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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:13

 

Manuel Valls l'ambitieux à la conquête de l'Elysée (Reuters)

 

Libéré par le renoncement de François Hollande, Manuel Valls s'est lancé dans la course à la présidence de la république, le rêve de cet ambitieux naturalisé français à vingt ans qui tentera d'unir un Parti Socialiste à la dérive autour de sa candidature.

« Je me prépare », avait déclaré à la fin du mois de novembre 2016 le locataire de Matignon depuis deux ans et demi, provoquant l'ire du camp hollandais qui y voyait une pression sur le chef de l’état, trois jours avant la décision du président.

Il a franchi le pas Lundi 5 Décembre 2016, dans son fief d'Evry, dans le département de l’Essonne.

« J'ai cette force en moi et cette volonté de servir mon pays, c'est au-delà des mots et c'est une conviction totale, je veux tout donner pour la France qui m'a tant donné », a-t-il dit.

S'il n'a jamais caché son ambition d'accéder un jour aux plus hautes fonctions, initialement programmée pour 2022, Manuel Valls, cinquante quatre ans, aura fort à faire pour rassembler une gauche en partie rétive à son égard.

L'aile gauche du Parti Socialiste ne pardonne pas à l'ancien ministre de l’intérieur d'avoir soutenu le projet de déchéance de nationalité pour les personnes coupables de terrorisme, qualifié d’erreur par François Hollande lui-même.

Les frondeurs socialistes se souviennent aussi de son passage en force, via le quarante-neuvième article de la constitution permettant d'adopter des textes sans vote, sur deux projets relatifs à la relance de l'économie et au code du travail.

Les positions du premier ministre sur la république et le rôle de l'islam en France, qui ont notamment alimenté le débat de l'été dernier sur le port du burkini, maillot de bain porté par des femmes musulmanes, sont aussi clivantes.

S'il ne fait pas l'unanimité, « l'homme aux cinq pour cent » des voix recueillies à l’élection primaire du Parti Socialiste en 2011 peut compter sur des sondages de popularité encourageants.

Près de la moitié des sympathisants de gauche, quarante cinq pour cent, interrogés après le renoncement de François Hollande disent souhaiter qu'il soit le candidat du Parti Socialiste au premier tour des élections présidentielles de 2017, selon un sondage de l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP) pour le Journal Du Dimanche (JDD).

Ils n'étaient que trente huit pour cent à le désigner parmi une liste de candidats avant l'annonce du président de la république, Jeudi Premier Décembre 2016.

La progression du premier ministre se retrouve de la même manière chez les sympathisants du Parti Socialiste, qui disent à soixante et un pour cent souhaiter qu'il soit le candidat désigné du Parti Socialiste après l'annonce du président, contre cinquante quatre pour cent auparavant.

C'est à Evry, ville populaire de la région parisienne, que Manuel Valls a entamé son ascension politique bâtie sur une réputation d'homme à poigne du Parti Socialiste, ébauchée à la fin des années 1990, peaufinée au ministère de l’intérieur, entre 2012 et 2014, puis à Matignon, où il entre au mois d’avril 2014.

Classé à l'aile droite du Parti Socialiste, cet ambitieux à la gestuelle énergique qui pratique la boxe, a été longtemps le ministre le plus populaire du gouvernement en s'affichant sans complexe comme le « premier flic de France ».

Avant d'accéder au ministère de l’intérieur, ce catalan au verbe tranchant tenait l'essentiel de son expérience de ses quatre ans au cabinet de Lionel Jospin en tant que conseiller pour la communication et de ses mandats de maire d'Evry depuis 2001 et de député de l'Essonne depuis 2002.

Né en 1962 à Barcelone d'un père espagnol et d'une mère à la double nationalité espagnole et suisse, ce diplômé d'histoire, grand admirateur de Georges Clémenceau, est l'un des rares hommes politiques français à avoir acquis la nationalité par naturalisation, à l'âge de vingt ans.

« J'ai passé un entretien au commissariat du quatrième arrondissement de Paris et j’ai dû répondre à des questions sur mes parents et sur ma vie personnelle », raconte-t-il au mois de mars 2015 au Parisien Magazine.

« C'est à ce moment-là, sans doute, que la question de la nationalité française s'est imposée à moi ».

Entré à dix sept ans au Parti Socialiste, Manuel Valls rallie d'abord Michel Rocard et sa deuxième gauche, avant de devenir jospiniste puis, sur le tard, défenseur de François Hollande qu'il rallie dès le soir du premier tour de l’élection primaire de 2011.

Son discours décomplexé et ses positions dérangeantes au yeux du Parti Socialiste lui ont valu des inimitiés tenaces, de la maire de Lille Martine Aubry à celle de Paris Anne Hidalgo en passant par l’ancienne ministre de la justice, Christiane Taubira.

Son arrivée au gouvernement provoque le départ des ministres écologistes, dont Cécile Duflot, en désaccord avec ses positions sur le nucléaire ou l'immigration.

L'été suivant, au mois d’août 2014, le ministre de l’économie Arnaud Montebourg, le ministre de l’éducation nationale Benoît Hamon et la ministre de la culture Aurélie Filippetti, quittent son gouvernement après avoir trop ouvertement critiqué sa politique économique.

Considéré avec méfiance par les hollandais qui n'ont pas toujours cru à sa loyauté affichée envers le président, Manuel Valls peut compter sur l'appui d'amis de longue date comme le sénateur Luc Carvounas, le député Carlos da Silva, les ministres Jean-Marie le Guen et Jean-Jacques Urvoas ou encore Harold Hauzy et Christian Gravel, qui ont travaillé à ses côtés à Matignon.

Père de quatre enfants, Manuel Valls s'est remarié en 2010 avec la violoniste Anne Gravoin.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 19:22

 

http://www.latimes.com/opinion/editorials/la-ed-trump-immigration-daca-20161115-story.html

 

Donald Trump a gagné les élections sur la rhétorique contre les migrants, mais il devrait néanmoins appliquer le Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA)

 

Samedi 19 Novembre 2016

 

Même avant le jour de l'élection, Donald Trump s'éloignait déjà de son absurde engagement de campagne pour déporter plus de onze millions de personnes vivant aux États-Unis sans statut légal.

Maintenant, il dit à la nation qu’il va se concentrer d'abord sur l'élimination de plus de trois millions de « personnes qui sont criminelles ou qui ont des casiers judiciaires » tout en sécurisant la frontière mexicaine avec un mur qui pourrait également inclure des sections de clôture. Il a également adouci sa rhétorique en admettant que certains non-criminels vivant illégalement aux États-Unis sans autorisation sont des « gens formidables » qui pourraient être autorisés à revenir.

Mais jusqu'à présent il n'y a pas de plan. En particulier pour les soit disant rêveurs, les personnes arrivées aux États-Unis comme mineurs et élevés dans ce pays depuis lors, mais qui n'ont pas la permission légale de vivre ici. Pour leur donner un peu de respiration, le président Barack Obama a créé unilatéralement le programme DACA en 2012 qui a accordé des autorisations temporaires de séjour à sept cent quarante deux mille personnes, environ un sur trois vivent en Californie, permettant à beaucoup d'entre eux de travailler ou autrement de sortir de la clandestinité. Barack Obama, il y a deux ans, a cherché à élargir le DACA et à créer le programme Deferred Action for Parents of Americans (DAPA) pour les résidents permanents réguliers, mais les tribunaux ont mis ces initiatives en suspens en réponse à un procès accusant l'administration de dépasser son autorité.

Donald Trump a gagné les élections sur la rhétorique contre les migrants qui a été entachée parfois d’accents de fanatisme. Sa promesse de campagne « expulsez les tous » était manifestement impraticable et, selon l’American Action Forum, il faudrait vingt ans pour la réaliser et elle coûterait jusqu'à six cent milliards de dollars. Il est difficile de comprendre comment ce genre de dommage infligé à une société construite sur l'immigration rendrait sa grandeur à l'Amérique.

Mais Donald Trump a également promis de mettre fin immédiatement aux programmes DACA et DAPA de Barack Obama, qui ont été violemment contestés par le parti républicain. En tant que président, Donald Trump pourrait facilement annuler les ordres administratifs signés par Barack Obama pour créer ces programmes. Il n'a pas encore envoyé de signaux post électoraux sur le sort de ces programmes, mais le sénateur Jeff Sessions, un des principaux sénateurs pour augmenter les expulsions, a été nommé à la tête du ministère de la justice.

Donald Trump ne devrait pas aller dans ce sens. Les rêveurs qui bénéficiaient de la DACA n'ont aucune responsabilité personnelle pour leur statut de sans-papiers, ils sont arrivés ici en raison des actions de leurs parents et pas en raison de leurs actions personnelles. Pour être admissibles au programme, ils doivent être nés après le 15 juin 1981, être arrivés aux Etats Unis avant leur seizième anniversaire et ne pas avoir abandonné l'école ou avoir commis des crimes graves. Ils ne peuvent pas non plus constituer un risque pour la sécurité nationale ou la sécurité publique.

Ceux qui ont déjà reçu le statut de DACA sont, dans l'ensemble, des membres contributeurs de la société, certains ont même servi dans l'armée. La majorité, s'ils étaient admissibles au statut légal, seraient tout simplement le genre d'immigrants que la nation devrait accueillir. Il serait injuste de les forcer à quitter leur pays de résidence et de les renvoyer dans des pays potentiellement dangereux où ils ne parlent peut-être même pas la langue, en raison des actions de leurs parents.

Le programme DACA n'est pas un programme d'amnistie, peu importe comment le candidat Donald Trump et ses partisans de droite ont cherché à le présenter.

Le programme DACA a été conçu comme un compromis raisonnable et humanitaire par l'administration de Barack Obama, tandis que le congrès a lutté pour adopter une réforme significative à long terme de l'immigration qui traiterait de leur statut de résidents. Le refus du congrès d’accepter un compromis était purement politique, les derniers congrès passeront dans l'histoire pour leur refus tenace de travailler avec la Maison-Blanche de Barack Obama sur certaines des questions d’actualité les plus urgentes, y compris la réforme de l'immigration.

Mais Donald Trump va bientôt occuper le bureau oval, les républicains contrôlent les deux chambres du congrès et la nation va pouvoir enfin obtenir de nouvelles lois sur l'immigration. De l’accès à la citoyenneté pour les personnes vivant illégalement dans le pays et d'autres réformes de bon sens, les législateurs pourraient passer à l’adoption de politiques d'immigration encore pire.

Pourtant, nous espérons que Donald Trump et le congrès reconnaîtront qu'une vaste campagne de déportation visant à déraciner des millions de personnes qui sont ici en moyenne depuis plus d'une décennie serait impraticable, injuste et dommageable. Un tel programme dévasterait les familles, affaiblirait les quartiers et déstabiliserait les marchés du travail dans l'agriculture, la construction et même les industries de cols blancs où les travailleurs de classe professionnelle sont au travail sans statut légal. Donald Trump pourrait commencer à diminuer les inquiétudes des communautés immigrées et embrasser la décence humaine fondamentale en préservant le programme DACA comme un pont vers une vraie et humaine réforme de l'immigration et en reconnaissant que retenir les jeunes élevés et éduqués ici serait bon pour le pays.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 18:20

 

Les rebelles syriens ont dit aux Etats Unis leur refus de quitter Alep (Reuters)

 

Les groupes rebelles syriens ont fait savoir aux Etats-Unis qu'ils ne quitteraient pas Alep et qu’ils n'acceptaient pas la demande de la Russie d'un retrait total des combattants de la partie est d'Alep assiégée, a annoncé Dimanche 4 Décembre 2016 un responsable des insurgés.

Contacté en Turquie, le chef du bureau politique du groupe Fastakim basé à Alep, Zakaria Malahifji, a déclaré que cette fin de non recevoir avait été transmise lors de contact avec les américains Samedi 3 Décembre 2016 après les déclarations de la Russie, allié clé du président syrien Bachar al Assad.

« Notre réponse aux américains a été la suivante, nous ne pouvons pas quitter notre ville et nos maisons pour les laisser aux milices mercenaires que le régime a mobilisées à Alep », a déclaré Zakaria Malahifdji.

La question posée par les responsables américains aux rebelles était en substance la question de savoir s’ils voulaient partir ou rester sur leurs positions, a précisé Zacaria Malahifdji.

« Ils ont écouté la réponse et n'ont pas fait de commentaires », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons laisser nos maisons à des afghans et à des irakiens », a ajouté le dirigeant de Fastakim. « Les responsables américains étaient en contact avec moi et avec certains des chefs politiques et militaires à Alep. Nous nous sommes mis d'accord sur cette réponse », a-t-il précisé.

Zakaria Malahifdji avait déjà déclaré Samedi 3 Décembre 2016 que les groupes rebelles ne quitteraient pas Alep.

Samedi 3 Décembre 2016, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie était prête à envoyer des experts militaires et des diplomates à Genève dans le but de se mettre d'accord avec les Etats-Unis pour organiser le retrait de « tous les rebelles sans exception » d'Alep-Est.

Les Etats-Unis n'ont pas encore rendue publique leur réaction à cet appel.

Les rebelles appellent les amis du peuple syrien à se tenir à leurs côtés et demandent que de la nourriture et du matériel médical soient livrés le plus rapidement possible dans la partie est d'Alep. Ils demandent aussi que les blessés soient évacués.

Soutenue par l'armée de l'air russe et des milices chiites venues d'Iran, d'Irak et du Liban, l'armée du président syrien Bachar al Assad a progressé vers Alep-Est ces derniers mois. La dernière phase de cette offensive a privé les rebelles de plus de la moitié du territoire qu'ils occupaient.

Dans ce cadre, Abou Abdelrahman Nour, un commandant rebelle qui avait été nommé la semaine dernière à la tête de l'Armée d'Alep, une nouvelle alliance militaire, a été gravement blessé, a déclaré Zakaria Malahifdji.

Un dirigeant rebelle du groupe d'Abou Abdelrahman Nour, Djabha Chamiya, a confirmé l'information et précisé que le commandant avait été blessé Samedi 3 Décembre 2016.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 18:03

 

Jill Stein renonce au recompte des voix en Pennsylvanie (Reuters)

 

Jill Stein, la candidate écologiste à l'élection présidentielle américaine, a renoncé Samedi 3 Décembre 2016 à réclamer un recomptage des voix en Pennsylvanie.

Cette décision a été prise en raison du montant d'un million de dollars, neuf cent trente sept mille euros, fixé par un juge pour procéder au recomptage des voix.

« Les pétitionnaires sont des citoyens ordinaires avec des moyens ordinaires. Ils ne peuvent se permettre de déposer la caution d’un million de dollars réclamée par le tribunal », écrit un avocat de la campagne lancée par Jill Stein dans des documents transmis à la justice, selon un porte-parole de ce mouvement.

Jill Stein a réagi sur Twitter en s'étonnant qu'il faille « franchir des obstacles administratifs et lever des millions de dollars pour pouvoir avoir confiance dans les résultats de nos élections ».

La candidate écologiste, qui a recueilli environ un pour cent des voix le Mardi 8 Novembre 2016, souhaite aussi faire procéder à un recomptage des voix dans le Michigan et dans le Wisconsin pour, dit-elle, garantir l'intégrité du résultat.

Le républicain Donald Trump a été déclaré vainqueur au nombre de grands électeurs, répartis entre les états, alors que son adversaire démocrate Hillary Clinton a recueilli au plan national plus de deux millions cinq cent mille suffrages de plus que lui, selon le décompte de Cook Political Report.

Pour que le résultat de l'élection présidentielle soit inversé, il faudrait que le recomptage dans les trois états visés par Jill Stein les fasse basculer du côté d'Hillary Clinton, ce qui paraît très peu probable.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 17:44

 

FIDEL CASTRO DANS UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un long message de Samuel Farber relatif à Fidel Castro.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez les liens ci-dessous du site www.alencontre.org en français ou bien du site www.inthesetimes.com en anglais.

 

Bernard Fischer

 

http://www.alencontre.org/ameriques/amelat/cuba/cuba-fidel-castro-1926-2016.html

 

http://www.inthesetimes.com/article/19672/fidel-castro-1926-2016-death-history-communist-party

 

FIDEL CASTRO DANS UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

 

Par Samuel Farber

 

La défaite absolue que les forces de la guérilla dirigée par Fidel Castro infligèrent à l’armée de Fulgencio Batista, une guérilla étayée socialement par la proclamation, depuis la Sierra Maestra, de la loi de réforme agraire et, y compris, par une tentative de grève urbaine, au mois d'avril 1958, grève qui ne fut pas relayée par le parti socialiste populaire, ce qui conduisit à son échec, a ouvert la voie à la transformation d’une révolution politique démocratique pluriclassiste en une révolution sociale. Lors les deux premières années après la révolution, Fidel Castro a renforcé son appui populaire massif avec une redistribution radicale de la richesse qui s’est transformée plus tard en une nationalisation de l’économie qui a inclus y compris les plus petits établissements artisanaux et commerciaux.

Cette économie hautement bureaucratique a entraîné des performances très médiocres qui ont été fortement aggravées par le blocus économique criminel que les Etats-Unis ont imposé à Cuba, dès 1960.

C’est l’aide massive soviétique que Cuba a reçue qui a permis au régime de maintenir un niveau de vie qui a garanti la satisfaction des besoins les plus fondamentaux de la population, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. Le renouveau d’un anti impérialisme populaire, qui avait été mis en sommeil dans l’île depuis les années 1930, fut tout aussi important pour renforcer le soutien populaire au régime de Fidel Castro.

Le gouvernement de Fidel Castro a canalisé le soutien populaire dans le sens d’une mobilisation populaire. Ce fut la contribution la plus significative du gouvernement cubain par rapport à la tradition « communiste » internationale. Mais tout en encourageant la participation populaire, Fidel Castro empêcha un contrôle démocratique populaire effectif et garda, autant qu’il le pouvait, un commandement politique personnel.

Sous sa direction, l'état parti unique cubain a été mis en place dès les années 1960 et fut légalement sanctionné par la constitution adoptée en 1976. Le parti communiste dirigeant utilise les organisations de masse comme des courroies de transmission des orientations du parti.

Lorsque les organisations de masse ont été créées en 1960, toutes les organisations indépendantes existantes, qui auraient pu rivaliser avec les institutions officielles, ont été éliminées. Ces dernières comprenaient les sociétés de couleur qui, depuis longtemps, étaient le fondement de la vie sociale organisée des noirs à Cuba, de nombreuses organisations de femmes exerçant principalement des activités d’aide sociale et les syndicats qui furent incorporés à l’appareil d'état, après une purge complète de toutes les opinions divergentes.

Le contrôle personnel de Fidel Castro depuis le sommet fut une source majeure d’irrationalité et de gaspillage économique. Le bilan global de ses interventions personnelles dans les affaires économiques est tout à fait négatif. Celles-ci allèrent de la campagne économiquement désastreuse pour une récolte de sucre de dix millions de tonnes en 1970, la « zafra de los diez milliones de toneladas » proclamée lors du discours de Fidel Castro le 27 octobre 1969 dans le théâtre Chaplin à la Havane, qui non seulement n’a pas atteint ses objectifs mais a déstabilisé fortement le reste de l’économie, jusqu’à l’incohérence économique et la microgestion intrusive de sa « bataille des idées », lancée peu de temps avant qu’il quitte la direction et passe le pouvoir à son frère Raul Castro.

Une caractéristique majeure du règne de quarante sept ans de Fidel Castro réside dans sa manipulation du soutien populaire. Cela a été particulièrement évident lors des deux premières années de la révolution, en 1959 et en 1960, au cours desquelles il n’a jamais révélé, même à ses partisans, où il avait l’intention d’aller politiquement.

La censure systématique que son gouvernement a établie depuis 1960 est intrinsèque à la politique manipulatrice de son régime. Cela a continué sous Raúl Castro. Les médias de masse, en conformité avec les orientations du département idéologique du Parti Communiste Cubain (PCC), ne publient que les nouvelles qui répondent aux besoins politiques du gouvernement. La censure est particulièrement frappante à la radio et à la télévision, sous l’égide de l’Institut Cubain de Radio et Télévision (ICRT), institution méprisée par de nombreux artistes et intellectuels pour ses pratiques de censure et l’arbitraire de l’information.

L’absence systématique de transparence dans les opérations du gouvernement cubain s’est poursuivie sous le règne de Raúl Castro.

Un exemple clair réside dans la destitution brutale, en 2009, de deux dirigeants politiques de premier plan, le ministre des affaires étrangères Felipe Pérez Roque et le vice-président Carlos Lage sans qu’une explication complète de cette décision soit fournie par le gouvernement. Depuis lors, une vidéo détaillant la version gouvernementale de cet événement a été produite. Toutefois, elle a été montrée seulement à des auditoires sélectionnés de dirigeants et de cadres du PCC.

La censure et le manque de transparence se sont parfois transformés en véritables mensonges, comme dans le cas des rejets répétés de Fidel Castro de reconnaître la maltraitance physique dans les prisons cubaines, malgré son existence bien documentée par plusieurs organisations indépendantes de défense des droits humains.

Fidel Castro a créé un système politique qui n’hésite pas à utiliser la répression, et pas seulement contre les ennemis de classe, pour consolider son pouvoir. C’est un système qui a recours aux méthodes policières et administratives pour régler les conflits politiques. Ce système a utilisé le système judiciaire de manière arbitraire pour étouffer la dissidence et l’opposition politique. Parmi les lois qu’il a invoquées pour atteindre cet objectif, on peut citer celles qui punissent la propagande ennemie, le mépris de l’autorité, la rébellion, les actes contre la sécurité de l'état, l’impression clandestine de documents, la distribution de fausses nouvelles, la dangerosité sociale précriminelle, les associations illicites, la résistance et la diffamation. En 2006, Fidel Castro a admis qu’à une époque il y avait eu quinze mille prisonniers politiques à Cuba, bien qu’en 1967 il ait cité le chiffre de vingt mille prisonniers politiques.

Pour beaucoup de latino-américains et d’autres peuples du tiers-monde, ce n’est pas l’instauration du « communisme » à Cuba qui a suscité leur sympathie pour le dirigeant cubain. Il s’agissait plutôt de son véritable défi face à l’empire états-unien et de sa persévérance obstinée dans cet effort, non seulement en affirmant l’indépendance cubaine, mais en soutenant et aussi en appuyant, à l’extérieur, des mouvements contre les classes dirigeantes locales et l’empire américain.

Pour cela, le gouvernement de Fidel Castro a payé un prix fort sous la forme du parrainage de Washington aux invasions militaires, aux multiples tentatives d’assassinat le visant ainsi qu’à des campagnes de terreur. A cela s’ajoute un embargo durable et élargi contre l’île. Se tenir debout face au Goliath des Etats Unis ne constituait pas seulement une épreuve pour résister avec succès à une puissance largement supérieure, mais il s’agissait aussi de faire face à l’arrogance et au racisme du puissant voisin du nord. Comme l’a souligné l’historien Louis Pérez, Washington a souvent vu les cubains comme des enfants à qui il fallait apprendre à se comporter.

Pourtant, il existe de nombreuses idées erronées dans la gauche sur la politique étrangère cubaine. S’il est vrai que Fidel Castro a maintenu son opposition à l’empire américain jusqu’à son dernier souffle, sa politique étrangère, surtout après la fin des années 1960, a été davantage poussée par la défense des intérêts de l'état cubain tel qu’il les définissait à partir de l’alliance avec l'union soviétique et non pas en relation avec la poursuite d’une révolution anticapitaliste en tant que telle.

Parce que l'union soviétique considérait l’Amérique Latine comme faisant partie de la sphère d’influence des Etats-Unis, elle a exercé une forte pression politique et économique sur Cuba pour minimiser son soutien ouvert aux mouvements de guérilla en Amérique Latine. Vers la fin des années 1960, l'union soviétique a fait aboutir cet effort. C’est pourquoi, dans les années 1970, Cuba s’est tourné vers l’Afrique avec une vigueur qu’il faut rattacher au fait que ses initiatives politiques sur ce continent étaient stratégiquement plus compatibles avec les intérêts soviétiques, malgré leurs nombreux désaccords tactiques. Cette alliance stratégique avec l'union soviétique contribue à expliquer pourquoi la politique africaine de Cuba avait des implications tout à fait différentes pour ce qui relève de la situation en Angola ou contre l’apartheid sud-africain. Ici cette politique se situait à gauche alors que, pour la corne de l’Afrique, ce n’était pas le cas. Dans cette partie du continent, le gouvernement de Fidel Castro a soutenu une dictature sanglante de gauche en Ethiopie et indirectement aidé ce gouvernement dans ses efforts pour réprimer l’indépendance érythréenne.

Le facteur le plus important expliquant la politique cubaine dans ce domaine était que le nouveau gouvernement éthiopien avait pris le parti des soviétiques dans la guerre froide. C’est pour les mêmes raisons que Fidel Castro, à la grande surprise et déception du peuple cubain, a soutenu l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968, bien qu’il soit clair que l’aversion politique de Fidel Castro pour les politiques libérales d'Alexandre Dubcek, premier secrétaire du parti communiste tchécoslovaque entre le mois de janvier 1968 et le mois d'avril 1969, a joué un rôle important dans sa décision de soutenir l’action soviétique. Fidel Castro a également appuyé, du moins implicitement, l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979, bien qu’il l’ait fait avec beaucoup de réticence et de façon discrète parce que Cuba venait de prendre la direction du Mouvement des Non Alignés dont une grande majorité des membres s’opposait fortement à l’intervention soviétique.

En règle générale, le Cuba de Fidel Castro, même au début des années 1960, s’est abstenu de soutenir les mouvements révolutionnaires contre les gouvernements qui avaient de bonnes relations avec la Havane et qui rejetaient la politique des Etats-Unis contre l’île, cela indépendamment de leur couleur idéologique. Les cas les plus emblématiques d’une approche de la politique étrangère cubaine placée sous l’emprise des raisons d'état sont les relations très amicales que Cuba entretenait avec le Mexique du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) et avec l’Espagne de Francisco Franco. Il est également intéressant de noter que dans plusieurs pays d’Amérique Latine, tels que le Guatemala, le Salvador et le Venezuela, le gouvernement de Fidel Castro a favorisé certains mouvements de guérilla et d’opposition et s’est opposé à d’autres selon le degré auquel ils étaient disposés à soutenir la politique cubaine.

L’instauration d’un régime de type soviétique à Cuba ne peut s’expliquer par des simples généralisations politiques à partir de considérations sur le sous-développement, les dictatures et l’impérialisme qui touchent toute l’Amérique Latine. Le facteur le plus important qui explique le caractère unique du développement de Cuba est la direction politique de Fidel Castro qui a imposé une différence majeure aussi bien dans le type de triomphe contre le régime de Fulgencio Batista que dans la détermination de la voie suivie par la révolution cubaine après son arrivée au pouvoir.

A son tour, le rôle de Fidel Castro a été rendu possible par la composition socio-économique et politique particulière de Cuba à la fin des années 1950. Cela comprenait l’existence de classes sociales importantes au plan économique, mais ayant une expression politique faible, capitalistes, moyennes et ouvrières, une armée professionnelle à bien des égards de type mercenaire dont la direction avait des liens fragiles avec les classes les plus puissantes au plan économique et un système très dégradé de partis politiques traditionnels.

L’héritage de Fidel Castro, cependant, est devenu incertain depuis l’effondrement de l'union soviétique. Sous Raúl Castro, le gouvernement, en particulier après le sixième congrès du PCC en 2011, a promis des changements importants dans l’économie cubaine.

Ces derniers pointent dans la direction générale du modèle sino-vietnamien qui combine une ouverture au marché capitaliste combiné à l’autoritarisme politique.

Le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, annoncé au mois de décembre 2014, que Fidel Castro a approuvé à contrecœur quelque temps plus tard, serait susceptible de faciliter cette stratégie économique, en particulier si le congrès américain modifie ou abroge la loi de Jesse Helms et de Dan Burton, approuvée en 1996, avec le consentement du président Bill Clinton. Une loi qui fait du blocus économique américain de l’île une obligation ne pouvant être révoquée que par le congrès des Etats Unis. Or, avec la future présidence de Donald Trump et un congrès républicain, la concrétisation de cette stratégie est moins probable.

Pendant ce temps, la corruption et les inégalités grandissent et corrodent la société cubaine, ce qui alimente un sentiment général de pessimisme et un désir de beaucoup, en particulier parmi les jeunes, de quitter le pays à la première occasion.

A la lumière d’une future transition capitaliste d'état et du rôle que peuvent jouer les capitaux étrangers et les pouvoirs politiques comme les Etats-Unis, le Brésil, l’Espagne, le Canada, la Russie et la Chine, les perspectives de la souveraineté nationale cubaine, élément décisif de l’héritage de Fidel Castro, sont très incertaines.

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:27

 

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/12/03/dans-les-alpes-maritimes-eric-ciotti-porte-plainte-contre-les-citoyens-de-la-roya-solidaires-des-migrants_5042927_1654200.html

 

Dans les Alpes-Maritimes, Eric Ciotti porte plainte contre des citoyens de la vallée de la Roya solidaires des migrants

Alors que des citoyens solidaires des migrants sont déjà poursuivis, Eric Ciotti, président du conseil départemental des Alpes Maritimes, les assimile à une filière d’immigration.

Par Maryline Baumard

Samedi 3 Décembre 2016

Dans la vallée de la Roya l’hiver s’est invité pour de vrai ce week-end, avec son froid et ses enfants oubliés qui dorment sous des toiles de tente. A Breil-sur-Roya, premier village d’entrée en France lorsqu’on quitte à pied Vintimille, dernière ville italienne, les migrants arrivent toujours, en dépit des dangers de la montagne en hiver. Samedi 3 Décembre 2016, Cédric Herrou, un paysan du lieu héberge encore une douzaine de mineurs, oubliés des autorités du pays.

Vendredi 2 Décembre 2016, la guerre larvée que se livrent les autorités locales et les citoyens de la vallée a franchi une nouvelle étape. Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a annoncé qu’il venait de signaler à la justice l’organisation, par « une poignée d’activistes, du passage clandestin d’étrangers à la frontière franco-italienne », écrivait-il dans un communiqué.

La veille, deux cent cinquante sept citoyens de la Roya, membres de l’association Roya citoyenne, avaient déposé une plainte contre X visant les autorités françaises, pour « délaissement de mineurs isolés étrangers ». Ils estiment en effet que les autorités départementales refusent de prendre en charge les enfants migrants qui échouent là après un dangereux périple à travers l’Afrique et l’Italie. Selon cette association, des mineurs étrangers qui auraient dû être placés en foyer ont au contraire été refoulés vers l’Italie et cela constitue, selon elle, une infraction de « délaissement d’une personne hors d’état de se protéger ».

De l’intérêt supérieur de l’enfant

La frontière italienne est donc désormais devenue un échiquier sur lequel s’opposent par justice interposée deux regards antagonistes sur « l’intérêt supérieur de l’enfant », concept qui devrait prévaloir pour gérer la prise en charge de ces adolescents perdus…

Quand le chien de l’agriculteur aboie en pleine nuit, Cédric Herrou sait en effet que des migrants s’écroulent épuisés autour des cendres encore chaudes au milieu de son jardin. le néorural tient une petite ferme à l’entrée du village de Breil sur Roya, non loin de la voie ferrée que les migrants suivent pour venir d’Italie. Ils arrivent donc chez lui, en hypothermie, après au moins six heures d’une marche nocturne. La galère commence alors pour Cedric Herrou, qui voudrait bien pouvoir se concentrer sur son élevage de poules et sa cueillette annuelle d’olives, mais ne se sent pas de laisser ces jeunes garçons sans aide. Cédric Herrou rêve en effet que ces mineurs, essentiellement érythréens, dorment au chaud, pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Ce qui n’est pas vraiment le cas, comme le dénoncent les habitants solidaires des migrants.

En vertu des décisions prises au lendemain des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 de réinstaurer des points de contrôle frontaliers, les autorités françaises déploient beaucoup de zèle pour stopper les migrants dans la bande de vingt kilomètres qui jouxte la frontière, afin de pouvoir les renvoyer directement en Italie, en vertu des accords bilatéraux.

Les citoyens de la Roya, qui entendent les arguments de ces jeunes mandatés par leur famille pour atteindre un but précis, rejoindre un membre de leur famille, demandent que l’aide à l’enfance se charge d’eux. Ils aident parfois les majeurs et les familles à quitter ce cul-de-sac qu’est leur vallée, pour qu’ils puissent continuer leur voyage. Pour cela, ils déposent les adultes dans des gares éloignées de la bande des vingt kilomètres, leur permettant de continuer leur route.

Hors la loi

Pour le député des Républicains, qui agit sur la base du quarantième article du code de procédure pénale, « les agissements de ces individus correspondent à une aide au séjour irrégulier d’étrangers constitutive d’une infraction à la loi ». L’élu qualifie de passeurs ces citoyens qui, eux, se disent solidaires de cette détresse humaine. Pour Eric Ciotti, « les mineurs sont les premières victimes de ces filières ». Il demande donc au ministère de l’intérieur de « traquer, sans aucune complaisance, ceux qui exploitent la détresse humaine ».

Cédric Herrou est déjà poursuivi pour avoir apporté de l’aide, comme une poignée d’autres citoyens proches de l'Association Roya Citoyenne.

A la fin du mois de novembre 2016, un universitaire avait été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir emmené dans son véhicule des jeunes érythréennes qui avaient un rendez-vous médical à Marseille.

Eric Ciotti affirme que « la loi de la république doit s’appliquer dans la vallée de la Roya » et demande que ce principal point de passage vers la France des migrants venus d’Italie n’évolue pas « vers une zone de non-droit gérée par des individus hors la loi aveuglés par l’idéologie de la mouvance d’extrême gauche ».

Selon les chiffres de la préfecture, plus de trente trois mille étrangers en séjour irrégulier ont été interpellés depuis le mois de janvier 2016, plus que sur toute l’année 2015, pendant laquelle vingt sept mille migrants en séjour irrégulier avaient été interpellés. Quelque mille cinq cent mineurs isolés étrangers avaient été pris en charge en 2015, contre seulement trois cent quarante huit à ce jour en 2016.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 18:05

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/03/dans-l-est-d-alep-on-ne-demande-rien-d-impossible-seulement-d-arreter-le-massacre_5042905_1618247.html

 

A Alep Est, « nous ne demandons rien d’impossible, seulement d’arrêter le massacre »

 

Brita Hagi Hassan, président du conseil local d'Alep Est, appelle à la mise en place de couloirs humanitaires sécurisés pour permettre à la population de fuir et éviter un génocide.

 

Interview de Brita Hagi Hassan par Hélène Sallon

 

L’étau se resserre sur Alep Est. Dans la deuxième ville syrienne, deux cent cinquante mille habitants sont pris au piège de l’offensive lancée par le régime du président, Bachar al Assad, avec le soutien de la Russie et des milices chiites armées par l’Iran, pour reconquérir ces zones tenues par la rebellion depuis 2012.

 

De passage en France, Brita Hagi Hassan, élu au mois de novembre 2015 président du conseil local d'Alep Est, une structure civile qui gère la fourniture des services publics dans les zones tenues par la rébellion, alerte sur la « catastrophe humanitaire » en cours et appelle à la mise en place de couloirs humanitaires sécurisés pour permettre à la population de fuir un « massacre orchestré et éviter un génocide ».

 

Hélène Sallon. Quelle est la situation à Alep-Est ?

 

Brita Hagi Hassan. La situation à Alep est catastrophique, plus que cela même. C’est le cent unième jour de siège pour deux cent cinquante mille personnes, victimes d’un massacre orchestré avec tous les moyens imaginables. Au mois de novembre 2016, il y a eu mille cinq cent cinquante bombardements, sept cent cinquante barils explosifs tirés par des hélicoptères, plusieurs milliers d’obus et le gaz chlore a été utilisé à cinq reprises. Aujourd’hui, les blessés ne peuvent plus être soignés car les hôpitaux ont été détruits. Les équipements publics ne fonctionnent plus car il n’y a plus d’électricité. Même les denrées de première nécessité ne seront bientôt plus fournies. Les déplacements sont devenus impossibles. Chacun attend la mort.

Le régime syrien mène une politique de la terre brûlée pour obliger Alep Est à se rendre. Nous avons alerté à plusieurs reprises sur la catastrophe humanitaire. Tout le monde regarde, personne ne bouge. Le terrorisme de ce régime dépasse l’entendement. Ils disent combattre le terrorisme à Alep-Est mais ils ne bombardent que des civils. La seule partie qui combat l'Etat Islamique est l’Armée Syrienne Libre (ASL). Le régime a commis deux massacres au cours des derniers jours qui ont fait quarante cinq morts et vingt cinq morts parmi les civils. Au mois de novembre 2016, sept cent quatre vingt dix personnes sont mortes, dont cent dix huit enfants et soixante et onze femmes.

Cette politique de la terre brûlée à permis au régime de reprendre un certain nombre de quartiers où il restait peu d’habitants. Parmi ceux qui sont restés, les hommes entre dix huit et quarante ans ont été arrêtés et certains ont été enrôlés par l’armée. S’il y a le moindre soupçon que la personne a fait de la protection civile, elle est arrêtée ou son compte est réglé. Des camps ont été créés pour y mettre les femmes et les enfants.

 

Hélène Sallon. Le sort d’Alep Est est-il désormais scellé ?

 

Brita Hagi Hassan. Nous pouvons dire que c’est fini. Le cas d’Alep se résume aujourd’hui à secourir une ville qui a été presque entièrement détruite, je ne sais pas s’il existe une ville qui a été autant détruite dans l’histoire, et à sauver deux cent cinquante mille habitants qui sont menacés de génocide. Mais, le régime peut occuper Alep, la révolution continue. La révolution est une idée qui ne mourra pas. Quelle que soit la répression qu’opposera le régime, le peuple finira par vaincre. Quelle que soit l’injustice, la révolution triomphera.

L’expérience des conseils locaux continue dans toute la Syrie. Ils ont permis à la population de résister en lui donnant les ressources et les infrastructures pour le faire. C’est pour cela que le régime et la Russie bombardent les infrastructures de la société civile. Ces conseils locaux sont la plus grande menace pour le régime. Ils ont la légitimité de l’élection qu’il n’a pas.

 

Hélène Sallon. La Russie a à nouveau mis Mercredi 30 Novembre 2016 son veto à une résolution du conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) demandant l’arrêt des bombardements à Alep Est, pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire et l’instauration de « couloirs » pour l’évacuation des deux cent cinquante mille civils assiégés dans cette zone. Face à cette impasse au conseil de sécurité de l'ONU, avez-vous encore l’espoir qu’une solution diplomatique soit trouvée pour secourir la population d’Alep ?

 

Brita Hagi Hassan. La communauté internationale continue de regarder sans rien faire. Où sont les droits de l’homme ? Qu’est-ce que ce droit international qui s’est transformé en droit de tuer et de massacrer ? Qu’est-ce que ce conseil de sécurité de l'ONU constamment paralysé par le veto russe ? La communauté internationale a même échoué à apporter un minimum d’aide et de secours à la population d'Alep Est. Même en ce qui concerne notre appel à l’ouverture d’un couloir humanitaire pour permettre aux habitants de fuir et faire entrer de l’aide humanitaire.

Aujourd’hui, notre dernier espoir est dans une solution hors du conseil de sécurité de l'ONU. L’Union Européenne peut et doit jouer un rôle. Elle reste trop en retrait derrière les Etats-Unis et la Russie. C’est une puissance économique qui doit prendre tout son rôle. Elle a, par le passé, pris des mesures qui ont eu des effets, comme les sanctions contre la Russie. Elle peut aussi prendre l’initiative d’envoyer de l’aide par les airs. Si la volonté existe, c’est possible. L’Union Européenne a intérêt à le faire car elle est directement touchée par l’arrivée des migrants syriens.

Nous ne voulons pas que les peuples et les états interviennent militairement ou même arment les rebelles. Nous demandons seulement qu’une réponse humanitaire soit apportée. Les massacres perpétrés par le régime syrien contre la population civile ne font qu’amplifier le terrorisme. Nous avons déjà eu cinq cent mille morts en Syrie. Qui veut prendre la responsabilité d’un nouveau génocide de deux cent cinquante mille personnes ? Nous ne demandons rien d’impossible, seulement d’arrêter le massacre.

 

Hélène Sallon. La Russie a proposé Jeudi Premier Décembre 2016 l’ouverture de quatre couloirs sécurisés pour l’évacuation des civils. Que pensez-vous de cette proposition ?

 

Brita Hagi Hassan. Les quatre couloirs humanitaires proposés par la Russie visent essentiellement à diriger la population vers les zones contrôlées par le régime. Les habitants ne veulent pas y aller, car ils n’ont aucune confiance et craignent d’être arrêtés ou liquidés. Comment voulez-vous que celui qui tire et assiège la population inspire confiance ? Ce régime criminel a perdu toute sa légitimité. La Russie ne fait que louvoyer et continue à soutenir le régime. Les russes eux-mêmes prétendent que ceux qui fuient font partie de l’ASL ou d’autres groupes armés. C’est de la propagande.

C’est pour cela que nous insistons sur des couloirs humanitaires placés sous l’égide de l'ONU ou d’un organisme indépendant, qui offrent la liberté aux civils d’aller où ils le désirent. Ceux qui veulent aller vers les zones tenues par le régime seront libres de le faire. Nous demandons également que de l’aide entre, ce que le régime refuse toujours.

 

Hélène Sallon. Certains groupes rebelles ont été accusés d’empêcher des civils de fuir Alep. L’émissaire spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, a fait mention de quelques cas. Qu’en est-il ?

 

Brita Hagi Hassan. Aucun groupe rebelle n’a empêché des civils de sortir. Cinquante mille habitants ont même pu aller de l’autre côté, dans les zones tenues par le régime.

 

Hélène Sallon. Le régime syrien et la Russie justifient leur offensive par la lutte contre le terrorisme, arguant notamment de la présence des combattants djihadistes du Front Fatah al Cham, ancien Front al Nosra, lié à al Qaida, parmi la rébellion à Alep-Est…

 

Brita Hagi Hassan. Cette présence est très minime et n’a aucun impact. Ils ne sont pas plus de deux cent à trois cent personnes, le plus gros des combattants appartient à l’ASL. Staffan de Mistura a avancé le chiffre de neuf cent combattants de Fatah al Cham. Quand bien même ils seraient neuf cent, cela justifie-t-il de liquider deux cent cinquante mille personnes pour neuf cent combattants ?

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 17:36

 

La Russie veut aboutir à un retrait total des rebelles d'Alep (Reuters)

 

La Russie s'est dit prête Samedi 3 Décembre 2016 à discuter avec les Etats-Unis d'un retrait de la totalité des rebelles syriens de la partie est d'Alep où l'armée syrienne soutenue par la Russie et ses alliés continue de gagner du terrain.

Malgré les bombardements intenses, les commandants rebelles ont décidé de continuer le combat, a déclaré un responsable d'un groupe d'insurgés présents à Alep. Il a accusé Moscou de revenir sur les points arrêtés lors de discussions en Turquie qui auraient débouché sur un arrêt des combats.

La Russie a reconnu qu'il y avait des contacts avec les rebelles mais n'a pas donné de précisions sur les discussions qui ont lieu en Turquie.

« Les factions disent qu’elles ne se rendront pas », a déclaré Zakaria Malahifdji, chef du bureau politique du groupe Fastakim basé à Alep, contacté en Turquie.

Alep-Est pourrait tomber aux mains du gouvernement d'ici la fin de l'année, a laissé entendre l'émissaire spécial de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui s'exprimait lors d'une conférence à Rome. Il a dit espérer qu'une formule soit trouvée pour éviter « une terrible bataille qui se terminerait le 25 décembre 2016 ou le premier janvier 2017 ».

Soutenue par l'armée de l'air russe et des milices chiites venues d'Iran, d'Irak et du Liban, le régime du président syrien Bachar al Assad s'est peu à peu rapproché d'Alep-Est ces derniers mois. La dernière phase de cette offensive a privé les rebelles de plus de la moitié du territoire qu'ils occupaient.

Selon l’ONU, près de trente mille personnes ont été déplacées par les derniers combats, dont dix huit mille personnes se sont réfugiées vers les secteurs tenus par le gouvernement et huit mille cinq cent personnes vers le quartier de Cheikh Maksoud contrôlé par les kurdes.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se trouveraient encore à Alep-Est. Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une Organisation Non Gouvernementale (ONG) qui tient la chronique du conflit, deux cent mille personnes pourraient se trouver encore en secteur rebelle. Staffan de Mistura a parlé de cent mille personnes.

Selon la Russie, dont l'intervention de l'armée de l'air il y a quinze mois en Syrie a constitué un tournant dans la guerre qui dure depuis 2011, a évoqué une « normalisation de la vie » à Alep-Est après le retrait de tous les rebelles.

« Nous sommes immédiatement prêts à envoyer des experts militaires et des diplomates à Genève dans le but de nous mettre d'accord avec nos collègues américains sur des actions mutuelles pour assurer le retrait de tous les rebelles sans exception d'Alep-Est », a déclaré le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Les Etats-Unis, qui soutiennent certains des groupes d'insurgés en lutte contre Bachar al Assad, et notamment ceux de l'Armée Syrienne Libre (ASL) qui combattent dans le secteur d'Alep, n'ont pas réagi dans l'immédiat.

En position de faiblesse, les rebelles ont accepté de discuter avec des émissaires russes. Il y aurait eu un accord sur le départ de tous les djihadistes d'Alep mais, pour Zakaria Malahifdji, les propos de Sergueï Lavrov ont tout annulé et les réunions en Turquie sont pratiquement à l'arrêt.

« Les commandants militaires à Alep ont dit qu’ils ne quitteront pas la ville. Il n'y a pas de problème pour des couloirs permettant aux civils de partir, mais nous ne quitterons pas la ville », a-t-il dit.

Selon l'OSDH, l'armée et les milices qui lui prêtent main forte se sont emparées Vendredi 2 Décembre 2016 du quartier de Tarik al Bab. Des combats intenses ont lieu à Aziza où les rebelles tentent de repousser l'avancée des forces gouvernementales.

Sept colonnes de fumée étaient visibles Samedi 3 Décembre 2016 dans les secteurs de la ville tenus par les rebelles tandis que des avions survolaient la grande ville du nord de la Syrie, selon un journaliste de Reuters présent dans la partie occidentale.

Dans le quartier d’al Chaer d'Alep-Est, un raid aérien a fait au moins trois morts, ajoute l'OSDH. La défense civile d'Alep-Est fait quant à elle état de six tués et ajoute qu'un groupe de déplacés a été pris pour cible. L'armée syrienne nie s'en prendre à des civils.

Le gouvernement syrien a conclu plusieurs accords locaux avec les rebelles des secteurs assiégés par lesquels il leur a été accordé une évacuation sécurisée vers Idlib, province du nord-ouest de la Syrie qui se trouve aux mains des insurgés.

Selon certains analystes, les rebelles d'Alep-Est seront peut-être contraints d'accepter un accord de ce genre.

Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui était elle aussi à Rome, s'est dite convaincue que la chute d'Alep ne mettrait pas fin à la guerre.

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 16:58

 

http://www.partidegauche80.canalblog.com/archives/2016/12/02/34638292.html

 

La France Insoumise de Jean Luc Mélenchon désigne ses candidats dans les cinq circonscriptions du département de la Somme

 

Mercredi 30 Novembre 2016, c’est une centaine de militants insoumis qui se sont rassemblés simultanément à Amiens et à Roye, dans des salles bondées, afin de désigner les candidats aux élections législatives du mois de juin 2017.

A Amiens, de nombreux militants du Parti de Gauche, de la Nouvelle Gauche Socialiste (NGS), d’Ensemble, des communistes et des écologistes insoumis, d’anciens responsables du Parti Socialiste et bien entendu des citoyens non cartés ayant rejoint le mouvement large de la France Insoumise se sont réunis.

François Ruffin quitte l'assemblée, refusant de signer la charte de la France Insoumise

Parmi ces militants, il y avait la présence remarquée de François Ruffin, qui a réitéré son souhait de rassemblement, tout en refusant de signer la charte des candidats, condition sine qua non pour pouvoir candidater.

Les règles portées à la connaissance de l'assemblée générale et le contenu de la charte, lue collectivement, ont permis de poursuivre la réunion avec les militants engagés dans le mouvement de la France Insoumise, François Ruffin préférant quitter l'assemblée générale, avec une douzaine de personnes. Les assemblées générales ont pu se poursuivre avec environ quatre vingt personnes présentes.

Elles ont ainsi permis de désigner un vivier de candidats pour la première, la deuxième, la troisième et la cinquième circonscription.

Il a été rappelé que la date limite afin de déposer sa candidature sur la plateforme informatique www.jlm2017.fr était fixée au Vendredi 9 Décembre 2016. Déjà, plusieurs candidatures sont à ce jour enregistrées, notamment pour la première et la deuxième circonscription, plus de dix candidats, la quatrième circonscription ayant depuis également reçu des candidatures.

Il est à regretter qu’un article du quotidien le Monde, visiblement mal informé ou l’ayant été par des personnes peu au fait des règles et/ou préférant l’intrigue à la Respublica, ait retranscrit, dans son édition du 3 décembre 2016, des informations fausses.

Nous vous rappelons ici le prochain rendez-vous de campagne à Amiens, Mercredi 7 Décembre 2016, en présence de l’ancien député européen Liem Hoang Ngoc, coordinateur de NGS et soutien national des campagnes présidentielles et législatives de la France Insoumise aux côtés de Jean-Luc Mélenchon.

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 20:44

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article178&var_hasard=543693821583f2ac2c2403

 

Réunion débat contre la persistance de la lecture stalinienne de l'histoire

Samedi 10 Décembre 2016 à 14 heures 30

Librairie de l'EDMP

8 impasse Crozatier 75 012 Paris Métro Gare de Lyon

Introduction au débat par François Pallarés Aran

La révolution espagnole et la signification du 19 juillet 1936 comme explosion de l'état et constitution de comités-gouvernements assumant tous les pouvoirs de la société dans les campagnes et dans les villes.

L’évolution dans l’imposture de la lecture de l’histoire avec la chape de plomb stalinienne dans les médias, les universités et l'intelligentsia, pendant des décennies, imposant un romantisme fallacieux, la non-intervention défendue aussi par Joseph Staline, on l’oublie, les brigades Internationales, les militants envoyés à la boucherie, les combattants juifs, surtout polonais, chair à canon et otages de la politique du Komintern, particulièrement ceux venant de Palestine, l’escroquerie de la livraison d’armes et les batailles de Teruel et de l’Ebre, en réalité, préparant le pacte germano-soviétique. En gros, la vision imposée par les staliniens particulièrement en France, en Italie et en Espagne, de la guerre civile, avec les pitreries d’André Malraux et d’Ernest Hemingway.

Pour synthétiser, comment on est passé d’une lecture de l’histoire sous le prisme de l’Espoir ou de Mourir à Madrid jusqu’à la révélation pour certains de Land and Freedom.

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