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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 18:30

http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/31/1478472-il-veut-rehabiliter-les-victimes-de-la-guerre-d-espagne.html

Il veut « réhabiliter les victimes » de la guerre d’Espagne

Mercredi 31 Octobre 2012

L'écrivain Serge Mestre a retrouvé Toulouse pour la journée du livre de l'exil espagnol à laquelle il a participé de plein droit avec ses deux livres « les plages du silence » et « la lumière et l'oubli » qui fit partie à sa sortie en 2009 de la sélection du Goncourt. Il a partagé la tribune avec la jeune Eleonor de Recondo qui a écrit « rêves oubliés » en souvenir de ses grands-parents. A une génération d'écart le même souci de rendre vie et parole aux exilés républicains espagnols qui se sont reconstruits patiemment au bout d'une intégration réussie.

Le Centre Toulousain de Documentation de l'Exil Espagnol (CTDEE) organisait cette journée de rencontres en collaboration avec la librairie Ombres Blanches et accueillait à l'espace Niel des historiens (Bruno Vargas), essayistes (José Martinez Cobo), chercheurs (Alicia Alted, Antonina Rodrigo, Manuel Aznar Soler) et romanciers dont l'aragonais Antonio Altarriba qui a fait une intervention remarquée et sensible autour de son roman graphique à succès, « l’art de voler ».

Marie-Louise Roubaud. Votre sentiment à l'issue de cette journée ?

Serge Mestre. Une expérience agréable et émouvante, à la fois avec les écrivains et avec le public. J'ai rencontré des personnalités très attachantes dans les deux cas.

Marie-Louise Roubaud. On vous connaît comme le traducteur de Jorge Semprun et de Manuel Rivas.

Serge Mestre. Semprun traduisait lui-même certains de ses livres français en espagnol. Nous avons lié connaissance pour son dernier roman, « cent ans et un jour », qu'il avait écrit directement en castillan et qu'il ne voulait pas traduire. A partir de là nous nous sommes beaucoup rencontrés. Pour Manuel Rivas j'ai traduit d'abord avec Ramon Chao, le père du chanteur, « la langue des papillons » puis « l'éclat dans l'abîme » et « le crayon du charpentier » et j'ai travaillé sur son dernier livre à paraître en 2013, « todo es silencio ». A ses débuts Rivas écrivait en galicien, puis se traduisait lui-même en espagnol. L'exercice a été pour moi une belle école d'écriture, l'occasion d'entrer dans la peau d'un autre écrivain.

Marie-Louise Roubaud. Vous êtes né à Castres, au pied de la Montagne Noire d'un père républicain espagnol émigré.

Serge Mestre. Oui, mon père avait dix-sept ans quand il s'est engagé dans la guerre et il a été blessé, amputé d'un pied puis d'une jambe très tôt. Comme tous les enfants d'émigrés de cette époque qui avaient des prédispositions pour les études j'ai suivi les cours de l'Ecole Normale, j'ai été instituteur très jeune à Arfons dans le Tarn. Mais déjà je voulais devenir écrivain et je suis parti à Paris où j'ai été reçu par Roland Barthes et Alain Robbe-Grillet qui m'ont encouragé.

Marie-Louise Roubaud. Vous préparez un nouveau livre sur l'Espagne et Garcia Lorca.

Serge Mestre. Je voudrais achever mon triptyque sur l'Espagne, réhabiliter les destins et les identités des victimes de la guerre civile, qui sont dans des fosses communes et qui n'ont pas encore de nom.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 18:18

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/08/17/a-paris-des-kurdes-rassembles-contre-les-crimes-de-l-etat-islamique_4472547_3224.html

A Paris, des kurdes rassemblés « contre les crimes de l’Etat Islamique »

Les kurdes de France ont manifesté, Samedi 16 Août 2014 à Paris, pour dénoncer la situation de la minorité yézidie victime d’exactions par l’Etat Islamique en Irak. L’appel avait été lancé par la fédération des associations kurdes de France (FEYKA), qui regroupe une quinzaine d’associations. Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était aussi présent.

Près de trois mille personnes d'après les organisateurs, environ cinq cent selon la police, se sont retrouvées à la gare de l'Est pour rejoindre la place du Châtelet.

De nombreux drapeaux à l'effigie d'Abdullah Öcalan, le fondateur du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, organisation armée séparatiste), emprisonné en Turquie, flottent alors dans les airs.

Plusieurs personnes brandissent des pancartes pour montrer leur soutien aux kurdes d'Irak, menacés dans différentes villes, « Mossoul, Shengal, Makhmour, Qaradosh, vous n'êtes pas seuls », « alerte au génocide des kurdes yezidis » ou « le Kurdistan est allergique à l'Etat Islamique »

Unsal Aslan, président du centre de la communauté franco-kurde des Yvelines explique être présent pour « soutenir les kurdes de Shengal ou Makhmour qui, même s'ils sont yézidis, sont kurdes avant tout. Ce qu'ils vivent nous touche ».

Les yézidis forment une minorité kurde irakienne, adepte du zoroastrisme. Unsal Aslan est kurde originaire de Turquie, comme la majorité en France, et musulman sunnite mais cette différence n'a pas d'importance, explique-t-il.

Plusieurs manifestants insistent sur ce point et expliquent ne pas faire cas des religions des uns ou des autres afin d'éviter toute division.

D'ailleurs, à plusieurs reprises au cours du défilé, la foule chantera « nous sommes tous yézidis ».

Au moment où les grandes puissances ont accru leurs efforts pour couper le financement de ces extrémistes, armer les kurdes et aider les déplacés, responsables et témoins ont accusé samedi les djihadistes d'avoir perpétré un massacre dans un village du nord de l'Irak. Une équipe de TF1 a rencontré des réfugiés dont les propos accréditent ces soupçons.

Le représentant du PYD, le parti de l'union démocratique, Khaled Issa, originaire de Syrie, a tenu à s'associer à cette manifestation pour « contester les crimes perpétrés par les terroristes de l'Etat Islamique et soutenir la résistance des forces kurdes ». Il souhaite également qu'une aide humanitaire « significative » soit apportée par la France et l'Europe aux kurdes. « Depuis deux ans, en Syrie, nous luttons contre la même formation et nous n'avons jamais reçu un sou ou un paquet de riz. Les islamistes ont des armes alors que nos jeunes ne se battent qu'avec les moyens du bord », regrette-t-il, tout en saluant l’aide octroyée par François Hollande aux combattants kurdes irakiens.

« Mission de sauver l’histoire et le patrimoine kurde »

Pour sa part, Yekbun Eksen, représentant de la fédération des associations kurdes de France et l'un des organisateurs, attend « des actes plus concrets de la France. Plus de moyens pour cette mission d'éradication de l'Etat Islamique et un soutien politique aussi ». Il explique la présence de la diaspora kurde française à ce défilé comme révélatrice du respect qu'elle porte au yézidisme dont découlent la plupart des traditions, « on se sent investis d'une mission de sauver l'histoire et le patrimoine kurde ».

Dans la foule, Evin, une étudiante en communication de vingt-quatre ans, est venue car, dit-elle, « il est inadmissible que nos frères et sœurs meurent ainsi et subissent la répression juste car ils sont kurdes et pas musulmans. Notre peuple a tellement souffert ». La jeune femme participe aussi à ce défilé pour lutter contre le sentiment d'impuissance qui la tenaille. Arrivés place de la République, les manifestants s'assoient et déploient un long drapeau aux couleurs du Kurdistan. Les manifestants chantent « libérez Ocalan » ou scandent « PKK ».

Un peu plus loin Yamin, vingt-deux ans, lui aussi étudiant, raconte manifester depuis tout petit avec ses parents, réfugiés politiques originaires de Turquie.

Lui-même possède les deux nationalités. S'il est présent à ce défilé, c'est d'abord pour exprimer sa solidarité avec les kurdes d'Irak, victimes selon lui d'un « génocide. Nous avons déjà eu beaucoup de pertes », explique-t-il. La situation des kurdes en Irak fait aussi, d'une certaine manière, écho à sa propre histoire.

Ses parents et le reste de sa famille ont connu la répression en Turquie avant d'arriver en France en 1994, raconte-t-il, « ils n'avaient pas le droit de parler kurde, ils ont été torturés aussi ».

Yadigar, trente-deux ans, se débat elle aussi avec ses souvenirs douloureux. « Je ne suis toujours pas en paix », confie cette jeune mère qui s'est réfugiée en France voilà dix ans, laissant toute sa famille en Turquie. Alors qu'elle était étudiante, elle a été arrêtée et jugée pour avoir signé une pétition en faveur de la reconnaissance de la langue kurde. Aujourd'hui, elle veut montrer aux autres kurdes, chrétiens ou yézidis, qu'ils ne sont pas seuls et qu'elle compatit à leur sort. Elle déplore que depuis deux ans que les kurdes de Syrie se battent contre l'Etat Islamique dans l'indifférence, et « d'un coup, l'Europe et les Etats-Unis sont plus attentifs quand les victimes sont des chrétiens d'Orient ».

La jeune femme, comme beaucoup d'autres manifestants, approuve le geste de François Hollande, d'envoyer des armes aux combattants kurdes. Pour elle, l'idéal serait que d'autres pays s'en inspirent. Le rassemblement s'achève par plusieurs prises de parole de représentants religieux alévis et sunnites qui condamnent l'Etat Islamique et tous ceux qui commettent des crimes prétendument au nom de l'islam.

Avant de se disperser, place du Châtelet, la foule a entonné l'hymne kurde Ey Reqib.

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 18:09

http://www.liberation.fr/monde/2014/08/15/en-crimee-bon-gre-mal-gre-tout-le-monde-finira-russe_1081353

En Crimée, « bon gré mal gré, tout le monde finira russe »

Par Veronika Dorman, envoyée spéciale de Libération à Simferopol

Vendredi 15 Août 2014

Cinq mois après son rattachement à la Russie, la « naturalisation » accélérée de la région divise la population

« La Crimée et Sébastopol sont rentrés au port ». Cette citation du président russe, Vladimir Poutine, est affichée sur d’imposants panneaux publicitaires à chaque coin de rue de Simferopol, la capitale de la Crimée. Des drapeaux russes flottent sur les bâtiments administratifs, décorent quelques balcons. Au cours des deux premiers mois qui ont suivi le rattachement, plus de quatre-vingt pour cent des criméens ont obtenu un passeport russe. Les automobilistes se bousculent pour changer les plaques d’immatriculation. Si les tickets de caisse, dans la plupart des supermarchés, sont encore en grivnas, tous les prix sont désormais affichés en roubles, et la monnaie ukrainienne a totalement disparu de la circulation. Le processus de « naturalisation » de la Crimée, devenue quatre-vingt cinquième sujet de la Fédération de Russie, bat son plein.

Russophone, la péninsule est densément peuplée de russes, de naissance ou de nationalité, qui ne se sont jamais considérés comme des ukrainiens. La majorité d’entre eux (ils représentent soixante pour cent de la population) ont sincèrement souhaité le rattachement au puissant voisin, même si le résultat officiel du référendum du Dimanche 16 Mars 2014, 96,7% de « oui », est douteux. « Pour moi, l’annexion de la Crimée a eu lieu en 1991, quand la péninsule est passée à l’Ukraine », explique Larissa Moïsseeva, une simferopolienne de souche, d’origine russe. Cette employée d’une agence de publicité, mère de deux enfants, est intarissable sur le bonheur qu’elle éprouve à être rentrée au bercail. « Nous avons un avenir désormais, en Russie », renchérit son mari, Guennady, vendeur de meubles. Loin de les effrayer, la rigidité, voire l’autoritarisme du régime russe le rassure. Vladimir Poutine est « fiable », ses ministres sont « présentables ». L’ordre va enfin régner. Comme si la Russie ne souffrait pas de ces mêmes travers, corruption, arbitraire et injustice sociale, que ses citoyens fraîchement émoulus imputent à l’état ukrainien.

Polarisation. Larissa et Guennady sont tous deux fiers de leur fils, membre de la Samooborona, la milice locale qui, en secondant les soldats russes, a facilité l’arrimage de la Crimée à la Russie. Les criméens se disent aujourd’hui reconnaissants, convaincus pour la plupart que sans ces hommes armés, la péninsule aurait connu le même sort que l’est de l’Ukraine, où les forces de Kiev affrontent depuis cinq mois des combattants séparatistes pro russes. La polarisation entre « eux et nous », l’Ukraine et la Russie, affleure dans tous les discours. Aujourd’hui, les difficultés techniques et matérielles de la « période de transition » s’estompent face au soulagement « d’avoir évité le pire. L’euphorie dans laquelle s’est déroulé le rattachement est en train de retomber. Mais pour que les gens commencent à regretter leur choix, il va falloir que l’Ukraine se remette sur pied. Tant que c’est un pays en crise, la plupart considèrent que l’essentiel, c’est d’avoir évité la guerre », confirme un politologue de Simferopol, Dmitri Omeltechouk. « Du reste, le sentiment anti-ukrainien croît de jour en jour ici ».

Hostile. Cinq mois après le rattachement, ceux qui ne l’ont pas voulu, qu’ils soient d’origine russe, ukrainienne ou tatare, se sentent en territoire hostile. « Ils ont volé ma patrie, mes désirs, ma liberté. Ils m’ont volé l’Ukraine », se plaint Janna, qui n’est pas allée voter le jour du référendum. « C’est une annexion illégale. Comme tout ce qui en découle ». Originaire de la région de Donetsk, venue s’installer il y a cinq ans en Crimée, cette quadragénaire rondelette insiste pour garder l’anonymat.

Activement opposée à l’ingérence russe, Janna, avec d’autres activistes pro-Kiev, a porté secours, au printemps, aux officiers de l’armée ukrainienne qui avaient refusé de faire allégeance à la Russie et qui étaient assiégés dans leurs casernes par les forces pro russes.

Aujourd’hui, Janna se terre, en continuant d’espérer que la situation n’est pas irréversible. Et que la communauté internationale, qui ne reconnaît pas l’annexion de la Crimée, aidera Kiev à récupérer ce qui lui appartient. Selon diverses sources, depuis le référendum, entre quinze mille et dix-huit mille personnes auraient quitté la Crimée, ne voulant pas vivre en Russie.

Celles qui sont restées ne cachent pas leur angoisse. Mikhail, Ioulia, Katia et leurs amis se sont rencontrés lors des manifs anti-annexion. Désormais en territoire russe, ces trentenaires pro-ukrainiens n’ont plus le droit d’exprimer leur désaccord en public. Récemment, les lois sur le rassemblement ont encore été durcies par la Douma, tandis que les « appels au séparatisme », dont la remise en cause du nouveau statut de la Crimée, sont passibles de cinq ans de prison.

Menaces. Quand ils n’étaient pas en train de manifester sous les drapeaux ukrainiens, comme Janna, ces militants aidaient les soldats ukrainiens. Ils se sentent désormais en danger. « Nous sommes tous identifiés par les autorités », assure Ioulia. « Ils nous filmaient pendant les meetings. L’activité des ONG pro-ukrainiennes est suspendue ». Ces anciens activistes ont cessé de porter les couleurs de l’Ukraine, pour ne pas attirer l’attention des milices et éviter les remarques désagréables. Certains ont reçu des menaces. Tous sont traumatisés par l’arrestation, en mai 2014, du réalisateur Oleg Sentsov, actif sur le Maidan de Kiev et opposé à l’annexion. Transféré à la prison Lefortovo de Moscou, il est accusé par le FSB d’être à la tête d’un groupe terroriste planifiant une série d’attentats à Simferopol et encourt vingt ans de prison.

Quitter la Crimée n’est pourtant pas une option. « Nous sommes ici chez nous », répètent les jeunes gens, comme pour se convaincre eux-mêmes. Reste la résistance passive. Ne pas prendre la nationalité russe, soit en la refusant officiellement (les autorités ont ouvert une fenêtre de quatre semaines pour la démarche, qui permet par la suite d’obtenir un titre de séjour en tant que citoyen étranger), soit en essayant de vivre sans. Mais la Russie est un pays hautement bureaucratique et tout, de l’inscription des enfants à l’école à l’achat d’une carte SIM, se fait sur présentation du passeport. « Avec le temps, la vie deviendra très compliquée pour les étrangers. Bon gré mal gré, tout le monde finira par devenir russe », conclut Mikhail.

« Nous en avons connu d’autres, nous survivrons à cela aussi, c’est ce que l’on entend le plus souvent chez nous en ce moment », explique pour sa part Nadj Femi, une journaliste d’origine tatare. « Mais les tatars de Crimée vivent mal le changement de régime ». Ceux-ci représentent douze pour cent de la population locale (environ deux cent cinquante mille personnes) et ont massivement boycotté le référendum. Les relations de cette communauté musulmane turcophone avec la Russie sont pour le moins douloureuses, de l’annexion de la Crimée à l’empire russe par Catherine II (1783) à la déportation, sous Staline, de tout le peuple, accusé de collaboration avec les nazis, en 1944.

Malgré les déclarations de Poutine en faveur de la réhabilitation des tatars de Crimée, les nouvelles autorités régionales ont adopté une attitude intransigeante.

Les deux principaux leaders, Moustafa Djemilev et Refat Tchoubarov, ont été interdits d’entrée sur le territoire russe, et donc en Crimée, tandis que le Medjlis, l’assemblée représentative des tatars, est accusé d’activité extrémiste et menacé d’interdiction. Le patriotisme triomphant qui a embrasé la Russie, alimenté par la crise ukrainienne, semble avoir été importé en masse dans la péninsule, laissant peu de place, dans le discours public aussi bien que dans les esprits, à tout ce qui n’est pas russe. Sur le papier, la république autonome de Crimée a trois langues officielles et les écoles sont libres d’enseigner dans celle qu’elles préfèrent. Dans les faits, la russification en marche est particulièrement brutale dans le domaine scolaire. Naturellement, à partir de la rentrée, tous les établissements auront adopté les programmes et standards russes, puisqu’ils relèvent désormais du ministère de l’enseignement de Russie. Mais la suppression des classes à enseignement intégral en ukrainien ou en tatare (environ treize pour cent des élèves) alarme les parents concernés.

« L’enseignement en ukrainien est mort ici », s’indigne Valentina Samar, déléguée de parents d’élève dans la seule école à cent pour cent ukrainienne de Crimée, à Simferopol. En septembre, il ne restera plus qu’une seule classe ukrainienne (sur cinq) par niveau.

Langue. Samar dénonce des méthodes autoritaires et une pression sur les parents de la part de la direction. Selon les médias locaux, la plupart des écoles bilingues ou « nationales » vont complètement se russiser sur demande, justement, des parents. Léonid, professeur d’histoire dans un lycée de Simferopol, s’inquiète pour sa discipline, « l’histoire de l’Ukraine disparaît en tant que matière, et nous devrons désormais suivre les manuels russes et enseigner l’histoire de la Russie, dont les dirigeants, en ce moment, n’hésitent pas à réécrire celle de l’Ukraine ».

La question de la langue est d’autant plus sensible que pour asseoir sa propagande anti-ukrainienne, Moscou a accusé Kiev de préparer un « génocide des russophones » d’Ukraine.

En attendant, la Crimée somnole. La conséquence immédiate du changement de régime est l’échec de la saison touristique, principal moteur économique de la péninsule, qui attirait près de sept millions de visiteurs par an, dont soixante-cinq pour cent venaient d’Ukraine continentale. Moscou a bien tenté de mettre en place un programme de « tourisme patriotique », en incitant les entreprises d’état à envoyer leurs employés dans les sanatoriums de Crimée pour soutenir l’économie locale. Mais ces efforts n’ont visiblement pas réussi à remplir les hôtels et les pensions de familles, généralement surchargés à cette période. En juillet et en août, la saison était censée battre son plein, mais les plages sont restées vides « comme en automne », disent les habitants du coin.

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 17:38

Les kurdes avancent vers Mossoul avec l’appui de frappes américaines (Reuters)

Les peshmergas kurdes, mis en déroute par les combattants de l'Etat Islamique le mois dernier, progressaient Dimanche 17 Août 2014 en direction de Mossoul, la principale ville aux mains des djihadistes sunnites dans le nord de l'Irak, rapportent des témoins et un commandant kurde.

Les kurdes essaient en particulier de reprendre le contrôle du barrage de Mossoul, un ouvrage qui alimente en électricité et en eau toute la région, où l'armée américaine a mené plusieurs raids aériens.

Le commandement central de l'armée américaine a précisé dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche que neuf frappes de chasseurs et de drones avaient « détruit ou endommagé » un certain nombre de véhicules blindés.

Le porte-parole des peshmergas, Halgurd Hikmat, a déclaré que des avions américains avaient bombardé à plusieurs reprises des positions djihadistes au cours des vingt-quatre dernières heures.

« Avec l'aide de dieu, nous allons reprendre le contrôle du barrage aujourd'hui », a-t-il affirmé.

Selon un ingénieur travaillant au barrage, les combattants de l'Etat Islamique ont demandé aux civils vivant aux abords du barrage de partir et ont commencé à miner les routes menant à l'édifice.

Les kurdes ont repris les villes majoritairement chrétiennes de Batmaiya et Telaskaf, à une trentaine de kilomètres de Mossoul, ont rapporté des témoins. Les peshmergas ne s'étaient pas approchés aussi près de Mossoul depuis qu'elle est tombée entre les mains de l'Etat Islamique en juin.

Les djihadistes ont renforcé les contrôles routiers aux entrées de la grande ville du nord de l'Irak, ont rapporté des habitants.

Dans un premier temps submergés par la supériorité militaire de l'Etat Islamique, qui s'est emparé des armes lourdes abandonnées par l'armée irakienne lors de sa déroute en juin, les kurdes ont depuis reçu le soutien des Etats-Unis et de plusieurs pays de l'Union Européenne, dont la France, qui ont commencé à leur livrer des armes ou se sont engagés à le faire.

Ce soutien risque cependant d'encourager les ambitions indépendantistes des kurdes, que le nouveau premier ministre irakien, le chiite Haïdar al Abadi, va devoir s'employer à contenir.

ENTRAÎNEMENT MILITAIRE POUR LES YAZIDIS

Dimanche, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier s'est prononcé contre la création d'un état kurde indépendant, au lendemain d'une visite en Irak pendant laquelle il s'est entretenu avec Haïdar al Abadi à Bagdad et avec le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, à Erbil.

« Un état kurde indépendant déstabiliserait un peu plus la région et créerait de nouvelles tensions, y compris avec les voisins de l'Irak », a estimé Frank-Walter Steinmeier dans un entretien publié par le journal allemand Bild am Sonntag.

Le ministre faisait notamment allusion à la Turquie et à l'Iran, qui abritent une forte minorité kurde.

« C'est pour cela que j'espère que l'unité de l'Irak sera préservée », a-t-il ajouté.

Pour l'heure, la priorité des pays occidentaux reste d'enrayer l'offensive des djihadistes, qui ont massacré des centaines de personnes et poussé sur le chemin de l'exil des dizaines de milliers d'autres, en particulier des membres des minorités religieuses comme les chrétiens et les yazidis.

Dimanche, une centaine de yazidis ont manifesté dans la ville kurde de Dohouk pour dénoncer le refus des forces de sécurité kurdes de les laisser fuir en Turquie.

« Les peshmergas ne sont pas capables de nous protéger. L'Etat Islamique est venu dans nos villages et a tué des centaines de personnes. Nous ne voulons pas rester en Irak car ils nous tueront un jour ou l'autre », a déclaré Nadia, une manifestante âgée de vingt ans.

D'autres yazidis ont en revanche réussi à franchir la frontière avec la Syrie, où des centaines d'entre eux ont commencé à recevoir une formation militaire dispensée par des combattants kurdes pour participer à la lutte contre l'Etat Islamique.

Selon un membre de la milice kurde syrienne YPG et un photographe de Reuters qui s'est rendu dimanche dans un camp d'entraînement sur la base militaire de Serimli, à Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, les yazidis apprennent notamment à se servir de fusils d'assaut et de lance-roquettes.

« Les civils yazidis veulent rester en Syrie parce que c'est plus sûr mais les volontaires sont déterminés à retourner en Irak pour se battre », assure le milicien.

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 16:14

http://www.forafreeegypt.blogspot.fr/2014/08/the-egyptian-revolutionary-councils-erc.html

Le porte-parole de l’Egyptian Revolutionary Council commente le rapport de Human Rights Watch sur le massacre de « Rabaa » du Mercredi 14 Août 2013.

Mardi 12 Août 2014

La publication du rapport de Human Rights Watch un an après les massacres de Rabaa et d’al Nahda porte plusieurs messages.

Tout d'abord, il confirme que ce qui s'est passé à Rabaa et al Nahda est un crime prémédité pour tuer des milliers de citoyens innocents, et enterrer la révolution égyptienne.

Deuxièmement, il confirme que notre combat contre le coup d'état fasciste et son terrorisme n'est pas une lutte de pouvoir entre les frères musulmans et l'armée, mais que c'est la bataille du peuple égyptien dans son ensemble. Il est encore un combat de tous les peuples du monde pour préserver la liberté et les droits humains, qui ont été violés depuis le coup d'état militaire du Mercredi 3 Juillet 2013.

Troisièmement, il s'agit d'un message aux égyptiens et à tous les peuples arabes qui ont été induits en erreur par les médias égyptiens corrompus. Peut-être qu'ils reconnaîtront et qu’ils rejetteront ces médias, qui manipulent le peuple tous les jours.

Quatrièmement, la désignation des responsables dirigés par Abdel Fattah al Sisi, Mohamed Ibrahim et Medhat al Minshawi est la première étape sur la route pour les mettre en jugement eux et leurs partenaires.

Le rapport a été publié immédiatement après l'annonce de la création de l’Egyptian Revolutionary Council pour prouver aux sceptiques que le conseil et toutes les oppositions au coup d'état avaient raison de rejeter le coup d'Etat et tout ce qu’il impliquait.

Vive la lutte du peuple égyptien. Vive la révolution égyptienne, gloire aux martyrs et aux blessés.

Mohamed Sherif Kamel, porte-parole de l’Egyptian Revolutionary Council

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:39

http://www.liberation.fr/monde/2014/07/14/djemilev-chef-tatar-d-une-crimee-deux-fois-mutilee_1063795

Moustafa Djemilev, chef tatar d’une Crimée deux fois mutilée

Par Hélène Despic Popovic, envoyée spéciale de Libération à Kiev

Lundi 14 Juillet 2014

Déporté en 1944 comme des dizaines de milliers de membres de cette communauté turcophone, revenu dans la péninsule en 1986, le leader est à nouveau privé de sa terre natale, annexée par la Russie en mars 2014.

Les tatars de Crimée risquent d’être de nouveau contraints à l’exode. A Kiev, où il occupe un petit bureau dans un immeuble alloué à la communauté, la question hante Moustafa Djemilev, l’homme qui les représente au parlement ukrainien.

Victime de la déportation ordonnée par Staline en 1944 pour punir la communauté d’une prétendue collaboration avec le régime nazi, le leader historique des tatars de Crimée a passé toute sa vie de jeune homme à se battre pour retrouver la patrie qui lui avait été arrachée à l’âge d’un an seulement. A soixante et onze ans, celle-ci vient de lui être enlevée de nouveau. Une fois la Crimée annexée par Moscou, une des premières mesures du nouveau tsar, Vladimir Poutine, a été d’interdire l’entrée en Russie de Moustafa Djemilev, le bannissant de facto de sa région natale.

« Goulag ». Petit, vraiment tout petit, presque nain, l’homme aux mains délicates et aux yeux pétillants, tantôt espiègles, tantôt frondeurs, se souvient de sa dernière visite au pays. C’était le 17 avril 2014, un mois après l’annexion de la péninsule par la Russie.

« Une cinquantaine de voitures tatares étaient venues me chercher à la frontière pour m’accompagner jusqu’à Simferopol. Chaque voiture arborait un drapeau tatar et un drapeau ukrainien. Des conducteurs klaxonnaient en signe de soutien. Une femme a pleuré en voyant les drapeaux. Mais les russes ont considéré que notre intention était de provoquer des incidents entre les peuples. Quand j’ai quitté la Crimée, les gardes-frontières m’ont lu un papier m’interdisant l’entrée sur le territoire russe jusqu’au 19 avril 2017. J’ai ri et leur ai dit que « la dernière fois que j’ai été dans votre Russie, c’était en 1986, quand j’ai été libéré de Magadan, un des camps les plus sévères de l’archipel du Goulag, en Sibérie, et je n’ai pas envie d’y retourner ». Ils ont rétorqué que « la Crimée, c’est la Russie ».

Aux diplomates occidentaux qui ont demandé des éclaircissements, le Kremlin a répondu que c’était là une invention du leader tatar pour se faire de la publicité. « Alors, j’ai décidé d’y retourner. Le 2 mai, j’ai pris un billet d’avion à Kiev pour Moscou et Simferopol. A l’aéroport de Cheremetievo, à Moscou, un agent du FSB m’a dit que j’étais interdit de séjour en Russie et m’a donné un billet de retour. A mon arrivée à Kiev, j’ai pris une voiture pour la Crimée. De nombreux tatars sont venus me rejoindre à Kherson, à quelques dizaines de kilomètres, pour m’accompagner jusque là-bas. Mais nous n’avons pas pu nous approcher du poste de contrôle. Des militaires avaient disposé un cordon de voitures blindées, comme si nous étions en guerre. Il y avait des snipers. Derrière eux, quelque huit cent voitures de tatars, soit trois mille à quatre mille personnes. Quand ils se sont approchés, les soldats russes ont tiré en l’air. Nous nous sommes jaugés pendant des heures. Un député de la Douma russe m’a proposé d’intercéder auprès de Poutine. J’ai dit que je n’ai rien à demander à un président qui occupe mon pays. C’est à lui d’ordonner à ses chiens de me laisser passer ».

Le temps s’écoule, et le leader tatar décide finalement de rentrer à Kiev. « J’ai dit que j’allais partir à condition que tous ces gens ne subissent pas de représailles. Les russes ont accepté, mais ils ont pris les numéros de plaque des voitures et ils ont été convoqués au tribunal. Ceux qui étaient à pied ont dû payer dix mille roubles d’amende, ceux qui étaient en voiture ont dû payer quarante mille roubles. C’est presque mille euros, une vraie pression économique ».

Perestroïka. A cette évocation, l’homme part dans ses souvenirs. « Je me rappelle le jour de la mort de Staline, le 5 mars 1953, j’avais dix ans. J’étais à l’école quand on l’a apprise. Tout le monde pleurait, professeurs comme élèves, mais pas nous, les tatars. L’un d’eux m’a dit d’aller chercher des oignons pour nous frotter les yeux, car si nous ne pleurons pas, nos parents seront arrêtés ». La déportation a été terrible, en trois jours, du 18 au 20 mai 1944, près de six mille personnes ont été arrêtées et plus de cent quatre-vingt mille personnes expulsées de leur terre natale, entassées dans soixante-sept convois ferroviaires.

Environ huit mille décéderont en route. Mais le calvaire des tatars de Crimée ne s’est pas arrêté là. Près de la moitié des personnes déportées sont mortes au cours des deux années qui ont suivi, selon une étude du mouvement national tatar de Crimée, qui a recensé près de cent neuf mille décès.

La mort du tyran soviétique n’a pas automatiquement entraîné la fin des maux qui frappent ce peuple turcophone. Son successeur, Nikita Khrouchtchev, s’il mentionne les peuples déplacés dans son fameux discours de 1956 sur les crimes de Staline, en énumérant par leurs noms (tchétchènes, ingouches ou balkars), il range les tatars dans la rubrique « et les autres ».

« L’attitude des soviétiques envers notre communauté est restée négative », raconte Djemilev.

En 1961, le jeune homme veut entrer à l’université pour étudier les langues orientales. « La commission d’entrée me conseille alors de ne pas me présenter au concours. Il existe, dit-elle, une circulaire qui interdit à l’université de prendre les tatars de Crimée. On pouvait entrer dans certaines facultés, mais pas dans celle de journalisme, par exemple. De cette époque, nous avons des professeurs de russe ou des ingénieurs en bâtiment, mais pas de juristes, pas d’historiens, pas de journalistes. Quand j’ai demandé pourquoi nous interdire l’étude de la langue et de la littérature arabes ? On m’a répondu que c’était là qu’on formait les agents secrets qui allaient opérer au Proche-Orient ».

Tchétchènes et ingouches obtiennent en 1957 le droit de rentrer chez eux. Pas les tatars, qui « ne sont pas reconnus comme une nation avec une culture, une histoire, un territoire ». La Crimée est le lieu où « les fonctionnaires soviétiques méritants recevaient un appartement pour passer leur retraite », pas l’Ingouchie ou la Tchétchénie. « Pendant toutes ces années, on a installé des gens pour remplacer les tatars ».

Ce n’est qu’en 1967 qu’il est permis à ce peuple puni de retourner chez lui. « Il y avait cette circulaire qui autorisait les tatars à s’installer où ils voulaient sur le territoire de l’union soviétique, mais les fonctionnaires avaient en même temps reçu l’instruction de ne pas donner trop de propiska (enregistrement obligatoire nécessaire pour trouver du travail et inscrire ses enfants à l’école) aux tatars ». Résultat de cette politique, « douze mille tatars viennent s’installer en 1967 et en 1968, mais cent cinquante seulement obtiennent une propiska. Les autres doivent repartir », souligne Djemilev.

La perestroïka, lancée par Mikhaïl Gorbatchev, annonce un vent de changement. « Le pouvoir faisait tout pour empêcher les gens de s’installer, les fonctionnaires ne délivraient pas les documents aux tatars qui achetaient des maisons aux russes. Avec l’explosion de l’URSS, ces retours sont devenus inévitables ».

En 1990, cent vingt mille étaient déjà de retour. Mais les problèmes qu’ils ont rencontrés n’ont pas tous été surmontés facilement. « Les tatars disaient que si vous ne pouvez pas nous rendre nos maisons, donnez-nous au moins des terres. On leur répondait qu’elles appartenaient aux kolkhozes ou aux sovkhozes. Alors ils ont lancé un mouvement d’occupation des terres. C’était illégal, mais sans cela, ils n’auraient jamais pu rentrer ».

« Faux référendum ». Quand la Russie a annexé la Crimée en mars 2014 pour punir l’Ukraine de lui préférer l’Union Européenne, il y avait environ deux cent quatre-vingt mille tatars là-bas (soit douze pour cent d’une population composée à soixante pour cent de russes ethniques, le reste étant des ukrainiens). Selon Djemilev, quinze mille ont, entre mars et juin, quitté la région (l’ONU parle de dix mille à onze mille). A l’arrivée des soldats russes, les tatars sont restés calmes. « Le pouvoir a essayé de nous acheter », affirme Djemilev, qui a alors parlé par téléphone avec Poutine. Une majorité de tatars a considéré le vote de rattachement à la Russie comme un « faux référendum ».

Selon ses chiffres, entre huit cent et mille tatars ont mis leur bulletin dans l’urne lors de ce scrutin, auquel trente pour cent à quarante pour cent des électeurs (et non quatre-vingt-deux pour cent, comme le dit la version officielle) ont voté.

« Quatre-vingt-dix-huit pour cent des tatars veulent vivre en Ukraine. Même si le pays n’est pas un idéal de démocratie, la situation y est meilleure qu’en Russie. La Russie exige que les tatars prennent la nationalité russe. Ceux qui ne le feront pas vont devenir des étrangers. Ils vont devoir obtenir des titres de séjour de six mois, puis quitter le territoire pour pouvoir demander un nouveau permis de quatre-vingt-dix jours, telle est la loi russe pour les étrangers. Ceux qui n’auront pas pris le passeport ne pourront pas travailler dans l’administration. Nous n’avons pas connu une telle humiliation depuis la déportation. Je ne pense pas qu’on nous mettra dans des wagons pour l’Ouzbékistan, comme en 1943 », se reprend le leader historique de la communauté.

« La politique russe ressemblera plutôt à celle de Catherine II qui, en 1783, avait dans un manifeste promis de faire le bonheur des tatars, puis avait dans le même temps convoqué les leaders militaires et intellectuels de la nation et les avait tous fait décapiter. Les autres, ceux qui avaient fait serment de fidélité, avaient été appelés à la cour. Aujourd’hui, il en va de même. Ceux qui n’iront pas à la cour seront poussés vers la sortie ».

Le 18 mai 2014, les tatars de Crimée n’ont pas pu commémorer en grande pompe le soixante-dixième anniversaire de leur déportation par Staline. Le 9 mai 2014, Vladimir Poutine avait par contre célébré en conquérant sur la péninsule le soixante-neuvième anniversaire de la victoire du généralissime sur le nazisme. Gloire au vainqueur, malheur aux vaincus.

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:01

http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/17/10-000-manifestants-paix-a-tel-aviv-voix-manquante-disrael-254246

Dix mille manifestants pour la paix à Tel Aviv

La voix manquante d’Israël

Par Pierre Haski

C’est la plus grande manifestation d’israéliens en faveur de la paix depuis le début de la guerre de Gaza, il y a plus d’un mois, environ dix mille personnes réunies Samedi 16 Août 2014 place Yitzhak Rabin, à Tel Aviv, sous le slogan « changer de cap, vers la paix, pas la guerre ».

Sans doute fallait-il l’arrêt des combats pour que les israéliens se sentent autorisés en plus grand nombre à rompre avec la politique de l’état, les manifestations précédentes ayant réuni moins de monde.

Certains partis de gauche, comme le Meretz, ou des groupes comme la Paix Maintenant, avaient refusé de se joindre aux manifestations alors que les roquettes du Hamas étaient tirées en direction des villes israéliennes. Ils étaient présents samedi soir.

« Il faut se réveiller »

En particulier l’écrivain David Grossman, l’un des principaux soutiens de la Paix Maintenant, un groupe fondé il y a plus de trente ans, a pris la parole samedi soir pour dire « qu’on ne pourra pas respirer pleinement en Israël tant que Gaza étouffe. Nous serons toujours les voisins des habitants de Gaza. Nous devons vivre ensemble ».

Le journaliste Charles Enderlin a relevé que David Grossman, qui a perdu un fils dans la guerre du Liban en 2006, a souligné que le nationalisme, le fanatisme et le racisme, ont fait irruption dans la société israélienne sans la moindre honte. « Il faut se réveiller », a-t-il dit.

Les manifestants tentent de faire pression pour que les négociations qui reprennent ce dimanche au Caire entre Israël et les palestiniens pour consolider le cessez-le-feu temporaire à Gaza aboutissent, et pour que s’engagent de véritables négociations de paix.

Pour les organisateurs, cités par le site israélien 972, « il faut empêcher un nouveau round de combats. Il n’y a pas de solution militaire, il faut une solution politique ».

Courants minoritaires

Les courants politiques représentés à cette manifestation sont toutefois devenus nettement minoritaires en Israël, si l’on en croit les derniers sondages. Ils ont donc une force morale, et veulent montrer au monde, et aux palestiniens, que la société israélienne n’est pas monolithique, mais ils pèsent peu dans les décisions.

La coalition autour de Benyamin Netanyahou, qui va du centre à l’extrême droite la plus dure est certes divisée, mais s’appuie sur une opinion qui a glissé sensiblement à droite au fil des années.

Le gouvernement s’en prend d’ailleurs durement à cette opposition pacifiste, parfois accusée de « trahison ». Vendredi 15 Août 2014, le quotidien libéral Haaretz dénonçait une « chasse aux sorcières » contre la gauche et les défenseurs des droits de l’homme. En particulier, le quotidien évoquait le cas de l’organisation B’Tselem, qui a été sortie de la liste des institutions accueillant des jeunes pour le « service civil ».

Il était jusqu’ici possible pour les jeunes israéliens, au lieu de passer trois ans, deux pour les femmes, dans l’armée, d’effectuer un « service civil » au sein de cette ONG, qui critique les exactions de l’armée, notamment dans les territoires occupés.

« Mensonges et calomnies »

Dénonçant une « organisation qui travaille contre l’état et contre ses soldats qui sacrifient héroïquement leur vie », le directeur de l’administration du service civil, Sar-Shalom Jerbi, cité par la Tribune de Genève, a accusé B’Tselem de « propager mensonges et calomnies pour servir les ennemis d’Israël et encourager l’antisémitisme à travers le monde ».

L’ONG a, elle, dénoncé une attaque contre la démocratie et lancé une pétition de soutien en ligne.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 18:35

VERITE EN IRAK MENSONGE EN SYRIE

Mon dernier message relatif à la guerre de Syrie date de décembre 2013.

J’y constatais et j’y dénonçais, comme dans tous mes messages relatifs à la guerre de Syrie depuis 2011, le processus d’afghanisation de la guerre de Syrie et je faisais un sombre pronostic relatif à la propagation des métastases du cancer syrien dans tous les pays de la région.

Depuis des mois, les manifestations de cette généralisation régionale du cancer syrien sont surabondantes, la manifestation la plus spectaculaire est bien évidemment l’effondrement de l’état irakien.

En janvier 2014, l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) prenait Falloujah pratiquement sans combat. Falloujah est le symbole de la résistance irakienne contre la double occupation américaine et iranienne depuis son siège et sa destruction par l’armée américaine en 2004. Le gouvernement Maliki et l’armée irakienne roulaient des mécaniques et promettaient une contre-offensive fulgurante à Falloujah. Cette contre-offensive n’arrivait jamais.

En juin 2014, c’était la répétition de l’histoire à Mossoul. EIIL prenait Mossoul en un jour pratiquement sans combat. Maliki promettait une contre-offensive rapide. Sistani appelait à la guerre sainte. La contre-offensive n’arrivait pas et échouait lamentablement à Tikrit.

Enfin, en août 2014, des bombardements de l’aviation américaine et des violents combats cette fois ci entre EIIL et les peshmergas kurdes mettaient un premier coup d’arrêt provisoire à l’offensive d’EIIL.

Quand on fait la comparaison entre le massacre à l’arme chimique de l’armée d’Assad dans la ghouta syrienne en août 2013 et les massacres d’EIIL contre les chrétiens et les yazidis d’Irak un an plus tard en août 2014, cette comparaison est cruelle et tragique pour la stratégie américaine et occidentale au Moyen Orient.

En août 2013 en Syrie, Obama et les gouvernements occidentaux annonçaient des bombardements aériens contre Assad. Obama faisait des grands discours, c’était l’équivalent en sens inverse des armes de destruction massive de Bush, selon lesquels il avait besoin d’une coalition internationale et d’un vote du congrès américain, lequel congrès était bien évidemment en vacances.

Finalement, il n’y avait ni vote du congrès américain, ni coalition occidentale, ni bombardements aériens contre Assad.

Un an plus tard en Irak, Obama n’avait plus besoin ni du vote de son congrès, ni de coalition occidentale, il utilisait à nouveau comme ses prédécesseurs l’arme des bombardements aériens unilatéraux.

Un petit détail, un épisode de la guerre de Syrie nous échappait complètement.

La ville de Rakka est une ville de deux cent mille habitants du centre de la Syrie, c’est une capitale provinciale, c’était une des provinces de Syrie dans laquelle il y avait le moins de manifestations contre Assad, le moins de combats entre l’Armée Syrienne Libre et l’armée d’Assad.

En mars 2013, l’armée syrienne quittait Rakka pratiquement sans combat.

Trois mois plus tard, en juin 2013, un petit groupe de la résistance syrienne, le futur EIIL, c’était pratiquement son acte de naissance, arrivait à Rakka. Il établissait son quartier général au siège du gouverneur de Rakka. Assad favorisait outrageusement EIIL et l’aviation syrienne ne bombardait jamais le siège du gouverneur de Rakka.

La résistance syrienne tombait dans le piège, elle considérait pendant des mois EIIL comme une composante de la résistance comme les autres. Six mois plus tard, en janvier 2014, les combats entre ASL et EIIL commençaient, c’était une guerre dans la guerre, ils faisaient eux aussi au moins mille morts, mais c’était trop tard, et nous connaissons la suite.

Bernard Fischer

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 17:50

http://www.souriahouria.com/21082014-paris-rassemblement-massacre-a-larme-chimique-du-21-aout-2013

Massacre à l’arme chimique du Mercredi 21 Août 2013

L’impunité un an après

Rassemblement Jeudi 21 Août 2014 à 18 heures à Paris Place Saint Michel

Premiers Signataires

Collectif Urgence Syrie, Souria Houria, Coordination de Paris pour le soutien à
la révolution syrienne, Déclaration de Damas, Collectif du 15 mars, Association des Amis de Samir Kassir, CISLD (Comité d’Information pour une Syrie Libre et Démocratique), Appel Solidarité Syrie, LDH, MRAP, ATTAC, UJFP, REMDH, Mouvement Émancipation, Europe Ecologie Les Verts, NPA, Appel d’Avignon pour la solidarité avec le peuple syrien

Il est impensable que le funeste anniversaire du massacre à l’arme chimique perpétré par Bachar al Assad, le 21 août 2013, soit commémoré dans l’indifférence générale.

Ce jour du mois d’août 2013, sur les quartiers sud et ouest de la périphérie de Damas, l’armée de Bachar al Assad a lancé des missiles balistiques sol-sol contenant du gaz sarin faisant plus de mille victimes, notamment des centaines d’enfants. À l’encontre de ceux qui continuent de distiller une forme de négationnisme concernant cette attaque chimique, rappelons que la commission d’enquête mandatée par l’ONU confirme les allégations d’utilisation de gaz sarin par le régime, avec des preuves accablantes et irréfutables. Le 9 septembre 2013, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a qualifié devant le conseil de sécurité de l’ONU de crime de guerre cet acte barbare, et il a demandé que les responsables de ce crime soient présentés à la justice.

Malheureusement les grandes puissances, par un aveuglement irresponsable et par lâcheté, ont fait peu de cas du franchissement de la « ligne rouge » par Bachar al Assad le 21 août 2013, lui donnant par là-même le droit de continuer à massacrer son peuple en toute impunité. Les bombardements d’habitations par des barils de chlore ou d’explosifs continuent de semer la mort et la désolation dans une indifférence quasi générale. La liste des syriens morts sous la torture dans les geôles du régime ne cesse de s’allonger. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas été saisie.

Bachar al Assad, peut ainsi continuer à martyriser le peuple syrien et ses enfants,
partageant son entreprise de mort avec celle des intégristes qu’il a aidés à prospérer aux dépens des démocrates syriens jusqu’à l’actuel embrasement de toute la région.

Après quarante-trois années de dictature et quarante mois de révolution pour une Syrie libre et démocratique, nous réaffirmons avec force notre exigence de mesures de protection du peuple syrien lui donnant les moyens d’en finir avec la destruction du pays, les bombardements et la terreur d’état. Nous en appelons à une solidarité en acte et à une mobilisation de toute la société française pour soutenir ceux qui se battent pour le respect des droits humains contre la dictature et contre les groupes obscurantistes. Cela passe notamment par une aide humanitaire décuplée. Nous demandons que la France et l’Union Européenne aident les syriens à arrêter le massacre des populations et la destruction d’un inestimable patrimoine de toute l’humanité, et à reprendre la main sur leur avenir.

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 17:33

http://www.patrice-leclerc.org/121-gennevilliers/3137-palestine-rassemblement-le-20-aout-a-18h30

Appel du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Rassemblement Mercredi 20 Août 2014 à 18 heures 30 à Paris Esplanade des Invalides

Halte à l'agression israélienne

Levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza

Libération de tous les prisonniers

Sanctions immédiates contre Israël jusqu'au respect du droit international

Soutien à la résistance du peuple palestinien

Oui à la liberté d'expression, non à la criminalisation de la solidarité

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