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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 16:58

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/04/15/chine-la-decheance-des-tigres_4401885_3208.html

La déchéance des « tigres »

Par Brice Pedroletti, correspondant du Monde à Pékin, et Harold Thibault, correspondant du Monde à Shanghaï

Mardi 15 Avril 2014

Que pouvaient donc avoir en commun le patron d’un groupe minier en plaine expansion internationale, un magnat de l’hôtellerie, un vice ministre de la police, le chef des services secrets de Pékin, un producteur de cinéma à l’ascension fulgurante ou encore cette brochette de cadres dirigeants de l’industrie du pétrole et de hauts responsables provinciaux ? Tous sont (ou ont été) détenus, parfois depuis des mois, par la police anti corruption chinoise interne au parti, la fameuse Commission Centrale de Discipline du Parti (CCDP).

Ces mandarins sont tous soupçonnés de collusion avec Zhou Yongkang, l’ancien grand manitou de l’appareil de sécurité chinois, ou avec son fils entrepreneur, Zhou Bin. Selon des sources proches de l’enquête citées fin mars par Reuters, trois cents personnes seraient ainsi détenues, tandis que quatre vingt dix milliards de yuans (dix milliards d’euros) d’avoirs financiers, trois cents biens immobiliers et d’innombrables antiquités, œuvres d’art et automobiles auraient déjà été confisqués.

Cette grande purge, dont le premier acte remonte à l’arrestation, en décembre 2012, du numéro deux du parti de la province du Sichuan, Li Chuncheng, prend aujourd’hui des proportions gigantesques, au gré des dénonciations et des allégeances réelles ou soupçonnées.

Elle distille suspense et effroi à mesure que l’étau semble se resserrer autour de sa cible ultime, Zhou Yongkang, rarement nommé.

« Tout le monde est corrompu »

Ce dernier serait également aux arrêts avec ses proches, possiblement à domicile, de Californie où elle vit, la sino-américaine Mary Zhan Minli, âgée de soixante et onze ans, dont la fille est mariée à Zhou Bin, le fils de Zhou Yongkang, a révélé fin mars au Wall Street Journal qu’elle était sans nouvelle de ses enfants et de son mari, un sino-américain, depuis une conversation sur skype mystérieusement interrompue fin 2013. Ceux-ci, a-t-elle dit, « assistent les enquêteurs ». La retraitée, qui s’est déclarée « terriblement effrayée » par ce qu’elle désigne comme une « lutte politique » contre sa belle-famille, a reconnu avoir servi de prête-nom dans des sociétés créées en Chine par son beau-fils. L’une d’entre elles a équipé en matériel informatique des milliers de stations-service chinoises du géant du pétrole CNPC.

La CCDP, pilotée par Wang Qishan, le lieutenant anticorruption de Xi, a le pouvoir d’interpeller tout citoyen, qu’il soit fonctionnaire ou employé d’une société privée. Elle a déjà fait tomber une dizaine de personnalités de rang équivalent à celui de vice-ministre, sans qu’aucun barrage procédurier ne s’y oppose. Le shuanggui, la procédure dite de « double détention », appliquée par les inspecteurs de la CCDP, est extra judiciaire. « La logique de la commission de discipline, c’est que tout le monde est corrompu. Si on est sous shuanggui, les inspecteurs dresseront un scénario des collusions possibles et s’entendront sur un montant que vous devrez avouer », avance l’avocat Pu Zhiqiang, qui a recueilli dans une vidéo mise en ligne début mars les témoignages de trois cadres du parti du Hunan détenus en 2012 par le jiwei local (l’abréviation chinoise de la CCDP), sans lien direct toutefois avec l’opération contre Zhou Yongkang. Tous trois ont raconté de terribles séances de torture. « Ces méthodes pour soi-disant traquer la corruption ne peuvent que se transformer en outil au service des luttes politiques. Le système est tout bonnement incontrôlable », poursuit Pu Zhiqiang.

« Chasse aux tigres et aux mouches »

Si le nom de Zhou Yongkang est connu de tous en Chine, c’est parce qu’il était l’un des neufs « empereurs » du dernier comité permanent de la seconde présidence d’Hu Jintao entre 2007 et 2012 qui supervisait l’ensemble des activités de la police et de la justice. Fin 2012, lors du dix huitième congrès national du Parti Communiste Chinois, qui a porté au pouvoir Xi Jinping et sa nouvelle équipe, Zhou Yongkang quittait ses fonctions à l’âge prévu par le règlement, soixante dix ans. Sa réputation était alors immaculée, protégée de toute façon par la censure qui interdit de débattre des personnalités dirigeantes. A peine murmurait-on qu’il avait soutenu Bo Xilai, l’ancienne étoile montante de la politique chinoise tombée en mars cette année-là dans un scandale retentissant.

Mais, au lieu de profiter d’une retraite paisible, Zhou Yongkang est devenu le grand fauve dont il faut rapporter la tête dans la « chasse aux tigres (officiels corrompus de haut rang) et aux mouches (cadres subalternes) » promise par le nouveau président, Xi Jinping.

L’expression, tirée du lexique maoïste, renvoie à une campagne de purification conçue à la fin de 1951 en réponse au constat du grand timonier que « l’extravagance, le gaspillage et la propension à festoyer » avaient fleuri dans les rangs du parti, ternissant son image. Pour y remédier, les « cadres corrompus par la bourgeoisie » devaient être « identifiés, exposés et punis », raconte dans « the tragedy of liberation, an history of the chinese revolution between 1945 and 1957 » (Bloomsbury Press, 2013) l’historien Frank Dikötter, qui revisite dans son ouvrage la politique d’élimination à grande échelle sous Mao des supposés ennemis de la révolution.

« Terreur calculée et violence systématique »

En 1951 déjà, il était question de séparer les cas triviaux, les « mouches », des cas plus graves, les « tigres », et enfin des « grands tigres ». S’ensuivit une vaste purge menée par des « équipes de chasseurs de tigres » qui, sous la direction des caciques du parti, dont Xi Zhongxun, le père de Xi Jinping, donnèrent dans la surenchère statistique, conduisant à des centaines de milliers d’arrestations, mais aussi d’exécutions, de tortures et de suicides. A Pékin, le plus « grand tigre » débusqué, Song Degui, n’était autre qu’un haut gradé de la sécurité publique.

Avec sa croisade, Xi Jinping va très loin. Il a ainsi bousculé la règle tacite de l’immunité accordée aux anciens membres du comité permanent du parti. Si bien que ses deux prédécesseurs, les anciens présidents Jiang Zemin et Hu Jintao, auraient récemment exprimé leurs « réserves » sur cette grande purge. Xi Jinping semble l’ériger en un instrument de « terreur calculée et de violence systématique » pour reprendre la qualification des années Mao par Frank Dikötter. Certes, le nouvel empereur rouge a déjà réussi à imposer une austérité aussi brutale qu’inédite partout où l’on faisait bombance sur le dos des contribuables, finis les clubs privés, les hôtels cinq étoiles, les gadgets de luxe même au sein des administrations. Chacun guette désormais le moindre signe extérieur de richesse chez ses supérieurs.

Chaque étape de la longue carrière de Zhou Yongkang, le pétrole et la CNPC qu’il a dirigée, son fief politique du Sichuan, puis l’appareil juridico-policier, a fourni son lot de « tigres » qui commencent à être déférés devant la justice par la CCDP. Comme Guo Yongxiang, cet ancien vice-gouverneur du Sichuan, ancien secrétaire de Zhou Yongkang arrêté en juin 2013, qui aurait facilité l’approbation de projets hydro électriques de la société de Zhou Bin, le fils de Zhou Yongkang.

Théâtre d’ombre de la politique chinoise

Autre cas jeté en pâture à l’opinion publique chinoise, celui de Liu Han, le flamboyant patron de Hanlong, premier groupe privé du Sichuan, jugé début avril 2014 pour avoir dirigé une « organisation mafieuse », dont les exactions (meurtres et extorsions) auraient bénéficié de « protections haut placées » dans la sécurité d’état. Le magazine d’investigation économique Caixin a révélé l’existence de deux opérations capitalistiques entre des sociétés de Liu Han et de Zhou Bin, qui ont permis au fils de Zhou Yongkang d’empocher de colossales plus-values.

Quant à Li Dongsheng, qui était numéro trois de la police chinoise lors de son arrestation en décembre 2013 et ancien dirigeant de la télévision centrale CCTV, il aurait favorisé l’épouse de Zhou Bin, productrice d’une série télévisée co-financée par la police chinoise. Ses largesses auront en tout cas eu raison de Li Ming, producteur du dernier film de John Woo gâté par les contrats régaliens de CCTV et qui roulait en Maserati, il est mort, début janvier, à la suite d’un interrogatoire des inspecteurs du jiwei.

L’un des derniers actes de ce théâtre d’ombres de la politique chinoise se déroule dans le village natal de Zhou Yongkang, à Xiqiantou, non loin de Wuxi (province du Jiangsu), au nord de Shanghaï. Il a d’ailleurs fallu les funérailles en février de l’un des deux frères de Zhou Yongkang pour que la presse chinoise imprime le nom de l’ancien haut dignitaire autrefois intouchable.

« Chez nous, même le maire a une maison plus grande »

Depuis, à Xiqiantou, c’est le défilé des curieux autour d’une bâtisse cossue entourée d’un mur blanc et protégée par des caméras de sécurité. Elle aurait été construite sur le terrain où ont grandi Zhou Yongkang et ses deux frères, fils d’un pêcheur d’anguilles. Dans celle d’à côté vit le benjamin, Zhou Yuanqing, arrêté en décembre avec son épouse. Que des badauds puissent déambuler en toute liberté autour de la propriété familiale et que des journalistes de Hongkong puissent filmer l’édifice au moyen de drones témoigne d’une indulgence bien singulière de la part des autorités. Mais ceux qui s’imaginaient trouver un palace à Xiqiantou en sont pour leurs frais, « chez nous, même le maire a une maison plus grande », nous a confié Shen Xinghua, une femme venue d’un village voisin.

A Xiqiantou, pour comprendre la cruauté de la campagne d’éradication du clan Zhou, il suffit de se rendre au cimetière. Les badauds y immortalisent pour les réseaux sociaux les trois stèles des ancêtres de l’ancien patron de la sécurité chinoise. A leur côté ont été inscrits, à l’encre rouge car ils sont toujours vivants, les noms de Zhou Yongkang, de son fils, de son épouse, de ses frères et de leurs rejetons.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 16:21

http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/10/jean-luc-melenchon-relaxe-apres-avoir-traite-marine-le-pen-de-fasciste_994584

Jean Luc Mélenchon relaxé après avoir traité Marine Le Pen de « fasciste »

Par Dominique Albertini

La présidente du Front National s’estimait injuriée, tandis que le coprésident du Parti de Gauche jugeait que le terme relevait du simple qualificatif politique.

Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, poursuivi par Marine Le Pen pour injure, pour avoir employé le terme « fasciste » à son égard, a été relaxé Jeudi 10 Avril 2014 par le tribunal correctionnel de Paris. Le tribunal a souligné que « si le terme fasciste peut prendre une connotation outrageante quand il est utilisé en dehors de tout contexte politique ou s’il est accompagné d’autres termes dégradants, il est, en revanche, dépourvu de caractère injurieux lorsqu’il est employé entre adversaires politiques sur un sujet politique ».

« Pas un compliment »

« Dans ma famille politique, ce mot est utilisé depuis très longtemps en équivalent du terme extrême droite », avait expliqué le coprésident du Parti de Gauche lors d’une audience, le 6 mars. « Naturellement, ce n’est pas un compliment à l’égard du Front National, mais ce n’est pas une injure. Marine Le Pen elle-même a parlé d’un fascisme doré à propos des marchés, d’un fascisme vert à propos de l’islam ». « Le fascisme a inspiré le nazisme », avait rétorqué l’avocat du Front National, Wallerand de Saint-Just. « En disant que Marine Le Pen est fasciste, vous dites donc qu’elle est en faveur de la shoah et des camps de concentration. Il est évident que Jean-Luc Mélenchon avait la volonté d’invectiver, de rabaisser, de faire mépriser Marine Le Pen, car il n’y a pas dans le débat public d’injure plus profonde ». L’avocat avait réclamé un euro de dommages et intérêts.

C'est le second procès remporté en sept jours par Jean-Luc Mélenchon contre la présidente du Front National. La semaine passée, le tribunal de Béthune avait condamné cette dernière à dix mille euros d'amende pour avoir diffusé, en 2012, un faux tract attribué à son adversaire. Sur son compte twitter, le leader du Parti de Gauche s'est réjoui de ce nouveau succès judiciaire.

« Toute la politique du Front National qui consistait à vouloir faire taire les journalistes, ses adversaires politiques a échoué », a réagi l’avocate de Jean Luc Mélenchon, Raquel Garrido.

Selon elle, Marine le Pen « souhaitait instrumentaliser le tribunal pour se dédiaboliser » et voulait « faire interdire » l’utilisation du terme fasciste la concernant. « Il faut cesser avec la dédiabolisation, appeler un chat un chat », a-t-elle insisté, « Marine Le Pen est condamnée aujourd’hui à supporter qu’on la caractérise de fasciste ».

« L’épithète est tellement grave que même dans un contexte politique, elle revêt un caractère outrageant », a quant à lui réagi Wallerand de Saint-Just. « On n’a pas le droit en France de se recommander du fascisme ou du nazisme », a-t-il poursuivi, plaçant le premier comme « père » du second, a-t-il poursuivi, soulignant que « ce genre d’injure est quasiment toujours » employé « dans un contexte politique ».

Autre affaire à venir

Depuis son arrivée à la tête du Front National, Marine Le Pen s’est montrée très sourcilleuse quant aux qualificatifs accolés à son parti. A l’automne 2013, elle avait menacé d’attaquer les médias qui associeraient son parti à l’étiquette « extrême droite », menaces qui sont restées sans suite « par manque de temps », a reconnu Wallerand de Saint-Just.

Le 22 mai, la dix-septième chambre se prononcera sur une affaire similaire, opposant le Front National à l'animateur Laurent Ruquier. En 2011 et 2012, dans son émission « on n’est pas couché », celui-ci avait présenté deux images jugées injurieuses par le parti, l'une représentant l'arbre généalogique de Marine Le Pen sous forme de croix gammée, l'autre la caricaturant en étron sous le titre « la candidate qui vous ressemble ».

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 15:54

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/18/a-donetsk-des-citoyens-dans-la-rue-pour-dire-non-a-la-russie_4403811_3214.html

A Donetsk, des citoyens dans la rue pour dire non à la Russie

Par Piotr Smolar

Vendredi 18 Avril 2014

Il existe différentes façons de chanter un hymne national. Sur Maïdan, au moment de la nouvelle révolution ukrainienne, les manifestants en faisaient un cri collectif. Une autre manière est apparue au parc des victoires, à Donetsk, Jeudi 17 Avril 2014. Ce fut d’abord un murmure chaleureux, une prière dans une messe civique, une façon aussi de se compter à haute voix. Pour la première fois depuis la prise de l’administration régionale, le 6 avril, par les séparatistes qui ont proclamé dans la foulée une « république populaire de Donetsk », des habitants ont desserré le goulot d’étranglement qui semblait assécher l’identité nationale dans le Donbass.

Les séparatistes diront forcément que leurs adversaires n'étaient que deux mille. Et ils auront raison. Mais ils oublieront de préciser que les manifestants prorusses n'étaient guère plus nombreux pendant un mois, lors des rassemblements place Lénine.

Au milieu des deux camps mobilisés coule la rivière des silencieux, des indécis, des apeurés, charriant des sentiments contradictoires, un ressentiment contre les nouvelles autorités à Kiev, la conviction que Viktor Ianoukovitch était le président légitime, mais aussi, malgré les liens économiques et culturels avec la Russie, l'envie confuse de calme, de stabilité, dans les frontières actuelles.

Couronnes de fleurs

Les séparatistes oublieront aussi de reconnaître que ces partisans de l'Ukraine unifiée, souveraine, ont été braves. Pendant toute la journée, des rumeurs ont circulé sur des affrontements inévitables entre pro et anti russes, à Donetsk et à Kramatorsk, où un rassemblement similaire s'est tenu. Le matin même, Denis Pouchiline, le représentant du présidium, le conseil exécutif de la « république de Donetsk », nous garantissait des « provocations, il y aura des étudiants, des représentants armés de Pravyi Sektor qui voudront tirer sur les policiers chargés de protéger le bâtiment de l'administration régionale ».

C'est vrai, on vit des étudiants au parc des victoires. Ils arboraient des drapeaux ukrainiens ou portaient des couronnes de fleurs.

Nina Guber, vingt ans, étudie à l'université de Kharkiv mais est revenue chez elle, à Donetsk, pour le week end. Elle a entendu parler de la manifestation par les réseaux sociaux. Elle ne comprend pas vraiment la question des risques encourus, « je n'ai pas le choix, j'aime mon pays. Je n'avais pas peur. Ce qui domine, c'est la déception à cause de l'inaction du gouvernement. S'ils ne font rien, tout ne dépend que de toi ».

Le père de Nina essaie de ne pas se mouiller dans cette affaire de souveraineté du Donbass. Sa mère, russe, grimace à chaque fois qu'elle entend des propos hostiles aux siens. Quant à Nina, elle écarquille les yeux en voyant la latitude d'action des séparatistes.

« Si j'observais, de France, cette proclamation d'une république par cent personnes, dans une région qui en compte deux millions, je prendrais cela pour une blague. J'ai peur de confier ma vie aux gens dans cet immeuble de l'administration ».

Nina était place Lénine il y a un mois, lorsqu'un représentant du parti nationaliste Svoboda avait été tué par des militants pro-russes. La police brilla par sa passivité. En ce jeudi, le dispositif n'a plus rien à voir. Des centaines d'hommes forment une sorte de cordon sanitaire avec leurs boucliers autour du rassemblement. Dans la foule, on récite une prière commune, on crie « Donbass, Ukraine » et « gloire aux héros » de Maïdan et on applaudit à tout rompre le président du syndicat des mineurs. On se réjouit de voir au moins un élu, le député Oleh Liachko, candidat à la présidentielle pour le parti radical.

Centre des forces patriotiques

L'un des principaux promoteurs de l'événement est Sergueï Garmach, rédacteur en chef du site d'information local Ostrov. Il y a encore quelques mois, son obsession était de traquer la fortune de la famille Ianoukovitch dans la région.

Depuis la fuite de l'ancien président et la déstabilisation du Donbass, il porte l'étendard de l'Ukraine unie. « On a créé un centre des forces patriotiques regroupant dix huit associations et des partis », explique-t-il. « On a trois objectifs. La communication, pour répondre au lavage de cerveau. On veut notamment que notre journal passe d'un tirage de cent mille à trois cent mille. On veut aussi ouvrir une discussion politique, en invitant les séparatistes à des tables rondes, pour les confronter. Enfin, on veut organiser des groupes d'auto défense ».

Cette éventualité n'irait guère dans le sens de la désescalade négociée sur le papier à Genève entre grandes puissances. Pas plus que dans celui du calendrier politique, le premier ministre Arseni Iatseniouk n'envisageant de formuler le projet de décentralisation que d'ici le premier octobre.

Autre initiative peu susceptible de calmer les esprits, l'oligarque Igor Kolomoïski, gouverneur de Dniepropetrovsk, a promis des récompenses à ceux qui remettraient des armes aux autorités, le prix dépend du calibre. L'interpellation d'un « homme vert », selon l'expression consacrée en Crimée pour qualifier un milicien russe, vaut dix mille dollars (sept mille deux cent trente euros). Une libération de bâtiment occupé par les séparatistes vaut deux cent mille dollars.

Mais comment prouver la provenance d'une arme, éviter les dérives, les dénonciations abusives ? Le gouverneur ne précise pas, il s'en moque. Le message ressemble aux affiches de chasseurs de primes dans les mauvais westerns. Il sonne aussi comme une privatisation des questions sécuritaires, faute d'un état fonctionnel.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 10:39

Un accord et des questions sur l’Ukraine (Reuters)

Les Etats-Unis, la Russie, l'Ukraine et l'Union Européenne se sont mis d'accord Jeudi 17 Avril 2014 pour appeler à la fin immédiate des violences dans l'est de l'Ukraine mais cet accord négocié à Genève ne lève pas toutes les interrogations, loin de là.

Par l'intermédiaire de son secrétaire d'état, John Kerry, Washington a immédiatement menacé la Russie de nouvelles sanctions si elle devait entraver la mise en oeuvre de l'engagement pris en Suisse.

« S'il n'y pas de progrès au cours de ces prochains jours, si nous n'observons pas de mouvement allant dans la bonne direction, il y aura alors en conséquence des sanctions supplémentaires, des coûts supplémentaires », a déclaré le chef de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse à Genève.

Dans la soirée, Barack Obama s'est félicité de la conclusion de l'accord, qui ouvre selon lui la voie à une « désescalade », tout en évoquant à son tour la possibilité d'adopter de nouvelles sanctions en fonction de l'attitude de la Russie.

A priori, le climat paraît d'autant moins favorable à la résolution de la crise que Vladimir Poutine a employé, alors même que les discussions étaient en cours en Suisse, un ton offensif envers les dirigeants de Kiev, accusés de commettre un « crime grave » dans l'est du pays.

Et, sur le terrain, un groupe de trois cent séparatistes armés a attaqué la base de la garde nationale à Marioupol, sur les bords de la mer d'Azov, a déclaré le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, qui a fait état de trois séparatistes tués et de treize autres blessés.

Ces incidents sont les plus meurtriers en Ukraine depuis le début du soulèvement des militants pro-russes il y a une dizaine de jours.

« UN TEST POUR LA RUSSIE »

« Toutes les parties doivent s'abstenir d'actions violentes, d'actes d'intimidation ou d'actions provocatrices », peut-on lire dans le texte auquel a abouti la réunion quadripartite de Genève à laquelle participaient John Kerry, ses homologues russe Sergueï Lavrov et ukrainien Andriy Dechtchitsia et Catherine Ashton, au nom de l'Union Européenne.

« Tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés, tous les bâtiments occupés illégalement doivent être restitués à leurs propriétaires légitimes, toutes les rues, places et autres lieux publics dans les villes ukrainiennes doivent être libérés », lit-on également.

Un doute subsistait sur l'engagement pris ou non par la Russie de retirer ses troupes massées à la frontière mais, selon le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriy Dechtchitsia, l'accord permettra de connaître la sincérité de Moscou.

« Ce sera un test pour la Russie, si la Russie veut véritablement montrer sa volonté d'avoir de la stabilité dans ces régions », a-t-il dit devant la presse.

L'accord de Genève portera-t-il ses fruits ? Certains observateurs en doutent.

« La diplomatie ne peut rien si on ne laisse aucune place au compromis », selon Ulrich Speck, professeur associé au groupe de réflexion Carnegie Europe. « Le Kremlin se consacre à la mise sous tutelle de l'Ukraine, d'une façon ou d'une autre. Il a l'impression d'avoir fait des pas important dans cette direction et ne veut pas reculer ».

« SAPER L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE »

Sergueï Lavrov a exhorté les Ukrainiens à ouvrir un dialogue national et a souhaité dans le même temps que Kiev confie davantage de pouvoirs aux régions et laisse plus de place à la langue russe. Dans un discours télévisé, Vladimir Poutine a estimé lui que les dirigeants pro-occidentaux en place à Kiev depuis la chute du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, le 22 février, poussaient leur pays « vers le précipice ».

Le président russe a dit espérer que les troupes russes n'auraient pas à intervenir dans l'est de l'Ukraine, mais n'a pas exclu cette possibilité. « Nous devons tout faire pour aider ces gens à défendre leurs droits et à décider de manière indépendante de leur destin. C'est ce que nous appuyons », a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs laissé entendre que ses ambitions territoriales allaient au-delà de l'Ukraine, déclarant que les habitants de Transnistrie, région séparatiste russophone de Moldavie, au sud-ouest de l'Ukraine, devaient pouvoir « déterminer leur propre destin ».

Le numéro un russe a enfoncé le clou en s'en prenant à l'élection présidentielle ukrainienne prévue le 25 mai. Selon lui, la campagne électorale se déroule « d'une manière totalement inacceptable », certains candidats étant passés à tabac.

A la suite de ces propos, le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a accusé le président russe de vouloir saboter le scrutin. « Le but, comme Poutine l'a officiellement annoncé aujourd'hui, est de saper l'élection présidentielle du 25 mai ».

Un peu plus tôt, les services de sécurité ukrainiens (SBU) avaient annoncé l'arrestation en Ukraine d'une dizaine de russes, présentés comme de probables agents secrets. Et l'Ukraine a invité la Cour Pénale Internationale (CPI) à enquêter sur les crimes qui auraient été commis sur son territoire depuis le début de l'année et à la fin 2013.

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 19:23

http://www.humanite.fr/13_04_2011-fernando-hernandez-sanchez-la-vitalite-des-valeurs-de-la-seconde-republique-470116

La vitalité des valeurs de la seconde république espagnole

Interview de Fernando Hernandez Sanchez réalisé par Cathy Ceïbe

Jeudi 14 Avril 2011

Cathy Ceïbe. La seconde république espagnole est proclamée le 14 avril 1931. À la suite de la crise de la restauration et de la dictature de Primo de Rivera, quel était le sens de cette rupture ?

Fernando Hernandez Sanchez. La proclamation de la république constitue une rupture historique dans l’histoire contemporaine espagnole. Politiquement, on a assisté à un changement au sein du bloc dirigeant qui avait exercé le pouvoir quasi continuellement durant un siècle et demi antérieur au profit d’une minorité, au terme d’un processus conflictuel, convulsif et inachevé de la révolution bourgeoise espagnole. Pour la première fois, les classes populaires ont trouvé dans ce nouveau régime une représentation, des parcelles de pouvoir et des interlocuteurs en vue d’obtenir des améliorations substantielles des conditions de vie.

Cathy Ceïbe. Le gouvernement provisoire convoque des élections constituantes, et une nouvelle constitution voit le jour. Sur quels piliers repose-t-elle ?

Fernando Hernandez Sanchez. La constitution de 1931 est, avec celle de la république de Weimar (première république d’Allemagne de 1919 à 1933), l’une des plus avancées de son époque. Elle reconnaît pour la première fois le suffrage universel et le droit de vote des femmes. Elle a exalté les classes populaires, en déclarant dans son préambule que l’Espagne est « une république des travailleurs de toute condition ». Elle inscrit la reconnaissance de droits sociaux comme la protection du travail, l’éducation publique, la santé et le logement.

De manière affirmée, elle parie sur une réforme agraire qui doit en finir avec l’injuste distribution de la propriété terrienne et la misère dans les campagnes. Elle définit strictement la séparation de l’état et de l’église catholique dont l’influence écrasante avait conditionné négativement la vie sociale et culturelle. La constitution fait de l’éducation une bannière, moteur du progrès, en promouvant une bataille énergique contre l’analphabétisme, et en impulsant un ambitieux programme de constructions d’écoles et de formation d’instituteurs.

Elle reconnaît le droit à l’autonomie de la Catalogne, et postérieurement, du pays basque et de la Galice. Enfin, elle renonce expressément à la guerre dans les relations internationales, d’où l’idée d’une réforme de fond et d’une diminution des effectifs de l’armée.

Cathy Ceïbe. Cette constitution a pour devise « liberté, égalité, fraternité ». Comment définiriez-vous les réformes et les modernisations entreprises ?

Fernando Hernandez Sanchez. La constitution conjuguait plusieurs influences, sur le plan social, celle de la république de Weimar, et concernant la laïcité, la troisième république française. En ce sens, il n’est pas surprenant qu’elle s’attire les foudres des secteurs auxquels elle s’est affrontée, le conservatisme de l’église et la réaction oligarque. D’autre part, l’ascendant français sur le républicanisme historique espagnol était très fort, et particulièrement sensible dans l’imaginaire et les symboles. Durant les festivités du 14 avril, des femmes arboraient la tunique et des bonnets phrygiens dans le pur style de la Marianne.

L’un des hymnes les plus repris fut la Marseillaise, dont la lettre fut adaptée au castillan. De manière générale, le programme des réformes, dont nombre d’entre elles avaient été différées durant des décennies, est ambitieux. Mais ce programme voit le jour dans le pire des contextes internationaux possibles, au milieu de la grande dépression débutée en 1929, et dans le cadre d’un recul continental des démocraties face à l’avancée des fascismes des années 1930. Il n’y a aucun doute sur le fait que, si les réformes avaient pu être mises en pratique, elles auraient placé l’Espagne à l’avant-garde des conquêtes sociales, comparable à ce qu’obtiendra, en 1936, le front populaire français avec les accords de Matignon.

Cathy Ceïbe. Néanmoins en 1933, la CEDA, la coalition des droites, l’emporte aux élections générales. À quoi tient cette victoire ? Quelles en seront les conséquences durant ses deux années de pouvoir ?

Fernando Hernandez Sanchez. Le triomphe des droites en 1933 ne repose pas que sur leur seul mérite. Il est aussi le fruit des erreurs des gauches. Pour une part, les gouvernements réformistes de 1931 à 1933, appelés aussi premier « bienio », ne sont pas parvenus à imposer un rythme accéléré aux transformations espérées, comme la réforme agraire par exemple. Le changement politique qu’avait supposé l’arrivée de la république ne s’est pas traduit, dans le même temps, par l’extinction des traditionnelles positions du pouvoir social et économique.

Localement, les groupes de la vieille oligarchie, les propriétaires terriens, le clientélisme fonctionnaire et les officiels conservateurs, se sont maintenus. Ces derniers, avec l’appui enthousiaste de l’église, ont pu mobiliser tous leurs réseaux pour torpiller les réformes républicaines. Ils ont suscité, à l’autre bout de l’arc politique, l’impatience des masses paysannes et des secteurs encadrés par l’anarcho-syndicalisme qui a dérivé en conflits d’ordre public, et que les secteurs réactionnaires ont présenté comme la preuve de l’inefficacité du nouveau régime républicain. Au pouvoir entre 1933 et 1935, les droites ont fait tout leur possible pour freiner le programme réformiste, pour vider la république de son contenu social, et pour restituer les privilèges de l’église et des vieilles classes dominantes. Tout cela, ajouté au manque de vigueur républicaine de certains partis qui composaient le bloc gouvernemental, à la sympathie du pouvoir pour le corporatisme et aux événements en Allemagne et en Autriche, ont conduit les gauches à réagir en appuyant la grève générale d’octobre 1934. La répression disproportionnée qui s’ensuivra conduira à l’érosion irrémédiable du cabinet droitier, qui, désuni et affaibli par des scandales de corruption, entre en crise à la fin de 1935.

Cathy Ceïbe. Le front populaire gagne les législatives de février 1936. Certains secteurs, communistes et anarchistes, déclarent la révolution. Quelle sera la portée des six mois de gouvernement populaire ?

Fernando Hernandez Sanchez. Une nuance, motivés par le virage stratégique adopté par le Komintern lors de son septième congrès de 1935 et par l’influence que leur a octroyée la campagne de solidarité avec les réprimés de 1934, les communistes s’intègrent dans les candidatures du front populaire. Leur intention est de garantir l’accomplissement du programme qui souhaitait reprendre l’effort réformiste du premier « bienio » républicain. Plus que la révolution, les communistes veulent pousser le gouvernement à ne pas céder face aux pouvoirs factices. Selon leur analyse du moment, s’il fallait porter une révolution, il s’agissait de la révolution démocratique, historiquement incomplète. Au vu de la conspiration militaire qui était déjà sur les rails depuis le triomphe du front populaire, en février 1936, les communistes cherchent à désarticuler les groupes fascistes (la phalange) et à décapiter la trame putschiste tout en freinant les mobilisations qui auraient pu être considérées comme une provocation à même de justifier un coup d’état. Durant ces six mois, la législation du travail a été réactivée, l’obligation a été faite de réintégrer les licenciés et réprimés d’octobre, les inspecteurs du ministère du travail ont de nouveau obtenu des améliorations de conditions de travail et de salaires pour les ouvriers, et les syndicats ont récupéré leur capacité de négociation. Dans des zones agraires du sud du pays (Estrémadure), les paysans sans terre ont décidé de forcer la marche de la réforme agraire, en occupant des grandes propriétés et en les travaillant.

Cathy Ceïbe. Le coup d’état de 1936 ne vise-t-il pas à achever cette expérience ?

Fernando Hernandez Sanchez. Bien sûr, il y avait déjà eu une tentative du général Sanjurjo en 1932, mais le mouvement était encore prématuré. En 1936, les premières manœuvres des putschistes ont eu lieu le soir même du 16 février, une fois connu le triomphe électoral du front populaire. Le général Franco s’est alors adressé au président du gouvernement en fonction, Portela Valladares, en lui suggérant d’annuler les résultats et de proclamer l’état de guerre. Il n’y est pas parvenu. Les préparatifs du coup d’état ont alors immédiatement commencé, en s’appuyant sur des secteurs civico militaires et l’église. Le terrorisme de l’extrême droite a alimenté la stratégie de la tension, en créant une ambiance d’insécurité à travers des attentats de rue.

Cathy Ceïbe. Dans quelle mesure la république espagnole cristallise le contexte international ?

Fernando Hernandez Sanchez. Évidemment, dans l’expérience républicaine et la guerre qui s’ensuivra, les questions posées n’étaient pas spécifiquement espagnoles, les cartes des grandes idéologies qui s’affrontaient à ce moment, le fascisme contre la démocratie et le socialisme, ont également été battues. Sans cette insertion du conflit espagnol dans la grande crise de la fin des années 1930, on ne pourrait expliquer ni l’intérêt des futures puissances de l’axe qui fourniront très tôt des armes et des hommes à Franco, ni l’enthousiasme qu’a suscité la cause de la république espagnole dans d’énormes secteurs de l’opinion publique mondiale, et qui s’est matérialisé par d’importants mouvements de solidarité, et surtout dans l’expérience des brigades internationales. Il n’est pas inutile de rappeler, sur fond d’une crispation internationale croissante en raison de l’expansionnisme nazi, le rôle négatif joué par les puissances démocratiques, la Grande-Bretagne de l’apaisement et la France tenaillée de Léon Blum, dont l’adhésion aux pratiques inhibitrices du comité de la non-intervention fut mortifère pour les intérêts républicains.

Cathy Ceïbe. Comment expliquez-vous le renoncement à la république ?

Fernando Hernandez Sanchez. Il ne faut pas oublier que l’actuelle démocratie espagnole est née conditionnée par la transition postérieure à une dictature qui n’a pas été vaincue, ni sur un champ de bataille, comme ses mentors de l’axe, ni dans le cadre de la mobilisation politique lorsque Franco était encore en vie. Les impératifs de la transition entre les partis démocratiques et les secteurs réformistes issus du propre franquisme étaient de taire la mémoire de la république. Une propagande persistante durant quarante ans s’est chargée de la présenter comme un régime inefficace et violent, dont les défauts ont été à l’origine de la guerre civile. À tout cela, il ne faut pas oublier la cruelle répression, aux alentours de vingt mille fusillés durant la post-guerre, auxquels s’ajoutent plus de cent cinquante mille tués durant le conflit. Cette répression a rongé le canevas social républicain, populaire et ouvrier, patiemment tissé durant plusieurs générations, et a plongé dans la terreur et le silence les descendants des victimes.

Cathy Ceïbe. Quatre-vingts ans plus tard, quelle est l’actualité de la république ?

Fernando Hernandez Sanchez. Le changement de siècle implique une nouvelle génération non conditionnée par les effets du pacte du silence de la transition. Elle a commencé à s’interroger sur ce passé, en se retrouvant dans le mouvement pour la récupération de la mémoire historique. La production historiographique, l’éducation civique, et la comparaison avec les niveaux de développement des autres pays, ont revalorisé la nature même du républicanisme et sa définition comme régime de plénitude démocratique. Aujourd’hui, la seconde république peut être vue comme l’antécédent de l’actuelle démocratie espagnole. Dans les mains des nouvelles générations, une troisième république supposera sa culmination.

Fernando Hernandez Sanchez a publié, en Espagne, en 2010, « guerre ou révolution, le Parti Communiste d’Espagne dans la guerre civile » aux éditions Critica.

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:45

DES MUNICIPALES AUX EUROPEENNES

Ou va la France ?

Il y a sous estimation générale du « séisme municipal », de l’ampleur de la défaite historique aux élections municipales françaises du « parti d’Epinay », comme disent un certain nombre de vieux militants, de la crise générale de la gauche et de l’extrême gauche française.

Le départ des verts du gouvernement, ce n’est pas seulement la rupture entre EELV et le Parti Socialiste, ce sont aussi les divergences à l’intérieur d’EELV entre la droite (Cohn Bendit) et la gauche (Grenoble).

Le Parti Socialiste va vers une nouvelle défaite électorale aux élections européennes, encore pire par rapport à la défaite des élections municipales, et cette nouvelle défaite électorale approfondira encore la crise existentielle du Parti Socialiste. Il n’y a aucune place pour une gauche du Parti Socialiste. C’est le naufrage, ils sont en dessous de la ligne de flottaison, la seule alternative pour tous les militants, les chefs et les sous chefs, c’est l’alternative suivante, ou bien ils soutiennent le blairisme à la française (Valls) ou bien ils quittent immédiatement le navire. Je vous propose par exemple la lecture de l’éditorial du Monde du Mercredi 16 Avril 2014 dont le titre est « Cambadélis, rénovateur du Parti Socialiste ou syndic de faillite », personne ne soufflait cette formule à l’éditorialiste du Monde.

Hollande à dix huit pour cent dans les sondages et Valls à cinquante huit pour cent, c’est absolument intenable. Des militants et des organisations sérieuses poseront effectivement la question de la démission du président ou bien de la dissolution du parlement.

Les divergences à l’intérieur du Front De Gauche, ce ne sont pas seulement les divergences entre le PCF et le Parti de Gauche, ce sont aussi les divergences à l’intérieur du PCF et de l’appareil confédéral de la CGT, la fracture de la campagne des élections municipales est durable.

Enfin, la mobilisation populaire en France est effectivement très faible et c’est un problème. De mon point de vue, il n’y a pas de solution nationaliste à l’intérieur des frontières de la France, il y aura une solution européenne ou bien il n’y aura pas de solution du tout, en Espagne, en Grèce, en Italie et au Portugal. Quand Laurent et Mélenchon mettent Tsipras pendant cinq minutes en tête de manifestation à Paris, ils comprennent le problème, même si le pauvre Tsipras n’y peut absolument rien. Ou en est par exemple « l’opposition de gauche », comme dirait Mélenchon, à l’intérieur de SYRIZA ?

Bernard Fischer

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 23:30
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 19:09

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/04/16/cambadelis-renovateur-du-ps-ou-syndic-de-faillite_4402418_823448.html

Cambadélis, rénovateur du Parti Socialiste ou syndic de faillite ?

Editorial du Monde

Mercredi 16 Avril 2014

Jean Christophe Cambadélis a hérité, Mardi 15 Avril 2014, d’un poste que « pôle emploi » n’aurait pas osé lui proposer s’il avait été mis sur le marché, un Contrat à Durée Déterminé de dix huit mois de premier secrétaire du Parti Socialiste, jusqu’au congrès d’octobre 2015.

Autrement dit, une mission de sauvetage d’un parti en détresse, qu’Henri Emmanuelli qualifiait récemment de « parc à moutons » en « coma dépassé ».

Au lendemain d’un désastre électoral qui, avec la perte de quelque cent soixante villes de plus de dix mille habitants, a sapé le socialisme municipal, le diagnostic impitoyable de Michel Rocard, en 1994, s’impose de nouveau.

L’ancien premier ministre décrivait, alors, le Parti Socialiste comme « un champ de ruines, pratiquement vidé de toute idée, de toute force, de toute influence ».

Si les socialistes ont encore tous les pouvoirs, Elysée, Matignon, assemblée nationale, sénat, régions et majorité des départements, leur parti n’existe plus. Il est devenu un astre mort. Les premiers symptômes du mal ne sont pas apparus avec l’élection de François Hollande. Ils remontent loin.

En 1995, Lionel Jospin, redevenu premier secrétaire, avait favorisé un certain renouveau idéologique, sans toutefois faire le ménage nécessaire dans les baronnies locales d’un appareil de plus en plus sclérosé. Son successeur, François Hollande, a exercé une réelle influence sur la ligne du gouvernement pendant la cohabitation de 1997 à 2002. Mais il n’a pas rénové le Parti Socialiste.

Et depuis le choc du 21 avril 2002 et l’élimination de son candidat au premier tour de la présidentielle, ce parti dérive sans boussole, sans autre stratégie que la reconquête du pouvoir, sans renouvellement de sa doctrine.

Jusqu’au séisme municipal de 2014, le Parti Socialiste s’est replié sur son seul rôle de machine électorale. Pour la présidentielle de 2012, il a inventé, avec succès, la procédure démocratique de l’élection primaire. Mais, aujourd’hui, sa machine tourne à vide. Depuis 2002, en dehors de vagues considérations sur « un nouveau modèle de civilisation », il n’a rien produit. Il s’est montré incapable de formuler des idées neuves, soit pour aider l’action gouvernementale, soit pour défricher l’avenir, soit pour redéfinir ce qu’est le socialisme en 2014. Depuis douze ans, et le phénomène s’est aggravé avec la calamiteuse gouvernance d’Harlem Désir, il est en panne de pensée.

La crise existentielle du Parti Socialiste est si profonde qu’on finit par se demander à quoi il sert. Penseur et stratège, formé à la double école du trotskisme et du jospinisme, Jean Christophe Cambadélis a la stature pour empêcher « le bateau ivre » de couler. « L’enjeu pour le Parti Socialiste », a-t-il déclaré, « c’est la glissade ou le renouveau, la dispersion ou le sursaut ». Il lui faudra beaucoup d’énergie pour remettre à flot un parti dont les militants sont désemparés au point de se détourner de leur président.

Jean Christophe Cambadélis a l’ambition de « reformuler idéologiquement le socialisme pour qu’il soit à nouveau une doctrine vivante, capable de transformer le monde et pas seulement de le gérer ». A cette condition seulement, le nouveau « patron » du Parti Socialiste pourra être davantage qu’un intérimaire ou un syndic de faillite.

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 18:50

Vous trouverez ci-dessous la cinquième et dernière partie d’un très long message de Vincent Présumey relatif à la situation en Ukraine.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/130414/ukraine-au-moment-ou-le-pire-peut-arriver

Ukraine, au moment où le pire peut arriver

Par Vincent Présumey

Dimanche 13 Avril 2014

Un dernier point, dans ce texte qui peut sembler long mais qui est en réalité très sommaire, doit être abordé. La peur des nervis de Prayvi Sector est légitime, mais jusqu’à présent c’est surtout une peur qui a été manipulée, dans l’est ukrainien notamment. Mais le thème, de provenance russe, selon lequel « les nazis » tiennent le haut du pavé à Kiev, a pris une dimension obsessionnelle dans la blogosphère de « gauche de gauche » en France, avec pour fonction, généralement réussie, d’interdire toute argumentation rationnelle, comme s’il pouvait être efficace, quand le nazisme survient, de renoncer à penser !

Or, il est en train de se passer quelque chose, en partie à l’ombre protectrice de cette manipulation fantasmatique des images mentales des militants occidentaux, qui devrait les faire réfléchir.

Marine Le Pen était à Moscou Samedi 12 Avril 2014, précisément. Aux côtés du président de la douma Serguéï Narychkine, elle a appelé à la « fédéralisation » de l’Ukraine et le président de la douma a affirmé avoir « beaucoup en commun » avec elle à propos de l’Ukraine, ajoutant ensuite à propos de la politique française que « je pense que nous avons toutes les raisons de parler d’un tournant dans l’histoire politique en France où une troisième force, le Front National, intervient dans la compétition entre les centristes de droite et les socialistes ».

Le président de la douma adoube le Front National comme la « vraie droite » française, l’UMP étant qualifiée par lui de « centriste de droite ». Intéressant, non ? Pendant que militants communistes français et apparentés vont répétant que « les nazis » ukrainiens affrontent, d’une certaine manière, l’armée rouge (car c’est bel et bien cet archétype qui les aveugle), les rapprochements sérieux se font au sommet. On n’en est pas (pas encore ?) à voir les eurasiens pactiser avec Pravyi Sector pour se partager l’Ukraine, mais d’ores et déjà il est très impressionnant de voir toutes les têtes pensantes de l’extrême-droite et de la droite extrême, dans sa diversité européenne, apporter leur soutien à Poutine dans ce moment historique. Soral, Meyssan, Larouche et Cheminade, divers souverainistes auto proclamés, Aymeric de Chauprade « l’international » du Front National (qui était en Crimée le jour du référendum pour le saluer). En Grande-Bretagne, Farrage, leader de l’UKIP, est sur la même ligne, aux Etats-Unis, des secteurs conséquents de la droite libertarienne comme celui de Ron Paul. En Hongrie, le Jobbick, persécuteur des roms et fourrier de l’antisémitisme, soutient Poutine en Ukraine et pèse en ce sens, de l’extérieur mais avec bien des passerelles en son sein, sur la coalition gouvernementale de Victor Orban. Le parti qui, en Europe, reprend le plus fortement imagerie et rhétorique nazie et surtout celui qui a commencé à former des milices pour agresser les immigrés et les syndicats, ce qui n’est pas tout à fait la même chose qu’affronter les Berkuts sur le Maidan, c’est Aube dorée en Grèce. Que dit Aube dorée ?

« Aube Dorée n’a rien à voir avec l’opposition ukrainienne, avec ses extrémistes de droite, fascistes, nazis, je ne sais pas comment vous les appelez, parce que nous voyons qu’ils ont de très bonnes relations avec la communauté juive américaine, qui est la première à nous attaquer ici en Grèce », déclarait son député Ilias Panagiotaros le 14 mars dernier.

Nous avons donc affaire, non pas à une série de faits anecdotiques, mais à un fait politique continental, international, de grande importance. Les courants néo conservateurs, fascisants, saisissent l’aspiration nationale ukrainienne à l’unité et à la liberté comme une menace et la politique autoritaire d’un impérialisme conservateur facteur d’ordre moral et social, celle de Poutine, comme un point d’appui, et s’y rallient explicitement. Désolé d’avoir à le dire, mais seule la vérité est révolutionnaire, la rhétorique étouffante sur « les nazis ukrainiens » circulant en boucle sur les réseaux sociaux de la gauche de gauche occidentale, est celle là même des néo nazis grecs, hongrois, du Front National, des soraliens, d’une partie des libertariens et de l’UKIP britannique.

Puisse ce terrible constat inciter à réfléchir et à discuter ceux des militants qui veulent agir sur la base d’une pensée et pas comme des automates manipulés.

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 18:26

Succès des pro-russes avant la réunion sur l’Ukraine (Reuters)

A la veille de la réunion quadripartite jeudi à Genève, les séparatistes pro-russes ont infligé Mercredi 16 Avril 2014 une humiliation symbolique aux autorités de Kiev en confisquant six véhicules de transport de troupes dépêchés dans le cadre d'une tentative de reprise en main de l'est de l'Ukraine.

Dans la matinée, les blindés arborant le drapeau ukrainien ont traversé la ville de Kramatorsk où les troupes gouvernementales se sont déployées mardi soir à l'aérodrome militaire dans le cadre d'une « opération spéciale » annoncée par le président ukrainien Olexander Tourtchinov.

Mais des hommes en armes bénéficiant de la complicité d'agents russes, selon le ministère ukrainien de la défense, se sont emparés des six véhicules sur lesquels ils ont hissé le drapeau russe en signe de défiance à l'égard des autorités de Kiev.

« Une colonne a été bloquée par la foule à Kramatorsk avec des membres d'un groupe d'agitateurs terroristes russes », explique le ministère de la défense dans un communiqué.

« Profitant de ce barrage, les extrémistes ont saisi ces équipements », ajoute le texte.

Les blindés ont ensuite pris la route de la localité de Slaviansk où ils se trouvent gardés par des « gens en uniforme qui n'ont rien à voir avec les forces armées ukrainiennes ».

Un soldat surveillant les six véhicules a déclaré à Reuters faire partie de la vingt-cinquième division parachutiste ukrainienne basée à Dniepropetrovsk.

« Tous les soldats et officiers sont ici. Nous sommes tous des camarades et nous n'allons pas tirer sur notre propre peuple », a commenté ce soldat portant un uniforme sans insigne distinctif. « Ils ne nous avaient pas donné à manger depuis trois jours sur notre base. Ici, ils nous ont nourris. Avec qui vous pensez que nous allons combattre » a-t-il lancé.

IMPUISSANCE

Les séparatistes, pour certains cagoulés, armés de kalachnikov, de lance-grenades, de poignards et de pistolets, ont salué la population lors de leur défilé, et certains habitants les ont acclamés.

Au-dessus d'eux, un chasseur de l'armée de l'air ukrainienne a survolé la ville pendant plusieurs minutes. Les véhicules des séparatistes se sont arrêtés devant l'hôtel de ville, aux mains des leurs depuis plusieurs jours.

Ce revers militaire a un peu plus illustré l'impuissance dans laquelle se trouve le nouveau pouvoir en place à Kiev avant la rencontre prévue jeudi à Genève où son ministre des affaires étrangères Andrij Dechtchitsia va rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov pour la première fois depuis la fuite du président pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Le secrétaire d'état américain John Kerry et la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton participeront également à cette rencontre.

Les autorités ukrainiennes tentent de reprendre le contrôle de la situation en évitant une effusion de sang dont elles redoutent qu'elle entraîne un engagement militaire russe.

L'épisode survenu mercredi témoigne également du manque de préparation de cette armée ukrainienne qui n'a pas joué le moindre rôle depuis le début de la contestation, en novembre.

Dans la grande ville industrielle de Donetsk, qui compte près d'un million d'habitants, une trentaine de séparatistes en tenues camouflage dépareillées et armés de fusils d'assaut, de fusils de chasse, de pistolets et de poignards ont pris le contrôle de l'hôtel de ville à 7 heures GMT, a déclaré un porte-parole de la municipalité.

« LA RUSSIE EXPORTE LE TERRORISME »

La Russie, qui ne reconnaît pas le gouvernement pro-occidental arrivée au pouvoir à Kiev après la destitution du président Viktor Ianoukovitch le 22 février, s'emploie à dramatiser la situation en Ukraine avant la réunion genevoise.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré à la chancelière allemande Angela Merkel, lors d'une conversation téléphonique mardi soir, que Kiev était « engagé dans un processus non constitutionnel » en recourant à l'armée contre les séparatistes. « La forte escalade du conflit place le pays, de fait, au bord de la guerre civile », a-t-il dit.

Au Vietnam d'où il se rendra à Genève, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé que Kiev devait écouter le peuple ukrainien et éviter de recourir à la force.

« Il est inacceptable d'utiliser les forces armées dans l'est de l'Ukraine », a-t-il dit à la presse à Hanoï.

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a rétorqué mercredi matin que la Russie « exporte le terrorisme vers l'Ukraine » en chargeant des forces secrètes d'organiser les séparatistes armés qui attaquent des bâtiments publics dans l'est du pays.

« Le gouvernement russe doit immédiatement cesser ces menées, condamner les terroristes et exiger d'eux qu'ils se retirent des bâtiments qu'ils occupent », a dit Arseni Iatseniouk. « Cela, si la Fédération de Russie veut stabiliser la situation, ce dont je doute grandement », a-t-il ajouté.

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