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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 15:56

Le calme revient à Ferguson, la garde nationale se retire (Reuters)

Le gouverneur du Missouri a ordonné Jeudi 21 Août 2014 le retrait de la garde nationale de la ville de Ferguson, dans la banlieue de Saint Louis, où le calme semble revenir près de deux semaines après la mort d'un jeune noir abattu par un policier blanc.

Pour la deuxième soirée consécutive, des manifestants se sont rassemblés dans le calme jeudi, loin de l'agitation qui a prévalu pendant onze nuits consécutives après le décès de Michael Brown Samedi 9 Août 2014.

Le père du jeune homme, Michael Brown Senior, a exhorté sur CNN les contestataires à « reprendre une vie normale ».

Il a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui ont témoigné de leur compassion mais a critiqué les pillages et les heurts avec les forces de l'ordre en marge de l'émotion suscitée par la mort de son fils.

« Ces pillages, tout cela n'aide pas notre fils. Cela ne fait que provoquer davantage de chagrin et cela ternit son nom », a-t-il déclaré. « Retournez auprès de vos familles. Prenez vos enfants dans vos bras. Serrez-les fort. Gardez-les près de vous ».

Avec les appels émanant de toutes parts en faveur d'un retour au calme, les rangs des manifestants n'ont cessé de s'éclaircir au fil des derniers jours et la tension est progressivement retombée.

« Je pense que nous avons franchi une étape », a dit le capitaine Ron Johnson, un officier noir placé à la tête du maintien de l'ordre après les critiques qui se sont abattues sur la police locale, accusée d'attiser les tensions par un comportement jugé trop agressif.

Ron Johnson et nombre de ses agents ont ainsi pu jeudi soir déambuler sans problème au milieu des manifestants.

La garde nationale, déployée au paroxysme des tensions, a reçu l'ordre de se retirer.

« Nous continuons à observer une amélioration » de la situation, a expliqué le gouverneur Jay Nixon dans un communiqué annonçant le retrait de la garde nationale.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 18:25

http://www.huffpostmaghreb.com/2014/08/20/boycott-israel-san-francisco_n_5693940.html

http://www.europalestine.com/spip.php?article9790

Sous la pression des manifestants, le navire de l’apartheid a été contraint de partir sans décharger

Par Daikha Dridi à San Francisco

Vendredi 22 Août 2014

Au quatrième jour du blocus humain au port d'Oakland, sur la côte ouest des Etats-Unis, en solidarité avec le peuple palestinien, le navire commercial israélien Zim a été forcé de quitter la Baie de San Francisco et d'aller chercher un nouveau port d'asile pour y débarquer sa marchandise.

Un coup de tonnerre dans le ciel états-unien, une victoire majeure pour la campagne Boycott Israël, mise sous embargo, de manière quasi-invraisemblable, par les medias américains.

Depuis Samedi 16 Août 2014, la même alerte est tombée à chaque fois vers 4 heures du matin. Par SMS, twitter ou sur la page facebook « Block the Boat for Gaza », « le navire Zim est encore au port d'Oakland. Rendez-vous au 1717 Middle Harbor Rd, à 5 heures du matin pour continuer le blocus contre le bateau de l'apartheid ».

Et pour le quatrième jour consécutif, des dizaines de manifestants, ulcérés par le massacre des Palestiniens à Gaza, ont répondu à l'appel et accouru de toute la région de la Baie de San Francisco pour former un piquet en face du quai ou se trouvait mardi matin encore le navire israélien et empêcher ainsi symboliquement les dockers de débarquer sa cargaison.

« La Palestine vaincra »

De plusieurs milliers au premier jour, samedi dernier, ils n'étaient plus que quelques centaines, parfois même beaucoup moins, mais ils étaient là, à chaque fois, toujours armés de leurs contrebasse, clarinettes, pancartes et bonne humeur.

La lumière douce et brumeuse de ces aubes portuaires les rendait encore plus beaux et presque irréels, mais leurs voix claires et puissantes rappelaient la sanglante réalité de Gaza et leurs chants leur volonté de « faire honte à Israël, état de l'apartheid » et proclamer que « la Palestine vaincra ».

A chaque fois, ils ont formé un cercle portant pancartes dénonçant les crimes de l'état d'Israël et des Etats-Unis contre les palestiniens et, à chaque fois, les dockers ont regardé le spectacle de loin et décidé de ne pas briser le piquet et de ne pas débarquer les marchandises du bateau de la compagnie Zim.

Et au quatrième jour, une seconde alerte est tombée dans la même journée, cette fois-ci un peu après 17 heures, « le navire Zim a été contraint de quitter le terminal SSA du port d'Oakland ». C'est l'annonce de la victoire.

Le bateau devenu symbole du pays de l'apartheid a été mis à la porte de la baie. Il est repassé sous le Golden Gate Bridge une seconde fois dans l'autre sens muni de son indésirable cargaison à la recherche d'un autre port de la côte ouest où l'accueil serait plus clément.

Victoire symbolique

Sur les réseaux sociaux et la page facebook « Block the Boat for Gaza » ont fusé les interjections de joie. Ce sont les activistes d'une constellation d'organisations allant d'associations politiques arabo-américaines, juives anti sionistes, afro-américaines, de partis politiques comme le Green Party, d'organisations libertaires et politiquement radicales comme Code Pink ou « Queers under mining israeli terror » qui se sont mobilisés pour ce but.

Le consul israélien à San Francisco Andy David avait laissé entendre mardi dans un entretien au quotidien local The San Francisco Chronicle que le navire serait en fin de compte obligé de quitter le port d'Oakland.

C'est ainsi, dans un cynisme difficilement égalable, que le représentant de l'état d'Israël a déclaré que les manifestants « ont peut-être choisi un symbole et tentent de faire croire que ce qu'ils font nuit au gouvernement israélien mais en vérité tout ce qu'ils font c'est nuire aux gens qui vivent ici et pour moi ceci est l'exacte définition du terrorisme politique, ils essaient d'atteindre un objectif mais ils se soucient peu des innocents à qui cela peut faire du mal ».

Cette petite victoire, pacifique et ô combien symbolique, au moment où Israël a repris ses bombardements meurtriers contre Gaza, a été arrachée par des individus dont le courage physique est indéniable lorsque l'on connait la détestable réputation de la police d'Oakland.

Mais aussi lorsque l'on sait que le port d'Oakland a été le théâtre d'une répression sanglante en 2003 contre des manifestants contre la guerre en Irak qui tentaient de bloquer un navire américain transportant des armements et équipements de combats militaires.

Reste à savoir maintenant comment se déroulera l'événement « Block the Boat for Gaza » dans les ports où il a été annoncé, à Seattle, Long Beach et Vancouver.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 17:48

http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/08/18/rebiya-kadeer-le-discours-d-une-vie_4473075_3216.html?xtmc=rebiya_kadeer&xtcr=1

Rebiya Kadeer, le discours d’une vie

Par Annick Cojean

Mercredi 20 Août 2014

A quoi pense-t-elle, Rebiya Kadeer, en regardant les trois mille députés de l'Assemblée Nationale Populaire chinoise devant lesquels, ce jour de mars 1997, elle s'apprête à prendre la parole ? Est-elle nerveuse, anxieuse et tremblante ? A-t-elle le moindre doute sur ce qu'elle s'apprête à faire ? Allons, elle est bien trop fière pour avouer une quelconque faiblesse. Mais on croit volontiers que son cœur bat la chamade et que cette allure altière qui semble défier tous les hiérarques de Chine cache un trac inédit chez cette combattante née.

C'est la première fois qu'en tant que députée, choisie par le parti en raison de son fabuleux succès dans les affaires, elle s'exprime dans cet immense palais du peuple situé sur la place Tiananmen à Pékin, et elle sait pertinemment que ce sera la dernière. Car ce qu'elle va dire est impensable devant pareille instance. C'est du soufre. Elle sait qu'elle se condamne.

« Un point de non-retour »

Bien sûr, comme le veut la règle, elle a transmis aux cadres du parti il y a plusieurs jours une copie de son supposé discours. Elle y rendait hommage au communisme et à la grande sagesse de ses leaders éclairés. Elle soulignait combien sa région natale du Xinjiang, à l'extrême ouest du pays et autrefois indépendante sous le nom de Turkestan oriental, bénéficiait de l'apport des chinois qui avaient fourni instruction et richesse aux ouïgours, peuple autochtone de culture musulmane. Bref, elle flattait outrageusement le pouvoir, disant exactement le contraire de sa pensée pour tromper la censure. Car il s'agissait d'un faux discours !

Le vrai, c'est maintenant qu'ils vont l'entendre, lu par l'interprète officiel qu'elle a rencontré hier soir dans le plus grand secret et qui, dans une minute, va traduire ses propos du ouïgour au chinois. Elle sait que la loi interdit d'interrompre l'orateur une fois son discours entamé. Ce sera donc son grand moment. « Le tournant de ma vie », dit-elle aujourd'hui, « un point de non-retour ».

La salle est stupéfaite

Elle fait face à la salle, un hémicycle de deux étages bourré de représentants du peuple venus de toute la Chine, les galeries supérieures réservées aux journalistes. Le gouvernement et le président sont assis derrière elle. Elle tend son texte à l'interprète. Il tremble sans doute plus qu'elle. Mais il se lance sans fléchir, elle surveille. Puis il bafouille, se reprend, accélère, impatient d'en finir, « est-ce notre faute si les chinois occupent nos terres ? Si nos conditions de vie sont si précaires ». L'interprète s'éponge le front, la salle est stupéfaite. Tous les yeux sont braqués sur elle. Alors, elle enchaîne, le sang bouillonnant, presque hors d'elle. Elle ne lit pas le chinois, mais elle peut le parler lorsqu'elle s'est préparée, et la fièvre du moment lui fait pousser des ailes.

En vingt-sept minutes, elle décrit la tragédie ouïgoure comme aucun chinois ne l'avait jamais perçue. L'expropriation des paysans privés de leurs terres arables et quasiment interdits de travail au pays, leur transfert forcé dans les usines du sud, l'extrême pauvreté et le « génocide culturel », les campagnes publicitaires pour attirer dans les villes chinoises les jeunes filles ouïgoures exploitables dans les maisons closes, l'incroyable différence de traitement entre chinois et ouïgours en matière de droits, d'écoles et de salaires, les exactions policières (« tuer quelqu'un est devenu aussi fréquent qu'abattre un oiseau ») et les milliers de prisonniers politiques. « Pourquoi le gouvernement fait-il émigrer les malades du sida de toute la Chine vers nos villes ? Quel est le but des autorités ». Tout y passe, avant de terminer par un appel à une réelle autonomie de sa région, « si nécessaire à la paix ».

« Le monde devait savoir »

La salle applaudit à tout rompre. Et le président Jiang Zemin, ses ministres sur les talons, vient lui prendre les mains et la complimenter avant de disparaître. Elle en rit encore. « Quelle hypocrisie, il y a une expression ouïgoure pour décrire ce type de situation, une bombe recouverte de chocolat. Il fallait bien que les cadres gardent la face devant le parlement. Mais je pressentais qu'ils me feraient payer très cher mon audace. Que je perdrais ma fortune et ma liberté. Que je risquais de ne plus revoir mon mari et que mes onze enfants allaient probablement souffrir. Je savais tout cela ».

Mais alors, elle sourit d'un air à la fois résolu et fataliste, « je devais parler. Je le devais au peuple ouïgour. J'étais devenue une femme célèbre, la plus riche de Chine. Et je savais que ma voix porterait dans tous les recoins du pays, peut-être même à l'étranger. Alors, je n'avais pas le droit de me dérober ». Mais pourquoi ce jour-là ? Ses yeux lancent des éclairs et sa voix grave monte d'un ton. A vif, Rebiya Kadeer, lorsqu'elle parle de son peuple.

« Parce que deux mois plus tôt, le 7 février 1997, les chinois avaient fait preuve d'une violence inouïe pour réprimer une manifestation pacifique d'ouïgours dans la ville de Gulja. Des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants, furent abattues, des milliers furent déportées, torturées, leurs dents arrachées une à une. J'avais moi-même enquêté, recueilli les témoignages, visionné les films pris par la police et l'armée. Trop, c'était trop. Le gouvernement avait condamné à mort l'intégralité du peuple ouïgour. Le monde devait savoir ».

« Après, ce fut la chute »

Mais après le discours, après les félicitations factices et diverses manœuvres visant à l'empêcher d'accéder à la presse ? « Après, ce fut la chute. Et la mise en route d'un rouleau compresseur destiné à m'anéantir ». La police cueille la députée à la sortie de l'avion qui la ramène dans sa province. Elle est conduite vers le bureau des services secrets et on lui annonce la destitution de tous ses titres et mandats politiques. Puis rapidement, on confisque son passeport. Le moindre de ses déplacements est soumis à autorisation, des hommes en noir la suivent comme son ombre. Toutes ses sociétés sont paralysées, ses initiatives entravées et son grand projet de former au commerce les femmes ouïgoures saboté.

Pourtant son crédit auprès de son peuple n'a jamais été si fort. « Avant le discours, et malgré toutes mes aides aux plus démunis, les gens me considéraient comme une femme d'affaires. Après, j'étais devenue une héroïne ». Mais les chinois accroissent leur emprise sur le pays ouïgour. Les « colons » arrivent, par centaines de milliers, prioritaires en tout et noyant la population autochtone, dont le moindre signe vestimentaire, culturel, religieux évoquant la tradition ouïgoure est sauvagement réprimé. L'étau se resserre.

Alors Rebiya Kadeer fait une dernière tentative pour prévenir le monde de l'étouffement de son peuple. Elle rassemble un maximum de documents et articles de presse sur les violations des droits de son peuple et tente de les faire parvenir à son mari, déjà exilé aux Etats-Unis, grâce à une délégation de parlementaires américains de passage dans le Xinjiang le 6 août 1999. Las, c’est la faute qu'attendaient les autorités chinoises pour en finir avec la rebelle.

Une voiture lancée à toute vitesse tente de pulvériser son taxi mais la manque. Des hommes à mitraillettes l'entourent et aussitôt l'arrêtent, « divulgation de secrets d'état ». Prison, interrogatoires, menaces, humiliations, grève de la faim, on lui prédit une condamnation à mort, et elle se sent fin prête. « C'est un moment intéressant, celui où vous croyez vous rendre à votre exécution », raconte-t-elle, calmement. « Vous êtes fière et votre courage est décuplé car ce n'est ni une mort stupide ni une mort honteuse. Vous mourez pour une cause, celle de votre peuple. C'est immense ». Elle échappe à la mort mais reçoit une condamnation à huit ans de prison.

« Un destin »

Libérée en 2005 « pour raisons médicales », en fait sous la pression d'organisations humanitaires internationales, elle est dans un avion à destination des Etats-Unis. Six de ses enfants y résident déjà. Les cinq autres restent en Chine pour servir de moyen de chantage et seront tour à tour arrêtés, torturés, sommés de la dénigrer publiquement.

La dame se tient bien droite, dans ce petit hôtel de Genève où elle est de passage en ce mois de juin 2014 pour une réunion à l'ONU. Elégante dans un tailleur classique qui lui tombe à la cheville, ses longues tresses devenues son image de marque dansant plus bas que sa taille, elle ne fait assurément pas ses soixante-huit ans et n'avoue aucune fatigue malgré ses multiples voyages en tant que présidente du Congrès Mondial Ouïgour en exil. Non, jamais elle n'arrêtera.

« On assassine le peuple ouïgour ! Les procès publics se succèdent, suivis d'exécutions dans des stades. Le gouvernement chinois joue la terreur. Je reste le seul espoir dans le coeur d'un peuple de malheureux et de désespérés. Un de mes fils que j'aime tant est encore en prison. Il a été torturé, on m'a fait entendre ses cris. Ils savent qu'une mère ne peut pas entendre cela. Puisse-t-il avoir l'intelligence de me pardonner ! Car je suis désormais la mère de tout un peuple ».

Elle vit à Washington et saisit toutes les estrades pour porter les revendications des ouïgours et prévenir le monde que le désespoir d'un peuple ne peut conduire qu'à des issues fatales. Elle prône la paix, sans relâche, quand le gouvernement de Pékin l'accuse d'encourager le terrorisme. « Un destin », sourit-elle. Celui d'une petite ouïgoure née très pauvre, mariée à quinze ans pour aider sa famille, jetée à la rue après un divorce et une ribambelle d'enfants, et qui, impétueuse et douée, bâtit ex nihilo un empire commercial et immobilier afin de devenir riche, immensément riche, « seule façon d'obtenir influence et prestige », de gagner la considération du pouvoir et d'accéder un jour à la tribune suprême.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 17:19

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/08/21/paris-en-ordre-de-bataille_4474125_3224.html?_reload=1408726005496

Paris en ordre de bataille

Par Christine Levisse Touzé

Jeudi 21 Août 2014

Depuis le débarquement en Normandie, Mardi 6 Juin 1944, la capitale attend avec impatience l’heure de sa délivrance. L’espoir renaît. Vendredi 14 Juillet 1944, Paris s’illumine des trois couleurs avec le défilé incessant de bouquets déposés sur la tombe du soldat inconnu. On manifeste à Belleville, Maubert, Ivry, Choisy et Vitry. La police est bienveillante. Les cheminots cessent le travail à Villeneuve-Saint-Georges et Noisy-le-Sec, bloquant tout le réseau ferré de la région parisienne. Puis Jeudi 10 Août 1944, c’est l’appel à la grève générale aux cris de « mort aux boches et aux traîtres, les alliés doivent entrer dans un Paris libéré ».

Suscitée par le comité parisien de libération présidé par André Tollet, un cégétiste, l’action s’amplifie, Mardi 15 Août 1944 avec les policiers, puis les fonctionnaires de la ville, les postiers et les infirmiers Vendredi 18 Août 1944.

« Paris était mûr pour un grand soulèvement », dira plus tard Alexandre Parodi, délégué général. Les jours précédents, de Gaulle, chef du gouvernement provisoire qui entend contrôler l’insurrection à Paris, l’a promu ministre. Il a aussi nommé un français libre, Charles Luizet, et un résistant, Marcel Flouret, respectivement préfet de police et préfet de la Seine.

Le rôle de la capitale revêt une importance extrême car c’est le siège du pouvoir.

Alors que la bataille de Paris s’engage, le colonel Rol-Tanguy, chef des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) d’Ile-de-France, et son état-major quittent, dans la nuit du Samedi19 Août au Dimanche 20 Août 1944, les locaux du 9 rue Schœlcher dans le quatorzième arrondissement, pour leur nouveau PC, sous la place Denfert-Rochereau. Cet abri de défense passive pour le service des eaux est relié aux différents postes d’égouts de la capitale par un réseau téléphonique indépendant. Vaste souterrain, il possède plusieurs sorties dans la gare de la ligne de Sceaux et par les catacombes.

« Ouvrir la voie de Paris »

L’insurrection part de la préfecture de police, occupée Samedi 19 Août 1944 par deux mille agents qui refusent l’injonction allemande de reprendre leur service et en profitent pour arrêter leur préfet représentant Vichy. Sur les lieux, Rol-Tanguy soutient les insurgés. Diffusé peu avant, l’ordre général de mobilisation tapé par Cécile, sa femme et agente de liaison, rappelle à chacun sa mission, patrouilles, occupation des bâtiments publics, des usines et des gares, enfin « ouvrir la voie de Paris aux armées alliées victorieuses et les y accueillir ». Les policiers hissent les couleurs. Des sapeurs-pompiers du groupe de résistance sécurité parisienne leur apportent des armes, qui font défaut.

Une trêve est négociée par le consul de Suède, Raoul Nordling, auprès de von Choltitz, commandant du « gross Paris », d’abord pour la seule préfecture de police puis pour toute la ville. Pour les résistants Alexandre Parodi, Jacques Chaban-Delmas ou Léo Hamon, c’est le moyen de gagner du temps pour permettre l’arrivée des alliés. Non respectée, elle est rejetée par Rol-Tanguy et les FFI, comme par les membres du comité d’action militaire des mouvements de résistance (COMAC) et du Conseil National de la Résistance (CNR) qui dénoncent une mauvaise appréciation du rapport de forces. On y voit une ruse de l’ennemi pour faciliter le repli des forces de Normandie. Profitant de la trêve Dimanche 20 Août 1944, policiers et résistants se font ouvrir les portes de l’Hôtel de Ville, au nom du gouvernement provisoire. Peu après, le nouveau préfet, Marcel Flouret, y fait son entrée, et Mardi 22 Août 1944 le Comité Parisien de la Libération (CPL) s’y installe.

La BBC n’est plus la seule voix libre avec, à Paris, l’apparition de la « Radiodiffusion de la Nation Française », animée par Jean Guignebert. Dimanche 20 Août 1944, des résistants journalistes occupent, place de la Bourse, les bureaux de l’office français d’information du gouvernement de Vichy. Ainsi naît l’Agence France-Presse dont les dépêches alimentent la presse résistante qui, hier clandestine, sort ses premiers titres au grand jour Lundi 21 Août 1944. Distribués par les cyclistes au péril de leur vie, ils sont les premiers signaux de la liberté retrouvée. « Paris, fidèle à son passé, se bat bien », dit la radio. On élève à la hâte des barricades qui deviennent les remparts de la colère. La circulation des allemands est gênée, les obligeant à se retrancher. Près de cinq cent barrages surgissent.

L’état-major FFI, de son PC à Denfert-Rochereau, outre les moyens de défense et d’attaque, organise la surveillance du service d’eau pour prévenir tout empoisonnement par l’ennemi.

Pour tenir les points d’appui, le réseau souterrain des égouts de la ville est utilisé pour l’envoi d’hommes et de munitions. On surveille les ponts et les canaux. La menace est bien réelle et les lieux minés ont été désamorcés par les spécialistes de la préfecture de police, les centraux téléphoniques de la rue des Archives dans le troisième arrondissement et de la rue Saint Amand dans le quinzième arrondissement, le sénat, le pont de Saint-Cloud, le pont Alexandre-III et le pont de Neuilly, des itinéraires, ainsi que le fort de Charenton ou le château de Vincennes. L’incendie du Grand Palais, Mercredi 23 Août 1944, par l’ennemi en représailles à l’attaque d’une colonne allemande par les policiers des FFI accroît les peurs. On redoute de plus larges destructions. Les mouvements de véhicules et chars venant de Normandie sont menaçants. Des SS simulent une reddition pour mieux obliger les FFI à se découvrir et les abattent.

« Tenez bon, nous arrivons »

A l’extérieur, libérer la capitale est l’obsession du général Leclerc depuis que le général de Gaulle l’a désigné fin 1943 pour qu’avec sa deuxième division blindée, il agisse à Paris avant les alliés. Le généralissime Eisenhower l’a alors admis, mais Dimanche 20 Août 1944, pour des raisons logistiques, il ordonne le contournement de la ville pour reformer un front à l’est de la Seine, en espérant que la garnison allemande tomberait d’elle-même.

Dans les rangs de la deuxième division blindée, l’inquiétude grandit brusquement Vendredi 18 Août 1944 lorsque commence l’insurrection. Leclerc, sans en référer à son supérieur américain, le général Gerow, chef du cinquième corps d’armée, envoie, Lundi 21 Août 1944, un détachement léger aux ordres du commandant de Guillebon pour le renseigner sur les défenses allemandes. Son insistance et celle de la résistance décident Eisenhower à ordonner l’envoi de la deuxième division blindée et de la quatrième division d’infanterie américaine du général Barton sur Paris. La progression rapide des deux unités Mercredi 23 Août 1944 est fortement ralentie le lendemain, surtout pour la deuxième division blindée engagée sur deux axes, ouest et sud-ouest, fortement défendus par l’ennemi. Parodi, Chaban-Delmas et Luizet pressent Leclerc et sa division d’entrer dans Paris. Le chef de la deuxième division blindée envoie un petit avion de reconnaissance larguer sur la préfecture de police un message, « tenez bon, nous arrivons ».

Le soir, à la Croix-de-Berny, Leclerc trépigne. Il n’a pas de nouvelles de ses adjoints, bloqués aux portes de la capitale sans pouvoir communiquer à cause d’un défaut de leurs postes de radio.

Il ordonne au capitaine Dronne de « foncer sur Paris » avec une partie de sa compagnie, la Nueve, à majorité espagnole, trois chars légers, onze half-tracks dont les noms (Brunete et Guadalajara) rappellent les batailles des républicains espagnols, pour informer de l’entrée de la deuxième division blindée dans Paris Vendredi 25 Août 1944. L’accueil par Georges Bidault et les résistants à l’Hôtel de Ville est triomphal. Internationale par sa composition (vingt-deux nationalités), la division Leclerc, équipée par les américains, compte aussi trois mille six cent soldats de l’empire, algériens, marocains, syriens et libanais.

Vendredi 25 Août 1944, Leclerc entre par la porte d’Orléans au milieu d’une foule enthousiaste avec Chaban-Delmas comme guide. Dotée d’un réseau téléphonique, la gare Montparnasse lui sert de PC où l’a rejoint le général Gerow, à qui il expose son plan de bataille. « Puis, flegmatique, il se lève et arpente lentement la plate-forme », raconte le chef adjoint de la gare, et, s’adressant aux agents, « j’ai encore des points de résistance allemands à réduire, celui de la Concorde est le plus sérieux. Cela peut demander du temps mais demain la guerre sera finie à Paris. Vous, vous êtes libérés, mais ma famille, qui est dans la Somme, ne l’est pas encore ». Il serre quelques mains et dit que « les cheminots ont bien travaillé ».

Avec l’appui des FFI, la deuxième division blindée détruit les défenses allemandes au sud et à l’ouest. La quatrième division d’infanterie américaine se charge de l’est de la ville, de Notre-Dame à Ménilmontant, jusqu’à la mairie du vingtième arrondissement.

A l’issue de l’assaut de l’hôtel Meurice, von Choltitz est fait prisonnier puis conduit à la préfecture de police où il signe les conditions de la capitulation des troupes allemandes. Il est environ 15 heures 30 lorsque le gouverneur de Paris est amené au quartier général de Leclerc pour rendre effective la reddition par la signature des ordres de cessez-le-feu transmis dans les centres de résistance allemands par les officiers des deux camps. Leclerc, à la demande de Chaban-Delmas et de Maurice Kriegel Valrimont, accepte que Rol Tanguy signe un des exemplaires de la convention reconnaissant le rôle du « résistant de l’intérieur » dans les combats. En tête-à-tête avec von Choltitz, Leclerc l’oblige à prendre des mesures pour ravitailler la population dans l’attente de l’arrivée de l’aide alimentaire alliée.

Il est un peu moins de 17 heures, Vendredi 25 Août 1944, lorsque Leclerc et Rol-Tanguy accueillent le général de Gaulle satisfait dans un Paris sauvé et libéré sans désordre. Samedi 26 Août 1944, c’est l’apothéose pour l’homme du 18 juin et chef du gouvernement provisoire avec la descente triomphale des Champs-Elysées, qu’il a voulue « en donnant rendez-vous au peuple ».

Du Vendredi 18 Août 1944 au Mercredi 30 Août 1944 (date des derniers combats au nord de Paris), on dénombre près de mille huit cent tués (cent cinquante-six hommes de la deuxième division blindée, un millier de FFI, dont cent soixante-dix-sept policiers, et environ six cent civils). Côté allemand, trois mille deux cent hommes ont été tués et douze mille huit cent faits prisonniers.

Ce feuilleton sur la libération de la France, découpé en douze épisodes confiés chacun à un historien de la période, a été piloté par Jean-Pierre Azéma, président de la mission inter ministérielle pour la commémoration du soixante-dixième anniversaire de la libération.

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 16:28

http://www.acatfrance.fr/actualite/lutte-contre_limpunite_-_la_france_protege-t-elle_les_criminels_de_guerre_-

http://www.la-croix.com/Archives/2014-08-11/libre-opinion-Francois-Picart-president-de-l-Acat-Lutte-contre-l-impunite-la-France-protege-t-elle-les-criminels-de-guerre-2014-08-11-1190899

http://www.plateforme-palestine.org/Lutte-contre-l-impunite-la-France,4110

Lutte contre l’impunité

La France protège-t-elle les criminels de guerre ?

Par François Picart, président de l’ACAT

Lundi 11 Août 2014

La France, pourtant en première ligne dans la lutte contre l’impunité sur la scène internationale, traîne des pieds au niveau national, refusant un recours en justice aux victimes de crimes contre l’humanité ou crimes de guerre

Le 17 juillet 1998, lors de la création de la Cour Pénale Internationale, avec cent vingt pays, la France rappelait le « devoir de chaque état de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux ». Conscients que ce nouveau tribunal ne pourrait pas juger tous les responsables des crimes de masse, les tribunaux nationaux devaient être complémentaires de cette cour internationale pour pouvoir les juger même s’ils étaient commis à l’étranger, même si l’auteur ou la victime étaient étrangers. Il s’agit du mécanisme de compétence universelle ou extra territoriale. L’affaire du dictateur chilien, Augusto Pinochet, en a été une illustration emblématique, en 1998, lorsqu’il a été arrêté à Londres à la demande d’un juge espagnol.

Pourtant, seize ans plus tard, un nouveau Pinochet ne pourrait pas être traduit devant les tribunaux français. En effet, en 2010, des verrous ont été inscrits dans la loi dans l’unique but d’empêcher toute poursuite judiciaire de criminels de guerre. Les sombres amitiés de la France l’aurait donc rendue réticente à juger les crimes les plus graves de l’humanité ?

Un engagement présidentiel resté lettre morte

En 2012, le candidat François Hollande écrivait à l’ACAT, « le texte de loi voté par la France en 2010 ne permet pas aux victimes des crimes internationaux les plus graves d’obtenir justice dans notre pays. Je n’accepte pas le mécanisme juridique existant qui défend et protège des bourreaux en France. Je veux, bien entendu, revenir sur ces restrictions. Je n’accepterai pas que la France soit terre d’impunité pour des criminels de guerre ou des auteurs de génocide ».

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme lui ont demandé ces deux dernières années de mettre en œuvre cet engagement, silence radio du côté de l’Élysée.

Du côté du sénat, en février 2013, une loi, initiée par le sénateur Jean-Pierre Sueur, a pourtant permis de lever tous les verrous existants, sauf un, le monopole du parquet. Pierre angulaire du système, le procureur, entièrement soumis au pouvoir politique, reste le seul titulaire du droit de déclencher des poursuites judiciaires.

L’omnipotence du procureur au détriment des victimes

Des victimes de délits ou de crimes ordinaires peuvent porter plainte en se constituant partie civile directement devant le juge d’instruction et ainsi enclencher une enquête judiciaire. A contrario, les victimes de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre se voient privées de ce droit et doivent faire face à l’éventuelle inertie ou au refus du procureur. Un dispositif qui arrange bien le pouvoir politique qui peut ainsi contrôler les affaires qu’ils jugent sensibles.

Dans plusieurs affaires de crimes internationaux, le parquet est intervenu sur instruction du ministère de la justice pour entraver la procédure pénale et refermer des dossiers qui embarrassaient les relations diplomatiques de la France. Il s’est caché derrière des immunités diplomatiques non fondées pour permettre à de hauts responsables d’échapper à la justice et s’enfuir du territoire français. Le parquet a requis des non lieux durant des instructions ou demandé l’acquittement.

Il a même fait appel de la condamnation d’un tortionnaire tunisien « à la demande de la chancellerie », comme l’avait précisé à l’époque la secrétaire générale du parquet, dans une affaire jugée en 2010. Quand la politique prime sur l’intérêt de la justice et des victimes.

Modifier la loi sur la compétence universelle, un impératif pour les victimes de crimes internationaux

On ne peut que se réjouir de la création récente d’un pôle spécialisé de magistrats et de procureurs qui enquête et poursuit une trentaine d’affaires liées à des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, ainsi que de la création d’une unité spécialisée de gendarmes et de policiers. Ces moyens doivent cependant avoir pour corollaire un dispositif juridique adapté qui devrait garantir un recours effectif pour les victimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre

Et c’est bien là que le bât blesse, le texte adopté par le sénat il y a dix-huit mois attend toujours d’être examiné par l’assemblée nationale. L’impunité prime en attendant. Les députés ont la possibilité de supprimer définitivement tous les verrous, en particulier celui du monopole du parquet. Il est donc urgent de l’inscrire à l’ordre du jour, afin de mettre fin à cette atteinte grave au droit des victimes à un recours effectif. Une quête de justice que les victimes de crimes internationaux attendent toujours.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 20:09

http://www.ernestmandel.org/fr/ecrits/txt/1990/trotsky.htm

L’assassinat de Trotsky

Par Ernest Mandel (sous le pseudonyme de Louis Couturier)

Mercredi 19 Septembre 1990

Il prétendait être belge et s'appeler Jacques Mornard. Il était catalan et s'appelait Ramon Mercader, Staline guidait son bras.

Jeudi 22 Août 1940, un piolet d'alpiniste fracassait le crâne de Léon Trotsky, réfugié au Mexique depuis 1937. Le meurtrier déclara aux policiers qu'il s'appelait Jacques Mornard et était citoyen belge. Acteur de l'assassinat, il n'en était pas le seul organisateur. Grâce à sa liaison avec la jeune trotskyste Sylvia Ageloff, le futur assassin de Trotsky était parvenu à gagner la confiance de ceux qui veillaient sur la sécurité du célèbre exilé. Sous le nom de Franck Jacson, il fut reçu plusieurs fois dans la maison fortifiée de Coyoacan, un faubourg de Mexico.

Quelques mois avant l'assassinat, une première tentative avait échoué.

Vendredi 24 Mai 1940, à 4 heures du matin, un commando d'une vingtaine d'hommes était parvenu à pénétrer dans la demeure, pendant plusieurs minutes, ils arrosèrent la chambre de Trotsky à la mitraillette et lancèrent deux grenades incendiaires ainsi qu'une bombe à retardement. Miraculeusement, il n'y eut ni mort ni blessé. Trotsky et sa femme s'étaient jetés sous le lit, leur petit-fils Siéva avait fait de même.

Qui était Jacson ? La presse stalinienne se déchaîna et répandit la thèse de l'auto-attentat monté pour faire parler de lui et calomnier le Parti Communiste Mexicain et Staline. Un mois après les événements, trente personnes étaient sous les verrous, la plupart membres du Parti Communiste Mexicain et anciens d'Espagne. Le responsable était en fuite, il s'agissait du célèbre peintre David Alfaro Siqueiros, ancien colonel en Espagne, dont Trotsky pensait qu'il servait le GPU depuis 1928. Ultérieurement, l'enquête prouvera que Siqueiros et Franck Jacson se connaissaient depuis l'Espagne.

L'identité de Franck Jacson

Qui était donc ce Franck Jacson ? Il faudra près de dix ans pour percer sa véritable identité. Dans sa poche, on devait retrouver une lettre expliquant les mobiles de son acte, trotskyste déçu, il aurait été écoeuré par l'homme et par sa proposition de l'expédier en URSS pour faire des sabotages, démoraliser l'Armée Rouge et essayer de tuer Staline. Pour accomplir tout cela, il bénéficierait de l'appui d'une grande nation (il s'agissait des Etats-Unis, car Trotsky ne pouvait plus être un agent hitlérien en raison du pacte germano-soviétique).

Toutes ces accusations furent reprises par les divers partis communistes pendant près de quarante ans. En 1969, le dirigeant du PCF Léo Figuères y avait encore recours, dans son livre dont le titre était « le trotskysme, cet anti léninisme ». Lorsque les photos du meurtrier parurent dans la presse, plusieurs anciens d'Espagne (beaucoup s'étaient réfugiés au Mexique) crurent reconnaître le militant communiste Ramon Mercader. Il faudra pourtant attendre 1950 pour en avoir l'absolue certitude, profitant d'un congrès en Europe, un criminologiste du gouvernement mexicain alla enquêter en Espagne. Il comparera les empreintes digitales de Jacson avec celles du jeune communiste catalan Ramon Mercader arrêté en juin 1935, elles étaient les mêmes.

En 1953, l'année de la mort de Staline, sur toutes les pièces officielles, le nom de Mercader remplaça celui de Jacson Mornard. La mère de l'assassin, Caridad Mercader, était une militante en vue du Parti Socialiste Unifié de Catalogne, rattaché au Komintern. Elle fut recrutée pour le GPU par Gerö, le futur dirigeant stalinien hongrois qui officiait alors en Espagne. Par son intermédiaire, elle devint la maîtresse de Léonid Eitingon, général du GPU, spécialiste dans la liquidation des diplomates soviétiques suspects et des militants douteux. Ramon Mercader purgea, au Mexique, une peine de vingt ans de prison, le maximum qu'autorisait la loi. A sa sortie, en 1960, il se rendit en Tchécoslovaquie via Cuba, puis à Moscou où il avait été fait « héros de l'union soviétique » et titulaire de « l'ordre de Lénine ». Il a été enterré à Moscou, en 1978, sans avoir jamais parlé.

L'ordre de Staline

La paternité de Staline dans le crime est maintenant reconnue par tous, y compris par les soviétiques et par le PCF. En 1978, Valentin Campa, ancien dirigeant du Parti Communiste Mexicain, publiait ses mémoires. Il avait été remis à la base en 1940, car il ne montrait pas assez d'enthousiasme dans la participation de son parti à la préparation de l'assassinat. L'Humanité des 26 et 27 juillet 1978 en fit paraître quelques extraits où Campa confirme que c'est bien Staline qui a donné l'ordre de tuer Trotsky. Mais il ne révèle rien qui ne soit déjà connu, en particulier, il ne dit pas qui a été le principal organisateur. Comble d'ironie, c'est le vieux stalinien Georges Fournial qui est chargé de présenter le document. Or, dès février 1938, « le jeune instituteur Georges Fournial » était dénoncé par la presse trotskyste en tant qu'agent du GPU, il venait d'obtenir un congé de six mois pour aller représenter au Mexique l'internationale des travailleurs de l'enseignement.

Malgré tout, grâce à Valentin Campa, les vieux militants ont pu apprendre, avec trente-huit ans de retard, que leurs dirigeants aimés étaient non seulement des menteurs mais aussi des assassins.

D'un tout autre intérêt sera le livre sur Trotsky que s'apprête à faire sortir, à Moscou, le général Volkogonov, directeur de l'Institut d'histoire militaire de l'URSS et récent biographe de Staline.

Interviewé par le correspondant de la Stampa (numéro du 26 juillet 1990), il affirme avoir eu accès à de nombreuses archives dont celles de Trotsky, de Staline et du NKVD. Il déclare posséder la plus riche collection de documents concernant Trotsky, quarante mille pièces, des milliers de photos, des dizaines de témoignages. Il en publiera certains, notamment l'ordre de tuer Trotsky, daté de septembre 1931 et signé par Staline, Vorochilov, Molotov et Ordjonikidze. Il sera renouvelé en 1934.

Volkogonov révélera enfin le nom de l'organisateur de l'assassinat, sous les ordres de qui il travaillait, Eitingon (le général du GPU dont Caridad Mercader était la maîtresse). Cet homme est âgé de quatre-vingt cinq ans et a fait quinze ans de prison à l'initiative de Krouchtchev. Volkonogov est parvenu à le faire parler. La première décision de tuer Trotsky a été prise au mois de septembre 1931, mais elle avait un caractère général, alors qu'en 1934 fut créé un groupe spécial pour faire la chasse à Trotsky. Le groupe spécial s'occupait de la liquidation des adversaires politiques à l'étranger, et pas seulement de Trotsky. La pieuvre du NKVD avait ses tentacules partout. C’était un service secret dans le service secret, créé pour lutter contre les exilés qui, à leur tour, luttaient contre le régime de Staline. Ces personnes étaient dangereuses pour Staline, parce qu'elles savaient beaucoup de choses.

« Une tragi-comédie »

Fidèle à la pensée gorbatchévienne, Volkogonov, qui ne cache pas son admiration pour plusieurs aspects de la personnalité de Trotsky (et notamment son anti-stalinisme dès les années vingt), porte contre lui un grief essentiel. « Il fut prisonnier d'une grande idée fausse, l'idée de la révolution mondiale. Même une semaine avant sa mort, il écrivit qu'il croyait à la victoire de la révolution mondiale ». Oui, camarade général, il avait cette faiblesse coupable qu'il partageait d'ailleurs avec Lénine, objet de votre prochain livre. Par contre, dès 1935, Staline déclarait à Roy Howard que l'idée que l'URSS pouvait encourager la révolution socialiste mondiale relevait de la « tragi-comédie ». Peut-être comprendrez-vous un jour que, si vous pouvez maintenant vous féliciter d'écrire librement, si les émules de Staline ont été balayés presque partout en Europe, c'est que la « grande idée fausse » tragi-comique n'a pas fini de faire parler d'elle.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 19:29

http://www.zamanfrance.fr/article/refugies-syriens-lhospitalite-a-lhostilite-11512.html

Réfugiés syriens

De l’hospitalité à l’hostilité

Par Gunal Kursun

g.kursun@todayszaman.com

Alors que la guerre sévit depuis trois ans en Syrie, le nombre de réfugiés syriens en Turquie a passé la barre du million cette année. Le chroniqueur Günal Kursun revient sur la politique du gouvernement turc vis-à-vis de ces réfugiés et pointe du doigt une aide sociale insuffisante venant des autorités.

Mardi 19 Août 2014, plusieurs résidents de la province de Gaziantep au sud-est de la Turquie ont commencé à attaquer des réfugiés syriens accusés d'avoir assassiné le propriétaire d'un appartement où résidaient des syriens. Des policiers en nombre ont été envoyés pour faire cesser les troubles. Les protestataires ont arrêté et ont pris d'assaut dans la rue les voitures portant des plaques d'immatriculation syriennes. La semaine dernière à Adana, une autre province du sud de la Turquie située près de la frontière avec la Syrie, plusieurs commerces dont les propriétaires sont des réfugiés syriens ont été attaqués par des résidents locaux. J'ai regardé plusieurs interviews de ces derniers à la télévision. Un commerçant turc se plaignait de ces concurrents syriens, « pas d'impôts, pas de permis de la part du gouvernement, pas de surveillance, de contrôle ou de vérification. Que vais-je faire ? Moi, je dois avoir tout ça, alors qu'eux, non ». Il y a environ un mois à Kahramanmaras, autre province turque du sud-est qui abrite de nombreux syriens, des résidents en colère sont descendus dans la rue en criant, « nous ne voulons pas des syriens », « syriens, rentrez chez vous ». La nuit du Mardi 15 Juillet 2014, des locaux qui protestaient ont fini par attaquer des voitures et des maisons appartenant à des syriens et à blesser certains syriens eux-mêmes.

Un million de réfugiés syriens hors des camps

Selon la direction de la gestion des catastrophes et des urgences du bureau du premier ministre (AFAD), le nombre de syriens habitant dans des camps de réfugiés turcs a dépassé le million. La coordination des groupes de défense des droits de l'homme et des droits des réfugiés (MHK), une plateforme dont font partie les plus grandes ONG spécialisées dans les droits de l'homme en Turquie, estime le nombre de réfugiés syriens vivant en dehors des camps à environ un million également. Selon des estimations, à Istanbul seulement, se trouvent environ deux cent mille réfugiés vivant dans de très mauvaises conditions. Le gouvernement turc a d'abord été félicité pour sa politique de portes ouvertes envers les réfugiés syriens et pour son travail humanitaire dans les camps.

Cependant, il y a eu un soutien social très limité envers les réfugiés au cours de la dernière année. Toutes les politiques formulées par Ahmet Davutoglu, actuellement ministre des affaires étrangères et peut-être prochain premier ministre, étaient fondées sur l'hypothèse de leur retour en Syrie d'ici 2014. Il est maintenant clair que la plupart des réfugiés ne rentreront pas, même quand la guerre en Syrie aura pris fin.

De plus, il n'y a pas encore de signe d'une paix possible avec la Syrie. La Turquie n'est pas parvenue à soutenir les réfugiés syriens sur le plan social dans les domaines comme le logement, l'éducation, la santé et l'emploi.

Le travail des ONG

A Adana, une ONG humanitaire locale, Adyar, fait de son mieux pour aider les réfugiés. La branche de Kimse Yok Mu à Adana, autre organisation humanitaire au niveau national, a également réalisé un travail remarquable. De fait, ces deux organisations ont fait plus à Adana que le gouvernement lui-même. Adyar a mis en place des cours pour les élèves de primaire et de lycée et a obtenu de la part des autorités locales l'ouverture de quatre écoles publiques. Les week-ends, les membres de cette ONG enseignent au sein de ces écoles et suivent un programme syrien. Ces efforts sont évidemment louables, mais les ONG ne peuvent pas s'occuper de ce grave problème seules. C'est le gouvernement qui est responsable, même s'il ne veut pas s'y confronter. Erdogan accuse le gouvernement allemand de négligence à cause de la situation dans laquelle vit la communauté turque en Allemagne. Selon Erdogan, l'Allemagne a attendu trop longtemps pour énoncer des politiques sociales adéquates pour intégrer les turcs dans la société allemande, et ce alors même que son gouvernement ne propose pas le soutien social adéquat pour les syriens qui vivent en Turquie. Je me demande réellement ce que le ministère de la famille et des politiques sociales a fait ces deux dernières années pour s'occuper de cette question. Je crains que la position des réfugiés ne devienne bien plus difficile si cette atmosphère de haine s'envenime et s'amplifie. Comme le disait le grand écrivain suisse Max Frisch sur les ouvriers turcs en Allemagne, « nous voulions des travailleurs, mais nous avons eu des êtres humains ». Il est important de se rappeler qu'aucun de ces peuples ne souhaitait quitter ses possessions, sa vie en fait, pour vivre une vie de réfugiés dans un autre pays. Il est important de ne pas oublier qu'ils sont humains, comme nous.

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 18:58

http://www.afrique-asie.fr/menu/afrique/8086-cape-town-manifestation-de-soutien-a-la-palestine.html

Manifestation de soutien à la Palestine

Par Christine Abdelkrim Delanne

C’est probablement, selon les participants et la presse sud-africaine, la plus importante manifestation qu’ait connue la ville du Cap, plus de cent mille personnes (deux cent mille pour certains organisateurs) ont défilé Samedi 9 Août 2014 en solidarité avec le peuple palestinien et appelé l’état d’Israël à mettre fin à son offensive militaire dans la bande de Gaza.

Dimanche 3 Août 2014, dix mille personnes avaient manifesté en soutien aux attaques israéliennes.

La manifestation était organisée par la coalition nationale pour la Palestine qui regroupe plus de trente organisations religieuses et civiles, des syndicats et des partis politiques dont le Muslim Judicial Council, la COSATU et l’alliance des jeunes de l’ANC.

Pendant toute la semaine, la coalition avait exigé « une action décisive du gouvernement sud-africain contre les attaques israéliennes, les massacres, les déplacements et la destruction de la bande de Gaza ». Elle demandait, également, une enquête internationale sur le comportement des forces armées dans le territoire palestinien.

Alors que selon les derniers rapports, près de deux mille palestiniens, selon l’ONU, mille trois cent cinquante civils dont de nombreux enfants et femmes, ont été tués par l’armée israélienne, depuis le début des opérations militaires, il y a un mois, de nombreux manifestants du Cap, dont des groupes de femmes, vêtues en rouge, vert, noir et blanc, les couleurs du drapeau palestinien, exigeaient, également, que « le gouvernement sud-africain arrête les ventes d’armes à Israël ». En effet, en début de semaine, le ministre de la présidence Jeff Radebe évitait de répondre aux questions sur la position exacte du gouvernement à l’égard des demandes de boycottage des importations en provenance d’Israël, du refus de rappeler l’ambassadeur sud-africain en Israël et de renvoyer celui d’Israël en Afrique du Sud. Il rappelait à des journalistes que le président Jacob Zuma avait envoyé deux émissaires spéciaux en Palestine. « Nous voulons la paix au Moyen-Orient », a-t-il déclaré, « nous nous engageons à faciliter la résolution du conflit. Telle est la position du gouvernement sud-africain ». Jacob Zuma avait appelé Israël, Dimanche 20 Juillet 2014, à se retirer de la bande de Gaza, tout en renvoyant les deux parties dos à dos.

En Afrique du Sud, la campagne Boycott Divestment and Sanction a été lancée il y a plusieurs mois par Rosnie Kasril, l’un des historiques de l’ANC et du South African Communist Party qui a quitté ces organisations pour désaccord politique profond. Elle prend une nouvelle dimension aujourd’hui et rappelle aux dirigeants sud-africains l’impact décisif qu’a eu la campagne internationale de sanctions pour faire tomber le régime d’apartheid. « Zuma a la mémoire courte » est devenu l’un des slogans. La chaine Woolworth est particulièrement dans la ligne de mire, après avoir confirmé qu’elle refusait de cesser ses achats de produits israéliens.

D’autres chaines commerciales, comme la populaire Pick-n-Pay sont également visées, même si elles affirment n’importer qu’une infime partie de leurs produits. Mais il est clair qu’en Afrique du Sud comme dans le monde, cette campagne de boycottage et de désinvestissement et pour des sanctions à l’encontre d’Israël sera beaucoup plus difficile à prendre de la force, Israël n’est pas l’Afrique du Sud de l’apartheid, les enjeux sont à la fois plus complexes et plus importants pour les puissances occidentales.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 20:06

http://www.humanite.fr/irak-le-massacre-de-trop-qui-bouleverse-le-monde-549162

Le massacre de trop qui bouleverse le monde

Par Stéphane Aubouard

Lundi, 11 Août, 2014

Selon l’ONU, deux cent mille déplacés ont fui les massacres à la suite de la percée de l’État Islamique (EI) au cœur de l’Irak. Ces populations dépendent à court terme des envois humanitaires de l’occident. Mais une solution politique en interne et avec les pays de la région devra être trouvée pour éviter une guerre opposant kurdes et djihadistes.

De la guerre civile à l’horreur, il n’y a qu’un fil ténu que l’État Islamique semble avoir coupé hier en Irak. D’après Mohamed Chia al Soudani, ministre irakien des droits de l’homme, les extrémistes sunnites auraient tué cinq cent membres de la communauté yezidie, certains parmi eux ayant même été enterrés vivants, dont des femmes et des enfants. Trois cent femmes auraient également été enlevées par les islamistes pour en faire des esclaves.

C’est donc bien une guerre de religion aux accents médiévaux dans laquelle les irakiens se retrouvent plongés.

Dans le sillage finalement d’un certain George W. Bush qui, au début des années 2000, partait en croisade contre Saddam Hussein, « le bien contre le mal » à la bouche.

Pourtant, c’est du ciel qu’arrive depuis quelques heures sinon le salut du moins un espoir précaire pour les deux cent mille chrétiens, kurdes et yezidis (minorité kurdophone d’obédience zoroastrienne) ayant fui les villes et les villages occupés, espoir sur le plan humanitaire tout d’abord. Depuis jeudi, des avions américains ont largué quelque cent cinquante mille colis de nourriture au-dessus des monts entourant la ville de Sinjar, prise la semaine dernière par les islamistes et située entre Mossoul et la frontière syrienne.

C’est dans ces montagnes escarpées que des dizaines de milliers de yezidis se sont réfugiés. Samedi 9 Août 2014, deux Hercules C 130 de l’armée britannique ont parachuté de l’eau et des vivres sur la même zone, mais aussi des tentes, des filtres à eau et des lampes solaires. La France a également évoqué des livraisons « dans les prochaines heures ». Hier matin, depuis Bagdad, Laurent Fabius a même assuré qu’il superviserait prochainement « la livraison d’une aide humanitaire française » depuis Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Autant d’actions d’urgence nécessaires dans une région où la température monte en cette saison à quarante-cinq degrés en journée et où nourriture et eau sont des denrées rares.

Des alliances inattendues

Autre éclaircie, toute relative, venue du ciel, l’appui militaire aérien offert par Washington.

Les États-Unis, qui se sont retirés d’Irak depuis trois ans après avoir laissé le pays dans un état de fragilité politique très dangereux, ont effectué depuis vendredi quatre frappes aériennes pour défendre cette même zone de Sinjar. Une bonne nouvelle pour les peshmergas, les combattants kurdes irakiens, qui depuis la cuisante défaite de l’armée irakienne en juin dernier et la perte de Mossoul, deuxième ville du pays, se retrouvent quasiment seuls sur la ligne de front pour lutter contre les islamistes, seuls, pas tout à fait.

Car depuis la prise de Sinjar, la guerre civile provoque des alliances inattendues. Les combattants kurdes du PKK turc (parti des travailleurs du Kurdistan) et du PYD syrien (parti de l’union démocratique) ont décidé de rejoindre les peshmergas irakiens pour leur prêter main-forte. « Nous devons joindre nos forces contre l’Etat Islamique. Formons un commandement uni » a appelé de ses vœux Murat Karayilan, chef militaire du PKK turc, seul mouvement politique kurde défendant la création d’un grand Kurdistan tandis que les autres partis ont opté pour un objectif d’autonomie dans le cadre des états existants.

L’ennemi commun que représente l’Etat Islamique rapproche donc, au moins pour un temps, l’ensemble de ces composantes kurdes et permet une nouvelle stratégie sur le terrain. « Les kurdes de Syrie et de Turquie sont chargés de combattre les djihadistes dans la région de Rabia et Sinjar, à l’ouest de Mossoul », a ainsi déclaré en milieu de semaine dernière Hallo Penjweny, haut responsable de l’UPK (union patriotique du Kurdistan). « Nous autres peshmergas nous nous occupons de Zoumar et du reste du secteur nord à l’est de Mossoul », a-t-il précisé. Cette alliance a eu pour effet d’accélérer une autre alliance, plus surprenante celle-ci, celle entre Bagdad et les peshmergas.

Aussi un avion de transport du gouvernement irakien a-t-il acheminé vendredi des munitions à Erbil. Une coopération militaire sans précédent entre le pouvoir central de Bagdad et le gouvernement régional du Kurdistan irakien, dont les relations jusqu’à présent tendues étaient dictées par les velléités indépendantistes du président de la région autonome, Massoud Barzani. Le premier ministre Nouri al Maliki, qui a remporté les élections législatives le 30 avril dernier et qui vise un troisième mandat, reste toutefois vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginalisation de la minorité sunnite, qui aujourd’hui peut se reconnaître dans l’Etat Islamique. Ce geste d’ouverture fait sur le plan militaire pourra peut-être faire changer d’avis les occidentaux à son égard. Hier encore, Laurent Fabius à peine débarqué sur le tarmac conseillait vivement aux parlementaires irakiens de nommer au plus vite un premier ministre capable de dépasser les divisions confessionnelles. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a également appelé à « respecter le calendrier constitutionnel et à former un gouvernement élargi acceptable par toutes les composantes de la société irakienne ». Reste que cette nouvelle guerre entre chiites et sunnites ne pourra certainement pas se résoudre sans l’appui des acteurs clés de la région, le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Koweït. Pour ce faire, ceux-ci devront cesser une bonne fois de financer l’État Islamique, ce qu’ils ne cessent de faire depuis le début de la guerre en Syrie, source de toute la déstabilisation régionale.

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 19:44

http://www.actukurde.fr/actualites/674/les-survivants-d-un-village-yezidi-racontent-l-horreur-600-personnes-massacrees.html

Les survivants d'un village yézidi racontent l'horreur

Six cent personnes massacrées

Lundi 18 Août 2014

« D'abord, ils nous ont imposé de devenir musulman. Nous avons refusé. Puis, ils ont donné un ultimatum, avant de rassembler tous les villageois dans l'école du village. Ils ont pris leur argent, portables, les bijoux sur les femmes. Les hommes ont été tous embarqués groupe par groupe dans des véhicules, avant d'être amenés hors du village et massacrés. On ignore le sort des femmes et des enfants ».

C'est ce que disent trois survivants de cette sauvagerie, perpétrée par les djihadistes de l'état islamique dans le village de Kocho, dans la région de Sinjar, pris Dimanche 3 Août 2014.

Des centaines de milliers de personnes ont dû fuir cette barbarie, après l'invasion djihadiste.

L'intervention rapide des combattants kurdes syriens, les YPG, et de ceux du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a évité de nouveaux massacres dans les montagnes qui sont maintenant sous le contrôle des combattants.

Mais ce nouveau massacre a été commis Vendredi 15 Août 2014 dans le village de Kocho, assiégé par les djihadistes depuis Mercredi 6 Août 2014. D'après les premières informations sur le massacre commis dans ce village, au moins quatre-vingt personnes avaient été tuées.

Mais selon trois villageois qui ont pu survivre sous les cadavres des personnes exécutées sommairement, près de six cent hommes ont été massacrés dans le seul village de Kocho. On ignore toujours l'ampleur des massacres commis dans toute la région.

Témoignage de Khalaf Khodéda

« Nous avions jusqu'au Dimanche 10 Août 2014 pour devenir musulmans par force. Après le dimanche, ils sont revenus et ont dit qu'ils ne feront pas de mal aux habitants. Vendredi 15 Août 2014, vers midi, ils encerclé le village, à bord de dix à douze véhicules avec des armes lourdes, et ont rassemblé tous les villageois, femmes, enfants et personnes âgées, dans l'école. Ils ont pris l’argent, les portables et les bijoux des femmes. Ils nous ont demandé encore une fois de devenir musulman. Nous avons refusé. Sous prétexte de nous conduire hors du village, ils ont pris quinze hommes à chaque fois. Je faisais partie de ces personnes embarquées et amenées en dehors du village. Ils ont tiré sur nous. Quand c'était notre tour d'exécution, un villageois est tombé sur moi. A ce moment, j'ai reçu deux balles, une dans le dos, une dans le pied. Je n'ai pas bougé malgré la douleur. Ils tiré plusieurs fois sur les personnes exécutées. Quand ils sont partis après une demi-heure, je me suis levé et j'ai couru pour me cacher derrière les arbustes. Après un certain temps, ils sont revenus à bord d'un véhicule et ont tiré encore une fois sur les corps sans vie. Une demi-heure plus tard, ils ont amené un bulldozer pour creuser des fosses et enterrer les corps. Il y avait six cent hommes dans le village, qui ont été tous massacrés. Quand la nuit est tombée, j'ai fui vers les montagnes de Sinjar. J'ignore le sort des femmes et des enfants. Ils ont peut-être été massacrés dans l'école ».

Témoignage d’Ilyas Salih Qassim (médecin du village)

« Les bandes de Daesh (Etat Islamique) ont lancé un ultimatum à notre village, tout comme ils ont fait dans le village d’Hatimia. Mais les habitants d’Hatimia ont réussi à fuir. Vendredi 15 Août 2014 à 11 heures, les djihadistes ont encerclé notre village de deux cent cinquante maisons et ont rassemblé tous les villageois dans l'école. Il y avait plus de cinq cent personnes dans l'école. J'étais parmi les quinze premières personnes qui ont été embarquées et amenées à un kilomètre au sud de village, avant de passer à l'exécution sommaire. J'ai reçu une balle dans le pied. Une autre est passée juste à côté de ma tête. Ils tiraient sur tous ceux qui bougaient. Je n'ai pas bougé. Il y a eu un silence dix minutes après. Quand j'ai vu qu'ils étaient partis, j'ai couru de toutes mes forces. Trois autres personnes qui ont survécu m'ont rejoint dans un jardin. Nous sommes allés dans le village arabe de Biska Jinubi, mais les habitants de ce villages ont refusé de nous accueillir par peur de représailles djihadistes. Le jour suivant, nous sommes arrivés dans les montagnes de Sinjar. Ils ont massacré, tous comme nous, les habitats du village de Tel Qassab. Ces gangs n'ont aucune conscience ni morale. Il y avait un homme âgé de quatre-vingt-cinq ans massacré juste à côté de moi ».

Témoignage de Khidir Hassan Ahmad

« Ils nous ont tous amenés hors du village. Des balles pleuvaient sur nous. Comme moi, certaines personnes qui sont restées sous les cadavres ont pu survivre. Il y avait deux cent à trois cent femmes et enfants dans l'école. J'ai réussi à gagner les montagnes de Sinjar ».

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