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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 19:48

http://www.okeanews.fr/20150227-la-grece-pourrait-exclure-siemens-eurocopter-et-rheinmetall-des-marches-publics?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

La Grèce pourrait exclure Siemens, Eurocopter et Rheinmetall des marchés publics

Le ministre suppléant de la défense Kostas Ysichos, militant de Syriza, a dit que ces trois entreprises doivent être exclues des marchés en raison de pratiques illégales et de « transactions frauduleuses prouvées »

Vendredi 27 Février 2015

La Grèce envisage d'exclure les entreprises allemandes Siemens et Rheinmetall ainsi que le constructeur franco-allemand Airbus Helicopters, nouveau nom d’Eurocopter, des marchés publics. En outre, le nouveau gouvernement grec entend porter la question des pratiques de ces trois entreprises à l'ordre du jour du parlement européen.

S'exprimant sur ​​le site d'informations concernant la défense www.onalert.gr, le ministre de la défense suppléant Kostas Ysichos, militant de Syriza a dit que ces trois entreprises doivent être exclues des marchés en raison de pratiques illégales, « les transactions frauduleuses prouvées qu'ils ont faites afin de se garantir des marchés publics. Rheinmetall a déjà été condamné en Allemagne pour des pots de vin » a dit Kostas Ysichos, ajoutant que les autorités grecques vont également enquêter sur la question.

Enquête concernant des contrats pour les hélicoptères NH90

Kostas Ysichos a également révélé que le ministère de la défense va enquêter sur l'achat de vingt hélicoptères militaires NH90 commandés à NHIndustries.

En août 2003, la Grèce a commandé vingt NH90 avec une option pour quatorze autres. En avril 2014, huit appareils NH90 avait été livrés. Les neuvième et dixième ont été livrés en novembre 2014.

Kostas Ysichos a précisé que malgré le fait que la Grèce avait un acompte de deux cent soixante-trois million d'euros, quarante-deux pour cent du montant total, « les deux premiers hélicoptères ont été livrés en 2011, huit ans après la commande et le paiement ».

L'enquête en cours se réfère principalement à des scandales possibles et au manque de transparence, « nous étudions la question et en particulier les clauses du contrat. Il y a des clauses qui protègent le fabricant et pas l'acheteur », a souligné le ministre suppléant de la défense Kostas Ysichos, ajoutant que les conclusions de l'enquête devraient être soumises au parlement grec après vingt jours.

Ces nouvelles révélations sont la suite donnée à la volonté du nouveau ministre de la défense Panos Kammenos de rouvrir tous les dossiers liés aux contrats passés entre la Grèce et les entreprises de l'armement.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 19:32

http://www.ujfp.org/spip.php?article3966

https://www.facebook.com/UJFP.Officiel/posts/998585440170133

L’antisémitisme sioniste a encore voulu frapper.

Récit d’un après-midi très particulier

Un témoignage de Jean-Guy Greilsamer, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

Lundi 2 Mars 2015 dans l’après-midi, je reçois d’abord un coup de fil prétendument du commissariat du dix-septième arrondissement de Paris, me sommant de venir signer une plainte déposée contre moi. Je refuse, si une plainte est déposée contre moi, qu’elle me soit envoyée par la poste.

Il m’est alors répondu que la police allait venir me remettre la plainte chez moi.

Une heure après, la police débarque, se poste devant mon immeuble, en interdit l’accès aux habitants et visiteurs, et boucle le quartier. Les gens présents s’inquiètent, certains amis du quartier téléphonent chez moi pour essayer de comprendre. Ainsi un voisin de palier signale que sa femme lui a téléphoné à son travail pour lui dire qu’elle ne peut pas pénétrer dans l’immeuble.

Mon épouse ouvre la porte pour descendre au rez-de-chaussée et, surprise, une demi-douzaine de policiers postés dans l’escalier, casqués et protégés par un bouclier, pointent leur arme vers notre domicile.

Il apparait alors un responsable de police qui rentre chez nous et a l’air de constater avec satisfaction que l’appartement est occupé par deux paisibles retraités, mon épouse et moi.

Après avoir posé quelques questions, ce responsable m’informe que j’ai été probablement « victime d’un canular visant des personnes appartenant à la communauté israélite ».

Puis divers responsables de police sont arrivés progressivement chez moi, soit presqu’une dizaine.

Ils m’ont révélé qu’un certain Jean-Guy Greilsamer avait téléphoné à la police en déclarant qu’il venait de tuer sa femme et en menaçant de tuer ses enfants si la police venait chez lui.

J’ai alors pensé à un individu ultra-sioniste et très agressif qui depuis Israël a utilisé le même mode opératoire contre diverses personnes soucieuses d’informer le public sur la situation du peuple palestinien, ou des personnalités prenant quelques distances avec des autorités israéliennes. Cet individu a aussi visé un journaliste du site www.rue89.com, ce qui s’était conclu par la mort par arrêt cardiaque du père du journaliste.

Pendant que la police était chez moi, l’individu continuait de lui téléphoner, lui annonçant qu’une personne du second étage venait d’avoir une crise cardiaque, le SAMU a alors débarqué.

Mon épouse et moi avons dû faire une déposition à un commissariat du dix-huitième arrondissement qui est spécialisé dans le traitement des drames internes aux couples, comme par exemple des crimes.

J’y ai alors déposé plainte.

En arrivant au rez-de-chaussée de notre immeuble pour nous rendre au commissariat, c’était hallucinant de constater le rassemblement de policiers et de gens du SAMU.

Il va sans dire que toute cette affaire a impressionné et inquiété les habitants présents dans l’immeuble.

Merci à l’auteur du « canular » d’avoir révélé la nature antisémite de son comportement.

Des voisins ont bien commenté la situation en affirmant tout naturellement que son geste et ses intentions à l’égard d’un militant juif pour une paix juste entre juifs israéliens et palestiniens sont antisémites.

Merci à lui de m’avoir permis de réunir chez moi, autour d’un apéritif, les voisins touchés par ce spectaculaire remue-ménages et de pouvoir ainsi échanger avec eux sur les fondements et les exactions de l’actuelle politique israélienne, sur la situation que subit le peuple palestinien, et sur la nécessaire mobilisation citoyenne contre l’impunité de l’état d’Israël.

Et il serait souhaitable que la police et la justice se donnent les moyens de sanctionner l’auteur de ces menaces, qui a suscité des réactions ayant généré des dépenses publiques phénoménales, aux frais des contribuables.

Les pouvoirs publics infligent parfois de lourdes amendes pour de petits délits, mais là, c’est vraiment sans commune mesure.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 19:10

http://www.ujfp.org/spip.php?article4000

http://blogs.mediapart.fr/blog/nacira-guenif/090315/1000-universitaires-contre-l-interdiction-du-voile-l-universite

http://www.liberation.fr/societe/2015/03/08/contre-le-voile-a-l-universite-ou-contre-quelques-etudiantes_1216767

https://www.change.org/p/madame-pascale-boistard-secrétaire-d-etat-déléguée-aux-droits-des-femmes-lettre-ouverte-à-la-secrétaire-d-etat-aux-droits-des-femmes

Mille universitaires contre l’interdiction du voile à l’université

Par Nacira Guénif

Lundi 9 Mars 2015

Madame la secrétaire d’état déléguée aux droits des femmes, nous appartenons à la communauté universitaire et sommes toutes et tous en charge d’une mission de service public qui, au-delà de la formation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, participe à construire un espace démocratique qui au jour le jour s’invente comme un espace de dialogues et de débats, un espace traversé d’antagonismes, y compris avec nos présidences et conseils d’administration, mais aussi de solidarités, un espace ouvert sur le monde dont nous héritons en commun, une agora qui se recrée à chaque heure dans nos amphis, dans nos « cafétérias », sur nos parvis ou les murs de nos campus, et ce, malgré les conditions matérielles déplorables qui sont celles de nos institutions.

S’il y a bien un lieu dans notre république, où la liberté de pensée et d’expression, ou plutôt, le droit de cité se vit ici et maintenant, c’est encore au sein des universités, et même les tentatives qui ont visé à mettre à mal cette liberté autogérée, en envoyant ces dernières années les forces de l’ordre traditionnellement interdites dans nos espaces en cas de conflit, de contestation ou d’occupation, ne sont pas parvenues à nous désespérer de penser la complexité du monde social et les enjeux du vivre en commun, comme à en expérimenter les conditions possibles.

Or, vous ne pouvez ignorer que, depuis plus de dix ans, le voile, sur lequel vous vous exprimiez encore récemment, est une question qui n’a fait qu’instrumentaliser à moindres frais les droits des femmes au profit de politiques racistes, aux relents paternalistes et colonialistes, définissant pour les femmes de bonnes manières de se libérer, blanchissant une partie des associations féministes en les dédouanant de s’engager contre le racisme y compris dans leurs propres rangs et, inversement, en permettant à des associations dites « communautaires » d’assimiler le féminisme au bras armé de vos politiques islamophobes.

La classe politique et votre parti, en exposant aux discriminations les plus brutales des femmes portant le voile, lynchages de jeunes filles, de femmes enceintes et de mères, discriminations à l’embauche et exclusions des écoles publiques, ont fait le lit des nationalismes et doivent être tenus pour responsable d’une situation de tension sociale sans précédent.

Vous avez déclaré, en tant que secrétaire d’état aux droits des femmes, être « contre le voile à l’université ». Indépendamment de l’inactualité nauséabonde d’une telle prise de position, comment pouvez-vous, « au nom des droits des femmes », vous exprimer contre la liberté et l’égalité entre toutes les femmes ? Comment pouvez-vous considérer qu’il serait pertinent dans ce cadre d’exposer une partie des étudiantes aux rappels à l’ordre des instances dirigeantes des universités ou de quelques mandarins en mal de « mission civilisatrice », pourvus d’un droit discrétionnaire à exclure et à réglementer un droit de cité inaliénable et non négociable ?

Vous acceptez ainsi d’être la porte-parole, non pas des femmes, mais d’entrepreneurs de leur seule carrière politique et médiatique, pourvoyeurs de haine et de fantasme. A l’opposé d’une telle rhétorique, en tant que secrétaire d’état déléguée aux droits des femmes, votre mission et votre responsabilité, si vous souhaitez vous intéresser à l’université, seraient pourtant des plus nobles mais aussi des plus considérables, depuis des années, aucune politique publique n’a souhaité financer à hauteur de nos besoins un véritable plan national de lutte contre le harcèlement sexuel et le sexisme à l’université, aucune action efficace, pérenne, n’a visé à lutter contre les exclusions et la paupérisation des étudiants ou des personnels administratifs, qui sont en grande majorité des femmes, et qui assurent au jour le jour nos conditions d’études.

Vous voulez œuvrer pour le droit des femmes à l’université ? Remettez en place un service de médecine universitaire digne de ce nom à même de fournir une information et des soins notamment relatifs aux droits reproductifs toujours plus menacés par la « crise ». Assurez-vous que les services sociaux à destination des étudiants et des personnels ne soient pas systématiquement la première ligne budgétaire que nos présidents et nos conseils d’administration suppriment, que des transports publics desservent nos campus dans des conditions acceptables et que des logements décents pour les étudiants soient construits en nombre suffisant, ou même, ouvrez des crèches dans nos universités pour permettre à toutes les femmes de venir travailler, étudier et se former.

Enfin, vous voulez discuter des droits des femmes, de liberté et d’égalité ? Vous voulez discuter des questions de genre, des droits des minorités sexuelles et raciales, des rapports sociaux tels qu’ils s’articulent aux politiques néo libérales de destruction des services publics et de privatisation des biens communs, qui transforment le savoir en marchandise par le biais de politiques que le Parti Socialiste relaie depuis des années ? Venez dans nos cours et nos séminaires, dans nos départements et dans nos équipes de recherche, écoutez les enseignantes et les étudiantes, voilées, pas voilées, qui débattent et construisent ensemble une pensée critique à même de servir les connaissances qui nourriront les bibliothèques de demain comme les luttes menées en commun pour faire advenir un monde meilleur dont vous semblez avoir déjà fait le deuil.

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 18:39

http://www.uam93.com/news/manifestation-contre-lislamophobie-bastille-samedi-14-mars-2015.html

Manifestation contre l’islamophobie Samedi 14 Mars 2015 à 14 heures 30 à Paris de la place de la Bastille à la place de la Nation

Suite aux événements tragiques de ce début d’année 2015, les actes islamophobes, agressions physiques et verbales, attaques contre les mosquées et stigmatisations continues des français musulmans, connaissent une croissance inquiétante.

L’Union des Associations Musulmanes (UAM) de la Seine Saint Denis, la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), Alliance, Miséricorde pour l’Humanité et d’autres associations et des personnalités publiques de la communauté musulmane pensent qu’il est indispensable que l’ensemble des acteurs de la société française se mobilisent face à cette menace.

A cet effet, nous appelons à une marche Samedi 14 Mars 2015 à 14 heures 30 pour attirer l’attention de l’opinion politique, publique et internationale sur la gravité de ces actes grandissants ainsi que sur l’insécurité et la peur que subissent les musulmans de France au quotidien.

A ce titre et constatant le non-respect de la devise même de la république, liberté, égalité et fraternité, nous revendiquons la création d'une loi contre l’islamophobie pour mettre fin à ce phénomène qui se banalise et qui risque de briser à terme notre « vivre ensemble » dans notre société française multiculturelle.

La marche se déroulera de la place de la Bastille vers la place de la Nation. Elle appellera à condamner les actes islamophobes, à refuser les lois d'exception et au respect des minorités.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 22:07

http://www.leparisien.fr/faits-divers/daech-le-demi-frere-de-merah-identifie-sur-la-derniere-video-11-03-2015-4594459.php

Le demi-frère de Mohamed Merah identifié sur la dernière vidéo

L’homme qui parle français dans la dernière vidéo macabre de Daech serait le demi-frère de Mohamed Merah, le « tueur au scooter » de Toulouse. Sabri Essid réapparaît ainsi trois ans pile après les attaques perpétrées par ce dernier, qui avaient endeuillé la France et la communauté juive.

Par Aurélie Rossignol

C'est une concomitance très douloureuse. Dans la dernière vidéo diffusée Mardi 10 Mars 2015 par Daech, le groupe Etat Islamique, l'homme qui se tient à côté de l’enfant qui exécute froidement un otage israélien serait le demi-frère de Mohamed Merah. Un nom qui replonge la France dans les drames de Toulouse et de Montauban, en Haute-Garonne, lors desquels, en mars 2012, ce « tueur à scooter » avait assassiné trois militaires, puis trois enfants et un enseignant juifs, au nom du djihad.

Des vérifications sont en cours pour savoir si l'homme qui, sur la vidéo, menace de s'en prendre aux israéliens et de conquérir Jérusalem, est bien Sabri Essid. Le journaliste de RFI David Thomson, spécialiste des djihadistes, explique avoir reconnu ce bourreau qui s'exprime en français. S'il s'agit bien de lui, il est le fils de l’époux de la mère de Mohamed Merah. C'est lui d'ailleurs qui avait organisé les obsèques du tueur de Toulouse.

Un macabre anniversaire ?

Depuis trois ans, Sabri Essid s'était fait assez discret. C'est ainsi qu'il aurait échappé à la surveillance dont il faisait l'objet et aurait réussi à rejoindre la Syrie il y a un an. Son nom apparaît toutefois dans de nombreux dossiers. Bien avant l'attaque de l'école juive, il était considéré comme une « figure de la nébuleuse toulousaine djihadiste ». Les enquêteurs lient même la radicalisation du frère aîné de Mohamed Merah, Abdelkader Merah, à sa rencontre avec Sabri Essid. Il est donc possible que, plutôt qu'avoir été influencé par Mohamed Merah, il l'ait lui-même inspiré.

En 2006, Sabri Essid avait été intercepté en Syrie, dans une maison connue pour abriter des membres d’al Qaïda en transit pour l'Irak. Renvoyé en France, il avait été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, dans une affaire de filière djihadiste vers l'Irak. Son nom était également ressorti en juillet 2014, lors du démantèlement d’une cellule djihadiste à Albi, près de Toulouse.

Faut-il voir une macabre commémoration dans la date choisie par ce « discret » demi-frère pour réapparaître ? Mohamed Merah avait fait la première de ses attaques le 11 mars 2012, soit il y a exactement trois ans ce mercredi.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 21:44

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/10/en-grece-droite-et-gauche-de-la-gauche-critiquent-le-recul-du-gouvernement_4590795_3234.html

En Grèce, la droite et la gauche de la gauche critiquent le recul du gouvernement

Par Adéa Guillot, correspondante du Monde à Athènes

Dans les rangs de l’ancienne majorité, on ironise sur le retour de la troïka. Aux yeux de la gauche de la gauche, l’heure, pour le gouvernement d’Alexis Tsipras devrait être « à la désobéissance ou à la rupture ». En Grèce, Mardi 10 Mars 2015, les réactions sont parfois cinglantes au lendemain d’une réunion de l’Euro-groupe, qui a vu le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis accepter que les experts de la « troïka » des créanciers du pays, la Banque Centrale Européenne (BCE), le Fonds Monétaire International (FMI) et la commission européenne, entament une mission d’expertise technique de l’état des finances grecques et des projets de réformes du gouvernement, dès Mercredi 11 Mars 2015.

Il faut dire que cela faisait des semaines que le gouvernement d’Alexis Tsipras déclarait, à qui voulait l’entendre, qu’il n’était plus question de subir la tutelle de cette troïka, dont il contestait à la fois les méthodes, le caractère non démocratique et les résultats désastreux.

« Mêmes personnes, même protocole »

Imposée par les voisins européens de la Grèce comme un préalable à tout versement d’une aide financière, la « revue » à laquelle va se livrer la troïka va se traduire par « la venue à Athènes des mêmes personnes, pour discuter des mêmes ministères, pour mettre en œuvre le même protocole », a tenu à souligner Kostas Karagounis, le porte-parole du parti d’opposition conservateur de la Nouvelle Démocratie.

Sur le site internet Iskra, qui relaie les opinions de la plateforme de gauche, un courant dissident interne à Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, au pouvoir, l’article principal de réaction à l’Euro-groupe d’hier était titré « l’étau qui se resserre autour de la gorge de la Grèce », et invitait le gouvernement « à la désobéissance ou à la rupture ».

La plateforme de gauche est certes un courant minoritaire, mais qui entend faire pression sur le gouvernement d’Alexis Tsipras pour qu’il ne renonce pas à ses promesses de campagne d’en finir avec l’austérité et avec la mise sous tutelle internationale, dont la troïka était devenue le symbole.

Changement sémantique insuffisant

Alors, certes, le gouvernement grec insiste sur le fait que l’on ne parle plus de troïka, mais des « institutions », et que les experts de celles-ci ne reviendront pas à Athènes. L’abandon du mot troïka était acquis depuis l’accord conclu le 20 février 2015 entre la Grèce et ses créanciers sur une prolongation du plan d’aide pendant quatre mois. Le premier rendez-vous entre les équipes du gouvernement grec et celles des « institutions » aura lieu à Bruxelles.

« La troïka, comme nous la connaissions, appartient au passé, ainsi que la pratique visant à autoriser des membres de la troïka à venir parler directement avec les ministres à Athènes », a insisté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis sur une chaîne de télévision grecque, mardi matin.

« Le ministre des finances, Yanis Varoufakis parlera avec les institutions, les décisions seront prises au niveau politique et des discussions de cadres techniques se tiendront à Bruxelles », a-t-il ajouté.

Mais ces changements sémantiques et de lieu d’intervention ne constituent pas un baume suffisamment apaisant. D’autant moins que le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble a, lundi, encore utilisé le terme de troïka. Et que, de son côté, Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Euro-groupe, a affirmé que les discussions techniques se passeront aussi à Athènes.

En tout cas, un député grec, issu des rangs du parti de la gauche radicale Syriza, veut voir dans « l’insistance de Wolfgang Schäuble à utiliser de nouveau ce terme, au moment même où l’Euro-groupe oblige la Grèce à entamer immédiatement la mission de contrôle, le signe d’une grande suffisance et marque le désir d’humilier notre gouvernement en lui retirant jusqu’aux victoires les plus symboliques ».

« Au moins le gouvernement se bat pour nous »

« Ce n’est pas sur le fond qu’il y a des tensions, car l’accord du 20 février 2015 conclu avec l’Euro-groupe prévoit bien que le gouvernement grec et ses créanciers doivent travailler ensemble pour encore quatre mois, en mettant en place une mission d’évaluation des réformes. C’est sur la forme, sur où et avec qui », explique l’économiste Georges Pagoulatos.

Mais, selon ce dernier, « il semble logique pourtant que des rencontres aient lieu aussi à Athènes, car les éléments techniques sont ici, dans les ministères. Il faut un contact direct et continu jusqu’à la fin de l’évaluation ».

Pour autant, une majorité de grecs semble continuer de soutenir le gouvernement d’Alexis Tsipras, comme Roula Dimitriadou, cliente mardi matin d’un magasin de bijoux fantaisie à Athènes. « Nous voyons bien qu’ils veulent le faire plier et peut-être vont-ils y parvenir, mais au moins, lui, il essaie, il négocie et il se bat pour nous », pense la jeune femme.

Besoin urgent de liquidités

Athènes possède en fait une marge de manœuvre assez faible dans les négociations. L’état grec a un besoin urgent de liquidités. En mars, il doit décaisser six milliards d’euros au total en remboursements de prêts. Et ne recevra la dernière tranche du deuxième plan d’aide, environ sept milliards d’euros, qu’une fois la « mission » technique de la troïka terminée et l’accord sur les réformes bouclé.

« Le gouvernement a prévenu à plusieurs reprises ces derniers jours qu’il avait de quoi payer les retraites et les salaires des prochaines semaines mais en laissant ouvert la perspective de ne pas payer d’autres obligations, comme certaines factures à des fournisseurs ou des retours sur impôts », souligne Georges Pagoulatos. « La pression liée au niveau des liquidités est donc réelle mais aucun gouvernement, celui-là comme les autres, ne peut se permettre de ne pas rembourser les emprunts à nos créanciers internationaux. »

« Tous les hommes politiques et les citoyens grecs doivent rapatrier leur argent en Grèce. Nous menons une bataille dans laquelle chaque euro compte », a quant à lui déclaré le ministre d’état Alekos Flambouraris mardi matin à la télévision grecque.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 21:16

http://www.mediapart.fr/article/offert/b3d2962ec79df6796352d2daa024162b

Mediapart, Jean Luc Mélenchon et Vladimir Poutine, quelques mises au point

Par François Bonnet

Lundi 9 Mars 2015

Deux de nos journalistes auraient donc commis un « parti pris » infâme, dégradant et diffamatoire à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon. Suite logique de notre obsession contre Vladimir Poutine, de notre soutien subliminal au Parti Socialiste et de notre alignement inconditionnel à « l’empire états-unien », assurent nos contempteurs, explications.

Un « orage », mot prisé par Jean-Luc Mélenchon, pire, une tempête a déferlé sur Mediapart ces derniers jours. En cause, cet article explicitement présenté comme un « parti pris », et signé de nos confrères Fabrice Arfi et Antoine Perraud, « Jean Luc Mélenchon joue à saute-cadavre ». Était visé dans cet article un texte de Jean-Luc Mélenchon, posté sur son blog, et titré, « Vladimir Poutine a-t-il tué le cacique eltsinien Boris Nemtsov ». Les auteurs y expliquaient comment, dans ce cas précis, « une vision fanatique, des œillères dogmatiques, des réflexes pavloviens, privent Jean Luc Mélenchon de toute morale, éthique et politique ».

Cet article polémique, c'est le principe des « partis pris » de Mediapart, répondait à la virulente dénonciation faite par le fondateur du Parti de Gauche de Boris Nemtsov, l'opposant russe assassiné le 27 février 2015, et « des flots d’encens aussitôt offerts par tous les médias ».

Il a déclenché quelques scandales en chaîne chez certains de nos abonnés. Près de deux mille cinq cent commentaires, une dizaine de billets de blogs, des critiques devenant accusations puis invectives, des plongées dans les biographies réelles ou supposées de nos deux confrères, des mails privés incendiaires, des menaces de désabonnement brandies et relayées, c'est donc bel et bien l'intégralité du « magasin d'armement » qui a été utilisé en quelques heures, les bataillons montés au front utilisant toutes les tactiques imaginables pour faire rendre gorge à nos deux amis sacrilèges.

Sacrilège car c'est bien le plus difficile des obstacles, le phénomène de croyance, que nous voilà sommés de surmonter. Aussi cet article ne vise-t-il nullement à convaincre les adeptes de la foi mais à expliciter à tous nos lecteurs intéressés par ces débats et les questions qu'ils soulèvent ce que sont les règles de Mediapart, le contrat de lecture, donc le contrat de confiance que nous vous proposons depuis maintenant sept années.

Journal numérique, Mediapart est un journal totalement participatif. Cela signifie bien plus que le fait que nos lecteurs peuvent alimenter leur blog et commenter chacun des articles, en pleine liberté et dans le seul respect de notre charte de modération. Cela signifie autrement plus que le fait que cette « participation » des lecteurs est aussi financière, votre abonnement, notre exclusive ressource, et permet ainsi de construire et garantir l'indépendance de Mediapart.

Ce participatif, c'est la liberté d'expression de chacun de nos abonnés, c'est aussi celle de chacun de nos journalistes. L'une alimente l'autre, et réciproquement. Depuis sept ans, l'expérience nous a appris que nous pouvions d'autant plus librement écrire et exprimer des points de vue atypiques, dérangeants, surprenants voire scandaleux pour une partie de notre lectorat, qu'il pourrait aussitôt porter la contradiction, s'inscrire en contre, démentir, argumenter. Liberté des lecteurs, liberté des journalistes sont les deux faces de Mediapart.

Nous sommes là au cœur de ce qui fait l'intérêt de Mediapart, un journal pluriel, pluraliste, contradictoire et de débat, très loin d'une presse militante qui préfère trop souvent les œillères au débat, le dogme à la contradiction, l'étriqué et le politiquement correct aux questions qui dérangent.

Il faut bien prendre la mesure de cette révolution numérique et de ses conséquences éditoriales. La mission première de Mediapart est de produire et révéler des informations d'intérêt général. Mais un journal numérique est aussi un dialogue ininterrompu entre ses journalistes et ses lecteurs. Et Mediapart se doit aussi de vouloir éclairer, selon son tempérament et ses engagements fondamentaux, les principaux aspects du débat public. Il est donc parfois de s'inscrire en contre face à telle ou telle personnalité du champ politique.

Nous ne l'avons pas seulement fait avec constance au sujet de Nicolas Sarkozy. D’autres responsables politiques ont été également visés par nos « partis pris », vivement mis en cause pour leurs déclarations ou leurs politiques. Quelques exemples, « ce reniement dont Manuel Valls est le nom », « le cas François Hollande » et « François Hollande et la question démocratique ».

Exemples choisis pour ces quelques lecteurs qui, à travers cet article décrié, ont tôt fait de nous classer comme « sous-marin » du parti socialiste. Vieille et risible accusation pour tous ceux qui connaissent Mediapart. Nous avons toujours farouchement défendu notre indépendance à l'égard de tout parti, de tout responsable, de tout candidat ou élu. Outre un journalisme indépendant et de qualité, Mediapart ne porte, dans la diversité de ses journalistes et de ses tempéraments, que deux engagements, le premier est pour une modernisation radicale de notre système de représentation politique et le second est en faveur de tous les combats visant à inscrire une égalité réelle dans la société française.

Jean-Luc Mélenchon, responsable politique de premier plan, connaît Mediapart et ses règles. Nous l'avons régulièrement invité, entretien écrit, entretien vidéo et live, lui ainsi que ses proches, Martine Billard, en janvier 2015, Eric Coquerel, en février 2015. Attentif à toutes les évolutions, recompositions, débats dans les gauches françaises, appelant de nos vœux une dynamique de rassemblement ancrée dans les nouvelles réalités sociales de notre pays, nous n'avons cessé de suivre de près les activités du Front De Gauche et nous n'avons cessé d'interpeller Jean Luc Mélenchon sur ses pratiques politiques, son vocabulaire de « rupture », ses offensives régulières contre les journalistes.

Voilà pour la méthode, pour nos règles, pour ce contrat de confiance. Mediapart n'est pas un journal partisan, militant, organe central de tel ou tel, parti, homme politique ou groupe de lecteurs. Il est un journal numérique d'information dont le pluralisme est alimenté par ses journalistes et par ses lecteurs. Maintenant, venons-en au fond.

Faute éthique, erreur politique

Fabrice Arfi et Antoine Perraud ont signé ce fameux « parti pris ». Même si nous n'avons pas fait de pointage, beaucoup d'autres journalistes de la rédaction l'ont approuvé. Car nous sommes une large majorité à penser qu'en publiant ce texte sur son blog, Jean-Luc Mélenchon commet une faute éthique et une erreur politique. Ce fut en tout cas ce qui s'est dit lors de notre réunion de rédaction quotidienne, réunion au cours de laquelle a été acté que nos deux confrères écriraient ce billet.

Passons sur la faute éthique qui consiste à passer par pertes et profits, ou à ravaler au rang d'anecdote, l'assassinat de « l’illustrissime inconnu » Boris Nemtsov, « cacique de l’ère de Boris Eltsine ». Depuis 2000, une douzaine de personnalités politiques de premier plan, parlementaires, chefs de parti, avocats et journalistes ont été assassinés. Quelques exécutants ont été arrêtés, condamnés parfois. Jamais les commanditaires de ces assassinats n'ont été identifiés quand, chaque fois, les cercles du pouvoir ont été suspectés. Faut-il s'habituer à l'élimination physique d'opposants ou en faire un simple folklore moscovite ?

Dans un pays où l’état de droit n'existe pas, où la justice est aux ordres, où des hommes sont massacrés dans les commissariats, par exemple Sergueï Magnitski, ils sont pourtant des centaines, voire des milliers, à continuer à se battre pour faire respecter leurs droits et leurs libertés.

Si Jean-Luc Mélenchon ne connaissait visiblement pas Boris Nemtsov, tous les russes intéressés par le débat public l'identifiaient parfaitement. Et sa notoriété n'était pas due aux seuls errements de la période de Boris Eltsine, dont il ne fut d'ailleurs pas la pire illustration, il a été, par exemple, l'un de ceux qui dénoncèrent les privatisations entre amis. Il demeurait, quoi qu'on en pense, une voix forte et un relais pour tous ceux qui, au quotidien, dans leurs villes et villages, tentent de construire une Russie libérée de l'emprise des oligarques, des services secrets et des militaires.

Nos lecteurs intéressés par ces nouvelles voix dissidentes en Russie découvriront sans doute avec intérêt un livre coédité en partenariat avec Mediapart par plusieurs associations de défense des droits de l'homme, Amnesty International, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, Russie Libertés, Reporters Sans Frontières et Inter-LGBT. Titré « les autres visages de la Russie », ce livre qui paraît le 22 mars 2015 présente justement ces figures inconnues de la contestation, engagée là dans des combats écologiques, ailleurs dans des luttes contre la corruption, ailleurs encore dans des initiatives citoyennes que ne renierait nullement Jean-Luc Mélenchon. C'est d'ailleurs un livre né du Club de Mediapart, puisque plusieurs des textes publiés l'avaient été initialement sur Mediapart lors des jeux olympiques de Sotchi.

La méconnaissance de la Russie par Jean-Luc Mélenchon ne s'arrête pas au cas de Boris Nemtsov, « caricaturalement acquis aux ennemis de la Russie », écrit-il, commettant là un amalgame de plus. Il lui est aussi aisé de stipendier Alexeï Navalny, principale figure de l'opposition démocratique aujourd'hui, ravalé au rang de « leader libéral-xénophobe ultra violent, raciste et antisémite ». Il le fut certes dans sa jeunesse, comme le fut d'ailleurs Edouard Limonov, fondateur du parti national bolchévique et alors proche de l'idéologue Alexandre Douguine, qui mêle extrême droite et eurasisme et a aujourd'hui l'oreille du Kremlin.

Mais c'est faire fi des chemins sinueux de la politique russe et de ses nombreux reclassements que de résumer Alexeï Navalny à cette identité politique. Aujourd'hui cible principale du pouvoir, il vient d'être condamné à de la prison pour avoir distribué des tracts, Alexeï Navalny est aussi celui qui a conduit les grandes manifestations démocratiques de l'hiver de 2011 et de 2012, les plus grandes mobilisations depuis la perestroïka des années 1980, pour protester contre la fraude électorale et la confiscation du pays par le système oligarchique renforcé par Vladimir Poutine.

Ignorant toujours de la Russie, Jean-Luc Mélenchon balaie à tort ce qui est pourtant au cœur de la relation entre les russes et le régime construit par Vladimir Poutine. Car il n'y a pas que les assassinats, il y a le soupçon récurrent du crime de masse sur lequel aurait pu se fonder ce régime. La campagne de terreur de septembre 1999 reste une plaie à vif tant la question est terrible, les services russes ont-ils organisé la série d'attentats, explosions d'immeubles à Moscou et dans les régions, qui ont fait deux cent quatre-vingt-treize morts et six cent cinquante et un blessés en moins d'un mois ? Ces attentats sans précédent allaient motiver le déclenchement de la deuxième guerre de Tchétchénie par Vladimir Poutine, alors un parfait inconnu tout juste nommé premier ministre, puis faciliter son accession à la présidence en mars 2001.

Officiellement, les attentats furent commis par les rebelles tchétchènes. Rien ne l'a jamais démontré. En revanche, il a été largement documenté comment une équipe du FSB, l’ancien KGB, fut surprise par la police locale, le 22 septembre 1999, en train de bourrer d'explosifs un immeuble de Riazan, une ville située à une centaine de kilomètres de Moscou. « Exercice antiterroriste », fut-il répondu après plusieurs heures de cafouillage au sommet du pouvoir.

Beaucoup de ceux qui dévoilèrent des informations jetant le soupçon sur les services russes ont été depuis assassinés ou ont trouvé la mort dans des conditions mystérieuses. C'est le cas des députés Sergueï Iouchenkov et Iouri Chekotchikin, de l'ancien agent du FSB Alexandre Litvinenko, de l'oligarque Boris Bérézovski, sans parler de la journaliste Anna Politkovskaïa, également cible du pouvoir pour ses écrits sur la Tchétchénie.

C'est dans ce contexte pour le moins particulier d'un régime russe hanté de fantômes, de manipulations et de violences d’état que Jean-Luc Mélenchon se croit autorisé à distribuer bruyamment bons et mauvais points. Avec une cible et une seule, « l’empire nord-américain » et ses visées expansionnistes. Cette obsession l'amène à débuter son texte par une fausse information, « les Etats Unis viennent de débarquer en Ukraine six cent hommes de la cent soixante treizième brigade aéroportée des États-Unis. » Ce qui est inexact.

Dans le cadre d'un partenariat avec plusieurs pays européens et d'un accord passé avec le pouvoir ukrainien, les États-Unis pourraient envoyer environ trois cent instructeurs pour former des éléments de la garde nationale ukrainienne, tout comme le font les polonais. Ce déploiement n'a pas commencé, il demeure indexé aux négociations diplomatiques, et « le débarquement de la troupe régulière des Etats Unis » évoqué par Jean-Luc Mélenchon n'existe pas à ce jour.

En revanche, le responsable du Parti de Gauche se garde de citer Ben Hodges, le responsable de l'armée américaine en Europe. Ce dernier expliquait cette probable mission de formation en estimant à « douze mille le nombre de soldats russes engagés aux côtés des séparatistes » dans l'est de l'Ukraine, à vingt-neuf mille hommes l'effectif russe stationné en Crimée et à cinquante mille le nombre de soldats à la frontière russe.

L’agresseur devient l’agressé

« Face aux provocateurs nord-américains », conclut Jean-Luc Mélenchon, « tout repose donc à présent sur le sang-froid de Vladimir Poutine et des dirigeants russes, pas de guerre ». C'est un stupéfiant renversement de perspectives.

Légitimant au passage le référendum massivement truqué qui a habillé l'annexion de la Crimée par la Russie, en violation de tous les traités qui organisent la paix et la sécurité en Europe, dont le mémorandum de Budapest signé en 1994 et qui garantissait l'intégrité territoriale de l'Ukraine, le dirigeant du Parti de Gauche fait de Vladimir Poutine le garant de la paix contre « les nazis de Kiev », il n'y a pas de nazis dans le gouvernement ukrainien et l’extrême droite a été éliminée lors des dernières élections.

Ignorant de la Russie, Jean-Luc Mélenchon l'est également de l'est de l'Ukraine et de la guerre qui y fait rage, menée par des chefs séparatistes dont un grand nombre sont des russes, passés par l'armée ou les services secrets de Moscou.

L’illustration la plus parlante est celle d’Igor Strelkov, ancien militaire russe, combattant dans les forces spéciales en Tchétchénie de 1999 à 2005, où il fut accusé d'exactions multiples par l'association Memorial.

Quant à l'implication directe de l'armée russe dans les combats, elle n'est pas seulement documentée par les « états-uniens », l’OTAN ou les « criminels de Kiev » mais surtout par le comité des mères de soldats en Russie qui tient un inventaire minutieux des engagements et départs de soldats russes en Ukraine, ainsi que par une multitude d'associations russes dans les régions. Et c'est une compilation de toutes ces informations, avec d'autres révélations annoncées, que s'apprêtait justement à rendre publique Boris Nemtsov avant d'être assassiné.

« La guerre serait un désastre dont l’Europe ne se relèverait pas avant des décennies. Les Etats Unis doivent rentrer chez eux », conclut Jean-Luc Mélenchon. On ne peut qu'approuver cette inquiétude face à un conflit qui menace de dégénérer à grande échelle. Encore faut-il se donner les moyens politiques de le prévenir. C'est-à-dire désigner clairement les fauteurs de guerre.

En l'occurrence non pas « les Etats Unis » mais le régime russe qui, après avoir saboté méthodiquement la révolution orange de 2004, s'emploie à désintégrer l'Ukraine depuis l'émergence de ce qui fut durant les premiers mois une immense révolution citoyenne contre les corrompus, les dictateurs et les kleptocrates. Bref contre tous ceux que Jean-Luc Mélenchon dit combattre et auprès desquels, au terme d'un ahurissant exercice politique, il se retrouve aujourd'hui.

Un dernier mot, ou plutôt une nouvelle redite. Mediapart n'est pas plus un « agent actif de l'impérialisme américain », comme nous en accusent de chers lecteurs, qu'un défenseur de l'OTAN et d'une vision atlantiste de la géopolitique. Je renvoie ces détracteurs à nos innombrables articles écrits pour dénoncer les stratégies d'élargissement de l'OTAN en Europe, son interventionnisme comme gendarme de l’occident, par exemple en Libye, une intervention militaire que Jean Luc Mélenchon a soutenue. L'essentiel de nos articles depuis 2008 peut être retrouvé dans cette synthèse qui, par ailleurs, fait le point sur notre couverture de l'Ukraine et plus largement des affaires internationales les plus sensibles, Mediapart et l’Ukraine, quelques mises au point.

Informer, et d'autant plus dans une époque comme la nôtre, inédite et incertaine, ce ne peut être se satisfaire d'automatismes de pensée ou de réflexes idéologiques. C'est au contraire affronter le réel dans sa complexité, sans impasse ni aveuglement. Et, par exemple, pouvoir à la fois critiquer les responsabilités européennes dans la crise ukrainienne, tout étant lucide sur le régime poutinien, son idéologie conservatrice, sa radicalisation identitaire et ses liens assumés jusqu'au financement avec l'extrême droite européenne. Croire qu'il suffit de penser politiquement juste, ou d'être convaincu que c'est le cas, pour informer vrai, c'est assurément s'éloigner des lucidités, y compris douloureuses, sans lesquelles il n'est pas d'émancipation collective.

Nos lecteurs les plus anciens s'en souviennent sans doute, et pour certains en avaient été surpris, c'est déjà ce que nous avions franchement rappelé à Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle de 2012, pendant le « live » qui lui fut consacré. Revisitant les nombreuses occasions manquées qui, aujourd'hui, pèsent sur l'avenir de la gauche française, Edwy Plenel s'était chargé de lui remémorer combien elles remontaient à cette époque mitterrandienne dont il se refusait à faire le nécessaire inventaire. Époque marquée, s'agissant du Parti Socialiste, par de vives tensions entre journalisme indépendant et pouvoir politique.

Revisionné, cet échange illustre, au-delà des polémiques éphémères, ce qui est ici en jeu, la reconnaissance ou la défiance vis-à-vis d'une presse qui oblige y compris ses plus fidèles lecteurs à penser contre eux-mêmes, contre leur camp, contre leur parti et contre leurs dirigeants, en portant la plume dans la plaie par ses informations les plus complètes et les plus honnêtes possible.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 20:17

http://www.acatfrance.fr/action/accueil-de-refugies-syriens-en-france-

http://www.europalestine.com/spip.php?article10447&lang=fr

Accueil des réfugiés syriens en France

Mardi 10 Mars 2015

La France n’a accueilli que cinq cent réfugiés syriens depuis octobre 2013 et ne prévoit d’en accueillir que cinq cent autres. La France peut et doit faire plus.

Des milliers de personnes sont prises pour cible par le gouvernement et les groupes armés combattants. Elles ont été torturées ou blessées, sont traumatisées par l’attaque de leur ville et parfois de leur propre maison. Elles ne peuvent s’exprimer librement sans risquer leurs vies.

Pour elles, la fuite est la seule issue.

Quatre millions de civils ont réussi à passer de l’autre côté de la frontière, principalement dans les cinq pays voisins de la Syrie. Plus de sept millions ont dû quitter leur foyer, mais se trouvent toujours à l’intérieur du pays.

La crise en Syrie est une crise internationale. Les états doivent apporter leur aide à ceux qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés. La réinstallation vers un pays tiers de certains de ces réfugiés, que les premiers pays d’asile ne sont pas en mesure de protéger suffisamment, est l’un des moyens de rendre cette aide concrète. Elle permet de mettre en sécurité les réfugiés les plus fragiles comme les femmes et les enfants isolés, les personnes persécutées à cause de leur orientation sexuelle ou de leur genre ou encore les personnes malades ou handicapées qui nécessitent des soins.

En France, depuis le début du conflit, seules cinq cent personnes ont été accueillies entre octobre 2013 et février 2015 selon ce dispositif. L’accueil des cinq cent autres personnes vulnérables a été annoncé, mais cela reste insuffisant.

Agissez avec nous pour que le gouvernement français s’engage auprès de l’ONU à accueillir un plus grand nombre de réfugiés de Syrie afin qu’ils puissent vivre dans des conditions de vie dignes et en sécurité.

Signez la pétition

Face à l’ampleur du conflit qui ravage la Syrie depuis quatre ans, plus de onze millions de personnes ont dû abandonner leur foyer pour fuir les bombardements, les attaques et la persécution. Près de quatre millions d’entre elles ont trouvé refuge dans l’un des pays voisins de la Syrie dont les capacités d’accueil sont aujourd’hui largement dépassées.

Parmi ces réfugiés, certains sont fragilisés du fait de leur situation familiale, de leur isolement ou encore des menaces qui, parfois, continuent de peser sur eux. Certaines personnes nécessitent des soins spécifiques et un suivi psychologique auxquels elles ne peuvent accéder dans ces pays. Le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’ONU a identifié trois cent quatre-vingt mille personnes en « situation de vulnérabilité ». Leur réinstallation dans d’autres pays d’ici la fin de l’année 2016 est une priorité.

Depuis le mois d’octobre 2013, la France n’a accueilli que cinq cent réfugiés syriens et prévoit d’en accueillir cinq cent autres seulement.

Je suis convaincu que la France peut et doit faire plus pour ces femmes, ces enfants et ces hommes que l’horreur de la guerre a jetés hors de chez eux. Je souhaite que la France s’engage, compte tenu de l’ampleur de la crise, à accueillir un nombre plus important de réfugiés de Syrie.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:31

Gardes à vue dans l’enquête sur les attentats de janvier (Reuters)

Quatre personnes ont été placées en garde à vue Lundi 9 Mars 2015 dans l'enquête sur les complicités dont auraient pu bénéficier les trois auteurs des attentats qui ont fait dix-sept morts début janvier 2015 en Ile-de-France, a-t-on appris de source judiciaire.

« Ces personnes sont susceptibles d'avoir été en relation avec Amedy Coulibaly », qui a tué une policière et quatre juifs à Paris et Montrouge, a-t-on précisé, sans donner davantage de détails.

Selon Europe 1, qui a révélé l'information, un proche d'Amedy Coulibaly et sa compagne, gendarme, figurent parmi les personnes en garde à vue. Anciennement affectée au fort de Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, un site de la gendarmerie qui abrite deux services de pointe, cette gendarme avait été suspendue en février 2015.

Quatre hommes âgés de vingt-deux à vingt-huit ans et soupçonnés d'avoir apporté une aide « logistique » à Amedy Coulibaly ont été mis en examen et placés en détention provisoire fin janvier 2015.

Le parquet de Paris a ouvert le 20 janvier 2015 une information judiciaire pour assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, transport d'armes et financement du terrorisme, notamment.

Les enquêteurs ont surtout avancé sur le volet Coulibaly de l'enquête, et non sur celui des frères Kouachi, auteurs de l'attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo qui a fait douze morts. Une tendance qui semble confirmée par les gardes à vue de lundi.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 18:52

http://www.mediapart.fr/journal/france/070315/saint-denis-la-lutte-contre-lislamophobie-fait-le-plein

http://www.sans-langue-de-bois.eklablog.fr/a-saint-denis-la-lutte-contre-l-islamophobie-fait-le-plein-a114947936

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=12087

A Saint Denis, la lutte contre l’islamophobie fait le plein

Par Stéphane Alliès

Près de cinq cents personnes ont écouté, trois heures durant, témoignages et appels à une mobilisation encore plus élargie. Déjà heureux de l'affluence, les organisateurs espèrent continuer à faire converger militants associatifs des quartiers, citoyens musulmans et gauche plus traditionnelle.

« Il n'y a pas de problème musulman en France, pas de problème noir, pas de problème rom. Il y a un problème français ». Ces mots de conclusion de Sihame Assbague, porte-parole du collectif Stop Contrôle au Faciès, résume la tonalité du meeting « contre l'islamophobie et la guerre sécuritaire », qui s'est tenu Vendredi 6 Mars 2015 à la bourse du travail de Saint-Denis. Plus de trois heures durant, une vingtaine de responsables associatifs ont dit leurs inquiétudes quant au climat politique post-attentats de Paris, et ont appelé à la mobilisation la plus large.

Ravis de l'affluence nombreuse, les organisateurs se sont réjouis de n'avoir jamais été si nombreux et divers à se mobiliser pour la cause. « Le gouvernement voulait nous terroriser, les islamophobes de salon pensaient avoir gagné la partie et que nous serions désormais tétanisés », lance Youssef Boussoumah du Parti des Indigènes de la République (PIR). « Mais grâce à vous, ils ont échoué. Manuel Valls n'a pas compris qu'il n'avait pas en face des jeunes désemparés, mais l'avenir de ce pays ».

En dépit des réticences et critiques affichées par plusieurs personnalités de gauche, de l’essayiste Caroline Fourest au journaliste Jack Dion, en passant par la féministe Caroline de Haas ou la militante antifasciste Ornella Guyet, qui ont entraîné la défection des écologistes d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) parmi les signataires de l'appel au meeting, même si certains, comme Eva Joly et Yannick Jadot, ont maintenu leur soutien, la coalition de plus de quatre-vingt organisations n'a pas jugé rédhibitoire la présence parmi elles de l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), dénoncée comme « sexiste et homophobe », ou tout simplement trop proche des frères musulmans.

C'est donc soutenu par le PCF et Ensemble, membres du Front De Gauche, le NPA ou la fondation Copernic, ainsi que plusieurs comités du MRAP ou de la CGT, que le meeting a eu lieu, sans affichage ni prise de parole de ces organisations, ni de l'UOIF. « La question qui se pose à nous, c'est comment la gauche considère l'UOIF », résume un des organisateurs en marge de la tribune.

« Font-ils partie du paysage religieux ou doit-on les combattre ? Par le passé, il y a eu des tas de cause où l'on se mobilisait sans être d'accord. Contre la guerre au Vietnam, on acceptait de faire tréteaux communs avec des courants politiques pas franchement ouverts sur les enjeux sociétaux. S'en prendre à leur présence, c'est un prétexte pour des gens aux yeux desquels l'islamophobie n'a de toute façon jamais été considérée comme un réel problème. D'ailleurs, s'ils veulent se mobiliser contre l'islamophobie sans nous, qu'ils le fassent ».

À plusieurs reprises, divers intervenants ont rappelé qu'il était « naturel » de ne pas être tous d'accord, soulignant même qu'il était « très sain » que ces débats se posent à l'intérieur des partis de gauche, « ouvertement, et non plus en catimini ». Mais l'une des modératrices, Ismahane Chouder, membre de Participation et Spiritualité Musulmane, s'est étonnée que l'on veuille « lutter contre l'islamophobie sans les musulmans, ou alors seulement avec ceux qu'on juge bons, et dont il faudrait jauger au préalable l'irréprochabilité. Mais cette irréprochabilité n'existe pourtant dans aucun groupe constitué ». Estimant devoir faire face « toujours aux mêmes suspicions de sexisme ou d'homophobie de la part des féministes blanches », elle a tenu à affirmer « l’attachement de tous aux libertés individuelles et publiques, comme l'attachement aux droits sociaux ».

Une bonne partie de la soirée a été consacrée à une succession de témoignages recueillis par le Comité Contre l’Islamophobie en France (CCIF), où les émotions de musulmans aux pratiques diverses ont recueilli les applaudissements d'une assistance de tous âges et origines.

Son président, Samy Debah, a d'abord rappelé quelques chiffres recensés par le collectif. Près de deux mille sollicitations par an, sept cent soixante-quatre actes islamophobes en 2014, deux cent huit en janvier et février 2015, quatre-vingt pour cent des cas concernant des femmes musulmanes, dont vingt-deux agressions physiques. « Les français ne sont pas islamophobes, mais c'est parce qu'on se tait qu'on subit ces discriminations et ces violences », dit le président du CCIF. « Nous devons désormais marcher main dans la main contre ceux qui cherchent à diviser les citoyens français ».

Parmi la demi-douzaine de témoignages, se croisent les récits de pères d'enfants interpellés à tort pour apologie du terrorisme, celui d'une femme inscrite à une salle de sports en « béret » mais à qui l'on refuse finalement l'accès « pour des raisons d'hygiène » quand elle vient « en bandana », celui d'une étudiante ayant décidé de se voiler à ses dix-huit ans et qui a quitté l'école « pour ne pas subir l'affront d'un conseil de discipline » avant de se dire « persécutée par le regard des professeurs jusqu'à mon doctorat », ou encore celui d'une lycéenne à qui l'on a demandé d'enlever sa robe un quart d'heure avant de passer un oral du baccalauréat, « car la proviseure considérait que ma robe transparente, mon jupon et mon legging était une tenue religieuse, car elle comportait plusieurs couches ». Souvent, une même crainte revient, exprimée par ce père, « comment je peux élever mon fils dans le respect et l'amour de la république ? Aujourd'hui, mon fils voit des racistes partout, même là où il n'y en a pas. À treize ans, il a intégré qu'il était déjà un citoyen de seconde zone ».

L'inquiétude est la même chez Anissa, membre du collectif Mamans Toutes Egales qui se bat pour l'abrogation de la circulaire Chatel, interdisant aux mères voilées de participer aux sorties scolaires. « En maternelle, j'étais une mère digne d'accompagner, en primaire je suis devenu une mère indigne », dit-elle.

« Mes enfants ne comprennent pas pourquoi toutes les mamans sont acceptées sauf la leur. L'un d'eux le vit très mal, et se met à tout confondre entre Gaza et les attentats de Paris, dit que tout ça c'est la faute des juifs. Alors je dois tout recommencer, lui expliquer qu'en Israël c'est un gouvernement, et que ce n'est pas la faute des juifs. Depuis l'affaire Merah, j'ai peur que mon enfant n'en vienne à avoir la haine ».

Tout au long de la soirée, les références aux attentats de Paris a été constante, et à chaque fois ont été mentionnés Charlie Hebdo ou le caractère antisémite des assassinats à l'Hyper Casher du vingtième arrondissement. À la tribune, Michèle Sibony de l'Union des Juifs Français pour la Paix a longuement expliqué pourquoi, selon elle, lutte contre l'islamophobie et lutte contre l'antisémitisme devaient aller de pair. « Aujourd'hui, le racisme tue des juifs parce qu'ils sont juifs. Aujourd'hui, le racisme tue et toutes les émeutes françaises dans les quartiers sont parties de la mort d'habitants de ces quartiers », dit-elle.

À ses yeux, depuis le début des années 2000, « islamophobie et soutien à Israël sont intimement associés ».Elle détaille, « Israël est un allié indéfectible de l'axe du bien, il est impensable de sanctionner sa politique coloniale raciste, et les juifs sont assignés au bon côté et au soutien, quel qu'en soit le prix, de la politique israélienne. À l'inverse, les musulmans sont assignés à la classe dangereuse et au mauvais côté, celui de l'axe du mal ». Dénonçant cette « double instrumentalisation », elle estime sous de nombreux applaudissements, que « racisme islamophobe et racisme anti-juifs sont les deux faces d'une même médaille ».

Ancien candidat aux européennes du NPA, depuis retiré du militantisme politique mais investi dans le collectif de soutien à la mémoire d'Ali Ziri, octogénaire mort en garde à vue à Argenteuil, Omar Slaouti a lui aussi enflammé la salle, en dénonçant « l’arsenal idéologique » déployé par les gouvernements de droite comme de gauche, qui « ethnicisent la question sociale, avec l'idée qu'une ethnie serait supérieure aux autres », et qui permettrait aujourd'hui « d'arrêter des enfants de huit, de neuf ou de dix ans, sans que cela ne choque ».

Selon Omar Slaouti, face à cette « grille de lecture appliquée pour faire la guerre à l'étranger comme la guerre à nos quartiers, il convient de tenir les deux bouts en permanence, la question sociale du partage des richesses et la question de l'égalité ».

Responsable d'ATTAC, Jean-Michel Dupont a lui rappelé combien « le racisme a toujours eu vocation à diviser les classes populaires pour entretenir la domination des dominants ».

D'après lui, « il faut dénoncer les amalgames faits avec l'islam, de la même façon que nous défendons la liberté d'expression, ainsi que réaffirmer la laïcité comme garantie de la liberté des cultes, pour ne pas la laisser au Front National et à ceux qui la dévoient ». Secrétaire générale du syndicat de la magistrature, Laurence Blisson est de son côté revenue sur « l'hystérisation du climat de suspicion généralisée » provoquée au lendemain des attentats de Paris par « le cumul de la circulaire Taubira et des directives du ministère de l'intérieur ». Elle a toutefois appelé à « ne pas se tromper de combat et à ne pas trop attendre de la pénalisation des actes islamophobes, car ce n'est pas cela qui changera la société ».

Comme l'avocat Hosni Maati après elle, Laurence Blisson a ainsi expliqué pourquoi il faudrait se mobiliser aussi pour que « les sanctions restent dans le cadre de la loi sur la presse de 1881, qui garantit et encadre la liberté d'expression », alors que le gouvernement réfléchit à en sortir les paroles racistes, comme auparavant l'apologie de terrorisme. Cette revendication sera sans doute l'un des axes futurs de mobilisation d'un collectif voulant « continuer à convaincre les syndicats, les fondations, les cercles de réflexion et les partis de gauche » de les rejoindre.

Avec une « ligne rouge » en point de mire, rappelée par le médecin Abdel-Rahmène Azzouzi, qui vient de démissionner du conseil municipal d’Angers, où il avait été élu sur une liste du Parti Socialiste, que serait la mise en œuvre d'une loi interdisant le foulard à l'université.

« On nous demande de rester à notre place, comme on a demandé avant aux juifs de rester à leur place », dit Youssef Boussoumah du PIR. « Mais aujourd'hui, les musulmans sont sortis de l'enclave dans laquelle on voulait les enfermer. Il n'y a plus uniquement des ouvriers ou des femmes de ménage, mais aussi des instituteurs, des chercheurs, des avocats et des médecins. Ensemble, nous voulons juste banaliser la dénonciation de l'islamophobie. Comme la dénonciation de l'antisémitisme va de soi ». Tous ont prévu de se revoir, notamment lors d'une manifestation Samedi 21 Mars 2015 à Paris, sous le mot d’ordre « ensemble contre tous les racismes et le fascisme, l’égalité ou rien ».

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