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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 17:59

Monsieur le Maire de Saint Ouen

Les autorités de l'état, le préfet délégué pour l'égalité des chances en Seine-St-Denis, le directeur général de l'OFPRA accompagnés de France Terre d'Asile et de l'association Revivre ont initié en préfecture un dispositif de guichet permettant à des familles de réfugiés syriens de formaliser rapidement, dans une certaine sérénité, leur demande de droit d'asile.

Vous avez pris la décision de fermer le parc dans lequel ces familles se réunissaient dans la journée. Cette décision a plusieurs conséquences. Outre le fait qu'elle complique fortement la tâche des personnes de notre association chargée de rassembler et prévenir les familles de leur rendez-vous au guichet préfecture, elle ne facilite pas notre vigilance concernant les personnes qui essayent de s'agréger au groupe. Surtout, votre décision met en danger réel les familles mais tout particulièrement les enfants actuellement sur les trottoirs et la rue qui risquent à tout moment un accident.

Cette décision de votre part nous semble en contradiction avec vos propos lors de notre rencontre en mairie le mardi 22 avril, dans lesquels vous souhaitiez par rapport à votre responsabilité de maire ne mettre à disposition de ces familles que des locaux ayant toutes les normes de sécurité requises.

Aujourd'hui votre responsabilité en cas d'accident serait à notre sens engagée.

Nous sommes dans une phase de règlement du problème humanitaire que constitue cette arrivée en nombre de ces réfugiés syriens. Faisons en sorte, pour les quelques jours qui restent, que ne se produise pas d'incident majeur ou, ce qui serait plus grave, d'accident. C'est dans cet esprit que nous vous demandons d'ouvrir le plus vite possible le parc Edouard Vaillant de Saint Ouen.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Maire, l’expression de nos salutations distinguées.

Association Revivre

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 17:44

http://www.humanite.fr/des-communistes-pour-une-refondation-ambitieuse-du-front-de-gauche-523071

Ouvrir le débat sur notre rassemblement et ses objectifs

La gravité de la situation politique et les difficultés du Front De Gauche à apparaître aux yeux de nos concitoyens comme utile à la mise en oeuvre du changement auquel ils aspirent doivent nous conduire à ouvrir en grand, dès maintenant, le débat sur notre rassemblement et ses objectifs.

Au lendemain des élections municipales, le président de la république vient de confirmer un cap politique libéral et autoritaire qui rompt avec toutes les bases sociales et démocratiques de la gauche. Le nouveau premier ministre s’en est fait le porteparole le 8 avril dernier, lors de son discours de politique générale. « Vérité, efficacité, confiance », nous dit Manuel Valls.

Mais quelle réalité dissimulent ces trois mots ? Aucune vérité mais une succession de mensonges sur la nature de la crise, incriminant le soi disant « coût » du travail en lieu et place du coût exorbitant du capital. Aucune mesure efficace mais l’annonce de nouvelles exonérations massives de cotisations sociales dont on sait qu’elles n’auront pas d’effet positif et durable sur l’emploi et la croissance. Enfin, il n’y a aucun acte de confiance, mais bien la défiance envers notre peuple par un redécoupage autoritaire des territoires qui a pour seul objectif d’éloigner nos concitoyens des lieux de pouvoir.

Jamais l’idéologie néo libérale n’a été à ce point portée en France par un pouvoir politique se réclamant de la gauche. Et pourtant, jamais l’échec de cette idéologie n’a été aussi visible, comme en témoigne la dégradation accélérée de la situation économique et sociale de nombreux pays européens depuis l’explosion de la crise. La résignation et la colère devant un tel renoncement au progrès social et démocratique sont à la mesure de la souffrance humaine que cette politique engendre. Mais, aussi fortes soient-elles, elles ne conduisent pas automatiquement à rendre majoritaire le projet que nous partageons avec nos partenaires du Front De Gauche. La radicalité et l’efficacité des propositions de notre projet « l’humain d’abord » doivent s’accompagner d’une stratégie de rassemblement. C’est la nature de cette stratégie qui est depuis la création du Front De Gauche, et singulièrement depuis l’élection de François Hollande, l’objet d’un vif débat au sein du Front De Gauche et de ses composantes, qui s’est transformé ces derniers mois en une bataille de leadership illisible pour nos concitoyens.

Nous pensons que cette bataille pour le leadership du Front De Gauche doit cesser au profit d’une entreprise collective de refondation de son ambition et de ses objectifs. Dans ce débat, nous récusons l’idée que la condition de l’efficacité et de la lisibilité de notre stratégie soit l’autonomie électorale. Notre erreur est précisément d’avoir progressivement fait du Front De Gauche un rassemblement à visée principalement électorale. La première condition d’un rassemblement utile à nos concitoyens et capable de créer des convergences politiques fortes, c’est de respecter la souveraineté des composantes du Front De Gauche sur leurs choix électoraux comme sur l’ensemble de leurs décisions. Les oukases à répétition de Jean-Luc Mélenchon doivent cesser !

La deuxième condition est de rompre avec une visée principalement électorale et de travailler à élargir notre rassemblement par la construction de fronts d’idées et d’actions sur des objectifs politiques précis (un plan de lutte contre la finance, un nouvel essor des droits sociaux et des services publics, un nouveau mode de production humain durable, de nouveaux pouvoirs d’intervention pour les travailleurs et les citoyens, refonder l’Europe) afin de disputer l’hégémonie culturelle à la classe dominante.

Comment y parvenir ? Au moment où la défiance est maximale envers les partis politiques et où la gauche est éclatée, vouloir traiter la question de la participation citoyenne par l’adhésion directe à une nouvelle force politique n’est pas une réponse efficace. La clé de notre réussite réside au contraire dans notre capacité à multiplier les moyens de participer à la construction de l’alternative à gauche. De nouveaux espaces d’intervention populaire doivent être mis en place avec l’objectif de créer une nouvelle culture politique dans le pays. Cela nécessitera un travail de proximité par la création de milliers d’espaces dans les quartiers, les villages et sur les lieux de formation et de travail. Non des assemblées qui servent de tribune aux composantes du Front De Gauche, mais des ateliers politiques en lien avec les luttes sociales pour reconstruire progressivement un lien de confiance avec les citoyens, les travailleurs, les jeunes de notre pays et coélaborer avec eux un projet alternatif de gauche.

Nous proposons que, dans le prolongement de la marche du 12 avril, le PCF soit à l’initiative d’états généraux de la gauche, coorganisés avec nos partenaires du Front De Gauche et toutes les forces syndicales, associatives, politiques et citoyennes qui le souhaitent, pour initier ce processus dans le pays et travailler dans la durée avec notre peuple et le monde du travail à la redéfinition d’un projet de gauche et à des reconquêtes sociales et démocratiques immédiates.

Pour améliorer la vie de nos concitoyens, le Front De Gauche doit renouer avec l’ambition d’un front progressiste et citoyen que le PCF proposait dès son congrès de 2008, c’est-à-dire « oeuvrer à ce que des millions de femmes et d’hommes, divers par les courants de pensée dans lesquels ils se reconnaissent, par les organisations politiques et sociales dont ils se sentent proches, soient suffisamment unis et résolus pour rendre incontournables des changements dont ils auront acquis la conviction qu’ils sont indispensables ». Au lendemain des élections européennes, le Front De Gauche sera face à un choix, soit relancer la bataille de leadership en vue des prochaines échéances électorales, notamment de l’échéance présidentielle, soit refonder notre rassemblement pour créer une dynamique politique capable de rendre majoritaire un projet alternatif de gauche. Ce dernier choix est notre ambition et nous la mettons aujourd’hui en débat.

Premiers signataires

Éliane Assassi, sénatrice de la Seine-Saint-Denis ; Alain Bache, secrétaire départemental du PCF des Landes ; Lydie Benoist, coordination nationale du PCF ; André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme ; Pascal Joly, conseil national du PCF ; Cédric Lattuada, secrétaire départemental du PCF de la Marne ; Danielle Lebail, secrétaire départementale du PCF du Rhône ; Didier Le Reste, conseil national du PCF ; Julie Meunier, secrétaire départementale du PCF de Meurthe-et-Moselle ; Yannick Monnet, secrétaire départemental du PCF de l’Allier ; Hervé Poly, secrétaire départemental du PCF du Pas-de-Calais ; Marine Roussillon, comité exécutif national du PCF ; Aymeric Seassau, secrétaire départemental du PCF de la Loire-Atlantique ; Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF de Paris.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 17:06

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un message d’Antony Drujeon dont le titre est « trois ans après la Puerta del Sol, le succès moral des indignés ».

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous

Bernard Fischer

http://www.repormed.com/554/en-espagne-trois-ans-apres-puerta-del-sol-succes-moral-indignes

Podemos, tentative de proposer un vote « 15 mai » aux élections européennes

Fortement inspiré de « l’esprit du 15 mai », le parti Podemos (Nous pouvons) a été créé en janvier 2014. Un nouveau né dans le paysage politique espagnol, qui, un peu à l’instar du Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo en Italie, rejette les partis politiques traditionnels, accusés d’être corrompus et coupés des réalités des citoyens, qu’ils entraînent dans une politique dictée par la troika (FMI, BCE et Commission Européenne).

La principale particularité de Podemos, c’est une organisation horizontale, sans chef (formellement du moins), qui permet à chacun de participer à l’élaboration du programme, sans adhésions ni supervision d’une structure partisane. Samedi premier mars, à Murcie, dans le quartier de Vistabella, une réunion se tenait en extérieur, faute de local, pour établir les thèmes du programme de Podemos aux élections européennes de mai, auxquelles le parti se présente. Sous une arcade, pour échapper à la pluie légère qui s’égrenait sur les pavés de la cour de ce quartier résidentiel, quelques quarante personnes se mettent en cercle. On compte quelques personnes âgées, quelques jeunes, la majorité entre trente cinq et cinquante ans.

Miguel Angel Alzamora expose l’objet de la réunion. Le sociologue, d’une carrure imposante et à la barbe foisonnante, plutôt charismatique, est une figure locale du mouvement. Le micro circule, chacun expose ce qu’il pense être utile d’intégrer au programme de Podemos. Une vieille dame s’approche, curieuse, demande ce sont il retourne. Elle se pique d’intérêt pour la réunion, finit par prendre la parole, pour une remarque qui fait rire toute l’assemblée. Puis s’en va avec son cabas à roulettes.

Mais globalement, les prises de parole sont surtout le fait de quelques membres, parmi la dizaine des membres les plus investis. Et le niveau général d’éducation semble au-dessus de la moyenne. La réunion finit par aborder notamment la revendication de la remunicipalisation de la distribution de l’eau, dont la privatisation a finalement causé l’augmentation du prix des factures d’eau. La proposition, retenue, sera transmise aux instances nationales de Podemos.

La critique que l’on entend le plus souvent au sujet de Podemos est qu’il s’agirait d’un parti d’intellectuels. Pour Miguel Angel, c’est là une critique biaisée :

« Par la force des choses lorsqu’on organise une réunion quelle qu’elle soit, on observe que ceux qui sont le plus à l’aise pour prendre la parole sont ceux qui disposent des meilleurs bagages intellectuels, qui ont l’habitude de parler en public. Mais ce n’est pas propre à Podemos ».

Pour Victor, militant d’Izquierda Unida (IU, supplétif de gauche au parti socialiste) à Murcie, Podemos a le mérite de rompre avec la gauche institutionnalisée, gangrenée par sa hiérarchie et ses arrangements:

« Je ne supporte plus la gauche institutionnalisée, avec ses rapports hiérarchiques, son esprit cloisonné. D’ailleurs on est plusieurs à Izquierda Unida à préférer Podemos. Si on veut prendre le pouvoir on pense qu’on doit s’ouvrir sur la société et les mouvements sociaux, comme le 15 mai ».

Rêvant de révolution et de rupture avec le capitalisme, Victor souhaite voir la disparition du mandat électif en politique, préférant le mandat impératif. Un rêve de démocratie directe en phase directe avec la culture du 15 mai. Le parti Podemos plaide quant à lui effectivement pour les mandats révocables. Pour Victor, le rejet absolu de l’organisation en parti politique est excessif et improductif. Podemos permet de donner corps à l’esprit du 15 mai tout en respectant l’individu :

« Le 15 mai a été formidable, mais après beaucoup de gens sont retournés chez eux et rien n’a changé. C’est bien l’organisation horizontale, en assemblées, mais on a besoin de canaliser un peu cette envie de changement. Podemos est épargné par le côté politicien d’Izquierda Unida et des autres partis institutionnalisés, tout en gardant l’esprit de ce mouvement ».

Pendant quelques semaines, l’idée d’une élection primaire ouverte commune à Podemos et à Izquierda Unida était en discussion dans les instances de « gauche unie ».

Finalement, les caciques du parti ont décidé de rester maîtres à bord.

Deux semaines plus tard, Podemos organisait un meeting à Murcie, à cette occasion, Pablo Iglesias lui-même s’est déplacé. Le présentateur vedette de l’émission télévisée « tuerka » et professeur de science politique n’est pas le président ou ni même le secrétaire général de cette organisation, qui, revendiquant son horizontalité, n’en a pas. Le communiqué de presse le présente simplement comme le « représentant le plus médiatique de Podemos ».

La réunion est organisée dans l’université de la Merced, au centre de Murcie.

Dans cet antre du savoir, l’assemblée est encore une fois constituée de nombreux universitaires, étudiants et habitants diplômés du centre-ville. L’image intellectuelle n’en sort pas démentie, loin de là, un intervenant dans le public ne manquera pas d’en faire le reproche.

C’est sans doute pour démentir cette impression déjà ancrée pour un parti pourtant naissant que la réunion commence par le témoignage de Lola Sanchez.

La candidate de Carthagène, diplômée de sociologie et de sciences politiques, raconte une anecdote tirée de son expérience de serveuse dans un hôtel de luxe, où elle a servi une demi-douzaine de cadres du PP, du PSOE et d’IU qui prenaient un verre ensemble. En discutant avec elle et en découvrant ses diplômes, les notables politiques lui auraient avoué leur incompréhension totale de pareille situation. Ou l’art de lier la critique du monde politique espagnol et la celle du déclassement économique du pays, en particulier pour les diplômés.

L’anecdote sera à plusieurs reprises par Pablo Iglesias, vitupérant contre la « caste de politiciens coupés des réalités à qui de jeunes surdiplômés doivent servir des gins tonic pour un salaire de misère. Telle est l’Espagne d’aujourd’hui », s’indigne-t-il alors, sous les hourras de l’assemblée.

Intellectuel sans doute, homme médiatique, aussi, voire surtout, Pablo Iglesias contrôle le verbe avec une maîtrise toute politicienne. L’accusation de populisme, il la rejette avec aisance, assumant rechercher la construction d’un projet politique depuis la base

Après la Puerta del Sol, l’implantation dans les quartiers populaires

Mais face à cette mobilisation « venue d’en haut », qui plus est pour des élections européennes, Sandra Martinez se sent mal à l’aise. Fervente partisane du mouvement du 15 mai, elle ne votera pas pour Podemos. Pour elle, le mouvement du 15 mai devait servir avant tout d’impulsion à un travail de terrain, dans les quartiers populaires, au plus près de ceux que la crise affecte, la super star médiatique Pablo Iglesias, sans façon.

C’est le sens qu’elle a donné à son engagement. Diplômée de science politique, « sans trouver pour autant de travail bien sûr », elle s’est investie dans la PAH, Plateforme des Affectés par les Hypothèques, en parallèle de son job de serveuse. Plateforme, encore un intitulé qui témoigne de cette défiance pour les structures hiérarchiques, verticales. Vendredi 7 Mars 2014, à 17 heures 30, une petite foule s’est agglomérée devant le siège de la Croix-Rouge à Murcie.

La PAH y tient une réunion d’information, qui aujourd’hui sera animée par Sandra. C’est un grand local rectangulaire. Les sièges sont mis tout autour de la pièce, en assemblée. Ceux qui n’ont pas de siège s’assoient sur les tables, contre les murs. La réunion a lieu toutes les deux semaines, ce qui ne suffit pas à en tarir l’audience, ils sont quarante six à s’être déplacés, certains avec leurs enfants. Un coin coloriage est mis en place pour les tenir tranquilles. Du vestimentaire aux attitudes, l’humilité règne parmi l’audience, le public est ici d’origine populaire. On compte quelques immigrés, en provenance d’Amérique du Sud, du Maroc, ou d’Ukraine.

Leandro Antequera, électricien, trente ans, est formel, l’accession à la propriété, il n’y tenait pas spécialement, « si j’avais su, je n’aurais pas signé, je ne souhaitais pas spécialement devenir propriétaire. Mais la banque m’a assuré que c’était facile, je ne suis pas un expert, tandis que eux ont des économistes. J’ai fait confiance. » Il lui reste l’impression qu’on lui a forcé la main en lui cachant les risques et son insolvabilité.

Sandra rappelle à ceux qui sont déjà venus que la réunion commence traditionnellement par un tour de « table ». Chacun prend conscience qu’il n’est pas un cas isolé.

Que ce n’est pas sa faute. La plupart ont entre trente et soixante cinq ans. Ils se sont laissés convaincre par la banque qu’il était raisonnable de devenir propriétaire, au prix d’un endettement élevé et avec la maison comme garantie. C’était avant l’explosion de la bulle immobilière.

Assise en demi-tailleur sur son siège, Sandra prend la parole pour un long exposé. C’est l’occasion pour elle d’exposer à un auditoire attentif les différents recours, comme la « dacion en pago » (dation en paiement). Parlant lentement, vérifiant que tout le monde suit, Sandra retient l’attention de son auditoire. Elle est visiblement habituée à l’exercice.

Le lendemain, Samedi 8 Mars 2014, Sandra, après une courte nuit passée à travailler dans un bar restaurant du centre de Murcie, retrouve à 9 heures deux femmes à qui la banque exige le remboursement de leur prêt immobilier. Elles ont rendez-vous dans une agence de la banque Bankia, pour négocier leur cas.

Avec un mari saisonnier, Lidia Jimenez Manchon n’arrive pas à convaincre la banque que ces revenus ne peuvent pas être pris en compte pour le remboursement du prêt bancaire :

« Nous vivons à Carthagène, mais mon mari travaille dans les champs, ça lui fait des frais d’essence importants et durant l’été il aura moins de travail, donc on aura besoin de compter sur les revenus de l’hiver ».

La banquière ne promet rien, elle peut que transmettre à sa hiérarchie. A suivre. Sandra en est convaincue, la PAH renforce le particulier dans son tête-à-tête avec la banque :

« On a pratiqué pas mal d’escraches (actions coup de poing, consistant à investir pacifiquement et souvent de façon festive une agence bancaire pour y dénoncer leurs agissements), d’occupations d’agences responsables de menaces de « desahucios », voire en nous interposant pour empêcher un « desahucio ». On est désormais écoutés ».

Cette forme de mobilisation s’attaque au point de départ même de la crise, les hypothèques abusives auprès des moins solvables. « Il y a treize PAH rien qu’à Murcie », explique Sandra.

« Lors d’un congrès national, on a vu pas moins de sept cent porte-paroles de différentes plateformes se réunir en provenance de toute l’Espagne ». Elle dit voir cette action de terrain porter ses fruits :

« Auparavant, on culpabilisait les victimes des hypothèques. Mais depuis un an, on perçoit un changement de discours de façon générale dans la société, les gens comprennent enfin la nature du problème ».

Un bémol toutefois, si les plateformes d’aide remplissent un rôle d’assistance sociale précieux pour les plus fragilisés par la crise, elles peinent en revanche à fidéliser les affectés sortis de l’ornière, comme elles l’espéraient pourtant. Pour ceux qui luttent au quotidien pour survivre, la fin des procédures est un répit.

Difficile de les convaincre de reprendre le chemin des réunions et d’accompagner les autres affectés devant leur banquier. « Pourtant », soupire Sandra, « ce sont les mieux armés pour faire ce travail, eux sont passés par là ».

Changer les mentalités

Alors l’esprit du 15 mai, trois ans après, serait-il écartelé entre une tentative de traduction politique venue d’en haut, élitiste, contre une base investie dans les quartiers et l’aide sociale de terrain mais ne répondant présente que lors des manifestations comme celle de samedi dernier ? A Málaga, Rakesh Bghagwan Narwani, réalisateur du documentaire « 15 mai, Malaga despierta », veut croire que c’est bien plus complexe :

« Le mouvement du 15 mai, avec ses prolongements en 2012 et 2013, a permis de donner une visibilité à ses valeurs. Beaucoup de partis cherchent maintenant à prendre en compte ses valeurs jusque-là absentes du débat public. Par exemple, c’est le Partido Popular lui-même qui a proposé que les CIE (Centro de Internamiento de Extranjeros, équivalent des centres de rétention administrative française) soient administrés par des ONG et non plus par la police. C’est un changement considérable ».

De manifestation en occupation d’agence bancaire, le 15 mai changerait les partis politiques de l’extérieur, en somme. De fait, nombreux sont les espagnols a en convenir, depuis le mouvement du 15 mai, les problématiques d’expulsions des domiciles, des coupes budgétaires en particulier dans l’éducation et la santé, des CIE ou de la gestion de l’eau ont fait leur irruption dans le débat politique national. Une évolution que Curro Machuca, activiste du mouvement du 15 mai de la première heure, également à Málaga, compare à mai 68 en France :

« Les grands médias ont dit que le 15 mai avait été un échec, parce qu’il n’y avait pas eu de changement. Mais je pense que c’est faux. Il y a eu un changement de subjectivité, les gens ne sont plus passifs. On parle des desahucios, de la dette, du manque de démocratie. Des thèmes dont on n’entendait jamais parlé auparavant. C’est un peu comme en France après 1968. On a dit que ça avait été un échec, mais 1968 a permis l’explosion du féminisme, de l’écologie et de l’antimilitarisme ».

Les mobilisations massives des « indignés » restent minorées par la classe politique et par ses médias établis. La mort d’Adolfo Suarez, père de la transition vers cette démocratie espagnole si sévèrement critiquée aujourd’hui, le lendemain du 22 mars, fait figure de symbole. Les images des journaux télévisés alternaient entre les hommages officiels au premier président de l’Espagne démocratique, et les violences des « radicaux » qui s’en étaient pris à la police.

Comme un hymne au régime en place, dont la plupart des passants diront pourtant toute leur désillusion.

La scène politique « underground » occupe le boulevard laissé vacant par le désamour généralisé pour ces formations traditionnelles malmenées par la crise, l’absence de marges de manoeuvre et l’usure du pouvoir (dont nombre d’affaires), au point d’être capable de mobiliser en masse dans la rue. Une victoire sur le terrain des valeurs à défaut de prise de pouvoir directe, mais c’est la promesse de voir le thème de la dignité s’imposer durablement aux élections futures.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 15:52

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Antony Drugeon dont le titre est « trois ans après la Puerta del Sol, le succès moral des indignés ».

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.repormed.com/554/en-espagne-trois-ans-apres-puerta-del-sol-succes-moral-indignes

Depuis trois ans, et l’occupation de la Puerta del Sol, les indignés espagnols ont imposé un changement de ton dans le paysage politique espagnol. La démonstration de force de deux millions de manifestants de la Marcha de la Dignidad Samedi 22 Mars 2014 à Madrid couronne ce succès moral.

Plus de deux millions selon les organisateurs mais aussi certains médias espagnols, trente six mille de source gouvernementale. La manifestation madrilène dite de la Marche de la Dignité organisée samedi dernier exigeait le refus du paiement de la dette publique, la fin des coupes budgétaires, affirmait le rejet de tous les gouvernements au service de la « troïka » (FMI, Banque Centrale Européenne et Commission Européenne), et réclamait « du pain, un travail et un toit pour chacun », une définition de ce que le terme de dignité peut recouvrir. Le « 22 mars » (pour manifestation du 22 mars) s’inscrit parmi les plus massives des mobilisations citoyennes de l’histoire espagnole, comme l’a fait remarquer Diego Cañamero, porte-parole du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT).

Mais c’est surtout le fait qu’aucun parti politique ou syndicat majeur n’ait appelé à y participer qui fait de cet événement un OVNI politique. D’autant que dans la foule, les manifestants étaient de toutes les tranches d’âge et on y trouvait autant de femmes que d’hommes, comme une photographie du pays, avec le cœur à gauche tout de même, bien sûr. Mais sans pouvoir se reconnaître dans l’offre politique espagnole, à l’image de Maite, documentaliste, spécialisée en anthropologie et sociologie :

« Je suis venue manifester parce que les escrocs qui sont à l’origine du système bancaire comme les gouvernements successifs espagnols, notamment du Parti Populaire, que je considère être un parti fasciste et théocratique, ont conduit la majorité de la population espagnole à la misère. C’est simple, nous sommes passés du franquisme, qui était une dictature militaire, à une partitocratie. Cela fait si longtemps qu’on appelle à une vraie démocratie. Aujourd’hui il n’existe aucun parti politique fiable ».

Les pancartes conspuaient tout autant Mariano Rajoy, président du gouvernement, du PP, sa politique d’austérité et de coupes budgétaires, autant que les banques, qui sont derrière les « desahucios » (expropriations de domicile) que l’éclatement de la bulle immobilière alimentée à coups d’hypothèques risquées a multiplié.

Mais on retrouvait aussi la dénonciation générale de la classe politique et de sa corruption, du bipartisme, et quelquefois de la monarchie. Les drapeaux républicains étaient de loin plus brandis que la bannière rouge et jaune de l’Espagne « officielle ». Pour Ángeles Maestro, présidente de la Red Roja (« Réseau Rouge », sensibilité communiste), le 22 mars vient préciser l’effervescence du 15 mai, qui était davantage une contestation et une prise de parole du peuple :

« Cette fois, à la différence du 15 mai 2011, dont c’est bien ici la continuation, pour la première fois, il y a un programme politique ».

Les slogans étaient à l’avenant, « no debemos, no pagamos » (on ne doit rien, on ne paie rien), « banca rescatada, familia desahuciada » (banque secourue, famille à la rue), « pueblo unido jamas ne sera vencido » (un peuple uni ne sera jamais vaincu), « democracia no lo es, es una dictadura, SOS » (ce n’est pas une démocratie, c’est une dictature, SOS), « donde están, no se ven los empleos del PP » (Mais où sont-ils, on ne les voit pas, les emplois du PP), « dile que se vaya, dile que se vaya, de una puta vez » (dis lui qu’il s’en aille, mais dis lui de dégager putain). Et, régulièrement, le cri d’encouragement « si se puede » (oui, c’est possible) résonnait pour chasser le sentiment de résignation dans lequel la crise et les alternances politiques ont chassé nombre d’espagnols.

Le 22 mars, point d’orgue de la Marche de la Dignité

Mais la Marche de la Dignité, avant d’arriver à Madrid, a d’abord été une vaste expédition pédestre à travers l’Espagne. Dix colonnes venues des différentes régions d’Espagne ont convergé vers la capitale, avec deux mille de ces manifestants, les plus motivés.

C’est le cas de Miguel Angel, 42 ans, qui est venu de Grenade à pied. En dormant dans les gymnases et salles de fêtes des mairies, la « procession » a parcouru les quatre cent trente kilomètres vers Madrid en vingt trois jours :

« C’était très fort, dans les villes qu’on traversait, les gens venaient nous voir, ils n’étaient pas forcément au courant de la manifestation, mais on leur parlait du projet, ils nous racontaient leur galère. On a pu rencontrer ceux qui comme nous souffrent de cette crise en silence, mais qui sont trop occupés à survivre pour s’intéresser à la politique ».

A Murcie, c’est le 9 mars que les manifestants ont pris la route pour rallier Madrid.

Ceux qui ne pouvaient pas venir à pied ont fait le trajet dans des bus spécialement affrétés par les organisateurs. Avec toute de même une étape d’environ douze kilomètres en fin de parcours, Marche de la dignité oblige.

Le 21 mars à minuit, ce sont ainsi une petite dizaine de bus qui est partie de Séville pour arriver sans encombre vers 7 heures 30 à Getafe, cité-dortoir de la banlieue sud de Madrid.

Les organisateurs de la marche ont toutefois dénoncé l’arrestation par la police d’une centaine de bus à leur approche de Madrid, le temps d’un contrôle approfondi d’identité et de recherche de stupéfiants. Sacs à dos avec provisions, drapeaux, banderoles et surtout vêtements chauds constituent l’essentiel de leur attirail. Le froid est encore vif quand le bus s’arrête sur un boulevard de Getafe, alors que le soleil est tout juste levé.

Une organisatrice demande à chacun, à sa sortie du bus, qui compte prendre la navette retour, qui repart le soir même. A sa grande satisfaction, beaucoup comptent bien rester à Madrid.

Occuper la capitale, comme en 2011 sur la place Puerta del Sol ? Tout le monde y pense, et pas forcément à voix basse. Renforcée par les groupes venus d’autres convois, c’est une foule compacte qui se met alors en marche vers la capitale dans la fraîcheur matinale. Des personnes âgées promenant leur chien s’arrêtent un instant, médusées.

Le cortège traverse des quartiers résidentiels, une zone commerciale, puis une zone industrielle, et même des champs. Avant d’être accueilli, à l’approche d’une caserne de pompiers, par le concert assourdissant des sirènes des soldats du feu, trois camions sont alignés devant la bâtisse, derrière une lignée de pompiers saluant les manifestants.

Embrassades, poignées de main, poings tendus de la foule, les marcheurs apprécient le soutien. Les pompiers espagnols, placés sous l’autorité non du ministère de l’intérieur mais sous celui de la mairie, sont à Madrid un soutien notoire aux manifestations anti-austérité. Plusieurs pompiers ont refusé de participer aux « desahucios » de leur domicile des personnes affectées par des hypothèques.

Les indignés espagnols, du 15 mai au 22 mars

Trois ans après, le 22 mars s’inscrit dans les pas du 15 mai, qui, sur l’emblématique place Puerta del Sol, inspirée par les mouvements Occupy et les révolutions arabes, avait installé un campement de protestation durant un mois, à l’issue de vastes processions de manifestants venus à pied de toute l’Espagne, déjà. Pour beaucoup de militants, le mouvement du 15 mai a été un acte fondateur, et nombreux sont les espagnols à saluer le souvenir de ce coup de semonce de 2011. Si dans la presse française on présente ces activistes comme les « indignés espagnols », en Espagne on reste plutôt fidèle à l’acronyme de cette manifestation fondatrice que fut le 15 mai. Plusieurs points communs tracent une filiation entre le 15 mai et le 22 mars.

C’est le rejet de la politique d’austérité, qui suppose le paiement de la dette transmise par les banques et qui passe par des coupes budgétaires notamment dans l’éducation et la santé ;

C’est la dénonciation de la corruption de la classe politique « institutionnelle », on entend régulièrement dans les discours le terme PPSOE, pour associer le parti socialiste et la droite dans un même terme ;

C’est l’hostilité au principe même de parti politique, de hiérarchie et de verticalité, les deux mouvements prônent une démocratie directe (« democracia real ya » était l’un des slogans majeurs du mouvement du 15 mai) par la concertation en assemblée où chacun peut prendre la parole ;

C’est l’hostilité aux médias, accusés d’être sous l’influence du pouvoir et des partis politiques.

Toutefois, hors des médias locaux, les journaux espagnols n’ont pour ainsi dire pas évoqué la Marche de la Dignité à son départ des différentes villes d’Espagne.

C’est surtout l’arrivée qui a été remarquée. Mais là encore, les différents journaux télévisés ont tous ouvert longuement sur les violences ayant éclaté après la manifestation. Samedi, très rapidement après le dernier discours à la tribune, la dispersion de la manifestation a en effet débouché sur des violences, lorsque des manifestants cagoulés, dont certains se sont avérés être des policiers déguisés, ont lancé des projectiles sur les policiers anti émeutes postés sur la rue Genova, qui bloquaient l’accès au siège du Partido Popular.

Dans leur appartement du quartier populaire de Lavapiés, dans le centre de Madrid, Dani et Alicia, respectivement responsable des décors dans un théâtre madrilène et responsable administrative au chômage, enragent, face au ton neutre de la présentatrice, qui égrène le bilan des violences dans un long sujet de plus de trois minutes :

« Ils ne parlent même pas des millions de manifestants ».

S’ensuit un sujet rapide (environ une minute trente) sur la manifestation elle-même. Sur son smartphone, Daniel a eu accès aux chiffres des organisateurs, plus de deux millions. « Avant une entreprise faisait le décompte manuel des manifestants à partir de photos, mais le pouvoir s’est débrouillé pour la faire couler », maugrée-t-il.

Pour ce couple de madrilènes qui se sont rencontrés il y a trois ans dans le campement de la place Puerta del Sol, les médias sont inféodés au pouvoir. Un avis que les différentes manifestations du week-end ont régulièrement répété. Télévision, radio, presse écrite, le divorce est entamé entre les indignés et les médias. Même le quotidien de référence el Pais, de centre-gauche, les déçoit. « Ils sont de la gauche institutionnalisée », explique Alicia, qui ne tempère son jugement qu’au sujet d’el Diario. « Mais c’est un journal en ligne uniquement », regrette-elle. Mais la Marche de la Dignité est survenue dans un contexte particulier, dont elle n’est que la plus visible des manifestations.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 14:57

VERITE EN ESPAGNE MENSONGE EN FRANCE

La présentation de la liste Podemos dans l’état espagnol pour les élections européennes du 25 mai est radicalement contradictoire par rapport à la pratique quotidienne de l’extrême gauche française.

En effet, les trois principales composantes de la liste Podemos sont les indignés espagnols, le Front De Gauche espagnol (Izquierda Unida) et le NPA espagnol (Izquierda Anticapitalista).

Il y a en France depuis trois ans une dizaine d’indignés français, ils ont un violent discours « apolitique » comme ils disent, ils ne feraient pas de politique paraît il et ils appellent bien sûr au boycott des élections.

On ne voyait pratiquement jamais aucun militant du NPA dans les réunions, les rassemblements et les manifestations des indignés.

Une forte minorité du NPA passe la majorité de son temps à de grands discours contre le Front De Gauche et réciproquement, les sites nationaux des uns et des autres ignoraient superbement les listes unitaires locales FDG NPA aux élections municipales.

Par rapport à la question de l’Espagne, il y a un boycott presque total des médias socialistes français contre les manifestations des peuples d’Espagne et, à ce jour, les sites nationaux des organisations de l’extrême gauche française participent largement à ce boycott.

Les informations les plus élémentaires relatives aux manifestations des peuples d’Espagne passent donc par la lecture et la traduction des sites espagnols.

Je demande depuis des années un certain nombre de traductions aux militants franco espagnols, mais ils ne les font pas et j’utilise donc le logiciel de traduction automatique de google pour un certain nombre de traductions.

Même à l’intérieur de la quatrième internationale, les traductions de l’espagnol vers le français passent généralement par les site belges www.avanti4.be ou bien www.cadtm.org ou bien par le site suisse www.alencontre.org

Aux élections législatives de novembre 2011 en Espagne, il y avait déjà des alliances électorales entre des indignés espagnols et Izquierda Unida et l’élection d’au moins un militant du mouvement du 15 mai sous l’étiquette d’Izquierda Unida.

Je participais à une réunion politique en 2012 à Paris à laquelle participait un responsable du NPA, je parlais de ces candidatures communes des indignés espagnols et d’Izquierda Unida et je ne sais même pas si le responsable du NPA connaissait l’existence de cette situation à cette époque.

Il n’y a donc en même temps contradiction totale entre d’une part les pratiques unitaires de l’extrême gauche espagnole et d’autre part le sectarisme et les divisions de l’extrême gauche française et en même temps boycott total des médias français par rapport aux pratiques unitaires espagnoles.

Des militants parisiens annoncent la fondation récente d’un « Circulo Podemos Paris ». Cette association n’a à ce jour ni site internet ni blog électronique.

Ils annoncent en même temps la première apparition publique de ce « Circulo Podemos Paris » dans la manifestation syndicale parisienne du premier mai de cette année.

Le choix de la première apparition d’une liste pour les élections européennes dans une manifestation syndicale est déjà typiquement français et parisien, dans une situation dans laquelle l’appareil confédéral de la CGT présente ouvertement cette manifestation comme une manifestation unitaire entre la CGT et la CFDT, donc une manifestation de soutien au gouvernement socialiste français, à la Confédération Européenne des Syndicats et à la troïka européenne.

Bernard Fischer

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 14:32

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/210213/grandola-vila-morena-chant-de-resistance-portugais

« Grandola vila morena », chant de résistance portugais

Par Philippe Marlière

Vendredi 15 février 2013, à la tribune du parlement portugais, le premier ministre Pedro Passos Coelho répondait aux questions de l’opposition socialiste.

Ce fut d’abord un murmure, puis la mélodie s’affermit avant d’être reprise en chœur par une trentaine de personnes installées dans les travées réservées au public. Ces citoyens chantaient « Grandola vila morena ». La chanson fut diffusée sur les ondes de Rádio Renascença le 25 avril 1974 à minuit vingt.

Cette transmission signala le déclenchement de la révolution des œillets par le Mouvement des Forces Armées (MFA) commandé par les capitaines d’avril. A Lisbonne la semaine passée, des portugais ont repris ce chant révolutionnaire pour protester contre les politiques d’austérité sauvages qui saignent le pays depuis deux ans.

La fraîcheur révolutionnaire d’un chant

La présidente de la chambre demanda mollement le retour au calme, puis décida d’ajourner la séance pendant deux minutes afin de laisser les manifestants terminer les deux premières strophes de la chanson. Sage précaution, qui oserait interrompre le chant qui symbolise plus que tout autre la lutte contre le fascisme salazariste et le retour de la démocratie au Portugal ?

Passos Coelho, un homme de droite, mesura également la portée symbolique de l’acte, pendant ces deux longues minutes, il fit contre mauvaise fortune bon cœur, affichant un sourire amusé et compréhensif. Quand il reprit la parole, il estima que « d’interrompre de cette manière une séance de travail était du meilleur goût imaginable ». « Grandola vila morena » appartient à l’imaginaire de la nation portugaise. Ce chant parle de fraternité, d’amitié et d’égalité. Il affirme aussi que la souveraineté nationale est incarnée par le peuple et non par les élites politiques.

On comprend pourquoi un texte aux paroles en apparence anodines fut étiqueté chant « communiste » par le régime de Salazar et, bien entendu, interdit d’antenne. On perçoit aussi pourquoi cette chanson a conservé aujourd’hui sa fraîcheur révolutionnaire, dans le contexte d’un pays inféodé aux diktats néo libéraux de la troïka (commission européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International). Le message envoyé aux politiciens est clair, le Portugal doit recouvrir son indépendance nationale et abandonner les politiques économiques de la troïka qui ruinent le pays et son peuple.

José Manuel Cerqueira Afonso dos Santos, connu du public sous le nom de Zeca Afonso (1929-1987), est un auteur compositeur révéré au Portugal. Enseignant, écrivain et chanteur, il composa « Grandola vila morena » en 1971. Cette chanson figure sur l’album « cantigas de maio » (« chansons de mai », une cantiga est une poésie chantée), enregistré en France la même année. Il interpréta cette chanson pour la première fois en public à Saint Jacques de Compostelle en 1972.

En mai 1964, Zeca Afonso rejoint la société musicale de la fraternité ouvrière de Grândola.

Cette expérience sera une source d’inspiration pour la chanson qu’il rédigera quelques années après. Grândola est aujourd’hui une paisible bourgade en Alentejo, une région à deux heures de voiture au sud de Lisbonne, près de la côte ouest. Rien ne prédisposait cette petite ville populaire à devenir le thème de la chanson qui symbolise la révolution des œillets, si ce n’est que l’Alentejo est depuis toujours une terre de gauche. C’est dans cette région que sont issus des générations de communistes et les opposants de la première heure au salazarisme. Région pauvre, on y trouve encore une paysannerie rouge, qui vote pour le parti communiste et qui soutint les partis de la gauche maoïste, notamment l’Union Démocratique Populaire (UDP), dans la période post révolutionnaire de 1974 à 2005.

A partir de 1967, Zeca Afonso se radicalise et devient le compagnon de route du clandestin parti communiste et de la Ligue d’Unité et d’Action Révolutionnaire. Surveillé de près par la PIDE, la police politique du régime fasciste, son audience et sa réputation s’étoffent au Portugal et à l’étranger. Il participe au concert « la chanson portugaise de combat » à Paris en 1969.

Après la révolution du 25 avril, il sillonne le pays et soutient divers mouvements révolutionnaires au Portugal et à l’étranger. Il prête son concours à la campagne d’alphabétisation de l’armée populaire et redevient professeur d’histoire tout en continuant de donner des concerts.

L’homme de la révolution du 25 avril

Zeca Afonso est un ardent défenseur du PREC (Processus Révolutionnaire En Cours), avant que celui-ci ne s’embourbe dans les luttes intestines à gauche et ne soit confisqué par un Parti Socialiste carriériste et une droite revancharde. En 1976, il soutient la campagne présidentielle d’Otelo Saraiva de Carvalho, le militaire qui orchestra la révolution des œillets.

Considéré avant tout comme un artiste et un intellectuel, Zeca Afonso n’en demeure pas moins associé à l’histoire de la révolution du 25 avril, ce court moment de démocratie populaire et le théâtre de la dernière révolution progressiste dans la vieille Europe.

Chantée a capella, « Grandola vila morena » constitue une œuvre musicale rare, un chant authentiquement populaire qui porte un message politique mais qui n’est pas partisan. Il se différencie à ce titre de l’Internationale ou même du Chant des partisans. Le premier renvoie au mouvement ouvrier politisé, le second aux résistants. « Grandola vila morena » s’apparente davantage à Bella Ciao, à l’origine le chant des repiqueuses de riz travaillant dans les rizières de la plaine du Pô avant d’être repris et adapté par les partisans italiens.

« Grandola vila morena » est un chant populaire, car il relate la condition du peuple et ses aspirations en des termes généraux et simples. Ces caractéristiques expliquent pour une grande part la résilience de son succès auprès du peuple injustement traité, hier par le régime de l’Estado Novo, aujourd’hui par la troïka et ses serviteurs au gouvernement portugais.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 15:46

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/24/la-justice-russe-s-acharne-contre-l-opposant-alexei-navalny_4406501_3214.html

La justice russe s’acharne contre l’opposant Alexeï Navalny

Par Marie Jégo, correspondante du Monde à Moscou

La justice russe risque de ne pas sortir grandie du procès de l’opposant Alexeï Navalny, qui s’ouvre Jeudi 24 Avril 2014 à Moscou. Le blogueur anti corruption, accusé, ainsi que son frère Oleg, d’avoir escroqué la firme française de cosmétiques Yves Rocher, risque jusqu’à dix années de camp.

Les deux hommes sont soupçonnés d'avoir détourné vingt six millions de roubles (cinq cent quatre vingt douze mille euros), au préjudice d'Yves Rocher Vostok, filiale russe de la société.

Les faits se seraient produits en 2008, quand Oleg Navalny était le chef du département des envois à la poste russe. Yves Rocher avait alors signé, avec la société de transport contrôlée par les frères, un contrat décrit par la suite comme peu avantageux pour un service largement surfacturé, en un mot, une escroquerie.

L'affaire se corse en décembre 2012 lorsque Bruno Leproux, alors directeur français de la société Yves Rocher Vostok, dépose une plainte auprès du comité d'enquête. La célérité manifestée alors par les enquêteurs, prompts à interroger et à perquisitionner le domicile de l'opposant et ceux de ses proches, avait suscité les interrogations de la presse, convaincue que le zèle du comité d'enquête témoignait de l'intérêt ressenti en haut lieu pour cette plainte. La société française avait très certainement fait l'objet de pressions de la part des autorités, expliquait la blogosphère. Des appels à boycotter les produits Yves Rocher étaient apparus sur la Toile.

Manipulation grossière

Les frères s'étaient empressés de dénoncer une manipulation grossière. Certes, leur société avait bien signé un contrat avec Yves Rocher Vostok pour l'expédition de produits cosmétiques vers une région de la Russie centrale, mais il s'agissait d'une banale activité commerciale. La filiale de l'entreprise française y avait d'ailleurs mis fin au bout de trois ans, une fois le contrat arrivé à échéance, sans qu'il ait jamais été question d'escroquerie.

L'audience qui s'ouvre jeudi à Moscou fait resurgir le spectre de la condamnation de l'opposant à cinq ans de prison avec sursis dans l'affaire Kirovles, une autre accusation de filouterie cousue de fil blanc prononcée en juillet 2013. Avocat de formation, critique farouche de Vladimir Poutine, y compris sur l'Ukraine, ce qui est plutôt rare parmi les opposants russes, il est devenu populaire en dénonçant sur son blog la corruption qui fleurit dans l'entourage du maître du Kremlin.

Assigné à résidence

Adulé par l'homme de la rue qui le perçoit comme un justicier, l'opposant est aujourd'hui la bête noire de l'élite russe. Assigné à résidence, une peine prolongée de six mois, jeudi, il a l'interdiction d'utiliser internet et le téléphone tandis que son blog, jusque-là relayé par sa femme Marina, a été bloqué en mars par la censure.

Alors que l’étau se resserre autour de l’opposant, les procédés employés par la justice russe sont kafkaïens. Selon la loi russe, la défense n'a accès qu'au tout dernier moment au dossier instruit par le parquet (cent cinquante sept tomes pour l'affaire Yves Rocher contre Navalny). Le prévenu vient ainsi tout juste d'apprendre que la société Yves Rocher avait retiré sa plainte depuis belle lurette, ce qui n'empêchera pas le procès de se tenir.

« Le retrait est sans conséquences, les perquisitions et les interrogatoires ont continué comme si de rien n'était, tandis qu'Yves Rocher continue de garder le silence », déplore l'opposant sur son blog, défiant l'interdiction qui lui est imposée de communiquer avec l'extérieur.

L'écrivain Boris Akounine, qui séjourne souvent en France, s'en est ému. Dans une lettre ouverte adressée à la société Yves Rocher, il déplore que l'entreprise française ait « aidé le pouvoir poutinien à isoler Alexeï Navalny, l'homme qui combat la corruption étatique avec le plus d'audace et de constance. Si le plus célèbre opposant russe va en prison à cause de l'entreprise française la plus connue en Russie, le nom d'Yves Rocher sera synonyme de honte », prévient-il.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 15:19

http://www.lamarea.com/2014/04/24/amnistia-denuncia-el-uso-de-la-fuerza-excesivo-habitual-e-impune-de-la-policia-espanola

Amnesty International dénonce les abus « impunis et habituels » de la police espagnole

Jeudi 24 Avril 2014

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International (AI) a présenté jeudi un nouveau rapport qui documente l'utilisation « excessive » de la force par la police espagnole contre des manifestants pacifiques et déclare que le droit de manifester est « menacé ».

« Les policiers agissent en toute impunité, tandis que les manifestants et dirigeants des mouvements sociaux pacifiques souffrent d’un harcèlement constant et sont stigmatisés, battus et parfois arrêtés pour faire face à des accusations criminelles, à l'emprisonnement et à des amendes », a dénoncé Jezerca Tigani, directeur adjoint du Programme Europe et Asie centrale.

Le rapport intitulé « Espagne, le droit de manifester est menacé » s'ajoute à plusieurs documents que l'organisation a publié depuis le début des manifestations citoyennes en 2011.

En 2007, il y avait déjà un rapport d’Amnesty International sur le thème de l’impunité policière et des mauvais traitements intitulé « Espagne, ajoutant l’insulte à l’injure, deux ans d’impunité policière ». Depuis cette alerte de l’organisation, il y a peu de progrès.

Amnesty International note qu’il y a des cas de « passages à tabac, des arrestations, des poursuites et des amendes contre les manifestants ».

L'organisation a déclaré dans le rapport le témoignage de plusieurs personnes qui ont été agressées et même mutilées, comme c'est le cas d'Esther Quintana, qui a perdu un oeil suite à l'impact d'une balle en caoutchouc lors d'une manifestation à Barcelone en 2012, ou Consuelo Baudin, qui a failli perdre la vie au cours d'une manifestation à Madrid, la même année. Dans tous les cas, Amnesty International dénonce l'impunité et l'absence de réparation pour les victimes.

L'utilisation excessive de sanctions est une autre action dénoncée par l'organisation, des sanctions d’un montant total de trois cent mille euros seulement à Madrid.

« Il y a des sanctions administratives injustifiées contre les organisateurs et les participants aux manifestations, en plus de contrôles d’identité massifs », fait remarquer Virginia Alvarez, responsable de la Politique Intérieure d’Amnesty International en Espagne. La peine, dénonce-t-elle, qui intervient deux mois après la manifestation est difficile à défendre parce que la crédibilité est donnée à la police.

Compte tenu des cas documentés par Amnesty International, Anja Bienert, membre du programme de la Police et des Droits de l’Homme d’Amnesty International, a averti que « nous sommes sur une voie dangereuse, un cercle vicieux de l'escalade de la violence » dans des situations qui peuvent être répétées comme celles rencontrées en Grèce, en Turquie et en Ukraine.

Anja Bienert a critiqué la police et a recommandé aux forces de sécurité de ne pas perdre la « confiance et le respect » des citoyens par des actions disproportionnées. « Une manifestation qui se termine dans la violence est un échec de l'état » a-t-il rappelé.

Concernant les protocoles qui sont utilisés par les Unités d’Intervention Policières (UIP) actuellement dans les manifestations, Virginia Alvarez a dit que ni le gouvernement ni les syndicats de police ne lui ont remis un document de ce type. « Nous pensons qu'il n’existe pas », a-t-elle commenté.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 14:25

http://drapeaurouge.free.fr/grandola.html

Il était une heure du matin, le 25 avril 1974, quand la radio portugaise Radio Renascença diffusait une chanson interdite de José Afonso, « Grandola Vila Morena ». C’était le signal qu’attendait une poignée de jeunes capitaines pour faire marcher leurs soldats sur Lisbonne et le début de la révolution des oeillets.

Grândola, vila morena

Terra da fraternidade

O povo é quem mais ordena

Dentro de ti, ó cidade

Dentro de ti, ó cidade

O povo é quem mais ordena

Terra da fraternidade

Grândola, vila morena

Em cada esquina um amigo

Em cada rosto igualdade

Grândola, vila morena

Terra da fraternidade

Terra da fraternidade

Grândola, vila morena

Em cada rosto igualdade

O povo é quem mais ordena

À sombra duma azinheira

Que já não sabia a idade

Jurei ter por companheira

Grândola a tua vontade

Grândola a tua vontade

Jurei ter por companheira

À sombra duma azinheira

Que já não sabia a idade

Traduction française

Grandola ville brune

Terre de la fraternité

Le peuple est celui qui commande le plus

A l'intérieur de toi ville

A l'intérieur de toi ville

Le peuple est celui qui commande le plus

Terre de la fraternité

Grandola ville brune

Dans chaque coin un ami

Dans chaque visage un ami aussi

Grandola ville brune

Terre de la fraternité

Terre de la fraternité

Grandola ville brune

Dans chaque visage un ami aussi

Le peuple est celui qui commande le plus

A l'ombre d'un chêne

Dont je ne savais pas l'âge

Je t'ai juré comme compagne

Grandola à ta volonté

Grandola à ta volonté

Je t'ai juré comme compagne

A l'ombre d'un chêne

Dont je ne savais pas l'âge.

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 13:52

Vers une fin de la grève dans la vaste usine Yue Yuen en Chine (Reuters)

La plupart des quelque quarante mille ouvriers de l'usine géante de chaussures de Yue Yuen Industrial Holdings dans la métropole industrielle de Dongguan dans le sud de la Chine ont repris le travail après deux semaines de grève.

Des militants chinois ont présenté ce mouvement social comme l'une des grèves les plus importantes en Chine depuis le début du basculement vers une économie de marché à la fin des années 1970.

Yue Yuen, qui confectionne des vêtements et des chaussures de sport pour Nike, Adidas et d'autres marques internationales, rapporte que plus de quatre vingt pour cent de ses employés sur le site de Dongguan ont repris le travail.

Trois employés de cette usine avaient déclaré Vendredi 25 Avril 2014 que plus de la moitié des effectifs avaient repris le chemin des ateliers après avoir obtenu satisfaction sur leurs principales revendications.

Les ouvriers étaient en grève depuis le 14 avril. Ils se plaignaient que leur employeur ne versait pas ses cotisations aux assurances sociales et au fonds de prévoyance du logement dont ils sont censés bénéficier.

Un porte-parole du ministère du travail et de la sécurité sociale a déclaré vendredi à Pékin que Yue Yuen n'avait pas versé l'intégralité de ses cotisations sociales et que l'usine avait reçu l'ordre de rectifier la situation rapidement.

George Liu, directeur exécutif de Yue Yuen, a affirmé à Reuters que la société avait « toujours respecté » les lois et les réglementations.

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