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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 18:11

http://www.frontsyndical-classe.org/2015/01/reflexions-de-jean-pierre-page-apres-le-ccn-du-13-janvier.html

Après le Comité Confédéral National (CCN) de la CGT du Mardi 13 Janvier 2015, poursuivre et amplifier notre action

Par Jean Pierre Page, ancien membre de la commission exécutive confédérale de la CGT

Samedi 24 Janvier 2015

Ou en sommes-nous ?

Pour faire la clarté sur les pratiques pourtant avérées de certains dirigeants confédéraux et avant que les intéressés ne prennent la décision de se démettre il aura fallu presque trois mois de bataille dans la CGT.

Tout cela a été vécu comme quelque chose d’indigne et totalement étranger à ce que sont les valeurs défendues par nombre d’adhérents de la CGT.

Indifférents au préjudice qu’ils ont causé à toute la CGT, comme aux intérêts des travailleurs, aucun d’entre eux ne sauraient être exonérés de la responsabilité qu’ils portent.

Si certains dirigeants de la CGT ont perdu toute crédibilité, il faut savoir en tirer les conséquences. Dans les choix qui seront fait pour élire un secrétaire général, un administrateur et un bureau confédéral il convient d’en tenir compte. Cela concerne entre autre ceux qui ont soutenu jusqu’au bout la faillite du secrétaire général démissionnaire. Il ne saurait y avoir de cooptation, de népotisme et d’arrangements de sommet entre quelques-uns. Il faut dorénavant une transparence qui écarte toute démarche de sommet qui exclut les syndicats.

A l’égard de ceux qui prétendent aux responsabilités il faut généraliser la consultation des commissions exécutive des fédérations, des unions départementales, des unions régionales et des unions locales des syndicats. Toutes n’ont pas été réunies avant le CCN du Mardi 13 Janvier 2015. Pour surmonter cette épreuve, ce qui va compter, c’est la capacité de la CGT à impliquer le plus grand nombre.

Voilà entre autre pourquoi il faut un congrès confédéral en 2015. Un congrès qui se prépare de façon extraordinaire dans la transparence. Un congrès qui soit démocratiquement l’affaire des syndicats. Une tribune de discussion peut contribuer dès à présent.

Nous n’en sommes pas là. Il en est ainsi parce que cela touche aux orientations, aux positionnements et aux axes revendicatifs actuelles de la CGT autant qu’à ses méthodes de direction. Or, tout est fait pour qu’on ne discute ni de l’un ni de l’autre car les deux sont devenus depuis de nombreuses années les domaines réservés d’une « coterie ».

Voilà pourquoi toute la CGT doit être invité à réfléchir sur les causes véritables qui ont conduit à cette situation. Il faut impérativement l’assainir et faire un véritable état des lieux.

Il s’agit de rétablir la confiance dans toute la CGT. On le doit à l’ensemble des syndiqués et aux militants, tout particulièrement ceux des entreprises, on le doit ensuite aux travailleurs qui légitimement se posent des questions sur la CGT. Les groupes de travail mis en place le permettront-ils ? Nous le verrons bien.

Ce qui n’est plus possible dans la CGT

Or, cette « coterie », par des manœuvres grossières, des menaces, du chantage, des calomnies et même le détournement des mandats confiés à des membres du CCN, cherche à confisquer de fait la direction de la confédération au mépris des organes démocratiquement élus. Ils le font dans l’ignorance des militants et des syndiqués. Les membres de ce « cabinet de l’ombre » poursuivent leur travail en faveur d’un recentrage de la CGT. A leurs yeux, « la fin justifie les moyens ».

Aujourd’hui, après s’être résignés, ils abandonnent un secrétaire général, pour se servir d’un autre demain. Il est impératif que la nouvelle direction qui sera élu prenne conscience de cette situation et décide des mesures qui s’imposent afin d’opérer une rupture avec des pratiques qui déshonorent la CGT.

En fait toute la CGT doit relever ce défi

Ces quinze dernières années, elle a connu une dégradation continue de sa vie interne également illustrée à travers le carriérisme, la professionnalisation, la délégation de pouvoir et l’institutionnalisation, traits que l’on retrouve dans la conception et la vision du modèle syndical européen.

Ces comportements tournent le dos au dévouement qui caractérise une pratique militante. Ils ont pour but de se servir de la CGT afin de protéger des intérêts personnels comme ceux de forces étrangères au syndicalisme. C’est inacceptable. Ne rien dire serait s’accommoder au fond de cette façon d’être et de cette façon de faire. Si cela devait se poursuivre, on peut deviner ce qu’en seraient les conséquences. « Le poisson pourrit toujours par la tête », comme le souligne le proverbe chinois.

Il faut rétablir une conception militante

Voilà pourquoi nous devons contribuer à la mise en œuvre d’une conception de militants auteurs, acteurs et décideurs, encourager à tous les niveaux la prise de responsabilité, l’esprit d’initiative et faire vivre démocratie syndicale et ouvrière.

Cela suppose de bannir toutes formes de « déresponsabilisation », comme le refus de s’exprimer et de décider qui constituent des comportements qui, avec le temps, sont devenus une règle pour certains dirigeants. Soyons franc avec nous-mêmes, n’avons-nous pas assisté à cela dans certains votes et débats de la commission exécutive confédérale comme du CCN ?

N’ont-ils pas été le reflet d’une certaine peur du vide qui touche à la recherche d’un homme providentiel. Pourtant nous sommes et avons toujours été à la CGT contre la délégation de pouvoir, toutes les formes de présidentialisation d’une fonction comme aux clans qu’elle suscite.

En fait, si la CGT a besoin d’un secrétaire général, ce dernier doit être moins général et beaucoup plus secrétaire, être un véritable animateur du travail collectif avec tous et toutes en tenant compte des sensibilités et des expériences.

C’est urgent et ne saurait être différé car la CGT s’est réfugiée dans une sorte de formalisme et d’unanimisme qui, au fond, n’est rien d’autre que ce qu’hier certains reprochaient à d’autres.

Ainsi, par exemple, la « politique des cadres » de la confédération a été confiée à un « groupe » qui, par sa vision, a fini par encourager les clivages, les clans et les courtisans, en écartant ceux qui ne défendent pas le point de vue de la direction. On y privilégie les courbes de carrière et il existe maintenant des Directeurs des Ressources Humaines à la CGT, des chefs de cabinet et même un directeur de l’administration. On croit rêver.

Les voix différentes sont depuis des années systématiquement écartées, pourtant il s’agit de militants d’expérience. La CGT en a un grand besoin d’autant qu’elle est justement confrontée à un problème d’unité et de cohésion. Ne pas en tenir compte dans le choix des futurs dirigeants de la CGT, pire le nier ou l’ignorer serait catastrophique pour son avenir. Les syndicats, qui sont à la base de la structuration de la CGT, doivent exiger d’autres règles et critères pour construire la future direction confédérale.

La CGT a non seulement vu régresser ses programmes de formation syndicale en quantité mais par-dessus tout en qualité à travers ce qui concerne leurs contenus pour s’aligner sur les normes du syndicalisme d’accompagnement et une vision du monde sans contradiction. Son expression et sa presse ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles étaient. La recherche dans le domaine de la collaboration entre syndicalistes et universitaires dont elle était si fière a été progressivement abandonnée. A quelques exceptions près la CGT a cédé à l’imagerie et aux idées qui sont dans l’air du temps.

Cela d’autant qu’aux cadres syndicaux d’origine ouvrière ayant fait l’expérience de la lutte de classes à l’entreprise, puis dans d’autres structures syndicales professionnelles et inter professionnelles, ont succédé des responsables dont la trajectoire est bien différente. L’origine scolaire et professionnelle et une expérience militante assez récente pour ne pas dire pire pour des candidatures envisagées est étroitement associée à une vision qui privilégie le dialogue social en France et en Europe, partage, répartition des richesses, environnement et une vision du monde droit de l’hommiste des relations entre le nord et le sud curieusement jamais solidaire en Europe. On voyage plus facilement à Bruxelles qu’à Athènes.

Pour faire bonne mesure et trouver les inspirations nécessaires, on a vu ces dernières années fleurir les « think tank » comme le « forum syndical européen », « laser », « dialogues » et « confrontations ». Aux côtés de militants et d’anciens dirigeants de la CGT et de la CFDT, on y dialogue avec des chefs d’entreprise « sur les risques de radicalisation du mouvement social ». En toute « indépendance », les entreprises et les institutions européennes participent au financement de ces « clubs de réflexions ».

Voilà ce qu’il faut changer, prendre la parole, « mettre les pieds dans le plat » et décider de manière indépendante à partir de ce qu’est la CGT et non pas de ce que l’on veut qu’elle soit, de surcroit à marche forcée.

Ayant délaissé la réflexion sur les rapports de classe et sur l’organisation de la lutte par ceux-là mêmes qui subissent la domination du capital, la CGT a ainsi et de ce fait progressivement subordonnée son action aux positions dominantes du syndicalisme européen. Une vision du syndicalisme qui est celui de l’échec et qui se range du côté de l'idéologie dominante, et l'idéologie dominante, « c'est l'idéologie de la classe dominante ».

Il est pour le moins étonnant que de nombreux medias ont évoqué une prétendue radicalité de la direction de la CGT et de son ancien secrétaire général quand le conformisme dont ils ont fait preuve est aujourd’hui justement critiqué par de nombreuses organisations et militants.

Il faut plutôt entendre les forces vives de la CGT, celles qui démocratiquement se sont réunies dans des centaines d’assemblées générales et qui ont fait monter une série d’exigences que l’on peut résumer de la manière suivante, « la CGT doit changer, changer vraiment ».

Cette action engagée et soutenue avec succès à travers l’appel « défendons la CGT », doit impérativement se poursuivre et s’amplifier sur les objectifs qu’il s’est fixé, notamment s’agissant d’un congrès confédéral avant la fin 2015 préparé dans des conditions exceptionnelles avec les syndiqués.

La CGT est à la croisée des chemins, elle doit faire des choix, « il n’y a que les batailles que l’on ne mène pas que l’on ne gagne pas ». Voilà pourquoi et en priorité il faut prendre le chemin de la lutte contre les politiques malfaisantes du capital en France, en Europe et dans le monde, se doter d’une démocratie vivante impliquant tous et toutes, revenir à des principes et à ce pourquoi la CGT existe depuis cent vingt ans. Autant d’objectifs dont elle n’aurait jamais dû s’écarter.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:14

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un long message de Gilbert Remond relatif à l’actuelle situation politique française et à certaines comparaisons historiques.

Comme d’habitude, et pour des raisons de déontologie médiatique élémentaire, vous trouverez également un lien vers la lecture du message dans sa totalité.

La publication de ce message n’est en aucun cas une forme de soutien aux idées politiques générales ni du rédacteur du message ni des gestionnaires du site www.lepcf.fr

Bernard Fischer

http://www.lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2691

Charlie et les luttes de classe en France

A la recherche de l’objet qui n’est pas Charlie

Par Gilbert Remond

Lundi 19 Janvier 2015

Je suis Charlie, le nouveau paradigme de la mythologie républicaine

La pancarte « je suis Charlie » est devenu une profession de foi, une forme duplicable à l’infini de ce savoir qu’il convient de montrer comme une nouvelle carte d’identité, un mot de passe exigé pour entrer dans la communauté nationale. En l’espace d’une semaine, elle est devenue, suite à une promotion politico-médiatique sans précédent sur une période aussi courte, le signe du ralliement « à une loi, à un ordre », qui est devenu la forme d’une nouvelle « universalité » proposée pour nous intégrer dans « le tout » d’une société capitaliste arrivée à son stade suprême, une société que nous nommons impérialisme depuis l’opuscule que Lénine a consacré à la question, d’où viennent les guerres ?

Cette société qui se donne comme réalisation de la Jérusalem céleste sur terre est pour les riches, mais elle construit un enfer pour les pauvres. Qu’importe, ce nouveau paradigme, nous l’avons entendu presque à saturation ces derniers jours. Il se décline depuis, à longueur de journaux, pour s’articuler à « la liberté de la presse », redevenue pour la circonstance la garante nécessaire de la démocratie, alors qu’elle suffoquait depuis des années dans le carcan des multinationales qui l’on concentrée dans quelques mains odieusement mercantiles.

Devenue métonymiquement le signifiant de laïcité, il recouvre de fait cet autre paradigme devenu inavouable qui est celui de la pensée libérale articulée au libre marché sans contrainte, de la constitution européenne, refusée par la majorité de notre peuple en 2005. Avec « je suis Charlie », une laïcité restreinte et l’idéologie libérale libertaire viennent brutalement prendre la place du triptyque « liberté, égalité, fraternité » devenu ringard à l’oreille de nos modernes.

Telle est en tout cas le scénario que nous récitent depuis dimanche radios, télévisions et politiques. Il doit remplir la tête de ceux qui ont entrepris les marches républicaines. Nul doute qu’ils s’y sont soumis. Leur choix ne peut avoir exprimé autre chose. Par contre, ceux qui n’ont pas marché seront repérés et mis au pas. Problème, ils forment la plus grande part des classes populaires.

De ce point de vue, le métro offrait un indicateur hors pair pour établir un comptage sociologique. Au retour de la manifestation lyonnaise, les rames bourrées à craquer se sont vidées dans les quartiers bourgeois. Arrivées en banlieue, elles étaient vides depuis deux stations, à l’exception de quelques militants communistes qui rentraient chez eux, dont j’étais.

Faire confiance aux masses

Une amie m’écrivait ces jours, « entre je suis celui qui suit et je suis celui qui est, la différence est grande. Je pense que dans le cas de Charlie il y a confusion. La question est « qui sommes-nous ». Et la réponse est « dessine-moi un mouton ». Cela m’a fait penser au dialogue qu’il y avait eu entre le petit prince et l’auteur au sujet du mouton. Le pilote avait beau s’appliquer, les esquisses qu’il proposait ne satisfaisaient jamais l’enfant. Finalement à bout de patience, l’auteur dessinait une caisse avec des trous, puis lui tendant sa feuille, il lui disait, « voilà, cela c’est la caisse, ton mouton est dedans ». A son grand étonnement, l’enfant lui répondit, « c’est tout à fait comme cela que je le voulais ». Leur dialogue se terminait magistralement sur une image qui permettait la réalisation de la subjectivité en expliquant le mécanisme de son intériorisation. Chacun pouvait ainsi se représenter le mouton qu’il portait en interne. Cette histoire nous amène malheureusement à comprendre qu’il se passe exactement le contraire dans le débat qu’engage la classe dominante.

Celle-ci, nous impose la forme d’un mouton, une forme forcément impropre à la vision de chacun, une forme indiscutable qui prend le ton regrettable d’une sommation. Être ou ne pas être et tant pis pour la folie d’Hamlet. Son esprit n’y tiendra pas, ce n’est pas le sujet. Et tant pis pour notre scepticisme existentiel.

Nous marcherons au même pas. Notre caisse n’a pas de trou, elle ne laisse rien deviner d’autre que son apparence extérieur. Tout doit rester en surface. Nul ne saura jamais s’il y avait un mouton à l’intérieur, et moins encore s’il était endormi ou éveillé.

Je trouve qu’il y a dans l’atmosphère de ces jours quelque chose du « matin brun », la nouvelle de Franck Pavloff, quelque chose qu’il résume dans ce passage, « faut pas pousser disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation. Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune, à la fin des phrases ou après les mots. Au début demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage, c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun que de rajouter putain, con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était tranquille ».

Pour un tas de raisons qui d’ailleurs les rapproche, je ne suis pas plus Edwy Plenel que je ne suis Charlie, mais je partage son jugement quand il dit que « les terroristes font toujours la politique du pire. Les terroristes sont les pourvoyeurs des politiques de la peur, des politiques que nous combattons », comme lui je crains « que l’on se serve de ces crimes pour nous engager dans une guerre sans fin pour désigner en bloc une partie de notre peuple ». Il est urgent de cesser cette escalade de la diabolisation. Il est urgent de cesser de remplacer des groupes et des secteurs de la population par des monstres dont on finit par avoir peur au point qu’ils justifient des mesures y compris militaires.

D’autres alternatives existent à cette tendance qui pousse au repli et à la stigmatisation de l’autre comme réponses à l’irrationnel de ces peurs. Danielle Bleitrach a publié le témoignage d’une enseignante de la région parisienne dont l’expérience l’avait amenée à dire que « quand il faut lutter pied à pied contre des thèses fallacieuses, des idées dangereuses, il faut laisser les adolescents s’exprimer librement plutôt que de se protéger en réduisant immédiatement leur lecture à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la laïcité. Les grands concepts viendront après, peut-être selon ce qu’ils diront ». En gros son témoignage prouve qu’il faut faire confiance aux masses et à leur intelligence.

Or cela passe en premier lieu par l’ouverture d’espace de parole et de temps d’écoute pour leur mise en place, c’est-à-dire de circonstances concrètes et physiques pour permettre le déploiement de ce qui pourra devenir la mise en cohérence de toutes sortes de pensées qui souvent s’expriment dans un premier temps dans le bruit et la fureur. « Nous ne devons ni pleurer, ni rire, mais comprendre » disait Baruch Spinoza, le rescapé de l’inquisition à qui l’on avait demandé d’abjurer sa foi. L’ennemi, ce n’est pas celui qui s’oppose pour pouvoir se construire, c’est tout ce qui nous divise.

Quarante-huitards d’hier, quarante-huitards d’aujourd’hui, le dix-huit brumaire en embuscade

Dans un autre article, Danielle Bleitrach nous disait que « cela me fait songer à l’analyse de Karl Marx sur la lutte des classes en France. Il raconte comment en 1848 tandis que le peuple était épris d’une ivresse de liberté et inventait un autre monde avec des commissions rassemblées au jardin du Luxembourg, le capital installait les conditions de la répression et de la guerre. Karl Marx dit que « tandis qu’au jardin du Luxembourg on cherchait la pierre philosophale, à l’Hôtel de Ville on battait déjà la monnaie ». Tandis que Manuel Valls nous parlait d’unité nationale, Emmanuel Macron et les marchands d’armes, de surcroît patrons de presse, installaient les conditions réelles de l’aggravation de la situation. Et chacun déjà cherchait dans l’autre le bouc émissaire. Je rajouterai à cette remarque un autre passage où Karl Marx demande de prendre garde à ce que l’assemblée nationale ne soit plus « qu’un comité de salut public du parti de l’ordre », car expliquait-il, « chaque fois que, pendant ses vacances, le bruit confus du parlement s’éteignait et que son corps se dissolvait dans la nation, il apparaissait clairement qu’il ne manquait qu’une chose pour parachever le visage véritable de cette république, rendre ses vacances permanentes et remplacer sa devise, liberté, égalité et fraternité par les termes sans ambiguïté, infanterie, cavalerie et artillerie ». Et en effet, depuis la journée du Dimanche 11 Janvier 2015, nous voyons les effectifs du plan Vigipirate en augmentation, le porte avion Charles de Gaulle promu super star et dix mille soldats de l’armée française appelés à déambuler sur la voirie de notre douce France ».

Suite aux mises en garde que je faisais à l’occasion d’un comité de section du parti, devant un excès d’optimisme après l’immense mobilisation de ces derniers jours, un camarade, sans doute animé par l’esprit Charlie avait cru spirituel de me faire remarquer que si la révolution se présentait comme en 1848, je ne m’en rendrais pas compte. Pourquoi pensait-il précisément à celle-là ? Le besoin de référence est parfois étrange. L’inconscient, toujours lui décidément, vient souvent se mêler des conversations pour à l’improviste dire ce qui refuse de se penser clairement. En tout cas je lui répondais en lui faisant remarquer qu’au lieu de faire le finaud, il ferait mieux de se rappeler que celle-ci n’avait pas été conclue en faveur des forces populaires faute d’une organisation qui les représentât et leur donnât programme et perspective. Il est utile de rappeler que de ce fait un troisième larron était venu, ramasser la mise, après avoir su habilement récupérer le mouvement.

Karl Marx nous faisait justement remarquer dans ces même « luttes de classe en France » que « derrière l’empereur se cachait la jacquerie. La république qu’ils balayaient par leur vote, c’était la république des riches ». L’absence d’un parti du prolétariat avait permis aux démagogues de faire illusion sur ces bases. Cela rappelle quelqu’une. Mais Karl Marx nous disait aussi dans « le dix-huit brumaire de Louis Napoléon Bonaparte », que « tout peuple qui croit avoir accru son puissant mouvement, se trouve soudain ramené à une époque défunte, et pour empêcher toute confusion quant à la rechute, on fait revire les anciennes dates, l’ancienne chronologie, les anciens noms, les anciens édits qui semblaient appartenir depuis longtemps à l’érudition savante et les sbires d’antan que l’on croyait depuis longtemps tombés en putréfaction ». Des références au passé et des comparaisons avec d’autres événements, nous en avons entendu, ces jours, en particulier au sujet de cette journée d’août où la foule avait ovationnée le grand Charlie, promu symbole en marche de la France résistante.

Pour comprendre l’événement qui venait d’avoir lieu en 1848, Karl Marx poursuivait ses comparaisons en nous livrant ce constat, « les français tant qu’ils furent révolutionnaires, ne purent se défaire des souvenirs napoléoniens, comme l’a prouvé l’élection du 10 décembre, celle de Louis Napoléon à la présidence. Pour échapper aux dangers de la révolution, ils rêvèrent de retrouver les marmites d’Égypte, et la réponse fût le 2 décembre 1851, date du coup d’état. Ils ont caricaturé le vieux Napoléon lui-même, tel qu’il doit se profiler au milieu du dix-neuvième siècle. La révolution sociale du dix-neuvième siècle ne peut puiser sa poésie dans le temps passé, mais seulement dans l’avenir. Elle ne peut commencer avec elle-même avant d’être dépouillée de toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures eurent besoin des réminiscences empruntées à l’histoire universelle que pour s’aveugler elles-mêmes sur leur propre objet. La révolution du dix-neuvième siècle doit enterrer leurs morts, pour atteindre son propre contenu. Dans les premières, la rhétorique dépassa le contenu, dans celle-ci, le contenu dépasse la rhétorique ».

Ne nous en laissons pas compter, par les professionnels de l‘idéologie bourgeoise, et les communicants de l’Élysée, ne nous laissons pas imposer une rhétorique, fusse-t-elle celle de l’humour caricaturiste. Ne nous laissons pas impressionner par les embaumeurs de cadavre et gardons notre distance critique, retrouvons nos combats pour la libération humaine par nos luttes dans l’esprit de la classe dont nous sommes le produit. La conscience sociale dont nous sommes les tributaires, n’en déplaise, est toujours en dernière instance déterminée par les moyens de production. Elle ne saurait se réduire au nom d’un journal et des valeurs qu’il est censé représenter. Les patrons d’ailleurs ne s’y trompent pas quand ils espèrent que nous saurons continuer dans les négociations à venir, l’union nationale construite ces derniers jours derrière le président, entouré de ses cinquante confrères et du parlement unanime.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 16:06

http://www.telerama.fr/medias/les-francais-doivent-se-battre-contre-le-projet-d-une-enieme-loi-contre-le-terrorisme-giorgio-agamben,121729.php

« Les français doivent se battre contre le projet d’une énième loi antiterroriste »

Interview de Giorgio Agamben par Olivier Tesquet

Mardi 20 Janvier 2015

Un « Patriot Act à la française » est-il souhaitable ? Pas pour le philosophe italien Giorgio Agamben, qui considère que, dans un état sécuritaire, la vie politique est impossible et la démocratie en danger.

Alors que Bernard Cazeneuve doit présenter de nouvelles mesures pour lutter contre le terrorisme demain en conseil des ministres, le philosophe Giorgio Agamben, pendant italien de Michel Foucault, a accepté d'évoquer avec nous les séquelles politiques de l'attaque contre Charlie Hebdo. Vilipendeur de l'état d'exception, qu'il a disséqué dans sa trilogie « Homo Sacer », il a consacré une bonne partie de sa vie à pointer les dérives du bio pouvoir, ce pouvoir qui s'exerce sur les corps et gouverne les hommes.

Tandis que certaines voix parlementaires réclament déjà un « Patriot Act à la française », du nom de ce texte américain voté sept semaines après le 11 septembre 2001, il dresse le portrait sévère d'une société où le droit à la sécurité, à la sûreté préempte tous les autres, qu'il s'agisse de la vie privée ou de la liberté d'expression. La conséquence des politiques ultra-sécuritaires est un système qui abandonne toute volonté de gouverner les causes pour n'agir que sur les conséquences.

Olivier Tesquet. Après le choc de Charlie Hebdo, la classe politique nous parle beaucoup du « droit à la sécurité ». Faut-il s'en méfier ?

Giorgio Agamben. Au lieu de parler de la liberté de la presse, on devrait plutôt s’inquiéter des répercussions que les réactions aux actes terroristes ont sur la vie quotidienne et sur les libertés politiques des citoyens, sur lesquelles pèsent des dispositifs de contrôle toujours plus intrusifs. Peu de gens savent que la législation en vigueur en matière de sécurité dans les démocraties occidentales, par exemple en France et en Italie, est sensiblement plus restrictive que celle en vigueur dans l’Italie fasciste. Comme on a pu le voir en France avec l’affaire Tarnac, le risque est que tout dissentiment politique radical soit classé comme terrorisme. Une conséquence négative des lois spéciales sur le terrorisme est aussi l’incertitude qu'elles introduisent en matière de droit. Puisque l’enquête sur les crimes terroristes a été soustraite, en France comme aux Etats-Unis, à la magistrature ordinaire, il est extrêmement difficile de pouvoir jamais parvenir à la vérité en ce domaine. Ce qui prend la place de la certitude juridique est un amalgame haineux de notice médiatique et de communiqués de police, qui habitue les citoyens à ne plus se soucier de la vérité.

Olivier Tesquet. On va vous accuser de faire le lit du conspirationnisme.

Giorgio Agamben. Non, dans notre système de droit, la responsabilité d'un crime doit être certifiée par une enquête judiciaire. Si celle-ci devient impossible, on ne pourra jamais assurer comme certaine la responsabilité d'un délit. On fait comme si tout était clair et le principe juridique selon lequel personne n’est coupable avant le jugement est effacé. Les théories conspirationnistes qui accompagnent invariablement ce type d'événement se nourrissent de la dérive sécuritaire de nos sociétés occidentales, qui jette un voile de suspicion sur le travail politico-judiciaire. A cet égard, la responsabilité des médias est flagrante. L’indifférence et la confusion qu’ils produisent nous font ainsi oublier que notre solidarité avec Charlie Hebdo ne devrait pas nous empêcher de voir que le fait de représenter de façon caricaturale l’arabe comme un type physique parfaitement reconnaissable rappelle ce que faisait la presse antisémite sous le nazisme, où on avait forgé dans le même sens un type physique du juif. Si aujourd’hui on appliquait ce traitement aux juifs, cela ferait scandale.

Olivier Tesquet. Avant les attentats, les spécialistes du renseignement répétaient tous que « la question n'est pas de savoir si la France sera touchée par un attentat, mais quand elle le sera ». Présenter l'acte terroriste comme inéluctable est-il un premier moyen de conditionnement du citoyen ?

Giorgio Agamben. Le terrorisme est aujourd’hui un élément stable de la politique gouvernementale des états, dont on ne saurait se passer. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il soit présenté comme inéluctable. Peut-on imaginer la politique étrangère des Etats-Unis sans le 11 septembre 2001 ? Cela est tellement vrai qu’en Italie, qui a été dans les années dites « de plomb », le laboratoire pour les stratégies d’utilisation du terrorisme, on a eu des attentats, comme celui de la Piazza Fontana à Milan, dont on ne sait toujours pas s’ils ont été commis par les services secrets ou par les terroristes. Et je crois que le terrorisme est par définition un système où services et fanatisme travaillent ensemble, parfois sans le savoir. Je partage entièrement la conviction de Marie José Mondzain, une philosophe française spécialiste de l'image, il n’est pas vrai que nous sommes tous égaux face aux événements terroristes. Une majorité les vit uniquement sur le plan affectif, mais il y a aussi ceux qui veulent en tirer parti politiquement, on les voit déjà à l’œuvre. Il y a, enfin, une minorité qui essaie de comprendre et de réfléchir aux causes véritables. Il faut travailler à ce que cette minorité devienne une majorité.

Olivier Tesquet. On a l’impression que les lois antiterroristes sont largement consensuelles à gauche comme à droite, mais que les citoyens ont déserté le débat public autour d’elles.

Giorgio Agamben. Pour comprendre l’unité systémique qui s’est établie entre état et terrorisme, il ne faut pas oublier que les démocraties occidentales se trouvent aujourd’hui au seuil d’un changement historique par rapport à leur statut politique. Nous savons que la démocratie est née en Grèce au cinquième siècle avant Jésus Christ par un processus de politisation de la citoyenneté. Tandis que jusque-là l’appartenance à la cité était définie avant tout par des conditions et des statuts de différentes espèces, communauté cultuelle, noblesse et richesse, la citoyenneté, conçue comme participation active à la vie publique, devient désormais le critère de l’identité sociale. Nous assistons aujourd’hui à un processus inverse de dépolitisation de la citoyenneté, qui se réduit de plus en plus à une condition purement passive, dans un contexte où les sondages et les élections majoritaires, devenus d’ailleurs indiscernables, vont de pair avec le fait que les décisions essentielles sont prises par un nombre de plus en plus réduit de personnes. Dans ce processus de dépolitisation, les dispositifs de sécurité et l’extension au citoyen des techniques de contrôle autrefois réservées aux criminels récidivistes ont joué un rôle important.

Olivier Tesquet. Quelle est la place du citoyen dans ce processus ?

Giorgio Agamben. Le citoyen en tant que tel devient en même temps un terroriste en puissance et un individu en demande permanente de sécurité contre le terrorisme, habitué à être fouillé et vidéo surveillé partout dans sa ville. Or il est évident qu’un espace vidéo surveillé n’est plus une agora, n’est plus un espace public, c’est-à-dire politique. Malheureusement, dans le paradigme sécuritaire, les stratégies politiques coïncident avec des intérêts proprement économiques. On ne dit pas que les industries européennes de la sécurité, qui connaissent aujourd’hui un développement frénétique, sont les grands producteurs d’armements qui se sont convertis au business sécuritaire, qu’il s’agisse de Thales, Finmeccanica, EADS ou BAE Systems.

Olivier Tesquet. La France a voté quinze lois antiterroristes depuis 1986, certains appellent déjà de leurs voeux un Patriot Act à la française et, pourtant, nous n'aavons pas pu empêcher ni Merah, ni les frères Kouachi, ni Coulibaly. Comment expliquer vous la faillibilité de ces dispositifs ?

Giorgio Agamben. Les dispositifs de sécurité ont d’abord été inventés pour identifier les criminels récidivistes, comme on a pu le voir ces jours-ci et comme il devrait être évident, ils servent pour empêcher le deuxième coup, mais pas le premier. Or le terrorisme est par définition une série de premiers coups, qui peuvent frapper n’importe quoi et n’importe où. Cela, les pouvoirs politiques le savent parfaitement. S’ils persistent à intensifier les mesures de sécurité et les lois restrictives des libertés, c’est donc qu’ils visent autre chose. Ce qu’ils visent, peut-être sans en avoir conscience, car il s’agit là de transformations profondes qui touchent l’existence politique des hommes, c’est le passage des démocraties de masse modernes à ce que les politologues américains appellent le « security state », c’est-à-dire à une societé où la vie politique devient de fait impossible et où il ne s’agit que de gérer l’économie de la vie reproductive. Le paradoxe est ici qu’on voit un libéralisme économique sans bornes cohabiter parfaitement avec un étatisme sécuritaire tout aussi illimité. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cet état, dont le nom renvoie étymologiquement à une absence de souci, ne peut au contraire que nous rendre plus soucieux des dangers qu’il entraîne pour la démocratie. Une vie politique y est devenue impossible, et une démocratie sans vie politique n’a pas de sens. C’est pour cela qu’il est important que les français se battent contre le projet annoncé par le gouvernement d’une énième loi contre le terrorisme. Je pense aussi qu’il faut situer le prétendu affrontement entre le terrorisme et l’état dans le cadre de la globalisation économique et technologique qui a bouleversé la vie des sociétés contemporaines. Il s’agit de ce que Hannah Arendt appelait déjà en 1964 la « guerre civile mondiale », qui a remplacé les guerres traditionnelles entre états. Or ce qui caractérise cette situation, c’est justement qu’on ne peut pas distinguer clairement les adversaires et que l’étranger est toujours à l’intérieur. Dans un espace globalisé, toute guerre est une guerre civile et, dans une guerre civile, chacun se bat pour ainsi dire contre lui-même. Si les pouvoirs publics étaient plus responsables, ils se mesureraient à ce phénomène nouveau et essayeraient d’apaiser cette guerre civile mondiale au lieu de l’alimenter par une politique étrangère démentielle qui agit au même titre qu’une politique intérieure.

Olivier Tesquet. Comment résister à cette tentation sécuritaire ? Existe-t-il des garde-fous ?

Giorgio Agamben. Il est clair que, face à une telle situation, il nous faut repenser de fond en comble les stratégies traditionnelles du conflit politique. Il est implicite dans le paradigme sécuritaire que chaque conflit et chaque tentative plus ou moins violente pour le renverser n’est pour lui que l’occasion d’en gouverner les effets au profit des intérêts qui lui sont propres. C’est ce qui montre la dialectique qui lie étroitement terrorisme et réponse étatique dans une spirale vicieuse et virtuellement infinie. La tradition politique de la modernité a pensé les changements politiques radicaux sous la forme d’une révolution plus ou moins violente qui agit comme le pouvoir constituant d’un nouvel ordre constitué. Je crois qu’il faut abandonner ce paradigme et penser quelque chose comme une puissance purement destituante, qui ne saurait être capturée dans le dispositif sécuritaire et dans la spirale vicieuse de la violence. Jusqu’à la modernité, la tradition politique de l’occident était fondée sur la dialectique entre deux pouvoirs hétérogènes qui se limitaient l’un l’autre, la dualité entre l’auctoritas du Sénat et la potestas du consul à Rome, la dualité entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel au Moyen-Age et la dualité entre le droit naturel et le droit positif jusqu’au dix-huitième siècle. Les démocraties modernes et les états totalitaires du vingtième siècle se fondent, par contre, sur un principe unique du pouvoir politique, qui devient ainsi illimité. Ce qui fait la monstruosité des crimes commis par les états modernes, c’est qu’ils sont parfaitement légaux. Pour penser une puissance destituante, il faudrait imaginer un élément, qui, tout en restant hétérogène au système politique, aurait la capacité d’en destituer et suspendre les décisions.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 18:42

http://www.internationalsocialists.org/wordpress/2015/01/statement-of-the-international-socialist-tendency-on-the-paris-shootings

Déclaration de la Tendance Socialiste Internationale sur les fusillades à Paris

Jeudi 22 Janvier 2015

Les fusillades à Paris dans les bureaux de Charlie Hebdo, Mercredi 7 Janvier 2015, suivies par l'assassinat de quatre clients dans un supermarché casher à Vincennes deux jours plus tard, ont attiré la condamnation quasi universelle. Et bien sûr, il est bon de les condamner. Mais la manière typique de cette condamnation, comme des actes barbares et irrationnels qui violent les libertés occidentales traditionnelles, refuse à affronter le contexte historique dans lequel les tueries ont eu lieu et sert à souscrire une politique de guerre impérialiste et de répression interne.

Comme après le 11 septembre 2001, nous avons vu le même cycle dans lequel la guerre impérialiste dans le monde musulman provoque des atrocités terroristes djihadistes qui sont à leur tour utilisées pour justifier plus de guerres qui à leur tour provoquent plus d'atrocités. Les fusillades à Paris sont le dernier tour de ce cycle. La réaction contre elles sont d’autant plus fortes parce qu’elles se sont produites dans le contexte de la montée d’EIIL dans l’orient arabe, un développement qui est le produit de l'éclatement de la société irakienne par l’invasion américano britannique de 2003 et la guerre contre-révolutionnaire menée par le régime de Bachar al Assad en Syrie.

Les meurtres de Paris, et avant eux les attentats à la bombe de Madrid en 2004 et de Londres en 2005, sont une conséquence prévisible de la guerre en Irak et de ses conséquences. Nous ne disons pas cela pour justifier les massacres, mais pour établir un lien de causalité de base souligné par de nombreux critiques et commentateurs avant même le début de la guerre. Pour cela, il faut ajouter la manière dont la « guerre contre le terrorisme » a été utilisée pour isoler et stigmatiser la population musulmane d’Europe, une minorité déjà économiquement marginalisée et culturellement isolée.

De plus en plus, l'islamophobie est devenue la forme dominante du racisme en Europe. Cela a été particulièrement marqué en France, où des lois ont été adoptées interdisant le port du foulard dans les écoles et en public, et des écoles légalement tenues de présenter l'histoire sanglante de l'empire colonial français dans une lumière positive. Dans un tel climat, il n’est guère surprenant qu'une petite minorité de jeunes musulmans européens soit attirée par les djihadistes armés d’al Qaïda et d’EIIL.

Par conséquent, la présentation de l'attaque contre Charlie Hebdo principalement comme un assaut contre la liberté d'expression est tout à fait trompeuse. Charlie Hebdo est un magazine dont les origines se situent dans la gauche d’après mai 1968, mais qui a consacré ces dernières années beaucoup d'énergie pour provoquer et insulter les musulmans. Les comparaisons avec l'assaut du dix-huitième siècle des Lumières contre l’église catholique sont absurdes. À ce jour, le Vatican continue à jouir d’un énorme pouvoir institutionnel et d’une influence cachée. L'islam est la religion d'une minorité pauvre et marginalisée en Europe. Les caricatures de Charlie Hebdo du prophète de l’islam mettent en colère et humilient un grand nombre de musulmans européens qui n’ont néanmoins pas de temps pour le terrorisme.

Le gouvernement de François Hollande, en tout cas, proclame rapidement son soutien haut et fort à la liberté d'expression en arrêtant un nombre croissant de gens pour ce qu'ils ont écrit en ligne. Mais le slogan « je suis Charlie » a permis à François Hollande et aux autres dirigeants des classes dirigeantes européennes de mobiliser un nombre sans précédent de gens ordinaires derrière eux à Paris, Dimanche 11 Janvier 2005.

Nous sommes dans la tradition marxiste révolutionnaire qui, depuis le temps de Karl Marx, de Friedrich Engels, des fenians, de Vladimir Lénine, de Léon Trotsky et des populistes, a rejeté le terrorisme comme une stratégie politique. Notre cible est le système capitaliste et impérialiste.

Il ne peut être renversé que par une action de masse de la classe ouvrière. Les groupes djihadistes poursuivent, en revanche, une stratégie terroriste classique, divisant fondamentalement une élite de combattants des masses, qui restent passives. En effet, sans aucun doute l'un des objectifs des tueries à Paris est de provoquer une réaction répressive et islamophobe qui conduira plus de musulmans à soutenir les organisations terroristes. Il y a donc une complicité entre ces tactiques et les méthodes de diviser pour régner pratiquées par la classe dirigeante.

Nous, en revanche, soutenons l'unité des opprimés et des exploités contre le capitalisme et l'impérialisme. Déjà avant la fusillade, le racisme et l'islamophobie montaient en Europe. Les effets de la crise économique et les politiques d'austérité des gouvernements européens, combinés à la corruption et à l'arrogance de l'élite politique néo libérale, ont créé une ouverture pour les partis de la droite populiste raciste et fasciste, le Front National en France, Pegida en Allemagne, UKIP en Grande-Bretagne et autres.

Les partis traditionnels ont flatté l'extrême droite avec des attaques contre les migrants, contre les musulmans et contre les autres minorités, contribuant à rendre le racisme plus légitime. L'atmosphère d'indignation et de peur créé par les meurtres de Paris est susceptible de rendre le climat actuel de racisme et d’islamophobie encore pire. Pendant ce temps, François Hollande en France et David Cameron en Grande-Bretagne exigent encore plus de pouvoirs pour leurs appareils de sécurité.

La tâche la plus urgente des socialistes révolutionnaires dans cette situation est de construire le plus grand mouvement possible contre le racisme et l'islamophobie. Ce que cela va impliquer dans différents pays varie selon les circonstances. Là où les racistes et les fascistes sont dans les rues, elles doivent être remplies avec des contre-mobilisations de masse. Les démagogues racistes doivent également être remis en cause par des manifestations de masse. La journée internationale d’action contre le racisme du 21 Mars 2015 offre une opportunité pour tous ceux qui veulent se lever contre le racisme et l'islamophobie. Il sera particulièrement important d'impliquer les musulmans dans ces mobilisations. Mais il est essentiel de comprendre que beaucoup de ceux qui participent à des manifestations officielles comme les « marches républicaines » en France du Dimanche 11 Janvier 2015 voulaient rejeter les atrocités terroristes mais aussi exprimer leur opposition au racisme et à la désignation des musulmans comme boucs émissaires.

Dans le même temps, nous devons continuer à faire campagne contre les interventions militaires impérialistes dans les pays du sud. Comme la majeure partie des forces d'occupation occidentales ont furtivement quitté l'Afghanistan, la campagne militaire contre EIIL continue à monter en Irak et en Syrie. Malgré les promesses de Barack Obama, le nombre de « bottes américaines sur le terrain » en Irak est en croissance.

L'impérialisme français a une longue histoire d'intervention militaire dans ses anciennes colonies africaines, plus récemment au Mali. Nous devons nous opposer à ces aventures militaires, et à toutes les tentatives d'élargir le mécanisme impérialiste de surveillance et de répression au nom de la lutte contre le terrorisme.

Les meurtres de Paris et leurs conséquences constituent un défi majeur pour la gauche radicale et révolutionnaire. Trop de tendances placent l’état et les islamistes sur le même plan, comme des ennemis également dangereux. Mais les états impérialistes occidentaux soutiennent le système capitaliste mondial de l'exploitation, l'exercice d’un vaste pouvoir pour opprimer et détruire. Toute égalité de traitement entre l’état et les islamistes peut glisser dans le soutien à l’état contre les islamistes, comme l’a fait la gauche en Egypte, par exemple, soutenant le régime contre-révolutionnaire du maréchal al Sisi contre les frères musulmans.

En Europe, d'importantes sections de la gauche radicale soutiennent Charlie Hebdo et abandonnent la minorité musulmane. Mais les socialistes révolutionnaires sont la tribune des opprimés. Toutes nos activités doivent être subordonnées à l'objectif de la promotion d'une classe ouvrière unie selon le sexe, la religion, la couleur et la nation et à la lutte pour débarrasser le monde de l'exploitation et de l'oppression capitaliste.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 18:23

http://www.alencontre.org/europe/france/france-lunion-sacree-mise-en-perspective.html

L’union sacrée mise en perspective

Par Alain Bihr

Mardi 13 Janvier 2015

Au-delà de l’émotion inévitable et de la condamnation légitime, comment réagir à l’assassinat d’une douzaine de personnes dans et aux abords des locaux de Charlie Hebdo, dont une bonne partie de sa rédaction, suivi de celui des quatre personnes dans un supermarché kasher de la Porte de Vincennes ? Et surtout, comment ne pas réagir ?

Car il n’est pas question de hurler avec les loups de l’extrême droite et de la droite extrême, toutes tendances confondues, qui déjà désignent l’ensemble des musulmans vivant en France, quand ce n’est pas partout dans le monde, comme les responsables collectifs et les coupables avérés de cet acte, au nom d’une soi-disant nature intrinsèquement criminelle de l’islam ou d’un prétendu « choc des civilisations » qui rendrait ce dernier incompatible avec la modernité occidentale. Ce faisant, ces courants ne font que poursuivre et aggraver leur propagande raciste ordinaire, dont l’islamophobie constitue une dimension essentielle, désignant ceux et celles qu’elles amalgament sous le nom « d’immigrés » comme des boucs émissaires chargés de tous les maux, réels ou imaginaires, qui nous accablent et comme des cibles toutes désignées, que certains n’ont pas attendu pour viser au cours des dernières heures, en s’en prenant à des mosquées, des épiceries ou des restaurants fréquentés par des musulmans.

Face à ces entreprises d’instrumentalisation politique de la haine raciale, il faut continuer à rappeler que, comme toute religion, l’islam est divers dans l’espace et le temps et qu’il ne saurait se réduire à ses tendances fondamentalistes ou intégristes et, encore moins, aux mouvements, groupes ou individus djihadistes qui peuvent s’en réclamer. Il faut rappeler aussi que, en donnant naissance à de tels développements, l’islam contemporain ne fait pas non plus exception, leurs homologues ont existé ou existent aujourd’hui encore au sein du bouddhisme, du judaïsme ou du christianisme, pour en rester aux religions à prétention universelle, ce dont certains mouvements d’extrême droite sont d’ailleurs l’illustration directe. Et c’est pourquoi il faut rappeler enfin que la critique de la religion, de toutes les religions, est et reste nécessaire et légitime, notamment lorsqu’elles donnent dans l’intolérance et a fortiori lorsqu’elles cherchent à engendrer des régimes théocratiques.

Mais il n’est pas question non plus de mêler notre voix ou, plus exactement, notre absence de voix, car ce serait demander de nous taire, à tous ceux qui en appellent aujourd’hui, comme il y a un siècle, à l’union sacrée, dans sa version de droite, la défense de la nation, quand ce n’est pas de l’ordre et de la loi, comme dans sa version de gauche, la défense de la république. Ce serait oublier que les clivages fondamentaux ne séparent pas actuellement les français de ceux qui ne le sont pas ou qui, tout en l’étant formellement, sont suspectés de ne pas l’être réellement ou de ne pas mériter de l’être, en quoi d’ailleurs, on a vite fait de se retrouver sur le terrain de l’extrême droite nationaliste dont on prétend se distinguer. Ils partagent les salariés des capitalistes, les femmes des hommes, les nationaux des étrangers en partie privés des droits des précédents, les groupes « ethnicisés » ou « racialisés » de ceux qui les stigmatisent et les régions et nations « riches » et « développées » de celles que ce même développement voue à un sous-développement constamment aggravé. Ce serait oublier aussi que la république, quel qu’en soit le numéro, n’a jamais été et ne sera jamais que le paravent des combinaisons bourgeoises et l’instrument de l’oppression des classes populaires et que c’est au nom de la république que l’on a mené des guerres pour la colonisation et contre la décolonisation des populations dont les descendants subissent encore aujourd’hui les séquelles chez elles, dans le développement socio-économique inégal que la colonisation a institué et auquel la décolonisation n’a pas mis fin, comme au sein des anciennes métropoles coloniales vers lesquelles elles ont « choisi » d’émigrer.

Surtout, toute union sacrée exonère les leaders politiques d’aujourd’hui et d’hier, de gauche comme de droite, mais aussi leurs valets médiatiques, de leurs lourdes responsabilités dans la genèse, l’entretien et l’aggravation des situations qui nous ont conduits où nous en sommes. Car qui se refuse à voir dans les auteurs des assassinats en question des « fous ou des barbares », qualificatifs qui sont employés pour ne pas s’interroger sur leurs raisons, doit bien se poser la question suivante, pourquoi et comment trois jeunes issus de l’immigration maghrébine ou africaine, nés en France, sont-ils devenus des tueurs djihadistes ? Et quelques-uns des éléments de réponse sont à portée de main. A commencer par le chômage de masse et le développement du travail précaire et sous-qualifié, la paupérisation relative et même absolue de certaines couches populaires, notamment celles parquées dans des banlieues déshéritées sur le plan de leurs équipements collectifs et de leurs services publics, l’aggravation des inégalités sociales sur tous les plans, la réduction des perspectives de mobilité sociale ascendante, le tout alors que s’étale de plus en plus cyniquement l’arrogance de la réussite de ceux qui échappent à l’ensemble de ces phénomènes et qui en profitent même.

Autant de processus auxquels tous les responsables politiques, de gauche comme de droite, qui alternent depuis plus de trente ans à la tête de l’état ont contribué par les politiques néo libérales dont ils n’ont cessé d’élargir le champ et de durcir le cours. Et autant de processus auxquels n’ont pas échappé la grande majorité des populations immigrées en provenance de l’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou du Proche ou Moyen-Orient, non seulement parce qu’elles font partie du prolétariat mais encore parce que, dans leur cas, les effets de ces processus ont été aggravés par l’oppression spécifique à base de stigmatisation xénophobe et raciste dont elles sont les victimes au quotidien, qui les désignent comme « immigrés, arabes et musulmans », dans la plus parfaite confusion des termes. Une stigmatisation dont certains agents de l’état au sens large, des enseignants, des employés de préfecture ou des organismes de protection sociale, des travailleurs sociaux, des policiers surtout, des juges aussi, ne sont pas les moindres responsables, générant ainsi un véritable racisme d’état. En quoi ils ont d’ailleurs été stimulés par l’impunité dont ils ont bénéficié de la part de leur hiérarchie respective tout comme par l’encouragement implicite que leur ont adressé les responsables politiques.

Car l’exemple est venu de haut et depuis des décennies, tant par les actes, les restrictions apportées à la politique de libre circulation et au droit d’asile, les accords de Schengen et de Dublin, que par les paroles, de Pierre Mauroy, alors premier ministre, dénonçant les grèves des ouvriers spécialisés, pour l’essentiel des travailleurs immigrés, de l’automobile comme responsables de la défaite de la gauche gouvernementale lors des élections municipales en mars 1983 et de Jacques Chirac, alors ancien premier ministre et futur président de la république, incommodé par « le bruit et les odeurs » des quartiers à dominante de populations immigrées, en juin 1991, jusqu’aux plus récentes déclarations sur les roms d’un ministre de l’intérieur devenu depuis lors premier ministre en passant par la promesse de Nicolas Sarkozy en juin 2005, alors ministre de l’intérieur et lui aussi futur président de la république, de nettoyer les cités au Karcher, et j’arrête là une énumération qui pourrait être beaucoup plus nourrie, c’est aux plus hautes instances de l’état soi-disant républicain que n’ont cessé de se multiplier des « dérapages » xénophobes très contrôlés à des fins démagogiques.

Des dérapages qui n’auraient pas dépareillé le discours ordinaire d’un Jean-Marie Le Pen qui a d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de se plaindre, à raison, qu’on lui dérobait la pièce de choix de son commerce politique, la désignation des « immigrés », nécessairement musulmans, comme boucs émissaires. Et, pour parfaire le portrait de cette France nauséabonde, il faut encore évoquer la litanie des éditoriaux, unes, reportages et campagnes à relents racistes d’un grand nombre de médias ainsi que les « réflexions » de tous les Dupont la Joie qui ne se limitent malheureusement pas aux piliers de comptoir.

Et les populations en provenance de l’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou du Proche ou Moyen-Orient ont été une seconde fois traitées en parias par la politique étrangère pratiquée par ces mêmes gouvernements dans ces différentes contrées au cours des dernières décennies. Inutile de rappeler que la France ne s’est nullement désolidarisée du soutien occidental à Israël dans sa politique de colonisation des terres et de spoliation des populations palestiniennes, pas plus qu’elle n’a dénoncé avec la vigueur qui aurait été nécessaire la série de crimes de guerre qui ont accompagné les interventions israéliennes au Liban et dans la bande de Gaza, ce qui n’a pu que créer un terreau favorable à la réception dans une partie de la jeunesse de ces populations de discours antisémites camouflés en critiques du sionisme, que d’aucuns, dont Dieudonné et Alain Soral récemment, se sont ingéniés à labourer et à ensemencer. La France ne s’est pas davantage désolidarisée de son « grand frère » états-unien dans la manière dont il a conduit sa « guerre contre le terrorisme » à Kaboul, à Abou Ghraib ou à Guantanamo. Faut-il rappeler que, au cours de ces dernières années, la France, seule ou avec ses alliés, a conduit plusieurs opérations militaires dans des pays à population majoritairement musulmane, l’Afghanistan et la Libye, en y poursuivant des objectifs sans rapport avec les intérêts de cette dernière à en juger par les destructions massives et les massacres collectifs qui ont en résulté et dont elle s’est désintéressée ? Pire même, ne l’a-t-on pas vue à plusieurs reprises soutenir voire prêter main-forte à des régimes, en Irak dans les années 1980, en Algérie dans les années 1990 et en Syrie ces dernières années, qui tyrannisaient leurs propres populations quand ils ne les massacraient pas méthodiquement ? N’a-t-on pas entendu une ministre des affaires étrangères proposer à Zine Ben Ali en pleine déroute face au soulèvement du peuple tunisien de lui faire bénéficier du « savoir-faire de nos forces de sécurité » dans les opérations de répression ? Il est vrai que la France dispose d’une longue tradition de maintien de l’ordre en Afrique du Nord.

Pour un individu ou un groupe systématiquement stigmatisé, il est différentes manières de se défendre, l’une d’elles, la plus paradoxale peut-être mais la plus redoutable sûrement, consiste à endosser le stigmate pour le retourner contre ceux qui le stigmatisent, voir Erving Goffman, dans « stigmates, les usages sociaux des handicaps », en 1963, traduction française aux éditions de Minuit, en 1975. A force de faire comprendre à quelqu’un qu’il est « un immigré, un arabe, un musulman », quand ce n’est pas « un sale bougnoule », on finit par le transformer en « arabe », en « musulman » et même en « sale bougnoule ». Autrement dit, on provoque un repli de l’individu ou du groupe sur son identité assignée, dans le meilleur des cas revendiquée sur le mode de la fierté digne, et c’est par exemple le motif du port du fameux voile par certaines des femmes musulmanes, dans le pire des cas sur un mode haineux qui n’attend que l’occasion de se venger des affronts subis. Ce qui constitue évidemment une condition majeure de réception des discours de l’islam radical, intégriste ou djihadiste.

Mais le précédent processus interpelle aussi nécessairement les forces politiques révolutionnaires, entendons celles qui luttent pour l’émancipation à l’égard de toutes les formes actuelles d’oppression. Car il n’y a rien de fatal à ce qu’un potentiel de révolte suscité par l’injustice sociale et la stigmatisation raciste conduise à un acte placé sous le signe de l’identitarisme religieux. Si le premier ne trouve pas d’autre forme d’expression que le second, c’est aussi faute d’avoir pu trouver des voies alternatives. Et c’est là que la responsabilité de ces forces, que notre responsabilité, est engagée, nous n’avons pas su proposer de telles alternatives, ou à une échelle qui n’est pas à la mesure du défi qui nous était lancé. C’est notre faiblesse politique qui est ici en cause, notre présence sur le terrain, au sein des entreprises et des quartiers où travaillent et vivent les populations en proie à ce drame, est restée manifestement insuffisante, en dépit des efforts louables de certaines organisations syndicales, telles que Sud Solidaire, ou de certaines associations, comme Droit Au Logement ou Réseau Éducation Sans Frontières. Est aussi en cause notre méconnaissance relative des situations spécifiques dans lesquelles se trouvent ces populations. Est enfin en cause la négligence, au moins relative, avec laquelle nous avons traité jusqu’à présent l’ensemble des questions précédentes, au point d’avoir comme tout le monde été pris au dépourvu par le fracas des rafales de kalachnikov qui ont commencé à résonner mercredi dernier dans les locaux de Charlie Hebdo.

A nos responsabilités concernant le passé s’ajoutent désormais celles à l’adresse d’un avenir immédiat aisément prévisible. Les derniers événements vont donner l’occasion et fournir le prétexte, sous couvert d’un renforcement de « la lutte contre le terrorisme islamiste », d’un durcissement de l’appareil répressif et d’une aggravation des restrictions concernant les libertés publiques dont risquent d’être victimes toutes les organisations associatives, syndicales et politiques qui luttent, à quelque degré que ce soit, contre l’ordre social existant. Et, sous ce rapport, l’union sacrée qui s’est constituée lors des manifestations du week-end du 10 et 11 janvier 2015, allant du Front National au Parti Communiste Français et au Parti de Gauche, est des plus inquiétantes, tout comme la sainte alliance qui a volé au secours de François Hollande, dont font notamment partie ces grands démocrates que sont le premier ministre hongrois Viktor Orban, le ministre israélien des affaires étrangères Avigdor Lieberman et son collègue ministre de l’économie Naftali Bennett ainsi que le président de la république du Gabon Omar Bongo et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Quand de pareils pyromanes se proposent d’éteindre un incendie qu’ils ont contribué à allumer, il faut se préparer à affronter de nouveaux brasiers plus amples encore.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:28

http://www.npa2009.org/communique/solidarite-avec-la-lutte-des-travailleurs-et-du-peuple-grecs

Solidarité avec la lutte des travailleurs et du peuple grec

Dimanche 25 Janvier 2015 ont lieu, en Grèce, les élections législatives anticipées du fait de l'incapacité dans laquelle s'est trouvé le parlement dissous d'élire le président. Cette crise politique est l'expression du mécontentement et de la colère des travailleurs et du peuple grecs. Les élections sont pour eux l'occasion de chasser les représentants politiques de la troïka et de la bourgeoise grecque.

Ce serait une première claque aux responsables des politiques d’austérité imposées aux populations d’Europe ces dernières années qui ont frappé tout particulièrement la Grèce.

Cette dernière a été transformée en laboratoire politique et économique des bourgeoisies européennes qui ont semé la misère, le chômage et la pauvreté dans tous les coins de l’Europe. Les recettes économiques basées sur les coupes budgétaires et l’austérité, pour faire payer la dette par les peuples, n’ont eu pour résultats que le chômage, le désespoir et la barbarie, sans compter la menace du retour du fascisme incarnée par Aube Dorée.

Mais le peuple grec n’est pas résigné à être le cobaye de la troïka.

Manifestations, grèves, coopératives de travailleurs et solidarité ont été les réponses à la dictature du capital financier et du marché.

Les élections de dimanche sont l’occasion de chasser les actuels responsables politiques du pillage. Le Fond Monétaire International ne s’y est pas trompé, dès l’annonce des élections législatives, il a suspendu toute aide en attendant de savoir qui va être en tête du prochain gouvernement grec.

Il est clair qu’il y a des alternatives à leurs politiques. La situation terrible que connaît le peuple grec n’est pas le produit de lois immuables mais de décisions et d’intérêts très concrets, ceux des capitalistes.

La poussée électorale de Syriza est l'expression d'une large majorité sociale qui veut dire « cela suffit » à la corruption et au pillage qui ont eu lieu ces dernières années, comme le seront aussi les voix qui se porteront sur Antarsya et le KKE.

La défaite de la droite et du parti socialiste grec, les partis de l'austérité, peut donner aux classes populaires la force nécessaire pour engager de réels changements politiques et sociaux. Ce changement ne pourra se faire à travers de simples négociations avec la troïka. Cela va nécessiter des mobilisations sur les lieux de travail, dans les quartiers et dans la rue, que le peuple s’organise dans tous les espaces de la société en même temps qu’il devra compter sur la solidarité internationale.

Pour mettre fin aux politiques d'austérité, en Grèce comme ici, il faut mettre les banquiers et les multinationales hors d'état de nuire.

Nous sommes convaincus que le peuple grec va virer les bandits dimanche prochain. Nous savons que ce sera pour lui une première victoire, mais que dans ce cas, les difficultés et les chantages seront énormes. Nous sommes totalement engagés à ses côtés dans sa volonté de changement parce que son combat est le nôtre. Notre solidarité c'est aussi la lutte ici, contre les mêmes politiques d'austérité et ceux qui en sont responsables.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:17

Vingt morts en Ukraine, attaque revendiquée par les séparatistes (Reuters)

Vingt personnes au moins ont trouvé la mort et quatre-vingt-trois autres ont été blessées Samedi 24 Janvier 2015 dans un bombardement qui a visé la ville portuaire de Marioupol, tenue par l'armée gouvernementale ukrainienne, ont rapporté la municipalité et la police régionale.

Un des chefs des séparatistes pro-russes, Alexander Zakhartchenko, a déclaré que les rebelles avaient déclenché une offensive contre cette ville. « Aujourd'hui, une offensive a été lancée contre Marioupol », a-t-il annoncé lors d'une cérémonie à Donetsk, grande ville aux mains des séparatistes.

Les rebelles, a-t-il dit, ont l'intention d'encercler Debaltseve, une ville au nord-est de Donetsk, dans les jours à venir.

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a dit voir dans le bombardement de Marioupol une attaque délibérée menée par les séparatistes contre des citoyens pacifiques, mais pour lui, la menace réelle vient d'au-delà des territoires insurgés.

« Le monde doit faire barrage à l'agresseur russe qui menace l'Ukraine, l'Europe et la sécurité internationale. Le problème est à chercher dans la ville de Moscou, au Kremlin, c'est Vladimir Poutine », a-t-il dit lors d'une réunion des responsables de la sécurité et de l'armée.

Malgré les appels internationaux en faveur d'un cessez-le-feu, Alexander Zakhartchenko jurait dès vendredi que ses forces poursuivraient leur nouvelle offensive. Pour l'ONU, le conflit ukrainien est entré dans sa « phase la plus meurtrière » depuis la conclusion d'un accord à Minsk en septembre 2014.

A Kiev, le ministre ukrainien de la défense Stepan Poltorak a fait état d'une grave escalade des combats au cours des dernières vingt-quatre heures sur les lignes de front.

« De la région de Louhansk jusqu'à Marioupol, partout, des groupes armés illégaux, épaulés par des unités russes, sont passés à l'offensive », a-t-il dit.

NEUF MILLE SOLDATS RUSSES EN UKRAINE, DIT PETRO POROCHENKO

Marioupol occupe, au bord de la mer d'Azov, une position stratégique sur la route menant de la frontière russe à la Crimée, presqu'île anciennement ukrainienne que Moscou a annexée en mars 2014.

Des missiles Grad tirés par les séparatistes ont atteint un immeuble d'habitation et déclenché des incendies, a déclaré la municipalité de Marioupol.

Pour Oleksander Tourtchinov, secrétaire du conseil national de défense ukrainien, il s'agit « d’un nouveau crime contre l'humanité commis par l'armée russe et les bandes de terroristes entièrement sous son contrôle ».

Le bombardement a commencé en début de matinée, comme l'a rapporté un témoin, un retraité de soixante-seize ans qui vit dans les faubourgs est de la ville.

« Les murs tremblaient, tout comme l'encadrement des fenêtres, et la peinture est tombée. Je me suis réfugié au sous-sol. Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? J'ai pris le chien et le chat avec moi. Au sous-sol, on pouvait entendre la terre trembler », a-t-il dit au téléphone.

Le conflit en cours depuis avril 2014 dans l'est de l'Ukraine a fait plus de cinq mille morts.

Le président ukrainien, Petro Porochenko, a déclaré la semaine dernière que neuf mille soldats russes se trouvaient sur le territoire ukrainien et il a demandé à Moscou de les retirer, en les tenants responsables de l'agression armée en cours. Moscou continue de nier avoir envoyé des forces et des armes dans l'est de l'Ukraine, malgré ce que l’occident présente comme des preuves irréfutables.

L’ONU a déclaré vendredi que deux cent soixante-deux personnes avaient péri dans les combats au cours des neuf jours précédents.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 21:09

http://www.npa2009.org/actualite/pays-basque-halte-la-repression

Halte à la répression au pays basque

Lundi 12 Janvier 2015, dans l’état espagnol, douze avocats qui défendent des prisonniers politiques basques ont été interpellés au Pays basque et en Navarre, ainsi que quatre membres d’Herrira, collectif de soutien des prisonniers, « illégalisé » depuis septembre 2013. Ils sont accusés de collaboration ou appartenance à une organisation terroriste.

Rappelons d’abord qu’ETA a cessé définitivement la lutte armée depuis plus de trois ans et a réitéré plusieurs fois sa participation au processus de paix initié en octobre 2011 par la déclaration d’Aiete.

Parmi les seize personnes interpellées, trois sont des avocats d’inculpés au méga procès de Madrid de trente-cinq militants indépendantistes, dont Aurore Martin et Haizpea Abrisketa, du Pays basque Nord. Les arrestations ont eu lieu le jour même de l’ouverture du procès. La veille, le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy défilait à Paris avec François Hollande en faveur de la liberté d’expression, hypocrisie et manipulation manifestes !

Au cours de la même opération, quatre-vingt-dix mille euros ont été saisis dans les locaux du syndicat LAB. Cet argent venait d’une collecte réalisée lors de la manifestation du Samedi 10 Janvier 2015 à Bilbao qui a réuni quatre-vingt mille personnes en faveur du rapprochement et du regroupement des prisonniers au Pays basque. Madrid cherche aussi à empêcher la solidarité économique.

Le procès a été suspendu et reporté au 29 janvier 2015. Les avocats ont été libérés quelques jours après mais mis en examen. Le passeport leur a été retiré et leurs contacts avec les prisonniers sont limités.

Pour une résolution démocratique, politique et pacifique du conflit

Ces arrestations touchent aux droits fondamentaux de la défense, droits en principe garantis par des conventions européennes. L’état espagnol entrave la défense juridique des prisonniers, voire cherche à les priver de leurs avocats.

Ces avocats spécialistes de la question basque sont parvenus à neutraliser la « doctrine Parot » qui permet à Madrid de retarder les mises en liberté. Une soixantaine de prisonniers ont ainsi été libérés. La leçon a été retenue par Madrid qui complique maintenant par tous les moyens la voie légale empruntée par les prisonniers et leurs avocats.

Cette nouvelle atteinte s’ajoute à celle que constitue en lui-même le procès des trente-cinq qui sont en effet poursuivis pour leur simple activité politique, participation à des meetings et à des réunions.

Et Madrid n’en reste pas là. Cette même semaine, le tribunal suprême espagnol, au mépris de la législation européenne, a décidé qu’il n’appliquera pas la loi sur la confusion des peines.

C’est-à-dire qu’une partie de la peine d’un prisonnier déjà accomplie dans une prison d’un pays étranger, en France par exemple, n’est pas reconnue par le tribunal et devra à nouveau être effectuée dans les geôles espagnoles. Cinquante-six prisonniers sont concernés et leurs familles avec eux.

L’état espagnol, et à sa suite l’état français, maintient la voie répressive, alors que la société basque et nombre de ses organisations sont engagées dans la résolution démocratique, politique et pacifique du conflit. Ce refus de tout dialogue, ce blocage et cette répression tous azimuts sont autant de freins au processus de paix et relèvent de la provocation. Mais la société basque est ancrée dans sa volonté du triptyque des droits de l’homme, de la résolution et de la paix, base des mobilisations.

Pour dénoncer ces nouvelles attaques aux droits démocratiques, des manifestations ont eu lieu au Pays basque, en particulier lundi et vendredi dernier à Bayonne et samedi à Saint-Sébastien. La mobilisation va s’amplifier pour faire reculer le gouvernement espagnol et le gouvernement français bien sûr !

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 18:15

http://en.firatajans.com/news/news/mistenur-is-liberated-now-for-kobane.htm

Libération de Mistenûr

Jeudi 22 Janvier 2015

Biharin Kendal, l'un des commandants des YPJ dans Kobanê, a déclaré que la prise de la colline de Mistenûr, la première étape de l'opération pour libérer Kobanê, avait été achevée.

Pendant les combats pendant lesquels en octobre 2014 la combattante des YPJ Arin Mirkan a fait le sacrifice suprême, la colline de Mistenûr a gagné une importance symbolique en plus de son importance stratégique.

Les forces des YPJ ont lancé une opération pour chasser les bandes d’EIIL hors de Kobané il y a un mois, et après le nettoyage de nombreux points stratégiques, la colline de Mistenûr Hill, aussi, a été libérée. En prenant Mistenûr, les YPG ont établi une position dominante sur l'ensemble de la ville de Kobanê, la route d'Alep et les routes utilisées par EIIL pour apporter des renforts.

Biharin Kendal, commandant des YPG, a parlé à Firat News Agency de l’opération pour la libération de Mistenûr.

Biharîn Kendal a expliqué comment les forces des YPG avaient vaillamment défendu la colline de Mistenûr lorsque les bandes d’EIIL avaient attaqué en octobre 2014. Elle a dit que les combattants des YPG avaient opposé une résistance héroïque avec des armes légères, face à une force beaucoup plus grande en possession de chars et d'armes lourdes.

« Nous avons défendu la colline en dépit d’une puissance de feu inférieure »

Biharin Kendal a ajouté que le sacrifice consenti par Arin Mirkan, qui s’est fait exploser parmi les membres d’EIIL au moment où ils prenaient la colline, symbolisait l'héroïsme affiché par les combattants des YPG.

« Après la chute de Mistenûr, nous avons continué notre résistance dans la ville »

Biharin Kendal dit que « quand les bandes d’EIIL sont entrées dans la ville après la prise de Mistenûr, nous avons déclaré que nous allions transformer la ville en un enfer pour eux. Nous nous sommes battus dans chaque maison et dans chaque rue, nous avons versé notre sang et perdu nos camarades. Mais nous savions que nous pourrions reprendre Mistenûr et nos plans ont porté leurs fruits ».

« La reprise de Mistenur était la première étape, nous allons maintenant libérer Kobané »

Biharin Kendal dit que la prochaine étape est de nettoyer toute la ville des bandes et de déclarer la victoire finale.

« Quelques jours avant nous mettons les drapeaux et les affiches d’Apo dans nos sacs prêts à accrocher sur Mistenûr Hill. Nous n’avions en fait aucun doute que nous prendrions Mistenûr, et quand nous l'avons fait nous avons accroché les affiches de nos martyrs. En reprenant la colline nous avons rempli les souhaits d’Arin Mirkan et de nos autres camarades qui sont tombés dans la lutte ».

Biharin Kendal a expliqué les avantages d'avoir le contrôle de Mistenûr Hill, ajoutant qu’EIIL ne serait plus en mesure de se déplacer librement sur la route d'Alep ou sur la route menant à la frontière de Tel Abyad. Elle a dit que « nous avons maintenant le contrôle de toute la ville et des villages à l'est et au sud. Nous allons maintenant écraser les bandes dans les quartiers de l’est où ils ont le dos au mur. En temps de guerre, quand vous prenez le point le plus stratégique, cela signifie que la fin est proche pour l'ennemi ».

« Il est difficile de freiner nos combattants »

Biharin Kendal dit que le moral et l'esprit des combattants étaient à un niveau record, ajoutant qu'ils attendaient avec impatience le coup final contre les bandes d’EIIL. Elle a ajouté que les combattants « nous demandent d’en finir avec les bandes d’EIIL. La faim et la fatigue n’ont pas d’importance pour eux. Nous constatons qu'il est difficile de les retenir ».

« Nous promettons la victoire finale à notre peuple »

Biharin Kendal a remercié les personnes qui ont maintenu des veillées le long de la frontière pendant des mois, ajoutant que la victoire finale dans Kobanê était proche. « Nous promettons que nous allons livrer la victoire à toutes les mères héroïques du Kurdistan qui ont perdu des enfants, et nous allons continuer la lutte dans laquelle nos camarades sont tombés jusqu’à la fin. Kobanê et la résistance triompheront », dit-elle.

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 17:22

http://blogs.mediapart.fr/blog/jacques-fortin/200115/adieu-au-npa

Adieu au NPA

Par Jacques Fortin

Mardi 20 Janvier 2015

Hier soir se tenait à Paris, un meeting de « soutien au peuple grec » porté par diverses forces de gauche. Il ne s’est pas trouvé de majorité dans la direction du NPA pour s’impliquer dans ce qui est pourtant, dans le mouvement ouvrier, le minimum syndical voire un simple réflexe pavlovien de solidarité.

Soutenir le peuple grec !

Contre les pressions internationales, contre la troïka, contre les coups fourrés et les cauteleuses chausse-trappes que préparent les libéraux européennes pour pousser Syriza au bout du bout des concessions et ainsi décrédibiliser l’idée d’une gauche nouvelle en Europe. Enjeu qui n'est pas mince.

Soutenir le peuple grec !

Certes, « des dirigeants du NPA », dit la presse, ont sauvé l’honneur. Il s’agit de l’équipe qui d’habitude incarne le NPA ouvert, unitaire et indépendant que nous avons tenté.

Eux sont, sans barguigner, venus soutenir le peuple grec et même, je crois bien, Syriza. Ils estiment en effet qu'une victoire de Syriza vaudrait mieux que celle de la droite. Et même que la gauche de la gauche en Grèce devrait soutenir Syriza sans diviser les voix.

Hérésie qui pour le courant de circonstance pétri de la frilosité étriquée d’anciens de Lutte Ouvrière jamais vraiment exfiltrés, travaillé par un retour de gauchisme post soixante huitard, métissé d’un peu de révolutionnarisme sommaire, a pris la responsabilité de finir de discréditer un NPA déjà réduit à la portion congrue. Diverses sectes s’y sont obligeamment adjointes, ravies, qui n’ont jamais voulu d’un parti anticapitaliste et trépignent d’auto proclamer un parti révolutionnaire, dûment estampillé et garanti par l’onction de son programme, cela fonctionne un peu comme la transubstanciation, renseignez-vous.

Alors pourquoi cette dérobade devant la solidarité, parce que le « peuple » n’est pas la « classe ouvrière » ? Pour ne pas côtoyer un ancien membre du gouvernement à la tribune ?

Parce que des « frondeurs » étaient officiellement dans la salle ? Parce que Pierre Laurent et Jean Luc Mélenchon, c’est trop « réformiste » ? Parce que Syriza va trahir ?

Les orientations récentes de Syriza ne sont pas forcément mon exacte tasse de thé pas plus que celles de Podemos qui peuvent nous réserver des déceptions et sans doute de mauvaises surprises. On peut le supposer, le pronostiquer et le craindre, mais leur existence nous est un exemple de ce qu’on peut faire en Europe, ce n’est déjà pas mal. C’est un encouragement à nous y mettre d'urgence.

Enfin la victoire de Syriza nous, les peuples, les travailleurs, les anticapitalistes et la gauche qui se veut de gauche, donnerait un cadre de lutte bien supérieur à celui que nous laisserait les droites toutes puissantes si celles-ci remportaient la Grèce et demain l’état espagnol en dépit de ce qu’elles leur ont fait endurer. Une majorité nette pour Syriza serait un frein aux éventuelles concessions et empêcherait un blocage institutionnel. Donc il faut bien soutenir Syriza et Syriza seule.

Berf, les absurdes raisons de ce refus de ce NPA là, je devrais m’en foutre comme tout le monde finit par s’en foutre du NPA. Mais en tant qu’anticapitaliste ayant pris part à sa fondation, j’ai honte de lui ces temps-ci, un peu de honte cela va, beaucoup c’est trop, et là c’est trop.

Bien sûr un gros tiers du NPA, semble-t-il avant ce congrès, n’est pas sur cette « ligne » qu’il subit avec un mélange d’effarement, de sidération et d’espoir que quand même. Je les salue fraternellement, comme des amis et camarades dans les autres courants, qui se fourvoient, mais je ne vois pas de « quand même » supportable, je ne vois plus le NPA réformable. La mauvaise pente s’accélère.

Les fossoyeurs se coalisent, avant de s’entredéchirer, l'esprit de secte. Cette dernière facétie lamentable à propos de ce meeting me suffit. Qu’elle ne fasse pas, apparemment, vraiment scandale dans le NPA m’atterre.

Que donc, pour le NPA, les grecs aillent se faire voir, la révolution ou rien.

Pour moi, voilà avec les grecs, je suis Syriza, nous verrons bien après. Demain sera un autre jour, et moi anticapitaliste toujours.

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