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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 12:35
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 22:18
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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 20:40

http://www.raquel-garrido.net/2014/04/marine-le-pen-est-une-delinquante-fauxtracts

Marine Le Pen est une délinquante

Par Raquel Garrido

Jeudi 3 Avril 2014

Pour la première fois de l'histoire, peut-être, le chef du Front National vient d'être déclaré coupable de manoeuvre frauduleuse dans le contexte d'une élection et d'atteinte à la personnalité.

Il aura fallu pour cela que Jean-Luc Melenchon aille s'affronter directement à Marine Le Pen aux législatives dans le Pas-de-Calais, que cela déclenche un surcroît de mobilisation chez les militants, conduisant ceux ci à intercepter des militants du Front National lors d'un boitage discret dans un quartier résidentiel de Montigny en Gohelle. Il aura fallu le courage des militants pour les bloquer, les prendre en photo, appeler la police. Il aura fallu le courage des habitants qui ont produit des attestations en justice.

Enfin, justice est rendue. Dans un jugement court, le tribunal correctionnel de Bethune a déclaré coupable Marine le Pen.

Semblant considérer que l'entière culpabilité devait retomber sur la chef et non sur les militants, les deux militants du Front National photographiés sur place ont été relaxés. Alors qu'à l'audience Marine Le Pen (par la voix de son avocat) avait pris le parti peu glorieux de se défausser sur ses militants, le tribunal a rétabli l'ordre des culpabilités.

Marine Le Pen vient d'annoncer qu'elle fera appel. En vue de cet appel, je compte bien demander au nouveau ministre de l'intérieur de retrouver l'enquête préliminaire du commissariat d'Henin Beaumont qui avait été « perdue » sous le ministère de Manuel Valls. Enfin, l'appel sera l'occasion, je l'espère, de voir Marine Le Pen condamnée à l'inéligibilité.

Les militants du coin sont très heureux et en particulier ceux d'Henin Beaumont qui vivent au quotidien l'arrogance des fascistes, notamment depuis qu'il faut présenter sa carte du Front National aux CRS pour pouvoir accéder au conseil municipal.

D'ailleurs, l'un des témoins au procès des faux-tracts, la tenancière de la baraque à frites de la place du village, a été sorti manu militari de la mairie par le service d'ordre du Front National avant le conseil municipal. C'est incroyable, et c'est bien la preuve que ces gens se croient tout permis.

Non! Tout n'est pas permis. Concevoir un faux-tract pendant une élection est un délit. On le savait, mais maintenant que c'est le tribunal correctionnel qui l'a dit, c'est mieux. Marine Le Pen, dont la qualité de délinquante (personne ayant commis un délit) est, dans, cette affaire, désormais attestée, devra s'acquitter d'une amende de dix mille euros.

Je suis heureuse. J'ai la sensation qu'avec mon confrère Erwan Lorvellec nous avons correctement fait le travail. Ce résultat permettra également à ma consoeur Galina Elbaz de me défendre plus facilement dans le cadre du procès que m'intente Marine Le Pen pour l'avoir, en ma qualité de conseil de jean-Luc Mélenchon, qualifiée de délinquante.

C'est là que l'on voit que le Front National n'est pas un parti comme les autres. Attaquer des avocats dans l'exercice de leur fonction, distribuer des faux-tracts, inscrire malgré eux des citoyens sur des listes électorales, tous ces agissements relèvent d'un affront aux principes républicains.

A tous ceux qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon dans cette bataille, je dis merci. A tous ceux qui par frilosité ou calcul politicien ont préféré la neutralité, je dis qu'ils ont eu tort et que la prochaine fois il faudra se rassembler sans sectarisme derrière ceux qui combattent le Front National.

Rendez-vous la semaine prochaine devant la dix septième chambre du tribunal correctionnel de Paris où l'on découvrira si l'on a le droit de qualifier le Front National de fasciste.

On ne lâche rien!

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 18:22

http://www.indigenes-republique.fr/bobigny-2014-quand-les-arabes-et-les-noirs-font-campagne-pour-la-droite-blanche

Quand les arabes et les noirs font campagne pour la droite blanche

Par Aya Ramadan

Mercredi 2 Avril 2014

« Pour ma part, je crois que les peuples noirs sont riches d’énergie, de passion qu’il ne leur manque ni vigueur, ni imagination mais que ces forces ne peuvent que s’étioler dans des organisations qui ne leur sont pas propres, faites pour eux, faites par eux et adaptées à des fins qu’eux seuls peuvent déterminer » (Aimé Césaire)

« Rendez nous Bobigny », voilà le slogan ô combien symbolique de la liste de droite menée par Stéphane de Paoli pendant ces élections municipales 2014 à Bobigny et soutenu par le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. Il y a un mois de Paoli était complètement inconnu, il a suffit de quelques semaines uniquement pour que son nom devienne l’emblème de la contestation anti-PCF à Bobigny.

« Rendez-nous Bobigny », un cri de rage, un slogan politique qui en dit long sur le sentiment de dépossession des jeunes de la ville. Ce slogan a été tagué sur le béton de la cité Paul Eluard, en plein centre-ville. Un béton sur lequel est gravée la violence qui nous est faite, notre rage d’être sans cesse relégués au second plan, d’être invisibilisés dans les centres décisionnels de la ville, de n’être utilisés qu’au moment des fêtes et des galas de danses hip-hop, finalement notre rage d’être encore et toujours considérés comme des sujets coloniaux, des êtres inférieurs. C’est cette même rage qui avait amené les marcheurs pour l’égalité de 1983 à manifester leur refus du racisme, des crimes policiers, la revendication d’être traités comme des citoyens lambda. Ce mouvement pour l’Égalité aurait pu donner naissance à un ou plusieurs partis autonomes, héritiers de l’étoile nord-africaine et du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) structurés sur une idéologie solide qui reprenne les fondamentaux de Fanon et de Malcolm X, une idéologie qui mette au centre notre dignité et notre libération. Mais non, à la place, la gauche socialiste s’en est servie pour créer SOS Racisme, pour endiguer et désagréger ce mouvement de l’immigration, pour neutraliser son autonomie et son tranchant radical.

Et les crimes policiers ont continué, et les contrôles au faciès se sont multipliés, et le droit de vote des étrangers est devenu un songe de plus en plus improbable. Et il y a eu le 11 septembre 2001, la loi contre le voile de 2004, l’invasion occidentale de l’Irak, les innombrables interventions françaises en Afrique, encore et toujours la colonisation de la Palestine, la négrophobie et l’islamophobie. Et le PCF toujours et encore plus à l’ouest, replié sur lui-même, toujours aussi fermé dans son champ de vision économiste de la société, incapable de faire un pas vers l’indigène, de comprendre que la lutte des classes dans son acception euro-centrée n’est pas notre priorité, que c’est la question de la dignité, al Karama, qui est essentielle car elle cristallise les siècles de piétinement colonial culturel et identitaire. Le militant blanc de gauche, aussi sincère soit-il, aura beau avoir lu Fanon, il ne comprendra pas que ma mère ait pu être fière de voir Rachida Dati à la télé au moment où elle fut nommée ministre de la justice, il ne comprendra pas que ma mère n’en a rien à foutre qu’elle soit de droite ou de gauche, que c’est une question de dignité, voir une arabe bien habillée, et qui parle bien, c’est un bout de dignité retrouvé! Ce gauchiste me reprochera « d’essentialiser » ma mère et ma communauté, et donc une partie de moi-même au final, parce que moi aussi, instinctivement, je pense comme ma mère. Parce que ma mère m’a transmis au plus profond de moi, dans mon inconscient le plus archaïque, l’idée que nous sommes écrasés, infériorisés, humiliés en tant qu’arabes. Et qu’être à la télé en tailleur, débattre de politique et manier la langue française comme les français c’est la plus grande réussite possible, même si ses propos sont « objectivement » contre les miens ! Il est là le clivage racial que ne veulent pas comprendre les gauchistes mais qu’ont bien compris la droite, en tout cas une partie de la droite, celle de Lagarde.

Mais qui sont ces arabes et ces noirs qui ont fait campagne pour la droite à Bobigny ?

Ils sont ceux qui ont eu un courage immense en 2008 et 2010 en créant des listes autonomes aux élections municipales puis régionales. En 2008, la liste indépendante LIBR n’a obtenu qu’un faible score sur la ville. Puis, en 2010 la liste Emergence se présentait à Bobigny (mais aussi à Bondy, Fresnes, Sevran, Massy et d’autres villes franciliennes). Elle ne se voulait ni à droite, ni à gauche mais en dehors du champ politique blanc. Les revendications étaient principalement celles de l’égalité. Mais encore une fois, le succès ne fut pas au rendez-vous.

L’énergie mise à créer l’autonomie est bien trop immense au vu des faibles résultats. Les arabes (car ils sont principalement arabes les autonomes de Bobigny), auraient pu continuer à penser et construire l’autonomie, comme leurs frères de Bondy ou de Fresnes, mais ils ont renoncé. Ils ont cédé et ils ont pactisé avec la droite blanche ! Ils ont mené une campagne offensive jamais vue jusque-là dans la ville. Jamais nous n’avions autant d’affiches collées dans Bobigny, partout, dans tous les quartiers, toutes les cités, partout au centre-ville, nul ne pouvait échapper au violet de l’affiche de Paoli. Le slogan associé à ce visage était « Rendez-nous Bobigny ». Et pourtant il y a comme un décalage évident pour tous, un décalage qui saute aux yeux, ce « nous » de « Rendez-nous Bobigny » ne correspond pas à ce quinquagénaire blanc en costard cravate.

Avec un peu de distance, on se rend compte qu’il s’agit là d’une grosse arnaque. Déjà des lycéens de Bobigny se moquent de ce vieux technocrate et on commence à faire circuler l’idée suivante dans les réseaux sociaux, « votez pour moi, et je vous la mettrai bien profonde ».

Dans « Rendez-nous Bobigny », à qui au juste doit être rendu Bobigny? Quel est ce « nous » dans lequel la plupart des Balbyniens se reconnaissent ? Ce « nous » est avant tout arabe et noir, il est musulman, il est aussi indien et asiatique, il est la femme voilée, il est le père de famille qui travaille à l’usine, il est le chibani à la retraite qui a échappé à la ratonnade policière du 17 octobre 1961. On veut que notre mairie puisse ressembler à ses habitants. On veut une mosquée, une vraie, pour prier. Marre, d’être entassés comme des moutons dans les gymnases le jour de l’Aïd ! Marre de squatter dans les mosquées déjà pleines à craquer de Bondy, Drancy ou du Blanc-Mesnil ! Marre que la ville soit décorée uniquement pour Noël et pas pendant le mois du Ramadan que les trois quarts de la ville suivent ! On veut de la viande halal à la cantine. On veut que les femmes voilées aient accès à l’école et au travail sans discrimination. On veut un quartier propre et on veut que les écoles et les collèges aient plus de moyens, plus de professeurs, de surveillants, de matériel pour que nos enfants réussissent leur scolarité. On veut une ville qui nous ressemble et nous respecte.

La droite de de Paoli et Lagarde a mieux compris cela que le Parti Communiste Français, toujours aussi enclavé dans son vieux « chauvinisme inconscient » comme le disait Césaire à Thorez déjà en 1956. Les statistiques le prouvent :

Sur la liste municipale PCF menée par la maire sortante Catherine Peyge, il y avait quatorze indigènes sur quarante trois candidats.

Sur la liste municipale UDI et divers droite menée par de Paoli soutenu par Lagarde, il y avait vingt sept indigènes sur quarante trois candidats, dont deux voilées.

La droite de de Paoli et Lagarde a ainsi entendu ce besoin de visibilité, il y aura deux femmes voilées dans la liste des quarante trois candidats aux municipales et, parmi elles, Kahina Airouche sera notre maire ajointe, la première femme maire adjointe voilée de France ! Il fallait le faire, la droite l’a fait ! Zéro femme voilée du côté du PCF. Comme l’a si bien dit Houria Bouteldja, la gauche ne sait même pas être opportuniste !

Faisons un petit tour maintenant aux soirées de soutien des deux listes qui se sont tenues à quelques jours d’intervalle dans la même salle municipale Pablo Neruda, dans le centre-ville de Bobigny.

Au meeting de la liste « Rendez-nous Bobigny », la salle est en mode grand colloque politique.

Environ trois cent sièges où les Balbyniens assis ont écouté s’exprimer les habitants de leur ville inscrits sur la liste municipale. La salle était pleine mais pas à craquer. Il y avait tout le monde, les vieux chibanis, les daronnes noires et rebeues, les jeunes de mon quartier. Quatre vingt dix pour cent d’indigènes et dix pour cent de blancs dans le public. Moi qui suis arrivée très sceptique à ce meeting, j’étais forcée de constater le sérieux de cette réunion, les miens racontaient leurs problèmes, la pauvreté, la saleté, le logement et l’emploi, mais pas le racisme, ni la négrophobie ni l’islamophobie. C’est sûrement le prix à payer quand on s’allie à la droite. Et même si on l’avait évoqué, Lagarde n’aurait rien eu à se reprocher, il aurait répondu qu’il faisait parti des rares, très rares élus, qui ont voté contre le projet de loi sur les signes religieux en 2004.

Tout au long du meeting, on répétait que cette liste n’était ni à droite ni à gauche, elle est seulement l’opposition, une opposition citoyenne, « par-delà les différentes convictions politiques, philosophiques et religieuses ». Pourtant au fond, on le sait tous, c’est la droite, c’est l’UDI, la droite, un point c’est tout. Et en réalité tout le monde le sait dans le quartier, mais on préfère se mentir parce qu’on n’assume pas encore de voter à droite.

Pour finir la soirée, Jean-Christophe Lagarde, le véritable architecte de cette liste, a eu un discours sublime d’intelligence. S’il y avait un jury pour récompenser le meilleur politicien aux municipales 2014, on décernerait l’oscar à Lagarde. Qu’est-ce qu’il sait nous parler! C’est effarant. Voici un court extrait :

« Ils se sont habitués au PCF comme à l’UMP et à TF1, à ce que vous baissiez la tête, à ce qu’on vous instrumentalise, à ce qu’ils vous utilisent, à ce qu’ils vous enferment. Dans votre ville il y a beaucoup de gens enfermés, ballottés, trahis. Vous ne parlez pas aussi bien que les gens à la télé mais vous connaissez mieux la ville qu’eux. J’ai entendu plusieurs vérités ce soir, et bon dieu ce que vous avez mis du temps à les dire, à les formuler, à les porter, à ne plus renoncer, pas vrai ? Vous avez mis du temps parce qu’il y a une escroquerie ici, ils (le PCF) sont les gentils et ils sont là pour vous, et ben non ils vous prennent en otage parce que plus ça va mal pour vous, mieux ça va pour eux, c’est comme ça qu’ils vivent depuis quatre vingt dix ans, il est temps que vous vous leviez et que vous preniez vos affaires en main, et vous allez les prendre en main. Il y a des gens ici qui se disent mais est-ce qu’on va savoir les prendre en main ? Mais bien sûr que vous saurez faire! De toute façon franchement ils sont si nuls que vous ne pourrez pas faire pire. Vraiment Kahina, ce n’est pas le discours qui compte, vous représentez réellement cette ville. C’est pas un problème de droite ou de gauche, oui ce n’est pas un problème de droite ou de gauche de savoir qu’on ne veut plus de rats à Bobigny, ce qui est quand même un comble parce que la dératisation y a rien de plus simple à faire et vous pouvez être sûr que si vous votez pour nous le 23 mars prochain il n’y aura plus de rats à Bobigny. Ce n’est pas compliqué de faire en sorte que les logements sociaux ne soient pas réservés uniquement aux petits copains et aux petits cocos. Ce n’est pas compliqué de mettre la cantine gratuite comme on l’a fait à Drancy, c’est quand même un truc de fou, moi je suis un salaud de droite et j’ai donné à tous les enfants de ma ville le droit de manger un repas équilibré gratuit quelle que soit sa conviction ou ses difficultés, et il faut que j’entende que c’est moi le salaud et que c’est eux les sociaux, mais on se moque de qui ? Bobigny est une ville deux fois plus riche que la ville de Drancy, que font-ils de votre argent ? On n’entendra plus les discours débiles sur « on va t’aider », mais les gens ici ils n’ont pas besoin d’être aidés ! Ils ont juste besoin d’être libérés ! »

C’est un tonnerre d’applaudissements qui a succédé à ce discours. Lagarde nous comprend mieux que Catherine Peyge, maire sortante, sans aucun doute. Il exprime notre rage de ne pas être entendu, le besoin de libérer la parole, notre défiance vis-à-vis de la gauche qui nous aime bien tant qu’on se tait ou qu’on lui ressemble. Il critique l’UMP, comme le PCF comme TF1, ça c’est le génie de Lagarde. Il vient nous tendre la main. Il est le maître blanc qui vient nous dire « je vous ai compris ». Et nous les indigènes on ferme les yeux sur son appartenance à la droite, et on consomme notre union avec lui.

Et pourtant le programme de de Paoli et de Lagarde reste clairement à droite, notamment sur deux points.

Le premier point est la mise en place de la vidéo surveillance dite « vidéo-protection » et le déploiement d’une police municipale pour faire régner l’ordre.

Le deuxième point est la promesse de la fermeture des camps de roms. Et il faut l’avouer bien que j’en ai honte, les noirs et les arabes de ma ville, majoritairement, veulent virer les roms.

Les mêmes discours que les blancs tenaient à propos des arabes et des noirs se retrouvent aujourd’hui dans la bouche de ceux qui ont gravi une marche dans l’échelle raciale, « les roms sont sales, ce sont des voleurs, Peyge veut leur donner des logements dans notre bâtiment, surtout pas cela ». Et la droite, fidèle à elle-même, promet de les dégager. Quelle honte pour les miens, quelle honte pour notre histoire, quelle honte que notre aveuglement ! Les algériens auraient-ils oublié qu’il y a à peine quelques décennies nous étions plus d’une centaine de milliers répartis dans de misérables bidonvilles en France ?! Les arabes et les noirs font aujourd’hui la guerre aux roms pour bien tenir à se distinguer de ceux qui sont encore plus bas qu’eux dans l’échelle raciale. Ils ont l’occasion enfin de taper sur un plus faible. Et ils le font avec la droite blanche, celle qui au fond se rit bien de notre division entre indigènes !

Après ce coup de force politique extraordinaire, après cette libération momentanée de la parole des indigènes, certes sous contrôle de la droite blanche, mais quand même, le PCF aurait pu essayer de répondre sur le même terrain, de faire de la politique. Mais non, il n’en est rien, ils ont été une fois encore à la ramasse, totalement à l’ouest !

Le meeting « Bobigny, ville engagée pour l’égalité » de Catherine Peyge ressemblait à une fête de quartier, avec de la musique hip-hop, classique, argentine, du jonglage et de la danse.

Quelques discours de syndicalistes bien gauchos venus remercier les élus de la ville pour leur soutien aux luttes des fonctionnaires et des ouvriers dans les écoles et dans les usines, et puis une jeune militante arabe nouvellement encartée au Parti Socialiste venue faire sa minette et dire en riant aux éclats « vive le Parti Socialiste », comme s’il s’agissait d’un jeu.

Il n’y avait que quelques dizaines de places assises pour les personnes âgées et les handicapés, sinon nous étions debout à regarder ce spectacle, cette mise en scène innocente et naïve face à tant d’enjeux et de souffrance. C’est vrai, le PC semblait se moquer des balbyniens, aucune prise en compte sérieuse de la violence du quotidien, de la violence des rapports sociaux, de la hagra vécue par nos parents, de l’échec scolaire, de la galère des jeunes !

Si j’ignorais l’histoire de la république française et l’histoire du PCF, et que je me contentais uniquement de voter à partir de ces deux meeting, sans hésiter j’aurais donné ma voix à Lagarde et à de Paoli, pardonnez-moi le lapsus. Oui sans hésiter j’aurais donné ma voix à ceux qui reconnaissent les problèmes de ma ville, qui savent l’étouffement vécu ici, qui disent quelque chose de la souffrance et du racisme institutionnel. Mais je sais ce qu’est l’État français et ce qu’est le PCF ! Je sais que l’état français (de droite comme de gauche) a colonisé mes grands-parents en Afrique, je sais qu’il a mis en esclavage les miens, je sais qu’il a fait travailler mes parents comme des animaux dans les usines, je sais qu’il continue à piller mon pays en Afrique, je sais qu’il a organisé des ratonnades contre les miens, je sais qu’il est le fer de lance du vampire capitaliste, je sais qu’il est le néocolonialisme. Et je sais que le PCF a eu des militants qui ont risqué leur vie pour soutenir la lutte des miens contre le colonialisme, je sais qu’ils sont mes alliés contre l’impérialisme, je sais que malgré tous leurs satanés défauts, avant tout leur paternalisme, je sais que beaucoup de ses militants luttent du côté des sans-papiers. Tout cela je ne l’oublie pas. Et je leur en veux de ne pas avoir considéré sérieusement les listes indigènes autonomes de 2008, d’avoir tenté de les écraser parce qu’elles n’étaient pas à leur image. Je leur en veux d’avoir pensé d’abord et en premier à leur parti et à leurs idéaux qu’ils pensent universels. Ils auraient pu composer avec les indigènes. Ils auraient pu mettre de côté leur laïcité à deux balles, leurs « valeurs de la république », ils auraient pu prendre en compte les aspirations des communautés balbyniennes, nous aurions pu partager la mairie avec eux, mais non.

Ainsi donc ma ville Bobigny est passée à droite grâce aux indigènes. Nous avons mis fin à quatre vingt quinze ans de communisme. Et quelle ne fut pas ma tristesse de voir partir les communistes de ma ville, mes meilleurs adversaires, et parmi eux le maire adjoint algérien Abdel Sadi, tant apprécié ici. Quelle douleur n’est-ce pas de réaliser que la droite va désormais occuper la mairie. Mais surtout, c’est la colère qui me reste en travers de la gorge, ma colère contre cette gauche blanche, paternaliste et repliée sur elle-même. La droite locale a su caresser dans le sens du poil les jeunes Arabes et Noirs qui ont la rage, parce qu’elle est plus intelligente, plus sournoise, et moins laïcarde. Au lieu de persévérer à la construction de l’autonomie, la page du clientélisme indigène avec la droite locale est désormais ouverte, et je suis sûre qu’on se ramassera une belle claque. « On nous la mettra bien profonde », comme le disent les lycéens de ma ville, ces futurs acteurs politiques de Bobigny.

Je finirai enfin avec cette citation d’Houria Bouteldja, « le tort des indigènes n’est pas de se libérer de la gauche. Leur tort c’est de passer d’un maître à un autre. De changer de tuteur. Leur tort ici, c’est de choisir la facilité. De fuir les sentiers de l’autonomie »

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 18:11

 

 

https://www.secure.avaaz.org/fr/petition/Pierre_JeanLuc_et_Clementine_Des_listes_communes_pour_les_elections_europeennes

 

 

 

Prenons nos responsabilités !

 



Nous sommes des militants. Certains d’entre nous sont adhérents du PCF, d’autres du Parti de Gauche, d’autres encore sont des citoyens engagés dans la construction du Front De Gauche.


Nous sommes porteurs d’espoir, de colère, d’engagement, de diversité, de volonté d’en finir avec l’austérité, d’enfin pouvoir permettre le changement dans un pays, une Europe, un monde qui en ont plus besoin que jamais.


Depuis 2009 (pour d’autres depuis 2012), le Front De Gauche représente une perspective, un espoir de parvenir à rendre nos engagements, nos combats lisibles et utiles. Face à la droite, à l’extrême-droite qui viennent de remporter les élections municipales et face à la nomination de Manuel Valls comme premier ministre, nous avons une responsabilité majeure.


Les dernières élections européennes, les élections régionales, les élections cantonales et les élections présidentielles et législatives ont été de belles batailles grâce à l’ouverture du Front De Gauche, grâce à sa capacité d’inclure des citoyens, des militants politiques associatifs et syndicaux.


Les 18 mars, 30 septembre, et bientôt le 12 avril dans la rue ont été et seront de beaux rendez-vous de soutien aux luttes.


Le Front De Gauche est à la fois notre acquis et notre perspective. Et alors que les négociations entre les différentes composantes achoppent pour d’obscures préoccupations de postes et de places, nous voulons signifier à nos directions nationales que nous n’accepterions pas un échec à construire des listes d’union du Front De Gauche pour les prochaines européennes. Les stratégies diverses que nous avons adopté lors des élections municipales, n’ayant aucune cohérence au niveau national, ont rencontré un échec cuisant malgré quelques belles réussites locales. Il est de notre responsabilité d’éviter une nouvelle cacophonie.

 

D’autant que ces élections européennes sont l’occasion d’inverser le rapport de force à gauche en France et en Europe avec notamment l’engagement de la candidature d’Alexis Tsipras à la tête de la commission européenne.


Toutes nos composantes sont essentielles. Sans elles pas de mouvement, pas de perspectives, pas de moyens et de forces aussi, mais leurs directions nationales ne doivent pas confisquer le débat.


Ce qui fait l’autre force du Front De Gauche, ce sont les citoyens qui gravitent à l’intérieur et autour et ce sont aussi les militants de chacune des composantes. Ils doivent pouvoir s’exprimer et décider, et ils ne doivent pas être pris en otage par d’obscurs débats d’un autre temps.


Pierre, Jean-Luc, Clémentine et les autres, il est temps d’ouvrir les discussions sur l’avenir du front de gauche avec tous. Alors que la nomination de Valls menace une fois de plus notre peuple, nous avons la responsabilité de trouver ensemble des solutions.


Le nombre de chef de file par région par composante importe peu, et s’il devient un point de blocage, alors choisissons de n’avoir que de simples citoyens comme chef de file !


Et immédiatement après avoir lancé ces listes, utilisons la campagne des élections européennes pour engager, dans les assemblées citoyennes, c’est-à-dire à l’endroit ou pèse le moins la sclérose des partis, à l’endroit où d’ailleurs leur apport pourrait témoigner de leur utilité, le débat sur l’avenir du Front De Gauche pour les rendez-vous électoraux comme pour le développement des luttes et du débat d’idées.


Nous espérons que vous entendrez cet appel, parce que finalement, sans nous, Pierre, Jean-Luc et Clémentine, vous n’êtes rien.

 

 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 17:09

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/404649/untroisiemesiege-pour-qs

Un troisième siège pour Québec Solidaire

Vendredi 4 Avril 2014

Pour la première fois de la campagne, un troisième siège semble à la portée de Québec Solidaire (QS) qui connaît une croissance importante dans les intentions de vote. Selon le dernier sondage de CTV-Ipsos, les solidaires récolteraient treize pour cent des suffrages aux prochaines élections. La circonscription montréalaise de Sainte Marie Saint Jacques pourrait même passer à l’orange.

La candidate des solidaires, Manon Massé, qui se présente pour une cinquième fois dans cette circonscription, sent que les vents lui sont favorables cette fois-ci.

« Actuellement, c’est plutôt évident que Sainte Marie Saint Jacques va envoyer sa première femme à l’assemblée nationale », a-t-elle lancé sur un ton convaincu, vendredi matin, même si elle s’est empressée d’ajouter qu’elle ne tenait « rien pour acquis ».

Le député sortant du Parti Québécois, Daniel Breton, est loin d’en être aussi convaincu. Lors du dernier scrutin en 2012, il avait remporté trente cinq pour cent des voix contre vingt cinq pour cent pour Manon Massé. Un peu moins de trois mille votes séparaient les deux candidats.

« En 2012, QS disait que c’était gagné, que c’était fait et qu’ils gagnaient dans Sainte Marie Saint Jacques », rappelle Daniel Breton.

« Quand je regarde mon pointage sur le terrain, même si je ne peux présumer de rien, je peux vous dire que les choses s’alignent bien pour moi et que je n’ai pas l’impression que c’est si serré que cela », avance-t-il.

« Faire sortir le vote »

Les analystes politiques ont quand même l’impression qu’à peine quelques votes pourraient faire pencher la balance tant du côté du PQ que de QS. Sainte Marie Saint Jacques est une circonscription hétéroclite où on retrouve à la fois le village gai, des condos de luxe, mais aussi plusieurs faubourgs et des quartiers familiaux plus pauvres. Quarante pour cent de la population vit avec moins de vingt mille dollars par année.

Dans une telle circonscription, les candidats savent qu’ils se doivent d’être très présents sur le terrain s’ils veulent « faire sortir le vote ».

Les deux partis en sont bien conscients, au point d’avoir sorti l’artillerie lourde d’ici la fin des élections. En plus de leurs bénévoles qui sont à l’oeuvre pour appeler et distribuer des dépliants dans la rue, les candidats ne manquent pas de faire appel à leurs confrères et même au chef de parti pour leur prêter main-forte.

Depuis quelques jours, Pauline Marois a multiplié ses apparitions dans Sainte Marie Saint Jacques, au grand plaisir de Daniel Breton. Jeudi soir, plusieurs ministres, dont Jean-François Lisée, Bertrand Saint Arnaud et Véronique Hivon, lui ont aussi donné un coup de pouce en participant à sa soirée militante au bar de l’île noire qui était plein à craquer.

Manon Massé est aussi loin d’être laissée pour compte alors que la co-porte-parole de QS, Françoise David, lui rendra une dernière visite d’ici la fin de la campagne et que son confrère Amir Khadir appelle lui-même des électeurs de sa circonscription quand il trouve une minute.

« Je peux vous dire que Manon est en avance selon notre pointage. Et jusqu’à maintenant, avec notre modèle de calcul, on s’est rarement trompé », affirme Amir Khadir.

Une décision « déchirante »

Vendredi midi, dans le village, toutes ces prédictions semblaient être la moindre des préoccupations des électeurs de Sainte Marie Saint Jacques. Alors qu’il grillait une cigarette devant le bar le Bourbon, Roberto a avoué que sa décision était déjà prise. Il votera pour le PQ, pour Pauline Marois plus précisément. À vrai dire, il ne s’était jamais vraiment demandé s’il préférait Daniel Breton à Manon Massé. « Je connais Manon, mais je ne voterai pas pour elle », dit-il simplement. Bien que la candidate des solidaires se batte depuis longtemps pour les droits des homosexuels, il faut dire que le vote de la communauté gaie ne lui est pas systématiquement acquis.

En se promenant dans le quartier, plusieurs électeurs ont d’ailleurs confié au Devoir qu’ils allaient devoir prendre une décision « déchirante » lundi. « Si je suivais mon coeur, ce serait QS, mais d’un point de vue plus réaliste, le PQ me semble un moindre mal dans les circonstances », confie Benoît qui est étudiant à la maîtrise en philosophie. « Mais dans le fond, tu vas choisir le statu quo au lieu de voter pour du changement », lui fait remarquer son ami Kevin, étudiant en génie mécanique. « Non, mais les seuls à qui QS fait mal, c’est au PQ. Ils ne vont pas prendre des votes à la CAQ ou aux libéraux et ça sert aux libéraux en bout de ligne », lui réplique-t-il. « Mais QS est la seule formation de gauche qui peut rester à long terme » tient à dire son autre ami Guillaume juste avant de partir en précisant qu’il votera pour Manon Massé. « Mais il ne devrait pas avoir une lutte fratricide entre le PQ et QS », rétorque Benoît qui déplore la bataille que se livrent les deux partis dans Sainte Marie Saint Jacques.

« Moi, la première fois que j’ai vu Manon Massé critiquer Daniel Breton, j’ai trouvé ça tellement dommage, je trouvais que les valeurs n’étaient pas à la bonne place », raconte-t-il. « Daniel Breton a un bon bilan environnemental mise à part sa position sur Anticosti. Alors ce n’est pas normal que la seule personne contre laquelle Manon Massé dirige ses attaques soit un progressiste. Vraiment, cela ne me rentre pas dans la tête que ces deux partis n’arrivent pas à s’entendre. »

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 07:31
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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:09

 

http://social.blog.lemonde.fr/2014/04/03/confusion-a-la-cgt-autour-de-la-marche-contre-lausterite-du-12-avril

Confusion à la CGT autour de la marche contre l’austérité du Samedi 12 Avril 2014

La CGT ne participera pas à la « marche contre l'austérité » organisée par plusieurs formations de la gauche de la gauche, Front De gauche, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Ensemble et Alternative Libertaire, Samedi 12 Avril 2014 à Paris. Dans une réaction aux élections municipales, diffusée Mercredi 2 Avril 2014, où elle affirme que « les réponses apportées par le président de la république sont en total décalage avec les enjeux qui sont devant nous », elle appelle les salariés à « agir et manifester pour le progrès social le 4 avril et le premier mai ».

Le 4 avril, Thierry Lepaon, son secrétaire général, participera à Bruxelles à une « euromanifestation » organisée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES), à laquelle sont attendues cinquante mille personnes. Le « patron » de la CGT défilera aux côtés de son homologue de la CFDT, Laurent Berger, et des représentants des organisations françaises membres de la CES, FO, CFTC et UNSA, ainsi que de la FSU. Les syndicats reconnaissent qu'il a été difficile de mobiliser pour cette initiative. « Il s'agit d'une mobilisation essentiellement militante », dit-on à la CGT.

Bien résolue à ne pas mélanger les genres depuis qu'en 2001, Bernard Thibault, alors secrétaire général de la CGT, avait rompu les derniers liens privilégiés avec le Parti Communiste Français, la centrale cégétiste est fidèle à sa ligne. Elle avait déjà refusé, en 2013, de s'associer à la marche de Jean-Luc Mélenchon pour « une révolution fiscale ». Mais il y a un gros cactus. Dans l'appel de deux cent personnalités, dans l’Humanité du 2 avril, en faveur de cette « marche contre l'austérité » figurent, aux côtés de nombreux syndicalistes de Solidaires et de la FSU et de deux militants de FO, trente six responsables cégétistes. Et non des moindres. On y retrouve deux anciens secrétaires généraux de la CGT, Georges Séguy et Bernard Thibault, des militants d'entreprises « en lutte » (Mory-Ducros, Fralib, Continental, Prestalis). Parmi les signataires, il va sans dire, à titre personnel, apparaissent surtout plusieurs secrétaires généraux de fédérations CGT, fédération de l’équipement et de l’environnement, Union Générale des Fédérations des Fonctionnaires, fédération des industries chimiques, fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication, fédération des services publics, de quelques unions départementales (Ariège, Pas-de-Calais, Seine-Saint-Denis, Haute-Garonne) ou encore de l'Union Régionale d'Ile de France.

Des responsables de fédérations, comme la fédération des finances, la fédération de l'agro alimentaire et la fédération des spectacles, qui sont souvent dans l'opposition à la direction confédérale, s'inscrivent dans cette démarche sur fond de sourde contestation de Thierry Lepaon. Le 6 mars, l'union départementale CGT de Paris s'est alarmée après des propos du « patron » de la CGT au Nouvel Economiste où il assurait « qu'il n'existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L'entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés. Ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l'intérêt de leur communauté ».

Dans un texte, adopté à l'unanimité, l'union départementale de Paris estime que « ces déclarations remettent en cause les fondements mêmes de la CGT ». Elle interpelle Thierry Lepaon sur « sa conception du mandat de secrétaire général confédéral. Ce type de démarche peut-il perdurer », interroge-t-elle, en réaffirmant que « le salariat n'a aucun intérêt commun avec le capital » et en soulignant que « le pacte de responsabilité n'est ni amendable ni négociable, il doit être retiré ».

Mardi Premier Avril 2014, lors de la réunion de la commission exécutive de la CGT, Thierry Lepaon, dans une intervention que Le Monde s'est procurée, est revenu sur le sujet. Il a d'abord estimé qu'il fallait prendre « un peu de temps et de recul » pour tirer les enseignements des élections municipales et de la nomination de Manuel Valls à Matignon.

« Ne brûlons pas l'étape de l'analyse », a-t-il lancé, en mettant en avant « quatre mots clé », l'abstention « populaire », la « sanction d’ampleur » contre François Hollande, la « droitisation » et « quatrième phénomène, il y avait un espace à gauche de la gauche pour essayer de faire mesurer qu'il était possible dans notre pays d'avoir une gauche différente que celle qui exerce le pouvoir. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle n'a pas recueilli des suffrages à la hauteur des espérances que l'on pouvait peut-être attendre ici ou là ».

S'inquiétant de la « montée des positionnements individuels, au détriment d'un positionnement collectif », Thierry Lepaon a souligné que « les organisations ont besoin d'autonomie, de réflexion, d'action, de positionnement mais on a besoin aussi de responsabilité et de cohérence ». Et le patron de la CGT a enchaîné à propos de la manifestation du 12 avril que « je me mets à la place des gens qui vont regarder la télévision le soir du 12 avril, qui vont voir des banderoles et des drapeaux CGT dans le cortège et qui auront entendu Thierry Lepaon sur RTL ou vu sur France 2 (où il doit s'exprimer le 10 avril) dire que la CGT n'appelle pas à la manifestation. Je pense qu'on ajoute à la confusion et que des camarades se réfugient derrière le syndicat, la CGT, pour ne pas s'engager politiquement ».

« C'est plus facile sans doute », a poursuivi Thierry Lepaon, « dans des périodes d'y aller avec un autocollant CGT qu'un autre. Mais la CGT, ce n'est pas le rempart pour se masquer, il faut assumer ses engagements. Il faut que chacun et chacune, en tant que citoyen, puisse dire ce qu'il pense, afficher tout ce qu'il a envie d'afficher, mais surtout, faisons attention à notre organisation qui peut se sentir ou être fragilisée. Notre rapport au politique, dans cette période, est un peu trouble dans la tête de certains camarades ». Il y a en effet fort à craindre que ce trouble fragilise encore la CGT pendant quelque temps.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:33

 

http://www.henriemmanuelli.fr/?p=46

 

Le Parti Socialiste n’existe plus

 

Député et président du conseil général des Landes, également président de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et Consignations, Henri Emmanuelli, l’une des grandes voix de l’aile gauche du Parti Socialiste, dit les vives inquiétudes que lui inspire la situation politique au lendemain des élections municipales, à l’occasion d’un entretien avec Mediapart pour l’émission Objections.

 

Évoquant le choix de Manuel Valls comme premier ministre, il estime qu’il s’agit « d’un coup de barre à droite à un moment où il aurait sans doute fallu autre chose ». Selon lui, la décision d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) de ne pas participer au gouvernement est un événement politique important parce qu’elle entraîne « un rétrécissement de la majorité ». Ce coup de barre à droite lui apparaît si préoccupant qu’il réserve encore la position qu’il prendra lorsque le premier ministre sollicitera le vote du parlement après sa déclaration de politique générale.

 

N’envisageant pas de voter « non » pour rester fidèle à sa famille politique, il n’exclut pas de s’abstenir, « moi, mon vote n’est pas acquis, je vais attendre de voir ce qu’il dit ».

 

Henri Emmanuelli s’insurge par ailleurs contre le fait que, plus que jamais, « toutes les décisions sont prises à l’Élysée » et que l’on vive en France dans « une sorte de monarchie républicaine avec des coups de force permanents, avec des lobbys qui agissent par pressionIl faut aujourd’hui bouger ces institutions, ce n’est plus possible » estime-t-il.

 

Mais surtout, le dirigeant socialiste plaide pour une autre politique, à l’échelle européenne, et une autre politique économique en France. Dénonçant « l’orthodoxie budgétaire » qui prévaut à Bruxelles, il estime que l’Europe serait mieux avisée « de se préoccuper de la déflation ». Et dans le cas de la France, il fait valoir qu’il plaide depuis longtemps pour une autre politique économique.

 

Mais ses critiques les plus acerbes, c’est à l’actuelle direction du Parti Socialiste, emmenée par Harlem Désir, qu’il les réserve. Faisant valoir que les adhérents du Parti Socialiste n’ont jamais été consultés sur les orientations actuelles « qui sont regrettables, on ne leur a jamais demandé leur avis », dit-il, il ajoute avec sévérité que « le Parti Socialiste n’existe plus, ni en attaque, ni en défense. Le Parti Socialiste est devenu un parc à moutons ». Estimant que « le Parti Socialiste est dans un état comateux » et que sur « le plan du rassemblement de la gauche, il n’a pas du tout joué son rôle », il plaide pour un sursaut, « un congrès extraordinaire ou une démission du premier secrétaire ne me paraîtrait pas inopportun », conclut-il.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:20

 

Erdogan à l’offensive en Turquie après sa victoire électorale (Reuters)  

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, fort de son bon résultat aux élections municipales de dimanche et avant la présidentielle d'août prochain, a plaidé Vendredi 4 Avril 2014 pour une baisse rapide des taux d'intérêt, exclu des élections législatives anticipées et dénoncé la levée par la justice du blocage du réseau social twitter.

Avant de partir pour un voyage officiel en Azerbaïdjan, il a exhorté la banque centrale de Turquie à se réunir d'urgence pour baisser les taux d'intérêt, ce qui a immédiatement affaibli la livre turque qui s'est toutefois reprise après la publication de bons chiffres de l'emploi aux Etats-Unis.

La banque centrale a massivement relevé en janvier les taux d'intérêt, en pleine période de fuite des capitaux des marchés émergents. Elle les a ensuite maintenus à leur niveau alors que le gouvernement exerçait de fortes pressions en faveur d'un assouplissement en cette période d'effervescence électorale.

Le ministre turc de l'économie, Nihat Zeybekci, a abondé dans le sens du premier ministre en déclarant que des taux d'intérêt élevés nuisaient à l'économie nationale et que la banque centrale avait suffisamment de marge de manoeuvre pour y remédier.

« Les rendements baissent. En rapport à cela, la banque centrale convoquera probablement un comité extraordinaire de politique monétaire », a déclaré Recep Tayyip Erdogan, ajoutant qu'elle devrait « revoir » sa décision de janvier prochain.

« Tout comme elle s'est réunie en urgence la dernière fois pour relever les taux, elle devra cette fois se réunir pour abaisser les taux d'intérêt », a-t-il dit.

« Recep Tayyip Erdogan semble être sur le sentier de la guerre depuis sa victoire aux élections municipales et il est en train de compliquer les choses pour la banque centrale qui vient à peine de rétablir une certaine crédibilité sur les marchés », a estimé l'analyste Nicholas Spiro, de Spiro Sovereign Strategy.

« PAS QUESTION D'ÉLECTIONS ANTICIPÉES »

Le ralentissement de l'économie turque est un argument avancé par l'opposition pour obtenir des élections législatives anticipées, normalement prévues en juin 2015. Cette demande a été rejetée par Erdogan, car elle ne ferait selon lui qu'inquiéter les investisseurs.

« Pas question d'élections anticipées. C'est un principe de notre parti. Nous devons continuer notre travail », a-t-il dit, ajoutant que l'économie turque était « sur la bonne pente ».

Recep Tayyip Erdogan a enfin critiqué le jugement de la cour constitutionnelle ordonnant la levée de l'interdiction de twitter.

« Nous nous sommes conformés au jugement mais je ne le respecte pas », a dit le premier ministre. Le recours « aurait dû être rejeté pour des questions de procédure », a-t-il ajouté.

Les autorités turques ont levé jeudi l'interdiction qui était en vigueur depuis deux semaines contre twitter, à la suite d'un arrêt de la cour constitutionnelle estimant que le blocage de ce réseau social était une atteinte à la liberté d'expression.

Un tribunal turc a par ailleurs jugé vendredi que l'interdiction totale d’youtube constituait une atteinte aux droits de l'homme et a ordonné le rétablissement en Turquie de la quasi-intégralité des services de la plate-forme d'échange de vidéos sur internet.

Le tribunal d'Ankara a fondé sa décision sur le jugement pris mercredi par la cour constitutionnelle de Turquie sur la levée de l'interdiction de twitter.

Les autorités turques ont bloqué le 27 mars l'accès à youtube pour des « raisons de sécurité nationale », après la mise en ligne d'un enregistrement audio dans lequel des hommes présentés comme des responsables turcs discutaient d'une possible opération militaire contre les djihadistes dans le nord de la Syrie.

Un tribunal d'Ankara a jugé que cette interdiction était trop générale et qu'elle pouvait uniquement s'appliquer qu'à quinze vidéos précises.

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