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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 20:39

http://www.observerukraine.net/2014/05/06/i-am-where-im-at-war-the-events-of-may-2-in-odessa

http://www.gaslo.info/?p=5211


« Je suis où ? Je suis en guerre », les événements du 2 mai à Odessa

Un témoin oculaire socialiste à Odessa

Préface du site de l’Opposition de Gauche

C’est une mise à jour par un militant de gauche d’Odessa des affrontements du 2 mai 2014 entre les partisans de Maidan et les forces pro-russes, en particulier, sur les événements de la bataille de Koulikovo et l’incendie de la maison des syndicats. Les impressions subjectives de l'auteur sont façonnées dans une large mesure par son implication personnelle dans les événements. Les rédacteurs du site de l’Opposition de Gauche ne partagent pas toutes ses évaluations des parties au conflit, mais estiment qu'il est important d'essayer d'établir la chronologie des événements qui ont mené à la tragédie. Il est évident pour nous que les principaux coupables sont le pouvoir oligarchique et le chauvinisme qui existe des deux côtés.

Sergei, Odessa

Un grand-père digne aux cheveux gris dans une veste brune téléphone sur son portable. « Vous me demandez où je suis ? Je suis en guerre ».

Pavés fissurés, de petits ruisseaux de sang dans la rue, des pansements imbibés de sang éparpillés.

Un jeune homme, environ seize ans, demande un peu de place sur le banc pour s'asseoir. La tête de l'homme est bandée, le sang apparaît sous le bandage. C’est le centre ville d’Odessa pour vous. 2 mai 2014.

Je me souviens de la façon dont les évènements de Zhanaozen en décembre 2011 m'ont laissé dans un état de choc (les services de sécurité du Kazakhstan ont tué au moins seize et ont blessé soixante travailleurs du pétrole, en grève pour de meilleurs salaires et conditions de travail). Je ne comprenais pas comment on pouvait tuer des gens dans la rue, juste comme cela, dans ce putain de vingt et unième siècle, pas quelque part au loin, mais tout près, chez un de nos voisins de l'ancienne union soviétique.

Mais pour une raison quelconque, quelque part au fond de mon cœur, j'étais certain qu’une chose pareille ne pouvait pas arriver en Ukraine. C'est de l’Ukraine que vous parlez.

Dans la nuit du 18 au 19 février (lorsque les manifestants de Maidan à Kiev se sont affrontés violemment avec la police anti-émeute Berkut), paralysé devant la télévision, lorsque le Maidan faisait rage et que les mots de l'hymne ukrainien éclataient à travers les flammes, j’ai compris que cette certitude a disparu, morte. Une certitude, cependant, est restée, aussi irrationnelle et sans fondement qu’elle pouvait être, qu’à Odessa, une telle chose est sûrement impossible.

Le 2 mai, elle s'est avérée être très possible.

Qui sont les coupables de la tragédie d’Odessa ? Pour moi, la réponse est claire, ce sont les fascistes russes et la police.

Fascistes, oui, fascistes, et arrêtez vos « mais nos grands pères se sont battus » maintenant. Vous pouvez vous couvrir de la tête aux pieds dans les rubans de Saint George (un symbole de la prouesse militaire en Russie), vous êtes encore fascistes. Vos actes parlent d'eux-mêmes. Les radicaux du camp pro-russe ont défilé au centre-ville avec un seul objectif, battre, peut-être même à mort, les gens.

La ville entière savait que les fans de football de l'équipe locale de Tchernomorets et les Metallist de Kharkiv allaient faire une marche pour l'unité de l'Ukraine avant le match. Tout le monde savait aussi que les militants de Maidan d'Odessa se joindraient à eux.

Déjà quelques jours avant la manifestation prévue, la partie la plus radicale du mouvement pro-russe, la soi-disante « Equipe d’Odessa » (druzhina, milice), qui est composé de vrais nazis russes, avait promis de briser la marche.

En fait, les appels à tuer les "hippies de Maidan" apparaissaient régulièrement sur les pages de "Kulikovtsy" (c'est ainsi qu'on appelle le mouvement séparatiste local qui a son camp de tentes sur l'une des places de la ville, le terrain Koulikovo). Sur ces sites, où on trouve souvent des critiques des hommes ordinaires, curieusement, très souvent des jeunes femmes, adressées à leurs leaders, le long de lignes comme "il y en a assez que vous restiez assis en vous tournant les pouces, battez vous". Eh bien, ils sont venus. Et ils se sont battus un peu.

« L’équipe d’Odessa » s’est réunie au mémorial des miliciens tombés sur Aleksandrovskii Prospekt. Il y avait environ trois cent à quatre cent d'entre eux, à peine une femme (à l'exception de quelques infirmières), pas un seul vieil homme, seulement des combattants, équipés en conséquence, avec des casques, beaucoup d'entre eux avec des gilets pare-balles. Sur certains de leurs boucliers on pouvait repérer les logos de l'organisation nationaliste russe « Dozor », beaucoup portaient des symboles correspondants. Alignés le long de l'autoroute, ils frappaient leurs matraques contre leurs boucliers et criaient leurs slogans. Il y avait directement à proximité beaucoup de flics, et un bus de Berkut (la police anti-émeute ukrainienne), ou de ce comment ils s’appellent maintenant.

À peu près au même moment, à quelques pâtés de maisons, sur la place Sobornaia, les participants de la marche de l'unité ont commencé à se rassembler. Il y avait deux à trois mille personnes, avec des « ultras » ne représentant pas plus d'un tiers d'entre eux.

Comme dans tous les événements du Maidan d’Odessa, il y avait beaucoup de femmes, des personnes âgées et des personnes avec des enfants. Les soi-disant horribles « Bendera » fans de football de Kharkiv, l'épouvantail mis en place par « l’Equipe d’Odessa », marchaient pour regarder le football et ne participaient pas aux combats.

Dans la foule, quelques personnes portaient des maillots du club de football « Metallist », comme un homme aux cheveux gris avec une posture aristocratique, d’environ cinquante ans, avec sa femme et ses enfants, ou quelques adolescentes. Les seules personnes qui étaient armées étaient les membres de l’auto défense de Maidan.

Il suffisait de regarder d’un coup d'œil ces deux camps pour avoir une idée sur qui était venu pour une manifestation pacifique et qui était préparé pour une action violente. Une autre chose remarquable, le camp de tentes de « Kulikovtsy » était déjà là depuis plusieurs mois. Chaque semaine, il y avait des marches pro-russes. Et pas une seule fois il n’y avait une réaction du peuple de Maidan qui était plus grave que de faire un doigt d’honneur vers les manifestants. Bien sûr, il y a suffisamment de têtes brûlées parmi la foule de Maidan, mais cela n'a jamais été autre chose que du bavardage. En fait, juste un jour avant le massacre, le mouvement pro-russe a organisé une manifestation du premier mai, marchant dans les rues centrales et criant des slogans comme « Odessa est une ville russe » et « Hail Berkut », et pourtant personne ne se souciait de les toucher.

Ni les militants de Maidan, ni les fans de football, ni le Secteur Droit (une alliance de groupes fascistes ukrainiens, dont la branche d'Odessa, pour être franc, ressemble plutôt à des écoliers de dixième année en voyage scolaire qu’à de sombres combattants radicaux).

Lorsque la marche de l'unité atteignait la rue Grecheskaia, « l’Equipe d’Odessa » attendait déjà là pour l’accueillir. Comment une colonne d'hommes armés pouvait marcher jusqu'au lieu de rassemblement de leurs adversaires sous les yeux de la police est complètement hors de moi. Après tout, les policiers savaient trop bien quelle sorte de personnes ils étaient et ce qu’ils voulaient. Aussi, si l'on considère que certains des policiers avaient les mêmes brassards rouges que certains des combattants, ce n'est probablement pas surprenant. Les grenades assourdissantes pleuvaient sur les militants.

Le bruit d'un coup de feu ne peut pas être confondu avec autre chose, tout comme les blessures par balle. Tout comme les douilles de balles que nous avons trouvé rue Deribasovskaia, des personnes bien informées disent qu'elles viennent d’un « saïga », la version de l’AK 47 pour les chasseurs. Je ne sais pas, ils savent probablement ce dont ils parlent. Il y avait aussi des coups de feu en provenance des toits du centre commercial Afina, dont les combattants essayaient de faire une forteresse. Il y a suffisamment de séquences de films sur le net. Les gars de Maidan essayaient de se défendre comme ils pouvaient. Mon ami et ses copains, de simples habitants d'Odessa, des fans de football, qui fronçaient les sourcils à la vue des « ultras » en cachant mal leur dégoût, ont essuyé des tirs. Seulement quelques minutes plus tard, ils donnaient une raclée aux combattants pro russes, au coude à coude avec les mêmes « ultras ».

Plus tard, quand les nazis russes ont été repoussés place Grecheskaia et assiégés, j'ai vu quelques gars d’apparence asiatique, des turcs ou des arabes, aidant les gens de Maidan à construire des barricades. Les filles ont préparé les célèbres cocktails Molotov sur place, à l'aide de bouteilles de bière achetées dans les magasins à proximité.

Des grands-mères typiques d’Odessa apportèrent des pierres pour la foule de Maidan. « Je ne m'attendais pas à ce que les gauchistes se montrent », m'a dit un gars avec une cagoule, avec qui je traînais une poubelle vers les barricades. « C'est génial que nous sommes tous ici ensemble, comme sur le Maidan », a t-il ajouté.

C'était l'enfer dans le centre-ville, tandis que les flics se sont comportés comme si elle était une journée banale ordinaire en mai. Vous pouvez déjà entendre les coups de feu, les gens ont commencé à transporter les blessés à l’extérieur du champ de bataille, tandis que les flics traînaient négligemment à l'écart de la place Soborna et tournaient la tête dans une direction inconnue. « Où allez-vous ? Qui va nous protéger », criaient les Maidaners. Certains des flics se tenaient le cou. Lorsque les hommes armés pro russes traînaient un militant mort, la police essayait simplement de courir loin de la scène. Les policiers des unités spéciales formaient une « écaille de tortue » de protection et se cachaient derrière le mur où il y avait une véritable bataille.

« Odessa n'est pas la Crimée, nous ne quitterons pas Odessa », criaient les militants. Et ils ne l’ont pas quittée. Apparemment, les combattants pro-russes ne s’attendaient pas à une riposte aussi décisive. Une contre-attaque du terrain Koulikovo était probablement inévitable. Beaucoup de militants n’y allaient pas pour des raisons évidentes, mais la partie la plus radicale de la marche de l'unité le faisait.

Là-bas, le deuxième acte de la tragédie a commencé. Rue Grecheskaia, les personnes ont été tuées par balles, à Koulikovo elles suffoquaient dans la fumée et ont été écrasées, après avoir sauté par les fenêtres. Viacheslav Markin, un membre du conseil régional, mourrait de cette façon. Les habitants d’Odessa se souviennent de lui principalement en raison des événements du 19 février, lorsque les combattants (qui soutenaient alors le gouvernement Ianoukovitch), dans les mêmes uniformes noirs, battaient les militants de Maidan et les journalistes, Markin déclarait que c’était la légitime défense de la ville, et que les « Mai-downs » (un terme injurieux pour désigner les militants de Maidan) méritaient pire.

Personne ne sait qui a mis le feu à la maison des syndicats, les cocktails Molotov volaient des deux côtés. Les médias pro russes brossaient un tableau des partisans radicaux de Maidan battant ceux qui tentaient de s'échapper du bâtiment en flammes. Mais ils ne parlaient pas d'autres faits. Par exemple, que les Maidaners eux mêmes, principalement, l'auto défense de Maidan, éloignaient les blessés de leurs propres (nationalistes ukrainiens) radicaux, et leur prodiguaient les premiers soins. Il faut également ne pas oublier que les mêmes combattants de l'auto défense de Maidan ont fait en sorte que les séparatistes prisonniers soient remis à la police, et pas à la foule en colère. Ils ne parlent pas non plus des coups de feu provenant de la maison des syndicats en feu. Une des chaînes de télévision locale, First City Channel, diffusait en direct dans les rues toute la journée, presque sans se prononcer sur ce qui se passait. Par cette émission les habitants d’Odessa apprenaient l’existence des armes stockées dans la maison des syndicats. Le site de la milice « Equipe d’Odessa » répondait immédiatement avec un post hystérique, le verrouillage des majuscules et des milliers de points d'exclamation, « ne regardez pas First City Channel, tout est faux ».

Un point intéressant, la partie la plus radicale de l'Odessa anti Maidan, la milice nazie « Equipe d’Odessa », les impériaux, et les cosaques, avait quitté le terrain Koulikovo la veille et déménagé hors de la ville, au monument commémoratif de la quatre cent onzième armée (un parc commémoratif des défenseurs de l'armée rouge d'Odessa au cours de la seconde guerre mondiale). Leur camp a également été attaqué, mais personne n'a été blessé. Cela s’est passé comme cela parce que personne ne s’est barricadé à l’intérieur et n’a tiré en arrière, et les militants pro-russes qui y étaient sont partis tranquillement.

Le terrain de Koulikovo était un rassemblement unique des forces conservatrices de toutes sortes. « Toutes les forces de l'ancien monde », comme les révolutionnaires du passé disaient, étaient rassemblées là, les admirateurs de Staline et les fans du tsar, les nazis russes et les cosaques ruthéniens, les fanatiques orthodoxes et les vieilles femmes nostalgiques de l'époque de Brejnev, et les adversaires de la justice pour les mineurs, du mariage homosexuel et de la vaccination contre la grippe.

Ce sont les forces de la réaction noire, à partir de n’importe quel angle que vous regardez. J'ai passé l'âge où vous criez à la révolution et où vous chantez « noyer les malheurs du peuple dans le sang ». Je suis un humaniste convaincu et pacifiste. Toute mort est une tragédie pour moi, même d'un adversaire politique, même d'un ennemi. Je suis furieux quand un groupe réactionnaire hurle sur les personnes torturées à la maison des syndicats. Pourquoi vous ne nous dites pas honnêtement que vous étiez venus pour vous battre et tuer, comment vous avez attaqué d'abord, comment vous avez tiré dans la foule à partir des toits ? La mort de vos supporters à Koulikovo est entièrement sur votre conscience. Vous avez fait tout votre possible pour que tout se termine de cette façon. Et c'est un autre argument pour montrer que vous êtes des fascistes.

Cette nuit, après la défaite du terrain de Koulikovo, un post est apparu sur la page web de la milice d’Odessa, se terminant par la phrase « Odessa est une ville héroïque, et les héros doivent y vivre, pas les juifs et les trafiquants ». Avant d’avoir le temps de faire une capture d'écran, dans la matinée, le mot « juifs » a été remplacé par « traîtres ». Oui, parlez nous encore de la façon dont vos grands pères ont combattu dans la deuxième guerre mondiale.

Sur l’un des sites officiels de l'anti Maidan d’Odessa, on lit que « pour moi, cette pseudo image d'un frère ukrainien a disparue, parce que c'est le peuple russe qui vit en Ukraine, et ceux qui ne se considèrent pas comme tels doivent être achevés rapidement, par la mort et la mort seule ».

Les groupes anti Maidan sont en train de mettre en place des liens vers les pages Vkontakte (un site en langue russe semblable à facebook) de militants de Maidan. Sans vérifier si elles étaient encore présentes le 2 mai, ils ciblent les personnes qui ont mis quelque chose pour Maidan sur leur mur. Ils ont mis en place un lien vers la page de l'épouse d'un militant de « l’Alliance Démocratique » libérale ( « la putain d’un de leurs leaders »), en dépit du fait que cette organisation a toujours fait de son mieux pour calmer les têtes brûlées dans la foule de Maidan et s’est résolument prononcée contre toute violence dirigée contre les opposants politiques.

Merci à Olga P, Yulia P et GA pour cette traduction.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 18:51

http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/05/12/a-bologne-beppe-grillo-en-spectacle-contre-l-europe-et-les-corrompus_4415263_4350146.html

A Bologne, Beppe Grillo en « spectacle » contre l’Europe et les corrompus

Par Philippe Ridet, correspondant permanent du Monde à Rome

Dans le monde merveilleux de Beppe Grillo, leader du Mouvement Cinq Etoiles, il y a « nous » (les militants et les neuf millions d’électeurs qui ont fait de son parti l’un des premiers d’Italie) et « loro ». Ce mot qui, en italien, signifie « eux », désigne tous les autres, les politiciens corrompus, les banquiers, la « troïka », les bailleurs de fonds des pays sous assistance, Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International et commission de Bruxelles, les pouvoirs occultes qui dirigeraient l’Italie en sous main, auxquels il faut ajouter, élections européennes obligent, les membres des différentes institutions bruxelloises.

Illustration, Samedi 10 Mai 2014, sur la place Saint-François de Bologne, devant un public de deux mille personnes. Ce n’est pas un meeting. C’est plutôt un spectacle. En pantalon et chemise noirs, micro à la main, l’ancien comique arpente la scène, commentant l’actualité du moment à la manière d’un Guy Bedos transalpin, hurlant subitement des mots d’ordre, comme un duce de retour.

« Nous n’accepterons pas ce qui a été signé »

L’Europe et ses enjeux sont plutôt absents. Il faut attendre quarante-cinq minutes pour que le thème soit abordé. « Nous n’accepterons pas ce qui a été signé », vocifère-t-il à propos du pacte de stabilité qui obligerait, selon lui, l’Italie à réaliser cinquante milliards d’euros d’économies par an pendant vingt ans pour venir à bout de sa dette de plus de deux mille milliards d’euros.

Plus tard, il dénonce la commission « aux mains des grandes banques et des fonds d’investissements », promet « un référendum pour sortir de l’euro », assurant que « neuf pays ne font pas partie de la zone euro et ne sont pas menacés de faillite pour autant ». Il fait passer un frisson dans l’assistance en décrivant, « dans les caves du musée des offices à Florence », une obscure « équipe d’agents internationaux » faisant l’inventaire de ce qu’il y aurait à prendre, « ils ont déjà fait main basse sur l’eau. Maintenant, ils s’attaquent à la culture ». Populisme ? Sa réponse est toute prête, « c’est le plus beau mot de la politique aujourd’hui. C’est simplement dire non ».

Il y a finalement peu de différences entre le discours du leader du Mouvement Cinq Etoiles avant les élections de février 2013 et celui qu’il tient avant le scrutin du 25 mai. Le leitmotiv reste le même, seules les cibles changent, « a casa » (« à la maison »). « A casa », les élus de gauche comme de droite du parlement européen, « a casa » les fonctionnaires de Bruxelles, « a casa » les traités. « Nos élus », dit-il, « ne fuient pas l’Italie comme des milliers de diplômés à la recherche d’un avenir meilleur hors de la péninsule. Ils partent à Bruxelles pour aider l’Italie ».

Comme s’il suffisait d’envoyer vingt « grillinis » à Strasbourg et à Bruxelles pour tout changer, alors qu’en seize mois, les cent soixante trois élus du Mouvement Cinq Etoiles au parlement italien n’ont pas fait bouger grand-chose.

L’Italie et ses affaires

Crédité de vingt deux pour cent à vingt quatre pour cent des intentions de vote, le parti de Beppe Grillo se verrait bien en tête. « Cette fois encore, on vous surprendra », lance-t-il. Mais l’ennemi est coriace. Au pouvoir depuis plus de deux mois, Matteo Renzi a fait passer le Parti Démocrate (PD, centre gauche) de vingt six pour cent des voix en 2013 à trente trois pour cent ou trente quatre pour cent des intentions de vote.

La promesse du chef du gouvernement de redonner quatre vingt euros de pouvoir d’achat par mois à dix millions d’italiens a été bien accueillie, y compris dans l’électorat du Mouvement Cinq Etoiles. Elle a en tout cas convaincu Beppe Grillo, qui avait prévu de faire campagne avec une vingtaine de spectacles payants dans les théâtres de la péninsule, de mettre les bouchées doubles et d’arpenter gratuitement les places publiques.

Conséquence, l’Europe, qui était au centre de ses spectacles dans lesquels il se présentait au public recouvert d’un drapeau étoilé, est passée au second plan. Ne restent que l’Italie et ses affaires. Exemple, « ce qui me choque », dit-il en référence aux incidents en marge de la finale de la coupe d’Italie de football entre Naples et Florence le 3 mai, « ce n’est pas que les institutions parlementent avec les chefs des tifosi napolitains. C’est que Giorgio Napolitano, le président de la république, reçoive le repris de justice Silvio Berlusconi ». Ou encore, « les spectateurs ont eu raison de siffler l’hymne national, Fratelli d’Italia. Frères de qui ? Des corrompus, des francs-maçons, des mafieux ».

Dans le public, peu de convaincus et beaucoup de déboussolés à l’exemple de Filippo, trente sept ans, qui a toujours voté Silvio Berlusconi, mais a été « dégoûté » par l’incompétence de ses ministres. « Grillo pourrait changer le système », dit-il. Mais il hésite encore à donner son vote à la liste Tsipras (candidat du parti de la gauche européenne).

Claudio, lui, est venu « pour rigoler un peu » avec sa fiancée russe. Il n’a pas eu tort. Nicoletta Conti, directrice d’orchestre, critique le mode de fonctionnement du Mouvement Cinq Etoiles « plutôt de droite, un homme qui détruit plus qu’il ne construit », mais salue « un grand showman ». Que faire le 25 mai ? « En Italie », poursuit-elle, « il est très difficile de voter. Il y a trop de corruption de part et d’autre. Il faut procéder par élimination ». « Ce sera eux ou nous », conclut Beppe Grillo.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 18:23

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/59617/europeennes-31-listes-en-ile-france

Elections européennes

Trente et une listes en Ile de France

Par Jérôme Lemonnier

Mercredi 14 Mai 2014

Dimanche 25 mai 2014, les électeurs seront appelés une nouvelle fois aux urnes pour élire les eurodéputés. Le vote ne sera pas si facile pour les électeurs franciliens qui auront le choix entre trente et une listes, un record.

Plus que quelques jours avant le dernier vote de l’année pour les électeurs franciliens. Après les scrutins municipaux des 23 et 30 mars derniers, les franciliens seront une nouvelle fois appelés à venir voter le 25 mai. Au programme de cette journée, l’élection des sept cent cinquante et un députés européens. Pour sa part, la France devra nommer un dixième de ces eurodéputés, avec un contingent de soixante quatorze élus, dont quinze pour la circonscription Île de France. Ainsi, quinze députés la représenteront au parlement européen de Strasbourg, contre treize actuellement à l’image de Michel Barnier (UMP), Daniel Cohn-Bendit (EELV), Harlem Désir (Parti Socialiste), Marielle de Sarnez (MODEM) ou Patrick Le Hyaric (FDG).

Pour cette élection, les électeurs d’Île de France auront l’embarras du choix Dimanche 25 mai 2014, étant donné que vous pourrez faire le choix entre trente et une listes. Un record pour cette circonscription qui en dénombrait déjà vingt sept en 2009 à l’occasion des dernières élections européennes, alors que la moyenne nationale dépassait légèrement le cap des vingt listes.

Outre les listes des partis politiques qui occupent régulièrement le devant de la scène, comme l’UMP (Alain Lamassoure), le Parti Socialiste (Pervenche Berès), les verts (Pascal Durand), le MODEM UDI (Marielle de Sarnez) ou encore le Front National (Aymeric Chauprade), de nombreux mouvements souvent méconnus seront aussi de la partie. Comme en 2009 lors des dernières élections européennes, le parti du cannabis sans frontière présentera son candidat, même cas pour le parti des citoyens du vote blanc et pour plusieurs autres mouvements.

Une multitude de candidatures qui peut s’expliquer par les modalités de remboursement de la campagne de ce scrutin. A l’inverse de la majeure partie des autres élections où il faut atteindre cinq pour cent des suffrages pour se faire rembourser sa campagne, « seulement » trois pour cent des voix suffisent pour les élections européennes. De quoi donner envie aux « petits candidats » de s’investir pleinement dans une campagne. Reste à savoir maintenant qui des trente et un candidats arriveront à obtenir trois pour cent des suffrages. Une situation d’autant plus compliquée pour certains étant donné le nombre faramineux de listes.

D’ici là, il reste encore une douzaine de jours aux franciliens pour faire leur choix parmi cet impressionnant « lot » de candidatures.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 18:07

Les fonctionnaires appelés à manifester le 15 mai (Reuters)

Sept syndicats appellent les cinq millions de fonctionnaires français à manifester et à faire grève le 15 mai pour exiger l'ouverture de négociations salariales dans la fonction publique et des mesures de rattrapage.

La CFDT, la CGT, la CFTC, la FSU, Solidaires, l'UNSA et la FAFP (autonomes) réclament depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande un dégel du point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires.

« La politique d'austérité salariale à l'égard des agents publics aboutit à une baisse incessante de leur pouvoir d'achat », écrivent-ils dans un communiqué.

« Le contentieux salarial s’accumule et la poursuite du gel du point d’indice est inacceptable », ajoutent-ils.

Les fonctionnaires redoutent de faire les frais du plan d'économies de cinquante milliards d'euros confirmé Mardi 8 Avril 2014 par Manuel Valls dans sa déclaration de politique générale. Le premier ministre n'a pas fourni de réponse claire au sujet des fonctionnaires, selon les syndicats.

Dans un communiqué distinct, la FSU demande au gouvernement « de faire cesser un suspense qui n'a que trop duré et de dire les mesures précises qu'il compte engager ».

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 20:13

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/05/11/le-forum-economique-de-saint-petersbourg-un-dilemme-pour-les-pdg-occidentaux_4414867_3214.html

Le forum économique de Saint Pétersbourg, un dilemme pour les PDG occidentaux

Par Sylvie Kauffmann

Dimanche 11 Mai 2014

Le thème, cette année, tombe à pic, « entretenir la confiance dans un monde en transformation ». Vladimir Poutine lui-même se félicite de ce choix, dans son message de bienvenue aux participants au forum économique de Saint Pétersbourg, du 22 au 24 mai, le sujet, souligne t il sur le site internet du forum avec le sens de l’à propos qu’on lui connaît, « est particulièrement pertinent au moment où le monde vit des changements géo politiques, technologiques et structurels rapides ».

Malheureusement, la liste des participants à cet important débat sur l'avenir du monde a subi quelques défections ces derniers jours, avec le retrait d'une partie non négligeable de ses stars, sous la pression, directe et indirecte, de certains gouvernements occidentaux, le spectacle du gotha de la mondialisation se pressant sous les ors de l'ancienne capitale impériale russe serait du plus mauvais effet, au moment où Washington et l'Union Européenne sont engagés dans une stratégie de sanctions pour amener la Russie à modérer ses positions sur l’Ukraine.

Appelons cela « l'effet Schroeder ». Au fil des années, le forum économique de Saint-Pétersbourg, créé en 1997, s'est imposé comme le rendez-vous des milieux d'affaires internationaux sur la Russie, une sorte de Davos de la Neva. Les nouveaux russes adorent ce genre d'événements, où l'on fraye en anglais avec les « acteurs globaux », en régalant généreusement les étrangers avides de nouveaux marchés.

L'an dernier, aux côtés des PDG de General Electric, Siemens, Visa, Volkswagen ou Pemex, et de dirigeants politiques, la chancelière allemande, Angela Merkel, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, Pascal Lamy, alors patron de l'OMC, avaient fait le voyage pour soutenir, qui ses entreprises nationales, qui le commerce international. L'annexion de la Crimée et la crise ukrainienne ont tout changé. Y aller ou pas ?

Accès privilégié à un important marché

Cette année, les politiques n'iront pas à Saint-Pétersbourg. Quant à la participation des chefs d'entreprise, elle reflète le dilemme qui se pose aux milieux d'affaires occidentaux.

Ne pas y aller, c'est se priver, potentiellement, d'un accès privilégié à un important marché qui a encore de grosses possibilités de croissance, même si l'économie russe n'est pas au mieux de sa forme, à un moment où la demande européenne stagne.

Y aller, c'est risquer de se mettre en porte-à-faux avec les autorités politiques de son pays, voire avec l'opinion publique. Il faut donc peser le pour et le contre. Selon les Izvestia, trente quatre participants, dont quatorze américains, ont déjà annulé leur participation.

La pression, évidemment, varie considérablement d'un pays à l'autre. La Maison Blanche a ouvertement invité les PDG américains à s'abstenir. Indra Nooyi, la patronne de Pepsico, entreprise pourtant très présente au forum, a finalement renoncé à y aller. Officiellement, bien sûr, pour « raisons de calendrier ».

Ne pas confondre « consultations » et approbation

Les PDG de Visa, Cisco, Citigroup et General Electric ont aussi décidé de ne pas y aller.

Leurs collègues de Goldman Sachs et de Morgan Stanley ont moins de scrupules, ils iront.

Les français, eux, sont vraiment bien représentés. Christophe de Margerie, le patron de Total, sera escorté de Jean-Pascal Tricoire, patron de Schneider, Henri Proglio d'EDF, Patrick Kron d'Alstom, Marc Riboud de Danone, Thierry Breton d'ATOS, Paal Kibsgaard de Schlumberger.

Habile, Gérard Mestrallet de GDF-Suez, « retenu de longue date par d'autres engagements », délègue son numéro deux, Jean-François Cirelli.

Il faut dire que le gouvernement français n'a pas tordu le bras trop violemment aux patrons tricolores. La seule consigne qui leur a été donnée est celle de la « prudence », indique-t-on de source diplomatique française, avec une prudence toute coutumière.

Le gouvernement est en contact « étroit » avec les entreprises françaises présentes en Russie et les informe des « consultations menées avec les Etats-Unis » sur l'évolution des sanctions, insiste-t-on. Mais, franchement, qui pourrait prétendre interdire à des PDG de se rendre à Saint-Pétersbourg ?

Ne pas confondre « consultations » et approbation, on perçoit à haut niveau à Paris une certaine irritation face à ces américains qui « roulent des mécaniques » sur la Russie, avec d'autant plus d'aisance que leurs entreprises sont moins exposées que les européennes et leurs enjeux commerciaux plus faibles.

Forte pression russophile, poussée anti américaine

Les chiffres attestent déjà d'un impact de la crise russo-ukrainienne sur certains groupes européens, la Société Générale pour n'en citer qu'un, qui possède l'une des plus grosses banques privées russes, Rosbank, vient de publier des résultats en baisse au premier trimestre.

Les récentes remontrances de Washington sur les porte-hélicoptères Mistral vendus à la Russie n'ont rien arrangé à l'humeur française.

C'est en fait d'Allemagne qu'est venue la surprise. Deux grandes vedettes du patronat allemand, Joe Kaeser de Siemens et Jürgen Fitschen, PDG de la Deutsche Bank, ont renoncé au Forum de Saint-Pétersbourg. Quand on sait à quel point l'opinion publique, les milieux d'affaires et la classe politique allemands sont réticents sur les sanctions contre la Russie, ce n'est pas une petite victoire pour la chancelière Merkel très remontée, elle, contre le président Poutine dans l'affaire ukrainienne.

On aurait tort, cependant, de réduire l'opposition aux sanctions à de seuls soucis mercantiles.

Il y a, très profonde en Allemagne mais sensible aussi en France, une forte pression russophile, qui se double d'une poussée anti-américaine. En partie sincère, en partie manipulée. Dans les deux cas de figure, il faut y prêter attention.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:47

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Poutine, dans l’ombre de l’impitoyable tsar Nicolas Premier

Par Jérôme Gautheret

Lundi 12 Mai 2014

C’est un portrait imposant qui trône dans le bureau présidentiel de Vladimir Poutine. Un homme robuste dans la force de l’âge, portant moustache et costume militaire, torse bombé, toisant, avec l’arrogante certitude d’un empereur, les visiteurs du maître du Kremlin. Sa présence en ces lieux a intrigué de nombreux observateurs. Les plus surpris étaient peut être ceux qui l’ont reconnu au premier coup d’œil.

Car le tsar Nicolas Premier, c'est de lui qu'il s'agit, né en 1796 et mort en 1855, en pleine débâcle de la guerre de Crimée, est loin d'avoir bonne presse. Moins charismatique que son frère et prédécesseur Alexandre Premier (1777-1825), le vainqueur de Napoléon, moins libéral que son fils Alexandre II, le héros de l'abolition du servage, assassiné en 1881, il passe pour un esprit étroit, une caricature de tsar engoncé dans l'orthodoxie et le militarisme.

De fait, en trente années de règne, aucune grande réalisation ne peut être mise à son crédit.

Son ancêtre, Pierre le Grand, avait européanisé la Russie à marche forcée et fondé Saint-Pétersbourg. Sa grand-mère, Catherine II, a organisé le dépeçage de la Pologne et conquis les bords de la mer Noire. Nicolas, lui, a hérité d'un empire russe solide et sûr de lui-même, dont il n'a pas su empêcher la stagnation, puis le recul. D'où la surprise de retrouver son portrait en si bonne place, l'hôte du Kremlin est passé maître dans l'art des signes, et l'utilisation des références historiques, chez lui, n'est jamais vaine ni innocente.

« Le plus logique des autocrates »

Mais à y regarder de plus près, il se pourrait bien que la biographie du « plus logique des autocrates », selon l'expression de l'historien allemand Theodor Schiemann, offre un éclairage inattendu sur l'énigme Poutine, qui depuis des mois désarçonne et inquiète l'occident.

En effet, Nicolas Premier incarne de façon chimiquement pure l'essence du tsarisme, dont les conceptions imprègnent très profondément le discours actuel du Kremlin.

Né en 1796, alors que la révolution française est en train de faire voler en éclats l'ordre européen, Nicolas, troisième fils de Paul Premier, neuvième d'une fratrie de dix enfants, ne semble pas avoir la moindre chance de régner. Il est élevé par des instructeurs militaires en pleine tempête napoléonienne, là où son frère aîné avait été instruit par un homme de lettres, la Harpe, sous le patronage des lumières. Il grandit en officier et non en prince philosophe, toute sa vie, il continuera à se considérer comme tel.

Nicolas n'est à son aise qu'en compagnie de soldats. Bagarreur, il pratique avec ardeur l'exercice physique et se passionne pour la chose militaire, l'équitation, les parades et l'art de construire des forteresses, dès son plus jeune âge.

Les conditions de son accession au trône influencent profondément les premières années de son règne. Son grand frère Alexandre meurt le premier décembre 1825 à Taganrog, sur les bords de la mer d'Azov, dans des circonstances troubles, d'aucuns prétendent qu'il a simplement disparu, renonçant au pouvoir pour se faire ermite. Apprenant la nouvelle à Varsovie, le grand-duc Constantin, héritier théorique du trône, fait savoir qu'il a secrètement renoncé à la couronne en 1822. Mais entre-temps, Nicolas, qui n'avait pas connaissance de la décision de son frère, s'est empressé, de son côté, de lui prêter allégeance. Et il refuse de revenir sur sa décision tant qu'il n'a pas la preuve officielle du refus de son frère. Le flottement est total.

Le ton est donné, le règne sera répressif

C'est le moment que choisit un groupe de nobles libéraux, partisans de l'abolition du servage et de la liberté d'opinion, pour passer à l'action. Le 14 décembre 1825, ils profitent d'une cérémonie de prestation de serment pour demander l'adoption d'une constitution. Le jeune tsar fait donner le canon contre les insurgés et s'emploie avec un soin maniaque, durant les jours suivants, à poursuivre, interroger et châtier les « décembristes » qui ont trempé dans le complot. L'opposition libérale a ses martyrs, des fils de bonne famille (« nos grands seigneurs qui voulaient devenir savetiers », raille le diplomate Rostoptchine). Le ton est donné, le règne sera répressif.

Pour lutter contre la subversion et domestiquer une aristocratie qu'il méprise, Nicolas met le pays sous la coupe de l'armée et d'une bureaucratie tatillonne. Il instaure une censure drastique sur les idées nouvelles, contrôle les publications, allant jusqu'à s'ériger censeur de Pouchkine, et restreint les possibilités de quitter le territoire. Pour ce faire, il décide de s'appuyer sur une police politique à sa main. La troisième section de la chancellerie impériale, qu'il fonde en 1826, a vocation à s'occuper de tout, ou presque. La liste de ses prérogatives se termine par ces mots, « rapports sur tous les événements sans exception ». On ne saurait être plus clair.

Mais le refus en bloc de toute forme de progrès, l'espionnage et la censure ne font pas une doctrine. Celle-ci est énoncée en 1833 par le ministre de l'enseignement Sergueï Ouvarov, idéologue officiel du régime. Elle tient en trois règles, « autocratie, orthodoxie, principe national ».

L'autocratie est jugée préférable à tout autre système parce qu'elle est conforme à la tradition politique centralisatrice inaugurée par les princes de Moscou. Elle tourne résolument le dos au rationalisme froid des systèmes occidentaux, pour ses défenseurs, ce système, en faisant reposer le fardeau du pouvoir sur les épaules d'un seul homme, libère le reste de l'humanité.

Aucun contre-pouvoir, même minime, n'est envisageable, sous peine de déstabiliser gravement la société.

Le dispositif de contrôle social est renforcé par l'église orthodoxe, qui entretient le mythe de la « troisième Rome », forgé à Pskov par le moine Philothée, en 1510. Selon ses promoteurs, après Rome, détruite par les barbares et corrompue par le catholicisme, et Constantinople, envahie par les infidèles, Moscou a repris le flambeau de la vraie foi, qu'elle se doit de diffuser pour régénérer la chrétienté.

Quant au troisième terme de la devise d'Ouvarov, le « principe national » (narodnost), sa défense passe par la défense des intérêts bien compris de la Russie, la poursuite de l'expansionnisme et la protection des slaves orthodoxes, y compris hors de Russie. Un cocktail particulièrement explosif dans le fragile équilibre européen.

Une politique étrangère aventureuse

De fait, la politique étrangère de Nicolas se révèle aussi aventureuse que sa politique intérieure est frileuse. Durant les trois décennies de son règne, le tsar s'emploie à combattre, inlassablement et partout, toutes les formes de révolution. En France, la chute de Charles X, en 1830, le met en fureur. Il mettra plusieurs mois à reconnaître la monarchie de juillet. Puis, la même année, il projette d'intervenir pour réprimer l'insurrection belge contre les Pays Bas, et n'en sera dissuadé que par la nécessité d'écraser un autre soulèvement, en Pologne. En 1848 et en 1849, alors que s'épanouit le « printemps des peuples », la Russie, « gendarme de l'Europe », est le bras armé de la réaction. Ses troupes viennent notamment rétablir l'ordre et balayer les mouvements révolutionnaires en Hongrie et en Valachie.

La volonté de maintenir coûte que coûte le statu quo européen n'empêche pas le tsar de mener une lutte acharnée contre la Perse dans le Caucase, et surtout de fragiliser encore un peu plus l'empire ottoman, qu'il est le premier à qualifier « d'homme malade de l'Europe ». La Russie avait tout d'abord été hésitante à soutenir l'indépendance de la Grèce, malgré la sympathie des tsars pour les grecs orthodoxes, il leur était difficile d'envisager une rupture de l'équilibre européen. Après avoir tenté de modérer la Turquie, la Russie se résout à entrer en guerre contre elle, en 1828. Un an plus tard, par le traité d'Andrinople, Moscou arrache l'indépendance de la Grèce, le contrôle de l'embouchure du Danube, un protectorat sur la Moldavie et la Valachie et la possibilité pour sa marine de naviguer sur les détroits, et donc d'accéder librement à la Méditerranée. L'empire ottoman est à genoux. L'ordre dans la région est rompu.

C'est la raison pour laquelle, lorsque le tsar, en 1850, au prétexte d'une dispute sur le contrôle des lieux saints, revendique un protectorat de fait sur tous les chrétiens de l'Empire ottoman, Paris et Londres décident de lui porter un coup d'arrêt. Les tractations diplomatiques échouent et, en 1854, ils lancent l'opération de Crimée qui se révélera désastreuse pour la Russie.

Convaincu d'être à la tête de la plus puissante armée du monde, le tsar Nicolas n'a pas perçu que la révolution industrielle, autre mutation dont il s'était soigneusement tenu à l'écart, avait bouleversé les rapports de force. Son corps robuste ne résiste pas à l'effondrement, il se laisse mourir en mars 1855, avant même la chute de Sébastopol.

Pour écrasante qu'elle ait été, la défaite de Crimée n'en reste pas moins, aux yeux des nationalistes russes, une date fondatrice. Ils louent en Nicolas Premier le chantre d'un « génie » russe irréductible, qu'on ne saurait éteindre sous prétexte de « moderniser » le pays.

Contrôle social appuyé sur une police politique, rejet du modèle occidental de libération des moeurs, défense des minorités russes ou chrétiennes « opprimées », les communicants actuels du Kremlin ne disent pas autre chose lorsqu'ils dénoncent la faiblesse et l'hypocrisie de l'Europe, qui légalise le mariage homosexuel et « abandonne » les chrétiens d'orient en Syrie, face au péril djihadiste.

En se plaçant dans la filiation d'un tsar oublié, Vladimir Poutine cherche à ressusciter une époque, celle de l'empire russe, et une posture, celle de grande puissance réactionnaire en Europe. La première lui vaut une solide popularité dans son pays et la seconde fascine toutes les extrêmes-droites du continent.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:09

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/05/12/le-club-des-socialistes-affliges-veut-contester-la-politique-de-l-offre-de-hollande_4415017_823448.html

Le « club des socialistes affligés » veut contester la politique de l’offre d’Hollande

Par Bastien Bonnefous

Rien que par son intitulé, cette initiative ne devrait pas passer inaperçue. Le socialiste Liem Hoang Ngoc lance, Lundi 12 Mai 2014, un « club des socialistes affligés », pour battre en brèche la politique économique suivie par le tandem François Hollande Manuel Valls.

Membre du bureau national du Parti Socialiste, proche d'Henri Emmanuelli, Liem Hoang Ngoc, économiste de formation, publie un manifeste cosigné avec l'universitaire et ancien encarté socialiste Philippe Marlière. Dans ce document, le duo explique que « socialistes et sociaux démocrates, nous sommes affligés par l'orientation politique du gouvernement actuel. Nous l'estimons néfaste et démobilisatrice pour les électeurs de gauche qui avaient nettement indiqué vouloir rompre avec le sarkozysme en 2012 ».

Le coup de gueule de Liem Hoang Ngoc contre l'exécutif intervient dans la foulée de la fronde de quelques dizaines de parlementaires socialistes qui se sont abstenus, le 29 avril, lors du vote à l'assemblée du plan gouvernemental d'économies de cinquante milliards d'euros.

« Nous souhaitons prolonger le débat parlementaire et mettre les pieds dans le plat de la contestation de la politique de l’offre », explique au Monde le responsable socialiste qui regrette que « le choix politique fait par François Hollande d'une troisième voie à la française n'ait jamais été débattu dans aucune instance du Parti Socialiste ».

Un « véritable mépris »

Député européen actif depuis 2009, Liem Hoang Ngoc, quarante neuf ans, n'a pas été réinvesti par le Parti Socialiste pour les prochaines élections du 25 mai. Il a été écarté de la liste dans le grand est au profit de l'ancien syndicaliste de Florange, Edouard Martin. Militant du courant de Benoît Hamon situé à l'aile gauche du Parti Socialiste, il estime avoir été lâché par le nouveau ministre de l'éducation.

Dénonçant un « véritable mépris » pour son travail accompli à Strasbourg depuis cinq ans, il se dit victime d'un « règlement de comptes entre courants et sous-courants » de la rue de Solférino. De quoi nourrir un peu plus sa colère alimentée par les choix gouvernementaux, au point que le socialiste a manifesté à Paris le 12 avril contre le pacte de responsabilité aux côtés de Jean Luc Mélenchon, le leader du Front De Gauche.

L'objectif du « club des socialistes affligés » est de « regrouper les citoyens actifs, intellectuels, militants associatifs, politiques et syndicaux qui veulent aider la gauche ». Liem Hoang Ngoc veut « mener la bataille idéologique et oeuvrer à la recomposition de la gauche qui pourrait s'opérer au sein d'une nébuleuse rose vert rouge », réunissant une partie du Parti Socialiste, Europe Ecologie Les Verts et le Front De Gauche.

Après la lourde défaite subie par les socialistes aux élections municipales, fin mars, son diagnostic contre le penchant pro entreprises du gouvernement est sans appel. « Si ce cap se confirmait jusqu'en 2017, le risque est grand de déroutes électorales successives nous conduisant à un nouveau 21 avril, et l'existence même du Parti Socialiste sera alors menacée », explique Liem Hoang Ngoc.

Créé sans en avoir informé au préalable ni Benoît Hamon, son chef de courant, ni le premier secrétaire du Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis, le club de Liem Hoang Ngoc pourrait valoir quelques déconvenues en interne à son fondateur. Lui a déjà prévu d'organiser un colloque sur la politique économique du gouvernement, le 7 juin à Paris. Ont été sollicités pour y participer Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti Communiste Français, ainsi que les écologistes Pascal Durand et Eva Joly.

Du côté du Parti Socialiste, Liem Hoang Ngoc souhaite aussi inviter Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du Parti Socialiste ainsi que des députés socialistes abstentionnistes.

Un casting qu'il veut représentatif de cette future union de la gauche qu'il préconise.

Pas sûr pour autant qu'il fasse recette parmi ses camarades socialistes, même chez les plus remontés. « Liêm a souvent de bonnes intuitions politiques, mais depuis qu'il n'a pas eu l'investiture aux élections européennes, il est un peu perdu. Il se rapproche de plus en plus de Jean Luc Mélenchon, mais qu'il ne compte pas sur nous pour le suivre », explique un élu pourtant très critique contre la ligne générale, affligés oui, exilés non.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 20:25

Réparation pour le général Dumas

L’association des amis du général Dumas demande à François Hollande, président de la république, d’étudier un moyen de décerner symboliquement la légion d’honneur au général Dumas et d’affecter l’hôtel Gaillard à un centre Dumas, maison de l’outre mer et mémorial de l’esclavage.

L’association des amis du général Dumas, qui a organisé la commémoration de l’esclavage à Villers-Cotterêts, le 10 mai 2014, malgré le refus de commémorer du maire Front National, Franck Briffaut, prend acte de l’hommage rendu par le président de la république au général Dumas, à l’occasion de la journée de commémoration de l’esclavage du 10 mai 2014.

Elle prend acte également de l’attitude du premier ministre, Manuel Valls, qui, le 10 mai 2014, place du général Catroux, à 17 heures, s’est déplacé, aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, pour déposer une gerbe en mémoire du général Dumas et, à travers lui, de tous les esclaves.

Pour donner un caractère plus solennel à ce déplacement, le premier ministre s’était fait accompagner de Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la justice, et de George Pau-Langevin, ministre de l’outre mer.

Il a ensuite prononcé des paroles fortes qui feront date.

De toute évidence, la figure emblématique du général Dumas a donné un éclat particulier à une journée dont la partie officielle, réservée aux invités, est devenue, d’année en année, assez répétitive depuis 2006.

L’association des amis du général Dumas n’est pas dupe du fait que l’intérêt soudain porté au général Dumas est lié au contexte politique des élections européennes et au refus du Front National, extrêmement condamnable par ailleurs, de commémorer l’esclavage à Villers-Cotterêts, patrie du général Dumas.

Quoi qu’il en soit, c’est là une première étape pour faire entrer une grande figure discriminée de l’histoire de France dans le panthéon national.

L’association des amis du général Dumas tient à rappeler qu’elle avait adressé à François Hollande, alors candidat à la candidature à la présidence de la république, une lettre en date du 27 septembre 2011.

Le même courrier avait été adressé à tous les candidats alors déclarés à l’élection présidentielle, y compris à Marine Le Pen.

Cette lettre, en préambule du deux cent cinquantième anniversaire de la naissance du général Dumas, demandait à tous les candidats et notamment à François Hollande :

« Pensez-vous que la valorisation des personnages remarquables de l’histoire de France issus de la diversité soit une manière de renforcer le lien social, notamment pour les jeunes issus de l’immigration qui sont privés des héros et héroïnes positifs qui leur ressemblent ?

De quelle manière concrète pensez-vous rendre leur place, dans le panthéon national, aux héros et héroïnes de l’histoire de France issus de la diversité ?

Pensez-vous qu’il soit possible d’inscrire cette démarche dans un lieu de mémoire particulier tel qu’un musée ou un établissement culturel spécifique, un centre Dumas par exemple, éventuellement rattaché au futur musée de l’histoire de France et quels moyens concrets prévoyez-vous pour y parvenir ?

Comment envisagez-vous de rendre hommage au général Alexandre Dumas en 2012, dans le cadre du deux-cent-cinquantième anniversaire de sa naissance ?

Quelles suites, concrètes ou symboliques, pensez-vous donner à la demande du général Dumas, pendante depuis 1802, d’admission dans l’ordre national de la Légion d’honneur ? »

L’association des amis du général Dumas n’a jamais reçu aucune réponse, ni de François Hollande, alors candidat, depuis élu président de la république française, ni d’aucun des candidats déclarés à la présidence de la république.

Cela n’a pas empêché l’association des amis du général Dumas de commémorer, dans l’indifférence des politiques, le deux-cent-cinquantième anniversaire de la naissance du général Dumas, le 25 mars 2012 place du général Catroux, devant le monument érigé, à sa demande, en 2009, par la ville de Paris.

Le moment est venu d’interpeller François Hollande, président de la république, sachant que Marine Le Pen, si elle n’a pas répondu au courrier qui lui avait été adressé par l’association des amis du général Dumas le 27 septembre 2011, a déclaré publiquement le 2 février 2012, alors qu’elle présentait son comité de soutien pour la campagne présidentielle que, si elle était élue, elle décernerait au général Dumas, à titre posthume, l’ordre national de la légion d’honneur.

Le général Dumas, qui en avait fait la demande, plusieurs fois réitérée, a été privé d’être admis de droit, ayant reçu un sabre d’honneur en 1798, dans l’ordre national de la légion d‘honneur lors de sa création en 1802, simplement à cause de sa couleur de peau et parce qu’il était né esclave.

Il est assez évident que l’engagement de Marine Le Pen en février 2012 est parfaitement contradictoire avec l’attitude du maire Front National de Villers-Cotterêts en avril 2014, attitude qu’elle n’a pas désavouée.

Par ailleurs, l’association demande depuis 2008 au gouvernement qu’un bâtiment de six mille mètres carrés appartenant à la Banque de France, longtemps à l’abandon, l’hôtel Gaillard, sis place du général Catroux, face au monument au général Dumas, soit affecté, sous le nom de centre Dumas, à la mémoire de l‘esclavage et des grandes figures de la « diversité ».

Ce bâtiment est actuellement affecté, par la Banque de France, à un projet placé sous la responsabilité de Marc-Olivier Strauss-Kahn.

Ce projet tend à faire de l’hôtel Gaillard un centre de l’économie et de la finance. Les seuls visiteurs prévus pour ce centre sont les élèves de l’enseignement public. Le financement de ce projet serait assuré par la Banque de France, par un prélèvement sur les dividendes normalement versés au trésor.

Ce projet a été très critiqué au motif que la création, aux dépens de l’état, d’un centre de l‘économie et de la finance serait une singulière façon, en période d’austérité, d’apprendre l’économie aux écoliers de France, outre le fait que l’hôtel de la Monnaie a déjà cette vocation.

Autant dire que ce projet, qui devait aboutir en 2016, est quasiment-mort né et que le bâtiment a de fortes chances d’être de nouveau abandonné.

François Hollande avait promis à l’outre-mer, en mars 2012, l’ouverture d’une maison de l’outre-mer à Paris. Force est de constater que le dossier, actuellement confié à un préfet, n’a pas avancé.

En conséquence, l’association des amis du général Dumas demande au président de la république, dans le prolongement de ses déclarations du 10 mai 2014, et en réparation aux injustices racistes commises contre le général Dumas, né esclave, d’examiner le moyen de faire entrer symboliquement le général Dumas dans l’ordre national de la légion d’honneur, dont François Hollande est le grand maître, et d’affecter l’hôtel Gaillard, place du général Catroux, à un centre Dumas, conjointement piloté et financé par la mairie de Paris, étant bien entendu que ce centre pourrait notamment abriter la maison de l’outre mer ainsi qu’un mémorial de l’esclavage.

Pour l’association des amis du général Dumas,

Claude Ribbe, président

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 20:06

TOUTE LICENCE EN ART

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article103

Le Club Politique Bastille utilise pour la première fois le forum de discussion de son site internet.

Par rapport à l’analyse de la période actuelle de la situation politique française dont le point de départ était le résultat des élections municipales et dont le point d’arrivée sera le résultat des élections européennes, j’écrivais déjà un message disponible si vous consultez mon blog personnel et j’en écrirais certainement d’autres.

Sous estimation générale du « séisme municipal », sous estimation de la crise générale de la totalité des partis de la gauche et de l’extrême gauche française dont la principale expression est une profonde dégénérescence nationaliste franco française, appréciation selon laquelle le combat à l’intérieur du Parti Socialiste est une impasse totale, caractérisation du Parti Socialiste comme un parti de droite, ce sont de mon point de vue les principales caractéristiques de cette situation.

La question centrale est bien évidemment la question de l’ouverture d’une alternative et d’une perspective politique en positif.

Il n’y a bien évidemment pas de solution miracle. Cette discussion politique est une discussion publique, elle concerne toute la gauche, la majorité populaire abstentionniste dans ce pays et la minorité des électeurs de la totalité des partis de gauche et d’extrême gauche, ce n’est pas une discussion particulière au CPB et le CPB n’est pas une avant-garde.

Les discussions politiques passent de plus en plus par internet, les sites internet officiels nationaux de la totalité des partis de gauche et d’extrême gauche sont des caricatures de discussion politique, elles passent par l’expression franche des positions des uns et des autres, elles passent donc par ces sites s’ils ne censurent pas les messages de discussion et s’ils font des tentatives d’organisation de la discussion, elles passent par les sites et les blogs personnels, les listes de diffusion et les forums de discussion.

Toute licence en art.

Bernard Fischer

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 19:55

Moscou entérine les référendums séparatistes en Ukraine (Reuters)

Le Kremlin a entériné Lundi 12 Mai 2014 les référendums séparatistes organisés par les militants pro-russes de Louhansk et Donetsk qui réclament désormais leur rattachement à la Fédération russe.

L'Ukraine qualifie ces scrutins, qui ont eu lieu dimanche, de « farce » tandis que les européens leur nient toute légalité et envisagent de durcir leurs sanctions contre la Russie.

Moscou dit au contraire respecter la volonté du peuple exprimée lors de ces consultations, un « oui » triomphal à l'indépendance à en croire leurs organisateurs, en espérant que leur résultat sera mis en oeuvre de « manière civilisée, sans nouvelle violence et par le dialogue ».

Les conséquences concrètes de ces votes dans les deux régions de Donetsk et Louhansk sont encore difficiles à mesurer.

Selon l'agence de presse russe RIA, la région de Louhansk, où les électeurs auraient voté « oui » à 96,2%, va demander à l’ONU de reconnaître son indépendance. Dans la région de Donetsk, le « oui » l'a emporté à 89% selon les organisateurs.

Les dirigeants séparatistes soutiennent publiquement une annexion de l'est de l'Ukraine par la Russie, qui a absorbé la Crimée en mars après un référendum similaire, et n'excluent pas un deuxième référendum sur l'intégration à la Russie.

Denis Pouchiline, le chef de la « république populaire » auto proclamée de Donetsk, a ainsi demandé à Moscou d'étudier la possibilité de rattacher sa région à la Fédération de Russie.

« Le peuple de Donetsk a toujours fait partie du monde russe. Pour nous, l'histoire de la Russie est notre histoire », a-t-il dit lundi lors d'une conférence de presse.

« Cette terre n'a jamais été ukrainienne. On parle russe », a renchéri Viatcheslav Ponomariov, le maire rebelle du bastion séparatiste de Slaviansk, dans l'oblast de Donetsk.

GUERRE DES MOTS

Les militants pro-russes, qui dénoncent l'installation d'un pouvoir « fasciste » à Kiev depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch le 22 février, ont pris le contrôle de bâtiments officiels dans de nombreuses villes de l'est de l'Ukraine au cours des dernières semaines.

Kiev et les occidentaux accusent la Russie d'avoir envoyé des soldats d'élite aux côtés des rebelles.

Sur le terrain, la tension reste vive près d'une tour de la télévision des environs de Slaviansk, dont les forces rebelles auraient à nouveau tenté de s'emparer durant la nuit, selon le ministre ukrainien de l'intérieur, Arsen Avakov.

« La guerre des mots qu'ils mènent contre nous dans le Donbass (la région formée par les provinces de Donetsk et Louhansk) est plus dangereuse qu'une balle. Nous devons riposter, l'ennemi redoute cela davantage que les forces spéciales », a dit le ministre sur sa page facebook.

Un compromis semble en revanche prendre forme dans la grande ville portuaire de Marioupol, sur la mer d'Azov, théâtre d'affrontements meurtriers en fin de semaine dernière.

Selon Oleksander Tourtchinov, le président ukrainien par intérim, la police locale a commencé d'y patrouiller avec une milice de volontaires mis en place par la compagnie Metinvest, dirigée par l'homme le plus riche d'Ukraine, Rinat Akhmetov.

Une photographie sur le site de Metinvest montre des ouvriers sidérurgistes du groupe, casqués et en tenue de travail, mais sans armes, marchant dans les rues avec des policiers loyalistes.

En échange, Rinat Akhmetov a demandé à Kiev de ne pas envoyer l'armée dans la ville mais Oleksander Tourtchinov n'a pas mentionné ce point.

NOUVELLES SANCTIONS EUROPEENNES

Le président ukrainien par intérim a qualifié de « farces » sans conséquences juridiques les référendums de dimanche, inspirés selon lui par le Kremlin et « destructeurs pour les économies des régions de Donetsk et Louhansk ».

Les européens tablent sur l'élection présidentielle du 25 mai pour sortir de la crise mais la région de Louhansk a cependant déjà annoncé qu'elle ne participerait pas au scrutin.

Deux sociétés criméennes et treize personnalités ont été ajoutées lundi à la « liste noire » des individus et entités visés par les sanctions de l'Union européenne dans le cadre de la crise ukrainienne, a-t-on appris de source diplomatique.

Les noms de ces entités et individus devaient être rendus publics dans le courant de la journée.

L'Union Européenne avait jusqu'a présent imposé un gel des avoirs et une interdiction de voyager à quarante huit personnalités ukrainiennes et russes. Désormais, des sanctions européennes visent également des entreprises même si Bruxelles reste dans ce domaine beaucoup plus prudent que Washington.

Ainsi, la France honorera le contrat de vente de deux navires porte-hélicoptères Mistral à la Russie, ce dernier n'étant pas couvert par un éventuel train de nouvelles sanctions dans le cadre de la crise ukrainienne, a-t-on dit lundi de source gouvernementale.

Les Etats-Unis ont sanctionné fin avril dix sept sociétés russes et gelé les avoirs de sept proches de Vladimir Poutine, dont le président du géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine.

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