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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 15:34

Alexis Tsipras appelle les grecs à « en finir avec l’humiliation » (Reuters)

Alexis Tsipras, chef de file du parti de la gauche radicale grecque Syriza, a affirmé Jeudi 22 Janvier 2015 à ses milliers de partisans réunis en meeting à Athènes que la fin de « l'humiliation nationale » était à portée de vote.

A trois jours des législatives anticipées de dimanche, Syriza est donné en tête des intentions de vote et continue de creuser l'écart sur le parti Nouvelle Démocratie du premier ministre sortant Antonis Samaras.

Quatre sondages publiés jeudi placent Syriza vainqueur avec 4,8 à 6,2 points d'avance sur la formation conservatrice à la veille de la clôture de la campagne électorale.

L'institut Metron le crédite même de trente-six pour cent des intentions de voix, un score qui pourrait lui permettre de décrocher seul la majorité absolue à la Vouli, le parlement grec où siègent trois cent députés. L'avance de Syriza sur le parti Nouvelle Démocratie passe de 4,6 à 5,3 points dans cette enquête.

Un quatrième sondage de l'institut March pour Alpha TV montre que Syriza accroît son avance de 3,2 à 6,2 points par rapport à une précédente enquête d'opinion.

« Lundi, nous en aurons fini avec l'humiliation nationale. Nous en aurons fini avec les ordres venus de l'étranger », a lancé Alexis Tsipras aux milliers de partisans de Syriza venus l'écouter dans le centre d'Athènes en point d'orgue de sa campagne.

« Nous demandons une première chance pour Syriza, ce sera peut-être la dernière pour la Grèce », a-t-il ajouté.

« CHANGER LA GRÈCE, CHANGER L'EUROPE »

Le parti d’Alexis Tsipras entend rompre avec les politiques d'austérité mises en oeuvre depuis la crise de 2009 et renégocier la dette publique de la Grèce avec ses partenaires internationaux de l'Union Européenne et du FMI.

Son message séduit une large partie de l'électorat grec épuisé par les coupes effectuées dans les dépenses publiques et les programmes sociaux en contrepartie des deux cent quarante milliards d'euros d'aide accordés dans le cadre du programme d'assistance financière.

L'austérité a eu pour effet de réduire les salaires et les pensions de retraite et d'accroître le chômage, qui touche aujourd'hui plus de vingt-cinq pour cent de la population active.

« Je vais voter pour Alexis Tsipras parce que même mes parents, après quarante ans de travail, n'ont pas assez d'argent pour payer leur chauffage. Il est notre seul espoir, notre seule façon de nous en sortir », dit Maria Labridou, une enseignante de cinquante-cinq ans croisée dans la foule.

Alexis Tsipras a été rejoint à la tribune par Pablo Iglesias, le chef de file du parti de gauche espagnole Podemos qui visera lui aussi la victoire aux élections attendues l'automne prochain en Espagne.

« Le vent d'un changement démocratique s'est levé, d'un changement en Europe, d'un changement en Grèce. Il s'appelle Syriza en Grèce, il s'appelle Podemos en Espagne », a dit le dirigeant du parti espagnol né du mouvement des indignés.

« Changer la Grèce, changer l'Europe », pouvait-on lire sur les drapeaux brandis par les participants du meeting tandis que des haut-parleurs ont diffusé un classique du chanteur canadien Leonard Cohen, « first we take Manhattan, then we take Berlin ».

BATAILLE AUTOUR DE L'ANNONCE DE LA BCE

Dans le contexte de la campagne électorale, Antonis Samaras tout comme Syriza se sont efforcés de tourner à leur avantage la décision historique de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui a annoncé jeudi après-midi qu'elle allait racheter de la dette souveraine.

Antonis Samaras, le premier à réagir, a prévenu que la Grèce ne pourrait pas bénéficier de ce programme de rachat de dette si elle ne trouve pas un terrain d'entente avec ses créanciers sur le plan d'aide actuel.

« La décision prise aujourd'hui par la Banque Centrale Européenne rend évident le fait que si nous n'achevons pas avec nos créanciers l'examen du programme actuel, qui prend fin dans un mois, nous serons exclus », a dit le premier ministre grec au cours d'une intervention télévisée.

Syriza a aussitôt riposté en estimant que le programme de la BCE apportait un « démenti à tous ceux qui ont semé la peur et la panique. C'est une décision importante dont le prochain gouvernement grec tirera avantage pour le bénéfice du pays », a assuré le parti dans un communiqué.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 21:10

http://www.france-palestine.org/Au-premier-rang-pour-saluer

http://www.france-irak-actualite.com/2015/01/au-premier-rang-pour-saluer.html

Au premier rang pour saluer

Par Uri Avnery

Lundi 19 Janvier 2015

Les trois terroristes islamiques auraient pu être très fiers d’eux s’ils avaient vécu pour le voir.

En commettant deux attaques, assez banales selon les normes israéliennes, ils ont semé la panique dans toute la France, jeté des millions de personnes dans les rues, réuni plus de quarante chefs d’états à Paris. Ils ont modifié le paysage de la capitale française et d’autres villes de France en mobilisant des milliers de militaires et de policiers pour protéger des cibles potentielles juives ou autres. Pendant plusieurs jours ils ont fait la une des informations du monde entier, trois terroristes, agissant probablement seuls, trois.

Pour d’autres terroristes islamiques potentiels d’Europe et d’Amérique, cela doit représenter un énorme succès. C’est une invitation pour des individus et des groupuscules à refaire la même chose, partout.

Le terrorisme signifie répandre la peur. Les trois de Paris ont à coup sûr réussi à le faire. Ils ont terrorisé la population française. Et si trois jeunes sans aucune qualification peuvent faire cela, imaginez ce que pourraient faire trente, ou trois cent.

Franchement, je n’aime pas les énormes manifestations. J’ai participé dans ma vie à beaucoup de manifestations, peut-être plus de cinq cent, mais toujours contre les pouvoirs en place. Je n’ai jamais participé à une manifestation à l’appel du gouvernement, même pour une bonne cause. Cela me rappelle trop l’ancienne union soviétique, l’Italie fasciste et pire, pas pour moi, merci.

Mais cette manifestation particulière fut aussi contre-productive. Non seulement elle a prouvé que le terrorisme est efficace, non seulement elle incite à des attaques similaires, mais elle porte aussi atteinte au vrai combat contre les fanatiques.

Pour mener un combat efficace, on doit se mettre dans la peau des fanatiques pour tenter de comprendre la dynamique qui pousse de jeunes musulmans nés sur place à commettre de tels actes. Qui sont-ils ? À quoi pensent-ils ? Quels sont leurs sentiments ? Dans quel environnement ont-ils grandi ? Que peut-on faire pour les faire changer ?

Après des décennies de désintérêt, c’est une rude tâche. Cela demande du temps et du travail, sans garantie de résultats. Il est beaucoup plus facile pour les politiques de défiler dans la rue devant les caméras. Et qui marchait au premier rang, rayonnant comme un vainqueur, notre irremplaçable Benjamin Netanyahou.

Comment a-t-il fait pour arriver là ? Les faits se sont déroulés en un temps record. Il semble qu’il n’était absolument pas invité. Au contraire, le président François Hollande lui avait adressé un message explicite, je vous en prie, ne venez pas. Cela ferait de la manifestation une expression de solidarité avec les juifs, au lieu d’une protestation publique en faveur de la liberté de la presse et d’autres « valeurs républicaines ». Benjamin Netanyahou vint malgré tout, escorté de deux ministres d’extrême droite.

Placé au second rang, il fit ce que font les israéliens, il a poussé de côté un président noir africain placé devant lui pour se mettre lui-même au premier rang.

Une fois-là, il se mit à adresser des signes aux gens sur les balcons le long du parcours. Il était rayonnant, comme un général romain à son défilé triomphal.

On peut imaginer les sentiments de François Hollande et des autres chefs d’états, qui tentaient d’afficher une attitude solennelle et triste de circonstance, face à cette manifestation de culot.

Benjamin Netanyahou est venu à Paris dans le cadre de sa campagne électorale. En vétéran chevronné, il savait que trois jours à Paris, avec la visite de synagogues et des discours juifs et fiers, valaient plus que trois semaines à domicile, à polémiquer.

Le sang des quatre juifs assassinés dans le supermarché kascher n’était pas encore sec, que les dirigeants israéliens appelaient les juifs de France à faire leurs bagages pour venir en Israël. Israël est, comme chacun sait, l’endroit le plus sûr au monde. C’était là une réaction sioniste instinctive, presque automatique. Les juifs sont en danger.

Leur seul refuge sûr est Israël. Hâtez-vous de venir. Le jour suivant, les journaux israéliens annonçaient joyeusement qu’en 2015 plus de dix mille juifs français étaient près à venir vivre ici, poussés par un antisémitisme croissant.

Apparemment, il y a beaucoup d’antisémitisme en France et dans les autres pays d’Europe, mais probablement beaucoup moins que d’islamophobie. Mais la lutte entre juifs et arabes sur le sol français à peu de rapports avec l’antisémitisme. C’est un combat importé d’Afrique du Nord.

Quand la guerre de libération algérienne éclata en 1954, les juifs de là-bas durent choisir leur camp. Presque tous choisirent de soutenir la puissance coloniale, la France, contre le peuple algérien.

Il y avait à cela des antécédents historiques. En 1870, le ministre français de la justice, Adolphe Crémieux, qui se trouvait être juif, accorda la citoyenneté française à tous les juifs algériens, les distinguant de leurs voisins musulmans.

Le Front de Libération Algérien (FLN) fit de gros efforts pour amener les juifs locaux à prendre parti pour lui. Je le sais parce que je fus quelque peu concerné.

Leur organisation clandestine en France me demanda de créer un groupe de soutien israélien, afin de convaincre nos coreligionnaires algériens. Je fondai le « comité israélien pour une Algérie libre » et éditai des documents qui furent utilisés par le FLN pour gagner les juifs à leur cause.

En vain, les juifs locaux, fiers de leur citoyenneté française, apportèrent loyalement leur soutien aux colonialistes. À la fin, les juifs jouèrent un rôle important dans l’OAS, le mouvement français extrémiste clandestin qui mena une lutte sanglante contre ceux qui combattaient pour la liberté. Il en résulta que tous les juifs fuirent l’Algérie en même temps que les français lorsqu’arriva le jour du choix. Ils n’allèrent pas en Israël. Ils allèrent presque tous en France, à la différence des juifs marocains et tunisiens, dont beaucoup vinrent en Israël. En général, les plus pauvres et les moins éduqués choisirent Israël, tandis que l’élite d’éducation française alla en France et au Canada.

Nous assistons maintenant à la poursuite de cette guerre sur le sol français entre musulmans et juifs algériens. Les juifs « français » tués lors de l’attaque avaient tous les quatre des noms nord-africains et ils ont été enterrés en Israël.

Pas sans difficultés, le gouvernement israélien a exercé de fortes pressions sur les quatre familles pour enterrer leurs fils ici. Elles voulaient les enterrer en France, près de chez eux.

Après beaucoup de marchandage sur le prix des tombes, les familles ont fini par donner leur accord.

On a dit que les israéliens aiment l’immigration mais qu’ils n’aiment pas les immigrants. Cela vaut certainement pour les nouveaux immigrants « français ». Ces dernières années, des touristes « français » sont venus ici en grand nombre.

Ils n’ont pas été souvent appréciés. En particulier lorsqu’ils se sont mis à acheter tous les appartements sur le front de mer de Tel Aviv en les laissant vides, comme une sorte d’assurance, tandis que les jeunes locaux ne pouvaient ni trouver ni se payer des appartements dans la région métropolitaine. Pratiquement tous ces touristes et immigrants « français » sont d’origine nord-africaine.

Quand on leur demande ce qui les pousse à venir en Israël, ils répondent de façon unanime, l’antisémitisme. Ce n’est pas un phénomène nouveau. En réalité, la grande majorité des israéliens, eux-mêmes ou leurs parents ou leurs grands-parents, furent conduits par l’antisémitisme à venir ici.

Les deux termes, antisémitisme et sionisme, sont apparus à peu près en même temps, vers la fin du dix-neuvième siècle. Theodor Hertzl, le fondateur du mouvement sioniste, en conçut l’idée lorsqu’il travaillait en France comme correspondant étranger d’un journal de Vienne pendant l’affaire Dreyfus, lorsqu’un antisémitisme virulent en France atteignit de nouveaux sommets.

Antisémitisme, cela va de soi, n’est pas le mot qui convient. Les arabes sont des sémites, eux aussi. Mais le mot est en général employé pour désigner seulement ceux qui ont la haine des juifs.

Plus tard, Theodor Herzl courtisa les dirigeants ouvertement antisémites de Russie et d’ailleurs, les appelant à l’aide et promettant de les délivrer des juifs.

C’est aussi ce qu’ont fait ses successeurs. En 1939, l’Irgoun clandestin projeta une invasion de la Palestine avec l’aide de généraux profondément antisémites de l’armée polonaise. On peut se demander si l’état d’Israël aurait pu voir le jour en 1948 s’il n’y avait pas eu l’Holocauste. Récemment, un million et demi de juifs russes ont été poussés en Israël par l’antisémitisme.

Le sionisme est né à la fin du dix-neuvième siècle en réponse directe au défi de l’antisémitisme. Après la révolution française, la nouvelle idée nationale s’est emparée de toutes les nations européennes, grandes et petites, et les mouvements nationaux étaient dans leur ensemble plus ou moins antisémites.

La croyance fondamentale du sionisme est que les juifs ne peuvent vivre nulle part ailleurs que dans un état juif, parce que la victoire de l’antisémitisme est partout inéluctable. Que les juifs d’Amérique se réjouissent de leur liberté et de leur prospérité, tôt ou tard cela prendra fin. Ils sont condamnés comme les juifs de partout en dehors d’Israël.

La nouvelle atrocité de Paris ne fait que confirmer cette croyance fondamentale. Il y a eu très peu de commisération en Israël. Plutôt, un sentiment inavoué de triomphe. La réaction instinctive des israéliens ordinaires est « on vous l’avait dit » et aussi « venez vite, avant qu’il ne soit trop tard ».

J’ai souvent tenté d’expliquer à mes amis arabes que les antisémites sont les plus grands ennemis du peuple palestinien. Les antisémites ont aidé à pousser les juifs vers la Palestine et ils sont aujourd’hui en train refaire la même chose. Et certains des nouveaux immigrants vont à coup sûr s’installer au-delà de la Ligne Verte dans les territoires palestiniens occupés, sur des terres arabes spoliées.

Le fait qu’Israël tire profit de l’attentat de Paris a conduit des médias arabes à penser que toute l’affaire n’est en réalité qu’une opération « sous fausse bannière ». Donc, dans le cas présent, les auteurs arabes étaient en réalité manipulés par le Mossad israélien.

Après un crime, la première question qui vient à l’esprit est « cui bono », à qui cela profite ? Il est évident que le seul à sortir vainqueur de cette atrocité est Israël. Mais en tirer la conclusion qu’Israël est derrière les djihadistes est une pure absurdité.

Il est clair que l’ensemble du djihadisme islamique sur le territoire européen ne nuit qu’aux musulmans. Les fanatiques de toutes espèces viennent généralement en aide à leurs pires ennemis. Les trois musulmans qui ont perpétré les atrocités de Paris ont certainement rendu un grand service à Benjamin Nétanyahou.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 20:45

http://www.insurge.fr/15WEB/15TRACT/15_01_16_liberte_democratiques_charlie_epicerie_casher.html

Après le massacre à Charlie Hebdo, puis dans une épicerie casher

Défendre les libertés démocratiques contre toutes les manœuvres réactionnaires

Vendredi 16 Janvier 2015

Le 7 janvier, en réaction à l'assassinat de journalistes et salariés de Charlie Hebdo, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés spontanément dans de nombreuses villes. Au-delà de la protestation, il s'agissait de défendre la liberté de la presse, laquelle inclut le droit à la satire.

La liberté d'expression, incluant la liberté de la presse, est un droit démocratique fondamental.

Cette liberté est décisive pour pouvoir dénoncer le militarisme, le colonialisme et le néo colonialisme, les méfaits des appareils d'État, la corruption, le chauvinisme, etc. Et cette liberté est indispensable pour organiser le combat des salariés et de la jeunesse contre les exploiteurs et le capitalisme.

Cette liberté de critiquer y compris les religions est aussi, paradoxalement, une garantie pour la liberté de croyance. Il est significatif que le Vendredi 9 Janvier 2015, après l'attaque organisée contre Charlie Hebdo, une attaque ait été menée contre une épicerie casher, tuant quatre clients, pour les agresseurs, s'attaquer à un symbole de la liberté de satire, puis à une épicerie symbolisant une religion différente de la leur, relevait d'un seul combat contre ceux, athées ou croyants, qui ne pensaient pas comme eux.

Une mobilisation spontanée embrigadée par le gouvernement

Pour contenir et canaliser la mobilisation qui s'est engagée spontanément Mercredi 7 Janvier 2015, le gouvernement a aussitôt mis en place un dispositif d'union nationale. Non sans mal, il est significatif que dans diverses villes, comme à Lyon, la tentative des notables de lancer la Marseillaise fut couverte par la foule qui se mit à scander « Charlie ».

Et le gouvernement a organisé « sa » manifestation à Paris, Dimanche 11 Janvier 2015, à laquelle se sont ralliés les syndicats et la plupart des partis, Parti Socialiste, PCF et Parti de Gauche. Et Manuel Valls a invité Nicolas Sarkozy et les chefs de l'UMP.

Des gouvernements liberticides en tête du cortège

Cette manifestation, comme celles qui eurent lieu dans de nombreuses villes les Samedi 10 Janvier et Dimanche 11 Janvier 2015, fut un véritable raz de marée.

Cela ne signifie aucunement que les manifestants approuvaient cette opération d'union avec le gouvernement et les partis bourgeois. Encore moins qu'ils approuvaient la présence de dizaines de chefs d’état et de gouvernement, tels ceux liberticides de Turquie, de Hongrie ou du Gabon, ou tel Benjamin Netanyahou, responsable du massacre de milliers de palestiniens à Gaza.

Une liberté d'expression toujours menacée

Aujourd'hui, des partis bourgeois, des églises diverses et des conservateurs de tous poils s'indignent de ce massacre organisé contre la liberté d'expression. Mais en même temps, au nom de l'unité nationale, ils proposent de limiter la liberté d'expression. Certains demandent de nouvelles lois sécuritaires. D'autres revendiquent qu'on mette fin à la possibilité de critiquer les religions.

Le pape en particulier, qui va jusqu'à expliquer, Jeudi 15 Janvier 2015, que si quelqu'un « dit un gros mot sur ma mère, il doit s'attendre à recevoir un coup de poing. C'est normal. On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi ».

Comment s'étonner alors que, en Asie ou en Afrique, des gouvernements ou des forces politiques réactionnaires encouragent, par dignitaires religieux interposés, à manifester contre Charlie Hebdo ? Exacerber les passions religieuses, vouloir mettre les religions à l'abri de la critique, ce n'est qu'un moyen de détourner la colère de populations frappées par la misère. En Europe comme en Asie ou ailleurs, les organisations religieuses protègent le capitalisme et ses rapaces.

Toutes les libertés démocratiques sont menacées par les gouvernements et les forces qui défendent le capitalisme. Les immigrés sans papiers peuvent le mesurer chaque jour. Ceux qui, fuyant la Syrie ou d'autres dictatures, demandent l'asile politique en savent quelque chose.

Et le projet d'un concordat, revendiqué par un responsable de l'UMP, donnerait des pouvoirs exorbitants aux religions, ce serait une autre attaque inacceptable contre les libertés démocratiques.

Le capitalisme est responsable de cette barbarie

Les forces comme Daesh ou al Qaeda, en Syrie, au Yémen ou ailleurs, avec ceux qu'elles endoctrinent et embrigadent dans différents pays, tels les responsables du massacre à Charlie Hebdo, constituent une pointe avancée de la barbarie. Mais ces « barbares » des temps modernes ne tombent pas du ciel, ces groupes se sont développés dans des régions ravagées par les puissances impérialistes, comme ce fut le cas en Irak anéanti par deux guerres impérialistes, comme c'est le cas au Proche-Orient ravagé par le colonialisme sioniste et comme c'est le cas en Syrie où la dictature syrienne d’Assad a été protégée des décennies durant par les États-Unis, la France et la Russie. Aujourd'hui encore, la révolution démocratique syrienne est laissée sans défenses face à ses bourreaux, privée de tout réel armement, tandis que le mouvement ouvrier international ne lui montre quasi aucune solidarité. C'est dans ce contexte que se sont développés des groupes ultra réactionnaires, dont Daech protégé initialement par Bachar al-Assad, et d'autres financés par de riches mécènes des pays de la région. Et ces groupes sont eux aussi des farouches défenseurs du capitalisme.

Comment ne pas comprendre que ces groupes, jouant sur la xénophobie et la misère que subissent, en Europe, nombre d'enfants d'immigrés, puissent à leur tour embrigader quelques dizaines de paumés ? En usant pour cela de la religion comme d'une drogue ? Cela permet aux organisations xénophobes et fascisantes de lancer de nouvelles attaques contre les immigrés en procédant par amalgames.

Non à l'union nationale

Il n'en reste pas moins que le caractère spontané des rassemblements qui eurent lieu dès le Mercredi 7 Janvier 2015 et l'ampleur de la mobilisation pour protéger la liberté d'expression sont un point d'appui contre les manœuvres visant limiter le droit à la critique, à renforcer les mesures policières et à soumettre la société aux exigences de l’église catholique. Ce combat ne peut que se poursuivre.

Mais il ne peut pas être mené en réalisant « l’union nationale », ni avec un gouvernement qui poursuit l'offensive contre les travailleurs, renforce les mesures visant la population immigrée et élabore de nouvelles lois liberticides, ni avec François Bayrou, Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen.

Seule la mobilisation des travailleurs et de la jeunesse, avec leurs propres syndicats et partis unis, peut imposer la défense des libertés démocratiques. Et cette unité doit, sur cette question aussi, se réaliser sur un terrain de classe, indépendamment de l’état, du gouvernement et des partis de la bourgeoisie.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 20:22

http://america.aljazeera.com/articles/2015/1/7/charlie-hebdo-muslim.html

L’attaque contre Charlie Hebdo, une « aubaine » pour l'extrême droite, disent les musulmans français

L'attaque contre l’hebdomadaire satirique qui a tué douze personnes peut attiser les flammes de l'islamophobie politique, disent les musulmans

Mercredi 7 Janvier 2015

Par Massoud Hayoun

Les dirigeants de la communauté musulmane en France décrivent l'attaque d’aujourd’hui contre l’hebdomadaire Charlie Hebdo comme « une véritable aubaine pour les partis d'extrême-droite », condamnant la fusillade qui a tué douze personnes comme « une attaque contre les musulmans français » ainsi que leurs compatriotes non-musulmans.

Deux hommes armés et masqués ont fait irruption dans les bureaux du journal, utilisant des armes à feu automatiques et tuant douze personnes. Pendant l'assaut, on les a entendus crier « dieu est grand » et l'acte a été décrit par les autorités françaises comme un acte de « terrorisme ».

« C’est un véritable cauchemar pour la communauté musulmane, mais une véritable aubaine pour les partis d'extrême droite qui exploiteront ce crime épouvantable », a dit Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), un parti politique représentant les intérêts de personnes de beaucoup d'anciennes colonies à majorité musulmane de la France en Afrique et ailleurs.

« Les gens qui ont commis ce crime ont commis un crime non seulement contre Charlie Hebdo, mais aussi contre la communauté musulmane », a déclaré Houria Bouteldja. Le PIR s’est opposé aux caricatures du journal du prophète Mahomet, il a déclaré que le journal était « obsédé par l'islam et l'islamisme depuis des années » et il vise à combattre ce qu'il appelle des caricatures islamophobes « sur le plan politique » et non par la violence.

L'assaut contre Charlie Hebdo « va permettre aux gens d'attaquer les musulmans », a déclaré un autre membre du PIR et leader de la communauté musulmane, Youssef Boussoumah.

Le parti d'extrême droite en France qui monte, le Front National, a rapidement condamné l'attaque d’aujourd’hui mais il a aussi exprimé la crainte que les musulmans français constituent une menace à la sécurité nationale.

« L'islam est une religion difficile, car il confond la loi civile et religieuse. Il ne reconnaît pas le principe français de gouvernement laïc », a déclaré à al Jazeera le trésorier national du Front National et ancien conseiller juridique du parti, Wallerand de Saint Just.

Wallerand de Saint-Just dit qu'il a visité le site de la tuerie à Paris quelques heures après l'attaque, et que les témoins lui ont dit que « les assaillants parlaient parfaitement le français comme des citoyens français ».

« En France, nous avons tant de terroristes potentiels », a-t-il dit. «L'islam a tendance à créer des fanatiques plus que toute autre religion. Les faits sur le terrain le prouvent ».

Les analystes de la politique française ont dit qu'ils étaient d'accord avec les dirigeants de la communauté musulmane que l'attaque de mercredi attiserait les flammes de ce que certains considèrent comme la montée de la haine contre les compatriotes musulmans.

L'incident « peut renforcer l'islamophobie et faire que les gens voient les musulmans comme tous les mêmes, comme une menace pour notre civilisation et nos valeurs », a déclaré Alain Gresh, rédacteur en chef adjoint du Monde Diplomatique, journal français d’analyse politique, et célèbre commentateur des affaires du Moyen-Orient.

Certains ont dit que les radicaux musulmans français ont attaqué Charlie Hebdo en réponse à ce que beaucoup considèrent comme l'augmentation de l'islamophobie en France. Mais les auteurs ont probablement seulement utilisé l'islam comme un prétexte pour commettre des actes de violence, a déclaré Olivier Roy, ancien consultant du ministère français des affaires étrangères, professeur à l’Institut Universitaire Européen à Florence en Italie et spécialiste des questions de sécurité et des groupes armés islamistes.

« Les auteurs de ces attentats se disent motivés par la politique ou la Palestine, ce n’est pas le cas. Si tel était le cas, nous aurions des milliers de français musulmans radicalisés », dit Olivier Roy.

Il y avait des attaques similaires en France, Olivier Roy dit que ces événements ne sont pas nouveaux dans les deux dernières décennies, bien que l'ampleur de cette attaque est plus importante, « nous nous trouvons devant un phénomène Columbine », a-t-il dit, se référant à l'incident de 1999 dans laquelle deux étudiants armés ont tué douze camarades et un enseignant à l'école secondaire Columbine au Colorado.

Nous avons « des jeunes qui ouvrent le feu en public pour tuer autant que possible. Ils sont fascinés par la violence », a-t-il dit, ajoutant que les jeux vidéo populaires nourrissent souvent la soif de sang.

L'Islam n’est qu'un « prétexte. Ils avaient besoin d'une cause » pour tuer des gens et savaient qu’une attaque contre Charlie Hebdo aurait un impact, dit Olivier Roy, notant que la question de la caricature est déjà vieille de plusieurs années. Le journal a été incendié en 2011 après la publication d'une caricature satirique de Mahomet sur sa couverture.

Alors que de nombreux musulmans français étaient opposés aux caricatures de Charlie Hebdo, il n'y a jamais eu un tollé populaire collectif contre eux, dit Olivier Roy.

De même, les politiques français perçus comme islamophobes par des groupes comme le PIR et la loi de 2010 qui interdit le voile couvrant la tête des femmes, appelé niqab en arabe, ne sont pas non plus susceptibles d’être des motifs de l'attaque d’aujourd’hui.

« La communauté musulmane française est très diversifiée », a déclaré Olivier Roy. « Les plus laïcs d’entre eux ont soutenu Charlie Hebdo ».

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 19:33

http://www.saphirnews.com/Charlie-Hebdo-La-terreur-n-aura-pas-le-dernier-mot_a20223.html

La terreur n’aura pas le dernier mot

Par Guy Aurenche, président du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement Terre Solidaire ; Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique ; Rachid Lahlou, président du Secours Islamique France

Mercredi 7 Janvier 2015

À la suite de l’attentat perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo, le Secours Catholique Caritas France, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement Terre Solidaire et le Secours Islamique rappellent que la fraternité est le seul remède face à la barbarie.

L’attentat perpétré ce matin contre la rédaction de Charlie Hebdo nous bouleverse et nous partageons la douleur des proches des victimes. En ce début d’année 2015, nous ressentons l’ampleur du choc que provoque cette attaque au sein de la société française, et l’effroi ressenti par la population. Face à cette atteinte intolérable à la liberté d’expression, nous voulons simplement réaffirmer ce pourquoi nous luttons, les valeurs que nous défendons.

Nous croyons la solidarité plus forte que la violence.


Nous appelons chacun, individus, communautés religieuses et associations à créer un élan de fraternité qui témoignera de la réalité de cette force au cœur de la nuit.

Nous croyons le dialogue plus fort que la terreur.


Nous appelons chacun, individus, communautés religieuses et associations à s’engager publiquement au service d’une laïcité de dialogue et du respect de la liberté de conscience.


Nous appelons chacun, individus, communautés religieuses et associations à poursuivre la construction d’une France et d’un monde fraternels.

Nous ne laisserons pas tuer l’espoir.


Nous appelons chacun, individus, communautés religieuses et associations à rejoindre tous ceux qui sont, en France et dans le monde, engagés pour lutter contre l’inacceptable inhumanité.

Car c’est bien ensemble que nous relèverons ces défis.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 19:21

http://www.socialisme-2010.fr/blog/page14.php

Contre « l’union sacrée », je ne suis pas Charlie

Par Robert Duguet

Sans doute quelques-uns de mes lecteurs et amis ont pu s’étonner, qu’après les événements du Mercredi 7 janvier 2015, les colonnes de ce blog soient restées muettes. Ce n’est pas l’effet d’un désintérêt par rapport à la situation politique, loin de là, au contraire. Mais la plus extrême confusion politique entretenue, orchestrée par le gouvernement Hollande Valls Cazeneuve et mise en musique par les grands médias, ne me semblait pas propice à lever le voile sur une formidable imposture et escroquerie. Je ne reviendrai pas sur l’émotion spontanée qu’ont suscitée dans le pays ces attentats intolérables et inacceptables.

Des millions de citoyens ont défilés sur les places publiques et dans les rues. Mais la manifestation parisienne du Dimanche 11 Janvier 2015 en particulier a fait l’objet d’une opération dite « d’union sacrée », allant du néo-libéralisme allemand, ce centre de la politique européenne qui fait peser la misère sociale sur les peuples, en particulier du sud de l’Europe, flanquée de quelques dictateurs et, cerise sur le gâteau, au bout de la chaîne le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, bourreau du peuple palestinien. Dès la préparation des manifestations, les associations de défense des droits de l’homme, dont s’il vous plait la LICRA, condamnaient la récupération par l’oligarchie politique. Le terme « d’union sacrée » employé à dessein par le premier ministre et par la direction du Parti Socialiste n’a pas été choisi au hasard.

Sommes-nous en août 1914 ?

Après l’assassinat de Jean Jaurès et l’isolement des opposants Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg au sein de la social-démocratie allemande, l’internationale ouvrière sombrait dans l’union sacrée, « prolétaires de tous les pays, égorgez-vous ». Il faut situer cette répugnante opération politicienne par rapport aux objectifs qu’elle s’assigne, particulièrement depuis la première intervention militaire de la France en Irak, ralliant la diplomatie et la politique internationale des Etats Unis, cette politique a conduit à déstabiliser le Moyen Orient, qui est aujourd’hui une véritable poudrière. Souvenons-nous encore l’été dernier des positions prises par le gouvernement Hollande, justifiant le martyre du peuple palestinien à Gaza, et cédant aux injonctions scandaleuses du CRIF. Nous sommes bel et bien entrés dans la logique du « choc des civilisations », décrite par le sociologue de l’extrême droite américaine Samuel Huttington. « L’union sacrée » prépare d’autres interventions guerrières.

C’est cela qu’ils ont fait Dimanche 11 Janvier 2015, escroquant la bonne foi humaniste des millions d’hommes et de femmes qui sont descendus spontanément dans la rue pour dire leur attachement au vivre ensemble, aux valeurs démocratiques et laïques sur lesquelles la république française est fondée.

Nous ne mangerons pas de ce pain-là ! Nous ne sommes pas Charlie !

Sans doute certains courants de la conscience humaniste et de la gauche radicale ont raison de dire que la question de la laïcité préserve et garantit le vivre ensemble. Ce n’est pas, loin de là la seule réponse, mais elle en fait partie. Faut-il rappeler que la loi de 1905, dite de séparation des églises et de l’état, se fonde sur la liberté absolue de conscience. Que la république n’intervient pas, en rupture avec les concordats d’ancien régime, dans les affaires de la vie privée.

Que cette loi était le résultat d’un compromis entre la bourgeoisie républicaine et le mouvement ouvrier, Jean Jaurès étant un de ses principaux rédacteurs. Mais l’esprit même de la loi a été détournée par tous ceux qui, à droite comme dans la « gauche » officielle depuis 1981 dans un sens qui n’a plus rien à voir avec la laïcité. Passons sur la liquidation du CNAL par le mitterrandisme et le refus d’appliquer le mot d’ordre historique des laïcs, « fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privée ». Ce mot d’ordre du reste s’inscrivant parfaitement dans le principe défini par le deuxième article de la loi de séparation, « la république ne salarie et ne subventionne aucun culte ».

Depuis 1986 et la première affaire des trois gamines de Creil portant le voile à l’entrée de leur établissement scolaire, on assiste à une véritable perversion et détournement des positions laïques. De la séparation des églises et de l’état, on est passé progressivement à la désignation de la religion musulmane comme portant atteinte aux valeurs laïques alors que dans le même mouvement l’état continuait à financer plus que substantiellement l’école privée catholique, quand des gouvernement dits « socialistes » construisaient la cathédrale d’Evry partiellement sur fonds privés. Et Charlie Hebdo s’est situé dans la continuité de ce mouvement. A l’origine c’était un journal satirique, d’esprit libertaire et anti clérical, qui pouvait brocarder aussi bien les curés que les rabbins ou les imams, ou les gaullistes, « bal tragique à Colombey, un mort ». En 2000, sous la responsabilité de son nouveau directeur Philippe Vall, Charlie Hebdo est devenu pro-israélien et a soutenu l’agression israélienne au Liban en 2006. A partir de là son « anti cléricalisme » cible la religion musulmane et devient islamophobe. Et là les choses commencent à prendre un tour qui n’a plus rien à voir avec la laïcité et la liberté absolue de conscience.

Le directeur-adjoint du Monde Diplomatique Alain Greish écrit à juste titre « qu’en mars 2006, Philippe Val a signé le manifeste des douze, ensemble contre le nouveau totalitarisme, publié dans l’hebdomadaire l’Express, et signé par Bernard-Henri Lévy, Caroline Fourest et Antoine Sfeir. Ce manifeste écrit « qu’après avoir surmonté le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de nature totalitaire, l’islamisme. Nous, écrivains, journalistes et intellectuels, appelons à la résistance contre le totalitarisme religieux et à promouvoir la liberté, l’égalité des chances et la laïcité pour tous ». Mais ces positions ont entraîné des divisions dans l’équipe et plusieurs membres ont démissionné. Tout en prétendant défendre la liberté de la presse, Charlie Hebdo a expulsé un de ses dessinateurs étoiles, Siné, s’appuyant sur de fausses accusations d’antisémitisme ».

Au niveau de la ligne politique on est donc pas très loin de « Riposte Laïque », ce journal électronique prétendument laïc qui est un parvis de l’extrême droite.

Contre « l’union sacrée », il faudra bien faire ce que font nos camarades de Syriza et de Podemos.

Au-delà de la laïcité, de la liberté d’opinion et de conscience, au-delà de la question du vivre ensemble et du cadre institutionnel et politique qui le permet, il faut une politique contre le néo-libéralisme, c’est-à-dire anticapitaliste. Le front unique Hollande Merkel Netanyahou prépare de nouvelles aventures guerrières contre la liberté des peuples, il prend appui sur l’incapacité actuelle de la gauche radicale française à offrir un débouché. A l’international, on sait ce qu’ils nous promettent. Sur le terrain social, ils ont déjà annoncé la couleur, il faut plus de flics et plus de moyens militaires au détriment des services publics.

La gauche radicale française peine à prendre la mesure de ce qui se passe dans les pays du sud de l’Europe, en particulier en Grèce avec Syriza et en Espagne avec Podemos. C’est pourtant là qu’est la seule alternative possible, des mouvements politiques de type nouveau aspirant à reconstruire leur pays en rupture avec l’austérité et le néo-libéralisme. Nous prenons acte que Lundi 19 Janvier 2015 plusieurs organisations de la gauche anti-austéritaire tiennent meeting à Paris aux côtés de Syriza. C’est une première dans les journées que nous venons de vivre qui est la bienvenue.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 18:52

Petro Porochenko dit que neuf mille soldats russes sont en Ukraine (Reuters)

Le président ukrainien, Petro Porochenko, a affirmé, Mercredi 21 Janvier 2015, lors du forum économique mondial de Davos, que neuf mille soldats russes se trouvaient actuellement en territoire ukrainien et il a demandé à Moscou de les retirer sans attendre.

Dans un discours devant les délégués venus du monde entier, il a déclaré que ces soldats russes étaient équipés d'armes lourdes, notamment de chars de combat et de canons.

« Si ce n'est pas une agression, alors qu'est-ce qu'une agression », a-t-il lancé.

Il a demandé à la Russie de respecter l'accord conclu en septembre à Minsk en retirant ses forces d'Ukraine et en contrôlant sa frontière afin que les séparatistes de l'est du pays ne reçoivent plus d'aide.

A Bruxelles, l'OTAN a dit avoir constaté une augmentation du nombre des chars, des pièces d'artillerie et d'autres matériels lourds utilisés par des soldats russes dans l'est de l'Ukraine.

Jens Stoltenberg, secrétaire-général de l’OTAN, a de nouveau demandé à la Russie de retirer ses troupes.

Les affrontements entre armée ukrainienne et séparatistes ont fait plus de quatre mille huit cent morts depuis avril 2014.

« Notre approche est très simple, nous n'avons rien à négocier. Nous avons ce qui est prévu par l'accord de Minsk et tout ce qu'il faut, c'est un cessez-le-feu immédiat, un retrait de l'artillerie lourde, des armes lourdes et des chars de combat de la ligne de confrontation », a dit Petro Porochenko à Davos.

« QUELLES PREUVES », DEMANDE MOSCOU

« La solution est très simple, c'est d'arrêter de fournir des armes, de retirer les troupes et de fermer la frontière. C’est un plan de paix très simple. Si on veut discuter de quelque chose de différent, c'est qu'on n'est pas pour la paix mais pour la guerre ».

Moscou dément avec force avoir des troupes engagées en Ukraine.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que Kiev n'étayait ses accusations par aucune preuve.

« Je le dis à chaque fois, si vous portez des accusations avec autant d'aplomb, présentez des faits. Mais personne ne peut présenter des faits ou ne veut le faire », a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

« Donc, avant de nous demander de cesser de faire quelque chose, merci de bien vouloir nous apporter la preuve que nous l'avons fait ».

Sergueï Lavrov a toutefois admis que les séparatistes pro-russes occupaient désormais un territoire plus vaste que celui qui leur a été imparti dans le cadre du cessez-le-feu conclu à Minsk. Il a dit avoir reçu des garanties de la part des rebelles qui ont promis de reculer jusqu'aux limites définies en septembre 2014.

Les ministres russe, ukrainien, allemand et français des affaires étrangères doivent discuter dans la soirée à Berlin des moyens de faire baisser la tension dans l'est de l'Ukraine et de préparer, si possible, un sommet des dirigeants de ces quatre pays.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:18

http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/01/19/dans-cette-grece-declassee-prete-a-voter-syriza_4558894_3214.html

Dans cette Grèce déclassée prête à voter Syriza

Electricité coupée, retraites et droits sociaux amputés, nombre de grecs veulent la fin de l’austérité

Par Adéa Guillot, correspondante du Monde à Athènes

Lundi 19 Janvier 2015

Ce matin-là de janvier, il fait trois degrés à Athènes. Et seulement treize degrés dans l’appartement d’Evguénia Michalakou, dans le très résidentiel quartier d’Aghia Paraskevi, à l’est de la capitale grecque. « Cela vous semble peu ? Pour nous, c’est un petit miracle », lance dans un sourire cette pétillante quadragénaire. Après deux ans sans électricité, Evguénia Michalakou et sa famille viennent en effet de se faire rétablir le courant le 31 décembre 2014.

« Depuis, on a installé deux gros radiateurs électriques à roulettes que l’on balade de pièce en pièce, et nous avons retrouvé le plaisir de nous laver à l’eau chaude. Nous reprenons une vie normale », se félicite cette mère de deux garçons de onze et dix-huit ans, réceptionniste téléphonique.

« Jusqu’en 2010, mon mari et moi gagnions à nous deux environ trois mille euros par mois et nous vivions tout à fait confortablement », explique-t-elle. « Mais, en 2010, mon mari a perdu son travail, et mon salaire a baissé de cinquante pour cent. Depuis, nous vivons avec mes quatre cent euros de salaire mensuels, alors nous avons dû cesser de payer nos factures ».

Dix mille familles bénéficiaires

La région Attique, désormais dirigée par la gauche radicale de Syriza, est intervenue pour rétablir le courant chez Evguénia Michalakou et négocier un étalement de sa dette avec la compagnie grecque d’électricité. « Ma mère va m’aider sur sa retraite de sept cent euros à payer deux cent vingt euros par mois pendant neuf mois, mais c’est la région qui a payé la première mensualité », raconte Evguénia Michalakou. Comme les Michalakou, dix mille familles devraient bénéficier de cette aide d’ici à la fin 2016.

« Je suis au chômage depuis près de deux ans et ma femme aussi », explique Sotiris Bouranis, rencontré dans les locaux du dispensaire de santé de Médecins Du Monde (MDM) à Pérama, une banlieue populaire d’Athènes.

Perdre son emploi en Grèce, c’est perdre dans l’année qui suit sa couverture sociale et donc l’accès aux soins. « Je suis venu faire vacciner gratuitement mon fils Aris de quatre ans, car je n’ai pas les quatre-vingt euros pour acheter le vaccin alors que j’ai bossé et cotisé pendant près de vingt ans », s’emporte Sotiris Bouranis.

« Crise humanitaire »

Le chômage atteint en Grèce 25,5 % de la population active, soit plus d’un million de personnes, mais, avec les ayants droit, femmes et enfants, MDM estime que près de trois millions de grecs seraient aujourd’hui exclus du système de santé publique. « Nous voyons beaucoup de petits entrepreneurs qui ont fait faillite dans la crise », précise Liana Maïli, la présidente de MDM en Grèce. Une nouvelle loi visant à aider les patients non assurés à se faire soigner à l’hôpital vient d’être votée, mais n’est pas encore véritablement appliquée.

Dans une petite ruelle du centre d’Athènes, une centaine de retraités, tous tirés à quatre épingles, attendent comme chaque jour la distribution de la soupe populaire organisée par la fondation religieuse Gallini (« la Paix »). « Je ne dis à personne que je viens manger ici », avoue, pudique, une vieille dame particulièrement élégante.

« Leur retraite ne dépasse souvent pas les sept cent euros par mois, pas assez pour faire face à tous leurs besoins », soupire Sotiris, l’un des bénévoles. Dans le cadre des mesures d’austérité imposées à la Grèce depuis quatre ans en échange de deux cent quarante milliards d’euros de prêts, les retraites ont en effet été amputées de trente pour cent en moyenne. Les soupes populaires, qu’elles soient gérées par l’église ou par des ONG, se sont multipliées. La nourriture distribuée ce jour-là par Gallini vient des cuisines d’un grand hôtel.

C’est l’association Boroume (« nous pouvons »), créée en 2012 par Xénia Papastravou, qui sert de facilitateur entre donateurs et bénéficiaires. « J’ai créé Boroume il y a deux ans face à un constat simple, de plus en plus de grecs ont du mal à se nourrir alors que des tonnes de denrées sont gaspillées chaque jour », raconte la jeune femme.

« Aujourd’hui, nous distribuons près de trois mille repas par jour dans quatre-vingt villes de Grèce, soit plus de deux millions de repas depuis 2012. Nos bénéficiaires sont surtout des retraités et des chômeurs souvent issus de ce que l’on appelait avant la classe moyenne », explique-t-elle.

C’est cette Grèce déclassée, lessivée par quatre années de crise et d’austérité, qui s’apprête aujourd’hui à voter pour Syriza, aux élections législatives du 25 janvier 2015. Le parti entend bien étendre à l’échelle nationale les recettes sociales expérimentées en Attique, la plus grande région de Grèce autour d’Athènes.

« Sur notre budget de cinq cent soixante-dix-neuf millions d’euros, nous allouons treize millions à notre plan pour soulager l’urgence sociale », affirme Christos Karamanos, le vice-président de la région aux affaires économiques et sociales. « Trente pour cent de la population grecque a basculé sous le seuil de pauvreté depuis quatre ans et nous devons mettre fin à cette crise humanitaire. Si Syriza gagne, nous affecterons un milliard huit cent millions d’euros pour aider les plus pauvres ».

Jugées populistes et irréalistes par les conservateurs de Nouvelle Démocratie, ces promesses séduisent pourtant les grecs les plus vulnérables, même s’ils sont sans grandes illusions. « Ce n’est pas que je crois vraiment à leur projet », avoue Antigone Chiovanaki, une autre bénéficiaire du programme de rétablissement de courant de la région, « mais je veux juste que cela s’arrête. J’ai voté toute ma vie pour Nouvelle Démocratie, mais je ne crois plus à leurs promesses ».

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:08

Jean Luc Mélenchon dit travailler à une alliance avec les écologistes (Reuters)

Jean-Luc Mélenchon a dit Mardi 20 Janvier 2015 travailler à une alliance avec les écologistes, sur le modèle du parti anti-austérité grec Syriza qui a accru son avance sur les conservateurs au pouvoir avant les élections législatives de dimanche en Grèce.

Un meeting de soutien à Syriza a réuni Lundi 19 Janvier 2015 à Paris les leaders du Front De Gauche, mais aussi l'écologiste Cécile Duflot et plusieurs représentants de l'aile gauche du Parti Socialiste.

« Il y a un pays qui se cherche et voici que s'allume une lumière en Grèce », a estimé mardi Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV et RMC.

« Il ne faut pas se contenter de critiquer la politique du gouvernement socialiste, il faut proposer quelque chose, et quelque chose d'ample qui ne soit pas étroitement boutiquier et partisan », a-t-il ajouté.

À une question relative à l’alliance entre le Front De Gauche et les écologistes, l’ancien co-président du Parti de Gauche a répondu que « c’est clair, nous travaillons à la construire ».

Cette coalition pourra-t-elle présenter des candidats communs aux élections régionales de novembre 2015 ? « Clairement, c'est le but », a-t-il dit.

La députée écologiste Cécile Duflot, ancienne ministre du logement du gouvernement socialiste, s'est de son côté montrée plus réservée sur France Inter. « Aujourd'hui les enjeux sont européens », a-t-elle dit.

Syriza, qui entend renégocier le plan d'aide international à la Grèce et effacer une partie de sa dette publique, est crédité de 33,1% d'intentions de vote contre 28,5% pour la Nouvelle Démocratie du premier ministre Antonis Samaras.

Pour Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement français, « la France n'est pas du tout dans la situation que connaît la Grèce aujourd'hui. Il n'y a pas une alternative qui se construit à gauche », a-t-il dit sur RTL, rappelant que le Front National était arrivé en tête aux élections européennes de mai 2014.

« Jouer l'échec de la gauche qui gouverne n'est pas la solution et ne sera jamais la solution », a-t-il ajouté. « À gauche, il faut se rassembler ».

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:33

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/72428/debat-edwy-plenel-tariq-ramadan-lethique-philosophie-premiere

Débat entre Edwy Plenel et Tariq Ramadan

« L’éthique comme philosophie première »

Par Mathieu Miannay

Mardi 20 Janvier 2015

Ils étaient plus de cinq cent venus Samedi 17 Janvier 2015 assister au débat organisé à Brétigny sur Orge, entre le journaliste Edwy Plenel et l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. L’audience est majoritairement musulmane. Mais au lieu d’un débat, les deux hommes animent une conférence dont le discours aborde les différentes responsabilités qui incombent aujourd’hui aux musulmans.

Dans la tourmente nationale et médiatique que nous vivons depuis les attentats du Mercredi 7 Janvier 2015, l’une des réponses apportée est la solidarité nationale. Or une partie de la population française est parfois mise à l’écart de cette « union sacrée », sous réserve de se justifier parce que les tueries ont été commises au nom d’allah. Samedi 17 Janvier 2015, l’imam cheikh Najah de Vigneux-sur-Seine est intervenu pour rappeler que l’islam condamne fermement les assassinats, « deux musulmans ont tué douze personnes à Paris. Et ils ont dit ensuite, « allah akbar, nous avons vengé le prophète ». Est-ce que cela est islamiquement valable ? Est-ce que le prophète a demandé à ce qu’on le venge ? Vu qu’ils disent que c’est au nom de dieu, c’est bien de regarder ce que dieu dit dans le coran. Vu qu’ils disent que c’est au nom du prophète, c’est bien de regarder ce que dit le prophète via les hadiths. Ces jeunes-là n’étaient pas musulmans. Comment oser prétendre venger le prophète quand celui-ci est miséricordieux envers tous ses prochains, même les plus mécréants ? Quand on tue un homme on tue toute l’humanité ».

Mais comment les musulmans de l’Essonne vivent et ressentent les évènements de ces derniers jours ? Leur présence en nombre avec cinq cent personnes Samedi 17 Janvier 2015, démontre qu’ils sont tout autant atteints par les évènements récents et en plein questionnement. Les réponses apportées par Edwy Plenel et Tariq Ramadan sont évidemment d’une nature différente de celle de l’imam. Le premier va apporter une réflexion politique, tandis que le second apportera une dimension plus spirituelle. Mais les deux hommes abordent la question philosophique de l’éthique comme le terreau de la cohésion nationale. Le journaliste de Mediapart cite même Baruch Spinoza, « ni rire, ni pleurer, mais comprendre ».

Notre site vous propose ici un résumé non exhaustif de la conférence afin de saisir les enjeux de ce positionnement pour les musulmans de l’Essonne.

Le temps immédiat de l’émotion

A l’heure d’internet et des chaînes d’information en continu, notre époque est sous la domination de l’immédiateté. Le culte du présent asphyxie toute réflexion au profit de l’exacerbation des émotions. Baruch Spinoza écrit que les passions sont des empires, aussi Tariq Ramadan évoque l’incompréhension dans les rapports humains lorsqu’ils sont dominés par des charges émotives trop fortes dressées en opposition, « nous avons la responsabilité de dire des choses qui sont audibles par ceux à qui nous nous adressons ». Il suggère donc de maîtriser ses émotions, « la colère c’est le naturel, le spirituel c’est le contrôle. Et dans votre situation aujourd’hui nous avons besoin d’un vrai contrôle. Les choses sont inaudibles sous le coup de l’émotion, la charge émotionnelle est lourde. Il faut savoir porter la nuance ».

Dans le positionnement spirituel exprimé par Tariq Ramadan ce soir-là, le rôle du maître n’est pas celui d’une autorité à laquelle un disciple doit se soumettre, mais celui d’un guide qui apprend la maîtrise de soi. Cette maîtrise est possible à la condition d’un travail critique. Or la critique n’est pas un jugement, sinon un jugement nuancé, mais un acte de comprendre.

L’écrivain confie à la salle le souvenir intime à propos d’un de ses anciens élèves, qui un soir a frappé sa propre mère au visage. Devant l’horreur le professeur condamne à l’époque son élève, jusqu’à ce que la sœur de ce dernier lui explique le geste dans le récit de leur vie. En contextualisant le geste dans un processus historique et social, il a appris à maîtriser ses émotions pour mieux les dépasser, et comprendre son élève. Tariq Ramadan explique qu’il y eut dès lors un basculement des rôles, l’élève devient maître et inversement car l’un a appris à l’autre le contrôle de ses émotions. Ce contrôle permet à Tarik Ramadan de dire que « je juge l’acte, mais je ne juge pas l’homme ». Dès lors comprendre ne revient pas à justifier l’acte, mais à tenter de saisir le processus social qui a conduit à cet acte.

De ce processus social, les personnes dans la salle ont interpellé les deux intervenants au sujet des dysfonctionnements du système éducatif et carcéral pouvant expliquer le parcours des terroristes. La question de la représentation politico-médiatique a également été abordée, ainsi que celle de l’image renvoyée pour les personnes de confession musulmane. Même si Edwy Plenel relativise, « dans ces attentats, il y a deux nouvelles, le vrai visage de la France, c’est celui des victimes, des personnes de toutes couleurs, athées, juives, chrétiennes et musulmanes, et le vrai héros positif de cette histoire, c’est ce malien de vingt-neuf ans qui a caché les otages de l’Hyper Casher ».

Mais ce positionnement éthique suppose de s’inscrire dans un temps long, plus propice à la réflexion.

Le temps long de la politique

Pour Edwy Plenel, nous sommes dans le besoin de changer de régime temporel. Le problème est de savoir comment réunir les conditions d’un temps politique plus long, ou encore d’un temps de l’éthique. Pour le journaliste, la réponse ne viendra pas de l’extérieur, mais de l’initiative citoyenne. Il est de notre responsabilité de citoyens de penser des espaces au sein desquels nous puissions établir de nouveaux repères, permettant de dépasser le temps de l’émotion et laisser place à la compréhension de l’autre, et des forces sociales qui le traversent. Certains de ces espaces existent déjà, rappelle Edwy Plenel, dans le tissu associatif ou dans une certaine presse indépendante et participative à l’instar de Mediapart. Aujourd’hui le danger pressenti par Edwy Plenel et Tariq Ramadan serait un repli communautaire. C’est pourquoi les deux hommes insistent sur l’importance que les musulmans prennent position dans le monde, non pas pour s’en justifier, mais pour s’en emparer, en devenir des acteurs.

« Nous devons mener la bataille tous ensemble, que personne ne soit plus spectateur », clame le journaliste. Pour Tariq Ramadan, il y a aussi un « travail culturel critique » à mener pour les musulmans de France, « il faut interroger notre héritage culturel, notamment la question patriarcale, et voir comment la culture française enrichit notre patrimoine. Les musulmans doivent être impliqués et avoir le courage de ne pas se soumettre aux injonctions communautaires ».

Cette responsabilité n’est bien sûr possible à la condition que chaque individu se sente citoyen et concitoyen de la république. L’essai d’Edwy Plenel, « pour les musulmans » prend ici tout son sens, comment réussir à créer ces espaces communs, à garantir une éthique entre les individus si l’on remet en question toute une tranche de la population française pour des raisons de croyance religieuse ? On comprend alors les réticences face à l’injonction du « je suis Charlie ». L’intellectuel Frédéric Lordon lui-même écrit sur son blog Mardi 13 Janvier 2015 à propos des dangers de cette formule, par sa structure métonymique qui trouble les différentes significations, ne s’enferme-t-on pas dans le temps immédiat de l’émotion ?

Se poser la question éthique et non morale est une nécessité. Mais elle suppose une double responsabilité individuelle et collective. Emmanuel Lévinas nous dit que l’éthique est une responsabilité devant autrui, c’est savoir le considérer, et nous pourrions compléter, construire les rapports humains sur ce qui rassemble et non ce qui divise dans la diversité de chacun. Le succès de cet évènement, organisé par Action Pour un Monde Sans Frontières, est en cela encourageant. Il révèle ce même besoin de rassemblement et de cohésion ressenti lors de la manifestation du Dimanche11Janvier 2015. L’accueil très chaleureux réservé à Edwy Plenel en est un parfait exemple. Submergé par l’émotion, le fondateur de Mediapart laisse échapper quelques larmes lorsqu’il « donne » à l’assemblée une prose de Charles Péguy et de Jean Jaurès, parmi les plus poétiques et éloquentes sur la liberté et la fraternité.

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