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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:42

Répit pour Thierry Lepaon, dont la démission est évoquée à la CGT (Reuters)

De plus en plus contesté par ses troupes, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a gagné un répit Vendredi 5 Décembre 2014 mais le mot démission a été prononcé lors de la réunion du bureau confédéral de l'organisation, a appris Reuters auprès d'un participant.

Quatre des dix membres de l'instance dirigeante de la CGT ont demandé une réunion extraordinaire des secrétaires généraux des trente-trois fédérations et quatre-vingt-seize unions départementales de la CGT, son parlement, seul habilité statutairement à démettre le numéro un.

Cela leur a été refusé. Le bureau proposera bien de réunir les quelque cent trente membres du Comité Confédéral National (CCN) avant le 16 décembre « pour permettre le débat le plus large dans la CGT », annonce la centrale dans un communiqué.

Mais « cela n'est pas un CCN extraordinaire. Cela sera juste un temps d'échange qui ne permettra pas de prendre des décisions », précise un membre de la direction confédérale.

En revanche, un tiers des organisations représentées au sein du CCN peut demander une telle réunion extraordinaire et « il commence à y avoir des courriers en ce sens », a dit à Reuters un haut responsable cégétiste.

Le communiqué précise que le bureau « a débattu de toutes les questions soulevées par la situation vécue par la CGT » mais assure « qu’aucun » de ses membres « n'a demandé la démission de Thierry Lepaon ».

Le mot « démission » a néanmoins été prononcé par plusieurs participants, a déclaré l'un d'eux à Reuters.

« La question de la crédibilité du secrétaire général a été posée par plus de quatre membres », a précisé ce dirigeant. « Ils lui ont dit qu'il lui appartenait de prendre la décision dans l'intérêt de l'organisation. Il a du mal à prendre la mesure de la situation, sinon il l'aurait déjà fait », a ajouté le même haut responsable. Mais à la fin des quatre heures de réunion, « il nous a dit de l’aider à prendre la bonne décision ».

« UNE FAUTE »

Thierry Lepaon est apparu vendredi dans une vidéo diffusée sur le site internet de la CGT pour se féliciter que la centrale soit en tête des élections syndicales dans la fonction publique, alors que de plus en plus de voix s'élèvent dans la première organisation syndicale française pour demander son départ.

Aux révélations sur les frais d'aménagement de son domicile et de son bureau s'est ajoutée l'indemnité de départ qu'il a touchée en 2013 quand il a quitté la tête du comité régional CGT de Normandie pour succéder à Bernard Thibault.

« Il est clair que ça choque de plus en plus de monde », a confié à Reuters un dirigeant de fédération, pour qui la situation de Thierry Lepaon est « de plus en plus problématique ».

Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de Peugeot Société Anonyme, a publiquement souhaité sa démission, « là, aujourd'hui, je n’ai même pas envie de m'adresser à lui. Si j'étais vraiment obligé, je lui dirais que pour le bien de tous les militants d'entreprise, tous les syndiqués, qu'il laisse la place », a-t-il dit à RTL.

Pour le secrétaire général de la fédération de la construction, Serge Pléchot, interrogé par vingt minutes, « une faute sur les valeurs de la CGT a été commise et doit être corrigée le plus rapidement possible ».

« Même s'il n'y a rien d'illégal, en terme d'éthique et de comportement, ce n'est pas admissible. Je pense qu'il n'a plus sa place dans l'organisation », a renchéri Rémy Picaud, de la fédération commerces et services de Paris, sur France Inter.

« Beaucoup de militants le pensent aussi. Il vaudrait mieux qu'il démissionne de lui-même. Il ne faut pas se cacher que l'organisation est en crise », a-t-il ajouté.

La prochaine étape est la réunion, mardi, de la Commission Exécutive Confédérale (CEC) de la CGT, son « gouvernement », qui n'est pas non plus habilitée à démettre le secrétaire général.

Elle entendra un rapport d'étape de la commission financière de contrôle de la CGT, chargée début novembre par le CCN de faire la lumière sur d'éventuels « dysfonctionnements ».

Le bureau confédéral fera alors des propositions « pour améliorer les procédures financières de la CGT », précise le communiqué de l'organisation.

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 16:18

Le délégué CGT de Peugeot Société Anonyme appelle Thierry Lepaon à la démission (Reuters)

Jean-Pierre Mercier, le délégué CGT de Peugeot Société Anonyme, appelle à la démission de Thierry Lepaon, le secrétaire général du premier syndicat de France visé par plusieurs affaires, dont celle de son appartement de fonction.

C'est la première fois qu'un syndicaliste de premier plan s'exprime publiquement à ce sujet.

C'est « intenable et écœurant pour tous les militants d'entreprises qui tous les jours se battent quotidiennement à côté des salariés contre les patrons, qui en bavent, qui sont en première ligne, qui sont dans les tranchées », a-t-il dit Vendredi 5 Décembre 2014 sur RTL.

« Là, aujourd'hui, je n’ai même pas envie de m'adresser à lui. Si j'étais vraiment obligé, je lui dirais que pour le bien de tous les militants d'entreprise, tous les syndiqués, qu'il laisse la place, cela ferait du bien à tout le monde », a-t-il ajouté.

Une réunion informelle de la direction de la CGT a été convoquée pour ce vendredi afin de tirer les enseignements de ces différentes affaires, alors que se déroulent les élections dans la fonction publique.

Thierry Lepaon pourrait choisir de partir de lui-même lors d'une réunion prévue mardi prochain de la commission exécutive, élargie à une cinquantaine de membres.

A défaut, une décision sur son sort pourrait être renvoyée à une réunion, début février, du Comité Confédéral National (CCN), le « parlement de la CGT », qui rassemble tous les secrétaires généraux de ses unions départementales et de ses fédérations.

Aux frais d'aménagement du domicile et du bureau de Thierry Lepaon s'est ajoutée l'indemnité de départ qu'il a touchée en 2013 quand il a quitté la tête du comité régional CGT de Normandie pour succéder à Bernard Thibault. Les Echos font état mercredi d'une somme de cent mille à deux cent mille euros.

« Il est clair que cela choque de plus en plus de monde. Cela ne devient plus tenable d’être un dirigeant de la CGT quand on a un tel train de vie personnel », a confié à Reuters un dirigeant de fédération, pour qui la situation de Thierry Lepaon « devient de plus en plus problématique ».

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 15:28

Un élu communiste aux commandes en Thuringe, en Allemagne (Reuters)

Un membre des communistes de Die Linke a été élu Vendredi 5 Décembre 2014 à la tête de l’état de Thuringe, dans l’ancienne Allemagne de l'Est, pour la première fois depuis la fin de la guerre froide.

En devenant ministre-président de ce Land, le syndicaliste Bodo Ramelow met fin à vingt-quatre ans d'hégémonie de la CDU dans le Land de Thuringe.

Die Linke, dont l'origine remonte au SED du dirigeant est-allemand Erich Honecker, présidera la Thuringe aux côtés du parti social-démocrate (SPD) et des Verts dans une nouvelle coalition inédite à trois.

Cette perspective ne devrait pas plaire à la CDU de la chancelière Angela Merkel, qui craint qu'une telle alliance ne s'impose un jour au niveau national.

Elle partage pour le moment le pouvoir avec le SPD, qui, comme les Verts, s'est vu accuser de trahir les victimes de la dictature est-allemande en coopérant avec Die Linke, née de la fusion du parti du socialisme démocratique (SED), maître de l’ancienne RDA, et de l’alternative électorale pour le travail et la justice sociale (WASG).

Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Erfurt, chef-lieu de la Thuringe, pour s'opposer à la candidature de Bodo Ramelow, jugé trop proche de Moscou et hostile à l'OTAN.

Si la CDU est tellement hostile à la formation d'une coalition entre Die Linke, le SPD et les Verts, c'est qu'elle a perdu six Länder depuis 2009 et qu'elle n'en gouverne plus que cinq sur les seize, indique Gero Neugebauer, professeur de sciences politiques à l’université libre de Berlin.

Originaire d'Allemagne de l’Ouest, Bodo Ramelow a emménagé à l'est peu après la chute du mur de Berlin.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 21:38

http://www.ganemosccoo.org/index.php/8-ganemosccoo/32-ya-somos-mas-de-500-sindicalistas-delegados-y-afiliados-los-que-nos-hemos-sumado-a-ganemosccoo

Communiqué de Ganemos CCOO

Jeudi 13 Novembre 2014

Nous sommes aujourd'hui plus de cinq cent syndicalistes, délégués et adhérents qui avons rejoint Ganemos CCOO (Gagnons les Commissions Ouvrières).

Nous allons récupérer les commissions ouvrières pour les travailleurs, pour un syndicalisme de classe, combatif, démocratique et représentatif,

Chassons les arrivistes et les corrompus des Commissions Ouvrières !

Vivent les Commissions Ouvrières !

L'initiative Ganemos CCOO reçoit un accueil enthousiaste dans les rangs de notre syndicat, les Commissions Ouvrières, Depuis que nous l'avons lancée, il y a un peu plus de trois semaines, des centaines d'adhérents, de délégués, de membres des comités d'entreprise et de vétérans du syndicat l'ont rejointe. La liste des entreprises et secteurs concernés est impressionnante.

Les adhésions sont venues de Coruna, Ferrol, Santiago de Compostela, Vigo, Cadiz, Sevilla, Malaga, Helva, Cordoba, Almeria, Granada, Madrid, Guadalajara, Toledo, Albacete, Ciudad Real, Cuenca, Barcelona, Tarragona, Lleida, Zaragoza, Huesca, Salamanca, Leon, Alava, Vizcaya, Guipuzcoa, Murcia, Asturias, Pais Valencia, Canarias, Baleares, Extremadura, Navarre, La Rioja.

Les commentaires qui les accompagnent disent clairement qu'il existe une foule de délégués et adhérents des CCOO décidés à lutter sérieusement pour récupérer notre syndicat, pour le régénérer et le mettre au service des travailleurs, pour qu'il retourne à ses valeurs originelles, un syndicalisme de classe, démocratique et représentatif.

Cet enthousiasme, lié à la crise politique, sociale, économique et éthique que traverse le capitalisme espagnol, est la meilleure riposte des militants des CCOO à ceux qui sont installés confortablement dans leurs fauteuils, sur la moquette de leurs bureaux, convertis à un modèle syndical de « pacte social », de soumission au patronat et au gouvernement, aux pratiques autoritaires, qui décourage la base des CCOO, et l'amène à s'en détourner, face à la crise dévastatrice que nous, travailleurs, sommes en train de vivre.

En ce mois de novembre 2014, deux ans ont passé depuis la dernière grève générale du 14 octobre 2012. Deux ans sans que la direction confédérale de notre syndicat ait organisé une mobilisation unitaire des travailleurs contre l'offensive du Parti Populaire et ses contre-réformes !

Deux ans emplis de concessions, d'accords à la base, de soumission face aux grandes puissances économiques, qui ont inévitablement débouché sur la découverte de cas de corruption dans le cercle dirigeant. Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de changer radicalement la stratégie, les méthodes et le fonctionnement de nombreux secteurs des CCOO. Ils ont oublié comment est née notre organisation, comment elle s'est construite. Depuis sa base, d'en bas, nous allons redonner à nos Commissions Ouvrières le programme de lutte de Marcelino Camacho, et de si nombreux militants qui se donnèrent à la défense de la cause des travailleurs.

Ganemos CCOO s'est propagée à toutes les Commissions Ouvrières, progresse et trouve un appui grandissant. Pour continuer de nous structurer, augmenter la coordination de tous ceux ralliés à notre projet, et définir un plan d'action sur la base des points définis dans notre Manifeste, nous organiserons une rencontre nationale à Madrid, les 6 et 7 décembre 2014, avec la participation de centaines de syndicalistes des CCOO.

Nous tenons à remercier tous les soutiens que nous recevons et nous vous demandons de continuer à distribuer le Manifeste à tous les camarades, parce qu’il y a des milliers de membres qui sont désireux d’imprimer un changement de cours à nos CCOO et à se joindre à ce projet pour gagner les CCOO à un syndicalisme de lutte.

Vive les Commissions Ouvrières !

MANIFESTE

La goutte qui fait déborder le vase !

Les arrivistes et les corrompus hors des Commissions Ouvrières !

Assez de paix sociale et de démobilisation !

Gagnons les Commissions Ouvrières pour les travailleurs !

La fraude de quinze millions cinq cent mille euros perpétrée par les conseillers et directeurs de « Caja Madrid y Bankia » avec les « cartes noires » est le dernier exemple de corruption qui ronge le capitalisme espagnol. Les conséquences de l’implication de six conseillers des Commissions Ouvrières, qui se sont approprié environ huit cent mille euros en dix ans, sont d'une telle ampleur qu'elles compromettent le futur de notre organisation.

Quoique la commission exécutive des CCOO ait approuvé une résolution suspendant prudemment de « militance » les cinq représentants des CCOO à Bankia, nous ne pouvons oublier les déclarations du secrétaire général des CCOO, Ignacio Fernandez Toxo, qui affirmait ne pas regretter l’accession récente de Rodolfo Benito à l’exécutif confédéral, qui selon lui n'était « ni illégale, ni à son intérêt personnel », et que sa démission « l’honorait ».

Au lieu de défendre les intérêts de milliers de familles expulsées et escroquées en priorité, les conseillers de notre syndicat ont participé au pillage d'une caisse d'épargne publique. Si pour le camarade Toxo ce n'était pas un comportement « illégal » ni de « l'appropriation privée », nous disons que ce fut une utilisation nauséabonde du sigle des CCOO et la preuve de l'abîme profond qui sépare certains dirigeants de notre syndicat de la dure réalité que vit quotidiennement la classe ouvrière.

C'est insulter l'intelligence des travailleurs et des syndiqués des CCOO de prétendre, comme l'ont fait Toxo et la commission exécutive confédérale, n'avoir rien su de ce qui se passait dans la Caja Madrid y Bankia. C’est malheureusement la façon dont ils se conduisent avec les banques, le gouvernement central, ceux des régions autonomes ou les institutions européennes, leur désir obsessionnel de se conduire en « hommes d'état » les amène, inévitablement, à partager des objectifs communs avec les puissants qui tiennent entre leurs mains les rênes de la société, les partis qui alternent au pouvoir, les banquiers et les dirigeants des grandes entreprises. En retour, ils reçoivent de généreuses subventions de l'état et participent à des dizaines de conseils d'administration.

Ces cas de corruption à la direction des CCOO sont le fruit inévitable de sa politique de paix sociale et de consensus, de démobilisation, de signature d'accords incluant la perte de droits et conquêtes sociales. Pour imposer cette politique « pactiste », il a été nécessaire de promouvoir aux organes de direction de nombreux éléments droitiers et dénués de scrupules, comme il est arrivé avec le précédent secrétaire général, aujourd'hui commodément installé dans l'entourage du Parti Populaire sous la protection de Jose Maria Aznar, ou avec Maria Jesus Paredes, ancien secrétaire générale de la fédération de la banque, dont le mari, Francisco Baquero Noriega, fut conseiller des CCOO à Bankia et sut y jouer de la « carte noire » pour deux cent soixante-six mille quatre cent euros ! Ces promotions se firent en marginalisant de nombreux syndicalistes honnêtes et en les soumettant à des brimades dans leurs entreprises.

En tant que syndicalistes et militants fidèles aux traditions de combat des CCOO, nous ne pouvons rester passifs devant une situation qui peut achever de conduire à la destruction de notre syndicat. Les démissions ou suspensions de « militance » de pilleurs pris la main dans le sac sont totalement insuffisantes.

Les grands dirigeants confédéraux sont les premiers responsables de cette situation. Nous demandons donc la démission de la commission exécutive confédérale des CCOO, et de tous les cadres impliqués dans ces délits de corruption.

Pour sauver et défendre les CCOO, doit avoir lieu un débat démocratique dans tout le syndicat qui donne le dernier mot aux adhérents, et qui se conclue par un congrès extraordinaire avec des délégués élus directement par la base.

La seule façon de combattre la corruption est de pratiquer un syndicalisme combatif, de classe, et démocratique. Les signataires ci-dessous appellent tous les hommes et les femmes des CCOO, l'ensemble du mouvement ouvrier, à lutter pour gagner les CCOO pour les travailleurs. Signez ce manifeste, diffusez-le, envoyez résolutions et lettres de protestation à l'exécutif confédéral. Le temps est venu d'apporter une réponse collective et organisée aux destructeurs d'un syndicat construit durant des décennies grâce au sacrifice de la classe ouvrière.

Les Commissions Ouvrières d'origine sont aujourd'hui plus nécessaires que jamais.

Vivent les CCOO !

Dehors les arrivistes et corrompus de notre syndicat !

Gagnons les CCOO pour les travailleurs !

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 20:42

http://www.okeanews.fr/20141126-se-souvenir-des-refugies-grecs-alep-en-aidant-les-refugies-syriens-athenes?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

Se souvenir des réfugiés grecs à Alep en aidant les réfugiés syriens à Athènes

Par Damian Mac Con Uladh

L’histoire des réfugiés syriens aujourd’hui n’est pas sans rappeler celle des réfugiés grecs en 1923.

Mon article à propos de la manifestation des réfugiés syriens sur la place Syntagma, publié Mardi 25 Novembre 2014 dans l’Irish Times, a reçu un accueil mitigé sur facebook, où j'ai, entre autres, posté le lien sur la page d’Athens News.

Les syriens, dont des douzaines d'enfant et un bébé, ont fini leur sixième nuit en extérieur.

Lundi 24 Novembre 2014, certains d'entre eux ont commencé une grève de la faim. Ils veulent que la Grèce leur accorde le droit de continuer leur voyage vers d'autres pays de l'Union Européenne où beaucoup d'entre eux ont de la famille et où ils savent qu'ils recevront une protection.

Confortablement installés derrière leurs claviers, une partie de ceux qui ont posté des commentaires sur la page d’Athens News ont expliqué pourquoi, selon eux, les syriens ne méritaient pas d'être aidés par la Grèce.

Ils ont mis en avant une supposée incompatibilité avec la Grèce et l'Europe pour des raisons religieuses, cette opinion est partagée par un certain nombre de grecs expatriés, ou ont argué que les syriens devraient chercher refuge dans des pays « arabes et musulmans » voisins. Ils ne sont manifestement pas au courant des faits, les statistiques montrent que la majorité des réfugiés syriens a trouvé refuge au Liban, en Turquie, en Jordanie, en Irak et en Egypte.

Un commentateur, sans doute de Syrie, leur a toutefois rappelé grâce à une photographie tirée des archives de la bibliothèque du congrès, qu'à une époque ce sont les grecs qui ont cherché refuge en Syrie. La photographie non datée, intitulée « réfugiés grecs à Alep » montre un groupe de personnes vêtues de haillons, des jeunes gens, alignés en attendant d'être nourris. Au premier plan, une femme, avec un bidon à ses pieds, se tient à côté d'une charrette sur laquelle on cuisine quelque chose. Sous la photographie scannée on peut lire les restes d'une légende, « douze mille grecs ont été nourris par les américains ».

Selon un compte rendu de l’échange des populations entre la Grèce et la Turquie, qui avait été prévu par le traité de Lausanne en 1923, il y avait dix-sept mille grecs d'Asie mineure dans diverses villes syriennes. La situation était telle qu'en août 1923 le chef des réfugiés grecs d'Alep envoya un télégramme au ministère grec des affaires étrangères en lui demandant d'interdire à d'autres grecs l'accès à la ville où il était devenu « impossible d’accueillir plus de réfugiés ».

Plus généralement la situation des réfugiés grecs durant l'été 1923 était décrite comme « tragique et précaire », ce qui est aussi le cas des syriens à Syntagma, comme le montrent un certain nombre de photographies.

Sans aucun doute, tout comme les réfugiés syriens qui manifestent à Syntagma ne veulent pas être en Grèce, les réfugiés grecs de 1923 ne voulaient pas être en Syrie. Ils voulaient atteindre la Grèce, un pays que la plupart d'entre eux n'avait jamais vu mais qu'ils espéraient au moins être un lieu sûr.

Ils ont trouvé une protection en arrivant en Grèce, même si beaucoup des réfugiés ont admis avoir été victimes de discrimination de la part des populations autochtones pendant des années après leur arrivée. Des gens comme Katina, une ancienne réfugiée venue d'Asie mineure, qui, quelques jours avant de mourir à quatre-vingt-douze ans en 2012, rappelait comment sa famille démunie avait été traitée lors de leur arrivée en Grèce, « les voisins ne nous donnaient même pas de charbon. Oui, il y avait beaucoup de racisme ».

En 2014, il est indécent que des réfugiés qui ont fui une guerre brutale doivent dormir dans les rues d'une capitale européenne. C'est la honte de l'Europe et les syriens méritent mieux.

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 20:24

http://www.20minutes.fr/economie/1494431-20141204-cgt-lepaon-pourrait-quitter-fonctions-vendredi

Le secrétaire général pourrait être poussé à la démission dès demain, avance Le Figaro

Thierry Lepaon pourrait quitter ses fonctions dès demain

Jeudi 4 Décembre 2014

La CGT va bientôt perdre sa tête. Thierry Lepaon, son secrétaire général, ne survivra pas aux scandales qui l’éclaboussent depuis le 26 octobre. Après les révélations concernant la rénovation à grands frais de son appartement de fonction, cent cinq mille euros, et son bureau, soixante-deux mille euros, l’affaire des indemnités, révélée lundi par l’Express, a fini de sceller son destin.

Un an et demi seulement après son arrivée à la tête de la CGT, Thierry Lepaon va donc devoir quitter ses fonctions. Reste à savoir quand. Le bureau confédéral de la CGT, qui se réunit demain, pourrait « voter un texte qui met Thierry Lepaon en minorité, ce qui pourrait provoquer sa démission », explique Libération.

Une réunion informelle

« Cette réunion étant informelle, aucune décision ne peut être juridiquement arrêtée », précise Le Figaro. « Toutefois, certains comptent bien mettre la pression sur Thierry Lepaon pour qu'il démissionne de lui-même, sans attendre d'être démis de ses fonctions dans les semaines qui viennent ».

Si Thierry Lepaon ne démissionne pas, la seule instance qui peut le débarquer est le Comité Confédéral National (CCN), c’est-à-dire le parlement de la CGT.

Ce CCN pourrait être convoqué début janvier, explique Libération, qui s’interroge, « qui peut le remplacer ».

La question est loin d’être anecdotique lorsque l’on se souvient de la crise profonde que la CGT a traversée en 2011 et en 2012. Pendant plus de dix mois, les différents responsables de la centrale se sont écharpés pour savoir qui allait succéder à Bernard Thibault. Thierry Lepaon, troisième choix de Bernard Thibault, avait fini par l’emporter.

« C'est quelqu'un qui sait faire travailler un collectif », disait alors Bernard Thibault de lui.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 20:33

La Grèce priée de demander rapidement une prolongation de l’aide (Reuters)

La Grèce va devoir demander une prolongation de son programme d'aide internationale avant la suspension des travaux des parlements de la zone euro pour les fêtes de fin d'année car le mécanisme de soutien lui permettant d'en sortir ne sera pas prêt à temps, a déclaré Mercredi 3 Décembre 2014 un responsable de premier plan de la zone euro.

Après deux plans de sauvetage d'un montant total de deux cent quarante milliards d'euros depuis 2010 pour lui éviter de s'effondrer sous le poids de sa dette, la Grèce compte revenir dès le début de l'année 2015 sur les marchés pour se financer.

Une dernière tranche d'aide d’un milliard huit cent millions d'euros est censée lui être versée d'ici la fin de l'année mais le gouvernement d'Antonis Samaras et les créanciers internationaux d'Athènes ne parviennent pas à s'entendre sur les conditions de sortie de ce programme de soutien financier.

Le programme d'aide va donc devoir techniquement être prolongé jusqu'au mois de janvier, ce qui nécessite l'accord de l'ensemble des parlements des pays de la zone euro.

Pour ce responsable de premier plan de la zone euro, la Grèce doit se hâter d'obtenir ce feu vert si elle veut bénéficier du dernier versement. A ses yeux, la date butoir est le 15 décembre.

« Je suis prêt à travailler le 24 décembre mais les parlements ne seront pas là », a-t-il dit à des journalistes.

Le gouvernement grec et la « troïka » de ses créanciers internationaux, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne et Fonds Monétaire International, ne parviennent pas à aplanir leur désaccord sur les besoins de financement du pays en 2015.

Cette divergence empêche la mise en place d'un filet de sécurité permettant à Athènes de sortir du plan d'aide à moindre risque. Ce mécanisme consisterait en une ligne de crédit qu'ouvriraient les autres pays de la zone euro au profit de la Grèce pour lui garantir un financement en cas d'urgence.

RÉUNION DE L'EURO GROUPE LUNDI

Les experts de la « troïka » doivent rendre compte de leurs discussions avec Athènes aux ministres des finances de la zone euro lundi à Bruxelles. Cette échéance paraît donc cruciale pour Antonis Samaras s'il veut respecter son objectif affiché devant ses compatriotes d'une sortie prochaine de la Grèce du programme d'aide internationale.

Pour le responsable de la zone euro s'étant exprimé mercredi devant les journalistes, l'idéal serait que la Grèce réclame en même temps la ligne de crédit et la prolongation technique du plan d'aide.

« Est-ce que je m'attends à un accord technique sur la ligne de crédit lundi ? Non, ce n'est pas le cas », a-t-il toutefois déclaré.

Les experts de la troïka pensent qu'il manquera plus de deux milliards d'euros à la Grèce en 2015 si elle n'édulcore pas son projet de remboursement d'arriérés de prestations sociales à la population, durement frappée depuis 2010 par la cure d'austérité drastique qui lui a été imposée en échange de l'aide internationale, ou si elle ne le compense pas par des mesures d'économies supplémentaires.

La troïka a aussi réclamé des informations complémentaires sur le projet de réforme des retraites préparé par le gouvernement, a dit un responsable du ministère du travail.

Antonis Samaras a exclu mardi d'alourdir les impôts ou de baisser les revenus des grecs en 2015, jugeant que de telles mesures fragiliseraient l'ébauche de reprise économique constatée en 2014 après plusieurs années de profonde récession.

Des experts de la troïka étaient censés se rendre récemment en Grèce mais cette mission d'inspection a finalement été annulée et aucune nouvelle date n'a été fixée pour leur venue, a déclaré Adonis Georgiadis, un responsable de Nouvelle Démocratie, le parti conservateur de Samaras, à la télévision grecque.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 20:07

http://en.firatajans.com/news/news/demirtas-the-government-trying-not-to-upset-isis.htm

Le gouvernement essaie de ne pas perturber EIIL (Firat News Agency)

Le co-président du parti démocratique populaire (HDP), Selahattin Demirtaş, a dit qu’EIIL a attaqué Kobanê depuis le côté turc de la frontière, mais que le premier ministre turc et le chef de l'état-major l’ont nié. Il a ajouté qu'il était évident que certains fonctionnaires à la frontière ont collaboré avec EIIL pendant soixante-dix-sept jours, et que le déploiement de nombreux militants d’EIIL est un problème concernant la Turquie. « Nous avons des photographies et des vidéos », a déclaré Selahattin Demirtaş, soulignant que la Turquie n’avait pas encore fait de déclaration au sujet de l'incident. Il a dit que « cette attitude conduira la Turquie à une catastrophe ».

Samedi 29 Novembre 2014, des milliers de personnes se sont rassemblées dans les villages de Mehser et Misaynter à la frontière entre Kobanê et Suruç pour protester contre les attaques contre Kobanê. Parmi les manifestants, il y avait Selahattin Demirtas (co-président du HDP), Selma Irmak (co-présidente du DTK) et Kamuran Yuksek (co-président du DBP).

« Kobanê n’est pas seulement une petite ville »

Selahattin Demirtaş a fait un discours, saluant la résistance qui continue à Kobanê depuis soixante-dix-sept jours et ceux qui maintiennent la veillée à la frontière.

Selahattin Demirtaş a dit que ceux qui supposaient que Kobanê tomberait dans les trois jours n’avaient pas pris en considération l'esprit de résistance à Kobanê. Il a ajouté que « Kobanê n’est pas seulement une petite ville, c’est une forteresse qui continue la résistance contre le fascisme depuis soixante-dix-sept jours ». Selahattin Demirtaş a ajouté qu’EIIL avait effectué cinq attentats suicides contre le poste frontière de Mürşitpınar depuis le territoire turc.

« Nous avons des vidéos et des photographies »

Selahattin Demirtaş a souligné que, bien que le premier ministre turc et le chef de l'état-major ont nié que les attaques ont été menées à partir du territoire turc, il y a des images et des photographies prouvant que c’est le cas, en ajoutant que « les terroristes d’EIIL ont ouvert le feu contre Kobanê depuis les silos à blé appartenant au ministère des produits agricoles toute la journée ». Selahattin Demirtaş a dit qu'il se demande si le gouvernement et l’état-major général sont au courant de cela. Il a ajouté qu'il était évident que certains fonctionnaires à la frontière collaboraient avec EIIL depuis soixante-dix-sept jours et priaient pour eux pour capturer Kobanê. Il a continué, disant que le gouvernement ne pouvait pas continuer à nier le soutien à EIIL lorsque les véhicules chargés de bombes viennent de la Turquie à travers la poste frontière de Mürşitpınar pour mener des attaques-suicides et faire sauter un passage officiel. Il a condamné le fait que la Turquie n’avait pas publié de déclaration officielle et que les conditions d'engagement n’avaient pas été mises en œuvre. « Le gouvernement essaie de ne pas perturber EIIL. Cela conduira la Turquie à la catastrophe », a-t-il ajouté.

Selahattin Demirtaş dit que le gouvernement aurait dû expliquer les mesures qu'il prenait à la frontière entre Kobanê et Suruç, ajoutant qu'il devrait avouer si les choses se passaient à l'insu de l'état-major général et appeler les responsables locaux à rendre des comptes. Il a dit que « le peuple ne va pas permettre à EIIL d’utiliser le territoire turc pour effectuer un massacre. Personne ne restera silencieux. L'esprit de Kobanê est désormais partout ».

Des coups durs ont été infligés

Prenant la parole après Selahattin Demirtaş, le co-président du DTK Selma Irmak a condamné l’utilisation par EIIL du territoire turc pour lancer des attaques contre Kobanê, appelant tout le monde à être conscient de cela. Elle a attiré l'attention sur la possibilité que les bandes d’EIIL organisent des attentats suicides désespérés plus brutaux en réponse aux coups qui leur ont été infligés par les forces des YPG et des YPJ.

Après les discours, des milliers de personnes ont marché vers le village de Mehser, beaucoup d'entre eux rejoignant la veillée à la frontière.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:17

http://www.voixdumidi.fr/en-images-200-manifestants-face-a-800-policiers-ce-samedi-a-toulouse-49407.html

Deux cent manifestants face à huit cent policiers à Toulouse

Une manifestation contre les violences policières à Toulouse a mobilisé d’impressionnantes forces de police, récit d’un long après-midi.

Par Delphine Russeil

C’est à un drôle de jeu du chat et de la souris auquel se sont livrés Samedi 29 novembre 2014 à Toulouse manifestants et forces de police. Un jeu perdu d’avance par les manifestants, au vu de la débauche de moyens prévus par la préfecture pour empêcher cette mobilisation qui n’avait fait l’objet d’aucune autorisation préalable.

Rassemblés pacifiquement dès 13 heures 30 place Arnaud Bernard, à peine deux cent manifestants ont été « guidés » par environ huit cent CRS vers l’avenue Honoré-Serres, l’avenue des Minimes et Barrière de Paris. Un rapport de forces inégal qui a stupéfait les passants et commerçants du quartier des Minimes.

Les manifestants se sont peu à peu dispersés, mais gardaient un autre tour dans leur sac pour exprimer leurs revendications, qui se portaient contre les violences policières et en mémoire à Rémi Fraisse, jeune manifestant mort au barrage de Sivens il y a un mois.

Une diversion pour se retrouver au Capitole

Vers 16 heures, une cinquantaine d’entre eux s’est à nouveau retrouvé Square de Gaulle, derrière le Capitole. Rapidement, un contingent des forces de l’ordre s’est posté en surveillance du petit groupe, assis à la sortie du métro Capitole dans une ambiance calme.

Une demi-heure après, ils ont finalement sorti une grande banderole au slogan sans équivoque, « il y en a qui meurent pour des idées, il y en a qui tuent par intérêt », et ont commencé à se diriger vers la place du Capitole via la rue Lafayette.

La situation s’est alors très vite tendue. Un cordon de CRS armés de flashballs et de boucliers s’est mis en position pour interdire l’accès à la place principale, où se tient depuis ce vendredi le marché de Noël. Peu à peu, les manifestants ont dû reculer et une trentaine d’entre eux s’est retrouvée encerclée contre l’enceinte de l’Hôtel de Ville.

C’est dans un square noir de monde, entre les manifestants hors du cercle et les passants attirés par l’agitation, qu’ont dès lors débuté deux heures d’une situation bloquée. À plusieurs reprises, la foule a demandé aux forces de l’ordre de « relâcher » le noyau de manifestants, sans succès. Petit à petit, les manifestants encerclés ont été évacués par l’Hôtel de Ville pour des contrôles d’identité.

Vers 18 heures, l’accès au Square de Gaulle a été bouclé, tandis qu’un canon à eau a été installé pour faciliter la dispersion des personnes encore présentes.

D’après la préfecture, aucun dégât matériel ni blessé n’a été à déplorer. Seules certaines stations de métro ont été fermées par sécurité, notamment Capitole et Esquirol. En marge de la manifestation, un individu a été interpellé alors qu’il venait de jeter un projectile sur les forces de l’ordre.

Dans les rangs des manifestants, l’écœurement était en revanche palpable. « C’est de la censure pure. Vous avez vu vous-mêmes, notre manifestation est pacifiste, il n’y a eu aucun débordement. Pourtant, nous n’avons pas eu le droit de nous exprimer », nous a confié l’un d’eux.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 18:44

http://www.fdg-gretz.blogspot.fr/2014/12/kobane-des-combats-rue-par-rue-maison.html

Un combat rue par rue, maison par maison

Face au « mur de feu » des assaillants de « l’Etat Islamique », Pierre Barbancey, envoyé spécial de l’Humanité à Kobané, a rencontré des combattants kurdes qui tiennent bon, malgré les bombardements les plus intenses depuis soixante-seize jours.

Lundi Premier Décembre 2014

La Renault 12 tressaute sur les chemins rocailleux des collines qui descendent vers Kobané, la ville assiégée par Daesh, l’organisation dite de « l’Etat islamique ». Nous sommes encore du côté turc. À la lueur de ses faibles phares, le chauffeur nous conduit dans un hameau plongé dans le noir. La frontière est à deux pas, marquée par une clôture de barbelés. Sans un mot, deux hommes nous réceptionnent. Les sacs sur le dos, nous les suivons. Une brèche a été ouverte.

Nous nous y engouffrons. Nous voilà seuls. À quelques centaines de mètres, nous apercevons les lumières bleues des véhicules de la gendarmerie turque qui patrouillent sans cesse. Il faut faire vite et se fondre dans la pénombre. Cinq cents mètres, peut-être un kilomètre, à découvert, qu’il faut franchir le plus rapidement possible. Les militaires turcs ont la gâchette facile, même si nous sommes en territoire syrien. Le champ est boueux. Les chaussures s’alourdissent à chaque foulée, lestées de paquets de terre.

Dévaler et grimper des talus, passer la voie de chemin de fer alors que les échanges de tirs sont de plus en plus menaçants, sans pouvoir en discerner la provenance. Les contours des premières maisons de la ville se dessinent enfin. Si loin, si proches. Quelques pas encore. Enfin, nous entrons dans Kobané.

À l’abri devant un petit immeuble, nous attendons Mustafa, un journaliste kurde. Impossible de lui expliquer où nous nous trouvons. Utiliser le téléphone de manière intempestive, c’est, dans cette nuit noire, offrir un point lumineux, devenir une cible pour un sniper. Il faut s’enhardir, frapper à une porte restée entrouverte, expliquer en arabe, puis en anglais qui nous sommes. Deux jeunes femmes apparaissent au bout d’un couloir.

Deux combattantes en treillis qui acceptent de parler à Mustafa, inquiet. La glace est rompue. La confiance s’installe. Elles nous offrent de l’eau, des jus de fruits. Une troisième résistante arrive. C’est Yasmine, blessée quelques jours auparavant.

Une balle lui a transpercé la cuisse. Elle boite encore mais porte sa kalachnikov en bandoulière. Elle nous accompagne en voiture dans une autre maison. Les rues semblent désertes. En réalité, des petits groupes d’hommes et de femmes en armes sont postés aux différents carrefours, prêts à intervenir. Seul le sifflement des obus de mortier rompt le silence nocturne.

Yasmine, une première rencontre, une incroyable rencontre, cette femme endurcie, aguerrie, qui a rejoint le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), il y a cinq ans, était traductrice pour une agence de presse. Un jour, elle a décidé de « partir à la montagne », c’est-à-dire rejoindre les combattants du PKK. « Au moment où tu réalises que tu n’es pas libre, il faut faire quelque chose », dit-elle, les yeux dans le vague. Malgré ses demandes de se rendre à Kobané le premier septembre, jour de son anniversaire, « aller au Rojava, le Kurdistan de Syrie, aurait été mon cadeau, mais mon commandant a estimé que j’avais trop de colère en moi et que je me ferais tuer tout de suite », elle n’a été envoyée que le 15 septembre. « J’ai des camarades qui sont tombés dans les deux premières heures », se souvient-elle. Elle dit encore, « résister ce n’est pas seulement utiliser une arme, c’est être là, avec l’âme de la résistance. Résister, c’est accepter de ne pas dormir, de ne pas avoir à manger, de ne pas avoir à boire. Le lien que nous avons entre combattants est un lien d’amour. Un amour plus fort encore que celui qu’on peut avoir pour son père ou pour sa mère ». Pour l’heure, Yasmine ne peut encore retourner au front.

Dans la pièce où nous nous trouvons, des instruments de musique, saz et accordéon, côtoient les armes. « Quand on a un ou une camarade qui tombe à côté de soi, on est encore plus fort. Parce qu’on continue à se battre pour lui ou elle et pour soi-même, affirme la jeune femme. Ma vie est moins importante que notre lutte. C’est pour cela que nous sommes prêts à tous les sacrifices ».

« On s’est battu pendant plus de quatre heures »

Au petit matin, les explosions qui retentissent sont si puissantes que les murs de notre habitation tremblent. Les combats se déroulent à quelques rues de là, au poste-frontière entre la Turquie et la Syrie. Des membres de Daesh venant de Turquie ont défoncé les barrières avec un transport de troupes blindé, un BRDM, bourré d’explosifs. Les combattants kurdes n’ont pas le temps de l’arrêter. Il explose dans un vacarme assourdissant. Six civils et deux résistants sont tués, douze sont blessés. Guevara, membre des unités combattantes YPG, raconte que, tout de suite après, avec ses camarades, il s’est précipité à la frontière. « Les combattants de Daesh étaient face à nous, du côté turc. Le clash a commencé. Nous les avons attaqués. Une heure après, un kamikaze s’est avancé vers nous. Il a d’abord reculé avant de revenir en tirant sur nous, puis il a actionné la charge qu’il portait. Dix minutes plus tard, un autre a fait de même, blessant deux YPG. On s’est battu pendant plus de quatre heures. Pendant les combats, les militaires turcs nous criaient de reculer parce que nous franchissions la frontière, mais les islamistes se trouvaient de leur côté ». Une quarantaine d’hommes de Daesh, chez eux, pas de femmes, se réfugient alors dans le complexe d’un silo à blé en haut duquel flotte le drapeau turc.

Au sol, des centaines de douilles de 14.5 millimètres, utilisées pour les mitrailleuses lourdes de type douchka, témoignent de l’intensité de l’affrontement. Des morceaux du véhicule piégé ont été projetés à deux cent mètres à la ronde. Les traces des chenilles du BRDM ne laissent aucun doute sur la provenance du blindé, comme nous avons pu le constater. Elles venaient de la partie turque, contrairement aux affirmations des autorités d’Ankara que les djihadistes étaient arrivés par la partie syrienne. Il semblerait que ceux-ci aient pris position dans deux villages alentour.

L’armée turque les avait fait évacuer quelques semaines auparavant et elle était censée les contrôler. Cette attaque ne doit rien au hasard. Depuis plusieurs jours, les unités combattantes kurdes tentent de s’emparer du mont Mishteh Nour, qui surplombe la ville au sud-est et permettrait de contrôler les routes d’approvisionnement de Daesh, notamment en provenance d’Alep. Ce nouveau front au nord, qui s’ajoute à ceux de l’est, du sud et de l’ouest, opportunément ouvert avec l’accord au moins tacite de la Turquie, a permis aux islamistes de desserrer l’étau. Samedi, ils n’ont eu de cesse d’arroser Kobané de centaines de tirs de mortier, visant aussi bien les zones combattantes que civiles. Un déluge le plus intense qu’ait connu Kobané en soixante-seize jours de bataille, nous dit-on. Malgré quelques frappes aériennes, l’enfer s’est poursuivi jusqu’à la tombée de la nuit.

Malgré ce mur de feu de ceux qui se ­revendiquent de « l’Etat islamique », les combattants kurdes tiennent bon. Aux lisières des zones qu’ils contrôlent, ils se tiennent prêts en permanence. C’est le cas de Zelal Ibi, une femme la quarantaine passée, qui vit à Kobané.

Elle s’est engagée dans les YPJ, il y a deux mois, au début de l’attaque perpétrée par Daesh contre sa ville. « Samedi, alors que les affrontements se déroulaient à la frontière, des groupes d’islamistes nous ont attaqués, raconte-t-elle. Nous étions dans les tranchées que nous avions creusées et nous les avons vus arriver et tenter d’approcher. Mais nous les avons repoussés à coups de mortier et de douchka. Après ça, la nuit a été plus calme, ils n’avaient plus les capacités de nous attaquer ».

Zelal Ibi, dit doucement que « je suis contente de défendre Kobané. Nous voulons bâtir une société démocratique. Pour moi, cela signifie que les femmes ont les mêmes droits que les hommes, alors que dans les sociétés primitives, comme celle que veut Daesh, les femmes ne sont que des esclaves. Parce qu’il faut en finir avec les vieilles mentalités ».

« En Turquie ou ici, nous les kurdes vivons les mêmes discriminations »

En parcourant les rues de Kobané, dans les quartiers repris à Daesh, on peut constater l’âpreté des combats. Ceux-ci se sont déroulés rue par rue, maison par maison. Dans les pièces abandonnées, les murs sont transpercés de balles, les façades sont éventrées.

Des obus de mortier artisanaux de deux cent quarante millimètres, non explosés, jonchent le sol. Khalo Kossani, malgré ses cinquante-huit ans, a quitté Istanbul pour venir se battre. « En Turquie comme ici nous vivons, nous, kurdes, les mêmes discriminations », précise-t-il. Keffieh noir et blanc autour du cou, la moustache épaisse, le bonnet bien vissé sur la tête, il tient dans la main un dragunov, un fusil de sniper de fabrication soviétique. Ironie de l’histoire, c’est en faisant son service dans l’armée turque qu’il est devenu tireur d’élite. « Dès que j’en vois un bouger en face, je tire », précise-t-il. « Ce n’est pas que j’aie envie de tuer. Mais il le faut pour protéger notre terre. Tuer, c’est contre l’humanité. Mais on est forcé de le faire ». Khalo Kossani espère que le monde ne va pas rester insensible à ce qui se passe à Kobané. « Il faut nous aider à éradiquer Daesh », lance-t-il avant de retourner à son poste, entre deux sacs de sable, devant une ouverture creusée dans le mur, son fusil en position. Et, au-dessus de lui, le portrait d’Abdullah Öcalan, le fondateur du PKK.

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