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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 19:46

 

Ankara menace de priver cent trente fugitifs de la nationalité turque (Reuters)

 

Le ministère turc de l'intérieur a fait savoir Lundi 5 Juin 2017 que cent trente personnes recherchées pour des activités politiques illégales, dont le prédicateur Fethullah Gülen, seraient déchues de la nationalité si elles ne regagnent pas le pays d'ici trois mois.

 

Outre Gülen, auquel Ankara impute le coup d'état manqué du 15 juillet 2016, Faysal Sariyildiz et Tugba Hezer, députés du parti démocratique des peuples (HDP), figurent sur la liste, tout comme Ozdal Ucer, ancien parlementaire du HDP.

 

Fethullah Gülen vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999. Il nie toute implication dans le coup d'état. Depuis le 15 juillet 2016, cinquante mille personnes ont été arrêtées et cent cinquante mille fonctionnaires, militaires ou policiers, ont été limogés.

 

Une douzaine de députés du HDP, accusés de complicité avec les séparatistes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ont également été placés en détention. Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag, coprésidents du HDP, sont eux aussi sous les verrous. Le HDP nie tout lien avec le PKK.

 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 19:21

 

https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-raqqa-idUSKBN18W29P

 

Les forces soutenues par les États-Unis lancent l’assaut contre la capitale de l'État Islamique en Syrie

 

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis ont déclaré Mardi 6 Juin 2017 qu’elles ont lancé une opération visant à prendre Raqqa, la capitale syrienne de fait de l'État Islamique, dont les djihadistes du califat autoproclamé sont en retraite en Syrie et en Irak.

Le porte-parole des FDS, Talal Silo, a déclaré à Reuters que la bataille a commencé Lundi 5 Juin 2017 et que les combats seraient féroces « parce que l’Etat Islamique va mourir pour défendre sa capitale ».

L'assaut se cumule aux dernières étapes de l'attaque soutenue par les États-Unis pour récupérer la ville irakienne de Mossoul. Il suit des mois d'avance des FDS, qui comprennent des milices arabes et kurdes, au nord, à l'est et à l'ouest de Raqqa.

L'Etat Islamique a pris Raqqa à des groupes rebelles en 2014 et l'a utilisée comme base d'opérations pour planifier des attaques en occident. Talal Silo a déclaré que l'assaut avait commencé par le nord, l'est et l'ouest de la ville, qui est bordée au sud par le fleuve Euphrate.

Le commandant de la campagne de Raqqa, Rojda Felat, a déclaré à Reuters que les combattants des FDS attaquaient le quartier d'al-Mishlab dans la périphérie sud-est de la ville, confirmant un précédent rapport de l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

« La coalition joue un grand rôle dans le succès des opérations. En plus des avions de guerre, des forces de la coalition travaillent côte à côte avec les FDS », a déclaré Talal Silo par téléphone de la région des fermes d’Hukoumiya, à dix kilomètres au nord de Raqqa, où les FDS ont proclamé le début de l’assaut.

Un témoin de Reuters sur place pouvait entendre le bruit de bombardements lourds et des frappes aériennes au loin.

La coalition dirigée par les États-Unis a déclaré que la lutte pour Raqqa serait « longue et difficile », mais qu'elle donnerait un « coup décisif à l'idée de l’Etat Islamique en tant que califat physique ».

« Ce sera difficile de convaincre les nouvelles recrues que l’Etat Islamique est une cause gagnante quand ils ont simplement perdu leurs capitales jumelles en Irak et en Syrie », a déclaré le lieutenant général Steve Townsend, le commandant général de la coalition, dans une déclaration de la coalition.

« Nous avons tous vu l'attaque odieuse à Manchester, en Angleterre », a déclaré Steve Townsend. « L’Etat Islamique menace toutes nos nations, pas seulement l'Irak et la Syrie, mais aussi dans nos propres pays d'origine. Cela ne peut pas durer. Après la défaite de l’Etat Islamique à la fois à Mossoul et à Raqqa, il y aura encore beaucoup de combats difficiles », a-t-il déclaré.

Du Lundi 5 Juin au Mardi 6 Juin 2017, les avions de combat de la coalition et l'artillerie ont frappé les bateaux de l’Etat Islamique, les unités tactiques, les positions de combat, les véhicules et un magasin d'armes, a déclaré un porte-parole, le colonel Ryan Dillon.

La coalition a frappé dix neuf bateaux que les djihadistes utilisaient pour transporter des combattants et des équipements à travers l'Euphrate, leur seul moyen d'accéder à la ville à partir du territoire qu'ils contrôlent sur la rive sud, a-t-il dit.

Les responsables des services de sécurité occidentaux ont mis en garde contre une menace accrue d'attentats tels que l’attentat suicide à la bombe de Manchester du mois de mai 2017 et l'attaque du Samedi 3 Juin 2017 à Londres alors que l'État Islamique perd du terrain en Syrie et en Irak. Les deux attaques ont été revendiquées par l'État Islamique.

Un groupe arabe qui se bat avec les FDS, les forces d'élite syrienne (SEF), qui ont été créées au mois de février 2017, sont entrées à al-Mishlab avec le soutien aérien de la coalition, a déclaré son porte-parole Mohammed al-Shaker par téléphone.

« Les SEF sont entrées il y a une ou deux heures dans le premier quartier de Raqqa, qui est le quartier d'al-Mishlab, par le front de l'est », a-t-il déclaré.

L'OSDH a déclaré que les FDS avaient pris certains bâtiments dans la région d'al-Mishlab et que les combattants de l'État Islamique se sont retirés de certaines parties du district. L'OSDH a également déclaré qu'une attaque était en cours contre la caserne militaire de la dix-septième division à la périphérie nord de Raqqa.

La coalition dirigée par les États-Unis a déclaré que trois mille à quatre mille combattants de l'État Islamique seraient encerclés dans la ville de Raqqa, où ils ont érigé des moyens de défense contre l'agression qu'ils avaient anticipée. La ville est à environ quatre vingt dix kilomètres de la frontière avec la Turquie.

Les FDS comprennent la puissante milice kurde des unités de protection du peuple (YPG).

La bataille de Raqqa depuis la fin de l'année dernière a déplacé des dizaines de milliers de personnes, avec la multiplication de nombreux camps dans la région et d'autres dans le désert.

Le bureau des droits de l'homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a exprimé des inquiétudes au sujet de l'augmentation des rapports sur les décès de civils à mesure que les frappes aériennes augmentent.

La campagne de Raqqa « a entraîné des pertes civiles massives, des déplacements de population et une destruction grave des infrastructures », a déclaré le rapport du mois de mai 2017. Les militants de l'Etat Islamique auraient également empêché les civils de partir, a-t-il déclaré.

La coalition dirigée par les États-Unis dit qu'elle essaie d'éviter les pertes civiles dans ses bombardements en Syrie et en Irak et elle enquête sur les allégations.

On ne sait pas combien de civils restent à Raqqa.

Le porte-parole humanitaire de l’ONU Jens Laerke a déclaré à Reuters que, pour ses besoins de planification, l’ONU estime qu'il reste environ cent soixante mille personnes dans la ville de Raqqa, mais il a déclaré que ce n'était pas une estimation formelle.

L'organisation d'aide humanitaire International Rescue Committee (IRC) a déclaré que deux cent mille personnes étaient encore piégées à l'intérieur de la ville et elle a averti que les civils de Raqqa risquent d'être tués par des tireurs d'élite ou des mines de l'État Islamique s'ils essayent de fuir mais qu’ils pourraient être utilisés par les militants comme boucliers humains s'ils restent.

« L'IRC a vu une baisse du nombre de personnes qui se sont échappées de Raqqa au cours de la semaine passée », a déclaré Thomas Garofalo, le directeur des affaires publiques du Moyen-Orient, ajoutant que cela peut indiquer que l'Etat Islamique a l'intention de les utiliser comme boucliers humains.

Ryan Dillon a déclaré que les FDS avaient encouragé les civils à quitter Raqqa pour éviter ce sort et qu’elles avaient mis en place des centres de tri en première ligne pour séparer les réfugiés civils et les combattants en fuite.

Il a déclaré que la coalition s'attendait à ce que l’Etat Islamique utilise des tactiques semblables à celles qu’il a employées pendant la longue bataille de plusieurs mois à Mossoul, y compris l'utilisation de voitures piégées comme armes de choix.

« Ils ont eu trois ans pour établir leurs défenses là-bas. Nous nous attendons à un combat très similaire à ce que nous avons vu à Mossoul », a-t-il dit, tout en ajoutant que Raqqa est une ville beaucoup plus petite.

La campagne de Raqqa est une source de tension entre les États-Unis et la Turquie, qui craint la croissance de l'influence kurde dans le nord de la Syrie et qui a fait pression sur Washington pour qu'il abandonne ses alliés kurdes des YPG.

Les YPG ont été le principal partenaire des États-Unis dans leur campagne contre l'État Islamique en Syrie, où le groupe a également combattu dans des campagnes séparées menées par le gouvernement syrien soutenu par la Russie et les groupes rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL).

Les États-Unis ont déclaré la semaine dernière qu’ils avaient commencé à distribuer des armes aux YPG pour les aider à prendre Raqqa.

Les FDS ont déclaré qu'ils laisseraient le contrôle de Raqqa à un conseil civil après sa prise, comme dans d'autres régions que les FDS ont prises à l'État Islamique.

Les FDS et les YPG contrôlent une bande de la Syrie du nord-est de la frontière irakienne jusqu'à la ville de Manbij sur les rives occidentales de l'Euphrate. Les principaux groupes kurdes et leurs alliés ont établi une administration autonome dans les zones sous leur contrôle, qu'ils visent à préserver dans tout accord de paix.

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 20:03

 

Emmanuel Macron veut un retour rapide en France de Mathias Depardon (Reuters)

 

Emmanuel Macron a de nouveau demandé Samedi 3 Juin 2017 au président turc Recep Tayyip Erdogan que le photographe français Mathias Depardon puisse rentrer en France « le plus vite possible », a annoncé Samedi 3 Juin 2017 la présidence française.

 

De même source, on indique que le sort du photographe, détenu en Turquie depuis son arrestation le Lundi 8 Mai 2017, a été abordé par le chef de l’état au cours d'un entretien téléphonique avec son homologue turc.

 

« Le président de la république a fait à nouveau part de sa préoccupation concernant la situation du photographe français », indique l'Elysée, il a « exprimé à nouveau sa demande de voir rentrer le plus vite possible Mathias Depardon en France ».

 

Emmanuel Macron avait déjà évoqué la situation de Mathias Depardon avec Recep Tayyip Erdogan en marge du sommet de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) du 25 mai 2017 et le photographe a pu recevoir depuis deux visites consulaires dans sa prison.

 

Les deux dirigeants ont d'autre part discuté des dossiers syrien et libyen, sur lesquels ils avaient déjà eu des échanges à Bruxelles.

 

Toujours selon l'Elysée, ils ont aussi évoqué le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, le président turc rappelant son engagement dans cet accord.

 

 

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 19:52

 

https://www.marianne.net/monde/attentat-de-londres-l-un-des-terroristes-etait-apparu-dans-mon-voisin-le-djihadiste-la-tv

 

Attentat de Londres, l'un des terroristes était apparu dans « Mon Voisin Le Djihadiste » à la télévision

 

Khuram Butt, vingt sept ans, Rachid Redouane, trente ans, et Youssef Zaghba, vingt deux ans, ont été identifiés comme les trois auteurs de l'attentat qui a touché Londres Samedi 3 Juin 2017, faisant sept morts et plusieurs dizaines de blessés.

La police britannique a révélé, Mardi 6 Juin 2017, l’identité du troisième et dernier assaillant de l’attentat de Londres. Il s’agit d’un italiano-marocain de vingt deux ans, Youssef Zaghba, connu des services de renseignements italiens selon le Corriere della Sera et la Repubblica mais qui n'était pas apparu dans les radars de Scotland Yard. L'attentat a fait sept morts, dont un français, et quarante-huit blessés.

Nous connaissons désormais leurs noms et leurs visages. L’identité de deux des trois auteurs de l'attentat qui a fait sept morts et plusieurs dizaines de blessés Samedi 3 Juin 2017 à Londres a été révélée Lundi 5 Juin 2017 par la police britannique. Selon les autorités, la présumée unité de combattants de l'Etat Islamique, qui a rapidement revendiqué la tuerie via son agence de propagande Amaq, est composée d’un britannique de vingt sept ans, un certain Khuram Butt, et de Rachid Redouane, trente ans, officiellement de nationalité marocaine et libyenne.

Le premier était connu des services de renseignement, l'autre ne l'était pas. Comment les deux individus se sont-ils rencontrés ? Qu’est-ce qui les a amenés à passer à l’acte sur le London Bridge et à Borough Market, en plein cœur de la capitale britannique, en fonçant dans un premier temps dans la foule à bord d’une camionnette puis en attaquant les badauds au couteau ? Les premiers éléments indiquent que les deux hommes ont tous deux résidé à Barking, à l'est de Londres.

Une ville décrite comme calme par ses habitants, où vit une importante communauté pakistanaise dont est issu Khuram Butt, né au Pakistan le 20 avril 1990, dans la région du Pendjab, ont précisé ses voisins. Repéré par les autorités, Khuram Butt avait fait l’objet d’une enquête après avoir été signalé. Encore récemment, il y a près d’un an, une résidente de Barking qui soupçonnait le jeune d’homme d’avoir essayé de radicaliser son fils s’était rendue au commissariat de la ville pour faire part de ses inquiétudes aux enquêteurs, rapporte la British Broadcasting Corporation (BBC).

Aucun élément n’avait toutefois pu mettre en lumière la préparation d'un attentat, a déclaré le commandant de l’unité de la police antiterroriste de Londres, Mark Rowley, bien que Khuram Butt n’ait pas cherché à dissimuler ses opinions. Il est même apparu l’an dernier à la télévision dans un documentaire de la chaîne Channel Four, intitulé « The Jihadist Next Door », « Mon Voisin Le Djihadiste ». Un document dans lequel on voyait notamment l’intéressé déployer un drapeau de l’organisation Etat Islamique dans Regent’s Park, à Londres, aux côtés de prêcheurs radicaux.

Khuram Butt semble par ailleurs avoir été l’un des membres d'al-Muhajiroun, un groupuscule aujourd’hui interdit, lancé par le très médiatique prédicateur Anjem Choudary, condamné au mois de septembre 2016 au Royaume-Uni à cinq ans et demi de prison pour avoir publiquement appelé à soutenir l’Etat Islamique. Un prédicateur aussi connu pour ses liens avec la mouvance islamiste, belge entre autres.

La trajectoire du second assaillant identifié reste elle à déterminer. L’homme semble avoir circulé dans l’Union Européenne sous une fausse identité et une fausse année de naissance puisque Rachid Redouane, né le 31 juillet 1986, était connu comme Rachid Elkhdar, né en 1991. Selon la chaîne de télévision publique irlandaise Raidio Teilifis Eireann (RTE), citant des sources policières, il serait de nationalité marocaine et aurait résidé en Irlande, où il apparaît marié à une écossaise. Parmi ses affaires personnelles, une autorisation de séjour de plus de trois mois aurait été retrouvée.

L’identité du troisième complice est elle toujours en cours d'identification. L’enquête se poursuit donc. Dix personnes, quatre hommes et six femmes, arrêtés dimanche à Barking ont été relâchées Lundi 5 Juin 2017.

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 19:15

 

https://www.politis.fr/articles/2017/06/appel-nous-refuserons-une-loi-travail-bis-par-ordonnance-37072

 

Nous refusons une deuxième loi travail par ordonnance

 

Des personnalités, des élus et des responsables nationaux de diverses forces de gauche et écologistes, affirment leur soutien aux mobilisations à venir contre la réforme du code du travail.

 

Emmanuel Macron, à peine élu, se propose d’aller beaucoup plus loin que la première loi travail dans la liquidation du code du travail.

Après l’utilisation du quarante-neuvième article de la constitution par le gouvernement de Manuel Valls et de François Hollande, le projet d'Emmanuel Macron est de passer en force, sans aucun débat au parlement, par voie d’ordonnance. Lui qui clamait refuser le quarante-neuvième article de la constitution sur sa propre loi de 2015, il fait pire en voulant réformer au pas de charge et empêcher tout débat.

Ce n’est pas acceptable et nous ferons tout pour l’en empêcher.

Si une telle option venait à être confirmée, elle constituerait une violation immédiate et grave du débat démocratique par le président lui-même.

Du mois de mars 2016 au mois de septembre 2016, des centaines de milliers de personnes, de jeunes, de salariés et de précaires, se sont mobilisés pour empêcher la loi travail d’être votée à l'assemblée nationale. Cette loi était refusée majoritairement dans le pays, comme l’ont montré toutes les enquêtes d’opinion. Elle n’avait même pas de majorité dans le syndicalisme. Sa mise en place a eu lieu en dehors du cadre légal qui oblige à négocier avec les syndicats toute modification importante du code du travail. Et elle a été imposée par la technique antidémocratique du quarante-neuvième article de la constitution, parce que le gouvernement n’avait pas de majorité dans son propre camp.

Aujourd’hui élu, Emmanuel Macron prétend effacer des mémoires ce mouvement de protestation sociale et politique de l’année 2016, en généralisant à toutes les dispositions du contrat de travail ce que la première loi travail avait limité à l’emploi. Dans son projet de révision à la hussarde du code du travail, les salaires, la durée effective du travail et les conditions de travail, sont également visés. Il y aurait un code du travail par entreprise, c’est-à-dire plus de code du travail du tout. Les syndicats seraient réduits au rôle de négociants de droits éclatés.

Il est même envisagé de plafonner, c’est-à-dire de diminuer, les indemnités compensatrices en cas de licenciements abusifs sans cause réelle et sérieuse, prononcées par les jugements des conseils des prud'hommes, et également de procéder à la fusion des Institutions Représentatives du Personnel (IRP) pour limiter l’action syndicale et les droits des salariés.

C’est donc le risque d’une régression sociale de grande ampleur redoublée qui se met en marche ou se prépare à marche forcée pendant l’été, avec le risque d’alimenter une fois de plus le discours populiste du Front National.

Nous alertons l’opinion publique. Nous soutiendrons toute action que des syndicats, des salariés, des jeunes, des personnalités, des juristes en droit du travail, des universitaires et des associations, pourraient décider.

En particulier, nous soutenons les initiatives prévues dans la semaine du Lundi 19 Juin au Vendredi 23 Juin 2017, comme un premier pas pour construire une mobilisation massive contre la politique du gouvernement d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe. Nous ferons campagne commune pour alerter la population sur ces projets néfastes. Unis, nous ferons front commun pour refuser ces méthodes et notamment une éventuelle loi d’habilitation des ordonnances.

À court terme, si la République En Marche (REM), avec ou sans les Républicains, obtient la majorité absolue à l’assemblée nationale, cela lui permettra d’avoir les coudées franches pour mener sa politique de casse du droit du travail. Nous n’en voulons pas.

Nous défendrons des propositions alternatives pour renforcer le droit du travail, rétablir la hiérarchie des normes au bénéfice de la loi et le principe de faveur qui retient le choix de la meilleure option pour les salariés dans les négociations, limiter les contrats précaires, relancer la réduction du temps de travail vers la semaine de trente deux heures, protéger contre les licenciements, mettre en place une sécurité sociale professionnelle, lutter contre l'intensification et l'ubérisation du travail, accorder une vraie protection aux stagiaires et aux auto-entrepreneurs et renforcer les moyens de l’inspection du travail et de la médecine du travail.

 

Premiers signataires

 

Clémentine Autain, André Chassaigne, Éric Coquerel, Caroline de Haas, Gérard Filoche, Pierre Laurent, Myriam Martin, Philippe Poutou, Danielle Simonnet, Marie-Christine Vergiat,

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 15:08

 

http://www.lemonde.fr/climat/article/2017/06/02/apres-la-sortie-de-l-accord-de-paris-la-californie-veut-combler-le-vide-politique_5137469_1652612.html

 

La Californie veut mener la fronde, au nom de l'environnement

 

Après la sortie de l’accord de Paris, la Californie veut combler le vide politique

 

Le gouverneur Jerry Brown, écologiste convaincu, passe des partenariats avec des villes et des provinces du monde entier pour respecter, voire dépasser, les objectifs de la vingt et unième conférence climatique.

 

Par Corine Lesnes, correspondante du Monde à San Francisco

 

Pure coïncidence, au moment où Donald Trump annonçait, Jeudi Premier Juin 2017, le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, se préparait à embarquer pour Pékin pour participer à un sommet international de ministres de l’énergie et à une tournée sur le climat et les énergies renouvelables. « Jerry Brown prend-il la position de Donald Trump sur la scène mondiale de l’environnement », interroge le Sacramento Bee, le quotidien de la capitale politique de la Californie.

Ecologiste convaincu depuis son premier mandat, entre 1975 et 1983, l’élu démocrate, soixante dix neuf ans, considère la décision du président comme une erreur colossale. Donald Trump « parie sur un cheval mort », a-t-il dit dans l’une des vingt-deux interviews qu’il a accordées à la presse avant son départ pour la Chine. « La Californie va faire tout ce qui est en son pouvoir non seulement pour maintenir le cap mais pour réunir des soutiens, dans d’autres états, d’autres provinces et d’autres pays », a-t-il ajouté.

Jerry Brown, qui dirige l’équivalent de la sixième économie du monde, espère combler le vide politique laissé par le retrait américain. Mercredi 31 Mai 2017, il a appelé ses collègues gouverneurs à forger une alliance pour manifester leur soutien à l’accord de Paris.

Un premier groupe s’est constitué autour de la Californie, de l'état de New York et de l'état de Washington, qui ont annoncé, Jeudi Premier Juin 2017, leur intention de respecter les objectifs de la vingt et unième conférence climatique, même sans soutien fédéral.

Au mois d'avril 2017, Jerry Brown a enrôlé trois nouveaux pays, le Canada, le Mexique et la Suède, dans l’initiative Under Two qu’il a lancée en 2015 avec des objectifs plus ambitieux que ceux de l'Organisation des Nations unies (ONU). A ce jour, cent soixante dix collectivités, des états, des provinces et des municipalités, représentant un milliard cent quatre vingt millions d’habitants dans trente-trois pays, sont partie prenante à cette coalition, nommée d’après le seuil de deux degrés d’élévation des températures au-delà duquel les scientifiques prévoient des conséquences irréversibles pour la planète. Les signataires s’engagent à réduire leurs émissions de quatre vingt à quatre vingt quinze pour cent d’ici à 2050 par rapport à 1990.

Pourquoi la Californie est-elle en pointe du combat environnemental ? Dans une interview, à la veille de la signature de l’accord de Paris, au mois de décembre 2015, Jerry Brown expliquait au Monde que les habitants ont été sensibilisés très tôt à la qualité de l’air, lorsque la pollution sévissait sur l’état dans les années 1950 et 1960.

A l’époque, soulignait-il, ce sont deux élus républicains qui avaient réagi. Ronald Reagan, gouverneur de l’état, et Richard Nixon, le président qui a promulgué le Clean Air Act, la loi sur l’air propre, en 1970. Grâce à eux, la Californie s’est vu attribuer une autorité indépendante pour fixer des normes d’émission pour les véhicules.

Elle a fixé des règles plus rigoureuses qu’ailleurs, suivie par une quinzaine d’états.

C’est cette dérogation au régime fédéral qui lui a permis d’être à l’avant-garde. Aujourd’hui, sous la pression des constructeurs automobiles, l’administration de Donald Trump étudie la possibilité de la révoquer, bien qu’elle soit inscrite dans la loi et que seul un acte du congrès puisse en décider.

En Californie, le sujet a toujours été bipartisan, grande différence avec Washington. C’est le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger, entre 2003 et 2011, qui a promulgué la première loi sur le changement climatique, en vertu de l’autorité octroyée par le Clean Air Act, et confirmée par la cour suprême en 2010. « Tout naturellement, nous sommes passés du contrôle de la pollution à celui des gaz à effet de serre », expliquait alors Jerry Brown, « mais nous ne pouvons agir seuls. L’exceptionnalisme de la Californie doit devenir la norme pour les autres états et je dirais même le monde ».

La Californie a mis en place un système de marché d’émissions qui a servi de modèle à la législation que le président Barack Obama a essayé, sans succès, de faire adopter par le congrès des Etats Unis en 2010.

Avec le Canada et le Mexique, l’état est en train de préparer un « marché commun du changement climatique », étendant le système à toute la région.

Selon le gouverneur, l’opposition est galvanisée par l’attitude de Donald Trump. A la veille de l’annonce du retrait, le sénat de Californie a adopté une mesure visant à accélérer encore la réduction des émissions, cent pour cent de l’électricité devra provenir d’énergies renouvelables avant 2045.

Comme la bataille sera aussi juridique, l’assemblée locale a recruté l’ancien ministre de la justice de Barack Obama, Eric Holder, pour défendre les intérêts de l’état.

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:36

 

L'Allemagne va quitter la base d'Incirlik, annonce Sigmar Gabriel (Reuters)

 

L'Allemagne n'a pas d'autre choix que de retirer les troupes qu'elle a stationnées sur la base aérienne d'Incirlik mise à la disposition de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) par la Turquie, car les autorités turques refusent que des parlementaires allemands rendent visite aux soldats, a déclaré Sigmar Gabriel, Lundi 5 Juin 2017.

« La Turquie a clairement indiqué que, pour des raisons de politique intérieure, elle ne pouvait pas accepter la visite de tous les parlementaires », a déclaré le ministre allemand des affaires étrangères après une entrevue avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu.

Sigmar Gabriel a expliqué que les opérations de l'armée allemande, étant soumises à l'approbation du parlement, les députés devaient être en mesure de rendre visite aux troupes stationnées sur cette base.

« La Turquie doit comprendre que, dans cette situation, nous devons retirer nos soldats d'Incirlik », a-t-il ajouté. « Dans ces conditions, le parlement allemand va demander au gouvernement de trouver une autre affection pour les soldats allemands d'Incirlik ».

Environ deux cent cinquante soldats allemands sont déployés sur cette base aérienne située dans le sud de la Turquie et participent aux missions de l’OTAN dans la guerre contre le groupe Etat Islamique en Syrie.

Un groupe de parlementaires allemands qui souhaitaient y rencontrer les militaires en poste s'en est vu refuser l'accès à la base au mois de mai 2017, nouvel épisode dans la querelle qui oppose l'Allemagne et la Turquie depuis plusieurs mois. La Turquie a fait valoir que le moment n'était pas opportun pour une visite de parlementaires.

Le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a fait savoir Lundi 5 Juin 2017 qu'une visite était actuellement possible sur la base de Konya, autre infrastructure mise à la disposition de l’OTAN, mais pas sur la base d'Incirlik.

Le premier ministre turc Binali Yildirim a, lui, annulé une réunion prévue avec Sigmar Gabriel, officiellement en raison d'un agenda chargé du chef du gouvernement.

Les relations entre Berlin et Ankara n'ont cessé de se détériorer depuis la campagne sur le référendum constitutionnel du Dimanche 16 Avril 2017 qui a permis au président turc Recep Tayyip Erdogan d'obtenir un élargissement de ses pouvoirs.

Lors de la campagne, Recep Tayyip Erdogan voulait que ses ministres puissent tenir des meetings électoraux en Allemagne afin de convaincre les électeurs de la diaspora turque.

Les autorités allemandes se sont opposées à de tels rassemblements, évoquant des questions de sécurité publique et provoquant la colère de Recep Tayyip Erdogan dans un scrutin dont le résultat, longtemps incertain, s'est révélé très serré en sa faveur.

Maniant une rhétorique agressive, Recep Tayyip Erdogan avait accusé les autorités allemandes d'utiliser une stratégie inspirée du nazisme.

L'an passé, le président turc avait déjà empêché pendant plusieurs mois la venue de parlementaires allemands sur la base d'Incirlik. Ce refus faisait suite à l'adoption par le parlement allemand d'une résolution parlementaire reconnaissant le génocide des arméniens par les forces ottomanes en 1915.

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:24

 

Trois pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et l'Egypte rompent leurs relations avec le Qatar (Reuters)

 

Trois pays du CCG, dont l'Arabie Saoudite, ainsi que l'Egypte ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, Lundi 5 Juin 2017, en invoquant des questions de sécurité nationale et en accusant Doha de déstabiliser la région et de soutenir des groupes terroristes.

Dans de brefs communiqués diffusés par leurs agences de presse officielles, l'Arabie Saoudite et le Bahreïn ajoutent couper toutes les liaisons terrestres, aériennes et maritimes avec l'émirat.

L'Egypte va de son côté fermer son espace aérien et ses ports maritimes à tous les moyens de transports qataris pour préserver sa sécurité nationale, indique le ministère égyptien des affaires étrangères dans un communiqué.

Saudi Press Agency (SPA), qui cite un responsable du royaume, explique aussi la décision de Ryad par la nécessité de protéger « la sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l'extrémisme. Le Qatar soutient de multiples groupes terroristes et religieux qui visent à déstabiliser la région, dont les Frères Musulmans, l'Etat Islamique et al Qaïda, et assure constamment la promotion du message et du projet de ces groupes grâce à ses médias », affirme SPA, qui fait notamment allusion à la chaîne al Djazira.

En 2014, les trois pays du CCG avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha en reprochant au Qatar ses liens avec l'organisation des Frères Musulmans après le renversement du chef d’état égyptien Mohamed Morsi, qui en était issu, par l'actuel président Abdel Fattah al Sissi.

L'Arabie Saoudite voit dans la confrérie fondée en Egypte il y a près d'un siècle un rival à la pensée salafiste qu'elle promeut.

Les tensions étaient remontées d'un cran ces deux dernières semaines après des articles de presse prêtant à l'émir du Qatar, Tamim bin Hamad al Thani, des critiques contre la rhétorique de ses voisins du CCG contre l’Iran et des critiques contre le président américain Donald Trump, qui a été reçu en grandes pompes en Arabie Saoudite il y a deux semaines.

L'émir du Qatar a démenti avoir tenu de tels propos mais, il y a une semaine, un ministre des Emirats Arabes Unis (EAU) avait prévenu qu'une grave crise était sur le point d'éclater au sein du CCG.

Le secrétaire d’état américain, Rex Tillerson, a estimé que cette rupture des relations diplomatiques ne devrait pas avoir de conséquences significatives sur la lutte contre le terrorisme.

« Je ne m'attends pas à ce que cela ait un impact significatif, voire un impact quelconque, sur la lutte unifiée contre le terrorisme dans la région et dans le monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine en visite au Australie.

Rex Tillerson a appelé les états membres du CCG à régler entre eux leurs différends.

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 14:05

 

Réduction d'effectifs de la police, Jeremy Corbyn appelle Theresa May à démissionner (Reuters)

 

Le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn, a appelé Lundi 5 Juin 2017 la première ministre Theresa May à démissionner, pour avoir supervisé une réduction des effectifs de la police durant les six années où elle a été ministre de l’intérieur.

Des élections législatives auront lieu Jeudi 8 Juin 2017 en Grande-Bretagne, quelques jours seulement après l'attentat du Samedi 3 Juin 2017 qui a fait sept morts et près de cinquante blessés en plein coeur de Londres. Il s'agissait du troisième attentat en moins de trois mois au Royaume-Uni.

Lundi 5 Juin 2017, des journalistes ont demandé à Theresa May de dire si elle regrettait d'avoir réduit d'environ vingt mille personnes les effectifs de la police lorsqu'elle fut ministre de l’intérieur, de 2010 à 2016.

Elle a rétorqué que le budget de la lutte contre le terrorisme avait été sanctuarisé et que la police avait obtenu les moyens dont elle avait besoin dans ce domaine.

Prié de dire s'il soutenait les appels à la démission adressés par certains à Theresa May, le leader du parti travailliste a dit à la chaîne Sky News « qu’effectivement je le demande, parce que ces appels ont été lancés par beaucoup de personnes très responsables, vivement préoccupées par le fait qu'elle a été à la tête du ministère de l’intérieur pendant tout ce temps, qu'elle a présidé à des coupes dans les effectifs de la police et qu'elle dit aujourd'hui qu'il y a un problème. Oui, nous avons un problème, à savoir que nous n'aurions jamais dû réduire les effectifs de la police », a conclu Jeremy Corbyn.

Selon une estimation de l'institut YouGov, le parti conservateur de Theresa May risque de perdre sa majorité absolue à la chambre des communes, lors des élections législatives du Jeudi 8 Juin 2017.

L'estimation n'accorde que trois cent cinq sièges au parti conservateur, alors que le seuil de la majorité absolue est de trois cent vingt six sièges.

 

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 16:10

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/01/chantal-mouffe-m-macron-stade-supreme-de-la-post-politique_5136932_3232.html

 

Emmanuel Macron, stade suprême de la post-politique

 

Dans une tribune au Monde, la philosophe Chantal Mouffe, proche de Jean-Luc Mélenchon, reproche au nouveau président d’être la parfaite incarnation d’une politique qui interdit le débat en reléguant aux extrêmes toute opposition afin d’imposer des idées libérales.

 

Par Chantal Mouffe, professeure de théorie politique à l'université de Westminster, à Londres

 

Jeudi Premier Juin 2017

 

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la république, les médias se pâment d’admiration devant la nouveauté de son programme. En dépassant le clivage entre la droite et la gauche, il apporterait la solution aux éternels blocages de la société française. La République En Marche (REM) serait porteuse d’une révolution démocratique apte à libérer toute l’énergie des forces progressistes, jusqu’ici bridées par les partis traditionnels.

Il est tout de même assez paradoxal de présenter comme remède à la profonde crise de représentation qui affecte les démocraties occidentales précisément le type de politique qui est à l’origine même de cette crise. Car celle-ci résulte de l’adoption, dans la plupart des pays européens, de la stratégie de la troisième voie théorisée en Grande-Bretagne par le sociologue Anthony Giddens et pratiquée par le New Labour de Tony Blair.

Déclarant obsolète le clivage entre la droite et la gauche, cette stratégie prônait une nouvelle forme de gouvernance nommée centrisme radical.

Selon Tony Blair, « nous étions tous de la classe moyenne », les anciens antagonismes avaient disparu et le modèle antagoniste de la politique était devenu caduc. Il n’y avait plus une politique économique de droite et une politique économique de gauche, mais seulement une « bonne politique et une mauvaise politique ». Cette perspective post-politique se fondait sur le fameux There Is No Alternative (TINA) de Margaret Thatcher, la conviction qu’il n’y avait pas d’alternative à la mondialisation néo libérale.

Après avoir été saluée en Allemagne par Gerhard Schröder et sa Neue Mitte, son Nouveau Centre, la troisième voie de Tony Blair a été progressivement adoptée par la plupart des partis socialistes et sociaux-démocrates, qui se définissent désormais comme de centre gauche. C’est ainsi qu’a été établi en Europe le consensus au centre qui, en effaçant la frontière entre la droite et la gauche, a privé les citoyens de la possibilité d’avoir le choix, lors des élections, entre des projets différents.

Cette absence d’alternative est à l’origine de beaucoup des problèmes auxquels nous sommes confrontés, le discrédit des institutions démocratiques, la montée de l’abstention et le succès croissant des partis populistes de droite.

Ceux-ci, en prétendant qu’ils allaient rendre au peuple le pouvoir confisqué par les élites, ont réussi à s’implanter durablement dans de nombreux pays. Quant à la sociale démocratie, cette dérive vers le centre gauche lui a été fatale et elle est entrée en crise presque partout en Europe.

Or, comme nous le savons depuis Nicolas Machiavel, il existe dans la société des intérêts et des positions irréconciliables et il ne suffit pas de nier ces antagonismes pour les faire disparaître. L’objectif d’une démocratie pluraliste n’est pas d’arriver au consensus, mais de permettre au dissensus de s’exprimer grâce à des institutions qui le mettent en scène d’une façon agonistique.

Dans la lutte agonistique, les opposants ne se traitent pas en ennemis mais en adversaires. Ils savent qu’il y a des questions sur lesquelles ils ne vont pas pouvoir se mettre d’accord, mais ils respectent leurs droits respectifs à se battre pour faire gagner leur camp. Le rôle des institutions démocratiques consiste alors à fournir le cadre pour « s’opposer sans se massacrer », comme le soulignait l’anthropologue Marcel Mauss.

Dans la tradition républicaine, l’opposition entre la droite et la gauche est la façon de donner forme à la division de la société. La démocratie pluraliste est le lieu d’une tension entre les idéaux d’égalité et de liberté, tension qui doit être constamment renégociée dans la confrontation agonistique entre la droite et la gauche.

C’est à travers elle que peut s’exprimer la souveraineté populaire, qui est un des piliers de l’idéal démocratique. C’est là que se trouve l’enjeu d’une politique démocratique authentique.

Si nous pouvons affirmer que nous vivons maintenant dans des sociétés post démocratiques, c’est parce que, avec le triomphe de l’hégémonie néo libérale, la souveraineté populaire a été privée de son champ d’exercice. Le consensus post politique ne laisse place qu’à l’alternance au pouvoir entre le centre droit et le centre gauche, tous les deux servant les diktats du néo libéralisme.

Tous les partis qui n’acceptent pas ce scénario sont renvoyés aux extrêmes et accusés de mettre la démocratie en danger. Emmanuel Macron pousse cette logique encore plus loin et sa supposée nouveauté consiste tout simplement à évacuer le semblant de contestation qui existait encore avec le bipartisme. Dorénavant, c’est la possibilité même de contestation qui est récusée avec la disparition de la distinction entre la droite et la gauche. C’est vraiment le stade suprême de la post politique.

Mais comme il n’y a pas de politique sans frontière entre nous et eux, il est amené à en construire une autre entre progressistes et conservateurs. Une telle frontière n’institue pas un rapport d’ordre politique entre adversaires. Faisant l’impasse sur les configurations de pouvoir, elle sert à disqualifier les différentes formes d’opposition en les assimilant sous un même vocable, celui de conservateurs.

Emmanuel Macron s’autorise ainsi à dédaigner en tant que conservateurs le grand nombre de français opposés à sa politique et à ignorer les revendications de la France d’en bas.

Qu’une telle politique conduise inévitablement à la révolte des catégories populaires ne semble pas l’inquiéter. Un tel aveuglement est proprement hallucinant, car ce recyclage de la troisième voie, au lieu d’endiguer le Front National, comme il se l’imagine, peut conduire à son renforcement et même à sa victoire en 2022.

Heureusement, le très bon score de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles françaises et l’enthousiasme populaire autour du Mouvement de la France Insoumise (MFI) nous montre qu’une autre issue est possible, celle d’une révolution citoyenne.

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