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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 21:02

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/catalogne-la-presidente-du-parlement-devant-la-justice-625367.html

 

La présidente du parlement catalan devant la justice

 

Par Romaric Godin

 

Vendredi 16 Décembre 2016

 

La présidente du parlement catalan Carme Forcadell a été convoquée par la justice espagnole pour avoir soumis au vote une motion favorable à l'indépendance. Un épisode crucial dans l'inévitable choc institutionnel entre Madrid et Barcelone.

L'année 2017 sera une année décisive pour la Catalogne et l'Espagne. Le gouvernement indépendantiste catalan dirigé par Carles Puigdemont prévoit en effet d'organiser dans la deuxième quinzaine du mois de septembre 2017 un référendum sur l'indépendance de l'Espagne dont il s'est engagé à respecter le résultat. En attendant, la tension risque de ne pas cesser de monter entre Barcelone et Madrid.

Ouvertures de Madrid ?

Certes, dans les semaines qui ont suivi sa nomination par le congrès des députés espagnol, au début du mois de novembre 2016, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, tente quelques ouvertures. Le gouvernement espagnol se dit ainsi prêt à évoquer avec le gouvernement autonome de Catalogne quarante cinq des quarante six thèmes mis en avant par Carles Puigdemont lors de son dernier voyage à la Moncloa, le siège du gouvernement espagnol. Voici deux mois, le président catalan avait proposé une ultime tentative de conciliation avec Madrid en demandant l'ouverture d'un dialogue.

Mariano Rajoy pourrait présenter quelques concessions financières et judiciaires, mais il reste un point sur lequel Mariano Rajoy ne souhaite pas ouvrir de discussion, celui du référendum d'autodétermination. Rien d'étonnant dans la mesure où les conservateurs du Parti Populaire, mais aussi leurs alliés de Ciudadanos et du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), considèrent qu'une telle consultation met en danger l'intégrité territoriale de l'Espagne. On craint en outre que cette demande soit reprise par le pays basque où l'impact de la rébellion catalane sur les partis régionalistes est important.

Mais ce dernier refus risque de rendre toute autre discussion vaine, dans la mesure où, en Catalogne, le référendum est devenu une question centrale. Le gouvernement catalan qui s'est engagé sur ce référendum au mois de septembre 2016 vis-à-vis de sa majorité parlementaire alors mise en danger par les divisions internes, ne peut désormais faire marche arrière sur ce point. Dès lors, toutes les négociations entre Madrid et Barcelone semblent vouées à l'échec.

Carles Puigdemont parle de simulacre de discussion. Mariano Rajoy le sait et peut ainsi prétendre ouvrir des discussions en sachant qu'elles ne mèneront nulle part. Tous les éléments d'un choc des trains institutionnels, comme l'on dit en Catalogne, sont réunis. L'attitude des deux parties vise davantage désormais à pouvoir imputer à l'autre la responsabilité de ce choc.

Un référendum déjà illégal

L'impression d'une course inévitable vers un tel choc a été renforcée au cours des derniers jours. Mercredi 14 Décembre 2016, le tribunal constitutionnel espagnol a censuré et suspendu la feuille de route du gouvernement catalan approuvé par le parlement catalan le 6 octobre 2016 qui prévoit la convocation du référendum sur l'indépendance. Le tribunal constitutionnel a rappelé à Carles Puigdemont qu'il est tenu de faire respecter cette décision. Désormais, le président catalan est dos au mur, toute avancée vers le référendum du mois de septembre 2017 sera une sortie de la légalité espagnole et la création ad hoc d'une légalité catalane reposant sur la souveraineté du parlement catalan hors des pouvoirs que lui donne la constitution espagnole. Le choc institutionnel deviendra alors inévitable.

Mais auquel tient le gouvernement catalan

Or, Carles Puigdemont a prévenu, après cette décision, qu'il n'entendait pas reculer. Jeudi 15 Décembre 2016, il a affirmé devant la presse que « nous voterons, nous débattrons et nous nous réunirons », avant de confirmer que la feuille de route censurée par le tribunal constitutionnel tient toujours. Le sommet visant à la préparation du référendum qui doit avoir lieu avant la fin de l'année est maintenu. Le gouvernement catalan poursuit donc dans la logique d'unilatéralité qu'il a commencé à adopter au mois de juillet 2016, en partie pour débloquer la situation avec l'Espagne, en partie pour maintenir l'unité de sa majorité. Cette détermination prouve assez que toute solution n'incluant pas la reconnaissance du droit à l'autodétermination dans le cadre du référendum, qui équivaut pour les indépendantistes à une reconnaissance de la nation catalane, sera un échec certain. L'espoir de Mariano Rajoy d'un pacte avec les nationalistes catalans, comme en 1996 entre Jordi Pujol et José María Aznar, semble totalement infondé.

La présidente du parlement catalan devant la justice

Dès lors, malgré l'apparente bonne volonté de Mariano Rajoy, la judiciarisation de l'indépendantisme catalan se poursuit et a connu, Vendredi 16 Décembre 2016, une nouvelle étape importante. La présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, a été convoquée devant le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) pour répondre du délit de désobéissance civile. Le TSJC lui reproche d'avoir soumis au vote des députés un rapport d'une commission parlementaire qui préconisait le recours à l'unilatéralité au mois de juillet 2016. Avant le vote, le tribunal constitutionnel avait réclamé de la présidente du parlement qu'elle ne soumette pas la résolution à l'avis des députés.

Carme Forcadell, qui n'en avait rien fait mais qui n'avait pas pris parti dans le débat, encours notamment la suspension de sa charge.

Accompagnée par une foule compacte de partisans de l'indépendance, elle est ressortie du tribunal après un peu plus de trente minutes et a dénoncé cette mise en cause judiciaire. Pour elle, ce qui s'est passé est « inconcevable dans un pays vraiment démocratique et n'aurait jamais dû se passer ». Pour Carme Forcadell, son procès est politique, « le pouvoir exécutif utilise le pouvoir judiciaire pour réduire le droit à débattre du parlement. C'est aussi grave que cela ». Derrière cette décision, c'est le droit à débattre de l'indépendance qui est visé, explique la présidente qui met en garde, « si on ouvre la porte à la censure, on ne pourra pas la fermer ».

Affaire importante pour le processus

Cette affaire de la convocation de Carme Forcadell est essentielle parce qu'elle fixe les limites judiciaires au débat sur l'indépendance.

Légalement, la constitution espagnole ne prévoit aucune possibilité d'indépendance catalane et toute mesure, y compris parlementaire, pour aller dans ce sens est donc par essence inconstitutionnelle. Mais dès lors de la Catalogne dispose d'une majorité parlementaire indépendantiste élue sur un programme indépendantiste, donc inconstitutionnel, la liberté d'action et de discussion de cette majorité se trouve nécessairement limitée par la constitution. La liberté de discussion de cette majorité, puis la légitimité parlementaire, deviennent alors problématiques, ouvrant la question de la liberté d'expression pour les idées indépendantistes non pas seulement dans l'opposition comme théorie, mais dans la majorité comme pratique.

Difficile d'accepter une déchéance de Carme Forcadell pour les indépendantistes

Dès lors, si le tribunal décide la déchéance de Carme Forcadell, le choc institutionnel entre les deux légalités pourrait avoir lieu avant même le référendum. Si la présidente a refusé de dire ce qu'elle ferait dans ce cas, Carles Puigdemont, lui, a annoncé, Vendredi 16 Décembre 2016, que la décision du tribunal sera ignorée et que « Carme Forcadell continuera à être la présidente qui a écouté le peuple de Catalogne ».

Formule qui laisse entendre qu'elle devrait continuer à siéger. Il est vrai que le président catalan n'a guère le choix. Respecter la décision de déchéance sera perçu comme un signe de faiblesse et augurera mal de la capacité du gouvernement à organiser un référendum malgré l'interdiction du tribunal constitutionnel. Cela mettrait aussi en danger sa coalition avec la gauche radicale indépendantiste, la Candidature d'Unité Populaire (CUP). Certes, il peut faire nommer un autre indépendantiste à la tête du parlement qui soutiendra aussi le débat sur le processus indépendantiste, mais cet acte de faiblesse risque de lui coûter cher.

Forcer la décision de Podemos

Du reste, refuser la décision du tribunal en cas de déchéance obligera la gauche proche de Podemos et de la maire de Barcelone, Ada Colau, de prendre position. Ce mouvement politique a protesté contre l'action de la justice espagnole. En cas de déchéance, elle devra choisir son camp.

Comment dénoncer la judiciarisation de l'indépendance et accepter la décision de justice ? Mais si Podemos et ses alliés choisissent de soutenir la désobéissance, alors ce sera une reconnaissance de fait de la possibilité de l'indépendance. Les indépendantistes, qui tentent d'élargir la base de soutien au référendum susceptible d'être boycotté par les non-indépendantistes, n'attendent pas mieux. La possibilité d'un maintien de Carme Forcadell en cas de déchéance est donc forte.

Choix difficile pour Madrid

D'autant qu'une désobéissance catalane placera Madrid en position difficile. Elle ruinera toute tentative de discussion avec Barcelone. Mais surtout elle ouvrira un choix impossible. Ne rien faire serait reconnaître qu'il a perdu le contrôle sur le territoire catalan et donc que l'indépendance est possible. Mais faire respecter la décision du tribunal en arrêtant Carme Forcadell ou en agissant contre le parlement serait s'exposer à une mobilisation populaire et à une escalade.

Concrétisation de la tension

Jusqu'ici la tension entre Barcelone et Madrid en était restée au stade verbal. Il s'agissait de déclaration, de décisions judiciaires sans conséquences ou de résolutions parlementaires. Avec la déchéance de Carme Forcadell, cette tension va prendre corps et devenir concrète.

Elle va conduire inévitablement à un conflit latent depuis longtemps entre la légalité espagnole et la légitimité catalane. Un conflit dont l'effet sera nécessairement européen, posant la question au niveau de l'Union Européenne.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 18:33

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/12/19/arnaldo-otegi-on-empeche-l-eta-de-se-desarmer_5051236_3214.html

 

Arnaldo Otegi, « on empêche Euskadi Ta Askatasuna (ETA) de se désarmer »

 

Ancien membre de l’organisation séparatiste basque ETA et ancien dirigeant d'Herri Batasuna, le dirigeant de la coalition indépendantiste Bildu considère que les arrestations du week-end ont pour réel objectif de boycotter la paix.

 

Interview d'Arnaldo Otegi par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Lundi 19 Décembre 2016

 

Sorti de prison au mois de mars 2016 après six ans passés derrière les barreaux pour appartenance à un groupe terroriste, Arnaldo Otegi, ancien membre de l’organisation séparatiste basque ETA et ancien dirigeant d'Herri Batasuna, la vitrine politique du groupe, a pris la tête de la coalition de la gauche indépendantiste abertzale Bildu avec l'objectif de suivre la voie catalane pour obtenir, d’ici à 2026, l’indépendance du pays basque. Dans la non-violence. Il réagit aux détentions du Vendredi 16 Décembre 2016 à Louhossoa, dans le département français des Pyrénées-Atlantiques, et revient sur la nouvelle stratégie suivie par la mouvance proche d’ETA.

 

Sandrine Morel. Comment analysez-vous les arrestations de cinq personnes à Louhossoa ?

 

Arnaldo Otegi. Cela s’inscrit dans les grandes opérations des derniers mois visant à empêcher qu’ETA se désarme. Ceci est aberrant. En Europe, il existe un problème de sécurité avec le terrorisme djihadiste et on empêche une organisation armée de se désarmer.

 

Sandrine Morel. Il existe plus de trois cent crimes d’ETA non élucidés. La destruction des armes pourrait effacer des preuves.

 

Arnaldo Otegi. C’est une excuse. Ceci n’a pas été une opération contre ETA. C’est une volonté de neutraliser les initiatives de la société civile et de boycotter la paix.

 

Sandrine Morel. Pourquoi pensez-vous qu’il existe une volonté d’empêcher le désarmement ?

 

Arnaldo Otegi. L’objectif de Madrid est de donner l’impression qu’il existe des vainqueurs et des vaincus, par des opérations militaires, et que, par conséquent, il n’y a rien à réclamer.

 

Sandrine Morel. N’est-ce pas le cas ? Après de nombreux processus de négociations brisés dans le sang, n’est-ce pas la pression policière et judiciaire qui en a fini avec le terrorisme ?

 

Arnaldo Otegi. Non, si aujourd’hui il n’y a pas de violence armée de la part d’ETA, c’est fondamentalement parce que la gauche indépendantiste abertzale a pris la décision politique de changer de stratégie et de miser, en 2011, sur des voies exclusivement politiques et démocratiques.

 

Sandrine Morel. ETA était déjà très affaiblie. Pourquoi avoir pris cette décision si tardivement si ce n’est parce qu’il n’y avait pas d’autres choix ?

 

Arnaldo Otegi. Faire changer de stratégie à un secteur politique et social qui mène depuis des décennies une lutte de type politico-militaire prend de nombreuses années. Depuis la fin des 1990, nous avons défendu le dialogue pour en finir avec la violence. Malheureusement, nous avons conduit deux grands processus de négociations qui ont échoué.

 

Sandrine Morel. Si vous pensiez qu’il fallait en finir avec la violence depuis si longtemps, pourquoi avoir maintenu un soutien sans faille à ETA et refusé de condamner les attentats, même quand des enfants en étaient les victimes ?

 

Arnaldo Otegi. Il faut comprendre ce genre de processus. D’un côté, il y a les prises de position personnelles que nous avons été plusieurs à partager, de l’autre, il y a l'objectif d'emmener tout le monde à la même conclusion que nous. Si nous n’étions pas restés de manière disciplinée dans la ligne que défendait la majorité de cette communauté, nous n’aurions pas pu y parvenir. Nous avons été des hétérodoxes disciplinés.

 

Sandrine Morel. Entre-temps, ETA a fait encore beaucoup de morts.

 

Arnaldo Otegi. Cela mérite une réflexion, évidemment, mais il fallait sans doute beaucoup de temps pour élaborer avec beaucoup d’autres membres ce changement de stratégie. Et nous n’avons pas convaincu la totalité de nos gens. Il existe encore un secteur dissident, non organisé, qui considère que, sans lutte armée et sans violence, nous n’arriverons pas à nos objectifs.

 

Sandrine Morel. ETA pourrait renaître si vous ne parvenez pas à vos objectifs ?

 

Arnaldo Otegi. Non, ce danger n’existe pas.

 

Sandrine Morel. Le parti nationaliste basque (PNV), réélu à la tête de la région le 24 novembre 2016, est décidé à soumettre à Madrid une révision légale du statut d’autonomie de la région, incluant la reconnaissance de la nation basque. Soutenez-vous cette position ?

 

Arnaldo Otegi. Nous sommes d’accord pour chercher à élaborer ensemble une réforme du statut d’autonomie basque incluant le droit à l’autodétermination, le faire voter par le peuple basque et le porter ensuite au congrès des députés à Madrid.

 

Sandrine Morel. Avez-vous abandonné l’idée de suivre la voie catalane, celle d’un référendum illégal et d’une « déconnexion unilatérale », comme vous l’avez défendu ces derniers mois ?

 

Arnaldo Otegi. Non, au parlement basque, les trois principales formations, le PNV, Bildu et Podemos, c’est-à-dire cinquante sept des soixante quinze députés, considèrent qu’Euskadi est une nation et qu’elle a le droit de décider. Mais nous sommes réalistes. Nous n’avons pas encore une majorité sociale mobilisée comme en Catalogne. Dans un premier temps, nous allons donc offrir à l'état la possibilité de reconnaître la nation basque et le droit à l’autodétermination, comme l’avait fait aussi la Catalogne. Mais nous ne croyons pas qu’il acceptera. C’est quand cette tentative pour nouer une relation bilatérale a échoué que la Catalogne a opté pour la voie unilatérale. C’est aussi celle qui nous semble la plus efficace pour parvenir à l’indépendance.

 

Sandrine Morel. Vous cherchez à vous appuyer sur la frustration du peuple basque, comme en Catalogne.

 

Arnaldo Otegi. Nous sommes convaincus que c’est ce qui va se produire. un accord majoritaire de cette chambre va être rejeté par Madrid. Et cela va nourrir l’indépendantisme et provoquer, comme en Catalogne, un choc entre légalité et légitimité. Le Parti Populaire de Mariano Rajoy n’a que neuf députés au parlement basque, ce qui veut dire que nous vivons sous un régime démocratique dans lequel neuf députés sur soixante quinze sont capables de nous nier le statut de nation et nous imposer leurs politiques économiques, sociales et internationales.

 

Sandrine Morel. La voie catalane n’est-elle pas condamnée à l’échec ? Une région qui se déclare indépendante de manière unilatérale a peu de chance d’être reconnue par la communauté internationale.

 

Arnaldo Otegi. Je pense que la communauté internationale finira par demander au gouvernement espagnol d’organiser un référendum en accord avec la Catalogne. Tout simplement parce que si Barcelone décide de ne pas payer sa part de la dette, l’Espagne fera faillite et l’Europe ne peut pas se le permettre. De plus, dans la même Europe où les écossais votent, il faudra nous expliquer pourquoi les autres peuples ne peuvent pas voter. Je suis convaincu qu’il y aura un référendum en Catalogne et qu’il y en aura un au pays basque, car l’histoire va dans ce sens.

 

Sandrine Morel. Quarante ans de terrorisme d’ETA, soutenue par la gauche abertzale, ont-ils vacciné les basques contre la lutte indépendantiste ?

 

Arnaldo Otegi. Ce passé a été surmonté par la société, mais il existe une volonté de l'état de faire croire que ce n’est pas le cas pour justifier son immobilisme. La paix est incomplète, car il reste des sujets à traiter, à commencer par le désarmement et les prisonniers. Aujourd’hui, il existe une organisation qui est disposée à se désarmer et un état qui refuse de le faire. Chaque fois qu’ETA veut avancer dans ce sens, des opérations policières en France l’en empêchent. Il n’y a pas de processus de paix engagé.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 18:06

 

 

L'ambassadeur de Russie en Turquie tué par balle à Ankara (Reuters)

 

L'ambassadeur de Russie en Turquie a été tué par balle à Ankara, Lundi 19 Décembre 2016, annonce le ministère russe des affaires étrangères.

Le ministère avait rapporté auparavant que le diplomate était grièvement blessé et avait été hospitalisé.

Andreï Karlov prononçait un discours lors de l'inauguration d'une galerie d'art lorsque des tirs ont retenti, disent les médias turcs et les agences de presse russes en citant le Kremlin et le ministère des affaires étrangères.

Trois autres personnes au moins ont été blessées.

Une fusillade assez longue s'en est suivie dans la galerie d'art, a constaté un journaliste de Reuters. Le tireur a été neutralisé par les forces spéciales turques, précise l'agence de presse Anatolie.

Selon le journal Hurriyet, l'assaillant a crié des slogans islamistes.

L'identité du tireur n'a pas encore été établie et l'attaque n'a pour le moment pas été revendiquée.

Le groupe djihadiste Etat Islamique a récemment désigné la Turquie et la Russie comme des cibles prioritaires pour ses partisans.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 17:55

 

L'évacuation d'Alep-Est et de deux villages chiites a repris (Reuters)

 

L'évacuation de milliers d'habitants d'Alep-Est encore retranchés dans le dernier secteur rebelle de la grande ville du nord de la Syrie a repris et pourrait être achevée Lundi 19 Décembre 2016.

A New York, le conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a validé à l'unanimité le déploiement d'observateurs de l'ONU et d'autres organisations pour superviser cette évacuation et garantir la sécurité des civils.

Les quinze membres du conseil de sécurité de l’ONU ont adopté un projet de résolution rédigé par la France et négocié avec la Russie qui demande à ce que ces observateurs se voient garantir un accès « sûr, immédiat et sans entrave ».

L'ambassadeur de Syrie auprès de l'ONU, Bachar Ja'afari, a jugé que ce texte était « un nouvel élément de la propagande menée contre la Syrie et sa lutte contre les terroristes ».

Alep sera « débarrassée de tous ses terroristes dans la soirée », a-t-il ajouté, utilisant le terme que le régime de Damas emploie pour parler des insurgés en lutte contre le pouvoir du président Bachar al Assad.

Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré Lundi 19 Décembre 2016 que vingt mille civils avaient pu quitter le dernier secteur rebelle d'Alep jusqu'à présent, dont douze mille cinq cent depuis Dimanche 18 Décembre 2016.

L'évacuation d'Alep-Est a repris en même temps que celle de la population de deux villages chiites assiégés par les rebelles dans la province d'Idlib, après des jours de face-à-face tendu.

Plusieurs convois comprenant une centaine d'autocars sont partis de la dernière enclave tenue par les insurgés à Alep en direction des zones rebelles à l'ouest de grande ville, ont dit un responsable de l'ONU et des secouristes sur place.

Au même moment, une dizaine d'autocars ont quitté les localités chiites d’al Foua et de Kefraïa, encerclées par les insurgés au nord de la ville d'Idlib, pour rejoindre les quartiers tenus par le régime syrien à Alep.

L'évacuation des civils, dont des blessés, hors de ces deux villages assiégés depuis des années, était la condition posée notamment par l'Iran et ses milices supplétives pour que l'armée syrienne permette la reprise de l'évacuation d'Alep.

Une cinquantaine de pensionnaires d'un orphelinat ont notamment été évacués, a annoncé l’United Nations International Children’s Emergency Fund (UNICEF).

« Quarante sept enfants pris au piège dans un orphelinat ont été transportés en sécurité, dont certains dans un état grave en raison de blessures et de déshydratation », dit dans un communiqué le directeur régional de l’UNICEF, Geert Cappelaere.

En attendant que leur sort soit fixé, les habitants du dernier réduit rebelle patientent dans l'humidité et le froid, faute d'abris et en l'absence presque totale de services d'aide.

« Des personnes allument des feux dans les rues avec le peu de bois qu’elles trouvent et des vêtements », témoigne une infirmière qui est aussi photographe, Aref al Aref.

Les organisateurs de l'évacuation ont attribué à chaque famille un numéro qui établit leur ordre d'accès aux autocars.

Selon Jan Egeland, qui dirige la task force de l’ONU pour la Syrie, des milliers de civils et de rebelles doivent encore d'être évacués d'Alep, ville dont la chute la semaine dernière est considérée comme un tournant dans la guerre civile qui ravage la Syrie depuis bientôt six ans et qui a fait trois cent mille morts.

Dimanche 18 Décembre 2016, plusieurs autocars envoyés vers al Foua et Kefraïa pour procéder aux évacuations avaient été attaqués et incendiés par des hommes armés scandant « dieu est le plus grand » et brandissant leurs armes devant les véhicules en flammes, selon une vidéo mise en ligne.

Ces incidents ont failli bloquer le processus d'évacuations entamé Jeudi 15 Décembre 2016, fruit d'intenses négociations entre la Russie, principal allié militaire de Bachar al Assad, et la Turquie, qui soutient certains groupes d'insurgés.

Les chefs des diplomaties russes, turques et iraniennes ont prévu de se rencontrer Mardi 20 Décembre 2016 à Moscou pour discuter de la suite des opérations. « Ce n'est pas une réunion miracle mais cela fournira à chacun l'occasion d'écouter ce que les autres ont à dire », a déclaré un diplomate turc.

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 19:47

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/17/a-bayonne-4-000-personnes-protestent-contre-les-arrestations_5050735_3224.html

 

A Bayonne, quatre mille personnes protestent contre les arrestations de Louhossoa

 

Cinq interpellations ont eu lieu dans la nuit du Vendredi 16 Décembre au Samedi 17 Décembre 2016 dans le cadre d’une opération contre Euskadi Ta Askatasuna (ETA). A Bayonne, des manifestants se sont rassemblés, Samedi 17 Décembre 2016, pour réclamer « la liberté pour les artisans de la paix ».

 

Par Michel Garicoïx, correspondant du Monde à Bayonne

 

Rarement la place des Basques au centre-ville de Bayonne n’aura autant mérité son nom, Samedi 17 Décembre 2016. C’est là que se sont retrouvés ceux qui voulaient s’élever contre les arrestations à Louhossoa, la police a interpellé dans ce bourg du pays basque intérieur « cinq personnes en relation avec l’organisation terroriste ETA », selon les termes du ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux. Un arsenal important a été retrouvé dans la maison.

Selon des sources du Monde, les cinq personnes interpellées sont les suivantes. Jean-Noël Etcheverry est militant écologiste alternatif et animateur de Bizi à Bayonne et du réseau Alternatiba. Michel Berhocoirigoin est actuellement président de la chambre d’agriculture alternative du pays basque (EHLG), syndicaliste agricole, ancien président du syndicat agricole basque ELB, localement majoritaire, et ancien secrétaire général national de la confédération paysanne. Michel Bergouignan est viticulteur dans l’appellation Irouléguy et ancien président de la coopérative des vins d’Irouléguy. Béatrice Molle-Haran est journaliste professionnelle et éditorialiste de l’hebdomadaire Médiabask. Stéphane Etchegaray est journaliste audiovisuel. Il « était là pour filmer la destruction des armes ». Ces cinq personnes étaient toujours en garde à vue, Samedi 17 Décembre 2016. Une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs terroriste a été ouverte par le parquet de Paris.

Michel Tubiana, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a déclaré que « si les autorités étaient informées, elles ne pouvaient ignorer que la démarche était celle d’une neutralisation des armes ». Dans l’après-midi du Samedi 17 Décembre 2016, le ministre de l’intérieur a cependant insisté sur le fait que « personne n’a le droit de se proclamer destructeur d’armes et éventuellement de preuves. En matière de terrorisme, toutes les preuves doivent pouvoir concourir à la justice », a-t-il insisté.

Quelque quatre mille personnes, alertées à la hâte depuis le matin, se sont donc rassemblées à Bayonne pour demander la libération des gardés à vue.

Mais plus que le nombre, c’est la diversité qui frappe, avec des personnes venues de divers horizons, des élus comme des personnalités culturelles, des retraités aussi bien que des étudiants.

« C’est mon mécontentement que je veux exprimer ici », raconte Joana, vingt deux ans, en master à l’université de Pau. « Leur lutte armée a cessé, mais les autorités ne bougent pas. Tout le pays basque en a assez, c’est l’histoire de notre pays qui se joue ».

Dans les rues adjacentes, l’heure est au Noël et aux guirlandes. Olentzero, le père Noël basque, est attendu par les enfants. Le défilé s’ébranle derrière une banderole réclamant « la liberté pour les artisans de la paix ».

Au premier rang, le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, de l'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), ne mâche pas ses mots, « depuis cinq ans, les états refusent tout processus de paix. Les faiseurs de paix qui ont été arrêtés sont traités comme des criminels alors qu’ils essaient de tendre des ponts. Il n’y a plus d’attentats, mais pour que l’arsenal soit démantelé, il faut que les états acceptent d’ouvrir des portes. Cette opération, c’est du cynisme. A l’évidence, il y a une méconnaissance totale de ce qui se passe ici », conclut celui qui est également président du conseil des élus du pays basque.

A ses côtés, les parlementaires sont là, Sylviane Alaux et Colette Capdevielle, députées du Parti Socialiste des Pyrénées-Atlantique ainsi que la sénatrice du Parti Socialiste Frédérique Espagnac. Mais aussi nombre de maires ou de conseillers municipaux, des responsables de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), des élus de la Confédération Générale du Travail (CGT) et des syndicalistes de l'ELA venus de Bilbao.

« Aux états, je veux dire que cela suffit », s’exclame Sauveur Bacho, maire du village d’Arberats. « Assez d’arrestations et de prisonniers, place à la paix ».

Militants centristes, de droite, nationalistes ou du Parti Socialiste sont sur le même registre.

« Moi, je dis ma solidarité avec les artisans de la paix qui ont été interpellés », ajoute Max Brisson, premier vice-président des Républicains du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques. « Ce sont des personnalités de la société civile bien connues, non violentes et militantes de la paix. Face à des états défaillants, la société civile s’y substitue, elle prend le relais ».

Un sentiment d’écœurement flotte également. « Nous sommes là pour les soutenir », assure Peio Uhalde, dirigeant de l’entreprise de meubles Alki, « eux qui essaient de faire avancer ce territoire et qui veulent faire bouger les choses. Et au pays basque, nous savons faire de belles choses », conclut-il en se référant au vignoble d’Irouléguy, et à Michel Bergouignan, l’un de ses promoteurs.

« C’est vraiment moche que les personnes qui prennent des initiatives et qui se mouillent soient ainsi traitées. C’est humiliant pour nous tous », proteste Xalbat Berterretche, enseignant à l’Institut Universitaire Technologique (IUT) de Bayonne. « Je n’ai jamais été pour la lutte armée et cette attitude des pouvoirs publics montre leur mépris de ce qui se fait ici ».

Et tandis que la manifestation prend de l’ampleur avant une prise de parole finale, un autre chef d’entreprise confie son exaspération, « je suis choqué de ces arrestations, c’est le processus de paix que l’on détruit. C’est scandaleux », s’insurge Peio Etchelecou, président du groupe agroalimentaire Agour. « Hier c’était eux, mais demain cela pourrait être nous ».

Enfin, perchée sur une estrade de fortune, Anaïs Funosa s’époumone, « merci à tous, merci à la société civile et aux journalistes ». Des personnes qui veulent, aux yeux de la militante de Bake Bidea, « poursuivre le chemin ».

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 19:12

 

CINQUIEME ANNEE DE LA NAKBA SYRIENNE

 

Par Bernard Fischer

 

Dimanche 18 Décembre 2016

 

La guerre de Syrie dure maintenant depuis plus de cinq ans. Pendant les trois premières années de la guerre, j’écrivais de nombreux messages relatifs aux métastases du cancer syrien, à la régionalisation et à l’internationalisation de la guerre de Syrie.

Les deux derniers épisodes majeurs de cette internationalisation étaient l’intervention directe de la Russie dans cette guerre au mois de septembre 2015 et l’intervention directe de la Turquie dans cette guerre au mois de septembre 2016.

Nous aboutissons très logiquement aujourd’hui à un accord pour l’évacuation d’Alep dont les deux principaux protagonistes sont la Russie et la Turquie.

C’est bien évidemment trop peu et trop tard.

A chaque épisode depuis le début de la guerre, il y a la propagande, l’impression, l’illusion sinon la fascination médiatique selon laquelle nous serions après la fin de la guerre et il y a la réalité selon laquelle nous sommes avant le début de la guerre et selon laquelle la catastrophe d’aujourd’hui est une petite catastrophe par rapport à la catastrophe de demain.

La balkanisation de la Syrie arrive dix ans après la balkanisation de l’Irak. La prochaine étape sera la balkanisation de la Turquie.

Je l’écrivais dans d’autres messages, en un peu plus de cinq ans, justement depuis le début de la révolution arabe syrienne, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan changeait totalement de position et faisait un virage à cent quatre vingt degrés par rapport à la totalité des questions importantes de politique intérieure, régionale et internationale.

Il y avait pendant deux ans un processus de paix entre le gouvernement de l’AKP et les organisations du Kurdistan de Turquie. Au mois de juillet 2015, le gouvernement de l’AKP rompait unilatéralement ce processus de paix et faisait un bond de vingt ans en arrière dans le sens des pires années de la guerre de l’armée et de l’extrême droite turque contre les organisations du peuple kurde.

Le gouvernement de l’AKP soutenait il y a cinq ans la résistance palestinienne. Il nommait récemment pour la première fois depuis cinq ans un ambassadeur turc en Israël.

Enfin, le gouvernement de l’AKP était à l’avant-garde des grands discours de la communauté internationale contre Bachar al Assad. Il était un ami de l’opposition syrienne. Il est aujourd’hui un ami de Vladimir Poutine.

Guerre d’extermination de Bachar al Assad contre son propre peuple et indifférence ou capitulation de la communauté internationale devant ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité, comme les palestiniens de 1948, une forte minorité du peuple syrien arrivait depuis longtemps à la seule conclusion, au seul résultat humain et rationnel de cette situation, c’est l’émigration et l’exil, la déportation comme on dit en anglais, de millions d’entre eux, d’abord dans les pays de la région.

Une première digue sautait en 2015 par l’arrivée d’un million de migrants syriens en Allemagne.

D’autres digues sauteront dans deux ou trois mois ou bien dans deux ou trois ans.

Le quarante cinquième président des Etats Unis Donald Trump contribuera fortement à l’aggravation de cette situation. Mais c’est une autre histoire. J’en parlerais une autre fois.

 

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 18:37

 

LETTRE DE JULIEN SALINGUE A JEAN LUC MELENCHON

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une longue lettre de Julien Salingue à Jean Luc Mélenchon relative à la révolution syrienne.

 

La lettre est disponible en totalité si vous consultez le site www.resisteralairdutemps.blogspot.fr à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/2016/12/massacres-alep-lettre-un-camarade-qui.html

 

Lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable

 

Par Julien Salingue

 

Jeudi 15 Décembre 2016

 

Cela fait plusieurs semaines que je me dis que je vais t’écrire et ce sont les événements tragiques d’Alep et ta réaction à ces événements, ou parfois ta non-réaction, qui ont fini par me persuader que l’heure était venue de m'adresser à toi. Pas nécessairement dans le but de te convaincre, car je crois que malheureusement il est déjà trop tard. Mais au moins, comme cela, les choses seront dites et tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas.

La ville d’Alep est victime d’un massacre et d’une véritable boucherie qui fait immanquablement penser à d’autres villes martyrs comme Srebrenica, Grozny et Fallouja, mais aussi Varsovie et Guernica, ou encore aux camps palestiniens de Sabra et Chatila. Les témoignages directs qui affluent de la ville, venus de syriens ordinaires, et non des seuls membres d’un quelconque groupe armé, sont éloquents, a fortiori lorsqu’ils sont accompagnés de photos ou de vidéos. Des mots et des images qui disent la détresse, l’impuissance et l’horreur.

Mais toi, camarade, tu t’es évertué ces derniers jours, si l'on peut considérer que cet exercice peut avoir de près ou de loin un quelconque rapport avec une vertu, à expliquer qu’il ne fallait pas s’engager aux côtés des habitants d’Alep et qu’il ne fallait pas dénoncer les bombardements dont ils étaient victimes, pas plus qu’il ne fallait dénoncer les exactions commises par les troupes au sol lors de la « libération » de la ville. En d’autres termes, tu es venu nous expliquer qu’il ne fallait pas prendre de position claire et déterminée contre un massacre planifié et perpétré par le régime dictatorial de Bachar al-Assad et par ses alliés, au premier rang desquels la Russie et l’Iran.

Si je m’adresse à toi, camarade, c’est parce que nous avons par le passé partagé nombre de combats, notamment, mais pas seulement, le combat pour les droits du peuple palestinien. Parce que je pensais que, malgré nos divergences, nous avions des principes communs. Je n’ai en effet rien à dire à la droite et à l’extrême-droite qui défendent Vladimir Poutine et Bachar al Assad, qui assument clairement leur soutien à des régimes autoritaires au nom de valeurs communes et qui n’ont jamais fait semblant de vouloir construire une réelle solidarité avec les peuples opprimés.

Mais toi, camarade, tu te pares de vertus progressistes et anti-impérialistes, voire socialistes, communistes ou même révolutionnaires. Et c’est au nom de ces vertus que tu tentes de nous convaincre aujourd’hui qu’il ne faut pas se tenir résolument aux côtés de la population d’Alep assiégée et massacrée et qu’il ne faudra pas se tenir demain aux côtés des populations des autres villes syriennes déjà assiégées et bientôt massacrées.

Ce qui n’est pas, tu l’avoueras, le moindre des paradoxes.

J’avais en effet cru comprendre que ce qui constituait le patrimoine génétique commun de la gauche anti-impérialiste, c’était d’être aux côtés des peuples écrasés par les états impérialistes et leurs alliés. J’avais cru comprendre que dans ce patrimoine génétique que nous semblions partager, on ne transigeait pas avec la solidarité internationale. Et j’avais espéré que malgré tes positions parfois plus qu’ambigües quant à la tragédie syrienne, le martyr d’Alep te ramènerait à la raison et à la maison.

Mais non, tu t’obstines à tenter d’expliquer que nous ne pouvons pas prendre partie pour la population massacrée à Alep. Tu t’obstines à tenter d’expliquer que « les choses ne sont pas si simples ». Tu t’obstines à tenter d’expliquer que dans cette guerre, il n’y a pas « des gentils d’un côté et des méchants de l’autre » et qu’il faut ainsi savoir raison garder et ne pas céder à la facilité.

Car toi, bien évidemment, camarade, tu ne cèdes pas à la facilité. Tu nous proposes d’ailleurs ton analyse complexe, pleine de hauteur et de nuance, qui ressemble à peu près à ceci, « Bachar al Assad n’est pas un démocrate et les pays qui le soutiennent ne sont pas franchement des modèles non plus. Mais la soi-disant rébellion syrienne est en réalité majoritairement composée de forces issues de l’islam intégriste, voire jihadiste, téléguidées et armées par des régimes réactionnaires comme l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, voire par les parrains occidentaux de ces derniers, notamment les États-Unis et la France ».

Conclusion, « les plus méchants ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit ».

Le premier problème avec ton analyse, camarade, est qu’elle oublie un acteur essentiel, la population syrienne. Tu sembles en effet oublier que le point de départ des événements en Syrie n’est pas une intervention saoudienne, américaine, qatarie ou turque, n même russe. Le point de départ de tout cela, c’est que, au mois de mars 2011, des centaines de milliers de syriens se sont soulevés contre un régime dictatorial et prédateur, comme en Tunisie, en Égypte et en Libye. Et que si Bachar al Assad et ses sbires n’avaient pas fait le choix de réprimer ce soulèvement dans le sang, avec plus de cinq mille morts et des dizaines de milliers d’arrestations durant l’année 2011, ils seraient eux aussi tombés sous la pression populaire.

Et je parle bien de l’année 2011, cette année où, souviens-toi, camarade, tu t’enthousiasmais pour les autres soulèvements dans la région. « Le peuple veut la chute du régime », tu te rappelles ? Tu l’as peut-être même chanté dans les rues d’une ville française, toi qui es si épris de liberté, de justice sociale et de démocratie. En Syrie aussi, on le chantait, avec les mêmes revendications économiques, sociales et politiques que dans les autres pays de la région touchés par le soulèvement et Ryad, Doha, Paris ou Washington n’avaient rien à voir avec cela. Si tu t’intéresses de si près à la chose syrienne, tu dois d’ailleurs savoir qu’à chaque fois qu’il y a eu une trêve au cours des dernières années, les manifestations ont recommencé. Que sans l’intervention de l’Iran, puis de la Russie, le régime serait tombé, sous la pression des syriens, pas de quelques milliers de combattants étrangers qui sont arrivés, soit dit en passant, bien après que le régime eut tué des milliers de syriens désarmés et fait sortir de prison des dizaines, voire des centaines, de djihadistes, t'es-tu déja demandé pourquoi ? Et que oui, les racines de la crise syrienne sont bel et bien la contestation populaire d’un clan et la réponse de ce dernier, tout détruire plutôt que de perdre son pouvoir et ses prébendes.

À moins que tu ne veuilles signifier que depuis le début les syriens sont manipulés par les pays occidentaux, que tout cela n’est, au fond, qu’une histoire d’hydrocarbures et que le soulèvement syrien était téléguidé depuis l’extérieur par des puissances qui n’ont qu’à appuyer sur un bouton pour que des populations se soulèvent. Mais je n’ose même pas le penser, tu n’es pas de ceux qui estiment que les arabes sont tellement bêtes qu’ils ne sont pas capables de penser par eux-mêmes et que quand ils se mettent à se mobiliser et à revendiquer pour la justice sociale, quitte à risquer de perdre leur vie, c’est forcément parce qu’ils sont manipulés par des occidentaux pour le pétrole.

Le deuxième problème avec ton analyse, camarade, est que tu mets sur le même plan, d’une part, le soutien apporté par la Russie et l’Iran à Bachar al Assad et, d’autre part, le soutien apporté par les États-Unis, la France, la Turquie et les monarchies du golfe aux forces d’opposition syriennes. Tu essaies de faire croire qu’il n’y aurait pas une supériorité militaire écrasante du régime de Bachar al Assad et de ses alliés et que, après tout, pour reprendre, en la modifiant à peine, une formule en vogue dans un pays frontalier de la Syrie, « Bachar al Assad a le droit de se défendre ».

Mais oses-tu réellement comparer, d’une part, les milliers de conseillers militaires et l'armement iranien, les milliers de combattants du Hezbollah et, surtout, l’aviation russe, ainsi que les véhicules et l’armement lourd fournis par la Russie, deuxième puissance militaire mondiale, qui viennent en appui à un état et une armée régulière et, d’autre part, les armes légères, les lances roquettes et lances missiles vétustes fournis ou financés par les monarchies du golfe ou la Turquie et les armes légères, les lances roquettes, les quelques armes contre les chars et les systèmes de communication et dispositifs de vision nocturne fournis, au compte-goutte, par les États-Unis et la France ?

Sais-tu que ce que demandent les forces d’opposition syriennes depuis le début ce sont des missiles anti-aériens, pour pouvoir se défendre contre les avions de la mort de Vladimir Poutine et de Bachar al Assad, et que ce sont les États-Unis qui ont systématiquement mis leur veto à la livraison de telles armes ? Sais-tu que, au début de l’année 2014, après l’échec de la deuxième conférence de Genève, les saoudiens ont pour la première fois suggéré de livrer des lances missiles aux forces d’opposition syriennes, que les États-Unis s’y sont opposés et qu'ils n'ont pas changé de position depuis ? Les États-Unis qui ne voulaient pas, qui ne veulent pas, que ces armes tombent « entre de mauvaises mains » et qui ne veulent surtout pas que l'appareil d’état syrien soit détruit car ils ont tiré, contrairement à d'autres, les bilans de leur brillante intervention en Iraq.

 

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 17:47

 

Des autocars ont quitté Alep-Est avec des rebelles à bord (Reuters)

 

Plusieurs autocars, avec à leur bord des insurgés d'Alep-Est et leurs familles, ont quitté Dimanche 18 Décembre 2016 le dernier secteur tenu par les rebelles dans la grande ville du nord de la Syrie, aux termes d'un accord intervenu entre le régime de Damas et ses opposants sur une reprise des évacuations.

Les troupes syriennes et leurs supplétifs ont accepté leur départ en échange de l'évacuation d'habitants de deux villages chiites de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, encerclés par les insurgés.

L'évacuation alors en cours à Alep avait été interrompue Vendredi 16 Décembre 2016 en raison d'un désaccord portant sur les deux localités d'al Foua et de Kefraïa.

La télévision officielle syrienne, citant son correspondant à Alep, a déclaré Dimanche 18 Décembre 2016 que des autocars avaient commencé à quitter Alep-Est, où plus de quinze mille personnes se sont massées sur une place pour attendre les véhicules. Nombre d'entre elles ont passé la nuit dans les rues, par des températures inférieures à zéro degré.

Selon la chaîne de télévision al Ikhbaria, mille deux cent civils devaient d'abord être évacués de la partie orientale d'Alep et un nombre équivalent des deux villages de la province d'Idleb.

Une fois que les évacués des villages seront arrivés sains et saufs dans des zones gouvernementales, des insurgés d'Alep et des membres de leurs familles pourront quitter la ville, en échange du départ d'autres habitants d'al Foua et de Kefraïa, a ajouté cette chaîne.

Certains cars et des véhicules du Croissant-Rouge Arabe Syrien (CRAS) sont également arrivés à l'entrée des deux villages chiites après l'annonce de l'accord, selon la chaîne de télévision al Manar, affiliée au Hezbollah chiite libanais, fidèle allié de Damas.

Cinq de ces cars, cependant, ont été attaqués et incendiés alors qu'ils se rendaient vers les villages d'al Foua et de Kefraïa, dont la majeure partie des habitants sont chiites, ont rapporté l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH) et des médias officiels syriens.

La télévision nationale a montré des flammes s'échappant d'autocars verts, qui sont devenus les symboles des évacuations en Syrie. Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir des individus armés acclamant et criant « dieu est grand » sur fond d'autocars en train de brûler.

Selon la chaîne de télévision gouvernementale Maïadine, le groupe rebelle anciennement appelé Front al Nosra est responsable de l'attaque des cars. Mais pour des responsables rebelles, c'est une foule en colère, encadrée peut-être d'éléments gouvernementaux, qui en est responsable.

Des milliers de personnes ont déjà été évacuées d'Alep, Jeudi 15 Décembre 2016.

A New York, le conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) doit se prononcer ce dimanche sur un projet de résolution humanitaire sur Alep préparé par la France. Ce texte, que Reuters a pu consulter Samedi 17 Décembre 2016, vise à garantir la présence d'observateurs de l'ONU pour superviser l'évacuation de l'enclave encore tenue par les rebelles et la protection des civils qui y vivent toujours.

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 15:08

 

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/12/17/piratage-du-parti-democrate-barack-obama-accuse-vladimir-poutine_5050527_829254.html

 

Piratage du Parti Démocrate, Barack Obama accuse Vladimir Poutine

 

Le président américain a demandé à Donald Trump d’accepter une enquête indépendante alors que la Central Intelligence Agency (CIA) et que le Federal Bureau of Investigation (FBI) estiment que Moscou a cherché à favoriser le candidat républicain.

 

Par Gilles Paris, correspondant du Monde à Washington

 

Il n’a pas prononcé son nom, mais cela a été tout comme. La dernière conférence de presse de l’année du président Barack Obama, Vendredi 16 Décembre 2016, l’une des dernières de ses huit années à la Maison Blanche, a été dominée par la question du piratage visant le Parti Démocrate pendant la campagne présidentielle, de la responsabilité d’un état, la Russie, et de celle de son président, Vladimir Poutine.

Des milliers de courriers électroniques montrant les arrières cuisines démocrates avaient été dérobés au printemps. Publiés à partir du 7 octobre 2016 par le site Wikileaks, ils avaient ponctué les dernières semaines de campagne jusqu’au vote du Mardi 8 Novembre 2016.

L’affaire a été relancée le Vendredi 9 Décembre 2016 par un article du Washington Post, suivi quatre jours plus tard par une longue enquête du New York Times mettant en évidence l’enchaînement de négligences qui avaient conduit au piratage. Le premier article précisait que la CIA estimait désormais que l’objectif de ces cyber-attaques avait été de favoriser un candidat, le républicain Donald Trump, aux dépens de son adversaire démocrate, Hillary Clinton. Le Washington Post a ajouté, Vendredi 16 Décembre 2016, que le FBI partage désormais ce point de vue.

Dès le 7 octobre 2016, le département américain de la sécurité intérieure et le directeur national du renseignement avaient mis en cause nommément la Russie, précisant que, compte tenu de l’ampleur du piratage et de la sensibilité de la cible, « seules les plus hautes autorités russes auraient pu l’autoriser ».

C’est autour de cette phrase que Barack Obama n’a cessé de tourner, Vendredi 16 Décembre 2016, alors que Moscou a toujours réfuté en bloc des accusations jugées également « risibles » par Donald Trump, sur un ton devenu ces derniers jours toujours plus exaspéré. « Il faut soit cesser d’en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout cela est plus qu’indécent », a pour sa part lancé, Vendredi 16 Décembre 2016, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en marge d’un déplacement de Vladimir Poutine au Japon.

Alors qu'Hillary Clinton a évoqué, Jeudi 15 Décembre 2016, le rôle de ce piratage dans sa défaite, sans en faire cependant le facteur prépondérant, Barack Obama a refusé d’évaluer son impact sur l’élection, laissant cela aux « commentateurs ». Il s’est efforcé au contraire de dissiper toute ambiguïté à propos du rôle de Moscou et de Vladimir Poutine, précisant avoir demandé explicitement à son homologue « d’arrêter cela » lors du sommet du groupe des vingt en Chine, au mois de septembre 2016, lui laissant entrevoir des « conséquences sérieuses s’il ne le faisait pas ».

A cette époque, le FBI s’inquiétait de possibles intrusions dans les systèmes informatiques consacrés aux élections à la suite d’alertes dans l’Arizona et dans l’Illinois. Barack Obama a jugé que son intervention avait payé en assurant que le vote s’est déroulé sans perturbations externes. Les documents publiés un peu plus tard avaient cependant déjà été saisis par les pirates.

Le président a assuré qu’il ne s’arrêterait pas là. Un « message clair » qu’il s’est refusé d’expliciter, a-t-il promis, sera envoyé à Moscou.

« Nous pouvons vous toucher », a-t-il dit en parlant de la partie russe.

Mercredi 14 Décembre et Jeudi 15 Décembre 2016, le ton était monté entre le porte-parole du président, Josh Earnest, et l’une des principales conseillères de Donald Trump, Kellyanne Conway, après que le premier avait estimé que le candidat républicain ne pouvait pas ne pas être au courant de ces piratages.

Vendredi 16 Décembre 2016, Barack Obama s’est gardé de porter un jugement sur les commentaires souvent méprisants multipliés par Donald Trump sur son compte Twitter à propos des analyses du renseignement américain ou des démocrates. Le magnat de l’immobilier estime que ces derniers tentent d’instrumentaliser ces cyber-attaques pour masquer leurs responsabilités dans la défaite de leur candidate.

La controverse est pourtant loin de s’éteindre et pourrait compromettre le projet de Donald Trump de renouer un véritable partenariat avec Vladimir Poutine. Un rapport du renseignement doit être remis à Barack Obama avant son départ de la Maison Blanche, le 20 janvier 2017, et les commissions concernées du congrès devraient également s’en saisir en dépit du fait qu’elles sont présidées par des républicains. Barack Obama a d’ailleurs invité Donald Trump à accepter une enquête « bipartisane et indépendante » sur le sujet comme signe d’ouverture.

Barack Obama n’a pas limité son propos sur la Russie à la controverse du piratage. Il a inscrit au contraire cette dernière dans le contexte d’une nouvelle guerre froide asymétrique. La Russie, a asséné le président, « est un pays plus petit et plus faible. Son économie ne produit rien que quiconque veuille acheter, à part du pétrole, du gaz et des armes. Ils n’innovent pas ».

Mais selon Barack Obama, « Vladimir Poutine peut nous affaiblir comme il tente d’affaiblir l’Europe si nous oublions ce que nous sommes, si nous commençons à admettre l’idée qu’il est acceptable d’intimider la presse, ou d’enfermer les dissidents ou de discriminer les gens sur la base de leur foi ou de leur apparence ».

Pointant un sondage, publié par l'Economist, montrant que trente sept pour cent des électeurs républicains ont désormais une bonne image de Vladimir Poutine, Barack Obama a estimé que « Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe ».

Quatre ans après avoir moqué la menace que constituerait la Russie, selon l’approche traditionnelle républicaine, et celle du candidat républicain qui lui était opposé lors de l’élection présidentielle de 2012, Mitt Romney, Barack Obama s’apprête à quitter le pouvoir en ayant totalement modifié son analyse. De l’Ukraine à la Syrie, une série de crises internationales y a, il est vrai, largement contribué.

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:43

 

Un attentat fait treize morts et cinquante cinq blessés en Turquie (Reuters)

 

Treize militaires ont été tués et cinquante cinq blessés Samedi 17 Décembre 2016 dans un attentat à la voiture piégée contre un autobus de l'armée à Kayseri dans le centre de la Turquie, une attaque que le président Recep Tayyip Erdogan a attribuée aux activistes kurdes.

Cette opération intervient une semaine après l'explosion de deux bombes visant les forces de police Samedi 10 Décembre 2016 devant le stade de l'équipe de football d'Istanbul, le Beşiktaş. Quarante-quatre personnes avaient trouvé la mort et cent cinquante personnes avaient été blessées dans cet attentat imputé au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Ce double attentat a été revendiqué par un groupe armé lié au PKK, les faucons pour la liberté du Kurdistan (TAK).

« Le style et les cibles de cette attaque montrent clairement que le but de l'organisation séparatiste terroriste est de déstabiliser la Turquie, de l'affaiblir et de l'obliger à concentrer son énergie et ses forces sur d'autres objectifs », a déclaré le chef de l’état turc.

« Nous savons que les attaques que nous subissons ne sont pas étrangères aux changements dans notre région, en particulier en Irak et en Syrie », a-t-il poursuivi.

Recep Tayyip Erdogan a confirmé que treize personnes avaient péri dans l'attaque du Samedi 17 Décembre 2016 et que cinquante cinq autres personnes avaient été blessées. Tous les tués et quarante huit blessés étaient des militaires qui n'étaient pas en service, précise un communiqué de l'armée.

L'explosion du Samedi 17 Décembre 2016 s'est produite quand le bus est passé à proximité d'un véhicule dont on pense qu'il contenait des explosifs, rapporte l'agence de presse turque Dogan.

Le bus se trouvait alors près du campus de l'université d'Erciyes à Kayseri, rapporte la chaîne de télévision NTV.

La responsabilité de l'attentat du Samedi 17 Décembre 2016 n'a pas été revendiquée mais le vice-premier ministre Veysi Kaynak a établi un lien avec ceux de la semaine passée. « L'attaque à la voiture piégée ressemble à l'attaque à Besiktas », a-t-il déclaré devant la presse.

Le ministre de la défense Fikri Isik a annoncé sur son compte Twitter que la Turquie allait redoubler d'efforts dans son combat contre l'insurrection.

Vladimir Poutine a adressé un télégramme de condoléances à Recep Erdogan et lui a indiqué que la Russie était prête à accroître sa coopération dans la lutte contre le terrorisme, rapportent les agences de presse russes.

De son côté le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a eu un entretien téléphonique avec ses homologues turcs et iraniens pour discuter de la crise en Syrie.

Engagée dans l'opération Bouclier de l'Euphrate depuis le mois de septembre 2016 sur le sol syrien, la Turquie a mené de nouvelles actions ariennes contre le groupe Etat Islamique tuant vingt djihadistes au cours des dernières vingt quatre heures, a annoncé l'armée.

L'aviation turque a frappé soixante quatre cibles de l'Etat Islamique tandis que deux cent six autres cibles ont été pilonnées par l'artillerie et d'autres moyens militaires dans le nord de la Syrie.

La Turquie doit faire face non seulement aux attentats menés par l'insurrection kurde depuis la fin de la trêve en 2015 mais également à ceux attribués à l'Etat Islamique.

 

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