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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:52

 

http://www.ldh-france.org/theo-les-autres-victimes

 

https://paris.demosphere.eu/rv/53197

 

Avec Théo Luhaka et les autres victimes

 

Rassemblement à Paris, Samedi 18 Février 2017, à 15 heures, place de la République

 

A l’initiative du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), de SOS Racisme, de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)

 

Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves.

Le déni par les autorités policières et les déclarations racistes qui en ont suivi sont inacceptables. Ils sont inacceptables pour les premiers visés, qui supportent quotidiennement des contrôles dont chacun sait qu’ils n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité de la délinquance.

Ils sont inacceptables pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique.

Ils sont inacceptables, enfin, pour la police elle-même, dont l’honneur est entaché par ces comportements.

Lorsque des agents ayant autorité outrepassent leurs droits et violent ceux des autres, ils menacent le pacte républicain qu’ils sont chargés de défendre.

Les faits qui se sont déroulés à Aulnay sous Bois sont d’une exceptionnelle gravité. Mais ils sont loin d’être isolés. Il est temps d’y porter un coup d’arrêt, temps de réaliser que, au-delà des faits incriminés, c’est l’ordre public lui-même qui est mis en cause et, avec lui, la sécurité de toutes et de tous.

Nous rappelons avec force que la loi puise sa force dans le fait qu’elle vaut pour tous et que la république n’a d’avenir que dans le respect de sa devise.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui ont à cœur les valeurs d’humanité, toutes celles et tous ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité au racisme et au mépris social, toutes celles et tous ceux qui jugent urgent de rétablir la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre, à organiser des rassemblements largement unitaires de solidarité et de protestation le Samedi 18 Février 2017, en soutien à Théo Luhaka, contre des dérives policières auxquelles il faut porter un coup d’arrêt.

Nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la gravité des événements et à prendre en compte les propositions portées par la société civile en matière de lutte contre le racisme et de sécurité publique.

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:34

 

Le directeur de la police s'indigne d'une tribune pour Théo Luhaka (Reuters)

 

Le Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone, s’est indigné Mercredi 15 Février 2017 d’une tribune signée par plusieurs personnalités prenant la défense de Théo Luhaka, le jeune homme victime d'une interpellation violente, Jeudi 2 Février 2017.

Le texte publié par le quotidien Libération a été signé par des artistes comme Omar Sy, Christine and the Queens et Gilles Lellouche, qui s'élèvent « contre les violences policières et leur impunité ».

Jean-Marc Falcone s'en prend particulièrement à un passage de la tribune qui dit que « les policiers racistes qui posent problème ne sont pas devenus racistes par la dureté de leur mission. Il semblerait que, le plus souvent, ce soient de jeunes militants issus d’un parti politique bien connu qui se sont engagés pour pouvoir commettre leurs exactions en toute impunité ».

« Ces propos sont scandaleux, injustes et inacceptables. Je ne peux admettre que les dizaines de milliers de jeunes français qui ont souhaité entrer dans la police nationale soient insultés de la sorte », écrit-il.

Pour le patron de la police, le respect de la présomption d’innocence prévaut, « tout comme s’impose à tous le respect dû à des hommes et à des femmes profondément dévoués ».

Le député des Républicains Eric Ciotti a appelé le ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, à porter plainte contre les auteurs de cette tribune, « afin de défendre l’honneur de la police ».

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 19:19

 

http://www.liberation.fr/france/2017/02/14/mort-d-adama-traore-si-on-se-tait-c-est-toute-notre-societe-qui-se-salit_1548531

 

http://www.quartiersxxi.org/appel-des-artistes-contre-l-impunite-des-violences-policieres

 

Mort d'Adama Traoré

 

Si nous nous taisons, c’est toute notre société qui se salit

 

Mardi 14 Février 2017

 

A la suite de la mort d’Adama Traoré lors de son arrestation Mardi 19 Juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise, des personnalités réclament justice.

 

Appel des artistes contre l'impunité des violences policières

 

Nous, artistes, sportifs, comédiens et écrivains, considérons que la mort d’Adama Traoré n’engage pas seulement ses proches mais l’ensemble de notre pays et de notre société.

Cet été, à Beaumont-sur-Oise, un jeune français est mort entre les mains des forces de l’ordre, le jour de ses vingt quatre ans. Et, depuis six mois, ce qui aurait pu n’être qu’une énième bavure meurtrière illustre jour après jour l’impunité de certains gendarmes et policiers en France, telle qu’elle est depuis longtemps dénoncée par les organisations des quartiers populaires, les comités de soutien aux victimes et Amnesty International depuis 2009.

Mardi 19 juillet 2016, Adama Traoré tente d’échapper à un contrôle d’identité parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui et qu’il connaissait la violence susceptible d’en découler. Interpellé, Adama Traoré est plaqué et maintenu au sol par trois gendarmes qui pèsent de tout leur poids sur son corps. Les militaires notent qu’Adama Traoré se plaint de ne pas pouvoir respirer et ils l’embarquent dans leur fourgon où il perd connaissance. Plutôt que de le transporter à l’hôpital, ils poursuivent leur route vers la gendarmerie. Mardi 19 juillet 2016, vers 17 heures 45, Adama Traoré disparaît entre les mains des forces de l’ordre.

Selon la version officielle, les pompiers constatent le décès d’Adama Traoré, Mardi 19 Juillet 2017 à 19 heures 05. Mais rien n’est dit à la famille. Ayant entendu dire qu’Adama Traoré a fait une crise, ses proches contactent les hôpitaux pour rechercher sa trace, en vain.

Mardi 19 Juillet 2017 aux alentours de 21 heures, c’est par un appel aux pompiers qu’ils apprennent que le jeune homme est retenu à la gendarmerie. Oumou Traoré, la mère d’Adama Traoré, vient alors demander des nouvelles de son fils à la caserne, où on lui répond qu'il va très bien.

Elle attend donc sur place, avec ses proches, Mardi 19 Juillet 2016 jusqu’à 23 heures 30, quand les gendarmes annonceront la mort d’Adama Traoré, soit quatre heures et demie après le constat officiel du décès.

Les suites de cette mort suspecte nous interrogent, déclarations contradictoires des autorités, tentatives de salir la mémoire de la victime, dissimulation de son corps, escamotage des rapports médicaux, mensonges des forces de l’ordre, pressions sur la famille et intimidations des habitants. Les pouvoirs publics ont manifesté une partialité constante pour éclipser les actes qui ont conduit à la mort d’Adama Traoré. Jusqu’au procureur de la juridiction qui évoque une infection très grave, un malaise cardiaque et la présence d’alcool et de cannabis dans le sang d’Adama Traoré pour justifier son décès. Autant d’affirmations qui seront démenties par les expertises médico-légales.

Le tout afin d’occulter les circonstances réelles de la mort d’Adama Traoré à ses proches, comme aux médias et à l’opinion publique.

Cependant, après qu’il ait été démontré qu’Adama Traoré est mort asphyxié, que le procureur qui a sciemment menti à la famille et aux journalistes ait été muté et que l’instruction de l’affaire ait été dépaysée à Paris, nous assistons à un acharnement constant des autorités contre une famille dont la détermination, soutenue par la solidarité des habitants de leur quartier, a permis de mettre au jour les contrevérités officielles.

Depuis le premier jour, la maire de la ville n’a cessé d’entraver les sollicitations de la famille. Refus d’autoriser une marche blanche au lendemain de la tragédie, obstruction aux demandes d’entretien de la mère et des frères et sœurs d’Adama Traoré, absence de visite sur place et, après chaque manifestation de soutien et extinction de l’éclairage public nocturne dans le quartier, situation propice à toutes les provocations et dégradations, nous sommes loin d’une recherche d’apaisement. Enfin, après avoir partagé sur sa page Facebook un appel à la violence armée des « citoyens de souche pour venir en aide à nos pauvres policiers », la maire a menacé de porter plainte en diffamation contre Assa Traoré, la sœur de la victime, devenue porte-parole de la famille, qui avait dénoncé ce parti pris.

Du côté de l'état, malgré les mensonges avérés, le ministre de l'intérieur n’a jamais eu un mot, ne serait-ce que de compassion, à l’égard de la famille. Interpellé par un député à l'assemblée nationale, il refuse même de prononcer le nom d’Adama Traoré, tandis qu’il assure les gendarmes et la maire de Beaumont sur Oise de son appui plein et entier. Mépris, esprit de revanche et parti pris aveugle, c’est donc le message que les pouvoirs publics renvoient depuis six mois à la famille et aux habitants de Beaumont sur Oise qui ont manifesté massivement leur solidarité.

Finalement organisée, la marche blanche réclamant vérité et justice pour Adama Traoré a rassemblé plusieurs milliers de personnes. Une mobilisation sans précédent dans cette commune paisible, derrière une famille qui ne réclame ni aucun privilège ni aucune exception, mais qui exige la stricte application du droit républicain, la vérité sur la mort d’une victime quand la violence des forces de l’ordre est en cause et la mise en examen de ceux qui en sont responsables.

C’est pour cela que l’affaire Adama Traoré est l’affaire de tous, pour affirmer et défendre l’égalité des droits. C’est cette exigence élémentaire que nous, artistes, sportifs, comédiens et écrivains, partageons et relayons. Nous refusons que les habitants des quartiers populaires qui sont quotidiennement frappés par la violence économique et la violence raciste soient également abandonnés à l’insécurité, aux mensonges, à une culture de l’excuse permanente des excès des forces de l’ordre et au jeu dangereux des politiques qui tentent de monter les citoyens les uns contre les autres. Nous refusons qu’une part croissante de la population française soit abandonnée par la république et nous réclamons la plus stricte impartialité des pouvoirs publics quand les garants de l’ordre outrepassent les lois. « C’est une affaire d'état », selon Assa Traoré, et nous sommes également convaincus que c’est toute notre société qui se salit, si elle se tait et détourne le regard. Et nous avec, si nous ne réagissons pas.

Jeudi 2 Février 2017, à Paris, des rappeurs donnaient à Paris un concert de soutien pour la justice pour Adama Traoré. Ce même jour, Théo Luhaka., vingt deux ans, subissait la barbarie de l’agression policière qui révolte aujourd’hui le pays. C’est pourquoi nous appelons, par une convergence de toutes nos sensibilités et dans un élan solidaire, à soutenir l’exigence de vérité et de justice pour Adama Traoré et de justice pour Théo Luhaka, comme pour toutes les victimes des violences des forces de l’ordre. C’est notre cause commune à toutes et tous, ensemble contre les violences policières et leur impunité.

 

Premiers signataires

 

Eric Cantona, Vincent Delerm, Nadir Dendoune, Rokhaya Diallo, Mathieu Kassovitz, Yannick Noah, Eros Sana, Omar Sy, Serge Teyssot Gay, Roland Timsit, Zebda, Didier Fassin, Eric Fassin, Ugo Palheta, Pierre Tévanian

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 20:45

 

http://www.ballybagayoko.com/theo-nous-demandons-la-constitution-dune-commission-denquete-afin-dexaminer-de-facon-totalement-impartiale-les-faits-et-les-conclusions-du-rapport-de-ligpn

 

Nous demandons la constitution d’une commission d’enquête afin d’examiner de façon totalement impartiale les faits et les conclusions du rapport de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN)

 

Samedi 11 Février 2017

 

Justice pour Théo Luhaka

 

Une commission d'enquête doit faire toute la lumière

 

Constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour Théo Luhaka

 

Elus de Seine-Saint-Denis, citoyens, militants des droits humains et personnalités, nous voyons de trop près le mépris dans lequel les jeunes se sentent tenus du fait de certains comportements policiers trop fréquents.

 

La déclaration de l’IGPN, qui prétend que les sévices et le viol subis par Théo Luhaka sont un accident, est proprement insupportable. Elle entraîne des soulèvements de désespoir et de colère mais aussi une détermination légitime à toute épreuve de cette jeunesse consciente et éveillée sur le monde qui l’entoure.

 

Les mères et largement les habitants des quartiers les plus concernés en sont à manifester pour que leurs enfants ne soient plus tués ou gravement blessés.

 

Encore récemment, Adama Traore a été tué du fait des violences policières et les mensonges qui ont prévalu trop longtemps sur cette affaire ont fini par être démasqués.

 

Pour Théo Luhaka et afin d’éclaircir les agissements des policiers à Aulnay sous Bois, nous demandons la constitution d’une commission d’enquête parlementaire afin d’examiner de façon totalement impartiale les faits et les conclusions du rapport de l’IGPN.

 

Nous voulons la vérité et pas les vérités officielles de la police, ni pour Adama Traore, ni pour Théo Luhaka et ses amis à Aulnay sous Bois. Il faut tirer au clair tous ces cas, dénoncés à juste titre comme racistes, des contrôles au faciès aux violences dont les auteurs ne doivent pas rester des fonctionnaires.

 

Nous voulons, ainsi, ré-ouvrir les débats nécessaires sur les contrôles d’identité et le récépissé, ainsi que le rôle de la Brigade Anti Criminalité (BAC), de la Brigade de Surveillance du Territoire (BST) et de leur remplacement nécessaire par une police de proximité.

 

Nous invitons tous les élus, les citoyens, les militants et les personnalités qui le souhaitent à se joindre à cette initiative. en signant et en faisant signer massivement cet appel.

 

Premiers signataires

 

Bally Bagayoko, Patrick Braouezec, Pierre Laporte, Azzedine Taibi, Patrice Leclerc, Jacqueline Rouillon, Pierre Cours Salies, Stéphane Lavignotte, Véronique Dubarry, Patrick Vassalo, Sonia Pignot, Madjid Messaoudene, Vincent Huet, Djénéba Keita, Alain Cyroulnik, Dominique Attia, Alexis Corbières

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 20:23

 

http://www.elmundo.es/espana/2017/02/14/58a301bd468aeb7a2b8b45ed.html

 

Le tribunal constitutionnel ouvre la voie pour l’accusation de quatre autres membres du parlement catalan pour désobéissance

Le gouvernement catalan n’arrêtera pas le référendum malgré le tribunal constitutionnel

Le procureur en chef de Barcelone a dit « qu’ils m’ont traité de fasciste et qu’ils m’ont demandé de quitter la Catalogne »

Mardi 14 Février 2017

L’assemblée plénière du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) a annulé la décision du parlement catalan qui a approuvé la tenue d'un référendum pour l'indépendance de la Catalogne en 2017.

L’assemblée plénière du TSJC a donc décidé définitivement d’exécuter la sentence présentée par le gouvernement, qui a fait valoir que la résolution n'a pas respecté une nouvelle fois l'arrêt du tribunal constitutionnel de 2015 qui a annulé le processus de déconnexion.

L’annulation affecte les chapitres de la résolution adoptée le 6 Octobre 2016 intitulés « référendum » et « processus constituant » et le chapitre consacré à « l’avenir politique de la Catalogne ». À la demande de l’avocat de l’état, le tribunal constitutionnel avait déjà suspendu au mois de décembre 2016 l’application de la résolution.

En ce qui concerne la responsabilité pénale possible pour une éventuelle désobéissance, le tribunal constitutionnel a agi à nouveau comme il l'avait fait avec la première désobéissance présumée commise par la présidente du parlement catalan, Carme Forcadell.

L’assemblée plénière a décidé de tenir compte de la position du procureur et d’agir pénalement contre la présidente du parlement catalan. L’assemblée plénière a donc porté plainte contre Carme Forcadell. Tout indique que cette nouvelle désobéissance sera jointe à l’enquête ouverte après la première désobéissance.

Le tribunal constitutionnel a donné également son feu vert au procureur pour élargir sa plainte aux quatre membres indépendantistes du bureau du parlement catalan qui ont déposé la résolution déclarée inconstitutionnelle. Plus précisément, l’assemblée plénière a décidé « de recueillir des témoignages afin, le cas échéant, d’engager la responsabilité pénale de la présidente du parlement de Catalogne, Carme Forcadell i Lluis, du premier vice-président du bureau du parlement, Lluis Maria Corominas i Díaz, du premier secrétaire du bureau, Anna Simó i Castelló, du troisième secrétaire du bureau, Joan Josep Nuet i Pujals, et de la quatrième secrétaire du bureau, Ramona Barrufet i Santacana ».

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:45

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/12/podemos-nous-avons-grandi-trop-vite_1548081

 

Nous avons grandi trop vite

 

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

 

Pablo Iglesias a vu sa ligne antisystème confortée lors du congrès du parti de la gauche radicale espagnole. Mais la fracture avec l’aile réformiste de son rival Iñigo Errejón demeure.

Au moment où Pablo Iglesias prend la parole, Dimanche 12 Février 2017, un courant électrique parcourt les gradins du palais de Vistalegre, un colosse de béton circulaire qui héberge aussi bien des corridas que des concerts de rock. Face à douze mille militants enfiévrés, arborant tee-shirts et polaires mauves, la couleur de Podemos, le politologue à la queue-de-cheval lance sa diatribe. « Camarades, le vent du changement continue de souffler. Nous sommes l’avant-garde d’une Espagne qui ne supporte plus la corruption et la morgue des élites politico-financières. Nous sommes à l’aube d’un nouveau contrat social, où le peuple n’est plus un sujet ou un laquais, mais le protagoniste de son destin ». Des salves d’applaudissements ponctuent la harangue du secrétaire général et cofondateur de ce parti qui, trois ans seulement après sa fondation, a bouleversé la politique espagnole en devenant la troisième force parlementaire, sur les talons du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) moribond.

Les multiples interventions de Pablo Iglesias ont marqué le deuxième congrès de la formation de la gauche radicale, à Vistalegre, un quartier populaire de la périphérie sud-ouest de Madrid. Un congrès placé sous le signe de la division, du risque d’implosion et des guerres fratricides entre deux camps. Le camp de Pablo Iglesias, le leader charismatique, défend une ligne dure et sans concession, peu enclin à pactiser avec le PSOE et souhaite « cultiver et développer une masse populaire qui finira par faire trembler les élites ». Le camp d’Iñigo Errejón, lui aussi issu des sciences politiques, est plus pragmatique, modéré et convaincu que le combat passe davantage par le parlement et les institutions que par la rue. Entre les deux amis d’hier, un tandem qui a porté Podemos, c’est désormais la guerre ouverte. Lors du premier congrès de Vistalegre, au mois d'octobre 2014, nous pouvions les voir bras dessus, bras dessous. Cette fois-ci, ils sont apparus séparés et leur froide et fugace accolade face au public n’a trompé personne.

Dimanche 12 Février 2017 vers 12 heures, les jeux sont faits. Adoptée par soixante pour cent des cent cinquante mille votants, la liste de Pablo Iglesias a écrasé celle de son frère ennemi Inigo Errejón, ainsi que celle des anticapitalistes les plus radicaux. Non loin de son rival déconfit, l’homme à la queue-de-cheval arbore un sourire rayonnant. Il est réélu à la fois secrétaire général et membre du conseil citoyen, l’organe directeur de la formation, qui compte soixante deux personnes élues, et sa ligne politique s’est imposée. Pour dissimuler le malaise général, Pablo Iglesias lance que « Podemos demeure un parti uni et je compte sur tout le monde pour continuer sur notre route. Ce parti a été créé pour aller jusqu’à la victoire ». En face, l’auditoire scande « unidad », comme un exorcisme de déconvenue.

Durant tout le weekend, sur les lèvres aussi bien que sur les gradins pavoisés de gigantesques étoffes mauves, « unidad » fut le leitmotiv.

Un appel à l’unité parce que, précisément, les participants venus de tout le pays, les quatre cent cinquante mille membres inscrits et les cinq millions de votants aux élections législatives du mois de juin 2016, savent que leur mouvement est au bord de l’implosion. Grande et brune, Elena Gutiérrez n’a que dix huit ans et fait partie des cinq cent volontaires. Comme les cinq cofondateurs du parti, dont Pablo Iglesias et Inigo Errejón, elle étudie les sciences politiques à l’université madrilène de la Complutense. Son père est concessionnaire et sa mère vendeuse au Corte Inglés, le Bazar de l'Hôtel de Ville (BHV) espagnol. Ils tirent le diable par la queue et elle ne pourrait être étudiante à l'université sans sa bourse. « Pour moi, Podemos, c’est l’espérance et mon rayon de soleil, pour moi et tous les gens humbles. Je suis bien consciente des rivalités, des luttes et des ambitions personnelles. Mais je sais aussi que nous n'avons pas d’autre choix que de maintenir l’unité ».

Une frontière invisible semble séparer les pablistes, les errejonistes et les anticapitalistes. Mais chacun défend l’impérieuse nécessité d’éviter à tout prix la scission. José María Marín, quarante huit ans, technicien en arts de la scène, se montre optimiste. « Nous sommes un parti jeune qui a grandi vite, sûrement trop vite. Et bien sûr, nous commettons des péchés de jeunesse et nous tombons dans le piège des egos et des impatiences ». Une référence aux insultes échangées récemment entre les différents camps sur les réseaux sociaux, où Podemos règne en maître, un monopole qui a contribué à ringardiser les deux partis classiques, le PSOE et le Parti Populaire au pouvoir. Le premier ministre, Mariano Rajoy, a été reconduit Samedi 11 Février 2017 à la tête du Parti Populaire. Au côté de José María Marín, Miguel Angel Alzamora, quadragénaire lui aussi, sociologue et travailleur social, acquiesce. « Je crois que ce congrès marque notre arrivée à l’âge adulte. C’est un Podemos mature qui sortira de là. Plus que jamais, nous constituons une vraie alternative ».

Tout le monde, loin s’en faut, ne partage pas ce bel optimisme. Pour beaucoup, la guerre intestine mine le mouvement de l’intérieur. A l’instar de Yolanda, membre d’un des six cercles de Móstoles, une cité-dortoir en périphérie de Madrid. « Je n’aime pas ce qui se passe. Dans ma ville, on m’a mis dans un courant contre ma volonté. Je me sens manipulée et je pense que les querelles personnelles et stratégiques l’emportent sur le projet politique lui-même ». A écouter les uns et les autres, Pablo Iglesias et Iñigo Errejon partagent le même dessein et le même idéal, à savoir gouverner l’Espagne en lui rendant sa souveraineté politique, sociale et économique, mais ils divergent quant à la manière d’y parvenir. Pour simplifier, le premier estime qu’il faut « récupérer la rue, avant de donner l’assaut aux institutions » et le second préconise une modération permettant « de gagner en force dans les parlements, les régions et les municipalités, et de grignoter le pouvoir institutionnel ».

La rue et les institutions, cette dialectique survole tous les discours, opinions, débats et différends. « Pour moi, en plus d’un combat de coqs, la division entre Pablo Iglesias et Iñigo Errejon, c’est le dilemme entre ces deux pôles », confie Sarai Martínez, élue municipale à Mataró, bourgade proche de Barcelone. « Lorsque tu entres dans une institution, tu te coltines les difficultés, les lenteurs et les impossibilités. Derrière, tu as les militants qui te réclament des comptes sur ce que tu as pu changer ou pas et c’est logique qu’il en soit ainsi. Mais ce grand écart entre la rue et les institutions est précaire et difficile à maintenir ». Même son de cloche de la part d’un groupe de femmes, pendant la pause déjeuner, elles appartiennent à un courant dissident qui défend Inigo Errejón, les transparentes, regroupant des plus de quarante cinq ans pour qui le parti a été vampirisé par de jeunes pablistes. « C’est bien joli la rue », s’étrangle Rocío, « mais c’est au moyen du parlement, en votant des lois, que nous changeons réellement la vie des gens. C’est là que le combat doit se mener. Or, depuis un an, Pablo Iglesias s’est laissé embarquer par une garde prétorienne qui ne parle que de galvaniser les foules et d’enflammer la colère du peuple ».

Les immenses arènes de Vistalegre, aux murs de béton tristes bordés de boutiques, ont semblé héberger ce weekend une corrida politique.

A l’entrée, un dessin en couleurs représente d’ailleurs Pablo Iglesias sous la forme d’un matador, tandis qu’Inigo Errejón, lui aussi en habit de lumière, s’apprête à lui couper sa queue-de-cheval. En tauromachie, c’est par ce rituel qu’un torero met fin à sa carrière. « Ils se trompent », commente Carmen, retraitée. « Sans ce duo complémentaire, le parti ne tiendra pas ».

Plus loin, dans les coulisses, Carlos et José María se sont isolés de la foule. Ces deux éleveurs vétérinaires sont venus de Binéfar, dans la province agricole de Huesca, en Aragón. Avec la défaite d’Inigo Errejón, ils craignent le pire, à commencer par des purges au sein de l’appareil. « Ils parlent de nouvelle politique, mais ils s’étripent comme les politiques à l’ancienne », se désole José María. « Nous, nous n’avions jamais été en politique, nous soutenons Podemos pour qu’il serve de résonance à notre voix, du fond de la campagne. Nous sommes ceux d’en bas, gouvernés par une caste qui défend l’ultralibéralisme. C’est pour cela que nous sommes là. Mais s’ils s’étripent et ne savent pas grandir dans la pluralité et la démocratie interne, alors Podemos ne tiendra pas le choc. Et alors, de nouveau, nous ne compterons plus pour personne ».

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:08

 

Donald Trump embarrassé par le départ de son conseiller à la sécurité (Reuters)

 

La démission Lundi 13 Février 2017 de Michael Flynn, conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, après des révélations sur ses conversations avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis et sa tentative de dissimuler leur contenu au vice-président, est un nouvel embarras de taille dans un domaine dont le président Donald Trump a de surcroît fait une priorité.

Dans ses discussions avec le diplomate russe, Michael Flynn, un ancien général, avait évoqué les sanctions imposées à la Russie par l'administration sortante de Barack Obama, ce qu'il n'était alors pas encore autorisé à faire.

Le vice-président, Mike Pence, avait à plusieurs reprises pris sa défense ces derniers jours dans la presse.

« Malheureusement, et en raison du rythme rapide des événements, j'ai par mégarde livré des informations incomplètes au vice-président et à d'autres sur mes entretiens téléphoniques avec l'ambassadeur russe », écrit Michael Flynn dans sa lettre de démission. « J'ai présenté des excuses sincères au président et au vice-président, qui les ont acceptées ».

La démission de ce soutien de longue date de Donald Trump, qu'il avait rejoint dès le début de la campagne, au mois de février 2016, et qui fut un temps pressenti pour être son colistier, intervient au vingt-cinquième jour de la nouvelle présidence.

Le général Keith Kellog, secrétaire général du conseil de sécurité nationale, assurera l'intérim le temps que le président désigne un successeur à Michael Flynn.

Robert Harward, un vice-amiral de la marine, ancien numéro deux du commandement central sous l'autorité de James Mattis aujourd'hui secrétaire à la défense, est donné favori pour le remplacer, a-t-on appris de deux sources proches du processus de décision.

David Petraeus, général à la retraite et ancien directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), est également pressenti, mais il pourrait être handicapé par le scandale qu'avait provoqué il y a quelques années ses indiscrétions à sa biographe, avec laquelle il avait une liaison.

Robert Harward a siégé au conseil de sécurité nationale pendant la présidence de George Bush et a servi en Irak et en Afghanistan.

« Si le président va dans cette direction, il devrait y avoir très peu d'opposition », a dit l'une des sources. « Il est très estimé et n'a pas le bagage que doit traîner David Petraeus ».

Le Washington Post avait révélé il y a un mois que Michael Flynn avait eu plusieurs conversations téléphoniques avec l'ambassadeur russe aux Etats Unis, Sergueï Kislyak, le Jeudi 29 Décembre 2016, le jour où Barack Obama a ordonné l'expulsion de trente cinq diplomates russes pour sanctionner les ingérences présumées de Moscou dans la campagne électorale américaine. Le lendemain, Vendredi 30 Décembre 2016, Vladimir Poutine annonçait qu'il ne riposterait pas à ces sanctions.

L'affaire a rebondi Jeudi 9 Février 2017 lorsque le Washington Post a affirmé que Michael Flynn avait abordé la question des sanctions avec Sergueï Kislyak. Selon des responsables américains, une transcription de ces discussions prouve que le sujet a bien été abordé.

Or Michael Flynn, désigné le 18 novembre 2016 par Donald Trump, avait assuré au vice-président qu'il n'en avait pas discuté et les nouvelles révélations ont provoqué la colère de Mike Pence.

La démission de Michael Flynn pourrait freiner le rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine voulu par Donald Trump et dont Michael Flynn était un ardent partisan. Son départ, dit un responsable américain sous couvert d'anonymat, « pourrait rendre moins probable un changement de cap significatif, au moins à court terme ».

Un autre souligne que la démission de Michael Flynn pourrait renforcer au sein du cabinet de Donald Trump le secrétaire à la défense Jim Mattis et le secrétaire d’état Rex Tillerson, voire faire le jeu des conseillers présidentiels Steve Bannon et Stephen Miller, déjà très présents dans les prises de décision.

Dans les rangs de l'opposition, des élus démocrates ont réclamé des explications sur l'enchaînement des événements ayant conduit au départ de Michael Flynn qui, souligne Adam Schiff, élu de Californie à la chambre des représentants, ne met pas fin aux interrogations sur ses contacts avec les russes.

A Moscou, le Kremlin a estimé que la démission de Michael Flynn relevait des affaires intérieures américaines et s'est refusé à tout commentaire.

Selon le président de la commission des affaires étrangères de la chambre haute du parlement russe, Konstantin Kosatchev, elle démontre « soit que Donald Trump n'a pas acquis l'indépendance nécessaire et qu'il se retrouve par conséquent acculé, soit que la russophobie a déjà contaminé la nouvelle administration de haut en bas. La cible était les relations entre la Russie et les Etats Unis. Nous verrons comment va évoluer la situation », a-t-il dit à l'agence Russian news and Information Agency (RIA).

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 20:50

 

http://www.liberation.fr/france/2017/02/13/affaire-theo-matignon-se-couvre-toubon-demande-des-comptes_1548293

 

Affaire de Théo Luhaka, Matignon se couvre et Jacques Toubon demande des comptes

 

Par Ismaël Halissat

 

Tandis que Bernard Cazeneuve recevait Lundi 13 Février 2017 des associations pour évoquer les suites de l’interpellation du jeune homme, le défenseur des droits soulignait les insuffisances de la politique du gouvernement en la matière.

Le gouvernement continue à jouer l’apaisement dans l’affaire de Théo Luhaka, du nom du jeune homme dont l’interpellation, à Aulnay-sous-Bois, le Jeudi 2 Février 2017, a conduit à la mise en examen d’un policier pour viol et de trois autres pour violences volontaires. Le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a reçu Lundi 13 Février 2017 en fin de matinée les représentants de plusieurs associations antiracistes, SOS Racisme, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) et la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA), afin de faire le point sur les rapports entre la police et les habitants des quartiers populaires.

L’association des Femmes Relais d’Aulnay-sous-Bois, présente dans la cité des trois mille où se sont produits les faits, était également conviée.

Le premier ministre était accompagné de Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, et d’Hélène Geoffroy, secrétaire d'état à la ville.

A la sortie de l'entrevue, Louis-Georges Tin, président du CRAN, a fait part d’un sentiment mitigé, « certes, le dialogue est à nouveau établi et nous nous en réjouissons, car cela fait plusieurs années que nous n'avions pas d’interlocuteur gouvernemental sur les violences policières. Mais les annonces sur la table ne concernaient que des propositions déjà faites ». Bernard Cazeneuve a effectivement rappelé que le gouvernement avait lancé une expérimentation sur les caméras piétonnes. Dans ce cadre, Bruno Le Roux avait précisé la semaine dernière que le déclenchement de l’enregistrement serait rendu obligatoire lors d’un contrôle d’identité pour les fonctionnaires équipés. Soit quelques milliers seulement pour l’instant.

« Le gouvernement n’a pas du tout donné suite à notre demande d’interdire les pratiques d’interpellation létales, comme certaines techniques d’immobilisation. La seule chose nouvelle, qui n’est pas un engagement ferme, c’est la création d’une commission mixte au niveau du ministère de l'intérieur, comprenant des membres de la police, des magistrats et des membres d’associations ou de syndicats, pour contrôler l’action de la police des polices », précise Louis-Georges Tin.

« Enfin, dans tous les cas, dans deux mois ce gouvernement ne sera plus là », souligne Yazid Kherfi, médiateur dans les quartiers populaires, également convié à Matignon. A la sortie de cette réunion, Hélène Geoffroy a également annoncé que des réunions seraient organisées sur cette thématique dans les préfectures avec certaines associations.

Le gouvernement en a profité pour lancer Lundi 13 Février 2017 un appel au calme face aux incidents qui se sont enchaînés depuis plus d’une semaine en banlieue parisienne. « L’émotion légitime suscitée par les événements d’Aulnay-sous-Bois ne saurait en rien justifier les violences inacceptables qui se sont produites le week-end dernier à Bobigny et à Argenteuil », a indiqué le premier ministre dans un communiqué.

Sur France Inter, plus tôt dans la matinée, Jacques Toubon, le défenseur des droits, avait souhaité une réponse forte du gouvernement à ce qu’il appelle un fait de société et non un fait divers. Pour lui, une première mesure pour apaiser les relations entre police et citoyens passerait par la délivrance, à chaque contrôle d’identité, d'une attestation nominative enregistrée pour la personne, avec un double anonyme pour la police.

Ce qui correspondrait au respect de l’engagement du François Hollande, lorsqu’il était candidat en 2012, d’instituer le récépissé. Informatisés par une machine, ces attestations permettraient de créer une véritable « comptabilité, des indications sur les lieux, sur les motifs et elle permettrait des recours ». Aucune statistique n’existe aujourd’hui à ce propos.

Jacques Toubon a également rappelé les résultats d’une récente étude réalisée par l’autorité administrative indépendante sur les contrôles au faciès. Dans cette enquête, portant sur un échantillon conséquent de cinq mille personnes, quatre vingt pour cent des jeunes hommes noirs et arabes indiquent avoir été contrôlés au cours des cinq dernières années, contre seize pour cent pour le reste du panel.

« Depuis 2012, le défenseur des droits a appelé les pouvoirs publics à donner une réponse à la confrontation à la fois réelle et symbolique entre une partie de la police et une partie de la population », a souligné Jacques Toubon.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 20:31

 

La ville de Calais contrainte de débloquer un accès au Secours Catholique (Reuters)

 

Le tribunal administratif de Lille a ordonné Lundi 13 Février 2017 à la ville de Calais de déplacer dans les vingt quatre heures une benne disposée par la ville devant le local du Secours Catholique afin d'empêcher l'installation de douches pour les migrants.

L'association justifie cette installation par le retour de migrants dans la commune, où un campement habité par plus de six mille personnes a été démantelé au mois d’octobre 2016.

Le tribunal administratif de Lille a jugé que l'initiative prise par la mairie la semaine dernière et contestée par le Secours Catholique constituait une atteinte au droit de propriété de l'association.

Lors de l'audience, Lundi 13 Février 2017, le juge a précisé que son jugement ne porterait pas sur l'opportunité d'installer des douches pour les migrants mais concernerait, au regard du droit, la seule décision de la municipalité de bloquer un accès.

La mairie entendait ainsi empêcher la mise en place d'un troisième bloc de douches destiné aux migrants mineurs.

A l'audience, l'avocat du Secours Catholique, Lionel Crusoé, a déclaré que le « retour à Calais de migrants dans des conditions dramatiques » rendait nécessaire de nouvelles installations.

« Certains ne se sont pas lavés depuis des semaines », a ajouté l'avocat.

Les défenseurs de la ville ont expliqué que ni la municipalité ni l’état ne souhaitaient un nouveau point de fixation de migrants à Calais, après le démantèlement de la jungle.

Plusieurs associations, dont le Secours Catholique, affirment que des migrants, notamment des mineurs, sont de retour dans la région.

La préfecture du département du Pas-de-Calais nie un retour massif des migrants et parle de cas individuels.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:10

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/08/russie-pas-de-repit-pour-l-opposant-alexei-navalny_1547236

 

Pas de répit pour l'opposant Alexeï Navalny

 

Par Veronika Dorman

 

L'adversaire principal de Vladimir Poutine a été condamné Mercredi 8 Février 2017 à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds.

C’est une affaire qui n’en finit pas de traîner et de rebondir. Alexeï Navalny, la figure la plus en vue de l’opposition à Vladimir Poutine, a été condamné Mercredi 8 Février 2017 pour la deuxième fois, dans la même affaire, à la même peine de cinq ans de prison avec sursis et huit mille euros d’amende. Il est accusé par la justice russe d’avoir orchestré en 2009 un détournement de fonds à hauteur de quatre cent mille euros au détriment de la société publique d’exploitation forestière Kirovles. A l’époque, il était conseiller du gouverneur libéral de la région de Kirov, à neuf cent kilomètres de Moscou, Nikita Belykh, lui-même en détention depuis l’été dernier car soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin.

Lors d’un premier procès, selon lui complètement fabriqué dans le but de gêner son ascension politique, Alexeï Navalny avait été condamné, en 2013, à une peine identique. La décision du juge est la même à la virgule près. Littéralement. Il a simplement recopié la précédente, a révélé l’opposant, blogueur invétéré, dans une série de tweets, publiés depuis la salle d’audience. « Il lit mot pour mot la condamnation précédente », a écrit Alexeï Navalny, en publiant des photographies de cet ancien document. Ce qui rendait la situation encore plus cocasse, c’est que cette condamnation de 2013, après avoir été dénoncée comme « arbitraire et politiquement motivée » par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), avait été cassée par la cour suprême russe au mois de novembre 2016 et renvoyée en première instance.

Depuis qu’il a pris la tête de l’opposition contre Vladimir Poutine, pendant les manifestations de 2011 et de 2012, Alexeï Navalny, avocat, fustige infatigablement le pouvoir. Spécialisé dans les enquêtes sur le patrimoine caché des proches de Vladimir Poutine et autres députés et gouverneurs, mais aussi sur les schémas de corruption à grande échelle, organisés par ces élites, il est régulièrement aux prises avec la justice.

Condamné à de multiples reprises à des peines administratives à l’issue de manifestations, il écope en 2014 de trois ans et demi de prison avec sursis pour une autre affaire de détournement de fonds, au détriment cette fois d’une filiale russe de la société Yves Rocher. Toutefois, au mois de septembre 2013, à son étonnement, il est autorisé à briguer la mairie de Moscou. Sans surprise, il ne parvient pas à déloger le maire sortant Sergei Sobianine, mais fait néanmoins un score honorable, en arrivant deuxième avec vingt sept pour cent des voix.

Pour Alexeï Navalny, il n’y a aucun doute, l’affaire Kirovles est principalement destinée à saper ses ambitions politiques et notamment son intention de défier le Kremlin aux élections présidentielles de 2018.

« Ce que nous venons de voir, c’est une sorte de télégramme de la part du Kremlin », a déclaré l’opposant à l’issue du jugement. « Ils me considèrent, moi, mes partisans et mes électeurs, comme étant trop dangereux pour nous laisser participer aux élections. Mais nous ne reconnaissons pas ce jugement, il sera annulé. En vertu de la constitution, j’ai le droit de participer au scrutin ».

Si l'opposant n’a rien perdu de sa résolution et de son désir de braver le système, son avenir politique demeure incertain. Effectivement, la constitution russe permet à quiconque n’est pas en détention de se porter candidat à des élections.

Sauf que selon la loi électorale, le cent soixantième article du code pénal en vertu duquel Alexeï Navalny a été condamné, un crime grave le rend inéligible. Même en cas de réhabilitation ou d’annulation judiciaire, il faut attendre dix ans avant de pouvoir se présenter. Par ailleurs, cette même loi stipule que tout candidat, s’il a fait l’objet d’une condamnation, doit avoir impérativement purgé sa peine, qu’il s’agisse de prison ferme ou de sursis. Or, si le jugement entre en vigueur, la justice prenant en compte trois ans et demi de la peine originelle, il restera à Alexeï Navalny dix huit mois à purger, selon son avocate Olga Mikhailova. Ce qui ne lui permettra pas de se présenter aux élections présidentielles du mois de mars 2018.

En réalité, quels que soient les conflits institutionnels, c’est le Kremlin qui décidera in fine si le candidat de l’opposition pourra tenter sa chance, insistent les observateurs. Et le pouvoir ne sera pas guidé par des impératifs de liberté démocratique, mais par ses intérêts propres.

« Le but du Kremlin est que le prochain scrutin ne soit pas une vaste blague », a expliqué à Reuters la politologue Lilia Shestova. « Et Alexeï Navalny est gardé en réserve, comme un atout, mais il est trop tôt pour dire si la carte sera jouée ».

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