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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 18:49

 

https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/17946/construire-un-peuple

 

Construire un peuple

 

Par Chantal Mouffe et Inigo Errejon

 

Quel avenir prépare la crise de la mondialisation et de son idéologie néo libérale ? Face aux convulsions qui s’emparent de nos sociétés, où en sont les peuples ? Comment peuvent-ils reconquérir la démocratie confisquée par les oligarchies ? Dans ce livre d’entretiens, la philosophe Chantal Mouffe et le cofondateur de Podemos Inigo Errejon livrent leurs réponses.

 

Partant des expériences nationales populaires en Amérique Latine, de la victoire de Syriza en Grèce et des évolutions européennes, ils dessinent les perspectives théoriques et stratégiques nécessaires à la refondation de la gauche sur le vieux continent, dont le retour des nations, le rôle du leader en politique, le consensus au centre, le populisme de droite et de gauche et les batailles culturelles. Ce dialogue identifie les opportunités et les dangers qui se présentent aux gauches de la transformation et il décrypte les nouveaux rapports de force continentaux. Un livre indispensable pour comprendre la nouvelle ère qui s’ouvre.

 

Chantal Mouffe est une des philosophes les plus influentes de la scène internationale. Inspiratrice de Podemos, elle enseigne la théorie politique à l'université de Westminster à Londres et elle est une des principales représentantes du post-marxisme. Elle a publié, notamment, « l'illusion du consensus ».

 

Cofondateur et stratège de Podemos, Inigo Errejon est docteur en sciences politiques de l’université Compluntense de Madrid. Il est un des intellectuels et des dirigeants politiques les plus brillants de sa génération.

 

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 18:37

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN19212I-OFRTP?sp=true

 

Le Parti Socialiste balayé au premier tour des élections législatives (Reuters)

 

Le Parti Socialiste a été laminé au premier tour des élections législatives, avec un peu plus de sept pour cent des voix et il avance vers sa défaite la plus importante, Dimanche 18 Juin 2017, quarante six ans jour pour jour après la refondation du parti en 1971 au congrès d'Epinay.

« Le premier tour des élections législatives est marqué par le recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du Parti Socialiste », a déclaré Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire fragilisé avant le scrutin et disqualifié à l'issue du premier tour.

Déjà sonné après les élections présidentielles, le Parti Socialiste « est très clairement mort », a estimé sur La Chaîne Info (LCI) Jean-Marie Le Guen, ancien secrétaire d’état de François Hollande.

Le Parti Socialiste n'a pas réussi à se relever après le faible score de son candidat, Benoît Hamon, au premier tour des élections présidentielles et il devient la deuxième force de gauche en nombre de voix, derrière le Mouvement de la France Insoumise (MFI).

La campagne socialiste, qui a pâti d'un manque de lisibilité et de leadership, risque d'aboutir au plus bas nombre de députés élus, inférieur à celui de la débâcle de 1993, quand le Parti Socialiste n'avait remporté que cinquante sept sièges.

D'après les statuts du parti, un congrès doit se tenir d'ici à la fin de l'année et le Parti Socialiste est contraint de se réinventer s'il entend survivre.

Bernard Cazeneuve a appelé, dans un communiqué, à « rebâtir la gauche de gouvernement sur des bases saines et rénovées ».

Parmi les figures qui doivent symboliser cette réinvention, plusieurs n'ont pas passé le premier tour des élections législatives. C'est le cas de Benoît Hamon ou de Matthias Fekl, ancien ministre de l’intérieur, contrairement à Najat Vallaud-Belkacem, néanmoins en ballottage très défavorable. Seule Delphine Batho semble en mesure de l'emporter dans sa circonscription.

Les socialistes n'ont pas attendu cette défaite pour se déchirer, entre l’aile gauche en faveur de l'opposition au nouveau chef de l’état et l’aile droite du parti, Manuel Valls en tête, qui a fait campagne en faveur de la majorité présidentielle.

Les résultats donnent raison à ces derniers, face à qui la République En Marche (REM) n'avait pas toujours présenté de candidat. Stéphane le Foll arrive ainsi en tête dans la quatrième circonscription de la Sarthe, avec trente pour cent des voix, tout comme Marisol Touraine en Indre-et-Loire. Manuel Valls, qui n'est plus au Parti Socialiste, arrive lui aussi en première position.

Myriam el Khomri arrive, de son côté, derrière Jean-Yves Bournazel, candidat des Républicains se revendiquant comme elle du nouveau chef de l’état.

L'implantation locale des socialistes n'a pas permis d'éviter la défaite. Plusieurs figures du parti, élus depuis plusieurs décennies, sont disqualifiées dès le premier tour, comme Elisabeth Guigou en Seine-Saint-Denis, Patrick Mennucci à Marseille, ou encore Jean Glavany dans les Hautes-Pyrénées.

D'autres anciens ministres n'ont pas fait mieux, comme Aurélie Filippetti, ou les alliées écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 18:42

 

https://socialistworker.co.uk/art/44773/Protests+defy+the+Tories+and+the+bigoted+DUP

 

Manifestations contre le parti conservateur et le Democratic Unionist Party (DUP)

 

Des centaines de personnes ont manifesté sur la place du Parlement à Londres, Samedi 10 Juin 2017, pour demander la démission de Theresa May. La manifestation était organisée par Stand Up To Racism (SUTR), l'Assemblée Populaire et la Stop the War Coalition.

La majorité des participants étaient des jeunes et ils étaient heureux que Jeremy Corbyn ait fait perdre au parti conservateur sa majorité au parlement, face aux attaques de l’aile droite du parti travailliste. Tania a déclaré à Socialist Worker que « le New Labour est mort, je soutiens Jeremy Corbyn à cause de ses valeurs socialistes. Le résultat a été génial, mais ils sont encore au pouvoir, alors nous devons faire ce que nous faisons maintenant ».

Il y avait un concert du groupe de musique Love Music Hate Racism.

Mais l'ambiance était également défiante et combative. Une partie importante des participants ont quitté le rassemblement pour marcher vers Whitehall et Downing Street.

Ils ont ignoré la police et ils ont marché vers Trafalgar Square, avant d’arriver à Whitehall en chantant « ce n’est pas notre gouvernement » et « Corbyn in, Tories out ».

Cette manifestation est arrivée après une manifestation devant Downing Street, Vendredi 9 Juin 2017. Des centaines de personnes ont participé à cette manifestation appelée par un message sur Facebook.

Il y avait des manifestations dans d'autres villes, à Brighton, Cardiff, Birmingham, Bristol et Portsmouth.

Les personnes qui ont participé aux deux manifestations de Londres ont été scandalisées par les tentatives du parti conservateur de s'appuyer sur les meurtriers racistes et fanatiques du DUP d'Irlande du Nord. Beaucoup d'entre eux portaient des affiches contre le DUP qu’ils avaient faites eux mêmes.

Comme le disait Stephanie à Socialist Worker, « les militants du DUP sont des gens horribles, ils sont contre le droit à l’avortement et ils veulent enseigner le créationnisme aux enfants à l'école ».

La manifestation est arrivée alors que les conservateurs sont plongés dans des luttes intestines, avec la démission des deux principales collaboratrices de Theresa May. Charlotte a déclaré à Socialist Worker que « Theresa May n'est ni solide ni stable. Beaucoup de conservateurs n'aiment pas Theresa May, la manière dont elle tente de rester est honteuse ».

Au début de la campagne, Theresa May paraissait puissante et imbattable.

Maintenant, c’est clair que le parti conservateur et le DUP peuvent être battus.

Il y avait un autre signe du chaos du parti conservateur après la manifestation. Une déclaration de Downing Street, Samedi 10 Juin 2017, a dit qu'un accord avait été conclu avec le DUP et qu’il y aurait un nouveau gouvernement, Lundi 12 Juin 2017. Mais le DUP a alors déclaré que les négociations se poursuivaient et qu'elles n’étaient pas terminés.

Melinda, une militante du parti travailliste, a déclaré que « les conservateurs sont en train de tomber, ils ne peuvent pas rester. Theresa May doit démissionner, il doit y avoir une autre élection ou un gouvernement minoritaire de Jeremy Corbyn. Maintenant, nous devons maintenir la pression contre Theresa May et la forcer à partir du gouvernement. Nous devons continuer à faire des manifestations comme celle-ci jusqu'à ce que Theresa May démissionne ».

Weyman Bennett de SUTR a déclaré à la foule que « Jeremy Corbyn a mis le socialisme à l'ordre du jour. Quand ils font des coupes budgétaires dans nos écoles et dans nos hôpitaux, nous devons nous battre et protester. Theresa May n'a aucun mandat pour cela. Nous devons manifester dans les rues contre le parti conservateur ».

Les autres orateurs étaient le militant de Stop the War Lindsey German, le militant de l'Assemblée Populaire John Rees et la militante de l’aile gauche du parti travailliste Amal Bider.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 17:39

 

http://www.elmundo.es/cataluna/2017/06/11/593c334846163f38668b463b.html

 

Pep Guardiola demande l'aide de la communauté internationale contre les abus d'un état autoritaire

 

Démonstration de force indépendantiste à Barcelone pour soutenir le référendum du Dimanche Premier Octobre 2017

 

Le souverainisme met le poids de la consultation sur les municipalités

 

Des milliers de personnes se sont rassemblées Dimanche 11 Juin 2017 à Montjuïc dans une démonstration de force indépendantiste pour donner une impulsion au référendum que le gouvernement catalan veut organiser Dimanche Premier Octobre 2017. L’entraîneur Pep Guardiola a été chargé de lui donner la plus grande force politique en lisant un manifeste accusant le gouvernement de Mariano Rajoy de « lancer une persécution politique indigne d’une démocratie en Europe au vingt et unième siècle ». L'ancien entraîneur du Football Club de Barcelone a également appelé à l'aide de la communauté internationale pour faire face aux abus d’un état autoritaire. Pep Guardiola, le plus applaudi de tous les orateurs, a lu un manifeste en catalan, en castillan et en anglais, dans lequel le souverainisme charge durement le gouvernement de Mariano Rajoy. Le manifeste dénonce une conspiration de l’ancien ministre de l’intérieur Jorge Fernandez Diaz pour détruire la santé ou produire de fausses preuves contre le gouvernement catalan. Le manifeste met également en garde contre la persécution contre tous les niveaux politiques catalans. C’est la raison pour laquelle il appelle la communauté internationale et tous les démocrates de l'Europe et du monde à collaborer pour la défense des droits maintenant menacés en Catalogne.

Le discours de Pep Guardiola est le point central d’un meeting soutenu par le gouvernement catalan, Carles Puigdemont et Oriol Junqueras occupaient les premières places, pour lequel les organisations souverainistes, qui ont annoncé la participation de quarante mille personnes, trente mille personnes selon la Guardia Urbana, avaient affrété une centaine d’autobus. La participation a été un succès malgré des températures élevées et elle inaugure la campagne sociale pour le référendum. Des personnalités liées au souverainisme ont également participé, comme l’ancien député de la Candidature d’Unité Populaire (CUP) David Fernàndez, le cuisinier Fermí Puig et le militant pacifiste Arcadi Oliveras.

Les interventions après celle de Pep Guardiola ont montré qu'une partie de la stratégie souverainiste consiste à faire peser le poids du vote sur les conseils locaux et sur le courant municipaliste, conduit par Ada Colau, pour qu’il soutienne le référendum. Le président de l’Assemblée Nationale Catalane (ANC), Jordi Sànchez, a envoyé un message à peine voilé à la maire de Barcelone pour assurer que la capitale catalane puisse également voter. Sans citer le nom d’Ada Colau à aucun moment, Jordi Sanchez a dit que le Dimanche Premier Octobre 2017 concerne tous les démocrates.

Jordi Cuixart, le président de l’Omnium, est intervenu dans le même sens et a fait valoir que le référendum « nous concerne tous » sans distinction entre indépendantistes, fédéralistes ou unionistes, et il a averti le gouvernement de Mariano Rajoy « qu’il n’y a pas assez de prisons pour mettre tout le peuple de Catalogne ». Neus Lloveras, le leader de l'Association des Municipalités pour l’Indépendance (AMI), a dit pour sa part que « les maires assumeront la responsabilité de l'organisation du référendum », c’est l’alternative du souverainisme pour éviter que d'autres fonctionnaires organisent la consultation.

Le meeting a été organisé au pied de la montagne de Montjuïc, un site d'une énorme signification symbolique pour le nationalisme historique. La scène principale se trouvait au pied de la réplique des quatre colonnes de Puig i Cadafalch représentant les quatre bandes du drapeau catalan et qui avaient été détruites par ordre de Miguel Primo de Rivera en 1929. A côté d’elles, les organisateurs avaient installé une immense banderole avec une urne géante et le slogan « l'amour de la démocratie », un message par lequel les souverainistes essaient de gagner le soutien de la communauté internationale.

La position de la tribune, tournée vers le palais qui abrite le Musée National d’Art de la Catalogne (MNAC), n’était pas non plus gratuite. Selon les organisateurs, l'objectif était de répéter l'une des premières manifestations, celle du mouvement anarchiste en 1977, tenue à Barcelone après la mort de Francisco Franco. Ce choix a fait que les milliers de personnes qui enduraient le soleil brûlant sont repartis par les escaliers menant à Montjuïc. Ceux qui ne pouvaient pas accéder à la zone ont suivi le meeting par un écran géant installé à côté de la fontaine magique.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 12:38

 

https://www.paris-luttes.info/lettre-ouverte-au-prefet-de-police-8311

 

Lettre ouverte au préfet de police de Paris

 

Samedi 10 Juin 2017

 

Contre les interdictions de séjours et de manifestations, les fouilles, les nasses et plus généralement les pratiques liberticides de la préfecture de police de Paris sous couvert de lutte contre le terrorisme, la coordination contre la répression et les violences policières écrit une lettre ouverte au préfet de Paris.

 

À l’occasion de la manifestation appelée le 8 mai 2017 par le Front Social et de la commémoration officielle du 8 mai 1945 sur les Champs-Elysées, vous avez, une nouvelle fois depuis la promulgation de l’état d’urgence, pris un arrêté portant interdiction de séjour, c’est-à-dire de manifester, à l’encontre de soixante neuf d’entre nous, militants syndicalistes, antifascistes, anticapitalistes, antiracistes et associatifs.

Vous invoquez une nouvelle fois « le niveau élevé de la menace terroriste » pour abuser des dispositions scandaleuses contenues dans l’état d’urgence et les nouvelles dispositions contre le terrorisme.

Vous amalgamez sciemment la « lutte contre le terrorisme » avec un large spectre militant que vous qualifiez de « mouvance contestataire radicale ».

Dans votre arrêté, vous prêtez arbitrairement à ces militants l’intention de se livrer à des violences, « il y a tout lieu de penser que X répondra à l’appel de la mouvance radicale pour participer aux actions violentes annoncées ». La manifestation du Front Social n’annonçait aucune violence et elle avait été déclarée et autorisée. Pour tenter d’argumenter vos interdictions, vous mentionnez que les personnes visées « militants actifs de l’ultra gauche ont participé à de nombreuses reprises aux manifestations, contre notamment les violences policières et le projet de réforme du code du travail ».

Comme le souligne Amnesty International dans un rapport publié le Vendredi 26 Mai 2017, le gouvernement français et votre administration en matière de répression, ont excellé en matière de « restrictions disproportionnées au droit de manifester ». Cent cinquante cinq arrêtés d’interdiction de manifestation ou de rassemblements et six cent quatre vingt trois mesures individuelles d’interdiction de manifester ont été prises depuis le début de l’état d’urgence, entre le mois de novembre 2015 et le mois de mai 2017. De nombreuses manifestations se sont tenues dans des conditions intolérables, fouilles, nasses, sectionnements des cortèges et violences policières.

Nous n’entendons plus nous conformer à vos dispositifs liberticides et nous exercerons dorénavant pleinement notre droit constitutionnel à manifester librement, sans accepter les fouilles et les nasses, humiliantes et dangereuses par nature. Nous manifesterons malgré les arrêtés d’interdictions que vous prendrez envers un ou plusieurs d’entre nous.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 12:11

 

http://www.lemonde.fr/enquetes/article/2017/06/01/francois-ruffin-somme-toute_5136899_1653553.html

 

François Ruffin, toujours entre le ridicule et le formidable

 

Il a cogné sur la presse, mais il est devenu journaliste. Le réalisateur de Merci Patron qui a étrillé les politiques se lance pour le premier tour des élections législatives dans la première circonscription de la Somme

 

Par Florence Aubenas

 

Vendredi 2 Juin 2017

 

Ceux qui connaissent François Ruffin et surtout ceux qui l’aiment auraient pu lui donner ce conseil, « ne fais pas de politique ».

Journaliste et activiste, François Ruffin, quarante et un ans, s’est fait une spécialité de démolir les élus, cognant sur tout ce qui y ressemble et revendiquant de les rééduquer.

Et voilà qu’il se présente au premier tour des élections législatives dans la première circonscription de la Somme, sa région, sous la quadruple étiquette du Parti Communiste Français (PCF), du Mouvement de la France Insoumise (MFI), d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et d’Ensemble, le mouvement de Clémentine Autain.

En France, cette saison électorale a quelque chose de particulier et de jubilatoire, les bizarres et les improbables, ceux qui n’ont aucune chance, vous, moi ou François Ruffin, n’importe qui se sent le droit de concourir. Et en plus, tout paraît possible. Y compris le pire, être élu.

« Mais qui est François Ruffin », s’étonne une cycliste prise dans une nuée de jeunes gens distribuant ses tracts devant la gare d’Amiens.

Outrés, comment peut-on ne pas connaître François Ruffin ? François Ruffin, donc, journaliste, réalisateur de Merci Patron, un documentaire social en forme de farce, ou l’inverse, sur une famille emportée par les délocalisations et qui finit par piéger son ancien patron, le milliardaire Bernard Arnault, cinq cent mille spectateurs et un César au mois de janvier 2017.

François Ruffin aurait pu en décrocher un second pour son discours à la cérémonie, « pourquoi personne n’en a rien à faire des fermetures d’usines depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés. Dans ce pays, il y a peut-être des sans-dents, il y a surtout des dirigeants sans cran ».

Un dimanche de mai 2017, au parc de la Hotoie à Amiens, c’est le François Ruffin des bons jours. Profitons-en. Lui-même a prévenu, « je suis toujours entre le ridicule et le formidable ». Son équipe de campagne a organisé une fête de l’Humanité en miniature, merguez, discours électoral et concert du groupe Tryo. Plus de deux mille personnes s’enthousiasment devant le candidat posté sur l’estrade comme un bonhomme de bande dessinée, houppe de cheveux, mains sur les hanches et tee-shirt d’auto promotion par-dessus sa chemise à carreaux.

Enfant de la bourgeoisie, François Ruffin a fait vœu de pauvreté. Le terme de moine soldat revient souvent pour qui évoque ses rares sorties et ses vacances en Ardèche. Derrière la scène, quelques uns râlent, comme Cédric Maisse, lui aussi candidat du MFI dans la Somme, mais dans la deuxième circonscription. Il voulait intervenir au micro. « François Ruffin m’a répondu, pas de politiques, que des syndicalistes et moi ». Deux délégations ouvrières d’Amiens encadrent donc François Ruffin, l’une d’Automotive, dans laquelle il y a cinquante sept licenciements, et l’autre de Whirlpool, sous le coup d’une délocalisation en Pologne.

Whirlpool, c'est un gros moment médiatique des élections présidentielles, devant l’usine en grève, passage obligé des candidats au deuxième tour des élections présidentielles, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Jean Luc Mélenchon, leader du MFI et soutien de François Ruffin au premier tour des élections législatives, vient d’exploser une règle sacrée de la gauche, il n’a pas appelé à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage contre le Front National. François Ruffin, lui, laisse entendre qu’il choisira Emmanuel Macron. Et là, cela ne traîne pas. Une visite de Jean Luc Mélenchon à Whirlpool est annulée. Un ouvrier lance à François Ruffin qu’il devrait avoir honte. Et François Ruffin a honte.

« Pour lui, parole d’ouvrier vaut parole d’Evangile », plaisante Mathieu, soutien de sa campagne. François Ruffin en est malade. Quelques jours plus tard, il sabre Emmanuel Macron, « futur président déjà haï », dans une tribune au Monde, assénant quatorze fois le mot « haï ». Certains de ses fans en restent estomaqués. Cette fois, c’était le François Ruffin des mauvais jours.

Emmanuel de Crouy Chanel, professeur de droit, a connu François Ruffin à l’université d’Amiens. Il y étudiait les lettres, un grand garçon pâle, droit comme un cierge, beaucoup de talent, mais solitaire, l’air de juger la terre entière avec parfois l’intime conviction que le pire d’entre tous, c’est lui. En 1999, pour un projet universitaire, l’étudiant fonde Fakir, moitié fanzine, moitié Canard Enchaîné local. Il le fait seul, un tour de force, trois bénévoles et cinq parutions par an. François Ruffin a vingt quatre ans et il n’a pas de projet professionnel.

« Avec ma femme, nous lui avons dit, pourquoi pas la presse », se souvient Emmanuel de Crouy Chanel. Il admire « sa capacité d’indignation et ses saintes colères » partout où il se frotte, écoles de journalisme, institutions et patrons.

Sa première obsession s’appelle le Journal d’Amiens. Un hebdomadaire gratuit qui est, dit-il, « exclusivement celui du maire », ancien ministre de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), Gilles de Robien.

Fakir se donne pour but de détruire ce gros bulletin municipal. Les procès s’enchaînent. Une chance, François Ruffin fait de chaque audience judiciaire une caisse de résonance et un lieu de manifestation.

Dans le milieu associatif local, un peu catholique et un peu gauchiste, Fakir devient une référence, orchestrant ses propres mobilisations.

« Le journal se voulait comique. Mais tout le monde disait qu’il donne envie de se jeter dans la Somme », raconte le professeur. Après dix neuf ans à la mairie, Gilles de Robien se souvient de sa défaite en 2008, « j’ai contribué moi-même à mon échec, mais Fakir y a eu sa part ». François Ruffin veut désormais faire un grand journal populaire, tourné vers le national. « J’étais jeune et naïf », dit-il aujourd’hui.

Dans le quartier de Saint Leu, le local de Fakir est resté modeste, bien que les ventes du journal aient doublé grâce à Merci Patron, dix sept mille ventes au numéro et dix sept mille abonnements. On y cuisine, on y travaille et on y dort parfois.

François Ruffin n’a pas de mouvance, juste une garde rapprochée formée pour l’essentiel des six salariés du titre. Ils ont moins de trente ans et ils sont payés au ras du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) avec toutes les ficelles des aides à l’emploi. Eux-mêmes se sont baptisés les exploités. « Si Bernard Arnault faisait cela, bien sûr, nous protesterions. Mais, ici, personne ne touche de pactole », dit Johanna, qui travaille à la logistique.

Longtemps, une photographie de Joseph Staline indiquait le bureau de François Ruffin. « Il y a un chef et une ligne, François Ruffin écoute, nous débattons et il décide », raconte Sylvain, un des trois journalistes, « nous marchons en mode guérilla et nous faisons des coups ». C’est ce fonctionnement qui éloignera le créateur de Fakir du mouvement Nuit Debout, dont il fut un des créateurs, au mois d’avril 2016, à Paris.

Les assemblées participatives et l’organisation horizontale sans direction ni feuille de route, tout l’impatiente. Une fois ou deux, il tente de prendre la main pour réaliser « la convergence des luttes entre les classes populaires et intermédiaires », seule capable selon lui de déclencher le changement « grâce au levier de la rue », en vain, retour à Amiens.

François Ruffin a fait le deuil d’un journal lu dans les usines. « En fait, nous nous adressons à la petite bourgeoisie, mais pas pour la conforter, pour l’interpeller sur les classes populaires et leurs préoccupations. Nous sommes populistes, en un sens, à défaut d’être populaires », dit-il dans Fakir. Depuis le succès de son film, il se sent une autre stature. Il serait légitime, pense-t-il, qu’une télévision ou une radio lui offre une grosse émission. Rien ne vient. A François Ruffin, il faut de l’aventure, sinon la déprime le rattrape. « Faut-il rentrer dans l’ombre avec une fausse humilité », dit-il.

Dolores Esteban, conseillère départementale du Front De Gauche (FDG) à Amiens, évoque la première sa candidature au premier tour des élections législatives. Chez François Ruffin, elle admire « sa capacité à organiser et à rassembler ». Au début, elle le sent très hostile, « un argument a pesé, regagner la classe ouvrière dans les fiefs du Front National ». Dans le département de la Somme, le candidat François Ruffin est le seul à réaliser l’union de la gauche, à l’exception du Parti Socialiste. L’accord prévoit qu’il fera campagne pour Jean Luc Mélenchon, mais qu’il versera ses indemnités au Parti Communiste Français (PCF).

Nous voilà dans la vallée de la Nièvre, trente kilomètres entre Amiens et Abbeville, l’épine dorsale de cette première circonscription historiquement à gauche. Ici, chaque bourg avait son usine, jusqu’à treize en tout, totalisant sept mille sept cent onze ouvriers, l’empire des filatures Saint Frères. La première a fermé en 1978. Les autres ont suivi.

Quelques anciens parlent encore du jour où les machines se sont arrêtées. Le brusque silence, les rues sans le flot des ouvriers, les fanfares qui se taisent, les associations sportives qui cessent de jouer et la vie qui se fige dans les villages, où chaque centimètre carré de terre devient potager pour pouvoir manger, une vallée en dépression collective.

Si le passé est partout le même, le présent change d’un bourg à l’autre. Flixecourt, par exemple, trois mille trois cent habitants, qui s’est battu pour sa bretelle d’autoroute, sa zone industrielle avec plusieurs grosses boîtes, son cabinet médical et sa patinoire. Le chômage fait ici douze pour cent, c’est trop mais bien moins que les vingt cinq pour cent à Saint Ouen et à l’Etoile, deux kilomètres plus loin, où les panneaux à vendre se balancent sur les façades de brique. Une telle disparité, pense-t-on, pèsera sur les résultats électoraux. Pas du tout, Flixecourt a voté pour le Front National, comme les autres, à plus de cinquante pour cent au deuxième tour des élections présidentielles et Franck de Lapersonne, acteur et candidat du Front National dans la première circonscription de la Somme, semble monter sans coup férir.

Dans la grande rue de Flixecourt, l’équipe de François Ruffin s’attaque à un mur barbouillé d’affiches du Front National. Cela rigole fort. Ils sont quatre cent cinquante à labourer la Picardie pour lui, militants locaux ou venus de partout par les réseaux de Fakir. Merci Patron s’est aussi révéler un puissant outil de recrutement. « Le film a déclenché un truc alors que j’étais totalement démobilisée », explique Brigitte, aide soignante à Amiens, cinquante ans, « je me suis demandé ce que je peux faire. Je me suis retrouvée dans une réunion. C’est une aventure de découvrir le militantisme. Nous nous faisons des amis, il se passe toujours quelque chose, c’est addictif ».

Contre le Front National, François Ruffin en est sûr, il faut utiliser les mêmes armes que lui, mais de gauche. Ainsi, il revendique un populisme, mais de gauche, un protectionnisme, mais de gauche, et un Donald Trump, mais de gauche. La fédération départementale de la Somme du Parti Communiste Français (PCF) a soutenu sa candidature à quatre vingt douze pour cent.

Jean Claude Renaux, maire du PCF de Camon, n’a pas voulu suivre. « C’est un cas de conscience », raconte-t-il, « soyons clair, François Ruffin n’est pas raciste, il n’a rien à voir avec Marine Le Pen, mais il y a un parallélisme des formes. Les discours contre le système et contre tous les pourris se nourrissent et entraînent les gens derrière le Front National. Nous avons vu la dynamique de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles, il a fait monter Marine Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles. Oui, j’ai peur d’avoir un député du Front National ». Il a rejoint Pascale Boistard, député sortante du Parti Socialiste, ancienne secrétaire d’état aux personnes âgées.

« François Ruffin n’est pas contre le système, on le voit sur toutes les télévisions », affirme de son côté Valérie Devaux, de l’Union des Démocrates et des Indépendants (UDI). Et Nicolas Dumont, maire d’Abbeville et candidat de la République En Marche (REM), demande si « le boulot d’un élu est de monter sur un camion et d’amplifier la colère ou bien de trouver des solutions ».

A Flixecourt, François Ruffin entame son meeting, « si je suis élu, je serais député journaliste et, à la fin, je ferai un film que j’appellerai Merci Macron ». Ses tracts revendiquent les remboursements de la sécurité sociale à cent pour cent et le SMIC à mille cinq cent euros. Dehors, ses militants placardent encore de nouvelles affiches, toutes finissent par se chevaucher sur des murs gluants de colle. « Le peuple d’abord » et « non à l’islamisation de la France », proclament les affiches du Front National. Juste à côté, il y a le slogan de François Ruffin, « une Picardie debout pour leur botter le cul ».

« C’est le cul des puissants », s’écrie une commerçante. Sa fille s’étonne. Elle, elle croît comprendre autre chose, « pour moi, c’est le cul des étrangers ».

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 17:00

 

MELENCHON IGLESIAS ET GRILLO

 

Vous trouverez ci-dessous la dernière partie d’un long message de Vincent Presumey contre Jean Luc Mélenchon.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le blog personnel de Vincent Presumey à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

https://blogs.mediapart.fr/vincent-presumey/blog/070617/quelques-reflexions-sur-la-france-insoumise

 

Quelques réflexions sur le Mouvement de la France Insoumise (MFI)

 

Par Vincent Presumey

 

Mercredi 7 Juin 2017

 

Les caractéristiques générales du Mouvement de la France Insoumise (MFI) sont les suivantes.

Sa forme est verticale. Le comique est donc dans la proclamation répétée de l'horizontalité. Cette horizontalité est réelle entre adhérents, elle signifie le moins de structures possibles. Il n’y a pas de mandats, pas de statuts, pas de courants et pas de démocratie organisée. Cette horizontalité est donc la garantie de la parfaite et radicale verticalité de l'organisation, un chef suprême charismatique, un petit aréopage de porte-paroles et une piétaille horizontale où personne, certes, n'a d'obligations, car aucun n'a de pouvoir ni donc de droit sur l'organisation.

De son orientation, nous avons déjà dit pas mal de choses. La substance de celle-ci est le populisme tel que défini au début de cet article. Le programme est un fétiche, qu'il faut brandir mais qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu. Notons un dernier trait, fort important, la vision du monde et les conceptions géopolitiques du MFI n'ont rien de nouveau et elles procèdent totalement de la division du monde en camps géo stratégiques héritée de la guerre froide, réactualisée par les guerres du golfe, et jouant à plein son rôle réactionnaire avec l'Ukraine et la Syrie. Ce point est important car il nous montre la continuité entre l’héritage stalinien et l’idéologie populiste. Cette idéologie ne naît pas comme une rénovation, mais elle naît de l'absence ou de l'insuffisance de rénovation des idées et des concepts dans les mouvements émancipateurs et ceux qui depuis des années combattent pour ce faire ont donc leur part de responsabilité dans la dimension régressive actuelle du phénomène.

Troisième point, la composition sociale du mouvement ou plus exactement la manière dont celui-ci se perçoit, mérite le terme de petit-bourgeois. Non pas directement, car la position sociale réelle de la majorité des adhérents est bien entendu le salariat et souvent le précariat, dont le précariat intellectuel, à l'instar par exemple, en grande partie, de Nuit Debout. Ces couches pourraient donc parfaitement rejoindre et dynamiser la lutte collective et l'organisation du salariat, mais l'idéologie ici s'y oppose, nous ne sommes pas des travailleurs, nous sommes des individus et des citoyens atomisés agissant au coup par coup. S'imaginant parfois libertaire, nous avons là une approche de l'action politique littéralement libertarienne, le choix de l’achat de logo et d'action, sans responsabilité collective, est ainsi théorisé.

Comment a-t-on pu en arriver là ? Il faut mesurer la durée, de longues années, des déceptions et de tâtonnements sans résultats. La gauche au pouvoir a mené des politiques de droite. De grands mouvements sociaux et certaines percées politiques ont tenté de dégager des issues, mais ils n'y sont pas arrivés car ils étaient en dernière instance toujours dominés par l'héritage du vingtième siècle et les appareils bureaucratiques des vieilles organisations.

Les mouvements sociaux furent ceux de 1995, de 2003, de 2006 et de 2010.

Il y a eu des percées politiques. Il y a eu les onze pour cent des candidats trotskystes aux élections présidentielles de 2002 noyées dans l'union nationale contre Jean Marie Le Pen dans les jours qui suivirent. Il y a eu le non de gauche au traité constitutionnel européen et à Jacques Chirac en 2005, qui fut victorieux mais sans suite, notamment en raison de la synthèse voulue par Laurent Fabius et Jean Luc Mélenchon qui étaient alors alliés à l’intérieur du Parti Socialiste. Il y a eu la campagne de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2012 avec le Front De Gauche (FDG).

Aujourd'hui il y a une relative déconnexion entre le MFI et les grands mouvement sociaux, alors qu'après l'échec du mouvement de défense des retraites en 2010, la campagne de Jean Luc Mélenchon en 2012 avait pris un caractère social, de quasi manifestations, que nous n'avons pas en 2017, où les effectifs, de la place de la République à la Canebière, sont à peu près les mêmes, mais dont le caractère est différent. Le bruit de fond de grèves dans des centaines d'entreprises et de services est indépendant des processus politiques directs et le mouvement contre la loi travail, malgré le fait certain que des milliers de syndicalistes de la Confédération Générale du Travail (CGT), de la CGT Force Ouvrière, de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et de l’Union Syndicale Solidaire (USS), ont ou avaient a priori une position très favorable à la candidature de Jean Luc Mélenchon, a été dans sa première lancée, au mois de mars 2016, la recherche d'un nouveau type d'affrontement, distinct des précédents mouvements.

Le phénomène des insoumis, c'est-à-dire le fait que le projet populiste de Jean Luc Mélenchon rompant avec le mouvement ouvrier ait pris jusqu'à un certain point, s'explique par les régressions et les confusions induites par ces échecs successifs, la politique ayant horreur du vide. Il n'y a pas sérieusement lieu de le comparer par exemple à Bernie Sanders qui, par un apparent paradoxe, est quant à lui plus proche du socialisme historique américain d'Eugène Debs et Fenner Brockway, tout en ayant représenté dans le parti démocrate le début d'explosion du système politique américain, ni à Jeremy Corbyn qui se situe totalement dans le ventre du vrai mouvement ouvrier et du réformisme de gauche, ni même à Syriza, coalition procédant principalement des strates successives du communisme grec. Les comparaisons les plus pertinentes sont Podemos et le Mouvement Cinq Etoiles (MCE) en Italie, tous les deux également pourvus de chefs charismatiques, Pablo Iglesias et Beppe Grillo.

Jean Luc Mélenchon s'est inspiré de Podemos, où l'on retrouve la mode d’Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe, mais Podemos procède d'un mouvement social et de mobilisations collectives, nationales, régionales et municipales, ce qui s'oppose complètement au schéma du MFI et fait, comme on l'a dit, de Pablo Iglesias un chef charismatique moins puissant, à son grand dam. Le MCE en Italie a parmi ses adhérents un fond idéologique beaucoup moins à gauche, certes, mais justement parce que la liquidation de la gauche politique a déjà largement eu lieu en Italie. Le MCE ne cherche pas à la réaliser, mais à se jucher sur les décombres. Le MFI en France a été construit pour détruire le mouvement ouvrier politique, ce qui reste à faire, et qui ne doit pas être confondu avec l'effondrement électoral du Parti Socialiste, car le mouvement ouvrier politique c'est un tissu toujours vivant en large complémentarité d'ailleurs avec les syndicats. Des éléments d'antisyndicalisme, prolongeant l'agressivité contre tout ce qui est vieux et fait partie du système, sont perceptibles dans les rangs insoumis.

Si toute cette agressivité cultivée en interne et sur les réseaux sociaux passait dans la vraie vie, avec comme objectif la destruction des partis et de leur tambouille, en raison par exemple d'une sectarisation accrue par des déceptions dans un contexte social de plus en plus tendu, le MFI pourrait devenir un foyer possible pour de graves dérives, c'est terrible de dire cela, n'est-ce pas, et cela ne concerne pas forcément la plupart des insoumis, sans doute, mais c'est une conséquence logique de la place d'un tel mouvement dans les rapports sociaux et politiques au moment présent, une dérive possible, certes non inévitable, dont les racines procèdent de ce que pensent, disent et font les dirigeants de cette organisation.

Il doit être clair que l'héritage organisationnel constitué principalement par le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français (PCF), en somme, n'est pas à défendre et à préserver en tant que tel et que d'ailleurs il se détruit très bien tout seul. Mais le MFI n'est pas la solution à sa crise, elle est le stade suprême de celle-ci. Sa capacité de nuisance va profiter à Emmanuel Macron, mais elle va échouer contre le mur des réalités sociales. Il est essentiel que, de cet échec dont on peut se risquer à dire, avant même le premier tour des élections législatives, qu'il a commencé, les leçons soient tirées. Que tous ceux qui ont voulu les jours heureux comprennent que le débat démocratique et la lutte sociale sont les seules méthodes pour y parvenir. Que nous reconstituions, au plus vite, des cadres politiques de confrontation et de débat. Leur reconstitution ne se fera pas en se laissant intimider par ce mouvement, mais en polémiquant ouvertement contre lui. Que le MFI ne soit pas le dernier épisode, la mort et le néant comme dit son chef en croyant viser ailleurs, mais l'avant-dernier, avant la démocratie.

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 16:12

 

http://www.questionsdeclasses.org/?Nuriye-Gulmen-et-Semih-Ozakca-en-greve-de-la-faim-et-emprisonne-e-s-en-Turquie

 

Solidarité avec Nuriye Gulmen et Semih Ozakça en grève de la faim et emprisonnés en Turquie

 

Vendredi 2 Juin 2017

 

Soutien de la fédération de l'éducation du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) et communiqué du réseau syndical international de solidarité et de lutte

 

Nuriye Gulmen et Semih Ozakça ont démarré une grève de la faim depuis le 9 mars 2017. Le 22 mai 2017, le pouvoir turc les a jetés en prison et vingt ans de prison sont requis à leur encontre. Nuriye Gulmen et Semih Ozakça font partie des milliers de fonctionnaires que le pouvoir turc a licenciés ces derniers mois. Par cette action assumée publiquement, ils réclament l’annulation de leur licenciement et de celui de tous leurs collègues. La fédération de l'éducation du SUD leur adresse un nouveau message de solidarité et relaie le communiqué du réseau syndical international de solidarité et de lutte.

 

Soixante seize jours de grève de la faim, le pouvoir turc les jette en prison.

 

Communiqué du réseau syndical international de solidarité et de lutte

 

Nuriye Gulmen et Semih Ozakça sont en grève de la faim depuis soixante seize jours. Nuriye Gulmen et Semih Ozakça font partie des milliers de fonctionnaires que le pouvoir turc a licenciés ces derniers mois. Par cette action assumée publiquement, ils réclament l’annulation de leur licenciement et de celui de tous leurs collègues.

Etat de guerre contre la population kurde, attaques renouvelées contre la presse encore libre, emprisonnement de journalistes, libertés syndicales bafouées, arrestations de syndicalistes et violences policières contre celles et ceux qui ne se soumettent pas, le régime dictatorial de Recep Tayyip Erdogan cumule les atteintes aux libertés et aux droits humains.

Au-delà de faibles remarques de forme exprimées par quelques uns, les gouvernements des autres pays s’en accommodent fort bien, à commencer par ceux de l’Union Européenne, qui persistent à légitimer ce régime, en échange de son lamentable rôle dans la répression envers les populations migrantes.

Soixante seize jours de grève de la faim, c'est déjà un drame. Mais comme toutes les résistances, celle de Semih Ozakça et de Nuriye Gulmen dérange les oppresseurs. La police les a violemment arrêtés et, après un procès expéditif, ils sont maintenant emprisonnés et accusés d’être membre d'une organisation terroriste armée. Aucune preuve, si tant qu’appartenir à une organisation politique soit répréhensible, n’a été apporté, le dossier est vide, mais la justice est aux ordres du pouvoir turc.

Les organisations membres du réseau syndical international de solidarité et de luttes réaffirment leur solidarité avec les syndicalistes de Turquie et plus largement avec toutes celles et tous ceux qui luttent contre la dictature de Recep Tayyip Erdogan.

Nuriye Gulmen et Semih Ozakça ont pu transmettre un message avant leur incarcération

Nuriye Gulmen a dit que « nous attendons la décision. Ils n’ont rien trouvé comme question à poser. La seule chose sur laquelle ils nous ont questionnés était nos publications sur les réseaux sociaux qui seraient à caractère criminel. Il n’y a pas eu d’autre question. Mais nous pensons qu’ils choisiront de nous emprisonner. Parce que l’ordre doit venir du haut, c’est évident. Je vais répéter une chose que je dis souvent. Même si vous entassez tout votre arsenal devant une personne qui refuse de se plier, cela ne suffira pas à la soumettre. Oui, ils peuvent nous mettre en prison aujourd’hui, même s’ils n’ont aucun motif pour cela, nous le savons. Mais nous continuerons à refuser de nous plier, aussi en prison. C’est pour cela qu’ils sont sans espoir. La résistance se poursuivra, pour nous, derrière les murs. J’invite encore une fois celles et ceux qui sont dehors à résister. Nous allons bien, nous continuerons à être bien. Je vous salue toutes et tous et envoie mes amitiés ».

Semih Ozakça a dit que « ces répressions, menaces d’arrestation et emprisonnements, prouvent leur désespoir. Ils ne peuvent pas nous enlever notre droit de demander notre travail. Quoi qu’il se passe, nous garderons espoir et nous continuerons toujours à lutter jusqu’à la victoire ».

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 15:48

 

https://www.reuters.com/article/us-usa-trump-russia-idUSKBN18Z0HC

 

James Comey dit que Donald Trump l'a licencié pour miner l'enquête du Federal Bureau of Investigation (FBI) contre la Russie

 

L'ancien directeur du FBI, James Comey, a accusé Jeudi 8 Juin 2017 le président Donald Trump de l'avoir licencié pour tenter de miner l'enquête du FBI sur une possible collusion entre la campagne de Donald Trump et les efforts présumés de la Russie pour influencer les élections présidentielles de 2016.

Au cours de l’audience du congrès la plus attendue depuis longtemps, James Comey a également déclaré aux sénateurs que l'administration de Donald Trump avait menti et l’avait diffamé, lui et le FBI, après que le président l'ait licencié le 9 mai 2017.

Pendant plus de deux heures de témoignage, James Comey a déclaré au Senate Intelligence Committee (SIC) qu’il croyait que Donald Trump lui avait ordonné au mois de février 2017 d’abandonner une enquête du FBI contre Michael Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale du président républicain, dans le cadre de l’enquête plus large contre la Russie.

James Comey n’a pas dit s’il pensait que le président cherchait à entraver la justice, mais il a ajouté que ce serait au procureur spécial Robert Mueller, qui enquête maintenant sur les allégations de la Russie, de le dire.

 « Je ne pense pas que ce soit à moi de dire si la conversation que j'ai eu avec le président a été un effort pour entraver la justice. Je l'ai considérée comme très inquiétante et préoccupante », a déclaré James Comey devant le SIC.

Assis seul à une petite table face à un groupe de sénateurs qui lui posaient des questions, James Comey donnait des réponses courtes et précises. Il a fait le portrait d'un président dominateur qui a exercé des pressions contre lui pour empêcher le FBI d’enquêter contre Michael Flynn.

Les critiques de Donald Trump disent que tout effort du président pour entraver une enquête du FBI pourrait constituer une obstruction à la justice.

Une telle infraction pourrait potentiellement conduire à ce que Donald Trump soit mis en accusation par le congrès, bien que les républicains qui contrôlent le sénat et la chambre des représentants aient peu d’appétit pour faire un tel mouvement contre lui.

Donald Trump, dans un discours public, s'est engagé à se battre. « Nous sommes assiégés, mais nous serons plus grands et plus forts que jamais », a-t-il déclaré.

Durant plus de deux heures de témoignage, James Comey n'a pas fait de nouvelles révélations majeures sur les relations alléguées entre Donald Trump ou ses associés et la Russie, un problème qui occupe les premiers mois du président et qui le distrait de ses objectifs politiques tels que la révision du système de santé aux États-Unis et les réductions d'impôt.

La Russie a nié cette ingérence. La Maison Blanche a nié toute collusion avec Moscou.

Néanmoins, la question de la Russie continuera probablement à faire de l’ombre à la présidence de Donald Trump, d’autant plus que l’enquête du FBI a rattrapé non seulement Michael Flynn mais aussi Jared Kushner, le beau fils et le conseiller de Donald Trump.

Le ministre de la justice Jeff Sessions a dû se retirer de l’enquête. Le témoignage de James Comey a attiré l’attention sur Jeff Sessions et ses relations avec l’ambassadeur de Russie aux Etats Unis, Sergei Kislyak.

L'administration a donné différentes raisons pour le licenciement de James Comey. Donald Trump a contredit plus tard son propre personnel et il a reconnu le 11 mai 2017 qu'il a licencié James Comey à cause de l’enquête contre la Russie.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il a été licencié, James Comey a dit qu'il ne les connaissait pas avec certitude. Mais il a ajouté « qu’encore une fois, je prends les mots du président. Je sais que j'ai été licencié à cause de la manière dont je menais l'enquête contre la Russie, l'irritant d'une certaine manière, et il a décidé de me licencier à cause de cela ».

James Comey a déclaré à plusieurs reprises qu’il y avait des détails dont il ne pouvait pas parler dans une séance publique, précisant qu’il avait des informations sensibles qu’il ne pouvait divulguer que dans une séance à huis clos avec les sénateurs.

L'ancien directeur du FBI a déclaré que l'administration de Donald Trump l'avait diffamé dans les commentaires faits après son licenciement en disant que le FBI était en désordre et que les agents du FBI avaient perdu confiance en leur directeur. « Ce sont des mensonges purs et simples », a déclaré James Comey.

Les accusations de James Comey pourraient mettre l'administration de Donald Trump dans des difficultés juridiques, car le procureur spécial Robert Mueller et plusieurs commissions du congrès enquêtent sur les efforts présumés de la Russie pour influencer les élections présidentielles de 2016 et sur l’éventuelle collusion de la campagne de Donald Trump avec Moscou.

« L’enquête contre la Russie va continuer, elle ne va pas s’arrêter et le président devrait le savoir », a dit à MSNBC la sénatrice démocrate membre du SIC, Dianne Feinstein.

L’avocat personnel de Donald Trump, Marc Kasowitz, a dit que le témoignage de James Comey prouvait qu’il n’y avait pas d’enquête contre Donald Trump et qu’il n’y avait aucune preuve qu’un seul vote ait été modifié en raison de l’ingérence de la Russie dans l’élection de l’année dernière. Marc Kasowicz a nié que Donald Trump n’ait jamais dit à James Comey qu’il avait besoin et qu’il attendait sa fidélité, comme l’a dit James Comey.

La chaîne de télévision NBC News a annoncé Jeudi 8 Juin 2017 que Jared Kushner devait rencontrer des membres du SIC au mois de juin 2017.

James Comey a déclaré qu'il pensait qu'il devait mettre ses conversations avec Donald Trump dans la sphère publique dans l'espoir que cela provoque la nomination d'un procureur spécial, ce qui est arrivé plus tard.

James Comey a déclaré qu'il a montré des copies de sa déclaration comportant ses entretiens avec Donald Trump à des personnes extérieures au ministère de la justice et qu’il a demandé à un de ses amis de partager le contenu de sa déclaration avec un journaliste.

Le professeur de la Columbia Law School, Daniel Richman, a confirmé à Reuters qu'il était l’ami auquel James Comey faisait allusion.

Marc Kasowicz a dit que « ce serait aux autorités compétentes de déterminer si la fuite de James Comey devait faire l’objet d’une enquête ».

Les experts juridiques ont remis en question l’argument de Marc Kasowicz selon lequel les rencontres privées entre Donald Trump et James Comey devaient être considérées comme des communications privilégiées.

James Comey a déclaré qu'il ne savait pas s'il y avait des enregistrements de ses conversations avec Donald Trump, mais il a dit que, s’il y en avait, ils devaient être rendus publics.

« J’espère qu'il y a des bandes », a déclaré James Comey.

Les sénateurs républicains du SIC ont interrogé James Comey intensément, mais ils n’ont pas attaqué son intégrité et ils ne l’ont pas traité durement, comme un témoin accusant un président républicain en exercice pouvait s'y attendre.

James Comey a témoigné qu’il a gardé des notes après avoir rencontré Donald Trump parce que « j’étais honnêtement préoccupé qu’il pouvait mentir sur la nature de notre réunion et j’ai donc cru qu’il était vraiment important d’avoir des documents ».

De Capitol Hill au quartier Castro de San Francisco, l’apparition de James Comey a provoqué des écoutes télévisées collectives qui ont fait appel à des animateurs politiques dans des tavernes et des restaurants pour voir un événement comparé au Super Bowl de Washington.

La bourse de Wall Street a clôturé légèrement en hausse, car le marché a peu réagi au témoignage de James Comey, en considérant que son seul témoignage ne pouvait pas marquer la fin de la présidence de Donald Trump.

James Comey a déclaré que Donald Trump n'a pas essayé de l'amener à abandonner l'enquête globale contre la Russie, juste la partie de celle-ci concernant Michael Flynn, que le président a licencié au mois de février 2017 pour avoir tromper le vice-président Mike Pence sur l'ampleur de ses conversations l'année dernière avec l'ambassadeur de Russie aux États Unis.

Le sénateur républicain Marco Rubio a demandé à James Comey s'il a perçu la demande du président d’abandonner l'affaire de Michael Flynn comme un ordre donné par Donald Trump en tant que président, compte tenu du cadre et des circonstances de la conversation. James Comey a répondu « oui ».

Laura Donohue, professeur du centre de droit de l’université de Georgetown, a déclaré que, si Donald Trump avait licencié James Comey pour changer le cours de l’enquête contre la Russie, cela constituerait une obstruction à la justice.

La conversation entre Donald Trump et James Comey à propos de Michael Flynn et son licenciement sont des actes d’obstruction, a-t-elle dit. « Il voulait interrompre l’enquête, c’est difficile de le voir autrement », a-t-elle dit.

En ce qui concerne Jeff Sessions, James Comey a dit qu’il n’a pas parlé au ministre de la justice des pression de Donald Trump pour abandonner l’enquête contre Michael Flynn car l’équipe de direction du FBI croyait que Jeff Sessions allait se retirer lui-même plus tard de l’enquête contre la Russie.

« Nous étions également conscients de faits que je ne peux pas discuter dans un cadre public qui faisaient que son engagement continu dans une enquête contre la Russie était problématique », a déclaré James Comey, sans donner plus de détails.

Le département de la justice a par la suite publié un communiqué disant que Jeff Sessions s’est retiré de l’enquête contre la Russie simplement parce qu’il avait participé à la campagne de Donald Trump.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a déclaré qu’il ne croyait pas que Donald Trump avait commis un crime même si son style personnel était souvent impitoyable, en ajoutant que « je vais simplement le dire, si le fait d’être brutal, grossier et comme un taureau dans un magasin de porcelaine, était un crime, Donald Trump obtiendrait la peine de mort ».

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 15:39

 

http://www.ldh-france.org/president-republique-gouvernement-cocktail-risques-les-libertes

 

Président de la république et gouvernement, cocktail à risques pour les libertés

 

Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) suite au futur projet de loi sécuritaire du gouvernement pour faire entrer l’état d’urgence dans le droit commun

 

Mercredi 7 Juin 2017

 

Si ce que révèle le quotidien le Monde est exact, le gouvernement entend introduire dans le droit commun des mesures comme l’assignation à résidence, la pose de bracelets électroniques ou les perquisitions administratives, sous la seule décision d’un préfet.

 

De telles mesures piétineraient les libertés individuelles et collectives et nous feraient basculer dans un autoritarisme d'état. A défaut de sortir de l’état d’urgence, la France entrerait durablement dans un régime d’exception.

 

Loin de ne concerner que les actes de terrorisme, ces mesures s’appliqueraient indifféremment à une large gamme de délits. Chacun pourrait alors être victime de cet arbitraire. Aujourd’hui déjà, nous voyons des dispositions inscrites dans l’état d’urgence utilisées contre des militants associatifs, syndicaux ou politiques.

 

Que ce délirant cocktail liberticide, qui s’ajoute à une jurisprudence désastreuse et aux lois déjà votées, ait pu s’écrire dans les bureaux d’un ministère et être approuvé par les plus hautes autorités de l'état laisse à penser qu’elles entendent pratiquer une démocratie soumise plutôt que de respecter les règles de l'état de droit.

 

A la veille des élections législatives, la LDH appelle les électeurs et les électrices à tenir compte des projets du gouvernement et du président de la république dans leurs choix.

 

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