Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 19:26

 

https://reporterre.net/L-exemplaire-victoire-de-Francois-Ruffin

 

L’exemplaire victoire de François Ruffin

 

Par Moran Kérinec

 

Candidat dans la première circonscription de la Somme au premier et au deuxième tour des élections législatives, François Ruffin a remporté son siège de député face au candidat de la République En Marche (REM), Nicolas Dumont. « Nous avons prouvé qu’il y avait un autre chemin pour la colère et le désespoir que le Front National », a dit le nouveau député, récit d’une soirée de liesse.

François Ruffin a le visage crispé. Dimanche 18 Juin 2017, il a laissé au placard son emblématique t-shirt Merci Patron pour une chemisette blanche. Attablé avec son équipe, il sirote du bout des lèvres un verre de jus d’orange et écoute tomber les résultats des bureaux de vote. Même quand les chiffres sont positifs, il n’ose se fendre d’un sourire.

Dimanche 18 Juin 2017, il est 19 heures dans la salle du Chiffon Rouge de Flixecourt, à proximité d’Amiens. C’est dans ce bâtiment carré et austère que le rédacteur en chef de Fakir a voulu clore les élections législatives, en compagnie des militants qui l’ont accompagné depuis le lancement de sa campagne au mois de janvier 2017.

Un à un, les résultats s’égrènent, rythmés par les applaudissements des soutiens du journaliste, « tu viens de gagner cent trente voix » ou « ici on est remonté de cinquante voix ». Imperturbable, François Ruffin répond systématiquement à chaque annonce avec la même demande, « par rapport à la semaine dernière, c’est quoi la comparaison ».

« Nous avons fait quasiment match nul à un endroit où Nicolas Dumont avait le double de voix par rapport à nous », répond l’un de ses comparses. Ces calculs d’apothicaire ont leur importance. « La victoire se fera dans un mouchoir de poche, si c’est une victoire », explique Asma, une militante. À l’issue du premier tour, François Ruffin avait obtenu vingt quatre pour cent des voix face aux trente trois pour cent de Nicolas Dumont, maire d'Abbeville, ancien membre du Parti Socialiste qui a revêtu les couleurs de la REM pour les élections législatives.

« J’ai les résultats de Flixecourt, plus de sept cent voix en faveur de François Ruffin » exulte une des militantes. « Et les comparaisons », interroge le candidat. « Tu nous emmerdes avec les comparaisons, tu gagnes », lui rétorque un membre de l’équipe. « Ce n'est pas scientifique comme réponse », réplique François Ruffin. Quant à savoir pourquoi il est le seul à ne pas s’enthousiasmer des résultats, « je veux entretenir l’esprit de la défaite », plaisante-t-il, mi-figue mi-raisin. Mais l’évidence est là. Le candidat investi par le Mouvement de la France Insoumise (MFI), Europe Ecologie Les Verts (EELV) et le Parti Communiste Français (PCF) égalise presque systématiquement avec son adversaire politique, quand il ne le dépasse pas.

« Vous savez, François Ruffin, c’est la dernière petite lueur en France. Le dernier qui peut prouver que les français ne sont pas des cons », explique une militante qui arbore le sticker « Picardie debout avec François Ruffin ». Quelques minutes plus tard, les résultats officiels tombent. François Ruffin remporte son siège de député avec cinquante quatre pour cent des voix. Le journaliste laisse enfin tomber le masque pour souffler. À ses côtés, son équipe s’embrasse et se tombe dans les bras. Aux accolades s’ajoutent les larmes de joie, « je n'y crois pas », répète une militante.

« Je n’aurais jamais parié », confie Asma, « mais François Ruffin a fait une campagne de terrain remarquable, Nicolas Dumont ne l'a pas fait. Ce n’était même pas une vraie campagne de militant, beaucoup d’entre nous n’avaient jamais milité, même syndicalement ». Dans la salle, les slogans sont lancés à tue-tête, « le peuple à l’assemblée nationale », « et à la fin, c’est nous qui allons gagner » et « ils ont l’argent, nous avons les gens ».

Le tout nouveau député François Ruffin s’empare du micro pour féliciter ses militants, « c’est une victoire par le peuple pour le peuple. Si nous voulons que le pays change, cela se passe un peu dans les urnes aujourd’hui, mais cela va se passer surtout dans la rue. Nous allons descendre à la mairie de Flixecourt, là où nous avons fait le meilleur pourcentage ».

La manifestation sauvage s’organise. Casseroles, tambours, flûtes et banderoles dans les mains, deux cents militants et sympathisants s’engagent dans la rue. Les chants s’élèvent, l’Internationale, Bella Ciao, société tu ne m’auras pas, tout un répertoire révolutionnaire qui rythme l’avancée de la foule. « Monsieur le député, rien à faire, je n’arrive pas à m’imaginer lui dire cela », plaisante une jeune femme entre deux refrains. Devant la manifestation, le maire de Flixecourt cavale pour frapper aux portes dans l’espoir de faire grossir la foule, sans grand succès.

Devant la mairie, François Ruffin reprend le micro pour remercier un par un ses militants avant de commencer avec quelques hésitations son discours et pour cause, « j’avais préparé un discours de défaite », avoue-t-il, « sur le papier, il n’y avait rien, si ce n’est que les gagnants gagnent toujours. Vous me voyez soucieux, je mesure la responsabilité qui est la mienne. Nous allons avoir un rôle dans l’hémicycle, le rapport de force ne va pas être pour nous, mais nous avons prouvé qu’il y avait un autre chemin pour la colère et le désespoir que le Front National ».

Quant à savoir vers quelle gauche le député de la Somme tend, celui-ci répond qu’il « ne fait pas le tri entre insoumis et communistes. Nous sommes la gauche, tout court ». Et pour appuyer son point, il propose « à tous ses camarades insoumis et communistes un grand rassemblement Jeudi 22 Juin 2017 place de la République à Paris ».

De retour à la salle du Chiffon Rouge, les militants s’égayent autour d’un verre de vin et d’une portion de taboulé. Chacun y va de son analyse sur cette victoire inattendue, « il y avait une dynamique », explique Vincent, militant de la première heure, « à force de diffuser des tracts, nous sentions l’enthousiasme. Mais entre la cote de sympathie et le bulletin de vote, il y a une marge. Ce qui a fait la différence, c’est que l’électorat de droite ne s’est pas mobilisé ». Pour leur part, les membres de Picardie Debout revendiquent avoir réussi à motiver les abstentionnistes à aller aux urnes, « c’est dû à notre travail de porte-à-porte », assure Stéphanie. À Abbeville, le fief de Nicolas Dumont, où elle a battu le pavé pendant des semaines, le travail a payé, « nous avons gagné plus de deux mille voix. Ce n’était pas facile pourtant, il en est maire et il fait du bon travail. C’était notre argument, il est déjà maire et il avait promis de ne pas cumuler de mandats. Mais la personne que nous avons envie de défendre aujourd’hui, c’est ce monsieur-là, François Ruffin. Celui qui n’a pas un passé politique et qui est juste quelqu’un qui défend les ouvriers, les précaires et les gens sans voix ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 18:56

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/06/19/avant-la-reforme-du-code-du-travail-le-front-social-prend-date-devant-l-assemblee-nationale_5147655_823448.html

 

Avant la réforme du code du travail, le Front Social prend date devant l'assemblée nationale

 

Quelques centaines de personnes ont protesté Lundi 19 Juin 2017 devant le Palais-Bourbon contre le plan de destruction sociale massive prévu, selon eux, par Emmanuel Macron.

 

Par Cécile Bouanchaud

 

« La manifestation d’aujourd’hui ressemble un peu au vote d’hier, personne ne s’est déplacé ». Sandra, quarante trois ans, sait de quoi elle parle, elle qui a connu les cortèges étoffés des manifestations contre la loi travail du printemps 2016 et, avec eux, les affrontements systématiques entre les policiers et les manifestants. Lundi 19 Juin 2017, au lendemain du deuxième tour des élections législatives qui a donné à Emmanuel Macron et à son gouvernement une des plus larges majorités parlementaires de la cinquième république, seules quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour protester contre le plan de destruction sociale massive incarné, selon elles, par le nouveau président de la république.

En ligne de mire, il y a le projet de loi travail qu’Emmanuel Macron veut mener plus loin et surtout qu'il veut faire adopter rapidement, en ayant recours aux ordonnances, qui permettent de faire passer des réformes plus rapidement que par le truchement d’un projet de loi ordinaire voté à l'assemblée nationale.

C’est justement le lieu de rassemblement choisi par les manifestants du Front Social, composé de syndicats de la Confédération Générale du Travail (CGT), de Syndicats Unitaires et Démocratiques (SUD), d’associations et de collectifs, dont le Droit Au Logement (DAL) et Droits Devant. Finalement, la manifestation, également suivie par des partis, comme le Mouvement de la France Insoumise (MFI), le Front De Gauche (FDG) ou encore le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), s’est déroulée non loin de là, place de la Concorde.

Lundi 19 Juin 2017 à 18 heures, devant le parvis de l’entrée du jardin des Tuileries, les manifestants arrivent au compte-gouttes sous une chaleur écrasante. Les élections de la veille, marquées par une abstention record de cinquante sept pour cent, sont dans tous les esprits. « Cette abstention massive montre que la démocratie ne permet plus de représenter la population », estime Claire, quarante ans, professeure de musique à Paris, qui estime qu’il faut désormais « occuper la rue pour se faire entendre ».

« Il y a une dynamique à créer, il faut faire quelque chose de tous ces abstentionnistes, qu’ils se rassemblent pour protester », abonde Leila, soixante sept ans, ancienne professeure de français à la retraite.

Cette idée d’un troisième tour social revient souvent dans la bouche des manifestants, pour qui la majorité absolue accordée à la République En Marche (REM) ne constitue en rien un véritable plébiscite de la part des français. Dans le cortège, ils sont nombreux à s’être abstenus ou à avoir voté blanc. D’autres ont choisi le MFI, « pas par conviction, mais pour qu’il y ait une vraie opposition à l'assemblée nationale », précise Capucine, vingt ans. L’étudiante en lettres modernes à Paris tient toutefois à faire sa mise au point, « cette manifestation, qui devait se tenir devant l'assemblée nationale, c’est aussi un message aux nouveaux députés, nous attendons d’eux qu’ils soient une vraie force d’opposition ».

Les manifestants veulent s'opposer en premier lieu à la réforme du code du travail par ordonnances, qui revient comme un leitmotiv dans la bouche des manifestants, majoritairement au fait du projet, qu’ils présentent comme une casse de nos droits fondamentaux et un danger pour la démocratie. « La loi travail voulue par Emmanuel Macron, c’est fouler aux pieds un siècle de combat social pour les droits des travailleurs », résume Randy, 24 ans, étudiant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Les manifestants dénoncent d’une même voix la volonté du président de la république de flexibiliser plus encore le fonctionnement du marché du travail. « Les salariés devront tout accepter pour garder leur emploi », résume Randy, directeur de campagne de Mathurin Lévis, candidat du MFI dans la onzième circonscription des Yvelines, face à Benoît Hamon.

Sur le fait d’étendre la primauté des accords d’entreprise sur les conventions de branche à de nouveaux sujets, notamment le temps de travail, Dorian, vingt et un ans, estime que cela va créer au sein de l’entreprise « un rapport de forces dangereux entre les employés et les patrons ». Il y a un autre point de crispation, c'est le plafonnement des dommages et intérêts aux conseils des prud’hommes en cas de licenciement abusif. « Avec cette nouvelle donne, les patrons pourront agir avec cynisme, ils sauront le coût maximal pour virer un salarié », analyse Zoé, étudiante en droit, une des nombreuses vingtenaires qui parsèment le cortège.

La fusion des instances de représentation du personnel, la fin des indemnités de chômage après deux refus d’un emploi et le basculement vers un système de retraite par points, sont également pointés du doigt par les manifestants, qui sont nombreux à déplorer « que les syndicats acceptent de négocier avec le gouvernement ».

Au-delà de la loi travail, ils dénoncent pêle-mêle « l’absence de ministère du droit des femmes, l’indigence du programme écologique et les lois antiterroristes intégrant les mesures de l’état d’urgence dans le droit commun ».

Alors qu’une attaque contre un fourgon de gendarmerie s’est déroulée un peu plus tôt, sur les Champs-Elysées, à quelques centaines de mètres de la manifestation, le dispositif policier n’était pas massif autour de la place de la Concorde, même si les forces de l’ordre contrôlaient les manifestants souhaitant accéder au rassemblement.

Des dizaines de militants antifascistes ont tenté de lever les barrières qui bordaient la place provoquant une intervention des forces de l’ordre.

A la manifestation du Front Social, le désormais classique « tout le monde déteste la police » a été remplacé par « tout le monde déteste les ordonnances ». Un slogan se mêlant au « y en a assez de la loi des patrons, c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons » ou « ce n’est pas les salariés, ce n’est pas les immigrés, c’est Emmanuel Macron qu’il faut virer », scandés par des manifestants, brandissant des pancartes comme « make our code du travail great again ».

C’est dans le calme et sous une chaleur persistante que les manifestants se sont dispersés Lundi 19 Juin 2017 vers 21 heures.

Certains prévoient déjà de se mobiliser à la rentrée, le 20 septembre 2017, date à laquelle le gouvernement doit adopter les ordonnances réformant le code du travail. Un manifestant de prévenir, « nous serons dans la rue et pour plusieurs jours s’il le faut ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 17:43

 

http://www.lemonde.fr/elections-legislatives-2017/article/2017/06/19/jean-luc-melenchon-obtient-sa-revanche-sur-la-presidentielle_5147183_5076653.html

 

Jean-Luc Mélenchon prend sa revanche sur le premier tour des élections présidentielles

 

Confortablement élu à Marseille, le chef de file du Mouvement de la France Insoumise (MFI) entend, avec son groupe, incarner l’opposition de gauche à l’assemblée nationale.

 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières, envoyée spéciale du Monde à Marseille

 

Jean-Luc Mélenchon vient de s’éloigner de l’estrade quand il fait marche arrière pour se saisir à nouveau du micro, « il paraît que la première chaîne de télévision m’annonce élu à soixante pour cent ».

Une clameur monte dans la salle des Docks des Suds, Dimanche 18 Juin 2017 à Marseille, où le chef de file du MFI a réuni ses partisans.

Ce dernier obtient soixante pour cent des voix dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône face à son adversaire de la République En Marche (REM), Corinne Versini.

Pour le tout nouveau député, même s’il a dû revoir ses ambitions à la baisse, il s’agit d’une incontestable victoire, collective tout autant que personnelle. En 2012, Jean Luc Mélenchon avait essuyé une cuisante défaite face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. Mais la leçon a été retenue, cinq ans plus tard, l’ancien socialiste a renoncé à la stratégie du front contre front et il a préféré jouer la sécurité dans un territoire bien à gauche, détenu par son ancien camarade du Parti Socialiste, Patrick Mennucci, évincé dès le premier tour des élections législatives.

Quelques minutes auparavant, Jean Luc Mélenchon avait pris la parole pour commenter les premiers résultats. « L’abstention écrasante qui s’est exprimée aujourd’hui a une signification politique offensive », se félicite le nouveau député du MFI, jugeant que « notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique ». Dans sa propre circonscription, cette dernière a atteint soixante quatre pour cent, près de sept points au-dessus de la moyenne nationale. Pour le tribun de la gauche radicale, la majorité boursouflée de la formation d’Emmanuel Macron n’a pas « la légitimité pour perpétrer le coup d’état social qui était en prévision ». Et d’appeler le président de la République à organiser un référendum sur sa réforme du droit du travail.

« Le peuple français nous a désignés pour dorénavant porter devant le fanal du combat », a-t-il ajouté, en annonçant que sa formation serait en mesure de constituer un groupe à l’assemblée nationale, ce qui nécessite la présence de quinze élus. Ce groupe aura vocation, selon lui, à constituer la tête de pont de l’opposition à gauche. Son jeune mouvement, lancé de toutes pièces il y a à peine plus d’un an, compte treize députés strictement MFI. Parmi eux, il y a des inconnus mais il y a aussi plusieurs membres de la garde rapprochée de Jean Luc Mélenchon.

En Seine Saint Denis, un département longtemps détenu par le Parti Communiste Français (PCF), c’est un carton plein. Alexis Corbière, son porte parole, rafle l’ancienne circonscription du communiste Jean Pierre Brard, enlevée par le Parti Socialiste en 2012, celle de Montreuil et de Bagnolet.

Eric Coquerel, coordinateur du Parti de Gauche, s’impose dans celle de l’éphémère ministre de l’intérieur du Parti Socialiste Bruno Le Roux, qui ne se représentait pas.

Bastien Lachaud, qui dirigeait la campagne législative, gagne celle de l’ancienne ministre Elisabeth Guigou, défaite au premier tour. Sabine Rubin, elle, remporte l’ancien fief de Claude Bartolone, qui ne se représentait pas. Quant à Mathilde Panot, qui coordonne les groupes d’appui du MFI, elle s’empare d’une circonscription historiquement communiste perdue en 2012 autour d’Ivry sur Seine, dans le département du Val de Marne.

Dans le département du Nord, Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis, vingt sept ans, conquièrent deux des cinq circonscriptions lilloises, dont celle autrefois détenue par l’ancien premier ministre du Parti Socialiste, Pierre Mauroy. Idem dans l’Ariège, où Bénédicte Taurine et Michel Larive s’arrogent de justesse les deux circonscriptions du département. Reste le cas très tendu de Farida Amrani, qui était opposée à l’ancien premier ministre Manuel Valls dans la première circonscription de l’Essonne. Officiellement battue de cent trente neuf voix, la candidate du MFI a dénoncé un quarante neuvième article électoral et elle a indiqué son intention de déposer un recours.

D’autres députés, comme le réunionnais Jean Hugues Ratenon, viendront leur prêter main forte. Certains élus avec l’étiquette du MFI mais appartenant à des formations différentes, devront décider s’ils siègent avec Jean Luc Mélenchon ou bien avec le PCF.

C’est le cas notamment du journaliste François Ruffin, qui a créé la surprise dans la première circonscription de la Somme, du communiste Stéphane Peu dans le département de la Seine Saint Denis, de Clémentine Autain, porte parole d’Ensemble, dans le même département, ou encore de Caroline Fiat, élue face au Front National dans le département de la Meurthe et Moselle, elle aussi membre d’Ensemble.

« Je souhaite un groupe commun avec les élus communistes », indique Clémentine Autain, qui entend bien mettre la pression à chacun de ses partenaires, « nous avons la possibilité d’avoir un beau groupe renouvelé, je ne vois pas pourquoi nous ne le ferions pas ».

Même s’il est en progression avec dix députés, le PCF n’est pas en mesure d’atteindre à lui seul l’objectif d’un groupe. S’ils parviennent à s’entendre, les deux anciens alliés du Front De Gauche (FDG) pourront approcher les quarante élus, de quoi peser plus fortement. Mais la rupture a été consommée après le choix du MFI de présenter presque partout au premier tour des élections législatives des candidats face aux candidats du PCF. Jean Luc Mélenchon a reconnu « qu’une petite explication de gravure » serait nécessaire et qu’il faudrait « vider les abcès ».

Si tel devait être le cas, la cohabitation avec l’ancien président du groupe PCF, André Chassaigne, à qui les électeurs ont de nouveau fait confiance Dimanche 18 Juin 2017, pourrait s’avérer haute en couleurs tant les relations entre les deux hommes sont exécrables. La communiste Marie Georges Buffet, réélue dans le département de la Seine Saint Denis et très proche de Jean Luc Mélenchon, pourra-t-elle apaiser les tensions ?

Ce dernier, lui, n’écarte pas l’hypothèse de prendre la présidence du groupe. « C’est possible, le temps que les autres se fassent connaître », a-t-il glissé à des journalistes. L’ancien sénateur de soixante cinq ans entame une nouvelle étape de sa vie politique. Dimanche 18 Juin 2017, entre selfies et cacahuètes, Jean Luc Mélenchon savourait sa victoire. Le voilà désormais pleinement habité par la cité phocéenne. Et de conclure que « je suis marseillais, je ne me rappelle pas avoir été autre chose ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 20:37

 

http://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/resultats-legislatives-dans-la-somme-francois-ruffin-dejoue-les-pronostics-et-entre-a-l-assemblee_2242893.html

 

 

Dans la Somme, le réalisateur François Ruffin, soutenu par le Mouvement de la France Insoumise (MFI), déjoue les pronostics et entre à l'assemblée nationale

Le réalisateur crée la surprise en remportant la première circonscription de la Somme face au candidat de la République En Marche (REM).

« François Ruffin député, le peuple à l’assemblée nationale », dans la première circonscription de la Somme, François Ruffin a annoncé sa victoire au deuxième tour des élections législatives face au candidat de la REM, Nicolas Dumont.

Dans cette circonscription très populaire, où Marine Le Pen était en tête au premier tour des élections présidentielles, le réalisateur avait construit sa campagne sur une ligne d'opposition claire à Emmanuel Macron.

Dans la première circonscription de la Somme, François Ruffin, soutenu par le MFI, affrontait, au deuxième tour des élections législatives, Nicolas Dumont, maire d'Abbeville et candidat de la REM.

Le réalisateur, qui s'est fait connaître avec son documentaire Merci Patron, récompensé aux Césars, labourait cette circonscription depuis plus de cinq mois. Au premier tour des élections législatives, il avait déjà réussi à éliminer la députée sortante du Parti Socialiste, Pascale Boistard, et le comédien Franck de Lapersonne, candidat du Front National.

François Ruffin a revendiqué sa victoire Dimanche 18 Juin 2017 peu après 20 heures. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus.

C’est une victoire d'autant plus remarquable que son adversaire, Nicolas Dumont, socialiste passé à la REM, était bien implanté dans la circonscription.

François Ruffin a réagi Dimanche 18 Juin 2017 dès 20 heures sur son compte Twitter, « François Ruffin député, le peuple à l'assemblée nationale », reprenant ainsi son slogan de campagne.

Il a également cité l'artiste autrichien Friedensreich Hundertwasser, « lorsqu'un homme seul rêve, ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes rêvent ensemble, c'est le début d'une nouvelle réalité ».

François Ruffin sera une des figures de l'opposition à Emmanuel Macron, au sein des députés du MFI.

Lors de sa campagne, il avait pris l'engagement de « se payer au Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) », s'il était élu. Il souhaitait également s'investir sur les questions sociales.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 16:52

 

https://www.infolibre.es/noticias/politica/2017/06/18/sanchez_clausura_congreso_66566_1012.html

 

Trente neuvième congrès fédéral du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE)

 

Pedro Sanchez prétend représenter le mouvement du 15 mai et accuse le Parti Populaire de corrompre la constitution

 

Le leader du PSOE promet une gauche courageuse et il rappelle Carme Chacón, « les socialistes ont décidé de suivre son chemin »

 

Il dit qu'il cherchera une majorité pour mettre fin à la période sombre du gouvernement du Parti Populaire et il invite Ciudadanos et Podemos à le soutenir

 

Il se dit « en faveur de l'Espagne et du nationalisme catalan », il défend l'idée de « nation de nations » avec un état unique et il critique le gouvernement central et le gouvernement catalan

 

Dimanche 18 Juin 2017

 

En réponse aux militants qui voulaient destituer le leader du PSOE, Pedro Sánchez a fait un discours devant le trente neuvième congrès fédéral du PSOE dans lequel il y avait beaucoup de références à la gauche et au mouvement du 15 mai et de dures critiques contre le Parti Populaire. Depuis Dimanche 18 Juin 2017, le secrétaire général a tout le pouvoir entre ses mains, il contrôle l'exécutif, il s’est entouré d’amis proches de lui, il n’y a pas de place pour l'intégration, à l'exception de Patxi Lopez, et il a décidé la feuille de route politique, économique et organisationnelle pour les prochaines années presque sans opposition.

Les congrès du PSOE se terminent habituellement par un discours aux délégués. Pedro Sanchez, au contraire, a mis en scène un meeting public dans un pavillon d’Ifema, à Madrid, dans lequel la présidente de l'Andalousie, Susana Díaz, avait présenté sa candidature pour les élections primaires.

Dimanche 18 Juin 2017, le secrétaire général, sur un ton de meeting, entouré de militants, huit mille cinq cent selon les organisateurs, et la nouvelle direction du PSOE ont proclamé qu’ils n’ont pas peur et qu’ils sont prêts à conduire le changement.

Pedro Sanchez a fait référence au mouvement du 15 mai qui est apparu il y a six ans en criant « ils ne nous représentent pas ».

« Retroussons nos manches », a-t-il promis, « votre demande de régénération, toujours insatisfaite, sera bientôt une réalité. Nous aspirons à représenter ceux qui ont crié que personne ne les représentait ». Il a remercié les militants, « au cours de ces derniers temps, nous avons oublié qui nous étions et je veux vous remercier parce que vous nous avez rappelé que nous sommes la gauche et que l'Espagne a besoin de nous ».

Le leader du PSOE a suscité des applaudissements des délégués en citant les paroles d’Ángel Gabilondo et de Pedro Zerolo, qui est mort en 2015. Le premier d'entre eux a défendu l'idée de proposer des solutions justes à la majorité de la société et pas seulement à quelques personnes. Le deuxième a défendu l’idée de la gauche courageuse. « Quand nous sommes courageux, nous réussissons toujours », a-t-il proclamé. Pedro Sanchez rendait aussi hommage à l’ancien ministre José Antonio Alonso et à l’ancienne ministre régionale Elena de la Cruz, qui est morte cette année.

L’ancienne dirigeante du Parti Socialiste Catalan (PSC) Carme Chacon a été la plus applaudie. La référence est arrivée à la fin du discours de Pedro Sanchez, « je veux terminer mon discours en rappelant une femme extraordinaire, Carme Chacón. Dans son discours de présentation au secrétariat général du parti, Carme Chacon a dit que si nous disons à gauche, cela veut dire tourner à gauche, et que si nous disons le changement, cela veut dire faire des changements ». Elle a dit cela en 2012. Carme Chacon a perdu contre Alfredo Perez Rubalcaba pour vingt deux voix. Cinq ans plus tard, Pedro Sanchez s’est présenté comme son héritier, « les paroles de Carme Chacon sont aussi vivantes que sa mémoire, parce que les socialistes ont décidé de suivre le chemin qu’elle nous a tracé ».

Opposition totale contre le Parti Populaire

En plus des clins d'œil à gauche, l’autre pilier du discours de Pedro Sanchez était la critique du gouvernement du Parti Populaire. « Ce sont les ennemis des socialistes qui ont corrompu la constitution et les institutions qu’ils veulent mettre au service de leurs intérêts privés », a-t-il dit. Il a accusé précisément les conservateurs de proposer des mesures sans justice et sans droits. Coupes budgétaires, travail précaire, réforme du travail, amnistie fiscale, attaque contre la culture et absence de réponse contre la violence machiste », a-t-il détaillé.

Il a été particulièrement dur contre les cas de corruption impliquant des conservateurs. « L'Espagne souffre d'une peine de six ans de précarité, d’inégalité et de corruption », a-t-il dit. Rappelant que Mariano Rajoy devra témoigner devant l’Audience Nationale pour le financement irrégulier du Parti Populaire, il a accusé l'exécutif de « poursuivre les juges et les procureurs » et il s’est demandé « combien de Luis Barcenas, de Francisco Granados et d’Ignacio González sont encore cachés » dans les rangs du Parti Populaire.

Par conséquent, dans son discours, il a promis de travailler pour une majorité parlementaire pour mettre fin à la période sombre du gouvernement du Parti Populaire, le gouvernement « injuste qui a seulement apporté l'insécurité et l'inégalité ». Le leader socialiste a insisté, cependant, en disant que le changement dépend de trois forces politiques, le PSOE, Unidos Podemos et Ciudadanos. « Si vous continuez vos vetos, nous dirons aux espagnols que leur vote pour le changement dépend seulement du PSOE », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du PSOE a promis de battre le Parti Populaire, de rendre leur confiance en eux-mêmes à tous les espagnols et d’être le leader capable d’organiser le changement politique. « Regardez nos frères portugais. La politique peut si la politique veut et nous voulons », a dit le leader du PSOE qui a opté pour « une autre forme de gouvernement avec rigueur, mais en pensant à ceux qui ont le plus besoin », a-t-il déclaré. « Il y a une autre façon de gouverner, une autre façon de faire, on l'appelle la sociale démocratie, et on entend bien, être socialiste, c’est être à gauche, et nous sommes fiers d'être à gauche ».

Nation des nations

Lors du congrès de ce week-end, l'équipe de Pedro Sanchez a pris un nouveau tournant dans la position du parti par rapport à la Catalogne et elle a choisi d'améliorer la reconnaissance de la pluralité de l’état qui, selon elle, est déjà dans la constitution. Dans son discours, le secrétaire général a déclaré qu’il était « en faveur de l'Espagne et du nationalisme catalan » et il a rappelé la notion de « nation de nations » de Gregorio Peces Barba, mais cette référence était relativisée par le rejet de tout référendum sur l'indépendance. Le PSOE restera du côté de la légalité et continuera à défendre l'Espagne comme « un pays avec un seul état et avec une seule souveraineté, celle de tous les espagnols ».

Mais cela ne signifie pas, a-t-il dit, le soutien des actions du gouvernement central ni, bien sûr, de la dérive indépendantiste du gouvernement de Catalogne. Il a critiqué les deux gouvernements. Il a critiqué le gouvernement central pour son néo centralisme et son immobilité. Il a critiqué le gouvernement de Catalogne pour son utilisation de faux prétextes pour défendre l'indépendance. Face à ces deux positions de « deux gouvernements qui sont enveloppés dans des drapeaux et qui sont dirigés par des partis rongés par la corruption, il y a un espace de rencontre aussi large que la majorité des deux côtés de l'Ebre. Cet espace de dialogue et de négociation est proposé par le PSC et le PSOE. Nous ne croyons pas aux identités homogènes et exclusives, nous défendons des identités diverses dans des projets démocratiques partagés ». Pedro Sanchez a défendu une nouvelle fois la réforme de la constitution pour faire des ajustements significatifs dans le modèle régional, pour améliorer son caractère fédéral, et il a rappelé que cette réforme devrait se fonder sur les accords de la déclaration de Grenade, approuvée par le PSOE en 2013.

Dans la conclusion de son discours, Pedro Sanchez a résumé les messages qui guideront son nouveau mandat de secrétaire général, « garder la foi, devenir à nouveau la gauche, être l'alternative au gouvernement de droite et croire à la politique. Nous avons dit que nous sommes la gauche, nous ferons la gauche. Nous avons dit que nous sommes pour le changement, nous ferons le changement. Allons-y, vers la Moncloa ».

Ainsi se termina le congrès fédéral du PSOE, devant lequel se sont présentés les quarante neuf membres de la direction, appelés un par un et applaudis par les délégués. C’est ainsi qu’ils apprendront les résultats du vote au comité exécutif fédéral, au comité fédéral et à la commission fédérale d'éthique et des conflits.

La direction a été élue avec le vote favorable de soixante dix pour cent des délégués, une quinzaine de points de moins qu'en 2014. La liste pour le comité fédéral a obtenu le même résultat. La liste à la commission fédérale d'éthique et des conflits a obtenu soixante treize pour cent des voix.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 15:31

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/06/15/turquie-un-depute-d-opposition-condamne-a-vingt-cinq-ans-de-prison_5144917_3218.html

 

Un député d’opposition condamné à vingt-cinq ans de prison

 

Enis Berberoglu, député du parti républicain du peuple (CHP), était poursuivi pour espionnage.

 

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

 

Enis Berberoglu, député du CHP au parlement turc, comparaissait, Mercredi 14 Juin 2017, à Caglayan, le palais de justice d’Istanbul, dans le cadre d’une affaire de vidéos fournies à des journalistes. Il a été condamné à vingt-cinq ans de prison pour espionnage et écroué dès la fin de l’audience. « Honte aux responsables de cette injustice », a déclaré le député, emmené par des policiers.

C’est la première fois depuis le coup d'état militaire de 1980 qu’un député du plus vieux parti politique, le CHP fondé par Mustapha Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, est emprisonné. Enis Berberoglu, soixante et un ans, a été jugé coupable d’avoir fourni au quotidien d’opposition Cumhuriyet une vidéo montrant l’interception, le 19 janvier 2014, dans la région d’Adana, dans le sud de la Turquie, de camions transportant des armes pour la rébellion syrienne pour le compte des services secrets turcs (MIT).

Très vite rendue publique, l’affaire des camions avait défrayé la chronique. Les vidéos filmées par les gendarmes qui tentaient d’intercepter le convoi montraient comment ces derniers en étaient venus aux mains avec les représentants des services secrets qui essayaient de les en empêcher.

Plusieurs médias avaient alors publié des photos de ces échauffourées avant que le gouvernement ne classifie l’information comme secret d'état. Par la suite, le président Recep Tayyip Erdogan avait reconnu que le convoi appartenait bien aux services secrets et qu’il transportait de l’aide pour la rébellion turkmène de Syrie opposée à Bachar al Assad.

Peu après cet épisode, les gendarmes, les juges et les procureurs qui avaient procédé à l’interception des camions ont tous été arrêtés.

Accusés d’agir pour le compte du prédicateur musulman Fethullah Gülen, devenu la bête noire du président turc Recep Tayyip Erdogan après avoir été son meilleur allié, ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

En publiant à nouveau un article et une vidéo sur le contenu des camions au mois de juin 2015, peu avant les élections législatives, le quotidien Cumhuriyet avait attisé l’ire du président turc, prompt à promettre au rédacteur en chef de l’époque, Can Dundar, qu’il allait en payer le prix. En 2016, ce dernier et Erdem Gul, le correspondant du journal à Ankara, ont été condamnés à cinq ans de prison pour divulgation de secrets d’état.

La condamnation et l’arrestation d’Enis Berberoglu, journaliste de profession, ancien rédacteur en chef du quotidien Hurriyet, de 2009 à 2014, ont semé la consternation dans les rangs du CHP. En signe de protestation, les députés du premier parti d’opposition de Turquie ont quitté le parlement en pleine séance. Dénonçant un verdict influencé par le palais, son leader, Kemal Kiliçdaroglu, a appelé à l’organisation d’une marche de protestation entre Ankara et Istanbul. « Les juges rendent leurs décisions dans l’espoir d’avoir de l’avancement. Il s’agit d’intimider tous ceux qui s’opposent au parti de la justice et du développement (AKP) », le parti islamo conservateur au pouvoir, a déclaré le député Engin Altay à la fin de l’audience.

« Ce verdict va affaiblir la stature diplomatique du président Recep Tayyip Erdogan et du gouvernement, notamment vis-à-vis des pays occidentaux », a estimé Murat Yetkin, le rédacteur en chef de la version anglaise d’Hurriyet, pour qui une « limite vient d’être franchie ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:56

 

https://tendanceclaire.org/article.php?id=1217

 

Rencontre nationale du Samedi 10 Juin 2017 du Front Social

 

Près de cinq cent personnes se sont réunies Samedi 10 Juin 2017 pour la rencontre nationale du Front Social. D’après le recensement, le Front Social compte vingt trois regroupements locaux à la date de la rencontre nationale. Treize d’entre eux étaient présents. Cent deux structures ont rejoints officiellement le Front Social, parmi elles soixante dix neuf structures syndicales, principalement des Syndicats Unitaires et Démocratiques (SUD), et vingt trois associations. Des représentants de quarante structures observatrices non encore signataires sont venus à cette journée organisée dans l’annexe de la Bourse du Travail de Paris, rue du Temple à côté de la place de la République, dans la salle Hénaff. Sur une toile blanche est projetée en boucle tout au long de la journée des photographies de militants et de manifestations.

 

Une exigence de la situation

 

C’est un constat partagé largement dans les couches militantes, les ordonnances d'Emmanuel Macron contre le code du travail s’annoncent comme une attaque majeure sans précédent et, pourtant, le sentiment d’impuissance et d’incapacité à la mobilisation est plus que jamais présent. Et tout cela a parfaitement été analysé au cours d’un certain nombre d’interventions qui ont eu lieu au cours du débat du matin, centré spécifiquement sur les ordonnances d'Emmanuel Macron, ce qu’elles sont et comment y résister. Les directions syndicales participent aux discussions. Elles n’informent pas particulièrement leurs syndiqués. Ne parlons même pas de critique ou d’opposition. Le Front Social est une réponse à cette impuissance. Il permet de mettre en lien des militants et des équipes combatives, syndicalistes ou associatives, qui refusent en bloc les projets du gouvernement d'Emmanuel Macron. On ne peut que se montrer enthousiaste de trouver un tel regroupement à la fois unitaire et combative.

Quoiqu’un nombre trop important d’interventions se soient montrées soit trop autocentrées sur les causes des intervenants, soit cédant à une facilité incantatoire à la lutte, à la grève, voire à la grève générale, un certain nombre de questions à l’intérêt tant de la construction du front que de la construction d’un mouvement social que de problématiques tactiques ont été posées. Les méthodes et les pratiques de luttes semblent assez homogènes dans l’assistance, l’élément qualitatif est là, mais la problématique de la croissance quantitative du mouvement a finalement été trop peu abordée. Comme nous l’avons dit, l’intérêt du Front Social est là, il est l’instrument de lutte dont peuvent se saisir tout un tas de militants isolés et il prend cette place dans le cadre où les confédérations syndicales ne jouent pas ce rôle de cohésion, d’appartenance, de perspectives et de possibilités de défense sociale.

Plusieurs interventions ont souligné que personne, pas même Philippe Martinez, n’était en mesure d’appuyer sur un bouton pour mettre tout le monde dans la rue. Néanmoins le sentiment partagé était que les luttes isolées qui existent aujourd’hui seraient nettement plus fortes si le travail de coordination était fait. A notre avis les animateurs de la rencontre ont cependant tendance à exagérer la combativité actuelle, comme le fait le site de Jacques Chastaing, « les luttes invisibles », pour qui il « n’y avait jamais eu autant de jours de grève ». Les relevés effectués depuis le début des années 1970 indiquent à l’inverse une baisse constante et l’arrivée à un niveau minimum depuis 2010. La version initiale du manifeste distribué lors de la rencontre est aussi trop triomphaliste lorsqu’il est dit que « le début d’extension nationale du Front Social et l’écho qu’il rencontre montrent que l’inertie, les fausses négociations et la parodie de concertation ont fait long feu ». Il ne fait aucun doute qu’il y a un large rejet d'Emmanuel Macron parmi les travailleurs, historique pour un nouveau président. Mais pour l’instant, l’essentiel de cette colère ne s’exprime pas par une combativité syndicale.

Mais le créneau existe et peut servir à définir ce qu’est le Front Social, son rôle, ses objectifs et ce qu’il défend. Et à partir de là des questions se posent. Le Front Social est-il un substitut aux syndicats ? Cherche-t-il juste à agglomérer des militants et des équipes combatives ou également à défendre dans chaque strate de la hiérarchie syndicale des perspectives de luttes ? Se donne-t-il les moyens d’intervenir dans les confédérations pour faire stopper le dialogue social des dirigeants ? Interpelle-t-il les directions ? Se contente-t-il de les dénoncer de l’extérieur ou pas ?

Des questions pratiques aux implications immédiates et qui déterminent déjà une fiche d’identité de ces camarades qu’on peut déjà définir comme des militants de lutte de classes, prônant l’indépendance de classe et allergiques à la logique du dialogue social.

Nous avons particulièrement apprécié l'intervention du dirigeant du syndicat de l'information et de la communication de la Confédération Générale du Travail (CGT) qui a énoncé en termes clairs la fonction que devrait avoir le Front Social selon lui. Il ne doit pas être un substitut aux confédérations, cherchant à développer la mobilisation en ignorant les confédérations, car il n'en a pas la base sociale. Il doit mener des actions tout en cherchant à s'appuyer sur ces actions pour mener le combat à l'intérieur des confédérations pour les forcer à aller plus loin que leur intention initiale. Des camarades de la CGT du Rhône ont par ailleurs insisté à juste titre sur la nécessité de mener la bataille pour imposer la rupture du dialogue social aux directions syndicales.

Des questions tactiques sur le calendrier ou l’avancement de certaines revendications sont demeurées sans réponse à la fin de la journée. La journée du Lundi 19 Juin 2017 est clairement appelée contre les ordonnances d'Emmanuel Macron et elle tente d’avoir une envergure nationale en fonction de l’implantation locale acquise par les émanations locales du Front Social. D’autres dates, en rapport avec la préparation et présentation de la loi d’habilitation pour les ordonnances, ont été évoquées pour la fin du mois de juin 2017. Des discussions ont aussi eu lieu sur la forme antidémocratique des ordonnances qui ne doit pas remplacer la dénonciation du fond. Le projet d'Emmanuel Macron serait tout aussi détestable par la voie législative ordinaire. Mais d’autres ont souligné que l’on pouvait gagner du temps pour convaincre si le gouvernement se sentait obliger de revenir vers la voie parlementaire ordinaire. Tout cela se discute et il y a des jours identifiés dans le calendrier concernant les étapes de passage de la loi d’habilitation qui pourrait faire office de mobilisation de front unique plus large en mettant en avant spécifiquement cette question sans pour autant taire notre refus complet des attaques en cours.

 

Un manifeste de quoi et pour qui ?

 

L’après midi s’est centré sur la discussion autour d’un manifeste élaboré par l’équipe d’animation du Front Social, consistant en une présentation et une définition du Front Social. Les problématiques, bien qu’irrésolues, furent vite oubliées et nous sommes passés d’un débat du matin assez pertinent à un débat beaucoup trop hors-sol. Cela était dû principalement à un défilé d’interventions de certains militants d’extrême gauche faisant comme si l’enjeu de la rencontre nationale était de discuter d’un programme politique révolutionnaire. C’était bien sûr logique que des militants politiques viennent défendre certains traits de leurs conceptions et de leurs orientations. Nous pensons par exemple que les révolutionnaires ont un rôle à jouer en rappelant l’importance de l’auto-organisation et de la lutte contre le bureaucratisme. Mais le débat sur les revendications à intégrer au manifeste a clairement montré que certains n’ont pas saisi l’importance d’une démarche de front unique qui s’étende au-delà de l’extrême gauche. Non seulement certaines discussions étaient trop avancées par rapport à cet objectif, mais elles viraient parfois à l’argutie, êtes vous par exemple plutôt pour l'expropriation ou pour l'appropriation des moyens de production ? D’autres interventions, tout en restant davantage dans le champ syndical, avaient tendance à vouloir multiplier les revendications particulières liées aux terrains d’activités des unes et des autres. Or, une plateforme de lutte exhaustive est trop ambitieuse pour ce qui encore un modeste regroupement qui tente en priorité de diffuser quelques axes susceptibles d’amorcer la lutte contre ce gouvernement et ses ordonnances.

Une situation qui a régulièrement conduit les animateurs de la rencontre, à chaque début de leurs propres interventions, à recentrer les débats et à rappeler les termes et les objectifs de l’écriture d’un tel texte qu’ils voyaient comme un document à diffuser largement et accessible aux travailleuses et aux travailleurs.

Le manifeste n’a pas été adopté. Une nouvelle version sera envoyé ultérieurement prenant en compte des éléments de débats.

 

Quel fonctionnement pour le Front Social ?

 

La dernière partie a été trop courte car du retard avait été accumulé au cours de la journée. Plusieurs interventions ont insisté sur la nécessité de démocratiser le fonctionnement interne du Front Social qui devrait fonctionner sur la base du vote et du mandatement. Il n'est pas normal que le collectif national d'animation ne soit pas élu et soit constitué par les membres fondateurs. Cette réunion nationale aurait pu permettre l'élection d'un collectif national élargi, mais cette question a été renvoyée à plus tard, au nom du fait que la priorité était de construire des collectifs locaux. Mais les deux ne s'opposent pas et il faut que les groupes qui ont eu l'immense mérite de lancer le Front Social prennent le risque de perdre le contrôle.

Par ailleurs, comme l’ont souligné plusieurs camarades, la tribune était entièrement blanche et masculine. Peu d’interventions ont fait le lien entre la lutte de classe et les luttes contre les oppressions spécifiques.

Même si Michaël Wamen a parlé dans son introduction de la scandaleuse garde à vue d’Amal Bentounsi du collectif Urgence Notre Police Assassine (UNPA), ce point de jonction avec les quartiers populaire peine à se concrétiser et passe très vite au second plan.

D’autre part, certaines expressions virilistes ou homophobes montrent l’importance du féminisme et des luttes LGBTI. Nous n’avons pas besoin de traiter les patrons d’enculés pour exprimer notre combativité.

Le Front Social a ses limites, liées notamment à l’état actuel de ses forces, mais nous n’avons pas à l’heure actuelle d’autre point d’appui pour amorcer la nécessaire mobilisation contre Emmanuel Macron. Nous devons porter la discussion dans nos structures syndicales, essayer de les faire rejoindre le Front Social, impulser la création de fronts sociaux locaux et développer la mobilisation et la pression contre les directions syndicales pour qu'elles rompent le dialogue social et pour qu'elles proposent un plan de mobilisation.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:26

 

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communiques-de-presse/2017/06/visite-des-services-du-defenseur-des-droits-le-lundi-12-juin-a-calais

 

Visite des services du défenseur des droits à Calais

 

Le défenseur des droits dénonce une nouvelle fois les conditions de vie inhumaines que subissent les exilés à Calais

 

Très préoccupé par les faits portés à sa connaissance, le défenseur des droits, Jacques Toubon, a demandé à ses services de se rendre sur place, Lundi 12 Juin 2017. A cette occasion, ses agents se sont longuement entretenus avec de nombreux exilés et les associations leur venant en aide.

Le défenseur des droits demande dès à présent que soit mis un terme aux atteintes aux droits fondamentaux les plus élémentaires dont sont victimes les exilés, notamment les mineurs, et qui demeurent à ce jour sans précédent.

Des atteintes aux droits fondamentaux d'une exceptionnelle et inédite gravité

La volonté de ne plus voir de migrants à Calais conduit à ce que plus aucun abri ne soit toléré. Les personnes, entre cinq cent et six cent selon plusieurs informations croisées, dont des mineurs, dorment à même le sol, quelles que soient les conditions climatiques, parfois avec un sac de couchage donné par les associations. Ils disent être traqués jour et nuit dans plusieurs sous-bois de la ville. Les migrants ne peuvent dès lors plus dormir, ni même se poser ou se reposer et restent constamment sur le qui-vive. Ils sont visiblement dans un état d'épuisement physique et mental.

Tous les points d'eau ayant été supprimés, les migrants ne peuvent pas se laver, ni même boire. Se laver et boire de l'eau est leur principale demande.

Alors que le tribunal administratif de Lille a considéré le 22 mars 2017 que l'interdiction de distribution de repas par les associations était constitutive d'un traitement inhumain ou dégradant, une seule distribution associative est tolérée le soir, pendant une heure, ce qui ne permet pas de nourrir tous ceux qui le souhaiteraient. Les autres sont empêchées par les forces de l'ordre, au motif de consignes préfectorales quel que soit le public concerné, familles et jeunes enfants. Une association procède à des distributions itinérantes, cherchant ainsi à accéder aux exilés qui n'osent plus se rendre sur les lieux de distribution, de peur de se faire interpeller. Depuis une semaine, parce qu'un prêtre s'est ouvertement opposé à la présence policière sur le parvis de son église, une distribution peut y avoir lieu tous les midis.

Un impact particulier sur les femmes et les enfants

Les femmes, qui ne bénéficient plus d'aucune structure dédiée depuis le démantèlement du Centre Jules Ferry, sont susceptibles de faire l'objet de viol et d'exploitation sexuelle.

Certaines femmes ont des nourrissons et plusieurs bébés sont à naître dans les prochaines semaines. Aucun dispositif d'accueil ou d'hébergement ne leur semble accessible alors même que la protection maternelle et infantile impose une telle prise en charge.

Parmi les enfants non accompagnés présents, certains sont primo arrivants, d'autres reviennent de Centres d'Accueil et d'Orientation pour les Mineurs Isolés (CAOMI) avec l'idée persistante de se rendre en Grande-Bretagne. Ils indiquent subir le même traitement. La prise en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) implique, le soir et la nuit, un passage par le commissariat, ce qui rend particulièrement dissuasive la démarche.

Des associations sous pression

Lorsqu'elles tentent de mettre en œuvre des dispositifs qui devraient l'être par les pouvoirs publics, douches et distribution de repas et d'eau, les associations sont entravées et menacées, verbalisation des véhicules garés devant les locaux associatifs, injonction de mettre aux normes la cuisine d'une association présente de très longue date à Calais et menaces de poursuites pour aide au séjour irrégulier. Le défenseur des droits mène d'ailleurs des investigations s'agissant des entraves qu'auraient subies les associations et les mineurs dans l'accès au dispositif de douches mis en place jusqu'au mois de mai 2017 par le Secours Catholique.

Il est par ailleurs difficile à ces associations de conseiller les migrants sur des démarches d'accès au droit. A cet égard, le défenseur des droits regrette que les départs vers les Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) depuis Calais ne soient plus organisés, de même qu'il ne soit plus possible de déposer une demande d'asile dans la ville, la préfecture située à Lille dissuadant d'entreprendre de telles démarches.

Tout en réitérant ses recommandations générales, notamment à l'égard des mineurs, le défenseur des droits demande dès à présent la fin de cette sorte de traque, l'autorisation des distributions de repas, la mise à l'abri des mineurs sur place et la mise en place d'un lieu où les personnes peuvent se reposer, se ressourcer et envisager la suite de leur parcours migratoire.

Dans son rapport du mois d'octobre 2015, le défenseur des droits écrivait que « depuis les années 2000, c'est la crainte du risque d'appel d'air que pourrait provoquer un traitement digne et respectueux des droits des migrants qui est à l'œuvre dans la gestion de la situation du Calaisis. Pour ne pas prendre ce risque, les pouvoirs publics ont d'abord cherché à rendre le moins visible possible le regroupement de migrants et à ne pas créer de points de fixation ».

Plus récemment, à l'occasion d'observations présentées devant le tribunal administratif de Lille dans le cadre du démantèlement de la Lande, il précisait que « le défaut d'anticipation de ces opérations d'expulsion est contre productif puisqu'il ne fait que déplacer le problème vers un autre site, imposant aux exilés un nomadisme forcé ».

Le défenseur des droits regrette que les faits constatés aujourd'hui lui aient à ce point donné raison. Il exhorte les pouvoirs publics à ne pas s'obstiner dans ce qui s'apparente à un déni d'existence des exilés qui, présents sur notre territoire, doivent être traités dignement, conformément au droit et aux engagements internationaux de la France.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 14:06

 

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-m-le-président-faites-cesser-ces-violences-envers-les-migrants

 

http://www.bondyblog.fr/201706161028/m-le-president-faites-cesser-ces-violences-envers-les-migrants

 

Faites cesser les violences contre les migrants

 

Vendredi 16 Juin 2017

 

Points d’eau supprimés, distributions alimentaires entravées par les forces de l’ordre et violences physiques, les témoignages, rapports et reportages, font état ces derniers jours d’actes de maltraitance inhumains insupportables contre les six cent exilés à Calais.

 

Dans cette lettre ouverte adressée au président de la république, Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent à ce que ces violences cessent.

 

Depuis plusieurs années maintenant, des milliers de migrants transitent chez nous, à Calais, en espérant atteindre la Grande-Bretagne. Ils aspirent à une vie meilleure. Ils ont fui leur pays, leurs proches et leurs familles, ils ont parcouru des milliers de kilomètres et ils ont échappé au pire, la faim, la soif, la répression, l’esclavage et la mort. Ils espèrent et attendent sur notre territoire dans des conditions qui ne nous honorent pas. Ces conditions nous font honte. C’est pourquoi, nous, associations, Organisations Non Gouvernementales (ONG), chercheurs, journalistes, écrivains, avocats, artistes, comédiens, réalisateurs, élus, policiers et enseignants, décidons de vous interpeller.

Depuis le démantèlement du camp de Calais à la fin du mois d'octobre 2016, les associations et les ONG dénombrent six cent migrants sur place. Celles-ci se battent pour leur assurer ce qu’il y a de plus élémentaire, de l’eau et de la nourriture. Mais voilà deux semaines que les autorités rendent cette tâche difficile et qu'une sorte de traque est organisée pour reprendre les propos du défenseur des droits dont les collaborateurs se sont rendus sur place. Nous avons lu que des officiers de police interdisent à des migrants de se rendre à une distribution de vivres. Nous avons aussi pris connaissance de ces témoignages de bénévoles, rapportés par plusieurs journalistes, qui racontent comment les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) les ont empêchés de donner à boire à des exilés dont des enfants.

Nous avons appris que tous les points d’eau ont été supprimés et que les exilés dorment à même le sol. Nous avons aussi lu ces récits de migrants qui racontent qu’on les frappe et qu’on les gaze. Qui donne ces ordres ? Est-ce donc cela, selon vous, une police qui protège et qui sert ?

Les forces de l’ordre ne méritent-elles pas mieux que d’assoiffer des femmes, des hommes et des enfants, déjà exténués par leurs conditions de survie ? Est-ce faire honneur aux policiers que de les assigner à des tâches si inhumaines ?

Vous le savez, ces faits sont constitutifs d’une atteinte aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle et inédite gravité. La justice a été saisie et nous avons bon espoir que, au moins, les pressions sur les associations cessent afin qu’elles puissent faire leur travail correctement et qu’elles puissent assurer le minimum. Mais vous avez le pouvoir d’agir afin que ces pressions cessent dans l’heure. Et vous avez un pouvoir plus grand encore, celui de mettre en place une politique migratoire digne comme le demandent plus de deux cent organisations.

Il y aurait, lit-on, une volonté des pouvoirs publics de ne plus voir de migrants à Calais. Mais il y a une volonté plus grande encore, celle qu’ont ces migrants de vouloir construire une vie meilleure pour eux et leurs familles. Aucun gouvernement ne parviendra jamais, et par quelque mesure que ce soit, à empêcher un individu que la mort, la faim ou la répression poursuit d’aller vers là où la vie est plus douce.

Alors nous vous proposons de faire vôtre une autre volonté, celle de ne plus voir, sur notre territoire, d’individus, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, victimes de violences et de traitements inhumains et dégradants exercés par l'état. Cela commence par mettre fin à ce qui se passe à Calais. C’est une question d’humanité. Nous ne vous demandons pourtant pas d’être généreux. Il n’est pas question de sacrifier la raison au coeur. Il s’agit seulement, au lieu de mener une politique inutile et inutilement violente, de respecter les droits humains.

 

Premiers signataires

 

Yannick Jadot, Omar Sy, Assa Traoré, Jean-Luc Mélenchon, Alain Gresh, Marwan Muhammad, Aïssata Seck, Eric Fassin, Véronique Decker, Ziad Majed, Magyd Cherfi, Rokhaya Diallo, Pouria Amirshahi, Raphaël Glucksmann, Julien Salingue, Madjid Messaoudene, Benjamin Stora

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 19:54

 

https://www.reuters.com/article/us-usa-trump-russia-ukraine-idUSKBN1971TT

 

Donald Trump reconnaît qu'il fait l'objet d'une enquête dans le cadre de l’enquête sur la Russie (Reuters)

 

Le président Donald Trump a reconnu Vendredi 16 Juin 2017 qu'il faisait l’objet d’une enquête dans le cadre plus général de l’enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans la campagne électorale présidentielle américaine de 2016 et qu’il apparaissait comme un élément clé dans cette enquête.

Robert Mueller, le procureur spécial nommé par le ministère de la justice pour enquêter sur la question de la Russie, examine maintenant si Donald Trump ou d'autres personnes ont cherché à entraver l’enquête, a déclaré Jeudi 15 Juin 2017 une personne proche de l'enquête de Robert Mueller.

« Je fais l’objet d’une enquête pour avoir licencié le directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI) par la personne qui m'a demandé de licencier le directeur du FBI, c’est une chasse aux sorcières », a déclaré Donald Trump sur Twitter, en se référant au licenciement de James Comey le 9 mai 2017.

Donald Trump n'a pas cité le nom de la personne, mais il semblait mettre en question l'intégrité du ministre adjoint de la justice, Rod Rosenstein, le numéro deux du ministère de la justice qui a nommé Robert Mueller le 17 mai 2017, qui supervise l’enquête et qui a envoyé à Donald Trump un rapport qui critiquait James Comey avant le licenciement de James Comey.

Des heures plus tard, une source proche de l'équipe juridique extérieure de Donald Trump a déclaré que le but du tweet de Donald Trump n’était pas de confirmer l'enquête, mais plutôt de réagir au message du Washington Post du Mercredi 14 Juin 2017 sur l’enquête. La source a parlé sous couvert d’anonymat.

Rod Rosenstein a déclaré en privé qu'il pourrait devoir se récuser des questions relatives à l’enquête sur la Russie, car il pourrait devenir un témoin dans l'enquête, a rapporté le réseau de télévision American Broadcasting Company (ABC), Vendredi 16 Juin 2017. ABC a dit que Rod Rosenstein avait déclaré à la ministre adjointe de la justice Rachel Brand qu'elle aurait autorité sur l’enquête s’il devait se récuser.

Le Democratic National Committee (DNC) a demandé à Rod Rosenstein de se récuser de la question de la Russie, mais il a déclaré que l'autorité sur l'enquête devrait être confiée à Robert Mueller et pas à une autre personne nommée par Donald Trump.

Bien que l'administration républicaine de Donald Trump ait d'abord déclaré que la lettre de Rod Rosenstein était la raison pour laquelle le président avait licencié James Comey le 9 mai 2017, Donald Trump a dit plus tard qu’il l’avait licencié à cause de la Russie.

James Comey a déclaré devant la commission du renseignement du sénat la semaine dernière qu'il croyait que Donald Trump l'avait licencié pour miner l’enquête du FBI sur la Russie. James Comey a témoigné que Donald Trump lui avait demandé au mois de février 2017 d’abandonner une enquête du FBI sur l'ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn concernant la question de la Russie.

James Comey a témoigné qu'il incombait à Robert Mueller de décider si l'action de Donald Trump constituait une entrave à la justice, ce qui pourrait provoquer n'importe quelle procédure de mise en accusation de Donald Trump par le congrès dirigé par les républicains.

La question de la Russie a jeté une ombre sur les cinq premiers mois de la présidence de Donald Trump et elle a distrait le président des priorités du parti républicain telles que la révision du système américain de santé et les réductions d'impôt. Plusieurs commissions du congrès étudient également la question de la Russie.

Rod Rosenstein exerce l’autorité sur l'enquête parce que le ministre de la justice Jeff Sessions s'est retiré de l’enquête le 2 mars 2017 après les révélations relatives à ses rencontres précédemment non divulguées avec l'ambassadeur de Russie à Washington alors qu'il participait à la campagne de Donald Trump.

Rachel Brand a été confirmée comme le numéro trois du ministère de la justice lors d'un vote du sénat le 18 mai 2017 par cinquante deux voix des sénateurs républicains contre quarante six voix des sénateurs démocrates.

À partir de 2011 jusqu'à la confirmation de sa nomination, Rachel Brand a été avocate pour le lobby de la chambre de commerce des États-Unis pour la légalisation des armes, qui a joué un rôle majeur dans l'opposition juridique aux réglementations environnementales et professionnelles défendues par l'ancien président démocrate Barack Obama.

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, membre de la commission du renseignement du sénat, a déclaré qu'elle était de plus en plus préoccupée par le fait que Donald Trump essaie de licencier Robert Mueller, mais aussi Rod Rosenstein.

« Le message que le président envoie dans ses tweets est qu'il croit que la règle de droit ne s'applique pas à lui et que quiconque pense autrement sera licencié », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Un confident de Donald Trump a déclaré cette semaine que le président avait envisagé de licencier Robert Mueller. Rod Rosenstein, qui serait actuellement le responsable du licenciement de Robert Mueller, a déclaré aux législateurs américains qu'il ne le licencierait que pour une bonne cause.

Les agences de renseignement des États-Unis ont conclu au mois de janvier 2017 que la Russie a interféré dans la campagne électorale présidentielle américaine pour essayer d'aider Donald Trump à gagner, en partie en piratant et en publiant des courriels nuisibles à son adversaire démocrate Hillary Clinton.

Moscou a nié toute interférence. La Maison Blanche nie toute collusion.

Donald Trump, continuant ses critiques sur les enquêtes, écrit sur Twitter « qu’après sept mois d'enquêtes et d’audiences de commissions sur ma collusion avec les russes, personne n'a pu montrer de preuve ».

Séparément, les membres de l'équipe de transition de Donald Trump qui l'ont servi après avoir été élu au mois de novembre 2016 jusqu'à son entrée en fonction au mois de janvier 2017 ont été condamnés à conserver des documents liés à la question de la Russie, a rapporté le New York Times.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens