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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 19:14

LE TERRORISME INDIVIDUEL EN RUSSIE

Vous trouverez ci-dessous la traduction en français de la deuxième partie d’un très long article de la revue International Socialism dont le titre est « marxisme et terrorisme ».

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.quefaire.lautre.net/Marxisme-et-terrorisme

Marxisme et terrorisme

Par Gareth Jenkins

Article paru en 2006 dans la revue International Socialism.

Traduction en 2015 par Jean-Marie Guerlin.

Le terrorisme individuel en Russie

Les morts de la prison de Clerkenwell furent accidentelles, les fenians n’avaient pas eu l’intention de tuer des gens, bien que de tels accidents soient les conséquences prévisibles des méthodes conspiratives. Le ciblage délibéré d’individus, le « terrorisme » au sens moderne du terme, était en fait devenu la méthode de prédilection de certains anarchistes et d’une section des révolutionnaires russes, les narodniki et leurs successeurs, dans la période allant de la fin des années 1870 au début du vingtième siècle.

En Russie, Narodnaïa Volia, l’organisation appelée la Volonté du Peuple, accomplit une série d’actions visant des membres éminents du gouvernement, culminant dans l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881. Le tournant des narodniki vers le terrorisme était une réaction à l’échec des premières tentatives « d’aller vers le peuple » et de persuader la paysannerie à renverser le tsarisme, une tentative qui avait mené à une répression impitoyable de la part de l’autocratie.

Seule la terreur, croyaient-ils désormais, pouvait ébranler la confiance du peuple dans le gouvernement et donc accroître leur réceptivité à son renversement.

Lorsque Véra Zassoulitch fut jugée pour la tentative d’assassinat du brutal gouverneur de Moscou en 1878, la haine pour la victime était telle et la sympathie pour l’accusée si évidente que le jury acquitta l’accusée.

Seul un complet réactionnaire l’aurait critiquée pour « l’immoralité » de sa tentative de tuer un membre de la classe dirigeante. Karl Marx lui-même refusait de condamner ce type de violence. Après l’assassinat d’Alexandre II, il écrivit à sa fille Jenny que la terreur était « un moyen d’action historiquement inévitable dont il était aussi inutile de discuter que du séisme de Chios », et il admirait les terroristes russes comme des « gens excellent à tous égards, simples, directs et héroïques ».

Son admiration n’était pas contradictoire, comme celle qui l’avait porté à condamner la politique de conspiration des Fenians. La Russie, à l’inverse de l’Angleterre, était arrivée à un point de désintégration tel qu’elle était « indubitablement à la veille d’une révolution ». Dans ce contexte, l’émergence d’un courant révolutionnaire se donnant pour tâche de contribuer à l’effondrement d’un état vacillant, quels qu’en fussent les moyens, ne pouvait empêcher le processus de se poursuivre. En Angleterre, par contre, le choix des moyens était déterminant.

Les conspirations fenianes pouvaient nuire au but d’une Irlande indépendante en contrariant le processus du développement de la conscience des travailleurs anglais.

En même temps, la question de savoir quelles forces de la société russe pouvaient modeler l’avenir était mise en relief par les activités des narodniki. La motivation de leur tactique consistant d’abord à « aller vers le peuple » et ensuite à se tourner vers le terrorisme résidait dans leur conviction que la forme paysanne archaïque de propriété commune, l’obchtchina, pouvait devenir la base d’une forme supérieure de société, permettant ainsi à la Russie d’éviter l’étape capitaliste. Mais avec l’échec des deux tactiques, certains narodniki en virent à remettre en cause cette conviction et la centralité de la paysannerie.

L’une de ces personnes était Véra Zassoulitch elle-même. Elle en vint, avec d’autres, à tourner ses regards vers la force sociale que le capitalisme avait créée à la fin des années 1880 et au début des années 1890, la nouvelle classe ouvrière. Et Lénine, en particulier, s’employant à appliquer les idées marxistes aux conditions russes, développa une analyse qui non seulement critiquait la vision du développement qui était celle des narodniki mais rejetait également leurs méthodes terroristes. Ce n’était pas un rejet de la révolution, la critique de Lénine ne se basait pas sur l’attente que le capitalisme mûrisse, mais plutôt une critique de l’efficacité du terrorisme en tant que méthode révolutionnaire dès lors que le capitalisme développait en Russie une classe ouvrière capable d’auto-organisation pour la défense de ses intérêts. Une organisation révolutionnaire ferme était aussi importante pour Lénine qu’elle l’avait été pour les narodniki.

Mais là où, pour Lénine, l’organisation révolutionnaire était centrale pour l’auto-organisation de la classe ouvrière, pour les narodniki elle était un substitut à l’activité populaire autonome. C’était une conséquence de leur politique, l’échec des narodniki à « inspirer » les paysans par leur propagande les avait amenés à la conclusion que le terrorisme, mis en oeuvre par eux au nom d’une classe qui n’agissait pas pour elle-même, pouvait être un raccourci vers la révolution. Leur impatience désespérée était une erreur tragique, leur isolement rendant facile aux autorités le harcèlement et l’infiltration des narodniki, y compris pour accomplir des actions terroristes. Le terrorisme devint une stratégie auto destructrice. Pour Lénine, au contraire, l’élément interventionniste de la politique révolutionnaire devait être fondé dans l’activité autonome de la classe ouvrière.

Lénine combinait un grand respect pour les traditions révolutionnaires du narodnisme avec une critique sévère de ses méthodes et de son programme. En 1899, il maintenait que le marxisme révolutionnaire russe « perpétue la cause et les traditions de toute la période révolutionnaire précédente et se dirige vers le but déjà désigné par les glorieux représentants de l’ancienne Narodnaïa Volia ». Il ajoutait immédiatement que la différence entre eux était que l’héroïsme des narodniki s’appuyait sur une base sociale trop étroite et une compréhension théorique inadéquate des développements sociaux. Mais ce qui était peut-être, dans la période, à la fin des années 1870 et au début des années 1880, de Narodnaïa Volia, caractérisée par des conditions politiques répressives et des forces sociales non développées, être une erreur pardonnable, ne l’était plus au tournant du siècle, alors que le mouvement ouvrier avait fait d’énormes pas en avant.

Cet argument devint particulièrement important lorsque se produisit une nouvelle vague d’actions « terroristes » mises en œuvre par les socialistes révolutionnaires, les descendants politiques de Narodnaïa Volia. Elle commença par l’assassinat d’un ministre en 1902, connut un pic en 1907 avec quatre-vingt-deux assassinats avant de se terminer rapidement.

L’assassinat le plus célèbre fut celui de Viatcheslav Plehve, le ministre de l’intérieur, en 1904.

Un des coupables, Yevno Azef, devait s’avérer en 1909 être un agent de la police.

Lénine, écrivant en 1902, était encore plus dur qu’il ne l’avait été avec les narodniki. Le « grondement des événements », disait-il, avait mis en branle des membres de l’intelligentsia, « entraînés par le tourbillon des événements et n’ayant aucune base, ni théorique ni sociale ».

Face à cela, les socialistes révolutionnaires appelant au terrorisme « non pas en remplacement du travail dans les masses, mais précisément au nom de ce travail et parallèlement à lui » semblaient admettre la primauté de la classe ouvrière.

Mais cette admission masquait un éloignement de la politique de classe, tout autant que la conversion au réformisme de sections de la gauche. Pour Lénine, le réformisme reflétait « une totale incompréhension du mouvement de masse et un manque total de confiance en lui ». Il révélait « l’inutilité du terrorisme, puisque sans le peuple ouvrier, toutes les bombes sont impuissantes, notoirement impuissantes ». La justification du terrorisme était, d’après Lénine, encore plus stupide. Les socialistes révolutionnaires prétendaient que ni la « foule », c’est-à-dire les masses, ni les organisations révolutionnaires n’étaient à l’abri de la puissance répressive de l’état. Seuls, « les personnes isolées ou les petits groupes qui, continuellement, et même à l’insu les uns des autres, se préparent à attaquer et attaquent sont insaisissables », ce qui les rend invincibles. Il s’agissait là, pour Lénine, d’un renversement complet de la vérité évidente selon laquelle « le seul espoir de la révolution était la foule » » et son organisation révolutionnaire.

Lénine était également d’une ironie mordante face aux affirmations des socialistes révolutionnaires selon lesquelles « chaque combat singulier d’un héros éveille en nous l’esprit de lutte et de vaillance ». Bien au contraire, disait-il, seules de nouvelles formes de mouvement de masse, ou le déclenchement d’une lutte cohérente par de nouvelles couches de la masse, pourront effectivement animer en tous l’esprit de lutte et de vaillance. Quant aux combats singuliers, précisément dans la mesure où ils restent des combats singuliers, ils ne provoquent dans l’immédiat qu’un choc tout passager et dans la suite conduisent même à l’apathie et à l’attente passive du prochain combat singulier.

Lénine avait un autre argument contre ce type de terrorisme, qui consistait à dire « les terroristes d’aujourd’hui sont de véritables économistes, ceux qui limitent le mouvement à la réforme par des méthodes syndicales, à l’envers ». En mettant les terroristes et les réformistes dans le même panier, il ne voulait bien évidemment pas dire que leurs méthodes étaient les mêmes, mais que les deux tendances se détournaient du rôle central des travailleurs eux-mêmes dans le changement social et de la façon dont l’organisation politique se reliait à cela.

Une tendance substituait le terrorisme au travail dans les masses, l’autre la réforme à la révolution. L’une se tournait vers l’intelligentsia comme agent du changement politique, l’autre vers la bourgeoisie libérale pour mener la lutte contre le tsarisme. L’intérêt de cette question aujourd’hui est que la réforme parlementaire n’est pas l’alternative au terrorisme lorsque c’est de changer la société qu’il s’agit, aucun des deux ne considère l’activité autonome de la classe ouvrière comme le levier du changement révolutionnaire. En ce sens, les approches réformistes et terroristes, malgré toutes leurs différences, partagent les mêmes limitations.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:24

La Grèce s’engage à présenter des réformes à ses créanciers (Reuters)

Une Grèce au bord de la faillite s'est engagée Vendredi 20 Mars 2015 à Bruxelles à présenter rapidement un train de réformes à même de convaincre ses créanciers et les instances européennes de lui accorder une aide financière supplémentaire.

Au terme de plus de trois heures de réunion restreinte organisée dans la nuit en marge du conseil européen, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a promis des propositions pour « les prochains jours ».

Une promesse confirmée lors de la conférence de presse finale de vendredi, où le chef du gouvernement issu de la gauche radicale a promis de mettre en oeuvre l'accord du 20 février 2015 qui avait permis de prolonger provisoirement l'aide à Athènes.

« Cet accord est de nouveau sur les rails, ce qui va permettre de prendre rapidement des décisions à même de résoudre les problèmes financiers », a-t-il estimé, ajoutant que son pays n'avait pas de problèmes de liquidités à court terme.

Une réunion de l'Euro-groupe devrait être organisée « dans les meilleurs délais », a fait savoir de son côté la chancelière allemande, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin.

« Chaque paragraphe » de l'accord du 20 février 2015 « compte », a prévenu Angela Merkel lors de sa conférence de presse finale.

La Grèce peut très bien présenter de nouvelles réformes économiques sur des questions comme les retraites ou les impôts « du moment qu'elles ont le même effet » sur les engagements pris par Athènes, a-t-elle ajouté devant la presse.

François Hollande a quant à lui évoqué un « esprit de confiance mutuelle », affirmant avoir reçu des assurances de la part d'Alexis Tsipras.

« Le premier ministre grec m'a confirmé qu'il allait aller le plus vite possible pour présenter ces réformes et pour donner toutes les informations qui sont utiles pour permettre à l'Euro-groupe de prendre la décision, y compris pour ce qui concerne le soutien financier à la Grèce », a dit le président français devant la presse.

« CONFIANCE MUTUELLE »

« Un esprit de confiance mutuelle régnait ce matin et je pense que cet esprit permettra de trouver une solution à ce qu'on appelle le problème grec », a-t-il ajouté.

Pour faire face aux urgences d'un pays confronté à de graves problèmes sociaux, l'Union Européenne a débloqué deux milliards d'euros afin que la Grèce puisse investir dans des projets soutenant la croissance, réduise le chômage des jeunes et aide ses citoyens les plus pauvres.

Le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé avoir mis en place une équipe pour aider Athènes à utiliser cet argent, dans le cadre des efforts visant à lutter contre ce qu'Athènes qualifie de « crise humanitaire ».

Dans un communiqué commun publié à l'issue de la réunion qui a duré une partie de la nuit, les présidents du conseil européen, de la commission européenne et de l'Euro-groupe ont répété leur attachement à l'accord du 20 février 2015.

« Dans un esprit de confiance mutuelle, nous sommes tous engagés à accélérer le travail et à le conclure le plus rapidement possible », peut-on lire.

Outre Alexis Tsipras, François Hollande et Angela Merkel, ont aussi participé à cette réunion le président de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du conseil européen Donald Tusk et le ministre néerlandais des finances Jeroen Dijsselbloem qui préside l'Euro-groupe.

Le vice-premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays aurait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque Centrale Européenne a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de soixante-dix milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires.

Les clients des banques grecques ont retiré trois cent millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:37

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/20/le-tresorier-de-jeanne-le-microparti-de-marine-le-pen-mis-en-examen-pour-escroquerie_4598139_823448.html#xtor=AL-32280515

Le trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen, mis en examen pour escroquerie

Selon les informations du Monde, Axel Lousteau, le trésorier de Jeanne, un micro-parti satellite du Front National, a été mis en examen Lundi 16 Mars 2015 pour « escroquerie » dans le cadre du financement des campagnes électorales du parti d'extrême droite pour les élections législatives de 2012.

Au centre des soupçons des juges se trouvent des « kits de campagne » proposés à l'ensemble des candidats du Front National. Fabriqués par la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, l'un des plus proches conseillers de l'ombre de Marine Le Pen, mis en examen en janvier 2015 pour « faux et usage de faux, escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment d'abus de biens sociaux », ils auraient été largement surfacturés aux candidats frontistes.

Cette nouvelle est un coup dur pour Marine Le Pen, à deux jours du premier tour des élections départementales. Axel Lousteau est un personnage essentiel du petit cercle de la présidente du Front National. Ancien du Groupe Union Défense (GUD), un groupuscule étudiant d'extrême droite, ce personnage à la réputation sulfureuse est souvent présenté, un peu rapidement, par le Front National comme un simple prestataire de services.

Il est en réalité bien plus que cela. A quarante-trois ans, ce chef d'entreprise dans la sécurité privée est, outre son rôle au sein de Jeanne, le responsable d'un nouveau cercle frontiste, lancé en toute discrétion, le cercle Cardinal. Ce cénacle est destiné à rassembler des patrons de petites et moyennes entreprises, officiellement pour faire remonter leurs doléances à Marine Le Pen.

Coutumier des intimidations en tous genres, Axel Lousteau avait par ailleurs été interpellé en avril 2013 esplanade des Invalides à Paris, à la suite de violences après les manifestations contre le mariage homosexuel.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 20:15

L’urgence grecque s’invite au conseil européen (Reuters)

Les dirigeants européens réunis Jeudi 19 Mars 2015 à Bruxelles ont fait montre d'impatience à l'égard de la Grèce, sommant le gouvernement d'Alexis Tsipras de mettre en oeuvre au plus vite les réformes capables d'éviter la faillite à son pays.

Le premier ministre grec a demandé une réunion avec la chancelière allemande, le président français et les représentants des principales instances européennes en marge du conseil européen afin d'obtenir la possibilité de lever des fonds à court terme.

Dès son arrivée à Bruxelles, la chancelière Angela Merkel a toutefois prévenu qu'il ne fallait s'attendre à aucune « percée » véritable lors de cette réunion, prévue en toute fin de journée, quant à la mise en oeuvre des réformes prévues par l'accord du 20 février 2015 à l'Euro-groupe, qui a prolongé provisoirement l'aide à Athènes.

Pour Alexis Tsipras, l'Union Européenne doit « prendre des initiatives politiques qui respectent aussi bien la démocratie que ses traités, de façon à laisser la crise derrière nous et nous engager vers la croissance ».

François Hollande a de son côté réaffirmé l'importance pour Athènes de respecter ses « engagements » pris fin février.

« Les grecs doivent démontrer qu'ils font les réformes qui sont attendues d'eux et l'Europe doit mettre à la disposition des grecs les moyens financiers pour qu'elle puisse honorer ses engagements », a-t-il résumé devant la presse.

Interrogé sur les premières mesures prises par Athènes à l'égard des classes populaires, le président français a répondu « que le gouvernement grec fasse des efforts pour les pauvres, ce n'est pas cela qui me choque. Ce que nous demandons à la Grèce, c'est qu'elle demande aux plus riches de payer des impôts ».

Le chef du gouvernement britannique, le conservateur David Cameron, s'est montré beaucoup plus sévère.

« Quand je suis venu ici pour la première fois en tant que premier ministre il y a cinq ans, la Grande-Bretagne et la Grèce étaient grosso modo dans le même bateau, avec des déficits budgétaires comparables », a-t-il déclaré.

« La raison pour laquelle nos situations sont différentes aujourd'hui, c'est que nous, nous avons pris des décisions difficiles sur le long terme, et que nous avons fait un travail très difficile pour le peuple britannique. Je suis déterminé à ne pas revenir en arrière ».

« RÉFORMES NÉCESSAIRES »

Jeudi matin sur Europe 1, le président de la commission européenne a fait état de l'impatience à l'égard des autorités grecques issues de victoire électorale de la gauche radicale.

« Je vais répéter ce que je lui ai déjà dit deux fois », a dit Jean-Claude Juncker. « La Grèce doit entreprendre les réformes qui sont nécessaires. La Grèce doit faire en sorte que les engagements qu'elle a pris au niveau de l'Euro-groupe en 2012 et récemment soient suivis d'effet ».

Devant le Bundestag, Angela Merkel, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin, a évoqué un chemin « très difficile » pour les autorités grecques, qui doivent selon elle comprendre que l'aide internationale est assortie de la condition « d'une réforme budgétaire et d'efforts pour que cette aide ne soit, un jour, plus nécessaire ».

La situation financière de la Grèce demeure « dangereuse » et le délai pour éviter un défaut de paiement est court, a estimé pour sa part le président du parlement européen, Martin Schulz.

« Sur le court terme, deux ou trois milliards sont nécessaires pour assumer les engagements existants », a-t-il dit à la radio Deutschlandfunk.

Il a rappelé qu'Athènes devait s'acquitter de nouveaux remboursements d'ici la fin du mois de mars, que ses banques étaient à court de liquidités et que la banque centrale grecque avait quasiment épuisé ses capacités de refinancement du secteur bancaire.

Le vice-premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays avait un problème de liquidités et avait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de soixante-dix milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires.

Les clients des banques grecques ont par ailleurs retiré trois cent millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

Les européens redoutent que si la Grèce se trouve à court de liquidités d'ici la fin du mois et fait défaut sur sa dette, elle soit contrainte de sortir de la zone euro.

« Je ne crois pas qu'un nouveau séisme se pointe à l'horizon », a toutefois jugé Jean-Claude Juncker.

Le président de l'Euro-groupe, Jeroen Dijsselbloem, a évoqué en début de semaine l'éventualité de mesures de contrôle des mouvements de capitaux pour limiter les retraits bancaires et éviter un mouvement de panique en cas de montée des tensions financières.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 20:00

Relaxe requise dans le procès du drame de Clichy-sous-Bois (Reuters)

La relaxe a été requise Jeudi 19 Mars 2015 pour les deux policiers jugés à Rennes après la mort accidentelle de deux adolescents dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois en 2005, drame qui avait embrasé les banlieues françaises.

« Ils n’avaient pas conscience de la réalité du péril, il ne peut donc leur être reproché de n’avoir pas agi pour y remédier », a déclaré la procureure de la république de Rennes, Delphine Dewailly.

Accusés de non-assistance à personne en danger, il est reproché aux deux policiers de n’avoir pas tenté de porter secours ou de n’avoir pas prévenu les services d’assistance alors que les deux adolescents s’étaient réfugiés dans un site EDF après une course-poursuite avec les forces de l'ordre.

Le 27 octobre 2005, Bouna Traoré, quinze ans, et Zyed Benna, dix-sept ans, avaient trouvé la mort après s'être réfugiés dans un transformateur électrique.

Un troisième jeune, Muhittin Altun, dix-sept ans, qui les accompagnait, avait été grièvement blessé.

Pour la procureure, l’un des prévenus, alors gardien de la paix et aujourd’hui âgé de quarante et un ans, ne pouvait avoir connaissance de la présence des jeunes à l’intérieur du site EDF, même s’il est l’auteur d’un message radio pouvant laisser penser le contraire.

« S’ils entrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau », avait-il dit à ses collègues.

« Comme il l’a dit à l’audience, ce n’était qu’une hypothèse », a estimé Delphine Dewailly.

« Il a fait tout ce qu’il pouvait utilement faire, croyant qu’ils s’étaient enfuis par un autre endroit ».

La magistrate a également jugé que l’autre prévenue, alors stagiaire au standard téléphonique du commissariat et aujourd’hui âgée de trente-huit ans, ne pouvait avoir conscience du danger sur le terrain.

L’un des avocats des parties civiles, Jean-Pierre Mignard, a réagi à ce réquisitoire en évoquant un « dialogue de sourds qui dure depuis des années » entre les parties civiles et le parquet.

Trois semaines de violences avaient suivi ce drame dans les banlieues, avec un bilan de trois cent bâtiments et dix mille véhicules incendiés, cent trente policiers et émeutiers blessés, ce qui avait amené le gouvernement à instaurer l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie.

Les prévenus, dont les avocats plaideront vendredi avant la mise en délibéré du jugement, encourent une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement et soixante-quinze mille euros d'amende.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 19:52

http://www.pajumontreal.org/paju_fr/?/QUE-CESSE-L-OCCUPATION-PAJU-No-735-13-mars

SOAS, la prestigieuse école de l’université de Londres, boycotte Israël

Vendredi 13 Mars 2015

Nouvelle victoire de la campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) contre l’état d’Israël

L’école des études orientales et africaines, School of Oriental and African Studies (SOAS), située au cœur de Londres, est reconnue comme le meilleur centre de recherche au monde sur des sujets concernant l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient. La recherche dans les différents départements de SOAS a entre autres comme thèmes, les droits des personnes déplacées, les problèmes complexes de développement international et l’effet de la révolution digitale sur les sociétés. Cette école renommée vient de voter en faveur de la campagne BDS.

À l’issue d’un référendum s’adressant tant aux étudiants qu’aux professeurs, chercheurs et autres personnels de l’université, soixante-treize pour cent des personnes consultées ont voté « oui » à la question suivante, « pensez-vous que l’université SOAS doive s’engager pleinement dans la campagne BDS et mettre en œuvre le boycott universitaire d’Israël, tel qu’il a été recommandé par la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI). C’est la première université britannique à le faire.

Des suggestions pour le boycott de Tel-Aviv ont été présentées à d’autres institutions et dans d’autres pays incluant l’Afrique du Sud et l’Australie. Le but recherché par ces boycotts est d’isoler Israël et le pousser à changer sa politique d’oppression et de discrimination vis-à-vis des palestiniens.

« PAlestiniens et JUifs unis » aimeraient qu’Israël applique son principe fondateur.

Extrait de la proclamation de l’état d’Israël le 14 mai 1948, « nous tendons la main de l’amitié, de la paix et du bon voisinage à tous les états qui nous entourent et à leurs peuples. Nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L’état d’Israël est prêt à contribuer au progrès de l’ensemble du Moyen-Orient ».

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 19:39

http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_100_iprod_633-contre-le-fascisme-et-la-guerre.html

Contre le fascisme et la guerre

Par Léon Trotsky

Le fascisme, ou les fascismes, reste en grande partie une énigme historique. En effet, comment comprendre la folie régressive qui s’est emparée, par exemple, de l’Allemagne au point d’aboutir à l’horreur de l’extermination des juifs d’Europe.

Le phénomène du fascisme défie encore aujourd’hui notre raison et l’on se retrouve souvent en peine pour en saisir les causes.

Cependant, et pour prévenir toute répétition, nous nous devons d’en déchiffrer les ressorts et fouiller dans les processus sociaux, culturels, politiques, économiques et même psychologiques, pour en trouver les clés. C’est à cet objectif que contribue ce livre. L’historiographie traditionnelle s’est souvent concentrée sur l’aboutissement de l’arrivée au pouvoir du fascisme, la seconde guerre mondiale.

Pourtant, une compréhension entière du phénomène oblige à reprendre par le début le fil historique de cette tragédie historique. C’est ce processus que déroulent les écrits de Léon Trotsky rassemblés dans cet ouvrage, dont certains ont bénéficié de nouvelles traductions à partir du texte russe. Doté d’une connaissance fine des sociétés concernées, l’auteur suit, mois après mois, l’enchaînement des événements et les dynamiques politiques et sociales qui travaillent les sociétés européennes. Bien sûr, l’Allemagne constitue l’épicentre de ses analyses, mais il n’ignore pas non plus la prise du pouvoir de Benito Mussolini, la guerre d’Espagne, la destruction des juifs d’Europe, la montée du fascisme français et l’instauration de l’état vichyste, sans oublier le développement du militarisme japonais. Léon Trotsky pressent la catastrophe.

Au fil des pages où il analyse les relations internationales, il sonne l’alarme sur la course contre la montre engagée contre le fascisme et la guerre qui vient. L’ancien dirigeant bolchevik dresse les portraits de ses acteurs, des individus, des partis et des syndicats, qu’ils soient de droite comme de gauche, et décortique leurs orientations et leurs postures. Il scrute notamment celles des partis communistes stalinisés qui aboutiront à la défaite. Il nous dévoile également les affrontements sociaux d’ampleur qui se dissimulent derrière le combat titanesque entre le fascisme et la démocratie. Le lecteur sera certainement surpris par la force et la justesse de ses intuitions et de ses conclusions. Acteur engagé sur la scène politique, le dirigeant révolutionnaire ne se veut pas un simple commentateur de la vie politique mondiale, il préconise une autre politique pour le mouvement ouvrier et social assailli de toutes parts. Il appelle ainsi à l’unité et dénonce la folie sectaire des partis staliniens qui dénoncent les socialistes comme des « sociaux fascistes » pour ensuite tomber dans une politique d’unité sans principe. Dans un style acéré, Léon Trotsky, au-delà de l’analyse, cherche, élabore et propose une autre politique à celle des vieux appareils politiques. Il approfondit et rénove, par rapport aux conceptions bolcheviques traditionnelles, ses conceptions sur la démocratie et le socialisme. Il se fait même iconoclaste et aboutit, par exemple, à la conclusion que fascisme et stalinisme sont des « étoiles jumelles ». Les écrits rassemblés dans cet ouvrage nous permettent d’appréhender la matrice de ce moment historique.

Curieusement, « contre le fascisme », qui nous propose un retour sur les années 1930, convoque, entre les lignes, notre début de vingt et unième siècle. Il apparaît alors, au lecteur, pleinement inscrit dans notre présent.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 20:15

http://www.europalestine.com/spip.php?article10473&lang=fr

http://actualites.nouvelobs.com/monde/20150310.OBS4297/haneen-zoabi-la-candidate-arabe-qui-defie-israel.html

Haneen Zoabi, la candidate palestinienne qui défie Israël

Par Christophe Boltanski

Dimanche 15 Mars 2015

Intrépide, enflammée, provocante, la candidate nationaliste arabe Haneen Zoabi est détestée des israéliens. Elle représente une communauté qui détient les clés des élections législatives du Mardi 17 Mars 2015.

Dès qu’elle prend la parole, des activistes d’extrême-droite entonnent la Hatikva, l’hymne national israélien, d’autres lui crient, « c’est notre état, ce n’est pas le tien », « Haneen à Jénine » ou encore « les arabes dehors ». Invitée par la faculté de droit et des affaires de Ramat Gan, Haneen Zoabi est réduite au silence. A deux semaines des élections générales, cette députée arabe venait débattre avec cinq autres parlementaires, représentant les différents groupes de la Knesset, du rôle des femmes en politique.

Les hurlements redoublent lorsque l’une de ses supporters déploie un châle aux couleurs de la Palestine. Face aux insultes et aux bousculades, le doyen fait alors intervenir la police. Au moment où Haneen Zoabi s’apprête à quitter la salle, un jeune se lève et lui déverse sur la tête le contenu d’une bouteille de soda, il la traite de « terroriste ».

A l’extérieur du bâtiment, sa conseillère en communication, Emily Moatti, est frappée à coups de barre de fer. Quelques jours plus tôt, Baruch Marzel, un colon d’Hébron et leader de l’ultra-droite religieuse, s’était engagé sur sa page facebook à « effacer le sourire du visage d’Haneen Zoabi. Nous avons tenu notre promesse » se félicite-t-il dans un message posté juste après l’incident et retiré depuis. Paradoxe, tous deux, Baruch Marzel et Haneen Zoabi, ont été autorisés par la cour suprême à se présenter devant les urnes après avoir été disqualifiés par la commission électorale.

« Nous ne sommes pas des victimes »

Intrépide, passionnée, résolue, parfois virulente, Haneen Zoabi est la femme la plus détestée des israéliens. Courant d’un meeting à l’autre, vêtue d’un pantalon de cuir, de bottines et d’un chemisier mauve, et toujours avec le sourire aux lèvres, elle explique que « s’ils me haïssent autant, c’est parce que je ne corresponds pas à leurs stéréotypes. Je suis une palestinienne féministe et laïque alors qu’à leurs yeux, compte tenu des positions que je défends, je devrais être une fondamentaliste du Hamas ».

Accueillie par des applaudissements, elle prend place sur une semi-remorque transformée en estrade, à l’entrée de Sha’ab, un village de Galilée. « Nous ne sommes pas des victimes, mais les propriétaires de cette terre », lance-t-elle à une foule clairsemée, composée essentiellement d’hommes et de quelques femmes assises à l’écart.

Représentante de Balad, un parti nationaliste, elle est assurée d’être réélue. Elle occupe la septième place sur la « liste conjointe » présentée par les quatre principales formations arabes.

C’est une première dans l’histoire du pays. « Nous la soutenons parce qu’elle n’est pas comme les autres. Elle dit ce qu’elle pense », s’écrie un étudiant.

La Knesset pour tribune

Agée de quarante-cinq ans et célibataire, cette native de Nazareth tranche dans le paysage politique local. Elle est la première femme à avoir intégré en 2009 la Knesset sous les couleurs arabes. Elle fait partie d’une minorité qui compte près d’un habitant sur cinq, tenue en suspicion et stigmatisée. « Nous sommes vingt pour cent du pays », a rappelé Ayman Oudeh, la tête de la liste conjointe, lors d’un récent débat télévisé. « Pour l’instant », lui a rétorqué Avigdor Lieberman, le ministre des affaires étrangères qui prône un échange de populations dans le cadre d’un accord de paix avec les palestiniens.

Haneen Zoabi illustre à elle seule les bouleversements intervenus au sein de sa communauté depuis Oslo. Durant les trois premières décennies de l’état hébreu, alors que les arabes étaient soumis à une administration militaire, sa famille a fourni un vice-ministre de la santé et un député-maire de Nazareth, tous deux sous l’étiquette travailliste. Elle souligne que « c’était une époque totalement différente. Les gens étaient surtout préoccupés par leur survie et votaient aux deux tiers pour les partis sionistes. Aujourd’hui, nous avons pris notre destin en main. Nous sommes plus matures politiquement ».

Elle rejette l’idée d’un état juif, Israël, répète-t-elle, « doit être un pays démocratique pour tous ses citoyens ». Elle exhorte les siens à réclamer l’intégralité de leurs droits civiques, tout en revendiquant pleinement leur identité.

« Les arabes israéliens, cela n’existe pas. Nous sommes palestiniens ».

Elle considère son mandat parlementaire comme « un moyen et non une fin ». Et notamment comme une tribune qui lui permet de défier les autorités israéliennes.

Haïe par la classe politique

Le Likoud la surnomme « Miss Marmara » depuis son équipée à bord du « Mavi Marmara », un paquebot turc qui, en mai 2010, tenta en vain de forcer le blocus maritime de Gaza. Dix activistes turcs sont tués lors de l’abordage du navire par un commando israélien. « Je n’avais jamais été témoin d’une chose pareille. C’était comme une guerre. Je voulais me rendre à Gaza pour libérer mon peuple », insiste-t-elle. Interrogée par l’armée, elle échappe à la prison grâce à son immunité parlementaire.

En juin 2014, après l’enlèvement de trois adolescents juifs en Cisjordanie, elle refuse de qualifier les auteurs du rapt de terroristes. Des propos qui lui valent six mois de suspension par le bureau d’éthique de la Knesset. Elle se défend, « j’ai condamné cet acte. Je suis, bien sûr, contre les assassinats et les prises d’otages. Mais je récuse ce mot. Israël crie au terrorisme à propos de toute forme de résistance. Même un jet de pierre devient du terrorisme ».

Quand les députés chantent la Hatikva, elle quitte l’hémicycle. Elle s’est aussi rendue en Libye, du temps du dictateur Mouammar Kadhafi, et a salué la « possibilité pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ».

Des coups d’éclat qui lui valent une haine féroce d’une bonne partie de la classe politique. En six ans de mandat, elle s’est fait cracher dessus, conspuer, expulser à de multiples reprises.

Ses collègues de droite veulent au pire l’envoyer en prison, au mieux l’exiler à Gaza.

Soutenue par les jeunes palestiniens

Pour le politologue Amal Jamal, de l’université de Tel-Aviv, Haneen Zoabi est une création des médias.

« Les israéliens l’ont starisée pour mieux la pendre haut et court », dit-il. « C’est tragique ».

Mais sa pugnacité trouve un indéniable écho après de jeunes palestiniens dits de « l’intérieur » de plus en plus déterminés à réclamer leurs droits. « Elle est courageuse », estime Majd Kayyal, un journaliste de Haïfa, « elle s’exprime sans se préoccuper de savoir comment ses déclarations seront perçues par les israéliens. Elle leur dit que cela lui est égal s’ils ne l’aiment pas ».

Sa liberté de ton fait des émules, comme Hanin Majadli. Depuis deux ans, cette jeune femme de vingt-cinq ans dialogue avec des juifs israéliens sur facebook. Elle compte même un frère d’Yigal Amir, l’assassin d’Itzhak Rabin, parmi ses followers. Elle écrit en hébreu, une langue avec laquelle elle entretient, dit-elle, « de bonnes relations ». L’étudiante en histoire médiévale prévient que « le contenu de mes messages est aussi dangereux que s’il était formulé en arabe. Je refuse de me censurer ».

Dans ses textes, elle dénonce un régime « d’apartheid », revendique un état binational sur l’ensemble de la Palestine mandataire, raconte aussi les vexations qu’elle subit au quotidien.

La propriétaire « très polie » qui, à cause de son nom, a refusé de lui louer un appartement à Tel-Aviv. Les videurs, à l’entrée des bars, qui l’éconduisent, elle et son petit ami. Les contrôles sans fin à l’aéroport Ben-Gourion. Elle a baptisé sa page « citoyen de deuxième classe ».

La troisième force

Plus de la moitié de la population arabe vit sous le seuil de pauvreté. « Nous formons la couche la plus déshéritée du pays », souligne Mohammed Zeidan, directeur de l’association arabe pour les droits humains. « Nous sommes victimes d’une politique claire de discrimination dans tous les domaines ». Un exemple, le service national dont les arabes sont exemptés et qui conditionne l’obtention de multiples avantages.

« Dans une annonce d’embauche type, il est précisé qu’on cherche une secrétaire ayant accompli ses formalités militaires. Comme si pour être une bonne secrétaire, il fallait avoir fait l’armée ? C’est un moyen légal de nous exclure ».

Le professeur Amal Jamal n’hésite pas à parler de l’émergence « d’un mouvement des droits civiques ». Il explique « qu’avec les progrès de l’éducation et le développement des réseaux sociaux, les arabes sont de plus en plus conscients des injustices qu’ils endurent. Ils veulent devenir des citoyens à part entière ».

L’unité affichée par leurs principaux partis en est, selon lui, le reflet. A l’issue du scrutin, la « liste conjointe » arabe pourrait devenir la troisième force politique du pays, derrière le Likoud et l’union sioniste conduite par le travailliste Isaac Herzog et la centriste Tzipi Livni.

« Nous espérons obtenir quinze sièges contre onze aujourd’hui, et empêcher Benyamin Netanyahou de former un cabinet de droite », déclare Youssef Jabareen, un candidat du Hadash, l’ancien parti communiste israélien.

Cette entente sans précédent entre communistes, nationalistes et islamistes peut-elle tenir au-delà des élections ? Déjà, des différences sont perceptibles en son sein sur l’attitude à adopter en cas de victoire du centre-gauche. « Nous avons beaucoup obtenu en soutenant Itzhak Rabin entre 1992 et 1995 », rappelle Ahmed Tibi, l’un des chefs de file de la liste arabe. Haneen Zoabi, elle, tranche que « notre position est très claire. Nous n’entrerons dans aucune coalition gouvernementale et nous ne recommanderons pas Isaac Herzog comme premier ministre ».

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 19:48

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/18/grece-le-gouvernement-fait-adopter-sa-premiere-loi-contre-la-pauvrete_4596112_3214.html

Le gouvernement fait adopter sa première loi contre la pauvreté

Le gouvernement grec a fait adopter, Mercredi 18 Mars 2015, par le parlement la première loi de sa mandature consacrée à un paquet de mesures sociales en faveur des plus démunis frappés par la crise.

Intitulé « réglementations sur les mesures imminentes pour parer à la crise humanitaire et sur l'organisation du gouvernement », ce projet de loi fait suite à des engagements électoraux de Syriza. Il propose de rétablir l'électricité pour les ménages ne pouvant payer leurs factures et de leur fournir jusqu'à trois cent kilowatts heure d'électricité gratuite jusqu'à la fin de l'année.

Mesures pour les personnes ayant perdu leur emploi

Près de trente mille foyers vont aussi recevoir une aide au logement, de soixante-dix à deux cent vingt euros, et trois cent mille personnes vont recevoir une aide alimentaire. Le projet comprend également des mesures pour des personnes qui ont perdu leur emploi ces derniers mois et qui sont privées de couverture sociale.

La loi a été votée dans ses principes par les cent quarante-neuf députés de Syriza et par ses treize alliés des grecs indépendants, mais aussi par les députés de la Nouvelle Démocratie et du Pasok.

Le texte doit encore faire l'objet d'un vote article par article dans la journée.

Cette loi est votée en plein cœur d’une semaine cruciale pour la Grèce, puisqu’Athènes et ses créanciers cherchent un nouvel accord sur le déblocage de fonds d'aide.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 19:19

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/18/coups-de-feu-pres-du-parlement-tunisien-et-d-un-musee-a-tunis_4596037_3212.html

Vingt-deux morts dans l’attaque du Musée du Bardo à Tunis, les deux assaillants tués

Par Frédéric Bobin, correspondant permanent du Monde à Tunis

L'intervention des forces de l'ordre aux abords du Musée du Bardo, à Tunis, s'est terminée Mercredi 18 Mars 2015, vers 15 heures 30, selon une journaliste du Monde présente sur place.

Vingt-deux personnes sont mortes, dont vingt touristes et deux membres des forces d'intervention selon le ministère de l'intérieur. Deux assaillants ont également été tués, et quarante-deux personnes ont été blessées, dont des français. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

L'assaut s'est produit en fin de matinée à proximité du Musée du Bardo, mitoyen du parlement. Selon des témoins, des assaillants armés de kalachnikovs auraient d'abord pris pour cible un bus de touristes avant de pénétrer à l'intérieur du musée. L'assemblée nationale voisine a aussitôt été évacuée. Une vingtaine de personnes auraient également été blessées, certaines grièvement, selon une source du service d'aide médicale urgente.

Le périmètre du parlement et du Musée du Bardo était complètement bouclé en début d'après-midi par les forces de l'ordre, tandis que retentissaient les sirènes des ambulances évacuant les blessés.

S'exprimant devant la presse, le guide qui avait accompagné un groupe de touristes sortant du Bardo, Wafel Bouzi, a témoigné avoir aperçu sur le parking un « jeune homme de vingt-cinq ans, normalement vêtu, sans barbe », qui tenait une kalachnikov. « Il la manipulait, je pensais qu'il jouait avec, puis il a ouvert le feu ». Wafel Bouzi a ajouté que son groupe était composé de touristes hispanophones.

Cette attaque est la première opération terroriste d'envergure frappant le cœur de Tunis depuis le « printemps tunisien », qui avait abouti au départ du dictateur Zine al Abidine Ben Ali, en janvier 2011.

Péril djihadiste

La capitale n'avait pas été épargnée par des troubles, l'assaut de l'ambassade américaine par des militants salafistes, le 14 septembre 2012, les assassinats des personnalités de gauche Chokra Belaïd, le 6 février 2013, puis Mohamed Brahmi, le 25 juillet 2013, mais l'assaut de mercredi visant directement des étrangers est le premier du genre.

Il confirme un péril djihadiste que les responsables sécuritaires du pays sentaient venir à la faveur du chaos qui ravage la Libye voisine, mais aussi en raison de la permanence de foyers extrémistes dans la région du mont Chaambi, à la frontière avec l'Algérie. « Nous nous attendions à ce qu'il y a une action d'un degré élevé » en Tunisie, a ainsi déclaré le président tunisien, Beiji Caïd Essebsi, en évoquant la situation libyenne.

Cette attaque survient alors que le scénario politique et institutionnel semblait s'être stabilisé après les incertitudes qui avaient suivi le départ de Zine Ben Ali. Après la victoire au scrutin législatif d'octobre 2014 de la coalition anti-islamiste Nida Tounes, le chef de celle-ci, Beiji Caïd Essebsi, âgé de quatre-vingt-huit ans, a été élu président de la république en décembre 2014.

Un gouvernement d'union nationale a été formé dans la foulée. Dominé par le parti Nida Tounes, il comprend également une participation minoritaire du parti islamiste al Nahda, qui avait dirigé l'exécutif en 2012 et en 2013.

Cette réconciliation entre deux camps antagonistes qui s'étaient jusqu'alors âprement combattus avait été louée à l'étranger comme une transition exemplaire. C'est probablement cette exemplarité que les terroristes ont voulu frapper mercredi au cœur de Tunis.

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