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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:56

 

https://tendanceclaire.org/article.php?id=1217

 

Rencontre nationale du Samedi 10 Juin 2017 du Front Social

 

Près de cinq cent personnes se sont réunies Samedi 10 Juin 2017 pour la rencontre nationale du Front Social. D’après le recensement, le Front Social compte vingt trois regroupements locaux à la date de la rencontre nationale. Treize d’entre eux étaient présents. Cent deux structures ont rejoints officiellement le Front Social, parmi elles soixante dix neuf structures syndicales, principalement des Syndicats Unitaires et Démocratiques (SUD), et vingt trois associations. Des représentants de quarante structures observatrices non encore signataires sont venus à cette journée organisée dans l’annexe de la Bourse du Travail de Paris, rue du Temple à côté de la place de la République, dans la salle Hénaff. Sur une toile blanche est projetée en boucle tout au long de la journée des photographies de militants et de manifestations.

 

Une exigence de la situation

 

C’est un constat partagé largement dans les couches militantes, les ordonnances d'Emmanuel Macron contre le code du travail s’annoncent comme une attaque majeure sans précédent et, pourtant, le sentiment d’impuissance et d’incapacité à la mobilisation est plus que jamais présent. Et tout cela a parfaitement été analysé au cours d’un certain nombre d’interventions qui ont eu lieu au cours du débat du matin, centré spécifiquement sur les ordonnances d'Emmanuel Macron, ce qu’elles sont et comment y résister. Les directions syndicales participent aux discussions. Elles n’informent pas particulièrement leurs syndiqués. Ne parlons même pas de critique ou d’opposition. Le Front Social est une réponse à cette impuissance. Il permet de mettre en lien des militants et des équipes combatives, syndicalistes ou associatives, qui refusent en bloc les projets du gouvernement d'Emmanuel Macron. On ne peut que se montrer enthousiaste de trouver un tel regroupement à la fois unitaire et combative.

Quoiqu’un nombre trop important d’interventions se soient montrées soit trop autocentrées sur les causes des intervenants, soit cédant à une facilité incantatoire à la lutte, à la grève, voire à la grève générale, un certain nombre de questions à l’intérêt tant de la construction du front que de la construction d’un mouvement social que de problématiques tactiques ont été posées. Les méthodes et les pratiques de luttes semblent assez homogènes dans l’assistance, l’élément qualitatif est là, mais la problématique de la croissance quantitative du mouvement a finalement été trop peu abordée. Comme nous l’avons dit, l’intérêt du Front Social est là, il est l’instrument de lutte dont peuvent se saisir tout un tas de militants isolés et il prend cette place dans le cadre où les confédérations syndicales ne jouent pas ce rôle de cohésion, d’appartenance, de perspectives et de possibilités de défense sociale.

Plusieurs interventions ont souligné que personne, pas même Philippe Martinez, n’était en mesure d’appuyer sur un bouton pour mettre tout le monde dans la rue. Néanmoins le sentiment partagé était que les luttes isolées qui existent aujourd’hui seraient nettement plus fortes si le travail de coordination était fait. A notre avis les animateurs de la rencontre ont cependant tendance à exagérer la combativité actuelle, comme le fait le site de Jacques Chastaing, « les luttes invisibles », pour qui il « n’y avait jamais eu autant de jours de grève ». Les relevés effectués depuis le début des années 1970 indiquent à l’inverse une baisse constante et l’arrivée à un niveau minimum depuis 2010. La version initiale du manifeste distribué lors de la rencontre est aussi trop triomphaliste lorsqu’il est dit que « le début d’extension nationale du Front Social et l’écho qu’il rencontre montrent que l’inertie, les fausses négociations et la parodie de concertation ont fait long feu ». Il ne fait aucun doute qu’il y a un large rejet d'Emmanuel Macron parmi les travailleurs, historique pour un nouveau président. Mais pour l’instant, l’essentiel de cette colère ne s’exprime pas par une combativité syndicale.

Mais le créneau existe et peut servir à définir ce qu’est le Front Social, son rôle, ses objectifs et ce qu’il défend. Et à partir de là des questions se posent. Le Front Social est-il un substitut aux syndicats ? Cherche-t-il juste à agglomérer des militants et des équipes combatives ou également à défendre dans chaque strate de la hiérarchie syndicale des perspectives de luttes ? Se donne-t-il les moyens d’intervenir dans les confédérations pour faire stopper le dialogue social des dirigeants ? Interpelle-t-il les directions ? Se contente-t-il de les dénoncer de l’extérieur ou pas ?

Des questions pratiques aux implications immédiates et qui déterminent déjà une fiche d’identité de ces camarades qu’on peut déjà définir comme des militants de lutte de classes, prônant l’indépendance de classe et allergiques à la logique du dialogue social.

Nous avons particulièrement apprécié l'intervention du dirigeant du syndicat de l'information et de la communication de la Confédération Générale du Travail (CGT) qui a énoncé en termes clairs la fonction que devrait avoir le Front Social selon lui. Il ne doit pas être un substitut aux confédérations, cherchant à développer la mobilisation en ignorant les confédérations, car il n'en a pas la base sociale. Il doit mener des actions tout en cherchant à s'appuyer sur ces actions pour mener le combat à l'intérieur des confédérations pour les forcer à aller plus loin que leur intention initiale. Des camarades de la CGT du Rhône ont par ailleurs insisté à juste titre sur la nécessité de mener la bataille pour imposer la rupture du dialogue social aux directions syndicales.

Des questions tactiques sur le calendrier ou l’avancement de certaines revendications sont demeurées sans réponse à la fin de la journée. La journée du Lundi 19 Juin 2017 est clairement appelée contre les ordonnances d'Emmanuel Macron et elle tente d’avoir une envergure nationale en fonction de l’implantation locale acquise par les émanations locales du Front Social. D’autres dates, en rapport avec la préparation et présentation de la loi d’habilitation pour les ordonnances, ont été évoquées pour la fin du mois de juin 2017. Des discussions ont aussi eu lieu sur la forme antidémocratique des ordonnances qui ne doit pas remplacer la dénonciation du fond. Le projet d'Emmanuel Macron serait tout aussi détestable par la voie législative ordinaire. Mais d’autres ont souligné que l’on pouvait gagner du temps pour convaincre si le gouvernement se sentait obliger de revenir vers la voie parlementaire ordinaire. Tout cela se discute et il y a des jours identifiés dans le calendrier concernant les étapes de passage de la loi d’habilitation qui pourrait faire office de mobilisation de front unique plus large en mettant en avant spécifiquement cette question sans pour autant taire notre refus complet des attaques en cours.

 

Un manifeste de quoi et pour qui ?

 

L’après midi s’est centré sur la discussion autour d’un manifeste élaboré par l’équipe d’animation du Front Social, consistant en une présentation et une définition du Front Social. Les problématiques, bien qu’irrésolues, furent vite oubliées et nous sommes passés d’un débat du matin assez pertinent à un débat beaucoup trop hors-sol. Cela était dû principalement à un défilé d’interventions de certains militants d’extrême gauche faisant comme si l’enjeu de la rencontre nationale était de discuter d’un programme politique révolutionnaire. C’était bien sûr logique que des militants politiques viennent défendre certains traits de leurs conceptions et de leurs orientations. Nous pensons par exemple que les révolutionnaires ont un rôle à jouer en rappelant l’importance de l’auto-organisation et de la lutte contre le bureaucratisme. Mais le débat sur les revendications à intégrer au manifeste a clairement montré que certains n’ont pas saisi l’importance d’une démarche de front unique qui s’étende au-delà de l’extrême gauche. Non seulement certaines discussions étaient trop avancées par rapport à cet objectif, mais elles viraient parfois à l’argutie, êtes vous par exemple plutôt pour l'expropriation ou pour l'appropriation des moyens de production ? D’autres interventions, tout en restant davantage dans le champ syndical, avaient tendance à vouloir multiplier les revendications particulières liées aux terrains d’activités des unes et des autres. Or, une plateforme de lutte exhaustive est trop ambitieuse pour ce qui encore un modeste regroupement qui tente en priorité de diffuser quelques axes susceptibles d’amorcer la lutte contre ce gouvernement et ses ordonnances.

Une situation qui a régulièrement conduit les animateurs de la rencontre, à chaque début de leurs propres interventions, à recentrer les débats et à rappeler les termes et les objectifs de l’écriture d’un tel texte qu’ils voyaient comme un document à diffuser largement et accessible aux travailleuses et aux travailleurs.

Le manifeste n’a pas été adopté. Une nouvelle version sera envoyé ultérieurement prenant en compte des éléments de débats.

 

Quel fonctionnement pour le Front Social ?

 

La dernière partie a été trop courte car du retard avait été accumulé au cours de la journée. Plusieurs interventions ont insisté sur la nécessité de démocratiser le fonctionnement interne du Front Social qui devrait fonctionner sur la base du vote et du mandatement. Il n'est pas normal que le collectif national d'animation ne soit pas élu et soit constitué par les membres fondateurs. Cette réunion nationale aurait pu permettre l'élection d'un collectif national élargi, mais cette question a été renvoyée à plus tard, au nom du fait que la priorité était de construire des collectifs locaux. Mais les deux ne s'opposent pas et il faut que les groupes qui ont eu l'immense mérite de lancer le Front Social prennent le risque de perdre le contrôle.

Par ailleurs, comme l’ont souligné plusieurs camarades, la tribune était entièrement blanche et masculine. Peu d’interventions ont fait le lien entre la lutte de classe et les luttes contre les oppressions spécifiques.

Même si Michaël Wamen a parlé dans son introduction de la scandaleuse garde à vue d’Amal Bentounsi du collectif Urgence Notre Police Assassine (UNPA), ce point de jonction avec les quartiers populaire peine à se concrétiser et passe très vite au second plan.

D’autre part, certaines expressions virilistes ou homophobes montrent l’importance du féminisme et des luttes LGBTI. Nous n’avons pas besoin de traiter les patrons d’enculés pour exprimer notre combativité.

Le Front Social a ses limites, liées notamment à l’état actuel de ses forces, mais nous n’avons pas à l’heure actuelle d’autre point d’appui pour amorcer la nécessaire mobilisation contre Emmanuel Macron. Nous devons porter la discussion dans nos structures syndicales, essayer de les faire rejoindre le Front Social, impulser la création de fronts sociaux locaux et développer la mobilisation et la pression contre les directions syndicales pour qu'elles rompent le dialogue social et pour qu'elles proposent un plan de mobilisation.

 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:26

 

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communiques-de-presse/2017/06/visite-des-services-du-defenseur-des-droits-le-lundi-12-juin-a-calais

 

Visite des services du défenseur des droits à Calais

 

Le défenseur des droits dénonce une nouvelle fois les conditions de vie inhumaines que subissent les exilés à Calais

 

Très préoccupé par les faits portés à sa connaissance, le défenseur des droits, Jacques Toubon, a demandé à ses services de se rendre sur place, Lundi 12 Juin 2017. A cette occasion, ses agents se sont longuement entretenus avec de nombreux exilés et les associations leur venant en aide.

Le défenseur des droits demande dès à présent que soit mis un terme aux atteintes aux droits fondamentaux les plus élémentaires dont sont victimes les exilés, notamment les mineurs, et qui demeurent à ce jour sans précédent.

Des atteintes aux droits fondamentaux d'une exceptionnelle et inédite gravité

La volonté de ne plus voir de migrants à Calais conduit à ce que plus aucun abri ne soit toléré. Les personnes, entre cinq cent et six cent selon plusieurs informations croisées, dont des mineurs, dorment à même le sol, quelles que soient les conditions climatiques, parfois avec un sac de couchage donné par les associations. Ils disent être traqués jour et nuit dans plusieurs sous-bois de la ville. Les migrants ne peuvent dès lors plus dormir, ni même se poser ou se reposer et restent constamment sur le qui-vive. Ils sont visiblement dans un état d'épuisement physique et mental.

Tous les points d'eau ayant été supprimés, les migrants ne peuvent pas se laver, ni même boire. Se laver et boire de l'eau est leur principale demande.

Alors que le tribunal administratif de Lille a considéré le 22 mars 2017 que l'interdiction de distribution de repas par les associations était constitutive d'un traitement inhumain ou dégradant, une seule distribution associative est tolérée le soir, pendant une heure, ce qui ne permet pas de nourrir tous ceux qui le souhaiteraient. Les autres sont empêchées par les forces de l'ordre, au motif de consignes préfectorales quel que soit le public concerné, familles et jeunes enfants. Une association procède à des distributions itinérantes, cherchant ainsi à accéder aux exilés qui n'osent plus se rendre sur les lieux de distribution, de peur de se faire interpeller. Depuis une semaine, parce qu'un prêtre s'est ouvertement opposé à la présence policière sur le parvis de son église, une distribution peut y avoir lieu tous les midis.

Un impact particulier sur les femmes et les enfants

Les femmes, qui ne bénéficient plus d'aucune structure dédiée depuis le démantèlement du Centre Jules Ferry, sont susceptibles de faire l'objet de viol et d'exploitation sexuelle.

Certaines femmes ont des nourrissons et plusieurs bébés sont à naître dans les prochaines semaines. Aucun dispositif d'accueil ou d'hébergement ne leur semble accessible alors même que la protection maternelle et infantile impose une telle prise en charge.

Parmi les enfants non accompagnés présents, certains sont primo arrivants, d'autres reviennent de Centres d'Accueil et d'Orientation pour les Mineurs Isolés (CAOMI) avec l'idée persistante de se rendre en Grande-Bretagne. Ils indiquent subir le même traitement. La prise en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) implique, le soir et la nuit, un passage par le commissariat, ce qui rend particulièrement dissuasive la démarche.

Des associations sous pression

Lorsqu'elles tentent de mettre en œuvre des dispositifs qui devraient l'être par les pouvoirs publics, douches et distribution de repas et d'eau, les associations sont entravées et menacées, verbalisation des véhicules garés devant les locaux associatifs, injonction de mettre aux normes la cuisine d'une association présente de très longue date à Calais et menaces de poursuites pour aide au séjour irrégulier. Le défenseur des droits mène d'ailleurs des investigations s'agissant des entraves qu'auraient subies les associations et les mineurs dans l'accès au dispositif de douches mis en place jusqu'au mois de mai 2017 par le Secours Catholique.

Il est par ailleurs difficile à ces associations de conseiller les migrants sur des démarches d'accès au droit. A cet égard, le défenseur des droits regrette que les départs vers les Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) depuis Calais ne soient plus organisés, de même qu'il ne soit plus possible de déposer une demande d'asile dans la ville, la préfecture située à Lille dissuadant d'entreprendre de telles démarches.

Tout en réitérant ses recommandations générales, notamment à l'égard des mineurs, le défenseur des droits demande dès à présent la fin de cette sorte de traque, l'autorisation des distributions de repas, la mise à l'abri des mineurs sur place et la mise en place d'un lieu où les personnes peuvent se reposer, se ressourcer et envisager la suite de leur parcours migratoire.

Dans son rapport du mois d'octobre 2015, le défenseur des droits écrivait que « depuis les années 2000, c'est la crainte du risque d'appel d'air que pourrait provoquer un traitement digne et respectueux des droits des migrants qui est à l'œuvre dans la gestion de la situation du Calaisis. Pour ne pas prendre ce risque, les pouvoirs publics ont d'abord cherché à rendre le moins visible possible le regroupement de migrants et à ne pas créer de points de fixation ».

Plus récemment, à l'occasion d'observations présentées devant le tribunal administratif de Lille dans le cadre du démantèlement de la Lande, il précisait que « le défaut d'anticipation de ces opérations d'expulsion est contre productif puisqu'il ne fait que déplacer le problème vers un autre site, imposant aux exilés un nomadisme forcé ».

Le défenseur des droits regrette que les faits constatés aujourd'hui lui aient à ce point donné raison. Il exhorte les pouvoirs publics à ne pas s'obstiner dans ce qui s'apparente à un déni d'existence des exilés qui, présents sur notre territoire, doivent être traités dignement, conformément au droit et aux engagements internationaux de la France.

 

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:06

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-m-le-président-faites-cesser-ces-violences-envers-les-migrants

 

http://www.bondyblog.fr/201706161028/m-le-president-faites-cesser-ces-violences-envers-les-migrants

 

Faites cesser les violences contre les migrants

 

Vendredi 16 Juin 2017

 

Points d’eau supprimés, distributions alimentaires entravées par les forces de l’ordre et violences physiques, les témoignages, rapports et reportages, font état ces derniers jours d’actes de maltraitance inhumains insupportables contre les six cent exilés à Calais.

 

Dans cette lettre ouverte adressée au président de la république, Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent à ce que ces violences cessent.

 

Depuis plusieurs années maintenant, des milliers de migrants transitent chez nous, à Calais, en espérant atteindre la Grande-Bretagne. Ils aspirent à une vie meilleure. Ils ont fui leur pays, leurs proches et leurs familles, ils ont parcouru des milliers de kilomètres et ils ont échappé au pire, la faim, la soif, la répression, l’esclavage et la mort. Ils espèrent et attendent sur notre territoire dans des conditions qui ne nous honorent pas. Ces conditions nous font honte. C’est pourquoi, nous, associations, Organisations Non Gouvernementales (ONG), chercheurs, journalistes, écrivains, avocats, artistes, comédiens, réalisateurs, élus, policiers et enseignants, décidons de vous interpeller.

Depuis le démantèlement du camp de Calais à la fin du mois d'octobre 2016, les associations et les ONG dénombrent six cent migrants sur place. Celles-ci se battent pour leur assurer ce qu’il y a de plus élémentaire, de l’eau et de la nourriture. Mais voilà deux semaines que les autorités rendent cette tâche difficile et qu'une sorte de traque est organisée pour reprendre les propos du défenseur des droits dont les collaborateurs se sont rendus sur place. Nous avons lu que des officiers de police interdisent à des migrants de se rendre à une distribution de vivres. Nous avons aussi pris connaissance de ces témoignages de bénévoles, rapportés par plusieurs journalistes, qui racontent comment les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) les ont empêchés de donner à boire à des exilés dont des enfants.

Nous avons appris que tous les points d’eau ont été supprimés et que les exilés dorment à même le sol. Nous avons aussi lu ces récits de migrants qui racontent qu’on les frappe et qu’on les gaze. Qui donne ces ordres ? Est-ce donc cela, selon vous, une police qui protège et qui sert ?

Les forces de l’ordre ne méritent-elles pas mieux que d’assoiffer des femmes, des hommes et des enfants, déjà exténués par leurs conditions de survie ? Est-ce faire honneur aux policiers que de les assigner à des tâches si inhumaines ?

Vous le savez, ces faits sont constitutifs d’une atteinte aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle et inédite gravité. La justice a été saisie et nous avons bon espoir que, au moins, les pressions sur les associations cessent afin qu’elles puissent faire leur travail correctement et qu’elles puissent assurer le minimum. Mais vous avez le pouvoir d’agir afin que ces pressions cessent dans l’heure. Et vous avez un pouvoir plus grand encore, celui de mettre en place une politique migratoire digne comme le demandent plus de deux cent organisations.

Il y aurait, lit-on, une volonté des pouvoirs publics de ne plus voir de migrants à Calais. Mais il y a une volonté plus grande encore, celle qu’ont ces migrants de vouloir construire une vie meilleure pour eux et leurs familles. Aucun gouvernement ne parviendra jamais, et par quelque mesure que ce soit, à empêcher un individu que la mort, la faim ou la répression poursuit d’aller vers là où la vie est plus douce.

Alors nous vous proposons de faire vôtre une autre volonté, celle de ne plus voir, sur notre territoire, d’individus, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, victimes de violences et de traitements inhumains et dégradants exercés par l'état. Cela commence par mettre fin à ce qui se passe à Calais. C’est une question d’humanité. Nous ne vous demandons pourtant pas d’être généreux. Il n’est pas question de sacrifier la raison au coeur. Il s’agit seulement, au lieu de mener une politique inutile et inutilement violente, de respecter les droits humains.

 

Premiers signataires

 

Yannick Jadot, Omar Sy, Assa Traoré, Jean-Luc Mélenchon, Alain Gresh, Marwan Muhammad, Aïssata Seck, Eric Fassin, Véronique Decker, Ziad Majed, Magyd Cherfi, Rokhaya Diallo, Pouria Amirshahi, Raphaël Glucksmann, Julien Salingue, Madjid Messaoudene, Benjamin Stora

 

 

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 19:54

 

https://www.reuters.com/article/us-usa-trump-russia-ukraine-idUSKBN1971TT

 

Donald Trump reconnaît qu'il fait l'objet d'une enquête dans le cadre de l’enquête sur la Russie (Reuters)

 

Le président Donald Trump a reconnu Vendredi 16 Juin 2017 qu'il faisait l’objet d’une enquête dans le cadre plus général de l’enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans la campagne électorale présidentielle américaine de 2016 et qu’il apparaissait comme un élément clé dans cette enquête.

Robert Mueller, le procureur spécial nommé par le ministère de la justice pour enquêter sur la question de la Russie, examine maintenant si Donald Trump ou d'autres personnes ont cherché à entraver l’enquête, a déclaré Jeudi 15 Juin 2017 une personne proche de l'enquête de Robert Mueller.

« Je fais l’objet d’une enquête pour avoir licencié le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI) par la personne qui m'a demandé de licencier le directeur du FBI, c’est une chasse aux sorcières », a déclaré Donald Trump sur Twitter, en se référant au licenciement de James Comey le 9 mai 2017.

Donald Trump n'a pas cité le nom de la personne, mais il semblait mettre en question l'intégrité du ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein, le numéro deux du ministère de la justice qui a nommé Robert Mueller le 17 mai 2017, qui supervise l’enquête et qui a envoyé à Donald Trump un rapport qui critiquait James Comey avant le licenciement de James Comey.

Des heures plus tard, une source proche de l'équipe juridique extérieure de Donald Trump a déclaré que le but du tweet de Donald Trump n’était pas de confirmer l'enquête, mais plutôt de réagir au message du Washington Post du Mercredi 14 Juin 2017 sur l’enquête. La source a parlé sous couvert d’anonymat.

Rod Rosenstein a déclaré en privé qu'il pourrait devoir se récuser des questions relatives à l’enquête sur la Russie, car il pourrait devenir un témoin dans l'enquête, a rapporté le réseau de télévision American Broadcasting Company (ABC), Vendredi 16 Juin 2017. ABC a dit que Rod Rosenstein avait déclaré à la ministre adjointe de la justice Rachel Brand qu'elle aurait autorité sur l’enquête s’il devait se récuser.

Le Democratic National Committee (DNC) a demandé à Rod Rosenstein de se récuser de la question de la Russie, mais il a déclaré que l'autorité sur l'enquête devrait être confiée à Robert Mueller et pas à une autre personne nommée par Donald Trump.

Bien que l'administration républicaine de Donald Trump ait d'abord déclaré que la lettre de Rod Rosenstein était la raison pour laquelle le président avait licencié James Comey le 9 mai 2017, Donald Trump a dit plus tard qu’il l’avait licencié à cause de la Russie.

James Comey a déclaré devant la commission du renseignement du sénat la semaine dernière qu'il croyait que Donald Trump l'avait licencié pour miner l’enquête du FBI sur la Russie. James Comey a témoigné que Donald Trump lui avait demandé au mois de février 2017 d’abandonner une enquête du FBI sur l'ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn concernant la question de la Russie.

James Comey a témoigné qu'il incombait à Robert Mueller de décider si l'action de Donald Trump constituait une entrave à la justice, ce qui pourrait provoquer n'importe quelle procédure de mise en accusation de Donald Trump par le congrès dirigé par les républicains.

La question de la Russie a jeté une ombre sur les cinq premiers mois de la présidence de Donald Trump et elle a distrait le président des priorités du parti républicain telles que la révision du système américain de santé et les réductions d'impôt. Plusieurs commissions du congrès étudient également la question de la Russie.

Rod Rosenstein exerce l’autorité sur l'enquête parce que le ministre de la justice Jeff Sessions s'est retiré de l’enquête le 2 mars 2017 après les révélations relatives à ses rencontres précédemment non divulguées avec l'ambassadeur de Russie à Washington alors qu'il participait à la campagne de Donald Trump.

Rachel Brand a été confirmée comme le numéro trois du ministère de la justice lors d'un vote du sénat le 18 mai 2017 par cinquante deux voix des sénateurs républicains contre quarante six voix des sénateurs démocrates.

À partir de 2011 jusqu'à la confirmation de sa nomination, Rachel Brand a été avocate pour le lobby de la chambre de commerce des États-Unis pour la légalisation des armes, qui a joué un rôle majeur dans l'opposition juridique aux réglementations environnementales et professionnelles défendues par l'ancien président démocrate Barack Obama.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, membre de la commission du renseignement du sénat, a déclaré qu'elle était de plus en plus préoccupée par le fait que Donald Trump essaie de licencier Robert Mueller, mais aussi Rod Rosenstein.

« Le message que le président envoie dans ses tweets est qu'il croit que la règle de droit ne s'applique pas à lui et que quiconque pense autrement sera licencié », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Un confident de Donald Trump a déclaré cette semaine que le président avait envisagé de licencier Robert Mueller. Rod Rosenstein, qui serait actuellement le responsable du licenciement de Robert Mueller, a déclaré aux législateurs américains qu'il ne le licencierait que pour une bonne cause.

Les agences de renseignement des États-Unis ont conclu au mois de janvier 2017 que la Russie a interféré dans la campagne électorale présidentielle américaine pour essayer d'aider Donald Trump à gagner, en partie en piratant et en publiant des courriels nuisibles à son adversaire démocrate Hillary Clinton.

Moscou a nié toute interférence. La Maison Blanche nie toute collusion.

Donald Trump, continuant ses critiques sur les enquêtes, écrit sur Twitter « qu’après sept mois d'enquêtes et d’audiences de commissions sur ma collusion avec les russes, personne n'a pu montrer de preuve ».

Séparément, les membres de l'équipe de transition de Donald Trump qui l'ont servi après avoir été élu au mois de novembre 2016 jusqu'à son entrée en fonction au mois de janvier 2017 ont été condamnés à conserver des documents liés à la question de la Russie, a rapporté le New York Times.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 19:03

 

DE PARIS A VENISSIEUX

 

Par Bernard Fischer

 

Vendredi 16 Juin 2017

 

J’écrivais un premier message relatif aux résultats du premier tour des élections législatives, en particulier aux résultats des candidats du Parti Socialiste, du Parti Communiste Français (PCF) et du Mouvement de la France Insoumise (MFI), dans toute la France.

Ce n’était pas un message relatif aux résultats dans telle ou telle circonscription, pour des raisons de temps et de longueur du message.

Je ferais aujourd’hui deux exceptions, la dix-huitième circonscription de Paris et la quatorzième circonscription du Rhône.

Dans la dix-huitième circonscription de Paris, les trois principaux candidats au premier tour des élections législatives étaient le candidat des Républicains Pierre Yves Bournazel, la candidate du Parti Socialiste Myriam el Khomri et la candidate unitaire d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), du Parti Communiste Français (PCF), d’Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) Caroline de Haas. Le MFI présentait un candidat contre Caroline de Haas.

Le candidat des Républicains arrivait en première position et faisait trente deux pour cent des voix, la candidate du Parti Socialiste arrivait en deuxième position et faisait vingt pour cent des voix, le candidat du MFI arrivait en troisième position et faisait dix sept pour cent des voix et la candidate unitaire d’EELV, du PCF, d’Ensemble et du NPA, arrivait en quatrième position et faisait quatorze pour cent des voix.

La candidature de division du MFI permettait la qualification de Myriam el Khomri au deuxième tour des élections législatives.

Dans la quatorzième circonscription du Rhône, les trois principaux candidats étaient le candidat de la République En Marche (REM) Yves Blein, le candidat du Front National Damien Monchau et la candidate du PCF Michèle Picard, maire de Vénissieux. Le MFI présentait un candidat contre la maire du PCF de Vénissieux.

Le candidat de la REM arrivait en première position au premier tour des élections législatives et faisait trente six pour cent des voix. Le candidat du Front National arrivait en deuxième position et faisait dix huit pour cent des voix. Le candidat du MFI arrivait en troisième position et faisait quinze pour cent des voix. La maire du PCF de Vénissieux arrivait en quatrième position et faisait dix pour cent des voix.

La candidature de division du MFI permettait la qualification du candidat du Front National au deuxième tour des élections législatives.

Il y a d’autres circonscriptions dans toute la France dans lesquelles les candidatures de division du MFI permettaient la qualification des candidats du Front National au deuxième tour des élections législatives.

Nous n’étions jamais aussi près de la troisième période d’erreurs de l’internationale communiste.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 17:45

 

https://www.reuters.com/article/us-usa-trump-russia-idUSKBN195385
 

Donald Trump critique l’enquête sur une obstruction possible à la justice (Reuters)


Le président américain Donald Trump a critiqué ce qu'il a appelé une fausse histoire, Jeudi 15 Juin 2017, après un rapport selon lequel il y aurait une enquête contre lui pour une éventuelle obstruction à la justice par le procureur spécial chargé de l’enquête sur l'ingérence présumée de la Russie lors des élections présidentielles américaines de 2016 et une éventuelle collusion avec la campagne de Donald Trump.

« Ils ont fait une fausse collusion avec l'histoire des russes, ils n’ont pas trouvé une seule preuve, alors maintenant ils sont sur une fausse histoire d’obstruction à la justice », a déclaré Donald Trump sur Twitter, répétant plus tard son accusation selon laquelle l’enquête est une chasse aux sorcières.

Le Washington Post, citant des fonctionnaires non identifiés, a rapporté Mercredi 14 Juin 2017 que le procureur spécial Robert Mueller enquête sur le président républicain pour une éventuelle obstruction à la justice.

Robert Mueller dirige l’enquête sur la Russie après avoir été nommé par le ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein, qui supervise le Federal Bureau of Investigation (FBI). La semaine dernière, l'ancien directeur du FBI, James Comey, a déclaré devant le congrès qu'il croyait avoir été licencié par Donald Trump pour porter atteinte à l'enquête menée par le FBI sur la Russie.

Une source proche de l’enquête de Robert Mueller a confirmé le rapport du Washington Post, disant que l'examen d'une éventuelle obstruction à la justice était inévitable en raison du témoignage de James Comey, bien que la question ne soit peut-être pas l'objet principal de l’enquête.

 

L'examen de ces éventuelles accusations permettra aux enquêteurs d’auditionner des personnes clés au sein de l'administration, y compris le ministre de la justice Jeff Sessions, le ministre adjoint de la justice Rod Rosenstein et peut-être Donald Trump, a déclaré la source à Reuters.

L’enquête sur l’obstruction à la justice contre Donald Trump a commencé quelques jours après que James Comey ait été licencié le 9 mai 2017, selon des personnes proches de l’enquête, a déclaré le Washington Post.

Après le licenciement de James Comey, l'administration a donné des raisons différentes pour son licenciement. Donald Trump a contredit plus tard son propre personnel, en disant le 11 mai 2017 qu’il avait la question de la Russie à l'esprit lorsqu'il a licencié James Comey.

James Comey a déclaré devant la commission du renseignement du sénat (SIC), Jeudi 8 Juin 2017, qu'il croyait que Donald Trump lui avait ordonné au mois de février 2017 d’abandonner une enquête du FBI sur l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, qui faisait partie de l'enquête plus large sur la Russie. Il a refusé de dire s'il pensait que Donald Trump cherchait à entraver la justice, en disant que ce serait à Robert Mueller de le dire.

Le directeur de l'intelligence nationale Dan Coats, le responsable de la National Security Agency (NSA) Mike Rogers et l’ancien directeur adjoint de la NSA Richard Ledgett, ont accepté d'être auditionnés par les enquêteurs de Robert Mueller dès cette semaine, a déclaré le Washington Post. Il a cité cinq personnes informées des demandes de l'équipe de Robert Mueller qui ont parlé sous couvert de l'anonymat.

 

Mark Corallo, un porte-parole de l'équipe juridique de Donald Trump, a dénoncé le rapport du Washington Post, en disant Mercredi 14 Juin 2017 que « la fuite du FBI sur l’information concernant le président est scandaleuse, inexcusable et illégale ».

Les raisons pour lesquelles il attribuait le rapport à une fuite du FBI n’étaient pas claires. Le rapport du Washington Post n'a pas cité le nom du FBI comme étant sa source.

Un porte-parole de l'équipe de Robert Mueller a refusé de commenter, Mercredi 14 Juin 2017.

Moscou a nié la conclusion des agences de renseignement des États-Unis selon laquelle il serait intervenu dans la campagne électorale de l'an dernier pour tenter d’influencer le vote en faveur de Donald Trump.

 

La Maison Blanche a nié toute collusion et Donald Trump s'est plaint à plusieurs reprises de l’enquête, disant que les démocrates refusaient d’accepter sa victoire électorale.

Plusieurs commissions du congrès étudient également la question de la Russie, qui a jeté une ombre sur les premiers mois de la présidence de Donald Trump.

 

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 19:59

 

Rejet d'une motion de censure contre Mariano Rajoy en Espagne (Reuters)

 

Le congrès des députés, chambre basse du parlement espagnol, a rejeté Mercredi 14 Juin 2017 une motion de censure visant le président du gouvernement, Mariano Rajoy.

 

Le texte avait été déposé par le parti contre l'austérité Podemos à la suite d'accusations de corruption visant le Parti Populaire au pouvoir.

 

Cent soixante-dix députés ont rejeté la motion, quatre vingt deux députés ont voté pour et quatre vingt dix sept députés se sont abstenus.

 

Podemos, qui a recueilli un cinquième des voix lors des deux dernières élections législatives, entendait dénoncer l'utilisation présumée par le Parti Populaire de fonds publics et des institutions pour défendre ses propres intérêts au détriment de l'électorat.

 

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 19:42

 

Devant le sénat des Etats Unis, Jeff Sessions dément toute collusion et esquive des questions (Reuters)

 

Le ministre américain de la justice, Jeff Sessions, a qualifié Mardi 13 Juin 2017 de mensonges épouvantables et méprisables les allégations sur son éventuelle collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle américaine de 2016 et il a refusé de décrire ses conversations privées avec le président.

Lors d'une audition publique de près de deux heures et demi, le ministre de la justice et ancien conseiller de campagne de Donald Trump a multiplié les échanges houleux avec les membres démocrates de la commission du renseignement du sénat, qui le pressaient de restituer certaines de ses conversations avec le président.

« Vous avez levé votre main droite ici aujourd'hui et vous avez juré solennellement de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité », a déclaré le démocrate Martin Heinrich, « maintenant vous ne répondez pas aux questions. Vous faites obstruction à cette enquête ».

Le ministre de la justice a refusé de dire s'il avait discuté avec le président de la gestion de l'enquête sur la Russie faite par le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), James Comey, avant son renvoi le 9 mai 2017.

Jeff Sessions s'est déclaré incompétent au mois de mars 2017 dans toutes les investigations en cours ou à venir sur une possible intervention russe dans la campagne électorale, après avoir admis des contacts avec l'ambassadeur russe à Washington.

Alors que les sénateurs tentaient de savoir si Donald Trump avait exprimé une quelconque inquiétude quant à sa décision de se récuser de l'enquête, il n'a pas non plus fourni de réponse.

Les sénateurs l'ont également interrogé en vain sur d'éventuelles discussions au département de la justice sur l'octroi de la grâce présidentielle à des personnes visées par l'enquête.

La communauté américaine du renseignement estime que le Kremlin a tenté d'influencer le résultat de la présidentielle en faveur de Donald Trump, ce que ce dernier dément, tandis que le président américain a réfuté de son côté toute collusion de ses équipes de campagne avec Moscou.

« Je pense que le peuple américain en a assez de l'obstruction. Les américains ne veulent pas entendre que les réponses aux questions pertinentes sont confidentielles », a dit le sénateur démocrate Ron Wyden à Jeff Sessions.

« Je ne fais pas obstruction », a répondu le ministre de la justice, ajoutant que, selon la politique de son département, il ne discuterait pas de ses communications confidentielles avec le président.

Le sénateur indépendant Angus King a interrogé l'assise légale de son refus de répondre, ce à quoi Jeff Sessions a répondu que Donald Trump n'avait pas invoqué le privilège exécutif pour protéger les conversations entre les deux hommes.

Le principe du privilège exécutif permet au président des Etats-Unis de refuser de divulguer des informations à d'autres branches du gouvernement.

« Il serait à mon avis inapproprié que je réponde et que je révèle des conversations privées avec le président, alors qu'il n'a pas eu l'occasion d'examiner les questions et de prendre la décision d'approuver ou non une telle réponse », a-t-il déclaré.

Le président de la commission, le républicain Richard Burr, a demandé au ministre de la justice de solliciter la Maison Blanche, afin de savoir si des responsables pourraient l'autoriser à s'exprimer sur le sujet, notamment par écrit.

Le ministre de la justice était entendu dans le cadre de l'enquête parlementaire sur une possible ingérence des autorités russes afin de favoriser le candidat républicain lors du scrutin du Mardi 8 Novembre 2016.

« Je n'ai jamais rencontré ou eu de conversations avec un quelconque représentant russe ou étranger concernant une quelconque ingérence dans une campagne ou une élection aux Etats-Unis », a déclaré Jeff Sessions.

« Je n'ai eu connaissance d'aucune conversation de ce type par quiconque appartenant à la campagne de Donald Trump », a poursuivi le ministre de la Justice.

« Suggérer que j'ai participé à une collusion ou que j'ai été informé d'une collusion avec le gouvernement russe afin de nuire à ce pays que je sers avec honneur depuis trente cinq ans ou afin d'affaiblir l'intégrité de notre processus démocratique est un mensonge épouvantable et détestable », a-t-il poursuivi.

La déposition du ministre de la justice intervient dans un contexte de rumeurs entourant le possible limogeage du procureur spécial Robert Mueller, désigné au mois de mai 2017 par le département de la justice pour poursuivre de manière indépendante l'enquête conduite par le FBI.

Jeff Sessions a affirmé qu'il ne prendrait aucune initiative visant à remplacer le procureur Robert Mueller. Ce dernier a été désigné par le ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein, qui a été entendu plus tôt dans la journée par les sénateurs.

L'audition de Rod Rosenstein par les sénateurs avait pour but de déterminer le degré d'indépendance dont Robert Mueller dispose dans cette enquête.

« Le directeur Robert Mueller bénéficiera de toute l'indépendance dont il a besoin pour mener l'enquête d'une manière appropriée », a déclaré Rod Rosenstein, ajoutant qu'il fallait oublier les spéculations.

Le numéro deux du département de la justice est désormais le seul habilité à mettre fin à la mission de Robert Mueller.

Juriste de renom et ancien directeur du FBI de 2001 à 2013 après avoir été brièvement ministre adjoint de la justice, Robert Mueller est un fonctionnaire respecté par les élus républicains et démocrates ayant démontré son indépendance à l'égard des différentes administrations qu'il a servies.

Interrogé par la commission du sénat, Rod Rosenstein a estimé Mardi 13 Juin 2017 qu'il n'y avait aucune raison de remettre en cause le mandat de Robert Mueller et il a affirmé qu'il ne prendrait aucune décision en ce sens sans bonne raison.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 19:20

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1950PR-OFRTP?sp=true

 

Le gouvernement tente de clore la polémique avec François Bayrou (Reuters)

 

Le gouvernement s'est efforcé Mercredi 14 Juin 2017 de clore la polémique soulevée par le recadrage du ministre de la justice François Bayrou par le premier ministre Edouard Philippe, en assurant que la situation était pacifiée et semblant exclure tout lâchage du ministre de la justice après le deuxième tour des élections législatives.

Signe de cette volonté de tourner la page de ce premier couac gouvernemental, les deux hommes ont échangé une longue poignée de mains devant les journalistes à l'issue d'un conseil des ministres de plus de trois heures, un record.

« Aujourd'hui la situation est à mon sens totalement pacifiée, il n'y a pas de tensions particulières à l'heure qu'il est », a déclaré le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner lors du compte rendu du conseil des ministres.

« Personne n'est lâché, à commencer par le ministre de la justice et également les autres personnalités qui sont au conseil des ministres », a-t-il dit, dans une allusion à la ministre chargée des affaires européennes, Marielle de Sarnez, également visée par une enquête judiciaire.

Tout en rappelant la règle fixée par le couple exécutif, selon laquelle un ministre mis en examen serait contraint de démissionner, le porte-parole a indiqué que le doute devait profiter à l'accusé.

« Il y aurait conflit d'intérêt entre le poste ministériel de François Bayrou et l'enquête le visant si François Bayrou donnait des instructions sur la situation qui le concerne, nous sommes tous intimement convaincus que ce n'est pas le cas, donc pour moi il n'y a aucun conflit d'intérêt », a dit Christophe Castaner.

Ces déclarations tranchent avec le ton des propos qu'il avait tenus dans la matinée, sur BFM Télévision, où il avait appelé le ministre de la justice à jouer collectif et à se souvenir qu'il n'était plus un simple citoyen, et avec le rappel à l'ordre, Mardi 13 Juin 2017, du premier ministre.

Au coeur de la polémique, l'appel passé par François Bayrou, en tant que citoyen, au directeur de l'investigation de Radio France pour critiquer une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs visant les assistants parlementaires des députés européens de son parti, le Mouvement Démocrate (MODEM).

Loin de faire profil bas, François Bayrou, qui avait déjà revendiqué Mardi 13 Juin 2017 sa liberté de parole, a enfoncé le clou Mercredi 14 Juin 2017 sur Radio Télévision Luxembourg (RTL), en estimant que la responsabilité et la franchise étaient conciliables.

« Il se trouve qu’Edouard Philippe a dit quelque chose que je considère comme absolument juste et je dis quelque chose que je considère comme absolument juste. Et je ne vois pas de contradiction », a-t-il lancé.

« Je ne défie personne, je suis trop détendu pour cela. Je suis persuadé que, au sein d'une équipe politique, il faut avoir de la liberté de parole, il faut qu'il y ait de la vie, il ne faut pas qu'on vive avec la langue de bois », a répété François Bayrou.

A cinq jours du second tour des élections législatives, qui sera suivi d'un remaniement gouvernemental comme le veut l'usage, la question d'un départ de François Bayrou, et d'autres ministres fragilisés par des enquêtes, alimente toutes les spéculations.

À la question de savoir si des ministres pourraient quitter le gouvernement ou changer de poste, l'entourage d'Emmanuel Macron a indiqué que cette décision appartenait au président de la république, sur proposition du premier ministre.

« Mon sentiment, c'est que vous retrouverez certainement la totalité des membres du conseil des ministres qui étaient présents Mercredi 14 Juin 2017 autour de la table », a dit de son côté Christophe Castaner.

François Bayrou, qui se veut le héraut de la morale en politique, est aussi mis à l'épreuve sur le front judiciaire.

Pour la première fois depuis l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les emplois présumés fictifs du MODEM, le porte-parole du gouvernement a évoqué Mercredi 14 Juin 2017 à son endroit la règle qui veut qu'un ministre mis en examen démissionne.

Le ministre a assuré sur RTL que les enquêteurs disposeraient de « tous les éléments de preuve qui permettent de faire un sort à ces accusations », alors que le Canard Enchaîné publie de nouvelles informations compromettantes pour la formation centriste, notamment sur la secrétaire particulière de François Bayrou qui aurait été également embauchée durant deux ans en tant que collaboratrice d'une députée européenne du MODEM.

Son influence désormais se tarit face à l'hégémonie de la République En Marche (REM), qui devrait disposer de la majorité absolue à l’assemblée nationale, Dimanche 18 Juin 2017, sans l'appoint du MODEM, si l'on en croit les projections en sièges des instituts de sondage.

Ces révélations et les tensions avec la presse tombent au plus mal pour le ministre de la justice, qui a présenté Mercredi 14 Juin 2017 en conseil des ministres son projet de loi pour la confiance dans l'action publique.

 

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 18:41

 

http://clubpolitiquebastille.org/spip.php?article196

 

Un tsunami politique

 

Par Charles Jérémie

 

Mercredi 14 Juin 2017

 

C’est une chambre introuvable, un tsunami politique. Ces notes ont été rédigées avant le premier tour des élections législatives et complétées au lendemain.

Non seulement la République En Marche (REM) a la majorité absolue, mais de nombreux rescapés des Républicains lui font allégeance. Le parti de la droite et du centre a vécu. Le Parti Socialiste a disparu.

L’abstention atteint un niveau historique, les chômeurs, les ouvriers, les employés et les jeunes ont boycotté les urnes. C’était écrit.

Le rejet du Parti Socialiste n’a pas d’égal dans l’histoire de la sociale démocratie française et européenne. Le quinquennat de François Hollande lui a évidemment porté le coup de grâce mais, en réalité, l’incurable maladie a été diagnostiquée il y a longtemps, précisément en 1983 sous François Mitterrand. La parenthèse annoncée par celui qui était premier secrétaire, encore trotskiste, Lionel Jospin n’a jamais été refermée.

À dater de ce jour, changer la vie a disparu au profit de l’Europe de Bruxelles. La politique socialiste n’a plus varié, au contraire. Jacques Delors a joué le rôle moteur dans l’élaboration des traités libéraux dotant la commission européenne de pouvoirs quasi-dictatoriaux. De Pierre Mauroy à Lionel Jospin en passant par Laurent Fabius, le Parti Socialiste, associé à Europe Ecologie Les Verts (EELV) ou au Parti Communiste Français (PCF), a mis en œuvre, envers et contre tout, l’Europe libérale. Lorsque les partis bourgeois éprouvaient les pires difficultés politiques à tenir le cap, le Parti Socialiste prenait le relais.

C’est ainsi le gouvernement de Lionel Jospin de cohabitation et de gauche plurielle qui qualifie la France pour l'euro tout en privatisant plus qu'Edouard Balladur, le gouvernement le plus à gauche en Europe déclarait alors le ministre Jean Luc Mélenchon qui a fait applaudir son bilan lors de la campagne électorale cette année. La stratégie libérale de ce gouvernement provoque le premier décrochage historique avec les classes populaires. À la surprise générale, Lionel Jospin est éliminé en 2002 et Jean Marie Le Pen est qualifié au deuxième tour des élections présidentielles de 2002. Ceux qui sont responsable de ce résultat se sont immédiatement mobilisés pour faire voter pour Jacques Chirac contre Jean Marie Le Pen.

Ensuite, le rejet des politiques de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy durant dix-sept ans a, de justesse, qualifié le médiocre techno-libéral François Hollande en 2012. Il n’a même pas fait semblant de combattre la finance, à peine élu, admonesté par Angela Merkel, il a abandonné l’engagement de renégocier les traités européens et de desserrer l’étreinte de l’austérité.

D’emblée avec le Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et pour l'Emploi (CICE), il a mis en œuvre une spectaculaire politique au profit du capital. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait faire plus, le premier ministre Manuel Valls assurant la promotion ministérielle d'Emmanuel Macron, il a mené une politique violemment anti-ouvrière avec la première loi travail. La déchéance de la nationalité, l’utilisation systématique de la police contre les salariés ont provoqué le dégoût et la haine.

Pugnace, la mobilisation des salariés et de la jeunesse a été épuisée et disloquée. Les journées d’actions de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la CGT Force Ouvrière ont fait échouer le mouvement contre les attaques contre les droits ouvriers. Mais cette bataille a détruit le Parti Socialiste, interdisant à François Hollande de se représenter, du jamais vu.

Dans une de ses nombreuses confidences, le président de la république, cynique, a confié aux journalistes que le Parti Socialiste doit se faire hara-kiri. L'objectif est atteint. Rappelons que, en 2007, le Parti Socialiste possédait tous les pouvoirs, l'assemblée nationale, le sénat, la plupart des régions, l’écrasante majorité des départements et des municipalités.

Deux millions d’électeurs ont participé aux élections primaires du Parti Socialiste, autant dire quasiment rien. Encore, la plupart sont-ils venus pour étriller Manuel Valls. Le Parti Socialiste s’est désintégré, Manuel Valls et François de Rugy, s’asseyant sur les engagements, se sont immédiatement ralliés à Emmanuel Macron.

Content de lui, Benoît Hamon a dit des mots de gauche, comme Guy Mollet qui parlait de paix en Algérie et qui faisait la guerre. Donc François Hamon a dit des mots de gauche tout en refusant de rompre avec la politique de François Hollande, revendiquant même une partie du bilan. Sa participation au gouvernement s’est révélée un véritable boulet. Il a été laminé. Avec aux élections législatives la même réaction, un rejet spectaculaire du Parti Socialiste et de ses élus. Car de militants, il n’y en a plus, ni pour préparer les meetings, ni pour y participer. Il faut bien mesurer l’ampleur du rejet et de la haine contre les candidats du Parti Socialiste. La plupart des barons sont balayés.

Dans le Nord, le Pas-de-Calais, la région toulousaine et le Petit Quevilly, le Parti Socialiste disparaît. Ceux qui s’imaginent que, réduit à quia, le Parti Socialiste dans un nouveau costume et avec une nouvelle appellation pourra dans l’opposition se refaire la cerise se trompent. Il n’y a plus de place pour lui dans la vie politique et de cohésion minimum qui autorise une synthèse interne. Il a été trop loin et trop longtemps. Une génération est balayée et épuisée. Restent en région, assiégés, quelques petits bastions qui disparaitront, comme les radicaux ou le PCF. C’est donc une situation inédite. Il n’y a plus ou presque plus d’opposition parlementaire censée défendre et représenter les salariés. Les cartes vont être rebattues.

En créant la REM, Emmanuel Macron a récupéré du Parti Socialiste ce qui lui semblait utile et il a rejeté le reste. Il fallait du neuf, avec de nouveaux acteurs pour une vieille politique ultra-libérale. Emmanuel Macron a réussi son affaire. Il a mobilisé les couches favorisées par la mondialisation. Le Parti Socialiste a depuis longtemps abandonné les prolétaires au profit des bobos et l’ancien banquier a fait tapis sur cet électorat avec talent. Profitant de l’incroyable épisode de François Fillon, il a annexé une partie de la droite et pas la plus sociale. Le premier ministre est un fidèle d'Alain Juppé, l’homme de 1995. Mais le succès d'Emmanuel Macron, amplifié par les médias, est relatif, vingt quatre pour cent des voix au premier tour des élections présidentielles, soit seize pour cent des inscrits, trente deux pour cent des voix au premier tour des élections législatives, ce sont des résultats dans la fourchette basse des élections depuis la création de la cinquième république. Bref, l’apparence est trompeuse. Surtout si nous tenons compte de l’abstention.

La gauche institutionnelle disparaît. La droite est déboussolée entre explosion et recomposition. Emmanuel Macron a bénéficié du ralliement du centre symbolique de François Bayrou pour bâtir sa majorité. Communication, tout est communication. Là-haut, Guy Debord doit rigoler. C’est du spectacle, du bon spectacle.

Emmanuel Macron a donc tous les pouvoirs. Il va s’en servir et vite fait. La crise de la cinquième république a disparu. Quand les salariés sont impuissants à changer la situation, la bourgeoisie, au bout du bout, trouve toujours les solutions. Son véritable parti, ce n’est pas un programme, par définition aménageable, mais c'est l'état. Et Emmanuel Macron l’a reconquis. Il va le nettoyer, le moderniser, le rajeunir, s’assurer de la fidélité des troupes et marcher.

Donc la crise mortelle de la cinquième république, dont on nous a rebattu les oreilles depuis des décennies, est pour l’heure surmontée. Emmanuel Macron a tous les pouvoirs, comme Charles de Gaulle à partir de 1962.

Tous les pouvoirs, c’est compliqué et c'est dangereux. On n’entend plus que sa voix. On se mire dans la glace du pouvoir. Il n’y a pas d’opposition à l'assemblée nationale. Et la presse soumise et servile chante les louanges du Petit Prince. Mais la situation reste fragile.

D’ailleurs, le nouveau président fait attention. Il cherche à déminer le champ social. Il a besoin des syndicats.

Comme toujours, mais plus encore que d’habitude, les appareils syndicaux vont faire le sale boulot. Après la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), Jean Claude Mailly, dont c’est le dernier mandat et qui songe à son avenir, salue la perception sociale du nouveau ministre du travail et il rappelle que les ordonnances sont légales. C’est émouvant. De son côté, Philippe Martinez a tonné, attention, nom de dieu, si on nous cherche, on nous trouvera. Il y aura des cortèges, même le 15 août s’il le faut, des palinodies. Pour la première fois dans l’histoire de la cinquième république, des dirigeants de l’appareil de la CGT Force Ouvrière rejoignent, comme la CFDT, le cabinet d'Emmanuel Macron. Les mêmes jurent les samedis, les dimanches et les jours de fête que l’indépendance est l’alpha et l’omega du syndicalisme.

La lutte pour vaincre le président libéral Emmanuel Macron implique donc de surmonter de très nombreuses difficultés. Les obstacles à franchir sont considérables. Et sauf la jeunesse dont la mobilisation spontanée peut d’un coup tout changer, le salariat aura, pour relever la tête, besoin de conscience, de clarté, de confiance, de courage et probablement de temps, sans oublier une vision politique du destin de la société sur le plan économique, social et urgemment écologique. Ce que les électeurs de Jean Luc Mélenchon cherchaient dans les meetings, ce sont des solutions politiques pour le moyen et court terme.

Nombreux sont les camarades incorrigibles qui appellent déjà à préparer les luttes. Ce sont toujours les luttes finales. Pourtant, l’expérience nous apprend qu’entonner ce refrain ne sert à rien. Des luttes, des grèves et des manifestations, il y en aura, soit pour réclamer de meilleurs plans sociaux, soit pour répondre aux appels rituels des organisations syndicales. Mais la lutte réelle et significative, c’est celle qui sera menée par les salariés eux-mêmes et qui jaillira de la base balayant les confédérations, mais rien de tel n’est prévisible.

Dans le champ de ruines politiques, gisent également les décombres de l’extrême gauche. Laissons le Parti Ouvrier Indépendant (POI) et le Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique (POID) à leurs lambertistes querelles et Lutte Ouvrière à son éternelle vacuité politique. Il reste le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Une mobilisation militante considérable a permis d’obtenir les signatures. Le NPA avait donc un candidat au premier tour des élections présidentielles, un ouvrier révolutionnaire, chapeau bas. Avec le recul, nous pouvons prendre la mesure du résultat. Philippe Poutou a été incapable d’incarner la révolte dormante, le désespoir des précaires, des salariés et des chômeurs, et les préoccupations des combattants. Le candidat du NPA, en fait l’organisation toute entière, n’a été, ni dans le fond, ni dans la forme, en mesure de parler aux millions d’opprimés et à la jeunesse qui s’était mobilisée aux avant-postes contre la loi travail.

Quelle est l'alternative à la barbarie ? Comment nourrir le mouvement spontané et imposer l’unité contre les appareils syndicaux ? Rien, si, pardon, la sortie heureuse du candidat lors d’une émission télévisée contre la corruption de François Fillon. Une petite phrase qui a fait du buzz comme disent les communicants, rien de plus, tout cela pour cela.

« Nous ne pouvons pas laisser les élections changer quoi que ce soit », a déclaré le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble. Les militants devraient y réfléchir, notamment les militants du NPA.

Après le quinquennat de François Hollande, l’élection d'Emmanuel Macron est donc une nouvelle défaite des salariés. Le nier est absurde. Le temps venu, les salariés relèveront la tête, mais le plus probable c’est qu'Emmanuel Macron aura, à la vitesse des ordonnances, fait passer l’essentiel de sa politique. Épuisée par le combat pour faire aboutir la politique du mouvement des entreprises de France (MEDEF) et gangrenée par la corruption, la classe politique dans son ensemble est en voie de renouvellement. Le salariat réagira-t-il ou entrons-nous dans une période de glaciation ? Nul ne peut répondre à cette question. Ce n’est pas la fin du monde mais un nouveau monde politique.

Il est atteint de présidentialisme aigu, c’est la maladie chronique de la cinquième république. C’est Jean-Luc Mélenchon. Il s’est cru qualifié pour le deuxième tour des élections présidentielles. S’exprimant avec majesté à la première personne du singulier devant des salles combles d’où le drapeau rouge avait été chassé au profit du drapeau tricolore, celui des fusilleurs de 1848. La Marseillaise imposée contre l’Internationale qui dénonce dieu, César et les tribuns. À ce prix, Jean Luc Mélenchon a cru vaincre.

Il adore François Mitterrand. Il s'est rêvé en François Mitterrand. Il avoue être fier du bilan du gouvernement de Lionel Jospin. Candidat à Marseille, il a précisé qu’il ne voulait pas détruire le Parti Socialiste, mais le remplacer, refusant par ailleurs l’unité avec le PCF.

C’est à un nouvel âge d’or d’un réformisme nationaliste, keynésien et vaguement anticapitaliste, que le créateur du Mouvement de la France Insoumise (MFI) nous appelle. Un réformisme qui ne se situe pas sur le terrain de classe mais qui oppose le bas et le haut. Et, en haut du haut, il y a Napoléon Bonaparte, Fidel Castro et Hugo Chavez.

Jean Luc Mélenchon, c’est un caudillo franc-maçon. Avec quelques dizaines d’affidés, il décide de tout. Il n'y a pas de discussions, pas de débats, pas de tendances et surtout pas de démocratie. Il parle, vous cliquez. Il déclame, vous applaudissez. Il décide, vous appliquez. Ce centralisme bonapartiste, hérité pour partie de la pire époque de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI), ramène le mouvement ouvrier des décennies en arrière. La vérité est que l’orientation de Jean Luc Mélenchon expulse le peuple et les exploités de la vie politique. L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, ce n’est plus son crédo. Les citoyens doivent voter et les militants doivent appliquer. Cette double obéissance est le marqueur anti-démocratique du fondateur du MFI qui se réduit à un mouvement soumis à sa personne.

Bouffi d’orgueil, annonçant avec certitude qu’il est prêt à présider, puis à gouverner, multipliant attaques ad hominem et injures, Jean Luc Mélenchon a transformé le score remarquable du premier tour des élections présidentielles en bide total aux élections législatives. Le pouvoir personnel finit par lasser. Cela n’enlève rien au succès populaire considérable de sa campagne. D’une manière différente, comme Emmanuel Macron, il a bénéficié d’une situation exceptionnelle. Surfant avec brio sur le rejet du Parti Socialiste, la quasi disparition du PCF et le fiasco total de l’extrême gauche, il a proposé une alternative au peuple de gauche et aux gens. Aux combattants contre la loi travail, il a offert un débouché politique verbal et semé d’illusions parlementaires. Répétons-le, sur ce plan, sa campagne a été une réussite totale. Et s’il avait combattu pour l’unité de candidature au premier tour des élections présidentielles et pour un accord gouvernemental avec Benoît Hamon, il aurait effectivement figuré au deuxième tour des élections présidentielles. D’ailleurs, la bourgeoisie a vraiment eu peur. En France et à l’étranger, elle s’est mobilisée pour le combattre et le discréditer. Un face à face entre Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon eut été, indépendamment du narcisse, un événement politique considérable.

Hélas, le néo-lambertisme a ses limites et l’opportunisme va de pair avec le sectarisme. Son succès l’a proprement enivré. Depuis, imperturbable, il poursuit sur la même ligne, refusant tout accord avec le PCF, EELV et l’extrême gauche et présentant partout des candidats pour peut-être constituer un petit groupe parlementaire et assurer un financement propre à constituer son appareil national. Pour lui c’est l’essentiel.

Après, il proposera un autre gadget politique, le soir du premier tour des élections présidentielles, il évoquait un mouvement humaniste, demain un Front Populaire new look en attendant les élections européennes. L’aventure personnelle continue et c’est triste, d’autant que la situation internationale se tend.

La réunion du groupe des sept a mis en lumière l’opposition entre un Donald Trump imprévisible et les impérialismes secondaires, l’Allemagne en tête. Les américains combattent, font pression et veulent reconquérir les marchés perdus. Mais l’Allemagne n’est pas l’Arabie Saoudite. Emmanuel Macron s’est évidemment allongé, mais Angela Merkel, elle, a fermement répliqué, alors que la situation économique de la Grande Bretagne après le Brexit s’essouffle dangereusement et la défaite des conservateurs ne va rien arranger.

Tout va bien mais la voiture fonce sur la route verglacée. À tout moment, le pilote peut avoir un malaise.

Nous étions convenus d’attendre le résultat des élections pour écrire un texte d’étape du petit Club Politique Bastille (CPB). C’est fait. Essayons collectivement d’aboutir.

 

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