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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 20:27

http://www.humanite.fr/yasser-arafat-la-palestine-au-coeur?IdTis=XTC-FT08-ALF9BN-DD-DLH85-DK2J

Yasser Arafat, la Palestine au cœur

Par Paul Euzière

Mardi 27 Novembre 2012

Dix ans après sa mort, rappel de la vie et de l'oeuvre politique du président Yasser Arafat, avec le portrait dressé par Paul Euzière, membre du comité de rédaction de Recherches Internationales, publié par l'Humanité en 2004.

Le président palestinien Yasser Arafat est, avec Fidel Castro et Nelson Mandela, l'une des trois grandes figures qui, de leur vivant et de façon décisive, auront marqué l'histoire du monde durant une large part du vingtième siècle et au début du vingt et unième siècle, par leur capacité à incarner l'aspiration de leurs peuples à la dignité.

Yasser Arafat, c'est d'abord une volonté forgée au rythme des victoires et des défaites de la revendication nationale palestinienne. Très tôt l'homme va s'identifier totalement avec la cause palestinienne, qu'il entendra parfois représenter à lui seul. Du jeune étudiant à l'université du Caire qui s'enflamme aux côtés des Frères Musulmans lors de la création de l'état d'Israël et du massacre de Deir-Yassine et part combattre au sud de Gaza, à l'ingénieur, puis homme d'affaires établi au Koweit, qui crée en octobre 1959 le Fatah, Yasser Arafat garde constamment, et quelle que soit sa situation personnelle, la Palestine au coeur. Cette constante apparaît donc dès avant que s'impose, et qu'il impose, le Fatah et, dans une longue et dangereuse course d'obstacles, l'OLP fondée en 1964, dont il prend la tête en février 1969, comme véritable représentante du peuple palestinien.

Elle va s'affirmer dans les situations les plus contrastées et face à tous les interlocuteurs, adversaires comme alliés fiables ou non. Qu'ils se soient réclamés du nationalisme ou de l'islam, la plupart des gouvernants des pays arabes, malgré leurs opinions publiques, n'ont jamais hésité à faire couler le sang des palestiniens, à s'ingérer dans leurs débats internes et à instrumentaliser leur drame.

« Ou êtes-vous, les arabes »

Si la responsabilité israélienne dans ce que les palestiniens nomment la « nakba » (catastrophe) de 1948 sont évidentes, tout comme dans l'occupation et la colonisation qui perdurent et s'étendent depuis 1967, on ne peut occulter le double jeu, parfois sanglant, de certains « frères arabes » dont les motivations tiennent à la fois à leur positionnement international, notamment à leurs rapports avec les États-Unis, et à la peur des répercussions que risquerait d'engendrer dans leur pays la création d'un état palestinien souverain. Comme en écho aux graffitis des murs de Beyrouth qui demandent « où sont les arabes », Yasser Arafat interpelle les gouvernements, « où êtes-vous, les arabes, où ? Où êtes-vous, Sarkis, président de la république libanaise, terré dans votre palais et voyant, comme Néron, sa capitale dévorée par les flammes ».

Dans un tel contexte, survivre pendant presque un demi-siècle, physiquement, on ne compte plus les tentatives israéliennes d'assassinat par des commandos ou par des bombardements, et politiquement, nécessite un courage physique certain et une capacité hors du commun à s'adapter rapidement à ce qui change. C'est le trait marquant de Yasser Arafat. C'est lui qui crée le mensuel Falastinuna (« notre Palestine ») en octobre 1959, dans lequel est proclamé que « la voie pour libérer la patrie passe par la création, dans les pays arabes voisins, de groupes de fedayins palestiniens indépendants » qui devront « mener des incursions en Israël et y provoquer des dégâts ».

Deux états

Il déclenchera à partir du premier janvier 1965 la lutte armée contre l'état d'Israël, « entité sioniste » occupant la majeure partie de la Palestine mandataire alors revendiquée en totalité par le Fatah. Et vingt-trois ans plus tard, en novembre 1988, il fera entériner par le conseil national palestinien réuni à Alger la reconnaissance de la résolution 181 de l'ONU, qui recommande « le partage de la Palestine en deux états, l'un arabe, l'autre juif », en précisant « qu’elle assure les conditions de légitimité internationale qui garantissent également le droit du peuple arabe palestinien à la souveraineté et à l'indépendance », puis dans la foulée, les résolutions 242 et 338, seules bases juridiques internationales d'une paix israélo-palestinienne.

Enfin, le 2 mai 1989 Yasser Arafat est reçu à Paris. Il qualifie à la télévision de « caduque » la charte de l'OLP qui refusait de reconnaître l'état d'Israël. Toujours en mai 1989, il déclare à un journaliste d'Europe 1 « qu’après avoir essayé la guerre durant quarante et un ans, ma soeur, mon frère et moi nous sommes convaincus que nous devons à présent essayer la paix ».

En septembre 1993, il signe à la Maison-Blanche la déclaration de principes portant autonomie des territoires palestiniens occupés, après la reconnaissance mutuelle des deux parties. Sans doute, à ce moment, contrairement à d'autres forces qui soutiennent le processus, notamment les communistes du PPP, Yasser Arafat, et avec lui nombre de responsables du Fatah, surévalue-t-il la possibilité de créer une dynamique de paix permettant de dépasser pacifiquement les points de désaccord et d'aborder ensuite plus favorablement des questions aussi essentielles que la question des réfugiés, celles de Jérusalem et du devenir des colonies. Mais existe-t-il alors un autre choix ? Après cinq années d'une intifada portée à bout de bras par toute la société et qui a fait connaître partout dans le monde leurs revendications nationales, les palestiniens sont dos au mur, épuisés par les arrestations, les morts, les couvre-feux et les bouclages incessants des forces d'occupation israéliennes. L'URSS n'existe plus. L'Irak vient d'être écrasé et Georges Bush annonce « un nouvel ordre mondial ». Yasser Arafat ne se cache pas le poids de ces réalités. Il les prend en compte et il s'appuie sur elles, qu'elles soient positives ou négatives, pour avancer vers son objectif constant, l’état palestinien.

Détermination quasi gaullienne

Après un exil qui l'a conduit du Liban en Tunisie, Yasser Arafat retrouve la terre palestinienne en 1994. Élu démocratiquement président de l'Autorité Nationale Palestinienne à l'issue d'élections effectuées en 1996 sous contrôle international, Yasser Arafat voit le territoire palestinien grignoté chaque jour un peu plus par les colonies israéliennes, les routes de contournement, un mur de « sécurité » haut de huit mètres qui, sur des centaines de kilomètres, isole encore un peu plus les villes et villages palestiniens les uns des autres et étouffe toute vie économique et sociale.

Enfermé depuis plus de deux ans à Ramallah dans la Mouqataa en ruines, humilié, menacé de mort par le premier ministre israélien Ariel Sharon, le président palestinien a poursuivi avec la même détermination réaliste son combat pour donner une patrie aux palestiniens. Au-delà de la gestion du quotidien, cette détermination quasi gaullienne à construire l'état palestinien contre vents et marées, conjuguée à une vie exceptionnelle, donne à Yasser Arafat un prestige et une autorité morale dont ses partisans, mais aussi paradoxalement ses ennemis israéliens, mesureront toute l'ampleur après sa disparition.

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 20:01

http://www.democratie-socialisme.fr/spip.php?article3369

Que faire, après ce vote du budget ?

Par Liem Hoang Ngoc

Jeudi 20 Novembre 2014

Nous publions ici une tribune de notre ami Liem Hoang Ngoc, qui est membre du bureau national du Parti Socialiste et co-auteur du livre « la gauche ne doit pas mourir » aux éditions Les Liens qui Libèrent.

Le vote sur la loi de finance 2015 est hautement symbolique. En pérennisant le pacte de compétitivité et mettant en œuvre le pacte de responsabilité, ce budget consacre la politique de l’offre dans lequel le président de la république et son premier ministre ont décidé d’engager la France.

Cette politique n’est pas une politique de gauche. Elle organise un transfert de deux points de PIB, quarante et un milliards d’euros, sans contrepartie en faveur des profits. Elle amputera dix milliards d’euros de dépenses sociales, dont quatre milliards d’euros de dépenses de santé. Elle réduit notamment les dotations des collectivités territoriales de trois milliards sept cent millions d’euros et condamnera celles-ci à mettre en suspens ou à réduire leurs investissements publics. Elle bricole des mesures fiscales et familiales illisibles, faute d’avoir mis en chantier la révolution fiscale que toute la gauche attendait. Elle entretient le gel des salaires qui s’est d’ores-et-déjà diffusé dans les négociations salariales du secteur privé.

Cette politique est inefficace pour juguler la déflation qui s’abat sur la zone euro. La déflation est une situation typique d’insuffisance de demande, c’est-à-dire de dépenses consacrées aux biens d’équipement et de consommation. Malheureusement, en accroissant le taux de marge, la politique de l’offre aura pour effet de gonfler l’épargne, quatre-vingt-cinq pour cent des bénéfices des entreprises non financières sont en effet redistribués sous forme de dividendes. Ce n’est pas le coût du travail, mais le coût de rémunération des actionnaires qui plombe l’investissement. Au cours des trois dernières décennies, les noyaux durs de nos entreprises stratégiques ont été détricotés et leur contrôle a été transféré à des groupements d’actionnaires internationaux, minoritaires, instables et aux préoccupations court-termistes. Là réside le véritable « problème d’offre » de notre économie. La poursuite des cessions actifs, d’ores-et-déjà annoncée par le ministre de l’économie, augure de la poursuite de cette logique suicidaire.

La légère reprise du troisième trimestre est exclusivement due à la bonne tenue de la dépense publique, que le budget 2015 va sabrer. La réduction de vingt et un milliards d’euros de dépenses en partie consacrées aux amortisseurs sociaux et à l’investissement public engendrera inévitablement un effet récessif. L’objectif de croissance affiché pour 2015 ne sera pas atteint. Le chômage et la dette publique poursuivront leurs ascensions.

La France a négocié un nouveau délai auprès de la commission européenne pour s’affranchir du pacte de stabilité jusqu’à la fin du mandat. Accordé avec la bienveillance de la chancelière allemande, ce délai de complaisance n’a qu’un but, permettre à la France de financer son pacte de responsabilité. Les « efforts » demandés aux salariés, cinquante milliards d’euros d’austérité jusque 2017, ne seront, par contre, aucunement négociables.

Pire, la commission européenne, sous la pression de l’Allemagne, demande d’ores-et-déjà des coupes supplémentaires de trois milliards six cent millions d’euros dès 2015.

Aucune latitude ne fut laissée aux députés pour amender le budget.

L’action parlementaire se heurte désormais aux frontières de la cinquième république. Les députés « frondeurs », pas plus que les députés verts, n’ont voulu provoquer de crise politique. Ils se sont donc abstenus, pour adresser un signal à l’exécutif, sans pour autant rejeter le budget. En s’abstenant, les « frondeurs » ont par ailleurs souhaité se montrer « ouverts » aux yeux de leurs camarades pour tenter de prendre le parti lors du prochain congrès. Malheureusement, aux yeux de nos concitoyens, l’abstention aura permis l’adoption d’une loi de finance qui ouvrira toutes les vannes pour le déploiement des « réformes structurelles » que la droite rêve déjà de mener à terme.

Le scénario politique des trois années à venir paraît dès lors écrit. En l’absence de changement de cap, le Parti Socialiste réalisera, lors des scrutins départementaux et régionaux, des scores proches de ceux du PASOK grec.

Il disparaîtra du second tour de l’élection présidentielle et verra, dans la foulée, son groupe parlementaire réduit à la portion congrue. Le cycle d’Épinay serait définitivement clos. Pour la gauche du parti, la bataille du congrès mérite évidemment être menée. Le signal envoyé à l’exécutif par ce débat interne le conduira-t-il à changer de cap ? Rien n’est moins sûr.

Dès lors, pour éviter le pire, un Syriza à la française, fédérant toutes les forces anti austéritaires, émergera-t-il au cours de cette séquence ? Une telle hypothèse ne doit pas être exclue par la gauche socialiste qui y trouverait naturellement sa place. Elle rendrait attractive cette nouvelle force aux yeux de la masse des anciens électeurs socialistes, formant le cœur de l’armée des abstentionnistes.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 20:15

http://en.firatajans.com/news/news/burkan-al-firat-commander-we-are-alongside-the-ypg-till-the-victory.htm

Abu Leyla, commandant de Burkan al Fırat, « nous sommes aux côtés des YPG jusqu'à la victoire » (Firat News Agency)

Lundi 17 Novembre 2014

Abu Leyla, commandant du bataillon Shams al Shamal affilié à la brigade Fajr al-Hurriya sous la direction du centre des opérations conjointes de Burkan al Firat, a parlé à Hawar News Agency à propos de la situation finale dans les combats dans la ville de Kobanê du Kurdistan de l’Ouest.

Abu Leyla a dit qu'ils ont rejoint Burkan al Fırat pour un avenir libre et démocratique et pour le rétablissement de l'unité entre tous les peuples de la Syrie. Il a souligné que la fin de la terreur et la création d'une vie honorable était le but de la lutte qu'ils mènent aux côtés des YPG contre EIIL.

Le commandant de Shams al Shamal a déclaré que ses forces se battaient contre EIIL à al Bab, Minbic, Jarablus, Shirrin, al Shıyuz et beaucoup d'autres parties de la Syrie en coordination avec les YPG.

Appelant l'attention sur le rôle du groupe Burkan al Fırat dans cette lutte coordonnée et déterminée à Kobanê, Abu Leyla a dit que « nos forces se battent contre les bandes d’EIIL depuis la création du centre des opérations conjointes de Burkan al Fırat. Nous avons promis aux YPG, qui ont joué un rôle majeur dans la lutte contre la terreur et pour la défense des peuples, de ne jamais laisser Kobanê seul. Nous nous battrons aux côtés des YPG jusqu'à la victoire ».

Abu Leyla a déclaré qu'ils ont été en mesure de repousser les attaques d’EIIL grâce à l'esprit d'unité et de détermination, et en dépit des moyens restreints, ajoutant que « nous participons à la résistance de Kobanê depuis maintenant deux mois. Avec des fusils d'assaut Kalachnikov et des grenades, nous repoussons les attaques d’EIIL qui ont des chars et des armes lourdes ».

Le commandant de Burkan al Fırat a appelé les puissances internationales à les soutenir dans la lutte contre EIIL et à leur fournir des armes lourdes et des munitions afin d'arrêter les attaques d’EIIL avant qu’elles n’entraînent des dommages plus grands.

Rappelant qu’un certain nombre de populations locales continuent de rester à Kobanê malgré les tirs de mortiers et les attentats-suicides des bandes d’EIIL, Abu Leyla a souligné qu'il était crucial d'ouvrir un passage à la frontière pour l'acheminement de l'aide aux civils.

Les YPG, la force de défense de Rojava, l'Armée Syrienne Libre (ASL) et certains autres groupes d'opposition armés ont créé le centre d’action commune contre EIIL dans la région de l'Euphrate mi septembre.

Le groupe appelé Burkan al Firat, dont le but est de libérer les zones sous contrôle d’EIIL, implique toutes les forces actives dans la région.

Burkan al Firat, mis en place pour lutter contre les bandes d’al Baghdadi, le chef d’EIIL, comprend les forces suivantes, Liwa al Tawhid (branche Est), Liwa al Siwar al Raka, les brigades Shams al Shamal liées aux brigades Fajr al Hurriya, les unités de défense du peuple (YPG), Seraya Jarablus, Liwa Japhat al Akrad, Siwar Umunaa al Raka, al Kasas Army et Liwa al Djihad Fi Sebilillah.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 19:06

http://www.okeanews.fr/20141118-etudiant-allemand-tabasse-police-athenes?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

Un étudiant allemand du programme Erasmus tabassé par la police à Athènes

Plusieurs blessés dont des journalistes et un étudiant allemand du programme Erasmus, des attaques sur les résidents et les journalistes, les troupes de police sont-elles encore contrôlées par le ministère de l’ordre public ?

Après les événements de commémoration du 17 novembre, des troupes de MAT (police anti-émeute) et DELTA (motorisé) ont attaqué les résidents du quartier d'Exarchia et des journalistes.

Il y aurait dix blessés selon la version officielle mais beaucoup plus selon des témoins sur place. Deux journalistes de Vice ont été tabassés par les forces de l'ordre.

Un des blessés est un étudiant allemand du programme Erasmus qui, après avoir été tabassé par les forces de l'ordre, s'est réfugié chez des grecs et a laissé le message suivant sur facebook en changeant sa photographie de profil, « j’ai été tabassé par la police grecque. J'étais dans une rue près d'une manifestation. Je n'avais pas d'armes, mon visage était découvert, je me tenais juste seul dans un coin les mains levées pour montrer que j'étais désarmé. Ils m'ont juste tabassé avec des bâtons. Je n'avais rien fait, je n'avais rien dit. Alors que j'étais allongé sur le sol en hurlant, encore plus de policiers sont venus me tabasser. Je me cache maintenant chez des grecs très sympathiques. Quel est ce pays où vous devez avoir peur de la police ».

Plusieurs rapports font également état de destructions de kiosques et de vitrines dans le quartier par les forces de l'ordre, de tabassage en règle de résidents et de photographes-reporters.

C’était l’anniversaire d’une révolte contre la dictature et la police y a répondu en utilisant la violence et la peur. C’est à se demander si le ministère de l’ordre public a encore le contrôle de ses troupes.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 18:48

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article109

http://paris.demosphere.eu/rv/35909

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Commun-9782707169389.html

Réunion débat sur le thème « commun » au local de l’EMDP 8 Impasse Crozatier à la hauteur du 43 Rue Crozatier 75 012 Paris Métro Reuilly Diderot, Ledru Rolin ou Faidherbe Chaligny RER Gare de Lyon

Samedi 22 Novembre 2014 à 14 heures 30

Le Club Politique Bastille organise une réflexion à partir du livre « commun » de Pierre Dardot et Christian Laval

Commun, essai sur la révolution au vingt et unième siècle

Par Pierre Dardot et Christian Laval

Partout dans le monde, des mouvements contestent l'appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe, le commun.

Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s'impose aujourd'hui comme le terme central de l'alternative politique pour le vingt et unième siècle, il noue la lutte anticapitaliste et l'écologie politique par la revendication des « communs » contre les nouvelles formes d'appropriation privée et étatique, il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles et il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.

Cette émergence du commun dans l'action appelle un travail de clarification dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu'ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques, bien suprême de la cité, universalité d'essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n'est pas la fin poursuivie par la création divine.

Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l'essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l’activité des hommes eux-mêmes, seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l'usage commun, produire les règles capables d'obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même, une révolution.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 18:30

Quatre israéliens tués dans une synagogue à Jérusalem (Reuters)

Deux palestiniens armés d'un pistolet et d'un hachoir ont tué quatre personnes Mardi 18 Novembre 2014 dans une synagogue de Jérusalem avant d'être abattus par la police, au cours de l'incident le plus meurtrier survenu depuis six ans dans la ville sainte.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu a promis de réagir « d'une main de fer » et a accusé Mahmoud Abbas de se livrer à une incitation à la violence dans un contexte de tension exacerbée par le conflit sur l'accès à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam à Jérusalem-Est.

Le président de l'Autorité Palestinienne a, quant à lui, condamné cet attentat dont la responsabilité a été revendiquée par le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), par l'intermédiaire de son chef de file à Gaza, Hani Thaoubta.

« La présidence palestinienne condamne l'attaque de fidèles juifs dans l'un de leurs lieux de prière à Jérusalem-Ouest et condamne le meurtre de civils quels qu'en soient les auteurs », déclare Mahmoud Abbas dans un communiqué.

Les quatre personnes tuées étaient toutes détentrices de la double nationalité, américaine et israélienne pour trois d'entre elles, Moshe Twersky, Aryeh Kopinsky et Calman Levine, et britannique et israélienne pour la quatrième, Avraham Shmuel Goldberg, a annoncé la police israélienne.

Selon une personne qui assistait à l'office, vingt-cinq personnes étaient rassemblées dans la synagogue Kehillah Bnei Torah, située dans un quartier ultra-orthodoxe de l'ouest de la ville quand des coups de feu ont éclaté.

« J'ai vu quelqu'un tirer sur les gens à bout portant, puis quelqu'un d'autre est arrivé avec ce qui ressemblait à un couteau de boucher et s'est déchaîné », a raconté Yosef Posternak au micro de Radio Israël.

« MARTYRS »

Des photos diffusées sur internet par l'armée israélienne montrent un homme vêtu d'un châle de prière gisant à terre. On y voit également un hachoir couvert de sang et des tables de prière renversées.

« Nous considérons cela comme un attentat terroriste », a déclaré Micky Rosenfeld, porte-parole de la police, confirmant la mort de quatre personnes et des assaillants, tous deux de Jérusalem-Est. Les services de secours font état de huit blessés graves au moins.

La radio palestinienne a présenté les assaillants comme des « martyrs » et le Hamas, qui administre la bande de Gaza, a « appelé à la poursuite des vengeances et souligné qu'Israël porte la responsabilité des tensions à Jérusalem ».

Selon la presse palestinienne, les assaillants sont Ghassan et Oudaï Abou Djamal, deux cousins membres d'un mouvement armé sans envergure qui habitaient le quartier de Djabal Moukaber. Des heurts y ont éclaté à l'arrivée de membres de la police israélienne venus procéder à des arrestations.

Pour Benjamin Netanyahu, l'attentat est « le résultat direct des appels à la violence du Hamas et d'Abou Mazen (Mahmoud Abbas), des appels que la communauté internationale a ignorés de façon irresponsable ».

NETANYAHU PROMET DES REPRÉSAILLES

« Nous allons réagir d'une main de fer aux meurtres odieux de juifs venus prier, commis par d'ignobles assassins », ajoute le chef du gouvernement israélien dans un communiqué.

Le ministre de la sécurité intérieure Yitzhak Aharonovitch a annoncé un renforcement de la sécurité et souhaité un assouplissement des règles sur le port d'armes afin d'autoriser les militaires et les vigiles à être armés en dehors du service.

Le secrétaire d'état américain John Kerry, en visite à Londres, a quant à lui dénoncé un acte de « terrorisme pur » et a adressé ses condoléances à Benjamin Netanyahu lors d'une conversation téléphonique, a indiqué son porte-parole.

Le président François Hollande a exprimé « sa vive inquiétude face à l'enchaînement des actes de violence à Jérusalem, en Israël et en Cisjordanie », où les affrontements sont quasi quotidiens depuis cet été.

Lundi, un chauffeur de bus palestinien a été retrouvé pendu dans son véhicule à Jérusalem. La police israélienne assure, autopsie à l'appui, qu'il s'agit d'un suicide, ce que la famille de la victime conteste. Ce décès a donné lieu à de nouveaux affrontements. Le Hamas a appelé à venger la mort du chauffeur.

Au cours du mois écoulé, cinq israéliens et un touriste étranger ont été tués à l'arme blanche et à la voiture bélier par des palestiniens. Une demi-douzaine de palestiniens, dont les auteurs présumés de ces agressions, ont trouvé la mort.

L'assassinat en juillet d'un adolescent palestinien en représailles à l'enlèvement et au meurtre de trois adolescents juifs en Cisjordanie est présenté comme le facteur qui a déclenché ce nouveau cycle de tensions, alimentées depuis par la guerre dans la bande de Gaza et le conflit sur l'accès à l'esplanade des Mosquées, appelé mont du Temple par la communauté juive.

L'attaque de mardi est la plus meurtrière perpétrée à Jérusalem depuis 2008 lorsqu'un palestinien avait abattu huit personnes dans une école religieuse.

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 21:24

http://www.liberation.fr/monde/2014/11/11/al-assad-veut-dominer-les-kurdes-l-etat-islamique-veut-les-exterminer_1141026

« Al Assad veut dominer les kurdes, l’Etat Islamique veut les exterminer »

Interview de Patrice Franceschi par Jean Pierre Perrin

Mardi 11 Novembre 2014

Pour l’explorateur Patrice Franceschi, les kurdes « représentent ce qu’il y a de pire » pour leurs adversaires djihadistes, « la laïcité, l’égalité des sexes et la démocratie ».

Ecrivain, navigateur, cinéaste, éditeur et explorateur, à l’origine de nombreuses missions humanitaires dans les zones de guerre, Patrice Franceschi a toujours été un soutien actif des mouvements kurdes en Irak et en Syrie au cours des différents conflits. De retour des régions kurdes de Syrie, il lance un cri d’alarme sur les risques de « nouveaux Srebrenica » en cas de victoire de l’Etat Islamique à Kobané.

Jean Pierre Perrin. La chute de Kobané serait-elle vraiment une catastrophe pour les kurdes de Syrie ?

Patrice Franceschi. Si Kobané tombe, on peut raisonnablement prévoir que l’Etat Islamique attaque le grand bastion kurde que constitue Djézireh, l’une des trois régions kurdes syriennes, dans le nord-est du pays. Cette attaque serait conduite de plusieurs côtés à la fois. Or, ce bastion, qui compte environ un million et demi d’habitants, est adossé à la frontière turque, qui, elle, est totalement verrouillée par l’armée d’Ankara. Dès lors, il y a de sérieux risques que les localités de Djézireh deviennent autant de Srebrenica, car elles sont situées dans la plaine et les kurdes ne peuvent la tenir, faute d’équipements militaires adéquats. Sans compter que les djihadistes sont redoutables de férocité et de technicité au combat. Mais la chute de Kobané ne concerne pas que les kurdes, elle signifierait aussi que les américains sont vaincus, ce qui aurait un effet galvanisant sur l’Etat Islamique.

Jean Pierre Perrin. En tant que défenseur passionné de la cause kurde, que recommandez-vous ?

Patrice Franceschi. Les kurdes nous disent, « aidez-nous à nous défendre. Nous avons des milliers de jeunes prêts à se battre, mais nous n’avons pas d’armes à leur donner ». Ce dont ils ont le plus besoin, ce sont des armes contre les chars, sans lesquelles ils ne pourront empêcher les djihadistes de déferler. Car l’Etat Islamique a des chars. A Kobané, on peut les voir à la jumelle. Puisque l’Etat Islamique nous a aussi déclaré la guerre, il ne faut pas oublier que seuls les combattants kurdes du PYD (parti de l’union démocratique, l’aile syrienne du parti des travailleurs du Kurdistan turc, qui s’est en partie autonomisée) peuvent le contrer. Car ce sont eux les plus motivés, les plus disciplinés, les mieux organisés. C’est pourquoi Kobané ne tombe pas. Il y a donc une raison humanitaire et une autre politique de ne pas les laisser tomber. Et cela nous coûtera moins cher aujourd’hui que lorsqu’il sera trop tard. Mais il nous faudra tordre un peu le bras des turcs, qui ne veulent pas qu’on leur apporte de l’aide.

Jean Pierre Perrin. Pourquoi l’Etat Islamique a-t-il à cœur de massacrer les kurdes qui, en grande majorité, sont des sunnites comme eux ?

Patrice Franceschi. L’Etat Islamique a dressé une hiérarchie de ses ennemis, il y a d’abord les yézidis, ensuite les chrétiens, puis les kurdes, avant même les chiites. Car les kurdes représentent ce qu’il y a de pire, la laïcité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la démocratie. C’est pourquoi tous les efforts des djihadistes portent sur les kurdes et non contre les forces de Bachar al-Assad.

Jean Pierre Perrin. A ce sujet, l’opposition syrienne accuse les dirigeants du PYD de collusion avec le régime.

Patrice Franceschi. Les kurdes répondent qu’ils n’ont aucune sympathie pour Bachar al-Assad, qui les a opprimés, mais qu’il n’est pas leur souci prioritaire et que leur territoire est d’ailleurs loin de Damas. En clair, ils peuvent négocier avec al-Assad mais pas avec l’Etat Islamique, qui est leur pire ennemi. C’est leur survie qui est en jeu, le premier veut leur domination, le second leur extermination. Le projet du PYD est très clair, il traite point par point avec le régime syrien des problèmes de belligérance, mais ce n’est pas un ami. Et quand on demande aux intellectuels kurdes ce que souhaite le PYD, ils répondent qu’ils sont pour le renversement d’al-Assad, un gouvernement démocratique, l’autonomie des régions kurdes et le droit à la langue kurde. Un des dirigeants du PYD me disait que « nous demeurons socialistes et laïcs et l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas négociable. Nous voulons aussi que tous les partis participent à notre gouvernement. Il y a certes des kurdes qui ne veulent pas entrer dans ce processus, mais ils continuent de négocier avec nous ».

Jean Pierre Perrin. A combien estimez-vous les forces de l’Etat Islamique ?

Patrice Franceschi. A plus de cent mille hommes, vu la pression qu’ils exercent sur les différents fronts, je pense que c’est un chiffre proche de la réalité. En face, les forces du PYD sont estimées entre vingt-cinq mille et trente mille combattants.

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 20:45

http://www.publico.es/politica/556789/el-tsjcat-tramita-doce-denuncias-contra-mas-por-un-delito-de-desobediencia

Le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne reçoit douze plaintes contre Artur Mas pour un délit de désobéissance

Les procureurs de Catalogne se réunissent pour décider s’ils déposent une plainte contre le président.

Lundi 17 Novembre 2014

Le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne a reçu les douze premières plaintes présentées devant les tribunaux catalans le 9 novembre dernier contre le président de la Generalitat, Artur Mas, pour un délit de désobéissance contre la suspension préventive de la consultation décidée par le Tribunal Constitutionnel.

Les premières plaintes sont arrivées aujourd'hui au siège du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne, après qu’elles aient été rejetées par les tribunaux de Martorell, Terrassa et Gava.

Artur Mas est considéré par le Tribunal Supérieur de Justice comme le président régional, ce qui est la cause du rejet de ces plaintes par ces tribunaux.

Les chambres civiles et pénales ont déjà désigné un rapporteur pour chacune des plaintes, selon le tour de répartition établi plus tôt cette année.

Maintenant, les plaintes sont transmises au procureur pour savoir s’il est favorable à leur recevabilité ou non.

Les procureurs de permanence sont réunis ce matin au siège du procureur principal de Catalogne pour savoir s’ils acceptent le dépôt d'une plainte contre Artur Mas en défense de l'état, comme cela a été demandé par le Procureur Général de l’Etat, Eduardo Torres-Dulce, ou s’ils considèrent que ce n’est pas une question pénale, mais une question politique.

Eduardo Torres-Dulce n'a pas l'intention d'imposer le principe de l'unité hiérarchique qui régit le ministère public, car il estime que le procureur général « n’est pas un corps militaire », comme le reconnaît la jurisprudence.

Si les procureurs sont cohérents avec la ligne maintenue jusqu'à présent relative à la présentation d’une plainte, ils n’accepteront pas la recevabilité d’une plainte contre Artur Mas relative au 9 novembre.

Suite à la réponse des procureurs, le Tribunal Supérieur de Justice créera une chambre d’appel pour examiner chaque plainte. Elle sera formée par le président du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne, Miguel Ángel Gimeno, de deux juges et d’un rapporteur pour chaque affaire.

Cette chambre prendra une résolution qui acceptera ou refusera la recevabilité des plaintes déposées.

Si les plaintes sont reçues, le rapporteur deviendra le juge d'instruction dans l'affaire.

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 19:53

http://www.humanite.fr/lalternative-se-construit-aussi-dans-la-rue-557747?IdTis=XTC-FT08-ALL0UQ-DD-DLH85-DK1L

L’alternative se construit aussi dans la rue

Par Julia Hamlaoui à Paris, Philippe Jérôme à Nice et Clotilde Mathieu à Nantes

Lundi 17 Novembre 2014

À l’appel du collectif Alternative A l’Austérité), cent mille personnes ont défilé, Samedi 15 Novembre 2014, à travers la France, pour exiger une autre politique que celle conduite par François Hollande et Manuel Valls. Reportage à Paris, Nice et Nantes.

De Paris à Toulouse, en passant par Marseille, Lyon ou encore Avignon, ce sont quelque cent mille manifestants qui, selon les organisateurs, ont arpenté les rues de France, samedi, à l’invitation du collectif Alternative A l’Austérité. Responsables politiques, syndicaux, associatifs, militants et citoyens de gauche se sont retrouvés pour « refuser la politique d’austérité » et « défendre une alternative sociale, écologique, politique ».

À la veille de la manifestation, le collectif, issu de la mobilisation du 12 avril dernier, se félicitait déjà d’un premier « succès ». « Jamais depuis l’élection de François Hollande aucun appel de ce type n’avait rencontré une telle diversité de signataires », saluait-il dans un communiqué. Les cortèges du week-end l’ont confirmé. Alors que le budget de l’état pour 2015 sera soumis au vote des députés, demain, les dirigeants du Front De Gauche, du NPA et de Nouvelle Donne, mais aussi des écologistes et certains socialistes, étaient à Paris en tête de trente mille manifestants aux côtés de syndicalistes et de responsables associatifs derrière une banderole commune « non au budget Hollande MEDEF ». À Toulouse, cinq mille à six mille personnes ont défilé, selon la CGT. Près de mille cinq cent militants se sont réunis à Nantes, trois cent à Bordeaux et deux cent à Nice et Strasbourg. Au total, une trentaine de manifestations ou rassemblements dans le pays.

« On raque, ils s’exilent », « on trime, ils profitent », « les plumés de l’austérité se rebiffent », les slogans n’ont pas manqué, ce samedi, d’un bout à l’autre de la France dans les cortèges initiés par le collectif Alternative A l’Austérité. L’arc des forces politiques, sociales et associatives réunies n’est pas moins divers. Un message commun, stop à l’austérité, à commencer par le budget 2015 qui doit être voté à l’assemblée nationale, demain. « Nous sommes là parce que les politiques d’austérité menées avec insistance par le gouvernement sont en échec profond », a résumé, à quelques minutes du départ, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. Si on savait le constat partagé par les autres composantes du Front De Gauche, « on n’a pas élu François Hollande pour couper dans les dépenses publiques, couvrir des bavures policières, mépriser la vie des gens ordinaires et prétendre que c’est du courage », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, les manifestations de samedi ont rassemblé bien au-delà à gauche. D’Olivier Besancenot, du NPA, à Nouvelle Donne ou Europe Écologie Les Verts, en passant par les socialistes « affligés » emmenés par Liêm Hoang-Ngoc. « Quand tout le camp du président de la république manifeste, c’est qu’il y a un problème. L’idée que cette politique est mauvaise est majoritaire à gauche », a noté l’ancien député européen du Parti Socialiste.

Le gel des pensions de retraite et des salaires, la liste des griefs est longue

Tous étaient au départ de la manifestation parisienne, place Denfert-Rochereau, aux côtés de responsables associatifs et de syndicalistes. À l’instar de Michèle Kauffer (CGT), pour qui « la solution pour peser sur les députés socialistes et l’ensemble des décideurs » se joue désormais « dans la rue ». Ou de Guy Tresallet (FSU), fier d’une initiative qui donne « à ce qu’on appelle le peuple de gauche, un lieu de rassemblement possible ».

C’est à Paris qu’a eu lieu le défilé le plus important avec trente mille participants. Chacun a tenu à apporter sa pierre à l’édifice. Frédéric, délégué syndical chez Carrefour Market, a fait ses calculs et c’est contre la future loi Macron qu’il est remonté, « un dimanche travaillé me rapporterait six euros de plus qu’en semaine. Est-ce que ça vaut le coup que je me prive de grasse matinée, de temps en famille ou de pouvoir lire un bouquin », interroge-t-il. Quelques mètres plus loin, ce sont des étudiants, futurs travailleurs sociaux, qui ont fabriqué leur propre banderole. « Les collectivités territoriales sont obligées de nous rémunérer désormais pour nos stages », explique Jean-Philippe, « le revers de la médaille, c’est que les fonds ne suivent pas ». Le gel des pensions de retraite, des salaires, les cadeaux aux entreprises sans contreparties, la liste des griefs est longue. Malgré tout, « toute une frange de la population ne réagit pas, ne s’imagine même pas qu’il y a une autre voie », s’inquiète Simone Jacquinot, une comédienne qui milite au Parti de Gauche dans les Hauts-de-Seine. « Les gens sont mécontents, mais de là à se mobiliser, c’est plus compliqué », reconnaît, en écho, une communiste du Val-de-Marne.

« Ils ont l’impression de ne jamais être entendus. » Évidemment, ici chacun croit en cet autre chemin et personne ne compte en rester là. Pour Mathieu, membre de la gauche d’EELV, il n’était d’ailleurs pas question de manquer le rendez-vous, qu’il voit comme une première étape « pour reconstruire la gauche et redonner envie en politique ». Pour d’autres, toutes ces préoccupations restent bien lointaines. Tout occupé à sa défense, le député UMP des Alpes-Maritimes Bernard Brochand, épinglé pour son compte en Suisse par la haute autorité pour la transparence de la vie publique, est resté bien au chaud dans sa villa de Cannes. Pourtant, dans les rues de Nice, sur sa pancarte, Camille, assistante maternelle au chômage, a, elle, opportunément épinglé une affiche du PCF qui dit « on rame, ils ramassent ». Elle ruisselle de pluie. Le département est en alerte orange météo. Politiquement, c’est une « alerte rouge », que déclenchent Alain Puppo, enseignant chercheur, et les deux cent vaillants militants rassemblés place Garibaldi, « sur la Côte d’Azur, pas besoin d’aller bien loin pour voir qu’il y a de plus en plus de fric pour ceux qui en ont déjà beaucoup. Hollande, pour qui j’ai voté, fait une politique qui n’a rien à voir avec la gauche ». Une autre politique est-elle possible ? Oui, clame la banderole unitaire de tête. Autant pour Mireille Damiano, du Syndicat des Avocats de France (SAF), qui voit monter « la paupérisation des justiciables », que pour le postier CGT Jean-Louis Fiori, il est urgent d’inverser cette politique qui « gave les puissants et fait trinquer le peuple ». D’autant qu’à Nice, les contribuables pourraient subir une « double peine » fiscale avec la politique de révision à la hausse des impôts locaux vers laquelle s’oriente le maire sarkozyste, Christian Estrosi, comme le souligne le responsable du PCF, Robert Injey. Ce dernier, avant qu’un nouvel orage n’accélère la dispersion, rappelle, que contrairement à la météo, il n’y a pas de fatalité en politique. Ce ne sont pas les salariés du journal Nice-Matin qui diront le contraire, eux qui ont repris, par la lutte, leurs affaires en main, permettant à quatre cent familles menacées du pire de passer sereinement Noël.

A Nantes, mille cinq cent militants de tous horizons étaient présents

Là encore, entre deux averses, près de mille cinq cent militants politiques, syndicaux et associatifs ont défilé, samedi, dans les rues de Nantes. Un rassemblement qui, en Loire-Atlantique, était soutenu par une intersyndicale CGT, FSU et Solidaire. « Lorsque le premier signal d’un gouvernement, c’est de se rendre à l’université d’été du MEDEF, nous nous devions de réagir, de passer à la vitesse supérieure, quitte à dépasser nos propres missions » lance Fabrice David, secrétaire général de l’union départementale CGT de Loire-Atlantique.

Avec à peine une semaine de préparation, « la présence de nombreux militants syndicaux dans le cortège est un signe encourageant », souligne Didier Raynaud, militant SUD PTT. Venu de Saint-Nazaire, Cédric Turcas, secrétaire de l’union locale CGT, est surpris du nombre de nazairiens qui ont fait le déplacement. « Les décisions politiques ont des conséquences dramatiques sur les salariés. Il y a une volonté de s’inscrire dans le débat politique, de peser et de ne pas seulement dire non ». Cette première est saluée comme porteuse d’avenir, garante de l’indépendance syndicale et permettant de s’adresser plus largement à d’autres formations, ou à des syndiqués d’autres organisations. La volonté est la même du côté de la FSU.

Maryanne, enseignante et militante au SNES-FSU, est venue en famille, « se battre contre l’austérité, c’est un super mot d’ordre pour un rassemblement large », même si, précise la syndicaliste, « tout reste à construire ». « Une première réponse qui appelle des suites », ajoute Erick Lermusiaux, également à la FSU. Pour les organisateurs, Robin Salecroix, élu municipal à Nantes et depuis peu secrétaire de la section PCF, et Jean Brunacci, responsable de Solidaire, un pas a été franchi. Pour les suites, tout reste ouvert, « la forte présence de syndicalistes témoigne d’attentes dans le monde du travail. Nous devons être présents dans les luttes locales et répondre aux sollicitations de salariés qui ne se sentent pas entendus », propose Robin Salecroix.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 18:43

http://www.lamarea.com/2014/11/10/tsunami-podemos

« Survivre au tsunami Podemos ne sera pas facile pour Izquierda Unida »

Lundi 10 Novembre 2014



Manuel Monereo, né à Jaen en 1950, intellectuel communiste de référence étroitement lié à Julio Anguita, en particulier au cours de ses années de plus grande activité politique entre 1990 et 2004, revendique l’ancrage à gauche d’Izquierda Unida comme une nécessité pour faire face à Podemos, pour éviter que se répète la dégénérescence du PSOE dans les années 1980. Après avoir fait partie de l’exécutif d’Izquierda Unida et du PCE et avoir travaillé avec Pablo Iglesias, le politologue examine l'avenir de la gauche espagnole, « nous devons penser comment construire un nouvelle organisation au-delà de Podemos et d’Izquierda Unida ».

Question. Quel est l’impact de Podemos sur Izquierda Unida ?

Réponse. Il y a une grande contradiction à l’intérieur d’Izquierda Unida. Quand Pablo Iglesias était attaché à la fédération, nous avons vu très clairement que le mouvement du 15 mai est venu changer ce pays. Il y avait un grand débat sur le choix de la rébellion démocratique, de la révolution organisationnelle et de l'ouverture à la société, un projet commun au-delà des limites d’Izquierda Unida. Le plus curieux est qu’à côté de cette lecture il y avait une pratique contraire. Des personnes comme Pablo Iglesias pensaient que l'avenir allait se construire en dehors d’Izquierda Unida. Le paradoxe est que la ligne, la stratégie et les mécanismes de Podemos sont dans les statuts d’Izquierda Unida. Nous vivons dans la schizophrénie. Quelqu'un réalise notre projet au-delà de nous.

Question. Cayo Lara a fait valoir en 2012 qu’Izquierda Unida était le « Syriza espagnol », le point de réunion de la gauche. Mais au cours des dernières années, plusieurs forces sont nées au-delà d’Izquierda Unida, Compromis, Equo et Podemos. Qu'est-il arrivé ?

Réponse. Cela reflète la contradiction dans laquelle vit Izquierda Unida, il y a une partie qui ne croit pas que nous pouvons être une force de gouvernement.

Lorsque vous construisez quelque chose comme Syriza ou Podemos, vous avez dans la tête une force alternative qui ne veut pas être la gauche du système, le PSOE. C’est ce que nous étions au cours des dix dernières années, la gauche du PSOE. Le PSOE était le modèle. Le problème que nous avons est qu’il manque ce que Julio Anguita appelle « l’alternative », la capacité de construire une force de gouvernement. A l’intérieur d’Izquierda Unida, il y a une autre logique, aider le PSOE à changer le pays. Ce n’est pas de la théorie, c’est ce qui se fait en Andalousie. C’est un désastre.

Question. Pablo Iglesias et Juan Carlos Monedero critiquent-ils Izquierda Unida pour cette raison, parce qu'ils refusent d'être la béquille du PSOE ?

Réponse. Izquierda Unida n’est pas à la hauteur des circonstances. Nous avons à construire quelque chose qui va au-delà d’Izquierda Unida. C’est ce que Pablo Iglesias a essayé de faire avec Inigo Errejón, de la meilleure manière, dans la campagne électorale d’Izquierda Unida en Galice. Sans l'expérience de la Galice, Pablo Iglesias n’aurait pas conçu Podemos. Ils y trouvèrent un phénomène étonnant, deux petites organisations d’outsiders, avec Beiras et Yolanda Diaz, un vieil homme du style de Julio Anguita et un jeune avocat du travail, qui n’étaient rien, qui se sont réunis et qui ont avancé. Cela prouve qu'il y avait une base sociale pour des projets nouveaux comme Syriza. Pablo Iglesias l'a vu et a fait la campagne avec Cayo Lara, ils ont travaillé ensemble. En Europe, ils ont constaté que cette logique d’alternative à gauche a été abandonnée par une personne comme Willy Meyer, qui n'a pas été capable de réfléchir à ce qui se faisait de nouveau. Voilà ce qui a conduit Pablo Iglesias à faire Podemos. Podemos est le résultat de la frustration de la gauche d’Izquierda Unida.

Question. Lorsque le mouvement du 15 mai criait « ils ne nous représentent pas », faisait il référence seulement au Parti Populaire et au PSOE ou aux vieilles structures et manières de faire de la politique, y compris Izquierda Unida ?

Réponse. Le mouvement du 15 mai implique une rupture culturelle et politique conduite par les nouvelles générations qui entrent en politique. Il a été dit que la jeunesse était apolitique, ancrée dans la consommation, qu’elle ne voulait rien faire. C’est ce qu’ont dit les pères de la gauche sur leurs enfants. Mais d'abord, avant une crise politique, sociale et culturelle, même anthropologique, de nouvelles générations apparaissent. La rupture générationnelle va de dix-huit à quarante ans. Dans ce contexte, Izquierda Unida a été un protagoniste du mouvement du 15 mai. Il y a des milliers de militants d’Izquierda Unida sans lesquels le mouvement du 15 mai n’aurait pas été possible. Mais à notre tour, nous vivons la contradiction selon laquelle une grande partie de ces jeunes nous voient comme la vieille politique.

Ils ne nous voient pas comme le même problème que les grands partis, parce que nous sommes une minorité. En fait, l'une des revendications était que le système électoral arrête de bénéficier à deux partis. La majorité de l'organisation s’est engagée dans le mouvement du 15 mai, les marées et les marches de la dignité.

Toutefois, quand Izquierda Unida devait aller plus loin, dans les élections européennes, nous avons échoué. Tant de gens fuyaient la vieille politique.

Izquierda Unida est maintenant la gauche de Podemos, mais survivre au tsunami de Podemos ne sera pas facile.

D'autre part, le noyau dirigeant de Podemos apporte une expérience nouvelle à laquelle la gauche traditionnelle n’a pas suffisamment réfléchi, par exemple, l'importance des élections, moi, le premier. Lorsque nous parlons des élections, nous avons le tic de dire que « nous ne sommes pas électoralistes ». Nous ne sommes pas capables de voir l'importance des élections pour mener un processus de transformation profonde.

Question. Izquierda Unida va-t-elle passer de la béquille du PSOE à celle de Podemos ?

Réponse. Ce serait un désastre pour Izquierda Unida et pour Podemos. L'Espagne vit une crise de culture, de régime, très profonde. Quand quelque chose comme cela se produit, il y a deux blocs principaux, le bloc du système et le bloc contre le système. Les forces de la restauration soutiennent ceux qui ont traditionnellement le pouvoir, et nous sommes une rupture démocratique. Les forces qui sont pour un processus constituant font partie des forces contre le système. Nous devons nous transcender. Podemos et Izquierda Unida sont complémentaires, ils ne sont pas antagonistes. Le PSOE et Izquierda Unida ne sont pas complémentaires parce qu’ils sont des deux côtés d'une confrontation politique. Podemos a des choses que nous n’avons pas et nous avons des choses qu'ils n’ont pas. Si nous allons à une compétition non-coopérative, ce serait négatif pour le projet de rupture démocratique.

Question. Quelle est la force de Podemos et quelle est la force d’Izquierda Unida ?

Réponse. Podemos a l’audace de son équipe de direction. Ils ont une force dans les médias qu’ils ont décidé de créer. Le noyau central savait exactement le type de société dans lequel nous étions et qu'il y avait une très grande fenêtre d’opportunité politique. Il faisait une meilleure analyse que nous. Ils ont également la possibilité de déplacer des images qui font partie d'un scénario plus complet, la rupture contre la continuité, l’innovation contre la tradition, le nouveau contre le vieux. Izquierda Unida garde l’image traditionnelle de la gauche contre la droite, d’une force secondaire du PSOE, mais n’apparaît pas comme une entité propre.

Qu'avons-nous, l’organisation. Cela ne s’improvise pas. Le noyau dirigeant de Podemos le sait. Nous avons vingt-cinq mille adhérents dans toute l’Espagne, avec une grande tradition culturelle, avec un poids idéologique fort, clairement de gauche et de classe, nous avons deux mille cinq cent conseillers et une grande expérience de travail institutionnel et dans la société.

La perspective de Podemos connaîtra une contradiction entre l’approfondissement et l’élargissement, il faut alterner des propositions radicales avec d'autres plus modérées pour pénétrer les secteurs sans lesquels vous ne pouvez pas gagner les élections, pour battre le PSOE et contester une base de centre droit, l'obligeant à faire de nombreux équilibres. Nous avons une base de gauche qui peut aider à rééquilibrer Podemos. Nous sommes une ancre de gauche pour le changement dans le pays. Et cela est très important.

Question. Podemos a-t-il besoin d’Izquierda Unida ?

Réponse. Absolument, il a besoin de ses cadres, de sa capacité tactique. Gramsci a dit que tout processus de révolution porte en lui une restauration. Beaucoup d'entre nous ont vu ce qu’était le PSOE en 1982. Beaucoup ont pensé qu’il voulait un changement, modéré, mais un changement. Et ce qui se passait était une usurpation d'identité, le PSOE, qui voulait transformer le pouvoir, a été transformé par le pouvoir. Et il peut arriver la même chose avec Podemos. Il y a un noyau dirigeant dans lequel j’ai une énorme confiance, avec une base sociale hétérogène, diffuse et contradictoire. Il manque une structure de cadres, horizontale et verticale, pour faire la liaison entre la base et le sommet. Ce qui vient du monde des cercles est assez chaotique. Et je ne dis pas cela comme une critique, car c’est ainsi.

Question. Izquierda Unida doit-elle dissoudre son organisation et faire entrer ses cadres dans Podemos ? Le maintien du sigle d’Izquierda Unida a-t-il un sens ?

Réponse. Tous les sigles sont identiques. Ils sont positifs car ils définissent l'appartenance. Mais ils ne me semblent jamais décisifs. Un processus d’alliance entre Izquierda Unida et Podemos est naturel et normal. Nous sommes une force contre le bipartisme et contre le système de la monarchie parlementaire, pour un nouveau régime, tout le reste est secondaire. L'unité n’est pas facile, mais nous devons réfléchir à la façon de construire une nouvelle organisation, au-delà de Podemos et d’Izquierda Unida. L’essentiel est d'être clair sur ce que nous voulons faire, nous sommes pour la rupture démocratique, pour un processus constituant, pour la république, le reste est secondaire. La machine électorale sert à Podemos ? Excellent, nous allons essayer de parvenir à une alliance stratégique avec Podemos. Cela peut se traduire par des phénomènes comme Guanyem à Barcelone, Ganemos à Madrid, nous sommes ouverts. Pablo Iglesias est l'un des nôtres.

Question. L’alliance avec Podemos doit-elle être faite avant ou après les élections ? Podemos la voit comme un fardeau.

Réponse. Il y a une partie qui nous voit comme un fardeau, mais pas une autre. Une partie avec une identité de gauche, de classe et de transformation, est pour la convergence. Ces gens ne votent pas pour Podemos parce qu'ils sont contre Izquierda Unida, mais parce qu'ils croient qu'ils peuvent faire mieux. Mais il y a des gens avec un préjugé anticommuniste très grand. La présence d’Izquierda Unida ancre le projet à gauche.

Question. Pablo Iglesias a-t-il toujours la même idéologie ?

Réponse. Certainement, le noyau dirigeant de Podemos est une partie de la gauche révolutionnaire. Il l’a toujours été. Nous gardons à l'esprit l'expérience latino-américaine, quand nous travaillions dans le CEPS. Nous avons réalisé qu'il y avait certaines similitudes entre les situations de l'Amérique Latine et de l'Europe du Sud. Nous avons pensé qu'il était possible de traduire en castillan l'expérience latino-américaine. Et Podemos a justement brisé de nombreux tabous de la vieille gauche. C’est le débat que nous avons avec Izquierda Anticapitalista.

Question. Y a-t-il des communistes à la direction de Podemos ?

Réponse. Bien sûr, je ne doute pas qu'une partie importante de ce qui est maintenant le phénomène Podemos, pour arriver, au milieu et à la base, est communiste. Quand on voit les personnes qui sont dans le noyau dirigeant de Podemos, il ne fait aucun doute qu'ils sont communistes, de la gauche révolutionnaire. Il n’y a aucun doute.

Question. Si le PCE a les cadres dont Podemos a besoin, pourquoi n’y a-t-il pas un cercle communiste à Podemos ?

Réponse. Je n'y avais pas pensé, mais il n’y aurait aucun problème. Il y a de nombreux communistes à Podemos. La clé de l’unité est la politique. Mais l'idéologie et la politique ne vont pas toujours ensemble. Par exemple, Pablo Iglesias défend à juste titre une vision patriotique. Le nationalisme espagnol est colonisé par l'extrême droite. Nous ne pouvons pas augmenter la confiance en soi d'un pays si les gens ne sont pas fiers de leur propre pays. C’est un marécage.

Nous devons reconstruire une vision commune de l'Espagne. Pour nous, et je pense que pour la direction de Podemos aussi, un processus démocratique est aussi l'idée de construire une patrie, également avec les autres peuples de l'état espagnol, avec les galiciens, avec les catalans et avec les basques, aller ensemble vers un état construit collectivement. Podemos affirme avec de nombreuses autres forces non seulement le droit à l'auto détermination des nations, mais aussi une patrie commune avec ces nations construite collectivement. C’est ce qui a toujours été appelé la république. Cela doit être la troisième république.

Question. S’il y a la création d’un cercle communiste, pourra-t-il mettre les cadres du PCE à la disposition de Podemos sans mettre en danger son identité ?

Réponse. Le parti organique de la révolution espagnole, que nous devons construire collectivement et qui sera le sujet de la transformation du pays, sera une maison commune de la gauche de transformation et alternative. Sa caractéristique fondamentale sera le pluralisme. Et il y aura des secteurs plus proches de ce qui a toujours été la sociale démocratie et d’autres, communistes de diverses tendances. La question fondamentale est le point de vue de classe.

Izquierda Unida ancre Podemos à gauche parce que nous défendons un projet du point de vue de la base, de la classe ouvrière. Et il y a une deuxième connotation, si c’est un projet de classe, c’est un projet anti impérialiste. Et troisièmement, c’est un projet national populaire, qui deviendra le moment venu un projet socialiste. Cela semble vieux, mais des secteurs réformistes et révolutionnaires vont coexister dans cette partie organique du prolétariat. Le courant communiste de ce parti est le parti de Karl Marx dans le Manifeste Communiste. Quand vous demandez « ce qui distingue les communistes des autres », nous répondons que les communistes ne forment pas un parti distinct.

Et nous nous caractérisons par deux choses, dans chaque lutte partielle, nous n’oublions jamais que le but ultime est le socialisme, et nous avons toujours une perspective internationaliste. Voilà mon parti. Si vous appelez cela cercle communiste, je serai dans le cercle communiste. Et je suis convaincu que le noyau de base de Podemos est d’accord.

Question. Cette maison commune qui était déjà le Front des Gauches dans les années 1930, Izquierda Unida en 1986, Syriza en Grèce, sera-t-elle construite en 2015 ?

Réponse. Ce ne sera pas facile, mais il serait important que nous soyons unis, comme parti organique, comme une force unifiée, aux élections générales.

Izquierda Unida et Podemos sont encore insuffisantes. Il faut des forces supplémentaires. Qu’allons-nous faire avec Equo et avec les nationalistes de gauche ? Ne sont-ils pas nécessaires, ne sommes-nous pas dans un état pluri national ? Je ne pense pas que nous parviendrons à un accord ni avec Bildu ni avec les secteurs indépendantistes catalans, mais nous devons parvenir à un accord avec chacune des nationalités. Il y a un vent de changement plus fort dans le pays et le PSOE et la droite ne sont pas assez forts pour freiner Podemos. Et attention, il peut y avoir un appel pour une élection générale à tout moment.

Question. Izquierda Unida et Podemos sont-ils prêts pour les élections ?

Réponse. Nous ne sommes jamais prêts pour des élections anticipées. Izquierda Unida doit encore faire ses devoirs. Les choses que nous n’avons pas faites avant. Les élections primaires, par exemple, qui vont faire une nouvelle direction. Je souhaite qu’Alberto Garzón soit le visage de ce changement. Dans cette perspective électorale, il y aura des élections primaires internes, une nouvelle équipe de direction et un candidat avec des possibilités. Nous n’aurions aucun problème à faire une élection primaire entre Pablo Iglesias et Alberto Garzon, si cela sert à régler les problèmes. Ce sont les gens qui résolvent les problèmes, ce n’est pas la direction. Izquierda Unida doit faire son auto réforme, qui doit être approuvée, et qui ne sera pas faite par l’Europe. En décembre 2014 ou en janvier 2015 il y aura une élection primaire qui fera une nouvelle direction politique d’Izquierda Unida. Cela aidera beaucoup. Izquierda Unida veut travailler dans le vent du changement.

Question. Une assemblée extraordinaire d’Izquierda Unida sera-t-elle nécessaire en 2015 ?

Réponse. Il devrait y avoir une situation extraordinaire.

Question. Quelle sera cette situation extraordinaire ?

Réponse. Vous devriez voir un problème grave, si le changement était refusé dans l'organisation. Maintenant, l'organisation a une feuille de route qui passe par des élections primaires et par l’émergence d’une nouvelle figure, celle d’Alberto Garzón. Si ce n’est pas possible, il y aura une assemblée extraordinaire. Si les élections primaires génèrent une nouvelle direction, l'assemblée aura lieu après les élections générales pour pouvoir consacrer toutes les forces à la société. Si Izquierda Unida fait ce qu’elle a à faire, ce sera une force importante dans les prochaines élections. Mais Izquierda Unida doit faire sa propre auto-réforme pour se connecter avec la société.

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