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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 20:31

http://www.rt.com/news/203483-palestine-statehood-mogherini-gaza

Le nouveau chef de la diplomatie de l'Union Européenne amplifie l’appel pour un état palestinien lors de sa visite à Gaza

Le nouveau chef de la diplomatie de l'Union Européenne, Federica Mogherini, a soutenu l’appel pour un état palestinien et mis en garde contre la montée des tensions à Jérusalem lors d'une visite à Gaza Samedi 8 Novembre 2014.

« Nous avons besoin d'un état palestinien, qui est le but ultime et c’est la position de toute l'Union Européenne », dit-elle, ajoutant qu'une autre guerre dans la bande de Gaza ne peut être supportée.

Dans les remarques faites avant sa rencontre avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Federica Mogherini a exhorté à la réduction des tensions.

« Ce serait bien si nous réussissons tous à réduire les tensions, verbales et sur le terrain. Ce qui est arrivé ici et ce qui est arrivé à Jérusalem la semaine dernière est extrêmement préoccupant », a-t-elle déclaré vendredi.

Federica Mogherini, une ancienne ministre italienne des affaires étrangères qui a pris ses fonctions en tant que chef de la politique étrangère et de sécurité de l'Union Européenne avec la nomination d'une nouvelle commission européenne le premier novembre, a déjà lancé des appels similaires. Elle a dit mardi que « je serais heureuse si un état palestinien existe à la fin de mon mandat ».

Le mois dernier, les députés à la chambre des communes britannique ont voté à une large majorité, par deux cent soixante-quatorze voix contre douze, de recommander que le Royaume-Uni reconnaisse la Palestine comme un état aux côtés d'Israël. Tel-Aviv a condamné le vote des députés britanniques, qui n'a pas force de loi, mais il est d'un caractère consultatif.

La semaine dernière, la Suède a officiellement reconnu l'état de Palestine occupée, devenant ainsi le premier état d'Europe occidentale à le faire.

Federica Mogherini a dit que la reconnaissance de la Palestine par la Suède ne représente pas un modèle pour les autres membres de l'Union Européenne, car un nouvel état palestinien doit être établi, plutôt qu’il soit reconnu comme il est à l'heure actuelle.

Les territoires occupés de la Cisjordanie et de la bande de Gaza ont cherché leur pleine reconnaissance et leur indépendance par rapport à Israël depuis des décennies, et des milliers de personnes ont péri dans l'un des affrontements les plus longs et amèrs de l'histoire moderne.

Les palestiniens ont fait pression pour une pleine reconnaissance en tant qu'état souverain par l'ONU et la communauté internationale. La Palestine a déjà été reconnue comme état non-membre, elle a le statut d'état observateur à l'ONU et elle continue de militer pour la reconnaissance alors qu'Israël continue de procéder à des plans pour construire des milliers de nouvelles maisons de colons à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Toutefois, les palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la future capitale de leur état et sont fortement opposés à toute expansion israélienne.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 19:45

Manifestations en hommage à Rémi Fraisse, tensions à Toulouse (Reuters)

Des incidents ont émaillé Samedi 8 Novembre 2014 la manifestation organisée à Toulouse en mémoire à Rémi Fraisse, le jeune écologiste tué fin octobre par une grenade des forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le barrage contesté de Sivens, dans le département du Tarn.

Interdite par la préfecture de Haute-Garonne, la manifestation, qui avait pour mot d'ordre « halte aux violences policières », a donné lieu à un face à face tendu entre CRS et manifestants.

Près de quatre cent personnes s'étaient réunies dans le calme vers 14 heures à proximité de la station de métro Jean-Jaurès dans le centre-ville de Toulouse avant que la situation ne dégénère au moment de la dispersion.

Deux voitures ont été brûlées et un policier de la BAC a été blessé au front par un jet de pierres, selon une source policière. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau et ont procédé à au moins quatre interpellations.

A 18 heures 30, dix-neuf personnes avaient été interpellées par la police et « plusieurs groupes d'individus masqués restaient virulents dans le centre-ville », selon la préfecture qui appelle au calme.

A Paris, le cortège, qui a réuni mille quatre cent personnes selon la préfecture, est parti vers 14 heures de la place de la Bastille et défilait dans le calme. « Rémi abattu, le peuple est dans la rue » et « police assassine, justice complice », pouvait-on lire sur les pancartes et banderoles brandies par les manifestants. Une personne a été interpellée.

Une manifestation interdite par les autorités s'est également tenue à Rennes, réunissant près de trois cent personnes.

Depuis la mort de Rémi Fraisse, qui a suscité une vague d'émotion en France, plusieurs manifestations ont été organisées en sa mémoire, donnant souvent lieu à des débordements et des heurts avec les forces de l'ordre.

De violents affrontements avaient notamment émaillé les marches organisées à la mémoire du militant de vingt et un ans à Nantes et à Toulouse le week-end dernier.

Interpellé par la famille de Rémi Fraisse, le chef de l'état François Hollande a annoncé jeudi soir que les résultats d'une enquête administrative seraient connus « d'ici huit jours » et a promis d'en tirer « toutes les conclusions en terme de responsabilités ».

Dans les colonnes du Parisien samedi, le directeur général de la gendarmerie nationale estime que le gendarme qui a lancé la grenade offensive responsable de la mort de Rémi Fraisse a agi après les sommations d'usage et n'a pas commis de faute.

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 19:23

http://www.cgil.it/News/PrimoPiano.aspx?ID=22625

CGIL, CISL et UIL dans les rues pour débloquer l'avenir

Samedi 8 Novembre 2014

« Services publics car ils servent, car ils sont pour tous ». Avec ces mots, les travailleurs et les travailleuses des services publics et leurs amis sont descendus dans les rues de Rome pour la manifestation nationale appelée conjointement par douze catégories de la CGIL, de la CISL et de l’UIL (CGIL Fonction Publique, CGIL Santé, CGIL FLC, CISL Fonction Publique, CISL Education Nationale, CISL Santé, CISL FNS, CISL FIR, CISL Universita Afam, UIL Fonction Publique, UIL Santé, UIL PA, UIL Education Nationale et UIL RUA).

Au cœur de la mobilisation, il y avait une plate-forme commune pour appeler à une véritable réforme du système de l'administration publique et des services aux citoyens. La CGIL poursuit sa mobilisation, après la grande manifestation du 25 Octobre 2014 sur la Piazza San Giovanni et la manifestation unitaire des retraités du 5 Novembre 2014.

Dans cette plate-forme, il y a sept propositions pour la réforme des services publics. Ce sont la réouverture des négociations, le déblocage des salaires et des carrières, l’investissement dans les compétences, la stabilité et la sécurité du travail contre le travail précaire, une véritable réorganisation des services, des organisations et des organes de l'état, la garantie du prix des services universels contre la contractualisation et la privatisation des services publics, l’égalité du travail, des droits et du salaire et la valorisation de l'éducation et de la formation comme outils de croissance.

Les universités, la recherche et la connaissance sont des sources de croissance, il faut un système de sécurité avancé, la réorganisation et l'égalité des salaires et la reconnaissance de la nature spécifique de l'administration de l'état.


Des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses de l'éducation, de la santé, des administrations centrales, des services locaux, de la sécurité et de l'assistance publique, des universités, des AFAM et des organismes sociaux, mais aussi de toutes les autres catégories de la CGIL, de la CISL et de l’UIL, ainsi que de nombreux retraités et étudiants, sont arrivés de toute l’Italie dans la capitale. Un long cortège, derrière la banderole « débloquons l’avenir », a quitté la Piazza della Repubblica en fin de matinée, a parcouru les rues de la capitale et est entré dans une Piazza del Popolo bondée. Les médecins, les enseignants dans les écoles primaires et secondaires, les chercheurs et les pompiers ont défendu fièrement, sur la place et sur la scène, leur travail, malgré la précarité, les embauches bloquées pendant des années, les salaires et les carrières bloquées, qu’ils continuent à effectuer au service des citoyens. Annelie Nordström, présidente du syndicat des travailleurs du secteur public en Europe (EPSU), a également apporté sa contribution à la Piazza del Popolo. Il y avait aussi des moments de spectacle avec un intermède du comique Max Paiella. La journée de mobilisation a été conclue par des interventions de Susanna Camusso, secrétaire générale de la CGIL, Annamaria Furlan, secrétaire générale de la CISL, et Carmelo Barbagallo, secrétaire adjoint de l'UIL.

La secrétaire générale de la CGIL, Susanna Camusso, a dit à la fin de la grande manifestation d'aujourd'hui « qu’il n'y a pas de changement si nous ne partageons pas le travail public. Nous pouvons et nous devons changer de direction, mais pour commencer il faut changer le gouvernement, si vous ne voulez vraiment pas diviser le monde du travail, vous devez cesser de dire que les travailleurs publics sont des privilégiés ». Selon Susanna Camusso, pour changer, il faut « travailler, créer et améliorer, à commencer par le public ». La loi de stabilité ne va pas dans ce sens, car « en réalité, elle supprime des emplois publics et des services ».

Pour la CGIL, chaque travailleur public doit avoir un contrat, à cet égard Susanna Camusso cite des employés des Chambres de Commerce, des autorités indépendantes et des employés de la Consob, et elle ajoute que « vous devez donner des réponses aux nombreux travailleurs précaires, engagés sans droits, dans les centres pour l’emploi, dans les salles d'opération et en province. Si vous ne renouvelez pas leurs contrats, cela signifie que vous faites des licenciements de masse ».

Pour une vraie réforme de la Fonction Publique, réclamée par le premier ministre Renzi, la secrétaire générale de la CGIL indique quelques pistes à suivre, tout d'abord, la politique de l’administration publique doit relancer le contrat national de travail et la négociation, « assurer les services aux citoyens et construire la transparence ».

En outre, se référant au nombre de travailleurs en sous-traitance dans la fonction publique, Susanna Camusso a répété que « nous avons besoin d'étendre les droits » et a demandé « l’égalité du travail, des droits et du salaire ». Enfin, Susanna Camusso a conclu que « le gouvernement sait que, sans réponses, nous allons continuer en appelant à la grève de la fonction publique et de tous les autres travailleurs ».

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 20:55

François Hollande promet toute la vérité sur la mort de Rémi Fraisse (Reuters)

François Hollande a promis Jeudi 6 Novembre 2014 « toute la vérité » à la famille de Rémi Fraisse sur la mort du jeune militant tué sur le site du barrage de Sivens fin octobre.

La famille du jeune homme, dont le décès a ému le pays, a demandé au chef de l'état d'expliquer le silence des autorités pendant quarante-huit heures, alors qu'elles connaissaient selon elle les circonstances de sa mort dès le premier jour.

« La mort de ce jeune homme est une tragédie et un drame pour notre pays », a déclaré François Hollande sur TF1. « Toute la vérité sera faite. Je ferai en sorte qu'elle soit établie dans tous ses détails et j'en tirerai toutes les conclusions en terme de responsabilités ».

Le président français a déclaré qu'il aurait d'ici huit jours les conclusions de l'enquête sur la grenade offensive qui a tué Rémi Fraisse. Une deuxième enquête est en cours pour connaître les circonstances de sa mort. Parallèlement, deux juges d'instruction ont été saisis.

Ils travailleront « en toute indépendance », a promis François Hollande.

Arié Alimi, qui représente les proches de Rémi Fraisse, a lu jeudi à la presse une déclaration de la famille, qui assure, en se fondant sur des éléments de l'enquête de flagrance, que les gendarmes ont immédiatement su qu'une grenade était à l'origine de son décès.

« Pourquoi, alors que les militaires le voient distinctement tomber, à la suite de l'explosion de la grenade, que les circonstances de sa mort sont connues dès cet instant, la vérité sur la mort de notre enfant et frère n’a-t-elle pas été immédiatement révélée », s'interrogent-ils.

Mediapart affirme jeudi que l'état a su « immédiatement » que le jeune était mort des suites d'un tir de grenade offensive et tenté pendant quarante-huit heures de « brouiller les pistes ».

« DOCTRINE CONFORME À L'ÉTAT DE DROIT »

Dans la nuit du 25 au 26 octobre, environ quarante grenades offensives ont été lancées par les militaires, selon le site d'information.

Celle qui a tué Rémi Fraisse « sur le coup » visait « directement » un petit groupe de quatre à cinq jeunes qui leur lançait des pierres et des mottes de terre, ajoute-t-il.

« Équipés de jumelles à vision nocturne, plusieurs gendarmes reconnaîtront avoir vu tomber le jeune homme tout de suite après l'explosion, et avoir compris immédiatement ce qui venait de se passer, selon des sources proches du dossier », écrit Mediapart.

Il a pourtant fallu attendre le 28 octobre pour que le procureur d'Albi, Claude Dérens, indique que le jeune homme avait sans doute été victime d'une grenade offensive. Bernard Cazeneuve avait annoncé dans la foulée qu'il en suspendait l'utilisation.

« Pendant plus de deux jours, alors qu'effectivement les éléments sont clairs, que tout le monde sait ce qui s'est passé, précisément, dès l'instant où la grenade est tombée, on n'a pas voulu dire ce qui s'est passé, je ne comprends pas, comme la famille de Rémi Fraisse ne le comprends pas », a dit Arié Alimi.

Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, a répété jeudi soir que sa doctrine était de laisser la justice s'exprimer en premier pour que l'on ne puisse pas penser que le gouvernement cherche à faire pression sur elle.

« Il y a une doctrine qui a été établie, elle est conforme à l'état de droit », a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion à Paris des ministres de l'intérieur du G 6 européen.

Outre le délai observé avant que soient communiqués des éléments sur sa mort, les parents de Rémi Fraisse s'interrogent sur la raison pour laquelle le préfet du Tarn a appelé, disent-ils, à une « extrême sévérité » à l'égard des manifestants.

Ils demandent aussi au président des explications sur la présence de militaires, « en si grand nombre et surarmés », alors qu'aucun bien ni personne ne nécessitaient de protection sur le site du barrage.

Bernard Cazeneuve a démenti avoir donné des instructions de fermeté aux gendarmes chargés de protéger les travaux du site.

« Je le dis solennellement, parce que c'est la vérité, je n'ai jamais donné aucune instruction à un fonctionnaire pour qu'il y ait de la fermeté ou une sur réaction. Au contraire, j'ai donné des instructions d'apaisement », a-t-il déclaré jeudi.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 20:33

Grand défilé contre le gouvernement à Bruxelles, des incidents (Reuters)

Environ cent mille manifestants ont défilé Jeudi 6 Novembre 2014 dans le centre de Bruxelles pour dénoncer les projets de réformes et les mesures de rigueur du nouveau gouvernement de centre droit, entré en fonction il y a un mois.

A l'issue de la manifestation, de violents incidents ont opposé les forces de l'ordre et des manifestants, dont de nombreux dockers. Plusieurs voitures ont été renversées ou incendiées.

La police a utilisé un canon à eau et du gaz au poivre contre les groupes de manifestants violents, dispersés après une charge des forces anti-émeute en fin d'après-midi. Il y a eu plusieurs blessés et des interpellations.

Cette journée de mobilisation, à l'appel des trois grands syndicats du pays, sera suivie par une série de grèves tournantes tous les lundis à compter du 24 novembre et d'une grève nationale le 15 décembre.

Le gouvernement du premier ministre Charles Michel prévoit notamment de faire passer l'âge légal de départ à la retraite de soixante-cinq à soixante-sept ans, dans le cadre d'un plan d'assainissement des finances publiques qui vise à l'équilibre budgétaire d'ici 2018.

Selon les syndicats, cent vingt mille personnes, dockers, métallurgistes et étudiants notamment, ont marché dans les rues de Bruxelles. La police fait état de cent mille manifestants.

Les transports publics dans la capitale et dans plusieurs villes du pays ont été fortement affectés par ce mouvement.

Les socialistes, absents du gouvernement pour la première fois depuis vingt-six ans, accusent la politique gouvernementale de favoriser les riches.

« Il n'est pas normal que l'on fasse porter l'effort budgétaire sur les travailleurs, les allocataires sociaux, les pensionnés, les familles. Le gouvernement mène une politique déséquilibrée et injuste », a déclaré l'ancien premier ministre socialiste Elio Di Rupo. « La mobilisation aujourd'hui montre que la population ne veut pas de cette politique-là, elle réclame un changement de cap ».

Charles Michel a invité les représentants des trois grands syndicats, CSC, FGTB et CGSLB, à une réunion qui a débuté en fin d'après-midi.

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 18:17

http://www.npa2009.org/agir/mort-pour-avoir-manifeste-au-testet-halte-aux-violences-policieres

Mort pour avoir manifesté au Testet, halte aux violences policières

Manifestation unitaire Samedi 8 Novembre 2014 à 14 heures Place de la Bastille à Paris

Rémi Fraisse, étudiant de vingt et un ans est décédé sur le site de Sivens lors de la manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers d’opposants au barrage. Il a été tué par l’explosion d’une grenade offensive de la gendarmerie.

Ce drame n'est pas un accident, il est le résultat de plusieurs mois de violences policières croissantes envers les opposants pour imposer un projet inutile dont la pertinence est aujourd’hui même remise en cause par un rapport d’experts, trop coûteux, ne répondant pas aux besoins réels, entrainant des dégradations et destructions environnementales sans prise en compte des solutions alternatives possibles et existantes.

La répression à laquelle ont fait face les opposants au barrage, n’est pas isolée. De peur de voir se multiplier les résistances et les alternatives comme à Notre Dame des Landes, le gouvernement crée un climat de violences et de criminalisation des mouvements sociaux et écologiques.

Des dizaines de syndicalistes ont été poursuivis suite à des grèves, mardi dernier encore des militants ont été condamnés par la justice pour avoir contesté la ferme des mille vaches.

Un jeune manifestant de vingt et un ans est mort. Cet acte ne peut rester sans réaction.

Dans plusieurs villes, nombreux sont ceux qui ont voulu exprimer leur indignation face à cet acte horrible, défendre notre droit à manifester, à résister aux politiques qui vont à l’encontre des intérêts de la majorité de la population. Là encore, le pouvoir politique a répondu par la répression en interdisant des rassemblements ou manifestations.

Jeudi 6 Novembre 2014 des milliers de lycéens de la région parisienne ont manifesté sans incidents exigeant la vérité sur la mort de Rémi Fraisse et l’arrêt des violences policières.

Dans une tentative de pseudo dialogue, Ségolène Royal affirme à la fois son soutien au maintien d'un projet au Testet et à un modèle agricole dépassé destructeur d’emplois et de l’environnement. Elle a aussi appelé « à l’évacuation du terrain, site d’une occupation illégale ». A ces déclarations s’ajoute le propos de Manuel Valls qui rappelle que « la détermination de l’état à voir le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes se réaliser est intact ».

Nous, organisations signataires de cet appel, ne renoncerons pas face aux menaces et aux violences policières. Nous appelons à l’amplification des mobilisations.

Nous demandons l’arrêt immédiat des travaux et l’abandon définitif du projet de barrage et de tous les projets inutiles.

Nous demandons que toute la vérité soit faite sur les circonstances de la mort de Remi Fraisse. Il faut établir les responsabilités à tous les niveaux.

Nous voulons faire cesser la politique répressive du gouvernement.

Aujourd’hui c’est un manifestant qui a été tué mais nous rappelons que les violences policières font fréquemment des victimes notamment dans les quartiers populaires.

Premiers signataires

ATTAC, Amis de la Terre, Alternatifs, Alternative Libertaire, Ensemble, Europe Écologie Les Verts, Fédération Anarchiste, Jeunes Écologistes, Mouvement des Objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Ouvrier de France,Parti de Gauche, Union Syndicale Solidaire

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 21:00

http://www.confusionnisme.info/2014/11/06/rendez-vous-de-soutien-a-kobane-refuses-ou-va-demosphere-paris

Rendez-vous de soutien à Kobanê refusés, où va Démosphère Paris

Par Ornella Guyet

Jeudi 6 Novembre 2014

Engluée dans une ligne campiste, la modération de l’agenda alternatif Démosphère de la région parisienne, très populaire parmi les militants de gauche, a refusé de faire la promotion de la journée mondiale de soutien à Kobanê, au prétexte que la guerre contre Daesh servirait les intérêts de l’impérialisme occidental, décryptage.

Ce week-end, Démosphère Paris a obstinément refusé, malgré de nombreuses demandes, de publier les rendez-vous en lien avec Kobanê, alors même que le premier novembre était une journée mondiale de soutien à la lutte exemplaire du peuple kurde contre Daesh et les régimes oppresseurs de la région. On peut en deviner les raisons en relisant le bandeau d’avertissement qui déjà, le 18 octobre 2014, avait accompagné l’annonce d’une précédente manifestation de solidarité, « cet appel ne dénonce pas le rôle joué par la coalition (Etats Unis, Arabie Saoudite et France) dans l’émergence de l’Etat Islamique. Il ne dénonce pas non plus cette nouvelle guerre impérialiste, et les visées hégémoniques des classes dirigeantes occidentales sur cette région ». Ce n’est pas la première fois que l’agenda militant parisien refuse des rendez-vous en lien avec les luttes populaires dans les pays du Moyen-Orient, notamment en ce qui concerne l’Iran ou la Syrie.

Fait rarissime sur Démosphère Paris, le 18 octobre 2014, un rendez-vous de soutien à Kobanê est accompagné d’une note de la modération émettant des réserves sur sa pertinence.

Dans sa « charte de publication », Démosphère indique que « nous évitons de publier des rendez-vous critiques à l’égard d’ennemis officiels désignés par les pouvoirs et les médias même si, dans certains cas, certains éléments de ces critiques peuvent sembler légitimes ».

S’agissant de l’Iran, le site va plus loin, enjoignant tout organisateur de rendez-vous à prendre position contre la politique occidentale à l’encontre des dirigeants de ce pays, et ce même quand celle-ci n’est pas en cause, « l’Iran est un ennemi désigné de la politique étrangère occidentale et fait face à des menaces militaires graves. Une guerre aurait des conséquences désastreuses pour toute la population. Les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont investi des sommes considérables dans sa déstabilisation politique. Nous n’avons aucune sympathie pour le régime en place, et condamnons ses politiques répressives. Mais nous ne publions pas de rendez-vous critiques s’ils ne se démarquent pas clairement et explicitement de cette politique étrangère occidentale et en particulier des menaces d’agression militaire ».

C’est ainsi qu’il est déjà arrivé à Démosphère de refuser des rendez-vous concernant la répression du mouvement syndical, même quand des vies de militants étaient en jeu. Sur la Syrie, la ligne est à peu près similaire et des problèmes se sont également déjà posés.

Le critère obligeant à systématiquement condamner la politique occidentale à l’égard des dirigeants de ces pays, et donc, d’une certaine manière, à devoir prendre leur parti, est tellement restrictif qu’il autorise en effet la modération de Démosphère à refuser en fait tout rendez-vous en lien avec la répression que font subir les Rohani ou Assad à leurs peuples mais qui ne dirait mot de l’impérialisme occidental, même quand celui-ci n’est absolument pour rien dans les atteintes aux droits humains qui ont lieu dans ces pays. On peut dès lors ce demander jusqu’où ce silence voulu est complice des crimes commis par ces régimes.

Sur le Tibet, aucune explication n’est donnée mais un lien renvoie vers un article de l’historien américain pro-Milosevic et négationniste du génocide de Srebrenica Michael Parenti, qui y prend le parti de la Chine contre « le mythe du Tibet ». La version française de cet article, mise en lien sur Démosphère, pointe vers le site confusionniste www.legrandsoir.info, qui a repris une traduction initialement publiée sur le site de Michel Collon.

Cependant, la vigilance de Démosphère Paris atteint vite ses limites. En effet, alors que le site refuse des rendez-vous émanant de mouvements progressistes ou révolutionnaires de ces pays ou de leurs soutiens, il n’hésite pas en revanche à publier ceux proposés par certains de leurs adversaires. Ainsi, entre fin 2007 et aujourd’hui, Démosphère Paris a relayé de très nombreux rendez-vous avec l’historienne stalinienne Annie Lacroix Riz, notamment connue pour sa participation ces dernières années à des initiatives de soutien aux dictatures du monde arabe, sous prétexte d’anti-impérialisme, y compris en compagnie de la négationniste Ginette Hess-Skandrani.

Le 3 septembre 2011, Ginette Hess-Skandrani fait applaudir Annie Lacroix-Riz lors d’un rassemblement de soutien au dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Lors de la dernière Fête de L’Humanité, Démosphère a jugé bon de signaler les débats et les rencontres s’étant tenus au stand du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), le parti de la même Annie Lacroix-Riz, ou un débat sur le Venezuela avec le journaliste belge Michel Collon et l’animateur du site www.legrandsoir.info Viktor Dedaj. Encore plus récemment, l’agenda a proposé un rendez-vous avec Domenico Losurdo, hagiographe de Staline, dont nous avions signalé le caractère problématique dans une brève. Ceci pour l’actualité, car des réseaux antifascistes avaient déjà pointé des problèmes similaires par le passé, notamment en signalant, sans succès, la présence de rendez-vous de l’association conspirationniste www.reopen911.info à la modération de Démosphère.

Pourtant, dans cette même charte qui impose des restrictions drastiques à la publication de rendez-vous de soutien aux oppositions progressistes d’Iran, de Syrie ou d’ailleurs il est écrit que tout rendez-vous proposé doit « être porteur d’un message de progrès social et ne promouvoir aucune forme de domination économique, sexiste ou raciste », et Démosphère souligne en gras le terme « progrès social ». On peut donc légitimement se demander quelle valeur la modération de Démosphère Paris accorde à sa propre charte de publication, dans la mesure où elle refuse justement des rendez-vous pourtant porteurs de ce message mais accepte a contrario de faire la promotion d’individus et organisations militant contre ce même progrès social, dès lors qu’il est susceptible de déstabiliser des régimes autoritaires considérés par eux comme des opposants à l’impérialisme occidental, et peu importe d’ailleurs que ces régimes puissent eux-mêmes avoir des visées impérialistes, notamment au niveau régional.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 20:35

http://www.lariposte.com/L-esclavagiste-et-le-manifestant.html

L’esclavagiste et le manifestant

Jeudi 6 Novembre 2014

La mort de Christophe de Margerie, le PDG de Total, a donné lieu à une débauche de condoléances et d’hommages publics. Plusieurs jours durant, des journalistes, des hommes politiques et des patrons se sont succédé dans les médias pour nous convaincre que le pays venait de perdre l’un de ses plus grands bienfaiteurs. Cette vague a atteint son point culminant au parlement, avec l’indignation spectaculaire de Manuel Valls face au tweet de Gérard Filoche, qui, au sujet du patron de Total, posait la question, « le successeur nous volera-t-il moins ».

Fraichement meurtri par la perte de son « ami », Manuel Valls a déclaré que Gérard Filoche n’avait pas sa place au Parti Socialiste. « Face à un homme, quel qu’il soit, quel que soit son parcours, qui meurt dans ces conditions, il n’y a qu’un seul mot, c’est la dignité », a dit le premier ministre. Par cette hypocrite posture morale, Manuel Valls réaffirmait au grand patronat français son dévouement profond et solennel. Sa politique, au gouvernement, le démontrait déjà, puisqu’elle répond exclusivement aux intérêts des chefs du CAC 40.

La mort de Christophe de Margerie n’a pas de quoi réjouir les travailleurs, car pour répondre à la question de Gérard Filoche, non, le successeur ne nous volera pas moins, il y va des marges de profits de l’entreprise et des dividendes versés à ses actionnaires. Mais dans le cas de Total, on a affaire à bien plus qu’à du vol. Au fil des décennies, cette multinationale a accumulé les accusations de corruption massive, de soutien à des dictatures, de recours au travail d’esclaves, y compris d’enfants, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Et comment oublier le naufrage de l’Erika ou l’explosion d’AZF à Toulouse ? Christophe de Margerie était au sommet de la voracité impérialiste de Total, qui a fait, et fait encore, de nombreuses victimes à travers le monde.

Tel était « l’ami » de Manuel Valls. Cinq jours après cette mort accidentelle, un jeune militant de vingt et un ans était tué par un gendarme sur le site du projet de barrage de Sivens. Rémi Fraisse n’exploitait personne, ne corrompait personne, ne polluait aucun océan. Comme des milliers d’autres manifestants, il était venu s’opposer à la construction d’un barrage jugé inutile et dangereux. Immédiatement, son meurtre a déclenché une avalanche de démagogie et d’insinuations scandaleuses visant à protéger le gouvernement en général et son ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, en particulier.

Par exemple, le président socialiste du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, a déclaré que « mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ». Manuel Valls a alors complètement oublié sa récente leçon de morale, dans laquelle il exigeait la « dignité » face à la mort de tout homme, « quel que soit son parcours ». Il n’a pas dit que Thierry Carcenac devait quitter le Parti Socialiste.

Non, le premier ministre en a même rajouté, déclarant par exemple que « je n’accepterai pas la mise en cause des policiers et des gendarmes qui ont compté de nombreux blessés dans leurs rangs ». Mais si le gendarme qui a tué Rémi Fraisse ne peut pas être « mis en cause », est-ce qu’il a eu raison de le faire ?

Ces réactions suscitées par les morts de Christophe de Margerie et de Rémi Fraisse, de l’esclavagiste et du manifestant, offrent un contraste écœurant. Elles puent l’hypocrisie. Le gendarme responsable de la mort de Rémi Fraisse est couvert par Bernard Cazeneuve, qui est couvert par Manuel Valls, qui tente ainsi de protéger son gouvernement discrédité, dont la fonction est de couvrir les crimes et défendre les intérêts des Christophe de Margerie de ce monde. Mais cela ne fonctionnera pas indéfiniment. Comme aujourd’hui au Mexique et au Burkina Faso, comme hier en Egypte et en Tunisie, le capitalisme français subira lui aussi le choc d’une vague révolutionnaire, tôt ou tard. La profonde crise de ce système rend cette perspective inéluctable. Nous devons nous y préparer, sur les plans politique et organisationnel pour, le moment venu, renverser ce système pourrissant et venger ainsi toutes ses victimes.

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 20:14

http://www.npa2009.org/actualite/cgt-poser-les-questions-de-fond

Poser les questions de fond

Par Robert Pelletier

Malgré la tentative de déminage entamée lors du Comité Confédéral National du Mardi 4 Novembre 2014, la dotation immobilière du secrétaire général de la CGT cause des dégâts auprès des militants et de salariés déjà critiques à l’encontre des appareils syndicaux. Au-delà du mélange de colère et d’indignation qu’elle a suscité, cette révélation soulève plusieurs questions.

Ce sont moins les sommes dénoncées, très en deçà des vraies frasques immobilières des Juppé, Gaymard ou des scandales financiers auxquels ont été mêlés les Woerth, Cahuzac et consorts, que l’état d’esprit qu’elles révèlent, qui suscitent l’indignation. Quand le trésorier confédéral, dans des propos ni démentis ni condamnés à ce jour, déclare « qu’on n’a pas osé le loger à Clichy ou à Aubervilliers », ou que Michel Etiévent, historien, spécialiste d’Ambroise Croizat, écrit sur son blog que « le camarade Le Paon soit logé décemment, même si le devis pourrait être moins salé, ne me gêne en rien. Pourquoi un dirigeant ou un simple militant devrait être logé dans un gourbi », voilà des propos qui montrent la distance que peuvent prendre des dirigeants d’organisations syndicales avec les préoccupations des salariés, des chômeurs, des jeunes, qui galèrent et sont bien contents d’obtenir un appartement en HLM à Montreuil, comme c’est le cas de nombreux permanents provinciaux qui militent au siège de la CGT.

La seconde question soulevée est celle de l’origine de la fuite. Si nous n’excluons pas que la boule puante ait pu être lancée par des ennemis avérés de la CGT, le sentiment dominant est qu’elle vient de l’intérieur. L’absence de démocratie dans la CGT contraint celles et ceux qui ont des divergences, bien normales dans une organisation de plusieurs centaines de milliers de militants, à des contorsions, des manœuvres, voire des coups bas pour exprimer ces désaccords.

Les attaques régulières contre Thierry Lepaon depuis qu’il a succédé au mandat déjà bien mouvementé de Bernard Thibault, en fournit quelques exemples. Mais à quelques jours d’élections importantes dans la fonction publique, cela peut aussi signifier se tirer une balle dans le pied

De classe et démocratique

Mais la question essentielle est celle de l’orientation confédérale. Au moment où le Canard Enchaîné « sortait » l’affaire, la commission exécutive confédérale approuvait un laborieux texte sur le dialogue social qui commence par déplorer que « l’ouverture d’une réelle négociation n’est pas assurée ». Négociation « à froid » dans laquelle la défense des Institutions Représentatives du Personnel (IRP) est présentée, avant tout, comme la défense du droit à l’information, à la consultation des salariés, et non comme celle d’outils de combat contre le patronat. « Contester, proposer, peser sur le rapport de forces pour obtenir un niveau de compromis traduisant des avancées pour les salariés » résume la feuille de route d’un syndicalisme guère éloigné de celui proposé par d’autres.

C’est la logique du dialogue social dans lequel est profondément engagée la direction confédérale, même si des voix contestatrices lui ont imposé de « sécher » la grande conférence sociale de juillet dernier. Il est d’ailleurs remarquable que, du côté du patronat et du gouvernement, des voix se sont élevées pour déplorer le risque d’affaiblissement de la CGT, au moment où s’engage la discussion sur les seuils sociaux au travers de laquelle le MEDEF espère bien réduire les moyens des IRP.

L’autre débat à engager est celui sur le fonctionnement de la CGT, permanents, salaires, durées, rotation, organisation des débats et expression des courants.

Nombre de militants, de syndicats, ne se reconnaissent pas dans ce syndicalisme. Militer à la CGT, c’est d’abord s’affronter au quotidien, ici au patron, là à la politique gouvernementale, une lutte pour la défense intransigeante des droits, des conditions de vie et de travail de tous les salariés, un syndicalisme où les désaccords se discutent démocratiquement dans le respect des idées de chacun, un syndicalisme à reconstruire.

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:55

http://www.liberation.fr/monde/2014/11/02/il-y-a-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-d-espagne_1134653

Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Espagne

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Dimanche 2 Novembre 2014

Dans un climat de défiance vis-à-vis des politiques, plusieurs scandales frappent le Parti Populaire du premier ministre, Mariano Rajoy.

Il y a une semaine, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, parlait de « cosillas », de petites choses sans importance, pour désigner les nombreuses affaires de corruption qui minent l’Espagne. Désormais, le leader conservateur a changé de discours, mercredi, fait inédit, il a demandé « pardon à tous les espagnols », au nom de sa formation, le Parti Populaire. Lors du conseil des ministres de vendredi, avec une hâte inaccoutumée, il a fait approuver une série de mesures contre la corruption qui languissaient sur son bureau depuis des mois.

Apparu avec un air terriblement sérieux, le regard contrit, Mariano Rajoy est acculé à réaliser une purge au sein de son parti, à la demande de plusieurs caciques conservateurs craignant une dégringolade dans les sondages. « Son style de gouvernement est de laisser pourrir les situations, sa façon de décider consiste le plus souvent à ne rien décider », estime le politologue Enrique Gil Calvo. « Mais, vu la gravité des événements, il va devoir forcer sa nature ».

Croisières. Depuis 2011, notamment avec la mise en examen de l’infante Cristina pour détournement de fonds publics, les espagnols assistent avec écœurement à une accumulation de scandales éclaboussant la monarchie, des entrepreneurs de renom et des dirigeants politiques. Une étude réalisée par le centre d’enquêtes sociologiques, en juillet 2014, montre que la corruption figure comme principale préoccupation derrière le chômage, qui touche un quart des actifs.

Mais, depuis la mi-octobre, la multiplication des affaires a pris un tour spectaculaire. L’ancien secrétaire général du Parti Populaire Angel Acebes a été mis en examen pour avoir mis la main dans les supposées « caisses noires » du parti. Même sort pour les dirigeants de la caisse d’épargne Caja Madrid, une entité sauvée de la faillite par l’Union Européenne, ils auraient utilisé des cartes de crédit professionnelles pour leurs loisirs, croisières et safaris, à hauteur de quinze millions cinq cent mille euros. Parmi eux, figure Rodrigo Rato, l’ancien président de l’entreprise, gourou économique du Parti Populaire et ancien directeur du FMI. En outre, le maire nationaliste de Barcelone, Xavier Trias, posséderait douze millions d’euros sur un compte en Suisse.

Vendredi, pour couronner le tout, un juge de l’Audience Nationale, la principale instance judiciaire du pays, a envoyé en prison Enrique Granados, l’ancien secrétaire général du parti au pouvoir à Madrid, pour « appartenance à une organisation criminelle ». D’après le dossier d’instruction, dès 2003, alors maire d’une cité-dortoir au sud de la capitale, il aurait été le cerveau d’un réseau de corruption unissant des élus locaux et des constructeurs, des dizaines de millions d’euros auraient transité vers le continent américain avant d’être blanchis. Selon le journal Publico, Enrique Granados organisait avec ses complices des parties de chasse et de poker, ainsi que des fêtes dans des résidences luxueuses du sud de Madrid, en recourant notamment à des prostituées de luxe. Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, la principale formation de l’opposition, est aussi dans l’œil du cyclone, car le maire de Parla, autre cité-dortoir proche de la capitale, vient d’être envoyé en prison par les juges pour avoir reçu des pots de vin de la part de Cofely, une filiale de GDF Suez.

« Scories ». Face à cet indécent déversement de scandales, alors que, selon Caritas, la pauvreté touche désormais une famille sur quatre, le gouvernement conservateur est sur la sellette. « Mariano Rajoy commençait à retrouver le sourire avec une timide récupération économique », résume un éditorial d’El Mundo. « Il affronte là une autre crise, une crise systémique, car beaucoup d’espagnols sont plus que jamais convaincus que le système est pourri de l’intérieur ». Le chef de l’exécutif tente de rassurer, « dans notre pays, celui qui commet une faute doit en payer le prix, ici les tribunaux font leur travail ».

Comme geste de bonne volonté, son gouvernement a annoncé vendredi la création de deux cent quatre-vingt-deux nouveaux postes de juges « afin de nettoyer toutes les scories ». Reste à savoir si le prudentissime Mariano Rajoy, coutumier des tergiversations, se résoudra à faire un grand nettoyage dans ses rangs. Profitant de la situation, le fringant leader socialiste, Pedro Sánchez, veut « bâtir un mur contre la corruption » et a proposé trente-trois mesures pour durcir le code pénal et la législation sur les partis.

Beaucoup doutent des résultats de ce volontarisme soudain. « Les deux grandes formations hurlent contre la corruption, mais celle-ci est partie constitutive du système », considère l’analyste Beatriz Gimeno. Il y a une certitude, le parti au pouvoir craint, si rien n’est fait, une débâcle électorale lors des municipales et des régionales de 2015.

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