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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 19:22

 

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/08/transfert-de-loup-bureau-le-seul-but-est-de-compliquer-l-exercice-des-droits-de-la-defense_1588890

 

Transfert de Loup Bureau, le seul but est de compliquer l’exercice des droits de la défense

 

Interview de Martin Pradel par Willy le Devin

 

Mardi 8 Août 2017, le ministère turc de la justice a donné l'ordre de transférer le journaliste français Loup Bureau vers la prison de Van. Arrêté le Mercredi 26 Juillet 2017, ce dernier est formellement poursuivi pour des faits de terrorisme. Son avocat en France, Martin Pradel, dénonce une entrave à l'exercice de leurs droits.

 

Est-ce une réponse à la mobilisation qui s’enclenche côté français ? Au lendemain de la diffusion d’une pétition ayant déjà dépassé les dix mille signatures, le journaliste français Loup Bureau, agé de vingt sept ans, s’apprête à être transféré vers la prison de Van, une ville de trois cent mille habitants située près de la frontière iranienne. Arrêté le Mercredi 26 Juillet 2017, Loup Bureau est formellement poursuivi par un procureur de Sirnak pour participation à un groupe terroriste. Son acte d’accusation mentionne un documentaire effectué en 2013 au Kurdistan syrien pour la cinquième chaîne de la télévision française. Martin Pradel, son avocat en France, s’inquiète du durcissement engagé par Ankara.

 

Willy le Devin. Comment avez-vous appris que Loup Bureau allait être transféré de la prison de Sirnak à celle de Van ?

 

Martin Pradel. Mon confrère turc défendant Loup Bureau était ce matin dans le bureau du procureur de Sirnak. A ce moment-là, le magistrat recevait une notification du ministère de la justice à Ankara, l’informant du transfert prochain de Loup Bureau vers le centre pénitentiaire de Van. Cette décision administrative et totalement arbitraire a pour seul but de compliquer l’exercice des droits de la défense de Loup Bureau. Van se trouve en effet à six heures de voiture de Sirnak où vit son avocat. Loup Bureau est poursuivi à Sirnak, par un procureur de Sirnak, dans une affaire instruite par le tribunal de Sirnak. En ceci, l’envoyer à l’est du pays n’a aucun sens, si ce n’est de l’isoler un peu plus. Jusqu’ici, mon confrère turc allait lui rendre visite tous les deux jours. A Van, ce ne sera plus possible.

 

Willy le Devin. Comment se passe concrètement la procédure en Turquie ? Savez-vous exactement les raisons pour lesquelles Loup Bureau est mis en examen ?

 

Martin Pradel. La procédure turque est différente du droit français. L’enquête est directement menée par le procureur et elle n'est pas menée par un juge d’instruction. Ce dernier peut normalement communiquer le contenu de l’enquête préliminaire à la défense, mais puisqu’il s’agit de faits de terrorisme, rien ne l’y contraint. Les dispositions de l’état d’urgence en vigueur en Turquie compliquent encore plus le jeu, si bien que Loup Bureau ne sait pas encore aujourd’hui avec exactitude ce qui lui est reproché. L’acte d’accusation évoque le reportage réalisé en 2013 au Kurdistan syrien avec des combattants des unités de protection du peuple (YPG).

 

Willy le Devin. Quelle attitude adoptent les autorités françaises pour le moment ?

 

Martin Pradel. Elles n’ont toujours pas réagi officiellement à la détention arbitraire de Loup Bureau ! Cela commence à faire long puisque Loup Bureau a été arrêté il y a maintenant quatorze jours et qu’il a été placé en détention provisoire il y a neuf jours. Je veux bien qu’il y ait de la retenue au regard du jeu diplomatique particulièrement compliqué de la région, mais il faut désormais afficher une certaine fermeté. Loup Bureau est détenu pour le simple fait qu’il est journaliste. Je demande aux autorités françaises de s’opposer formellement au transfert de Loup Bureau vers la prison de Van. Cette décision étant encore une fois purement administrative, la France peut la contester afin que Loup Bureau bénéficie d’une défense de plein droit.

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 19:08

 

 

https://www.change.org/p/les-autorités-turques-liberté-pour-le-journaliste-loup-bureau-incarcéré-en-turquie-depuis-le-26-juillet-2017

 

Liberté pour le journaliste français Loup Bureau incarcéré en Turquie depuis le 26 Juillet 2017

 

Comité de soutien à Loup Bureau

 

Depuis le Mercredi 26 Juillet 2017, le journaliste indépendant Loup Bureau, vingt sept ans, est détenu en Turquie. Incarcéré dans une prison à Sirnak, il est suspecté à tort par le gouvernement turc d'appartenir à une organisation terroriste armée.

 

La raison de ce chef d‘inculpation est un reportage réalisé par Loup Bureau en 2013, pour la cinquième chaîne de la télévision française, auprès des combattants kurdes en Syrie des unités de protection du peuple (YPG), une organisation considérée comme terroriste par la Turquie.

 

Selon son avocat, Martin Pradel, « la seule raison pour laquelle Loup Bureau a été interpellé, c’est parce qu’il est journaliste ». Il est le troisième journaliste français arrêté en Turquie ces douze derniers mois.

 

Sa famille, ses amis et ses collègues s’inquiètent de sa mise en détention. Loup Bureau n'a fait qu'exercer son métier de journaliste dans une zone de conflit où la répression envers la presse est de plus en plus violente.

 

Nous appelons à sa libération immédiate.

 

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:54

 

 

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/08/08/poursuivi-pour-aide-a-l-immigration-clandestine-cedric-herrou-attend-son-jugement-en-appel_5169880_1654200.html

 

Coupable d’avoir aidé des migrants, Cédric Herrou continuera à se battre

 

L’agriculteur a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé quelque deux cent migrants à traverser la frontière italienne par la vallée de la Roya.

 

Par Luc Leroux, correspondant du Monde à Marseille

 

La cour d’appel d’Aix-en-Provence a condamné Cédric Herrou, Mardi 8 Août 2017, à quatre mois de prison avec sursis. L’agriculteur de Breil-sur-Roya, dans le département des Alpes-Maritimes, militant de la solidarité et de l’aide aux migrants qui traversent la frontière italienne par la vallée de la Roya, est plus sévèrement sanctionné qu’en première instance.

Jugé pour l’aide qu’il a apportée à quelque deux cents migrants, principalement érythréens et soudanais, Cédric Herrou avait été condamné, le 10 février 2017, par le tribunal correctionnel de Nice à une amende de trois mille euros avec sursis pour avoir acheminé de Vintimille en France des étrangers cherchant coûte que coûte à traverser la frontière. Le procureur de la république de Nice avait fait appel de ce jugement.

Contrairement au tribunal, qui l’avait relaxé du délit d’occupation illicite d’une colonie de vacances de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), inoccupée depuis 1991, la cour d’appel l’a déclaré coupable et l’a condamné à verser mille euros de dommages et intérêts à la SNCF.

Au mois d'octobre 2016, une vingtaine de militants de l'Association Roya Citoyenne (ARC) avaient installé dans ces locaux désaffectés cinquante-sept migrants, dont vingt-neuf mineurs, qui avaient pu momentanément être secourus et soignés. Le tribunal avait retenu l’état de nécessité qui exonère de toute sanction pénale. « C’est une peine d’avertissement », a prévenu le président de la cour d'appel.

Dans son arrêt, que le Monde a consulté, la cour d’appel écarte l’état de nécessité retenu en première instance au motif que « Cédric Herrou ne fournit aucun élément concret sur la nature du péril menaçant les personnes présentes dans les locaux de la SNCF, leur simple nombre ne pouvant être constitutif d’un péril imminent ou actuel. Il n’établit pas non plus en quoi l’occupation d’un bâtiment considéré comme impropre à l’accueil des personnes pouvait constituer un acte nécessaire à leur sauvegarde ».

Plusieurs dizaines de militants étaient venus soutenir Cédric Herrou, et un « scandaleux » s’est élevé du public à la lecture de la décision.

« C’est le rôle d’un citoyen d’agir lorsqu’il y a défaillance de l'état », avait déclaré Cédric Herrou juste avant l’audience. Commentant sa condamnation, le militant, qui a d’ores et déjà fait savoir qu’il allait se pourvoir en cassation, a déclaré que « nous avons l’impression que la politique instrumentalise la justice ».

« J’invite le parquet à venir dans la vallée de la Roya entendre les familles des quinze personnes mortes en tentant de franchir la frontière. J’attends avec impatience les trente prochaines décennies et nous verrons qui se retrouvera devant les tribunaux. Je continuerai à me battre. Ils n’ont qu’à me mettre directement en prison, ce sera plus simple ».

Lors de l’audience, qui s’était tenue le 19 juin 2017, en présence de nombreux militants de l'ARC et d’associations d’aide aux migrants, l’avocat général avait requis huit mois de prison contre Cédric Herrou, la peine prononcée par le tribunal de Nice étant, à son sens, « non proportionnée à l’aide apportée à plus de deux cents personnes, incohérente et de nature à encourager la récidive ».

La cour d'appel s’est rangée à cet avis estimant que « les actions de Cédric Herrou s’inscrivaient de manière générale, comme il l’a lui-même revendiqué et affirmé clairement à plusieurs reprises, dans une démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles mis en œuvre par les autorités. Cédric Herrou ne peut en conséquence pas bénéficier des dispositions protectrices du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile », qui exempte de poursuites l’aide apportée aux étrangers en séjour irrégulier visant à leur assurer la dignité et l’intégrité physique.

Pour le magistrat, l’agriculteur ne pouvait bénéficier des exemptions humanitaires aux termes desquelles l’aide au séjour irrégulier n’est pas punissable. « Lorsque l’aide s’inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n’entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie » à l’aide apportée.

Se définissant comme un lanceur d’alerte se substituant à l'état dans l’accueil des demandeurs d’asile, Cédric Herrou a été à nouveau interpellé le Lundi 24 Juillet 2017 à la gare de Cannes alors qu’il accompagnait cent cinquante-six migrants arrivés chez lui et qui souhaitaient se rendre à Marseille pour y déposer une demande d’asile. Au terme de la garde à vue de Cédric Herrou, la sixième depuis 2016, le parquet de Grasse, dans le département des Alpes-Maritimes, a ouvert une information judiciaire.

Le juge d’instruction de Grasse a mis en examen Cédric Herrou et lui a imposé un contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire national et de se trouver dans une gare ou sur le parvis d’une gare. Il lui faudra également pointer tous les quinze jours à la gendarmerie de Breil-sur-Roya. A la fin du mois de juillet 2017, Cédric Herrou avait accueilli chez lui jusqu’à quatre cent personnes par semaine, a précisé son avocat Zia Oloumi.

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:30

 

 

http://internationalviewpoint.org/spip.php?article5089

 

http://www.anticapitalistas.org/comunicados/sobre-la-crisis-en-venezuela

 

Déclaration d’Anticapitalistas sur la crise au Venezuela

 

Dimanche 30 Juillet 2017

 

Face à la crise politique au Venezuela, nous souhaitons déclarer notre rejet de l'offensive de l'opposition contre le gouvernement bolivarien. L'opposition vénézuélienne est dirigée par des secteurs profondément antidémocratiques liés aux classes dirigeantes. Ces secteurs préparent un programme de réaction autoritaire contre les conquêtes de la révolution bolivarienne, dont certaines ont été considérablement diminuées par la crise que connaît le pays. Une opposition qui n'a pas hésité à brûler, à assassiner et à attaquer des citoyens sans défense ces dernières années et qui a récemment intensifié ses méthodes, avec le détournement d'hélicoptères et l'utilisation d'armes à feu. Cette offensive n'est pas nouvelle, mais elle s'inscrit dans un contexte de coups, doux ou autoritaires selon les pays, en Amérique Latine, comme au Brésil, au Honduras et au Paraguay. Ces coups ont compté sur le silence complice des gouvernements et de la presse internationale. Les conséquences immédiates de ces coups ont été une répression sévère des militants et des personnes pauvres. Dans ce cas, nous voyons la même complicité avec l'opposition vénézuélienne, cachant son caractère violent et craignant que la même cruauté ne soit utilisée contre les activistes de la gauche et les habitants des quartiers les plus pauvres des villes vénézuéliennes, si elle réussit la déstabilisation politique du Venezuela et un coup d'état, comme partie de ce que cherche l'opposition.

Cela ne signifie pas que nous soutenons inconditionnellement le gouvernement de Nicolas Maduro. La corruption, la bureaucratisation et l'incompétence du gouvernement du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) sont intolérables dans un projet socialiste, révolutionnaire et radicalement démocratique. Le fait que nous considérons qu'il soit prioritaire d'arrêter l'assaut de l'impérialisme et de la classe dirigeante n'implique pas que nous n'ayons aucune critique contre les limites du gouvernement de Nicolas Maduro et de sa gestion politique. La révolution dans la révolution consiste à élargir les libertés, à lutter contre la bureaucratie avec la démocratie, à redistribuer davantage la richesse et à créer des mécanismes institutionnels qui garantissent le contrôle de l'économie et de l’état par les classes populaires.

Nous rejetons toute ingérence espagnole dans les affaires vénézuéliennes. Le Parti Populaire et le gouvernement de Mariano Rajoy, si réticents à défendre le souvenir des victimes du régime franquiste, ont utilisé la crise vénézuélienne pour défendre les intérêts des entreprises désireuses de retrouver leur pouvoir économique au Venezuela et pour discréditer Podemos. La crise vénézuélienne ne peut avoir une issue démocratique que s'il existe une nouvelle impulsion révolutionnaire dans la révolution bolivarienne. Il ne viendra jamais de ceux qui ont pillé les pays d'Amérique Latine.

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 21:05

 

 

http://www.ism-france.org/temoignages/Une-journee-ordinaire-sans-eau-et-sans-electricite-a-Gaza-article-20372

 

Une journée ordinaire sans eau et sans électricité à Gaza

 

Par Ziad Medoukh

 

Lundi 31 Juillet 2017

 

C'est difficile pour moi, citoyen palestinien de Gaza, de décrire, en deux ou trois pages, la situation actuelle dans notre région abandonnée. Une situation catastrophique à tous les niveaux qui s'est aggravée récemment, notamment avec la crise de l'électricité et ses conséquences dans tous les secteurs vitaux dans cette région sous blocus israélien depuis plus de dix ans. Mais je vais essayer le plus succinctement possible de narrer une partie de mon vécu pendant des jours et des jours où Gaza était dans le noir total.

Actuellement, nous avons le droit à trois ou quatre heures d'électricité par jour, c'est insuffisant, mais nous n’avons pas le choix, nous nous adaptons à cette situation même insupportable.

Je ne vous cache pas que je me demande toujours, ainsi que tous les palestiniens de Gaza, si nous sommes un peuple anormal pour supporter cette situation inacceptable et cette souffrance qui dure et je me pose souvent les même questions, pourquoi nous à Gaza, pourquoi le monde officiel ne bouge-t-il pas et jusqu'à quand durera notre souffrance ?

Nous avons vécu des journées terribles dans la moitié du mois de juillet 2017, avec seulement une ou deux heures d'électricité par jour et, quelques fois, deux ou trois jours sans électricité et sans eau.

La crise a commencé au mois d’avril 2017, avec la décision israélienne de réduire la quantité d'électricité qui entre dans la bande de Gaza.

Nous sommes passés de huit heures à quatre heures par jour, puis deux heures dès le début du mois de juillet 2017.

Cette crise nous rappelle les événements tragiques de l'été 2014 vécus par la population civile de Gaza, même sans bombardements et sans bombes.

Ce qui aggrave notre souffrance, c'est ce silence complice du monde officiel, la chape de silence que les médias entretiennent et l'indifférence totale des organisations des droits de l'homme qui n'arrivent pas à condamner cette ignominie.

C'est vrai, notre volonté remarquable et notre patience extraordinaire, mais surtout notre adaptation à ce contexte très difficile est un aspect très positif qui nous aide à supporter cette souffrance. Mais notre situation est de plus en plus délicate dans la bande de Gaza, une région occultée et laissée à son sort par une communauté internationale officielle sourde à nos souffrances.

Pour moi, dans ce contexte particulier, et comme deux millions de palestiniens, nous avons vécu des jours et des jours très longs sans eau et sans électricité. J'essaie de faire mon devoir et d'envoyer des nouvelles au monde francophone. Je résiste par les témoignages et le partage de notre vécu, même si c’est difficile de répondre à tous les messages qui proviennent de beaucoup d'amis et de solidaires, car je tiens beaucoup à la solidarité internationale et au soutien indéfectible de ces solidaires de bonne volonté.

Pendant ces jours terribles, nous étions tous à Gaza sous pression, personnellement, je passais davantage de temps à mon travail à l'université. Car elle dispose d'un générateur et, durant ce temps, j'étais obligé de faire toutes les tâches de mon travail car, chez moi, la batterie rechargeable a besoin de huit heures minimum par jour pour fonctionner.

Mais avec deux heures, elle tombe souvent en panne et, pour la réparer ou en acheter une autre, qu'il faut charger, nous avons besoin de huit heures par jour.

Parmi les conséquences graves de cette crise, c'est le secteur de l'eau qui a été le plus touché. Ici tous les puits d'eau ont besoin de courant électrique pour remplir nos réservoirs qui se trouvent sur le toit de nos maisons. Pour que l'eau arrive dans les robinets à partir des réservoirs, nous avons besoin d'électricité. Le problème étant que parfois, même pendant le retour du courant électrique, l'eau était coupée.

Il nous est arrivé de rester plus de trois jours sans eau, c’est inimaginable. Dans ce cas, nous étions obligés d'acheter de l'eau potable pour l'utilisation quotidienne. Auparavant, nous achetions l'eau potable pour boire, car l'eau du robinet dans tous les foyers de Gaza n'est pas potable.

Nous sommes obligés de nous adapter à cette nouvelle situation et il y a eu un changement dans les habitudes. Par exemple, nous achetons la nourriture au jour le jour et nous ne mettons rien dans les réfrigérateurs, souvent vides, nous avons envie de boire de l'eau fraîche avec cette vague de chaleur, mais en vain.

Nous ne dormons pas assez, il fait très chaud, les ventilateurs et les climatiseurs ont besoin d'électricité pour fonctionner, tout est paralysé à Gaza.

Vous n'imaginez pas la joie de toute la famille quand revient le courant électrique à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. A n'importe quel moment, le retour du courant est une fête, tout le monde se réveille, soit pour faire fonctionner les appareils électroménagers et pour charger les portables, soit pour suivre les nouvelles, utiliser internet et les réseaux sociaux. Dans notre contexte d'isolement, nous voulons garder le contact avec le monde.

Quand le courant électrique revient, à n'importe quel moment de la journée, le matin, le soir, à l'aube, même à 2 heures ou à 3 heures du matin, un état d'urgence est décrété chez moi. Personne dans la maison n'a le droit de me parler ou de me demander quoi que ce soit.

La priorité est d'envoyer les nouvelles de Gaza aux amis solidaires et aux associations de soutien à la cause palestinienne. J'ai dû laisser tomber beaucoup d'obligations familiales, car je suis convaincu de l'importance de cette solidarité internationale. Je veux informer sur notre quotidien, je n'avais pas le temps de m'occuper de mes enfants et de ma famille et ils n'osent pas me parler quand l'électricité revient.

J'ai de la peine pour mes enfants, les pauvres, ils ne vivent pas une vie normale, pas de loisirs, pas de vacances, pas de plage. La plupart des journées, ils sont dans leurs maisons ou devant leurs immeubles pour jouer et passer le temps. Bien que leur vacances scolaires aient commencé depuis deux mois, nous n'avons passé aucun jour sur la plage à cause de la pollution de la mer à Gaza.

Un aspect remarquable est la solidarité familiale et sociale, les voisins s'entraident énormément pour fournir de l'eau ou recharger les lampes pour les autres.

Le problème dans ce contexte est que nous ne pouvons rien faire devant cette injustice, notre impuissance devant de telles souffrances, nous n'avons pas d'autre choix que de supporter et de résister en attendant un changement.

Le sentiment de l'enfermement et de l'isolement est un sentiment terrible. Et les palestiniens de Gaza sont les mieux placés pour sentir ce sentiment, eux, enfermés dans leur prison à ciel ouvert depuis plusieurs années.

Le seul responsable de notre souffrance est l'occupation israélienne qui vise à briser la volonté remarquable et la patience extraordinaire de cette population civile de Gaza. Une population résistante et attachée à sa terre malgré toutes les mesures atroces de l'occupation contre la bande de Gaza.

Nous ne pouvons pas accuser les dirigeants palestiniens de Gaza ou de Ramallah d'avoir un rôle de responsabilité dans cette crise de l’électricité, même si la division est une honte, car les deux sont impuissants et leur pouvoir sous occupation est illusoire.

Notre contexte est comme un verre où l'eau se mélange au sel comme pour donner un sens encore à l'espérance, qui nous rend forts comme le roc sur cette terre aux mille et une meurtrissures.

Les palestiniens de Gaza sont privés de liberté sauf de leur liberté de penser. Leur seul droit est de respirer l'air souvent pollué par l'odeur des bombes de l'occupant.

En dépit de notre vécu tragique pendant cette période où Gaza a supporté l'insupportable, ce qui nous soulage est la mobilisation et la solidarité civile et populaire partout dans le monde avec la population de Gaza contre le blocus israélien. Nous sommes quasiment la seule région dans le monde en souffrance permanente pour laquelle les solidaires organisent des manifestations et des rassemblements de soutien, cela calme notre colère.

Nous pouvons dire qu'aucun objectif israélien de cette punition collective n'a été réalisé, notre population digne est toujours debout.

Après tout, malgré toute cette souffrance, mon message est toujours simple, c'est un message d'espoir au cœur de la douleur.

Je suis plus que jamais déterminé à continuer ma résistance quotidienne dans la bande de Gaza, comme ma population civile, à travers l'éducation et le travail avec mes jeunes pour une ouverture sur le monde. Avec le soutien des solidaires de notre cause juste, pour une Palestine de liberté et de paix durable, une paix qui passera avant tout par la justice.

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 19:05

 

 

http://www.liberation.fr/france/2017/08/02/migrants-du-littoral-du-nord-ouverture-d-un-nouveau-centre-d-accueil_1587800

 

Migrants du littoral du nord, ouverture d'un nouveau centre d'accueil

 

Par Stéphanie Maurice, correspondante de Libération à Lille

 

Mercredi 2 Août 2017

 

Un ancien hôtel situé dans la zone industrielle de Bailleul va ouvrir ses portes pour accueillir des migrants à titre provisoire.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le ministre de l'intérieur l’avait annoncé le Lundi 31 Juillet 2017. Le centre de premier accueil de Bailleul est prêt à accueillir les premiers migrants. Un ancien hôtel logé dans la zone industrielle de cette commune du département du Nord, le long de l’autoroute A25, fera office de lieu de transit, avec quatre vingt cinq places disponibles dans les anciennes chambres de l’établissement.

C'est un nouveau dispositif mis en place après l’arrêt du conseil d'état qui oblige le gouvernement à offrir des conditions de vie décentes aux réfugiés.

Le préfet des Hauts-de-France, Michel Lalande, a posé clairement la donne lors de la conférence de presse, huit jours maximum ici, avant d’être orienté ailleurs. « L'état doit gérer cet afflux non contrôlé de migrants dans le Calaisis et le Dunkerquois et il doit offrir un hébergement pour éviter la reconstitution d’un camp, ce centre est une réponse à ces deux défis », a-t-il déclaré. A côté de lui, le maire de la commune, Marc Deneuche, n’est guère enthousiaste, « Bailleul seule ne pourra pas tout porter », glisse-t-il. A terme, trois cent places sont prévues dans les Hauts-de-France, l’ancienne abbaye de Belval, à Troisvaux, dans le département du Pas-de-Calais, devrait en accueillir cent vingt. « Il en reste encore une grosse centaine à trouver », précise Michel Lalande.

Ici, les migrants peuvent en effet se mettre à l’abri. Mais ce ne sera pas la vocation première de ce Centre d'Accueil et d'Evaluation des Situations (CAES), qui servira à orienter les migrants, avant tout. Il n'est pas question de venir se présenter à la porte. Les volontaires seront repérés lors de maraudes, là où se sont installés des petits campements, comme celui du bois du Puythouck, à Grande-Synthe, après l’incendie du camp de la Linière.

Innovation par rapport aux Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO), des agents de la préfecture et de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) seront présents dans les murs pour faciliter leurs démarches administratives. Michel Lalande saisit un papier et griffonne un schéma. Le CAES n’est en fait que la première case du jeu de l'oie des migrants. Ils peuvent être ensuite envoyés dans les CAO, ces centres d’hébergement éparpillés partout en France, pour préparer leur demande d’asile. Ou dans les Centres d'Accueil des Demandeurs d'Asile (CADA), si la requête a été enregistrée. Mais aussi en centres de retour, qui seront de trois sortes, les centres de retours volontaires, les centres spécialisés dans les dublinés et les centres de rétention, préalables à l’expulsion vers le pays d’origine. Le préfet insiste. Il y a, selon lui, beaucoup de demandes de rapatriement volontaire. Dans le département du Nord, un centre pour ces retours volontaires, de quarante cinq places, devrait d’ailleurs ouvrir sous peu.

Michel Lalande le reconnaît, les services de l'état ont appris de la jungle de Calais et de l’urgence de réponse qu’elle imposait, désormais, place à l’innovation sociale, explique-t-il. Les CAO, par exemple, avec leur éloignement géographique, et la nécessité pour les réfugiés de se déplacer à la préfecture du chef-lieu pour leurs demandes, ont sans doute généré des échecs dans la prise en charge, dit-il. Surtout, il faut éviter l’effet de trappe, le réfugié qui stagnerait dans un hébergement, sans autre solution. « Le centre de premier accueil est un lieu de passage, il n'est pas un lieu où on se maintient », martèle le préfet. D’où la rotation, prévue pour être rapide, avec ce maximum de huit jours d’hébergement. Encore faut-il qu’il y ait des places derrière pour accueillir les migrants orientés par le CAES.

Le préfet sort ses tablettes, « les Hauts-de-France comptent quatre mille quatre vingt dix huit places en faveur des demandeurs d’asile. Sur ces places, vingt pour cent sont occupées de manière indue par des publics qui ont été déboutés de leur demande d’asile ou par des dublinés. Il faut le dire et commencer à travailler sur ce sujet ». En clair, expulser pour faire de la place.

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 18:36

 

 

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260717/ne-rien-ceder-aux-droits-du-peuple-palestinien

 

Ne rien céder aux droits du peuple palestinien

 

Mercredi 26 Juillet 2017

 

A l'initiative de l'agence Media Palestine, plusieurs personnalités réagissent au lendemain de la commémoration de la rafle du Vélodrome d'Hiver et dénoncent la position du président de la république.

 

La commémoration de la rafle du Vélodrome d'Hiver, qui s’était traduite par l’arrestation, la déportation et la mort de milliers de citoyens français juifs, aura été scandaleuse à bien des égards. L'invitation à la cérémonie d’un seul chef d'état étranger, en la personne du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, participe d’un détestable amalgame entre judaïsme et sionisme, allant même jusqu’à donner l’impression que, pour Emmanuel Macron, les juifs, forcément tous sionistes, seraient moins français que les autres.

Au détour d’une petite phrase, le président de la république française aura prouvé, malgré ses déclarations convenues et vides de sens pour la paix au Proche-Orient, qu’il prenait entièrement faits et cause avec les faucons israéliens et leurs alliés ici en France. Premier chef d'état français à reprendre mot à mot l'argumentaire de la Hasbara, le ministère de la propagande israélienne en lutte contre le mouvement pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), « nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ».

Ainsi apparaissent clairement à présent ceux qui jouent la carte de l'importation du conflit israélo-palestinien et pour quels intérêts. Tout cela en instrumentalisant la commémoration de ce crime d'état et crime de masse raciste franco-français. Les déportés juifs du Vélodrome d'Hiver en 1942 n'ont rien à voir avec le conflit israélo-palestinien et leur mémoire n'appartient à personne. Leur utilisation ici ne fait que nourrir un certain confusionnisme questionnant l’appartenance des citoyens français juifs que la présence même de Benyamin Netanyahu avait déjà bien alimenté, et donc l’antisémitisme.

Le président de la république française aura aussi offert l’opportunité politique à Benyamin Netanyahu de blanchir, par le sort des juifs français victimes de la rafle, son régime de destruction du peuple palestinien et ainsi de le légitimer.

Oublier la colonisation, effacer l'occupation et nier les palestiniens quotidiennement exécutés par l'armée, la police des frontières ou les colons, la tragédie de Gaza, les milliers de prisonniers politiques et la torture, cela montre bien le peu de cas que fait Emmanuel Macron des souffrances et des revendications des palestiniens.

L’usage délibérément faussé de la notion d'antisionisme pour délégitimer et réduire au silence le mouvement de solidarité avec la Palestine en général et la campagne pour le BDS en France en particulier, est indigne de l'image de président lettré qu'Emmanuel Macron veut donner.

Un simple dictionnaire permet de faire la différence entre, d'une part, ce qui est critique d'une idéologie politique et du régime qui l'applique et, d'autre part, le racisme anti-juif qu'est l'antisémitisme. Emmanuel Macron marche ainsi dans les pas de tous ceux qui veulent criminaliser les luttes en faveur de la justice en Palestine et pour les droits des palestiniens.

Sacrifier les droits palestiniens aux projets impérialistes sur le Moyen Orient, ce fut la politique des grands empires coloniaux français et anglais. De ce point de vue, nous marchons à reculons. C’est du moins ce que les invitations quasi concomitantes de Donald Trump et de Benyamin Netanyahu, à l’occasion de deux dates à l’importance symbolique très forte, laissent à penser. Assistons-nous à l’émergence d’une nouvelle alliance qui revêtirait les vieux habits des néoconservateurs que nous croyions passés de mode ? Nous sommes bien loin des prétentions à la nouveauté.

La nouveauté, la seule aujourd'hui, consisterait à enfin poser les termes du droit des peuples et du peuple palestinien en particulier.

Dans le sombre tableau politique qui se dessine avec l’avènement d'Emmanuel Macron, marqué par la confiscation de nos droits sociaux et de nos libertés civiles, une liberté supplémentaire nous serait volée, celle de la lutte contre le colonialisme et pour le soutien aux droits du peuple palestinien.

Cette liberté, comme toutes celles que l'on veut nous enlever, nous la défendrons, en renforçant notre solidarité et ainsi notre soutien à l'appel du mouvement pour le BDS contre Israël jusqu’à ce qu'Israël applique le droit international et les principes universels des droits humains.

 

Premiers signataires :

 

Verveine Angeli, Tarek Ben Hiba, Annick Coupé, Gisèle Felhendler, Eric Hazan, Madjid Messaoudene, Catherine Samary, Michèle Sibony, Eyal Sivan

 

 

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 18:14

 

 

http://llamadointernacionalvenezuela.blogspot.fr/2017/05/appelinternational-urgent-pour-stopper.html

 

Appel international urgent pour stopper la montée de la violence au Venezuela

 

Regarder le Venezuela au-delà de la polarisation

 

Mardi 30 Mai 2017

 

En tant qu'universitaires, intellectuels ou militants de la société civile, nous souhaitons exprimer notre profonde préoccupation face à la situation incontrôlée de violence politique et sociale au Venezuela qui a déjà entraîné plus de cinquante morts, des centaines de blessés et de détenus renvoyés devant des tribunaux militaires.

Nous sommes conscients que la situation de violence dans laquelle le Venezuela est plongé aujourd'hui a des origines nombreuses et complexes, dans un contexte de polarisation politique de plus en plus virulente et de désintégration du tissu social. Le conflit vénézuélien a ainsi différences faces.

D'une côté, il y a un gouvernement de plus en plus délégitimé, prenant un fort caractère autoritaire. Cette dynamique puise sa source dans le refus de l'exécutif de reconnaître les autres branches du pouvoir d'état, comme l'assemblée législative où l'opposition dispose aujourd'hui de la majorité après son triomphe lors des élections législatives du mois de décembre 2015. Cette tendance a été puissamment renforcée par le blocage puis le report du référendum révocatoire, un outil de démocratisation introduit par la constitution approuvée sous Hugo Chávez, puis avec le report des élections régionales l'année dernière, jusqu'à l'échec de l'auto-coup d'état tenté par l'exécutif au mois d'avril 2017. Plus récemment, s'est ajouté l'appel à une assemblée constituante, prononcé de manière clairement anticonstitutionnelle, qui, loin de résoudre la crise, l'alimente et l'intensifie. Cette initiative peut être perçue comme une tentative de consolidation d'un régime totalitaire dans le contexte d'une énorme crise sociale et économique, manque de nourriture et de médicaments, entre autres.

Cela étant dit, nous ne croyons pas, comme l'affirment certains secteurs de la gauche latino-américaine, qu'il s'agit aujourd'hui de défendre un gouvernement anti-impérialiste et populaire. Ce soutien inconditionnel provenant de certains activistes et intellectuels relève non seulement d'un aveuglement idéologique néfaste, mais il contribue malheureusement à la consolidation d'un régime autoritaire. Notre soutien au changement social et politique, y compris à la critique du capitalisme, ne peut pas être étendu à des projets antidémocratiques qui peuvent finir par justifier une intervention externe au nom de la démocratie. De notre point de vue, le refus de toute ingérence étrangère doit se fonder sur plus de démocratie et ne doit pas se fonder sur plus d'autoritarisme.

D'un autre côté, en tant qu'intellectuels de gauche, nous sommes également conscients de la géopolitique régionale et mondiale. Il est clair qu'il existe des secteurs extrémistes dans l'opposition, qui est très large et hétérogène, qui recherchent également une issue violente. Pour eux, il s'agit d'exterminer, une fois pour toutes, l'imaginaire populaire associé à des idées dangereuses telles que l'organisation populaire, la démocratie participative et la transformation profonde de la société en faveur des secteurs sociaux subalternes. Ces groupes d'extrême-droite ont pu compter, au moins depuis le coup d'état de 2002, sur le soutien politique et financier du département d'état américain.

En tant que citoyens d'Amérique Latine et d'autres régions du monde, nous exprimons un double engagement. D'une part, un engagement pour la démocratie, c'est-à-dire une démocratie participative, qui implique des élections périodiques, des citoyens mobilisés dans les rues et l'élargissement des arènes publiques permettant des prises de décision collective et communautaire. Cela signifie aussi une démocratie égalitaire, qui implique l'extension des droits pour conduire à une société plus juste. D'autre part, nous exprimons notre engagement pour les droits de l'homme, ce qui signifie des normes minimales fondamentales et non négociables de respect mutuel, qui excluent l'utilisation de la torture, le meurtre d'opposants et la résolution des conflits par la violence.

En ce sens, nous pensons que le principal responsable de la situation au Venezuela, en tant que garant des droits fondamentaux, est l'état qui se trouve entre les mains des autorités gouvernementales actuelles.

Mais, comme nous l'avons déjà dit, nous croyons qu'il est fondamental de se placer au-dessus de cette polarisation et qu'il faut chercher de nouvelles voies pour le dialogue politique et social afin d'ouvrir un espace aux secteurs qui aujourd'hui souhaitent sortir du statu quo catastrophique et qui se situent au-dessus de toute option violente.

Nous réaffirmons notre solidarité avec le récent appel à un dialogue démocratique et pluriel , qui doit inclure des voix diverses et non pas seulement celles des secteurs polarisés du gouvernement et de l'opposition, qui a été lancé par différents secteurs de la société vénézuélienne, parmi lesquels des dirigeants politiques, des universitaires, des militants de la société civile, des organisations sociales et politiques de portée nationale, d'anciens ministres sous Hugo Chavez, d'anciens dirigeants de l'opposition, des défenseurs des droits de l'homme et des militants politiques, syndicaux et communautaires.

Nous appelons à la formation urgente d'un comité international pour la paix au Venezuela afin de de mettre fin à la montée de la violence institutionnelle et de la violence de rue. Nous sommes persuadés qu'un autre dialogue est possible au Venezuela au-delà de la polarisation et de la violence.

La résolution d'une crise politique est toujours longue et complexe, mais elle exige toujours plus de démocratie, jamais moins de démocratie. Et ce résultat ne pourra être atteint que par le respect des droits humains et l'autodétermination du peuple vénézuélien.

 

Premiers signataires

 

Chico Whitaker, Sergio Coronado, Pierre Salama, Maxime Combes, Samuel Farber, Yves Sintomer, Gustave Massiah, Susan George

 

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 19:01

 

 

https://blogs.mediapart.fr/alexandre-raguet/blog/280717/avec-la-france-insoumise-polemiquer-lutter-rassembler

 

Avec le Mouvement de la France Insoumise (MFI), polémiquer, lutter et rassembler

 

Par Alexandre Raguet

 

Vendredi 28 Juillet 2017

 

Comment faire de la politique à gauche aujourd'hui ? Comment construire les mobilisations sociales essentielles ? Comment exister face aux hégémonismes ?

 

Ce n'est pas simple, aujourd’hui, d’être un militant anticapitaliste. Les faibles scores de l’extrême gauche aux dernières élections n’ont pu créer un paysage politique pluriel à gauche. De fait, c’est le MFI qui est hégémonique médiatiquement et qui rythme la vie politique de notre camp social.

Bien entendu, ce constat peut être contrebalancé. L’hégémonie du MFI est partielle, puisqu’il existe des autres forces militantes et électorales à gauche. En effet, les candidatures de Philippe Poutou pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ou de Benoît Hamon pour la sociale démocratie montrent que d’autres alternatives existent et aucune recomposition ne pourra se faire en effaçant ces courants politiques, y compris en polémiquant avec eux. Il faut également ajouter le Parti Communiste Français (PCF) à l’équation, lui qui est parvenu, à la surprise générale, à former un groupe parlementaire à l'assemblée nationale.

Mais concrètement, comme cela est précisé plus haut, le MFI apparaît à une échelle de masse comme l’unique opposition de gauche au gouvernement.

Il pouvait en être autrement. Toutefois, le MFI joue de la situation pour construire cette image d’opposition unique à Emmanuel Macron. Dès les élections législatives, il n’y a pas eu de logique victorieuse réelle, si ce n’est des incantations délirantes à la victoire sous la seule bannière du MFI, de la part de Jean Luc Mélenchon. La gauche radicale s’est présentée en ordre dispersée, avec des candidats du MFI, du PCF, d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et des frondeurs du Parti Socialiste. C’est-à-dire le scénario permettant au MFI de gagner le leadership à gauche, mais empêchant d’envoyer le maximum de députés de gauche à l’assemblée nationale. C’est un choix stratégique partiellement juste, nous comprenons largement la volonté de ne pas s’allier à ce qu’il reste du Parti Socialiste, et même parfois du PCF et d'EELV, qui ont mené la gauche où elle est à force de trahisons, mais cette position pose question pour un groupe se disant prêt à gouverner et refusant toute logique révolutionnaire. Le MFI est en effet idéologiquement totalement compatible avec le PCF, EELV et les hamonistes.

C’est donc bien à une volonté hégémonique que se prête le MFI. Il s’agit d’imposer le projet populiste dans le champ politique, afin de le rendre incontournable, pour ne donner aux autres composantes du mouvement ouvrier et écologiste qu’une possibilité, le ralliement au MFI.

Aussi, on a pu lire qu’une partie de la Gauche Anticapitaliste, scission du NPA ayant contribué à la construction d'Ensemble, autour notamment de Pierre-François Grond et de Myriam Martin, anciens dirigeants du NPA et de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), a fait le choix du ralliement au MFI. Ces camarades partent du même constat, le MFI est devenu politiquement incontournable pour notre camp social. Pour eux, c’est donc là qu’il faut être. Rappelons que ces camarades ont fait la même analyse en 2012, quittant le NPA pour rejoindre le Front De Gauche (FDG), avec le succès que l’on connaît.

Prenons au sérieux, quand même, la position de ces camarades de la Gauche Anticapitaliste.

Bien sûr il y a un intérêt à se tourner vers le MFI, à la lumière de la campagne de Jean Luc Mélenchon qui a attiré des milliers de gens et qui a recueilli sept millions de voix. Evidemment, le MFI jouera un rôle central dans les prochains mois pour combattre Emmanuel Macron et construire un nouvel outil militant, bien qu’il serait utile de savoir comment.

Cependant, le programme du MFI n’est pas anticapitaliste. Il ne se définit même pas comme étant de gauche. Aussi, comment des militants anticapitalistes peuvent-ils se dissoudre dans le MFI alors qu’ils défendent des positions opposées à celles de Jean Luc Mélenchon sur de nombreux points, l’expropriation des grands groupes, le colonialisme, l’armée, la police, l'état, l’internationnalisme et les migrants ?

Précisons cette remarque. Il pourrait en effet être discutable d’intégrer le MFI malgré ces désaccords, dans un souci général de construire la plus grande opposition possible à Emmanuel Macron. Mais encore faut-il que ces désaccords puissent s’exprimer, démocratiquement, avec la possibilité de créer des tendances, autour de revues ou de journaux, ou d’un site, permettant l’expression de ces désaccords. Or, là, le fonctionnement du MFI nous impose des adhésions individuelles où chacun pourra dire ce qu’il veut mais sans se coordonner.

Nous pourrions également ajouter un problème propre au MFI. Comment intégrer un tel mouvement alors que Jean Luc Mélenchon y prend toute la place médiatiquement ? Il est évident que le rôle de chef, propre au projet populiste, n’est pas compatible avec un projet pluraliste et de surcroit émancipateur.

Le MFI a été créée pour les élections présidentielles et pour les élections législatives. Il s’agit d’un outil électoral qui s’est transformé en outil parlementaire. Assez logiquement le MFI est aujourd’hui secoué puisqu’il faut lui trouver une seconde vie sans élection. Comme je l’ai précisé plus haut, le fonctionnement actuel n’est pas démocratique.

C’est la direction, rassemblée autour de Jean Luc Mélenchon, qui décide, les groupes d’appuis mettant en pratique ces décisions. Cela commence à poser des problèmes pour bien des militants qui souhaitent que le mouvement se démocratise, avec des congrès, des votes et une direction élue, mais Jean Luc Mélenchon en personne n’est pas sur cette position et il souhaite poursuivre dans le fonctionnement actuel. Pour ce faire, Jean Luc Mélenchon explique que le mouvement doit rester un mouvement et ne pas prendre la forme d’un parti, afin de ne pas tomber dans les déviances des partis traditionnels. C’est une lecture très solférinienne, voire lambertiste, des partis, c’est-à-dire autoritaire. C’est en fait sa vision et sa pratique du parti, tout simplement.

Mais posons la seule question qui a de l’intérêt. Quel est le plus important, l’efficacité ou la démocratie interne ? Jean Luc Mélenchon répond efficacité. L’opposition de gauche historique au stalinisme rétorque démocratie. C’est ici un principe essentiel pour ne pas reproduire les erreurs du passé et ne pas revivre des révolutions ou des réformes trahies.

Malheureusement pour celles et ceux qui, dans leMFI, se battent pour imposer un mouvement démocratique, rien ne permet, statutairement, de faire entendre et gagner ce positionnement, autrement qu’en usant des mêmes méthodes bureaucratiques.

Le groupe parlementaire à l'assemblée nationale est aujourd’hui la vitrine du MFI. Très clairement, la stratégie mise en place par Jean Luc Mélenchon fonctionne plutôt bien en matière de communication. Il s’agit d’user de tous les artifices légaux et symboliques pour faire vivre la démocratie parlementaire. Aussi, les députés du MFI sont très actifs et déposent de nombreux amendements. Si ce travail est salutaire, il est malgré tout important d’en dire deux choses. D'abord que Jean Luc Mélenchon et les députés insoumis ont une croyance en la démocratie républicaine, ils voient une légitimité à leur action légale, leur critique est contre la cinquième république et elle n'est pas contre la république bourgeoise. Ensuite que ce travail parlementaire semble pour beaucoup assez inutile et peut créer des illusions. En effet, seule la mobilisation sociale peut faire reculer Emmanuel Macron et son gouvernement, ce n'est pas le jeu parlementaire légal fait par et pour les dominants. Le risque du parlementarisme est multiple. Il peut mener à ne faire que cela, à terme. Il peut renforcer le caractère légitime de l’outil parlementaire. Il peut couper les classes populaires des élus censés les représenter.

Entendons-nous bien. Je ne dis pas ici que les élus ne doivent pas exercer leur mandat correctement. Je dis simplement qu’il y a un risque à faire de cette action une propagande républicaniste, alors que le rôle des élus, d’autant plus d’opposition de gauche, est de faire de l’agitation. L’action des élus ne doit pas, dans le cadre bourgeois, être autre que de mobiliser les classes populaires, par la démonstration que l’institution ne permet rien contre l’institution bourgeoise en question.

C’est sans grande surprise que le MFI fait du parlementarisme. Nous savons tous l’attachement de Jean Luc Mélenchon à la république et à la loi. Cet attachement l’emmène y compris à creuser une frontière entre le mouvement social et le mouvement politique. Pour Jean Luc Mélenchon, les syndicats s’occupent du social et les hommes politiques s’occupent de la politique au parlement.

Or, cette séparation là est justement l’un des problèmes qui empêche la construction d’une alternative pluraliste et un front de résistances sociales et politiques.

Cette séparation formelle, mêlée à la volonté d’hégémonie du moment, emmène le MFI dans une stratégie sectaire grave au moment où il faut se battre contre les attaques du gouvernement d'Emmanuel Macron.

Aussi, alors que la gauche d’opposition et les syndicats sont en train de mobiliser pour une grève le 12 septembre 2017, Jean Luc Mélenchon, qui appelle quand même au 12 septembre 2017, appelle, sous l’unique bannière du MFI, à une marche sur le même sujet le 23 septembre 2017. Il n'a aucune volonté de rassembler les partis, les syndicats, les luttes unitaires, comme le Front Social, les usines en grève et les mouvements de lutte pour les migrants ou pour l’écologie. Non, Jean Luc Mélenchon appelle les gens.

Il y a pourtant, ici, la possibilité de marcher ensemble, à égalité et pour l’intérêt collectif, comme le propose le NPA. Et si nous ne pouvons pas trouver les moyens d’agir ensemble dans la rue, comment sera-t-il possible de débattre et de polémiquer pour avancer et construire ensemble ?

Parce qu’aucun ralliement n’est possible en l’état, le cadre n’y est pas, et trop de choses ont été dites par Jean Luc Mélenchon qui ne peuvent rester sans confrontation. Pourtant, un rassemblement est nécessaire et, sans lui, le MFI s’enfermera dans le sectarisme et/ou la trahison et l’impuissance.

Il y a urgence à lutter ensemble et à débattre.

Débattre de la démocratie interne, de la Syrie, du colonialisme, de la libre circulation, de l'installation, du nationalisme, du drapeau tricolore, de la Marseillaise, de la police, de l'armée, de l'état, de la France, de l'histoire de France et de la rafle du Vélodrome d'Hiver. Nous ne nous allierons pas politiquement tant que quelques comptes n’auront pas été réglés. C’est une question de principe. Débattons.

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 18:26

 

 

CASTILLA LA MANCHA

 

Le site internet de Charles André Udry traduisait et publiait récemment en français deux longs messages relatifs à la question des relations entre Podemos et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) dans la communauté autonome de Castilla La Mancha (CLM).

Vous trouverez ci-dessous une courte présentation de ces deux messages par Charles André Udry lui-même.

Les deux messages sont disponibles en totalité en français si vous consultez le site internet de Charles André Udry aux adresses ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-lerreur-historique-des-accords-de-gouvernement-avec-le-psoe.html

 

http://alencontre.org/laune/etat-espagnol-de-la-caste-au-gouvernementalisme-de-la-cal-viva-au-gouvernement-alternatif.html

 

L’erreur historique des accords de gouvernement avec le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE)

 

Par Charles André Udry

 

Mercredi 26 Juillet 2017

 

Le parlement de la région de Castilla La Mancha (CLM) compte trois groupes parlementaires, celui du PSOE avec quinze députés, celui du Parti Populaire avec seize députés et celui de Podemos avec deux députés. Le vote de Podemos est indispensable, si le Parti Populaire s’oppose, pour faire adopter le budget ou une quelconque loi. Les deux députés de Podemos sont le secrétaire régional José García Molina, favorable à l’entrée au gouvernement régional, la presse, dès le mois de janvier 2017, affirmait que ce dernier disposait avec Pablo Iglesias d’un plan pour la communauté autonome de CLM, et David Llorente, membre du courant Anticapitalistas de Podemos. Ce dernier est opposé à l’entrée dans le gouvernement de la communauté autonome.

C’est par la presse que le deuxième député de Podemos ainsi que l’organe de direction élu de Podemos ont été informés de la rencontre entre le secrétaire général régional de Podemos, José Garcia Molina, et le président de la communauté autonome, Emiliano Garcia-Page, du PSOE, envisageant la possibilité de l’entrée de José Garcia Molina dans le gouvernement de la communauté autonome de CLM.

Dans la ligne des pratiques plébiscitaires, Podemos de CLM a soumis cette proposition, entre le Vendredi 21 Juillet et le Lundi 24 Juillet 2017 à 22 heures, au vote électronique des adhérents de la formation dans la communauté autonome. Rappelons que l’adhésion peut se faire par internet sans participer, d’une manière ou d’une autre, à la vie politique de la formation. Podemos CLM compterait quinze mille adhérents de ce type.

Une question unique, de type référendaire, portait sur deux objets, l’adoption du budget et l’entrée au gouvernement. Plus exactement, la question posée était la suivante, « penses-tu que Podemos CLM doit voter oui au budget si un accord de gouvernement garantit de mettre en route et assure le contrôle de politiques tels que le revenu garanti ou le plan de garanties citoyennes ».

Une partie de la base de Podemos CLM, dont le cercle de Tolède, adresse les critiques suivantes contre cette procédure, aucun temps n’a été laissé au débat, l’information est insuffisante et la consultation aurait dû faire la distinction entre la question de l’adoption du budget et la question de la participation au gouvernement régional. Il est intéressant de remarquer que le secrétaire régional José García Molina appelle au vote oui à renfort de vidéos, dont l’une en compagnie de Pablo Iglesias, alors que la page internet de Podemos CLM ne contient, à la date du Jeudi 20 Juillet 2017, qu’un dépliant de deux pages sur les avancées du budget 2017. Aucun élément de discussion ou contradictoire n’existe. Cela illustre le mode de fonctionnement vertical et plébiscitaire de Podemos, y compris pour des changements d’orientation politique de grande ampleur.

La communauté autonome espagnole de CLM est la troisième en taille de l’état espagnol. Elle est très rurale, avec une population qui dépasse légèrement les deux millions d’habitants. Le président de la région autonome de CLM, Emiliano Garcia-Page, membre du PSOE, se doit de surmonter le blocage institutionnel provoqué par l’impossibilité de réunir suffisamment de voix pour faire passer le budget. Dès lors, à la date du Jeudi 13 Juillet 2017, pour passer l’obstacle, il a invité Podemos à entrer dans le gouvernement. Emiliano García-Page a proposé deux postes gouvernementaux, dont celui de vice-président.

Cette démarche s’inscrit dans le contexte plus large d’une nouvelle orientation de Podemos, l’entrée dans le gouvernement de la communauté autonome de CLM faisant office de test et de première étape de cette orientation.

Le résultat apporté par ce plébiscite à la question piège est sans appel. Sur les dix mille à quinze mille adhérents, l’estimation de dix mille adhérents renvoie aux adhérents actifs, statut qui correspond à un minimum d’activité électronique au cours des mois précédents, quatre mille cinq cent quatre vingt quatre adhérents ont voté. Trois mille cinq cent soixante deux adhérents, soit soixante dix huit pour cent d’entre eux, ont répondu oui. Mille six adhérents, soit vingt deux pour cent d’entre eux, ont opté pour le non.

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