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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 17:20

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/12/06/martine-aubry-porte-plainte-contre-le-hacker-ulcan_4535755_4408996.html

Martine Aubry porte plainte contre le hacker Ulcan

« J'ai également trouvé l'adresse de Martine Aubry et son numéro mais je n'ai pas encore décidé quelle sanction serait appropriée pour elle ».

Ces menaces, diffusées sur facebook, Jeudi 9 octobre 2014, ont valu au hacker Ulcan de faire l’objet d’une plainte de la part de la maire socialiste de Lille, ainsi que de la mairie, a indiqué l’entourage de l’élue Vendredi 5 Décembre 2014, confirmant une information d’iTélé.

Actif depuis plusieurs années sur la toile, ce pirate informatique pro-israélien, dont le vrai nom est Gregory Chelli et qui se présente comme un « militant sioniste » opérant depuis Ashdod, en Israël, s'est fait connaître du grand public ces derniers mois après une série d’attaques contre le site www.rue89.com, qui avait publié un portrait lui ayant déplu, fin juillet 2014. Harcelé par le hacker, le père du journaliste auteur du portrait était mort le premier octobre 2014.

Le parquet de Paris a ouvert fin septembre 2014 une information judiciaire, notamment pour « violences volontaires », distincte de celle qu'il avait ouverte début août 2014 sur des actes de piratage informatique qu'il avait revendiqués. Durant le mois d'octobre 2014, il avait également affirmé qu'il était à l'origine du piratage des sites internet de France Info et France Inter.

Début octobre 2014, la ville de Lille avait annoncé « mettre en veille temporairement » son jumelage avec la commune de Safed en Israël, en réaction aux bombardements de Gaza pendant l'été.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 17:06

http://www.lepoint.fr/monde/800-personnalites-israeliennes-appellent-l-europe-a-reconnaitre-la-palestine-07-12-2014-1887655_24.php#xtor=CS3-190

Huit cent personnalités israéliennes appellent l’Europe à reconnaître la Palestine

Dimanche 7 Décembre 2014

Les grands écrivains Amos Oz et David Grossman figurent parmi les signataires, alors que la question agite de nombreux parlements européens

Alors que l’assemblée nationale française vient de voter pour inviter le gouvernement à reconnaître l’état palestinien, huit cent personnalités israéliennes ont adressé à certains gouvernements européens une lettre leur demandant d'en faire de même, rapporte le quotidien israélien Haaretz. Parmi elles, les écrivains réputés Amos Oz, David Grossman et Avraham Yehoshua, mais aussi le prix Nobel d'économie Daniel Kahneman, psychologue et économiste, l'ancien président de la Knesset Avraham Burg ou l'ancien ministre Yossi Sarid.

« Votre initiative va promouvoir la paix »

Avant la France, les parlements suédois et espagnol ainsi que la chambre britannique des lords ont effectué cette démarche. La lettre a été envoyée aux parlements belge et irlandais, où un vote devrait se tenir cette semaine, ainsi qu'au parlement danois, qui devrait également entamer la discussion sur le sujet dans la semaine.

« Nous, citoyens d'Israël qui voulons la paix et la sécurité, sommes préoccupés par l'impasse politique et par la poursuite de l'occupation et de la colonisation qui ont conduit aux conflits avec les palestiniens et torpillé toute chance d'accord », peut-on lire dans cet appel. « Il nous apparaît clairement que les chances de survie d'Israël ainsi que sa sécurité dépendent de la création d'un état de Palestine sur la base des frontières de 1967 ainsi que de la reconnaissance de la Palestine par Israël et d'Israël par la Palestine. Votre initiative de reconnaissance de l’état de Palestine va promouvoir les chances de la paix et encourager israéliens et palestiniens à résoudre le conflit ».

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 16:34

Nouveaux heurts à Athènes entre policiers et manifestants (Reuters)

La police grecque a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser des manifestants Samedi 6 Décembre 2014 dans le centre d'Athènes, à l'occasion du sixième anniversaire de la mort d'un adolescent tué par les forces de l'ordre.

La mort d'Alexandros Grigoropoulos, quinze ans, tué par balle le 6 décembre 2008, avait provoqué plusieurs jours d'émeutes, les violences les plus graves dans la capitale grecque depuis de nombreuses années.

Samedi, les protestataires entendaient aussi apporter leur soutien à un jeune détenu qui observe une grève de la faim depuis le 10 novembre 2014, Nikos Romanos.

Le défilé a rassemblé environ six mille personnes dans le quartier d'Exarchia.

A la fin de la manifestation, environ deux cent manifestants vêtus de noir ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Deux magasins ont été incendiés et des dizaines d'autres endommagés. Le feu a également été mis à des voitures, à des distributeurs automatiques de billets et à des poubelles.

Des heurts avaient déjà eu lieu mardi dernier à Athènes, à l'issue d'une marche de soutien à Nikos Romanos, vingt et un ans, qui se revendique anarchiste.

Condamné pour vol en octobre dernier, le jeune homme a décidé de ne plus s'alimenter tant qu'on ne l'autorisera pas à suivre ses cours à l'université et a dû être hospitalisé. Il a reçu le soutien du principal parti de l'opposition, Syriza.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 16:08

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-grece-des-refugies-syriens-revent-d-ailleurs_1629757.html#xtor=AL-447

En Grèce, des réfugiés syriens rêvent d’ailleurs

Par Marina Rafenberg, correspondante de l’Express à Athènes

Dimanche 7 Décembre 2014

Près de deux cent réfugiés syriens campent dans le centre d’Athènes depuis plus de deux semaines. Ils réclament au gouvernement le droit de rejoindre d’autres pays européens.

A la tombée de la nuit, face au parlement grec, place Syntagma, des femmes se couchent à même le sol, des enfants écrivent des messages qu'ils accrochent à un sapin de Noël et des hommes ont déployé une banderole, « nous avons échappé à la guerre pour devenir des réfugiés clochards en Grèce ». Ces quelques deux cent réfugiés syriens, dont une vingtaine d'enfants, campent dans le centre d'Athènes depuis plus de deux semaines.

« Cette place est le symbole de l'injustice », dénonce Grorde, trente et un ans. La jeune femme n'a plus d'argent, le passeur et la location d'un appartement ont eu raison de ses économies. A la rue depuis près d'un mois, elle envisage de partir en Macédoine, dans le territoire de l’ancienne Yougoslavie, « que pouvons-nous faire », s'écrie-t-elle en pleurs. A ses côtés, Jamal Ouma est exaspéré, lui aussi, « ce n'est pas l'Europe telle que nous l'imaginions. Le gouvernement grec ne peut rien pour son peuple, pourquoi nous aiderait-il ».

Avocat au sein du conseil grec pour les réfugiés, Spiros Kouloheris semble désemparé, « dans l'attente de l'étude de leur demande d'asile, les familles sont sans logement, elles n'ont pas accès aux soins gratuits, les enfants ne peuvent pas aller à l'école. Même quand ils obtiennent le statut de réfugié, ces droits ne leur sont pas garantis. Seuls mille cent logements sont prévus dans tout le pays pour les réfugiés. C’est trop peu, bien sûr ».

Conscients des difficultés que traverse la Grèce, nombre de réfugiés demandent seulement le droit de partir afin de rejoindre un autre pays européen. Une dizaine d'entre eux ont entamé il y a une semaine une grève de la faim. Emmitouflé dans sa doudoune, Alameddin, tient une pancarte qui indique depuis combien de jours il a cessé de s'alimenter. « Ce pays ne respecte pas nos droits », soupire-t-il.

« Les réfugiés nous demandent de leur fournir un laissez-passer vers d'autres pays membres de l'Union européenne, mais Bruxelles nous l'interdit », affirme Vassilis Chronopoulos, conseiller au ministère des affaires étrangères. La seule solution, pour eux, est de demander l'asile en Grèce. Nous tentons d'établir un plan d'accueil d'urgence, mais nous sommes débordés par l'augmentation du nombre d'arrivées, ces derniers mois. Nous avons appelé nos partenaires européens à plusieurs reprises à nous aider à gérer ce flux migratoire ».

Selon le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’ONU, vingt-huit mille cinq cent syriens ont été enregistrés en Grèce de janvier à octobre 2014, soit vingt mille de plus que pour toute l'année 2013. L'Union Européenne a mis à la disposition de la Grèce près de trois cent millions d'euros en 2013 et en 2014 pour gérer les questions liées à l'immigration. Seuls deux pour cent de ces fonds sont consacrés au droit d'asile.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 19:25

http://www.amna.gr/english/articleview.php?id=7713

Le parlement actuel n’élira pas le président (Athens Macedonian News Agency)

Samedi 6 Décembre 2014

Le leader de Syriza Alexis Tsipras dans son allocution Vendredi 5 Décembre 2014 à l’école de droit de l’université de Belgrade a exprimé sa certitude que le parlement grec actuel n’élira pas le président de la république et que le pays sera conduit à des élections anticipées. « En ce moment, la majorité du peuple grec n’est pas d'accord avec la politique d'austérité qui a détruit le pays. Le plus probable est que les élections présidentielles seront un échec et que le pays sera amené à des élections nationales » a-t-il noté.

Le leader de l'opposition a estimé que ces élections anticipées entraîneront un renversement en Europe et donneront à Syriza la majorité absolue dans le prochain parlement. « Cela constituera un développement très important et énorme et ce sera un tremblement de terre qui va secouer toute l'Europe et permettra de créer une dynamique similaire dans les autres pays d'Europe du Sud », a-t-il souligné et il a ajouté que « je suis certain que vous sentirez aussi ce tremblement de terre à Belgrade » estimant que « la victoire de Syriza sera d'une grande importance pour la politique européenne et pour le parcours d'adhésion de la Serbie ainsi que pour les Balkans occidentaux ».

En réponse à une question sur les provocations turques et la capacité de défense de la Grèce, Alexis Tsipras a déclaré qu'à son arrivée samedi à l'aéroport international d'Athènes, il rencontrera le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. « La Turquie continue à provoquer en violant les droits souverains de la république de Chypre par l'envoi du navire de recherche Barbaros et de navires de guerre dans les eaux territoriales de Chypre. Nous devons convaincre nos voisins, et vous devez convaincre vos voisins albanais, que les provocations et la violation de la loi internationale n’auront pas de résultat positif ».

Se référant à la force défensive de la Grèce, le leader de Syriza a noté que « la Grèce a perdu une grande partie de sa puissance économique et géopolitique, mais elle maintient totalement sa capacité défensive ».

Dans son allocution à la faculté de droit, Alexis Tsipras a évoqué les dangers qui émergent par la montée du nationalisme dans la péninsule balkanique. Il a fait une référence spéciale à l'Albanie, à la Bosnie et à la Macédoine, disant que les dirigeants politiques de la Macédoine « continuent de nier les sérieux efforts pour la solution de la question du nom ».

Le principal leader de l'opposition a également évoqué la crise économique en soulignant que toutes les mesures mises en œuvre en Grèce ont échoué et qu’aujourd'hui le pays est dans un état pire que ce qu’il était avant la crise. « Les centres de pouvoir en Europe qui ont imposé la politique d'austérité n’ont pas prévu que l'agitation sociale prendrait des caractéristiques politiques ». Il a également estimé que le mouvement de réaction qui « a commencé en Grèce va bientôt se répandre dans de nombreux pays ».

Alexis Tsipras a proposé que le modèle de crise de la dette appliqué en Allemagne en 1953 soit mis en œuvre en Grèce et dans d’autres pays en déclarant « qu’il serait indécent pour le gouvernement allemand de ne pas offrir la solidarité que les autres pays ont montré à l'Allemagne quand elle a fait face à un problème similaire ».

En outre, se référant à la politique étrangère de l'Union Européenne, Alexis Tsipras a déclaré qu’elle devrait être revue. « L’Union Européenne a besoin d'une nouvelle politique étrangère qui respecte les relations historiques avec les Etats-Unis et en parallèle préserve la coopération avec la Russie », notant que « la sécurité européenne ne peut être assurée sans accord avec la Russie ». Il a également noté la nécessité pour l’Europe « de faire face aux phénomènes inquiétants du fascisme et du djihadisme qui menacent l'humanité ».

Se référant à la région, il a déclaré que « l’Union Européenne doit et devrait directement condamner les provocations turques contre Chypre qui est un de ses états membres ».

Il a demandé la mise en œuvre du droit international au Kosovo, notant que la question devrait être résolue sur la base d'une solution mutuellement acceptée, ajoutant que « la Grèce ne reconnaît pas le Kosovo, car cela ne contribuerait pas à la stabilité dans la région ».

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 18:15

http://www.lemonde.fr/decryptages/article/2014/12/04/avec-les-combattants-de-kobane_4534164_1668393.html

http://www.institutkurde.org/info/avec-les-combattants-de-kobane-1232550854.html

Avec les combattants de Kobané

Par Edith Bouvier, envoyée spéciale du Monde à Kobané

Jeudi 4 Décembre 2014

Dès que le soleil se couche sur les montagnes de Kobané, les premières frappes de la coalition commencent à retentir. Elles viennent presque toujours par deux, comme un terrible écho.

D’abord, le moteur de l’avion, puis les explosions, très rapprochées, font vibrer les murs des dernières maisons encore intactes. « Au moins, ici, on n’a pas besoin de craindre que les bombes nous tombent dessus, comme dans le reste de la Syrie », plaisante Mustapha en regardant le ciel. Au début de la révolution, ce jeune homme travaillait à Alep, dans le nord de la Syrie. Là-bas, il a connu la violence des barils d’explosifs que largue le régime du président Bachar al Assad sur sa population.

Depuis le 16 septembre, l’Etat Islamique tente de s’emparer de Kobané, une ville kurde frontalière avec la Turquie. Malgré le soutien des frappes de la coalition, les kurdes n’ont pas pu empêcher les djihadistes d’entrer dans la ville, le 6 octobre. Depuis, les combattants kurdes syriens, aidés de volontaires de l’Armée Syrienne Libre (ASL) ainsi que d’un bataillon de cent cinquante peshmergas du Kurdistan d’Irak lourdement armés, avancent rue après rue pour reconquérir leur ville. Ils auraient repris le contrôle de près de soixante-dix pour cent du territoire aux djihadistes. Après plusieurs jours de combats, ils sont enfin parvenus à s’approcher du bâtiment du conseil local, un symbole important pour les habitants.

Avant de pénétrer à l’intérieur, un groupe de soldats patrouille dans le quartier et tente d’éliminer les dernières poches de résistance. La zone n’est plus, comme presque toute la ville, qu’un champ de ruines. Plus de rues, des maisons éventrées par les bombes, les traces de vie englouties par les gravats. Et, partout, cette odeur de mort qui colle aux vêtements. Puis les hommes s’approchent, pas à pas, du bâtiment. Ils inspectent chaque recoin. « Les djihadistes ont la mauvaise habitude de fabriquer des explosifs maisons et de les dissimuler dans les voitures ou les maisons avant de fuir. On n’a aucun matériel pour déminer, alors on doit avancer prudemment. Nettoyer mètre après mètre », explique Mehsun, l’un des chefs kurdes.

La route à sa droite est barrée par de grands draps pour se protéger de la vue des snipers de l’Etat Islamique. Alors qu’il passe devant, trois balles sifflent tout près de lui. Quelques secondes pour reprendre son souffle, puis Mehsun éclate d’un grand rire bruyant. Il dénoue le foulard fleuri attaché autour de son cou et le brandit en dansant. Trois pas de côté, les obus qui continuent de tomber ramènent le jeune homme à la guerre. Il attrape son talkie-walkie et vérifie les positions de ses hommes, leur donne des consignes.

Du thé et des armes

Une frêle jeune fille ajuste son blouson et grimpe deux à deux les marches de l’immeuble. Elle s’allonge sur des sacs de débris, sur la position du guetteur. « Les djihadistes de l’Etat Islamique ne sont qu’à une dizaine de mètres. Si l’on se tait, on pourra peut-être les entendre ». Quelques secondes de calme, puis Perwin se met à chanter. Une voix claire et triste, une histoire de guerre et d’amour. Elle éclate de rire. « Ils détestent nous entendre chanter. On les a entendus dans les talkies walkies l’autre jour dire que les démons arrivaient, ils parlaient de nous ». Elle sourit encore. « Leur hargne renforce encore notre courage. On va au plus près d’eux pour les narguer et les déstabiliser. Ils veulent transformer les femmes en esclaves sexuelles ? On doit leur apprendre à nous respecter. Et venger ce qu’ils ont fait à nos sœurs, ici mais aussi les yézidies en Irak ». Une ombre semble se déplacer, elle ajuste son arme et tire plusieurs balles.

Perwin a rejoint les unités de femmes combattantes kurdes (YPJ) dès le début de la révolution syrienne, en 2011. A la fin de sa formation, elle s’est rendue sur le front des combats et n’est plus jamais retournée chez elle. Officiellement, les combattants n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone portable sur le front. C’est par hasard, quelques jours plus tôt, que Perwin a croisé son père au détour d’une rue, fusil à l’épaule. Quand elle raconte ses retrouvailles, ses yeux se mouillent. « Mon père est fermier, il a un troupeau de moutons dans un des villages à l’est de Kobané. Je l’avais laissé là quand je suis partie en 2011 ». Quelques secondes de silence, « je suis fière. Ce n’est plus vraiment mon père, c’est comme mon frère d’armes maintenant ».

Assis au rez-de-chaussée de cette maison, à deux rues du front, les combattants boivent du thé et nettoient leurs armes. Certains s’installent dans un coin et dorment quelques heures. Ce soir, ils reprendront leur tour de garde. De jour comme de nuit, les djihadistes tentent quotidiennement de forcer l’accès à la ville. Sur la ligne de front, combattants kurdes et soldats de l’ASL se partagent les positions. Mais pas les idéaux, alors que les kurdes se battent essentiellement pour défendre leur ville, les autres viennent de tout le pays pour prôner les idéaux de la révolution syrienne et une unité du pays.

« Vermine »

A l’est de la ville, de profondes tranchées ont été creusées pour protéger les hommes pendant leurs déplacements. Abou Leila en sort en courant, suivi de plusieurs hommes, et monte sur un pick-up armé d’un lance-roquettes. La voiture démarre en trombe et se rapproche encore des lignes ennemies.

C’est le chef de Shams al Shamal, l’une des plus importantes brigades de l’ASL à Kobané. Avec ses hommes, il a dû fuir Rakka quand la ville est tombée sous le contrôle de l’Etat Islamique, l’an dernier. « Depuis, j’ai une revanche à prendre contre eux. Je pense que c’est la pire maladie que la révolution syrienne ait contractée. Autant on peut discuter avec ceux qui défendent encore le régime syrien. Ce sont des syriens comme nous. Mais on ne peut pas parler avec ces barbares. Ils viennent du monde entier pour se faire exploser ici et tuer nos familles. Il faut qu’on se débarrasse de cette vermine ».

Début novembre, Abou Leila et ses hommes ont retrouvé un djihadiste encore en vie au milieu des décombres d’une de leurs bases. « On l’a interrogé pendant plusieurs heures, puis il est mort des suites de ses blessures. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont de bons combattants, ils ont de bons stratèges militaires, et surtout, ils sont prêts à mourir ». A chaque avancée, les troupes récupèrent des armes légères, des munitions, mais aussi des talkies walkies et parfois même des papiers d’identité.

A l’abri d’une maison, l’un des leaders kurdes nous montre un vieil appareil, relié à une batterie de piles par des câbles pleins de ruban adhésif jaune. Il tourne un bouton et règle le canal de transmission. Aussitôt, des voix se mettent à parler en russe, « du tchétchène », précise Jamil Mazoun. « Heureusement, on a quelques traducteurs ». Des hommes se parlent, échangent des informations sur une localisation. Puis un dialogue en anglais, « où êtes-vous ? Comment cela se passe ».

L’autre voix est moins audible, le son brouillé. Le chef bouge un peu l’appareil, mais rien n’y fait. L’interlocuteur doit être trop loin. « On capte leurs conversations sur six kilomètres. Cela nous permet d’appréhender leurs déplacements et les approvisionnements en armes. On peut ainsi coordonner les frappes aériennes avec les responsables de la coalition internationale ». Il s’interrompt. L’appareil grésille encore. Cette fois, un homme parle en français. Une liste d’armes. Puis le son se brouille à nouveau.

Depuis le début des combats à Kobané, quelque deux mille djihadistes de l’Etat Islamique auraient été tués. Tous les corps retrouvés ont été enterrés au nord de la ville, tout près de la frontière turque, une longue dune de terre, pas d’insignes particuliers, pas de drapeau. « On garde toutes les informations sur leurs identités, mais on ne va pas leur rendre hommage non plus », s’énerve Farhad en désignant les lieux. A quelques mètres de ce cimetière, plusieurs enfants jouent au football. Les familles commencent à revenir dans la ville. Malgré la guerre, le froid qui se fait de plus en plus mordant les contraint à venir s’abriter entre les lignes de front. Farhad regarde autour de lui, le drapeau turc est tout proche. « Partir pour vivre sous une tente en Turquie ? Je préfère encore rester sur mes terres, avec mon bétail ».

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 17:49

http://www.cuartopoder.es/deidayvuelta/2014/12/04/mauricio-valiente-parece-razonable-que-tania-sanchez-sustituya-gregorio-gordo/949

Interview de Mauricio Valiente, candidat d’Izquierda Unida à la mairie de Madrid

« Il est raisonnable de remplacer Gregorio Gordo par Tania Sanchez

Jeudi 4 Décembre 2014

Mauricio Valiente, né à Madrid en 1966, a été élu dimanche dernier candidat d'Izquierda Unida aux élections municipales en 2015. Il s’est produit après une semaine intense avec des accusations de part et d'autre sur le recensement et la séparation en deux urnes des voix des partisans et affiliés. Mauricio Valiente a remporté les deux sondages, avec mille huit cent soixante-quinze voix contre mille cinquante-quatre voix à Raquel López. La candidature commune avec Tania Sanchez a également gagné dimanche dernier. Il fait partie du courant politique critique qui représente, en attendant le résultat des élections primaires, quarante-neuf pour cent de la communauté de Madrid d’Izquierda Unida.

Maintenant, dit-il, la situation a changé. Il répond à www.cuartopoder.es à l’assemblée de Madrid, où il est député, après une réunion avec une députée palestinienne.

Miguel Munoz. La campagne pour les élections primaires a-t-elle été dure comme elle apparaissait à l’extérieur ?

Mauricio Valiente. Non, c’était une campagne très intense qui a mobilisé de nombreuses personnes. Pour moi, c’est la preuve qu’Izquierda Unida a des ressources et des capacités de mobilisation. Évidemment, dans toute compétition il y a un élément de contestation à gérer et je pense que nous l’avons mal géré. La confrontation a toujours plus de visibilité qu’un élément positif. Mais je pense que, vu dans son ensemble, elle n'a pas été aussi tendue. C’était une grande opportunité, et si nous mettons dans la balance les éléments positifs et négatifs, les éléments positifs étaient les plus importants.

Miguel Munoz. Que voulez-vous dire quand vous dites que le conflit a été mal géré ?

Mauricio Valiente. Je pense qu'il a été tenté d'utiliser organiquement ce qui était clairement un faux lièvre, l'infiltration présumée de Podemos et le résultat a démontré que c’était faux. Les sympathisants ont voté dans un sens tout à fait semblable aux affiliés. Cette mauvaise gestion a inutilement tendu ce qui était une confrontation logique des personnes, des façons d'aborder ce qu’est la politique d’Izquierda Unida. Je pense que les informations qui ont émergées à propos de Tania Sanchez étaient gérées de façon contradictoire par certaines personnes dans l'organisation et que cela n'a pas aidé.

Miguel Munoz. Comment avez-vous ressenti le résultat des élections primaires et votre victoire ?

Mauricio Valiente. Nous avons ressenti de la joie, parce que nous avions suscité un grand enthousiasme, et je pense que si nous n’avions pas gagné, les possibilités d’Izquierda Unida auraient été inférieures. Cela aurait été une grosse déception pour beaucoup de gens qui ont été mobilisés.

Miguel Munoz. Quelles sont les raisons de l’analyse selon laquelle vous et Tania Sanchez aviez plus de force à l'extérieur, auprès des sympathisants ?

Mauricio Valiente. Parce que je pense que nous vivons un moment historique. Et les gens comprennent. La façon dont nous avons géré Izquierda Unida pendant de nombreuses années dans la Communauté de Madrid a provoqué notre neutralisation. Ce n’est pas un point de vue seulement interne, mais principalement un point de vue extérieur. Les gens ne veulent pas seulement un changement mais ils en ont besoin. Dans la campagne que nous avons vécue, il y a eu la mobilisation et l'enthousiasme. Si nous n’avions pas gagné, cela aurait été différent. Ce n’est pas modeste de parler à la première personne, mais je pense que c’est ainsi.

Miguel Munoz. Les résultats, dans lesquels les affiliés vous ont également donné la victoire, inversent-ils les classiques quarante-neuf pour cent contre les cinquante et un pour cent de la Communauté de Madrid d’Izquierda Unida au cours des dernières années ?

Mauricio Valiente. Je pense qu'il y a une réalité, les mécanismes ouverts de participation donnent une image beaucoup plus réaliste que lorsqu’ils sont tamisés à travers des processus intermédiaires où les appareils ont un plus grand contrôle. C’est un élément positif, avoir à ajuster la réalité politique d'une organisation à son reflet dans les organes. Nous sommes déjà à un moment où ces pourcentages ont cessé d'avoir un sens pour tout ce qui s’est passé.

Miguel Munoz. Eddy Sanchez a démissionné lundi de son poste de coordinateur régional de la Communauté de Madrid d’Izquierda Unida. Comment évaluez-vous cette histoire ? Pensez-vous que quelqu'un d'autre devrait démissionner après ces élections primaires ?

Mauricio Valiente. Pour moi, c’est une surprise. Une évaluation collective était nécessaire avant de prendre une décision à cet égard. Je comprends que la gestion de la dernière semaine de la campagne des élections primaires a influencé cette décision. À la suite des élections primaires et de cette démission, nous devons former une nouvelle direction collective qui réponde aux besoins de ce nouveau moment politique. Nous devons prendre des mesures concrètes et c’est le scenario immédiat. Ce n’est pas une question de démission, mais de conformer cette direction à tous les secteurs et à la réflexion sur la nouvelle réalité politique qui sort des élections primaires. C’est le bon sens.

Miguel Munoz. La question immédiate de la Communauté de Madrid d’Izquierda Unida serait-elle cette direction collective ? Faut-il une assemblée extraordinaire pour élire ce nouveau coordinateur ?

Mauricio Valiente. Nous avons un scénario qui est qu’il faut intervenir en politique. Notre défi est la convergence, l'unité, la consolidation du travail de l'organisation et l'élaboration de listes. Faire maintenant une assemblée extraordinaire, je pense que c’est une tâche qui intérioriserait et diminuerait nos forces. Je pense que ce processus devrait avoir lieu après les élections. Maintenant, avec responsabilité, nous pouvons construire une direction collégiale qui permet de diriger ce moment. Nous devons tous être très ambitieux pour Izquierda Unida et généreux, comprendre qu'il y a eu une déclaration claire sur le projet politique. Nous devons être cohérents et marcher dans ce chemin.

Miguel Munoz. Il est également venu en débat la nécessité de changer le porte-parole du groupe parlementaire d’Izquierda Unida à l'Assemblée de Madrid, qui est actuellement Gregorio Gordo. Il a dit qu'il ne démissionnera pas. Pensez-vous que la personne agissant comme porte-parole à partir de maintenant devrait être Tania Sanchez ou vous ?

Mauricio Valiente. Ce sont deux questions différentes. Il y a une première question sur la gestion des résultats des élections primaires et la visibilité des candidats. Cela devrait être fait d'une manière naturelle, la discussion sur comment les organes de direction continuent de travailler sur cette ligne. Il serait bon de renforcer la visibilité de Tania Sanchez et il semble raisonnable qu’elle puisse remplacer Gregorio Gordo. Une autre chose est que nous attendons l'exécution d'une série de mesures prises par Izquierda Unida au niveau fédéral qui affectent les porte-paroles actuels pour un sujet différent. Ce doit être respecté et c’est en attente. Mon avis, je l’ai toujours dit, est qu’avec un peu de recul, la responsabilité politique est nécessaire. Le moment politique et la réflexion qui a été faite doivent être concrétisés par ce recul.

Miguel Munoz. Ces mesures concernent-elles la question de la Caja Madrid et la demande de démission de Gregorio Gordo et d’Angel Perez ? Qu’attendez-vous de la direction fédérale d’Izquierda Unida sur cette question ?

Mauricio Valiente. C’est cela. Nous sommes une organisation qui discute de tout mais avec une discipline ferme, parce que c’est la garantie que la démocratie interne l'emporte sur les intérêts particuliers. Une fois que l'organisation a définitivement pris une décision, il n’y a pas d’autre mesure que son application immédiate.

Miguel Munoz. Gregorio Gordo a dit que l'attitude de Tania Sanchez était « peu présentable » par rapport à certaines informations sur son mandat en tant que conseillère de Rivas. Elle s’est déjà défendue tout au long de la semaine. Quelle valeur donnez-vous à cette question et comment vous a-t-elle touché personnellement ?

Mauricio Valiente. Cela ne m'a pas affecté. Je l’ai vécu comme une réaction de la droite médiatique et politique de cette région et de cette ville face à la perspective de perdre leur impunité depuis si longtemps, comme un signe de son talent et face à la véritable horreur de ce qui pourrait être un changement. Personnellement, cela a entraîné une plus grande conviction que le chemin est correct. Et Tania Sanchez a fait ce qu'il fallait faire, donner des explications pertinentes, dans l'organisation, sur la gestion de la ville de Rivas. Contre cela, dire autre chose n’est pas la vérité. Il n’y a pas l’ombre d'un doute que son attitude a été exemplaire, en mettant les explications sur la table, je pense que cela ne nous aide pas. En interne, cela a créé des tensions inutiles, qui a conduit à une situation de crise avec la démission du coordinateur.

Miguel Munoz. Dimanche, vous avez dit que vous allez travailler avec toutes les forces dans Ganemos Madrid. Il a déjà été publié un projet des élections primaires, mais il est sujet à débat. Quel est le chemin qui est présenté à ces élections primaires, qu’est ce qui est prévu ?

Mauricio Valiente. Ce n’est pas une décision personnelle, mais un débat collectif avant les élections primaires. Un engagement concret de travailler à tous les niveaux et une réalité qui est déjà établie. Pour aboutir, il nous oblige à travailler comme une seule personne. C’est quelque chose que tout le monde comprend comme l’opportunité d’un changement politique dans notre ville depuis la transition. C’est la contribution que nous pouvons faire. Faire une faute ou mettre des bâtons serait une erreur historique. Je suis convaincu qu’Izquierda Unida ne le fera pas.

Miguel Munoz. Il y a un problème clé qui est la forme juridique. En fait, dans des villes comme Cordoue, Izquierda Unida ne participera pas à la convergence parce qu'il a été décidé que Ganemos soit présenté comme un groupe d'électeurs. Que se passera-t-il si à Madrid vous choisissez cette voie et pas une coalition de partis ?

Mauricio Valiente. Ganemos Madrid est une candidature pour construire un programme clair de changement et d’hégémonie institutionnelle de la force sociale que nous avons démontré au fil des ans. Nous prétendons être quelque chose de plus, un instrument en plus des organisations politiques et sociales. Nous ne pensons pas que la forme juridique neutralise cette force. Ce que nous avons dit clairement, c’est qu’Izquierda Unida peut apporter et peut continuer d’apporter beaucoup. Je ne pense pas que quiconque veut nous emmener à la décision de ne pas participer à Ganemos parce que nous serions obligés de nous dissoudre. Nous ne nous sommes jamais dissous et nous ne le permettrons pas. Je pense que cela sera entendu. Avec la même fermeté que nous allons nous battre pour l'unité, nous allons le faire pour le respect des formes d'organisation qui vont converger dans cette expérience. Je vais prendre l'exemple de Guanyem Barcelone, qui a compris. Évidemment, cela va coûter beaucoup parce de multiples processus doivent être bien gérés.

Miguel Munoz. Certains de vos détracteurs vous accusent de vouloir dissoudre Izquierda Unida et entrer dans Podemos. Y a-t-il une certaine crainte à Podemos et quelle importance peut-elle avoir ?

Mauricio Valiente. Ceux qui ne sont pas sûrs de leurs convictions et de leurs positions, ce sont ceux qui ont peur de la confrontation et de la convergence. Nous devons maintenir une référence permanente à notre identité. Je n’ai aucun doute sur l'identité et l'importance d’Izquierda Unida. Par conséquent, je n’ai aucune crainte. Nous devons organiser un processus de convergence dans lequel la décision de la majorité des citoyens déterminera la force d’une formation ou d’une autre. Nous ne sommes pas des ennemis, nous avons un accord programmatique et nous avons des différences et des similitudes.

Miguel Munoz. Quelle serait la première mesure que prendrait un gouvernement municipal immédiatement après sa formation ?

Mauricio Valiente. Ce sera un audit citoyen de la dette, parce que je pense que c’est le mécanisme pour clarifier ce qui a été la collusion du pouvoir politique et économique dans notre ville. Et il va nous permettre de lancer une nouvelle action politique comptant sur la mobilisation des citoyens et exigeant que les priorités de la municipalité ne soient ni le paiement de la dette ni la privatisation, mais l'action sociale.

Miguel Munoz. La vente de biens publics au fonds d’inversion a signifié beaucoup de problèmes pour les citoyens de Madrid. Comment pourrez-vous inverser cette situation?

Mauricio Valiente. Nous doutons de sa légalité et il existe plusieurs recours devant les tribunaux. Dans tous les cas, la ville doit soutenir le logement public. L’entreprise municipale pour le logement (EMV) est un instrument fondamental et elle doit prendre une série de mesures pour augmenter le parc public. Nous avons besoin d’investir dans EMV et d’utiliser le moyen de la fiscalité municipale pour sanctionner les maisons vides et forcer de cette manière leur location pour couvrir les besoins sociaux. Nous n’avons pas besoin de construire plus de logements, il faut se concentrer sur la location et la réhabilitation.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 17:11

http://www.nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article55&lang=fr

Informations importantes sur la situation en Grèce

Par Yannis Youlountas, membre de l’assemblée d’occupation de l’Ecole Polytechnique d’Athènes

Samedi 6 Décembre 2014

Alors que les médias européens n’en parlent pas du tout, n’hésitez pas à faire circuler, merci de votre soutien.

Les manifestations, émeutes et occupations se multiplient chaque jour à Athènes et ailleurs en Grèce, depuis fin novembre 2014. Notamment à cause de la tyrannie du pouvoir à l’égard de Nikos Romanos, jeune prisonnier de vingt et un ans en grève de la faim, privé de la possibilité d’étudier et particulièrement maltraité. Nikos Romanos est, de surcroît, l’ami d’enfance d’Alexis Grigoropoulos, tué le 6 décembre 2008, à l’âge de quinze ans, par un policier dans le quartier d’Exarcheia à Athènes, ce qui avait provoqué un mois d’émeutes retentissantes dans toute la Grèce. Nikos Romanos est naturellement devenu le nouveau symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation.

Athènes sur un volcan

Six ans après le mois de décembre 2008, l’atmosphère est à nouveau insurrectionnelle à Athènes et ailleurs en Grèce. Tous les ingrédients sont réunis pour faire du mois de décembre 2014, peut-être, un grand moment historique. Jusqu’à quel point et à quelles conditions ?

Depuis la fin du mois de novembre, les manifestations, émeutes, actions ciblées et occupations se multiplient un peu partout en Grèce, dans le silence total des medias européens. La cause principale est la situation du jeune prisonnier anarchiste de vingt et un ans, Nikos Romanos, qui est devenu un symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation.

Nikos Romanos est l’ami d’enfance d’Alexis Grigoropoulos, symbole des émeutes de 2008

Nikos Romanos est l’ami d’enfance d’Alexis Grigoropoulos, assassiné à l’âge de quinze ans par un policier dans le quartier d’Exarcheia à Athènes. Un quartier réputé pour ses révoltes historiques et ses nombreuses initiatives autogestionnaires et solidaires. Un quartier dans lequel la liberté, l’égalité et la fraternité ne sont pas des mots jetés à l’abandon au frontispice de monuments publics glacés de marbre. Nikos Romanos a vu son ami mourir dans ses bras le soir du 6 décembre 2008. Profondément révolté, il s’est par la suite engagé dans l’anarchisme révolutionnaire et a dévalisé une banque pour financer son groupe qualifié de terroriste par le pouvoir. Après avoir été torturé, notamment au visage, lors de son arrestation, il a finalement réussi à obtenir son baccalauréat en prison, mais se voit aujourd’hui refuser la possibilité de poursuivre ses études. C’est pourquoi, depuis le 10 novembre dernier, Nikos Romanos est en grève de la faim. Son état s’est progressivement dégradé, notamment au niveau cardiaque, malgré ses vingt et un ans, et il a été transféré sous haute surveillance à l’hôpital Gennimatas d’Athènes devant lequel manifestent régulièrement des milliers de personnes qui parviennent parfois à dialoguer avec lui à travers les grilles de sa fenêtre. En solidarité avec Nikos Romanos, un autre prisonnier politique, Yannis Michailidis, s’est mis en grève de la faim le 17 novembre au Pirée, suivi par deux autres, Andreas Dimitris Bourzoukos et Dimitris Politis, depuis le premier décembre. Le gouvernement grec vient de confirmer son refus de permettre à Nikos Romanos de poursuivre ses études et préfère le laisser mourir, non sans faire preuve d’ironie. Des petites phrases assassines et provocatrices qui ne font qu’augmenter la colère populaire et les nombreuses protestations des organisations anarchistes et anti autoritaires jusqu’à celles de Syriza, principal parti de la gauche critique, qui est annoncé vainqueur des prochains élections en Grèce. Bref, le contexte politique est particulièrement tendu, à tous points de vue.

L’Ecole Polytechnique, symbole de la chute de la dictature des colonels

Dans cette ambiance de fin de règne, parmi d’autres initiatives solidaires, l’Ecole Polytechnique est à nouveau occupée depuis le premier décembre, quarante et un ans après avoir défié avec succès la dictature des colonels en novembre 1973, au cours d’une occupation similaire pour défendre une radio libre qui s’opposait au régime autoritaire. Les CRS suréquipés viennent d’échouer par deux fois dans leurs tentatives de nous déloger, notamment le 2 décembre au soir, à la fin d’une manifestation fleuve qui s’est terminé avec plusieurs banques dégradées ou brûlées. Parmi d’autres obstacles de circonstance, un bus a même été transformé en barricade incandescente sur l’avenue Stournari, à Exarcheia, et les affrontements ont duré une bonne partie de la nuit. Douze insurgés arrêtés ont été violemment frappés, au point que trois d’entre eux souffrent de fractures du crâne. L’occupation de l’Ecole Polytechnique n’a pas cédé, malgré le déversement de quantités énormes de gaz lacrymogène depuis l’extérieur, tel du napalm sur toute la zone devenue une zone à défendre.

Une ZAD jumelée, ces dernières heures, avec d’autres ZAD dans le monde, notamment celles de NDDL et du Testet en France qui ont rapidement transmis leur soutien fraternel, ainsi que de nombreuses personnes et organisations de France et d’ailleurs, soutiens que j’ai tous affichés sur l’un de nos murs et annoncés en assemblée à tous les compagnons et camarades.

Ce soir-là, alors que la distribution solidaire de sérum, de mallox et de citrons battait son plein, j’ai remarqué plus de filles que jamais parmi les insurgés et une diversité à tous les niveaux qui augure d’une ampleur et d’une radicalité sans précédent. J’ai vu et ressenti une détermination et une fraternité rarement rencontrées jusqu’ici, dans mes voyages en Grèce et ailleurs, là où l’humanité ne se résout pas à vivre à genoux et tente, diversement, de se lever.

J’ai vu la vie s’organiser autrement dès le lendemain et la chaleur des barricades se transformer en chaleur des cœurs parmi les occupants de l’Ecole Polytechnique et d’ailleurs.

Rien n’est fini, tout commence

Car durant ces dernières heures, les lieux d’occupations se sont multipliés, rappelant le processus de décembre 2008 qui avait amené la Grèce à connaître les émeutes sans doute les plus puissantes en Europe depuis plusieurs dizaines d’années, sans toutefois parvenir à renverser un pouvoir qui s’était finalement maintenu de justesse, notamment en distillant la peur et la désinformation dans les médias. Des occupations de bâtiments publics et de groupes financiers, de chaînes de télévision et de radios, d’universités et de mairies, depuis Thessalonique jusqu’à Héraklion. Des occupations toujours plus nombreuses, ainsi commentées par Yannis Michailidis dans son dernier communiqué de gréviste de la faim, très relayé sur internet, « c’est ce qui brise la solitude de ma cellule et me fait sourire, parce que la nuit du Mardi 2 Décembre 2014, je n’étais pas prisonnier, j’étais parmi vous et je sentais la chaleur des barricades brûlantes ». Avant de conclure avec une phrase rappelant le titre du dernier livre de Raoul Vaneigem, « rien n’est fini, tout commence ».

Une émotion immense

Parmi les événements qui m’ont également marqué ces jours-ci, certaines assemblées de collectifs ont montré à quel point la tension est à son comble. Notamment celle de l’occupation de l’Ecole Polytechnique dans la soirée puis toute la nuit du 3 au 4 décembre.

Une assemblée qui a duré plus de neuf heures, jusqu’à 5 heures 30 du matin. Certes, quelques divergences ont justifié cette durée jusqu’au consensus finalement trouvé au petit matin et je ne rentrerai évidemment pas dans les détails de ce qui s’est dit, notamment pour ce qui est des projets en cours. Mais je peux témoigner d’une atmosphère électrique ponctuée de longs silences qui en disent long. Je peux vous dire également que le grand amphithéâtre de l’Ecole Polytechnique était, une fois de plus, plein à craquer, avec des compagnons et des camarades debout et assis un peu partout, devant des murs fraichement repeints de graffitis. Je peux vous dire que la présence du père de Nikos Romanos, assis au milieu de la salle, avec sa chevelure longue et grise et son regard profond et digne, ne pouvait que contribuer à une émotion déjà immense, alors que son fils se rapproche chaque jour d’une mort certaine.

« Agir comme si notre propre vie était en jeu »

Le stress et la nervosité, la gravité du moment, l’importance des enjeux, faisaient fumer presque tout le monde beaucoup plus qu’à l’habitude, au point que j’en étais presque à regretter l’irritation causée par les gaz lacrymogènes dans les rues alentour. Parmi les paroles qui ont résonnées, « ce n’est plus l’heure de mettre la pression, mais de rentrer en insurrection » ou encore des appels à « agir comme si notre propre vie était en jeu, car en vérité, c’est bien le cas pour nous tous qui vivons comme damnés, comme des esclaves, comme des lâches. Il faut retrouver pleinement confiance en nous-mêmes pour parvenir à redonner partout confiance aux gens et, en particulier, pour rassembler les laissés pour compte qui devraient être les premiers à descendre dans la rue, au lieu d’attendre que la libération vienne du ciel ».

J’ai aussi parfois entendu des paroles jusqu’au-boutistes que je ne préciserai pas ici, mais qui témoignent bien du ras-le-bol immense qui traverse une grande partie de la population et qui la conduit à tout envisager pour se libérer des tyrans du vingt et unième siècle.

Des tags à la mémoire de Rémi Fraisse

J’ai vu un ancien de 1973 avoir les larmes aux yeux et songer que nous vivons peut-être un autre moment historique. J’ai lu d’innombrables tags en soutien à la grève de la faim de Nikos Romanos, mais aussi à la mémoire de Rémi Fraisse, tué par le bras armé du pouvoir sur la ZAD du Testet.

Cette nuit encore, à la veille du 6 décembre très attendu, avec une grande inquiétude par les uns et avec un profond désir par les autres, le quartier d’Exarcheia est encerclé par les camions de CRS (MAT) et les voltigeurs (Delta, Dias). Plusieurs rues sont barrées. On ne peut entrer et sortir d’Exarcheia que par certaines avenues, plutôt larges et très surveillées. La situation prend des allures de guerre civile et rappelle certaines régions du monde. A l’intérieur du quartier, comme dans beaucoup d’autres coins d’Athènes, la musique résonne dans le soir qui tombe, du rock, du punk, du rap, du reggae, des vieux chants de lutte. Dans l’Ecole Polytechnique, on a même installé deux immenses enceintes du côté de l’avenue Patission et on balance ces musiques pour le plus grand bonheur des passants qui nous soutiennent et lèvent parfois le poing ou le V de la victoire tant désirée.

D’autres baissent la tête et ne veulent pas y croire, ne veulent pas voir, ne veulent pas savoir, murés dans la prison d’une existence absurde et pauvre à mourir d’ennui, si ce n’est de faim.

Le spectacle d’un monde à réinventer

Ici, cela dépave, cela débat, cela écrit sur les murs et sur les corps, cela chante, cela s’organise. La fête a déjà commencé ! Certes, elle est encore modeste et incertaine, mais une nouvelle page de l’histoire des luttes est peut-être en train de s’écrire à Athènes et au-delà.

Une nouvelle page qui ne pourra s’écrire qu’en sortant de chez soi, par-delà les écrans, les « j’aime » des réseaux sociaux et le spectacle d’un monde tout entier à réinventer. Une nouvelle page qui ne pourra s’écrire qu’ensemble, en se débarrassant de la peur, du pessimisme et de la résignation.

Rester assis, c’est se mettre à genoux.

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:56

L’ancien chef de la sécurité chinoise arrêté pour corruption (Reuters)

L'ancien maître de la sécurité nationale chinoise, Zhou Yongkang, a été arrêté par les services de police et exclu du Parti Communiste Chinois pour des faits présumés de corruption et de diffusion de secrets d'état, rapporte l'agence de presse Chine Nouvelle.

Dans un communiqué diffusé par l'agence Vendredi 5 Décembre 2014, le bureau politique du PCC précise que la justice a été saisie des infractions reprochées à Zhou, ouvrant la voie à un procès.

Zhou, soixante et onze ans, est le plus haut dignitaire du régime chinois à être poursuivi depuis le début de la campagne de lutte contre la corruption lancée par le président Xi Jinping.

Jamais depuis l'arrivée des communistes au pouvoir en Chine, en 1949, un responsable de son rang n'a été impliqué dans un scandale de corruption.

L'enquête, qui a débuté en juillet dernier, « a révélé que Zhou avait gravement enfreint la discipline politique, structurelle et de confidentialité du parti », ajoute Chine Nouvelle.

« Il s'est servi de ses fonctions pour engranger des profits au bénéfice de tiers et a accepté personnellement ou par l'intermédiaire de sa famille d'énormes pots-de-vin », poursuit l'agence.

Des membres de sa famille, des amis, des maîtresses auraient ainsi profité de cette manne au détriment de l'intérêt public. Reprenant une accusation fréquemment utilisée pour discréditer d’anciens responsables tombés en disgrâce, Chine Nouvelle affirme que Zhou Yongkang a multiplié les adultères avec de nombreuses femmes et « qu’il a échangé son pouvoir contre du sexe et de l'argent. Son comportement a nui gravement à la réputation du parti, provoqué des dégâts considérables pour la cause du parti et du peuple », dit encore Chine Nouvelle.

Les faits qui lui sont reprochés portent aussi sur la diffusion de secrets d’état ou de documents confidentiels du parti.

« ZHOU VOULAIT ÊTRE CIXI »

Zhou Yongkang, qui fut l'un des plus puissants dirigeants chinois dans les années 2000, a siégé au comité permanent du bureau politique du PCC, le plus haut niveau de pouvoir en Chine, et tenait les rênes de l'appareil de sécurité, l'un des postes les plus puissants du pays, jusqu'à sa retraite en 2012.

Durant ses cinq ans à la tête de la sécurité intérieure, il supervisait les forces de police, les services de renseignement civils, la police paramilitaire ainsi que les juges et procureurs. Les dépenses de sécurité intérieure dépassaient alors celles de la défense.

« Zhou voulait être Cixi », affirmait au printemps une source politique, en allusion à l'impératrice douairière qui exerça la réalité du pouvoir durant la majeure partie du dix-neuvième siècle.

Sa position s'est affaiblie durant le grand remaniement de la direction chinoise fin 2012 qui a propulsé Xi Jinping à la tête du pays. Depuis 2013, plus de trois cent proches, alliés politiques, associés en affaires, subalternes ou employés de Zhou ont été arrêtés, placés en détention ou interrogés.

Lui-même, d'abord assigné à résidence, n'a plus été vu en public depuis octobre 2013 à l'occasion d'une cérémonie d'anciens élèves de l'université chinoise du pétrole à Pékin.

A ce stade, rien ne dit que son procès sera public.

Des experts judiciaires notent qu'un procès public comporterait, pour le PCC, le risque que Zhou dévoile des secrets d’état à l'audience.

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:42

Répit pour Thierry Lepaon, dont la démission est évoquée à la CGT (Reuters)

De plus en plus contesté par ses troupes, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a gagné un répit Vendredi 5 Décembre 2014 mais le mot démission a été prononcé lors de la réunion du bureau confédéral de l'organisation, a appris Reuters auprès d'un participant.

Quatre des dix membres de l'instance dirigeante de la CGT ont demandé une réunion extraordinaire des secrétaires généraux des trente-trois fédérations et quatre-vingt-seize unions départementales de la CGT, son parlement, seul habilité statutairement à démettre le numéro un.

Cela leur a été refusé. Le bureau proposera bien de réunir les quelque cent trente membres du Comité Confédéral National (CCN) avant le 16 décembre « pour permettre le débat le plus large dans la CGT », annonce la centrale dans un communiqué.

Mais « cela n'est pas un CCN extraordinaire. Cela sera juste un temps d'échange qui ne permettra pas de prendre des décisions », précise un membre de la direction confédérale.

En revanche, un tiers des organisations représentées au sein du CCN peut demander une telle réunion extraordinaire et « il commence à y avoir des courriers en ce sens », a dit à Reuters un haut responsable cégétiste.

Le communiqué précise que le bureau « a débattu de toutes les questions soulevées par la situation vécue par la CGT » mais assure « qu’aucun » de ses membres « n'a demandé la démission de Thierry Lepaon ».

Le mot « démission » a néanmoins été prononcé par plusieurs participants, a déclaré l'un d'eux à Reuters.

« La question de la crédibilité du secrétaire général a été posée par plus de quatre membres », a précisé ce dirigeant. « Ils lui ont dit qu'il lui appartenait de prendre la décision dans l'intérêt de l'organisation. Il a du mal à prendre la mesure de la situation, sinon il l'aurait déjà fait », a ajouté le même haut responsable. Mais à la fin des quatre heures de réunion, « il nous a dit de l’aider à prendre la bonne décision ».

« UNE FAUTE »

Thierry Lepaon est apparu vendredi dans une vidéo diffusée sur le site internet de la CGT pour se féliciter que la centrale soit en tête des élections syndicales dans la fonction publique, alors que de plus en plus de voix s'élèvent dans la première organisation syndicale française pour demander son départ.

Aux révélations sur les frais d'aménagement de son domicile et de son bureau s'est ajoutée l'indemnité de départ qu'il a touchée en 2013 quand il a quitté la tête du comité régional CGT de Normandie pour succéder à Bernard Thibault.

« Il est clair que ça choque de plus en plus de monde », a confié à Reuters un dirigeant de fédération, pour qui la situation de Thierry Lepaon est « de plus en plus problématique ».

Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de Peugeot Société Anonyme, a publiquement souhaité sa démission, « là, aujourd'hui, je n’ai même pas envie de m'adresser à lui. Si j'étais vraiment obligé, je lui dirais que pour le bien de tous les militants d'entreprise, tous les syndiqués, qu'il laisse la place », a-t-il dit à RTL.

Pour le secrétaire général de la fédération de la construction, Serge Pléchot, interrogé par vingt minutes, « une faute sur les valeurs de la CGT a été commise et doit être corrigée le plus rapidement possible ».

« Même s'il n'y a rien d'illégal, en terme d'éthique et de comportement, ce n'est pas admissible. Je pense qu'il n'a plus sa place dans l'organisation », a renchéri Rémy Picaud, de la fédération commerces et services de Paris, sur France Inter.

« Beaucoup de militants le pensent aussi. Il vaudrait mieux qu'il démissionne de lui-même. Il ne faut pas se cacher que l'organisation est en crise », a-t-il ajouté.

La prochaine étape est la réunion, mardi, de la Commission Exécutive Confédérale (CEC) de la CGT, son « gouvernement », qui n'est pas non plus habilitée à démettre le secrétaire général.

Elle entendra un rapport d'étape de la commission financière de contrôle de la CGT, chargée début novembre par le CCN de faire la lumière sur d'éventuels « dysfonctionnements ».

Le bureau confédéral fera alors des propositions « pour améliorer les procédures financières de la CGT », précise le communiqué de l'organisation.

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