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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 20:18

Vers une démission collective à la tête de la CGT (Reuters)

Les dix membres du bureau confédéral de la CGT, dont Thierry Lepaon, ont proposé Mardi 6 Janvier 2015 de remettre leur mandat « à la disposition » de la seule instance habilitée à les démettre, le Comité Confédéral National (CCN), a-t-on appris de source interne au syndicat.

Cela ressemble à un premier pas vers la démission du secrétaire général, qui refusait encore, avant les vacances de Noël, d'envisager cette issue à la crise la plus grave de l'histoire de la première organisation syndicale française.

« Thierry Lepaon vient de dire à la commission exécutive confédérale de la CGT que le bureau avait décidé hier de mettre à disposition leur mandat au CCN du 13 janvier 2015 », a précisé une source interne. « Cela doit encore être voté par la commission exécutive confédérale ».

Si elle l'approuve, comme c'est probable, la commission exécutive confédérale, le gouvernement de la CGT, qui doit encore se réunir mercredi, mettra cette proposition à l'ordre du jour de la session extraordinaire du CCN, son « parlement ».

Les appels à la démission de Thierry Lepaon se multiplient depuis des révélations sur la rénovation de son domicile de fonction et de son bureau, ainsi que sur une prime reçue à son départ de ses précédentes fonctions, en Normandie.

La crise déclenchée par ces fuites a fait office de révélateur d'un profond malaise de la CGT, toujours pas remise des séquelles de la succession mal préparée de Bernard Thibault, sans véritable cap et malmenée lors des dernières élections professionnelles dans la fonction publique.

L'ancien secrétaire général Louis Viannet a joint lundi dans le Monde sa voix aux nombreux cadres et militants de l'organisation qui souhaitent désormais ouvertement le départ de Thierry Lepaon.

RETOUR DE BERNARD THIBAULT ?

Il est revenu à la charge mardi sur BFM TV en souhaitant que le CCN aille dans le sens d'un « nouveau départ. Ce que je souhaite c'est que cette démission collective ne soit pas utilisée pour masquer ou atténuer une responsabilité individuelle », a ajouté Louis Viannet.

Avant les vacances de Noël, Thierry Lepaon avait lancé une contre-offensive dans les médias et au sein de son organisation, avec le soutien de dirigeants de fédérations.

Il avait alors dit qu'il n'entendait pas être « le rat qui quitte le navire » en difficulté, tandis que certains de ses soutiens au sein des instances dirigeantes de la CGT proposaient une démission collective du bureau confédéral mais le maintien du secrétaire général pour former une nouvelle équipe.

La question du remplacement de la direction actuelle est une des plus délicates que l'organisation ait à affronter, alors que son prochain congrès n'est prévu qu'en 2016.

Le conseiller social de l'ancien président Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, bon connaisseur du monde syndical, en est même à juger dans le Figaro qu'un retour de Bernard Thibault « n'est pas inenvisageable ».

D'autres hypothèses, plus plausibles, circulent, comme celle d'une direction collégiale transitoire.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 21:00

http://www.syriza-fr.org/2015/01/01/message-dalexis-tsipras-pour-le-nouvel-an-lavenir-porte-le-nom-de-lespoir

Message d’Alexis Tsipras pour le nouvel an

L’avenir porte le nom de l’espoir

Jeudi Premier Janvier 2015

« 2015 arrive à la manière dont il se doit. La démocratie revient vers le lieu même où elle est née. La parole est de nouveau à ceux dont elle est due. A ceux qui en ont été privés, ainsi qu’ils ont été privés de droits et d’acquis sociaux existants depuis des siècles. La parole est de nouveau aux citoyens. Aux hommes et aux femmes, à la jeune génération », exprime, dans son message pour le nouvel an, le président de Syriza.

« A la fin de l’année qui s’en va, la fin de cette cinquième année de mise en œuvre des memoranda, je m’adresse à chaque citoyenne et à chaque citoyen grecs pour transmettre un message d’espoir et d’optimisme.

A la fin du régime qui a succédé à la dictature des colonels, vieux de quarante ans, qui apporte aussi la fin de l’establishment politique qui a ruiné le pays, je m’élève devant vous et je vous adresse un appel unitaire et démocratique de mobilisation.

2014 s’en va, avec l’année s’en va aussi le gouvernement Samaras pour que prennent fin les mensonges, l’intimidation, l’autoritarisme et la tromperie. 2014 se termine pour que s’achève un ordre établi qui a enfoncé notre patrie dans la pauvreté, le chômage et l’indignité.

2015 arrive à la manière dont il se doit. La démocratie revient vers le lieu même où elle est née. La parole est de nouveau à ceux dont elle est due. A ceux qui en ont été privés, ainsi qu’ils ont été privés de droits et d’acquis sociaux existants depuis des siècles. La parole est de nouveau aux citoyens, aux hommes et aux femmes, à la jeune génération.

Et je suis certain que l’espoir et le plan d’action, le projet de lendemain l’emporteront sur la peur et l’alarmisme.

Vis-à-vis de ceux qui nous suivent et nous écoutent nous n’avons qu’un seul engagement.

Par la grande victoire de Syriza aux élections de janvier 2015, la force qui a été soustraite à notre peuple lui sera restituée.

Nous n’avons qu’un seul engagement, il sera mis définitivement fin à l’humiliation nationale et à la crise humanitaire.

Nous pouvons reprendre les clés de notre pays et mettre en œuvre un plan de reconstruction de l’économie et de la société.

En plaçant l’humain d’abord. En ayant comme premier soin l’accès à la santé et à l’éducation.

En plaçant l’environnement d’abord et un barrage aux grands intérêts lucratifs dont l’intention est de le spolier.

En protégeant le patrimoine public et privé. Le labeur, le toit, les dépôts des citoyens grecs.

En défendant l’histoire et la culture de notre patrie.

Le passé que nous laissons derrière est éponyme. Il porte les noms du personnel politique qui a ruiné le pays. Qui a légiféré, la diaploki, l’interconnexion du pouvoir politique et des intérêts lucratifs.

Le présent porte des pseudonymes derrière lesquels se cachent ceux qui ont transformé notre pays en colonie de la dette et se déguisent de nouveau aujourd’hui en « sauveurs ».

Mais l’avenir porte un nom, et c’est le nom de l’espoir. L’avenir vous porte tous et toutes.

Il porte la vision de Syriza et de la grande majorité de la société, du grand rassemblement progressiste. Pour une Grèce dans la dignité, la justice et la démocratie.

Et l’avenir de notre pays s'est déjà mis en marche.

2015 sera l’année du retournement et de la dignité.

Ce sera l’année de la Grèce.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 20:38

http://www.syriahr.com/en/2015/01/ypg-takes-control-on-80-of-kobane-after-taking-control-on-the-governmental-square-area

Les YPG contrôlent quatre-vingt pour cent de Kobané après avoir pris le contrôle de la zone du quartier administratif

Lundi 5 Janvier 2015

L’OSDH a été informé que les YPG ont repris la zone du quartier administratif de Kobane, en plus des écoles al Refia, al Senaa, al Tharura et al Banat, après de violents affrontements contre l’EIIL, les affrontements se poursuivent à l'ouest du quartier de Mashta Nour au sud de la ville, les YPG ont progressé dans la région, ce qui fait qu’ils contrôlent pas moins de quatre-vingt pour cent de la superficie de la ville, les affrontements ont conduit à la mort de quatorze membres d’EIIL, beaucoup d'entre eux étaient des combattants non-syriens, les YPG ont saisi six de leurs cadavres, il n’y a pas d’information sur les pertes des YPG. Les avions de combat de la coalition ont ciblé l’Etat Islamique dans la ville avec plusieurs frappes aériennes.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 20:09

http://troikabasta.wesign.it/fr

http://www.humanite.fr/petition-grece-rendons-leur-la-democratie-troika-basta-561708

Grèce, rendons-leur la démocratie

Troïka Basta

Lundi, 5 Janvier, 2015

Plus de quatre-vingt personnalités lancent un appel intitulé « Grèce, rendons-leur la démocratie, troïka basta » dans lequel ils interpellent « l’Union Européenne, les dirigeants européens, le Fonds Monétaire International (FMI) et les agences de notation, cessez votre chantage, votre ingérence dans la campagne électorale grecque. Laissez le peuple décider ».

Dans un contexte où les mauvais coups se multiplient en Grèce, corruption de députés, désinformation et restriction des libertés démocratiques, pour empêcher la victoire possible du mouvement de gauche Syriza aux élections législatives prévues le 25 janvier 2015, voilà que le FMI annonce la suspension de son « aide » et que le commissaire européen à l'économie Pierre Moscovici s'adresse directement aux électeurs grecs pour leur dire dans quel sens voter.

Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne, déclare quant à lui qu'il « n'aimerait pas que des forces extrêmes arrivent au pouvoir » à Athènes. En Allemagne, le ministre des finances Wolfgang Schaüble réaffirme au passage qu'il n'y a « aucune alternative » aux réformes conduites en Grèce.

Les agences de notation commencent à menacer de dégrader, est-il encore possible, la note de l'économie grecque. Dans la presse européenne, on s'emploie à diffuser la peur du changement afin de dissuader les peuples de l'Union Européenne de se tourner vers des formations politiques progressistes proposant le même type de rupture économique que Syriza.

Il est vrai qu'une victoire de Syriza en Grèce pourrait remettre en cause pour l'ensemble de l'Union Européenne les politiques d'austérité imposées par la troïka de la Banque Centrale Européenne, de la commission européenne et du FMI aux peuples contre leur volonté, comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, ne passe plus l'injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d'un modèle social qui permettait d'atténuer les maux du capitalisme et de pointer qu'une autre logique est possible. Devant cette menace pour leurs intérêts, l'exemple islandais les inquiète encore, les serviteurs de la finance en Europe sont prêts à tous les chantages pour confisquer la démocratie en Grèce et ailleurs. Eux qui laissent museler les libertés dans la Hongrie de Victor Orban au nom du respect du suffrage universel trouvent cette fois légitime de s'ingérer dans la vie politique intérieure d'un état, la préservation des intérêts des banques et des multinationales leur est plus importante que la défense des libertés.

C'est au peuple grec, père de la démocratie mais aujourd'hui martyr de l'austérité, de décider souverainement de son avenir. Nous, citoyens et citoyennes d'Europe, exigeons des institutions financières internationales, des agences de notations comme des autorités européennes qu'elles cessent immédiatement leurs pressions indignes. Ce n'est pas aux institutions européennes actuelles et à la finance de dicter aux peuples ce qu'ils doivent voter. L'austérité est un choix politique qu'ils doivent pouvoir rejeter démocratiquement. Nous faisons chorus avec les dirigeants de Syriza pour dire que le problème de la Grèce est celui de toute l'Europe et que ce qui s'y joue pourrait sonner le début d'une nouvelle aventure européenne.

Nous, citoyens et citoyennes d'Europe disons au peuple grec, n'ayez pas peur, comptez sur nous, nous sommes à vos côtés. Notre Europe n'est pas la leur, elle est la vôtre.

Premiers signataires

Clémentine Autain, Ensemble ; Benjamin Ball, Les désobéissants ; Julien Bayou, conseiller régional EELV ; Esther Benbassa, sénatrice EELV ; Philippe Corcuff, politiste ; Sergio Coronado, député EELV ; Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale EELV ; Bruno Gaccio, Nouvelle Donne ; Pierre Larrouturou, coprésident de Nouvelle Donne ; Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, président du Parti de la Gauche Européenne ; Noël Mamère, député écologiste ; Philippe Marlière, politologue ; Jean-Luc Mélenchon, député européen ; Roland Mérieux, Ensemble ; Xavier Renou, Les désobéissants ; Marie-Christine Vergiat, députée européenne

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:40

http://www.filpac-cgt.fr/spip.php?article8945

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/05/louis-viannet-thierry-lepaon-tend-a-confondre-determination-et-entetement_4549246_823448.html

Thierry Lepaon doit « remettre son mandat »

Lundi 5 Janvier 2015

Ancien secrétaire général de la CGT, de 1992 à 1999, Louis Viannet, quatre-vingt-un ans, est une autorité morale dont la parole a beaucoup de poids dans la centrale. C’est lui qui a amorcé un aggiornamento de la CGT, notamment en démissionnant, en décembre 1996, du bureau politique du Parti Communiste Français, que Bernard Thibault, secrétaire général entre 1999 et 2013, a poursuivi.

A la veille de la réunion de la commission exécutive qui doit se pencher sur le sort de Thierry Lepaon, mis en cause dans plusieurs affaires, travaux dans son logement de fonction et dans son bureau au siège de la CGT et prime de départ quand il a quitté les fonctions syndicales qu’il exerçait dans la région Basse-Normandie pour diriger, en mars 2013, la confédération, Louis Viannet a choisi de sortir du silence. Il invite Thierry Lepaon à « remettre son mandat ».

Michel Noblecourt. Comment analysez-vous la crise qui traverse aujourd’hui la CGT ?

Louis Viannet. Par sa durée, par les principes et les valeurs qu’elle malmène, la crise qui secoue actuellement la CGT dans ses profondeurs est sans précédent. Les traces qu’elle va laisser peuvent générer des situations difficilement maîtrisables, des meurtrissures durables, mettant à mal les difficiles progrès réalisés dans le « vivre-ensemble » et rendant difficiles les rapports entre les militants, entre différentes organisations ou structures de la CGT, affaiblissant ainsi ses capacités d’actions. Toutes les pistes permettant d’éviter ou de limiter déchirements, divisions, affrontements, dans les débats qu’il va falloir conduire dans la commission exécutive confédérale, le Comité Confédéral National (CCN), et à tous les niveaux de l’organisation, doivent être explorées. Cela suppose une volonté commune d’avancer vers une situation apaisée.

Michel Noblecourt. A la base, il y a beaucoup de colère qui s’exprime. Une sortie par le haut est-elle encore possible ?

Louis Viannet. Certains tentent de s’abriter derrière « les fuites » et l’importante campagne médiatique pour justifier leur recherche du maintien du statu quo, faisant fi des nombreuses réactions négatives connues en regard d’une telle perspective. D’autres considèrent que les conciliabules de sommet entre ceux et celles qui savent, peuvent suppléer au nécessaire débat démocratique qu’il va d’ailleurs falloir concevoir le plus large possible, si l’on veut rassembler toutes les forces vives de la CGT autour des décisions du CCN. Dans leur énorme majorité, les militants tiennent la lorgnette par le bon côté et veulent, avant tout, sauvegarder le potentiel de mobilisation et de rassemblement de leur CGT. C’est pourquoi mieux vaut regarder la réalité en face, aussi dure soit-elle.

Michel Noblecourt. Certains, à la direction de la CGT, évoquent un complot.

Louis Viannet. Certes les fuites ont bel et bien existé, la pression médiatique également. Mais, si aucune faute n’avait été commise, il n’y aurait aujourd’hui ni fuite ni campagne des médias. Qui plus est, ces fautes impliquent le secrétaire général, dès lors les problèmes prennent une autre dimension. Car c’est ainsi. On peut le regretter, on peut souhaiter que les choses soient différentes demain mais, pour le moment, le secrétaire général n’est pas seulement le porte-parole de l’organisation, il est d’abord son porte-drapeau. On le regarde, on l’écoute, on le juge et tout ce qui porte atteinte à son image, tout ce qui affaiblit son crédit, entame l’image et le crédit de l’organisation. Il ne faut donc pas s’étonner si la grande partie des militants, des syndiqués, a ressenti un choc à l’annonce des affaires, appartement, bureau, puis prime de départ, niveau du salaire. Autant de pratiques pas vraiment habituelles dans la vie de l’organisation. Elles ont été ressenties comme tellement contraires à l’idée généralement admise du secrétaire général de la CGT que seul un démenti aurait pu rassurer, tandis que toute tentative de justification ne pouvait qu’accentuer la méfiance.

Michel Noblecourt. Au-delà n’est-ce pas la CGT et même le syndicalisme qui sont atteints par cette crise ?

Louis Viannet. C’est plus que l’image qui est ternie. Ici, c’est le doute sur la sincérité avec laquelle la CGT défend bec et ongles ses valeurs fondamentales. C’est l’amalgame, le « tous les mêmes » qui vient humilier ceux et celles qui, chaque jour avec dévouement et abnégation, aident les salariés à résister. C’est d’autant plus dommageable que cela s’inscrit dans un climat de défiance générale et grandissante vis-à-vis des institutions à laquelle n’échappe pas le syndicalisme. Il va donc falloir innover, intensifier les améliorations dans la vie et le fonctionnement démocratiques de toutes les structures de la CGT si l’on veut retrouver rayonnement et confiance et surtout donner un nouvel élan à la culture du débat pour permettre à tous et à chacun la possibilité d’exprimer et défendre ses idées et de les soumettre à la discussion collective. Le désaccord doit être intégré comme un élément du débat et non de division.

Michel Noblecourt. Le malaise que vous évoquez n’est-il pas antérieur à l’élection de Thierry Lepaon ?

Louis Viannet. Loin de moi l’idée de penser que les problèmes sont arrivés avec Thierry Lepaon. A plusieurs reprises, et récemment lors du départ de Bernard Thibault, il est bien apparu des signes qu’un mal-être était déjà présent, dû sans doute au retard pris dans l’évolution de la CGT. C’est donc aux dirigeants d’aujourd’hui qu’incombe la responsabilité d’impulser un véritable aggiornamento de la CGT, à partir de l’inventaire des dysfonctionnements, qui reste à faire. Les travailleurs ont besoin d’une confédération en pleine possession de ses moyens. Le contexte actuel n’est, hélas, pas le meilleur souhaitable. La crédibilité perdue du secrétaire général à l’intérieur comme à l’extérieur est, en soi, un lourd handicap de départ.

Michel Noblecourt. Dans ce contexte, que doit faire Thierry Lepaon ?

Louis Viannet. C’est au CCN d’assumer ses responsabilités et de prendre les décisions qu’il considère les meilleures ou les moins mauvaises quant au devenir de la CGT en ayant en permanence en ligne de mire l’unité de l’organisation, le rassemblement de toutes ses forces et la mobilisation de l’ensemble des valeurs qui nous rassemblent. En clamant sa volonté de rester coûte que coûte dans sa responsabilité, Thierry Lepaon tend à confondre détermination et entêtement. Ce faisant, il rajoute encore de la tension dans le débat qui en a déjà suffisamment, alors que sa fonction lui commande le contraire. Un tel climat, une telle tension peuvent, à tout moment, donner lieu à des affrontements, à des déchirures, lourdes de conséquences pour la CGT, à un affaiblissement dangereux au moment même où la mission historique qui est la sienne, nécessite renforcement, dynamisme, confiance et unité. Tout doit donc être tenté pour garder une CGT unie et des rapports humains pacifiés. Pour sa part, et dans le cadre des efforts communs, le secrétaire général se grandirait, en cette année de cent-vingtième anniversaire de la création de la CGT, en annonçant publiquement, et avant même la réunion du CCN, sa décision de remettre son mandat à la disposition du CCN. C’est, pour lui, la seule façon de participer positivement à l’écriture des pages à venir de l’histoire de la CGT.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 17:55

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un long message de Manuel Gari relatif à Podemos.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://ks3260355.kimsufi.com/inprecor/article-inprecor?id=1702

Les chemins de Podemos

Par Manuel Garí, membre de la rédaction de la revue Viento Sur, militant d’Izquierda Anticapitalista et de Podemos

Mardi 9 Décembre 2014

Héritier politique du mouvement des Indignés, Podemos connaît une augmentation massive de la participation à ses cercles. Il constitue, de loin, la meilleure initiative de gauche radicale depuis des années dans l’État espagnol. Après débats, sa direction cherche à le convertir en un parti politique centralisé et hiérarchisé centré sur la préparation élections législatives de 2015 avec le leadership charismatique de Pablo Iglesias.

Qu’est-il sorti de l’assemblée citoyenne ?

L’Assemblée citoyenne d’octobre 2014 a été le moment de définir l’orientation politique, pas seulement électorale, et le modèle organisationnel. Dès lors que l’équipe dirigeante a opté pour une formule de documents alternatifs, rejetant tout droit d’amendement, la seule possibilité était de fusionner des textes, nous avons assisté à un processus faussé d’avance par l’inflation de textes, plus de deux cent documents que la majorité des votants n’a même pas lus, et par l’absence de débat collectif. De cette façon, la démocratie formelle, la participation de cent dix mille personnes au vote par internet, a tué la démocratie réelle, qui se nourrit du processus de débat collectif. Dans Podemos, il n’existe aucun espace pour réaliser une délibération en profondeur, présupposé indispensable de la qualité démocratique, car les forums virtuels, à mon avis, sont très utiles mais ne permettent pas d’approfondir le dialogue.

En dépit de cela, en gros, il y a eu deux propositions alternatives sur le modèle organisationnel qui catalysaient, d’une certaine manière, deux projets politiques distincts pour Podemos.

La proposition que défendait l’équipe de Pablo Iglesias et qui a remporté une large majorité, s’évertue à faire de Podemos un instrument presque exclusivement orienté vers l’accès au gouvernement à l’automne 2015. Pour ce secteur, la crise politique actuelle ne peut pas se perpétuer indéfiniment et il faut profiter de cette « fenêtre d’opportunité » avant qu’elle ne se referme. Pour y arriver, ils considèrent qu’une équipe de direction monolithique et sans contestation interne est une condition sine qua non. En découle leur proposition organisationnelle où la structure organisée de Podemos, les cercles, ne joue aucun rôle.

L’équipe de direction actuelle s’appuie sur le « bonus » de légitimité de leur leader auprès de la grande majorité des inscrits à Podemos ainsi que sur le contrôle de l’équipe de presse pour avancer ses propositions, en passant par-dessus ce que pensent les cercles.

Ce facteur est très important, parce que le noyau dirigeant actuel considère que son rôle est indispensable, pas seulement pour construire Podemos, mais pour gagner les élections. En conséquence, sa permanence et sa prééminence dans la direction constituent en soi un facteur déterminant dans chacun de leurs raisonnements. Et pour gagner les élections, ils sont convaincus que le programme doit modérer ses premières formulations, celles qu’ils ont présentées lors des élections européennes, pour parvenir à gagner le centre et disputer au PSOE la gestion du champ social-démocrate. Leur position sur le gouvernement est similaire, le noyau de Pablo Iglesias considère qu’il est la seule équipe capable de garantir que sera mené à bien le projet social et politique de Podemos.

Le projet alternatif, à la tête duquel se trouvent les députés européens Pablo Echenique, Teresa Rodriguez et Lola Sanchez, et autour duquel ont convergé plusieurs secteurs, défendait la nécessité de structures de Podemos de bas en haut, avec des organes de direction collégiaux et pluralistes. Il donnait plus d’importance au mouvement politico-social qu’à la formule purement électorale.

Quant au document politique adopté par l’assemblée citoyenne, il contient une bonne analyse de la situation mais on n’y trouve pas la moindre proposition.

L’unique message est que tout l’effort doit être centré sur la victoire aux élections législatives de fin 2015. Par conséquent, la tâche est de construire l’appareil électoral de Podemos et de ne pas mettre en jeu son prestige en participant aux élections municipales, veto qui n’existe pas pour les élections des gouvernements des régions autonomes, ce qui pose un problème politique de premier plan à cause de l’importance des élections municipales dans la configuration des rapports de forces politiques, mais à part cela, un vide profond, peu d’éléments stratégiques, un maigre bagage programmatique et pas de réflexion ni de proposition sur le mouvement social.

Tel qu’il a été formulé, le modèle de parti sorti de l’assemblée citoyenne est très conventionnel, hiérarchisé et dans les mains d’une élite très réduite. Bien que selon le modèle organisationnel adopté, les responsables élus de Podemos puissent être révoqués, ce modèle ne permet pas un exercice de débat démocratique ayant un pouvoir de décision dans les structures organisées de Podemos. Tout reste à la merci de ce qui est décidé au sein de la participation citoyenne par internet dont l’opinion, n’étant pas articulée au niveau territorial, est « dominée » par le noyau dirigeant par le biais des moyens de communication, du fait que la figure de référence pour les gens est Pablo Iglesias.

De ce fait, un élément positif, la participation ouverte aux décisions, se convertit en un élément à l’efficacité démocratique douteuse dans la mesure où cela ne s’articule pas par le biais de ses espaces naturels territoriaux. C’est ainsi que ce qui peut paraître comme un espace authentiquement démocratique se traduit en espace fondé sur l’inégalité, sans aucun élément correcteur, tout le monde n’a pas le même accès aux moyens de communication de masse. De cette manière, la démocratie se convertit en plébiscite, choses qui sont dans une certaine mesure antagoniques. Par exemple, au moment d’élire les candidats aux organes de direction, le système de listes complètes implique qu’avec soixante-quinze pour cent de voix on obtient cent pour cent de la représentation, ce qui normalement tombera à point pour la candidature qui sera soutenue publiquement par Pablo Iglesias.

La nature du projet

L‘assemblée citoyenne a clos une étape et en a ouvert une autre, dont les éléments fondamentaux sont au nombre de trois, la conversion de Podemos en un parti politique centralisé et hiérarchisé au plus haut point, l’exclusion de la direction des secteurs les plus à gauche et son virage vers la préparation du triomphe électoral aux élections générales de 2015, un objectif défini comme central et exclusif.

Ce projet sera mis en œuvre au moyen d’un modèle organisationnel centralisé et basé sur une « machine de guerre électorale », avec le leadership charismatique de Pablo Iglesias à sa tête, et au moyen de la ratification de ses décisions par le biais de mécanismes plébiscitaires, comme jusqu’à présent.

Sa stratégie passe par adapter le discours aux nécessités électorales et au « sens commun » dominant au niveau de conscience du gros de la population à laquelle il s’adresse. Il ne s’agit donc pas d’un parti de militants ni d’un parti mouvement. Il s’agit d’un parti électoral d’un nouveau type qui ne semble pas aspirer à un ancrage territorial par le biais de la délibération interne et la participation active des cercles à sa construction.

Podemos combine la maigre concrétisation de son projet de changement social et le réajustement continu de celui-ci en fonction des nécessités électorales et du soutien social, avec la formulation de propositions concrètes toujours plus pragmatiques destinées à chercher du soutien au sein des couches moyennes et à renforcer sa « respectabilité » en tant que force politique. En ce sens, il relègue au second plan le rapport avec les mouvements sociaux.

Le bilan provisoire qu’il convient d’en tirer est que dans ce processus est sorti vainqueur le projet que représente Pablo Iglesias et l’équipe qui a été élue pour faire partie du conseil citoyen. Un projet qui aspire à agglutiner une majorité électorale autour de la polarisation des « gens » face à « la caste », du « peuple » face à « l’oligarchie », et qui tend à subordonner à cette polarisation l’intégration dans son discours et son programme d’autres réponses et demandes en fonction d’un critère, est-ce qu’elles aident ou non à la construction d’une unité nationale populaire la plus large possible afin de « gagner » les prochaines élections générales.

Or la légitime aspiration à ne pas rater la fenêtre d’opportunité qu’offrent la crise actuelle du régime et, plus encore, le déclin des deux grands partis conduit à une évolution de l’équipe dirigeante, qui tend à la modération du programme avec lequel Podemos s’est présenté aux élections européennes sur des questions clés. On cherche ainsi à apparaître comme une alternative de gouvernement « réaliste », avec le sens de la « responsabilité d’état » et dont feraient partie « les meilleurs », les personnes expertes dans chaque domaine. La modération du programme électoral et du discours de Podemos a été parallèle à l’augmentation de ses espoirs électoraux et dans son évolution vers un modèle de comportement voisin de celui des partis « attrape-tout ».

On est passé de la recherche de la « centralité », par la mise au premier plan de thèmes centraux qui affectent de larges couches de la population au-delà de leurs références idéologiques, à la tentative de disputer au PSOE le « centre » politique. De là, la nouvelle image social-démocrate qui est projetée pour effacer le passé plus à gauche du programme électoral des européennes. Le projet du programme économique, confié à deux professeurs d’université, est économiquement keynésien et politiquement social-démocrate. Il a été l’outil qui a permis de mener à bien l’opération. Le modèle de comportement populiste de la direction fait que dans sa relation directe et sans médiations avec l’électorat, on peut combiner des messages très différents. La stratégie populiste n’est pas seulement un « discours vide ».

Les arguments et les propositions de la direction de Podemos peuvent varier selon ce qu’elle estime le plus opportun à chaque moment et nous pourrons connaître des virages en diverses directions.

Nous ne devons donc pas analyser Podemos comme une force anti capitaliste ou à vocation de le devenir mais bien comme un projet national populaire espagnol, y compris avec les contradictions que cela lui crée en Catalogne et ailleurs, anti néo libéral et en faveur de la rupture démocratique avec le régime de 1978. Une force qui, bien que dans sa direction, à son sommet, on n’ait pas laissé d’espace pour ceux qui défendaient d’autres propositions au cours du processus des assemblées, compte avec une pluralité de sensibilités en son sein et des activistes disposés à continuer à batailler pour « gagner », pas seulement au plan électoral mais aussi au plan politique et social, en créant et en construisant du pouvoir populaire.

Vers l’avant

Aujourd’hui il reste à voir le résultat que donneront aussi bien le processus d’articulation interne, qui englobe l’élection des conseils locaux et ensuite régionaux, qui s’achèvera fin janvier 2015, que celui des élections municipales, en mai 2015, auxquels Podemos ne se présentera pas avec des candidatures propres mais au sein de candidatures d’unité populaire.

L’achèvement de ces deux processus permettra d’avoir un tableau plus achevé de la réalité organisationnelle et institutionnelle de Podemos et du poids des différentes sensibilités qui en font partie.

Jusqu’à présent, le noyau dirigeant, je souligne, car je ne me réfère pas aux activistes, de Podemos maintient une ambiguïté calculée au moment de s’engager dans les initiatives de mobilisation, comme il l’a fait récemment à propos des marches pour la dignité du 29 novembre 2014. Le seul geste mobilisateur qu’ait fait le nouveau conseil citoyen, organe de direction large, a été d’appeler à une manifestation le 31 janvier 2015 en défense de Podemos contre les attaques de la droite, comme moyen de mesurer le soutien social dont il dispose.

Une manifestation dont les modalités restent à définir et que, pour notre part, nous essaierons de transformer en dénonciation de la corruption et des politiques antisociales à réaliser unitairement avec d’autres forces, car une simple auto affirmation de Podemos ne mènera pas loin.

Mais au-delà, le phénomène Podemos a déclenché l’apparition au sein des commissions ouvrières (CCOO) d’un courant critique, Ganemos CCOO, qui a lancé un manifeste signé par mille délégués syndicaux. Ganemos CCOO exige une régénération du syndicalisme, la démission du secrétaire général, s’oppose au dialogue social et se réclame d’un syndicalisme de lutte. Reste à voir ce que peut être son évolution, mais on ne s’aventure guère à pointer le fait que le phénomène Podemos, comme expression de la crise politique et sociale, va bien au-delà du strict cadre électoral qui constitue actuellement son projet dominant.

Le rôle d’Izquierda Anticapitalista

Podemos catalyse et agglutine des milliers d’activistes qui voient dans cette force politique un instrument utile pour faire tomber le régime de la réforme et affronter la troïka. Izquierda Anticapitalista, qui a participé au lancement de l’initiative, au-delà des importantes divergences qu’elle a avec l’évolution actuelle de la direction, ne peut pas et ne doit pas baisser les bras dans la construction de cette alternative.

Podemos constitue, de loin, la meilleure initiative qu’a pu impulser la gauche radicale depuis des années dans l’état espagnol. C’est pourquoi il est nécessaire de suivre le travail de construction et de développement de cette organisation, en recherchant la convergence en son sein avec d’autres secteurs et sensibilités avec lesquels on puisse arriver à se mettre d’accord en fonction des questions qui apparaîtront à l’avenir, comme la démocratie interne, la participation politique à partir d’en bas, le pari pour un programme de rupture et l’insertion dans les mouvements sociaux.

Plus encore, sauf nouvelles dynamiques qu’à ce jour on ne peut prévoir, travailler à la consolidation des cercles de Podemos, à son ancrage dans les mouvements sociaux et dans les mobilisations contre les politiques actuelles, constitue le meilleur antidote pour éviter que Podemos reste limité à une pure machinerie électorale ou subordonné à ses élus.

Rien n’est écrit d’avance. Podemos, au cas où il arriverait au gouvernement, subira de multiples tensions et pressions du fait de la marge de manœuvre étroite qu’ont les politiques de changement, y compris réformistes, dans l’actuel contexte de crise. Podemos ne va pas tarder à se voir contraint de choisir entre se soumettre « par réalisme » au diktat des marchés ou défendre avec la mobilisation sociale un programme de rupture avec eux. On ne peut pas non plus écarter la possibilité qu’une victoire électorale de Podemos alimente une reprise de la mobilisation sociale contre l’establishment politique et économique, ce qui ouvrirait l’espace à un front de pression populaire en faveur d’un changement favorable au peuple et pour que le gouvernement ne cède pas au chantage des pouvoirs financiers.

C’est pourquoi, au-delà de ses contradictions, Podemos est l’espace prioritaire pour avancer vers la rupture avec le régime de 1978 et l’austérité de la troïka. Podemos est le projet que doivent impulser les anticapitalistes de l’état espagnol. La référence de Podemos la plus forte dans la société, c’est qu’il représente un mouvement de rupture plus qu’un possible gestionnaire « sain » du système.

Convertir Podemos en outil de transformation sociale nécessaire ne va pas être un travail facile. Face à l’impasse de la mobilisation sociale, les attentes électorales pèsent lourd et des difficultés existent à alimenter la vie et le fonctionnement des structures de Podemos. Il reste à commencer à construire une organisation musclée capable de faire face aux enjeux actuels et mettre un frein aux dynamiques élitistes impulsées par l’actuelle direction de Podemos, qui laissent peu d’espace à la participation militante.

Pour les anticapitalistes il est fondamental de comprendre que, pour que Podemos aille dans la bonne direction, il est nécessaire d’animer son fonctionnement collectif et d’arriver à l’engager dans les dynamiques sociales.

L’objectif est de le convertir en une organisation capable de répondre aux besoins des gens et d’impulser la mobilisation et l’auto organisation des opprimés. Y arriver supposera un effort redoublé pour Izquierda Anticapitalista sur différents terrains. Par exemple, sans vouloir être exhaustif, impulser le travail collectif pour consolider les militants anticapitalistes comme cadres politiques de Podemos, capables de comprendre la situation politique et les enjeux qu’elle présente, d’avoir la souplesse suffisante pour réagir à un processus changeant et de développer des initiatives politiques tant au niveau du mouvement social que des institutions.

Concrètement, vu que le règlement intérieur de Podemos interdit en son sein l’existence des partis d’envergure nationale, Izquierda Anticapitalista va devoir modifier sa forme juridique.

La stratégie d’impulser la mobilisation et l’auto organisation des opprimés implique que les anticapitalistes créent un espace de travail et d’élaboration qui permette de générer des idées, de la cohésion et des propositions. Mais elle suppose aussi de la faire avec ces secteurs qui au sein de Podemos partagent les objectifs de démocratisation et de renforcement des propositions de gauche.

Les difficultés du moment et les contradictions existant dans Podemos n’échappent à personne. La solution n’est ni de les fuir ni de s’adapter à la dynamique dominante, mais de maintenir la tension nécessaire. C’est la seule garantie pour avancer dans la construction d’une alternative anticapitaliste. Les progrès sur ce chemin sont importants non seulement en raison de la situation dans l’état espagnol. Le succès de Podemos aux élections européennes et le développement fulgurant qui s’en est suivi ont eu un écho important et constituent un sujet de réflexion dans la gauche anticapitaliste européenne. Les pas qui seront faits dans l’état espagnol auront aussi de l’importance pour ces secteurs, engagés dans la construction d’alternatives politiques anticapitalistes dans toute l’Europe.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 17:20

http://www.lcr-lagauche.org/conflits-nationaux-et-lutte-politique-dans-letat-espagnol-dhier-et-daujourdhui

http://www.npa2009.org/idees/conflits-nationaux-et-lutte-politique-dans-letat-espagnol-dhier-et-daujourdhui

Conflits nationaux et lutte politique dans l’état espagnol d’hier et d’aujourd’hui

Par Andreu Coll, membre de la direction d’Izquierda Anticapitalista

Samedi 3 Janvier 2015

Pour comprendre les événements en cours dans l’état espagnol, sans doute les plus importants depuis les années 1930 et 1970, il est particulièrement important de situer historiquement les racines des revendications nationales.

Le royaume d’Espagne a été le résultat d’une union dynastique marquée par quatre événements fondateurs, qui ont conditionné les siècles suivants, la « reconquête » contre les arabes, l’expulsion des morisques et des juifs, la création de l’empire américain et la prétention à devenir le gendarme mondial du catholicisme. L’épuration ethnique, le militarisme, l’orthodoxie catholique, l’esprit rentier et pillard ont ainsi marqué la mentalité des classes dominantes les plus étroitement liées à la monarchie hispanique.

Néanmoins, l’exploitation des Amériques étant un monopole castillan-andalou administré par la couronne, ces dynamiques ont moins pesé dans d’autres régions. Il est significatif que le commerce avec l’Amérique n’ait pas été autorisé aux catalans avant le milieu du dix-huitième siècle, et symptomatique que les « bases de Manresa », le manifeste fondateur du nationalisme catalan, aient été rédigées la même année que la perte de Cuba, des Philippines et de Puerto Rico, en 1898. Ainsi, l’un des royaumes les plus anciens d’Europe, qui avait aspiré à être à la fois une nation et un empire, a-t-il perdu l’empire et échoué dans la construction pleine d’une nation.

Par ailleurs, même si les aventures impérialistes ont provoqué de graves conflits sociaux et proto nationaux dus à une pression fiscale croissante, comme la guerre des « comuneros de Castilla » et la guerre catalano portugaise de 1640, la monarchie hispanique a longtemps gardé, jusqu’à un certain point, la forme d’un état confédéral qui respectait les divers systèmes institutionnels et statutaires existant sur son territoire et où cohabitaient des langues diverses avec une certain reconnaissance officielle. Ceci perdura jusqu’à l’arrivée de l’absolutisme sous Philippe V de Bourbon, au dix-huitième siècle. C’est Philippe V qui a « castillanisé » par la force l’ensemble de l’état et de l’administration publique, imposant un droit unique et les cours de Castille à toute l’Espagne, en supprimant les institutions antérieures et en interdisant les langues minoritaires.

Échec de la révolution bourgeoise et contradictions du capitalisme espagnol

Le dix-neuvième siècle et le début du vingtième siècle furent marqués par l’échec de l’unification nationale espagnole autour de la nationalité dominante, celle de souche castillane, à la différence de ce qui s’est passé en France, où le centralisme et l’uniformisation jacobines furent associés aux valeurs révolutionnaires et démocratiques et, au moins dans un premier stade, le particularisme et la diversité régionales à la réaction aristocratique. La nation majoritaire n’est pas parvenue à devenir unique, et du coup, des identités nationales différentes se sont consolidées, mais sans non plus parvenir à devenir exclusives dans leurs territoires respectifs. Telle est l’origine d’une situation instable et conflictuelle qui dure toujours.

La constitution libérale de 1812, référence du libéralisme politique espagnole du dix-neuvième siècle, définissait l’Espagne comme un état unitaire et ne reconnaissait pas sa diversité nationale et linguistique. De ce fait, les oppositions et conflits ont été importants.

Tout d’abord, ce sont les bourgeoisies « périphériques », les moins intégrées dans l’appareil d’état, qui sont devenues les plus dynamiques.

Ensuite, à la différence de son homologue français, le libéralisme espagnol n’est jamais parvenu à se gagner le soutien de la paysannerie, qui s’est opposée au capitalisme agricole et qui a été manipulée par la réaction carliste, le légitimisme anti libéral espagnol, plus partisane de la décentralisation, du traditionalisme et du particularisme.

Ces faiblesses du libéralisme espagnol l’ont conduit à utiliser l’armée comme outil pour opérer le changement politique et imposer son programme, les fameux « pronunciamientos ».

Les guerres carlistes du dix-neuvième siècle ont également facilité une militarisation de la société et ruiné les finances publiques. Enfin, depuis la restauration bourbonienne, de 1874 à 1931, qui a suivi la première république, en 1873 et en 1874, les guerres africaines au Maroc, et l’obsession de l’unité de la patrie depuis la perte de Cuba et des Philippines ont transformé l’armée en un bastion contre-révolutionnaire et ultra-centraliste.

Si l’on ajoute à cela le retard chronique des infrastructures, l’énorme faiblesse de l’éducation publique et l’essor d’un mouvement ouvrier confronté à la fois à la bourgeoisie libérale et à l’aristocratie foncière, on peut saisir la nature fragmentaire, inégale et très contradictoire du capitalisme espagnol primitif, ainsi que les raisons profondes de l’échec de la révolution bourgeoise en Espagne.

Surgissement des mouvements nationalistes modernes

La marginalisation de la bourgeoisie industrielle catalane de l’appareil d’état depuis l’échec de la première république, puis la différentiation politique de la bourgeoisie basque, due à ses liens historiques avec le carlisme et à son rapport initial avec le capital britannique, expliquent l’apparition d’un nationalisme catalan, basque et, plus tard et avec ses propres spécificités, galicien, qui se sont enracinés dans la société, d’abord parmi les élites, puis parmi des couches petites bourgeoises et, finalement, dans les couches populaires, artisanat, paysannerie et des pans entiers du prolétariat de ces différentes nationalités.

Le caractère centraliste et militariste du libéralisme espagnol du dix-neuvième siècle et la nature éminemment rentière de l’oligarchie castillane et andalouse ont rendu plus difficile l’intégration du gros des bourgeoisies catalane et basque dans une bourgeoisie espagnole cohérente, tandis que l’origine semi-féodale de l’appareil d’état expliquait que celui-ci n’était pas fonctionnel au développement du capitalisme. Tout cela s’est cristallisé, pendant le dix-neuvième siècle, autour du conflit sur les politiques douanières, où se sont opposés les intérêts de la bourgeoisie catalane, protectionniste sur le plan des manufactures mais partisane de l’importation de nourriture bon marché, pour comprimer les salaires, et ceux d’une oligarchie terrienne castillane et andalouse libre-échangiste sur le plan des manufactures mais protectionniste par rapport à l’importation de céréales, pour stopper l’effondrement des prix des récoltes.

Ce conflit explique jusqu’à un certain point le fait que l’identité nationale espagnole se soit construite au moins partiellement sur la base de l’anti-catalanisme, dans la mesure où l’affirmation de la catalanité était la négation de l’hispanité et inversement. En ce sens, comme le constatait l’historien Pierre Vilar, les stéréotypes anti catalans sont très semblables à ceux de l’antisémitisme. L’égoïsme, l’avarice, ainsi que l’idée que les catalans forment un corps comploteur étranger à la nation, ont été des constantes, parfois conscientes, souvent inconscientes, dans la construction de l’identité nationale espagnole majoritaire.

Depuis la crise de 1909 et la perte des dernières colonies, le nationalisme bourgeois catalan n’aspirait plus à dominer l’état espagnol mais à lutter pour des marges croissantes d’auto gouvernement et pour récupérer des institutions politiques qui lui soient propres. Sa lutte contre l’état de la restauration explique ses alliances récurrentes et contradictoires avec les forces populaires sur le plan des revendications démocratiques.

On a ainsi vu se développer un rapport à la fois de collaboration et de concurrence entre le catalanisme politique et le mouvement ouvrier catalan, et cela malgré les vagues successives de migration en provenance d’autres zones de l’état.

Révolution et contre-révolution, de 1931 à 1939

La force du mouvement ouvrier, le débordement des secteurs bourgeois et l’hégémonie du républicanisme petit-bourgeois expliquent les dynamiques de la deuxième république. Le républicanisme libéral espagnol a été le seul mouvement nationaliste espagnol de gauche. Le républicanisme catalan a cependant été majoritairement nationaliste, tandis que le républicanisme basque demeurait sous hégémonie du parti nationaliste basque (PNV) catholique et conservateur.

La compréhension par de larges pans du socialisme et du communisme catalan de l’importance stratégique de la lutte d’émancipation nationale aide à expliquer la dynamique de révolution permanente vécue entre 1931 et 1937. Ces années ont été marquées par le passage de l’hégémonie, au sein de la mouvance nationale, de la bourgeoisie de la Lliga Catalana à la petite bourgeoisie de la gauche républicaine de Catalogne (ERC), entre 1931 et 1934, puis de celle-ci au prolétariat révolutionnaire, le POUM marxiste et la CNT anarchiste, entre 1935 et 1937, et finalement, après la défaite de la révolution, au parti qui représentait l’alliance du prolétariat réformiste et de la petite bourgeoisie antifasciste, le PSUC stalinien, entre 1937 et 1939. A l’inverse, le maintien de l’hégémonie du PNV pendant la république et la guerre en Euskadi s’explique avant tout par le refus, de la part du PSOE et pour partie de la CNT, des revendications nationales basques qui les a complètement isolés vis-à-vis des couches moyennes.

Le franquisme a représenté la forme extrême du nationalisme espagnol de matrice fasciste, il avait la prétention de revenir à l’Espagne impériale et était la synthèse parfaite du centralisme et de la contre-révolution. Son nationalisme forcené a été à la base de la radicalisation des nationalismes catalans, basques et galiciens et du surgissement de nouveaux nationalismes et régionalismes de masse à la fin de la dictature, Andalousie, Canaries, pan-catalanisme au Pays Valencien et aux Baléares, Aragon et Asturies.

De la transition à la crise de la deuxième restauration bourbonienne

Même si les grands partis de l’opposition antifranquiste, le PSOE et le PCE, reconnaissaient dans leur programme la pluri-nationalité de l’état et le droit à l’auto détermination, même s’ils défendaient la restauration de la république et la récupération de ses « statuts » d’autonomie, les revendications nationales ont été les premières à être enterrées par la politique des pactes avec les franquistes réformistes qui ont dirigé la transition. C’était aussi une condition sine qua non pour que l’armée ne torpille pas l’ouverture politique.

En Euskadi, l’hégémonie conquise par l’ETA dans la lutte anti franquiste, et le poids significatif de la gauche révolutionnaire dans la rue et dans les entreprises, le fait aussi que la constitution de 1978 n’y ait été approuvée que par une minorité d’électeurs, expliquent la persistance du conflit armé jusqu’à il y a seulement quelque mois.

Aujourd’hui, les effets combinés du sabotage des tentatives de réforme, plan Ibarretxe, reforme de « l’estatut » catalan, de l’impact de la crise et des politiques d’austérité, ainsi que des problèmes de financement des communautés autonomes, et encore de l’immobilisme du gouvernement du premier ministre espagnol Mariano Rajoy face au processus de paix en Euskadi, non rassemblement des prisonniers, maintien de la répression et rejet de toute négociation politique, ont généré une situation marquée par un développement de l’indépendantisme, notamment en Catalogne.

Cette situation a pour l’instant renforcé des options bourgeoises ou petites bourgeoises, mais celles-ci commencent à être débordées par une dynamique tendant à une rupture institutionnelle. La crise du régime de la constitution de1978 est en effet importante. Les scandales de corruption qui ont traîné dans la boue tous les partis ayant géré le système depuis la transition et une oligarchie des affaires, y compris le CEOE, le MEDEF espagnol, extrêmement discréditée, l’abdication du roi Juan Carlos, l’absence de crédibilité du pouvoir judiciaire, la chute dans les sondages du Parti Populaire, la droite espagnole au pouvoir, du PSOE et de CiU, la droite catalane, la montée d’options telles que Podemos, tout cela annonce des temps très, très intéressants.

La gauche anti capitaliste et la nouvelle situation politique catalane et espagnole

Ce que l’on a vécu le Dimanche 9 Novembre 2014 avec le référendum organisé par les autorités catalanes est historique parce que c’est le premier vrai bras de fer entre deux légitimités. D’un côté, celle du droit à décider des catalans, soutenue par environ quatre-vingt pour cent du parlement catalan et par le gouvernement autonome d’Artur Mas, de l’autre, un Parti Populaire qui navigue entre les condamnations et les menaces répressives. Résultat, une victoire importante pour Artur Mas et une grosse défaite symbolique pour le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui est apparu anti démocratique et faible aux yeux de l’extrême droite, ainsi que de la gauche et des courants nationalistes de l’ensemble de l’état.

La participation a été très élevée, plus même élevée que dans des référendums antérieurs tout à fait légaux, malgré les menaces répressives, mais il n’est pas évident qu’il existe déjà une majorité claire dans la population pour le « double oui », correspondant à un état propre qui soit aussi clairement indépendant. Telle était en tout cas la ligne défendue par la gauche révolutionnaire, car c’est la seule capable de bouleverser vraiment le statu quo, sans par ailleurs fermer la porte à la recherche de débouchés confédéraux ou même fédéraux.

Les tâches de la gauche anti capitaliste et de classe en Catalogne et en Espagne

Le plus probable est qu’Artur Mas ne parvienne pas à atteindre son objectif, consistant à regrouper sous sa direction les forces « nationales » qui se sont prononcées pour le « double oui », afin de remporter les prochaines élections, et cela, malgré la pression forte existant dans le sens d’une union « patriotique » pour l’indépendance, qui cacherait sous le drapeau les différents choix de société. Il revient à la gauche anticapitaliste de mettre en avant une candidature qui soit crédible à la fois sur le plan social et sur le plan national, c’est-à-dire capable de lier des objectifs sociaux et démocratiques.

A cet effet, il s’agit de regrouper le Processus Constituent, un rassemblement de militants sociaux très populaires et politiques très reconnus, et Podem, le Podemos catalan, pour former une alliance qui pourrait devenir la troisième force politique et essayer de contrer la montée en force de l’ERC, parti petit bourgeois catalan, que apparait vierge sur le plan national, mais est réalité tout à fait complice des politiques d’austérité.

Izquierda Anticapitalista mène à contre-courant un combat notable pour le droit à l’auto détermination dans l’ensemble de l’état espagnol, notamment au sein de Podemos, et rappelle qu’il n’y aura pas d’auto détermination en Catalogne ou ailleurs sans un changement de régime en Espagne, ni d’horizon républicain en Espagne sans des processus constituants coordonnés qui offrent un débouché politique aux mouvements souverainistes et indépendantistes catalans, basques et autres.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:17

La zone euro peut résister à une sortie de la Grèce, dit Berlin (Reuters)

Le gouvernement allemand pense que la zone euro sera maintenant en mesure de faire face à une sortie de la Grèce si celle-ci s'avère nécessaire, écrit le magazine allemand der Spiegel, qui cite des sources gouvernementales à Berlin.

La chancelière Angela Merkel comme son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, estiment que la zone euro a mis en oeuvre suffisamment de réformes depuis le pic de sa crise en 2012 pour pouvoir gérer une sortie de la Grèce, selon le magazine.

« Le danger de contagion est limité, car le Portugal et l'Irlande sont considérés comme guéris », déclare une source gouvernementale allemande que cite l'hebdomadaire.

De plus, le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), le fonds d'aide de la zone euro, est un mécanisme de sauvetage « efficace » et est désormais utilisable, relève une autre source. Les grandes banques seraient protégées par l'union bancaire.

Selon der Spiegel, le gouvernement allemand juge une sortie de la Grèce de la zone euro pratiquement inévitable si le parti de gauche Syriza, anti-austérité, remporte les élections législatives anticipées du 25 janvier 2015.

Le chef de file de Syriza, Alexis Tsipras, souhaite revenir sur les mesures d'austérité de ces dernières années et effacer une partie de la dette grecque s'il arrive au pouvoir à la faveur de ces élections, pour lesquelles les sondages donnent son parti en tête des intentions de vote devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre, Antonis Samaras.

Syriza devance ainsi les conservateurs au pouvoir de 3,1 points, selon une enquête de l'institut Rass que publie le journal Eleftheros Typos dans son édition dominicale, Syriza recueille 30,4% des intentions de vote, contre 27,3% pour la Nouvelle Démocratie.

Le sondage a été réalisé les 29 et 30 décembre 2014, alors que le candidat du pouvoir pour le poste de chef de l’état, Stavros Dimas, venait échouer à sa troisième tentative de se faire élire par les députés, ce qui a déclenché la dissolution du parlement et la convocation des élections législatives anticipées.

Syriza devance la Nouvelle Démocratie depuis des mois dans les sondages, mais son avance s'est quelque peu réduite ces dernières semaines.

Dans ce dernier sondage en date, 74,2% des personnes interrogées estiment que la Grèce doit rester dans la zone euro « à tout prix », contre 24,1% qui sont d'un avis contraire.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:09

Cécile Duflot part en guerre contre la loi Macron (Reuters)

Faire échec au projet de loi sur la croissance et l'activité est un devoir, estime Cécile Duflot, qui voit dans le texte porté par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, un « grand bond en arrière » en matière d'environnement et un « renoncement social ».

Dans une tribune publiée dans le Journal Du Dimanche, l’ancienne ministre de l’écologie déclare que le projet de loi n'est « qu’un catalogue fourre-tout de vieilles idées des années 1980 enfouies dans les cartons de Bercy. Non, la loi Macron n'est pas moderne. Elle est même d'un certain point de vue un grand bond en arrière, une occasion manquée de changer de modèle », écrit-elle en contestant qu'elle constitue « un coup de jeune pour notre société » comme l'a dit le président François Hollande lors de ses voeux du 31 décembre 2014.

« Beaucoup de critiques, souvent justes, ont ainsi pointé les risques sociaux du texte. Mais chose peu dite, ce projet de loi peut également marquer un net recul écologique du quinquennat », dit la responsable d'Europe Ecologie Les Verts.

Elle juge ainsi que la partie qui vise à simplifier le droit de l'environnement constitue dans les faits « un passage en force. La méthode proposée est dangereuse. Elle permet d'alléger par ordonnances toutes les mesures du code de l'environnement qui viendraient soi-disant gêner l'activité et la croissance » alors que, selon elle, le droit de l'environnement est « un droit de protection face à la logique de marché ».

Le projet de loi « porte aussi atteinte à la transition énergétique » avec des dispositions qui encouragent l'exportation de centrales nucléaires ou organisent la concurrence entre le rail et la route en libéralisant le transport par autocar, estime Cécile Duflot.

L'ancienne ministre voit encore dans l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche une « véritable régression, une menace pour la cohésion sociale », et s'inquiète que, en matière de logement, le projet de loi « encourage les pratiques spéculatives de la vente à la découpe qui menace les locataires aux faibles revenus. La modernité réelle serait d'inventer un nouveau modèle social écologique, capable de répondre aux deux grands défis de notre époque, le dérèglement climatique et la montée des inégalités », dit-elle.

« La lucidité oblige à constater que ce texte emprunte le chemin inverse. C'est pourquoi mettre en échec cette loi est un devoir pour tous ceux qui ont encore de l'espoir et veulent inventer le siècle qui vient ».

Présenté le mois dernier en conseil des ministres, le projet de loi Macron doit être examiné à partir de fin janvier au parlement.

Les « frondeurs » du Parti Socialiste, mais aussi l'ancienne premier secrétaire Martine Aubry, ont vivement critiqué plusieurs de ses dispositions, tout particulièrement celles sur le travail du dimanche. Des députés de l'opposition, comme les UMP Hervé Mariton et Frédéric Lefebvre, ont fait savoir qu'ils pourraient voter le texte.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 18:51

http://www.syriza-fr.org/2014/12/29/alexis-tsipras-une-large-alliance-electorale-pour-une-nouvelle-coalition-de-pouvoir

Large alliance électorale pour une nouvelle coalition de pouvoir

Par Alexis Tsipras

Dimanche 28 décembre 2014

Malgré son effort désespéré pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement Samaras s’effondre. La Grèce est sur le seuil d’un grand et historique changement politique. L’arrivée inéluctable d’élections et la perspective d’une grande victoire électorale de Syriza configurent déjà de nouvelles donnes.

Le climat change en Europe. Tous se font à l’idée que Syriza sera le gouvernement et qu’une nouvelle négociation va démarrer, avec comme enjeu une solution viable pour la dette et le dégagement de l’austérité pour la Grèce et l’Europe.

Un nombre croissant de médias internationaux d’information escomptent la victoire de Syriza aux imminentes élections comme un événement qui sera le début de la fin de l’austérité en Europe. Des officiels européens laissent de côté les exclamations de propagande et admettent qu’il n’y a pas d’autre choix pour l’Europe que d’accepter le choix démocratique du peuple grec. Alors même que des enseignes notoires d’analyse financière admettent dans leurs rapports que le plus probable scénario après la victoire électorale de Syriza serait le repli du leadership européen et l’acceptation d’un compromis avec le nouveau gouvernement grec, sans davantage d’austérité.

Toutefois, au moment même où certains en Europe s’adaptent et où certains, toujours plus nombreux, espèrent un virage plus large pour l’Europe par une victoire de Syriza, dans notre pays un establishment politique vieillot et en faillite, l’alliance politique du mémorandum, s’aperçoit qu’elle s’effondre et s’enrage.

Leur dernier appui est l’opération de chantage, de terreur est de peur. Cependant, la répétition de l’histoire aboutit habituellement à la farce. 2015 ne sera pas 2012.

Les annonces faites à la cafétéria de l’assemblée nationale et de l’extrême droite ne sont plus convaincantes pour personne.

Elles ne sont pas en mesure de dissimuler les accords préalables tacites qu’Antonis Samaras a déjà passés avec les bailleurs de fonds. Ce qui est réussi par ces annonces est de rendre encore plus manifeste l’angoisse de ceux qui les font.

Que cela leur plaise ou non, le peuple arrive de nouveau sur le devant de la scène et Syriza, avec le soutien du peuple, jouera un premier rôle dans un grand changement politique. D’ailleurs notre peuple se tournait toujours vers la gauche de combat et de transformation sociale lorsqu’il fallait lutter pour sa survie et pour sa dignité, sans succomber à la tentation de la lâcheté. C’est exactement la même chose qui se produit maintenant.

Syriza puise sa force du soutien d’une grande majorité sociale et politique qui lutte pour la dignité et la justice. Sa victoire électorale sera le début d’un grand effort national pour le salut de la société et la reconstruction du pays. Un effort national qui aura cependant un impact international, puisque notre responsabilité nationale est de frayer la voie d’une politique alternative en Europe, en transformant un pays de la zone euro de lieu d’expérimentation néo libérale en exemple de protection sociale et de croissance. De prouver que lorsque les peuples le veulent, lorsqu’ils ont foi en leurs forces, ils le peuvent.

Le premier pas sera la réalisation du « programme de Thessalonique » pour le traitement de la crise humanitaire. Ceci n’est pas négociable. Il ne crée pas de besoin pour de nouveaux emprunts et ne sera pas posé sur la table des négociations.

Avec le soutien et la confiance du peuple nous appliquerons notre programme et nous irons de l’avant. Le maintien de la Grèce dans la situation d’impasse actuelle n’existe même pas en pensée pour nous, encore moins donc ne pourrait être un choix sous aucune condition.

Sur la base de cet engagement, Syriza s’efforcera de rassembler autour d’elle le plus possible de forces du peuple afin d’avoir la majorité au nouveau parlement dans le but de réaliser son programme. Dans tous les cas, à la base de ce programme, nous nous efforcerons d’obtenir un large consensus.

Nous avons pleinement conscience que la gauche de combat et de transformation sociale se retrouve encore une fois sur le seuil de l’histoire pour assumer les tâches les plus difficiles, pour reconstruire sur les ruines d’une société soumise au pillage.

Pour cela aussi le gouvernement de Syriza ne sera pas le gouvernement d’un seul bord politique. Il sera le gouvernement du peuple tout entier.

Les militants et les cadres de Syriza ont pleinement conscience à la fois des possibilités et des difficultés qui se présentent devant nous. Syriza ne distribue pas des positions de pouvoir mais des positions de combat. Elle ne distribue pas des privilèges, elle distribue des responsabilités. La crise profonde de l’establishment politique ne touche pas Syriza et notre peuple le sait très bien. Syriza ne vient pas pour reconquérir les structures et les privilèges du pouvoir. Elle vient pour changer les structures et pour abolir les privilèges. Elle vient pour rendre de la justice, de l’équité et de la méritocratie.

Pendant la durée de la crise, nous avons gagné la confiance de la société parce que nous avons échappé au cadre étroit d’un comportement arrogant mais aussi au sectarisme. Nous avons parlé d’une large majorité sociale et politique en temps opportun. Nous avons parlé d’une nouvelle coalition de pouvoir. Cette proposition que nous avons énoncée a été largement approuvée aux élections de 2012.

Aujourd’hui, c’est l’heure pour la traduire en acte, l’approfondir et gagner la victoire en constituant une large alliance électorale aux bases solides d’un programme.

L’heure critique est arrivée. Et nous allons tous nous confronter à l’histoire. Notre devoir est de faire tout ce qui passe par nous pour que la victoire de notre peuple devienne encore plus large, encore plus certaine.

Pendant cette heure critique, il n’y a pas de place pour les arrières pensées.

Toute notre pensée, toute notre action, toute notre inspiration est pour la réussite.

Ensemble avec le peuple, tournons la page pour le pays.

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