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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 15:17

Une journaliste chinoise accusée de divulguer des secrets d’état (Reuters)

Les autorités chinoises ont arrêté une journaliste et militante politique accusée d'avoir communiqué des secrets d'état à des contacts étrangers, rapportent Jeudi 8 mai 2014 les médias officiels.

L'arrestation de Gao Yu est la dernière en date d'une série d'interpellations qui démontrent, selon leurs détracteurs, l'état de tension des dirigeants chinois à l'approche des vingt cinq ans de la répression des manifestants de la place Tiananmen, le 4 juin 1989.

Gao Yu, qui a travaillé pour les médias officiels durant sa carrière, a ouvertement soutenu le mouvement pro-démocratie en 1989. Elle a déjà été condamnée à six années de prison en 1993 pour avoir divulgué des secrets d'état.

La China Central Television, contrôlée par l'état, a diffusé jeudi des images de Gao Yu, le visage flouté, avouant les faits qui lui sont reprochés.

« Je crois que ce que j'ai fait viole la loi et attente aux intérêts de mon pays », peut-on l'entendre dire. « Ce que j'ai fait est extrêmement mal. Je vais en tirer sérieusement et sincèrement la leçon et je reconnais ma culpabilité ».

Selon l'agence de presse Chine nouvelle, elle a été arrêtée le 24 avril. Ses amis s'étaient inquiétés de ne pas la voir le mois dernier à une importante réunion de commémoration d'un événement clé dans les jours ayant précédé les manifestations de Tianamen.

« C'est une tradition gouvernementale que de commencer à pourchasser les manifestants, critiques et dissidents avant le 15 avril, et cette année ne fait pas exception », avait écrit le 28 avril le comité pour la protection des journalistes, dans un communiqué.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:10

http://www.nouvelledonne.fr/actualite/el-pais

http://www.internacional.elpais.com/internacional/2014/04/29/actualidad/1398793749_118221.html

« Le Parti Socialiste est un organisme mort »

Mardi 29 Avril 2014

Membre du collectif Roosevelt, qui a été fondé en 2012 par les vieux combattants et des indignés modernes, Stéphane Hessel et Edgar Morin, le politique, économiste et ingénieur agronome Pierre Larrouturou est l’un des rares experts français qui avait vu venir la grande récession et l’avait annoncée. Dix ans dirigeant du Parti Socialiste français et deux d’EELV, Pierre Larrouturou (Périgueux, 1964) a abandonné le Parti Socialiste en 2009, y est revenu en 2012 et a publié l’an dernier avec l’ancien premier ministre Michel Rocard l’essai « la gauche n’a plus droit à l’erreur » (Flammarion), une brillante analyse des causes de la crise proposant quinze solutions concrètes pour affronter ce que l’ancien premier ministre socialiste définissait en 2007 comme la « crise suicidaire du capitalisme ».

Aujourd’hui, Larrouturou a transformé son ancien courant, appelé Nouvelle Donne en hommage aux réformes connues du New Deal mises en place en 1933 par le président américain Franklin Delano Roosevelt, en parti, assez proche du parti X espagnol. Nouvelle Donne participera aux élections européennes avec l’appui, entre autres, de Susan George, la famille de Stéphane Hessel et le chef d’entreprise Alain Godard.

Les sondages lui accordent seulement trois pour cent des intentions de vote mais l’auteur du pamphlet « c’est plus grave que ce qu’on vous dit mais on peut s’en sortir » (Editions Nova) espère obtenir les cinq pour cent nécessaires pour arriver à Strasbourg avec sa mesure phare, la semaine de trente deux heures qui d’après lui créerait deux millions d’emplois.

Indigné par le plan d’austérité voté hier à l’Assemblée Nationale française, Larrouturou, qui est encore conseiller régional en Ile de France affirme que le « Parti Socialiste est un organisme mort depuis 2002 » et raconte que Michel Rocard « est sorti horrifié et désespéré » de ses réunions avec François Hollande et son principal conseiller économique, l’ancien banquier Emmanuel Macron, « c’est ridicule, alors qu’Obama et Merkel mettent l’accent sur la justice sociale et la lutte contre la fraude fiscale, Hollande et Valls appliquent des recettes qui ne marchent pas depuis trente ans ».

Question. Comment définiriez-vous la nouvelle politique d’Hollande ?

Réponse. C’est un tournant néo libéral, aveugle et caduc, y compris au goût de l’Allemagne. Pendant que les Etats Unis, le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Autriche parient sur l’augmentation du salaire minimum et la lutte contre l’évasion fiscale pour stimuler la consommation, Hollande fait le contraire, il baisse les impôts sur les entreprises de trente milliards et fait une coupe sombre de cinquante milliards dans les dépenses publiques. C’est une supercherie de dire que ce n’est qu’ainsi que nous pourrons créer de l’emploi, retrouver la croissance et garder notre souveraineté nationale. Qu’on en parle à la Grèce, au Portugal ou à l’Espagne.

Question. Le gouvernement français dit que c’est Bruxelles qui l’oblige à faire des coupes.

Réponse. Il est vrai qu’il faut faire des économies sur certaines choses, par exemple sur les dépenses en antibiotiques et il est urgent de réduire le poids de la dette. Mais il faut faire cela d’une autre façon. Il faut que la Banque Centrale Européenne prête de l’argent aux états à zéro pour cent, nous serions ainsi soulagés de vingt milliards par an. L’impôt sur les sociétés est passé en Europe d’une moyenne de trente sept pour cent en 1995 à vingt cinq pour cent de nos jours. Si on harmonisait à quarante pour cent, le taux que pratique les Etats Unis, la France engrangerait vingt et un milliards d’euros de plus par an et l’Espagne dix huit milliards d’euros. Mais Hollande s’entête à faire le contraire, il donne champ libre aux banques, il fait capoter la taxe Tobin, gèle le salaire des fonctionnaires et les retraites. Jean Marc Ayrault est parti désespéré par l’inaction d’Hollande au niveau européen et par son absence de dialogue. Nous continuons à vivre dans un système monarchique et le Parti Socialiste est mort depuis 2002. Hollande s’était engagé à faire deux conventions par an pour réfléchir. En dix ans, il n’en a faite aucune.

Question. L’Irlande et la Hollande ne permettront jamais qu’on augmente l’impôt sur les sociétés.

Réponse. Il faut juste leur montrer les chiffres. Selon l’OCDE, qui n’est pas franchement un organe de propagande stalinien, entre 1980 et 2010, les marchés financiers ont dévoré cent cinquante pour cent du PIB européen, une part qui avant cela allait vers les salaires du public et du privé et les caisses de l’état. Cet argent est passé de la poche des travailleurs aux paradis fiscaux. Obama le sait et essaie d’y mettre un terme. Hollande, lui, ne fait rien mis à part mettre Valls à la tête du gouvernement pour le « cramer » et préparer la cohabitation avec la droite. Il sait bien qu’aucun président n’a été réélu sauf en cas de cohabitation. Vous verrez que dans quelques mois François Hollande dissoudra l’Assemblée Nationale.

Question. Votre parti propose de mettre en place la semaine de quatre jours pour lutter contre le chômage. Mais certains remettent déjà en question les trente cinq heures. Cela vous paraît faisable ?

Réponse. La productivité a augmenté en France de cinquante pour cent en quarante ans grâce à la technologie. Le passage à trente cinq heures a été un demi-échec, mais il a permis de créer trois cent mille emplois. Une étude ministérielle montre que si la semaine de travail passait à quatre jours, on pourrait créer un million six cent mille nouveaux emplois. Une autre étude affirme que la moyenne est de trente neuf heures et dix huit minutes. Certains travaillent quarante heures et d’autres, des millions de chômeurs, zéro heure, ce partage du travail sauvage ne profite qu’aux actionnaires. Travailler quatre jours est plus intelligent, plus simple, plus humain, mieux d’un point de vue économique et mieux pour les travailleurs et pour le pays. Si on ajoute à cela un pacte européen pour l’énergie à long terme, s’il y a deux millions de nouveaux consommateurs, la croissance et l’activité reprendront. L’Allemagne, avec des coupes dans les prestations sociales et dans les dépenses publiques en plus des lois Hartz, a un PIB qui a moins augmenté que le PIB de la France, lequel pourtant augmente très peu depuis trente ans. Les Etats Unis ont une croissance très faible malgré les mille milliards injectés par la banque centrale, le Japon a une croissance de 0,7 pour cent depuis vingt ans et en Chine la bulle immobilière est entrain d’éclater. Le drame, c’est que les socialistes, au lieu de réguler et d’augmenter les droits, suppriment les règles. Comme disent les indignés espagnols, ceci n’est pas une crise, ceci est une arnaque. Quel est leur objectif ? Mourir mais en étant les plus compétitifs du cimetière. Il est urgent de faire une politique différente. Si non, ce sera bientôt le Front National qui la fera. C’est pour cela que nous avons crée Nouvelle Donne.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 16:43

http://www.nousteferonseurope.eu/christian-troadec-menera-liste-te-ferons-europe-aux-europeennes

Christian Troadec mènera la liste « Nous te ferons Europe » aux élections européennes

Christian TROADEC, maire de Carhaix, conseiller général du Finistère, conduira une liste aux prochaines élections européennes. Intitulée « Nous te ferons Europe », elle a été bâtie en partenariat avec le Parti Breton présidé par Yves Pelle, le Mouvement Bretagne Progrès conduit par André Lavanant, Breizh Europa de Caroline Ollivro et l’Alliance Fédéraliste Bretonne, présidé par Jean-Louis Lemée, et est composée de personnes reconnues pour leur action sur le terrain, comme Corinne Nicole, salariée dans l’agro alimentaire chez Tilly à Guerlesquin en passant par des chefs d’entreprises, des paysans, des marins, des commerçants, des élus et de simples citoyens. Rappelant que la priorité des priorités doit rester l’économie et l’emploi dans des régions fortes, mettre fin au dispositif de l’écotaxe (gratuité des routes) aux tracasseries administratives, aux distorsions de concurrence entre les pays et libérer les énergies, cette liste souhaite représenter l’ensemble de la société actuelle, faisant tomber les cloisons entre les gens, loin des partis traditionnels et militer pour un vrai avenir dans nos régions afin de pouvoir vivre, décider et travailler au pays.

Le mouvement des bonnets rouges a indiqué qu’il n’avait pas vocation à entrer dans le champ électoral. Les nombreux bonnets rouges présents sur la liste menée par Christian Troadec, le sont donc à titre personnel.

Christian Troadec

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 19:29

https://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/05/03/parole-de-louvrier-syndicaliste-abdellah

Paroles de l’ouvrier syndicaliste Abdellah Amoubine

Samedi 3 Mai 2014

Abdellah Amoubine. Je suis né en 1954 et suis arrivé en France le 4 septembre 1973, avec un contrat en main que m’avez fait avoir mon père par l’OMI. Mes visites médicales avaient été faites à Casablanca, donc départ à minuit en train et arrivée le lundi à 8 heures au foyer de la rue Chandon et de la rue Barbusse où vivait mon père. Le mercredi j’embauche Quai de Javel, j’ai une autre visite médiale, et le jeudi 6 septembre 1973 je suis sur un poste de travail à Saint-Ouen.

Ginette Francequin. C’était accomplir un rêve ?

Abdellah Amoubine. Oui, je rêvais de la France, vivre en France. Mon père y était. Au Maroc, mon frère de trois ans plus jeune voulait rester à travailler la terre avec ma mère. Moi je voulais connaître Paris, le pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Mon oncle avec qui j’avais vécu m’avait un peu influencé aux idées progressistes socialistes. Je lisais la presse critique. J’avais été jusqu’en terminale mais je n’ai pas passé le baccalauréat, alors que mes envies profondes était d’être instituteur et de faire du sport. J’ai tout lâché pour venir en France. Encore aujourd’hui je ne regrette rien, même si je ne suis pas enseignant. J’ai maintenant une petite maison à Agadir et j’y vais tous les ans, à la retraite j’irai au Maroc tous les trois mois, pour voir ma mère car elle s’ennuie un peu, mais elle ne veut pas quitter sa terre. Mon père est décédé.

Ginette Francequin. Alors, le choc Citroën en 1973 ?

Abdellah Amoubine. Pénibilité, répétition du travail, bruits et il fallait tenir car les trois quarts de mon salaire partait pour aider ma famille au Maroc. Alors je suis ouvrier spécialisé, puis conducteur d’installation, et agent de logistique. J’ai fait en tout quarante ans et six mois de Citroën. Avec quatre ans Porte de Paris comme magasinier entre 1976 et 1980, pour raison que j’étais un très bon footballeur. Le contremaître venait me chercher, me protégeait, mais lorsque je me suis mis à faire du syndicalisme à la CGT, on l’a prié de m’oublier pour le sport. Comme il partait en retraite, ce fut terminé pour moi. La sanction arrive, retour aux machines, au bruit. Entre 1980 et 1983, il y a eu une dispersion des travaux et des forces, une mobilisation syndicale car Citroën qui alimentait Iran, Centrafrique et Tunisie a eu des problèmes avec les changements politiques en Iran. C’était aussi le contexte spécial du mouvement des grèves de loyer en foyer Sonacotra. Mon père était au bâtiment B, moi au A, j’avais été expulsé du foyer comme vingt quatre autres délégués et j’ai vécu durant trois ans dans une chambre à trois près de la Seine, vers la tour Esso. Ensuite, je me suis marié. Cela a fait que j’ai loué puis acheté à Gennevilliers, mais au début tout était difficile, le travail, le salaire, comme le logement. 1983, fut bien l’année du printemps de la liberté et de la dignité !

Ginette Francequin : Comment arriver à cet air plus frais pour les droits ?

Abdellah Amoubine. On le sentait venir depuis 1980, avec le fait que la gauche est passée en France. On a noté que les listes de représentants syndicaux étaient plus longues, avec des immigrés dans la liste, en 1982 on était nombreux pour la représentation. Mes meilleures années de luttes et de victoires, c’est vraiment entre 1979 et 1984. Le vocabulaire a changé. Avant cette date, le chef nous appelait « appui-boutons », sans nous nommer, devant nous tels des objets, sans nom, sans matricule, traités comme des chiffres car la plupart des salariés étaient analphabètes, parlant mal la langue. On entendait « aujourd’hui il me manque dix appuis boutons, si tu les as, tu me les passes ». Si je protestais avec d’autres syndicalistes, des chefs prétentieux disaient « qu’on vous a dirigé chez vous, pourquoi ici chez nous, on vous traiterait mieux », souvent ils étaient d’anciens militaires qui avaient fait les guerres coloniales. Moi, je restais sur la devise républicaine et mon père me disait « fais attention, tais toi ». Et le syndicat patronal CFT contrôlait tout. Je vivais avec les idées syndicales de changer les choses et je voyais la pénibilité, la saleté, le bruit, je sentais la graisse. Jusqu’en 1981 les immigrés n’avaient pas le droit de créer une association.

Mais en 1981, lorsque Mitterrand a autorisé les radios locales, il y a eu ici radio G avec le samedi soir « la voix de l’immigration », de 20 heures à 23 heures. Et là les gars des usines ont parlé. On faisait un reportage d’une heure sur une usine et la parole était donnée à libre antenne. Je faisais des émissions avec l’ouvrier cinéaste Saïd Smihi. Le débat montait et les gens osaient s’exprimer. J’étais en responsabilité de la CGT au Comité d’Entreprise qui regroupait mille quatre cent ouvriers de Port de Pais, Epinettes, Saint-Denis, Saint-Ouen, je connaissais du monde qui pouvait intervenir aux débats de la radio !

J’ai eu plusieurs périodes de formation syndicale, mon réseau s’est encore élargi si bien qu’on pouvait analyser et parler du taylorisme, de la recherche de gains par les patrons, des conditions de travail octroyées pour avoir ce gain. Un million sept cent mille coups donnés par jour en trois équipes, cela correspond à autant de pièces fabriquées et vendues ! A quatre vingt quinze décibels au lieu de quatre vingt cinq suffisants. Ce bruit ! Aujourd’hui, grâce aux luttes le rythme a baissé à sept mille puis huit mille coups. Les maladies professionnelles suivaient, surdité et accidents. Le premier avril 2009, un copain est mort le crâne éclaté par un « fenwick ». Avec ce jeune ouvrier français j’avais parlé d’Agadir vers minuit, il me posait des questions car il rêvait d’y aller, à cinq heures du matin il était mort. J’étais traumatisé. On a fait deux jours de grève pour la sécurité.

Ginette Francequin. D’autres accidents vus ou vécus ?

Abdellah Amoubine. Des coupures de doigt, des fractures et l’amiante, le syndicalisme à la CGT était donc important. D’autant plus nécessaire que les patrons tentaient d’engager des immigrés dans le syndicat patronal, à la CFT, qui devient ensuite la CSL (Confédération Syndicale Libre) puis le SIA (Syndicat Indépendant Autonome). Jouant sur l’ignorance et le handicap de la langue et de l’écriture, le patron racole de l’immigré soumis.

Puis, un événement nous a marqué, un copain de la CGT est mort à Reims, en 1977, Pierre Maître, à un piquet de grève. Tout ceci fait que l’on comprend de plus en plus ce que l’on a en face ! La solidarité doit jouer. Alors, lorsque le 23 avril 1982 on décide de la grève à Aulnay par l’équipe de l’après midi, c’est mûr pour dire que c’est fini, fini la soumission, fini les bas salaires, les écarts entre français et immigrés pour la promotion. On veut quatre cent francs pour tous et les congés ! Finis les cadeaux pour graisser la patte, ce qui était réclamé, du Ricard, un tapis, un cadeau du Maroc, non ! On veut nos congés de droits, sans les mendier.

Mon comportement radical a fait que pendant six ans j’ai été placardisé, seul à table. Cariste et seul au bout d’un couloir à ne faire que des chutes, à remplir les wagons sans parler à personne. Isolé et durant dix huit ans, pas d’augmentation de salaires, pas de promotion ! Moi, mais aussi tous les délégués syndicaux, nous avons été à ce régime infernal. J’en ai peut-être moins souffert que les autres, car j’avais la radio et j’envoyais des messages en berbère sur les ondes. Comme il y avait au moins cinquante gars venus de mon village dans la boîte, je pouvais tenir. A ce traitement dur, s’ajoutaient les menaces, tu quittes radio G ou je te dénonce à l’ambassade. Entre 1980 et 1983, je ne suis pas rentré au Maroc aux congés, pression ! Pression, c’est cela le terme. C’était pour nous casser. Heureusement je peux dire qu’il y avait les copains du PCF, de la LCR, de Lutte Ouvrière et les maires et députés communistes qui nous ont soutenus dans les luttes. Les insultes et provocations, il faut que je le dise aussi. Je me marie. Et, dans la tradition, il y a « la dot ». Un chef fait la remarque publique qu’au Maroc, on achète les femmes. J’ai voulu lui casser la figure, et finalement j’ai demandé l’inspection du travail. Ah oui, le mépris de l’autre, toujours à devoir assumer ou transformer.

Si je fais le bilan de la grève ? Elle a apporté le respect, la possibilité de s’exprimer, la liberté syndicale. Mais la perversion dans les actes et méthodes a continué, on te met une paire de gants ou une bouteille d’alcool dans ton sac pour te faire traiter de voleur ou d’alcoolique. Bref, le manège n’arrête jamais pour salir, détruire l’autre dans cette ambiance à Citroën. Mon père me disait « Je t’en prie, arrêtes, tais toi, ne dis plus rien mon fils ». A ce moment là, e me souvenais des grèves au Maroc en 1965, celle que j’avais vu dans le mines de phosphate, les morts au fond des mines en France dans le Nord et çà me ramenait au juste combat !

Je militais dedans et à l’extérieur aussi. J’avais été aux Houillères du Nord voir car on avait un député marocain Akkaghazi socialiste et un autre à Lyon, alors je voulais voir ce que la politique pouvait faire. De fait, ils mettaient le roi à côté du logo CGT. Et çà, je ne pouvais l’accepter ! Je voulais que le travailleur marocain ait le statut de mineur comme le mineur français, avec les mêmes avantages, en logement ou charbon, et pas au rabais. Tout ceci a conduit aux luttes contre les discriminations et en ce moment des procès ont lieu pour réclamer le dû des salariés discriminés dans les Houillères. Dix ont déjà gagné quarante mille euros de réparation pour les désavantages vécus !

Ginette Francequin. Que penser aujourd’hui ?

Abdellah Amoubine. En militant sur des choses du quotidien, et sur le local, je me suis avancé sur le politique et le juridique. Je vois que face à nous, les ouvriers il y a l’état et les patrons. Je suis en fin de course, comme les onze mille licenciés projetés dans l’automobile chez Citroën PSA, j’ai l’âge, j’ai le nombre de trimestres pour avoir le droit à la retraite. Mais il reste du temps avant la fin, donc j’ai le droit à une formation de neuf mois de gestionnaire des associations, informatique et entraîneur de sport, football ! Je prends ! C’est un peu comme si quarante ans plus tard, mon projet de jeunesse se réalisait. C’est amusant. Le football m’a toujours tenu, je me souviens les deux buts du premier match que j’avais fait pour Citroën, quand le chef m’avait remarqué comme sportif et choisi pour faire le match, derrière l’hôpital Avicenne à Bobigny. Ce qui est sûr c’est que le sport a été pour beaucoup de salariés un moyen de se faire bien voir dans les entreprises. Ce qui a empêché cela pour moi, c’est le syndicalisme et mon engagement irréductible. Je ne regrette rien de mes choix, ils sont justes.

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 18:50

http://www.alencontre.org/europe/le-conflit-syrien-une-alliance-rouge-brune-pour-la-syrie.html

Le conflit syrien, une alliance rouge brune pour la Syrie

Par Germano Monti

Lundi 5 Mai 2014

Il peut sembler qu’un quarteron formé de néo nazis, de staliniens, de catholiques fondamentalistes et de pacifistes constitue un étrange assemblage, mais ils ont trouvé un terrain commun dans un style anti-impérialiste verbeux. Cette alliance entre la gauche et la droite menant campagne sur internet pour un soutien actif au régime Assad a abouti à un manque de solidarité avec le peuple syrien, non seulement en Italie, mais également ailleurs en Europe.

Il y a presque une année exactement, la Piazza Venezia au centre de Rome, d’où Benito Mussolini s’adressait aux foules dans le passé, est devenue le théâtre d’une manifestation très bizarre, près des portes de l’ambassade syrienne, quelques dizaines de personnes brandissaient des portraits du président syrien, Bachar al Assad, et agitaient des drapeaux syriens gouvernementaux. Les orateurs se succédaient au microphone et, finalement, lorsque l’hymne national syrien sonna dans les haut-parleurs, certains manifestants levèrent leur bras droit pour former le salut hitlérien, alors que les autres soulevèrent leurs poings fermés. Cette première manifestation « rouge brune » fut bientôt suivie par d’autres.

Au même moment, un mouvement connu sous le nom de front de solidarité européen pour la Syrie est devenu actif. Il unit de nombreux groupes d’extrême-droite à travers l’Europe, sous le drapeau du régime Assad. Ce front de solidarité brun organise des manifestations en faveur d’Assad et a déjà envoyé plusieurs délégations à Damas, chacune ayant été reçue par le gouvernement syrien au parlement national.

L’une de ces délégations rendit visite au régime peu après l’attaque à l’arme chimique de septembre 2012 (lorsque des « informations » se diffusent à ce sujet pour la première fois).

Menée par Ouday Ramadan (dans un communiqué datant de septembre 2013, le PDCI, Parti Des Communistes Italiens, indique qu’Ouday Ramadan n’est plus membre du parti), celle-ci comprenait également Stefano de Simone et Gionvanni Feola, dirigeants du mouvement néofasciste Casa Pound, ainsi que Fernando Rossi, un ancien sénateur du Parti Communiste Italien. Ce dernier cherchait à serrer les rangs avec la droite radicale en raison de son soutien à Kadhafi puis à Assad. Cette « délégation du gaz toxique » fut reçue officiellement par le président du parlement syrien, Jihad Allaham, le premier ministre Wael al-Halki (nommé à ce poste par Bachar el-Assad en août 2012), le ministre de l’Information Omar al-Zoubi et le vice-ministre des affaires étrangères, Faisal Mekdad.

Tradition fasciste

La raison à l’origine du soutien de ces organisations fascistes au régime Assad est en partie historique. En 1954, des fascistes tels qu’Alois Brunner, dirigeant de l’unité spéciale SS dédiée à la « solution finale de la question juive » et très proche associé d’Adolf Eichmann, trouva un refuge sûr à Damas. Hafez al-Assad, le père de l’actuel dictateur, confia à Brunner la tâche de réorganiser les services secrets syriens sur la base des principes de la Gestapo et de la SS.

Depuis le commencement du soulèvement populaire en Syrie il y a trois ans, en mars 2011, il y a à nouveau une mobilisation significative des groupes de la droite radicale. Les adeptes de Bachar al Assad sont avant tout d’origine italienne, française et grecque, mais on en trouve également venant d’Allemagne, d’Espagne, de Belgique, du Royaume-Uni, de Pologne, de Serbie, de la république tchèque et de Roumanie. Il s’agit plutôt d’une association hétérogène, allant du Front National (FN) de Marine Le Pen au camp national-radical de Pologne, qui revendiquait que la citoyenneté des juifs polonais leur soit retirée en juin 2013, jusqu’au mouvement international eurasie du russe Alexandre Dougine en passant par le groupe national-socialiste grec Mavros Krinos (les grecs nationaux socialistes, connus sous le nom de Black Lily), qui se félicitent d’avoir procuré à Assad plusieurs miliciens.

L’Italie est le pivot de cette alliance rouge-brune, car elle peut compter sur le soutien ouvert d’organisations telles que Forza Nuova et Casa Pound Italia (qui, aussi, se présentent eux mêmes comme étant « les fascistes du troisième millénaire »). L’alliance inclut également plusieurs groupes plus petits qui se considèrent eux-mêmes comme « socialistes » et vantent leurs liens avec les partis nationalistes et staliniens ainsi que les mouvements de ce type partout autour du globe, de la Russie au Venezuela, en passant par la Corée du Nord.

Toutes ces organisations disposent de réseaux et de liens avec des éléments d’une gauche dite anti-impérialiste et confusément dogmatique. Enracinée dans la pensée stalinienne, cette branche de la gauche est convaincue qu’aujourd’hui encore le monde est embourbé dans un conflit constant entre l’impérialisme occidental (représenté par les Etats-Unis, l’Union Européenne et leurs alliés) et la résistance « d’états souverains » tels que la Russie, la Chine et l’Iran.

Une « armée rouge brune » pour servir Assad

Au nom de cette approche rudimentaire de l’anti-impérialisme ainsi que d’une islamophobie qui varie en intensité d’un groupe à l’autre, la droite fasciste, les catholiques fondamentalistes et les staliniens (ou néo staliniens) ont engendré une petite, mais active, « armée rouge brune ».

Afin d’éviter tout malentendu, il est indispensable de souligner que Casa Pound et Forza Nueva ont relativement peu de partisans, seulement quelques milliers de membres. Les deux groupes ont échoué lamentablement lors des récentes échéances électorales. Ils exercent cependant une influence sur les jeunes italiens qui ne doit pas être sous-estimée. Lors des élections étudiantes, ils obtinrent même la majorité des votes dans certaines écoles secondaires de Rome, ce qui signifie que le front de solidarité européenne pour la Syrie fut autorisé à tenir des discours au sein de ces établissements ainsi qu’ailleurs.

Alors que Forza Nuova se concentre sur la défense de la famille traditionnelle et sur le combat contre l’avortement, Casa Pound est plus engagé dans la sphère sociale, ses membres occupent des bâtiments vacants et organisent des campagnes en faveur des handicapés, pour autant qu’ils soient italiens. Les deux groupes partagent une orientation fondamentalement raciste et xénophobe ainsi qu’un rejet catégorique de la mondialisation, qu’ils perçoivent comme étant une perte accélérée de souveraineté nationale.

Ce réseau de personnages politiques et culturels bien connus est important pour le soutien au régime Assad. Ces représentants voient la dictature syrienne autant comme un modèle social désirable que comme une barrière protectrice contre le sionisme israélien et le fondamentalisme islamique.

La crainte de l’islam joue un rôle de plus en plus significatif dans la politique de l’extrême droite. Au cours de la période qui précède les élections européennes de cette année (qui se tiendront le dernier week-end de mai), les dirigeants de divers groupes d’extrême droite européens se sont rencontrés à de nombreuses occasions, en Espagne en novembre 2013 et à Rome en février 2014. Jens Pühse, du NPD allemand (National demokratische Partei Deutschlands), participa à la réunion en Espagne ainsi que le firent des membres du Parti National Socialiste Syrien (PNSS).

Les nationaux socialistes de Syrie

Le PNSS est un allié étroit du parti dirigeant d’Assad, le Baas. Deux de ses représentants sont membres du conseil des ministres, l’adjoint du premier ministre ainsi qu’un autre ministre. Le parti déploie ses propres unités pour combattre aux côtés du régime et des milices du Hezbollah libanais contre les rebelles syriens. L’idéologie du PNSS, qui a été fondé en 1932 à Beyrouth, ainsi que sa symbolique sont de manière incontestable modelées sur la base du national-socialisme allemand, la main droite dressée est utilisée comme salut et l’emblème figurant sur le drapeau ressemble à une swastika. Le représentant italien du PNSS est Ouday Ramadan, mentionné ci-dessus, qui est responsable de l’organisation du soutien au régime Assad en Italie.

Le rapprochement entre les néo nazis, les fondamentalistes catholiques, les staliniens et les pacifistes sous la bannière de l’anti-impérialisme est un facteur crucial dans le manque de solidarité avec le peuple syrien, en particulier dans les cercles de gauche. Cette petite « armée rouge-brune » est extraordinairement active sur internet, au moyen de sites et de blogs qui ont l’apparence d’être de gauche.

Au cours des trois dernières années, cette armée est parvenue à paralyser la solidarité italienne et le mouvement pour la paix pour la Syrie (en faveur des insurgés) en agitant sans relâche le spectre d’une prétendue attaque de l’OTAN contre la Syrie ainsi qu’un complot sioniste-salafiste contre le régime « laïc, anti-impérialiste et socialiste » du clan Assad.

Ce n’est que récemment que les médias dominants en Italie se sont rendus compte de ce phénomène. Depuis lors, ils ont fait état des activités de cette alliance étrange en faveur d’Assad. Par conséquent, les appels pour la démocratie et une aide humanitaire en faveur des citoyens syriens sont de plus en plus entendus par les organisations les plus influentes en faveur de la paix. Si cela est suffisant pour diminuer le soutien populaire au melting-pot idéologique que nous avons décrit demeure fortement discutable.

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 18:30

Arrestations en Chine avant le vingt-cinquième anniversaire de Tiananmen (Reuters)

Les autorités chinoises ont arrêté cinq défenseurs des droits de l'homme qui ont pris part ce week-end à une réunion en faveur d'une enquête sur la répression du « printemps de Pékin » en juin 1989, ont rapporté des avocats.

Parmi les personnes placées en détention figure Pu Zhiqiang, avocat qui défend nombre de dissidents, dont l'artiste Ai Weiwei, mais aussi des militants du « mouvement des nouveaux citoyens », qui mènent campagne en faveur de la transparence sur le patrimoine des dirigeants du pays.

Le dissident Liu Di et Xu Youyu, professeur auprès de l'académie des sciences sociales, comptent également parmi les personnes arrêtées, a déclaré un défenseur des droits de l'homme, Shang Baojun.

Les deux autres personnes arrêtées sont le dissident Hu Shigen et Hao Jian, lequel enseigne à l'école de cinéma de Pékin, a déclaré l'organisation « défenseurs des droits de l'homme en Chine ».

A l'approche du vingt-cinquième anniversaire des manifestations sur la place Tiananmen, un appel a été lancé en faveur d'une enquête sur la répression sanglante de ce mouvement le 4 juin 1989.

Il n'existe aucun bilan officiel de cette intervention de l'armée contre les manifestants. Des organisations de défense des droits de l'homme et des témoins parlent de centaines, voire de milliers de morts.

Dans un communiqué, la police de Pékin dit avoir « placé en détention » Pu Zhiqiang pour « provocation de troubles ».

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 18:20

Kiev parle de trente séparatistes tués près de Slaviansk (Reuters)

Le gouvernement ukrainien a affirmé Mardi 6 Mai 2014 que plus de trente séparatistes pro-russes avaient été tués dans des combats près de Slaviansk, leur bastion dans l'est de l'Ukraine, sur fond de nouvelles déclarations de Moscou contestant la présidentielle ukrainienne et la proposition allemande de tenir une seconde session de pourparlers à Genève.

« Nous estimons que les terroristes ont perdu plus de trente des leurs », a affirmé le ministre de l'Intérieur, Arsène Avakov.

Les séparatistes pro-russes ont tendu lundi une embuscade aux forces ukrainiennes, ce qui a déclenché des combats acharnés près de Slaviansk. Quatre militaires ukrainiens ont été tués et vingt autres blessés, selon le ministre de l'intérieur. Les séparatistes pro-russes ont dit pour leur part avoir perdu quatre combattants dans ces affrontements.

La matinée de mardi, par contraste, a été plutôt calme tant dans l'est que dans le sud de l'Ukraine, mais les violents combats des derniers jours ont transformé la nature du conflit, et les positions des uns et des autres se sont durcies, laissant peu de place désormais à une issue pacifique.

S'exprimant à Vienne, à l'issue d'une réunion du conseil de l'Europe, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a clairement jugé inutile la tenue de nouveaux pourparlers à Genève sur l'Ukraine, dans la mesure où, selon lui, l'accord conclu le 17 avril dans cette même ville pour tenter de ramener la paix n'avait pas été appliqué sur le terrain.

« Se réunir dans le même format, sans la présence de l'opposition à l'actuel régime ukrainien à la table des négociations, n'ajouterait pas grand-chose », a-t-il dit en réponse à la proposition allemande.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriy Dechtchitsia, s'est dit en revanche favorable à de nouvelles négociations à Genève, à condition que Moscou soutienne le processus électoral en Ukraine.

A ce propos, Sergueï Lavrov a jugé « singulier » la tenue le 25 mai de l'élection présidentielle alors même que, dit-il, les troupes ukrainiennes sont déployées contre des civils.

Presque au même moment, dans un entretien à RMC, le président français François Hollande estimait que si cette présidentielle ne se tenait pas, « ce serait le chaos et le risque de guerre civile. Voilà l'enjeu. Il y a des moments où l'histoire se joue ».

LAVROV DOIT VOIR STEINMEIER

Et pour Petro Porochenko, qui fait figure de favori pour la présidentielle du 25 mai, le scrutin peut être maintenu malgré les troubles.

« Nous espérons être en mesure de terminer l'opération anti terroriste avant l'élection. Et là où nous n'y parviendrons pas, nous encerclerons les lieux pour éviter qu'ils n'interfèrent avec le scrutin », a-t-il déclaré.

Si la Russie ne fléchit pas et a même annoncé que de nouveaux sous-marins et bâtiments de guerre allaient rejoindre cette année la flotte de la mer Noire, Sergueï Lavrov a brièvement rencontré son homologue ukrainien en marge de la réunion du conseil de l'Europe à Vienne.

« Il y a eu de brèves salutations. Ils ont parlé brièvement, mais ils n'étaient pas seuls », a dit un porte-parole du ministère autrichien des Affaires étrangères au sujet de la rencontre, lundi soir, entre Sergueï Lavrov et Andriy Dechtchitsia.

Sergueï Lavrov devait en outre avoir un entretien mardi avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, lequel avait aussi prévu de voir séparément Andriy Dechtchitsia, a dit le ministère allemand des affaires étrangères.

Dans une interview que publient mardi quatre journaux européens, Frank-Walter Steinmeier estime qu'au vu des images sanglantes d'Odessa, il est clair que l'Ukraine se trouve à deux doigts d'une confrontation militaire.

Dans l'est de l'Ukraine, les deux camps ont enterré leurs morts mardi. A Kramatorsk, ville toujours tenue par les séparatistes, le cercueil d'une infirmière de vingt et un ans a été transportée à travers les rues, où s'élèvent des barricades de pneus et d'arbres. Des oeillets rouges jonchaient les artères par lequel passait le cortège funèbre.

« Ils nous tirent dessus. Pourquoi ? Parce que nous ne voulons pas vivre avec des fascistes », s'interrogeait une photographe de cinquante huit ans.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 19:05

http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/05/01/internet-poutine-refroidit-l-entrain-russe_1008715

Poutine refroidit l’entrain russe

Par Veronika Dorman, correspondante de Libération à Moscou

Jeudi Premier Mai 2014

Sous prétexte de lutte anti terroriste, la nouvelle loi instaure la mainmise du pouvoir sur la toile et pousse Pavel Dourov, fondateur du facebook russe, à s’exiler.

« La situation en Russie est incompatible en ce moment avec le business sur internet ». Tel est le diagnostic de Pavel Dourov, fondateur de VKontakte (VK), l’équivalent russe de facebook. C’est pourquoi le créateur du plus grand réseau social russe a décidé d’émigrer, sans intention de retour. Du moins pas tant que son pays natal ne s’est pas réformé.

En guise de billet d’adieu, Dourov a publié sur sa page VK une série de vignettes illustrant les changements « sans lesquels rentrer en Russie n’a pas de sens », tribunaux ouverts, législation simplifiée pour éviter la corruption, fonction publique accessible à tous sur concours, autonomie économique des régions et diversification du système éducatif. Autant de réformes dans le sens d’une plus grande liberté de la société civile, encourageant la créativité et la compétitivité.

Mais la Russie semble plutôt s’engager dans la direction inverse, toujours plus de centralisation, de contrôle et d’opacité, y compris sur Internet.

Blogueurs. Ce n’est pas de bon cœur que le jeune milliardaire de vingt neuf ans a abandonné son poste et son entreprise, fondée en 2006. Depuis plusieurs mois, Dourov était en conflit avec certains actionnaires de VK, dont des proches du Kremlin. Ces déconvenues sont en partie liées à une position de principe, Dourov a toujours défendu le principe de confidentialité et a systématiquement refusé de livrer les données des utilisateurs de VK aux autorités russes, ainsi que de fermer les comptes jugés dérangeants pour des raisons clairement politiques. Récemment, il a éconduit une fois de plus les services secrets russes (FSB), qui exigeaient l’accès aux données personnelles des organisateurs du groupe Euromaïdan, essentiel dans la coordination du mouvement pro-européen en Ukraine.

Incidemment, l’exil du « Zuckerberg russe » coïncide avec l’adoption d’une nouvelle loi, dans le cadre de la lutte anti terroriste, censée mettre de l’ordre sur la toile russe mais qui, de fait, met en péril la liberté de ses utilisateurs. Comme dans tout régime autoritaire qui se respecte, en Russie, le dernier espace de liberté d’expression est internet. Et parce qu’ils occupent une place toute particulière dans la formation de l’opinion dissidente, les blogueurs sont les premiers visés par la loi.

Désormais, ceux dont les blogs sont visités par plus de trois mille lecteurs par jour devront se signaler comme médias auprès des autorités compétentes. Sur les réseaux sociaux, on s’amuse, « les toilettes de la gare de Kazan, utilisées par plus de quinze mille personnes par jour, ont été enregistrées comme un média depuis l’apparition sur le mur du graffiti « Poutine tête de con »».

Blague à part, les nouvelles réglementations sont désastreuses pour la blogosphère. D’un côté, les blogueurs sont obligés de répondre de ce qu’ils écrivent, comme les médias, mais de l’autre, ils n’obtiennent pas le droit, dont jouissent les médias, de faire des requêtes officielles pour vérifier leurs informations. Et pour pousser l’aporie encore plus loin, ils seront tenus responsables de leurs textes aussi bien que du contenu des commentaires.

La loi interdit aussi la publication de données sur la vie privée. C’est-à-dire que l’activité du célèbre avocat anti corruption et blogueur Alexei Navalny, dont la spécialité est de dévoiler les fortunes cachées des hauts fonctionnaires russes, est désormais officiellement illégale. Les publications « extrémistes » sont également passibles de sanctions. Autant dire que c’est la porte ouverte à tous les abus de la part des autorités, car en Russie, le terme « d’extrémiste » sert de synonyme à insoumis, hétérodoxe ou simplement mécontent.

Afin de faciliter le travail de surveillance, les opérateurs internet et propriétaires des réseaux sociaux sont sommés de fournir toute information concernant le trafic sur les pages concernées, mais aussi de mettre à la disposition du FSB les données personnelles, textes et correspondance des internautes, qui devront être stockées sur des serveurs en Russie.

Paranoïaque. Longtemps, le pouvoir russe s’est désintéressé d’internet. Vladimir Poutine se targuait même de ne pas savoir vraiment s’en servir. Cependant, son troisième mandat s’accompagne d’un serrage de vis constant, les rares médias encore indépendants y sont déjà passés. Dans une formule devenue immédiatement un mème, Poutine a récemment explicité sa vision, « internet est un projet de la CIA. Et c’est ainsi qu’il se développe ».

Dans le contexte de l’anti américanisme paranoïaque du pouvoir russe, cette déclaration n’augure rien de bon pour les internautes russes. D’autant que le projet de créer un « système d’information proprement russe, limité à la Russie, pour s’émanciper de la domination américaine », a déjà été proposé par la chambre haute du parlement. Déconnecter le « runet » de la toile mondiale. En somme, faire tomber un rideau de fer.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 18:40

http://www.npa2009.org/content/saint-ouen-93-le-long-calvaire-des-refugies-syriens

Le long calvaire des réfugiés syriens

Jeudi Premier Mai 2014

A la rue pendant plusieurs semaines, les quarante et une familles syriennes dites « de Saint Ouen » sont réunies par l'absence de logement et le règlement de Dublin, qui affirme que c'est le pays où sont prises les empreintes qui est responsable de la demande d'asile.

Tout demandeur d’asile, avant de se rendre en préfecture, est errant et sans droit, une errance qui continue jusqu’à l’enregistrement de sa demande d’asile à l’OFPRA (Office Français pour la Protection des Réfugiés et Apatrides), laquelle lui ouvre, sur le papier du moins, le droit à un hébergement. Ceux de Saint-Ouen ne s’étaient pas encore rendus en préfecture, un certain nombre d’entre eux craignant avec raison de se voir renvoyés en Espagne, en raison de Dublin.

Leur calvaire, dans un square sans eau et sans toilettes, a duré des semaines, marquées par l'intransigeance de la mairie de Saint Ouen qui leur octroiera finalement mille deux cent euros pour qu'ils passent une nuit « ailleurs » afin de pouvoir fermer le square et de les renvoyer sur le trottoir. Leur précarité a suscité la générosité de riverains, de militants associatifs, d'anonymes et des mosquées du département. Une formidable solidarité quotidienne s'est ainsi mise en place (logement et nourriture).

Le SAMU social affichait complet. C'est alors qu'un aréopage inattendu a fait irruption dans le square en la personne de Didier Leschi, préfet délégué à l'égalité des chances auprès du préfet de Seine Saint Denis, et du directeur de l'OFPRA, Pascal Brice. La suite est connue, un « guichet unique » est improvisé à la préfecture de Paris et non à celle de Seine Saint Denis, et on a décidé de déroger à Dublin. Les requérants sont domiciliés, leurs empreintes prises, un récépissé de six mois leur est délivré, le dossier OFPRA est rempli sur place et le récit de vie remplacé par un entretien sommaire. Leur demande de logement a obtenu une réponse immédiate.

La France, terre d’accueil ?

Ce guichet « ad hoc » concentre les démarches auprès de trois administrations (préfecture, OFPRA et OFII, Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) qui requièrent normalement des mois. La formule a répondu aux attentes des familles épuisées. Cerise sur le gâteau, la préfecture s'est même engagée à rembourser toutes les nuitées avancées par l'association Revivre. C'est ainsi qu'ont progressivement disparu des médias « les réfugiés syriens de Saint Ouen ».

Mais au delà de Saint Ouen, rien n'est prévu pour les demandeurs d'asile qui continueront d'arriver, de Syrie ou d'ailleurs. Quant à la question des réfugiés syriens en France, elle se pose encore une fois avec acuité, il y a un mois, quatre vingt cinq d'entre eux auraient reçu un APRF (Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière).

Une mesure qui ne correspond pas vraiment à la prétendue politique du ministère des affaires étrangères, « France, pays d'accueil des réfugiés syriens », mais qui poursuit la politique d'entraves mises à l'arrivée des syriens en France, le premier acte en ayant été le rétablissement du visa de transit aéroportuaire.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 18:06

http://www.aa.com.tr/fr/politique/323161--doha-abbas-discute-avec-mechaal-de-la-mise-en-oeuvre-de-la-reconciliation

Abbas discute avec Mechaal de la mise en œuvre de la réconciliation (Anadolu Agency)

Mahmoud Abbas était arrivé, Samedi 3 Mai 2014, au Qatar pour une visite officielle au cours de laquelle il s’est entretenu avec l’émir du Qatar

Le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas s’est entretenu lundi à Doha, capitale du Qatar, avec le président du bureau politique du mouvement « Hamas » Khaled Mechaal, pour souligner l’impératif de « rétablir l’union palestinienne et de consacrer l’atmosphère positive de la réconciliation ».

Un communiqué rendu public par le mouvement Hamas, lundi après-midi, à Gaza, et dont Anadolu a eu copie, a indiqué qu’Abbas et Mechaal ont discuté des voies et moyens à même de « consacrer l’atmosphère positive de la réconciliation et d’œuvrer en vue de retrouver la cohésion nationale, l’objectif étant de faire face à l’occupation israélienne et de satisfaire les aspirations du peuple palestinien à l’unité, à la liberté, à la dignité et à la libération de sa patrie».

Les mouvements « Fatah » et « Hamas » avaient conclu, le 23 avril dernier, à Gaza, un accord qui met un terme à la scission inter palestinienne en vigueur depuis 2006. L’accord prévoit, notamment, la formation d’un gouvernement consensuel qui sera suivi de l’organisation d’élections présidentielle et législatives.

« Les deux parties ont débattu, également, des mécanismes de réactivation de l’accord cadre régissant l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) ainsi que de la coordination des efforts palestiniens déployés pour faire face aux exactions israéliennes à l’encontre de la mosquée d’al-Aqsa et aux multiples tentatives de sa judaïsation ».

Les factions palestiniennes avaient convenu en 2005, dans la capitale égyptienne Le Caire, de former un cadre dirigeant provisoire de l’OLP qui comporterait les chefs des différentes factions, y compris celles des mouvements d’obédience islamique, le « Hamas » et le « Jihad Islamique ».

Le communiqué du mouvement « Hamas » rapporte que la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère des plus « positives », concluant que les deux dirigeants ont fait part d’une « sérieuse volonté d’engager une nouvelle phase établie sur la base du partenariat national ».

Le président palestinien Mahmoud Abbas était arrivé, à Doha, samedi dans le cadre d’une visite officielle, au cours de laquelle il s’était entretenu avec l’émir de l’état du Qatar Tamim Ben Hamad al-Thani, selon l’agence de presse palestinienne (WAFA, officielle).

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