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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 16:11

http://toulouse.demosphere.eu/rv/9438

http://toulouse.demosphere.eu/rv/9439

Rencontres Euro Méditerranée dans le cadre de la Semaine de Solidarité Internationale

Jeudi 27 Novembre 2014 à 19 heures

Salle du Sénéchal 17 Rue de Rémusat 31 000 Toulouse

Conférence-débat sur « les révolutions arabes, les questions géo-stratégiques et les enjeux pour l'avenir de la Méditerranée, les rapports entre le Nord et le Sud et les solidarités » avec des chercheurs et des militants.

Françoise Clément, militante alter mondialiste

Luiza Toscane, militante de l’ACAT

Lofti Chawqui, militant du Mouvement du 20 Février, Maroc

Kamel Daoud, militant de l’ACRAT, Algérie

Michel Warschawski, militant de l’Alternative Information Center, Jérusalem

Tarek Ben Hiba, militant de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives

Ghayat Naisse, militant du Courant Gauche Révolutionnaire, Syrie

Ahmet Alim, militant de l’Association Alévie Démocratique de Toulouse

De la Tunisie à l’Egypte, en passant par la Libye, le Maroc, l’Algérie et la Syrie, les peuples se sont soulevés pour plus de justice, contre le mépris et pour les libertés démocratiques.

Nous ne pouvons plus leur opposer une Europe fermée et sourde, mais construire, avec eux, de nouvelles solidarités internationales porteuses de paix et de développement partagés

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 18:44

http://www.lesinrocks.com/2014/04/30/actualite/politique/commun-notion-au-coeur-mouvements-sociaux-11501364

Le « commun », un principe au cœur des mouvements sociaux

Mercredi 30 Avril 2014

Un projet révolutionnaire est-il possible aujourd’hui ? Le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval en voient les prémices dans un principe qu’on retrouve dans les luttes sociales du monde entier, d’Istanbul à New York, le commun.

Les mouvements sociaux apparus à l’échelle du monde depuis le début des années 2000 ont remis l’idée du « commun » au cœur des luttes politiques alternatives. En partant de ce foisonnement militant, le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval prolongent leur critique du néo libéralisme en définissant une nouvelle pensée du commun, un exercice d’imagination politique salutaire, invitant au dépassement du capitalisme et à la réappropriation collective des biens et services.

Question. Le « commun » devient depuis quelques années un motif commun à des pratiques politiques alternatives, observez-vous. Comment définir cette aspiration nouvelle, cette exigence d’un horizon politique reconfiguré ?

Pierre Dardot. Ce qui est en cause, c’est le principe de l’obligation politique. L’exigence, c’est de poser comme principe qu’il ne peut y avoir d’obligation qu’entre ceux qui prennent part à une même activité. Cela reprend à nouveaux frais une vieille question, qu’est-ce qui fonde une activité politique ? On a réfléchi à partir de l’émergence de mouvements sociaux à l’échelle mondiale, des mouvements diversifiés, sans connexion immédiate entre eux, on s’est rendu compte rapidement que ce principe-là était à l’œuvre, sans être forcément réfléchi. Ce qui nous a marqués particulièrement, ce sont les événements du parc Gezi à Istanbul, en juillet 2013, ce parc destiné à la destruction est devenu le cœur de la contestation du régime Erdogan, cela nous a fait beaucoup réfléchir, car il y avait à la fois cette idée des communs, des espaces de vie urbain, ces espaces collectifs que les citoyens d’Istanbul voulaient préserver pour l’usage commun, il y avait la volonté de confiscation du gouvernement avec la construction d’une mosquée, d’un supermarché. Il y avait en même temps la référence à la Commune, c’est-à-dire à l’auto gouvernement politique local. Cette articulation nous a semblé révélatrice et instructive. A partir de là, on a pu dégager le principe du commun. Le triptyque, ce serait donc les communs, la commune comme auto gouvernement local et le commun comme principe politique qui permet d’articuler les deux.

Question. Les événements d’Istanbul ont donc été un moment d’accélération dans votre réflexion ?

Christian Laval. Oui, cela fait pas mal de temps qu’on réfléchit à l’alternative politique. On a entrepris de faire un diagnostic critique de l’état du monde à travers nos analyses du néo libéralisme. Il nous a semblé ainsi qu’il fallait partir des mouvements, des expériences les plus diverses pour réfléchir au type de principe politique, au mode d’organisation sociale, qui se dégageait de ces expériences diverses. Nous voulions abandonner la phase de déploration qui prétend qu’il n’y a pas d’alternative, qu’il n’y a pas de mots, de concepts pour penser l’après-capitalisme. Or, on est arrivé, je crois, à une période où dans les mouvements, comme au parc Gezi, des acteurs posent eux-mêmes les termes de l’alternative, à travers l’idée des communs et de la Commune. Les choses s’accélèrent un peu partout, en Amérique Latine, en Espagne et en Italie.

Question. Faut-il lire votre livre « Commun » comme un prolongement naturel de vos deux précédents essais, « la Nouvelle Raison du Monde » et « Marx, prénom Karl » ?

Pierre Dardot. Il y a une cohérence évidente. Dans « la Nouvelle Raison du Monde », on avait pour objectif d’analyser la forme de rationalité qui prévalait à l’échelle mondiale dans le néo libéralisme. Dans le Marx, on voulait montrer qu’il y avait dans la réactualisation de sa pensée davantage un héritage de problèmes qu’un héritage de solutions. Commun est un livre plus personnel, qui nous engage pleinement puisqu’on appelle à promouvoir face à la nouvelle raison du monde une autre raison politique, la raison du commun.

Christian Laval. Tous nos livres s’achèvent sur l’idée du commun. C’était déjà le dernier mot de « la Nouvelle Raison du Monde ».

Question. Peut-on considérer le commun comme un concept marxiste ?

Christian Laval. Pas directement, le commun est une très vieille tradition qui vient des grecs anciens. On réinscrit Marx dans l’histoire du commun, plutôt qu’on en fait un concept de Marx. Marx a donné avec l’idée du communisme une certaine interprétation du commun et en a déduit un certain nombre de conclusions pratiques, le capital est producteur de formes de coopération, permet de penser un engendrement de la société supérieur. Mais il nous importait de penser que ce communisme avait pris la suite d’autres formes de communisme dans l’histoire. C’est pour cela qu’on a écrit une archéologie du commun.

Pierre Dardot. On remet en perspective le communisme par rapport au commun, qui le précède. On cherche à historiciser le communisme, qui s’élabore à partir de précédents.

Question. En quoi l’œuvre de Toni Negri et Michael Hardt (Multitude, Empire, Commonwealth) est une référence clé pour votre réflexion ?

Christian Laval. Michael Hardt et Toni Negri sont partis des pratiques et des mouvements. Leur réflexion a un ancrage dans le réel, très précieux. Contrairement à d’autres formes de pensée critique détachées de la réalité. On a partagé nos réflexions avec Toni Negri durant deux ans et demi à travers un séminaire commun au collège international de philosophie, « du public au commun ». Ce que nous reconnaissons à Michael Hardt et Toni Negri, c’est d’avoir franchi le pas, conceptuellement important, passer des choses communes au concept du commun, comme principe politique, au singulier. Nous avons marqué nos distances, il est vrai, avec leur conception spontanéiste du commun, avec l’idée selon laquelle les formes de travail, les rapports sociaux engendreraient spontanément du commun qui serait exploité par du capital. Nous considérons que cette thèse est beaucoup trop optimiste.

Question. Quels sont les deux axes politiques forts de ce principe du commun ?

Pierre Dardot. Quand le thème a émergé à la fin des années 1990, deux préoccupations s’imposaient alors, la défense des services publics face à une grande réappropriation à l’échelle mondiale qui tendait à les remettre en cause, ce fut la grande thématique de l’alter mondialisme. Puis, il y eut en même temps la préoccupation environnementale, les deux questions se sont nouées de manière pratique. Il n’y avait pas au début de jonction entre les communs publics et les communs naturels. C’est finalement devenu dans le mouvement lui-même, les militants ont compris que c’était deux facettes du même ennemi, de la même offensive. Le capitalisme a contribué de lui-même à faire de la thématique du commun une thématique partagée. Les gens ont mesuré qu’ils faisaient face au même adversaire. Tout s’est articulé de manière consciente au fil du temps. Mais au début, dans les années 1990, ce n’était pas évident, il y avait quelques articles comme ceux de Naomi Klein par exemple, qui parlaient de la défense des communs, un système remet en cause nos communs, il faut œuvrer à une résistance unifiée face à cette offensive. Avec un parallèle dont nous nous attachons à montrer qu’il est très discutable, le parallèle avec ce qui s’est passé dans les campagnes anglaises au quinzième et au seizième siècle, la remise en cause des terres communes, que les paysans utilisaient pour faire paître leurs bêtes, pour subsister. Cet usage collectif des communs a été remis en cause. Beaucoup de militants dans les années 1990, notamment dans le champ de l’internet, ont réfléchi par analogie, en contestant un mouvement d’appropriation comparable à celui qui s’était développé au quinzième siècle.

Christian Laval. Il y a eu une articulation entre un mouvement défensif contre l’appropriation et les désastres engendrés par les droits de propriété, et une prise de conscience du caractère positif de la collaboration par les nouvelles technologies. Il y a une réflexion sur les conditions institutionnelles pour qu’un commun de la connaissance puisse engendrer ses effets positifs. Second point important, la problématique du commun émerge sur la ruine des illusions étatistes. Pendant longtemps, le mouvement ouvrier s’est rallié à une ligne étatiste, confiant à l’état le rôle de protection, de solidarité. Le néo libéralisme a transformé le visage de l’état, sa fonction et sa forme, de telle manière que l’invention du commun vient à une période précise de l’histoire, celle où l’état néo libéral montre à quel point la propriété d’état n’est absolument pas un moyen d’assurer le partage, la solidarité et la redistribution. Notre livre arrive aussi logiquement après notre critique le néo libéralisme comme forme d’intervention étatique. D’où l’importance d’aller au-delà du partage entre le privé et le public dans le champ de l’état.

Question. En quoi le commun est le principe qui fonde tout le reste, selon vous ?

Pierre Dardot. On peut essayer d’imaginer une société qui serait fondée sur le principe du commun. On pose le commun comme principe politique, mais on s’astreint à un exercice auquel beaucoup avaient renoncé depuis les années 1980, un exercice d’imagination politique. On considère que c’est aujourd’hui essentiel. Il faut libérer l’imagination et envisager un autre horizon pour ne pas se laisser enfermer dans la réalité telle qu’elle a été construite politiquement pendant des décennies. A moins de démissionner complètement.

Ce qui nous semble important, c’est de comprendre en quoi ce principe politique, décisif pour les mouvements d’émancipation, pouvait aussi servir de principe pour la reconstruction de la société. Nos propositions politiques, à la fin du livre, visent à faire apercevoir une société qui serait organisée autour du principe du commun. Cela ne signifie pas du tout qu’il n’y aurait que le commun, on n’envisage pas la suppression du marché ou de la propriété privée. C’est la question de la subordination de toutes les formes d’organisation sociale à ce principe qui importe. Avec ce que cela implique, pour la propriété privée, il est évident qu’il est difficile d’envisager qu’elle continue de prévaloir dans la forme juridique léguée par l’histoire, c’est-à-dire avec le fameux droit d’abuser, qu’on reconnaît au propriétaire privé qui dispose en toute souveraineté de la chose, y compris de la détruire.

Si le commun prévaut, cela signifie que des règles doivent prévaloir dans l’usage commun, que ces règles doivent imposer aux usagers du commun de conserver le commun dans l’état où ils ont été amenés à le prendre en charge. C’est pour cela qu’on revient toujours à la question de l’obligation. Ce qui est cause, c’est la façon dont on peut régler collectivement un usage sans s’instituer en propriétaire. C’est un point fondamental. Dans beaucoup de mouvements sociaux, il y a toujours une question qui revient avec insistance, et qui n’est pas du tout la revendication de la propriété ; ces acteurs ne revendiquent pas la propriété. Ces mouvements revendiquent plutôt le droit d’usage contre la logique propriétaire, que ce soit la logique de la propriété d’état ou la logique de la propriété privée.

A cet égard, notre récent voyage en Italie a été révélateur, on a par exemple rencontré des acteurs qui occupaient le Teatro Valle à Rome, qui ont exactement le même vocabulaire. Ils ne demandent pas à être les propriétaires du théâtre mais demandent le droit d’usage. Une société où le principe du commun prévaudrait, c’est donc une société dans laquelle la coproduction par les acteurs des règles de l’usage commun serait l’élément prioritaire.

Christian Laval. Ce qui ne va pas sans le développement des formes démocratiques qui accompagnent ces droits d’usages collectifs. En fait, quand on dit que tout doit être organisé à partir du commun, on veut dire par là que tous les secteurs de l’activité économique doivent en tant que coproduction des biens et des services être organisés sur des principes démocratiques. Nous renouons, me semble-t-il, avec les brèches ouvertes dès le dix-neuvième siècle, avec cette domination absolue de la propriété privée. Ce despotisme a été mis en question par les socialistes et les pratiques d’association. Nous retrouvons des aspirations anciennes, des luttes qui nouent l’activité de production et la production d’institutions. L’économiste américaine Elinor Ostrom a joué dans l’idée du commun un rôle important, contre ceux qui pensaient que seuls le marché ou l’état pouvaient produire des biens et services, elle a montré que des pratiques durables dans le temps fonctionnaient selon des principes démocratiques. C’est une mise en question d’un certain naturalisme économique qui consiste à dire qu’il y a des biens qui sont réservés au marché, des biens réservés à la production publique et des biens par nature communs, en réalité, ce qu’elle montre, c’est que beaucoup d’activités diverses peuvent être organisées selon le principe du commun.

Question. En quoi subissons-nous encore ce que vous appelez la tragédie du « non commun » ?

Pierre Dardot. Le non-commun signifie que la part du commun n’est pas suffisamment reconnue. Sur le plan des questions brûlantes qui se posent à l’humanité, on est dans une impasse, mais en même temps, sur le plan stratégique, quelque chose s’est ouvert. Ce n’est peut-être pas une brèche, mais il y a une émergence publique de cette question du commun, que personne ne peut plus ignorer. La vraie question, c’est que la tragédie du non-commun ne pourra être surmontée qu’à partir du moment où on dépassera un hommage purement formel et rhétorique, pour afficher une prise en charge collective de ce destin de l’humanité. Il y a urgence.

Question. En quoi le commun forme un projet révolutionnaire ? Qu’est-ce que la révolution selon vous ?

Christian Laval. On parle de la grandeur de l’idée de révolution contre le détournement et la captation dont elle a fait l’objet par la pensée conservatrice et le marketing. On a même parlé de « révolution conservatrice », sans craindre l’oxymore. Nous devons nous réapproprier l’idée de révolution, sans l’entendre comme un coup d’état, un putsch, la prise du palais d’hiver, mais à la manière de Cornelius Castoriadis, comment une société se ressaisit de son destin et repense et refonde ses institutions centrales. On est dans une période où il est temps de dire qu’il est possible d’envisager une sorte de condensation des forces anticapitalistes et des mouvements écologistes, dans cette préoccupation de réinstitution de la société. On ne se donne pas d’échéance, mais au fond, les désastres sociaux, écologiques, l’effondrement des démocraties parlementaires sur elles-mêmes, nous semblent indiquer qu’on va assez rapidement vers des moments très critiques.

Pierre Dardot. La révolution, c’est essentiel. Toute révolte, toute insurrection n’est pas forcément une révolution au sens où on l’entend à la suite de Cornelius Castoriadis. Ce qui nous semble crucial, c’est la part reconnue à l’imaginaire social. L’idée qu’une société puisse instituer de nouvelles valeurs, ce que Cornelius Castoriadis appelle des « nouvelles significations imaginaires ». Une révolution, pour nous, quelle qu’en soit la forme, c’est qu’il y ait un retour de la société sur elle-même, les anciennes valeurs ne peuvent plus avoir cours. Il faut en instituer de nouvelles, c’est le sens de la révolution. Ce noyau est important à transmettre.

Question. Quels sont les foyers actuels où vous pensez que la révolution se prépare déjà ?

Christian Laval. Il y a plusieurs foyers assez dispersés, pas d’emblée connectés. C’est l’objet de notre travail de montrer le rapport qui existe entre ces multiples foyers. Il y a d’une part les expériences liées à internet, avec de nombreuses réflexions sur les communs, comme le logiciel libre, le wiki et les markers. Des pratiques accompagnées d’une vraie réflexion sur les conditions d’organisation de ces pratiques. En Amérique Latine, on observe de nombreuses pratiques de luttes, comme en Argentine autour des coopératives, en Bolivie autour de l’eau, au Brésil autour des mouvements sans terre et des luttes urbaines. En Europe aussi, il se passe des choses, surtout en Italie. Avec les Etats-Unis, l’Italie est un pays où la réflexion est la plus avancée, comme dans les centres sociaux autogérés. La société italienne s’est mobilisée autour de mouvements critiques, comme lors du référendum sur l’eau et les biens communs. Des comités de défense des biens communs se sont créés un peu partout. Et là encore, on retrouve la jonction de pratiques sociales et une réflexion juridique. Les juristes sont en première ligne pour tenter de faire entrer dans la constitution et le code civil des biens communs. En articulant des biens communs à des pratiques démocratiques, à des droits sociaux. Cela annonce une pensée nouvelle du commun.

Question. Comment les partis politiques en France appréhendent votre travail ?

Pierre Dardot. Force est de reconnaître que c’est timide. Il y a en France un poids de l’état tel que les partis inscrivent d’emblée leur réflexion à l’intérieur d’un cadre étatique et ont beaucoup de mal à envisager qu’on puisse articuler des pratiques de transformation de l’état et des pratiques politiques extérieures.

« Commun, essai sur la révolution au vingt et unième siècle », Pierre Dardot et Christian Laval, Editions La Découverte, cinq cent quatre-vingt-douze pages, vingt-cinq euros.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 17:43

http://www.podemosparis.com/2014/11/21/le-depute-europeen-de-podemos-pablo-echenique-a-paris

Le député européen de Podemos Pablo Etchenique à Paris

Pour une vraie démocratie en Europe

Le député européen Pablo Echenique, figure charismatique du parti politique Podemos, du groupe de la Gauche Unitaire Européenne, premier parti en intention de vote aux prochaines élections législatives en Espagne, rendra visite au cercle Podemos de Paris Dimanche 30 Novembre 2014.

A cette occasion, le cercle Podemos de Paris organise avec le député un débat où seront abordés, parmi d’autres sujets, la constitution de Podemos comme parti politique, son irruption fulgurante dans le panorama politique espagnol, de février à novembre 2014, son organisation interne, son rôle dans le parlement européen et la lutte du groupe Gauche Unitaire Européenne contre le TAFTA, le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement. Nous évoquerons également les engagements de Podemos pour la santé et l’éducation publique, pour le droit au logement et contre la corruption politique, enfin, le rôle du cercle Podemos à Paris.

Ce débat, ouvert à tous, aura lieu Dimanche 30 Novembre 2014 de 10 heures à 13 heures à l’AGECA 177 Rue de Charonne 75 011 Paris Métro Charonne ou Alexandre Dumas.

Pablo Echenique-Robba, né le 28 août 1978 à Rosario en Argentine, vit depuis plus de vingt ans à Saragosse. Docteur en sciences physiques, il travaille à l’institut de bio-programmation et physique des systèmes complexes du conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol. Se déplaçant en fauteuil roulant, il milite également pour les droits des personnes avec diversité fonctionnelle.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 17:09

LE PROGRAMME DE PODEMOS

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie d’un long message de Ludovic Lamant relatif à Podemos. Le message en totalité est disponible aux adresses ci-dessous.

Bernard Fischer

https://www.ensemble-fdg.org/content/etat-espagnol-podemos-rinvente-lacclamation-spartiate-internet

http://www.mediapart.fr/journal/international/301014/podemos-ce-mouvement-qui-bouscule-lespagne

Quelles propositions concrètes ?

C’est lui, Inigo Errejon, qui tire le parti vers une forme de péronisme adapté à l’Espagne. Sa référence principale n’est autre qu’Ernesto Laclau, intellectuel argentin contesté, théoricien subtil d’un « populisme » qui n’aurait rien de péjoratif ou d’irrationnel, et qui pourrait même être mobilisé au service d’idéologies progressistes, c’est à la condition d’appliquer des politiques progressistes et radicales que l’on peut parvenir à former un « peuple ». A la mort d’Ernesto Laclau, au printemps 2014, Inigo Errejon s’est fendu de plusieurs hommages dans la presse espagnole. Ce jeune universitaire fait de l’Europe du Sud, frappée par la crise, l’arène d’une politique européenne en voie de « latino-américanisation, non pas pour copier, sinon pour traduire, reformuler, s’emparer d’une batterie de concepts et d’exemples », écrit-il. Avant d’affirmer, en référence à Podemos, « ce n’est un secret pour personne qu’une initiative politique récente dans notre pays n’aurait pas été possible, sans la contamination intellectuelle, et l’apprentissage des processus de changement en cours en Amérique latine ».

Cette mainmise d’une poignée d’universitaires sur la stratégie de Podemos ne se fait pas sans heurts. Teresa Rodriguez, enseignante du secondaire, l’une des cinq eurodéputés du mouvement, s’est moquée, en douceur, de cette stratégie des « cerveaux » de l’université Complutense de Madrid, efficace sur le papier, mais qu’il reste à concrétiser, « Podemos n’est pas une expérience universitaire », a-t-elle mis en garde lors du congrès d’octobre.

Pour le sociologue Victor Alonso Rocafort, la volonté des « meneurs » de Podemos de ne pas s’enfermer sous l’étiquette, trop étriquée à leurs yeux, de la « gauche critique » pose d’autres problèmes. « Podemos s’est montré très discret, pendant la campagne des élections européennes, sur le projet de loi qui devait durcir l’accès à l’avortement dans le pays. Même chose sur l’immigration aujourd’hui, ils évitent de monter au créneau sur ces sujets qui divisent la société espagnole. Sur le fond, Podemos est opposé à ce texte de loi anti-avortement, et défend une politique migratoire différente de ce qui se pratique aujourd’hui. Mais ils ont choisi de ne pas le dire. C’est un choix dangereux. Ce sont des sujets délicats sur lesquels il me semble important de faire de la pédagogie, si l’on prétend gouverner. C’est bien de vouloir gagner les élections, mais encore faut-il les gagner correctement ».

Au-delà de ces débats sur la stratégie électorale, qui ont beaucoup occupé les esprits des responsables de Podemos cet automne, d’autres s’inquiètent des flous et des manquements béants de leur programme. « Podemos a tout misé sur la crise de régime, sur les questions de représentation politique, sur la dénonciation de la caste des politiques », constate Florent Marcellesi, un membre du parti écologiste Equo, qui sera eurodéputé à partir de 2017. « A nos yeux, c’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. La crise n’est pas seulement liée aux failles du système politique, c’est une crise de civilisation qui est devant nous. Il faut sortir du modèle productiviste ».

Mais que défend Podemos, au juste ? Le mouvement est jeune et l’élaboration d’un programme prend du temps. Dix mois après la naissance, les contours restent flous. A l’occasion de son congrès, Podemos a soumis aux votes des internautes inscrits sur le site quatre-vingt-dix-sept propositions qui sont remontées des « cercles », partout en Espagne. Au terme de trois jours de consultation sur internet, le collectif a adopté les cinq résolutions les plus recommandées, les voici, par ordre décroissant de soutien.

Il défend l’éducation publique, en soutien aux mouvements des « marées » contre les coupes budgétaires dans le secteur éducatif, dix-sept mille deux cent quatre-vingt-neuf voix, quarante-cinq pour cent des voix.

Il défend la lutte contre la corruption avec, notamment, un durcissement des peines pour les cas de corruption d’agents publics, et la suppression des privilèges de juridiction pour les élus, seize mille cent quatre-vingt-six voix.

Il défend l’interdiction des expulsions immobilières « sans alternative » et la reconnaissance du droit au logement social, quatorze mille huit cent quatre-vingt-neuf voix.

Il défend la santé publique, y compris pour les migrants sans papiers, qui prévoit, par exemple, la suspension des règlements qui autorisent certaines communautés autonomes à privatiser certains hôpitaux publics, douze mille cent vingt-neuf voix.

Il défend un audit citoyen de la dette, neuf cent quatre-vingt une voix, pour identifier les dettes « illégitimes » et « restructurer » la dette globale de l’Espagne, en fonction des résultats, c’est-à-dire en supprimant la part de dette « illégitimement » contractée.

En vrac, d’autres résolutions proposaient le blocage du projet de traité de libre-échange avec les États-Unis, l’aide aux migrants, le renforcement des droits des animaux, le recours régulier aux référendums. Mais elles n’ont pas obtenu de scores suffisants pour être retenues.

Vers une « sociale démocratisation » de Podemos ?

Lors des dernières semaines, Pablo Iglesias s’est aussi prononcé pour le « droit à décider » des catalans, c’est-à-dire pour la tenue d’un référendum sur l’indépendance, ce que refusent Parti Populaire et PSOE, même s’il reconnaît, à titre personnel, ne pas souhaiter l’indépendance de la Catalogne. Idem pour les Canaries, Podemos soutient, tout comme les autorités locales et les écologistes, la tenue d’un référendum sur les prospections pétrolières au large de l’archipel, ce que refuse le gouvernement de Mariano Rajoy, favorable au démarrage du projet.

Au-delà de ces prises de position, des débats de fond agitent le mouvement. En particulier sur les orientations économiques. Relance, alternatives à l’austérité, mandat de la Banque Centrale Européenne, euro et régulation financière.

Impossible de mettre en avant des positions officielles et précises sur ce type de sujets. Tout au plus Pablo Iglesias a-t-il multiplié les sorties, ces dernières semaines, pour vanter le programme social-démocrate des années 1980, se référant explicitement au Felipe González, président du gouvernement de décembre 1982 à mai 1996, de 1982. Extrait de son dernier ouvrage, sorti fin août, « disputar la democracia », « parler de réforme fiscale, d’un audit de la dette, de contrôle collectif des secteurs énergétiques, de la défense et de l’amélioration des services publics, de la récupération des attributions de la souveraineté et du tissu industriel, des politiques d’emploi par l’investissement, de favoriser la consommation, de s’assurer que les entités financières publiques protègent les PME et la famille, et bien d’autres choses, c’est ce que n’importe quelle formation sociale-démocrate d’Europe occidentale aurait dit il y a trente ou quarante ans ».

Pablo Iglesias, caricaturé par certains médias comme un dangereux gauchiste adorateur d’Hugo Chávez, cherche à donner des gages à l’électorat traditionnel du PSOE, pour mieux siphonner les voix du vieux parti social-démocrate. Il dit même désormais vouloir « occuper la centralité de l’échiquier politique ». Début octobre 2014, l’universitaire a surpris tout le monde, en annonçant lors d’un entretien télévisé avoir demandé à deux économistes, Vicenç Navarro et Juan Torres, de travailler à un programme de « sauvetage citoyen » qui serait appliqué lors des cent premiers jours suivant l’arrivée de Podemos au pouvoir.

L’initiative en a braqué plus d’un, au sein du mouvement. Sur la forme d’abord, elle revient à court-circuiter le travail d’un des « cercles » les plus respectés des Podemos, celui consacré à l’économie et l’énergie, en imposant deux « experts » venus de l’extérieur. Sur le fond, l’affaire est encore plus délicate, Vicenc Navarro est un économiste prestigieux né en 1937, ancien conseiller de Salvador Allende au Chili, mais aussi de Bill Clinton dans les années 1990. Certains ont du mal à comprendre comment ce vieil économiste étiqueté « néo keynésien », soucieux du retour de la sacro-sainte « croissance », aurait les réponses à la hauteur de la crise protéiforme des années 2010.

Faut-il voir dans ce passage en force, par-delà les assemblées, un avant-goût de la gestion de Podemos par son futur secrétaire général ? Sans doute, mais il reste très difficile d’anticiper le reste, d’ici novembre 2015. Un an est une éternité à l’échelle de la crise espagnole, scandée, presque chaque mois, par des nouveaux scandales de corruption. Des élections municipales sont prévues en mai 2015, pour lesquelles Podemos a décidé de faire l’impasse, pour ne pas se brûler les ailes, couplées, dans certains cas, avec des scrutins régionaux, auxquels Podemos devrait, cette fois, participer, en amont des élections législatives fin 2015. Pablo Iglesias, lui-même, se montre très prudent pour la suite, « le PSOE peut remonter dans les sondages, avec le nouveau leadership de Pedro Sanchez.

Les médias privés, qui ne cessent de parler de nous, et d’inviter nos porte-parole, peuvent nous blacklister si leurs propriétaires le décident. Et nous-mêmes pouvons commettre des erreurs que, pour l’instant, nous n’avons pas commises dans un contexte nouveau et très complexe. Quant au Parti Populaire, il fait montre d’une grande capacité de résistance électorale, malgré les scandales de corruption et le désastre de sa gestion ». Le scénario espagnol est plus ouvert que jamais.

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 16:57

http://www.politis.fr/Redressement-judiciaire-pour-la,29005.html

Redressement judiciaire pour la Marseillaise

C’est le journal lui-même qui l’annonce sur son site internet, Vendredi 14 Novembre 2014, la SA Seilpca, société éditrice de la Marseillaise, « sera mise sous la protection du tribunal de commerce de Marseille par une déclaration de cessation de paiement, avec demande de redressement judiciaire ». Jean-Louis Bousquet, directeur général du quotidien, explique que « la crise économique, doublée d’une crise de la presse et d’une chute brutale de la publicité, nous contraint à cette démarche pour préserver la continuité de notre titre ». Un titre fondé en 1943, dans la clandestinité, longtemps proche du Parti Communiste Français et qui n’est adossé à aucun groupe financier ou industriel.

« Fort de notre histoire de soixante-dix ans », poursuit Jean-Louis Bousquet, « du dévouement de l’ensemble du personnel et de celui de nos lecteurs, nous avons la conviction que nous pouvons dominer cette épreuve, comme nous en avons dominé d’autres. La Marseillaise continuera d’exister et restera le journal du sud qui porte les idéaux progressistes de transformation sociale, en appui sur une information locale, départementale et régionale. C’est un défi qui s’ouvre à nous et que, ensemble, nous relèverons ». Quasiment à l’équilibre en 2013, le journal table sur un million à un million cinq cent mille euros de pertes en 2014, a précisé Jean-Louis Bousquet à l’AFP, soulignant que depuis le premier janvier dernier, son quotidien subit « une forte baisse de la communication institutionnelle, de la publicité et des annonces légales ».

Côté syndicat, déplore Jean-Marie Dinh, délégué SNJ-CGT, « la direction a cédé à une forme de précipitation qui nous surprend. Nous avons le sentiment qu’elle passe en force, au mépris du personnel. Elle ne nous a pas donné les informations que nous réclamons, notamment sur l’état du passif et de l’actif, et sur ses objectifs ». La Marseillaise couvre six départements et emploie deux cent treize personnes, dont environ soixante-quinze cartes de presse, selon son directeur. C’est d’ailleurs l’une de ses plumes, Philippe Pujol, qui recevait en mai dernier le prestigieux prix Albert Londres pour une série d’articles sur les quartiers de Marseille.

Au-delà des emplois, c’est aussi la question du pluralisme qui se pose, à l’heure où Bernard Tapie a déjà mis la main sur la Provence et vient de s’associer à la reprise de Nice Matin.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 21:10

DISPUTAR LA DEMOCRACIA

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un long message de Ludovic Lamant relatif à Podemos. Ce message est disponible en totalité si vous consultez les sites de Mediapart et d’Ensemble aux adresses ci-dessous.

Bernard Fischer

https://www.ensemble-fdg.org/content/etat-espagnol-podemos-rinvente-lacclamation-spartiate-internet

http://www.mediapart.fr/journal/international/301014/podemos-ce-mouvement-qui-bouscule-lespagne

Podemos, ce mouvement qui bouscule l’Espagne

Par Ludovic Lamant

Jeudi 30 Octobre 2014

L'esprit des « indignés » a-t-il un avenir dans les urnes ? Podemos cherche à transformer le mouvement surgi des assemblées en Espagne en une machine électorale pour les législatives de 2015. Mêlant références à la gauche latino-américaine et à la social-démocratie des années 1980, la mue de Podemos, orchestrée par Pablo Iglesias, en surprend plus d'un, enquête à Madrid.

Pablo Iglesias est un fan de la série télé Game of Thrones. La figure du mouvement Podemos s’apprête à publier ces jours-ci à Madrid un livre qu’il a coordonné sur les « leçons politiques » à tirer de cette saga produite par Home Box-Office, récit de guerres civiles moyenâgeuses sous forte influence shakespearienne. Avec une certaine dose de provocation, le titre de l’ouvrage reflète assez bien l’état d’esprit qui règne parmi les « meneurs » de Podemos en cette fin d’année, « gagner ou mourir », aux éditions Akal.

Gagner ou mourir ? Appliquée au contexte espagnol très tendu, l’alternative devient, remporter les élections générales de novembre 2015, ou laisser s’effondrer le pays, ravagé par les politiques de la « caste » au pouvoir. « Nous vivons des temps de réorganisation systémique et si nous voulons livrer la bataille idéologique nécessaire pour aller jusqu’à gouverner, il faut miser sur le rajeunissement, la radicalisation et l’habileté à communiquer », écrit Pablo Iglesias, trente-six ans, dans un essai publié à la fin de l’été, « disputar la democracia », aux éditions Akal.

Surgi en janvier 2014, Podemos est devenu, à la surprise quasi générale, la quatrième force politique du pays, aux européennes de mai 2014, un million deux cent mille voix, huit pour cent des suffrages, cinq députés européens.

Depuis, la dynamique est de leur côté. Pablo Iglesias et ses lieutenants sont des invités réguliers des plateaux de télévision, où ils tempêtent contre la « caste » des vieux partis qu’ils jugent corrompus et responsables des vingt-quatre pour cent de chômeurs et chômeuses dans le pays. Des sondages les donnent désormais au coude à coude avec le PSOE, pour la deuxième place, devant les écolo-communistes d’Izquierda Unida, mais derrière le Parti Populaire. Le mouvement, qui veut « convertir l’indignation en changement politique », vient de franchir une étape clé. Au terme d’un congrès mouvementé, où deux projets se sont opposés, il s’est doté d’une organisation stable. Plus de quatre-vingt pour cent des cent douze mille espagnols qui ont voté sur le site de Podemos, pendant la semaine qu’a duré la consultation, ont soutenu la résolution défendue par Pablo Iglesias et son équipe, selon les résultats dévoilés lundi 27 octobre 2014.

C’est un succès majeur pour le professeur de science politique de l’université de Madrid, qui a fait ses gammes tout au long des années 2000 au sein de la Tuerka, émission de débat politique diffusée par Publico TV, « sa » chaîne de télévision indépendante diffusée sur internet, spécialisée dans les débats politiques. Pablo Iglesias devrait être élu haut la main, en novembre 2014, pour devenir le secrétaire général de Podemos, conformément à l’organigramme qu’il a lui-même mis au point. Mais l’homme a aussi pris le risque majeur de banaliser un mouvement dont l’ADN est celui de la démocratie directe, au nom de « l’efficacité politique ».

Son projet met sur pied un « conseil citoyen », censé exprimer la voix des « cercles », ces centaines d’assemblées qui forment la colonne vertébrale du mouvement, mais surtout un « conseil de coordination », un bureau d’une dizaine de personnes toutes désignées par le secrétaire général. Pendant le congrès, nombre d’activistes de base de Podemos ont critiqué une organisation trop verticale, qui donnera presque tous les pouvoirs à un seul homme et ses proches.

« Le projet de Pablo Iglesias fait un peu trop vieille politique, avec ce leader unique du parti, qui va pouvoir désigner ses conseillers à sa guise », commente Victor Alonso Rocafort, un sociologue passé par l’université Complutense de Madrid, qui suit Podemos depuis ses débuts. « Ils sont en train d’inventer une Sparte numérique. A Sparte, les dirigeants fixaient l’agenda, et les citoyens décidaient par acclamation. Podemos réinvente l’acclamation via internet. Mais il n’y aura pas de dialogue, de prise en compte au quotidien de l’avis de tous ces gens qui forment les cercles de Podemos ». L’universitaire redoute qu’une nouvelle « oligarchie » se forme, par-delà les discours sur la démocratie retrouvée.

Le projet concurrent à celui de Pablo Iglesias, rejeté par la majorité des votants, prévoyait une structure plus souple, avec trois porte-parole, et surtout une meilleure prise en compte des « cercles » dans les processus de décision. Il imaginait même l’introduction du tirage au sort, pour désigner une partie d’un « conseil citoyen ». Pablo Iglesias et ses alliés ont bataillé ferme contre ce projet, au nom d’un certain réalisme politique, pour gagner en « efficacité » d’ici aux élections de l’an prochain. En ouverture du congrès à Madrid, Pablo Iglesias eut cette formule définitive, qui a dû bousculer plus d’un « indigné » dans la salle, « ce n’est pas par consensus que l’on s’empare du ciel. On le prend d’assaut ». Le message lyrique, une référence à Karl Marx, était limpide, impossible, selon Pablo Iglesias, de remporter les élections de 2015, en continuant à pratiquer le « consensus », cette marque de fabrique des assemblées « indignées » de 2011, qui prend du temps et affadit parfois les positions les plus offensives.

Le combat du « peuple » contre la « caste »

Au fil des mois, Podemos s’est transformé en un objet politique étrange, pétri des contradictions qui affleuraient déjà sur les places d’Espagne il y a trois ans.

Le mouvement défend « l’horizontalisme » des assemblées mais recourt à un leader très médiatisé et tout-puissant. Son programme est ancré à gauche, Podemos appartient au groupe de la Gauche Unitaire Européenne au parlement européen, le même que celui du Front De Gauche et du PCF comme d’Izquierda Unida, mais le collectif se considère « ni de droite ni de gauche ». C’est un mouvement très identifié à une poignée d’universitaires à Madrid, mais il a fait son meilleur score électoral, en mai 2014 dans les Asturies, une province du nord-ouest (13,6 %). Il est facile de se perdre, tant les fausses pistes sont nombreuses. « Podemos rassemble des gens venus d’horizons très divers, qui partagent au moins trois convictions, le rejet absolu de la corruption, la nécessité d’appliquer d’autres politiques économiques à celles en place aujourd’hui, et le besoin de récupérer la politique pour les citoyens, alors qu’elle est aujourd’hui confisquée par une élite », clarifie Cesar Castañon Ares, un historien de vingt-sept ans, membre intégrant du « cercle » Podemos de Barcelone.

S’ils se gardent de la formuler haut et fort, Pablo Iglesias et ses proches ont une intuition, l’important n’est pas tant d’accompagner les mouvements sociaux qui secouent toute l’Espagne, ils ont déjà leur soutien, que d’aller séduire des classes populaires les plus dépolitisées du pays, ce vivier d’électeurs frappés par la crise, dégoûtés par la politique, et que Podemos estime être le seul capable de « récupérer ». C’est ici, selon eux, que se situe la majorité électorale, celle qui leur permettra de passer devant le Parti Populaire et le PSOE d’ici un an. De cette intuition découle une rhétorique musclée, qui renforce encore le leadership de Pablo Iglesias. Il n’est plus question d’un clivage entre la gauche et la droite, mais bien du « peuple » contre la « caste », un face-à-face qui rappelle le slogan « quatre-vingt-dix-neuf pour cent » contre « un pour cent » d’Occupy Wall Street.

Les expressions de « crise de régime » ou de « néo libéralisme », que Pablo Iglesias et ses proches ont théorisées à longueur d’émissions de la Tuerka, émission de télévision politique sur Publico TV, sont désormais bannies, jugées trop « académiques », elles sont laissées aux écolo-communistes d’Izquierda Unida. A l’inverse, Pablo Iglesias parle de plus en plus souvent de la « patrie espagnole », qu’il lie à la défense des services publics et à la souveraineté économique qu’il faudrait reconquérir. « Cela ne veut pas dire que le clivage entre la droite et la gauche n’existe plus. Mais le système d’opposition traditionnel entre la droite et la gauche issu de la transition, après la mort de Franco en 1975, a volé en éclats. Pendant des décennies, être de gauche, c’était voter pour le PSOE. Etre de droite, c’était voter pour le Parti Populaire. On est en train de dépasser cela », estime Cesar Castañon Ares.

Dans les discours de ses dirigeants, Podemos se risque à une alliance étonnante, entre un populisme assumé, venu des gauches latino-américaines, et des références issues des débuts de la social-démocratie européenne, en particulier sur le front économique. Ces croisements viennent de loin, ils ont été imaginés par plusieurs proches de Pablo Iglesias, tous passés par l’Amérique Latine, qui forment le noyau dur du mouvement.

Juan Carlos Monedero est l’une des figures les plus influentes du collectif. A cinquante et un ans, le « Mick Jagger de la science politique », comme il se fait appeler dans les émissions décontractées de la Tuerka, est le maître à penser de Pablo Iglesias. Il a conseillé au début des années 2000 le patron des écolo-communistes d’Izquierda Unida, Gaspar Llamazares, il a donné des cours dans de nombreux pays d’Amérique Latine et rêve aujourd’hui de s’emparer de la mairie de Madrid aux municipales de 2015, en surfant sur le succès de Podemos.

Son dernier essai, « leçon de politique dans l’urgence, à l’usage de gens décents », publié en 2013, en est à sa dixième édition. C’est un texte lyrique et foisonnant de références, Antonio Gramsci, Guy Debord, Jorge Semprun et Marcus Harvey, qui se présente comme une « boîte à outils subversive ».

Juan Carlos Monedero y passe surtout son temps à trucider la « vieille politique » espagnole, responsable d’avoir fait basculer le régime issu de la transition, de 1975 à 1978 ou 1982, selon les analyses, dans une forme de fascisme social. Les démocraties de basse intensité sont des régimes démocratiques, d’un point de vue formel, mais fascistes, d’un point de vue social ».

L’autre très proche de Pablo Iglesias est l’un de ses meilleurs amis, encore un homme, Iñigo Errejon, trente-deux ans. Pablo Iglesias et Inigo Errejon ont partagé, durant leurs études madrilènes, le même directeur de thèse. Inigo Errejon a consacré ses recherches au MAS, le parti socialiste créé par Evo Morales en Bolivie, et a vécu un temps à La Paz. Il travaillait comme politologue au Venezuela quand l’aventure Podemos l’a convaincu de revenir en Espagne. Il fut le concepteur de la campagne à succès des élections européennes de mai 2014.

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 17:51

Le départ de Kader Arif, une épine de plus dans le pied de François Hollande (Reuters)

Le départ de Kader Arif, qui vient gonfler la liste des ministres écartés pour des raisons politiques ou judiciaires depuis mai 2012, est une épreuve de plus pour un exécutif français fragilisé par les crises à répétition.

Le secrétaire d'état aux anciens combattants, proche du chef de l'état, a fait le choix, « en responsabilité », de quitter le gouvernement de Manuel Valls après avoir été cité dans une enquête préliminaire portant sur des passations suspectes de marchés publics.

Ce départ a été discuté avec le premier ministre jeudi, puis Vendredi 21 Novembre 2014 entre le président et l'intéressé, qui ont passé l'année côte à côte lors des nombreuses cérémonies marquant le soixante-dixième anniversaire de la Libération et le centenaire de la première guerre mondiale.

Présenté comme un signe d'autorité par le camp du président, ce limogeage peut aussi être considéré comme une scorie de plus, deux semaines à peine après les remous liés aux révélations sur le contenu d'un déjeuner entre le secrétaire général de l'Elysée et l'ancien premier ministre UMP François Fillon.

Il y a deux mois et demi, le 4 septembre 2014, le secrétaire d'état au commerce extérieur, Thomas Thévenoud, quittait le gouvernement après avoir reconnu des problèmes avec le fisc.

Il avait été nommé moins de deux semaines plus tôt dans un gouvernement débarrassé de Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg, en désaccord avec la politique menée.

« UNE MAISON PAS TENUE »

Un coup de tonnerre avait déjà retenti en mars 2013 avec le départ du ministre du budget, Jérôme Cahuzac, visé pour des faits présumés de blanchiment et fraude fiscale.

Au mois de juillet 2013, Delphine Batho, ministre de l'écologie, quittait le gouvernement après avoir critiqué le budget de son ministère.

L'hémorragie a aussi concerné le conseiller présidentiel Aquilino Morelle, remercié en avril 2014 après des soupçons de conflit d'intérêt et des révélations sur son style de vie.

Et même quand ils quittent d'eux-mêmes le gouvernement, comme l'écologiste Cécile Duflot, les partants se multiplient en livres et interviews ravageurs pour François Hollande.

Pour Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive, le départ de Kader Arif est « une mauvaise nouvelle pour François Hollande, dans un contexte où il n'arrive pas à avoir la main sur l'agenda politique. Des critiques émergent sur sa capacité à bien gérer et cela donne le sentiment d'un entourage défaillant et d'un homme qui n'est pas en capacité de bien pouvoir mener son action, d'une maison qui n'est pas tenue », dit le politologue.

Juliette Méadel, porte-parole du Parti Socialiste, y voit au contraire « une exigence de transparence et d'exemplarité incarnée par François Hollande. C'est la première fois qu'on a un gouvernement qui est capable de réagir quasiment instantanément, au moindre soupçon de problème judiciaire. C'est un bon signe pour la démocratie », dit-elle.

Mais pour la présidente du Front National, Marine Le Pen, « cela fait beaucoup », à droite comme à gauche.

« Chaque mois amène une démission ou un limogeage », a-t-elle dit à la presse en marge d'un déplacement dans la Nièvre.

« Aujourd'hui ce sont les proches de François Hollande, hier c'étaient les proches de Nicolas Sarkozy ou Nicolas Sarkozy lui-même, donc c'est à se poser la question de savoir s'il ne faut pas faire une grande opération mains propres », a-t-elle considéré.

« ON NE PROTÈGE PLUS LES COPAINS »

« Plus un », ironise pour sa part le Front De Gauche dans un communiqué. « Après le scandaleux épisode de Jérôme Cahuzac, les motivations changent, quoique, mais les scenarii restent », ajoute le parti de Jean-Luc Mélenchon.

Dans le sillage de ces réactions, Jean-Daniel Lévy évoque l'impression, dans l'opinion, « que la grande majorité des personnalités politiques sont corrompues. Et dans ce contexte, l'échange entre Jean Pierre Jouyet et François Fillon a renforcé ce sentiment d'une classe politique qui vivrait dans une forme de monde un peu fermé ».

Pour Juliette Méadel, ce problème de perception donne à la majorité un devoir d'explication.

« Bien sûr on n'est jamais heureux de vivre cela. Il y a une exigence d'exemplarité douloureuse mais nécessaire », dit-elle.

« Aujourd'hui, on ne protège plus les copains. On a un président de la république qui ne transige pas. Cela montre qu'il a pris tout à fait la mesure de sa fonction, ce qui compte c'est l'intérêt de la nation, rien d'autre ».

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 17:31

https://www.npa2009.org/actualite/soral-et-dieudonne-nouveau-parti-antisemite-et-complotiste

Soral et Dieudonné, nouveau parti antisémite et complotiste ?

Par Bertold du Ryon

Mardi 11 Novembre 2014

Après une association, un site internet, un commerce en ligne, le duo formé par Alain Soral et Dieudonné M’bala M’bala compte maintenant lancer un parti politique. Il semble cultiver de grandes ambitions, même si la réalité est plus prosaïque, puisqu’il s’agit avant tout de s’ouvrir les portes du financement public des partis.

Un nom a déjà été trouvé, « Réconciliation Nationale », qui ne fait que reprendre l’un des termes de l’association actuellement animée par l’écrivain antisémite Alain Soral, à savoir Égalité et Réconciliation. Les statuts du parti n’ont pas encore été déposés, mais son adresse serait en revanche déjà connue, à Saint-Denis, là où est déjà domicilié la structure Egalité et Réconciliation.

Les perspectives du futur parti restent encore sujettes à caution. Actuellement, en dehors de son éternel compagnon de route Dieudonné, peu de personnes souhaitent travailler dans la durée avec Alain Soral, à cause de son égocentrisme extrême.

Toujours est-il qu’en misant sur la popularité des théories du complot en tout genre, à commencer par celles qui circulent sur les prétendues « vraies » explications du 11 septembre 2001, Alain Soral et Dieudonné rencontrent un certain succès d’audience, que ce soit sur internet ou dans le cadre des spectacles de ce dernier.

Mais avoir une audience sur le net ne signifie pas encore qu’on va réussir nécessairement à structurer un mouvement politique.

Fâcherie avec le Front National

La décision de lancer un parti politique, que le projet soit factice, servant uniquement à toucher un pactole espéré, ou réel, est venue à Alain Soral suite à sa dispute violente avec Aymeric Chauprade. « Expert en géo politique » auto proclamé, Aymeric Chauprade a été élu député européen le 25 mai 2014 en tant que tête de liste du Front National en Île-de-France.

Depuis il dirige la délégation des députés européens du Front National, qui n’ont pas réussi à former un groupe au parlement européen. Longtemps, Alain Soral avait cru qu’Aymeric Chauprade partageait peu ou prou ses délires idéologiques, à propos d’une prétendue « résistance à l’empire » aux couleurs nationalistes et rouges-brunes.

Cependant, un texte publié par Aymeric Chauprade au cœur de l’été a mis le feu aux poudres.

Circulant dans les milieux du Front National depuis août 2014, ce texte prône entre autres la nécessité, pour l’extrême droite française, de se concentrer sur la lutte contre un ennemi stratégique principal, « le fondamentalisme islamique sunnite ».

Dans cette vision, il faudrait aussi, à en suivre Aymeric Chauprade, se rapprocher de la droite israélienne, vue comme un allié stratégique.

C’en était trop pour Alain Soral, partisan d’un ancrage profond de l’extrême droite dans l’antisémitisme à connotation complotiste. Dans un message vidéo publié début septembre 2014, Alain Soral insulte Aymeric Chauprade à plusieurs reprises et le taxe de « haute trahison », sous prétexte que lui-même (Alain Soral) aurait fait voter « des musulmans » pour Aymeric Chauprade aux élections européennes. Ce pour quoi Alain Soral serait désormais prétendument menacé de mort.

Le député européen du Front National a pris l’affaire suffisamment au sérieux pour ne se déplacer, lors de l’université du Front National de la Jeunesse (jeunesse du parti) des 6 et 7 septembre 2014 à Fréjus, que sous la protection de plusieurs gardes du corps. Aymeric Chauprade se méfie de celui qu’il appelle, en faisant allusion au fondateur de la secte scientologue, « le Ron Hubbard de l’antisémitisme français ».

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 21:18

http://www.liberation.fr/politiques/2014/11/09/le-pcf-envoie-les-socialistes-sur-les-roses_1139977

Le PCF envoie les socialistes sur les roses

Par Lilian Alemagna

Lundi 10 Novembre 2014

Pierre Laurent refuse les alliances avec des candidats du Parti Socialiste soutenant François Hollande et Manuel Valls

On appelle cela se démarquer. Moins de cinq mois avant les élections départementales, les communistes avertissent leurs alliés socialistes, il n’y aura pas de ticket unique rose et rouge.

Devant près de huit cent délégués réunis dimanche à Montreuil en conférence nationale, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, s’est montré clair. Ces élections, les communistes les feront « avec le Front De Gauche », mais surtout avec des candidats qui « incarnent le rassemblement de la gauche contre l’austérité. Si nous voulons construire nous-même une alternative en 2017 », a-t-il justifié, « nous devons gagner des batailles ». Comprendre qu’il n’est pas question de faire accord avec des socialistes ou écologistes qui soutiendraient le gouvernement. Pour ceux qui s’y opposent, cela se discute.

Débâcle. « Cela va être difficile de se montrer avec le Parti Socialiste », confirme Aymeric Seassau, responsable du PCF en Loire-Atlantique. « On ne peut pas aller dans cette élection, comme le dit le Parti Socialiste, avec la seule menace de la droite et de l’extrême droite. Si on y va comme cela, on va perdre ». Puisque ce scrutin départemental des 22 et 29 mars 2015 est déjà annoncé comme une débâcle à gauche, autant ne pas se balader avec des tracts et affiches sur lesquels on verrait le poing et la rose. Après avoir laissé les troupes locales choisir leurs alliances au cas par cas lors des municipales de mars 2014, la direction du PCF se montre donc prête à utiliser ces départementales comme une étape de cette « alternative à gauche » devant conduire à la présidentielle de 2017.

« Nous avons besoin de batailles en commun », a expliqué Pierre Laurent. Un peu comme les échéances de 2009 et 2010 ont servi à tisser la candidature commune de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2012. Après les élections départementales, les communistes envisagent déjà de proposer aux écologistes des listes d’union pour « passer devant le Parti Socialiste ». Une stratégie que réclame Jean-Luc Mélenchon depuis un bon moment mais que les Verts ont toujours refusée.

Pour le scrutin de mars 2015, si le Front De Gauche doit servir de socle, il faut « élargir », insiste-t-on au PCF. Ecologistes, socialistes « affligés » et autres « convaincus de l’impasse actuelle » à laquelle mène la politique de François Hollande, pourraient ainsi se retrouver dans ces candidatures. « Manuel Valls n’est pas et ne sera jamais le premier ministre de la gauche », a martelé Pierre Laurent devant ses délégués, avant d’en appeler à « une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat de transformation sociale, écologique et démocratique mis en œuvre par un nouveau gouvernement ».

Travaux pratiques. Depuis le printemps, le numéro un communiste a multiplié les rencontres, forums et autres colloques avec des représentants écologistes ou bien des parlementaires socialistes étiquetés « frondeurs », pour quel résultat, de simples déclarations d’intentions.

Pierre Laurent veut « vite » passer au stade des travaux pratiques. « Maintenant, on s’y met. Personne ne peut plus rester au milieu du gué », a-t-il lancé à Montreuil.

Pierre Laurent propose ainsi l’organisation « d’assises citoyennes » pour avancer sur ce rassemblement. Il livre quelques idées de réformes comme la « nationalisation des autoroutes, une nouvelle loi bancaire, une hausse des salaires et un impôt éthique » avec une baisse de la TVA et une imposition des revenus issus de la spéculation. Jamais dans un discours le patron du PCF n’avait autant souligné les différences entre « eux », socialistes, et « nous ». Un signe parmi d’autres d’une profonde division de la gauche.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 20:46

https://www.npa2009.org/idees/podemos-se-structure-ombres-et-lumieres-dun-processus-qui-destabilise-le-systeme

Podemos se structure, ombres et lumières d’un processus qui déstabilise le système

Par Antoine Rabadan (Podemos Montpellier) et Miguel Segui (Podemos Paris)

Dimanche 2 Novembre 2014

Neuf mois après son lancement et seulement cinq mois après sa spectaculaire percée aux élections européennes, Podemos bénéficie d’une dynamique fulgurante qui s’est vérifiée dans la tenue, en ce mois d’octobre, de son assemblée constituante, « l’assemblée citoyenne » que la presse a largement traitée. Il y a en effet à l’œuvre dans et autour de cette organisation un puissant effet boule de neige politique et social dont les médias, pourtant largement acquis au consensus structurel qui verrouille l’espace politique espagnol depuis 1978, ont décidé de rendre compte. Les arrière-pensées politiciennes ne sont évidemment pas absentes dans une situation où les coups bas entre partis institutionnels, et leurs relais dans les médias, le Parti Populaire, au gouvernement, et les socialistes du PSOE, sont légion. Chacun d’eux cherche à tirer parti, en le transformant en épouvantail, de la poussée de Podemos que pointent les sondages mais que l’on sent aussi dans la rue, les quartiers, les villages. Ces politiciens cherchent à affaiblir leur rival, mais dans la logique de ce consensus conflictuel généré depuis la transition dite démocratique des années 1970 où l’enjeu se réduit, pour eux, à accéder au gouvernement pour mener la même politique, à quelques nuances près, d’inféodation du pays aux règles du libéralisme le plus échevelé.

La force de Podemos, qui lui permet de déjouer cette tentative de l’instrumentaliser et de l’insérer dans ce simulacre politique, est de garder le cap de la rupture avec ce qu’il désigne d’un nom qui a fait florès dans la population, « la caste ». Caste qui inclut, d’une part, les partis de cet ordre et de ce désordre libéral qui, sur un fond de corruption des « élites » s’étalant de plus en plus ouvertement, impacte avec une violence inouïe la population depuis la « crise » de 2008, mais aussi, d’autre part, les « puissants » qu’ils appuient servilement sous l’égide d’une Union Européenne acquise à l’idée qu’il revient aux peuples de payer « leur » crise, celle des possédants !

Prenant appui sur le phénomène des indignés qui s’est imposé pendant de longues semaines en 2011 en occupant les places du pays et qui inspire aujourd’hui des mouvements très actifs comme celui du refus des expulsions de logements, Podemos est parvenu à faire transcroître sur le terrain politique ce mouvement radical, très hétérogène et surtout délibérément désinséré des jeux institutionnels qu’il percevait, à juste titre au demeurant, comme piégés.

On ne comprend rien à Podemos si l’on ne retient pas ce rapport de filiation et de dépassement politique avec le mouvement du 15 mai, comme l’on désigne le mouvement des indignés. Mais cette dualité signe aussi les contradictions que l’on a commencé à voir à se dessiner et même s’approfondir lors de cette assemblée citoyenne de Madrid et à travers les votes qui s’en sont suivis pour mettre en place la structure politique, organisationnelle et d’orientation, qui faisait défaut jusque-là.

Dans la préparation de cette assemblée est apparu un bouillonnement rafraîchissant d’initiatives, de débats, de propositions dans des cercles de base massivement mobilisés. Toutes choses qui participent d’une forte politisation, en termes radicaux, d’une fraction large de la population. Celle-ci pressentant l’aubaine que représente l’émergence d’une force politique tellement en rupture avec ce qui scande la binarité politicienne du régime de la transition, retrouve, par-delà la fracture générationnelle, « la ilusión », l’enthousiasme perdu de la période héroïque de la lutte anti franquiste des années 1960 et des années 1970.

Car c’est la jeunesse du mouvement du 15 mai, vierge de cette déception engendrée par la neutralisation institutionnelle des révoltes de ces années-là, qui a redynamisé l’espérance que relaie Podemos en jouant d’un étonnant positionnement « ni à droite, ni à gauche », seulement contre la caste !

Positionnement « ailleurs » que démentent, au demeurant, premier signe de ses ambiguïtés et même contradictions, les références appuyées du « leader » de Podemos, Pablo Iglesias, à la république, au legs de la lutte anti franquiste, au rôle positif, en en escamotant la face obscure, joué par le Parti Communiste Espagnol pendant la guerre civile et la dictature, mais aussi à la social-démocratie keynesienne « d’avant ».

Cet enthousiasme qui s’est exprimé chez beaucoup d’adhérents et de sympathisants, à l’occasion des récents débats, s’est combiné, du moins dans un grand nombre de cercles, avec une exigence que soit reconnu aux structures de base un maximum d’autonomie et de pouvoir dans l’organigramme, en discussion, du parti. Or les propositions organisationnelles, de statuts, faites par l’équipe qui s’est formée autour de Pablo Iglesias, ont manifesté une inclination, toujours plus marquée, à octroyer cette autonomie, non aux cercles, mais à la direction à désigner. Ainsi en a-t-il été des larges fonctions de représentation reconnues par cette équipe au poste de secrétaire général, dont tout le monde s’accorde à dire d’emblée, qu’il ne pouvait revenir qu’à Pablo Iglesias. On remarquera au passage, qu’en lien avec cette option de centralisation relative de la structure de direction proposée, est apparue chez ses promoteurs la volonté de se constituer en équipe homogène, fermée sur elle-même, en contradiction flagrante avec un esprit du mouvement du 15 mai s’assumant mouvant et en refus des démarcations internes au couteau ! Il n’est pas interdit de penser, comme l’ont exprimé certains, qu’il y a là le danger d’importer des méthodes et des façons de faire qui ont plus à voir avec la « tradition » politique des partis de la caste qu’avec l’inédit recherché tout au long du mouvement des places. Et que dire de la reprise par Pablo Iglesias et ses camarades d’une proposition interdisant la double appartenance politique à tout membre des organes de direction alors qu’un des grands leitmotiv de ce parti est que « l’on n’exclut personne » pourvu qu’il y ait accord sur l’orientation votée ? D’autant que, et cela a été immédiatement relevé par la presse mais aussi par nombre de membres de l’organisation, cette proposition revient à exclure de la direction nos camarades d’Izquierda Anticapitalista, pourtant membres fondateurs de Podemos et dont la figure la plus connue est l’euro députée, élue en numéro deux après Pablo Iglesias, Teresa Rodríguez !

Ajoutons à ces « anomalies » le changement, hors des règles établies avant l’assemblée, du mode de votation des textes en lice et l’établissement d’un vote bloqué de ces textes interdisant une expression libre et multi directionnelle de chacun.

Il s’est ainsi confirmé, au cours de cette assemblée, dans ce qui s’est donné à voir comme une sorte de fraction, une volonté, paradoxale pour un parti se prévalant de rompre avec les vieilles méthodes clivantes, de durcir les positionnements des uns et des autres en les posant en alternatives, bloc contre bloc tout en jouant du « charisme » du « leader » et de la menace qu’il se retire de la direction s’il n’obtenait pas la majorité ! Ces façons de faire inquiétantes auront permis un résultat quasi soviétique par lequel l’option de Pablo Iglesias rafle près de quatre-vingt pour cent des voix face aux plus de douze pour cent obtenus par le texte organisationnel, appuyé entre autres par Izquierda Anticapitalista, favorable à donner plus de pouvoir aux cercles. Le chiffre étonnamment bas de participation, cinquante-cinq pour cent, pourrait bien être à rapprocher d’un malaise, voire d’un refus, au moins pour une partie des militants et simples sympathisants, autorisés à voter, d’entrer dans un schéma de fonctionnement interne dérogeant à la souplesse horizontaliste vécue dans les cercles.

Il est bien trop tôt pour tirer de ces écarts des significations politiques stables, nos camarades d’Izquierda Anticapitalista et leurs alliés dans la bataille d’idées qu’ils ont menée et qui a recueilli une adhésion plus large que les contraintes imposées par Pablo Iglesias et ses camarades n’ont permis d’exprimer dans l’assemblée citoyenne, préfèrent insister sur la qualité des débats menés et la volonté d’aller de l’avant « tous ensemble ». La perspective, peut-être surestimée, pensons à ce qu’ont connu, toutes choses égales par ailleurs, les militants de Front De Gauche ici, et à connotation fortement électoraliste chez certains, de gagner les prochaines élections législatives en 2015, en éludant le problème si sensible des alliances nécessaires pour « gouverner », amène à ne vouloir voir, dans l’immédiat, que ce qui unit.

Attitude compréhensible pour autant qu’elle ne revienne pas à baisser la garde sur des indices de dysfonctionnement qui pourraient prendre de l’ampleur par adaptation sournoise aux règles du jeu, personnalisation, médiatisation et élimination des minorités, du système que l’on dit combattre. Retenons que, à ce stade où le débat d’orientation proprement dit a été fortement relativisé et n’a pas permis de lever les flous programmatiques du parti, tout est possible, en particulier que la bienveillance ou tolérance des cercles de base envers la direction qui surgira de la prochaine assemblée de délégués, le 15 novembre, ne se transforme pas pour autant en chèque en blanc.

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