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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 17:29

 

Révolution ukrainienne, il faut une réponse internationaliste

 

Ni Ioulia Timochenko ni Poutine

 

Par Robert Duguet

 

Quelques notes de réflexion après la mise au point de Jean Luc Mélenchon en réponse aux médias sur l'Ukraine publiée sur son blog Samedi 8 Mars 2014.

 

La captation du pouvoir par un gouvernement dans lequel il y a quatre ministres néo-nazis est un fait, ce qui n’obère en rien le mouvement révolutionnaire du peuple ukrainien qui a jeté à bas les corrompus qui les avait précédés. Mélenchon reconnait dans son billet du 8 mars qu’il s’agit bel et bien d’une révolution sociale, alors que les billets précédents étaient sur la ligne de l’affrontement entre les blocs géopolitiques, un retour à la logique de la guerre froide en quelque sorte. On peut apprécier ce retour d’analyse. Toutefois il faudrait ajouter qu’en Ukraine comme à l’échelle internationale, nous sommes dans une période où il y a un vrai déficit de représentation anticapitaliste à gauche, ce qui ouvre les portes du pouvoir aujourd’hui à des partis réactionnaires. La politique a horreur du vide et lors du printemps arabe nous avons pu mesurer que des mouvements sociaux radicaux aboutissant à la liquidation de régimes honnis par les peuples, première étape du processus révolutionnaire, se heurtent dans une seconde étape à la question de la direction politique des masses en lutte. Si les révolutions arabes ne sont pas mortes, elles ont essuyé un recul et ont été incapables, notamment en Egypte, de barrer la route à des forces qui n’ont rien à voir avec le socialisme.

 

Quant à l’attitude à adopter vis-à-vis du régime de Poutine, elle est loin d’être satisfaisante. Mélenchon écrit que « mon camp est celui de la paix contre la guerre ». Soit. Les tenants de l’Europe néo libérale et autres Cohn Bendit sont sur une ligne qui ne peut aboutir qu’à des conflits armés. Mais la seule manière que je connaisse d’être pour la paix consiste à renouer avec les traditions internationalistes du mouvement ouvrier. Lors de la première guerre mondiale, alors que la social-démocratie dans son ensemble se prostituait dans l’union sacrée, entre autre Jules Guesde et son prétendu courant marxiste dans le parti français, les militants internationalistes qui s’étaient regroupés lors des conférences de Zimmerwald et de Kienthal, étaient bien peu nombreux. J’ai quelquefois le sentiment, face au profond délabrement politique de l’extrême gauche française, que nous sommes dans une situation assez similaire. Et pourtant l’histoire a donné raison aux internationalistes qui ont tenu bon dans la tempête, la révolution russe allait provoquer une onde de choc dans tous les pays de la vieille Europe capitaliste.

 

Si on fait la critique du nouveau régime issu de la captation du mouvement des masses ukrainiennes, encore faudrait-il avoir la même exigence vis-à-vis de Poutine. La réhabilitation de Staline en Russie par le régime de Poutine, cet ancien agent du KGB, n’est pas du tout un choix hasardeux. Qu’est-ce que le régime russe ? Une dictature dont les principaux protagonistes sont des anciens de la nomenklatura stalinienne. D’un régime détournant au profit d’une petite couche de fonctionnaires corrompus les profits de l’appropriation collective, ceux-ci sont aujourd’hui les promoteurs zélés d’un capitalisme mafieux. Tel est la nature du régime russe, qui prolonge le chauvinisme dominateur grand-russe des tzars et du régime stalinien. Les masses ukrainiennes n’ont rien à attendre, ni de l’Europe néo libérale qui ne promet aux peuples que misère et chômage, ni du régime de Poutine, résurgence dictatoriale bâtarde d’un régime condamné par tous ceux et celles qui en ont souffert. Sur la Crimée, qui doit décider si le régime de Poutine doit y rester pour maintenir ses positions économiques et militaires ? Qui ? Que veut dire la phrase « les russes n’ont rien à faire hors de leurs bases en Crimée » ?

 

Dans les prochaines semaines verra-on en France un mouvement en capacité de prendre des initiatives internationalistes, de tenir meeting en soutien à la révolution ukrainienne contre le gouvernement d’Ioulia Timochenko, associé à quatre émules d’Adolf Hitler, mais aussi en soutien à l’opposition de gauche en Russie contre le néo stalinien Poutine, gagné aux bienfaits du néo-libéralisme ? C’est pourtant ce qu’il faudrait faire. Ni ! Ni ! La voie socialiste… 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 16:54

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/03/06/patrick-buisson-nouveau-peril-pour-nicolas-sarkozy_4378421_823448.html

 

Patrick Buisson, ancien favori de Sarkozy devenu pestiféré

 

Par Alexandre Lemarié et Vanessa Schneider

 

Jeudi 6 Mars 2014

 

Il était l’éminence grise du château, le conseiller préféré du monarque. Il était décoré, grassement payé, couvert d’éloges. On le disait encore à la manœuvre, prêt à murmurer de nouveau à l’oreille de Nicolas Sarkozy pour son opération reconquête. Et soudain, la cour déchue s’est bouché le nez et a détourné la tête avec un air de dégoût.

 

Patrick Buisson ? C'est bien simple, plus personne ne semble le connaître aujourd'hui, ou si peu. Certains reconnaissent bien avoir croisé celui qui enregistrait les réunions stratégiques de l'Elysée, mais, jurent-ils la main sur le coeur, l'ancien président a pris depuis longtemps ses distances avec le sulfureux politologue. « Patrick Buisson ne fait pas partie de son quotidien et des gens qu'il voit régulièrement », jure un sarkozyste du premier cercle, afin de mettre à distance ce conseiller devenu trop encombrant. Buisson le puissant est devenu Buisson le pestiféré.

 

D'abord interdite, longtemps convaincue qu'il ne pouvait pas « avoir fait cela », la cour est entrée dans une colère noire, Nicolas Sarkozy en tête, trahi par celui dont il suivait les conseils depuis plus de dix ans. En sarkozie, on se souvient tout à coup d'où vient le Judas, de cette extrême droite nauséabonde au sein de laquelle la paranoïa et la suspicion autorisent toutes les dérives, où il est fréquent de s'écouter, de s'espionner, de monter des dossiers sur ses camarades de jeu, où tous les coups sont permis.

 

Pourtant, lorsqu'il fait appel à lui en 2004, le ministre de l'intérieur de l'époque n'ignore rien du pedigree de celui dont il sollicite les lumières. Patrick Buisson lui-même, né en 1949 d'un père ancien camelot de l'action française, n'a jamais caché ses racines maurrassiennes et son parcours au sein de l'extrême droite française. Violemment anti communiste, l'étudiant en histoire à Nanterre devient une figure de proue d'un syndicat anti mai 1968 et se définit comme un membre de la « génération occident ».

 

C'est dans la presse qu'il poursuit son combat politique. En 1981, il entre à Minute où il théorise déjà l'alliance de toutes les droites. Il rejoint plus tard Valeurs Actuelles et se fond dans la droite républicaine, conseillant Philippe de Villiers, à qui il vend des analyses à travers sa société Publifact, Alain Madelin et même François Bayrou. Tous apprécient ses connaissances historiques, sa capacité à saisir les évolutions de l'opinion de droite, et les outils de mesure des préoccupations des français qu'il met à leur disposition. Surtout, Patrick Buisson est persuasif et sait convaincre ses interlocuteurs qu'il détient la clé pour les faire gagner.

 

Il dispose en outre, à partir de 1997, d'une vitrine sur LCI où il anime successivement plusieurs émissions de décryptage politique dans lesquelles il montre son savoir-faire.

C'est en regardant l'une d'entre elles que Nicolas Sarkozy décide de le consulter.

 

Patrick Buisson lui explique alors que le « non » va l'emporter au référendum sur l'Europe. Il pronostique un chiffre, qui se révélera le bon. Le futur candidat à l’élection présidentielle est conquis.

 

« Le génie et la folie »

 

En 2007, Buisson joue un rôle crucial dans le siphonnage par Nicolas Sarkozy de l'électorat du Front National, en reprenant les codes et le langage de l'extrême droite et en élaborant avec lui le thème de l'identité nationale. « Il y a très peu de personnes dont je puisse dire que si je suis là, c'est grâce à eux. Patrick Buisson est de ceux-là », reconnaît le président nouvellement élu lorsqu'il lui remet l'insigne de la légion d'honneur dans les salons privés de l'Elysée. La scène se déroule le 24 septembre 2007, Patrick Buisson est alors intouchable.

 

Alors que le chef de l'état lui propose un poste de conseiller à l'Elysée, il se paie le luxe de refuser, préférant garder sa liberté et facturer ses services au plus haut tarif. Mais il est de toutes les réunions stratégiques, donnant son avis sur les discours du président, le bilan des ministres, fournissant des analyses sur la situation du pays. Nicolas Sarkozy a alors cette formule, « pour ma gauche, j'ai Guaino. Pour ma droite, j'ai Buisson. C'est un homme extrêmement brillant, qui a des intuitions incroyables », juge-t-il, se félicitant d'en avoir « saisi le génie et la folie ». Le politologue devient tout naturellement l'un des artisans de la campagne de 2012 et parvient, une nouvelle fois, à convaincre le président sortant qu'il ne peut gagner que sur sa droite.

 

Puisque le roi ne peut plus se passer de lui, la cour quémande ses services. Rares sont les ténors à droite qui n'ont pas sollicité ses lumières, ses conseils et ses avis. Laurent Wauquiez, ancien ministre des affaires européennes, auquel il souffla la sortie sur le « cancer de l’assistanat », Xavier Bertrand, Jean-François Copé.

 

« Ils sont tous venus me voir », ironisait récemment le conseiller. Qui ajoutait non sans malice « même Nathalie Kosciusko Morizet », qui l'attaquera pourtant par la suite avec férocité.

 

Frontières, immigration, attaques contre les corps intermédiaires et la presse sont les ingrédients de l'entre deux tours. Jusqu'à la défaite, qui libère la parole de ceux, plus modérés, qui pensent que le gourou a « mangé le cerveau de Nicolas ». Des voix s'élèvent pour l’attaquer. François Baroin, ancien ministre de l'économie, tacle, « l’influence de ce monsieur d'extrême droite est nocive ».

 

Nathalie Kosciusko Morizet, dont Patrick Buisson avait essayé d’empêcher la nomination comme porte-parole de la campagne, lâche que « Buisson ne voulait pas faire gagner Nicolas Sarkozy, il voulait faire gagner Charles Maurras ».

 

Furieux, il ripostera en pronostiquant publiquement sa défaite aux municipales à Paris. Sa stratégie était la bonne, continue-t-il à marteler jusqu'à en convaincre le président battu lui-même, qui confiait à ses visiteurs que la droitisation avait failli le faire gagner.

 

« Sarkozy s’imposera comme l’unique recours »

 

Après la défaite, Nicolas Sarkozy continue à écouter le spécialiste des sondages, ne voulant pas se priver de ses « éclairages » dans l'optique de son probable retour. Preuve s'il en est que les liens n'étaient pas rompus, l'ancien président l'autorise à accorder une interview au Monde en juin 2013, dans laquelle le politologue pronostique que « Sarkozy s’imposera comme l’unique recours » pour 2017.

 

Mais l'ancien chef de l'état le voit de moins en moins, ce dont Patrick Buisson prend ombrage. Leurs rencontres se font discrètes et toujours en face-à-face.

 

Après l'avoir présenté au pape Benoît XVI durant son quinquennat ou l'avoir convié au dernier déplacement de sa campagne de 2012 aux Sables-d'Olonne en Vendée, Nicolas Sarkozy ne veut plus s'afficher avec lui, de peur d'être associé à son image sulfureuse.  

 

« Sarkozy le planque pour ne pas réveiller les anti-Buisson », se moque alors un filloniste. Souhaitant cultiver un profil de rassembleur dans l'optique de la prochaine présidentielle, Nicolas Sarkozy minimise lui-même l'influence de cet homme si contesté.  

 

« Patrick Buisson n'est pas dans mon cerveau », jure-t-il au chiraquien François Baroin en juin 2013.

 

Le politologue poursuit néanmoins son travail d'influence au sein de la droite, notamment auprès de Jean-François Copé et des jeunes pousses Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, qu'il convainc de monter le courant de la droite forte, qui arrivera en tête des élections internes à l’UMP fin 2012. Même ceux-là ne sont aujourd'hui plus prêts à le défendre, sans l’enterrer bruyamment non plus.

 

Pour l'ancien président, la mise en quarantaine doit se faire en douceur. Pas question de couper les ponts de manière spectaculaire avec cet homme incontrôlable, au risque de nourrir un sentiment de vengeance chez celui qui a occupé une place essentielle dans le système Sarkozy. Et connaît à ce titre tous les secrets de famille.

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 16:24

 

http://www.cfpe2004.fr/?p=601

 

Pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004

 

Samedi 28 Décembre 2013

 

Le Collectif Féministe Pour l’Egalité (CFPE), avec une douzaine d’autres associations, lance un appel à mobilisation pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 dite « sur les signes religieux dans les écoles publiques », rejoignez-nous !

 

Le CFPE s’est constitué au moment de la commission Stasi, c’est-à-dire pendant la période qui a précédé l’élaboration puis le vote de cette loi. Il s’agissait alors de s‘opposer  à une loi  dirigée, de fait, contre le seul « foulard » dit islamique, mais qui a eu quelques effets collatéraux, par exemple sur les élèves sikhs. Les prises de position divergentes  concernant cette  loi ont conduit à une rupture à l’intérieur du mouvement féministe. Dix ans après, les oppositions n’ont fait que se renforcer.

 

Cette loi, qui prétendait protéger les jeunes filles des hommes de leur entourage, a, depuis,  montré son véritable visage, une loi d’exclusion, dont il est temps de faire le bilan.

 

Elle a constitué une première étape vers une multiplication de mesures discriminatoires partant d’une interprétation dévoyée de la laïcité exigeant l’invisibilité des signes religieux au-delà des fonctionnaires.

 

Cette interprétation relevant d’une islamophobie d’état va s’étendre en visant au premier chef les femmes musulmanes

 

C’est en 2008 l’affaire Baby-Loup.

 

C’est la loi de 2010 interdisant le port du voile intégral dans « l’espace public ».

 

C’est la circulaire Chatel de 2011, interdisant aux mères voilées d’accompagner les enfants dans les sorties scolaires.

 

C’est au début de l’année 2013 la proposition de loi visant à l’interdiction du voile pour les employés des établissements privés de la petite enfance, ainsi que pour les nounous travaillant à domicile.

 

C’est depuis l’évocation de l’éventuelle adoption de lois réglementant le port du voile en entreprise et l’interdiction du port du voile à l’université.

 

De fait, les femmes portant foulard sont discriminées partout (au travail, dans les organisations caritatives comme le Secours Populaire ou les Restos du cœur, à l’hôpital).

 

Dans les établissements scolaires, le port d’un bandana ou d’un bandeau, et /ou d’une jupe jugée trop longue est prétexte à exclure, hors de toute légalité (affaire Sirine). On doit donc constater que loin d’apaiser les conflits et de protéger les femmes, la loi de 2004 a été le déclencheur de comportements discriminatoires et haineux, qui y trouvent légitimation et déculpabilisation.

 

Dans le même temps les agressions et les violences contre les femmes portant foulard sont allées en se multipliant. Selon le rapport 2012 du Collectif Contre l’Islamophobie en France CCIF), elles subissent quatre vingt quatorze pour cent des agressions islamophobes recensées qui vont, on le sait, en augmentant, et sont rarement sanctionnées par les pouvoirs publics. La longue série d’agressions physiques subies par des femmes portant le foulard (Argenteuil, Reims, Orléans) marquent un franchissement de plus dans la violence décomplexée.

 

Malgré la multiplication de ces agressions, discriminations et humiliations, ces femmes musulmanes, voilées ou non, continuent de manifester leur résistance et leur volonté d’être présentes comme citoyennes à part entière, de prendre part aux luttes, y compris les luttes spécifiques aux femmes, et d’être pleinement actives, à l’école et à l’université, au travail, dans les associations, dans les syndicats et dans les partis.

 

Dans ces conditions, il faut exiger l’abrogation de la loi scélérate de 2004, qui aux dires mêmes de nombreux spécialistes du droit, doit être dénoncée comme anti constitutionnelle et contraire à la déclaration des droits de l’homme. Seule l’abrogation de cette loi et de toutes les lois et circulaires discriminatoires dont elle a été comme le coup d’envoi, pourra mettre un coup d’arrêt à l’expansion de l’islamophobie, à l’injustice et aux inégalités, ainsi qu’à la souffrance qui en découlent pour les femmes musulmanes.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 15:58

 

http://www.france-irak-actualite.com/2014/03/le-conseil-de-cooperation-du-golfe-ccg-au-bord-de-l-implosion.html

http://gallery.mailchimp.com/fdeacba4fa4c5ec4d8ce5787c/files/Mediarama_534.pdf

 

Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) au bord du gouffre

 

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG), que Riyad considère comme le principal outil de sa diplomatie régionale, est au bord de l’implosion. Trois des six membres de ce rassemblement, l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et Bahreïn ont décidé Mercredi 5 Mars 2014 de rappeler leurs ambassadeurs au Qatar. Ils reprochent à Doha ses « ingérences » dans les affaires de ses voisins. Cette décision a été annoncée par l'agence officielle saoudienne SPA au lendemain d'une réunion « houleuse », selon la presse, des ministres des affaires étrangères des monarchies du golfe à Ryad.

 

La détérioration des relations entre Ryad et Doha ne date pas d’hier. Mais cette escalade est surprenante dans la mesure où elle montre que l’Arabie Saoudite peine à imposer ses options et ses choix politiques même au sein du CCG, considéré par les analystes comme son arrière-cour. Le Qatar n’est pas le seul pays à s’éloigner du royaume wahhabite. Le sultanat d’Oman adopte également des positions sensiblement différentes de celle de l’Arabie Saoudite, notamment au sujet des relations avec l’Iran et de la crise syrienne. La goutte qui a fait déborder le vase est la relation du Qatar avec la confrérie des frères musulmans, combattue par l’Arabie Saoudite, qui y voit un grave danger en raison de l’influence grandissante des prédicateurs de ce mouvement au sein même de l’establishment religieux saoudien. Les dirigeants saoudiens, qui se présentent comme les champions et les représentants de l’islam sunnite, considèrent les frères musulmans comme un sérieux compétiteur, susceptible de leur disputer la légitimité de la représentativité sunnite.

 

La décision de rappeler les ambassadeurs a été prise dans le sillage d’un violent accrochage verbal entre l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al Thani, et le ministre saoudien des affaires étrangères. Le rédacteur en chef du quotidien al Qods al Arabi (édité à Londres), Abdel Bari Atwan, a raconté les détails de la réunion des ministres des affaires étrangères du CCG, qui s’est tenu au Koweït, il y a trois semaines. L’émir Tamim a participé à cette réunion à l’invitation de l’émir du Koweït, Sabah al-Ahmad, qui proposait une médiation. Mais la discussion a très mal tourné. En réponse aux critiques adressées par certains membres du CCG contre la politique de son pays, l’émir du Qatar a regretté le manque de confiance des dirigeants des pays voisins dans les mesures de Doha qui visent, selon lui, à préserver les intérêts du golfe.

 

Il a demandé au prince Saoud al-Fayçal de présenter des preuves que le Qatar œuvrait dans le sens contraire. Le chef de la diplomatie saoudienne a alors exposé de « nombreuses preuves », sous forme d’articles de journaux. Le dirigeant qatari s’est alors emporté, affirmant que des coupures de presse ne pouvaient être considérées comme des preuves. « Présentez-moi des preuves officielles », a-t-il lancé. Furieux, le prince saoudien a répondu que « nous avons de nombreuses preuves officielles, mais nous ne les exposerons pas car nous ne voulons pas divulguer nos sources », toujours selon le récit d’Abdel Bari Atwan, qui cite le quotidien al Raï al Yom. Toutes les tentatives de médiation entreprises ces derniers jours par le Koweït pour rapprocher les points de vue et éviter une crise majeure ont échoué.

 

Un incident, qui s’est produit il y a trois jours, a laissé présager le pire, un tribunal des Emirats Arabes Unis (un pays aligné sur l’Arabie Saoudite) a condamné plusieurs citoyens émiratis et un ressortissant qatari à des peines de prison pour appartenance aux frères musulmans et pour « complot dans le but de porter atteinte à la stabilité du pays ». Les analystes assurent que cette querelle des frères ennemis aura certainement des conséquences sur des dossiers importants, tels que le conflit syrien, la crise à Bahreïn et les relations avec l’Iran.

 

L’Arabie Saoudite, qui ne parvient plus à entrainer avec elle ses voisins du golfe, peut-elle encore prétendre diriger le monde arabe?

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 20:29

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/03/06/l-egypte-a-l-heure-du-retour-des-partisans-de-l-ancien-regime_4378521_3210.html

 

L’Egypte à l’heure du retour des partisans de l’ancien régime

 

Par Marion Guénard, correspondante du Monde au Caire

 

Jeudi 6 Mars 2014

 

Ils ont été parmi les premiers à réagir. A peine le premier ministre Hazem al Bablaoui avait il annoncé la démission de son gouvernement, Lundi 24 Février 2014, que l’association des investisseurs égyptiens saluait son départ, pour applaudir, quelques jours plus tard, la nomination d’Ibrahim Mahlab à la tête du nouveau gouvernement.

 

Face à une colère sociale qui s'exprime depuis plusieurs semaines dans de nombreux secteurs publics et qui serait l'une des causes de la récente valse ministérielle, cet ancien PDG d'Arab Contractors, numéro un de la construction publique en Egypte, semble l'homme de la situation pour les milieux d'affaires égyptiens. La soixantaine dynamique, il passe pour un homme de terrain, à l'inverse de son prédécesseur, présenté dans les médias comme un universitaire dénué de charisme.

 

Son passé de personnalité influente sous le régime de Moubarak, vice-président du comité politique du Parti National Démocratique (PND) et proche de Gamal, le fils de l'ancien raïs, lui aussi homme d'affaires, ne dérange pas. « C'est oublié », assure Mounir Makar, banquier et président de Makar Farms, producteur de légumes bio haut de gamme pour l’industrie touristique. « Nous avons des problèmes à régler, nous avons besoin de compétences. Nous n'avons plus le temps de savoir qui est fouloul et qui ne l'est pas ».

 

Initiative de réconciliation

 

A l'instar d'Ibrahim Mahlab, les nouveaux venus au gouvernement sont rompus au système Moubarak. « Des technocrates et des hommes d'affaires de troisième et quatrième rang au sein du PND, dociles et qui ont peu été exposés à l'opinion publique », détaille un juge, préférant garder l'anonymat. C'est le cas notamment de Mohammed Chaker, ministre de l'électricité.

 

L'entrepreneur est depuis plus de vingt ans à la tête du groupe du même nom, une entreprise de consulting et de construction spécialisée dans les projets liés à l'énergie électrique, qui a décroché de nombreux contrats publics. Le groupe Chaker travaille actuellement à la construction de la centrale électrique qui alimentera la troisième ligne de métro au Caire. « Cela pose quand même la question du conflit d'intérêts », relève le magistrat.

 

S'ils n'ont jamais disparu du paysage économique, les hommes d'affaires de l'ancien régime sont désormais officiellement de retour sur le devant de la scène politique, après trois ans de discrétion forcée. La révolution du 25 janvier 2011 a porté un coup d'arrêt à la stratégie d'ouverture économique menée par le pouvoir depuis le milieu des années 2000, une modernisation de l'économie via un ultra libéralisme peu soucieux de garantir une redistribution des richesses. En demandant du « pain et de la justice sociale », les révolutionnaires s'attaquaient aussi à la corruption endémique et à l'accaparement des revenus de l'état par un petit cercle d'entrepreneurs, souvent encartés au PND, communément issus de la haute bourgeoisie et se considérant comme les dépositaires du pouvoir économique du pays.

 

Quelques semaines après le départ d'Hosni Moubarak, des dizaines de dirigeants, hommes politiques et hommes d'affaires confondus, ont été traduits devant la justice pour corruption et détournement de fonds. L'écrasante majorité d'entre eux, jugée par contumace, n'a jamais été inquiétée et n'a pas connu la prison.

 

Hussein Salem est de ceux-là. Fidèle parmi les fidèles de Moubarak, l'homme d'affaires a été condamné, en juin 2012, à quinze ans de prison pour avoir vendu du gaz en dessous des prix du marché à Israël. En fuite en Espagne, Hussein Salem n'a jamais été extradé. En janvier, il a proposé sur CBC, une chaîne égyptienne privée, son amnistie contre une poignée de millions. Le porte-parole du gouvernement s'est déclaré ouvert à cette initiative de réconciliation. Des négociations sont en cours.

 

Sortir l’Egypte du marasme

 

L'arrivée des frères musulmans au pouvoir en juillet 2012 est un deuxième coup dur pour ces hommes d'affaires. « Les frères manquaient d'expérience et voulaient tout contrôler. Ils ont voulu trop vite remplacer les hommes d'affaires de l'ancien régime par les leurs », analyse Ali Moussa, proche de Gamal Moubarak et PDG d'une holding de fabricants de matériaux de construction.

 

Suivant l'exemple de l’armée, de la police et la justice, les grands entrepreneurs ont fait obstruction aux frères musulmans. PDG de l'opérateur Orascom et troisième fortune d'Egypte, Naguib Saouiris n'a jamais caché avoir soutenu au moins logistiquement les activistes du mouvement Tamarrod, à l'origine de la mobilisation massive qui a conduit, le 3 juillet 2013, à la destitution de Mohamed Morsi par les militaires.

 

La bourse, à terre lors des derniers jours de Morsi, n'a depuis cessé de grimper. Avec la démission d'al Bablaoui, les cours ont atteint des niveaux supérieurs à ceux de 2010.  

 

« La perspective de la candidature du maréchal al Sissi à l’élection présidentielle a conforté les investisseurs », estime Ossama Naguib, analyste financier. Cet enthousiasme ne reflète pourtant pas l'état de l'économie égyptienne, exsangue après trois ans de chaos. Ces quatre derniers mois, la croissance stagne autour d’un pour cent, alors que, depuis juillet 2013, la dette publique, intérieure et étrangère, s'est envolée, elle atteint aujourd'hui les deux cent soixante dix milliards de dollars (cent quatre vingt dix sept milliards d'euros), soit cent sept pour cent du PIB.

 

Le retour à la stabilité politique et la pérennisation de soutiens étrangers, comme les douze milliards de dollars (huit milliards sept cent millions d'euros) apportés l'été 2013 par l’Arabie Saoudite, les Emirats et le Koweït, sont deux éléments clés pour sortir l'Egypte du marasme.

 

Mais cela doit aussi passer par une volonté politique. « Il faut réformer le système de subventions de denrées alimentaires et énergétiques qui dévorent le budget de l'état », préconise Ali Moussa. « Bablaoui ne l'a pas fait alors qu'il avait une immense popularité. Mahlab le fera-t-il alors que la présidentielle est imminente ? Si rien ne change, on court à la catastrophe ».

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 19:37

 

La justice turque ordonne la libération du général Ilker Basbug

 

ISTANBUL (Reuters) - La justice turque a ordonné Vendredi 7 Mars 2014 la remise en liberté de l'ancien général Ilker Basbug, condamné en août dernier à la réclusion à perpétuité.

 

La décision fait suite à un arrêt rendu jeudi par la cour constitutionnelle, qui a estimé que l'incarcération d'Ilker Basbug pour son rôle présumé dans le complot ultra nationaliste « Ergenekon » violait ses droits dans la mesure où le tribunal chargé de le juger n'avait pas publié de compte rendu détaillé du verdict.

 

Basbug, ancien chef d'état-major de l'armée, est détenu à la prison de Silivri, près d'Istanbul, depuis vingt six mois, dans le cadre de l'enquête sur Ergenekon.

 

La décision de justice le concernant pourrait servir de précédent aux quelque deux cent autres personnes en détention dans le cadre de l'enquête sur ce complot.

 

« Ce verdict est très important, mais malheureusement, nous n'avons été que maintenant en mesure de remédier à l'injustice, après plus de deux années d'emprisonnement », a dit l'avocat d'Ilker Basbug, Ilkay Sezer, à la presse devant le tribunal stambouliote qui a rendu sa décision.

 

Le procès Ergenekon, qui a duré cinq ans, a représenté le point d'orgue d'une décennie de lutte larvée entre le parti au pouvoir, l'AKP, et l'élite laïque.

 

Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, est aux prises avec l'un de ses puissants anciens alliés, l'imam Fethullah Gülen, en exil aux Etats-Unis, qu'il accuse d'avoir orchestré, via ses soutiens au sein de l'appareil judiciaire et de la police, l'enquête de corruption qui a visé son gouvernement.

 

Erdogan aurait compté fortement sur l'influence de Fethullah Gülen pour briser la toute-puissance de l'armée, laquelle a perpétré trois coups d'état de 1960 à 1980 et a acculé à la démission un gouvernement islamiste en 1997.

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:36

 

L'autre jour, j'ai sauté dans un avion pour l'Egypte, désireuse de me joindre à la délégation internationale d’une centaine de femmes qui se sont dirigées vers la bande de Gaza pour la journée internationale de la femme. Je ne savais pas que je serais arrêtée à l'aéroport du Caire, détenue, j’ai passé la nuit dans une cellule, puis dans la matinée brutalement agressée par les autorités égyptiennes. Ils m'ont jeté à terre, piétiné sur mon dos, m'ont menotté si étroitement qu'ils ont disloqués mon épaule, puis m’ont expulsée vers la Turquie.

Les autorités égyptiennes bloquent maintenant la plupart des autres délégations, elles les empêchent d’entrer en Egypte et de voyager à Gaza. C’est frustrant et décevant pour nous, mais nous ne pouvons pas oublier que près de deux millions de palestiniens sont restés piégés dans la bande de Gaza et que la frontière égyptienne de Rafah reste fermée ou étroitement contrôlée.

Ce qui m'est arrivé est traumatisant, mais c’est mineur par rapport à ce que les militants égyptiens subissent, y compris les femmes. Des milliers de manifestants égyptiens pacifiques ont été tués ou emprisonnés par la junte militaire depuis le coup militaire de Juillet 2013.

Voici comment vous pouvez prendre des mesures.

Appelez l'ambassade d'Egypte maintenant, exiger des excuses, demandez leur de permettre aux délégués restants d’aller à Gaza, d’ouvrir la frontière de Rafah et de mettre fin à la répression brutale contre les journalistes et les militants égyptiens.

Envoyez cette lettre au gouvernement égyptien avec nos exigences.

Malgré les appels frénétiques à l'ambassade des États-Unis au cours de mon épreuve de dix sept heures, ils ne sont même jamais entrés en contact avec moi. Il est consternant de constater non seulement que le gouvernement des États-Unis ne parvienne pas à intervenir quand un citoyen américain est battu, mais que notre gouvernement continue d'envoyer des milliards de dollars des contribuables américains à l'aide militaire au gouvernement égyptien illégitime et abusif.

Signez cette pétition à l’ambassade d’Egypte et au département d'état, puis appelez-les. Demandez à savoir pourquoi ils n'ont pas aidé un citoyen américain pacifique qui a été maltraité par les autorités égyptiennes, et faites-leur savoir que vous voulez la fin immédiate de l'aide militaire américaine à l'Egypte.

Merci pour tout ce que vous faites pour la paix et la justice

Medea Benjamin, co fondatrice, CODEPINK 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 15:18

 

Des observateurs de l'OSCE empêchés d'entrer en Crimée (Reuters)

 

Jeudi 6 Mars 2014

 

Une mission d'observateurs de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a été empêchée de pénétrer dans la péninsule de Crimée en Ukraine par des hommes non identifiés en tenue militaire, dit le ministre de la défense de la Pologne.

« La mission a été retenue, ils ne peuvent pas aller plus loin. Ils ont débarqué à Odessa et ils voyageaient en voiture d’Odessa vers la péninsule de Crimée, mais ils ont été arrêtés par des hommes non identifiés en uniforme », a déclaré aux journalistes le ministre de la défense polonais, Tomasz Siemoniak.

 

Il a dit qu'il était possible que les observateurs soient autorisés à retourner comme ils sont venus, mais ils ne pouvaient pas aller de l'avant en Crimée. Il y a deux officiers polonais dans la mission de l'OSCE.

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 21:02

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/egypte/egypte-le-gouvernement-el-beblaoui-est-tombe-le-changement-de-tetes-ne-nous-trompe-pas.html

 

 

Le gouvernement al Bablaoui est tombé, le changement de têtes ne nous trompe pas

 

Déclaration des Socialistes Révolutionnaires

 

Mercredi 27 Février 2014

 

En sept mois seulement, le gouvernement al Beblaoui a été celui qui a le plus failli parmi tous les gouvernements d’échec qui se sont succédé après la révolution de janvier 2011.

 

Il a adopté les mêmes politiques économiques et sociales défavorables aux millions d’égyptiens, sous prétexte de soutenir l’investissement et les investisseurs.

 

Ce gouvernement s’est illustré par l’extrême oppression de ses opposants avec des milliers de morts et des dizaines de milliers de détenus de toutes les tendances politiques de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, ainsi que des assauts contre les enceintes universitaires, des meurtres et de kidnappings d’étudiants.

 

C’est ce gouvernement qui a également promulgué une loi qui interdit les manifestations et criminalise les sit-in ainsi que les grèves, qui a lancé la chasse contre les opposants dans les rues en les accusant de désinformation et de trahison, et qui a même lancé des appels aux citoyens pour les lyncher, ce qui relève du fascisme et de la tyrannie et dément la mise en place d’une prétendue stabilité.

 

Après que des millions d’ouvriers et employés se soient aperçus du mensonge concernant l’octroi d’un salaire minimum que le gouvernement ne leur a finalement pas accordé, une vague de grèves s’est répandue, au cours des dernières semaines, touchant différents secteurs, du textile à la santé et même les transports publics ainsi que d’autres secteurs.

 

C’est le rejet de la brutalité du pouvoir qui a jeté à la poubelle de l’histoire ce gouvernement des assassins. Ainsi, il devient plus qu’évident que la crise économique et politique profonde ne sera pas résolue par des changements de têtes, mais par des changements politiques.

 

Cependant la question demeure de savoir pourquoi la démission du gouvernement est intervenue maintenant ?

 

La raison évidente est que ce gouvernement était devenu un fardeau pour la campagne de la candidature d’al Sissi à l’élection présidentielle, et qu’il devenait nécessaire de se débarrasser du gouvernement al Beblaoui

 

La campagne qui se prépare pour promouvoir al Sissi comme sauveur du pays est soutenue par la coalition de la contre-révolution, composée entre autres d’hommes d’affaires de l’ère Moubarak et des résidus du PND, le parti de ce dernier.

 

Cette coalition est appuyée par l’armée, et le ministère de l’intérieur tremble face à la recrudescence des protestations ouvrières et sociales déclenchées au cours des dernières semaines.

 

Complètement paralysée devant la résistance des étudiants, cette coalition ne trouve pas d’autre solution que de reporter les cours. S’efforçant de préparer la cérémonie de propulsion du « président al Sissi » avant que sa popularité trompeuse, préfabriquée par leurs médias mensongers, ne s’érode, elle se trouve contrainte de sacrifier al Beblawi et son gouvernement après qu’il ait épuisé son rôle d’absorption de la colère populaire.

 

L’image que veut « vendre » la coalition de la contre-révolution est qu’al Sissi, qui était et est toujours vice premier ministre pour les affaires de sécurité, et l’homme le plus puissant dans ce gouvernement, n’est pas le principal responsable de cet échec.

 

Ils veulent faire passer l’idée que tous les ministres ont échoué, sauf al Sissi, que tous les ministres de Morsi ont failli et sont des traîtres, mais pas al Sissi, ou encore que tous les membres du conseil militaire de Tantaoui ont échoué, mais pas al Sissi. Et cela en essayant de le blanchir du sang des milliers de victimes tombées depuis le 25 janvier 2011 jusqu’à aujourd’hui.

 

Simultanément, le régime cherche à se débarrasser des éléments qui appartiennent à des partis libéraux, et qui furent considérés, auparavant, comme faisant partie de la révolution de janvier 2011. Après avoir accompli leur mission de soutien du régime actuel, l’objectif est maintenant de les discréditer auprès des jeunes de leurs partis qui se sont laissé tromper par les slogans du régime de la contre-révolution. Sous le prétexte de la guerre contre le terrorisme, celui-ci les a transformés en une arme dans les mains des militaires.

 

En outre, le régime a désigné comme premier ministre Ibrahim Mahlab, ministre du logement sortant et ancien conseiller politique de Gamal Moubarak au sein du PND. Ce nouveau gouvernement aura notamment pour charge de superviser des élections présidentielles et législatives grâce auxquelles des résidus du régime Moubarak pensent revenir sur le devant de la scène.

 

Mais la bataille n’est pas terminée. De la même façon que la colère populaire a obligé les dirigeants en place à faire ce changement de têtes et à sacrifier al Beblaoui, elle les renversera, eux et leur coalition.

 

Quel que soit le changement de têtes, ces dirigeants resteront hostiles aux millions de personnes qui sont sorties dans la rue pour la liberté, la justice sociale et la dignité humaine.

 

Rien des objectifs de la révolution de janvier 2011 n’a été atteint et le sang de nos martyrs réclame toujours justice.

 

La révolution qu’ils tentent aujourd’hui de dénigrer a façonné des générations de milliers de révolutionnaires qui ne soumettront pas aux conspirations d’un régime d’échecs, de meurtres et de d’oppression. L’oppression et la tyrannie ne protégeront pas plus ce régime que le changement de têtes ne cachera ses tares. Le régime d’al Sissi est la continuité de celui de Moubarak, avec les mêmes politiques qui ont généré la pauvreté et l’injustice.

 

Des millions d’égyptiens se dresseront contre ce régime dans les usines, dans les universités, dans les syndicats, même si certains d’entre eux avaient brandi le portrait d’al Sissi.

 

Nous rappelons à ceux qui l’ont oublié que les travailleurs qui avaient hissé des portraits de Moubarak en 2006 ont été les premiers à les piétiner en 2008 dans la ville de Mahalla. Ces travailleurs sont aujourd’hui ceux qui défient la loi interdisant les manifestations, en faisant grève et en manifestant devant le conseil des ministres.

 

Al Beblaoui est tombé avant même que la classe ouvrière ne déploie toutes ses capacités et énergies. Ce mouvement ouvrier émergent et en pleine croissance exige des révolutionnaires non seulement leur soutien et leur solidarité, mais aussi la lutte pour l’unifier et s’y engager pleinement pour faire face aux projets du nouveau gouvernement et du pouvoir de la contre-révolution.

 

Gloire aux martyrs! Victoire à la révolution! Honte aux traîtres!

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 20:55

 

Les élus de Crimée votent le rattachement à la Russie

 

SIMFEROPOL Ukraine (Reuters) - Le parlement de Crimée, région russophone d'Ukraine au coeur de la crise entre Moscou et Kiev, a voté Jeudi 6 Mars 2014 pour le rattachement de la région à la Russie, le jour même où les dirigeants des vingt huit pays européens se retrouvent à Bruxelles pour un conseil européen extraordinaire consacré à l'Ukraine.

 

Le vice premier ministre de Crimée, Roustam Temirgaliev, a annoncé qu'un référendum sur la décision du parlement criméen aurait lieu le 16 mars. La majeure partie des habitants de la péninsule, rattachée en 1954 à l'Ukraine sur décision de Nikita Khrouchtchev, lui-même ukrainien, sont russophones.

 

Face à la persistance des tensions, le rouble russe a continué de s'affaiblir jeudi, malgré l'intervention de la banque centrale de Russie et la bourse de Moscou perdait plus d’un pour cent à la mi-journée.

 

« On a peu d'une guerre et on a peur d'un possible défaut de l'Ukraine sur sa dette », a déclaré Mikhaïl Kantolinski, un trader actions d'Uralsib à Moscou.

 

« Les autorités de Crimée penchent vers une intégration à la fédération de Russie, Kiev va évidemment s'y opposer, cela signifie qu'un conflit armé pourrait être inévitable ».

 

La soudaine accélération en Crimée coïncide avec la réunion organisée en urgence à Bruxelles par les vingt huit pays de l’Union Européenne. Avant même son ouverture, l'Union Européenne a annoncé jeudi matin le gel des avoirs de l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, de l'ancien premier ministre Mikola Azarov et de seize autres personnalités jugées responsables de violations des droits de l'homme ou de mauvaise gestion des fonds publics en Ukraine.

 

Le nouveau premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, affirme que Viktor Ianoukovitch, destitué le 22 février par le parlement ukrainien, a détourné trente sept milliards de dollars (vingt sept milliards d'euros) de fonds publics en trois ans de mandat.

 

Présent lui aussi à Bruxelles jeudi, Arseni Iatseniouk a exhorté la Russie à retirer ses forces de Crimée et à répondre favorablement aux efforts de médiation internationaux destinés à résoudre la crise entre Kiev et Moscou.

 

« Nous demandons à la Russie de répondre en disant si elle est prête à préserver la paix et la stabilité en Europe, ou si elle est prête à ourdir de nouvelles provocations et tensions dans nos relations bilatérales et multilatérales », a-t-il dit.

 

A son arrivée à Bruxelles, le président français François Hollande a appelé l'Union Européenne à exercer une forte pression sur la Russie pour ouvrir la voie à une médiation dans la crise ukrainienne.

 

LE DRAPEAU UKRAINIEN A DONETSK

 

« Qu'est ce que nous recherchons ? Non pas de faire monter une fois encore je ne sais quelle tension mais au contraire ouvrir la voie du dialogue, c'est ce que nous avons fait déjà hier à Paris, ça a été une première étape, je pense utile », a-t-il dit.

 

« Maintenant il faut qu'il y ait la pression suffisamment forte exercée par l'Europe, diminuer la tension, ouvrir la voie du dialogue et permettre enfin à l'Ukraine de décider enfin de son destin », a-t-il ajouté.

 

La Russie n'a pas exclu, jeudi, la tenue d'une rencontre entre diplomates russes et ukrainiens avant la réunion prévue le 4 avril à Moscou des ministres des affaires étrangères des pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants, qui regroupe d'anciennes républiques soviétiques).

 

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, n'avait pas voulu rencontrer mercredi à Paris son homologue ukrainien. Le ministre russe, qui doit revoir jeudi à Rome le secrétaire d'état américain, John Kerry, a estimé que les démarches entreprises par les « partenaires » de la Russie auprès d'organisations internationales comme l'OSCE ou le conseil entre l’OTAN et la Russie, à propos de l'Ukraine, n'étaient pas propices à un bon climat de dialogue et de coopération.

 

En Ukraine même, le drapeau ukrainien flottait de nouveau jeudi matin sur le siège de l'administration régionale à Donetsk, dans l'est russophone de l'Ukraine, où, selon la police, les manifestants pro-russes qui s'étaient emparés des locaux se sont retirés au cours de la nuit.

 

La police de Donetsk, la ville d'origine de Viktor Ianoukovitch, a annoncé avoir arrêté l'homme d'affaires Pavel Goubarev, chef de file des manifestants pro-russes qui s'était proclamé « gouverneur du peuple » et figurait sur une liste de personnes recherchées rendue publique mercredi par les autorités de Kiev.

 

Le nouveau pouvoir ukrainien affirme que les manifestations dans les villes de l'est et du sud de l'Ukraine sont orchestrées par Moscou en vue de justifier une éventuelle intervention.

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