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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:06

Barrage de Sivens, l’Union Européenne ouvre une procédure contre la France (Reuters)

La commission européenne a ouvert Mercredi 26 Novembre 2014 une procédure d'infraction contre la France pour non-respect de la directive sur l'eau sur le site du barrage controversé de Sivens, suspendu depuis la mort de l'opposant Rémi Fraisse.

La ministre de l'écologie Ségolène Royal espère un projet révisé d'ici la fin de l'année pour ce barrage situé en zone humide.

« La commission européenne a décidé d'envoyer une lettre de mise en demeure à la France pour violation présumée, par les autorités françaises, de la directive-cadre sur l'eau dans la réalisation du projet de construction de barrage hydraulique de Sivens », a dit un porte-parole chargé de l'environnement à Bruxelles.

La commission européenne juge que le projet a été autorisé en dépit de « la détérioration de l'état écologique de la masse d'eau concernée qu'il serait susceptible d'entraîner », a-t-il ajouté.

Cette mise en demeure n'est qu'une première étape, puisque la France a deux mois pour répondre. Bruxelles pourra ensuite fermer le dossier ou adresser en retour un avis motivé qui, sans modification du projet dans les deux mois, peut aboutir à une saisine de la cour de justice de l'union européenne.

Le plan de financement du projet prévoit une contribution européenne à hauteur de deux millions d'euros, via le fonds de développement régional, pour un coût total de huit millions quatre cent mille euros.

« De toute façon, le barrage de Sivens aujourd'hui est suspendu », a dit Ségolène Royal à la presse à la sortie du conseil des ministres. « La procédure engagée par Bruxelles est pour l'instant une contribution à la réflexion. Je vais regarder dans le détail ce que dit la commission européenne et ensuite je vais voir de combien d'eau ont besoin les agriculteurs, de combien d'eau a besoin la rivière, quels sont les impacts en matière de qualité de l'eau. A partir de là, on verra quel projet s'adapte aux besoins et pas l'inverse », a-t-elle ajouté, assurant que le « nouveau projet » respecterait les critères européens.

La directive dite « protection et gestion de l'eau » vise notamment à promouvoir l'utilisation durable de l'eau et à prévenir la pollution. Une zone humide, telle que celle du Testet où devait être établi le barrage, se caractérise précisément par la prépondérance de l'eau dans l'écosystème.

Europe Ecologie Les Verts, qui s'oppose de longue date au projet initial, estime pour sa part que la procédure d'infraction « confirme le caractère néfaste » du barrage.

« Les écologistes demandent une nouvelle fois l’arrêt définitif du projet de barrage de Sivens », déclare la secrétaire nationale, Emmanuelle Cosse, dans un communiqué, ajoutant que « l’obstination des élus dans le non-respect des règles est à l'origine des tensions sur place et de leur issue dramatique ».

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 21:10

L’ancien premier ministre socialiste portugais José Socrates inculpé pour corruption (Reuters)

L'ancien premier ministre socialiste portugais José Socrates a été inculpé Lundi 24 Novembre 2014 pour corruption et fraude fiscale et maintenu en détention préventive après trois jours de garde à vue.

L'avocat de l’ancien chef du gouvernement, Joao Araujo, a qualifié la décision « d’injuste et injustifiée » et annoncé son intention de faire appel.

C'est la première fois qu'un ancien chef du gouvernement portugais est ainsi placé en détention depuis la fin de la dictature salazariste en 1974.

José Socrates, qui a cinquante sept ans, a été arrêté vendredi soir à l'aéroport de Lisbonne, en provenance de Paris où il réside depuis sa démission en 2011.

Premier ministre de 2005 à 2011, José Socrates a quitté son poste au milieu de son second mandat, après avoir été contraint de demander un plan de sauvetage international pour permettre à l'économie portugaise de surmonter la crise de la dette en contrepartie de dures mesures d'austérité.

Trois proches de l’ancien premier ministre ont également été arrêtés, dont le chauffeur de José Socrates, soupçonné d'avoir transporté en voiture de grosses sommes d'argent liquide du Portugal jusqu'à Paris.

Pour certains observateurs, cette inculpation pourrait réduire les chances des socialistes d'obtenir la majorité absolue au parlement lors des législatives de l'an prochain, et pourrait même leur coûter la victoire.

Revigorés par l'élection d'un nouveau chef en septembre 2014, le maire de Lisbonne Antonio Costa, un ancien ministre de José Socrates, les socialistes ont accru leur avance dans les sondages aux dépens de la coalition de centre droit au pouvoir.

Le gouvernement lui-même n'a pas été épargné par l'offensive des magistrats contre la corruption. L'arrestation en début de mois du directeur des services de l'immigration, soupçonné de corruption dans l'émission de « visas dorés » à destination des riches étrangers, a provoqué la démission du ministre de l’intérieur Miguel Macedo.

Lancés en octobre 2012 en pleine crise de la dette, les « visas dorés » sont proposés à des étrangers, notamment chinois, prêts à investir au moins cinq cent mille euros dans l'immobilier, par exemple. Ils ont rapporté plus d'un milliard d'euros.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 21:04

http://www.cgt.fr/Reaction-de-la-CGT-aux-pretendues.html

Réaction de la CGT aux prétendues « révélations » du Canard Enchaîné

Mardi 25 Novembre 2014

Dans son édition du Mercredi 26 Novembre 2014, le Canard Enchaîné rend publique une prétendue « révélation », sur les travaux d’aménagement effectués dans le bureau du secrétaire général et de ses collaboratrices.

La CGT s’étonne que, depuis plusieurs semaines, une campagne de presse se focalise sur les travaux réalisés dans l’environnement du secrétaire général.

En effet, depuis la construction de la bourse nationale du travail à Montreuil, la CGT conduit, chaque année, un programme de travaux d’entretien, de rénovation, de modification et de mise aux normes des bâtiments.

Ainsi, par exemple, récemment, des travaux de mise aux normes handicapées du complexe ou encore l’aménagement d’une salle permettant d’accueillir dans les meilleures conditions les militants des territoires ont été entrepris. Vont-ils également faire la une de la presse ?

A toutes fins utiles, nous rappelons, une fois encore, que les comptes de la CGT, publiés et consultables sont doublement audités, par un commissaire aux comptes indépendant et par une commission financière de contrôle, élue par le congrès des syndicats de la CGT.

Celle-ci s’emploie actuellement à faire toute la lumière sur les dysfonctionnements concernant le montant et l’engagement des dépenses de la confédération.

La CGT ce sont des centaines de milliers de femmes et hommes qui s’engagent chaque jour pour défendre des valeurs de progrès et les intérêts du monde du travail, bien loin de l’image que le Canard Enchaîné essaie d’entretenir par ses « révélations ».

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 18:25

Nuit d’émeute à Ferguson aux Etats Unis, le policier ne sera pas jugé (Reuters)

La ville de Ferguson, dans le Missouri, a vécu une nuit d'émeute sur fond de tensions raciales après la décision d'un grand jury de ne pas inculper le policier blanc à l'origine du décès d'un jeune noir en août dernier.

Selon un bilan dressé Mardi 25 Novembre 2014 par le chef de la police du comté de Saint Louis, une dizaine de bâtiments ont été incendiés. Il a fait état de cent cinquante coups de feu durant cette nuit de vandalisme et d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre qui ont procédé à une soixantaine d'arrestations.

Les survols de la zone ont été limités. La police a eu le plus grand mal à contenir les manifestants. Des vitrines ont été brisées, des voitures et des locaux d'entreprises incendiés, malgré les appels à la retenue lancés par Barack Obama lui-même.

Il n'y a apparemment pas eu de blessé grave. Selon le chef de la police, les émeutes de lundi soir et de mardi matin ont pourtant été « bien plus graves » que les troubles qui ont suivi la mort de Michael Brown, le jeune homme de dix huit ans mortellement blessé par le policier blanc Darren Wilson alors qu'il n'était pas armé, le 9 août 2014.

D'autres manifestations ont eu lieu lundi soir à New York, à Chicago, à Seattle, à Los Angeles ou à Washington, la capitale fédérale.

A Ferguson, la foule s'est rassemblée près du siège de la police après la décision des jurés.

La police de Saint Louis a fait état de tirs nourris d'armes automatiques dans le quartier où Michael Brown a été tué le 9 août. Selon Jon Belmar, le chef de la police, les forces de l'ordre n'ont pas tiré un seul coup de feu, même après avoir essuyé des jets de pierres, de bouteilles et de divers projectiles.

Les agents ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes.

« Assassins, vous n'êtes que des assassins, de sales assassins », a lancé une femme munie d'un mégaphone s'adressant aux policiers après l'annonce de la décision du jury, composé de neuf blancs et de trois noirs.

OBAMA APPELLE AU CALME

La famille de Michael Brown s'est déclarée « profondément déçue » de cette décision, tout en appelant au calme et à des actions pacifiques. Les proches de la victime militent notamment pour que les policiers portent des caméras individuelles afin d'éviter des bavures.

Barack Obama a également pris la parole pour exhorter les habitants de Ferguson à réagir dans le calme et inviter la police à la retenue.

« Notre pays s'est construit sur le règne du droit et nous devons accepter cette décision du grand jury », a déclaré le président lors d'une conférence de presse télévisée.

« Nous devons admettre que le cas de Ferguson est emblématique des défis plus grands que notre pays doit encore affronter. Dans trop de régions du pays, une profonde méfiance subsiste entre la police et les communautés de couleur », a ajouté le premier président afro-américain des Etats-Unis.

A New York, le militant des droits civiques Al Sharpton a parlé d'un « coup très sévère porté à ceux qui souhaitaient un procès juste et équitable ».

L'ENQUÊTE FÉDÉRALE SE POURSUIT

Le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, a mobilisé la Garde Nationale et renforcé la présence policière à Ferguson, une ville majoritairement noire de vingt et un mille habitants.

Cette décision a été critiquée par des militants, qui soulignent que la réponse brutale de la police lors des premiers incidents d'août 2014 n'a fait qu'envenimer la situation.

Le grand jury était réuni depuis fin août. Il a entendu une soixantaine de témoins.

Le procureur Robert Mac Culloch n'a pas dit si la décision avait été unanime, rappelant que les réunions des grands jurys étaient secrètes. Il aurait fallu neuf voix pour une inculpation.

L'enquête fédérale ouverte après la fusillade se poursuit. Eric Holder, ministre de la justice, rappelle dans un communiqué que les enquêteurs du département de la justice n'ont pour pas encore conclu.

Selon Robert Mac Culloch, beaucoup de témoignages ne corroboraient pas les constatations physiques. « Beaucoup de témoins ont reconnu qu'ils n'avaient pas assisté à la fusillade », a-t-il dit.

Michael Brown est soupçonné d'avoir volé des cigares dans une épicerie de quartier peu avant son décès. Il marchait en compagnie d'un ami quand il a été abordé par le policier, qui n'était pas informé du vol.

Les avocats de la famille de la victime assurent que le jeune homme était prêt à obtempérer quand il a été abattu. Les partisans de Darren Wilson assurent que le policier a eu peur pour sa vie et qu'il a agi en état de légitime défense.

Darren Wilson a tiré à douze reprises sur Michael Brown et la dernière balle l'a atteint à la tête, a précisé Robert Mac Culloch.

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 18:12

La France reporte sine die la livraison du Mistral à la Russie (Reuters)

La France a annoncé Mardi 25 Novembre 2014 qu'elle reportait « jusqu'à nouvel ordre » la livraison d'un premier porte-hélicoptère Mistral à la Russie en raison de la dégradation de la situation dans l'est de l'Ukraine, sans toutefois provoquer de crise avec Moscou.

« Le président de la république considère que la situation actuelle dans l’est de l'Ukraine ne permet toujours pas la livraison du premier BPC », lit-on dans un communiqué de la présidence. « Il a donc estimé qu’il convenait de surseoir, jusqu’à nouvel ordre, à l’examen de la demande d’autorisation nécessaire à l’exportation du premier BPC » à la Russie.

L'entourage de François Hollande a fait savoir qu'un « contact à haut niveau » avait eu lieu mardi entre les autorités russes et françaises, le président français « souhaitant que les autorités russes soient préalablement tenues au courant. L'entreprise liée contractuellement avait besoin de connaître la position de l'état quant à l'autorisation ou non de livrer le bâtiment », a-t-on expliqué de même source. « Nous sommes pour le respect des contrats signés mais la France doit aussi tenir compte des circonstances exceptionnelles liées à la dégradation de la situation en Ukraine ».

En Russie, le vice-ministre de la défense Iouri Borissov a déclaré que son pays ne lancerait pas de procédure contre la France à la suite de ce report mais espérait toujours que le contrat serait honoré, rapporte l'agence de presse RIA.

LIVRAISON EN FÉVRIER ?

Selon une source au ministère russe de la défense, la livraison pourrait être reportée de trois mois, « ce qui nous conduit à la mi-février ».

Les autorités françaises avaient annoncé qu'elles prendraient leur décision avant la fin novembre.

Le sujet n'a officiellement pas été abordé par François Hollande et Vladimir Poutine lors de leur dernier entretien en tête-à-tête du 15 novembre, en marge du sommet du G20 de Brisbane, en Australie.

Sous la pression de ses partenaires, notamment américains, hostiles à la livraison des deux « Bâtiments de Projection et de Commandement » (BPC) en pleine crise ukrainienne dans laquelle le rôle de Moscou a été dénoncé par les occidentaux, François Hollande avait annoncé le 3 septembre 2014 que les conditions n'étaient pas réunies pour livrer le premier navire.

Le 16 octobre, il avait déclaré que le respect du cessez-le-feu en Ukraine restait l'une des conditions pour que la France accepte de livrer les Mistral.

Mais d'après l'armée ukrainienne, cent cinquante soldats ont trouvé la mort depuis l'entrée en vigueur de ce cessez-le-feu le 5 septembre 2014, prévu par le protocole de Minsk signé par l'Ukraine, la Russie et les séparatistes de l'est sous les auspices de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Les deux camps s'accusent mutuellement de ne pas respecter cette trêve.

RAPATRIEMENT DES ÉQUIPAGES RUSSES ?

Depuis le début du conflit séparatiste dans l'est de l'Ukraine, en avril 2014, les affrontements ont fait plus de quatre mille trois cent morts, selon un bilan fourni la semaine dernière par le haut commissaire aux droits de l'homme de l’ONU.

Le premier BPC, le Vladivostok, devait initialement être livré en octobre 2014 et quatre cent marins russes ont été formés depuis le 30 juin à sa manoeuvre dans le port de Saint-Nazaire, mais l'entraînement est désormais terminé.

Une source militaire citée mardi par l'agence Interfax a fait savoir que la Russie prendrait d'ici une semaine une décision quant à un éventuel rapatriement de ses équipages.

Un refus de livrer les deux navires Mistral commandés par la Russie, dont la vente représente un montant d’un milliard deux cent millions d'euros, pourrait obliger la France à dédommager Moscou au-delà d'une date-butoir pour l'instant tenue secrète.

A Paris, ce report a été diversement apprécié.

Pour le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, « cette décision malheureuse décrédibilise fortement notre pays sur la scène mondiale ».

L'ancien ministre de la défense UDI Hervé Morin a en revanche donné raison à François Hollande. « Cela n'aurait pas été compris par nos amis européens », a-t-il dit dans les couloirs de l'assemblée nationale. « On ne peut pas livrer un matériel de guerre à quelqu'un qui ne respecte pas le droit international, ni ne respecte pas la souveraineté des états ».

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 20:32

Le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel, démissionne (Reuters)

Le secrétaire américain à la défense Chuck Hagel a présenté sa démission à Barack Obama qui l'a acceptée Lundi 24 Novembre 2014, trois semaines après la défaite du parti démocrate aux élections de mi-mandat.

Le président a lui-même annoncé depuis la Maison Blanche ce changement d'importance dans son administration pour les deux dernières années de son second mandat.

Chuck Hagel, qui n'est jamais parvenu à améliorer ses relations avec le congrès depuis une audience de confirmation tendue au sénat en 2013, a pris sa décision après de longues discussions entamées en octobre avec Barack Obama, a précisé un membre de l'administration ayant requis l'anonymat.

« Un successeur va être désigné dans un bref délai et le secrétaire Chuck Hagel demeurera secrétaire à la défense jusqu'à ce que son remplaçant soit approuvé par le sénat », a-t-il ajouté.

Dans une note interne de deux pages citée début novembre par le New York Times, Chuck Hagel s'interrogeait sur le bien fondé et les chances de succès de la stratégie du président en Syrie, jugeant que sa position au sujet du sort de Bachar al Assad manquait de clarté.

Barack Obama assure que les raids aériens de l'US Air Force contre les positions de l'Etat Islamique ne font pas le jeu du président syrien, dont Washington réclame le départ.

Dans sa déclaration depuis la Maison Blanche, le président américain a rappelé que son secrétaire à la défense lui « a toujours parlé franchement » et a été sincère dans ses conseils.

« Ce que je peux vous dire, c'est qu'aucune divergence n'est à l'origine de cette décision. Le secrétaire ne démissionne pas pour protester et n'est pas remercié », a assuré un membre de ses services.

Parmi les candidats à sa succession figurent Michele Flournoy, ancienne sous-secrétaire à la défense, et Ashton Carter, ancien secrétaire adjoint au Pentagone.

Jack Reed, sénateur démocrate du Rhode Island, est également présenté comme un possible prétendant.

Le président de la chambre des représentants, le républicain John Boehner, a réagi à ce départ en affirmant que le remplaçant de Chuck Hagel devrait être désigné dans le cadre d'une révision plus large de la stratégie militaire américaine.

« Ce changement de personne doit faire partie d'une révision plus large de notre stratégie face aux menaces que nous rencontrons à l'étranger, en particulier la menace posée par l'Etat Islamique », a-t-il dit dans un communiqué.

Cette prise de position peut être interprétée comme l'avertissement d'une procédure ardue de désignation du nouvel hôte du Pentagone.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 20:06

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/11/24/duel-tendu-pour-le-second-tour-de-la-presidentielle-tunisienne_4528258_3210.html?xtmc=tunisie&xtcr=2

Beiji Caïd Essebsi contre Moncef Marzouki, duel tendu pour le second tour de l’élection présidentielle tunisienne

Par Charlotte Bozonnet, envoyée spéciale du Monde à Tunis

Béji Caïd Essebsi contre Moncef Marzouki, le refus de l’islamisme contre le rejet de l’ancien régime, la promesse d’un état fort contre la défense de la révolution, les deux favoris de l’élection présidentielle tunisienne s’affronteront lors d’un second tour organisé d’ici à la fin de l’année. Selon les premières estimations, aucun des deux candidats n’a en effet réussi à convaincre plus de cinquante pour cent des électeurs, Dimanche 23 Novembre 2014, au terme d’une journée de vote sans incident majeur et, à bien des égards, historique pour le pays. Les tunisiens, qui n’ont connu que deux chefs de l’état élus depuis l’indépendance en 1956, votaient pour la première fois librement pour choisir un président.

Dimanche soir, chaque camp revendiquait des résultats très différents. La tenue d’un second tour est « probable », reconnaissait Mohsen Marzouk, directeur de campagne de Béji Caïd Essebsi, tout en assurant que « nous sommes en tête, avec au moins dix points d’écart ». Réponse, une heure plus tard, du directeur de campagne de Moncef Marzouki, « dans le pire des cas, nous sommes à égalité, et dans le meilleur, nous avons deux pour cent à quatre pour cent d’avance ».

« Rétablir l’autorité de l’état »

En réalité, selon les sondages à la sortie des urnes des trois principaux instituts, Béji Caïd Essebsi, le chef du parti Nidaa Tounès, principale formation anti-islamiste, arriverait en tête avec moins de cinquante pour cent des suffrages, devant le chef de l’Etat sortant, Moncef Marzouki, crédité de 26,9 % à 32,6 %. L’écart le plus probable entre les deux serait de l’ordre de huit à dix points. Avec 9,5 % à 10,9 % des voix, le troisième homme serait Hamma Hammami, le dirigeant du Front Populaire, coalition de partis de gauche et d’extrême gauche, qui était arrivé quatrième aux élections législatives d’octobre 2014. « Nous nous orientons vers un score à deux chiffres », se félicitait, dimanche soir, cet opposant historique à Zine Ben Ali, venu remercier ses militants, après une campagne très réussie. De son côté, Slim Riahi, l’homme d’affaires et président du Club Africain, arriverait en quatrième position, crédité de 5,4 % à 6,9 % des voix.

Le duel entre Moncef Marzouki et Béji Caïd Essebsi était annoncé depuis plusieurs semaines. « Béji Caïd Essebsi, c’est celui qui va remettre la Tunisie sur les rails, il a de l’expérience. Il va rétablir l’autorité de l’état dans le pays et à l’extérieur », estimait Lamia, institutrice, venue voter dès 8 heures, rue de Marseille, au centre de Tunis, assurant que « Moncef Marzouki, lui, ce n’est pas un homme politique ». A Fouchana, banlieue ouvrière du sud de Tunis, le discours était bien différent. « On ne peut pas condamner le travail de Moncef Marzouki. Il a fait ce qu’il a pu, vu le contexte difficile après la révolution », avançait Karim, employé dans le secteur de l’aéronautique. En revanche, « Béji Caïd Essebsi, on ne peut pas oublier qu’il faisait partie du système dans les années 1980 et 1990 ». Béji Caïd Essebsi a notamment été ministre sous Habib Bourguiba.

Bipolarisation

La tenue d’un second tour reflète la bipolarisation du paysage politique, entre d’un côté un courant anti-islamiste, pour qui la recherche de stabilité et la restauration de l’autorité de l’état priment, et de l’autre, un courant surtout inquiet de voir des anciens du régime de Zine Ben Ali revenir sur le devant de la scène. Ce dernier est constitué en grande partie de l’électorat du parti islamiste al Nahda, qui a souffert de décennies de répression sous les régimes précédents. Moncef Marzouki, qui a fait campagne sur le thème du rejet de l’ancien système, a reçu l’appui d’une partie des électeurs d’al Nahda qui n’avait pas présenté de candidat ni donné de consigne de vote. Pour de nombreux observateurs, le face-à-face entre ces deux mouvances promet une campagne de deuxième tour tendue.

Celle-ci a d’ailleurs commencé dès dimanche soir. A son Quartier Général de campagne, dans le quartier de l’Ariana, Moncef Marzouki a appelé « tous les démocrates » à le soutenir pour le second tour, se présentant à nouveau comme le candidat rempart « contre le retour du passé et le garant de l’équilibre des pouvoirs. Qu’un seul parti récupère l’ensemble des pouvoirs serait très dangereux pour la démocratie », a-t-il lancé, en référence à la victoire de Nidaa Tounès aux élections législatives d’octobre 2014. Le chef de l’état sortant attend particulièrement le soutien d’Hamma Hammami.

La position du troisième homme va être déterminante pour le second tour. Interrogé sur l’appel de Moncef Marzouki à ses « amis démocrates », Hamma Hammami se montrait dimanche soir très sec, commentant que « cela n’engage que lui ». L’opposition du Front Populaire au chef de l’état sortant est particulièrement vive, la formation anti-islamiste, n’a cessé de dénoncer les compromissions du président avec al Nahda. « Nous ne savons pas encore qui nous soutiendrons et si même nous soutiendrons quelqu’un », a poursuivi Hamma Hammami. Le Front Populaire doit se réunir pour prendre une décision cette semaine.

Au-delà des résultats, responsables politiques et électeurs étaient nombreux dimanche soir à saluer la dimension historique de cette journée. Visiblement ému, le dirigeant du Front Populaire a rendu un hommage appuyé à ce jour de vote, « c’est le fruit de la révolution pour laquelle des tunisiens et des tunisiennes se sont sacrifiés. Sans leur sang versé, nous n’aurions pas connu cette journée ».

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 18:05

L’armée irakienne reprend deux localités tenues par l’Etat Islamique (Reuters)

Des soldats irakiens appuyés par des miliciens chiites et des peshmergas ont repris Dimanche 23 Novembre 2014 le contrôle de deux localités tenues depuis plusieurs mois par les combattants de l'Etat Islamique et ont rouvert le principal axe de liaison entre Bagdad et la frontière iranienne.

La prise des localités de Djalaoula et de Saadiya, situées à cent quinze kilomètres au nord-est de Bagdad, n'a pas été confirmée de manière indépendante. Un grand nombre d'habitants ont fui les violences depuis longtemps. Les deux villes se trouvent dans la province de Diyala majoritairement contrôlée par les forces régulières soutenues par les combattants kurdes.

Au moins vingt trois peshmergas et miliciens auraient été tués et des dizaines d'autres ont été blessés dans les combats qui se sont déroulés dimanche, dit-on de sources médicales et militaires.

« Nous avons libéré Djalaoula et Saadiya », a déclaré Mala Bakhtiar, membre de l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK), ajoutant qu'une cinquantaine d'islamistes avaient été tués sur un contingent de quatre cent hommes.

La prise de ces localités stratégiques devrait permettre d'accroître la sécurité des villes de Kalar et de Khanakine tenues par les kurdes mais également celles de barrages et de champs pétrolifères situés dans la région, a dit Djabbar Yaouar, secrétaire général des peshmergas.

Elle permet également de rouvrir la route entre Bagdad et Khanakine, proche de la frontière iranienne.

Soutenue par des frappes aériennes de la coalition emmenée par les Etats-Unis, l'armée irakienne cherche à repousser l'Etat Islamique qui occupe un vaste territoire à cheval sur la Syrie et l'Irak.

La semaine dernière, l'armée irakienne a repris le contrôle de la raffinerie de Baïdji, la plus importante d'Irak, après plusieurs mois de siège, mais la poussée de l'Etat Islamique se poursuit dans la province occidentale d’al Anbar qui partage ses frontières avec la Syrie, la Jordanie et l'Arabie Saoudite.

Les djihadistes continuent d'ailleurs de se battre à Ramadi, la capitale de cette province, où quelques bâtiments sont encore sous le contrôle de l'armée.

S'ils ne sont pas encore entrés dans la capitale irakienne, les combattants de l'Etat Islamique contrôlent une série de villes situées à proximité de Bagdad et ont revendiqué plusieurs bombardements visant des quartiers chiites. Dimanche, l'explosion d'une voiture piégée a fait cinq morts à Youssoufia, une ville à majorité chiite située à trente kilomètres au sud-est de Bagdad.

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:15

http://www.agone.org/memoiressociales/laguerredespagne

« La guerre d’Espagne, révolution et contre révolution »

Par Burnett Bolloten

Traduit de l'anglais par Étienne Dobenesque

L’une des premières initiatives des comités locaux consista à interdire le commerce privé, à mettre entre les mains de la collectivité les terres des riches, et parfois celles des pauvres, ainsi que les bâtiments agricoles, l’outillage, le bétail et les moyens de transport.

À quelques rares exceptions près, les coiffeurs, les boulangers, les charpentiers, les médecins, les dentistes, les enseignants et les tailleurs durent eux aussi s’intégrer au système collectif. Au sein de certaines communautés, l’utilisation de l’argent fut supprimée pour les échanges internes. « Ici, s’il prend à quelqu’un la fantaisie de jeter des billets de mille pesetas dans la rue, personne n’y prêtera attention. Rockefeller, si vous veniez à Fraga avec tout votre compte en banque, vous ne pourriez même pas vous payer une tasse de café. L’argent, votre serviteur et votre dieu, a été chassé de notre ville et le peuple est heureux ».

La révolution espagnole fut la plus singulière des révolutions collectivistes du vingtième siècle. C’est la seule révolution radicale, défaite militairement, qui se soit produite dans un pays d’Europe de l’ouest et la seule qui ait été véritablement pluraliste, animée par une multitude de forces, souvent concurrentes et hostiles.

Maîtrisant une immense bibliographie, ce classique hors-norme offre non seulement une synthèse magistrale de l’histoire de la guerre d’Espagne mais aussi la possibilité de comprendre comment naissent, se brisent ou se perpétuent les rêves d’une société de justice et de bonheur.

Originaire du pays de Galles, correspondant du bureau londonien de l’agence United Press en Espagne en 1936, Burnett Bolloten (1909-1987) rassemble des documents dès les premiers jours du conflit. En 1938, il part pour le Mexique, où s’installeront des milliers de réfugiés espagnols, puis aux États-Unis en 1949, où il devient agent immobilier, travaillant à un seul et même livre, dont il établira trois versions, complétées et corrigées en fonction des sources disponibles et de l’état des débats sur la guerre d’Espagne.

« La guerre d’Espagne, révolution et contre révolution », Burnett Bolloten, Editions Agone, mille deux cent quatre vingt pages, quarante cinq euros.

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 16:54

http://www.laviedesidees.fr/Le-commun-contre-l-Etat-neoliberal.html

Le commun contre l’état néo libéral

Par Pierre Sauvêtre

Vendredi 21 Novembre 2014

Le livre de Pierre Dardot et de Christian Laval entend placer la question du commun au cœur de la réflexion politique contemporaine. Mais il ne faut pas simplement le concevoir comme une forme spécifique de propriété, c’est une politique que le commun définit.

Pierre Dardot et Christian Laval, « Commun, essai sur la révolution au vingt et unième siècle », Paris, Editions La Découverte, 2014, cinq cent quatre vingt treize pages, vingt cinq euros.

Le livre de Pierre Dardot et Christian Laval introduit en France la question du « commun » qui était jusqu’ici absente du débat hexagonal, alors qu’elle irrigue depuis les premiers travaux d’Elinor Ostrom il y a vingt ans le champ des sciences humaines anglo-saxonnes.

« Commun » est d’abord une impressionnante synthèse d’un grand nombre de travaux de sociologie, d’économie, de droit, d’anthropologie et de philosophie qui ont pris le « commun » pour objet ces deux dernières décennies. Mais le livre est surtout un effort philosophique d’élaboration originale du concept de « commun ». Son apport majeur est de faire du commun un objet de réflexion directement politique, et pas seulement économique ou juridique. Il ne se présente donc pas comme une réflexion purement abstraite, mais comme une tentative pour proposer un cadre théorique à différents mouvements qui depuis les années 1990 ont donné une dimension directement politique à la problématique du commun dans le cadre de luttes contre les politiques néo libérales. « Commun » marque ainsi un nouvel âge des travaux sur le néo libéralisme, le temps de l’analyse critique semble être terminé pour laisser place à celui de la construction de propositions alternatives. Mais c’est aussi une réflexion sur le socialisme qui trouve dans le commun une voie nouvelle pour l’émancipation sur la base d’un bilan sans concession de l’échec du communisme d’état. Le concept de « commun » se trouve ainsi à la croisée d’une alternative au néo libéralisme et d’une rupture avec le communisme.

Cette trajectoire qui conduit de la critique du néo libéralisme à la proposition positive du commun comme « raison politique qu’il faut substituer à la raison néo libérale » (page cinq cent soixante douze) pour une « nouvelle institution générale des sociétés » (page seize) est du reste celle des auteurs eux-mêmes, et « Commun » peut être considéré comme le troisième volet d’une trilogie après « la Nouvelle Raison du Monde, essai sur la société néo libérale » en 2009 et « Marx, prénom Karl » en 2012. Le premier de ces deux livres soutient que le néo libéralisme est une politique s’appuyant sur l’état et les politiques publiques pour étendre la logique de la concurrence propre au marché à la société tout entière et à l’ensemble des conduites humaines. Le second affirme que le concept marxien de « communisme » en tant que mouvement nécessaire de l’histoire échoue à résoudre la tension entre les deux logiques à l’œuvre dans les textes de Marx, la logique du capital comme système d’absorption de toute extériorité sociale d’une part, et la logique stratégique de la lutte des classes d’autre part. A la suite de ces deux ouvrages, non sans cependant un déplacement de l’axe de lecture du néo libéralisme autour de l’expansion de la logique propriétaire, « Commun » vient finalement proposer à la fois une alternative politique générale au règne néo libéral de la concurrence et une conception de l’émancipation comme acte d’auto gouvernement et d’auto institution qui tente d’échapper aux apories du communisme marxien.

La praxis du commun

Le surgissement de la thématique du commun dans les luttes sociales est lié à la volonté des acteurs sociaux d’échapper à l’alternative de la propriété privée et de la propriété publique. Si elle a été ressentie avec urgence et nécessité, c’est parce qu’avec le néo libéralisme, l’état a changé de forme, il a cessé d’être le garant d’un certain nombre de ressources publiques contre leur appropriation marchande, pour devenir à l’opposé l’agent zélé de la privatisation de ressources qui sont d’abord le produit du travail social.

L’état néo libéral a fait vaciller l’idée courante d’un naturalisme économique suivant laquelle certains biens seraient par nature privés et destinés à être gérés par le marché, quand d’autres seraient par nature publics et destinés à être gérés par l’état. De ce point de vue, l’émergence du commun est « stratégique » et inséparable des conditions imposées par le néo libéralisme en tant que forme d’intervention étatique, si le néo libéralisme peut imposer la logique de l’appropriation privée à l’ensemble des activités humaines, la logique du commun peut elle aussi recouvrir l’ensemble de ces mêmes activités. Le commun n’est donc pas une troisième catégorie particulière de biens qui viendrait s’ajouter aux biens privés et aux biens publics, c’est, pour utiliser un vocabulaire foucaldien, une « rationalité politique » qui peut servir de principe de référence à une réorganisation générale de la société et de ses institutions.

Le problème associé à la thématique du commun n’est pas donc pas un problème de « nature » et d’identification spécifique de l’essence commune de certains objets, mais c’est un problème de « gouvernement » et de construction des règles qui vont garantir l’usage commun des objets au détriment de leur marchandisation ou de leur gestion bureaucratique.

Le premier chapitre du livre est une relecture de l’histoire des idées philosophiques et politiques sur la base de cette recherche d’une définition politique du commun à rebours d’une compréhension juridique ou économique du commun en termes de « bien ». A partir de l’étymologie du terme latin « munus », Pierre Dardot et Christian Laval définissent d’abord le « commun » comme un « le principe politique d’une co-obligation pour tous ceux qui sont engagés dans une même activité » (page vingt trois) au sens où l’obligation réciproque qu’il y a à agir suivant les règles qu’une communauté politique s’est donnée, ne saurait être fondée ni sur une appartenance identitaire quelconque, ethnique ou nationale, ni sur la fiction juridique d’un « contrat social », mais seulement sur la participation à une même activité ou à une même tâche. C’est définir d’emblée le « commun » comme une forme de l’agir, une praxis, et non comme une forme de l’être ou de l’avoir. La conception aristotélicienne du commun, « koinon », en tant qu’activité de construction délibérative de règles de vie commune et de la mise en commun des pratiques et des pensées par les co-participants va servir de première boussole à l’entreprise de critique des conceptions historiques du commun.

Pierre Dardot et Christian Laval identifient trois écueils principaux qui contribuent à dissoudre la valeur politique du concept telle qu’on pouvait la trouver dans la matrice aristotélicienne. La conception étatique comme la conception théologique du « bien commun », parce qu’elles laissent à l’église ou à l’état le monopole de sa définition, conduisent à la négation de la dimension démocratique de l’agir commun. Le deuxième écueil, d’ordre naturaliste, consiste à confondre le commun avec la catégorie juridique spécifique des « choses communes » au sens des choses qui seraient inappropriables pour l’homme en vertu de leur nature, comme l’air ou l’eau. Avec une telle conception, on aboutit à restreindre drastiquement le champ d’extension du commun en le limitant à l’identification experte des différents « biens communs » par le droit et l’économie. Enfin, le troisième écueil, d’ordre essentialiste, consiste à faire reposer la réalité du commun sur l’humanité en tant qu’essence universelle. Il s’agit cette fois d’une conception qui pêche par abstraction, car rien de commun ne peut être automatiquement fondé entre différents individus du simple fait de leur appartenance à l’humanité. Contre toutes ces conceptions qui tendent à « réifier » le commun, à le transformer en une chose qui préexisterait aux pratiques, Pierre Dardot et Christian Laval affirment le lien irréductible du commun et de la praxis, « c’est seulement l’activité pratique des hommes qui peut rendre des choses communes » (page quarante neuf).

Critique de la « réification du commun »

Dans toute la première partie du livre, cette critique de la « réification du commun » va être réinvestie mais cette fois au service de l’analyse critique des conceptions plus contemporaines du commun. Ce sont d’abord les conceptions communistes du commun qui sont abordées. Les auteurs construisent trois « idéaux types » du communisme propres à embrasser l’ensemble de son histoire, le « communisme de la communauté de vie », le « communisme de l’association des producteurs » et le « communisme d’état ».

Le « communisme de la communauté de vie » entend organiser la communauté des biens sur la base de la vertu morale du partage. Il trouve son inspiration dans la république de Platon, est infléchi par le christianisme et trouve des prolongements à la fin du dix huitième siècle et au début du dix neuvième siècle dans le communisme égalitaire et prolétarien (Restif, Babeuf, Buonarroti, Cabet) qui en articule l’idéal moral sur la mise en place d’une organisation rationnelle du travail par une administration économique centralisée. Cependant la communauté des égaux n’est pas compatible avec la répartition hiérarchique des fonctions exigée par la discipline industrielle.

Le « communisme de l’association des producteurs » de Karl Marx et Friedrich Engels, en étant conçu à travers l’évolution historique des modes de production assurant le passage de la société capitaliste à la société communiste, fait du commun le résultat même de la logique propre au capital, suivant conversion de la « socialisation imposée par le capital en association volontaire des travailleurs » (page deux cent vingt quatre). Mais c’est une illusion d’avoir établi une congruence entre la coopération ouvrière dans la grande industrie et les rapports de production socialiste. Le « communisme d’état », dont le cycle commencé en 1917 en Russie s’est abîmé à la fin du siècle dernier, a enfin consisté en une « capture bureaucratique du commun » par l’état-parti qui, en lui surimposant sa logique bureaucratique, a entièrement vidé le contenu démocratique des formations populaires soviétiques dans le domaine de la prise de décision politique et dans celui de l’organisation de la production.

Pierre Dardot et Christian Laval poursuivent leur revue critique des conceptions du commun par l’analyse du paradigme théorique de la nouvelle « enclosure des communs », au sens de l’anglais « commons » que l’on peut traduire par « ressources communes ».

Porté par plusieurs courants alter mondialistes, ce paradigme stipule que l’amplification de la marchandisation et l’accroissement du domaine de la propriété privée sont le résultat du pillage des ressources communes par les politiques néo libérales, par analogie avec le premier mouvement de mises en clôture, « enclosures », dans les campagnes anglaises au treizième siècle, qui a été au point de départ de l’accumulation capitaliste. Cette conception comporte deux limites qui sont solidaires l’une de l’autre, elle envisage les communs comme un déjà-là existant en dehors de la sphère du capital et les politiques néo libérales comme des instruments de dépossession de ces ressources communes.

C’est d’abord se condamner à un mouvement strictement défensif de sauvegarde des communs pillés à la manière d’îlots dispersés. C’est surtout se méprendre sur la nature du néo libéralisme, qui fonctionne bien davantage suivant une logique offensive de transformation de l’ensemble des relations sociales et des subjectivités par leur subordination au capital.

L’analyse institutionnelle des communs développée autour d’Elinor Ostrom est également passée au crible. Cette approche reste selon Pierre Dardot et Christian Laval dépendante d’un naturalisme économique procédant à une classification des biens suivant leurs propriétés intrinsèques, et ne considère les communs que comme un troisième type de biens juxtaposés aux biens privés et aux biens publics. Ce postulat de la diversité institutionnelle dissout la portée politique de l’analyse d’Elinor Ostrom en lui interdisant de concevoir le commun comme une « rationalité alternative généralisable » (page cent cinquante six). La première partie se termine enfin sur l’analyse critique des thèses d’Antonio Negri et Michael Hardt. La principale difficulté de celles-ci est liée à la croyance selon laquelle les formes du travail et les rapports sociaux engendreraient spontanément un commun autonome qui ferait du dehors l’objet d’un prélèvement rentier par le capital. A cette vision spontanéiste d’un commun déjà donné dans les rapports sociaux, Pierre Dardot et Christian Laval opposent l’idée que le commun ne peut émerger que d’un acte d’institution.

Le droit d’usage contre la propriété

C’est à développer cette conception de l’institution du commun qu’est consacrée la seconde partie du livre qui pose centralement le problème de la définition d’un droit du commun.

Pierre Dardot et Christian Laval expliquent que l’instauration progressive de la propriété comme médiation du rapport des hommes entre eux depuis les grecs, a été responsable de la formation de cette pensée du commun comme chose ou substance commune dont seraient possesseurs les individus réunis en corps. Le commun s’est alors confondu avec la propriété commune en provoquant l’oubli de la conception du commun comme agir.

Fonder un droit du commun afférent à l’idée de « l’agir commun » exige donc de rompre avec le droit de propriété. Par conséquent, l’alternative n’est pas « celle de la propriété commune et de la propriété privée, mais celle de l’inappropriable et de la propriété, qu’elle soit privée ou étatique » (page deux cent trente et un). Le commun ne peut donc être institué que par l’émergence de pratiques définissant un droit d’usage hors propriété.

Autrement dit, le commun est la décision collective des co-participants à une même activité de définir comme un droit réciproque les règles de conduite garantissant à tous un usage des objets sans appropriation. La conséquence majeure de cette conception d’un droit émergeant des pratiques sociales est de retirer à l’état son monopole dans la production du droit.

Les trois chapitres suivants sont consacrés à l’examen des conceptions disponibles du droit qui pourraient être adéquates à la définition d’un nouveau droit du commun. Le droit anglais de la Common Law ne saurait fonder un véritable droit du commun, car il est largement façonné par les experts judiciaires qui en contrôlent les critères de validation de façon à disqualifier tous ceux qui viendraient menacer de trop près la propriété privée. Le « droit coutumier de la pauvreté » valorisé par Karl Marx dans l’étude des lois relatives au vol de bois est également limité par la tentative analogue qui consiste à fonder le droit de la pauvreté sociale sur la « pauvreté physique » de la nature.

Ne relèvent en effet du droit d’usage des pauvres que les éléments naturels qui ne sont pas l’objet de l’activité du propriétaire privée, ramassage des ramilles, cueillette des fruits sauvages dans les forêts, ramassage de la paille et des grains dans les champs. Pierre Dardot et Christian Laval examinent enfin le statut du « droit prolétarien » au sens des pratiques, des institutions et des règles non judiciaires issues des expériences accumulées par le mouvement ouvrier socialiste comme les bourses du travail, les sociétés de secours mutuel, les coopératives et les pratiques syndicale. Contre le marxisme dominant organisé autour de la figure centrale du parti, le courant du « socialisme associationniste » soutient une autre idée de l’émancipation, incarnée par Proudhon, Gurvitch, Jaurès ou Mauss, qui fait de la création d’institutions ouvrières autonomes la condition de la transformation sociale. Pensé non pas en termes de coutumes, c’est-à-dire d’usages fixés puis transmis par une tradition, mais de « création institutionnelle », ce « droit prolétarien » est de nature à inspirer la formation d’un droit issu de la praxis du commun.

Pierre Dardot et Christian Laval s’efforcent alors d’enrichir leur vision du commun en conceptualisant le passage de l’agir commun au droit du commun.

En s’inspirant de Cornelius Castoriadis, ils définissent l’émancipation comme une « praxis instituante ou activité consciente d’institution » (page quatre cent quarante) qui consiste dans « l’auto production d’un sujet collectif dans et par la co production continuée de règles de droit » (page quatre cent quarante cinq). Le commun est le fait pour les participants à une même activité de délibérer et de co-instituer les règles de droit qui la gouverne en se produisant par là-même comme un nouveau sujet collectif. Le concept de révolution s’en trouve lui-même transformé, celle-ci n’a plus en effet grand chose à voir avec la prise violente du pouvoir d’état, mais elle devient un acte « d’auto institution de la société » (page cinq cent soixante quinze), soit le moment où une partie significative de la population institue par elle-même les règles de droit organisant la vie sociale.

Vers une fédération des communs

La dernière partie du livre est un ensemble de propositions politiques dont certaines sont illustrées par la référence à des cas de luttes pour l’institution du commun empruntées à l’actualité récente, comme l’occupation des terres de la ferme Somonte dans la province de Cordoue ou la remunicipalisation de la gestion de l’eau à Naples. La principale critique qu’on pourrait adresser à Pierre Dardot et Christian Laval, de ce point de vue, est qu’ils élaborent bien davantage une philosophe politique du commun fondée sur une relecture critique de l’histoire des idées, et que certains mouvements viennent partiellement exemplifier ex post, plutôt qu’ils ne s’appuient sur une étude rigoureuse des cas empiriques pour en induire une théorie du commun. Mais cette critique comporte des limites tant le livre explicite d’emblée son objectif circonscrit qui est de « refonder le concept de commun de façon rigoureuse » (page dix sept). Il ne s’agit donc pas de subsumer la diversité des expériences sous un concept englobant mais de la fondation d’un cadre théorique partagée ouvrant au contraire à la multiplication des études empiriques à venir sur le commun.

Evoquons finalement deux des neuf propositions destinés à accomplir la révolution de l’institution du commun contre l’état néo libéral. La deuxième proposition soutient « qu’il faut opposer le droit d’usage à la propriété ». Pierre Dardot et Christian Laval soulignent que le « droit d’usage » ne peut se résumer, à la manière des licences freeware, au droit conféré par un individu à d’autres d’user le plus librement possible d’un bien dont il reste le propriétaire. Dans ce cas, la production des règles de droit et l’usage restent séparés.

C’est précisément tout l’intérêt du concept de « praxis instituante », en garantissant la continuité entre la production des règles de l’usage et l’usage commun lui-même, d’instituer un droit d’usage contre et hors de la propriété. Après l’expulsion de la firme Monsanto qui leur imposait l’achat de semences transgéniques brevetées dont elle était propriétaire, les paysans indiens ont mis en place un tel droit d’usage sans propriété en fixant eux-mêmes les règles de mise en commun des semences traditionnelles présidant à leur usage. La neuvième proposition étaye enfin l’idée « qu’il faut instituer une fédération des communs ». Pierre Dardot et Christian Laval ne croient pas à une diffusion souterraine des communs par le bas et de proche en proche à partir d’expériences locales disséminées, il faut une organisation politique d’ensemble adaptée à la possibilité d’instituer le gouvernement du commun à l’échelle mondiale. S’inspirant de la conception proudhonienne du fédéralisme, ils précisent que la fédération des communs ne peut être que « radicalement non étatique » (page cinq cent cinquante huit). En aucun cas, la fédération ne peut en effet consister dans la coordination des différents espaces d’auto gouvernement du commun, les « communes », par une autorité centrale administrative, telle qu’un super état mondial intégrant verticalement différents états nations. Les rapports des communes entre elles dans la fédération doivent au contraire être définis horizontalement suivant le principe de la mutualité, soit de l’obligation réciproque sans subordination. Pierre Dardot et Christian Laval ajoutent enfin que le principe fédératif s’exerce à un double niveau, au niveau politique de la fédération des unités communales et au niveau économique de la fédération des unités de production. Il en résulte un système de « double fédération des communs » fonctionnant suivant des rapports « d’horizontalité croisée » (page cinq cent soixante cinq) prévenant toute subsomption d’une fédération par l’autre.

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