoyen qui existe en Catalogne pour la tenue d’une consultation citoyenne d’intérêt général et non contraignante. Cette loi devait constituer, a posteriori, la base juridique pour l’organisation du référendum sur le statut politique de la Catalogne, qui eut lieu le 9 novembre 2014.

La contestation et l’annulation de cette loi par le gouvernement espagnol nous ont obligés à chercher un autre mécanisme, transformer les élections législatives de septembre 2015 en « référendum » sur l’indépendance. On peut considérer tout de même que le 9 novembre 2014, plus de deux millions trois cent mille citoyens se sont exprimés librement dans les urnes sur le futur politique de la Catalogne.

De la même manière qu’il est impossible d’élever des barrières en pleine mer, il est tout aussi impossible de bloquer la démocratie, et le 9 novembre 2014 en est la preuve, le vote s’est déroulé dans une ambiance citoyenne exemplaire.

Ignorant la réalité d’il y a quatre mois, le tribunal constitutionnel espagnol déclare qu’il n’est toujours pas pertinent de consulter les citoyens sur des questions d’intérêt général, même de façon non contraignante. Ce fait donne raison à ceux qui pensent que la démocratie espagnole est perfectible. La faible tradition démocratique de l’Espagne au cours des deux derniers siècles contribue, sans nul doute, à la configuration d’un imaginaire où la séparation des pouvoirs reste fragile.

Dans ce sens-là, la sentence du tribunal ne nous a pas surpris ni nous, gouvernement de la Catalogne, ni une grande partie de la population catalane.

Cela fait des années que le tribunal constitutionnel a perdu son rôle traditionnel d’arbitre et qu’il est devenu un organisme plus politique que judiciaire. Il est important de rappeler que l’actuel président de ce tribunal était membre du Parti Populaire de Mariano Rajoy, d’où d’importantes incertitudes sur son impartialité au moment de statuer sur des questions à caractère politique.

Mais ni ce jugement, ni aucune autre décision en provenance de la sphère exécutive de l’état ne vont arrêter la volonté du peuple catalan à vouloir décider librement et démocratiquement de son futur politique.

Le 27 septembre 2015, les catalans voteront pour le nouveau parlement de Catalogne. Pour la première fois depuis 1980, ces élections auront un caractère plébiscitaire, puisque le gouvernement et les tribunaux espagnols empêchent la tenue d’un référendum accordé entre les deux parties, comme ceux qui se sont tenus au Québec et en Ecosse dans un calme et un respect absolu.

Nous, catalans, n’avons aucune autre voie que celle d’organiser des élections parlementaires.

Les principaux partis afficheront, explicitement, leur position sur la création d’un état catalan dans leur programme électoral. Si le résultat est clairement favorable à l’indépendance, le nouveau gouvernement aura un mandat démocratique à réaliser. Nous pallierons les structures d’état pour garantir une transition normale, et nous espérons négocier avec l’état espagnol, ainsi qu’avec l’Union Européenne, le calendrier et les termes de la constitution de ce nouvel état, si tel est le désir, dépourvu d’ambiguïté, du peuple de Catalogne.

Ce futur état catalan veut continuer à faire partie de l’Union Européenne, il sera un partenaire fiable et loyal envers les institutions et les gouvernements européens. Les catalans ont été, historiquement, des défenseurs enthousiastes de la construction européenne. C’est pour cela qu’il est ridicule de dire que nous avons la volonté de créer de frontières, bien au contraire, nous voulons faire partie d’une Europe plus forte et plus unie, mais nous voulons en faire partie dans les mêmes conditions et le même respect que tous les autres états européens.

D’ailleurs, certains de ces états ont une population, une superficie ou un Produit Intérieur Brut similaire ou inférieur à celui de la Catalogne.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 16:33

http://www.michele-picard.com/reception-en-lhonneur-du-maire-de-jenine

Réception en l’honneur du maire de Jénine

Retrouvez l’intervention de Michèle Picard à l’occasion de la réception en l’honneur du maire de Jénine.

Vendredi 30 Janvier 2015.

C’est un honneur pour la ville de Vénissieux d’accueillir aujourd’hui le maire de Jénine, Walid Abou Mweiss, et la délégation palestinienne venus participer ce week-end aux septièmes rencontres internationalistes. Un honneur et une marque d’amitié très forte, qui lie nos deux communes respectives depuis plus de dix ans.

Aujourd’hui, nous allons signer ensemble un traité d’amitié entre nos deux villes respectives, étape supplémentaire qui concrétise ces liens forts qui nous unissent.

Monsieur le maire, sachez que Jénine compte pour nous, sachez que Jénine ne tombera jamais dans l’oubli ou l’indifférence. La volonté de notre ville est de venir en aide à la population palestinienne, une population qui souffre, une population qui tombe sous les balles ou les bombes de tsahal, une population qui subit une tragédie inhumaine, depuis de bien trop longues années.

Cette main que Vénissieux tend à la ville de Jénine est une main de la fraternité, une main de la solidarité, une main de la paix et de la reconnaissance de l’état palestinien, pour lesquelles nous devons tous œuvrer et nous battre. Ce ne sont pas des mots qui viendront panser les blessures, mais bien une volonté politique, et des actions de terrain, au plus près des habitants et des enfants de Jénine. L’association Jénine Vénissieux mène des actions essentielles depuis 2002, et je voudrais en rappeler quelques exemples.

Tout le monde a en mémoire l’épouvantable massacre du camp de réfugiés de Jénine en 2002, et tout le monde se souvient de Ghadir, une jeune fille blessée par l’armée israélienne, et opérée des yeux à Lyon grâce à un formidable élan de solidarité. D’autres enfants ont été soignés sur place en 2004 et en 2005. La guerre tue, blesse les corps, elle traumatise en profondeur les populations, et bien sûr les plus jeunes. De retour de Palestine en 2011, l’association Jenine Vénissieux avait pris des contacts, justement, pour mettre sur pied un suivi psychologique, afin d’aider les plus jeunes à se reconstruire.

Et puis il y a toutes ces initiatives, qui paraissent naturelles dans un pays en paix, mais qui prennent une tout autre importance dans un pays qui souffre. Quatre-vingt-dix-huit enfants de l’école du camp de réfugiés de Jénine ont bénéficié de consultations ophtalmologiques, soixante-sept enfants ont reçu des lunettes adaptées, sans oublier l’opération cartable, dont l’objectif était de fournir cent cartables, emplis de matériels scolaires, aux enfants palestiniens. Je me souviens très bien de l’émotion simple, exprimée par les écoliers, une émotion que je ne suis pas près d’oublier.

L’association Jénine Vénissieux, c’est aussi un visage, une volonté, une humanité et un combat pour la Palestine, Blandine Chagnard, dont la brutale disparition a marqué et peiné tous ceux qui connaissaient sa générosité, à Vénissieux comme à Jenine. Monsieur le maire, je sais que vous lui avez rendu hommage et, au nom de tous les vénissians, je tiens à vous en remercier.

Après la Suède, l’assemblée nationale française a adopté, début décembre 2014, une résolution de reconnaissance de l’état palestinien. Cette résolution n’est pas contraignante, mais symbolique, elle doit néanmoins vous être adressée comme une note d’espoir, et comme une prise en considération des revendications légitimes qui sont les vôtres.

Cet été encore, cette spirale terrible de la violence a provoqué la mort de plus de mille palestiniens, dans la bande de Gaza. Images insupportables d’innocents, d’enfants, morts sous les bombes, dans des représailles israéliennes disproportionnées. Notre premier devoir est de ne pas nous habituer à ce sang versé, de ne pas croire que ce conflit est sans fin, de ne pas céder à la fatalité. Non, une solution politique, pacifiée, doit continuer à nous habiter, et devrait enfin animer une communauté internationale et une Europe, pour le moins inexistantes. Cette solution politique passe par l’application ferme des résolutions de l’ONU, par le respect du droit international, par l’arrêt de la colonisation des territoires palestiniens, par la levée de cet embargo injuste et contre-productif, qui frappe la bande de Gaza.

Il faudrait aussi évoquer la gestion de l’eau, ressource vitale dont les terres palestiniennes sont plus ou moins spoliées, et appeler les puissances régionales à cesser leurs luttes d’influences.

Deux Etats peuvent coexister et vivre pacifiquement au Proche Orient, la Palestine et Israël ont également le droit de vivre respectivement en sécurité. Malgré des tensions géopolitiques très fortes, malgré ces drames récurrents qui nous révoltent, nous devons continuer d’y croire, nous devons continuer de croire en la volonté politique, la seule à même de jeter les bases d’une paix durable au Proche Orient.

Monsieur le maire de Jénine, c’est ce message d’espoir que je tenais, au nom de tous les vénissians, à vous adresser, et à adresser aux habitants de votre ville. A ce titre, je suis heureuse de vous remettre, Monsieur Walid Abou Mweiss, la médaille de la ville de Vénissieux.

Bienvenue à vous et à la délégation palestinienne, votre présence honore notre commune, ville de résistance et de tolérance.

Je vous remercie.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 20:45

Relaxe requise pour Eric Woerth et Patrice de Maistre (Reuters)

Le ministère public a requis Mardi 24 Mars 2015 la relaxe pour Eric Woerth, l’ancien ministre UMP du budget, et Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, poursuivis pour trafic d'influence passive et active devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Dans ce deuxième dossier de l'affaire Bettencourt, Patrice de Maistre est soupçonné d'avoir embauché en septembre 2007 l'épouse d'Eric Woerth, Florence Woerth, dans sa société chargée de la gestion des avoirs de Liliane Bettencourt, en échange de sa nomination au grade de chevalier de la légion d'honneur.

Le procureur-adjoint Gérard Aldigé a rappelé qu'il avait requis un non-lieu pour les deux hommes au terme de l'instruction.

« Mes réquisitions n'ont pas été suivies par les magistrats instructeurs, dont acte. Aujourd'hui je persiste et je signe. Je sais bien que d'aucuns estimeront que ces réquisitions de relaxe sont signes de complaisance », a dit le magistrat en demandant la relaxe des deux hommes.

« Cette accusation est totalement indéfendable », a-t-il ajouté.

Le magistrat a estimé que les conclusions des juges d'instruction qui voyaient « un lien de cause à effet » entre l'obtention de la légion d’honneur par Patrice de Maistre en 2007 et l'embauche en septembre de la même année par celui-ci dans la société Clymène de Florence Woerth étaient infondées.

« Il s'agit d'une construction intellectuelle qui se heurte à une approche précise des pièces du dossier », a-t-il dit.

Il a cependant ajouté que « Patrice de Maistre est un intrigant en quête de reconnaissance » pour avoir fait intervenir un tiers pour demander sa légion d'honneur.

Eric Woerth avait saisi à ce sujet par courrier Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, en mars 2007.

Mais ce courrier, a-t-il poursuivi, n'est « pas la preuve manifeste » d'un trafic d'influence et « d'un pacte de corruption », d'autant que pour le gestionnaire de fortune, « l'embauche de la femme d'un ministre le valorisait ».

Un mois après avoir comparu dans le dossier des abus de faiblesse dont aurait été victime l'héritière de l’Oréal, dans lequel le parquet a requis la relaxe d'Eric Woerth, les deux hommes se retrouvaient devant le même tribunal.

Le tribunal fera connaître ses décisions le 28 mai 2015.

Les 8 et 9 juin 2015, un autre volet de cette tentaculaire affaire sera jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 20:24

Les rebelles modérés à l’offensive dans le sud syrien (Reuters)

Bosra al Cham, dans le sud de la Syrie, est tombée aux mains des rebelles de l'Alliance du Front du Sud, qui ont lancé une contre-offensive pour empêcher l'armée de reprendre les zones frontalières de la Jordanie et d'Israël, rapporte Mercredi 25 Mars 2015 l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

De violents combats ont fait rage mardi soir dans cette ville historique classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, célèbre notamment pour son théâtre romain, dit-on de source proche des forces gouvernementales.

L'Alliance du Front du Sud, formée de mouvements rebelles soutenus par les puissances occidentales et les monarchies arabes du golfe, a revendiqué la prise de Bosra al Cham, qui se trouve à vingt kilomètres au nord de la frontière jordanienne, et dit poursuivre sa contre-offensive vers le nord-ouest de la province de Deraa, en direction de Djadieh.

Les forces qui ont pris la ville étaient composées à quatre-vingt-cinq pour cent de combattants issus du courant principal de l'opposition et le reste des effectifs provenait de mouvements islamistes, a précisé un porte-parole, ajoutant que le Front al Nosra, aile locale d’al Qaïda, n'y avait pas pris part.

Selon l'OSDH, l'Alliance du Front du Sud a perdu vingt et un hommes en quatre jours de combats.

Le sud-ouest de la Syrie, dernier bastion des modérés, revêt une importance stratégique du fait de la proximité de Damas, de la Jordanie et d'Israël.

L'armée y a gagné du terrain au début de l'offensive lancée en février 2015 avec l'appui du Hezbollah libanais, mais sa progression s'est ralentie depuis. Les insurgés disent avoir reçu davantage d'aide internationale après son lancement.

Dans le Nord-Ouest, des djihadistes du Front al Nosra et d'Ahrar al Cham se sont lancés à l'assaut d'Idlib, chef-lieu de la province du même nom tenu par les forces gouvernementales.

L'OSDH fait état d'intenses combats et d'un attentat à la voiture piégée dans les faubourgs de la ville.

Selon le gouverneur, les assaillants ont subi de lourdes pertes et leur assaut a été repoussé. A la frontière libanaise, vingt-trois insurgés ont été tués par l'armée et le Hezbollah, qui ont coupé une voie logistique de l'opposition armée.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 20:03

Offensive aérienne saoudienne contre les houthis au Yémen (Reuters)

L'Arabie Saoudite a lancé Jeudi 26 Mars 2015 avec ses alliés sunnites de la région du golfe une campagne de frappes aériennes au Yémen pour repousser les houthis chiites qui voulaient prendre Aden, le grand port du sud du pays où s'est réfugié le président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi.

L'Iran chiite, accusé de soutenir les rebelles, a exigé « une cessation immédiate de toutes les agressions militaires et frappes aériennes contre le Yémen et son peuple ».

L'Irak, dont le gouvernement est dominé par les chiites, la Syrie du président alaouite Bachar al Assad et le Hezbollah libanais ont également dénoncé cette « agression » des pays sunnites de la région contre les houthis, qui ne peut selon eux que compliquer la situation.

Peu après l'annonce de l'offensive par l'ambassadeur d'Arabie Saoudite aux Etats-Unis, des avions de guerre non identifiés ont lancé une attaque sur l'aéroport de Sanaa, la capitale yéménite, et sur la base militaire aérienne voisine de Doulaimi, ont indiqué des habitants.

Un témoin a rapporté que quatre ou cinq immeubles près de l'aéroport avaient été endommagés. Les services de secours ont fait état de treize morts, dont un médecin tué par des tirs qui ont atteint une clinique.

Selon la chaîne de télévision al Arabiya basée à Dubaï, le royaume wahhabite a engagé une centaine d'avions de guerre et cent cinquante mille soldats dans cette opération.

L'Egypte, le Pakistan, la Jordanie et le Soudan se sont dits prêts à participer à une offensive terrestre. Les Emirats Arabes Unis ont mobilisé trente avions, Bahreïn et le Koweït quinze avions chacun, le Qatar dix avions, la Jordanie et le Maroc six avions chacun et le Soudan trois avions, ajoute al Arabiya.

Quatre navires de la marine égyptienne ont franchi le canal de Suez en direction du Yémen pour sécuriser le golfe d'Aden. Des sources militaires égyptiennes ont par ailleurs indiqué que l'Egypte avait participé à la campagne de bombardements.

COALITION SUNNITE

La Jordanie et le Soudan ont aussi confirmé leur participation à l'offensive aérienne en cours tandis que le Pakistan a dit réfléchir à la demande de Ryad d'envoyer des troupes au sol.

« Nous ferons ce qu'il faudra pour empêcher la chute du gouvernement légitime du Yémen », a déclaré l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, Adel al Djoubeir, lors d'une conférence de presse.

Les Etats-Unis, sans faire partie de la coalition, soutiennent l'opération. Le président Barack Obama a autorisé un soutien en matière de logistique et de renseignement, précise un communiqué de la Maison Blanche.

Le ministère britannique des affaires étrangères a approuvé l'initiative saoudienne « qui fait suite à une demande du président Hadi pour défendre par tous les moyens le Yémen et repousser l'agression houthie ».

Federica Mogherini, haute représentante de l'Union Européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, a jugé en revanche qu'aucune action militaire n'apporterait une solution au dossier yéménite et a appelé l'ensemble des puissances régionales à agir de manière responsable.

L'opération vise à empêcher les rebelles chiites houthis d'utiliser les aéroports et les avions du Yémen pour attaquer Aden et d'autres régions du pays, a précisé à Reuters le ministre yéménite des affaires étrangères, Riyadh Yassine, qui se trouve en Egypte.

Le golfe d'Aden, étroit couloir maritime d'une quarantaine de kilomètres de large entre le Yémen et Djibouti, commande l'accès à la mer Rouge puis au canal de Suez et constitue une voie de transit majeure du commerce pétrolier mondial. Quelque trois millions huit cent mille barils de pétrole transitent chaque jour par le détroit de Bab al Mandeb, entre le golfe d'Aden et la mer Rouge. Les ports du Yémen sont fermés en raison de la situation.

L'AÉROPORT D'ADEN REPRIS PAR LES LOYALISTES

La situation est rendue encore plus complexe par la présence au Yémen de l'une des branches les plus puissantes d’al Qaïda, Al Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA), et par l'influence persistante au sein de l'armée yéménite de partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, chassé du pouvoir début 2012 à la suite de vastes manifestations.

Selon le directeur de son bureau, Mohamed Marem, le président Abd Rabbou Mansour Hadi est toujours dans son QG à Aden, contrairement à ce qui avait pu être dit à un moment.

Les forces d'Abd-Rabbou Mansour Hadi ont lancé une contre-offensive, reprenant l'aéroport d'Aden tombé la veille aux mains de combattants fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, alliés aux Houthis. A Houta, capitale de la province de Lahdj au nord d'Aden, des combats de rue ont fait neuf morts.

Dans une lettre adressée mardi au conseil de sécurité de l’ONU, le président Abd Rabbou Mansour Hadi avait indiqué avoir demandé à la Ligue arabe et au Conseil de Coopération du Golfe, Arabie Saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Emirats Arabes Unis et Qatar, « de fournir immédiatement tous les moyens nécessaires, y compris une intervention militaire, pour protéger le Yémen et sa population ».

Réagissant à l'annonce de l'intervention, un dirigeant du mouvement houthi au Yémen a déclaré que les frappes aériennes saoudiennes équivalaient à une agression contre le pays et mis en garde contre une extension de la guerre dans toute la région.

« Le peuple yéménite est un peuple libre et il fera face aux agresseurs. Le gouvernement saoudien et les gouvernements du golfe regretteront cette agression », a déclaré Mohammed al Boukhaiti, membre du bureau politique des houthis, à la chaîne de télévision al Djazira, basée à Doha, au Qatar.

Pour le chef de la diplomatie des Emirats Arabes Unis, Anouar Mohammed Gargach, « l'évolution stratégique dans la région sert les intérêts de l'Iran et nous ne pouvions rester silencieux quand on sait que les houthis servent ces intérêts iraniens ».

Le groupe pétrolier Total a indiqué que ses sites de production n'avaient pas été affectés par les frappes aériennes.

Après les premières frappes, les cours du pétrole avaient bondi de près de six pour cent. Les cours à terme du Brent s'établissaient à plus de cinquante-huit dollars le baril, soit une appréciation de 2,74%, vers 15 heures GMT.

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