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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 16:54
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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 15:39

 

http://www.alencontre.org/europe/espagne/espagne-le-22m-marches-de-la-convergence.html

http://m.publico.es/509809

 

Les marches de la convergence

 

Par Diego Cañamero (SAT), Teresa Rodríguez (Podemos) et Irene Montero (PAH)

 

« Du pain, du travail et un toit »

 

Autour de ces revendications, des centaines de milliers de personnes ont rempli les rues de Madrid Samedi 22 Mars 2014. Les Marches de la Dignité envoyèrent au gouvernement et aux élites économiques un message clair d’indignation et de colère contre les politiques d’austérité, les coupes, le chômage, la précarité du travail et les conséquences découlant de la priorité donnée au paiement de la dette publique avant celle ayant trait aux droits fondamentaux des citoyens. 

 

C’était l’une des manifestations au niveau de l’état espagnol parmi les plus importantes et nourries depuis le 15 mai 2011. Elle est parvenue à rassembler des organisations, des collectifs, des syndicats et de partis politiques de gauche. Bien que les marches aient commencé à émerger comme une protestation contre le niveau scandaleux du chômage qui frappe le pays, les revendications étaient tellement fondamentales qu’elles ne laissèrent aucun collectif indifférent. On peut mentionner le Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT), la plate-forme des personnes victime des hypothèques (PAH, c’est-à-dire contre les expulsions de logement), les retraités, les travailleurs de l’éducation et de la santé publique, des espagnols qui ont été contraints d’émigrer pour trouver du travail qu’ils ne peuvent obtenir en Espagne, les chômeurs de tous les coins du pays, des jeunes et des étudiants. Un nombre sans fin de figures s’est donné rendez-vous dans les rues de Madrid parce que « l’ennemi est le même, le gouvernement et les élites financières ».  

 

Diego Cañamero, porte-parole du SAT, Teresa Rodríguez, activiste sociale et candidate aux primaires de Podemos (plate-forme de ladite gauche radicale pour les élections européennes de mai 2014) et Irene Montero, activiste de la PAH analysent, pour Publico, l’importance de cette mobilisation pour relancer la lutte au niveau de l’état espagnol contre les politiques mises en place depuis le début de la crise.

 

Diego Canamero, porte parole du SAT

 

« Le peuple est en train de construire ses propres mécanismes pour se représenter lui-même » 

 

Diego Cañamero explique avec clarté, après s’être mis à la tête de la colonne andalouse qui arriva à Madrid en provenance de Cordoue, les raisons pour lesquelles son syndicat impulsa une mobilisation comme celle-ci, « l’Andalousie doit répondre. Elle a un niveau de chômage de trente sept pour cent, un chômage des jeunes de soixante sept pour cent et deux millions de pauvres. L’Andalousie devait se lever et cette marche est une preuve évidente de cette volonté. Six cent autobus sont venus. Ce n’est pas un hasard, c’est parce qu’il y a une grande indignation » affirme le syndicaliste, qui avertit que « les gens pleurent beaucoup dans le silence de leurs maisons, derrière la porte et ce chagrin s’est transformé en rébellion pour sortir dans la rue ». 

 

Mais Cañamero sait que sortir dans la rue n’est en soit pas suffisant. Pour obtenir ce « pain, travail et toit » qu’il revendique, il voit comme étant nécessaire « l’unité, de nouveaux repères et de nouveaux outils. La convergence est importante dans cette mobilisation. La société est à la recherche de nouvelles références et de nouveaux outils parce que les partis traditionnels sont devenus caducs. Le peuple est en train de construire ses propres mécanismes pour se représenter lui-même, avec unité à partir d’en bas et ceci est ce que nous essayons de construire, une orientation claire de l’économie pour le peuple et une démocratie pour le peuple ».

 

Il voit comme essentiel « de conserver l’unité de tout le monde pour dire au gouvernement qu’il doit s’en aller, qu’il ne représente plus les peuples de l’état espagnol, que le vote n’attribue pas un droit à commettre des abus. Le gouvernement s’est transformé en acteur de la maltraitance des gens et ceux qui maltraitent doivent être traînés en justice. Par conséquent, le peuple a la légitimité pour poursuivre ce gouvernement qui ne nous représente pas. Les sigles ne sont pas importants, ce qui est important c’est que le peuple soit uni dans la rue ».Il exige que les syndicats majoritaires (CCOO et UGT) s’interrogent sur « pourquoi les gens les ignorent ».     

 

C’est la raison pour laquelle les différentes colonnes et collectifs qui ont rejoint l’initiative ont l’intention de réfléchir à des actions jusqu’au Mardi 25 Mars 2014 à Madrid, malgré le déploiement policier qui accompagne la protestation. « On ne peut pas arrêter le peuple avec des policiers ni des matraques. On l’arrête avec la justice, la dignité et les droits ».

 

Teresa Rodriguez, activiste sociale et candidate aux primaires de Podemos

 

 « Le défi de Podemos sera de transformer les revendications du 22 mai en décrets-lois ».

 

Lors de la manifestation du 22 mars, Teresa Rodríguez, activiste marquante de la Marea Verde (mouvement social dans le domaine de l’éducation) en Andalousie et candidate aux primaires de l’initiative Podemos, s’accorde avec Cañamero sur la nécessité de nouveaux outils et références politiques pour « transformer en décrets-lois les revendications que nous voyons au sein de cette mobilisation. Ces marches sont aujourd’hui fondamentales, lorsqu’il y a un reflux de la mobilisation sociale. Il y a beaucoup de conflits isolés, mais il n’y a pas eu de mobilisation au niveau étatique et coordonnée depuis octobre 2013, avec la dernière grève dans l’éducation. Les marches peuvent ouvrir un nouveau cycle de mobilisations sur un plan général qui lient et stimulent les différents combats en les transformant en revendications communes et clairement en rupture avec l’ordre socio-économique dominant, tel que le non-paiement de la dette et le refus des politiques d’austérité et les attaques contre les droits. Quoi qu’il en soit, le processus des marches a provoqué des dynamiques de coordination entre des luttes, soit qui entretenaient déjà des relations, soit qui n’en avaient pas encore établi, des territoires qui ne se coordonnaient pas, Ainsi, il remplit le double objectif d’établir une coordination au niveau territorial et entre des secteurs centrés sur leur conflit particulier », assure-t-elle, pour mettre en valeur le caractère « massif »du soutien apporté aux conflits particuliers au cours des jours durant lesquels les colonnes marchèrent jusqu’à la capitale. « Elle est parvenue à engendrer cette appropriation des responsabilités au moyen d’occupations de succursales bancaires ou de libérations d’espaces ».  

 

Elle souligne également l’opportunité que représentent les Marches de la Dignité, non seulement pour signaler les problèmes existant, mais aussi pour « que les collectifs se rencontrent ici et s’organisent au niveau étatique. La Marea Verde (mouvement contre les coupes et la privatisation dans le secteur de l’éducation) a profité de cette date pour se rencontrer, se réunir et organiser les prochaines mobilisations, la même chose se passe avec d’autres collectifs comme les yayoflutas, les petits épargnants et les personnes touchées par les hypothèques. Il faut profiter de l’occasion pour rétablir la coordination au niveau étatique afin d’arrêter ce gouvernement. Voilà de quoi il s’agit ».  

 

Elle marche en direction de la Place de Colomb entre deux cortèges, celui de l’USTEA, un syndicat de l’éducation, et celui d’Izquierda Anticapitalista, l’organisation dans laquelle elle milite à Cádiz. Interrogée sur le nombre de personnes qui défilent avec l’autocollant de Podemos, Teresa Rodríguez se montre convaincue qu’ils « sont ici comme faisant partie de toutes les revendications qui ont été débattues au sein du programme et des revendications de Podemos, comme la lutte contre la dictature des marchés et la dettocratie, et qu’il existe une correspondance entre ce qui se revendique dans la rue de manière organisée et ce qui fait l’objet de lois dans les institutions. Le défi de Podemos sera peut-être de transformer en décrets-lois les revendications pour lesquelles nous sommes venus ici aujourd’hui. C’est ce que nous envisageons à l’heure faire un saut en direction des institutions ».

 

Irene Montero, activiste de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca

 

« Notre ennemi commun est composé des élites financières et des gouvernements qui sont à leur service ».  

 

Entre les affiches de « stop aux expulsions »qui remplissent le cortège de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), Irene Montero, activiste du collectif pour le droit au logement, explique l’importance des marches pour le mouvement dont elle est membre. « Il y a une relation évidente entre le chômage et les expulsions. Les gens qui ne peuvent pas payer leur hypothèque ou leur loyer ou les jeunes qui ne peuvent pas quitter la maison des parents, comme cela nous arrive à beaucoup, ont une relation directe avec le fait d’être au chômage ou chômeur de longue durée. Un problème qui affecte toutes les dimensions de la vie des gens et qui s’aggrave avec les politiques de coupes dans les secteurs sociaux », dit-elle.

 

« Une fois qu’un membre ou deux d’une famille se retrouvent au chômage, ils ne peuvent faire face au paiement de l’hypothèque et se trouvent non seulement face au problème de leur maison mais aussi à celui de l’alimentation, de l’éducation, de la santé. Il y a un rapport entre toutes ces dimensions. C’est pour cela que les différentes PAH se sont rassemblées à cette mobilisation, parce que ce qui est en jeu, ce sont la vie des gens », souligne-t-elle. Pour son collectif, « l’oligarchie financière de ce pays a décidé de continuer de s’enrichir sur le dos de la majorité sociale. En défense du droit à un logement digne, la PAH s’est jointe aux marches, mais aussi en défense des autres revendications qui touchent aux autres domaines de notre vie ainsi qu’à ceux qui sont affectés par les décisions de ces élites financières ». 

 

Montero souligne également l’importance de la convergence dans cette mobilisation. « Peu à peu nous prenons conscience de l’importance de la lutte dans les quartiers, les villes, les lieux de travail et d’étude autour de thèmes concrets comme la santé, l’éducation et le logement. Mais nous faisons aussi face à un problème commun qui nous unit, la perte de droits et l’impossibilité de vivre une vie digne », ajoute-t-elle. Ce qui est provoqué par « un ennemi commun, l’oligarchie financière et les gouvernements, autant du Parti Populaire que du PSOE, qui ont fait la démonstration de n’être rien d’autre qu’au service de cette dernière. C’est pour cela qu’en août 2011, ils réformèrent l’article cent trente cinq de la constitution pour nous obliger à payer la dette réalisée par ces entités financières au détriment des droits sociaux. Cette conscience du fait que l’ennemi est commun et que la problématique est commune sur le fond nous fait converger dans une grande mobilisation comme celle-ci et j’espère dans bien d’autres à l’avenir. Nous avons dit que les marches viendraient pour rester et nous continuons à le dire. Bien que nous devions partir, nous continuerons d’œuvrer jusqu’à ce que l’on puisse nous garantir par notre action tous les droits que le pouvoir veut nous nier ».  

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 02:11
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 10:56
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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 19:20

 

http://www.liberation.fr/economie/2014/03/28/ecosse-l-equation-de-la-liberte_991159

 

Ecosse, l’équation de la liberté

 

Par Nathalie Dubois, envoyée spéciale de Libération à Edimbourg et à Glasgow

 

Vendredi 28 Mars 2014

 

L’indépendance de la nation celte, qui sera soumise à référendum le 18 septembre 2014, repose sur un modèle économique viable, fondé sur la livre sterling. Sauf que Londres menace de ne pas partager sa monnaie, simple coup de bluff ?

Dominant toute la ville, l’Union Jack claque dans le vent, au faîte du château d’Edimbourg.

 

Bientôt, les nationalistes écossais espèrent hisser à sa place la croix de saint André, blanche sur fond azur, drapeau millénaire de la petite nation celte. Après trois siècles d’union avec l’Angleterre, la population est appelée le 18 septembre à un référendum historique, sur une seule, et pas si simple, question, « l’Ecosse doit-elle devenir un état indépendant ».

 

A deux cents jours du scrutin, la campagne s’est brutalement emballée. Mi février, deux scuds, tirés de Londres et Bruxelles, se sont abattus sur le projet séparatiste. Le premier à ouvrir le feu fut le chancelier de l’échiquier, George Osborne, en cas de divorce, a-t-il averti, les écossais devront renoncer à la livre sterling, car une devise « ne se partage pas comme une collection de CD ». Trois jours plus tard, c’est José Manuel Barroso, le président de la commission européenne, qui monte au front, en service commandé par David Cameron, il sera « extrêmement difficile, sinon impossible » pour le nouvel état d’être admis au sein de l’Union Européenne (UE), car il aurait peu de chances de recueillir l’unanimité des vingt huit pays membres, prétend Barroso. Après ces deux salves, le rockeur anglais David Bowie a encore échauffé les esprits en faisant lire un message, lors d’une remise de prix musicaux, « les écossais, restez avec nous ».

 

« Les écossais manquent de confiance en eux, mais s’il y a une chose qu’ils détestent, c’est bien qu’on leur dise quoi faire ! Le seul résultat de ces manœuvres d’intimidation a été de faire monter le oui dans les sondages », jubile Toni Giugliano. A vingt huit ans, ce fils d’immigrés italiens est l’une des étoiles montantes du Scottish National Party (SNP).

 

Candidat aux prochaines élections européennes, il est aussi l’un des animateurs hyper actifs de Yes Scotland, la plateforme dédiée à la campagne du oui. Pour Toni Giugliano, le choix de l’indépendance tient en deux questions, « voulons-nous être une petite nation pro-européenne qui défend la paix et la justice ou un grand pays qui fait une guerre tous les deux ou trois ans et menace de sortir de l’Union Européenne ? Voulons-nous être gouvernés par les banquiers de la City ou être libres de mener une politique conforme à nos valeurs sociales, à savoir la protection des plus faibles et la redistribution des richesses ».

 

Depuis la création du royaume de Grande-Bretagne en 1707, les écossais ont la désagréable impression de « coucher dans le lit d’un éléphant » en étant dirigés par le parlement de Londres, dont ils n’élisent que dix pour cent des membres. Assise sur les neuf dixièmes des réserves de gaz et de pétrole de la mer du Nord, l’Ecosse, avec ses cinq millions deux cent mille habitants, a beaucoup de cartes en mains pour être un havre de prospérité. Le quatorzième pays le plus riche de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), en termes de PIB par habitant, un peu derrière l’Allemagne, mais devant la France et le Royaume-Uni, clame le SNP. Même dans le camp unioniste, nul ne conteste que l’Ecosse soit viable. Les nationalistes disposent aussi d’un atout maître pour vendre l’indépendance, rompre avec Londres, c’est la promesse de limiter les ravages de l’ultra libéralisme, l’espoir d’endiguer la pauvreté et les inégalités qui ont explosé outre Manche. Thème forcément populaire auprès d’un électorat massivement ancré à gauche depuis le début des années 1960.

 

Le repoussoir Thatcher

 

Terre travailliste pure et dure, l’Ecosse a été amèrement déçue par la décennie Blair. La dérive droitière du New Labour a été sanctionnée, dans les urnes, par une constante poussée des nationalistes, jusqu’à leur triomphe surprise de 2011, cette année-là, le SNP rafle la majorité absolue des sièges au parlement écossais et renvoie le Labour dans l’opposition. Quant aux conservateurs, cela fait plus de quinze ans qu’ils ont quasiment disparu de l’échiquier politique local, sur cinquante neuf députés qu’envoie l’Ecosse à la chambre des communes, un seul appartient au parti de feu Margaret Thatcher.

 

« Si l’indépendance advient, elle devra beaucoup à ce que la dame de fer représente encore pour des générations d’écossais », estime Gerry Hassan, chercheur à l’université West of Scotland. L’image honnie de « Maggie » reste un puissant repoussoir pour ces soixante deux pour cent d’écossais qui se définissent comme membres de la classe ouvrière, et même au-delà, chez ceux de la classe moyenne.

 

Comme Hillary, quarante neuf ans, responsable du marketing dans une maison d’édition d’Edimbourg, « quand Thatcher est morte », sourit cette militante du oui, « j’ai mis la une de Libération sur ma page facebook. Vous aviez titré « la grande faucheuse ». Et c’était vraiment cela ». La politique d’austérité et de démantèlement du Welfare State (« Etat Providence ») poursuivie aujourd’hui par David Cameron n’a fait que raviver de douloureux souvenirs.

 

La Norvège ou le Monténégro ?

 

Envoyer paître ces tories et « tous les politiciens de Westminster » est tentant. Créer un nouveau pays est une autre paire de manches. Le cas serait sans précédent au sein de l’Union Européenne, dont les traités n’ont jamais rien prévu de tel. A quoi ressemblerait une Ecosse indépendante ? Le SNP rêve de la Norvège, le camp unioniste agite, lui, le cauchemar du Monténégro. Fruit d’une année de travail, un livre blanc sur « le futur de l’Ecosse », présenté fin novembre par le premier ministre nationaliste, Alex Salmond, détaille en six cent cinquante pages la marche vers un avenir radieux. Mais le chemin s’annonce semé d’embûches, car les trois grands partis de gouvernement, conservateur, travailliste et libéral-démocrate, ont décrété l’union sacrée afin que les écossais « restent dans la famille ».

 

Comme le dit bien le nom d’un blog d’universitaires de Dundee, l’indépendance soulève « cinq millions de questions ». Tandis que chaque camp se lance tous les jours de nouveaux chiffres à la tête, nombre d’électeurs ont du mal à savoir qui croire. Faute de certitudes, la prudence commande de s’en tenir au statu quo. Dans les derniers sondages, le non demeure en tête (autour de cinquante cinq pour cent contre quarante cinq pour cent de oui), mais son avance se réduit et il reste environ quinze pour cent d’indécis.

 

Cravate rose vif assortie à son teint, Owen Kelly est le très affable directeur de Scottish Financial Enterprise, la fédération patronale des services financiers. Après l’industrie du pétrole, ce secteur est le deuxième plus gros employeur d’Ecosse, cent mille emplois et huit pour cent du PNB. « Notre organisation ne prendra pas parti pour ou contre l’indépendance. La seule chose qui soit sûre, c’est que, le 18 septembre, on devra voter sans en connaître les conséquences. Or aucun business n’aime l’incertitude », souligne Kelly. « Il n’y a que des points d’interrogation, pour la bonne raison que personne n’est encore en mesure de répondre aux questions que soulèverait l’indépendance. Même la monnaie est une inconnue ».

 

Dans sa feuille de route, le premier ministre écossais, Alex Salmond, fixe au 24 mars 2016 le jour de proclamation de l’indépendance, en cas de victoire du oui, et une fois achevée la procédure de divorce avec Londres. « Mais dix-huit mois de négociation, c’est très optimiste », juge Owen Kelly, en pointant que les prochaines législatives britanniques ont lieu en mai 2015, « cela veut dire qu’il ne se passera rien durant les sept mois suivant le référendum. Aucun parti de Westminster ne voudra lâcher quoi que ce soit ». A la différence des catalans auxquels Madrid continue de refuser tout droit à l’auto détermination, les écossais l’ont obtenu en octobre 2012, grâce à l’accord d’Edimbourg signé entre Cameron et Salmond. L’Ecosse, qui dispose déjà d’un certain degré d’autonomie (avec son propre gouvernement et son parlement élu depuis 1999), est donc constitutionnellement autorisée à sortir du Royaume-Uni. Ce qui ne veut pas dire que Londres facilitera son envol.

 

La « Petite Bretagne » réserve la livre sterling

 

Au-dessus du berceau de la petite nation, le SNP a convoqué un quadrille de bonnes fées diplômées en économie, dont deux prix Nobel, l’écossais sir James Mirrlees et l’américain Joseph Stiglitz. Leur groupe de travail a conclu en 2013 que la meilleure solution serait de conserver la livre sterling, vu le degré d’imbrication et de convergence des deux économies.

 

Les deux pays s’associeraient dans une union monétaire régie par la banque d’Angleterre.

 

C’est ce scénario que viennent de torpiller les trois grands partis de Westminster en jurant que jamais la livre ne ferait partie des dépouilles du royaume.

 

«Voilà enfin la preuve que l’empereur est nu », exulte la pulpeuse et punchy Ruth Davidson, jeune leader du groupe conservateur au parlement écossais. Mais, dans l’hémicycle ce jour-là, son apostrophe laisse « l’empereur » Alex Salmond de marbre, « tout cela n’est que du bluff », balaie-t-il. Pas besoin de plan B, selon le premier ministre écossais, car le plan A se fera.

 

Les entreprises aimeraient en être aussi sûres. Professeur de management à l’université d’Edimbourg, Brad Mac Kay a interrogé plus d’une cinquantaine de grosses et moyennes sociétés, « la monnaie est leur souci numéro un, car elles réalisent souvent soixante dix à quatre vingt dix pour cent de leur chiffre d’affaires domestique dans le reste du Royaume-Uni. C’est un marché de cinquante huit millions de consommateurs, comparé à cinq millions deux cent mille habitants en Ecosse ». S’il y a deux devises, deux cadres fiscaux et réglementaires différents, les coûts de transaction s’alourdiront de plusieurs centaines de millions de livres.

 

Mais ce serait vrai des deux côtés de la frontière anglo écossaise, rétorque le SNP, convaincu que la « Petite Bretagne » finira par accepter de partager la livre sterling pour ne pas pénaliser ses propres entreprises.

 

« Un trou béant dans le marché unique »

 

Quand trois banques d’Edimbourg, la Bank of Scotland, la Clydesdale Bank et la Royal Bank of Scotland, ont toujours le droit séculaire d’émettre leurs propres billets, aller dire aux écossais que la livre ne leur appartient pas a été vécu comme une insulte.

 

Si Londres persistait à refuser l’union monétaire, rien n’interdirait d’ailleurs à Edimbourg d’utiliser la livre comme le Panamá a fait le choix du dollar ou le Monténégro celui de l’euro. Mais cette option ne paraît pas sérieuse à Owen Kelly, de la fédération patronale des services financiers, « les traités européens exigent de chaque état membre qu’il ait sa propre banque centrale. Utiliser la devise d’un pays étranger signifie qu’il n’y aurait pas de prêteur en dernier ressort et l’état écossais aurait du mal à emprunter à des taux d’intérêt faibles ».

 

Adopter l’euro faisait partie du programme du Scottish National Party, jusqu’à ce que la crise de la dette mette à genoux les voisins irlandais, en 2010. Plus question aujourd’hui de rallier la monnaie unique, ce serait la victoire assurée du non. En revanche, rester dans l’Union Européenne et en devenir le vingt-neuvième état membre constitue un argument de poids pour les séparatistes, maintenant que les conservateurs ont promis un référendum en 2017 sur le retrait, ou non, de l’Union Européenne. La violente europhobie qui règne outre Manche n’a pas cours en Ecosse. Le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), partisan de la sortie de l’Union Européenne, « ne peut espérer chez nous que six à sept pour cent des voix aux prochaines élections européennes », alors qu’il devrait en rafler quatre fois plus dans le reste du pays, note Toni Giugliano, candidat du Scottish National Party.

 

Mais la « transition en douceur » décrite dans le livre blanc du gouvernement écossais pourrait être plus chaotique. C’est en tout cas la menace agitée par Londres et Bruxelles, si vous divorcez, a lancé David Cameron aux écossais, vous ne serez pas automatiquement admis dans l’Union Européenne, « vous devrez faire la queue comme tout le monde », avec la Serbie, le Monténégro, la Turquie et la Macédoine. Là encore, l’orgueil des « scots » a été piqué au vif. « Ce serait absurde de nous expulser d’un club dont nous faisons partie depuis quarante ans. Qui voudrait créer un trou béant dans le marché unique » s’indigne Toni Giugliano. En affirmant récemment sur la BBC que l’adhésion de l’Ecosse serait quasiment « impossible », le président de la commission européenne a provoqué un véritable tollé.

 

D’autant qu’il se hasardait à un parallèle avec le Kosovo, dont l’Espagne a refusé de reconnaître l’indépendance. Douteuse comparaison entre un divorce à l’amiable dûment négocié par deux régions d’un état membre et la sécession d’un pan de la Serbie, non intégrée à l’Union Européenne.

 

La gratuité des universités

 

 « Les propos de José Manuel Barroso sont fort mal avisés et inexacts », tacle Jim Currie. Cet ancien directeur général de la commission de Bruxelles fait partie de la quinzaine d’experts que le parlement écossais a déjà auditionnés sur la question. « A ce jour, tous, sans exception, nous ont affirmé que l’Ecosse pourrait rester dans l’Union Européenne », insiste la députée Christina Mac Kelvie, convaincue qu’une « solution pragmatique sera trouvée », même si les traités ne prévoient rien en cas de scission d’un pays membre. « Au lieu de cette absurde comparaison avec le Kosovo, Barroso aurait pu rappeler que la RDA a intégré l’Union Européenne dès la réunification allemande, en 1990. Alors que cet ancien pays communiste ne remplissait pas les critères d’adhésion, l’Europe a reconnu qu’il s’agissait de circonstances exceptionnelles », pointe Iain Taylor. Cet avocat d’affaires, qui a notamment conseillé la Lituanie lors de sa sortie de l’URSS, a rejoint les rangs de Business for Scotland, un lobby indépendantiste déjà fort de mille cinq cent patrons de PME et professionnels du monde des affaires.

 

« Le camp du non a bâti toute sa campagne sur la peur. Notre message à nous s’adresse aux milliers de petits entrepreneurs écossais. Ici, quatre dix neuf pour cent des sociétés comptent moins de cinquante salariés. L’indépendance offre à l’Ecosse la chance de mener une politique économique sur mesure, vraiment adaptée aux besoins locaux », plaide Michelle Thomson, directrice de Business for Scotland. Pour faire simple, on peut résumer l’argumentaire nationaliste à deux idées clés, le Royaume-Uni escroque l’Ecosse et, en outre, il entrave son développement, par une politique centrée sur les intérêts de la City. Dans le livre blanc du gouvernement écossais, il est ainsi souligné que, depuis plus de trente ans, la région a généré davantage de recettes fiscales par tête d’habitant que le reste du pays. Mais Londres reçoit plus qu’il ne redistribue. Résultat, depuis 1977, la croissance annuelle écossaise a été inférieure d’un demi-point à celle d’autres petits pays européens dotés du même potentiel économique. Chiffres à l’appui, Edimbourg affirme que si l’Ecosse avait eu tous les leviers de décision en mains, « son PNB par habitant serait aujourd’hui supérieur de 3,8%, soit l’équivalent de neuf cent livres (près de mille cent euros) de plus par tête ».

 

Reprendre les leviers de commande est donc l’obsession du premier ministre, Alex Salmond.

 

Grâce à la « dévolution » depuis 1998 de certaines compétences au parlement régional, dont la santé, l’éducation, le logement et l’environnement, l’Ecosse se démarque déjà du reste du royaume. Sa fibre de gauche lui a permis de résister un peu au travail de sape de l’état providence et à la privatisation des services publics que mène Londres.

 

Parmi ses motifs de fierté, la gratuité des universités (au lieu de neuf mille livres par an en Angleterre), des médicaments, des soins à domicile et des transports pour les plus de soixante cinq ans.

 

Trop beau pour être vrai ?

 

Le Scottish National Party ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Si le oui l’emporte au référendum du 18 septembre, son programme a de quoi allécher bon nombre d’électeurs, notamment les familles, les classes populaires et les écologistes, des crèches gratuites pour les enfants de un à quatre ans, l’abolition de la très impopulaire bedroom tax (taxe sur les chambres vides) qui frappe les locataires de HLM, l’indexation du salaire minimum sur le coût de la vie, la renationalisation de la poste, le départ des sous-marins nucléaires britanniques basés dans l’estuaire de la Clyde, près de Glasgow, le développement de champs d’éoliennes offshore pour que cent pour cent de la production d’électricité provienne dès 2020 d’énergies renouvelables. Les entreprises ne sont pas oubliées, afin de rendre l’Ecosse encore plus attractive, le SNP promet un impôt sur les sociétés inférieur de trois points au taux en vigueur en Angleterre.

 

Trop beau pour être vrai ? Ce splendide manifeste indépendantiste a été accueilli avec un brin de scepticisme chez les syndicats. « Le gouvernement écossais court tous les lièvres à la fois. Il promet plus de justice sociale et moins d’impôts pour les sociétés.

 

Mais peut-on s’offrir le modèle suédois avec une fiscalité à l’américaine » s’interroge Dave Moxham, le numéro deux du Scottish Trade Union Congress, la confédération des syndicats écossais. Le livre blanc a bien sûr la réponse à cette question, compte tenu des vingt quatre milliards de barils de brut encore à récupérer en mer du Nord, l’Ecosse peut tabler sur de confortables revenus pétroliers pendant les trente prochaines années. Un calcul que le camp unioniste s’efforce aussi de démolir chaque fois qu’il en a l’occasion. Rien que l’an dernier, les rentrées fiscales dues au gaz et au pétrole ont ainsi chuté de quarante pour cent, tombant de dix à six milliards de livres, souligne Londres.

 

Avec le refus de partager la monnaie et la menace d’une exclusion de l’Union Européenne, la volatilité de la rente pétrolière est l’une des peurs que continuent d’attiser les adversaires de l’indépendance écossaise. Vu d’Edimbourg, une chose au moins est sûre, croulant sous mille cinq cent milliards de livres (plus de mille huit cent milliards d’euros) de dette publique, le Royaume-Uni est promis à cinq nouvelles années d’hyper austérité et de coupes dans les dépenses publiques. C’est George Osborne, le ministre conservateur des finances, qui l’a annoncé le 19 mars. Soit l’Ecosse devra se serrer la ceinture jusqu’en 2018 avec le reste du royaume, soit elle osera s’inventer un futur peut-être meilleur. C’est toute la beauté du pari du 18 septembre.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 18:36

 

La cour constitutionnelle de Turquie retoque Erdogan sur twitter (Reuters)

 

Le fait d'avoir bloqué l'accès à twitter viole la liberté d'expression et les droits de l'homme, a estimé Mercredi 2 Avril 2014 la cour constitutionnelle de Turquie.

 

L'autorité turque des télécommunications (TIB) a bloqué l'accès à twitter le 21 mars à la demande du premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui a dit vouloir « éradiquer » ce réseau social, ce à la suite de la mise en ligne de documents audio censés mettre au jour une affaire de corruption dans son entourage.

 

On ignore pour l'heure si l'arrêt de la cour constitutionnelle entraînera la levée du blocage de twitter.

 

La cour constitutionnelle a reçu plusieurs demandes de contestation du blocage de twitter, dont une émanant du parti laïque kémaliste CHP (parti républicain du peuple) et une autre d'un universitaire et juriste de renom.

 

« S'il y a quelqu'un qui pense qu'il y a un état de droit et des droits de l'homme dans ce pays, l'autorité TIB doit s'incliner devant le verdict de la cour constitutionnelle et lever l'interdiction imposée à twitter », a déclaré cet université, Kerem Altiparmak.

 

Recep Tayyip Erdogan et sa formation islamo-conservatrice AKP (parti de la justice et du développement) ont remporté haut la main les élections municipales du 30 mars, conservant des grandes villes comme Istanbul et la capitale Ankara. L'opposition conteste cependant certains résultats, comme celui de la capitale, où le scrutin a été serré.

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 18:23

 

Un gouvernement de seize ministres pour sortir de la crise (Reuters)

 

Manuel Valls et François Hollande ont dessiné un gouvernement « de combat » resserré composé de seize personnalités expérimentées, dont deux nouvelles figures seulement, avec un duo composé de Michel Sapin et d'Arnaud Montebourg pour piloter l'économie.

 

L'ancienne compagne du président François Hollande, Ségolène Royal, et le maire de Dijon, François Rebsamen, font leur entrée dans cette équipe annoncée Mercredi 2 Avril 2014, où la parité est respectée.

 

L'Elysée présente cette équipe comme « l'un des gouvernements les plus resserrés de la cinquième république, composé de personnalités ayant de l'expérience, certains bénéficiant d'une surface politique permettant de porter avec force leurs dossiers ».

 

Le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait vingt ministres de plein exercice et dix sept ministres délégués.

 

« C'est très rapide, très simple, très clair », a résumé François Hollande en quittant l'Elysée pour Bruxelles, où se tient un sommet européen, juste avant l'annonce du gouvernement.

 

Le premier conseil des ministres aura lieu vendredi à 10 heures. Les noms des secrétaires d'état appelés à compléter le dispositif ne seront annoncés que la semaine prochaine.

 

Le nouvel exécutif dévoilé par le secrétaire général de l'Elysée, Pierre René Lemas, qui reste finalement à son poste malgré des rumeurs de départ, fait la part belle aux proches du chef de l'état et à l'aile gauche du Parti Socialiste, qui profite du refus des verts de participer à l'aventure.

 

Arnaud Montebourg, chantre de la « démondialisation », se retrouve avec Michel Sapin aux commandes d'un ministère de l'économie bicéphale, signe de l'impatience d'un exécutif avide de résultats après la déroute subie aux élections municipales.

 

GAGES « D’EFFICACITÉ » À BERCY

 

Le ministère de l'économie, « remodelé et rationalisé, est un gage d'efficacité », assure un proche de François Hollande.

 

Nommé aux finances et aux comptes publics, c'est Michel Sapin qui sera chargé de négocier auprès de ses partenaires européens un éventuel délai pour la réduction des déficits au-delà de 2015, comme François Hollande l'a laissé entendre lundi.

 

A un poste qu'il a déjà occupé il y a vingt ans, il devra trouver un terrain d'entente avec Arnaud Montebourg, qui ne mâche ses mots à l'égard des « diktats » de l'Union Européenne.

 

Le « troisième homme » de la primaire socialiste de 2011 ajoute l'économie et le numérique à son précédent portefeuille du redressement productif.

 

Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian conservent leurs postes antérieurs, aux affaires étrangères et à la défense.

 

Le chef de la diplomatie, qui reste numéro deux du gouvernement, ajoute le « développement international » à son secteur afin de renforcer l'économie française à l'étranger, et récupère le commerce extérieur et le tourisme.

 

Ce dernier portefeuille sera confié à l'ancien ministre à l'économie numérique, Fleur Pellerin, qui devrait aussi récupérer les affaires européennes, selon une source gouvernementale.

 

Le ministère de l'intérieur est confié à Bernard Cazeneuve, qui quitte le budget après avoir mis la dernière main aux cinquante milliards d'euros d'économies qui doivent être annoncés dans les jours à venir pour réduire le déficit public.

 

Un choix de compromis pour ce poste stratégique, objet d'un différend entre François Hollande et Manuel Valls qui souhaitaient chacun y placer un proche.

 

François Rebsamen était le candidat du président, Jean-Jacques Urvoas celui du premier ministre.

 

Le sujet, qui pourrait augurer de crispations entre l'Elysée et Matignon, a sans doute été au menu de l'entretien de plus de deux heures entre François Hollande et Manuel Valls, mercredi matin à l'Elysée, juste avant l'annonce du gouvernement.

 

LE RETOUR DE ROYAL

 

Ségolène Royal, ancienne ministre et mère des enfants du président, fait son entrée à la tête d'un grand ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

 

Propulsée numéro trois du gouvernement, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle en 2007 s'occupera en l'absence des verts de ce secteur clé dont elle s'est déjà occupée il y a vingt ans et pour lequel elle s'est beaucoup investie.

 

On s'étonne d'ailleurs encore mercredi à l'Elysée que les écologistes aient refusé ce « ministère en or » pour cause d'incompatibilité avec la ligne « droitière » de Manuel Valls.

 

Ami de l'ancien couple Royal-Hollande, François Rebsamen est le seul membre du gouvernement à ne pas avoir d'expérience ministérielle. Le maire de Dijon, réélu dimanche, est nommé ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social.

 

Benoît Hamon, figure de l'aile gauche du Parti Socialiste, est promu à l'éducation nationale, l'enseignement supérieur et la recherche, en remplacement de Vincent Peillon, candidat aux élections européennes du 25 mai dont la réforme des rythmes scolaires a provoqué une levée de boucliers.

 

La promotion de l'ancien porte-parole du Parti Socialiste est un signe envoyé aux élus socialistes qui ont vu d'un mauvais oeil la nomination de Manuel Valls, jugé trop à droite.

 

Caution « jeunesse » du gouvernement, la trentenaire Najat Vallaud-Belkacem prend la tête d'un grand ministère des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports.

 

LE FOLL NOUVEAU PORTE-PAROLE

 

Stéphane Le Foll, qui reste à l'agriculture, lui succède au comme porte-parole du gouvernement.

 

Ce proche de François Hollande donnera un nouveau souffle à une fonction jugée essentielle après les problèmes de communication constatés sous le précédent gouvernement.

 

Confirmée au ministère de la justice, Christiane Taubira n'est pas sanctionnée pour ses maladresses liées à l'affaire des écoutes de l'ancien président Nicolas Sarkozy. La garde des sceaux doit maintenant mener à bien la réforme pour « une justice du vingt et unième siècle » qu'elle avait engagée, après avoir mené à bien la loi autorisant le mariage homosexuel.

 

Pas de changement non plus pour Marisol Touraine (affaires sociales), Aurélie Filippetti (culture) et Marylise Lebranchu (décentralisation, réforme de l'état et fonction publique)

 

Sylvia Pinel, proche du président du Parti Radical de Gauche Jean-Michel Baylet, succède à l'écologiste Cécile Duflot au logement. La guadeloupéenne George Pau-Langevin est promue à l’outre mer en remplacement de Victorin Lurel.  

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 19:51

 

Les Verts refusent de participer au nouveau gouvernement

 

PARIS (Reuters) - Le bureau exécutif d'Europe Ecologie Les Verts a refusé Mardi Premier Avril 2014 de participer au gouvernement de Manuel Valls à l'issue d'une journée d'intenses discussions au sein du parti écologiste, a annoncé EELV.

 

Cette décision a été prise lors d'un vote contre l'avis d'une majorité de parlementaires d’EELV.

 

Si un élu acceptait malgré tout d'accepter un ministère, « il serait exclu du parti », ont précisé des sources parlementaires.

 

La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, a indiqué dans un communiqué que les écologistes resteraient des « partenaires vigilants » et qu'ils soutiendraient le gouvernement chaque fois qu'il s'engagera sur le chemin du progrès.

 

« Les écologistes soutiendront sans faille le gouvernement à chaque fois qu’il s’engagera sur le chemin du progrès et de l’écologie, mais s’opposeront aux renoncements et quand l’écologie ne sera pas au rendez-vous », a-t-elle précisé.

 

La défection des alliés écologistes pourrait gêner le nouveau premier ministre, qui doit faire voter la confiance sur le pacte de stabilité à l'assemblée nationale fin avril et dont la majorité risque de devenir très juste.

 

Les ministres EELV du gouvernement Ayrault, Cécile Duflot (logement) et Pascal Canfin (développement) avaient annoncé dès lundi soir qu'ils ne participeraient pas au gouvernement du nouveau premier ministre pour cause de désaccords politiques.

 

Mais des parlementaires avaient fait entendre mardi matin une voix discordante, tandis qu'une délégation d'EELV était reçue par le nouveau premier ministre, qui a tenté de convaincre EELV de faire partie de son équipe.

 

Manuel Valls a notamment affirmé qu'un grand ministère de l'écologie pouvait leur échoir, selon une source.

 

« DES CHOIX PERSONNELS »

 

Le co-président du groupe EELV à l'assemblée nationale, François de Rugy, avait auparavant expliqué que des écologistes pourraient rejoindre le gouvernement sous certaines conditions.

 

« En politique, il y a des choix personnels, participer ou pas à un gouvernement, c'est aussi un choix personnel », avait-il ajouté.

 

Dès lors, une « très large » majorité de députés et de sénateurs écologistes était favorable à un maintien au gouvernement suite à des discussions jugées « intéressantes » avec Manuel Valls, indiquait à Reuters un membre du groupe à l'assemblée nationale.

 

Jean-Vincent Placé, président du groupe au sénat, Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et François de Rugy, co-présidents du groupe à l'assemblée nationale, avaient rencontré le premier ministre, à la demande de ce dernier.

 

En désaccord sur la ligne politique présumée du nouveau premier ministre, Cécile Duflot a refusé lundi soir la place de numéro deux dans le futur gouvernement, a déclaré sur France Inter son ancien collègue du développement Pascal Canfin.

 

« Nous aurions eu des responsabilités, des postes mais pas de possibilité d'agir vraiment comme nous l'entendrions sur la ligne politique », a-t-il expliqué.

 

Les deux ministres écologistes démissionnaires disent avoir vu dans l'intervention télévisée du président François Hollande, au lendemain d'une déroute historique de la gauche aux élections municipales, la confirmation d'un cap politique dont ils demandaient le changement.

 

« Il y a trop de désaccords avec la ligne politique qui a été celle incarnée jusqu’à présent par Manuel Valls soit pendant les primaires, soit depuis qu’il est au gouvernement. Je fais référence par exemple au fort débat sur les roms avec Cécile Duflot ou à l’opposition avec Christiane Taubira sur la réforme pénale », a dit par la suite Pascal Canfin sur BFM-TV.

 

Il a répété que si des responsables d'EELV se laissaient convaincre d'entrer dans le gouvernement de Manuel Valls, ils risqueraient une sanction de leur parti.

 

« Il peut y avoir des tentations individuelles, cela peut exister. Mais il y aura samedi un conseil fédéral qui remettra évidemment les choses dans l'ordre si cela était nécessaire », a ajouté Pascal Canfin.

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 17:48

 

L’armée chinoise ébranlée par un scandale de corruption

 

PEKIN (Reuters) - Un général chinois démis de ses fonctions pour corruption présumée est accusé d'avoir vendu des centaines de promotions à des officiers, ce qui pourrait constituer le plus grand scandale au sein de l'armée chinoise depuis une vingtaine d'années, a-t-on appris auprès de responsables politiques et militaires.

 

Le général Gu Junshan, cinquante sept ans, limogé en 2012 de son poste de responsable adjoint de la logistique au sein de l'Armée Populaire de Libération (APL), a été inculpé de corruption, de prise de pots-de-vin, de détournement de fonds publics et d'abus de pouvoir, a rapporté lundi soir l'agence Chine nouvelle, sans plus de détails. Il sera jugé par un tribunal militaire.

 

S'exprimant sous le sceau de l'anonymat, trois sources proches de la direction ou de l'armée chinoises ont rapporté que l'une des principales accusations portées contre Gu Junshan portait sur la vente de promotions.

 

« Gu a vendu des centaines de postes », a dit l'une de ces sources.

 

Tous les officiers promus au cours des dernières années n'ont pas versé de pots-de-vin mais « si un colonel ne pouvant prétendre à une promotion voulait devenir général, il devait payer jusqu'à trente millions de yuans » (trois millions cinq cent mille euros), a ajouté cette même source.

 

Les grades moins élevés étaient vendus pour plusieurs centaines de milliers de yuans, ont dit ces sources.

 

Pour les officiers promus par le biais de pots-de-vin, la corruption est perçue comme une forme de retour sur investissement. Ils peuvent ainsi louer des terrains militaires à des entreprises privées, vendre des plaques d'immatriculation militaires, occuper de manière indue des logements de l'armée ou percevoir des dessous de table lors des approvisionnements en nourriture ou en équipements.

 

PROTECTIONS

 

Les officiers qui ont versé de l'argent pour être promus ont été interrogés mais la direction du Parti Communiste Chinois (PCC) n'a toujours pas tranché leur sort car ils sont trop nombreux, a-t-on souligné de mêmes sources.

 

« Le moral est très bas. Beaucoup craignent des sanctions. Ceux qui sont compétents mais ignorés lors des promotions sont mécontents », a dit l'une de ces sources.

 

Le ministère de la défense n'a pas répondu aux demandes de réaction.

 

Gu Junshan est sous le coup d'une enquête pour corruption depuis son limogeage en 2012. Les poursuites ont été retardées car ce général bénéficiait de « protections » de la part de personnalités plus puissantes, ont dit les mêmes sources à Reuters.

 

Des sources ont déclaré en mars à Reuters qu'un autre ancien militaire de haut rang, Xu Caihou, était placé de fait en résidence surveillée tout en contribuant à l'enquête sur Gu Junshan, qui a été l'un de ses protégés.

 

Xu Caihou, soixante dix ans, a quitté son poste de vice-président de la commission centrale militaire en 2013 et le bureau politique du PCC, l'organe de décision du parti, en 2012.

 

« Gu a impliqué Xu Caihou » durant ses interrogatoires par les enquêteurs, a dit l'une des trois sources.

 

Reuters n'a pas été en mesure de joindre Gu Junshan ou Xu Caihou, qui souffre d'un cancer, et on ignore s'ils disposent d'avocats.

 

Depuis son accession à la tête du parti communiste à l'automne 2012, Xi Jinping a brandi la lutte contre la corruption comme l'une de ses priorités. Le président chinois a prévenu qu'il s'attaquerait aussi bien « aux mouches qu'aux tigres ».

 

L'affaire Gu Junshan pourrait dépasser en ampleur le scandale déclenché par la mise au jour à la fin des années 1990 d'un vaste réseau de trafiquants dans la ville côtière de Xiamen impliquant aussi bien des responsables de l'armée que de l'administration. Le chef de ce réseau, Lai Changxing, a été emprisonné à vie en 2012.

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 17:31

 

Le Front De Gauche votera contre le gouvernement Valls

 

PARIS (Reuters) - Les députés du Front De Gauche refuseront mardi prochain de voter la confiance au nouveau gouvernement dirigé par Manuel Valls, a annoncé Mardi Premier Avril 2014 leur président, le communiste André Chassaigne.

 

Le groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR), qui rassemble quinze députés du Parti Communiste Français, du Front De Gauche, des anciens députés du PCF et des divers gauche d'outre-mer, s'était abstenu en 2012 lors du vote de confiance après le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault.

 

Le groupe  du Parti Socialiste dispose à lui seul de la majorité absolue à l'assemblée nationale mais plusieurs députés de l'aile gauche du parti menacent de ne pas accorder leur confiance au nouveau premier ministre qu'ils qualifient de « droitier ».

 

Manuel Valls peut compter sur le soutien des radicaux de gauche, seize députés, et dans une moindre mesure sur celui des écologistes (dix sept députés).

 

« Je n'accorde pas une grande importance au choix du premier ministre », a déclaré André Chassaigne lors d'un point de presse. « L'important n'est pas dans le casting, il est dans la déclaration politique du président de la république ».

 

Or, pour lui, « l'orientation politique n'est pas nouvelle, c'est la continuité d'une dérive libérale. Bien sûr, nous voterons contre » la confiance, a-t-il dit.

 

Le déclaration de politique générale du nouveau chef de gouvernement devrait avoir lieu mardi prochain, jour du retour des députés après une pause de cinq semaines due aux élections municipales, et sera suivie d'un vote de confiance.

 

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