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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:30

 

Nouvel accord pour l'évacuation d'Alep (Reuters)

 

Un nouvel accord a été conclu pour achever l'évacuation des secteurs de l'est d'Alep encore tenus par les rebelles, ont successivement annoncé Samedi 17 Décembre 2016 un chef rebelle et un responsable du gouvernement syrien.

L'évacuation commencée Jeudi 15 Décembre 2016 a été interrompue Vendredi 16 Décembre 2016 parce que les forces gouvernementales exigeaient que deux villages assiégés par les rebelles soient eux aussi évacués.

Le responsable rebelle al Farouk Abou Bakr, qui s'exprimait d'Alep sur la chaîne de télévision Arabiya al Hadath, a expliqué que l'accord prévoyait l'évacuation des deux villages chiites de la province d'Idlib assiégés par les insurgés, al Foua et Kefraya, l'évacuation des personnes blessées de Madaya et Zabadani, deux communes bloquées par les forces gouvernementales près de la frontière libanaise, et l'évacuation totale de la partie est d'Alep encore tenue par les rebelles.

L'information a été confirmée dans l'entourage du gouvernement syrien.

« Il a été décidé de reprendre les évacuations d'Alep-Est en parallèle avec l'évacuation des cas médicaux de Kefraya et al Foua et de certains cas de Zabadani et Madaya », confirme une personne faisant partie de l'équipe de négociations pour le gouvernement syrien.

La confusion dans laquelle se fait l'évacuation d'Alep-Est est le reflet de la complexité de la guerre civile en Syrie dans laquelle sont impliqués, de chaque côté, de très nombreux groupes et intérêts étrangers.

Dans le camp des rebelles, on accuse les milices chiites gouvernementales d'avoir ouvert le feu Vendredi 16 Décembre 2016 sur un convoi transportant des personnes évacuées d'Alep-Est. Cette accusation est rejetée par l'armée syrienne qui a toutefois précisé que le convoi avait été renvoyé vers Alep.

Farouk Abou Bakr a déclaré à al Hadath que le précédent accord d'évacuation avait été rompu Vendredi 16 Décembre 2016 par les milices gouvernementales qui ont intercepté des centaines de personnes qui cherchaient à fuir. Il y a eu un certain nombre de morts, a-t-il ajouté.

« Maintenant, nous travaillons à des garanties internationales pour assurer la sécurité de ceux qui quittent Alep de sorte que ce genre de violations ne se reproduise pas », a-t-il expliqué.

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:14

 

http://www.mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20161217/louhossoa-cinq-personnes-en-garde-a-vue

 

Cinq personnes en garde à vue

 

Alors que les états français et espagnols évoquent cinq « individus en relation avec l’organisation terroriste Euskadi Ta Askatasuna (ETA) », ils sont en réalité des représentants de la société civile basque ayant pris leur responsabilité en faveur de la paix.

 

Par Bénédicte Saint André

 

Samedi 17 Décembre 2016

 

« Cinq personnes sont actuellement en garde à vue à la police judiciaire de Bayonne », indique le parquet antiterroriste de Paris à Mediabask.

Elles ont été interpellées cette nuit dans une maison de Louhossoa.

D'après nos informations, il s'agit de Jean-Noël Etcheverry de Bizi, de Michel Berhocoirigoin, ancien président d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG), de Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l’appellation basque Irouléguy, de Béatrice Molle-Haran, propriétaire de la demeure et journaliste chez nous à Mediabask, et de Stéphane Etchegaray, professionnel de l'audiovisuel chargé de filmer la scène.

« Il s'agit d'une opération antiterroriste menée conjointement par les polices françaises et espagnoles », précise le parquet. Dès l'opération lancée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé un « coup porté à l’arsenal de la bande terroriste ETA en France ». Le nouveau ministre de l'Intérieur français Bruno Le Roux rappelait la « détermination absolue de la France à lutter contre le terrorisme, sous toutes ses formes » et félicitait les corps de police pour « l'interpellation de cinq individus en relation avec l’organisation terroriste ETA ».

Une version reprise par la presse de manière quasi-unanime avant un rétropédalage en règle. Elle est en effet entièrement en désaccord avec les courriers envoyés à Mediabask par les intéressés et aujourd'hui confirmés par Michel Tubiana, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), qui aurait dû être présent et n'a finalement pu se rendre sur place.

Opération policière politique

« Il faut rétablir la vérité », assène-t-il. Tous trois affirment n'avoir « aucun lien ni subordination avec ETA ». Ils justifient leur action par leur volonté de « contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque. Nous ne nous sommes pas cachés, nos intentions étaient claires dès le départ », répète-t-il.

« Il y a un blocage total du processus de désarmement de l’ETA, un blocage qui vient du côté des gouvernements français et espagnol. Plusieurs membres de la société civile ont voulu relancer ce processus, en procédant à une première destruction d’armes. Nous avons voulu jeter un coup de projecteur là-dessus. Nous voulions détruire des armes et les remettre aux autorités. Cette opération policière est manifestement politique ».

Dans un courrier d'ETA également rendu public par ces trois personnes, l'organisation écrit « ETA vous fait savoir qu'elle est prête à entrer dans cette voie, c'est-à-dire à procéder à la mise hors d'usage de ses armes et à la destruction de son arsenal par le biais de la société́ civile et en collaboration avec les acteurs internationaux, sans écarter la possibilité́ d'une participation des états garante d'une plus grande sécurité́ de cette procédure ».

Le dernier paragraphe

Le dernier paragraphe de la presse française, immuable depuis 2011 pour chaque article concernant ETA, est resté présent tout au long de la nuit. Il indique « qu’au mois d’octobre 2011, ETA a renoncé définitivement à la violence, mais elle n'a pas depuis remis ses armes et refuse de se dissoudre ». Au petit matin, il a disparu de certains grands quotidiens de l’hexagone, comme le Monde et Libération.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 20:51

 

Vladimir Poutine limoge son ministre de l’économie inculpé de corruption (Reuters)

 

Vladimir Poutine a limogé Mardi 15 Novembre 2016 le ministre russe de l’économie, Alexeï Oulioukaïev, interpellé dans la nuit du Lundi 14 Novembre au Mardi 15 Novembre 2016 et inculpé pour corruption et extorsion.

Alexeï Oulioukaïev, un technocrate âgé de soixante ans dont le ministère supervise les privatisations d'entreprises publiques, est le plus haut responsable russe interpellé dans l'exercice de ses fonctions depuis la chute de l’union soviétique en 1991.

Accusé d'avoir touché un pot-de-vin de deux millions de dollars versé par le groupe pétrolier public Rosneft, il a été placé en détention pour une durée de deux mois, jusqu'au 15 janvier 2017, et risque jusqu'à quinze ans de prison s'il est reconnu coupable.

Vêtu d'un costume bleu, Alexeï Oulioukaïev a déclaré à un tribunal moscovite qu'il niait toute malversation. Il a ajouté qu'il était dans son intérêt de coopérer à l'enquête car il tenait à sa réputation.

Le comité d'enquête fédéral, principal organe chargé des poursuites judiciaires en Russie, a accusé le ministre de l’économie d'avoir extorqué à Rosneft deux millions de dollars en échange de son feu vert pour le rachat par le groupe pétrolier de son concurrent Bachneft, pour un montant de cinq milliards de dollars.

Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a dit à la presse que Vladimir Poutine avait perdu confiance en son ministre et qu'il l'avait donc limogé, tout en ajoutant que son arrestation n'avait rien à voir avec le dossier Bachneft.

« Il s'agit d'accusations graves », a également déclaré Dmitri Peskov, que cite l'agence de presse Itar Tass. « Dans tous les cas, seul un tribunal sera en mesure de décider de quoi que ce soit », a-t-il poursuivi.

Alexeï Oulioukaïev, dont les communications étaient sur écoutes, a été piégé par des enquêteurs qui se sont fait passer pour des intermédiaires, dit-on de sources proches de l'enquête. Il a été interpellé alors qu'il acceptait un pot-de-vin de deux millions de dollars.

Son avocat, Timofeï Gridnev, a déclaré à Reuters que son client avait été interpellé au siège de Rosneft. Il a ajouté qu’Alexeï Oulioukaïev avait clamé son innocence, niant avoir touché la moindre commission.

Alexeï Oulioukaïev a été remplacé à titre provisoire par le vice-ministre de l’économie, Evguéni Iéline.

Le rachat de Bachneft par Rosneft a été l'enjeu de rivalités entre clans au Kremlin, dit-on à Reuters de sources proches de l'accord et du gouvernement.

Le gouvernement russe a conclu en octobre la vente à Rosneft d'une participation de contrôle dans la compagnie pétrolière Bachneft à Rosneft, pour trois cent trente milliards de roubles.

Mais le patron de Rosneft, Igor Setchine, l'un des hommes les plus puissants de Russie et un proche lieutenant de Vladimir Poutine, a dû se battre pour avoir ce feu vert. Car les tenants du libéralisme économique au sein du gouvernement, dont certains sont liés au premier ministre Dmitri Medvedev, s'y opposaient farouchement, estimant que Bachneft devait revenir à des investisseurs privés.

A l'origine, Alexeï Oulioukaïev, qui a supervisé la vague de privatisations du gouvernement destinées à réduire l'endettement de l’état, s'était opposé au rachat de Bachneft par Rosneft, mais il a fini par signer l'accord en ce sens.

Alexeï Oulioukaïev avait reçu le portefeuille de l’économie au mois de juin 2013. Il ne fait pas partie du cercle rapproché de Vladimir Poutine, qui est dominé par des tenants d'un rôle éminent de l’état dans l'économie.

Il ne fait pas pour autant partie du cercle des libéraux. C'est en revanche un proche d'Andreï Kostine, l'influent patron de la deuxième banque de Russie, VTB. Alexeï Oulioukaïev dirige le conseil de surveillance de VTB, banque qui est dans le giron de l’état.

Pour Alexandre Chokhine, directeur de l’union russe des industriels et entrepreneurs qui fut brièvement ministre de l’économie dans les années 1990, un doute entoure les accusations portées contre Alexeï Oulioukaïev.

La cession de Bachneft, explique-t-il, s'est faite au prix du marché. Dans ces conditions, il est étrange qu'il ait été nécessaire qu'une commission occulte soit versée alors même que tout le monde était d'accord sur le montant de la transaction.

D'autres s'étonnent aussi de la modicité relative du pot-de-vin présumé.

Selon Christopher Granville, directeur à Lombard Research, l'arrestation d’Alexeï Oulioukaïev pourrait être liée à la prochaine mise en vente d'une part de vingt pour cent du capital de Rosneft. Le groupe devrait racheter cette part lui-même avant de la revendre à des investisseurs dans un deuxième temps.

« Des gens influents veulent prévenir toute obstruction lors de la prochaine étape de la privatisation de Rosneft », dit-il.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 20:29

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article179

 

Chaque jour, une péripétie surprend, un nouveau personnage entre en scène.

 

Par Charles Jérémie

 

Jeudi 15 Décembre 2016

 

Chaque jour, une péripétie surprend, un nouveau personnage entre en scène. C’est du mauvais théâtre et une véritable comédie.

Insignifiance politique et communication, la société du spectacle est parvenue à se caricaturer.

La situation politique est vraiment amusante comme si la « crise de la cinquième république » tant de fois annoncée se transformait en énorme éclat de rire.

Eliminés Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Cécile Duflot, démissionné François Hollande, les pronostics des sondeurs et des journalistes sont battus en brèche et Manuel Valls est en grande détresse, Emmanuel Macron l’a pris de court. Désigné par les Nouveaux Chiens de Garde comme le meilleur démolisseur libéral du Parti Socialiste, l’ancien ministre des finances s’avance en vainqueur possible.

Je m’étais permis d’imaginer que l’explosion du Parti Socialiste interviendrait avant les élections présidentielles. La réalité dépasse les hypothèses les plus audacieuses.

Mais attention, les déchirures de la super structure ont une origine, François Hollande et Manuel Valls ont été mis KO par les mobilisations contre la loi travail.

François Hollande en a tiré des conséquences. Manuel Valls va payer la note. Il y aura d’autres cadavres politiques.

Au moins trois anciens ministres sont candidats contre lui. L'élection primaire de la gauche sera une meurtrière pantalonnade avec une certitude, Manuel Valls battu, jamais ses partisans n’accepteront de soutenir « le vainqueur ». Enfin, là on rit moins, la plupart des candidats socialistes aux élections législatives seront pulvérisés. Pour le Parti Socialiste, c’est la crise finale. Il faut réfléchir aux conséquences pour l’après 2017.

À droite, la situation est apparemment meilleure, encore que les réactions dans l’opinion au programme ultra-libéral de François Fillon commencent à fragiliser l’intéressé. En réalité, il n’y a pas dans le pays de majorité ni de droite ni de gauche. Sur le plan électoral, il n’y a pas d’appétence pour le libéralisme des deux bords de l’échiquier.

Songeons que, déjà, les républicains, socialistes en tête, s’apprêtent à appeler à voter au second tour des élections présidentielles pour François Fillon contre la méchante repoussante Marine Le Pen.

Pas sûr que, ce coup-ci, cela marche, d’autant que nul ne sait, à commencer par l’intéressé, ce que deviendra la candidature d'Emmanuel Macron. Il peut exploser en vol comme hier un Jean Pierre Chevènement ou au contraire par rejets successifs gonfler et arriver très largement en tête dans les sondages devant le candidat du Parti Socialiste, inévitablement ce dernier apparaîtra alors comme le « diviseur » et une campagne médiatique forcenée s’engagera pour qu’il se retire au profit d'Emmanuel Macron. Et ainsi, comme dans le midi et le nord aux élections régionales, le Parti Socialiste disparaitra des radars.

Les cercles dirigeants du patronat ont un candidat officiel, François Fillon, mais un secteur encore limité de la bourgeoisie, joue Emmanuel Macron contre Marine Le Pen et François Fillon qui les inquiète.

Le côté bigot révulse. La France est, certes, historiquement un pays catholique, mais la révolution française a profondément tracé son sillon, consacré en 1905 par la séparation de l'église et de l'état. Il ne faut pas sous-estimer le rejet de l’idéologie de la manifestation pour tous et de Sens Commun. François Fillon c’est Versailles avec de surcroit un relent de pétainisme.

Alain Juppé et François Bayrou craignaient les conséquences sociales de son projet. Cette objection demeure. Répétons le, pour appliquer son programme, François Fillon devra aller au maximum des tensions sociales, peut-être même faire tirer. Ce n'est pas si simple que cela, d’autant que les appareils syndicaux auront malgré leurs efforts du mal à le soutenir. Donc, François Fillon c’est non seulement Versailles mais aussi l’aventure. Sur un programme libéral de même nature, mais soft, Emmanuel Macron peut rassembler des secteurs significatifs de la petite bourgeoisie. Dans cette période, les personnages s’usent rapidement. Les nains sont élevés au rang de « sauveur » puis, comme en Grande Bretagne ou en Italie, balayés par la réalité.

Répétons-le, il faut le répéter, véritable Comedia Del Arte, l’élection présidentielle est un terrain d’où les salariés, les chômeurs et les jeunes sont expulsés. D’ailleurs le tableau succinct qui précède ne vaut que sur le papier. Que demain le mauvais temps social s’invite, nous ne sommes pas encore au mois de mai 2017, et la fragilité des postures se révèleront. Il suffit de constater à quelle vitesse le « radical » François Fillon a bégayé sa réforme de la sécurité sociale.

Il n’y a aucune solution électorale progressiste. La seule question qui vaille est comment, dès maintenant, en bas et dans la société réelle, préparer non seulement la résistance contre François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mais encore passer à la contre-offensive, c’est la seule véritable question et c’est possible.

Il suffit d’entendre Jean Claude Mailly qui suggère d’acheter des baskets car « cela va manifester » pour comprendre que, après les élections, il prépare avec la Confédération Générale du Travail (CGT), encore une fois, la stratégie de l’échec.

Non, plus de pseudos-grèves et de journées d’actions à répétition, tous ensemble le même jour jusqu’à la victoire, c’est la seule perspective raisonnable pour battre François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Une politique qui peut-être entendue notamment par les combattants de la lutte contre la loi travail.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 19:55

 

http://www.alencontre.org/laune/etats-unis-standing-rock-une-bataille-gagnee-mais-la-guerre-continue.html

 

Standing Rock, une bataille gagnée, mais la guerre continue

 

Par Barry Sheppard

 

Samedi 10 Décembre 2016

 

Les sioux de la réserve indienne de Standing Rock, située dans les états du Dakota du Nord et du Dakota du Sud, et leurs alliés, ont gagné une importante bataille dans leur combat pour empêcher que le pipeline dit Dakota Access Pipe Line (DAPL) traverse leurs terres tribales historiques et passe sous le fleuve Missouri dont la réserve tire son eau potable.

L'Army Corps of Engineers (ACE) était entré dans la bataille en publiant un ultimatum, si les protestations à l’endroit où le pipeline doit passer sous le fleuve n’étaient pas dissoutes Dimanche 4 Décembre 2016, les participants seraient arrêtés et poursuivis en justice.

C’est-à-dire que l’ACE allait ordonner aux unités de police municipales et de l'état du Dakota du Nord d’attaquer les manifestants qui entendaient protéger l’eau dès le Lundi 5 Décembre 2016 s’ils n’avaient pas quitté le site. Cela annonçait une brutale répétition des charges policières contre les manifestations non-violentes qui avaient déjà eu lieu, au moyen de matraques, de chiens d’attaque, de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de puissants jets d’eaux alors que la température ambiante descendait à moins douze degrés centigrades, de grenades paralysantes et d’arrestations massives.

Une de ces grenades avait déchiqueté la chair du bras d’une jeune femme. C’était horrible à voir. Elle subit, actuellement, de multiples opérations chirurgicales.

L’ACE prétend avoir le droit de faire cela parce qu’il gère cette terre fédérale située légèrement en dehors de la réserve indienne. Mais les sioux, eux, rappellent que cette terre leur avait été cédée par les Etats-Unis par un traité signé en 1851 et que l’ACE tient cette terre illégalement parce que les Etats-Unis ont rompu arbitrairement ce traité, comme des centaines d’autres traités identiques, dans sa guerre génocidaire prolongée contre les premiers habitants de l’Amérique du Nord. Cette terre contient également des sépultures sacrées des sioux, dont certaines ont déjà été dévastées à la pelle mécanique, une insulte raciste et une profanation pour les natifs américains.

L’arrivée des « anciens combattants »

La lutte de Standing Rock avait déjà gagné un large soutien, mais cet ultimatum de l’ACE a aiguillonné un surcroît qualitativement nouveau de solidarité qui a vu de nombreux nouveaux manifestants affluer au Dakota du Nord pour apporter leur soutien en prenant leur place dans la ligne de défense. Le Samedi 3 Décembre 2016, il y avait dix mille manifestants qui rejoignaient la lutte de Standing Rock, alors qu’ils risquaient d’être blessés et arrêtés.

En outre, dans de nombreuses villes à travers tout le pays, il y a eu des manifestations contre les grandes banques multinationales qui financent le pipeline.

Un aspect clé de cette nouvelle vague de soutien fut l’arrivée de vétérans des forces armées, beaucoup d'amérindiens parmi eux, mais d’autres aussi. Ils étaient prêts à former une ligne de défense entre les flics et le camp organisé par les manifestants. Les policiers auraient eu d'abord à passer sur eux. Le Samedi 3 Décembre 2016, il y avait deux mille vétérans prêts à la bataille.

Lundi 5 Décembre 2016, un article paraissait dans le New York Times racontant « qu'un cri fut entendu une nuit durant cette fin de semaine. Des centaines d’hommes veulent que les femmes rassemblées dans la maison reçoivent leurs ordres de Brenda Taureau Blanc et Loreal Echarpe Noire, qui commandent les groupes de vétérans dans les camps de la mobilisation ».

L’article décrivait quelques-uns de ces vétérans. Certains sont des anciens, vétérans de la guerre de Corée et de l’Europe d’après guerre, qui racontent qu’ils ont grandi dans des internats où ils étaient battus s’ils parlaient leur langue. Certains ont roulé à travers les plaines depuis leurs réserves pour venir.

Certains des militants qui sont venus ont passé des années dans le mouvement anti-guerre après être rentrés du Vietnam ou d’Irak. Ils nous ont dit que pour eux les protestations contre le pipeline étaient un nouveau chapitre de leur militantisme.

« Beaucoup d’entre nous sont prêts à sacrifier leur corps et à donner leur vie », nous a dit Vincent Emanuele, trente deux ans, un ancien marine qui a servi en Irak et qui a beaucoup pris la parole contre ce qu’il a appelé une guerre futile. « Mieux vaut mourir pour quelque chose qui signifie quelque chose ».

D’autres nous ont dit qu’ils ne s’intéressaient pas beaucoup à la politique et qu'ils n’avaient jamais participé à une manifestation. Mais ils nous ont dit que la lutte de la tribu les avait touchés. Ou ils nous ont dit que cela les mettait en colère de voir des images d’affrontements violents entre les forces de l’ordre et les amérindiens.

« Je n’arrivais pas à croire ce qui se passait aux Etats-Unis », nous a dit un vétéran. « Même en Irak, il y avait des règles d’engagement. Si ces gars n’ont pas d’armes, je ne peux pas comprendre que cela devienne un champ de tir ».

Demain, faire face à Donald Trump et aux oligarques du pétrole

La menace du spectacle de la police militarisée chargeant des vétérans désarmés semble avoir donné quelques soucis aux pouvoirs établis et on a assisté à une série de reculades dont celle de l’ACE qui a retiré sa menace d’user de la force.

Le Dimanche 4 Décembre 2016, l’ACE, manifestement par ordre de la Maison Blanche, a retiré à Energy Transfer Partners (ETP), l’entreprise chargée de la construction, le permis de commencer le percement du pipeline sous le fleuve, ce qui a officiellement arrêté le chantier.

A cette nouvelle, le camp des manifestants a retenti d’applaudissements et de célébrations, relayées en écho par les sympathisants à travers tout le pays.

Mais Lundi 5 Décembre 2016, l’humeur était plus sobre. ETP a réagi à la décision de l’ACE en déclarant qu’elle ne voulait rien dire. La compagnie a laissé entendre qu’elle pourrait aller de l’avant dans le chantier sous le fleuve de toute façon, mais cela est incertain car cela conduirait l’entreprise à un clash avec le gouvernement fédéral.

Ce qui est plus sérieux, c’est la prétention d’ETP de jouir du plein appui de Donald Trump qui a proclamé bruyamment, c’est sa façon normale de parler, qu’il approuvera le DAPL, qu’il reviendra sur la décision de l’administration de Barack Obama de bloquer le pipeline et qu’il annulera toutes les limitations réglementaires qui freinent l’industrie pétrolière, celle du charbon et tout le reste de l’industrie de l’énergie.

Donald Trump président, en tant que commandant en chef des forces armées, pourrait ordonner à l’ACE, qui est une partie de l’armée, de faire de même.

Par conséquent, les protecteurs de l’eau savent qu’ils doivent remobiliser. C’est la force de la mobilisation de masse qui a permis de gagner cette bataille. Durant ces derniers mois de lutte, la solidarité a été construite. Pour commencer, ce sont les sioux de Standing Rock qui se sont unis pour réagir. Puis d’autres tribus se sont jointes à eux, y compris venant du Canada. Finalement, ce sont plus de deux cent tribus qui ont soutenu la lutte de Standing Rock, surmontant leurs différences dans une démonstration de solidarité. C’est le plus grand rassemblement d’amérindiens en lutte depuis l’American Indian Movement (AIM) de la dernière radicalisation aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970.

Le fait qu’ils se soient levés pour contre-attaquer a encouragé d’autres à venir à leur rescousse. Les groupes de défense de l’environnement ont reconnu que la lutte contre Big Oil était aussi leur lutte. Black Lives Matter les a vus comme une lutte sœur, comme les voient beaucoup d’autres groupes et beaucoup de personnes à travers le pays.

Rien n’inspire plus tous les opprimés et les exploités que de voir une bataille de masse être engagée contre la classe dominante. Que celle-ci soit couronnée de succès, même si ce succès est conditionnel et que la guerre n’est pas finie, renforce le sentiment que l’action de masse est efficace. Dans le camp des manifestants s’est exprimé un sentiment renouvelé de leur force. S’il y a besoin de mobilisation supplémentaire, cette confiance en eux leur donnera de l’énergie. Cet esprit peut déborder aussi sur d’autres luttes.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 19:22

 

L'évacuation d'Alep-Est ralentie par des exigences chiites (Reuters)

 

L'évacuation des derniers combattants encore présents dans les réduits d'Alep-Est a été suspendue Vendredi 16 Décembre 2016, la milice chiite du Hezbollah proche de l'Iran exigeant que des blessés soient au préalable autorisés à quitter deux villages assiégés par les rebelles dans le nord de la Syrie.

La sortie des civils et des insurgés qui se trouvent encore dans l'enclave urbaine, symbole de la résistance au régime du président syrien Bachar al Assad, a été contrariée après une première journée globalement sans accroc, chaque camp accusant l'autre d'enfreindre ses engagements.

Un responsable syrien supervisant les opérations a reconnu que celles-ci n'étaient toujours pas terminées et que l'évacuation avait été interrompue alors que de nombreuses personnes se trouvaient encore sur place.

Le ministère russe de la défense a annoncé que l'armée syrienne avait repris le contrôle de tous les quartiers orientaux de la ville bien que des combattants isolés continuent d'opposer une résistance sporadique.

Tous les civils et la plupart des insurgés sont partis tandis qu'un peu plus de trois mille quatre cent combattants de l'opposition modérée ont déposé les armes, a dit un responsable russe.

Après des mois d'un siège meurtrier et des années d'affrontements, les rebelles demeurent d'une grande méfiance et accusent les forces gouvernementales de bloquer les civils tout en déployant des armes lourdes sur les axes de circulation environnants.

Plusieurs sources rebelles ont dénoncé l'obstruction faite par les iraniens et les groupes chiites affiliés à Téhéran aux efforts de Moscou pour régler rapidement cette question.

Des milices chiites ont ouvert le feu sur des autocars emportant des civils qui quittaient Alep, ont affirmé des insurgés. Des barrages routiers ont été, selon eux, installés et un convoi de bus a dû rebrousser chemin.

Des miliciens iraniens ont arrêté vingt à vingt cinq voitures transportant des civils et ont commencé à provoquer des problèmes, installant des armes lourdes sur la principale voie d'évacuation, a indiqué le chef du groupe rebelle Fastakim.

Une milice iranienne aurait pris environ deux cent personnes en otage au deuxième point de contrôle à la sortie d'Alep, a rapporté un combattant turkmène de la brigade Sultan Mourad.

Selon une source officielle syrienne, ces contretemps ont été provoqués par des insurgés qui tentaient de s'enfuir avec des personnes qu'ils avaient prises en otage et avec des armes dissimulées dans leurs bagages.

Le Hezbollah a fait savoir, via l'un de ses organes de presse, qu'il exigeait l'évacuation des blessés pris au piège dans deux villages, Foua et Kefraya, situés dans la province voisine d'Idlib.

L'organisation chiite libanaise affirme que les insurgés ont bombardé une route qui aurait dû être utilisée pour la sortie des civils dans ces deux localités chiites. L'Iran, puissant allié de la Syrie, a demandé que le sort de ces villages soit inclus dans l'accord de cessez-le-feu.

Une source rebelle a déclaré que tous les groupes assiégeant les deux villages, y compris le Djabhat Fatah al Cham, l’ancien Front al Nosra, réticent dans un premier temps, avaient accepté les conditions de l'évacuation.

Depuis Jeudi 15 Décembre 2016, quelque trois mille combattants et plus de trois cent blessés ont quitté Alep dans des autocars et des ambulances, selon le bilan publié par l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Des photos envoyées par un militant sur place montrent des civils, certains vêtus de manteaux, se tenant dans l'air froid de l'hiver, le long d'une rue aux bâtiments détruits.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de deux cent patients sont arrivés Vendredi 16 Décembre 2016 dans huit hôpitaux surchargés d'Alep-Ouest, d'Idlib, ville située à une soixantaine de kilomètres, et de Turquie.

L'Organisation des Nations Unies (ONU) estime que cinquante mille personnes se trouvent encore dans les quartiers orientaux d'Alep, parmi lesquelles dix mille personnes devraient être acheminées vers la province d'Idlib, le reste devant rejoindre des zones sous contrôle du gouvernement syrien.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé qu'il travaillait avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour lancer de nouvelles négociations de paix destinées à établir un cessez-le-feu national.

Ces pourparlers pourraient se tenir au Kazakhstan et compléter les discussions qui se tiennent de temps à autre sous l'égide de l'ONU à Genève.

Un haut responsable de l'opposition syrienne, Ryad Hidjab, a dit être prêt à participer à ces discussions si le but est de mettre en oeuvre un gouvernement de transition. Bachar al Assad exclut de quitter le pouvoir dans le cadre d'une résolution politique du conflit.

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a indiqué que le conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir Vendredi 16 Décembre 2016 sur le déploiement rapide d'observateurs à Alep-Est pour empêcher les exactions et surveiller l'arrivée de l'aide humanitaire.

La chute d'Alep ne marque pas la fin de la guerre en Syrie. Les insurgés continuent à occuper des zones rurales tandis que le groupe Etat Islamique conserve le contrôle de vastes zones dans l'est du pays et a repris la cité antique de Palmyre.

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 20:35

 

http://www.souriahouria.com/alep-creve-mobilisons-nous-par-raphael-glucksmann-et-yannick-jadot

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/12/13/alep-creve-mobilisons-nous-par-raphael-glucksmann-et-yannick-jadot_5048441_3232.html

 

Alep crève, mobilisons nous

 

Par Raphaël Glucksmann, essayiste et documentariste, et Yannick Jadot, candidat d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) au premier tour des élections présidentielles françaises de 2017

 

Mardi 13 Décembre 2016

 

Alep crève sous nos yeux. Nous assistons en direct à l’éradication d’une population.

Alep crève et emporte dans ses ruines, avec les milliers d’enfants, de femmes et d’hommes que nous laissons mourir, l’idée même de droit international.

Après les bombardements massifs et indiscriminés de l’aviation de Vladimir Poutine et de Bachar al Assad, les milices du régime finissent le travail à l’arme blanche, rue par rue et maison par maison. Et la communauté internationale regarde hébétée, inutile et incapable d’imposer un cessez-le-feu ou d’organiser l’évacuation des civils pris au piège.

Alep crève. Comme Srebrenica et Grozny ont crevé avant elle. De la même manière, selon la méthode dite tchétchène que le maître du Kremlin assume, revendique et impose. La seule nouveauté dans cette tragédie, c’est la possibilité de suivre le calvaire des habitants jour après jour et heure après heure, sur Twitter et Facebook. « Ceci est mon dernier message, nous allons mourir. Que fait le monde », les posts des activistes depuis Lundi 12 Décembre 2016, en arabe ou en anglais, disent tous la même détresse, comme autant de bouteilles jetées dans une mer d’indifférence planétaire. Ils rendent notre inaction plus coupable encore.

Alep avait fait sa révolution. Il fallait la punir. Comme toutes les villes de Syrie qui se sont soulevées il y a cinq ans contre la tyrannie de Bachar al Assad, Alep devait payer. Alep a expulsé l’organisation Etat Islamique de ses murs et Alep crève. Parce que l’objectif stratégique de Vladimir Poutine et de Bachar al Assad n’est pas le combat contre l'Etat Islamique, mais l’écrasement de la rébellion dans son ensemble, dans sa dimension djihadiste ou laïque, militaire ou civile, et l’écrasement de toute possibilité de soulèvement.

Parce que nous entendons quotidiennement des discours, en France, essayant de justifier l’injustifiable, nous voulons rappeler aujourd’hui cette vérité simple, raser une ville, ses écoles et ses hôpitaux, ce n’est pas lutter contre le terrorisme, c’est du terrorisme. Vladimir Poutine, Bachar al Assad et leurs troupes sont des terroristes. Et leurs crimes abjects nourrissent le djihadisme.

Alep crève et la plupart des candidats à la présidence de la république du « pays des droits de l’homme » refusent de nommer ses bourreaux.

Ou, pire encore, ils les soutiennent ouvertement.

Alep crève depuis des mois et Marine Le Pen a applaudi Bachar al Assad et Vladimir Poutine, son modèle et son parrain.
 

Alep crève et François Fillon a dit, dans un débat de l'élection primaire démocratique de la droite française, « choisir Bachar al Assad » avant de justifier Vladimir Poutine. Alep crève et Jean-Luc Mélenchon a affirmé dans une émission populaire du service public que « je pense que Vladimir Poutine va régler le problème en Syrie ».

Si nous faisons tout pour que la Cour Pénale Internationale (CPI) juge un jour les bourreaux d’Alep, ce sera incontestablement aux seuls électeurs français de juger leurs complices ici.

Alep crève. Et d’autres candidats, plus précautionneux, parlent de « réintroduire Vladimir Poutine dans le jeu » comme Emmanuel Macron, ou de revenir sur les sanctions qui visent la Russie comme Arnaud Montebourg. Les sanctions ont été imposées pour pousser le Kremlin à retirer ses troupes d’Ukraine, un voisin qu’elles avaient envahi en violation du droit international et de tous les traités existants. Non seulement les troupes russes ne se sont pas retirées d’Ukraine, mais elles rasent Alep en plus. Et nous devrions lever les sanctions ? Pour récompenser Vladimir Poutine de ses crimes syriens ?

Les sanctions qui visent Moscou doivent être plus que maintenues, elles doivent être étendues et renforcées. Il ne s’agit pas de faire « la guerre à la Russie », et encore moins au peuple russe, comme cherchent à le faire croire les relais de la propagande russe en Europe, il s’agit d’utiliser les moyens de pression à notre disposition pour faire cesser le massacre.

Alep crève et l’Union Européenne doit mettre en place une « liste Magnitski », du nom de l’avocat russe assassiné en 2009, élargie qui lui permettrait d’interdire l’entrée de son territoire aux personnes liées aux violations des droits humains en Russie, en Ukraine et en Syrie, et de geler leurs comptes bancaires et leurs biens immobiliers. Ce régime russe est aussi une oligarchie qu’il faut frapper au portefeuille. Sans établir ce rapport de force, nos mots seront inutiles et nos réunions vaines.

Alep crève et nous proposons de faire campagne pour que la coupe du monde de football n’ait pas lieu dans la Russie de Vladimir Poutine. En 2014, la pression exercée sur le dirigeant russe a eu un impact et plusieurs prisonniers politiques ont été libérés quelques semaines avant le début des Jeux Olympiques. Utilisons cette carte pour sauver ce qui peut encore être sauvé en Syrie.

Alep crève et la question de l’indépendance européenne face au régime de Vladimir Poutine se pose plus que jamais. Indépendance énergétique tout d’abord, avec le nécessaire plan européen d’investissement massif dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

L’indépendance de l’information ensuite, car nous constatons désormais quotidiennement la désinformation et la multiplication des « fausses informations » propagées par le Kremlin.

Enfin l’indépendance des politiques et leur corruption, voir le bras financier du Kremlin soutenir des partis, candidats et mouvements sur tout le continent sans réagir n’est plus acceptable.

Vladimir Poutine a porté à bout de bras Bachar al Assad dès les premiers jours de la répression. Alep est sa bataille et son œuvre. Son message au monde est simple, « vous voulez la révolution, Vous aurez la guerre. Vous voulez plus de liberté, vous aurez la mort ». Alep est sa réponse aux révolutions de couleur à l’est de l’Europe et au printemps arabe. Le dirigeant russe promet un grand hiver des dictatures.

Et nous ne sommes pas immuns du poison poutinien et de la tentation césariste. La figure de l’autorité vulgaire et brutale fascine de plus en plus de monde dans nos sociétés bousculées par la globalisation et l’argent roi. La victoire de Donald Trump lors des élections américaines en est l’exemple le plus récent et le plus éclatant.

Alep crève et nous ne sortirons pas indemnes de son calvaire et du triomphe des tyrans.

Ce monde sans droit ni loi est rendu possible par les reniements et les renoncements européens et américains. Il est déjà cautionné par Donald Trump. L’Europe ne peut l’accepter sans périr. Dans les ruines d’Alep, c’est une part de nous-mêmes qui s’éteindra si nous ne réagissons pas.

Alep crève, mobilisons-nous. Descendons dans nos rues et sur nos places. Apostrophons nos élus. Exigeons des candidats qu’ils s’expriment clairement et choisissons en fonction.

Faisons entendre la voix des citoyens français fidèles à l’humanisme et l’universalisme dont notre pays aime se revendiquer.

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 19:46

 

http://www.liberation.fr/france/2016/12/15/condamnation-des-freres-traore-au-proces-c-est-une-piece-de-theatre-la_1535443

 

Condamnation des frères Traoré, au procès, « c’est une pièce de théâtre »

 

Par Ismaël Halissat

 

Jeudi 15 Décembre 2016

 

L'audience devant le tribunal correctionnel de Pontoise n'a pas permis d'établir ce qu'il s'est réellement passé lors d'échauffourées entre forces de l'ordre et manifestants devant la mairie de Beaumont-sur-Oise, en marge d'un conseil municipal le 17 novembre 2016.

Reconnus coupables, Bagui et Youssouf Traoré ont été condamnés à respectivement huit et trois mois de prison ferme.

Rien n’aura permis de saisir précisément ce qu’il s’est passé le soir du 17 novembre 2016, devant la mairie de Beaumont-sur-Oise. Au procès comme dans l’enquête, tout repose sur le récit, parfois contradictoire, des policiers municipaux et des gendarmes. D'une foule d’une cinquantaine de personnes, l’entremêlement de leurs versions ne fait ressortir que deux noms, Bagui et Youssouf Traoré. Deux frères d’Adama Traoré, le jeune homme mort cet été lors d’une interpellation par la gendarmerie. Après plus de dix heures d’audience devant le tribunal correctionnel de Pontoise, impossible de savoir où les deux prévenus se situaient précisément, ni à quelle heure les faits se sont produits.

Lors du conseil municipal prévu ce soir-là, la maire souhaitait soumettre au vote la prise en charge de ses frais de justice dans le cadre de la protection fonctionnelle. Nathalie Groux avait fait connaître ses intentions de porter plainte en diffamation contre Assa Traoré, sœur des deux prévenus. Des membres de la famille Traoré, des habitants de la ville et des soutiens souhaitent alors assister aux débats. Ils sont accueillis devant la mairie par une cinquantaine de policiers municipaux et de gendarmes. « Les forces de l’ordre avaient été avisées que les choses pourraient peut-être mal se passer », indique au procès la présidente, Dominique Andréassier. L’accès à la salle leur est refusé, par manque de place selon la mairie. Seules Assa Traoré et sa mère sont invitées à entrer. La tension monte, les insultes fusent et quelques instants plus tard la police fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Youssouf Traoré, vingt deux ans, est poursuivi pour outrage et menaces à l’encontre de deux policiers municipaux. La présidente énumère les insultes. On reproche à Bagui Traoré, vingt quatre ans, des faits similaires d’outrages et de menaces à l’encontre de six agents et de violences sur une policière municipale. En l’espèce, un coup de poing au visage ayant entraîné une incapacité totale de travail d’un jour. Arrêtés quelques jours après les faits, ils ont été placés en détention provisoire depuis trois semaines après avoir refusé d’être jugés en comparution immédiate.

Les huit agents qui se sont constitués parties civiles sont présents à l’audience. Pour apporter une autre version, la défense fait citer une dizaine de témoins. Les récits s’enchaînent à la barre sans permettre d’apporter une version définitive aux faits poursuivis. Les débats vont notamment se concentrer sur la veste que portait Bagui Traoré, présentée dans l’enquête comme l’élément décisif pour l’identifier.

« Nous allons essayer de préciser la couleur de la veste de Bagui Traoré, parce qu’elle va du camel, en passant par le marron, le beige, jusqu’au noir », s’amuse Dominique Andréassier. La présidente l’appellera « monsieur Bagui » pendant pratiquement toute l’audience.

Pour Youssouf Traoré, le tribunal va s’attarder sur sa coupe de cheveux, jugée atypique par la présidente ou en « tire-bouchon » pour un des policiers municipaux. Là encore, cet élément est l’une des seules garanties qu’il n’y a pas eu d’erreur d’identification.

Note de l'administration sortie du chapeau

« Avec mes bagues à la main, si j’avais mis un coup à la policière municipale elle n’aurait plus de tête », tente d'argumenter Bagui Traoré.

Il est le plus sollicité pendant l’audience et a du mal à contenir sa rage, « c'est une pièce de théâtre pour moi ». Il évoque un « complot » contre lui et son frère. Les témoignages des agents se poursuivent.

Bagui Traoré interrompt le policier qui indique l’identifier formellement comme l’auteur du coup, « ils portent les couleurs de la France et ils viennent tous vous mentir à la barre ». Le parquet, visiblement excédé par l’attitude de Bagui Traoré, décide de tendre un piège. François Capin-Dulhoste, procureur adjoint de Pontoise, demande au prévenu s'il a arrêté de consommer du cannabis en prison.

Oui, lui répond Bagui Traoré. Et contre toutes les règles de procédure, François Capin-Dulhoste sort de son chapeau une note de l’administration pénitentiaire indiquant que cinq grammes de shit ont été trouvés dans sa cellule il y a deux jours. La salle proteste. Yassine Bouzrou, avocat de la défense, se lève et hurle contre le procureur, « vous ne respectez pas le principe du contradictoire, c’est la base », suspension de l’audience.

Caty Richard, avocate des agents, commence sa plaidoirie en réfutant l’idée que tout cela ne serait qu’un coup monté des gendarmes, « quand ils disent la même chose, on dit que c’est appris comme une poésie et quand ils ne disent pas la même chose, cela devient des contradictions ». Pour Caty Richard, les forces de l’ordre sont d’une « franchise totale ». Le procureur enchaîne sur le même registre, « en défense, on essaye de dévier l’objet de ce procès pour faire un show mais l’affaire est malheureusement simple et ordinaire ». François Capin-Dulhoste va jusqu’à évoquer des méthodes de défense dignes de l'agitation et de la propagande, en référence à l’organe de communication du parti communiste soviétique. Il dit que « la défense veut transformer les prévenus en victime et les victimes en auteurs ».

« C’est une enquête bidon, pourrie et minable », proteste Yassine Bouzrou, « les gendarmes auraient pu interroger d’autres témoins et faire une perquisition pour retrouver la veste de Bagui Traoré, mais ils n'ont rien fait de tout cela ». Puis sa consœur également avocate de la défense, Noémie Saidi-Cottier, s’attelle à relever les nombreuses failles juridiques du dossier.

Le tribunal choisit de s’en tenir à la version policière. Bagui et Youssouf Traoré sont reconnus coupables de toutes les infractions poursuivies.

Pour Youssouf Traoré, trois mois de prison ferme, aménageables, il est donc libéré à la suite de l’audience et va pouvoir retrouver sa famille. Pour Bagui Traoré, huit mois de prison ferme et deux ans d’interdiction de territoire à Beaumont-sur-Oise. Les dommages-intérêts s’élèvent à plus de sept mille euros. Lors du délibéré, un grand sourire de Bagui Traoré surprend, en décalage avec sa condamnation, « c'est bon, ce qui compte, c’est mon petit frère ».

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 19:23

 

L'évacuation d'Alep-Est en cours après l'accord de cessez-le-feu (Reuters)

 

L'évacuation de milliers de civils et de combattants insurgés retranchés dans le dernier bastion des rebelles à Alep a débuté Jeudi 15 Décembre 2016 alors que la grande ville du nord-ouest de la Syrie est sur le point d'être totalement reprise par l'armée syrienne.

Trois convois ont pu quitter l'enclave, dévastée après des mois de siège et de bombardements.

Un premier convoi d'ambulances et d'autocars transportant un millier de femmes, d’enfants et de blessés, est sorti de la partie est d'Alep, a pu constater un journaliste de Reuters sur place.

Il s'est mis en route Jeudi 15 Décembre 2016 vers 12 heures 30 GMT en direction de la ville d'Idlib, contrôlée par les rebelles, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest d'Alep, a précisé le ministère russe de la défense.

Cinq voitures portant des drapeaux du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) le précédaient. Quatorze membres du CICR et cent bénévoles du Croissant-Rouge Arabe Syrien (CRAS) ont pris part à l'opération.

La télévision publique syrienne a ensuite annoncé que deux autres convois formés de quinze autocars chacun avaient quitté Alep dans la soirée en direction de l'ouest. D'après un insurgé, l'un de ces convois est arrivé à Rachidine, une localité située dans une zone contrôlée par les rebelles.

Des femmes ont crié pour saluer le premier convoi, au moment où il passait dans un secteur contrôlé par le gouvernement.

« Dieu nous garde de cette crise et des activistes. Ils ne nous ont apporté que de la destruction », s'est écriée une femme d'un certain âge en levant les mains au ciel.

Pour Wissam Zarka, professeur d'anglais en secteur rebelle, la population est en général satisfaite de pouvoir partir en sécurité.

« Certains sont en colère de quitter leur ville », ajoute-t-il. « J'en ai vu pleurer. C'est pratiquement mon sentiment, d'une certaine manière ».

Le début de l'évacuation n'a pas été exempt d'incidents. Un convoi composé notamment d'ambulances a ainsi essuyé des tirs provenant de positions tenues par les forces loyalistes, rapporte la protection civile. Il y a eu trois blessés.

« Il y a des milliers de personnes qui ont besoin d'une évacuation mais la priorité ce sont les blessés, les malades et les enfants, dont des orphelins », a dit le conseiller de l'Organisation des Nations Unies (ONU) pour les affaires humanitaires en Syrie, Jan Egeland.

La Turquie envisage d'établir un camp en Syrie pour les civils en cours d'évacuation d'Alep, a déclaré un de ses vice-premiers ministres, Veysi Kaynak. Environ cent mille personnes pourraient être évacuées de la ville, selon lui.

Des colonnes de fumée noire s'élevaient de la zone d'Alep tenue par les rebelles, les habitants candidats au départ ont brûlé leurs effets personnels qu'ils ne voulaient pas voir tomber aux mains des forces gouvernementales.

Selon le général russe Viktor Poznikhir, l'armée syrienne a pratiquement fini ses opérations à Alep. Depuis le mois d’août 2016, quelque trois mille rebelles sont partis et cent huit mille civils ont été transférés dans des secteurs sécurisés de la ville, a-t-il précisé.

La « libération d'Alep » est un moment historique qui va changer le monde, a commenté le président syrien Bachar al Assad dans une séquence vidéo diffusée sur Twitter, Jeudi 15 Décembre 2016.

La province d'Idlib vers laquelle sont dirigés les évacués est en grande partie aux mains des groupes islamistes fondamentalistes depuis le printemps 2015 et n'est donc pas une destination très prisée par les habitants d'Alep-Est où les groupe rebelles nationalistes étaient majoritaires.

Idlib est déjà la cible des frappes aériennes syriennes et russes, mais on ne sait pas encore si le gouvernement va lancer un assaut terrestre ou simplement chercher à contenir les rebelles dans cette zone.

L'International Rescue Committee (IRC), une Organisation Non Gouvernementale (ONG) humanitaire, a dit craindre que les milliers de personnes arrivant à Idlib ne soient ensuite bombardées et assiégées.

Ce dénouement dans la deuxième ville syrienne fait suite à la conclusion d'une nouvelle trêve. Selon un responsable du Front Chamiya, groupe rebelle présent à Alep-Est, elle est entrée en vigueur Jeudi 15 Décembre 2016 à 2 heures 30 du matin.

L'accord d'évacuation prévoit l'évacuation sécurisée des personnes blessées des villages chiites de Foua et Kefraya, dans la province d'Idlib, qui sont assiégés par des rebelles.

La reprise d'Alep, au terme de bombardements d'une rare intensité, est considérée comme la plus grande victoire du pouvoir syrien contre une rébellion entamée en 2011 en plein printemps arabe, un conflit qui a fait plus de trois cent mille morts.

Un premier accord conclu Mardi 13 Décembre 2016 entre la Russie et la Turquie avait capoté après de nouveaux combats, Mercredi 14 Décembre 2016. L'évacuation n'avait pas pu avoir lieu.

Sur le terrain, les forces gouvernementales ont effectué une nouvelle avancée à Soukkari, un des derniers quartiers encore tenus par les rebelles, selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une ONG basée à Londres qui suit le conflit grâce à un réseau d'informateurs sur place.

Avant l'avancée dans Soukkari, le ministère russe de la défense avait indiqué que les rebelles ne contrôlaient plus qu'une enclave de deux mille cinq cent mètres carrés.

 

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 20:53

 

La zone euro suspend l'allègement de la dette grecque (Reuters)

 

Le fonds d'aide financière de la zone euro a suspendu Mercredi 14 Décembre 2016 la mise en oeuvre des mesures à court terme d'allègement du fardeau de la dette de la Grèce après l'annonce par le gouvernement grec de son intention de distribuer une prime aux retraités au mois de décembre 2016.

Les ministres des finances de la zone euro ont entériné le Lundi 5 Décembre 2016 ces mesures à court terme proposées par le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), qui pourraient réduire le poids de la dette grecque jusqu'à vingt pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) d'ici 2060.

Trois jours plus tard, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé, sans avoir consulté les créanciers du pays, que son gouvernement verserait une prime de Noël aux retraités les plus pauvres après avoir dépassé ses objectifs d'excédent budgétaire primaire en 2016. Le coût de cette mesure s'élève à six cent dix sept millions d'euros.

« A la suite des récentes propositions du gouvernement grec de dépenser des ressources budgétaires supplémentaires pour les retraites et la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), nos instances ont suspendu leurs décisions », a dit un porte-parole du MES.

« Les institutions évaluent actuellement l'impact des décisions du gouvernement grec vis-à-vis des engagements et des objectifs liés au programme du MES », a-t-il ajouté.

Les rendements des obligations de l’état grec à cinq et dix ans étaient en nette hausse après l'annonce du MES, à leur plus haut niveau depuis un mois, tandis que la Bourse d'Athènes perdait trois pour cent.

 

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