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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 19:03

http://pcf.venissieux.org/Analyse-detaillee-des-resultats,1434.html

Vénissieux 2014, le communisme municipal a de l’avenir

Dimanche 13 Avril 2014

Beaucoup a été dit sur les conditions de l’élection municipale de Vénissieux, et les recours déposés par le préfet contre l’élection des deux candidats identitaires, comme le recours déposé par le candidat de droite confirme que la « démocratie occidentale » est profondément malade.

Mais ce serait une erreur de se focaliser sur ce déchainement, notamment d’un parti socialiste mafieux et communautariste, car les faits principaux que les résultats de cette élection révèlent sont au contraire, ne sont pas issus de ces manœuvres mais bien de la réalité politique profonde de notre pays et aussi de la campagne militante menée par la liste de rassemblement conduite par Michèle Picard, par la section du parti communiste, avec toutes les autres forces.

Le fait principal entre les deux tours, n’est pas le déchainement dans quelques bureaux de votes du Parti Socialiste et de la droite pour aller chercher des électeurs venant voter en groupe avec souvent des enveloppes pré-remplies, mais au contraire la mobilisation comparée de chaque force sur l’ensemble de la ville.

C’est la droite qui progresse le plus au total (mille deux cent quatorze voix), et même si on tient compte des reports de la liste UDI, elle progresse encore de quatre cent soixante seize voix. Son recours pour dire qu’elle aurait été « victime » des fraudes du Parti Socialiste est donc totalement infondé.

La liste Picard progresse plus (mille deux cent quatre voix) que la liste socialiste (neuf cent vingt huit voix), et toujours si on tient compte des reports, Michèle Picard progressant de quatre cent quatorze voix et le PS de trois cent voix seulement, malgré les énormes moyens mobilisés.

Et si on regarde l’évolution plus longue, notamment par rapport aux législatives de 2007 et de 2012, et aux cantonales de 2008, on constate que la droite progresse bien sûr nettement sur 2012 (mille cinq cent quarante huit voix), mais est très loin de retrouver ses scores de 2007 (elle perd neuf cent trente voix), et que le total droite et extrême-droite ne progresse que de cinq cent vingt six voix sur 2012, soit six cent trente et une voix de moins qu’en 2007. La poussée à droite est donc limitée. La droite dépasse tout juste les quarante pour cent des exprimés, alors qu’elle avait atteint quarante deux pour cent aux cantonales de 2008, et aux législatives de 2007 !

On constate que le parti communiste progresse de sept cent soixante et une voix sur 2007 et quatre cent quatre vingt cinq voix sur les cantonales de 2008, dans un contexte de fort reflux de la gauche, cela montre la capacité de résistance, de mobilisation et de rassemblement des communistes de Vénissieux.

Enfin, la question clef du rapport de forces avec le Parti Socialiste est claire. Ceux qui croyaient que le vote socialiste de 2012 état un vote d’adhésion qui légitimait les socialistes de Vénissieux en sont pour leur frais. Michèle Picard mobilise plus de soixante dix pour cent des voix de la gauche unie en 2008 !

Ce qui est donc dominant, au contraire de ce qui fait l’actualité journalistique, c’est la logique politique de poussée à droite qui se constate à Vénissieux comme ailleurs, et en même temps, la vraie mobilisation en faveur de Michèle Picard avec une campagne militante et respectueuse des citoyens qui fait que la gauche résiste à Vénissieux !

Si on regarde de manière plus détaillée par quartiers, on peut constater plusieurs évolutions intéressantes.

Le Parti Socialiste a privilégié la recherche d’un vote communautaire avec une campagne frauduleuse, et il a effectivement gagné quelques centaines de voix sur cette base aux Minguettes, mais il a massivement perdu des voix dans son électorat traditionnel notamment au Moulin à Vent, le quartier le plus proche de Lyon, quartier ou au contraire le parti communiste et la droite progressent.

Malgré cette bataille, le Parti Socialiste n’arrive pas à empêcher le parti communiste de progresser aux Minguettes et il reste derrière lui dans cinq des sept bureaux de vote concernés.

Le quartier ou la droite progresse le plus entre les deux tours est justement les Minguettes, ce qui confirme l’effet de la bataille menée par presque toutes les listes opposées à Michèle Picard « pour en finir avec quatre vingt ans de communisme », slogan repris par l’extrême-droite, le Front National et les deux listes socialistes.

Le parti communiste conforte sa présence dans tous les quartiers en progressant fortement au Moulin à Vent, quartier traditionnellement plutôt socialiste.

Le parti communiste est le seul à représenter réellement toute la ville, des quartiers résidentiels aux quartiers les plus populaires. La dispersion entre quartiers de ses scores est faible (moins de dix sept pour cent) alors qu’elle est de cinquante pour cent pour l’extrême-droite, de quarante pour cent pour le Parti Socialiste et de trente deux pour cent pour la droite.

Par contre, le parti communiste est plus en difficulté dans un de ses quartiers fort historique, l’est de la ville avec de vieux quartiers résidentiels populaires (les anciennes maisons Berliet par exemple) et des quartiers populaires plus isolés ou la bataille de la droite a été forte, et ou la droite a réellement marqué des points.

Enfin, les inquiétudes sur l’effet des constructions nouvelles à Vénissieux et des changements sociologiques que cela induirait est clairement non fondé. Au contraire, les meilleurs résultats de Michèle Picard sont dans le centre ville, pourtant le plus impacté par la « densification urbaine » et l’arrivée de nouveaux habitants.

Comme toujours, le réel est complexe et ne peut se résumer à un slogan « on a gagné ». Mais il faut bien mesurer l’ampleur de ce résultat d’une bataille longue et difficile, d’une bataille acharnée dans laquelle la droite et le Parti Socialiste ont tout fait, et le pire, pour « faire tomber le dernier bastion communiste avec la faucille et le marteau ». Leur défaite crée une situation nouvelle et pleine de possibilités pour les habitants de Vénissieux, pour les forces de gauche, et pour le parti communiste.

L’expérience d’une forme de rassemblement par en bas, bien loin du carcan du Front De Gauche ou de l’union de la gauche issue du programme commun, un rassemblement populaire qui fait fi des étiquettes et se construit sur un projet, un engagement de travailler au concret, cette expérience peut se poursuivre pendant six ans avec une majorité municipale confortée et libérée des pressions politiciennes de l’accord avec le Parti Socialiste.

Avec trente quatre élus, dont vingt communistes, cinq élus du Parti de Gauche, trois verts et six personnalités, la majorité municipale est claire, et contrairement à tant de villes, ou le PCF croit rassembler en s’effaçant et en se retrouvant comme à Montreuil fortement minoritaire, chacun sait que l’histoire communiste de la ville se poursuit.

Le parti communiste a donc une responsabilité importante, mais il a les moyens de l’assumer, d’élargir encore le rassemblement de tous les habitants de Vénissieux, les prochaines élections de conseil de quartier seront un moment important pour cela. Avec onze adjoints et huit présidents de conseils de quartier qui vont travailler, c’est une force de frappe militante extraordinaire, et tout démontre dans les mandats précédents que les communistes élus travaillent de manière déterminée.

La campagne a mobilisé de nombreux militants qui sont disponibles pour continuer à agir dans leur quartier et leur entreprise. C’est une situation nouvelle qui peut permettre de « faire vivre et renforcer le PCF » dans des conditions nouvelles à Vénissieux, d’autant que chacun constate les évolutions à l’échelle de l’agglomération, et la place nouvelle, encore plus déterminante, que va prendre Vénissieux dans la vie politique départementale.

Oui, dans la douleur, ces élections municipales 2014 ont peut-être aidé à accoucher d’une issue progressiste à la crise du communisme municipal.

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 18:41
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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 18:13

Opération ukrainienne en cours pour reprendre Slaviansk (Reuters)

Les forces de sécurité ukrainiennes ont lancé Dimanche 13 Avril 2014 une opération visant à chasser les séparatistes pro-russes des bâtiments administratifs qu'ils occupent dans Slaviansk, ville de l'est de l’Ukraine où des morts ont été signalés dans les deux camps.

« Il y a des morts et des blessés de part et d'autre », a déclaré le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, en précisant qu'un millier d'hommes soutenaient les séparatistes dans le secteur de Slaviansk.

Un agent des services de sécurité a trouvé la mort et cinq autres ont été blessés lors de ce que le ministre a appelé « opération anti terroriste » en cours à Slaviansk, ville de cent mille habitants à cent cinquante kilomètres de la frontière russe.

Du côté des séparatistes, un homme est mort et deux autres personnes ont été blessées, rapporte l'agence de presse russe RIA.

A Kramatorsk, ville de deux cent mille habitants à une quinzaine de kilomètres de Slaviansk, des hommes en armes, disciplinés et portant des treillis sans insigne, ont pris samedi soir le contrôle du quartier général de la police, après une fusillade, avait constaté un journaliste de Reuters.

Des séparatistes se sont ensuite emparés dimanche de la mairie de Marioupol, ville de près de cinq cent mille habitants du sud-est de l'Ukraine, sur la mer d'Azov, rapportent les médias locaux.

Les contestataires ont pénétré dans le bâtiment à la suite d'une manifestation qui a rassemblé un millier de personnes pour réclamer la création d'une république séparée dans l'est de l'Ukraine, rapporte un journaliste local. La police n'est pas intervenue pour les bloquer. Ils sont entrés dans la mairie, ont amené le drapeau ukrainien et dressé des barricades autour du bâtiment.

A Kharkiv, grande ville de l'est, plusieurs personnes ont été blessées dans des affrontements entre des partisans de la révolution qui a porté au pouvoir à Kiev de nouveaux dirigeants pro-européens, et des partisans d'un rapprochement avec la Russie.

L'OTAN DÉNONCE LES TROUBLES DANS L'EST

Dans une autre ville de l'est, Zaporijjia, au bord du Dniepr, trois mille partisans des nouvelles autorités de Kiev ont manifesté et fait face à plusieurs centaines de pro-russes, dont beaucoup agitaient des drapeaux russes.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dénoncé dimanche l'agitation en cours dans l'est de l'Ukraine et prévenu que toute ingérence militaire de la Russie dans le pays accentuerait l'isolement international de Moscou.

« Je suis extrêmement préoccupé par cette nouvelle escalade des tensions dans l'est de l'Ukraine », a dit Anders Fogh Rasmussen.

« Nous assistons à une campagne de violence concertée de la part des séparatistes pro-russes, qui cherchent à déstabiliser l'Ukraine en tant qu'état souverain », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'OTAN a jugé que l'apparition dans l'est de l'Ukraine d'hommes portant des armes russes et des uniformes dépourvus d'insignes, comme en portaient des soldats russes pendant la prise de contrôle de la péninsule de Crimée début mars, constituait un « grave développement ».

Il a demandé à la Russie de prendre des mesures pour une « désescalade » de la crise en retirant ses milliers de soldats massés près de la frontière avec l'Ukraine. « Toute nouvelle ingérence militaire de la Russie, quel que soit le prétexte, ne fera qu'accroître son isolement international ».

Samantha Power, la représentante permanente des Etats-Unis à l'ONU, a rappelé dimanche que son pays était prêt à accroître les sanctions contre la Russie en cas de poursuite de l'escalade dans l'est de l'Ukraine.

« Nous avons vu », je pense, « que les sanctions peuvent avoir un effet et, si des actes comparables à ceux des derniers jours se reproduisent, nous irons vers une intensification des sanctions », a-t-elle dit.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que Kiev « se montrait incapable d'assumer ses responsables concernant le destin du pays » et a averti de nouveau que tout recours à la force contre des russophones en Ukraine « saboterait les possibilités de coopération » et notamment le dialogue à quatre qui doit avoir lieu jeudi entre la Russie, l'Ukraine, les Etats-Unis et l'Union Européenne.

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 02:36
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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 20:23

http://www.anticapitalistas.org/spip.php?article29615

http://www.democraciasocialista.org/?p=2877

Daniel Bensaid (1946-2010)

Recréer le projet socialiste

Mardi 8 Avril 2014


Le texte suivant a été publié en avril 2014 par la revue Sudestada ( http://www.revistasudestada.com.ar ). Il fait partie de la série « pérégrinations de la révolution » dédiée aux marxistes contemporains. C’est l'introduction du magazine.

Ce ne sont pas seulement des idées, c’est aussi la recherche d’un chemin possible et souhaitable de la révolution. Sur ce chemin vous trouvez, inévitablement, la pensée de Marx.

Ils ont compris que le travail du philosophe allemand n’est pas terminé et qu’il ne le sera jamais, le marxisme conçu comme une idée vivante, comme une vision du monde. Tout au long du vingtième siècle, un siècle de tentatives révolutionnaires qui ont relancé le cadre théorique marxiste comme la bête de Frankenstein, nous avons récupéré les fossoyeurs également appelés « orthodoxes, déterministes, idéalistes » et d'autres, pas sans erreurs, ni sans contradictions. Ces recherches ont été une aventure épique contre le charlatanisme et la misère humaine.

Par Martin Mosquera

Les irréductibles

Avec Daniel Cohn-Bendit et Alain Krivine, Daniel Bensaid a été l'un des principaux acteurs du mouvement de mai 1968. Leurs biographies respectives sont représentatives des évolutions possibles de cette génération. Daniel Cohn-Bendit pourrait bien être considéré comme l'exemple paradigmatique du « rebelle repenti ». Après son fameux radicalisme de jeunesse, il s’est reconverti en un honorable député du parlement européen, il s’est converti au social-libéralisme et à la défense des programmes d'ajustement et d'austérité en Europe.

Pendant ce temps, Daniel Bensaid jusqu'à sa mort, comme actuellement Alain Krivine (militant du Nouveau Parti Anticapitaliste, NPA), restait fidèle, avec clarté et loin de toute nostalgie romantique, à la vocation du mouvement de mai 1968 de changer la vie et de transformer la société. La fidélité à une tradition et une lutte, mais l'ouverture lucide et sans préjugés de tirer des conclusions des expériences passées et de saisir les clés d'une nouvelle période, fait de Daniel Bensaïd une personnalité fondamentale de la culture socialiste de notre temps, qui fait le pont entre deux générations, celle de mai1968, protagoniste des luttes du vingtième siècle et de leurs défaites, et la nouvelle génération militante, qui ne s'identifie pas nécessairement avec les clés et les contraintes du passé. Daniel Bensaid a également été, après la mort d’Ernest Mandel, le plus grand théoricien politique de la Quatrième Internationale.


Comme les grands leaders historiques du mouvement ouvrier (Lénine, Trotsky, Gramsci, Luxemburg, par exemple), la vitalité de la pensée de Daniel Bensaïd s’exprime dans des œuvres systématiques et dans des documents partisans, dans des rapports pour les congrès de l’Internationale et dans des articles polémiques contre d’autres courants politiques. Bien qu’il lègue un vaste travail, diversifié dans ses thèmes et auteurs (de Benjamin à Derrida, de Louis Auguste Blanqui à Jeanne d'Arc, de la question du temps et de la philosophie de l'histoire à la critique de l’application de la « théorie des jeux » à l'analyse sociale) le centre de sa pensée est liée, directement ou immédiatement, aux grandes questions politiques du marxisme, la redéfinition programmatique du socialisme contemporain, le débat stratégique, la théorie de l' état et la politique, l’incorporation de « l’éco socialisme » comme un élément stratégique dans les luttes de libération, le bilan des expériences révolutionnaires passées et les leçons du socialisme du vingtième siècle.

Une nouvelle époque historique

La pensée politique de Daniel Bensaid prend comme point de départ un constat, le démantèlement du « camp socialiste » était l'épilogue d’une défaite d'importance historique que la classe ouvrière a subi à la fin du vingtième siècle. Cet épisode mis fin à une étape complète de la lutte des classes, correspondant au « court vingtième siècle » commencé par la première guerre mondiale et la révolution d'Octobre.

Selon Daniel Bensaid, « nos grandes théories datent en grande partie de cette période de formation, avant la première guerre mondiale, c'est l'analyse de l'impérialisme (Hilferding, Bauer, Rosa Luxemburg, Lénine, Parvus, Trotsky, Boukharine), de la question nationale (de nouveau Rosa Luxemburg, Lénine, Bauer, Borokov, Pannekoek, Strasser), les relations entre les partis et les syndicats et le parlementarisme (Rosa Luxemburg, Sorel, Jaurès, Nieuwenhuis, Lénine), de la stratégie de la prise du pouvoir (Bernstein, Kautsky, Rosa Luxemburg, Lénine, Trotsky). Ces controverses sont constitutives de notre histoire comme la dynamique conflictuelle entre révolution et contre-révolution lancée par la première guerre mondiale et la révolution russe. Au-delà des divergences d'orientation et d’idées souvent intenses, le mouvement ouvrier de cette époque avait une relative unité et partageait une culture commune.

C’est, aujourd’hui, le moment de savoir ce qu’est cet héritage, sans propriétaire ni manuel d’usage (Bensaid, 2004).

Le sort des expériences révolutionnaires passées est un passage obligatoire par les forces qui affectent les dangers à l'intérieur des aspirations émancipatrices.

Tirer les leçons du vingtième siècle implique de mettre en avant certaines questions sous-estimées par les pionniers du socialisme, « les dangers professionnels du pouvoir », la question de la démocratie et de l'importance du pluralisme politique, l'autonomie des mouvements sociaux par rapport à l’état et aux partis, la combinaison de la citoyenneté sociale et de la citoyenneté politique.

Toutes ces questions ont été abordées par Daniel Bensaïd tout au long d’une production théorique abondante. C’est le temps de l’entrée de la philosophie dans la pensée politique (nous pensons à Agamben, Virno, Deleuze et Badiou), le marxisme militant de Daniel Bensaid est une bouffée d'air frais.

Le retour de la question stratégique

La pensée stratégique concentré les efforts des dernières années de Daniel Bensaid. Pour lui, recréer une stratégie socialiste dans les conditions actuelles devrait commencer par abandonner les hypothèses naïves concernant la question du pouvoir qui reposent dans une généralisation spontanée improbable de la démocratie directe comme un moyen de résoudre tous les problèmes de l'état et de la politique. Abandonner une hypothèse conseilliste stricte conduit à une conclusion au niveau stratégique, une situation future de double pouvoir ne peut se concevoir dans l'extériorité totale par rapport aux institutions préexistantes.

L'état n'est pas une réalité monolithique à laquelle nous pouvons opposer en totalité le contre état des organismes soviétiques, totalement étranger. Les notions de crise révolutionnaire et de double pouvoir sont encore présentes, la rupture révolutionnaire nécessite de se débarrasser des vieilles institutions et d’en créer de nouvelles, mais le processus de création d'un nouveau pouvoir n'est pas complètement extérieur aux institutions de la démocratie bourgeoise, en particulier dans les pays ayant des traditions parlementaires établies.

Les « problèmes d'organisation » sont également largement présents dans la pensée de Daniel Bensaid, dans une situation où la « forme parti » est au centre de nombreuses questions. À cet égard, le marxiste français évite lucidement le sectarisme, typique de beaucoup de militants provenant du trotskisme, sans céder à l'opportunisme et à l’adaptation actuelle.

Bensaid pense que la quasi-disparition du stalinisme et le déclin de la social-démocratie, compromis dans l'offensive néo libérale, l'émergence d'une nouvelle génération militante et la relativisation de la plupart des frontières politiques de la période historique précédente ouvrent une possibilité d'une importance historique, la construction de « nouvelles forces » à la gauche de la social-démocratie, « partis anti capitalistes larges » qui articulent un ensemble de traditions théoriques et de sensibilités militantes autour d'une « compréhension commune des événements et des tâches » de cette période historique. Daniel Bensaïd a consacré ses dernières forces militantes à cet objectif, comme en témoigne la formation du NPA, fondé un an avant sa mort.

Son travail n’est pas exempt, bien sûr, de faiblesses, de limites et d’angles morts. Par exemple, un sujet qu’il n’a pas suffisamment abordé, en un geste typique de marxiste occidental, de l’histoire de la conscience de classe, est l'héritage d’Hegel sur la question de la dialectique.

Dans la perspective de revenir à l’actualité du projet socialiste, l'effort théorique et militant de Daniel Bensaid occupe une place essentielle dans la constitution du lien entre le « plus long » et le « pas encore » (Bensaïd, 2002), dans le but de préserver, avec ouverture et sans dogmatisme, le « fil rouge » entre deux époques, l'expérience trépidante du vingtième siècle et les nouveaux combats qui aujourd’hui renouvellent les espoirs et les aspirations à la justice et à l’émancipation.

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 18:27

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/11/generation-maidan_4399688_3214.html

Génération Maïdan

Par Sylvie Kauffmann

Vendredi 11 Avril 2014

Tetyana Tchornovol reçoit sur son lit d’hôpital, frêle et pâle, une intraveineuse plantée dans le bras, à l’unité de soins intensifs de la clinique Boris, de l’autre côté du Dniepr. Elle y fait des séjours réguliers depuis qu’elle a été violemment battue, la nuit du 25 décembre 2013 en rentrant chez elle, par trois hommes qui ont forcé sa voiture à s’arrêter en rase campagne, l’ont passée à tabac et jetée dans le fossé avant de l’abandonner par un froid polaire. Les photographies de son visage tuméfié, méconnaissable, ont fait le tour des réseaux sociaux et galvanisé les manifestants de Maïdan, qui occupaient la grande place de l’indépendance à Kiev depuis que le président Viktor Ianoukovitch avait décidé, le 21 novembre 2013, de renoncer à l’accord d’association avec l’Union Européenne.

Les nervis du régime avaient quelques raisons d’en vouloir à cette journaliste de trente quatre ans, mère de deux enfants, qui s’était spécialisée dans les enquêtes sur la corruption de la nomenklatura, l’après-midi même de son attaque, elle avait publié un article avec des photographies de l’extérieur de la résidence privée du ministre de l’intérieur. Parmi les dossiers découverts dans le palais au luxe très kitsch du président ukrainien en fuite, en février 2014, les contestataires de Maïdan ont trouvé celui de Tetyana Tchornovol, avec un compte rendu précis de ses allées et venues et de ses appels téléphoniques.

Trois mois plus tard, le fin visage de Tetyana Tchornovol ne porte plus de marques de l’agression, mais le traumatisme crânien a laissé des séquelles. « Quand mon cerveau reçoit trop d’informations, il déconnecte et je dois venir me reposer », explique-t-elle simplement.

Inquiète, une de ses amies confie qu’elle ne peut pas travailler plus de quatre ou cinq heures d’affilée. Un handicap, dans ses nouvelles fonctions, le 5 mars, après le renversement du régime, Tetyana Tchornovol a été nommée chef d’une nouvelle agence de lutte contre la corruption.

A vrai dire, c’est encore plus compliqué que cela. « Je suis », dit-elle, « présidente d’un bureau anti corruption qui n’existe pas ». Lorsqu’on lui demande qui l’a nommée, elle réfléchit quelques secondes et répond avec un grand sourire, « Maïdan ». Sa nomination a été annoncée à la foule par le premier ministre du gouvernement intérimaire, Arseni Iatseniouk, mais elle-même assure n’avoir eu aucun entretien personnel avec lui sur ce sujet. Elle n’a ni budget, ni locaux, ni personnel, juste deux bénévoles. La corruption en Ukraine, elle connaît.

Elle peut vous en parler pendant des heures, son aiguille dans le bras, puisant dans des trésors d’énergie pour raconter, chiffres à l’appui, les turpitudes des oligarques et des anciens dirigeants. Ce qui lui manque en revanche, malgré son titre ronflant, ce sont les instruments pour la combattre. Des instruments juridiques, financiers, administratifs, policiers, judiciaires.

« Moi, je suis journaliste, je sais enquêter », dit-elle dans un éclair de lucidité.

« Mais je n’ai aucune expertise sur la lutte contre la corruption ».

Comme Igor Soboliev, trente sept ans, autre combattant de la première heure sur Maïdan et bombardé, fin février, chef du comité de « lustration » pour faire le tri parmi les responsables compromis dans l’ancien régime, Tetyana Tchornovol vient de la société civile, pas de la politique. Du jour au lendemain, ils se retrouvent impliqués dans la transition chaotique ukrainienne, mais sans moyens. « On leur a confié les deux tâches les plus explosives », commente Svitlana Zalishchuk, une de leurs alliées. « Igor était un leader du mouvement de Maïdan. Et maintenant il doit boire ce poison, la lustration ».

De là à flairer un piège posé par la vieille garde, il n’y a qu’un pas que les initiateurs du soulèvement pro-européen de Maïdan ne se privent pas de franchir. Non sans raison, il y a dix ans, la révolution orange a tourné court. Dès que les manifestants ont eu le dos tourné, la classe politique a repris ses bonnes habitudes kleptocrates.

Pour pouvoir changer le système, il faut passer par le parlement

« J’ai une fille de trois ans. Je ne veux pas que, dans quinze ans, elle soit encore là à manifester sur Maïdan ». Hanna Hopko a trente deux ans et vient de découvrir ses premiers cheveux blancs dans sa queue-de-cheval châtaine. Après les trois mois de manifestations et d’affrontements, c’est une autre partie, tout aussi cruciale, qui se joue maintenant dans cette révolution ukrainienne, Hanna Hopko y est en première ligne et cette fois-ci, elle ne lâchera pas. « C’est encore plus dur que de se battre contre les berkout (police anti émeute), car là, nous nous battons pour l’avenir du pays », dit-elle entre deux réunions et cinq coups de téléphone. Spécialiste de santé publique, elle a fait ses classes de militante dans la lutte antitabac et contre la corruption dans le secteur de la santé. On lui a proposé un poste de vice-ministre de la santé dans le gouvernement provisoire, qu’elle a refusé, car elle savait qu’elle n’aurait pas les moyens d’y changer les choses. Hanna Hopko incarne la génération qui est le moteur de Maïdan, venue des classes moyennes éduquées, profondément ancrée dans l’idée démocratique et européenne. Elle et ses amis ont à peine connu l’union soviétique, enfants.

Leur génération avait vingt ans en 2004, assez pour tirer les leçons de l’occasion perdue. Aujourd’hui, elle est mûre et déterminée.

S’ils veulent sauver l’esprit de Maïdan, transformer la formidable énergie du soulèvement en un authentique élan de réformes qui rendra le mouvement irréversible, ces trentenaires-là n’ont pas une minute à perdre. Il leur faut vaincre l’obstacle d’une classe politique qui, malgré Maïdan, espère encore préserver le système dont elle a tant profité. Et résister à la pression de Moscou qui fait monter la fièvre un peu plus tous les jours. C’est une vraie course contre la montre qui s’est engagée.

Hanna Hopko a une façon très intense de s’exprimer, à la fois calme et fébrile. Lorsqu’on a essayé d’incendier sa voiture il y a trois mois, elle a expédié sa fille chez ses grands-parents, dans l’ouest du pays, et n’a pas eu le temps d’aller la voir depuis. Les experts qui manquent tant à Tetyana Tchornovol et Igor Soboliev, elle et ses amis les ont trouvés et réunis.

Ensemble, ils ont monté un groupe de plus de quatre vingt bénévoles, venus des ONG et des instituts de recherche. Ils vérifient le travail législatif, repèrent des projets de loi utiles que les partis d’opposition avaient déposés en sachant qu’ils n’avaient aucune chance d’être adoptés, car les députés du parti au pouvoir, le parti des régions, ne les voteraient jamais. Aujourd’hui, avec le renversement des alliances consécutif à la révolution, ces textes pourraient être adoptés mais, curieusement, ne sont pas soumis au vote.

Alors Hanna Hopko et son équipe mettent députés et ministres au pied du mur, leur préparent, chaque semaine, des « paquets de réformes de réanimation » pour ressusciter ce pays à l’agonie, avec un calendrier précis pour chaque texte et des manifestations devant le parlement pour maintenir la pression. Lundi, c’est le projet de loi 2207, sur la transparence des marchés publics, adopté. Mardi, victoire, c’est « leur » candidat qui est nommé à la tête de la télévision nationale, Zourab Alassania, un journaliste de Kharkiv qui s’empresse d’annoncer les mesures nécessaires pour mettre fin à la machine à propagande et rendre l’institution indépendante. Mercredi, ce sera le projet de loi 3678, sur la réforme des organes judiciaires. Jeudi, un revers, le projet de loi 3378 est rejeté, les députés calent devant la perspective de devoir dévoiler leur patrimoine immobilier. « On n’avait pas assez travaillé les députés », regrette une jeune juriste. Vendredi, le bilan n’est pas mauvais, dans la même semaine, fin mars, deux textes, le 2207 et le 0947 sur l’accès à l’information officielle, sont passés, sous la pression des « experts ».

Daria Kaleniuk, juriste, fait partie de ce groupe d’action législatif. A vingt six ans, elle dirige une ONG, le centre d’action anti corruption. Elle a fait ses études de droit à Kharkiv et voulait devenir avocate. Quand elle a vu les pots-de-vin qu’il fallait payer pour y parvenir, elle a décidé de se battre. Grâce à une bourse Fulbright, elle est partie faire un master de droit des services financiers au Chicago Kent College of Law, « mon objectif était d’en revenir avec des outils juridiques pour combattre la corruption », objectif atteint, en 2011.

Elle crée son ONG avec un ami, coordonne son travail avec celui des journalistes d’investigation. Jusqu’à Maïdan, « nous étions limités, on ne pouvait que documenter la corruption ». Aujourd’hui, le moment est venu de passer à l’action. Daria n’y va pas par quatre chemins, « ce que nous voulons, c’est changer le système ». Elle est tendue, tout entière concentrée sur sa tâche, « il faut aller vite ». Son mari s’occupe de leur fils de deux ans. Elle cherche à coopérer avec les services anti fraude de l’Union Européenne sur les biens volés par Ianoukovitch et sa clique, « car gel des avoirs ne veut pas dire confiscation. Avec de bons avocats, cela peut être contesté. Donc il faut nous dépêcher d’organiser la récupération et le rapatriement de ces avoirs, mais nous n’avons pas la capacité juridique ».

C’est tout le paradoxe de cette révolution. Pour pouvoir changer le système, il faut passer par une institution, le parlement, qui n’a aucun intérêt à le changer. Le 25 mai, les ukrainiens éliront un nouveau président, pour remplacer celui qui a fui en Russie, et un nouveau maire pour la capitale, Kiev. Le parlement, lui, attendra pour être renouvelé. Combien de temps ?

On ne sait pas trop. Les députés ne sont pas pressés de se faire hara-kiri, « car beaucoup d’entre eux devraient être en prison », soupire-t-on au sein de la génération Maïdan. Il suffit de les voir continuer à en venir aux mains en plein hémicycle. Réalistes, la plupart des militants démocrates défendent cette décision, si le parlement avait démissionné, il y aurait eu vacance de pouvoir. « Il faut être responsable », justifie Igor Soboliev. Mais une fois qu’un président aura été élu et sa légitimité assise, il faudra organiser des élections parlementaires.

Quand ? « Fin 2014, ou bien en 2017 », nous dit Oleh Tyahnybok, député et chef du parti nationaliste Svoboda, qui participe au gouvernement Iatseniouk. Comme Batkivchtchina (la formation d’Ioulia Timochenko), son parti a pris le train de Maïdan en marche, il est en perte de vitesse. C’est pour cela que Maïdan ne désarme pas, pour maintenir la pression sur ces partis qui freinent.

« Mettre de l’idéologie dans les partis politiques »

Depuis mars, une épine supplémentaire s’est introduite dans le jeu ukrainien. Une épine de taille, qui s’appelle Vladimir Poutine. Après s’être emparé de la Crimée en un tour de main et amputé l’Ukraine de deux millions cinq cent mille habitants, le président russe a massé ses troupes le long de la frontière. La tension provoquée par les opérations de déstabilisation dans les régions russophones de l’est monte de jour en jour. La Russie réclame un régime fédéral pour l’Ukraine, afin de pouvoir en contrôler la partie orientale. A Kiev, le traumatisme de la perte de la Crimée et la hantise de l’invasion sont si profonds qu’ils compliquent considérablement la tâche des démocrates, comment pousser des réformes radicales alors que l’unité du pays est menacée ?

« Nous avons deux fronts maintenant, la corruption et la Russie », souligne Svitlana Zaleshchuk, trente ans, qui dirige l’association Tchestno (Honnêteté). Avec l’appui d’Ioulia Timochenko, des oligarques ont été nommés gouverneurs pour « tenir » les régions de l’est.

De forts soupçons de corruption pèsent sur au moins l’un d’entre eux, mais que faire ? Se priver de son autorité et risquer l’implosion de la région ? Les avis divergent. Daria Kaleniuk, elle, répond fermement, « non, il ne faut surtout pas ralentir notre travail. Si nous parvenons à changer le système, cela nous donnera un vrai soft power. Nous ne pouvons pas gagner avec le hard power. Lorsque nous serons comme un pays européen normal, avec des exigences élevées et l’état de droit, alors ce sont les russes qui voudront changer leur pays. La meilleure chose qui puisse arriver à la Russie, c’est un Maïdan ».

C’est précisément, disent les diplomates européens, ce que redoute le président russe, la contagion. Et c’est pour cela, prédisent-ils, qu’il fera tout pour empêcher le déroulement normal de l’élection présidentielle, qui marquerait le premier succès de la révolution ukrainienne. C’est aussi pour cela qu’Hanna Hopko et ses amis sont si pressés, « le moment est fragile, lourd de dangers », disent-ils.

Un jour de la fin mars, tard dans la soirée, Hanna a convoqué quelques-uns de ses amis du groupe des experts. Elle leur a dit que le moment était venu de créer un parti politique, qu’il fallait penser à des candidatures aux élections au parlement lorsqu’elles auront lieu.

Certains, comme la blonde Svitlana Zalishchuk, sont prêts à y aller. D’autres pensent qu’il faut encore privilégier le travail sur la société civile. Mais il est clair que la relève des élites, qui s’est tant fait attendre en Ukraine, est enfin prête. Lesya Orobets, encore une femme, encore une trentenaire, en est un autre symbole, fille d’un homme politique d’opposition mort dans un mystérieux accident de la route en 2006, elle est devenue députée l’année suivante, à vingt cinq ans. Elle vient de quitter le parti d’Ioulia Timochenko pour se présenter à la mairie de Kiev comme candidate indépendante, soutenue par une jeune formation, l’alliance démocratique. Ce nouveau parti a participé à la révolution de Maïdan et voudrait « introduire les valeurs de la démocratie-chrétienne européenne dans le débat », explique l’une de ses membres, Alissa Ruban, elle aussi engagée dans le groupe d’experts. « Nous voulons mettre de l’idéologie dans les partis politiques », poursuit-elle, « comme en Europe. En Ukraine, même le parti communiste n’a plus d’idéologie ».

Etoile montante, Lesya Orobets, dont la fougue, la crinière rousse et le gilet pare-balles ne sont pas passés inaperçus cet hiver et qui s’est elle aussi séparée de ses deux enfants pour les mettre à l’abri, a compris que l’avenir appartenait à la génération Maïdan, pas aux députés discrédités. Le premier ministre Iatseniouk, qui est en train de prendre ses distances avec son ancien mentor Ioulia Timochenko, semble le comprendre lui aussi. « C’est un processus de cristallisation politique naturel, après une période d’unité forcée », commente la journaliste Nataliya Gumenyuk, trente ans, cofondatrice de la télévision indépendante Hromadske TV.

Résolument tournées vers l’Europe à l’ouest, ces jeunes élites n’en attendent pas tout, elles savent que c’est aux ukrainiens de faire le gros du travail. Ce qu’elles attendent en priorité de l’Union Européenne, c’est la liberté de circuler, et une assistance économique dont elles supplient qu’elle soit conditionnelle, « surtout, ne donnez pas un sou à l’Ukraine sans que les réformes soient engagées », nous répètent hommes et femmes de la génération Maïdan.

Sur la place, toujours fermée à la circulation par ses barricades de pneus, de sacs de sable et de ferraille, règne une étrange atmosphère de lendemain de fête et de tragédie. Il arrive d’y croiser quelques ivrognes, remarquablement absents pendant les trois mois de fièvre, la discipline se relâche. Ce n’est pas faute de personnel para militaire, pourtant. Les hommes du groupe nationaliste Praviy Sektor, qui ont participé à la défense de Maïdan en janvier et février, incapables de se défaire de leurs treillis, de leurs jambières et de leurs gilets pare-balles, ont du mal à accepter de se retirer, petit à petit. Avec les beaux jours, Maïdan devient un lieu de pèlerinage, de recueillement aussi, aux multiples endroits où sont tombés, sous les balles des snipers, les hommes de « la centurie céleste ». « Ils sont morts pour rien », dit une vieille dame, pensive, fichu sur la tête, devant l’un des autels improvisés, couverts de bougies et de fleurs. « Rien n’a changé », ajoute-t-elle, en se tournant vers la rue Grouchtchev, où siègent, presque face à face, le gouvernement et le parlement. « Ce sont toujours les mêmes. Et en plus, on a perdu la Crimée ».

La vieille dame se trompe. Beaucoup de choses ont changé. De jeunes entrepreneurs du secteur high tech offrent même, eux aussi, leur expertise (www.warroom.today) pour « faire de l’Ukraine un pays totalement différent ». Dans son bureau chargé de livres à l’université Mohyla de Kiev, le philosophe Constantin Sigov s’émerveille de ce « pays porté par une immense énergie de renouveau et d’éthique, qui ouvre une ère nouvelle pour l’Europe », comparable à celle ouverte par la chute du mur de Berlin. A condition, reconnaît-il, de « ne pas se laisser intimider par la peur et le mensonge, de ne pas laisser Poutine étouffer le débat ».

A condition aussi que la génération Maïdan ait le temps de transformer cette énergie en un changement de système, un vrai, cette fois.

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 17:26

Les pro-russes passent à l’action à Slaviansk (Reuters)

Kiev a exhorté la Russie à mettre fin aux « actions provocatrices de ses agents » dans l'est de l'Ukraine, Samedi 12 Avril 2014 après un nouveau coup de force des militants pro-russes dans la ville de Slaviansk, où ils se sont emparés d'un quartier général de la police et du siège local du service de la sécurité d'état (SBU).

La police ukrainienne accuse une vingtaine d'hommes armés portant des tenues de camouflage dépareillées d'être les instigateurs de ces deux opérations et d'avoir saisi des centaines d'armes à feu. Le drapeau russe a été hissé sur l'un des bâtiments occupés.

Des manifestants pro-Moscou ont également abaissé le drapeau ukrainien qui flottait au-dessus du quartier général de la police régionale à Donetsk, et contraint le chef de la police régionale, Kostantin Pojidaïev, à démissionner. Des séparatistes pro-russes occupent depuis le week-end dernier le siège de la SBU à Louhansk et le bâtiment du gouvernement régional de Donetsk, deux autres villes de l'est russophone d'Ukraine.

Slaviansk, dans l'oblast, ou région administrative, de Donetsk, se trouve à cent cinquante kilomètres environ de la frontière russe.

Le ministre ukrainien des affaires étrangères Andrij Dechtchitsia a téléphoné samedi à son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui demander « l'arrêt des actions provocatrices des agents russes dans l'est de l'Ukraine ».

Dechtchitsia soupçonne la Russie de chercher à empêcher une réunion de conciliation quadripartite le 17 avril entre la Russie, l'Ukraine, l'Union Européenne et les Etats-Unis et « à placer des obstacles sur la voie d'une solution à la crise ».

RIPOSTE « TRES DURE »

La Russie, qui a annexé la péninsule de Crimée en mars un mois après la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch sous la pression des manifestants de Maïdan, la place de l'indépendance à Kiev, dément avoir des visées sur d'autres régions de l'Ukraine.

Vladimir Poutine revendique toutefois le droit de la Russie à défendre les russophones d'Ukraine d'éventuelles persécutions.

Dans un communiqué mis en ligne sur facebook, le ministre ukrainien de l'intérieur Arsen Avakov promet une riposte « très dure » aux militants pro-russes de Slaviansk parce que, dit-il, « il y a une différence entre des manifestants et des terroristes. Je redis que ceux qui veulent le dialogue auront un dialogue. Ceux qui prennent les armes, incendient des bâtiments, tirent sur des gens, sur la police, les terrorisent, ceux-là seront confrontés à une réponse appropriée », souligne Arsen Avakov.

Un ultimatum, lancé mercredi par Arsen Avakov aux militants de Donetsk et Louhansk, est arrivé à expiration vendredi sans que les forces de sécurité ne passent à l'action. Kiev a proposé entre-temps une amnistie aux contestataires, sans plus d'effet.

Les occupants réclament la tenue de référendums d'auto détermination à l'image de ce qui s'est passé en Crimée, qui a voté le 16 mars pour son rattachement à la Fédération de Russie.

La maire de Slaviansk est apparue à la télévision pour exprimer son soutien aux militants en affirmant qu'ils appartiennent à une milice locale réclamant plus d'autonomie.

Un des hommes cagoulés a déclaré que son groupe voulait « vivre confortablement, en paix et libéré de la junte de Kiev qui s'est emparée du pays ».

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment à trois niveaux de la police, près du centre-ville de Slaviansk, une ville de cent mille habitants, et aidaient à la construction de barricades de pneus.

Selon la police ukrainienne, quatre cent armes de poing et vingt fusils automatiques ont été saisies par les assaillants qui en ont redistribué à la foule.

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a annoncé le limogeage par décret du chef de la SBU pour l'oblast de Donetsk.

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 17:11

Des milliers « d’opposants de gauche » manifestent à Paris (Reuters)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté Samedi 12 Avril 2014 contre l'austérité et la ligne économique du gouvernement lors de la première marche de « l'opposition de gauche » organisée depuis la déroute du Parti Socialiste aux élections municipales et l'arrivée de Manuel Valls à Matignon.

Brandissant des pancartes « Envoyons valser l'austérité » ou « Hollande cela suffit », les manifestants ont défilé entre la Place de la République et la Place de la Nation à l'appel du Front De Gauche, du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), de plusieurs fédérations syndicales et d'associations.

Ils étaient vingt cinq mille à manifester selon la préfecture de police, cent mille selon les organisateurs.

Les chefs de file du Front De Gauche, Pierre Laurent et Jean Luc Mélenchon, étaient présents en tête de cortège aux côtés du leader grec du parti de gauche SYRIZA et candidat de la gauche européenne à la présidence de la commission européenne, Alexis Tsipras.

« C'est un message envoyé au gouvernement », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, à la presse. « Il y a une gauche dans ce pays et il n'est pas acceptable qu'elle soit usurpée pour appliquer une politique de droite sur le plan économique ».

« Le message est clair, Manuel Valls commence par une première manifestation, et c'est important parce que ça veut dire qu'il y a une nouvelle séquence politique qui s'ouvre », a estimé de son côté Olivier Besancenot, du NPA, à la presse.

« C'est la première manifestation de l'opposition de gauche au gouvernement », avait-t-il dit dans la matinée. « Il s'agit de fédérer une opposition de gauche décomplexée face à ce gouvernement. Il y aura des suites ».

FRONDE

Manuel Valls est confronté depuis sa nomination à une fronde des tenants de l'aile gauche du Parti Socialiste qui réclament une inflexion de sa politique jugée trop droitière.

La gauche de la gauche demande elle l'abandon du pacte de responsabilité qui prévoit un allègement des charges des entreprises en échange d'embauches. Cette mesure économique emblématique de François Hollande est perçue par ses détracteurs comme un chèque en blanc fait au patronat.

Parmi les banderoles brandies samedi dans le cortège parisien, on pouvait lire entre autres « quand on est de gauche, on taxe la finance » ou « quand on est de gauche, on est du côté des salariés ».

Selon un sondage BVA publié samedi par le Parisien Aujourd'hui en France et i>TELE, soixante pour cent des français doutent de l'efficacité de Manuel Valls pour réduire le chômage et cinquante six pour cent pensent qu'il ne sera pas efficace pour « permettre plus de justice sociale ».

A un mois et demi des élections européennes, le 25 mai, cette marche contre l'austérité est l'occasion pour la gauche de la gauche de faire entendre sa voix.

Après une participation en ordre dispersé aux élections municipales fin mars, le PCF et le PG ont lancé ensemble vendredi soir la campagne en vue du scrutin.

« Les élections européennes vont être le juge d'appel des municipales qui confirmera le verdict politique qui est que les gens sont excédés par la politique de droite de François Hollande », a estimé Jean-Luc Mélenchon.

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 10:16
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Published by Bernard Fischer
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 20:41

http://www.plateforme-palestine.org/spip.php?article3936

http://www.lecourrierdelatlas.com/695910042014Lancement-en-France-de-la-campagne-nationale-pour-la-liberation-des-prisonniers-palestiniens.html

Lancement en France de la campagne nationale pour la libération des prisonniers palestiniens

Par Nadir Dendoune

Jeudi 10 Avril 2014

A quelques jours de la journée internationale des prisonniers politiques le 17 avril 2014, le comité français pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens avait décidé d'organiser ce matin, une conférence de presse à l'assemblée nationale.

« Dans de nombreux pays, des campagnes nationales ont été lancées pour la libération de tous les prisonniers palestiniens. Aujourd'hui, nous lançons la campagne française », a rappelé Claude Léostic, la présidente de la plate forme des ONG françaises pour la Palestine.

La campagne internationale avait été lancée le 27 octobre 2013, date anniversaire de la libération de Nelson Mandela, de la prison de Robben Island, celle-là même ou fut emprisonné le plus connu des militants anti-apartheid.

Cette campagne a été initiée par Fadwa Barghouti, la femme de Marwan Barghouti, parlementaire palestinien détenu depuis douze ans dans une prison israélienne et Ahmed Kathrada, fondateur de la campagne « libérez Nelson Mandela ».

Entourée de nombreux parlementaires français, Claude Léostic a a tenu d'abord à rappeler les « divers » soutiens de nombreuses personnalités à la campagne, comme Jimmy Carter, ancien président des États-Unis, Michel Rocard, premier ministre sous Mitterrand entre 1988 et 1991, Hervé de Charrette (trois fois ministre sous Chirac), Daniel Cohn Bendit, Eva Joly, ou plusieurs lauréats du prix Nobel de la paix. Avant de donner la parole à Fadwa Barghouti.

« La question des prisonniers est primordiale pour le peuple palestinien », rappelle Fadwa Barghouti. « Depuis 1967, près de huit cent mille palestiniens ont connu la prison. La libération de Marwan Barghouti et de tous les autres prisonniers montrerait la volonté des israéliens de faire la paix. Il reste près de cinq mille prisonniers palestiniens. Parmi eux, onze députés, des hommes, des femmes, mais aussi des enfants ».

Samedi dernier, le 5 avril, à trois semaines de la fin des discussions de paix tripartites (entre américains, israéliens et palestiniens), préliminaires à des négociations, Israël a refusé de libérer quelques quatre cent prisonniers palestiniens sur les mille prévus dans le cadre des accords d'Oslo. Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien a indiqué qu'il « n'était pas question de se livrer à une énième libération de terroristes tant que Mahmoud Abbas n'aura pas reconnu le caractère juif de l'état d'Israël ».

Constatant « qu'Israël ne cherche pas la paix », l'autorité palestinienne a indiqué qu'elle allait adhérer à une quinzaine d'organisations et de traités internationaux, rendant furieux les israéliens, qui craignent de voir ainsi certains de leurs dirigeants, poursuivis pour crimes de guerre.

Mécontents, donc, le gouvernement israélien a lancé un nouvel appel d'offres pour la construction de sept cent huit nouveaux logements à Jérusalem-Est et donné son feu vert à la construction d'un musée archéologique dans un quartier palestinien de la ville.

« Pourtant, la communauté internationale incite les états à ratifier les textes internationaux », a raillé Majed Bayma, chargé du dossier des prisonniers au ministère des affaires étrangères palestinien, présent aux côtés de Fadwa Barghouti, lors de la conférence de presse.

« Au lieu de discuter des frontières, de l'occupation israélienne, de la libération des prisonniers », comme les accords d'Oslo le prévoient, « Israël nous demande de nous positionner sur la judéité de l'état d'Israël. Cela s'appelle du marchandage », a t-il renchérit.

A la question d'une consœur, demandant à Fadwa Barghouti, l'état de son moral ainsi que de celui de son mari, elle répondit « qu’il m'est parfois arrivé de faiblir, mais entourée de tant d'amis, notamment de mes amis français, du peuple français, qui soutient en grande majorité le peuple palestinien et malgré toutes nos souffrances, nous restons forts. Notre message est un message de paix, de solidarité et de fraternité. Pendant quatre ans, mon mari était à l'isolement, je n'ai donc pas pu le voir. Aujourd'hui, j'ai l'autorisation de lui rendre visite deux fois par mois. Je le vois derrière une vitre pendant quarante cinq minutes. Ce temps est partagé entre notre vie de famille et la situation politique. Mes enfants ont grandi, ils comprennent un peu mieux pourquoi leur père est en prison. Notre fille a eu un enfant il y a neuf mois et Marwan Barghouti, son grand-père n'a toujours pas vu sa petite fille, seule la famille du premier degré peut lui rendre visite. Je ne dis pas ça pour vous émouvoir mais juste pour vous décrire la réalité de beaucoup de familles palestiniennes. Il y a trente ans quand il m'a fait sa demande de mariage, il m'a dit de prendre une semaine pour réfléchir, parce qu'avec lui, je prenais le risque qu’il soit arrêté ou tué. Je lui ai répondu que la Palestine ne lui appartenait pas, qu’elle nous appartenait à tous ».

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