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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 15:36

http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Interview-de-Pierre-Larrouturou-de-Nouvelle-Donne-sur-les-elections-europeennes-562467

« La politique de l’offre d’Hollande est une erreur tragique »

Dimanche 4 Mai 2014

Le fondateur de Nouvelle Donne défend avec ferveur des idées pour transformer l’Europe et la France, quitte à égratigner toutes les autres forces de gauche. Paris Match l’a rencontré.

Interviewer Pierre Larrouturou est une expérience. Cet ancien socialiste de quarante neuf ans nous a donné rendez-vous dans un café à Paris près du quartier général de Nouvelle Donne, le parti qu’il a fondé en novembre 2013. Lorsqu’on s’assoit en face de lui, il ouvre un grand cahier à carreaux sur deux pages vierges. « Bon, allons-y », lance l’économiste avec son accent du sud ouest, comme impatient. Pierre Larrouturou ne répond pas simplement aux questions, il démontre.

Le ton est chaleureux, le débit rapide. Il griffonne des chiffres et des schémas qui accompagnent sa réflexion et, lorsqu’il veut appuyer son propos, il tire d’une chemise cartonnée un document ou un graphique.

De fait, la rhétorique de Pierre Larrouturou est parfaitement bien rodée. Auteur d’ouvrages avec Michel Rocard ou Stéphane Hessel, figure du collectif Roosevelt qui avait voulu secouer le débat présidentiel en 2012, l’homme alimente le débat à gauche depuis vingt ans. Pourfendeur des trente cinq heures de Martine Aubry, il défendait la semaine de quatre jours. Il reste aujourd’hui convaincu que la question du partage du temps de travail est centrale.

Pour l’heure, Nouvelle Donne est largement devancé par les formations politiques traditionnelles, dans notre enquête en continu Eurorolling Paris Match IFOP Fiducial Sud Radio, les listes du parti obtiennent 1,5% d’intentions de vote. Pierre Larrouturou n’est pourtant pas inquiet, tête de liste en Île-de-France, il sent la dynamique le porter et veut croire que les électeurs donneront à Nouvelle Donne quelques députés européens au soir du 25 mai.

Question. Dans votre programme européen, vous affirmez qu’il est possible de changer radicalement l’Europe en quelques années à peine. Comment ?

Réponse. Il y a eu une révolution libérale dans les années 1980, Margaret Thatcher a changé l’Europe en trois ans en tapant du poing sur la table. Nous disons, en un an ou deux ans, faisons l’inverse. Nous disons qu’on ne peut pas y arriver à vingt huit. Il faut redémarrer à six, à neuf ou à onze. Vous avez vu, il y a onze pays qui ont lancé la taxe Tobin. Les anglais sont furieux, mais c’est la preuve qu’on peut y arriver.

Question. En quoi est-ce différent de « l’Europe à plusieurs vitesses » voulue par François Hollande ?

Réponse. Hollande n’a rien fait depuis deux ans ! Il y a pourtant des choses qui bougent, regardez Angela Merkel qui a signé pour une taxe Tobin, puis pour un salaire minimum. Et au moment même où la droite allemande dit qu’il faut faire plus de justice sociale, François Hollande préconise une politique de l’offre. C’est une erreur tragique.

« Pas question de créer des emplois précaires pour résorber le chômage »

Question. Ce noyau dur devrait notamment s’accorder selon vous sur un « traité social ». A quoi servirait-il ?

Réponse. C’est important pour lutter contre le dumping et les délocalisations. Si on avait eu un traité social, les centaines de personnes licenciées dans l’agro alimentaire en Bretagne ces derniers mois n’aurait pas perdu leurs emplois. Ce que nous disons, c’est qu’il faut un traité de convergence sociale avec des critères stricts, moins de cinq pour cent de chômage et moins de cinq pour cent de pauvreté. Pas question de créer des emplois précaires pour résorber le chômage, comme en Allemagne, où il y a quatre fois plus de petits boulots qu’en France. Certains vous disent que c’est mieux que d’être chômage. Mais est-ce qu’on a le choix entre la peste et le choléra? Non, on n’a jamais été aussi riches dans tous nos pays, on n’est pas obligé de choisir, on peut faire beaucoup mieux.

Question. Vous refusez toute sortie de l’euro, mais vous souhaitez changer son fonctionnement. N’est-ce pas impossible sans bouleverser les traités ?

Réponse. Nous disons qu’il faut mettre la monnaie au service des peuples. On pourrait éviter l’austérité si la banque centrale pouvait financer les pays au même niveau que les banques. Quand les banques ont eu besoin de mille milliards d’euros, elles ont emprunté quasiment gratuitement. Sans changer les traités, on pourrait se financer à un pour cent, par exemple si la Banque Centrale Européenne prêtait à la Banque Européenne d’Investissement, qui prêterait à son tour aux états.

Question. Vous préconisez la création d’une monnaie complémentaire, l’euro franc. Pour quoi faire ?

Réponse. Il ne s’agit pas de casser l’euro. Cette idée s’inspire des monnaies mises en place par plusieurs villes. A Bayonne par exemple, vous pouvez payer avec des « euskos » chez certains commerçants (il brandit alors quelques « euskos »). Il n’est pas possible d’augmenter les salaires sans traité de convergence sociale. Par contre, on peut créer une monnaie complémentaire, dont la valeur serait un euro égale un euro franc. Cela fonctionnerait un peu comme les tickets restaurant. Chaque adulte aurait cent cinquante euros francs pour la consommation quotidienne. Cela ferait du pouvoir d’achat en plus. Nous sommes en train de réfléchir aux produits qui pourraient être concernés. Par exemple, des produits importés de pays qui ne respectent pas les droits sociaux ne pourraient pas être achetés avec cela.

Question. Vous êtes radicalement opposé à la négociation sur le traité transatlantique avec les Etats-Unis. Ne faut-il pas discuter avec la première puissance mondiale ?

Réponse. Si, évidemment ! On propose notamment un G20 extraordinaire. Il ne s’agit pas de dire qu’on va déclarer la guerre aux Etats-Unis. Mais il est choquant que la négociation de ce traité se fasse en petit comité. Ce qu’on sait pour le moment du contenu est dangereux, une entreprise pourrait attaquer un état devant un tribunal spécial, par exemple pour avoir imposé un salaire minimum. Enfin, la dérégulation ne va pas créer d’emplois. Quand j’étais à Sciences Politiques, il fallait mettre dans toutes les copies que le grand marché au 31 décembre 1992 allait booster la croissance. Pas de chance, 1993 a été la seule année de récession avant la crise de 2008.

« Mille milliards sur vingt ans pour lutter contre le réchauffement climatique »

Question. Vous proposez un énorme emprunt de mille milliards d’euros au niveau européen pour combattre le réchauffement climatique. N’est-ce pas dangereux alors que les dettes publiques sont déjà gigantesques ?

Réponse. On a mis mille milliards d’euros pour sauver les banques, ça n’a pas créé d’inflation. On va faire pareil, avec un pacte pendant vingt ans, où chaque pays aurait un droit de tirage. La France pourrait par exemple emprunter chaque année vingt milliards à taux zéro pour financer des travaux d’isolation. Tout le monde comprend maintenant la gravité du problème du réchauffement climatique, mais la question est de savoir comment on finance. On voit bien que l’écotaxe, c’est mort.

Question. Vous n’évoquez pas le système des euro-bonds, qui permettrait de mutualiser la dette européenne. Pourquoi ?

Réponse. Je comprends très bien que les allemands ne veuillent pas des euro-bonds. C’est comme si vous arriviez dans un restaurant où il y a quarante personnes, on dit que chacun prend ce qu’il veut à la carte, on partage l’addition et s’il y en a un qui a oublié sa carte bleue, c’est à vous de payer. C’est cool, mais il faut se faire confiance. Avec notre système, chaque pays aura le même droit de tirage.

Question. Dans votre livre « la grande trahison », vous racontez plusieurs rencontres avec des ministres ou des conseillers de l’exécutif qui, assurez-vous, partagent vos constats et vos solutions. Pourquoi la politique menée ne le reflète-t-elle pas?

Réponse. Je pense qu’il y a un manque de courage terrifiant. Il y a un manque de débat. Les élections municipales ont été un choc politique. Après cela, on pourrait se dire qu’on prend une semaine pour réfléchir. Là, pas une heure, on continue. On avait mis vingt milliards d’exonérations, on va en mettre trente. Einstein disait que la définition de la folie, c’est de faire toujours la même chose en espérant des résultats différents.

Question. Vous avez un discours très dur envers le Parti Socialiste. Qu’est-ce qui vous distingue du Front De Gauche, qui veut mener une « opposition de gauche » ?

Réponse. Il y a bien sûr des choses qui convergent, mais la question est de savoir comment on fait. Une partie de la gauche court après le MEDEF, comme quand le Parti Socialiste dit qu’on va faire trente milliards d’euros d’exonérations sans contreparties. Une autre partie, autour de Jean-Luc Mélenchon, dit que l’économie, ce n’est pas très important et qu’il faut « mettre du conflit partout ». Nous, nous avons retenu de Stéphane Hessel qu’il fallait toujours de la fraternité et une façon calme et tranquille de parler. Nous sommes en désaccord radical avec ce que fait Manuel Valls, tout comme nous l’étions avec Jean-Marc Ayrault, mais je suis allé quand même plusieurs fois à Matignon et nous nous parlons comme deux amis. La société est déjà assez violente, est-ce le rôle du politique de mettre du conflit partout, non.

Question. Et les écologistes ? Vous avez été un temps membre d’Europe Ecologie Les Verts, ils ne suivent pas à la trace la ligne gouvernementale, vous auriez pu les retrouver.

Réponse. Si la France est dans cet état, c’est que le programme mis en place est le fruit d’un accord électoral entre Cécile Duflot et Martine Aubry. On voit bien que cela ne marche pas. De plus, les verts sont assez flous. Sur la question du financement de la lutte contre le changement climatique, ils sont flous. Quand les écologistes disent, à chaque fois qu’il y aura un euro mis par les citoyens, on mettra un euro de Bruxelles, c’est très sympathique, mais ce n’est pas du tout à la hauteur.

Question. Si vous obtenez des élus au parlement européen, qui soutiendrez-vous pour la présidence de la commission européenne ?

Réponse. Il n’y a aucun accord pour le moment. Ce n’est que le 14 juillet que le parlement commence à travailler. Il y aura six semaines de négociations. Trois groupes nous disent qu’on serait les bienvenus. On va dire quels sont nos objectifs et chaque semaine, nous ferons un bilan et tous nos adhérents pourront savoir où on en est des négociations. On sera transparent. Et il y aura un vote de tous les adhérents, vers le 10 juillet, sur le choix du groupe.

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 15:04

http://www.liberation.fr/monde/2014/05/19/pablo-iglesias-l-indigne-qui-veut-changer-la-chanson-europeenne_1021282

Pablo Iglesias, l’indigné qui veut changer la chanson européenne

Par François Musseau

Lundi 19 Mai 2014

Queue-de-cheval, barbe courte et soignée, boucles d’oreilles et piercing, Pablo Iglesias est une bête de scène qui a rompu la monotonie d’une campagne dominée par les deux principales forces, socialistes et populaires. Lors de ses meetings, sur les plateaux de télévision, son éloquence a fait de lui un des personnages centraux de ces élections européennes.

Quoiqu’homonyme du fondateur du Parti Socialiste, une sorte de Jaurès à l’espagnole, Pablo Iglesias se situe bien plus à gauche. « A la gauche de la gauche », ainsi qu’il le dit.

A trente sept ans, ce professeur de sciences politiques de l’université Complutense de Madrid s’est, en peu de temps, fait un nom dans l’arène.

En janvier, son mouvement politique, qui est également une émission de télévision, « la Tuerka » (« l’Ecrou », une image qui symboliserait une sorte de blocage du système) a organisé les premières « élections primaires » d’un parti citoyen. Ce jour-là, Pablo Iglesias recueille soixante pour cent des suffrages exprimés par les trente trois mille cent cinquante six participants. Depuis, ce jeune politologue de la gauche radicale, militant anti mondialisation de la première heure, s’impose dans les duels télévisés et rameute des milliers de sympathisants dans ses déplacements.

La formation dont il est la tête de liste s’appelle « podemos » (« nous pouvons »).

Leur programme parle de régénérer la démocratie, de « mettre à la porte » une élite politico-économique « corrompue jusqu’à la moelle » et d’imposer un contrôle citoyen sur les institutions, notamment par la voie du référendum. Pablo Iglesias est représentatif de ces mini partis, tout juste nés, issus d’un mécontentement profond au sein d’une population espagnole fatiguée de la crise et de plus en plus critiques vis-à-vis du « diktat » de Bruxelles, ces nouveaux partis revendiquent la mise en place de contre pouvoirs face à une classe politique prétendument inféodée au pouvoir financier ou un renforcement de l’état nation au détriment de la commission européenne, voire la sortie de l’euro. Le chef du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy, a exprimé dimanche une certaine crainte à l’égard de ces nouvelles formations, « voter en faveur de ces groupuscules ne sert à rien, ils ne seront pas représentés, seul un grand parti comme le nôtre (le Parti Populaire) offre des garanties ».

Par son discours, Pablo Iglesias semble proche des indignés espagnols qui, depuis l’occupation de la Puerta del Sol en 2011, ont essaimé dans le pays et provoqué une contagion à Wall Street, en Europe ou en Israël. Aux yeux du jeune professeur, les thèses réformistes sont vouées à l’échec, « tant qu’il n’y aura pas une forte protestation citoyenne qui se traduira dans les urnes, les tendances lourdes observées aujourd’hui se renforceront, une classe moyenne paupérisée, une élite économique qui s’attribue sans vergogne des salaires et des indemnités indécents, une Europe du sud de bas salaires dont le destin est d’offrir aux pays du nord des garçons de café, des prostituées et de la main-d’œuvre bon marché ».

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 19:10

http://www.liberation.fr/economie/2014/05/19/herve-falciani-la-banque-au-revelateur_1021110

Hervé Falciani, la banque au révélateur

Par Renaud Lecadre

Lundi 19 Mai 2014

Cet informaticien qui a dévoilé les mauvaises mœurs bancaires, se voit propulser tête de liste des indignés en Espagne, pour les élections européennes.

Voilà Hervé Falciani qui pourrait devenir député européen. Et pourtant, il partait de loin. Il a été informaticien de la Hongkong and Shanghai Banking Corporation (HSBC, caricature d’une finance mondialisée, offshorisée), puis délateur en chef des turpitudes bancaires. « Lanceur d’alerte », comme on dit désormais, pour le meilleur comme pour le pire. Désormais, ce franco italien, père d’un enfant, est candidat en Espagne en vue de siéger à Strasbourg et/ou Bruxelles, au nom des indignés.

Bien des choses ont été dites ou écrites sur le bonhomme, alors reprenons depuis le début. Il est né à Monaco, ce qui n’est pas de sa faute, ni même un délit. Premier job d’été, mousse sur le yacht d’un milliardaire, maman coiffeuse, papa banquier, fatalement, l’entrée dans la vie professionnelle commence par un CDD au casino du coin, propriété de la ténébreuse Société des Bains de Mer, la SBM, chère à la bernique de prince sur son rocher. Hervé Falciani est en charge de la sécurité, puis de la caisse. Le tapis vert, cela rapporte, cela brasse du cash ? Sourire entendu, « le casino gagne toujours, c’est forcé ». Suite logique, la banque, HSBC Monaco, donc, puis HSBC Genève, notez la montée en gamme ! Le jeune homme n’a alors rien contre le saute-frontière (financier ou pas), en souvenir du domicile familial, « la chambre côté Monaco, le salon côté France ». Il conservera la double nationalité du père (italien) et de la mère (française), négligeant la monégasque, songeant rétrospectivement, « j’ai bien fait ».

Une fois dans la place forte, c’est la découverte du réacteur nucléaire bancaire. L’impunité découlant du cynisme ou vice versa. « Le cynisme des banquiers vient de leur compréhension du système ». Hervé Falciani entend alors ouvrir le capot à quiconque voudrait bien ne pas se pincer le nez, car « toute l’activité d’une banque est faite pour cela ». Cela, c’est l’évasion fiscale, blanchiment et autres turpitudes.

Avocat du diable, tentons le rapprochement avec Imad Lahoud, informaticien ayant inventé les faux listings bancaires de Clearstream. Les données informatiques d’Hervé Falciani ne sont que des fichiers à partir desquels il est possible d’extraire des noms de fraudeurs. Lui-même affirme n’avoir jamais vu ou consulté les cent trente mille noms. Convoquons en témoin de moralité le parquet de Genève, partie poursuivante qui admet que « ses données sont exactes et n’ont rien de fictives ». Résumé de notre portraituré, « la banque, dans sa chair, c’est de l’informatique et rien d’autre ».

Fort bien, mais bon, il est temps d’aborder le sujet qui fâche. Avant de jouer au chevalier blanc de la finance mondialisée, Hervé Falciani aurait d’abord tenté de monnayer ses informations. Auprès d’une banque libanaise, d’un service secret allemand, avant de les délivrer gracieusement aux justices françaises, américaines ou espagnoles. Car le « cela » en question vaut son pesant de milliards d’euros, en ces temps de disette budgétaire.

« On me tanne pour de prétendues intentions », réplique l’intéressé, sans jeu de mots. Mais sans démentir les soupçons originaux, alors qu’il lui suffirait pourtant de dire non. Il plaide son récent parcours désintéressé, au premier sens du terme cette fois. Il bosse pour les pouvoirs publics européens et même argentins. « Le temps est mon meilleur avocat », plaide-t-il. Plus il se dévouera à la cause publique, plus on oubliera ses douteuses démarches initiales.

Les espagnols n’ont pas ce genre d’état d’âme. Les fichiers Falciani leurs ont permis de découvrir que le big boss de la Banco Santander, Emilio Botín, une célébrité locale, avait planqué quelque deux cent millions d’euros en Suisse. Cela suffit à leur indignation.

Ses cinq mois de détention provisoire, entre juillet et décembre, dans une prison de Madrid n’ont pas entamé son aura outre Pyrénées, bien au contraire. La justice espagnole, saisie comme son homologue française d’une demande d’entraide internationale pour violation du secret bancaire, n’a pu que constater que la Suisse est le seul pays européen à poursuivre encore ce type de délit.

Passée l’épreuve, « ce genre de pilule amère qu’il faut avaler et qui vous coule un peu plus droit dans vos bottes », Hervé Falciani fait désormais figure de José Bové local. L’audience statuant sur sa libération, filmée en smart phone caché par un militant, a immédiatement circulé sur le web. Il ne risque plus rien au niveau judiciaire ni en Espagne ni en France.

Désormais sous escorte policière, au cas où quelques oligarques clients de HSBC viendraient lui chercher querelle (dans ses fichiers, il y en a pour deux cent milliards d’euros d’évasion fiscale), il se dit surpris d’avoir été désigné tête de liste des indignés espagnols, qui tentent de transformer politiquement l’essai des manifestations de 2011 sur la Puerta del Sol. Sous l’intitulé du partido X, Hervé Falciani est arrivé en tête d’une élection primaire sauvage organisée sur internet.

« Je me suis retrouvé en tête car il en fallait une, mais nous conserverons une transversalité sans chef des candidats ».

L’homme des fichiers HSBC n’est pourtant pas un gauchiste, loin s’en faut. Sur l’Europe, il ne jure que par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan ou l’apôtre de la réduction du temps de travail Pierre Larrouturou. Et rêve, à leur égard, d’un rapprochement qu’il nomme « transversalité ». Les sondages accordent deux ou trois sièges aux représentants des indignés. Hervé Falciani s’y voit déjà, fort d’une future immunité euro parlementaire. « Je vais faire un tour d’Europe, tout autour de la Suisse en passant par le Luxembourg ». Sa colistière, Simona Levi, résume la perspective, « il est le symbole du contrôle des citoyens sur la finance et non l’inverse ».

Actuel salarié de l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA), avec un CDD à trois mille cinq cent euros par mois, il dit plancher sur l’intelligence artificielle, aider le fisc français à traiter des données toujours plus nombreuses. Hervé Falciani est en contact avec une cinquantaine de pays et passe de France en Espagne, et l’inverse, en adepte du télétravail.

Il se déplace en trottinette, à se demander comment sont véhiculés ses gardes du corps, tellement discrets qu’on ne les a pas vus. Cela colle parfaitement avec la dégaine type d’un cadre d’entreprise, même quand il glisse au passage que le « hacking » est également un mode d’action politique, qu’il pratiquait en artisan avant de passer au « stade industriel ». Car il ne faut pas confondre banquier, ce qu’il n’a jamais été, et informaticien, ce qu’il sera toujours.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 18:47

http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2312

Appel à ne pas voter pour le Front De Gauche dans le sud est

Par Pascal Brula

Mercredi 21 Mai 2014

Les élections municipales étant passées, il semblerait que la direction du PCF continue à mener son petit train-train de sénateur dans ce véhicule bringuebalant qu’est la stratégie du Front De Gauche, une stratégie suicidaire de cartel d’appareils.

Apparemment, la déculottée qu’a prise le PCF FDG avec la perte de cinquante sept communes de plus de trois mille cinq cent habitants sur cent quatre vingt cinq (dont de nombreuses villes historiques, tenues depuis des décennies par le PCF) n’a pas l’air de remettre en cause cette stratégie. Accroché au train du réformisme, le Front De Gauche mène le PCF droit dans le mur et sa direction semble s’y complaire.

Tout juste si elle a concédé exceptionnellement la tenue d’une convention pour l’automne prochain, dont les premiers intervenants dans l’Humanité commencent à nous ressortir la fameuse métamorphose, du genre « mais puisque je vous dis que le communisme est un boulet ».

Le Front De Gauche, c’est la capitulation

Dans la foulée, arrivent les élections européennes. Et l’on peut dire sans trop se tromper qu’il y a continuité dans le laisser-aller. Aux groupuscules faisant partie du FDG, la direction du PCF a tout lâché, on peut même parler de démission honteuse, peut-elle encore donner l’illusion de croire au C de PCF ? De plus, la direction méprise tellement les adhérents qu’elle a tenu à leur faire avaliser cette capitulation par un vote, trois semaines avant les élections, alors que tout était bouclé. Et comme toujours, la forme va avec le fond. Car cette capitulation l’est aussi devant le capitalisme, avec cette reconnaissance d’impuissance qu’est la pseudo-revendication « d’Europe sociale » ou de « refondation de l’Europe » qui ne verront jamais le jour. Nous avons suffisamment de textes sur le site www.lepcf.fr développant l’idée que les solutions communistes à creuser, sont du côté de la sortie de l’Union Européenne, de l’euro, de l’OTAN, si l’on veut sortir du capitalisme.

Alors, vient le temps du « que faire » dimanche prochain, jour de scrutin. Habitant Lyon, je me réfère aux listes présentées dans la région sud-est. Comme d’habitude, dans sa profession de foi, le FDG voue aux gémonies « l’Europe de la finance », ce qui est bien pratique pour éviter de parler du capitalisme. D’ailleurs, c’est un sujet consensuel, car toutes les listes, peu ou prou, veulent mettre à raison la finance, cela ne mange pas de pain. Mais dans ce fatras qui nous est présenté par le FDG, y-a-t-il une idée, un acte, un nom auquel se raccrocher pour trouver une raison de voter pour cet attelage petit-bourgeois ? Même la présence du PCF doit se deviner, son logo est minuscule, à égalité avec des groupuscules dont je ne connaissais même pas l’existence (comment le citoyen moins politisé peut-il les connaitre ?). Alors je m’interroge, comment un communiste ou un électeur communiste peut-il se retrouver dans le contenu et la liste présentée par le Front De Gauche dans la région sud-est ?

Examinons cette fameuse liste. On y retrouve Elisa Martin du Parti de Gauche, c’est une ancienne du Parti Socialiste qui a tout tenté pour virer les communistes de la mairie de Saint-Martin d’Hères. Après plusieurs échecs, elle s’est présentée dernièrement à Grenoble avec les verts et a été élue, et alors que le FDG avait une majorité pour diriger la communauté d’agglomération, elle et les élus du Parti de Gauche ont fait élire le candidat du Parti Socialiste ! Mais que fait-elle donc sur la liste du FDG ?

De quel chapeau sort Marie-Christine Vergiat ?

Quant à la tête de liste, il s’agit de la députée sortante, Marie-Christine Vergiat, qui émane du contingent présenté par le PCF, pas par moi en tous cas, car on ne m’a jamais demandé mon avis, ni aux autres adhérents d’ailleurs. Il est édifiant de connaitre son curriculum vitae, membre du Parti Socialiste de 1980 à 2005, secrétaire du groupe du Parti Socialiste à l’Assemblée Nationale de 1989 à 1997, membre de différents cabinets de ministres du Parti Socialiste dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002 et, cerise sur le gâteau, membre de différents cabinets de ministres UMP (Fillon, Lamour) de 2002 à 2004 sous le gouvernement Raffarin !

On est en droit de se poser la question, de quelle magouille cette personne est-elle le nom ?

Qui l’a imposée ? Alors que le PCF pouvait présenter un adhérent, ou symboliquement un travailleur en lutte (je pense notamment aux FRALIB qui étaient pourtant mis en avant dans la campagne de Mélenchon), de quel chapeau est-elle sortie ? Avec qui sa présence a-t-elle été négociée ? Mes interrogations relèvent bien d’un positionnement politique et non d’une attaque personnelle, comme certains me l’ont suggéré. On est ce que l’on a fait et ce que l’on continue de faire. Et donc pour moi cette personne ne peut pas représenter le courant désireux de changer de société, ou alors c’est que les dirigeants du PCF font l’aveu qu’il n’y a aucune volonté de leur part de s’attaquer au capitalisme, et c’est grave dans la situation actuelle ! A la limite, on pourrait me dire que Marie Christine Vergiat a évolué et qu’elle a désormais adopté des positions révolutionnaires.

Difficile de le croire, surtout quant on a passé vingt cinq ans de sa vie à servir docilement le capitalisme sous les couleurs du Parti Socialiste et de l’anticommunisme. Mais pourquoi pas ? Dans ce cas, demandons-lui de faire ses preuves dans une organisation de base, mais pas comme représentante d’un parti qui se dit communiste.

De plus, j’ai eu l’occasion de lire la lettre d’information de cette personne qui affiche ses six priorités, promouvoir l’éducation, protéger et développer la culture, développer l’enseignement supérieur public, solidarité en matière d’immigration, refuser le contrôle social, la surveillance et le fichage généralisé et protéger les roms.

Certes, il s’agit de thèmes à ne pas négliger, mais on cherche en vain dans ses écrits des solutions pour s’attaquer au problème de fond, le moteur du capitalisme, à savoir l’exploitation de l’homme par l’homme et l’accumulation capitaliste. Quid de l’austérité, de la baisse des salaires et des retraites, du dumping social et des délocalisations, de la désindustrialisation et du chômage, orchestrés par l’Union Européenne ? La députée sortante conseille même de passer des diplômes universitaires pour « faire face aux aléas de la vie et changer d’emploi quand c’est nécessaire ». On suppose qu’elle veut parler du chômage. On ne trouvera rien non plus sur le combat nécessaire contre cette dictature qu’est l’Union Européenne et qui s’avance à pas feutrés en supprimant la souveraineté du peuple et ses acquis.

Aucune critique de cette euro-saloperie qu’est l’instauration des euro-métropoles contre les communes !

« Que faire » dimanche prochain

En conclusion, après avoir évidemment rejeté les listes UMPS, UDI MODEM (cette dernière ouvertement soutenue par Laurence Parisot, mazette), Front National, EELV (plus eurolâtres qu’eux, tu meurs), les listes trotskistes (tiens, je n’ai pas trouvé le NPA) et toutes les listes plus européistes les unes que les autres, je pense qu’il est désormais sûr et certain que le FDG n’est pas la solution, à la fois pour le contenu politique et pour ses représentants. C’est pourquoi j’incite très sincèrement les travailleurs en lutte, les chômeurs, les électeurs communistes, les quartiers populaires et d’une manière générale tous les exploités du système capitaliste, à se détourner de la liste du Front De Gauche dans le sud est, s’ils veulent faire valoir leurs intérêts de classe.

Que reste-t-il alors ? Il y a deux listes qui s’affichent ouvertement pour la sortie de l’Union Européenne et de l’euro, mais ce sont des listes de droite, cela étant, le programme du Conseil National de la Résistance a pu voir le jour à la Libération, non pas grâce à la « gauche », mais grâce à une alliance des communistes avec les gaullistes représentant une partie de la droite, alors pourquoi pas ? Il y a une liste intitulée « communistes » qui est ouvertement contre « l’Europe capitaliste » et pour la souveraineté nationale, son bulletin est imprimable. Et enfin, beaucoup de mes camarades prônent le boycott. Et bien constatons qu’il n’y a pas qu’une seule solution pour exprimer son point de vue de classe, un point de vue communiste, et que chacun saura le dire à sa convenance.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 18:21

http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-larrouturou/220514/nouvelle-donne-assigne-le-csa-france-television-et-l-etat-francais-devant-la-cour-europeenne

Nouvelle Donne assigne le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), France Télévision et l’état français devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme

Par Isabelle Attard et Pierre Larrouturou

Jeudi 22 Mai 2014

A moins de quarante huit heures de la fin de la campagne pour les élections européennes, Nouvelle Donne a décidé d’assigner le CSA et France Télévision devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour non-respect des règles relatives à l’équité et la pluralité dans le débat public.

Nouvelle Donne, parti politique créé fin 2013, regroupe déjà plus de huit mille adhérents. Le parti est représenté à l’Assemblée Nationale par Isabelle Attard, députée du Calvados, et au parlement européen par deux députées, Françoise Castex et Malika Benarab Attou.

Nouvelle Donne présente des candidats aux élections européennes dans les sept circonscriptions métropolitaines.

Depuis le début de la campagne électorale, Nouvelle Donne et ses candidats sont victimes d’un traitement manifestement inéquitable les privant de tout accès à certaines chaînes de radio et de télévision en violation de l’expression du pluralisme des courants de pensée et d’opinion.

Pourtant, Nouvelle Donne satisfait à toutes les conditions qui devraient lui permettre de se voir accorder un temps de parole « normal » pour faire connaître des citoyens son projet politique, Nouvelle Donne a été déjà rejoint par plus de huit mille citoyens dont trois parlementaires et un grand nombre d’élus locaux.

Partout les salles de meeting sont pleines, meeting à Paris le 9 février devant plus de six cent cinquante personnes (chiffres Médiapart), meeting à Grenoble le 6 mai avec Bruno Gaccio, Hervé Falciani et Eric Piolle, maire de la ville, devant cinq cent personnes malgré les vacances scolaires (chiffres Dauphiné Libéré).

Dimanche 18 Mai 2014, le meeting de Nouvelle Donne sur la Place de la République à Paris a réuni quelques deux mille personnes alors qu’au même moment les meetings d’Europe Ecologie Les Verts et de l’UDI rassemblaient un nombre de citoyens nettement plus faible.

Si Nouvelle Donne ne prétend pas à un temps de parole égal à celui accordé au Parti Socialiste ou à l’UMP, Nouvelle Donne ne saurait être traité différemment d’autres partis dont la représentativité est plus modeste tels que « Debout La République » par exemple. En effet, Nouvelle Donne compte un député national et deux députés européens alors que Debout La République en compte un au niveau national et aucun au niveau européen.

Selon les chiffres comptabilisés par le CSA, Nouvelle Donne n’a pu bénéficier sur France 2 que d’un temps de parole de six minutes à une heure de faible écoute et zéro seconde sur France 3 alors que Nicolas Dupont Aignant a bénéficié de trois invitations importantes, invité principal du 12 /13 de France 3 Dimanche 20 Avril 2014, invité « d’on n’est pas couché » Samedi 26 Avril 2014 pendant quarante deux minutes et invité de « mots croisés » Lundi 12 Mai 2014 avec un temps de parole de douze minutes.

Philippe POUTOU, porte parole du NPA, qui n’est représenté dans aucune assemblée, a lui aussi été invité par France 2 dans l’une des plus importantes émissions de la campagne, « mots croisés », Lundi 12 Mai 2014. Il a bénéficié de plus de dix minutes de temps de parole.

Dans le sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié le 27 avril, Nouvelle Donne était crédité de trois pour cent d’intention de vote. Dans le sondage IFOP Paris Match du 16 mai 2014, Nouvelle Donne recueille 2,5 % des intentions de vote (contre 1,5 % à Debout La République). Ce qui signifie que malgré un accès faible aux grands médias, la campagne de terrain a permis de convaincre un grand nombre de citoyens.

Si Nouvelle Donne disposait d’un accès normal aux chaines de télévision et de radio, on peut penser que son score le 25 mai lui permettrait d’avoir des élus au parlement européen. A contrario, si les grands médias continuent à ignorer l’expression du pluralisme des courants de pensées et d’opinion et à ne pas donner la parole aux requérants, cette violation d’une liberté fondamentale serait de nature à fausser la sincérité du scrutin.

Le CSA a indiqué Mercredi 14 Mai 2014 « s’alarmer vivement » des difficultés d’accès aux médias pour certains partis présentant des listes aux élections européennes. Mais s’alarmer ne suffit pas.

Pour faire respecter d’autres règles dont il a la garde (diffusion d’œuvres françaises, absence d’émissions violentes ou à contenu pornographique) le CSA n’hésite pas à imposer de fortes amendes. Mais pour faire respecter les règles d’équité en période électorale, le CSA ne prend jamais de sanction. Il s’inquiète.

S’inquiète vivement. S’alarme ou s’alarme vivement mais n’utilise jamais les moyens de sanction que la loi lui attribue. Qui respecte le gendarme s’il n’utilise jamais ses pouvoirs de sanction ?

Contre le Front National, osez le débat démocratique

Il ne faudra pas se plaindre dimanche soir du très haut niveau d’abstention et du score dramatiquement élevé du Front National si rien n’est fait d’ici là pour permettre aux citoyens de découvrir les idées portées par les listes issues de la société civile, qui défendent, chacune à leur façon, des alternatives aux politiques actuelles.

Beaucoup de citoyens ne veulent plus voter pour le PS ni pour l’UMP. On les comprend, depuis quarante ans, ces deux partis se succèdent au pouvoir sans apporter de solutions à la crise et il ne se passe plus une semaine sans qu’un nouveau scandale ne vienne ternir encore leur image. Si la seule alternative fortement présente dans les grands médias est le Front National, il ne faudra pas s’étonner le 25 mai.

Donnez-nous la parole et vous verrez qu’il y a des solutions.

Isabelle Attard, députée du Calvados, et Pierre Larrouturou, tête de liste en Ile de France, sont co-présidents de Nouvelle Donne.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 11:48

La Chine identifie les suspects de l’attentat au Xinjiang (Reuters)

Les autorités chinoises ont dévoilé l'identité des cinq suspects de l'attentat suicide commis jeudi à Urumqi, la capitale du Xinjiang, et leurs noms semblent indiquer qu'ils appartiennent à la minorité ouïghoure, importante communauté musulmane de cette région de l'ouest de la Chine.

L'agence Chine nouvelle a précisé Vendredi 23 Mai 2014 que le bilan de cet attentat commis jeudi matin sur un marché aux légumes d'Urumqi était de trente neuf morts.

Les cinq suspects, influencés par l'extrémisme religieux, ont participé à des activités religieuses clandestines et ont regardé ou écouté des vidéos et des enregistrements sonores incitant au terrorisme, ajoute Chine nouvelle, en citant la police.

Ces suspects s'appellent Nurahmat Ablipiz, Memet Memtimin, Raghimjan Memet, Memtimin Mahmat et Ablet Abdukadir. Ils ont formé un groupe « terroriste » à la fin de l'année 2013 puis confectionné des explosifs et choisi une cible, selon Chine nouvelle.

Quatre de ces suspects ont péri dans l'attentat et un cinquième a été arrêté jeudi soir par la police, précise l'agence de presse

Cet attentat n'a pas été revendiqué.

A la suite de cette attaque, les autorités ont annoncé le lancement d'une « campagne de répression d'un an contre les violentes activités terroristes, qui sera concentrée sur les groupes extrémistes terroristes et religieux » avec un accent particulier mis sur les caches d'armes, les ateliers de fabrication d'explosifs et les camps d'entraînement.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 18:34

http://www.appel-alstom.fr/Alstom-appropriation-collective.html

Alstom

Appropriation collective

Appel / Pétition

Siemens, General Electric ? On nous tient en haleine pour savoir qui va dépecer Alstom, fleuron de l’industrie et de la technologie française. Bouygues la cède à qui paie afin de récupérer du cash pour d’autres opérations financières. Le gouvernement se résigne à accompagner le processus pour « limiter (momentanément) la casse sociale ».

Il faut se mettre en travers de cette route ! Il est temps de crier « aux voleurs ». Il est temps que le pillage par les actionnaires cesse. Comment prétendre être un gouvernement de gauche si devant un tel démantèlement on se contente de commenter, et d’intervenir à la marge ?

L’entreprise a déjà été plus que largement payée à des actionnaires qui se sont engraissés aux dépens de tous. Alstom est le fruit du travail de ses salariés, elle a aussi bénéficié de la formation de ces salariés, payée par les contribuables, de la bonne santé de ces salariés, payée par les assurés sociaux, du réseau routier, de transports en commun, payés par les contribuables, des infrastructures énergétiques animées par d’autres salariés, de la recherche, et de commandes publiques dans de nombreux domaines.

Autant dire que c’est la collectivité qui a fait Alstom et c’est à la collectivité que l’entreprise doit revenir et non pas aux multinationales prédatrices. Il faut pour cela avancer des idées neuves. Si l’état peut avoir un rôle à jouer, l’objectif n’est pas qu’il se substitue aux actionnaires, mais que soit mis fin à la propriété des actionnaires, que les salariés, en lien avec les élus de la nation, décident en fonction de l’intérêt général.

L’appropriation collective est notre réponse. Cette appropriation sociale est la condition d’une réorientation de la production qui combine justice sociale et conversion écologique, notamment dans les domaines des transports collectifs, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

Il est temps de (re)mettre les choses à l’endroit. Il est temps d’oser.

Premières signatures

Etienne Adam, Gilles Alfonsi, Dominique Angelini, Janie Arneguy, Clémentine Autain, Bruno Bessière, Patricia Betuel, Jacques Bidet, Jean-Jacques Boislaroussie, Benoît Borrits, Alima Boumediene, Danielle Carasco, Florence Ciaravola, Pierre Cours-Salies, Jean-Gil Cousin, Monique Couteaux, Christiane Dedryver, Bruno Della Sudda, Etienne Doussain, Jean-Michel Drevon, Michèle Ernis, Jean-Marie Fouquer, Tony Fraquelli, Jean Gersin, Pierre-François Grond, Marie-Claude Herboux, Yannick Hervé, Pierre Khalfa, Catherine Krcmar, Pierre Laporte, Sylvie Larue, Stéphane Lavignotte, Philippe Leclercq, Laurence Lyonnais, Bernard Macret, Jean-Claude Mamet, Jean-Pierre Martin, Myriam Martin, Monique Migneau, Yann Millérioux, Patrice Moingeon, Gilles Monsillon, Danielle Montel, Richard Neuville, Jean-François Pellissier, Sophie Pénincq, Patrice Perret, Joelle Pïnardon, Nathalie Polge, Joelle Raynaud, Jacqueline Saintipoly, Marie-Jo Sérazin, Patrick Silberstein, Francis Sitel, Marie-Pierre Toubhans, José Tovar, Stéphanie Treillet, Pierre Vila, Pierre Zarka

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 18:17

http://www.npa2009.org/node/41540

Halte à la répression contre les révolutionnaires

Jeudi 22 Mai 2014

L'avocate et militante de la révolution Mahienour al Massry, membre de l'organisation des Socialistes Révolutionnaires égyptiens, vient d'être condamnée à deux ans de prison et plus de cinq mille euros d'amende. Le tribunal d'Alexandrie a confirmé un peu plus tôt la peine de deux ans de prison infligé à plusieurs militants pour l'organisation d'une manifestation en mémoire de Khaled Saïd. La mort de ce bloggeur égyptien sous les coups de la police avait été le signal de la révolution ayant chassé en 2011 le dictateur Moubarak. Le seul « crime » de tous ces condamnés est d'avoir participé à des manifestations, activité désormais interdite par le pouvoir en place depuis le 3 juillet dernier. Une nouvelle étape est ainsi franchie dans la chasse contre les militants et les rebelles en Egypte. Le régime utilise dans les prisons la torture physique et morale pour casser celles et ceux qui participent aux actions contre le diktat de l'armée. Les droits les plus fondamentaux y sont bafoués avec la complicité d'un système judiciaire inchangé depuis l'époque du dictateur Moubarak. Le NPA apporte son soutien aux actions visant, dans le monde entier, à faire cesser la répression destinée à écraser le processus révolutionnaire.

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 17:57

http://www.lecourrierderussie.com/2014/05/odessa-minute

L’enfer d’Odessa minute par minute

Par Alexandre Sibirtsev

Traduction d’Inna Doulkina

Jeudi 8 Mai 2014

Le correspondant du quotidien ukrainien Vesti Alexandre Sibirtsev a passé la journée du 2 mai à Odessa. Son reportage restitue, étape par étape, la tragédie qui a frappé cette ville.

Un carnage, le mot n’est pas exagéré pour qualifier ce qui s’est passé à Odessa le 2 mai dernier, les émeutes ont rapidement tourné au bain de sang, faisant des dizaines de morts. Le pressentiment d’affrontements entre pro russes et pro ukrainiens était palpable depuis déjà longtemps à Odessa. Depuis des semaines, les réseaux sociaux, des deux côtés, bouillonnaient de haine.

Le match de football entre les clubs Tchernomorets et Metallist du 2 mai, l’arrivée à Odessa de plusieurs centaines d’ultras de Kharkov et d’activistes du Maïdan de Kiev, ces événements ont simplement fait exploser l’agressivité qui s’était accumulée depuis un certain temps.

Deux heures avant le début des affrontements, j’ai reçu un coup de fil d’un de mes informateurs, un officier supérieur de la police d’Odessa. « Dans une heure, cela va se battre et tirer dans le centre ville. Si tu y vas, fais attention, ça va chauffer. Les ultras d’Odessa et de Kharkov se sont rassemblés, et ils brûlent d’envie de flanquer une belle raclée aux pro-russes anti Maïdan. Quelques centaines de militants de Maïdan sont venus de Kiev. Du côté des activistes de l’anti Maïdan, il y a quelques volontaires arrivés de Russie. Et tous veulent du sang », m’avait prévenu ma source.

Trente minutes plus tard, je recevais confirmation de ces informations via les réseaux sociaux.

Un activiste de l’anti Maïdan m’a notamment écrit, « nous nous retrouvons sur l’avenue Alexandrovskiï, pour casser du pro-Maïdan et du pravosec (membres du mouvement nationaliste radical Secteur Droit). Tu as intérêt à te tenir à l’écart, la police ne fera rien ».

Un autre informateur du mouvement de l’anti Maïdan m’a communiqué une nouvelle intéressante. À l’en croire, il y aurait eu, quelques jours avant le carnage de vendredi, une querelle à l’intérieur des activistes pro russes, sur la place Koulikovo pole (où était installé leur campement). Les membres de la droujina d’Odessa, l’aile de force de l’anti Maïdan, voulaient « passer à l’action et disperser les pro-Maïdan » (qui campent aussi à Odessa), alors que le reste des activistes étaient contre. Finalement, la droujina d’Odessa a rassemblé ses affaires et déménagé ses tentes en périphérie de la ville, sur le complexe mémorial de la batterie 411. Jeudi, un appel a été publié sur les réseaux sociaux, invitant tous les membres de l’anti Maïdan à se rassembler dans le centre-ville. L’appel s’est rapidement répandu, et a été entendu.

Vers 14 heures, j’arrive sur l’avenue Alexandrovskiï. Je tombe sur un rassemblement d’environ trois cent personnes. Visiblement, la police est informée que des affrontements se préparent. J’aperçois aussi des hommes forts, ils sont cagoulés et ils portent des brassards rouges, qui s’amassent autour de Dimitriï Foutchedji, chef du département de la sécurité citoyenne de la police d’Odessa. Beaucoup de policiers portent également des brassards rouges.

En courant, je rejoins, dix minutes plus tard, la place Sobornaïa, où sont réunis quelques milliers de pro-ukrainiens. La foule scande « Ukraine au-dessus de tout », « mort aux ennemis » et « gloire à l’Ukraine ». Leur nombre dépasse nettement celui des activistes de l’anti Maïdan rassemblés sur l’avenue Alexandrovskiï.

Dans les deux camps, les gens boivent des cocktails alcoolisés et de la bière. Sur la place Sobornaïa, parmi les pro-Maïdan, certains appellent à « aller se faire des séparatistes ». Un peu à l’écart, j’aperçois de nombreux activistes portant des casques et des gilets pare-balles, armés de battes et de boucliers. Visiblement, il s’agit du groupe arrivé de Kiev. Je repère sur leurs boucliers l’inscription désormais célèbre, « hommes libres », et leurs casques mentionnent le numéro de leur « centaine », troisième, huitième, quatorzième brigade. Je leur demande ce que leurs troupes font ici, à Odessa, ville pourtant calme jusqu’à présent, mais ils ne veulent pas me répondre. Un de leurs chefs, qui se présente comme « centenier adjoint de Vinnitsa », m’explique qu’ils sont arrivés l’avant-veille « afin d’aider les odessites à lutter contre ces fascistes de russkofs. Sans nous, les odessites risquent de se faire tuer. C’est notre devoir de venir à leur secours », affirme dans un sourire un jeune homme en cagoule, portant un gilet pare-balles et un uniforme rappelant celui de l’armée allemande, et qui revient de plus en plus au goût du jour.

Entre-temps, les activistes de l’anti Maïdan, notamment la droujina d’Odessa, se mettent en marche et rejoignent, en colonnes, le supermarché Afina. Ils portent des drapeaux russes et quelques étendards noir-jaune-blanc de la maison impériale des Romanov. Une fois sur place, ces hommes portant rubans de Saint Georges se mettent à construire des barricades à l’aide de conteneurs à poubelles et de morceaux de fer-blanc récupérés sur une palissade. Leur activité attire l’attention des activistes de Maïdan de la place Sobornaïa, qui se trouve tout près. Et voilà qu’arrivent en courant, nombreux, vers les activistes de l’anti Maïdan, un groupe d’hommes en cagoules, armés de pierres et de bâtons.

Policiers et militaires des forces intérieures se placent, en deux cordons, entre les pro-russes et les pro-ukrainiens. Parmi les forces de l’ordre, j’identifie aussi quelques étudiants de l’académie du ministère régional de l’Intérieur d’Odessa. Les policiers sont équipés très pauvrement, beaucoup n’ont même pas de boucliers, protégés par de simples casques et gilets pare-balles. La droujina d’Odessa de l’anti Maïdan est nettement mieux fournie, ses membres arborent des boucliers décorés de l’étoile rouge. Ils sont armés de bâtons, certains possèdent même des haches.

Au bout de quelques minutes seulement, l’espace entre les deux cordons de policiers devient un champ de bataille, les activistes des deux camps se jettent des pierres. Ils utilisent des morceaux du pavé et de l’asphalte du trottoir. Derrière les activistes, des deux côtés, je vois des femmes, des personnes âgées et des adolescents qui brisent le pavé et préparent les projectiles.

Une partie de la rue, devant le théâtre dramatique russe, se transforme en espace de chaos, en véritable cauchemar. Les quelques voitures garées sur le côté se retrouvent sous la pluie de pierres, et, en quelques minutes, sont réduites à un tas de ferraille.

Très vite, les deux camps s’arment de cocktails Molotov. Sous mes yeux, un groupe de jeunes gens s’attaque à une voiture garée à proximité et ouvre le bac à essence. Des jeunes filles arrivent, apportant des bouteilles vides et des bidons remplis d’essence.

Quelques minutes plus tard, les bouteilles remplies de liquide incendiaire volent par dizaines en direction de « l’ennemi ». Que ces cocktails puissent prendre une vie humaine, la jeunesse n’y pense pas.

Les jeunes gens participent activement à la préparation de ces munitions, versant de l’essence dans les bouteilles. Parallèlement, ces jeunes filles et femmes moins jeunes trouvent le temps de bavarder, de se prendre mutuellement en photo, postant immédiatement les clichés sur les réseaux sociaux.

Mais très vite, cette ambiance animée et un brin théâtrale tourne à la réalité sanglante et terrifiante, des deux côtés, on se met à se tirer dessus. Et ce ne sont pas les policiers ou de mythiques snipers postés sur les toits qui tirent mais ces hommes à brassards rouges, qui s’étaient infiltrés dans les rangs des activistes pro russes. Les activistes pro ukrainiens tirent eux aussi, souvent avec des pistolets traumatiques mais pas seulement. À côté de moi, un jeune homme crie et se plie en deux, touché par une balle au ventre.

Heureusement, un examen rapide montre que la blessure est superficielle, la balle en caoutchouc est palpable à mains nues, glissée sous sa peau. Le deuxième blessé est, visiblement, un simple curieux, la balle lui troue le front. L’ambulance tarde, la ligne des premiers secours est constamment occupée. Dans cet affrontement, les pro-ukrainiens sont bien plus nombreux que les pro-russes, quand ces derniers jettent une pierre, ils reçoivent en réponse une pluie de cailloux.

Alors que les deux camps se jettent des pierres, des cocktails Molotov et se tirent dessus, une jeune fille, qui a visiblement trop bu, s’approche des brigades de Kiev, qui se tenaient jusqu’ici à l’écart. Elle leur lance avec émotion « vous êtes odessites ? Qu’est-ce que vous faites de la ville ? Vous êtes en train de tout détruire, pourquoi ? Vous êtes des êtres humains, oui ou non ». Immédiatement, une foule de gens l’encercle, prête à la frapper. Heureusement pour la jeune fille, une vieille la saisit par les cheveux et, tout en lui criant « je te casserai la figure, sale séparatiste », la sort de la foule.

Je décide d’aller voir du côté des activistes de l’anti Maïdan. Une heure après le début des combats, les hommes aux rubans de Saint Georges sont assiégés, ils se sont établis sur un terrain vague devant le supermarché Afina, rue Gretcheskaïa, et ont érigé des barricades. En courant et en brandissant ma carte de presse, je traverse les zones de combat.

Dans le camp des anti-Maïdan, je vois quelques hommes armés de carabines de chasse et de pistolets. En se penchant, ils tirent sur les pro-Maïdan. Les policiers ne font strictement rien.

Entre-temps, les activistes de Maïdan se sont emparés d’un véhicule de pompiers garé dans le centre-ville. Ils le dirigent d’abord vers la place Koulikovo pole, « afin de détruire le campement des séparatistes ». À bord, on aperçoit une dizaine d’activistes, qui brandissent des drapeaux ukrainiens et crient des slogans. Mais à mi-chemin, le camion fait marche arrière, les combattants pro-ukrainiens décident de s’en servir pour prendre la « forteresse » des activistes pro-russes, rue Gretcheskaïa. Un quart d’heure plus tard, le camion brise les barricades mais, très rapidement, il se fait coincer entre des conteneurs de poubelle. Le conducteur parvient à s’enfuir, une rafale de balles et de pierres pro russes déferle sur le véhicule.

En passant par le centre-ville, je croise, rue Richelievskaïa, quelques députés du conseil municipal et du conseil régional, et notamment Edouar Smoliar, ancien directeur de la gestion de l’immobilier communal d’Odessa et attaché de l’ancien maire de Gourvits. Il y a un an, soupçonné d’abus de pouvoir, Smoliar avait été arrêté. « Mais que se passe-t-il », interroge, hésitant, le fonctionnaire en disgrâce. « Qui est le leader de ces combattants ? Qui a commencé le carnage ».

Mais personne ne s’empresse de lui répondre. Visiblement, il y a bien des leaders, et ils tentent même, à distance, de gérer la situation. Mais dans les rues d’Odessa, la foule est furieuse, et incontrôlable, la situation dégénère rapidement.

Les blessés se comptent déjà par dizaines. J’essaye de réanimer un jeune homme portant le ruban de Saint Georges, qui a été coincé dans une cour d’immeuble par quelques dizaines d’activistes de Maïdan. Ils l’ont fini à coups de battes de base-ball, à terre. Des gens ont tenté de le sauver mais n’ont rien pu faire. Les passants appelaient au secours, mais personne n’a voulu intervenir. Je constate que certains activistes pro-russes commencent à fuir la « forteresse » assiégée de l’anti Maïdan, rue Gretcheskaïa. Visiblement, ils ont compris qu’ils seraient bientôt encerclés, et massacrés. Pourtant, les malheureux fuyards sont vite rattrapés dans les rues, mis à terre et battus à mort, à coups de battes. « Mais qu’est-ce que vous faites ? Mais vous êtes des animaux, des bêtes féroces. Vous allez l’achever, ce garçon. Qu’est-ce qui nous arrive ? Qu’est-ce qui arrive à Odessa ? Mais vous n’êtes pas odessites, vous. Vous n’êtes même pas humains », gémit une vieille dame, en regardant les pro-Maïdan rouer de coups un jeune homme. Les policiers essayent de porter secours quand ils le peuvent. Les ambulances n’ont pas le temps d’emmener les blessés ni de réanimer les mourants.

Trois heures après le début des affrontements, quelques dizaines d’activistes de l’anti Maïdan qui ont décidé de tenir jusqu’au bout entrent dans le supermarché Afina et se barricadent de l’intérieur. Une partie des pro-Maïdan reste près du magasin mais ne se décide pas à donner l’assaut, la police bloque l’entrée.

Depuis le magasin, les anti-Maïdan continuent malgré tout d’attaquer, ils tirent, depuis les fenêtres, au pistolet traumatique, jettent des pierres depuis le toit. Le siège ne dure pas longtemps, rapidement, une équipe des forces spéciales arrive sur place, embarque les activistes de l’anti-Maïdan dans un fourgon et les emmène. « Quatre vingt personnes ont été placées en détention à la maison d’arrêt d’Odessa, quelques dizaines d’autres ont été envoyées à Ovidiolol et à Belgorod-Dnestrovskiï », me communique mon informateur au sein de la police d’Odessa. Plus tard, il me confirmera que les chefs de la police n’ont jamais voulu ordonner aux policiers de disperser les manifestants ni de mettre fin aux affrontements. « Nos chefs nous ont dit que nous ne devions pas toucher aux brigades venues de Kiev, qu’il y a un accord entre le Secteur Droit et la police d’Odessa, et que la police devait laisser les brigades de Kiev régler leurs comptes avec les activistes pro-russes. Si seulement nous avions reçu l’ordre d’intervenir, nous aurions mis fin à ce cirque en un quart d’heure », me dit un policier que je connais.

Le vendredi noir d’Odessa s’achève dans une angoisse profonde, les pro-Maïdan détruisent et incendient les tentes du campement des anti-Maïdan sur la place Koulikovo pole et jettent des cocktails Molotov sur les quelques dizaines d’activistes pro-russes qui se sont réfugiés dans la maison des syndicats.

En quelques minutes, le bâtiment prend feu. Beaucoup de pro-Maïdan essayent d’aider les gens en péril, ils leur jettent des cordes, démontent la scène et en font un échafaudage afin que les gens puissent descendre. Une partie de ceux qui sont dans le bâtiment sortent sur les corniches, d’autres brisent les vitres et tentent de respirer de l’air frais, on voit des nuages de fumée étouffante sortir du bâtiment. Je vois aussi des gens sauter par les fenêtres et s’écraser au sol, la hauteur est trop importante.

Ceux qui réussissent à descendre par les cordes sont immédiatement attrapés par des pro-Maïdan qui se mettent à les tabasser, se fichant de leurs blessures. Ils les frappent avec des bâtons, à coups de poing et de pied. En même temps, ils les interrogent. Deux questions semblent les tarauder particulièrement, « d’où viens-tu ? Qui a tiré ».

Pourtant, jusqu’ici, tous ceux qui ont pu se sauver sont des odessites. Le lendemain, la presse ukrainienne fera circuler « l’information » selon laquelle des passeports russes et transnistriens ont été découverts en grande quantité dans la maison des syndicats. L’assertion sera rapidement démentie, la photo censée prouver l’affirmation a été prise ailleurs et longtemps avant la tragédie. Pour l’heure, toutes les victimes identifiées sont des odessites.

Détail notable, sur la place Koulikovo pole, les activistes des deux camps se jetaient des cocktails Molotov, aussi bien les pro-russes réfugiés à la maison des syndicats que les pro-ukrainiens qui l’assiégeaient. Les deux côtés se tiraient dessus. Mais la plupart des victimes, plus de quarante cinq personnes, sont mortes étouffées par les gaz toxiques dégagés par la combustion de panneaux en plastique, les premiers à avoir pris feu.

Notons aussi que le foyer d’incendie se trouvait au centre du bâtiment, les ailes ayant été épargnées. On trouve beaucoup de femmes parmi les victimes. Pratiquement tous les corps ont été découverts figés dans des poses étranges, surpris par la mort alors qu’ils tentaient de courir, de fuir, essayant de survivre. Un corps a été découvert penché sur la corniche, avant de mourir, l’homme a pu ouvrir la fenêtre, mais c’était déjà trop tard.

Dimanche, j’ai pu rencontrer un de ceux qui s’étaient retrouvés dans le bâtiment en feu. « Au début, nous voulions nous battre jusqu’au bout, comme les trois cent hoplites spartiates, m’a confié Igor, ingénieur d’Odessa. Nous faisions même des blagues, du genre, on va leur faire une deuxième Stalingrad, à ces pravosecs. Mais en voyant le nombre de gens armés de bâtons et de barres de fer qui couraient vers nous, nous avons vite compris qu’ils allaient nous massacrer. C’est pour cela que nous avons décidé de nous barricader à l’intérieur de la maison des syndicats. Pendant quelques minutes, ils ont jeté des cocktails Molotov et, très vite, le bâtiment a pris feu. Les pravosecs n’ont pas voulu nous assaillir, ils ont décidé de nous brûler. Mais ce n’est pas le feu qui a causé la mort de la plupart des victimes, c’est la fumée, très toxique, elle faisait tomber les gens en quelques secondes.

Ces nuages de fumée arrivaient de partout, on avait l’impression qu’ils passaient à travers les murs et le plancher. La fumée était blanche et verte, les gens tombaient après l’avoir respirée une seule fois. Ils se sont tous jetés dans l’escalier, mais ils tombaient et perdaient connaissance. J’ai réussi à trouver la sortie de secours et à fuir une heure plus tard, sinon, on m’aurait égorgé, les pravosecs avaient déjà commencé de fouiller le bâtiment, ils avaient réussi à entrer avec les pompiers. Nous étions nombreux à vouloir nous rendre immédiatement, nous avions très peur, un des nôtres a même brandi le drapeau ukrainien à la fenêtre. Beaucoup criaient au secours. Certains voulaient nous aider, ils nous jetaient des cordes, mais en même temps, d’autres pro-Maïdan nous lançaient des Molotov. C’était comme cela, certains nous aidaient, alors que d’autres nous criaient de descendre pour qu’ils puissent nous mettre en morceaux. Certains d’entre nous appelaient leurs proches pour leur dire adieu, ils comprenaient qu’ils n’en sortiraient pas vivants.

En sortant du bâtiment, je me suis retrouvé en enfer, on m’a frappé très fort à coups de bâtons, on m’a brisé le crâne. Il n’y avait pas que des hommes qui me frappaient, mais aussi des femmes, complètement tarées. C’étaient les plus dangereuses, elles essayaient de me crever les yeux, de m’étouffer, elles griffaient. Puis ça été au tour des hommes de me taper dessus, c’était moins difficile à supporter. Ensuite, j’ai perdu connaissance, c’est peut-être pour cela que j’ai été envoyé à l’hôpital plutôt qu’au commissariat.

J’ai tenté, pendant quelques jours, d’enquêter sur ces hommes armés, portant des brassards rouges, qui ont participé aux émeutes et recevaient au départ des ordres des policiers, portant les mêmes brassards. Ces hommes mystérieux qui se sont ensuite retrouvés dans les rangs des activistes pro-russes et ont ouvert le feu sur les pro-ukrainiens.

J’ai interrogé de nombreux commandants de police, en vain. Ma source au sein de la police d’Odessa m’a déclaré que « je suis sûr qu’il y avait, parmi les membres de la droujina d’Odessa, beaucoup de policiers et d’agents des services déguisés. Mais ces agents ne venaient pas d’Odessa. Je les ai reconnus pour les avoir vus à Kiev, sur la place Maïdan, où j’étais allé en mission. Ils travaillaient là-bas. Beaucoup de gens étranges sont arrivés à Odessa avant le carnage, moi, je pense qu’ils venaient de Kiev. Ils se sont rapidement fondus parmi les activistes de l’anti Maïdan, ils ont tiré avec des armes de combat, et puis, ils ont disparu dans la nature. Ils ne sont pas parmi les personnes interpellées, ni parmi les morts. Je pense que ce sont des agents de la police de Kiev, ou alors des pravosecs déguisés, mais je ne peux rien affirmer avec certitude. Ce que je sais, c’est que juste avant le carnage, j’ai croisé un paquet de gens nouveaux au département central du ministère régional de l’intérieur. Des gens qui n’entraient en contact avec personne. Ce qui était clair, c’est que ce n’était pas des gens ordinaires, ils savaient manier les armes. Pour moi, il s’agit d’une provocation organisée par Kiev ».

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 17:01

C’est avec atterrement que nous avons appris la décision unilatérale du Parti de Gauche (staff Grand Sud Ouest et du national) d’annuler l’intervention, au nom d’Ensemble, de David Hermet au meeting toulousain d’hier soir, Mardi 20 Mai 2014.

La raison officielle invoquée est le fait que le meeting était retransmis en direct sur BFM TV, et donc, il ne fallait pas prendre de retard pour que ce direct puisse commencer avec le début de l’intervention de Jean Luc Mélenchon.

Or le meeting était appelé pour 20 heures, il n’y avait donc aucun problème pour que David Hermet et Pierre Laurent interviennent ainsi que Marie Pierre Vieu (qui a aussi été annulée).

Avec cette décision, le meeting s’est déroulé sans intervention d’Ensemble (pas d’organisation à la tribune autre que le Parti Communiste Français et le Parti de Gauche), sans aucune femme comme intervenante, ni de représentant des luttes en cours.

Alors même que Jean Luc Mélenchon dénonce avec virulence les liens des grands médias avec l’oligarchie, alors même qu’il invective constamment journalistes et éditorialistes de tous bords, les staffs du Parti de Gauche piétinent ses partenaires pour mieux se plier au diktat médiatique. Les directions du Parti de Gauche qui ont dénoncé la division lors des élections municipales et cultivent cette même division pour les élections européennes, jouant les matamores au sein même du Front De Gauche.

Cette annulation aussi méprisante qu’inélégante (annulation imposée au dernier moment par SMS, aucune réponse aux protestations, attitude désobligeante vis-à-vis des deux candidats évincés) s’ajoute à une liste devenue longue de problèmes politiques et organisationnels avec une large frange directionnelle du Parti de Gauche.

Envoi dans les départements de tracts, soi disant communs, non siglés du logo Front De Gauche. Camion proclamé de « Mélenchon » au service de la seule propagande du Parti de Gauche, alors qu’un accueil fraternel a été demandé à l’ensemble des composantes du Front De Gauche. Matériel interne au Parti de Gauche distribué par ses militants lors des diffusions en commun, alors que les autres organisations distribuaient le matériel du Front De Gauche. Affiche excluant tous les candidats du Front De Gauche pour laisser la place à la seule personnalité de Jean Luc Mélenchon. Aucune information aux partenaires du Tarn et Garonne d’un candidat du Parti de Gauche du Tarn et Garonne proposé aux élections européennes. Sans nous appesantir sur la rétrogradation d’Ensemble de la troisième place de la liste des candidats, place symbolique car difficilement éligible, au profit du Parti de Gauche.

« Place au peuple, l’humain d’abord », faire de la politique autrement, sont une nouvelle fois vidés de leur sens et dévoyés en slogans publicitaires.

Nous militants d’Ensemble du Tarn et Garonne appelons les camarades du Parti de Gauche du Tarn et Garonne à dénoncer vigoureusement ces pratiques auprès de leurs instances dirigeantes, notamment celle du staff Grand Sud Ouest, afin de les inciter à recouvrir l’entendement et à sauvegarder l’unité du Front De Gauche.

Nous vous informons qu’après nous être lancés loyalement dans cette campagne des élections européennes, prenant toute notre part aux tâches militantes (diffusion de tracts sur les marchés, dans les boîtes aux lettres, affichages, accueil du camion, préparation, participation et animation du meeting départemental), nous cessons aujourd’hui toute implication dans cette campagne qui est devenue celle d’une seule organisation.

Nous refusons de servir de petites mains aussi dociles que corvéables, au service des intérêts d’une unique composante, intérêts qui vont à l’encontre de l’idée que nous nous faisons du Front De Gauche, du rapport entre partenaires, et de la démocratie.

Nous militons pour l’ouverture et le renforcement du Front De Gauche, pour son unité dans les luttes comme dans les urnes, pour qu’il devienne une force crédible et incontournable de résistance face aux attaques des bourgeoisies, une force d’opposition et de proposition face à une Europe de la finance qui sème, traité après traité, la misère et la désespérance, pour un espoir à gauche face au populisme et au nationalisme.

L’union est définitivement un combat.

Ensemble du Tarn et Garonne.

Mercredi 21 Mai 2014

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