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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:12

http://www.okeanews.fr/20141208-en-grece-les-emeutiers-sont-aussi-des-policiers-en-civil?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=News+du+jour

En Grèce, les émeutiers sont aussi des policiers en civil

Les émeutes de samedi ont encore montré ce que peu de médias précisent concernant la Grèce, des policiers en civils font office d’agents provocateurs et n’hésitent pas à endommager les biens publics. De nombreux témoignages attestent encore de ces faits lors des violences du Samedi 6 Décembre 2014.

Plusieurs vidéos intéressantes ont été filmées samedi dernier lors des émeutes importantes qui ont eu lieu dans plusieurs villes du pays après les manifestations en souvenir de la mort d'Alexis Grigoropoulos, assassiné par un policier le 6 décembre 2008 alors qu'il avait quinze ans.

Sur une vidéo filmée dans le quartier d'Exarchia à Athènes et postée sur YouTube par la radio Sto Kokkino, on peut voir clairement ce qui pourrait ressembler à « une bande de hoodies ou d'émeutiers violents » passant derrière une équipe de la police anti-émeute qui, « surprise », ne réagit pas.

Comme le précise Kostas Kallergis sur son blog, on ne parle pas ici de rumeurs ou de théorie du complot, mais bien de faits concrets qui ont été observés lors de nombreuses manifestations ces dernières années.

« Les manifestants grecs mentionnent souvent l'existence de policiers en civil et d'agents provocateurs infiltrés dans les manifestations en Grèce. J'avais l'habitude de croire que c'était une sorte de théorie du complot jusqu'à ce que je commence à assister à des manifs après 2009. Les médias internationaux ont été réticents à signaler cela, à quelques exceptions près, avec des correspondants ayant de la difficulté à croire que de telles pratiques totalitaires sont encore utilisées aujourd'hui dans un pays de l'Union Européenne ».

Même constat pour Yiannis Baboulias, journaliste pour plusieurs médias anglophones, concernant les épisodes de samedi, « on les a vus clairement et cela est confirmé par moi et par d'autres comme le Huffington Post Grèce ».

Yiannis Baboulias précise par ailleurs sur twitter, « pour clarifier sur l'incident de la nuit dernière, j'ai vu un groupe de cinquante personnes qui ressemblaient à des blacks blocks et des manifestants qui se dirigeaient vers Exarchia. Au début, je pensais que c'étaient des manifestants, et que l'escouade anti-émeute en face de moi allait charger. Mais j'ai entendu leur radio leur disant de faire marche arrière. Quand je les ai vus de près, ils avaient tous des écouteurs et plus tard ils ont été photographiés brisant et brûlant des choses autour d'Exarchia.

« La députée de Syriza María Bólari a vu, Samedi 6 Décembre 2014, un policier incendier une benne à ordures au centre-ville d’Athènes et d’autres policiers insulter les citoyens, passants comme manifestants. Et à Thessalonique au même moment, des policiers brisaient les vitres du bâtiment de la centrale ouvrière intersyndicale pour y projeter des grenades chimiques sur les manifestants qui s’y étaient enfermés. Même attitude à Athènes, lorsque les forces des MAT sont descendues dans la station du métro située sous la place Omónia, dans une véritable chasse à l’homme inondant la station de leur gaz si familier ».

Sur une autre vidéo, cette fois diffusée par la chaîne Mega, vraisemblablement lors de la manifestation dans la ville de Patras, dans le Péloponnèse, on peut voir deux policiers anti-émeute placer un cocktail Molotov dans un sac à dos.

Là encore, ces pratiques sont connues en Grèce, elles visent la plupart du temps à impliquer des manifestants en les arrêtant et en leur présentant un soit disant sac à dos qui leur appartiendrait et qui, bien sûr, contient pierres ou cocktails Molotov.

Un photographe-reporter m'a même raconté que, lors d'une de ces manifestations, il s'est fait arrêter par un membre de la MAT (CRS) qui lui a demandé d'ouvrir son sac. Le policier était prêt à y mettre des pierres quand il s'est aperçu que le sac contenait des objectifs. Il l'a donc laissé partir, se disant sans doute que sa crédibilité serait en doute s'il revenait au poste avec un photographe-reporter accusé d'avoir des pierres dans son sac à dos qui contient du matériel photographique.

Mais samedi soir, encore, des CRS ont été observés en pleine séance de punching-ball

Et puisque depuis quelques semaines, la police anti-émeute poursuit jusque dans les habitations ou les bâtiments publics, la défense s'organise, comme à Thessalonique.

Et comme les MAT avaient sans doute encore soif, ils ont à nouveau attaqué le kiosque d’Exarchia, blessant une personne au passage avec une grenade assourdissante.

Alors dormons tranquille, la démocratie grecque d’Antonis Samaras est toujours en pleine forme.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:48

http://www.bbec.lautre.net/www/spip_truks-en-vrak/spip.php?article4877

http://blogs.lavanguardia.com/paris-poch/2014/11/09/podemos-en-paris-53500

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=192030

Podemos à Paris

Par Rafael Poch

Dimanche 9 Novembre 2014

Au sein du domino européen, l’hypothèse d’une réaction en chaîne est d’actualité, si Syriza gagne en février 2015 et Podemos s’installe à Madrid, la France s’éveillera.

Un des collaborateurs de Pablo Iglesias, Jorge Lago, est passé par Paris.

Cette visite constitue une nouvelle preuve de la fascination que le phénomène Podemos suscite dans la gauche française. Jorge Lago fut interviewé par quelques-uns des principaux médias alternatifs français tels que Mediapart, cent mille abonnés et une rédaction de cinquante membres, déjà une source et une référence incontournables pour les médias conventionnels, ou Arrêt sur Images, un espace d’analyse des médias, avec vingt-cinq mille abonnés dirigé par Daniel Schneidermann. Jorge Lago, qui a séjourné pendant un an à Marseille il y a treize ans, parle un bon français et s’en est très bien sorti.

Ces « garçons dégourdis » que nous avons interviewés à Berlin en mai 2014 à la veille des élections européennes, sont dorénavant un facteur primordial de la politique espagnole, à un tel point que l’hypothèse qu’ils gouvernent en Espagne, avec, dans leur orbite, des mairies importantes, Madrid, Barcelone et autres grandes villes, n’est plus du tout une plaisanterie.

Chez Podemos, il y a des gens qui ont la tête sur les épaules, comme le démontre leur capacité à avoir dépassé le paradigme de ce qui reste de la gauche antifranquiste, dont le message principal, que quatre-vingt-dix pour cent de la société espagnole perçoit clairement, est « ne vote pas pour moi ». Podemos vise la prise du pouvoir par la voie institutionnelle. Il a compris que son adversaire n’était pas la « droite » mais quelque chose de beaucoup plus vaste et prééminent, une oligarchie dont l’orientation et le programme portent préjudice à quatre-vingt-dix pour cent de la population.

C’est pour cela que la tactique de Podemos est la même que celle mise en avant par le plébiscite chilien de 1988, immortalisée dans le film de Pablo Larraín, « no ».

L’Amérique Latine en a été une source d’inspiration. Là-bas, différents mouvements et dirigeants ont réussi à accéder au pouvoir grâce à une écrasante majorité populaire mise à mal. On les appelle « populistes » mais, tout d’abord, ce qualificatif ne déplaît pas aux cerveaux de Podemos, ils ont lu Ernesto Laclau, « la raison populiste », 2005, car leur point d’appui est le bon sens et non pas le catéchisme radical, ensuite, car ils prennent acte qu’après maintes décennies d’échecs, ces mouvements et leurs dirigeants, avec tous leurs défauts et insuffisances, ont accompli de véritables transformations. Où est-il passé aujourd’hui le consensus de Washington en Amérique Latine ?

La différence entre le monde d’aujourd’hui et celui des années soixante est que de nos jours un simple programme social-démocrate incluant l’élargissement de l’état social, le nivellement fiscal et la nationalisation de la banque et des services publiques de base, est considéré comme un programme de « gauche radicale », explique Jorge Lago. Il a raison, le dirigeant allemand Oskar Lafontaine, la figure majeure du spectre de la « gauche radicale » en Europe, est tout simplement un social-démocrate.

En Amérique Latine, le seul fait de s’occuper d’une majorité de la population exclue en lui allouant du budget, a transformé des personnes comme Hugo Chavez, Evo Morales ou Rafael Correa, un social-chrétien, en quasi révolutionnaires.

La stratégie de Podemos fascine la gauche française, précisément parce qu’elle tombe à pic dans son débat. Le Parti Communiste Français, une force qui présente d’importants atouts, organisation, engagement structuré et expérience de l’administration des institutions, mais qui en même temps sent la naphtaline, se maintient dans la conception classique du Front De Gauche et s’obstine à travailler avec ce qu’il y a de récupérable, selon eux, dans le Parti Socialiste français actuellement au gouvernement. En simplifiant un peu, cette stratégie entretenue au fil de toute une génération, les trente ans qui nous séparent du tournant néo libéral de la gauche en 1983 avec François Mitterrand, a fait sauter les plombs de la société. C’est à peine s’il existe une différence fondamentale entre la gauche officielle et l’éternelle droite. L’électorat de gauche reste à la maison et se laisse même tenter par les jeux de lumière « anti système » de l’ultra Front National.

C’est pourquoi Jean-Luc Mélenchon, quatre millions de voix en 2012, un million de voix en 2014, propose quelque chose de complètement différent, convoquer le peuple à un processus constituant qui redéfinisse l’intérêt général, une sixième république, une nouvelle révolution française contre l’ordre oligarchique, si semblable de par la répartition des intérêts à l’absolutisme aristocratique dont la déchéance en 1789 dans ce pays déclencha des mouvements libertaires universels encore en vigueur aujourd’hui, liberté, égalité, fraternité.

Grâce à de Gaulle et à sa forte culture nationale, la France de la deuxième guerre mondiale, occupée, divisée et humiliée, réussit à redevenir la principale puissance européenne pendant les « trente glorieuses ». En pleine guerre froide, lorsque le continent était sous protectorat de Washington, la France développa une certaine autonomie sur le plan mondial. À travers sa presse, le monde connotait des accents bien différents de ceux usités à Londres ou à New York. Cette nation a continué de produire de grands penseurs engagés sur le plan social bien après Jean Paul Sartre, Albert Camus ou Fernand Braudel. Alors que le désert rétrogradant gagnait du terrain partout, en France il y avait encore Jacques Lacan, Roland Barthes, Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Jacques Derrida et d’autres. En 1983, François Mitterrand a remplacé un programme de transformation nationale par un projet de développement néo libéral européen.

Aujourd’hui, en politique extérieure la France constitue un vassal de plus de l’empire américain, sa réintégration dans l’OTAN n’a même pas suscité de débat, la presse est, comme partout, contrôlée par quatre ou cinq groupes oligarchiques, Lagardère, Bouygues, Bertelsmann et LVMH, et au lieu de ces intellectuels qui dynamisait la conscience nationale, on a une déplorable légion de communicateurs et de charlatans médiatiques à la façon de Bernard-Henry Lévy ou de Bernard Kouchner. Sa puissance relative, politique, culturelle, intellectuelle et créatrice en général, fut maintenue jusque dans les années 1980, son décroissement a coïncidé avec le volte-face de François Mitterrand en 1983 et son projet d’intégration européenne de type néo libéral. Tout cela rend l’actuel déclin de la France particulièrement angoissant car elle chute de plus haut que la plupart des nations européennes. Aucune nation européenne n’éprouve le sentiment d’avoir tant perdu dans la mondialisation néo libérale que la France. Et elle a encore beaucoup à perdre.

Le grand rival et partenaire allemand a évolué en sens inverse, privée d’une tradition nationale universaliste, l’Allemagne conduit son propre déclin en surfant sur la mondialisation. Sa politique européenne est un prolongement de sa politique patronale nationale. Le projet national allemand, si l’on peut parler de quelque chose de semblable, qui rassemble Angela Merkel, Jurgen Habermas et Daniel Cohn Bendit, consiste à bâtir une grande Europe fédérale qui mettrait fin à la citoyenneté. Berlin veut plus d’Europe, ce qui malgré Jurgen Habermas n’a pu se construire que sur le mode du « marktkonforme demokratie », une démocratie conforme au marché, d’Angela Merkel et de ses associés de Bruxelles. En même temps, à Paris, il n’y a pas de projet européen alternatif mais au moins la population sait ce qu’elle ne veut pas, elle a voté contre la constitution européenne en 2005.

On a la sensation que tant qu’il y aura plus d’Europe de type néo libéral, il y aura plus d’Allemagne et moins de France dans le continent, plus d’austérité, d’inégalité et d’autorité et moins de liberté, d’égalité et de fraternité. Cette sensation introduit à Paris une composante nationale particulière sans laquelle l’avancée du Front National ne se comprend pas.

L’angoisse nationale en France dure depuis trente ans. C’est une angoisse transversale qui se traduit par des mouvements sociaux non identifiés, comme celui des Bonnets Rouges de Bretagne, une sorte de jacquerie moderne, et même, par des initiatives conservatrices du genre de celle du Tea Party tel que la manifestation pour tous. Le défi de la gauche est de recueillir, d’articuler, cette angoisse nationale et de l’inscrire dans la série historique française, 1789, 1830, 1848, 1871, 1944 (programme du Conseil National de la Résistance) et 1968. Ce qui est absolument impossible en Allemagne, pays des révolutions manquées, la tradition sociale française le rend envisageable. Jusqu’à preuve du contraire, il s’agit d’un pays qui est toujours socialement éruptif, comme l’a dit récemment Nicolas Sarkozy.

Podemos, qui opère de façon évidente sur la déchéance singulière des institutions espagnoles, la débâcle immobilière, la corruption et désenchantement général face au récit officiel à propos de l’après 1978, est en train de mettre en pratique ce sur quoi une partie de la gauche réfléchit.

Voilà précisément pourquoi Podemos fascine à Paris. Nous verrons où cela nous mène.

Cela dit, revenons dans l’espace-temps concret, l’Europe de 2015 à 2017.

Une victoire ou une avancée importante de Podemos à Madrid, associée à la possible victoire de Syriza en Grèce en février 2015, plus ce qui pourrait se passer au Portugal, tout cela pourrait réveiller la France. Au sein du domino européen, l’hypothèse d’une contagion, d’une réaction en chaîne, est plausible, si Syriza gagne en février et Podemos s’installe à Madrid, la France s’éveillera. C’est seulement lorsque chacun des processus constitutifs nationaux auront abouti que nous pourrons alors parler d’Europe en des termes sociaux et citoyens.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:07

http://www.humanite.fr/les-progressistes-de-syriza-au-seuil-du-pouvoir-559300#sthash.xEMueAZL.dpbs

Les progressistes de Syriza au seuil du pouvoir

Par Rosa Moussaoui

Jeudi, 4 Décembre, 2014

Les sondages donnent une large avance au parti d’Alexis Tsipras. L’élection par les députés grecs d’un nouveau président, au début de l’année 2015, pourrait faire tomber l’hétéroclite coalition dirigée par le néo conservateur Antonis Samaras.

« La Grèce se trouve sur le seuil d’un changement historique ». Dans ses dernières prises de parole publiques, l’opposant grec Alexis Tsipras, chef de Syriza, a adopté le ton d’un homme d’état prêt à prendre en charge les destinées d’un pays dévasté par les politiques d’austérité à marche forcée. Il faut dire que les sondages prédisent invariablement la victoire de la formation de gauche en cas d’élections législatives anticipées. Le 29 novembre 2014, un sondage de l’institut Palmos pour le site d’information TVXS plaçait Syriza en tête, avec 34,5 % des intentions de vote, loin devant la Nouvelle Démocratie du premier ministre Antonis Samaras, 23 %. Viennent ensuite, à égalité, les populistes de To Potami et les néo nazis d’Aube Dorée (8 %). Les sociaux-démocrates du Pasok, eux, paient très cher leur pacte austéritaire avec la droite et confirment leur effondrement, 5 %. Quant aux communistes du KKE, ils préservent leur place dans le paysage politique, même si leur potentiel électoral s’érode, avec 6,5 % des intentions de vote.

Nouvelle vague de mobilisations sociales

Ni le discours d’Antonis Samaras sur un « retour à la normale » ni ses promesses de sortir bientôt de la tutelle de la troïka du FMI, de la Banque Centrale Européenne et de la commission de Bruxelles, ne semblent en mesure d’endiguer l’irrésistible ascension de Syriza.

Le premier ministre grec, à la tête d’une majorité fragile et chancelante, fait au contraire face à une nouvelle vague de mobilisations sociales contestant les attaques contre les retraites, les licenciements dans la fonction publique et le durcissement des politiques de compression des salaires, déjà insupportables. Le 27 novembre 2014, l’appel à la grève générale lancé par les syndicats des secteurs public et privé était massivement suivi. Auparavant, le 17 novembre 2014, plus de quarante mille manifestants avaient pris part à la marche commémorant le soulèvement étudiant réprimé dans le sang, en 1973, par la dictature des colonels.

Alors que le gouvernement peine à négocier avec ses créanciers la sortie anticipée du système de surveillance de ses politiques par la troïka, la perspective d’un scrutin législatif anticipé se précise. C’est l’élection par les députés, début 2015, du président grec, qui pourrait faire tomber la coalition au pouvoir. Celle-ci ne dispose en effet que de cent cinquante-cinq voix sur trois cent, une marge insuffisante pour rassembler les cent quatre-vingt voix indispensables à l’élection du chef de l’état. Dimanche dernier, dans le journal Ethnos, le premier ministre grec en était réduit à promettre la conclusion imminente d’un accord avec les créanciers de la Grèce et à implorer Syriza de ne pas faire entrave à cette élection. « Ils ne doivent pas acculer le pays à des élections anticipées du fait du scrutin présidentiel, car cela engendrera de l’instabilité alors même que nous sommes près de sortir de la crise. S’ils veulent que nous nous coordonnions et que nous voyions comment élire ensemble un président, une coordination nationale est envisageable », écrit Antonis Samaras.

Offre écartée par l’opposition de gauche, qui voit dans la tenue d’élections anticipées la seule voie pour sortir du désastre économique et social créé par cinq années d’austérité et de perte de souveraineté. Syriza a déjà publié une loi de finances alternative pour mettre fin au hold-up fiscal contre les classes populaires et répondre en urgence à la crise humanitaire qui frappe le pays. « Ce programme, destiné à panser nos plaies et à relancer l’économie, sera mis en œuvre quelle que soit l’issue des négociations qui, nous le savons, ne seront pas faciles », prévient Alexis Tsipras.

Au-delà des frontières de la Grèce, le dirigeant de Syriza en appelle à la résistance de l’Europe du Sud autour de « larges alliances » pour changer le cap des politiques économiques au sein de l’Union Européenne. « Depuis la périphérie de l’Europe peut commencer le renversement de l’hégémonie néo libérale en Europe », affirmait-il, le 17 novembre 2014, à Florence, lors d’un séminaire du réseau Transform. L’arrivée de Syriza au pouvoir en Grèce aurait à coup sûr la portée d’un séisme politique sur le continent.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 19:52

Le Front National au second tour dans l’Aube, signe de « désespérance » (Reuters)

L'élimination du candidat socialiste au premier tour d'une élection législative partielle dans l'Aube, Dimanche 7 Décembre 2014, au profit du Front National montre une « désespérance » des français, ont estimé lundi responsables de droite comme de gauche.

Des membres du gouvernement et de l'UMP se sont rejoints sur le constat mais ont tiré des leçons différentes, les premiers estimant que le résultat appelait des réformes et des résultats, quand les seconds y voyaient la nécessité d'une alternative.

Après sa déroute aux élections municipales de mars 2014 et dans plusieurs élections partielles ces derniers mois, le Parti Socialiste a subi un nouveau camouflet dans la troisième circonscription de l'Aube, où moins d'un électeur sur quatre s'est déplacé.

En lice pour le siège de l'UMP François Baroin, devenu sénateur, son ancien suppléant Gérard Menuel est arrivé en tête avec 40,76% des suffrages, devant le candidat du Front National Bruno Subtil qui, avec 27,64%, a gagné près de dix points par rapport au score du FN en 2012, 17,79%.

Surtout, le socialiste Olivier Girardin a été éliminé avec 14,69% des voix contre 28,79% à la candidate du Parti Socialiste Lorette Joly il y a deux ans et demi.

Invité à commenter ce résultat, lundi matin sur France Info, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a estimé qu'il renforçait l'exigence de résultats, économiques notamment.

« Il y a une crise qui est là depuis longtemps, il y a une désespérance qui gagne et une nécessité pour le pays, s'il veut se redresser, de faire des réformes », a-t-il dit, appelant à ne pas « les faire avec la main qui tremble. C'est dans les résultats que nous parviendrons le mieux à lutter contre la droite et l'extrême droite », a ajouté Bernard Cazeneuve, notant toutefois qu'il fallait « du temps » pour voir les effets de la politique menée.

« TOUT SAUF FRONT NATIONAL »

La nouvelle vice-présidente de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, y a vu pour sa part une invitation pour son camp à préparer l'alternance en 2017.

« Cette élection est un signal d'alerte, une exigence de plus qui pèse sur nous pour reconstruire une opposition crédible pour faire en sorte qu'il y ait une vraie alternative, un mouvement d'alternance », a-t-elle dit sur Europe 1.

« Cette élection marque avant tout la désespérance, l'écoeurement, le dégoût des français vis-à-vis du gouvernement. Le Parti Socialiste à 13%, c'est la réponse à l'émission de Manuel Valls, sur France 2 dimanche soir, qui disait qu'il a besoin d'être efficace ».

A la question de savoir si elle s'attendait à voir le Parti Socialiste appeler à voter pour l'UMP et ainsi barrer la route au Front National, l'ancienne ministre de l’écologie a répondu que « j’imagine que le Parti Socialiste le fera et ça me semble tout naturel ».

Dimanche soir, Juliette Méadel, porte-parole du Parti Socialiste, avait appelé au « front républicain ».

Cette question a fait des remous, à droite essentiellement, durant les dernières municipales qui ont vu des candidats UMP et une poignée de socialistes, ceux-là en dépit des consignes qui avaient été données, se maintenir dans des triangulaires qui pouvaient bénéficier au Front National.

La ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, s'est voulue prudente sur le sujet lundi, concédant toutefois qu'elle aurait le réflexe personnel de faire barrage au Front National.

« Je ne connais pas le candidat UMP en question mais à titre personnel, face à une telle situation, j'aurais tendance à voter tout sauf Front National », a-t-elle dit sur RMC et BFM TV.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 17:20

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/12/06/martine-aubry-porte-plainte-contre-le-hacker-ulcan_4535755_4408996.html

Martine Aubry porte plainte contre le hacker Ulcan

« J'ai également trouvé l'adresse de Martine Aubry et son numéro mais je n'ai pas encore décidé quelle sanction serait appropriée pour elle ».

Ces menaces, diffusées sur facebook, Jeudi 9 octobre 2014, ont valu au hacker Ulcan de faire l’objet d’une plainte de la part de la maire socialiste de Lille, ainsi que de la mairie, a indiqué l’entourage de l’élue Vendredi 5 Décembre 2014, confirmant une information d’iTélé.

Actif depuis plusieurs années sur la toile, ce pirate informatique pro-israélien, dont le vrai nom est Gregory Chelli et qui se présente comme un « militant sioniste » opérant depuis Ashdod, en Israël, s'est fait connaître du grand public ces derniers mois après une série d’attaques contre le site www.rue89.com, qui avait publié un portrait lui ayant déplu, fin juillet 2014. Harcelé par le hacker, le père du journaliste auteur du portrait était mort le premier octobre 2014.

Le parquet de Paris a ouvert fin septembre 2014 une information judiciaire, notamment pour « violences volontaires », distincte de celle qu'il avait ouverte début août 2014 sur des actes de piratage informatique qu'il avait revendiqués. Durant le mois d'octobre 2014, il avait également affirmé qu'il était à l'origine du piratage des sites internet de France Info et France Inter.

Début octobre 2014, la ville de Lille avait annoncé « mettre en veille temporairement » son jumelage avec la commune de Safed en Israël, en réaction aux bombardements de Gaza pendant l'été.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 17:06

http://www.lepoint.fr/monde/800-personnalites-israeliennes-appellent-l-europe-a-reconnaitre-la-palestine-07-12-2014-1887655_24.php#xtor=CS3-190

Huit cent personnalités israéliennes appellent l’Europe à reconnaître la Palestine

Dimanche 7 Décembre 2014

Les grands écrivains Amos Oz et David Grossman figurent parmi les signataires, alors que la question agite de nombreux parlements européens

Alors que l’assemblée nationale française vient de voter pour inviter le gouvernement à reconnaître l’état palestinien, huit cent personnalités israéliennes ont adressé à certains gouvernements européens une lettre leur demandant d'en faire de même, rapporte le quotidien israélien Haaretz. Parmi elles, les écrivains réputés Amos Oz, David Grossman et Avraham Yehoshua, mais aussi le prix Nobel d'économie Daniel Kahneman, psychologue et économiste, l'ancien président de la Knesset Avraham Burg ou l'ancien ministre Yossi Sarid.

« Votre initiative va promouvoir la paix »

Avant la France, les parlements suédois et espagnol ainsi que la chambre britannique des lords ont effectué cette démarche. La lettre a été envoyée aux parlements belge et irlandais, où un vote devrait se tenir cette semaine, ainsi qu'au parlement danois, qui devrait également entamer la discussion sur le sujet dans la semaine.

« Nous, citoyens d'Israël qui voulons la paix et la sécurité, sommes préoccupés par l'impasse politique et par la poursuite de l'occupation et de la colonisation qui ont conduit aux conflits avec les palestiniens et torpillé toute chance d'accord », peut-on lire dans cet appel. « Il nous apparaît clairement que les chances de survie d'Israël ainsi que sa sécurité dépendent de la création d'un état de Palestine sur la base des frontières de 1967 ainsi que de la reconnaissance de la Palestine par Israël et d'Israël par la Palestine. Votre initiative de reconnaissance de l’état de Palestine va promouvoir les chances de la paix et encourager israéliens et palestiniens à résoudre le conflit ».

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 16:34

Nouveaux heurts à Athènes entre policiers et manifestants (Reuters)

La police grecque a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser des manifestants Samedi 6 Décembre 2014 dans le centre d'Athènes, à l'occasion du sixième anniversaire de la mort d'un adolescent tué par les forces de l'ordre.

La mort d'Alexandros Grigoropoulos, quinze ans, tué par balle le 6 décembre 2008, avait provoqué plusieurs jours d'émeutes, les violences les plus graves dans la capitale grecque depuis de nombreuses années.

Samedi, les protestataires entendaient aussi apporter leur soutien à un jeune détenu qui observe une grève de la faim depuis le 10 novembre 2014, Nikos Romanos.

Le défilé a rassemblé environ six mille personnes dans le quartier d'Exarchia.

A la fin de la manifestation, environ deux cent manifestants vêtus de noir ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Deux magasins ont été incendiés et des dizaines d'autres endommagés. Le feu a également été mis à des voitures, à des distributeurs automatiques de billets et à des poubelles.

Des heurts avaient déjà eu lieu mardi dernier à Athènes, à l'issue d'une marche de soutien à Nikos Romanos, vingt et un ans, qui se revendique anarchiste.

Condamné pour vol en octobre dernier, le jeune homme a décidé de ne plus s'alimenter tant qu'on ne l'autorisera pas à suivre ses cours à l'université et a dû être hospitalisé. Il a reçu le soutien du principal parti de l'opposition, Syriza.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 16:08

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-grece-des-refugies-syriens-revent-d-ailleurs_1629757.html#xtor=AL-447

En Grèce, des réfugiés syriens rêvent d’ailleurs

Par Marina Rafenberg, correspondante de l’Express à Athènes

Dimanche 7 Décembre 2014

Près de deux cent réfugiés syriens campent dans le centre d’Athènes depuis plus de deux semaines. Ils réclament au gouvernement le droit de rejoindre d’autres pays européens.

A la tombée de la nuit, face au parlement grec, place Syntagma, des femmes se couchent à même le sol, des enfants écrivent des messages qu'ils accrochent à un sapin de Noël et des hommes ont déployé une banderole, « nous avons échappé à la guerre pour devenir des réfugiés clochards en Grèce ». Ces quelques deux cent réfugiés syriens, dont une vingtaine d'enfants, campent dans le centre d'Athènes depuis plus de deux semaines.

« Cette place est le symbole de l'injustice », dénonce Grorde, trente et un ans. La jeune femme n'a plus d'argent, le passeur et la location d'un appartement ont eu raison de ses économies. A la rue depuis près d'un mois, elle envisage de partir en Macédoine, dans le territoire de l’ancienne Yougoslavie, « que pouvons-nous faire », s'écrie-t-elle en pleurs. A ses côtés, Jamal Ouma est exaspéré, lui aussi, « ce n'est pas l'Europe telle que nous l'imaginions. Le gouvernement grec ne peut rien pour son peuple, pourquoi nous aiderait-il ».

Avocat au sein du conseil grec pour les réfugiés, Spiros Kouloheris semble désemparé, « dans l'attente de l'étude de leur demande d'asile, les familles sont sans logement, elles n'ont pas accès aux soins gratuits, les enfants ne peuvent pas aller à l'école. Même quand ils obtiennent le statut de réfugié, ces droits ne leur sont pas garantis. Seuls mille cent logements sont prévus dans tout le pays pour les réfugiés. C’est trop peu, bien sûr ».

Conscients des difficultés que traverse la Grèce, nombre de réfugiés demandent seulement le droit de partir afin de rejoindre un autre pays européen. Une dizaine d'entre eux ont entamé il y a une semaine une grève de la faim. Emmitouflé dans sa doudoune, Alameddin, tient une pancarte qui indique depuis combien de jours il a cessé de s'alimenter. « Ce pays ne respecte pas nos droits », soupire-t-il.

« Les réfugiés nous demandent de leur fournir un laissez-passer vers d'autres pays membres de l'Union européenne, mais Bruxelles nous l'interdit », affirme Vassilis Chronopoulos, conseiller au ministère des affaires étrangères. La seule solution, pour eux, est de demander l'asile en Grèce. Nous tentons d'établir un plan d'accueil d'urgence, mais nous sommes débordés par l'augmentation du nombre d'arrivées, ces derniers mois. Nous avons appelé nos partenaires européens à plusieurs reprises à nous aider à gérer ce flux migratoire ».

Selon le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’ONU, vingt-huit mille cinq cent syriens ont été enregistrés en Grèce de janvier à octobre 2014, soit vingt mille de plus que pour toute l'année 2013. L'Union Européenne a mis à la disposition de la Grèce près de trois cent millions d'euros en 2013 et en 2014 pour gérer les questions liées à l'immigration. Seuls deux pour cent de ces fonds sont consacrés au droit d'asile.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 19:25

http://www.amna.gr/english/articleview.php?id=7713

Le parlement actuel n’élira pas le président (Athens Macedonian News Agency)

Samedi 6 Décembre 2014

Le leader de Syriza Alexis Tsipras dans son allocution Vendredi 5 Décembre 2014 à l’école de droit de l’université de Belgrade a exprimé sa certitude que le parlement grec actuel n’élira pas le président de la république et que le pays sera conduit à des élections anticipées. « En ce moment, la majorité du peuple grec n’est pas d'accord avec la politique d'austérité qui a détruit le pays. Le plus probable est que les élections présidentielles seront un échec et que le pays sera amené à des élections nationales » a-t-il noté.

Le leader de l'opposition a estimé que ces élections anticipées entraîneront un renversement en Europe et donneront à Syriza la majorité absolue dans le prochain parlement. « Cela constituera un développement très important et énorme et ce sera un tremblement de terre qui va secouer toute l'Europe et permettra de créer une dynamique similaire dans les autres pays d'Europe du Sud », a-t-il souligné et il a ajouté que « je suis certain que vous sentirez aussi ce tremblement de terre à Belgrade » estimant que « la victoire de Syriza sera d'une grande importance pour la politique européenne et pour le parcours d'adhésion de la Serbie ainsi que pour les Balkans occidentaux ».

En réponse à une question sur les provocations turques et la capacité de défense de la Grèce, Alexis Tsipras a déclaré qu'à son arrivée samedi à l'aéroport international d'Athènes, il rencontrera le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. « La Turquie continue à provoquer en violant les droits souverains de la république de Chypre par l'envoi du navire de recherche Barbaros et de navires de guerre dans les eaux territoriales de Chypre. Nous devons convaincre nos voisins, et vous devez convaincre vos voisins albanais, que les provocations et la violation de la loi internationale n’auront pas de résultat positif ».

Se référant à la force défensive de la Grèce, le leader de Syriza a noté que « la Grèce a perdu une grande partie de sa puissance économique et géopolitique, mais elle maintient totalement sa capacité défensive ».

Dans son allocution à la faculté de droit, Alexis Tsipras a évoqué les dangers qui émergent par la montée du nationalisme dans la péninsule balkanique. Il a fait une référence spéciale à l'Albanie, à la Bosnie et à la Macédoine, disant que les dirigeants politiques de la Macédoine « continuent de nier les sérieux efforts pour la solution de la question du nom ».

Le principal leader de l'opposition a également évoqué la crise économique en soulignant que toutes les mesures mises en œuvre en Grèce ont échoué et qu’aujourd'hui le pays est dans un état pire que ce qu’il était avant la crise. « Les centres de pouvoir en Europe qui ont imposé la politique d'austérité n’ont pas prévu que l'agitation sociale prendrait des caractéristiques politiques ». Il a également estimé que le mouvement de réaction qui « a commencé en Grèce va bientôt se répandre dans de nombreux pays ».

Alexis Tsipras a proposé que le modèle de crise de la dette appliqué en Allemagne en 1953 soit mis en œuvre en Grèce et dans d’autres pays en déclarant « qu’il serait indécent pour le gouvernement allemand de ne pas offrir la solidarité que les autres pays ont montré à l'Allemagne quand elle a fait face à un problème similaire ».

En outre, se référant à la politique étrangère de l'Union Européenne, Alexis Tsipras a déclaré qu’elle devrait être revue. « L’Union Européenne a besoin d'une nouvelle politique étrangère qui respecte les relations historiques avec les Etats-Unis et en parallèle préserve la coopération avec la Russie », notant que « la sécurité européenne ne peut être assurée sans accord avec la Russie ». Il a également noté la nécessité pour l’Europe « de faire face aux phénomènes inquiétants du fascisme et du djihadisme qui menacent l'humanité ».

Se référant à la région, il a déclaré que « l’Union Européenne doit et devrait directement condamner les provocations turques contre Chypre qui est un de ses états membres ».

Il a demandé la mise en œuvre du droit international au Kosovo, notant que la question devrait être résolue sur la base d'une solution mutuellement acceptée, ajoutant que « la Grèce ne reconnaît pas le Kosovo, car cela ne contribuerait pas à la stabilité dans la région ».

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 18:15

http://www.lemonde.fr/decryptages/article/2014/12/04/avec-les-combattants-de-kobane_4534164_1668393.html

http://www.institutkurde.org/info/avec-les-combattants-de-kobane-1232550854.html

Avec les combattants de Kobané

Par Edith Bouvier, envoyée spéciale du Monde à Kobané

Jeudi 4 Décembre 2014

Dès que le soleil se couche sur les montagnes de Kobané, les premières frappes de la coalition commencent à retentir. Elles viennent presque toujours par deux, comme un terrible écho.

D’abord, le moteur de l’avion, puis les explosions, très rapprochées, font vibrer les murs des dernières maisons encore intactes. « Au moins, ici, on n’a pas besoin de craindre que les bombes nous tombent dessus, comme dans le reste de la Syrie », plaisante Mustapha en regardant le ciel. Au début de la révolution, ce jeune homme travaillait à Alep, dans le nord de la Syrie. Là-bas, il a connu la violence des barils d’explosifs que largue le régime du président Bachar al Assad sur sa population.

Depuis le 16 septembre, l’Etat Islamique tente de s’emparer de Kobané, une ville kurde frontalière avec la Turquie. Malgré le soutien des frappes de la coalition, les kurdes n’ont pas pu empêcher les djihadistes d’entrer dans la ville, le 6 octobre. Depuis, les combattants kurdes syriens, aidés de volontaires de l’Armée Syrienne Libre (ASL) ainsi que d’un bataillon de cent cinquante peshmergas du Kurdistan d’Irak lourdement armés, avancent rue après rue pour reconquérir leur ville. Ils auraient repris le contrôle de près de soixante-dix pour cent du territoire aux djihadistes. Après plusieurs jours de combats, ils sont enfin parvenus à s’approcher du bâtiment du conseil local, un symbole important pour les habitants.

Avant de pénétrer à l’intérieur, un groupe de soldats patrouille dans le quartier et tente d’éliminer les dernières poches de résistance. La zone n’est plus, comme presque toute la ville, qu’un champ de ruines. Plus de rues, des maisons éventrées par les bombes, les traces de vie englouties par les gravats. Et, partout, cette odeur de mort qui colle aux vêtements. Puis les hommes s’approchent, pas à pas, du bâtiment. Ils inspectent chaque recoin. « Les djihadistes ont la mauvaise habitude de fabriquer des explosifs maisons et de les dissimuler dans les voitures ou les maisons avant de fuir. On n’a aucun matériel pour déminer, alors on doit avancer prudemment. Nettoyer mètre après mètre », explique Mehsun, l’un des chefs kurdes.

La route à sa droite est barrée par de grands draps pour se protéger de la vue des snipers de l’Etat Islamique. Alors qu’il passe devant, trois balles sifflent tout près de lui. Quelques secondes pour reprendre son souffle, puis Mehsun éclate d’un grand rire bruyant. Il dénoue le foulard fleuri attaché autour de son cou et le brandit en dansant. Trois pas de côté, les obus qui continuent de tomber ramènent le jeune homme à la guerre. Il attrape son talkie-walkie et vérifie les positions de ses hommes, leur donne des consignes.

Du thé et des armes

Une frêle jeune fille ajuste son blouson et grimpe deux à deux les marches de l’immeuble. Elle s’allonge sur des sacs de débris, sur la position du guetteur. « Les djihadistes de l’Etat Islamique ne sont qu’à une dizaine de mètres. Si l’on se tait, on pourra peut-être les entendre ». Quelques secondes de calme, puis Perwin se met à chanter. Une voix claire et triste, une histoire de guerre et d’amour. Elle éclate de rire. « Ils détestent nous entendre chanter. On les a entendus dans les talkies walkies l’autre jour dire que les démons arrivaient, ils parlaient de nous ». Elle sourit encore. « Leur hargne renforce encore notre courage. On va au plus près d’eux pour les narguer et les déstabiliser. Ils veulent transformer les femmes en esclaves sexuelles ? On doit leur apprendre à nous respecter. Et venger ce qu’ils ont fait à nos sœurs, ici mais aussi les yézidies en Irak ». Une ombre semble se déplacer, elle ajuste son arme et tire plusieurs balles.

Perwin a rejoint les unités de femmes combattantes kurdes (YPJ) dès le début de la révolution syrienne, en 2011. A la fin de sa formation, elle s’est rendue sur le front des combats et n’est plus jamais retournée chez elle. Officiellement, les combattants n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone portable sur le front. C’est par hasard, quelques jours plus tôt, que Perwin a croisé son père au détour d’une rue, fusil à l’épaule. Quand elle raconte ses retrouvailles, ses yeux se mouillent. « Mon père est fermier, il a un troupeau de moutons dans un des villages à l’est de Kobané. Je l’avais laissé là quand je suis partie en 2011 ». Quelques secondes de silence, « je suis fière. Ce n’est plus vraiment mon père, c’est comme mon frère d’armes maintenant ».

Assis au rez-de-chaussée de cette maison, à deux rues du front, les combattants boivent du thé et nettoient leurs armes. Certains s’installent dans un coin et dorment quelques heures. Ce soir, ils reprendront leur tour de garde. De jour comme de nuit, les djihadistes tentent quotidiennement de forcer l’accès à la ville. Sur la ligne de front, combattants kurdes et soldats de l’ASL se partagent les positions. Mais pas les idéaux, alors que les kurdes se battent essentiellement pour défendre leur ville, les autres viennent de tout le pays pour prôner les idéaux de la révolution syrienne et une unité du pays.

« Vermine »

A l’est de la ville, de profondes tranchées ont été creusées pour protéger les hommes pendant leurs déplacements. Abou Leila en sort en courant, suivi de plusieurs hommes, et monte sur un pick-up armé d’un lance-roquettes. La voiture démarre en trombe et se rapproche encore des lignes ennemies.

C’est le chef de Shams al Shamal, l’une des plus importantes brigades de l’ASL à Kobané. Avec ses hommes, il a dû fuir Rakka quand la ville est tombée sous le contrôle de l’Etat Islamique, l’an dernier. « Depuis, j’ai une revanche à prendre contre eux. Je pense que c’est la pire maladie que la révolution syrienne ait contractée. Autant on peut discuter avec ceux qui défendent encore le régime syrien. Ce sont des syriens comme nous. Mais on ne peut pas parler avec ces barbares. Ils viennent du monde entier pour se faire exploser ici et tuer nos familles. Il faut qu’on se débarrasse de cette vermine ».

Début novembre, Abou Leila et ses hommes ont retrouvé un djihadiste encore en vie au milieu des décombres d’une de leurs bases. « On l’a interrogé pendant plusieurs heures, puis il est mort des suites de ses blessures. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont de bons combattants, ils ont de bons stratèges militaires, et surtout, ils sont prêts à mourir ». A chaque avancée, les troupes récupèrent des armes légères, des munitions, mais aussi des talkies walkies et parfois même des papiers d’identité.

A l’abri d’une maison, l’un des leaders kurdes nous montre un vieil appareil, relié à une batterie de piles par des câbles pleins de ruban adhésif jaune. Il tourne un bouton et règle le canal de transmission. Aussitôt, des voix se mettent à parler en russe, « du tchétchène », précise Jamil Mazoun. « Heureusement, on a quelques traducteurs ». Des hommes se parlent, échangent des informations sur une localisation. Puis un dialogue en anglais, « où êtes-vous ? Comment cela se passe ».

L’autre voix est moins audible, le son brouillé. Le chef bouge un peu l’appareil, mais rien n’y fait. L’interlocuteur doit être trop loin. « On capte leurs conversations sur six kilomètres. Cela nous permet d’appréhender leurs déplacements et les approvisionnements en armes. On peut ainsi coordonner les frappes aériennes avec les responsables de la coalition internationale ». Il s’interrompt. L’appareil grésille encore. Cette fois, un homme parle en français. Une liste d’armes. Puis le son se brouille à nouveau.

Depuis le début des combats à Kobané, quelque deux mille djihadistes de l’Etat Islamique auraient été tués. Tous les corps retrouvés ont été enterrés au nord de la ville, tout près de la frontière turque, une longue dune de terre, pas d’insignes particuliers, pas de drapeau. « On garde toutes les informations sur leurs identités, mais on ne va pas leur rendre hommage non plus », s’énerve Farhad en désignant les lieux. A quelques mètres de ce cimetière, plusieurs enfants jouent au football. Les familles commencent à revenir dans la ville. Malgré la guerre, le froid qui se fait de plus en plus mordant les contraint à venir s’abriter entre les lignes de front. Farhad regarde autour de lui, le drapeau turc est tout proche. « Partir pour vivre sous une tente en Turquie ? Je préfère encore rester sur mes terres, avec mon bétail ».

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