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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 20:44

 

 

Reprise des évacuations à Alep-Est après une interruption (Reuters)

 

Plusieurs bus d'un convoi arrivé Mardi 20 Décembre 2016 à Alep ont été autorisés Mercredi 21 Décembre 2016 à quitter la dernière poche rebelle dans la partie orientale de la ville du nord de la Syrie, emportant des civils qui attendaient depuis plusieurs jours dans le froid.

Le convoi d'une soixantaine de véhicules a dans un premier temps été bloqué en raison d'un désaccord sur les conditions d'évacuation survenu dans la matinée. La situation s'est réglée dans la journée.

« Les bus quittent à nouveau Alep-Est en ce moment. Nous espérons que cela va se poursuivre afin que les gens puissent être évacués d'une manière sûre », a commenté un représentant de l'Organisation des Nations Unies (ONU) en Syrie dans un courrier électronique envoyé Mercredi 21 Décembre 2016 à 14 heures GMT.

L'organe de presse militaire dépendant du Hezbollah, milice libanaise chiite soutenant le gouvernement syrien, a indiqué que l'évacuation d'Alep mais également celle des villages chiites d'al Foua et Kefraya, assiégés par les rebelles dans la province d'Idlib, devraient être achevées dans les prochaines heures.

Ce calendrier était également celui avancé Mardi 20 Décembre 2016 par le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu qui affirmait que trente sept mille cinq cent personnes avaient pu quitter Alep-Est.

Le réalisme de cet objectif reste sujet à caution au vu des problèmes rencontrés par les convois ainsi que des divergences dans l'estimation du nombre de départs et du nombre de personnes toujours en attente d'évacuation, qui va selon les sources de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers.

L'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) a précisé que le convoi d'autocars, au nombre d'une soixantaine, était entré Mardi 20 Décembre 2016 dans la dernière poche assiégée par les troupes du régime. Certains civils ont été autorisés à embarquer mais les véhicules sont restés plusieurs heures immobiles alors que les conditions météorologiques sont très éprouvantes.

Huit bus en provenance des villages chiites d'al Foua et Kefraya à destination d'Alep ont également été bloqués, Mardi 20 Décembre 2016, précise l'OSDH.

Le gouvernement syrien exige que les deux villages situés dans la province d'Idlib fassent partie de l'accord sur l'évacuation d'Alep-Est.

La télévision officielle a montré des images tournées près de la zone d'embarquement des civils à Alep, précisant que les rebelles avaient formulé de nouvelles exigences destinées, selon elle, à entraver l'accord d'évacuation.

Pour l'instant, environ vingt cinq mille personnes ont été évacuées d'Alep-Est, selon le décompte effectué par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) qui participe aux opérations humanitaires.

Un responsable onusien a indiqué que sept cent cinquante personnes avaient pu quitter al Foua et Kefraya.

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 20:26

 

http://www.fakirpresse.info/lettre-a-gerard-filoche

 

Lettre de François Ruffin à Gérard Filoche

 

Mardi 20 Décembre 2016

 

Je reçois un courriel de toi qui me demande, « camarade, signerais-tu cela », avec en pièce jointe un appel, adressé aux « amis de Jean Christophe Cambadélis », pour que tu puisses te présenter à « l'élection primaire de la gauche ».

Tu sais, pas seulement ma camaraderie, mais mon amitié pour toi. Nous avons battu les estrades ensemble, à Amiens, où, le 12 janvier 2008, tu as aidé à la renaissance de Fakir, et je ne l’oublierai pas, à la Bourse du Travail à Paris et à la salle Franklin au Havre, tu as décroché notre « prix du rapace », j’ai même participé à tes rassemblements de la Gauche Socialiste, car avant tout, j’aime ton tempérament, cette chaleur, cette faconde, cette simplicité et cette obstination, bref, je t’aime.

Mais maintenant, non, je n’ai rien à demander à Jean Christophe Cambadélis ni à ses amis, rien à en attendre ni rien à en espérer.

Je n’ai plus rien à voir avec ces gens-là.

Je n’ai rien à faire dans ce que tu appelles « élection primaire de la gauche ». Comment nommer cela « la gauche », alors qu’il s’agit du Parti Socialiste ? Qu’il y ait encore, à l’intérieur du Parti Socialiste, des milliers et des dizaines de milliers de militants sincères et déboussolés, bref « de gauche », je l’entends fort bien. Mais, faut-il le répéter ?, durant cinq années, du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) à la loi travail en passant par le Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE) ou l’Accord National Interprofessionnel (ANI), ce Parti Socialiste a pris tout, sauf des mesures « de gauche ». Avec des réticences si tu veux, mais du bureau national jusqu’aux sections locales, en passant par les députés et les élus régionaux, c’est un large appui, au moins par la passivité, qu’ont reçu les choix du président et de son gouvernement.

Au pouvoir, le Parti Socialiste s’est montré « de droite » dans les faits.

Le temps de l’opposition et des élections revient, le Parti Socialiste veut se redonner une figure « de gauche » dans les discours. Il fait peau neuve et se rougit, comme un caméléon.

Même Manuel Valls, tu imagines.

J’écoutais ton camarade Benoît Hamon, Jeudi 15 Décembre 2016, dans l'émission politique de France Télévision. Franchement, je l’ai trouvé bon, convaincant sur bien des points et mu par une sincérité. Mais quand il raconte que « le discours sur les gauches irréconciliables, qu’a un peu tenu Jean-Luc Mélenchon en face de Manuel Valls, ce discours me semble factice, reposant sur des postures plus que des réalités et que sur le rapport au travail, sur la souffrance au travail et sur les problèmes de santé et d’environnement, tout cela converge. Sur la démocratie, cela converge », c’est du n’importe quoi bisounours.

Le quarante neuvième article de la constitution par deux fois, c’est comme cela que « sur la démocratie, cela converge » ?

Les vingt milliards d’euros de cadeau, chaque année, pour le patronat, cela converge, toujours ?

Le pacte austéritaire de Nicolas Sarkozy, d'Angela Merkel et de François Hollande, qui cadenasse les budgets de nos hôpitaux, nos écoles et nos salaires, cela converge encore ?

Ce sont des « réalités », tout cela, des « réalités » subies et encaissées par les salariés durant cinq années. Et la « posture », c’est de faire comme si tout cela n’avait pas existé.

Je vois bien la manœuvre, que le Parti Socialiste se présente comme une alternative à lui-même.

Voilà bien l’enjeu, pour moi, le véritable enjeu, de la présidentielle à venir ?

Non pas la victoire « de la gauche », je n’y crois pas, ou peu, elle relèverait du miracle.

Mais il est des défaites porteuses d’avenir.

Et l’enjeu me semble celui-ci, quel sera le sens du mot « gauche » demain ?

Est-ce que cela restera, dans la tête des gens, associé au Parti Socialiste et donc une vieille chose rabougrie, décatie, complice de l’oligarchie et donc synonyme d’écoeurement, voire de haine dans les classes populaires ?

Toute cette histoire, Maximilien Robespierre, les communards, Jean Jaurès, le Front Populaire, pour aboutir à Manuel Valls et à Vincent Peillon, qui règleront leurs affaires entre courants ? Ou bien, est-ce que ce mot de « gauche » serait revivifié par une autre force habitée par un autre souffle, qui créera à nouveau du désir politique ?

Malgré ta vigueur, ton allant de tribun et ton timbre de stentor, tu n’es plus tout jeune, Gérard Filoche. Tu entres dans le temps de tes derniers combats. Et je voudrais te demander, amicalement, est-ce que cela ne te tenterait pas, plutôt que de grenouiller avec tes camarades dans ce Parti Socialiste pourri, est-ce que cela ne te dirait pas de finir en beauté et de participer à cette autre force, avec les communistes, les insoumis et qui voudra ?

Ce n’est pas gagné.

Ce n’est pas facile.

Et je sais combien tu as investi de temps et d’énergie en meetings, en débats et en publications, pour faire exister une gauche dans ce Parti Socialiste et combien il te serait donc coûteux de revoir ton plan de bataille.

Mais j’espère.

Et de toute façon, quoi qu’il en soit, nous nous retrouverons au coude à coude dans les manifestations et sur les piquets de grève, qui sont davantage notre came, à toi comme à moi.

Sois assuré de mon respect pour ton courage et pour ta combativité, moi qui ne tiendrais pas une semaine dans ce parti désormais faisandé.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 18:58

 

http://www.liberation.fr/planete/2016/12/18/turquie-le-parti-prokurde-hdp-cible-des-ultranationalistes_1536132

 

Le parti démocratique des peuples (HDP) cible des ultranationalistes

 

Par Quentin Raverdy, correspondant de Libération à Istanbul

 

Dimanche 18 Décembre 2016

 

Après l'attentat-suicide du Samedi 17 Décembre 2016 à Kayseri, en Anatolie, qui a causé la mort de quatorze soldats, des manifestants ont saccagé le local du HDP dans cette même ville, ainsi que des bureaux à travers le pays et notamment à Istanbul.

Le drapeau turc noué autour du cou, la main tendue vers le ciel en formant le symbole des loups gris, signe de ralliement de la droite nationaliste, une petite foule avance d’un pas décidé dans les rues de Kayseri, aucentre de la Turquie. La marche forcée s’arrête devant la caserne des bérets bleus, les commandos de l’armée qui ont été visés Samedi 17 Décembre 2016 par une attaque suicide dans laquelle quatorze soldats ont été tués. La centaine de manifestants, proches du parti d'action nationaliste (MHP), slalome entre les voitures et se rue sur les trois soldats en faction devant la base. Ils les embrassent, les félicitent et les serrent dans leurs bras avant de chanter à l’unisson l’hymne national.

A quelques dizaines de mètres plus loin, nouvelle pause, nouvel hymne et nouvelle prière, « c’est ici que nos martyrs sont tombés. Qu’ils ont donné leur sang pour notre terre », raconte Emre, vingt quatre ans, les yeux rougis de larmes séchées maladroitement.

L’attaque suicide du Samedi 17 Décembre 2016, une première pour cette ville d’Anatolie, tout acquise au parti de la justice et du développement (AKP), n’a pas été encore revendiquée mais le gouvernement pointe du doigt la piste des rebelles kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. Une plaie de plus pour une Turquie déjà meurtrie, il y a tout juste une semaine, par un double attentat dans le cœur d’Istanbul, revendiqué par un groupe affilié au PKK.

Dans les rangs des militants ultranationalistes, rassemblés Dimanche 18 Décembre 2016, malgré le froid mordant, certains crient à la vengeance. L’heure est à la petite vendetta. Et la cible est toute trouvée, le HDP, le parti de la gauche pro-kurde, accusé par la droite turque d’être le bras politique du PKK. « Depuis Samedi 17 Décembre 2016, au moins une dizaine de nos locaux ont été attaqués dans tous le pays. Nous avons appelé la police mais elle n'est jamais venue. Nous avons dû donner l’ordre à tous nos membres de ne plus se rendre dans les bureaux du HDP. Nous sommes obligés de rester chez nous, la peur au ventre », explique Nazmi Gür, un des cadres de la formation politique. Dimanche 18 Décembre 2016, les autorités turques ont arrêté neuf personnes soupçonnées d’avoir participé aux attaques de deux bureaux du HDP à Istanbul.

A Kayseri, plusieurs dizaines de militants nationalistes ont saccagé le local du HDP avant de tenter d’y mettre le feu. « Face à la douleur, avec le ressentiment, ils sont allés attaquer les bureaux du HDP, c’est tout naturel comme réaction », défend Erdem, qui confiera avoir assisté à la scène. « Parce que ce parti soutient les terroristes qui ont commis ces attaques », tente-t-il de justifier.

Si, publiquement, le gouvernement de l'AKP dénonce les violences contre le HDP, sa politique, elle, entretient ce climat de tension. « Le pouvoir tient un discours permanent de criminalisation du HDP. Des centaines de membres et de dirigeants du parti ont été arrêtés ces dernières semaines pour des liens supposés avec le PKK », souligne Ahmet Insel, politologue turc. Des arrestations qui se multiplient dès le lendemain de chaque attaque terroriste sur le sol turc. « Le gouvernement veut créer un amalgame immédiat entre le HDP et le PKK. Tout ceci offre une cible toute trouvée à la vindicte populaire ».

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 18:29

 

Le conseil d'état annule l'extradition de Moukhtar Abliazov vers la Russie (Reuters)

 

Le conseil d'état a annulé Vendredi 9 Décembre 2016 le décret d'extradition vers la Russie de l'oligarque et opposant kazakh Moukhtar Abliazov, qui avait saisi l'instance française en 2015.

Le décret d'extradition, signé le 17 septembre 2015 par Manuel Valls, lui avait été notifié au mois d'octobre 2015 dans sa cellule de Fleury-Mérogis, dans le département de l'Essonne, où il est incarcéré depuis 2013.

L'Ukraine et la Russie soupçonnent Moukhtar Abliazov, cinquante trois ans, d'avoir détourné plus de six milliards de dollars lorsqu'il dirigeait la banque BTA, dont il a été l'actionnaire majoritaire avant que l'état ne la nationalise.

Mais ses avocats, qui le décrivent comme « la dernière force d'opposition » au président Noursoultan Nazarbaïev, estiment que les deux pays agissent « en faux-nez du Kazakhstan ».

Le conseil d’état estime dans sa décision que ce sont bien des motifs politiques qui sous-tendent cette demande.

« Selon un principe constitutionnel, l’état doit refuser l'extradition d'un étranger lorsqu'elle est demandée dans un but politique », déclare-t-il dans un communiqué.

« En outre, la convention européenne d'extradition prévoit que l'extradition n'est pas accordée lorsqu'il existe des raisons sérieuses de croire qu'elle est demandée aux fins de poursuivre un individu pour des considérations d'opinions politiques ou que la situation de cet individu risque d'être aggravée pour cette raison », ajoute-t-il.

« En l'espèce, le conseil d’état relève que le requérant est un opposant au régime politique du Kazakhstan et s'est vu reconnaître, en raison des risques qui pèsent sur lui à ce titre, la qualité de réfugié politique à l'égard de ce pays par les autorités britanniques », peut-on lire.

Moukhtar Abliazov, qui a fui son pays en 2009 quand sa banque a été nationalisée et déclarée en faillite, nie toute fraude. Il s'est d'abord réfugié en Grande-Bretagne puis a fui en 2012 ce pays où il a été condamné à vingt deux mois de prison pour outrage à magistrat.

Arrêté le 31 juillet 2013 dans le département des Alpes-Maritimes, il est depuis détenu en France. Il devrait recouvrer la liberté à la suite de l'annulation de la procédure d'extradition.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 21:02

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/catalogne-la-presidente-du-parlement-devant-la-justice-625367.html

 

La présidente du parlement catalan devant la justice

 

Par Romaric Godin

 

Vendredi 16 Décembre 2016

 

La présidente du parlement catalan Carme Forcadell a été convoquée par la justice espagnole pour avoir soumis au vote une motion favorable à l'indépendance. Un épisode crucial dans l'inévitable choc institutionnel entre Madrid et Barcelone.

L'année 2017 sera une année décisive pour la Catalogne et l'Espagne. Le gouvernement indépendantiste catalan dirigé par Carles Puigdemont prévoit en effet d'organiser dans la deuxième quinzaine du mois de septembre 2017 un référendum sur l'indépendance de l'Espagne dont il s'est engagé à respecter le résultat. En attendant, la tension risque de ne pas cesser de monter entre Barcelone et Madrid.

Ouvertures de Madrid ?

Certes, dans les semaines qui ont suivi sa nomination par le congrès des députés espagnol, au début du mois de novembre 2016, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, tente quelques ouvertures. Le gouvernement espagnol se dit ainsi prêt à évoquer avec le gouvernement autonome de Catalogne quarante cinq des quarante six thèmes mis en avant par Carles Puigdemont lors de son dernier voyage à la Moncloa, le siège du gouvernement espagnol. Voici deux mois, le président catalan avait proposé une ultime tentative de conciliation avec Madrid en demandant l'ouverture d'un dialogue.

Mariano Rajoy pourrait présenter quelques concessions financières et judiciaires, mais il reste un point sur lequel Mariano Rajoy ne souhaite pas ouvrir de discussion, celui du référendum d'autodétermination. Rien d'étonnant dans la mesure où les conservateurs du Parti Populaire, mais aussi leurs alliés de Ciudadanos et du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), considèrent qu'une telle consultation met en danger l'intégrité territoriale de l'Espagne. On craint en outre que cette demande soit reprise par le pays basque où l'impact de la rébellion catalane sur les partis régionalistes est important.

Mais ce dernier refus risque de rendre toute autre discussion vaine, dans la mesure où, en Catalogne, le référendum est devenu une question centrale. Le gouvernement catalan qui s'est engagé sur ce référendum au mois de septembre 2016 vis-à-vis de sa majorité parlementaire alors mise en danger par les divisions internes, ne peut désormais faire marche arrière sur ce point. Dès lors, toutes les négociations entre Madrid et Barcelone semblent vouées à l'échec.

Carles Puigdemont parle de simulacre de discussion. Mariano Rajoy le sait et peut ainsi prétendre ouvrir des discussions en sachant qu'elles ne mèneront nulle part. Tous les éléments d'un choc des trains institutionnels, comme l'on dit en Catalogne, sont réunis. L'attitude des deux parties vise davantage désormais à pouvoir imputer à l'autre la responsabilité de ce choc.

Un référendum déjà illégal

L'impression d'une course inévitable vers un tel choc a été renforcée au cours des derniers jours. Mercredi 14 Décembre 2016, le tribunal constitutionnel espagnol a censuré et suspendu la feuille de route du gouvernement catalan approuvé par le parlement catalan le 6 octobre 2016 qui prévoit la convocation du référendum sur l'indépendance. Le tribunal constitutionnel a rappelé à Carles Puigdemont qu'il est tenu de faire respecter cette décision. Désormais, le président catalan est dos au mur, toute avancée vers le référendum du mois de septembre 2017 sera une sortie de la légalité espagnole et la création ad hoc d'une légalité catalane reposant sur la souveraineté du parlement catalan hors des pouvoirs que lui donne la constitution espagnole. Le choc institutionnel deviendra alors inévitable.

Mais auquel tient le gouvernement catalan

Or, Carles Puigdemont a prévenu, après cette décision, qu'il n'entendait pas reculer. Jeudi 15 Décembre 2016, il a affirmé devant la presse que « nous voterons, nous débattrons et nous nous réunirons », avant de confirmer que la feuille de route censurée par le tribunal constitutionnel tient toujours. Le sommet visant à la préparation du référendum qui doit avoir lieu avant la fin de l'année est maintenu. Le gouvernement catalan poursuit donc dans la logique d'unilatéralité qu'il a commencé à adopter au mois de juillet 2016, en partie pour débloquer la situation avec l'Espagne, en partie pour maintenir l'unité de sa majorité. Cette détermination prouve assez que toute solution n'incluant pas la reconnaissance du droit à l'autodétermination dans le cadre du référendum, qui équivaut pour les indépendantistes à une reconnaissance de la nation catalane, sera un échec certain. L'espoir de Mariano Rajoy d'un pacte avec les nationalistes catalans, comme en 1996 entre Jordi Pujol et José María Aznar, semble totalement infondé.

La présidente du parlement catalan devant la justice

Dès lors, malgré l'apparente bonne volonté de Mariano Rajoy, la judiciarisation de l'indépendantisme catalan se poursuit et a connu, Vendredi 16 Décembre 2016, une nouvelle étape importante. La présidente du parlement catalan, Carme Forcadell, a été convoquée devant le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) pour répondre du délit de désobéissance civile. Le TSJC lui reproche d'avoir soumis au vote des députés un rapport d'une commission parlementaire qui préconisait le recours à l'unilatéralité au mois de juillet 2016. Avant le vote, le tribunal constitutionnel avait réclamé de la présidente du parlement qu'elle ne soumette pas la résolution à l'avis des députés.

Carme Forcadell, qui n'en avait rien fait mais qui n'avait pas pris parti dans le débat, encours notamment la suspension de sa charge.

Accompagnée par une foule compacte de partisans de l'indépendance, elle est ressortie du tribunal après un peu plus de trente minutes et a dénoncé cette mise en cause judiciaire. Pour elle, ce qui s'est passé est « inconcevable dans un pays vraiment démocratique et n'aurait jamais dû se passer ». Pour Carme Forcadell, son procès est politique, « le pouvoir exécutif utilise le pouvoir judiciaire pour réduire le droit à débattre du parlement. C'est aussi grave que cela ». Derrière cette décision, c'est le droit à débattre de l'indépendance qui est visé, explique la présidente qui met en garde, « si on ouvre la porte à la censure, on ne pourra pas la fermer ».

Affaire importante pour le processus

Cette affaire de la convocation de Carme Forcadell est essentielle parce qu'elle fixe les limites judiciaires au débat sur l'indépendance.

Légalement, la constitution espagnole ne prévoit aucune possibilité d'indépendance catalane et toute mesure, y compris parlementaire, pour aller dans ce sens est donc par essence inconstitutionnelle. Mais dès lors de la Catalogne dispose d'une majorité parlementaire indépendantiste élue sur un programme indépendantiste, donc inconstitutionnel, la liberté d'action et de discussion de cette majorité se trouve nécessairement limitée par la constitution. La liberté de discussion de cette majorité, puis la légitimité parlementaire, deviennent alors problématiques, ouvrant la question de la liberté d'expression pour les idées indépendantistes non pas seulement dans l'opposition comme théorie, mais dans la majorité comme pratique.

Difficile d'accepter une déchéance de Carme Forcadell pour les indépendantistes

Dès lors, si le tribunal décide la déchéance de Carme Forcadell, le choc institutionnel entre les deux légalités pourrait avoir lieu avant même le référendum. Si la présidente a refusé de dire ce qu'elle ferait dans ce cas, Carles Puigdemont, lui, a annoncé, Vendredi 16 Décembre 2016, que la décision du tribunal sera ignorée et que « Carme Forcadell continuera à être la présidente qui a écouté le peuple de Catalogne ».

Formule qui laisse entendre qu'elle devrait continuer à siéger. Il est vrai que le président catalan n'a guère le choix. Respecter la décision de déchéance sera perçu comme un signe de faiblesse et augurera mal de la capacité du gouvernement à organiser un référendum malgré l'interdiction du tribunal constitutionnel. Cela mettrait aussi en danger sa coalition avec la gauche radicale indépendantiste, la Candidature d'Unité Populaire (CUP). Certes, il peut faire nommer un autre indépendantiste à la tête du parlement qui soutiendra aussi le débat sur le processus indépendantiste, mais cet acte de faiblesse risque de lui coûter cher.

Forcer la décision de Podemos

Du reste, refuser la décision du tribunal en cas de déchéance obligera la gauche proche de Podemos et de la maire de Barcelone, Ada Colau, de prendre position. Ce mouvement politique a protesté contre l'action de la justice espagnole. En cas de déchéance, elle devra choisir son camp.

Comment dénoncer la judiciarisation de l'indépendance et accepter la décision de justice ? Mais si Podemos et ses alliés choisissent de soutenir la désobéissance, alors ce sera une reconnaissance de fait de la possibilité de l'indépendance. Les indépendantistes, qui tentent d'élargir la base de soutien au référendum susceptible d'être boycotté par les non-indépendantistes, n'attendent pas mieux. La possibilité d'un maintien de Carme Forcadell en cas de déchéance est donc forte.

Choix difficile pour Madrid

D'autant qu'une désobéissance catalane placera Madrid en position difficile. Elle ruinera toute tentative de discussion avec Barcelone. Mais surtout elle ouvrira un choix impossible. Ne rien faire serait reconnaître qu'il a perdu le contrôle sur le territoire catalan et donc que l'indépendance est possible. Mais faire respecter la décision du tribunal en arrêtant Carme Forcadell ou en agissant contre le parlement serait s'exposer à une mobilisation populaire et à une escalade.

Concrétisation de la tension

Jusqu'ici la tension entre Barcelone et Madrid en était restée au stade verbal. Il s'agissait de déclaration, de décisions judiciaires sans conséquences ou de résolutions parlementaires. Avec la déchéance de Carme Forcadell, cette tension va prendre corps et devenir concrète.

Elle va conduire inévitablement à un conflit latent depuis longtemps entre la légalité espagnole et la légitimité catalane. Un conflit dont l'effet sera nécessairement européen, posant la question au niveau de l'Union Européenne.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 18:33

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/12/19/arnaldo-otegi-on-empeche-l-eta-de-se-desarmer_5051236_3214.html

 

Arnaldo Otegi, « on empêche Euskadi Ta Askatasuna (ETA) de se désarmer »

 

Ancien membre de l’organisation séparatiste basque ETA et ancien dirigeant d'Herri Batasuna, le dirigeant de la coalition indépendantiste Bildu considère que les arrestations du week-end ont pour réel objectif de boycotter la paix.

 

Interview d'Arnaldo Otegi par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

 

Lundi 19 Décembre 2016

 

Sorti de prison au mois de mars 2016 après six ans passés derrière les barreaux pour appartenance à un groupe terroriste, Arnaldo Otegi, ancien membre de l’organisation séparatiste basque ETA et ancien dirigeant d'Herri Batasuna, la vitrine politique du groupe, a pris la tête de la coalition de la gauche indépendantiste abertzale Bildu avec l'objectif de suivre la voie catalane pour obtenir, d’ici à 2026, l’indépendance du pays basque. Dans la non-violence. Il réagit aux détentions du Vendredi 16 Décembre 2016 à Louhossoa, dans le département français des Pyrénées-Atlantiques, et revient sur la nouvelle stratégie suivie par la mouvance proche d’ETA.

 

Sandrine Morel. Comment analysez-vous les arrestations de cinq personnes à Louhossoa ?

 

Arnaldo Otegi. Cela s’inscrit dans les grandes opérations des derniers mois visant à empêcher qu’ETA se désarme. Ceci est aberrant. En Europe, il existe un problème de sécurité avec le terrorisme djihadiste et on empêche une organisation armée de se désarmer.

 

Sandrine Morel. Il existe plus de trois cent crimes d’ETA non élucidés. La destruction des armes pourrait effacer des preuves.

 

Arnaldo Otegi. C’est une excuse. Ceci n’a pas été une opération contre ETA. C’est une volonté de neutraliser les initiatives de la société civile et de boycotter la paix.

 

Sandrine Morel. Pourquoi pensez-vous qu’il existe une volonté d’empêcher le désarmement ?

 

Arnaldo Otegi. L’objectif de Madrid est de donner l’impression qu’il existe des vainqueurs et des vaincus, par des opérations militaires, et que, par conséquent, il n’y a rien à réclamer.

 

Sandrine Morel. N’est-ce pas le cas ? Après de nombreux processus de négociations brisés dans le sang, n’est-ce pas la pression policière et judiciaire qui en a fini avec le terrorisme ?

 

Arnaldo Otegi. Non, si aujourd’hui il n’y a pas de violence armée de la part d’ETA, c’est fondamentalement parce que la gauche indépendantiste abertzale a pris la décision politique de changer de stratégie et de miser, en 2011, sur des voies exclusivement politiques et démocratiques.

 

Sandrine Morel. ETA était déjà très affaiblie. Pourquoi avoir pris cette décision si tardivement si ce n’est parce qu’il n’y avait pas d’autres choix ?

 

Arnaldo Otegi. Faire changer de stratégie à un secteur politique et social qui mène depuis des décennies une lutte de type politico-militaire prend de nombreuses années. Depuis la fin des 1990, nous avons défendu le dialogue pour en finir avec la violence. Malheureusement, nous avons conduit deux grands processus de négociations qui ont échoué.

 

Sandrine Morel. Si vous pensiez qu’il fallait en finir avec la violence depuis si longtemps, pourquoi avoir maintenu un soutien sans faille à ETA et refusé de condamner les attentats, même quand des enfants en étaient les victimes ?

 

Arnaldo Otegi. Il faut comprendre ce genre de processus. D’un côté, il y a les prises de position personnelles que nous avons été plusieurs à partager, de l’autre, il y a l'objectif d'emmener tout le monde à la même conclusion que nous. Si nous n’étions pas restés de manière disciplinée dans la ligne que défendait la majorité de cette communauté, nous n’aurions pas pu y parvenir. Nous avons été des hétérodoxes disciplinés.

 

Sandrine Morel. Entre-temps, ETA a fait encore beaucoup de morts.

 

Arnaldo Otegi. Cela mérite une réflexion, évidemment, mais il fallait sans doute beaucoup de temps pour élaborer avec beaucoup d’autres membres ce changement de stratégie. Et nous n’avons pas convaincu la totalité de nos gens. Il existe encore un secteur dissident, non organisé, qui considère que, sans lutte armée et sans violence, nous n’arriverons pas à nos objectifs.

 

Sandrine Morel. ETA pourrait renaître si vous ne parvenez pas à vos objectifs ?

 

Arnaldo Otegi. Non, ce danger n’existe pas.

 

Sandrine Morel. Le parti nationaliste basque (PNV), réélu à la tête de la région le 24 novembre 2016, est décidé à soumettre à Madrid une révision légale du statut d’autonomie de la région, incluant la reconnaissance de la nation basque. Soutenez-vous cette position ?

 

Arnaldo Otegi. Nous sommes d’accord pour chercher à élaborer ensemble une réforme du statut d’autonomie basque incluant le droit à l’autodétermination, le faire voter par le peuple basque et le porter ensuite au congrès des députés à Madrid.

 

Sandrine Morel. Avez-vous abandonné l’idée de suivre la voie catalane, celle d’un référendum illégal et d’une « déconnexion unilatérale », comme vous l’avez défendu ces derniers mois ?

 

Arnaldo Otegi. Non, au parlement basque, les trois principales formations, le PNV, Bildu et Podemos, c’est-à-dire cinquante sept des soixante quinze députés, considèrent qu’Euskadi est une nation et qu’elle a le droit de décider. Mais nous sommes réalistes. Nous n’avons pas encore une majorité sociale mobilisée comme en Catalogne. Dans un premier temps, nous allons donc offrir à l'état la possibilité de reconnaître la nation basque et le droit à l’autodétermination, comme l’avait fait aussi la Catalogne. Mais nous ne croyons pas qu’il acceptera. C’est quand cette tentative pour nouer une relation bilatérale a échoué que la Catalogne a opté pour la voie unilatérale. C’est aussi celle qui nous semble la plus efficace pour parvenir à l’indépendance.

 

Sandrine Morel. Vous cherchez à vous appuyer sur la frustration du peuple basque, comme en Catalogne.

 

Arnaldo Otegi. Nous sommes convaincus que c’est ce qui va se produire. un accord majoritaire de cette chambre va être rejeté par Madrid. Et cela va nourrir l’indépendantisme et provoquer, comme en Catalogne, un choc entre légalité et légitimité. Le Parti Populaire de Mariano Rajoy n’a que neuf députés au parlement basque, ce qui veut dire que nous vivons sous un régime démocratique dans lequel neuf députés sur soixante quinze sont capables de nous nier le statut de nation et nous imposer leurs politiques économiques, sociales et internationales.

 

Sandrine Morel. La voie catalane n’est-elle pas condamnée à l’échec ? Une région qui se déclare indépendante de manière unilatérale a peu de chance d’être reconnue par la communauté internationale.

 

Arnaldo Otegi. Je pense que la communauté internationale finira par demander au gouvernement espagnol d’organiser un référendum en accord avec la Catalogne. Tout simplement parce que si Barcelone décide de ne pas payer sa part de la dette, l’Espagne fera faillite et l’Europe ne peut pas se le permettre. De plus, dans la même Europe où les écossais votent, il faudra nous expliquer pourquoi les autres peuples ne peuvent pas voter. Je suis convaincu qu’il y aura un référendum en Catalogne et qu’il y en aura un au pays basque, car l’histoire va dans ce sens.

 

Sandrine Morel. Quarante ans de terrorisme d’ETA, soutenue par la gauche abertzale, ont-ils vacciné les basques contre la lutte indépendantiste ?

 

Arnaldo Otegi. Ce passé a été surmonté par la société, mais il existe une volonté de l'état de faire croire que ce n’est pas le cas pour justifier son immobilisme. La paix est incomplète, car il reste des sujets à traiter, à commencer par le désarmement et les prisonniers. Aujourd’hui, il existe une organisation qui est disposée à se désarmer et un état qui refuse de le faire. Chaque fois qu’ETA veut avancer dans ce sens, des opérations policières en France l’en empêchent. Il n’y a pas de processus de paix engagé.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 18:06

 

 

L'ambassadeur de Russie en Turquie tué par balle à Ankara (Reuters)

 

L'ambassadeur de Russie en Turquie a été tué par balle à Ankara, Lundi 19 Décembre 2016, annonce le ministère russe des affaires étrangères.

Le ministère avait rapporté auparavant que le diplomate était grièvement blessé et avait été hospitalisé.

Andreï Karlov prononçait un discours lors de l'inauguration d'une galerie d'art lorsque des tirs ont retenti, disent les médias turcs et les agences de presse russes en citant le Kremlin et le ministère des affaires étrangères.

Trois autres personnes au moins ont été blessées.

Une fusillade assez longue s'en est suivie dans la galerie d'art, a constaté un journaliste de Reuters. Le tireur a été neutralisé par les forces spéciales turques, précise l'agence de presse Anatolie.

Selon le journal Hurriyet, l'assaillant a crié des slogans islamistes.

L'identité du tireur n'a pas encore été établie et l'attaque n'a pour le moment pas été revendiquée.

Le groupe djihadiste Etat Islamique a récemment désigné la Turquie et la Russie comme des cibles prioritaires pour ses partisans.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 17:55

 

L'évacuation d'Alep-Est et de deux villages chiites a repris (Reuters)

 

L'évacuation de milliers d'habitants d'Alep-Est encore retranchés dans le dernier secteur rebelle de la grande ville du nord de la Syrie a repris et pourrait être achevée Lundi 19 Décembre 2016.

A New York, le conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a validé à l'unanimité le déploiement d'observateurs de l'ONU et d'autres organisations pour superviser cette évacuation et garantir la sécurité des civils.

Les quinze membres du conseil de sécurité de l’ONU ont adopté un projet de résolution rédigé par la France et négocié avec la Russie qui demande à ce que ces observateurs se voient garantir un accès « sûr, immédiat et sans entrave ».

L'ambassadeur de Syrie auprès de l'ONU, Bachar Ja'afari, a jugé que ce texte était « un nouvel élément de la propagande menée contre la Syrie et sa lutte contre les terroristes ».

Alep sera « débarrassée de tous ses terroristes dans la soirée », a-t-il ajouté, utilisant le terme que le régime de Damas emploie pour parler des insurgés en lutte contre le pouvoir du président Bachar al Assad.

Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré Lundi 19 Décembre 2016 que vingt mille civils avaient pu quitter le dernier secteur rebelle d'Alep jusqu'à présent, dont douze mille cinq cent depuis Dimanche 18 Décembre 2016.

L'évacuation d'Alep-Est a repris en même temps que celle de la population de deux villages chiites assiégés par les rebelles dans la province d'Idlib, après des jours de face-à-face tendu.

Plusieurs convois comprenant une centaine d'autocars sont partis de la dernière enclave tenue par les insurgés à Alep en direction des zones rebelles à l'ouest de grande ville, ont dit un responsable de l'ONU et des secouristes sur place.

Au même moment, une dizaine d'autocars ont quitté les localités chiites d’al Foua et de Kefraïa, encerclées par les insurgés au nord de la ville d'Idlib, pour rejoindre les quartiers tenus par le régime syrien à Alep.

L'évacuation des civils, dont des blessés, hors de ces deux villages assiégés depuis des années, était la condition posée notamment par l'Iran et ses milices supplétives pour que l'armée syrienne permette la reprise de l'évacuation d'Alep.

Une cinquantaine de pensionnaires d'un orphelinat ont notamment été évacués, a annoncé l’United Nations International Children’s Emergency Fund (UNICEF).

« Quarante sept enfants pris au piège dans un orphelinat ont été transportés en sécurité, dont certains dans un état grave en raison de blessures et de déshydratation », dit dans un communiqué le directeur régional de l’UNICEF, Geert Cappelaere.

En attendant que leur sort soit fixé, les habitants du dernier réduit rebelle patientent dans l'humidité et le froid, faute d'abris et en l'absence presque totale de services d'aide.

« Des personnes allument des feux dans les rues avec le peu de bois qu’elles trouvent et des vêtements », témoigne une infirmière qui est aussi photographe, Aref al Aref.

Les organisateurs de l'évacuation ont attribué à chaque famille un numéro qui établit leur ordre d'accès aux autocars.

Selon Jan Egeland, qui dirige la task force de l’ONU pour la Syrie, des milliers de civils et de rebelles doivent encore d'être évacués d'Alep, ville dont la chute la semaine dernière est considérée comme un tournant dans la guerre civile qui ravage la Syrie depuis bientôt six ans et qui a fait trois cent mille morts.

Dimanche 18 Décembre 2016, plusieurs autocars envoyés vers al Foua et Kefraïa pour procéder aux évacuations avaient été attaqués et incendiés par des hommes armés scandant « dieu est le plus grand » et brandissant leurs armes devant les véhicules en flammes, selon une vidéo mise en ligne.

Ces incidents ont failli bloquer le processus d'évacuations entamé Jeudi 15 Décembre 2016, fruit d'intenses négociations entre la Russie, principal allié militaire de Bachar al Assad, et la Turquie, qui soutient certains groupes d'insurgés.

Les chefs des diplomaties russes, turques et iraniennes ont prévu de se rencontrer Mardi 20 Décembre 2016 à Moscou pour discuter de la suite des opérations. « Ce n'est pas une réunion miracle mais cela fournira à chacun l'occasion d'écouter ce que les autres ont à dire », a déclaré un diplomate turc.

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 19:47

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/17/a-bayonne-4-000-personnes-protestent-contre-les-arrestations_5050735_3224.html

 

A Bayonne, quatre mille personnes protestent contre les arrestations de Louhossoa

 

Cinq interpellations ont eu lieu dans la nuit du Vendredi 16 Décembre au Samedi 17 Décembre 2016 dans le cadre d’une opération contre Euskadi Ta Askatasuna (ETA). A Bayonne, des manifestants se sont rassemblés, Samedi 17 Décembre 2016, pour réclamer « la liberté pour les artisans de la paix ».

 

Par Michel Garicoïx, correspondant du Monde à Bayonne

 

Rarement la place des Basques au centre-ville de Bayonne n’aura autant mérité son nom, Samedi 17 Décembre 2016. C’est là que se sont retrouvés ceux qui voulaient s’élever contre les arrestations à Louhossoa, la police a interpellé dans ce bourg du pays basque intérieur « cinq personnes en relation avec l’organisation terroriste ETA », selon les termes du ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux. Un arsenal important a été retrouvé dans la maison.

Selon des sources du Monde, les cinq personnes interpellées sont les suivantes. Jean-Noël Etcheverry est militant écologiste alternatif et animateur de Bizi à Bayonne et du réseau Alternatiba. Michel Berhocoirigoin est actuellement président de la chambre d’agriculture alternative du pays basque (EHLG), syndicaliste agricole, ancien président du syndicat agricole basque ELB, localement majoritaire, et ancien secrétaire général national de la confédération paysanne. Michel Bergouignan est viticulteur dans l’appellation Irouléguy et ancien président de la coopérative des vins d’Irouléguy. Béatrice Molle-Haran est journaliste professionnelle et éditorialiste de l’hebdomadaire Médiabask. Stéphane Etchegaray est journaliste audiovisuel. Il « était là pour filmer la destruction des armes ». Ces cinq personnes étaient toujours en garde à vue, Samedi 17 Décembre 2016. Une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs terroriste a été ouverte par le parquet de Paris.

Michel Tubiana, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a déclaré que « si les autorités étaient informées, elles ne pouvaient ignorer que la démarche était celle d’une neutralisation des armes ». Dans l’après-midi du Samedi 17 Décembre 2016, le ministre de l’intérieur a cependant insisté sur le fait que « personne n’a le droit de se proclamer destructeur d’armes et éventuellement de preuves. En matière de terrorisme, toutes les preuves doivent pouvoir concourir à la justice », a-t-il insisté.

Quelque quatre mille personnes, alertées à la hâte depuis le matin, se sont donc rassemblées à Bayonne pour demander la libération des gardés à vue.

Mais plus que le nombre, c’est la diversité qui frappe, avec des personnes venues de divers horizons, des élus comme des personnalités culturelles, des retraités aussi bien que des étudiants.

« C’est mon mécontentement que je veux exprimer ici », raconte Joana, vingt deux ans, en master à l’université de Pau. « Leur lutte armée a cessé, mais les autorités ne bougent pas. Tout le pays basque en a assez, c’est l’histoire de notre pays qui se joue ».

Dans les rues adjacentes, l’heure est au Noël et aux guirlandes. Olentzero, le père Noël basque, est attendu par les enfants. Le défilé s’ébranle derrière une banderole réclamant « la liberté pour les artisans de la paix ».

Au premier rang, le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, de l'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI), ne mâche pas ses mots, « depuis cinq ans, les états refusent tout processus de paix. Les faiseurs de paix qui ont été arrêtés sont traités comme des criminels alors qu’ils essaient de tendre des ponts. Il n’y a plus d’attentats, mais pour que l’arsenal soit démantelé, il faut que les états acceptent d’ouvrir des portes. Cette opération, c’est du cynisme. A l’évidence, il y a une méconnaissance totale de ce qui se passe ici », conclut celui qui est également président du conseil des élus du pays basque.

A ses côtés, les parlementaires sont là, Sylviane Alaux et Colette Capdevielle, députées du Parti Socialiste des Pyrénées-Atlantique ainsi que la sénatrice du Parti Socialiste Frédérique Espagnac. Mais aussi nombre de maires ou de conseillers municipaux, des responsables de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), des élus de la Confédération Générale du Travail (CGT) et des syndicalistes de l'ELA venus de Bilbao.

« Aux états, je veux dire que cela suffit », s’exclame Sauveur Bacho, maire du village d’Arberats. « Assez d’arrestations et de prisonniers, place à la paix ».

Militants centristes, de droite, nationalistes ou du Parti Socialiste sont sur le même registre.

« Moi, je dis ma solidarité avec les artisans de la paix qui ont été interpellés », ajoute Max Brisson, premier vice-président des Républicains du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques. « Ce sont des personnalités de la société civile bien connues, non violentes et militantes de la paix. Face à des états défaillants, la société civile s’y substitue, elle prend le relais ».

Un sentiment d’écœurement flotte également. « Nous sommes là pour les soutenir », assure Peio Uhalde, dirigeant de l’entreprise de meubles Alki, « eux qui essaient de faire avancer ce territoire et qui veulent faire bouger les choses. Et au pays basque, nous savons faire de belles choses », conclut-il en se référant au vignoble d’Irouléguy, et à Michel Bergouignan, l’un de ses promoteurs.

« C’est vraiment moche que les personnes qui prennent des initiatives et qui se mouillent soient ainsi traitées. C’est humiliant pour nous tous », proteste Xalbat Berterretche, enseignant à l’Institut Universitaire Technologique (IUT) de Bayonne. « Je n’ai jamais été pour la lutte armée et cette attitude des pouvoirs publics montre leur mépris de ce qui se fait ici ».

Et tandis que la manifestation prend de l’ampleur avant une prise de parole finale, un autre chef d’entreprise confie son exaspération, « je suis choqué de ces arrestations, c’est le processus de paix que l’on détruit. C’est scandaleux », s’insurge Peio Etchelecou, président du groupe agroalimentaire Agour. « Hier c’était eux, mais demain cela pourrait être nous ».

Enfin, perchée sur une estrade de fortune, Anaïs Funosa s’époumone, « merci à tous, merci à la société civile et aux journalistes ». Des personnes qui veulent, aux yeux de la militante de Bake Bidea, « poursuivre le chemin ».

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 19:12

 

CINQUIEME ANNEE DE LA NAKBA SYRIENNE

 

Par Bernard Fischer

 

Dimanche 18 Décembre 2016

 

La guerre de Syrie dure maintenant depuis plus de cinq ans. Pendant les trois premières années de la guerre, j’écrivais de nombreux messages relatifs aux métastases du cancer syrien, à la régionalisation et à l’internationalisation de la guerre de Syrie.

Les deux derniers épisodes majeurs de cette internationalisation étaient l’intervention directe de la Russie dans cette guerre au mois de septembre 2015 et l’intervention directe de la Turquie dans cette guerre au mois de septembre 2016.

Nous aboutissons très logiquement aujourd’hui à un accord pour l’évacuation d’Alep dont les deux principaux protagonistes sont la Russie et la Turquie.

C’est bien évidemment trop peu et trop tard.

A chaque épisode depuis le début de la guerre, il y a la propagande, l’impression, l’illusion sinon la fascination médiatique selon laquelle nous serions après la fin de la guerre et il y a la réalité selon laquelle nous sommes avant le début de la guerre et selon laquelle la catastrophe d’aujourd’hui est une petite catastrophe par rapport à la catastrophe de demain.

La balkanisation de la Syrie arrive dix ans après la balkanisation de l’Irak. La prochaine étape sera la balkanisation de la Turquie.

Je l’écrivais dans d’autres messages, en un peu plus de cinq ans, justement depuis le début de la révolution arabe syrienne, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan changeait totalement de position et faisait un virage à cent quatre vingt degrés par rapport à la totalité des questions importantes de politique intérieure, régionale et internationale.

Il y avait pendant deux ans un processus de paix entre le gouvernement de l’AKP et les organisations du Kurdistan de Turquie. Au mois de juillet 2015, le gouvernement de l’AKP rompait unilatéralement ce processus de paix et faisait un bond de vingt ans en arrière dans le sens des pires années de la guerre de l’armée et de l’extrême droite turque contre les organisations du peuple kurde.

Le gouvernement de l’AKP soutenait il y a cinq ans la résistance palestinienne. Il nommait récemment pour la première fois depuis cinq ans un ambassadeur turc en Israël.

Enfin, le gouvernement de l’AKP était à l’avant-garde des grands discours de la communauté internationale contre Bachar al Assad. Il était un ami de l’opposition syrienne. Il est aujourd’hui un ami de Vladimir Poutine.

Guerre d’extermination de Bachar al Assad contre son propre peuple et indifférence ou capitulation de la communauté internationale devant ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité, comme les palestiniens de 1948, une forte minorité du peuple syrien arrivait depuis longtemps à la seule conclusion, au seul résultat humain et rationnel de cette situation, c’est l’émigration et l’exil, la déportation comme on dit en anglais, de millions d’entre eux, d’abord dans les pays de la région.

Une première digue sautait en 2015 par l’arrivée d’un million de migrants syriens en Allemagne.

D’autres digues sauteront dans deux ou trois mois ou bien dans deux ou trois ans.

Le quarante cinquième président des Etats Unis Donald Trump contribuera fortement à l’aggravation de cette situation. Mais c’est une autre histoire. J’en parlerais une autre fois.

 

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