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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 15:59

http://www.okeanews.fr/20141115-marios-lolos-comprends-pas-violence-demesuree-police-face-aux-etudiants?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

Marios Lolos, « je ne comprends pas la violence démesurée de la police face aux étudiants »

Si le CRS qui a agressé et blessé un photographe-reporter lors de la manifestation du Jeudi 13 Novembre 2014 à Athènes a été identifié, le président de l’union des photographes reporters rappelle que ces violences en Grèce « frappent le droit démocratique évident à l’information ».

Samedi 15 Novembre 2014

Le policier des forces anti-émeute, âgé de vingt-quatre ans, qui a agressé un photographe-reporter en le frappant à la tête avec sa matraque lors de la manifestation des étudiants du Jeudi 13 Novembre 2014 a été identifié et mis en disponibilité. Le dossier et le matériel de l'instruction préliminaire réunis grâce à l'enquête de la direction générale de la police de l'Attique sont déjà transmis au parquet compétent.

Hier, Marios Lolos, président de l’union des photographes-reporters, victime à plusieurs reprises de ces violences policières, a déclaré à www.left.gr qu'un contrôle abusif avait été fait sur un collègue par la police anti-émeute. Alors que l'union des photographes-reporters a demandé une enquête, Marios Lolos « ne comprend pas la violence démesurée de la police face aux étudiants qui voulaient entrer dans l'école polytechnique ». Il termine en rappelant que « les photographes-reporters sont les yeux des gens » et que « le droit à l’information appartient au citoyen ».

Hier également, le ministre de l'ordre public, Vasilis Kikilias, a eu un entretien téléphonique avec le photographe-reporter blessé. Le policier ayant enfreint les ordres du directeur général de la police de l'Attique a été rapidement identifié.

Comme Marios Lolos le rappelle dans la vidéo, le directeur avait donné l'ordre de ne pas intervenir dans le travail des journalistes et des photographes-reporters.

L'enquête ordonnée semble avoir rapidement porté ses fruits. La division impliquée dans l'incident avec le photographe-reporter a été identifiée, tout comme le jeune policier qui, au cours de l'incident, quand ses coordonnées lui avait été demandées, avait répondu que « vous les trouverez au centre des opérations ».

Notons que sept mille policiers auraient été mobilisés pour la commémoration du soulèvement des étudiants de l'Ecole Polytechnique contre la dictature des colonels le 17 novembre 1973. Cette journée, restée le symbole de la lutte pour la liberté en Grèce, est marquée chaque année de plusieurs commémorations à l’Ecole Polytechnique.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 15:38

http://en.firatajans.com/news/news/french-politicians-join-the-vigil-at-kobane-border.htm

Des représentants de partis politiques français rejoignent la veillée à la frontière de Kobanê (Firat News Agency)

Vendredi 14 Novembre 2014

Des délégations de nombreux pays continuent de soutenir et de rejoindre la résistance du peuple kurde à la frontière entre Suruç et Kobanê.

Des représentants de partis politiques français effectuent une visite à la frontière entre Suruc et Kobanê où une veillée de résistance en solidarité avec Kobanê continue depuis le début des attaques d’EIIL contre la ville il y a deux mois. Une délégation formée de représentants du Parti Communiste Français, du Nouveau Parti Anticapitaliste et d’Alternative Libertaire prendra le relais et participera à la veillée de résistance à la frontière cette nuit.

Une délégation de militants français, constituée de Joel Dutto (Parti Communiste Français), Mireille Court et Yann Puech (Nouveau Parti Anticapitaliste), Mehdi Leveque (Alternative Libertaire), Yvan Tellier (ami politique du peuple kurde en Grande-Bretagne) et des journalistes Bruno Deniel Laurent et Chris Den Hond, a visité d'abord la municipalité de Suruç après son arrivée dans le quartier.

La délégation française a été accueillie à la salle de conférence de la Municipalité de Suruc et a été informée sur les développements récents à Kobanê et à Suruç par Faruk Tatlı (membre de l'Association de Solidarité et d’Aide à Rojava), İsmail Kaplan (co-président de la branche de Suruc du BDP), Feleknas Uca et Serhat Tüm (Coordination de Crise de Kobanê). La délégation a ensuite visité les villes de tentes où résident les habitants de Kobanê qui ont dû se réfugier à Suruç.

Les militants français iront ensuite au village de Mehser où ils passeront la nuit avec la veillée de résistance en solidarité avec la résistance de Kobanê.

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 15:04

https://www.ensemble-fdg.org/content/cgt-une-crise-qui-samplifie

CGT, une crise qui s’amplifie

Par Alice Dubost

Dimanche 9 Novembre 2014

Décidément, chaque jour apporte son lot de révélations sur les sommes dépensées pour l’appartement du secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, sans que la direction de la CGT réponde aux questions que se posent ses syndiqués et les salariés qui lui font confiance.

Après deux jours de débats houleux les 4 et 5 novembre 2014, le Comité Confédéral National (CCN), assemblée rassemblant les secrétaires de fédérations et d’unions départementales, s’est conclu dans la plus grande confusion. Les débats n’ont ni permis les éclaircissements demandés par les organisations de la CGT ni de refaire son unité puisque la majorité du bureau confédéral a campé sur ses positions, tentant d’imposer une analyse univoque de la situation, nous faisons face « à une campagne de dénigrement visant toute la CGT, à travers les attaques dont fait l’objet notre secrétaire général », déclaration du CCN du 5 novembre 2014, envoyée aux organisations sans qu’un vrai débat ait pu permettre de vérifier si elle correspondait au souhait de toutes les organisations présentes.

Devant la colère et la profusion d’interventions estimant ses explications insuffisantes, le secrétaire général apparaît bien affaibli. Refusant les demandes de création d’une commission du CCN pour établir de nouvelles règles de contrôle, Thierry Lepaon cherche à imposer un remaniement du bureau confédéral, sommant chacun « de serrer les coudes quand la CGT est attaquée ».

Dans cette déclaration finale du CCN, que Thierry Lepaon avait refusé la veille, la formule selon laquelle « nous réaffirmons notre solidarité et notre confiance » au secrétaire général aurait été ajoutée après le vote qui s’est déroulé dans une grande confusion, le texte n’étant pas finalisé au moment du scrutin. Quant à la composition remaniée du bureau confédéral, deux entrées supplémentaires pour consolider la position de Thierry Lepaon, après un premier échange à la commission exécutive du 12 novembre 2014, elle ne pourra statutairement être votée que par le prochain CCN, prévu en février 2015. A moins que la situation n’empire et que le « parlement » de la CGT ne doive se réunir plus tôt, comme l’ont demandé plusieurs fédérations ou unions départementales.

Même si toutes les questions ne sont pas liées, les désaccords au sein de la CGT ne portent pas que sur le montant exorbitant des travaux de l’appartement de Vincennes. Ainsi, les divergences sur l’orientation à développer face au gouvernement Valls ne sont pas récentes.

Lors du débat d’actualité au CCN, plusieurs représentants ont critiqué les journées d’action improductives menées par la seule CGT. Certains ont estimé que la CGT devrait s’associer aux manifestations organisées Samedi 15 Novembre 2014 par le collectif Alternative A l’Austérité, appel dont plusieurs secrétaires généraux de fédérations, d’unions départementales ou de syndicats sont signataires. Ainsi, les secrétaires généraux de l’union régionale Ile-de-France, de l’union départementale de Haute-Garonne, de la fédération des services publics et de bien d’autres, avaient déjà appelé à participer à la manifestation du 12 avril contre l’austérité, aux côtés de partis politiques et d’associations. Beaucoup de syndicalistes CGT ne comprennent pas que l’unité réalisée avec la FSU et Solidaire, contre l’accord ANI de janvier 2013, contre la réforme des retraites de l’automne 2013, contre l’extrême droite ne soit pas généralisée concernant les politiques antisociales mises en œuvre par le président Hollande et ses gouvernements successifs.

Au-delà, et suite à la violence de la politique économique qu’impose gouvernement et patronat, d’autres pensent qu’il faudrait élargir encore plus. Par exemple, à toutes les organisations syndicales qui prennent, à des rythmes différents, leurs distances avec le gouvernement. Celles-ci pourraient se rejoindre pour construire un rapport de force conséquent afin d’arracher des victoires. Rappelons aussi que le déroulement de plusieurs négociations a déjà provoqué des remous dans la CGT, ANI de 2013, formation professionnelle, ainsi que la participation aux tables rondes sociales du gouvernement, comme en juillet 2014, où la CGT n’y a, finalement, pas participé.

Moins d’un mois avant les élections générales dans la fonction publique d’état, territoriale et hospitalière, pour la CGT l’enjeu est bel et bien de faire la preuve de son utilité pour organiser les luttes et défendre les salariés, les privés d’emploi et les retraités. Construire un syndicalisme de luttes tout en étant ouvert à une construction unitaire audacieuse, adopter des procédures démocratiques de débat en respectant les principes du fédéralisme, revoir les rapports entre syndicalisme et forces politiques, le mouvement syndical ne pourra faire l’économie de ces débats d’orientations stratégiques. C’est vital pour la CGT.

Cette crise tombe à point nommé au moment où le patronat veut « assouplir » de nouveau le droit du licenciement ou imposer la hausse des seuils sociaux permettant d’avoir des délégués du personnel, des délégués syndicaux, un comité d’entreprise ou un CHSCT. Et l’oreille du gouvernement est tellement attentive aux injonctions du patronat. Mais le MEDEF est très occupé, il prépare une semaine de « mobilisations » et de manifestations à partir du premier décembre, après « la manifestation pour tous », le MEDEF pour tous, effrayant.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 19:32

http://www.questionsdeclasses.org/?Reponse-du-collectif-de-Bobigny-au

Réponse du collectif de Bobigny au préfet Leschi

Jeudi 6 Novembre 2014

Le collectif de soutien aux habitants roms de Bobigny a souhaité répondre aux propos du préfet Leschi sur France Info suite à l’expulsion du terrain des Coquetiers.

L’expulsion du bidonville des Coquetiers à Bobigny en Seine Saint Denis a abouti à un désastre. Des quatre-vingt enfants scolarisés du terrain, seuls huit vont encore à l’école aujourd’hui. Familles séparées, dispersées aux quatre coins de France, bébés et vieillards malades jetés à la rue, formations professionnelles interrompues brutalement, voilà le bilan de cette expulsion qui se voulait « exemplaire ».

A la journaliste de France Info qui l’interrogeait ce mardi sur ce bilan, Didier Leschi, préfet délégué à l’égalité des chances, répondait en insistant sur les moyens inédits déployés pour cette opération. Certes, de l’argent, on en a dépensé, trois cent vingt mille euros d’argent public, brandis comme une médaille. Ce n’est pas faute d’avoir lésiné sur les moyens, disait le préfet désemparé. Mais vous comprenez, avec les roms, on a affaire à « une sociologie qui nous échappe ».

Tout est là. Imputer l’échec de l’opération à la « sociologie » des roms, c’est dire, une fois de plus, que les roms sont différents, et que c’est cette différence consubstantielle qui met, qui mettra toujours en échec nos tentatives pourtant généreuses, pourtant bienveillantes, pour les « aider ».

Avec les roms, disait Didier Leschi, « on ne sait pas faire ».

C’est dommage, parce que les roms des Coquetiers, eux, dans leurs baraques en bois, ils ne se débrouillaient pas si mal.

Mugurel, par exemple, ses deux enfants étaient scolarisés et il était depuis deux ans élu délégué des parents au conseil d’école. Mugurel travaillait pour de vrai, avec un vrai contrat, à Aulnay. Mugurel venait d’ailleurs de recevoir une proposition de logement social à Bobigny.
Mugurel, on l’a expulsé du terrain où il vivait, sa situation, ses efforts d’intégration, aucun intérêt.

On a proposé à Mugurel une chambre d’hôtel à Hardricourt, à soixante kilomètres. Il se lève tous les matins à 4 heures pour partir à 6 heures accompagner ses enfants à l’école avant de prendre le chemin de son travail. Bien sûr, s’il perd son travail, il pourra dire adieu à son logement social. Combien de temps va-t-il encore tenir ?

On aurait aussi pu aller rencontrer Habibe, la maman de Dragan. Habibe, c’est une femme énergique, qui a appris le français aux cours du soir de l’école. Elle servait même d’interprète aux intervenants, sur le terrain. Son fils Dragan est rentré en septembre en CAP.

Aujourd’hui, Habibe, son mari et son fils se retrouvent à Belfort. Exit le CAP qui aurait permis à Dragan d’avoir un métier, de devenir un contribuable comme les autres.

Et Abel, Adelin et Lola, les trois cousins qui venaient chaque jour au collège, qui avaient appris à parler français, à lire, à écrire ? Pourtant, cela n’a pas toujours été facile avec les autres élèves. Venir à l’école, quand on est un enfant rom, c’est aussi se heurter au rejet de certains enfants, et même de certains adultes. Mais ils sont venus chaque jour. Abel voulait être policier, Lola voulait être coiffeuse. La maman d’Abel et Adelin venait à chaque réunion entre les parents et les professeurs. Les parents avaient à cœur d’acheter la photo de classe, avec leurs petits moyens.

Aujourd’hui, ces trois enfants dorment dans des camionnettes, bien loin du collège. On leur avait bien proposé une solution de relogement, mais on avait séparé la famille. Lola et ses parents sont arrivés dans une chambre sans eau, sans électricité, avec trois couvertures pour sept personnes. Et il n’y avait pas de classe d’accueil au collège, là-bas. Lola ne pouvait pas poursuivre sa scolarité.

Finalement, ils ne se débrouillaient pas si mal, ces gens. Ils ne demandaient pas grand-chose. Une inscription à l’école pour leurs enfants, comme tout le monde, le ramassage de leurs ordures ménagères, comme tout le monde. Du travail, comme bien d’autres avant eux. Du travail, l’école, un minimum d’hygiène, le droit de tenter sa chance comme tout un chacun, c’est cela, une sociologie qui nous échappe ?

Non, à vrai dire, rien ne nous échappait.

Si l’objectif avait été d’accompagner ces familles, de trouver des solutions pour de vrai, on n’aurait pas procédé de cette façon. On n’aurait pas sommé des familles, le lundi après-midi, de prendre le premier train du mardi pour une destination inconnue, en abandonnant l’école du petit, les études du grand, le travail du père, les grands-parents par-dessus le marché, et en jetant à la rue soixante pour cent des habitants du terrain, avec leurs bébés, sous la pluie et sous les quolibets des CRS. La méthode employée ne pouvait mener qu’à l’échec. Cette expulsion était simplement une obsession du préfet Galli et une promesse de campagne du candidat Stéphane de Paoli à la mairie de Bobigny. Elle n’avait pas « vocation à » aider les familles, seulement à s’en débarrasser.

Il y a trop de familles roms en Île de France, dans des zones déjà sinistrées par le chômage, certes. Il y a des bidonvilles insalubres et dangereux pour leurs habitants, certes. Des solutions pouvaient, devaient être proposées, c’est vrai. Mais il aurait fallu anticiper, accompagner les familles, les préparer à un changement de vie et d’environnement, ne pas les disperser, ne pas briser leurs efforts d’intégration. Et surtout, il aurait fallu faire avec elles, en partant de ce qu’elles avaient déjà construit. Pas les traiter, encore et toujours, comme des objets qui seraient incapables d’agir par eux-mêmes.

Qu’est-ce que cela coûtait d’attendre la fin de l’année scolaire, de laisser les enfants finir leur année, et surtout de laisser aux intervenants le temps d’accompagner véritablement, de trouver des places en apprentissage ailleurs en France, de laisser à tous le temps de se projeter dans un avenir nouveau ?

Pourquoi cette absurde précipitation qui a tout détruit, qui a plongé ces familles dans des complications inextricables ?

Peut-être aurait-il fallu les rencontrer, ces gens. Prendre le temps de leur parler, au-delà du « diagnostic », réduit à la collecte de quelques données administratives. Mais c’est sans doute inenvisageable. Pensez donc, aller parler d’égal à égal avec des gens dont la « sociologie » nous échappe à ce point !

Les démarches entreprises pour faire évoluer la situation des familles roms en France n’ont pas vocation à fonctionner tant qu’elles reposeront sur cet éternel préjugé que pour les roms, c’est différent, qu’on ne peut pas parce qu’ils ne veulent pas. Tant qu’on refusera de considérer les roms comme des migrants du travail, on ira à l’échec. On continuera à orchestrer une chasse aux roms, une chasse coûteuse pour l’état et désastreuse pour les familles.

Nous qui les avons accompagnés pendant plusieurs années, nous savons qu’ils ne demandent rien de plus, rien d’autre que ce que nous demandons chaque jour à la vie. Ils ne sont pas substantiellement différents.

Il n’y a pas de culture de la misère, pas de culture de la saleté ni de la mendicité, seulement les affres de la misère et de l’exclusion, seulement des choix qu’on fait quand on n’a pas le choix Ce ne sont pas les pauvres qu’il faut combattre mais bien la pauvreté. Comment peut-on avoir encore besoin d’énoncer cette évidence en 2014 ?

Tant que nous considérerons les roms comme une sous-catégorie d’hommes, tant que nous resterons convaincus que nous ne pouvons pas agir avec eux, tant que nous leur refuserons le statut de sujets, nous donnerons aux préfets et aux élus toute latitude pour tuer dans l’œuf les efforts d’intégration des roms. Nous leur permettrons, comme aujourd’hui, d’entretenir et d’aggraver la misère aux frais de l’état. Et certes, il y a là quelque chose qui nous échappe.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 19:13

http://kropot.free.fr/Pouget-loisscele.htm

Notre loi des suspects

Par Francis de Pressensé

Dimanche 15 Janvier 1899

La France a connu à plusieurs reprises, au cours du dix-neuvième siècle, ces paniques, provoquées par certains attentats, savamment exploitées par la réaction et qui ont toujours fait payer à la liberté les frais d'une sécurité menteuse. Sous la monarchie de juillet, les lois de septembre furent votées sous l'impression de tentatives de régicide, sous le prétexte de la défense de l'ordre social, mais en réalité dans le dessein d'étouffer par la peur le mouvement révolutionnaire qui se poursuivait dans les masses profondes d'un peuple tenu hors l'enceinte du pays légal, et qui avaient cessé de plaire aux anciens carbonari de la restauration, devenus les conservateurs du nouveau régime auxquels ils devaient places, honneurs et fortune. Ces lois d'exception furent le commencement de la brouille définitive entre la royauté soi-disant républicaine de la branche cadette et une démocratie dégoûtée de l'hypocrisie du juste milieu, du monopole politique d'une bourgeoisie aussi égoïste et moins décorative que l'ancienne noblesse et de la corruption croissante d'une société asservie au capitalisme. C'est de l'adoption de ces mesures de salut public que datent, et l'expansion accélérée du socialisme, mis hors la loi par un gouvernement oublieux de ses origines, et le renouveau de l'idéalisme républicain proscrit par les anciens complices des conspirations révolutionnaires de la restauration, et le dégoût sans borne et sans retour des libéraux, épris de justice et de progrès.

Le second empire fondé sur le crime, né d'un coup d'état n'avait pas à renier ses origines ou à mentir à son principe. Régime hybride qui avait l'impudeur d'associer dans ses formules à la doctrine césarienne de l'élu du peuple la doctrine légitimiste de l'hérédité, il affectait également d'inscrire au fronton d'une constitution copiée sur celles de l'empire, c'est-à-dire du despotisme le plus écrasant qu'ait connu le monde, les principes de 1789 et la déclaration des droits de l'homme, base du droit public des français. En 1857, après l'attentat d'Orsini, il jeta le masque. La loi de sûreté générale vint suspendre le peu de garanties que le 2 décembre avait daigné laisser à ceux des citoyens français que la mitraille de Canrobert et les proscriptions de Maupas ou de Morny avaient épargnés.

Dès lors, le second empire fut marqué au front d'une tache indélébile. Il eut beau revêtir je ne sais quelles défroques d'un libéralisme mensonger. Il eut beau chercher à s'approprier les formes de ce parlementarisme d'emprunt qui n'a jamais servi, en dehors du sol historique où il est né et où ses racines ont pu s'enfoncer dans les couches apportées par les alluvions des siècles, qu'à dresser le décor d'une mesquine et sordide comédie d'intrigues et qu'à tendre un paravent devant les louches combinaisons des politiciens de chambre et d'antichambre.

Le césarisme avait sué sa peur, il avait laissé transparaître son âme de défiance et d'oppression, il avait avoué, dans un hoquet de terreur, sa haine des garanties élémentaires du droit et son inguérissable amour pour la force brutale, pour la police tutélaire et le sabre protecteur.

Règle générale, quand un régime promulgue sa loi des suspects, quand il dresse ses tables de proscription, quand il s'abaisse à chercher d'une main fébrile dans l'arsenal des vieilles législations les armes empoisonnées, les armes à deux tranchants de la peine forte et dure, c'est qu'il est atteint dans ses œuvres vives, c'est qu'il se débat contre un mal qui ne pardonne pas, c'est qu'il a perdu non seulement la confiance des peuples, mais toute confiance en soi-même.

Il s'agit de savoir à cette heure si la république française en est là. Je m'empresse de dire bien haut que, s'il ne s'agissait que de la république telle que l'ont faite vingt-cinq ans d'opportunisme, telle que nous la connaissons sous les espèces d'un président parvenu qui joue au souverain, d'un premier ministre sournoisement brutal qui essaye d'adapter à sa lourde main la poignée du glaive de la raison d'état, d'un parlement où tout est représenté, sauf la conscience et l'âme de la France, il ne vaudrait sans doute pas beaucoup la peine de se préoccuper bien vivement du sort de cet édifice branlant. Nous ne devons pas oublier, toutefois, que la république a cet avantage d'être une forme vide, un corps où nous pouvons souffler une âme, où nous pouvons mettre un esprit et qu'à la différence de toute autre gouvernement qui ne s'établirait pas sans avoir quelques-uns des artisans de l'avenir et sans avoir supprimé quelques-unes de nos pauvres franchises, elle se prête à merveille, si seulement nous avons la force de le vouloir, à toutes les transformations nécessaires, à toutes les réalisations progressives de l'idéal. Ce qui revient à dire qu'elle est la forme adéquate du gouvernement de tous par tous et que tout ce qui y porterait atteinte constituerait une usurpation.

Eh bien, cette république qui a trompé tant d'espérances, elle a, en un jour de panique, adopté, elle aussi, ses lois de septembre, sa loi de sûreté générale, sa loi des suspects. Sous l'impression terrifiante d'attentats pour lesquels ceux qui me connaissent ne s'attendront sûrement pas à ce que je m'abaisse à me défendre d'aucune indulgence, les chambres ont voté en 1893 et en 1894, d'urgence, au pied levé, dans des conditions inouïes de précipitation et de légèreté, des mesures qui ne sont rien de moins que la violation de tous les principes de notre droit. Dans la seconde partie de cette brochure, un juriste a admirablement exposé le caractère de cette législation d'exception. Un écrivain, que ses relations mettent à même de bien connaître les victimes de ces lois vraiment scélérates, a dépouillé, dans le dernier chapitre, quelques-uns des dossiers des procès intentés de ce chef.

Je n'insisterai pas sur une démonstration qui est faite plus loin, et bien faite. Qu'il me suffise de dire que ces lois frappent, de propos délibéré, des délits ou des crimes d'opinion. Elles sont faites contre une catégorie, non pas de délits ni de crimes, mais de personnes. Elles modifient la juridiction de droit commun en matière de presse, laquelle est le jury. Elles établissent un huis-clos monstrueux en supprimant la reproduction des débats. Elles permettent l'imposition hypocrite d'une peine accessoire, la relégation, qui n'est autre que le bagne et qui peut être le corollaire d'une condamnation à quelques mois d'emprisonnement.

Elles donnent une prime à la provocation et à la délation, qu'elles prétendent atteindre, sous le nom d'entente et de participation à l'entente, des faits aussi peu susceptibles de répression que des entretiens privés, des lettres missives voir la présence à une conversation, l'audition de certains propos. Elles ont créé un nouveau délit, non seulement de provocation au crime, mais d'apologie du crime, lequel peut résulter de la simple énumération objective des circonstances dans lesquelles tel ou tel attentat se sera produit. J'en passe.

Ajoutez à cela que l'application de ces lois plus que draconiennes a été faite dans un esprit de férocité. que c'est une sorte de guerre au couteau entre les soi-disant sauveurs et les prétendus ennemis de la société, que l'on a vu les tribunaux frapper impitoyablement de la prison et de la relégation, c'est-à-dire du bagne à perpétuité, la participation à des soirées familiales (Angers), l'audition des paroles délibérément scélérates d'un agent provocateur (Dijon), le chant d'une chanson révolutionnaire (Milhau), que l'on n'a pas respecté le principe essentiel de la non rétroactivité des lois, que cette terrible machine d'injustice fonctionne au milieu de nous et que onze malheureux ont déjà été, en vertu de cette véritable mise hors la loi, condamnés à cette peine atroce de la relégation.

De telles constatations suffisent. Elles devraient du moins suffire pour des esprits un tant soit peu libéraux, j'entends qui soient restés, si peu que ce soit, fidèles aux doctrines de La Fayette, des Barnave, des Benjamin Constant, des Barrot et des Laboulaye. Un tel monument d'injustice ne peut subsister dans la législation d'un peuple qui se dit et se croit et veut être libre. Que si un tel appel à la conscience républicaine ne suffisait pas, il ne manque pas d'arguments d'un ordre moins élevé pour convaincre les égoïstes. Ces lois d'exception sont des armes terriblement dangereuses. On les bâcle sous prétexte d'atteindre une catégorie d'hommes spécialement en butte à la haine ou la terreur du public. On commence par les leur appliquer et c'est déjà un scandale et une honte qui devraient faire frémir d'indignation tous les cœurs bien placés. Puis on glisse sur une pente presque irrésistible. Il est si commode, d'interprétation en assimilation, par d'insensibles degrés, d'étendre les termes d'une définition élastique à tout ce qui déplaît, a tout ce qui, à un moment donné, pourrait effrayer le public.

Or qui peut s'assurer d'échapper à cet accident ? Hier, c'était les anarchistes. Les socialistes révolutionnaires ont été indirectement visés. Puis c'est le tour aujourd'hui de ces intrépides champions de la justice, qui ont le tort inexcusable de n'ajouter pas une foi aveugle à l'infaillibilité des conseils de guerre. Qui sait si demain les simples républicains ne tomberont pas eux aussi sous le coup de ces lois ? Qu'on se figure ses armes terribles entre les mains d'un dictateur militaire et l'état de siège agrémenté de l'application des lois scélérates, ou, pour retourner l'hypothèse, qu'on se représente une faction révolutionnaire, un Comité de Salut Public jacobin, s'emparant de ces effroyables dispositions contre des conservateurs qui ne sauraient qu'opposer à ce patere legem quam ipse fecisti.

Que ce ne soient point des chicanes nées d'un esprit malade, des jeux d'esprit d'un avocat sans scrupules, c'est ce que prouve la phrase dans laquelle un jurisconsulte, M. Fabreguette, a expressément reconnu qu'il est des cas où, malgré l'amendement de M. Bourgeois visant nominativement les anarchistes, la loi devrait élargir la portée de ses définitions en vue d'atteindre des crimes ou délits similaires. On sait où la méthode d'analogie peut entraîner des esprits prévenus.

J'estime d'ailleurs que ce sont là des considérations secondaires. Quand bien même les lois d'exceptions ne pourraient frapper, comme elles prétendent viser, que des anarchistes, elles n'en seraient pas moins la honte du code parce qu'elles en violent tous les principes. Une société qui, pour vivre, aurait besoin de telles mesures aurait signé de ses propres mains son arrêt de déchéance et de mort. Ce n'est pas sur l'arbitraire, sur l'injustice, que l'on peut fonder la sécurité sociale.

La redoutable crise déchaînée dans ce pays par le crime de quelques hommes, la complicité de quelques autres, la lâcheté d'un plus grand nombre et l'indifférence d'un nombre plus grand encore, n'aura pas été sans quelque compensation si elle ouvre les yeux à ce qui reste d'amis du droit, de fermes défenseurs de la justice, de républicains intègres, à certains dangers et à certains devoirs.

A la lueur aveuglante de l’affaire, nous avons entrevu des abîmes d'iniquité. Il nous a été révélé des choses auxquelles nous ne voulions et ne pouvions croire.

La scélératesse de quelques hommes a eu une répercussion effrayante sur la faiblesse de beaucoup d'autres. Il est démontré qu'il n'existe pas de plus grand péril que de faire crédit aux individus, fussent-ils empanachés, couverts de galons et d'étoiles. Il est évident qu'il n'est pas de pire danger que de faire à des juges, mêmes civils, le redoutable présent d'un droit arbitraire de vie et de mort sur toute une catégorie de citoyens. Après la légitime défiance des hommes, cette crise nous aura appris la défiance non moins salutaire des institutions. Si nous sortons vainqueurs de ce grand combat, si la justice et la vérité l'emportent, quelle tâche s'offre ou plutôt s'impose à nous !

Quiconque a gardé au cœur le moindre souffle du libéralisme de nos pères, quiconque voit dans la république autre chose que le marchepied de sordides ambitions, a compris que le seul moyen de préserver le modeste dépôt de nos libertés acquises, le patrimoine si peu ample de nos franchises héréditaires, c'est de poursuivre sans relâche l'œuvre de justice sociale de la révolution. A cette heure on ne peut plus être un libéral sincère, consciencieux, qu'à la condition de faire publiquement et irrévocablement adhésion au parti de la révolution.

Cela, pour deux raisons, parce que tout se tient dans une société et que la liberté n'est qu'une forme vide et un vain mot, un trompe l'œil hypocrite, tant qu'on ne lui donne pas sous forme d'institutions les conditions sociales de sa réalisation individuelle, puis, parce que le peuple seul a gardé quelque foi, quelque idéal, quelque générosité, quelque souci désintéressé de la justice et que le peuple, par définition, nécessairement, est révolutionnaire et socialiste.

Donc l’affaire aura eu ce bienfaisant résultat de faire prendre position sur ce terrain large et solide à ceux qui avaient bien l'intuition de ces vérités, mais que des scrupules ou des timidités retenaient et qu'il n'a pas fallu moins que l'appel pressant d'un grand devoir pour arracher aux charmes morbides du rêve et de l'inaction.

Avant d'entreprendre une à une les innombrables réformes qui constitueront le programme du nouveau parti et qui furent sur les cahiers du travail, il faudra déblayer le sol. Il serait impossible de conquérir, fût-ce une parcelle de justice, en laissant subsister la menace des lois d'exception de 1893 et de 1894. C'est le premier coup de pioche qu'il faudra donner.

Tous, nous le sentons. Tous, nous l'avons dit et répété aux applaudissements du peuple dans ces réunions publiques que n'ont blâmées ou raillées que ceux qui n'y sont pas venus et où s'est scellée l'alliance féconde entre les travailleurs intellectuels et les travailleurs manuels sur la base commune de la conscience et de la science mises au service du progrès. Il y a là des engagements qui ont été pris, qui devront être, qui seront tenus, et tout le monde en est si convaincu que le comité d'une association qui amené avec courage le bon combat, mais qui est loin de représenter l'élément avancé, le comité de la Ligue des Droits de l'Homme et de Citoyen, a nommé une commission de cinq membres pour étudier, tout d'abord dans leur application, des lois d'exception de 1893 et de 1894 et pour lui présenter ses conclusions dans un rapport.

Bon espoir donc et à l'œuvre, de l'excès du mal naîtra le mieux. C'est au feu de la bataille que se forgent les armes bien trempées. Nous avons vu, nous avons subi les crimes d'un militarisme aussi contraire aux intérêts de la défense nationale qu'aux libertés publiques. Nous voyons apparaître à l'horizon le fantôme arrogant d'un césarisme clérical comme le monde n'en a pas connu. Le danger est grand. Grand doit être notre courage. On n'arrête pas le progrès. L'humanité vit de justice et de liberté. Ce sera assez pour nous d'avoir donné notre effort, et, s'il le faut, notre vie, pour une telle cause.

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:25

http://www.marianne.net/NPA-la-revolution-sabordee_a242378.html

NPA, la révolution sabordée

Par Loïc Le Clerc

Samedi 15 Novembre 2014

Il aurait dû « capitaliser » sur la crise économique. Il n'en a rien été. Cinq ans après sa création, le constat est clair, le navire NPA prend l'eau. Daniel Bensaïd n'est plus là, Olivier Besancenot joue les intermittents du spectacle politique et Philippe Poutou a le sentiment d'être méprisé par ses camarades. Concurrencé jusqu'à présent par le Front De Gauche et pariant encore et toujours sur des luttes sociales qui ne prennent pas, le NPA n'est pas loin du naufrage.

Ils ne sont qu'une petite vingtaine de militants à être présents, le 9 octobre 2014, lors de la réunion de rentrée politique du comité de l’Essonne, mais leurs interrogations résument parfaitement la profonde crise idéologique et organisationnelle que traverse le Nouveau Parti Anticapitaliste, « comment ne pas laisser le terrain libre à l’extrême droite », « les manifestations qui se multiplient, à quoi cela sert », « le problème, ce ne serait pas la forme du parti », « comment rendre crédible notre projet », « comment rebondir sur les échecs passés ». Cinq ans à peine se sont écoulés depuis la création du NPA, soit autant d'années de crise économique mondiale. Et pourtant, le parti n'a étonnement pas su « capitaliser » sur la crise. A l'heure où ses membres défilent contre l'austérité au côté d'une multitude d'organisations politiques et syndicales, à quelques semaines aussi de son prochain congrès, qui doit avoir lieu début 2015, nous sommes allés à la rencontre de ses militants, de ses dirigeants et des anciens du NPA, pour leur poser toutes ces questions. Histoire de comprendre pourquoi la révolution NPA n'a pas eu lieu, comment ce vaisseau anticapitaliste lancée en 2009 a pris l'eau et frôle aujourd'hui le naufrage.

Le retour de la vieille LCR et de ses manières

Et le dernier à avoir sonné la charge, de manière inattendue, c’est Philippe Poutou. Le 8 octobre 2014, son mail de démission du comité exécutif, envoyé à ses camarades de la direction, a fuité dans la presse. Exactement le genre de remue-ménage que le parti préfère gérer, discrètement, en interne. Depuis, un seul mot d’ordre à ce sujet, « il n’y a pas de problème avec Philippe Poutou ». L’unique réaction officielle à ce sujet viendra d’Olivier Besancenot dans le Figaro, « que nos détracteurs comprennent bien une chose, dans les semaines qui viennent, il faudra compter avec Philippe Poutou, le NPA et tous ceux qui veulent changer ce monde avant qu'il nous écrase ». De son côté, l’ancien candidat à la présidentielle de 2012, que nous avons contacté, se désole que « l’affaire qui aurait dû rester privée, comme toute dispute de famille » ait fini par apparaître au grand jour.

On comprend que la chose soit mal vécue. L'image qu'il dresse du NPA, dans son courrier électronique, est catastrophique pour une telle organisation. Oublié, en effet, le bel esprit de camaraderie censé habiter l'extrême gauche, « opportunisme individuel, incapacité collective à fonctionner démocratiquement, manque de transparence, impossible intégration, comité exécutif trop parisien ». Bref, au NPA, règne le chacun pour sa pomme et les Philippe Poutou sont pris pour des ploucs d'ouvriers de province. Aujourd'hui, Philippe Poutou, qui ne veut pas s'exprimer plus longuement sur le sujet, essaie tout de même de tempérer son propos. Son but avec ce mail était de chercher simplement, dit-il, à « reconstruire » ce parti. Avec ses camarades, il avait donc tout logiquement des « débats sur le comment-faire ».

On voit cela. L'ambiance, en tout cas, n’est pas sans rappeler de mauvais souvenirs à ceux qui ont quitté le navire LCR quand celui-ci avait été rebaptisé NPA, tous les marins savent d'ailleurs que cela porte malheur. C’est le cas de Christian Picquet, ancien membre du bureau politique de la LCR et porte-parole de Gauche Unitaire, une des trois entités, avec le PCF et le Parti de Gauche, à l'origine du Front De Gauche. Il revoit là ce qu'il rejetait déjà à l'époque, cette politique « sectaire et diviseuse ». Pour lui, le témoignage de Philippe Poutou confirme la « grande supercherie » sur laquelle s’est fondé le NPA, à savoir un parti qui renoue avec ses « vieilles pratiques peu transparentes et démocratiques, autoritaires et opaques » qui ne font de lui « qu’un petit groupe d’extrême gauche ».

Les trotskystes, ces puristes

L'émergence du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, la création du Front De Gauche, voilà des facteurs qui ont pesé dans le naufrage du NPA. Car Christian Picquet n'est pas seul à avoir sauté par-dessus bord. D’autres ont aussi quitté le navire pour s’aligner derrière Jean Luc Mélenchon. Comme Myriam Martin, qui était pressentie pour représenter le parti à la présidentielle de 2012, avant que Philippe Poutou ne soit sorti de nulle part. Aujourd'hui, elle est à la tête de la Gauche Anticapitaliste, parti membre d’Ensemble, lui-même membre du Front De Gauche. Désormais, Myriam Martin explique avoir tourné la page et préfère tendre la main à ses anciens camarades, non sans critique, « le problème avec le NPA, c’est son refus de voir les convergences avec d’autres courants de la gauche radicale ». Car elle l'assure, le NPA « aurait sa place dans un front plus large », s'il le désirait. Hélas, l’union de la gauche de la gauche débecte encore les plus puristes des trotskistes. Certains revendiquent toujours fièrement leur indépendance vis-à-vis du Parti Socialiste et du PCF, mais aussi du Front De Gauche. D'autres commencent à comprendre que cet isolement a signé l'hémorragie militante et s'est révélé suicidaire. Récemment, dans le journal Sud-Ouest, Philippe Poutou déclarait d'ailleurs qu’il fallait « recoller les morceaux du parti, mais aussi avec le Front De Gauche, les syndicats, et pourquoi pas les écologistes ». Bref, le NPA devrait « jouer plus collectif ».

Cette union, la gauche radicale a peut-être failli y parvenir en avril 2014. En marge de la manifestation unitaire du 12 avril contre l’austérité, organisée via le collectif Alternative À l'Austérité, le NPA proposait au PCF, au Parti de Gauche, à Lutte Ouvrière et à Ensemble de constituer pour les élections européennes des « listes unitaires avec toutes les forces politiques qui entendent se situer en opposition au gouvernement, à la droite et à l’extrême droite ». La proposition était-elle sincère ? Quelques jours plus tard, Lutte Ouvrière refusera la proposition, Olivier Besancenot accusera Pierre Laurent et le PCF de faire capoter l’alliance et le NPA, par la voix de Philippe Poutou, prendra sa posture de vilain petit canard de l’extrême gauche, « on sera marginalisé et on fera un petit score, mais on sera là ». Du côté de la Gauche Anticapitaliste, Myriam Martin regrette encore cette attitude de « parti qui ne se sort pas du vase-clos, qui cherche la petite bête qui pourrait nous diviser ».

Si le parti anticapitaliste est isolé politiquement, Alain Krivine assure à Marianne être convaincu que sa « ligne sera payante à long terme ». Le grand soir ne sera donc pas pour demain, mais tant pis puisqu'il adviendra, c'est sûr, après-demain. L’ancien mentor de la LCR désigne deux tentations à éviter, l’opportunisme et le sectarisme. D’après lui, le NPA se situerait juste entre les deux, « il doit être unitaire et garder sa radicalité ». C’est cette position qui, avec « l’échec du Front De Gauche », permettrait au NPA de survivre.

Selon Alain Krivine, ils seraient beaucoup à admettre s’être trompés en rejoignant le Front De Gauche, et certains commenceraient même à revenir. Sans doute que le Front De Gauche n'est pas au mieux de sa forme, Jean Luc Mélenchon l'a d'ailleurs compris, le lancement du Mouvement pour la Sixième République en atteste, mais tout de même Alain Krivine pousse un peu, relativiser l'échec du NPA, en pointant celui beaucoup moins criant du Front De Gauche, et espérer même en profiter, c'est un peu gonflé tout de même. C'est ne pas voir que le bateau prend l'eau, perd des militants et s'affaiblit dans les urnes chaque jour qui passe.

Daniela Cobet et Guillaume Loïc, membres du comité exécutif et représentants du Courant Communiste Révolutionnaire (CCR), la gauche du NPA, partagent l’analyse d’Alain Krivine sur la posture radicale à conserver et affirment que l’union avec les autres forces de la gauche de la gauche, « cela n’est qu’une tentative électorale de survie, pas une solution pour la classe ouvrière ». Le CCR, c’est cette frange qui regrette la « perte idéologique du parti lorsqu’il s’est positionné en négatif, de communiste révolutionnaire à anticapitaliste ». Ce courant du NPA avance toujours avec cette question en tête, « comment s’extraire de cette gauche institutionnelle pour un retour vers des idées révolutionnaires ». Alors, plutôt que de se fondre dans le Front De Gauche, ils envisagent de profiter de l’espace qui se creuserait à « leur droite », avec ce credo, « on frappe ensemble, mais on marche séparément ».

Myriam Martin déplore cette position d’auto-exclusion de certains de ses anciens camarades, « un seul parti ne peut pas agir seul, il faut confronter les idées. Je veux que l’ensemble du NPA réfléchisse à son rôle dans la recomposition de la gauche radicale ». Myriam Martin, qui devrait être invitée au congrès du NPA, semble assez confiante quant à leurs futures retrouvailles, « le Front De Gauche doit s’ouvrir, et je suis sûre qu’on va bientôt se retrouver avec une alliance plus pérenne avec le NPA. Le processus va s’accélérer ». Un brin d’optimisme qui n’est pas vraiment partagé par Christine Poupin, porte-parole du NPA et camarade de longue date de Myriam Martin. Elle ne voit pas de raison d’entrer au Front De Gauche « au moment où il n’a plus de projet commun ». Les pourparlers, on le sent, vont être longs.

Olivier Besancenot trop et pas assez présent

À la ramasse dans les urnes et les caisses vides, le NPA n’a d’autre choix que de se concentrer sur les luttes sociales. Bien sûr, cela fait partie de son ADN idéologique. Mais c'est aussi un moyen pour le NPA, même s'il ne l'admettra jamais, de s'afficher médiatiquement au côté des « travailleurs en lutte ». Et pour cela, le parti anticapitaliste peut compter sur son « atout charme », celui qui avait réussi à attirer les projecteurs et les voix électorales, Olivier Besancenot. Exemple, le 14 octobre 2014, quand le postier se pointe au palace Royal Monceau, venu soutenir les femmes de chambre en grève. Celui qui détient le record de voix de la LCR à une élection présidentielle ne ressemble plus qu’à une sorte de mascotte avec laquelle on se fait prendre en photographie. Pour beaucoup, le NPA, ce n'est plus que « le parti d’Olivier Besancenot » alors même qu’Olivier Besancenot ne veut plus l'incarner.

Pour nos deux membres du CCR, c’est une évidence, le parti est « trop dépendant d’Olivier Besancenot ». Ils aimeraient bien « réussir à combler l’écart entre son influence et leur réelle influence ». Et cela s'est illustré jeudi dernier, lors du meeting parisien contre l’austérité et contre la guerre, avec en tête d'affiche le même Olivier Besancenot. Sans lui et sa facilité à produire à la chaîne, dans ses discours, des punchlines fracassantes, il faut bien le dire, ce rendez-vous n'aurait pas eu la même saveur. Au moins trois cent personnes se sont rendues au gymnase Bidassoa. Beaucoup de jeunes sont présents, attirés pour certains par la présence du NPA dans les mobilisations pour Rémi Fraisse. Cela débat de la Syrie, de l'Irak, du Front National, du Parti Socialiste, de l'austérité et de la violence policière. La salle est enthousiaste, comme heureuse de se réunir enfin pour parler politique.

La tentation habituelle de la rue

Même genre de conversation dans un bar de l’avenue de Flandres où la section du dix-neuvième arrondissement s'était réunie à la mi-octobre. Ils sont une quinzaine, des militants et des curieux, à venir discuter autour d’un verre. Ils parleront longtemps de l’Irak, bien plus fascinés par la résistance kurde que préoccupés par la situation sociale et politique française.

Yann, la quarantaine, pressent pourtant qu'en France « beaucoup de choses sont possibles du jour au lendemain, cela peut péter », mais il admet ne pas savoir si cela ira dans le sens du NPA, ou celui du Front National. Pour le Samedi 15 Novembre 2014 et la manifestation unitaire du collectif Alternative A l’Austérité, il espère y retrouver une « colère de gauche ».

Mais pour l'instant, le parti semble tiraillé sur la stratégie à adopter. Sur les mouvements de soutien à Rémi Fraisse par exemple, deux attitudes se sont opposées, certains voulant rejoindre la manifestation interdite place Stalingrad, la direction préférant le « sit-in pacifique » du Champs-de-Mars, sans qu'aucune des figures du parti ne tranche réellement.

Confusion ou division interne, quoi qu'il en soit, c'est la visibilité et la présence du parti qui en pâtit, au profit d’EELV, du Front De Gauche et même des groupes anarchistes. Il faut dire aussi que le NPA a déjà donné en matière de manifestation interdite. On se souvient du rassemblement pro palestinien de Barbès cet été. Un rassemblement qui révélait, une fois de plus, cette habitude fâcheuse de l'organisation d'extrême gauche, sa tendance à fricoter de très près avec des organisations communautaristes. Comme si les leçons de l'épisode désastreux, en interne et en externe, de la candidate voilée présentée par le NPA aux régionales de 2010, n'avaient jamais été tirées.

Ce n’est pas le NPA qui est paumé, c’est la classe ouvrière

Pour Alain Krivine néanmoins, ce n'est pas tant le NPA qui traverse une crise que son électorat. Voilà qui est pratique. La fameuse classe ouvrière, explique-t-il, est pourtant « plus forte qu’avant, même si elle ne s’en rend pas compte ». Il constate qu'elle oscille entre défiance et confusion idéologique. De plus, le capitalisme et sa société individualiste auraient formaté les gens, analyse-t-il, à se tourner vers des réponses simplistes, qui sont celles du Front National. À cela, le NPA doit ajouter la perte de Daniel Bensaïd, en 2010. Il était le dernier grand intellectuel au parti, cité à plusieurs reprises lors du meeting parisien du 13 novembre, comme si sa pensée n'avait toujours pas trouvé de relais.

Désormais, pour Alain Krivine, le NPA ne peut « rendre crédible son alternative au capitalisme qu’en faisant de la politique ». En effet, ce serait judicieux. Et ils essayent tant bien que mal. Lorsqu’Olivier Besancenot se retrouve face à ses « pires ennemis », Parti Socialiste, UMP et Front National, sur le plateau de Mots Croisés, le 20 octobre 2014, il fait de son mieux pour s’imposer comme l’autre alternative au bipartisme. Des points difficilement marqués et surtout rapidement perdus, lorsqu’Olivier Besancenot se transforme en intermittent du spectacle politique et gaspille le peu d'espace médiatique de son parti en comparant Jean Pierre Jouyet à Nabilla Benattia, par exemple.

« Faire de la politique », c'est peut-être aussi regarder ses erreurs passées et tenter de construire un chemin pour le futur. Le prochain congrès le permettra-t-il ? Pas sûr, en attendant cette échéance, le parti semble donc faire le pari de la rue, une nouvelle fois, comme Samedi 15 Novembre 2014 et la mobilisation contre l'austérité. Et pourtant, le NPA ne peut se contenter de cela. Il faudra bien, à un moment donné, se demander pourquoi, cela ne prend pas. Olivier Besancenot a avancé une piste intéressante lors du meeting du 13 novembre 2014, « nous avons un terrible adversaire, nous-mêmes ».

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 17:21

http://www.ujfp.org/spip.php?article3625

Les sionistes ne dicteront pas leur réécriture de l’histoire, ni à Nice, ni ailleurs

Samedi 15 Novembre 2014

Shlomo Sand est un universitaire israélien, enseignant à l’université de Tel-Aviv sans y été censuré et auteur de plusieurs ouvrages historiques dont « comment le peuple juif fut inventé » et « comment la terre d’Israël fut inventée ». Les sionistes ne lui pardonnent pas d’avoir remis en cause les mythes fondateurs de leur idéologie à savoir la théorie de l’exil des juifs et de leur retour.

On peut avoir des désaccords avec Shlomo Sand, comme avec tout chercheur. Les sionistes ont choisi d’essayer de le bâillonner. La conférence qu’il devait faire à l’université de Nice Inter-Âge le 19 novembre a été interdite sans explication après l’intervention d’un professeur de l’université de Nice Sophia-Antipolis affirmant qu’une conférence sur le sujet « actualité du conflit israélo-palestinien » devait faire consensus, ce qui n’était pas le cas avec un « historien aussi discutable ».

Trop, c’est trop ! Le gouvernement israélien vient des commettre contre la population palestinienne des actes que le tribunal Russell sur la Palestine qualifie de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et incitation au génocide.

La société israélienne approuve majoritairement ces crimes en partie parce qu’elle est travaillée par une propagande incessante qui nie les droits et la dignité des palestiniens.

Nous ne laisserons pas ceux qui soutiennent une politique criminelle faire taire nos voix. Nous saluons deux universitaires niçois, Jean-Marc Lévy-Leblond et André Tosel qui ont protesté contre cette atteinte à la liberté d’expression. La ville de Nice où le maire traite les tziganes de « délinquants » et interdit le film « hors-la-loi » de Rachid Bouchareb est une ville où cette liberté est menacée.

Déjà à Nice, Shlomo Sand avait été privé de parole il y a deux ans. Dans cette même ville en 2003, une réunion de Leila Shahid, Michel Warschawski et Dominique Vidal avait également été interdite.

Rappelons aussi Stéphane Hessel interdit de parole à l’Ecole Normale Supérieure en 2011 ou le colloque « Israël, état d’apartheid » interdit à l’université de Paris VIII en 2012.

L’Union Juive Française pour la Paix dénonce ces atteintes à la liberté d’expression qui ne servent qu’à couvrir la destruction de la Palestine en cours.

Elle exige que Shlomo Sand puisse parler librement à l’université.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 20:58

http://www.okeanews.fr/20141114-police-antiemeute-attaque-les-etudiants-devant-lecole-polytechnique?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

La police antiémeute attaque les étudiants devant l'école polytechnique

La police antiémeute a utilisé des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour attaquer des centaines d’étudiants qui tentaient d’organiser une réunion de protestation sur le campus polytechnique d’Athènes. Il y aurait une dizaine de blessés.

Vendredi 14 Novembre 2014

Les étudiants avaient prévu hier soir de tenir une assemblée générale pour discuter des évènements plus tôt dans la journée à l’université d’Athènes, la police anti-émeute était intervenue, faisant deux blessés, pour empêcher l'occupation du bâtiment avant la commémoration de lundi, le soulèvement de l’Ecole Polytechnique qui avait été matée dans le sang par la junte militaire en 1973.

Hier soir, au milieu de scènes de panique, la police anti-émeute a utilisé des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour attaquer des centaines d'étudiants qui tentaient d'organiser une réunion de protestation sur le campus de l’Ecole Polytechnique d'Athènes.

Dans une vidéo filmée depuis un balcon rue Stournari, où les étudiants avaient réussi à forcer une porte du côté de l'université, qui aurait été verrouillée sur ordre du recteur, on peut voir un détachement de MAT, la police anti-émeute, attaquer les étudiants qui manifestaient alors qu'ils s'approchaient de l'entrée vers 20 heures.

Les images montrent des officiers, qui n'auraient donné aucun avertissement préalable aux étudiants de se disperser, chassant les manifestants, les frappant indistinctement à coups de matraque, et projection de gaz dans une foule de personnes acculées autour de l'entrée de l'université.

Il y aurait une dizaine de blessés. Des témoins ont déclaré avoir vu le photo-journaliste Giannis Liakos de l'agence In Time être blessé à la tête avec une matraque par un policier anti-émeute.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 20:44

Moscou laisse deux semaines à Paris pour livrer le Mistral (Reuters)

La France a jusqu'à fin novembre pour livrer le premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie, faute de quoi Moscou formulera « d’importantes réclamations » financières, rapporte Vendredi 14 Novembre 2014 l'agence de presse russe Ria Novosti, citant une source russe haut placée.

Cet ultimatum présumé a suscité l'agacement du premier secrétaire du Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis qui a réaffirmé l'indépendance de la France dans ce dossier sensible sur fond de résurgence des tensions en Ukraine.

« Vladimir Poutine non seulement veut fixer des ultimatums vis-à-vis de Kiev et de l'Ukraine mais à la France. Ce n'est pas comme cela que cela marche, Vladimir Poutine », a dit le patron du Parti Socialiste sur Europe 1. « La France est un pays indépendant qui décide de ce qu'elle fait de la livraison ou pas des Mistral. S'il y a une avancée démocratique et une paix en Ukraine, on peut voir », a-t-il souligné, précisant que si la décision était prise à Paris, la balle était dans le camp de Moscou.

Le sujet devrait être abordé lors de la rencontre bilatérale prévue ce week-end entre François Hollande et Vladimir Poutine en marge de la réunion du G 20 de Brisbane, en Australie.

Selon la source russe citée par Ria Novosti, la Russie se prépare « à différents scénarios d'évolution des événements. Nous attendrons jusqu'à la fin du mois avant d'émettre nos réclamations », a dit cette source, précisant que les experts examinaient le montant possible du préjudice dû à la non-exécution du contrat. « Ce montant ne sera pas tenu secret ».

Le porte-parole du groupe français DCNS, qui construit les Mistral, s'est refusé à tout commentaire.

« Nous sommes en attente des autorisations gouvernementales d'exportation nécessaires », a-t-il dit. « Nous n'avons toujours aucune date de livraison à ce stade ».

Paris et Moscou ont conclu un contrat en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, prévoyant la livraison de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie pour un montant d'environ un milliard deux cent millions d'euros.

La livraison du premier des deux, le Vladivostok, devait initialement intervenir en octobre, puis en novembre, mais le gouvernement français estime que les conditions « ne sont pas réunies » en raison des tensions persistantes en Ukraine.

La France n'évoque désormais plus d'échéance concernant la livraison du premier bâtiment à Moscou, indiquant simplement que la décision serait prise « le moment venu ».

La livraison du deuxième navire est prévue pour 2015.

La Russie est accusée par l'occident d'alimenter les tensions dans l'est de l'Ukraine en fournissant des armes aux rebelles indépendantistes pro-russes, ce que Moscou dément.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 18:36

Une commission d’enquête citoyenne sur la mort de Rémi Fraisse (Reuters)

Des associations, des syndicats et des proches de Rémi Fraisse ont lancé Vendredi 14 Novembre 2014 une commission nationale d'enquête visant à faire jaillir la vérité sur la mort du jeune militant écologiste tué par une grenade offensive des forces de l'ordre.

Tous accusent les autorités d'avoir tardé à communiquer sur le drame et d'avoir caché pendant quarante-huit heures la responsabilité des gendarmes, connue immédiatement selon les enregistrements vidéo des opérations versés au dossier.

Ils veulent également savoir qui, « au-dessus du préfet du Tarn, a donné des ordres de fermeté » aux gendarmes, a dit l'avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, lors d'une conférence de presse.

Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve et le directeur général de la gendarmerie, Denis Favier, sont sous le feu des critiques en dépit de leurs démentis répétés.

Rémi Fraisse, vingt et un ans, a été tué par une grenade offensive lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 sur le site du projet de barrage de Sivens, dans le Tarn.

Bernard Cazeneuve a annoncé jeudi soir l'interdiction définitive de ce type de munition, alors que des étudiants se mobilisent presque quotidiennement contre les « violences policières ».

Mais pour les associations, ni le ministre de l'intérieur ni le « patron » de la gendarmerie n'ont « totalement assumé leur responsabilité » à ce jour.

« FRACTURE AVEC LE GOUVERNEMENT »

La commission nationale d'enquête créée par Ligue des Droits de l'Homme (LDH), France Nature Environnement (FNE), le Syndicat des Avocats de France (SAF) et le syndicat étudiant UNEF, notamment, vise à « faire monter la pression » pour faire apparaître des éléments « dissimulés ou biaisés ».

L'enquête, fondée essentiellement sur des témoignages, entend « se déployer de façon plus large et plus citoyenne », que la justice qui a ouvert une information judiciaire, a expliqué le président de la LDH, Pierre Tartakowski.

Arié Alimi a justifié la vigilance des associations par le « traitement judiciaire spécifique des violences policières » en France, qui consiste à « soutenir mordicus les forces de l'ordre ».

Plus largement, les associations ont mis en cause la conception musclée de maintien de l'ordre mise en oeuvre depuis 2012 par le gouvernement socialiste, qui aboutit, selon eux, à « créer du désordre ».

« La mort de Rémi Fraisse, c'est l'étincelle qui révèle une fracture entre ce gouvernement et les jeunes », a dit William Martinet, président de l'UNEF, pour qui François Hollande « n'a pas tenu sa priorité jeunesse. On attend des réponses claires. Les réponses du ministre de l'intérieur ne sont pas satisfaisantes », a-t-il dit.

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