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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 17:20

http://www.lcr-lagauche.org/conflits-nationaux-et-lutte-politique-dans-letat-espagnol-dhier-et-daujourdhui

http://www.npa2009.org/idees/conflits-nationaux-et-lutte-politique-dans-letat-espagnol-dhier-et-daujourdhui

Conflits nationaux et lutte politique dans l’état espagnol d’hier et d’aujourd’hui

Par Andreu Coll, membre de la direction d’Izquierda Anticapitalista

Samedi 3 Janvier 2015

Pour comprendre les événements en cours dans l’état espagnol, sans doute les plus importants depuis les années 1930 et 1970, il est particulièrement important de situer historiquement les racines des revendications nationales.

Le royaume d’Espagne a été le résultat d’une union dynastique marquée par quatre événements fondateurs, qui ont conditionné les siècles suivants, la « reconquête » contre les arabes, l’expulsion des morisques et des juifs, la création de l’empire américain et la prétention à devenir le gendarme mondial du catholicisme. L’épuration ethnique, le militarisme, l’orthodoxie catholique, l’esprit rentier et pillard ont ainsi marqué la mentalité des classes dominantes les plus étroitement liées à la monarchie hispanique.

Néanmoins, l’exploitation des Amériques étant un monopole castillan-andalou administré par la couronne, ces dynamiques ont moins pesé dans d’autres régions. Il est significatif que le commerce avec l’Amérique n’ait pas été autorisé aux catalans avant le milieu du dix-huitième siècle, et symptomatique que les « bases de Manresa », le manifeste fondateur du nationalisme catalan, aient été rédigées la même année que la perte de Cuba, des Philippines et de Puerto Rico, en 1898. Ainsi, l’un des royaumes les plus anciens d’Europe, qui avait aspiré à être à la fois une nation et un empire, a-t-il perdu l’empire et échoué dans la construction pleine d’une nation.

Par ailleurs, même si les aventures impérialistes ont provoqué de graves conflits sociaux et proto nationaux dus à une pression fiscale croissante, comme la guerre des « comuneros de Castilla » et la guerre catalano portugaise de 1640, la monarchie hispanique a longtemps gardé, jusqu’à un certain point, la forme d’un état confédéral qui respectait les divers systèmes institutionnels et statutaires existant sur son territoire et où cohabitaient des langues diverses avec une certain reconnaissance officielle. Ceci perdura jusqu’à l’arrivée de l’absolutisme sous Philippe V de Bourbon, au dix-huitième siècle. C’est Philippe V qui a « castillanisé » par la force l’ensemble de l’état et de l’administration publique, imposant un droit unique et les cours de Castille à toute l’Espagne, en supprimant les institutions antérieures et en interdisant les langues minoritaires.

Échec de la révolution bourgeoise et contradictions du capitalisme espagnol

Le dix-neuvième siècle et le début du vingtième siècle furent marqués par l’échec de l’unification nationale espagnole autour de la nationalité dominante, celle de souche castillane, à la différence de ce qui s’est passé en France, où le centralisme et l’uniformisation jacobines furent associés aux valeurs révolutionnaires et démocratiques et, au moins dans un premier stade, le particularisme et la diversité régionales à la réaction aristocratique. La nation majoritaire n’est pas parvenue à devenir unique, et du coup, des identités nationales différentes se sont consolidées, mais sans non plus parvenir à devenir exclusives dans leurs territoires respectifs. Telle est l’origine d’une situation instable et conflictuelle qui dure toujours.

La constitution libérale de 1812, référence du libéralisme politique espagnole du dix-neuvième siècle, définissait l’Espagne comme un état unitaire et ne reconnaissait pas sa diversité nationale et linguistique. De ce fait, les oppositions et conflits ont été importants.

Tout d’abord, ce sont les bourgeoisies « périphériques », les moins intégrées dans l’appareil d’état, qui sont devenues les plus dynamiques.

Ensuite, à la différence de son homologue français, le libéralisme espagnol n’est jamais parvenu à se gagner le soutien de la paysannerie, qui s’est opposée au capitalisme agricole et qui a été manipulée par la réaction carliste, le légitimisme anti libéral espagnol, plus partisane de la décentralisation, du traditionalisme et du particularisme.

Ces faiblesses du libéralisme espagnol l’ont conduit à utiliser l’armée comme outil pour opérer le changement politique et imposer son programme, les fameux « pronunciamientos ».

Les guerres carlistes du dix-neuvième siècle ont également facilité une militarisation de la société et ruiné les finances publiques. Enfin, depuis la restauration bourbonienne, de 1874 à 1931, qui a suivi la première république, en 1873 et en 1874, les guerres africaines au Maroc, et l’obsession de l’unité de la patrie depuis la perte de Cuba et des Philippines ont transformé l’armée en un bastion contre-révolutionnaire et ultra-centraliste.

Si l’on ajoute à cela le retard chronique des infrastructures, l’énorme faiblesse de l’éducation publique et l’essor d’un mouvement ouvrier confronté à la fois à la bourgeoisie libérale et à l’aristocratie foncière, on peut saisir la nature fragmentaire, inégale et très contradictoire du capitalisme espagnol primitif, ainsi que les raisons profondes de l’échec de la révolution bourgeoise en Espagne.

Surgissement des mouvements nationalistes modernes

La marginalisation de la bourgeoisie industrielle catalane de l’appareil d’état depuis l’échec de la première république, puis la différentiation politique de la bourgeoisie basque, due à ses liens historiques avec le carlisme et à son rapport initial avec le capital britannique, expliquent l’apparition d’un nationalisme catalan, basque et, plus tard et avec ses propres spécificités, galicien, qui se sont enracinés dans la société, d’abord parmi les élites, puis parmi des couches petites bourgeoises et, finalement, dans les couches populaires, artisanat, paysannerie et des pans entiers du prolétariat de ces différentes nationalités.

Le caractère centraliste et militariste du libéralisme espagnol du dix-neuvième siècle et la nature éminemment rentière de l’oligarchie castillane et andalouse ont rendu plus difficile l’intégration du gros des bourgeoisies catalane et basque dans une bourgeoisie espagnole cohérente, tandis que l’origine semi-féodale de l’appareil d’état expliquait que celui-ci n’était pas fonctionnel au développement du capitalisme. Tout cela s’est cristallisé, pendant le dix-neuvième siècle, autour du conflit sur les politiques douanières, où se sont opposés les intérêts de la bourgeoisie catalane, protectionniste sur le plan des manufactures mais partisane de l’importation de nourriture bon marché, pour comprimer les salaires, et ceux d’une oligarchie terrienne castillane et andalouse libre-échangiste sur le plan des manufactures mais protectionniste par rapport à l’importation de céréales, pour stopper l’effondrement des prix des récoltes.

Ce conflit explique jusqu’à un certain point le fait que l’identité nationale espagnole se soit construite au moins partiellement sur la base de l’anti-catalanisme, dans la mesure où l’affirmation de la catalanité était la négation de l’hispanité et inversement. En ce sens, comme le constatait l’historien Pierre Vilar, les stéréotypes anti catalans sont très semblables à ceux de l’antisémitisme. L’égoïsme, l’avarice, ainsi que l’idée que les catalans forment un corps comploteur étranger à la nation, ont été des constantes, parfois conscientes, souvent inconscientes, dans la construction de l’identité nationale espagnole majoritaire.

Depuis la crise de 1909 et la perte des dernières colonies, le nationalisme bourgeois catalan n’aspirait plus à dominer l’état espagnol mais à lutter pour des marges croissantes d’auto gouvernement et pour récupérer des institutions politiques qui lui soient propres. Sa lutte contre l’état de la restauration explique ses alliances récurrentes et contradictoires avec les forces populaires sur le plan des revendications démocratiques.

On a ainsi vu se développer un rapport à la fois de collaboration et de concurrence entre le catalanisme politique et le mouvement ouvrier catalan, et cela malgré les vagues successives de migration en provenance d’autres zones de l’état.

Révolution et contre-révolution, de 1931 à 1939

La force du mouvement ouvrier, le débordement des secteurs bourgeois et l’hégémonie du républicanisme petit-bourgeois expliquent les dynamiques de la deuxième république. Le républicanisme libéral espagnol a été le seul mouvement nationaliste espagnol de gauche. Le républicanisme catalan a cependant été majoritairement nationaliste, tandis que le républicanisme basque demeurait sous hégémonie du parti nationaliste basque (PNV) catholique et conservateur.

La compréhension par de larges pans du socialisme et du communisme catalan de l’importance stratégique de la lutte d’émancipation nationale aide à expliquer la dynamique de révolution permanente vécue entre 1931 et 1937. Ces années ont été marquées par le passage de l’hégémonie, au sein de la mouvance nationale, de la bourgeoisie de la Lliga Catalana à la petite bourgeoisie de la gauche républicaine de Catalogne (ERC), entre 1931 et 1934, puis de celle-ci au prolétariat révolutionnaire, le POUM marxiste et la CNT anarchiste, entre 1935 et 1937, et finalement, après la défaite de la révolution, au parti qui représentait l’alliance du prolétariat réformiste et de la petite bourgeoisie antifasciste, le PSUC stalinien, entre 1937 et 1939. A l’inverse, le maintien de l’hégémonie du PNV pendant la république et la guerre en Euskadi s’explique avant tout par le refus, de la part du PSOE et pour partie de la CNT, des revendications nationales basques qui les a complètement isolés vis-à-vis des couches moyennes.

Le franquisme a représenté la forme extrême du nationalisme espagnol de matrice fasciste, il avait la prétention de revenir à l’Espagne impériale et était la synthèse parfaite du centralisme et de la contre-révolution. Son nationalisme forcené a été à la base de la radicalisation des nationalismes catalans, basques et galiciens et du surgissement de nouveaux nationalismes et régionalismes de masse à la fin de la dictature, Andalousie, Canaries, pan-catalanisme au Pays Valencien et aux Baléares, Aragon et Asturies.

De la transition à la crise de la deuxième restauration bourbonienne

Même si les grands partis de l’opposition antifranquiste, le PSOE et le PCE, reconnaissaient dans leur programme la pluri-nationalité de l’état et le droit à l’auto détermination, même s’ils défendaient la restauration de la république et la récupération de ses « statuts » d’autonomie, les revendications nationales ont été les premières à être enterrées par la politique des pactes avec les franquistes réformistes qui ont dirigé la transition. C’était aussi une condition sine qua non pour que l’armée ne torpille pas l’ouverture politique.

En Euskadi, l’hégémonie conquise par l’ETA dans la lutte anti franquiste, et le poids significatif de la gauche révolutionnaire dans la rue et dans les entreprises, le fait aussi que la constitution de 1978 n’y ait été approuvée que par une minorité d’électeurs, expliquent la persistance du conflit armé jusqu’à il y a seulement quelque mois.

Aujourd’hui, les effets combinés du sabotage des tentatives de réforme, plan Ibarretxe, reforme de « l’estatut » catalan, de l’impact de la crise et des politiques d’austérité, ainsi que des problèmes de financement des communautés autonomes, et encore de l’immobilisme du gouvernement du premier ministre espagnol Mariano Rajoy face au processus de paix en Euskadi, non rassemblement des prisonniers, maintien de la répression et rejet de toute négociation politique, ont généré une situation marquée par un développement de l’indépendantisme, notamment en Catalogne.

Cette situation a pour l’instant renforcé des options bourgeoises ou petites bourgeoises, mais celles-ci commencent à être débordées par une dynamique tendant à une rupture institutionnelle. La crise du régime de la constitution de1978 est en effet importante. Les scandales de corruption qui ont traîné dans la boue tous les partis ayant géré le système depuis la transition et une oligarchie des affaires, y compris le CEOE, le MEDEF espagnol, extrêmement discréditée, l’abdication du roi Juan Carlos, l’absence de crédibilité du pouvoir judiciaire, la chute dans les sondages du Parti Populaire, la droite espagnole au pouvoir, du PSOE et de CiU, la droite catalane, la montée d’options telles que Podemos, tout cela annonce des temps très, très intéressants.

La gauche anti capitaliste et la nouvelle situation politique catalane et espagnole

Ce que l’on a vécu le Dimanche 9 Novembre 2014 avec le référendum organisé par les autorités catalanes est historique parce que c’est le premier vrai bras de fer entre deux légitimités. D’un côté, celle du droit à décider des catalans, soutenue par environ quatre-vingt pour cent du parlement catalan et par le gouvernement autonome d’Artur Mas, de l’autre, un Parti Populaire qui navigue entre les condamnations et les menaces répressives. Résultat, une victoire importante pour Artur Mas et une grosse défaite symbolique pour le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui est apparu anti démocratique et faible aux yeux de l’extrême droite, ainsi que de la gauche et des courants nationalistes de l’ensemble de l’état.

La participation a été très élevée, plus même élevée que dans des référendums antérieurs tout à fait légaux, malgré les menaces répressives, mais il n’est pas évident qu’il existe déjà une majorité claire dans la population pour le « double oui », correspondant à un état propre qui soit aussi clairement indépendant. Telle était en tout cas la ligne défendue par la gauche révolutionnaire, car c’est la seule capable de bouleverser vraiment le statu quo, sans par ailleurs fermer la porte à la recherche de débouchés confédéraux ou même fédéraux.

Les tâches de la gauche anti capitaliste et de classe en Catalogne et en Espagne

Le plus probable est qu’Artur Mas ne parvienne pas à atteindre son objectif, consistant à regrouper sous sa direction les forces « nationales » qui se sont prononcées pour le « double oui », afin de remporter les prochaines élections, et cela, malgré la pression forte existant dans le sens d’une union « patriotique » pour l’indépendance, qui cacherait sous le drapeau les différents choix de société. Il revient à la gauche anticapitaliste de mettre en avant une candidature qui soit crédible à la fois sur le plan social et sur le plan national, c’est-à-dire capable de lier des objectifs sociaux et démocratiques.

A cet effet, il s’agit de regrouper le Processus Constituent, un rassemblement de militants sociaux très populaires et politiques très reconnus, et Podem, le Podemos catalan, pour former une alliance qui pourrait devenir la troisième force politique et essayer de contrer la montée en force de l’ERC, parti petit bourgeois catalan, que apparait vierge sur le plan national, mais est réalité tout à fait complice des politiques d’austérité.

Izquierda Anticapitalista mène à contre-courant un combat notable pour le droit à l’auto détermination dans l’ensemble de l’état espagnol, notamment au sein de Podemos, et rappelle qu’il n’y aura pas d’auto détermination en Catalogne ou ailleurs sans un changement de régime en Espagne, ni d’horizon républicain en Espagne sans des processus constituants coordonnés qui offrent un débouché politique aux mouvements souverainistes et indépendantistes catalans, basques et autres.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:17

La zone euro peut résister à une sortie de la Grèce, dit Berlin (Reuters)

Le gouvernement allemand pense que la zone euro sera maintenant en mesure de faire face à une sortie de la Grèce si celle-ci s'avère nécessaire, écrit le magazine allemand der Spiegel, qui cite des sources gouvernementales à Berlin.

La chancelière Angela Merkel comme son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, estiment que la zone euro a mis en oeuvre suffisamment de réformes depuis le pic de sa crise en 2012 pour pouvoir gérer une sortie de la Grèce, selon le magazine.

« Le danger de contagion est limité, car le Portugal et l'Irlande sont considérés comme guéris », déclare une source gouvernementale allemande que cite l'hebdomadaire.

De plus, le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), le fonds d'aide de la zone euro, est un mécanisme de sauvetage « efficace » et est désormais utilisable, relève une autre source. Les grandes banques seraient protégées par l'union bancaire.

Selon der Spiegel, le gouvernement allemand juge une sortie de la Grèce de la zone euro pratiquement inévitable si le parti de gauche Syriza, anti-austérité, remporte les élections législatives anticipées du 25 janvier 2015.

Le chef de file de Syriza, Alexis Tsipras, souhaite revenir sur les mesures d'austérité de ces dernières années et effacer une partie de la dette grecque s'il arrive au pouvoir à la faveur de ces élections, pour lesquelles les sondages donnent son parti en tête des intentions de vote devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre, Antonis Samaras.

Syriza devance ainsi les conservateurs au pouvoir de 3,1 points, selon une enquête de l'institut Rass que publie le journal Eleftheros Typos dans son édition dominicale, Syriza recueille 30,4% des intentions de vote, contre 27,3% pour la Nouvelle Démocratie.

Le sondage a été réalisé les 29 et 30 décembre 2014, alors que le candidat du pouvoir pour le poste de chef de l’état, Stavros Dimas, venait échouer à sa troisième tentative de se faire élire par les députés, ce qui a déclenché la dissolution du parlement et la convocation des élections législatives anticipées.

Syriza devance la Nouvelle Démocratie depuis des mois dans les sondages, mais son avance s'est quelque peu réduite ces dernières semaines.

Dans ce dernier sondage en date, 74,2% des personnes interrogées estiment que la Grèce doit rester dans la zone euro « à tout prix », contre 24,1% qui sont d'un avis contraire.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 16:09

Cécile Duflot part en guerre contre la loi Macron (Reuters)

Faire échec au projet de loi sur la croissance et l'activité est un devoir, estime Cécile Duflot, qui voit dans le texte porté par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, un « grand bond en arrière » en matière d'environnement et un « renoncement social ».

Dans une tribune publiée dans le Journal Du Dimanche, l’ancienne ministre de l’écologie déclare que le projet de loi n'est « qu’un catalogue fourre-tout de vieilles idées des années 1980 enfouies dans les cartons de Bercy. Non, la loi Macron n'est pas moderne. Elle est même d'un certain point de vue un grand bond en arrière, une occasion manquée de changer de modèle », écrit-elle en contestant qu'elle constitue « un coup de jeune pour notre société » comme l'a dit le président François Hollande lors de ses voeux du 31 décembre 2014.

« Beaucoup de critiques, souvent justes, ont ainsi pointé les risques sociaux du texte. Mais chose peu dite, ce projet de loi peut également marquer un net recul écologique du quinquennat », dit la responsable d'Europe Ecologie Les Verts.

Elle juge ainsi que la partie qui vise à simplifier le droit de l'environnement constitue dans les faits « un passage en force. La méthode proposée est dangereuse. Elle permet d'alléger par ordonnances toutes les mesures du code de l'environnement qui viendraient soi-disant gêner l'activité et la croissance » alors que, selon elle, le droit de l'environnement est « un droit de protection face à la logique de marché ».

Le projet de loi « porte aussi atteinte à la transition énergétique » avec des dispositions qui encouragent l'exportation de centrales nucléaires ou organisent la concurrence entre le rail et la route en libéralisant le transport par autocar, estime Cécile Duflot.

L'ancienne ministre voit encore dans l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche une « véritable régression, une menace pour la cohésion sociale », et s'inquiète que, en matière de logement, le projet de loi « encourage les pratiques spéculatives de la vente à la découpe qui menace les locataires aux faibles revenus. La modernité réelle serait d'inventer un nouveau modèle social écologique, capable de répondre aux deux grands défis de notre époque, le dérèglement climatique et la montée des inégalités », dit-elle.

« La lucidité oblige à constater que ce texte emprunte le chemin inverse. C'est pourquoi mettre en échec cette loi est un devoir pour tous ceux qui ont encore de l'espoir et veulent inventer le siècle qui vient ».

Présenté le mois dernier en conseil des ministres, le projet de loi Macron doit être examiné à partir de fin janvier au parlement.

Les « frondeurs » du Parti Socialiste, mais aussi l'ancienne premier secrétaire Martine Aubry, ont vivement critiqué plusieurs de ses dispositions, tout particulièrement celles sur le travail du dimanche. Des députés de l'opposition, comme les UMP Hervé Mariton et Frédéric Lefebvre, ont fait savoir qu'ils pourraient voter le texte.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 18:51

http://www.syriza-fr.org/2014/12/29/alexis-tsipras-une-large-alliance-electorale-pour-une-nouvelle-coalition-de-pouvoir

Large alliance électorale pour une nouvelle coalition de pouvoir

Par Alexis Tsipras

Dimanche 28 décembre 2014

Malgré son effort désespéré pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement Samaras s’effondre. La Grèce est sur le seuil d’un grand et historique changement politique. L’arrivée inéluctable d’élections et la perspective d’une grande victoire électorale de Syriza configurent déjà de nouvelles donnes.

Le climat change en Europe. Tous se font à l’idée que Syriza sera le gouvernement et qu’une nouvelle négociation va démarrer, avec comme enjeu une solution viable pour la dette et le dégagement de l’austérité pour la Grèce et l’Europe.

Un nombre croissant de médias internationaux d’information escomptent la victoire de Syriza aux imminentes élections comme un événement qui sera le début de la fin de l’austérité en Europe. Des officiels européens laissent de côté les exclamations de propagande et admettent qu’il n’y a pas d’autre choix pour l’Europe que d’accepter le choix démocratique du peuple grec. Alors même que des enseignes notoires d’analyse financière admettent dans leurs rapports que le plus probable scénario après la victoire électorale de Syriza serait le repli du leadership européen et l’acceptation d’un compromis avec le nouveau gouvernement grec, sans davantage d’austérité.

Toutefois, au moment même où certains en Europe s’adaptent et où certains, toujours plus nombreux, espèrent un virage plus large pour l’Europe par une victoire de Syriza, dans notre pays un establishment politique vieillot et en faillite, l’alliance politique du mémorandum, s’aperçoit qu’elle s’effondre et s’enrage.

Leur dernier appui est l’opération de chantage, de terreur est de peur. Cependant, la répétition de l’histoire aboutit habituellement à la farce. 2015 ne sera pas 2012.

Les annonces faites à la cafétéria de l’assemblée nationale et de l’extrême droite ne sont plus convaincantes pour personne.

Elles ne sont pas en mesure de dissimuler les accords préalables tacites qu’Antonis Samaras a déjà passés avec les bailleurs de fonds. Ce qui est réussi par ces annonces est de rendre encore plus manifeste l’angoisse de ceux qui les font.

Que cela leur plaise ou non, le peuple arrive de nouveau sur le devant de la scène et Syriza, avec le soutien du peuple, jouera un premier rôle dans un grand changement politique. D’ailleurs notre peuple se tournait toujours vers la gauche de combat et de transformation sociale lorsqu’il fallait lutter pour sa survie et pour sa dignité, sans succomber à la tentation de la lâcheté. C’est exactement la même chose qui se produit maintenant.

Syriza puise sa force du soutien d’une grande majorité sociale et politique qui lutte pour la dignité et la justice. Sa victoire électorale sera le début d’un grand effort national pour le salut de la société et la reconstruction du pays. Un effort national qui aura cependant un impact international, puisque notre responsabilité nationale est de frayer la voie d’une politique alternative en Europe, en transformant un pays de la zone euro de lieu d’expérimentation néo libérale en exemple de protection sociale et de croissance. De prouver que lorsque les peuples le veulent, lorsqu’ils ont foi en leurs forces, ils le peuvent.

Le premier pas sera la réalisation du « programme de Thessalonique » pour le traitement de la crise humanitaire. Ceci n’est pas négociable. Il ne crée pas de besoin pour de nouveaux emprunts et ne sera pas posé sur la table des négociations.

Avec le soutien et la confiance du peuple nous appliquerons notre programme et nous irons de l’avant. Le maintien de la Grèce dans la situation d’impasse actuelle n’existe même pas en pensée pour nous, encore moins donc ne pourrait être un choix sous aucune condition.

Sur la base de cet engagement, Syriza s’efforcera de rassembler autour d’elle le plus possible de forces du peuple afin d’avoir la majorité au nouveau parlement dans le but de réaliser son programme. Dans tous les cas, à la base de ce programme, nous nous efforcerons d’obtenir un large consensus.

Nous avons pleinement conscience que la gauche de combat et de transformation sociale se retrouve encore une fois sur le seuil de l’histoire pour assumer les tâches les plus difficiles, pour reconstruire sur les ruines d’une société soumise au pillage.

Pour cela aussi le gouvernement de Syriza ne sera pas le gouvernement d’un seul bord politique. Il sera le gouvernement du peuple tout entier.

Les militants et les cadres de Syriza ont pleinement conscience à la fois des possibilités et des difficultés qui se présentent devant nous. Syriza ne distribue pas des positions de pouvoir mais des positions de combat. Elle ne distribue pas des privilèges, elle distribue des responsabilités. La crise profonde de l’establishment politique ne touche pas Syriza et notre peuple le sait très bien. Syriza ne vient pas pour reconquérir les structures et les privilèges du pouvoir. Elle vient pour changer les structures et pour abolir les privilèges. Elle vient pour rendre de la justice, de l’équité et de la méritocratie.

Pendant la durée de la crise, nous avons gagné la confiance de la société parce que nous avons échappé au cadre étroit d’un comportement arrogant mais aussi au sectarisme. Nous avons parlé d’une large majorité sociale et politique en temps opportun. Nous avons parlé d’une nouvelle coalition de pouvoir. Cette proposition que nous avons énoncée a été largement approuvée aux élections de 2012.

Aujourd’hui, c’est l’heure pour la traduire en acte, l’approfondir et gagner la victoire en constituant une large alliance électorale aux bases solides d’un programme.

L’heure critique est arrivée. Et nous allons tous nous confronter à l’histoire. Notre devoir est de faire tout ce qui passe par nous pour que la victoire de notre peuple devienne encore plus large, encore plus certaine.

Pendant cette heure critique, il n’y a pas de place pour les arrières pensées.

Toute notre pensée, toute notre action, toute notre inspiration est pour la réussite.

Ensemble avec le peuple, tournons la page pour le pays.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 18:29

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-commander-we-will-give-good-news-as-soon-as-possible.htm

Nous donnerons des bonnes nouvelles dès que possible (Firat News Agency)

Samedi 3 Janvier 2015

Les combattants des YPG continuent à avancer dans Kobanê en nettoyant la ville des bandes d’EIIL.

Agit Halep, commandant des YPG, qui a participé à l'opération pour libérer Black School, un point stratégique dans le sud-est de la ville, a déclaré qu'ils continuaient à faire des progrès, malgré la pénibilité de la guerre urbaine, et qu'ils espéraient donner au peuple de bonnes nouvelles dès que possible.

Les combattants des YPG poursuivent leur résistance historique contre les bandes d’EIIL qui attaquent le canton de Kobanê depuis cent onze jours. Les YPG ont lancé une opération de nettoyage, il y a un mois, qui inflige de lourdes pertes aux bandes d’EIIL, la dernière victoire étant la prise de Black School le premier janvier 2015.

Nous sommes allés sur le front pour voir la zone de Black School. C’était comme s’il y avait eu un tremblement de terre, avec des dégâts considérables faits par les attaques au mortier continuelles des bandes d’EIIL. Les combattants des YPG que nous avons vus dans leurs positions semblaient déterminés, la preuve que la ville sera bientôt nettoyée des bandes d’EIIL.

Le Centre de la Culture et des Arts a été libéré il y a deux semaines et, malgré de sérieux dommages, il est maintenant décoré de jaune, rouge et vert, les couleurs des drapeaux des YPG.

Les combattants des YPG discutent des affrontements de la nuit précédente, tandis qu’ils nettoient leurs armes. Dans le hall d'entrée, le slogan « résister, c’est vivre. Kobanê vit pour nous », a été écrit sur le mur.

Nous nous dirigeons ensuite vers Black School. Autour de l'école, les combattants des YPG nous accueillent avec des sourires sur leurs visages. Les bandes d’EIIL ont détruit des parties de l'école. Les drapeaux des YPG flottent sur les ruines.

Les combattants sont occupés à nettoyer l'intérieur de l'école. Les bureaux et les livres ont été jetés au sol par les bandes d’EIIL.

Agit Halep, qui a participé à l'opération de libération de l'école, répond à nos questions. Il dit que les YPG ont avancé rue par rue, maison par maison, ajoutant qu'ils ont pris l'école avec seulement deux combattants blessés.

Il dit que les YPG ont libéré une superficie d’un kilomètre sur le front sud-est pendant l'opération de nettoyage, infligeant de lourdes pertes aux bandes d’EIIL. Il a ajouté que les bandes d’EIIL avaient essayé d'arrêter l’offensive des YPG avec des attentats suicides, mais que les YPG ont poursuivi leur offensive. Il a dit que « maintenant que nous avons pris cette position stratégique, les choses seront plus faciles. Si dieu le veut, nous allons donner à notre peuple de bonnes nouvelles dès que possible ».

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 13:41

http://www.slate.fr/story/96315/podemos-syriza-gauche

Podemos et Syriza vont-ils enfin combler le fossé entre la gauche et les classes populaires ?

Par Gaël Brustier

Mercredi 31 Décembre 2014

La percée des mouvements de gauche radicale dans les intentions de vote des citoyens grecs et espagnols signe le retour d'un penseur majeur de la gauche italienne du début du vingtième siècle, Antonio Gramsci, et de l'idée de partir de l'expérience concrète des gens pour élaborer une vision du monde à laquelle ils adhèrent

Sondages favorables en Espagne et élections anticipées en Grèce annoncent un regain de la gauche radicale en Europe et révèlent que la droitisation de nos sociétés n’a rien d’inéluctable.

Les jeunes leaders de la gauche radicale veulent donc infléchir sa stratégie.

Depuis quelques temps circule sur les réseaux sociaux une intéressante intervention de Pablo Iglesias, leader du parti Podemos, dans laquelle il raconte l’expérience qui a été celle de ses étudiants en sciences politiques lors du mouvement des indignados. Pablo Iglesias, partant de son expérience de militant et d’enseignant en sciences politiques, aborde une question fondamentale, celle de la stratégie politique pour les gauches européennes. Il cite en exemple ses étudiants partis à la rencontre des passants, solidement armés de concepts, maîtrisant les ressorts des processus sociaux depuis le seizième siècle, mais « désespérés » car incapables de se faire entendre par des gens qui « ne comprennent rien ».

Pablo Iglesias le dit, la politique n’est pas affaire de détention de la vérité mais de rapport de forces. On se tromperait si l’on interprétait ce qu'il dit comme une invitation à appauvrir la pensée politique. Au contraire, il n’invite pas à méconnaître les processus sociaux ni à nier l’importance du matérialisme historique. Il n’invite pas non plus à affadir la réflexion et le renouveau de la pensée critique. Mais il confronte la pensée critique à ce qui tient encore, dans nos sociétés, par la force de l’évidence. Citant en exemple le grand-père qui invite son petit-fils à partager ses jouets, il y voit un potentiel révolutionnaire plus grand que dans bien des discours. C’est à partir du sens commun qu’il faut construire son discours et mobiliser un nouvel opérateur politique.

La justesse des concepts employés n’implique pas qu’ils soient audibles par les « gens normaux ». La justesse de ces concepts, en effet, ne fait pas immédiatement écho à une expérience concrète quotidienne. Le cas de la « grève générale » lancée et des passants qui filent travailler parce qu’il le faut bien est emblématique d’une déconnection entre le langage politique et le langage commun. Dans cette intervention, Pablo Iglesias parle à plusieurs reprises du sens commun, qui a une signification bien particulière dans cette intervention du leader de Podemos. Le sens commun, dans l’œuvre d’Antonio Gramsci, relève de ce qui va de soi, autrement dit de la « forme publique et manifeste » de la pensée commune d’une société donnée, forcément influencée par l’idéologie dominante dans cette société.

L’idéologie dominante, c’est celle qui fait écho à l’expérience quotidienne des citoyens. Elle est, pour l’heure, en l’occurrence, définie par « l’ennemi », dans ce qu’explique Pablo Iglesias. C’est cet « ennemi » qui se gausse d’un folklore révolutionnaire minoritaire, t-shirts et grands drapeaux, mais qui tient un langage compris par la grande masse des citoyens et ne tiendra jamais pour dangereux un ennemi qui s’en tient à un langage non compris du plus grand nombre.

Il faut donc composer avec le sens commun et influer sur celui-ci. C’est là la clé du combat culturel. Il ne s’agit pas d’asséner des leçons aux citoyens, en ce sens, les campagnes « pédagogiques », les courbes et chiffres ne feront pas grand-chose face à la puissance du sens commun, pas plus que les leçons de morales relatives au vote d’extrême-droite. Il s’agit de donner à l’expérience concrète et quotidienne des gens une explication qui lui fasse écho.

C’est ainsi que peut se développer une vision du monde partagée progressivement par le plus grand nombre.

L’intérêt des dominés n’est pas donné

La question du sens commun est directement liée à une autre. L’intérêt des dominés n’est pas donné. C’est ce qui échappe encore à une grande partie de la gauche, française notamment, laquelle s’obstine à penser que si les électeurs, et en particulier un nombre significatif d’ouvriers et d’employés, votent à droite et à l’extrême-droite, une part significative s’abstenant, c’est parce qu’ils sont trompés, alors que celles-ci, dans leur diversité, ont acquis une capacité d’encodage de la réalité qui leur donne les moyens de faire adhérer un nombre important de citoyens à leur vision du monde. Ce que dit la droite ou l’extrême droite rejoint souvent le sens commun. C’est ce qui fait leur force. L’intérêt des dominés, du « peuple », des classes populaires ou des citoyens, selon le terme que l’on choisit d’employer, se construit intellectuellement, culturellement, socialement et politiquement. C’est donc à partir du sens commun que peut se construire l’hégémonie.

En vérité, Podemos, parti forgé par des politistes, s’efforce donc d’appliquer une stratégie gramscienne. Lorsque Pablo Iglesias dit qu’il faut composer avec le sens commun, il ne signifie pas qu’il faut céder aux passions du temps présent.

Pour répondre à une question propre à notre société, prendre en compte les paniques morales en cours ne revient pas à aller dans leur sens. Mais, pour être audible, il faut partir de ce qui fait immédiatement sens dans l’esprit des « gens ». Le citoyen n’est pas passif devant les messages qu’il reçoit des médias, il est un acteur de la définition du sens commun. C’est aussi parce qu’elle ne comprend rien à ce qu’est l’hégémonie, qui dépend de la définition du sens commun, que toute une partie de la gauche oscille entre le déni et l’affolement devant la montée du Front National.

« Ce sont les petites choses de la vie qui font voter pour le Front National, pas les grandes théories », écrit Florence Aubenas dans « En France ». C’est là la clé du vote pour le Front National, mais ce sont toujours les petites choses de la vie qui font bouger la société dans un sens ou dans un autre. Ces petites choses de la vie, essentielles à chacun, déterminent aussi le devenir de notre société. Les connecter à une autre vision du monde est l’essentiel du travail politique, qui a tout à voir avec la question du rapport de forces.

Nicolas Sarkozy n’a pas compris Antonio Gramsci

Nous assistons en fait, à gauche, à une patiente et progressive redécouverte d’Antonio Gramsci, qui y reste l’un des auteurs les plus utiles aujourd’hui. On peut notamment retrouver ces réflexions chez Razmig Keucheyan en France, lequel a consacré une très utile anthologie commentée de textes aux « cahiers de prison » de Gramsci et quelques solides articles nous éclairant sur la situation politique actuelle.

Antonio Gramsci commence donc à être redécouvert, après une première période de découverte à la fin des années 1960. Cependant, trop souvent, il pâtit du fait que nos hommes politiques ramènent cette pensée à l’idée simpliste selon laquelle le pouvoir se gagne par les idées. « Au fond, j’ai fait mienne l’analyse d’Antonio Gramsci, le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là », clamait en 2007 Nicolas Sarkozy, lequel n’a certainement jamais dû lire une seule ligne des milliers de pages des « cahiers de prison » ou des « écrits politiques ». Le résumé sarkozyen en dit trop peu sur Antonio Gramsci mais en dit long sur une génération d’hommes politiques qui l’a soit ignoré, soit a cherché à travestir sa pensée à des fins de communication. Le terme de combat culturel est ainsi souvent vidé de son sens véritable.

Pablo Iglesias comme Alexis Tsipras font partie de cette génération de cadres de la gauche radicale, ou même d’une partie de la social-démocratie et des écologistes et, en France, de la gauche républicaine, qui se sont formés dans les forums sociaux internationaux, lesquels ont beaucoup fait pour renouveler le rayonnement des pensées critiques. Ces forums sociaux ont cependant été confrontés très rapidement à la question de leur traduction politique, à leur mise en relation avec le sens commun. La question de l’hégémonie est au cœur des réflexions de Pablo Iglesias en Espagne, d’Alexis Tsipras en Grèce et de toute une génération de cadres de gauche. 2015, année Gramsci, des éléments de réponse viendront vite d’Athènes et de Madrid.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 13:18

L’Italie a porté secours à un cargo de migrants à la dérive (Reuters)

Ezadeen, un cargo abandonné par son équipage et transportant quelque quatre cent cinquante immigrants clandestins, a été remorqué jusqu'au port de Corigliano Calabro, dans le sud de l'Italie, après avoir été secouru par la garde côte italienne.

La garde côte a annoncé sur son fil twitter Vendredi 2 Janvier 2015 que le navire fantôme était entré au port.

Plusieurs membres de la garde côte avaient été hélitreuillés à bord du cargo battant pavillon de Sierra Leone durant la nuit de jeudi à vendredi. Ils ont pu superviser le remorquage du navire, que son équipage avait abandonné à quarante milles nautiques des côtes italiennes alors qu'il était à court de carburant.

Les passagers, partis d'un port de Turquie, ont été pris en charge à leur débarquement.

« Nous savons qu'il est parti d'un port turc et a été abandonné par son équipage », a dit un porte-parole de la garde côte, Filippo Marini, dans une interview à la chaîne de télévision Sky TG 24. « Lorsque nous avons demandé au navire ce qu'il faisait, une émigrante a répondu qu’ils étaient seuls à bord et qu’ils n’avaient personne pour les aider », a-t-il ajouté.

On ignore pour le moment la nationalité des occupants du navire, à bord duquel se trouvent des femmes et des enfants.

C'est la troisième fois en quinze jours que les autorités italiennes doivent se porter au secours de cargos transportant des clandestins et abandonnés par leurs équipage.

Mercredi, environ huit cent migrants, essentiellement des syriens, sont arrivés en Italie après avoir, semble-t-il, été abandonnés par l'équipage. Parti également de Turquie, leur cargo, le Blue Sky M, a été pris en charge par des gardes côtes et est arrivé dans le petit port de Gallipoli.

Quinze jours plus tôt, la marine italienne était déjà venue en aide à un cargo abandonné transportant huit cent cinquante migrants, qui ont pu débarquer dans un port de Sicile.

NOUVELLES PRATIQUES DES PASSEURS

La guerre civile en Syrie et l'anarchie qui règne en Libye ont gonflé le nombre de candidats à la traversée de la Méditerranée l'an dernier.

D'après l’ONU, plus de cent soixante mille migrants sont arrivés cette année par voie maritime en Italie et quarante mille autres en Grèce. Des milliers de clandestins ont trouvé la mort en tentant de traverser la Méditerranée, trois mille deux cent au moins, selon l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) qui souligne que cette région est la plus meurtrière pour les migrants.

Les passeurs ont changé de tactique ces derniers temps, fait remarquer Carlotta Sami, porte-parole du Haut-Commissariat pour les Réfugiés de l’ONU (HCR).

L'abandon par l'Italie de son opération de secours et de recherche Mare Nostrum, explique-t-elle, a rendu plus périlleuse la traversée de la Méditerranée à bord de petites embarcations de fortune, d'où l'utilisation désormais de vieux cargos en fin d'exploitation commerciale.

L'intensification des combats en Libye a par ailleurs accru le nombre de candidats au départ.

« Nous observons depuis deux mois une utilisation croissante de ces vieux cargos promis à être démantelés et qui n'ont généralement aucun équipement électronique à bord », dit-elle.

A l'approche de leur destination, poursuit-elle, les passeurs activent le système de pilotage automatique du navire, dans les eaux internationales, puis prennent la fuite à bord d'un plus petit bateau.

D'après l'amiral Giovanni Pettorino, commandant des opérations de la garde côte italienne, cité par l'agence de presse Adnkronos, les réseaux de passeurs se procureraient ces vieux cargos pour cent mille à cent cinquante mille dollars. En faisant payer jusqu'à six mille dollars à chaque clandestin, les trafiquants gagneraient « jusqu'à cinq millions de dollars par voyage », ajoute-t-il.

D'après le site www.vesselfinder.com, l’Ezadeen, un cargo de soixante-treize mètres construit en 1966, devait gagner le port de Sète, dans le sud de la France. Le navire est spécialisé dans le transport d'animaux.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 20:24

https://www.ensemble-fdg.org/content/portugal-le-bloc-de-gauche-la-croise-des-chemins

Le Bloc de Gauche à la croisée des chemins

Par Flavia Verri, représentante d’Ensemble à la neuvième convention du Bloco de Esquerda

Mardi 25 Novembre 2014

Le Portugal est actuellement un pays ravagé par trois années de politiques d'austérité menées de concert par la troïka et le gouvernement de Passos Coelho et Paulo Portas. La dévastation de l'économie se traduit par une dette extérieure record, une dette publique au-dessus de cent trente pour cent, un PIB qui recule de six pour cent, la destruction de plus de cinq cent mille emplois et le départ vers l'étranger de trois cent trente personnes par jour. L'austérité s'est matérialisée aussi par de nombreuses privatisations, la fin de l’état social et par « l’intérioricide », la déqualification et la disparition des services publics des régions intérieures. C'est dans ce contexte que s'est tenue la neuvième convention du Bloc de Gauche.

Après quinze ans d'existence, pour ce parti-référence de la gauche européenne, l'enjeu était de taille, adopter une orientation qui rompe avec les politiques d'austérité imposées par la troïka, crédible et audible à une échelle de masse, qui ne s'allie pas au Parti Socialiste et à la logique du bipartisme, qui affirme l'unité dans l'action et la construction de mobilisations porteuses d'une alternative.

Ces objectifs ont été affichés par Joao Semedo, qui a clôturé la convention en rappelant qu'il fallait retrouver le Bloco des origines, riche de sa diversité et de sa pluralité, inséré dans le mouvement de masse, profondément uni et unitaire. Il a accompagné son discours d'un geste symbolique, en faisant monter l'ensemble du bureau politique nouvellement élu sur le podium.

Entouré de Pedro Filipe Soares, député à l’assemblée nationale, et de Joana Mortagua, présidente de l’UDP, qui applaudissaient son intervention conciliatrice. Il a insisté sur quatre points, que le débat polémique devait s'achever, que le Bloco était le parti de tous les bloquistes, qu'une solution de direction nationale et de représentation publique devait être trouvée à la réunion du prochain bureau national et que de larges plages d'accord existaient.

Un discours rassembleur après un débat polémique et des divisions internes importantes qui reflètent la crise que traverse actuellement le Bloco.

Electoralement, les résultats du Bloco n'ont fait que baisser ces dernières années. Il a connu un premier frein à sa progression depuis sa création en perdant huit de ses seize députés aux élections législatives anticipées de juin 2011. Cette chute s’est amplifiée lors des élections municipales du mois de septembre 2013, le Bloco perdant sa seule mairie et n’ayant plus aucun élu au conseil de Lisbonne. Le nombre de voix des listes du Bloco a baissé tandis qu’il a augmenté lorsque le parti s’est allié, dans quelques localités, à des listes « citoyennes » plus larges. Cette tendance à la baisse s’est confirmée par les résultats des élections européennes de mai 2014, au cours desquelles le Bloco a perdu deux de ses trois sièges au parlement européen, avec seulement 4,6% des suffrages exprimés.

La politique d'alliance en « zig-zag » avec le Parti Socialiste a été une des causes de cette crise du Bloco et le bilan des élections municipales n’a fait que l’intensifier. La direction sortante, élue à quatre-vingt pour cent à la dernière convention, s’est disloquée au bureau national d’octobre 2013.

Cette crise s’est aussi manifestée par des départs groupés ou individuels des rangs du parti. Le Bloco semble avoir perdu de son attrait même si sur les réseaux sociaux son audience s'élargit.

En toute logique, le débat préparatoire à cette neuvième convention a principalement opposé deux motions défendues par chacune des deux parties de l'ancienne majorité. D'un côté la motion U, « motion unitaire en construction », soutenue par Joao Semedo, Catarina Martins et Francisco Louça, proposait une campagne pour une sortie de crise centrée sur la restructuration de la dette et la rupture avec le traité budgétaire. Tandis que la motion E, « bloc pluriel facteur de tournant », appuyait plutôt sur la défense de la constitution comme axe de campagne face aux attaques des politiques d’austérité, elle était soutenue par Luis Fazenda, Pedro Filipe Soares et Joana Mortagua. Cette motion a présenté une série d’amendements adoptés par le congrès, réformant les statuts et introduisant la proportionnalité à la commission politique du parti.

Cette convention a connu sa meilleure participation de l'histoire du Bloco avec deux mille six cent cinquante-trois votants aux assemblées locales. Les résultats ont donné une très légère avance de six délégués à la motion E avec deux cent soixante-deux délégués pour deux cent cinquante-six attribués à la motion U. Les autres motions ont obtenu huit délégués pour la motion A, « une réponse à gauche, pour un Bloco qui réponde de suite aux problèmes des personnes », quarante-quatre délégués pour la motion B, « refonder le Bloco dans la lutte contre l’austérité » et trente-huit pour la motion R, « réinventer le Bloco ».

Les débats ont inversé les résultats des assemblées locales puisque, suite au vote final à main levée, la motion U a obtenu huit voix d’avance sur la Motion E, avec deux cent soixante-six voix pour la motion U, deux cent cinquante-huit voix pour la motion E, sept voix pour la motion A, trente-quatre voix pour la motion B et trente voix pour la motion R.

Mais, pour l’élection du bureau national, le vote à bulletin secret a donné un résultat ex aequo avec trente-quatre membres pour chacune des deux motions U et E, sept membres pour la motion B et quatre membres pour la motion R. A signaler que dans la composition finale de ce bureau national, il ne reste plus du groupe fondateur que Luis Fazenda, dirigeant historique d'UDT, puisque Francisco Louça et Fernanda Rosas l'ont quitté.

La réforme statutaire adoptée à cette convention va donc devoir s’appliquer, malgré la posture de la motion U indiquant dans son document « qu’au nom de l’unité politique de la représentation du Bloco, les électeurs de la liste de cette motion ne participeront à aucune coordination qui résulterait d’arrangements entre des motions politiques différentes ».

L’enjeu était donc aussi celui de qui représentera publiquement le Bloco. D’après Joao Semeda, dans son discours de clôture, un arrangement devra être trouvé au prochain bureau national qui se réunit le 30 novembre 2014.

Le Bloco est donc à la croisée des chemins, le défi est de réussir à faire la synthèse, d’unir et être inclusif pour éviter de perdre le souffle des origines et de se perdre dans une guerre de tendances. Le défi est surtout de réussir à reconstruire des mobilisations de l’ampleur de celles de 2012 et 2013, comme la campagne « que se lixe a troïka », qui avaient rassemblé des millions de personnes. Et pour cela, il faut un Bloco pluraliste, uni et prêt pour la lutte.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 19:57

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33140

http://www.lcr-lagauche.org/ukraine-resister-a-la-polarisation-nationaliste-et-a-linvasion-russe-construire-un-parti-democratique-de-gauche

https://www.ensemble-fdg.org/content/ukraine-rsister-la-polarisation-nationaliste-et-linvasion-russe-construire-un-parti

Résister à la polarisation nationaliste et à l’invasion russe, construire un parti démocratique de gauche, un point de vue féministe

Interview de Nina Potarskaya par Jean Batou

Mercredi 17 Septembre 2014

Nina Potarskaya est l’une des figures de la gauche féministe ukrainienne, initiatrice des escouades féministes de Maidan et membre de l’opposition de gauche, qui a participé à l’organisation de plusieurs conférences successives des forces de gauche à Kiev, en novembre 2013, mars et septembre 2014. La dernière d’entre elles a décidé de construire un parti démocratique de gauche, qui est la première tentative de ce type en Ukraine.

Jean Batou. Peux-tu expliquer la dynamique sociale et politique du processus de Maidan, qui a conduit au renversement du régime d’Ianoukovytch en février 2014, et peux-tu essayer de montrer la différence avec le cours des événements à l’est du pays ?

Nina Potarskaya. J’aimerais tout d’abord rappeler la nature des protestations sociales en Ukraine avant et après Maidan. Les enquêtes d’opinion montrent que durant les quatre dernières années, les principales raisons du mécontentement populaire, à l’est comme à l’ouest du pays, étaient dues à des problèmes économiques. C’est pourquoi, dans la dernière période, la crise économique et sociale a occasionné des protestations populaires croissantes. La colère a explosé après la non-ratification de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne, qui a conduit aux premières manifestations de Maidan, à la fin novembre 2013. Et tous les deux à trois semaines, l’évolution de la situation politique provoquait une escalade, tandis qu’un nombre croissant de gens occupaient la rue, spécialement après que les forces spéciales de la police ont battu et même tué des manifestants.

La situation était différente à l’est, parce que les russophones, majoritaires dans cette partie de l’Ukraine, suivaient majoritairement les médias russes, qui ne disaient rien des véritables raisons des manifestations de Maidan. Ils entendaient parler d’un soulèvement organisé par des néo-nazis qui devait être stoppé par tous les moyens. Bien sûr, l’extrême droite a joué un rôle important à Maidan, mais il était faux de dire que c’était un mouvement d’extrême droite. Ainsi, les médias russes ont expliqué aux gens de l’est que ce mouvement constituait un réel danger pour eux, ce qui a poussé un certain nombre d’entre eux à descendre dans la rue en pensant qu’il fallait faire quelque chose pour lutter contre les fascistes.

J’ai été l’une des fondatrices et des organisatrices de l’escadron des femmes de Maidan, parce que les manifestants étaient divisés en différents escadrons. Ce groupe consistait en une vingtaine de femmes très actives disposant d’une influence beaucoup plus large. L’une des actions de cet escadron de femmes a consisté à envoyer une délégation à Kharkiv, où un mouvement anti Maidan se développait, pour rencontrer des femmes sur une place occupée par des manifestants anti Maidan. Les premières réactions de ces femmes ont été très négatives et nous avons même été physiquement agressées.

Mais lorsque nous avons réussi à établir un dialogue, nous avons trouvé un langage commun parce que nous avons réalisé que les préoccupations sociales de nos mouvements étaient absolument similaires. C’était les médias qui interprétaient mal la nature de notre mouvement en manipulant la population, créant ainsi un sérieux clivage entre les parties orientale et occidentale du pays.

Jean Batou. Comment peut-on évaluer les rôles respectifs des troupes russes et des activistes ukrainiens dans la croissance d’un mouvement séparatiste qui a conduit à la formation de deux républiques populaires auto-proclamées du Donestk et de Lugansk, en avril et en mai 2014 ?

Nina Potarskaya. Tandis que des gens du Donbass commençaient à agir contre ce qu’ils percevaient comme une menace fasciste potentielle, de nombreux ukrainiens de l’est ont eu l’impression que, comme les russes avaient pu s’emparer de la Crimée sans verser le sang, ils allaient vivre le même scénario. Au début, parce beaucoup d’ukrainiens de l’est haïssaient autant Yanoukovytch que son rival Poroshenko, la perspective d’un état séparé était sans doute assez populaire, même s’il est difficile de dire dans quelle mesure. Mais comme la situation change très rapidement, l’opinion publique est très volatile.

Lorsque l’armée ukrainienne a repris le contrôle de Kramatorsk, dans la partie septentrionale du Donetsk, en mai 2014, nous avons eu l’opportunité de parler à des gens de cette ville, et ils nous ont dit qu’ils détestaient tous les uniformes militaires, quels qu’ils soient.

Dans tous les cas, alors qu’ils réalisaient que leur situation n’était pas la même que celle de la Crimée, les ukrainiens de l’est étaient abreuvés de rumeurs sur le fait que l’enseignement et l’usage de la langue russe allaient être interdits, et qu’il fallait qu’ils agissent pour défendre leurs droits. A la fin avril 2014, des militaires russes ont commencé à infiltrer l’est de l’Ukraine, déguisés en civils appartenant à des unités d’auto-défense, remplaçant des manifestants ukrainiens anti-Maidan qui occupaient déjà certains bâtiments officiels. Les russes sont faciles à reconnaître parce qu’ils parlent avec un accent différent et qu’ils utilisent des mots et des tournures de phrases différents. Lorsqu’ils ont investi Slaviansk, demandant aux gens de quitter la rue, ils ont employé un terme typiquement russe pour désigner la signalisation qui sépare la chaussée des zones piétonnes. Mais lorsque les militants anti-Maidan ont réalisé qu’ils ne seraient plus autorisés à occuper de nouveau des bâtiments, ils sont descendus dans la rue, adoptant une rhétorique pro-russe et portant des drapeaux russes, probablement sous l’influence d’agitateurs russes.

Même si la taille de ses manifestations est restée limitée, cela ne signifie pas qu’elles n’avaient pas le soutien d’une large partie de la population. Les gens de Lugansk nous ont dit en effet récemment que le fait de descendre dans la rue était une façon peu habituelle de protester dans l’est de l’Ukraine. Pour cela, on ne peut déduire de leur importance limitée, que ces manifestations n’étaient pas soutenues. Dans tous les cas, il n’y a aucun moyen concluant pour mesurer la proportion de la population qui soutient les deux « républiques populaires » auto-proclamées de Donestsk et de Lugansk. En ce qui concerne la violence contre les civils, il est aussi difficile de départager les responsabilités des deux camps, parce que chacun d’eux accuse le camp d’en face. Il n’y a pas de source d’information indépendante, et à en croire la population, les deux camps se sont mal comportés.

Jean Batou. Comment le sentiment national ukrainien se combine-t-il avec les revendications sociales du peuple ? Les travailleurs ont-ils cessé de se mobiliser pour défendre leurs intérêts ?

Nina Potarskaya. Comment pousser les questions sociales en avant, surtout dans une situation de guerre où les gens arrêtent de penser à leurs revendications sociales ? En août 2014, partout, nous avons observé la croissance des mobilisations patriotiques portées par un sentiment national de plus en plus marqué. Les mobilisations anti russes et anti séparatistes prennent de l’ampleur à l’ouest, mais les raisons sociales et politiques pour lesquelles les gens sont descendus dans la rue l’année dernière, par exemple, pour lutter contre la corruption, occupent de moins en moins le devant de la scène. Il y a deux types de syndicats en Ukraine. La fédération des syndicats vient de la vieille culture soviétique et soutient simplement ce que le gouvernement dit, elle a vraiment joué un rôle très limité, dans la réforme de la législation du travail. Mais il y a aussi des syndicats indépendants qui se sont formés pendant la perestroika, ils sont beaucoup plus actifs, en particulier au niveau local, et certains d’entre eux sont extrêmement puissants. Cependant, le leader de ces syndicats indépendants est un politicien très en vue, il soutient le gouvernement ukrainien, même s’il évite de recourir à toute forme de discours provocateur. Des positions politiques opposées coexistent au sein de cette fédération syndicale, mais rien qui ressemble à une position neutre contre la guerre.

Jean Batou. Quel a été le résultat de la récente conférence de la gauche à Kiev ? Vois-tu une possibilité de construire un parti démocratique unifié de la gauche aujourd’hui en Ukraine ? Quelles forces seraient prêtes à coopérer dans cette perspective ? Comment vois-tu la forme et le fonctionnement d’un tel parti ?

Nina Potarskaya. Nous avons actuellement la possibilité de rapprocher des syndicalistes indépendants, des membres d’ONG et de forces politiques progressistes, tous ensembles sous le parapluie d’un parti démocratique de gauche. C’était le but de notre dernière rencontre de Kiev. Cette conférence a décidé de former un comité d’organisation qui a commencé à travailler sur un document fondateur. Nous avons voulu faire cela de façon démocratique et transparente, mais évidemment, un processus démocratique prend du temps. Nous avons débattu sur notre volonté de faire ensemble de la politique autrement, ce que nous pouvons résumer en quelques points très simples. D’abord, nous ne voulons pas de membres dont les revenus dépassent un certain montant. Ensuite, les finances du parti doivent être un « livre ouvert », où toutes les transactions sont rendues publiques, tout ce que nous recevons ou dépensons doit être connu de tous. Enfin, nos décisions doivent être prises par des assemblées ouvertes, comprenant autant de militants de base que possible, il n’appartient pas à la direction de prendre des décisions, c’est pourquoi nous devons développer des procédures internes, y compris sur internet, permettant à tous les membres d’être impliqués.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 19:49

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-inflict-heavy-blows-on-the-isis-in-kobane.htm

Les YPG infligent de lourdes pertes à EIIL à Kobanê (Firat News Agency)

Vendredi 2 Janvier 2015

Le bureau de presse des YPG a publié une déclaration concernant le cent-neuvième jour de résistance à Kobanê contre les attaques des bandes d’EIIL, indiquant que les forces des YPG continuent de leur infliger de lourdes pertes.

Les YPG ont déclaré que vingt et un membres des bandes d’EIIL ont été tués dans les affrontements qui ont eu lieu au cours des dernières vingt-quatre heures.

La déclaration a indiqué que l'avance des forces des YPG continue dans Kobanê, ajoutant que l'opération autour du réservoir d'eau, un point stratégique de la ville libéré un jour plus tôt, s’est poursuivie la nuit dernière et que de lourdes pertes ont été infligées aux bandes d’EIIL.

« Nos forces, avançant deux rues plus loin entre le réservoir d'eau et la colline de Mistenur, ont détruit plusieurs positions des bandes d’EIIL. Restant impuissantes face à l’avancée de nos forces, les bandes d’EIIL ont tenté d'obtenir des résultats par des attaques suicides », ont déclaré les YPG, ajoutant que les deux membres des bandes d’EIIL qui ont tenté une attaque suicide ont été abattus.

Les YPG annoncent dans leur déclaration que les bandes d’EIIL ont tenté une autre attaque avec un véhicule chargé d’une bombe et que deux de leurs membres qui ont essayé de fuir lors de l’intervention des forces des YPG ont également été abattu, tandis que le véhicule a été détruit.

Les YPG ont déclaré que vingt et un membres des bandes d’EIIL ont été tués d’une manière certaine lors de cette opération, tandis que les cadavres de six d’entre eux ont été saisis par les forces des YPG ainsi qu’une grande quantité de leurs munitions.

Les YPG ont également signalé que trois combattants des YPG sont tombés lors de l'opération.

Le bureau de presse des YPG a rapporté davantage sur les affrontements dans Serêkaniyê, en disant que les groupes d’EIIL ont lancé une opération contre les positions des forces des YPG autour du village d’Alya à vingt-cinq kilomètres au sud de Serêkaniyê. Les YPG ont déclaré que des affrontements violents ont éclaté après l'attaque lancée par un véhicule blindé et un grand nombre de roquettes, ajoutant que le véhicule blindé a été détruit avec ses occupants, tandis qu'un véhicule avec une douchka a été endommagé. Les YPG ont déclaré que six membres des bandes d’EIIL ont été tués dans les affrontements tandis que le nombre des membres des bandes d’EIIL à l’intérieur du véhicule blindé n'a pu être établi.

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