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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:28

Un compromis sur le barrage de Sivens d’ici la fin de l’année (Reuters)

Une solution de compromis sera définie d'ici à la fin de l'année dans le cadre de la révision du projet de barrage de Sivens, dans le département du Tarn, a déclaré Mardi 4 Novembre 2014 Ségolène Royal après avoir reçu au ministère de l'écologie les parties prenantes de ce dossier délicat.

La ministre avait réuni défenseurs de l'environnement, représentants des agriculteurs, élus locaux et experts, et a salué après cette table ronde la volonté de chacun « de dégager une solution pérenne et durable pour répondre à un besoin de ressources en eau ».

Le projet a été suspendu pour une durée indéterminée après la mort, il y a neuf jours, de Rémi Fraisse, un jeune manifestant écologiste tué par une grenade lancée par les gendarmes.

Le barrage de Sivens est devenu une affaire hautement politique, au même titre que le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, et Ségolène Royal a soutenu mardi soir l'appel des autorités locales à l'évacuation des lieux.

« J'ai demandé à la coordination des associations locales d'appeler à l'évacuation du terrain. La réponse n'a pas été négative, donc je crois qu'un effort doit être fait dans ce sens pour que le territoire, les habitants du territoire retrouvent la tranquillité », a-t-elle dit.

Les écologistes réclament l'abandon pur et simple du barrage, destiné à retenir un million cinq cent mille mètres cubes d'eau, soulignant que cette retenue viendrait détruire treize hectares de « zones humides qui abritent un réservoir de biodiversité ».

Si l'abandon n'est pas encore à l'ordre du jour, Ségolène Royal envisage de revoir le projet.

Des experts du ministère ont jugé que les besoins en eau avaient été surestimés et que l'étude d'impact avait été de « qualité moyenne ».

« NE PAS TRAÎNER NON PLUS »

Chaque partie a réaffirmé sa position mardi, opposition pour les militants, maintien du barrage pour le conseil général du Tarn et les agriculteurs, mais la réunion a, selon Ségolène Royal, permis de « renouer les fils du dialogue » et fait émerger « des convergences. Chacun a pris conscience de la nécessité qu'il y avait de dépasser sa propre vérité pour essayer de construire une vérité commune », a-t-elle dit.

Les associations, a-t-elle souligné, ne sont « pas hostiles » à un ouvrage dès lors qu'il permettrait de concilier agriculture et environnement, tandis que les agriculteurs se sont dit prêts selon elle à revoir les volumes d'eau nécessaire.

Le dialogue va se poursuivre avec l'appui de trois experts du ministère, qui se rendront sur place dès la semaine prochaine, afin de trouver une réponse qui convienne.

Ségolène Royal a rappelé les deux solutions envisagées par les experts, réajuster le barrage actuel et améliorer les compensations environnementales, ou réaliser un autre barrage en aval, et a appelé les parties à trouver un consensus très vite.

« L'idée, c'est de ne pas traîner non plus pour que, rapidement, nous puissions y voir clair », a-t-elle dit. « L'idée, c'est qu'avant la fin de l'année on puisse être au clair sur les solutions alternatives et à ce moment-là, le choix sera fait pour que, rapidement, les travaux puissent reprendre ».

Dans la journée, Ségolène Royal avait dit vouloir rapprocher « des points de vue très divergents », une position saluée avant la réunion à Paris par le président de la chambre régionale d'agriculture de Midi-Pyrénées, Jean-Louis Cazaubon.

« On n'est pas dans le tout ou rien. On est prêt à construire ensemble, par exemple à partager l'eau », avait-il dit.

La solution qui se dessine paraît faire écho aux propos de Nicolas Hulot, conseiller du président François Hollande pour la protection de l'environnement, qui lançait dans le Parisien « qu’abandonner le barrage est une question de bon sens ».

Les élus Europe Ecologie-Les Verts restent très hostiles à ce barrage dont le député Noël Mamère mettait en doute la légalité, en plus de le décrire comme « une aberration écologique et un fiasco politique ».

Mais les élus du conseil général du Tarn jugent cet ouvrage de huit millions quatre cent mille euros indispensable pour irriguer les terres agricoles et assurent qu'une autre zone humide sera recréée non loin. Le chantier bénéficie de fonds structurels européens et de subventions de la part de l'agence de l'eau Adour Garonne.

Le député PS du Tarn, Jacques Valax, a menacé de démissionner de son mandat de conseiller général si le barrage n'était pas construit et estimait avant la réunion, à laquelle il était finalement présent, que le rapport commandé par Ségolène Royal était « une erreur ».

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:09

Neuvième refus de libération de Georges Ibrahim Abdallah (Reuters)

Le tribunal d'application des peines de Paris a rejeté Mercredi 5 Novembre 2014 la neuvième demande de libération conditionnelle déposée par le libanais Georges Ibrahim Abdallah, condamné à perpétuité en 1987 pour sa complicité dans l'assassinat de deux diplomates, a-t-on appris auprès de son avocat.

Cette demande a été rejetée au motif principal que le ministère de l'intérieur n'a pas pris d'arrêté d'expulsion le concernant, a précisé son avocat, Jean-Louis Chalanset.

« C'est l'exécutif qui ne souhaite pas qu'il sorte », a-t-il dit à Reuters. « L'exécutif fait droit aux pressions américaines », a-t-il ajouté, indiquant qu'il ferait appel de cette décision.

Georges Ibrahim Abdallah est emprisonné en France depuis trente ans, et libérable depuis quinze ans.

A deux reprises, en 2003 et 2012, des demandes de libération de l'ancien chef des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL) ont été acceptées, avant d'être finalement rejetées.

Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans l'assassinat en France de deux diplomates en 1982, un américain et un israélien, et complicité dans la tentative d'assassinat d'un troisième, américain, en 1984.

Georges Ibrahim Abdallah assume son passé et se considère comme un résistant.

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:00

La tension monte autour de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem (Reuters)

Un automobiliste palestinien a percuté Mercredi 5 Novembre 2014 des passants à Jérusalem-Est au volant de sa camionnette et s'est extrait de son véhicule pour les attaquer à coups de barre de fer, faisant un mort et une dizaine de blessés, avant d'être tué par la police israélienne.

Cette attaque a fait suite à de nouveaux heurts dans la matinée entre policiers israéliens et manifestants palestiniens sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est.

Inquiète de la multiplication des incidents, la Jordanie a ordonné le rappel de son ambassadeur en Israël pour protester contre ce qu'elle qualifie de « violations » israéliennes des lieux saints de Jérusalem. Amman va également saisir le conseil de sécurité de l’ONU.

L'esplanade des Mosquées, appelée le Mont du Temple par les israéliens, abrite le dôme du Rocher et la mosquée al Aqsa. Ce troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine, en Arabie Saoudite, est administré par le Waqf, une fondation religieuse contrôlée par la Jordanie.

Ancien site des deux temples juifs, il est aussi le principal lieu saint du judaïsme.

Les tensions se sont accrues ces derniers jours et les autorités israéliennes avaient ordonné la fermeture du site pour une journée jeudi dernier.

La police israélienne a précisé que l'homme qui a lancé son véhicule sur des passants, la deuxième attaque de ce type en deux semaines, était un palestinien de Jérusalem-Est, Ibrahim Akari. Le groupe islamiste palestinien Hamas a revendiqué cette « action héroïque en réponse à la poursuite des crimes sionistes ».

COLÈRE JORDANIENNE

Sur sa page facebook, Ibrahim Akari avait salué l'attentat commis mercredi dernier contre un militant israélien d'extrême droite, Yehuda Glick, blessé par balles lors d'un rassemblement du mouvement qui revendique le droit pour les fidèles juifs de prier au Mont du Temple.

Le 22 octobre 2014, un palestinien avait lancé sa voiture sur un groupe de piétons à un arrêt de tram, tuant un bébé de trois mois et une femme avant d'être abattu par la police.

A Amman, un porte-parole du gouvernement a expliqué le rappel de l'ambassadeur de Jordanie en Israël, une première depuis le traité de paix de 1994, en raison de « l'escalade sans précédent » des opérations israéliennes sur l'esplanade des Mosquées et de l'accélération de la politique de colonisation dans la partie arabe de la ville sainte.

Mohammad al Momani a précisé que les forces de sécurité israéliennes avaient mené dans la matinée un raid à la mosquée al Aqsa et a dénoncé une « dangereuse escalade ».

Selon des témoins, les israéliens ont lancé des grenades assourdissantes dans la mosquée lors des affrontements avec les manifestants.

Le ministre jordanien des affaires étrangères, Nasser Judeh, était attendu à Paris pour rencontrer le secrétaire d'état américain, John Kerry, et parler avec lui de la situation à Jérusalem, a-t-on appris à Amman.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 20:17

http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/241014/liberez-koltchenko

Libérez Oleh Sentsov et Aleksandr Koltchenko

Par Vincent Présumey

Vendredi 24 Octobre 2014

« Notre plus grande erreur, c’est l’oubli de l’internationalisme »

« L’antifascisme n’est pas un crime, libérez l’antifasciste de Crimée, Aleksandr Koltchenko »

Ce sont là des slogans de l’importante manifestation tenue à Moscou contre l’intervention russe en Ukraine le 21 septembre 2014.

Qui est Aleksandr Koltchenko ?

C’est probablement le militant antifasciste le plus célèbre de Crimée, se réclamant de l’anarchisme, de l’antifascisme, de la défense de l’environnement et de la défense des droits des travailleurs. Ayant diffusé un film sur l’assassinat de la journaliste indépendante criméenne Anastasia Baburova, à Moscou en 2009, il avait déjà été attaqué au couteau par une bande fasciste.

Lors de l’intervention militaire russe en Crimée répliquant au renversement du président ukrainien Viktor Ianoukovtich, Aleksandr Koltchenko a organisé des manifestations pacifiques de protestation contre l’occupation militaire de facto et le référendum truqué, aux côtés de citoyens tatars, ukrainiens, ou russes, notamment le 19 mai 2014 à Simféropol.

Dans les jours précédant cette manifestation, une vague d’arrestations, le terme approprié serait « kidnapping », s’est abattue sur les organisateurs de la résistance. Dans la nuit du 11 au 12 mai 2014, était ainsi enlevé le célèbre cinéaste ukrainien Oleh Sentsov, qui avait participé aux manifestations sur le Maidan à Kiev et, le 16 mai 2014, c’était le tour d’Alexandr Koltchenko, dans le centre de Simféropol, l’un et l’autre par le FSB, l’ancien Guépéou NKVD KGB. Le 30 mai 2014, le FSB faisait savoir qu’il les détenait, ainsi que deux autres inculpés, Hennadiy Afanassov et Oleksiy Tchirniy, pour organisation d’un groupe terroriste lié à l’extrême-droite ukrainienne de « Pravyi Sector » et détention illégale d’armes à feu.

Il semble que les « témoignages » des deux derniers nommés, qui auraient été, sous toute réserve, libérés depuis, aient servi à « charger » Oleh Sentsov et Aleksandr Koltchenko. Un transporteur d’explosifs aurait « donné » Oleh Sentsov. Aleksandr Koltchenko est accusé d’avoir participé à un « groupe terroriste », planifié des explosions près de la statue de Lénine à Simféropol les 8 et 9 mai 2014, saboté des voies ferrées et des lignes électriques, tenté d’incendier les locaux d’Unité Russe et de la Communauté Russe de Crimée le 14 avril 2014, et ceux de Russie Unie le 18 avril 2014.

La nature délirante de ces accusations s’inscrit dans une très vieille et sinistre tradition qui remonte aux procès de Moscou, quand les opposants révolutionnaires étaient traités de fascistes faisant dérailler les trains.

Elle doit particulièrement attirer l’attention de tous les militants de gauche et syndicalistes en France qui s’interrogent sur le poids des « nazis ukrainiens » dans les évènements qui se sont produits depuis un an.

L’extrême-droite ukrainienne existe et est importante mais elle n’a absolument pas joué un rôle dirigeant ni initiateur dans ce que l’on appelle les évènements du Maidan, mouvement insurrectionnel contre l’oligarchie et pour la démocratie.

L’extrême-droite russe ou « eurasienne » est par contre, de concert avec les soi-disant « communistes » avec lesquels sa symbiose est ancienne et avancée, hégémonique dans les mouvements armés, aidés par l’armée russe, qui sont intervenus dans les oblasts orientaux du Donbass et de Louhansk en Ukraine, où la population dans sa masse est restée passive, méfiante ou apeurée.

En Crimée, l’appel à la fusion avec la Russie est venu des antennes de l’état russe, déjà bien présentes, et de l’extrême-droite russe. L’extrême-droite européenne, y fut bien représentée par un « observateur indépendant » lors du « référendum », l’expert aux relations internationales du Front National français, Aymeric Chauprade.

Kidnapper le principal antifasciste connu comme tel de Crimée, et tenter de le faire passer pour un incendiaire néo-nazi, voilà la tactique grossière du FSB.

Le 11 juin 2014, une déclaration publique de l’avocat d’Oleh Sentsov à l’occasion du festival international du film d’Odessa donnait l’alarme sur la détention arbitraire et les conditions de cette détention dont sont victimes Oleh Sentsov et Alexandr Koltchenko. Tous deux ont été « transférés » à la vieille prison tsariste de Lefortovo, à Moscou. Oleh Sentsov avait été battu pendant plusieurs heures, déshabillé et menacé de viol s’il ne « coopérait » pas. Il est à craindre qu’Alexandr Koltchenko n’ai subi les mêmes traitements, mais aucun aveu n’a pu être annoncé par le FSB. Un appel de cinéastes, dont Wim Wenders et Pedro Almodovar, a été lancé pour Oleg Sentsov. Le 24 juin 2014, Amnesty International a lancé une pétition pour la libération d’Oleh Sentsov et d’Aleksandr Koltchenko.

Aleksandr Koltchenko est un antifasciste que la police politique tente de faire passer pour un fasciste !

Aleksandr Koltchenko est un homme qui se considère comme citoyen ukrainien et que la police politique russe veut juger en tant que russe !

Aleksandr Koltchenko est détenu arbitrairement et accusé de crimes absurdes !

Le 15 octobre 2014, se tenait à Paris une réunion-débat sur la situation en Ukraine, à l’initiative des militants français Vincent Présumey et Olivier Delbeke, avec l’aide du Global Labour Institute, en présence des militants ukrainiens Nina Potarska (Ligue Socialiste Opposition de Gauche), Youriy Bouzdougane et Olenna Skomorochtchenko (Parti Social Démocrate) et des militants russes Julia Gousseva (Centre Praxis) et Kiril Buketov (syndicaliste indépendant). Le cas d’Alexandr Koltchenko a été exposé aux participants. Il a été décidé d’entrer en campagne pour sa libération.

Nous aussi, en France, nous pouvons dire que « notre plus grande erreur, c’est l’oubli de l’internationalisme ». Devrions-nous faire comme si le rideau de fer était réapparu ?

Devrions-nous par crainte de l’alignement français sur l’impérialisme étatsunien ignorer l’impérialisme russe ? Devrions-nous croire les sirènes d’une certaine blogosphère soi-disant « rouge » et de celle d’extrême-droite qui nous assène que tous les ukrainiens sont des nazis ?

Il y va de l’honneur du mouvement ouvrier et démocratique français qui doit renouer avec ses meilleures traditions.

Faisons d’Aleksandr Koltchenko un exemple, un bélier pour Sentsov et tous les autres. Faisons prendre position nos organisations syndicales.

L’antifascisme n’est pas un crime !

La nationalité ukrainienne n’est pas un crime !

Solidarité internationaliste !

Premiers signataires

Verveine Angeli, syndicaliste Solidaire ; Stefan Bekier, ancien activiste de l'opposition de gauche en Pologne, militant d’Ensemble, membre du Front De Gauche ; Jean-François Claudon, militant socialiste ; Olivier Delbeke, syndicaliste CGT ; Fabien Gallet, syndicaliste Solidaire ; Dan Gallin, syndicaliste UNIA (Suisse) et Global Labour Institute (Genève) ; Dominique Gautrat, enseignante retraitée, adhérente au SNES FSU ; Serge Goudard, militant trotskyste et syndicaliste FSU ; Pierre Guillaumin, syndicaliste CGT ; Laure Jinquot, « L’Insurgé » et syndicaliste FSU ; Zbigniew Marcin Kowalewski, chercheur et journaliste ; Jan Malewski, rédacteur de la revue Inprecor ; Alexis Mayet, syndicaliste UNEF ; Vincent Présumey, syndicaliste FSU ; Catherine Samary, économiste, militante altermondialiste.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:41

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-acting-with-the-peshmerga-like-a-single-army.htm

« Les YPG et les peshmergas agissent comme une seule armée » (Firat News Agency)

Mardi 4 Novembre 2014

Le commandant des YPG Mahmoud Berxwedan dit que, depuis l’arrivée des forces des peshmergas à Kobanê, les YPG et les peshmergas agissent comme une seule armée, plutôt que dans la coordination. Il a ajouté que « les peshmergas cherchent à réaliser ce qui leur est demandé avec abnégation ». Mahmoud Berxwedan dit que les peshmergas ont effectué des frappes efficaces contre les bandes d’EIIL avec les armes lourdes qu'ils ont apportées avec eux.

Mahmoud Berxwedan a déclaré que depuis fin octobre l'initiative est passée aux forces des YPG et a répondu aux questions de Firat News Agency concernant l'arrivée des peshmergas, la situation des civils et le dernier état du conflit.

Question. Quel type de coordination y a-t-il entre les forces des peshmergas et vous après leur arrivée à Kobanê ?

Réponse. Nous sommes ravis d'accueillir une force kurde à Kobanê. Cela créé un sentiment national dans tout le Kurdistan. Les relations évoluent de manière positive. Ils nous ont dit qu'ils ont préparé toutes sortes de plans et d’opérations. Ils ont des armes lourdes et ils utilisent efficacement ces armes. Nous agissons plus comme une seule armée que comme deux forces qui agissent de façon coordonnée. Les peshmergas cherchent à réaliser ce qui leur est demandé avec abnégation. Les médias turcs affirment que « certains peshmergas ont déserté », mais c’est une insulte et une partie de la guerre psychologique. Nous luttons côte à côte avec les peshmergas. Ils sont déterminés et disent qu'ils sont prêts à mettre plus de personnel et d’armes si nécessaire.

« Les armes lourdes des peshmergas sont efficaces »

Question. Y a-t-il des changements dans la situation dans le conflit depuis l'arrivée des peshmergas ?

Réponse. Nous avons commencé à voir l'effet de leurs armes lourdes en dehors de la ville, plutôt qu'à l'intérieur. Ils ont un effet psychologique sur l'ennemi. Partout nous leur demandons d’utiliser ces armes et nous tenons à les remercier une fois de plus.

« Dans la dernière semaine, EIIL a subi plus de pertes que dans toute la guerre »

Question. Peut-on dire que l'initiative repose maintenant sur les forces des YPG ?

Réponse. Depuis le début du mois, l'initiative est avec nous. Les bandes d’EIIL apportent constamment des renforts de Rakka et d'autres régions et même de l'extérieur de la Syrie. Dans la dernière semaine une centaine d'entre eux ont été tués, plus que depuis le début des attaques. Les armes lourdes des peshmergas apportent une contribution importante à notre initiative.

« Les civils vivent dans des conditions difficiles »

Question. Quelle est la situation des civils à Kobanê ?

Réponse. Bien sûr, elle n’est pas bonne, ils vivent dans un environnement de guerre. Chaque jour, il y a des explosions. EIIL attaque les civils tous les jours. Nous sommes maintenant en hiver et il n'y a pas d'électricité ou d’eau et ils vivent dans des tentes.

Question. Aujourd'hui, sur le front de l'ouest, vous avez lancé une opération conjointe contre les bandes d’EIIL avec l’ASL et les peshmergas. Cette opération continue-t-elle ?

Réponse. Cette opération est réalisée par les Unités de Défense composées de l’ASL, des peshmergas et des YPG et elle a continué jusqu’à ce matin. De lourdes pertes ont été infligées aux bandes d’EIIL dans le village de Merz Erbuşan. Beaucoup de membres des bandes d’EIIL ont été tués. C’est la première action menée conjointement avec l’ASL et les peshmergas et ces opérations se poursuivront.

« Les allégations des problèmes entre les YPG et l’ASL sont sans fondement »

Question. Avez-vous autre chose à dire ?

Réponse. Je voudrais répondre à certaines allégations sans fondement. Il n'y a pas de problèmes entre les YPG et l’ASL. Les déclarations selon lesquelles nous ne voulons pas de l’ASL ici sont fausses. Il est faux de dire que nous nous opposons aux forces d’Abduljabbar al Okaïdi présentes ici. Ces allégations font partie d'un stratagème d’EIIL. Au contraire, nous consolidons notre alliance progressivement, et je suis convaincu que ces forces et les YPG continueront à développer cette alliance.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 19:04

Thierry Lepaon dénonce des manœuvres pour déstabiliser la CGT (Reuters)

Thierry Lepaon a dénoncé Mardi 4 Novembre 2014 une entreprise de déstabilisation après les révélations sur le coût des travaux dans le logement mis à sa disposition par la CGT mais a reconnu des failles dans la prise de décision financière de la centrale syndicale.

Cette affaire visant son secrétaire général a révélé le malaise existant au sein de la confédération, le poussant à s'expliquer devant le comité confédéral national de la CGT.

Dénonçant des dirigeants de la CGT qui le critiquent sous couvert de l'anonymat, il s'en est vivement pris au premier ministre Manuel Valls, qui a donné, selon lui, « le coup d’envoi au déferlement médiatique » sur cette affaire.

« Qu’il s’occupe des affaires de la nation pour lesquelles des résultats sont fortement attendus, et qu’il laisse la CGT s’occuper des siennes », a-t-il lancé.

Le « patron » de la CGT dénonce également « un problème de fonctionnement » du bureau confédéral « qui handicape notre capacité collective ». Il annonce donc qu'il recevra individuellement, dès jeudi, chacun de ses membres afin de s’assurer « de leur engagement et adhésion à l’esprit d’équipe ».

Thierry Lepaon, qui dit avoir découvert dans la presse le montant des travaux réalisés dans l’appartement en cause souligne qu'il fait soixante dix neuf mètres carrés et non pas cent vingt mètres carrés comme l'a écrit le Canard Enchaîné, qui a révélé l'affaire.

Le montant exact des travaux réalisés dans ce logement loué par la CGT à Vincennes, dans le Val-de-Marne, est de cent cinq mille euros, précise-t-il, et non de cent trente mille euros, comme publié.

Selon lui, la personne qui a subtilisé ce document à l'intérieur même de la CGT en choisissant d'alerter la presse, et non les instances de la centrale, a « choisi volontairement, un mois avant une élection professionnelle décisive dans la fonction publique, de nuire à la CGT. Dans un contexte de crise économique, sociale, politique et morale majeure, les initiateurs et les complices de cette entreprise de déstabilisation visent à faire vaciller la représentation sociale de la CGT aux yeux des salariés ».

Néanmoins, cette affaire a révélé aux yeux de Thierry Lepaon « des failles majeures dans le fonctionnement interne de prise de décisions » de la centrale, « une seule personne » pouvant décider de dépenser cent cinq mille euros dans un appartement en location sans en référer à une instance du syndicat.

Il annonce donc qu'il soumettra dès la semaine prochaine au bureau confédéral le recrutement d’un directeur administratif et financier. « Il aura d’abord la charge de proposer à la direction confédérale un ensemble de règles permettant de sécuriser notre fonctionnement et nos décisions budgétaires », explique-t-il.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 18:40

La Catalogne maintient sa consultation citoyenne (Reuters)

Le gouvernement régional de Catalogne a annoncé Mardi 4 Novembre 2014 le maintien de sa « consultation citoyenne » sur l'indépendance prévue dimanche prochain malgré sa suspension ordonnée par le tribunal constitutionnel espagnol.

« Tout est prêt pour le 9 novembre et le gouvernement a maintenu le processus de participation citoyenne », a déclaré le porte-parole de la Généralité de Catalogne, Francesc Homs, lors d'une conférence de presse à Barcelone.

Le tribunal constitutionnel avait pourtant décidé quelques heures plus tôt « la suspension des actes du gouvernement catalan liés à l'organisation d'un processus de participation citoyenne le 9 novembre ».

Pour le gouvernement espagnol, qui avait saisi la haute juridiction vendredi, ce « vote symbolique » constitue dans les faits un référendum à peine voilé sur la sécession.

En septembre, la haute cour avait déjà suspendu le projet de référendum stricto sensu que la Généralité de Catalogne voulait organiser sur l'indépendance de la province. A la suite de cette décision, Artur Mas, président de l'exécutif régional, avait alors annoncé l'abandon du projet de référendum et son remplacement par cette « consultation citoyenne ».

Sa suspension ordonnée par le tribunal constitutionnel ne devrait pas dissuader des dizaines de milliers de catalans d'y prendre part dimanche et de manifester pour l'indépendance.

« Aujourd'hui plus que jamais nous devons être unis pour défendre la détermination et la liberté d'expression des citoyens », a poursuivi le porte-parole de l'exécutif régional.

« SI QUELQU'UN PENSE QU'UN FAX ARRÊTERA LES CATALANS »

La Generalitat a réaffirmé en outre que cette consultation était « un moyen de garantir la liberté d'expression des catalans » et a affiché sa volonté de poursuivre le gouvernement espagnol devant le tribunal constitutionnel pour « atteintes à la liberté d'opinion, d'expression et de participation ».

« Si quelqu'un pense qu'un fax arrêtera le peuple de Catalogne, c'est qu'il ne connaît pas le peuple de Catalogne », a balayé Alfred Bosch, porte-parole du groupe de la gauche républicaine de Catalogne (ERC) au parlement régional, partisan de cette consultation.

On ignore en revanche quelle sera l'attitude des autorités centrales espagnoles, et notamment si elles engageront des poursuites judiciaires contre ses organisateurs.

L'issue serrée du référendum du 18 septembre sur la sécession de l'Ecosse, même si les nationalistes ont été devancés par les partisans du maintien dans le Royaume-Uni, a galvanisé le camp séparatiste catalan.

A la grande différence du cas écossais, où le vote avait été autorisé par Londres, le gouvernement central espagnol refuse de laisser les catalans voter sur leur avenir institutionnel. Madrid s'appuie sur la constitution de 1978 qui garantit l'unité espagnole et affirme dans son premier article que « la souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol ».

« Aucun dirigeant ne peut décider ce qu'il veut ou ce qu'il ne veut pas respecter, la loi est la même pour tous », a répété mardi la vice-présidente du gouvernement espagnole, Soraya Saenz de Santamaria.

Le projet de « consultation citoyenne » prévoit de poser une double question, « est-ce que la Catalogne est un état » et, dans l'affirmative, « voulez-vous que cet état soit indépendant ».

D'après un sondage du centre des études d'opinion de la Generalitat diffusé la semaine dernière, soixante quatre pour cent des catalans voteraient oui à la première question et soixante dix sept pour cent à la seconde, soit, au total, un résultat de 49,4% des votants en faveur de l'indépendance.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 21:53

http://www.insurge.fr/14WEB/14TRACT/14_10_31_solidarite_kobane_alep_syrie.html

Solidarité avec Kobané et avec Alep

On ne peut dissocier le combat mené contre Daech du combat mené contre le régime de Bachar al Assad

Vendredi 31 Octobre 2014

Depuis des semaines, à Kobané, les forces kurdes de cette ville de Syrie, avec l'aide des forces de l'Armée Syrienne Libre, résistent à l'offensive de Daech. Du fait de cette résistance exceptionnelle, les Etats Unis, qui avaient d'abord considéré la ville comme « non stratégique », ont dû augmenter, un peu, le nombre de raids aériens contre Daech autour de cette ville. Et les medias suivent désormais heure par heure ce qui se passe à Kobané.

Depuis l'été 2012, à Alep, la population et les forces de la résistance syrienne, en particulier celles qui se réclament de l'ASL, tiennent tête à l'offensive des troupes de Bachar al Assad dans des conditions épouvantables, depuis des mois, chaque jour, l'aviation syrienne lance des barils de TNT sur les habitations, les écoles et les hôpitaux, comme elle le fait sur d'autres villes. Hier, c'est sur un camp de réfugiés que de tels barils ont été jetés. Sur la ville de Douma, proche de Damas, l'aviation utilise des bombes à fragmentation. Et on estime que plusieurs centaines de bombardements ont été opérés par l'aviation de Bachar al Assad la semaine écoulée.

Mais les medias sont en général très discrets sur ces bombardements.

Et, tandis que quelques avions américains survolent la Syrie pour lancer quelques bombes contre Daech, l'aviation syrienne a quartier libre pour terroriser la population et écraser les insurgés. Et cela d'autant plus que l'OTAN et les Etats Unis ont empêché que des armes de défense anti aérienne arrivent jusqu'aux insurgés syriens.

La politique des États-Unis et des autres impérialismes

Depuis 2011, la révolution syrienne, révolution populaire totalement légitime, se heurte à une répression d'une sauvagerie qui n'a guère de précédent dans l'histoire des cinquante dernières années. Cette révolution, pacifique au départ, a été contrainte de s'armer pour résister à la barbarie.

Elle a demandé des armes pour se défendre. Cela lui fut refusé. Les gouvernements américains, français, anglais et allemand ont préféré préserver le régime syrien plutôt que de voir victorieuse cette révolution. Quant à l'impérialisme russe, il soutient ouvertement la dictature syrienne. Son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé de nouvelles et « importantes livraisons d'armes et de matériel militaire » à Damas (RIA Novosti du 20 octobre 2014).

C'est dans ces conditions qu'a pu proliférer Daech, forces ultra réactionnaire constituée avec l'aide du régime d'al Assad puis encouragée par des « aides » venues de Turquie et des monarchies de la région. Le rôle de Daech est de poignarder dans le dos la révolution syrienne. Ce n'est que lorsque la progression de Daech en Irak a menacé les intérêts des Etats-Unis que ceux-ci sont intervenus militairement. Et qu'ils ont dû apporter une aide, chichement mesurée, aux forces kurdes de Syrie et d'Irak qui résistaient à l'offensive de Daech. Mais ils refusent d'aider les syriens qui, comme à Alep, ont expulsé Daech de leur ville.

Pourtant, en Syrie, l'alliance entre les forces de la résistance syrienne et celles des régions kurdes est manifeste. Les accords passés entre ces forces sont publics et, à Kobané même, aux côtés des kurdes syriens combattent plusieurs centaines d'arabes syriens se revendiquant de l'ASL.

Dans ces conditions, si la solidarité avec Kobané est une impérieuse nécessité, la solidarité avec Alep, avec l'ensemble de la révolution syrienne est tout autant indispensable. Pourquoi donc alors certains n'affirment de solidarité qu'avec la résistance « kurde » de Kobané, oubliant les non-kurdes de Kobané, oubliant Alep et tant d'autres villes martyrisées ?

La politique perverse de Poutine et de ses relais

À en croire Poutine et Bachar al-Assad, il n'y aurait pas de mobilisation populaire en Syrie, mais seulement des fanatiques sanguinaires que combattrait le gouvernement syrien. Et Poutine, tout en critiquant l'intervention américaine, se dit soucieux de lutter contre le « terrorisme international » et pour cela, propose des « négociations » avec le régime de Bachar al Assad. Ce dernier tente de diviser la population syrienne, d'opposer les diverses communautés. Il avait en particulier cherché à instrumentaliser les kurdes contre les autres insurgés.

L'extrême droite française tient le même discours. Robert Ménard, qui revient de Damas, explique que le régime syrien est « certes critiquable, mais qu'il est le seul à pouvoir faire barrage à Daech ». De la part d'un maire lié au Front National, cela n'étonne pas.

Quant au PCF, qui refuse tout soutien à la révolution syrienne, il prône depuis 2011 le dialogue avec Bachar al Assad. Aujourd'hui, il se proclame solidaire des kurdes contre Daech.

Dans un tract titré « Urgence Kobanê », il appelle à « livrer des armes à la résistance kurde de Kobané », mais non aux autres syriens, « pour résister à l'Etat Islamique », mais non pour combattre Bachar al Assad. Au contraire, il propose « l'ouverture de négociations politiques entre le gouvernement syrien et une opposition démocratique rassemblée », ce qui revient à légitimer le régime syrien. Comme Poutine, le PCF tente ainsi de séparer le combat des kurdes du combat contre Assad. Sur ce plan, comme sur d'autres, la position du PCF ne fait pas l'unanimité au sein du Front De Gauche.

Précisons que soutenir le combat du peuple kurde ne signifie pas soutenir les organisations kurdes elles-mêmes et leur politique, qu'il n'y a pas lieu d'idéaliser comme certains le font parfois, cela vaut en particulier pour le PYD, parti de l'union démocratique, en Syrie, et sa maison mère en Turquie, le PKK, ainsi que pour le parti de Barzani en Irak. Mais le soutien au combat des kurdes et arabes à Kobané est une question de principe, un succès à Kobané contre Daech serait un point d'appui pour toute la révolution syrienne, et pour le peuple palestinien.

Le combat des kurdes, de tous les syriens, et des palestiniens ne peut être divisé

Fondamentalement, il s'agit d'un même combat pour la liberté, pour les droits démocratiques, contre le colonialisme sioniste et contre la dictature syrienne, contre la politique des différents impérialismes et leur relais locaux, dont Daech est un sous-produit.

L'aspiration nationale kurde, la forme et la manière dont elles peuvent se concrétiser, ne peut être instrumentalisée par quiconque, et ne peut se réaliser qu'au travers du combat commun des peuples de la région pour la démocratie, et contre le capitalisme et les états qui le protègent.

Dans leur lutte, les syriens et les palestiniens, les kurdes des différents états, ne peuvent pas compter sur le soutien des grandes puissances ni des états voisins. Par contre, la responsabilité du mouvement ouvrier international, en France notamment, est de soutenir l'ensemble de ce combat.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 21:17

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-peshmerga-burkan-al-firat-operation-continues.htm

L’opération conjointe des YPG, de Burkan al Fırat et des peshmergas continue

L'opération conjointe lancée par les forces des YPG, de Burkan Al Fırat et des peshmergas à l'ouest de Kobanê continue Lundi 3 Novembre 2014.

L'opération conjointe avec des armes lourdes a été lancée contre les bandes d’EIIL déployées dans certains villages à l'ouest de Kobanê, sous la coordination des commandants des YPG.

Tandis que les combattants des YPG ont lancé une offensive, les peshmergas ont commencé les attaques avec des armes lourdes et des missiles ciblant la zone des bandes d’EIIL. L'opération est également soutenue par le centre d'opération conjointe de Burkan al Firat. Les affrontements se poursuivent.

Dans le même temps, les soldats turcs ont attiré des membres de la presse loin de la zone frontalière afin de les empêcher de couvrir l'opération sur la colline de Tal Shair depuis le village de Boyde à Suruç.

D'autre part, les combattants des YPG poursuivent également leurs actions sur les fronts est et sud de Kobanê.

Il y a aussi des combats sur le front occidental en dehors de la ville.

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 20:54

http://www.paris-luttes.info/hommage-a-remi-fraisse-une-manif

Hommage à Remi Fraisse, une manifestation de plus réprimée par le pouvoir socialiste

Flics complètement sous pression, dispositif policier de dingue, arrestations à la pelle et atteintes aux libertés fondamentales, la préfecture et le pouvoir ont lancé un message clair aux manifestants, « on lâche rien, on va vous écraser », témoignage d’un participant à la manifestation du Dimanche 2 Novembre 2014, place Stalingrad, dans le dix-neuvième arrondissement de Paris.

Il fait plutôt beau ce matin et je me lève comme un dimanche.

Comme j’avais prévu, je filerai à la manif prévue pour pousser un cri de révolte contre le meurtre par la police d’un jeune de vingt et un ans.

Tout a déjà été dit sur ce qui s’est passé. Personnellement si je vais à cette manifestation ce n’est pas pour demander une police plus policée, des armes moins meurtrières ou je ne sais quoi.

En vrai, ce que je pense c’est que les flics ont toujours eu des armes meurtrières, et que là, c’est juste qu’en ce moment, le gouvernement a donné des ordres. Ces ordres c’est de pouvoir utiliser ces armes, en l’occurrence les grenades « offensives », à volonté. En faisant cela, ils savaient qu’il y aurait des morts à court ou moyen terme. Ce mort n’est donc pas un hasard, une erreur, c’est les conséquences logiques d’un risque calculé de longue date.

Ce que je pense c’est qu’une manifestation massive pouvait changer le rapport de force et « tenir en respect la police », faire en sorte que l’état ne se croit pas tout permis.

C’est dans cette logique que j’allais à la manifestation. Je pars à pied de là où j’étais et je reçois plusieurs coups de fil. Des gens apportaient tracts et banderoles de Montreuil, pour la manifestation, suffisant pour les flics pour leur mettre le statut « d’organisateurs ». Problème, l’info avait fuité. Les camarades se sont donc fait arrêter « préventivement ». En sortant du lieu où ils étaient, il y avait plusieurs dizaines de camions de flics qui les attendaient. On peut noter le très bon travail de renseignement de la DGSI qui a su précisément où étaient les gens.

Donc on va au rassemblement, et trente personnes ont déjà été arrêtées. Je ne vais pas vous cacher que je ne suis pas super à l’aise. J’ai déjà fait des manifestations, mais pas aussi dangereuse en terme de probabilité d’arrestation. Et puis le côté violence est quand même largement en faveur des flics.

La veille un camarade a eu le nez arraché au flash-ball à Nantes, un autre a perdu son œil, encore un. Les appels à la démocratie comme quoi le gouvernement va se modérer, va calmer le jeu ne prennent pas sur moi, le gouvernement veut nous écraser, nous les révolutionnaires, mais veut surtout écraser plus largement tous les concepts progressistes qui irriguaient encore la gauche il y a quelques années.

Le gouvernement socialiste est comme tous les gouvernements et tous les états, il ne tolère aucune contestation et aucune remise en question radicale. Et il nous a prouvé qu’il n’avait pas de mal à tuer pour cela.

Plus j’avance à pied plus j’ai une boule au ventre. Arrivé à Belleville, des gardes mobiles sont déjà en place aux intersections. Cela ne fait aucun doute, le dispositif sera complètement dingue. J’arrive à Colonel Fabien, les flics sont en place devant le métro de manière massive. Ils reluquent tout le monde et surtout ce qui ressemble plus ou moins à un gauchiste, en gros des jeunes quoi.

Arrivé à Jaurès c’est juste un truc de dingue tellement il y a du bleu partout. J’ai compté au moins trente camions de CRS. Il y a également des gendarmes mobiles. Ils patrouillent par groupe de dix et fouillent tout le monde, mais vraiment tout le monde. Je ne sais pas par quel hasard, je dois avoir une tête qui leur est sympathique, ce qui me rend moyennement content, j’ai réussi à ne pas me faire contrôler une seule fois dans l’après-midi. Miracle, en effet un pote a moins de chance, il s’est quand même fait contrôler la bagatelle de huit fois dans l’après-midi, pas mal non ?

Je tourne autour de la place de la rotonde avec un copain. Force est de constater que les flics sont vraiment au taquet. Il n y a que du bleu. Je ne cherche même pas à voir les civils tant leur nombre doit être délirant.

Après avoir tourné autour et croyant qu’une manifestation serait impossible, je me risque à passer les barrages policiers et à voir s’il y a du monde place Stalingrad. Surprise, près de trois cent courageux se massent là. Quand je pense que moi j’ai failli ne pas venir, ça me fait chaud au cœur de voir des gens qui sont là. Mais je pense aussi à tous ceux qui ont été arrêtés, qui ont rebroussé chemin devant le nombre de flics, tous ceux qui seraient venus si la préfecture avait accepté ce rencard.

Bref, un peu amer, car les forces sont là mais dispersées. En effet autour du rassemblement il y a beaucoup de gens qui n’osent pas rentrer dedans de peur de se voir réprimer.

Dans la manifestation, l’ambiance est plutôt lourde. Tout le monde est très tendu. Il y a peu de slogans. Il faut dire que les flics sont très visibles. Ils cherchent nettement l’affrontement.

Dans la souricière qu’est la place Stalingrad, tout le monde sait bien qu’il ne sera pas question aujourd’hui d’une quelconque « action » ou même de manifestation sauvage. Le rapport de force n’est pas en notre faveur. Tenter quelque chose virerait à un suicide collectif. D’autant que c’est précisément ce que veulent les flics. Très mobiles ils patrouillent autour du rassemblement, changent très souvent de position, laissent pressentir une charge imminente.

Le problème pour eux c’est qu’il n’y aura aucun prétexte à une charge, les manifestants ont été tout l’après-midi d’une absence d’agressivité absolue. Rien n’a été jeté sur les flics, pas même un trognon de pomme…

Alors quand le soir même on entend des conneries écrites par le Parisien du genre « les policiers ont répondu à la provocation en arrêtant les éléments les plus radicaux », cela laisse rêveur. Rêveur parce que sans aucun doute le Parisien avait un envoyé spécial à Stalingrad, envoyé spécial qui a vu la même chose que moi. Alors pourquoi mentir aussi effrontément, presse aux ordres.

Des camarades prennent ensuite la parole et lisent le communiqué de presse devant les caméras des journalistes. C’était vraiment un moment très important politiquement. Assumer politiquement et à visage découvert le fait de participer à un rassemblement interdit par la préfecture, le fait d’assumer publiquement des positions de classe et des positions rigoureusement hostiles à la police est un acte de première importance.

En faisant cela, les camarades ont pris des risques. Au vu de la répression à l’œuvre, il est tout à fait possible que le GIPN vienne les cueillir au saut du lit un matin de semaine. Il faudra donc pour nous exprimer une pleine et entière solidarité au cas où cela arrive.

À la fin de l’intervention, les gens décident collectivement de se disperser, vers le canal. Cela se disperse bien, mais là les flics décident vraiment de faire monter la pression en refusant la dispersion. Ils font une ligne devant le MK2 Quai de Seine. Je n’ai pas trop vu ce qui s’est passé mais ce qui est sûr c’est que les flics ont gazé de manière assez massive avec des gazeuses familiales.

Cette situation est très dangereuse puisque les cent personnes qui se massent devant la ligne de gardes mobiles sont coincées entre le cinéma et le canal de l’Ourcq au risque que les gens se foutent dans la flotte. Enfin bon si les flics étaient là pour nous protéger cela se saurait.

Les flics forment ensuite une sorte de nasse filtrante. Parallèlement, ils continuent à arrêter des gens à la gueule du client. Je n’ai vu aucune violence puisque les gens se laissaient complètement faire.

Ensuite cela a été très bizarre. Les flics ont chargé à un bout, sans qu’il ne se passe rien du tout, ils étaient super nerveux et notamment leurs chefs. Ils sortaient les flash-balls et moulinaient du tonfa à tout va. Ils ont ensuite dégagé la nasse et ils ont fait des allers et retours sur l’avenue de Flandre et sur le boulevard de la Villette, quelques charges au trot, quelques coups de pression, mais rien de significatif.

S’en est suivi une seconde nasse d’une cinquantaine de personnes sur la place Stalingrad et de plus en plus de flics dans un périmètre de plus en plus restreint. Cela m’a procuré de plus en plus d’angoisse et j’ai ainsi choisi de partir. Mais j’ai rien manqué de plus à part quelques arrestations sans doute, j’ai vu deux paniers à salade de trente personnes partir vers le commissariat de la rue de l’Evangile.

Ce que je retiens principalement de la manifestation c’est la volonté absolue de la part de l’état d’intimider et de broyer toute forme de résistance non acceptée et non récupérable par la pensée bourgeoise.

Ainsi la mort de Rémi Fraisse est analysée comme une chose non politique, qui ne concernerait presque pas les gens. La vraie façon de rendre hommage à Rémi Fraisse serait d’aller faire un rassemblement sinistre dans un quartier sinistre. La mort de Rémi ne serait pas le fait d’être humain et du pouvoir. Cela serait le fruit du hasard.

Le plus dramatique là-dedans c’est que l’extrême-gauche traditionnelle n’était pas là, sauf quelques éléments en butte à leurs directions.

En n’étant pas là, en refusant d’amener la question hors du champ émotionnel et en ne faisant pas le lien avec la situation sociale et politique, cette extrême-gauche se comporte exactement comme lui demande l’état. Et face à cela que reste-t-il ? Le mouvement anarchiste, des fragments de groupes marxistes et des gens relativement isolés politiquement.

Jamais je n’ai vu l’état aussi horrible et écrasant que cet après-midi. Et pourtant, trois cent personnes se sont réunies, trois cent personnes qui ne se connaissaient pas et qui venaient de milieux différents.

Car si aujourd’hui, l’extrême-gauche institutionnelle n’est plus qu’une sorte de coquille vide, et surtout vide d’idées, elle nous laisse les mains libres et laisse de nombreuses personnes dans l’expectative. À nous de savoir tisser des liens qui feront que notre prochain rassemblement sera une réussite et déjouera les tristes projets de l’état.

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