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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 20:23

http://www.asso-fdg.fr/podemos-les-enjeux-organisationnels-de-lautre-futur-espagnol

Podemos, les enjeux organisationnels de l’autre futur espagnol

Par Régis Dauxois, Noelia Mora et Marie Ganozzi

Mardi 23 Décembre 2014

Récemment, plusieurs articles, notamment celui de David Llorente, paru sur le site www.ensemble-fdg.org et repris sur de nombreux autres sites en France, ont exposé des critiques sur la récente structuration de Podemos, suite à son assemblée citoyenne qui s’est étalée du 15 septembre au 15 novembre 2014.

Ces critiques portaient principalement sur les systèmes de vote adopté, sur la nomination d’un secrétaire général, une « présidentialisation », selon certaines, de Podemos, au lieu d’une équipe plus collégiale, sur les pouvoirs qui seraient attribués à l’exécutif et sur la « mise à l’écart » des militants appartenant à des organisations politiques nationales espagnoles, comme Izquierda Anticapitalista.

Des accusations graves, un article « à charge » qui concluait que Podemos se transformait « en parti monolithique, vertical et hiérarchique ». Bref, le côté « obscur » de la force aurait encore gagné.

Chacun se fera son opinion sur ces critiques, en fonction de ses propres conceptions de ce que doit être une organisation réellement démocratique et citoyenne.

Mais il faut être quelque peu sérieux tout de même.

Si, pour notre part, partisans du fédéralisme, nous allons être d’emblée méfiants et attentifs aux risques de « personnalisation », aux risques de dérives autoritaires et aux logiques « plébiscitaires » qui ont l’apparence de la démocratie sans en avoir la nature, il s’avère que la lecture attentive, et de bonne foi, des textes de Podemos, l’analyse de la situation et la prise en compte du contexte dans lequel Podemos a fait irruption nous conduisent à tenir un tout autre propos. Sans idéalisme ou idolâtrie pour le leader actuel de Podemos, nous allons d’abord en souligner tous les points positifs. Nous conseillons en particulier la lecture des statuts de Podemos, traduits par nos soins en français.

Avant cela, décochons tout de même quelques flèches, en direction des auteurs des articles suscités. Ces critiques, au moins dans leur formulation, sont malsaines et/ou ont un côté agaçant, pourquoi ?

D’abord, parce qu’elles émanent parfois de militants de tendances politiques déçues, et par conséquent poussés à dramatiser la situation, les militants de la quatrième internationale sont aujourd’hui « en rogne » car ils n’ont pas peut atteindre leurs objectifs de présence dans les instances de « direction » de Podemos. Rappelons juste au passage le fond de l’affaire, les militants des organisations politiques nationales, participant à des scrutins nationaux, n’ont pu se présenter aux élections internes de Podemos. Alors que des militants d’organisations politiques régionales, basques et catalanes, ont pu le faire. Sur ce point et rapidement, disons tout net que nous trouvons très sain le principe d’écarter des militants aguerris d’organisations nationales. Sain, oui, car c’est l’une des clés du renouvellement politique, sociologique et générationnel. Le point à débattre étant plutôt celui des organisations régionales et nationalistes.

Il aurait fallu effectivement que la mesure s’applique à elles aussi. Mais la situation en aurait été rudement plus compliquée au sein de Podemos. Il s’agirait donc plutôt de poser la question à des cercles Podemos et d’analyser les éléments précis du débat, avant de porter un jugement aussi rapide que péremptoire.

Ensuite parce que l’exercice d’un mouvement purement « citoyen » à la construction d’une force politique de gouvernement n’est pas simple. Cette évolution implique nécessairement des changements structurels pour être à même de faire face aux échéances électorales, et de les remporter. L’important, dans cette affaire est de voir comment peut s’opérer l’articulation entre une base citoyenne et une « machinerie » électorale.

Enfin, parce que l’essentiel est d’analyser si Podemos conserve depuis sa récente création son précieux potentiel de départ en termes d’innovation politique et organisationnel au lieu de considérer, dans une posture extrêmement condescendante, que l’ensemble des adhérents de Podemos se sont fait floués. Il est vrai que, comme nous le disions plus haut, deux mois de processus de congrès, c’est peu.

Procédons tout d’abord à quelques rappels importants :

Podemos existe depuis à peine une année

Podemos est une organisation jeune, très jeune. Il faut tout de même noter que la dynamique Podemos est parti d’un manifeste, « prendre les choses en main, convertir l’indignation en changement politique », paru en janvier 2014, il y aura tout juste un an dans quelques jours !

Signé par une trentaine d’intellectuels, professeurs d’université, écrivains et philosophes, il visait à donner une suite ou un prolongement au mouvement des indignés espagnols. Pour aller vers un processus électoral participatif et de créer ainsi une candidature pour les élections européennes de mai 2014,

Le mouvement s’enregistre comme parti politique en mars 2014. Aux élections européennes, Podemos obtient cinq sièges en finissant comme quatrième force en Espagne.

En douze mois, la performance est donc déjà remarquable, et remarquée. Et les erreurs sont forcément là. Quand on voit les difficultés d’organisation du Front De Gauche, on aurait même du mal à comprendre comment « cela est possible » !

Bref, Podemos est tiraillé, et c’est normal, entre de multiples tendances, conceptions et cultures politiques. Cela joue sur les textes d’orientation comme sur la question du fonctionnement.

Alors oui, le vote bloqué, être obligé de voter pour l’ensemble des textes d’une « équipe » pose question et problème. Oui, Podemos aurait pu organiser encore plus d’assemblées préparatoires.

Oui, le fait de devoir lire des centaines de textes n’était pas à la portée de tous les citoyens, oui, nous aurions souhaité, pour notre part, une dose de fédéralisme plus importante et que, par exemple, les décisions d’une assemblée citoyenne ne puisse pas être défaites par une assemblée d’un niveau territorial supérieur, comme le stipule l’article 32 des statuts de Podemos. Oui, et alors, quand bien même certaines dispositions organisationnelles votées seraient considérées comme des « erreurs », ou des insuffisances, ce que nous pouvons affirmer c’est que rien n’est joué et surtout qu’il ne faudrait pas oublier tous les points positifs apparaissant ou actés dans ces nouveaux statuts !

Qu’il ne faudrait pas oublier le fantastique travail des cercles Podemos qui ont réalisé en quelques mois ce que le Front De Gauche en France n’a même pas esquissé !

Au cœur de la logique Podemos, l’assemblée citoyenne et les cercles

Il faut rappeler aussi comment ont été discutés les textes adoptés par Podemos.

Dans Podemos, c’est l’assemblée citoyenne qui est souveraine, c’est-à-dire ce mouvement permanent de dialogue, de concertation et de confrontation entre l’ensemble des membres de Podemos, en application de l’article 8 des statuts.

L’assemblée citoyenne a un caractère permanent en application de l’article 10 des statuts selon lequel toutes les personnes qui font partie de Podemos ont le droit de participer et de voter à tout moment dans l’assemblée citoyenne de Podemos.

En tant que plus haute instance, elle est consultée obligatoirement, avec pouvoir décisionnel bien entendu, en application de l’article 13 des statuts, « pour toutes les décisions importantes, définir les lignes stratégiques, composer les listes électorales, élaborer des programmes, approuver ou révoquer les membres des organes, approuver ou rejeter tout type de pacte pré ou post-électorale et modifier les statuts, en application de l’article 11 des statuts.

Pour se constituer, Podemos a donc respecté la règle, pas de congrès avec des délégués sans mandats, qui négocient selon leur propre vision des choses, mais un débat large, très large, impliquant l’ensemble des inscrits. Podemos s’est constitué via une assemblée citoyenne.

Une Assemblée qui a duré deux mois.

Elle débuta le 15 septembre 2014. Avec, les 18 et 19 octobre 2014, un vaste regroupement à Madrid, plus de sept mille personnes. A l’issue de ces rencontres, des textes et deux propositions d’organisations concurrentes sont actées. S’enclenchera ensuite un processus de vote et l’assemblée citoyenne prendra fin le 15 novembre 2014 par l’élection des instances.

Oui, deux mois de processus de décision, et plus encore si l’on prend en compte les travaux préparatoires des cercles Podemos.

Et pour qui a compris que la démocratie n’était pas que dans l’acte final de vote mais bien dans le processus préalable, on ne peut qu’être satisfait de voir cette organisation appliquer ce qui semble être une réelle démocratie directe.

Par ailleurs, et c’est fondamental, l’entité de base de Podemos est le cercle. Ils doivent remplir un certain nombre de conditions pour être reconnus, et c’est normal.

Ils sont l’espace où peuvent s’impliquer non seulement les membres de Podemos mais l’ensemble des citoyens et citoyennes qui le souhaitent, pas besoin d’être adhérent pour participer aux réunions des cercles, en application de l’article 57 des statuts.

Ce que l’on peut regretter c’est la limite mise à l’autonomie des cercles par l’article 58 des statuts. En effet, leurs décisions « doivent être cohérentes avec la politique générale de l’organisation ». Bien sûr, nous pouvons entendre la demande de cohérence, et un cercle est d’abord là pour alimenter les débats de l’assemblée citoyenne. Si tous les cercles prennent des positions à hue et à dia, il n’est pas difficile d’imaginer les problèmes politiques que cela poserait. Mais on peut s’interroger sur ce que signifie « la politique générale de l’organisation ». Il y a une différence entre agir dans le cadre de principe de base, permanent et statutaire, et le cadre de positions momentanées de l’organisation, dans ce cas, il est sain que les cercles puissent décider librement de ce dont ils veulent. S’il y a une disposition à interroger, c’est bien celle-là.

Une utilisation effective des nouveaux modes de communication, en faveur de cette démocratie directe.

C’est affirmé et réaffirmé dans le document organisationnel de Podemos, transparence, sur tous les comptes et financements, et horizontalité des communications et des débats sont dans ses « gènes » politique.

Il faut ainsi noter que la nouvelle organisation s’est dotée de plusieurs outils, voir paragraphe « participation » des statuts, Podemos a mis en place des espaces de débats et de délibération, « plaza podemos ». Est mis en place, pour chacun des cercles Podemos, des espaces de consensus, « loomio ». Une banque aux talents a été également lancée afin de permettre à tout un chacun de participer activement dans le parti politique. Des canaux de communication et prise de décision rapide, « appgree », ont été créés pour construire, de façon simple, des consensus à la majorité.

Elaboration des programmes et des candidatures, selon le même principe d’ouverture à tous les membres

C’est l’article 7 des statuts qui le réaffirme, la préparation des programmes électoraux, la préparation des listes de candidats aux organes de représentation institutionnelle et le choix des portes paroles ou des membres des conseils citoyens de Podemos se décideront toujours de manière ouverte en lien avec toutes les personnes qui composent Podemos, et ce tant au niveau national que territorial.

Podemos met en place et d’une manière statutaire, la révocabilité des mandats.

L’article 13 des statuts stipule, dans la liste des compétences inaliénables de l’assemblée citoyenne, que celle-ci peut, entre autres choses, révoquer le secrétaire général, révoquer le conseil citoyen ou l’un de ses membres et révoquer le comité des garanties démocratiques ou l’un de ses membres. Ainsi, vingt-cinq pour cent des inscrits ou vingt-cinq pour cent des cercles Podemos peuvent exiger le déclenchement d’une procédure révocatoire, en application de l’article 14 des statuts.

La composition du conseil citoyen est équilibrée

En effet, cette instance, l’exécutif de l’organisation, chargé de développer et d’appliquer les décisions prises par l’assemblée citoyenne, est composée, pour la grande majorité de ses soixante-trois membres, de membres élus directement par l’assemblée citoyenne, sur liste ouverte. S’ajoutent les dix-sept secrétaires autonomes des instances territoriales de Podemos et le secrétaire général. C’est un fonctionnement tout simplement parfaitement démocratique, sans que l’on puisse y voir de dérive « hiérarchique » !

Au passage, le fait que le secrétaire général puisse par ailleurs proposer la composition de son équipe, le conseil de coordination, à soumettre au vote au conseil citoyen ne pose pas de problème démocratique majeur, car les membres de cette équipe ne siègent pas au conseil citoyen, ce qui n’est pas le cas par exemple dans bien des organisations syndicales en France, où les membres du bureau sont membres du conseil national. Ils sont tous révocables en cours de mandat. C’est un point qui avait pourtant déclenché la colère de certains.

La commission des garanties démocratiques est une structure innovante.

Ce n’est pas à proprement parler une commission des conflits ou une commission des mandats comme nous avons l’habitude.

Elle a pour fonction de veiller au respect des textes et des principes éthiques.

Elle est élue par directement par l’assemblée citoyenne, tous les membres de Podemos, avec un système de liste ouverte. Comment peut-on alors affirmer que cette commission serait « à la botte » du secrétaire général ? D’autant plus que les territoires seront, eux aussi, dotés de commission identiques, en application de l’article 28 des statuts.

Bien entendu, il est toujours possible, comme dans n’importe quelle organisation, que des réseaux informels jouent pour pervertir le fonctionnement formel. Mais cela aussi, nous le connaissons bien ! Ce sera donc aux cercles Podemos d’exercer leur vigilance pour contrer toute dérive, en usant de la procédure révocatoire le cas échéant.

En guise de conclusion

Ce court article n’a pas la prétention d’être exhaustif. Il a été surtout écrit en réaction à des commentaires et critiques que nous avons trouvés particulièrement durs, et souvent injustifiés.

Comme nous l’avons dit précédemment, l’avenir de cette jeune organisation n’est pas bouclé. Loin s’en faut. Elle a même tout son avenir devant elle. Sur les points problématiques, aux cercles de s’en emparer. Podemos sera ce que les citoyennes et citoyens espagnols en feront !

Podemos est un mouvement vivant, et bien vivant, qui porte de multiples potentialités. Le chemin parcouru est déjà gigantesque. Nous aurons certainement l’occasion, dans de prochains articles de revenir sur les positions politiques et les orientations du mouvement et les débats qui y sont en cours.

Alors, soutenons et échangeons avec nos camarades espagnols, et prenons-en de la graine.

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 16:59

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/24/les-gauches-radicales-inquietent-bruxelles_4545743_3214.html

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11080

Les gauches radicales inquiètent Bruxelles

Mercredi 24 Décembre 2014

Séduisant des électeurs épuisés par l'austérité, Syriza, en Grèce, et Podemos, en Espagne, pourraient se retrouver au pouvoir en 2015

L'Europe en a des sueurs froides. La perspective d'élections législatives anticipées se rapproche en Grèce et le parti de la gauche radicale Syriza, qui promet de faire annuler le programme d'austérité et d'effacer la dette, est aux portes du pouvoir. A quelques milliers de kilomètres d'Athènes, en Espagne, la formation d'extrême gauche euro critique Podemos s'arme pour les législatives de 2015, avec des chances de l'emporter. Fin novembre 2014, les sondages plaçaient le parti de Pablo Iglesias en tête, devant le Parti Populaire du premier ministre Mariano Rajoy et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol. Au Portugal, à Chypre ou en Irlande, les mouvements d'extrême gauche séduisent aussi des électeurs épuisés par une rigueur imposée « d'en haut », depuis Bruxelles, et nostalgiques d'un état-providence généreux.

Un petit air de révolution ? Une réaction de colère, plutôt, qui s'incarne dans « une critique radicale du système auquel est associée l'Europe et qui participe à cette poussée populiste qui gagne le vieux continent », décrit Dominique Reynié, directeur de la fondation pour l'innovation politique.

Ce populisme prend des formes diverses. Lorsque la critique des « élites bruxelloises » se traduit dans les pays du nord, en Suède, au Danemark et en Finlande, par un populisme d'extrême droite, elle se manifeste au sud par cette gauche radicale que l'on croyait enterrée.

« Il y a deux réactions à la crise », analyse Yves Bertoncini, directeur de l'institut « Notre Europe ». Un vote anti solidarité sur le thème « nous n'allons pas payer pour ces fainéants du sud » et un vote anti austérité dans les pays sous assistance de la troïka.

Un quart de siècle après l'effondrement du bloc communiste, l'ascension de ces partis d'extrême gauche peut prendre des allures anachroniques. Mais nombre de ces mouvements, tel Podemos, se sont formés récemment, lâchant les thèmes les plus obsolètes pour se focaliser sur « l’oppression exercée par l'Europe et le FMI » contre l’état-providence et le bien-être des travailleurs.

« Lutte des classes »

« La crise a rappelé qu'une forme de lutte des classes n'était pas morte », juge Jean-Yves Camus, chercheur spécialiste des radicalités politiques. On retrouve, dit-il, les exploités contre les exploiteurs, les bénéficiaires de la mondialisation contre les laissés-pour-compte, les banquiers contre les travailleurs. En Espagne, Podemos se nourrit d'une opposition à une Allemagne surpuissante qui serait tentée de coloniser Madrid. « Nous disons à Angela Merkel que nous avons notre dignité et que nous n'allons pas nous agenouiller », répète à l'envi le chef du parti, Pablo Iglesias.

Ces formations prospèrent sur une rhétorique qu'a abandonnée la gauche modérée, au grand désarroi de certains électeurs. « Il n'y a plus d'utopie. Pour les sociaux-démocrates, il n'y a plus de projet d'émancipation économique collective mais seulement individuelle. Au mieux propose-t-elle une utopie sociétale, avec des projets comme le mariage pour tous. La gauche radicale s'y oppose et tente de faire comprendre aux électeurs que le logiciel actuel peut être autre chose qu'une simple adaptation au monde », explique Jean Yves Camus.

Dans nombre de pays plane aussi le sentiment que les socialistes ont trahi et échoué. Pour faire face aux défis de ce que les experts ont qualifié de « pire crise depuis 1929 », les partis de gauche ont constitué une forme d'union sacrée avec ceux de droite pour adopter des mesures impopulaires dont l'efficacité reste à démontrer. En Grèce et au Portugal, ce sont des premiers ministres socialistes qui, au nom du pragmatisme, ont signé les accords avec la troïka. S'ajoutent à cela des scandales de corruption retentissants, qui, entachant les partis de gouvernement, ont incité les électeurs écœurés à voter pour des mouvements contre le système.

« Nous reprenons le flambeau. L'avenir de la gauche européenne, c'est nous », proclame Anne Sabourin, représentante du PCF au parti de la gauche européenne, qui forme un groupe à l'extrême gauche du parlement européen.

A Bruxelles, cette escalade fait frémir. Le président de la commission, Jean-Claude Juncker, ne s'est pas privé de faire part de ses craintes, affirmant « qu’il n'aimerait pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir » à Athènes et « qu’il préfère revoir des visages familiers en janvier », une maladresse. -L'Europe n'est pas censée se mêler de processus électoraux. « Il aurait pu s'abstenir », note Yves Bertoncini. « L'expression de la préférence de la commission peut être contre-productive ».

A écouter les experts, cette gauche radicale n'est d'ailleurs pas si affolante qu'on l'imagine. En dépit d'un discours virulent contre Bruxelles, ces partis ne promettent pas, contrairement à l'extrême droite, de « détruire l'Europe de l'intérieur ». Leur idée est de la transformer. Dans une note intitulée « euro scepticisme ou europhobie, protester ou sortir », l’institut « Notre Europe » note que, sur les quarante-deux sièges détenus par des partis eurosceptiques d'extrême gauche, aucun ne s'oppose ni à l'Union Européenne, ni à l'intégration européenne, mais ils souhaitent en changer la nature. Le groupe se décrit généralement comme étant anti libéral et pro social.

« Nous ne sommes pas contre l'Europe mais pour une autre Europe », assure Anne Sabourin, agacée par les « fantasmes » véhiculés autour de la gauche radicale. « Syriza n'est pas un parti dangereux, il ne veut pas quitter l'euro. Les marchés vont être mécontents, c'est sûr. Mais l'Europe ne doit pas être là pour satisfaire les marchés auxquels trop de pouvoir a été laissé. Il faut reprendre la main sur le développement des pays, dans la coopération européenne ».

L'ancrage historique de la gauche radicale l'empêche de tenir un discours nationaliste ou xénophobe. « L'ADN de ces partis est l'internationalisme », appuie Jean Yves Camus. Cette position priverait-elle la gauche radicale d'une partie des électeurs, attirés par les positions plus dures de l'extrême droite ? « Elle vit dans le mythe du changement de l'Europe », se désole Aurélien Bernier, auteur de « la gauche radicale et ses tabous, pourquoi le Front De Gauche échoue face au Front National », en janvier 2014, aux éditions du Seuil, qui aimerait que le mouvement se positionne plus radicalement contre l'Union Européenne et sa monnaie.

« La droite populiste a plus d'écho »

De fait, l'affaire « Luxleaks », qui a révélé que l'actuel président de la commission, Jean-Claude Juncker, avait orchestré un vaste système d'évasion fiscale au Luxembourg lorsqu'il en était premier ministre, a beau avoir ulcéré les députés de la Gauche Unitaire Européenne, seuls les europhobes de droite, une centaine d'élus, sont parvenus à rassembler suffisamment de voix pour déposer une motion de censure contre lui.

A l'échelle européenne, « la droite populiste a plus d'écho », constate Anne Sabourin, « car son discours est plus simple, voire simpliste. Nous menons des batailles plus compliquées. Mais on ne va pas faire du populisme car c'est plus efficace auprès des médias ».

Selon les politologues, cette attitude pourrait condamner la gauche de la gauche à ne connaître qu'un succès éphémère. « Avec l'atténuation de la crise et l'austérité, le mouvement refluera. La droite radicale a, elle, un ancrage plus structurel lié au malaise identitaire », prédit Yves Bertoncini.

Pour durer, certains imaginent que les partis de la gauche radicale pourraient bien, tôt ou tard, être tentés de flirter avec les idées nationalistes. Le Front National de Marine Le Pen ne s'est-il pas rapproché de l'extrême gauche sur les sujets économiques ? Dominique Reynié redoute ce scénario, rappelant cette phrase de Léon Blum, « un socialisme sans internationalisme ne peut que mal se terminer ».

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 16:16

http://www.marianne.net/Dans-le-laboratoire-de-Podemos-Paris_a243200.html

Dans le laboratoire de Podemos Paris

Par Loïc Le Clerc

Lundi 8 Décembre 2014

Avec la crise, des milliers d’espagnols ont dû quitter leur pays, pour pouvoir trouver du travail. Certains sont venus en France. D'ici, ils ont vu leur pays sombrer dans l'austérité. Mais ils ont également assisté à la naissance d'une nouvelle force politique, née du mouvement des indignés, Podemos. Depuis, le mouvement s'exporte et des « cercles » se créent un peu partout dans le monde, dont en France. « Marianne » est allé à la rencontre de ces indignés du cercle Podemos Paris. Découverte d'un processus démocratique naissant, avec toutes les difficultés organisationnelles et politiques que cela comporte.

Podemos Paris compte déjà plusieurs dizaines de membres, deux cent cinquante selon les derniers décomptes. Et à chacune de ses « assemblées populaires », des visages nouveaux viennent fleurir les rangs, principalement des espagnols, arrivés en France il y a une poignée d’années et inquiets de la situation dans leur pays. Ceux-là ont quitté l’Espagne juste avant qu’éclate la bulle immobilière et que la crise s’installe. Ils ont vu leur pays sombrer, de loin, alors, avec cette antenne parisienne de Podemos, ils pensent pouvoir faire quelque chose. Ils sont de tous les métiers, de tous les âges, déjà politisés pour certains, pas du tout pour la plupart. Une chose est sûre, ils veulent faire partie de ce mouvement Podemos, même depuis Paris. Par rapport au mouvement espagnol, qui n’a pas encore soufflé sa première bougie, Podemos Paris est loin d’être constitué.

Alors, petit à petit, ses membres votent l’organisation et la répartition des rôles. Mais les questions qui naissent sur leurs lèvres à tous peuvent résumées ainsi, « concrètement, que pouvons-nous faire » et « à quoi sert Podemos Paris ».

Indirectement, c’est vers les quatre membres du conseil citoyen, sorte d’organe exécutif, que se tournent les regards, en attente d’une réponse. Mais pour Javier Cuesta, Pablo Lapuente, Irma Heras et Miguel Segui, ce n’est pas si facile. Irma Heras admet que pour l’instant, aucune instruction n’a été donnée de la part de Podemos Espagne. Ils savent seulement qu’ils font partie de la « dix-huitième autonomie », celle des espagnols expatriés. Elle pense que l’organe central souhaiterait que Podemos Paris et ses équivalents n’aient pas d’autres vocations que de convaincre les espagnols résidants à l’étranger qu’ils doivent voter pour Podemos aux élections générales, l'équivalent de nos élections législatives.

Mais elle insiste sur le pouvoir de pression dont ils disposent, en tant que citoyens espagnols : « Podemos Espagne doit comprendre pourquoi nous sommes partis ». Miguel Segui, militant au NPA de longue date et à l’impulsion de Podemos Paris, qu’il considère presque comme son enfant, pense qu’à terme, ils fonctionneront comme n’importe quel « cercle » espagnol.

Pour l’instant, il dit être « dans la construction, je me suis fixé de tenir jusqu’aux élections législatives en continuant à gueuler comme je sais faire. Après, cela va se décanter ».

Politique en travaux

Podemos Paris, mouvement pour l'instant hors-radar, n’est pas encore en mesure de faire de la politique. Sa phase d’organisation devrait s’achever vers le 20 décembre 2014. Pour l’instant, la principale difficulté que le cercle rencontre, c’est qu’il ne possède rien, et même pas de lieu pour se réunir. Ils peuvent compter sur la générosité de quelques parisiens, qui leur prêtent un local de temps en temps, mais c’est loin d’être suffisant. Et cela se complique encore lorsqu’il faut organiser de plus grands événements, comme la venue de personnalités du mouvement.

Une fois de plus, c’est sur leur petit réseau et sur la sympathie qui se dégage de Podemos qu’ils arrivent à s’en sortir. Le 30 novembre 2014, ils ont tout de même réussi à faire venir Pablo Echenique, député européen de Podemos. Selon Miguel Segui, ce moment avec une des figures du mouvement a permis de faire rentrer dans le cercle une trentaine de nouveaux membres.

Mais surtout, le discours et le débat qui s’est ouvert a, pour la première fois, été plus structuré. « Sa venue a politisé le mouvement », nous confie Miguel Segui, qui ne cache pas que le député va revenir, de même que Lola Sanchez et Teresa Rodriguez, elles aussi députés européennes de Podemos.

Pour ce qui est de l’organisation, Irma Heras, membre de Podemos Paris depuis septembre 2014, admet que, pour l’instant, elle et ses camarades souffrent du fait que seulement « une dizaine de personnes s’implique réellement » dans le quotidien du cercle. Elle avoue être fatiguée de consacrer tout son temps libre à organiser les événements, à animer l’assemblée, mais elle le fait avec passion.

Pour Pablo Lapuente, qui se définit comme un communiste « repolitisé par le mouvement du 15 mai », la difficulté majeure tient dans ce qu’il appelle le « format assembléiste », essence même de Podemos. Entre les nouveaux arrivants qui découvrent tout, les éléments ayant déjà été votés dans une assemblée précédente qui reviennent dans le débat par manque de transmission d’informations, avec par-dessus tout cela une bureaucratisation inévitable, Pablo Lapuente trouve qu’ils « perdent le fil politique, nous passons notre temps à nous organiser », dit-il, un peu abattu par ce constat. D’autant que pour chaque petite chose, il faut consulter tout le monde. Donc, si Podemos Paris veut agir vite, il se retrouve bloquer par un processus décisionnel qui pêche par « zèle de l’excès démocratique », pour reprendre l’expression d’Irma Heras.

Mais, confiants, ils se répètent que leur mouvement est jeune et les problèmes techniques se résoudront avec le temps. Heureusement, ils peuvent compter sur les conseils et l’expérience de leurs proches résidant en Espagne, comme Alice Heras, la sœur d’Irma Heras, membre d’un cercle à Madrid. Elle a vu comment Podemos s’est organisé en Espagne, et a donc un regard d’avance sur ses confrères parisiens. Elle affirme que « l’assembléisme a survécu grâce à internet », instrument primordial dans le processus décisionnel et électoral pour Podemos, parfois un peu trop présent pour ceux qui ne sont pas familier avec internet et ses outils.

Podemos Paris, cercle indépendant ?

Fier du chemin parcouru jusqu’ici, Miguel Segui revendique une certaine indépendance idéologique par rapport à Podemos Espagne. Il l’affirme, le cercle de Paris est très critique vis-à-vis de Pablo Iglesias. En effet, quand les membres de Podemos Paris parlent de l’élection de Pablo Iglesias, élu sur un score soviétique à la tête de Podemos, et donc de la mise à l’écart de Pablo Echenique, dont le programme s’approchait le plus de l’esprit participatif originel de Podemos, la plupart se disent déçus. Irma Heras est encore amère « de la façon dont cela s’est fait et que Pablo Echenique ne soit pas dans l’équipe », mais Alice Heras tempère son propos, « quand un modèle est élu, tu l’acceptes ».

C’est exactement ce qu’ils font tous, ils acceptent la mainmise de Pablo Iglesias sur Podemos au nom d’un pragmatisme électoral, en attendant une redistribution du pouvoir, après les élections générales, peut-être.

Pour autant, Miguel Segui se dit aussi « inquiet, en tant que vieux militant, que le Podemos central veuille décider à notre place avec qui l'on peut discuter ». Il craint surtout que Madrid ne leur demande de « se mettre en remorque de Jean Luc Mélenchon », lui qui n’arrête pas de faire des appels du pied à Podemos, comme il le fait avec les grecs de Syriza. Ensemble, ce mouvement membre du Front De Gauche au sein duquel on trouve notamment Clémentine Autain, veut débattre avec nous, agir en commun, mais cela reste très flou », nous lance Miguel Segui, sans trop savoir ce que cette frange du Front De Gauche leur veut. Par son origine politique, Miguel Segui a fait que Podemos Paris et le NPA sont proches, mais il l’assure, les deux mouvements n’ont pas vocation à se fondre, ni à collaborer et c’est à peine si Podemos Paris a commencé à agir, en manifestant contre la loi espagnole sur l’avortement par exemple.

Ensemble, le NPA ou encore Nouvelle Donne étaient présents pour la venue de Pablo Echenique, sans grand enthousiasme de la part des membres du cercle de Paris. Leurs relations avec les partis français, tout comme leur présence dans les médias français, sont sujettes à débat. Ils craignent de se voir instrumentalisés, dans le sens où, Podemos faisant fantasmer une partie de la gauche française, il est de bon ton de s’afficher en allié.

Pablo Lapuente ne voit pas ces rapprochements d’un mauvais œil, pour lui, « l’assemblée est assez plurielle pour s’auto contrôler », et éviter ainsi les « conflits d’intérêts ». Une fois bien organisés et prêts politiquement, ils pourront créer des liens avec les organisations politiques françaises et ainsi se décentrer de l’Espagne. Mais de là à ce que Podemos Paris s’émancipe de Podemos et devienne un mouvement français, le chemin est long. « Les conditions socio-économiques sont loin d’être semblables pour que Podemos soit la bonne réponse en France », analyse Pablo Lapuente. Et pour Miguel Segui, c’est hors de question, « en janvier 2015, nous ferons notre première assemblée générale politique, où nous réfléchirons à nos revendications et à notre présence dans la société française. Mais il n’y aura pas de parti Podemos France. » Mais on l'aura compris, avec Podemos, rien n'est joué d'avance tant que chacun n'a pas donné son avis.

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 15:46

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/24/kurdes-relance-du-processus-de-paix-avec-ankara_4545735_3214.html

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11081

Relance du processus de paix avec Ankara

Malgré le contentieux de Kobané, le pouvoir turc et le PKK veulent trouver un accord rapidement.

Par Marie Jégo, envoyée spéciale du Monde à Mardin

Mercredi 24 Décembre 2014

Les pourparlers de paix entre le gouvernement turc et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie, sont peut-être entrés dans leur dernière ligne droite. Un accord pourrait être trouvé d'ici « quatre à cinq mois », à condition que « toutes les parties conduisent le processus avec sérieux et détermination », a déclaré le 30 novembre 2014 le chef kurde Abdullah Öcalan aux représentants du parti pour la démocratie des peuples (HDP), une plate-forme formée par les pro-kurdes, la gauche et les écologistes, venus lui rendre visite à la prison d'Imrali, un îlot en mer de Marmara, dont il est l'unique occupant.

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu est sur la même ligne, évoquant « la détermination absolue » du gouvernement. Trente années d'insurrection kurde au sud-est de l'Anatolie, au prix de quarante-cinq mille morts, quatre mille villages détruits et de millions de déplacés, pourraient être réglées en quelques mois.

Mais, pour cela, il faudra compter avec la revendication identitaire des kurdes, renforcée par les bouleversements géo stratégiques en cours au Moyen-Orient.

Le temps presse pour faire la paix. Les islamo-conservateurs de l'AKP comptent sur l'apport de voix kurdes aux législatives de juin 2015, où ils espèrent rafler soixante pour cent des sièges au parlement, afin de mettre sur les rails la réforme constitutionnelle voulue par le président Recep Tayyip Erdogan et qui ferait entrer la Turquie dans un véritable régime présidentiel.

Autonomie

Le même empressement vaut pour le PKK. Voyant son blason redoré par la résistance de ses combattants à Kobané, la ville kurde syrienne assiégée par les djihadistes du groupe Etat Islamique depuis le 16 septembre 2014, l'organisation clandestine se sent forte, allant jusqu'à réclamer l'intervention d'une tierce partie, l'administration américaine, dans ses négociations avec l’état turc.

La crise de Kobané a bien failli tout faire dérailler. En octobre, l'indifférence d'Ankara au sort de la ville kurde de Syrie a provoqué de violentes manifestations kurdes dans toute la Turquie, causant la mort de quarante-huit personnes. La confiance est alors retombée à son plus bas niveau. Passant outre les protestations des militaires, le gouvernement a désamorcé la crise en autorisant les peshmergas kurdes irakiens du PDK à traverser les régions du sud-est de la Turquie pour se porter au secours des combattants de Kobané, inféodés au PKK. Abdullah Öcalan a appelé au calme, les manifestations ont cessé, le processus a pu reprendre.

Si la détermination est grande, les écueils le sont aussi. D'accord sur le fait que seule une solution politique est possible, les deux parties divergent sur bien des points. Pour Recep Tayyip Erdogan, le problème kurde n'est pas tant identitaire que socio-économique. L'AKP, parti religieux, est prêt à troquer le vieux concept kémaliste d’état nation contre celui d’état « oumma », la communauté des croyants, où kurdes et turcs seraient ensemble sous la bannière de l'islam sunnite.

Le PKK réclame pour sa part un certain degré d'autonomie pour les régions kurdophones du sud-est, dont il assure qu'elles sont vouées à rester au sein de la république unie. Mais la méfiance subsiste du côté turc, convaincu que le mouvement n'a pas coupé les ponts avec le vieux rêve d'un Kurdistan indépendant.

L'autre faille du processus de paix est le manque de transparence. Qu'y a-t-il précisément dans la « feuille de route » ? Nul ne le sait. « Les participants semblent n'avoir aucune stratégie précise sur le long terme, réagissant aux besoins et aux considérations d'ordre pratique au fur et à mesure qu'ils surgissent », souligne le dernier rapport du think tank International Crisis Group, publié le 6 novembre 2014.

Un pas de géant a été franchi dans la mesure où personne, aujourd'hui en Turquie, ne peut plus nier l'existence du « problème kurde ». Une révolution copernicienne pour l'homme de la rue, longtemps enclin à croire la fable répétée par les cercles kémalistes pendant plus de soixante-dix ans, à savoir que les kurdes étaient des « turcs des montagnes » dont le bruit des pas dans la neige, caractérisé par l'onomatopée « kart, kurt », avait fini par donner le mot « kurde ».

Vieux tabous

Les vieux tabous ont été levés. Désormais, les kurdes, environ quinze pour cent des soixante-quinze millions d'habitants de la république turque, peuvent parler leur langue. « Il y a dix ans, nous étions autorisés à parler l'arabe mais pas le kurde, qui compte trois dialectes différents. Combien d'entre nous se sont fait embarquer par la police juste pour avoir chanté une chanson, sans compter les purges et les assassinats de nos intellectuels », rappelle Sehmuz Kurt, chargé de cours à la chaire de kurdologie de l'université de Mardin, ville arabo-kurde de quatre-vingt-cinq mille habitants, à cinquante kilomètres de la frontière syrienne.

Convaincu qu'un « retour en arrière » est impossible, le jeune professeur déplore les tracasseries subies par son établissement de la part des autorités. Ainsi, le conseil supérieur de l'éducation (YOK) écarte chaque année des centaines de candidatures d'étudiants au motif qu'il s'agirait de membres du PKK. « Il n'y a pas assez de confiance entre eux et nous », regrette l'enseignant.

Il aura tout de même fallu un certain courage au président Recep Tayyip Erdogan et à son premier ministre Ahmet Davutoglu pour revenir, comme ils l'ont fait récemment, sur un épisode douloureux de l'histoire, celui de la révolte des kurdes de Dersim en 1937 et en 1938, écrasée dans le sang sur ordre de Mustafa Kemal Atatürk, ce qu'aucun responsable politique ne s'était risqué à faire avant eux. Il est vrai que la résolution du problème kurde n'était pas un argument électoralement payant. Il l'est peut-être devenu.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 20:15

RULES FOR RADICALS

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un message relatif à Saul Alinsky

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.les-renseignements-genereux.org/fichiers/10682

La méthode Alinsky

Synthèse du livre « Rules for Radicals » de Saul Alinsky, un manuel pour les révolutionnaires « made in USA »

Comment combattre efficacement les inégalités sociales, les discriminations et le capitalisme ? Que faire pour surmonter la résignation et le fatalisme ambiants ? Par où commencer ?

Nous vous proposons quelques réponses à travers l'expérience et la pensée d'un militant des Etats Unis méconnu en France, Saul Alinsky. De 1940 à 1970, cet activiste a semé la révolte dans les taudis et les quartiers pauvres de Chicago, de New York, de Boston ou de Los Angeles. Son objectif était d’aider les personnes les plus démunies à s'organiser pour améliorer leurs conditions de vie et combattre les méfaits du capitalisme. Ses méthodes étaient le travail de terrain, la patience, la ruse et l'action directe, de préférence non violente et ludique.

En 1971, dans « Rules for Radicals », un livre-testament principalement destiné aux jeunes révolutionnaires, il décrit ses expériences, ses stratégies, sa vision du changement social.

Quarante ans plus tard, découvrons ou redécouvrons la « méthode Alinsky ».

Qui est Saul Alinsky ? Né en 1909 de parents immigrés russes, Saul Alinsky grandit dans un quartier pauvre de Chicago, au plus près de la misère sociale. En 1927, plutôt bon élève, il intègre l’université et débute des études de sociologie. Passionné de criminologie, il se lance en 1930 dans une thèse sur les gangs urbains de Chicago. Pendant plusieurs années, en pleine période de crise économique, Saul Alinsky étudie la mafia, approchant de près le réseau d'Al Capone. De cette plongée dans la « face obscure » de la ville, Saul Alinsky aboutit à une conclusion qui le suivra toute sa vie, les principales causes de la criminalité sont les mauvaises conditions de vie, le chômage, la discrimination raciale, et de manière plus générale l'organisation capitaliste de la société. Pour affaiblir les gangs, il faut avant tout lutter contre un système social et économique injuste, raciste et inégalitaire.

Nommé criminologue dans une prison d’état de l'Illinois, Saul Alinsky s'engage de plus en plus dans la lutte politique. Il organise des collectes pour les travailleurs saisonniers de Californie, soutient financièrement les brigades internationales en Espagne, rejoint le CIO, le plus grand syndicat ouvrier des États-Unis. Toutes ces années, plusieurs questions l'obsèdent, comment lutter plus efficacement, comment surmonter le climat de passivité, de divisions fratricides et de fatalisme qui règne la plupart du temps dans les milieux sociaux les plus exploités et comment réduire l'asymétrie entre, d'un côté, une population pressurisée, précarisée et inorganisée, et, de l'autre, des autorités, une administration et des organisations patronales solidement structurées ?

Au fil de ses expériences, Saul Alinsky imagine une stratégie possible, pour aider les personnes les plus opprimées à s'organiser, à construire des luttes autogérées, radicales et efficaces, pourquoi ne pas implanter des « animateurs politiques » dans les quartiers pauvres, des organizers, des spécialistes de l'organisation populaire ?

En 1939, à trente et un ans, Saul Alinsky décide de mettre ses idées en pratique. Il quitte son travail et s'installe dans Back of the Yards, le quartier le plus misérable de Chicago. Au milieu des chômeurs, des ouvriers sous-payés, des baraquements sales, du climat de haine entre immigrés polonais, slaves, noirs, mexicains et allemands, Saul Alinsky commence par écouter et observer.

Patiemment, il s'intègre à la vie du quartier, tisse des liens amicaux, identifie les rapports de force, cerne les principaux problèmes et des solutions possibles. Peu à peu, il suggère des rencontres entre habitants, encourage les uns et les autres à prendre la parole, à exprimer leur colère face aux propriétaires, aux autorités ou aux patrons locaux, puis à définir des revendications et imaginer des stratégies de victoire. Parmi ces stratégies, Saul Alinsky appuie fortement les propositions d'actions directes non violentes et ludiques, et participe activement à leur organisation. Bientôt, les premières actions s'organisent, sit-in festif devant la villa d'un propriétaire véreux qui refuse de rénover un immeuble, boycott d'un magasin pour exiger des prix plus bas, lâcher de rats au conseil municipal pour obtenir la mise aux normes sanitaires de logements sociaux, auto-réduction collective des loyers, occupations d'usines, manifestations et pétitions. De luttes en luttes, les succès s'accumulent, la participation des habitants s'intensifie, les actions prennent de l'ampleur. Trois ans plus tard, les améliorations du quartier Back of the Yards sont nettement visibles et font la une des médias locaux, de nombreux loyers ont été réduits, des bâtiments réhabilités, les services municipaux améliorés, les salaires de certaines entreprises locales augmentées, tandis que plusieurs collectifs autonomes d'habitants maintiennent une forte pression populaire.

Pour Saul Alinsky, le bilan de ces trois années d'engagement est largement positif, il a le sentiment d'avoir expérimenté une stratégie efficace et reproductible. Pendant plus de trente ans, il va sillonner les États-Unis pour diffuser ses méthodes, former des centaines d’organizers, proposer ses talents de stratège et sa notoriété croissante au service des saisonniers mexicains en Californie, des ouvriers de l'entreprise Kodak de Rochester, des populations noires de New York et plusieurs dizaines d'autres luttes dans tout le pays. Si Saul Alinsky déménage régulièrement, les cibles de ses actions restent généralement les mêmes, des propriétaires véreux, des maires racistes, des patrons cupides et la police. Dans le contexte de répression politique du maccarthysme, Saul Alinsky est plusieurs fois emprisonné.

À la fin des années 1960, alors que les luttes étudiantes, les mouvements civiques et les manifestations contre la guerre du Vietnam sont en plein essor, Saul Alinsky s'intéresse à l'organisation politique des classes moyennes. Dans quelle mesure ses méthodes sont-elles pertinentes et transposables dans des milieux sociaux plus aisés ? En 1971, un an avant sa mort soudaine, il publie « Rules for Radicals », un manuel principalement destiné aux jeunes révolutionnaires. Saul Alinsky y décrit sa vision de l'activité politique, ses réflexions et ses expériences sur les conditions du changement social.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 19:51

http://en.firatajans.com/news/news/five-streets-cleansed-of-isis-gangs-in-kobane.htm

Cinq rues nettoyées des bandes d’EIIL à Kobanê (Firat News Agency)

Le centre de presse des YPG a annoncé dans une déclaration écrite que les attaques d’EIIL visant à occuper Kobanê ont continué hier pour le centième jour.

La déclaration dit que les attaques des combattants des YPG contre les bandes d’EIIL chancelantes se poursuivent sans interruption, ce qui donne les informations suivantes concernant les derniers affrontements dans la ville de Kobanê, « les combattants des YPG ont mené une opération contre les groupes d’EIIL sur la quarante huitième avenue et dans la zone de Medresa Keçika la nuit dernière. Deux rues au sud de la quarante huitième avenue et trois rues dans la région de Medresa Keçika ont été nettoyées des bandes d’EIIL ».

Au moins quatorze membres des bandes d’EIIL ont été tués dans l'opération et de grandes quantités de munitions leur appartenant ont été saisies, indique le communiqué, ajoutant que les activités de compensation et de ratissage se poursuivaient dans les zones libérées d’EIIL. Le corps d'un militant d’EIIL tué dans l'opération a également été saisi.

Deux autres membres des bandes d’EIIL ont été tués dans une autre attaque qui a visé les groupes d’EIIL dans la région de Kaniya Kurda sur le front de l’est.

Les combattants des YPG ont également mené des attaques contre les bandes d’EIIL dans le village de Menite à l’ouest de Kobanê et à Erbuş Hamlet dans le sud-ouest, tuant quatre membres d’EIIL dans le village de Menite, tuant deux autres membres d’EIIL à Erbuş Hamlet et détruisant une de leurs motos.

Affrontements à Jazaa

Des affrontements ont également éclaté autour du village d’Arce au nord de Jazaa la nuit dernière après l’intervention des YPG contre les groupes d’EIIL qui ont tenté de s’infiltrer dans la région. Le nombre de victimes n'a pas pu être précisé et les bandes d’EIIL ont fui la région après les affrontements.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 19:22

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11053

http://www.frontsyndical-classe.org/2014/12/adresse-de-la-ce-de-l-ud-de-paris-en-vue-du-ccn-extraordinaire-du-13-janvier-2015.html

Adresse de la commission exécutive de l’union départementale de Paris en vue du Comité Confédéral National (CCN) extraordinaire du 13 janvier 2015

Jeudi 18 Décembre 2014

Le monde du travail en France et en Europe est sous le feu nourri des politiques libérales les plus acharnées qui entendent ne plus respecter aucune des règles sociales conquises par les générations précédentes. Le projet de loi Macron démontre à nouveau la soumission du gouvernement aux volontés patronales, à l’image de la loi dite de sécurisation de l'emploi et du pacte de responsabilité, nous en demandons le retrait.

La CGT doit continuer de lutter contre les offensives libérales du patronat et du gouvernement qui remettent en cause les droits sociaux des salariés.

Son orientation est de mener réellement avec combativité nos campagnes revendicatives avec la ferme intention de les faire aboutir.

C'est à cette tâche que doit se consacrer la direction confédérale, son bureau et le secrétaire général de la CGT.

Le manque d’impulsion confédérale dans les mobilisations contre la loi dite de sécurisation de l'emploi et le pacte de responsabilité, la position prise lors des négociations sur le dialogue social par la direction confédérale sur les seuils sociaux, non débattue en interne et surtout contraire à nos repères revendicatifs, ainsi que la signature de l'accord sur les contrats de sécurisation professionnelle montrent qu'aujourd'hui ce n'est pas le cas.

« La médiatisation à propos de Thierry Lepaon n’est pas l’essentiel. Ce qui compte avant tout, c’est la crise qui s’est instaurée au sein même de la CGT. Il appartient aux organismes statutaires de la première centrale syndicale nationale d’en débattre franchement afin de rechercher une issue susceptible de préserver la cohésion de la CGT et son aptitude à poursuivre efficacement la lutte pour la défense des intérêts des travailleurs » (Georges Séguy)

Dans la continuité de son comité général qui demandait au CCN de se prononcer pour accorder ou non la confiance au secrétaire général de la CGT, la commission exécutive de l’union départementale de Paris se prononce pour le départ du secrétaire général actuel, Thierry Lepaon.

Elle demande au CCN de révoquer le bureau actuel, en application de l’article 30 des statuts de la CGT, et d’élire un nouveau bureau avec pour feuille de route le développement des luttes, l’application scrupuleuse des statuts et de la démocratie interne et la convocation d’un congrès extraordinaire en 2015 car la gravité de la situation impose des débats de fond sur l’essentiel de notre démarche, de notre orientation, de notre combat syndical et la vie de notre organisation.

Et parce qu'il y a urgence à se mobiliser, la commission exécutive de l’union départementale propose au CCN de reprendre nationalement son appel à une journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles la plus unitaire possible le 26 janvier 2015, premier jour d’examen à l’assemblée nationale du projet de loi Macron, pour exiger le retrait du pacte de responsabilité et l'abandon du projet de loi Macron.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 18:49

http://www.leparisien.fr/economie/cgt-lepaon-lache-par-les-federations-de-l-energie-et-de-la-metallurgie-22-12-2014-4393625.php

Thierry Lepaon lâché par les fédérations de l’énergie et de la métallurgie

Par Catherine Gasté

Lundi 22 Décembre 2014

Les calculettes n’en finissent pas de tourner pour mesurer les chances de Thierry Lepaon.

Vacances ou pas, les appels à la démission continuent de tomber. Le dernier gros coup de théâtre s’est déroulé à la veille de la trêve des confiseurs.

Selon nos informations, en fin de semaine, deux grosses fédérations ont réclamé ouvertement la tête du leader de la CGT, la fédération de la métallurgie et la fédération des mines et de l’énergie. Et ce malgré les soutiens appuyés et répétés des deux secrétaires généraux respectifs, qui ont jusqu'ici défendu bec et ongles Thierry Lepaon.

Un coup dur, car déjà mercredi dernier la fédération du commerce et ses quarante-trois mille militants a porté le fer et réclamé la démission des dix membres du bureau confédéral, dont le secrétaire genéral et le trésorier Eric Lafont qui a déjà rendu son tablier.

Avec ses cinquante-neuf mille adhérents, la puissante fédération de la métallurgie a donc basculé jeudi. A sa tête, l'un de ses fidèles soutiens, l'allié de la première heure, le secrétaire général de la fédération Philippe Martinez, possible prétendant à la succession de Thierry Lepaon. Lui, qui réclamait en début de semaine la tête du bureau sauf celle de Thierry Lepaon, a finalement dû changer son fusil d'épaule. Selon nos informations, il a plaidé la carte de la démission de Thierry Lepaon devant ses troupes. Au même moment, le même scénario s'est joué à la fédération des mines et de l’énergie et ses cinquante-six mille adhérents, avec dans l'ombre l'influent Fréderic Imbrecht, ancien secrétaire général et mari de l'actuelle secrétaire générale, qui a poussé à ne pas prendre position, en vain.

Le chemin de crête est de plus en plus étroit pour Thierry Lepaon. Ses soutiens au sein de la centrale, forte d'environ vingt-quatre mille syndicats de base regroupés en trente-deux fédérations, fondent comme neige au soleil. Il y a dix jours, la fédération des services publics, quatre-vingt-un mille quatre cent quarante-trois adhérents, la plus grosse de la CGT, a elle aussi appelé le secrétaire général à quitter son fauteuil. Dans une lettre, elle juge cette décision « inéluctable, compte tenu des responsabilités et de l'incapacité dans laquelle se trouve le secrétaire général pour assumer ses missions ».

Les mauvais résultats enregistrés lors des élections dans la fonction publique, où la CGT a reculé de 2,3 % tout en conservant sa place de première organisation, n'y étant pas bien évidemment étrangers. Ni les nombreux bulletins de vote barrés sur lesquels il était écrit, « Lepaon voleur ». La fédération de la santé, deuxième avec soixante-treize mille huit cent adhérents, a elle posé les jalons d'une demande de démission des dix membres du bureau confédéral, dont Thierry Lepaon. « Nous avons discuté mais la fédération se prononcera le 12 janvier 2015 », veille du Comité Confédéral National, a indiqué Nathalie Gamiochipi, secrétaire générale de la fédération santé.

La fédération des finances, la fédération de la construction, la fédération des organismes sociaux et l'union générale des fédérations des fonctionnaires demandent elles aussi sa tête.

Tout comme de nombreuses régions à l'image des Bouches-du-Rhône, de Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées ou Ile-de-France.

D'autres, comme la fédération du textile ou celle de la poste et des communications, pourraient suivre dans les prochains jours. A moins que Thierry Lepaon réussisse d'ici là à les convaincre de le maintenir coûte que coûte à son poste. Visiblement, cela s'annonce très compliqué.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 20:11

http://www.emmaus-france.org/solidarite-avec-les-migrants-a-calais

Solidarité avec les migrants à Calais

A l'occasion de la journée internationale des migrants, Jeudi 18 Décembre 2014, le Mouvement Emmaüs et plusieurs associations de solidarité ont organisé une manifestation contre le « mur de la honte » à Calais.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, Jeudi 18 Décembre 2014 à Calais, à l’appel du Mouvement Emmaüs et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle.

L’objectif était de dénoncer la construction et le renforcement du « mur de la honte » à Calais, dans le cadre de la journée internationale des migrants. Et interpeller ainsi sur les conditions insoutenables dans lesquelles vivent les migrants, sur l’absence de réponse pertinente de la part des autorités, alors que les associations de solidarité locale tirent la sonnette d’alarme depuis des mois.

« Comment accepter que notre pays, cinquième puissance économique mondiale, ne soit pas en mesure d’accueillir dignement ces migrants ? », a interrogé Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France, dans son discours.

Personnes migrantes, acteurs du Mouvement Emmaüs, militants associatifs et citoyens calaisiens s’étaient ainsi rassemblés pour redire leur solidarité envers les migrants et pour exprimer leur colère et leur indignation face à l’absence de réponse adaptée proposée par les gouvernements. « Il était important pour moi d’être là car on entend toujours dans les médias qu’à Calais, les habitants sont dérangés par les migrants, mais nous sommes avant tout choqués par leurs conditions de vie et attristés par tant de misère », témoigne une habitante.

Depuis le centre-ville, le cortège s’est ensuite dirigé vers le port de Calais, où Guy Bedos et la journaliste Rokhaya Diallo ont reçu un « passeport de citoyenneté universelle », pour marquer leur engagement aux côtés des migrants. « J’ai honte d’être un être humain quand je vois cela », a déclaré Guy Bedos à propos des conditions de vie des deux mille cinq cent migrants qui vivent dans des abris de fortune, sans eau ni électricité, dans les dunes ou les squats de Calais et du littoral. Urgence humanitaire, mais également dénonciation de la construction de nouvelles barrières, vingt-cinq ans après la chute du mur de Berlin.

Constitué de grillage, surmonté de barbelés, le « mur de la honte » entoure désormais le port de Calais. Cette barrière supplémentaire pour les migrants qui souhaitent gagner l’Angleterre est actuellement renforcée, nouvelle preuve, s’il en fallait, d’une politique ultra sécuritaire et irrespectueuse des droits et des libertés des migrants.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 19:50

http://www.zamanfrance.fr/article/temoignage-dekrem-dumanli-redacteur-en-chef-zaman-arrestation-13697.html

Témoignage d’Ekrem Dumanli, rédacteur en chef de Zaman avant son arrestation

Lundi 22 Décembre 2014

Accusés d'avoir diffusé une propagande contre un groupe rival du Hizmet, dénommé Tahsiye, sur ordre de Fethullah Gülen, penseur musulman qui a initié le Hizmet, mouvement civil d'inspiration religieuse, Ekrem Dumanli et Hidayet Karaca ont été mis en examen après avoir passé quatre jours en garde à vue.

Ekrem Dumanli est libéré mais il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortie du territoire tandis que Hidayet Karaca a été placé en détention provisoire.

« Je suis journaliste depuis vingt ans. Il est navrant de subir tant de peine pour deux chroniques et un article. Je n'ai commis aucune infraction. Je ne fais partie d'aucune organisation », a déclaré Ekrem Dumanli.

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