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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 19:47

Ban Ki Moon constate les destructions « indescriptibles » à GAZA (Reuters)

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a effectué Mardi 14 Octobre 2014 une courte visite dans la bande de Gaza, où il a estimé que les destructions « indescriptibles » infligées par l'armée israélienne cet été nécessitaient une mobilisation rapide de la communauté internationale.

Il a annoncé pendant sa visite qu'Israël avait autorisé une première livraison de matériel de construction dans l'enclave palestinienne, soumise depuis des années à un blocus israélo-égyptien.

Lors de la conférence organisée dimanche au Caire, les donateurs internationaux ont promis cinq milliards quatre cent millions de dollars (quatre milliards deux cent cinquante millions d'euros) d'aide à Gaza, même si dans les faits, une partie importante de cette somme sera affectée au budget de l'Autorité Palestinienne et non aux efforts de reconstruction proprement dits.

Près de vingt mille maisons ont été sérieusement endommagées ou totalement détruites pendant les cinquante jours d'un conflit qui a fait plus de deux mille cent morts côté palestinien, en grande majorité des civils, et soixante-treize morts, soixante-sept soldats et six civils, côté israélien.

« J'ai le coeur lourd », a déclaré Ban Ki Moon après avoir effectué une brève visite dans certains des quartiers pilonnés par l'armée israélienne. « Les destructions que j'ai vues ici sont indescriptibles », bien pires qu'après la guerre de 2008 et de 2009, a-t-il ajouté pendant une conférence de presse.

Le secrétaire général de l'ONU a affiché son soutien au gouvernement d'union formé par le Fatah et le Hamas mais composé de technocrates, qui s'est réuni pour la première fois à Gaza la semaine dernière et dont Israël critique l'existence, même si le Hamas n'y dispose d'aucun ministre.

« Nous vous soutenons, la communauté internationale soutient les efforts de votre gouvernement pour assumer la sécurité et la gestion de Gaza », a dit Ban Ki Moon.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 17:29

Le conflit syro irakien menace de s’étendre à la Turquie (Reuters)

La guerre contre les djihadistes de l'Etat Islamique en Syrie et en Irak menace de plus en plus le processus de paix avec les kurdes en Turquie après le bombardement Mardi 14 Octobre 2014 par l'aviation turque de combattants du PKK, furieux de l'inaction d'Ankara à Kobani.

Sans confirmer le raid aérien, l'armée turque a dit avoir riposté « de la façon la plus ferme » à des tirs de mitrailleuses et de roquettes essuyés depuis trois jours par les soldats d'un poste militaire avancé dans l'est du pays, près de la frontière avec l'Irak.

Le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a aussitôt accusé la Turquie d'avoir violé le cessez-le-feu en vigueur depuis deux ans, déjà fragilisé par la mort la semaine dernière de trente-cinq personnes dans des manifestations de soutien aux kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobani face à l'Etat Islamique, sous le regard impassible de l'armée turque.

« Pour la première fois depuis deux ans, un raid aérien a été mené contre nos forces par l'armée d'occupation de la république de Turquie », a dit le PKK. « Ces attaques contre deux bases de la guérilla à Daglica violent le cessez-le-feu ».

Les kurdes reprochent à la Turquie non seulement de ne pas intervenir à Kobani, assiégée depuis bientôt un mois par l'Etat Islamique, mais aussi d'empêcher la livraison d'aide aux combattants kurdes syriens qui la défendent.

Mardi, le gouvernement autonome du Kurdistan irakien a déclaré avoir expédié une aide militaire à Kobani, mais selon certains kurdes, Ankara a refusé de le laisser passer sur son territoire et les combattants retranchés dans Kobani disent n'avoir rien reçu.

La Turquie devrait subir de nouvelles pressions pour ouvrir sa frontière lors d'une réunion, prévue mardi soir à Washington, de responsables militaires de la vingtaine de pays qui ont rejoint la coalition formée par Barack Obama pour lutter contre l'Etat Islamique.

ULTIMATUM D'ÖCALAN

Le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a de son côté menacé la semaine dernière de rompre les négociations de paix si rien n'est fait d'ici ce mercredi. « Nous allons attendre jusqu'au 15 octobre. Ensuite, nous ne pourrons plus rien y faire », a-t-il dit, selon son frère qui lui a rendu visite en prison.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est jusqu'à présent montré inflexible, exigeant avant toute intervention que la coalition constituée par les Etats-Unis lutte aussi contre le régime du président syrien Bachar al Assad et impose une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie pour permettre aux réfugiés de s'y installer.

La Turquie héberge un million deux cent mille réfugiés syriens, dont deux cent mille kurdes qui ont fui la région de Kobani ces dernières semaines.

A Kobani, les combattants des unités de protection populaire (YPG), le principal groupe armé kurde syrien, tiennent toujours tête aux djihadistes, même si ceux-ci ont désormais investi une grande partie de la ville frontalière, également appelée Aïn al Arab.

« Il y a de violents combats, sans que l’Etat Islamique ne recule ni ne progresse. Hier, il a fait exploser trois voitures piégées dans l'est de Kobani », a déclaré Öcalan Iso, numéro deux du conseil de défense de Kobani, joint au téléphone par Reuters.

L'armée américaine a annoncé mardi avoir mené vingt et une frappes aériennes ces deux derniers jours aux abords de la ville, ce qui a permis, selon elle, de « ralentir » l'avancée des djihadistes.

Dans la ville turque de Suruc, à une dizaine de kilomètres de la frontière, des centaines de kurdes se sont rassemblés mardi pour les funérailles de quatre combattantes tombées à Kobani, chantant « Erdogan assassin » en turc et « longue vie aux YPG » en kurde.

« L'ETAT ISLAMIQUE EST PARTOUT DANS LA VILLE »

Pour Sehahmed, quarante-deux ans, venu se recueillir sur la tombe de son fils, tué il y a quelques jours à Kobani, la chute de la ville apparaît désormais inévitable.

« Cela fait des jours que les turcs nous regardent mourir. Obama aussi s'y prend trop tard. L'Etat Islamique est maintenant à l'intérieur de Kobani, dans les rues de la ville. Les frappes aériennes ne marcheront pas, cela ne fera que retarder l'inévitable. C'est trop tard pour nous. Nous allons de catastrophe en catastrophe ».

Face à Kobani, du côté turc de la frontière, les familles des défenseurs de la ville assistent, impuissants, au spectacle des combats.

« J'entends dire que les djihadistes contrôlent l'est et le sud-est mais en réalité, ils sont partout dans la ville. C'est pour cela qu'il y a des combats un peu partout », commente Adil Semo, vingt-huit ans.

Non loin de lui, Omar enrage contre des vies sacrifiées alors qu'elles auraient « pu être sauvées en recevant de l'aide, même une heure avant leur mort ».

Si dans le nord de l'Irak, les peshmergas kurdes et les forces gouvernementales ont réussi à reprendre aux djihadistes une partie des territoires que ces derniers avaient conquis cet été, il n'en va pas de même en Syrie, où l'Etat Islamique ne cesse d'étendre son emprise dans le nord-est du pays.

Après avoir totalement chassé les forces de Bachar al Assad de la province de Rakka en prenant la base aérienne de Takba en août 2014, le groupe extrémiste essaie apparemment d'en faire de même dans la province de Daïr az Zour.

Mardi, une dizaine de soldats syriens ont été tués à proximité d'une des dernières bases du régime de Damas dans cette province orientale, selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH).

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 17:04

http://en.firatajans.com/news/news/ypg-attacks-of-isis-gangs-defeated.htm

Offensive des combattants des YPG (Firat News Agency)

Mardi 14 Octobre 2014

Le centre de presse des unités de protection du peuple (YPG) a publié une déclaration fournissant des informations au vingt neuvième jour des combats en cours contre l’offensive des bandes d’EIIL visant à occuper la ville de Kobanê du Kurdistan de l’Ouest.

Le centre de presse des YPG a rapporté que l'avance des gangs a été arrêtée sur les fronts de l'est, du sud et de l'ouest, et que certains points dans l'ouest de la ville ont été repris avec l'appui des frappes aériennes de la coalition internationale.

La déclaration a souligné que des affrontements sur le front de l'est ont éclaté hier matin et ont continué sans interruption jusqu'à tard hier soir. Les YPG ont déclaré que leurs forces ont repéré et détruit trois véhicules des bandes d’EIIL chargés de bombes utilisées pour commettre des attentats suicides après leur échec dans les combats face à la résistance des forces des YPG. Neuf membres des bandes d’EIIL ont été tués dans les combats et de grandes quantités de munitions ont été saisies.

Sur le front sud, continue la déclaration, les bandes d’EIIL ont tenté deux attaques avec une moto et un camion piégés qui ont toutefois été détruits par des combattants des YPG.

Beaucoup de membres des bandes d’EIIL ont été tués ou blessés et beaucoup de leurs armes ont été saisies dans les affrontements qui ont suivi les attentats.

Sur le front ouest, les forces des YPG ont mené une opération dans le village de Tal Shair occupé par les bandes d’EIIL. Le village et un point stratégique près de lui ont été nettoyés des bandes d’EIIL, quatre de leurs membres ont été tués et leurs armes ont été saisies lors de l'offensive des YPG.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 20:11

Attentat au camion piégé à Kobani, poursuite des combats (Reuters)

Un membre de l'organisation djihadiste Etat Islamique a commis Lundi 13 Octobre 2014 un attentat suicide à l'aide d'un camion piégé dans la ville assiégée de Kobani, dans le nord de la Syrie, a-t-on appris auprès de l'OSDH et de sources kurdes.

L'attentat s'est produit dans un quartier du nord de Kobani, théâtre d'intenses combats entre les assaillants islamistes et les défenseurs kurdes de cette ville adossée à la frontière turque.

Idris Nassan, un responsable kurde de Kobani, a déclaré que deux combattants kurdes avaient été blessés dans cette attaque apparemment destinée à créer une brèche pour permettre aux djihadistes de progresser dans la ville.

« Les combattants de l’Etat Islamique ont tenté d'avancer vers le point de passage de la frontière mais les unités de protection du peuple kurde les ont repoussés et ils n'ont pas pu poursuivre leur progression », a dit Idris Nassan à Reuters.

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH) a encore signalé d'intenses combats lundi dans Kobani même.

L'OSDH a aussi fait état d'au moins cinq frappes aériennes de la coalition emmenée par les Etats-Unis, essentiellement sur les faubourgs sud de la ville.

Le commandement central de l'armée américaine a précisé que les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite avaient effectué dimanche et lundi huit raids aériens contre des positions de l'Etat Islamique en Syrie, dont sept dans les environs de Kobani.

Cette campagne de bombardements aériens n'a jusqu'à présent pas permis d'enrayer la progression des islamistes, dont l'offensive en direction de Kobani a débuté mi-septembre.

Des affrontements ont aussi eu lieu à l'est de la ville et ont coûté la vie à une dizaine de djihadistes, selon l'OSDH.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 20:03

http://en.firatajans.com/news/news/pyd-co-president-salih-muslim-going-to-hewler.htm

Le co-président du PYD Salih Muslim à Erbil (Firat News Agency)

Le co-président du PYD Salih Muslim sera à Erbil aujourd'hui Lundi 13 Octobre 2014 pour rencontrer le gouvernement du Kurdistan du Sud et des représentants des partis politiques.

Le co-président du parti d'union démocratique (PYD) Salih Muslim sera à Erbil aujourd’hui à 15 heures pour des relations diplomatiques et pour travailler à l'unité kurde.

Le conseil national kurde syrien (ENKS) et l’assemblée populaire du Kurdistan de Rojava (EGRK) devraient se réunir demain à Erbil. La réunion était initialement prévue pour aujourd'hui, mais a été reportée à demain pour des raisons techniques. La réunion doit avoir lieu à la suite d'une invitation du président du Kurdistan du Sud, Massoud Barzani.

Lors de la réunion, les attaques des bandes d’EIIL en ​​cours sur Kobanê seront discutées et des solutions recherchées aux problèmes entre les partis politiques.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 19:39

http://www.npa2009.org/idees/ou-va-melenchon

Ou va Jean Luc Mélenchon ?

Lundi 13 Octobre 2014

Par Yann Cézard

La crise du Front De Gauche continue, le PCF veut conserver ses liens électoraux avec le Parti Socialiste, le Parti de Gauche veut accentuer la rupture politique avec le parti au pouvoir.

Or le Parti de Gauche a d’ores et déjà annoncé cet été une nouvelle stratégie, qui soulève une foule de questions.

D’un côté, le Parti de Gauche reste une cheville ouvrière du Front De Gauche qui a été l’espoir de nombreux militants, obtenu des millions de voix en 2012 et dont le premier parti, le PCF, compte tout un réseau de militants, d’élus et d’influences dont ne dispose pas le Parti de Gauche. Mais pour dépasser et même déborder le Front De Gauche, le « Mouvement pour la Sixième République », indépendant du Front De Gauche, ambitionnera de « fédérer le peuple ». Loin de prendre sa retraite, Jean Luc Mélenchon se « libère » pour nous revenir plus grandiloquent que jamais et annonce sur son blog qu’il tourne le dos à « la tambouille de l’alternative majoritaire à gauche » pour se consacrer à la tâche centrale de notre époque, « faire un peuple révolutionnaire ».

Une analyse tranchante de la situation politique

Les raisons de ce nouveau dispositif sont clairement expliquées dans une interview à Mediapart du secrétaire national du Parti de Gauche, Eric Coquerel.

Le Front De Gauche est « en échec. Globalement nous n’avons pas atteint notre objectif. Le Parti Socialiste s’écroule, on ne passe pas devant, et le Front National termine en tête. » Et c’est la faute au PCF, « c’est principalement dû à l’absence de stratégie nationale commune. Mais en plus, les alliances contractées aux municipales avec le Parti Socialiste ont ramené le Front De Gauche dans le système. Le Front De Gauche pouvait apparaître comme le cousin de famille très critique, mais en appartenant quand même à la même famille que la gauche qui gouverne aujourd’hui ».

Or la notion même de gauche a perdu sa pertinence pour la majorité des classes populaires. Hollande entraîne tout le monde dans son discrédit. Comment vendre alors auprès de millions d’électeurs la perspective d’une nouvelle union de la gauche dont le centre de gravité serait plus à gauche, soit la stratégie historique du PCF puis du Front De Gauche ? « L’unité de l’autre gauche dans l’objectif de passer devant le Parti Socialiste pour bousculer le rapport de force à gauche ne convainc pas assez. C’était la stratégie originelle du Front De Gauche mais après trois ans de François Hollande, elle ne marche plus. Nous ne voulons pas mourir avec le Parti Socialiste ». Il est vain d’espérer un rebond du Parti Socialiste, qui a définitivement basculé dans le camp du libéralisme, et dont même les « frondeurs » sont pour Jean Luc Mélenchon des « couteaux sans lame ». Attendre après eux, c’est risquer l’enlisement et la compromission avec le Parti Socialiste lui-même.

Il faut désormais s’ériger en force anti système. Le Parti de Gauche le répète, « le système n’a pas peur de la gauche, il a peur du peuple ».

Reconnaissons-le franchement, ces constats, frappants de vérité, soulèvent des questions brutales, qui « percutent » aussi les militants du NPA. Mais les réponses du Parti de Gauche ne laissent pas d’inquiéter.

De Gaulle contre de Gaulle

D’abord parce que la musique de Jean Luc Mélenchon et ses camarades contredit leurs paroles. Leur sixième république mettrait à bas la cinquième république autoritaire et rendrait l’essentiel des pouvoirs à un parlement élu à la proportionnelle. C’est le programme classique de la gauche française, y compris au Parti Socialiste, avant que François Mitterrand n’accède lui-même au trône élyséen, pimenté de la possibilité d’un référendum, d’initiative citoyenne, révocatoire du président. Mais pourquoi Jean Luc Mélenchon est-il si flou à propos de la fonction présidentielle et de son élection au suffrage universel ? Il garde manifestement de la tendresse pour cette élection qui prétend établir un « lien exceptionnel entre un homme et le peuple français », comme disent les gaullistes. Ce qu’il nous dit, encore plus fort maintenant qu’il prétend n’être plus l’homme d’un parti mais celui d’un mouvement pour rassembler tout le peuple, c’est qu’il est le césar, le tribun et le sauveur suprême. Etrange façon de vouloir mettre à bas la république gaulliste en se dressant en de Gaulle de gauche.

Etrange aussi d’annoncer un mouvement qui serait, « comme le Podemos espagnol, un réseau social totalement horizontal, sans chefs ni cartes d’adhérents, appliquant la démocratie la plus directe possible », quand on se donne plutôt des allures de lider maximo, reprochées à Jean Luc Mélenchon jusque dans les rangs du Front De Gauche. Ces postures sont en revanche cohérentes avec la perspective concrète avancée par Eric Coquerel, « il ne s’agit pas de nier l’utilité des partis mais de créer un mouvement qui les dépasse. Et comme il n’y aura pas deux candidats libéraux qualifiés, voire pas du tout, c’est de jouer ainsi le second tour de la prochaine présidentielle et la victoire ». Jean Luc Mélenchon président, serait-ce déjà le premier point du programme de ce rassemblement « sans chefs ni cartes d’adhérents » ?

Drôle de Podemos donc, avec Charles de Gaulle et Hugo Chávez, mais sans les mobilisations sociales et politiques amenant des millions dans la grève et dans la rue, pour tout à la fois rejeter un pouvoir illégitime et défendre ses emplois, son droit à la vie, à un toit et à la santé.

Car lancer à froid un « mouvement du peuple », qui soi-disant représenterait le peuple pas représenté, sans être d’une façon ou d’une autre l’expression de véritables mobilisations, quel sens cela pourrait-il prendre sinon une tentative de tester « sur le marché » de nouvelles formules, plus ou moins inédites ou prises au passé ?

Et quel « peuple » veut-on ainsi « fédérer » ? Le charme du mot, qui fait son vilain succès en politique, c’est son flou bien sûr. C’est toujours un mot « contre ». Il y a le peuple des classes populaires contre le bourgeois. Mais aussi le peuple contre les « élites », et le peuple tout entier, réuni dans l’amour de la patrie, contre ceux qui le divisent. Malheureusement, le Jean Luc Mélenchon qui parle du « peuple » avec des élans mystiques n’est jamais loin de celui qui exalte l’état et la nation. C’est celui qui se plaint de « l’abaissement de la France en Europe », quand c’est au profit de ses banques que l’on saigne les peuples de toute l’Europe du sud, et blâme François Hollande de ne pas livrer le Mistral à nos amis russes. Jean Luc Mélenchon parle aujourd’hui de « front du peuple » pour dépasser le clivage entre la gauche et la droite.

C’est prendre acte que le conflit fondamental est entre les classes populaires et la bourgeoisie, qui elle ne manque pas de partis bien à elles, à droite et à gauche, ou c’est prétendre qu’on a la bonne politique qui mettra tout le monde d’accord, sauf les partis et politiciens installés, dans l’amour de la patrie ?

« Démocratie réelle » et pouvoir du capital

La « révolution citoyenne » du Parti de Gauche ne se réduit cependant pas à une réforme du mécanisme des institutions actuelles. Eric Coquerel, encore, sur l’exigence d’une « constituante, c’est en réalité l’expression d’une volonté, que le peuple redevienne souverain. Le pouvoir revenant au parlement, en finir avec le fait que la politique soit réservée à une minorité, instaurer une république sociale, bref le peuple souverain partout y compris pour contester le pouvoir démesuré accordé au capital. Nous voyons la sixième république comme une réponse globale dans un moment où le capitalisme prive le peuple de sa souveraineté, pas seulement comme une approche institutionnelle ».

Au cœur de la question démocratique, il y a en effet le pouvoir sur la marche même de l’économie. Mais pourquoi le programme du Parti de Gauche et du Front De Gauche sont-ils alors si timorés sur la propriété et le pouvoir dans les entreprises ? Le pouvoir, non du peuple en général, mais des travailleurs et des travailleuses, sur les entreprises, ce n’est pas une simple extension des pouvoirs des comités d’entreprise, comme dans l’humain d’abord. Les bases d’un pouvoir « populaire », des classes populaires, ce serait un ensemble de mesures radicales niant le droit des propriétaires privés des capitaux de décider.

Cela pourrait commencer par une réquisition et une appropriation sociale des entreprises qui licencient et qui polluent. Ou par une annulation des dettes publiques dues aux capitalistes.

Cela mettrait à terre les banques. Leur valeur boursière réduite à zéro, le pouvoir populaire les socialiserait et les unifierait dans un grand service public bancaire au service d’un changement radical de civilisation.

On pourrait sur la base de cette nouvelle société édifier une vraiment « nouvelle république ».

Mais c’est précisément de telles mesures niant le droit de la propriété privée que le Parti de Gauche évite soigneusement de mettre en avant, aussi virulente que soit la dénonciation des conséquences de celle-ci. Ses affiches opposent à juste titre « les salariés qui travaillent et les actionnaires qui se gavent », mais son programme oppose aussi la saine logique des entrepreneurs industriels et le parasitisme de la finance, prône l’alliance de ces bons patrons avec les salariés, les « productifs », contre la finance libérale, un « pôle public bancaire » à côté des banques privées, un rognage de la dette publique par l’inflation et un euro faible pour stimuler les exportations. Ce programme de « redressement » économique, plus radical que le « made in France » d’Arnaud Montebourg, part du rejet de toute austérité. Mais cette soi-disant « sortie de crise » par la relance des salaires et le volontarisme d’état, conçue pour sembler compatible avec le capitalisme, est illusoire sans contestation de la propriété capitaliste. C’est pourtant la condition de cette « démocratie réelle » voulue par les indignés.

La boucle est malheureusement bouclée, de la perspective électoraliste au programme non anticapitaliste, si le peuple qu’on prétend « fédérer » n’est que le peuple électoral. Si on ne voit pas dans les mobilisations sociales elles-mêmes le moment de l’organisation, de la percée d’un programme et d’une conscience dans les classes populaires. Le « pas de côté » de Jean Luc Mélenchon, loin d’être une radicalisation à gauche, pourrait bien dégénérer en remake de la candidature de Jean Pierre Chevènement à l’élection présidentielle de 2002.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 19:04

http://www.liberation.fr/societe/2014/10/10/ces-neoconservateurs-sont-orientes-par-leur-ego-et-leurs-obsessions_1119296

« Ces néo conservateurs sont orientés par leur égo et leurs obsessions »

Interview de Philippe Corcuff par Anastasia Vécrin

Vendredi 10 Octobre 2014

Philippe Corcuff, de l’IEP de Lyon, décrypte les constructions idéologiques d’Eric Zemmour, Alain Soral ou Elisabeth Lévy.

Nationalisme, xénophobie, homophobie, Philippe Corcuff, maître de conférences en sciences politiques à l’IEP de Lyon, lève le couvercle de ce qu’il appelle les « marmites peu ragoûtantes d’une mangeaille idéologique néo conservatrice ». Dans son livre « les années 1930 reviennent et la gauche est dans le brouillard », éditions Textuel, 2014, il dresse un panorama des figures de cette mouvance néo conservatrice et démonte les pièges idéologiques alimentés par Eric Zemmour et Alain Soral.

Anastasia Vécrin. Le succès d’Eric Zemmour en librairie est-il un symptôme de la droitisation de la société ?

Philippe Corcuff. J’y vois plutôt une machinerie éditoriale qui fonctionne. Le problème, c’est qu’elle sert de plus en plus de boussole. Certes, il y a des aspirations conservatrices dans une partie de la société mais, à mon avis, ce succès ne signifie pas que la société se droitise. Ce chiffre est relativement faible par rapport aux soixante-six millions de français. Ce que j’observe, c’est plutôt une extrême-droitisation politique et idéologique d’une partie de nos élites. Et Eric Zemmour, mais il n’est pas le seul, alimente un terreau culturel néo conservateur qui favorise le Front National.

Anastasia Vécrin. Ce qui réunit les diverses figures de cette mouvance néo conservatrice (Eric Zemmour, Alain Soral et Elisabeth Lévy), n’est-ce pas le goût du politiquement incorrect ?

Philippe Corcuff. Ce sont tous des « non conformistes » à la manière des années 1930, orientés par leur ego et leurs obsessions. Alain Soral est animé par un antisémitisme obsessionnel. Il ne faut pas négliger sa visibilité, ses vidéos sur internet sont très regardées. Eric Zemmour est plutôt connu pour ses dérapages islamophobes et négrophobes. Rappelons qu’Alain Soral comme Eric Zemmour ont été condamnés par la justice pour leurs propos racistes. Elisabeth Lévy reprend des thèmes identitaristes flirtant avec la xénophobie en jouant avec la transgression.

C’est considérer que l’antiracisme classique serait « politiquement correct » et que l’esprit critique réclamerait de s’y opposer a priori. Ils sont plutôt des marionnettes de fantasmes et de préjugés qui se répondent les uns aux autres et qui constituent un brouillard rendant invisible une bonne part de ce qui se passe dans la société française, notamment des aspirations émancipatrices et démocratiques. Le danger, c’est que nous sommes en train d’intégrer cette tambouille idéologique, même à gauche.

Anastasia Vécrin. Ces « néo conservateurs » n’expriment-ils pas un malaise réel de la population française ?

Philippe Corcuff. Ils ne sont pas en contact avec la réalité de la société, leurs écrits sont un bricolage de lieux communs. Dans mon livre, j’analyse une chronique d’Eric Zemmour, parue dans le Figaro, le 5 décembre 2013. Il décrit la désespérance sexuelle des « jeunes prolétaires blancs » qui ne peuvent rivaliser avec la virilité de leurs « concurrents noirs ou arabes ». Sa théorie, c’est que les femmes blanches, et particulièrement les blondes, sont séduites par les noirs ou les arabes et que les « petits blancs » se retrouvent sans compagne.

Quiconque se baladant dans nos rues peut observer que c’est n’importe quoi, et pourtant Eric Zemmour le fait exister comme une réalité à travers les médias.

D’ailleurs, la plupart de ces bricoleurs n’utilisent aucun moyen d’enquête sociologique ou journalistique pour étayer leurs théories, mis à part Christophe Guilluy qui travaille sur des cartes, des formes macroscopiques qui donnent une vision globalisante et sommaire des territoires. L’idéologie néo conservatrice crée une série de catégories qui occulte le fait que le peuple est composite et évolutif.

Anastasia Vécrin. Dans les Inrocks, Alain Finkielkraut vous reproche de ne pas voir l’expansion d’un antisémitisme musulman.

Philippe Corcuff. Une grande partie de mon livre est basée sur une critique de l’antisémitisme, notamment d’Alain Soral, et sur l’idée qu’il faut réunifier l’antiracisme en prenant en compte à la fois l’antisémitisme et l’islamophobie.

Alain Finkielkraut, dont j’ai antérieurement apprécié une série de textes, est dans une dérive identitariste et essentialiste. Aujourd’hui, l’islamophobie structure la société française, les inégalités qui la traversent dans le logement, l’accès à l’emploi et l’école. Alors que ce n’est plus le cas de l’antisémitisme, dont la force structurante s’est opérée de la fin du dix-neuvième siècle à la fin de la seconde guerre mondiale. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe plus, mais il a plusieurs composantes, des catholiques intégristes, l’extrême droite païenne ou une fraction musulmane, mais pas « les musulmans » en général. Alain Finkielkraut ne voit, dans sa logique essentialiste, que la part qui vient des musulmans.

Anastasia Vécrin. Vous mettez aussi en cause des gens de gauche, Emmanuel Todd, Jean-Claude Michéa ou Frédéric Lordon, qui alimenteraient ce climat.

Philippe Corcuff. Je ne les considère pas comme des néo conservateurs mais comme des désarmeurs imprudents de la gauche. Emmanuel Todd et Frédéric Lordon, par exemple, proposent des solutions uniquement nationales à la situation économique et ils participent ainsi à la diabolisation de l’Europe et du monde. L’éthique de la responsabilité chez Max Weber consiste à tenir compte du contexte dans lequel on parle, selon le contexte, nos paroles n’ont pas nécessairement l’effet de notre intention initiale. Dans un contexte où un nationalisme xénophobe se développe, les défenseurs d’une nation non ouverte à des coopérations internationales, même s’il s’agit d’une nation républicaine, contribuent à un repli national néfaste.

Anastasia Vécrin. Comment expliquez-vous cette incapacité à gauche à contrer cette montée néo conservatrice ?

Philippe Corcuff. Les gauches sont désarmées pour réagir au néo conservatisme. Celle de gouvernement, social-libérale, a perdu nombre de ses repères. Elle se réfère à la justice sociale mais, en même temps, elle suit des politiques néo libérales. Les partenaires principaux ne sont plus les syndicats mais le MEDEF et les milieux d’affaires. Cela tourneboule la gauche car c’est l’inverse de ses repères historiques. Quant aux gauches critiques, elles sont tentées par la nostalgie de modèles antérieurs, elle n’essaie pas assez de se confronter à la société d’aujourd’hui.

Et puis les faux rebelles sont en train de voler la critique sociale aux gauches, sans qu’elles s’en aperçoivent, au profit d’une logique conservatrice et non plus émancipatrice. Une des pistes pour éviter le risque post fasciste consiste à réintégrer le « sociétal » dans une question sociale trop délaissée, les dominations de classe, mais aussi de genre, raciale ou hétéro sexiste, doivent être prises en compte pour sortir du clivage entre le national et le racial porté par le Front National.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:26

Vladimir Poutine ordonne un retrait de la frontière ukrainienne (Reuters)

Vladimir Poutine a ordonné aux troupes russes de se retirer dans leurs bases permanentes après des manoeuvres dans la région de Rostov-sur-le-Don proche de la frontière avec l'Ukraine, a annoncé le Kremlin.

Ce retrait est annoncé avant la rencontre attendue entre le président russe et son homologue ukrainien, Petro Porochenko, la semaine prochaine à Milan, lors du sommet Europe-Asie des 16 et 17 octobre.

Le président russe a eu un entretien à ce sujet avec son ministre de la défense, Sergueï Choïgou.

« Le ministre a rendu compte auprès du commandant suprême de l'achèvement de la période d'entraînement de cet été sur les champs de tir du district militaire sud », précise la présidence russe sur son site internet.

« Après ce compte rendu, Poutine a ordonné d'enclencher le retour des troupes dans leurs bases permanentes. Au total, cela concerne dix-sept mille six cent militaires qui ont suivi un entraînement sur les champs de tir de la région de Rostov au cours de l'été », a dit le porte-parole.

Selon l'agence de presse RIA Novosti, qui cite le ministère de la défense, le retrait a déjà débuté.

Les relations entre Moscou et l'OTAN sont au plus bas en raison des menées de la Russie en Ukraine, où Moscou a annexé la péninsule de Crimée en mars et soutient les séparatistes pro-russes de l'est du pays.

Voici un mois, l'OTAN a déclaré que la Russie comptait plusieurs milliers de soldats et des centaines de chars et de véhicules blindés dans l'est de l'Ukraine, soutenant les séparatistes en lutte contre l'armée de Kiev.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 15:52

Les Etats Unis promettent deux cent douze millions de dollars à Gaza, le Qatar promet un milliard de dollars (Reuters)

Le secrétaire d'état américain, John Kerry, a annoncé Dimanche 12 Octobre 2014 que les Etats Unis allaient débloquer une aide de deux cent douze millions de dollars pour contribuer à la reconstruction de la bande de Gaza, à la suite de l'opération israélienne « bordure protectrice » cet été.

Il a profité d'une conférence internationale des pays donateurs au Caire pour lancer un nouvel appel au dialogue entre israéliens et palestiniens, en vue de parvenir à une paix durable.

« Les habitants de Gaza ont désespérément besoin de notre aide, et cela ni demain ni la semaine prochaine, mais tout de suite », a dit John Kerry.

Le ministre des affaires étrangères du Qatar, Khaled al Attiya, a annoncé qu'il allait débloquer un milliard de dollars pour la reconstruction.

Les Emirats Arabes Unis et le Koweït ont promis chacun deux cent millions de dollars.

La France, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, qui coprésidait la conférence, a décidé de mobiliser cette année quarante millions d'euros (cinquante millions cinq cent mille dollars) en soutien au peuple palestinien.

Le chef de la diplomatie française a par ailleurs rencontré le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et les deux hommes sont convenus d'organiser le premier séminaire inter gouvernemental franco-palestinien en France début 2015, précise le ministère français des affaires étrangères dans un communiqué.

L'Allemagne a pour sa part promis de contribuer à hauteur de cinquante millions d'euros (soixante-trois millions de dollars) à la reconstruction de Gaza. « Nous ne pouvons laisser le peuple de Gaza sombrer dans le désespoir », a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier.

L'ambassadeur du Royaume-Uni au Caire, John Casson, a dit à Reuters que son pays donnerait trente-deux millions de dollars.

« OEUVRER POUR LA PAIX »

L'opération « bordure protectrice » a coûté la vie à deux mille cent gazaouis, en majorité des civils. En sept semaines de bombardements, dix-huit mille bâtiments ont été détruits. Les palestiniens estiment le coût de la reconstruction à quatre milliards de dollars sur trois ans.

Profitant de cette réunion, John Kerry a demandé à ce que l'ensemble des participants à la conférence s'engagent en faveur de la paix au Proche-Orient, estimant qu'un accord définitif entre Israël, les palestiniens et l'ensemble des pays arabes de la région pouvait être trouvé.

« Cette conférence ne doit pas déboucher seulement sur une aide financière mais sur un nouvel engagement de toutes les parties à oeuvrer pour une paix qui réponde aux aspirations de tous, les israéliens, les palestiniens et toutes les populations de la région. Et je vous assure de la détermination entière du président Obama, de moi-même et des Etats-Unis pour y parvenir », a-t-il dit aux délégués présents.

Ouvrant la conférence, le président égyptien, Abdel Fattah al Sissi, a exhorté Israël à engager de nouveaux efforts de paix fondés sur le plan présenté par l'Arabie Saoudite en 2002 et rejeté par l'état hébreu.

« Nous devons faire de ce moment le véritable point de départ pour parvenir à une paix qui garantisse la stabilité et la prospérité, et concrétise le rêve de la coexistence, telle est la vision de l'initiative de paix arabe », a-t-il dit.

Ce plan, présenté par Ryad lors du sommet de la Ligue Arabe de 2002 à Beyrouth, prévoyait la pleine reconnaissance d'Israël à condition qu'il restitue toutes les terres occupées depuis la guerre des six jours en 1967 et qu'il accepte une « solution juste » pour les réfugiés palestiniens.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 15:32

Le chef de l’exécutif d’Hong Kong exclut de démissionner (Reuters)

Le chef de l'exécutif d’Hong Kong, Leung Chun Ying, a réaffirmé Dimanche 12 Octobre 2014 qu'il ne démissionnerait pas et a prévenu les étudiants contestataires qui exigent son départ que leur mouvement échappait à tout contrôle.

Le blocus de certains quartiers d’Hong Kong, qui entre dans sa troisième semaine, ne pourrait pas continuer indéfiniment, a-t-il ajouté.

Ces dernières semaines, a-t-il dit lors d'une interview accordée à la chaîne TVB, « ont démontré qu'il était facile de lancer un mouvement de masse mais difficile de le stopper. Nul ne peut diriger l'orientation et le rythme de ce mouvement, qui est à présent un mouvement sans contrôle », a-t-il poursuivi.

Leung a ajouté que le gouvernement de la « région administrative spéciale » d’Hong Kong continuerait d'essayer de dialoguer avec les chefs de file du mouvement étudiant mais n'a pas exclu de recourir à « une force minimale » pour dégager les barrages.

« Nous devons et continuerons de convaincre et de communiquer avec les étudiants, et nous essaierons de ne pas recourir à la force pour faire évacuer le secteur », a-t-il dit à TVB.

« S'il faut faire évacuer le secteur, je pense que la police usera de sa formation professionnelle en recourant au minimum à la force. Nous ne voulons pas que nos habitants et nos étudiants soient blessés ».

En outre, a-t-il averti, il est totalement exclu que les dirigeants chinois reviennent sur leur décision, prise en août, de restreindre les candidatures au poste de chef de l'exécutif, projet qui limite singulièrement la démocratie à Hong Kong.

DEUX CENT TENTES

Pékin a déclaré que seuls les candidats acceptés par un comité de désignation seraient habilités à se présenter à l'élection du prochain chef de l'exécutif en 2017.

Le quotidien du peuple, organe du comité central du Parti Communiste Chinois, a parlé dans un éditorial de première page, samedi, de « troubles » à propos du mouvement démocratique « Occupy Central ». Le terme de troubles, à en croire certains analystes, reflète le malaise grandissant qui s'est emparé de l'élite dirigeante à Pékin.

Deux cent tentes jalonnent désormais Gloucester et Harcourt Roads, les artères habituellement les plus animées du quartier des affaires de Hong Kong.

Des centaines de manifestants, jeunes et vieux, ont passé la nuit de samedi à dimanche sur place. Certains ont gratté leurs guitares entre deux discours, d'autres ont joué aux cartes ou lu.

Murs et ponts auto routiers sont ornés de milliers de notes ou de banderoles, certaines qualifiant Leung de parrain de la mafia et d'autres voulant dissuader Taiwan d'accepter une formule « un pays, deux systèmes » en cas d'accord de réunification avec Pékin. D'autres banderoles, plus sobres, réclamant la « démocratie ».

Le mouvement étudiant a paru s'essouffler en début de semaine mais a repris de la vigueur après l'annulation jeudi par les autorités du dialogue prévu entre le pouvoir hongkongais et les protestataires. Vendredi soir, on a dénombré dix mille personnes dans les rues, venues écouter les leaders du mouvement appeler la population à reprendre la lutte.

L'atmosphère de carnaval qui entoure le mouvement en faveur de la démocratisation ne fait pas que des heureux dans l'ancienne colonie britannique.

Des employés du bâtiment et un syndicat de chauffeurs de taxi ont appelé les étudiants à mettre fin à leur mouvement et au blocus de certains axes, qui gênent leur activité professionnelle.

« La démocratie est très importante, mais le niveau de vie des gens l'est tout autant », a déclaré Chan Tak Keung, l'un des chauffeurs de taxi venus protester dimanche contre les étudiants dans le quartier d'Amiralty.

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