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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 18:20

 

https://blogs.mediapart.fr/noel-mamere/blog/090117/19172017-la-gauche-francaise-na-toujours-rien-compris

 

De 1917 à 2017, en un siècle, la gauche française n'a toujours rien compris

 

Par Noël Mamère

 

Lundi 9 Janvier 2017

 

Il y a un peu plus de cent ans, en 1914, le court vingtième siècle commençait par la grande guerre, rebondissait à Saint Pétersbourg au mois d'octobre 1917, qui accoucha d’une révolution mise en mouvement par les laissés pour compte de la boucherie des tranchées.

 

Obnubilés par le souvenir de ce qui est souvent présenté comme un coup d'état, suivi d’un régime oppressif, nous ne nous souvenons plus que la révolution russe fut d’abord initiée par une manifestation de femmes, le 8 mars 1917. En quatre jours, elles furent rejointes par les ouvriers de Poutilov et les soldats chargés de les réprimer. Ce soulèvement populaire réussit à abolir le régime tsariste en reprenant les aspirations de dizaines de millions de paysans et d’ouvriers qui réclamaient la paix, le pain et la liberté. C’est parce qu’elles ne furent pas prises en compte par les socialistes de l’époque, les mencheviks d'Alexandre Kerenski, que Vladimir Lénine et ses compagnons prirent le pouvoir au mois d'octobre 1917.

 

Si je rappelle cet épisode, c'est parce que l’année 2017 rassemble les conditions d’une rupture dans le système dont la profondeur est similaire à celle d'il y a un siècle. 

 

Une situation mondiale caractérisée par la guerre dans tout le Moyen-Orient et dont les conséquences se font sentir dans les démocraties occidentales à chaque attentat. Une situation de chaos géopolitique où de grandes puissances, la Chine, les Etats Unis et la Russie, ont des intérêts contradictoires dans un monde instable. Une division de l’Europe jamais atteinte depuis la fin de la seconde guerre mondiale et une crise multiforme, d’abord écologique mais aussi migratoire, sociale et culturelle, qui bouscule les individus au plus profond de leur intimité.

 

Un mode de développement bouleversé par la nécessité d’une transition énergétique d’une ampleur inégalée depuis l’avènement du pétrole. C’est d’ailleurs en 1916 que les accords entre Mark Sykes et François Georges Picot, un des éléments du démantèlement de l'empire ottoman, figèrent la situation en créant l’Irak et la Syrie pour servir les intérêts des nouveaux maîtres du monde de l‘époque, les compagnies pétrolières.

 

Il y a un autre point commun, c'est la pusillanimité des politiciens français, allemands, russes ou anglais. A part Jean Jaurès, Rosa Luxembourg et quelques autres, peu avaient conscience de l’immensité des défis que le monde attendait. Jusqu’au bord du gouffre, ils s’afféraient à leurs habituels joutes parlementaires, croyant que leur monde, celui de la belle époque, était immuable.

 

Aujourd’hui, les participants à la primaire socialiste font un peu penser à ce théâtre d’ombres où une mauvaise pièce, sans cesse rejouée, débouche sur le néant politique. En effet, qui peut croire un seul instant que la gauche ou l’écologie se régénéreront à travers trois débats réunissant quatre anciens ministres d’un président ayant auto abdiqué et trois affidés cherchant obstinément à se raccrocher à un pouvoir en lambeaux ? C’est pourtant le spectacle affligeant auquel nous sommes en train d’assister, alors que sont déjà représentés les deux pôles de ce que nous nommions au siècle dernier la gauche, le social libéralisme en la personne d’Emmanuel Macron et la gauche écologiste de transformation avec Jean Luc Mélenchon, et qu'Europe Ecologie Les Verts (EELV) cherche désespérément à être présent pour représenter l’écologie politique.

 

Les partis sont contestés par l’émergence de nouvelles forces issues des rangs des exclus du système et le Parti Socialiste est devenu le représentant du système par excellence, connivence des élites, entre soi, apparatchiks n’incarnant que leur volonté vorace d’accéder par tous les moyens à un pouvoir sans partage pour que surtout rien ne change, arrogance envers les plus défavorisés et soumission aux privilégiés.

 

Pendant un mois, le Parti Socialiste va monopoliser le terrain médiatique pour pas beaucoup de choses, car au final et quel que soit les débats entre les héritiers de Tony Blair et de Michel Rocard, les uns comme les autres ne seront pas présents au second tour des élections présidentielles. La seule chose qu’ils pourront préempter, c’est le prochain congrès du Parti Socialiste, si ce dernier survit à la prochaine séquence électorale.

 

Ceux qui, à gauche ou dans l’écologie, souhaitent voter à cette élection primaire des dupes se trompent lourdement. Ils ne sauveront ni la gauche, ni le Parti Socialiste, mais ils auront contribué une fois de plus à semer quelques illusions, qui retomberont dès le lendemain, mettant surtout en lumière les divisions d’un appareil et le bilan d’un quinquennat qui aura déçu ceux qui, comme moi, avaient voté pour ce qu’ils croyaient être le combat contre la finance et se sont retrouvés avec la déchéance de nationalité, l'utilisation du quarante neuvième article de la constitution de la cinquième république française, la loi travail et, en prime, la mort de Rémi Fraisse.

 

Le jeu de dupes est encore plus écoeurant quand on entend Manuel Valls proposer la suppression du quarante neuvième article de la constitution pour grapiller quelques voix, après l’avoir imposé aux français pour faire passer la loi travail. Le Parti Socialiste et ses élections primaires ne sont donc pas la solution, mais le problème. Et nous devons le défaire pour ouvrir une autre voie et une autre espérance.

 

Mais un éditorial de nouvel année suppose d’abord de partir du bon pied et de souhaiter une bonne et heureuse année à tous, une année de joie, de solidarité et de fraternité. Les bonnes nouvelles existent aussi, tel ce procès intenté à des gens formidables, ceux de la vallée de la Roya dans le sud est de la France, qui n’hésitent pas à désobéir pour sauver des enfants réfugiés. La relaxe d’un des accusés fait chaud au cœur, même si le parquet, en faisant appel de la décision, montre que l'état s’entête dans l’injustice. Alors que le préfet et le président du conseil départemental ne respectent pas la convention internationale des droits de l'enfant, les désobéissants, eux, sauvegardent les principes universalistes et la dignité de la France. Ils nous ont apporté une bouffée d’air frais et prouvé que nous ne perdons que les combats que nous ne menons pas.

 

Bonne année à toutes et à tous.

 

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:56

 

Pour le futur ministre de la défense des Etats Unis, il faudra faire face à la Russie (Reuters)

 

L’ancien général James Mattis, choisi par Donald Trump pour diriger le ministère de la défense des Etats Unis dans la prochaine administration, a déclaré Jeudi 12 Janvier 2017 devant le congrès qu'il fallait prendre conscience que Vladimir Poutine tentait de briser l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dans le cadre d'une offensive plus large menée par différents acteurs contre la stabilité mondiale.

 

Le militaire issu du corps des marines, qui était entendu par la commission sénatoriale des forces armées, a également évoqué la politique de Pékin en mer de Chine méridionale, où les chinois multiplient les aménagements et agrandissements d'îlots pour affirmer leurs revendications territoriales.

 

Avec les activités de la Russie et la menace des extrémistes islamistes, a-t-il dit, la Chine s'inscrit dans une offensive croissante contre la stabilité mondiale.

 

L'ordre mondial, a-t-il dit, « est soumis à la plus grande attaque depuis la deuxième guerre mondiale et elle est menée par la Russie, par les groupes terroristes et par ce que la Chine fait en mer de Chine méridionale ».

 

Il a par la suite ajouté l’influence maligne de l'Iran à la liste des défis qui l'attendent, qualifiant Téhéran de principale force déstabilisatrice au Proche-Orient.

 

« Je suis entièrement acquis au dialogue mais nous devons aussi voir la réalité ce que représente la Russie », a-t-il dit, ajoutant un peu plus tard lors de son audition que les menaces principales contre les intérêts vitaux des Etats-Unis commençaient en Russie.

 

Dans son propos liminaire, il avait indiqué que « nous avons noué un dialogue avec la Russie même aux heures les plus sombres de la guerre froide et je soutiens le désir du président élu de nouer un dialogue avec la Russie à présent. Dans le même temps, lorsque nous identifierons d'autres domaines où nous ne pouvons pas coopérer, nous devrons affronter le comportement de la Russie et nous défendre si la Russie choisit d'agir à l'encontre de nos intérêts ».

 

Mattis a précisé devant les sénateurs que les domaines où la coopération était possible était en nombre décroissant.

 

Donald Trump, qui prêtera serment Vendredi 20 Janvier 2017, a admis Mercredi 11 Janvier 2017 lors de sa première conférence de presse organisée en tant que président élu que la Russie était vraisemblablement à l'origine des attaques cybernétiques contre la direction du parti démocrate lors de la campagne présidentielle.

 

James Mattis a évoqué l'implication russe dans ces intrusions cybernétiques de même que dans la guerre de l'information. Il a aussi énuméré des violations de traités, des opérations de déstabilisation de pays tiers et les « messages alarmants émanant de Moscou concernant l'utilisation d'armes nucléaires. Nous savons que Vladimir Poutine essaie de briser l’OTAN », a-t-il insisté, qualifiant l’OTAN d'élément central de la défense des Etats-Unis.

 

Le sénateur John Mac Cain, président républicain de la commission des forces armées, a dit pour sa part que rien ne pouvait le rendre plus heureux que la nomination de James Mattis à la tête du ministère de la défense des Etats Unis.

 

« Vladimir Poutine veut être notre ennemi. Il a besoin de nous en tant qu'ennemi. Il ne sera jamais notre partenaire », a-t-il dit en ouvrant la séance. « Il pense que, pour renforcer la Russie, il faut affaiblir l'Amérique. Nous devons procéder de manière réaliste sur cette base-là ».

 

En attendant la confirmation de sa nomination, l’ancien général James Mattis, soixante six ans, a franchi une première étape en obtenant Jeudi 12 Janvier 2017 une dérogation au sénat. Il n'a en effet quitté les rangs de l'armée qu'en 2013, quand la loi rend techniquement inéligible à la tête du ministère de la défense les anciens militaires n'ayant pas été rendus à la vie civile depuis au moins sept ans. Les sénateurs lui ont accordé cette dérogation par quatre vingt une voix contre dix sept voix.

 

James Mattis a obtenu dans la foulée l'accord de la commission des forces armées de la chambre des représentants par trente quatre voix contre vingt huit voix.

 

« Je reconnais que mon potentiel rôle civil diffère en essence et en substance de mon ancien rôle sous l'uniforme », a indiqué James Mattis dans son propos liminaire dont le texte a été diffusé à l'avance.

 

 

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:40

 

Début à Washington d'une semaine de manifestations contre Donald Trump (Reuters)

 

Une semaine de manifestations avant l'investiture de Donald Trump devrait commencer Samedi 14 Janvier 2017 par une marche à Washington pour protester contre les commentaires du futur président des Etats-Unis contre les musulmans, les mexicains et les autres minorités.

 

La marche, qui sera présidée par le révérend Al Sharpton, connu pour son engagement en faveur des droits civiques, prendra fin au monument érigé à la mémoire de Martin Luther King, situé à trois kilomètres des marches du Capitole où le futur quarante cinquième président des Etats-Unis doit prêter serment Vendredi 20 Janvier 2017.

 

Les organisateurs attendent vingt cinq mille personnes.

 

Les commentaires polémiques de Donald Trump contre les migrants et les femmes et sa promesse d'abroger la réforme de l'assurance santé, réforme emblématique des années de Barack Obama, a suscité la colère de nombreux américains à gauche de l'échiquier politique.

 

Une trentaine de groupes, pratiquement tous contre Donald Trump, ont obtenu l'autorisation de manifester avant, pendant et après l'investiture du magnat de l'immobilier.

 

L'événement le plus important sera la marche des femmes, Samedi 21 Janvier 2017 à Washington, au lendemain de l'investiture. Les organisateurs espèrent deux cent mille personnes.

 

Vendredi 20 Janvier 2017, des milliers de manifestants sont attendus à Washington pour tenter de perturber la cérémonie d'investiture en paralysant les douze barrages de sécurité qui seront établis au Capitole.

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:20

 

REPONSE DE PIERRE SALVAING A ROBERT DUGUET

 

Pierre Salvaing écrivait récemment une réponse à Robert Duguet suite à la rédaction et à la diffusion de son témoignage relatif à l’histoire de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI).

 

Vous trouverez ci-dessous le paragraphe de cette réponse relatif à l’histoire des relations entre l’OCI et le Parti Socialiste.

 

La réponse de Pierre Salvaing à Robert Duguet est disponible en totalité si vous consultez le blog personnel de Robert Duguet à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://socialisme-2010.fr/blog2016/janvier2017.php#jan12

 

Suite de la discussion sur le bilan du lambertisme

 

Réponse ou éléments de réponse aux réflexions de Robert Duguet

 

Par Pierre Salvaing

 

Dimanche 8 Janvier 2017

 

Je partage pleinement ce que dit Robert Duguet à propos du Parti Socialiste à partir des dernières années 1970. La stratégie de la Ligue Ouvrière Révolutionnaire (LOR) signifiait alors, si on lui accorde quelque valeur, s’intéresser d’abord à ce qui pouvait se passer à l’intérieur du Parti Socialiste. La classe ouvrière, une partie combattante d’entre elle, pouvait voir dans le Parti Socialiste une sorte de levier permettant de s’opposer au stalinisme encore dominateur. Le renforcement de l’influence politique du Parti Socialiste en France est concomitant de la montée prérévolutionnaire. J’utilise encore ce qualificatif bien qu’il ait pris désormais pour cette période une connotation dégradée. C’est, comme l’écrit Robert Duguet, à l’intérieur du Parti Socialiste que pouvaient alors se développer des courants centristes et pas à l’extérieur.

 

Si la direction de l’OCI ne l’a pas vu ou n’a pas voulu le voir, c’est certainement parce qu’elle avait déjà engagé, sous l’impulsion de Pierre Lambert, avec la direction du Parti Socialiste, les marchandages et les offres d’allégeance que Robert Duguet décrit et dont je n’avais pas vu beaucoup de choses. De ce point de vue, je me demande si l’on ne peut pas aller jusqu’à dire que la manière dont ces dizaines de militants valeureux furent confiés à la direction du Parti Socialiste ne servit pas au contraire à s’opposer à l’émergence de véritables courants centristes évoluant vers la quatrième internationale. Et je pense que Pierre Lambert en était parfaitement conscient.

 

Mon travail ne rend effectivement pas compte de cet aspect majeur. Si Pierre Lambert a impulsé dès longtemps une politique secrète d’accords pourris avec la sociale démocratie, en même temps qu’il les passait avec l’appareil majoritaire dans la Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière et, dans une moindre mesure et moins longtemps, avec celui de la Fédération de l’Education Nationale (FEN), la partie essentielle de ces accords se faisait à l’insu de sa propre organisation et s’opposait à l’orientation générale, affirmée, de l’OCI.

 

Il n’y avait pourtant pas d’écran total entre les deux positions au moins au niveau de la direction. La présence d’Alexandre Hébert à la direction de l’OCI depuis le milieu des années 1960, acceptée par toute la direction, qui acceptait également de la tenir cachée à l’organisation, est un élément plus que troublant et beaucoup plus qu’anecdotique. C’est, du point de vue du centralisme démocratique dont l’OCI avait fait officiellement son guide de fonctionnement, un manquement majeur et criant.

 

Je trouve donc que Robert Duguet est parfaitement fondé à dire que les militants investis dans le Parti Socialiste étaient prêtés à sa direction plutôt que destinés à y construire une force et qu’ils ont donc été amenés à conduire dans le Parti Socialiste une politique conforme aux intérêts de sa direction, une politique contre révolutionnaire. C’est un bilan très lourd qui demanderait à être tiré de manière plus complète.

 

Nous avons ainsi notamment nourri le mélenchonisme, qui est fort éloigné de la politique de Marceau Pivert en effet.

 

Je ne reprends qu’en partie à mon compte ce que Robert Duguet explique sur la position de l’OCI en 1974, tout en corrigeant mon appréciation qui en fait une position correcte. En 1974, la direction de l’OCI de Pierre Lambert n’était encore qu’à mi-chemin de ce qu’elle allait parachever en 1981. Car il reste à mes yeux que cette position n’est pas absolument comparable à celle de 1981. En 1974, l’OCI critiquait encore ouvertement le programme de la sociale démocratie, ce qui disparait totalement en 1981.

 

De même, si je suis d’accord sur le fait qu’il faut revoir, et au moins fortement nuancer, la qualification de ce qui sortit du congrès fondateur du nouveau Parti Socialiste à Epinay sur Seine en 1971, je reste cependant convaincu que l’opération qui visait à transformer la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) en parti bourgeois a échoué. Cet échec n’a pourtant pas laissé la SFIO, devenue le Parti Socialiste, intacte. Les courants ouvertement pro-bourgeois en ont été renforcés.

 

 

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 21:06

 

https://paris.demosphere.eu/rv/52285

 

Samedi 14 Janvier 2017 à 15 heures

Place de l’Hôtel de Ville de Paris

Manifestation pour les sans logis

On meurt dans la rue

Un toit, c'est la loi

La loi prévoit que toute personne sans logis en situation de détresse doit être hébergée puis orientée vers un relogement, un hébergement stable ou une structure de soin.

L'état et les départements pour les mineurs et pour les familles avec enfants bafouent ce droit à l'accueil.

Malgré l'augmentation des moyens financiers de l'état, de plus en plus de femmes, d'enfants, de vieillards, de personnes malades ou en souffrance mentale sont laissées à la rue. Où on meurt à petit feu, quinze ans d'espérance de vie pour un sans abri, l'âge moyen de décès est de quarante cinq ans.

Logement, c'est la crise

En effet, il y a de plus en plus de sans logis, conséquence de la cherté des loyers et de la spéculation immobilière, par exemple le projet Cœur de Paris sur l'ile de la Cité, de la hausse des expulsions, de l'insuffisance des Habitats à Loyer Modéré (HLM), du chômage et de la baisse des Aides Personnalisées au Logement (APL) et des revenus des locataire ou des accédants, mais aussi des guerres militaires ou économiques, ou du dérèglement climatique.

L'occupation de l'Hôtel Dieu à Paris, Samedi 7 Janvier 2017 par des sans logis, a permis de mettre à l'abri immédiatement cinquante personnes qui ont fait des demandes de logement social et qui pour la plupart ont un emploi.

A Toulouse, Mercredi 11 Janvier 2017, un pavillon de l'hôpital de la Grave a été occupé par soixante dix sans logis de l'association Droit Au Logement (DAL). Il y a des solutions immédiates, il faut agir.

Le mot hôpital vient du mot hospitalité.

La plupart des salles de l'Hôtel Dieu de Paris sont vides. Cet hôpital historique et prestigieux est menacé. C'est le cas pour d'autres hôpitaux en Ile de France et dans tout le pays, car le secteur santé subit une restructuration brutale, comme tous les services publics.

Notre pays compte deux millions neuf cent mille logements vacants, neuf cent mille de plus en dix ans, et cinq millions de mètres carrés de locaux et de logements publics souvent chauffés, sans compter les bureaux vides.

Ces locaux et ces logements vacants publics comme ceux des grande entreprises ou des riches propriétaires doivent être mis à disposition ou réquisitionnés pour accueillir les sans logis, français, immigrés et réfugiés, avec ou sans papiers.

Marchons ensemble pour l'ouverture des salles vides de l'Hôtel Dieu.

Marchons ensemble pour le rétablissement des activités médicales pour tous.

Marchons pour l'abandon du projet Cœur de Paris qui transforme l'île de la Cité en parc à touristes de luxe.

Marchons pour la mobilisation et pour la réquisition des locaux vacants des hôpitaux en Ile de France et dans tout le pays et des logements vides publics ou détenus par de grands propriétaires.

Marchons pour l'encadrement à la baisse des loyers et des charges et pour l'arrêt des expulsions sans relogement.

Marchons pour le respect du droit à l'hébergement et de la loi pour le Droit Au Logement Opposable (DALO)

Marchons pour la réalisation massive de logements sociaux avec hausse du financement.

Premiers signataires

DAL, Union Départementale de Paris de la Confédération Générale du Travail (CGT), Union Syndicale Solidaire

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:08

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/01/10/podemos-crise-de-tetes_1540492

 

Podemos, crise de têtes

 

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

 

Mardi 10 Janvier 2017

 

En Espagne, le parti de la gauche radicale, devenu en deux ans une des premières formations du pays, se débat dans des querelles d’egos et des divergences de ligne entre ses chefs, Pablo Iglesias et Iñigo Errejón.

Prenez un parti qui vient tout juste de naître, ou presque, ajoutez un succès électoral vertigineux au point de devenir la troisième force au Parlement, additionnez le fait qu’il se compose de familles diverses et parfois antagonistes et vous obtenez une situation explosive. Celle-là même que connaît Podemos, la formation issue de l’indignation citoyenne qui a bouleversé l’échiquier national, exprimant un puissant désenchantement envers la classe politique traditionnelle.

Sur le devant de la scène, ou via les réseaux sociaux, les deux poids lourds du parti réinterprètent sans pudeur la lutte fratricide entre Abel et Caïn. Iñigo Errejón, le numéro deux, a ainsi lancé sur Twitter à Pablo Iglesias, le secrétaire général et leader charismatique, Mercredi 4 Janvier 2017, que « personne n’est indispensable, je dis bien personne ».

Réponse du tac au tac de Pablo Iglesias àInigo Errejon, « si tu continues ainsi, tu n’iras pas très loin ». Depuis les fêtes de fin d’année, pablistas et errejonistas se déchirent à coups d’annonces blessantes et d’attaques insultantes. Les cinq millions de votants de Podemos, les cadres et les membres de l'assemblée citoyenne, sorte d’organe directeur composé de soixante deux membres, en demeurent stupéfaits. Leur parti serait-il en train de se déchirer de l’intérieur entre deux cofondateurs qui, publiquement, s’étaient toujours projetés comme des frères d’âme ?

La situation a pris des teintes dramatiques. Au point que Pablo Iglesias, trente huit ans, professeur de sciences politiques à la queue de cheval, aux chemises à rayure et au verbe tranchant contre la caste et le système, s’est fendu la semaine dernière d’un pardon sonore à ses troupes. Après une lettre de reproches pour ces échauffourées internes écrite par une certaine Teresa, soixante seize ans, militante de la première heure et considérée comme la grand-mère de Podemos, le leader a publiquement présenté ses excuses dans une vidéo contrite, « chers militants, je sais qu’actuellement nous vous faisons honte. Il faut éviter à tout prix que nos disputes, de légitimes discussions entre familles et courants pour défendre des parts respectives de pouvoir interne, déchirent notre parti. Si nous ne prenons pas garde, nous allons détruire Podemos ». Une mise en garde reprise à son compte par Juan Carlos Monedero, cofondateur et électron libre, lui aussi politologue de l’université Complutense de Madrid, « ce serait une authentique grimace du destin que nous en venions à nous auto éliminer. Car c’est bien ce que cherche à faire le système, le régime en place et le duopole des socialistes et des conservateurs, comme on voudra l'appeler. Alors ne nous appliquons pas à nous-mêmes le châtiment que notre ennemi extérieur veut nous infliger ».

Fondé au mois de janvier 2014, Podemos a grandi très vite, trop vite pour certains. Aux élections européennes du mois de mai 2014, ce nouveau-né, qui se définit comme un parti de gauche et qui s’est donné pour mission la régénération de la démocratie espagnole par la reprise en main des affaires par le peuple au détriment des élites politiques et financières, avait créé une immense surprise en obtenant huit pour cent des voix et cinq députés au parlement de Strasbourg. Omniprésent sur la scène médiatique, bête noire des deux grands partis qui se partagent le pouvoir depuis le retour de la démocratie en 1978, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et les conservateurs du Parti Populaire, il s’est propulsé comme la troisième force aux élections législatives du mois de juin 2016, avec soixante et onze députés sur trois cent cinquante députés.

Mieux, profitant de la débâcle récente du PSOE, sans meneur et scindé en plusieurs camps, il a gravi des échelons. Les derniers sondages situent Podemos comme deuxième formation nationale, derrière les conservateurs libéraux du Parti Populaire emmenés par le placide Mariano Rajoy, à la tête d’un fragile gouvernement en minorité depuis le mois de décembre 2016.

« Notre ascension a été vertigineuse et ce n’est pas facile de gérer tout cela, surtout pour des gens comme nous, vierges en politique et sans expérience », explique à Libération Elena Rodriguez, porte-parole d’un cercle, la cellule de base de Podemos, du quartier madrilène de Latina. Et d’analyser que « nous vivons sûrement notre crise de puberté ».

La division qui ravage la jeune formation ne se résume pas, loin s’en faut, à une joute personnelle entre deux egos. Ces dernières semaines, des cadres régionaux des deux camps ont été expulsés, victimes d’une purge orchestrée par les deux factions. Car la rixe est aussi et surtout idéologique. D’un côté, la faction emmenée par Pablo Iglesias, partisan d’une stratégie agressive pour faire tomber le système et peu enclin à s’allier au PSOE, qu’il juge être le pur produit d’une élite dont le temps a vécu. De l’autre, Iñigo Errejón, trente trois ans, plus modéré et favorable à une tactique d’alliances avec d’autres formations pour parvenir au pouvoir.

Jorge Verstrynge, professeur de sciences politiques à l'université autonome de Madrid, jadis cadre de la droite libérale et désormais fervent sympathisant de Podemos, confirme que « dans le fond, nous assistons à une opposition, très classique dans un parti de gauche radicale, entre ceux que j’appelle les résistants, incarnés par Pablo Iglesias, et puis les collaborationnistes avec le système, terme que j’emploie dans un sens positif, représentés par Inigo Errejón . C’est aussi une distinction sociale, les premiers proviennent des classes populaires et de familles de travailleurs, souvent d’idéologie communiste, et les seconds sont majoritairement des rejetons de bonne famille de la bourgeoisie de gauche ».

Au sein de Podemos, ce caractère hétéroclite ne facilite pas les choses. Ce parti alluvion serait l’équivalent espagnol d’un organisme hybride regroupant les électeurs d'Olivier Besancenot, de Jean Luc Mélenchon, de Yannick Jadot et de Benoît Hamon. Pour compliquer la donne, d’autres dissensions sont à l’œuvre. D’abord, il y a l’existence d’une troisième famille, les anticapitalistas qui représentent environ dix pour cent et défendent un revenu universel, l’abolition de la dette publique et un référendum d’auto détermination en Catalogne, des revendications que la direction ne cesse de nuancer depuis l’an dernier. Ensuite, les tiraillements entre partisans d’une structure verticale à l’ancienne, comme Pablo Iglesias, ou plus démocratique, comme Inigo Errejón.

Enfin, le facteur territorial dans un pays travaillé par de puissants nationalismes, en Galice, en Euzkadi et en Catalogne, qui exacerbent les tensions entre jacobins et girondins. José Ignacio Torreblanca, éditorialiste du País, résume la difficulté d’amalgamer le tout. « Je crois que deux visions irréconciliables s’affrontent. Podemos doit décider s’il entend rénover une vieille gauche marxiste, désorientée après la chute du mur de Berlin, ou bien s'il veut refonder la démocratie en dotant le peuple d’une identité, un peuple qui n’est plus ni de droite ni de gauche, mais croit bien avoir perdu le pouvoir face aux puissants ».

Pourtant, ce dilemme, qualifié de dramatique par les nombreux adversaires, politiques ou médiatiques, de Podemos, n’est pas forcément vécu comme tel en interne. Même José Manuel López, cinquante ans, proche d'Inigo Errejón et destitué par les pablistas comme porte-parole de l’assemblée de Madrid, calme le jeu. « A la différence du Parti Populaire et du PSOE, je revendique pour mon parti une pluralité et un débat ouvert, malgré ses excès dans les réseaux sociaux. Nos électeurs exigent de nous l’unité, ils ne demandent pas l’uniformité ».

C'est un avis partagé par une bonne partie de la base militante, à l’instar de José Luis Ariza, cinquante trois ans, professeur de littérature et membre de Podemos, « ces divisions fratricides sont présentées à l’extérieur, par les gens de la caste, comme catastrophiques. Or, même fratricides, je les trouve naturelles, moi, ces divisions. C’est un invariant au sein d’un mouvement de gauche authentique, la dialectique entre la révolution permanente et le penchant vers l’institutionnalisation. L’objectif est le même, seuls les chemins divergent ». Au mois de février 2017, le deuxième congrès national de Podemos à Madrid permettra d’établir si nous assistons à un schisme fatal ou à une simple crise de croissance d’un parti décidément singulier.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 21:12

 

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2017/01/andre-chassaigne-deplore-des-candidatures-du-mouvement-france-insoumise-de-melenchon-contre-des-deputes-communistes-sortants-paris-n

 

http://www.paris-normandie.fr/breves/l-essentiel/legislatives--andre-chassaigne-deplore-des-candidatures-du-mouvement-melenchon-contre-des-communistes-sortants-EH8009204#.WHaWM-zhAdU

 

André Chassaigne déplore des candidatures du mouvement de Jean Luc Mélenchon contre des communistes sortants

 

La mobilisation des communistes sur le terrain pour Jean-Luc Mélenchon pourrait pâtir de l’incompréhension née de candidatures aux élections législatives au nom de la France Insoumise, mouvement du candidat au premier tour des élections présidentielles, contre des communistes sortants, a estimé Mardi 10 Janvier 2017 André Chassaigne, patron des députés du Front De Gauche (FDG).

« Pour les parrainages, je pense que c’est réglé pour Jean-Luc Mélenchon, il ne lui en manquerait que quatre ou cinq, et qu’il ne va pas courir après les parrainages du Parti Communiste Français (PCF) », a déclaré André Chassaigne, lors d’une conférence de presse.

Mais « la mobilisation pose problème sur le terrain, quand nous apprenons par exemple que des députés sortants ont des candidats de la France Insoumise contre eux, comme dans ma circonscription ou dans celle de Nicolas Sansu », a-t-il expliqué.

Cette situation suscite « de grandes interrogations et une incompréhension, alors qu’il y avait chez des militants très attachés au FDG une volonté de s’inscrire dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon après le choix majoritaire des adhérents du PCF » de le soutenir pour 2017, a poursuit le député du Puy-de-Dôme.

Le chef de file des députés du FDG compte discuter Mercredi 11 Janvier 2017 de cette situation extrêmement compliquée liée aux élections législatives avec le numéro un du PCF, Pierre Laurent.

« J’espère que chacun prendra ses responsabilités dans les élections législatives », a déclaré de son côté, Mardi 10 Janvier 2017, Pierre Laurent sur La Chaîne Parlementaire (LCP), regrettant des décisions pour l’instant ultra centralisées de la part de la France Insoumise.

« Nous voulons être présents dans le pays avec nos idées et avec nos candidats. Nous aurons tellement besoin d’un groupe communiste, du FDG et d’autres alliés peut-être demain, dans l'assemblée nationale, il faut que tout le monde se rassemble autour de ces candidatures », a poursuivi le secrétaire national.

« Nous travaillons de manière ouverte et rassembleuse avec tous ceux qui sont disponibles », a-t-il promis, promettant qu’il s’adressait « aux militants de la France Insoumise », a-t-il assuré.

« Mais pour le moment, j’ai compris que leur décision était ultra-centralisée, donc j’espère que le dialogue national sur ce point sera aussi possible », a-t-il déclaré.

Il a assuré que des contacts étaient prévus « au cours du mois de janvier 2017 ». Le PCF réunit son conseil national Samedi 14 Janvier 2017 au cours duquel il devrait avaliser une première série d’investitures pour les élections législatives.

Regrettant que le PCF fasse « une séparation très nette entre les élections présidentielles et les élections législatives », André Chassaigne a estimé qu’il n’y avait « pas de négociations avec Jean-Luc Mélenchon, qui ne souhaite pas négocier et qui a pris acte du soutien du PCF ».

Il a assuré qu’il n’aurait néanmoins « pas un comportement en opposition avec la décision prise majoritairement par les adhérents de son parti » en faveur de la candidature de Jean Luc Mélenchon, à laquelle il était opposé.

Mais, a-t-il prévenu, il n’ira « pas en première ligne avec le drapeau à la main et le mégaphone », préférant se concentrer sur les élections législatives.

 

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 20:55

 

http://www.liberation.fr/france/2017/01/11/un-seul-des-ex-goodyear-relaxe-du-sursis-pour-les-autres_1540651

 

Un seul des anciens employés de Goodyear Amiens Nord relaxé, du sursis pour les autres

 

Par Amandine Cailhol

 

Mercredi 11 Janvier 2017

 

La cour d'appel d'Amiens a condamné sept anciens salariés de Goodyear Amiens Nord, poursuivis pour séquestration, à des peines de prison avec sursis allant jusqu'à douze mois. Leur avocat entend se pourvoir en cassation. Un seul salarié à bénéficié d'une relaxe.

Ils encouraient jusqu’à cinq ans de prison. Trois ans après la fermeture de leur usine, les huit de Goodyear, poursuivis pour séquestration et violence en réunion, ont finalement été condamnés par le tribunal d’Amiens à des peines de sursis allant jusqu’à un an. Un jugement plus clément que les réquisitions du parquet, deux ans de prison avec sursis, et que la peine prononcée en première instance, vingt quatre mois de prison, dont neuf mois de prison ferme. Mais qui est toutefois loin de satisfaire les huit anciens salariés, dont cinq syndicalistes de la Confédération Générale du Travail (CGT), qui demandaient la relaxe.

D’où leur décision de se pourvoir en cassation, selon leur avocat Fiodor Rilov.

Dans le détail, quatre d’entre eux, dont Mickaël Wamen, l'ancien leader de la CGT de l’usine, ont été reconnus coupables de séquestration et condamnés à douze mois de prison avec sursis, tout en étant relaxés du chef d’accusation de violence en réunion. A l’inverse, trois salariés ont été relaxés du chef de séquestration, mais reconnus coupables de violence en réunion. Deux d’entre eux ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et le troisième à deux mois de prison avec sursis. Le dernier a été relaxé.

Une distinction entre prévenus qui étonne leur avocat. « Notre objectif, c’était la relaxe pour la totalité des salariés. Nous avons obtenu la moitié, puisque quatre des prévenus sont relaxés pour les faits de séquestration. C’est un progrès significatif mais pas suffisant. Nous n'allons donc pas nous arrêter là ». Même mécontentement sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, où la décision est comparée à celle rendue, quelques jours plus tôt, dans le cadre de l’affaire de Christine Lagarde.

Au cours des trois dernières années, les huit prévenus n’ont eu de cesse de plaider la légitimité de leur action et de leur colère. Celle du 6 janvier 2014, jour où deux cadres de l’usine avaient été retenus pendant une trentaine d’heures dans les locaux de l’usine de pneus d’Amiens, alors que la direction venait d’annoncer qu’elle mettait la clé sous la porte.

Les prévenus n’en démordent pas. Ils n’ont rien à se reprocher. « Selon l’accusation, les huit prévenus ont participé à un événement empêchant les deux cadres de se mouvoir librement. Tout le débat est là. Est-ce que, oui ou non, il y a des preuves de cela ? La réponse est non. Il n’y a rien », expliquait à Libération leur avocat, au mois d’octobre 2016, lors du procès en appel. « Au contraire, leur présence a permis d’éviter le drame ».

D’où leur demande de relaxe, maintenue tout au long du procès, un message aussi porté par les quelque trois cent cinquante militants environ, issus notamment des rangs de la CGT, qui s’étaient rassemblés, dans l’attente du jugement, devant le palais de justice, pour les soutenir. Trois mois plus tôt, ils étaient également plusieurs milliers, venus de toute la France, réunis au même endroit et dans un parc de la ville, pour réclamer la relaxe des anciens employés de Goodyear Amiens Nord. Une mobilisation sur laquelle Fiodor Rilov compte pour appuyer son pourvoi en cassation et, au travers de cette affaire, « faire lever l’épée de Damoclès qui pèse sur tous les salariés qui se battent pour sauver leur emploi ».

 

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 20:54

 

http://www.rue89lyon.fr/2017/01/10/a-grenoble-la-majorite-politique-deric-piolle-sebreche

 

À Grenoble, sécession dans la majorité d’Eric Piolle

 

Par Victor Guilbert

 

Après s’être abstenus sur le budget prévisionnel 2017 de la ville de Grenoble, deux élus sur les quarante deux élus de la municipalité rouge, verte et citoyenne, ont fait sécession. La majorité minimise leur départ et les oppositions se saisissent de cette fracture.

Ils ne sont que de simples élus sans délégation et, pourtant, la scission de Guy Tuscher, militant d'Ensemble, et de Bernadette Richard-Finot, militante du Parti de Gauche, est lourde de sens pour la vie politique grenobloise.

Les deux frondeurs, coutumiers de votes différenciés avec la majorité, ont franchi une étape supplémentaire dans leur démarcation en annonçant, Lundi 9 Janvier 2017, la création de leur propre groupe politique, Ensemble à Gauche, au conseil municipal.

Ils reprochent à l’exécutif municipal son « absence de débat sur les choix d’austérité budgétaire » compris dans le plan de rigueur annoncé au mois de juin 2016, prévoyant notamment la fermeture de bibliothèques municipales.

Le pari d’un groupe unique

Dès le début du mandat, l’ensemble des élus de la majorité avaient fait le pari ambitieux de siéger dans un unique groupe au conseil municipal.

Ce devait être le signe de leur unité malgré les différentes composantes politiques, mais aussi une manière de contraindre tout le monde à assumer le bilan des politiques menées, en conduisant les débats en interne plutôt que d’afficher publiquement les divergences.

Pourtant, par deux fois, des lignes de fractures dans la ligne majoritaire sont apparues au grand jour.

Au mois de mai 2015, Guy Tuscher et Bernadette Richard-Finot faisaient déjà partie des cinq conseillers municipaux de la majorité ayant voté contre l’attribution du marché de l’éclairage public à un consortium privé. Le camouflet était trop rude pour ces partisans d’un service public de l’éclairage.

Puis, au mois de juin 2016, il ne restait plus que ces deux-là pour s’opposer de nouveau à une révision des tarifs de stationnement. Les deux élus estimaient que la nouvelle grille n’était pas pertinente, ni écologiquement, ni socialement, car elle serait « difficile à vivre pour de nombreux foyers ».

L’abstention de trop sur le budget 2017

Dernièrement, c’est donc sur le budget prévisionnel 2017 que les deux sécessionnistes ont fait valoir leur désaccord, s’abstenant de le voter lors du conseil municipal du 19 décembre 2016, sans compromettre son adoption.

Guy Tuscher détaille leur position, « nous sommes contraints d’appliquer l’austérité imposée par le gouvernement à travers la baisse des dotations aux collectivités. Cependant, nous pouvions élaborer d’autres scénarios en réduisant les subventions accordées aux clubs de sports professionnels ou en augmentant de un à deux pour cent la fiscalité foncière. Mais l’orientation budgétaire n’a pas été débattue. Les documents ne nous ont même pas été transmis ».

En réservant leur voix lors du vote, les deux élus se seraient exclus d’eux-même de la majorité, selon Alan Confesson, co-président du groupe majoritaire Rassemblement Citoyen de la Gauche et des Ecologistes (RCGE), « ce n’est pas une délibération anodine, c’est celle qui définie l’action municipale pour l’année à venir. Si vous ne votez pas le budget, vous ne faites pas partie de la majorité, c’est ainsi dans toutes les assemblées délibérantes ».

Une discrimination politique

La conséquence de cet acte de défiance considéré comme non-conforme à la charte du groupe ne s’est pas fait attendre. Les deux abstentionnistes ont été exclus des réunions de groupe, des listings de courriels et du séminaire de travail organisé le week-end dernier, dans le Vercors.

La scission était devenue inévitable, selon Guy Tuscher, « l’entourage proche d’Eric Piolle a abandonné l’engagement de participation citoyenne pour faire passer le plan de rigueur. Avec l’aval d’Eric Piolle, les coprésidents de groupe ont organisé notre discrimination politique mais nous continuerons de mener notre action sans opposition systématique, en restant fermes sur nos engagements de campagne ».

Ils revendiquent le soutien d’un groupe d’appui politique d’une quinzaine de militants de leurs propres formations politiques.

Nous nous souvenons que, au comité local du Parti de Gauche notamment, le plan d’économie de quatorze millions d’euros de la municipalité avait fait des remous, comme l’avait révélé le journal satirique local du Postillon, faisant fuiter des correspondances internes houleuses, au mois d'octobre 2016.

Laurence Comparat, l’autre coprésidente de la majorité, tente de minimiser la fronde.

« Ce sont des décisions isolées traduisant un état d’esprit individuel dans l'attente du grand soir. Mais le reste du groupe reste uni et déterminé à travailler de façon collégiale ».

Une aubaine pour les oppositions

Cet éclatement, même minime, de la majorité est du pain béni pour les oppositions municipales qui se sont empressées de la commenter sur les réseaux sociaux.

Le socialiste Jérôme Safar estimant que « cette auto-exclusion de la majorité municipale démontre à quel point cette équipe est sectaire et brutale ».

À droite, cela a inspiré le conseiller municipal Vincent Barbier, « cette majorité s'est fait élire sur des mensonges, la démission des deux élus n'est qu'une étape d'une longue chute ».

Guy Tuscher n’ignore pas que cet éclatement de la majorité, comme le mouvement de contestation syndical d’une partie des bibliothécaires, sera récupéré politiquement pour entacher l’action politique d’Eric Piolle et de son équipe.

C’est d’ailleurs ce qui fonde en partie sa décision, « notre majorité était issue des mouvements sociaux, mais l’exécutif municipal considère désormais les combats syndicaux comme des oppositions. Nous aurions dû entendre leurs revendications légitimes plutôt que de les laisser à nos opposants ».

Déjà confrontés aux tirs croisés des trois groupes d’oppositions du Parti Socialiste, des Républicains et du Front National, Eric Piolle devra désormais se protéger du risque de tirs fratricides venus de sa gauche, qu’il n’a pas su neutraliser.

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 20:30

 

http://www.courrierdesafriques.net/2016/12/la-chronique-du-bledard-poutinolatres-et-bacharogroupies

 

http://akram-belkaid.blogspot.fr/2016/12/la-chronique-du-bledard-poutinolatres.html

 

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5237507&archive_date=2016-12-15

 

Poutinolâtres et bacharogroupies

 

Par Akram Belkaïd

 

Jeudi 15 Décembre 2016

 

Il est des analogies de discours qui méritent d'être relevées. Alors que les bombes à fragmentation de fabrication russe continuaient de se déverser contre Alep-Est, les poutinolâtres et autres bacharogroupies avançaient des arguments en tous points comparables à ce que la propagande pro-israélienne diffusait durant les bombardements de Gaza en 2009 et en 2014.

Le sort des victimes civiles, autrement dit la question essentielle dans ce genre de situation, ou du moins celle qui devrait primer et être au-dessus de toute considération partisane ? La réponse habituelle est que leur drame est à imputer aux combattants, tous désignés par le terme désormais passe-partout de djihadistes, qui les prennent en otage, qui se cachent parmi elles ou qui les utilisent comme boucliers humains.

Si nous évoquons la question des hôpitaux détruits ou des ambulances ciblées, nous avons ce genre de réplique, c'est encore la faute des combattants et des djihadistes qui se réfugient parmi les premiers en les transformant en centres opérationnels ou qui utilisent les secondes sans aucun scrupule. Parlons alors de la population qui souffre des bombardements et qui n'en peut plus des privations et l'on s'entend dire que, si elle n'est pas complice, c'est donc qu'elle est prise en otage et qu'elle fuirait si elle le pouvait pour se réfugier dans la joie et la bonne humeur auprès de ceux qui veulent la libérer en la bombardant.

Enfin, et comme c'est systématiquement le cas quand on s'indigne du sort des palestiniens devant des partisans d'Israël, parler d'Alep Est en particulier et de la Syrie en général, c'est s'entendre dire « et le reste, pourquoi ne parlez-vous pas du Yémen ou de ce qui se passe à Mossoul ». Ainsi, avant d'aborder le sujet de la Syrie ou de la Palestine, il faudrait un liminaire aussi long que les prolégomènes d'Ibn Khaldoun où seraient citées les situations au Tibet, au Timor, en Birmanie, au Burundi, en République Démocratique du Congo sans oublier le sort funeste des premières nations d'Amérique.

Il est évident que la situation en Syrie et à Alep génère en Algérie comme en France des confrontations musclées tant les positions sont irréconciliables. Prendre position contre Bachar al Assad et son régime, c'est être automatiquement accusé de faire le jeu des intégristes et d'être à la solde du Qatar, de l'Arabie Saoudite, des Etats Unis, de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et d'Israël. Affirmer, encore et encore, que la contestation syrienne était au départ pacifique et cela parce que nous l'avons vu sur le terrain quand tant d'autres ne savaient même pas à l'époque où se trouvaient Alep, Palmyre ou Homs, c'est se faire qualifier d'agent de propagande pour cette main invisible qu'aiment tant dénoncer les complotistes en tous genres. Enfin, estimer que Vladimir Vladimirovitch Poutine est tout sauf un dirigeant progressiste porteur d'une nouvelle espérance pour tous les damnés de la terre, c'est se faire excommunier par les camarades d'hier qui restent engoncés dans la nostalgie des bonnes vieilles dialectiques anti-impérialistes et qui ne se demandent même pas pourquoi Vladimir Poutine est si populaire auprès de l'extrême-droite européenne.

Ce qui me frappe dans la bataille des mots, c'est que de nombreuses personnes se positionnent surtout en fonction des médias occidentaux principaux. A les entendre, puisque des journaux comme le Monde, le New York Times ou le Guardian dénoncent ou critiquent l'intervention russe en Syrie, c'est donc que cette dernière doit être défendue et soutenue. Il est vrai que l'indignation médiatique occidentale à propos d'Alep est très sélective et que nous aurions aimé entendre les mêmes discours quand les pauvres gazaouis mourraient sous les bombes à sous-munitions israéliennes. Mais concernant la Syrie, nous pouvons aussi se rappeler qu'une montre cassée donne l'heure exacte deux fois par jour. Autrement dit, aussi critiquables soient-ils, les médias mainstream peuvent parfois être dans le juste. En tous les cas, en tant que journaliste, l'auteur de ses lignes préfère de loin lire un papier dans ces journaux plutôt que d'accorder le moindre crédit à cette floraison de sites dits alternatifs et qui ne sont qu'un ramassis de fausses informations et d'analyses tronquées, cela sans oublier les médias financés par les fonds publics russes dont on est en droit d'interroger l'indépendance si ce n'est l'intégrité.

L'autre point marquant a été relevé dans une excellente tribune du journaliste Dominique Vidal publiée sur son mur Facebook. Il est frappant de voir à quel point l'ignorance caractérise tant de gens qui s'expriment à propos de la Syrie. Celles et ceux qui clament que le régime syrien est la dernière ligne de défense face à Israël semblent ainsi ignorer à quel point Hafez al Assad et son fils Bachar al Assad se sont accommodés de la cohabitation avec leur voisin. Caractéristique de notre temps où l'opinion prime sur le savoir, ils écoutent à peine quand nous leur parlons du refus de la Syrie de se porter au secours des palestiniens lors des événements de septembre noir en 1970.

Inutile aussi de leur parler du martyre du camp palestinien de Tell al-Zaatar à Beyrouth, assiégé durant l'été 1976 par les milices phalangistes qui, après sa prise, s'y livrèrent à des massacres de civils qui firent deux mille morts avec l'aval et la complicité passive de Damas dont les troupes étaient pourtant présentes au Liban. Même chose, comme l'a rappelé Dominique Vidal, en ce qui concerne les massacres d'Hama en 1982.

L'histoire récente de la Syrie est une longue séquence de répressions violentes et de négation forcenée de tout pluralisme politique réel. Il faudrait être fou pour souhaiter que ce pays tombe entre les mains de l'Etat Islamique ou d'autres groupes intégristes. Mais il faut prendre conscience que la perpétuation coûte que coûte du régime et de son mur de la terreur ne peut que préparer d'autres embrasements et d'autres tragédies. Ne pas se réjouir de la victoire de Vladimir Poutine et de son désormais obligé qu'est Bachar al Assad n'est donc pas simplement une position éthique. C'est aussi de la clairvoyance.

 

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