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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 18:42

http://www.frontsyndical-classe.org/2014/12/jean-pierre-page-repond-a-jean-louis-moynot.html

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11150

Thierry Lepaon, la CGT et une tribune de Jean Louis Moynot

Par Jean Pierre Page, ancien membre de la commission exécutive confédérale de la CGT

Mardi 30 Décembre 2014

J’ai lu avec intérêt la tribune de Jean-Louis Moynot dans le Monde du 19 décembre 2014. Il dresse un constat sévère de l'état de la CGT, et conclut par le nécessaire départ de Thierry Lepaon. Comme Jean-Louis Moynot je suis arrivé à la même conclusion mais pour d'autres raisons. En fait pour des raisons opposées aux siennes.

Jean Louis Moynot a été un dirigeant de la CGT, il a défendu ses idées il n'a pas été suivi et en a tiré les conséquences. Ce n'était certainement pas une décision facile à prendre d’autant que son attachement à la CGT ne s’était jamais démenti. Mais courageusement il l'a prise. C'était un débat de fond qui touchait à la stratégie et aux orientations de la CGT.

Cela n'avait rien à voir avec des pratiques contraires à ce que sont les valeurs de la CGT, ce qui est l'éthique et l'histoire du mouvement ouvrier de notre pays. A l’inverse, Thierry Lepaon lui, fait un choix contraire à celui de Jean Louis Moynot. Il s'accroche à son poste au risque de diviser durablement la CGT.

Déjà celle-ci doit faire face à une perte de crédibilité pourtant acquise par plus d’un siècle de dévouement, d’abnégation et de sacrifices de générations de militants. On ne peut par conséquent que se poser des questions sur les raisons qui inspirent cet aveuglement de Thierry Lepaon, comportement totalement irrationnel ou autre chose ?

Contrairement à Jean-Louis Moynot je ne fais pas le même bilan sur les causes de la crise que traverse la CGT, crise qu’on ne saurait dissocier de celle du syndicalisme en France, en Europe et dans le monde.

Pour ma part, je pense que ces vingt dernières années ont été caractérisées par un étouffement du libre débat sur ce que doit être notre vision du syndicalisme du vingt et unième siècle face à une crise systémique du capitalisme, un aiguisement des luttes de classes et des tensions internationales sur de nombreux sujets.

Plutôt que d’élever le niveau de sa riposte, la direction de la CGT a préféré faire le choix d’un volontarisme totalement coupé des réalités. La priorité est ainsi devenue la mise en œuvre d'une orientation qui doit tout à l'accompagnement des politiques sociales libérales en France et en Europe, un refus d'organiser les convergences des luttes, une vision du syndicalisme rassemblé à sens unique qui s'est faite à son détriment et donc du rapport des forces, un abandon de notre action en faveur du renouveau du syndicalisme européen et international comme l’avait pourtant décidé le quarante cinquième congrès de la CGT.

Le syndicalisme dont la CGT se prévaut donne ainsi l’impression d’être dans une impasse, incapable d’anticiper, et de se faire entendre de la masse des travailleurs. Elle s’est même progressivement coupée de ceux, en particulier les chômeurs et les précaires, qui sont devenus les laissés pour compte. Ne sommes-nous pas passés d’un « monde de pauvres sans travail à un monde de pauvres avec un travail » ? Que faisons-nous ?

Ainsi malgré la prise de pouvoir « des usurpateurs », comme Susan George nomme les multinationales, malgré l’Europe vassale qui a élevé l’euro au rang de nouvelle religion et malgré des institutions syndicales qui ne sont que des rouages de l’Union Européenne, la CGT a persévéré dans une voie sans issue. Ce n’est pas la Confédération Européenne des Syndicats (CES) ou la CFDT qui ont changé, mais bien la CGT.

C’est sur ce fond de scène que depuis des années le refus d’entendre et de débattre est devenu dans la CGT une seconde nature, le culte du dialogue social avec le patronat et les gouvernements de droite comme de « gauche » est devenu un passage obligé. Tout cela a été aggravé par la lutte des places, celle des clans et des courtisans. Cela a conduit à un recul sans précèdent de la démocratie interne.

Comme Jean-Louis Moynot, j’ai connu une époque où les débats internes étaient fermes et d’un contenu élevé, aujourd’hui on se complait dans des discussions d’édredons, tout en veillant à en exclure ceux qui ne partagent pas la vision des dirigeants et qui osent le dire.

L’institutionnalisation, la bureaucratisation et même la corruption ont conduit notre syndicat à prendre de plus en plus des distances avec les lieux de travail, les militants d’entreprises, les luttes et les solidarités pour lesquels nous sommes censés exister.

Quel serait l’intérêt d’une CGT ne vivant que pour elle-même ?

Il faudrait peut être qu’un jour la direction de la CGT se demande pourquoi l’abime s’est creusé à ce point entre son sommet et sa base. En fait nous assistons à une cacophonie ou l’on ne comprend qu’une chose la CGT n’est plus la même. On a même fait écrire sur le sujet un livre par une journaliste des Echos, livre qui par ailleurs fourmille d’idées reçues et d’inexactitudes.

Dorénavant la référence est devenue pour les dirigeants confédéraux le modèle du syndicalisme européen version CES. Louis Viannet m’a dit une fois que « nous ne resterons pas le dernier carré ». Où en sommes-nous aujourd’hui ?

A cause de ce conformisme ou plutôt de cette mise en conformité, la CGT a été conduite à remettre en cause son identité, son indépendance et ce qui faisait sa singularité dans le syndicalisme en France, en Europe et dans le monde. Aujourd’hui, elle cherche à se situer en démontrant qu’elle a changé, qu’au fond elle est une organisation comme les autres dans le monde bien policé du syndicalisme d’accompagnement. Pour le prouver, elle pratique depuis plusieurs années une forme de contrition d’autant plus surprenante qu’on ne le lui a pas demandé.

Nul ne saurait nier que le syndicalisme doit changer, bouger et tenir compte du monde dans lequel nous vivons. Mais dans le cas de la CGT cela ne s’est pas fait avec continuité dans le respect de ce qu’elle est, ou de ce qu’elle était, mais au prix d’une rupture avec ce qui était sa vision, ses principes et son identité.

En fait, le problème de la CGT est un problème existentiel, elle ne sait plus dans quel camp elle est. Pourtant, comme le disait Elsa Triolet, « les barricades n’ont que deux côtés ». Il lui faut donc choisir.

Ce choix est devenu un enjeu pas seulement syndical mais aussi politique. Chacun mesurant ce à quoi conduit un changement de et dans la CGT.

Jean Louis Moynot qui n’a pas fait preuve d’indifférence à ces bouleversements auxquels nous assistons nous propose de persévérer dans cette voie. Or où en sommes-nous ?

Soyons pour une fois lucides, le syndicalisme européen est une faillite. Il est paralysé, en panne d’idées, artificiel, inexistant et comme KO debout. Ce syndicalisme de l’échec c’est ce que nous connaissons en France, mais aussi en Espagne, en Grande Bretagne et en Allemagne ou même le système de « cogestion » a été abandonné alors qu’il n’était rien d’autre qu’une version de l’association entre le capital et le travail. Dans tous ces pays, comme dans le reste de l’Union Européenne, non seulement aucun résultat n’a été obtenu pendant ces vingt-cinq dernières années, mais en plus le chômage et la pauvreté ont explosé, toutes les garanties sociales sont remises en cause, le service public est liquidé et le syndicalisme s’est partout affaibli en influence comme en force organisée.

En Grèce, la politique de l’Union Européenne a précipité des centaines de milliers de personnes dans l’incapacité de recourir aux soins, les retraites ont été considérablement diminuées et la pauvreté revêt désormais un caractère de masse. La Grèce est-elle le laboratoire expérimental imposé demain à l’ensemble des populations des pays de l’Union Européenne et notamment la France ? Déjà dans sa directive relative aux marchés publics, l’Union Européenne a introduit la possibilité d’une mise en concurrence des régimes obligatoires de protection sociale.

C’est là le seul bilan du dialogue social européen à l’égard duquel la CES procède par incantations dans l’espoir vain de voir changer les choses. Elle demeure ce qu’elle est au fond, un rouage des institutions européennes.

Cela pourrait d’ailleurs s’appliquer également à la Confédération Syndicale Internationale, dont Jean Louis Moynot a été un des avocats auprès de la direction de la CGT.

Jean-Louis Moynot parle de « transformation du capitalisme ». Mais de quelle transformation s’agit-il ? Le MEDEF, comme le patronat européen, ne donnent-ils pas à eux seuls l’image de ce que peut être la rapacité du capital, son caractère foncièrement réactionnaire, totalement dépassée par les exigences de développement social et culturel de notre temps ? Le capitalisme n’est-il pas partout dans le monde synonyme de régression et de guerres, n’est-il pas devenu un système anachronique ? Au fond, « la transformation du capitalisme », c’est avant tout et plus que jamais toujours du capitalisme. Pourquoi dire et faire comme si ce n’était pas le cas ?

La question se pose donc en ces termes, sommes-nous, oui ou non, pour un aménagement du système en quelque sorte un capitalisme à visage humain ou pour reconnaître la contradiction fondamentale de l’opposition entre le capital et le travail et donc lutter pour une rupture et un autre choix de société ?

A cette question légitime nous préférons jusqu’à présent ne pas répondre et entretenir une ambiguïté.

Par conséquent, il ne faut pas chercher bien loin les raisons de cet immobilisme du syndicalisme et de la CGT qui provoque son déclin comme force sociale, et l’affadissement de son projet d’émancipation humaine.

Voilà pourquoi la CGT est confrontée non pas à des problèmes de dysfonctionnements mais bien à la place qui doit être la sienne et donc à la stratégie qu’elle se doit de suivre.

Malgré ces évidences, Thierry Lepaon et son équipe dont l’échec est patent nous parlent de changer mais dans une sorte de continuité, en quelque sorte comme le disait Giuseppe di Lampedusa, « il faut que tout change pour que tout reste identique ». Quant à Jean-Louis Moynot, il nous propose de nous recentrer sur le modèle syndical européen comme la CES qui s’était indignée du vote massif des travailleurs français en faveur d’un rejet du projet de constitution européenne et ce à l’appel entre autre de la CGT.

Pour ma part je pense que nous devons faire le choix de principes, ceux du syndicalisme de classe, indépendant et démocratique. Ce ne sont pas des formules de rhétorique, voilà pourquoi il faut leur donner du sens dans ce qui est notre pratique syndicale quotidienne et à tous les niveaux sans en exclure aucun. L’unité et la cohésion de la CGT s’en trouveraient renforcées d’autant que, s’il est une chose qui ne saurait se négocier, ce sont bien les principes.

Ces principes ont toujours donné lieu dans la CGT, et dans le mouvement syndical français et international, à des débats allant parfois jusqu’à la division et la scission. Ils furent depuis la naissance de la CGT animés d’une part par les tenants d’une vision réformiste et de collaboration de classe avec la bourgeoisie et d’autre part par les partisans d’une conception de luttes des classes et de rupture avec le capitalisme. Pour autant, ce sont ses débats, ses victoires et ses défaites qui ont forgé la CGT tout au long de son histoire, une histoire fondée sur les valeurs inséparables qui sont celles du mouvement ouvrier français et international. Pendant près d’un siècle, elles ont valu un grand prestige international à la CGT.

Au fond, cette crise de la CGT peut contribuer à clarifier bien des choses. Si elle lui fait courir des risques évidents, elle lui offre également l’opportunité de se dépasser en prenant les décisions qui s’imposent et que réclament un grand nombre de ses adhérents afin d’en sortir par le haut. C’est ce que propose l’appel « défendons la CGT », d’ores et déjà soutenu par près de sept cent militants et militantes et des dizaines d’organisations, nombre qui ne cesse de progresser. C’est la raison pour laquelle je le soutiens.

Il faut des actes forts, inciter partout à la libre parole, se réapproprier la CGT et décider par nous-mêmes comme avec les travailleurs de quelle CGT nous avons besoin.

C’est pourquoi Thierry Lepaon doit démissionner, il est devenu un obstacle à l’unité et la cohésion de la CGT, mais c’est également le cas du bureau confédéral et de la commission exécutive confédérale. Ils ont perdu toute légitimité. Enfin, il faut que le Comité Confédéral National (CCN), comme il en a le pouvoir, décide d’un congrès extraordinaire dans les meilleurs délais. Le CCN doit mettre en place un collectif transitoire jusqu’au congrès extraordinaire avant la fin de 2015 afin d’animer le travail confédéral et impulser la bataille revendicative, les luttes et la préparation du cinquante et unième congrès de la CGT.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 21:25

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/12/29/enfin-la-chaine-va-craquer

Enfin, la chaine va craquer.

Par Jean Luc Mélenchon

Lundi 29 Décembre 2014

Enfin, la chaine va craquer. La Grèce va se libérer de l’odieuse troïka européenne.

Depuis 2010, sous prétexte « d’aide européenne » la Grèce est pillée, la récession est permanente et le quart du PIB du pays est perdu chaque année, tout le système public est dévasté, les biens du pays sont bradés, la population martyrisée.

Pendant ce temps le système financier s’est gavé à coup de taux d’intérêts insupportables. La Banque Centrale Européenne, qui a refusé ses prêts à taux zéro, a racheté aux banques leurs titres de dette grecque et encaissent des intérêts payés par un peuple exsangue ! La France et l’Allemagne elles aussi encaissent des intérêts sur les sommes prêtées par le Mécanisme Européen de Stabilité. Ce honteux pillage peut maintenant cesser si le peuple grec le décide, en donnant à Syriza la majorité parlementaire.

Un nouveau mémorandum européen devait être infligé début février 2015 sous la férule de la troïka. La finance ne lâchera pas sans lutter par tous les moyens. Nous devons être conscients qu’un terrible bras de fer va commencer. Angela Merkel et François Hollande ne vont pas lâcher leurs alliés grecs de droite et du Pasok sans lutter de toutes leurs forces. La finance mondiale va s’arc bouter. Si rude que soit l’épreuve que les grecs vont affronter, elle sera toujours moindre que l’agonie sans fin infligée par l’Union Européenne. La lutte va impliquer tout le vieux continent.

Enfin, la chaîne va craquer. 2015 peut être le commencement de la libération du vieux continent, merci la Grèce, aujourd’hui Athènes, demain Madrid, vivement Paris !

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 21:13

http://www.eldiario.es/politica/IU-Podemos_0_340166606.html

Izquierda Unida et Podemos célèbrent l’opportunité de Syriza avant la convocation des élections

Cayo Lara voit dans l'appel à des élections « l'opportunité » du peuple grec « de prendre un tournant historique », tandis qu’Alberto Garzón avertit que ce sera « une élection contre le marché, contre le pouvoir »

Iratxe García (PSOE) estime que la situation en Grèce « est l'échec des politiques de la commission européenne »

Tania Gonzalez, député européenne de Podemos, considère comme probable que les grecs « soutiendront une politique visant à recouvrer leur souveraineté »

Lundi 29 Décembre 2014

L'annonce d'élections anticipées en Grèce pour le 25 janvier 2015 a provoqué une réaction en chaîne dans les partis de gauche. Izquierda Unida et Podemos exultent la possibilité de la victoire de Syriza et d’un gouvernement de Syriza en Grèce, tandis que le PSOE répond avec plus de prudence.

Les réactions d’Izquierda Unida n’ont pas tardé à venir. Son coordinateur général, Cayo Lara, et son candidat aux élections primaires pour élire la tête de la liste de la formation aux prochaines élections générales, Alberto Garzon, ont exprimé leurs meilleurs vœux pour la formation menée par Alexis Tsipras, Syriza.

Cayo Lara voit dans l'appel à des élections « l'opportunité » du peuple grec « de prendre un tournant historique » dans la situation politique du pays d'une façon « absolument démocratique. Et nos amis de Syriza sont sûrs d'avoir le dernier mot », a-t-il affirmé.

Le coordinateur général d'Izquierda Unida a reçu de la direction de Syriza une invitation à participer à la campagne électorale à venir. Cayo Lara a dit qu'il se met à la disposition du parti pour cet « évènement historique afin de démontrer à l'Europe qu'un autre moyen de sortir de la crise est possible. C’est le temps de l’espoir et en aucun cas de la peur, cependant beaucoup de prophètes de malheur insistent toujours pour défendre le point de vue opposé pour essayer de maintenir leurs privilèges », a déclaré Cayo Lara dans un communiqué.

Alberto Garzón a lancé plusieurs messages de soutien à Alexis Tsipras et à Syriza sur son compte twitter. « La Grèce va tenir des élections en janvier. C’est aussi un enjeu pour l'Espagne. Ce sera une élection contre le marché, contre le pouvoir, courage Syriza », peut-on lire dans le premier tweet de Malaga, en lançant un message de solidarité après l'annonce de l'appel à des élections.

Tania Sanchez a aussi rejoint la vague de soutien à Syriza qui a surgi dans la gauche espagnole. « En Grèce, le pouvoir du peuple peut gagner les marchés, en avant Syriza » a dit la candidate d’Izquierda Unida à la présidence de la Communauté de Madrid à partir de son compte sur le réseau social twitter.

Tania Gonzalez, députée européenne de Podemos, a dit que ce qui s’est passé est « la preuve que ce qui a été fait jusqu'à présent en Grèce ne fonctionne pas. Ces types de politiques suivant les diktats de la troïka ne fonctionnent pas », a-t-elle dit dans une conversation avec www.eldiario.es.

La députée européenne a dit qu’en Grèce, « comme ici, de plus en plus de gens voient que les coupes budgétaires aggravent la situation » et a estimé probable que les grecs « parient sur une politique visant à recouvrer leur souveraineté », en référence aux chances de Syriza de gagner les élections.

Le secrétaire général du parti, Pablo Iglesias, a envoyé un message d'encouragement à Syriza et à son leader, Alexis Tsipras, sur twitter. Pablo Iglesias soutient que 2015 sera « l'année du changement ».

Le PSOE estime que « la situation que traversent la Grèce et ses citoyens est l'échec des politiques de la commission européenne. Le changement que nous réclamons est urgent, faire des politiques qui peuvent créer de la croissance et de l'investissement contre l'austérité », a déclaré Iratxe Garcia, porte-parole des socialistes espagnols au parlement européen.

Concernant la possibilité de la victoire de Syriza aux prochaines élections, Iratxe García est sceptique, « je crains qu’il y ait des forces qui proposent de quitter l'Europe pour résoudre la crise », a-t-elle dit dans une déclaration à www.eldiario.es .

« Les forces anti européennes d’extrême gauche, comme Syriza, et d’extrême droite, comme Aube Dorée, accumulent le mécontentement et le désespoir, qui sont compréhensibles. La solution est le changement des institutions européennes, mais la solution est l'Europe », a précisé la secrétaire du PSOE pour l'Union Européenne.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 20:29

http://www.universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article329

2015, l’année de Syriza

Mardi 30 Décembre 2014

La Grèce vient d’entrer en période préélectorale. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays les élections législatives qui auront lieu le 25 janvier 2015 peuvent donner naissance à un gouvernement de gauche radicale.

Il s’agit d’un véritable test qui sera suivi partout en Europe et notamment en Espagne ou Podemos est également bien placé dans les sondages pour les élections générales qui auront lieu courant 2015. Si ces deux formations politiques accèdent au pouvoir dans leur pays respectifs, ce qui est loin d’être gagné, ils peuvent enclencher une dynamique forte contre les politiques néo libérales et austéritaires qui balayent l’Union Européenne.

L’Université Populaire de Toulouse et la Fondation Copernic ont décidé de suivre de près la campagne électorale grecque et les premiers pas d’un gouvernement de Syriza, si celui-ci gagne. Pour ce faire nous avons créé un portail dédié à l’adresse http://scoop.it/t/syriza-podemos

Tous les jours vous y trouverez les dernières actualités sur la campagne électorale grecque, le programme de Syriza mais aussi des informations concernant Podemos. Des synthèses régulières et des analyses à contre-courant des médias dominants y seront également publiés, ainsi que sur le site de l’Université Populaire de Toulouse et relayées sur sa page facebook.

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 20:14

Prison avec sursis pour l’opposant russe Alexeï Navalny (Reuters)

L'opposant russe Alexeï Navalny, jugé coupable de détournement de fonds, a été condamné Mardi 30 Décembre 2014 à trois ans et demi de prison avec sursis et la même peine, ferme cette fois, a été infligée et son frère au terme d'un procès qu'il juge « politique ».

Plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés face au Kremlin après ce verdict et Alexeï Navalny, venu les rejoindre malgré son assignation à résidence, a été rapidement interpellé et reconduit chez lui. Une centaine de personnes ont été arrêtées au cours des opérations de dispersions.

Le parquet avait requis il y a dix jours une peine de dix ans de prison à l'encontre d'Alexeï Navalny, figure de proue des grandes manifestations en 2011 et en 2012 contre le président Vladimir Poutine.

Lui et son frère étaient accusés d'avoir volé trente millions de roubles, quatre cent dix mille euros, entre 2008 et 2012 à deux entreprises, dont une filiale du groupe français de cosmétiques Yves Rocher.

Pour ses partisans, mettre Alexeï Navalny en prison aurait pu donner lieu à de nouvelles manifestations, c'est donc par l'intermédiaire de son frère que la répression s'est exercée.

A Washington, le département d’état parle de faits troublants qui semblent « destinés à punir et à dissuader le militantisme politique ».

L'Union Européenne évoque également un procès politique et le délégué allemand aux droits de l'homme, Christoph Strässer, a dénoncé « un nouveau coup porté à la société civile ».

Le Kremlin nie toute responsabilité dans cette affaire. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, n'a pas voulu commenter le verdict mardi et a assuré que le président russe en prendrait connaissance en lisant la presse.

Alexeï Navalny n'en a pas moins réitéré ses accusations, mardi au tribunal.

« N'avez-vous pas honte de ce que vous faites », a demandé le blogueur à la juge Elena Korobtchenko. « Pourquoi envoyez-vous Oleg Navalny en prison ? Pour me punir davantage ».

PAS DE COUVERTURE MÉDIATIQUE

Il avait été condamné l'an dernier à cinq ans de prison avec sursis dans le cadre d'une autre affaire de détournement de fonds que ses partisans jugent « fabriquée » de toutes pièces.

« Les autorités torturent et détruisent les proches de leurs adversaires politiques. Ce régime ne mérite pas d'exister, il doit être détruit », a déclaré l'opposant aux journalistes qui l'attendaient devant le tribunal alors qu'il était conduit vers un véhicule de transport de prisonniers.

Les chaînes de télévision publiques russes n'ont pas couvert le verdict, avancé sans explication du 15 janvier 2015 à ce mardi, ou ne l'ont mentionné que brièvement. Les radios et les journaux en ont en revanche fait un de leurs gros titres.

« Il aurait été facile pour les autorités de mettre Alexeï Navalny en prison, mais elles savent que cela aurait provoqué de grandes manifestations », a commenté l'opposant Mikhaïl Aleksachenko, un ancien banquier central russe, sur la chaîne privée Dojd. « Elles vont donc lui mener la vie dure par d'autres moyens ».

L’ancien ministre des finances Alexeï Koudrine a récemment estimé que la crise économique engendrée par la chute des cours du pétrole et les sanctions occidentales en raison du conflit en Ukraine risquait de provoquer une nouvelle vague de contestation l'an prochain.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 20:57

http://www.eccd.ca/fr/media-fr/press-releases-fr/80-eccd-statement-speculations-mohamed-fahmy-release.html

Déclaration de la Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie sur des spéculations concernant la libération de Mohamed Fahmy

Dimanche 28 Décembre 2014

La Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie espère que les récentes spéculations des médias concernant l'éventuelle expulsion de Mohamed Fahmy d'Égypte vers le Canada sont vraies. Nous espérons sincèrement que Mohamed. Fahmy sera bientôt réuni avec sa famille au Canada.

La Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie renouvelle son appel aux représentants du gouvernement canadien, qui ont récemment déclaré qu'ils sont « activement engagés dans le cas », à intensifier leurs efforts pour accélérer la libération de Mohamed. Fahmy et pour son retour au Canada.

Commentant les récents rapports des médias, Ehab Lotayf, le président du bureau de la Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie, a déclaré que « tous les canadiens, y compris les fonctionnaires canadiens engagés dans le cas de Mohamed Fahmy ont une raison de célébrer sa libération et son retour au Canada. Une telle joie, cependant, ne devrait pas se transformer en une photographie politique et occulter les efforts qui doivent continuer pour la libération de Mohamed Fahmy et de Khaled al Qazzaz », a ajouté Ehab Lotayf.

Khaled al Qazzaz est un résident canadien permanent, le mari d'une femme canadienne, et le père d’enfants canadiens, qui est détenu en Egypte sans inculpation depuis le coup d'état de juillet 2013.

La Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie estime que c’est une autre occasion pour le gouvernement canadien de revoir son soutien au régime égyptien actuel qui continue de détenir illégalement et d’emprisonner des milliers d'égyptiens, y compris les membres de la presse, pour des peines pour des motifs politiques, similaires à la peine de sept années de prison de Mohamed Fahmy.

En Juin 2014, Mohamed Fahmy, un journaliste canadien égyptien, et deux collègues d’al Jazeera, Peter Greste et Baher Mohamed, ont été reconnus coupables de fausses nouvelles et d'aide aux frères musulmans interdits. Mohamed Fahmy a reçu une peine de prison de sept ans.

La Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie et plusieurs organisations des droits de l'homme ont condamné la détention et considèrent cette détention comme une attaque inacceptable contre la liberté des médias en Egypte.

La condamnation de la peine de Mohamed Fahmy par le Canada en juin 2014 est faible en comparaison à la forte déclaration de condamnation de la ministre des affaires étrangères australienne Julia Bishop, et d'autres dirigeants du monde. La Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie condamne le mépris de John Baird face à ses demandes répétées d’une réunion pour discuter de cette affaire et d'autres et elle condamne l’absence de réponse aux lettres ouvertes qu’Amnesty International lui a envoyées en avril et en juin 2014.

Les récents rapports des médias suggèrent que Mohamed Fahmy et Peter Greste pourraient être rapidement relâchés conformément à un nouveau décret du général Sisi qui a déclaré que les détenus étrangers pourraient être expulsés vers leur pays d'origine. Les rapports suggèrent également que leur libération pourrait être une contrepartie d’un accord avec le Qatar qui comprendrait un changement de la position du Qatar concernant le coup d'état du 3 Juillet 2013.

Plusieurs médias ont mentionné que les spéculations sur la libération de Mohamed Fahmy sont venues suite à la récente décision du Qatar de mettre fin à la diffusion de la chaîne al Jazeera en Egypte, l'une des voix les plus critiques contre le général Sisi dans la région.

La Coalition Egyptienne Canadienne pour la Démocratie est un organisme politiquement indépendant, une organisation pan canadienne avec des sections à Ottawa, Montréal, Toronto, Québec, Hamilton, Winnipeg, Regina, Calgary, Vancouver, et Kingston, qui milite pour la démocratie et les droits de l'homme en Égypte.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 20:16

http://www.regards.fr/web/article/alexis-charitsis-syriza-un

« Un renversement pour la Grèce, un message à l’Europe »

Interview d’Alexis Charitsis par Bernard Marx

Lundi 29 Décembre 2014

Alors que des élections législatives cruciales vont avoir lieu en Grèce, Alexis Charitsis, membre du secrétariat de Syriza, explique comment le parti gouvernerait et les répercussions à prévoir, dans toute l’Europe, contre l’austérité et la pensée néolibérale.

En Grèce, le premier ministre Antonis Samaras n’a pas réussi à faire élire un président de la république. Des élections législatives cruciales auront lieu dès janvier 2015.Les sondages donnant Syriza gagnant, une certaine panique s’empare des institutions de la troïka, l’Union Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International, dont les politiques d’austérité ont produit des ravages économiques et sociaux. Pour mieux comprendre comment Syriza envisage cette échéance cruciale et se prépare à l’épreuve du pouvoir, nous avons interrogé Alexis Charitsis, membre de son secrétariat. Qui insiste sur l’impact de cette éventuelle victoire dans toute l’Union Européenne.

Bernard Marx. Comment Syriza aborde-t-il ces élections, dans un contexte où les intentions de vote lui sont très favorables ?

Alexis Charitsis. Syriza a depuis longtemps placé la nécessité d’élections générales en tête de son programme politique. Pas seulement pour renverser le gouvernement actuel et prendre sa place, mais comme le seul moyen démocratique pour mettre fin à la politique d’austérité désastreuse qui a été la pierre angulaire de l’administration actuelle. Les élections sont maintenant plus imminentes que jamais et Syriza a une occasion unique de les gagner. C’est le sentiment dominant dans l’opinion publique en ce moment. Indépendamment de ses positions politiques, presque tout le monde imagine que Syriza deviendra bientôt le prochain gouvernement en Grèce. Un nouveau gouvernement de gauche de Syriza annulera les mémorandums et entamera un processus de négociations sérieuses avec nos homologues européens en ce qui concerne la question de la dette. Toutefois, étant donné la situation sociale et économique extrême dans laquelle se trouve le pays, même si Syriza obtient la majorité absolue au parlement, ce qui est un objectif crucial, le gouvernement de Syriza fera tous les efforts possibles pour construire une large majorité politique et sociale afin de renforcer le gouvernement contre les réactions attendues de l’establishment politique et économique actuel.

Bernard Marx. Comment la droite va-t-elle essayer de gagner les élections ?

Alexis Charitsis. Le parti de droite de la Nouvelle Démocratie suivra la même stratégie qu’il a déjà utilisée pendant la campagne électorale de 2012. Au lieu de s’engager dans une discussion politique approfondie sur les effets de sa politique sur la société grecque et les alternatives qui devraient être suivies, il va essayer de cultiver un climat de peur dans la population sur la « catastrophe » qui nous attend si Syriza est élu. Comme auparavant, les médias traditionnels et les principales personnalités économiques vont se précipiter pour soutenir ce point de vue. Mais 2015 n’est pas 2012. L’expérience aidant, les gens dans leur majorité se rendent compte, maintenant, que la principale chose qu’ils doivent craindre, c’est la poursuite de la politique d’austérité actuelle et non le programme de Syriza de reconstruction productive et institutionnelle en faveur de la plus grande partie de la société. La politique de la peur sera le dernier recours infructueux d’un système politique en perdition. Syriza ne se battra pas sur ce terrain. Nous allons affirmer positivement nos propositions et préparer, ensemble avec la société, le programme de la transformation sociale, économique et environnementale.

Bernard Marx. Quel bilan faites-vous de la politique de la troïka et du gouvernement grec ?

Alexis Charitsis. Le programme de la troïka et du gouvernement grec a été un échec budgétaire total avec des conséquences sociales dévastatrices. Eux-mêmes ont dû l’admettre dans les évaluations périodiques qu’ils ont effectuées. Mais l’échec du programme du mémorandum sur le plan financier ne doit pas masquer qu’il a en fait réussi dans ses objectifs structurels, à savoir la création d’une toute nouvelle réalité économique et sociale où la dégradation du travail et de l’environnement, la destruction de l’état de bien-être et la centralisation de la production est conçue non comme une condition provisoire liée à la crise, mais comme une nouvelle norme permanente. Comme nous l’avions affirmé depuis le début de la crise, la Grèce a été utilisée comme cobaye, les autres pays périphériques de la zone euro suivant peu après. Un paramètre essentiel avait cependant échappé aux concepteurs de ce plan, l’imposition d’un tel plan à la société est d’une grande violence politique, psychologique et physique. Ce type de construction artificiel d’un « consensus » ne peut certainement pas être durable à long terme.

Bernard Marx. Syriza a une responsabilité considérable, celle de proposer au peuple grec et à l’Union Européenne un programme qui constitue un chemin vraiment alternatif et réaliste. En quoi consiste-t-il ?

Alexis Charitsis. Nous considérons que notre slogan « un renversement en Grèce, un message à l’Europe » n’est pas simplement un message de communication, mais qu’il constitue un message politique très important. La formation d’un gouvernement de gauche en Grèce constituera un changement de dimension historique qui aura des répercussions très importantes dans la contestation des politiques néo libérales au niveau européen. Le programme économique de Syriza repose sur trois piliers principaux, faire face à la crise humanitaire ; restructurer la production et réformer l’état. Ses principaux éléments vont à l’opposé de la politique du gouvernement aussi bien en ce qui concerne les objectifs, les moyens que les conditions de réalisation de la reconstruction productive. Ainsi, le programme de Syriza pose comme condition préalable l’arrêt immédiat de l’austérité budgétaire et la redistribution des revenus. Il repose sur un rôle amélioré du travail. Il prévoit la protection et la réhabilitation des biens et de la propriété publiques. Il utilise l’état comme un levier pour le développement dans le cadre de la régulation sociale et environnementale, et comme garant de l’investissement privé. Il considère en même temps que ceci est inséparable d’une transformation radicale de l’état, qui en est en quelque sorte une condition préalable. Le programme de Syriza protège également les PME comme un outil clé pour le développement de la croissance de l’innovation et de l’emploi. Il prévoit de favoriser le pluralisme dans la production de biens et de services par opposition à la « mono culture » du secteur privé imposée par la politique néo libérale actuelle. Et notamment de promouvoir les principes et les valeurs de l’économie sociale et solidaire comme un moyen de réforme socio-économique radicale.

Bernard Marx. La réforme de l’état conduite par le gouvernement et la troïka est désastreuse. Mais la situation de départ l’était aussi.

Alexis Charitsis. Du fait de la grande destruction économique des cinq dernières années, perte de vingt-cinq pour cent du PIB et taux de chômage officiel au niveau sans précédent de vingt-huit pour cent, la réactivation de l’économie est une priorité cruciale. Mais cet objectif ne doit en aucun cas être interprété comme un retour à la situation d’avant le mémorandum. Ce n’est ni possible ni souhaitable. La réponse aux politiques d’austérité commence par un traitement de la crise humanitaire et aux besoins les plus urgents de la population, mais elle soulève aussi la question cruciale de la transformation des rapports de production, la réorganisation de la production, des structures et agents économiques et surtout la redistribution des ressources matérielles et humaines.

Bernard Marx. Quelles sont vos priorités en la matière ?

Alexis Charitsis. Le développement capitaliste néo libéral de l’économie grecque des dernières décennies a mis en place et consolidé des structures, des institutions, des règles formelles et informelles et des conceptions dont la destruction est une condition préalable pour la sortie effective de la crise en faveur des forces de travail. Les principales difficultés auxquelles le gouvernement de la gauche devra faire face sont liées à des mécanismes historiques de fonctionnement de l’économie grecque, tels que son système fiscal, son cadre institutionnel et son mode d’administration publique. Mais après deux décennies de propagande néo libérale, il faudra aussi affronter le mépris des moyens publics et sociaux de l’organisation de l’économie, intériorisé par une grande partie de la société grecque. La participation de la société organisée dans la conception, la mise en œuvre et le suivi de notre plan est donc un défi majeur. La participation populaire et le contrôle social par des communautés locales, la promotion du rôle des travailleurs et des syndicats dans la prise de décision et dans le contrôle de l’économie à travers la mise en place de collectifs sociaux et locaux, sont nécessaires pour que la notion de « développement » concerne la société tout entière et pas seulement les privilégiés. Nous voulons renforcer les consultations publiques, les référendums, les comités permanents d’audit et les conseils ouvriers qui sont autant d’institutions permettant de cultiver une « nouvelle éthique » de promotion des valeurs de solidarité, du sens de la collectivité et de la dignité par opposition aux valeurs du marché du néo libéralisme.

Bernard Marx. Le changement de politique en Grèce risque d’être bloqué par l’Europe. Comment peut-on affronter dès maintenant ce problème ?

Alexis Charitsis. Nous ne considérons pas une victoire de Syriza dans les élections à venir comme un simple changement de gouvernement en Grèce, mais comme une rupture générale du statu quo politique. Bien entendu, nous ne sommes pas les seuls à penser cela. Les forces néo libérales dominantes en Europe auront probablement la même perception d’un gouvernement de Syriza. Non seulement parce que celui-ci mettra en œuvre un programme qui se différencie à l’opposé du leur, mais aussi parce qu’un tel précédent pourrait être trop risqué pour l’avenir des politiques d’austérité en Europe. Dans le même temps, les choses semblent avoir commencé à changer dans la façon dont les peuples européens, et même des parties de l’establishment économique et politique, perçoivent cette crise non comme une particularité grecque mais comme un problème structurel de l’union monétaire, qui met en danger l’Union Européenne dans son ensemble. Dans cet esprit, Syriza a déjà lancé une vaste campagne pour créer des alliances dans toute l’Europe avec des forces politiques et sociales qui ne sont pas nécessairement d’accord avec l’ensemble de notre programme, mais qui perçoivent l’urgence d’un changement radical des politiques au niveau européen. Le soutien international, basé sur les valeurs de solidarité et de réciprocité, au gouvernement de Syriza, dans ses efforts pour créer un nouveau paradigme politique pour le bénéfice de la majorité sociale en Europe, est en effet essentiel à la réussite de notre projet.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 19:49

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Podemos et le droit de décider

Par Martí Caussa

Samedi 27 Décembre 2014

La visite de Pablo Iglesias à Barcelone était attendue pour de nombreuses raisons. L'une d’entre elles était de connaître sa position sur le droit de la Catalogne à décider, une revendication qui selon tous les sondages est partagée par une très large majorité de la société catalane, qui a conduit à des manifestations massives au cours des dernières années et qui a récemment provoqué une désobéissance civile de masse historique, Dimanche 9 Novembre 2014, plus de deux millions trois cent mille personnes ont participé au vote lors de la consultation interdite par le gouvernement central et le Tribunal Constitutionnel. En conséquence de celui-ci, il y a un procès contre le président de la Catalogne Artur Mas, la vice-présidente Joana Ortega et le ministre de l’intérieur Ramon Espadaler.

Depuis sa grande victoire aux élections européennes Podemos a provoqué une tempête d'air frais dans la politique espagnole, accueillie avec enthousiasme par ceux d’en bas, et craint et honni par ceux d’en haut. Par rapport à la question que nous posons, ce parti avait pris position clairement pour le droit de la Catalogne à décider, avait défendu le droit de vote le 9 novembre malgré l'interdiction constitutionnelle mais n’avait pas exprimé une préférence pour une alternative de vote, comme cela a été récemment rappelé par Pablo Iglesias, dans Podemos il y avait des personnes favorables au oui oui, oui à un état catalan et oui à l’indépendance, au oui non et au non.

Mais le 9 novembre 2014 n'a rien fait pour résoudre le problème. La conquête du droit à la Catalogne à décider demeure une revendication politique actuelle pour des millions de personnes en Catalogne.

Ce n’est certainement pas la seule, mais l'une des plus importantes. Il était prévu une réponse de Podemos, car il postule clairement à gouverner l'Espagne et que le problème existe précisément en raison du refus du gouvernement central à accepter aucun type de référendum ou de consultation de la population de Catalogne sur la relation qu’elle veut garder avec l'état espagnol.

Plus précisément, il était prévu que Pablo Iglesias réponde à deux questions.

Premièrement, s’il devrait gagner la prochaine élection générale, serait-il d'accord pour tenir un référendum pour connaître l'opinion du peuple de Catalogne sur l'indépendance, similaire à celui tenu en Ecosse ?

Deuxièmement, sachant qu’il n’est pas en faveur de cette indépendance, quel type de relation propose-t-il entre la Catalogne et l'état espagnol ? Mais il ne répondait pas à ces deux questions, ni en meeting public, ni dans la longue interview qu’il accordait à TV3.

Les réponses concrètes qu’on lui demandait étaient diluées dans deux déclarations générales, le droit de décider de tous et la défense de la souveraineté populaire.

On ne peut pas être en désaccord avec la position démocratique de la défense de ceux d’en bas.

Mais sa position sur le droit de la Catalogne à décider de sa relation avec l'état espagnol est clairement insuffisante.

Lorsque la journaliste de TV3 lui a demandé s’il croyait que la Catalogne était un sujet politique souverain, Pablo Iglesias a dit que c’est aux catalans de décider. C’est certainement une réponse très différente qui donnerait Mariano Rajoy ou Pedro Sanchez, qui ont répondu par un non retentissant. Mais c’est encore très décevant pour des centaines de milliers de personnes en Catalogne qui ont passé des années en disant « nous sommes une nation » et revendiquant le droit de décider, c’est à dire en exigeant que la Catalogne soit considérée comme un sujet politique souverain et traité d’égal à égal par l'état espagnol.

Pablo Iglesias est également décevant parce qu’il affirme clairement que l'Espagne est un pays de nations, ce qui est censé faire la différence par rapport aux « nationalités » ambiguës dont parle la constitution espagnole et qui ont seulement le droit à l'autonomie, mais le résultat est qu’il n’est pas clair si ces nations sont des sujets politiques souverains.

Pablo Iglesias a également défendu le droit de décider de tout, y compris la question territoriale. Mais il n'a pas seulement évité de s’engager dans la promesse d'un référendum sur l'auto détermination, mais a souligné un chemin différent, un processus constituant dans tout l'état. Les formules utilisées sont variables, « la Catalogne devrait être ce que les catalans décident, mais pour que cela soit possible, il est nécessaire d'ouvrir un processus constituant à travers l’état », « nous devons ouvrir un processus constituant pour discuter de tout avec tous ». Mais dans tous les cas il a parlé d’un processus constituant unique au niveau de tout l’état, il n'a jamais évoqué la possibilité de processus constituants dans les diverses nations qui existent dans cet état. Ce qui est conforme à sa volonté de laisser ouverte la question de savoir si la Catalogne est un sujet politique souverain.

Mais il est loin des exigences du mouvement national en Catalogne, qui se réclame majoritairement d’un processus constituant spécifiquement catalan, à la fois des secteurs qui sont clairement en faveur de l'indépendance, comme de ceux qui sont favorables à une relation fédérale, confédérale ou d’un autre type.

Pablo Iglesias reconnaît clairement que l'Espagne est un pays des nations, mais nous ne l’avons pas entendu reconnaître que l'état espagnol opprime certaines de ces nations et qu'il y a un problème récent sinon historique, antérieur à la constitution de 1978, et soutenu par une idéologie nationaliste espagnole qui, malheureusement, va bien au-delà des frontières de la « caste ». Nous ne l’avons pas entendu dire que le peuple de la nation opprimée a des intérêts particuliers et différents, non seulement pour décider le degré d'autonomie ou d’indépendance mais, par exemple, dans le domaine de la défense de sa langue et de sa culture . Si on ne reconnaît pas ces spécificités, on dénonce seulement la « caste » catalane et on dénonce également Mariano Rajoy et Artur Mas, non seulement dans la politique économique et sociale, ce qui est juste, mais aussi dans leur attitude envers le droit de décider ou la défense de la langue et de la culture catalane, qui n'a rien d’équitable, autant la politique d’Artur Mas nous semble hésitante, timide, incohérente et opportuniste. Mais Artur Mas a voulu organiser un référendum sur l'indépendance et Mariano Rajoy l’a refusé, il a convoqué la première consultation du 9 novembre et Mariano Rajoy l’a contesté devant le Tribunal Constitutionnel, il a convoqué la deuxième consultation du 9 novembre et Mariano Rajoy l’a contesté à nouveau, Artur Mas à appeler également à voter et il est poursuivi pour cela. Artur Mas, et le corrompu Jordi Pujol, a défendu le catalan comme langue dans les écoles catalanes et Mariano Rajoy l’a attaqué de toutes les manières. Artur Mas a défendu les preuves scientifiques de l'unité de la langue de la Catalogne, du Pays Valencien et des îles Baléares, et Mariano Rajoy a tenté de les détruire avec fureur.

Dans ces conflits nous ne pouvons être neutres, nous devons organiser la mobilisation la plus large pour défendre le droit de décider, du catalan comme langue enseignée à l'école ou dans la défense de la langue commune, en respectant ses variantes et ses dénominations. Et nous devons faire des alliances tactiques spécifiques et ponctuelles avec le parti d’Artur Mas ou tout autre pour défendre ces revendications.

Pablo Iglesias a exprimé son opposition à cette orientation. Il a répondu agressivement quand, dans le meeting de Barcelone, il a fait comme première déclaration à la presse, « vous ne me verrez pas donner l’accolade à Mariano Rajoy ou à Artur Mas », en référence à l’accolade que se sont donné David Fernández, le leader de la CUP, et Artur Mas pendant la journée du 9 novembre.

Et lors de l’interview à TV3 il s’est expliqué plus longuement, « la CUP a choisi une voie qui implique une alliance avec CiU, une stratégie d'alliance, pas seulement tactique, avec Artur Mas est une erreur politique ». Quoi que l'on pense de l’opportunité de l'accolade de David Fernández à Artur Mas, il est juste de reconnaître que la CUP en général, et David Fernandez en particulier, a eu une position correcte tout au long du développement du 9 novembre, combinant l’unité tactique lorsqu’elle est nécessaire pour la progression du mouvement, avec la critique et la dénonciation des hésitations et des tentatives de recul d’Artur Mas. La position de Pablo Iglesias semble plus radicale car il semble lutter contre l'influence d’Artur Mas dans le mouvement. Mais si Podemos l’avait appliqué dans les mois précédant le 9 novembre, par exemple en dénonçant l'accord des partis souverainistes sur la consultation, il serait resté à l’extérieur du mouvement réel et aurait rendu la position d’Artur Mas plus confortable à l’intérieur du mouvement.

En résumé, nous aurions aimé que la visite de Pablo Iglesias en Catalogne signifie un engagement de tenir un référendum sur l'auto détermination en cas de victoire électorale de Podemos, une défense de la combinaison d'un processus constituant au niveau de l’état et des processus constituants dans les nations opprimées et une volonté de tisser les alliances nécessaires pour que le mouvement pour le droit de décider de la Catalogne soit un bélier pour briser les chaînes de la constitution de 1978.

Ce que nous avons entendu est très différent. Mais Podemos a des racines populaires fortes, une sensibilité démocratique forte et n'a pas encore fermé son propre processus constituant, en particulier en Catalogne. Donc on ne doit pas exclure la possibilité de changement.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 19:31

Les grecs bientôt aux urnes après l’échec de l’élection présidentielle (Reuters)

La Grèce se prépare à des élections législatives anticipées le mois prochain après le refus Lundi 29 Décembre 2014 des députés d'élire Stavros Dimas, soutenu par le premier ministre Antonis Samaras, à la présidence de la république.

Quelques minutes après le troisième et dernier tour de scrutin au parlement, le chef du gouvernement a annoncé son intention de convoquer des élections législatives anticipées le 25 janvier 2015.

Stavros Dimas, l'ancien commissaire européen candidat de la coalition gouvernementale, a recueilli cent soixante-huit voix lundi, un résultat inchangé par rapport au deuxième tour; il lui en fallait cent quatre-vingt pour devenir chef de l'état.

La constitution prévoit dans un tel cas la dissolution du parlement dans un délai de dix jours et la convocation d'élections législatives.

Le parti de la gauche radicale Syriza, qui veut renégocier les conditions de l'aide financière internationale accordée à la Grèce par l'Union Européenne et le Fonds Monétaire International (FMI), est en tête dans les intentions de vote avec, selon un sondage Alco publié samedi, 28,3% contre 25% pour la Nouvelle Démocratie, le mouvement de centre-droit d'Antonis Samaras.

Ce dernier s'est dit confiant dans la victoire de son parti, a ajouté qu'il ne permettrait « à personne » de remettre en cause la place de la Grèce au sein de l'Union Européenne.

« Il est temps pour les grecs de faire ce que le parlement n'a pas fait, mettre fin à l'incertitude et restaurer la stabilité », a-t-il dit dans une déclaration télévisée.

De son côté, Alexis Tsipras, le chef de file de Syriza, a promis que « les plans de sauvetage liés à l'austérité relèveront bientôt du passé ».

LA BOURSE D'ATHÈNES A PERDU JUSQU'À ONZE POUR CENT

Le résultat du scrutin présidentiel ouvre donc une nouvelle période d'incertitude politique dans un pays qui vient de renouer avec la croissance économique après plus de cinq ans d'une crise économique profonde.

Les sondages suggèrent que le parti qui remportera les élections législatives, quel qu'il soit, aura du mal à former une majorité viable et un gouvernement, ce qui pourrait empêcher le déblocage de plus de sept milliards d'euros d'aides financières.

Les inspecteurs de l'Union Européenne et du FMI, initialement censés revenir à Athènes en janvier 2015 pour dresser un bilan des réformes engagées, attendront en fait qu'un nouveau gouvernement soit installé, a déclaré le FMI, ajoutant que la Grèce n'avait aucun besoin de financement dans l'immédiat.

Le ministre grec des finances, Gikas Hardouvelis, a expliqué pour sa part que le futur gouvernement devrait demander une prolongation du programme d'assistance financière au-delà de l'échéance fixée à la fin février 2015. Cela pourrait contraindre le trésor à augmenter ses émissions de billets de trésorerie pour couvrir ses besoins de financement en mars 2015, a-t-il ajouté.

Signe de la fébrilité des investisseurs, la bourse d'Athènes a perdu jusqu'à onze pour cent juste après le résultat du scrutin mais limitait son repli à 3,91% en fin de séance.

Les rendements des obligations grecques à dix ans sont remontés à plus de 9,6% tandis que ceux des titres à trois ans dépassaient douze pour cent. Sur le marché des « Credit Default Swaps » (CDS), le coût d'une garantie contre un risque de défaut d'Athènes était en forte hausse.

BERLIN MET EN GARDE ATHÈNES

« Aucune décision économique majeure ne peut être prise avant la formation d'un nouveau gouvernement et cela se reflète sur les marchés aujourd'hui », a déclaré Theodore Krintas, responsable de la gestion de patrimoine chez Attica Bank, à Athènes.

La réaction des autres places boursières européennes a toutefois été bien moins marquée que celle d'Athènes, signe que les investisseurs jugent le risque de contagion au reste de la zone euro limité, voire nul. La bourse de Paris a ainsi fini en hausse de 0,51%, celle de Francfort quasiment inchangée.

Cherchant à rassurer les bailleurs de fonds internationaux, Alexis Tsipras a adopté un ton plus modéré ces dernières semaines, promettant de maintenir la Grèce dans la zone euro et de négocier la fin de l'accord de sauvetage plutôt que de l'abandonner unilatéralement.

Il a cependant réaffirme vouloir revenir sur de nombreuses mesures d'austérité imposées pendant la crise. Il souhaite notamment annuler la baisse du salaire minimum, mettre fin aux licenciements dans le secteur public et interrompre les privatisations.

Tandis que le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, appelait les électeurs grecs à réaffirmer lors des élections législatives « un engagement fort envers l'Europe », le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a jugé qu'Athènes devait tenir ses promesses.

« Nous continuerons d'aider la Grèce à s'aider elle-même sur le chemin des réformes. Si la Grèce prend un autre chemin, il sera difficile », a-t-il dit.

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 19:51

https://www.ensemble-fdg.org/content/sommes-nous-tous-podemos-allons-nous-disputer-le-centre-au-psoe

http://www.alencontre.org/europe/espagne/espagne-sommes-nous-tous-podemos-allons-nous-disputer-le-centre-au-psoe.html

http://vientosur.info/spip.php?article9668

Sommes-nous tous Podemos ? Allons-nous disputer le « centre » au PSOE ?

Par Manuel Gari

Samedi 20 Décembre 2014, Alberto San Juan, acteur de cinéma et de théâtre, lors d’un entretien diffusé lors du programme de soirée de la Sexta TV, en conversation avec le Gran Wyoming, de son vrai nom José Miguel Monzón Navarro, présentateur de télévision, humoriste et écrivain, a affirmé que « nous sommes tous Podemos », ce pourquoi au lieu de critiquer, nous devons agir. Je ne peux qu’être absolument d’accord avec ce message. Le problème est qu’il est polysémique, ce qui fait qu’il contient différentes significations et niveaux de significations qu’il s’agit de démêler.

Du point de vue du militant, ce qui est mon cas, ou, pour le moins, de la personne inscrite et électeur virtuel de Podemos, l’affirmation d’Alberto San Juan est d’une grande vérité. Nous en sommes devenus membres parce que nous le souhaitions, certains d’entre nous depuis le tout début, et que nous n’avons pas l’intention de rejoindre la légion de « podemosologues » qui se consacrent à compter les points sans rime ni raison. Toutefois, nous avons une opinion et nous allons agir pour que le parti propose à la société et s’organise de la façon dont nous sommes convaincus qu’elle est la meilleure pour la majorité sociale, la majorité de la population, les exploités et les opprimés.

Et c’est là que commence le premier problème. Le projet de Podemos va se réaliser au moyen d’un modèle organisationnel centralisé et fondé sur une « machine de guerre électorale », sous la direction claire de Pablo Iglesias, direction, je tiens à le préciser, indiscutée et indiscutable, ainsi qu’au moyen de la ratification de ses décisions par le biais de mécanismes qui, dans la pratique, se révèlent plébiscitaires, questions et réponses données par internet, sur la base d’une présence médiatique écrasante de Pablo Iglesias.

Suite à la constitution formelle de Podemos et déjà avant les élections européennes, se cristallisèrent un affrontement et un manque de passerelles de dialogue entre les secteurs qui avaient fondé Podemos, le groupe de professeurs de l’université Complutense de Madrid, auquel appartiennent Pablo Iglesias et Juan Carlos Monedero, et Izquierda Anticapitalista. Le point fort de cette division fut lorsque se diffusa la « théorie » fausse selon laquelle Izquierda Anticapitalista conspirait pour « réaliser un coup d’état » pour gagner la direction de l’organisation naissante.

Cela aboutit à la justification d’une manœuvre, celle-ci réelle et non imaginaire, afin d’occuper en exclusivité la direction ainsi que l’exclusion absolue d’Izquierda Anticapitalista.

Cela provoqua un éloignement entre les deux parties qui, ainsi que je l’ai répété à de nombreuses reprises, ne favorisait en rien le projet.

Au vu de la manière dont le modèle organisationnel a été approuvé suite à l’assemblée citoyenne de Vista Alegre, en octobre 2014, il n’est pas aisé d’affirmer que toutes les composantes de Podemos peuvent agir sans devoir surmonter d’importantes restrictions.

Mais, surtout, ce qui me préoccupe est l’instauration d’une pratique dans la confection des listes pour l’élection des organes internes qui rend difficile la représentation de ceux et celles qui ne sont pas cautionnés par le noyau dirigeant de Pablo Iglesias. Listes complètes, vote individualisé, débat limité sur les projets, tout cela mis en parallèle avec le prestige de la direction et son accès aux médias de communication de masse, ont abouti à ce que fut élu un conseil citoyen à couleur unique.

Cette manière de faire se reproduira lors de l’élection d’une partie des conseils citoyens municipaux, cristallisant une formule où n’existe qu’une candidature locale « officielle », portant le même nom que celle dont a pris la tête Pablo Iglesias pour le conseil citoyen au niveau de l’état.

L’association d’idées est immédiate pour l’électeur. Avec celle-ci, dans la pratique, la majorité de Podemos, qui détient la majorité absolue au sein de la direction, est en train de se constituer en tendance organisée, bien que cela n’ait pas été son intention, ni qu’elle l’ait proclamé, ni exprimé publiquement. Si l’on fait les comptes, cela supposera dans nombre de cas que celui qui reçoit soixante-quinze pour cent des votes obtienne cent pour cent des postes dans les conseils municipaux, les organes locaux de Podemos. Si l’on cristallise cette formule, la pluralité et la diversité qui existent au sein de Podemos, qui font partie de sa richesse et de sa force, ne seront pas présentes dans les organes de direction. En l’absence d’une participation plurielle plus ou moins proportionnelle au sein des organes, l’intégration de la pluralité interne devient plus difficile. Il y aura des secteurs qui auront beaucoup de difficultés à se considérer comme Podemos de plein droit.

J’ai toujours été convaincu que, sur cette question, la direction devra réaliser des changements en termes de pratiques et de formules, ce qui ne peut que se faire à l’avantage de toute l’organisation. Sans cela, elle perdra de la « biodiversité », ce qui la rendra plus vulnérable à la peste et aux épidémies. Si des changements internes allant dans la bonne direction se réalisent, rendant possibles la polyphonie et le métissage, Podemos se renforcera face aux nouveaux défis et face aux attaques, à plus forte raison si elle arrive au gouvernement, provenant de la sainte alliance du capital et du régime de 1978, celui qui assure une « sortie » stable du franquisme, appuyé par la Bundesbank, la Banque Centrale Européenne, la commission européenne et le Fonds Monétaire International, ce nouveau quatuor de la mort.

Il est plus probable, et, bien évidemment, cela serait désirable, que lors des prochaines élaborations de listes, que cela soit pour des organes internes ou pour des élections primaires et populaires, nous arrivions à ce que le système de présentation des candidatures n’empêche pas la pleine participation et coparticipation de tous les secteurs au sein de la direction de Podemos ou de sa représentation institutionnelle. Des procédures et des mécanismes à cette fin existent et ils sont compatibles avec les normes organisationnelles de l’organisation.

Pour cette raison, l’annonce du soutien de Pablo Iglesias à la candidature de Teresa Rodríguez, l’un des cinq députés européens de Podemos, deux sont des femmes, membre d’Izquierda Anticapitalista, en Andalousie se révèle très stimulante. Cela pourrait indiquer la fin d’une étape de « déficit » de coopération interne et le début d’une autre où se normalise l’existence d’opinions différentes au sein d’une organisation. Podemos entrerait alors dans une phase où sa pratique inclut la diversité. Si toutes les composantes d’une force politique agissent de manière loyale et fraternelle par rapport au reste, le débat démocratique pluraliste rendra possible une action unifiée plus efficace.

Il faut ajouter un troisième niveau à cette formule polysémique, « nous sommes tous Podemos ». Il concerne l’ensemble de la société. Quelle est la base sociale que cherche à gagner la direction de Podemos ? Quelle base électorale entend-elle configurer ? A mon avis, l’analyse majoritaire au sein de Podemos est tributaire de la conception du « quatre-vingt-dix-neuf pour cent contre le un pour cent ». Cette approche empêche de comprendre toutes les fronts antagonistes qui traversent une société dans laquelle, malheureusement, le un pour cent dispose d’alliances stables parmi d’amples couches de la population, tant pour des raisons économiques, de cooptations sociales qu’idéologiques. La stratégie actuelle de Podemos passe par l’adaptation du discours aux nécessités électorales et au « sens commun » dominant ainsi qu’au niveau de conscience du gros de la population à laquelle elle s’adresse. Se constitue un projet qui aspire à agglutiner une majorité électorale autour de la polarisation « des gens » face à la « caste », le « peuple » face à « l’oligarchie ». Elle tend à subordonner l’intégration dans son discours et dans son programme de revendications et exigences sociales et politiques à des choix tactiques électoralistes, donc marqués par l’immédiatisme. Le critère de sélection est de savoir si cela aide ou n’aide pas à la construction d’une unité nationale populaire la plus large possible en vue de gagner les prochaines élections générales.

Podemos se construit comme un parti électoral d’un type nouveau qui ne semble pas aspirer à un ancrage territorial à travers la discussion interne et la participation active des cercles locaux dans sa construction. Elle combine la fragile précision de son projet de changement social, ainsi que le réajustement continuel de celui-ci en fonction des nécessités électorales, et la déficiente détermination de son appui social, avec la formulation de propositions concrètes chaque fois plus pragmatiques destinées à obtenir des soutiens parmi les couches dites moyennes. Cela vise à renforcer sa « respectabilité » en tant que force politique. En ce sens, elle relègue au second plan la relation de l’organisation avec les mouvements sociaux.

On renonce ainsi à construire l’unité populaire en quête du pouvoir populaire comme force antagoniste à la bourgeoisie. En ce qui me concerne, je considère, au contraire, qu’il faut mettre en relation le travail en vue de la victoire électorale et la formation d’un gouvernement de gauche, au niveau local, de la communauté autonome et de l’état central, l’état espagnol est formé de dix-sept communautés autonomes, disposant de larges prérogatives, avec l’impulsion et le renforcement de la mobilisation, l’organisation et l’unité populaire à partir d’en bas. Ces deux processus doivent se nourrir l’un l’autre afin de vaincre les obstacles présents et pouvoir faire face à la contre-offensive réactionnaire qui s’amplifiera si Podemos forme un gouvernement.

L’aspiration légitime et nécessaire de profiter de la fenêtre d’opportunité qu’offre la crise actuelle du régime et, surtout, du déclin de deux grands partis, le Parti Populaire de Mariano Rajoy et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol dirigé par le « jeune » Pedro Sanchez, aboutit à une rapide évolution des positions de Podemos qui débouche sur la modération du programme avec lequel Podemos s’est présenté aux élections européennes, en mai 2014, sur des questions décisives.

De cette façon, Podemos entend apparaître comme une alternative de gouvernement réaliste, exerçant des responsabilités d’état et dont les meilleurs feraient partie de son gouvernement, les personnes expertes dans chaque domaine. L’élaboration participative aux programmes des forces populaires n’est pas mentionnée, tout comme la nécessité que le futur gouvernement appuie et s’appuie sur le renforcement et la mobilisation directe des organisations populaires. La modération du programme électoral et du discours de Podemos a accompagné l’augmentation de ses espérances électorales et son évolution vers une attitude qui, si l’organisation ne se recentre pas, finira par imiter le modèle des partis « attrape-tout ».

On est passé de la recherche de la « centralité » au moyen de la mise en avant de thèmes centraux qui touchent d’amples couches de la population au-delà de leurs appartenances idéologiques, à la tentative de disputer au PSOE le « centre » politique. De là la nouvelle image social-démocrate qui est projetée afin d’effacer le passé plus à gauche du programme électoral des européennes. Le projet de programme économique dont ont été chargés deux professeurs universitaires, économiquement keynésiens et politiquement sociaux-démocrates, c’est-à-dire Juan Torres et Vicenç Navarro, a été l’outil pour mener à bien cette opération. Le modèle de relation que la direction souhaite établir avec le peuple fait que, dans sa relation directe et sans médiations avec l’électorat, elle peut combiner des messages très différents.

A ce troisième niveau, celui de l’ensemble de la société, nous ne sommes pas tous Podemos.

Au sein de la société existent des fractures qui vont bien au-delà du un pour cent opposé au quatre-vingt-dix-neuf pour cent. La lutte de classes existe et poursuit sa route. Il semble que le document des experts Juan Torres et Vicenç Navarro sur les propositions pour un programme économique de Podemos oublie que la réalisation des mesures impliquera la « colère des marchés ».

Il est impensable de mettre en place depuis le gouvernement un programme pour la majorité sociale sans envisager le conflit, sans prendre en compte que la bourgeoisie n’a pas besoin et ne veut pas de nouveaux pactes, du type de ceux réalisés à la sortie de la dictature, dits « pactes de la Moncloa » de 1977. Parce qu’existent des contradictions d’intérêts entre les diverses couches de la société, nous ne sommes pas tous Podemos dans ce pays.

Sont Podemos ceux qui ont des comptes à régler avec le régime issu de la réforme de 1978 et l’austéricide, l’austérité qui tue, ceux qui œuvrent pour un changement favorable à la majorité sociale. C’est là que nous pouvons trouver la matière pour renforcer l’unité interne de Podemos et panser les blessures infligées ou souffertes lors du processus antérieur. Nous ouvrons une nouvelle étape pour Podemos parce que nous avons l’obligation d’ouvrir une nouvelle étape pour le peuple.

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