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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 18:53

Six djihadistes présumés en garde à vue (Reuters)

Six personnes, dont deux femmes et deux mineurs, ont été interpellées Mardi 16 Septembre et Mercredi 17 Septembre 2014 en région lyonnaise dans le cadre d'une enquête sur une filière de recrutement de femmes djihadistes, a-t-on appris de source judiciaire.

Parmi elle, une jeune femme mineure s'apprêtait à rejoindre la Syrie, selon une source policière.

Dans un communiqué, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a salué les arrestations d'individus « soupçonnés d'avoir joué un rôle très actif dans le recrutement et le départ ces derniers mois vers la Syrie de plusieurs jeunes femmes. Ces interpellations ont également permis, lors des premières perquisitions, de saisir diverses armes et équipements dont il appartiendra à l'enquête judiciaire de déterminer la finalité », souligne-t-il.

Ce coup de filet a été mené par la Direction Générale de la Sécurité Intérieure dans le cadre d'une enquête préliminaire diligentée par la section anti terroriste du parquet de Paris.

Le premier article du texte de loi renforçant la lutte contre le terrorisme a été adopté mardi soir à l'assemblée nationale. Ce nouveau texte, dont l'examen devrait s'achever mercredi ou jeudi et qui complète un plan mis en place fin avril, fait largement consensus.

Il a été présenté le 9 juillet en conseil des ministres, après l'attentat du musée juif de Bruxelles et l'arrestation d'un français, Mehdi Nemmouche, soupçonné d'être l'auteur de cette attaque qui a fait quatre victimes.

Le nombre de français impliqués dans les filières djihadistes en Syrie et en Irak est passé de cinq cent cinquante cinq à neuf cent trente deux depuis le premier janvier 2014.

Trente-six d'entre eux ont été tués, cent quatre vingt cinq combattants ont quitté le théâtre des opérations et cent dix huit sont de retour en France. Quelque deux cent trente personnes auraient des velléités de départ.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 18:38

QUELQUES ENSEIGNEMENTS DE NOTRE HISTOIRE

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message de Mediapart relatif au livre de Laurent Mauduit contre Jean Christophe Cambadélis.

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site Mediapart à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.mediapart.fr/journal/france/170914/les-diplomes-usurpes-de-jean-christophe-cambadelis

Les diplômes usurpés de Jean Christophe Cambadélis

Mercredi 17 Septembre 2014

C'est tout à la fois un essai, un témoignage et une enquête. Notre confrère Laurent Mauduit publie « à tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient » (Éditions Don Quichotte, en libraire le 18 septembre), un livre qui affole déjà quelques hauts hiérarques socialistes aujourd'hui au cœur du pouvoir. Essai parce que ce livre analyse « le marasme à nul autre pareil dans lequel la France est enlisée » depuis l'élection de François Hollande. Jamais un président de la république n'aura si brutalement tourné casaque et jeté par-dessus bord ses engagements de campagne, au risque de faire exploser son parti et de désespérer l'électorat qui l'a élu.

Livre-témoignage aussi puisque Laurent Mauduit rappelle son passé militant, comme membre de l'OCI, cette formation trotskyste dirigée d'une main de fer par Pierre Boussel-Lambert, et comme dirigeant de l'UNEF au milieu des années 1970. Ce témoignage personnel est ainsi le début d'une longue enquête sur plusieurs dirigeants socialistes d'aujourd'hui croisés au tournant des années 1970 et 1980. Jean-Christophe Cambadélis est l'un de ces personnages clés, tout comme Jean-Marie Le Guen ou Manuel Valls.

À l'origine de ces itinéraires, il y a bien sûr l'OCI, dont Jean Christophe Cambadélis fut l'un des piliers avant de passer avec plusieurs centaines de militants au Parti Socialiste, mais il y a aussi le syndicat étudiant UNEF, dont Jean Christophe Cambadélis fut le président jusqu'en 1983, et la MNEF, cette mutuelle étudiante qui allait dans les années 1990 être prise dans les scandales financiers. Cambadélis, Le Guen et Valls ont une longue histoire commune, à l'UNEF et à la MNEF. Là, aux manœuvres diverses s'ajoute un affairisme débridé avec la création d'une myriade de sociétés autour de la vieille mutuelle étudiante.

Jean Christophe Cambadélis a fait l'objet de deux condamnations pénales pour recel d'abus de biens sociaux ou emplois fictifs. La première date de 2000, lorsqu'il est condamné à cinq mois de prison avec sursis et cent mille francs d'amende. La deuxième est prononcée en 2006, six mois de prison avec sursis et vingt mille euros d'amendes, dans le cadre du scandale de la MNEF. De ces condamnations, aucune conséquence ne sera tirée quant au parcours politique de celui qui est aujourd'hui premier secrétaire du Parti Socialiste. De même de ce pan caché de son curriculum vitae, que Laurent Mauduit révèle ci-dessous, l'usurpation de ses diplômes universitaires

Quelques extraits du livre

Dans le courant de l’année 1984, le choix de Jean-Christophe Cambadélis semble arrêté, son avenir, c’est au Parti Socialiste qu’il le visualise. Pour cela, il lui faut mettre toutes les chances de son côté. Une chose, en effet, l’ennuie, si d’aventure il passe un jour prochain au Parti Socialiste, il n’a pas la moindre légitimité intellectuelle. Il est sans diplôme, contrairement à d’autres étudiants de l’OCI qui, militants comme lui, ont pris soin de mener de front leurs études. Lui n’a pas fait cet effort. Et il sent que, dans son projet personnel de faire carrière au Parti Socialiste, cette lacune risque de le handicaper.

Il a alors un projet insensé, celui d’usurper un doctorat. Son idée n’est pas de fabriquer un faux diplôme de doctorat de troisième cycle. Non, son idée, c’est d’obtenir son doctorat, et de soutenir sa thèse devant un jury régulièrement réuni. Et cela, il va y parvenir de manière irrégulière en prétendant que, pour s’inscrire dans cette filière, il a eu les diplômes antérieurs nécessaires, ce qui n’est pas le cas.

Ce fait, je dois dire que j’ai eu beaucoup de difficultés à l’établir quand, écrivant ce livre, j’ai voulu vérifier la réalité de son parcours universitaire.

Du passé, j’avais seulement gardé le souvenir des moqueries continuelles que Jean-Christophe Cambadélis suscitait parmi les étudiants de l’OCI, à l’évocation de son cursus. Beaucoup le raillaient en observant qu’il s’était plusieurs années de suite inscrit en première année universitaire, chaque fois changeant de discipline, et qu’il avait fini par obtenir un doctorat de troisième cycle, sans que l’on sache comment. Mais longtemps je n’y ai pas pris garde car la biographie de Jean-Christophe Cambadélis est publique, il a passé en 1987 un doctorat de troisième cycle de sociologie, sous la direction du professeur Pierre Fougeyrollas (1923-2008).

C’est du moins ce que laisse entendre sa biographie, telle qu’elle est présentée sur le site internet Wikipédia, lequel site assure que l’intitulé de la thèse est le suivant, « les mouvements sociaux sous la cinquième république ».

Longtemps, je m’en suis tenu à cette version, d’autant que, ces dernières années, cette présentation a été reprise en boucle par de nombreux médias. De son côté, il semble que Jean-Christophe Cambadélis n’ait jamais confirmé ni infirmé cette présentation biographique, qui ne l’engage pas.

Quand j’ai commencé à procéder à des vérifications, un premier doute m’a gagné cependant.

J’ai en effet observé que si Wikipédia donnait ces indications sur la biographie de Jean-Christophe Cambadélis, ce dernier n’en faisait nulle mention sur son blog personnel, où il détaille longuement son parcours. Oublié, ce doctorat, sur son site personnel, il n’en est même plus question. Et pour cause, j’ai découvert que le sujet de son doctorat n’avait rien à voir avec « les mouvements sociaux sous la cinquième république ». En outre, l’année de soutenance n’est pas 1987. Plus généralement, comme pour brouiller les pistes, Jean-Christophe Cambadélis n’a jamais évoqué publiquement l’année de la soutenance de sa thèse ni son intitulé exact.

Au fichier national des thèses

Pour en avoir le cœur net, j’ai consulté la base de données du fichier national des thèses (FNT SUDOC) à Nanterre. Je n’ai eu en effet aucun mal à y retrouver la thèse, dont les données sont accessibles par internet. La base de données de Nanterre indiquant que la thèse a été transmise, comme c’est la règle, à l’Atelier National de Reproduction des Thèses (ARNT), implantée à Villeneuve-d’Ascq, j’ai consulté le site internet de cet organisme, où j’ai retrouvé le même document sous l’identifiant « BU 85 Paris VII ». J’y ai même découvert que je pouvais l’acquérir sous la forme de micro fiches pour le prix de vingt euros, ce que je me suis empressé de faire. La documentaliste m’a même précisé que les thèses sous micro fiches étaient converties en version numérique si les auteurs en donnaient l’autorisation, ce qui n’était pas le cas pour cette thèse-là. La conversion numérique, c’est donc moi qui l’ai fait réaliser.

Ces premières vérifications m’ont donné le pressentiment que tout semblait avoir été organisé pour dissuader les curieux de retrouver facilement ce travail universitaire. Car ce n’est pas en 1987 que Jean-Christophe Cambadélis passe son doctorat, c’est en juin 1985. Le sujet de son travail ne porte pas sur « les mouvements sociaux sous la cinquième république » mais sur « bonapartisme et néo corporatisme sous la cinquième rRépublique ». Surtout, Jean Christophe Cambadélis a accédé à une filière universitaire, celle du doctorat, à laquelle légalement il ne pouvait prétendre puisqu’il n’avait pas les diplômes antérieurs requis.

Ces premières découvertes m’ont incité à enquêter plus avant. Voici donc précisément l’histoire, telle que je suis parvenu à la reconstituer grâce à des investigations complémentaires.

Dans le courant de l’année 1984, Jean-Christophe Cambadélis veut à toute force décrocher un doctorat pour favoriser son plan de carrière. Comme il n’a ni licence, ni maîtrise, ni, a fortiori, DEA, il a d’abord l’idée de fabriquer un faux Diplôme Universitaire (DU), il s’agit d’un diplôme d’une université mais qui n’a pas de portée nationale. Ce faux diplôme est ainsi fabriqué, je sais exactement dans quelle université parisienne, sur quelle photocopieuse et avec quelles aides. Le diplôme porte l’en-tête de la faculté du Mans qui, d’après les témoignages concordants que j’ai recueillis, a été utilisée à la même époque par plusieurs autres dirigeants de la mouvance de l’UNEF et de la MNEF, qui ont voulu se fabriquer de faux diplômes. Selon mes informations, ce diplôme contrefait est grossier. Sans doute Jean-Christophe Cambadélis pense-t-il qu’il prendrait un trop grand risque en le versant dans son dossier universitaire pour s’inscrire à l’université de Paris VII Jussieu, où il n’a jusqu’à présent pas mis les pieds.

Comment s’y prend-il ? Il dispose d’un allié dans la place, en la personne de Pierre Fougeyrollas. Résistant et communiste, le sociologue et anthropologue a beaucoup bourlingué, jusqu’en Afrique, se liant d’amitié avec le président sénégalais Léopold Sédar Senghor avant de se brouiller avec lui. À la fin de sa vie, Pierre Fougeyrollas a jeté l’ancre de nouveau en France pour venir enseigner à Jussieu. Lui qui avait rompu avec le stalinisme en 1956, il a sur le tard, en 1974, rejoint l’OCI et s’est lié d’amitié avec Pierre Lambert, dirigeant historique de l'OCI. Avec lui, il a même écrit en 1976 une introduction à l’étude du marxisme, qui est devenue la brochure de formation de l’organisation trotskiste. Ce manuel, entre nous, nous l’appelions le « foulan », abréviation de Fougeyrollas Lambert.

Sans se soucier du conflit d’intérêts que cela induit, c’est à Pierre Fougeyrollas que Jean-Christophe Cambadélis demande d’être son directeur de thèse. Le sujet de sa thèse n’a, en réalité, strictement rien à voir avec la sociologie, mais ce n’est pas la principale difficulté. Son casse-tête, c’est de trouver un moyen de s’inscrire à la faculté de Paris VII Jussieu, en doctorat de troisième cycle, alors qu’il n’a aucun droit d’y accéder. Comment y parvient-il, sans aucun diplôme qui le permette ?

Je n’ai pu interroger le président de l’université de l’époque, Jean-Jacques Fol (1930-1988), décédé. Mais j’ai retrouvé des fonctionnaires, aujourd’hui à la retraite, qui travaillaient dans l’administration de Paris VII et qui se souviennent parfaitement de l’histoire, s’étonnant que le dossier universitaire de Jean-Christophe Cambadélis ne comprenne pas les pièces nécessaires, et notamment aucune copie de ses diplômes antérieurs, ils se sont entendu répondre que Pierre Fougeyrollas avait donné l’assurance qu’il avait vu les diplômes requis pour l’inscription. Les mêmes témoins assurent que ce genre de procédé n’était jamais arrivé avant, ni depuis.

Et pour cause, s’ils ne les ont pas vus, c’est que ces diplômes, Jean-Christophe Cambadélis ne les a jamais passés, ni licence, ni maîtrise, ni DEA. Jean Christophe Cambadélis a-t-il abusé Pierre Fougeyrollas en lui montrant son faux diplôme du Mans sans le verser dans son dossier universitaire, ou bien le sociologue s’est-il porté garant sans avoir vu ce faux diplôme, simplement en lui faisant confiance ? Il n’est plus de ce monde et ne peut plus témoigner.

Une logorrhée interminable

Quoi qu’il en soit, c’est ni vu ni connu. En juin 1985, Cambadélis soutient sa thèse et obtient haut la main son doctorat. Le jury qui le lui accorde présente cette singularité, deux de ses membres sont des proches. Le premier est Pierre Fougeyrollas, que Jean-Christophe Cambadélis côtoie au siège de l’OCI. Le deuxième, Gérard Namer (1928-2010), est un professeur de sociologie et universitaire socialiste avec lequel Jean Christophe Cambadélis, comme il le rapporte sur son blog, a créé peu avant des sections Force Ouvrière dans l’enseignement supérieur. Étonnant jury qui entretient des liens multiples avec l’étudiant auquel il s’apprête à délivrer un doctorat.

La thèse, il faut le dire, est très médiocre. Des jours durant, les proches de Jean Christophe Cambadélis ont vu son assistante taper frénétiquement à la machine à écrire pour saisir le travail universitaire, et reprendre des passages entiers de publications de l’OCI, et notamment de son organe théorique, la Vérité, ou de son hebdomadaire Informations Ouvrières.

Dans son introduction datée du premier mai 1985, Jean Christophe Cambadélis exprime sa gratitude à Pierre Lambert, aux dirigeants de Force Ouvrière, Roger Lerda et Roger Sandri, lequel est un « sous marin » de l’OCI, et à Alexandre Hebert (1921-2010), qui a longtemps dirigé l’union départementale FO de Loire-Atlantique et se dit anarcho-syndicaliste tout en siégeant secrètement au bureau politique de l’OCI, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des relations complaisantes avec le Front National. Jean Christophe Cambadélis les remercie parce qu’ils « ont éclairé de nombreux développements de la lutte des classes ». Il remercie aussi « Pierre Fougeyrollas qui, par ses conseils, et sa connaissance du marxisme, a permis que ce travail soit mené à bien ».

La thèse se révèle grossière dans sa démonstration, reprenant sans distance ni nuance les analyses frustes de l’OCI sur le projet gaulliste d’association entre le capital et le travail, et les analyses caricaturales et sectaires d’Alexandre Hébert sur le corporatisme. Jean-Christophe Cambadélis la résume en quelques phrases dans son introduction, « transformer tous les corps sociaux en rouages de l’état, cadenasser toutes formes d’organisation dans un corps unique subordonné à la compétitivité économique mondiale. Telle est la tentation néo corporatiste rampante de la fin de ce siècle confronté aux crises de toutes sortes ».

C’est une logorrhée interminable, avec des digressions pour expliquer l’analyse de la plus-value et la loi de la valeur chez Karl Marx, ou de la force de travail. Un bavardage indigeste que l’on peine à lire jusqu’au bout tant le travail est besogneux.

Il n’empêche, la soutenance se passe bien. Il y a même foule pour y venir assister. Une bonne partie du bureau politique de l’OCI se trouve dans l’assistance, dont Pierre Lambert, ainsi que nombre de figures connues du bureau confédéral de Force Ouvrière, parmi lesquelles Roger Sandri. Il y a aussi une grosse cohorte des cadres de l’UNEF. Qui sait parmi ceux-là que Jean Christophe Cambadélis soutient cette thèse parce qu’il a le projet secret de faire carrière au Parti Socialiste, peu de monde, sans doute. Après la soutenance, une réception est organisée par l’UNEF pour fêter l’heureux récipiendaire de ce doctorat. L’atmosphère est à la liesse, tous les participants, ou presque, ignorent que le doctorat de Jean Christophe Cambadélis est usurpé.

Ce dernier contrevient du reste à la tradition qui veut que l’on organise un pot de thèse avec ses proches et sa famille. Lui, c’est plus de quatre cents personnes qu’il réunit, pour l’occasion, dans la salle B de la Mutualité. Et s’il y a autant de monde, c’est à l’évidence parce que le nouveau docteur en sociologie veut que le tout Paris socialiste sache qu’il a, en même temps que les diplômes, l’étoffe d’un intellectuel brillant.

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 20:08

http://www.zamanfrance.fr/article/turquie-a-traine-dans-coalition-contre-calife-mossoul-12065.html

La Turquie à la traîne dans la coalition contre le « calife » de Mossoul

Par Sami Kilic

Lundi 15 Septembre 2014

Tandis que les Etats Unis et leurs alliés ont décidé d’attaquer et d’éradiquer un « Etat Islamique » de plus en plus menaçant, la Turquie qui redoute des mesures de représailles contre ses citoyens entend faire profil bas. Une position inconfortable pour un pays qui se rêvait dans la cour des grands.

Motus et bouche cousue, voilà à quoi en est réduite la Turquie, un état naguère « policy maker », un pays qui inspirait, qui orientait, qui assurait un ordre, « order setting », pays sans l’aval duquel « aucune feuille ne bougeait au Moyen-Orient ». Il est bien loin, le temps où le chef de la diplomatie, aujourd’hui premier ministre, Ahmet Davutoglu, pouvait se permettre d’articuler des prétentions de la plus haute envolée.

Aujourd’hui, la Turquie doit se résoudre à trancher un diable de dilemme. Soit elle se lance dans le combat aux côtés de ses partenaires pour décapiter l’hydre de l’Etat Islamique et met ainsi en danger les otages turcs aux mains des djihadistes soit elle se contente de faire le service minimum et amenuise sa stature de puissance régionale à laquelle elle tient tant. Bon gré mal gré, c’est la seconde alternative qui s’est imposée. Selon les informations qui ont filtré de la conférence internationale pour la paix et la sécurité en Irak organisée à Paris, la Turquie a confirmé cette approche.

La cause immédiate, ne pas mettre en danger la vie des otages

Le président américain, Barack Obama, a révélé son plan d’action qui prévoit des frappes aériennes et l’engagement de troupes au sol en Irak et en Syrie. Des poids lourds sunnites comme l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Jordanie ont répondu présent. L’Iran chiite fait également des appels du pied. Les plaques tectoniques bougent au Moyen-Orient, les anciens ennemis se rapprochent, les anciens rivaux s’entendent et les vieux alliés s’éloignent. Voisin de l’Irak et de la Syrie, le seul pays musulman de l’OTAN qui était sollicité par ses partenaires n’a pas caché son embarras à l’idée de jouer un rôle actif dans la coalition.

Quarante-neuf de ses citoyens, dont le consul général à Mossoul, sont en effet retenus par l’Etat Islamique depuis trois mois. Selon Behlül Özkan, chercheur en relations internationales à l'université de Marmara et ancien doctorant du professeur Ahmet Davutoglu, ce dernier croyait dur comme fer que l'Etat Islamique ne toucherait pas au personnel consulaire par affinité confessionnelle. « Sa vision pan islamiste suppose un ordre où la croyance sunnite est hégémonique », observe-t-il. Une conviction qui a été battue en brèche. La Turquie a donc décidé de ne pas participer aux frappes et de ne pas envoyer de soldats. Elle fournira des renseignements, un appui logistique et une assistance humanitaire et autorisera l’utilisation de la base américaine d’Incirlik seulement dans ce cadre. Elle n’a pas l’intention de braquer l’Etat Islamique. Si bien qu’elle n’a même pas signé le communiqué de Djeddah qui scellait un accord historique entre dix pays arabes et les Etats-Unis pour tordre le cou au groupe extrémiste.

Ahmet Davutoglu s’est contenté de déclarer que « nous n’avons pas paraphé pour des raisons évidentes ». Un temps suspectée de fournir du matériel militaire aux djihadistes pour précipiter la chute de Bachar al Assad et contenir l’expansionnisme kurde, il y a par exemple le fameux épisode des camions remplis d'armes, la Turquie a été échaudée par la prise d’assaut de son consulat à Mossoul. Le bâtiment est devenu, depuis, le quartier général du « calife Ibrahim ».

La crainte de voir se multiplier les attentats sur son sol

La mise à l’écart des sunnites d’Irak a entraîné un sentiment de dépit et de rancœur qui a permis l’essor de l’Etat Islamique. Ahmet Davutoglu avait lui-même diagnostiqué « une accumulation de colère des arabes sunnites ». La Turquie estime donc que l’option militaire ne serait d’aucun secours pour régler le problème à la source. Tant que les sunnites ne seront pas apaisés, d’autres têtes brûlées pulluleront à sa frontière méridionale. Elle craint donc de subir des attentats sur son sol comme en mai 2013 où cinquante-deux personnes avaient trouvé la mort à Reyhanli, ville de la province de Hatay.

Ibrahim Karagul, rédacteur en chef du journal Yeni Safak et proche du président de la république Tayyip Erdogan, estime que « la Turquie ne doit pas prendre part à cette opération. Les opérations ne servent à rien pour régler les problèmes de l'Irak en général ni le problème des arabes sunnites en particulier. Et sans trouver une solution à leur problème, aucun autre ne pourra être réglé en Irak », écrit-il.

En outre, le soutien à des « rebelles modérés » fait redouter le pire. L’histoire a montré que les modérés se transforment souvent en radicaux. Ali Sahin, président du centre de recherches stratégiques de l’Asie du sud et député de l’AKP, indique que la lutte contre le califat entraînera une « afghanisation de la région. Des éléments radicaux se précipiteront au Moyen-Orient. On prépare le terrain à des guerres qui vont durer des décennies. Et cela aboutira à une pakistanisation de la Turquie », pense-t-il. Avec une frontière de plus de neuf cent kilomètres partagée avec la Syrie, les inquiétudes ne semblent pas vaines.

Le malaise de la Turquie face à la montée en puissance des kurdes

Les cartes sont clairement rebattues en faveur des kurdes, ceux de la région autonome d’Irak ainsi que ceux du PKK et du PYD. Un bouleversement stratégique pour la Turquie qui voyait dans les groupes extrémistes un moyen de faire d’une pierre, deux coups, la déstabilisation d’al Assad mais également l’affaiblissement des rebelles kurdes. « La Turquie est devenue une partie au conflit. Elle n'a pas hésité à aider des groupes radicaux pour se débarrasser d'al Assad », note Behlul Özkan. C’est un retournement de situation puisque tout le monde est mis à contribution y compris le PKK, l’épouvantail qui hante la Turquie depuis trois décennies.

Selahattin Demirtas, figure de proue des kurdes de Turquie, est allé jusqu'à demander au gouvernement de fournir des armes à la guérilla !

Certes la Turquie mène des pourparlers de paix avec le PKK mais la moindre occasion est bonne pour prendre le dessus à la table des négociations.

Le quotidien américain Wall Street Journal a porté le coup de grâce en évoquant « notre non-allié à Ankara » et en appelant à ouvrir une base militaire à Erbil dans le Nord de l’Irak. En réalité, les turcs ne s’opposent pas à la mobilisation des peshmergas, les hommes du fidèle Massoud Barzani, mais déplorent leur alliance avec les militants du PKK et du PYD, notamment à Mahmour et à Kirkouk. Une pilule difficile à avaler pour un pays qui a perdu près de trente mille citoyens en trente ans.

Contrariée, la Turquie doit observer ses alliés aider un « groupe terroriste ». Le PKK est classé dans la liste des groupes terroristes en Europe et aux Etats-Unis. « Dans le contexte actuel, Ankara n'a pas le luxe de bouder les kurdes. Ce sont nos seuls alliés stratégiques », écrit Asli Aydintasbas du journal turc Milliyet. Certes mais l’irrédentisme kurde fait sursauter les turcs d’autant plus que les kurdes ont élargi de quarante pour cent leur territoire depuis le début des troubles et évoquent de plus en plus l'indépendance.

Le risque de subir une vague de réfugiés

Enfin, la Turquie appréhende une nouvelle vague de réfugiés en provenance d’Irak et de Syrie.

Les frappes vont nécessairement entraîner un exode vers le sud de la Turquie. Le pays abrite déjà tant bien que mal près de deux millions de déplacés. Les tensions sont latentes ici ou là.

Des questions de sécurité et de salubrité commencent à se poser dans les grandes villes du centre anatolien. Les infrastructures d’accueil manquent terriblement alors que l'insécurité distille peu à peu une aversion des locaux envers les nouveaux arrivants.

« On nous attire dans un bourbier » avait prévenu Kemal Kiliçdaroglu, le président du principal parti d’opposition, le CHP, le parti républicain du peuple, gauche kémaliste. Il avait immédiatement été remis à sa place par un Ahmet Davutoglu lyrique qui avait vibré, « le Moyen-Orient n’est pas un bourbier, pour nous Damas est noble, La Mecque est notre qibla, Bagdad est notre sœur, Kirkouk est sainte, le Moyen-Orient est le lieu de la révélation, c’est le centre du mont Hira, c’est Jérusalem, c’est Le Caire ». Un bel hymne qui ne suffit pas à effacer la prosaïque réalité.

C’est l’expérience des siècles, là où il y a des arabes, des kurdes, des turcs et des persans, il faut savoir bien ouvrir les quinquets. Au Moyen-Orient, on ne pèche pas par excès d’optimisme. Pour un professeur de relations internationales, il était temps de le comprendre.

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 19:35

https://www.ensemble-fdg.org/content/ecosse-les-enjeux-du-18-septembre

http://www.pressegauche.org/spip.php?article18806

http://www.socialistworker.co.uk/art/38796/How+the+independence+vote+can+radicalise+Scotland

Le vote pour l’indépendance peut radicaliser l’Ecosse

Raymie Kiernan examine les raisons pour lesquelles les militants indépendantistes écossais croient qu’un dernier effort peut apporter la victoire et soulever des questions plus larges sur l’alternative au capitalisme

Mardi 19 Août 2014

L’ampleur et la profondeur du mouvement en faveur de l’indépendance sont considérables.

Des collectifs se sont formés, rassemblant des partisans de l’indépendance par profession, par nationalité, par orientation sexuelle et par origine ethnique. L’un de ces collectifs est constitué par les « asiatiques écossais pour l’indépendance ».

Son co-secrétaire, Tahir Mohammed, s’est entretenu avec Socialist Worker. Il nous a indiqué que ce collectif organise des militants qui font du porte-à-porte, tiennent des tables de presse, distribuent des tracts et des journaux devant les mosquées et récoltent des fonds.

« Nous faisons du porte-à-porte trois jours par semaine » nous a confié Tahir. « Mais, au fur et à mesure où l’échéance du référendum se rapproche, on le fait de plus en plus quotidiennement ».

Il souligne que les asiatiques écossais sont révulsés par « la politique de Westminster hostile à l’immigration ». Il nous cite un sondage en ligne réalisé en juin auprès des auditeurs d’une des principales stations de radio écossaises en direction des asiatiques qui indiquait un vote de près de soixante pour cent en faveur du oui.

« Des collectifs pour l’indépendance ont été constitués par des chinois, des africains, des arabes et d’autres groupes ethniques. Mais il n’existe rien de tel parmi les partisans du non ».

L’indépendance est vue comme une occasion de rompre avec le système économique et politique de Westminster et de mettre en œuvre des mesures de justice sociale. Pour beaucoup, l’austérité a approfondi ces sentiments.

Tahir nous explique que « les gens ont vu des usines et des chantiers fermer, ils ont vu qu’il y avait de moins en moins d’argent dépensé en Ecosse. On y a testé la poll tax et maintenant la bedroom tax. Au lieu de dépenser tant d’argent dans l’armement nucléaire, on pourrait consacrer près de sept cent mille livres par jour à la santé, à la protection sociale et à l’éducation ».

Cela peut sembler étrange, au fur et à mesure de la montée du soutien à l’indépendance, le nombre de gens qui sont convaincus de ses bienfaits économiques est plutôt en décroissance.

Beaucoup pensent maintenant que l’économie écossaise irait plus mal en cas d’indépendance, en un an, le pourcentage est passé de trente-quatre pour cent à quarante-quatre pour cent des sondés. Pourtant, cela ne signifie pas que les gens partagent les arguments de la droite qui considère que les écossais sont « accros aux subventions » et vivent dans un état assisté qui ne survivra jamais en tant qu’état indépendant.

Mais, en ne se concentrant pas sur des propositions comme la répartition des richesses ou la lutte contre les inégalités qui frappent les écossais, le parti national écossais (SNP) aide à semer les graines de l’incertitude.

Alex Salmond, le dirigeant du SNP, a perdu des points dans les débats sur l’économie parce qu’il ne met pas avant les arguments clé qui pourraient faire la différence. Accepter que le débat soit centré sur l’utilisation ou pas de la livre sterling revient à se placer sur le terrain des partisans de l’union.

Et pourtant, il existe un sentiment croissant que l’Ecosse pourrait être différente.

Un élément a été peu souligné et qui, pourtant, montre que taxer les riches et utiliser les ressources de l’Ecosse pour diminuer les inégalités constituent des armes efficaces dans la campagne pour le oui, il y a deux ans, quarante-trois pour cent des partisans du oui croyaient que l’indépendance permettrait de réduire le fossé entre riches et pauvres. Ils sont aujourd’hui soixante-dix-huit pour cent.

Lors du vote du Jeudi 18 Septembre 2014, les questions de classes et de richesse vont compter énormément. Selon les différents sondages, le soutien à l’indépendance atteint trente-huit pour cent dans les zones les plus pauvres et les plus ouvrières, soit treize points de plus que dans les zones aisées.

Dans les sondages, le non reste en tête de dix points. Mais au moins un tiers des votants n’a pas encore fait son choix.

L’offensive de la campagne du non fondée sur le chantage en matière économique et monétaire a provoqué beaucoup de colère et dopé le soutien au oui.

Gail Morrow est une militante active contre la « bedroom tax ». Elle a contribué à l’organisation du succès de la tournée « l’espoir plus fort que la peur », avec le dirigeant socialiste Tommy Sheridan. Elle a expliqué à Socialist Worker pourquoi près de quinze mille personnes sont venues l’écouter parler de l’indépendance.

« Les gens sont sans arrêt martelés par des coups bas, destinés à leur insuffler la peur. Mais ils réalisent peu à peu que la politique n’est pas hors de leur portée ».

Lors d’une récente réunion du vendredi soir, des centaines de personnes se sont pressées dans un local communal à Wishaw, près de Glasgow. Dans la salle, la principale préoccupation n’était pas de savoir si, après l’indépendance, il y aurait ou non une devise commune avec l’Angleterre. Mais, il y a eu de nombreux échanges pour être bien sûr que les hommes politiques devraient rendre des comptes et pourraient être virés s’ils étaient pris à mentir pour obtenir des suffrages. Les gens étaient mobilisés par la refondation de la santé et de l’éducation comme des services publics, gratuits et de qualités. Ils voulaient savoir comment serait possible une Ecosse où les classes laborieuses ne seraient plus punies pour les fautes des riches.

Un jeune chômeur a demandé, « est-ce que quelqu’un sait où est Tony Blair et pourquoi il n’est pas en prison pour crimes de guerre ? Est-ce que vous pensez que nous devons devenir une république et nous débarrasser de la monarchie ? Quel est votre point de vue sur la dépénalisation du cannabis ».

Le meilleur moyen de contrebalancer la campagne dominante sur le référendum, c’est encore de défendre la vision radicale d’une société différente et de présenter les moyens d’y parvenir !

Ne pas le faire permettra à la campagne des partisans de l’union de rebondir. Défendre la possibilité d’une autre Ecosse rencontre une approbation enthousiaste. Cette semaine, la Radical Independance Campaign a procédé à son second sondage de masse. Cinq cent quatre-vingt-sept militants ont fait du porte-à-porte dans quarante-trois quartiers populaires.

Les résultats confirment ceux du premier sondage réalisé en juin, quarante-deux pour cent pour le oui, vingt-huit pour cent pour le non et trente pour cent d’indécis.

Le parti travailliste s’est divisé sur l’indépendance. Beaucoup de ses membres sont en colère contre le pacte en faveur de l’austérité, passé avec les conservateurs et les libéraux démocrates dans le cadre de la campagne « better together ».

Tellement en colère que les dirigeants du parti travailliste ont dû lancer une autre campagne, unis avec le parti travailliste, qui était censée renouer avec la base. Mais qui s’est trouvée confrontée à une concurrence venue de la base, à travers la campagne des « travaillistes pour l’indépendance ».

Bob Thomson, militant travailliste depuis un demi-siècle et ancien président du parti travailliste écossais, est aujourd’hui un des animateurs de la campagne pour le oui. Il a confié à Socialist Worker que « nous menons campagne avec des membres du parti travailliste de tous les âges et de toutes expériences, des maires, des animateurs de conseils municipaux, des permanents du parti et les jeunesses socialistes du parti travailliste ».

Selon un sondage publié le mois dernier, de plus en plus d’électeurs travaillistes sont convaincus par ces arguments. Il indique que vingt-huit pour cent des électeurs ayant voté pour le parti travailliste lors des élections au parlement écossais en 2011 vont voter oui, soit sept points de plus que lors du sondage précédent.

Bob précise que « voter oui, ce n’est pas voter pour Alex Salmond ou pour le SNP. C’est voter pour le changement et l’espoir, pour créer l’occasion de mettre en œuvre des politiques et des valeurs authentiquement travaillistes ».

Pendant les quatre dernières années de règne des conservateurs, le niveau de vie de la classe ouvrière a été sauvagement attaqué. C’est pourquoi il est si important d’argumenter contre les privatisations et pour la défense des services publics.

C’est aussi pourquoi il faut soutenir les soixante-dix mille fonctionnaires locaux du syndicat Unison qui sont actuellement consultés sur la décision de se mettre en grève et de rejoindre le mouvement pour les salaires. S’ils votent oui, cela augmentera d’autant le potentiel de la grève du 14 octobre 2014.

Le gouvernement écossais, dirigé par le SNP, sent bien l’état d’esprit populaire hostile aux conservateurs et a déjà plaidé pour la renationalisation de Royal Mail et l’arrêt des privatisations dans le secteur de la santé.

Il ne fait aucun doute que la victoire du non ouvrirait la voie à de nouvelles attaques contre les services publics. Les partis regroupés dans « better together » se sont engagés à de nouvelles coupes budgétaires, à de nouvelles privatisations, à des réductions supplémentaires d’emplois dans le secteur public et au gel des salaires.

Gail pense que « n’importe quoi sera mieux que ce que nous subissons aujourd’hui », mais elle se désole que son fils doive s’expatrier pour avoir un meilleur avenir, si le non l’emporte.

Elle espère aussi qu’un vote oui serait une source d’inspiration pour le combat pour une société plus juste, à travers l’ensemble de la Grande-Bretagne.

Bien que l’opposition à l’austérité du gouvernement conservateur soit l’élément clé de la campagne pour l’indépendance, les récentes mobilisations pour Gaza ont également soulevé la question de l’impérialisme britannique et de son soutien à Israël. Ces mobilisations ont fait pression sur le gouvernement écossais afin que celui-ci appelle à l’embargo sur les armes à destination d’Israël, fournisse une aide médicale pour les blessés de Gaza et accepte d’accueillir des réfugiés palestiniens. Cela représente un contraste saisissant avec le soutien qu’apporte le conservateur David Cameron à l’état d’apartheid que constitue Israël.

Même si pour le SNP ce n’étaient que des mots, le peuple écossais a pu avoir un aperçu de ce que pourrait être une politique étrangère différente après un vote oui.

Socialist Worker soutient le vote pour l’indépendance. Nous sommes partisans d’une rupture avec l’état impérialiste britannique et de l’affaiblissement de sa capacité à se joindre aux aventures militaires et guerres illégales des Etats-Unis à travers le monde.

L’indépendance serait un coup porté des deux côtés de la soi-disant « relation spéciale ».

Un vote oui remettrait également en cause le statut de la Grande-Bretagne comme puissance nucléaire dominante et soulèverait la question de la renonciation à ses capacités nucléaires.

Nous ne devons avoir aucune illusion, un vote oui ne conduira pas à une Ecosse socialiste.

Dans une Ecosse indépendante et capitaliste, il y aura toujours des patrons qui réclameront plus de coupes budgétaires et il y aura toujours des politiciens qui voudront les mettre en œuvre.

Nous devrons toujours être vigilants et nous assurer que la direction du SNP ne parvienne pas à réaliser son souhait du maintien de l’Ecosse dans l’OTAN. Un vote oui sera un vote contre la guerre et l’armement nucléaire. Mais on ne peut faire confiance au SNP à ce sujet.

Ce sont la lutte contre l’austérité, l’opposition à la guerre et à la pauvreté qui motivent les milliers de militants de l’indépendance. Nous devons défendre la perspective d’un véritable changement si nous voulons convaincre les électeurs de la classe ouvrière d’être la force décisive qui fera la décision le 18 septembre.

Quelle que soit l’issue du scrutin, cette campagne a soulevé parmi les gens ordinaires des espoirs de changement, il sera difficile pour la classe dirigeante de remettre le couvercle.

Il nous faut jeter toutes nos forces dans la bataille pour que la Grande-Bretagne appartienne désormais au passé.

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 17:07

https://www.ensemble-fdg.org/content/la-catalogne-aprs-le-11-septembre-des-semaines-dcisives

http://www.vientosur.info/spip.php?article9395

La Catalogne après le 11 septembre, des semaines décisives

Par Marti Caussa

Dimanche 14 Septembre 2014

Pour la troisième année consécutive, la mobilisation du peuple de Catalogne pour le droit de décider a été extraordinairement massive et a dépassé celle de l’année précédente. Pas besoin de s’aventurer sur les chiffres, il suffit de regarder les photos et vidéos pour s’assurer que la manifestation du 11 septembre était une des plus importantes en Europe et dans le monde. Les prédictions que le scandale Pujol pourrait affaiblir la capacité de mobilisation ont été réfutées par la réalité.

Dans son discours à la fin de l’énorme manifestation en forme de V, la présidente de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), Carme Forcadell, a exprimé correctement le sentiment de la plupart des participants, « nous n’avons pas fait tout ce chemin pour revenir en arrière et nous replier, monsieur le président, installez les urnes ».

C’est la grande question, l’installation ou non des urnes pour faire le référendum si le tribunal constitutionnel suspend l’appel à consultation. La réponse des manifestants le 11 septembre a été claire. Mais cela ne signifie pas automatiquement qu’elle sera entendue. Des forces économiques, politiques et médiatiques très puissantes sont contre. Il y aura une bataille pour l’opinion publique et pour influencer les institutions et les personnes qui doivent prendre la décision. Et, quelle que soit la décision prise, elle y aura des lourdes conséquences dans les années à venir. Les prochaines semaines seront donc décisives.

Le calendrier immédiat est clair. Lundi 15 Septembre 2014 débutera au parlement le débat sur la politique générale, qui se terminera Mercredi 17 Septembre 2014. Jeudi 18 Septembre 2014 aura lieu le référendum en Écosse, dont l’issue aura un effet majeur. Vendredi 19 Septembre 2014, le parlement approuvera la loi sur les consultations avec le soutien du Parti Socialiste Catalan et, probablement, la loi sera publiée Lundi 22 Septembre 2014, sûrement ce même jour, Artur Mas, président du gouvernement autonome de la Catalogne, organisera la consultation pour le 9 Novembre. Le président espagnol Mariano Rajoy a averti qu’il ferait appel à la loi et au tribunal constitutionnel et le plus probable est que cette dernière suspendra provisoirement les deux. Dans ce cas, Artur Mas a déclaré qu’il réunira les partis qui soutiennent la consultation (CiU, ERC, ICV EUiA et CUP) pour prendre une position unifiée.

Ce ne sera pas facile. CiU est divisée entre les partisans de la mise en œuvre de la consultation malgré la décision du tribunal constitutionnel et les opposants, plus nombreux dans Unio. ERC et CUP veulent que la consultation soit réalisée dans tous les cas et ICV EUiA n’a pas encore exprimé une opinion claire.

Les options en présence

Outre l’opposition du Parti Populaire et du gouvernement Rajoy, qui interdit la consultation sans offrir aucune alternative, il y a trois groupes d’opinions.

Le premier, manifestement opposé au droit de décider mais alarmé par les conséquences de l’inaction de Mariano Rajoy, est, selon le quotidien el País, partisan d’un « troisième voie autonomiste, éloignée de la sécession et du néo centralisme » (El País, « del éxito al fracaso », 12 septembre 2014). Pour la matérialiser, il doit combattre les partisans du droit de décider (« le sécessionnisme »), utiliser ses propres sondages pour montrer que la troisième voie est majoritaire, faire pression pour que le 9 novembre les urnes ne soient pas mises en place puis, cet objectif accompli, continuer à écrire des éditoriaux pour qu’Artur Mas et Mariano Rajoy parviennent à un accord qui serait soumis à consultation.

Un deuxième groupe d’opinion est en faveur du droit à décider et veut la consultation, mais fait appel à la prudence et aux rapports des forces pour ne pas mettre en place la consultation si le tribunal constitutionnel ne l’autorise pas.

L’une des personnes les plus raisonnables et intelligentes qui défendent cette option est Josep Ramoneda et je veux le prendre comme exemple, parce que on peut être d’accord avec beaucoup de choses qu’il dit. J’en cite quelques-unes, l’indépendance est un très grand transfert de pouvoir et ceux qui l’ont maintenant résisteront autant que possible avant de le perdre, une accumulation des forces est nécessaire et tout processus de sécession exige, à un moment donné, une rupture avec la légalité en place. Mais, en dépit des grandes mobilisations, le rapport de forces fait que mettre en œuvre une consultation non autorisée par le tribunal constitutionnel signifierait « tirer dans le pied de l’indépendance » (Ara, « la virtud de la prudencia », 3 Septembre 2014) ou serait « un suicide de l’indépendance » (El País, « el soberanismo se consolida », 12 septembre 2014). La raison en est qu’une « consultation illégale aurait probablement un faible taux de participation, loin du minimum requis. Et perdrait de sa légitimité plus qu’autre chose » (Ara, 3 Septembre 2014). Dans cette situation, il estime que la chose la plus raisonnable à faire serait des élections anticipées. Mais la question clé est pour quoi faire ? Et Josep Ramoneda ne formule pas de réponse, seulement de nouvelles questions, quand le gouvernement espagnol estimera-t-il que le temps de faire de la politique est arrivé ?

Pourquoi personne n’explore la formule d’état libre associé ? D’autres chroniqueurs ont longtemps suggéré que le but de ces élections serait d’obtenir une majorité en faveur de l’indépendance et de procéder à sa proclamation unilatérale. Mais, si on ne réalise pas une consultation sans effet juridique lorsqu’on dispose de la majorité pour le faire, comment croire qu’ils vont faire quelque chose de beaucoup plus osé, qui suppose plus de confrontation avec l’état, sans avoir préalablement l’avis de la population ?

Le troisième groupe de l’opinion peut être illustré par ce que Carme Forcadell a affirmé Jeudi 11 septembre 2014, « monsieur le président, installez les urnes ». Vendredi 12 septembre 2014, dans une interview à TV3, elle a développé sa position, « il faut mettre les urnes malgré la décision du tribunal constitutionnel.

Si nécessaire, il faut faire un acte de désobéissance à cette institution qui ne nous respecte pas en tant que peuple, il faut agir conformément à la loi catalane, la loi sur le référendum qu’approuvera le parlement et l’appel à la consultation que le président Artur Mas fera en se fondant sur elle. Il y a des raisons impérieuses pour soutenir cette option. Pour exercer le droit de décider, une grande accumulation de forces est nécessaire, elle se mesure principalement par la capacité de mobilisation sociale de longue durée. Ne rien faire l’affaiblit.

Accepter de ne pas effectuer la consultation, car elle n’a pas été autorisée par le tribunal constitutionnel, décision que tout le monde avait déjà prévu depuis le début, aurait un effet catastrophique sur la capacité pour mobiliser. Pourquoi amorcer un autre projet si nous acceptons que ces décisions constituent un mur infranchissable ? Si on veut vraiment exercer le droit à décider, il est inévitable d’ouvrir une brèche ou plusieurs dans la légalité. Et c’est maintenant que le mouvement se sent plus fort et justifié, qu’il est en mesure d’obtenir une autre victoire, même si ce n’est pas la victoire finale. Si la consultation est suspendue par le tribunal constitutionnel, sa mise en œuvre n’apportera pas la même participation et n’aura pas autant de force que si elle était autorisée, mais aura une valeur énorme comme l’expression de la volonté démocratique majoritaire du peuple de la Catalogne et de l’injustice de l’autoritarisme de l’état espagnol. Le mouvement sera renforcé. C’est ce qui est important.

Artur Mas est la personne clé pour installer les urnes le 9 novembre. S’il le fait, il est probable que la coalition des partis favorables à la consultation sera préservée, peut-être avec la désaffection d’une minorité du parti de Durán, Unió democràtica de Catalunya, et que la consultation aura lieu. S’il ne le fait pas, l’alternative présentée comme la plus probable depuis longtemps est l’appel aux élections anticipées, déjà évoqué. Mais il y a une autre alternative possible, minime mais qu’on ne devrait pas complètement oublier, ni consultation, ni élections mais Artur Mas continue à gouverner en minorité sans le soutien de l’ERC jusqu’à la fin de la législature. C’est l’option souhaitée par les partisans de la troisième voie, qu’un Artur Mas ou son successeur affaibli accepte de négocier un accord avec Mariano Rajoy. Ce serait le pire des scénarios. S’il se mettait en place, l’exigence de la démission d’Artur Mas et l’appel à des élections immédiates seraient indispensables. Parce que toutes les promesses auraient été trahies.

Et les revendications sociales ?

Le droit de décider est sans doute la question politique la plus importante, tant en Catalogne que dans l’état espagnol. Mais pour des millions de personnes les problèmes les plus urgents ne se limitent pas là, le chômage, le travail précaire, les bas salaires, la dévaluation des pensions, les expulsions du logement, la détérioration et la privatisation des soins de santé, les coupes dans l’enseignement, la quasi disparition des aides à la dépendance, et ainsi de suite.

Est-ce que ces problèmes étaient présents dans le grand « V » du Jeudi 11 Septembre 2014 ?

Oui, dans certains secteurs, par exemple dans les secteurs cinquante-sept et cinquante-huit avec la campagne « pour une Catalogne sociale » développée par les syndicats et les associations de quartier, dans le secteur quarante-cinq avec les associations LGBTI et dans les secteurs dix-neuf et vingt, en face de la Deutsche Bank, avec le procès constituant et les marches pour la dignité. Mais il y avait plus de soixante-dix secteurs dans le rassemblement et la présence de revendications sociales dans l’ensemble était faible, même si elle été plus importante que l’an dernier. Probablement beaucoup de participants ont estimé que le 11 septembre n’était pas le moment et l’espace pour ces revendications. Mais le résultat de cette séparation ne donne pas plus de force au mouvement.

Les secteurs populaires, qui souffrent des conséquences les plus graves de la crise et des politiques du gouvernement, seront plus facilement intégrés dans la mobilisation s’ils voient que leurs revendications sont prises en compte. De même, la solidarité des secteurs populaires du reste de l’état espagnol serait plus facile à organiser si ces secteurs percevaient que le mouvement pour le droit de décider de la Catalogne est le fer de lance d’une rupture démocratique et un moyen pour mettre fin aux politiques d’austérité dans toute la péninsule. En bref, quand on a besoin d’un changement social et politique profond, il est souhaitable que les deux types de demandes apparaissent dans les manifestations. Cette année, bien plus a été fait dans ce sens que l’année précédente, mais il reste encore beaucoup à faire.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 20:02

http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14931

http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2014/07/islamic-state-fighting-hamas-priority-before-israel.html#

Pourquoi l’Etat Islamique se fiche de la résistance palestinienne

Par Ali Mamouri

Mardi 29 Juillet 2014

La plupart des mouvements djihadistes salafistes d’aujourd’hui ne manifestent aucun intérêt pour le conflit israélo-palestinien, le considérant pour l’instant comme de peu d’intérêt. Leur appel est plutôt pour un engagement dans des confrontations violentes et sanglantes impliquant des bombardements, des exécutions, et des attaques suicides contre des gouvernements dirigés par des musulmans et contre des civils musulmans.

Al Qaida a suivi ce cours pendant des décennies, et aujourd’hui l’État Islamique marche sur les traces d’Al Qaida, menant une guerre des plus brutales dans des régions entières de l’Irak et de la Syrie, voulant « épurer » ces zones par des massacres et le déplacement forcé de population. Une fois un territoire saisi, il ne mobilise aucune des populations sous son contrôle contre les opérations militaires israéliennes à Gaza. Comment cela s’explique-t-il ?

Quelques salafistes djihadistes ou pro djihadistes ont publié des clips vidéos et des messages expliquant leur absence de soutien aux palestiniens. Un tweet disait que « le gouvernement du Hamas est apostat, et ce qu’il fait n’est pas le djihad, mais plutôt une défense de la démocratie à laquelle les salafistes s’opposent ». Un autre tweet disait que « Khaled Meshaal et le Hamas combattent pour la liberté et l’indépendance, tandis que l’État Islamique combat de sorte que toute la religion puisse être pour dieu ». Khaled Meshaal est à la tête du bureau politique du Hamas.

Le 22 juillet 2014, le cheikh salafiste égyptien Talaat Zahran a déclaré qu’il ne fallait pas aider les habitants de Gaza parce qu’ils ne suivaient pas une direction légitime, et parce qu’ils sont équivalents aux chiites puisqu’ils les suivent, faisant allusion au Hezbollah et à l’Iran avec lesquels le mouvement du Hamas, d’obédience sunnite, est allié. Ainsi la position des djihadistes n’est pas juste une position politique, mais elle s’appuie sur des principes théologiques salafistes.

Les salafistes estiment que le djihad doit être accompli sous une direction légitime. Cet argument est avancé sous le concept de « la bannière et du commandement », qui soutient que celui qui entreprend le djihad doit suivre un commandement qui remplisse les critères de la direction religieuse et politique et brandisse la bannière du djihad. Étant donné qu’il n’y a ni chef légitime ni déclaration validée par les salafistes pour le djihad en Palestine, il est interdit d’y combattre.

En outre, pour les salafistes, si des non-musulmans sont à la tête de pays islamiques et que des apostats existent dans le monde islamique, celui-ci doit être débarrassé de ces éléments avant quoi que ce soit d’autre. En bref, la purification de la société islamique prend le pas sur le combat contre les sociétés non-islamiques. Sur cette base, les salafistes voient un conflit avec un gouvernement déclaré illégitime comme celui du Hamas, comme un préalable à toute confrontation avec Israël. Si l’occasion pour une action militaire se présentait dans les territoires palestiniens, les salafistes combattraient le Hamas et d’autres factions sous couvert d’un nécessaire « nettoyage » du terrain, puis s’attaqueraient à Israël seulement dans un second temps.

Cette approche a ses racines dans l’histoire islamique, qui selon les salafistes confirme la validité de leur approche. Ils font référence au premier califat d’Abu Bakr qui a donné la priorité à la lutte contre les apostats, avant les conquêtes islamiques qui ont été réalisées plus tard sous le deuxième califat avec Umar bin al Khattab. De même, Saladin a combattu et massacré les chiites avant de s’attaquer aux croisés en terre sainte.

Les salafistes considèrent aujourd’hui que leur priorité est de combattre les chiites, les munafiqin, (dissimulateurs, ou faux musulmans), et les apostats, qu’ils appellent « l’ennemi proche ». Pendant la guerre en cours à Gaza, un certain nombre de combattants de l’État Islamique ont brûlé le drapeau palestinien parce qu’ils le considèrent comme un symbole de la régression du monde islamique, lequel aurait succombé aux divisions nationales avec la création des états politiques indépendants. Dans la doctrine salafiste, le monde islamique dans son ensemble doit être uni sous un état unique, un califat islamique, lequel a été proclamé fin juin 2014.

Les groupes salafistes actifs dans la bande de Gaza se sont engagés dans diverses confrontations avec le Hamas, mais ils n’ont pas réussi à prendre réellement pied.

Certains groupes ont posté des clips vidéo en faisant connaître leur appui aux victoires récentes de l’État Islamique en Irak et en Syrie. Le principal différend entre le Hamas et les groupes salafistes repose sur leurs principes totalement opposés. Le Hamas est plus réaliste et pragmatique que les salafistes djihadistes. Le premier a des priorités politiques dont fait partie la libération du territoire palestinien, tandis que le second a des priorités religieuses avec l’établissement d’un califat islamique totalitaire, tout en considérant la question de l’existence de l’état sioniste comme secondaire par rapport à cet objectif central.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 19:45

http://www.swissinfo.ch/fre/france--le-recruteur-présumé-de-jihadistes-craignait-pour-sa-vie/40680890

Le recruteur présumé de djihadistes craignait pour sa vie (ATS)

Dimanche 14 Septembre 2014

Mourad Fares, franco marocain soupçonné d'avoir été l'un des principaux recruteurs de djihadistes français en Syrie, s'est rendu aux autorités françaises car il craignait pour sa vie après avoir quitté l'Etat Islamique et rejoint le Front al Nosra, a-t-on appris de source proche du dossier. La progression de l'Etat Islamique l'aurait poussé à se rendre.

Il a été arrêté en août en Turquie et reconduit en France dans la nuit de mercredi à jeudi avant d'être remis à la justice. Originaire de Haute-Savoie, il était en Syrie depuis juillet 2013.

Son rôle « serait déterminant dans le recrutement de jeunes français, à Toulouse et à Strasbourg, et leur départ en Syrie », selon le ministre français de l'intérieur Bernard Cazeneuve.

Dans une interview diffusée en février dernier sur le site du magazine Vice, et qui lui est attribuable selon RTL, le jeune homme s'était lui-même targué d'être l'un des principaux « prêcheurs. Tous les djihadistes dont on parle dans les journaux sont passés par moi », disait-il.

Vide juridique

Un projet de loi destiné à freiner les départs de candidats au djihad sera présenté à l'assemblée nationale française lundi. Le texte devrait recueillir un consensus entre la droite et la gauche dans un pays qui se sait très exposé et où existe un vide juridique.

Les autorités françaises s'inquiètent du phénomène des départs vers la Syrie ou l'Irak et, lors du retour en Europe, de risques d'attentats. Entre neuf cent trente et neuf cent cinquante personnes sont concernées. Le nombre de français impliqués dans ces filières, qu'ils soient sur place, en transit ou revenus, a ainsi bondi de soixante quinze pour cent depuis le début de l'année (cinq cent cinquante personnes alors), selon le ministère français de l'intérieur.

« S'il ne se passe rien, il aura doublé dans un an », dit-on dans l'entourage du ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 19:31

http://www.france-irak-actualite.com/2014/09/coalition-ou-pas-la-guerre-contre-l-ei-n-est-pas-encore-totale.html

http://www.lorientlejour.com/article/885653/coalition-ou-pas-la-guerre-contre-lei-nest-pas-encore-totale.html

Coalition ou pas, la guerre contre l’Etat Islamique n’est pas encore totale

Par Scarlett Haddad

Vendredi 12 Septembre 2014

Le président américain Barack Obama a eu beau déclarer hier dans un discours solennel la guerre contre le terrorisme de l'État Islamique et annoncer la formation d'une large coalition pour la mener, le paysage régional reste assez flou. La coalition qui est en train de se former ne montre pas en effet qu'il existe une volonté claire de se consacrer à la lutte contre l'Etat Islamique et ses semblables, selon une source diplomatique arabe qui précise se baser sur de nombreux indices pour aboutir à cette conclusion. D'une part, la Turquie, qui est considérée comme une puissance influente sur certains groupes islamistes, a refusé de rejoindre cette coalition. Ce qui signifie qu'elle ne compte pas retirer son appui aux groupes islamistes de sensibilité proche des frères musulmans. La Turquie étant en même temps membre de l'OTAN et l'un des principaux alliés régionaux des États-Unis, on comprend mal comment elle peut continuer à appuyer les groupes auxquels les États-Unis ont déclaré la guerre. Cette question mérite d'ailleurs qu'on s'y attarde car elle exprime bien toute l'ambiguïté de la position internationale au sujet du califat islamique.

Autre indice que la source diplomatique arabe juge suspect, la petite phrase du président américain sur la nécessité d'armer « l'opposition syrienne démocratique » qui combat à la fois les forces du régime syrien et les groupes islamistes. Pourtant, il y a deux mois, c'est le même Barack Obama qui disait au New York Times que l'opposition syrienne démocratique ne fait pas le poids face au régime et qu'elle n'existe presque pas. Cette phrase a été prononcée après de nombreuses tentatives d'aider les groupes de l'opposition syrienne dite modérée pour leur permettre de renverser le régime de Bachar al Assad. Les experts militaires américains avaient même entraîné dans ce but de nombreuses recrues dans des camps d'entraînement en Jordanie et ailleurs. En vain, puisque, de toutes les unités entraînées, armées et financées, seuls les combattants islamiques ont réussi à marquer des points sur le terrain face à l'armée syrienne, au point d'ailleurs que les autres combattants, ceux de l'Armée Syrienne Libre notamment, ont souvent préféré soit participer à des arrangements avec l'armée syrienne, soit rallier les groupes islamistes. Qui se souvient encore du colonel Riad al Assaad ou du général Sélim Idriss qui se voyaient déjà en grands libérateurs de la Syrie ? Selon la source diplomatique, toutes les tentatives de ce genre menées depuis plus de trois ans ont donc échoué et ont même coûté son poste à l'émir Bandar ben Sultan qui a dû vivre une période de disgrâce avant de revenir dans la cour du roi Abdallah d'Arabie Saoudite. On voit mal pourquoi soudain elles deviendraient soudain possibles, alors que l'Armée Syrienne Libre et les autres formations dites modérées ont de moins en moins le vent en poupe en Syrie. À moins qu'il s'agisse d'une manœuvre visant à redorer le blason de certains groupes islamistes en les présentant comme modérés face à l'Etat Islamique et au Front al Nosra, les étiquettes étant après tout des concepts tout à fait relatifs.

La source diplomatique arabe précitée estime ainsi qu'en dépit de la solennité de l'annonce de Barack Obama, la guerre qu'il a déclarée contre les groupes terroristes reste donc plus virtuelle que réelle et décisive. D'autant qu'en gros, la communauté internationale ne s'est pas vraiment empressée de se rallier à la coalition menée par les États-Unis. Même l'Europe traîne un peu les pieds, alors que la plus enthousiaste est l'Arabie Saoudite. C'est certes un grand pas en avant puisque l'idée est de pousser les musulmans à combattre l'Etat Islamique pour ne pas aiguiser les tensions religieuses dans les sociétés occidentales et ailleurs.

Mais l'Arabie Saoudite ne peut pas être d'une grande efficacité sur le terrain, ayant elle-même fait appel à l'armée égyptienne pour protéger son territoire d'éventuelles attaques terroristes pendant la période du pèlerinage d'al Adha.

L'Arabie Saoudite se contentera donc de fournir le financement et a promis d'ouvrir des camps d'entraînement sur son territoire.

En conclusion, ce qui apparaît pour l'instant, c'est que l'Arabie est certes sérieuse dans sa lutte contre le terrorisme takfiriste sur son territoire, mais en Syrie, c'est une autre affaire.

Les États-Unis sont sérieux dans leur lutte contre l'Etat Islamique si celui-ci dépasse les limites qui lui ont été fixées, mais il n'est pas encore question de penser à de véritables solutions globales. Pourtant, certains signes peuvent montrer qu'en dépit du tapage médiatique, des arrangements ont commencé à pointer à l'horizon, d'abord, l'Irak s'est doté d'un gouvernement, avec deux portefeuilles manquants (la défense et l'intérieur), mais c'est un début quand même, ensuite, les houthis et le régime yéménite sont en train de trouver un accord pour mettre un terme aux protestations dans les rues et les iraniens auraient aidé les saoudiens en leur donnant des informations sur certains ulémas favorables à l'Etat Islamique qui sévissent dans les mosquées dans certaines régions du royaume. Ces signes peuvent-ils se concrétiser dans un accord plus vaste en marge de la session ordinaire de l'assemblée générale de l’ONU ? La source diplomatique arabe précitée pense qu'il est encore trop tôt pour envisager des accords. Selon la boutade d'une personnalité libanaise, la carte de l'Etat Islamique n'a pas encore atteint sa date d'expiration.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 18:49

http://www.europalestine.com/spip.php?article9886

Lundi 22 Septembre 2014 à 14 heures, devant la cour d’appel de Caen, le procès en appel des sept militants du Collectif Orne Palestine, poursuivis en justice par le gouvernement pour avoir informé la population d’Alençon, en février 2010, de l’appel palestinien au boycott des produits israéliens.

Nous exigeons la relaxe de Chantal, Christine, Nicole, Alain, Jo, François et Pierre, qui n’ont fait que leur devoir d’assistance à peuple en danger, en allant alerter les clients d’un supermarché Carrefour et leur conseiller de ne pas acheter les produits de l’occupation israélienne.

Nous appelons à assister à ce procès et à rejoindre le rassemblement qui se tiendra Lundi 22 Septembre 2014 à partir de 13 heures devant la cour d’appel de Caen

Nouveau palais de justice place Gambetta 14 000 Caen

Communiqué du Collectif Palestine Orne

Chantal, Christine, Nicole, Alain, Jo, François et Pierre, les sept militants du Collectif Palestine Orne, doivent être relaxés.

Après plus de trois ans de procédure, ils sont passés en procès le 22 juin 2013 en première audience devant le TGI d’Alençon, le 19 septembre 2013 ils se sont vus condamnés, individuellement, à cinq cent euros d’amende assortis du sursis et à verser, solidairement, cinq cent euros à chacune des quatre parties civiles.

Ils ont fait appel de cette décision particulièrement scandaleuse et totalement injustifiée et seront jugés pour les mêmes motifs à savoir, « provocation, incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou groupe de personnes, à raison de son appartenance à une ethnie, à une race, à une religion ou à une nation et entrave à l’exercice normal d’un magasin ».

Tout cela suite à une action d’information auprès des clients d’un magasin Carrefour à Alençon le 10 février 2010 les appelant au boycott des produits israéliens pour dénoncer la politique du gouvernement israélien, occupation et colonisation de la Palestine, construction du mur de séparation et blocus de la bande de Gaza.

Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne BDS qui atteint une audience de plus en plus forte et qui, chaque jour, fait preuve de son utilité et de son efficacité à travers les centaines d’actions qui se déroulent dans plus de quarante pays. Et inquiète très sérieusement les autorités israéliennes.

Ainsi tout récemment, la Commission Européenne préconise, dans ses lignes directrices publiées au journal officiel de l’Union Européenne du 19 juillet 2014, que « tous les accords entre l’Union Européenne et Israël doivent indiquer sans ambiguïté et explicitement qu’ils ne s’appliquent pas aux territoires occupés par Israël en 1967 (Jérusalem-Est, Cisjordanie, Gaza et plateau du Golan) ».

Il est plus que jamais nécessaire de renforcer la vaste mobilisation qui s’est mise en place, non seulement lors du procès d’Alençon mais aussi lors des procès de nos camarades de Bordeaux, Pontoise, Paris, Bobigny, Mulhouse et Perpignan, pour dénoncer une grave atteinte à la liberté d’expression et le fait de traiter les militants de la paix comme des délinquants, pour réaffirmer la légitimité de notre solidarité avec le peuple palestinien, pour exiger l’abrogation de la circulaire Alliot Marie et pour mettre fin à l’impunité d’Israël

Notre procès, ainsi que les six autres, s’ils traduisent une véritable volonté politique de casser l’élan et l’essor de la campagne BDS sont aussi une formidable caisse de résonance et une tribune pour médiatiser et populariser nos actions de solidarité avec les palestiniens.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 17:53

http://www.eroj.org/biblio/espanya/espanya.htm#a

https://www.marxists.org/espanol/m-e/1850s/9-ix-54.htm

L'Espagne révolutionnaire

Par Karl Marx, New York Daily Tribune

Samedi 9 Septembre 1854

La révolution en Espagne a déjà acquis le statut de situation permanente, au point que, comme nous l'a signalé notre correspondant à Londres, les classes riches et conservatrices ont commencé à émigrer et à rechercher la sécurité en France. Ce n'est pas surprenant, l’Espagne n'a jamais adopté la mode française moderne, si répandue en 1848, consistant à commencer et à faire une révolution en trois jours. Ses efforts dans ce domaine sont plus complexes et longs.

Une période de trois ans semble être la période la plus courte, et dans certains cas, le cycle révolutionnaire s'étend à neuf ans. Ainsi, sa première révolution de ce siècle s'étendait de 1808 à 1814, la seconde, de 1820 à 1823, et la troisième, de 1834 à 1843. Ce que sera la durée de la présente, et quel sera son résultat, il est impossible de le prévoir, même l'homme politique le plus habile, mais il n'est pas exagéré de dire qu'il n'y a rien en Europe, ni même en Turquie, ou la guerre en Russie, qui donne à l'observateur attentionné un plus vif intérêt que l'Espagne dans le moment présent.

Les soulèvements insurrectionnels en Espagne sont aussi vieux que la puissance des courtisans et des favoris contre lesquels ils ont été d'habitude réalisés. Ainsi, à la fin du quatorzième siècle, l'aristocratie se révoltait contre le roi Juan II et contre son favori don Alvaro de Luna. Au quinzième siècle les chocs les plus graves se produisaient contre le roi Enrique IV et le chef de sa camarilla, Don Juan Pacheco, marquis de Villena.

Au dix septième siècle, le peuple de Lisbonne tuait Vasconcelos, le vice-roi espagnol au Portugal, comme il l'a fait à Barcelone avec Santa Coloma, favori de Felipe IV. Plus tard dans le même siècle, sous le règne de Carlos II, le peuple de Madrid s’est soulevé contre la camarilla de la reine composé de la comtesse de Barlipsch et les comtes d'Oropesa et de Melgar, qui avaient imposé des cotisations fiscales abusives sur tous les aliments entrant dans la capitale et qui étaient distribués en même temps. Le peuple est allé au Palais Royal et forcé le roi à se présenter au balcon pour dénoncer lui-même la camarilla de la reine. Il s’est dirigé ensuite vers les palais des comtes d'Oropesa et Melgar, les a saccagés, incendiés, et a tenté de s'emparer de leurs propriétaires, qui eurent, cependant, la chance de s'échapper au prix d’un exil perpétuel.

L'événement qui a causé le soulèvement insurrectionnel du quinzième siècle était le traité perfide du favori d’Enrique IV, le marquis de Villena, qu’il avait conclu avec le roi de France, et en vertu duquel, la Catalogne devait être à la merci de Louis XI.

Trois siècles plus tard, le traité de Fontainebleau, signé le 27 Octobre 1807 par Carlos IV et par le favori de la reine, don Manuel Godoy, prince de la Paz, avec Bonaparte, sur la partition du Portugal et l'entrée de armées françaises en Espagne, provoquait un soulèvement populaire à Madrid contre Godoy, l'abdication de Carlos IV, l’avènement de son fils Fernando VII, l'entrée de l'armée française en Espagne et la guerre d’indépendance. Ainsi, la guerre d'indépendance espagnole a commencé par un soulèvement populaire contre la camarilla incarnée par don Manuel Godoy, comme la guerre civile du quinzième siècle avait commencé avec le soulèvement contre la camarilla personnifiée par le marquis de Villena. En outre, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla personnifiée par le comte de San Luis.

En dépit de ces soulèvements répétés, on dit depuis le début du siècle qu’il n’y a pas en Espagne de révolution sérieuse, à l’exception de la guerre sainte à l'époque de Charles Quint, comme disent les allemands.

Le prétexte immédiat, comme d'habitude, a été fourni par la camarilla qui sous les auspices du vice-roi, le cardinal Adriano, un flamand, a exaspéré les castillans par son insolence rapace, par la vente des charges publiques au plus offrant et par le trafic ouvert des décisions de justice. L'opposition à la camarilla flamande a pris la dimension d’un mouvement, mais à la fin elle traitait de la défense des libertés de l'Espagne médiévale contre l'ingérence de l'absolutisme moderne.

La base matérielle de la monarchie espagnole avait été établie par l’union de l’Aragon, de la Castille et de Grenade, sous le règne de Ferdinand et d'Isabelle la Catholique. Carlos Premier a essayé de transformer cette monarchie féodale en une monarchie absolue.

Il a attaqué simultanément les deux piliers de la liberté espagnole, les Cortes et les Municipalités. Il s'agissait d'une modification des anciens conseils gothiques, qui avaient été conservés presque sans interruption depuis l'époque romaine, présentant un mélange de caractère électif et héréditaire caractéristique des municipalités romaines. Du point de vue de l'autonomie municipale, les villes d’Italie, de Provence, du nord de la Gaule, de Grande-Bretagne et d’une partie de l'Allemagne offrent une certaine similitude avec l'état dans lequel étaient les villes espagnoles, mais ni les États Généraux français, ni le parlement anglais au Moyen Âge ne peuvent être comparés aux Cortes espagnoles. Au moment de la création de la monarchie espagnole, il y avait des conditions particulièrement favorables à la limitation du pouvoir royal.

D'une part, pendant les longues batailles contre les arabes, la péninsule a été reconquise par petits morceaux, qui se sont constitués en domaines séparés. Les lois et les coutumes populaires se sont constituées pendant ces combats. Les conquêtes successives, effectuées principalement par les nobles, leur ont donné trop de pouvoir, alors que le pouvoir royal diminuait.

D'autre part, les villes et les villages de l'intérieur ont atteint une grande importance en raison de la nécessité dans laquelle les gens étaient de résider dans les places fortes, comme une mesure de sécurité contre les incursions continuelles des maures, dans le même temps la configuration péninsulaire du pays et les échanges constants avec la Provence et avec l’Italie ont conduit à la création, sur les côtes, de villes commerciales et maritimes de première catégorie.

Au quatorzième siècle, les villes constituaient la partie la plus puissante des Cortes, qui étaient composés de leurs représentants avec des membres du clergé et de la noblesse. Il convient également de souligner que la lente reconquête, qui a sauvé le pays de la domination arabe par une lutte tenace de près de huit cent ans, a donné à la péninsule, une fois pleinement émancipée, un caractère très différent de celui qui prédominait en Europe à l’époque de la résurrection européenne. A cette époque, ce sont les usages des Goths et des Vandales qui prévalaient dans le nord de l’Espagne et ceux des Arabes dans le sud.

Quand Charles Premier est revenu d’Allemagne, où lui avait été conférée la dignité impériale, les Cortes se sont réunies à Valladolid pour recueillir son serment aux anciennes lois et pour son couronnement. Charles Premier a refusé de comparaître et a envoyé ses propres représentants pour recevoir, en fonction de leurs demandes, le serment d'allégeance de la part des Cortes. Les Cortes ont refusé de recevoir ces représentants et ont informé le roi que, s'il ne se présentait pas devant elles et ne prêtait pas serment aux lois du pays, il ne sera jamais reconnu comme roi d'Espagne. Carlos Premier se soumettait, il comparaissait devant les Cortes et il prêtait serment, avec beaucoup de réticence, comme disent les historiens. Les Cortes à cette occasion lui disaient, « vous devez savoir, monsieur, que le roi n'est qu'un serviteur rétribué de la nation ».

Tel fut le début des hostilités entre Charles Premier et les villes. En réaction face aux intrigues royales, de nombreuses insurrections éclataient en Castille, la Santa Junta de Ávila a été créée et les cités unies ont convoqué l'Assemblée des Cortes à Tordesillas, qui, le 20 octobre 1520, a adressé au roi une « protestation contre les abus ». Il a répondu en supprimant leurs droits personnels à l'ensemble des députés réunis à Tordesillas. La guerre civile était devenue inévitable.

Les habitants des villes ont appelé aux armes, leurs soldats, commandés par Padilla, ont pris la forteresse de Torrelobatón, mais ont finalement été battus par des forces supérieures à la bataille de Villalar, le 23 Avril 1521. Les têtes des principaux « conspirateurs » sont tombées sur l'échafaud, et les anciennes libertés de l'Espagne ont disparu.

Plusieurs circonstances se sont conjuguées en faveur de la montée en puissance de l'absolutisme.

Le manque d'unité entre les différentes provinces a privé leurs forces de la vigueur nécessaire, mais Carlos Premier a surtout utilisé l'antagonisme entre la classe des nobles et les citoyens pour affaiblir les deux. Nous avons déjà mentionné que depuis le quatorzième siècle, l'influence des villes prédominait dans les Cortes, et depuis le temps de Ferdinand le Catholique, la Sainte Hermandad s’était révélée être un outil puissant dans les mains des villes contre les nobles de Castille, qui ont accusé ces intrusions dans leurs anciens privilèges et leurs anciennes juridictions. Par conséquent, la noblesse était toujours prête à aider Carlos Premier dans son projet de suppression de la Junta Santa.

Après avoir vaincu la résistance armée des villes, Carlos Premier a décidé de réduire leurs privilèges municipaux et ceux-ci ont diminué rapidement dans la population, en richesse et en importance, et bientôt ils ont été privés de leur influence dans les Cortes. Carlos Premier s’est ensuite retourné contre les nobles, qui l’avaient aidé à détruire les libertés des villes, mais a conservé, quant à lui, une influence politique considérable. Une mutinerie de l'armée contre l'absence de rémunération l’a forcé en 1539 à réunir les Cortes pour collecter des fonds pour elle. Mais les Cortes, indignées par le fait que les subventions antérieurement accordées par elles avaient été gaspillées dans des opérations qui n’étaient pas dans l’intérêt de l’Espagne, ont refusé d'en approuver de nouvelles.

Elles ont provoqué la colère de Carlos Premier, les nobles ont insisté sur leur privilège d'être exemptés de l'impôt, il a contesté la réclamation de ce privilège, ils ont perdu le droit de siéger dans les Cortes, et par conséquent ont été exclus de cette assemblée.

Ce fut un coup fatal pour les Cortes, et depuis lors leurs réunions ont été réduites à l'exécution de simples cérémonies de palais. Le troisième élément de l'ancienne constitution des Cortes, à savoir, le clergé, enrôlé depuis le temps de Ferdinand le Catholique sous la bannière de l'Inquisition, a identifié ses intérêts avec ceux de l'Espagne féodale. Par l'Inquisition, l'église était devenue l'outil le plus puissant de l'absolutisme.

La décadence de l’Espagne depuis le règne de Charles Premier, à la fois politiquement et socialement, a exposé des symptômes repoussants et honteux de lente putréfaction présentés par l'empire turc dans ses pires moments, depuis que l’empereur a enterré les anciennes libertés dans un magnifique tombeau. Au moment où Vasco Nunez de Balboa hissait le drapeau de Castille dans la côte de Darien, Cortés au Mexique et Pizarro au Pérou, l'influence espagnole était suprême en Europe et l'imagination ibérique du sud a été excitée par la vision de l'Eldorado, et les aventures chevaleresques d'une monarchie universelle.

Ainsi, la liberté espagnole a disparu au milieu du choc des armes, des cascades d'or et de l'éclairage terrible des armes à feu.

Mais comment expliquer le phénomène singulier que, après près de trois siècles de la dynastie des Habsbourg, suivis par la dynastie des Bourbons, assez malade pour écraser un peuple, les libertés municipales de l'Espagne survivent plus ou moins bien ? Comment pouvons-nous expliquer que, précisément dans le pays où la monarchie absolue a connu la plus grande progression, par rapport à tous les autres états féodaux, la centralisation ne s’est jamais consolidée ? La réponse n'est pas difficile. Elle date du seizième siècle, lorsque les grandes monarchies ont été formées. Elles ont été construites dans tous les pays sur la base de la décomposition des classes féodales en conflit, l'aristocratie et les villes. Mais dans les autres grands pays européens la monarchie absolue s’est présentée comme un centre de civilisation, comme l'initiateur de l'unité sociale. Les divers éléments de la société ont été mélangés et malaxés dans le laboratoire de la monarchie absolue, permettant aux villes d'échanger l'indépendance locale et la souveraineté médiévale contre la domination générale des classes moyennes et la prépondérance commune de la société civile. En Espagne, en revanche, alors que l'aristocratie a sombré dans la décadence sans perdre ses privilèges nuisibles, les villes ont perdu leur pouvoir médiéval sans gagner une importance moderne.

Depuis la création de la monarchie absolue, les villes ont végété dans un état de déclin continu. Nous ne pouvons pas discuter ici les circonstances, politiques ou économiques, qui ont détruit le commerce, l'industrie, la navigation et l'agriculture de l'Espagne.

Dans notre propos actuel il suffit de rappeler le fait. La vie commerciale et industrielle des villes a baissé, les échanges internes sont devenus plus rares, les relation entre les habitants de différentes provinces sont devenues moins fréquentes, les moyens de communication ont été négligés et les routes principales progressivement abandonnées. Ainsi, la vie locale de l'Espagne, l'indépendance de ses provinces et de ses municipalités et la diversité de sa configuration sociale, qui étaient fondées à l'origine sur la configuration physique du pays, ont été historiquement développées en fonction de formes différentes dans les différentes provinces et ont été libérées de la vieille domination par la création de petites communautés indépendantes, et finalement par la révolution économique qui a été la principale source de l'activité nationale. Et comme la monarchie absolue en Espagne a trouvé des éléments qui par leur nature même étaient contraire à la centralisation, elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher la croissance des intérêts communs dérivés de la division nationale du travail et de la multiplicité des échanges internes, seule base sur laquelle vous pouvez créer un système uniforme d’administration et l'application de lois générales. La monarchie absolue en Espagne, qui ne ressemble que superficiellement aux monarchies absolues européennes en général, doit être classé plutôt à côté des formes asiatiques de gouvernement.

L’Espagne, comme la Turquie, est restée une addition de républiques mal gérées avec un souverain nominal à sa tête.

Le despotisme change de caractère dans les différentes provinces en fonction de l'interprétation arbitraire de la loi générale faite par les vice-rois et les gouverneurs, tandis que le gouvernement était despotique, il n'a pas empêché les provinces de subsister avec différentes lois et coutumes, avec des devises différentes, avec des drapeaux militaires de différentes couleurs et avec leurs systèmes de contribution respectifs. Le despotisme oriental attaque l’autonomie municipale seulement quand elle s'oppose à ses intérêts directs, mais permet la survie de ces institutions quand elles le déchargent de l'obligation d'accomplir certaines tâches et quand elles lui évitent les tracas d'une administration régulière.

C'est ainsi que Napoléon, qui, comme tous ses contemporains, a considéré l’Espagne comme un corps sans vie, a été mortellement surpris de découvrir que, si l'état espagnol était mort, la société espagnole était pleine de vie et remplie, dans toutes ses parties, de force de résistance.

Par le traité de Fontainebleau il avait mené ses troupes à Madrid, tendu un piège à la famille royale dans une entrevue à Bayonne, avait forcé Charles IV à annuler son abdication et à transférer ses pouvoirs, dans le même temps il avait demandé à Fernando VII une déclaration similaire. Avec Carlos IV, la reine et le prince de la Paz ont été conduits à Compiègne, Fernando VII et ses frères ont été emprisonnés dans le château de Valençay, Bonaparte a donné le trône d'Espagne à son frère Joseph, un conseil espagnol s'est réuni à Bayonne et il lui a fourni une constitution préparée à l’avance. Ne voyant rien de vivant dans la monarchie espagnole, à l'exception de la dynastie misérable qu’il avait mise sous les verrous, il se sentait tout à fait sûr qu'il avait confisqué Espagne. Mais quelques jours après son coup de main, il a reçu les nouvelles de l'insurrection à Madrid, il a cru que Murat avait écrasé l'insurrection tuant près d'un millier de personnes, mais quand ce massacre a été connu, une insurrection a éclaté dans les Asturies et elle engloba bientôt tout le royaume. Il convient de souligner que ce premier soulèvement spontané est venu du peuple, alors que les bonnes classes avaient accepté tranquillement le joug de l’étranger.

C’est comme cela que l'Espagne a été préparée pour son activité révolutionnaire récente, et pour les luttes qui ont marqué son développement dans ce siècle. Les événements et les influences qui ont été énoncés succinctement sont encore actifs dans la création de son destin et pour guider les impulsions de son peuple.

Nous les avons présentés parce qu'ils sont nécessaires, non seulement pour apprécier la crise actuelle, mais pour tout ce qu’a fait et souffert l’Espagne depuis l'usurpation de Napoléon, une période de près de cinquante ans, non sans événements tragiques et efforts héroïques, et certainement un des chapitres les plus passionnants et instructifs de toute l'histoire moderne.

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