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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 18:59

 

http://www.avanti4.be/analyses/article/kurdes-de-syrie-nous-ne-voulons-pas-dresser-de

 

« Nous ne voulons pas dresser de nouvelles frontières »

 

Interview de Salih Muslim Muhammad par Thomas Schmidinger

 

Lundi 24 Février 2014

 

Salih Muslim partage la présidence du parti de l’union démocratique (Partiya Yekitîya Demokrat, PYD) avec Asya Abdullah. Le PYD est un parti frère du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) au Kurdistan de Syrie avec lequel il partage le même fond idéologique. Ce parti est la principale force au pouvoir dans les régions kurdes de Syrie et contrôle trois enclaves à majorité kurde depuis 2012. Dans cet entretien avec le politologue autrichien Thomas Schmidinger, Salih Muslim explique le projet actuel et futur d’autonomie des kurdes de Syrie.

 

Thomas Schmidinger. Je veux d’abord vous exprimer mes plus sincères condoléances pour la mort de votre fils Sherwan, qui a récemment été tué à l’âge de dix sept ans en luttant contre les groupes djihadistes.

 

Salih Muslim. Merci. Si nous nous battons pour la liberté, alors nous devons payer un prix. C’était mon prix, je devais le payer.

 

Thomas Schmidinger. Quel est le projet politique pour lequel votre fils est mort ? Quel est le combat de votre parti ?

 

Salih Muslim. Nous luttons pour une auto détermination démocratique du peuple kurde au sein de la Syrie, qui est un type particulier d’autonomie. Nous voulons des droits démocratiques et une reconnaissance constitutionnelle des kurdes. Nous ne voulons pas diviser la Syrie et nous ne voulons pas un état national kurde indépendant. Nous avons également présenté ce concept à l’organe national de coordination pour le changement démocratique (NBC) et les partis arabes sont d’accord avec nous sur ce point. Mais vous savez, rien n’est réglé maintenant et si vous parlez de l’autonomie chaque pays a différentes formes d’autonomies et de systèmes fédéraux. Elle est différente en Allemagne, en Suisse ou aux États-Unis. Il existe différents modèles et nous allons voir quel modèle serait le meilleur pour la Syrie. Nous voulons nous auto gouverner. Le nom n’est pas important, mais il doit être conforme aux droits de l’homme et à la démocratie. Mais nous sommes sûrs d’une chose. Nous ne voulons pas dresser de nouvelles frontières. Nous ne sommes pas des séparatistes. Nous ne voulons pas séparer le Kurdistan de la Syrie.

 

Thomas Schmidinger. Et les détails peuvent être négociés ?

 

Salih Muslim. Tout le reste peut être négocié. Nous avons réussi à instaurer notre autonomie depuis un peu plus d’un an maintenant et nous avons encore beaucoup de difficultés. Nous sommes sous la pression de beaucoup de forces différentes. Il y a également le problème que tout le monde dit que le PYD fait ceci et cela, mais nous ne gouvernons pas seuls.

 

Thomas Schmidinger. Ces problèmes sont très compréhensibles, mais, jusqu’à présent, il n’existe pas de structures démocratiquement légitimées dans la région kurde autonome. Il y aura-t-il des élections bientôt ?

 

Salih Muslim. Le PYD a seulement avancé une proposition d’autonomie. Nous ne voulons vraiment pas gouverner seuls et nous préparons des élections dans les zones qui sont sous notre contrôle. Nous voulons que les autres partis s’y joignent. En fait, les deux conseils kurdes, le conseil national kurde et le conseil populaire du Kurdistan occidental sont d’accord de faire de cette façon. Il ya un comité pour la préparation des élections et il a décidé de créer trois cantons électoraux et la loi électorale devrait être prête bientôt. Donc, nous espérons que nous pourrons bientôt voter.

 

Thomas Schmidinger. Ces derniers mois, il y a eu de lourds conflits entre votre parti et d’autres partis kurdes, en particulier le parti Azadi et le parti démocratique du Kurdistan de Syrie, le parti frère du parti au pouvoir au Kurdistan irakien. Est-ce que ces partis participent également à ces élections ?

 

Salih Muslim. Certains partis coopèrent avec nous, mais ce n’est pas le cas de ces deux partis, le parti Azadi et le parti démocratique du Kurdistan en Syrie. Ils sont invités à se présenter aux élections mais, jusqu’à présent, ils refusent de le faire. Ils nous attaquent et nous critiquent toujours. Ils disent que les milices du PYD font ceci et cela, mais ils ne comprennent pas que ce ne sont pas nos milices privées, ce sont des milices du peuple kurde.

 

Thomas Schmidinger. Vous ne pouvez pas nier le fait que votre parti a fondé ASIASH, les forces de sécurité, et les forces de défense du peuple (GPJ), qui sont une armée.

 

Salih Muslim. Non, je ne le nie pas. Bien sûr, notre parti a fondé ASIASH et les GPJ car nous nous sommes rendu compte qu’elles sont nécessaires. Mais cela ne signifie pas qu’ASIASH et les GPJ sont les forces armées de notre parti politique. Nous voulons une force armée unique des kurdes et nous refusons l’idée d’avoir des milices de partis.

 

Thomas Schmidinger. Je comprends l’idée que les partis ne devraient pas avoir des milices, mais le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a aussi une armée de guérilla.

 

Salih Muslim. Oui, mais nous ne sommes pas le PKK. C’est aussi l’un des malentendus au sujet du PYD. Nous sommes un parti indépendant.

 

Thomas Schmidinger. Je sais que vous n’êtes pas le PKK, mais vous êtes un parti frère du PKK, vous suivez la même idéologie et le même chef, Abdullah Öcalan.

 

Salih Muslim. Oui, vous pouvez nous appeler un parti frère du PKK, mais nous avons nos propres structures en Syrie qui ne sont pas les structures du PKK.

 

Thomas Schmidinger. En novembre dernier, vous avez officiellement déclaré l’autonomie des kurdes en Syrie. Comment le régime a-t-il réagi à ce sujet ?

 

Salih Muslim. Il y a eu des réactions différentes du côté du régime. Mais permettez-moi de parler aussi de l’opposition. Le régime et de nombreux secteurs de la prétendue opposition nous accusent tous à la fois d’être des séparatistes. Ils ne veulent pas de nous et refusent de nous donner notre droit à l’autonomie. Nous devons donc nous battre pour elle à la fois contre le régime et contre l’opposition armée.

 

Thomas Schmidinger. Tant que vous ne voulez pas vous séparer de la Syrie, vous aurez à traiter avec ceux qui règnent à Damas, que ce soit avec Assad ou avec quelqu’un de l’opposition qui pourrait gagner la guerre. Comment voulez-vous interagir avec eux ?

 

Salih Muslim. Dès le début de la révolution nous avons coordonné nos actions avec l’opposition laïque de gauche syrienne. Nous avons participé à l’organe national de coordination pour le changement démocratique (NBC) et nous voulons vraiment coopérer avec ces forces de l’opposition qui acceptent nos demandes, mais pas avec les islamistes et les autres forces anti démocratiques.

 

Thomas Schmidinger. Pourriez-vous imaginer qu’Assad reste au pouvoir ? Avec ses récents succès militaires et les derniers revirements occidentaux, cela pourrait survenir.

 

Salih Muslim. Nous avons toujours dit qu’Assad doit partir. C’est toujours notre position. Nous voulons une paix négociée, mais nous ne pouvons pas imaginer qu’il reste au pouvoir. Nous avons vraiment besoin d’une fin du régime et d’un nouveau départ démocratique. Mais ce n’est pas seulement la question individuelle d’Assad. Le problème n’est pas seulement la personne, mais surtout le régime. Il y a maintenant beaucoup d’alaouites qui craignent qu’ils pourraient devenir les victimes d’une vengeance si Assad quitte le pouvoir. C’est donc un problème beaucoup plus important désormais. Nous devons donc négocier pour arrêter l’effusion de sang et changer le système.

 

Thomas Schmidinger. L’idée d’une autonomie régionale kurde pourrait-elle être également un modèle pour les autres minorités en Syrie, par exemple pour les alaouites ?

 

Salih Muslim. Les alaouites sont un cas à part parce qu’ils sont religieux, ce n’est pas un groupe ethnique. Mais le modèle de l’autonomie kurde pourrait être un modèle pour l’ensemble du Moyen-Orient. Une autonomie décentralisée pourrait être un modèle pour nous tous.

 

Thomas Schmidinger. Il y a environ cinq cent mille personnes déplacées internes venant de toute la Syrie en ce moment en Rojava (le Kurdistan de Syrie). Quand je suis allé à Rojava l’hiver dernier la situation de ces personnes déplacées était vraiment mauvaise parce qu’elles ne recevaient pas l’aide des ONG internationales. Quelle est la situation actuelle de ces personnes déplacées des régions détruites par la guerre civile ?

 

Salih Muslim. Au moins, le manque de combustible de chauffage a été résolu. Les gens se réchauffent avec le diesel alors qu’il n’y en n’avait pas l’hiver dernier. Mais concernant la nourriture et d’autres fournitures importantes, la situation est encore très problématique. Elle est déjà difficile pour les personnes qui vivent dans nos régions et elle est encore plus difficile pour les réfugiés. Il n’y a toujours pas d’aide internationale pour tout le monde. Les grandes ONG ne sont pas présentes du tout et la croix rouge internationale est en coopération avec le croissant rouge syrien. Mais ce dernier est une organisation arabe qui collabore avec le régime et pas avec nous. Comme vous le savez, le régime ne s’est pas complètement retiré de Rojava. Il contrôle encore l’aéroport de Qamishli et si le croissant rouge syrien a quelque chose à offrir, ils travaillent avec les responsables du régime et pas avec nous.

 

Thomas Schmidinger. Il n’y a pas que l’aéroport de Qamishli qui est aux mains du régime. Au cours de ces derniers mois, la présence de régime dans la capitale de Rojava s’est renforcée. Le 14 novembre, les partisans du parti baath d’Assad manifestaient à Qamishli et criaient leur slogan « nous sacrifions notre sang et notre âme pour vous Bachar ». Les forces de sécurité du régime sont revenues. En novembre, elles ont arrêté le chanteur kurde Sharif Omari. Le 18 décembre cinq personnes et un chauffeur de taxi ont été arrêtés à Qamishli et le 26 décembre deux militants du mouvement de jeunesse kurde indépendant (TCK) ont également été arrêtés. Qui contrôle donc Rojava, les kurdes ou le régime ?

 

Salih Muslim. Comme je vous l’ai dit, le régime n’a jamais complètement disparu. La situation à Qamishli est très complexe. Non seulement l’aéroport est sous contrôle du régime, mais aussi certains quartiers arabes de la ville. Il y a une tribu arabe à Qamishli appelé Tai avec environ trente cinq mille membres qui tous soutiennent encore le régime et dans leurs parties de la ville, le régime est donc toujours présent. Nous ne contrôlons pas leurs districts. Cette manifestation du parti baath se déroulait dans leur quartier. Notre principal objectif est de prévenir les conflits ethniques. Nous croyons en la fraternité entre les peuples et nous ne voulons pas avoir de combats entre kurdes et arabes. Et parce que nous voulons ne pas nous battre avec toute la tribu Tai, la situation à Qamishli est compliqué. Nous voulons éviter une situation comme dans Sère Kaniye, où nous avons eu un affrontement armé dans la ville. Pour éviter cela, nous devons trouver une forme de coexistence avec les tribus arabes. La situation à al Hasaka est encore plus difficile. Nous contrôlons les quartiers kurdes tandis qu’une partie du quartier arabe est contrôlé par le régime et une autre partie par l’opposition islamiste. Dans une telle situation, nous ne pouvons que tenter d’empêcher la lutte à l’intérieur des villes.

 

Thomas Schmidinger. À Qamishli et dans la plupart des villes de l’est du Kurdistan syrien, il y a aussi beaucoup de syro araméens et chrétiens arméniens. Qui contrôle leurs quartiers ?

 

Salih Muslim. Les chrétiens sont de notre côté. Leurs quartiers sont contrôlés et défendus par nos troupes. Il y a aussi des chrétiens qui luttent avec nous. A Rojava, il n’y a certainement pas de conflit entre les kurdes musulmans et les chrétiens. Chrétiens et yézides, adeptes d’une religion kurde, ont peur de l’influence djihadiste. Ils préfèrent vivre sous contrôle kurde plutôt que sous celui les islamistes. Quels sont les autres partis kurdes ? Au cours des derniers mois d’autres groupes kurdes ont critiqué le PYD pour l’installation d’un régime autoritaire et l’ont accusé de coopérer avec Assad. Ce sont les mêmes accusations qui viennent de Turquie et des groupes islamistes. Je veux insister sur le fait qu’ASIASH et les GPJ ne sont pas les forces armées de notre parti, mais bien celle de l’autonomie kurde. Nos ennemis font toujours circuler des histoires selon lesquelles c’est la faute de notre parti si quelqu’un se fait arrêter. Mais ASIASH est la police de notre autonomie kurde et les tribunaux sont indépendants. Si un criminel est arrêté, ils accusent toujours le PYD de l’avoir kidnappé. Ce sont souvent des bobards racontés par les partis kurdes qui coopèrent avec la Turquie ou avec Massoud Barzani.

 

Thomas Schmidinger. Beaucoup de ces autres partis disent qu’ils n’osent plus manifester contre le PYD.

 

Salih Muslim. S’ils organisent une manifestation pacifique et s’ils donnent à ASIASH l’information à l’avance où ils veulent manifester, nous vous assurons qu’ils ont certainement le droit à des manifestations pacifiques.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 18:20

 

La fuite des chrétiens de Syrie vers la Turquie

 

MIDYAT, Turquie (Reuters) - Quand Louis Bandak a fui les violences en Syrie, il a trouvé refuge dans le pays que son grand-père avait dû abandonner il y a quatre vingt dix ans presque jour pour jour.

 

Louis Bandak et sa famille ont rejoint la cohorte, de plus en plus grande, de ces chrétiens qui ont traversé la frontière au nord pour rejoindre la Turquie et laisser derrière eux une guerre qui a déjà fait plus de cent quarante mille victimes.

 

« Même si je n'y étais jamais allé, je ne m'y sens pas étranger. Ici aussi, c'est chez moi », dit-il à l'entrée du monastère Mor Abrohom, un vestige du cinquième siècle, à une cinquantaine de kilomètres au nord du dernier village syrien.

 

La plupart des réfugiés chrétiens ont pris la direction du Liban ou de la Jordanie, des pays avec lesquels ils ont souvent une proximité linguistique et culturelle. Mais quelques milliers ont choisi la Turquie.

 

Pour beaucoup d'entre eux, il s'agit d'un retour aux lointaines origines, un siècle après l'exode de leurs ancêtres qui fuyaient alors le climat hostile dans la Turquie de la première guerre mondiale et de l'entre deux guerres.

 

Dans la mesure où l'ONU ne tient pas de comptabilité en fonction de la religion des uns et des autres, il est impossible de connaître le nombre exact de chrétiens réfugiés mais selon Mark Ohanian, des charités chrétiennes orthodoxes internationales, ils sont entre trois cent mille et cinq cent mille.

 

S'ils ont quitté leur maison, c'est en partie parce que la communauté chrétienne, considérée comme un soutien du pouvoir de Bachar al Assad, s'est sentie menacée par la rébellion.

 

Les chrétiens de Syrie, qui représentaient environ dix pour cent de la population du pays avant le conflit, se sont pourtant tenus à l'écart des affrontements entre des rebelles souvent sunnites d'un côté et, de l'autre, Bachar al Assad, qui appartient au clan alaouite, et ses alliés chiites.

 

TRANSIT VERS L'EUROPE

 

« Les chrétiens sont pris pour cible parce qu'ils sont vus comme des alliés d'al Assad, mais aussi parce qu'ils représentent une cible naturelle pour les fondamentalistes », explique l'historien William Dalrymple, spécialiste des communautés chrétiennes du Moyen Orient.

 

Jusqu'au déclenchement du conflit, la Syrie était un havre de paix relatif pour les chrétiens à l'image de ce que pouvait être l'ensemble du Moyen Orient, plus tolérant, il y a cinquante ans, selon William Dalrymple.

 

« Les chrétiens du Moyen Orient vivent leur période de déclin la plus spectaculaire, et c'est irréversible », ajoute-t-il, en soulignant que l'Irak a perdu près de soixante dix pour cent de sa population chrétienne depuis l'intervention américaine en 2003.

 

Louis Bandak a pris la décision de partir au printemps 2013, lorsque des combattants étrangers ont contrôlé ses papiers et l'ont accusé de collaboration avec l'état sur la seule foi de son nom à consonance non-musulmane.

 

« J'ai dit que j'étais un pauvre électricien, ils m'ont relâché. Je n'arrêtais pas de trembler, j'ai pensé à ce que deviendraient mes filles sans leur père », raconte-t-il.

 

« Nous en avons eu marre de la guerre. La prochaine fois que j'irai en Syrie, ce sera pour du tourisme », ajoute son épouse, Ninorta.

 

Quelques valises de vêtements et un disque dur plein de photos sous les bras, le couple et leurs filles ont atterri à Midyat où ils vivotent avec environ cinq cent autres syriens.

 

Désormais, ils attendent un visa pour l'Allemagne.

 

Louis Bandak est syriaque, l'une des églises catholiques orientales, qui rassemble environ cent quatre vingt mille fidèles.

 

Selon le président de la fondation syriaque orthodoxe d'Istanbul, Sait Susin, plus de cinq mille d'entre eux sont arrivés en Turquie puis, de là, sont partis en Europe, même si on ne peut pas connaître leur nombre exact compte tenu des conditions dans lesquelles ils transitent.

 

En attendant son éventuel visa, Louis Bandak doit faire avec les rudiments de turc que lui a enseignés son grand-père, Barsom, qui avait pris le chemin de la Syrie le 24 février 1924.

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 18:07

 

L’opposant russe Alexei Navalny placé en résidence surveillée

 

MOSCOU (Reuters) - Un tribunal de Moscou a ordonné Vendredi 28 Février 2014 le placement en résidence surveillée pour une période de deux mois d'Alexei Navalny l'un des plus sévères critiques du président Vladimir Poutine.

 

Navalny, qui était l'un des chefs de file de la contestation contre le kremlin en 2011 et en 2012, s'est également vu interdire l'utilisation d'internet et tout contact avec la presse.

 

La justice lui reproche d'avoir enfreint un jugement qui lui interdisait de quitter la capitale russe.

 

L'opposant, âgé de trente sept ans, a affirmé que ces sanctions étaient sans fondement et qu'elles ne visaient qu'à le réduire au silence.

 

« Je pense que ces nouvelles mesures sont des accusations montées de toutes pièces pour entraver mes activités politiques », a-t-il dit devant le tribunal.

 

Le blogueur et militant anti-corruption avait récemment critiqué le coût des jeux olympiques de Sotchi qu'il estimait à cinquante milliards de dollars.

 

Il a été condamné à une peine de cinq années de prison avec sursis pour vol, une condamnation qui devrait l'empêcher de se porter candidat à l'élection présidentielle en 2018.

 

Il est également poursuivi pour vol et blanchiment d'argent dans d'autres affaires qui doivent être jugées.

 

Les opposants à Vladimir Poutine estiment que le chef du kremlin tente de museler ses adversaires potentiels après avoir fait preuve de clémence en libérant l'ancien milliardaire Mikhaïl Khodorkovsky et deux chanteuses emprisonnées du groupe punk Pussy Riot juste avant le début des jeux de Sotchi.

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 17:52

 

Deux aéroports contrôlés par des hommes armés en Crimée

 

KIEV (Reuters) - Des hommes armés ont pris le contrôle de deux aéroports en Crimée, à Simféropol la capitale de la région autonome d'Ukraine et à Sébastopol le siège de la flotte russe en mer Noire, quelques heures après la prise du parlement régional par d'autres hommes armés pro-russes.

 

Le ministre ukrainien de l'intérieur, Arsen Avakov, a affirmé que l'aéroport militaire de Belbek à Sébastopol était sous le contrôle d'une unité de la marine russe et que celui de Simféropol était occupé par d'autres forces russes.

 

Le ministre a estimé que la tension s'accentuait en Crimée, seule région d'Ukraine où les russes sont majoritaires et centre d'opposition au nouveau pouvoir en place à Kiev depuis la destitution du président pro-russe Viktor Ianoukovitch samedi.

 

« Je considère que ce qui s'est passé est une invasion armée et une occupation en violation des accords et des règlements internationaux », a commenté Avakov sur sa page facebook, qualifiant ces opérations de « provocation » et appelant au dialogue.

 

Le président ukrainien par intérim a convoqué une réunion d'urgence des responsables des services de sécurité affirmant que l'armée russe était impliquée dans « l'escalade » des événements.

 

La flotte russe basée dans le port de Sébastopol a pour sa part affirmé vendredi matin n'avoir investi aucun aéroport, ni pris aucune autre mesure dans la ville, indique l'agence interfax.

 

« Aucune unité de la flotte de la mer Noire ne s'est avancée vers l'aéroport, sans parler d'en organiser le blocage », a dit un porte-parole de la flotte.

 

Il a toutefois reconnu que des « unités anti terroristes » avaient pris des mesures dans les zones où est basée la flotte et dans les casernes abritant les militaires et leurs familles.

 

Selon des témoins cités par l'agence de presse russe interfax, une cinquantaine d'hommes armés, vêtus d'uniformes ne portant aucun insigne permettant de les identifier, sont arrivés à l'aéroport de Simféropol à bord de trois camions et en ont pris le contrôle.

 

Par ailleurs, l'agence a indiqué qu'un groupe de personnes s'était dirigé vers l'aéroport, certaines portaient l'insigne de la marine russe.

 

Jeudi, toujours à Simféropol, des hommes armés s'étaient emparés du parlement régional, hissant le drapeau russe à son sommet.

 

« UN PAS EN ARRIÈRE »

 

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a fait savoir jeudi que son homologue russe Sergueï Lavrov lui avait promis au téléphone que Moscou n'interviendrait pas militairement chez son voisin ukrainien.

 

« Nous estimons que tout le monde doit faire un pas en arrière et éviter tout type de provocation », a déclaré John Kerry lors d'une conférence de presse avec son homologue Frank-Walter Steinmeier.

 

« Nous voulons voir dans les prochains jours que les choix que fait la Russie sont conformes à la déclaration que nous avons reçue aujourd'hui », a-t-il ajouté.

 

Le vice-président américain Joe Biden a appelé le nouveau premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk jeudi pour lui promettre le soutien des Etats-Unis.

 

La Crimée a été administrée comme une partie de la Russie au sein de l'union soviétique jusqu'à son transfert à l'Ukraine en 1954.

 

Viktor Ianoukovitch, toujours introuvable, a déclaré qu'il se considérait comme le seul président légitime de l'Ukraine. Le chef de l'état déchu a prévu de s'exprimer vendredi après-midi lors d'une conférence de presse à Rostov-sur-le-Don, ville du sud de la Russie.

 

Les hommes armés qui se sont emparés du parlement régional n'ont émis aucune revendication et la police n'a pas semblé traiter l'événement comme un incident majeur de sécurité.

 

Au contraire, elle a gardé le bâtiment de façon informelle tandis que des centaines de manifestants pro-russes s'y rassemblaient. Parmi eux, des personnes d'un certain âge ont dansé sur des enregistrements de musique martiale de l'époque soviétique.

 

Bien qu'assiégé, le parlement régional a même réussi à tenir une session à l'intérieur du bâtiment où il a voté pour organiser un référendum concernant la « souveraineté » de la Crimée le 25 mai, le jour où doit se tenir l'élection présidentielle destinée à élire un nouveau chef de l'état pour remplacer Viktor Ianoukovitch.

 

Aux premières heures de vendredi, les policiers assurant la garde du bâtiment n'ont pas voulu dire ce qu'il était advenu des hommes armés ni s'ils étaient encore là. Le drapeau russe était toujours sur le toit. Il y avait des lumières allumées aux fenêtres du dernier étage.

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 20:54

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article9111

http://www.ensemble-fdg.org/content/reaction-densemble-a-linterpellation-de-son-camarade-boualem-snaoui

 

Réaction d’Ensemble à l’interpellation de son camarade Boualem Snaoui

Jeudi 27 Février 2014

Suite à son interpellation devant son domicile, Mardi 25 Février 2014, en fin de matinée, notre camarade Boualem Snaoui, l’un des porte-parole départemental d’« Ensemble » emmené menotté, a passé près de huit heures en garde à vue dans les commissariats de Deuil-la-Barre et d’Enghien.

Pour quelle raison ?

Une plainte déposée par René Taieb, candidat du Parti Socialiste aux élections municipales de Montmagny, et responsable du CRIF pour le département, pour dégradation de ses affiches apposées sur les panneaux dédiés à la libre expression publique dans la commune de Montmagny et « incitation à la haine raciale ».

Or, Boualem Snaoui a apposé des affiches portant les mentions suivantes :

« En quatre ans, l’armée israélienne a détruit douze mille maisons palestiniennes et déraciné deux cent mille oliviers (rapport B’tselem, ONG israélienne). Quel rapport avec la sécurité d’Israël ? »

« Des centaines de jeunes israéliens sont emprisonnés parce qu’ils refusent de servir dans leur armée d’occupation. Exigeons leur libération ! »

« Stop à la collaboration avec le terrorisme d’état israélien »

« Pas un sou à l'occupant israélien »

Nous y voilà ! De la « haine raciale » cela ? René Taieb ne supporte pas qu’on critique l’état d’Israël. Il faut savoir que notre représentant départemental mis en cause, a eu récemment l’occasion de proposer à René Taieb un débat public et contradictoire sur, et que ce dernier s’est dérobé.

Le plus scandaleux dans cette histoire est cependant de constater qu’en dépit de son identification précise, à travers des tracts saisis dans son véhicule, en tant que personne investie publiquement, la police nationale, en liaison avec les services du procureur, ont procédé à son arrestation et mis en garde à vue, alors qu’il était facilement joignable par les services concernés.

Nous refusons le détournement des missions de la police nationale à des fins politiques.

Nous tenons à dénoncer et à condamner les méthodes d’humiliation et d’atteinte grave à la dignité des militants des droits humains, et rappeler notre attachement à la liberté d’expression et d’opinion, que l’état doit garantir à tous les citoyens.

La liberté d’affichage est constitutive d’une liberté fondamentale. C’est une pratique enracinée dans la tradition démocratique.

Déjà, les activistes pro état israélien avaient tenté d’intimider les militants de la cause palestinienne qui menaient la campagne « Boycott, Désinvestissement, Sanction » (à l’égard d’Israël). Mais le tribunal de Pontoise a prononcé la relaxe de ces sept militants le 20 décembre dernier. René Taieb devrait s’en souvenir.

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 20:29

 

Un nouveau gouvernement nommé en Ukraine, tensions en Crimée

 

KIEV/SIMFEROPOL Ukraine (Reuters) - La tension est montée d'un cran Jeudi 27 Février 2014 en Crimée, région autonome d'Ukraine, où des hommes armés se sont emparés du parlement et ont hissé le drapeau russe à son sommet, amenant les nouvelles autorités ukrainiennes à lancer un avertissement à Moscou.

 

A Kiev, le parlement national, la rada, a approuvé la composition du nouveau gouvernement d'union nationale et la nomination de l'ancien ministre de l'économie Arseni Iatseniouk au poste de premier ministre.

 

S'exprimant devant les élus, ce dernier a déclaré que le pays était « au bord de l'effondrement économique et politique », cinq jours après la destitution de l'ancien président Viktor Ianoukovitch, provoquée par plusieurs semaines de contestation populaire réprimée dans le sang par les forces anti émeutes.

 

Le nouveau premier ministre a accusé le gouvernement précédent d'avoir laissé les caisses de l'état vides, précisant que trente sept milliards de dollars reçus par l'Ukraine avaient disparu.

 

« Il n'y pas d'autre alternative pour nous que de prendre des mesures extrêmement impopulaires », a-t-il déclaré sous les applaudissements nourris des élus.

 

Jeudi, la devise ukrainienne, la hryvnia, est tombée à un nouveau plus bas record contre le dollar, les investisseurs restant à l'écart de l'Ukraine en raison de la situation politique incertaine du pays.

 

A Washington, le Fonds Monétaire International (FMI) a indiqué avoir reçu une demande d'aide officielle de l'Ukraine et a fait savoir qu'il enverrait une équipe sur place dans les prochains jours.

 

Selon le ministre ukrainien des Finances, Oleksander Chalpak, le pays a besoin de trente cinq milliards de dollars sur deux ans pour éviter la faillite. Le ministre espère une aide du FMI à hauteur d'au moins quinze milliards de dollars.

 

CRAINTES SUR L'INTÉGRITE TERRITORIALE

 

Lors de son discours devant les parlementaires, Arseni Iatseniouk a également fait part de ses craintes quant à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, des inquiétudes alimentées par la situation en Crimée où des hommes armés se sont emparés à l'aube du parlement régional, à Simféropol.

 

Les assaillants n'ont pas formulé de revendications ni fait savoir à quel bord ils appartenaient mais des témoins les ont entendus parler russe.

 

Selon un témoin cité par l'agence de presse interfax, une soixantaine de personnes se trouvaient à l'intérieur et beaucoup étaient armées. La prise du bâtiment au petit matin n'aurait pas fait de victimes.

 

Peu après l'assaut, le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a lancé un avertissement à la Russie.

 

« Je lance un appel au commandement militaire de la flotte russe en mer Noire. Tout mouvement, qui plus est de troupes armées, au-delà des limites du territoire de la base sera perçu comme une agression militaire », a-t-il dit devant la rada.

 

Le représentant russe à Kiev a quant à lui été convoqué au ministère ukrainien des affaires étrangères, qui a demandé des consultations immédiates à Moscou.

 

SIGNAUX CONTRADICTOIRES

 

Alimentant les spéculations sur une intervention russe en Ukraine, à l'image de l'invasion des forces russes en Géorgie en 2008, le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi aux forces armées de mener des manoeuvres militaires d'urgence dans l'ouest du pays afin de vérifier leur aptitude au combat.

 

Le kremlin a assuré que ces manoeuvres n'avaient aucun lien avec les évènements actuels en Ukraine.

 

La crainte de voir la situation s'embraser et provoquer la partition de l'Ukraine persistait jeudi en occident.

 

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a exhorté Moscou à ne rien faire qui puisse « exacerber la tension ou créer un malentendu ».

 

Le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a pour sa part qualifié la prise des bâtiments administratifs de Crimée de « jeu très dangereux et d'étape inquiétante car c'est comme cela que commencent les conflits ».

 

Le secrétaire d'état américain John Kerry a proposé à son homologue russe Sergueï Lavrov une coopération entre les Etats Unis et la Russie pour résoudre la crise ukrainienne.

 

Lors de leur entretien téléphonique, Lavrov a répété la nécessité de mettre en oeuvre l'accord de paix conclu entre Ianoukovitch et l'opposition sous médiation européenne.

 

Dans un communiqué repris par les agences de presse russes, Viktor Ianoukovitch, toujours introuvable, a déclaré qu'il se considérait comme le seul président légitime de l'Ukraine et a mis en garde contre un « débordement d'extrémisme ».

 

Le chef de l'état déchu a prévu de s'exprimer vendredi après-midi depuis Rostov-sur-le-Don, ville du sud de la Russie.

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 21:00

 

Iatseniouk désigné à la tête du gouvernement en Ukraine

 

KIEV (Reuters) - L'opposant et ancien ministre de l'économie Arseni Iatseniouk a été nommé Mercredi 26 Février 2014 à la tête du nouveau gouvernement d'union nationale en Ukraine après la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

 

Le conseil « euro maïdan », dont les membres se sont adressés à la foule réunie place de l'indépendance dans le centre de Kiev, a annoncé avoir choisi Iatseniouk pour diriger le gouvernement qui devra recevoir la confiance du parlement.

 

La présidence de l'état est assurée à titre temporaire par le nouveau président du parlement, Oleksander Tourtchinov, un proche d’Ioulia Timochenko.

 

Le conseil a également désigné plusieurs ministres à des postes stratégiques dont l'ancien ministre et ancien vice-président de la banque centrale, Oleksander Chlapak, qui est proposé pour le portefeuille des finances.

 

Le diplomate Andriy Dechtchitsia, ancien ambassadeur en Finlande et en Islande, est désigné pour les affaires étrangères.

 

Andriy Paroubi, chef de la force d'auto-défense de Kiev pendant les trois mois de la contestation qui ont conduit à la destitution d’Ianoukovitch, devient secrétaire du conseil de la défense et de la sécurité nationale.

 

« C'est un gouvernement qui est voué à ne travailler que trois ou quatre mois parce qu'il va devoir prendre des décisions impopulaires », a dit Tourtchinov.

 

Les tâches les plus urgentes concernent le risque de défaut de paiement, le rétablissement de la confiance des investisseurs et la garantie d'un retour à une vie normale pour le peuple ukrainien.

 

« Ils seront critiqués », a poursuivi Tourtchinov. « Ils seront traînés dans la boue. Mais ils doivent accomplir leur devoir et être immolés pour le salut de l'Ukraine », a-t-il ajouté.

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 19:00

 

http://www.lacommune.org/spip.php?article872

 

La révolution ukrainienne et ses adversaires

 

Lundi 24 Février 2014

 

Le peuple ukrainien vient de mettre à terre le régime de Ianoukovitch après trois mois de lutte contre le pouvoir tyrannique du poulain de Poutine, appuyé par les oligarques jusqu’au dernier moment (ou l’avant-dernier) et en dépit de toutes les manœuvres pour empêcher cette chute.

 

C’est le peuple ukrainien qui s’est mobilisé et montre qu’une fois de plus les lois de l’histoire sont plus fortes que tous les appareils bureaucratiques. Certes, d’aucuns objecteront qu’il y a une profonde coupure entre l’ouest et l’est de l’Ukraine, le premier nationaliste, le second pro-russe. Les choses ne sont pas si schématiques, loin de là.

 

Spécificités de l’Ukraine, quelques rappels historiques

 

L’origine du terme même d’Ukraine désigne « nos confins », expression employée par les impérialistes russes des siècles passés pour désigner les marges de l’empire. Le peuple d’Ukraine n’a pratiquement jamais connu d’état indépendant si on excepte le duché de Kiev au haut moyen-âge et le court épisode révolutionnaire entre 1919 et 1920 récupéré par les réactionnaires de l’armée blanche. Les ukrainiens ont été divisés tantôt sous hégémonie polonaise (seizième siècle) tantôt russe, tantôt autrichienne, ou dans ces deux situations à la fois. La polonisation des dignitaires ukrainiens visait à faire perdre au peuple l’usage de sa langue puis lorsque la Pologne orientale a basculé dans l’empire russe à la fin du dix huitième siècle, le tsar jouait la carte des paysans ukrainiens contre les aristocrates fonciers polonais pour son plus grand profit. Seules la Ruthénie subcarpathique et la Galicie, sous la domination des Habsbourg, ont pu bénéficier de l’autorisation administrative de parler ukrainien et d’employer la langue ukrainienne dans certains documents.

 

En 1921, l’Ukraine entière (sauf la Ruthénie intégrée à la Tchécoslovaquie naissante) est soviétique. Staline y applique dans les années qui suivent la mort de Lénine sa pratique en matière de droit des nationalités, chauvinisme grand-russe et extermination de trois à quatre millions d’ukrainiens lors de la grande famine entre 1932 et 1933 (Holodomor) planifiée par le « petit père des peuples ». Dès lors, à l’intérieur même de l’Ukraine se développe un sentiment de rejet du stalinisme, malheureusement et frauduleusement assimilé au communisme, et une résurgence du nationalisme qui va conduire certains ukrainiens, mais certains seulement à collaborer avec l’agresseur nazi en 1941 qui leur fait miroiter un état ukrainien indépendant.

 

Et là, chez les contemporains, des assimilations et amalgames faciles ont fleuri, les ukrainiens seraient antisémites et fascistes dès lors qu’ils sont nationalistes. C’est oublier un peu vite, volontairement pour certains, que l’armée rouge dressée contre les nazis était assez largement composée d’ukrainiens et de biélorusses, c’est à dire des habitants de la partie de l’URSS occupée par les nazis, soit cinq à six pour cent du territoire soviétique. Et que ce sont des troupes ukrainiennes de cette armée rouge qui ont libéré Auschwitz le 27 janvier 1945.

 

Bien sûr il y a des fascistes en Ukraine, ( mais où n’y en a-t-il pas ?) mais leur nombre est très délibérément surévalué, en particulier par Poutine et par les gouvernements occidentaux, chacun cautionnant l’usurpation de l’héroïsme des peuples de l’URSS au profit de « Moscou », c’est à dire en fait du chauvinisme grand -russe (un peu comme la lutte anti nazie en Yougoslavie est attribuée aux seuls serbes). L’Ukraine est composite parce que non seulement il y a eu arrivée massive de russes dans les districts métallurgiques et miniers du Donbass, mais parce que la Crimée entièrement russophone, a été attribuée par Khrouchtchev à l’Ukraine alors qu’elle était russe de très longue date. Dès lors et compte-tenu de l’influence très forte du « grand voisin russe », chaque partie du territoire ukrainien est comme une terre irrédente et la position géographique de l’Ukraine, aux confins de la Russie et du reste de l’Europe la prédispose aux conflits les plus violents (guerre civile entre 1918 et 1921, combats entre 1941 et 1944).

 

Les masses et leurs prétendus représentants

 

Aspirer aux libertés démocratiques dans un état spécifiquement ukrainien tout en garantissant l’emploi et des salaires décents, voilà qui motive l’immense majorité des ukrainiens, russophones, ou pas. Ceci ne peut aller que contre les intérêts de Poutine, cette décalcomanie du despote oriental décrit par Marx. Poutine veut une Russie dominatrice, avec main basse sur « l’étranger proche comme au bon vieux temps », et ces théoriciens nationalistes grand-russes veulent constituer un état eurasien anti occidental (mais surtout pas anti capitaliste) et fortement teinté d’idéologies racistes anti-caucasiennes et anti-homosexuelles, ce que certains appellent « national bolchévisme », bien que rien de bolchévique ne figure dans ce programme.

 

Le discours poutinien sur les « nazis d’Ukraine » fait litière des professions de foi anti sémites de ses sbires comme Kiselyov, l’homme qui a déclaré aussi qu’il fallait « brûler le corps des homos morts dans les accidents de la route » et autres perles du même acabit.

 

Poutine est réputé aussi admirateur d’Ivan Iline, chantre très réactionnaire d’une dictature nationaliste russe (au début du vingtième siècle). Accuser son ennemi de nazisme quand on est soi-même entouré d’anti sémites vaut son pesant de cacahuètes.

 

L’ennemi pour Poutine, ce n’est pas la fraction d’extrême-droite ukrainienne de Pravy Sektor ou de Svoboda qui s’est mêlée avec quelques centaines de gros bras aux manifestants de Maïdan, c’est le peuple ukrainien lui-même. Quant aux impérialistes occidentaux, leurs yeux doux pour l’Ukraine ne signifient rien d’autre que d’appliquer à ce « partenaire » spécial les mêmes méthodes cauchemardesques du FMI que la potion qu’ils veulent faire avaler au peuple grec.

 

En effet, il suffit de lire la presse occidentale aux ordres pour y voir que « les bassins industriels d’Ukraine sont obsolètes » et qu’il va bien falloir en fermer la plus grande partie.

 

En somme ils proposent aux travailleurs ukrainiens le sort de ceux de Florange. Et la défiance des métallos et mineurs de Donetsk tient aussi à cela, ce qui n’en fait pas pour autant ni des admirateurs de Poutine ni d’Ianoukovitch.

 

Les partis officiels d’opposition sont tous favorables à l’économie de marché, les nationalistes fascisants de Pravy Sektor et Svoboda de manière plus nationale, les suppôts de Ioula Timochenko et ceux de Vitaly Klitschko de manière plus mondialisée (et même « merkelisée » pour ce dernier). Qu’ils aient eu de l’influence sur les manifestants de Maïdan certes, certes, mais ceux-ci viennent de les huer pour avoir cautionné le calendrier proposé par les bons offices de Fabius et consorts, à savoir le maintien d’Ianoukovitch jusqu’en décembre et le retour à la constitution de 2004 sous quarante huit heures.

Tout l’édifice de sauvegarde de l’Etat policier vient de voler en éclats car justement les manifestants ne se sont pas laissé abuser par la camelote pro occidentale et qu’ils occupent les édifices gouvernementaux y compris le « palais d’hiver » d’Ianoukovitch visité par le peuple comme celui de Nicolas II en février 1917 (une autre ambiance que les journées du patrimoine à l’élysée).

 

Et à Lviv et dans tout l’ouest, c’est une occupation sans faille des bâtiments officiels, y compris casernes de l’armée et de la police, celles-ci se ralliant au « pouvoir de la rue » (à transmettre à nos pantins de Paris et au petit ministre de l’intérieur pour qui « ce n’est pas à la rue de gouverner »).

 

Une authentique révolution en marche

 

Rien n’est réglé, tout commence. Oui, il y a une menace très sérieuse de division de l’Ukraine avec un est russophone et adossé à la Russie, c’est en Crimée qu’Ianoukovitch s’est réfugié (dernière nouvelle, il semble que le dictateur et toutou de Poutine rejoigne sa niche en Russie, protégé par les navires de guerre de l’ancien agent du KGB) et la partition peut être une carte dans le jeu de Poutine. Que les occidentaux manipulent les dirigeants de l’opposition officielle, certes. Mais ceci n’enlève rien aux qualités de la révolution et il est ridicule de voir derrière celle-ci « la main des occidentaux », aussi ridicule que le ministre de l’intérieur Raymond Marcellin qui voyait dans la grève de mai et de juin 1968 la main de la « tricontinentale » et de Cuba.

 

Vouloir focaliser l’attention des masses d’ici sur l’aspect manipulateur de Washington et de Paris ou sur le fascisme ukrainien, sans piper mot sur la position et les manœuvres de Poutine (le même qui œuvre au maintien d’Assad le boucher en Syrie), c’est ne pas comprendre la complexité et en même temps la simplicité d’une explosion révolutionnaire dans laquelle aspirations nationales, aspirations démocratiques et défense des acquis sociaux sont étroitement imbriqués.

 

Et il est déplorable que la direction d’un parti comme le NPA qui se veut d’avant-garde et anticapitaliste ne soit pas en mesure d’évaluer la situation réelle, à savoir la combinaison sous nos yeux de la révolution et de la contre-révolution et tombe lamentablement dans tous les clichés et pièges des médias et des ennemis jurés des peuples en mouvement, dont les dirigeants du Front De Gauche. (« Le jeu trouble du gouvernement corrompu ukrainien dépassé par la situation et la violence incontrôlée de groupes extrémistes néo-nazis qui débordent les manifestants pacifiques, légitimes » (Alexis Corbière, Mercredi 19 février 2014. En d’autres termes, les massacres sont la faute des masses manipulées par l’extrême-droite).

 

Comment ne pas être à même de savoir distinguer, dans ces événements, entre le mouvement réel, profond des masses pour leur liberté et leur émancipation sociale et par ailleurs, les actuels dirigeants de ce mouvement, qui tentent de le chevaucher pour mieux l’étouffer ?

 

Comment ne pas comprendre la dynamique propre de ce processus révolutionnaire qui, comme tout processus révolutionnaire, est confronté aux contradictions et aux ennemis à l’intérieur et à l’extérieur du mouvement ?

 

Quel aveuglement que ce communiqué national du NPA pour qui « l’extrême droite dévoie la révolte populaire ». Quel vision pessimiste et fausse de la situation. Notons que les masses ukrainiennes, qui viennent de jeter dehors le dictateur et ses séides corrompus jusqu’ à la moelle se sont chargées de démentir ce communiqué, et de belle manière. Et la contre-révolution, c’est autant Poutine qu’Obama, Merkel et Hollande ou l’extrême-droite, qu’on se le dise. Et le peuple ukrainien n’est pas tombé dans une impasse, les derniers évènements viennent de le montrer.

 

En Ukraine, tout commence, tout est possible. Vive la classe ouvrière d’Ukraine, Vive le peuple ukrainien ! Vive sa révolution !

 

Paul Rauschert ; Jean-Paul Cros ; Pedro Carrasquedo, (Comité Politique National du NPA) ; Francis Charpentier ; Daniel Petri ; Wladimir Susanj, (Comité Politique National du NPA) ; Isabelle Foucher, militants du courant anticapitalisme et révolution du NPA

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 19:24

 

http://12avril2014.fr/post/2014/02/25/En-attendant-le-12-avril%2C-le-18-mars-est-unitaire

http://www.cgt.fr/Appel-a-une-mobilisation-massive.html

 

Déclaration intersyndicale

Appel à une mobilisation massive Mardi 18 Mars 2014

Déclaration des organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires se sont rencontrées Vendredi 21 Février 2014.

Face à la situation sociale vécue par les salariés du privé et du public, les privés d’emploi et les retraités de notre pays, elles décident de faire du Mardi 18 Mars 2014 une journée inter professionnelle de mobilisation massive. Elles les appellent à prendre toute leur place dans cette journée d’action tant sur leur lieu de travail que dans les territoires.

Elles invitent à rechercher l’unité d’action la plus large pour exiger des mesures urgentes en faveur des salaires, de l’emploi, de la protection sociale et du service public.

La stagnation du SMIC et le gel du point d’indice des fonctionnaires sont intolérables et handicapent gravement la relance économique. L’augmentation des salaires dans le public comme dans le privé est donc une priorité.

Les entreprises reçoivent plus de cent soixante douze milliards d’aides publiques sous la forme d’allègements ou d’exonérations fiscales et sociales, sans aucune conditionnalité ni évaluation de l’efficacité de ces aides en matière d’emploi et d’investissements, et sans contrôle. L’ensemble de ces aides doit être remis à plat et évalué économiquement et socialement.

La relance de l’emploi passe par un plan socialement utile, d’investissements industriels, de sécurisation de l’emploi pour les salariés, de création d’emplois de qualité, de relance du pouvoir d’achat et de développement des services publics.

Nos organisations considèrent que les annonces liées au « pacte de responsabilité », et en particulier les cinquante milliards d’euros d’économies programmées, répondent d’une logique inacceptable d’austérité et attaquent inévitablement le financement des services publics, de la protection sociale et de la solidarité nationale alors que les besoins sociaux augmentent.

Nos organisations réaffirment que la protection sociale est un droit universel. Celle-ci est partie intégrante du salaire socialisé.

Supprimer la cotisation des entreprises à la branche famille conduit de fait à le diminuer.

Elles s’opposent au transfert du financement de la branche famille des entreprises vers la fiscalité des ménages (y compris par la fiscalité locale). Elles réaffirment leur attachement aux droits familiaux financés par la branche famille de la sécurité sociale.

C’est un des éléments qui concourt à l’égalité entre les femmes et les hommes en favorisant l’accès au travail des femmes.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires appellent l’ensemble des salariés, chômeurs et retraités à se mobiliser et à participer massivement aux actions inter professionnelles de manifestations, rassemblements et grèves du Mardi 18 Mars 2014.

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 19:07

 

L’opposant russe Alexeï Navalny condamné à une semaine de prison

 

MOSCOU (Reuters) - L'opposant russe Alexeï Navalny a été condamné Mardi 25 Février 2014 à une peine de sept jours de prison pour avoir résisté à une arrestation lors d'une manifestation, la veille, devant un tribunal de Moscou.

 

La police anti-émeute avait arrêté en même temps que lui des centaines de personnes qui protestaient contre la condamnation de huit autres opposants à des peines de plusieurs années, « une parodie de justice » selon eux.

 

« Sept jours pour Navalny », a annoncé sa porte-parole, Anna Veduta, via twitter.

 

Plusieurs autres figures de l'opposition, dont Boris Nemtsov, ont écopé de peines allant d'une semaine à dix jours de détention.

 

Les opposants condamnés lundi étaient accusés dans l'affaire « Bolotnaïa », du nom de la place de Moscou où ils avaient manifesté le 6 mai 2012, veille de l'investiture présidentielle de Vladimir Poutine.

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