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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 19:12

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/05/la-campagne-sarkozy-ou-la-folie-des-grandeurs_4432400_3224.html

La campagne Sarkozy ou la folie des grandeurs

Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Jeudi 5 Juin 2014

Lundi 26 mai 2014, les enquêteurs de l’Office Central de Lutte contre la Corruption et les Infractions Financières et Fiscales (OCLCIFF) s’apprêtent à quitter le siège d’Event et Compagnie, la filiale du groupe Bygmalion, avec des caisses entières de factures.

Franck Attal, le patron opérationnel d’Event et Compagnie, qui a organisé les quarante deux meetings de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, est présent. Il interroge son avocat, Patrick Maisonneuve. Doit-il se confier immédiatement aux policiers ? Son conseil donne le feu vert. Alors, pendant la perquisition, il se lâche, à mots choisis, quand même. Et il confirme. La campagne 2012 de Nicolas Sarkozy a bien été entachée d'irrégularités financières.

Les fausses factures, oui, bien sûr, le plafond officiel des dépenses de campagne, fixé à vingt deux millions cinq cent mille euros, a explosé. Alors, Franck Attal décrit les demandes pressantes de l'UMP. Sa propre angoisse de ne pas être payé pour des prestations que sa société a pourtant bien effectuées.

Guillaume Lambert, l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy

L'obligation, économique, il faut bien rétribuer ses sous traitants, d'accepter un artifice comptable parfaitement illicite, faire passer le surplus des sommes extravagantes dépensées pendant la campagne, soit plus de onze millions d'euros, sur les comptes de l'UMP, au prétexte de fausses conventions.

Il décrit les réunions, donne les noms des participants. Il cite Guillaume Lambert, l'homme de confiance de Nicolas Sarkozy, qui l'a nommé directeur de sa campagne. Eric Cesari, l'ami du candidat, directeur général du parti. Et la bonne âme chargée de l'administration, Fabienne Liadzé.

Et enfin, bien sûr, Jérôme Lavrilleux, fidèle copéiste, organisateur hors pair, devenu directeur adjoint de la campagne. Aux policiers, Franck Attal décrit un système, un emballement, que Le Monde a tenté de reconstituer, en examinant les comptes et autres factures, en rencontrant les principaux protagonistes de ce dossier. Aucun n'a accepté de s'exprimer publiquement.

C'est fou comme les langues se libèrent à l'abri derrière l'anonymat ! Mais devant la justice, c'est à visage découvert qu'ils devront s'expliquer.

« On ne peut pas faire autrement »

L'un d'eux s'annonce particulièrement loquace, l'euro député Jérôme Lavrilleux. Il n'a pas l'intention de jouer les fusibles plus longtemps. Il compte dire aux enquêteurs sa vérité, oui, il a accepté de faire des fausses factures. Non, il n'a volé l'argent de personne. Sur BFM TV, il a déjà décrit le 26 mai « l'engrenage irrésistible d'un train qui file à grande vitesse et où les personnes qui devaient tirer sur le signal d'alarme ne l'ont pas fait ». Sans livrer de noms. Devant les enquêteurs, il devrait confirmer les déclarations de Franck Attal.

C'est que Jérôme Lavrilleux, fils de garagiste de l'Aisne, en a assez. Il estime avoir assumé sa part de responsabilité. Il pourrait raconter ce jour d'avril 2012 où il assure avoir été prévenu par Eric Cesari et Fabienne Liadzé d'une décision prise en haut lieu, plus possible de continuer la campagne sur les comptes officiels, il faut maquiller les dépenses. « On ne peut pas faire autrement », lui disent ses interlocuteurs.

Qui a pris la décision initiale ? Les regards convergent en direction de Guillaume Lambert. Et, plus haut, vers la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy. C'est à l'Elysée, chaque soir, en ce printemps 2012 de furie électorale, que se décident les meetings, les stratégies, que s'affinent les propos, autour du candidat. A Jérôme Lavrilleux, ensuite, de mettre tout cela en musique.

A l’UMP, des frais de voyage de neuf millions sept cent cinquante deux mille trois cent quatre vingt neuf euros

Franck Attal a les mêmes souvenirs. Il situe à début avril 2012 la réunion où le dilemme lui est proposé, accepter les fausses factures, ou ne pas être payé. Pas de traces écrites, tout est oral. C'est avec Jérôme Lavrilleux qu'il travaille au quotidien. Il est bon, Jérôme Lavrilleux, sans état d'âme. On lui demande l'impossible ? Il y parvient.

Il suffit de comparer les comptes 2012 de campagne du Parti Socialiste et de l'UMP, publiés au Journal Officiel. Les socialistes déclarent cinq millions cinq cent mille euros de dépenses de « propagande et de communication », quand l'UMP annonce plus de trente trois millions d'euros déboursés au même chapitre. Tout est à l'avenant. A l'UMP, les frais de voyage se montent à neuf millions sept cent cinquante deux mille trois cent quatre vingt neuf euros, un Train à Grande Vitesse loué pour amener des militants coûte par exemple deux cent mille euros. Le Parti Socialiste, lui, déclare trois millions cent treize mille six cent quarante six euros.

Prenez le dernier grand meeting de Nicolas Sarkozy, le 15 avril 2012, Place de la Concorde, à Paris.

François Hollande, depuis l'esplanade du château de Vincennes dans le Val de Marne, découvre avec stupéfaction le déploiement de moyens de son rival.

« Envoyez la musique, merde »

Rien n'est trop beau. La scène est mal située, sans perspective en arrière plan ? Pas de souci, une gigantesque photo très haute définition est commandée et déployée derrière le pupitre.

Elle ne plaît pas au candidat ? On en réalise une seconde, dans la nuit, qui finira à la poubelle, le lendemain. Découpée en fines bandelettes. Jérôme Lavrilleux ira la récupérer, au cas où.

Il est à la manoeuvre, en permanence, par exemple ce fameux 15 avril. Au même moment à Vincennes, François Hollande s'apprête à voler la vedette à Nicolas Sarkozy. L'enjeu est d'importance, le premier qui parle sera retransmis en direct par les chaînes d'information. Enervement maximal dans l'entourage du président candidat. D'autant que sur scène, François Fillon s'adresse toujours à la foule. « Fillon, on s'en fout », tranche Nicolas Sarkozy. Et Jérôme Lavrilleux hurle, « envoyez la musique, merde ».

Des portiques de sécurité à foison

François Fillon est interrompu brutalement, le candidat fait son entrée, fracassante. Les barrières métalliques sont recouvertes d'un coton gratté bleu, du meilleur effet, un vrai réalisateur de télévision est aux commandes, un signal vidéo est réservé.

Jusqu'aux dizaines de milliers de drapeaux qui s'agitent. Cela coûte cher, un drapeau, deux euros si on s'y prend à l'avance, jusqu'à huit euros si on presse au dernier moment les fournisseurs.

Rien n'est trop beau, trop cher. Il faut fournir chocolats fins et chouquettes, dont le candidat se gave. Il exige une loge cinq étoiles, un appartement, en fait. Il réclame des pièces insonorisées pour se préparer en toute quiétude ? Attal fait bâtir des doubles cloisons en bois épais bourrées de papier de verre.

L'entourage du candidat, prompt à devancer les désirs de Nicolas Sarkozy, veut toujours plus de tout, des portiques de sécurité à foison, les bancs des gradins qu'il faut gainer de bois.

Sans compter les cantines pour ravitailler bénévoles et services de sécurité, soit plusieurs centaines de personnes par meeting. Et les réunions publiques s'accumulent. Facturées deux cent cinquante mille à trois cent mille euros pour une salle moyenne, et souvent programmées au dernier moment, ce qui entraîne une hausse faramineuse des coûts.

« Maintenant, je veux faire un meeting par jour »

Au départ, c'était pourtant simple, une campagne éclair, quatre ou cinq meetings, façon François Mitterrand en 1988. Mais le candidat est largement devancé par François Hollande dans les sondages. Et puis, les premiers meetings le grisent.

« Maintenant, je veux en faire un par jour », lâche-t-il un soir d'euphorie. Les responsables d'Event ont cru qu'il blaguait.

Cette frénésie, un homme clé l'orchestre, un sous-préfet, fidèle, précieux, qu'il faut protéger à tout prix, comme ce 15 mai 2012. Ambiance glaciale à l'Elysée, dans le bureau présidentiel, jour de passation de pouvoirs, Nicolas Sarkozy et François Hollande se toisent. L'ancien chef de l'état demande à son successeur une seule faveur, prendre grand soin de son homme de confiance, qu'il a bombardé préfet, six jours plus tôt, un certain Guillaume Lambert.

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 18:35

http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/05/sest-passe-quelque-chose-dimportant-semaine-derniere-a-barcelone-252725

Il s’est passé quelque chose d’important la semaine dernière à Barcelone

Par Lucie, étudiante

Jeudi 5 Juin 2014

La semaine dernière, le maire de Barcelone a décidé d’entamer la destruction d’un squat dans le quartier de Sants, au centre de la capitale catalane.

Ce squat, Can Vies, est implanté dans un bâtiment du dix neuvième siècle qui appartient aux TMB, l’entreprise de transports publics de la ville.

C’est un lieu qui porte une forte histoire sociale, puisqu’il a été pendant plusieurs dizaines d’années le refuge syndical des travailleurs de la TMB. Au début des années 1990, après un incendie, le bâtiment a été laissé à l’abandon.

C’est en 1997 qu’un collectif décide de s’y installer et de le réhabiliter. Dix-sept ans plus tard, le centre social Can Vies est parfaitement intégré à la vie de son quartier et n’a jamais souffert de plaintes des riverains.

Il propose entre autres des ateliers de formation, de musique, de théâtre, des cours de langues, et organise des concerts et des projections de films. Lieu de débats, il héberge aussi les locaux d’associations et d’un journal indépendant.

Voilà plusieurs années que la mairie souhaitait la démolition de ce lieu pour réaménager l’espace urbain. Après des négociations avec les occupants qui n’ont pas abouties, le maire de Barcelone a décidé d’agir par la force Lundi 26 Mai 2014, en expulsant les personnes qui vivaient et travaillaient dans le centre. La destruction du bâtiment a commencé directement après.

Gare à la matraque des Mossos

Cette destruction a tout de suite provoqué la colère des occupants et des habitants du quartier.

Ils sont venus soutenir le centre, rejoints par des centaines, puis des milliers d’autres habitants de Barcelone. Et, le soir venu, ont organisé des « caceroladas » (rassemblements pacifiques au cours desquels les participants cognent des casseroles pour faire du bruit) sur la Plaza de Sants.

En retour, la mairie a ordonné un déploiement policier exceptionnel. Gare à celui qui n’aura pas couru assez vite pour fuir le rassemblement quand les « Mossos » (forces de l’ordre) arrivent.

Une femme d’une cinquantaine d’années raconte s’être fait matraquer alors qu’elle quittait la manifestation en marchant. Deux jeunes qui s’éloignaient aussi disent être entrés dans une cage d’immeuble, poursuivis par des Mossos qui les ont passés à tabac. Un homme d’une soixantaine d’années affirme lui s’être fait ruer de coups alors qu’il discutait tranquillement avec un ami, dans une rue calme, résultat, bras et doigts cassés.

Un autre jeune homme, qui traversait la rue à vélo pour aller chercher son amie à une station de métro, a été arrêté et matraqué à la tête, il a failli perdre son oreille.

La pelleteuse incendiée

Et la liste de ces violences policières est encore longue, comme le dénonce l’Observatoire du Système Pénal et des Droits de l’Homme (Observatori del Sistema Penal i els Drets Humans).

Les interventions agressives des forces de l’ordre ont déclenché la riposte de certains manifestants. Lundi soir, la pelleteuse qui avait entamé la destruction du bâtiment a été incendiée et des poubelles brûlées.

Les incidents se sont multipliés pendant plusieurs jours. Les rues de Sants ont été militarisées, donnant l’impression d’un climat de guerre.

Des manifestations de soutient à Can Vies ont par ailleurs été organisées dans d’autres quartiers de Barcelone, et dans d’autres villes d’Espagne.

Il a fallu attendre vendredi pour que cessent les incidents, probablement après la déclaration du maire de rouvrir le dialogue et de stopper la destruction du centre.

Réunis pour la reconstruction

Samedi matin, des centaines de personnes s’y sont réunies. Objectif, reconstruire par eux-mêmes le bâtiment et reprendre tranquillement leurs activités.

Bien sûr, ce n’est pas le centre social Can Vies en tant que tel qui a provoqué tant de mobilisations, mais bien plus le symbole qu’il portait, la preuve qu’une vie alternative durable est possible.

Quelle urgence y avait-il à détruire le centre ? Aucune apparemment, si ce n’est la volonté de la mairie de Barcelone d’en finir avec les initiatives autogérées qui échappent au contrôle des institutions.

Pour les barcelonais, cette expulsion a été celle de trop, dans une ville où ils ont l’impression que tout est de plus en plus pensé pour les touristes plus que pour eux-mêmes.

Cette semaine, Sants a retrouvé un peu de sérénité. Les habitants du quartier récoltent des signatures pour soutenir un manifeste dans lequel sont dénoncées la militarisation de leur quartier et les violences policières de la semaine dernière.

Les occupants du squat, aidés par les habitants, des pompiers et des architectes, travaillent quant à eux à la reconstruction du centre.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 19:17

Kiev parle de trois cent morts chez les rebelles ukrainiens (Reuters)

Les forces gouvernementales ukrainiennes ont poursuivi Mercredi 4 Juin 2014 leur opération militaire contre les séparatistes pro-russes dans le sud-est du pays et ont affirmé leur avoir infligé de lourdes pertes, ce que les rebelles ont démenti.

Selon un porte-parole de « l’opération anti terroriste » lancée par les autorités de Kiev, plus de trois cent combattants rebelles sont morts dans des combats acharnés ces dernières vingt quatre heures dans la ville de Slaviansk et dans ses environs. Quelque cinq cent rebelles auraient par ailleurs été blessés.

Les forces gouvernementales ont utilisé mardi des avions, des hélicoptères et de l'artillerie lourde pour tenter de déloger les séparatistes qui contrôlent Slaviansk depuis le début du mois d'avril.

Les rebelles pro-russes ont nié mercredi avoir subi de lourdes pertes. « Le chiffre de trois cent morts est faux. Il y a eu davantage de pertes du côté ukrainien que du nôtre », a déclaré à l'agence russe interfax le chef du gouvernement auto proclamé de la république populaire de Donetsk, Aleksander Borodaï.

Selon le porte-parole de l'armée ukrainienne, Vladislav Zelezniov, les combats ont fait deux morts et quarante cinq blessés dans les rangs des forces gouvernementales.

Les combats se poursuivaient mercredi à Slaviansk tandis que l'armée ukrainienne ratissait la ville voisine de Krasni Liman, dont elle a repris le contrôle mardi.

Le président élu ukrainien, Petro Porochenko, a ordonné la reprise des opérations armées contre les séparatistes pro-russes au lendemain de sa victoire lors de l'élection du 25 mai.

LONDRES ET BERLIN MENACENT

Kiev accuse Moscou d'attiser les violences dans l'est du pays et de permettre à des combattants russes de rejoindre les rangs des rebelles séparatistes.

La Grande-Bretagne a repris à son compte ces accusations mercredi à la veille d'un entretien entre le premier ministre David Cameron et le président russe Vladimir Poutine en marge des célébrations du soixante dixième anniversaire du débarquement en Normandie.

« Nous avons entendu un tombereau de désinformation et de déclarations incendiaires venant de Russie qui alimentent l'agitation et provoquent des peurs infondées », a dit le Foreign Office dans un communiqué.

« Nous avons constaté un renforcement du dispositif militaire russe et des manoeuvres à la frontière destinées à intimider », a-t-il ajouté en rappelant que Moscou s'est refusé à condamner les agissements des rebelles.

Le commandant en chef des forces de l'OTAN, le général Philip Breedlove, a lui aussi appelé la Russie à mettre fin à ses ingérences en Ukraine en soulignant que le retrait d'une partie des forces russes massées à la frontière entre les deux pays n'était pas suffisante.

« La Russie continue à déstabiliser l'Ukraine par d'autres moyens. Il y a des forces irrégulières russes, des forces appuyées par la Russie et des financements russes très importants dans l'est de l'Ukraine », a-t-il déclaré à la presse en marge d'une réunion des ministres de la défense de l'OTAN à Bruxelles.

BASE ÉVACUÉE À LOUHANSK

Moscou continue de son côté à nier toute responsabilité et à appeler à l'arrêt des opérations militaires ukrainiennes et à l'ouverture d'un dialogue politique entre Kiev et les séparatistes.

La chancelière allemande Angela Merkel a toutefois prévenu Vladimir Poutine que l'Union Européenne n'hésiterait pas à imposer de nouvelles sanctions à la Russie si la situation devait se dégrader encore davantage en Ukraine.

« Il est essentiel que le président Poutine use de son influence pour convaincre les séparatistes de renoncer à la violence et aux intimidations, de déposer leurs armes et de mettre fin à l'occupation des bâtiments officiels », a-t-elle déclaré devant le parlement.

« Si cela ne se produit pas, nous ne reculerons pas devant de nouvelles sanctions », a-t-elle mis en garde.

La situation dans l'est de l'Ukraine reste extrêmement confuse et il est difficile de mesurer si les forces gouvernementales ont réalisé de réels progrès.

Outre Slaviansk, les séparatistes contrôlent toujours un autre de leurs bastions, Louhansk, où les autorités ukrainiennes ont reconnu mercredi avoir dû évacuer une base des gardes frontières attaquée lundi par les rebelles.

Selon Kiev, les soldats se sont retirés avec leurs armes. Les séparatistes parlent à l'inverse de reddition et des témoins ont dit avoir vu les miliciens s'emparer d'armes et de munitions dans la base abandonnée.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 18:56

http://www.huffingtonpost.fr/jeanpierre-filiu/jihadisme-les-vraies-lecons-de-laffaire-nemmouche_b_5432248.html

http://www.souriahouria.com/jihadisme-les-vraies-lecons-de-laffaire-nemmouche-par-jean-pierre-filiu

Djihadisme, les vraies leçons de l’affaire Nemmouche

Par Jean Pierre Filiu, professeur des universités, en charge du Moyen Orient à Sciences Politiques Paris

Mercredi 4 Juin 2014

Le choc de l’arrestation de l’auteur présumé de la tuerie du musée juif de Bruxelles a suscité les habituelles interrogations sur le parcours de l’intéressé. On a questionné son environnement familial, sa scolarité heurtée, ses démêlés avec la justice, dans l’espoir de déceler la faille conduisant à son embrigadement terroriste. La vérité est pourtant que Mehdi Nemmouche, comme Mohammed Merah avant lui, ne nous apprennent rien sur le pays où ils sont nés et la société où ils ont grandi. En revanche, il est essentiel de tirer d’un tel itinéraire djihadiste les leçons qui s’imposent pour prévenir une menace grandissante.

Plus de vingt années à suivre du moins loin possible la mouvance djihadiste m’ont amené à la plus grande prudence sur les concepts de « radicalisation » et de « loup solitaire ». Là où d’aucuns voudraient identifier des trajectoires vers l’extrémisme, je ne vois souvent que basculement après un choc individuel ou collectif.

L’épouvante syrienne déstabiliserait à cet égard les personnalités les plus solidement charpentées. Quant au mythique « loup solitaire », je ne l’ai jamais rencontré. Et je suis prêt à parier que Mehdi Nemmouche, qui a effectué un complexe détour par l’Extrême Orient avant de rejoindre la Belgique depuis la Syrie, avait derrière lui un réseau d’appui, voire des donneurs d’ordre.

Les trois leçons de l’attentat de Bruxelles et de cette cavale interrompue me semblent plutôt les suivantes, la non-intervention en Syrie a aggravé la menace djihadiste qu’elle prétendait justement endiguer, EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) prépare de nouveaux attentats en Europe et ce défi de sécurité collective ne peut être relevé à l’échelle de la France, mais bien de l’Europe, et si possible de l’ONU.

La non-intervention en Syrie a aggravé la menace djihadiste

Cela fait plus de trois ans que le dictateur Bachar al Assad a eu les mains libres pour massacrer une population qui avait osé lui résister. Cette révolution syrienne s’en est tenue durant de longs mois à une stratégie non-violente, qui a laissé de marbre les puissances occidentales, tandis que la Russie et l’Iran assuraient le despote de leur soutien inconditionnel. L’opposition syrienne a finalement opté pour la voie armée par défaut et sans plan d’ensemble, ce qui a favorisé l’autonomisation des groupes combattants. Cette segmentation ne peut surprendre que ceux qui ont oublié le rôle des parachutages anglo-saxons dans l’unification opérationnelle de la résistance française.

Plus grave, le refus occidental de permettre à la résistance syrienne de contester le monopole aérien du régime Assad a laissé les zones, même libérées de la dictature, toujours vulnérables aux bombardements réguliers par avions et par hélicoptères, en toute impunité. On ne reviendra pas ici sur l’utilisation massive de gaz de combat par Assad contre les habitants de sa propre capitale, en août 2013.

Ces crimes contre l’humanité perpétrés au vu et au su du monde entier ont ouvert la Syrie aux djihadistes venus de l’Irak voisin, où ils avaient établi dès 2006 leur « état islamique ».

Ils ont été ménagés par Bachar al Assad qui voyait en eux l’instrument d’une division durable du camp révolutionnaire. Ils étaient aguerris par des années d’insurrection en Irak et disposaient d’un armement lourd qui faisait cruellement défaut à la résistance syrienne.

En avril 2013, Abou Bakr al Baghdadi, leur chef, a proclamé l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), connu aussi sous ses acronymes (anglais) d’ISIS et (arabe) de Daech.

Depuis janvier 2014, la coalition révolutionnaire se bat sur deux fronts, contre le régime syrien et contre les djihadistes de l’EILL, qu’elle a expulsé après de terribles combats hors d’Alep et du reste des zones « libérées » du nord du pays. Très concrètement, les résistants syriens luttent avec acharnement, et dans un rapport de forces écrasant en leur défaveur, contre deux types d’intervention étrangère, celle des milices pro-iraniennes du Liban et de l’Irak aux côtés du régime, d’une part, celle des djihadistes de Baghdadi, d’autre part. Ceux-ci ont constitué un « Jihadistan » aux confins de la Syrie et de l’Irak, où ils ont rassemblé des milliers de « volontaires » de toutes nationalités.

EIIL prépare de nouveaux attentats en Europe

Mehdi Nemmouche, loin d’être un « loup solitaire », n’est sans doute que l’éclaireur d’une nouvelle vague de terroristes encadrés par EIIL. Baghdadi a l’ambition de son mentor Zarqaoui, tué en 2006 en Irak, il œuvre à consolider une « base » (en arabe Qaida) géographique avant de mobiliser la « base » de données de réseaux cosmopolites, capables de projeter la terreur au-delà des frontières régionales de la « base » physique. Zarqaoui avait ainsi frappé sa Jordanie natale en 2005, jetant dans les rues d”Amman une marée humaine de protestation contre al Qaida (même l’Espagne n’a pas connu de tels rassemblements après le carnage du 11 mars 2004). Baghdadi n’a rien à craindre de Bachar al Assad, qui concentre ses pilonnages contre les révolutionnaires syriens (au moins deux mille civils ont péri dans la seule ville d’Alep depuis le début de 2014 dans des lâchages de « barils », en fait des containers bourrés de TNT et de grenaille pour en maximiser l’impact destructeur et incendiaire). EIIL a donc toute latitude pour animer les fameuses « filières djihadistes » vers la Syrie.

Peu importe la motivation initiale des « montées » au djihad, une fois sur place, l’individu, le groupe d’amis ou la famille déracinée sont totalement à la merci de la structure ultra-violente de l’EIIL. L’aliénation linguistique aggrave l’isolement pour ces égarés qui maîtrisent très mal l’arabe (et qui de surcroît sont mandatés par leurs commissaires politiques pour imposer le « vrai islam », en fait la doctrine totalitaire de l’EIIL, aux musulmans syriens). J’ai pu constater à Alep durant l’été 2013 la rancœur, voire la haine des syriens à l’encontre de ces « martiens » (sic) intolérants et brutaux. L’utilité militaire des « volontaires » étrangers étant pour le moins discutable, ils sont assignés au recrutement par facebook d’un « quota » de compatriotes, d’où la progression exponentielle des départs en Syrie, le « djihad » proclamé n’étant souvent qu’un prétexte à une évasion orientale. Le réveil est brutal et EIIL est alors en mesure, par des pressions diverses, de renvoyer un terroriste actif ou un militant « dormant » en Europe.

Car c’est bien l’Europe qui est visée, et non un pays en particulier. Al Qaida a toujours frappé les occidentaux pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils font. La rhétorique homicide d’al Qaida contre « les juifs et les croisés » peut justifier aussi bien un attentat antisémite, tel celui de Bruxelles, que des frappes aveugles dans des lieux publics, comme à Madrid en 2004 ou Londres en 2005.

C’est ce type de carnage que Baghdadi rêve de perpétrer à son tour avec deux objectifs, évincer une fois pour toutes le successeur de Ben Laden, Ayman Zawahiri, sur lequel il a déjà pris un ascendant décisif, déclencher, à la faveur du climat populiste et xénophobe en Europe, un cycle de représailles racistes et de violence intercommunautaire, qui lui fournira de nouvelles recrues et confortera a posteriori son discours de haine.

Ce défi de sécurité collective ne peut être relevé à l’échelle de la seule France

Les gouvernements Ayrault et Valls ont pris la mesure du danger bien avant la plupart de leurs partenaires européens, à l’exception notable de la Belgique. Mais les plans les plus cohérents à l’échelle nationale ne peuvent endiguer ce qu’un professionnel de la lutte anti terroriste appelait devant moi le « tsunami » qui s’annonce depuis la Syrie. La France de François Hollande a eu le courage d’intervenir au Mali en janvier 2013 alors qu’Al Qaida au Maghreb Islamique, certes capable de frapper les intérêts français dans la zone, n’était pas en mesure de viser le territoire national. Il en va tout autrement pour EIIL, la France ne saurait rester seule à s’engager quand la menace s’étend potentiellement au continent tout entier. Car plus un pays européen n’est épargné et même la paisible Finlande compte aujourd’hui une trentaine de djihadistes en Syrie.

Il n’est plus désormais question du sort de la malheureuse Syrie, des cent soixante mille morts d’un conflit barbare, du million de blessés, de l’exode forcé hors de leurs foyers d’au moins un tiers des vingt deux millions de syriennes et de syriens.

Il s’agit bel et bien d’une menace pour la sécurité internationale, à la différence de Ben Laden dans l’Afghanistan taliban, de 1996 à 2001, Baghdadi n’a aucun mollah Omar à ménager et il est le maître absolu de son « état islamique ».

Baghdadi dispose de sans doute dix fois plus de « volontaires » étrangers à renvoyer dans leur pays d’origine que Ben Laden n’en contrôlait à la veille du 11septembre 2001. Autant l’Afghanistan était enclavé et difficile d’accès, autant la Syrie est via la Turquie en continuité territoriale avec l’Europe. Le compte à rebours a probablement déjà commencé en vue d’un attentat majeur sur notre continent.

La question est dès lors d’une tragique simplicité, soit Bachar al Assad est un rempart contre le terrorisme et le djihadisme, comme le prétendent à l’unisson Marine Le Pen et Vladimir Poutine, une fois de plus en harmonie, soit la révolution syrienne est la seule voie pour terrasser l’hydre djihadiste et prévenir sa projection bien au-delà du Moyen Orient.

Trois ans à prêcher ceci en faisant cela ont fait le lit de Baghdadi et de ses séides. On ne pourra décidément pas dire que l’on ne savait pas.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 18:34

Les proches des victimes de Mohamed Merah parlent de dysfonctionnements (Reuters)

Les avocats des familles de victimes de Mohamed Merah, qui a tué sept personnes en mars 2012 à Toulouse et Montauban, critiquent les « dysfonctionnements » dans le suivi de deux de ses proches, dont sa soeur Souad Merah, qui se sont volatilisés.

Après les départs jugés probables par le gouvernement vers la Syrie de Souad Merah et de Sabri Essid, figure de la mouvance salafiste toulousaine, ils demandent que les autorités creusent la piste d’éventuelles complicités.

Frédéric Picard et Béatrice Dubreuil, les conseils de la famille d’Abel Chennouf, l’un des deux soldats abattus par Mohamed Merah, ont déposé Lundi 2 Juin 2014 deux demandes d’actes auprès des magistrats chargés de l’enquête sur les tueries.

Ils ont réclamé l’audition de la mère de Souad Merah ainsi que celle des proches de Sabri Essid, qui entretenait des liens étroits avec le tueur au scooter et sa famille.

« Nos clients veulent savoir quel est le climat dans cette famille qui, à l’exception d’un frère et d’une sœur, semble fortement radicalisée. Ces investigations pourraient permettre d’établir d’éventuelles complicités », a déclaré à Reuters Frédéric Picard, qui s’étonne que Souad Merah ait pu quitter aussi facilement le territoire français et dénonce les « ratés dans son suivi, comme cela avait été le cas pour son frère ».

Le profil de Mehdi Nemmouche, le suspect de la tuerie du musée juif de Bruxelles le 24 mai dernier, a contribué à réveiller le débat sur l'efficacité de l'anti terrorisme français, la capacité des autorités à lutter contre la radicalisation en prison étant mise en doute.

DÉCLASSIFICATION DU DOSSIER

Souad Merah, trente six ans, pratiquante d’un islam radical, avait été filmée à son insu en 2013.

Elle se félicitait dans la vidéo des actes perpétrés par son frère.

Mohamed Merah, qui se réclamait d'al Qaïda, est mort à vingt trois ans lors de l'assaut de son appartement toulousain par le raid.

Les deux avocats se sont joints pour cette demande d’audition à celui de Yaacov Monsonego, dont la fille de huit ans a été abattue par Mohamed Merah dans l’école juive Ozar Hatorah, et d’Eva Sandler, qui a perdu dans cette tuerie son mari, le rabbin Jonathan Sandler, trente ans, et ses deux fils de trois et de six ans.

Frédéric Picard et Béatrice Dubreuil ont par ailleurs demandé la « déclassification » du dossier de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) sur Moez Garsallaoui, considéré par les services de renseignement européens comme le pivot du recrutement djihadiste venant d'Europe et qui aurait été tué en octobre 2012 au Pakistan.

« S’il s’avère que Mohamed Merah a agi avec l’onction de Moez Garsallaoui, comme le groupe dont il était un membre-clé l’a revendiqué sur internet, alors la théorie du loup solitaire n’a plus la moindre validité », estime Me Picard.

Pour l’avocat, tout tend au contraire à montrer que « Merah n’était pas seul et qu’il faisait partie d’une filière structurée et que donc des complicités restent à établir ».

De son côté, Samia Maktouf, l’avocate de la famille d’Imad Ibn Ziaten, le militaire tué à Toulouse, a adressé fin mai un courrier au ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve.

PAS UN « LOUP SOLITAIRE »

Elle y fait part de la « stupéfaction la plus totale » de ses clients après l’annonce du départ probable pour la Syrie de Souad Merah et de Sabri Essid, qui a déjà été condamné dans une affaire de filière djihadiste irakienne.

Pour l’avocate, le fait que ces deux proches de Mohamed Merah aient pu quitter le sol français est « un nouveau dysfonctionnement grave qui vient s'ajouter à une série déjà longue dans cette même affaire ».

Elle a demandé aux magistrats en charge de l’enquête que ces deux personnes fassent l’objet d’un mandat d’arrêt international et soient auditionnés.

« Sabri Essid est un élément déterminant dans la boucle des complicités », a dit Samia Maktouf.

« Sabri Essid et Souad Merah ont disparu des écrans radar comme Mohamed Merah l’avait fait avant de commettre ses actes horribles. Mes clients ont l’impression de revivre les mêmes prémices », a-t-elle ajouté. « Nous n’avons pas l’impression que la police et les personnes chargées de notre sécurité aient pris conscience de la gravité de la situation ».

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 18:15

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/06/04/embarrasses-les-pays-occidentaux-veulent-eviter-de-passer-a-l-action_4431721_3210.html

Embarrassés, les pays occidentaux veulent éviter de passer à l’action

Par Alexandra Geneste (correspondante à l’ONU à New York), Stéphanie Maupas (correspondante à La Haye) et Yves Michel Riols

Mercredi 4 Juin 2014

Laurent Fabius a été le premier à accuser publiquement le régime syrien d’avoir utilisé des armes chimiques à base de chlore, sans évoquer cependant de « preuves ». Le 14 avril, à Washington, le ministre des affaires étrangères affirmait que Damas avait eu « recours à quatorze » reprises à ces armes « depuis le 25 octobre 2013 ».

Le lendemain, ces allégations étaient reprises par le secrétaire d'état américain, John Kerry, en marge d'une réunion du groupe des « Amis de la Syrie » qui se tenait à Londres. « J'ai vu des données brutes qui suggèrent, comme la France l'a elle-même suggéré, que du chlore a été utilisé à plusieurs reprises dans le cadre de la guerre », a-t-il souligné. « Si cela a été le cas, et si cela peut être prouvé », a-t-il ajouté, « ce serait une violation du traité sur les armes chimiques de 1925 et de la convention sur l'interdiction des armes chimiques que la Syrie a signée ».

Damas avait ratifié cette convention en septembre 2013, sous la menace de frappes militaires occidentales après l'attaque au sarin de la banlieue de Damas, qui avait causé quelque mille cinq cent morts le 21 août 2013. La Syrie s'était aussi engagée à démanteler son arsenal chimique, plus d'un millier de tonnes, sous supervision de l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC). Le chlore ne fait pas partie de l'arsenal déclaré par Damas (Sarin, gaz moutarde, VX) et n'est pas considéré comme une arme chimique, même s'il est mortel lorsqu'il est utilisé à de hautes concentrations.

Pourtant, ni Paris, ni Washington, ni Londres, qui disposent d'éléments tangibles sur les récentes attaques au chlore de l'armée syrienne, n'ont rendu publics leurs éléments de preuve.

Une telle démarche placerait de nouveau la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en position de devoir agir, ayant eux-mêmes tracé une « ligne rouge » quant à l'usage des armes chimiques. Or, le souvenir cuisant des mois d’août et de septembre 2013, quand Paris était sur le point de frapper militairement la Syrie avant de se replier faute du soutien de Washington, est encore dans toutes les mémoires.

« Depuis le mois de mars, les données recueillies par la France ont été transmises à l'OIAC », assure-t-on à Paris, en précisant que Washington et Londres disposaient de « témoignages concordants ». Cette agitation diplomatique a déclenché, fin avril, la décision de renvoyer en Syrie des inspecteurs de l'OIAC chargés « d’établir les faits en lien avec les allégations persistantes d'attaques au chlore ». Alireza Jahangiri, le représentant de l'Iran, allié du régime de Damas, a mis en garde contre « toute pression politique sur les activités et les conclusions de l'équipe ».

Mais la mission a tourné court. En route, le 27 mai, pour Kafr Zita, lieu présumé d'attaques au chlore, le convoi des inspecteurs de l'OIAC a été attaqué. Les inspecteurs ont été enlevés par un « groupe armé » dont l'identité n'a pas été précisée par l'OIAC, avant d'être relâchés quelques heures plus tard, demi-tour, direction Damas. L'équipe n'a donc pu mener son enquête.

Si l'OIAC parvenait à confirmer les accusations d'attaques au chlore, l'organisation devrait alors saisir le conseil de sécurité de l’ONU. Au terme de la résolution adoptée le 26 septembre 2013 sur le désarmement chimique de la Syrie, l'ONU pourrait alors, théoriquement, envisager des sanctions contre Damas. Un scénario improbable en raison du droit de veto de la Russie, allié indéfectible de Damas, et que les occidentaux préfèrent éviter de toute façon, afin de ne pas exposer au grand jour leurs hésitations et divisions, mais aussi de ne pas aggraver les tensions avec la Russie de Vladimir Poutine.

Eviter le blocage du processus de démantèlement

Les pays occidentaux ont une autre préoccupation, éviter le blocage total du processus de démantèlement de l'arsenal chimique syrien officiellement recensé en octobre 2013. Plus personne ne croit, en effet, que la date limite du 30 juin 2014 pour démanteler l'arsenal syrien sera respectée par le régime de Bachar al Assad.

La Syrie aurait déjà dû détruire l'intégralité de ses installations de production d'armes au 15 mars 2014, mais douze sites, des hangars et tunnels, sont encore sur pied. Damas souhaite conserver les hangars et couler du béton dans les tunnels, mais plusieurs pays, Etats-Unis en tête, s'y opposent et prônent une destruction pure et simple de ces installations.

Par ailleurs, quatre vingt douze pour cent des mille deux cent tonnes d'agents chimiques déclarés par la Syrie ont été détruits ou embarqués sur des navires militaires danois et norvégiens stationnés dans le port de Lattaquié. Ces agents chimiques sont ensuite détruits sur le Cape Ray, un navire américain spécialement affrété pour cette opération, qui croise depuis décembre en mer Méditerranée. Les résidus seront ensuite éliminés dans des usines britanniques, américaines et finlandaises.

Le 22 mai, devant le conseil exécutif de l'OIAC, la France estimait que « le régime conserve une capacité d'emploi offensif chimique et la volonté d'en faire usage » et ajoutait que « la menace chimique subsistera tant que l'objectif d'un démantèlement complet n'aura pas été atteint ».

A Paris, personne n'ignore cette impasse diplomatique, mais l'enjeu est ailleurs.

En attirant l'attention sur de nouveaux recours à des armes chimiques par Damas, l'objectif est de saper la légitimité que Bachar al Assad tentera de retirer de l'élection présidentielle du 3 juin. « Un régime qui ne respecte pas ses engagements internationaux et qui utilise des armes chimiques contre sa propre population ne peut jamais faire partie d'une solution d'avenir », insiste-t-on à Paris.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 20:27

http://www.mediapart.fr/journal/international/020614/espagne-et-maintenant-la-republique

Et maintenant la république

Par Ludovic Lamant

Après l’abdication de Juan Carlos, des partis et autres collectifs issus des mouvements « indignés » veulent la tenue d’un référendum sur l’avenir de la monarchie. La transition, cycle ouvert avec la mort de Franco en 1975, déjà mise à mal par la crise, est en train de prendre fin.

Cela n’a pas traîné. À peine Juan Carlos, né en 1938, trente neuf ans de règne au compteur, a-t-il annoncé, Lundi 2 Juin 2014, son abdication que les appels ont fusé pour un référendum « dès maintenant » sur l’avenir de la monarchie en Espagne. Des partis de gauche mais aussi des collectifs issus de la mouvance « indignée » sont montés au créneau, appelant à des rassemblements dès lundi soir dans des dizaines de villes du pays.

Les écolo-communistes d’Izquierda Unida (IU), les partisans de Podemos, ce nouveau parti qui fut la révélation des élections européennes (voir sur ce site les articles consacrés à Podemos en date du 28 mai 2014 et du 22 mai 2014) des élections européennes, les écologistes d’Equo ou encore les jeunesses socialistes (groupe relié au PSOE, mais indépendant quant à sa ligne politique) réclament tous une consultation populaire, pour savoir si les espagnols veulent poursuivre avec la monarchie.

Côté société civile, Ada Colau, star de l’activisme post 15 mai (mouvement des indignés du 15 mai), longtemps à la tête de la plateforme anti-expulsions de leur logement des personnes n’ayant pu payer leurs hypothèques (PAH) l’écrivain Isaac Rosa ou encore le collectif « Jeunesse Sans Avenir », l’un des piliers du mouvement du 15 mai, ont tous, eux aussi, relayé l’appel.

L’esprit républicain s’est invité dans les manifestations espagnoles des derniers mois. On a vu flotter le drapeau rouge, jaune et violet, identifié à la seconde république (proclamée en 1931), dans « marées » (mouvement contre la privatisation de la santé, pour l’éducation, contre l’émigration forcée). Peu après le surgissement des « indignés » sur la place Puerta del Sol à Madrid en mai 2011, l’une des commissions qui s’était constituée au sein du mouvement, proposait d’en finir avec la monarchie, elle s’intitulait, non sans humour, « Toma la Zarzuela », un appel à la prise de la Zarzuela, cette luxueuse résidence de Juan Carlos, dans les environs de Madrid.

Logique, donc, qu’au moment où le roi abdique, ces activistes tentent de se reposer, en grand, la question républicaine. Avec un sens du timing qui laisse pantois, Alberto Garzon, l’une des figures d’Izquierda Unida, publie, cette semaine à Madrid, un essai programmatique au titre définitif, « la troisième république ». Dans l’esprit de ce député, il s’agit de basculer de la monarchie à la république, pour en finir, avant tout, avec un régime corrompu, marqué par une collusion permanente entre milieux politiques et financiers.

La presse espagnole spéculait depuis des mois sur l’abdication du roi, tant sa fin de règne fut agitée. Aux problèmes de santé récurrents, huit opérations lourdes depuis 2009, se sont ajoutées des affaires de corruption éclaboussant le premier cercle familial, « l’affaire Noos », qui met en cause l’une des filles du roi, l’infante Cristina, et son mari, l’ancien champion olympique de handball Iñaki Urdangarin, accusés de détournement de plusieurs millions d’euros de fonds publics, des doutes sur l’origine de sa fortune apparemment colossale, mais aussi la révélation de frasques privées qui ont choqué nombre d’espagnols piégés par la crise (à commencer par l’épisode de la chasse aux éléphants, au Botswana en 2013, chiffrée à trente sept mille euros). Les sondages laissent entendre qu’une majorité d’espagnols réclamait son départ.

Mais le moment de l’annonce est particulier, cette abdication intervient à quelques jours du mondial de football, et surtout une semaine à peine après les résultats des élections européennes, qui ont profondément redessiné le paysage politiquement espagnol. Les deux partis censés avoir assuré la stabilité de la vie politique depuis le début de la transition, le Parti Populaire (PP, au pouvoir) et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE, dans l’opposition), ont souffert d’une désertion de leur électorat. À eux deux, ils ne totalisent plus que cinquante et un pour cent des voix (contre près de quatre vingt cinq pour cent lors du scrutin de 2009).

D’autres formations en ont tiré avantage, comme Izquierda Unida (dix pour cent), Podemos (huit pour cent), ou encore UPYD (un parti centriste, 6,5 %). Ces poussées électorales ont confirmé, en creux, la fin du bipartisme espagnol « à l’ancienne ». Bref, en huit jours à peine, ce sont deux des piliers qui ont permis de négocier l’après Franco, et d’assurer, pendant de longues années, la stabilité du pays, qui viennent de s’effriter. A cela s’ajoute la fragilité d’une constitution, qui date de 1978, mise à mal par les volontés indépendantistes de certaines communautés, comme la Catalogne. La « culture de la transition » (entre 1975 et 1978), pour reprendre l’expression du journaliste Guillem Marinez qui a endormi l’Espagne depuis des décennies, s’est fissurée.

« La bonne nouvelle, c’est que la transition a pris fin, au bout de quarante ans », écrit l’écrivain Isaac Rosa, défenseur ardent d’une troisième république espagnole. « Elle se termine par assèchement, par effondrement, par une forme de pourrissement avancé des piliers qui la soutenaient, les institutions, le bipartisme, le système économique, le modèle territorial, et bien sûr, la couronne, qui s’est effondrée de l’intérieur, d’elle-même, ce n’est pas nous qui l’avons détruite ».

Et l’écrivain d’enfoncer le clou, en évoquant la « seconde transition » qui se profile, avec le règne de « Felipe, Philippe de Bourbon, que les publi reportages nous présentent depuis des années comme un roi jeune, prêt pour l’exercice du pouvoir, proche des gens, qui vit ancrer dans son temps, n’apportera que du vieux (mas de lo mismo, plus du même). C’est un Bourbon, il appartient à cette tradition de rois qui, à chaque fois, ont échoué, et sont à l’origine de bien des maux du pays. Il a grandi dans l’ombre de son père et de sa famille, et son seul élément distinctif, c’est qu’il s’est marié à une plébéienne. Fin du changement, il sera un chef d’état dont la seule légitimité est d’être un fils de. Un anachronisme anti démocratique, à une époque où les citoyens exigent davantage de démocratie ».

L’Espagne n’a connu qu’à de courts intervalles un régime républicain. Le premier épisode a duré moins de deux ans (en 1873 et en 1874), précipité par le coup d’état du général Martinez Campos. Le second, le plus connu, qui s’est étalé du 14 avril 1931 au 18 juillet 1936, a pris fin à cause du coup d’état d’un autre général, Franco. Ce dernier devait, au terme d’une guerre civile de trois ans, mettre en place une dictature. Après la mort de Franco le 20 novembre 1975, et l’arrivée sur le trône de Juan Carlos deux jours plus tard, l’Espagne allait finir par se doter d’une nouvelle constitution (1978), toujours en vigueur aujourd’hui.

Le débat reste entier, aujourd’hui, sur la responsabilité de la monarchie dans la crise actuelle, de l’effondrement de la bulle immobilière aux politiques d’austérité. Le sujet est loin de faire l’unanimité, y compris au sein des mouvements sociaux, dans une Espagne qui reste profondément conservatrice. Nombreux sont ceux qui jugent que le sujet n’est pas prioritaire.

« La crise que nous vivons est si forte que personne ne l’interprète en rejetant la faute sur la monarchie. L’histoire de l’Espagne a été si triste qu’il n’existe pas de bons exemples de présidents républicains. Ils ont tous été catastrophiques et Azaña (Manuel Azaña, au pouvoir de 1936 à 1939) est arrivé quand la guerre civile était déjà déclenchée, du coup la conscience sociale l’associe au chaos, à l’instabilité », analysait il y a peu l’historien Pablo Sánchez León.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 19:55

Répression en Chine à l’approche de l’anniversaire de Tiananmen (Reuters)

Cinq défenseurs des droits de l'homme ont été inculpés en Chine après s'être réunis dans un appartement pour marquer le vingt-cinquième anniversaire de la répression sanglante du « printemps de Pékin ».

Une quinzaine de personnes, dont des universitaires, des écrivains et un avocat qui défend des dissidents, avaient participé début mai à un rassemblement dans un appartement privé de Pékin pour évoquer les événements du 4 juin 1989.

Quelques jours plus tard, cinq d'entre eux avaient été placés en détention après la diffusion sur internet d'une photo du rassemblement. Ils ont été inculpés de « provocation de troubles », un délit passible de cinq ans de prison.

Selon des militants, c'est la première fois que les autorités chinoises procèdent à des inculpations à la suite de commémorations organisées en privé, illustrant la détermination de Pékin à étouffer toute mention des événements du 4 juin 1989.

A l'approche de la date anniversaire, Pékin procède habituellement à des assignations à résidence temporaires et renforce les mesures de sécurité.

« C'est la première fois que nous constatons de telles mesures de répression », a déclaré Zhang Lifan, un historien présent lors de la réunion privée du 3 mai à Pékin.

Selon Amnesty International, quarante huit personnes ont été emprisonnées, placées en résidence surveillée, interrogées par la police ou sont portées disparues à l'approche du vingt-cinquième anniversaire des événements.

La police a par ailleurs incité les journalistes étrangers à ne pas se rendre sur des « lieux sensibles » et à ne pas réaliser d'interview sur le sujet.

Les autorités policières n'ont pas souhaité commenter ces informations, tout comme un responsable du centre de détention numéro un de Pékin, où sont actuellement retenus cinq participants à la réunion du 3 mai, quatre hommes et une femme.

La répression de Tiananmen est l'un des anniversaires les plus sensibles en Chine. Après avoir dans un premier temps toléré les manifestations d'étudiants au printemps 1989, le Parti Communiste Chinois avait envoyé l'armée le 4 juin pour mettre fin au mouvement.

Il n'existe aucun bilan officiel de cette répression. Des organisations de défense des droits de l'homme et des témoins parlent de centaines, voire de milliers de morts.

L'anniversaire intervient alors que la Chine est confrontée à de multiples défis, comme le ralentissement de la croissance économique, la pollution, une corruption endémique et la multiplication des violences dans la région du Xinjiang.

« C'est une période difficile pour la Chine. Ils tentent de garder un contrôle strict », a déclaré David Zweig, spécialiste de la politique chinoise à l'université des sciences et des technologies de Hong Kong.

LIGNE DURE

Parmi les personnes emprisonnées figurent l'avocat spécialiste des droits de l'Homme Pu Zhiqiang, la blogueuse dissidente Liu Do et le professeur Xu Youyu.

Lors de la réunion, selon des témoins, ils n'avaient pas semblé particulièrement inquiets d'éventuelles représailles, même s'ils avaient pris soin d'éteindre leurs téléphones portables.

Le lendemain, plusieurs participants avaient été convoqués par la police pour être interrogés.

Des perquisitions ont eu lieu à leurs domiciles et leurs ordinateurs saisis. Cinq d'entre eux ont été emprisonnés le 6 mai, ce qu'ont dénoncé les Etats-Unis et l'Union Européenne.

Si la répression sanglante de Tiananmen a toujours été un sujet tabou en Chine, des militants ont par le passé pu commémorer les événements sans être inquiétés. Mo Shaoping, un avocat du professeur Xu Youyu, évoque par exemple un grand rassemblement dans un hôtel de Pékin lors du vingtième anniversaire des événements du 4 juin 1989.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en mars 2013, son administration a adopté une ligne dure vis-à-vis des dissidents, multipliant les interpellations et le placement en détention de militants. Les conditions de travail des journalistes ont également empiré et les autorités ont resserré leur contrôle d'internet.

Certains groupes de défense des droits de l'homme évoquent les pires atteintes à la liberté d'expression depuis des années.

Plusieurs proches des personnalités placées en détention ont fait part de leur surprise car tous ne sont pas de virulents critiques du gouvernement.

Xu Youyu est chercheur à l'académie chinoise des sciences sociales tandis qu'Hao Jian, l'hôte de la réunion, enseigne à l'école de cinéma de Pékin.

La cinquième personne placée en détention est Hu Shigen, un écrivain ayant déjà passé seize années derrière les barreaux pour avoir voulu organiser en 1992 des manifestations à la mémoire des victimes du 4 juin.

Pu Zhiqiang est l'un des avocats de militants des droits de l'homme les plus connus en Chine et a notamment défendu l'artiste Ai Weiwei. Etudiant, Il avait participé aux manifestations de 1989.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:51

http://www.resistons.net/index.php?Rassemblement-a-Montpellier-ni-Juan-Carlos-ni-Felipe

Rassemblement à Montpellier

Ni Juan Carlos, ni Felipe

Par Francis Viguié

Mardi 3 Juin 2014

Le régime issu de la transition espagnole de 1978 est en crise majeure.

Ce régime avait pour base la monarchie, le bipartisme et l’unité de l’Espagne. Ces trois éléments sont aujourd’hui en crise ouverte.

La monarchie est discréditée. Entre le roi Juan Carlos adorant la chasse à l’éléphant au Bostwana alors que le peuple espagnol subit les coupes budgétaires, la fille du roi et son mari inculpés pour détournement de fonds, la « Casa Real » est délégitimée et une caricature minée par la corruption.

Le bipartisme, deuxième pilier de la transition, est remis en question.

Lors des dernières élections européennes, le Parti Populaire (droite) et le PSOE ont perdu cinq millions de voix alors qu’Izquierda Unida passait de 3,5% à 10% et Podemos, nouveau courant politique issu des indignés, réalisait 8%.

L’unité de l’Espagne est aujourd’hui mise à mal en Catalogne qui le 9 novembre entend décider de son avenir, alors que la constitution espagnole ne permet pas le droit à l’auto détermination, ni même le droit à décider par referendum.

La crise économique est aujourd’hui une crise sociale et politique mettant en cause le régime de la transition.

En abdiquant, le roi Juan Carlos essaie de sauver la monarchie en passant le pouvoir à son fils.

La réaction ne s’est pas faîte attendre. Dans toutes les villes d’Espagne, Izquierda Unida, Podemos, Equo (Verts) et les républicains ont appelé à se rassembler pour la troisième république et exigent un referendum sur la monarchie.

En effet, à aucun moment le peuple espagnol n’a eu à se prononcer sur la monarchie.

C’est Franco et la hiérarchie catholique, qui sont allés chercher le roi.

La lutte contre la monarchie est indissociable des luttes actuelles contre le régime.

Il est tout à fait positif que les jeunes espagnols de Montpellier se mobilisent en même temps que les villes de l’état espagnol. Comme ils l’avaient déjà fait avec la mobilisation « Jovenes Sin Futuro », puis avec la « Marea Granate », ils appelaient Lundi 2 Juin 2014 à se rassembler place de la Comédie « contre la monarchie, pour la république, pour un referendum ». Cette jeunesse est indiscutablement un acteur politique du mouvement social de Montpellier.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:34

http://www.europapress.es/nacional/noticia-concentrados-puerta-sol-favor-republica-citan-nuevo-martes-2000-horas-20140603073825.html

Le rassemblement sur la Puerta del Sol en faveur d’une république donne rendez vous à nouveau mardi à 20 heures.

Il y a une évolution de la note que les citoyens donnent à la monarchie.

Madrid, Mardi 3 Juin 2014 (Europa Press)

L’assemblée qui s’est transformée ce lundi en un rassemblement de masse sur la Puerta del Sol en faveur d’une république s'est terminée hier soir avec la proposition de revenir sur la place centrale de Madrid ce mardi, pour une deuxième journée consécutive, à 20 heures.

Les participants à l’assemblée commençaient à diminuer peu après 22 heures alors que continuait le rassemblement en faveur d'une république qui a eu lieu et auquel participaient des dirigeants politiques d’Izquierda Unida et d'autres formations comme Equo.

Lors de l’assemblée, différents citoyens se succédaient dans le tour de parole, dans lequel on pouvait entendre les déclarations classiques du mouvement du 15 mai. A la fin de la réunion, qui s'est tenue au pied de la statue équestre de Carlos III, il a été décidé de retourner sur la place pour continuer la discussion.

Certaines des propositions qui ont été lancées parmi les participants étaient que les manifestants reviennent avec des tentes, comme cela a été fait dans le mouvement du 15 mai en 2011.

Certains participants ont proposé l’organisation de manifestations dans le proche avenir, comme par exemple Samedi 7 Juin 2014.

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