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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:46

http://www.patrick-le-hyaric.fr/etat-de-surveillance-contre-etat-de-droit

Etat de surveillance contre état de droit

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen du Front De Gauche

Vendredi 15 Mai 2015

Quand une loi concernant notre sécurité et nos libertés est votée selon le principe de « la procédure accélérée », induisant un temps court entre son examen en conseil des ministres et celui à l’assemblée nationale, sans débat dans la société, des questions se posent. Quand, avant même qu’elle ne soit votée, le président de la république annonce qu’il va lui-même la déférer au conseil constitutionnel, nous avons des doutes. Quand un gouvernement se réclamant de la gauche, refuse d’écouter les alertes d’une multitude d’associations, de la Quadrature du Net à Amnesty International, de la Ligue des Droits de l’Homme au Syndicat de la Magistrature et à des autorités telles que la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL), la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS) ou encore le commissaire aux droits de l’homme du conseil de l’Europe et préfère faire voter ce texte avec la droite, alors il y a de quoi être inquiet. Quand de surcroît, on vote en France une loi qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle que les législateurs américains avaient adopté à la suite des attentats du 11 septembre 2001, qu’ils remettent en cause aujourd’hui, il y a danger.

Non pas que nous penserions qu’il ne faudrait pas combattre le terrorisme. Bien sûr qu’il faut se donner les moyens de le battre. Mais les effrayants et criminels actes qui ont eu lieu sur notre sol sont le fait d’individus qui avaient, paraît-il, été repérés et suivis. La bonne question est donc de savoir pourquoi ces tueries n’ont pas été empêchées ? Pourquoi aucun bilan, aucune critique ne sont présentés au pays ?

Aujourd’hui, le pouvoir prétend organiser une surveillance généralisée des communications téléphoniques, capter des données informatiques et installer des mouchards pour localiser des personnes ou des véhicules en temps réel, sans contrôle de la justice, autrement dit, recueillir des milliards de données sur l’ensemble de la population pour, paraît-il, identifier « quinze ou vingt » terroristes présumés.

Des milliards d’informations, sur nous tous, que la police conservera durant au moins cinq ans.

Pourtant, ce ne sont pas des lois relatives à la sécurité intérieure dont manque la France.

Vingt-cinq ont été votées ces quinze dernières années. Beaucoup d’entre elles ont été écrites en réactivité à des faits divers ou à des chocs émotionnels, sans empêcher les derniers drames qu’a connus le pays.

Pour le moins, il n’est donc pas prouvé que les lois de circonstance soient efficaces pour les buts qu’elles proclament. Par contre, elles ne sont pas bonnes pour l’état de droit. Un pouvoir qui joue ainsi sur l’émotion pour imposer la régression, enfonce un long poignard dans le corps déjà si maltraité de notre république dont le nom est si galvaudé aujourd’hui.

On peut même considérer que l’article huit de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, énonçant le « droit au respect de la vie privée et familiale » est bafoué.

Progressons-nous vers un état utilisant librement les nouveaux instruments technologiques pour accéder à la vie privée des individus, leurs relations, leurs pensées, leurs opinions, leurs déplacements et leur intimité ? La mise en cause de l’état de droit au bénéfice de l’émergence d’un état prétendument « sécuritaire » serait d’abord une victoire des terrorismes, ennemis des droits de l’homme et du citoyen. En contrepoint, la démocratie se restreint au bénéfice des dominants.

Malgré le vote en première lecture de cette loi sur le renseignement par l’assemblée nationale, il n’est pas trop tard pour se faire entendre. Le pouvoir ne peut penser que les mouvements associatifs, les juristes et la société ont forcément tort. Il ne peut pas non plus considérer qu’en refusant cette loi « de surveillance généralisée », nous serions mal intentionnés. S’il est sûr de son fait qu’il organise un débat public sur ce sujet et que toutes les autorités compétentes, du conseil constitutionnel à la Cour Européenne des Droits de l’Homme puissent jouer un rôle et être entendues.

A cet instant, nous ne pouvons que nous remémorer cet article écrit en 1899 par l’un des membres de l’équipe fondatrice de l’Humanité aux côtés de Jean Jaurès et aussi fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme, Francis de Pressensé, critiquant les lois d’exception votées en 1893 et en 1894, après des attentats ensanglantant la troisième république, « la France a, comme à plusieurs reprises au cours de ce siècle, ces paniques provoquées par certains attentats, savamment exploités par la réaction et qui ont toujours fait payer à la liberté les frais d’une sécurité menteuse ». Nous demandons qu’il puisse être démenti.

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:13

http://www.cadtm.org/Comite-pour-la-verite-sur-la-dette

Comité pour la Vérité sur la Dette Grecque (CVDG)

Succès de la deuxième session plénière

Par Raphael Gonçalves Alves

Lundi 11 Mai 2015

Il s’agissait pour l’ensemble des membres du comité de se réunir du Lundi 4 Mai au Jeudi 7 Mai 2015 à Athènes, une seconde fois après la session d’avril 2015, afin de rendre compte de l’avancement de leurs recherches respectives, de planifier et d’organiser le travail à réaliser en vue du rapport intermédiaire qui devra être rendu à la mi-juin 2015.

Les séances se sont déroulées au parlement grec où l’ensemble des présentations et des discussions ont pu être interprétées dans les trois langues de travail, à savoir le grec, l’anglais et le français.

En tant que coordinateur scientifique, Eric Toussaint a présidé les différentes séances, ouvrant et levant ces dernières, il s’est chargé de mener les discussions, les interventions et le processus d’ensemble pour délimiter les prochaines étapes du travail de la commission. Les sessions de travail internes ont été accompagnées d’une séance de présentation publique Lundi 4 Mai 2015 et d’une conférence de presse Jeudi 7 Mai 2015.

La session s’est tenue sous les auspices de la présidente du parlement, également présidente de la commission, Zoé Konstantopoulou. Elle participa activement aux différentes séances à travers ses interventions et suggestions, malgré son agenda surchargé. La commission a également pu compter sur la visite du ministre de la fonction publique et de la réforme administrative, Georges Katrougalos, qui était en train de soumettre au parlement sa loi de réintégration des fonctionnaires licenciés abusivement sous les mémorandums. Il a tenu à rappeler le soutien à la commission assuré par l’ensemble du gouvernement et des différents ministères.

Durant la séance d’ouverture, Eric Toussaint a rappelé que l’audit visait un double objectif, il s’agit de donner des éléments de réponse et des arguments au gouvernement grec pour une éventuelle suspension ou annulation de la dette, mais également de mobiliser et sensibiliser les citoyens et citoyennes grecs et du monde entier.

A cet égard, il est important de souligner l’appel international lancé cette semaine par Giorgos Mitralias visant à soutenir l’audit grec. Trois cent personnalités ont dans un premier temps signé cet appel, telles que Noam Chomsky ou Ken Loach, et l’appel est maintenant ouvert aux signatures du public. Giorgos Mitralias a d’ailleurs eu l’opportunité de faire la promotion de cette initiative, qui a déjà reçu énormément de soutiens, lors de la conférence de presse du Jeudi 7 Mai 2015 au parlement grec.

Avancement des travaux et planification

Du Lundi 4 Mai au Mercredi 6 Mai 2015, les séances ont consisté en la présentation des travaux réalisés par chaque sous-groupe de travail. Ces groupes ont été déterminés lors de la première session, rassemblant, en fonction des compétences de chacun et chacune, deux à cinq membres du comité afin qu’ils se dédient à une partie spécifique des recherches et du rapport final. Bien que plus nombreux, ces groupes de travail peuvent se répartir en trois grandes spécialités.

Il y a les groupes dédiés aux différents créanciers, Banque Centrale Européenne (BCE), Fonds Monétaire International (FMI), pays membres de la zone euro, Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) et créanciers privés.

Il y a les groupes juridiques, impact des politiques d’austérité sur les droits humains et légalité des accords avec la troïka.

Il y a les groupes macro-économiques, origines de la dette grecque et impact des politiques d’austérité et des mémorandums sur l’économie et la soutenabilité de la dette publique.

C’est donc suivant l’ordre du jour que chacun des groupes a présenté l’avancement de ses travaux ainsi que les conclusions intermédiaires auxquelles ils étaient arrivés. Ces présentations ont, à chaque fois, fait l’objet de commentaires et de décisions collectives visant à bien orienter le groupe pour la suite de son travail. Le moins que l’on puisse dire est que ces différentes recherches démontrent déjà de fortes pistes d’irrégularités dans le processus d’endettement du pays de 2010 à 2015 et au-delà. La somme de l’ensemble des recherches et rapports constituera, sous réserve d’une harmonisation par un comité de rédaction constitué lors de la dernière session, le rapport intermédiaire.

Les membres de la commission se sont accordés sur la structure du rapport intermédiaire. Un projet de plan réalisé par Eric Toussaint a été amendé et la structure finale du document fut définie par consensus.

Il a également été décidé que la troisième session de la commission se déroulera à Athènes du 15 au 18 juin 2015. Les délais sont donc extrêmement courts pour les membres de cette commission qui travaillent tous et toutes, une quinzaine de grecs et une quinzaine d’internationaux, de manière bénévole. Cependant, comme Eric Toussaint l’a rappelé lors de la conférence de presse de clôture, l’unité de temps, de créanciers et de nature, permet un audit de la dette plus rapide que ce que l’on a pu connaître dans d’autres cas, comme dans le cas de l’audit équatorien, par exemple. De même, il s’agira bien d’un rapport intermédiaire en juin 2015, le travail continuera par la suite afin de rendre un rapport final plus étayé encore.

Chasseurs d’informations

L’un des débats les plus prégnants fut sans aucun doute la question de la collecte des documents officiels, question qui fut notamment posée lors de la présentation de Maria Lucia Fatorelli, coordinatrice de l’audit citoyen du Brésil, coresponsable du groupe méthodologie de l’audit. En effet, au-delà de tous les documents et informations rassemblés par les membres de la commission, les différentes institutions devront répondre aux questions de la commission si l’on veut que son travail soit réalisé dans de bonnes conditions.

Durant ces quatre jours, plusieurs autorités ont montré tout leur soutien au comité, et ont promis d’apporter leur aide en particulier dans le cadre de la collecte des documents. Citons la visite d’une délégation de la commission au vice-directeur de la Banque Centrale de Grèce.

La présidente de la commission a également annoncé qu’elle allait envoyer les différentes requêtes qui permettront à la commission d’avoir accès à l’ensemble des documents déjà en possession du parlement.

Enfin, afin de faciliter les relations avec les ministères ainsi que les diverses administrations publiques, mais aussi pour faciliter l’organisation interne des requêtes de la commission, un secrétariat dédié spécifiquement à ces tâches a été mis en place.

Dans le cadre de la collecte d’information, la commission auditionnera également un certain nombre de personnes dont les témoignages pourraient apporter des informations utiles voire essentielles aux travaux du comité. Un sous-comité chargé de préparer et mener les auditions a donc été mis sur pied.

Une première liste de personnes a été dressée par l’ensemble des membres de la commission, les premières demandes d’audition devant rapidement être transmises.

Éclosion des définitions

Un groupe de travail mené par Cephas Lumina, ancien rapporteur de l’ONU concernant les effets de la dette sur l’exercice des droits humains, fut chargé de présenter un projet de définitions des dettes « illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables ». Cette question était en effet cruciale, dès lors que le mandat officiel de la commission est, entre autres, d’identifier ces dettes. Les propositions de définition ont été assez largement acceptées et ont, moyennant quelques amendements, fait l’objet d’un consensus. Elles seront présentées dans le rapport préliminaire à rendre à la mi-juin 2015.

Il reste donc beaucoup de travail à fournir par la commission d’ici-là pour mener à bien cette initiative historique, unique en Europe, qui, espérons-le, inspirera d’autres pays et poussera d’autres peuples à exiger un audit de leur dette publique. Notons à ce propos qu’une commission parlementaire d’audit a été lancée en Argentine.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 19:56

http://www.liberation.fr/monde/2015/05/12/les-retraites-grecques-au-regime_1308233

Les retraites grecques au régime

Par Maria Malagardis, envoyée spéciale de Libération à Athènes

Bruxelles et le Fonds Monétaire International (FMI) font pression sur Athènes pour baisser les pensions, alors que quarante-cinq pour cent des retraités vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Ioánnis Varvákis, aventurier grec du dix-neuvième siècle, a sa statue dans le jardin national d’Athènes. Sous le regard impétueux de cet « homme d’affaires et pirate », se réunit chaque jour une assemblée improvisée d’élégants vieillards, presque aussi connue que le Parthénon, dans la capitale grecque. Ces impassibles octogénaires et nonagénaires se retrouvent pour jouer aux cartes ou au backgammon. Mais, en période électorale, ils se livrent également à des joutes oratoires épiques, qui ont contribué à leur célébrité. Savent-ils qu’ils sont au cœur des difficiles négociations entre la Grèce et ses créanciers ? Le dernier Euro-groupe, Lundi 11 Mai 2015 à Bruxelles, a donné lieu Mardi 12 Mai 2015 à une déclaration jugée plus « optimiste » que lors des précédents sommets. Et Athènes a, une fois de plus, honoré les échéances de sa dette en remboursant sept cent cinquante millions d’euros au FMI, Mardi 12 Mai 2015. Mais les blocages persistent. Les interlocuteurs du gouvernement grec n’ayant pas renoncé à le faire plier sur les réformes qu’ils entendent lui imposer. Parmi ces « réformes », exigées par les créanciers, mais dont le contenu est rarement précisé publiquement, figureraient une nouvelle dérégulation du marché du travail, dans un pays où il n’y a déjà pratiquement plus de conventions collectives, ainsi qu’une nouvelle baisse des retraites.

Flegme. Assis en rang d’oignon, les vieillards du jardin ont tous déjà vu leurs pensions diminuer d’un tiers depuis cinq ans. « Je ne touche plus que six cent quatre-vingt euros par mois », précise ainsi Dimitri, quatre-vingt-trois ans, qui fut tailleur de chemises pour hommes avant de prendre sa retraite à soixante-cinq ans. « Moi, je suis veuf, et je peux me contenter de peu. Mais les familles, comment peuvent-elles survivre, si on les appauvrit sans cesse », s’interroge l’octogénaire, dont les enfants ont émigré en Suède. Le vieux Dimitri n’a pas voté pour Syriza, la coalition de la gauche radicale arrivée au pouvoir fin janvier. Et il s’offusquerait presque de la nouvelle mode du « sans cravate » adoptée par certains nouveaux ministres. « Le costume, ce n’est jamais anodin. La cravate impose l’autorité et le respect », affirme-t-il, en connaisseur. Pourtant, ce grand-père tiré à quatre épingles soutient désormais le combat de son gouvernement face à Bruxelles et au FMI. « On lui tord le bras pour imposer des mesures impopulaires. Mais pour l’instant, il tient bon », constate-t-il, avec un flegme oriental.

« Les retraites, c’est une véritable bombe à retardement », admet un universitaire recruté par le nouveau gouvernement pour plancher sur la réforme de la sécurité sociale. « L’équation est simple », explique-t-il. « En Grèce, il y a désormais trois millions cinq cent mille actifs, un million cinq cent mille chômeurs et deux millions six cent mille retraités. Il va donc bien falloir trouver un moyen pour continuer à financer le système, alors que les inactifs sont potentiellement plus nombreux que les actifs, et que l’économie est essoufflée par cinq ans d’austérité ».

Mais comment faire face au « péril vieux », dans un pays où le vieillissement de la population, amorcé dès le début du vingtième siècle, s’est accentué avec l’exil de trois cent mille jeunes diplômés depuis deux ans ? Les créanciers ont leur idée. « Ils veulent supprimer la prime de l’état accordée aux retraites les plus modestes, celles à quatre cent quatre-vingt euros, qui seraient alors réduites à trois cent vingt euros », croit savoir l’universitaire. « Mais qui peut vivre avec si peu », s’inquiète-t-il.

Démunis. Or cette pension modeste à quatre cent quatre-vingt euros concernerait un tiers des retraités. Lesquels, bien sûr, sont aussi des électeurs. Comme l’ensemble des deux millions six cent mille retraités, qui n’ont peut-être pas voté pour Syriza mais qui, comme Dimitri, se retrouvent parfois en première ligne pour soutenir la résistance du gouvernement contre des créanciers plus inflexibles qu’ils ne l’ont jamais été face aux précédents gouvernements grecs, malgré l’échec patent de l’austérité imposée au pays.

« Aujourd’hui, la Grèce est en guerre. On nous étrangle, car nous sommes devenus l’exemple à abattre. Pour dissuader les autres pays européens de voter eux aussi contre l’austérité », martèle ainsi Voula Arnaoutaki, cinquante-six ans.

Retraitée de la fonction publique depuis quatre ans, Voula Arnaoutaki est l’exemple repoussoir pour les créanciers. « Mais ils feignent d’ignorer que j’ai bénéficié d’une retraite anticipée, justement parce qu’on m’a poussée vers la sortie, au nom de l’austérité. Et, avant de faire croire que les retraités grecs se la coulent douce à un âge précoce, il faudrait aussi rappeler qu’en Grèce, il faut attendre en moyenne deux ans avant de toucher toute sa retraite, en raison de retards chroniques dans les administrations. Quatre cent mille candidats à la retraite attendent aujourd’hui le versement de leurs pensions », souligne cette femme énergique.

Elle travaille désormais comme bénévole dans l’un des centres qui distribuent des médicaments aux plus démunis. Parmi eux, beaucoup de retraités. « Ces vieux qui mendient leurs médicaments », poursuit Voula Arnaoutaki, « ils n’ont même plus peur d’une sortie de l’euro. Car euro ou drachme, ils n’ont plus rien dans la poche ». Quarante-cinq pour cent des retraités grecs vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, et dix-sept pour cent sont dans une « misère absolue », selon une estimation récente du ministre délégué à la sécurité sociale.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 19:18

http://tempsreel.nouvelobs.com/loi-renseignement/20150511.OBS8735/exclusif-julien-coupat-le-cynisme-de-nos-gouvernants-est-inoxydable.html

Le cynisme de nos gouvernants est inoxydable

Interview de Julien Coupat par Aude Lancelin

Lundi 11 Mai 2015

Alors que son affaire redémarre, le principal inculpé dans l’affaire de Tarnac, Julien Coupat, répond aux questions du Nouvel Observateur sur son avenir judiciaire, la loi sur le renseignement et la France de l’après Charlie.

Il ne s’était pas exprimé dans la presse depuis 2009. Après avoir été incarcéré six mois pour des accusations de terrorisme, Julien Coupat était devenu à gauche un des plus puissants symboles d’une dérive autoritaire du pouvoir sarkozyste, accusé de monter en épingle une affaire de sabotage de caténaires SNCF pour créer un « ennemi intérieur ». Leader intellectuel du groupe de gauche radicale dit de Tarnac, il n’avait eu de cesse depuis de dénoncer une manipulation policière, menant une rude bataille judiciaire aux côtés des autres inculpés.

On le sait désormais, le quinquennat socialiste n’aura pas inversé la tendance. Deux jours après le vote par l’assemblée nationale de la loi sur le renseignement, Julien Coupat, quarante ans, s’est donc vu signifier, Jeudi 7 Mai 2015, une demande de renvoi en correctionnelle pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », aux côtés de deux autres jeunes femmes, parmi lesquelles sa compagne Yildune Lévy. Un certain François Hollande, alors président du conseil général de Corrèze, territoire sur lequel se trouve Tarnac, avait pourtant pris la plume au printemps 2009 pour ironiser sur la qualification des faits en « terrorisme » et dénoncer une « affaire politique ». Aujourd’hui Julien Coupat reprend la parole.

L'interview exclusive de Julien Coupat est à retrouver intégralement dans le Nouvel Observateur en kiosques Mercredi 13 Mai 2015, ou dès aujourd'hui en zone abonnée. En voici des extraits.

« Dans n'importe quel autre pays d'Europe, un dossier comme celui-ci aurait depuis longtemps donné lieu à relaxe avec de discrètes excuses des autorités.

Depuis le jour de nos arrestations, nous avons toujours trouvé hilarantes les charges qui pèsent contre nous. Et nous trouvons toujours aussi hilarant que le parquet s'appuie dans son réquisitoire, pour étayer l'accusation de terrorisme, sur un livre en vente à la FNAC, « l’insurrection qui vient », et le témoignage sous X d'un mythomane qui a reconnu au 20 heures de TF1 avoir été manipulé par la police antiterroriste. Les procureurs sont des écrivains de polars ratés.

Nous ne nous sommes pas battus, et nous ne nous battons pas, pour faire reconnaître on ne sait quelle innocence, ni pour que la justice, dans sa grande mansuétude, daigne abandonner ses poursuites infondées. Nous nous battons parce que l'on a tenté et que l'on tente encore de nous détruire, de rayer définitivement de la carte la possibilité politique dont l’état a fait de nous un exemple.

Que l'on en soit, quinze ans après le Patriot Act, après le rapport du sénat américain sur la torture, après les révélations d’Edward Snowden, à adopter des mesures aussi exorbitantes que la loi sur le renseignement adoptée Mardi 5 Mai 2015, dit à la fois le cynisme inoxydable et le pathétique mimétisme des gouvernants français. Ils croient vraiment qu'ils vont pouvoir refaire avec quinze ans de retard le coup du néo conservatisme martial, et que nous sommes tous trop bêtes, trop lâches et trop passifs pour nous en insurger.

Le régime social-démocrate actuel, chacun le constate, est en passe de réussir ce que Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à faire, en matière d’austérité comme d'antiterrorisme, de droit du travail comme de répression de tout ce qui se trouve à sa gauche.

La ligne de Charlie Hebdo était depuis longtemps devenue si droitière que c'est, je crois, le seul organe de presse qui ait vu ses locaux dévastés lors d'une manifestation contre le Contrat Premier Emploi. D’un autre côté, si Cabu, pour la génération de 1968, c'est l’Enragé et Hara Kiri, pour la mienne, c'est Récré A2. Faut-il que la sagesse de ce monde soit devenue complètement folle pour être contemporain d'un attentat à l'arme lourde contre le club Dorothée ?

Un temps, l'internet et les réseaux sociaux ont servi de soupape de sécurité, mais ils sont à présent en voie de flicage avancé. L'incrimination d’apologie du terrorisme est là, désormais, pour produire sur toute expression téméraire la terreur requise. Pour ce qui est d’Edward Snowden et de Julien Assange, que nous sommes allés rencontrer à Londres, le fait que l'un en soit réduit à se réfugier dans la Russie de Vladimir Poutine et que l'autre n'ait aucun espoir de sortir un jour de l'ambassade minuscule où il est reclus, en dit long sur ce qu'il faut entendre par le mot démocratie.

Nous vivons des temps radicaux. L'état de chose ne pouvant durer, l'alternative entre révolution et réaction se durcit. Si la décomposition en cours profite essentiellement aux forces fascisantes, ce n'est pas parce que les gens inclineraient spontanément vers elles, c'est qu'elles donnent de la voix, font des paris et prennent le risque de perdre. Nous autres, révolutionnaires, sommes comme retenus par les fils invisibles d'une tradition que nous craignons continuellement de trahir. Mais y a-t-il de plus grand risque, dans la situation actuelle, que de ne pas prendre de risque ? »

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 18:53

http://www.cadtm.org/Ils-n-imaginaient-pas-qu-un

Ils n’imaginaient pas qu’un gouvernement anti austérité ferait un audit

Interview d’Eric Toussaint

Lundi 11 Mai 2015

Éric Toussaint est passé mi-avril par Euskal Herria avec sa dernière œuvre sous le bras, Bancocratie, publié en castillan par Icaria Editorial, et chargé de réflexions à propos d’un domaine sur lequel il travaille depuis des dizaines d’années. Porte-parole du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), sa trajectoire a commencé dans une perspective européenne, auditant, dans les années 1980, l’explosion de la dette des pays du nord, comme celle de la Belgique ou de l’Italie, coïncidant avec le début des politiques néo libérales, et qui est maintenant dans l’œil du cyclone de ce que certains appellent « la crise de la dette de la zone euro » et autre « crises humanitaires en Grèce ». GARA a partagé avec lui une entrevue lors d’une conférence de presse à Bilbao. Cet article reprend des extraits de ces deux comparutions.

Question. En quoi consiste le mandat que vous a donné le parlement grec ?

Réponse. La décision prise par la Grèce de constituer une commission d’audit de la dette, qui a été appelée la « commission de la vérité sur la dette », est inédite au niveau européen. Aucun parlement, aucune institution d’un état de l’Union Européenne ou de l’ensemble de l’Europe, n’a jamais pris ce type d’initiative. Et elle l’a fait avec un mandat très clair, celui d’identifier la part illégitime, illégale, odieuse et/ou insoutenable de la dette réclamée à la Grèce aujourd’hui. Ce mandat est très important parce qu’il y a une large conscience parmi la population grecque au sujet de l’illégitimité et de l’illégalité d’une partie de la dette mais il manque des arguments solides, basés sur le droit international, avec un audit des comptes publics et de leurs relations avec les finances privées. Jusqu’à présent, il y a un manque d’argumentation sur laquelle baser des décisions souveraines en relation avec l’identification de ce type d’illégitimité et d’illégalité. Nous n’allons pas faire des recommandations au gouvernement sur la stratégie à suivre avec l’Union Européenne, cela ne fait pas partie de notre mission. Mais sur base de nos conclusions, les autorités pourront prendre de manière souveraine des décisions fondées sur des arguments de droit interne et international pour pouvoir faire face à leurs créanciers.

Question. Éclaircissons ces concepts sur la dette, illégitime, illégale, odieuse et insoutenable.

Réponse. Une dette illégitime est celle contractée en défaveur de l’intérêt général de la population. Par exemple, la dette contractée comme conséquence de cadeaux fiscaux à une minorité privilégiée, à travers l’exonération d’impôts. On peut aussi considérer illégitime la dette contractée pour favoriser les banquiers privés responsables de la crise, celle contractée pour sauver les banquiers. Une dette illégale est celle qui a été contractée sans respecter les normes juridiques en vigueur dans un état ou dans une région économique ou politique comme la zone euro ou l’Union Européenne. Dans le cas de la Grèce, nous allons analyser si la constitution a été respectée au moment de signer le mémorandum de 2010 et le programme de sauvetage, ou au moment de la restructuration de la dette de 2012, si les règles en vigueur dans l’Union Européenne ont été respectées et si le Fonds Monétaire International (FMI), quand il a octroyé le crédit à la Grèce, a respecté ses propres statuts. Il faut également analyser la légalité du point de vue des traités internationaux qui garantissent l’exercice des droits humains. C’est-à-dire que, si des conventions garantissant aux citoyens l’exercice de leurs droits humains fondamentaux n’ont pas été respectées ou si elles ont été abrogées, comme celui d’avoir accès à un haut niveau d’éducation, de santé publique, à un emploi décent et à une pension digne. Si tel fût le cas, alors on parlera d’illégalité et de caractère odieux de la dette. Et j’arrive à l’insoutenabilité. Nous ne parlons pas de soutenabilité en termes financiers, la possibilité pour un état de continuer à rembourser une dette parce qu’il a les moyens de payer, mais en relation au droit, où une dette insoutenable est celle dont le remboursement empêche à un gouvernement de garantir à ses citoyens l’exercice de leurs droits humains fondamentaux.

Question. Qui appellerez-vous à comparaitre devant la Commission ?

Réponse. Nous allons convoquer Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne (BCE) à l’époque, Dominique Strauss Kahn, alors directeur général du FMI, et le groupe Goldman Sachs, qui a participé au « maquillage » des comptes de la Grèce. Entre autres, nous inviterons à comparaitre le représentant brésilien du FMI, Paulo Noguera Batista, qui a déclaré que la décision du FMI d’octroyer un crédit à la Grèce a été prise sous la pression d’Angela Merkel, de Nicolas Sarkozy et des banques françaises et allemandes, qui ont exigé un sauvetage public. Il existe des témoignages d’une discussion à la direction du FMI lors de laquelle plusieurs directeurs exécutifs ont dit « qu’il faut accorder une remise de dette à la Grèce, il faut restructurer cette dette maintenant », c’était en 2010, « car accorder un crédit va créer une situation dans laquelle la Grèce sera incapable de rembourser ». D’autant que le FMI ne peut accorder un crédit à un pays membre seulement s’il rend soutenable, et de manière structurelle, le remboursement de la dette.

Question. Et que s’est-il passé ?

Réponse. Les représentants de la France et de l’Allemagne, appuyés par le reste des pays de la zone euro, ont dit qu’une remise n’était pas possible parce que cela impliquait un coût pour les banques françaises, allemandes et italiennes. Ensuite, une fois que ces créanciers privés ont touché le quota des bons grecs, ils ont vendu ces titres sur le marché secondaire à d’autres banques et fonds spéculatifs. Et ainsi, les grandes banques privées sont sorties du marché de la dette grecque. Donc, en 2012, ils ont opéré une restructuration de la dette avec une remise, mais ceux qui ont été affectés n’étaient plus les mêmes banquiers, c’était à ce moment, par exemple, les banques chypriotes, qui avaient acheté aux banques allemandes et françaises les titres grecs pensant que c’était une bonne affaire. Et cela a provoqué la crise de Chypre.

Question. Cet audit de la dette est-il compatible avec la négociation en cours entre le gouvernement d’Alexis Tsipras et l’Union Européenne ?

Réponse. Évidemment qu’il est compatible. Il y a ici une sorte d’ironie de l’histoire, en mai 2013, le parlement européen, sous la pression de la commission européenne, a adopté un règlement très dur pour les pays soumis à un plan d’ajustement structurel, à cette époque, la Grèce, le Portugal, Chypre et l’Irlande. Il s’appelle le règlement quatre cent soixante-douze et est extrêmement dur à propos de la tutelle des économies des pays sous assistance financière. Dans l’article sept alinéa neuf, il est dit qu’un pays sous ajustement structurel devra réaliser un audit intégral de sa dette pour expliquer comment celle-ci a augmenté jusqu’à un niveau insoutenable, ainsi que pour identifier les possibles irrégularités.

Question. Que fait la Grèce en créant une commission d’audit ?

Réponse. Elle est en train de mettre en œuvre ce règlement, qui pour moi est injuste, mais qui existe. Quand il a été adopté, il est clair qu’ils n’imaginaient pas que ce serait un gouvernement anti-austérité qui élaborerait l’audit de la dette, ils pensaient à un autre type de scénario. Mais, parfois, ce type de situation imprévue permet à un gouvernement de baser un acte important sur le droit, et dans ce cas-ci, un acte démocratique et élémentaire.

Question. Jusqu’à présent, aucun autre gouvernement européen ne l’a réalisé ?

Réponse. Je pense qu’il est important de demander à la commission européenne, responsable de l’application de ce règlement, pourquoi elle n’a pas exigé l’audit au gouvernement d’Antonis Samaras, pourquoi elle ne l’a pas exigé à Pedro Passos Coelho au Portugal et pourquoi elle ne l’a pas exigé à Chypre. En fait, ils ne voulaient pas que ces audits de la dette se réalisent.

Question. La socialisation de la dette privée pourrait-elle être inversée ? Est-il possible d’obliger les banques à assumer la remise ?

Réponse. Elles pourraient payer la facture de l’annulation de la dette, peut-être avec une contribution à un fond spécifique. Qui sont les propriétaires de la dette des états ? Ce sont les banques qui sont les principales créancières. Dans le cas espagnol, ce sont les banques privées nationales et étrangères, les détenteurs de la dette publique. Dans le cas de la Grèce, les créanciers sont publics, c’est un cas que je qualifierais d’exceptionnel, avec celui du Portugal et de Chypre.

Question. Est-il possible de se documenter clairement pour connaître la destination des crédits accordés à la Grèce ?

Réponse. Absolument, il y a des déclarations très claires à ce sujet, la Grèce a été obligée d’utiliser l’argent reçu pour rembourser les banques. L’argent qui est resté en Grèce a été extrêmement minoritaire. Et c’est ce que nous allons montrer avec l’audit, même si c’est déjà assez bien documenté, autant pour la partie qui est sortie de Grèce immédiatement en tant que remboursement des banques, que la partie qui est arrivée en 2010 et 2012 aux banques grecques, qui étaient en grande partie des filiales des banques françaises et allemandes.

Question. Et quelles répercussions cela peut-il avoir en dehors de la Grèce ?

Réponse. Cela peut être un exemple pour les autres peuples. Il y a beaucoup d’espoir au sein de l’opinion publique européenne à propos de ce qui peut se passer en Grèce. Si le gouvernement élu démocratiquement avec un programme de rupture avec l’austérité arrive à garantir à ses citoyens le rétablissement des droits humains fondamentaux, se confrontant aux autorités européennes et aux créanciers, ce serait un exemple extraordinaire pour l’Union Européenne et pour les autres peuples d’Europe. C’est pour cette même raison qu’un gouvernement comme celui de Mariano Rajoy est aussi rigoureux que celui d’Angela Merkel quand il y a un dialogue avec les autorités grecques. Parce que Mariano Rajoy, peut-être plus que d’autres, souhaite l’échec de l’expérience du gouvernement de Syriza afin de convaincre le peuple d’Espagne qu’il n’y a pas d’issue à l’austérité et qu’un gouvernement du type de Syriza est impossible, inconcevable en Espagne. D’où l’importance d’offrir notre soutien au peuple grec pour permettre que cette expérience soit une réussite.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 18:22

La Grèce débloque le processus de vente du port du Pirée (Reuters)

La Grèce a débloqué la procédure de cession du port du Pirée, le plus grand port du pays, et demandé à trois candidats de présenter des offres contraignantes d'ici septembre 2015 pour le rachat d'une participation majoritaire dans son capital, a indiqué Jeudi 14 Mai 2015 à Reuters un responsable des privatisations.

Athènes avait retenu l'an dernier le chinois Cosco Group et quatre autres candidats pour une participation de soixante-sept pour cent mais la vente avait été suspendue par le gouvernement de la gauche radicale du premier ministre Alexis Tsipras à son arrivée au pouvoir cette année.

La reprise de cette cession devrait être l'une des grandes concessions faites par Alexis Tsipras à l'Union Européenne et au Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre des négociations en cours pour obtenir une nouvelle aide financière.

Athènes propose désormais aux candidats, dans une lettre envoyée Mercredi 13 Mai 2015, de prendre une participation de cinquante et un pour cent dans le capital du port, au lieu des soixante-sept pour cent proposés initialement, rapporte le responsable.

Seuls trois des cinq candidats initiaux, Cosco, l'exploitant de terminaux de conteneurs néerlandais APM Terminals et le groupe basé aux Philippines International Container Terminal Services, sont toujours intéressés, précise-t-il.

« Ce sera pour cinquante et un pour cent avec une option pour atteindre soixante-sept pour cent dans cinq ans s'ils ont investi trois cent millions d'euros », a-t-il dit. « Nous souhaitons annoncer le gagnant fin septembre ou début octobre 2015 ».

Le gouvernement grec tente de renégocier sa dette et d'obtenir une nouvelle tranche d'aide en échange de réformes structurelles. Le gouvernement a fait savoir qu'il étudierait des ventes d'actifs mais qu'il souhaitait que l’état reste impliqué dans les sociétés susceptibles d'être privatisées.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 18:51

Plus de trois cent djihadistes, en Syrie ou sur le retour, recherchés (Reuters)

Les autorités françaises recherchent trois cent six djihadistes, en Syrie ou « sur le retour », selon le procureur de la république de Paris, François Molins.

Dans un entretien à paraître Mardi 12 Mai 2015 dans Le Figaro, il cite trois types de personnes, « il y a les aguerris d'autant plus dangereux qu'ils reviennent endurcis par les combats. Puis il y a les déçus. Enfin, la dernière catégorie est le profil du déséquilibré psychiatrique ou psychique qui peut avoir prêté la main à des actions abominables et qu'il faut à la fois punir et traiter. Nous voulons juger le plus rapidement possible les dossiers syriens », poursuit François Molins. « A ce jour, seuls onze individus l'ont été. Le plus lourd est à venir puisque nous traitons actuellement des dizaines de dossiers avec cent soixante-neuf personnes mises en examen, dont cent six personnes en détention provisoire ».

Il ajoute que Sid Ahmed Ghlam, arrêté le mois dernier et soupçonné d'avoir préparé un attentat contre au moins une église de Villejuif, « a été téléguidé depuis la zone irako-syrienne ».

Quant à Amedy Coulibaly, un des auteurs des attentats qui ont fait dix-sept morts en France en janvier 2015, « selon toutes hypothèses en cours de vérification, Amedy Coulibaly a lui aussi reçu des instructions depuis l'étranger ».

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 18:40

http://www.lorientlejour.com/article/924425/ali-mamlouk-serait-en-residence-surveillee-pour-tentative-de-coup-detat.html

Ali Mamlouk serait en résidence surveillée pour tentative de coup d’état

Le chef du bureau de sécurité nationale syrien est accusé d'avoir engagé des pourparlers secrets avec la Turquie et avec Rifaat al Assad, rapporte le Telegraph.

Soupçonné d'avoir fomenté un coup d’état pour mettre fin à l'influence grandissante de l'Iran sur le régime du président syrien Bachar al Assad, le général Ali Mamlouk aurait été placé en résidence surveillée, révèle Lundi 11 Mai 2015 le quotidien britannique Telegraph.

Le chef du bureau de sécurité nationale du parti Baas syrien et conseiller du président Bachar al Assad en matière de sécurité aurait engagé des discussions secrètes avec les services de renseignement turcs, explique le quotidien citant « une source interne au régime ». Toujours selon le quotidien, le général Ali Mamlouk aurait également pris contact avec Rifaat al Assad, l'oncle du président syrien, qui vit en exil depuis qu'il a été accusé, lui aussi, de monter un coup d’état en Syrie dans les années 1980. Ces contacts auraient été pris après la défaite des troupes syriennes à Idlib et Jisr al-Choughour.

Le Telegraph explique que la place prise par l'Iran au sein du régime est sévèrement contestée par des membres du « cercle intime » de Bachar al Assad.

« La plupart des conseillers du palais présidentiel sont maintenant iraniens. Ali Mamlouk détestait que la Syrie offre sa souveraineté à l'Iran. Il pensait qu'un changement était nécessaire », déclare au quotidien « une source proche du palais » présidentiel.

Ces informations interviennent quelques jours après l’annonce de la mort de l'ancien chef des services de renseignements syriens au Liban, Rostom Ghazalé, plus d'un mois après son hospitalisation à Damas. Les causes précises de l'hospitalisation de Rostom Ghazalé, qui souffrait d'hypertension artérielle, n'ont jamais été éclaircies. Une source de sécurité haut placée à Damas avait annoncé un mois plus tôt son limogeage et celle du chef du renseignement militaire, Rafic Chéhadé, après une violente querelle entre les deux hommes.

Au Liban, le général Ali Mamlouk est suspecté d'avoir planifié, avec l'ancien ministre Michel Samaha, des attentats dans ce pays et l'assassinat de personnalités politiques et religieuses libanaises hostiles à Damas. Lundi 20 avril 2015, Michel Samaha a reconnu lors de son procès avoir ramené de Syrie des explosifs destinés à être utilisés pour des attentats au Liban.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 18:29

Jean Marie Le Pen va créer une formation politique (Reuters)

Jean-Marie Le Pen, suspendu Lundi 4 Mai 2015 de ses fonctions de président d'honneur du Front National, a annoncé Lundi 11 Mai 2015 son intention de créer une formation, « un parachute contre le désastre » qui, assure-t-il, ne sera pas concurrent du Front National.

« Je ne vais pas créer un autre parti. Je vais créer une formation qui ne sera pas concurrente du Front National », a-t-il déclaré sur Radio Courtoisie.

Il s'agira, a-t-il poursuivi, « d’un parachute contre le désastre, de façon à recueillir tous ceux qui sont actuellement indignés de la ligne politique suivie » par le parti qu'il a cofondé en 1972 et que sa fille Marine Le Pen, désormais en rupture totale avec son père, dirige depuis 2011.

Les opposants à la ligne actuelle de « dédiabolisation », dont Jean-Marie Le Pen impute la responsabilité au vice-président Florian Philippot, « sont nombreux, ils n'ont pas toujours le moyen de se faire entendre mais ils sont très nombreux ».

L'objectif, a poursuivi le fondateur du parti, qui aura quatre-vingt-sept ans le 20 juin 2015, est de « peser pour rétablir la ligne politique qui a été suivie depuis des décennies ».

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 18:07

http://www.syriza-fr.org/2015/05/08/grece-la-reouverture-de-la-radio-television-publique-grecque-ert-le-11-mai-2015

Il faut que la nouvelle ERT restaure un climat de confiance avec le peuple grec

Le gouvernement, ayant comme objectif la réouverture de l’ERT, Lundi 11 Mai 2015, et la fin de la période « d’écran noir et gris », accélère les processus d’application de la loi adoptée par le parlement la semaine dernière.

Comme a souligné le ministre d’état Nikos Pappas, « notre préoccupation est de rétablir la confiance du peuple envers le radio diffuseur public ». Dans ce contexte, le processus de formation du nouveau conseil d’administration a déjà commencé. A partir du Jeudi 7 Mai 2015, nous avons publié un appel ouvert à manifestation d’intérêt pour les postes de président du conseil d’administration, de Président Directeur Général et de trois autres membres du conseil d’administration de l’ERT. Le processus sera terminé demain, afin que le conseil d’administration se constitue et sélectionne immédiatement les personnes qui vont encadrer la nouvelle organisation.

Le profil d’information de l’ERT est son grand défi, tandis que le nom ERT est son meilleur atout. Par conséquent, selon les rapports, le nom ERT sera utilisé partout. Dans les trois chaînes de télévision, ERT 1, ERT 2 et ERT 3, dans la chaîne satellitaire, dans les quatre radios et les dizaines de stations de radio régionales, il y en avait dix-neuf quand la Nouvelle Démocratie et le Pasok les ont fermées. Selon les rapports, il y aura un secteur de radio diffusion unique pour les expatriés avec la chaîne de télévision ERT World et les radios Amitié et la Voix de la Grèce.

La nouvelle administration doit trouver immédiatement les personnes et les voix qui vont exprimer la nouvelle ERT, en laissant derrière elle la période des mémorandums et des perceptions dépassées. Certes, ses travaux doivent se faire avec des moyens financiers limités, comme elle continue à payer une partie de son budget vers l’état en contribuant à la dette publique, en ajoutant l’élément qu’elle était profitable, ce que les défenseurs de « l’écran noir » avaient « oublié ».

La prochaine étape sera la restructuration de son organisation et de son travail par la rationalisation des structures et la répartition du personnel, mais aussi l’intégration des fonctionnalités de la période d’auto-organisation qui se sont révélées efficaces dans la pratique.

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