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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:00

http://www.lemonde.fr/attaque-contre-charlie-hebdo/article/2015/01/08/quand-cherif-kouachi-comparaissait-dans-l-affaire-de-la-filiere-irakienne-du-19e-arrondissement_4551212_4550668.html

Quand Chérif Kouachi comparaissait dans l’affaire de la « filière irakienne du dix-neuvième arrondissement de Paris »

Par Elise Vincent

Jeudi 8 Janvier 2015

Recherché par la police pour l’attaque contre Charlie Hebdo, Chérif Kouachi était connu de la justice. En 2008, il comparaissait devant la justice dans l’affaire dite de la « filière irakienne du dix-neuvième arrondissement de Paris ».

Nous republions ici l’article que nous avions consacré à ce procès, en mars 2008.

C'est souvent par un coup de téléphone anonyme ou au détour d'une connexion internet qu'elles ont appris la nouvelle, la mort de leur enfant en Irak comme djihadiste, pas de cercueil, pas d'effets personnels renvoyés pour ces familles, à peine quelques détails sur les circonstances du décès, un bombardement américain pour l'un, un accident obscur pour un autre, le « martyre » dans un attentat suicide à la voiture piégée pour le troisième.

Depuis le 19 mars 2008, au tribunal correctionnel de Paris, on ne juge pas les morts. Les familles de ces trois djihadistes tués au combat ne sont pas partie civile. Sous les boiseries sombres de la quatorzième chambre du tribunal correctionnel, jusqu'au 28 mars 2008, bien loin de la chaleur du désert et de la fureur des détonations, on tente de faire le procès de la « filière irakienne du dix-neuvième arrondissement de Paris ». Une organisation qui, entre 2003 et 2005, aurait incité une dizaine de jeunes gens, tous français, âgés de moins de vingt-cinq ans et domiciliés dans ce quartier, à partir combattre en Irak.

On juge le prédicateur musulman qui les aurait enrôlés, le faussaire qui leur aurait fourni de faux papiers. Mais surtout, pour comprendre, on écoute, le récit de ceux qui sont revenus, valides ou blessés, l'histoire de ceux qui voulaient partir mais ont échoué.

Sur sept prévenus, ils sont quatre à avoir tenté l'aventure via ce qui ressemble, à l'étude des faits, à un hétéroclite réseau d'amitiés connectées aux mouvances les plus radicales. Leurs noms, Thamer Bouchnak, Chérif Kouachi, Mohamed al Ayouni et Boubakeur al Hakim.

Survêtement de sport, baskets aux pieds, les trois premiers ont aujourd'hui vingt-cinq ans. Ils comparaissent libres sous contrôle judiciaire. Le quatrième, jugé détenu, a vingt-quatre ans.

Tous sont mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ». Ils encourent jusqu'à dix ans de prison.

La révélation pour le djihad

Ils se connaissent pour certains depuis le collège. Et jusqu'à l'adolescence, comme leurs « frères » morts au combat, ils commettaient leurs larcins sur les trottoirs du dix-neuvième arrondissement de Paris, vols, drogue, petits trafics.

Une façon, après des études avortées, d’arrondir leurs fins de mois de chômeurs et de livreurs de pizzas.

La révélation pour le djihad, ils l'ont tous eue quand ils ont commencé, à partir de 2003, à fréquenter la mosquée Addawa, dans le quartier Stalingrad.

Cheveux mi-longs, carrure athlétique, mâchoire carrée, Chérif Kouachi l'avoue à sa façon, « avant j'étais un délinquant. Mais après j'avais la pêche, je calculais même pas que je pouvais mourir ».

A la mosquée, comme les autres, il a rencontré Farid Benyettou. Ce dernier n'a qu'un an de plus, mais se targue d'une connaissance approfondie de l’islam et joue les prédicateurs à la sortie de la prière. Avec lui, les jeunes gens suivent des cours de religion, à son domicile et dans un foyer du quartier. Certains s'y rendent presque tous les jours.

Très vite, leurs familles font toutes le même constat. Leurs garçons arrêtent de fumer, cessent de trafiquer. Mais dans leur chambre, sans qu'elles le sachent, ils naviguent sur des sites islamiques radicaux, visionnent des vidéos sur le djihad. Les images télévisées de l'intervention américaine et britannique, en mars 2003, en Irak, les fascinent. « C'est tout ce que j'ai vu à la télévision, les tortures de la prison d'Abou Ghraib, tout cela, qui m'a motivé », raconte à la barre Thamer Bouchnak.

Entraînement aux Buttes Chaumont

En moins d'un an, pour certains, la décision est prise : ils veulent partir. Ils n'ont aucune formation militaire, mais la foi est là. La pression du groupe aussi. « Plus le départ approchait, plus je voulais revenir en arrière. Mais si je me dégonflais, je risquais de passer pour un lâche », explique à la présidente du tribunal Chérif Kouachi.

Alors bon an mal an, tous les jours, il s'entraîne avec d'autres en courant dans le parc des Buttes-Chaumont. Un homme rencontré à la mosquée dispense aussi, à lui et à quelques autres, des rudiments sur le maniement des kalachnikovs.

Entre 2003 et 2005, les départs s'échelonnent. Chacun s'organise comme il peut pour partir sans trop éveiller les soupçons. A leur famille, les jeunes élèves de Farid Benyettou racontent qu'ils désirent « perfectionner leur arabe et leur connaissance de l'islam » en Syrie. En réalité, une fois à Damas, ils sont accueillis dans des écoles coraniques salafistes où certains disent aujourd'hui qu'on leur « bourre la tête ». Puis, très vite, ils franchissent la frontière syro-irakienne.

Les familles perdent généralement contact avec eux à ce moment-là. Quand la disparition de certains d'entre eux est signalée, en 2004, la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) commence son enquête.

Chérif Kouachi interpellé à Paris

Thamer Bouchnak et Chérif Kouachi, eux, n'ont pas eu le temps de mettre leur projet à exécution. Ils ont été interpellés à Paris, en janvier 2005, alors qu'ils s'apprêtaient à prendre l'avion pour Damas. Boubakeur al Hakim, lui, à partir de 2002, a séjourné à plusieurs reprises en Irak. Selon l'accusation, il servait de « facilitateur » aux nouveaux arrivants, en les orientant vers des groupes de combattants. Aujourd'hui, il nie ce rôle, se montre peu loquace et comparaît sans avocat. Son frère compte parmi les trois qui ont trouvé la mort en Irak.

Aussi, c'est Mohamed al Ayouni, l'un des rares à être revenu vivant, qui raconte avec le plus de détails, à la barre, son parcours de djihadiste parisien néophyte dans le bourbier irakien.

Une expérience dont il est revenu sans son bras gauche et un oeil en moins.

Mohamed al Ayouni aurait franchi la frontière irakienne en juillet 2004, avec des passeurs. De là, il aurait été pris en charge par des « moudjahidin irakiens » qui l'auraient conduit jusqu'à Falloujah, à l'ouest de Bagdad. A son arrivée, il est accueilli dans une « maison d’hôtes », tenue par des insurgés de « l’armée de Mohamed », un groupe en relation avec Abou Moussab al Zarkaoui, chef d’al Qaïda en Irak à l'époque. On lui demande sa nationalité, son nom, « un numéro à appeler en cas de malheur » et on lui attribue un surnom. Après une rapide démonstration de l'utilisation d'un lance-roquettes, il est directement envoyé au front.

Aujourd'hui, devant le tribunal dubitatif, il jure que son rôle n'était « qu’humanitaire. Mon boulot, c'était de creuser des tranchées et de soigner les blessés. On m'avait montré comment faire une piqûre et une perfusion », raconte-t-il. « Mon intention, ce n'était pas de tuer et d’égorger. C'était de défendre le peuple irakien ».

Au mois de mai 2006, il est grièvement blessé par une roquette lâchée d'un avion. Soigné sur place, il aurait ensuite été transféré près de la frontière syrienne. Il y serait resté trois mois, réduit, à cause de son handicap, à « faire le guet ». Blessé encore à deux reprises par des balles et des éclats de bombe, il obtient finalement de rentrer en Syrie, en juin 2006. Il est intercepté par les autorités syriennes et rapatrié.

Deux ans plus tôt, il avait franchi la frontière en sens inverse avec deux autres « volontaires du dix-neuvième arrondissement ». L'un d'eux n'est jamais revenu.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:17

Elections législatives anticipées le 17 mars 2015 en Israël (Reuters)

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souhaité Mercredi 3 Décembre 2014 obtenir un « mandat clair » des électeurs à l'occasion des élections législatives anticipées fixées au 17 mars 2015.

Mardi, le ministre des finances, Yair Lapid, et la ministre de la justice, Tzipi Livni, tous deux centristes, ont été limogés en raison de leurs désaccords avec la politique menée par les ministres de droite majoritaires au gouvernement.

Les députés ont approuvé mercredi lors d'un vote préliminaire la dissolution de la Knesset décidée la veille par le premier ministre. Le vote définitif aura lieu la semaine prochaine.

Les chefs des groupes parlementaires se sont mis d'accord sur la date du 17 mars 2015 pour le futur scrutin. Les élections législatives étaient normalement prévues en 2017.

L'actuel cabinet de coalition, qui réunissait cinq partis, a pris ses fonctions l'an dernier. Il était divisé sur plusieurs sujets, dont le budget 2015 et l'inscription dans les lois fondamentales qu'Israël est l'état-nation du peuple juif.

Deux sondages publiés mardi montrent que le Likoud de Benjamin Netanyahu conserverait sa place de premier parti israélien si les élections avaient lieu aujourd'hui, mais sans avoir la majorité absolue.

« L'élection à venir se résume à une question, qui dirigera le pays confronté aux énormes défis qui se posent à lui, sécuritaires, économiques et régionaux », a dit le premier ministre aux députés du Likoud.

Il a mis en garde contre une dispersion des voix de droite, comme cela s'était produit en janvier 2013. Le Likoud avait alors obtenu dix-huit sièges, contre treize pour « Israël notre maison » et douze pour le « foyer juif », deux partis ultra nationalistes qui ont finalement rejoint la coalition.

« Si on veut donner un mandat clair à un premier ministre du Likoud pour diriger ce pays, alors il faut voter en masse pour le Likoud », a-t-il insisté.

« C'est la leçon à tirer de notre expérience de ces dernières années, c'est le défi à relever lors de cette campagne électorale ».

Sur sa page facebook, Tzipi Livni écrit que les prochaines élections devront marquer la victoire sur « l’extrémisme ».

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 21:00

http://www.democratie-socialisme.fr/spip.php?article3387

Pour sauver Maïdan, il faut en finir avec la sale guerre de Poutine

Par Jean François Claudon

Mercredi 10 Décembre 2014

Il y a longtemps que les événements ukrainiens ne font plus la une des journaux.

Depuis le cessez-le-feu du 5 septembre 2014, pour les grands médias, c’est « circulez, il n’y a rien à voir ». Tout se passe comme si l’enchaînement des événements macabres à l’est relevait d’une sorte de mécanique de la fatalité.

Pourquoi parler de la tragédie de l’Ukraine puisque, jour après jour, la situation s’y détériore inexorablement ? C’est donc la tâche des militants de faire connaître l’enlisement dans la guerre des oblasts de Louhansk et de Donetsk, que se disputent forces ukrainiennes gouvernementales et milices séparatistes pro-russes, malgré la conclusion du cessez-le-feu par Vladimir Poutine et Petro Porochenko survenue à Minsk le 5 septembre 2014. Selon le Monde du 17 octobre 2014, « les combats pour le contrôle des ruines de l’aéroport de Donetsk, un des principaux point de tension entre les deux camps, furent particulièrement violents ». Déjà, un rapport de l’ONU, publié le 8 octobre 2014, faisait état de trois cent trente et un morts depuis début septembre 2014 dans les oblasts de l’est. Les enquêteurs onusiens, dont les investigations se sont échelonnées du 18 août au 16 septembre 2014, ont par ailleurs constaté que « des groupes armés continuaient de terroriser la population dans les zones qu’ils contrôlent en tuant, enlevant, torturant et maltraitant les gens ».

Le piège diabolique de l’ami de Bachar al Assad

Malgré l’aveuglement collectif que s’efforce de répandre en occident une blogosphère prétendument « anti-impérialiste », la Russie est bel et bien intervenue en Ukraine. Il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir. Des gamins russes lancent notamment des souscriptions publiques sur le net pour financer l’achat du matériel nécessaire et partir vers Louhansk y combattre les « néo-nazis » de Kiev. Il n’est par ailleurs pas rare dans les rangs de la jeunesse russe que d’honnêtes anti fascistes, ennemis habituels de Vladimir Poutine, rejoignent l’Ukraine, convaincus par la propagande du Kremlin que les fascistes y étaient au pouvoir.

La question n’est donc pas de savoir si des unités russes combattent dans les oblasts de l’est ukrainien, mais bien pourquoi elles y combattent. Il y a, bien sûr, dans l’intervention décidée par Vladimir Poutine, la réaction classique, face à ses concurrents, de tout impérialisme qui vient de subir un recul momentané.

Pour garantir la pérennité de son hold-up en Crimée et de sa mainmise sur la base militaire de Sébastopol, il convient en effet pour la Russie de s’assurer le contrôle des régions de Donetsk et de Louhansk, voire d’Odessa. Certes, mais l’essentiel est ailleurs. Si Vladimir Poutine a été si prompt à intervenir en Ukraine, c’est surtout par crainte du processus révolutionnaire qui, parti de Kiev, pouvait se répandre à Moscou. C’est par peur d’une contagion qui risquait de faire vaciller son propre pouvoir en Russie.

Comme tout phénomène contre-révolutionnaire, le coup de force de Vladimir Poutine a fini par provoquer ce qu’il était censé prévenir. Ainsi, le 15 mars 2014, cinquante mille personnes ont manifesté pendant trois heures, dans le centre de Moscou, contre la sale guerre de Vladimir Poutine. Les pancartes brandies pour l’occasion fleuraient bon l’internationalisme, puisqu’elles dénonçaient cette « guerre fratricide » qui ne disait pas son nom, et exigeaient que Vladimir Poutine « dégage d’Ukraine », voir qu’il dégage tout court.

Significativement, sur la banderole de tête était inscrit le slogan « pour votre et notre liberté », lointain écho du cri lancé par des dissidents russe sur la place rouge, lors de l’intervention russe contre le printemps de Prague, en 1968. La contre-manifestation de l’église orthodoxe et de la droite nationaliste n’a, quant à elle, rassemblé que cinq mille personnes. Un des orateurs de cette charmante kermesse dévoila l’angoisse profonde du régime en affirmant, comme pour exorciser cette infamie, qu’il « n’y aurait pas de Maïdan à Moscou ».

Vladimir Poutine s’est donc mit à l’école de son ami Bachar al Assad.

L’exemple syrien l’a convaincu que les conflits inter-ethniques sont susceptibles de mette en péril tout processus révolutionnaire. En Ukraine, l’état de guerre freine les aspirations majoritaires en divisant un peuple qui avait précisément construit son unité sur la lutte contre les oligarques, ukrainiens ou russes, et pour la démocratie. La sale guerre du Kremlin, dans laquelle la droite ukrainienne, qui a confisqué à son profit le mouvement de Maïdan pour mieux l’étouffer, joue le rôle d’allié objectif de Vladimir Poutine, a tué dans l’œuf le processus révolutionnaire, au moins pour un temps.

L’intégralité du processus.

Ceux qui niaient toute dimension révolutionnaire à Maïdan et qui annoncent depuis avril 2014 un soulèvement des ouvriers du Donbass contre les « fascistes » de Kiev sombrent dans un déni de réalité ahurissant. Ces relais, consentants ou non, de la propagande russe ne savent visiblement pas que la classe ouvrière se cantonne très largement dans une abstention hostile aux nouveaux pouvoirs pro-russes nés du « soulèvement » du printemps 2014. Ce ne sont ni des salariés, ni des jeunes qui ont alors fait irruption sur la scène où se joue leur destinée, comme ce fut le cas sur Maïdan. Ceux qui sortirent du bois en avril 2014, ce furent des groupes armés rejoints par des policiers en fonction, rien à voir avec une scène de fraternisation, par des mafieux sentant le vent tourner, par des berkouts de Viktor Ianoukovitch en quête de reconversion.

Le souffle révolutionnaire perdure fort heureusement en Ukraine, mais pas forcément chez qui l’on croit. Il est entretenu par les salariés ukrainiens qui, d’un côté comme de l’autre du front, luttent et se mettent en grève pour leurs salaires. Les mineurs de Louhansk, en grève fin avril 2014 contre l’oligarque Rinat Akhmetov, ancien soutien de Viktor Ianoukovitch passé du côté du pouvoir de Kiev, avaient pour seuls alliés lors de leur mobilisation, non les milices pro-russes qui craignent comme la peste l’extension de la mobilisation, mais les employés des chemins de fer de Kiev, qui entraient au même moment en grève pour obtenir une hausse salariale.

La peste brune contre la révolution

L’ennemi principal de la révolution ukrainienne qui survit sous la cendre du conflit inter-ethnique, c’est l’impérialisme russe. Il faut redire cette évidence combattue par ces centaines de blogers abusés, par ces milliers de staliniens irrécupérables et par ces quelques dizaines d’agents patentés du régime poutinien, qui font florès sur la toile. Les impérialismes occidentaux, à commencer par les États-Unis et l’Allemagne, jouent évidemment un rôle non-négligeable dans les coulisses du pouvoir à Kiev. Toutefois, et jusqu’à preuve du contraire, ils n’arment pas des groupes séparatistes. S’ils s’efforcent de dénaturer le processus de Maïdan, ils ne cherchent pas à le détruire purement et simplement.

Pour justifier son immixtion dans les affaires ukrainiennes, le Kremlin, par le biais de son appareil propagandiste international, répète à l’envi depuis des mois que les « néo-nazis » sont au pouvoir à Kiev depuis le « coup d’état » du 22 février 2014. Il faut être clair sur ce point et reconnaître qu’au sein du gouvernement provisoire ukrainien se sont hissés de nombreux éléments suspects surfant sur la vague de Maïdan. Mais que dire des forces séparatistes pro-russes ?

Les activistes des « républiques populaires » de Donetsk et de Louhansk sont loin d’être les héroïques combattant anti fascistes dépeints complaisamment par la propagande de Poutine.

De nombreux indices prouvent que la plupart d’entre eux sont des militants d’extrême-droite conspuant dans le même mouvement les juifs, les homosexuels, les immigrés et, évidemment, l’Union Européenne qui serait le cadre institutionnel par lequel s’immiscent toutes ces engeances nuisibles. Sur les bannières et les uniformes « populaires » du Donbass « libre » sont brandis sans vergogne des drapeaux russes, l’aigle à deux têtes tsariste, ainsi que des insignes des cents noirs. Il est significatif qu’actuellement, les violences antisémites sont beaucoup plus importantes dans les oblasts prétendument « anti fascistes » que dans le reste de l’Ukraine où l’influence de Svoboda et de Pravyi Sector, bien qu’encore forte localement, tend à rétrécir.

Outre les relents extrémistes, les milices financées et organisées par les services russes ont une seconde caractéristique qui les rapproche du fascisme réellement existant, c’est la mise au pas du mouvement ouvrier indépendant. C’est en tout cas ce qu’accrédite un article paru en polonais sur le site du syndicat libre des mineurs silésiens et rapportant des propos de mineurs du Donbass. Ainsi, le 15 mai 2014, selon Mykhaïlo Volynets, président du syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine (NPHU) et de la confédération ukrainienne des syndicats libres (KVPU), « on a vu arriver au siège de l’entreprise d’état Donbassanthracite dix cosaques russes avec des fusils automatiques, ils avaient aussi des lance-grenades. Ils sont allés chez le directeur général, lui ont ordonné de quitter le bâtiment et ont déclaré qu’ils prenaient possession des bâtiments ».

Voilà comment la propriété théorique du peuple ukrainien devient celle des séparatistes. Comme les pro-russes n’ont ni le moyens, ni l’intention de verser à Donbassanthracite les subventions que consentait l’Ukraine pour compenser la mauvaise qualité du minerai et son prix largement supérieur à celui du charbon russe, cette « nationalisation » ne vise qu’à couler la production locale. Toujours selon Mykhaïlo Volynets, « les séparatistes essaient d’arrêter le travail des groupes industriels comme Donbassanthracite, de porter un coup à l’économie, et, lorsque les mines s’arrêteront, de faire sortir les mineurs dans la rue ». Pas pour faire grève et pour exprimer leurs revendications, mais pour servir de troupes aux agents russes qui en manquent cruellement.

Ce que veulent les miliciens, ce sont des colonnes ouvrières marchant au pas de l’oie pour lutter contre Kiev. Sûrement pas des salariés agissant de façon autonome pour défendre leurs intérêts. La méthode des miliciens, faite de violence et de corruption, démontre, s’il en était besoin, leur attrait naturel pour le mouvement ouvrier indépendant.

Si les convergences politiques entre staliniens et nationalistes sont patentes, il convient de préciser quel est le point de ralliement idéologique des militants d’extrême-droite, des communistes du KPU et des jeunes russes se ruant sur l’Ukraine comme leurs ancêtres sur l’Espagne républicaine agressée par le fascisme. Leur haine commune d’une Europe jugée matérialiste, cosmopolite et donc décadente, nous donne la clé de l’énigme. Ce qui soude tous ces amis du Kremlin, c’est l’idéologie eurasienne. Théorisée par Alexandre Doguine, elle postule un antagonisme irréconciliable entre les slaves, peuples de la terre, « qui ne ment pas », comme on le sait, et les sociétés anglo-saxonnes, filles de la mer, du protestantisme et du capitalisme. Et malheur aux peuples qui ont l’outrecuidance de résister à cette « vision du monde » si subtile, tels les tatars de Crimée ou encore les juifs. Il n’y a décidément dans cette soupe indigeste rien d’universaliste et d’émancipateur. Il serait temps que la gauche française rompe avec ces salmigondis d’un autre temps et renoue avec l’internationalisme pour dire non à l’agression impérialiste russe et au séparatisme teinté d’eurasisme. Le mouvement social russe nous a montré la voie en manifestant une nouvelle fois courageusement contre la sale guerre de Vladimir Poutine, le 21 septembre 2014.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 20:25

Communiqué du Conseil Démocratique Kurde en France

Mercredi 7 Janvier 2015

Au nom de la communauté kurde de France, nous condamnons avec vigueur l'attentat contre Charlie Hebdo.

Les auteurs de ce massacre sont des barbares ennemis de l'humanité et de la liberté.

La barbarie qui a tué aujourd'hui est celle-là même contre laquelle les kurdes luttent à Kobanê et dans d'autres régions du Kurdistan.

C'est celle-là même qui a tué à Paris, il y a deux ans, les militantes kurdes Rojbîn, Sakine et Leyla.

Nous rendons hommage aux victimes et présentons toutes nos condoléances à leurs familles, à leurs proches et à la France toute entière.

Sukran Akdogan et Rustem Ozay, Coprésidents du Conseil Démocratique Kurde en France

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:16

http://www.agirparlaculture.be/index.php/portrait/259-edwy-plenel-creer-un-chemin-de-raison-sensible

« Créer un chemin de raison sensible »

Interview d’Edwy Plenel par Aurélien Berthier et Marc Sinnaeve

Journaliste à la longue carrière, ancien directeur de la rédaction au Monde, co-fondateur et président de Mediapart, site d’information, de débats et d’enquête, Edwy Plenel est une figure importante de la gauche dans le paysage intellectuel et médiatique francophone. Il publie « pour les musulmans », livre de combat qui dresse le constat d’une islamophobie ordinaire ayant contaminé les milieux politiques, académiques, médiatiques et intellectuels en France et face à laquelle il s’agit de prendre position.

Question. Dans « pour les musulmans », vous constatez l’explosion de l’islamophobie et vous donnez des arguments pour la combattre, pourquoi ce livre ?

Réponse. Je ne suis pas le premier à parler de cette islamophobie. Le constat en a été documenté par des chercheurs, des sociologues et des journalistes de terrain. Mon essai est plutôt un appel à rompre l’indifférence. C’est celui d’un journaliste, d’un citoyen qui tend la main, parce que ce qui est terrible c’est le silence qui entoure cette violence symbolique inimaginable dont sont la cible nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmane.

Le titre « pour les musulmans » s’inspire d’un article publié en 1896 par Émile Zola, vingt mois avant son fameux « j’accuse », qui s’intitulait « pour les juifs ».

Dans ce texte, il se révoltait contre la banalisation d’un discours du préjugé, de l’essentialisation et de la discrimination contre les juifs pris en bloc, les juifs de France assimilés à l’argent par un anti judaïsme chrétien, mais aussi par cet antisémitisme moderne qui confondait lutte contre le capital et lutte contre les juifs. Tout cela était profondément marécageux, mais, en même temps, tout cela était parfaitement mondain, c’était accepté comme ce que nous entendons dans les médias en France ou ailleurs aujourd’hui.

D’où mon propos qui, pour sortir du marécage actuel, invite ceux qui se réclament d’idéaux de progrès et de démocratie à prendre une ligne de crête contre la banalisation bienséante de la hiérarchie des civilisations, contre la guerre des civilisations. La démocratie, pour moi, passe par le souci des minorités, bien plus que par la loi de la majorité. Pour qu’une page de texte tienne, il faut des marges, et, complémentairement, les minoritaires ont à s’inventer de manière à renforcer la cohésion du centre.

Question. La recrudescence de ces débats qui essentialisent les minorités et divisent les populations n’est-elle pas d’abord une manière de masquer la question sociale ?

Réponse. C’est le cœur, c’est la clé. Cette façon de construire artificiellement l’autre comme une menace, de créer un bouc émissaire principal, le musulman, ramène les perceptions, les discours, les débats à la seule problématique de l’origine, de l’identité, de la religion. Ce qui revient à mettre en exergue ce que nous pensons séparément plutôt que ce que nous faisons ensemble. On conduit les dominés, les exploités, les travailleurs à se faire la guerre au nom de leur identité, de leur origine, de leur croyance, de leur apparence au lieu de réfléchir à ce qu’ils ont en commun, leurs conditions de vie, leurs conditions de travail, leurs conditions d’habitat, leurs espérances sociales et démocratiques. C’est la ruse éternelle des dominants.

Car ceux qui profitent des inégalités sont habités par la peur, la peur de l’inconnu, de l’imprévu et de la révolte. Et c’est parce qu’ils ont peur eux-mêmes qu’ils n’arrêtent pas de diffuser la peur, l’angoisse, l’inquiétude, de mettre sans cesse en branle la mécanique de la crispation identitaire, de l’imposer à l’agenda politique.

C’est cette politique de la peur qui produit des monstres au cœur du peuple, doublement. D’une part, les monstres de la xénophobie, du racisme et du vote d’extrême droite dirigent la colère des individus contre le voisin musulman au lieu de s’en prendre à la vraie cause, commune, de leurs malheurs. D’autre part, il y a les monstres provoqués par l’humiliation, par le ressentiment, ce sentiment de mal-être lié à une victimisation exacerbée qui mène vers des chemins de perdition jusqu’à ces enfants de nos quartiers populaires qui choisissent de se perdre dans des idéologies totalitaires, violentes, assimilées au « djihad ».

Djihad contre croisade, c’est le piège des guerres de civilisations, l’engrenage infernal que produit la politique de la peur, où, à force de faire se répondre monstres et épouvantails, on brutalise la démocratie elle-même, on met la société en guerre contre elle-même, et on finit par générer des prophéties auto-réalisatrices.

De ce point de vue, mon livre se veut une réflexion pour montrer qu’il existe un autre chemin, un chemin de raison, de raison sensible, qui se soucie de l’humanité concrète, les hommes et les femmes, ce ne sont pas des abstractions identitaires, des entités idéologiques, ce sont des réalités dans toute leur diversité.

Question. Dans votre livre, justement, vous pointez une certaine dérive de la laïcité que vous appelez le laïcisme. Une laïcité qui stigmatise plus qu’elle n’apprend à vivre ensemble…

Réponse. Je défends la laïcité. Et je défends la laïcité contre ceux qui, aujourd’hui, trahissent la laïcité originelle par ce laïcisme à la manière des intégrismes dans les religions. Ce laïcisme c’est la haine du religieux, c’est la peur du religieux. C’est, sous prétexte de détestation de la religion, la stigmatisation d’une population. Et je rappelle dans ce livre que la laïcité originelle, notamment en France avec l’invention de la troisième république, ce n’est pas cela.

C’est d’abord la reconnaissance des cultes minoritaires, en l’occurrence du protestantisme et du judaïsme. C’est la fin du face-à-face d’une république anti cléricale et d’une religion majoritaire dominante, le catholicisme. C’est la fin d’une querelle qui faisait piétiner les enjeux démocratiques et sociaux. Et c’est l’ouverture d’un chemin de laïcisation, que l’on peut définir comme ce que nous faisons ensemble.

Le chemin de laïcisation produit en 1905 par la loi de séparation des églises et de l’état, c’était d’ouvrir le cadre pour les catholiques et de leur dire, « vous avez le droit à votre culte, c’est votre espace privé. En revanche, construisons tous ensemble la cité commune, oubliez votre hiérarchie religieuse, vos évêques, faites votre chemin sans eux ». Qu’est-ce que cela a donné, le christianisme social, les prêtres ouvriers, le mouvement « le Sillon », la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, le mouvement Témoignage Chrétien et son journal. Tout cela a fait partie d’une histoire essentielle au cœur de la gauche et a permis qu’énormément de membres des classes populaires, du monde du travail fassent leur chemin vers des idéaux d’émancipation sans avoir le sentiment d’être dépouillés de ce qu’ils étaient, de ce qu’ils avaient en propre, leurs croyances, leur culture, leurs habitudes.

Je crois que c’est la même chose qui se pose aujourd’hui, ne pas renvoyer l’autre à son identité mais lui proposer un chemin.

Ce que nous avons à faire, nous, dans une société démocratique, c’est dire que l’on doit inventer ce chemin dans le respect de la liberté de chacun. Car les idéologies de l’identité, les idéologies conservatrices et les idéologies identitaires supposément laïcistes, elles, veulent nous fixer, nous immobiliser, nous enfermer. À l’inverse, nous proposons de pouvoir bouger, de pouvoir s’inventer dans la relation, dans le dialogue.

Question. Dans ses derniers ouvrages, le sociologue Alain Touraine fait le constat de ce que le social, le collectif est un « champ de ruines ». Albert Camus disait, lui, que, pour aller au-delà de l’histoire et du social, il fallait « retrouver le sens de l’universel ». Est-ce que votre appel à faire chemin ensemble ne pourrait pas être lu, de ce point de vue, comme une tentative de sortir par le haut et par l’universel de cette crise du social, de la fragmentation du collectif ?

Réponse. Pour moi, plutôt que le mot « universel » qui nous a joué des tours, le sentiment de l’occident et de l’Europe, d’être propriétaire de l’universel et d’avoir à l’apporter aux autres, dans un rapport du fort au faible, je préfère le mot « universalisable ». C’est-à-dire ce qui, dans des situations historiques et culturelles différentes, conduit aux mêmes valeurs, valeurs de justice, d’égalité et de droit. Albert Camus souligne que nous sommes des sociétés d’individus, que notre modernité, c’est de faire groupe à partir du fait d’être des individus. Et c’est cela que la gauche, dans son histoire, dans sa tradition et dans certaines de ses impasses, a du mal à comprendre. Nous sommes des individus et c’est à partir de notre liberté d’individus dans toutes ses particularités, qu’elles soient culturelles, religieuses ou sexuelles, que nous arrivons à trouver un chemin collectif.

Il existe un certain discours « d’en haut » qui, très souvent, se réfugie dans la déploration de la fin de la solidarité à l’ancienne, qui s’en prend à l’individualisme de nos sociétés. Or, je pense, moi, qu’il y a un chemin à retrouver qui est celui de la libération des initiatives, des énergies individuelles, où chacun vient avec ce qu’il est pour inventer un chemin commun. C’est une dialectique de l’un et du multiple. Elle est au cœur des problèmes et des impasses de notre société. Comment penser le pluriel tout en pensant l’un, mais pas le grand un uniformisateur d’en haut.

Rappelez-vous ce texte de référence pour nous tous, pour tous les esprits de progrès de liberté et d’émancipation, qu’est le « discours de la servitude volontaire » de La Boétie. Écrit, au milieu du seizième siècle, dans un moment de guerres de religion, ce texte va provoquer les Essais de Montaigne. Le premier à écrire à la première personne, à penser comme un spécimen de l’humaine condition, à affirmer que tout être, tout individu porte en lui la condition humaine. Ce « discours de la servitude volontaire », qui interpellait nos servitudes, nos soumissions a circulé ensuite avec le sous-titre suivant, « le contr’un ». Contre dieu, la nation, le parti, contre le grand un qui vient d’en haut.

C’est cette vitalité qui vient d’en bas qu’il faut retrouver dans le cadre d’une nouvelle culture démocratique. Tout le sens de mon appel est celui-là, c’est d’ouvrir ce chemin-là.

Question. Ce que vous proposez, dans la perspective d’Alain Touraine, c’est de construire et défendre le droit de l’individu à avoir des droits comme base du droit « universalisable » de tous les autres à bénéficier des mêmes droits. Cela ne revient-il pas à rabattre l’enjeu de la conflictualité sociale sur le terrain de l’interindividuel, de l’identitaire ? À reléguer au second plan la question de l’affrontement ou du conflit des intérêts divergents des groupes sociaux ?

Réponse. Non, je pense bien sûr qu’il y a des classes sociales, qu’il y a des intérêts et je pense même que c’est la ruse des dominants, de l’oligarchie, d’essayer de nous mettre en guerre au nom de l’identité.

Nous vivons des temps de révolution objective, la nouvelle révolution industrielle, dont le numérique est le moteur, bouleverse à ce point nos sociétés, nos relations géopolitiques, notre rapport à l’espace et au temps, que la question démocratique en redevient une question profondément jeune. C’est ce qu’a si profondément revitalisé, ici en Belgique, David Van Reybrouck dans son livre au titre trompeur « contre les élections ».

L’idéal de la démocratie, ce n’est pas seulement d’élire ses représentants une fois tous les quatre ou cinq ans. Non, l’idéal de la démocratie comme horizon, toujours imparfait et ce sera toujours une bataille à mener, c’est ce que j’appelle le « n’importe qui », sans privilège de naissance, d’origine, de fortune, de condition et de diplôme, j’ai le droit de m’en mêler, j’ai le droit de protester, j’ai le droit de m’exprimer, j’ai le droit de voter, j’ai le droit d’être candidat et j’ai même le droit de gouverner. C’est profondément révolutionnaire et c’est devant nous.

Il y a un pour cent d’ouvriers dans le monde des élus en France, alors qu’ils représentent vingt-cinq pour cent des salariés. Avec l’autre vingt-cinq pour cent, les employés, cela fait cinquante pour cent, c’est le groupe social majoritaire.

Aujourd’hui, ré-enchanter un horizon démocratique passe par la délibération, par la participation au pouvoir, aux contre-pouvoirs, par l’accès à l’information, par le fait d’accepter notre pluralité, de demander à chacun « qu’est-ce que l’on fait ensemble », et non « qu’est-ce que tu es » ou « qu’est-ce que tu crois ». Le « n’importe qui », c’est aussi la jeune femme qui a un foulard et qui n’est pas exclue de la cité. Elle est là comme n’importe qui pour discuter. Qu’est-ce qu’elle pense des droits des femmes ? Qu’est-ce qu’elle pense de la grève que l’on fait dans l’entreprise, de la revendication sociale ? Il n’y a aucune raison qu’elle ne rejoigne pas ce chemin.

C’est en ce sens que la question démocratique inclut la question sociale. Car les musulmans dont je parle sont employés, pour l’essentiel, dans des entreprises, ils construisent des automobiles, ils construisent des immeubles, des routes, ils travaillent dans les campagnes.

Je crois que, dans ce moment, ce qui semble minoritaire est beaucoup plus en résonance avec la réalité du peuple qu’on ne le pense. « Le poisson pourrit par la tête », dit-on, le problème est en haut. Je ne pense pas que la France soit un pays raciste. Je pense en revanche qu’il y a une xénophobie qui est diffusée d’en haut comme une arme de pouvoir, comme une arme de division.

Interview réalisée en novembre 2014

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 21:48

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/207767-lutter-contre-le-grand-remplacement-par-la-deportation.html

http://www.chemseddine.over-blog.com/2014/12/le-sort-des-musulmans-pour-zemmour-lutter-contre-le-grand-remplacement-par-la-deportation.html

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.chems-eddine_chitour.271214.htm

http://www.mondialisation.ca/le-sort-des-musulmans-pour-zemmour-lutter-contre-le-grand-remplacement-par-la-deportation/5421970?print=1

http://www.oulala.info/2015/01/le-sort-des-musulmans-pour-zemmour/#article2

Le sort des musulmans pour Eric Zemmour

Par Chems Eddine Chitour

Jeudi 25 Décembre 2014

Lutter contre le grand remplacement par la déportation

« Contrairement à Éric Zemmour, je ne crois pas que le peuple français se constitue dans le ventre des femmes françaises mais à partir de l’école, de la politique et de la république. Et lorsque le peuple devient constituant, il s’approprie collectivement son avenir en définissant les droits qui sont les siens. Il faut donc, par cet acte-là, en quelque sorte, refonder la France elle-même, l’idéal républicain et le mettre en partage dans toute la population ».

Jean-Luc Melenchon.

Encore une fois dans l’impunité la plus totale on attise la haine entre français. Chacun sait, en effet, que le microcosme intellectuel en France est squatté par certains intellectuels qui pensent que leurs élucubrations sont parole d’évangile et qu’à ce titre, elles doivent formater l’imaginaire des français de toutes conditions que cela soit l’auditeur distrait qui écoute une station de radio ou celui qui prend son temps de regarder les émissions audio visuelles.

C’est un fait que, pratiquement, sur toutes les chaînes on ne voit qu’eux, à croire que la richesse culturelle se résume à ces « certitudes » martelées en boucle. Est-ce à dire que la pensée intellectuelle française est tellement stérile qu’elle n’a que cela à mettre en avant ou est-ce un maillage intelligent plus nocif que cent divisions puisqu’il formate l’imaginaire des français et, insidieusement, leur dicte d’une façon inconsciente le rapport à l’autre quand il s’agit du toujours allogène, bien qu’il soit là depuis plusieurs générations, qu’il soit mélanoderme ou encore plus grave, appartenant à celle de l’antéchrist, l’islam ?

Qui est Eric Zemmour ?

Eric Zemmour est un récidiviste, personne n’ose lui dire qu’il tient des propos nauséabonds. Il faut reconnaître cependant qu’il a trouvé le bon filon. Dans la mal vie actuelle française il joue la corde sensible de l’étranger pensant à tort qu’il est de l’autre bord après avoir donné en pâture aux français les arabes et les noirs et que cela lui a permis d’avoir une visibilité médiatique qui, au passage, lui permet une impunité des polémiques programmées qui font vendre ses torchons, le voilà qu’il s’attaque maintenant à l’islam en opérant une synthèse à partir d’un concept celui de sa douce France dont les « français de souche », implicitement il nous jure qu’il en fait partie, seraient envahis et, à terme, il y aura le grand remplacement.

Pourfendeur heureux des arabes, lui-même émigré de la deuxième génération, Eric Zemmour, dont le père juif natif d’Algérie, se veut carrément « plus royaliste que le roi ». Il parle de l’histoire de France, se veut français de souche par procuration alors que ce terme n’a pas de signification réelle. Il en rajoute au grand bonheur de tous ceux qui règlent leurs comptes avec l’arabe, voire avec le musulman par juif interposé.

Hichem Hamza écrit à ce propos « que ses propos, relatifs aux trafiquants, pour la plupart, noirs et arabes, ont déchaîné les passions sur le web. Loin d’être une bévue regrettable, l’attitude d’Eric Zemmour résulte davantage d’une posture réfléchie et stratégique. Eric Zemmour affirma lors d’un débat, et sans la moindre preuve statistique à l’appui, que quatre-vingt-dix à quatre-vingt-quinze pour cent des mineurs délinquants sont noirs ou arabes. Eric Zemmour récidive en commettant un nouvel ouvrage, « mélancolie française », consacré à l’histoire de la France. Le titre sibyllin évoque la tristesse qui se serait emparée de la nation, affligée, de ne pas avoir accompli sa mission quasi divine, sa destinée manifeste, de succéder à l’empire romain. Aux yeux du journaliste, la France de 2010 est comparable à un empire submergé par de « nouveaux barbares », comprenez les immigrés afro-maghrébins, qui refuseraient de se « romaniser » ou de s’assimiler, défense de l’existence des races, banalisation de l’arabophobie et de l’islamophobie, nostalgie de la domination occidentale, lepénisation des esprits et apologie de la haine sous couvert de liberté d’expression ».

Qu’est-ce qu’un français de souche ?

On sait que l’un des marqueurs identitaires mis en avant par le Front National pour discriminer entre les allogènes et les indigènes est l’expression « français de souche » qui renvoie à une présence beaucoup plus ancienne sur le sol français. Cette expression postule qu’il existe deux groupes de personnes. Le critère existe, c’est le clivage entre nous et eux résultant du sentiment d’appartenance, nous de souche et eux, les allogènes issus de l’immigration.

Pour le géographe Hervé Le Bras, la notion de « français de souche » n’existe pas dans le droit français, qui prend en compte les concepts de citoyenneté, de nationalité française, de droit du sol et de droit du sang. Hervé Le Bras souligne que « la politisation de la question de l’immigration a conduit le Front National à utiliser le terme pour opposer des français de référence aux français d’origine étrangère. Les français descendent tous d’immigrants à un certain horizon temporel ».

On l’aura compris, cette expression « français de souche » se veut exclusive et ne fait pas de place à une autre façon d’être français telle que français par les services rendus, voire plus importants, s’agissant « français par le sang versé ». On ne naît pas français, on le devient.

Doit-on le devenir en se dépouillant de son moi originel en s’affranchissant des coutumes, des traditions familiales, voire des impératifs gastronomiques exogènes ? Est-ce que mourir pour la France, c’est être français par le sang versé ou faut-il encore une autre allégeance ?


Par ailleurs un petit rappel, à tous les Eric Zemmour, Alain Finkielkraut et autre Marine Le Pen, sur les origines arabes, musulmanes de français de souche qui étaient là bien avant le dix-neuvième siècle avec l’arrivée massive des italiens, des portugais et des originaires des pays de l’est.

Pour l´islamologue Sadek Sellam, contrairement à ce que l´on affirme, l´installation des musulmans en France ne date pas du vingtième siècle au contraire, elle serait séculaire, « la France avait une relation pluri séculaire avec l´islam quand elle passa des rapports inter étatiques à des contacts directs avec les musulmans. Ce passage eut lieu juste après la mise en application de l´alliance conclue entre François Premier et Soliman le Magnifique en 1535. Quand eurent lieu les expulsions des morisques, ces musulmans restés en Espagne après la chute de Grenade en 1492, Henri IV autorisa l´accueil d´une partie d´entre eux. Il laissa une partie de ces exilés riches et instruits s´établir en France où ils introduisirent la céramique et le ver à soie. Le nombre des morisques restés en France est évalué entre soixante-dix mille et cent cinquante mille. Certains sont restés visibles jusqu´à la première guerre mondiale. Ces anciens musulmans devinrent pour la plupart protestants et certains catholiques. Installés principalement dans le sud de la France, ils prirent des noms qui rappellent leurs origines maures, par exemple Maurin ou Morand.

Pour sa part, le docteur Gustave Le Bon parle de l’assimilation heureuse avec le temps, « bien que le séjour des arabes en France n’ait été constitué que par une série de courtes invasions, ils ont laissé des traces profondes de leur passage dans la langue, et ils en ont laissé également dans le sang. L’ethnologie nous en fournit la preuve, en retrouvant, après tant de siècles, des descendants des arabes sur plusieurs parties de notre sol. Dans le département de la Creuse, dans les Hautes-Alpes, et notamment dans plusieurs localités situées autour de Montmaure, la montagne des Maures, dans le canton de Baignes, de même que dans certains villages des Landes, du Roussillon, du Languedoc et du Béarn ».

Allogène européen contre allogène maghrébin musulman

Jacques Chirac, parlant de l’Algérie, disait qu’un français sur sept a des racines algériennes, c’est peut-être vrai. Si on compare objectivement les parcours d’un émigré dont les parents et arrière-grands-parents ont donné leur sang et leur sueur pour la grandeur de la France, ont maîtrisé la langue dissertée sur Voltaire avec un communautaire qui viendrait des Carpates d’un village reculé de Pologne ou de Hongrie, ou pire encore, ont eu des parents qui ont combattu la France. On est en droit de se demander finalement ce que c’est qu’être français et comment dans le même mouvement, un émigré de la cinquième génération, un paléo maghrébin, reste toujours dans l’imaginaire de certains français un émigré, le marquage identitaire est là, il est indélébile. Comment dans le même temps l’émigré européen cesse d’être étranger et d’être marqué indélébilement.

L’identité religieuse, fond rocheux de la fille aînée de l’église, qui, a bien des égards, berce d’une façon invisible la société française serait une explication. L’appartenance réelle ou supposée à la religion chrétienne lui donnerait un avantage décisif et ceci dans un pays laïc et où la république se tient, en théorie, équidistante des spiritualités Dans leur immense majorité, les émigrés veulent vivre avec dignité. Leur culture devrait être perçue comme une richesse par la France. La provenance originelle a de moins en moins d’importance en regard de l’idée de nation dont, à juste titre, Ernest Renan disait qu’elle devrait être un « plébiscite de tous les jours ».

Le grand remplacement

L’idée du « grand remplacement » de plus en plus répandu postule que la France serait, à terme, remplacée par les arabes et pire par les musulmans. Nolwenn Le Blevennec nous décrit comment cette idée est prise au vol et tient lieu de fonds de commerce des fossoyeurs du vivre-ensemble, « décryptage, le grand remplacement, l’expression qui dénonce le prétendu remplacement du peuple français par d’autres peuples, plaît depuis longtemps dans les milieux d’extrême droite. Grâce aux éditorialistes Eric Zemmour ou Ivan Rioufol et à la famille Le Pen, elle occupe de plus en plus d’espace médiatique. Le concept a été théorisé par Renaud Camus.

Selon lui, les immigrés sont en grande partie responsables de la « nocence », atteinte à la nature et à la qualité de vie. L’expression s’est épanouie dans les milieux d’extrême droite. Depuis quelques mois, elle prend une autre ampleur. Elle accompagne probablement la politique de Robert Ménard, maire de Béziers. A chaque fois qu’il le peut, Ivan Rioufol emploie l’expression, on la lit encore dans un édito à propos de l’affaire Leonarda, en octobre 2013.

Eric Zemmour se charge, quant à lui, de la populariser à la télévision. Il utilise l’expression lors de ses face-à-face avec Nicolas Domenach sur i-télé, quand Eric Zemmour valide la notion de « grand remplacement ». Un grand moment de télévision, que ce Vendredi 11 Avril 2014 sur i-télé, Éric Zemmour accouche d’une conviction profonde, le « grand remplacement » est une réalité. C’est une première, le concept de Renaud Camus a été repris sur un grand média.

Les propos graves de Zemmour sur l’inéluctabilité de la déportation des musulmans

Fort de son impunité et ses protections médiatiques, Eric Zemmour dévoile sa haine de soi, n’est-il pas un juif, paléo berbère algérien, et son racisme. Dans ses propos au Corriere della Sera sur le départ forcé des musulmans de France, il conforte les uns dans l’idée que l’âme catholique française est en péril, les autres qu’il n’est qu’un sombre islamophobe. Le journaliste a créé autour de lui une communauté, des inconditionnels, sensibles à sa ferveur. Et s’est fait nombre d’ennemis.

Pour Jean-Luc Melenchon, Eric Zemmour n’est pas seulement l’homme qui fournit une doctrine commune et un cadre de références historiques pour l’unification des droites et de l’extrême droite. Il est journaliste. Sa présence discourante deux fois par semaine sur une des plus influentes radios du pays est sans doute un puissant appui. La corporation avant tout, il peut tout dire. Rien ne lui sera reproché car « il est de la maison ». Eric Zemmour dit ce qu’il veut. Il est de la corporation. Jean-Luc Melenchon reproduit les propos d’Eric Zemmour au journal italien Corriere della Sera. « Les musulmans ont leur code civil, c’est le coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les français ont été obligés de s’en aller. Je sais, c’est irréaliste mais l’histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 qu’un million de pieds noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d’Algérie pour revenir en France ? Ou bien qu’après la guerre, cinq ou six millions d’allemands auraient abandonné l’Europe centrale et orientale où ils vivaient depuis des siècles. Je pense que nous nous dirigeons vers le chaos. Cette situation d’un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile. Des millions de personnes vivent ici, en France, mais ne veulent vivre à la française. Vivre à la française, cela signifie donner à ses enfants des prénoms français, être monogame, s’habiller à la française, manger à la française, du fromage par exemple, blaguer au café, faire la cour aux filles ».

Eric Zemmour ne se contente pas seulement d’attiser les haines en parlant de chaos et de guerre civile. Il convoque l’histoire et rappelle l’exode des français d’Algérie, boosté par l’OAS, il le qualifie de déportation et de ce fait justifie indirectement une réciprocité vis-à-vis des français musulmans qui sont là depuis plusieurs générations.

Pour La Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie, « avec ses pseudos-théories, Eric Zemmour cherche depuis déjà bien longtemps à donner un fond idéologique à l’islamophobie, en voulant rendre présentable un discours qui n’est en fait que celui de la haine et de l’obscurantisme. Les propos tenus dans le Corriere della Sera du 30 octobre 2014 prennent place dans une dérive très dangereuse pour la société française, car Eric Zemmour vise à donner des arguments aux pires xénophobes, encourageant à des actes qu’il serait dans l’impossibilité totale de contrôler. C’est le mécanisme même de l’incitation à la haine, et c’est en cela que nous ne pouvons rester sans réaction devant ces propos. Grâce à l’irresponsable soutien des médias qui, pendant des années, ont accordé complaisamment des tribunes à ce chauffard de la pensée, déjà condamné pour incitation à la haine raciale, ces théories font des ravages dans la société française, qu’Éric Zemmour appelle à se préparer à une guerre civile contre les musulmans. Ces propos, qui n’ont plus rien à voir avec les idées mais résultent du discours de haine, méritent une réponse judiciaire.

L’entretien au Corriere della Sera a également provoqué l’indignation de l’Observatoire National contre l’Islamophobie. Cela n’ira pas plus loin. Il y a une véritable conspiration du silence et tout le monde y trouve son compte. Les arabes se rapprochent dangereusement de la situation des juifs des années 1930 du siècle dernier, des nuits de cristal se profilent à l’horizon et à force de tolérer on finit par accepter. On comprend que Dieudonné, dont la mort sociale a été décidée, constate que, malgré son dérapage, Eric Zemmour n’a pas été sanctionné, « il faut être juif pour avoir la liberté d’expression en France ».

Eric Zemmour n’est pas seul, on trouve aussi beaucoup de français de souche par procuration qui en rajoutent, je pense notamment à Alain Finkielkraut et son « racisme anti-blanc », lui aussi émigré de la troisième génération, venu défendre la race blanche en danger existentiel, pour lui, le racisme anti-blanc est une réalité et il ne cesse d’entretenir, comme Eric Zemmour, le brasier de la partition. Un autre qui participe à la curée d’autant plus que ça fait vendre est Michel Houellebecq dont toute la réputation est basée sur l’injure et la haine viscérale des arabes et surtout des musulmans. Lui aussi parle à sa façon de grand remplacement Pour cela il a collationné tous ses fantasmes et sa bile dans un ouvrage « soumission ». Le journal le Point dont on connait aussi l’empathie pour les musulmans en fait une présentation généreuse.

Lisons, « l’écrivain imagine la France sous un régime islamique « Soumission » est un roman d’anticipation. Nous sommes en 2022 et la France est sous régime islamique. Telles sont les questions qui traversent le nouveau roman de Michel Houellebecq. On les voit déjà sabre au clair, nos petits soldats de l’indignation permanente, on les voit déjà défourailler les Lucky Luke du commentaire en cent quarante signes, quoi l’auteur est donc devenu identitaire frère de lait goncourisé d’Eric Zemmour ».

On le voit la déportation est en marche puisque des idéologues du mal sont en train de normaliser auprès des foules. Tristes perspectives pour les arabes et les musulmans qui à n’en point douter risquent de connaitre des nuits de cristal dans toute l’Europe. Il n’y a pas de pasteur Niemöller comme lanceur d’alerte, « quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai pas protesté, je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté, je n’étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester ».

Tout est dit.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 20:43

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, démissionne (Reuters)

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, et les huit autres membres du bureau confédéral ont confirmé Mercredi 7 Janvier 2015 qu'ils démissionnaient de leurs fonctions pour laisser la place à une nouvelle direction, a-t-on appris de sources internes.

Un petit groupe de travail sera chargé de réfléchir à la composition d'un nouveau bureau, avec un nouveau secrétaire général, d'ici lundi prochain et une nouvelle réunion de la commission exécutive de l'organisation.

Cette commission exécutive confédérale, qui constitue le « gouvernement » de la CGT, s'est réunie deux jours durant, mardi et mercredi, et s'est donné pour objectif de proposer une nouvelle direction au Comité Confédéral National (CCN), le « parlement » de l'organisation, convoqué en session extraordinaire le 13 janvier 2015.

Le CCN prendra du même coup acte de la démission de la direction actuelle, fragilisée par des révélations sur la rénovation du domicile et du bureau de Thierry Lepaon et sur l'indemnité qu'il a perçue en quittant ses précédentes fonctions mais aussi par des dissensions internes.

Le numéro un de la CGT avait annoncé mardi à la commission exécutive confédérale que le bureau confédéral et lui-même remettraient leur mandat « à la disposition » du CCN, seule instance habilitée à les révoquer.

Mais l'ambiguïté de la formulation a semble-t-il déplu à une partie au moins des membres de la commission exécutive confédérale, qui ont obtenu mercredi une clarification.

« Il y avait plusieurs interprétations possibles. On a clarifié cela entre nous. C'est bien une démission. On n'ira pas au vote là-dessus. La commission exécutive confédérale en est convenue », a déclaré à Reuters un responsable de l'organisation syndicale.

Prié de dire si des membres du bureau confédéral démissionnaire, dont Thierry Lepaon, pourraient se retrouver dans la nouvelle direction, le même responsable a répondu à Reuters que « cela semble impossible. Ce sera une nouvelle équipe. On est passé à une nouvelle étape ».

Les appels à la démission de Thierry Lepaon s'étaient multipliés à la fin de l'année dernière.

La crise déclenchée par les fuites sur son logement de fonction, son bureau et son indemnité, ont fait office de révélateur d'un profond malaise de la CGT, toujours pas remise des séquelles de la succession mal préparée de Bernard Thibault, sans véritable cap et malmenée lors des dernières élections professionnelles dans la fonction publique.

Avant les vacances de Noël, Thierry Lepaon avait lancé une contre-offensive dans les médias et au sein de son organisation, avec le soutien de dirigeants de fédérations.

Il avait alors dit qu'il n'entendait pas être « le rat qui quitte le navire » en difficulté, tandis que certains de ses soutiens au sein des instances dirigeantes de la CGT proposaient une démission collective du bureau confédéral mais le maintien du secrétaire général pour former une nouvelle équipe.

La pression a de toute évidence été trop forte.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 20:32

Douze morts dans un attentat contre Charlie Hebdo à Paris (Reuters)

Douze personnes, dont deux policiers, ont été tuées et onze autres blessées Mercredi 7 Janvier 2015 à Paris dans une fusillade au siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, à Paris, un attentat que François Hollande a immédiatement qualifié de « terroriste ».

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière commise en France depuis les vagues d'attentats islamistes à Paris en 1986, douze morts dans une dizaine d'attentats, et en 1995, huit morts et près de cent vingt blessés dans le RER B à la station Saint-Michel.

« C'est un attentat terroriste, cela ne fait pas de doute », a déclaré François Hollande, qui s'est rendu sur les lieux quelques dizaines de minutes après le drame, pour lequel une journée de deuil national a été décrétée pour jeudi.

« Nous savions que nous étions menacés », a ajouté le chef de l'état, précisant que plusieurs projets d'attentat avaient été déjoués ces dernières semaines. « Nous punirons les agresseurs ».

Le procureur de Paris, François Molins, a fait état d'un bilan de douze morts et de onze blessés, dont quatre graves, dans cette attaque menée par « au moins deux hommes ».

Lourdement armés, habillés de noir, le visage camouflé par une cagoule, ils sont arrivés dans une Citroën C3 laissée au milieu de la rue et ils ont fait irruption vers 11 heures au siège du journal, dans le onzième arrondissement de Paris.

Selon François Molins, ils ont demandé à la réception s'il s'agissait bien du siège de Charlie Hebdo et ont tué une première personne. Ils se sont ensuite dirigés vers les étages pour y trouver la salle de rédaction où ils ont tué huit journalistes, un policier chargé de la sécurité et un invité.

UNE « SCÈNE DE CARNAGE »

Selon des sources proches de l'hebdomadaire, les dessinateurs Cabu et Wolinski, deux figures historiques du journal, ainsi que Charb, directeur de la publication, et Tignous, font partie des victimes.

L'économiste Bernard Maris, membre du conseil général de la Banque de France et collaborateur de l'hebdomadaire, a également été tué dans la fusillade.

A leur arrivée à Charlie Hebdo, les secours ont découvert une « scène de carnage et d'exécution » avec des survivants sous le choc et une odeur prégnante de poudre, selon le témoignage d'un médecin urgentiste présent sur place.

Lors de la fuite des malfaiteurs, un policier a vu sa voiture criblée de balles et a été blessé.

Lorsqu'il est sorti de son véhicule, il a été achevé d'une balle dans la tête.

Les tireurs, qui semblaient très calmes et dotés d'un entraînement de type militaire, ont quitté le siège de Charlie Hebdo sans courir et rejoint leur voiture.

Après avoir eu un accident avec un autre véhicule place du colonel Fabien, ils ont abandonné leur voiture rue de Meaux, dans le dix-neuvième arrondissement, avant de braquer un automobiliste.

C'est ce dernier qui a parlé d'un troisième homme parmi les malfaiteurs qui couraient toujours mercredi soir et François Molins s'est refusé à donner la moindre précision sur l'enquête pour ne pas mettre la traque des malfaiteurs en danger.

Sur les vidéos prises par des témoins dans la rue située devant le siège de Charlie Hebdo, les tireurs, qui ont crié à plusieurs reprises « Allahou Akhbar », ont dit en quittant les lieux, « on a vengé Mahomet. On a tué Charlie Hebdo ».

ALERTE ATTENTATS

Le siège de l'hebdomadaire satirique, alors dans le vingtième arrondissement, avait été incendié en 2011 après l'annonce de la sortie d'un numéro baptisé « Charia Hebdo », avec « Mahomet rédacteur en chef ».

Le sinistre n'avait pas fait de blessé. Le site internet du journal avait par ailleurs été piraté.

Le plan Vigipirate a été relevé au stade ultime mercredi dans la région Ile-de-France, le niveau « écarlate », pour prévenir des « attentats majeurs », ont annoncé les services du premier ministre, Manuel Valls.

Priorité est donnée à ce stade de « protéger les institutions et assurer la continuité de l’action gouvernementale ».

Les organes de presse, les grands magasins, les lieux de culte ainsi que les transports vont faire l'objet d'une vigilance particulière.

« Tous les moyens sont mis en œuvre pour identifier, traquer et interpeller les auteurs », souligne Matignon.

Le niveau « écarlate » a été activé précédemment une seule fois en France, en mars 2012, en région Midi-Pyrénées après l'attaque d'une école juive à Toulouse et les assassinats de trois parachutistes par Mohamed Merah.

Une enquête a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris des chefs d'assassinat et tentative d'assassinat, vol à main armée en bande organisée, infraction à la législation sur les armes, toutes ces infractions en lien avec une entreprise terroriste, a dit François Molins.

L'enquête a été confiée à trois services, la direction de la Police Judiciaire de Paris, section antiterroriste de la brigade criminelle, la direction centrale de la Police Judiciaire, sous-direction anti-terrorisme, et la DGSI, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Une grande émotion s'est manifestée en France, où les réactions ont été nombreuses, et des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Paris et dans plusieurs villes de France.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 20:53

http://www.humanite.fr/symbole-du-rejet-des-roms-maria-francesca-enfin-inhumee-561770?IdTis=XTC-FT08-AMLD6O-DD-DLH85-DPLC

Symbole du rejet des roms, Maria Francesca enfin inhumée

Par Pierre Duquesne

Mardi 6 Janvier 2015

Le refus de sépulture du nourrisson, mort au lendemain de Noël dans un bidonville de l’Essonne, a suscité une profonde indignation. De nombreux citoyens sont venus hier aux funérailles apporter leur soutien à la famille et aux populations roms, reportage.

Les cloches de l’église sonnent. Sonnent, et sonnent encore. Mais les familles, bénévoles ou simples anonymes, chrétiennes ou non, peinent à sortir de l’église Saint Paul de Massy, dans l’Essonne, où se déroulaient hier les funérailles de la petite Maria Francesca, petite fille de deux mois et demi décédé au lendemain de Noël dans un bidonville de Champlan. Tous veulent rester le plus longtemps possible avec sa mère, déchirée par la perte de son nourrisson.

Devant le petit cercueil blanc, Ileana implore le ciel, les bras levés. Est-ce la posture, semblable à la sculpture du Christ au-dessus d’elle ? Est-ce sa tenue d’une blancheur immaculée ? Une chose est sûre. Les pleurs d’Ileana resteront longtemps associés, chez toutes les personnes présentes, à la colère contre la stigmatisation et le rejet qui frappent toutes les personnes roms, vivantes ou mortes.

Après le refus de la mairie de Champlan d’inhumer le bébé, décédé suite à une mort subite du nourrisson, l’enterrement a finalement eu lieu dans la commune voisine de Wissous. Au cimetière, la famille de Maria Francesca s’est agenouillée devant le maire pour le remercier d’avoir accepté la mise en terre du bébé dans un souci « d’humanité ». Voilà l’extrémité à laquelle notre pays est arrivé. Le droit à une sépulture digne y est devenu un privilège pour les femmes et les hommes que notre société laisse survivre dans les replis de nos villes, sans eau, ni électricité. Cette affaire est le « signe manifeste de la contamination des esprits, à tous les niveaux », déplore Jérôme Guedj, président du conseil général de l’Essonne. « Voilà ce qui se passe quand on fait sauter les digues au plus haut niveau ».

Un climat politique nauséabond

Derrière la famille, ils étaient nombreux, tous ceux qui « ont tissé des liens humains d’amitié et de solidarité dans cette ville où beaucoup de familles roms vivent de leurs activités », résume le prêtre qui a dirigé la cérémonie, en français et en roumain. Il y avait Helena et Marie-Claire, venues « exprimer leur soutien aux familles ». Comme la plupart des bénévoles de l’Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines et Roms (ASEFRR), elles connaissent les proches de la famille endeuillée. Elles les suivent de terrain en terrain depuis des années. « J’ai longtemps servi de boîte aux lettres pour certains occupants du bidonville », glisse Helena.

Le 25 décembre 2014, le père Gatineau l’a passé sur la « platz », terrain en romanes, de Champlan. « Il y avait un rayon de soleil, et plein d’enfants. C’était beau et très joyeux. Maria Francesca était avec sa maman, bien au chaud », raconte ce recteur de la basilique de Longpont.

Le religieux avait organisé une scénette pour expliquer l’histoire de Noël aux enfants de cette communauté, très religieuse. « Il y avait Marie et Joseph, mais aussi les méchants aubergistes qui n’ont pas voulu les accueillir à Bethléem. J’avais demandé à trois enfants d’interpréter leurs rôles. Ils ont refusé. Ils ne voulaient pas dire non ». La solidarité, pour ces jeunes pousses, n’est pas une option. « Malheureusement », conclut le père, « depuis une semaine, on a vu qu’il y avait encore de mauvais aubergistes ». L’effroyable histoire de Champlan, deux millénaires plus tard, va-t-elle faire changer les esprits ? Tel est le vœu de Jean-Louis, le trésorier de l’ASEFRR, qui rappelle que les occupants du campement de Champlan demeurent sous la menace d’une expulsion. « Cela fait des années que l’on demande la tenue d’une table ronde avec l’ensemble des pouvoirs publics en Essonne, que les familles puissent au moins obtenir la domiciliation, la scolarisation des enfants, l’accès à l’eau et la collecte des déchets ». Ce n’est toujours pas le cas dans ce département où les expulsions se succèdent sans relogement, au mépris de la circulaire d’août 2012.

Ils ont obtenu, hier, le renfort des communistes de l’Essonne. Révoltée par ce « climat politique nauséabond qui vise à rejeter le pauvre, l’immigré et le rom, devenus les dérivatifs de toutes les colères sociales », la fédération locale du PCF a organisé un rassemblement dans la commune de Champlan, hier, en fin d’après-midi, pour « dire non à de tels actes discriminatoires ». Quelques minutes auparavant, le parquet d’Évry annonçait l’ouverture d’une enquête pour discrimination visant le maire divers droite de la commune, Christian Leclerc.

Un premier pas pour donner aux roms errants « un chemin d’espoir et des routes de paix », comme disent les hommes d’église.

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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 20:40

http://www.indigenes-republique.fr/hommage-a-notre-frere-rene-vautier

Hommage à notre frère René Vautier

Par Youssef Boussoumah, membre du Parti des Indigènes de la République

Lundi 5 Janvier 2015

L’indompté, l’indomptable breton, notre frère en humanité s’est éteint. Chéchia et casquettes basses, drapeaux et « gwenn ha du », en berne. Que fusent mille youyous en son hommage. C’est un géant qui nous quitte.

Comment dire simplement une si grande perte ? Comment dire simplement à ceux qui ne le connaissent pas, tout ce que nous lui devons à l’instar de ce que nous devons à nos autres frères que furent Maurice Audin, Henri Alleg, Henri Maillot, Francis Jeanson ou Jean Louis Hurst.

Les grands récits épiques ont leur aède et leur griot, René Vautier est le barde du grand récit anti colonial. Mais notre barde breton n’était pas seulement algérien, un breton du sud tout simplement. Contre le colonialisme, certains luttèrent par la plume, d’autres par les armes, lui ce fut par les images. Et les batailles qu’il permit de remporter furent aussi décisives.

Ce résistant professionnel, maquisard à quinze ans sous l’occupation allemande en Bretagne, fit de la caméra son arme et ce avant même le déclenchement de la lutte algérienne. Déjà avec « Afrique 1950 », arrivent les premiers ennuis avec l’état français. L’affaire Henri Martin du nom de ce jeune réfractaire à la guerre d’Indochine, à qui il consacre un documentaire, lui en amène d’autres. Un peu prophète dans « une nation, l’Algérie », il pressent dès 1955 la défaite du colonialisme. Plus tard, toujours animé de la même foi, il s’engage aux côtés de l’immigration en lutte avec son acteur fétiche, le célèbre Mohamed Zinet, puis aux côtés des résistants anti-apartheid avec son film « front-line ». Mille fois il met son talent de cinéaste au service de notre cause, mille fois il risque sa liberté et même sa vie pour que le monde sache.

De fait, il est aujourd’hui le cinéaste de ce pays qui aura connu tout au long de sa carrière le plus grand nombre de poursuites et d’œuvres censurées. Il y a quelques années, une rétrospective de ses œuvres à Paris n’a-t-elle pas été annulée pour d’obscures raisons ? Ces poursuites et tracas, ce sont ses seules médailles à lui. Elles l’honorent.

Ne s’inclinant devant aucune autre autorité que la justice, ne recherchant ni la gloire, ni les privilèges, il sut toujours garder cette indépendance d’esprit et ce courage qui l’amenèrent plus d’une fois à braver les pouvoirs. Le pouvoir impérialiste français bien sûr mais aussi, par exemple, le jeune pouvoir algérien après l’indépendance quand son éthique l’exigea.

Il aura réussi à nous fausser compagnie sans prévenir. Et nous restent la discrétion, la bienveillance, l’humilité et le regard acéré que seuls connaissent les grands créateurs et dont sont emprunts ses films. Ceux qui l’approchèrent et nous en sommes peuvent en témoigner.

Nous parlons déjà de lui au passé et nous avons tort. Même s’il y a tant d’années que son œuvre confine à l’immortalité et que c’est sans doute la raison pour laquelle nous le pensions lui aussi voué à l’éternité. Tout comme « Afrique 1950 », « Algérie en flammes » en 1957 ou « avoir vingt ans dans les Aurès » en 1972, mais aussi tous ses autres chefs d’œuvre, impérissables.

Nous nous sentons orphelins. A Cancale, sa ville, la mer aussi est triste. René Vautier s’en est allé mais il laisse une œuvre qui fait la fierté de tout africain, de tout algérien et de tout anti-impérialiste digne de ce nom. Une œuvre qui est comme une leçon des choses de ce monde. Grâce à elle, notre conscience demeure vigilante et aiguisée.

Quant à lui, caméra au poing, il s’en est allé vers d’autres horizons et d’autres combats, nous en sommes sûrs. Et de là-haut il nous filme en contre plongée, le sourire aux lèvres.

Kenavo, René.

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