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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 18:40

 

http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20170403.OBS7502/tancrede-ramonet-en-2017-l-anarchisme-s-exprime-a-notre-dame-des-landes-nuit-debout-ou-dans-le-feminisme-pro-sexe-d-ovidie.html

 

En 2017, l'anarchisme s'exprime à Notre-Dame-des-Landes, à Nuit Debout ou avec Ovidie

 

« Il y en a pas un pour cent mais pourtant ils existent ». Ce documentaire sur l'histoire de l'anarchisme prouve que Léo Ferré avait raison et que les anarchistes continuent d'influencer le monde entier.

 

Interview de Tancrède Ramonet par Anne Sogno

 

Dimanche 9 Avril 2017

 

Anne Sogno. Pourquoi faire un documentaire sur l'anarchisme en 2017 ?

 

Tancrède Ramonet. Il n'y a jamais eu de somme sur l'histoire de l'anarchisme, un mouvement multiple et protéiforme. Il existe pourtant de nombreux films sur des sujets précis comme la révolution libertaire en Catalogne ou la bande à Jules Bonnot, mais ces focus ont contribué à l'image d'éparpillement et d'incohérence qui colle à l'anarchisme dans la mémoire collective. Or, ce qui m'a frappé, c'est précisément la cohérence et la continuité du mouvement pendant cent cinquante ans. Nous trouvons des mouvements de lutte en Europe et en Amérique du Nord mais aussi en Afrique, en Asie et au Proche-Orient. Aujourd'hui, l'insurrection laïque, libertaire, anticapitaliste et anti-islamiste qui a lieu au Kurdistan syrien en est une expression. Ce mouvement se réclame d'Abdullah Öcalan, ancien communiste emprisonné en Turquie. Sa théorie du confédéralisme démocratique est elle-même inspirée de Murray Bookchin, un anarchiste écologiste américain, père du municipalisme libertaire et grand inspirateur du mouvement hippie.

 

Anne Sogno. Aujourd'hui, quelles sont les résonances de l'anarchisme dans notre société ?

 

Tancrède Ramonet. J'ai eu envie de faire découvrir aux nouvelles générations cette autre forme de socialisme. Parce qu'il est à l'origine de toutes les grandes conquêtes sociales, bourses du travail, journée de huit heures et nouvelles formes d'éducation, et parce qu'il peut aider à répondre à des questions actuelles, la démocratie directe, les luttes minoritaires et le recours à la violence. On ne prend pas de carte de militant anarchiste, ce qui le définit, c'est sa pratique. Or nous trouvons en 2017 cet esprit dans des mouvements contre les violences policières, pour les migrants avec No Border, à la Zone A Défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes, à Nuit Debout ou encore dans le féminisme pro-sexe d'Ovidie. Il s'exprime aussi dans l'exigence d'une démocratie directe ou dans l'idée de convergence des luttes. Alors que le communisme n'oppose que les travailleurs à la bourgeoisie, l'anarchisme a toujours pointé d'autres formes d'exploitation plus insidieuses, des hommes contre les femmes, des blancs contre les noirs, des pays du nord contre les pays du sud et de l’homme contre la nature.

 

Anne Sogno. Ce documentaire est l'un des éléments d'un projet plus global.

 

Tancrède Ramonet. Le projet comprend aussi le livre de Gaetano Manfredonia, conseiller historique du documentaire, un site internet et un disque du groupe Achab dans la tradition des chansons contre, édité en partenariat avec Arte. Le site s'inspire de la phrase du géographe libertaire Elysée Reclus, « la liberté de penser fait de tous les hommes des anarchistes sans le savoir », et il montre que nous vivons tous les jours des moments anarchistes, en improvisant une partie de football sans arbitre, en prêtant son marteau à un voisin sans faire signer de contrat de location et en n'appelant pas la police quand un enfant vole un bonbon. Nous décidons de règles et nous les modifions, nous sommes capables d'assurer une autorité légitime mais aussi de critiquer une autorité illégitime. Je montre la diversité des parcours anarchistes en amenant les gens à se poser les questions des révolutionnaires. Est-ce que j'utilise la lutte armée ? Est-ce que je pratique l'action individuelle d'éclat ? Ou est-ce que je décide de m'organiser en syndicat ?

 

Anne Sogno. Y aura-t-il une suite à ce film ?

 

Tancrède Ramonet. Arte n'a pas voulu du troisième volet, les réseaux de la colère, qui porte sur la période de 1945 à nos jours. Nous y expliquons pourtant comment l'anarchisme renaît de ses cendres après la seconde guerre mondiale et devient l'inspirateur de toutes les formes de résistance qu'ont été les mouvements hippie, punk, situationniste, Action Directe, le retour à la lutte armée, Black Bloc, ZAD, mouvance anarcho-autonome ou Nuit Debout. Des mouvements épars mais reliés entre eux qui disent, à l'instar du sous-commandant Marcos, que « nous ne voulons pas prendre le pouvoir, nous voulons pouvoir ».

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 16:39

 

LA REVOLUTION RUSSE ET L UKRAINE

 

La revue de l’émancipation syndicale et pédagogique publiait récemment une très longue histoire de l’Ukraine.

 

Vous trouverez ci-dessous les paragraphes relatifs à l’histoire de l’Ukraine pendant la révolution russe.

 

Bernard Fischer

 

Le pays qui voulait exister

 

Au mois de février 1917, la révolution éclate à Petrograd, elle s’étend à tout l'empire russe et elle fait exploser cette prison des peuples que constituait l’empire du tsar. Pour les nationalités opprimées, c'est une opportunité historique pour s’émanciper. Le processus de la révolution sociale se combine alors avec l’aspiration démocratique des peuples à décider de leur propre avenir. Compte tenu de l'extrême diversité des situations, ce processus diffère selon chaque cas et il conduit à des débats complexes et à des évolutions très rapides. C’est le cas de l’Ukraine.

 

Une aspiration trop longtemps refoulée

 

En Ukraine, l’aspiration à constituer une nation a été longtemps refoulée par la plus brutale des répressions. Cette aspiration s’était réfractée dans les premières organisations ouvrières de la seconde moitié du dix neuvième siècle et du début du vingtième siècle. Elle s’est encore exprimée à la veille de la première guerre mondiale. Le 11 mars 1914 à Kiev une manifestation interdite commémorant le poète nationaliste Taras Chevtchenko rassemble des dizaines de milliers de manifestants. Des manifestations ont lieu dans d’autres villes ukrainiennes.

La révolution qui balaie les territoires ukrainiens au mois de février 1917 libère alors une formidable énergie. La question nationale est immédiatement posée. Mais les réponses données à cette question varient selon les organisations et prolongent les débats qui avaient traversé le jeune mouvement ouvrier avant 1917.

Surtout, ce qui rend alors confus les débats, c’est l’extrême rapidité avec laquelle se succèdent, sur le territoire ukrainien ravagé par la guerre puis la guerre civile, des événements de grande ampleur.

 

Du mois de février 1917 au mois d'octobre 1917

 

On retrouve en Ukraine, avec des modulations locales, les mêmes débats et conflits que dans l’ensemble de la Russie, en particulier la lutte entre les réformistes, qui pactisent avec la bourgeoisie et qui refusent de mettre fin à la guerre et d’accorder la terre aux masses paysannes qui la revendiquent, et les révolutionnaires, qui mènent le combat pour la terre et la paix.

Ce débat se combine avec la question nationale, se concrétisant avec l’institution de la Rada. La Rada, le Conseil en ukrainien, créée à Kiev au mois de mars 1917, est généralement présentée comme un parlement bourgeois ukrainien.

Mais par certains traits, au début surtout, cela ressemble un peu à un soviet, avec des délégués d’usines, de quartiers ou d’associations culturelles, plus ou moins contrôlés par des partis. En fait, sa nature est rapidement donnée par sa politique et celle des partis qui y sont majoritaires. Comme le gouvernement provisoire de Petrograd, la Rada refuse de satisfaire l’exigence des paysans qui revendiquent la terre.

Cette Rada centrale est présidée par l’historien Mykhailo Hrushevsky, un nationaliste issu du parti radical ukrainien de 1905 et désormais membre du parti ukrainien des socialistes révolutionnaires (UPSR).

Puis, le gouvernement de Petrograd ignorant la revendication d’autonomie, la Rada proclame, au mois de juin 1917, l’autonomie de l’Ukraine. Il n’est alors pas question d’indépendance.

 

Une palette de groupes et de courants

 

En Ukraine, l’influence directe des deux partis, le parti bolchevik et le parti menchevik, issus de la sociale démocratie russe est d’abord limitée, pour l’essentiel, aux ouvriers d’origine russe embauchés dans l’est de l’Ukraine. Ce qui domine, c’est toute une palette d’organisations ukrainiennes combinant à des titres divers nationalisme bourgeois, politique réformiste de collaboration, politique révolutionnaire, revendications sociales et revendications nationales.

À la Rada siège ainsi un parti proche des mencheviks de gauche internationalistes, le parti ouvrier social démocrate ukrainien (USDRP), avec Volodymyr Vynnytchenko, désigné chef du gouvernement par la Rada. Nous pouvons rattacher à ce courant, dans son aile la plus à droite, le personnage de Simon Petlioura, qui dégénère rapidement.

Il y a aussi des populistes ukrainiens, les socialistes révolutionnaires, ainsi que des sociaux fédéralistes héritiers du populiste Mykhailo Drahomanov. Nous trouvons aussi les représentants de différentes minorités, dont celle des juifs, représentés par le Bund et le Poale Zion. Les anarchistes sont également actifs en Ukraine. Nestor Makhno est libéré de prison par la révolution du mois de février 1917 et il retourne à Gouliaï Polié, dans le sud-est de l’Ukraine, où il organise des paysans armés. Voline peut revenir d’exil au mois de juillet 1917 et il participe à la construction de Nabat, confédération d’organisations anarchistes en Ukraine.

 

Du mois d'octobre 1917 au mois de novembre 1918

 

À la fin de l’été 1917, en Russie, les révolutionnaires deviennent majoritaires dans les soviets. Au mois d'octobre 1917, le gouvernement d'Alexandre Kerensky est chassé et les soviets prennent le pouvoir. Vladimir Lénine signe immédiatement deux décrets, l’un pour l’arrêt de la guerre et l’autre pour l’expropriation des grands propriétaires fonciers. Ceux–ci, avec les débris de l’armée tsariste, lancent la contre révolution armée.

À Kiev, on change alors de fusil d’épaule. La Rada centrale, le 7 novembre 1917, proclame l’indépendance de l’Ukraine que reconnaissent la France et le Royaume-Uni. Cette république populaire ukrainienne est dirigée par Mykhailo Hrushevsky.

Ce retournement est souvent interprété comme une manœuvre pour échapper au nouveau pouvoir soviétique instauré à Petrograd et à Moscou.

En même temps, nous devons prendre en compte le fait que, en Ukraine, le processus de radicalisation s’est développé tout autant qu’en Russie. Lassés d’attendre le partage des terres, les paysans ukrainiens ont multiplié les occupations sauvages des grandes propriétés. L’exigence de la fin de la guerre se fait pressante. Cette radicalisation se traduit par le développement des soviets dans les villes qui concurrencent le pouvoir de la Rada. Le soviet de Kiev forme ainsi, le 22 octobre 1917, un comité révolutionnaire destiné à prendre le pouvoir.

On peut donc aussi lire cette proclamation de la république populaire ukrainienne comme une concession majeure faite aux masses. Il n’en reste pas moins que ce gouvernement de la Rada est un gouvernement bourgeois.

Quant aux bolchéviks, avec l'appui des socialistes révolutionnaires et des sociaux démocrates de gauche, ils organisent un congrès des soviets d’Ukraine qui se tient à Kharkiv au mois de décembre 1917.

Ensuite est constitué un gouvernement, le comité central exécutif d’Ukraine, dirigé par Yevgenia Bosch, une militante appartenant à l’aile luxemburgiste du bolchevisme. Or, ce courant est hostile à ce que soient formés de nouveaux états indépendants.

Dans cette situation de double pouvoir, la Rada en appelle à l’impérialisme allemand, rompant avec ses soutiens français et anglais, et écrase, sous la direction de Simon Petlioura, un soulèvement révolutionnaire à l’arsenal de Kiev.

Quelques jours plus tard, au mois de février 1918, ce même Simon Petlioura, avec la Rada, s’enfuit de Kiev à l’approche de l'armée rouge.

C’est l’armée allemande qui rétablit alors la situation au mois de mars 1918, qui met fin au premier gouvernement des soviets ukrainiens et qui prend le contrôle de Kiev.

Puis, au mois d'avril 1918, les autorités allemandes apportent leur appui à un coup d'état organisé par les hobereaux et l’hetman Pavlo Skoropadsky. Ce chef de guerre entreprend de restaurer les grandes propriétés foncières, provoquant révoltes paysannes et guérillas de partisans rouges et noirs.

 

De 1918 à 1920

 

La défaite, au mois de novembre 1918, de l'empire allemand marque la fin de ce pouvoir fantoche balayé par une insurrection générale.

C’est désormais la guerre civile, exacerbée par l’intervention des puissances étrangères, qui ravage le pays. S'y affrontent quatre forces au moins, les armées blanches d'Anton Denikine soutenues par les armées françaises et anglaises, celles de Simon Petlioura, les cavaliers de Nestor Makhno et les forces soviétiques, sans compter un certain nombre de bandes autonomes.

Les armées blanches, encadrées par d'anciens officiers tsaristes, reçoivent dès la fin de l'année 1918 le renfort des français et des anglais qui débarquent à Odessa et à Sébastopol.

Pendant ce temps, à Kiev, un nouveau gouvernement , le directoire, est constitué par des socialistes, dont l'USDRP. Il est dirigé d’abord par Volodymyr Vynnytchenko, qui démissionne au mois de février 1919, puis il passe sous le contrôle de l’aventurier Simon Petlioura, qui défend les grands propriétaires et qui fait alliance avec des chefs de guerre pogromistes.

La troisième force s’organise dans les territoires historiques des cosaques zaporogues sous la direction de Nestor Makhno. Sur ce territoire, les paysans insurgés organisent des communes autonomes.

Niant l'état, refusant tout pouvoir central, Nestor Makhno tente d’avoir une politique indépendante des armées blanches et de l'armée rouge, quitte à passer desalliances improbables. Durant l’été 1919, il est rejoint par Voline qui devient responsable du conseil militaire insurrectionnel. Voline, plus tard, fera de Nestor Makhno un portrait à la fois élogieux et très critique.

Quant au pouvoir soviétique, il se reconstitue comme république soviétique autonome, dirigé par Iouri Piatakov à partir du mois de novembre 1918.

Il a, dans les villes, le soutien, variable selon les moments, de deux importants partis ukrainiens qui s'affirment révolutionnaires et indépendantistes, les borotbistes, nouvelle appellation des socialistes révolutionnaires de gauche, et les oukapistes, le parti communiste indépendantiste (UKP), l'ancienne gauche sociale démocrate.

L’année 1919 est marquée par la progression des troupes d'Anton Denikine. Ces troupes se livrent à des pogroms, en particulier à Kiev.

D’autres pogroms, plus nombreux encore, sont imputables aux forces de Simon Petlioura.

Puis la situation militaire s’infléchit. Les troupes blanches sont prises à revers par la cavalerie paysanne de Nestor Makhno. Durant l'hiver de 1919 et de 1920, l'armée rouge, qui avait dû se replier à l’est, reprend l’offensive.

Sa progression a été facilitée par des accords militaires passés par Iouri Piatakov avec diverses forces dont celles de Nestor Makhno.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:50

 

L'attentat contre des cars près d'Alep a fait cent vingt six morts (Reuters)

 

Le bilan de l'attentat du Samedi 15 Avril 2017 contre un convoi de cars près d'Alep, dans le nord de la Syrie, a été revu à la hausse, avec au moins cent vingt six morts, a rapporté Dimanche 16 Avril 2017 l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), qui s'attend à ce qu'il s'alourdisse encore.

La défense civile, organisation de secouristes syriens, a déclaré avoir extrait au moins une centaine de corps des lieux de l'attentat, qui a atteint de plein fouet des cars d'habitants chiites attendant de pouvoir entrer dans Alep, sous contrôle gouvernemental, dans le cadre d'un accord d'évacuation.

Parmi les morts figurent surtout des habitants des localités d’al Foua et de Kefraya, situées dans la province d'Idlib, mais aussi des insurgés qui gardaient le convoi, a précisé l'OSDH.

L'attentat, qui selon les médias favorables à Damas a été commis par un kamikaze au volant d'un véhicule piégé, n'a pas été revendiqué pour le moment.

L'attaque a été condamnée par le pape lors de sa bénédiction pascale.

Le pape François a dénoncé un acte ignoble.

La France a également fait part de son indignation. « Les responsables de ces crimes abjects devront rendre des comptes à la justice », a déclaré le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.

Le convoi avait à son bord au moins cinq mille personnes, dont des civils et plusieurs centaines de combattants loyaux au régime de Damas, qui ont pu être évacués de deux villages chiites assiégés par les rebelles.

En vertu de l'accord d'évacuation, plus de deux mille personnes, dont des insurgés, ont obtenu de pouvoir quitter Madaya, ville des environs de Damas assiégée par les troupes du régime et par leurs alliés.

A Damas même, des obus de mortier tirés par les insurgés ont touché dimanche la place des Omeyyades, faisant au moins un mort et plusieurs blessés, a rapporté un organe de communication du Hezbollah, milice chiite libanaise alliée au régime syrien.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:35

 

https://french.palinfo.com/news/2017/4/17/Les-prisonniers-palestiniens-commencent-leur-gr-ve-de-la-dignit

 

Les prisonniers palestiniens commencent leur grève de la dignité

 

Plus de mille cinq cent palestiniens dans les prisons de l'occupation israélienne ont commencé, Lundi 17 Avril 2017, leur grève de la faim intitulée grève de la dignité et de la liberté pour protester contre leur détention prolongée, les conditions difficiles et les violations systématiques de l'administration pénitentiaire contre eux et leurs familles durant les visites.

L'ancien détenu Abdul Rahman Chedid, directeur du bureau des médias des prisonniers, avait déclaré au Centre Palestinien d'Information (CPI) que la grève sera lancée avec la participation de toutes les forces et factions palestiniennes, ce qui indique que la grève commencera à partir de la prison Hadarim pour ensuite gagner d'autres prisons.

Selon des prisonniers, l'administration pénitentiaire sioniste a commencé depuis ce matin une large campagne de transfert des prisonniers grévistes de la faim.

Il est à noter que les prisonniers ont treize exigences pour améliorer leurs conditions à l'intérieur de la prison, ce qui a été rejeté par l'administration pénitentiaire qui a affirmé qu'elle prendrait les mesures nécessaires pour faire briser la grève.

Pour sa part, le comité médiatique de la grève de la liberté et de la dignité a confirmé qu'environ mille cinq cent prisonniers dans les prisons israéliennes ont commencé Lundi 17 Avril 2017 une grève de la faim illimitée, avec la participation de toutes les factions palestiniennes sans exception.

Le comité des médias a souligné que la grève de masse des prisonniers est un droit légitime garanti par les conventions internationales, tout en appelant les organisations de défense des droits de l'homme locaux et internationaux à exercer leur rôle en faisant pression sur la puissance occupante pour répondre aux demandes des prisonniers afin de raccourcir la durée de la grève et respecter les conventions humanitaire et internationales qui protège les prisonniers sous occupation.

Enfin, il a appelé les institutions des droits de l'homme et juridiques internationales à la nécessité d'assumer leur responsabilité et de mettre la pression sur l'ennemi occupant pour répondre aux revendications légitimes des prisonniers palestiniens, améliorer leurs conditions de détention en vertu du droit international et humanitaire, libérer immédiatement tous ceux qui ont purgé leur peine et arrêter la politique de négligence médicale et la détention administrative sans inculpation.

 

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 14:21

 

Les opposants du parti républicain du peuple (CHP) demandent l'invalidation du référendum turc (Reuters)

 

Le vice-président du principal parti d'opposition turc, le CHP, a de nouveau mis en cause Lundi 17 Avril 2017 la légitimité de la victoire du oui au référendum sur l'élargissement des pouvoirs présidentiels et souhaité l'invalidation du scrutin entaché selon lui par de nombreuses irrégularités.

Bulent Tezcan a notamment dénoncé des pressions des autorités sur les électeurs, disant avoir reçu de nombreuses plaintes de personnes qui n'ont pas pu se rendre dans l'isoloir.

« Les votes ont eu lieu en public et ont été comptés en secret », a-t-il accusé alors que le oui est donné vainqueur avec cinquante et un pour cent des voix.

Bulent Tezcan a réitéré les critiques du CHP contre la décision de dernière minute de la commission électorale (YSK) de comptabiliser de bulletins qui n'ont pas été tamponnés par des scrutateurs, jugeant cette initiative contraire à la loi.

Dénonçant un coup de force des autorités électorales, le parti démocratique des peuples (HDP) a pour sa part annoncé avoir porté réclamation contre trois millions de bulletins non tamponnés et souligné que leur invalidation suffirait à changer l'issue du vote.

Le oui l'a emporté avec environ un million deux cent cinquante mille voix d'avance, selon les derniers décomptes officieux. Le HDP dit avoir relevé des divergences entre les chiffres publiés par la commission électorale (YSK) et ses propres décomptes dans des centaines de bureaux de vote.

Le président de l'YSK, Sadi Guven, a défendu Lundi 17 Avril 2017 sa décision de comptabiliser tous les bulletins en écartant toute tentative de manipulation des résultats et en affirmant que le cas s'était déjà produit par le passé.

« Pour le moment, il n'est pas possible de dire combien de bulletins sont concernés », a réagi Bulent Tezcan.

« C'est pourquoi la seule décision qui mettrait fin au débat sur la légitimité du scrutin et qui apaiserait les inquiétudes des gens serait l'annulation de cette élection par l'YSK », a-t-il insisté.

Si les autorités électorales ne donnent pas suite aux plaintes déposées par le CHP, a prévenu son vice-président, le parti d'opposition saisira la cour constitutionnelle turque, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ou toute autre autorité compétente.

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 17:05

 

Des manifestants réclament les déclarations d'impôts de Donald Trump (Reuters)

 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé Samedi 15 Avril 2017 à New York, à Los Angeles et dans plus de cent cinquante villes américaines pour exiger la publication des déclarations d'impôts de Donald Trump, ce que le président américain refuse de faire contrairement à tous ses prédécesseurs depuis plus de quarante ans.

Environ cinq mille personnes, selon un décompte de Reuters, se sont rassemblées pour cette Tax March dans le Bryant Park de Manhattan, d'où ils devaient rejoindre Central Park, et le même nombre environ s'est réuni à Los Angeles.

A Washington, quelque mille cinq cent personnes se sont regroupées devant le Capitole, où plusieurs élus se sont adressés à la foule, qui s'est ensuite dirigée vers le Lincoln Memorial.

Le sénateur démocrate de l'Oregon Ron Wyden, membre de la commission des finances de la chambre haute, a déclaré que Donald Trump ressemblait à un « adolescent essayant de cacher un mauvais bulletin de notes ».

Les manifestations se sont déroulées dans le calme alors que, en parallèle, des échauffourées ont opposé militants pour et contre Donald Trump dans un parc à Berkeley, où neuf personnes ont été interpellées.

Donald Trump a refusé à plusieurs reprises de publier ses déclarations d'impôts qui pourraient préciser la réalité de ses revenus ou liens d'affaires.

Au mois de septembre 2016, il affirmait sur ABC News que personne ne s'en préoccupait à l'exception de certains membres de la presse.

Selon les organisateurs de la Tax March, qui espèrent jusqu'à cent mille manifestants au total, l'appel à manifester est venu d'un tweet diffusé après la manifestation géante pour les droits des femmes le 21 janvier 2017 au lendemain de l'investiture du milliardaire à la Maison Blanche.

« Donald Trump affirme que personne ne se préoccupe de ses impôts. La prochaine grande manifestation devrait être une journée des impôts pour prouver qu'il a tort », écrivait le satiriste Frank Lesser sur son compte, un tweet rediffusé plus de vingt et une mille fois.

La date du Samedi 15 Avril 2017 a été choisie car elle correspond généralement à la date butoir pour déclarer ses impôts aux Etats-Unis, même si elle a été repoussée cette année au Mardi 18 Avril 2017.

Dans un sondage publié Mardi 4 Avril 2017 par l'université de Quinnipiac, plus des deux tiers des personnes interrogées jugeaient que le locataire de la Maison Blanche devait publier ses déclarations d'impôts.

La Maison Blanche n'a pas fait de commentaire sur ces manifestations.

Quelques informations ont été tout de même diffusées sur les impôts payés par Donald Trump. Au mois d’octobre 2016, le New York Times a rapporté que le futur président américain avait déclaré une perte de neuf cent seize millions de dollars en 1995.

Au mois de mars 2017, la chaîne de télévision MSNBC a dit s'être procuré deux pages de déclarations fiscales de 2005 montrant que le président américain avait payé cette année-là trente huit millions de dollars d'impôts et déclaré plus de cent cinquante millions de dollars de revenus.

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:45

 

http://www.placegrenet.fr/2017/04/14/bibliotheques-petition-citoyenne-va-relancer-debat-conseil-municipal-22-mai/133004

 

Bibliothèques de Grenoble, une pétition citoyenne va relancer le débat au conseil municipal du 22 mai 2017

 

Par Séverine Cattiaux

 

Le collectif Touchez Pas à Nos Bibliothèques (TPNB) a remis Vendredi 14 Avril 2017 une épaisse liasse de formulaires réunissant trois mille cent cinquante neuf signatures complètes avec les adresses, les numéros de téléphone et les mails de leurs auteurs.

Cette pétition citoyenne ayant atteint les deux mille signatures requises, elle ouvre le droit d’interpeller les élus.

Le collectif devrait donc intervenir lors du conseil municipal du 22 mai 2017. Coup de théâtre, la ville de Grenoble dévoile en fin de journée, dans un communiqué, que le préfet demande la suppression de ce droit d’interpellation.

Aux trois mille cent cinquante neuf signatures de grenoblois avec mail, adresse et téléphone, recueillies par le collectif TPNB et transmises Vendredi 14 Avril 2017 à la ville, s’ajoutent mille deux signatures enregistrées sur le site dédié. 

Au total, la pétition des opposants à la fermeture des bibliothèques Prémol et Hauquelin et pour le maintien de la bibliothèque Alliance aura réuni quatre mille cent soixante et une signatures identifiables de grenoblois en quatre mois dont quasiment un mois de vacances, précisent les pétitionnaires. Ces derniers auraient, par ailleurs, bien voulu que la ville puisse prolonger la pétition citoyenne en ligne.  

« Ce n’est techniquement pas possible de vérifier les signatures et, en même temps, de poursuivre la pétition », leur a-t-on fait savoir Vendredi 14 Avril 2017. Les services de la ville s’accordent désormais un mois au maximum pour procéder à la vérification des signatures par tirage au sort. « Nous nous y sommes pris suffisamment à l’avance dans le dépôt de la pétition citoyenne pour pourvoir intervenir au conseil municipal du 22 mai 2017 », assure Philippe, l’un des militants du collectif.

Le collectif a demandé à rencontrer des élus d’ici le 22 mai 2017 afin de préparer le débat qu’il souhaite constructif. Régis, militant du collectif, trouve tout de même sidérant que « le maire Eric Piolle ne nous ait jamais reçus. Ce sera donc une occasion unique de reparler des bibliothèques en conseil municipal, de trouver des solutions ensemble et de sortir par le haut ».  

Le collectif caresse l’idée que la ville aura tiré les leçons de la précédente interpellation qui portait sur le stationnement. Les échanges en conseil municipal avec les pétitionnaires d’alors n’avaient pas réellement fait progresser le débat. 

S’en était suivie une votation citoyenne au mois d’octobre 2016, laquelle s’est soldée « par une situation où personne n’est satisfait », observe Régis. A la différence des bibliothèques, l‘opposition de gauche s’était emparée du sujet du stationnement pour avoir finalement gain de cause, tout au moins sur l’objet de sa contestation.     

La ville s’est fendue d’un communiqué, Vendredi 14 Avril 2017, en fin de journée, afin d’acter la réception de cette nouvelle pétition citoyenne, preuve que les grenoblois « reconnaissent ainsi l’utilité de ce dispositif » dont elle est l’instigatrice. Sur la teneur des échanges du 22 mai 2017, la ville invite les pétitionnaires « à présenter leur proposition aux élus et à échanger avec eux ».  

Le maire ou la maire adjointe à la culture devraient quant à eux saisir l’occasion de cette confrontation pour « approfondir le débat sur l’avenir du réseau des bibliothèques à Grenoble et les enjeux de lecture publique », fait savoir le communiqué.  

Que pourrait-il se produire lors du conseil municipal du 22 mai 2017 ?

Que le maire de Grenoble, Eric Piolle, et Corinne Bernard, maire adjointe à la culture, décident, tout compte fait, de rouvrir les bibliothèques Prémol et Hauquelin et de maintenir la bibliothèque Alliance en l’état après avoir examiné, ou pas d’ailleurs, d’autres possibilités de réduction budgétaire ?  

Ce scénario est très peu probable. Interviewée par Place Grenet, Corinne Bernard, maire adjointe à la culture, motivait déjà son refus d’un moratoire, « nous ne pouvons pas arrêter nos projets, ne plus rien faire et attendre ». Les bibliothèques Prémol et Hauquelin sont donc désormais vidées de leurs livres et de tout matériel et leurs locaux sont prêts à servir à d’autres usages dans les semaines qui viennent.  

Quant à la bibliothèque Alliance, les agents procèdent actuellement à un tri afin d’en déménager une partie. La concertation, bien que contestée, autour de la conversion d’Alliance en troisième lieu est désormais terminée. La fermeture de la bibliothèque du quatrième secteur est prévue au premier juillet 2017 pour cause de travaux et rouvrira début 2018 avec un fonctionnement différent.  

La question de la réouverture des bibliothèques sera donc certainement renvoyée à la votation citoyenne du mois d’octobre 2017.    

Vers la fin du dispositif d’interpellation ?    

Coup de théâtre, le droit d’interpellation expérimental qui permet aux collectivités d’être en avance sur leur temps serait sérieusement dans le collimateur de la préfecture de l’Isère, selon Pascal Clouaire, maire adjoint à la démocratie locale.  

« Le préfet nous demande de retirer le dispositif, estimant que le maire accorde un pouvoir excessif aux pétitionnaires sur l’ordre du jour du conseil municipal, que le seuil de signatures est trop faible et que ce droit ne devrait être ouvert qu’aux électeurs inscrits sur les listes électorales ».  

La préfecture a d’ailleurs saisi le tribunal administratif le 21 mars 2017.

Le maire adjoint compte, pour sa part, porter la question au niveau national.

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 16:16

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/14/eric-piolle-je-voterai-melenchon-pour-encourager-le-rassemblement-de-la-gauche_5111523_4854003.html

 

Eric Piolle votera pour Jean Luc Mélenchon pour encourager le rassemblement de la gauche

 

Eric Piolle, maire d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) de Grenoble, depuis 2014, annonce au Monde qu’il votera pour Jean-Luc Mélenchon, Dimanche 23 Avril 2017, au premier tour des élections présidentielles.

 

Interview d'Eric Piolle par Alain Beuve Méry

 

Alain Beuve Méry. Pourquoi appelez-vous à voter en faveur de Jean-Luc Mélenchon ?

 

Eric Piolle. Je voterai en faveur de Jean-Luc Mélenchon pour encourager le rassemblement de la gauche, des citoyens et des écologistes. J’ai la conviction qu’il existe en France une majorité culturelle, citoyenne, solidaire et écologiste. Il s’agit même d’une majorité puissante qui porte en elle une haute idée de la France et qui ne se reconnaît ni dans la course à la cupidité, ni dans l’ultra libéralisme. Pour cette majorité de citoyens, les plus fragiles sont les premières victimes des désordres environnementaux. Or cette majorité qui passe par la transmission entre les générations est clairement orpheline. Elle ne se retrouve pas dans le paysage politique actuel bloqué par les réflexes d’appareils qui empêchent l’émergence de la nouveauté et qui enferment tous les débats publics dans des postures stériles.

 

Alain Beuve Méry. A Grenoble, vous dirigez la ville avec des soutiens de Jean-Luc Mélenchon, mais votre prise de position n’entre-t-il pas en contradiction avec le choix fait par EELV de soutenir Benoît Hamon ?

 

Eric Piolle. Je ne crois pas que cela soit un souci. A l’origine, je me suis battu pour la candidature d’une quatrième personne au premier tour des élections présidentielles, parce qu’il était évident pour tous que ni Jean-Luc Mélenchon ni Benoît Hamon ne se retireraient. Nicolas Hulot qui a voté en 2012 pour Jean-Luc Mélenchon aurait pu être cette personne, mais cela n’a pas été possible. Au mois de janvier 2017, Benoît Hamon a remporté les élections primaires du Parti Socialiste sur une envie de clarification nette de la ligne politique, en décalage complet avec l’appareil du Parti Socialiste. EELV a eu la maturité politique de donner la priorité au projet et d’acter ce processus de clarification, car Benoît Hamon incarne ce refus d’une ligne sociale libérale. Tout cela était attendu depuis 2002 et tout cela est plutôt positif mais, aujourd’hui, ni le Parti Socialiste ni Benoît Hamon ne sont en mesure de fédérer cette majorité culturelle que je défends.

 

Alain Beuve Méry. N’allez-vous pas provoquer des remous ?

 

Eric Piolle. J’ai prévenu du travail que j’ai fait pour fédérer cette majorité en articulant progrès social et volontarisme écologique, Jean-Luc Mélenchon est le plus à même de cristalliser cette majorité culturelle et ainsi d’accéder au second tour des élections présidentielles. L’écologie est le socle commun de cette nouvelle majorité et elle sera le trait d’union de ce nouveau rassemblement à venir. Il y a là quelque chose de solide qui fait que Jean-Luc Mélenchon n’est plus le candidat d’un camp. Il devient le candidat de cette majorité culturelle qui veut le changement.

 

Alain Beuve Méry. Quelles sont vos attentes pour ce scrutin et ses suites ?

 

Eric Piolle. Nous avons l’opportunité pour les élections législatives de ne pas rejouer les rendez-vous manqués des élections présidentielles de 2012. Les retrouvailles sont à portée de main. Cela passe par une nouvelle alliance avec la société civile. L’envie est là. Il faut dépasser les étiquettes. C’est le sens de mon engagement politique. On construit d’abord un projet. Il ne suffit pas de gérer l’effondrement du système actuel. Je me bats contre le conservatisme thatchérien et réactionnaire de François Fillon, le repli sur soi de Marine Le Pen et la caricature du système social libéral d’Emmanuel Macron qui essaie de freiner son effondrement.

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 15:49

 

https://www.ensemble-fdg.org/content/le-risque-dune-defaite-totale

 

Le risque d'une défaite totale

 

Par Laurent Lévy

 

Samedi 15 Avril 2017

 

Pour résumer les choses que je voudrais développer un peu et en forçant à peine le trait, je dirais que, si Jean-Luc Mélenchon n'est pas élu, ce qui demeure une hypothèse à tout le moins pensable, notre défaite sera totale.

En l'état des enquêtes d'opinion et des échos de campagne, il semble acquis que quatre candidats sont dans un mouchoir de poche aux alentours de vingt pour cent des intentions de vote.

La situation est donc ouverte. Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon ou Jean Luc Mélenchon, deux de ces candidats seront présents au second tour. Toutes les combinaisons des trois premiers sont des catastrophes absolues. On peut penser comme moi que les trois autres hypothèses, qui opposent Jean Luc Mélenchon à l'un ou l'une des autres, sont à bien des égards des catastrophes relatives, mais le choix est malgré tout vite fait. Car ce relatif là est énorme. Cela impose un certain esprit de responsabilité, si l'on pense que le mieux serait quand même à l'évidence de n'élire ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen, ni François Fillon.

Si je tiens la stratégie de Jean Luc Mélenchon, son discours et beaucoup de ses positionnements divers comme profondément délétères, si je pense qu'il constitue désormais un obstacle à la construction d'une gauche d'alternative et si donc je le considère comme un adversaire stratégique, il n'est pas pour autant un adversaire tout court, au même titre ou de la même manière que le sont les trois autres qui nous promettent des régressions sociales sans précédent.

Les camarades, qu'ils soient d'Ensemble ou d'ailleurs, qui ont de longue date fait le choix du Mouvement de la France Insoumise (MFI) et de Jean-Luc Mélenchon sont portés à dire aujourd'hui que la suite des événements leur a donné raison. Nous pouvons les comprendre.

Jean-Luc Mélenchon a gagné son premier pari et est en position d'en gagner un second, qu'il n'aurait sans doute pas osé prendre lorsqu'il a déclaré sa candidature. Le premier pari est qu'il est d'ores et déjà en position dominante dans la gauche antilibérale, quand bien même il se refuse désormais à se définir comme de gauche. Le second pari est qu'il n'est pas exclu qu'il parvienne au second tour des élections présidentielles et qu'il l'emporte.

Sa remontée fulgurante dans les enquêtes d'opinion est assurément une chose que je n'ai pas anticipée. Il y a une semaine encore, l'hypothèse qu'il parvienne au second tour me semblait invraisemblable, comme d'ailleurs à beaucoup de celles et ceux qui faisaient depuis des mois et des semaines sa campagne. Nous n'avons pas su lire dans le marc de café.

Mais cela ne me semble pas invalider les réserves, les oppositions et les raisons de refuser certains des choix essentiels de sa campagne.

Ni conduire à estimer rétrospectivement qu'il fallait favoriser et accompagner son installation en position dominante.

Le succès qu'il rencontre et que, élu ou non, il a déjà acquis est-il le résultat de ces positionnements contestables ? L'a-t-il obtenu du fait de ses choix ou malgré eux ? Ce sont des questions qu'il faudra bien envisager et la première hypothèse est celle qui devrait susciter le plus d'inquiétude. Il est quoi qu'il en soit hors de doute que, si l'on apprécie une politique à ses seuls effets électoraux, celle de Jean-Luc Mélenchon ne manque pas d'efficacité. Mais la question de savoir pour quoi votent ses électrices et électeurs en votant pour lui est moins simple. Ainsi, si l'on considère son programme, il comporte un grand nombre de mesures dont il serait appréciable qu'elles remportent l'adhésion. Mais dans la mesure où elles sont emmiellées dans le fatras de l'indépendantisme français et du folklore qui lui est lié, il est difficile de juger de ce qui marche dans cette histoire. On peut certes dire que le discours sur la patrie républicaine n'est, avec les pratiques correspondantes, qu'un accessoire anecdotique composé de formules qu'il ne faut pas détacher de leur contexte, mais la vérité est qu'il est au cœur de la structure même du programme de l'avenir en commun et que c'est précisément ce discours tricolore qui est le contexte des mesures proposées et non l'inverse.

Le succès électoral est une chose, la stratégie de rassemblement pour une alternative émancipatrice en est une autre. Nous ne pouvons pas confondre stratégie et tactique et le fait que cela marche ne signifie pas que c'est bien. Marine Le Pen et Emmanuel Macron aussi, cela marche.

Mais savoir ce qui marche quand cela marche est une vraie question. C'est l'une des questions de l'hégémonie.

Or, à mettre en avant les thèmes idéologiques des autres, c'est l'hégémonie des autres que nous prenons le risque de construire ou de conforter, quelle qu'en soit la traduction électorale immédiate. La confusion profite toujours à l'idéologie dominante. Toute victoire et singulièrement toute victoire électorale comporte un risque d'illusion, celui d'une victoire à la Pyrrhus, sur laquelle nous ne pouvons rien construire.

Il y aura par ailleurs un troisième tour aux élections présidentielles avec les élections législatives, dont nous ne pouvons pas dire qu'elles se présentent au mieux. Sur quelle majorité s'appuierait un Jean Luc Mélenchon élu président de la république ? Nous avons beau ne pas être au bout de nos surprises, il semble difficile d'imaginer que ce serait sur une majorité insoumise. A supposer qu'une dynamique présidentielle nous préserve d'une vague bleu-blanc-brun de droite lors de ce troisième tour, il n'y aura au mieux qu'une majorité comportant nombre de députés dont le caractère de gauche prête à discussion. Il y aura une grande instabilité politique, donc, nécessairement sensible aux mouvements de l'opinion et aux mouvements sociaux. Et la situation sera bien pire, même si elle est tout aussi confuse et instable, si, hypothèse que nous ne pouvons pas exclure, Jean-Luc Mélenchon n'est pas élu. Mais dans tous les cas, elle sera un moment privilégié pour l'action politique et elle sera pour nous le moment de grandes responsabilités.

C'est d'autant plus vrai qu'il ne suffit pas de disposer de vingt cinq pour cent d'un électorat de premier tour ni même de cinquante et un pour cent d'un électorat de second tour, dont la moitié aura voté par défaut, pour engager une révolution démocratique ou citoyenne. Il y faut la puissance hégémonique de larges masses et d'intenses luttes sociales, politiques et idéologiques, dans lesquelles se construit la claire conscience des chemins de l'émancipation qu'elle suppose.

Nous y préparer, tout en agissant dans le cadre des scrutins immédiats, c'est d'abord nous attacher à reconstruire, avec toutes les forces et courants disponibles de la gauche politique et du mouvement social, une gauche d'alternative à vocation majoritaire, dans laquelle le MFI a bien sûr sa place, mais dont il ne saurait être le centre ou le creuset. Même si la crise des formes classiques de la politique peut à bien des égards constituer une bonne nouvelle, la déliquescence de toutes les forces organisées de la gauche et la tabula rasa recouverte d'un extraordinaire confusionnisme populiste, bonapartiste et national-républicain, construit au fil des derniers mois par Jean-Luc Mélenchon et son équipe ne sera pas notre meilleur atout.

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 19:52

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/04/13/en-turquie-la-justice-harcele-a-plein-regime_1562646

 

En Turquie, la justice harcèle à plein régime

 

Par Hala Kodmani, envoyée spéciale de Libération à Istanbul

 

Jeudi 13 Avril 2017

 

Accusations de terrorisme et d’insulte au président, au-delà des suspensions et des arrestations tous azimuts, la machine judiciaire condamne à la pelle les opposants à Recep Tayyip Erdogan et le référendum du Dimanche 16 Avril 2017 pourrait encore renforcer la mainmise du pouvoir exécutif.

Ils sont quelques dizaines à faire le pied de grue devant l’imposant bâtiment moderne du palais de justice d’Istanbul. Dos contre une barrière métallique et encadrés par un cordon de policiers, des militants démocrates sont venus soutenir l’un des leurs, un professeur d’anglais à l’université d’Istanbul. « Nous nous retrouvons ici régulièrement depuis l’été dernier », indique Ali, un étudiant qui attend avec ses camarades et professeurs la sortie de l’audience.

« Nos agendas sont maintenant remplis de dates de procès au lieu de rendez-vous amicaux ou amoureux », plaisante le jeune homme. Le prévenu du jour est jugé pour insulte au président. L’accusation exhumée du code pénal par Recep Tayyip Erdogan depuis son élection à la tête du pays au mois d'août 2014 a conduit des milliers de turcs devant les tribunaux. Le président turc pourrait bientôt imposer bien plus ses lois si le oui l’emporte au référendum du Dimanche 16 Avril 2017.

La réforme constitutionnelle sur laquelle les électeurs doivent se prononcer prévoit en effet un renforcement considérable des pouvoirs du chef de l'état. Celui-ci pourra notamment nommer et révoquer seul ses ministres tandis que le parlement n’aurait plus le droit de censure du gouvernement. Recep Tayyip Erdogan aurait même la possibilité de se représenter aux élections présidentielles pour deux nouveaux quinquennats successifs pour rester à la tête du pays jusqu’en 2029.

Le chef de l'état aura également la mainmise sur le pouvoir judiciaire en nommant douze des quinze membres de la cour constitutionnelle et six des treize conseillers du haut conseil chargé de désigner les juges et les procureurs.

L’indépendance de la justice, garantie par la constitution turque, n’était déjà plus qu’une illusion. Depuis l’affaire de corruption mettant en cause des membres de la famille de Recep Tayyip Erdogan en 2013, le pouvoir exécutif a pris le contrôle du conseil supérieur de la justice chargé de la nomination des magistrats. Ces derniers voient leur association indépendante, YARSAV, également dissoute. Au printemps 2016, des dizaines de magistrats ont été révoqués, des centaines ont été suspendus et des milliers ont été déplacés. Le conseil supérieur annonçait une purge de cinq mille magistrats sur quinze mille.

La machine répressive s’est emballée depuis l’instauration de l’état d’urgence au mois de juillet 2016, relayée par une justice de plus en plus aux ordres.

« Le système judiciaire est contrôlé par le gouvernement, qui nomme tous les cadres de la justice, procureurs, juges et magistrats », confirme Erol Onderoglu, correspondant de Reporters Sans Frontières (RSF) en Turquie depuis 1996.

Poursuivi lui-même au mois de juin 2016 pour propagande terroriste, le défenseur de la liberté de la presse est un habitué des tribunaux d’Istanbul. Ces derniers mois, il ne se passe pas une semaine sans qu’il se rende à une audience en soutien à l’un ou l’autre des journaux ou journalistes en procès.

« Avant, c’était les gulenistes, fortement présents dans l’appareil judiciaire, qui manipulaient les dossiers pour raisons politiques », dit-il. « Depuis l’épuration de l’été dernier, ils ont été remplacés par des cadres judiciaires du parti de la justice et du développement (AKP), le parti de Recep Tayyip Erdogan. Mais ces jeunes recrues sont souvent incompétentes et c’est parfois tragi comique d’observer leur méconnaissance des procédures pendant les audiences ».

Bien avant le référendum, le tour de vis sécuritaire et la répression des libertés ont connu une escalade depuis la tentative de coup d’état. La machine judiciaire turque tourne à plein régime, en accompagnement des purges, des arrestations et des suspensions massives parmi les fonctionnaires, les intellectuels et les organisations de la société civile.

Dans les tribunaux débordés des principales villes du pays, de nouvelles chambres spécialisées dans les affaires de terrorisme ont été ouvertes. Des procès collectifs se sont déroulés ces derniers mois, à l’instar, à la fin du mois de février 2017, de celui des trois cent trente soldats accusés de liens présumés avec la tentative de putsch imputée par Ankara au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis. Pour la plupart membres d’une école d’officiers militaires, ils risquent chacun plusieurs peines de prison à vie. D’autres détenus comparaissent en groupe, dont une vingtaine de journalistes à la fin du mois de mars 2017. « Le harcèlement judiciaire ne date pas de l’été 2016 », fait valoir Yasemin Oz, avocate à Istanbul. « Pour les défenseurs des libertés, les journalistes et les universitaires, les accusations de terrorisme pour délits d’expression n’ont cessé de se multiplier, surtout depuis le mouvement du parc Gezi en 2013 ». Ces manifestations, qui avaient commencé pour la défense d’un espace vert au centre d’Istanbul, avaient évolué en mouvement d’opposition à la politique de Recep Tayyip Erdogan à travers tout le pays. « Les procès politiques durent des années. De nouvelles accusations s’ajoutent au fur et à mesure de la procédure, alimentées par de nouveaux arguments ou preuves telles un article de presse ou des propos prononcés dans un lieu public, voire un post sur les réseaux sociaux », indique l’avocate.

Syndicaliste et défenseur des droits de l’homme, Osman Isci est, lui, pris depuis cinq ans dans les filets de la machine judiciaire turque. Il est arrêté la première fois au mois de juin 2012 à Ankara par une unité antiterroriste de la police et détenu avec vingt sept autres de ses collègues syndicalistes. « J’ai passé dix mois en prison sans avoir la moindre idée de mon crime », nous écrit Osman Isci dans un courriel.

« Le procureur ayant classé mon cas comme confidentiel, mes avocats et moi ne pouvions savoir quelles étaient les preuves retenues contre moi. J’ai juste eu l’occasion de me déclarer non coupable ».

Au huitième mois de détention, l’acte d’accusation enfin publié pointe le soutien à une organisation terroriste, l’union des communautés du Kurdistan (KCK), considérée comme la branche urbaine du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L’allégation semble s’appuyer sur des écoutes de certaines réunions du syndicat des travailleurs du secteur public de l’éducation et des sciences, auquel appartient effectivement Osman Isci, assistant de recherche à l’université. C’est ce que conclut l’association de droits Euromed Rights, qui a suivi l’affaire. L’origine du soupçon est que certains participants à une réunion auraient proposé que les documents du syndicat soient traduits en plusieurs langues, dont le kurde. Libéré après une première audience au mois d’avril 2013 devant le haut tribunal pénal d’Ankara, le syndicaliste reste suspendu à une décision de justice qui ne vient toujours pas. « Aucune avancée depuis cinq ans. Je n’ai pas été condamné, mais je reste accusé. Des articles de presse continuent de me présenter comme terroriste », observe-t-il.

Entre-temps, son université a pris le relais par des enquêtes administratives internes. « Ma situation s’est aggravée, surtout avec l’instauration, au mois de juillet 2016, de l’état d’urgence. Je reste suspendu de mon poste de fonctionnaire, ce qui signifie que je perçois deux tiers de mon salaire et que je suis interdit de voyage. C’est moins grave que pour des centaines de mes collègues, qui ont été carrément licenciés de la fonction publique et privés de passeport. Mais je continue de subir un harcèlement judiciaire pendant que toutes mes activités sont surveillées, y compris cet entretien ».

Aucun cas d’acharnement de la justice en Turquie n’atteint toutefois le record de l’affaire Pinar Selek. La sociologue qui a fait des recherches sur les mouvements kurdes et arméniens a été arrêtée pour terrorisme au mois de juillet 1998. Elle apprend alors à la télévision qu’elle est accusée de complicité pour un attentat commis sur le marché des épices d’Istanbul, après les aveux d’un témoin extorqués sous la torture.

Détenue pendant plus de deux ans, Pinar Selek est libérée sous caution. De cour pénale en cour pénale, puis de cassation, elle a été acquittée quatre fois. Mais la décision a été révoquée à quatre reprises, la dernière en date du 25 janvier 2017. Le procureur général de la cour suprême turque a fait appel de la quatrième décision d’acquittement prononcée en 2014 sans nouvelle preuve, ni nouvel élément. Il a demandé une condamnation à perpétuité de l’universitaire, par contumace, puisque Pinar Selek, quarante sept ans, s’est réfugiée en France depuis 2011. « Le cas unique de Pinar Selek, qui dure depuis dix-neuf ans, a atteint la majorité l’an dernier », plaisante Yasemin Oz, qui a été son avocate à Istanbul. « Même Kafka n’aurait jamais imaginé une situation aussi aberrante que dans la Turquie d’aujourd’hui ». Aujourd'hui enseignante à l’université Sophia-Antipolis de Nice, Pinar Selek, qui a publié plusieurs livres traduits en français sur la Turquie, se considère victime de torture judiciaire. Son cas est en effet inédit dans les annales de la justice mondiale.

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