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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 17:18

http://www.humanite.fr/lorigine-du-1er-mai-lucy-parsons-la-veuve-des-martyrs-de-chicago-572622

À l'origine du premier mai, Lucy Parsons, la veuve des martyrs de Chicago

Par Hernando Calvo Ospina, auteur de « latines, belles et rebelles », aux éditions le Temps des Cerises, 2015, deux cent pages, quinze euros

Mercredi 29 Avril 2015

Le premier mai 1886, la grève est lancée à Chicago. Le 4 mai 1886, s’abat la répression.

Jugés, quatre hommes sont pendus dont Albert Parsons. Sa femme, Lucy Parsons, poursuivra la lutte jusqu’à sa mort. À quatre-vingt-huit ans, la police la considère toujours comme une menace « plus dangereuse que mille insurgés ».

En hommage aux cinq martyrs de Chicago, le congrès des ouvriers socialistes qui se tenait à Paris en 1889 instaura le premier mai comme la journée internationale des travailleurs et des travailleuses. L’année suivante, cette journée fut commémorée pour la première fois. Lucy Parsons était déjà connue comme la « veuve mexicaine des martyrs de Chicago ». Fille d’un indien de l’Alabama et d’une mexicaine noire, Lucy Gonzalez naquit esclave en 1853, dans un hameau du Texas, un territoire qui, cinq ans plus tôt, faisait partie du Mexique. Orpheline à trois ans, on l’envoya dans les champs de coton dès qu’elle fut en mesure de travailler. À dix-neuf ans, elle épousa Albert Parsons.

Quasiment considérés comme un couple illégal, car la mixité raciale était pratiquement interdite dans les états du sud, ils faisaient partie du petit nombre d’activistes pour le droit des noirs. Pour ces deux raisons, les menaces de mort à leur encontre les obligèrent à partir pour Chicago en 1873. Pour survivre, Lucy Parsons confectionnait des vêtements pour femmes et Albert Parsons travaillait dans une imprimerie.

Lucy Parsons se mit à écrire pour des journaux syndicaux, sur des sujets tels que le chômage, le racisme ou le rôle des femmes dans les organisations politiques.

La militante Lucy Parsons fut très bien accueillie par les ouvrières, notamment dans les fabriques textiles, là où l’exploitation était la plus féroce. Avec le soutien d’Albert Parsons, elle participa à la création de l’union des femmes ouvrières de Chicago, reconnue en 1882 par l’ordre des nobles chevaliers du travail. Un grand triomphe, jusqu’alors, le militantisme féminin n’était pas admis.

La lutte pour la journée de huit heures devint la principale revendication nationale. Les travailleurs appelèrent à une grève pour le premier mai 1886.

Lucy et Albert Parsons défilèrent avec leurs enfants. Ils étaient tendus et prudents, dans l’éditorial du Chicago Mail, Albert Parsons et un autre compagnon de lutte étaient taxés de « dangereux voyous en liberté ». Et le journal exigeait, « dénoncez-les aujourd’hui. Ne les perdez pas de vue. Signalez-les comme personnellement responsables de toute difficulté qui pourrait survenir ».

À Chicago, où les conditions de travail étaient pires que dans d’autres villes, les grèves et les mobilisations se poursuivirent.

Le 4 mai 1886, lors du rassemblement organisé au Haymarket Square, Albert Parsons prit la parole. Il restait quelque deux cents manifestants sur la place lorsque la police chargea. Une bombe de fabrication artisanale explosa, tuant un officier. Les forces de l’ordre ouvrirent le feu. On ne connut jamais le nombre exact de morts. L’état d’urgence et le couvre-feu furent décrétés. Les jours suivants, des centaines d’ouvriers furent arrêtés. Certains furent torturés.

Sur les trente et une personnes mises en examen pour l’affaire de la bombe, huit furent incriminées. Le 21 juin 1886, le procès débuta. Après s’être entretenu avec Lucy, Albert Parsons se présenta face à la cour pour déclarer, « vos honneurs, je suis venu afin que vous me jugiez avec tous mes compagnons innocents ». Le procès ne fut qu’une mascarade, aggravée par la campagne de diffamation lancée par la presse. Ce fut un véritable lynchage.

Le jury déclara les huit accusés coupables. Cinq, dont Albert Parsons, furent condamnés à mort par pendaison.

José Marti, futur apôtre de l’indépendance de Cuba, assistait au procès. Le 21 octobre 1886, dans un article publié par le quotidien argentin la Nacion, il décrivit le comportement de Lucy Parsons lorsque la sentence fut prononcée, « la mulâtresse d’Albert Parsons est là, inflexible et intelligente comme lui, celle qui ne cille pas des yeux même dans les pires situations, qui parle avec une vibrante énergie dans les rassemblements publics, qui ne s’évanouit pas comme les autres et qui ne laisse apparaître aucun mouvement sur son visage lorsqu’elle entend la condamnation féroce. Elle appuie une joue contre son poing fermé. Elle ne regarde pas et ne répond pas, on remarque un tremblement croissant de son poing ».

Pendant presque un an, Lucy Parsons, accompagnée de ses enfants, parcourut le pays pour faire connaître la vérité, suscitant un immense mouvement de solidarité. Mais le 11 novembre 1887, la sentence fut exécutée. « Tu es une femme du peuple, et je te confie au peuple », lui a écrit Albert Parsons avant de mourir. Les patrons appliquèrent la journée de huit heures. Le sacrifice des martyrs ne fut pas vain. Après la mort de son époux, Lucy Parsons continua à organiser les ouvrières. En juin 1905, lors de la création de l’organisation des travailleurs ouvriers du monde, à Chicago, parmi les douze femmes présentes, Lucy Parsons fut la seule à prendre la parole. « Nous autres, les femmes de ce pays, nous n’avons aucun droit de vote. Le seul moyen est de prendre un homme pour nous représenter et cela me paraîtrait étrange de demander à un homme de me représenter. Nous sommes les esclaves des esclaves ». Elle répétait que la libération des femmes n’aurait lieu qu’en luttant avec les hommes pour l’émancipation de la classe ouvrière. À quatre-vingts ans, elle continuait à conseiller et à former.

En février 1941, à quatre-vingt-huit ans, elle fit sa dernière apparition publique et l’année suivante, déjà aveugle, elle fut surprise par la mort dans l’incendie de sa maison.

Même morte, la police la considérait encore comme une menace, « plus dangereuse que mille insurgés », ses milliers de documents et livres furent saisis.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 16:50

http://blogs.publico.es/otrasmiradas/4392/teresa-rebull-morir-a-los-30-anos

Teresa Rebull, mourir à trente ans

Par Pepe Gutierrez Alvarez, vice-président de la Fondation Andreu Nin

Mercredi 15 Avril 2015

Teresa Soler Pi, notre Teresa Rebull, est morte. C’était la fille de militants connus de la CNT, elle-même militante du POUM, femme de son camarade Pep Rebull, sœur du mythique David Rey, exilée, résistante, grand-mère de la Nova Canço catalane, amie et partenaire de la Fondation Andreu Nin. Elle-même, dans cette organisation, lors d'un hommage, lorsque je me trouvais à dire son âge, elle a protesté avec colère pour dire qu’au moment de mourir elle n’aurait pas plus de trente ans. Et c’est vrai, elle est morte jeune, elle a toujours été jeune.

Elle faisait partie d'une génération de femmes militantes. Certaines d'entre elles, comme Katia Landau, Maria Teresa García Banús et Teresa Soler Pi, plus connue sous le nom de Teresa Rebull, ont joué un rôle de premier plan, aux côtés d’une personne comme Pep Rebull, l'homme de la cellule soixante-douze, qui était très critique sur l’attitude de son parti au cours de la guerre, ou comme son frère, Daniel Rebull, aussi connu sous le nom de David Rey, l'un des fondateurs de la CNT, militant dans des grèves légendaires, co-fondateur du parti communiste, du bloc ouvrier et paysan, et plus tard du POUM, appelé le Blanqui espagnol pour ses années de prison, racontées en détails dans de nombreuses interviewes et des documentaires comme celui de Jordi Gordon, doublement oubliés.

De tout cela, Teresa Rebull en a parlé dans ses mémoires, « Tot Cantant », aux éditions Columna, à Barcelone, en 1999. Dès le début, elle faisait partie d'une dynastie libertaire.

Peu de gens la connaissaient par son vrai nom, Teresa Soler Pi, et ils étaient peut-être même encore moins nombreux à savoir qu’elle était la fille d'un couple légendaire d’anarcho-syndicalistes de sa ville formé par Balbina Pi et Gonçal Soler, après une longue histoire de militants de la CNT, ils entraient dans le PSUC pendant la guerre civile.

Selon Teresa, ils croyaient à toutes les calomnies contre les « trotskystes », mais plus tard ils les réviseront et présenteront leurs excuses. Teresa raconte, qu’après l’entrée des troupes franquistes, les soldats ont frappé à sa porte pour l'avertir qu’on disait qu’elle était une rouge, et sa réponse a été « je suis de la CNT ».

Avec cette école, Teresa a vécu en direct dès l'enfance les conséquences de l'activisme familial et a commencé à travailler à douze ans dans une usine textile jusqu'à ce que quatre ans plus tard, en pleine république, elle devienne fonctionnaire du ministère de l’emploi de la Generalitat.

Son évolution politique marxiste lui a apporté de nombreuses discussions à la maison, sa mère lui dit que « tu ressembles à un soviet ».

Dans les pages récentes, écrites avec un accent lyrique, elle a dit que le POUM « était plus qu’un parti ». Bien que le nom semble se référer à une fraction ou une association politique, il était à la confluence d'une variété d'activités culturelles, d'assemblées populaires, de groupes de théâtre, de conférences de vulgarisation scientifique, d'activités de jeunes, de centres de randonnée, d'équipes sportives de quartier, de coopératives, de syndicats ou d'organisations comme le Centre Autonome des Personnes dépendantes du Commerce et de l’Industrie (CAPCI), qui ont fait la force des insurrections de la grève du 6 Octobre 1934.

Teresa évoquait avec enthousiasme les réunions et les discussions politiques dans les quartiers, « où nous étions et où se rencontraient chaque jour une poignée de militants. Il y avait une communion constante entre les jeunes et les adultes, entre les hommes et les femmes unis par un idéal de fond, le socialisme révolutionnaire, le sens social et humanitaire de la parole, l’opposition radicale à l'exploitation du pouvoir de l'argent et aussi contre le mensonge, dénoncé par le POUM un demi-siècle plus tôt, du socialisme totalitaire et inhumain ».

Pendant la guerre, elle a travaillé comme infirmière. Elle a vécu très intensément les journées de mai 1937, à la suite desquelles elle a été arrêtée et enfermée dans une tchéka stalinienne de la Via Laietana, où elle a été interrogée pour savoir où se trouvait son camarade Manuel Maurin, le frère de Joaquin Maurin avec lequel elle maintenait des « liens de tendresse » étroits et qui est mort peu de temps après.

Teresa a réussi à échapper à la tchéka lorsque les troupes franquistes sont arrivées aux portes de Barcelone. Elle avait vingt ans quand elle a pris le chemin de l’exil en France.

Elle a survécu grâce à l'aide d'un couple de militants pivertistes, de Marceau Pivert, leader de la gauche socialiste étroitement liée au POUM pendant la guerre d'Espagne, et a rejoint les maquis.

Elle a ensuite vécu intensément l’euphorie gauchiste parisienne, son éclosion artistique, elle a rencontré Albert Camus, Jean-Paul Sartre, le trotskyste Jean Malaquais, des chanteurs tels que Juliette Greco et a assisté avec enthousiasme aux événements de mai 1968, la date à laquelle elle a commencé à être reconnue comme une composante de la Nova Canço catalane. Teresa est considérée comme une pionnière de la culture de la chanson folklorique catalane dans la Catalogne Nord.

Pendant les longues années d'exil, Teresa a continué à militer au POUM et, en tant que telle, elle était connue comme une militante active dans les réunions du POUM de la rue d'Aubriot. Elle avait encore une réputation considérable d’une amoureuse de la bohème, elle était connue comme un des personnages les plus emblématiques de la France existentialiste et elle n'a pas oublié sa profonde méfiance à l'égard des « communistes ». À une occasion, après avoir écouté mon histoire au sujet de mes aventures dans les Commissions Ouvrières, elle m’approcha très maternellement pour me prévenir que j’étais très naïf et qu'il ne fallait jamais faire confiance aux « communistes ». Peu de temps après, j'ai appris son rôle de chanteuse dans un concert organisé par le Casal de Catalunya à Paris, je pense à l’Odeon, avec diverses composantes de la Nova Canço, dont certaines personnes disaient que Teresa était la grand-mère, non seulement par l'âge mais aussi par ce qu’elle avait fait précédemment. Ce jour-là, elle chantait des chansons comme Serra de Pandols et la Campana, écrite par Mikis Theodorakis pour la résistance grecque. Mon impression était capitale. Je pense toujours que c’est l’une des plus belles chansons révolutionnaires d'une génération. Son action a été de celles qui ont encouragé à dire « non », à lutter pour la vie et la révolution dans le sens le plus large.

À cette époque, elle a commencé à agir dans le cadre de l’université d'été catalane, ce qui a duré plus de dix ans. En 1978, elle a reçu un prix de l’académie française du disque. La Generalitat de Catalunya se souvient aussi de son histoire dans la nouvelle chanson, mais peut-être le plus beau compliment est venu de son ami Lluís Llach, « vous êtes une femme extraordinaire et il y a toujours dans votre cœur une place que vous voulez remplir ».

Au cours des dernières années, Teresa a pris part à divers événements de la Fondation Andreu Nin, telles que la commémoration de l'enlèvement et de la mort d’Andreu Nin et de Camillo Berneri, tenue le 16 juin 2007 au palais de la Virreina. Avec son fauteuil roulant, elle était présente dans l'acte unitaire de toutes les gauches depuis les héritiers du PSUC jusqu’à Revolta Global dans un geste qui était un « plus jamais » au stalinisme. Avec Teresa meurt l'une des dernières de ces femmes qui ont essayé de gagner la guerre pour faire la révolution.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 15:52

http://www.leparisien.fr/politique/affaire-menard-manifestation-a-beziers-contre-le-fichage-des-ecoliers-09-05-2015-4758667.php#xtor=AD-32280599

Manifestation à Béziers contre le fichage des écoliers

Samedi 9 Mai 2015

« Ménard tu fiches la honte », « je suis Mohamed un écolier comme les autres », pancartes en main, scandant « Ménard démission », quelques deux cent cinquante personnes, selon la police, plus de quatre cent selon les organisateurs, ont défilé à Béziers pour protester contre le fichage des élèves à l’école.

En début de semaine, le maire, soutenu par le Front National, Robert Ménard, s’était vanté de ficher les écoliers de la ville, en déduisant leur appartenance religieuse de leur prénom. Une pratique interdite par la loi et qui « choque » cinquante-quatre pour cent des français, selon un sondage Odoxa pour l’émission d’i-Télé CQFD et « le Parisien Aujourd’hui en France ».

« Nous combattrons l'extrême droite et nous vaincrons. Nous voulons un avenir pour Béziers et pour cela nous ne laisserons pas Robert Ménard bafouer la devise républicaine », lance la secrétaire d’état au Commerce, Carole Delga, qui a pris part au rassemblement.

« Ce que Robert Ménard dit avoir fait, nous ne pouvons l’admettre »

« Nous sommes au pied de la statue de Jean Moulin, face à sa maison natale pour manifester contre le fichage et la délation, qui ne peuvent que nous rappeler de sombres histoires de notre passé. Ce que Robert Ménard dit avoir fait ressemble trop à ce qui s'est passé sous Vichy. Nous ne pouvons l'admettre », lâche Danielle, l’une des manifestantes.

Vendredi, une autre manifestation avait déjà rassemblé quelque six cent personnes selon la police, plus d'un millier selon les organisateurs, à l'appel de plusieurs associations musulmanes locales et du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM).

Saisi en référé liberté par la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), le tribunal administratif de Montpellier doit rendre sa décision Lundi 11 Mai 2015. Mardi, une perquisition a eu lieu pendant plusieurs heures dans les bureaux de la mairie, ne donnant lieu à aucune saisie. Robert Ménard a par ailleurs été entendu par les policiers du Service Régional de Police Judiciaire de Montpellier, auxquels il a certifié « qu’il n’existait pas de fichier ».

Lundi 4 Mai 2015, sur le plateau de « Mots Croisés », il avait pourtant déclaré qu’il y avait « 64,6 % d’élèves de confession musulmane dans les écoles publiques de Béziers ». Un chiffre obtenu, selon lui, en se référant au prénom des élèves.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 20:12

Un rapport israélien sur la guerre de Gaza met en cause l’armée israélienne (Reuters)

L'armée israélienne a infligé des « préjudices massifs et sans précédent » aux civils palestiniens pendant la guerre de Gaza de l'été 2014 en tirant à l'aveugle et en négligeant ses règles d'engagement, estime une ONG israélienne sur la foi d'entretiens avec une soixantaine d'anciens combattants du conflit.

Dans un rapport de deux cent trente-sept pages rendu public Lundi 4 Mai 2015, l'organisation Breaking the Silence dépeint la manière dont les forces de défense israéliennes ont semé la dévastation dans l'enclave palestinienne qu'elles ont envahie en juillet 2014 avec la mission de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas en territoire israélien.

« Nous tirions toute la journée sans aucun but. On ne voyait le Hamas nulle part », raconte un sergent d'une unité de blindés cité par l'ONG.

Pour Breaking the Silence, ces témoignages soulèvent de « graves doutes sur l'éthique » de l’armée israélienne.

L'armée israélienne dit avoir essayé de limiter les pertes civiles et accuse les combattants du Hamas de les avoir aggravées en s'embusquant dans des zones d'habitation.

Le conflit a coûté la vie à deux mille deux cent cinquante-six palestiniens, dont mille cinq cent soixante-trois civils, selon les chiffres de l’ONU. Côté israélien, soixante-six soldats et cinq civils ont trouvé la mort.

Le rapport de Breaking the Silence laisse entendre que l'armée a cherché à minimiser les risques pour ses troupes, quitte à mettre en danger des civils.

Une fois qu'il était décidé que les civils avaient, dans leur majorité, fui un théâtre d'opérations, déclare un sergent d'infanterie, « il n'y avait plus vraiment de règles d'engagement. L'idée, c'était que quand vous repérez quelque chose, vous tirez. Si vous tirez sur quelqu'un à Gaza, cela va, ce n'est pas un drame », ajoute-t-il.

Breaking the Silence réclame une enquête indépendante « qui puisse examiner la conduite au plus haut rang de la hiérarchie politique et militaire ».

L'armée a mis en doute la méthodologie de l'enquête et les motivations de l'ONG.

« Malheureusement, comme par le passé, Breaking the Silence a refusé de fournir à l'armée des preuves de ses affirmations », a déclaré une porte-parole militaire.

L’armée israélienne a lancé plusieurs enquêtes en interne sur le conflit et estime qu'elles devraient suffire.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 17:42

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/07/le-trio-grec-qui-souffle-le-chaud-et-le-froid-dans-les-negociateurs_4629350_3234.html

Le trio grec qui souffle le chaud et le froid dans les négociations

Par Adéa Guillot, correspondante du Monde à Athènes

A quoi joue Athènes ? Mardi 5 mai 2015, dans une note offensive, le bureau du premier ministre grec, Alexis Tsipras, impute le blocage actuel des discussions aux « graves désaccords entre le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Union Européenne qui font peser de grands risques sur les négociations ». Très remonté, le gouvernement assure que « dans ce contexte, il ne peut pas y avoir de compromis. La responsabilité en incombe uniquement aux institutions et à leur coordination déficiente ».

Le lendemain, Mercredi 6 Mai 2015, changement de ton radical. Alexis Tsipras calme le jeu en multipliant les échanges téléphoniques. Avec le président français, François Hollande, mais aussi avec le président de la commission européenne, Jean-Claude Junker.

A l’issue de ce dernier entretien est ressortie « la volonté commune d’une solution mutuellement bénéfique », selon un communiqué commun. L’accent est mis justement sur la réglementation du marché du travail et du système de retraite, ces deux sujets si chers au FMI et pierre d’achoppement depuis des semaines.

« Réalisme de négociation »

Athènes persiste ainsi à souffler alternativement le chaud et le froid dans les négociations. Cette tactique du gouvernement grec étonne, et épuise, à Bruxelles mais pas vraiment à Athènes. Alexis Tsipras doit rassurer, en Grèce, ceux qui redoutent, notamment dans ses propres rangs, que cette dernière ligne droite des négociations n’aboutisse à des concessions trop éloignées du programme sur lequel son parti de la gauche radicale Syriza a conquis le pouvoir. En pointant du doigt les divisions de ses créanciers, le gouvernement s’adresse donc avant tout à son opinion publique et espère peut-être au passage obtenir quelques concessions.

Sur le fond, les négociations continuent sur la même ligne. Côté grec, le changement au sein de l’équipe en charge des discussions, opéré au lendemain du turbulent Euro-groupe du 24 avril 2015, n’a rien révolutionné. Pour le politologue Elias Nikolakopoulos, la nomination d’Euclide Tsakalotos à la fonction de coordinateur de cette équipe « a été un pas vers un réalisme de négociation car elle a répondu au rejet par les européens du ministre des finances Yanis Varoufakis, mais pour autant le projet grec reste le même ».

L’ensemble du programme économique du gouvernement a été élaboré ces deux dernières années sous l’égide de l’économiste et actuel vice-président du gouvernement Yannis Dragasakis. Un membre historique du parti communiste grec, passé en 1991 dans les rangs du Synaspismos, devenu depuis Syriza.

Yannis Dragasakis est à la fois proche d’Alexis Tsipras tout en ayant la confiance des éléments plus radicaux du parti.

Discret, voire taiseux, Euclide Tsakalotos, professeur d’économie diplômé d’Oxford est à l’opposé du style flamboyant de Yanis Varoufakis.

C’est lui qui, à l’abri des caméras, pilote la stratégie de négociation avec les créanciers du pays. « En première ligne, pour incarner la Grèce et prendre les coups, le premier ministre a placé dans un premier temps Yanis Varoufakis, qui, avec son aura d’économiste-star et cosmopolite, a réussi à replacer le problème grec au centre de l’attention mondiale », explique Elias Nikolakopoulos. « Désormais c’est au tour d’Euclide Tsakalotos de reprendre le flambeau ».

Discret, voire taiseux, ce professeur d’économie diplômé d’Oxford est à l’opposé du style flamboyant de Yanis Varoufakis et cadre a priori plus souplement avec l’atmosphère feutrée de Bruxelles. C’est en fait, lui aussi, un marxiste revendiqué. Et même un cadre du comité directeur de Syriza, là où Yanis Varoufakis a toujours précieusement cultivé son indépendance en ne s’attachant au parti que lors des dernières élections.

Il défend les mêmes positions, rappelle, lorsqu’il est interrogé par la presse, qu’un gouvernement de gauche est tenu de réguler le marché du travail, qu’il est hors de question de baisser les retraites ou d’augmenter la TVA et n’hésiterait pas à s’en remettre au peuple, c’est-à-dire à recourir au référendum, en cas d’échec des négociations.

Au final, qu’elles soient portées par Yanis Varoufakis ou Euclide Tsakalotos, ce sont toujours les mêmes idées de Yannis Dragasakis qui cheminent à Bruxelles.

Ce trio a toute la confiance d’Alexis Tsipras.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 17:25

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/05/08/l-ecosse-en-situation-de-secession-electorale_4629966_3214.html

L’Ecosse en situation de sécession électorale

Par Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres

Vendredi 8 Mai 2015

« Historique, sensationnel, sans précédent », pour une fois, les superlatifs ne semblent pas déplacés. En l’espace d’une soirée électorale, les indépendantistes écossais ont tourné une page de l’histoire de leur province et sans doute marqué une étape décisive vers la satisfaction de leur revendication ultime, l’indépendance.

Les résultats des élections législatives britanniques

Contre toute attente, les conservateurs ont emporté haut la main les élections législatives au Royaume-Uni. Le parti du premier ministre David Cameron sera en mesure de gouverner seul avec les quelque trois cent trente et un sièges qu’il a acquis.

La page d’histoire, c’est celle de l’enracinement séculaire du parti travailliste parmi les classes populaires de cette région pauvre et industrieuse. Des décennies de domination du Labour Party sur la vie politique écossaise ont pris fin Jeudi 7 Mai 2015. « Nous sommes désormais des outsiders », a concédé dignement Jim Murphy, le patron des travaillistes écossais, battu dans son fief comme trente-huit de ses compagnons de parti.

Le Labour Party, qui détenait quarante des cinquante-neuf sièges de députés écossais, n’en garde qu’un seul, à Edimbourg. Le Scottish National Party (SNP, indépendantiste), qui n’en possédait que six, en a conquis un total de cinquante-six.

Nicola Sturgeon, star de la campagne

Personne, au lendemain du référendum sur l’indépendance, en septembre 2014, n’avait prévu ce chassé-croisé spectaculaire qui apparaît pourtant aujourd’hui comme la conséquence de ce vote à quarante-cinq pour cent en faveur de l’indépendance. En réveillant la vie politique dans une région tenue pour acquise par le Labour Party, en redonnant fierté et confiance aux écossais, le SNP a enclenché une dynamique hautement perceptible sur le terrain pendant la campagne électorale.

L’élection de Mhairi Black, une étudiante en sciences politiques de vingt ans, militante du SNP depuis l’adolescence, totalement inconnue, contre un baron local, Douglas Alexander, ministre des affaires étrangères dans le cabinet fantôme travailliste et chef stratège d’Ed Miliband, en est le plus fort symbole.

Impressionnant, le triomphe du SNP résulte en réalité d’une montée en puissance progressive permise par la création en 1997, par Tony Blair, du parlement écossais. Ironiquement, l’ancien dirigeant travailliste a alors préparé sans le savoir l’écrasement de son propre parti, dix-huit ans plus tard, au nord du mur d’Hadrien. En dépit d’un système électoral conçu pour le contenir, le SNP a conquis en 2007 une majorité relative, puis en 2011 une majorité absolue dans cette assemblée d’Edimbourg. Le parti, positionné plus à gauche que le Labour Party, s’est fait apprécier de la population pour sa politique sociale.

Cette année, c’est en se faisant la championne de la dénonciation de l’austérité décidée à Londres par les tories, que Nicola Sturgeon, patronne du SNP depuis novembre 2014, est devenue la vedette de la campagne électorale nationale. En promettant d’aider Ed Miliband à gouverner, elle lui a probablement donné le baiser de Judas, tant cette perspective était insupportable aux électeurs anglais.

Alex Salmond, ancien chef du SNP et nouveau patron des députés indépendantistes à Westminster, a déclenché les hostilités en mettant en doute, jeudi, « la légitimité d’un gouvernement de David Cameron en Ecosse ». En provoquant un « tsunami », selon le mot d’Alex Salmond, le SNP a placé de fait l’Ecosse en situation de sécession électorale. La victoire de David Cameron, loin de contrecarrer les plans du SNP, pourrait les accélérer. Le premier ministre, en agitant le spectre d’une alliance gouvernementale entre le Labour Party et le SNP mortelle pour l’unité du royaume, tout en gratifiant Nicola Sturgeon d’incessants compliments, a clairement joué la carte du SNP pour écraser le Labour Party. Le résultat confirme la terrible efficacité de cette stratégie. Mais ce choix à court terme favorise doublement les desseins du SNP.

Tensions exacerbées ?

La victoire de David Cameron, archétype de la suffisance de l’élite anglaise aux yeux de beaucoup d’écossais, risque d’exacerber les tensions avec Londres. Les écossais ne se plaignent-ils pas couramment d’être dirigés par un gouvernement de sensibilité contraire à leur choix électoral ?

Le référendum sur la sortie de l’Union Européenne promis par David Cameron pour 2017 pourrait favoriser plus encore la marche vers l’indépendance. Nicola Sturgeon n’a pas caché que les écossais, plutôt pro-européens, refuseraient d’être entraînés hors de l’Union Européenne par les seuls anglais.

Que l’Ecosse et l’Angleterre votent de façon divergente sur le Brexit, et Nicola Sturgeon réclamera un nouveau référendum, sur l’indépendance de l’Ecosse cette fois. La nouvelle « dame de fer » de l’Ecosse a prédit que son pays accéderait à l’indépendance « de son vivant ».

Et elle a quarante-quatre ans.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 17:02

http://www.bfmtv.com/politique/valls-replique-a-todd-je-revendique-la-force-de-l-esprit-du-11-janvier-885065.html

Réponse de Manuel Valls à Emmanuel Todd, « ces propos déshonorent leur auteur »

L’intellectuel de gauche Emmanuel Todd a osé la comparaison entre le premier ministre et « le maréchal Pétain », Vendredi 8 Mai 2015, sur notre antenne. Interrogé par BFM TV, Manuel Valls a refusé de surenchérir, face à « des propos qui déshonorent leur auteur ».

Manuel Valls a refusé la surenchère. Ce vendredi matin, invité de BFM TV et RMC, Emmanuel Todd avait comparé l’optimisme du chef du gouvernement à « l’optimisme de la révolution nationale et du maréchal Pétain ».

« Il ne faut pas répondre à ce type de propos qui déshonorent leur auteur », a répliqué, cinglant, Manuel Valls au micro de BFMTV.

Dans son dernier ouvrage, « qui est Charlie », aux éditions du Seuil, Emmanuel Todd a fait sensation en estimant que les manifestations géantes du Dimanche 11 Janvier 2015, après les attentats à Paris commis par des djihadistes, étaient en fait islamophobes et « égoïstes », sous l'influence de courants de pensée autrefois catholiques et devenus laïcs, irriguant le Parti Socialiste. Manuel Valls avait alors dénoncé les « impostures » de l’intellectuel, dans une tribune publiée dans le Monde.

« Il faut être fier d’être français »

Ce vendredi matin, sur BFMTV et RMC, Emmanuel Todd a estimé que le premier ministre n’avait pas compris son propos. « Soit Manuel Valls n'a pas lu le livre, soit il est vraiment bête. Les deux ne s'excluent pas, d'ailleurs ».

« J’ai bien lu le livre », a assuré le chef du gouvernement.

« Il faut être fier d'être français », a poursuivi Manuel Valls, voyant dans les propos acerbes d’Emmanuel Todd une forme « de haine de soi. Je suis très lucide sur les difficultés du pays », a-t-il ajouté, mais « les atouts de mon pays sont là pour préparer l'avenir. Je revendique l'esprit du onze janvier », a-t-il conclu.

Les propos d’Emmanuel Todd, ce vendredi matin, ont été largement condamnés, y compris par l’opposition. Pour le député UMP des Alpes Maritimes Eric Ciotti, Emmanuel Todd « insulte les français ».

« Si Jean-Marie Le Pen tenait les propos d'Emmanuel Todd sur le onze janvier, on le traiterait de négationniste ou de collaborateur », a commenté Lionel Lucas, député des Alpes-Maritimes sur twitter. « Mais Emmanuel Todd est de gauche. Donc cela va ».

« Emmanuel Todd, vous avez tort », a pour sa part déclaré Jean-Luc Mélenchon, du Parti de Gauche, au micro de BFM TV. « Vous sous-estimez la culture républicaine des français ».

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 19:05

http://www.fondation-besnard.org/spip.php?article2370

Régime politique et protestations en Russie dans le contexte du conflit en Ukraine.

Débat autour du sociologue Alexander Bikbov (Moscou), avec la participation de Volodymyr Kuznetsov (Kyiv), de chercheurs et militants spécialistes de la Russie et de l’Ukraine, parmi lesquels Yves Cohen, Françoise Daucé, Anne Le Huérou et Perrine Poupin.

Lundi 11 Mai 2015 à 18 heures 30

EMDP 8 impasse Crozatier 75012 Paris RER Gare de Lyon

Quel est l’état de la mobilisation sociale et politique en Russie aujourd’hui, alors que le conflit en Ukraine semble avoir tétanise l’ensemble de la société ?

Ce que l’on sait de la situation en Russie aujourd’hui peut se résumer ainsi, le régime politique semble bénéficier d’un soutien populaire au président presque total, l’état mène la guerre contre l’Ukraine mais propose une protection sociale à sa population, les médias libéraux n’existent plus et la propagande représente l’unique forme de communication publique, les minorités politiques et sociales sont réprimées et la protestation citoyenne est impossible. Dans une partie de la gauche, une vision concurrente se développe à la faveur du conflit en Ukraine qui veut voir dans le régime russe un point d’appui essentiel de la résistance à l’hégémonie américaine et semble séduite par le discours de la souveraineté. La situation russe est-elle si univoque ? Il existe pourtant en Russie des militants, des individus, des groupes et des cercles intellectuels, qui agissent, réfléchissent et résistent au quotidien, sur des mobilisations de proximité comme dans le mouvement anti guerre, même si celui-ci est faible et si la guerre en Ukraine a divisé les militants.

Alors que la France elle-même connaît une crise politique et sociale qui peut menacer le compromis républicain, les sociétés russes et françaises vivent-elles véritablement dans des univers séparés ? Ou bien les évolutions politiques, les réformes sociales et les formes de représentation du monde ne se répondent-elles pas en partie, ce qui nécessite une réflexion plus globale sur les formes de domination mais aussi sur les modalités d’une émancipation politique et sociale des sociétés via des liens de solidarité ?

Alexandеr Bikbov et les autres participants à ce débat dont un acteur du mouvement de Maïdan venu de Kiev proposeront des éléments pour comprendre la situation et chercheront des réponses à ces questions, ensemble avec le public.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 18:50

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/05/04/que-contient-la-loi-sur-le-renseignement_4627068_4408996.html

Le projet de loi sur le renseignement massivement approuvé à l’assemblée nationale

Par Martin Untersinger

Les députés ont, sans surprise, adopté à une large majorité, par quatre cent trente-huit voix pour, quatre-vingt-six voix contre et quarante-deux abstentions, le projet de loi sur le renseignement défendu par le gouvernement lors d’un vote solennel, Mardi 5 Mai 2015. Il sera désormais examiné par le sénat, puis le conseil constitutionnel, prochainement saisi par soixante-quinze députés. Dans un souci d'apaisement, François Hollande avait annoncé par avance qu'il saisirait les sages.

Ont voté contre dix députés du Parti Socialiste sur deux cent quatre-vingt-huit, trente-cinq députés de l’UMP sur cent quatre-vingt-dix-huit, onze députés d’Europe Ecologie Les Verts sur dix-huit, onze députés de l’UDI sur trente, douze députés du Front De Gauche sur quinze et sept députés non-inscrits sur neuf. Le détail est disponible sur le site de l’assemblée nationale.

Parmi les députés ayant voté contre figurent notamment des opposants de la première heure, comme La députée UMP Laure de la Raudière ou le député EELV Sergio Coronado, mais aussi quelques poids lourds de l'opposition comme Patrick Devedjian ou Claude Goasguen. A gauche, on trouve parmi les quelque opposants au texte Aurélie Filipetti. Christian Paul, qui avait été très actif lors d'autres débats sur les libertés numériques, s'est abstenu.

Pouria Amirshahi, député socialiste des français de l'étranger qui a également voté contre, a annoncé qu'il transmettrait un « mémorandum argumenté » au conseil constitutionnel et demanderait à se faire auditionner sur le projet de loi. D'autres députés ont prévu de faire la même démarche.

Ce texte, fortement décrié par la société civile pour son manque de contre-pouvoir et le caractère intrusif des techniques qu’il autorise, entend donner un cadre aux pratiques des services de renseignement, rendant légales certaines pratiques qui, jusqu’à présent, ne l’étaient pas.

Retour sur ses principales dispositions, après son passage en commission des lois et après le débat en séance publique

Définition des objectifs des services

Le projet de loi énonce les domaines que peuvent invoquer les services pour justifier leur surveillance. Il s’agit notamment, de manière attendue, de « l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la défense nationale et de la prévention du terrorisme », mais également des « intérêts majeurs de la politique étrangère », ainsi que de la « prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions et de la criminalité et de la délinquance organisées ». Des formulations parfois larges qui inquiètent les opposants au texte qui craignent qu’elles puissent permettre de surveiller des activistes ou des manifestants.

La commission de contrôle

Le contrôle de cette surveillance sera confié à une nouvelle autorité administrative indépendante, la Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR), composée de six magistrats du conseil d’état et de la cour de cassation, de trois députés et trois sénateurs de la majorité et de l’opposition et d’un expert technique. Elle remplacera l’actuelle Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS).

Elle délivrera son avis, sauf cas d’urgence, avant toute opération de surveillance ciblée. Deux types urgences sont prévus par la loi, d’un côté une « urgence absolue », pour laquelle un agent pourra se passer de l’avis de la CNCTR mais pas de l’autorisation du premier ministre.

De l’autre, une urgence opérationnelle extrêmement limitée, notamment en termes de techniques, à l’initiative du chef du service de renseignement, qui se passe de l’avis de la CNCTR. Ces cas d’urgence ne justifieront pas l’intrusion d’un domicile ni la surveillance d’un journaliste, un parlementaire ou un avocat. Dans ces cas, la procédure classique devra s’appliquer.

L’avis de la CNCTR ne sera pas contraignant, mais cette commission pourra saisir le conseil d’état si elle estime que la loi n’est pas respectée et elle disposera de pouvoirs d’enquête. Ce recours juridictionnel est une nouveauté dans le monde du renseignement.

Les « boîtes noires »

Une des dispositions les plus contestées de ce projet de loi prévoit de pouvoir contraindre les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) à « détecter une menace terroriste sur la base d’un traitement automatisé ». Ce dispositif, autorisé par le premier ministre par tranche de quatre mois, permettrait de détecter, en temps réel ou quasi réel, les personnes ayant une activité en ligne typique de « schémas » utilisés par les terroristes pour transmettre des informations.

En pratique, les services de renseignement pourraient installer chez les FAI une « boîte noire » surveillant le trafic. Le contenu des communications, qui resterait « anonyme », ne serait pas surveillé, mais uniquement les métadonnées, origine ou destinataire d’un message, adresse IP d’un site visité et durée de la conversation ou de la connexion. Ces données ne seraient pas conservées.

La Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) critique fortement cette disposition. La CNIL soulève notamment que l’anonymat de ces données est très relatif, puisqu’il peut être levé.

Le dispositif introduit une forme de « pêche au chalut », un brassage très large des données des français à la recherche de quelques individus. Le gouvernement se défend de toute similarité avec les dispositifs mis en place par la NSA américaine, arguant notamment que les données ne seront pas conservées et que cette activité sera contrôlée par une toute nouvelle commission aux moyens largement renforcés. Il s’agit cependant d’un dispositif très large, puisqu’il concernera tous les fournisseurs d’accès à internet, et donc tous les internautes français.

L’élargissement de la surveillance électronique pour détecter les « futurs » terroristes

La surveillance des métadonnées sera aussi utilisée pour tenter de détecter de nouveaux profils de terroristes potentiels, prévoit le projet de loi. Le gouvernement considère qu’il s’agit d’une manière efficace de détecter les profils qui passent aujourd’hui « entre les mailles du filet », par exemple des personnes parties en Syrie ou en Irak sans qu’aucune activité suspecte n’ait été décelée avant leur départ.

Pour repérer ces personnes, la loi permettra d’étendre la surveillance électronique à toutes les personnes en contact avec des personnes déjà suspectées. En analysant leurs contacts, la fréquence de ces derniers et les modes de communication, les services de renseignement espèrent pouvoir détecter ces nouveaux profils en amont.

De nouveaux outils et méthodes de collecte

Les services pourront également procéder, après un avis de la CNCTR, à la pose de microphones dans une pièce ou de mouchards sur un objet, une voiture par exemple, ou à l’intérieur d’un ordinateur. L’utilisation des IMSI catchers, fausses antennes qui permettent d’intercepter des conversations téléphoniques, est également légalisée, pour les services de renseignement, dans certains cas. Le nombre maximal de ces appareils sera fixé par arrêté du premier ministre après l’avis de la CNCTR.

La loi introduit également des mesures de surveillance internationale, concrètement, les procédures de contrôle seront allégées lorsqu’un des « bouts » de la communication sera situé à l’étranger, concrètement, un français qui parle avec un individu situé à l’étranger.

Cependant, comme l’a souligné l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP), sollicitée pour le versant technique de cette mesure, il est parfois difficile de s’assurer qu’une communication, même passant par l’étranger, ne concerne pas deux français.

Un nouveau fichier

La loi crée un fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (FIJAIT), dont les données pourront être conservées pendant vingt ans.

Ce fichier concerne les personnes ayant été condamnées, même si une procédure d’appel est en cours. Les mineurs pourront aussi être inscrits dans ce fichier et leurs données conservées jusqu’à dix ans. L’inscription ne sera pas automatique et se fera sur décision judiciaire.

Certaines mises en examen pourront aussi apparaître sur ce fichier. En cas de non-lieu, relaxe, acquittement, amnistie ou réhabilitation, ces informations seront effacées.

Renseignement pénitentiaire

Le renseignement pénitentiaire pourra, dans des conditions qui seront fixées par décret, profiter des techniques que légalise le projet de loi pour les services de renseignement. La ministre de la justice, Christiane Taubira, était défavorable à cette disposition, soutenue par le rapporteur du texte, la droite et une partie des députés de gauche. Pour la ministre, cette innovation va dénaturer le renseignement pénitentiaire et le transformer en véritable service de renseignement.

Conservation des données

La CNIL a fait part à plusieurs reprises de sa volonté d’exercer sa mission de contrôle sur les fichiers liés au renseignement, qui seront alimentés par ces collectes. Ces fichiers sont aujourd’hui exclus du périmètre d’action de la CNIL.

La durée de conservation des données collectées, et l’adaptation de cette durée à la technique employée, a par ailleurs été inscrite dans la loi, contrairement au projet initial du gouvernement qui entendait fixer ces limites par décret. Elle pourra aller jusqu’à cinq ans dans le cas des données de connexion.

Un dispositif pour les lanceurs d’alerte

La loi prévoit également une forme de protection pour les agents qui seraient témoins de surveillance illégale. Ces lanceurs d’alerte pourraient solliciter la CNCTR, voire le premier ministre, et leur fournir toutes les pièces utiles. La CNCTR pourra ensuite aviser le procureur de la république et solliciter la commission consultative du secret de la défense nationale afin que cette dernière « donne au premier ministre son avis sur la possibilité de déclassifier tout ou partie de ces éléments ». Aucune mesure de rétorsion ne pourra viser l’agent qui aurait dénoncé des actes potentiellement illégaux.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 18:19

http://www.humanite.fr/migrants-des-ponts-pas-des-murs-573452?IdTis=XTC-FT08-AT3LWP-DD-DLH85-D6PE

Des ponts, pas des murs

Mercredi 6 Mai 2015

Près de cent organisations décident de se mobiliser contre les naufrages en Méditerranée et lancent un appel au président de la république et à tous les élus pour qu'ils mettent en œuvre une autre politique.

Après les naufrages qui, en Méditerranée, ont provoqué la mort et la disparition d’au moins deux mille personnes depuis le début de l’année, les chefs d’état réunis lors du sommet extraordinaire de l’Union Européenne le 23 avril 2015 ont fait le choix non de sauver des vies mais de renforcer un arsenal sécuritaire en grande partie responsable de ces drames.

En vingt ans, plus de vingt mille personnes migrantes sont mortes aux frontières de l’Europe, nos organisations sont consternées par cette politique de non-assistance à personnes en danger.

Face à ces renonciations répétées aux valeurs fondatrices de l’Union Européenne, nous appelons le président de la république française et ses homologues européens à mettre en œuvre une autre politique, qui soit conforme au respect de la vie et de la dignité humaine.

A cette fin, nos organisations exhortent les états membres, dont la France, à mettre en œuvre sans délai une véritable opération de sauvetage en mer, dotée de moyens à la hauteur des besoins et portée par l’ensemble des états membres, à même de prévenir les naufrages et de secourir efficacement toute personne en détresse.

Elles demandent aux états membres de mettre en place un mécanisme d’accueil des personnes migrantes et réfugiées sur la base de la solidarité entre états membres, en activant en particulier le dispositif prévu par la directive européenne du 20 juillet 2001 relative à la protection temporaire en cas d’afflux de personnes déplacées.

Elles demandent aux états membres d’ouvrir des voies d’accès au territoire européen pour les personnes migrantes et réfugiées, dans le respect du droit international et européen.

Elles demandent aux états membres de bannir en matière de migrations toute coopération avec des états tiers, d’origine et de transit, qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux.

La situation exige que l’ensemble des élus locaux, nationaux et européens, prennent leurs responsabilités en participant concrètement à la mise en œuvre de ces solutions.

Nous demandons à rencontrer le président de la république pour que s’ouvre enfin un dialogue sur les politiques migratoires avec nos organisations représentant la société civile.

Premiers signataires

Amnesty International France, ATTAC, Ligue des Droits de l’Homme, Médecins Du Monde, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, Réseau Euro-Méditerranéen pour les Droits de l’Homme, Réseau Education Sans Frontières, Secours Catholique Caritas France, Syndicat de la Magistrature, Union Syndicale Solidaire

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