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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 16:12

http://www.npa2009.org/actualite/grece-une-provocation-qui-doit-nous-alerter

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article9807

Descente réactionnaire sur Athènes, une provocation qui doit nous alerter

Par Andreas Sartzekis, membre de la direction d’OKDE Spartakos

La presse française en a peu ou pas parlé, au contraire des médias grecs dont on peut réellement dire qu’ils ont fabriqué l’événement. Jeudi 16 Avril 2015 a eu lieu au centre d’Athènes un rassemblement et une manifestation ouvrière, totalement pris en charge par le patronat et l’encadrement, avec soutien de tout ce qu’Athènes compte de ramassis réactionnaires.

Nous en avons parlé à plusieurs reprises, au nord de la Grèce, pas très loin de Salonique, sont exploitées des mines d’or, très fortement polluantes. Le géant de la région, l’entreprise canadienne Eldorado Gold, prétend depuis plusieurs années étendre ses activités du côté de la ville de Skouriès, ce qui avait déclenché une énorme mobilisation locale des habitants, avec rassemblements et affrontements violents avec les flics du gouvernement d’Antonis Samaras.

Plusieurs éléments ont pu très tôt être mis en lumière, l’ancien gouvernement de la troïka était aux ordres du patronat et a employé des méthodes de violence barbare contre les habitants mobilisés, avec de véritables descentes des forces dites de l’ordre dans leurs habitations pour les terroriser. Par ailleurs, cette société s’embarrasse peu de la légalité et a foncé dans la destruction de forêts pour ouvrir son nouveau chantier, malgré les absences d’autorisation.

Enfin, elle a réussi à instrumentaliser les travailleurs de l’entreprise, en les tournant contre les habitants mobilisés et les acculant ainsi à ne dépendre que d’elle, et des députés du groupe nazi Chryssi Avgi (Aube Dorée) venus leur apporter leur soutien « contre les terroristes ».

Descente réactionnaire sur Athènes

On pouvait espérer qu’avec la mise en place du gouvernement Syriza, cette question, parmi les plus populaires pour la gauche de terrain, allait trouver une solution radicale, interdiction d’ouvrir une nouvelle mine. Or, là comme sur d’autres terrains, le gouvernement d’Alexis Tsipras discute mais n’agit pas, alors que la droite revancharde et les nazis ont très bien vu eux l’exploitation possible des ouvriers mineurs désorientés. Résultat, une véritable bataille rangée il y a quelques semaines entre habitants et mineurs, qui ont reçu le renfort des MAT (CRS) qui ont chargé violemment les habitants.

Et surtout, l’organisation Jeudi 16 Avril 2015 d’une descente sur Athènes de quatre mille mineurs avec leurs familles, entièrement prise en charge et encadrée par la direction de l’entreprise. Passons sur les quatre-vingt-cinq trajets en bus offerts, sur les gilets jaunes et casques tout neufs portés par les mineurs et leurs familles.

Le plus important est la mise en scène de cet événement, des tonnes de télévisions sur place dès le matin, pour saluer sur toutes les chaînes ces braves travailleurs, sans un mot cette fois sur le blocage du centre-ville. Et des commentaires délirants sur cette manifestation, alors que le soir-même, le contre-rassemblement de soutien aux habitants de Skouriès, deux mille manifestants, était à peine mentionné, sauf pour montrer, ô surprise, quelques encagoulés lanceurs de cocktails Molotov.

Une image a fait frémir, à plusieurs reprises, nous avons vu des groupes de mineurs taper avec leurs casques des grilles de fer, dans une claire comparaison avec les casseroles vides des bourgeoises d’Amérique Latine contre des gouvernements de gauche. Et pour donner en prime un air de « manifestation pour tous » à ce rassemblement clairement instrumentalisé, nous avons vu un ancien ministre d’Antonis Samaras, espèce de bouffon teigneux ancien fasciste passant sur toutes les chaînes, prendre la tête de la manifestation avec un casque ouvrier sur la tête, avec images en boucle.

Bref, le message était clair, la vraie Grèce, saine et antisyndicale, est de retour, face au gouvernement protégeant les écologistes terroristes qui, d’après certaines banderoles, ne seraient pas les « vrais habitants » de la région de Skouriès.

Gagner à Skouriès, un enjeu national

L’événement a beau avoir fait le plein de ridicule et de mauvais goût, il n’en demeure pas moins inquiétant par le succès de sa mise en scène et sa dimension éminemment politique. Et il appelle donc une réponse forte et massive et de la population, de nombreux comités existent dans le pays, et du gouvernement.

Or, de ce côté, malgré les protestations de pas mal de responsables contre l’emploi de la police contre les habitants de Skouriès, Alexis Tsipras est allé en début de semaine féliciter le ministre de la police et renforcer l’opération de propagande « maintenant la police est au service de la population ». Quand on sait l’influence des nazis dans ce corps de répression, on ne peut que douter du succès de cette volonté de démocratiser la police.

Côté travailleurs de la mine, il est clair que l’objectif est bien sûr de casser le lien de soumission établi par le patron sur les mineurs, mais cela ne pourra se faire que sur une base claire, pas question d’accorder la possibilité à Eldorado Gold de s’étendre.

Et sur cette base, obtenir la garantie de l’emploi ou de la reconversion sur place. Il semble aux dernières nouvelles que plusieurs mineurs aient le sentiment de s’être fait manipuler par un employeur qui n’a même pas cherché à obtenir les autorisations légales. C’est peut-être le début d’une contradiction qui peut aider à renverser la vapeur.

Gagner à Skouriès aurait une portée nationale évidente, ce serait une défaite cinglante du patronat et de la troïka qui considèrent toujours que la Grèce est à vendre.

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 16:46

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/04/22/francois-hollande-fait-ses-adieux-a-la-gauche_4620713_3232.html#

https://www.ensemble-fdg.org/content/francois-hollande-fait-ses-adieux-la-gauche

François Hollande fait ses adieux à la gauche

Par Clémentine Autain, directrice de la revue trimestrielle Regards, militante d’Ensemble

Jeudi 23 Avril 2015

Ce n’est pas un dérapage mais le symbole d’une stratégie politique. La comparaison de François Hollande entre le Parti Communiste Français (PCF) d’hier et le Front National d’aujourd’hui signe ses adieux à la gauche. En assimilant un tract communiste des années 1970 à la propagande d’extrême droite de notre époque, le président de la république joue du désordre idéologique actuel pour mieux asseoir son projet démocrate à l’américaine. Et tirer un trait sur les catégories populaires.

Je n’ai jamais été membre du PCF, mais je sais que cette attaque vise en réalité tous les tenants d’une gauche de transformation sociale, ici traités comme des paillassons. François Hollande n’ignore pas l’antagonisme des filiations politiques, d’un côté, celles et ceux qui ont résisté à l’occupation et combattu le fascisme, de l’autre, celles et ceux qui ont collaboré avec le régime de Vichy et soutenu Franco en Espagne.

François Hollande sait bien que le PCF ne désigne pas l’étranger comme l’ennemi et qu’il combat aujourd’hui encore les méfaits de la colonisation quand le Front National fête ce passé. Il devrait aussi savoir que l’assimilation des régimes totalitaires en un tout homogène, comme mettre dans le même panier « les extrêmes », est une escroquerie intellectuelle autant qu’un danger politique. Mais les leaders du Parti Socialiste préfèrent visiblement jouer avec l’histoire.

Mue libérale

Implorer un ralliement du PCF aux listes socialistes le temps d’une élection n’empêche pas un député du Parti Socialiste d’écrire ensuite que « les peuples asservis par le communisme soviétique attendent toujours les excuses publiques du PCF ». Christophe Caresche devrait logiquement demander aussi des comptes à la rue de Solferino pour les massacres de la colonisation. Mais l’enjeu n’est pas de s’excuser, c’est de comprendre pourquoi ces événements se sont produits et d’en prendre ses distances, à partir d’un regard critique aiguisé. Dans cette affaire, l’histoire se trouve instrumentalisée par les leaders du Parti Socialiste au service d’un dessein politique.

Défenseur d’un « There Is No Alternative », slogan de Margaret Thatcher, à la française, François Hollande pose depuis les années 1990 une à une les pierres pour que le Parti Socialiste opère une mue libérale. Elu président, François Hollande a troqué l’intérêt du grand nombre pour celui de la finance. De la capitulation devant Angela Merkel aux trente milliards d’euros donnés aux grandes entreprises sans contrepartie pour l’emploi, du choix comme premier ministre de l’homme qui avait obtenu six pour cent à l’élection primaire socialiste sur la ligne la plus droitière à la nomination d’un banquier au ministère de l’économie, capable d’achever la gauche en une phrase, « il faut que des jeunes français rêvent d’être milliardaires », François Hollande a de la suite dans les idées.

Il faut encore s’assurer que les forces qui subsistent et se battent à gauche soient rangées au rayon des vestiges du passé. Les ringardiser sur Canal Plus fait partie de la stratégie. Le bilan calamiteux de trois ans de gouvernement n’entame ni son cap ni son dogmatisme. Il a maintenant trouvé une tactique pour espérer gagner en 2017, être le garant de la préservation de l’ordre existant face à un Front National menaçant.

Tactique minable

Aussi François Hollande a-t-il dans une même phrase banalisé le Front National et ostracisé la gauche de rupture. En postulant que le peuple se tourne vers Marine Le Pen comme autrefois il se tournait vers le PCF, il appuie les efforts de triangulation d’un Front National. François Hollande contribue à rendre le vote des milieux populaires pour le Front National acceptable, banal, voire normal, au lieu de chercher à le déjouer. Comme s’il s’agissait d’un fait acquis et d’une évidence.

Loin de combattre les raisons du vote pour le Front National, et notamment la désespérance de catégories populaires qui se savent abandonnées, méprisées par les gouvernants successifs, et donc de mener des politiques de lutte contre les inégalités sociales et territoriales, François Hollande s’invente une tactique minable.

Pendant ce temps, s’arrache en librairie le roman de Marc Dugain, Quinquennat, dans lequel le président Launay, un cynique dont on ne sait pas s’il est officiellement de droite ou de gauche, confie à l’un de ses proches que « l’avantage d’avoir l’extrême droite en face de soi au second tour, c’est qu’on n’a même pas besoin d’avoir un programme. Il suffit de démonter le leur. D’ailleurs, je n’ai pas de programme ». Le Front National fonctionne comme un agent du système en place, comme un épouvantail qui pousse le régime à persévérer dans son être, jusqu’à quand ?

François Hollande tourne le dos au peuple

Avec pour carburant le ressentiment, le Front National divise le peuple. Le « bon français » doit en vouloir à l’immigré. Le salarié au SMIC doit détester son voisin au RSA, cet « assisté », ce potentiel fraudeur. Au Front National, il n’est pas question de lutte des classes mais de guerre des identités. L’extrême droite ne cherche pas l’émancipation humaine mais l’ordre ancien. Le Front National n’est pas l’ennemi de la finance ni de la grande bourgeoisie, mais le défenseur d’une solution de repli autoritaire. Toute la gauche devrait être vent debout contre cette jonction en cours entre une partie du peuple et ce projet funeste.

Il n’y a pas de politique d’émancipation humaine sans appui du peuple. Or François Hollande lui tourne le dos. C’est le plus grave dans cette provocation. Car la majorité des catégories populaires, écœurée par des alternances successives qui détériorent toujours plus ses conditions de vie, s’abstient quand une autre partie croit trouver une réponse dans le Front National, qui a pour lui l’attrait de l’inédit.

La tâche centrale d’une gauche digne de ce nom, c’est de renouer avec la fierté populaire. C’est de travailler à la stratégie de transformation sociale et écologique du vingt et unième siècle.

C’est de trouver la façon de faire vivre l’égalité, la justice sociale, la vie bonne dans des termes contemporains. En brouillant les grandes références historiques pour substituer à la partition entre la gauche et la droite une opposition entre les démocrates et les républicains, François Hollande a déserté ce terrain. Nous ferons sans lui.

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 16:17

VICTOIRE ET DEFAITE DE LA REVOLUTION A RAKKA

Le magazine allemand der Spiegel publiait récemment un très long message relatif à la fondation de l’Etat Islamique par des anciens responsables des services secrets de Saddam Hussein.

Le message est disponible en totalité en anglais à l’adresse ci-dessous.

Il est disponible en totalité en français dans le quotidien le Monde d’aujourd’hui.

Il sera certainement bientôt disponible en totalité en français si vous consultez le site internet du Monde.

Vous trouverez ci-dessous la traduction en français d’un tout petit paragraphe relatif à un épisode central de la guerre de Syrie, la prise de Rakka.

Bernard Fischer

http://www.spiegel.de/international/world/islamic-state-files-show-structure-of-islamist-terror-group-a-1029274.html

La prise de Rakka

Une ancienne métropole provinciale assoupie sur les bords de l’Euphrate allait devenir le prototype de la conquête absolue par l’Etat Islamique, Rakka.

L'opération a commencé subtilement, est progressivement devenue plus brutale et, à la fin, a prévalu sur des adversaires supérieurs en nombre sans beaucoup de lutte. « Nous n’avons jamais été très politiques », a expliqué un médecin qui avait fui Rakka pour la Turquie. « Nous n’étions également pas très religieux et nous n’avons pas beaucoup prié ».

Lorsque Rakka est tombée aux mains des rebelles en mars 2013, un conseil municipal a été élu rapidement. Avocats, médecins et journalistes se sont organisés. Des groupes de femmes ont été établis. Le mouvement de la jeunesse libre a été fondé, comme le mouvement « pour nos droits » et des dizaines d'autres initiatives. Tout semblait possible à Rakka. Mais de l'avis de certains qui ont fui la ville, il a également marqué le début de sa chute.

Fidèle au plan d’Haji Bakr, la phase d'infiltration a été suivie par l'élimination de toute personne qui aurait pu être un leader potentiel ou un adversaire. La première personne touchée a été le leader du conseil de la ville, qui a été enlevé à la mi-mai 2013 par des hommes masqués. La prochaine personne à disparaître était le frère d'un romancier de premier plan. Deux jours plus tard, l'homme qui avait dirigé le groupe qui a peint un drapeau révolutionnaire sur les murs de la ville disparut.

« Nous avions une idée de qui l’avait enlevé », explique un de ses amis, « mais personne n’osait faire quoi que ce soit ». Le système de la peur a commencé à prendre racine. A partir de juillet 2013, les premières dizaines puis des centaines de personnes ont disparu. Parfois, leurs corps ont été retrouvés, mais ils ont disparu généralement sans laisser de trace. En août 2013, la direction militaire de l’Etat Islamique envoya plusieurs voitures conduites par des kamikazes au siège de la brigade de l’Armée Syrienne Libre, les « petits-fils du prophète », tuant des dizaines de combattants et conduisant le reste à fuir. Les autres rebelles regardaient simplement. La direction de l’Etat Islamique avait tissé une toile d'accords secrets avec les brigades de sorte que chacune pensait que c’était seulement les autres qui pourraient être les cibles des attaques de l’Etat Islamique.

Le 17 octobre 2013, l’Etat Islamique a appelé tous les leaders civiques et religieux et les avocats de la ville à une réunion. À l'époque, certains pensaient que c’était peut-être un geste de conciliation. Sur les trois cent personnes qui ont assisté à la réunion, deux seulement se sont prononcés contre la reprise en cours, les enlèvements et les meurtres commis par l’Etat Islamique.

L'un des deux était Muhannad Habayebna, un militant des droits civiques et journaliste bien connu dans la ville. Il a été retrouvé cinq jours plus tard ligoté et exécuté avec une blessure par balle à la tête. Ses amis ont reçu un courriel anonyme avec une photo de son corps. Le message comportait une seule phrase, « êtes-vous tristes de votre ami maintenant ». Dans les heures qui ont suivi, une vingtaine de leaders de l’opposition ont fui vers la Turquie. La révolution à Raqqa était terminée.

Un peu plus tard, les quatorze chefs des clans les plus importants ont fait un serment d'allégeance à l'émir Abou Bakr al-Baghdadi. Il y a même un film de la cérémonie. Ils étaient les cheikhs des mêmes clans qui avaient juré leur loyauté indéfectible au président syrien Bachar al-Assad deux ans plus tôt.

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 15:09

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/04/25/mort-suspecte-du-chef-de-la-securite-politique-d-assad_4622631_3218.html

Mort suspecte du chef de la sécurité politique d’Assad

Par Benjamin Barthe, correspondant permanent du Monde à Beyrouth

L’ancien proconsul syrien au Liban a vécu. Le général Rustom Ghazaleh, âgé de soixante et un ans, qui fut l’homme le plus puissant de Beyrouth dans les dernières années de l’occupation du pays du cèdre par la Syrie, entre 2002 et 2005, est décédé, Vendredi 24 Avril 2015, dans un hôpital de Damas. Annoncée par sa famille, sa mort a été confirmée par la chaîne de télévision libanaise al Mayadeen, qui dispose de nombreuses entrées dans les cercles du pouvoir syrien.

Rustom Ghazaleh, qui dirigeait dernièrement la sécurité politique, l’une des multiples polices secrètes du système Assad, avait été admis au début du mois de mars 2015 à la clinique Chami, l’établissement de la nomenklatura syrienne, à la suite d’une violente dispute avec l’un de ses alter ego, le chef du renseignement militaire, Rafic Chehadé. Les deux hommes avaient été peu après limogés sur ordre de la présidence.

Comme il est de coutume dans le régime syrien, royaume de l’opacité, la disparition de Rustom Ghazaleh, un sunnite originaire de Deraa, dans le sud du pays, n’a fait l’objet d’aucun commentaire officiel mais a suscité un flot de rumeurs invérifiables, à la mesure de l’aversion suscitée par le personnage dans les milieux anti-Assad. L’une des versions les plus colportées affirme que l’ancien baron des services de sécurité syrien, roué de coups par les gros bras de son rival, a fait les frais de son opposition à l’implication grandissante des pasdarans iraniens, l’unité d’élite de la république islamique, dans la conduite des combats contre les rebelles syriens.

Mise en coupe réglée du Liban

Une autre thèse attribue le différend entre les deux hommes au refus de Rafic Chéhadé de laisser son homologue prendre part à l’offensive lancée cet hiver dans sa province natale de Deraa. Dans une vidéo diffusée en décembre sur les réseaux sociaux, des hommes étaient filmés en train de mettre à feu une villa présentée comme celle de Rustom Ghazaleh, dans le village de Qarfa, dans le but d’éviter que celle-ci ne tombe entre les mains des insurgés.

D’autres rumeurs, tout aussi impossibles à authentifier, relient l’algarade fatale à des histoires de trafic de mazout, ou encore à l’intention prêtée à Rustom Ghazaleh de publier ses mémoires, ce qui aurait pu inquiéter Bachar al Assad, compte tenu du rôle de premier plan joué par son affidé dans la mise en coupe réglée du Liban.

L’ancien chef des services de renseignements syriens dans ce pays est considéré comme l’un des principaux responsables de la faillite de la banque al Madina, à Beyrouth, en 2003.

Plombée par un déficit de deux cent cinquante millions d’euros, cet établissement avait servi de pompe à finances et de plateforme de blanchiment pour de nombreux politiciens libanais et haut gradés syriens. Mais Rustom Ghazaleh a surtout été soupçonné d’avoir collaboré à l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri, farouche opposant à la tutelle de Damas, mort en 2005, en plein Beyrouth. Le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL), formé pour enquêter sur ce drame, juge actuellement à La Haye, par contumace, des membres du Hezbollah, la milice chiite libanaise, alliée à Damas.

Disparitions supectes

Les milieux anti syriens au Liban font remarquer que d’autres cadres du régime, possiblement impliqués dans l’attentat contre Rafic Hariri, ont disparu ces dernières années, dans des circonstances floues. C’est notamment le cas de Ghazi Kanaan, le prédécesseur de Rustom Ghazaleh à Beyrouth, trouvé mort en 2005, dans son bureau du ministère de l’intérieur, dans ce qui ressemblait à un suicide maquillé. Autre décès suspect, celui du général Jameh Jameh, le numéro deux syrien au Liban en 2005, qui selon Damas, a été tué dans des combats contre les rebelles, à Deir al Zor, en octobre 2013.

Selon le ministre libanais Nabil de Freige, cité par le quotidien L’Orient-Le Jour, Rustom Ghazaeh était « l’homme qui en savait trop ». Il était « le dernier témoin du TSL capable de prouver que le régime syrien a éliminé l’ancien premier ministre Rafic Hariri », a déclaré pour sa part Walid Joumblatt, le chef de la communauté druze. Ironie de l’histoire, le décès de l’homme que craignaient tous les libanais coïncide avec le dixième anniversaire du retrait de l’armée syrienne de leur pays.

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 14:46

Les rebelles syriens s’emparent de Jisr al Chogour (Reuters)

Des rebelles syriens ont pris, Samedi 25 Avril 2015, le contrôle de la ville de Jisr al Choughour, dans le nord-ouest de la Syrie, rapportent des militants et l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Ces insurgés appartiennent à une alliance de groupes armés islamistes, parmi lesquels le Front al Nosra, branche syrienne d’al Qaïda.

La télévision d’état syrienne a implicitement reconnu la chute de la ville en annonçant que l'armée gouvernementale s'était « redéployée avec succès » aux abords de Jisr al Choughour pour « éviter des victimes civiles ».

Jisr al Choughour, une ville de cinquante mille habitants, est stratégiquement située au sud-ouest d'Idlib, sur la route qui relie Alep, la deuxième ville du pays, à la ville côtière de Lattaquié, dans le fief du président Bachar al Assad.

Les forces de Damas contrôlaient la ville depuis juin 2011, date à laquelle elles étaient intervenues militairement pour mettre fin à de grandes manifestations contre le régime d'Assad en imputant à des « bandes armées » la mort de plus de cent vingt membres des forces de sécurité.

La ville fut aussi le théâtre, en 1980, sous le régime de Hafez al Assad, le père de Bachar al Assad, d'un soulèvement dont la répression fit de nombreux morts.

Le mois dernier, les insurgés islamistes sunnites du Front al Nosra, du mouvement Ahrar al Cham et de Djound al Aksa ont fait alliance et conquis la ville d'Idlib, capitale de la province du même nom.

L'alliance, baptisé l'armée de Fatah, référence aux conquêtes de l'islam au septième siècle, a ensuite poursuivi son offensive en prenant les autres villes et villages de la province qui restaient aux mains des forces gouvernementales.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 19:23

Le ministre grec des finances dit que le Grexit n’est pas du bluff si l’Europe impose plus d'austérité (Reuters)

Le risque que la Grèce quitte l'euro si elle doit accepter plus d'austérité n’est pas du bluff, a dit le ministre grec des finances Yanis Varoufakis à un magazine français, disant que personne ne pouvait prédire les conséquences d'une telle sortie.

Dans une conversation avec le philosophe Jon Elster menée à la fin du mois de mars 2015 et publié dans Philosophie Magazine, Yanis Varoufakis, un spécialiste de la théorie des jeux, a dit que ce n’était pas le temps de bluffer sur les négociations de la dette de la Grèce.

« Nous ne pouvons plus bluffer. Quand je dis que nous allons finir par quitter l'euro, si nous devons accepter une austérité plus insoutenable, ce n’est pas du bluff », a dit Yanis Varoufakis.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé à une accélération des travaux pour conclure un accord de réformes avec les créanciers de la zone euro pour maintenir à flot son pays après des entretiens avec la chancelière allemande Angela Merkel, Jeudi 23 Avril 2015.

Le premier ministre grec de gauche a rencontré le leader conservateur allemand un jour avant la réunion des ministres des finances de la zone euro à Riga pour examiner les progrès, ou l'absence de ceux-ci, dans les négociations entre Athènes et ses bailleurs de fonds internationaux.

Le gouvernement grec a insisté sur le fait qu'il voulait rester un membre de la zone euro, et ses partenaires ont dit qu'ils veulent qu'elle reste.

Cependant, contrairement à la hauteur de la crise de la dette en 2012, lorsque les craintes du Grexit ont provoqué la panique des autres pays faibles de la zone euro, les investisseurs semblent désormais détendus sur le sort de la Grèce, qui ne représente que deux pour cent de l'économie de la région.

Interrogé sur ce qui se passerait si la Grèce devait quitter l'euro, Yanis Varoufakis a mentionné les observations faites par les responsables politiques européens qui disent que tout effet de contagion pourrait être évité et il a ajouté que, au contraire, il croit que les conséquences seraient imprévisibles.

« Toute déclaration de toute personne qui prétend qu’elle sait ce qui se passerait le jour où nous allons être poussés sur la falaise n’a pas de sens et travaille contre l'Europe », a-t-il dit.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 18:33

http://www.mediapart.fr/journal/france/230415/toulouse-manifester-peut-couter-la-prison-ferme?onglet=full

http://www.democratie-reelle-nimes.over-blog.com/2015/04/a-toulouse-manifester-peut-couter-la-prison-ferme.html

A Toulouse, manifester peut coûter la prison ferme

Par Louise Fessard

Jeudi 23 Avril 2015

Accusé d’avoir participé à une manifestation interdite et d’avoir tenté de lancer un panneau sur un policier, Gaëtan Demay, un étudiant toulousain, a été condamné en appel à six mois de prison dont deux mois fermes. Dans la préfecture de Haute-Garonne, plus de cinquante toulousains ont été condamnés en six mois suite à des manifestations.

Sa condamnation a provoqué un large mouvement de solidarité sur les réseaux sociaux, allant bien au-delà des frontières françaises. Le premier avril 2015, Gaëtan Demay, étudiant de vingt-quatre ans en histoire de l’art et archéologie à l'université du Mirail, écopait de six mois de prison dont deux mois fermes et de mille cent euros de dommages et intérêts. Interpellé le 8 novembre 2014 lors d’une manifestation de soutien à Rémi Fraisse, le jeune homme est accusé d’avoir participé à un attroupement interdit et d’avoir tenté de lancer un panneau publicitaire sur un policier.

Les faits sont graves. Le 8 novembre 2014, quelque cinq cent toulousains, dont beaucoup d’étudiants venus du Mirail, manifestent sur les allées Jean-Jaurès à Toulouse contre les « grands projets inutiles, les violences policières » et en mémoire du jeune écologiste Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive sur le chantier du barrage de Sivens. La veille, le préfet de Haute-Garonne a interdit le mouvement en raison des « exactions commises précédemment » et d’une déclaration faite « hors délai ». Toutes les artères adjacentes aux allées Jean-Jaurès sont bloquées par un impressionnant déploiement policier, prenant en étau les manifestants.

Deux hélicoptères survolent la ville. Vers 18 heures, alors que le cortège se disperse lentement, Gaëtan Demay est interpellé boulevard de Strasbourg par des agents en civil de la Brigade Spécialisée de Terrain (BST).

Selon deux agents, il aurait tenté de forcer le cordon policier et aurait traité le fonctionnaire porte-bouclier de « fils de pute », avant de lancer dans sa direction le panneau publicitaire d’un vendeur de kebab voisin. Un lancer pitoyable puisque le panneau, trop lourd, aurait atterri à un mètre du gardien de la paix. Ce dernier, qui n’a donc même pas été effleuré, dépose plainte pour violences volontaires.

Dans sa déposition, ce policier de la BST indique qu’il était accompagné de deux collègues. Tandis que dans le procès-verbal d’interpellation rédigé par un autre policier, les flics étaient cinq à intervenir. Peu importe ces contradictions, Gaëtan Demay est embarqué pour quarante-huit heures de garde à vue au commissariat de Toulouse. Circonstance accablante, il est porteur de deux bouteilles de bière vides qui constituent, aux yeux des policiers, une preuve de sa volonté d'en découdre.

« Je suis militant féministe, insulter la mère des gens n’est pas mon style », proteste Gaëtan Demay. « Et je ne vois pas qui serait assez stupide pour tenter de forcer tout seul un barrage de policiers avec casques et boucliers. D’après moi, les policiers devaient interpeller des gens et en ont pris un au hasard ». L’étudiant reconnaît sa participation à la manifestation interdite, mais dément tout le reste. « Vers 17 heures, l’étau s’est relâché, les manifestants ont commencé à repartir, mais les policiers ont continué leur ratissage jusqu'à 18 heures », explique Gaëtan Demay. « Moi, je marchais le long du mur en écrivant un texto. Je ne faisais pas trop attention à ce qui se passait. Le cordon de CRS s’arrêtait à chaque intersection pour laisser passer la Brigade Anti Criminalité (BAC) qui interpellait n’importe qui. Puis les policiers chargeaient. Ils m’ont dépassé deux fois et la troisième fois, je me suis pris un coup de matraque sur le mollet. Un policier en civil m’a poussé et mis des coups de matraque au sol ». L’étudiant affirme avoir boité pendant plusieurs jours et avoir eu des hématomes au dos, aux cuisses et aux avant-bras.

Mais en garde à vue, le médecin qui l'a examiné ne lui aurait pas délivré d’Interruption Temporaire Totale (ITT). La scène, plutôt confuse, est en partie visible sur une vidéo. On voit d'abord Gaëtan Demay habillé d'un blouson en cuir, jean bleu et baskets blanches marcher avec une autre personne le long du mur tout à gauche, puis au sol au milieu de policiers, avec un foulard rouge.

Selon la police, vingt et une personnes ont été arrêtées lors de cette manifestation. Au commissariat central, « les cellules étaient pleines, il n’y avait pas de couverture, cela sentait le vomi et la merde », dit Gaëtan Demay. L’un de ses compagnons de cellule est « un jeune de dix-sept ans qui rentrait du travail ». Une première volée de manifestants sont condamnés en comparution immédiate le 10 novembre 2014, dont un homme qui prend quatre mois fermes.

Le 4 décembre 2014, c’est au tour de Gaëtan Demay, qui a refusé la comparution immédiate, d’écoper de deux mois de prison avec sursis et mille cent euros de dommages et intérêts.

Manifestement rédigé à la chaîne par le parquet de Toulouse, le procès-verbal de comparution immédiate fait référence, par erreur, au code du sport, l'article L 332 11 visé concerne les interdictions judiciaires de stade. Les faits de violences sont si peu établis qu’Hervé Barrié, le président du tribunal correctionnel de Toulouse, les requalifie en « tentative de violences volontaires », une infraction non punissable. Ce que relève immédiatement le procureur présent à l'audience.

L’étudiant fait donc appel. Mais si la copie du jugement reçue par son avocat, Julien Brel, mentionne bien qu'il n'a fait que « tenter » de blesser le policier, la condamnation ne fait pas état de cette requalification. Et pour cause. En consultant le dossier de son client au greffe, Julien Brel s’aperçoit que la note d’audience a été blanchie pour transformer la « tentative de violences volontaires » en « violences volontaires ». Stupéfait, il saisit, le 27 janvier 2015, le président du tribunal de grande instance de Toulouse, Henri de La Rosière de Champfeu.

Après enquête, le président se fend, le 4 février 2015, d’une lettre de trois pages à Julien Brel et au bâtonnier des avocats de Toulouse pour leur expliquer qu’il s’agit d’une « méprise complète entre le juge et la greffière ». Et surtout pas d’un faux. « Rien ne vient établir qu’il y aurait eu la volonté, de la part du juge, de forger un faux pour couvrir une illégalité », assure le magistrat, qui insiste dans son courrier sur « la bonne foi » du juge et de la greffière, ainsi que sur le « caractère exceptionnel voire unique » de cette « erreur ».

Que s'est-il passé ? La greffière se serait méprise sur les propos du juge, qui lui aurait recommandé, à l'issue de l'audience, de ne rien changer malgré l'illégalité de la décision. Puis, Hervé Barrié aurait tout simplement signé le jugement rédigé par sa greffière sans remarquer qu’il ne mentionnait pas la requalification. Cette « inattention constitue une négligence », écrit Henri de La Rosière. Pour finir, la greffière, « pour assurer la conformité de la note d’audience avec le jugement, a recouvert avec du correcteur blanc la mention de la note d’audience relative à la requalification, ce qui constitue une faute ». D’inattention en négligence, Hervé Barrié, qui s’était déjà illustré en septembre 2013 en accusant les roms de « piller la France », a été privé de la présidence des audiences correctionnelles et sa greffière mutée dans un autre service.

« Concernant d'éventuelles sanctions disciplinaires, cela relève désormais du président de la cour d’appel », nous a indiqué, ce 22 avril 2015, le secrétariat général du président du tribunal de Toulouse.

Criminalisation des mouvements sociaux

Suite à cette « erreur », la cour d’appel de Toulouse n'a pu que constater la « distorsion entre le jugement prononcé à l’audience et le jugement rédigé ». Et a dû annuler, le premier avril 2015, la décision du tribunal correctionnel. Ce qui n’a pas empêché les juges d’alourdir la peine de prison de Gaëtan Demay, portée à six mois dont deux mois fermes. L'étudiant a été condamné pour « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser et violences n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail sur personne dépositaire de l’autorité publique ». La cour d'appel a considéré que, malgré l'absence de casier judiciaire, les faits « présentent une gravité particulière, s’agissant non seulement d’une atteinte aux personnes mais, de plus, dirigée contre des policiers. Si le droit de manifester constitue une liberté fondamentale, l’adhésion aux valeurs que cette manifestation entendait exprimer n’autorise pas sous ce couvert à développer une agressivité significative en profitant de la confusion consécutive à la situation du refus des manifestants de quitter les lieux et en se donnant les moyens matériels de développer sa violence, pour commettre des actes au préjudice des policiers uniquement parce qu’ils constituent la représentation visible de la puissance publique », justifie-t-elle dans sa décision. Tout comme lors de la première audience, la victime policière n’était pas présente à l'audience.

Membre du syndicat Solidaire Etudiant et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), l’étudiant a préféré ne pas se pourvoir en cassation, « à cause des délais et pour ne pas faire retomber » le mouvement de soutien qui s'est constitué autour de lui. Son père, militant à Sud PTT dans la Nièvre, qui « s’est démené pour que je ne sois pas incarcéré », a été hospitalisé la semaine dernière suite à un infarctus. « Il était à bout et n’admettait pas que je sois condamné à deux mois de prison pour rien », dit Gaëtan Demay. « On ne savait pas s’il allait survivre. Heureusement il va mieux, et s'est réveillé hier ». L’étudiant, qui travaille comme vacataire à la fac et dans une boulangerie, attend toujours un rendez-vous avec le juge d’application des peines, « on m’a dit au palais de justice que cela pouvait prendre trois, voire six mois ».

Selon un décompte militant, quelque cinquante-quatre toulousains ont été condamnés depuis novembre 2014 et les premières manifestations interdites contre le barrage de Sivens. Souvent en comparution immédiate, une procédure qui « présente toujours le risque d'une plus grande sévérité, car les prévenus ont moins le temps de préparer leur défense et le tribunal dispose de moins d'éléments d'appréciation », souligne Odile Barral, déléguée régionale du Syndicat de la Magistrature à la cour d'appel de Toulouse. Prenant prétexte de quelques débordements réels lors de rassemblements en soutien aux zadistes, la préfecture de Haute-Garonne s’oppose désormais presque systématiquement aux rassemblements en centre-ville. Et la nouvelle municipalité UMP n'est pas en reste. « Nous en sommes réduits à lutter pour avoir le droit de lutter », dit Gaëtan Demay. « Alors que nous ne faisons qu’exercer un droit fondamental, que le gouvernement se gargarisait de représenter après l’attentat à Charlie Hebdo. Et au premier mouvement de contestation, ils mettent ces droits au pilori ». Le 6 mars 2015, quelque cinq cent militants toulousains, qui protestaient devant le Capitole contre l’expulsion annoncée de plusieurs syndicats dont la CGT de leur siège historique à la bourse du travail, ont été gazés par des policiers municipaux.

Le 7 mars 2015, la section toulousaine de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) s'est vu interdire le centre-ville par la préfecture pour une manifestation organisée dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. L’association s’inquiète de la « dégradation progressive de l’exercice des droits fondamentaux » à Toulouse avec des interdictions en pagaille, « un contrôle policier grotesque et démesuré » et leur « cantonnement à l’extérieur du cœur de la ville ». Le 21 mars 2015, c’est une modeste marche « contre tous les racismes et l'islamophobie » qui provoque à nouveau un dispositif sécuritaire ahurissant, près de six cent policiers pour trois cent manifestants, selon l’AFP.

Le 31 mars 2015, Jean-Luc Moudenc, le maire UMP de Toulouse, refuse au NPA l’usage d’une salle municipale pour la tenue d’une réunion publique dénonçant « l’apartheid, de l’Afrique du Sud à Israël ». Dans un communiqué, l’élu argue qu’il ne peut « tolérer qu’une réunion publique prônant la discrimination à l’égard de personnes de confession juives et de produits commerciaux associés à la religion juive et à l’état d’Israël se tienne à Toulouse, dans une salle municipale ». Il invoque également des « risques de trouble à l’ordre public ». À nouveau, la Ligue des Droits de l’Homme s’insurge de cette décision « arbitraire qui s’inscrit dans la dérive actuelle qui tend, en termes de liberté d’expression, à faire prévaloir les décisions de coercition administrative a priori sur le pouvoir de contrôle judiciaire, garant du respect des libertés des personnes ».

Emmanuel Barot, maître de conférences en philosophie à l’université du Mirail, très actif au sein du collectif de soutien à Gaëtan Demay, note une « convergence entre la préfecture et le nouveau maire UMP pour étouffer toute contestation radicale en criminalisant les mouvements sociaux. Depuis novembre 2014, les manifestations sont fliquées et quadrillées avec un déploiement policier qui témoigne d’une volonté de ne laisser la rue à personne », estime-t-il. « Ce qui peut faire penser que Toulouse sert de laboratoire d’un nouveau mode de gestion de la rue ».

Jeudi 16 avril 2015, au Mirail, une assemblée générale réunissant les étudiants et le personnel a voté la création d'un collectif unitaire contre la répression. Deux rassemblements en soutien à Gaëtan ont eu lieu, Vendredi 17 Avril 2015, devant la fontaine Saint-Michel à Paris et place Jean-Jaurès à Toulouse. Le même jour, le secrétaire national du Parti de Gauche Éric Coquerel et l’ancien porte-parole du NPA Olivier Besancenot ont dénoncé lors d’une conférence de presse « la répression et la criminalisation du mouvement social. Le cas de Gaëtan Demay condense deux scandales en un », estiment Eric Coquerel et Olivier Besancenot dans un communiqué commun. « D'abord une peine révoltante à elle seule, qui porte sur le seul fait d'avoir manifesté. Et ensuite tout ce que cela implique, quand on voit la loi sur le renseignement. Parce que si cette loi passe, des Gaëtan Demay, il va y en avoir partout ». Dans Libération, une cinquantaine de personnalités se sont, elles, alarmées sous le titre « manifester en France, c'est risquer de finir en prison ».

Les militants toulousains cherchent désormais à tisser des liens avec les comités de soutien d’autres manifestants condamnés, comme cet étudiant italien arrêté le 18 mars 2015 à Francfort lors de la journée d’action contre la Banque Centrale Européenne organisée par la coalition Blockupy. « Nous voulons reconstruire une solidarité à une nouvelle échelle entre tous ceux qui sont condamnés pour avoir manifesté leur opposition aux politiques sociales, environnementales et économiques actuelles », dit Emmanuel Barot. Malgré sa condamnation, Gaëtan Demay est déterminé à « leur montrer que nous ne nous laisserons pas faire. Nous voulons construire autre chose et leur répression ne nous impressionne pas », lance le jeune homme.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 17:03

http://www.ijvcanada.org/2015/une-lettre-ouverte-initiee-par-vji-qui-defend-le-droit-de-critiquer-letat-disrael-obtient-lappui-de-75-organisations

Une lettre ouverte initiée par Voix Juives Indépendantes qui défend le droit de critiquer l’état d’Israël obtient le soutien de soixante-quinze organisations

Les Voix Juives Indépendantes ont approché des douzaines d’organisations syndicales, étudiantes, communautaires et de défense des droits civiques de partout à travers le pays afin qu’elles soutiennent une lettre ouverte défendant le droit des canadiens à critiquer librement l’état d’Israel et à utiliser le boycott, la cession d’investissements et l’imposition de sanctions comme moyens légitimes de protestation. La lettre ouverte, intitulée « il faut s’opposer à la menace du gouvernement du Canada de criminaliser la critique d’Israël », condamne les attaques répétées du gouvernement du Canada sur la liberté d’expression relativement à cet enjeu.

Au 14 Avril 2015, la lettre ouverte est soutenue par soixante-quinze organisations, incluant la coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, la Ligue des Droits et Libertés, le Parti Vert du Canada, Québec Solidaire, le syndicat national des employées et employés généraux du secteur public et la confédération des syndicats nationaux.

Le congrès du travail du Canada, avec le soutien du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, du syndicat canadien de la fonction publique, de l’alliance de la fonction publique du Canada et d’Unifor, a également rédigé une lettre ouverte qui rejoint les préoccupations soulignées dans la lettre initiée par VJI. L’association des libertés civiles de la Colombie-Britannique a aussi publié une lettre ouverte.

Il faut s’opposer à la menace du gouvernement du Canada de criminaliser la critique d’Israël

En 2009, le gouvernement du Canada a soutenu de manière très importante la Coalition Parlementaire Canadienne pour Combattre l’Antisémitisme (CPCCA), un groupe de parlementaires accusant d’antisémitisme tous ceux qui contestent le traitement injuste fait par Israël aux palestiniens et palestiniennes. Le but de la CPCCA était de créer au Canada un climat dans lequel toute critique d’Israël pourrait être criminalisée. Heureusement, cette initiative a échoué, grâce à une large opposition du public canadien.

Dans ce qui apparaît comme une nouvelle tentative pour supprimer toute critique d’Israël, le gouvernement du Canada a signé un protocole d’entente avec Israël concernant la diplomatie publique. Ce protocole stipule que « le ciblage sélectif d’Israël constitue le nouveau visage de l’antisémitisme » et déclare que le Canada s’opposera à ceux et celles qui soutiennent le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS).

Peu après la signature de ce protocole, le ministre de la sécurité publique, Steven Blaney, a annoncé à l’assemblée générale de l’ONU que le gouvernement du Canada ferait preuve de « tolérance zéro à l’égard de toutes les formes de discrimination, y compris la rhétorique, envers Israël, et les tentatives de délégitimation d’Israël comme le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions ».

Tout cela fait suite au fait qu’en octobre 2014, le gouvernement du Canada a adopté des modifications au code criminel dans le projet de loi C-13, lesquelles élargissent aux « nations » la définition de groupes devant être protégés contre l’incitation publique à la haine. Ce changement à la loi canadienne, ressemble en tout point à ce qui s’est fait en France, où des modifications au code pénal français ont conduit à la condamnation pour incitation à la haine raciale de vingt citoyens français appuyant le mouvement BDS.

Rien n’est encore très clair quant à la façon de procéder du gouvernement du Canada pour mettre en œuvre cette politique de « tolérance zéro » contre ceux et celles qui exercent leur liberté d’expression en préconisant et en participant à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanction contre Israël pour faire respecter les droits des palestiniens et palestiniennes. Ce qui est clair, cependant, c’est que le gouvernement du Canada est déterminé à cibler les personnes qui rendent visibles les mauvais traitements infligés par Israël aux palestiniens et palestiniennes et s’y opposent. Ces efforts déployés par le gouvernement ne peuvent que jeter un froid sur la démocratie canadienne et peuvent conduire à la criminalisation de la dissidence à plus ou moins brève échéance.

Nous sommes sans équivoque dans notre condamnation de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme. Il faut affirmer avec insistance qu’il n’est pas antisémite de critiquer l’état d’Israël. Ceux qui assimilent ces critiques à une haine des juifs tentent simplement de réduire au silence toute personne ou groupe qui critique Israël.

Devant ces gestes du gouvernement du Canada, et parce que nous sommes dans une démocratie, nous devons défendre le droit des citoyennes et citoyens de critiquer le comportement de tout gouvernement et de choisir des moyens pacifiques comme le boycott pour changer ce comportement.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 11:02

http://www.cadtm.org/SYRIZA-Nous-sommes-presents-Nous

http://www.syriza-fr.org/2015/04/16/syriza-nous-sommes-presents-nous-participons-nous-controlons-nous-soutenons-nous-revendiquons

Nous sommes présents, nous participons, nous contrôlons, nous soutenons et nous revendiquons

Samedi 18 Avril 2015

La nouvelle campagne politique de Syriza

Son objectif c’est la participation de tous les citoyens à la gouvernance démocratique du pays.

Dans ce texte-appel on indique que « le chemin pour le désirable changement de l’histoire, en Grèce et dans l’Union Européenne, reste long et difficile.

Cependant, en qualité de société, nous ne pouvons pas et nous n’avons pas l’intention de rester spectateurs totalement impuissants ».

Le 25 janvier 2015, la société grecque a surmonté la peur en lançant la voie vers l’espoir. Le peuple grec avec son vote a donné un mandat clair et fort pour récupérer sa dignité, pour stopper la crise sociale et économique, pour établir la justice sociale et pour restaurer la démocratie dans un pays indépendant et fier.

Mais tout ce que l’espoir représente pour les peuples, il consiste la plus grande menace pour l’establishment intérieur et européen. C’est pourquoi ils veulent étouffer, dès sa naissance, le changement à venir en Grèce et en Europe et renverser le nouveau gouvernement de salut social. Tout d’abord, le gouvernement précédent, formé par la coalition d’Antonis Samaras et d’Evangelis Venizelos, a miné le domaine de l’état avec des calendriers stricts et des engagements mémorandaires par le fameux e-mail du précédent ministre des finances Gikas Hardouvelis vers la troïka. Puis il a saboté la mise en œuvre du programme gouvernemental de Syriza en organisant un plan d’étranglement du crédit du pays.

L’attitude du nouveau gouvernement grec est claire. D’abord et pour la première fois, il favorise la demande juste du peuple grec de renverser les inefficaces politiques d’austérité.

Les Euro-groupes en boucle montrent que nous sommes pour la première fois devant une négociation persistante plutôt que d’un processus de livraison accéléré, avec un peuple informé et non derrière des portes fermées. En parallèle le gouvernement met en place les engagements programmatiques pour le rétablissement d’un modèle fort, juste, démocratique et productif, capable de loger les vies et les rêves des générations présentes et futures.

Le premier projet de loi sur la crise humanitaire a été adopté. Il garantit l’alimentation, des allocations de logement et l’électricité gratuite pour les plus durement touchés.

Le projet de loi pour rembourser les dettes échues vers l’état a été voté aussi, en cent mensualités.

Les mises aux enchères de la résidence principale seront supprimées.

Les professions libérales et les PME ne sont plus menacées d’emprisonnement pour leurs dettes vers les fonds d’assurances.

Le ticket modérateur de cinq euros pour faire les examens médicaux dans les hôpitaux publics est supprimé, aussi que la contribution à chaque prescription médicale. Enfin, on peut offrir gratuitement des soins de santé aux personnes non assurées à la sécurité sociale.

On commence directement un dialogue social pour rétablir le SMIC et restaurer des conventions collectives.

La réouverture prochaine de la radio-télévision publique ERT est une solution équitable à la honte « d’écran noir ».

Les chaînes de télévision sont obligées de payer ce qu’elles doivent pour toutes les années que le peuple grec payait cher et de façon disproportionnée.

La banque de sujets, épuisante pour les étudiants et les parents, est terminée. Ce système transitoire de l’accès à l’enseignement supérieur pourra offrir beaucoup plus de possibilités aux étudiants.

Le système pénitentiaire s’humanise.

Les enfants d’immigrés acquièrent la nationalité grecque.

Les remboursements des prêts d’occupation et les réparations de guerre sont enfin réclamés.

On a formé une commission pour l’audit de la dette.

Le peuple va apprendre la vérité sur ceux qui ont choisi les mémorandums et pour quelle raison.

Nous écrivons notre propre page d’histoire.

Nous participons, nous contrôlons, nous soutenons et nous revendiquons.

Nous le savons tous. Le chemin pour le désirable changement de l’histoire en Grèce et dans l’Union Européenne, reste long et difficile. Cependant, en qualité de société, nous ne pouvons pas et nous n’avons pas l’intention de rester spectateurs totalement impuissants. Nous devons devenir des compagnons et honorer notre décision de continuer avec l’étape historique du 25 janvier. Co-élaborer, enfin et à chaque instant où et comment nous allons, loin de la logique de l’attribution.

C’est pourquoi nous y participons. C’est le moment où la politique doit récupérer les valeurs et le prestige qu’on lui a délibérément retiré. En tant que responsables citoyens, nous avons le devoir de nous informer d’une manière responsable, nous fermons nos oreilles à toutes sortes de propagande, nous pensons, nous discutons et nous agissons. Soit collectivement, soit individuellement, aujourd’hui plus que jamais, nous devons lutter contre les attitudes enracinées.

Demander des droits et reconnaître des obligations. Ils ne changent pas avec les lois, mais d’une manière progressive dans la société. Parce que nous ne voulons pas retourner là-bas où nous étions, mais nous voulons construire le pays sur des bases solides, un pays qui se remet sur ses pieds.

Nous avons l’intention de surveiller et de contrôler. Nous restons constamment vigilants, nous donnons la « présence » dans le débat public pour signaler les erreurs et les oublis. Pour assurer activement que la gouvernance du pays doit être exercée pour l’intérêt de la majorité.

C’est pourquoi nous soutenons. Comme un peuple solidaire, déterminé et fier, équipé avec le droit de réclamer, nous sommes la plus grosse carte dans toutes les négociations, tous les conflits avec les intérêts et les establishments. Notre soutien est nécessaire, des rues aux lieux de travail et nos quartiers. Dans les batailles qui sont et seront données par le gouvernement pour la reprise de notre dignité nationale, notre souveraineté et notre perspective, c’est tout à fait clair, soit nous gagnons tous ensemble, soit nous perdons tous ensemble.

Par conséquent, nous revendiquons. La lutte pour récupérer la dignité, la justice, la démocratie, l’égalité et nos droits n’est ni une obligation exclusive ni une prérogative du gouvernement. Cette lutte est quotidienne et elle concerne tout le monde. Elle n’est pas terminée le 25 janvier, mais elle doit être intensifiée et organisée. De nos lieux de travail à nos relations sociales, de notre relation avec le secteur public à notre exposition aux grands intérêts privés, depuis des luttes pour l’environnement naturel et l’espace public jusqu’ aux exigences sur les droits de l’homme et du travail, nous devons relancer. Parce qu’on ne peut pas oublier que nos propres mouvements sont l’oxygène qui donne la vie aux demandes sociales.

La nouvelle page de notre histoire ne peut pas être écrite avec la même façon que la précédente.

Nous ne laisserons pas qu’elle soit écrite par des e-mails dictés ou par des décrets antidémocratiques.

Elle sera écrite par notre propre main, par notre propre puissance et elle sera signée par tous.

Pour qu’elle nous appartienne à tous.

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 19:56

http://www.dormirajamais.org/tresso

Lettre de Pietro Tresso à Gabriella Maier

Pietro Tresso, dit « Blasco », naît en Vénétie en 1893. Il est, avec Antonio Gramsci et Amadeo Bordiga, l’un des fondateurs du Parti Communiste Italien (PCI). Il en est exclu en 1930, alors que Staline triomphe à Moscou et qu’Antonio Gramsci est en prison depuis quatre ans.

La ligne majoritaire, représentée par Palmiro Togliatti et Luigi Longo, demeure fidèle à l’union soviétique.

Il rejoint « l’opposition de gauche » et pratique un temps « l’entrisme » au sein du Parti Socialiste Italien en exil à Paris. Le courant trotskiste est exclu du parti en 1935.

En 1936, il est des créateurs du Parti Ouvrier Internationaliste. En août 1936, Palmiro Togliatti publie « l’appel aux fascistes » signé par tout le comité central du PCI émigré en France. Il déclare notamment que « les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 qui est un programme de paix, de liberté et de défense des intérêts des travailleurs. Peuple italien, fascistes de la vieille garde, jeunes fascistes, luttons ensemble pour la réalisation de ce programme ».

Arrêté par les nazis à Marseille en juin 1942, Pietro Tresso est incarcéré à la prison de Lodève. Dans une lettre de novembre 1942 à sa belle-soeur Gabriella Maier, il écrit que « le point noir, pour nous ici, ce sont nos rapports avec les staliniens. Pour ces messieurs, nous sommes, naturellement, une bande de vipères lubriques et tout le tralala que sans doute vous connaissez. Par conséquent, nos rapports avec eux se résument dans le manque de tout rapport, quels qu’ils soient. Eux nous ignorent et nous les ignorons. Au point de vue personnel, cela ne me gêne nullement, mais leur haine contre nous est sans bornes, tant pis ».

Le premier septembre 1943, il bénéficie avec soixante-dix-huit autres détenus, dont quatre trotskistes, d’une évasion spectaculaire de la prison du Puy. Les trotskistes sont tenus par la suite sous haute surveillance au lieu-dit Raffy, dans les environs de Saint Julien Chapteuil.

L’un d’eux, Albert Demazière, est gardé à l’écart, et parvient à s’enfuir. Les quatre autres sont abattus le 26 ou le 27 octobre 1943 par un groupe de partisans communistes, sous l’égide de Giovanni Sosso, dit capitaine Jean. Les responsabilités en haut lieu, tant du PCI que du PCF, restent aujourd’hui difficiles à déterminer avec précision, même si l’existence de consignes ne fait aucun doute. Un cinquième homme, Paul Maraval, ancien combattant de la guerre d’Espagne et membre des Jeunesses Communistes, qui avait sympathisé avec les trotskistes, est « liquidé » au printemps 1944. D’après un témoignage recueilli par Pierre Broué et Raymond Vacheron, son corps aurait été ensuite coulé dans le ciment d’un barrage.

Voici un second extrait de la lettre de Pietro Tresso

« C’est parce que nous sommes restés jeunes que nous nous trouvons pratiquement en dehors des diverses églises. Les mêmes aspirations morales qui nous ont poussés, dès notre jeunesse, à l’intérieur d’un parti, nous ont poussés en dehors dès qu’elles se sont trouvées en désaccord avec ce qu’on appelle les nécessités pratiques. Si nous avions vieilli, nous aurions entendu la voix de l’expérience, nous serions devenus des sages, nous nous serions adaptés, ainsi que beaucoup d’autres, à la rue, au mensonge et au sourire obséquieux envers les divers fils du peuple. Mais cela nous a été impossible. Parce que nous sommes restés jeunes. Et pour cela toujours insatisfaits de ce qui est et aspirant toujours à quelque chose de mieux. Ceux qui ne sont pas restés jeunes sont en réalité devenus des cyniques. Pour eux, les hommes et toute l’humanité ne sont que des instruments, que des moyens qui doivent servir à leurs buts particuliers, même si ces buts sont couverts avec des phrases d’ordre général, pour nous, les hommes et toute l’humanité sont les seules véritables réalités existantes. Naturellement, tout ceci est bien générique. Encore faudrait-il établir la liaison nécessaire entre les forces morales qui sont en nous et la réalité quotidienne. C’est ici que les véritables difficultés surgissent. Mais une chose me paraît certaine, il est impossible de supporter en silence ce qui heurte les sentiments les plus profonds de l’homme. Nous ne pouvons pas admettre comme justes les actes que nous sentons et nous savons être injustes, nous ne pouvons pas dire que ce qui est vrai est faux et que ce qui est faux est vrai sous prétexte que cela sert à telle ou à telle autre des forces en présence. En définitive, cela retombe sur l’humanité entière et, donc, sur nous-mêmes, et cela briserait la raison même de notre effort ».

Prison militaire de Lodève, novembre 1942.

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