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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 18:37

Des doutes subsistent sur la tenue des festivals d’été (Reuters)

La menace continue de peser sur les festivals d'été en France, le monde du spectacle restant mobilisé malgré la main tendue du gouvernement qui a lancé une mission chargée de remettre à plat le système de l'intermittence.

L'entourage de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, se sent encouragé par la décision des salariés du festival lyrique d'Aix-en-Provence de le maintenir.

Lors d'une consultation à bulletins secrets mercredi soir, près de quatre vingt pour cent d'entre eux ont en effet voté contre la grève.

En 2003, une levée de bouclier des intermittents du spectacle avait provoqué l'annulation du festival d'Aix, entraînant dans la foulée celle du festival d'Avignon.

La CGT a déposé un préavis de grève pour le 4 juillet, jour d'ouverture du plus grand festival de théâtre de France dont le directeur, Olivier Py, a toutefois fait savoir qu'il n'annulerait pas la manifestation.

La première de « Lucrèce Borgia », la pièce de Victor Hugo où la comédienne Béatrice Dalle débute au théâtre et qui devait ouvrir jeudi les fêtes nocturnes du château de Grignan (Drôme), a été annulée en raison du mouvement des intermittents, ont annoncé les organisateurs du festival.

L'émission « c’est à vous » sur France 5 a vu mardi soir son plateau envahi par des manifestants qui désiraient prendre la parole en direct. D'autres avaient auparavant occupé l'opéra de Lyon pendant quarante huit heures.

S'adressant à un monde du spectacle traditionnellement cher à la gauche, François Hollande a déclaré en début de semaine vouloir « rassurer les intermittents » sur la pérennité de leur statut, tout en soulignant l'importance des festivals.

PRESSION

Le premier ministre, Manuel Valls, a lancé mardi une mission de concertation censée redéfinir le régime des intermittents pour sortir des crises à répétition dans ce secteur.

Les trois membres de la mission, Hortense Archambault, Jean-Patrick Gille et Jean-Denis Combrexelle, doivent rendre leur copie d'ici une quinzaine de jours.

Le chef du gouvernement a annoncé la semaine dernière que le gouvernement entérinerait la nouvelle convention d'assurance chômage conclue par les partenaires sociaux mais prendrait à sa charge le délai de carence pour l'indemnisation des intermittents du spectacle.

Mais la CGT spectacle et la plupart des coordinations considèrent qu'il s'agit d'une « mesurette pour passer l'été » et exigent la renégociation de la convention.

Celle-ci durcit les conditions d'indemnisation de plusieurs catégories de chômeurs, dont les leurs.

La CGT spectacle a reconduit son préavis de grève à partir du premier juillet et appelle à une journée de « grève massive » dans l'ensemble des secteurs le 4 juillet.

Elle s'est déclarée prête à travailler avec la mission désignée par Manuel Valls mais sur la base des propositions des intermittents, tout en se félicitant de voir que le gouvernement excluait l'option de la création d'une caisse autonome pour les intermittents, « très ancienne revendication du MEDEF. Nous ne cessons pas pour autant de dénoncer l'injustice de la convention du 14 mai dans son ensemble, qui fait peser des économies considérables sur l'ensemble des demandeurs d'emploi, qu'ils soient travailleurs précaires, intérimaires, cadres ou intermittents du spectacle », écrit-elle dans un communiqué.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 20:01

Licenciement confirmé pour l’employée voilée de Baby Loup (Reuters)

La cour de cassation a confirmé Mercredi 25 Juin 2014 le licenciement de Fatima Afif, congédiée en 2008 pour faute grave après avoir refusé de retirer son voile islamique dans la crèche privée Baby Loup, une affaire qui suscite depuis plus de cinq ans de vifs débats sur l'application de la laïcité.

La plus haute juridiction française, réunie en assemblée plénière, a ainsi suivi l'avis du procureur général et mis un terme à un long feuilleton judiciaire qui opposait les tenants d'une laïcité stricte et ceux d'une plus grande liberté religieuse.

Les juges de la cour de cassation ont estimé que le règlement intérieur de la crèche, qui impose la neutralité, était suffisamment « précis » pour justifier une restriction de la liberté religieuse de ses salariés, légitimée par leur mission. Tous les employés de cette petite structure sont en effet amenés à être en relation directe avec les enfants et leurs parents.

Ils ont en revanche rejeté l'idée selon laquelle Baby Loup, qui se considère comme un « refuge » pour les mères d'un quartier difficile, « hors de toute pression communautaire », pouvait prétendre à la qualification « d'entreprise de conviction laïque », ce que demandaient ses avocats.

Patrice Spinosi, conseil de Baby Loup, a salué une « très belle décision » qui consacre selon lui le droit, pour une entreprise privée, de limiter la liberté religieuse de ses employés si ces restrictions sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché.

« Ce n'est pas un blanc-seing donné à n'importe quel employeur, c'est une décision très mesurée », a-t-il dit à Reuters.

Lors de l'audience, le 16 juin, il avait mis en garde contre le risque de voir l'association, financée à quatre vingt quinze pour cent par des subventions, déposer le bilan dès juillet si elle n'obtenait pas satisfaction. « Il n'y a plus aucune raison que ces subventions ne soient pas reconduites », a-t-il estimé mercredi.

RECOURS DEVANT LA COUR EUROPÉENNE?

L'avocate de Fatima Afif, Claire Waquet, s'est quant à elle déclarée « très déçue. C'est un arrêt d'espèce qui ne donne aucune solution », a-t-elle dit à Reuters.

Sa cliente a six mois pour porter cette affaire devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme si elle le souhaite. Un tel recours est « envisagé », mais aucune décision n'a été prise à ce stade, a indiqué Claire Waquet.

C'est la cinquième fois que la justice française se prononce sur ce dossier controversé. Fait rare, c'est aussi la seconde fois que la plus haute juridiction statue, à la suite d'un arrêt dit « de rébellion » pris en novembre dernier par la cour d'appel de Paris.

Le 19 mars 2013, la cour d’appel avait en effet suscité un vif émoi chez les défenseurs de la laïcité en annulant le licenciement de Fatima Afif.

Signe de la sensibilité du dossier, Manuel Valls, alors ministre de l'intérieur, avait commenté, contrairement à l'usage, cette décision de justice, disant y voir une « mise en cause de la laïcité ».

Les responsables de la crèche ont, eux, déménagé courant 2014 pour fuir les pressions exercées par des habitants et familles défendant le port du voile.

La France a banni en 2004 de toutes les écoles publiques les « signes religieux ostentatoires ».

Une autre loi entrée en vigueur en avril 2011 interdit le port dans l'espace public du voile intégral ou « burqa », sous peine d'une amende de cent cinquante euros.

Dans le sillage de cette affaire, le gouvernement avait envisagé de légiférer mais l'observatoire de la laïcité l'a mis en garde contre une loi sur le voile dans l'entreprise privée.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 19:32

Les djihadistes attaquent une grande base aérienne en Irak (Reuters)

Les djihadistes sunnites, emmenés par les combattants de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), ont attaqué mercredi l'une des plus grandes bases aériennes d'Irak, surnommé « camp Anaconda » sous l'occupation américaine, près de la localité de Yathrib, à quatre vingt dix kilomètres au nord de Bagdad.

La base, rapportent des témoins, serait partiellement encerclée par les insurgés.

D'après des témoins, l'attaque a débuté avant le lever du jour. Des combats ont également éclaté dans la ville voisine de Yathrib, où les djihadistes affrontent les forces régulières irakiennes. Quatre assaillants auraient été tués, selon ces témoins.

Des combats ont également été signalés dans la raffinerie de Baïdji, la plus grande du pays, à deux cent kilomètres au nord-ouest de la capitale. Ce complexe industriel stratégique pour l'économie irakienne est l'enjeu de combats depuis une semaine à présent.

La télévision nationale irakienne a montré l'acheminement par hélicoptère de renforts de troupes pour tenter de faire échec à l'assaut des djihadistes.

Les insurgés se sont également emparés mercredi de plusieurs sites d'extraction de pétrole situés un peu plus au sud, près de Tikrit.

A Kirkouk, la grande ville pétrolière du Nord dont les peshmergas kurdes se sont emparés le 12 juin, un attentat suicide a fait six morts et vingt trois blessés, selon des sources policières.

L'auteur de l'attentat s'est fait exploser lorsque la police l'a intercepté alors qu'il tentait de pénétrer sur un marché bondé d'un quartier majoritairement kurde de la ville.

Il s'agit de la première attaque suicide à Kirkouk depuis que les forces kurdes en ont pris le contrôle en profitant du départ de l'armée irakienne face à l'avancée des djihadistes sunnites de l'Etat Islamique en Irak et au Levant.

DES CONSEILLERS MILITAIRES AMÉRICAINS À PIED D'OEUVRE

Sur le front politique, le premier ministre irakien, le chiite Nouri al Maliki, s'est engagé à former un nouveau gouvernement dans les délais impartis.

Les résultats des élections législatives du 30 avril ont été validés il y a une semaine, ce qui signifie que la première séance du parlement consacrée à la formation d'un nouveau gouvernement doit avoir lieu avant le premier juillet.

Confronté à des appels à la démission de la part de ses adversaires mais aussi certains de ses alliés, Maliki, au pouvoir depuis 2006, est accusé d'avoir aggravé la situation par une politique sectaire favorisant la majorité chiite, qui lui a valu de s'aliéner la communauté sunnite modérée.

Les occidentaux, Etats-Unis en tête, estiment que seule la constitution d'un gouvernement inclusif incorporant toutes les composantes de la société irakienne permettra au pays de sortir de la crise, ainsi que l'a martelé le secrétaire d'état américain John Kerry qui était en Irak au début de la semaine.

Les premiers conseillers militaires américains promis par Barack Obama ont parallèlement commencé à se déployer dans Bagdad pour évaluer l'état des forces de sécurité irakiennes et décider de la façon de les aider à repousser l'insurrection sunnite.

Le président américain, qui a exclu de renvoyer des troupes américaines se battre sur le sol irakien, a annoncé en revanche que les Etats-Unis enverraient jusqu'à trois cent conseillers militaires et n'a pas exclu, à l'avenir, de procéder à des frappes aériennes, même si aucune décision n'a encore été prise.

Selon le contre-amiral John Kirby, chargé des relations avec la presse au Pentagone, un centre opérationnel a été installé mardi soir dans la capitale irakienne.

Membres des forces spéciales, analystes du renseignement ou logisticiens, ils sont désormais cent trente sur le terrain. Une cinquantaine d'autres devraient suivre dans les tout prochains jours.

L'armée américaine procède par ailleurs à des vols de reconnaissance au-dessus de l'Irak au moyen d'avions ou de drones.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 19:09

http://www.ism-france.org/communiques/Les-prisonniers-palestiniens-suspendent-leur-greve-de-la-faim-suite-a-un-accord-avec-les-geoliers-article-18961

Les prisonniers palestiniens suspendent leur grève de la faim suite à un accord avec les geôliers

Mercredi 25 Juin 2014

Les prisonniers palestiniens en détention administrative ont suspendu la grève de la faim qu'ils avaient commencée le 24 avril, après être parvenus à un accord avec le service pénitentiaire israélien.

« Les grévistes, qui sont parvenus à un accord avec l'autorité pénitentiaire israélienne, ont décidé de suspendre leur action à l'approche du saint Ramadan, après avoir fait soixante trois jours de grève de la faim », a annoncé le comité du mouvement des prisonniers dans une déclaration diffusée mardi par l'avocat Abu Snena.

Les raisons de cette décision seront rendues publiques après la libération des grévistes hospitalisés, a-t-il ajouté.

Shawqi al Aissa, ministre des prisonniers et anciens prisonniers, et Qadoura Fares, président de la société des prisonniers, ont confirmé l'information sur la suspension, disant que d'autres détails seraient donnés lors d'une conférence de presse mercredi.

Le service pénitentiaire israélien a dit que l'accord, signé avec les grévistes de la faim palestiniens dans la nuit, entérine la suspension de la grève, le retrait des amendes imposées aux prisonniers et le retour des détenus dans leurs quartiers.

La chaîne israélienne 7 a cité l'autorité pénitentiaire qui a affirmé que les prisonniers hospitalisés seraient maintenus en observation et qu'il n'y avait pas de changement majeur dans la politique de détention.

Plus de deux cent détenus administratifs ont pris part à la grève de la faim pour faire entendre leur désapprobation sur les condamnations israéliennes à la détention arbitraire prises sans audiences de la défense.

Parallèlement, le chef du centre al Ahrar pour les études des prisonniers et les droits de l'homme, Fouad al Khuffash, a déclaré qu'il tenait le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas pour responsable de la suspension de la grève de la faim, qui a duré pendant soixante trois jours d'affilée,

Dans une déclaration de ce mercredi, al Khuffash a dénoncé la réticence de Mahmoud Abbas vis-à-vis des affaires des prisonniers, disant que ce dernier n'a pas émis une seule déclaration sur la grève de la faim, pas plus qu'il n'a pris de mesure sérieuse pour soutenir les détenus tout au long de leur lutte pour la liberté.

En outre, al Khuffash a fustigé le premier ministre Rami Hamdallah, qui n'a rien fait pour soulager l'agonie des prisonniers.

Il a également critiqué l'Autorité Palestinienne pour les arrestations de masse de ces derniers mois qui ont ciblé les activistes palestiniens et les avocats de la cause des prisonniers.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 18:41

Le président égyptien Sissi en Algérie pour parler de sécurité (Reuters)

Le président égyptien Abdel Fattah al Sissi s'est rendu en Algérie Mercredi 25 Juin 2014 pour son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction en début de mois, un voyage placé sous le signe de la lutte contre les groupes islamistes armés dans la bande sahélienne.

« Nous avons beaucoup de sujets de préoccupation communs avec l'Algérie. Nous avons le problème du terrorisme sur lequel nous voulons coordonner nos positions. Nous avons le problème de la Libye », a déclaré l'ancien chef de l'armée égyptienne aux chaînes de télévision des deux pays.

L'Egypte et l'Algérie ont chacune une longue frontière commune avec la Libye, plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi et où prospèrent et s'arment les mouvements islamistes de la région sahélienne.

Abdel Fattah al Sissi a souligné cette semaine que la Libye constituait une menace sécuritaire majeure pour l'Egypte en raison des infiltrations de djihadistes.

L'armée et la police égyptiennes ont été la cible de nombreux attentats depuis que le président Mohamed Morsi, issu des frères musulmans, a été renversé en juillet 2013 et que plus d'un millier de ses partisans ont été tués par les forces de l'ordre.

L'éviction de Mohamed Morsi, premier président librement élu de l'histoire de l'Egypte, a été comparée par certains analystes au coup de force de l'armée algérienne contre le Front Islamique du Salut (FIS) alors que celui-ci était sur le point de remporter les élections législatives en 1991, prélude à une décennie sanglante.

Sur le plan économique, Alger discute avec Le Caire de la vente de gaz naturel pour alimenter les centrales électriques égyptiennes.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 17:37

http://www.autogestion.asso.fr/?p=4404

Nestor Makhno

Par Claude Kowal

Lundi 23 Juin 2014

Il y a des personnages historiques qui deviennent des légendes. Et les mythes ont la vie dure.

Il en est ainsi avec Nestor Makhno, dirigeant anarchiste ukrainien qui, dans années vingt, joua un rôle majeur dans la lutte contre les armées blanches de Denikine. Si les mythes ont la vie dure ils sont rarement l’expression de la vérité mais avec Makhno il y a un double mythe, il y a la version bolchevique et la version libertaire. En fait comme le montre la rencontre de Makhno avec Lénine que nous publions à la suite la divergence est stratégique, Lénine appréciait la situation dans le contexte international avec le risque de défaite de la révolution, Makhno réduisait sa conception à la situation des paysans ukrainiens. Mais la réalité de la tcheka et son rôle néfaste a tranché. La conception même des bolcheviks qui se considéraient comme les dirigeants de la révolution poussait vers cette issue. Mais sur le terrain la Makhnovchtchina a joué un rôle très positif contre les blancs et a souvent appuyé des mesures autogestionnaires.

Selon la version bolchevique on parle des bandes de Makhno, qui deviennent avec le temps les bandits de Makhno. Puis on rajoutera antisémites. Bande est un mot quasi neutre mais qui souligne un fonctionnement « désorganisé », en tous les cas non militaire ce qui s’explique par le fonctionnement du système de commandement très éloigné des modèles classiques.

Il permet surtout de passer de « bandes » à bandits ce qui n’est plus neutre.

Quant à « l’antisémite » c’est un qualificatif qui pourrait sembler crédible dans un pays aux très anciennes traditions religieuses et arriérées. Tout juif venant d’Ukraine confirmera le climat antisémite dans les campagnes et même ailleurs.

Sauf que pour Makhno c’est faux et la « Makhnovchtchina » a, à plusieurs reprises, condamné et fusillé les manifestations d’antisémitisme sans pour autant perdre sa popularité chez les paysans. On sait aussi qu’il s’est engagé nettement contre Simon Petlioura dont les campagnes antisémites sont notoires.

La Makhnovchtchina fut un mouvement révolutionnaire autonome de paysans largement influencé par les anarchistes dont le plus célèbre est Makhno. Ils ont constitué des entreprises agricoles sur les terres récupérées des koulaks et pour certaines des entreprises autogérées.

Mais leurs appréciations de la situation de l’encerclement de l’URSS étaient faibles et n’entraient pas en considération alors que c’était un des points majeurs des préoccupations de la direction du parti bolchevik. Il faut dire aussi que les méthodes brutales de la tcheka ne les aidaient pas.

C’est où, c’est quoi, c’est quand, c’est qui ?

L’Ukraine est alors un pays très différent des autres provinces russes. C’est un pays agricole riche, suscitant la convoitise de ses voisins. Il est marqué par un fort esprit d’indépendance vis-à-vis de ses voisins qui l’ont occupé pendant des siècles (les polonais et les russes). Esprit d’indépendance allant parfois jusqu’à un nationalisme exacerbé avec une tradition de « volnitza » (vie libre) qui freina l’implantation des différents partis politiques.

Avec l’abdication du tsar en mars 1917, et alors que Kérensky prenait la tête du gouvernement provisoire en Grande Russie, on avait vu s’établir en Ukraine un pouvoir parallèle dirigé par la petite bourgeoisie nationaliste, désireuse de recréer un état indépendant.

Ce mouvement, animé par Vinitcheuko et Petlioura, s’établit surtout dans le nord du pays, alors que dans le sud les masses paysannes, sous l’influence des groupes anarchistes, s’en détachaient pour former un courant révolutionnaire qui, en décembre 1917 et janvier 1918, expulsa les gros propriétaires et commença à organiser lui-même le partage et la mise en valeur des terres.

Mais tout fut remis en question lorsque, le 3 mars 1918, les bolcheviks signèrent le traité de Brest-Litovsk qui permettait aux armées austro-allemandes d’entrer en Ukraine.

Celles-ci rétablirent aussitôt les nobles et les propriétaires fonciers dans leurs privilèges afin de s’assurer la neutralité de la région. La nomination du commandant en chef des armées à la tête de la Rada centrale (Parlement) marqua un véritable retour au tsarisme. Les propriétaires chassés peu de temps auparavant se hâtèrent, par esprit de vengeance, de resserrer leur étreinte sur les paysans, qui subissaient par ailleurs le brigandage des troupes d’occupation.

Devant cette répression impitoyable, le pays se dresse dans un mouvement insurrectionnel des paysans et des ouvriers et va se déclarer pour la « révolution intégrale » sans que le programme en soit très défini. On assiste à une organisation de corps de francs-tireurs par les paysans eux-mêmes. C’est l’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne dite « Makhnovchtchina »..

Mais les représailles de la Rada ukrainienne, appuyée par les troupes austro-allemandes, vont être sanglantes (en juin, juillet et août 1918). La nécessité d’une certaine unification face à la répression se faisant sentir, ce sera le groupe anarchiste de Goulaï-Polé qui en prendra l’initiative.

Le mouvement prend alors un caractère différent, il se débarrasse aussitôt de tous les éléments non travailleurs et des préjugés nationaux, religieux ou politiques. Non seulement il lutte contre la réaction, mais il s’engage dans une voie anti autoritaire très influencée par les groupes anarchistes et en premier lieu celui de Gouliaï-Polié, duquel va se détacher un animateur de premier ordre Nestor Ivanovitch Makhno.

Makhno est né le 27 octobre 1889 à Gouliaï-Polié dans le sud de l’Ukraine d’une famille de paysans pauvres. Au lendemain de la révolution manquée de 1905, il intègre un groupe anarcho communiste. Il est condamné à mort en 1910 pour avoir fomenté un attentat contre le poste de police. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Durant son incarcération il s’instruit et perfectionne sa formation politique. La révolution de 1917 lui rend la liberté.

De retour à Gouliaï-Polié, Makhno fonde une union paysanne et procède à l’expropriation des grands domaines agricoles et des usines, dans la région qu’il contrôlait, établissant des communes rurales autonomes. Chaque commune était dotée d’une superficie de terre correspondant à ce que ses membres pouvaient cultiver.

Le traité de Brest-Litovsk signé entre l’URSS et l’Allemagne laissait l’Ukraine aux austro-hongrois puis, après la chute de « l’entente », aux mains des nationalistes ukrainiens alliés avec les blancs (Denikine), les forces anglaises et les polonais qui luttaient contre l’armée rouge.

De 1918 à 1921, l’union paysanne lutta d’abord contre les allemands (après la signature du traité de Brest-Litovsk), puis contre les blancs de Denikine et leurs alliés anglais après la défaite de l’entente en alliance avec l’armée rouge.

Des combats incessants vont avoir lieu pendant des années au rythme des flux et reflux des divers combattants, troupes d’occupation austro-allemandes, bandes de l’hetman Skoropadsky, armées blanches de Denikine puis celles de Wrangel, s’emparant des villes, les reperdant, multipliant les massacres, les pogroms, les pillages.

Personnage hors du commun, très controversé, vénéré comme une icône par les anarchistes du monde entier, mais quasiment ignoré de l’histoire officielle, il reste très difficile à cerner en raison du manque de sources écrites directes et fiables, le concernant. On ne dispose pratiquement que des livres émanant des deux seuls intellectuels de ce mouvement, celui de Pierre Archinov et surtout celui de Voline, « la révolution oubliée ». Makhno lui-même a entrepris, à Paris, la rédaction de ses mémoires, mais il est mort en 1934 avant d’avoir pu aller au-delà du récit de ses années de jeunesse. Il a, toutefois, laissé un certain nombre d’articles parus dans une revue libertaire publiée à Paris en langue russe.

L’Ukraine et la Russie, une relation coloniale et économique

La question de l’indépendance de l’Ukraine par rapport à la Russie fut vite un problème. Les bolcheviks ne voulaient pas se séparer de leur grenier à blé et la guerre civile posait durement la question du ravitaillement.

Les éléments d’intervention de l’armée rouge se livreront dans le pays à de brutales répressions. La tcheka fit régner un tel régime de terreur chez les paysans ukrainiens que le gouvernement soviétique dut se résoudre à constituer une commission, spécialement chargée d’enquêter sur les agissements en Ukraine de cet organisme policier, sinistre instrument de la terreur rouge qui souvent ne respectait pas les règles fixées par les bolcheviks eux même.

En 1918, le pouvoir bolchevique se sentant assez fort supprime les opposants libertaires puis les socialistes révolutionnaires. Makhno venu s’informer à Moscou (voir le compte rendu qu’il donne de sa rencontre avec Sverdlov et Lénine) de la conduite à tenir dans sa province n’eut pas de réponse satisfaisante.

Il résolut donc de mettre en pratique sa propre solution, la guerre des paysans. Si le mouvement makhnoviste ne pouvait espérer aucun secours du gouvernement de Moscou, en revanche il était en droit de compter sur une aide de la part des groupes anarchistes des villes.

Makhno avait conscience de la difficulté de mettre en place une armée insurrectionnelle. Il savait que l’organisation d’une armée, avec ce que cela entraîne comme structures militaires, constituait un phénomène sans précédent et paradoxal dans la conception et l’application des idées anarchistes. Certes, cette armée avait fonctionné à partir des principes de démocratie directe, volontariat, élection et révocation par la base des responsables et commandants à tous niveaux, autonomie des détachements et des régiments, enfin symbiose totale avec la population laborieuse dont cette armée était l’émanation. Cependant il y avait un état-major central, où Makhno avait joué un rôle primordial, et un noyau dur et dynamique du mouvement, tant politiquement que militairement, composé par des anarchistes et surtout par les membres du groupe communiste libertaire de Gouliaï-Polié et qui formait une avant-garde.

Makhno concevait cette avant-garde au sens littéral du terme, à savoir que ses membres devaient se trouver aux avant-postes de la lutte et donner l’exemple.

L’avant-garde des insurgés makhnovistes avait pris l’initiative de la lutte armée et de la détermination de ses objectifs, les instances suprêmes de la population ayant été représentées par les soviets libres, leurs assemblées et congrès. Cette avant-garde-là était donc placée au cœur même de la masse et non au-dedans ou au-dessus. La différence est de taille.

Durant ses années d’exilés Makhno revint sur le rôle de l’organisation. Il en tira comme conclusion qu’une des grandes raisons de l’échec du mouvement de la Makhnovchtchina était que celle-ci n’avait pas su mettre en place une grande organisation spécifique, capable d’opposer ses forces vives aux ennemis de la révolution. Il conçoit donc un mode organisationnel qui puisse accomplir les tâches de l’anarchisme, non seulement lors de la préparation de la révolution sociale, mais également à ses lendemains. Et il conclut que l’anarchisme ne peut plus rester enfermé dans les limites étriquées d’une pensée marginale et revendiqué uniquement par quelques groupuscules aux actions isolées.

L’anarchie doit se munir de moyens nouveaux et emprunter la voie de pratiques sociales. Cette réflexion aura une influence sur les libertaires espagnols de Catalogne et d’Aragon.

Malheureusement, les préjugés anti organisationnels, profondément ancrés dans les milieux libertaires, ne permirent pas à la Makhnovchtchina de sortir de son isolement. Comment faire admettre aux intellectuels et théoriciens anarchistes que la guerre, avec la stricte organisation qu’elle implique, pouvait passer pour un moyen d’action compatible avec les finalités de l’anarchie ?

Makhno pratiqua une guérilla terriblement efficace avec son armée de plus de vingt mille hommes, équipée en partie grâce à des armes prises à l’ennemi contre les armées blanches de Denikine et Wrangel. Malgré cela, l’implantation d’une société paysanne libertaire dans la région contrôlée par Makhno, de même que l’autonomie des makhnovistes, portait trop ombrage à un pouvoir central de plus en plus jaloux de ses prérogatives pour être tolérées plus longtemps.

Un conflit sanglant ne tarda pas à éclater entre les partisans de Makhno et l’armée rouge. Après la prise de Gouliaï-Polié par les rouges, Makhno s’enfuit avec une poignée de cavaliers.

Traqué, malade, blessé il parvint pourtant à échapper à ses poursuivants. Il trouve exil en France ou il mourut en 1934. L’aventure de la Makhnovchtchina subit les condamnations des propagandistes et des historiens soviétiques.

L’image de l’anarchiste ukrainien est singulièrement floue. D’autant plus que la Makhnovchtchina, née de la révolution et de la guerre civile, tient à la fois de la guerre d’indépendance et du mouvement libertaire, deux types d’action difficiles à concilier. Ce qui est sûr, c’est que Makhno, chef de guerre, fut tout autant un anarchiste authentique, conscient de l’importance primordiale de la liberté sociale.

À la manière de ce qui se produira plus tard dans l’Espagne de la guerre civile, Makhno réussi à installer en Ukraine un embryon de société rurale libertaire.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 17:18

http://www.atlasalternatif.over-blog.com/article-irak-123967273.html

L’offensive d’EIIL qui menace les frontières du Proche Orient

Par Frédéric Delorca

Dimanche 22 Juin 2014

En réplique à la politique répressive du gouvernement de Bagdad à dominante chiite dirigé par le premier ministre Nouri al Maliki, les milices djihadistes sunnites d’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant, Daesh, affilié à al Qaïda) ont pris Mossoul dans le nord du pays et entamé une marche sur la capitale. Leurs succès s'expliquent largement par la présence dans leur coalition d'anciens cadres du parti de Saddam Hussein (et leurs troupes) dont notamment l'ancien vice-président de Saddam Hussein Ezzat Ibrahim al Dour et par les financements en provenance d'Arabie Saoudite. L'influence du Baas aurait notamment permis la défection massive des militaires légalistes dans la défense de Mossoul.

Ainsi le Baas renoue avec une stratégie d'alliance avec des alliés des occidentaux qu'il avait déjà mise en oeuvre contre le Parti Communiste Irakien dans les années 1960.

L'Irak et la Syrie sont désormais menacés d'éclatement suivant des lignes confessionnelles (la tribu Dulaim, trois millions de membres, prône d'ailleurs officiellement la partition), Daesh ayant détruit physiquement la frontière entre les deux pays.

Tirant profit de la débandade des troupes gouvernementale dans les régions de Ninive, de Salaheddine et de Diyala, les troupes du gouvernement autonome kurde (peshmergas) se sont emparés des « territoires disputés ». Les turkmènes irakiens dont une ville (chiite) a été prise par EIIL ont créé une milice d'auto défense.

Confrontés au chaos directement produit par leur politique, les Etats-Unis ont dû annoncer l'envoi de trois cent « conseillers militaires » pour la protection de leur ambassade (une des plus grandes de leur dispositif diplomatique) à Bagdad.

Officiellement ils soutiennent encore al Maliki, tout comme Vladimir Poutine. Il n'est pas impossible cependant que les Etats-Unis, alliés de la Turquie et de l'Arabie Saoudite qui ont soutenu Daesh, et dont les services secrets connaissent bien les cadres de Daesh (dont bon nombre ont combattu en Libye) aient pour le moins laissé faire l'offensive qui menace aujourd'hui un gouvernement jugé trop proches de Téhéran.

Les ministres des affaires étrangères d'Arabie saoudite et de Russie ont évoqué Samedi 21 Juin 2014 à Djeddah les conflits en Syrie et en Irak, qui les divisent, en insistant toutefois sur la nécessité de préserver l'intégrité territoriale de ces deux pays.

En Syrie, le 4 juin, l'aviation et l'artillerie gouvernementale ont frappé les positions de Daesh entre les champs de Rankous et Qalamoun.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 17:03

http://www.scoop.it/t/revue-de-presse-theatre/p/4023434315/2014/06/23/a-montpellier-les-intermittents-pris-dans-le-ballet-des-ag

http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/06/23/a-montpellier-les-intermittents-pris-dans-le-ballet-des-ag_4443313_3246.html

A Montpellier, les intermittents pris dans le ballet des « assemblées générales »

Par Marc Bettinelli, envoyé spécial du Monde à Montpellier

Pour les intermittents montpelliérains, le week-end du Samedi 21 Juin et du Dimanche 22 Juin 2014 s'est terminé comme il avait débuté, par une « assemblée générale ». Soit une assemblée générale, traditionnel moment de démocratie dans lequel chacun est invité à se faire entendre.

En deux jours, celles organisées à Montpellier auront vu ses participants finaliser une excursion sur l'antenne de France 2, appeler à un vote pour décider d'une grève, ignorer les résultats négatifs de ce dernier, et finalement empêcher la tenue du premier spectacle du festival Montpellier Danse.

L'espace d'un week-end, Montpellier aura été le centre de gravité de l'industrie culturelle française, et peut-être le lieu où les rapports de force auront basculé.

FENÊTRE INESPÉRÉE POUR LES MANIFESTANTS

Depuis plusieurs jours, et alors qu'une grève prolongée des intermittents du spectacle avait fait couler l'édition annuelle du Printemps des Comédiens, la situation semblait se tasser. Le coup de fouet a été brutal, donnant à la fois un nouvel élan aux intermittents dans la bataille de la communication, et réanimant leur action à un moment décisif.

Il y eut d'abord cette coïncidence, qui a amené France 2 à fêter la musique sur place cette année, réunissant alors trois millions deux cent mille téléspectateurs et autant de témoins des événements, une fenêtre inespérée pour les manifestants.

La société de production de Daniela Lumbroso, s'appuyant sur cent trente intermittents pour l'organisation et désireuse de s'éviter l'angoisse d'un plateau envahi, prend alors les devants en invitant leurs représentants à s'exprimer durant le direct. « On a hésité à collaborer avec le grand méchant mais l'assemblée générale a finalement voté pour », raconte l'un des intervenants, critique des chaînes nationales « gourmandes en contrats précaires ».

PATRICK SÉBASTIEN, LEUR « MEILLEUR PORTE-PAROLE »

Sur place, les deux « camps » se scrutent, France 2 qui craint une tentative parallèle a sécurisé le périmètre de tournage à grands renforts d'agents de sécurité. De son côté, les intermittents peaufinent leur intervention, craignant surtout une saillie ridiculisante de celui que certains nomment « chantre du populisme », Patrick Sébastien. Celui-ci se révélera être leur « meilleur porte-parole », alpaguant face caméra et d'un vigoureux tutoiement le président de la république en lui demandant de réagir.

« On avait des artistes, des politiques, ou des économistes de notre côté, mais pour l'ensemble de la population, notre combat semblait encore lointain. Cette fois, grâce à lui, même ma mère m'a appelé en me disant qu'on avait sûrement raison de se battre », sourit un second porte-parole des intermittents présents sur le plateau.

Tout aurait pu s'arrêter là. C'est d'ailleurs le cas, le vote organisé samedi après-midi au festival Montpellier Danse, qui doit trancher sur l'idée d'une grève dès le lendemain, jour de l'ouverture, commence par la rejeter. « Ils vont le payer », souffle un membre de la Coordination des Intermittents et Précaires (CIP). Car si on considère le Festival d'Avignon comme le point d'orgue de la lutte à venir, tous se souviennent qu'en 2003, le Montpellier Danse, l'un des plus importants festivals nationaux du genre, avait été précurseur dans la vague d'annulations ayant suivi un mouvement de contestation similaire.

INTERMINABLE DIALOGUE DE SOURDS

A 14 heures, dimanche dans le centre-ville, lors de l'« assemblée générale extraordinaire » tenue en compagnie d'intermittents externes au festival, on dénonce d'obscures irrégularités lors du scrutin, qui incitent à outrepasser les résultats par une nouvelle action collective. Une initiative qui fait l'unanimité.

Venu rencontrer la grosse cinquantaine de protestataires, Angelin Preljocaj, à la tête du Centre Chorégraphique National d'Aix-en-Provence et dont les danseurs doivent ouvrir le festival à 22 heures, se voit pressé de renoncer à son spectacle.

Dos au mur, au sens propre, il argumente, défendant tant bien que mal le maintien de la programmation tout en assurant de son affection pour la cause des intermittents présents, interminable dialogue de sourds.

Et puis, peu avant 18 heures, après que les protestataires ont listé avec une infaillible exhaustivité l'intégralité des dizaines de théâtres, compagnies, collectifs, chaînes ou festivals ayant récemment fait le choix de la grève, rappelé avec passion l'utilité historique d'une telle action, agité plusieurs fois les mains en l'air en guise de soutien aux propos d'un « camarade », recentré le débat, élargi la cause, rechiffré les propositions.

ANGELIN PREJLOCAJ QUITTE LES LIEUX

C'est Christelle, chorégraphe, qui plie la discussion, « en 2003, j'ai joué mon spectacle car la danse était toute ma vie. Et aujourd'hui je sais que le jouer n'a pas changé grand-chose pour moi alors que la grève des autres a sauvé un régime qui m'a permis de vivre de la danse pendant ces onze dernières années ».

Angelin Prejlocaj quitte les lieux. La nouvelle arrive par surprise et par SMS, à 20 heures 45, il annule sa première représentation, mais demande que les quatre autres prévues ne soient pas perturbées. « C'est Valls qui est derrière à la manœuvre », croit savoir l'un. « On ne négocie pas une grève », tranche un autre.

Une heure avant le début du spectacle, l'assemblée générale se fait par textos, et consiste à ameuter le plus de monde possible pour tenter un « coup ».

A 22 heures, trois cent intermittents parviennent à occuper la scène de Montpellier Danse, sans un bruit. A minuit, la dernière assemblée générale du week-end voit chacun s'en féliciter.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 16:35

Lourdes peines en Egypte pour les reporters d’al Djazira (Reuters)

La justice égyptienne a infligé Lundi 23 Juin 2014 de lourdes peines de prison à trois journalistes de la chaîne de télévision al Djazira.

Le verdict a été condamné par Washington et l'ONU, des critiques rejetées par le gouvernement du Caire.

L'australien Peter Greste, basé au Kenya, et le canado égyptien Mohamed Fahmy, chef du bureau d'al Djazira en anglais au Caire, ont été condamnés à sept ans de réclusion pour avoir soutenu une « organisation terroriste », expression qui désigne vraisemblablement les frères musulmans. Leur collègue égyptien Baher Mohamed a écopé d'une peine supplémentaire de trois ans de prison pour détention d'armes.

Les trois journalistes, détenus au Caire depuis le 29 décembre, étaient poursuivis pour avoir publié de fausses informations de nature à saper l'intérêt national et d'avoir fourni de l'argent, du matériel et des informations à un groupe de dix sept égyptiens.

Les dix sept autres accusés devaient répondre de chefs d'appartenance à une « organisation terroriste ». Deux ont été acquittés, dont Anas Beltagi, fils d'un haut responsable des frères musulmans qui est actuellement derrière les barreaux.

Quatre autres ont été condamnés à des peines de sept ans de réclusion et les onze restants, jugés par contumace, se sont vu infliger des peines de dix ans.

Le bureau d'al Djazira en Egypte a fermé le 3 juillet 2013, jour de la destitution de l'ancien président Mohamed Morsi issu des frères musulmans. La chaîne est financée par le Qatar, monarchie du golfe soutenant la confrérie, déclarée fin 2013 « organisation terroriste » en Egypte. Al Djazira a jugé absurdes les accusations retenues contre ses trois journalistes.

LE CAIRE REJETTE TOUTE « INGÉRENCE »

Les sentences ont été annoncées au lendemain de la rencontre au Caire entre le secrétaire d'état américain John Kerry et le président Abdel Fattah al Sissi, au cours de laquelle a été évoqué le sort réservé aux frères musulmans et de la transition politique.

A l'annonce du verdict, le chef de la diplomatie américaine a appelé son homologue égyptien, Sameh Choukri, pour lui faire part de son mécontentement. « A l'évidence, la condamnation prononcée aujourd'hui est à la fois glaçante et d'une extrême sévérité », a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Bagdad. »Quand j'ai entendu le verdict, j'étais si préoccupé, si déçu que j'ai immédiatement décroché mon téléphone pour appeler le ministre égyptien des affaires étrangères et lui manifester notre profond mécontentement ».

Dans un communiqué, le ministère égyptien des affaires étrangères a rejeté toute « ingérence » dans ses affaires intérieures.

« Le ministère rejette fermement tout commentaire émanant de l'étranger qui jette un doute sur l'indépendance de la justice », lit-on dans un communiqué. « Le ministère réaffirme ne nouvelle fois qu'il refuse toute ingérence dans ses affaires intérieures, ce que le ministre des affaires étrangères a confirmé à l'occasion de plusieurs contacts récents avec des parties internationales ».

DÉFI LANCÉ À LA LOGIQUE

Navi Pillay, haut commissaire de l’ONU aux droits de l'homme, a estimé que le verdict mettait en jeu « la réputation de l'Egypte, et en particulier de sa justice en tant qu'institution indépendante. Le risque est que les erreurs judiciaires deviennent la norme en Egypte », a-t-elle dit.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, s'est quant à lui dit gravement préoccupé à la fois par le verdict condamnant les journalistes et la peine de mort infligée à cent quatre vingt trois partisans des frères musulmans, dont le guide de la confrérie Mohamed Badie, samedi dernier.

« Ces procédures qui ne respectent pas les normes de base d'un procès équitable sapent les perspectives de stabilité à long terme », a déclaré le porte-parole de Ban Ki Moon, Stephane Dujarric.

Al Djazira a demandé à l'Egypte d'invalider le verdict et les sentences rendus à l'encontre des trois journalistes, jugeant que les peines de sept ans sont injustifiées et qu’elles défient toute logique.

Dans un communiqué, al Anstey, directeur général du service anglophone de la chaîne, a estimé que les trois journalistes avaient été déclarés « coupables d'avoir couvert des sujets avec grand talent et intégrité, coupables de défendre le droit du peuple à savoir ce qui se passe dans le monde où il vit. Il n'y a aucune justification à la poursuite, même d'une seule minute, de la détention de nos trois collègues. Les avoir détenus pendant cent soixante dix sept jours est une honte. Les avoir condamnés défie la logique, le bon sens et tout semblant de justice », a-t-il ajouté. « Une seule issue sensée est envisageable, que le verdict soit invalidé », lit-on également.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 19:08

http://www.socialisme-2010.fr/blog/page7.php#amaury22062014

Reconstruire un rassemblement

Par Amaury Couderc

Les mots n’auraient il plus le même sens rue de Solferino que dans le reste du pays ?

« Nous faisons une politique sociale éclairée par les valeurs de gauche », déclare le porte-parole du Parti Socialiste Jean Marie Le Guen.

Avant d’entamer la moindre discussion sur la possibilité de rassembler la gauche, encore faudrait-il s’entendre sur la signification et le contenu que nous donnons à certains mots. Est-ce que nous parlons tous de la même chose lorsque nous parlons de « la gauche », du « socialisme » ?

Il semblerait à l’évidence que non.

Sinon, pourquoi différencier la « gauche de gouvernement » de la gauche tout court. Faire cette différenciation présuppose déjà que la gauche au pouvoir devrait faire une politique différente de la gauche, donc trahir ses promesses ?

Ces réflexions nous emmènent immanquablement à nous poser la question, qui est à gauche et qui ne l’est plus ?

Le Parti Socialiste est-il toujours un parti de gauche ?

Le Parti Socialiste est-il encore un parti « socialiste », est-il encore possible de le classer à gauche sur l’échiquier politique alors que l’on connait tous les choix qu’il a entériné officiellement de construire une Europe économique sur la base de la « concurrence libre et non faussée » après avoir été le parti qui a le plus privatisé de toute l’histoire de la république, assurément non.

Poser cette question, le Parti Socialiste est-il toujours une organisation de « gauche », conditionne bien sûr la suite logique d’une recherche des moyens de rassembler sinon « la gauche », pour le moins « à gauche ».

Les élections municipales et ensuite les européennes ont vu « la gauche » disparaitre au profit de l’extrême droite, de la droite, mais surtout de l’abstention massive des citoyens devant les promesses trahies par ce que certains continuent à appeler « la gauche ». Bien que la presse tente de nous faire croire qu’il s’agit d’un désintérêt des citoyens pour les élections, comment peut-on continuer à classer à gauche une organisation qui soutient une politique consistant à donner cinquante milliards d’euros au patronat et un milliard deux cent millions d’euros pour les familles et les plus défavorisés, reniant par la même toutes ses promesses de campagne.

Assumer la rupture avec l’appareil du Parti dit Socialiste.

L’exemple de ce qui ce passe en Grèce, mais aussi en Espagne, ou encore de manière différente en Italie ou au Pays-Bas montre bien que la gauche ne peut progresser que si elle assume la rupture avec les organisations qui ne sont même plus sociales démocrates mais sont passées au service du patronat bien qu’elles continuent honteusement à se réclamer du socialisme, voire de Jaurès.

Le rapprochement avec le parti « socialiste » est un échec électoral.

En ce qui concerne le PCF, bien sûr, le problème est différent, ses positions en faveur du salariat sont souvent de bonnes positions, il n’en reste pas moins vrai que ses choix stratégiques d’alliance avec le Parti Socialiste à l’occasion des élections municipales a rendu le « Front De Gauche » absolument inaudible et l’a remisé au rang des organisations privilégiant les « combinaisons d’appareil » au détriment de la clarté politique.

L’abstention massive montre bien que les français n’ont pas été dupes de cette opération qui visait uniquement à garantir l’élection de quelques caciques de l’appareil. La traduction électorale a été la mise en échec de cette opération par une abstention massive des électeurs de gauche.

Du même coup le Front De Gauche qui représentait l’espoir d’une gauche enfin au service du salariat a été brisé.

Un rassemblement nécessaire, mais sur des accords clairs.

Aujourd’hui le nécessaire rassemblement ne peut plus se faire au niveau d’accords d’appareil (quels qu’ils soient), il ne peut se faire que sur la base d’un programme clair, de positions claires par rapport à l’Europe et à la monnaie commune, sachant qu’il est impossible de réformer ce monstre européen puisque la moindre modification nécessite l’unanimité de tous les pays constitutifs de cette Europe. Que c’est un leurre de faire croire qu’il suffirait d’élever le ton pour faire plier la totalité de ces pays.

Par contre il existe un article de la constitution européenne qui permet de sortir unilatéralement de l’Europe des banquiers, et de là, construire une autre Europe, avec les peuples qui aujourd’hui sont étranglés par cette concurrence libre et non faussée.

Il faut un rassemblement nécessaire sur un programme clair, sur une construction européenne des peuples, sur un refus de voir se disloquer la France des départements, c’est-à-dire la France héritée de la révolution, et sur une stratégie unique.

La base sociale sera donnée de surcroit…

Un parti de masse, ou une avant-garde éclairée ?

L’espoir qu’avait fait naître la candidature à l’élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et son score à deux chiffres a été broyé pour deux raisons essentielles :

Parce que les camarades du Parti Communiste Français et d’une fraction de « Gauche Unitaire » ont passé dès le premier tour des élections municipales des accords avec le Parti Socialiste incompréhensibles pour les électeurs.

Parce que les camarades du Parti de Gauche n’ont pas compris qu’avec un peuple politisé comme l’est le peuple français, l’outil nécessaire à la prise de pouvoir démocratique ne peut pas être une « avant-garde éclairée » mais un parti de masse largement ouvert au débat et aux sensibilités qui se retrouvent dans la société.

Oui, le Parti de Gauche est dans une nasse et son porte-parole Jean Luc Mélenchon avec lui.

Je suis parfaitement à l’aise pour en parler, d’autant que je m’étais fait écarter de la direction (conseil national) pour avoir dénoncé par avance l’attitude de ce qui allait être les différentes positions des appareils constituant le Front De Gauche.

Constatons le repli du PCF sur ses élus (et son retour dans le giron du Parti Socialiste).

Là où je me suis trompé, c’est dans l’analyse de « Gauche Unitaire » que je n’aurais jamais cru capable de se fourvoyer avec un Parti Socialiste complètement décrédibilisé.

S’assumer comme alternative.

Le vote des élections municipales n’avait pas qu’une dimension locale, la question était de savoir si le Front De Gauche allait s’assumer comme alternative crédible à gauche.

La réponse a été clairement non, et c’est ce qui m’a fait dire en son temps que le Front De Gauche est mort.

Il est clair que la disparition d’une alternative à gauche a renforcé d’autant le Front National qui, lui, s’est clairement présenté comme une alternative à la droite largement déconsidérée par ses affaires.

Assumer la rupture au sein du Parti Socialiste.

Aujourd’hui un rassemblement à gauche n’a de sens que s’il se met en capacité, non seulement, de mettre en échec le politique soutenue par le Parti Socialiste mais aussi et surtout de présenter une alternative crédible susceptible de rassembler une majorité. Une simple « opposition de gauche » n’aura aucune crédibilité.

La recherche de contacts avec les élus socialistes en opposition avec la politique actuelle n’a de justification que si ces derniers assument clairement la rupture avec leur parti.

Dans le cas contraire ils apparaissent aux yeux de l’opinion pour ce qu’ils sont réellement, la voiture balai électorale d’un parti en décomposition.

S’allier à ces élus qui se contentent de critiquer, de dénoncer, sans jamais remettre en cause l’existence de ce gouvernement, ne ferait que décrédibiliser encore plus un rassemblement comme le « Front De Gauche » déjà bien controversé.

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