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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 18:37

 

LETTRE DE JULIEN SALINGUE A JEAN LUC MELENCHON

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une longue lettre de Julien Salingue à Jean Luc Mélenchon relative à la révolution syrienne.

 

La lettre est disponible en totalité si vous consultez le site www.resisteralairdutemps.blogspot.fr à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/2016/12/massacres-alep-lettre-un-camarade-qui.html

 

Lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable

 

Par Julien Salingue

 

Jeudi 15 Décembre 2016

 

Cela fait plusieurs semaines que je me dis que je vais t’écrire et ce sont les événements tragiques d’Alep et ta réaction à ces événements, ou parfois ta non-réaction, qui ont fini par me persuader que l’heure était venue de m'adresser à toi. Pas nécessairement dans le but de te convaincre, car je crois que malheureusement il est déjà trop tard. Mais au moins, comme cela, les choses seront dites et tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas.

La ville d’Alep est victime d’un massacre et d’une véritable boucherie qui fait immanquablement penser à d’autres villes martyrs comme Srebrenica, Grozny et Fallouja, mais aussi Varsovie et Guernica, ou encore aux camps palestiniens de Sabra et Chatila. Les témoignages directs qui affluent de la ville, venus de syriens ordinaires, et non des seuls membres d’un quelconque groupe armé, sont éloquents, a fortiori lorsqu’ils sont accompagnés de photos ou de vidéos. Des mots et des images qui disent la détresse, l’impuissance et l’horreur.

Mais toi, camarade, tu t’es évertué ces derniers jours, si l'on peut considérer que cet exercice peut avoir de près ou de loin un quelconque rapport avec une vertu, à expliquer qu’il ne fallait pas s’engager aux côtés des habitants d’Alep et qu’il ne fallait pas dénoncer les bombardements dont ils étaient victimes, pas plus qu’il ne fallait dénoncer les exactions commises par les troupes au sol lors de la « libération » de la ville. En d’autres termes, tu es venu nous expliquer qu’il ne fallait pas prendre de position claire et déterminée contre un massacre planifié et perpétré par le régime dictatorial de Bachar al-Assad et par ses alliés, au premier rang desquels la Russie et l’Iran.

Si je m’adresse à toi, camarade, c’est parce que nous avons par le passé partagé nombre de combats, notamment, mais pas seulement, le combat pour les droits du peuple palestinien. Parce que je pensais que, malgré nos divergences, nous avions des principes communs. Je n’ai en effet rien à dire à la droite et à l’extrême-droite qui défendent Vladimir Poutine et Bachar al Assad, qui assument clairement leur soutien à des régimes autoritaires au nom de valeurs communes et qui n’ont jamais fait semblant de vouloir construire une réelle solidarité avec les peuples opprimés.

Mais toi, camarade, tu te pares de vertus progressistes et anti-impérialistes, voire socialistes, communistes ou même révolutionnaires. Et c’est au nom de ces vertus que tu tentes de nous convaincre aujourd’hui qu’il ne faut pas se tenir résolument aux côtés de la population d’Alep assiégée et massacrée et qu’il ne faudra pas se tenir demain aux côtés des populations des autres villes syriennes déjà assiégées et bientôt massacrées.

Ce qui n’est pas, tu l’avoueras, le moindre des paradoxes.

J’avais en effet cru comprendre que ce qui constituait le patrimoine génétique commun de la gauche anti-impérialiste, c’était d’être aux côtés des peuples écrasés par les états impérialistes et leurs alliés. J’avais cru comprendre que dans ce patrimoine génétique que nous semblions partager, on ne transigeait pas avec la solidarité internationale. Et j’avais espéré que malgré tes positions parfois plus qu’ambigües quant à la tragédie syrienne, le martyr d’Alep te ramènerait à la raison et à la maison.

Mais non, tu t’obstines à tenter d’expliquer que nous ne pouvons pas prendre partie pour la population massacrée à Alep. Tu t’obstines à tenter d’expliquer que « les choses ne sont pas si simples ». Tu t’obstines à tenter d’expliquer que dans cette guerre, il n’y a pas « des gentils d’un côté et des méchants de l’autre » et qu’il faut ainsi savoir raison garder et ne pas céder à la facilité.

Car toi, bien évidemment, camarade, tu ne cèdes pas à la facilité. Tu nous proposes d’ailleurs ton analyse complexe, pleine de hauteur et de nuance, qui ressemble à peu près à ceci, « Bachar al Assad n’est pas un démocrate et les pays qui le soutiennent ne sont pas franchement des modèles non plus. Mais la soi-disant rébellion syrienne est en réalité majoritairement composée de forces issues de l’islam intégriste, voire jihadiste, téléguidées et armées par des régimes réactionnaires comme l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, voire par les parrains occidentaux de ces derniers, notamment les États-Unis et la France ».

Conclusion, « les plus méchants ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit ».

Le premier problème avec ton analyse, camarade, est qu’elle oublie un acteur essentiel, la population syrienne. Tu sembles en effet oublier que le point de départ des événements en Syrie n’est pas une intervention saoudienne, américaine, qatarie ou turque, n même russe. Le point de départ de tout cela, c’est que, au mois de mars 2011, des centaines de milliers de syriens se sont soulevés contre un régime dictatorial et prédateur, comme en Tunisie, en Égypte et en Libye. Et que si Bachar al Assad et ses sbires n’avaient pas fait le choix de réprimer ce soulèvement dans le sang, avec plus de cinq mille morts et des dizaines de milliers d’arrestations durant l’année 2011, ils seraient eux aussi tombés sous la pression populaire.

Et je parle bien de l’année 2011, cette année où, souviens-toi, camarade, tu t’enthousiasmais pour les autres soulèvements dans la région. « Le peuple veut la chute du régime », tu te rappelles ? Tu l’as peut-être même chanté dans les rues d’une ville française, toi qui es si épris de liberté, de justice sociale et de démocratie. En Syrie aussi, on le chantait, avec les mêmes revendications économiques, sociales et politiques que dans les autres pays de la région touchés par le soulèvement et Ryad, Doha, Paris ou Washington n’avaient rien à voir avec cela. Si tu t’intéresses de si près à la chose syrienne, tu dois d’ailleurs savoir qu’à chaque fois qu’il y a eu une trêve au cours des dernières années, les manifestations ont recommencé. Que sans l’intervention de l’Iran, puis de la Russie, le régime serait tombé, sous la pression des syriens, pas de quelques milliers de combattants étrangers qui sont arrivés, soit dit en passant, bien après que le régime eut tué des milliers de syriens désarmés et fait sortir de prison des dizaines, voire des centaines, de djihadistes, t'es-tu déja demandé pourquoi ? Et que oui, les racines de la crise syrienne sont bel et bien la contestation populaire d’un clan et la réponse de ce dernier, tout détruire plutôt que de perdre son pouvoir et ses prébendes.

À moins que tu ne veuilles signifier que depuis le début les syriens sont manipulés par les pays occidentaux, que tout cela n’est, au fond, qu’une histoire d’hydrocarbures et que le soulèvement syrien était téléguidé depuis l’extérieur par des puissances qui n’ont qu’à appuyer sur un bouton pour que des populations se soulèvent. Mais je n’ose même pas le penser, tu n’es pas de ceux qui estiment que les arabes sont tellement bêtes qu’ils ne sont pas capables de penser par eux-mêmes et que quand ils se mettent à se mobiliser et à revendiquer pour la justice sociale, quitte à risquer de perdre leur vie, c’est forcément parce qu’ils sont manipulés par des occidentaux pour le pétrole.

Le deuxième problème avec ton analyse, camarade, est que tu mets sur le même plan, d’une part, le soutien apporté par la Russie et l’Iran à Bachar al Assad et, d’autre part, le soutien apporté par les États-Unis, la France, la Turquie et les monarchies du golfe aux forces d’opposition syriennes. Tu essaies de faire croire qu’il n’y aurait pas une supériorité militaire écrasante du régime de Bachar al Assad et de ses alliés et que, après tout, pour reprendre, en la modifiant à peine, une formule en vogue dans un pays frontalier de la Syrie, « Bachar al Assad a le droit de se défendre ».

Mais oses-tu réellement comparer, d’une part, les milliers de conseillers militaires et l'armement iranien, les milliers de combattants du Hezbollah et, surtout, l’aviation russe, ainsi que les véhicules et l’armement lourd fournis par la Russie, deuxième puissance militaire mondiale, qui viennent en appui à un état et une armée régulière et, d’autre part, les armes légères, les lances roquettes et lances missiles vétustes fournis ou financés par les monarchies du golfe ou la Turquie et les armes légères, les lances roquettes, les quelques armes contre les chars et les systèmes de communication et dispositifs de vision nocturne fournis, au compte-goutte, par les États-Unis et la France ?

Sais-tu que ce que demandent les forces d’opposition syriennes depuis le début ce sont des missiles anti-aériens, pour pouvoir se défendre contre les avions de la mort de Vladimir Poutine et de Bachar al Assad, et que ce sont les États-Unis qui ont systématiquement mis leur veto à la livraison de telles armes ? Sais-tu que, au début de l’année 2014, après l’échec de la deuxième conférence de Genève, les saoudiens ont pour la première fois suggéré de livrer des lances missiles aux forces d’opposition syriennes, que les États-Unis s’y sont opposés et qu'ils n'ont pas changé de position depuis ? Les États-Unis qui ne voulaient pas, qui ne veulent pas, que ces armes tombent « entre de mauvaises mains » et qui ne veulent surtout pas que l'appareil d’état syrien soit détruit car ils ont tiré, contrairement à d'autres, les bilans de leur brillante intervention en Iraq.

 

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 17:47

 

Des autocars ont quitté Alep-Est avec des rebelles à bord (Reuters)

 

Plusieurs autocars, avec à leur bord des insurgés d'Alep-Est et leurs familles, ont quitté Dimanche 18 Décembre 2016 le dernier secteur tenu par les rebelles dans la grande ville du nord de la Syrie, aux termes d'un accord intervenu entre le régime de Damas et ses opposants sur une reprise des évacuations.

Les troupes syriennes et leurs supplétifs ont accepté leur départ en échange de l'évacuation d'habitants de deux villages chiites de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, encerclés par les insurgés.

L'évacuation alors en cours à Alep avait été interrompue Vendredi 16 Décembre 2016 en raison d'un désaccord portant sur les deux localités d'al Foua et de Kefraïa.

La télévision officielle syrienne, citant son correspondant à Alep, a déclaré Dimanche 18 Décembre 2016 que des autocars avaient commencé à quitter Alep-Est, où plus de quinze mille personnes se sont massées sur une place pour attendre les véhicules. Nombre d'entre elles ont passé la nuit dans les rues, par des températures inférieures à zéro degré.

Selon la chaîne de télévision al Ikhbaria, mille deux cent civils devaient d'abord être évacués de la partie orientale d'Alep et un nombre équivalent des deux villages de la province d'Idleb.

Une fois que les évacués des villages seront arrivés sains et saufs dans des zones gouvernementales, des insurgés d'Alep et des membres de leurs familles pourront quitter la ville, en échange du départ d'autres habitants d'al Foua et de Kefraïa, a ajouté cette chaîne.

Certains cars et des véhicules du Croissant-Rouge Arabe Syrien (CRAS) sont également arrivés à l'entrée des deux villages chiites après l'annonce de l'accord, selon la chaîne de télévision al Manar, affiliée au Hezbollah chiite libanais, fidèle allié de Damas.

Cinq de ces cars, cependant, ont été attaqués et incendiés alors qu'ils se rendaient vers les villages d'al Foua et de Kefraïa, dont la majeure partie des habitants sont chiites, ont rapporté l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH) et des médias officiels syriens.

La télévision nationale a montré des flammes s'échappant d'autocars verts, qui sont devenus les symboles des évacuations en Syrie. Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir des individus armés acclamant et criant « dieu est grand » sur fond d'autocars en train de brûler.

Selon la chaîne de télévision gouvernementale Maïadine, le groupe rebelle anciennement appelé Front al Nosra est responsable de l'attaque des cars. Mais pour des responsables rebelles, c'est une foule en colère, encadrée peut-être d'éléments gouvernementaux, qui en est responsable.

Des milliers de personnes ont déjà été évacuées d'Alep, Jeudi 15 Décembre 2016.

A New York, le conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) doit se prononcer ce dimanche sur un projet de résolution humanitaire sur Alep préparé par la France. Ce texte, que Reuters a pu consulter Samedi 17 Décembre 2016, vise à garantir la présence d'observateurs de l'ONU pour superviser l'évacuation de l'enclave encore tenue par les rebelles et la protection des civils qui y vivent toujours.

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 15:08

 

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/12/17/piratage-du-parti-democrate-barack-obama-accuse-vladimir-poutine_5050527_829254.html

 

Piratage du Parti Démocrate, Barack Obama accuse Vladimir Poutine

 

Le président américain a demandé à Donald Trump d’accepter une enquête indépendante alors que la Central Intelligence Agency (CIA) et que le Federal Bureau of Investigation (FBI) estiment que Moscou a cherché à favoriser le candidat républicain.

 

Par Gilles Paris, correspondant du Monde à Washington

 

Il n’a pas prononcé son nom, mais cela a été tout comme. La dernière conférence de presse de l’année du président Barack Obama, Vendredi 16 Décembre 2016, l’une des dernières de ses huit années à la Maison Blanche, a été dominée par la question du piratage visant le Parti Démocrate pendant la campagne présidentielle, de la responsabilité d’un état, la Russie, et de celle de son président, Vladimir Poutine.

Des milliers de courriers électroniques montrant les arrières cuisines démocrates avaient été dérobés au printemps. Publiés à partir du 7 octobre 2016 par le site Wikileaks, ils avaient ponctué les dernières semaines de campagne jusqu’au vote du Mardi 8 Novembre 2016.

L’affaire a été relancée le Vendredi 9 Décembre 2016 par un article du Washington Post, suivi quatre jours plus tard par une longue enquête du New York Times mettant en évidence l’enchaînement de négligences qui avaient conduit au piratage. Le premier article précisait que la CIA estimait désormais que l’objectif de ces cyber-attaques avait été de favoriser un candidat, le républicain Donald Trump, aux dépens de son adversaire démocrate, Hillary Clinton. Le Washington Post a ajouté, Vendredi 16 Décembre 2016, que le FBI partage désormais ce point de vue.

Dès le 7 octobre 2016, le département américain de la sécurité intérieure et le directeur national du renseignement avaient mis en cause nommément la Russie, précisant que, compte tenu de l’ampleur du piratage et de la sensibilité de la cible, « seules les plus hautes autorités russes auraient pu l’autoriser ».

C’est autour de cette phrase que Barack Obama n’a cessé de tourner, Vendredi 16 Décembre 2016, alors que Moscou a toujours réfuté en bloc des accusations jugées également « risibles » par Donald Trump, sur un ton devenu ces derniers jours toujours plus exaspéré. « Il faut soit cesser d’en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout cela est plus qu’indécent », a pour sa part lancé, Vendredi 16 Décembre 2016, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en marge d’un déplacement de Vladimir Poutine au Japon.

Alors qu'Hillary Clinton a évoqué, Jeudi 15 Décembre 2016, le rôle de ce piratage dans sa défaite, sans en faire cependant le facteur prépondérant, Barack Obama a refusé d’évaluer son impact sur l’élection, laissant cela aux « commentateurs ». Il s’est efforcé au contraire de dissiper toute ambiguïté à propos du rôle de Moscou et de Vladimir Poutine, précisant avoir demandé explicitement à son homologue « d’arrêter cela » lors du sommet du groupe des vingt en Chine, au mois de septembre 2016, lui laissant entrevoir des « conséquences sérieuses s’il ne le faisait pas ».

A cette époque, le FBI s’inquiétait de possibles intrusions dans les systèmes informatiques consacrés aux élections à la suite d’alertes dans l’Arizona et dans l’Illinois. Barack Obama a jugé que son intervention avait payé en assurant que le vote s’est déroulé sans perturbations externes. Les documents publiés un peu plus tard avaient cependant déjà été saisis par les pirates.

Le président a assuré qu’il ne s’arrêterait pas là. Un « message clair » qu’il s’est refusé d’expliciter, a-t-il promis, sera envoyé à Moscou.

« Nous pouvons vous toucher », a-t-il dit en parlant de la partie russe.

Mercredi 14 Décembre et Jeudi 15 Décembre 2016, le ton était monté entre le porte-parole du président, Josh Earnest, et l’une des principales conseillères de Donald Trump, Kellyanne Conway, après que le premier avait estimé que le candidat républicain ne pouvait pas ne pas être au courant de ces piratages.

Vendredi 16 Décembre 2016, Barack Obama s’est gardé de porter un jugement sur les commentaires souvent méprisants multipliés par Donald Trump sur son compte Twitter à propos des analyses du renseignement américain ou des démocrates. Le magnat de l’immobilier estime que ces derniers tentent d’instrumentaliser ces cyber-attaques pour masquer leurs responsabilités dans la défaite de leur candidate.

La controverse est pourtant loin de s’éteindre et pourrait compromettre le projet de Donald Trump de renouer un véritable partenariat avec Vladimir Poutine. Un rapport du renseignement doit être remis à Barack Obama avant son départ de la Maison Blanche, le 20 janvier 2017, et les commissions concernées du congrès devraient également s’en saisir en dépit du fait qu’elles sont présidées par des républicains. Barack Obama a d’ailleurs invité Donald Trump à accepter une enquête « bipartisane et indépendante » sur le sujet comme signe d’ouverture.

Barack Obama n’a pas limité son propos sur la Russie à la controverse du piratage. Il a inscrit au contraire cette dernière dans le contexte d’une nouvelle guerre froide asymétrique. La Russie, a asséné le président, « est un pays plus petit et plus faible. Son économie ne produit rien que quiconque veuille acheter, à part du pétrole, du gaz et des armes. Ils n’innovent pas ».

Mais selon Barack Obama, « Vladimir Poutine peut nous affaiblir comme il tente d’affaiblir l’Europe si nous oublions ce que nous sommes, si nous commençons à admettre l’idée qu’il est acceptable d’intimider la presse, ou d’enfermer les dissidents ou de discriminer les gens sur la base de leur foi ou de leur apparence ».

Pointant un sondage, publié par l'Economist, montrant que trente sept pour cent des électeurs républicains ont désormais une bonne image de Vladimir Poutine, Barack Obama a estimé que « Ronald Reagan doit se retourner dans sa tombe ».

Quatre ans après avoir moqué la menace que constituerait la Russie, selon l’approche traditionnelle républicaine, et celle du candidat républicain qui lui était opposé lors de l’élection présidentielle de 2012, Mitt Romney, Barack Obama s’apprête à quitter le pouvoir en ayant totalement modifié son analyse. De l’Ukraine à la Syrie, une série de crises internationales y a, il est vrai, largement contribué.

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:43

 

Un attentat fait treize morts et cinquante cinq blessés en Turquie (Reuters)

 

Treize militaires ont été tués et cinquante cinq blessés Samedi 17 Décembre 2016 dans un attentat à la voiture piégée contre un autobus de l'armée à Kayseri dans le centre de la Turquie, une attaque que le président Recep Tayyip Erdogan a attribuée aux activistes kurdes.

Cette opération intervient une semaine après l'explosion de deux bombes visant les forces de police Samedi 10 Décembre 2016 devant le stade de l'équipe de football d'Istanbul, le Beşiktaş. Quarante-quatre personnes avaient trouvé la mort et cent cinquante personnes avaient été blessées dans cet attentat imputé au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Ce double attentat a été revendiqué par un groupe armé lié au PKK, les faucons pour la liberté du Kurdistan (TAK).

« Le style et les cibles de cette attaque montrent clairement que le but de l'organisation séparatiste terroriste est de déstabiliser la Turquie, de l'affaiblir et de l'obliger à concentrer son énergie et ses forces sur d'autres objectifs », a déclaré le chef de l’état turc.

« Nous savons que les attaques que nous subissons ne sont pas étrangères aux changements dans notre région, en particulier en Irak et en Syrie », a-t-il poursuivi.

Recep Tayyip Erdogan a confirmé que treize personnes avaient péri dans l'attaque du Samedi 17 Décembre 2016 et que cinquante cinq autres personnes avaient été blessées. Tous les tués et quarante huit blessés étaient des militaires qui n'étaient pas en service, précise un communiqué de l'armée.

L'explosion du Samedi 17 Décembre 2016 s'est produite quand le bus est passé à proximité d'un véhicule dont on pense qu'il contenait des explosifs, rapporte l'agence de presse turque Dogan.

Le bus se trouvait alors près du campus de l'université d'Erciyes à Kayseri, rapporte la chaîne de télévision NTV.

La responsabilité de l'attentat du Samedi 17 Décembre 2016 n'a pas été revendiquée mais le vice-premier ministre Veysi Kaynak a établi un lien avec ceux de la semaine passée. « L'attaque à la voiture piégée ressemble à l'attaque à Besiktas », a-t-il déclaré devant la presse.

Le ministre de la défense Fikri Isik a annoncé sur son compte Twitter que la Turquie allait redoubler d'efforts dans son combat contre l'insurrection.

Vladimir Poutine a adressé un télégramme de condoléances à Recep Erdogan et lui a indiqué que la Russie était prête à accroître sa coopération dans la lutte contre le terrorisme, rapportent les agences de presse russes.

De son côté le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a eu un entretien téléphonique avec ses homologues turcs et iraniens pour discuter de la crise en Syrie.

Engagée dans l'opération Bouclier de l'Euphrate depuis le mois de septembre 2016 sur le sol syrien, la Turquie a mené de nouvelles actions ariennes contre le groupe Etat Islamique tuant vingt djihadistes au cours des dernières vingt quatre heures, a annoncé l'armée.

L'aviation turque a frappé soixante quatre cibles de l'Etat Islamique tandis que deux cent six autres cibles ont été pilonnées par l'artillerie et d'autres moyens militaires dans le nord de la Syrie.

La Turquie doit faire face non seulement aux attentats menés par l'insurrection kurde depuis la fin de la trêve en 2015 mais également à ceux attribués à l'Etat Islamique.

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:30

 

Nouvel accord pour l'évacuation d'Alep (Reuters)

 

Un nouvel accord a été conclu pour achever l'évacuation des secteurs de l'est d'Alep encore tenus par les rebelles, ont successivement annoncé Samedi 17 Décembre 2016 un chef rebelle et un responsable du gouvernement syrien.

L'évacuation commencée Jeudi 15 Décembre 2016 a été interrompue Vendredi 16 Décembre 2016 parce que les forces gouvernementales exigeaient que deux villages assiégés par les rebelles soient eux aussi évacués.

Le responsable rebelle al Farouk Abou Bakr, qui s'exprimait d'Alep sur la chaîne de télévision Arabiya al Hadath, a expliqué que l'accord prévoyait l'évacuation des deux villages chiites de la province d'Idlib assiégés par les insurgés, al Foua et Kefraya, l'évacuation des personnes blessées de Madaya et Zabadani, deux communes bloquées par les forces gouvernementales près de la frontière libanaise, et l'évacuation totale de la partie est d'Alep encore tenue par les rebelles.

L'information a été confirmée dans l'entourage du gouvernement syrien.

« Il a été décidé de reprendre les évacuations d'Alep-Est en parallèle avec l'évacuation des cas médicaux de Kefraya et al Foua et de certains cas de Zabadani et Madaya », confirme une personne faisant partie de l'équipe de négociations pour le gouvernement syrien.

La confusion dans laquelle se fait l'évacuation d'Alep-Est est le reflet de la complexité de la guerre civile en Syrie dans laquelle sont impliqués, de chaque côté, de très nombreux groupes et intérêts étrangers.

Dans le camp des rebelles, on accuse les milices chiites gouvernementales d'avoir ouvert le feu Vendredi 16 Décembre 2016 sur un convoi transportant des personnes évacuées d'Alep-Est. Cette accusation est rejetée par l'armée syrienne qui a toutefois précisé que le convoi avait été renvoyé vers Alep.

Farouk Abou Bakr a déclaré à al Hadath que le précédent accord d'évacuation avait été rompu Vendredi 16 Décembre 2016 par les milices gouvernementales qui ont intercepté des centaines de personnes qui cherchaient à fuir. Il y a eu un certain nombre de morts, a-t-il ajouté.

« Maintenant, nous travaillons à des garanties internationales pour assurer la sécurité de ceux qui quittent Alep de sorte que ce genre de violations ne se reproduise pas », a-t-il expliqué.

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 14:14

 

http://www.mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20161217/louhossoa-cinq-personnes-en-garde-a-vue

 

Cinq personnes en garde à vue

 

Alors que les états français et espagnols évoquent cinq « individus en relation avec l’organisation terroriste Euskadi Ta Askatasuna (ETA) », ils sont en réalité des représentants de la société civile basque ayant pris leur responsabilité en faveur de la paix.

 

Par Bénédicte Saint André

 

Samedi 17 Décembre 2016

 

« Cinq personnes sont actuellement en garde à vue à la police judiciaire de Bayonne », indique le parquet antiterroriste de Paris à Mediabask.

Elles ont été interpellées cette nuit dans une maison de Louhossoa.

D'après nos informations, il s'agit de Jean-Noël Etcheverry de Bizi, de Michel Berhocoirigoin, ancien président d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG), de Michel Bergougnian, coopérateur viticole dans l’appellation basque Irouléguy, de Béatrice Molle-Haran, propriétaire de la demeure et journaliste chez nous à Mediabask, et de Stéphane Etchegaray, professionnel de l'audiovisuel chargé de filmer la scène.

« Il s'agit d'une opération antiterroriste menée conjointement par les polices françaises et espagnoles », précise le parquet. Dès l'opération lancée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé un « coup porté à l’arsenal de la bande terroriste ETA en France ». Le nouveau ministre de l'Intérieur français Bruno Le Roux rappelait la « détermination absolue de la France à lutter contre le terrorisme, sous toutes ses formes » et félicitait les corps de police pour « l'interpellation de cinq individus en relation avec l’organisation terroriste ETA ».

Une version reprise par la presse de manière quasi-unanime avant un rétropédalage en règle. Elle est en effet entièrement en désaccord avec les courriers envoyés à Mediabask par les intéressés et aujourd'hui confirmés par Michel Tubiana, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), qui aurait dû être présent et n'a finalement pu se rendre sur place.

Opération policière politique

« Il faut rétablir la vérité », assène-t-il. Tous trois affirment n'avoir « aucun lien ni subordination avec ETA ». Ils justifient leur action par leur volonté de « contribuer à un avenir sans violence et démocratique pour le Pays Basque. Nous ne nous sommes pas cachés, nos intentions étaient claires dès le départ », répète-t-il.

« Il y a un blocage total du processus de désarmement de l’ETA, un blocage qui vient du côté des gouvernements français et espagnol. Plusieurs membres de la société civile ont voulu relancer ce processus, en procédant à une première destruction d’armes. Nous avons voulu jeter un coup de projecteur là-dessus. Nous voulions détruire des armes et les remettre aux autorités. Cette opération policière est manifestement politique ».

Dans un courrier d'ETA également rendu public par ces trois personnes, l'organisation écrit « ETA vous fait savoir qu'elle est prête à entrer dans cette voie, c'est-à-dire à procéder à la mise hors d'usage de ses armes et à la destruction de son arsenal par le biais de la société́ civile et en collaboration avec les acteurs internationaux, sans écarter la possibilité́ d'une participation des états garante d'une plus grande sécurité́ de cette procédure ».

Le dernier paragraphe

Le dernier paragraphe de la presse française, immuable depuis 2011 pour chaque article concernant ETA, est resté présent tout au long de la nuit. Il indique « qu’au mois d’octobre 2011, ETA a renoncé définitivement à la violence, mais elle n'a pas depuis remis ses armes et refuse de se dissoudre ». Au petit matin, il a disparu de certains grands quotidiens de l’hexagone, comme le Monde et Libération.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 20:51

 

Vladimir Poutine limoge son ministre de l’économie inculpé de corruption (Reuters)

 

Vladimir Poutine a limogé Mardi 15 Novembre 2016 le ministre russe de l’économie, Alexeï Oulioukaïev, interpellé dans la nuit du Lundi 14 Novembre au Mardi 15 Novembre 2016 et inculpé pour corruption et extorsion.

Alexeï Oulioukaïev, un technocrate âgé de soixante ans dont le ministère supervise les privatisations d'entreprises publiques, est le plus haut responsable russe interpellé dans l'exercice de ses fonctions depuis la chute de l’union soviétique en 1991.

Accusé d'avoir touché un pot-de-vin de deux millions de dollars versé par le groupe pétrolier public Rosneft, il a été placé en détention pour une durée de deux mois, jusqu'au 15 janvier 2017, et risque jusqu'à quinze ans de prison s'il est reconnu coupable.

Vêtu d'un costume bleu, Alexeï Oulioukaïev a déclaré à un tribunal moscovite qu'il niait toute malversation. Il a ajouté qu'il était dans son intérêt de coopérer à l'enquête car il tenait à sa réputation.

Le comité d'enquête fédéral, principal organe chargé des poursuites judiciaires en Russie, a accusé le ministre de l’économie d'avoir extorqué à Rosneft deux millions de dollars en échange de son feu vert pour le rachat par le groupe pétrolier de son concurrent Bachneft, pour un montant de cinq milliards de dollars.

Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a dit à la presse que Vladimir Poutine avait perdu confiance en son ministre et qu'il l'avait donc limogé, tout en ajoutant que son arrestation n'avait rien à voir avec le dossier Bachneft.

« Il s'agit d'accusations graves », a également déclaré Dmitri Peskov, que cite l'agence de presse Itar Tass. « Dans tous les cas, seul un tribunal sera en mesure de décider de quoi que ce soit », a-t-il poursuivi.

Alexeï Oulioukaïev, dont les communications étaient sur écoutes, a été piégé par des enquêteurs qui se sont fait passer pour des intermédiaires, dit-on de sources proches de l'enquête. Il a été interpellé alors qu'il acceptait un pot-de-vin de deux millions de dollars.

Son avocat, Timofeï Gridnev, a déclaré à Reuters que son client avait été interpellé au siège de Rosneft. Il a ajouté qu’Alexeï Oulioukaïev avait clamé son innocence, niant avoir touché la moindre commission.

Alexeï Oulioukaïev a été remplacé à titre provisoire par le vice-ministre de l’économie, Evguéni Iéline.

Le rachat de Bachneft par Rosneft a été l'enjeu de rivalités entre clans au Kremlin, dit-on à Reuters de sources proches de l'accord et du gouvernement.

Le gouvernement russe a conclu en octobre la vente à Rosneft d'une participation de contrôle dans la compagnie pétrolière Bachneft à Rosneft, pour trois cent trente milliards de roubles.

Mais le patron de Rosneft, Igor Setchine, l'un des hommes les plus puissants de Russie et un proche lieutenant de Vladimir Poutine, a dû se battre pour avoir ce feu vert. Car les tenants du libéralisme économique au sein du gouvernement, dont certains sont liés au premier ministre Dmitri Medvedev, s'y opposaient farouchement, estimant que Bachneft devait revenir à des investisseurs privés.

A l'origine, Alexeï Oulioukaïev, qui a supervisé la vague de privatisations du gouvernement destinées à réduire l'endettement de l’état, s'était opposé au rachat de Bachneft par Rosneft, mais il a fini par signer l'accord en ce sens.

Alexeï Oulioukaïev avait reçu le portefeuille de l’économie au mois de juin 2013. Il ne fait pas partie du cercle rapproché de Vladimir Poutine, qui est dominé par des tenants d'un rôle éminent de l’état dans l'économie.

Il ne fait pas pour autant partie du cercle des libéraux. C'est en revanche un proche d'Andreï Kostine, l'influent patron de la deuxième banque de Russie, VTB. Alexeï Oulioukaïev dirige le conseil de surveillance de VTB, banque qui est dans le giron de l’état.

Pour Alexandre Chokhine, directeur de l’union russe des industriels et entrepreneurs qui fut brièvement ministre de l’économie dans les années 1990, un doute entoure les accusations portées contre Alexeï Oulioukaïev.

La cession de Bachneft, explique-t-il, s'est faite au prix du marché. Dans ces conditions, il est étrange qu'il ait été nécessaire qu'une commission occulte soit versée alors même que tout le monde était d'accord sur le montant de la transaction.

D'autres s'étonnent aussi de la modicité relative du pot-de-vin présumé.

Selon Christopher Granville, directeur à Lombard Research, l'arrestation d’Alexeï Oulioukaïev pourrait être liée à la prochaine mise en vente d'une part de vingt pour cent du capital de Rosneft. Le groupe devrait racheter cette part lui-même avant de la revendre à des investisseurs dans un deuxième temps.

« Des gens influents veulent prévenir toute obstruction lors de la prochaine étape de la privatisation de Rosneft », dit-il.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 20:29

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article179

 

Chaque jour, une péripétie surprend, un nouveau personnage entre en scène.

 

Par Charles Jérémie

 

Jeudi 15 Décembre 2016

 

Chaque jour, une péripétie surprend, un nouveau personnage entre en scène. C’est du mauvais théâtre et une véritable comédie.

Insignifiance politique et communication, la société du spectacle est parvenue à se caricaturer.

La situation politique est vraiment amusante comme si la « crise de la cinquième république » tant de fois annoncée se transformait en énorme éclat de rire.

Eliminés Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Cécile Duflot, démissionné François Hollande, les pronostics des sondeurs et des journalistes sont battus en brèche et Manuel Valls est en grande détresse, Emmanuel Macron l’a pris de court. Désigné par les Nouveaux Chiens de Garde comme le meilleur démolisseur libéral du Parti Socialiste, l’ancien ministre des finances s’avance en vainqueur possible.

Je m’étais permis d’imaginer que l’explosion du Parti Socialiste interviendrait avant les élections présidentielles. La réalité dépasse les hypothèses les plus audacieuses.

Mais attention, les déchirures de la super structure ont une origine, François Hollande et Manuel Valls ont été mis KO par les mobilisations contre la loi travail.

François Hollande en a tiré des conséquences. Manuel Valls va payer la note. Il y aura d’autres cadavres politiques.

Au moins trois anciens ministres sont candidats contre lui. L'élection primaire de la gauche sera une meurtrière pantalonnade avec une certitude, Manuel Valls battu, jamais ses partisans n’accepteront de soutenir « le vainqueur ». Enfin, là on rit moins, la plupart des candidats socialistes aux élections législatives seront pulvérisés. Pour le Parti Socialiste, c’est la crise finale. Il faut réfléchir aux conséquences pour l’après 2017.

À droite, la situation est apparemment meilleure, encore que les réactions dans l’opinion au programme ultra-libéral de François Fillon commencent à fragiliser l’intéressé. En réalité, il n’y a pas dans le pays de majorité ni de droite ni de gauche. Sur le plan électoral, il n’y a pas d’appétence pour le libéralisme des deux bords de l’échiquier.

Songeons que, déjà, les républicains, socialistes en tête, s’apprêtent à appeler à voter au second tour des élections présidentielles pour François Fillon contre la méchante repoussante Marine Le Pen.

Pas sûr que, ce coup-ci, cela marche, d’autant que nul ne sait, à commencer par l’intéressé, ce que deviendra la candidature d'Emmanuel Macron. Il peut exploser en vol comme hier un Jean Pierre Chevènement ou au contraire par rejets successifs gonfler et arriver très largement en tête dans les sondages devant le candidat du Parti Socialiste, inévitablement ce dernier apparaîtra alors comme le « diviseur » et une campagne médiatique forcenée s’engagera pour qu’il se retire au profit d'Emmanuel Macron. Et ainsi, comme dans le midi et le nord aux élections régionales, le Parti Socialiste disparaitra des radars.

Les cercles dirigeants du patronat ont un candidat officiel, François Fillon, mais un secteur encore limité de la bourgeoisie, joue Emmanuel Macron contre Marine Le Pen et François Fillon qui les inquiète.

Le côté bigot révulse. La France est, certes, historiquement un pays catholique, mais la révolution française a profondément tracé son sillon, consacré en 1905 par la séparation de l'église et de l'état. Il ne faut pas sous-estimer le rejet de l’idéologie de la manifestation pour tous et de Sens Commun. François Fillon c’est Versailles avec de surcroit un relent de pétainisme.

Alain Juppé et François Bayrou craignaient les conséquences sociales de son projet. Cette objection demeure. Répétons le, pour appliquer son programme, François Fillon devra aller au maximum des tensions sociales, peut-être même faire tirer. Ce n'est pas si simple que cela, d’autant que les appareils syndicaux auront malgré leurs efforts du mal à le soutenir. Donc, François Fillon c’est non seulement Versailles mais aussi l’aventure. Sur un programme libéral de même nature, mais soft, Emmanuel Macron peut rassembler des secteurs significatifs de la petite bourgeoisie. Dans cette période, les personnages s’usent rapidement. Les nains sont élevés au rang de « sauveur » puis, comme en Grande Bretagne ou en Italie, balayés par la réalité.

Répétons-le, il faut le répéter, véritable Comedia Del Arte, l’élection présidentielle est un terrain d’où les salariés, les chômeurs et les jeunes sont expulsés. D’ailleurs le tableau succinct qui précède ne vaut que sur le papier. Que demain le mauvais temps social s’invite, nous ne sommes pas encore au mois de mai 2017, et la fragilité des postures se révèleront. Il suffit de constater à quelle vitesse le « radical » François Fillon a bégayé sa réforme de la sécurité sociale.

Il n’y a aucune solution électorale progressiste. La seule question qui vaille est comment, dès maintenant, en bas et dans la société réelle, préparer non seulement la résistance contre François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mais encore passer à la contre-offensive, c’est la seule véritable question et c’est possible.

Il suffit d’entendre Jean Claude Mailly qui suggère d’acheter des baskets car « cela va manifester » pour comprendre que, après les élections, il prépare avec la Confédération Générale du Travail (CGT), encore une fois, la stratégie de l’échec.

Non, plus de pseudos-grèves et de journées d’actions à répétition, tous ensemble le même jour jusqu’à la victoire, c’est la seule perspective raisonnable pour battre François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Une politique qui peut-être entendue notamment par les combattants de la lutte contre la loi travail.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 19:55

 

http://www.alencontre.org/laune/etats-unis-standing-rock-une-bataille-gagnee-mais-la-guerre-continue.html

 

Standing Rock, une bataille gagnée, mais la guerre continue

 

Par Barry Sheppard

 

Samedi 10 Décembre 2016

 

Les sioux de la réserve indienne de Standing Rock, située dans les états du Dakota du Nord et du Dakota du Sud, et leurs alliés, ont gagné une importante bataille dans leur combat pour empêcher que le pipeline dit Dakota Access Pipe Line (DAPL) traverse leurs terres tribales historiques et passe sous le fleuve Missouri dont la réserve tire son eau potable.

L'Army Corps of Engineers (ACE) était entré dans la bataille en publiant un ultimatum, si les protestations à l’endroit où le pipeline doit passer sous le fleuve n’étaient pas dissoutes Dimanche 4 Décembre 2016, les participants seraient arrêtés et poursuivis en justice.

C’est-à-dire que l’ACE allait ordonner aux unités de police municipales et de l'état du Dakota du Nord d’attaquer les manifestants qui entendaient protéger l’eau dès le Lundi 5 Décembre 2016 s’ils n’avaient pas quitté le site. Cela annonçait une brutale répétition des charges policières contre les manifestations non-violentes qui avaient déjà eu lieu, au moyen de matraques, de chiens d’attaque, de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de puissants jets d’eaux alors que la température ambiante descendait à moins douze degrés centigrades, de grenades paralysantes et d’arrestations massives.

Une de ces grenades avait déchiqueté la chair du bras d’une jeune femme. C’était horrible à voir. Elle subit, actuellement, de multiples opérations chirurgicales.

L’ACE prétend avoir le droit de faire cela parce qu’il gère cette terre fédérale située légèrement en dehors de la réserve indienne. Mais les sioux, eux, rappellent que cette terre leur avait été cédée par les Etats-Unis par un traité signé en 1851 et que l’ACE tient cette terre illégalement parce que les Etats-Unis ont rompu arbitrairement ce traité, comme des centaines d’autres traités identiques, dans sa guerre génocidaire prolongée contre les premiers habitants de l’Amérique du Nord. Cette terre contient également des sépultures sacrées des sioux, dont certaines ont déjà été dévastées à la pelle mécanique, une insulte raciste et une profanation pour les natifs américains.

L’arrivée des « anciens combattants »

La lutte de Standing Rock avait déjà gagné un large soutien, mais cet ultimatum de l’ACE a aiguillonné un surcroît qualitativement nouveau de solidarité qui a vu de nombreux nouveaux manifestants affluer au Dakota du Nord pour apporter leur soutien en prenant leur place dans la ligne de défense. Le Samedi 3 Décembre 2016, il y avait dix mille manifestants qui rejoignaient la lutte de Standing Rock, alors qu’ils risquaient d’être blessés et arrêtés.

En outre, dans de nombreuses villes à travers tout le pays, il y a eu des manifestations contre les grandes banques multinationales qui financent le pipeline.

Un aspect clé de cette nouvelle vague de soutien fut l’arrivée de vétérans des forces armées, beaucoup d'amérindiens parmi eux, mais d’autres aussi. Ils étaient prêts à former une ligne de défense entre les flics et le camp organisé par les manifestants. Les policiers auraient eu d'abord à passer sur eux. Le Samedi 3 Décembre 2016, il y avait deux mille vétérans prêts à la bataille.

Lundi 5 Décembre 2016, un article paraissait dans le New York Times racontant « qu'un cri fut entendu une nuit durant cette fin de semaine. Des centaines d’hommes veulent que les femmes rassemblées dans la maison reçoivent leurs ordres de Brenda Taureau Blanc et Loreal Echarpe Noire, qui commandent les groupes de vétérans dans les camps de la mobilisation ».

L’article décrivait quelques-uns de ces vétérans. Certains sont des anciens, vétérans de la guerre de Corée et de l’Europe d’après guerre, qui racontent qu’ils ont grandi dans des internats où ils étaient battus s’ils parlaient leur langue. Certains ont roulé à travers les plaines depuis leurs réserves pour venir.

Certains des militants qui sont venus ont passé des années dans le mouvement anti-guerre après être rentrés du Vietnam ou d’Irak. Ils nous ont dit que pour eux les protestations contre le pipeline étaient un nouveau chapitre de leur militantisme.

« Beaucoup d’entre nous sont prêts à sacrifier leur corps et à donner leur vie », nous a dit Vincent Emanuele, trente deux ans, un ancien marine qui a servi en Irak et qui a beaucoup pris la parole contre ce qu’il a appelé une guerre futile. « Mieux vaut mourir pour quelque chose qui signifie quelque chose ».

D’autres nous ont dit qu’ils ne s’intéressaient pas beaucoup à la politique et qu'ils n’avaient jamais participé à une manifestation. Mais ils nous ont dit que la lutte de la tribu les avait touchés. Ou ils nous ont dit que cela les mettait en colère de voir des images d’affrontements violents entre les forces de l’ordre et les amérindiens.

« Je n’arrivais pas à croire ce qui se passait aux Etats-Unis », nous a dit un vétéran. « Même en Irak, il y avait des règles d’engagement. Si ces gars n’ont pas d’armes, je ne peux pas comprendre que cela devienne un champ de tir ».

Demain, faire face à Donald Trump et aux oligarques du pétrole

La menace du spectacle de la police militarisée chargeant des vétérans désarmés semble avoir donné quelques soucis aux pouvoirs établis et on a assisté à une série de reculades dont celle de l’ACE qui a retiré sa menace d’user de la force.

Le Dimanche 4 Décembre 2016, l’ACE, manifestement par ordre de la Maison Blanche, a retiré à Energy Transfer Partners (ETP), l’entreprise chargée de la construction, le permis de commencer le percement du pipeline sous le fleuve, ce qui a officiellement arrêté le chantier.

A cette nouvelle, le camp des manifestants a retenti d’applaudissements et de célébrations, relayées en écho par les sympathisants à travers tout le pays.

Mais Lundi 5 Décembre 2016, l’humeur était plus sobre. ETP a réagi à la décision de l’ACE en déclarant qu’elle ne voulait rien dire. La compagnie a laissé entendre qu’elle pourrait aller de l’avant dans le chantier sous le fleuve de toute façon, mais cela est incertain car cela conduirait l’entreprise à un clash avec le gouvernement fédéral.

Ce qui est plus sérieux, c’est la prétention d’ETP de jouir du plein appui de Donald Trump qui a proclamé bruyamment, c’est sa façon normale de parler, qu’il approuvera le DAPL, qu’il reviendra sur la décision de l’administration de Barack Obama de bloquer le pipeline et qu’il annulera toutes les limitations réglementaires qui freinent l’industrie pétrolière, celle du charbon et tout le reste de l’industrie de l’énergie.

Donald Trump président, en tant que commandant en chef des forces armées, pourrait ordonner à l’ACE, qui est une partie de l’armée, de faire de même.

Par conséquent, les protecteurs de l’eau savent qu’ils doivent remobiliser. C’est la force de la mobilisation de masse qui a permis de gagner cette bataille. Durant ces derniers mois de lutte, la solidarité a été construite. Pour commencer, ce sont les sioux de Standing Rock qui se sont unis pour réagir. Puis d’autres tribus se sont jointes à eux, y compris venant du Canada. Finalement, ce sont plus de deux cent tribus qui ont soutenu la lutte de Standing Rock, surmontant leurs différences dans une démonstration de solidarité. C’est le plus grand rassemblement d’amérindiens en lutte depuis l’American Indian Movement (AIM) de la dernière radicalisation aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970.

Le fait qu’ils se soient levés pour contre-attaquer a encouragé d’autres à venir à leur rescousse. Les groupes de défense de l’environnement ont reconnu que la lutte contre Big Oil était aussi leur lutte. Black Lives Matter les a vus comme une lutte sœur, comme les voient beaucoup d’autres groupes et beaucoup de personnes à travers le pays.

Rien n’inspire plus tous les opprimés et les exploités que de voir une bataille de masse être engagée contre la classe dominante. Que celle-ci soit couronnée de succès, même si ce succès est conditionnel et que la guerre n’est pas finie, renforce le sentiment que l’action de masse est efficace. Dans le camp des manifestants s’est exprimé un sentiment renouvelé de leur force. S’il y a besoin de mobilisation supplémentaire, cette confiance en eux leur donnera de l’énergie. Cet esprit peut déborder aussi sur d’autres luttes.

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 19:22

 

L'évacuation d'Alep-Est ralentie par des exigences chiites (Reuters)

 

L'évacuation des derniers combattants encore présents dans les réduits d'Alep-Est a été suspendue Vendredi 16 Décembre 2016, la milice chiite du Hezbollah proche de l'Iran exigeant que des blessés soient au préalable autorisés à quitter deux villages assiégés par les rebelles dans le nord de la Syrie.

La sortie des civils et des insurgés qui se trouvent encore dans l'enclave urbaine, symbole de la résistance au régime du président syrien Bachar al Assad, a été contrariée après une première journée globalement sans accroc, chaque camp accusant l'autre d'enfreindre ses engagements.

Un responsable syrien supervisant les opérations a reconnu que celles-ci n'étaient toujours pas terminées et que l'évacuation avait été interrompue alors que de nombreuses personnes se trouvaient encore sur place.

Le ministère russe de la défense a annoncé que l'armée syrienne avait repris le contrôle de tous les quartiers orientaux de la ville bien que des combattants isolés continuent d'opposer une résistance sporadique.

Tous les civils et la plupart des insurgés sont partis tandis qu'un peu plus de trois mille quatre cent combattants de l'opposition modérée ont déposé les armes, a dit un responsable russe.

Après des mois d'un siège meurtrier et des années d'affrontements, les rebelles demeurent d'une grande méfiance et accusent les forces gouvernementales de bloquer les civils tout en déployant des armes lourdes sur les axes de circulation environnants.

Plusieurs sources rebelles ont dénoncé l'obstruction faite par les iraniens et les groupes chiites affiliés à Téhéran aux efforts de Moscou pour régler rapidement cette question.

Des milices chiites ont ouvert le feu sur des autocars emportant des civils qui quittaient Alep, ont affirmé des insurgés. Des barrages routiers ont été, selon eux, installés et un convoi de bus a dû rebrousser chemin.

Des miliciens iraniens ont arrêté vingt à vingt cinq voitures transportant des civils et ont commencé à provoquer des problèmes, installant des armes lourdes sur la principale voie d'évacuation, a indiqué le chef du groupe rebelle Fastakim.

Une milice iranienne aurait pris environ deux cent personnes en otage au deuxième point de contrôle à la sortie d'Alep, a rapporté un combattant turkmène de la brigade Sultan Mourad.

Selon une source officielle syrienne, ces contretemps ont été provoqués par des insurgés qui tentaient de s'enfuir avec des personnes qu'ils avaient prises en otage et avec des armes dissimulées dans leurs bagages.

Le Hezbollah a fait savoir, via l'un de ses organes de presse, qu'il exigeait l'évacuation des blessés pris au piège dans deux villages, Foua et Kefraya, situés dans la province voisine d'Idlib.

L'organisation chiite libanaise affirme que les insurgés ont bombardé une route qui aurait dû être utilisée pour la sortie des civils dans ces deux localités chiites. L'Iran, puissant allié de la Syrie, a demandé que le sort de ces villages soit inclus dans l'accord de cessez-le-feu.

Une source rebelle a déclaré que tous les groupes assiégeant les deux villages, y compris le Djabhat Fatah al Cham, l’ancien Front al Nosra, réticent dans un premier temps, avaient accepté les conditions de l'évacuation.

Depuis Jeudi 15 Décembre 2016, quelque trois mille combattants et plus de trois cent blessés ont quitté Alep dans des autocars et des ambulances, selon le bilan publié par l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

Des photos envoyées par un militant sur place montrent des civils, certains vêtus de manteaux, se tenant dans l'air froid de l'hiver, le long d'une rue aux bâtiments détruits.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de deux cent patients sont arrivés Vendredi 16 Décembre 2016 dans huit hôpitaux surchargés d'Alep-Ouest, d'Idlib, ville située à une soixantaine de kilomètres, et de Turquie.

L'Organisation des Nations Unies (ONU) estime que cinquante mille personnes se trouvent encore dans les quartiers orientaux d'Alep, parmi lesquelles dix mille personnes devraient être acheminées vers la province d'Idlib, le reste devant rejoindre des zones sous contrôle du gouvernement syrien.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé qu'il travaillait avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour lancer de nouvelles négociations de paix destinées à établir un cessez-le-feu national.

Ces pourparlers pourraient se tenir au Kazakhstan et compléter les discussions qui se tiennent de temps à autre sous l'égide de l'ONU à Genève.

Un haut responsable de l'opposition syrienne, Ryad Hidjab, a dit être prêt à participer à ces discussions si le but est de mettre en oeuvre un gouvernement de transition. Bachar al Assad exclut de quitter le pouvoir dans le cadre d'une résolution politique du conflit.

Le ministre français des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a indiqué que le conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir Vendredi 16 Décembre 2016 sur le déploiement rapide d'observateurs à Alep-Est pour empêcher les exactions et surveiller l'arrivée de l'aide humanitaire.

La chute d'Alep ne marque pas la fin de la guerre en Syrie. Les insurgés continuent à occuper des zones rurales tandis que le groupe Etat Islamique conserve le contrôle de vastes zones dans l'est du pays et a repris la cité antique de Palmyre.

 

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