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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 15:37

https://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/09/09/au-moment-ou-la-troika-et-la-grece-cloturent-leurs-negociations-a-paris-le-cadtm-exige-lannulation-pure-et-simple-de-la-dette-odieuse-a-legard-de-la-troika

http://www.cadtm.org/Au-moment-ou-la-Troika-et-la-Grece

Au moment où la troïka et la Grèce clôturent leurs négociations à Paris, le « Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde » (CADTM) exige l’annulation pure et simple de la dette odieuse à l’égard de la troïka.

La troïka, composée des représentants du Fonds Monétaire International (FMI), de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la commission européenne, a mené pour la première fois du 2 au 4 septembre des négociations avec le gouvernement grec à l’extérieur du pays. Le lieu choisi, c’est Paris, plus précisément le siège de la très libérale Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), au château de la Muette.

Vendredi 5 Septembre 2014

À croire que ces négociateurs craignent les manifestations du peuple grec qui subit depuis 2010 une cure d’austérité sans précédent et qui lutte pour sa dignité à l’image des cinq cent quatre-vingt-quinze femmes de ménage du ministère des finance, licenciées abusivement et devenues le symbole de la résistance à la troïka. Une journée internationale de mobilisation de soutien à ces cinq cent quatre-vingt-quinze femmes est d’ailleurs prévue Samedi 20 Septembre 2014.

Ces négociations, qui se sont déroulées au moment où le gouvernement Valls renforce lui aussi l’austérité, représentent pour la troïka « une évaluation de routine » des réformes en cours qui permettra, « dans le meilleur des cas » de débloquer l’ultime tranche de prêt de l’Union Européenne d’environ deux milliards d’euros à condition que le gouvernement applique de nouvelles mesures d’austérité.

Or, la cure d’austérité qui est imposée depuis quatre ans pour officiellement réduire une dette insoutenable, aggrave en réalité le poids de celle-ci et enfonce les grecs dans la misère. Ces mesures d’une violence inouïe sont imposées en échange de prêts de la troïka. Depuis 2010, cette dernière a déjà endetté le pays à hauteur de deux cent quarante milliards d’euros et c’est sans compter les intérêts que le peuple devra en plus rembourser en se saignant aux quatre veines.

Sur injonction de la troïka, le gouvernement grec s’est engagé à licencier six mille cinq cent fonctionnaires d’ici la fin de l’année 2014 alors qu’environ vingt mille agents ont déjà été mis au chômage via la fusion ou la suppression d’organismes publics. Et ce n’est pas fini. Selon le quotidien grec Kathimerini, six cent nouvelles mesures doivent encore être adoptées. L’une d’elles pourrait bientôt permettre aux employeurs de licencier librement sans justification. Une autre mesure que la troïka veut mettre en place pour aider les banques grecques ployant sous soixante-dix milliards d’euros de créances douteuses est de leur permettre de saisir les biens immobiliers dans le cas de crédits non payés.

Pendant ce temps, et malgré la mascarade du plan d’allègement intervenu en 2012, la dette publique poursuit son ascension. Celle-ci s’élève aujourd’hui à 175,1% du PIB (trois cent dix-huit milliards d’euros) contre 129,7% du PIB en 2009 avant l’arrivée de la troïka.

La politique dictée par ses créanciers au gouvernement grec complice conduit logiquement au délabrement de la société toute entière, au chômage de masse qui stagne à vingt-sept de la population active (celui des jeunes a triplé depuis 2008) et à une profonde récession.

La réunion de Paris, comme chacune des missions précédentes de la troïka, n’améliorera en rien les conditions de vie de la population. Les seuls bénéficiaires de la gestion de la crise sont les grandes entreprises multinationales et nationales qui profitent des privatisations et de la baisse des salaires et les quelques oligarques à leurs services.

Les recettes tirées des privatisations, réseau de télécommunications OTE, office des paris sportifs OPAP, loteries nationales, compagnie de gaz, la compagnie des eaux de Thessalonique, les ports du Pirée et de Thessalonique et des aéroports régionaux) partent aussitôt en remboursement de la dette. De même, chaque prêt de la troïka repart en grande partie en remboursement des dettes antérieures.

Le CADTM condamne l’ingérence de la troïka qui viole la souveraineté du peuple grec, et exige l’annulation pure et simple de toutes les dettes odieuses, illégales et illégitimes de la Grèce. Le peuple grec rembourse depuis trop longtemps cette dette imposée par l’Union Européenne et le FMI pour l’asservir.

Pour de nombreux grecs précarisés, affamés, en situation de survie, au bord du suicide ou sur le chemin de l’exode, les dommages sont irréversibles.

Plusieurs rapports officiels publiés en 2013 et 2014, dont celui du commissaire européen aux droits de l’homme du conseil de l’Europe, de l’expert de l’ONU sur la dette ou encore l’opinion juridique du professeur de droit Andreas Fischer Lescano commissionnée par la chambre de travail de Vienne, démontrent avec précision que la troïka a violé une série de droits humains protégés par les textes internationaux.

Il est temps de poursuivre en justice la troïka et d’exiger des réparations pour les dégâts humains et écologiques.

Enfin, le CADTM exige que soient rendues publiques les dépenses de cette fastueuse rencontre aux frais des contribuables.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 15:13

L’incertitude demeure en Ecosse, la campagne bat son plein (Reuters)

A quatre jours du référendum de jeudi sur l'indépendance de l'Ecosse, l'incertitude prévaut toujours après la publication de sondages contradictoires.

Si trois enquêtes d'opinion diffusées ce week-end ont donné le camp du « non » en tête des intentions de vote, une quatrième a estimé elle que les partisans de l'indépendance étaient majoritaires dans l'électorat.

En cet ultime week-end de campagne avant un vote susceptible de mettre fin à une union vieille de trois cent sept ans, les deux camps ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de partisans à Edimbourg, la capitale, et à Glasgow, la deuxième ville du pays.

Sur la BBC, le dirigeant du parti national écossais (SNP) et premier ministre d'Ecosse, Alex Salmond, s'est dit confiant dans la victoire du « oui à l'indépendance. Notre but, c'est d'avoir une large majorité », a-t-il souligné.

Opposé à l'indépendance, l'ancien ministre britannique des finances Alistair Darling a mis en garde les écossais contre un choix « irréversible ».

Dans une interview au Sunday Times, il estime que les conséquences d'une sécession de l'Ecosse seraient aussi graves que celles de la crise financière de 2008.

La campagne, qui se joue essentiellement sur les questions de l'avenir économique d'une Ecosse indépendante, a également pris un tour acerbe, l'ancien numéro deux du SNP, Jim Sillars, avertissant les banques et les entreprises comme le groupe pétrolier British Petroleum qui ont exprimé leurs craintes qu'elles pourraient s'exposer à des mesures de rétorsion en cas de victoire du « oui ».

« TEAM SCOTLAND »

« Avec ce référendum, il est question de pouvoir. Par conséquent, lorsque nous aurons une majorité de oui, nous nous en servirons pour réclamer des comptes à British Petroleum et aux banques », a-t-il dit dans les médias écossais.

« British Petroleum, dans une Ecosse indépendante, devra apprendre la signification du mot nationalisation, partielle ou totale ».

Le camp nationaliste accuse le premier ministre britannique David Cameron d'avoir orchestré ces derniers jours une campagne d'intimidation impliquant le patronat britannique sur le thème des incertitudes économiques et financières d'une Ecosse indépendante.

Les grandes banques, les compagnies pétrolières et les chaînes de supermarché estiment que la sécession de l'Ecosse créerait de l'incertitude. Les réserves de pétrole de la mer du Nord devraient notamment être partagées. On ignore aussi quelle monnaie serait utilisée par une Ecosse indépendante.

Alex Salmond a calmé le jeu samedi soir.

« Il est malheureux qu'un certain nombre d'entreprises se soient laissées recrutées par David Cameron. Mais laissez-moi vous dire une chose, après la victoire du oui, il nous incombera de tendre la main à tout le monde et de bâtir cette atmosphère de la Team Scotland », a-t-il dit.

Affiches, distributions de tracts, auto collants, dans toute l'Ecosse, les quatre millions d'électeurs continuent de débattre et chaque camp tente de pousser les indécis à se déterminer sur la question qui figurera jeudi sur les bulletins de vote, « l’Ecosse doit-elle devenir un pays indépendant ».

« C'EST ÉNORME »

« Ce samedi, c'était probablement le jour de campagne le plus important que l'Ecosse ait jamais connu », s'enthousiasme Calum Cashley, cadre du SNP qui a sillonné la circonscription d'Edimbourg Est. « Nous avons tapissé de tracts toute la circonscription, des habitants mettent des affiches à leurs fenêtres, sur leurs voitures. C'est énorme. Cela fait du bien », dit-il.

Jusqu'au week-end dernier, et à l'exception d'un sondage paru en 2013, toutes les enquêtes d'opinion donnaient une large avance aux adversaires de l'indépendance.

Mais l'atmosphère a basculé depuis lors. Une enquête de l'institut Yougov pour le Sunday Times diffusée le 6 septembre a laissé entrevoir la possibilité d'une victoire des indépendantistes, poussant le gouvernement Cameron à promettre en catastrophe davantage d'autonomie. Sur les marchés financiers, la livre sterling et les actions de banques basées en Ecosse ont été chahutées.

Les derniers sondages que publie la presse dominicale sont contradictoires.

Les instituts Panel Base, Opinium et Survation donnent deux à huit points d'avance aux partisans du maintien dans de l'Ecosse dans le Royaume-Uni (respectivement à cinquante et un, cinquante-trois et cinquante-quatre pour cent). Mais un sondage ICM indique de son côté que les indépendantistes l'emporteraient jeudi avec cinquante-quatre pour cent des voix.

John Curtice, un spécialiste des sondages, souligne cependant que le sondage ICM pour le Sunday Telegraph a été réalisé par internet auprès d'un échantillon relativement étroit de sept cent cinq personnes. « Compte tenu de ces précisions méthodologiques, ses conclusions, si elles ne peuvent être rejetées en bloc, doivent être clairement analysées avec prudence », ajoute-t-il sur son blog.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 14:55

Un troisième otage occidental décapité par l’Etat Islamique (Reuters)

Les djihadistes de l'Etat Islamique (EI) ont diffusé Samedi 13 Septembre 2014 une vidéo revendiquant la décapitation d'un troisième otage occidental, le britannique David Haines, suscitant une nouvelle vague de condamnations dans les capitales occidentales.

Originaire de Perth en Ecosse, David Haines, âgé de quarante-quatre ans et père de deux enfants, avait été enlevé en mars 2013 en Syrie où il travaillait pour l'ONG française Acted, qui s'est dite « scandalisée et horrifiée » par son assassinat, un « crime barbare » qui, ajoute l'organisation, « va à l'encontre de tous les principes humanitaires ».

Son exécution, dont la mise en scène est similaire aux décapitations des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, les 19 août et 2 septembre, survient alors que les Etats Unis tentent de mettre sur pied une coalition pour combattre l'Etat Islamique.

A Londres, le premier ministre David Cameron, qui a condamné un meurtre « abject et épouvantable, un acte de pure cruauté », a présidé une réunion de crise de son gouvernement pour déterminer la réponse à opposer aux djihadistes.

A l'issue de cette réunion, il a souligné sa détermination à combattre l'Etat Islamique sur de nombreux fronts mais n'a pas directement évoqué une participation britannique à des raids aériens, comme le voudrait Washington.

« Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à la menace et assurer la sécurité de notre pays », a-t-il dit à la télévision.

« Pas à pas, nous devons repousser, démanteler et à la fin détruire l'Etat Islamique et ce qu'il représente. Nous le ferons de façon calme et réfléchie mais avec une volonté de fer ».

MEURTRE « BARBARE »

Pour l'heure, l'action de son gouvernement se limite à des livraisons d'aide humanitaire et d'armes aux autorités irakiennes.

« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour traquer ces assassins et nous assurer qu'ils seront traduits en justice, quel que soit le temps que cela prendra », avait auparavant promis David Cameron dans un communiqué diffusé par Downing Street.

A Washington, Barack Obama a condamné le meurtre « barbare » de David Haines, troisième otage occidental tué par les djihadistes depuis le déclenchement des frappes aériennes américaines dans le nord de l'Irak, début août.

« Les Etats-Unis se tiennent ce soir aux côtés de notre proche ami et allié dans le deuil et la détermination », a dit le président américain dans un communiqué.

La France, qui organise lundi à Paris une conférence internationale pour la paix et la sécurité en Irak, a dénoncé un « odieux assassinat » qui, ajoute la présidence de la république dans un communiqué, « montre une nouvelle fois combien la communauté internationale doit se mobiliser contre Daesh (acronyme arabe de l'Etat Islamique), organisation de la lâcheté et de l'abjection ».

Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a lui aussi dénoncé un « acte haineux de violence barbare » qui, dit-il, souligne la nécessité d'une « large stratégie pour contrer la menace de l'Etat Islamique ».

Le Premier ministre australien, Tony Abbott, qui a annoncé l'envoi d'avions de combat et de soldats aux Emirats Arabes Unis pour participer à la coalition, a dénoncé une « secte mortifère ».

« MESSAGE AUX ALLIÉS DE L'AMÉRIQUE »

La vidéo est présentée comme un « message aux alliés de l'Amérique » et comporte une nouvelle menace, puisqu'un autre otage identifié sous le nom d'Alan Henning apparaît à l'écran à la fin de l'enregistrement. Le bourreau de David Haines, sans doute le même homme à l'accent anglais qui a tué les journalistes américains, annonce qu'il sera exécuté si le gouvernement britannique continue de soutenir la lutte contre l'Etat Islamique.

La Grande-Bretagne participe à la coalition internationale mise sur pied par les Etats-Unis pour lutter contre le groupe radical sunnite qui contrôle de vastes territoires dans l'est de la Syrie et depuis juin, dans le nord de l'Irak.

Visant l'Etat Islamique, les Etats-Unis ont repris des frappes aériennes en Irak début août pour la première fois depuis le retrait des troupes combattantes américaines à la fin 2011.

Ce nouvel enregistrement débute par des images de David Cameron évoquant la collaboration de Londres avec le gouvernement irakien et les forces kurdes (peshmergas) pour vaincre l'Etat Islamique.

« Cet individu britannique doit payer le prix de votre promesse, Cameron, d'armer les peshmergas contre l'Etat Islamique », déclare un homme cagoulé vêtu de noir, debout à côté de David Haines, qui est à genoux et en tunique orange.

L'otage est ensuite contraint de lire une déclaration dans laquelle il accuse Cameron d'avoir volontairement rejoint une coalition avec les Etats-Unis contre l'Etat Islamique, comme Tony Blair avant lui, « selon la tendance de nos premiers ministres à ne pas avoir le courage de dire non aux américains. Malheureusement, nous, le peuple britannique, finirons pas payer le prix des décisions égoïstes de notre parlement », a-t-il dit, avant d'être décapité devant la caméra.

James Foley et Steven Sotloff avaient eux aussi été contraints de lire des déclarations mettant en cause le président Barack Obama.

David Haines travaillait depuis 1999 pour l'ONG Acted et il avait travaillé dans des zones de conflit dans les Balkans, en Afrique et au Moyen-Orient.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 20:24

http://www.publico.es/politica/543945/ken-loach-y-owen-jones-se-deshacen-en-elogios-a-podemos-en-su-acto-de-londres

Ken Loach et Owen Jones soutiennent Podemos à Londres

Des centaines de personnes ont assisté à l'événement organisé à Londres par la formation dirigée par Pablo Iglesias, dans laquelle Owen Jones et Ken Loach ont préconisé une nouvelle façon de faire de la politique

Samedi 13 Septembre 2014

Les places se sont vendues en vingt deux heures, et une grande quantité de personnes n’ont pas pu y assister. L’enthousiasme parmi la communauté espagnole à Londres était tellement important que les organisateurs ont dû ouvrir une autre salle pour pouvoir regarder l’évènement en streaming.

C’était la première réunion de Podemos à Londres, sa présentation après les élections européennes.

Et comme parrains, deux personnalités de renom de la gauche britannique ont participé, Ken Loach, cinéaste expérimenté et avocat des causes sociales, et Owen Jones, l'auteur du célèbre livre « chavs, la diabolisation de la classe ouvrière ».

« Podemos dans le cadre de la nouvelle construction de la démocratie en Europe » était le titre de la journée de conférence. Parmi les intervenants, il y avait Cristina Flesher, docteur en sociologie de l'université de Californie et experte dans le domaine numérique des mouvements sociaux européens, Tania Gonzalez, un des cinq députés européens de Podemos, et Iñigo Errejón, l'un des leaders les plus visibles de la formation, qui a expliqué la raison de l’évènement. « Nous travaillons pour les gens qui sont confrontés à la régression du droit. Nous leur disons qu’il y a aujourd’hui clairement une majorité sociale qui veut en finir avec l’appauvrissement des gens, ceux qui sont expulsés, ceux qui n’ont pas d’avenir ».

Le public a rempli les deux cent cinquante places du London Welsh Center. La quasi-totalité, un public espagnol et jeune, même si on pouvait aussi voir des gens de tout âge et écouter diverses langues européennes. Il faut ajouter les quarante personnes qui étaient dans la deuxième salle, mais qui ont finalement pu revenir dans la salle principale, et tous ceux qui ont suivi la conférence et la séance des questions et des réponses sur internet.

« Nous suivons tous avec enthousiasme et excitation l'émergence et la croissance de Podemos », a déclaré le célèbre cinéaste Ken Loach. « Le nom est brillant, Podemos, qui a une longue histoire qui remonte aux travailleurs immigrés des concierges de Los Angeles, sur la côte est des États-Unis. Ils ont pris ce slogan, oui, nous le pouvons », a commencé le célèbre metteur en scène, pendant qu’Inigo Errejón approuvait de la tête.

Loach a précisé que ce n’est pas seulement en Espagne ou dans le sud de l’Europe que la population souffre des coupes budgétaires et de l’austérité. Cela se produit aussi en Grande-Bretagne.

« Pauvreté, inégalités, les pauvres sont de plus en plus pauvres et les riches sont de plus en plus riches ». A titre d'exemple, il a rapporté le cas d'un ancien soldat britannique décédé à la maison, « appauvri, sans rien dans le réfrigérateur » et qui, en dépit d'avoir servi dans l'armée, « avait perdu ses indemnités de chômage pour n’avoir pas participé aux réunions de la sécurité sociale ». Loach a apporté son soutien au parti britannique Left Unity, « qui a beaucoup de points communs avec Podemos ». Selon lui, nous vivons un tournant, « si nous ne faisons pas le changement social maintenant, après il sera peut-être trop tard ». Il a ajouté que « la question est de savoir comment nous nous organisons, et Podemos commence à répondre ».

C'est le premier acte important effectué par le cercle Podemos de Londres, une des plus forts à l'étranger depuis le début. Il compte aujourd'hui près de quarante membres actifs, qui se réunit toutes les deux semaines dans des assemblées pour prendre des décisions, même si le nombre fluctue constamment, « par exemple, parfois nous sommes cent », a déclaré un volontaire.

« Actuellement, nous sommes un peu saturés, nous travaillons sur ​​diverses questions, le prochain congrès, l’internationalisation du mouvement et l’intensification des contacts ».

La capitale anglaise était, en fait, l'une des options pour célébrer le lancement de la campagne des élections européennes du mois de mai, mais ils ont finalement opté pour Berlin.

Selon un membre du cercle de Londres, c’est Owen Jones qui a directement pris contact avec eux, intéressé par le mouvement créé en Espagne.

« Aujourd'hui, ici, c’est comme si le bébé voyait enfin la lumière», a-t-il ajouté.

En effet, ce jeune analyste politique a été l'autre point fort de la journée. A tout juste trente ans Jones a écrit l'un des essais politiques les plus célèbres de ces dernières années. Et après « chavs, la diabolisation de la classe ouvrière », le journaliste du Guardian vient de publier son deuxième livre, « l'établissement », dont la traduction en espagnol n'a pas encore de date. « Nous savons tous qu’il y a beaucoup de colère dans toute l'Europe. Mais il y a une chose qui a longtemps été oubliée, c’est l’espoir, et c'est ce que Podemos fait, offrir l'espoir à toutes les personnes à la recherche d'une alternative », s'exclama-t-il dans son puissant discours.

« Quand je regarde l'Espagne d'aujourd'hui, plus de la moitié de tous les jeunes n'ont pas de travail, mais les statistiques ne reflètent pas la vraie réalité dévastatrice du chômage. Ce vol de la vie des personnes est non seulement une injustice, mais c’est aussi un crime ». L'écrivain a poursuivi sa critique des échelons supérieurs du pouvoir et a rappelé que « les banques n’ont été sauvées en application des lois du marché. Le socialisme pour les riches, le capitalisme pour tout le monde », a-t-il résumé, avant de terminer en disant que le plus important est de « donner espoir aux gens ».

Le prochain référendum en Ecosse, le sujet qui monopolise l’actualité médiatique et sociale de la Grande-Bretagne ces derniers jours, a également été mis sur la table, pour ses conséquences possibles en Catalogne. En ce sens, Inigo Errejón a assuré que « personne ne devrait avoir peur du vote des gens. Nous sommes un parti politique espagnol qui veut construire un pays avec tous. Mais un élément fondamental pour construire un pays avec tous est l’élection, ce n’est pas l’imposition ».

Il a également ajouté que le problème dans ce cas est « qu’en Espagne l'identité nationale réside maintenant dans des gens qui se disent patriotes mais qui placent leur fortune en Suisse ».

Le changement et la transformation ont été les mots les plus prononcés dans la journée.

Tania González, député du parlement européen, a particulièrement insisté sur le fait que « notre objectif est d’obtenir la transformation des institutions. Nous voulons les transformer en une tribune pour que les vrais problèmes des gens deviennent le centre de la politique ».

A chaque peuple, ses mécanismes

Sur la possibilité d’exportation de Podemos vers d'autres pays européens, les membres de la formation ont voulu se montrer prudents. Inigo Errejón et Tania Gonzalez ont convenu de noter que chaque pays doit créer ses propres mécanismes.

« Chaque peuple doit trouver un chemin et une forme d'articulation. Ce que Podemos peut dire, c'est que les opérations massives de vol et de dépossession ont provoqué un certain sentiment de résignation. Avec humilité, nous disons que nous avons, mais pas seulement nous, dans beaucoup d’endroits, en Grèce, avec peut-être le prochain président de la Grèce, Alexis Trsipas, une alternative à l'austérité et à l’appauvrissement de la population », a dit Inigo Errejón.

La réunion a duré pendant près de cinq heures et s’est terminée avec la vente de t-shirts et de tasses, destinées à obtenir des fonds pour le cercle de Londres, l’inscription de nombreuses personnes pour recevoir plus d'informations, et un chant à l'unisson, « oui, nous le pouvons ».

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 17:07

Le deuxième convoi humanitaire russe est arrivé à Louhansk (Reuters)

La moitié des camions d'un deuxième convoi d'aide humanitaire russe à destination de l'est de l'Ukraine sont arrivés à Louhansk, un des deux bastions des rebelles séparatistes, rapportent Samedi 13 Septembre 2014 les médias russes.

Selon l'agence RIA Novosti, une centaine de camions sont arrivés dans la matinée et une centaine d'autres sont attendus dans la journée.

Le convoi transporte mille huit cent quatre vingt tonnes de produits de première nécessité, dont des conserves, du sucre, de la farine et des groupes électrogènes diesel, selon RIA Novosti.

En août, l'Ukraine et ses alliés occidentaux avaient dénoncé l'entrée d'un premier convoi russe sur le territoire ukrainien sans l'accord de Kiev ni du Comité International de la Croix-Rouge qui devait à l'origine superviser la distribution de l'aide.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait alors annoncé que Moscou entendait envoyer un deuxième convoi, sans donner de date.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 16:52

La famille de Foley dissuadée par Washington de verser une rançon (Reuters)

La famille du journaliste James Foley, assassiné en août par l'Etat Islamique, dit avoir été menacée de poursuites par un membre de l'administration américaine en cas de versement d'une rançon pour sa libération.

La mère et le frère du reporter américain ont déclaré à ABC News qu'un militaire travaillant pour le conseil de sécurité nationale les avait avertis à plusieurs reprises qu'ils risquaient une inculpation au pénal dans un tel cas de figure.

La Maison Blanche a refusé de commenter ces déclarations.

« Je ne vais pas entrer dans le détail de qui a dit quoi dans le contexte de ces conversations individuelles », a déclaré le porte-parole de la présidence Josh Earnest.

Il a également réaffirmé que les Etats Unis avaient pour principe de ne pas payer de rançons aux ravisseurs pour éviter d'encourager d'autres enlèvements.

« Nous avons pris cela pour une menace et c'était épouvantable », a déclaré Diane Foley, la mère du journaliste décapité par les djihadistes.

« A trois reprises, il nous a intimidés avec ce message. Nous étions horrifiés qu'il dise cela. Il nous a simplement dit que nous serions poursuivis. Nous savions que nous devions sauver notre fils, nous devions essayer ».

Une porte-parole du conseil de sécurité nationale interrogée par ABC a déclaré que la famille Foley avait été informée des lois américaines interdisant le financement du terrorisme, mais elle a nié qu'elle ait été menacée de poursuites.

Le secrétaire d'état John Kerry, en visite en Turquie, a dit qu'il ignorait totalement cet incident.

« Je ne tolérerai pas que quiconque au sein du département d'état fasse de telles déclarations », a-t-il dit.

Une vidéo montrant la décapitation de James Foley a été diffusée sur internet Mardi 19 Août 2014. Deux semaines plus tard, une vidéo similaire montrait la décapitation d'un autre journaliste américain aux mains des djihadistes, Steven Sotloff.

Les Etats-Unis ont révélé avoir mené cet été sans succès en Syrie une opération militaire pour libérer James Foley et d'autres otages américains détenus par l'Etat Islamique.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 16:39

http://www.lorientlejour.com/article/882191/la-famille-du-journaliste-execute-avait-recu-un-courriel-de-letat-islamique.html

La famille du journaliste exécuté avait reçu un courriel de l’Etat Islamique (Reuters)

Vendredi 22 Août 2014

Les djihadistes de l'Etat Islamique avaient annoncé dans un courriel récemment adressé à la famille de James Foley qu'ils exécuteraient ce journaliste américain enlevé en Syrie en représailles aux bombardements des Etats-Unis sur leurs positions dans le nord de l'Irak.

D'après le Global Post, le site internet pour lequel travaillait ce journaliste, les ravisseurs avaient réclamé dans un précédent message une rançon de cent millions d'euros ou la libération de prisonniers détenus aux Etats-Unis en échange de leur otage.

Le Global Post a déclaré jeudi avoir reçu l'autorisation de la famille Foley pour rendre publique l'intégralité du courriel reçu une semaine avant la diffusion, Mardi 19 Août 2014, de la vidéo montrant la décapitation de cet otage enlevé en 2012 en Syrie. Le Global Post dit avoir choisi « de le publier dans son intégralité par volonté de transparence et pour rendre pleinement compte de l'histoire de Jim. Nous pensons que ce texte offre un éclairage sur les motivations et les tactiques de l'Etat Islamique ».

Ce courriel est présenté par ses auteurs comme « un message au gouvernement américain et aux moutons qui lui servent de citoyens. Vous avez eu de nombreuses occasions de négocier la libération des vôtres via des transactions en argent liquide comme d'autres gouvernements l'ont accepté », est-il écrit. L'Etat Islamique ajoute qu'il a proposé un échange avec des « musulmans que vous détenez actuellement ».

Au lieu de cela, poursuivent les auteurs du courriel, « vous revenez maintenant bombarder une nouvelle fois les musulmans en Irak, à l'aide cette fois de bombardements aériens et d'armées de procuration, tout en évitant lâchement une confrontation face à face ».

Accusant les Etats-Unis de ne pas épargner les femmes, les enfants et les personnes âgées, l'Etat Islamique prévient que « nous n'épargnerons pas les vôtres ». Ce courriel se conclut par une phrase affirmant que James Foley « sera exécuté en conséquence directe de vos offenses à notre égard ».

Les Etats-Unis bombardent les positions de l'Etat Islamique dans le nord de l'Irak depuis le 8 août 2014.

Evoquant des inexactitudes dans ce message, le Global Post souligne que la famille Foley « n'a pas eu de nombreuses occasions de négocier la libération de Jim. Après plus d'une année sans le moindre contact, les Foley ont reçu leur premier message de la part des ravisseurs de Jim le 26 novembre 2013 pour réclamer de l'argent, vite », ajoute le site internet. « Après que les activistes eurent prouvé aux Foley et aux enquêteurs qu'ils détenaient effectivement Jim, ils ont formulé leur unique demande d'une rançon de cent millions d'euros ou de libération de prisonniers non identifiés détenus par les Etats-Unis », poursuit la publication en ligne. La famille de James Foley n'a ensuite plus eu aucune nouvelle jusqu'au courriel menaçant reçu ce mois-ci.

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 16:06

https://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/09/07/declaration-en-grec-anglais-francais-italien-et-espagnol-du-reseau-europeen-des-syndicats-alternatifs-et-de-base-en-soutien-au-combat-des-595-femmes-de-menage-grecques

Le réseau européen des syndicats alternatifs et de base manifeste son soutien et sa solidarité avec les cinq cent quatre-vingt-quinze femmes de ménage du ministère des finances grec, licenciées depuis le 17 septembre 2013, pour pouvoir transférer l’activité qu’elles exerçaient dans les mains d’entreprises sous-traitantes privées.

Depuis onze mois, elles sont en lutte pour retrouver leur emploi et contre les politiques d’austérité et les institutions qui les appliquent, comme le gouvernement Samaras et la troika.

Nous affirmons qu’il faut unifier et coordonner les luttes et construire des réseaux d’aide et de solidarité entre les travailleuses et les travailleurs de tous les pays, pour faire face aux politiques de baisse des salaires, de destruction des services publics, de pénalisation de la pauvreté et de criminalisation des luttes, qui s’appliquent partout pour satisfaire une politique basée uniquement sur les bénéfices confisqués par quelques-uns.

Le réseau européen des syndicats alternatifs et de base organisera des actions de soutien dans divers pays durant la semaine de solidarité internationale, entre le 15 et le 22 septembre 2014, et nous appelons toutes les organisations sociales et syndicales européennes à organiser les actions de soutien qu’elles jugeront appropriées.

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 15:52

http://uk.reuters.com/article/2014/09/11/uk-spain-catalonia-idUKKBN0H60SG20140911

Les catalans forment un V humain pour faire le choix de la scission d’avec l’Espagne

Des centaines de milliers de catalans ont envahi les rues de Barcelone, Jeudi 11 Septembre 2014, pour exiger le droit de vote sur une scission potentielle d’avec l'Espagne, leurs ambitions étant renforcées par un référendum sur l'indépendance prévu pour la semaine prochaine en Ecosse.

Les participants vêtus de rouge et jaune, les couleurs du drapeau catalan, étaient alignés le long de deux des principales artères de Barcelone pour former un immense « V » pour « vote », visible depuis des prises de vues aériennes.

Beaucoup portaient des T-shirts disant « ara es l'hora » (« Il est temps ») en langue catalane, dans une ambiance festive le jour de la fête nationale de la Catalogne.

Le taux de participation potentiel avait été un sujet de vif débat public au cours des dernières semaines. La police de Barcelone a estimé qu’un million huit cent mille personnes ont participé, tandis qu'un porte-parole du gouvernement central a mis le chiffre à environ cinq cent mille.

« Nous voulons avoir notre mot à dire dans la politique et notre avenir. Nous avons reconquis notre souveraineté, en mettant l'indépendance dans l'agenda politique, et réalisé la force que nous avons, si nous nous mobilisons, pour changer les choses », a déclaré Carme Forcadell, chef de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), l'un des organisateurs de l'événement.

La Catalogne est une région riche du nord-est de l'Espagne avec sa propre langue et culture. Son mouvement indépendantiste de longue date a augmenté au cours de la dernière décennie, alimentée par la crise économique de l'Espagne et le refus de Madrid pour répondre aux exigences régionales.

Le gouvernement régional catalan, qui comme d'autres régions espagnoles a un grand degré d'autonomie, a appelé à un référendum non contraignant le 9 novembre pour savoir si la Catalogne devait devenir un état séparé.

Le gouvernement de Madrid affirme que le vote est illégal et ne peut pas aller de l'avant. La question oppose la Catalogne contre le reste de l'Espagne.

« Nous n’attendons rien du gouvernement espagnol. Tout ce que nous obtenons est incompréhension, intolérance, menaces et attitudes totalement anti-démocratiques. Ils ont toujours été comme cela », a déclaré Oscar Sanchez, qui est sans emploi.

« Nous voulons simplement être traités équitablement, avec respect, rien de plus. Nous sommes catalans, nous ne sommes pas espagnols ».

Les sondages montrent que quatre-vingt pour cent des catalans veulent voter sur l'indépendance.

L’ECOSSE A DE LA CHANCE

La campagne de Catalogne a été portée par le référendum à venir sur la séparation de l'Ecosse d’avec le Royaume-Uni, qui a gagné du terrain récemment pour en faire une perspective immédiate.

Le gouvernement de Londres s'oppose à l'indépendance écossaise, mais dit qu'il va respecter ce que les électeurs décident.

La valeur des obligations d'état espagnoles a chuté quand les investisseurs nerveux ont gelé leurs avoirs avant le vote de l'Ecosse, où une victoire pour les nationalistes encouragerait sans doute la demande de la Catalogne.

Le fait que les écossais ont été autorisés à voter a été identifié comme la principale motivation pour participer à l'événement de jeudi, ont dit les organisateurs et les participants.

« Nous ne comprenons pas pourquoi c’est constamment refusé. Nous regardons en Ecosse », a déclaré Victor Panyella, un professeur de cinquante ans, vêtu d'un T-shirt jaune avec un «V» rouge.

«Ils sont tellement chanceux d'appartenir à un pays qui permet ce genre de vote ».

Artur Mas, le chef du gouvernement régional de la Catalogne, a déclaré aux journalistes que le reste de l'Espagne devait en tenir compte.

« Je demande aux institutions de l'Espagne et en particulier à son gouvernement de prendre bonne note de l'ambiance dans les rues de la Catalogne », at-il dit.

« Ce qui se passe aujourd'hui n'est pas un défi à l'état, c'est la clameur d'une grande partie de la société catalane ».

Un sondage d'opinion pour le gouvernement régional a montré que le soutien pour un état indépendant a triplé pour atteindre 45,2 % en mars 2014, contre 13,9 % en mars 2006. De nombreux commentateurs à Madrid interrogent la manière dont ces sondages ont été effectués.

L’institut de sondage de l’état espagnol CIS a trouvé cette année que près de quarante-cinq pour cent des catalans soutiendraient l'indépendance totale, vingt pour cent soutiendraient un état fédéral et vingt-trois pour cent soutiendraient l'autonomie régionale.

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 14:58

https://www.ensemble-fdg.org/content/contre-limprialisme-russe-et-les-oligarques-ukrainiens

http://www.npa2009.org/idees/contre-limperialisme-russe-et-le-oligarques-ukrainiens

http://www.solidarites.ch/journal/d/article/6542

http://npa29.unblog.fr/2014/09/08/ukraine-contre-limperialisme-russe-et-le-oligarques-ukrainiens-solidarites-ch

Contre l’impérialisme russe et les oligarques ukrainiens

Mardi 9 Septembre 2013

Notre rédaction s’est entretenue avec notre camarade Zbigniew Marcin Kowalewski, rédacteur en chef adjoint de l’édition polonaise du Monde Diplomatique, spécialiste de l’Ukraine et auteur de plusieurs travaux sur l’histoire de la question nationale ukrainienne.

Question. Dans ton dernier article paru en français, tu as souligné le rôle de l’oligarque du Donbass, Rinat Akhmatov, dans le mouvement séparatiste pro russe. Tu as surtout insisté sur la faiblesse de la base sociale de la « République Populaire du Donetsk ». Peux-tu rappeler quelques éléments de cette analyse ?

Réponse. Le Donbass est la base centrale et le noyau dur du pouvoir oligarchique en Ukraine. La rébellion séparatiste dans le Donbass a dès le début été suscitée par deux forces alliées, les appareils du parti des régions liés directement aux intérêts oligarchiques les plus puissants et les appareils étatiques de la Russie.

Pour la première force, la rébellion constituait une réaction paniquée à la chute du régime d’Ianoukovytch et de son parti, renversés par le soulèvement populaire du Maidan. Il s’agissait de sauver le pouvoir oligarchique dans sa base centrale en s’appuyant sur l’impérialisme russe.

Pour la deuxième force, l’impérialisme russe lui-même, il s’agissait de déstabiliser et désintégrer l’Ukraine qui, avec la victoire du soulèvement du Maidan et tournée vers l’Union Européenne, risquait, cette fois définitivement, de rompre le rapport colonial séculaire l’attachant historiquement à la Russie.

C’est pour cette raison qu’on a créé les deux républiques fantoches et qu’on est passé rapidement de quelques actions « de masse » très minoritaires, des rassemblements d’environ deux mille personnes à chaque fois, à une action militaire. Le parti des régions dispose dans le Donbass d’une base de masse, représentant environ trente pour cent de la population, mais c’est une masse très passive, ne se mobilisant, dans le meilleur des cas, que pour voter.

Ainsi, pour le vote du « référendum » séparatiste, seule la moitié de cette base s’est mobilisée, environ quinze pour cent de la population. Un mouvement de masse séparatiste n’a jamais existé en Ukraine.

Question. Les chefs du mouvement, comme le colonel Igor Strelkov et Aleksandr Borodaï, ont un passé d’activistes et une idéologie qui ne cadrent pas complètement avec une simple fonction de « marionnettes du Kremlin ». Tu as parlé à leur propos de « gardes blancs russes ». Peux-tu préciser ?

Réponse. Venus de la Russie, Strelkov et Borodaï représentaient un courant de l’extrême droite russe, ultra nationaliste, monarchiste et fondamentaliste orthodoxe, visant la restauration de l’ancien empire tsariste dans ses frontières de 1913 et son expansion sur l’ensemble du monde slave et orthodoxe.

Ils n’ont jamais été les chefs de l’ensemble du mouvement séparatiste. Ils occupaient des postes formels très importants dans la « république » de Donetsk, et ils dirigeaient réellement des secteurs du mouvement séparatiste dans cette république et dans celle de Louhansk. Ils étaient obligés de partager leur pouvoir avec les « akhmetovistes », c’est-à-dire avec les hommes de confiance de Rinat Akhmetov, le plus important oligarque du Donbass, et d’autres oligarques ou grands barons du parti des régions. Les « akhmetovistes » disposaient de leurs propres forces armées dont le bataillon Vostok qui, en fait, n’obéissaient pas à Strelkov, en dépit du fait qu’il était, formellement, « ministre de la défense » à Donetsk.

Strelkov et Borodaï n’étaient pas des « marionnettes », mais des militants d’extrême droite poursuivant leur propre agenda politique. C’est pour cette raison qu’en dépit de toutes les démarches de Borodaï à la recherche d’un soutien de Poutine, ils ont perdu la lutte des fractions aux sommets de la direction de la rébellion.

Ils ont été éliminés au bénéfice des hommes de confiance de Poutine, expédiés sur place. La formation de cette nouvelle alliance des « poutinistes » avec les « akhmetovistes » a été cimentée par une forte recrudescence de l’agression militaire russe.

Question. Les événements actuels en Ukraine donnent-ils tort à la gauche internationaliste, qui a pris position pour un front anti guerre ?

Réponse. Cette guerre c’est, d’un côté, la rébellion armée d’une partie de l’oligarchie ukrainienne combinée avec la guerre d’agression, de plus en plus directe et massive, de l’impérialisme russe. De l’autre côté, c’est une guerre de défense nationale, c’est-à-dire menée en défense de l’indépendance, conquise depuis vingt-trois ans à peine, et de l’unité nationale, par un peuple à la recherche désespérée de la sortie d’une oppression nationale séculaire.

Il n’est pas possible de trouver cette sortie dans le cadre d’un régime bourgeois soumis à l’impérialisme occidental. L’Ukraine a un besoin urgent d’un programme socialiste de défense nationale. La gauche mondiale n’a rien fait pour contribuer à l’élaboration d’un tel programme. Tout le contraire, nous sommes témoins d’une dégénérescence néo stalinienne et néo campiste d’une partie importante de cette gauche qui est passée du côté de l’impérialisme russe.

S’il s’agit d’un front contre la guerre impérialiste de Poutine, alors allons-y. Par contre, un front contre la guerre de défense nationale du peuple ukrainien serait un front de soutien à l’impérialisme russe et à la rébellion séparatiste oligarchique.

Propos recueillis pour notre rédaction par Daniel Süri

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