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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 16:28

http://www.acatfrance.fr/actualite/lutte-contre_limpunite_-_la_france_protege-t-elle_les_criminels_de_guerre_-

http://www.la-croix.com/Archives/2014-08-11/libre-opinion-Francois-Picart-president-de-l-Acat-Lutte-contre-l-impunite-la-France-protege-t-elle-les-criminels-de-guerre-2014-08-11-1190899

http://www.plateforme-palestine.org/Lutte-contre-l-impunite-la-France,4110

Lutte contre l’impunité

La France protège-t-elle les criminels de guerre ?

Par François Picart, président de l’ACAT

Lundi 11 Août 2014

La France, pourtant en première ligne dans la lutte contre l’impunité sur la scène internationale, traîne des pieds au niveau national, refusant un recours en justice aux victimes de crimes contre l’humanité ou crimes de guerre

Le 17 juillet 1998, lors de la création de la Cour Pénale Internationale, avec cent vingt pays, la France rappelait le « devoir de chaque état de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux ». Conscients que ce nouveau tribunal ne pourrait pas juger tous les responsables des crimes de masse, les tribunaux nationaux devaient être complémentaires de cette cour internationale pour pouvoir les juger même s’ils étaient commis à l’étranger, même si l’auteur ou la victime étaient étrangers. Il s’agit du mécanisme de compétence universelle ou extra territoriale. L’affaire du dictateur chilien, Augusto Pinochet, en a été une illustration emblématique, en 1998, lorsqu’il a été arrêté à Londres à la demande d’un juge espagnol.

Pourtant, seize ans plus tard, un nouveau Pinochet ne pourrait pas être traduit devant les tribunaux français. En effet, en 2010, des verrous ont été inscrits dans la loi dans l’unique but d’empêcher toute poursuite judiciaire de criminels de guerre. Les sombres amitiés de la France l’aurait donc rendue réticente à juger les crimes les plus graves de l’humanité ?

Un engagement présidentiel resté lettre morte

En 2012, le candidat François Hollande écrivait à l’ACAT, « le texte de loi voté par la France en 2010 ne permet pas aux victimes des crimes internationaux les plus graves d’obtenir justice dans notre pays. Je n’accepte pas le mécanisme juridique existant qui défend et protège des bourreaux en France. Je veux, bien entendu, revenir sur ces restrictions. Je n’accepterai pas que la France soit terre d’impunité pour des criminels de guerre ou des auteurs de génocide ».

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme lui ont demandé ces deux dernières années de mettre en œuvre cet engagement, silence radio du côté de l’Élysée.

Du côté du sénat, en février 2013, une loi, initiée par le sénateur Jean-Pierre Sueur, a pourtant permis de lever tous les verrous existants, sauf un, le monopole du parquet. Pierre angulaire du système, le procureur, entièrement soumis au pouvoir politique, reste le seul titulaire du droit de déclencher des poursuites judiciaires.

L’omnipotence du procureur au détriment des victimes

Des victimes de délits ou de crimes ordinaires peuvent porter plainte en se constituant partie civile directement devant le juge d’instruction et ainsi enclencher une enquête judiciaire. A contrario, les victimes de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre se voient privées de ce droit et doivent faire face à l’éventuelle inertie ou au refus du procureur. Un dispositif qui arrange bien le pouvoir politique qui peut ainsi contrôler les affaires qu’ils jugent sensibles.

Dans plusieurs affaires de crimes internationaux, le parquet est intervenu sur instruction du ministère de la justice pour entraver la procédure pénale et refermer des dossiers qui embarrassaient les relations diplomatiques de la France. Il s’est caché derrière des immunités diplomatiques non fondées pour permettre à de hauts responsables d’échapper à la justice et s’enfuir du territoire français. Le parquet a requis des non lieux durant des instructions ou demandé l’acquittement.

Il a même fait appel de la condamnation d’un tortionnaire tunisien « à la demande de la chancellerie », comme l’avait précisé à l’époque la secrétaire générale du parquet, dans une affaire jugée en 2010. Quand la politique prime sur l’intérêt de la justice et des victimes.

Modifier la loi sur la compétence universelle, un impératif pour les victimes de crimes internationaux

On ne peut que se réjouir de la création récente d’un pôle spécialisé de magistrats et de procureurs qui enquête et poursuit une trentaine d’affaires liées à des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, ainsi que de la création d’une unité spécialisée de gendarmes et de policiers. Ces moyens doivent cependant avoir pour corollaire un dispositif juridique adapté qui devrait garantir un recours effectif pour les victimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre

Et c’est bien là que le bât blesse, le texte adopté par le sénat il y a dix-huit mois attend toujours d’être examiné par l’assemblée nationale. L’impunité prime en attendant. Les députés ont la possibilité de supprimer définitivement tous les verrous, en particulier celui du monopole du parquet. Il est donc urgent de l’inscrire à l’ordre du jour, afin de mettre fin à cette atteinte grave au droit des victimes à un recours effectif. Une quête de justice que les victimes de crimes internationaux attendent toujours.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 20:09

http://www.ernestmandel.org/fr/ecrits/txt/1990/trotsky.htm

L’assassinat de Trotsky

Par Ernest Mandel (sous le pseudonyme de Louis Couturier)

Mercredi 19 Septembre 1990

Il prétendait être belge et s'appeler Jacques Mornard. Il était catalan et s'appelait Ramon Mercader, Staline guidait son bras.

Jeudi 22 Août 1940, un piolet d'alpiniste fracassait le crâne de Léon Trotsky, réfugié au Mexique depuis 1937. Le meurtrier déclara aux policiers qu'il s'appelait Jacques Mornard et était citoyen belge. Acteur de l'assassinat, il n'en était pas le seul organisateur. Grâce à sa liaison avec la jeune trotskyste Sylvia Ageloff, le futur assassin de Trotsky était parvenu à gagner la confiance de ceux qui veillaient sur la sécurité du célèbre exilé. Sous le nom de Franck Jacson, il fut reçu plusieurs fois dans la maison fortifiée de Coyoacan, un faubourg de Mexico.

Quelques mois avant l'assassinat, une première tentative avait échoué.

Vendredi 24 Mai 1940, à 4 heures du matin, un commando d'une vingtaine d'hommes était parvenu à pénétrer dans la demeure, pendant plusieurs minutes, ils arrosèrent la chambre de Trotsky à la mitraillette et lancèrent deux grenades incendiaires ainsi qu'une bombe à retardement. Miraculeusement, il n'y eut ni mort ni blessé. Trotsky et sa femme s'étaient jetés sous le lit, leur petit-fils Siéva avait fait de même.

Qui était Jacson ? La presse stalinienne se déchaîna et répandit la thèse de l'auto-attentat monté pour faire parler de lui et calomnier le Parti Communiste Mexicain et Staline. Un mois après les événements, trente personnes étaient sous les verrous, la plupart membres du Parti Communiste Mexicain et anciens d'Espagne. Le responsable était en fuite, il s'agissait du célèbre peintre David Alfaro Siqueiros, ancien colonel en Espagne, dont Trotsky pensait qu'il servait le GPU depuis 1928. Ultérieurement, l'enquête prouvera que Siqueiros et Franck Jacson se connaissaient depuis l'Espagne.

L'identité de Franck Jacson

Qui était donc ce Franck Jacson ? Il faudra près de dix ans pour percer sa véritable identité. Dans sa poche, on devait retrouver une lettre expliquant les mobiles de son acte, trotskyste déçu, il aurait été écoeuré par l'homme et par sa proposition de l'expédier en URSS pour faire des sabotages, démoraliser l'Armée Rouge et essayer de tuer Staline. Pour accomplir tout cela, il bénéficierait de l'appui d'une grande nation (il s'agissait des Etats-Unis, car Trotsky ne pouvait plus être un agent hitlérien en raison du pacte germano-soviétique).

Toutes ces accusations furent reprises par les divers partis communistes pendant près de quarante ans. En 1969, le dirigeant du PCF Léo Figuères y avait encore recours, dans son livre dont le titre était « le trotskysme, cet anti léninisme ». Lorsque les photos du meurtrier parurent dans la presse, plusieurs anciens d'Espagne (beaucoup s'étaient réfugiés au Mexique) crurent reconnaître le militant communiste Ramon Mercader. Il faudra pourtant attendre 1950 pour en avoir l'absolue certitude, profitant d'un congrès en Europe, un criminologiste du gouvernement mexicain alla enquêter en Espagne. Il comparera les empreintes digitales de Jacson avec celles du jeune communiste catalan Ramon Mercader arrêté en juin 1935, elles étaient les mêmes.

En 1953, l'année de la mort de Staline, sur toutes les pièces officielles, le nom de Mercader remplaça celui de Jacson Mornard. La mère de l'assassin, Caridad Mercader, était une militante en vue du Parti Socialiste Unifié de Catalogne, rattaché au Komintern. Elle fut recrutée pour le GPU par Gerö, le futur dirigeant stalinien hongrois qui officiait alors en Espagne. Par son intermédiaire, elle devint la maîtresse de Léonid Eitingon, général du GPU, spécialiste dans la liquidation des diplomates soviétiques suspects et des militants douteux. Ramon Mercader purgea, au Mexique, une peine de vingt ans de prison, le maximum qu'autorisait la loi. A sa sortie, en 1960, il se rendit en Tchécoslovaquie via Cuba, puis à Moscou où il avait été fait « héros de l'union soviétique » et titulaire de « l'ordre de Lénine ». Il a été enterré à Moscou, en 1978, sans avoir jamais parlé.

L'ordre de Staline

La paternité de Staline dans le crime est maintenant reconnue par tous, y compris par les soviétiques et par le PCF. En 1978, Valentin Campa, ancien dirigeant du Parti Communiste Mexicain, publiait ses mémoires. Il avait été remis à la base en 1940, car il ne montrait pas assez d'enthousiasme dans la participation de son parti à la préparation de l'assassinat. L'Humanité des 26 et 27 juillet 1978 en fit paraître quelques extraits où Campa confirme que c'est bien Staline qui a donné l'ordre de tuer Trotsky. Mais il ne révèle rien qui ne soit déjà connu, en particulier, il ne dit pas qui a été le principal organisateur. Comble d'ironie, c'est le vieux stalinien Georges Fournial qui est chargé de présenter le document. Or, dès février 1938, « le jeune instituteur Georges Fournial » était dénoncé par la presse trotskyste en tant qu'agent du GPU, il venait d'obtenir un congé de six mois pour aller représenter au Mexique l'internationale des travailleurs de l'enseignement.

Malgré tout, grâce à Valentin Campa, les vieux militants ont pu apprendre, avec trente-huit ans de retard, que leurs dirigeants aimés étaient non seulement des menteurs mais aussi des assassins.

D'un tout autre intérêt sera le livre sur Trotsky que s'apprête à faire sortir, à Moscou, le général Volkogonov, directeur de l'Institut d'histoire militaire de l'URSS et récent biographe de Staline.

Interviewé par le correspondant de la Stampa (numéro du 26 juillet 1990), il affirme avoir eu accès à de nombreuses archives dont celles de Trotsky, de Staline et du NKVD. Il déclare posséder la plus riche collection de documents concernant Trotsky, quarante mille pièces, des milliers de photos, des dizaines de témoignages. Il en publiera certains, notamment l'ordre de tuer Trotsky, daté de septembre 1931 et signé par Staline, Vorochilov, Molotov et Ordjonikidze. Il sera renouvelé en 1934.

Volkogonov révélera enfin le nom de l'organisateur de l'assassinat, sous les ordres de qui il travaillait, Eitingon (le général du GPU dont Caridad Mercader était la maîtresse). Cet homme est âgé de quatre-vingt cinq ans et a fait quinze ans de prison à l'initiative de Krouchtchev. Volkonogov est parvenu à le faire parler. La première décision de tuer Trotsky a été prise au mois de septembre 1931, mais elle avait un caractère général, alors qu'en 1934 fut créé un groupe spécial pour faire la chasse à Trotsky. Le groupe spécial s'occupait de la liquidation des adversaires politiques à l'étranger, et pas seulement de Trotsky. La pieuvre du NKVD avait ses tentacules partout. C’était un service secret dans le service secret, créé pour lutter contre les exilés qui, à leur tour, luttaient contre le régime de Staline. Ces personnes étaient dangereuses pour Staline, parce qu'elles savaient beaucoup de choses.

« Une tragi-comédie »

Fidèle à la pensée gorbatchévienne, Volkogonov, qui ne cache pas son admiration pour plusieurs aspects de la personnalité de Trotsky (et notamment son anti-stalinisme dès les années vingt), porte contre lui un grief essentiel. « Il fut prisonnier d'une grande idée fausse, l'idée de la révolution mondiale. Même une semaine avant sa mort, il écrivit qu'il croyait à la victoire de la révolution mondiale ». Oui, camarade général, il avait cette faiblesse coupable qu'il partageait d'ailleurs avec Lénine, objet de votre prochain livre. Par contre, dès 1935, Staline déclarait à Roy Howard que l'idée que l'URSS pouvait encourager la révolution socialiste mondiale relevait de la « tragi-comédie ». Peut-être comprendrez-vous un jour que, si vous pouvez maintenant vous féliciter d'écrire librement, si les émules de Staline ont été balayés presque partout en Europe, c'est que la « grande idée fausse » tragi-comique n'a pas fini de faire parler d'elle.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 19:29

http://www.zamanfrance.fr/article/refugies-syriens-lhospitalite-a-lhostilite-11512.html

Réfugiés syriens

De l’hospitalité à l’hostilité

Par Gunal Kursun

g.kursun@todayszaman.com

Alors que la guerre sévit depuis trois ans en Syrie, le nombre de réfugiés syriens en Turquie a passé la barre du million cette année. Le chroniqueur Günal Kursun revient sur la politique du gouvernement turc vis-à-vis de ces réfugiés et pointe du doigt une aide sociale insuffisante venant des autorités.

Mardi 19 Août 2014, plusieurs résidents de la province de Gaziantep au sud-est de la Turquie ont commencé à attaquer des réfugiés syriens accusés d'avoir assassiné le propriétaire d'un appartement où résidaient des syriens. Des policiers en nombre ont été envoyés pour faire cesser les troubles. Les protestataires ont arrêté et ont pris d'assaut dans la rue les voitures portant des plaques d'immatriculation syriennes. La semaine dernière à Adana, une autre province du sud de la Turquie située près de la frontière avec la Syrie, plusieurs commerces dont les propriétaires sont des réfugiés syriens ont été attaqués par des résidents locaux. J'ai regardé plusieurs interviews de ces derniers à la télévision. Un commerçant turc se plaignait de ces concurrents syriens, « pas d'impôts, pas de permis de la part du gouvernement, pas de surveillance, de contrôle ou de vérification. Que vais-je faire ? Moi, je dois avoir tout ça, alors qu'eux, non ». Il y a environ un mois à Kahramanmaras, autre province turque du sud-est qui abrite de nombreux syriens, des résidents en colère sont descendus dans la rue en criant, « nous ne voulons pas des syriens », « syriens, rentrez chez vous ». La nuit du Mardi 15 Juillet 2014, des locaux qui protestaient ont fini par attaquer des voitures et des maisons appartenant à des syriens et à blesser certains syriens eux-mêmes.

Un million de réfugiés syriens hors des camps

Selon la direction de la gestion des catastrophes et des urgences du bureau du premier ministre (AFAD), le nombre de syriens habitant dans des camps de réfugiés turcs a dépassé le million. La coordination des groupes de défense des droits de l'homme et des droits des réfugiés (MHK), une plateforme dont font partie les plus grandes ONG spécialisées dans les droits de l'homme en Turquie, estime le nombre de réfugiés syriens vivant en dehors des camps à environ un million également. Selon des estimations, à Istanbul seulement, se trouvent environ deux cent mille réfugiés vivant dans de très mauvaises conditions. Le gouvernement turc a d'abord été félicité pour sa politique de portes ouvertes envers les réfugiés syriens et pour son travail humanitaire dans les camps.

Cependant, il y a eu un soutien social très limité envers les réfugiés au cours de la dernière année. Toutes les politiques formulées par Ahmet Davutoglu, actuellement ministre des affaires étrangères et peut-être prochain premier ministre, étaient fondées sur l'hypothèse de leur retour en Syrie d'ici 2014. Il est maintenant clair que la plupart des réfugiés ne rentreront pas, même quand la guerre en Syrie aura pris fin.

De plus, il n'y a pas encore de signe d'une paix possible avec la Syrie. La Turquie n'est pas parvenue à soutenir les réfugiés syriens sur le plan social dans les domaines comme le logement, l'éducation, la santé et l'emploi.

Le travail des ONG

A Adana, une ONG humanitaire locale, Adyar, fait de son mieux pour aider les réfugiés. La branche de Kimse Yok Mu à Adana, autre organisation humanitaire au niveau national, a également réalisé un travail remarquable. De fait, ces deux organisations ont fait plus à Adana que le gouvernement lui-même. Adyar a mis en place des cours pour les élèves de primaire et de lycée et a obtenu de la part des autorités locales l'ouverture de quatre écoles publiques. Les week-ends, les membres de cette ONG enseignent au sein de ces écoles et suivent un programme syrien. Ces efforts sont évidemment louables, mais les ONG ne peuvent pas s'occuper de ce grave problème seules. C'est le gouvernement qui est responsable, même s'il ne veut pas s'y confronter. Erdogan accuse le gouvernement allemand de négligence à cause de la situation dans laquelle vit la communauté turque en Allemagne. Selon Erdogan, l'Allemagne a attendu trop longtemps pour énoncer des politiques sociales adéquates pour intégrer les turcs dans la société allemande, et ce alors même que son gouvernement ne propose pas le soutien social adéquat pour les syriens qui vivent en Turquie. Je me demande réellement ce que le ministère de la famille et des politiques sociales a fait ces deux dernières années pour s'occuper de cette question. Je crains que la position des réfugiés ne devienne bien plus difficile si cette atmosphère de haine s'envenime et s'amplifie. Comme le disait le grand écrivain suisse Max Frisch sur les ouvriers turcs en Allemagne, « nous voulions des travailleurs, mais nous avons eu des êtres humains ». Il est important de se rappeler qu'aucun de ces peuples ne souhaitait quitter ses possessions, sa vie en fait, pour vivre une vie de réfugiés dans un autre pays. Il est important de ne pas oublier qu'ils sont humains, comme nous.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 18:58

http://www.afrique-asie.fr/menu/afrique/8086-cape-town-manifestation-de-soutien-a-la-palestine.html

Manifestation de soutien à la Palestine

Par Christine Abdelkrim Delanne

C’est probablement, selon les participants et la presse sud-africaine, la plus importante manifestation qu’ait connue la ville du Cap, plus de cent mille personnes (deux cent mille pour certains organisateurs) ont défilé Samedi 9 Août 2014 en solidarité avec le peuple palestinien et appelé l’état d’Israël à mettre fin à son offensive militaire dans la bande de Gaza.

Dimanche 3 Août 2014, dix mille personnes avaient manifesté en soutien aux attaques israéliennes.

La manifestation était organisée par la coalition nationale pour la Palestine qui regroupe plus de trente organisations religieuses et civiles, des syndicats et des partis politiques dont le Muslim Judicial Council, la COSATU et l’alliance des jeunes de l’ANC.

Pendant toute la semaine, la coalition avait exigé « une action décisive du gouvernement sud-africain contre les attaques israéliennes, les massacres, les déplacements et la destruction de la bande de Gaza ». Elle demandait, également, une enquête internationale sur le comportement des forces armées dans le territoire palestinien.

Alors que selon les derniers rapports, près de deux mille palestiniens, selon l’ONU, mille trois cent cinquante civils dont de nombreux enfants et femmes, ont été tués par l’armée israélienne, depuis le début des opérations militaires, il y a un mois, de nombreux manifestants du Cap, dont des groupes de femmes, vêtues en rouge, vert, noir et blanc, les couleurs du drapeau palestinien, exigeaient, également, que « le gouvernement sud-africain arrête les ventes d’armes à Israël ». En effet, en début de semaine, le ministre de la présidence Jeff Radebe évitait de répondre aux questions sur la position exacte du gouvernement à l’égard des demandes de boycottage des importations en provenance d’Israël, du refus de rappeler l’ambassadeur sud-africain en Israël et de renvoyer celui d’Israël en Afrique du Sud. Il rappelait à des journalistes que le président Jacob Zuma avait envoyé deux émissaires spéciaux en Palestine. « Nous voulons la paix au Moyen-Orient », a-t-il déclaré, « nous nous engageons à faciliter la résolution du conflit. Telle est la position du gouvernement sud-africain ». Jacob Zuma avait appelé Israël, Dimanche 20 Juillet 2014, à se retirer de la bande de Gaza, tout en renvoyant les deux parties dos à dos.

En Afrique du Sud, la campagne Boycott Divestment and Sanction a été lancée il y a plusieurs mois par Rosnie Kasril, l’un des historiques de l’ANC et du South African Communist Party qui a quitté ces organisations pour désaccord politique profond. Elle prend une nouvelle dimension aujourd’hui et rappelle aux dirigeants sud-africains l’impact décisif qu’a eu la campagne internationale de sanctions pour faire tomber le régime d’apartheid. « Zuma a la mémoire courte » est devenu l’un des slogans. La chaine Woolworth est particulièrement dans la ligne de mire, après avoir confirmé qu’elle refusait de cesser ses achats de produits israéliens.

D’autres chaines commerciales, comme la populaire Pick-n-Pay sont également visées, même si elles affirment n’importer qu’une infime partie de leurs produits. Mais il est clair qu’en Afrique du Sud comme dans le monde, cette campagne de boycottage et de désinvestissement et pour des sanctions à l’encontre d’Israël sera beaucoup plus difficile à prendre de la force, Israël n’est pas l’Afrique du Sud de l’apartheid, les enjeux sont à la fois plus complexes et plus importants pour les puissances occidentales.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 20:06

http://www.humanite.fr/irak-le-massacre-de-trop-qui-bouleverse-le-monde-549162

Le massacre de trop qui bouleverse le monde

Par Stéphane Aubouard

Lundi, 11 Août, 2014

Selon l’ONU, deux cent mille déplacés ont fui les massacres à la suite de la percée de l’État Islamique (EI) au cœur de l’Irak. Ces populations dépendent à court terme des envois humanitaires de l’occident. Mais une solution politique en interne et avec les pays de la région devra être trouvée pour éviter une guerre opposant kurdes et djihadistes.

De la guerre civile à l’horreur, il n’y a qu’un fil ténu que l’État Islamique semble avoir coupé hier en Irak. D’après Mohamed Chia al Soudani, ministre irakien des droits de l’homme, les extrémistes sunnites auraient tué cinq cent membres de la communauté yezidie, certains parmi eux ayant même été enterrés vivants, dont des femmes et des enfants. Trois cent femmes auraient également été enlevées par les islamistes pour en faire des esclaves.

C’est donc bien une guerre de religion aux accents médiévaux dans laquelle les irakiens se retrouvent plongés.

Dans le sillage finalement d’un certain George W. Bush qui, au début des années 2000, partait en croisade contre Saddam Hussein, « le bien contre le mal » à la bouche.

Pourtant, c’est du ciel qu’arrive depuis quelques heures sinon le salut du moins un espoir précaire pour les deux cent mille chrétiens, kurdes et yezidis (minorité kurdophone d’obédience zoroastrienne) ayant fui les villes et les villages occupés, espoir sur le plan humanitaire tout d’abord. Depuis jeudi, des avions américains ont largué quelque cent cinquante mille colis de nourriture au-dessus des monts entourant la ville de Sinjar, prise la semaine dernière par les islamistes et située entre Mossoul et la frontière syrienne.

C’est dans ces montagnes escarpées que des dizaines de milliers de yezidis se sont réfugiés. Samedi 9 Août 2014, deux Hercules C 130 de l’armée britannique ont parachuté de l’eau et des vivres sur la même zone, mais aussi des tentes, des filtres à eau et des lampes solaires. La France a également évoqué des livraisons « dans les prochaines heures ». Hier matin, depuis Bagdad, Laurent Fabius a même assuré qu’il superviserait prochainement « la livraison d’une aide humanitaire française » depuis Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Autant d’actions d’urgence nécessaires dans une région où la température monte en cette saison à quarante-cinq degrés en journée et où nourriture et eau sont des denrées rares.

Des alliances inattendues

Autre éclaircie, toute relative, venue du ciel, l’appui militaire aérien offert par Washington.

Les États-Unis, qui se sont retirés d’Irak depuis trois ans après avoir laissé le pays dans un état de fragilité politique très dangereux, ont effectué depuis vendredi quatre frappes aériennes pour défendre cette même zone de Sinjar. Une bonne nouvelle pour les peshmergas, les combattants kurdes irakiens, qui depuis la cuisante défaite de l’armée irakienne en juin dernier et la perte de Mossoul, deuxième ville du pays, se retrouvent quasiment seuls sur la ligne de front pour lutter contre les islamistes, seuls, pas tout à fait.

Car depuis la prise de Sinjar, la guerre civile provoque des alliances inattendues. Les combattants kurdes du PKK turc (parti des travailleurs du Kurdistan) et du PYD syrien (parti de l’union démocratique) ont décidé de rejoindre les peshmergas irakiens pour leur prêter main-forte. « Nous devons joindre nos forces contre l’Etat Islamique. Formons un commandement uni » a appelé de ses vœux Murat Karayilan, chef militaire du PKK turc, seul mouvement politique kurde défendant la création d’un grand Kurdistan tandis que les autres partis ont opté pour un objectif d’autonomie dans le cadre des états existants.

L’ennemi commun que représente l’Etat Islamique rapproche donc, au moins pour un temps, l’ensemble de ces composantes kurdes et permet une nouvelle stratégie sur le terrain. « Les kurdes de Syrie et de Turquie sont chargés de combattre les djihadistes dans la région de Rabia et Sinjar, à l’ouest de Mossoul », a ainsi déclaré en milieu de semaine dernière Hallo Penjweny, haut responsable de l’UPK (union patriotique du Kurdistan). « Nous autres peshmergas nous nous occupons de Zoumar et du reste du secteur nord à l’est de Mossoul », a-t-il précisé. Cette alliance a eu pour effet d’accélérer une autre alliance, plus surprenante celle-ci, celle entre Bagdad et les peshmergas.

Aussi un avion de transport du gouvernement irakien a-t-il acheminé vendredi des munitions à Erbil. Une coopération militaire sans précédent entre le pouvoir central de Bagdad et le gouvernement régional du Kurdistan irakien, dont les relations jusqu’à présent tendues étaient dictées par les velléités indépendantistes du président de la région autonome, Massoud Barzani. Le premier ministre Nouri al Maliki, qui a remporté les élections législatives le 30 avril dernier et qui vise un troisième mandat, reste toutefois vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginalisation de la minorité sunnite, qui aujourd’hui peut se reconnaître dans l’Etat Islamique. Ce geste d’ouverture fait sur le plan militaire pourra peut-être faire changer d’avis les occidentaux à son égard. Hier encore, Laurent Fabius à peine débarqué sur le tarmac conseillait vivement aux parlementaires irakiens de nommer au plus vite un premier ministre capable de dépasser les divisions confessionnelles. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a également appelé à « respecter le calendrier constitutionnel et à former un gouvernement élargi acceptable par toutes les composantes de la société irakienne ». Reste que cette nouvelle guerre entre chiites et sunnites ne pourra certainement pas se résoudre sans l’appui des acteurs clés de la région, le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Koweït. Pour ce faire, ceux-ci devront cesser une bonne fois de financer l’État Islamique, ce qu’ils ne cessent de faire depuis le début de la guerre en Syrie, source de toute la déstabilisation régionale.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 19:44

http://www.actukurde.fr/actualites/674/les-survivants-d-un-village-yezidi-racontent-l-horreur-600-personnes-massacrees.html

Les survivants d'un village yézidi racontent l'horreur

Six cent personnes massacrées

Lundi 18 Août 2014

« D'abord, ils nous ont imposé de devenir musulman. Nous avons refusé. Puis, ils ont donné un ultimatum, avant de rassembler tous les villageois dans l'école du village. Ils ont pris leur argent, portables, les bijoux sur les femmes. Les hommes ont été tous embarqués groupe par groupe dans des véhicules, avant d'être amenés hors du village et massacrés. On ignore le sort des femmes et des enfants ».

C'est ce que disent trois survivants de cette sauvagerie, perpétrée par les djihadistes de l'état islamique dans le village de Kocho, dans la région de Sinjar, pris Dimanche 3 Août 2014.

Des centaines de milliers de personnes ont dû fuir cette barbarie, après l'invasion djihadiste.

L'intervention rapide des combattants kurdes syriens, les YPG, et de ceux du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a évité de nouveaux massacres dans les montagnes qui sont maintenant sous le contrôle des combattants.

Mais ce nouveau massacre a été commis Vendredi 15 Août 2014 dans le village de Kocho, assiégé par les djihadistes depuis Mercredi 6 Août 2014. D'après les premières informations sur le massacre commis dans ce village, au moins quatre-vingt personnes avaient été tuées.

Mais selon trois villageois qui ont pu survivre sous les cadavres des personnes exécutées sommairement, près de six cent hommes ont été massacrés dans le seul village de Kocho. On ignore toujours l'ampleur des massacres commis dans toute la région.

Témoignage de Khalaf Khodéda

« Nous avions jusqu'au Dimanche 10 Août 2014 pour devenir musulmans par force. Après le dimanche, ils sont revenus et ont dit qu'ils ne feront pas de mal aux habitants. Vendredi 15 Août 2014, vers midi, ils encerclé le village, à bord de dix à douze véhicules avec des armes lourdes, et ont rassemblé tous les villageois, femmes, enfants et personnes âgées, dans l'école. Ils ont pris l’argent, les portables et les bijoux des femmes. Ils nous ont demandé encore une fois de devenir musulman. Nous avons refusé. Sous prétexte de nous conduire hors du village, ils ont pris quinze hommes à chaque fois. Je faisais partie de ces personnes embarquées et amenées en dehors du village. Ils ont tiré sur nous. Quand c'était notre tour d'exécution, un villageois est tombé sur moi. A ce moment, j'ai reçu deux balles, une dans le dos, une dans le pied. Je n'ai pas bougé malgré la douleur. Ils tiré plusieurs fois sur les personnes exécutées. Quand ils sont partis après une demi-heure, je me suis levé et j'ai couru pour me cacher derrière les arbustes. Après un certain temps, ils sont revenus à bord d'un véhicule et ont tiré encore une fois sur les corps sans vie. Une demi-heure plus tard, ils ont amené un bulldozer pour creuser des fosses et enterrer les corps. Il y avait six cent hommes dans le village, qui ont été tous massacrés. Quand la nuit est tombée, j'ai fui vers les montagnes de Sinjar. J'ignore le sort des femmes et des enfants. Ils ont peut-être été massacrés dans l'école ».

Témoignage d’Ilyas Salih Qassim (médecin du village)

« Les bandes de Daesh (Etat Islamique) ont lancé un ultimatum à notre village, tout comme ils ont fait dans le village d’Hatimia. Mais les habitants d’Hatimia ont réussi à fuir. Vendredi 15 Août 2014 à 11 heures, les djihadistes ont encerclé notre village de deux cent cinquante maisons et ont rassemblé tous les villageois dans l'école. Il y avait plus de cinq cent personnes dans l'école. J'étais parmi les quinze premières personnes qui ont été embarquées et amenées à un kilomètre au sud de village, avant de passer à l'exécution sommaire. J'ai reçu une balle dans le pied. Une autre est passée juste à côté de ma tête. Ils tiraient sur tous ceux qui bougaient. Je n'ai pas bougé. Il y a eu un silence dix minutes après. Quand j'ai vu qu'ils étaient partis, j'ai couru de toutes mes forces. Trois autres personnes qui ont survécu m'ont rejoint dans un jardin. Nous sommes allés dans le village arabe de Biska Jinubi, mais les habitants de ce villages ont refusé de nous accueillir par peur de représailles djihadistes. Le jour suivant, nous sommes arrivés dans les montagnes de Sinjar. Ils ont massacré, tous comme nous, les habitats du village de Tel Qassab. Ces gangs n'ont aucune conscience ni morale. Il y avait un homme âgé de quatre-vingt-cinq ans massacré juste à côté de moi ».

Témoignage de Khidir Hassan Ahmad

« Ils nous ont tous amenés hors du village. Des balles pleuvaient sur nous. Comme moi, certaines personnes qui sont restées sous les cadavres ont pu survivre. Il y avait deux cent à trois cent femmes et enfants dans l'école. J'ai réussi à gagner les montagnes de Sinjar ».

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 19:17

http://www.rfi.fr/france/20140807-paris-refugies-syriens-manifestent-appeler-aide

http://www.souriahouria.com/a-paris-des-refugies-syriens-manifestent-pour-appeler-a-laide

A Paris, des réfugiés syriens manifestent pour appeler à l’aide

Après avoir transité par le Liban, le Maghreb et l'Espagne, leur périple se termine à Paris, où ils survivent grâce à l'aide d'associations. L'une d'entre elles, « Revivre », a voulu pousser un cri d'alarme Mercredi 6 Août 2014. Elle a organisé un rassemblement aux abords du périphérique parisien. C'est là que les réfugiés syriens passent leurs journées, et parfois leurs nuits.

Assis par terre ou appuyé contre un mur, à chaque syrien sa manière de tuer le temps et d'espérer s'en sortir. Kacem, en France depuis un an, compte sur le gouvernement, « nous avons besoin d'aide, surtout pour les enfants. Nous avons besoin d'un médecin. Nous avons tout laissé derrière nous ».

Livrés à eux même, ces migrants ont surtout besoin d'un logement. « Certains sont hébergés par leurs propres moyens », explique Monzer Makhous, ambassadeur de l'opposition syrienne en France. « Ils trouvent de petits hôtels pas chers. Mais certains n'ont plus aucun moyen et ils passent la nuit dans la rue ».

Cette situation, Michel Morzière la connaît bien. C'est le président d'honneur de l'association Revivre, qui aide les réfugiés syriens. Pour lui, l'etat tient un double discours sur la Syrie.

« Notre ministre de l'intérieur nous dit qu'il y a des risques », note-t-il. « Des risques de retour de djihadistes. Je suis presque étonné qu'aujourd'hui, nous avons deux cent personnes qui arrivent de Syrie et qu'on laisse comme cela dans la nature. Il y a un certain paradoxe ».

Pour Michel Morzières, c'est l'Union Européenne qui détient la clef du problème. Il souhaite que chacun de ses membres accueille autant de réfugiés syriens.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 18:51

http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/14/vengeance-dun-pseudo-hacker-contre-rue89-vire-tragique-254205

La vengeance d’un pseudo hacker contre www.rue89.com vire au tragique

Par Pierre Haski

Jeudi 14 Août 2014

Depuis plus de deux semaines, Grégory Chelli, un pseudo-hacker « sioniste », agissant jusqu’ici en toute impunité à partir d’Israël, s’en prend par tous les moyens à www.rue89.com , à certains de ses journalistes, et à leurs familles, avec des conséquences tragiques.

« Il n’y a pas mort d’homme », déclarait mercredi Grégory Chelli à Libération, comme pour minimiser l’impact de ses actes après le dépôt de plaintes et l’ouverture d’une information judiciaire en France.

Cette phrase est choquante car la violence des actes du hacker franco-israélien a eu des suites tragiques que la famille de notre journaliste, visée par son harcèlement, n’avait pas voulu rendre publiques jusqu’ici. Nous les publions aujourd’hui, à sa demande, afin que chacun prenne la mesure de ce qui s’est produit.

Rappelons les faits et leur gravité qui ont justifié pas moins de cinq plaintes de la part du site et de ses collaborateurs. Depuis Mardi 29 Juillet 2014, date de parution de l’article le concernant qui lui a déplu, ce pseudo-hacker connu sous le nom d’Ulcan se venge avec les armes qu’il affectionne au quotidien, hacking, pièges téléphoniques et piratages. Les conséquences ont dépassé l’entendement.

Harcèlement

C’est surtout en s’en prenant aux parents de l’auteur de l’article, Benoît Le Corre, qu’il a franchi toutes les limites. Il a harcelé la famille de notre collaborateur à deux reprises, la première pour tenter de lui faire croire que leur fils était mort, la seconde en piégeant la police qui a cru à un meurtre et a déboulé sans ménagement chez les parents à 4 heures du matin.

Cinq jours après, le père de Benoît faisait un infarctus. Il a été placé en coma artificiel afin de préserver son cerveau. Il le demeure encore aujourd’hui.

En raison d’antécédents familiaux et d’une hyper activité professionnelle, le père de Benoît était une personne à « hauts risques », selon les médecins. Mais il est difficile de ne pas faire le lien avec le stress éprouvé les jours précédent cet infarctus. Selon un des réanimateurs, « on ne peut pas clairement établir une corrélation entre le stress et l’infarctus, mais on a envie de dire que ce n’est pas étranger ».

Il ne s’agit pas ici d’établir une relation de cause à effet, mais il est indéniable qu’un stress maximal a été infligé à cette famille. Chacun pourra juger de la violence des procédés employés auprès de personnes dont le seul « crime » est d’être les parents d’une personne visée (méthode totalitaire s’il en est).

« J’appelle avec son téléphone »

Lorsqu’il appelle les parents la première fois, il s’en est vanté sur les réseaux sociaux, Ulcan se fait passer pour un policier :

« C’est la police, la première DPJ (Département de la Police Judiciaire). Concernant votre fils Benoît, il a eu un accident. Il est décédé, il a été agressé suite à un article il y a quinze minutes. J’appelle avec son téléphone. Il a reçu une lame au niveau de l’intestin. Vous lui connaissiez des ennemis ? Je suis Daniel El Rojo, vous pouvez appeler à la DPJ, poste 47. Ce n’est pas moi qui l’ai tué. Vous devez venir avant 23 heures 30 pour voir le corps, si vous avez une adresse mail, je vous envoie les photos du cadavre. Il a crevé ».

Face à la méfiance des parents, il change de registre :

« Vous savez ce qu’on va faire, je vais appeler vos voisins pour dire que vous êtes un pédophile, j’en ai rien à foutre, tu dis à ton fils d’enlever l’article. Je connais votre adresse. Je vais te faire une réputation de malade. Appelle ton fils de pute de fils, je vais dire à tes voisins que tu mets ton zizi dans les animaux et les enfants. Je veux que ton fils fasse de moi un super héros dans son article, qu’il m’encense, tu peux porter plainte, je suis au-dessus des lois, j’encule la police. Ce n’est pas la police qui te sauvera ».

Mais ce n’est rien à côté de ce qui les attend quarante-huit heures plus tard. Benoît dîne avec ses parents pour oublier l’incident téléphonique. Ceux-ci rentrent chez eux, en région parisienne. Ils coupent la ligne téléphonique avant de se coucher, pour éviter toute mauvaise surprise d’Ulcan.

« Ce qu’ils cherchaient, c’était un corps »

La mère de Benoît raconte, « vers 4 heures du matin, on a entendu la sonnette. Au début on ne voulait pas ouvrir. Puis on s’est habillé, et on est allé jusqu’à l’interphone. La personne s’est présentée comme un commandant de police. Thierry a lâché le bâton qu’il avait pris l’habitude de mettre au pied du lit depuis le début de cette histoire. Il a ouvert la porte. J’ai été frappée par le dispositif. Plusieurs policiers, avec leurs boucliers, nous mettaient en joue avec leurs armes. C’était une vraie séance de cinéma dans le quartier. Ils sont tous entrés dans la maison. On a eu beau demander plusieurs fois ce qui se passait, on ne nous a rien dit. Un à un, les policiers revenaient et disaient RAS. Ce qu’ils cherchaient, c’était un corps ».

Le hacker avait appelé le commissariat de Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne, et, se faisant passer pour le père (en utilisant le logiciel Crazy Call qui permet d’appeler avec le numéro de téléphone de la personne), avait annoncé qu’il avait tué femme et enfant.

Rappelons que vendredi dernier, peu avant minuit, il a refait la même chose à mes dépens, en faisant croire aux policiers que je venais de tuer ma femme et m’étais retranché chez moi avec une arme.

« Opération Benoît Le Corre »

L’auteur de l’article, Benoît Le Corre, a lui aussi subi les foudres du pseudo hacker, il a été couvert d’injures d’une rare violence dans un entretien téléphonique aussitôt mis en ligne.

Dans le même temps, l’homme s’en est pris au site. Les deux premiers jours, il parvient, à le paralyser quelques heures par des attaques par « déni de service (DDOS) ». Depuis, il s’en est pris quasiment quotidiennement au site sans parvenir à ses fins.

Que ce soit en s’en prenant au site ou à ses journalistes, il s’agit d’une tentative d’intimidation d’un média inadmissible et qui est vouée à l’échec. C’est le sens du message de solidarité que les rédactions des groupes du Monde et du Nouvel Observateur (auquel appartient www.rue89.com ) ont signé ensemble dimanche, et auquel Libération s’est joint mercredi.

Le « militant sioniste », comme il se décrit sur son compte twitter, tire sur tout ce qui bouge.

Rien que mercredi, le site de la CGT-Radio France a été hacké, et celui de Libération attaqué après que le journal a consacré deux pages à « Ulcan », avec un dessin qui lui a semble-t-il déplu.

Cet ancien membre de la Ligue de Défense Juive (LDJ, extrême droite), tient également un site de tchat vocal, une sorte de cour dont il est le roi.

On peut ainsi l’entendre parler de son « opération Benoît Le Corre » ou de son « opération www.rue89.com », comme il aime les appeler. En venant sur son tchat, on pouvait l’entendre appeler en direct le commissariat de Besançon, à 2 heures du matin, pour un canular téléphonique aux conséquences potentiellement fâcheuses. Ou appeler le commissariat du dixième arrondissement pour envoyer la police chez moi.

Il est connu des services de police français

Né dans le seizième arrondissement de Paris, il est connu des services de police français, il a été condamné en 2006 et en 2009 pour « violence commise en réunion » et « dégradation ou détérioration du bien d’autrui ».

Il habiterait aujourd’hui loin de la juridiction française, à Ashdod, en Israël. Sur le bureau du procureur de la république, les plaintes à l’encontre de Grégory Chelli s’empilent. Lui-même est persuadé que son lieu de domicile, en Israël, le protège de toutes formes de jugement.

Et pourtant, son changement de ton, mercredi auprès de Libération puis dans une vidéo d’auto justification sur youtube ce jeudi, montrent qu’il commence à s’inquiéter. Il y a de quoi.

Même en Israël, le pays qui pourrait être sensible à sa posture musclée, qui voudrait d’un défenseur du sionisme qui s’attaque à des parents pour leur faire croire que leur enfant est mort ?

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 19:14

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?breve557

Boycott Israël

Actions de solidarité avec la Palestine

Des activistes anglais solidaires de la Palestine occupent et ferment une usine d’armement israélienne

« Lorsque les gouvernements soutiennent des crimes contre l’humanité, les mouvements populaires de base doivent prendre des mesures d’actions directes ».

Dans les premières heures du Mardi 5 Août 2014, un groupe de militants pour la Palestine ont occupé une usine d’armement israélienne située dans la ville anglaise de Shenstone, entre Lichfield et Birmingham. Il s’agit de l’entreprise UAV Engines Limited, une société enregistrée avec sous une marque britannique, mais détenue par Elbit Systems, le plus grand producteur d’armes israélien et le principal fabricant de drones dans le monde entier.

Autour de 5 heures du matin, un groupe de douze militants du London Palestine Action Network (Réseau d’Action pour la Palestine de Londres) a fermé avec des chaînes toutes les entrées principales du bâtiment et est monté sur le toit de l’usine d’où ils ont déployé une grande banderole « Royaume-Uni, arrêter d’armer Israël » et une autre plus petite où l’on pouvait lire « Elbit arme, Israël tue ». La police a fermé la route où se trouve l’usine UAV et tente de pénétrer dans le bâtiment mais les militants ont indiqué qu’ils voulaient rester sur le toit le plus longtemps possible et déclaré que « dans le cadre de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanction (BDS) et en réponse à des appels à l’action des mouvements palestiniens, nous exigeons la fermeture permanente de l’usine et la fin de toutes les formes de commerce et de coopération militaire avec Israël ».

L’occupation s’est produite après la promesse faite par le gouvernement britannique (qui maintenant, grâce à une série d’accords, gagne d’énormes profits du commerce des armes avec Israël) de vouloir ouvrir une enquête pour déterminer si les armements qui sont exportés en Israël ont été utilisés dans l’offensive actuelle contre la bande de Gaza.

Mais il est certain qu'UAV Engined Limited a joué un rôle important dans le massacre des palestiniens, déjà en 2009, Amnesty International avait dénoncé l’utilisation de drones fabriqués par l’usine anglo-israélienne pour tuer des civils lors de l’opération « plomb durci » et l’année dernière la compagnie Shenstone a déjà été à plusieurs reprises l’objet de plaintes, des manifestations et de boycott ».

Depuis le début de l’opération « bordure protectrice », Elbit a augmenté ses bénéfices de six pour cent, portant sa production) son plus haut niveau depuis 2010.

Suite du communiqué :

« Pendant près d’un mois, Israël a bombardé la bande de Gaza par terre, mer et air. Plus de mille huit cent palestiniens ont perdu la vie et des crimes de guerre ont été commis. Pour notre honte collective, le gouvernement britannique n’a pas seulement échoué à prendre des mesures pour faire pression sur Israël pour qu’il arrête son massacre, mais a refusé de prendre des mesures pour mettre fin au soutien matériel qu’il fournit au brutal régime d’apartheid et de colonialisme d’Israël. Lorsque les gouvernements soutiennent les crimes contre l’humanité, les mouvements populaires de base doivent prendre des mesures d’actions directes. Les drones constituent un élément clé de l’arsenal militaire d’Israël. En permettant à cette usine d’exporter des composants de drones et d’autres armes vers Israël, le gouvernement britannique apporte un soutien direct et une approbation aux massacres commis par cet état. L’usine est également un élément clé du programme Watchkeeper dans lequel Elbit Systems se trouve à la tête de la fabrication d’une nouvelle génération de drones pour l’armée britannique. Le drone Watchkeeper est basé sur le Hermes 450, connu pour avoir été utilisé pour tuer des civils palestiniens lors de l’attaque sur Gaza en 2008 et en 2009. Elbit Systems commercialise ses drones avec l’argument qu’ils ont été testés sur le terrain, ce qui signifie que leurs drones ont démontré leur efficacité à tuer des palestiniens. Le gouvernement du Royaume-Uni importe de la technologie qui a été développée au cours des massacres commis par les israéliens ».

Ce matin, les militants du London Palestine Action ont donc voulu dénoncer la complicité du gouvernement britannique dans le massacre à Gaza, une complicité qui s’exprime non seulement dans son soutien public à Israël exprimé par le Royaume-Uni (il y a quelques jours le premier ministre Cameron a réitéré le droit à l’auto-défense d’Israël, décrivant les tirs de roquettes palestiniens comme des crimes contre l’humanité), mais aussi en rappelant qu’avec cette complicité dans le commerce des armes, « le premier ministre britannique David Cameron et le gouvernement britannique ont du sang palestinien sur les mains. Afin de mettre un terme à leur profonde complicité avec le système israélien d’occupation, de colonialisme et d’apartheid contre les palestiniens, ils doivent prendre des mesures pour imposer un embargo militaire complet sur Israël et fermer l’usine Elbit Systems immédiatement. Il est plus important que jamais que la solidarité que nous construisons avec la lutte palestinienne soit efficace et percutante. Israël n’agit pas seul mais est soutenu par des gouvernements et des sociétés à travers le monde qui ont des noms et des adresses. Il est temps pour le mouvement de solidarité internationale d’intensifier ses actions directes contre ceux qui soutiennent et profitent de l’apartheid israélien en prenant des mesures qui pourront conduire à un véritable isolement d’Israël. Rejoignez la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanction (BDS), victoire pour la lutte palestinienne, cessez d’armer Israël, stop Elbit ».

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 18:57

http://www.cuartopoder.es/terramedia/eeuu-colaborara-con-los-kurdos-que-defienden-sinyar-porque-son-terroristas/6130

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1565

Les Etats Unis ne collaboreront pas avec les kurdes qui défendent Sinjar parce que « ce sont des terroristes »

Par Manuel Martorell

Samedi 16 Août 2014

L’accord de l’Union Européenne pour fournir aux forces kurdes des armes appropriées pour faire face aux djihadistes s’est heurté à un premier écueil avant même sa mise en œuvre.

Parmi ces forces qui luttent contre l’État Islamique se trouvent, de manière très évidente, différents groupes liés au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement qui fait partie de la liste des organisations terroristes aussi bien par l’Union Européenne que les Etats-Unis

Le PKK joue en ce moment un rôle clé dans la défense des monts de Sinjar, où se sont produites la crise humanitaire actuelle et la réaction internationale ultérieure, mais il a également un rôle de premier plan sur le front de Makhmur, à partir duquel les djihadistes essaient de se rapprocher de la ville d’Erbil, la capitale et le siège du gouvernement régional du Kurdistan.

En outre, des unités dépendantes du PKK renforcent les peshmergas dans la défense de Kirkouk et de Jalawla, ayant été également appelés pour protéger des attaques djihadistes la vallée de Lalesh, au sud de la ville de Dahok, où se trouve le principal sanctuaire des yézidis.

Le problème est apparu, comme le rapportent à la fois l’agence Rudaw et des sources du PKK, précisément dans les monts de Sinjar. C’est dans ces montagnes que ce sont regroupés des dizaines de milliers de réfugiés yézidis et turkmènes fuyant l’avancée djihadiste.

L’incapacité des peshmergas du PDK à les défendre a contraint les unités de défense du peuple (YPG) à pénétrer en Irak depuis la Syrie pour ouvrir un couloir de sécurité et repousser les possibles attaques des islamistes.

Le résultat est que toute cette zone est désormais tombée sous le contrôle des YPG syriennes et, par conséquent, du PKK, qui abandonneront difficilement leurs positions. En tant que responsables de la sécurité des yézidis sur le terrain, les responsables du PKK exigent, logiquement, que toute opération internationale, humanitaire ou militaire, soit menée en coordination avec les commandants de la guérilla.

Une telle circonstance, selon les sources citées, a provoqué un contact entre ces commandants du PKK et les militaires américains envoyés dans la zone pour organiser l’intervention internationale, qui auraient informé les autorités locales qu’ils ne peuvent pas mettre en place cette coordination du fait que le PKK est officiellement classé comme une organisation terroriste.

Cet incident a pris une dimension importante si l’on considère que le PKK est devenu la force hégémonique dans les régions kurdes de Syrie et s’est consolidé en Turquie comme une force politique capable de réunir des millions de votes, qui dirige des centaines de villes et villages et dont candidat aux récentes élections présidentielles a remporté près de dix pour cent de l’ensemble des bulletins de vote dans ce pays.

Précisément, la crise de Sinjar coïncide avec le trentième anniversaire de sa lutte armée, réunissant autour de lui, non seulement les kurdes mais aussi d’autres minorités comme les alévis et les yézidis, qui s’opposent au projet islamiste de Tayyip Erdogan. Depuis lors, et malgré l’utilisation de tous les moyens pour en finir avec l’insurrection armée, y compris le nettoyage ethnique dans les années 1990, le PKK n’a pas cessé de voir augmenter son appui populaire, comme en témoignent les dernières élections.

Il faut aussi se rappeler que les YPG, avec l’aide du PKK, combattent l’Etat Islamique en Irak et en Syrie depuis plus d’une année sur plusieurs fronts dans le nord de la Syrie, sans aucun soutien international. Cela, ainsi que la disposition immédiate démontrée pour venir en aide aux kurdes en Irak, a considérablement accru le prestige du PKK parmi les kurdes, non seulement de Syrie, mais aussi parmi les kurdes d’Irak, enregistrant des manifestations de soutien populaire dans les villes de Kirkouk , Souleymanieh et de manière plus intense parmi les yézidis de Sinjar, dont de nombreux jeunes hommes ont rejoint leurs rangs tout en accusant les peshmergas du PDK de les avoir abandonnés.

En réalité, l’incident de Sinjar met en lumière la politique d’alliance suivie dans la crise syro-irakienne par les Etats-Unis et l’Union Européenne. Dès le début, ils ont choisi de soutenir, dans les deux pays, les groupes islamistes, qu’ils soient modérés ou radicaux, abandonnant à leur sort des secteurs tels que les kurdes, les chrétiens, les yézidis et d’autres minorités importantes, davantage partisanes d’un système démocratique comparable avec les occidentaux.

Le résultat d’une telle stratégie, très semblable à celle qui a été menée en Afghanistan, a été le surgissement d’une menace internationale encore plus dangereuse que celles des talibans, car elle affecte directement la région méditerranéenne et menace d’extermination toutes ces forces ou secteurs potentiellement alliés de l’occident.

C’est la raison pour laquelle une initiative a vu le jour sous la forme d’une lettre au président Obama, pour que les États-Unis, et par extension l’Union Européenne, retirent le PKK de la liste noire des groupes terroristes et reconnaissent le rôle important que jouent ses organisations pour l’instauration dans tout le Moyen-Orient d’un système politique fondé sur le respect de la diversité religieuse et culturelle.

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