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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 18:29

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-commander-we-will-give-good-news-as-soon-as-possible.htm

Nous donnerons des bonnes nouvelles dès que possible (Firat News Agency)

Samedi 3 Janvier 2015

Les combattants des YPG continuent à avancer dans Kobanê en nettoyant la ville des bandes d’EIIL.

Agit Halep, commandant des YPG, qui a participé à l'opération pour libérer Black School, un point stratégique dans le sud-est de la ville, a déclaré qu'ils continuaient à faire des progrès, malgré la pénibilité de la guerre urbaine, et qu'ils espéraient donner au peuple de bonnes nouvelles dès que possible.

Les combattants des YPG poursuivent leur résistance historique contre les bandes d’EIIL qui attaquent le canton de Kobanê depuis cent onze jours. Les YPG ont lancé une opération de nettoyage, il y a un mois, qui inflige de lourdes pertes aux bandes d’EIIL, la dernière victoire étant la prise de Black School le premier janvier 2015.

Nous sommes allés sur le front pour voir la zone de Black School. C’était comme s’il y avait eu un tremblement de terre, avec des dégâts considérables faits par les attaques au mortier continuelles des bandes d’EIIL. Les combattants des YPG que nous avons vus dans leurs positions semblaient déterminés, la preuve que la ville sera bientôt nettoyée des bandes d’EIIL.

Le Centre de la Culture et des Arts a été libéré il y a deux semaines et, malgré de sérieux dommages, il est maintenant décoré de jaune, rouge et vert, les couleurs des drapeaux des YPG.

Les combattants des YPG discutent des affrontements de la nuit précédente, tandis qu’ils nettoient leurs armes. Dans le hall d'entrée, le slogan « résister, c’est vivre. Kobanê vit pour nous », a été écrit sur le mur.

Nous nous dirigeons ensuite vers Black School. Autour de l'école, les combattants des YPG nous accueillent avec des sourires sur leurs visages. Les bandes d’EIIL ont détruit des parties de l'école. Les drapeaux des YPG flottent sur les ruines.

Les combattants sont occupés à nettoyer l'intérieur de l'école. Les bureaux et les livres ont été jetés au sol par les bandes d’EIIL.

Agit Halep, qui a participé à l'opération de libération de l'école, répond à nos questions. Il dit que les YPG ont avancé rue par rue, maison par maison, ajoutant qu'ils ont pris l'école avec seulement deux combattants blessés.

Il dit que les YPG ont libéré une superficie d’un kilomètre sur le front sud-est pendant l'opération de nettoyage, infligeant de lourdes pertes aux bandes d’EIIL. Il a ajouté que les bandes d’EIIL avaient essayé d'arrêter l’offensive des YPG avec des attentats suicides, mais que les YPG ont poursuivi leur offensive. Il a dit que « maintenant que nous avons pris cette position stratégique, les choses seront plus faciles. Si dieu le veut, nous allons donner à notre peuple de bonnes nouvelles dès que possible ».

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 13:41

http://www.slate.fr/story/96315/podemos-syriza-gauche

Podemos et Syriza vont-ils enfin combler le fossé entre la gauche et les classes populaires ?

Par Gaël Brustier

Mercredi 31 Décembre 2014

La percée des mouvements de gauche radicale dans les intentions de vote des citoyens grecs et espagnols signe le retour d'un penseur majeur de la gauche italienne du début du vingtième siècle, Antonio Gramsci, et de l'idée de partir de l'expérience concrète des gens pour élaborer une vision du monde à laquelle ils adhèrent

Sondages favorables en Espagne et élections anticipées en Grèce annoncent un regain de la gauche radicale en Europe et révèlent que la droitisation de nos sociétés n’a rien d’inéluctable.

Les jeunes leaders de la gauche radicale veulent donc infléchir sa stratégie.

Depuis quelques temps circule sur les réseaux sociaux une intéressante intervention de Pablo Iglesias, leader du parti Podemos, dans laquelle il raconte l’expérience qui a été celle de ses étudiants en sciences politiques lors du mouvement des indignados. Pablo Iglesias, partant de son expérience de militant et d’enseignant en sciences politiques, aborde une question fondamentale, celle de la stratégie politique pour les gauches européennes. Il cite en exemple ses étudiants partis à la rencontre des passants, solidement armés de concepts, maîtrisant les ressorts des processus sociaux depuis le seizième siècle, mais « désespérés » car incapables de se faire entendre par des gens qui « ne comprennent rien ».

Pablo Iglesias le dit, la politique n’est pas affaire de détention de la vérité mais de rapport de forces. On se tromperait si l’on interprétait ce qu'il dit comme une invitation à appauvrir la pensée politique. Au contraire, il n’invite pas à méconnaître les processus sociaux ni à nier l’importance du matérialisme historique. Il n’invite pas non plus à affadir la réflexion et le renouveau de la pensée critique. Mais il confronte la pensée critique à ce qui tient encore, dans nos sociétés, par la force de l’évidence. Citant en exemple le grand-père qui invite son petit-fils à partager ses jouets, il y voit un potentiel révolutionnaire plus grand que dans bien des discours. C’est à partir du sens commun qu’il faut construire son discours et mobiliser un nouvel opérateur politique.

La justesse des concepts employés n’implique pas qu’ils soient audibles par les « gens normaux ». La justesse de ces concepts, en effet, ne fait pas immédiatement écho à une expérience concrète quotidienne. Le cas de la « grève générale » lancée et des passants qui filent travailler parce qu’il le faut bien est emblématique d’une déconnection entre le langage politique et le langage commun. Dans cette intervention, Pablo Iglesias parle à plusieurs reprises du sens commun, qui a une signification bien particulière dans cette intervention du leader de Podemos. Le sens commun, dans l’œuvre d’Antonio Gramsci, relève de ce qui va de soi, autrement dit de la « forme publique et manifeste » de la pensée commune d’une société donnée, forcément influencée par l’idéologie dominante dans cette société.

L’idéologie dominante, c’est celle qui fait écho à l’expérience quotidienne des citoyens. Elle est, pour l’heure, en l’occurrence, définie par « l’ennemi », dans ce qu’explique Pablo Iglesias. C’est cet « ennemi » qui se gausse d’un folklore révolutionnaire minoritaire, t-shirts et grands drapeaux, mais qui tient un langage compris par la grande masse des citoyens et ne tiendra jamais pour dangereux un ennemi qui s’en tient à un langage non compris du plus grand nombre.

Il faut donc composer avec le sens commun et influer sur celui-ci. C’est là la clé du combat culturel. Il ne s’agit pas d’asséner des leçons aux citoyens, en ce sens, les campagnes « pédagogiques », les courbes et chiffres ne feront pas grand-chose face à la puissance du sens commun, pas plus que les leçons de morales relatives au vote d’extrême-droite. Il s’agit de donner à l’expérience concrète et quotidienne des gens une explication qui lui fasse écho.

C’est ainsi que peut se développer une vision du monde partagée progressivement par le plus grand nombre.

L’intérêt des dominés n’est pas donné

La question du sens commun est directement liée à une autre. L’intérêt des dominés n’est pas donné. C’est ce qui échappe encore à une grande partie de la gauche, française notamment, laquelle s’obstine à penser que si les électeurs, et en particulier un nombre significatif d’ouvriers et d’employés, votent à droite et à l’extrême-droite, une part significative s’abstenant, c’est parce qu’ils sont trompés, alors que celles-ci, dans leur diversité, ont acquis une capacité d’encodage de la réalité qui leur donne les moyens de faire adhérer un nombre important de citoyens à leur vision du monde. Ce que dit la droite ou l’extrême droite rejoint souvent le sens commun. C’est ce qui fait leur force. L’intérêt des dominés, du « peuple », des classes populaires ou des citoyens, selon le terme que l’on choisit d’employer, se construit intellectuellement, culturellement, socialement et politiquement. C’est donc à partir du sens commun que peut se construire l’hégémonie.

En vérité, Podemos, parti forgé par des politistes, s’efforce donc d’appliquer une stratégie gramscienne. Lorsque Pablo Iglesias dit qu’il faut composer avec le sens commun, il ne signifie pas qu’il faut céder aux passions du temps présent.

Pour répondre à une question propre à notre société, prendre en compte les paniques morales en cours ne revient pas à aller dans leur sens. Mais, pour être audible, il faut partir de ce qui fait immédiatement sens dans l’esprit des « gens ». Le citoyen n’est pas passif devant les messages qu’il reçoit des médias, il est un acteur de la définition du sens commun. C’est aussi parce qu’elle ne comprend rien à ce qu’est l’hégémonie, qui dépend de la définition du sens commun, que toute une partie de la gauche oscille entre le déni et l’affolement devant la montée du Front National.

« Ce sont les petites choses de la vie qui font voter pour le Front National, pas les grandes théories », écrit Florence Aubenas dans « En France ». C’est là la clé du vote pour le Front National, mais ce sont toujours les petites choses de la vie qui font bouger la société dans un sens ou dans un autre. Ces petites choses de la vie, essentielles à chacun, déterminent aussi le devenir de notre société. Les connecter à une autre vision du monde est l’essentiel du travail politique, qui a tout à voir avec la question du rapport de forces.

Nicolas Sarkozy n’a pas compris Antonio Gramsci

Nous assistons en fait, à gauche, à une patiente et progressive redécouverte d’Antonio Gramsci, qui y reste l’un des auteurs les plus utiles aujourd’hui. On peut notamment retrouver ces réflexions chez Razmig Keucheyan en France, lequel a consacré une très utile anthologie commentée de textes aux « cahiers de prison » de Gramsci et quelques solides articles nous éclairant sur la situation politique actuelle.

Antonio Gramsci commence donc à être redécouvert, après une première période de découverte à la fin des années 1960. Cependant, trop souvent, il pâtit du fait que nos hommes politiques ramènent cette pensée à l’idée simpliste selon laquelle le pouvoir se gagne par les idées. « Au fond, j’ai fait mienne l’analyse d’Antonio Gramsci, le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là », clamait en 2007 Nicolas Sarkozy, lequel n’a certainement jamais dû lire une seule ligne des milliers de pages des « cahiers de prison » ou des « écrits politiques ». Le résumé sarkozyen en dit trop peu sur Antonio Gramsci mais en dit long sur une génération d’hommes politiques qui l’a soit ignoré, soit a cherché à travestir sa pensée à des fins de communication. Le terme de combat culturel est ainsi souvent vidé de son sens véritable.

Pablo Iglesias comme Alexis Tsipras font partie de cette génération de cadres de la gauche radicale, ou même d’une partie de la social-démocratie et des écologistes et, en France, de la gauche républicaine, qui se sont formés dans les forums sociaux internationaux, lesquels ont beaucoup fait pour renouveler le rayonnement des pensées critiques. Ces forums sociaux ont cependant été confrontés très rapidement à la question de leur traduction politique, à leur mise en relation avec le sens commun. La question de l’hégémonie est au cœur des réflexions de Pablo Iglesias en Espagne, d’Alexis Tsipras en Grèce et de toute une génération de cadres de gauche. 2015, année Gramsci, des éléments de réponse viendront vite d’Athènes et de Madrid.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 13:18

L’Italie a porté secours à un cargo de migrants à la dérive (Reuters)

Ezadeen, un cargo abandonné par son équipage et transportant quelque quatre cent cinquante immigrants clandestins, a été remorqué jusqu'au port de Corigliano Calabro, dans le sud de l'Italie, après avoir été secouru par la garde côte italienne.

La garde côte a annoncé sur son fil twitter Vendredi 2 Janvier 2015 que le navire fantôme était entré au port.

Plusieurs membres de la garde côte avaient été hélitreuillés à bord du cargo battant pavillon de Sierra Leone durant la nuit de jeudi à vendredi. Ils ont pu superviser le remorquage du navire, que son équipage avait abandonné à quarante milles nautiques des côtes italiennes alors qu'il était à court de carburant.

Les passagers, partis d'un port de Turquie, ont été pris en charge à leur débarquement.

« Nous savons qu'il est parti d'un port turc et a été abandonné par son équipage », a dit un porte-parole de la garde côte, Filippo Marini, dans une interview à la chaîne de télévision Sky TG 24. « Lorsque nous avons demandé au navire ce qu'il faisait, une émigrante a répondu qu’ils étaient seuls à bord et qu’ils n’avaient personne pour les aider », a-t-il ajouté.

On ignore pour le moment la nationalité des occupants du navire, à bord duquel se trouvent des femmes et des enfants.

C'est la troisième fois en quinze jours que les autorités italiennes doivent se porter au secours de cargos transportant des clandestins et abandonnés par leurs équipage.

Mercredi, environ huit cent migrants, essentiellement des syriens, sont arrivés en Italie après avoir, semble-t-il, été abandonnés par l'équipage. Parti également de Turquie, leur cargo, le Blue Sky M, a été pris en charge par des gardes côtes et est arrivé dans le petit port de Gallipoli.

Quinze jours plus tôt, la marine italienne était déjà venue en aide à un cargo abandonné transportant huit cent cinquante migrants, qui ont pu débarquer dans un port de Sicile.

NOUVELLES PRATIQUES DES PASSEURS

La guerre civile en Syrie et l'anarchie qui règne en Libye ont gonflé le nombre de candidats à la traversée de la Méditerranée l'an dernier.

D'après l’ONU, plus de cent soixante mille migrants sont arrivés cette année par voie maritime en Italie et quarante mille autres en Grèce. Des milliers de clandestins ont trouvé la mort en tentant de traverser la Méditerranée, trois mille deux cent au moins, selon l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) qui souligne que cette région est la plus meurtrière pour les migrants.

Les passeurs ont changé de tactique ces derniers temps, fait remarquer Carlotta Sami, porte-parole du Haut-Commissariat pour les Réfugiés de l’ONU (HCR).

L'abandon par l'Italie de son opération de secours et de recherche Mare Nostrum, explique-t-elle, a rendu plus périlleuse la traversée de la Méditerranée à bord de petites embarcations de fortune, d'où l'utilisation désormais de vieux cargos en fin d'exploitation commerciale.

L'intensification des combats en Libye a par ailleurs accru le nombre de candidats au départ.

« Nous observons depuis deux mois une utilisation croissante de ces vieux cargos promis à être démantelés et qui n'ont généralement aucun équipement électronique à bord », dit-elle.

A l'approche de leur destination, poursuit-elle, les passeurs activent le système de pilotage automatique du navire, dans les eaux internationales, puis prennent la fuite à bord d'un plus petit bateau.

D'après l'amiral Giovanni Pettorino, commandant des opérations de la garde côte italienne, cité par l'agence de presse Adnkronos, les réseaux de passeurs se procureraient ces vieux cargos pour cent mille à cent cinquante mille dollars. En faisant payer jusqu'à six mille dollars à chaque clandestin, les trafiquants gagneraient « jusqu'à cinq millions de dollars par voyage », ajoute-t-il.

D'après le site www.vesselfinder.com, l’Ezadeen, un cargo de soixante-treize mètres construit en 1966, devait gagner le port de Sète, dans le sud de la France. Le navire est spécialisé dans le transport d'animaux.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 20:24

https://www.ensemble-fdg.org/content/portugal-le-bloc-de-gauche-la-croise-des-chemins

Le Bloc de Gauche à la croisée des chemins

Par Flavia Verri, représentante d’Ensemble à la neuvième convention du Bloco de Esquerda

Mardi 25 Novembre 2014

Le Portugal est actuellement un pays ravagé par trois années de politiques d'austérité menées de concert par la troïka et le gouvernement de Passos Coelho et Paulo Portas. La dévastation de l'économie se traduit par une dette extérieure record, une dette publique au-dessus de cent trente pour cent, un PIB qui recule de six pour cent, la destruction de plus de cinq cent mille emplois et le départ vers l'étranger de trois cent trente personnes par jour. L'austérité s'est matérialisée aussi par de nombreuses privatisations, la fin de l’état social et par « l’intérioricide », la déqualification et la disparition des services publics des régions intérieures. C'est dans ce contexte que s'est tenue la neuvième convention du Bloc de Gauche.

Après quinze ans d'existence, pour ce parti-référence de la gauche européenne, l'enjeu était de taille, adopter une orientation qui rompe avec les politiques d'austérité imposées par la troïka, crédible et audible à une échelle de masse, qui ne s'allie pas au Parti Socialiste et à la logique du bipartisme, qui affirme l'unité dans l'action et la construction de mobilisations porteuses d'une alternative.

Ces objectifs ont été affichés par Joao Semedo, qui a clôturé la convention en rappelant qu'il fallait retrouver le Bloco des origines, riche de sa diversité et de sa pluralité, inséré dans le mouvement de masse, profondément uni et unitaire. Il a accompagné son discours d'un geste symbolique, en faisant monter l'ensemble du bureau politique nouvellement élu sur le podium.

Entouré de Pedro Filipe Soares, député à l’assemblée nationale, et de Joana Mortagua, présidente de l’UDP, qui applaudissaient son intervention conciliatrice. Il a insisté sur quatre points, que le débat polémique devait s'achever, que le Bloco était le parti de tous les bloquistes, qu'une solution de direction nationale et de représentation publique devait être trouvée à la réunion du prochain bureau national et que de larges plages d'accord existaient.

Un discours rassembleur après un débat polémique et des divisions internes importantes qui reflètent la crise que traverse actuellement le Bloco.

Electoralement, les résultats du Bloco n'ont fait que baisser ces dernières années. Il a connu un premier frein à sa progression depuis sa création en perdant huit de ses seize députés aux élections législatives anticipées de juin 2011. Cette chute s’est amplifiée lors des élections municipales du mois de septembre 2013, le Bloco perdant sa seule mairie et n’ayant plus aucun élu au conseil de Lisbonne. Le nombre de voix des listes du Bloco a baissé tandis qu’il a augmenté lorsque le parti s’est allié, dans quelques localités, à des listes « citoyennes » plus larges. Cette tendance à la baisse s’est confirmée par les résultats des élections européennes de mai 2014, au cours desquelles le Bloco a perdu deux de ses trois sièges au parlement européen, avec seulement 4,6% des suffrages exprimés.

La politique d'alliance en « zig-zag » avec le Parti Socialiste a été une des causes de cette crise du Bloco et le bilan des élections municipales n’a fait que l’intensifier. La direction sortante, élue à quatre-vingt pour cent à la dernière convention, s’est disloquée au bureau national d’octobre 2013.

Cette crise s’est aussi manifestée par des départs groupés ou individuels des rangs du parti. Le Bloco semble avoir perdu de son attrait même si sur les réseaux sociaux son audience s'élargit.

En toute logique, le débat préparatoire à cette neuvième convention a principalement opposé deux motions défendues par chacune des deux parties de l'ancienne majorité. D'un côté la motion U, « motion unitaire en construction », soutenue par Joao Semedo, Catarina Martins et Francisco Louça, proposait une campagne pour une sortie de crise centrée sur la restructuration de la dette et la rupture avec le traité budgétaire. Tandis que la motion E, « bloc pluriel facteur de tournant », appuyait plutôt sur la défense de la constitution comme axe de campagne face aux attaques des politiques d’austérité, elle était soutenue par Luis Fazenda, Pedro Filipe Soares et Joana Mortagua. Cette motion a présenté une série d’amendements adoptés par le congrès, réformant les statuts et introduisant la proportionnalité à la commission politique du parti.

Cette convention a connu sa meilleure participation de l'histoire du Bloco avec deux mille six cent cinquante-trois votants aux assemblées locales. Les résultats ont donné une très légère avance de six délégués à la motion E avec deux cent soixante-deux délégués pour deux cent cinquante-six attribués à la motion U. Les autres motions ont obtenu huit délégués pour la motion A, « une réponse à gauche, pour un Bloco qui réponde de suite aux problèmes des personnes », quarante-quatre délégués pour la motion B, « refonder le Bloco dans la lutte contre l’austérité » et trente-huit pour la motion R, « réinventer le Bloco ».

Les débats ont inversé les résultats des assemblées locales puisque, suite au vote final à main levée, la motion U a obtenu huit voix d’avance sur la Motion E, avec deux cent soixante-six voix pour la motion U, deux cent cinquante-huit voix pour la motion E, sept voix pour la motion A, trente-quatre voix pour la motion B et trente voix pour la motion R.

Mais, pour l’élection du bureau national, le vote à bulletin secret a donné un résultat ex aequo avec trente-quatre membres pour chacune des deux motions U et E, sept membres pour la motion B et quatre membres pour la motion R. A signaler que dans la composition finale de ce bureau national, il ne reste plus du groupe fondateur que Luis Fazenda, dirigeant historique d'UDT, puisque Francisco Louça et Fernanda Rosas l'ont quitté.

La réforme statutaire adoptée à cette convention va donc devoir s’appliquer, malgré la posture de la motion U indiquant dans son document « qu’au nom de l’unité politique de la représentation du Bloco, les électeurs de la liste de cette motion ne participeront à aucune coordination qui résulterait d’arrangements entre des motions politiques différentes ».

L’enjeu était donc aussi celui de qui représentera publiquement le Bloco. D’après Joao Semeda, dans son discours de clôture, un arrangement devra être trouvé au prochain bureau national qui se réunit le 30 novembre 2014.

Le Bloco est donc à la croisée des chemins, le défi est de réussir à faire la synthèse, d’unir et être inclusif pour éviter de perdre le souffle des origines et de se perdre dans une guerre de tendances. Le défi est surtout de réussir à reconstruire des mobilisations de l’ampleur de celles de 2012 et 2013, comme la campagne « que se lixe a troïka », qui avaient rassemblé des millions de personnes. Et pour cela, il faut un Bloco pluraliste, uni et prêt pour la lutte.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 19:57

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33140

http://www.lcr-lagauche.org/ukraine-resister-a-la-polarisation-nationaliste-et-a-linvasion-russe-construire-un-parti-democratique-de-gauche

https://www.ensemble-fdg.org/content/ukraine-rsister-la-polarisation-nationaliste-et-linvasion-russe-construire-un-parti

Résister à la polarisation nationaliste et à l’invasion russe, construire un parti démocratique de gauche, un point de vue féministe

Interview de Nina Potarskaya par Jean Batou

Mercredi 17 Septembre 2014

Nina Potarskaya est l’une des figures de la gauche féministe ukrainienne, initiatrice des escouades féministes de Maidan et membre de l’opposition de gauche, qui a participé à l’organisation de plusieurs conférences successives des forces de gauche à Kiev, en novembre 2013, mars et septembre 2014. La dernière d’entre elles a décidé de construire un parti démocratique de gauche, qui est la première tentative de ce type en Ukraine.

Jean Batou. Peux-tu expliquer la dynamique sociale et politique du processus de Maidan, qui a conduit au renversement du régime d’Ianoukovytch en février 2014, et peux-tu essayer de montrer la différence avec le cours des événements à l’est du pays ?

Nina Potarskaya. J’aimerais tout d’abord rappeler la nature des protestations sociales en Ukraine avant et après Maidan. Les enquêtes d’opinion montrent que durant les quatre dernières années, les principales raisons du mécontentement populaire, à l’est comme à l’ouest du pays, étaient dues à des problèmes économiques. C’est pourquoi, dans la dernière période, la crise économique et sociale a occasionné des protestations populaires croissantes. La colère a explosé après la non-ratification de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne, qui a conduit aux premières manifestations de Maidan, à la fin novembre 2013. Et tous les deux à trois semaines, l’évolution de la situation politique provoquait une escalade, tandis qu’un nombre croissant de gens occupaient la rue, spécialement après que les forces spéciales de la police ont battu et même tué des manifestants.

La situation était différente à l’est, parce que les russophones, majoritaires dans cette partie de l’Ukraine, suivaient majoritairement les médias russes, qui ne disaient rien des véritables raisons des manifestations de Maidan. Ils entendaient parler d’un soulèvement organisé par des néo-nazis qui devait être stoppé par tous les moyens. Bien sûr, l’extrême droite a joué un rôle important à Maidan, mais il était faux de dire que c’était un mouvement d’extrême droite. Ainsi, les médias russes ont expliqué aux gens de l’est que ce mouvement constituait un réel danger pour eux, ce qui a poussé un certain nombre d’entre eux à descendre dans la rue en pensant qu’il fallait faire quelque chose pour lutter contre les fascistes.

J’ai été l’une des fondatrices et des organisatrices de l’escadron des femmes de Maidan, parce que les manifestants étaient divisés en différents escadrons. Ce groupe consistait en une vingtaine de femmes très actives disposant d’une influence beaucoup plus large. L’une des actions de cet escadron de femmes a consisté à envoyer une délégation à Kharkiv, où un mouvement anti Maidan se développait, pour rencontrer des femmes sur une place occupée par des manifestants anti Maidan. Les premières réactions de ces femmes ont été très négatives et nous avons même été physiquement agressées.

Mais lorsque nous avons réussi à établir un dialogue, nous avons trouvé un langage commun parce que nous avons réalisé que les préoccupations sociales de nos mouvements étaient absolument similaires. C’était les médias qui interprétaient mal la nature de notre mouvement en manipulant la population, créant ainsi un sérieux clivage entre les parties orientale et occidentale du pays.

Jean Batou. Comment peut-on évaluer les rôles respectifs des troupes russes et des activistes ukrainiens dans la croissance d’un mouvement séparatiste qui a conduit à la formation de deux républiques populaires auto-proclamées du Donestk et de Lugansk, en avril et en mai 2014 ?

Nina Potarskaya. Tandis que des gens du Donbass commençaient à agir contre ce qu’ils percevaient comme une menace fasciste potentielle, de nombreux ukrainiens de l’est ont eu l’impression que, comme les russes avaient pu s’emparer de la Crimée sans verser le sang, ils allaient vivre le même scénario. Au début, parce beaucoup d’ukrainiens de l’est haïssaient autant Yanoukovytch que son rival Poroshenko, la perspective d’un état séparé était sans doute assez populaire, même s’il est difficile de dire dans quelle mesure. Mais comme la situation change très rapidement, l’opinion publique est très volatile.

Lorsque l’armée ukrainienne a repris le contrôle de Kramatorsk, dans la partie septentrionale du Donetsk, en mai 2014, nous avons eu l’opportunité de parler à des gens de cette ville, et ils nous ont dit qu’ils détestaient tous les uniformes militaires, quels qu’ils soient.

Dans tous les cas, alors qu’ils réalisaient que leur situation n’était pas la même que celle de la Crimée, les ukrainiens de l’est étaient abreuvés de rumeurs sur le fait que l’enseignement et l’usage de la langue russe allaient être interdits, et qu’il fallait qu’ils agissent pour défendre leurs droits. A la fin avril 2014, des militaires russes ont commencé à infiltrer l’est de l’Ukraine, déguisés en civils appartenant à des unités d’auto-défense, remplaçant des manifestants ukrainiens anti-Maidan qui occupaient déjà certains bâtiments officiels. Les russes sont faciles à reconnaître parce qu’ils parlent avec un accent différent et qu’ils utilisent des mots et des tournures de phrases différents. Lorsqu’ils ont investi Slaviansk, demandant aux gens de quitter la rue, ils ont employé un terme typiquement russe pour désigner la signalisation qui sépare la chaussée des zones piétonnes. Mais lorsque les militants anti-Maidan ont réalisé qu’ils ne seraient plus autorisés à occuper de nouveau des bâtiments, ils sont descendus dans la rue, adoptant une rhétorique pro-russe et portant des drapeaux russes, probablement sous l’influence d’agitateurs russes.

Même si la taille de ses manifestations est restée limitée, cela ne signifie pas qu’elles n’avaient pas le soutien d’une large partie de la population. Les gens de Lugansk nous ont dit en effet récemment que le fait de descendre dans la rue était une façon peu habituelle de protester dans l’est de l’Ukraine. Pour cela, on ne peut déduire de leur importance limitée, que ces manifestations n’étaient pas soutenues. Dans tous les cas, il n’y a aucun moyen concluant pour mesurer la proportion de la population qui soutient les deux « républiques populaires » auto-proclamées de Donestsk et de Lugansk. En ce qui concerne la violence contre les civils, il est aussi difficile de départager les responsabilités des deux camps, parce que chacun d’eux accuse le camp d’en face. Il n’y a pas de source d’information indépendante, et à en croire la population, les deux camps se sont mal comportés.

Jean Batou. Comment le sentiment national ukrainien se combine-t-il avec les revendications sociales du peuple ? Les travailleurs ont-ils cessé de se mobiliser pour défendre leurs intérêts ?

Nina Potarskaya. Comment pousser les questions sociales en avant, surtout dans une situation de guerre où les gens arrêtent de penser à leurs revendications sociales ? En août 2014, partout, nous avons observé la croissance des mobilisations patriotiques portées par un sentiment national de plus en plus marqué. Les mobilisations anti russes et anti séparatistes prennent de l’ampleur à l’ouest, mais les raisons sociales et politiques pour lesquelles les gens sont descendus dans la rue l’année dernière, par exemple, pour lutter contre la corruption, occupent de moins en moins le devant de la scène. Il y a deux types de syndicats en Ukraine. La fédération des syndicats vient de la vieille culture soviétique et soutient simplement ce que le gouvernement dit, elle a vraiment joué un rôle très limité, dans la réforme de la législation du travail. Mais il y a aussi des syndicats indépendants qui se sont formés pendant la perestroika, ils sont beaucoup plus actifs, en particulier au niveau local, et certains d’entre eux sont extrêmement puissants. Cependant, le leader de ces syndicats indépendants est un politicien très en vue, il soutient le gouvernement ukrainien, même s’il évite de recourir à toute forme de discours provocateur. Des positions politiques opposées coexistent au sein de cette fédération syndicale, mais rien qui ressemble à une position neutre contre la guerre.

Jean Batou. Quel a été le résultat de la récente conférence de la gauche à Kiev ? Vois-tu une possibilité de construire un parti démocratique unifié de la gauche aujourd’hui en Ukraine ? Quelles forces seraient prêtes à coopérer dans cette perspective ? Comment vois-tu la forme et le fonctionnement d’un tel parti ?

Nina Potarskaya. Nous avons actuellement la possibilité de rapprocher des syndicalistes indépendants, des membres d’ONG et de forces politiques progressistes, tous ensembles sous le parapluie d’un parti démocratique de gauche. C’était le but de notre dernière rencontre de Kiev. Cette conférence a décidé de former un comité d’organisation qui a commencé à travailler sur un document fondateur. Nous avons voulu faire cela de façon démocratique et transparente, mais évidemment, un processus démocratique prend du temps. Nous avons débattu sur notre volonté de faire ensemble de la politique autrement, ce que nous pouvons résumer en quelques points très simples. D’abord, nous ne voulons pas de membres dont les revenus dépassent un certain montant. Ensuite, les finances du parti doivent être un « livre ouvert », où toutes les transactions sont rendues publiques, tout ce que nous recevons ou dépensons doit être connu de tous. Enfin, nos décisions doivent être prises par des assemblées ouvertes, comprenant autant de militants de base que possible, il n’appartient pas à la direction de prendre des décisions, c’est pourquoi nous devons développer des procédures internes, y compris sur internet, permettant à tous les membres d’être impliqués.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 19:49

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-inflict-heavy-blows-on-the-isis-in-kobane.htm

Les YPG infligent de lourdes pertes à EIIL à Kobanê (Firat News Agency)

Vendredi 2 Janvier 2015

Le bureau de presse des YPG a publié une déclaration concernant le cent-neuvième jour de résistance à Kobanê contre les attaques des bandes d’EIIL, indiquant que les forces des YPG continuent de leur infliger de lourdes pertes.

Les YPG ont déclaré que vingt et un membres des bandes d’EIIL ont été tués dans les affrontements qui ont eu lieu au cours des dernières vingt-quatre heures.

La déclaration a indiqué que l'avance des forces des YPG continue dans Kobanê, ajoutant que l'opération autour du réservoir d'eau, un point stratégique de la ville libéré un jour plus tôt, s’est poursuivie la nuit dernière et que de lourdes pertes ont été infligées aux bandes d’EIIL.

« Nos forces, avançant deux rues plus loin entre le réservoir d'eau et la colline de Mistenur, ont détruit plusieurs positions des bandes d’EIIL. Restant impuissantes face à l’avancée de nos forces, les bandes d’EIIL ont tenté d'obtenir des résultats par des attaques suicides », ont déclaré les YPG, ajoutant que les deux membres des bandes d’EIIL qui ont tenté une attaque suicide ont été abattus.

Les YPG annoncent dans leur déclaration que les bandes d’EIIL ont tenté une autre attaque avec un véhicule chargé d’une bombe et que deux de leurs membres qui ont essayé de fuir lors de l’intervention des forces des YPG ont également été abattu, tandis que le véhicule a été détruit.

Les YPG ont déclaré que vingt et un membres des bandes d’EIIL ont été tués d’une manière certaine lors de cette opération, tandis que les cadavres de six d’entre eux ont été saisis par les forces des YPG ainsi qu’une grande quantité de leurs munitions.

Les YPG ont également signalé que trois combattants des YPG sont tombés lors de l'opération.

Le bureau de presse des YPG a rapporté davantage sur les affrontements dans Serêkaniyê, en disant que les groupes d’EIIL ont lancé une opération contre les positions des forces des YPG autour du village d’Alya à vingt-cinq kilomètres au sud de Serêkaniyê. Les YPG ont déclaré que des affrontements violents ont éclaté après l'attaque lancée par un véhicule blindé et un grand nombre de roquettes, ajoutant que le véhicule blindé a été détruit avec ses occupants, tandis qu'un véhicule avec une douchka a été endommagé. Les YPG ont déclaré que six membres des bandes d’EIIL ont été tués dans les affrontements tandis que le nombre des membres des bandes d’EIIL à l’intérieur du véhicule blindé n'a pu être établi.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 19:22

Les palestiniens remettent à l’ONU les documents sur la Cour Pénale Internationale (Reuters)

La mission d'observation palestinienne à l’ONU a remis Vendredi 2 Janvier 2015 au siège de l'ONU les documents de ratification du statut de Rome, acte fondateur de la Cour Pénale Internationale (CPI), et de dix-sept autres traités internationaux.

Le chef de la mission palestinienne, Ryad Mansour, a confirmé la remise de ces documents, à l'initiative du président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas.

L'adhésion de l'Autorité Palestinienne au statut de Rome devrait permettre à la CPI d'être compétente pour les crimes commis dans les territoires palestiniens ainsi que pour les faits qui pourraient être imputés aux dirigeants palestiniens et israéliens.

Jeudi Premier Janvier 2015, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé à la CPI de rejeter cette adhésion car l'Autorité Palestinienne, a-t-il dit, « n'est pas un état mais une entité alliée à une organisation terroriste, le Hamas, qui commet des crimes de guerre ».

Pour le ministre israélien de l’économie, Naftali Bennett, si le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, veut aller devant la CPI de La Haye, « ce ne peut être qu'en tant qu'accusé » en raison de son alliance avec le Hamas.

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 17:10

REVOLUTION EN EUROPE

Janvier 2015, c’est le moment du bilan de l’année 2014 et des vœux pour l’année 2015.

Tunisie, Egypte, Syrie, Turquie, Palestine, il y a d’abord les conséquences de la révolution arabe. J’écrivais déjà de nombreux messages relatifs à cette question et j’en écrirais encore de nombreux autres, je n’en parlerais pas dans ce message.

Il y a ensuite la révolution grecque. Nous laissions la Grèce en 2012 immédiatement après les dernières élections législatives. Syriza faisait vingt-sept pour cent des voix, il était déjà le premier parti de Grèce. Il y avait un gouvernement d’union nationale de la Nouvelle Démocratie et du Pasok pour l’application des directives de la troïka européenne. Deux ans plus tard, en novembre 2014, dans le dernier sondage avant l’ouverture de la dernière crise politique grecque, Syriza faisait trente-quatre pour cent des voix, la Nouvelle Démocratie faisait vingt-trois pour cent des voix et le Pasok faisait cinq pour cent des voix, il était le sixième parti de Grèce. Depuis l’ouverture de la nouvelle crise politique, Nouvelle Démocratie augmentait à nouveau bien sûr dans les sondages, mais je ne vous ferais pas un grand discours contre la propagande des médias et des sondages, contre les propriétaires des grands moyens d’information et des instituts de sondage.

Nous suivions le feuilleton de l’anticipation de l’élection présidentielle grecque, le mandat de l’actuel président expire à la fin du mois de février 2015, le premier ministre décidait l’anticipation de la date de l’élection deux mois avant la fin du mandat du président. Nous connaissons tous la suite et la fin de l’histoire, le premier ministre n’avait pas la majorité des deux tiers du parlement nécessaire pour l’élection de son candidat à la présidence et, en application de la constitution grecque, il décidait la dissolution du parlement et la convocation de nouvelles élections législatives.

Il y a ensuite la révolution espagnole. La date symbolique du début de la révolution espagnole, c’est le 15 mai 2011, c’est l’apparition au grand jour du mouvement des indignados, c’est le premier jour de l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid, de la Plaza de Catalunya à Barcelone et des places de plusieurs dizaines de grandes villes espagnoles.

L’extrême gauche française ne comprenait jamais rien au mouvement des indignados, la simple existence de ce mouvement est totalement contradictoire par rapport à sa pratique quotidienne.

Dès le premier jour, les militants d’Izquierda Unida, le Front De Gauche espagnol, et les militants d’Izquierda Anticapitalista, le NPA espagnol, participaient massivement au mouvement des indignados.

Il y avait un petit mouvement des indignés français. Les militants du PCF et du Front De Gauche n’y participaient bien évidemment pas, la stratégie de la direction du PCF était toujours la vieille stratégie du vingtième siècle d’union de la gauche entre le Parti Socialiste et le PCF. Les militants du NPA n’y participaient pas non plus, il y avait des consignes de la direction du NPA contre la participation des militants du NPA au mouvement des indignés.

Le mouvement des indignés français était surtout victime d’une erreur de traduction de l’espagnol vers le français élémentaire et totalement volontaire. Du mot d’ordre central du mouvement des indignados, « que no nos representan », « ils ne nous représentent pas », contre le bipartisme entre le Parti Populaire et le PSOE, contre la monarchie et contre le régime de la transition post franquiste de la constitution de 1978, des militants français faussement anonymes auto proclamaient leur appartenance au mouvement des indignés et faisaient des grands discours selon lesquels le mouvement des indignés était apolitique, il ne faisait pas de politique.

En même temps, il y avait une importante infiltration des militants d’extrême droite dans le mouvement des indignés français, en même temps, il y avait ce discours selon lequel il ne faisait pas de politique, le discours traditionnel de l’extrême droite française.

Nous connaissons la suite. Dès les élections générales espagnoles de novembre 2011, six mois après l’apparition au grand jour du mouvement du 15 mai, des dizaines d’animateurs du mouvement des indignados présentaient leur candidature aux élections législatives sous l’étiquette d’Izquierda Unida et ce mouvement aboutissait à l’élection au parlement espagnol d’au moins un premier fondateur du mouvement des indignados, Alberto Garzon à Malaga.

Il y avait ensuite la fondation de Podemos en janvier 2014. Podemos, le parti des indignados, présentait pour la première fois une liste aux élections européennes de mai 2014, ils faisaient huit pour cent des voix, un million deux cent mille voix et cinq députés au parlement européen.

Les indignados ne faisaient pas de politique mais, trois ans plus tard, le parti des indignados est le premier parti d’Espagne dans les sondages. L’extrême gauche française ne comprendra jamais rien.

Il y a enfin les questions de politique intérieure française. C’est d’abord la résistible montée du Front National. J’écrivais déjà de nombreux messages relatifs à cette question et j’en écrirais encore de nombreux autres, je n’en parlerais pas dans ce message. Extrême gauche contre extrême droite, vraie gauche contre vraie droite, la France n’y échappera pas.

L’autre question majeure de la vie politique et sociale française en ce début d’année 2015, c’est la crise de la CGT.

Vingt-cinq ans plus tard, c’est la dernière expression du syndrome de la chute du mur de Berlin et de la dissolution de l’union soviétique. Les appareils politiques français du Parti Socialiste et du PCF sont en crise depuis longtemps et chaque nouvelle participation gouvernementale pour la gestion loyale du capitalisme néo libéral est une nouvelle catastrophe supplémentaire, pire par rapport à la précédente, Jospin par rapport à Mitterrand, Hollande par rapport à Jospin.

Un seul appareil tenait encore debout, occupait encore sa fonction sociale, l’appareil confédéral de la CGT. L’application de toutes les réformes anti ouvrières et anti populaires de l’Union Européenne passe en France depuis au moins vingt ans par un scénario immuable.

L’appareil confédéral de la CGT organise des manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes, il impose le calendrier de ses journées d’actions à toutes les autres organisations politiques et syndicales, ces journées d’action épuisent et emmènent le mouvement social dans une impasse et, après la fin de ces journées d’action, les réformes de la troïka européenne passent par un accord entre l’appareil confédéral de la CGT et le gouvernement français en place, de droite comme de gauche, les gouvernements changent mais le scénario du film dont le réalisateur est l’appareil confédéral de la CGT ne change pas, comme si le secrétaire général de la CGT était le véritable ministre du travail des gouvernements successifs, on comprend l’importance de la fonction. La prolongation de cette situation depuis au moins vingt ans provoque la concentration de toutes les contradictions sociales au plus haut niveau à l’intérieur de l’appareil confédéral de la CGT et, à terme, son explosion.

La crise couvait déjà au moins depuis la guerre de succession de Thibault en 2012. Après l’élection d’un nouveau secrétaire général, les médias et le gouvernement poussaient un grand cri de soulagement mais ils ne comprenaient rien, nous n’étions pas après la fin de la crise, nous étions avant le début de la crise.

La crise de la CGT va vers une nouvelle scission de la CGT dont la forme et les délais sont autant de points d’interrogation.

Nous n’excluons pas une fuite en avant et un maintien du centre de l’appareil confédéral autour de l’actuel secrétaire général auquel cas la scission prendrait la forme classique de l’exclusion des fédérations oppositionnelles ou de l’organisation de minorités légitimistes à l’intérieur des fédérations oppositionnelles.

La crise de la CGT va vers une deuxième scission de la CGT mais cette deuxième scission sera sans commune mesure par rapport à la première, il n’y aura pas cette fois ci ni de Force Ouvrière ni d’agent de la CIA. Le paysage politique et syndical français est un champ de ruines. La question de la construction d’un nouveau mouvement politique et syndical français est chaque jour plus urgente.

Bernard Fischer

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 15:57

Les palestiniens se tournent vers la Cour Pénale Internationale (Reuters)

Le président de l'Autorité Palestinienne a promulgué, Mercredi 31 Décembre 2014, vingt accords internationaux, dont le statut fondateur de la Cour Pénale Internationale (CPI), au lendemain de l'échec du projet de résolution de l'ONU réclamant le retrait israélien des territoires occupés d'ici 2017.

L'initiative de Mahmoud Abbas, qui a aussitôt fait réagir Israël, devrait permettre à la CPI d'être compétente pour les « crimes de guerre » commis dans les territoires palestiniens ainsi que pour les faits imputés aux dirigeants palestiniens et israéliens.

« Ils nous attaquent, nous et notre territoire, tous les jours, auprès de qui devons-nous nous plaindre ? Le conseil de sécurité nous a laissé tomber, où pouvons-nous aller », a déclaré Mahmoud Abbas lors d'une réunion des dirigeants de l'Autorité Palestinienne qui était retransmise à la télévision.

« Nous voulons en référer aux institutions internationales, et en voici une à laquelle nous nous adressons, et nous nous plaindrons auprès de ces personnes », a ajouté le président de l'Autorité Palestinienne, avant de signer les documents.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a aussitôt réagi. Il a souligné que la CPI pourrait également poursuivre des palestiniens pour avoir soutenu le Hamas, qu'il a qualifié de groupe terroriste. « Nous allons prendre des mesures en réponse et défendre les soldats israéliens », a-t-il dit dans un communiqué.

« UN SIGNAL CLAIR »

Parmi les accords entérinés par Mahmoud Abbas mercredi figurent des conventions contre les armements interdits, des textes concernant les droits politiques des femmes, la navigation ou encore l'environnement.

Le projet de résolution palestinien demandant la conclusion de négociations de paix dans un délai d'un an et un retrait israélien des territoires occupés avant la fin de 2017 a été rejeté sans surprise mardi par le conseil de sécurité de l’ONU.

Huit pays, dont la France, se sont prononcés en faveur d'un texte que les Etats-Unis, de même que l'Australie, ont rejeté. Même s'il avait recueilli les neuf voix nécessaires à son adoption, le vote américain aurait bloqué la procédure en vertu du droit de veto de Washington au conseil de sécurité.

Les dernières négociations de paix entre Israël et les palestiniens, menées sous la médiation des Etats-Unis, ont échoué en avril 2014 en raison des projets de colonies de peuplement d'Israël dans les territoires palestiniens, des termes d'un accord d'échange de prisonniers et de la décision de Mahmoud Abbas de signer une dizaine d'accords internationaux.

« Nous jouons les gentils, en ce qui concerne les négociations, depuis 1991 et, pendant ce temps, la possibilité d'une solution à deux états est en train de s'effriter », a déclaré à Reuters Hanane Achraoui, une diplomate palestinienne.

Elle a précisé qu'il n'existait pas de projet précis de la part des palestiniens de porter plainte auprès de la CPI, mais que la décision annoncée par Mahmoud Abbas était « un signal clair à Israël et à la communauté internationale qu'Israël doit cesser ses crimes de guerre, et notamment les colonies ».

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 15:45

Les peines de trois journalistes d’al Djazira en Egypte annulées (Reuters)

La cour de cassation égyptienne a annulé Jeudi Premier Janvier 2015 les condamnations à des peines de prison pesant sur trois journalistes de la chaîne d'information pan arabe al Djazira et ordonné la tenue d'un nouveau procès, ont déclaré leurs avocats.

L’australien Peter Greste et le canado égyptien Mohamed Fahmy, chef du bureau d’al Djazira en anglais au Caire, avaient été condamnés en juin 2014 à des peines de sept ans de prison fermes pour assistance à une « organisation terroriste », en l'occurrence les frères musulmans, désormais hors la loi, et publication de fausses nouvelles concernant l'Egypte.

Leur collègue égyptien Baher Mohamed avait écopé d'une peine supplémentaire de trois ans de prison pour détention d'armes.

Leur procès avait été très critiqué à l'étranger en raison du manque de preuves et de la façon désordonnée dont il avait été mené.

La rumeur courait depuis quelque temps que le président Abdel Fattah al Sissi pourrait décider de gracier ou d'expulser les trois hommes, qui ont été arrêtés en décembre 2013.

Les avocats et les familles des journalistes avaient espéré que la décision d'organiser un nouveau procès, en se fondant sur des vices de procédure lors du premier, leur permettrait de recouvrer tout de suite la liberté.

Leur avocat de la défense a dit cependant s'attendre à ce que les trois journalistes soient maintenus en prison jusqu'à leur nouveau procès. « Ils ne seront pas libérés avant de comparaître devant un nouveau tribunal, qui décidera de les relâcher ou non », a dit l'avocat, Mostafa Nagy.

Le juge n'a pas fixé de date au nouveau procès, ont déclaré les avocats de la défense, qui pensent cependant qu'il pourrait s'ouvrir d'ici un mois.

A Doha au Qatar où se trouve son siège, la chaîne al Djazira a réitéré sa position, à savoir que les trois journalistes ont subi un procès truqué, et elle a redemandé leur libération.

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