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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 19:20

 

http://www.alencontre.org/laune/espagne-manifeste-des-marches-pour-la-dignite-du-22-mars.html

http://www.lamarea.com/2014/02/26/ocho-marchas-ciudadanas-confluiran-en-madrid-para-plantar-cara-los-recortes

 

Huit marches citoyennes convergent vers Madrid contre les coupes budgétaires

 

Mercredi 26 Février 2014

 

Non au paiement de la dette, non aux coupes budgétaires, oui au travail et au logement dignes et aux droits sociaux garantis, ces cinq points résument le manifeste et les revendications des Marches pour la Dignité, une mobilisation coordonnée depuis différents points du pays et qui convergeront, Samedi 22 Mars 2014, en une grande manifestation à Madrid. 

 

Différents membres de ces marches ont expliqué lors d’une rencontre à l’Ateneo de Madrid, le 26 février, leurs principales revendications. Ils représentaient quelques-unes des luttes les plus importantes de ces dernières années, comme celles des travailleurs de la santé, du nettoyage, du métro et des transports publics ainsi que d’entreprises privées comme Coca-Cola (une usine d’embouteillage de la région de Madrid est menacée de fermeture) ou Panrico, qui se trouvent en plein conflit du travail.

 

Irene Montero, membre de la coordination de Madrid, déclare que « les responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons sont les instituts financiers et le gouvernement ».

 

Les organisateurs espèrent que des milliers de personnes se rendent dans la capitale du pays pour donner la preuve d’une « réponse coordonnée » qui permettra de protéger les « droits sociaux de la majorité des travailleurs ».  

 

Huit « colonnes » partiront du nord, nord-est, sud-est, sud, sud-ouest, nord-ouest, extérieur et international. La colonne du nord-est a été la première a se mettre en marche alors que le 25 février une marche de Catalogne a débuté et passe par Lleida, Alcañiz et Saragosse. Le départ des autres marches s’égrène entre le premier et le 20 mars, certaines à pied, d’autres au moyen de divers transports, selon la distance à parcourir.

 

Fernando Miñana, de la colonne de Murcie, a souligné la nécessité de lutter contre une dette « impossible à payer », causée « en grande partie par le sauvetage des banques ainsi que par les magouilles des grands projets urbains et d’infrastructures ». Miñana, dont la marche est partie le 9 mars, a revendiqué un audit qui permette d’identifier à « quelle minorité bénéficie ce pillage ».

 

« La dignité est la dernière des barricades »

 

Lorsque les marches arriveront finalement à Madrid, aura lieu une manifestation unitaire qui partira d’Atocha (où se situe la plus grande gare de Madrid) Samedi 22 Mars 2014 à 17 heures et, pour la suite du week-end, des assemblées et activités sont organisées. « Nous savons quand nous arrivons mais nous ne savons pas quand nous partirons », ont insisté les activistes, entourés, entre autres, de travailleurs de la santé, du nettoyage, du métro, de Coca-Cola et de Panrico.

 

Selon le représentant de la marche du sud-ouest, qui partira de Mérida, Alvaro Rodríguez, l’objectif, vise avant tout à rassembler tous les « oui, nous le pouvons ».

 

L’Estrémadure a déjà réalisé sept marches, il est temps de les conduire toutes à Madrid et de lutter pour des objectifs communs. Alvaro Rodriguez ajoute que « la dignité est la dernière des barricades ».

 

Une proposition en provenance des mouvements sociaux

 

L’idée des marches de la dignité est venue du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT) qui a commencé, à la fin de l’année 2013, à contacter des organisations de tout le pays.  

 

« Nous voulons que cet appel ne vienne pas uniquement du SAT, mais plutôt de la population civile »,expliquait le dirigeant syndical Diego Cañamero dans une interview accordée à La Marea en septembre 2013. « Je crois que nous devons unir les quatre vingt dix pour cent de la société de sorte qu’ils rejoignent Madrid pour déclarer au pouvoir politique que c’en est assez. Que nous ne voulons pas d’un pouvoir qui trompe, qui dénature, qui manipule le vote et qui fait le contraire de ce qu’il prétend », expliquait le syndicaliste.

 

Rapidement, le Frente Cívico de Julio Anguita et les Campamentos Dignidad ainsi que les marches d’Estrémadure s’ajoutèrent à l’appel, qui n’a eu de cesse de s’étendre jusqu’à englober les assemblées du mouvement du 15 mai (en référence à la manifestation du 15 mai 2011 qui a « enclenché » le mouvement des indignados), les associations de quartier, les marées en défense du secteur public, les syndicats, les communautés chrétiennes de base, les assemblées de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH, plate-forme lancée en 2009 contre les expulsions et en faveur d’un logement digne) et bien d’autres collectifs.

 

Les actes de présentation des marches se succèdent produisent, en présence de Diego Canamero lui même, Ada Colau et d'autres militants.

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:35

 

http://www.humanite.fr/monde/zaour-smirnov-ce-scrutin-n-est-pas-legal-561180

 

« Ce scrutin n’est pas légal »

 

Lundi 17 Mars 2014

 

Après que la population de Crimée se soit prononcée à une très large majorité, hier par référendum pour un rattachement à la Russie provoquant l'inquiétude des tatars, retrouvez le point de vue de Zaour Smirnov, membre du Mejlis, organe représentatif des tatars de Crimée.

 

Question. Que pensez-vous du référendum qui s'est déroulé hier ?

 

Réponse. Il est illégitime à nos yeux. Le parlement de Crimée n’a cessé de se dépêcher depuis près de deux semaines pour que le rattachement à la Russie se fasse. Ils ont même voté l’indépendance de la péninsule avant le référendum. Au moins, les tatars ont démontré qu’ils ne participent pas à ce cirque. Ce scrutin n’est pas légal, et nous avons constaté de nombreuses fraudes. Ils ont tenté de nous acheter en nous proposant des postes dans le futur gouvernement, l’apprentissage et le statut de langue régionale. Mais nous avons refusé.

 

Question. Une fois que la Crimée aura voté son rattachement à la Russie, que se passera t il ?

 

Réponse. Personne n’est en capacité de le savoir, et c’est ce qui m’inquiète le plus. Mais je suis déçu. Depuis le retour de notre communauté au début des années 1990, en Crimée, nous avions réussi à reconstruire cette région et à recréer des liens les uns et les autres. Cela fut difficile, parfois avec quelques accrochages mais on a fini par tout surmonter et créer un destin commun. Aujourd’hui, les vieilles rancunes, les divisions sont ressorties. Il va falloir faire très attention pour éviter que des violences n’éclatent. Les gens jouent avec des mécanismes extrêmement dangereux.

 

Question. La Crimée peut elle suivre le chemin du Kosovo ou de l'Abkhazie ?

 

Réponse. Non. Nous ne laisserons pas notre péninsule vivre un tel scénario. La Crimée n’a rien à voir avec l’ancienne Yougoslavie ou l’Abkhazie. Nos diverses minorités s’entendent et continuent de se parler. Je pense que notre amour de la Crimée sera plus fort que nos divisions. Maintenant que le processus est enclenché, je crains que de nombreux tatars ne veuillent partir, notamment en Turquie. Ils sont nombreux à ne vouloir ni vivre en Russie, ni devenir des citoyens russes. Ils redoutent aussi des représailles. Demain, nous allons nous réunir pour établir une démarche et des recours.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 18:57

 

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/150314/tuzla-capitale-ignoree-de-l-europe-des-travailleurs-et-des-peuples

 

Tuzla, capitale ignorée de l’Europe des travailleurs et des peuples

 

Par Olivier Besancenot

 

Samedi 15 Mars 2014

 

C'est « un combat d’émancipation exemplaire » qui se mène à Tuzla (Bosnie-Herzégovine), épicentre d'une contestation qui a fait tomber le gouvernement, rapporte Olivier Besancenot, de retour d'un voyage dans l'ancienne Yougoslavie, « à l’approche des élections européennes, il est d’intérêt public et internationaliste de clamer que Tuzla est la capitale de l’Europe qui nous manque ».

 

Pourquoi la Bosnie-Herzégovine inspire-t-elle donc si peu d’intérêt et de curiosité dans les médias ou dans la classe politique quand, au contraire, l’Ukraine fait la une ? Est-ce le fait de sa non appartenance à l’Union Européenne ? Est-ce parce que son nom évoque la guerre qui, vingt ans plus tôt, a coûté la vie de centaines de milliers d’hommes et de femmes, plus de deux cent mille morts et six cent mille exilés, dans la quasi-indifférence occidentale et ce, à une heure trente de vol de Paris ? Ou bien qu’elle se réveille le plus souvent à l’appel du muezzin ?

 

Et pourtant, ces dernières semaines, le pays se révolte lui aussi. Le peuple s’insurge contre les injustices sociales et la misère, exprime haut et fort sa volonté de changement.

 

Intrigué, et enthousiasmé, par les informations données par nos camarades sur place, me voilà parti pour un saut de puce à Tuzla, le temps d’un court séjour. Fascinant de vérifier à quel point le temps sait être trompeur, les aiguilles semblent se figer lorsque les pendules politiques et sociales précisément s’affolent. C’est pourtant bien connu, en période de révolte ou de révolution, les secondes valent des minutes, les minutes des heures, et les heures des journées. Ce bref périple de solidarité internationaliste m’a paru durer une éternité, riche en rencontres, discussions et en enseignements.

 

À l’aéroport de Ljubljana, en Slovénie, c’est Mladen, un camarade du groupe militant Iskra (l’Étincelle) qui conduit la petite délégation constituée de deux camarades belges et moi-même. Direction Tuzla, épicentre de la contestation qui agite aujourd’hui la Bosnie. Mladen prépare une manifestation contre la réforme universitaire, libérale, qui menace la jeunesse étudiante slovène. Il organise aussi activement la solidarité avec la fronde sociale parce que les nouvelles frontières qui séparent les différentes nations de l’ancienne Yougoslavie ne restent pas étanches à cet élan de rébellion. En chemin, Mladen évoque les grands dégâts provoqués par vingt ans de libéralisme forcené sur l’économie des Balkans.

 

Bridée par un système jusqu’alors bureaucratisé, en dépit des dissidences de Tito face au régime soviétique, puis ruiné par des années de guerre, l’économie de l’ancienne Yougoslavie a été littéralement vampirisée par l’économie marchande. Résultats, développement et accroissement des inégalités, de la pauvreté, du chômage (de quarante à quarante cinq pour cent en Bosnie), privatisations des services publics et de l’industrie au profit de groupes claniques et mafieux accolés à une poignée de capitalistes occidentaux sans plus de scrupules.

 

Sur la guerre, Mladen est plus taiseux et insiste pour en parler au passé. Il précise, dans un sourire, que son passeport est slovène, que sa mère est croate et son père serbe. Au bout d’un moment, l’interminable forêt de conifères slovènes cède sa place au bitume de la longue autoroute qui mène en Croatie, longe Zagreb (nous restons au sein de l’Union Européenne, la Slovénie l’ayant rejointe en mai 2004, la Croatie en juillet 2013) et nous conduit jusqu’en Bosnie, pays non-membre de l’Union Européenne. Les kilomètres défilent tout comme les zones industrielles, siglées d’enseignes mondialement connues, et les villages dont les meutes de paille rappellent des méthodes traditionnelles d’un autre siècle.

 

Progressivement, un épais nuage de pollution annonce la proximité de Tuzla. Les cheminées et les immenses pots de yaourt de la centrale hydroélectrique au charbon apparaissent. Elles crachent une fumée continue qui distille une indéfectible odeur de soufre sur toute la ville. Le décor est planté. Si Sarajevo est la capitale administrative, Tuzla en est la capitale industrielle. Raison pour laquelle les bombardements serbes, il y a vingt ans, prenaient soin d’épargner le patrimoine industriel, escomptant récupérer le butin. Les tirs étaient volontairement ciblés, souvent pour le pire, comme le rappelle une stèle dans le centre-ville commémorant la tuerie, à coups de canon, le 25 mai 1995, de soixante et onze victimes civiles, en majorité des jeunes attablés aux terrasses des cafés.

 

Jusqu’à ce jour, Tuzla m’évoquait seulement le nom d’une vague destination sur la carte, associée au projet de convoi humanitaire « secours ouvrier pour la Bosnie » au début des années 1990. A l’origine de cette initiative, des syndicalistes et des organisations anticapitalistes avaient sillonné plusieurs villes d’Europe occidentale, Grande-Bretagne, France, Belgique, pour collecter vivres, livres et médicaments avant de chercher à rallier Tuzla, la ville ouvrière qui osait revendiquer haut et fort sa multi ethnicité, et ce en dépit de la guerre et de la haine. Hélas, un seul camion a réussi à atteindre son but.  

 

Au cœur de la ville, un brouillard dense et odoriférant nous a d’emblée happés, donnant aux rues et aux quartiers les allures d’un Londres du dix neuvième siècle, si bien dépeint par le romancier écossais Conan Doyle. Les maisons sont basses et souvent bancales, car le sol est instable. La jeunesse se balade en groupes, se croise dans un balai permanent où les rires et les discussions fusent sans excès. Dans les tavernes, on boit, on danse, on drague, comme partout ailleurs dans le monde. Même apparence vestimentaire, même démarche, la jeunesse de Tuzla ressemble à la nôtre. La jeunesse de Tuzla est aussi la nôtre.

 

Simplement, elle est née du ventre de la guerre et en a conservé un air grave et mature.

 

En discutant avec les uns et les autres, on prend vite conscience que cette terrible épreuve, seulement évoquée d’un lapidaire « after the war », a fortement façonné cette génération qui paraît, lorsque le débat s’enclenche, fort précoce pour son âge. Son caractère aguerri constitue probablement un des ferments de la révolte. 

 

Les stigmates de la catastrophe sociale et de la révolte politique sont manifestes, magasins fermés, voirie délaissée, immeubles détériorés dans lesquels les habitants vivent pourtant, bâtisses et murs qui témoignent de l’air ambiant à renforts de tags, mélange d’insultes (qu’arbore toute façade urbaine qui se respecte) et de « tout le bien » qu’inspirent l’ancien gouvernement et les politiciens à la population. Le clou de ce rapide aperçu, l’immeuble du gouvernement du canton de Tuzla, mis à sac puis brûlé par des manifestants, le 7 février dernier, point culminant de trois journées de contestation rassemblant plus de quinze mille personnes. Quelques heures plus tard, à Sarajevo, c’est siège de la présidence qui, à son tour, a été incendié. Ici, les policiers passent dorénavant indifférents devant ces locaux calcinés, « lointain » souvenir d’un gouvernement contraint d’abdiquer face au pouvoir de la rue. Un énorme graffiti proclame la « révolution » et pointe les « nationalistes, voleurs ». Et en effet, au cœur de la colère populaire se nichent la misère et la corruption. Ces deux mots condensent le bilan des politiques libérales menées en bonne harmonie par la social-démocratie et le parti nationaliste de Bosnie (fondé par Alija Izetbegovic, repris par son fils Bakir) dans une alternance politique tellement imbriquée qu’elle fait dire à Mladen, « ici, l’opposition était en permanence dans la position et vice versa ».

 

« C’est la guerre qui a causé tout cela ? ». « Oui, la guerre économique ! »

 

Ainsi, il n’y a plus de gouvernement en Bosnie depuis un mois et cela ne semble inquiéter personne. Une vacance de pouvoir telle qu'elle donnerait des vapeurs à n’importe quel politicien d’ici ou d’ailleurs, mais que n’importe quel passant de la rue peut vous expliquer patiemment, sans crainte, et avec conviction. 

 

Gordan, trente cinq ans, un des militants les plus anciens du groupe Lievji nous explique par exemple l’expérience originale de démocratie directe qui a émergé à Tuzla après les manifestations et la chute du pouvoir. En l’absence de gouvernement, un plénum, assemblée populaire ouverte à toute la population de la ville, se réunit régulièrement dans une salle communale, au début quotidiennement, aujourd’hui deux fois par semaine, pour traiter des problèmes courants et des sujets politiques. Ce plénum regroupe entre sept cents et mille personnes, pas toujours les mêmes. Les interventions sont brèves et minutées, les chefs en herbe tenus à distance. Seuls des médiateurs sont chaque fois désignés pour assurer la bonne marche de la réunion. Les thèmes sont multiples et librement abordés, emploi, industrie, services publics, éducation, culture, corruption et violence. Douze commissions ont été mises en place pour travailler sur les sujets jusque-là traités par les ministères. Une autre est chargée des relations avec les travailleurs.

 

Trois groupes de travail s’occupent des médias, des aspects juridiques et de la logistique. Le plénum a exigé du parlement qu’il nomme rapidement un gouvernement technique, s’opposant à ce que le premier ministre soit issu de sa propre assemblée et préférant rester indépendant du jeu politique traditionnel pour ne pas être instrumentalisé. Le plénum se vit d’abord comme un contre-pouvoir puissant et légitime. Son objectif, que les solutions qu’il élabore soient appliquées à la lettre par le futur gouvernement, sous peine de le faire tomber une nouvelle fois en cas de non-respect du mandat. C’est une sorte de droit de veto institué par la démocratie directe. 

 

Dans la commission en relation avec les travailleurs, à laquelle nous assistons, la question de la remise en marche de l’usine de détergent Dita est abordée. Cette entreprise privatisée quelques années plus tôt a cessé son activité, permettant à ses dirigeants de s’enrichir copieusement et ce, de manière frauduleuse. Le débat est long au sein du groupe qui doit soumettre ses conclusions au plénum : faut-il aider les travailleurs à acheter les actions de l’entreprise, faut-il décréter l’annulation des dettes de Dita vis-à-vis de ses fournisseurs, comment confier la propriété de l’usine à ses travailleurs ? 

 

Mirna, salariée de l’usine et membre du groupe, nous emmène visiter l’usine. Dans les faubourgs industriels de Tuzla, c’est l’hécatombe, un véritable cimetière économique.

 

Devant les innombrables terrains vagues, les hangars laissés à l’abandon, les bâtiments littéralement éventrés, je me lance naïvement, « c’est la guerre qui a causé tout cela ».

 

« Oui, la guerre économique », répond Mirna du tac ou tac. Ici, des usines sont nées, ont vécu et sont mortes parfois en seulement vingt ans. Là où nos histoires industrielles occidentales, elles aussi abîmées, s’écoulent souvent sur plus d’un siècle, la durée de vie économique à Tuzla est éphémère. Elle se résume à un temps express d’accumulation mafieuse de capital, réduit à sa plus juteuse et optimale expression où le capitalisme vient piller et repart comme il est venu, une sorte de blitzkrieg économique. Un profond sentiment de gâchis nous gagne tous.

 

Des chiens errants nous accompagnent sur les quais et sur le site, là où la végétation reprend ses droits. Depuis 2011, les salariés, au nombre de cent vingt aujourd’hui contre mille jadis, ne sont plus payés et se relaient par petits groupes coordonnés pour protéger l’usine vingt-quatre heures sur vingt-quatre contre les vols ou les tentatives de sabotage. Les ouvriers expliquent fièrement qu’avec peu d’investissements et un appui en formation professionnelle, l’entreprise pourrait redémarrer rapidement si un choix politique était fait dans ce sens. 

 

De retour au centre ville, nous rencontrons quatre camarades qui arrivent de Sarajevo. Tijana rapporte que, au-delà des villes de Tuzla et de Sarajevo, c’est toute la Bosnie qui s’embrase. À Mostar, par exemple, la lutte a pris une tournure symbolique. D’un côté et de l’autre du fleuve se font habituellement face deux communautés, croate et bosniaque. Cette fois, la révolte a unifié les deux groupes, n’épargnant ni les locaux gouvernementaux bosniaques ni les croates.

 

Devant les charges des autorités bosniaques accusant les manifestants croates d’avoir mis le feu à leurs bâtiments, les habitants bosniaques ont bruyamment revendiqué cette action et proclamé leur solidarité avec leurs « frères croates ».

 

Bien sûr, les questions nationales n’ont pas disparu, elles demeurent présentes, sourdes et latentes. Mais pour l’heure, la question sociale les jugule et les transcende, pour la grande fierté de cette nouvelle génération qui dit observer avec une certaine angoisse le contre-exemple ukrainien. Là-bas, le peuple qui s’est d’abord insurgé contre l’injustice sociale et la corruption, se trouve maintenant pris en otage par les manigances de l’impérialisme des russes et de l’OTAN.

 

Cependant, si l’Ukraine focalise l’attention de tous les tenants de l’Union Européenne parce que les enjeux stratégiques sont autrement plus appétissants que ceux de la Bosnie (en termes géostratégique, économique et énergétique), Tuzla n’offre que la possibilité de se solidariser et de s’identifier à un combat d’émancipation exemplaire.

 

Cette expérience sociale et politique se cherche à haute voix et redécouvre probablement une velléité autogestionnaire enfouie dans les nappes phréatiques de la mémoire collective yougoslave. Elle est chaotique et rencontre de nombreux obstacles, mais elle existe, elle est là sous nos yeux pour peu que nous les ouvrions. Assurer un soutien politique unitaire aux insurgés de Bosnie, mener une campagne syndicale internationaliste pour épauler la reprise de l’entreprise autogérée de Dita, voilà des pistes, non exhaustives, pour rassembler les organisations de la gauche sociale et politique en France qui y sont disposées. Printemps des Balkans, conjugaison slave du mouvement des indignés ? Peu importe la dénomination. Une chose est sûre, à l’approche des élections européennes, et alors que la classe politique est hautement discréditée, il est d’intérêt public et internationaliste de clamer que Tuzla est la capitale de l’Europe qui nous manque. Une Europe des travailleurs et des peuples à construire sur les décombres de l’Union Européenne, de ses traités et de sa représentation économique et politique actuelle.

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 18:13

 

http://www.france-palestine.org/Communique-commun-rencontre-AFPS

 

COMMUNIQUE COMMUN AFPS CGT

 

Vendredi 14 Mars 2014

 

Thierry Lepaon, secré­taire général de la CGT, accom­pagné de Wolf Jäcklein, res­pon­sable du dépar­tement inter­na­tional de la CGT, Ozlem Yil­dirim, conseillère confé­dérale en charge du Proche et Moyen Orient, a reçu une délégation de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) com­posée de son pré­sident, Taoufiq Tahani, et de Robert Kissous, membre du bureau national en charge des rela­tions avec le monde asso­ciatif et syndical.

L'entretien, qui s'est déroulé dans un climat très chaleureux, a abordé différentes questions liées au conflit israélo palestinien et exploré des pistes pour consolider les actions communes aux deux organisations en faveur d'une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens.

La CGT et l'AFPS s'inquiètent de la détérioration de la situation du fait de la politique coloniale des autorités israéliennes. En effet, celles ci continuent, au mépris du droit international, à poursuivre l'accaparement des terres et des ressources palestiniennes par une colonisation à marche forcée qui sape les chances d'une solution juste et durable basée sur le principe de deux états, israélien et palestinien avec pour frontières celles d'avant 1967, conformément au droit international.

Les autorités israéliennes continuent à imposer à Gaza un blocus terrestre, aérien et maritime insoutenable qui annihile toute perspective d'avenir pour la population et la jeunesse palestinienne.

Elles continuent à accentuer la répression contre les palestiniens.

Elles continuent à vider Jérusalem Est de sa population palestinienne à coup de démolitions de maisons et de retrait de la carte de résident pour les palestiniens.

Cette poli­tique israé­lienne, constitue aux yeux de la com­mu­nauté inter­na­tionale, un obs­tacle majeur à la paix. En outre, la CGT et l’AFPS sont conscientes que l’immobilisme a une lourde res­pon­sa­bilité dans la dété­rio­ration de la situation. C’est pourquoi nos deux orga­ni­sa­tions sont en contact avec toutes les forces de paix, israé­liennes et palestiniennes.

Tout en saluant les lignes direc­trices euro­péennes et l’engagement de cer­tains pays euro­péens contre la colo­ni­sation, nos deux orga­ni­sa­tions s’inquiètent du silence de la France, qui ne joue plus un rôle moteur en faveur de la paix.

La CGT s’engage par ailleurs dans une démarche conjointe avec ses homo­logues pour déve­lopper un posi­tion­nement commun sur l’interdiction d’importer les pro­duits des colonies en Europe.

Animées par leur volonté de voir un jour régner la paix dans cette partie du monde, nos deux organisations entendent agir en faveur de celle ci en s'engageant clairement pour demander au gouvernement français l'interdiction d'entrée des produits des colonies dans le marché européen et notamment en France.

Elles demandent l’imposition de règles de conduite claires aux entre­prises fran­çaises les décou­ra­geant de déve­lopper une activité dans les colonies ou avec des entre­prises ayant une activité éco­no­mique dans les colonies.

Elles demandent la relaxe des militants poursuivis pour leur participation à des actions de boycott et l'abrogation de la circulaire Alliot Marie qui porte une atteinte grave à la liberté d'expression.

Par ailleurs la CGT et l’AFPS entendent agir pour mettre fin à la détention poli­tique en sou­tenant la « cam­pagne inter­na­tionale pour la libé­ration de Marwan Bar­ghouti et tous les pri­son­niers poli­tiques palestiniens ». 

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 17:37

 

http://www.lamarea.com/2014/03/13/la-mayoria-de-las-marchas-de-la-dignidad-caminan-ya-hacia-madrid

 

La majorité des « marches de la dignité » convergent vers Madrid

Jeudi 13 Mars 2014

 

Sur les vingt trois marches citoyennes prévues, quinze sont déjà parties en direction de Madrid. Des différentes parties du pays, elles ont l'intention de converger Samedi 22 Mars 2014 dans la capitale pour protester, ensemble, contre les coupes budgétaires, le paiement d'une dette qu’elles considèrent comme « illégitime », le chômage et le manque de droits sociaux.

Par ailleurs, certaines de ces Marches de la Dignité vont converger, comme celle de Castellon à Valence, qui va se joindre à celle de Murcie à Alicante vers le 19 mars à Tarancon pour former la colonne du sud est. Au total, huit colonnes atteindront Madrid. « L'objectif est de créer une marée à laquelle se joindront des personnes au cours du chemin », explique Mireia Biosca, une jeune femme qui participe à la marche de Valence.

Pour l'instant, elle considère qu’elle atteint son objectif et se sent forte, surtout quand elle reçoit le soutien des habitants des villes qu'elle traverse. « Beaucoup viennent nous accueillir. Les applaudissements et les acclamations nous donnent beaucoup d'énergie. Bien que nous ayons mal aux pieds ou même s’il pleut, comme cela s'est produit pour nous aujourd'hui, la solidarité nourrit notre désir de continuer », dit-elle. « C’est la lutte de tout un peuple », ajoute-t-elle.

Chaque marche a organisé sa propre « commission logistique » et les manifestants sont logés dans les centres sportifs et les centres sociaux. En outre, ils reçoivent le soutien de certains collectifs, partis, syndicats, centres sociaux et assemblées du mouvement du 15 mai dans les villes qu’ils traversent, et ils leur fournissent des lieux de restauration et de repos.

 

Les ampoules de la dignité

 

La marche pendant des centaines de kilomètres n’est, cependant, possible que pour un petit nombre de personnes, en raison à la fois de la capacité physique nécessaire et de la difficulté de combiner une manifestation sur plusieurs jours avec les obligations quotidiennes. « A Merida nous avons laissé plus de trente personnes qui avaient mal aux pieds », a déclaré Manuel Rodriguez, de la colonne de l’Estrémadure. « Il y a des personnes qui nous ont rejoint dans les villages, et ont fait une étape intermédiaire. Normalement environ soixante dix personnes ont marché », a-t-il ajouté.

Les difficultés physiques commencent à être ressenties. « Certains d'entre nous ont des ampoules » a-t-il plaisanté. « Nous pouvons tout perdre, mais pas la dignité, ni les ampoules »,
dit Rodriguez avec ironie. En outre, les marches sont en contact les unes avec les autres. « Nous sommes tous en contact, envoyez-nous des photos et des soutiens. L'ambiance est fantastique », dit-il.


Coordination dans la capitale

Madrid a créé une neuvième colonne chargée de coordonner l'hébergement et l'alimentation de toutes les marches pour la fin de la semaine où elles convergeront dans la capitale. « Nous nous organisons dans les municipalités et les quartiers pour accueillir toutes les colonnes, et nous organiserons des réceptions publiques », dit Irene Montero, de la colonne de Madrid.

La tâche, comme l’admettent les coordinateurs, est « géante », mais l'aide est également très importante, des groupes comme le Réseau de Solidarité Populaire sont chargés de stocker les articles non périssables donnés par des bénévoles, des partis comme Izquierda Unida prêtent leurs bureaux pour servir de cantines, la fédération de l’enseignement des CCOO de Madrid a demandé l'autorisation pour utiliser les locaux de plusieurs écoles publiques comme dortoirs temporaires, le Campamento Amigo du mouvement du 15 mai cherche également des hébergements.

A Madrid, comme dans les diverses marches, le moral est élevé. « La participation a été très bonne et beaucoup de marches commencent seulement maintenant, nous nous attendons donc à ce qu’elles continuent à augmenter », a déclaré Montero. En outre, la capitale travaille également à obtenir un niveau élevé de mobilisation. « Le moral est bon, parce que les objectifs l’exigent », dit-il.


Un week-end de discussion

Le 22 Mars, il y aura une « grande mobilisation » avec toutes les colonnes et les « juntas » et un week-end de discussion, de rencontres et de propositions. Bien que cette initiative se prépare depuis plusieurs mois, personne n'est allé plus loin dans la concrétisation. « Les marches viennent pour rester, mais nous sommes encore en train de définir un grand nombre de choses », disent les jeunes.

En outre, la communauté espagnole manifestera également dans certains pays européens. A Bruxelles, par exemple, il y aura une manifestation de soutien aux marches de la dignité qui partira de la Place d’Espagne. Dans un communiqué, les indignés espagnols dans la capitale belge ont dénoncé la « croissance exponentielle » de leur nombre en raison de l'action du gouvernement, le « durcissement » des lois européennes en matière d'immigration et « l'ouverture des frontières aux entreprises et aux capitaux mais pas aux personnes ».

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 16:12

 

L’armée syrienne a repris la ville d’Yabroud aux rebelles

 

BEYROUTH (Reuters) - Les forces gouvernementales syriennes, soutenues par des miliciens du Hezbollah libanais, ont repris le « contrôle total » d’Yabroud, Dimanche 16 Mars 2014, et ont commencé à sécuriser la ville en neutralisant les explosifs dissimulés par les rebelles, a déclaré à Reuters une source militaire.

 

Située à une soixantaine de kilomètres au nord de Damas, Yabroud était la dernière ville tenue par les insurgés le long de la frontière avec le Liban.

 

Sa prise permet au président syrien Bachar al Assad de sécuriser la voie reliant son fief alaouite sur la côte méditerranéenne à la capitale tout en coupant la voie d'approvisionnement des rebelles à partir du Liban.

 

La participation active des combattants du Hezbollah libanais, dont le fief s'étend de l'autre côté de la frontière, dans la plaine de la Bekaa, a permis aux forces gouvernementales syriennes d'asseoir leur autorité dans la région.

 

Selon la source militaire syrienne, la plupart des rebelles ont abandonné la ville avant l'aube, au lendemain de l'offensive lancée par les forces loyalistes.

 

La télévision d'état a également annoncé la prise de la ville et la neutralisation d'une « grande quantité d'explosifs laissés par les terroristes ».

 

Un combattant du Front al Nosra, lié à al Qaïda, a confirmé à Reuters que les insurgés avaient préféré se replier face à la supériorité militaire des forces loyalistes.

 

Selon lui, ils ont établi de nouvelles positions dans les villages environnants et n'ont pas l'intention de rallier le poste frontière d'Arsal, souvent emprunté par les rebelles et les réfugiés, à une vingtaine de kilomètres d’Yabroud.

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 17:39

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/03/12/affaire-tarnac-un-policier-anglais-avait-pour-mission-de-surveiller-julien-coupat_4381634_3224.html

 

Un policier anglais avait pour mission de surveiller Julien Coupat

 

Par Laurent Borredon

 

Mercredi 12 Mars 2014

 

Son ombre planait sur l’affaire de Tarnac (Corrèze). Désormais, grâce à plusieurs documents judiciaires anglais obtenus par Le Monde, la volonté d’infiltration du sulfureux espion anglais Mark Kennedy auprès de Julien Coupat, considéré par les services de renseignements comme le leader du groupe issu de la « mouvemence anarcho autonome », est une certitude. Et son rôle de pourvoyeur d’informations pour les policiers français est attesté. Le 24 août 2008, le « rapport de suivi » de l’UCO 133 (Under Cover Officer, « officier infiltré »), signé par son responsable hiérarchique, est ainsi mis à jour, « pour ajouter Julien Coupat aux personnes autorisées pour une infiltration spécifique par l’UCO ».

 

Dix personnes sont mises en examen, depuis novembre 2008, pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte terroriste » dans le dossier de Tarnac. Il leur est notamment reproché le sabotage de lignes TGV.

 

Le scandale qui a suivi la révélation des méthodes du policier anglais et de son service, provocations à la commission de délits, relations sexuelles avec les militantes et mensonges, n'en finit pas de provoquer des soubresauts judiciaires au Royaume Uni.

 

Les documents témoignant du rôle de Mark Kennedy dans l'affaire de Tarnac sont issus de l'une des procédures en cours à Londres. Les services du procureur ont autorisé la déclassification des rapports d'activité de Mark Kennedy de juin à août 2008.

 

Tradition ancienne

 

Or, cet été 2008 est un moment clé du dossier Tarnac. Une enquête préliminaire a été ouverte en avril à la suite d'informations fournies par les Renseignements Généraux (RG), mais elle est au point mort. La Sous Direction Anti Terroriste de la police judiciaire (SDAT), chargée des investigations, a manifestement d'autres chats à fouetter.

 

Quelles sont les sources des Renseignements Généraux, qui ont servi à justifier l'ouverture d'une enquête judiciaire ? Les surveillances physiques et les écoutes téléphoniques mises en place depuis fin 2007, mais également les services anglais, qui fournissent de précieux renseignements sur les réunions et manifestations qui ont lieu dans toute l’Europe, souvent autour des sommets internationaux (OTAN, G8, G20).

 

Au coeur de ces informations, le NPOIU, National Public Order Intelligence Unit, un service créé en 1999 à Londres pour lutter contre « l’extrémisme intérieur ».

 

Mouvements anarchistes, marxistes, écologistes, de défense des droits des animaux, le but du NPOIU est d’infiltrer des officiers de police dans les mouvances protestataires, pour plusieurs années.

 

Au Royaume-Uni, la tradition d'infiltration des policiers hors de tout cadre judiciaire est ancienne. Comme l'expliquent les journalistes du Guardian Paul Lewis et Rob Evans dans leur ouvrage « Undercover, The True Story of Britain's Secret Police » (non traduit, Faber and Faber, 2013), depuis la fin des années 1960, entre cent et cent cinquante policiers ont été infiltrés pour cinq ou six ans, parfois plus. Certains ont développé des relations intimes avec des militantes, ont même fait des enfants, avant de disparaître à la fin de leur mission.

 

Méthode assumée

 

Dans certains cas, ils ont joué un rôle non négligeable dans les actions de « subversion » qu'ils étaient censés combattre. En 2007, sur les trois représentants envoyés par les alter mondialistes anglais à Varsovie pour préparer un « contre sommet » du G8, deux sont des policiers, dont Mark Kennedy.

 

La méthode est assumée, comme en témoigne la feuille de route de l'UCO 133. Le policier est « autorisé à participer à des délits mineurs, à des dégradations mineures, à des blocages et à des intrusions. C'est ce statut qui permet aux officiers de grimper les échelons chez les militants et d'atteindre la situation de confiance qui leur permet d'avoir accès à des renseignements préventifs particulièrement pertinents ».

 

En France, de telles pratiques sont illégales pour un service de renseignement sur le territoire national. Cela n'a pas empêché les Renseignements Généraux de tenter le coup, dans les années 1970. L'expérience a été abandonnée au début des années 1980, trop risquée, trop chère. Mais un renseignement venu d'un service étranger reste un renseignement, et on n'est pas obligé de poser trop de questions.

 

« Le NPOIU nous avait dit qu’il avait une source à l'intérieur de la mouvance. On était destinataires de tout ce qui se disait », confirme un haut responsable des Renseignements Généraux de l'époque.

 

La DCRI comme frappée d’amnésie

 

Les documents témoignent qu'un pas est franchi à l'approche de la création de la DCRI, puis lorsque le service naît, le premier juillet 2008. L'espion anglais n'est plus un observateur passif des « anarcho autonomes ». Sa hiérarchie lui demande de s'impliquer activement dans leur surveillance, y compris en France.

 

Dès le 4 juin, Mark Kennedy affirme, dans ses carnets manuscrits, qu'il a « reçu de brèves instructions à propos d'un contact avec Julien et Gabby ».

 

Dix jours plus tard, son agent traitant écrit que leur responsable hiérarchique a réclamé une surveillance sur la visite d'un militant américain chez « Julien, à sa ferme », à Tarnac. Puis, à la fin de l'été, « l’infiltration spécifique » est demandée.

 

La toute jeune DCRI, sous pression pour bâtir son dossier, a-t-elle demandé un coup de main aux anglais ? Interrogés, les responsables de l'époque semblent frappés d'amnésie. Il faut dire que, pour eux, il n'y a pas de bonne réponse, soit un agent étranger a opéré au nez et à la barbe de la DCRI, censée surveiller de près Julien Coupat et ses amis, soit la DCRI a demandé aux services anglais de mener une opération parfaitement illégale sur le sol français.

 

Ils n'ont probablement pas d'inquiétude à avoir. Là où, au Royaume-Uni et en Allemagne, l'affaire du NPOIU a déclenché procédures judiciaires et enquêtes parlementaires, elle ne provoque qu'une indifférence polie en France. La juge d'instruction a refusé, en octobre 2013, les demandes d'actes supplémentaires.

 

Contacté, Mark Kennedy, qui poursuit sa carrière de consultant aux Etats-Unis, renvoie aux autorités policières anglaises et françaises. Lors d'une audition devant le parlement britannique, le 5 février 2013, il s'était félicité d'avoir approché « des personnes qui envisageaient de saboter des centrales électriques, le réseau ferré, et qui ont eu un certain succès dans ce domaine en France ».

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 15:07

 

http://www.atlasinfo.fr/Algerie-nouvelle-manifestation-a-Alger-contre-un-quatrieme-mandat-de-Bouteflika_a50588.html

 

Nouvelle manifestation à Alger contre un quatrième mandat de Bouteflika

 

Les opposants à un quatrième mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika ont organisé, Samedi 15 Mars 2014 dans le centre de la capitale, une nouvelle manifestation. Il s’agit de la deuxième manifestation organisée en une semaine par le mouvement « Barakat » (ça suffit), constitué tout récemment par des activistes de la société civile opposés à un nouveau mandat du président sortant.

 Toujours au centre ville, des manifestants du Front du Refus, composés notamment de SOS Disparus et de la Coordination des Familles des Disparus, ont manifesté également pour réclamer le boycott des présidentielles du 17 avril prochain.

Le 6 mars, le mouvement a organisé un rassemblement similaire, rapidement dispersé par les forces de l'ordre, interpelant des journalistes et des militants du mouvement.

Dans une déclaration rendue publique, Amnesty International avait dénoncé la « nouvelle vague de répression de la liberté d'expression » en Algérie, estimant que cette attitude « augure mal » de l'élection présidentielle du 17 avril prochain.

Les arrestations de manifestants pacifiques, depuis le début du mois de mars, montrent que les autorités « ne tolèrent pas que l'on puisse oser réclamer des réformes et s'opposer à la décision du président Bouteflika de briguer un quatrième mandat à la tête de l'état », souligne l'ONG.

La violente répression de cette manifestation a été énergiquement condamnée par la classe politique, la société civile et des candidats à la présidentielle, qui ont défendu le droit des citoyens d'exprimer librement leurs opinions.

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LADDH) a estimé que « le comportement du pouvoir indique que ce dernier se considère en état de guerre contre la population algérienne et qu'à ce titre l'union la plus large doit se concrétiser pour débarrasser le pays des clans, quels qu'ils soient, qui entraînent le pays à la dérive ».

Le président Bouteflika (soixante dix sept ans) a été victime, fin avril 2013, d'un AVC, qui a nécessité son hospitalisation pour près de trois mois en France où il est retourné, à la mi-janvier dernier, pour un contrôle de routine au Val-de-Grâce.

Convalescent depuis ce malaise, le chef de l'état algérien a fait plusieurs apparitions publiques en recevant des hôtes étrangers ou des membres de son gouvernement, en particulier le premier ministre Abdelmalek Sellal, devenu jeudi directeur de campagne du président Bouteflika, et le vice-ministre de la défense et chef d'état-major, le général Ahmed Gaid Salah.

Cependant, il ne s'est jamais exprimé en direct. La dernière fois où il a tenu un discours politique en public remonte au mois de mai 2012 dans la ville de Sétif, dans lequel il avait fait allusion au nécessaire renouvellement des élites en Algérie. Sa candidature a déclenché des manifestations de protestation contre cette décision. Outre le président Bouteflika, cinq candidats sont en lice pour le scrutin du 17 avril.

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 14:50

 

http://www.metronews.fr/info/a-moscou-50-000-manifestants-anti-poutine-contre-l-occupation-de-la-crimee/mnco!UoUwxECzqc1vc

 

A Moscou, cinquante mille manifestants anti Poutine contre l’occupation de la Crimée

 

Alors qu’un référendum doit se tenir dimanche dans la province autonome ukrainienne, près de cinquante mille personnes ont manifesté Samedi 15 Mars 2014 à Moscou contre l’occupation russe. Du jamais vu depuis le retour aux affaires de Poutine, en 2012.

 

A la veille du référendum organisé en Crimée, où la population décidera si, oui ou non, elle souhaite faire scission avec l’Ukraine pour être rattachée à la Russie, une manifestation se tenait à Moscou, samedi en début d’après-midi. Selon les estimations de certains journalistes et photographes présents, quelque cinquante mille personnes (trois mille selon la police) ont répondu à l’appel d’un collectif d’opposition à Vladimir Poutine pour manifester contre « l’occupation » de la Crimée par les forces russes. Un rassemblement d’une importance jamais vu depuis 2012, lorsque Vladimir Poutine avait récupéré le pouvoir.

 

« Pour votre et notre liberté »

 

Dans le cortège, on pouvait lire des slogans tels que « pour votre et notre liberté ». Parti de la Place Pouchkine et arrivé avenue Sakharov, du nom de l'ancien dissident soviétique, le défilé scandait encore des « non au pouvoir des tchékistes » (membres des services secrets), ou des « Navalny », le nom de l'opposant numéro un au président Vladimir Poutine, poursuivi et assigné à résidence à Moscou. « Pas de référendum sous la menace des armes », disait un autre slogan, faisant référence au scrutin qui se tient dimanche en Crimée, alors que l’armée russe occupe cette province autonome d’Ukraine depuis février. François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont par ailleurs déclaré ce référendum illégal.

 

Dans le même temps, une autre manifestation pro Poutine a rassemblé près de quinze mille personnes selon la police aux abords de la Place de la Révolution et du Kremlin, à l'appel d'organisations nationalistes, avec des banderoles de soutien à la politique de Vladimir Poutine. « Il n'y aura pas de Maïdan à Moscou », ont lancé les orateurs, faisant allusion au nom de la Place de l'Indépendance de Kiev, où de violentes manifestations avaient conduit à la destitution du président Ianoukovitch, fin février.

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 14:32

 

Kiev accuse Moscou après les heurts meurtriers à Kharkiv

 

DONETSK Ukraine (Reuters) - Les autorités ukrainiennes ont accusé Samedi 15 Mars 2014 la Russie d'avoir provoqué une fusillade meurtrière dans la ville de Kharkiv dans la nuit de vendredi à samedi et ont dit craindre que Moscou n'utilise le prétexte de la violence contre les ukrainiens d'origine russe pour justifier une invasion.

 

Selon le ministre ukrainien de l'intérieur, Arsen Avakov, la police a arrêté une trentaine de personnes appartenant aux deux camps qui se sont affrontés.

 

Deux hommes, âgés de vingt et trente et un ans, ont été tués vendredi soir lors d'un affrontement entre manifestants pro-russes et leurs adversaires. Les deux groupes ont utilisé des armes à feu, a précisé le ministre de l'intérieur.

 

A l'approche du référendum prévu dimanche en Crimée sur le rattachement de la péninsule à la Russie, des heurts ont déjà eu lieu dans l'est de l'Ukraine, majoritairement russophone. Un homme a été poignardé à mort jeudi dans la ville de Donetsk.

 

Serhiy Tarouta, le nouveau gouverneur de la région de Donetsk, a accusé les russes d'être à l'origine de ces violences et a estimé que les autorités de Kiev n'étaient plus en mesure de contrôler la situation.

 

Samedi, le ministre de l'intérieur et le gouverneur de Kharkiv Igor Balouta, ont accusé les pro-russes d'attiser les violences et demandé à la population de ne pas se laisser entraîner dans des représailles. « Les incidents de cette nuit étaient une provocation bien préparée de la part d'activistes pro-russes », a déclaré le gouverneur.

 

Il a expliqué que des gens dans un minibus avaient délibérément provoqué une dispute avec un groupe qui organisait une manifestation pro-russe avant de redémarrer.

 

« PROVOCATIONS »

 

Des militants pro-russes les ont poursuivis et ont retrouvé le fourgon garé près d'un immeuble abritant les bureaux de groupes nationalistes ukrainiens. Et c'est alors que la bataille a commencé.

 

« Les provocateurs engagés par un pays voisin organisent des provocations professionnelles », a déclaré Arsen Avakov. Le ministre a accusé les partisans du président déchu pro-russe Viktor Ianoukovitch de financer les troubles dans l'est de l'Ukraine, avec l'aide de « forces russes extrémistes ».

 

Le ministre de l'intérieur a lancé un appel aux ukrainiens sur facebook, « ne les laissez-pas vous manipuler ! Arrêtez cette hystérie. On ne joue pas aux petits soldats. Il s'agit d'un conflit réel et de la vie réelle de gens ».

 

A Moscou Konstantin Dolgov, responsable des questions de droits de l'homme au ministère russe des affaires étrangères, a déclaré sur twitter que les arrestations à Kharkiv de personnes qu'il a décrites comme des « activistes néo fascistes » devaient être suivies d'une action plus large pour « neutraliser et sanctionner les extrémistes effrénés ».

 

Le ministère russe des affaires étrangères a répondu à la mort du manifestant jeudi soir à Donetsk en disant que Moscou avait le droit de protéger ses compatriotes en Ukraine bien que l'homme qui est décédé dans cette ville ait été identifié comme un militant d'un parti nationaliste ukrainien d'extrême droite.

 

Les autorités de Kharkiv ont interdit les rassemblements politiques prévus dans la ville pendant le week-end. Un tribunal à Donetsk, toutefois, a rejeté une interdiction similaire qui avait été demandée par les autorités de la ville.

 

Le ministre russe des affaires étrangères a démenti vendredi toute intention de la Russie d'envahir l'Ukraine après les déclarations en ce sens du président ukrainien par intérim.

 

Au sujet de la crise en Crimée, John Kerry et Sergueï Lavrov, chefs de la diplomatie des Etats-Unis et de la Russie, ont eu six heures de discussions vendredi à Londres, que l'américain a qualifiées de « directes et sincères » mais qui n'ont pas permis de déplacer les lignes.

 

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