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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 20:10

Rassemblement Mardi 3 Juin 2014 de 17 heures à 20 heures Place des Terreaux à Lyon

Election présidentielle en Syrie ? Une bouffonnerie tragique

Alors que, jour après jour, les massacres se poursuivent en Syrie

Alors qu’un syrien sur trois est déplacé dans le pays ou réfugié dans les pays limitrophes ou ailleurs

Le régime annonce la tenue d’une prétendue « élection » présidentielle le 3 juin destinée à donner un vernis de légitimité au criminel en chef, Bachar al Assad. Une telle mascarade est une insulte au peuple syrien.

Le Comité d’Information pour une Syrie Libre et Démocratique, CISLD, appelle au rassemblement pour dénoncer cette pseudo élection et affirmer notre soutien au peuple syrien dans son combat pour sa dignité et son droit à fonder une véritable société démocratique.

Les organisations soussignées sont solidaires du combat mené par le peuple syrien pour la liberté et la justice sociale, l’émancipation et la démocratie, combat qui se poursuit depuis plus de trois ans.

Sur cette base, elles appellent à participer au rassemblement qui se tiendra

Mardi 3 Juin 2014 à 17 heures Place des Terreaux à Lyon

Signataires

FSU, NPA, ENSEMBLE, UJFP, SOLIDAIRES, EMANCIPATION, L’INSURGE

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 19:59

Le gouvernement d’union nationale palestinien a prêté serment (Reuters)

Le nouveau gouvernement palestinien d'union nationale a prêté serment Lundi 2 Juin 2014 lors d'une cérémonie organisée à Ramallah, le siège de l'Autorité Palestinienne en Cisjordanie, et retransmise à la télévision.

Le nouveau cabinet dirigé par Rami Hamdallah se compose de seize membres, décrits par le président palestinien Mahmoud Abbas comme des experts sans affiliation politique.

Trois ministres, qui vivent dans la bande de Gaza, contrôlée depuis 2007 par le Hamas, n'ont pu se déplacer, Israël ayant refusé de les laisser passer.

Le Fatah et le Hamas sont convenus il y a six jours de la formation d'un gouvernement d'union dans l'attente d'élections nationales dans un délai de six mois, conformément à leur accord de réconciliation annoncé en avril après des années de tractations.

« En ce jour et après l'annonce du gouvernement d'unité nationale, nous proclamons la fin des divisions qui ont provoqué des dégâts catastrophiques pour notre cause », a dit Abbas.

La mise en place de ce gouvernement a été menacée jusqu'au dernier moment par un différend entre les nationalistes du Fatah d'Abbas et les islamistes du Hamas.

Le mouvement de la résistance islamique protestait contre la décision de Mahmoud Abbas de supprimer le ministère des affaires pénitentiaires pour le remplacer par un comité qui n'aurait pas dépendu du gouvernement.

Mais le portefeuille, chargé du sort des palestiniens détenus par Israël, a finalement été maintenu et confié au premier ministre Rami Hamdallah, a déclaré un responsable du Hamas, Sami al Bardaouil.

« UN JOUR HISTORIQUE »

Ismaïl Haniyeh, qui dirigeait le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza, a salué dans un discours « un jour historique qui clôt le chapitre de sept années de division ».

Désormais présenté comme « ancien premier ministre » par la télévision du Hamas, il a également dit vouloir poursuivre la « résistance sous toutes les formes », allusion apparente à la lutte armée. L'accord de réconciliation signifie que la milice du Hamas, les brigades Kassam, « devient une armée à partir d'aujourd'hui », a-t-il ajouté.

En l'absence de forces du Fatah dans la bande de Gaza, le Hamas conservera de fait la mainmise sur la sécurité dans l'enclave, avec vingt cinq mille hommes affiliés aux brigades Kassam et vingt mille autres personnels armés.

En Israël, le cabinet de sécurité s'est réuni autour du premier ministre Benjamin Netanyahu et a déclaré qu'il imputerait à Mahmoud Abbas et son gouvernement toute attaque contre l'état juif, y compris les tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza qui visent le territoire israélien.

« L'accord avec le Hamas rend Abbas directement responsable de toute activité terroriste venant de Gaza », a déclaré Netanyahu dans un communiqué.

Le texte ne mentionne pas d'éventuelles sanctions économiques, même si le cabinet de sécurité donne au premier ministre la possibilité d'en imposer plus tard.

Le ministre des finances, le centriste Yair Lapid, a cependant mis en garde contre de trop brusques initiatives israéliennes.

« Dans les semaines à venir, nous devrons étudier ce gouvernement et décider à partir de là. Ce n'est pas le moment de fulminer. Il vaut mieux rester sobres et attentifs, autant que possible », a déclaré Yair Lapid à des parlementaires de son parti Yesh Atid.

Les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils entendaient travailler avec le nouveau gouvernement palestinien.

« Compte tenu de ce que nous savons actuellement, nous avons l'intention de travailler avec ce gouvernement mais nous serons attentifs à ce que les principes réaffirmés aujourd'hui par le président Abbas soient respectés », a déclaré Jen Psaki, porte-parole du département d'état.

« Nous continuerons à évaluer la politique de ce nouveau gouvernement, et sa composition, et nous agirons en conséquence », a-t-elle ajouté.

MANOEUVRES TACTIQUES

Les israéliens s'opposent à la réconciliation inter palestinienne en soulignant que le Hamas refuse de reconnaître son droit à l'existence et ne renonce pas à la violence.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en garde dimanche les pays qui reconnaîtraient le nouveau gouvernement palestinien.

« Pour les israéliens, il n'est pas très bon de laisser le Hamas manoeuvrer tactiquement dans le but d'essayer d'accroître son pouvoir à la fois en Cisjordanie et au sein de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine), tout en maintenant un contrôle exclusif sur Gaza », note Ehud Yaari, de l'institut de Washington pour la politique du Proche-Orient.

« Abbas a accepté le principe d'un état palestinien démilitarisé, mais Gaza n'est pas démilitarisée. Rien ne va changer », dit-il.

La plupart des commentateurs s'accordent à dire que ce gouvernement sera avant tout chargé d'expédier les affaires courantes, qu'il ne mettra sans doute pas fin aux divisions qui opposent depuis des années Cisjordanie et bande de Gaza, et que les décisions cruciales sur les questions de sécurité ou de diplomatie seront prises ailleurs.

Pour le Hamas comme pour le Fatah, ce pacte a avant tout un intérêt politique à court terme.

Pour le mouvement de la résistance islamique, de plus en plus impopulaire dans la bande de Gaza, l'espoir est que la création de ce gouvernement d'union permettra un allègement des restrictions imposées dans l'enclave par les militaires égyptiens.

Mahmoud Abbas, lui, espère que ce pacte d'unité pourra faire remonter sa popularité alors que vient d'échouer une nouvelle tentative de relance des pourparlers avec Israël. Elu président en 2005, celui dont le mandat a expiré il y a déjà cinq ans ne souhaiterait pas laisser comme seul bilan une Palestine divisée.

Selon les termes de l'accord, les palestiniens devraient retourner aux urnes dans six mois, ce qui pourrait concrétiser une unité jusqu'ici très symbolique. Mais peu d'observateurs croient à la tenue d'élections dans un délai si proche.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 19:44

http://www.podemos.info/prensa/comunicado-abdicacion

Communiqué aux cercles Podemos, aux électeurs de Podemos et aux citoyens en général avant l'abdication de Juan Carlos de Bourbon.

Avant l'annonce de l'abdication de Juan Carlos de Bourbon, Podemos, initiative citoyenne pour la restauration de la démocratie, veut communiquer ce qui suit

Nous croyons que la société espagnole est plurielle. Ainsi, nous comprenons qu'il n'y a pas d'excuses pour que les citoyennes et les citoyens ne puissent pas décider de la forme d’état dans laquelle ils veulent vivre.

Nous voulons la démocratie dans toutes les sphères de notre vie. Nous voulons décider de quel genre de pays quand lequel nous voulons vivre. En tant que citoyennes et citoyens, nous voulons avoir le droit de discuter et de choisir la forme d’organisation politique et économique de cette société, ainsi que toutes les questions pertinentes qui nous touchent en tant que pays.

Au cours des dernières années, nous avons connu les effets dévastateurs des alliances bureaucratiques, les décisions secrètes et le manque de contrôle démocratique sur les questions qui nous touchent. Dans ce contexte de crise sociale, économique et politique, nous croyons qu’un décret sur une décision aussi importante que la forme de l’état peut mener à un long cycle d'instabilité politique et approfondir la crise déjà grave de légitimité du système.

Par conséquent, nous proposons l'ouverture d'un processus de débat ouvert et pluraliste où tous les arguments sont entendus et où les décisions sont prises démocratiquement dans un processus dans lequel tous les citoyens peuvent participer.

En démocratie les gens décident. Nous ne sommes pas des sujets, nous sommes des citoyens.

Podemos

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 19:14

Le roi Juan Carlos d’Espagne abdique (Reuters)

Le roi Juan Carlos a annoncé Lundi 2 Juin 2014 qu'il abdiquait en faveur de son fils, le populaire prince héritier Felipe, après avoir passé près de quarante ans sur le trône d'Espagne.

« Une nouvelle génération réclame à juste titre de jouer un rôle de premier plan », a déclaré le monarque âgé de soixante seize ans, couronné en novembre 1975, dans une allocution à la télévision.

Sa décision avait été annoncée par avance dans la matinée par le président du gouvernent, Mariano Rajoy.

Agé de soixante seize ans, Juan Carlos a longtemps bénéficié d'une très forte popularité mais son aura a pâli ces dernières années du fait des affaires frappant la famille royale de même que de son mode de vie peu en phase avec les difficultés économiques subies par la population espagnole.

Le roi a subi ces dernières années de multiples opérations à la hanche qui le contraignent de se déplacer avec une canne.

Il a également eu des difficultés à s'exprimer lors d'un important discours cette année mais son abdication répond à des motifs politiques et n'est pas liée à sa santé déclinante, dit-on dans son entourage.

« LE MEILLEUR MOMENT POUR UN CHANGEMENT »

Mariana Rajoy lui-même s'est dit « convaincu que c'est le meilleur moment pour un changement », alors que le sentiment anti monarchique progresse dans le pays et que les partis de gauche et opposés aux élites ont obtenu des scores prometteurs aux élections européennes du 25 mai.

Podemos, la Gauche Unie et le parti vert EQUO, qui ont totalisé vingt pour cent des voix lors du scrutin, ont tous appelé lundi à un référendum sur la monarchie.

« Ce modèle de monarchie constitutionnelle avait du sens après Franco mais ce n'est plus nécessaire aujourd'hui. Avec tant de personnes sans emploi, pourquoi avoir une poignée de privilégiés », s'interroge Miguel, moniteur d'auto école à Madrid.

La constitution espagnole ne prévoit pas spécifiquement les règles entourant abdication et succession. Mariano Rajoy a indiqué qu'il réunirait son gouvernement dès mardi pour fixer le processus qui mènera au couronnement de Felipe VI.

Une loi sur la transition devra sans doute être votée par le parlement, où le Parti Populaire de Rajoy dispose de la majorité absolue.

Au palais royal, une source a précisé que le roi avait pris sa décision dès janvier. Le président du gouvernement et le chef de l'opposition socialiste, Alfredo Perez Rubalcaba, en ont été informés en avril mais l'annonce en a été différée pour ne pas perturber le déroulement des élections européennes du 25 mai dernier.

CONTRE LES PUTSCHISTES

Désigné dès juillet 1969 par Francisco Franco, qui veillait sur lui depuis son retour d'exil italien à l'âge de dix ans, Juan Carlos Alfonso Victor Maria de Borbon y Borbon a été couronné le 22 novembre 1975, deux jours après la mort de Franco.

La droite dure espagnole, qui espérait qu'il poursuivrait dans l'autoritarisme de Franco, s'est sentie trahie par sa décision de nommer le réformateur Adolfo Suarez, mort en mars dernier, au poste de président du gouvernement pour tenter de réconcilier « les deux Espagnes ».

Le rôle joué par Juan Carlos lors de la tentative de coup d'état menée par des officiers de l'armée le 23 février 1981 a fini de dissiper les interrogations.

« La couronne, symbole de la permanence et de l'unité de la patrie, ne peut tolérer aucun acte, aucune attitude de la part de personnes qui entendent interrompre par la force le processus démocratique », avait-il déclaré dans un discours à la nation retransmis en pleine nuit à la télévision alors que le lieutenant colonel Antonio Tejero, de la Garde Civile, et ses hommes retenaient les députés en otage dans l'enceinte des cortes, le parlement.

« Si le roi n'avait pas été là ce 23 février, le coup d'état militaire aurait triomphé, cela ne fait aucun doute à mes yeux », avait confié en 2001 à Reuters Santiago Carrillo, grande figure du Parti Communiste Espagnol contraint sous Franco à une quarantaine d'années en exil.

DEUX ESPAGNOLS SUR TROIS FAVORABLES À SON ABDICATION

Mais la popularité de Juan Carlos a fortement souffert ces dernières années des scandales et affaires de corruption qui ont impliqué des membres de la famille royale.

Sa fille, l'infante Cristina, a été inculpée au début de l'année de fraude fiscale et blanchiment d'argent, son gendre, Inaki Urdangarin, est poursuivi pour des faits présumés de détournement de fonds publics. La justice lui reproche d'avoir détourné six millions d'euros par le biais de sa fondation.

L'image personnelle du roi a aussi été sérieusement écornée par sa participation à un safari au Botswana en avril 2012. Ce voyage onéreux en pleine période de crise économique en Espagne n'avait été rendu public qu'en raison d'une chute du monarque, qui s'est alors fracturé une hanche.

D'après un sondage publié en début d'année par le quotidien El Mundo, près de deux espagnols sur trois (soixante deux pour cent) se déclaraient favorables à son abdication, contre quarante cinq pour cent un an plus tôt.

Selon le même sondage, une majorité d'espagnols estiment cependant que la monarchie pourrait retrouver son prestige si Felipe, âgé de quarante six ans, succédait à son père.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 16:04

Les autorités US exigent des licenciements chez BNP Paribas (Reuters)

Les autorités bancaires de l'état de New York réclament le licenciement d'une dizaine de dirigeants de BNP Paribas, en plus du paiement de plus de dix milliards de dollars, pour régler l'enquête en cours sur des soupçons d'infraction aux sanctions contre l'Iran et plusieurs autres pays, apprend-on de source proche du dossier.

Des membres de la « direction générale » sont visés, selon une des deux personnes interrogées Samedi 31 Mai 2014 par Reuters.

L'autre croit savoir que le responsable de la réglementation bancaire pour l'état de New York, Benjamin Lawsky, ne devrait pas demander le départ des deux ou trois principaux dirigeants de la banque aux Etats-Unis. Certains employés ont été remerciés et d'autres départs sont attendus, a-t-on ajouté.

BNP Paribas et le bureau de Benjamin Lawsky n'ont pas souhaité commenter ces informations.

BNP Paribas est également en discussion avec d'autres autorités américaines, notamment le département de la justice et le procureur de Manhattan.

Les autorités américaines cherchent à savoir si la banque française a cherché à contourner les sanctions imposées par les Etats-Unis à plusieurs pays et principalement au Soudan, entre 2002 et 2009.

De source proche des négociations, on estime que la transaction en cours avec les autorités américaines prévoit le versement d'une amende qui pourrait être supérieure à dix milliards de dollars (sept milliards trois cent millions d'euros) ainsi qu'une reconnaissance par la banque de sa culpabilité.

La banque pourrait également se voir interdire pendant un certain temps de régler des transactions en dollars.

La durée d'une telle suspension, potentiellement dévastatrice, n'est pas précisée, ni les activités concernées.

« QUELQU'UN L'A FAIT »

BNP Paribas compense des milliards de dollars via New York chaque jour, souligne-t-on, que ce soit dans le trading, les comptes ouverts chez elle ou les transactions sur les marchés des changes.

La banque pourrait alors perdre des transactions rentables mais aussi perdre les clients concernés.

Le montant définitif de l'amende n'est pas fixé, explique-t-on, mais les négociations portent désormais sur une somme « supérieure à huit milliards de dollars ».

Le département des services financiers de l'état de New York et le parquet de Manhattan obtiendraient chacun deux milliards de dollars, l'autre moitié étant répartie entre le département de la justice et d'autres autorités concernées par les enquêtes, notamment le département du trésor.

Benjamin Lawsky, un ancien procureur fédéral qui a à son actif la condamnation de grandes banques telles que Standard Chartered ou Credit Suisse à de lourdes peines, a fait savoir qu'il centrait son enquête sur le thème de la responsabilité personnelle.

« Si une banque commet une infraction pénale ou si une banque commet de graves violations de la réglementation, c'est que quelqu'un au sein de cette banque l'a fait. Une société est une chose inanimée », a déclaré Benjamin Lawsky le mois dernier.

D'autres facteurs doivent aussi être pris en compte avant de décider si la haute direction doit être tenue pour responsable des activités de ses subordonnés, a-t-il toutefois ajouté.

Il faut, a-t-il dit, regarder « ce qu'ils ont fait ou ce qu'ils n'ont pas fait ou ce pour quoi ils ont mis la tête dans le sable ou ce qu'ils n'ont pas contribué à changer. Il faut une analyse soigneuse, quand il s'agit d'individus, de leur vie et de leur carrière », a-t-il ajouté.

Depuis le 13 février, date à laquelle BNP a pris une provision de un milliard cent millions d'euros en vue d'une éventuelle amende, l'action a perdu plus de treize pour cent.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 15:39

L’auteur présumé de la tuerie de Bruxelles arrêté à Marseille (Reuters)

L'auteur présumé de la fusillade meurtrière du musée juif de Bruxelles, un français de vingt neuf ans, a été interpellé à Marseille avec des armes et une vidéo de revendication, ont annoncé Dimanche Premier Juin 2014 les autorités françaises.

« Un très fort faisceau d'indices graves et concordants » existe à l'encontre de Mehdi Nemmouche, originaire de Roubaix, arrêté vendredi à sa descente d'un autocar en provenance de Belgique, a précisé le procureur de la république de Paris, François Molins.

Il a expliqué lors d'une conférence de presse que l'homme détenait un fusil d'assaut Kalachnikov et un pistolet identique à celui utilisé à Bruxelles et que la carte mémoire de son appareil photo contenait une vidéo dans laquelle un homme, dont la voix ressemble à celle du suspect, revendique l'attaque.

La fusillade a fait trois morts, un couple israélien et une Française, samedi 24 mai. Un homme de nationalité belge est toujours dans le coma, a précisé le parquet de Belgique.

Placé en garde à vue pour assassinat, tentative d'assassinat, port, transport et détention d'armes, toutes infractions en relation avec une entreprise terroriste, « il ne dit rien, invoquant le droit au silence, il se refuse à toute déclaration », a dit François Molins.

Sa garde à vue peut durer jusqu'à mardi 12 heures 30 et peut être prolongée de quarante huit heures.

Mehdi Nemmouche a été incarcéré à cinq reprises en France, notamment pour vol, a ajouté le procureur de la république.

« Durant sa dernière détention, il s'était illustré par son prosélytisme extrémiste, fréquentant un groupe de détenus islamistes radicaux et faisant des appels à la prière collective en promenade ».

Libéré le 4 décembre 2012, Mehdi Nemmouche s'est rendu en Syrie le 31 décembre de la même année, a poursuivi le procureur. « Il va rester plus d'une année en Syrie, où il semble avoir rejoint les rangs de groupes combattants, organisations terroristes djihadistes, groupe combattant de l'Etat Islamique en Irak et au Levant ».

Un drap blanc avec inscrits en langue arabe le nom de ce groupe et la phrase « dieu est grand » a été trouvé en sa possession.

L'ÉTAT MOBILISÉ CONTRE LES DJIHADISTES

Le président François Hollande a salué le travail des forces de police, notamment des douaniers, et assuré que l'état était mobilisé contre les djihadistes pour « éviter qu'à leur retour ils puissent nuire comme, hélas, cela risque de s'être produit à Bruxelles. Nous les combattrons, nous les combattrons et nous les combattrons », a ajouté le président français lors d'un déplacement en Normandie.

Les autorités estiment que sept cent français combattent actuellement en Syrie. Des mesures ont été prises ces dernières semaines pour tenter de prévenir ce phénomène.

L'interpellation a eu lieu vendredi à 12 heures30 à la gare Saint-Charles, lors d'un contrôle du car, qui venait d'Amsterdam, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue.

Le procureur a ajouté qu'une mini-caméra avait été trouvée en la possession du suspect et que l'homme commentant la vidéo de revendication expliquait qu'il la réalisait car l'enregistrement de la tuerie n'avait pas fonctionné.

Erik van der Sypt, du parquet fédéral de Belgique, a déclaré qu'un juge belge avait émis un mandat d'arrêt européen et que le pays tenterait d'obtenir son extradition.

Après l'interpellation du suspect, le vice-président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, a fait part de son soulagement mais aussi de son inquiétude.

« L'acte terroriste était un acte exceptionnel dans la société française, il est en train de se banaliser », a-t-il déclaré sur I Télé. « C'est quelque chose qui évidemment inquiète très profondément les juifs de France car les juifs de France sont aujourd'hui la première cible de ces terroristes ».

L'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) a salué « le travail des autorités. Nous attendons des autorités une intensification des mesures contre les activités des djihadistes en particulier face au recrutement de combattants sur les réseaux sociaux et les forums internet », déclare son président, Sacha Reingewirtz, dans un communiqué.

Des représentants juifs ont fait le parallèle entre la tuerie de Bruxelles et l'équipée meurtrière de Mohamed Merah, qui avait abattu le 19 mars 2012 trois enfants juifs et un enseignant devant l'école Ozar Hatorah de Toulouse, après avoir tué trois militaires.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 15:24

Le sergent US libéré par les talibans hospitalisé en Allemagne (Reuters)

Le sergent américain Bowe Bergdahl, libéré après cinq ans de captivité aux mains des talibans en Afghanistan, est arrivé Dimanche Premier Juin 2014 en Allemagne où il a été conduit à l'hôpital de l'US Army à Landstuhl, en Rhénanie-Palatinat.

Il devrait ensuite être transféré dans un autre établissement médical à San Antonio, au Texas, à une date qui n'a pas été précisée, a-t-on ajouté de source militaire américaine.

Le sergent Bergdahl a été libéré samedi en échange du transfert au Qatar de cinq talibans détenus depuis 2002 sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba.

Cet échange est le résultat de plusieurs années de tractations indirectes chaotiques, relancées en novembre dernier, dans lesquelles le Qatar a servi de médiateur.

Bowe Bergdahl, apparemment en bonne santé, a été relâché samedi vers 18 heures locales (13 heures 30 GMT) dans l'est de l'Afghanistan et remis aux forces spéciales de l'US Army en présence de dix-huit talibans.

Un responsable du Pentagone a déclaré qu'une fois dans l'hélicoptère, Bergdahl a écrit sur une assiette en carton « SF », l'abréviation pour les forces spéciales. Ses sauveteurs lui ont répondu, « oui, et cela fait longtemps qu'on te cherchait ». A ce moment, le sergent a éclaté en sanglots.

Après avoir subi des examens médicaux sur la base américaine de Bagram, en Afghanistan, il a été transféré à Landstuhl, dans le sud-ouest de l'Allemagne.

Parallèlement, les cinq talibans libérés ont quitté Guantanamo à bord d'un appareil de l'armée américaine à destination du Qatar.

Lors d'une brève conférence de presse organisée dans la roseraie de la Maison Blanche, Barack Obama, entouré des parents du sergent Bergdhal, a évoqué « l'engagement indéfectible » des Etats-Unis à ramener chez eux les prisonniers de guerre américains.

OBAMA REMERCIE LE QATAR

S'adressant aux parents du soldat, le président américain a déclaré « qu’en tant que parent, je ne peux imaginer l'épreuve que vous avez traversée ».

C'est Barack Obama lui-même qui a appelé samedi les parents de Bowe Bergdahl pour leur annoncer la libération de leur fils, aujourd'hui âgé de vingt huit ans.

Originaire de l'Idaho, Howe Bergdahl avait été fait prisonnier dans la province de Paktia le 30 juin 2009, deux mois après son arrivée en Afghanistan. Soldat de deuxième classe à l'époque de sa capture, il a été promu sergent au cours de sa captivité.

Barack Obama a remercié le Qatar pour son rôle dans cette affaire, ainsi que le gouvernement afghan. « Le Qatar nous a donné l'assurance qu'il mettrait en oeuvre des mesures pour protéger notre sécurité nationale », a dit Obama.

Le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel, qui s'est rendu en Afghanistan, a déclaré que le gouvernement de Doha allait prendre les mesures nécessaires pour que les cinq hommes soient bien surveillés et ne représentent aucun danger pour les Etats-Unis.

L'idée de cet « échange » courait depuis quelques temps et plusieurs membres du congrès avaient fait part de leur crainte de voir les cinq talibans, et notamment Mohammed Fazl, détenu depuis 2002 à Guantanamo, reprendre leurs activités anti-américaines.

Un représentant du Pentagone a identifié les cinq détenus transférés au Qatar comme étant Mohammed Fazl, Mullah Norullah Noori, Mohammad Nabi, Khairullah Khairkhwa et Abdul Haq Wasiq.

CINQ DÉTENUS « À HAUT RISQUE »

Selon des documents du Pentagone publiés par l'organisation Wikileaks, les cinq hommes ont été transférés en 2002 à Guantanamo, où ils ont été enregistrés comme des détenus « à haut risque, susceptibles de menacer » les Etats-Unis, leurs intérêts et leurs alliés. Fazl serait responsable de la mort de milliers de chiites afghans entre 1998 et 2001.

A Kaboul, nombreux sont les afghans, notamment au sein des agences de sécurité, qui pensent que les cinq hommes vont reprendre le combat. « Ce sont des gens très dangereux, liés à des organisations terroristes dans le monde entier », a dit un membre des services secrets qui a requis l'anonymat.

« Cet échange va entretenir le moral des talibans et les pousser à capturer d'autres soldats étrangers. Ils savent maintenant que cela paiera », a estimé le colonel Asadullah Samadi, de l'armée nationale afghane.

« Tout cela montre que le gouvernement des Etats-Unis n'a rien à faire de l'Afghanistan et de son peuple », a déclaré pour sa part Gul Mohammad, un enseignant.

L'échange, alors que les Etats-Unis se désengagent progressivement d'Afghanistan, pourrait selon les américains favoriser des pourparlers entre le gouvernement de Kaboul et les talibans sur une paix négociée. « Nous espérons que ce succès, limité mais important, créera l'opportunité d'élargir le dialogue sur d'autres questions. Mais nous n'avons aucune promesse à ce sujet », a déclaré un responsable américain.

Une thèse que réfutent les talibans. « Il y a simplement eu une négociation entre nous et les américains, cela n'a rien à voir avec le processus de paix auquel nous ne croyons pas », a dit un porte-parole du groupe islamiste, Zabihullah Mujahid.

Les cinq de Guantanamo, a-t-il poursuivi, vont mener une vie normale au Qatar, avec leurs familles.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 14:40

http://www.jaime-lukraine.fr/euro-maidan/soutien-euromaidan/petitions

Pour ceux qui désirent soutenir l’Ukraine, voici la liste des pétitions en cours

Pétition « François Hollande, Laurent Fabius, mettre à l’honneur le président ukrainien lors de la commémoration du soixante dixième anniversaire du débarquement américain, le 6 Juin 2014. Ne pas inviter le président russe Vladimir Poutine ». > Lire et signer la pétition

Pétition pour désigner la Russie comme « état sponsor du terrorisme » (en anglais). > Lire et signer la pétition

Pétition contre la décision de François Hollande de maintenir son invitation à Vladimir Poutine dans le cadre des commémorations du soixante-dixième anniversaire du débarquement des alliés en Normandie. > Lire et signer la pétition

Annulons la vente de navires français Mistral à la Russie ! > Lire et signer la pétition

Au conseil de l’Europe, et à la Commission de Venise. Soutenir les habitants de Crimée à ne pas reconnaître la légitimité du référendum du 16 mars 2014 (en russe). > Lire et signer la pétition

Contre l’agression russe en Crimée > Lire et signer la pétition

Une pétition adressée à Vladimir Poutine. « Nous sommes des russes ethniques et des ukrainiens russophones, nous n’avons pas besoin de votre défense » (en russe). >Lire et signer la pétition.

Manifeste des citoyens ukrainiens et russes libres (en russe). > Lire la suite et soutenir le manifeste

Justice pour les manifestants ukrainiens d’Euro Maïdan, pour une commission d’enquête internationale en Ukraine. >Lire et signer la pétition.

Amnesty International. Stop à l’impunité policière en Ukraine. >Signer la pétition.

Lettre ouverte des ukrainiens d’Europe à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (en anglais) > Lire la suite et signez la pétition

Pétition adressée au président des Etats-Unis pour mettre en place les sanctions contre les politiques ukrainiens responsables de violences en Ukraine (en anglais). > Lire et signer la pétition

Par solidarité, un de nos lecteurs a rédigé cet email à destination du ministre des affaires étrangères. Il est aussi possible de le modifier pour l’envoyer à la présidence de la république: http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/navigation/nous-ecrire/

Monsieur le ministre,


La situation en Ukraine ces derniers jours s’est subitement détériorée avec l’envoi de troupes russes sur le territoire souverain ukrainien ce qui est clairement une menace de guerre beaucoup plus grave.

L’attitude de la Fédération de Russie n’est pas nouvelle car en août 2008 votre prédécesseur avait déjà eu à intervenir dans le conflit opposant la Fédération de Russie à la Géorgie. A cette occasion un accord avait été signé entre les parties sous l’égide du président Nicolas Sarkozy assurant alors la présidence tournante de l’Union Européenne.

Cet accord n’a pas été respecté et les troupes russes sont encore stationnées en Géorgie.

Peu après il fut décidé de construire en France des navires militaires de type BPC de classe Mistral au profit de la Fédération de Russie avec transfert de technologies militaires et d’option pour en construire d’autres en Russie.

Ce signal donné à la Russie n’a été qu’un encouragement à poursuivre sa politique de menaces de toutes sortes et y compris armées à l’égard des pays voisins.

Il est encore temps d’envoyer le signal qu’on ne permettra pas à la Russie d’intervenir militairement dans son « proche étranger » en plus de l’encourager à aller plus loin. En effet, en 2008 des personnalités ont alerté l’opinion en disant « qui est le prochain ».

Aujourd’hui c’est l’Ukraine, demain les navires que la France compte livrer à la marine russe pourront servir contre les états baltes, en mer Noire ou n’importe ou, au prétexte de défendre des citoyens russes ou autres.

Je vous demande par la présente de ne pas livrer ces navires à la marine de la Fédération de Russie et ainsi concrètement de faire comprendre à la Russie que l’on ne peut pas l’encourager à franchir certaines limites qui ne sont pas acceptables.

Je vous prie d’agréer, monsieur le ministre, l’expression de ma très haute considération.

Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à les poster dans les commentaires afin que l’on puisse les rajouter dans l’article.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 18:59

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/60368/demantelement-10-camps-roms-corbeil-essonnes

Démantèlement de dix camps de roms à Corbeil Essonne

Mardi 27 Mai 2014, les forces de l’ordre ont démantelé dix camps de roms le long de la RN7, à la hauteur du centre hospitalier de Corbeil Essonne. Environ trois cent cinquante roms ont été expulsés, même si le nombre exact reste difficile à déterminer.

A partir de 9 heures, la circulation a été fortement perturbée par l’opération, qui s’est déroulée a priori sans accroc, avec une vingtaine de fourgons de police déployés. Deux arrêtés municipaux ont été publiés lundi matin, permettant le lancement de la procédure d’expulsion vingt quatre heures plus tard. Dès lundi soir, des militants de l’association ASEFR (Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms) se sont déplacés dans les campements pour apporter leur soutien aux personnes expulsées. Les forces de l’ordre sont en effet intervenues plusieurs fois, pour demander aux familles roms de partir d’elles-mêmes dans un premier temps.

Une opération d’envergure

Dans cette zone, une dizaine de camps s’étaient installés, certains depuis plusieurs années.

Parmi les trois cent cinquante roms qui y vivaient, on compte une centaine d’enfants, dont une trentaine âgés de moins de trois ans. De nombreux enfants sont d’ailleurs scolarisés dans des écoles, maternelles, collèges et primaires de Corbeil-Essonnes. Mardi matin, une maîtresse s’est même rendue sur les campements pour essayer de retrouver des enfants de sa classe. « Les familles souffrent, les militants aussi » déplore Nicole Brulais, membre de l’ASEFR.

Cette opération semble être la première d’une série prévue dans le courant de la semaine dans le reste du département. D’autres bidonvilles comme ceux de l’ancienne usine Galant de Villebon, risquent également de faire l’objet de procédures d’expulsion.

Cette opération est également difficile à encaisser pour les militants car le campement situé à côté de la faculté des métiers, démantelé hier, était statué « non expulsable ». L’avocate de l’association, Julie Bonnier, avait pourtant déposé un recours à l’arrêté municipal du début de semaine, mais le tribunal administratif n’avait toujours pas rendu sa décision mardi soir.

Solutions temporaires

Des logements disponibles immédiatement ont été proposés aux familles expulsées qui le désiraient. Certains des roms expulsés seront provisoirement hébergés dans un centre communal. Une quarantaine seront logés pour la nuit dans des hôtels, ce jusqu’au 2 juin prochain. L’avenir immédiat des autres est indéterminé. « Nous aurons peut-être des nouvelles par téléphone de ceux qui sont partis avant la destruction des camps » explique Nicole Brulais. La Maison des Solidarités de Corbeil-Essonnes a, quand à elle, fait appel au Secours Catholique dès la semaine dernière pour la préparation de plateaux repas.

Finalement, après cette date butoir du 2 juin, aucune alternative sociale ne sera proposée aux habitants des campements, les familles repartiront certainement reconstruire d’autres baraquements ailleurs.

« L’absurdité des expulsions ne fait que rajouter de la misère à la misère sans pour autant trouver des solutions pérennes », déplore Laurent Lurton, responsable du Secours Catholique en Essonne.

On estime à deux mille le nombre de roms réfugiés aujourd’hui en Essonne.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 18:41

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/05/30/ces-oligarques-syriens-qui-tiennent-a-bout-de-bras-le-regime-assad_4429096_3210.html

Ces oligarques syriens qui tiennent à bout de bras le régime Assad

Par Benjamin Barthe

Vendredi 30 Mai 2014

En Syrie, les affaires continuent. Malgré l’océan de destructions semées par les forces loyalistes et les sanctions votées par les pays occidentaux, une poignée d’entrepreneurs dans l’orbite du pouvoir engrange toujours des profits. Des témoignages récoltés par Le Monde, auprès de très bons connaisseurs du régime syrien, dévoilent une partie du système occulte et prédateur qui permet au président Bachar al Assad d’entretenir l’allégeance de ses fidèles et de financer sa guerre contre l’opposition.

A quelques jours de la pseudo-présidentielle du 3 juin, qui devrait offrir au chef de l'état son troisième mandat consécutif, la mise en coupe réglée du pays et la dépendance de Damas de ses alliés, notamment l'Iran, n'ont jamais été aussi forte. « Il n'y a presque plus un seul dollar qui entre légalement dans les coffres de l'état », constate un ancien intime du clan Assad.

« Les puits de pétrole sont passés sous le contrôle des rebelles ou des kurdes. Les gens ne paient plus ni leurs impôts, ni leurs factures d'eau ou d'électricité. Tout ce qui reste au régime pour payer les salaires des fonctionnaires, ce sont les magouilles et l'aide directe de l'Iran et de l'Irak ».

En matière de combines, le roi reste Rami Makhlouf. Ce cousin de Bachar al Assad, qui contrôle des pans entiers de l'économie syrienne, comme la téléphonie mobile (Syriatel), a su, de sources convergentes, maintenir sa position dominante. Avec Ayman Jaber et Abdel Kader Sabra, deux hommes d'affaires de la côte, et Samir Hassan, ancien de Nestlé, il a investi dans l'importation de produits alimentaires, notamment le blé, le riz, le sucre et le thé. Un nouveau marché, apparu à la faveur des mauvaises récoltes de l'année 2013 et du basculement de nombreuses zones rurales dans les mains de la rébellion. Contrairement au pétrole, les produits alimentaires échappent à l'embargo européen.

Une multitude de paravents

Autre aubaine créée par la crise, l'importation de pétrole, une activité déléguée au secteur privé depuis que les sites d'extraction de Deir ez-Zor et Hassaké ne sont plus contrôlés par l'état. Ce marché attire d'autant plus les convoitises que Téhéran a accordé à Damas, en août 2013, un crédit de trois milliards six cent millions de dollars (deux milliards six cent millions d’euros), destiné spécifiquement à l'achat de brut et de produits pétroliers. Les heureux élus se fournissent en Iran et en Irak, mais aussi auprès des groupes rebelles qui se sont emparés des puits. Au début de l'année, des chancelleries occidentales affirmaient que des émissaires du régime avaient acheté du pétrole au Front al Nosra, un groupe djihadiste présent à Deir ez-Zor.

« Le conflit a rebattu les cartes d'un point de vue économique », analyse Peter Harling, de l'International Crisis Group. « Il a forcé des grandes familles à s'exiler ou à fermer boutique et a permis à une nouvelle génération d'affairistes d'émerger ». L'un des intermédiaires en vogue sur le marché du blé est la famille Foz, de Lattaquié, qui agit pour le compte du général Dhou al Himma Chalich, cousin de Bachar al Assad et patron de sa garde privée, visé par les sanctions occidentales.

Pour échapper aux sanctions internationales, les profiteurs de guerre s'abritent derrière une multitude de paravents. « Rami Makhlouf a un bureau d'avocats à ses ordres qui passe l'essentiel de son temps à créer des sociétés écrans », assure un membre de l'élite économique damascène. Une partie de ces faux nez a été identifiée par les limiers du trésor américain et de la commission européenne. Un fonds d'investissements aux îles Caïmans et une holding au Luxembourg, Drex Technologies, ont été ajoutés, en 2012, sur la liste noire des sociétés et des entrepreneurs accusés de financer le régime Assad.

Mais selon un homme d'affaires syrien très bien informé, le cousin Rami est parvenu à mettre une bonne partie de sa fortune à l'abri, notamment à Dubaï. L'émirat du Golfe, où vit Bouchra al Assad, la sœur du président syrien, s'enorgueillit du fait qu'il a recueilli, après le début des « printemps arabes », une partie des avoirs des élites du Proche Orient en quête de confidentialité. « Depuis 2011, Dubaï joue dans notre région le même rôle qu'a joué la Suisse durant la seconde guerre mondiale, en Europe », confie la source syrienne.

Par le biais de son père, Mohammed, qui vit entre Damas et Moscou, le PDG de Syriatel dispose aussi de facilités en Russie. C'est d'ailleurs dans ce pays qu'est imprimée la monnaie syrienne, depuis que l'Autriche a dû renoncer à ce contrat, en application des sanctions européennes, décidées à l'automne 2011. En décembre de cette année, le Kremlin, indéfectible protecteur de Damas, avait autorisé la banque centrale syrienne à ouvrir des comptes en roubles dans des banques russes. Un stratagème destiné à contourner les sanctions occidentales, qui interdisent aux syriens de conduire des transactions en dollars.

Des millions de dollars par valises diplomatiques

L'empire Makhlouf dispose aussi de relais en Roumanie, où le beau-père de Rami, Walid Othman, est ambassadeur. « Les activités de ses enfants en Europe, notamment à Vienne et Bucarest, génèrent des millions de dollars de cash, qui sont renvoyés en Syrie par la valise diplomatique », accuse Ayman Abd al Nour, le rédacteur en chef du site d'informations http://www.all4syria.info, un ancien conseiller de Bachar al Assad passé à l'opposition.

Le gang des oligarques syriens comprend aussi Maher al Assad, le frère du président, et ses affidés, Mohammed Hamsho, Samer Debs et Khaled Qadour. Le premier, qui détient le très juteux marché du VOIP (Voice Over Internet Protocol), un système de communications à bas prix de l'étranger vers la Syrie, s'apprête à obtenir du ministère du tourisme une licence pour développer un projet d'île artificielle, près de Tartous.

En contrepartie des prébendes que leur accorde l'état, ces industriels lui reversent une partie de leurs bénéfices. Le magot de Syriatel finance à l'évidence les salaires du service public, voire la solde des chabbiha, les miliciens pro-régime. Selon l'économiste Jihad Yazigi, auteur d'un rapport sur l'économie de guerre syrienne, des compagnies de bus ont mis leur flotte au service de l'armée. Signe de la résilience de cette caste, aucun ou presque des hommes d'affaires inscrits sur la liste noire n'a rallié l'opposition. Quelques personnes ont obtenu que leur nom soit effacé, après avoir plaidé l'erreur d'identité devant les tribunaux américains ou européens.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, pour l'immense majorité des entrepreneurs syriens, le conflit est une calamité. Les experts de l'ONU ont fait le calcul, même avec une croissance annuelle de cinq pour cent, il faudra trente ans pour que le produit national brut syrien retrouve son niveau d'avant guerre.

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