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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 18:54

Près de sept cent cinquante morts à Gaza, une trêve encore hypothétique (Reuters)

Les forces israéliennes ont bombardé Jeudi 24 Juillet 2014 dans le nord de la bande de Gaza une école gérée par l’ONU où des civils palestiniens avaient trouvé refuge, faisant au moins quinze morts et de nombreux blessés, a annoncé le ministère gazaoui de la santé.

Selon Radio Israël, la plupart des morts sont des enfants.

Depuis le début des bombardements israéliens le 8 juillet, sept cent quarante-sept palestiniens ont été tués, en majorité des civils. Plus de cent quarante mille habitants de l'enclave ont été contraints de fuir leurs maisons en raison des combats.

Le porte-parole du ministère gazaoui de la santé, Achraf al Kidra, a précisé que l'attaque contre l'école avait également fait deux cent blessés, qui ont été évacués vers les centres de soins du secteur de Beit Hanoun. Le directeur de l'hôpital de Beit Hanoun, Ayman Hamdan, a parlé d'un « massacre ».

Laïla al Chinbari, une femme qui se trouvait dans l'école au moment du bombardement, a raconté à un journaliste de Reuters que des familles entières étaient rassemblées dans la cour en attendant d'être évacuées par la Croix-Rouge.

« Nous étions tous assis quand soudain quatre obus sont tombés sur nous. Il y avait des corps allongés sur le sol, du sang et des cris. Mon fils est mort et tous mes proches sont blessés, y compris mes autres enfants », a-t-elle précisé, en larmes.

Chris Gunness, porte-parole de l'UNRWA, l'agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens, a confirmé l'attaque et critiqué Israël, soulignant que les abris mis en place par son organisation à Beit Hanoun avaient été clairement signalés à Tsahal.

VILLAGES INACCESSIBLES

« Nous avons tenté dans la journée de trouver avec l'armée israélienne une plage horaire pour évacuer les civils mais cela n'a pas été possible », a-t-il déploré sur son compte twitter.

Dans le sud de la bande de Gaza, deux villages, Khouzaa et Abassan, sont coupés de l'extérieur depuis plusieurs jours par les bombardements des blindés de Tsahal et les blessés ne peuvent être évacués.

Le Hamas a poursuivi jeudi ses tirs de roquettes sur le territoire israélien et affirme avoir tendu une embuscade meurtrière à une patrouille israélienne dans le nord de la bande de Gaza.

Depuis le début de l'offensive, trente-deux militaires israéliens ont péri et les tirs de roquettes sur Israël ont tué trois civils.

La Federal Aviation Administration (FAA), l'agence fédérale américaine de l'aviation civile, a levé son ordre de suspension de tous les vols opérés par des compagnies américaines vers l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. La suspension était liée à un incident survenu mardi près de l'aéroport Ben Gourion, non loin duquel s'est écrasée une roquette palestinienne.

L'Agence Européenne de Sécurité Aérienne (AESA) s'apprêtait également jeudi à lever son avis recommandant à l'ensemble des compagnies européennes d'éviter Tel Aviv. De nombreux transporteurs comme Air France ou Lufthansa ont suspendu leurs opérations vers l'état hébreu.

La suspension des vols a été saluée comme une « victoire » par le Hamas.

Au dix-septième jour des combats, aucun cessez-le-feu ne semble en vue, mais certains espèrent toutefois une trêve temporaire.

Israël dit avoir besoin de plusieurs jours encore pour mener à bien son opération de destruction des tunnels d'infiltration creusés par le Hamas à la frontière entre le territoire côtier et l'état hébreu.

POURSUITE DES EFFORTS POUR UN CESSEZ-LE-FEU

Le Hamas réclame la levée du blocus israélien de Gaza en échange d'un cessez-le-feu durable.

Encouragée par Washington, dont le secrétaire d'état John Kerry multiplie les entretiens dans la région, l'Egypte s'efforce d'obtenir une trêve humanitaire limitée.

Selon un responsable égyptien, cette trêve humanitaire pourrait entrer en vigueur ce week-end, à temps pour la grande fête musulmane de l'Aïd al Fitr, qui marque la fin du ramadan.

Mais un haut responsable américain a jugé peu probable la conclusion d'un cessez-le-feu d'ici le week-end, tout comme un ministre du gouvernement de Benjamin Netanyahu, selon qui la destruction des tunnels prendra encore au moins quatre jours.

« Je ne vois pas de cessez-le-feu dans les jours à venir », a déclaré le ministre israélien des Sciences, Yaakov Peri, un ancien responsable de la sécurité, au site d'information Walla.

« Même en cas de trêve humanitaire, nous continuerions à nous attaquer aux tunnels », a dit Yaakov Peri. « Je peux dire avec certitude que deux ou trois jours ne suffiront pas pour finir de détruire les tunnels ».

John Kerry est retourné en Egypte mercredi soir après avoir rencontré à Jérusalem et en Cisjordanie le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 18:39

La livraison confirmée d’un Mistral à la Russie saluée en France (Reuters)

La classe politique française a salué Mardi 22 Juillet 2014 la décision de François Hollande de livrer en octobre un premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie malgré la crise ukrainienne et les critiques émanant notamment de Londres et de Washington.

Le président français a annoncé lundi soir que ce contrat serait honoré, même si la livraison d'un second Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) commandé par Moscou dépendra de son « attitude » dans le dossier ukrainien.

« Le premier est quasiment achevé et va être livré, tel que cela est prévu, au mois d'octobre. Pour l'instant aucun niveau de sanction n'a été décidé pour empêcher cette livraison », a-t-il dit devant l'association de la presse présidentielle.

On explique de source française que seules des sanctions décidées par l'Union Européenne pourraient empêcher la livraison du deuxième bâtiment, ce qui n'est pas à l'ordre du jour.

Les ministres des affaires étrangères de l'Union Européenne qui se réunissent mardi, pourraient s'accorder sur un durcissement des sanctions, mais ces dernières ne porteront pas sur les livraisons militaires, ajoute-t-on de même source.

François Hollande fait donc fi des avertissements de ses partenaires occidentaux après la destruction de l'avion de Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine, jeudi dernier.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a expliqué lundi qu'une telle transaction serait « impensable » en Grande-Bretagne et un haut responsable de l'administration américaine a déclaré que les Etats-Unis étaient opposés à la vente.

« SOUVERAINETÉ NATIONALE »

La décision d'honorer la signature de la France a été saluée mardi à droite comme à gauche.

« Hollande ne recule pas, il livre le premier malgré le fait qu'on lui demande de ne pas le faire et il dit que la livraison du second dépendra de la manière dont vous vous comportez, ce qui est une manière de faire pression sur Vladimir Poutine », a déclaré le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

Pour lui, les critiques du Royaume-Uni, dont la City accueille de très nombreux oligarques russes, sont hypocrites.

« C’est un faux débat mené par des faux-culs. Ce n’est pas cela qui va amener Poutine à infléchir ses positions », a-t-il dit sur i-TELE. « David Cameron, quand on voit le nombre d’oligarques réfugiés financièrement à Londres, il devrait commencer à balayer devant sa porte ».

L'ancien ministre UMP Xavier Bertrand, candidat à la primaire de son parti pour la présidentielle de 2017, estime que le second Mistral devra être lui aussi livré.

« La souveraineté nationale, c’est pour moi quelque chose d’essentiel et ce n’est pas parce que les américains nous disent blanc qu’il faut faire exactement la même chose », a-t-il dit sur France Inter. « La parole de la France, la signature de la France, cela se respecte ».

Selon lui, Paris ne pourrait plus jouer aucun rôle dans la crise ukrainienne si sa parole n'était pas honorée.

D'autant plus qu'un renoncement à la livraison du premier porte-hélicoptères d'une valeur d’un milliard deux cent millions d'euros obligerait la France à dédommager Moscou.

UN CONTRAT VITAL POUR SAINT-NAZAIRE

Aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), où quatre cent marins russes se familiarisent depuis un mois dans la plus grande discrétion à la manoeuvre des Mistral, on trouve normal que la livraison soit confirmée.

« Le navire était fini et pratiquement payé par la Russie, quelque part c'est un peu normal qu'il soit livré », a dit mardi à Reuters Johan Jardin, délégué syndical CFDT des chantiers navals qui construisent les deux navires pour le compte de DCNS et de la Direction Générale de l'Armement (DGA).

Il insiste sur le fait que le navire, dont la commande a selon lui contribué à sauver les chantiers, sera livré désarmé.

« Nous, on n'est que des sous-traitants, dans cette affaire. Que le navire soit livré à la Russie, vendu à un autre pays ou laissé en cale sèche en attendant que la situation en Ukraine s'apaise, ce n'est pas trop notre problème ».

A la fois navire-amphibie, poste de commandement et hôpital embarqué, le Vladivostok, construit pour moitié à Saint-Nazaire et à Saint-Peterbourg, pourra transporter l’an prochain jusqu’à seize hélicoptères et déployer à terre quatre cent cinquante soldats et des « forces mécanisées », selon les documents officiels de STX.

Un deuxième Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC), baptisé Sebastopol du nom de la ville de Crimée où la marine russe stationne sa flotte, doit être livré fin 2015 à la Russie.

La commande comprenait également une option pour deux autres navires du même type, mais elle n'a pas été levée à ce jour.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 18:13

https://www.marxists.org/francais/general/jaures/works/1914/07/jaures_19140725.htm

Le dernier discours de Jean Jaurès

Samedi 25 Juillet 1914

Je veux vous dire ce soir que jamais nous n'avons été, que jamais depuis quarante ans l'Europe n'a été dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l'heure où j'ai la responsabilité de vous adresser la parole. Citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau, je ne veux pas dire que la rupture diplomatique dont nous avons eu la nouvelle il y a une demie heure, entre l'Autriche et la Serbie, signifie nécessairement qu'une guerre entre l'Autriche et la Serbie va éclater et je ne dis pas que si la guerre éclate entre la Serbie et l'Autriche le conflit s'étendra nécessairement au reste de l'Europe, mais je dis que nous avons contre nous, contre la paix, contre la vie des hommes à l'heure actuelle, des chances terribles et contre lesquelles il faudra que les prolétaires de l'Europe tentent les efforts de solidarité suprême qu'ils pourront tenter.

Citoyens, la note que l'Autriche a adressée à la Serbie est pleine de menaces et si l'Autriche envahit le territoire slave, si les germains, si la race germanique d'Autriche fait violence à ces serbes qui sont une partie du monde slave et pour lesquels les slaves de Russie éprouvent une sympathie profonde, il y a à craindre et à prévoir que la Russie entrera dans le conflit, et si la Russie intervient pour défendre la Serbie, l'Autriche ayant devant elle deux adversaires, la Serbie et la Russie, invoquera le traité d'alliance qui l'unit à l'Allemagne et l'Allemagne fait savoir qu'elle se solidarisera avec l'Autriche. Et si le conflit ne restait pas entre l'Autriche et la Serbie, si la Russie s'en mêlait, l'Autriche verrait l'Allemagne prendre place sur les champs de bataille à ses côtés. Mais alors, ce n'est plus seulement le traité d'alliance entre l'Autriche et l'Allemagne qui entre en jeu, c'est le traité secret mais dont on connaît les clauses essentielles qui lie la Russie et la France et la Russie dira à la France, « j’ai contre moi deux adversaires, l'Allemagne et l'Autriche, j'ai le droit d'invoquer le traité qui nous lie, il faut que la France vienne prendre place à mes côtés ». A l'heure actuelle, nous sommes peut-être à la veille du jour où l'Autriche va se jeter sur les serbes et alors l'Autriche et l'Allemagne se jetant sur les serbes et les russes, c'est l'Europe en feu, c'est le monde en feu.

Dans une heure aussi grave, aussi pleine de périls pour nous tous, pour toutes les patries, je ne veux pas m'attarder à chercher longuement les responsabilités. Nous avons les nôtres, Moutet l'a dit et j'atteste devant l'Histoire que nous les avions prévues, que nous les avions annoncées, lorsque nous avons dit que pénétrer par la force, par les armes au Maroc, c'était ouvrir l'ère des ambitions, des convoitises et des conflits, on nous a dénoncés comme de mauvais français et c'est nous qui avions le souci de la France.

Voilà, hélas, notre part de responsabilités, et elle se précise, si vous voulez bien songer que c'est la question de la Bosnie-Herzégovine qui est l'occasion de la lutte entre l'Autriche et la Serbie et que nous, français, quand l'Autriche annexait la Bosnie-Herzégovine, nous n'avions pas le droit ni le moyen de lui opposer la moindre remontrance, parce que nous étions engagés au Maroc et que nous avions besoin de nous faire pardonner notre propre péché en pardonnant les péchés des autres.

Et alors notre ministre des affaires étrangères disait à l'Autriche que « nous vous passons la Bosnie-Herzégovine, à condition que vous nous passiez le Maroc » et nous promenions nos offres de pénitence de puissance en puissance, de nation en nation, et nous disions à l'Italie que « tu peux aller en Tripolitaine, puisque je suis au Maroc, tu peux voler à l'autre bout de la rue, puisque moi j'ai volé à l'extrémité ».

Chaque peuple paraît à travers les rues de l'Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà l'incendie. Citoyens, nous avons notre part de responsabilité, mais elle ne cache pas la responsabilité des autres et nous avons le droit et le devoir de dénoncer, d'une part, la sournoiserie et la brutalité de la diplomatie allemande, et, d'autre part, la duplicité de la diplomatie russe. Les russes qui vont peut-être prendre parti pour les serbes contre l'Autriche et qui vont dire que « mon cœur de grand peuple slave ne supporte pas qu'on fasse violence au petit peuple slave de Serbie ». Oui, mais qui est-ce qui a frappé la Serbie au cœur ? Quand la Russie est intervenue dans les Balkans, en 1877, et quand elle a créé une Bulgarie, soi-disant indépendante, avec la pensée de mettre la main sur elle, elle a dit à l'Autriche, « laisse-moi faire et je te confierai l'administration de la Bosnie-Herzégovine ».

L'administration, vous comprenez ce que cela veut dire, entre diplomates, et du jour où l'Autriche-Hongrie a reçu l'ordre d'administrer la Bosnie-Herzégovine, elle n'a eu qu'une pensée, c'est de l'administrer au mieux de ses intérêts.

Dans l'entrevue du ministre des affaires étrangères russe avec le ministre des affaires étrangères autrichien, la Russie a dit à l'Autriche, « je t'autoriserai à annexer la Bosnie-Herzégovine à condition que tu me permettes d'établir un débouché sur la mer Noire, à proximité de Constantinople ». Le ministre des affaires étrangères autrichien a fait un signe que la Russie a interprété comme un oui, et elle a autorisé l'Autriche à prendre la Bosnie-Herzégovine, puis quand la Bosnie-Herzégovine est entrée dans les poches de l'Autriche, elle a dit à l'Autriche, « c’est mon tour pour la mer Noire ». Le ministre des affaires étrangères autrichien a répondu qu’il ne lui avait rien dit, et depuis c'est la brouille avec la Russie et l'Autriche, entre le ministre des affaires étrangères de la Russie et le ministre des affaires étrangères autrichien, mais la Russie avait été la complice de l'Autriche pour livrer les slaves de Bosnie-Herzégovine à l'Autriche-Hongrie et pour blesser au cœur les slaves de Serbie.

C'est ce qui l'engage dans les voies où elle est maintenant.

Si depuis trente ans, si depuis que l'Autriche a l'administration de la Bosnie-Herzégovine, elle avait fait du bien à ces peuples, il n'y aurait pas aujourd'hui de difficultés en Europe, mais la cléricale Autriche tyrannisait la Bosnie-Herzégovine, elle a voulu la convertir par force au catholicisme, en la persécutant dans ses croyances, elle a soulevé le mécontentement de ces peuples.

La politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de l'Autriche ont contribué à créer l'état de choses horrible où nous sommes. L'Europe se débat comme dans un cauchemar.

Citoyens, dans l'obscurité qui nous environne, dans l'incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j'espère encore malgré tout qu'en raison même de l'énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n'aurons pas à frémir d'horreur à la pensée du cataclysme qu'entraînerait aujourd'hui pour les hommes une guerre européenne.

Vous avez vu la guerre des Balkans, une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille, soit dans les lits d'hôpitaux, une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d'hôpitaux infectés par le typhus cent mille hommes sur trois cent mille.

Songez à ce que serait le désastre pour l'Europe, ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d'hommes, quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie. Et voilà pourquoi, quand la nuée de l'orage est déjà sur nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé. Citoyens, si la tempête éclatait, tous, nous socialistes, nous aurons le souci de nous sauver le plus tôt possible du crime que les dirigeants auront commis et en attendant, s'il nous reste quelque chose, s'il nous reste quelques heures, nous redoublerons d'efforts pour prévenir la catastrophe. Déjà, dans le Vorwaerts, nos camarades socialistes d'Allemagne s'élèvent avec indignation contre la note de l'Autriche et je crois que notre bureau socialiste international est convoqué.

Quoi qu'il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n'y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu'une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c'est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, français, anglais, allemands, italiens, russes et que nous demandions à ces milliers d'hommes de s'unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l'horrible cauchemar.

J'aurais honte de moi-même, citoyens, s'il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d'une victoire électorale, si précieuse qu'elle puisse être, le drame des événements. Mais j'ai le droit de vous dire que c'est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l'orage, la seule promesse d'une possibilité de paix ou d'un rétablissement de la paix.

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 17:33

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/07/23/israel-se-cree-de-nouveaux-ennemis-chez-les-arabes-israeliens_4461511_3210.html

http://www.alencontre.org/moyenorient/palestine/israel-palestine-arabes-israeliens-face-a-lincitation-a-la-haine-des-responsables-politiques-juifs.html

« Israël se crée de nouveaux ennemis » chez les arabes israéliens

Par Hélène Sallon, envoyée spéciale du Monde à Nazareth

Jeudi 24 Juillet 2014

Sur la colline surplombant Rame, au centre de la Galilée, dans le nord d’Israël, Aya Manaa est venue chercher l’apaisement. Depuis la table de ce restaurant fréquenté par la jeunesse arabe des environs, cette jeune femme coquette de vingt-sept ans sirote un verre, le regard errant entre son village de Majd al Kurum, la ville juive voisine de Karmiel et, au loin, le lac de Tibériade.

La voix encore cassée par les inhalations de gaz lacrymogènes, elle raconte la manifestation du Lundi 21 Juillet 2014 dans la ville arabe de Nazareth. Avec des centaines d’autres palestiniens citoyens d’Israël et les responsables de tous les partis politiques arabes, elle a défilé contre la guerre à Gaza et la poursuite de l’occupation israélienne. Les rideaux des commerces avaient été tirés à la suite de l’appel à une journée de grève générale en hommage aux victimes de Chadjaiya, dans la bande de Gaza.

La manifestation pacifique a tourné à l’affrontement entre des dizaines de jeunes, armés de pierres et le visage masqué d’un keffieh, et autant de policiers anti-émeute, certains montés à cheval, répondant par des tirs de balles assourdissantes, de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Plusieurs ont été arrêtés, portant à plus de quatre cent le nombre d’arabes israéliens interpellés depuis le début des manifestations en juin. Nombre d’entre eux sont trop jeunes pour avoir connu les grandes manifestations d’octobre 2000, pendant lesquelles les habitants de Nazareth et des autres villes arabes avaient défilé massivement en solidarité avec la seconde intifada en Cisjordanie et à Gaza. Treize étaient morts lors des neuf jours d’émeutes contre la police et des extrémistes juifs, consommant la rupture avec la majorité juive. Elles avaient renforcé le ralliement à la cause palestinienne de la minorité arabe israélienne (vingt pour cent de la population), descendante des palestiniens restés en Israël après la création de l’état en 1948.

Aya avait quatorze ans à l’époque. L’un de ses amis, Asil Asla, fait partie des victimes. « Je descendais dans les rues jeter des pierres. Mon père voulait m’en empêcher mais j’avais la rage », raconte-t-elle. Née dans une famille de notables politisés, elle a depuis son plus jeune âge participé à toutes les commémorations de la nakba, qui marque la « catastrophe » de la création de l’état d’Israël le 15 mai 1948, et du jour de la terre, le 30 mars 1976, contre la confiscation des terres palestiniennes par Israël depuis 1948. « La Palestine historique est là sous mes yeux, mais j’aurais pu naître à Gaza ou dans les camps palestiniens du Liban », dit-elle.

Ses parents comprennent son engagement mais sa façon de vivre, son célibat et ses idées progressistes détonnent dans une société palestinienne conservatrice. Après des études à Jérusalem et à l’étranger, Aya se voit désormais comme l’une des meneuses de la nouvelle génération de protestataires. Une jeunesse qui ne se reconnaît plus dans les partis politiques arabes et s’est départie de la peur des anciennes générations. D’Haïfa à Gaza, en passant par Ramallah, tous se coordonnent par le biais des réseaux sociaux pour mener des actions communes, pour soutenir les prisonniers en grève de la faim ou la relocalisation des bédouins du Néguev.

Les tensions suscitées par la mort de trois israéliens enlevés en Cisjordanie en juin, celle du palestinien Mohammed Abou Khdeir, puis l’opération à Gaza, a renforcé leurs rangs. « Des jeunes non politisés ont commencé à venir aux manifestations. La situation socio-économique dans la communauté est catastrophique. Avec cette guerre à Gaza, Israël se crée de nouveaux ennemis », explique Aya. Les chefs politiques arabes craignent de ne pas être en mesure de contrôler cette jeunesse en plein malaise, qui ne se sent pas plus israélienne que ses parents.

« On n’est jamais devenus israéliens car même les juifs ne veulent pas que l’on soit israéliens. Ils créent une nation juive mais pas une nation israélienne », explique Jafar Farah.

Le directeur de l’association Mossawa (« Egalité » en arabe) note « une escalade dans l’incitation à la haine, chez les responsables politiques juifs, les médias et l’opinion publique ». L’opération militaire à Gaza a attisé les divisions. « Au travail, j’évite les discussions. Mes collègues juifs parlent de leurs enfants ou de leurs proches rappelés par l’armée pour l’opération. Moi, je pense à mon peuple et aux enfants qui subissent une agression », confie Aya, rappelant que les palestiniens d’Israël sont dispensés de service militaire.

Aya défend l’idée d’un seul état pour les israéliens et les palestiniens. Mais elle a de plus en plus de mal à y croire. « Avec les événements et les crimes racistes, je ne vois pas d’espoir. Le pays est construit sur la paranoïa et la peur de l’autre. Il faut être dur et violent pour vivre ici », explique-t-elle. Aya défend aussi l’idée d’un boycottage économique comme moyen de se faire entendre. « Israël a fait de nous des consommateurs. On doit boycotter les commerces des villes juives », pense-t-elle.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 21:39

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/07/23/des-deputes-socialistes-dans-la-manifestation-pour-la-paix-au-proche-orient_4461796_3218.html#xtor=AL-32280515

Divisions au sein du Parti Socialiste sur la manifestation pro palestinienne

Que faire face au conflit entre Israël et la Palestine ?

L’attitude à adopter divise les rangs du Parti Socialiste. Le parti n’a pas lancé d’appel à manifester, mais plusieurs députés socialistes ont l’intention de se mêler au rassemblement pro palestinien organisé à Paris Mercredi 23 Juillet 2014.

Lors d'une conférence de presse, Alexis Bachelay (Hauts-de-Seine) et Pascal Cherki (Paris) ont présenté un texte intitulé « pour la paix et la justice au Proche Orient », signé par une trentaine de parlementaires, principalement issus de l'aile gauche du parti et du nouveau courant « Cohérence Socialiste ».

« Ensemble, nous avons le devoir d'user de notre liberté d'expression et de notre droit à manifester pacifiquement ! Mais en aucun cas nous ne tolérons d'acte ou de parole qui puisse faire ressurgir l'antisémitisme et le racisme. Nous ne laisserons pas s'instaurer un autre conflit en France, nous soutenons la paix ».

Certains signataires, comme la députée des Hautes-Alpes Karine Berger, ne se rendront pas à la manifestation, mais les élus espèrent tout de même être « plusieurs dizaines » sur le parcours.

Ligne depuis 1974

Leur décision surprend au sein du parti dans lequel, selon Jean-Christophe Cambadélis, la ligne adoptée en 1974 au lendemain de la guerre du Kippour est de ne participer à aucune manifestation sur ce conflit.

« Je comprends que l'horreur de la guerre produise l'envie de manifester pour la paix, mais je ne peux pas appeler à manifester à côté de ceux qui crient Israël assassin, François Hollande complice », explique Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti.

Hollande critiqué

Sans se faire l'écho de tels slogans, les signataires considèrent que la position, jugée ambiguë, de François Hollande les a poussés à s'exprimer. Yann Galut, l'un des députés prêts à manifester, estime, dans une interview à Paris Match, que le président de la république a donné trop de gages à Israël dans un premier temps :

« La position de départ du président de la république a surpris un nombre important de socialistes, car il paraissait étonnant qu'on soutienne de manière unilatérale Benyamin Nétanyahou, qui est sur des positions extrêmement droitières sur ces questions-là. Il faut que l'on ait le courage de dire qu’Israël a droit à sa sécurité, mais qu'il ne doit pas employer de tels moyens pour la faire respecter. Ce sont les civils, notamment les enfants et les femmes, qui sont les principales victimes de la répression israélienne. Cela, c'est inacceptable ».

Même si la manifestation a, cette fois-ci, était autorisée par la préfecture de police et que les services d'ordre de la CGT et du Front De Gauche ont prévu d'encadrer le cortège, des débordements sont toujours à craindre.

Un risque qui devrait achever de dissuader les députés, selon le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux.

« En tant que parlementaire, nous avons la possibilité de faire entendre notre voix autrement qu'en allant manifester, surtout lorsqu'on ne sait pas comment le rassemblement va se passer », juge-t-il. « Il ne faudrait pas que ces députés se retrouvent à devoir assumer certaines choses ou certains dérapages qui pourraient avoir lieu. Je soutiens le droit à manifester, mais aussi le droit à manifester en sécurité ».

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 21:09

Les premiers corps des victimes du vol MH 17 rapatriés aux Pays Bas (Reuters)

Deux avions transportant une quarantaine de corps de victimes du vol MH17 de la Malaysia Airlines ont atterri Mercredi 23 Juillet 2014 à Eindhoven, aux Pays-Bas, sous le regard des familles et de responsables néerlandais et étrangers.

Les deux avions de transport militaire, un Hercules de l'armée de l'air néerlandaise et un Boeing C-17 australien, étaient partis de Kharkiv, en Ukraine, après une brève cérémonie sur le tarmac de l'aéroport.

Les Pays-Bas, qui ont payé le plus lourd tribut avec cent quatre-vingt-treize ressortissants néerlandais parmi les deux cent quatre-vingt-dix-huit victimes de la destruction du Boeing 777 il y a six jours, procéderont à l'identification des corps avant de les remettre aux familles.

Durant la cérémonie à Kharkiv, le vice premier ministre ukrainien Volodimir Groysman a qualifié la destruction de l'avion de ligne « d’acte terroriste inhumain » soutenu par la Russie.

Kiev fera tout ce qui est son pouvoir pour faire passer les responsables devant la justice, a-t-il ajouté.

Aux Pays-Bas, une journée de deuil national a été observée, la première depuis le décès de la reine Whilelmine en 1962. Les drapeaux ont été mis en berne et lorsque les deux avions ont atterri, peu avant 16 heures (14 heures GMT), les cloches ont retenti à travers le pays en hommage aux victimes.

Le roi Willem-Alexander et le premier ministre Mark Rutte étaient présents pour accueillir les premiers corps à l'aéroport d'Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas.

Un détachement militaire a rendu les honneurs alors que retentissait la sonnerie aux morts.

Après une minute de silence, observée dans les usines, les bureaux, les gares et les aéroports du pays, les quarante cercueils ont été sortis des deux avions et alignés sur le tarmac.

Des proches des victimes étaient présents à l'aéroport mais à l'écart des médias.

Des milliers de personnes se sont pressées sur le trajet de cent kilomètres séparant Eindhoven de la caserne d'Hilversum, où les corps resteront jusqu'à ce qu'ils soient formellement identifiés.

Au passage du cortège, des automobilistes se sont arrêtés et certains ont applaudi, d'autres ont lancé des fleurs sur les corbillards.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 20:51

Manifestation pro-palestinienne sans incident à Paris (Reuters)

Plusieurs milliers de pro-palestiniens ont manifesté sans incident Mercredi 23 Juillet 2014 à Paris sous haute surveillance à la suite des débordements survenus durant le week-end à Barbès et à Sarcelles (Val-d'Oise) lors de rassemblements non autorisés contre l'intervention israélienne dans la bande de Gaza.

Répondant à l'appel du « Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens », quelque quatorze mille cinq cent personnes, selon la police, ont défilé de la place Denfert-Rochereau dans le quatorzième arrondissement à l'esplanade des Invalides dans le septième arrondissement.

« Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine », « Israël assassin », « nous sommes tous des palestiniens », a scandé la foule, brandissant de nombreux drapeaux palestiniens mais également des Verts, de la CGT et du PCF.

Dans le cortège, le président de la Ligue des Droits de l'Homme Pierre Tartakowski, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, le co-président du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon et des élus.

Devant eux, quelques dizaines de jeunes, certains portaient des keffiehs, ont scandé avec virulence des slogans anti-Israël.

Les manifestants ont commencé à se disperser dans le calme vers 20 heures, a constaté une journaliste de Reuters.

Le service d'ordre était assuré par la CGT, le NPA, le Parti de Gauche et le PCF, en appui des policiers, plusieurs centaines qui étaient déployés le long du parcours.

Le « Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens » est une alliance d'associations palestiniennes et juives, de syndicats (CGT, FSU, UNEF et Union Syndicale Solidaire), de partis politiques (EELV, PCF, Parti Socialiste et NPA), de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) et du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP).

Les organisateurs ont assuré qu'aucune revendication violente ni slogan antisémite ne seraient tolérés.

« MANIFESTER EST UN DROIT »

« Nous refusons de voir le conflit israélo-palestinien importé en France et instrumentalisé pour diffuser de la haine. Le droit, la paix et la justice doivent l’emporter », ont déclaré les Jeunes Socialistes dans un communiqué.

Le premier ministre, Manuel Valls, a défendu mercredi à l'assemblée nationale le droit de manifester tout en réaffirmant que l'exécutif serait intransigeant contre tout acte antisémite.

« Manifester est un droit, une liberté, manifester pour la paix au Proche-Orient, manifester pour dire son horreur de la guerre, son émotion, son indignation face à la souffrance des populations civiles palestiniennes de Gaza », a-t-il dit.

« Manifester aussi sa solidarité à l'égard des israéliens qui vivent la peur au ventre à cause des centaines de roquettes tirées par le Hamas », a-t-il ajouté.

Selon un bilan provisoire fourni par les services de santé à Gaza, l'offensive militaire israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza a fait plus de six cent morts côté palestinien, dont une centaine d'enfants, et une trentaine de victimes côté israélien.

Le rassemblement de mercredi est la première manifestation pro-palestinienne autorisée à Paris depuis celle du Dimanche 13 Juillet 2014 dans le quartier de la Bastille dans le onzième arrondissement, qui avait donné lieu à des violences.

Depuis, deux manifestations, l'une à Barbès, l'autre à Sarcelles dans le Val d’Oise, non autorisées par le gouvernement qui avait invoqué des risques pour l'ordre public, ont été marquées par des débordements.

Ailleurs en France, des manifestations ont été organisées mercredi, notamment à Lyon, à Marseille, où un rassemblement d'une petite centaine de personnes s'est tenu sur le Vieux-Port ou encore à Nantes où entre trois cent et cinq cent personnes ont défilé pour soutenir les habitants de Gaza.

A Bordeaux, une manifestation a réuni deux cent cinquante à trois cent personnes qui ont observé une minute de silence en mémoire des « martyrs » morts lors de l’offensive de l’armée israélienne dans l'enclave palestinienne.

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 13:20

Les hostilités se poursuivent à Gaza, Kerry s’active (Reuters)

Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a atterri Mercredi 23 Juillet 2014 à Tel Aviv pour tenter d'aider à trouver un accord de trêve dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne poursuit son offensive et dit rencontrer une forte résistance du Hamas.

« Nous avons bien entendu fait des progrès. Nous avons encore du travail », a déclaré le secrétaire d'état américain à son arrivée à Jérusalem où il devait rencontrer le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon.

John Kerry doit également s'entretenir au cours de sa visite surprise d'une journée avec le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le crochet du secrétaire d'état par Jérusalem et la Cisjordanie donne un indice du redoublement des efforts déployés par les diplomates en faveur de la conclusion d'un cessez-le-feu, plus de deux semaines après le lancement de l'opération « bordure protectrice ».

Depuis le début, six cent quarante-cinq palestiniens, parmi lesquels de nombreux civils, ont perdu la vie, dont un enfant de sept ans tué par un obus mercredi matin, a-t-on appris de source médicale.

Selon le ministère de la santé à Gaza, dix-huit palestiniens ont trouvé la mort mercredi, notamment dans la ville de Khan Younès, dans le sud du territoire, où les accrochages sont particulièrement violents.

Du côté israélien, vingt-neuf soldats ont été tués dans les opérations depuis leur déclenchement, l'un d'entre eux a été la cible d'un tireur embusqué durant la nuit de mardi à mercredi, et les tirs de roquettes palestiniennes ont coûté la vie à deux civils.

Un soldat israélien est également porté disparu et pourrait être mort, selon l'armée. Le Hamas dit l'avoir capturé mais n'a diffusé aucune image de l'éventuel otage.

L'OLP SOUTIENT LA DEMANDE DU HAMAS

Mercredi, d'épais nuages de fumée noire s'élevaient dans le ciel de Gaza.

« Nous rencontrons une résistance près des tunnels. Ils tentent en permanence de nous attaquer autour et à l'intérieur de ces tunnels. Voilà ce qui se passe », a déclaré le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de Tsahal.

Selon lui, trente hommes armés ont été tués durant la nuit par l'armée.

La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al Kassam, dit avoir fait exploser une mine anti-personnel au passage d'une patrouille israélienne et avoir tué plusieurs soldats à cette occasion. L'état hébreu n'a pas donné de confirmation dans l'immédiat.

Dans le nord de la bande de Gaza, les habitants continuent à fuir Beit Hanoun, une localité située à la frontière avec Israël, où l'armée cherche de possibles tunnels du Hamas.

La Cisjordanie, l'autre territoire palestinien, n'est pas épargnée par les violences. Un palestinien a été abattu par l'armée israélienne près de Bethléem. Tsahal dit avoir tiré une balle en caoutchouc dans sa direction lors d'une confrontation avec plusieurs dizaines de palestiniens qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov.

Sur le front politique, l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de Mahmoud Abbas a apporté son appui à la demande du Hamas de cessation des hostilités, ce qui pourrait faire du président palestinien le principal interlocuteur pour une trêve.

« Les demandes de Gaza d'arrêt de l'agression et de levée du blocus sous toutes ses formes sont les demandes du peuple palestinien tout entier et elles représentent le but à atteindre auquel la direction palestinienne a consacré toute son énergie », a déclaré Yasser Abed Rabbo, membre du comité de direction de l'OLP, qui se trouvait à Ramallah, en Cisjordanie où est basé Mahmoud Abbas.

« Nous sommes certains que Gaza ne sera pas détruite aussi longtemps que notre peuple restera à ses côtés pour la soutenir ».

POSSIBLES « CRIMES DE GUERRE »

A la différence du Hamas, qui refuse la coexistence avec l'état d'Israël, l'OLP négocie avec les dirigeants israéliens depuis plus de vingt ans.

Pour l'heure, le Hamas, le mouvement islamiste qui dirige Gaza, et d'autres factions palestiniennes, se sont montrées très réticentes face à la proposition de trêve présentée par le voisin égyptien. Avant d'accepter, ils veulent, disent-il, recevoir des assurances d'un allègement du blocus israélo-égyptien de la bande de Gaza, entre autres concessions.

Le problème est encore compliqué par la méfiance entre le nouveau président égyptien Abdel Fattah al Sissi et le Hamas, qui soutenait son prédécesseur, l'islamiste Mohamed Morsi.

A Genève, Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a évoqué de possibles crimes de guerres commis par Tsahal durant son offensive.

« Il existe quelques exemples pour lesquels il semble y avoir une forte possibilité que le droit international et humanitaire a été violé, d'une façon telle qu'ils pourraient constituer des crimes de guerre », a-t-elle déclaré en ouverture d'une séance extraordinaire du conseil des droits de l'homme de l’ONU.

L'état juif a rejeté ces accusations et accusé le Hamas de se servir de civils comme boucliers humains.

Dans ce contexte, plusieurs compagnies aériennes ont annoncé la suspension de leurs vols à destination de Tel Aviv.

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 17:43

http://www.mediapart.fr/journal/france/200714/barbes-manifestation-interdite-et-souriciere-policiere

http://www.alencontre.org/europe/france/france-la-solidarite-avec-le-peuple-palestinien-met-en-echec-un-pouvoir-exhalant-lere-coloniale.html

La solidarité avec le peuple palestinien met en échec un pouvoir exhalant l’ère coloniale

Par Stéphane Alliès

« Cela aurait été plus simple de l’autoriser ». Ce soupir d’un CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité), au coin du boulevard et de la rue de Rochechouart, a dû rôder dans bien des têtes parmi ses collègues. Samedi 19 Juillet 2014, à Paris, dans le quartier populaire de Barbès, la manifestation de soutien à la Palestine a réuni entre cinq mille et dix mille manifestants selon les moments et les lieux. En dépit de l’interdiction prononcée la veille par la préfecture de police, avec l’accord de l’exécutif. Ceci pour empêcher d’éventuels « troubles à l’ordre public », au terme d’une semaine mouvementée. In fine, et sans conteste, la stratégie gouvernementale s’est avérée être un fiasco.

Prévenues par le maintien de l’appel à manifester annoncé par les organisateurs la veille, les forces de l’ordre mettront en œuvre un quadrillage policier progressif, mais vaste. Entre 14 heures et 15 heures, au carrefour des boulevards Barbès, Rochechouart et Magenta, la circulation est peu à peu bloquée par des cordons de CRS. Parmi les premiers arrivés, on compte beaucoup de jeunes et de femmes, pour partie venus de banlieue, qui arborent pour certains des tenues vestimentaires religieuses. Les slogans restent à tout moment politiques, « résistance de Paris à Gaza », « nous sommes tous des palestiniens », « Palestine vivra, Palestine vaincra ». Seuls quelques « allah akbar » retentissent parfois, mais sporadiquement et du fait d’un ou deux individus.

La tension est relative, les jeunes se rapprochent des barrages policiers, et les dernières voitures circulent au compte-gouttes. Puis quelques jeunes montent sur un échafaudage pour brûler un drapeau israélien (deux autres le seront peu avant les échauffourées), avant d’en brandir un du Djihad islamique.

L’arrivée d’un cortège du NPA, peu avant 15 heures, permet de canaliser la foule. Il a été retardé par les multiples barrages tout autour du quartier, et sera rejoint ensuite par des militants d’Ensemble (anticapitalistes du Front De Gauche). Après discussion avec les policiers, ils organisent une marche sur le boulevard Barbès, malgré quelques mécontentements des premiers arrivés, plus ardents que la moyenne d’un rassemblement qui grossit considérablement.

Dans le cortège, qui s’étend sur près de cinq cent mètres, on retrouve, comme dimanche dernier, l’Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP), on aperçoit le chercheur Julien Salingue (spécialiste du Proche-Orient) en pleines négociations avec les CRS, Sandra Demarcq, dirigeante du NPA, Youssef Boussoumah, du Parti des Indigènes de la République, ou Clémentine Autain, du Front De Gauche.

On aperçoit aussi plusieurs drapeaux français, agités ou portés sur les épaules, au côté d’un drapeau palestinien ou d’un keffieh. « C’est nécessaire qu’on le montre nous aussi, ce drapeau », explique une étudiante, avant de lancer dans la foulée un slogan immédiatement repris par un bout de foule, « on est français, on a le droit de manifester ». On croise aussi de jeunes couples avec enfant, de jeunes militants anarchistes, ou des retraités.

La foule est bigarrée et se répartit assez équitablement entre blancs, arabes et noirs, les voiles et les foulards de différentes tailles cohabitent avec entrain avec les masques d’Anonymous et les distributions d’auto collants des militants de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) appelant au boycott économique d’Israël. Les discussions sont multiples entre ceux qui ne veulent pas être récupérés par des partis, et d’autres qui regrettent qu’ils ne soient pas plus présents, pour grossir et « respectabiliser » la mobilisation.

A Barbès, il n’y avait aucun drapeau communiste ou écologiste, en tout cas pas visible.

Un militant du NPA reconnaît que « la situation est free style, mais comme les CRS ne veulent pas nous laisser passer, on ne peut que rester ici, on ne va pas aller dans les petites rues ». Pour lui, « il est impensable de laisser la rue. C’est comme pour les bonnets rouges, ce sont avant tout des classes populaires qui se mobilisent ».

Lacrymogènes avant dispersion

Vers 15 heures15, l’arrivée d’un cortège d’environ deux cents hommes en t-shirts noirs, et pour certains d’entre eux gantés et casqués, a un temps inquiété les manifestants déjà présents.

En mode « club de supporters », ils tapent dans leur main sur l’air de chant de football, « la LDJ est une salope », en référence à la Ligue de Défense Juive. Puis entonnent une puissante Marseillaise. Avant de faire passer dans la foule des répliques de linceuls victimaires, comme on en voit beaucoup ces temps-ci à Gaza.

Incrédules, certains se demandant s’il s’agissait de « dieudonnistes » (référence à Dieudonné figure du néo-antisémitisme) ou de « soraliens » (référence à Alain Soral, militant d’extrême-droite qui avait publié sur son site « les chambres à gaz pour les nuls »). Les manifestants plus « traditionnels » prennent davantage de distance, se regroupent à une station de métro et, à quelques centaines mètres de là, à Château Rouge, à côté du quartier populaire de la Goutte d’Or.

Ce sont les mêmes qui, une demi-heure plus tard seront à l’origine des débordements.

Beaucoup sont aussi remontés par l’interdiction de manifester, vécue comme une humiliation, et qu’ils raccrochent à un changement de politique internationale opéré par François Hollande, un alignement sur les positions de l’état hébreu. « Israël assassin, Hollande complice » aura été de loin le slogan le plus entonné, avant que n’éclatent les premières bombes lacrymogènes. Bloqués par un nouveau cordon de policiers, plusieurs militants de la cause palestinienne, ainsi que le service d’ordre du NPA, discutent avec les CRS pour essayer de négocier une sortie de cette souricière policière que n’aurait pas reniée le Jules Moch (en 1948, le ministre social-démocrate a mobilisé quelque soixante mille CRS contre les mineurs en grève dans le Nord) de la grande époque. Mais aux alentours de 16 heures, en quelques minutes, la situation a dégénéré.

La tension monte rapidement devant le barrage de CRS. Ceux-ci subissent immobiles les premiers jets de pétards, dans l’impossibilité légale de transformer un rassemblement statique en manifestation, puisque interdite. Alors en milieu de cortège, l’auteur de ses lignes n’a pas assisté à la scène, ainsi que le rapporte Willy Le Devin pour le quotidien Libération, « vers 15 heures 40, c’est le début du troisième temps. Soudain, des groupes extrêmement équipés et organisés ont commencé à fendre la foule pour monter au contact des CRS. Ils avançaient en ligne, le visage couvert. A l’évidence, ils n’avaient rien de militants venus défendre la cause palestinienne. Certains arboraient des tee-shirts du virage Auteuil, une tribune du Parc des Princes. Un étrange service d’ordre s’est alors déployé pour empêcher que ces groupes n’en viennent aux mains avec les policiers. Au départ, il fut efficace. Mais quelques jeunes, montés sur un conteneur, commencèrent à jeter de gros pétards sur les forces de l’ordre, un, puis deux, puis trois. Les CRS ont répliqué par de premières capsules de gaz peu avant 16 heures. Dès lors, c’en était fini de toute manifestation et le dix-huitième arrondissement s’est transformé en vaste champ de bataille ».

Les premières grenades lacrymogènes sont lancées, et le gaz se propage à l’ensemble du rassemblement, méthode classique de post-manifestation dispersée sur grande place. A la légère différence que la manifestation n’était pas dispersée (elle était même assise en sit-in).

Quant aux voies d’évacuation, alors que le métro était fermé, elles prenaient la forme de petites rues commerçantes, souvent barrées par d’autres filtrages policiers. Les ruelles de la Goutte d’Or auront même été le cadre d’affrontements.

La très grande majorité des manifestants aura continué sa route, certains marchant pacifiquement à quelques centaines vers Châtelet (au centre de Paris). D’autres rejoignant le parvis de la Gare du Nord, où un gros millier de personnes n’ayant pu accéder à la manifestation s’est rassemblé, d’autres se repliant près du pont des voies ferrées, dans la Goutte d’Or, d’autres enfin errant par poignées dans Montmartre, seule échappatoire possible vers le nord-ouest de la capitale.

Manifestation nationale samedi prochain

Comme pour rappeler un bien plus ténébreux et sinistre décompte à l’origine de la mobilisation parisienne, la soirée aura été rythmée sur les chaînes d’information par l’évolution du bilan de la manifestation interdite. A 21 heures, il était de trente-huit interpellations, et de quatorze policiers blessés. Plusieurs affrontements, « jets de pierre contre lacrymogènes », se sont éternisés jusqu’en fin de journée, autour du carrefour de Barbès. Quelques poubelles et deux voitures ont été vues brûler sur les boulevards.

Dans un communiqué, les organisateurs de la manifestation parisienne dénombrent aussi « au moins vingt manifestants blessés et souffrant de troubles respiratoires, notamment des femmes et des enfants ». Et accusent la stratégie de maintien de l’ordre de la police.

« A la Gare du Nord, le rassemblement s’est déroulé de façon plus calme. Sans surprise, la police a réservé un traitement plus violent aux habitants du quartier populaire de Barbès, alors que la présence de nombreux touristes à la Gare du Nord semble avoir favorisé une relative retenue, cela rappelle les plus sombres heures de l’ère coloniale ».

Avant de conclure que « c’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité ».

Dans le reste de la France, hormis Sarcelles, toutes les manifestations ont été autorisées. Ils ont été plus de quatre mille à Lyon et Marseille, plus de mille cinq cent à Saint-Etienne, Lille, Montpellier, Nantes ou Strasbourg, en tout, une quinzaine de villes de province, sans aucun heurt.

Dans un communiqué les organisateurs interpellent l’Elysée, « le président Hollande a déclaré aujourd’hui que ceux qui veulent à tout prix manifester en assumeront la responsabilité. En nous mobilisant massivement, nous lui avons répondu que ceux qui veulent à tout prix user d’un droit démocratique fondamental ne céderont pas à ses menaces ».

Ils appellent d’ores et déjà à « une manifestation nationale Samedi 26 Juillet 2014 à 15 heures place de la République à Paris ». De son côté le NPA appelle « l’ensemble des forces de gauche et démocratiques, syndicales, associatives et politiques, à exprimer leur refus de la répression et leur solidarité active avec la lutte du peuple palestinien ».

Pendant ce temps-là, entre Grenoble et Risoul, Manuel Valls était un peu en vacances au Tour de France. Il a pu parler à un cycliste et à Gérard Holtz (commentateur caricatural sur France 2 du cyclisme à l’eau claire), pour dire qu’avec le tour, il « retrouve de la confiance et de l’optimisme » et vante « la beauté de ces paysages », qui lui « donne envie de continuer ».

Puis, il s’est fait davantage martial, les orteils droits dans ses tongs, « l’ordre et la règle doivent s’imposer dans notre pays. Nous ne laisserons en aucun cas dire des slogans antisémites, des slogans contre les juifs de France, car ce n’est pas cela la France. Je veux dire à nos compatriotes que nous serons, le président de la république et moi-même, extrêmement déterminés à faire respecter l’ordre républicain ».

Pied de nez à l’inconséquence primo-ministérielle ayant bien choisi son jour pour venir sur le tour, son homonyme dans le peloton, l’espagnol Rafael Valls, a choisi d’abandonner la course. Cela pourrait faire sourire à Risoul, si, en voyant, la réussite de la manifestation pacifique à Londres, ce n’était pas à pleurer à Paris.

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 17:10

http://www.lecourrierdelatlas.com/753520072014Des-extremistes-juifs-viennent-troubler-une-manifestation-pro-palestinienne-a-Tel-Aviv.html

Des extrémistes juifs viennent troubler une manifestation pro palestinienne à Tel Aviv

Par Nadir Dendoune

Il est loin le temps où les manifestations pro-palestiniennes en Israël réunissaient plusieurs milliers de personnes. A Tel Aviv, Place Habima, Samedi 19 Juillet 2014 aux alentours de 20 heures, où l’extrême gauche fait pourtant ses meilleurs scores dans le pays, il y avait au grand maximum trois cent personnes.

Redoutant des clashs avec les extrémistes juifs, l’armée et la police s’étaient déplacées en masse.

« Ce que vous voyez ce soir, c’est ce qu’est devenu le camp de la paix », se désole Tali, pas tout à fait la soixantaine, de « gauche, mais pas d’extrême gauche », précise-t-elle, comme le sont la plupart des manifestants de ce soir.

« Nous sommes déçus, mais pas surpris, nous avons de plus en plus de mal à mobiliser », avoue Rachel, la trentaine, membre du parti communiste israélien. « Soyons honnête, ce pays est à droite depuis longtemps et la très grande majorité des israéliens approuvent la guerre à Gaza », dit-elle, d’un air dépitée.

Comme Rachel, beaucoup affichaient ce soir leur désarroi. « A trois cent personnes c’est un peu dur de se faire entendre. Vous devez dire au monde qui nous regarde que certains israéliens sont contre ce qu’il se passe en ce moment à Gaza. Même si nous finissons à cinquante, nous continuerons à être là », conclut Rachel. Des pancartes, « free Gaza », « fin de l’occupation », « les enfants de Gaza et les enfants de Sderot ont le droit de vivre » sont brandies avec fierté. « Tout n’est pas perdu », tente de se convaincre Dana, soixante-dix ans au compteur, et qui en fait dix de moins. « Il y a beaucoup de jeunes ce soir. J’ai connu les rassemblements des années 1980 où nous étions des centaines de milliers. Dommage que la paix avec les palestiniens ne s’est pas faite à ce moment-là. Aujourd’hui, avec le gouvernement d’extrême droite que nous avons, elle ne se fera jamais ».

Tsahal est l’armée « la plus morale du monde »

De l’autre côté de la barrière, derrière le cordon de sécurité installé par les forces de l’ordre, d’autres israéliens commencent à arriver. Ariel est avocat. Il a quarante ans. Il est originaire de Rehovot, une ville entre Jérusalem et Tel Aviv. Il dit qu’il « passait par là par hasard ». D’une voix calme et posée, Ariel tient à préciser d’emblée qu’il est « lui aussi de gauche. Ces gens-là (il désigne du doigt les pacifistes) sont la honte d’Israël. Ils vivent sur une autre planète. Ils ne comprennent pas que notre armée se bat pour notre existence. Mon frère et plusieurs de mes amis sont au front en ce moment. Nous n’avons pas d’autre pays que celui-ci ». Le quarantenaire qui porte des lunettes rondes d’intellectuel insiste pour rappeler que Tsahal est l’armée « la plus morale au monde » et qu’elle prend « toujours le temps de prévenir les gazaouis avant d’attaquer en leur envoyant des petits papiers ».

Que pense-t-il de toutes les victimes palestiniennes ? « Le Hamas se sert de la population comme bouclier humain. Ils n’ont pas la même mentalité que vous et moi. Ils sont différents des occidentaux. Eux prennent du plaisir à mourir ».

« Comment peuvent-ils être contre notre armée », enchaine Maor, une brunette de trente ans, qui vient d’entendre notre discussion.

« Nous avons eu deux soldats qui sont morts aujourd’hui. Le Hamas veut juste nous détruire ».

« Le prophète Mahomet est un porc »

Il est 21 heures. Les militants de la paix continuent à manifester dans le calme. En face, des petits groupes de soutien à Tsahal ont débarqué. Certains sont revêtus de drapeaux israéliens.

Une vieille dame, hystérique, se rue sur la barrière, « si vous n’aimez pas Israël, partez vivre à l’étranger. Je vous déteste tous ». A sa droite, devant des policiers, plusieurs jeunes scandent des « Palestine, on t’encule » ou « il faut tuer tous les arabes », ou « le prophète Mahomet est un porc ».

Un jeune israélien s’approche. Il parle le français. « Les gens sont un peu sur les nerfs. Ils parlent avec leurs tripes. Ce n’est pas vraiment le fond de leur pensée ».

La tension est à son comble alors que de plus en plus de contre-manifestants arrivent sur la Place Habima. Ils franchissent le cordon de sécurité et se retrouvent face à face avec les militants de la paix. Les insultes fusent. Les policiers et l’armée tentent de s’interposer en repoussant les extrémistes de droite. La scène se reproduit à plusieurs reprises et les forces de l’ordre demandent aux pacifistes de rentrer chez eux. « Je trouve la police très gentille avec ces fous », raille Michaël, un militant d’extrême gauche. « Ils le sont moins avec nous. Ils ont arrêté quelques-uns des extrémistes de droite mais ils les relâchent très vite après. Si l’armée les arrête, c’est pour vous les journalistes, c’est pour que vous disiez que la police fait son travail. En vérité, les forces de l’ordre soutiennent leur initiative. Tout le monde est du côté de l’armée israélienne dans ce pays ».

Il est 22 heures 30, les pacifistes ont été forcés de quitter la Place Habima. A leur place, plusieurs groupes de jeunes juifs extrémistes ont investi les lieux. Ils chantent l’hymne national et rendent hommage à leur armée. En toute impunité, ils scandent des propos anti-arabes.

Aujourd'hui, Dimanche 20 Juillet 2014, Tsahal a annoncé qu'elle allait intensifier son offensive terrestre sur la bande de Gaza. Les pertes s'élèvent désormais à plus de trois cent quatre-vingt morts du côté palestinien et à sept morts côté israélien.

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