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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:33

 

Les démocrates américains choisissent Tom Perez pour diriger le parti (Reuters)

 

Le parti démocrate, en pleine crise depuis son échec aux élections américaines, a porté Samedi 25 Février 2017 à sa tête Tom Perez, ancien secrétaire au travail de l'administration de Barack Obama, pour mener la lutte politique contre Donald Trump et les républicains majoritaires au congrès.

Les membres du comité national démocrate, chargé de promouvoir les idées du parti et de coordonner ses collectes de fonds et sa stratégie électorale, ont choisi Tom Perez au second tour de scrutin.

Ce fils d'immigrés dominicains a été préféré à Keith Ellison, soutenu par Bernie Sanders et l'aile gauche du parti. Il a obtenu deux cent trente cinq voix et son adversaire a obtenu deux cent voix.

Appuyé par des ténors de l'administration de Barack Obama, comme l'ancien vice-président Joe Biden, Tom Perez aura pour lourde tâche de rajeunir et de réunifier le parti qui est sorti profondément divisé de la lutte entre Hillary Clinton et Bernie Sanders pendant les élections primaires en vue de l'élection présidentielle.

Le comité national démocrate a été vivement critiqué pour avoir favorisé Hillary Clinton et va devoir se réconcilier avec sa base pour organiser une résistance efficace face à Donald Trump et aux républicains.

« Nous souffrons d'une crise de confiance et de pertinence », a reconnu Tom Perez, qui s'est engagé à mener la lutte contre la nouvelle administration de Donald Trump.

 

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 18:18

 

Avis de tempête sur la campagne de Benoît Hamon (Reuters)

 

Elu à l’élection primaire de la gauche sur une ligne frondeuse et en panne dans les sondages, Benoît Hamon est attaqué de toutes parts au Parti Socialiste, où certains dénoncent l’impasse stratégique de sa campagne présidentielle, sur fond de mouvement vers Emmanuel Macron.

Après l'accord passé avec l'écologiste Yannick Jadot et l'échec des négociations avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat socialiste désormais allié à Europe Ecologie Les Verts (EELV) stagne en quatrième place dans les intentions de vote, autour de quinze pour cent des voix.

A moins de deux mois du premier tour des élections présidentielles, l'inquiétude ronge les rangs du Parti Socialiste, où les tenants d'une ligne sociale démocrate se désolent de voir leur candidat absent du trio de tête composé de la présidente du Front National, Marine Le Pen, et de l'ancien ministre de l’économie Emmanuel Macron, qui a pris l'avantage dans les sondages sur le candidat de la droite François Fillon.

Si certains lui reprochent d'avoir perdu trop de temps à discuter avec des formations étrangères au Parti Socialiste, la plupart des critiques ciblent le projet de Benoît Hamon, jugé « utopiste, irréaliste voire dangereux » par le député Marc Goua.

« Nous sommes extrêmement inquiets de la tournure prise par la campagne menée par Benoît Hamon et Yannick Jadot », a déclaré le député Gilles Savary au sortir d'une réunion d'une quinzaine de députés réformateurs à l’assemblée nationale, Mardi 28 Février 2017.

La réunion s'est tenue en présence de lieutenants d'Emmanuel Macron, comme le maire de Lyon, Gérard Collomb, et le député Christophe Caresche, qui a rejoint le fondateur du mouvement En Marche, dont le programme sera dévoilé Jeudi 2 Mars 2017.

Autre converti macroniste, le député radical de gauche Alain Tourret décrit « une dynamique en train de se faire autour d’Emmanuel Macron dans tous les secteurs de l'opinion, en rupture avec le programme de Benoît Hamon qui ce n'est pas celui d'une gauche rationnelle et raisonnable marquée par l'esprit des Lumières ».

Gilles Savary décrit un moment extrêmement compliqué. « Il y a aujourd'hui des gens qui sont tentés tout de suite d'aller chez Emmanuel Macron, d'autres qui sont tentés de le faire plus tard et d'autres qui sont dans l'attentisme », a-t-il dit.

Signe de la mauvaise humeur générale, la réunion du comité parlementaire du Mardi 28 Février 2017 a fait l'objet d'une passe d'armes entre Benoît Hamon et ses contradicteurs. Les réformistes et les vallsistes ne voulaient pas aller au siège de campagne de Benoît Hamon, qui a lui-même refusé de se rendre à l’assemblée nationale, rapporte une source parlementaire.

Le résultat est que la réunion s'est tenue en terrain neutre à l'espace Tapis Rouge, non loin du quartier général du candidat qui a dit à son arrivée que le climat à l’intérieur du Parti Socialiste était excellent.

« Pendant deux ans, la gauche s'est disloquée. La responsabilité de Benoît Hamon, notre candidat, c'est de cimenter à nouveau la gauche et il s'y emploie. Ce n'est pas toujours facile et il y encore des dispersions et des ambitions », a reconnu devant la presse le député Christian Paul.

Pour son collègue Alexis Bachelay, « l'arbre de quelques voix discordantes ne saurait cacher la forêt de l'immense majorité des parlementaires qui souhaitent que Benoît Hamon l'emporte et fasse une bonne campagne ».

Le Mardi 28 Février 2017 a aussi marqué le grand retour du finaliste malheureux de l’élection primaire du Parti Socialiste, Manuel Valls.

Après de longues vacances en Espagne, l'ancien premier ministre a déjeuné avec des députés de son courant au ministère de Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, a-t-on appris de source parlementaire.

Manuel Valls réunit ses troupes à l’assemblée nationale Mardi 28 Février 2017 en fin de journée pour tenter de peser sur une campagne jugée mal engagée.

« Quand on veut être président de la république, il faut tendre la main à son camp et à ceux qui sont au sein même du Parti Socialiste. Jusqu'à présent, je n'ai pas vu cette main tendue », a déploré le député vallsiste Hugues Fourage.

Jean-Marie Le Guen a dénoncé quant à lui l’impasse stratégique dans laquelle s'est engouffré Benoît Hamon, tenant d'une ligne trop radicale à ses yeux pour séduire une majorité.

« Il ne peut pas s'adresser simplement à vingt pour cent des français qui, pour telle ou telle raison, sont sensibles à des thèmes d'une gauche radicalisée », a insisté sur Radio Télévision Luxembourg (RTL) le secrétaire d’état à la francophonie, proche de Manuel Valls.

« Nous sommes dans une élection présidentielle, il est le candidat d'un parti de gouvernement et nous ne sommes pas un parti altermondialiste pour mener la contestation sociale ».

De l'avis d'une ministre, tout devrait se jouer avant la fin du mois de mars 2017, date à laquelle la question de faire rempart au Front National deviendra prioritaire pour les socialistes, au point de les faire éventuellement basculer du côté d'Emmanuel Macron.

« Dans dix à quinze jours va se poser la question du vote utile à gauche », explique-t-elle.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:08

 

http://greenaction.org/wp-content/uploads/2017/02/The-Indigenous-Environment-Network-Responds-to-Forced-Evacuation-of-DAPL-Resistance-Camps.pdf

 

http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article805

 

Le réseau indigène pour l’environnement réagit à l'évacuation forcée du camp de résistance contre le Dakota Access Pipe Line (DAPL)

 

Mercredi 22 Février 2017 à 14 heures, les protecteurs d'eau de l'Oceti Sakowin ont été expulsés par le corps des ingénieurs de l'armée. Malgré les efforts des leaders du camp demandant plus de temps pour nettoyer le camp, l'Army Corp est restée ferme avec son plan d’évacuation du camp. L’Army Corp dit qu’elle est juridiquement propriétaire du terrain sur lequel le camp est situé même si le terrain se trouve dans les territoires du traité de Fort Laramie.

Les personnes qui ont volontairement quitté le camp Mercredi 22 Février 2017 avant 14 heures avaient le choix de prendre un autobus pour être transportées dans un centre d'évacuation ou de se déplacer dans d'autres camps en dehors de la zone d’évacuation. Les protecteurs d'eau restant dans le camp risquent maintenant d'être arrêtés.

Il ya trois autres sites de campement dans la région ou les protecteurs d'eau peuvent se réinstaller, Sacred Stone, Cheyenne River et les camps de la septième génération.

Plusieurs juridictions chargées de l'application de la loi étaient présentes sur place, y compris le sheriff du comté de Morton, la patrouille des autoroutes de l’état de Dakota du Nord, la garde nationale du Dakota du Nord et le service des rangers du parc national. Le service d'application des lois du bureau des affaires indiennes a établi un point de contrôle de la circulation et un barrage sur la terre de la réserve de la tribu sioux de Standing Rock, sur l’autoroute 1806, au sud du pont de la rivière Cannon Ball.

Ce qui suit est une déclaration de Tom Goldtooth, le directeur exécutif du réseau indigène pour l’environnement

Nous sommes consternés par l’évacuation forcée des populations indigènes du camp de Standing Rock d'aujourd'hui, elle constitue une violation violente et inutile du droit constitutionnel des protecteurs de l'eau de protester pacifiquement et d'exercer leur liberté d'expression. Cela nuit au processus de nettoyage du camp et cela crée la confusion et le chaos qui provoque un risque de pollution du fleuve Missouri provenant de la destruction et des débris du camp.

L'expulsion d'aujourd'hui est la continuation d'une pratique vieille de plusieurs siècles, où le gouvernement des États-Unis éloigne vigoureusement les peuples autochtones de nos terres et de nos territoires. Nous exhortons les protecteurs de l'eau à continuer à résister à cette parodie en organisant des mobilisations de masse, en organisant des actions contre les violations des droits conférés par les traités à la tribu sioux de Standing Rock et au conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux et en continuant à organiser des actions de contestation contre le DAPL.

Nos cœurs ne sont pas vaincus. La fermeture du camp n'est pas la fin d'un mouvement ou d'un combat, c’est un nouveau commencement. Ils ne peuvent pas éteindre le feu qui a commencé à Standing Rock. Il brûle à l'intérieur de chacun d'entre nous. Nous allons nous lever, nous résisterons et nous réussirons. Nous envoyons des pensées d'amour aux protecteurs d'eau le long des rives de la rivière Cannon Ball, aujourd'hui. Que tous soient aussi forts que possible.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 19:51

 

L'enquête contre François Fillon confiée à des juges d'instruction (Reuters)

 

Le Parquet National Financier (PNF) a annoncé Vendredi 24 Février 2017 avoir ouvert une information judiciaire contre François Fillon à deux mois du premier tour des élections présidentielles, notamment pour les emplois présumés fictifs dont aurait bénéficié sa famille.

L'enquête, désormais confiée à trois juges d'instruction, et non plus à la police, est ouverte des chefs de détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel, trafic d'influence et manquement aux obligations déclaratives.

Dans un communiqué, les avocats de François et de Pénélope Fillon, qui avaient mis en cause la légitimité du PNF et qualifié son enquête d’illégale, ont salué une décision logique.

En ouvrant une information judiciaire au lieu de le renvoyer directement en procès, « le PNF confirme qu'il n'a pas pu démontrer la réalité des infractions poursuivies », écrivent-ils. « Nous ne doutons pas que, à l'issue d'une procédure sereine avec des juges indépendants, l'innocence de François et de Penelope Fillon sera enfin reconnue », ajoutent-ils.

Sur Twitter, l'un des soutiens du candidat de la droite, Philippe Bas, président de la commission des lois du sénat, a également salué l'ouverture d'une information judiciaire comme la preuve que « le PNF n'a pas trouvé assez d'éléments pour saisir un tribunal. C'est une réalité très rassurante ».

François Fillon, qui est désormais éliminé du second tour des élections présidentielles dans tous les sondages au profit de la présidente du Front National, Marine Le Pen, et du candidat du mouvement En Marche, Emmanuel Macron, a fait savoir la semaine dernière qu'il serait candidat jusqu'à la victoire, quelle que soit la suite donnée par la justice à cette affaire, y compris dans l'éventualité d'une mise en examen.

« Si nos convictions déclenchent autant de fureur et si ma personne est attaquée avec tant d'acharnement, c'est parce qu'elles heurtent le consensus mou qui n'aime la droite que lorsqu'elle marche à l'ombre et lorsqu'elle réforme à minima », a déclaré le candidat de la droite lors d'un meeting à Maisons Alfort, dans le département du Val-de-Marne, sans faire directement référence à l'enquête.

Les juges ont désormais la maîtrise du calendrier. En tout état de cause, d'éventuelles poursuites à son encontre seront suspendues pendant cinq ans s'il est élu président.

Le 16 février 2017, le PNF avait fait savoir, après réception des premiers résultats de l'enquête préliminaire, qu'il écartait en l'état un classement sans suite de la procédure. Une source proche du dossier avait ajouté que le classement sans suite était improbable au terme de l'enquête.

Mais deux options s'offraient à lui, l'ouverture d'une information judiciaire ou une citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris d'un ou plusieurs protagonistes de l'affaire.

Le PNF explique dans un communiqué avoir finalement opté pour l'information judiciaire afin d'éviter que certains faits anciens soient prescrits, en vertu d'une loi adoptée le 16 février 2017 et qui doit entrer en vigueur au début de la semaine prochaine.

Une citation directe devant le tribunal « aurait eu le même effet d'interruption de la prescription », soulignent dans un communiqué les avocats de François et de Pénélope Fillon. Mais pour faire ce choix, il fallait que tous les actes d'enquête soient prêts, « ce qui n'était pas le cas », a indiqué une source proche du dossier.

L'enquête préliminaire, ouverte le 25 janvier 2017, concernait initialement des cas de détournements de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits, et visait notamment François Fillon et son épouse, Pénélope Fillon.

Pénélope Fillon a été employée par son mari comme assistante parlementaire de 1988 à 1990 puis de 1998 à 2002 et du mois de mai 2012 au mois de novembre 2013. Elle a aussi travaillé auprès de son suppléant Marc Joulaud du mois de mai 2002 au mois d’août 2007.

Pénélope Fillon a par ailleurs été employée comme conseillère littéraire de la prestigieuse Revue des Deux Mondes, propriété d'un ami de la famille, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, entre le mois de mai 2012 et le mois de décembre 2013.

Des postes dont les enquêteurs doutent de la matérialité.

L'enquête a par la suite été élargie aux activités des deux enfants aînés du couple, Marie et Charles Fillon, qui ont effectué des missions auprès de leur père au sénat entre 2005 et 2007.

Puis, au terme de celle-ci, le PNF a décidé d'ajouter plusieurs délits, dont celui de trafic d'influence, plongeant un peu plus dans la tourmente la campagne du candidat de la droite et du centre au premier tour des élections présidentielles.

Ce délit potentiel vise probablement les conditions d'attribution, sur rapport de François Fillon, du grade suprême de grande croix de la Légion d’Honneur au propriétaire de la Revue des Deux Mondes, où son épouse Penelope Fillon est soupçonnée d'avoir eu un emploi fictif.

Le Monde avait en effet révélé que les enquêteurs s'intéressaient de près à la remise de ce grade très rare à Marc Ladreit de Lacharrière le 31 décembre 2010, moins d'un an et demi avant qu'il embauche Penelope Fillon.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:18

 

http://www.la-sociale.viabloga.com/news/hamon-et-melenchon-deux-gauches-irreconciliables

 

Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon, deux gauches irréconciliables

 

C'est le question européenne qui constitue le fond de l'affaire et c'est ce que ne veulent pas comprendre les pleureuses de l'unité

 

Par Denis Collin

 

Lundi 27 Février 2017

 

Ainsi les dés sont jetés. Il y aura deux candidats se réclamant de la gauche et, à moins d’événements extraordinaires, la bataille des élections présidentielles devrait se jouer entre les trois candidats principaux de la droite, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen. Nous pouvons déplorer cette situation et crier « unité de la gauche » en trépignant, la réalité sociale et politique s’impose et nul n’a le pouvoir magique de la transformer, fût-ce avec des pétitions, des suppliques et des objurgations en tous genres. Les candidatures de Jean Luc Mélenchon et de Benoît Hamon ne sont pas le résultat d’une guerre des egos, même si cet aspect existe, ni d’une volonté diabolique de l’un, de l’autre ou des deux de précipiter la défaite. Il y a des causes profondes.

En vérité, ce que cette situation met en lumière, c’est que la gauche n’existe plus. Formation transitoire, née au début du vingtième siècle de l’alliance de la bourgeoisie républicaine, les radicaux, et du mouvement ouvrier, formation ambiguë qui reposait sur l’idée d’une conciliation à long terme des intérêts de la bourgeoisie éclairée et des travailleurs, la gauche a toujours eu une existence mouvementée et fort incertaine.

La création du Parti Communiste Français (PCF) en 1920 est une fracture claire, vingt ans après l’affaire du capitaine Alfred Dreyfus. Le parti né de la révolution russe ne fait pas partie de la gauche, il s’oppose au cartel des gauches qui associe la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) au parti radical. Aux vingt et une conditions d’adhésion à l’Internationale Communiste est ajoutée une vingt deuxième condition spécifique à la France, l’interdiction d’appartenir à la franc-maçonnerie, carrefour privilégié des rencontres entre les chefs socialistes et les bourgeois de toutes obédiences, union de la gauche dont l’influence parlementaire fut si importante. Il faudra attendre 1935 et la création du Front Populaire pour que se reconstitue la gauche. Et cette reconstitution ne survivra pas au pacte germano-soviétique et à la mise hors la loi du PCF. Dans les années qui ont suivi la Libération, un scénario semblable se reproduit. Après le gouvernement d’union nationale issu de la résistance, la guerre froide met le PCF hors de la gauche. Comme le dit Guy Mollet, les communistes ne sont ni à droite, ni à gauche. Ils sont à l'est. Face à Charles de Gaulle, là encore la gauche se brise. Alors que Guy Mollet avait été investi à la tête du Front Républicain en 1956 grâce au soutien du PCF, c’est le même Guy Mollet qui engage la guerre à outrance en Algérie et ouvre la voie à Charles de Gaulle et à une première saignée dans l’électorat communiste.

Et encore, je n’ai évoqué ici que les rapports entre le PCF, la SFIO et le parti radical. Jusqu’aux années 1970, les trotskistes se sont toujours clairement opposés à la gauche. Quand la Ligue Communiste d'Alain Krivine décide en 1972 de soutenir l'union de la gauche, nouvellement formée, elle se heurte à l’hostilité interne de militants comme Gérard Filoche qui dénonce l’alliance avec la bourgeoisie et à l’hostilité externe de la plupart des autres courants du trotskisme, Lutte Ouvrière, Organisation Communiste Internationaliste (OCI), Ligue Spartakiste et Contre le Courant. Sans parler non plus de tous ces courants ouvriers anarchisants ou anarcho-syndicalistes qui sont restés longtemps influents dans le mouvement ouvrier français.

Bref, l'union de la gauche n’a jamais été qu’un slogan politique et non le contenu de l’histoire sociale et politique dans ce pays. Certes, à la base, il y a toujours eu plus ou moins un sentiment vague de communauté d’aspirations politiques mêlant républicanisme, patriotisme et revendications sociales. Ce sentiment populaire très ancien dans notre pays croyait trouver une expression politique dans l’alliance des partis ouvriers et des radicaux laïcs et anticléricaux. Mais cette formule politique a surtout fonctionné comme le moyen de trahir les revendications populaires et de faire rentrer dans le rang le mouvement social. Les acquis sociaux de 1936 sont le produit de la grève générale qui contraint la bourgeoisie à faire appel à Léon Blum pour calmer le jeu.

Les acquis de la Libération sont le fruit du mouvement quasi-insurrectionnel de la Libération, mouvement qui a vu s’instaurer brièvement un véritable double pouvoir dans le pays. Le mouvement de mai et de juin 1968 ignore totalement l'union de la gauche qui avait pourtant mis Charles de Gaulle en ballottage en 1965 et ne lui avait laissé qu’un siège de majorité en 1967. Identifier le mouvement populaire avec ses exploiteurs politiques est une grave erreur.

Manuel Valls a dit deux choses très vraies, avant de vouloir devenir le candidat du Parti Socialiste. Il a dit, premièrement, qu’il fallait changer le nom du Parti Socialiste et se débarrasser de cette étiquette socialiste devenue vide de sens. Il a dit, deuxièmement, qu’il y a deux gauches irréconciliables. Que le Parti Socialiste ne soit plus socialiste, à quelque titre que ce soit, même celui du réformisme le plus plat, c’est évident. Je renvoie à l’ouvrage que Jacques Cotta et moi-même avons publié en 2001, l'Illusion Plurielle, aux éditions Jean Claude Lattès.

Qu’il y ait deux gauches irréconciliables, c’est non moins évident et ce depuis au moins les années 1982 et 1983. François Mitterrand est élu en 1981 sur la base d’un programme formellement anticapitaliste. Il s’agissait même, disaient quelques ténors du Parti Socialiste, de sortir du capitalisme en cent jours, rien que cela. C’était, en tout cas, un programme à côté duquel celui de Jean Luc Mélenchon en 2017 semble très rose pâle. Il a fallu moins de deux ans pour que tout cela soit balayé. Jacques Delors impose dès l’automne 1981 une pause suivie d’un tournant de la rigueur en 1982 et en 1983 et finalement d’une réorientation radicale à droite avec le premier gouvernement de Laurent Fabius préposé au sale boulot, selon ses propres termes, de la liquidation des bastions de la classe ouvrière. Sur quoi tout cela s’est-il joué ? Tout simplement sur la question de l’Europe. Fallait-il adapter la politique de la France au système monétaire européen ou, au contraire, aller vers une autre politique, plus indépendante, éventuellement protectionniste et plus étatiste ? Nous le savons, Pierre Mauroy et Jacques Delors ont obtenu gain de cause et c’est le choix européen qui a balayé les derniers espoirs d’une gauche réformiste de transformation sociale. Chez François Mitterrand, ce sont ne d’ailleurs pas tant les raisons économiques qui l’ont emporté que les considérations géostratégiques et notamment son atlantisme invétéré, révélé au grand jour par l’accueil triompha réservé à Ronald Reagan au sommet de Versailles en 1982 et par le fameux discours devant le parlement allemand, « les pacifistes sont à l’ouest et les missiles sont à l’est », apportant son soutien à la stratégie américaine visant à démanteler l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).

Il n'y a rien de nouveau sous le soleil donc. Le rocardien Benoît Hamon est « indéfectiblement attaché à l’intégration européenne », selon sa déclaration sur France-Inter, le Lundi 27 Février 2017, tandis que Jean Luc Mélenchon a entrepris, à reculons, certes, de rompre, sans jamais le dire, avec son passé mitterrandiste. Il y a deux gauches irréconciliables donc, parce qu’il est impossible d’avancer, même timidement, dans la voie de la satisfaction des revendications sociales si nous restons indéfectiblement attaché à l’intégration européenne.

Certes, comme nous l'avons montré il y a peu, le programme de Jean Luc Mélenchon est loin d’être satisfaisant et le soutien qu’on peut lui apporter ne peut guère être qu’un soutien critique et insoumis aux injonctions de communier dans le culte du chef. Mais entre le timide programme de Jean Luc Mélenchon et le hollandisme à peine repeint en rose de Benoît Hamon, il y a un fossé. Que des militants socialistes ou communistes se laissent prendre encore au vieux piège de l'union de la gauche sans comprendre ce qui est vraiment en cause est tout à fait étonnant. Gérard Filoche et ses amis font de fait campagne pour que Jean Luc Mélenchon se désiste au profit de Benoît Hamon. Mais si une telle éventualité, écartée aujourd’hui, semble-t-il, se réalisait, cela ne signifierait pas du tout une éventuelle victoire de la gauche, la défaite de ce candidat unique est presque assurée, mais la disparition du maigre espoir que se reconstitue un mouvement social populaire digne de ce nom en France.

Ce serait laisser la critique de l’Europe à Marine Le Pen qui parachèverait ainsi sa conquête des classes populaires et notamment des ouvriers. Vu des Catégories Socio Professionnelles (CSP) supérieures et du « boboland », Benoît Hamon fait certes un candidat de gauche présentable. Mais cette gauche-là a définitivement disparu du cœur et des pensées des classes populaires.

Elle incarne cette nouvelle petite-bourgeoisie satisfaite d’elle-même et de ses valeurs et si prompte à faire à tout le monde des leçons de morale insupportables. Se rallier à Benoît Hamon au nom de l’unité de la gauche et de l’efficacité, c’est tout simplement vendre son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, dans lequel il y aura d’ailleurs plus de cailloux que de lentilles.

En 1977 et jusqu’en 1981, je me souviens avoir fait campagne pour l’unité dès le premier tour et donc pour l’unité en faveur du candidat socialiste. À l’automne 1980, je faisais signer pour le vote pour François Mitterrand dès le premier tour des élections présidentielles.

Et effectivement dans les conditions de l’époque, la candidature de Georges Marchais, tout comme la ligne de la deuxième gauche de Michel Rocard, était une candidature de division au service de Valéry Giscard d'Estaing et de la bourgeoisie française. Aujourd’hui, la candidature de division, la candidature clairement contre Jean Luc Mélenchon est celle de Benoît Hamon. Nos petits camarades filochards et autres devraient réfléchir au changement qu’induit le changement des situations avant de répéter bêtement des slogans vieux de quarante ans.

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:42

 

Pour Christophe Caresche, il est temps de soutenir Emmanuel Macron (Reuters)

 

« Le moment est venu de soutenir Emmanuel Macron », déclare dans le Journal Du Dimanche (JDD) Christophe Caresche, l'un des chefs de file des réformateurs du Parti Socialiste.

 

Le député du Parti Socialiste de Paris estime que le candidat du Parti Socialiste au premier tour des élections présidentielles, Benoît Hamon, « amène le parti à se radicaliser, à se déporter vers une gauche mouvementiste et protestataire, qui ne sera pas en capacité d'assumer les responsabilités du pouvoir. À titre personnel, ma décision est prise, le moment est venu de soutenir Emmanuel Macron », déclare Christophe Caresche dans le JDD.

 

« C'est une décision qui n'est pas facile à prendre. Je dois tout au Parti Socialiste, à commencer par ma carrière politique. Mais il faut prendre acte aujourd'hui du fait que nos chemins se séparent », ajoute-t-il.

 

D'après Christophe Caresche, le candidat du mouvement En Marche est, « pour un homme de gauche, la seule solution permettant de contrer efficacement Marine Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles ».

 

A la question « serez-vous suivi par le pôle des réformateurs du Parti Socialiste dans cette décision », il répond que « la décision n'est pas prise, mais la réflexion devrait s'accélérer. Cette sensibilité a vocation à se retrouver dans la démarche d'Emmanuel Macron », juge Christophe Caresche. « Certains m'ont d'ailleurs précédé et j'espère que d'autres suivront ».

 

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:31

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1650EG

 

Les militants d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) valident le ralliement de Yannick Jadot à Benoît Hamon (Reuters)

 

Les militants d’EELV et les votants à l’élection primaire écologiste ont validé à près de quatre vingt pour cent, Dimanche 26 Février 2017 lors d'un vote, le ralliement de leur candidat au premier tour des élections présidentielles, Yannick Jadot, au candidat du Parti Socialiste, Benoît Hamon.

« La candidature de rassemblement autour de Benoît Hamon est validée par plus de soixante dix neuf pour cent des participants à l’élection primaire de l'écologie », indique Yannick Jadot sur son compte Twitter.

L'équipe de Benoît Hamon a fait savoir que les deux hommes se rencontreraient Dimanche 26 Février 2017 à 17 heures à Paris, au quartier général de campagne du candidat du Parti Socialiste.

« Benoît Hamon est désormais notre candidat écologiste au premier tour des élections présidentielles. Une responsabilité, rassembler et gagner. Demain nous appartient », a réagi l'ancienne ministre EELV Cécile Duflot sur Twitter.

Les intentions de vote en faveur de Yannick Jadot, député européen, oscillaient, avant son retrait, Jeudi 23 Février 2017, autour de deux pour cent des voix.

Benoît Hamon est placé en quatrième position dans les intentions de vote pour le premier tour des élections présidentielles, derrière Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron.

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:16

 

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/26/pour-contrer-le-pen-cohn-bendit-ira-voter-macron_1551143

 

Contre Marine Le Pen, Daniel Cohn Bendit votera pour Emmanuel Macron

 

Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen écologiste, a indiqué Dimanche 26 Février 2017 sur France Inter qu'au jour d’aujourd’hui, il voterait pour Emmanuel Macron au premier tour des élections présidentielles, le mieux placé pour battre largement Marine Le Pen.

« Je ne dis pas de voter pour Emmanuel Macron, les gens font ce qu’ils veulent, mais il y a aujourd’hui une partie de la société française qui chavire, politiquement cela s’appelle Marine Le Pen », a-t-il expliqué. « Une société ouverte, pour l’Europe, voilà ce qu’il faut défendre ».

Daniel Cohn-Bendit votera Dimanche 23 Avril 2017 pour la première fois à une élection présidentielle française, après sa naturalisation en 2015.

« Qui peut aujourd’hui le mieux battre Marine Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles ? Si c’est François Fillon qui est au deuxième tour des élections présidentielles, la gauche ira très difficilement voter. si c’est Benoît Hamon, la droite n’ira pas voter, donc si vous voulez vraiment nous éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron au jour d’aujourd’hui est le mieux placé », a-t-il analysé.

« Je ne vote pas idéologiquement, je vote pour la personne la mieux placée et la faire gagner à soixante dix pour cent contre trente pour cent, je vote contre Marine Le Pen », a-t-il martelé. Pour lui, « Marine Le Pen c’est Donald Trump, elle le dit, et Donald Trump, c’est la tentative de détruire les structures démocratiques », a-t-il mis en garde. « Il n’y a pas d’idéologie d’Emmanuel Macron, c’est un Objet Volant Non Identifié (OVNI) politique qui vient d’arriver en France, peut-être qu’en ce moment il apparaît comme la meilleure solution », a aussi souligné l'ancien écologiste.

Au mois de janvier 2017, après l'appel d'Emmanuel Macron en faveur d’une coopération franco-allemande renforcée au nom de la « paix, de la liberté et de la prospérité », Daniel Cohn-Bendit expliquait déjà que le candidat était selon lui « le seul capable d’arriver au second tour qui a un tel discours sur l’Europe ».

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 17:02

 

https://www.diacritik.com/2017/02/26/benoit-hamon-et-jean-luc-melenchon-se-sont-longuement-vus-vendredi-soir-en-plein-paris

 

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont longuement vus, Vendredi 24 Février 2017, en plein Paris

 

Par Johan Faerber

 

Dimanche 26 Février 2017

 

Alors que dans la journée même chacun prétendait avoir un agenda chargé et contrariant, ne leur permettant pas de pouvoir songer à se rencontrer avant Lundi 27 Février 2017, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se sont rencontrés avnt hier soir, Vendredi 24 Février 2017, au cœur de Paris, assez longuement. Les gauches commenceraient-elles à s’unir ?

Au cœur de Ménilmontant, dans le restaurant chilien du Moai Bleu, les deux hommes sont arrivés séparément dans une discrétion discutable.

Jean-Luc Mélenchon, tout d’abord, Vendredi 24 Février 2017, sur les coups de 21 heures, ceint de son écharpe rouge bientôt prophétique, qui s’engouffre en ne saluant personne vers la salle du premier étage.

La salle amusée ne voit là qu’extravagance d’un homme pressé, presque coupé du peuple qui, dans la salle, s’étonne de si peu de manières. Mais les trois gardes du corps disposés à l’entrée finissent de rassurer ceux qui pensaient avoir vu filer à toute allure un hologramme. Jean-Luc Mélenchon est bel et bien monté à l’étage.

Tout ceci n’aurait pu passer que pour une extravagance de plus si, une dizaine de minutes plus tard, n’avait pas surgi, sortant d’une berline noire l’improbable lui-même, l’homme qui ne répondrait pas aux coups de fils ou encore moins aux lettres postées sur les blogs, Benoît Hamon lui-même. Ceint de son caban bleu marine de campagne, prêt à affronter tous les embruns, il traverse alors à l’enseigne de son rouge prédécesseur une salle bientôt éberluée qu comprend que dans ce restaurant va se jouer le premier chapitre d’une possible union de la gauche.

La salle dès lors se prend à rêver tandis que les deux hommes sont montés à l’étage. Les gardes du corps, comme sortis d’un film italien des années 1970, montent la garde au pied de l’escalier, eux-mêmes comme frappés d’étonnement de voir se dessiner un moment décidément comme toujours avec Benoît Hamon, coupé de tout média, hors caméra. Emmanuel Macron et François Bayrou sont déjà entrés dans une folle farandole. Le temps presse pour que les deux hommes s’unissent mais les enjeux résonnent de terribles conséquences.

Comment surmonter la crise des égos ? Comment réunir deux hommes dont les destins se veulent unanimement nationaux ?

Comment Benoît Hamon peut aller au-delà de l’investiture socialiste ?

Comment peut-il faire oublier l’investiture de Myriam el Khomri ?

Comment se couper sans soi-même disparaître devant notamment Jean Luc Mélenchon, à peine sorti de la catastrophique émission politique de la deuxième chaîne de la télévision française la veille, Jeudi 23 Février 2017, dans laquelle Valérie Pécresse a montré combien elle avait perdu son bronzage ?

La salle n’entendra hélas rien de ces tractations mais applaudira une heure plus tard quand un vendeur de roses entrera. « Il faudrait les donner aux deux hommes au premier étage », crie-t-on hilare. Deux heures plus tard, le repas achevé, Benoît Hamon, fort réjoui, sort et se prête au jeu des selfies devant des gardes du corps littéralement blasés. L’homme ne dira évidemment rien tant que rien ne sera scellé. Nous n'y couperons pas.

Il faudra, à la suite de Benoît Hamon déjà reparti depuis une dizaine de minutes, voir descendre Jean-Luc Mélenchon, très préoccupé, qui ne dira lui non plus aucun mot pas même un au revoir, disparaissant décidément comme un hologramme. Il s’agit visiblement d’être indéfectiblement fidèle aux quelques plaisanteries qui courent sur vous avant de disparaître à son tour en berline noire.

De cette entrevue qui a donc eu lieu avant-hier, Vendredi 24 Février 2017, tout peut ainsi émerger, une alliance peut surgir qui n’enfonce pas la gauche dans l’irrémédiable mais redonne à tous les nous aperçus par Jean-Luc Nancy la matière vive de conquête.

La salle s’est vidée, les clients étonnés repartent un à un mais à l’étage, un détail ne manque pas de nous frapper. Ou est donc passé le portrait de Salvador Allende qui orne cette salle ?

Gageons que l’un des deux candidats est reparti avec le portrait de ce qui pourra redonner enfin à la gauche ses lettres de noblesse trop longtemps perdues.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 21:03

 

Plusieurs médias interdits d'un briefing à la Maison Blanche (Reuters)

 

La Maison Blanche a interdit Vendredi 24 Février 2017 plusieurs médias américains d'accès à un briefing organisé par le porte-parole de la présidence, Sean Spicer.

Les journalistes de Cable News Network (CNN), du New York Times, du site Politico, du Los Angeles Times et du site Buzz Feed n'ont pas eu le droit d'assister à cette intervention.

Ce briefing hors caméra, ou gaggle dans le jargon des correspondants accrédités à la Maison Blanche, qui s'est tenu dans le bureau de Sean Spicer, remplaçait le traditionnel point de presse télévisé quotidien organisé dans la salle de presse de la Maison Blanche.

L'agence Reuters y était présente, de même qu'une dizaine d'autres médias, dont Bloomberg et Columbia Broadcasting System (CBS).

« Notre travail consiste à faire en sorte d'être réceptifs aux gens des médias. Nous voulons nous assurer de répondre à vos questions, mais nous n'avons pas à le faire devant une caméra tous les jours », a dit Sean Spicer.

Ces briefings hors caméra ne sont pas inhabituels. La Maison Blanche invite souvent certains médias à des briefings consacrés à des sujets particuliers. Mais les briefings ou gaggles sont généralement ouverts à tous les médias.

« Il ne s'est jamais rien produit de ce genre à la Maison Blanche au cours de la longue histoire de notre couverture de multiples administrations émanant de partis différents », a réagi le directeur du New York Times, Dean Baquet, dans un communiqué.

« La liberté d'accès des médias à un gouvernement transparent relève évidemment d'un intérêt national crucial », ajoute-t-il tandis que, sur Twitter, CNN dénonçait un « développement inacceptable ».

L’association des correspondants de la Maison Blanche (WHCA) a également protesté. « Le conseil de la WHCA conteste vivement la manière dont le briefing d'aujourd'hui est géré par la Maison Blanche », a déclaré Jeff Mason, président de la WHCA et journaliste de Reuters.

Pendant la campagne comme depuis son investiture, le 20 janvier 2017, Donald Trump a dénoncé régulièrement les médias jugés trop critiques à son égard, les accusant d'être « malhonnêtes et défaillants » et de propager de « fausses informations ». La semaine dernière, il a affirmé dans un tweet que le New York Times et les chaînes de télévision National Broadcasting Corporation (NBC), American Broadcasting Corporation (ABC), CBS et CNN étaient les « ennemis du peuple américain ».

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