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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 19:36

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/71111/romessonne-collectif

Romessonne, un collectif qui milite pour l’intégration des roms

Par Jérôme Lemonnier

Mardi 16 Décembre 2014, sept associations de défense des roms se sont réunies pour annoncer la création du collectif Romessonne. Cet organisme va ainsi lutter pour améliorer les conditions d’intégration de ces populations dans la société.

Sur les quinze mille à vingt mille roms vivants sur le territoire français, aux alentours de mille vivent en Essonne. Difficilement quantifiables, ces populations sont actuellement regroupées au sein d’une trentaine de sites répartis essentiellement dans le nord du département. Afin d’éviter que cette communauté ne soit victime de nouvelles expulsions après celles survenues à Corbeil Essonne ou encore à Bondoufle peu avant le passage du tour de France en juillet 2014, des associations de défense des populations roms en Essonne ont choisi de faire un collectif.

Mardi 16 Décembre 2014, sept associations départementales ont fondé le collectif Romessonne. Composé par des associations structurantes nationales, comme le Comité Contre la Faim et pour le Développement (CCFD), le Secours Catholique et Intermède Robinson, et par des associations qui ont comme origine l’accompagnement des bidonvilles et des migrants, comme les Colibris et l’ASEFRR, ce collectif s’est donné de nombreuses missions. Le tout, en gardant toujours en point de mire le fait « d’aider les roms à accéder à des conditions de vie matérielles dignes et décentes », relate Loïc Gandais, de l’Association Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines et Rroms, dite ASEFRR, « en les soutenant dans la reconnaissance de leurs droits ». La création du collectif Romessonne ne signifie donc pas l’arrêt des différentes structures. « Chacun garde ses compétences, ses convictions et ses orientations », complète le membre de l’association.

Un rassemblement presque naturel pour ces différents organismes qui s’engagent donc dans un combat de « longue haleine », comme le confirme Élisabeth Vaichère du Secours Catholique de l’Essonne. Car malgré l’existence de la circulaire du 26 août 2012, qui prévoit entre autres un certain suivi des populations déplacées, « les évacuations se sont poursuivies, sans forcément trouver de solutions pour les populations », regrette Loïc Gandais.

« Stop aux évacuations »

Première étape inéluctable pour entamer le chemin de l’intégration à une société, trouver un logement. C’est en tout cas le postulat de base du collectif Romessonne. « L’expulsion n’arrange en rien la situation des roms, au contraire elle efface le peu qui a été construit par chacun », assure Monique Michel de l’association des Colibris. « A chaque fois, ils doivent tout recommencer de zéro ». Pire encore, la situation vécue par ces populations serait presque comparable au mythe de Sisyphe. « Les populations sont chassées d’un côté et elles reviennent s’établir de nouveau dans le même périmètre, juste à côté de leur ancien campement. C’est un éternel recommencement pour ces familles qui endurent ça depuis déjà quelques années pour certaines », poursuit le membre de l’association.

Pour faciliter l’intégration des quelques mille roms qui vivent sur le département, le collectif fait de la recherche de logements pérennes l’un de ses principaux objectifs. Des solutions, il y en a. Seulement, les différentes associations qui forment le collectif Romessonne dressent un bilan mitigé de ces dernières. « L’une des solutions est de composer le 115 », note André Jeuffroy de l’association Insertion des Familles Roms de Moulin galant (IFRM). « Le problème c’est que le numéro est surchargé surtout en cette période hivernale ». Quand des familles réussissent à être relogées dans des hôtels sociaux se posent de nouveaux problèmes.

« Soit c’est trop loin du lieu de travail ou de scolarisation des enfants, parfois jusqu’à quatre-vingt kilomètres, soit les hôtels sélectionnés présentent de grosses lacunes sur le plan sanitaire et culturel », surenchérit Loïc Gandais. « Si c’est pour leur offrir pire que ce qu’ils endurent dans les bidonvilles, ce n’est pas la peine ».

Certains sites pour faciliter l’insertion de quelques familles évacuées des campements avaient été mis en place dans le courant de l’année passée. La « base de vie », située en bordure du parc Saint-Eutrope entre Bondoufle et Ris-Orangis, proposait à dix familles roms l’opportunité d’habiter dans des mobil-homes le temps de construire une vie professionnelle et de trouver un logement plus adéquat. « Les dix familles sont aujourd’hui pleinement intégrées à la société », se félicite un des membres associatifs. « Cependant, quand sur cent familles qui sont expulsées, seulement dix peuvent intégrer ce genre d’équipement, cela est vraiment une injustice pour les quatre-vingt dix autres familles qui n’ont d’autres choix de recréer un campement pour survivre et pour tenter une nouvelle fois de trouver une place dans la société ».

Pour tenter d’endiguer ce problème, le collectif Romessonne émet quelques propositions pour amorcer un « travail constructif avec les pouvoirs publics. L’objectif est dans un premier temps de soutenir l’habitat provisoire des familles dans les bidonvilles afin de les aider dans leurs démarches d’insertion et de les sortir d’une logique de simple survie », avance Loïc Gandais. « Pour cela, nous allons réfléchir à une démarche auprès du Comité Régional de l’Habitat et de l’Hébergement (CRHH) pour essayer de faire reconnaître la situation des bidonvilles en Essonne ».

« Faire évoluer le regard des gens »

Outre l’habitat en dur, le collectif Romessonne souhaite faire un travail de sensibilisation auprès des populations pour les alerter sur « la réalité de la vie des roms », assure Monique Michel. « Nous souhaitons travailler sur le changement de regard de la société française par rapport à ces populations. Il y énormément d’idées reçues et de stéréotypes qui circulent sur les roms, que certains n’hésitent plus à mettre en avant pour justifier une évacuation. Il faut montrer aux gens que la plupart des roms ne sont pas là pour voler, mais qu’ils sont dans une logique d’insertion ».

Pour l’avocate des roms, Julie Bonnier, l’objectif est même double. Au-delà du fait qu’il faille « présenter la vraie vie des roms » comme le garantit l’avocate, il faut aussi que les associations et le collectif fassent un travail pour mieux se faire comprendre de la population.

« Le projet n’est pas le maintien des bidonvilles. Quand on résiste lors d’une évacuation de campement, c’est qu’on demande du temps pour qu’ils puissent construire la suite et leur avenir. Il n’est nullement question de vouloir maintenir les bidonvilles, de voir leur maintien à terme et d’installer les gens dans cette vie précaire », estime l’avocate.

Le travail qui attend les associations s’inscrit donc dans la durée. D’ici là, le collectif fera de nouvelles propositions comme sur la question de la santé dans les camps. Romessonne espère faire évoluer la situation de cette population en Essonne. Et comme première satisfaction pour ce nouvel organisme, une décision de justice vient d’interdire toute évacuation avant juin prochain concernant l’un des plus gros camps du département, celui de Ris-Orangis.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 19:08

http://www.cgt.fr/spip.php?page=article_dossier2&id_article=42176

Rapport introductif d’Alain Alphon Layre devant la commission exécutive confédérale de la CGT du Mardi 9 Décembre 2014

Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte de crise sociale, économique et démocratique nécessitant le besoin d’un syndicalisme fort et uni pour le monde du travail. Plus que jamais les salariés, les privés d’emploi et les retraités ont besoin d’une CGT en ordre de marche, qui donne confiance, qui donne envie. Une CGT qui reprenne le slogan de 2009, « la crise ce sont eux, la solution c’est nous ». C’est pour répondre à cette attente que la réunion d’aujourd’hui peut être une étape constructive.

Comme l’avait décidé le bureau confédéral du Mardi 2 Décembre 2014, notre commission exécutive confédérale aujourd’hui a pour but de faire la transparence complète sur l’indemnité de départ touchée par Thierry Lepaon lors de son départ du comité régional de Normandie.

Elle a pour but, en complément avec le premier point d’étape de la CFC, d’engager l’élaboration de règles de vies, de fonctionnement et de procédures financières nous permettant d’améliorer le système actuel, en le rendant plus transparent et plus juste.

Elle a pour but de décider des dispositions à prendre pour donner l’ensemble de ces éléments à nos organisations pour que le Comité Confédéral National joue pleinement le rôle qui est le sien entre deux congrès de la CGT.

Chacun ici, comme dans toute la CGT, mesure la gravité de la situation, il n’est pas question d’éluder quoique ce soit, de noyer le poisson, de pratiquer la langue de bois ou d’éviter quelque débat que ce soit, avec qui que ce soit.

Alors qu’ici même, lors de la dernière commission exécutive confédérale, à laquelle ne participait pas Thierry Lepaon pour cause de congrès de la fédération du commerce, on nous annonçait qu’il n’y avait plus de révélation à venir.

L’annonce de l’existence d’une indemnité de départ du comité régional de Normandie a plongé toute la CGT dans un émoi considérable et légitime. La crédibilité du secrétaire général, de la direction confédérale et au-delà de toute la CGT est en jeu.

La démission du secrétaire général mais aussi de l’administrateur, du bureau confédéral dans son ensemble est évoquée dans des organisations par des militants et des syndiqués.

Notre direction confédérale connait une crise politique majeure. Celle-ci est de trois ordres.

Premièrement, notre démocratie interne est interpellée.

Pourtant, nous avons déjà nos statuts, nos orientations, nos règles de vie, une annexe financière et trois chartes. Visiblement, cela ne suffit pas. Il nous faut approfondir notamment sur les procédures financières et la conception de direction mais l’enjeu essentiel est de regagner un autre état d’esprit avec le souci de construire une équipe, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Deuxièmement, il y a la question de la nature de notre syndicalisme.

Au moment où le repli sur soi et le corporatisme se développent, les élections de la fonction publique en témoignent, l’enjeu, qui n’est pas nouveau, est celui de la permanence ou pas du syndicalisme confédéré. Rien n’est acquis d’avance.

Notre fonctionnement basé sur le fédéralisme, vingt sixième article de nos statuts, évolue de plus en plus vers l’autonomie de nos organisations et de moins en moins vers la coopération et la complémentarité. Chacune, chacun a tendance à faire ce qu’il veut comme il veut. Plus on crie « tous ensemble », moins on le réalise.

Troisièmement, il y a la question des valeurs de la CGT.

La solidarité, la fraternité, la diversité, la richesse d’opinions différentes, l’unité, tous ces mots n’ont visiblement pas la même signification pour tout le monde, et plus ils sont utilisés et moins ils correspondent à la réalité vécue de chacun.

Les fuites, les révélations organisées les unes après les autres au moment d’élections professionnelles majeures témoignent d’une campagne savamment orchestrée malheureusement en interne et amplifiée en externe. L’utilisation de la presse pour peser sur les débats dans la CGT ne doit pas être banalisée. Elle est inacceptable et inqualifiable. Toute la CGT doit condamner de telles pratiques car certains journalistes semblent avoir été élus au bureau confédéral et à la commission exécutive confédérale, ce qui n’est pas le cas.

Ce que nous vivons actuellement, malheureusement, et ce n’est pas pour nous rassurer, participe d’une crise générale de la démocratie et de la représentation en France, en Europe et dans le monde.

Pas un parti politique, un syndicat, une association qui ne soit confronté à des batailles de pouvoir, des opérations de délation, de coups tordus et des scissions.

Ce n’est pas nouveau mais aujourd’hui le système capitaliste et la financiarisation font exploser un à un les repères d’une démocratie élaborée à force de lutte notamment depuis la révolution avec la mise en place de notre république.

Comme l’écrit l’économiste Pierre-Yves Gomes, avec la financiarisation « le mécanisme de production des valeurs économiques a ainsi été inversé, ce n’est plus le travail qui produit un profit pour alimenter le patrimoine des rentiers, c’est la promesse faite aux rentiers qui fait pression sur les profits des entreprises qui, elles, ajustent le travail à la réalisation de cette exigence ».

Le travail tend à devenir la variable d’ajustement alors qu’il est le coeur de la vie sociale. Le travail a plusieurs dimensions, d’abord anthropologique, différence entre l’homme et l’animal, psychologique, on se construit au travail, et sociologique car le travail est un élément déterminant du vivre ensemble.

Cette dévalorisation du travail au profit du capital comme nous l’avons déjà identifiée déstructure petit à petit l’ensemble des références qui ont fondées notre société. Celles-ci se délitent parce qu’elles corrompent ce que le travail signifie d’humanisation.

Quoique nous décidions, il nous faudra réfléchir à la manière de nourrir et d’amplifier notre campagne contre le coût du capital et pour la valorisation du travail.

J’en viens à notre premier point, la transparence sur l’indemnité de départ versée par le comité régional de Normandie. Par la suite, Thierry Lepaon donnera lui-même des éléments.

A la suite de son changement de responsabilité, le comité régional de Normandie a décidé le 2 avril 2013 de verser à Thierry Lepaon une indemnité de départ de trente et un mille euros correspondant à vingt-six mille six cent cinquante euros sur la base d’un mois par ancienneté sur la base de la rémunération nette moyenne des six derniers mois, à mille vingt-cinq euros pour la part du treizième mois pour le premier trimestre 2013 et à trois mille trois cent vingt-cinq euros de congés payés pour l’année 2013.

Cette indemnité a été proposée par le comité régional au départ de Thierry Lepaon notamment pour prendre en compte, au titre de sa retraite, les périodes où il a exercé à titre bénévole ses fonctions de secrétaire général de l’union départementale du Calvados alors qu’il était au chômage, licencié de chez Moulinex.

Ce sont des modes opératoires utilisées semble-t-il dans quelques organisations.

En parallèle, une négociation a eu lieu de suite après le congrès entre l’administrateur actuel et le trésorier du comité régional afin que la confédération prenne en charge, en 2012, des frais exceptionnels de septembre à décembre 2012 d’une hauteur de huit mille quatre cent euros et, en 2013, les salaires et cotisations de Thierry Lepaon entre janvier et mars 2013, période où il était à la confédération et toujours payé par le comité régional, pour vingt-six mille six cent euros.

Les indemnités de rupture du contrat de travail, c’est-à-dire les trente et un mille euros, avec les cotisations patronales pour vingt-deux mille euros et les cotisations salariales pour sept mille euros, soit un total de soixante mille huit cent trente euros, et des frais de représentation pour Thierry Lepaon et Jean-Charles Risbec, du premier janvier 2013 au 28 février 2013, pour une somme de cinq mille euros.

Soit un total de cent mille huit cent trente euros payé par la confédération au comité régional.

L’ensemble de ces informations ont été données par le secrétaire général du comité régional de Normandie au bureau confédéral du Vendredi 5 Décembre 2014.

La commission financière de contrôle et l’administrateur répondront dans le détail si vous avez des questions.

Le deuxième point concerne les règles de vie, de fonctionnement et de procédures financières.

Celles-ci doivent être élaborées collectivement, validées, respectées et contrôlées avec comme objectifs de restaurer un meilleur fonctionnement démocratique, un travail beaucoup plus collectif et regagner petit à petit une confiance qui s’est largement dégradée.

Ce point est développé à partir des éléments qui ont été avancée par le bureau confédéral du Vendredi 5 Décembre 2014 sans connaissance des préconisations que va donner la commission financière de contrôle.

La première règle de vie peut paraître évidente pourtant elle n’est pas toujours respectée. Les décisions doivent être prises collectivement en essayant de trouver les éléments qui peuvent rassembler le plus largement possible et mis en oeuvre par tous quelle que soit l’opinion exprimée dans le débat. Ce débat doit d’avantage s’engager sur des questions de fond, quel syndicalisme, quel lien avec le politique, quel rassemblement et quelle démarche revendicative.

Concernant les validations financières, il a été proposé que celles-ci passent au bureau confédéral à partir du moment où elle dépasse une somme qu’il nous faut définir.

La transparence ne doit pas signifier le déballage. Elle doit concerner le secrétaire général, le bureau confédéral et le secrétariat du secrétaire général. Le bureau confédéral propose que l’ensemble des personnes concernées donnent des éléments de transparence à la commission financière de contrôle.

Quels doivent être ces éléments ?

Il nous faut définir tout ce qui relève de l’engagement commun dans le cadre de la prise en charge des camarades mis à disposition de la confédération, le salaire, les pertes de salaires pour les détachés de la fonction publique ou des services publics, l’hébergement, les transports, la prise en compte particulière pour des situations familiales, garde d’enfants ou personnes âgées.

L’ensemble des décisions doivent être validées conjointement avec la personne concernée, l’administrateur et un ou plusieurs référents de la commission politique des cadres.

Il faut s’en doute définir précisément un salaire et/ou un statut prenant en compte ces éléments et d’autres, notamment sur la sécurité concernant le secrétaire général, idem pour l’administrateur.

Les dispositions existent pour qu’une réelle politique des cadres soit mise en oeuvre pour tout le monde. Elles doivent être plus collectives et notamment travaillées en transparence sinon on peut très vite plonger dans du clientélisme.

Ne doit-on pas engager une réflexion plus collective avec l’ensemble de nos organisations sur des règles communes concernant les militants salariés de l’organisation et leur prise en charge dans le cadre d’une politique des cadres validée collectivement ?

Enfin le troisième point concerne les dispositions à prendre concernant nos organisations.

Le premier élément, qui devrait être confirmé par la commission exécutive confédérale, est que le bureau confédéral à l’unanimité fait entièrement confiance à ses organisations pour prendre les décisions nous permettant de commencer à surmonter cette crise et aller de l’avant.

Le bureau confédéral propose de faire une réunion exceptionnelle des secrétaires généraux des unions départementales, des fédérations et des comités régionaux avant le 16 décembre 2014, date de notre prochaine commission exécutive confédérale.

Cette proposition émane de la volonté d’associer les premiers dirigeants à la réflexion commune que nous avons besoin pour avancer. Premiers dirigeants que nous n’avons pas eu l’occasion de réunir et qui n’ont pas toute la clarté sur l’ensemble des sujets révélés ces dernières semaines.

Nos premiers dirigeants sont en prise avec les militants et leur direction collective qui ont besoin de ce moment-là pour être à égalité d’information, pour échanger, pour élaborer ensemble des propositions et pour ensuite mener le débat avec leur direction collective, pour éventuellement revenir à un Comité Confédéral National (CCN) mandaté pour pouvoir décider. C’est cette démarche qui a conduit le bureau confédéral à proposer ce rendez-vous avec les premiers dirigeants.

Donc, le débat ne peut pas être CCN ou pas CCN. Mais comment on avance par étape pour décider ensemble des questions à traiter dans un éventuel CCN.

La réunion avec les secrétaires généraux que le bureau confédéral propose de tenir Lundi 15 Décembre 2014 aurait quatre objectifs.

Premièrement, apporter toute la transparence concernant le secrétaire général ainsi que les mesures décidées par la commission exécutive confédérale pour ne plus renouveler de telles situations.

Deuxièmement, permettre à la commission financière de contrôle de donner son point d’étape.

Troisièmement, évaluer la crédibilité et la confiance des syndiqués envers le secrétaire général, l’administrateur, le bureau confédéral et la commission exécutive confédérale. Les remontées que nous avons eues collectivement la semaine dernière témoignent de beaucoup d’éléments qui dépassent cette seule crédibilité.

Vient le besoin de débats sur la stratégie de la CGT exprimé par des dirigeants et des organisations, vient aussi la crainte de revivre une crise de succession.

Quatrièmement, nous profiterons de cette réunion pour aborder la meilleure manière de préparer l’action que le CCN a décidée pour le premier trimestre 2015.

Cette réunion des secrétaires généraux doit permettre à la commission exécutive confédérale du Mardi 16 Décembre 2014 de décider de l’opportunité d’un CCN supplémentaire en janvier 2015, la définition de son ordre du jour et de la construction de l’action du premier trimestre 2015, ainsi qu’un point d’étape de l’organisation des rencontres inter régionales « partageons nos succès ».

Cela m’amène à dire aussi que la crise que la direction confédérale connait et que nous souhaitons tous surmontée ne doit pas nous empêcher de développer nos orientations et batailles revendicatives. C’est même par ces batailles que nous remonterons cette situation.

A l’heure où des voix gouvernementales évoquent l’échec du pacte de responsabilité, à l’heure où le patronat manifeste dans la rue, à l’heure où des négociations essentielles pour le devenir de la démocratie sociale et de nos élus dans les Instances Représentatives du Personnel sont en cours, nous avons besoin plus que jamais d’une CGT offensive sur le terrain des luttes, des revendications, de la négociation et de la syndicalisation.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 18:12

https://www.ensemble-fdg.org/content/appel-eelv-fdg-dans-loise-ensemble-pour-un-dpartement-citoyen-cologique-et-solidaire

Appel EELV FDG dans l’Oise, ensemble pour un département citoyen, écologique et solidaire

Ce lundi 15 décembre 2014, a été présenté à la presse l'accord électoral entre les organisations du Front De Gauche de l'Oise et Europe Ecologie Les Verts de l’Oise en vue des élections départementales des 22 et 29 mars 2015. Dans l'Oise, nous avons décidé de présenter des candidatures communes dans les vingt et un cantons.

L'enjeu est triple, incarner une alternative de gauche à la politique d'austérité du gouvernement Hollande-Valls relayée dans notre département par Yves Rome, mobiliser le peuple de gauche tenté par l'abstention et faire barrage au retour de la droite et du fascisme.

Notre ambition est d'être à l'issue du premier tour en tête de la gauche pour apporter enfin un débouché politique aux luttes sociales et environnementales qui de l'usine Continental à la ferme des mille vaches affrontent toute la puissance de l'argent.

Avec les camarades de Nouvelle Donne et du Nouveau Parti Anticapitaliste, les discussions restent ouvertes et nous gardons l'espoir d'une campagne unitaire.

Comme en Grèce avec Syriza, comme en Espagne avec Podemos, comme dans le land de Thuringe en Allemagne avec die Linke et die Grünen, il est temps chez nous aussi de faire place au peuple !

Vous trouverez ci-dessous l'appel départemental FDG-EELV pour les élections départementales de mars 2015.

Ensemble pour un département citoyen, écologique et solidaire

Nous, citoyens et militants de gauche et écologistes, quelle que soit la nature de nos engagements, choisissons de nous rassembler pour proposer une véritable alternative lors des élections départementales des 22 et 29 mars 2015.

Ensemble, nous nous engageons à construire une dynamique ancrée à gauche de lutte contre l’austérité qu’on nous promet inéluctable et pour un projet solidaire et écologique.

Nous lançons cet appel à une nécessaire reprise en main par les citoyens des affaires qui les concernent.

Nous voulons agir pour ne plus subir !

Nous voyons chaque jour notre pays s’enfoncer dans la crise économique, écologique, démocratique, financière et sociale avec son cortège de chômage, de précarité, de baisse du pouvoir d’achat, de rejet des autres et de repli sur soi.

Aujourd’hui, le chômage touche plus de cinq millions de français dont près de huit cent mille jeunes.

Cette situation est aggravée quotidiennement par la politique d’austérité conduite par le gouvernement qui a décidé une baisse d'ici 2017 de cinquante milliards d’euros des dépenses publiques, sécurité sociale, collectivités territoriales et autres missions de l’état.

Dans le même temps, le gouvernement cède au MEDEF et accorde quarante milliards d’euros par an d’allègements du « coût du travail » et de réductions d’impôts aux entreprises.

Nous vivons les conséquences de cette politique initiée par Sarkozy et poursuivie par Hollande, recul des droits sociaux, fermetures d’hôpitaux, des bureaux de la Poste et des gares de la SNCF.

A l’heure où une réforme territoriale imposée d’en haut risque d’accentuer les inégalités territoriales, notre département doit être un espace de résistance et d’alternative à ces politiques d’austérité.

Nous voulons empêcher le retour de la droite et de l’extrême-droite qui profitent de cette situation et voudraient pousser encore plus loin les régressions sociales et démocratiques.

Il est temps de redonner des couleurs à la gauche. D’autres choix sont possibles. Ils sont aujourd’hui nécessaires !

Emparons-nous de ces élections. Prenons notre avenir en main !

Les compétences du conseil départemental restent encore larges, action sociale, transports, éducation, culture, économie, agriculture, habitat, secours et incendie.

L’action du conseil départemental doit être réorientée pour permettre à tous une vie meilleure.

Renforçons la politique sociale axée sur la satisfaction des droits fondamentaux dans tous les domaines, logement, hébergement, petite enfance, vieillesse, handicap et perte d’autonomie.

Développons les services publics de proximité en particulier dans les zones rurales et les quartiers que l’état a désertés depuis des années.

Portons une politique ambitieuse des transports collectifs permettant à tous de se déplacer selon ses besoins.

Réaffirmons la laïcité, la gratuité et l’égalité de la scolarisation au collège. Rétablissons la gratuité des transports scolaires.

Refusons de financer des projets imposés sans concertation et sans prise en compte des impacts sociaux et environnementaux, incinérateur de Villers-Saint-Sépulcre, centre commercial de la place du Jeu de Paume et centrale à gaz de la Verberie. Consacrons ces moyens à des projets utiles au bien commun.

Encourageons et faisons vivre de nouveaux droits et pouvoirs des salariés dans la vie économique et sociale, au conseil départemental, dans ses structures associées et chez ses fournisseurs.

Soutenons les projets de reprise d’entreprises par leurs salariés notamment en favorisant les projets de coopératives.

Conditionnons les aides aux entreprises au respect d’exigences fortes en matière sociale et environnementale en y associant les salariés.

Favorisons les productions locales génératrices d’emplois non délocalisables dans l’artisanat, l’économie sociale et solidaire, l’industrie et l’agriculture et développons les circuits courts entre producteurs et consommateurs.

Oeuvrons à l’émancipation de chacun par des politiques culturelles et éducatives ambitieuses.

Amorçons la transition écologique, encourageons l’exemplarité environnementale et aidons à la préservation de la biodiversité. Protégeons nos terres arables du grignotage urbain.

Pour cela, deux exigences sont incontournables.

Rénovons la démocratie en soumettant les projets départementaux à des débats ouverts, par une co-élaboration partout et par tous.

Exigeons de l’état qu’il donne aux collectivités territoriales les moyens et financements pour exercer leurs missions au service des populations.

Nous voulons un conseil départemental au service de l’intérêt général, impulsant de réels progrès démocratiques pour son fonctionnement comme dans ses relations avec les habitants.

Nous souhaitons bâtir, avec tous ceux qui se retrouvent sur ces orientations, un avenir pour notre département qui prendra mieux en compte les besoins et les attentes des habitants.

Nous appelons toutes les forces politiques et tous les citoyens qui partagent cette volonté, à construire avec nous, pour notre département et au-delà une réelle alternative de gauche et écologiste.

Rejoignez-nous !

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 17:42

Les marins russes formés sur le Mistral quittent la France (Reuters)

Le navire-école Smolny transportant les quatre cent marins russes qui ont été formés pendant plus de cinq mois à la manoeuvre du porte-hélicoptères Mistral a quitté Jeudi 18 Décembre 2014 son quai du port de Saint-Nazaire, vraisemblablement pour Saint-Pétersbourg.

La France a suspendu fin novembre la livraison du premier des deux Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) en raison de la situation dans l'est de l'Ukraine et les marins russes avaient achevé leur formation.

La Russie a annoncé lundi dernier qu'elle accepterait ou de l'argent ou la livraison des deux porte-hélicoptères pour résoudre son différend avec la France.

Vladimir Poutine et François Hollande se sont rencontrés le 6 décembre 2014. Selon le président russe, la question de la livraison des Mistral n'a pas été abordée à cette occasion.

« Ce n'est pas un départ définitif, dans le sens où la décision de livrer ou non le navire n'a pas été prise », a déclaré jeudi un porte-parole de DCNS, qui a sous-traité la construction des deux navires aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire. « Cette décision appartient au chef de l’état. S'il nous donne l'autorisation d'exporter le navire, des marins russes reviendront donc le chercher ».

Il a ajouté que, selon toute vraisemblance, le Smolny regagnera Saint-Pétersbourg pour que les marins russes puissent y passer les fêtes de Noël en famille.

Sous la pression de ses partenaires, notamment américains, hostiles à la livraison des deux BPC en pleine crise ukrainienne dans laquelle le rôle de Moscou a été dénoncé par les occidentaux, François Hollande avait annoncé le 3 septembre 2014 que les conditions n'étaient pas réunies pour livrer le premier des deux navires.

LA CONSTRUCTION DU DEUXIÈME MISTRAL SE POURSUIT

Le 16 octobre 2014, il avait déclaré que le respect du cessez-le-feu prévu par le protocole de Minsk signé par l'Ukraine, la Russie et les séparatistes de l’est sous les auspices de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) restait l'une des conditions pour que la France accepte de livrer les Mistral.

Le 25 novembre 2014, le président français avait annoncé le report « jusqu'à nouvel ordre » de la livraison, le cessez-le-feu étant régulièrement violé.

Le premier BPC, le Vladivostok, devait initialement être livré en octobre et les quatre cent marins russes ont été formés depuis le 30 juin 2014 à sa manoeuvre dans le port de Saint-Nazaire.

Leur entraînement était terminé depuis le mois de novembre 2014.

La livraison du deuxième navire est prévue pour 2015.

« Les travaux de construction du deuxième BPC se poursuivent », a souligné le porte-parole de DCNS. « Ce n'est pas parce que les marins russes s'en vont que nous arrêtons la fabrication du deuxième bâtiment, qui dépend du même contrat ».

Un refus de livrer les deux navires, dont la vente représente un montant d’un milliard deux cent millions d'euros, pourrait obliger la France à dédommager Moscou au-delà d'une date-butoir pour l'instant tenue secrète.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 18:44

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=14141

http://www.thenorthstar.info/?p=12067

D’où vient Podemos et où va-t-il ?

Par Louis Proyect, traduit par Manuel Talens, édité par Fausto Giudice

Samedi 13 Décembre 2014

L’article ci-dessous fournit quelques informations sur Podemos en Espagne, il s’agit d’un parti radical à large base sociale qui a été comparé à Syriza en Grèce et qui, comme celui-ci, pourrait très probablement accéder au pouvoir dans un avenir pas trop lointain. Il a été écrit originalement pour la relance du site web North Star, qui appelle aussi à la création d’un parti anti capitaliste non-sectaire à large base, en d’autres termes, d’un Podemos américain.

Pour ceux d’entre nous aux Etats Unis qui travaillent pour créer quelque chose d’équivalent, il y a beaucoup de leçons à tirer, même si les différences entre les Etats Unis et l’Espagne sont considérables. Mais la clé est ce que les deux pays ont en commun, un système bipartisan qui a efficacement maintenu un contrôle hégémonique sur la politique.

Les partis

Le Parti Populaire gouverne actuellement en Espagne. Fondé en 1989, il n’est pas si à droite que le parti républicain aux Etats Unis, mais il est son équivalent car il représente ouvertement les intérêts de la classe des grandes entreprises. Il est issu de la fusion de l’Alliance Populaire, qui avait été fondée par un ancien responsable phalangiste à la recherche de respectabilité dans l’ère post-Franco, et de petits partis libéraux. Sur le spectre politique européen, il a beaucoup en commun avec les démocrates-chrétiens allemands et le parti conservateur en Grande-Bretagne.

Le gouvernement précédent était tenu par le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Malgré ce nom à consonance léniniste, il s’agit du parti social-démocrate fondé au dix-neuvième siècle qui fit partie du Front Populaire dans les années 1930. En 1979, le PSOE a désavoué le langage marxiste de son programme traditionnel, même s’il n’avait jamais été là que pour les apparences. Le Parti Populaire l’a remplacé au pouvoir en 2011 car les espagnols ont estimé qu’il ne faisait pas assez pour sortir l’économie de la crise économique en cours. En effet, le résultat du vote en Espagne a été semblable à celui des élections de mi-mandat qui ont eu lieu récemment aux Etats Unis, où les républicains ont remplacé les démocrates comme majorité.

L’opposition de gauche

Podemos émerge dans une très large mesure de la frustration face au tourniquet de la politique bourgeoise. Comme tel, sa naissance devrait servir d’inspiration pour la gauche américaine, même s'il ne parvient pas à répondre aux attentes de ceux à gauche qui veulent que la lutte de classe avance à un rythme plus rapide.

Avant que Podemos ait été lancé en janvier 2014, il y avait deux coalitions qui opéraient à la gauche du Parti Populaire et du PSOE. La première est Izquierda Unida dirigée par le Parti Communiste d’Espagne. Elle a oscillé entre des positions de conciliation et d'opposition vis-à-vis du PSOE, selon son appréciation du degré de viabilité d’une nouvelle version du Front Populaire. Après la crise économique une approche de plus grande confrontation est allée de pair avec la croissance du radicalisme en Espagne, même si Izquierda Unida a continué à tâter le terrain du côté du PSOE. Les militants d’Izquierda Unida se présentaient comme des militants plus radicaux que le PSOE, un pari difficile à vendre.

On trouvait à gauche d’Izquierda Unida la coalition Izquierda Anticapitalista, une formation fondée en octobre 2011 qui a associé des trotskystes et d’autres organisations d’extrême- gauche à la manière des expériences de l’alliance socialiste en Grande-Bretagne et ailleurs. Tant Izquierda Anticapitalista qu’Izquierda Unida ont grandi considérablement depuis que l’Espagne a été bouleversée par les protestations massives en 2011 qu’on connaît sous le nom du mouvement du 15 mai.

Le mouvement du 15 mai

C’était en gros l'équivalent espagnol du mouvement Occupy. Il a pris son nom le 15 mai 2011, lorsque les jeunes espagnols ont déferlé dans les rues et ont occupé des espaces publics dans cinquante-huit villes du pays. La raison principale était le chômage, qui alors était officiellement à 21,3 %. Au cœur de son programme était la certitude que le système bipartisan était en faillite.

Comme ce fut le cas avec le mouvement Occupy aux Etats Unis, certains dirigeants du mouvement du 15 mai avaient une « orientation horizontaliste » qui empêchait la politique électorale, position compréhensible compte tenu de l’échec du système bipartite. L’accent était mis sur la prise de décision par consensus sous contrôle local avec des actions directes destinées à forcer le gouvernement à garantir les besoins des gens. Tout naturellement, le mouvement du 15 mai était hésitant à s’aligner avec les vieux partis de gauche, considérés comme complices d’un système corrompu.

Compte tenu de la gravité de la crise économique en Espagne, le mouvement s’est étendu et a impliqué une proportion plus grande de la population que le mouvement Occupy aux Etats Unis.

C’est son caractère massif qui a créé le pouvoir social qui a rendu possible Podemos. Parmi les millions de personnes qui ont participé aux occupations et aux manifestations, il est douteux que beaucoup se soient considérés comme disciples de Mikhaïl Bakounine ou de Karl Marx.

Ce qu’ils cherchaient était une alternative sérieuse à l’impasse, susceptible d’infléchir des mesures radicales pour remédier à leur situation désespérée.

Les accoucheurs de Podemos

Au cours de la fin de semaine du 12 et du 13 Janvier 2014, un groupe de militants et d’intellectuels a fondé Podemos sur la base des principes énoncés dans un article intitulé « Mover Ficha » (« Déplacer notre Pion », comme dans le jeu d’échecs). La section clé du document traitait du travail dans l’arène électorale, mais pas sur la base du marchandage traditionnel des partis de gauche.

« Dans les prochaines élections au parlement européen, il faut une candidature qui s’offre soi-même à la vague d’indignation populaire qui a stupéfié le monde. Nous sommes heureux de voir l’avancée des forces de la gauche, mais nous sommes conscients de la nécessité de faire quelque chose de plus pour mettre en marche les changements dont nous avons besoin. Le temps est arrivé d'avoir le courage de ne pas fermer la fenêtre d’opportunité que l’engagement de tant de braves gens a ouvert. Nous avons besoin d’une candidature d’unité et de rupture, dirigée par des gens qui expriment des nouvelles manières de se rapporter à la politique et qui entraînera une menace réelle pour le régime bipartisan du Parti Populaire et du PSOE et de ceux qui ont pris en otage la démocratie ».

Comme il s’avère, les auteurs de « Déplacer notre Pion » étaient des membres d’Izquierda Anticapitalista, un élément clé de la coalition anticapitaliste et la section officielle de la quatrième internationale, qui avait abandonné depuis longtemps les conceptions d’avant-garde qui ont présidé à sa naissance.

Izquierda Anticapitalista suivait les traces du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) en France, l’ancienne section transformée de la quatrième internationale, qui, quelques années plus tôt, avait décidé de se débarrasser du bagage « léniniste » qu’elle avait hérité des années 1930 pour faire partie d’un processus ouvert aux réalités du vingt et unième siècle.

Pour les membres d’Izquierda Anticapitalista, le lancement de Podemos était nécessaire comme un moyen de fournir une alternative à l’imminent bloc d’Izquierda Unida avec le PSOE. Les jeunes qui faisaient partie du mouvement du 15 mai ont montré peu d’affinité pour l’habituel business as usual de la social-démocratie espagnole.

En août 2012 j’avais exprimé l’espoir que quelque chose dans ce genre aurait été possible aux Etats Unis, mais malheureusement il y avait trop peu de socialistes prêts à sortir des sentiers battus. La plupart ont vu le mouvement d’occupation comme une occasion de recruter des membres dans une formation d’avant-garde plutôt que d’aider à créer un mouvement qui transcende les impératifs territoriaux de la gauche traditionnelle. Ce besoin existe toujours et North Star est consacré à le rendre possible.

Comme exemple du genre de perspectives de non-propriétaire qui a informé la direction d’Izquierda Anticapitalista, ils n’ont jamais considéré Podemos comme un concurrent. Ils étaient toujours à la recherche d’un horizon d’opportunités politiques qui permettraient à l’ensemble du mouvement radical de se renforcer. C’est le genre d’attitude que North Star espère favoriser.

L’opposition de gauche à Podemos

Pour le Socialist Workers Party de Grande-Bretagne (SWP), accablé par des scandales, Podemos est juste un autre exemple d’un large parti de gauche qui va échouer dans la tâche de mener une révolution prolétarienne. Son journal s’en est plaint, « les dirigeants de Podemos et de Syriza veulent remplacer les gens du gouvernement avec d’autres qui d'après eux feraient un meilleur travail. Mais le pouvoir ce ne sont pas seulement les gens en poste. Les gouvernements élus font toujours partie d’un état capitaliste qui est composé de puissantes bureaucraties non élues, sans parler de la police et de l’armée ». Ceci est certainement vrai, mais il est peu probable que le parti qui peut remplacer les flics et l’armée avec le peuple en armes, suivant le modèle de la Commune de Paris, puisse le faire tout simplement en articulant un tel besoin. Voilà une forme de pensée magique que la gauche doit éviter.

Il y a aussi un problème à faire l’amalgame entre Syriza et Podemos. Laissant de côté la question de savoir si Syriza mérite toutes les critiques qu’il a reçu des groupes comme le SWP, quel sens cela a-t-il de les regrouper ? Syriza était un projet de l’ancienne aile eurocommuniste du parti communiste grec, un parti dont les dirigeants visaient des réformes keynésiennes et qui avaient cherché dans l’Argentine de Nestor Kirchner la façon de résoudre la crise économique en Grèce.

D’autre part, les trotskystes ont écrit le document fondateur de Podemos et Pablo Iglesias, son principal dirigeant, était un militant âgé de trente-deux ans dans les rues espagnoles il y a seulement quatre ans. Un article dans le journal de l’International Socialist Organization décrit un homme qui a très peu à voir avec l’eurocommunisme.

« Pourtant, personne ne doit être dupe en pensant que Pablo Iglesias croit que les idéologies ont été rendus obsolètes. Dans des interviews et articles il a révélé jusqu’à quel point il a été influencé par des penseurs marxistes tels que Lénine, Salvador Allende, David Harvey et Ernest Mandel. Son approche révèle une position mixte sur la politique, une partie d’Antonio Gramsci, une autre de George Lakoff, après avoir laissé tomber les vieux symboles qu’il croit susceptibles de devenir des handicaps en raison des associations négatives historiques chez les électeurs potentiels, et a cadré le débat autour de la question des privations souffertes par la majorité des gens dans la société, tandis qu’une petite élite devient plus riche ».

L’abandon des vieux symboles est l’expression à retenir pour nous à North Star, puisqu’elle décrit nos efforts pour entre autres ranger des symboles tels que l’étoile rouge et le marteau et la faucille dans les archives historiques où ils ont leur place. Au cours de la lutte, le peuple américain va développer ses propres symboles significatifs qui sont enracinés dans notre expérience nationale, tout comme la gauche espagnole est en train de faire aujourd’hui. Il est significatif qu’elle ait choisi le nom Podemos plutôt que parti ouvrier révolutionnaire ou une autre combinaison de ce genre de mots.

L’avenir de Podemos

Si l’on garde à l’esprit que des partis comme Syriza et Podemos représentent simplement l’état de la lutte de classe à une période donnée, il n’y a aucune raison de les comparer aux formes plus évoluées d’un stade plus avancé de la lutte de classe. Comme ce fut le cas avec l’abolition de l’esclavage aux Etats Unis, il a fallu une progression régulière des partis avant que le parti républicain, avec son aile radicale, entre en scène. Nous pouvons nous attendre nous aussi à des détours et des impasses sur la voie de l’abolition de l’esclavage salarié.

Il y a eu déjà des plaintes au sujet du « bradage » de Podemos, même s’il n’a pas encore fêté son premier anniversaire. Sur facebook a circulé une dépêche de Reuters selon laquelle Podemos a atténué son programme politique radicale dans un document d’orientation publié récemment el co-écrit par Vicenç Navarro, un contributeur de longue date à la Monthly Review, Counterpunch et d’autres publications radicales, et Juan Torres López, un économiste dont un article dans El Pais où il comparait Angela Merkel à Adolf Hitler a été retiré par le journal. Le texte de Reuters souligne que l’article, intitulé « democratizar la economía para salir de la crisis mejorando la equidad, el bienestar y la calidad de vida » (démocratiser l’économie afin de sortir de la crise et améliorer l’équité, le bien-être et qualité de vie), n'appelle plus à la nationalisation des entreprises de services publics et à l'abaissement de l’âge de la retraite de soixante-cinq à soixante ans.

À la page quarante du papier blanc Navarro-Torres López, il y a une section qui traite des recommandations concrètes. J’espère que l’ensemble du document sera bientôt disponible en anglais, mais en attendant il est intéressant d’utiliser un outil de traduction automatique de l’espagnol vers l’anglais pour voir certaines des propositions. Par exemple, ils préconisent l’augmentation du salaire minimum et la réduction de la disparité entre les salaires de dirigeants et les salaires des travailleurs, qui est maintenant de cent vingt-sept à un en moyenne, ce qui, en comparaison, rend la disparité de quatre-vingt-six à un des Etats Unis populiste. Bien sûr, si un parti de gauche aux Etats Unis adoptait une loi qui attaque le droit des PDG à profiter de salaires obscènes, nous pourrions nous attendre à que notre gouvernement arrête ses dirigeants pour violation de la loi Smith.

Pour ramener la question chez nous, il suffit d’imaginer que nous ayons aux Etats Unis un parti dont le programme de politique économique aurait été co-écrit par quelqu’un ayant écrit au fil des ans des dizaines d’articles pour Counterpunch. Et d’imaginer en plus que ce parti serait en tête des sondages pour prendre le pouvoir en 2016 avec un candidat comme Howie Hawkins destiné à occuper la Maison Blanche plutôt qu’un parc. Voici la prochaine étape dans la politique américaine, ce qui commence à faire du slogan « un monde meilleur est possible » quelque chose de pas si utopique que cela.

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 17:55

http://blogs.mediapart.fr/blog/tatiana-ventose/091214/lecon-de-strategie-politique-lusage-de-ceux-qui-veulent-changer-le-monde

Leçon de stratégie politique à l’usage de ceux qui veulent changer le monde

Par Pablo Iglesias

Mardi 9 Décembre 2014

Je sais pertinemment que la clé pour comprendre l'histoire des cinq siècles passés est l'émergence de catégories sociales spécifiques, appelées « classes ».

Laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand le mouvement des indignés a commencé, sur la place de la Puerta del Sol, des étudiants de mon département, le département de sciences politiques de l’université Complutense de Madrid, des étudiants très politisés, ils avaient lu Karl Marx et Lénine, se confrontaient pour la première fois de leur vie à des gens normaux.

Ils étaient désespérés, « ils ne comprennent rien ! On leur dit qu'ils font partie de la classe ouvrière, même s'ils ne le savent pas ». Les gens les regardaient comme s'ils venaient d'une autre planète. Et les étudiants rentraient à la maison, dépités, se lamentant, « ils ne comprennent rien ».

Ne voyez-vous pas que le problème, c'est vous ? Que la politique n'a rien à voir avec le fait d'avoir raison. Vous pouvez avoir la meilleure analyse du monde, comprendre les processus politiques qui se sont déroulés depuis le seizième siècle, savoir que le matérialisme historique est la clé de la compréhension des mécanismes sociaux et vous allez en faire quoi, hurler aux gens qu’ils font partie de la classe ouvrière et qu’ils ne sont même pas au courant.

L'ennemi ne cherche rien d'autre qu'à se moquer de vous. Vous pouvez porter un tee-shirt avec la faucille et le marteau. Vous pouvez même porter un grand drapeau, puis rentrer chez vous avec le drapeau, tout cela pendant que l'ennemi se rit de vous. Parce que les gens, les travailleurs, ils préfèrent l'ennemi plutôt que vous. Ils croient à ce qu'il dit. Ils le comprennent quand il parle. Ils ne vous comprennent pas, vous. Et peut-être que c'est vous qui avez raison ! Vous pourrez demander à vos enfants d'écrire cela sur votre tombe, que vous avez toujours eu raison, mais que personne ne le sut jamais.

En étudiant les mouvements de transformation qui ont réussi par le passé, on se rend compte que la clé du succès est l'établissement d'une certaine identification entre votre analyse et ce que pense la majorité. Et c'est très dur. Cela implique de dépasser ses contradictions.

Croyez-vous que j'ai un problème idéologique avec l'organisation d'une grève spontanée de quarante-huit heures ou même de soixante-douze heures ? Pas le moins du monde, le problème est que l'organisation d'une grève n'a rien à voir avec ce que nous voulons. Cela a à voir avec la force de l'union et, vous comme moi, nous sommes insignifiants.

Vous et moi, on peut souhaiter que la terre soit un paradis pour l'humanité. On peut souhaiter tout ce qu'on veut, et l'écrire sur des tee-shirts. Mais la politique a à voir avec la force, pas avec nos souhaits ni avec ce qu'on dit en assemblée générale. Dans ce pays il n'y a que deux syndicats qui ont la possibilité d'organiser une grève générale, les CCOO et l'UGT. Est-ce que cette idée me plaît ? Non, mais c'est la réalité, et organiser une grève générale, c'est dur.

J'ai tenu des piquets de grève devant des stations d'autobus à Madrid. Les gens qui passaient là-bas, à l'aube, vous savez où ils allaient ? Ils allaient au travail. Ce n’étaient pas des jaunes.

Mais ils se seraient fait virer de leur travail, parce qu'à leur travail il n'y avait pas de syndicat pour les défendre. Parce que les travailleurs qui peuvent se défendre ont des syndicats puissants. Mais les jeunes qui travaillent dans des centres d'appel, ou comme livreurs de pizzas, ou dans la vente, eux ne peuvent pas se défendre.

Ils vont se faire virer le jour qui suivra la fin de la grève, et ni vous ni moi ne serons là, et aucun syndicat ne pourra garantir qu'ils pourront parler en tête-à-tête avec le patron et dire que « vous feriez mieux de ne pas virer cet employé pour avoir exercé son droit de grève, parce que vous allez le payer ». Ce genre de choses n'existe pas, peu importe notre enthousiasme.

La politique, ce n'est pas ce que vous ou moi voudrions qu'elle soit. Elle est ce qu'elle est, terrible. Et c'est pourquoi nous devons parler d'unité populaire, et faire preuve d'humilité.

Parfois il faut parler à des gens qui n'aiment pas notre façon de parler, chez qui les concepts qu'on utilise d'habitude ne résonnent pas. Qu'est-ce que cela nous apprend ? Que nous nous faisons avoir depuis des années. Le fait qu'on perde, à chaque fois, implique une seule chose, que le « sens commun » des gens est différent de ce que nous pensons être juste. Mais cela n'est pas nouveau. Les révolutionnaires l'ont toujours su. La clé est de réussir à faire aller le « sens commun » vers le changement.

César Rendueles, une personne très intelligente, dit que la plupart des gens sont contre le capitalisme, mais ne le savent pas. La plupart des gens sont féministes et n'ont pas lu Judith Butler ni Simone de Beauvoir. Il y a plus de potentiel de transformation sociale chez un père qui fait la vaisselle ou qui joue avec sa fille, ou chez un grand-père qui explique à son petit-fils qu'il faut partager les jouets, que dans tous les drapeaux rouges que vous pouvez apporter à une manifestation. Et si nous ne parvenons pas à comprendre que toutes ces choses peuvent servir de trait d'union, l'ennemi continuera à se moquer de nous.

C'est comme cela que l'ennemi nous veut, petits, parlant une langue que personne ne comprend, minoritaires, cachés derrière nos symboles habituels.

Cela lui fait plaisir, à l'ennemi, car il sait qu'aussi longtemps que nous ressemblerons à cela, nous ne représenterons aucun danger.

Nous pouvons avoir un discours très radical, dire que nous voulons faire une grève générale spontanée, parler de prendre les armes, brandir des symboles, tenir haut des portraits des grands révolutionnaires dans nos manifestations, cela fait plaisir à l'ennemi ! Il se moque de nous ! Mais quand on commence à rassembler des centaines, des milliers de personnes, quand on commence à convaincre la majorité, même ceux qui ont voté pour l'ennemi avant, c'est là qu'ils commencent à avoir peur. Et c'est cela qu'on appelle la politique. C'est ce que nous devons apprendre.

Il y avait une personne qui parlait des soviets en 1905. Il était chauve. C’était un génie. Il comprit l'analyse concrète de la situation. En temps de guerre, en 1917, en Russie, quand le régime s'effondra, il dit une chose très simple aux russes, qu'ils soient soldats, paysans ou travailleurs. Il leur dit « pain et paix ».

Et quand il dit ces mots, « pain et paix », qui était ce que tout le monde voulait, la fin de la guerre et de quoi manger, de nombreux russes qui ne savaient plus s'ils étaient « de gauche ou de droite », mais qui savaient qu'ils avaient faim, dirent que « le chauve a raison ». Et le chauve fit très bien. Il ne parla pas au peuple de « matérialisme dialectique », il leur parla de « pain et de paix ». Voilà l'une des principales leçons du vingtième siècle.

Il est ridicule de vouloir transformer la société en imitant l'histoire, en imitant des symboles. Les expériences d'autres pays, les événements qui appartiennent à l'histoire ne se répètent pas.

La clé c'est d'analyser les processus, de tirer les leçons de l'histoire. Et de comprendre qu'à chaque moment de l'histoire, si le « pain et la paix » que l'on prononce n'est pas connecté avec les sentiments et les pensées des gens, on ne fera que répéter, comme une farce, une tragique victoire du passé.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 21:17

http://www.patrick-le-hyaric.eu/le-parlement-europeen-se-prononce-pour-un-etat-palestinien

Le parlement européen se prononce pour un état palestinien

A la suite de plusieurs parlements nationaux dans l’Union Européenne, le parlement européen vient de voter par quatre cent quatre-vingt-dix-huit voix pour et quatre-vingt-huit voix contre, ce mercredi 17 décembre 2014, une résolution dite de « compromis » c’est-à-dire qu’elle est le résultat de discussions entre les différents groupes du parlement européen.

Dans ces débats, nous n’avons ménagé aucun effort pour obtenir la meilleure résolution possible. L’objectif est d’aider au mieux le peuple palestinien et l’autorité palestinienne dans leur combat pour qu’enfin soient reconnus leur souveraineté et leurs droits.

La résolution adoptée est donc un pas de plus appuyant la reconnaissance de l’état palestinien dans les frontières de 1967. Même si nous aurions souhaité un texte plus clair et plus précis, nous l’avons soutenu, dès lors qu’il peut constituer un point d’appui.

Le parlement européen soutient le principe de la reconnaissance d’un état palestinien et la solution à deux états et estime que ceci doit aller de pair avec le développement des pourparlers de paix ».

Il soutient les efforts du président Mahmoud Abbas et du gouvernement de consensus national palestinien, souligne à nouveau l’importance de consolider l’autorité du gouvernement de consensus palestinien et son administration dans la bande de Gaza, demande un soutien constant de l’Union Européenne pour le renforcement des capacités institutionnelles palestiniennes.

Il réaffirme son soutien ferme à la solution à deux états sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem comme capitale des deux états, un état d’Israël dont la sécurité doit être assurée aux côtés d’un état palestinien, indépendant, démocratique, contigu et viable, coexistant dans la paix et la sécurité sur la base du droit à l’autodétermination et le plein respect du droit international.

Il invite la haute représentante, vice-présidente de la commission à faciliter une position commune de l’Union Européenne sur ce sujet.

Il décide de lancer une initiative parlementaire pour la paix, visant à rassembler les différents partis de l’Union Européenne, israéliens et le parlement palestinien pour faire avancer un agenda pour la paix et pour compléter les efforts diplomatiques de l’Union Européenne.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 21:04

Vladimir Poutine assure que l’économie russe va se redresser (Reuters)

Vladimir Poutine a déclaré Jeudi 18 Décembre 2014 que l'économie russe finirait inévitablement par se redresser mais n'a présenté aucune solution à l'aggravation de la crise financière liée à la chute du rouble sur les marchés des devises.

Dans sa traditionnelle conférence de presse-marathon de la fin de l'année, le président russe a jugé que le gouvernement et la banque centrale avaient pris les mesures « appropriées » face à une crise qu'il a attribuée à des « facteurs extérieurs ».

Mais il a admis que la banque centrale aurait pu agir plus rapidement pour soutenir le rouble, qui a perdu depuis le début de l'année près de quarante-cinq pour cent de sa valeur face au dollar.

La banque centrale a relevé mardi son principal taux directeur de 6,5 points de pourcentage, le portant à dix-sept pour cent, et a dépensé plus de quatre-vingt milliards de dollars cette année pour tenter de soutenir la devise russe.

Relevant que la banque de Russie avait stoppé ses interventions sur le marché des changes, Vladimir Poutine a noté qu'elle avait eu raison de prendre cette décision. « Peut-être aurait-elle dû le faire plus tôt. Peut-être alors n'aurait-elle pas eu à relever son taux à dix-sept pour cent », a-t-il dit lors d'une conférence de presse qui a débuté vers 9 heures GMT et se poursuivait encore près de trois heures et demie plus tard.

Il a aussi indiqué que des mesures supplémentaires étaient nécessaires. Le gouvernement russe a du reste rendu public dans la matinée un projet de loi sur les banques, qui pourrait permettre aux principaux groupes du secteur de recevoir quelque mille milliards de roubles, treize milliards cent millions d'euros, de capitaux frais pour faire face à l'impact des sanctions occidentales et du ralentissement économique.

« SI LA SITUATION CONNAÎT DES DÉVELOPPEMENTS DÉFAVORABLES »

L'économie russe, dont la stabilité a été l'une des clefs de sa popularité depuis son accession au pouvoir, fin 1999, s'oriente vers une récession, fruit de ce que le ministre de l’économie, Alexeï Oulioukaïev, a qualifié de « parfait concours de circonstances » entre la baisse des cours du pétrole, les sanctions occidentales sur fond de crise ukrainienne et les difficultés économiques mondiales.

Selon le ministère de l’économie, le produit intérieur brut pourrait se contracter de 0,8% en 2015.

« Si la situation connaît des développements défavorables, nous devrons modifier nos projets. Il ne fait aucun doute que nous devrons réduire nos dépenses. Mais un virage positif et une sortie de la situation actuelle sont inévitables », a dit Vladimir Poutine.

« La croissance de l'économie mondiale va se poursuivre et notre économie sortira de la situation actuelle », a-t-il martelé, assurant que la Russie surmonterait la crise et en ressortirait « plus forte. Dans le scénario économique extérieur le plus défavorable », a-t-il dit, « cette situation pourrait se prolonger pendant deux ans environ. Mais les choses pourraient aussi commencer à s'améliorer au cours du premier trimestre de l'année prochaine, ou en milieu d'année, ou en fin d'année ».

L'économie russe doit se diversifier pour réduire sa dépendance aux exportations de pétrole, a plaidé Vladimir Poutine, reprenant un thème qu'il a déjà abordé à de multiples reprises en quinze ans de pouvoir sans pour autant le mettre en oeuvre.

Son intervention, pauvre en propositions détaillées et sans annonce nouvelle, n'a pas stoppé la baisse du rouble, qui a encore perdu environ trois pour cent.

UNE POPULARITÉ FRAGILISÉE ?

Estimant que Vladimir Poutine s'est contenté d'exprimer un soutien à minima à l'action du gouvernement et de la banque centrale, des analystes jugent que des têtes pourraient tomber dans un proche avenir.

« Tout ceci suggère des divisions très importantes au sein de l'administration sur les moyens de répondre à la crise et aux pressions qui s'exercent sur le rouble », note ainsi Timothy Ash, directeur des recherches sur les marchés émergents à la Standard Bank de Londres.

Pour l'ancien premier ministre Mikhaïl Kassianov, désormais dans l'opposition, la crise actuelle démontre que Vladimir Poutine a mal géré l'économie russe et que ses difficultés vont aller en s'accroissant, du fait principalement de l'inflation qu'entraîne la chute du rouble.

« La Russie entre en déclin », a-t-il dit dans une interview accordée tard mercredi soir à Reuters.

Les sondages montrent que la popularité du président russe, qui a dépassé les quatre-vingt pour cent de bonnes opinions après l'annexion de la Crimée en mars 2014, se maintient à des sommets. « La stabilité est fondée sur le soutien du peuple russe, et il n'est de fondation plus solide », a-t-il déclaré.

Mais la chute du rouble, l'augmentation des prix et la plongée de l'économie russe dans la récession pourraient altérer la confiance placée dans sa capacité à garantir la stabilité financière du pays.

« Vladimir Poutine a surfé sur la vague de la hausse des prix du pétrole dans les années qui ont suivi son accession au pouvoir mais il ne fait aucun doute que l'économie va commencer à avoir des répercussions négatives sur la politique. Les pièces du puzzle se mettent en place et vont commencer à affecter la viabilité politique de ce régime », avance Nicholas Spiro, directeur de Spiro Sovereign Strategy à Londres.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 20:51

http://www.capjpo-europalestine.com/spip.php?article123

Olivia Zemor dépose plainte contre Grégory Chelli

Vendredi 12 Décembre 2014

Olivia Zemor, présidente d’Europalestine, a porté plainte auprès de la Police Judiciaire contre une nouvelle agression la visant directement à son domicile personnel.

Puisque le gouvernement français ne fait rien pour obtenir d’Israël l’extradition du voyou Grégory Chelli, il aurait tort de se gêner, et continue donc à se moquer des services de police français et à tenter de porter atteinte aux personnes qu’il a dans le collimateur.

Il a donc employé son stratagème habituel en appelant un commissariat de quartier et leur a demandé d’intervenir au domicile d’Olivia Zémor, qui aurait été assassinée par un dangereux psychopathe, membre de sa propre famille, attendant la police l’arme au poing.

Du fait de l’enquête en cours et pour éviter d’alimenter les dérives narcissiques de l’individu, les évènements ne seront pas relatés en détail, mais il semble que ses impostures ont fait long feu et que les policiers parviennent maintenant à les déceler assez en amont.

La suite de l’affaire est entre les mains du parquet, qui a déjà un bon nombre de dossiers concernant Grégory Chelli, lequel s’est courageusement réfugié dans un pays hors la loi, pour pratiquer son « viol vocal ». Ceci après avoir commis de nombreuses agressions physiques en France, avec ses comparses de la Ligue de Défense Juive (LDJ), sans oublier qu’il a été à la tête d’un commando qui a saccagé la librairie Résistances à Paris, en juillet 2009.

Ses dénonciations mensongères par le biais du vol de données privées, numéros de téléphone, adresses et mails, ont eu de graves conséquences dans plusieurs cas, et ont même provoqué la mort d’un homme. Un père a succombé récemment à une crise cardiaque après qu’il lui eût annoncé la mort, imaginaire, de son fils, journaliste à www.rue89.com, suivi de l’envoi des forces de l’ordre à son domicile.

La police semble disposée à agir, mais le gouvernement français ne lui apporte pas le soutien, notamment diplomatique, que l’on pourrait légitimement attendre.

Il est faux de prétendre aujourd’hui que l’individu serait intouchable puisqu’en Israël. Non seulement parce que rien n’empêche son extradition d’Israël, encore faut-il qu’elle soit demandée, mais du fait que cela fait des années que Grégory Chelli sévit en France, en toute impunité. Il a fallu qu’il s’en prenne à la presse pour que ses multiples méfaits soient quelque peu médiatisés.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 20:23

L’Union Européenne doit retirer le Hamas de la liste des groupes terroristes (Reuters)

Le tribunal de l'Union Européenne, la deuxième juridiction de l’Union Européenne, a annulé Mercredi 17 Décembre 2014 pour des raisons de procédure les décisions du conseil européen maintenant le Hamas sur la liste européenne des organisations terroristes.

La justice européenne a néanmoins maintenu temporairement les mesures à l'encontre du mouvement palestinien, dont le gel des fonds, pour une période de trois mois ou le temps que les possibilités d'appel soient épuisées.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a aussitôt appelé l'Union Européenne à maintenir les sanctions contre le Hamas estimant que le jugement du tribunal constitue « une hypocrisie stupéfiante » à l'égard de l’état israélien.

« Il semble que beaucoup trop de personnes en Europe, sol sur lequel six millions de juifs ont été massacrés, n'ont rien appris du passé. Nous, en Israël, nous avons tiré les leçons », a dit Benjamin Netanyahu.

« Nous attendons des vingt-huit pays européens qu'ils remettent immédiatement le Hamas sur la liste », a-t-il dit dans un communiqué qui présente le groupe palestinien comme une « organisation terroriste meurtrière ».

Le Hamas, pour sa part, a salué « la correction d'une erreur historique de l'Union Européenne. Le Hamas est un mouvement de résistance et toutes les lois et règles internationales lui donnent le droit de résister à l'occupation », a déclaré à Reuters le numéro deux du mouvement, Moussa Abou Marzouk.

Le tribunal européen insiste dans un communiqué sur le fait qu'il ne s'est pas prononcé sur le fond.

« Ces annulations, encourues pour des motifs fondamentaux de procédure, n'impliquent aucune appréciation de fond sur la question de la qualification du mouvement Hamas de groupe terroriste au sens de la position commune », souligne-t-il.

GARANTIR L'EFFICACITÉ DU GEL DES FONDS

Le tribunal de l’Union Européenne explique son jugement par le fait que les décisions du conseil européen étaient fondées « non pas sur des faits examinés et retenus dans des décisions d'autorités nationales compétentes mais sur des imputations factuelles tirées de la presse et d’internet ».

Anticipant un possible maintien des sanctions, il ajoute que « les effets des actes annulés sont maintenus temporairement pour garantir l'efficacité de tout futur éventuel gel des fonds ».

Les Etats-Unis ont exhorté l'Union Européenne à ne pas modifier sa position concernant le Hamas.

« Nous pensons que l'Union Européenne devrait maintenir ses sanctions contre le mouvement terroriste Hamas », a déclaré une porte-parole du département d’état américain, Jen Psaki.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, créé il y a tout juste vingt-sept ans et qui prône la destruction de l’état d'Israël, a pris en juin 2007 le contrôle de la bande de Gaza, chassant les hommes du Fatah, le groupe du président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas.

Les deux organisations ont signé un accord en avril 2014 pour mettre fin à leur brouille, qui s'est traduit par la formation d'un gouvernement d'union nationale composé de technocrates, mais elles ne se sont toujours pas entendues sur l'administration du territoire côtier.

Le gouvernement israélien refuse de son côté de considérer comme un interlocuteur valable tout gouvernement incluant le Hamas tant que celui-ci n'aura pas reconnu l'existence de l’état d'Israël et renoncé à la lutte armée.

Réagissant au jugement du tribunal européen, le ministre israélien de l’économie Naftali Bennett, chef du parti d'extrême droite Foyer Juif, a estimé que les européens subiraient les conséquences de cette décision.

« Israël est un pays fort et capable de se défendre contre ses ennemis mais ceux qui souffriront le plus du renforcement des groupes terroristes sont les européens eux-mêmes », a-t-il dit.

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