Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 16:02

 

http://www.lamarseillaise.fr/municipales/herault-du-jour/26091-le-pcf-reconnait-le-vote-des-militants-communistes-a-montpellier

 

Le PCF reconnaît le vote des militants communistes à Montpellier

 

Le conseil national du Parti Communiste Français a validé la stratégie d’une liste autonome du Front De Gauche au premier tour des élections municipales à Montpellier

 

A défaut de s’apaiser totalement, la situation se clarifie du côté du PCF montpelliérain.

 

Jeudi 23 Janvier 2014, le conseil national du Parti Communiste Français a pris une résolution clarifiant sa position pour les municipales à Montpellier.

 

Tandis que la confusion régnait depuis que cinq élus communistes ont rendu public l’accord qu’ils ont passé avec le candidat socialiste Jean-Pierre Moure, les instances nationales du PCF ont officiellement reconnu le vote des militants communistes.

 

En fin d’année 2013, ils avaient voté massivement (à quatre vingt dix huit pour cent) en faveur d’une liste du Front De Gauche autonome au premier tour des municipales.

 

« Nous étions sûrs de notre bon droit, de la pertinence de notre choix », se félicite Roger Moncharmont.

 

Selon le chef de file des communistes à Montpellier, qui sera en bonne position sur la liste Front De Gauche conduite par Muriel Ressiguier, « seuls les candidats choisis par les adhérents du PCF pourront se prévaloir du sigle du PCF lors des élections municipales des 23 et 30 mars ».

 

En conséquence de quoi, Roger Moncharmont estime que si les cinq élus dissidents (Michel Passet, Hervé Martin, Françoise Prunier, Claudine Troadec et Cédric Sudres) persistent à se présenter sur la liste de Jean Pierre Moure, « ils ne peuvent le faire qu’en leur nom propre, pas au titre de la notoriété, ni de l’appartenance, ni du sigle du PCF ».

 

Michel Passet dédramatise

 

De son côté, Michel Passet, secrétaire héraultais du PCF, qui souhaite se présenter sur la liste PS-EELV, dédramatise la situation. « Le national a suivi le vote des militants, c’est logique. On s’y attendait ». Il assure néanmoins que les instances nationales du PCF ont demandé à la liste du Front De Gauche de « clarifier sa position au second tour ». « Le conseil national leur demande de modifier leur accord sur des contenus » assure-t-il.

 

Quant à d’éventuelles procédures disciplinaires à l’encontre des dissidents, Roger Moncharmont s’en remet aux instances nationales. « Soit ils s’engagent dans une aventure politique personnelle, soit il appartiendra aux instances compétentes (la commission des conflits) d’en tirer les conséquences ».

 

L’actuel secrétaire départemental du PCF encourt-il une exclusion ? C’est peu probable si l’on en juge les coutumes du PCF. Lors des élections régionales 2010, aucun communiste qui s’était présenté sur la liste de Georges Frêche plutôt que sur la liste du Front De Gauche de René Revol, n’avait été exclu du PCF.

 

Ce qui est sûr, c’est que Roger Moncharmont voit dans cette décision un signe supplémentaire que la liste de Jean Pierre Moure, n’est qu’un « colosse aux pieds d’argile. J’espère qu’ils auront au moins la décence de ne pas jouer l'instrumentalisation en usurpant les sigles du PCF ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 18:23

 

Nouveau procès en Chine contre le mouvement citoyen

 

PEKIN (Reuters) - La Chine a jugé Jeudi 23 Janvier 2014, pour le deuxième jour consécutif, des militants du Mouvement des Nouveaux Citoyens qui réclame la transparence du patrimoine des responsables chinois.

 

Zhao Changqing, un opposant historique emprisonné à trois reprises pour ses activités en faveur de la démocratie, a clamé son innocence et demandé à changer d'avocat afin d'obtenir un report de son procès devant un tribunal de Pékin.

 

Zhao, accusé d'avoir organisé des dîners à Pékin où les convives venaient débattre de la campagne pour la transparence, a désormais quinze jours pour se trouver deux nouveaux avocats.

 

Il est accusé de « rassemblement d'une foule dans le but de troubler l'ordre public », un délit passible de cinq ans de prison.

 

« Il a déclaré que toutes ses actions, y compris la campagne en faveur de la transparence du patrimoine des officiels, de l'accès égal à l'éducation ou de la réalisation d'une démocratie constitutionnelle sont complètement légitimes et légales », a dit son avocat Zhang Xuezhong.

 

« Il a estimé que le tribunal était totalement injuste et ses allégations iniques », a-t-il ajouté.

 

Dans l'après-midi, un autre militant a comparu, Hou Xin, qui faisait partie d'un groupe de quatre militants ayant déployé l'an dernier une banderole à Pékin pour réclamer la transparence. Il est poursuivi pour le même chef d'accusation que Zhao Changqing et plaidera non coupable, a dit son avocat.

 

Mercredi, l'initiateur du Mouvement des Nouveaux Citoyens, l'avocat Xu Zhiyong, a refusé de s'exprimer lors de son procès devant le tribunal intermédiaire numéro un de Pékin.

 

Cinq autres militants doivent comparaître vendredi et lundi à Pékin et Guangzhou (sud).

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 18:10

 

Les kurdes s’organisent dans le nord de la Syrie

 

ERBIL, Irak (Reuters) - Les kurdes de Syrie ont mis en place Mardi 21 Janvier 2014 un gouvernement local dans un district du nord du pays, autour des villes d’Hassaka et de Kamichli, consolidant leur emprise sur une partie de cette région qu'ils contrôlent.

 

Cette initiative intervient à la veille de l'ouverture de la deuxième conférence de paix de Genève, où les kurdes ne seront pas directement représentés.

 

Un conseil doté d'un président et de plusieurs « ministres » (affaires étrangères, défense, justice et éducation) gérera les affaires publiques dans l'un des trois districts administratifs déjà mis en place par les kurdes, rapporte l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH).

 

L'ONG basée en Grande-Bretagne ajoute que des élections seront organisées dans cette zone d'ici quatre mois.

 

Les ambitions autonomistes des kurdes de Syrie inquiètent notamment la Turquie voisine, confrontée depuis 1984 à l'insurrection du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

 

Les kurdes syriens, tout aussi critiques envers le régime de Bachar al Assad qu'envers l'opposition syrienne, ont demandé à envoyer leur propre délégation à la deuxième conférence de Genève, ce qui leur a été refusé.

 

Selon le parti de l'union démocratique (PYD), principale formation politique kurde de Syrie, ce refus est principalement dû à l'opposition de la Turquie, des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite.

 

Le PYD a annoncé la prochaine création de gouvernements locaux dans les deux autres districts qu'il contrôle.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:47

 

http://www.etilaf.org/fr/press/leiil-lance-un-assaut-sur-l-agence-anatolie-a-alep.html

 

EIIL lance un assaut sur l’agence Anatolie à Alep

 

Communiqué de presse de la Coalition Nationale Syrienne

 

Mardi 21 Janvier 2014

 

La Coalition Nationale Syrienne condamne l’attaque de l'Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) sur l'agence de presse Anatolie dans le quartier de Sheikh Najjar à Alep.

 

EIIL a confisqué l'équipement technique du quartier général de l'agence après qu’Anatolie ait publié un rapport sur le groupe extrémiste.

 

L'attaque de l’EIIL fait suite à un rapport, par une équipe d’experts de renommée internationale, qui a révélé des preuves de tortures systématiques et d'assassinats par le régime d’Assad. Le groupe a examiné près de cinquante cinq mille images d'environ onze mille cadavres. Les images ont été sorties clandestinement de Syrie par un photographe des services de sécurité ayant fait défection. La plupart des images représentent des détenus gravement torturés, émaciés, et exécutés.

 

Par ses actions, l’EIIL viole le droit international. EIIL supprime les libertés et réduit au silence les militants dans les zones sous son contrôle. Le peuple syrien l’a d’ailleurs surnommé « l’ennemi du peuple », et manifeste contre son idéologie étrangère.

 

L'Armée Syrienne Libre a répondu, ces dernières semaines, au rejet du peuple syrien de l’EIIL et mène actuellement une opération militaire de grande envergure pour stopper l’EIIL dans le nord de la Syrie et sauver les valeurs de la révolution pour la liberté, la justice et la dignité

 

Vive la Syrie démocratique, et que vive son peuple libre et digne.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:15

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article8981

 

Procès BDS à la cour d’appel de Montpellier

 

« Le droit, connais pas »

 

Situation inédite Jeudi 23 Janvier 2014 à la cour d’appel de Montpellier, devant laquelle comparaissaient Jeanne, Yamina et Bernard, trois militants appelant au boycott des produits israéliens, et relaxés le 14 août dernier par le tribunal de Perpignan.

 

L’audience s’est en effet tenue en l’absence de toute plaidoirie des avocats représentant les officines israéliennes en France, et dans la confusion la plus totale au niveau de ce qui est censé être le droit.

 

Beau cafouillage dès l’ouverture à 8 heures 30, pas d’avocat, ni de conclusions écrites de la part de l’Association France-Israël, « Avocats Sans Frontières » et Chambre de Commerce France Israel, qui fait savoir qu’elle se désiste. Seul le BNVCA de Sammy Ghozlan a transmis ses conclusions, mais aucun avocat n’est là pour le représenter.

 

Un jeune avocat présent déclare néanmoins vouloir représenter tout ce beau monde, et s’engage auprès du tribunal à aller à la recherche des conclusions absentes.

 

Qu’à cela ne tienne, le président du tribunal accepte, et l’audience est repoussée à 11 heures, heure à laquelle le jeune avocat revient avec des fax mais sans être autorisé par les officines à plaider !

 

Le président du tribunal n’accepte pas, en revanche, que les deux témoins de la défense, dont l’une venue d’Israël, puissent déposer. Ils n’auraient pas été cités dans les délais. (Tiens, les délais sont pris en compte dans ce cas). Et le tribunal fait savoir que « de toute façon que les inculpés n’ont pas besoin de témoins de moralité, car leur moralité est irréprochable ».

 

On est content de le lui entendre dire, car ils sont tout de même poursuivis par le gouvernement (eh oui, c’est le gouvernement qui a fait appel de la décision du tribunal de Perpignan, et aux frais du contribuable comme d’habitude) pour « discrimination, incitation à la haine et à la violence ».

 

Donc « irréprochables ». La greffière aura noté, on espère.

 

Mais nos trois inculpés irréprochables vont tout de même être soumis à un feu roulant de reproches plus étranges les uns que les autres, tant de la part des juges que du procureur :

 

« Avez-vous demandé une autorisation avant de vous introduire dans le magasin Carrefour ».

 

« Pourquoi ne vous êtes vous pas contentés de vous plaindre aux autorités comme la direction générale des fraudes et de la concurrence de la présence de produits sans traçabilité, au lieu d’aller en discuter avec la direction du magasin et d’en informer les clients ».

 

Le procureur, « pourquoi boycottez-vous tous les produits israéliens alors qu’il y en a sans doute une partie qui doit provenir d’Israël dans ses frontières internationalement reconnues ».

 

Le même procureur ne sachant pas dire au demeurant comment il fait pour reconnaître les uns des autres !

 

Les trois militants doivent donc garder leur sang-froid pour expliquer que les pouvoirs publics ont bel et bien été interpellés à maintes reprises sur la présence de produits illicites dans les grandes surfaces, mais que le gouvernement français ne respecte pas les directives européennes exigeant le marquage de tous les produits provenant des colonies installées dans les territoires palestiniens occupés. En tant que citoyens soucieux du droit international, ils doivent donc intervenir eux-mêmes face à cette impunité.

 

Comme l’explique Yamina, « quand il s’agit de produits soupçonnés de contrefaçons, il y a bien des mécanismes de contrôle aux douanes. Pourquoi n’est ce pas le cas pour les produits illégaux exportés par Israël ».

 

Il est clair par ailleurs que non seulement le magasin Carrefour a refusé de porter plainte, mais que sa direction a même déclaré dans un rapport à la police que la discussion avec les militants BDS venus à sa rencontre avait été très courtoise, et qu’il n’y avait pas eu la moindre violence, ni insulte.

 

Mais cela n’empêche pas les magistrats de s’acharner, en essayant d’être plus royalistes que le roi, le pompon revenant tout de même au procureur. Celui-ci déclare qu’il n’y a certes rien à reprocher à Yamina, Jeanne et Bernard (relaxés de ce fait par le tribunal de Perpignan), mais qu’en vertu d’une « responsabilité collective » d’appel au boycott des produits israéliens, il requiert une amende de trois cent euros par inculpé (et laisse le tribunal décider si l’amende doit être assortie d’un sursis ou pas).

 

Antoine Comte et Yann Meric vont donc devoir sérieusement recadrer ces messieurs de la justice et rappeler qu’ils ont l’obligation de s’en tenir aux faits reprochés aux inculpés, et qu’en l’occurrence il n’y a, concernant l’action qui s’est déroulée le 15 mai 2010 dans ce magasin Carrefour de Perpignan, aucune précision, ni imputation des faits à propos de « discours proférés, de tracts distribués ou encore de placards affichés ».

 

« Il y a cent ans de jurisprudence de la cour de cassation dans ce domaine. Les convocations et citations doivent obéir à un certain nombre de normes sinon elles entraînent la nullité de l’action, comme l’a reconnu le tribunal de Perpignan », soulignera Antoine Comte, en rappelant l’existence de l’article cinquante trois de la loi du 29 juillet 1881, « les personnes poursuivies doivent savoir de quoi elles doivent répondre précisément » .

 

Ils rappellent que la « responsabilité collective » n’existe pas en matière de droit de la presse.

 

Ils rappellent que si l’on doit condamner l’appel au boycott des produits israéliens en raison de la politique de l’état d’Israël, il faut également condamner les très nombreuses personnalités qui y ont appelé publiquement, y compris dans des publications comme « Le Monde », et pas seulement les trois militants présents à la barre.

 

Et condamner aussi plus largement tous les citoyens qui appellent au boycott d’autres états, de la Chine aux jeux olympiques en Russie, en passant par le Mexique ou le Canada qui maltraiterait les bébés phoques.

 

Ils rappellent que la France a été condamnée en janvier 2013 par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour non respect de la liberté d’expression, qui permet à toute personne d’agir pacifiquement en sa qualité de citoyen contre la politique d’un état.

« Israël, qui ne respecte aucune des résolutions de l’ONU et qui a même été rappelé à l’ordre par l’Europe, mais aussi par les USA récemment pour sa poursuite de la colonisation de la Palestine, n’a aucune raison d’échapper à cette règle » remarque Antoine Comte. « On ne voit pas pourquoi on pourrait moins boycotter des poivrons exportés par Israël que des jouets chinois ou des vêtements thaïlandais », ajoute Yann Meric, « dire d’acheter en toute conscience n’a aucun rapport avec une incitation à la haine ou à la violence ».

 

Le jugement sera rendu le 19 mai. Quatre mois pour délibérer sur une réquisition ubuesque dans un contexte qui ne l’est pas moins, une condamnation à une amende ridicule de trois cent euros s’appuyant sur un article de loi punissant les discriminations à l’encontre des personnes (et non des produits) à raison de leur appartenance à un ethnie, une religion, une race, une nation, à des peines allant jusqu’à quarante cinq mille euros d’amende et deux ans de prison. Pour de l’incitation à la haine et à la violence, ce n’est pas cher payé !

 

Il n’y avait pas d’avocats présents du côté de ceux qui ont réclamé à cor et à cris ce procès (sur la base d’une vidéo qui est un montage d’incrustations diverses et variées)

Il n’y avait pas de conclusions remises aux avocats de la défense de la part de William Goldnadel, « France Israël » et « Avocats Sans Frontières » étant apparemment dispensés de respecter des procédures contradictoires

 

Dans la même veine on peut s’attendre à ce que ces derniers réclament tout de même des dommages et intérêts, et pourquoi pas des frais d’avocat ?

 

Pourquoi se gêner quand on voit que la cour d’appel de Colmar a demandé aux militants de payer vingt huit mille euros aux représentants d’israël en France, et zéro centime à l’état français, qui a pourtant engagé toutes les procédures policières et judiciaires, à nos frais, on ne le dira jamais assez ?

 

Mais ne soyons pas mesquins ! Il faut bien verser un peu d’argent à l’occupant israélien pour entretenir son armée d’occupation, ses colonies et ses gardiens de camp de concentration.

 

C’est la justice indépendante de Hollande, Valls et Taubira, dans toute sa splendeur !

 

Cela n’est pas passé inaperçu à l’extérieur du palais de justice non plus.

 

Et cela n’a pas empêché les militants de Montpellier d’appeler au boycott des produits israéliens avant le procès.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 21:10

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/01/23/l-inlassable-combat-pour-l-etat-de-droit-en-chine_4352964_3232.html

 

L’inlassable combat pour l’état de droit en Chine

 

Editorial du Monde

 

Jeudi 23 Janvier 2014

 

En Chine, le pouvoir communiste a longtemps usé et abusé des notions de « peuple et de masses » pour désigner le milliard trois cent millions d’humains qu’il administre. Au mieux, les chinois sont des habitants (jumin), le vocable qui figure sur la carte d’identité de tout chinois. Mais il est un mot qui fait peur à l’état parti, « citoyen ».



Xu Zhiyong vient de l’apprendre à ses dépens. Ce professeur d'université et docteur en droit de quarante ans a été l'animateur du Mouvement des Nouveaux Citoyens. Le procès qui lui est intenté pour trouble à l'ordre public s'est ouvert Mercredi 22 Janvier 2014, le jour des révélations dites « Chinaleaks », l’enquête sans précédent sur la fortune secrète des élites chinoises placée dans des paradis fiscaux, publiée par Le Monde et d'autres grands médias internationaux.

 

Le combat de Xu Zhiyong se situe dans le respect des lois chinoises, intégralement. Il réclame l'avènement d'un véritable état de droit. Il veut que les dirigeants soient responsables devant les « citoyens ». Xu Zhiyong et ceux qui l'ont suivi se sont fait connaître sur les réseaux sociaux et en manifestant dans la rue. Leur revendication prioritaire est qu’ils demandent que le patrimoine des dirigeants de la deuxième économie mondiale soit public.

 

La revendication des Nouveaux Citoyens a touché un nerf sensible, les élites chinoises n'ont pas leur pareil pour siphonner les richesses du pays, avec la complicité de banques et de cabinets comptables occidentaux. Parmi les noms de ceux qui ont recours aux paradis fiscaux figurent des proches des plus hauts dirigeants chinois, actuels ou passés, dont le beau-frère du président Xi Jinping.

 

Corruption des élites

 

Ce dernier a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités, affirmant vouloir s’attaquer aussi bien aux « mouches qu’aux tigres », aux petits qu'aux puissants. Il a pris des mesures. Elles ont sanctionné plusieurs dizaines de milliers de faits de corruption, y compris au plus haut niveau. Mais ces mesures sont le fait du parti, exclusivement, pas d'une justice indépendante. Elles relèvent moins de l'application de la loi que du fait de l'empereur. Car, dans le même temps, le pouvoir écrase les citoyens qui réclament la transparence. Il censure les réseaux sociaux et les sites des journaux étrangers, comme Le Monde, après les révélations sur l'argent caché des « princes rouges ».

 

Cet acharnement à faire taire les Nouveaux Citoyens est dissimulé à la grande majorité des chinois en raison du silence imposé à la presse. C’est dans la logique du régime, le principe du maintien du parti unique outrepasse toute autre considération. Même si le Parti Communiste Chinois sait et dit que sa légitimité est rongée par la corruption des élites.

 

Des appels à la supervision citoyenne se sont fait entendre fin 2012, lors de la transition politique au sommet de l'état. Il n'empêche, la nouvelle équipe dirigeante recourt aux méthodes de ses prédécesseurs, en suscitant la peur, pas en appliquant le droit.

 

Le président Xi Jinping ne manque pas d'énergie réformatrice. Mais à quoi bon s'il réduit au silence ceux qui prennent au sérieux sa lutte anti corruption ? 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 18:54

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/01/23/le-recit-de-la-defection-de-cesar-photographe-de-la-barbarie-syrienne_4353005_3218.html

 

Le récit de la défection de « César », photographe de la barbarie syrienne

 

Par Benjamin Barthe, envoyé spécial du Monde à Montreux, et Stéphanie Maupas, correspondante du Monde à La Haye

 

Jeudi 23 Janvier 2014

 

Dans le huis clos d’une chambre d’hôtel à Montreux, à l’écart de l’agitation causée par la conférence de paix sur la Syrie, un homme fait défiler des photographies de cadavres sur l’écran de son ordinateur. Souvent nus ou couverts de haillons, les corps portent les traces de supplices variés, lacération, strangulation, électrocution et mutilation.

 

Sur le torse de la plupart des cadavres, le visage figé dans un ultime rictus, on distingue des numéros, tracés au marqueur.

 

Parfois c'est sur un bout de carton, déposé au pied du torturé, que figurent les informations.

 

« Ce sont les numéros attribués aux détenus quand ils sont arrêtés puis quand leur décès est prononcé », explique l'homme, un opposant syrien nommé Emadeddin Rachid. « Les numéros se suivent. C'est de l'abattage à la chaîne ».

 

Ces clichés, auquel Le Monde a eu un accès exclusif, ont nourri le rapport, dévoilé Lundi 20 Janvier 2014 par la chaîne américaine CNN et le quotidien britannique The Guardian, qui accuse le régime syrien d’avoir torturé et tué « à l’échelle industrielle ».

 

Commandée par le Qatar et rédigée par un cabinet d'avocats londoniens avec le renfort de spécialistes de la justice internationale, cette étude se fonde sur un matériau d'une nature et d'une ampleur inédite dans l'histoire de la Syrie, un stock de cinquante cinq mille photographies représentant environ onze mille personnes tuées en détention.

 

Lointaine parenté

 

Comment leur authenticité a-t-elle pu être avérée ? Parce que la personne à l'origine de cette monumentale fuite n'est nul autre que l'auteur de la plupart des clichés, un photographe de la police militaire, qui a fait défection en 2013, désigné dans le rapport sous le nom de code « César ». Le Monde, qui est en possession de seize de ces clichés, a choisi pour l’instant de ne pas les publier.

 

Emadeddin Rachid est l'un des cerveaux de cette opération, qui a percuté de plein fouet la conférence de Montreux et déstabilisé la délégation syrienne face à la presse internationale.

 

Agé de quarante huit ans, ancien vice-doyen de la faculté de charia (loi islamique) de l'université de Damas, il est l'un des responsables du Mouvement National Syrien, un courant islamiste modéré représenté au sein de la Coalition Nationale Syrienne (CNS), la colonne vertébrale de l'opposition au régime Assad.

 

Selon toute vraisemblance, c'est grâce à une lointaine parenté entre un membre de son mouvement et « César » que le contact est établi. Longtemps chargé de prendre en photo des scènes de crimes ou d'accident, l'homme s'est vu affecter à une tout autre tâche après le début de la révolte syrienne, en mars 2011, tirer le portrait des opposants, réels ou supposés, qui ont été torturés à mort ou froidement exécutés dans les geôles du régime.

 

Un travail de recensement photographique aussi méticuleux que mortifère, une bureaucratie de la barbarie menée dans un double but, d'une part permettre aux autorités de délivrer un certificat de décès aux familles à la recherche d'un frère ou d'un père disparu, en mettant son trépas sur le compte d'un « problème respiratoire ou d’une attaque cardiaque », d'autre part, permettre aux tortionnaires de confirmer à leur hiérarchie que la sale besogne a bien été accomplie. « Tuer ses opposants, cela fait partie de la routine du régime », explique Emadeddin Rachid. « Consigner la tuerie, c'est simplement aller au bout de la routine ».

 

« Chaîne d’anonymes qui ont risqué leur vie »

 

A l'hôpital militaire où il est assigné, « César » reçoit jusqu'à cinquante corps par jour.

 

Chacun d'eux nécessite quinze à trente minutes de travail, car quatre à cinq clichés sont requis pour constituer le dossier de décès. Le spectacle de la sauvagerie des services de sécurité syriens éprouve durement le photographe légiste. Il est mûr pour passer à la rébellion. Six mois seront nécessaires pour mettre en place la filière destinée à récolter les preuves photographiques.

 

« Une chaîne d'anonymes, notamment des combattants de l’Armée Syrienne Libre, ont risqué leur vie pour réussir ce coup d'éclat », dit Emadeddin Rachid. Il aura fallu quatre mois supplémentaires pour exfiltrer « César » et sa famille.

 

Sollicités par le cabinet londonien Carter-Ruck, trois médecins légistes et trois anciens procureurs internationaux, qui ont officié dans les tribunaux sur la Sierra Leone et l'ancienne Yougoslavie, se mettent alors au travail. Bien conscient que son hostilité notoire au régime Assad risque de nuire à la crédibilité du rapport final, le Qatar a accepté de financer cette entreprise à la condition que « les pièces fassent l'objet d'une authentification appropriée et rigoureuse », souligne Cameron Doley, l'un des avocats de la firme anglaise.

 

Les experts s'immergent dans le lot d'images et acquièrent la conviction qu'il est « très peu probable » qu'elles aient pu être falsifiées. Ils rencontrent à trois reprises, au mois de janvier, le témoin à charge, le pressent de questions et finissent par se convaincre que l'homme est bien ce qu'il prétend. Bien que partisan du soulèvement anti-Assad, « César a rendu compte honnêtement de son expérience », assure le rapport, qui précise qu'il n'a par exemple jamais prétendu avoir été témoin des exécutions.

 

« Camps de concentration nazis »

 

Sur la BBC, le patron de la commission d’enquête, sir Desmond de Silva, a récusé toute interférence de Doha, le commanditaire. « L'intérêt que possède le Qatar dans cette affaire ne veut pas dire que les preuves sont fausses. Nous avons pris ce fait en compte et avons été très méticuleux dans notre façon de travailler ». Pas suffisamment au goût de la délégation syrienne à Montreux, qui a qualifié le rapport de « partial et politisé ».

 

Au Monde, Emadeddin Rachid a montré l'exemplaire scanné d'un dossier de décès constitué avec les photos de « César ». Le formulaire porte l'en-tête de la « république arabe syrienne, commandement général des forces militaires » et le cachet « police militaire » est apposé sur les clichés post mortem.

 

Le Monde a également pu voir de nombreuses photos d'un hangar, transformé en charnier, avec une quinzaine de dépouilles décharnées éparpillées sur le sol. « C'est le garage de l'hôpital militaire de Mezzeh, au nord ouest de Damas, assure Emadeddin Rachid. « Quand la morgue est pleine, c'est là que les cadavres sont jetés. Tous ces corps avec la peau sur les os, cela fait immanquablement penser aux camps de concentration nazis ».

 

L’exposé fait d’autant plus froid dans le dos que les cinquante-cinq mille photographies sont censées avoir été prises sur seulement deux sites, l’hôpital de Mezzeh et celui de Teshrin, toujours à Damas. « Imaginez un peu, il y a une vingtaine d’hôpitaux militaires en Syrie », insiste l’analyste Samir al Taqi. Cet ancien diplomate rallié à  l’opposition conseille l’Association pour les Disparus et les Prisonniers de Conscience, implantée à Alep. « Nous allons demander aux familles qui ont perdu un proche de passer en revue les photographies », dit-il. « Dans ces milliers de visages, certaines identifieront sûrement un frère ou un père. Cela clouera définitivement le bec au régime ».

 

« César », Sami et Emad espèrent qu’à moyen terme, une juridiction internationale aura l’idée et la capacité de se pencher sur leurs archives photographiques. « Si personne ne punit les auteurs de ces massacres, alors soyez-en sûr, il y a aura des massacres dans l’autre sens », prévient Emaddedin Rachid. « C’est soit la justice, soit la revanche ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 20:09

 

 

 

 

http://www.expansion.com/2014/01/17/entorno/1389957663.html

 

La ville de Burgos abandonne définitivement les travaux du boulevard de Gamonal

 

Vendredi 17 Janvier 2014

 

Le maire de Burgos, Javier Lacalle, annonce l’arrêt définitif des travaux pour transformer en boulevard la rue Vitoria du quartier de Gamonal en raison de « l’impossibilité » de poursuivre le projet.

 

Cela a été expliqué dans une conférence de presse dans laquelle il a fait valoir « que la coexistence des voisins est beaucoup plus importante que soixante, cinquante ou quarante travaux », mais il a averti que « le boulevard n’était pas la véritable cause » des émeutes dans le quartier, mais « le prétexte ».

 

Suite à cette annonce, Lacalle a expliqué, dans une déclaration citée par Europa Press, que la réouverture de la rue, qui est partiellement fermée par le début des travaux du boulevard, commencera lundi prochain, pour revenir à son état initial.

 

Le maire de Burgos a fait valoir que l'abandon du projet « n'est pas un échec, bien au contraire », car « il est le résultat d’une impossibilité physique, il ne change en rien la volonté politique ».

 

Cependant, il comprend que « ce changement était beaucoup plus important » pour les résidents de Gamonal que « l’amélioration de la qualité de vie de l’ensemble de l’environnement. Nous avons entendu le message et, sur cette ligne, nous allons continuer à travailler pour améliorer la ville » a-t-il avoué, après avoir dit que l’abandon du projet est « une occasion manquée ».

 

Autocritique

 

Quant la question de sa démission a été posée, Lacalle a jugé que « si chaque fois qu'un maire qui a un problème venait à démissionner, il n’y aurait plus de maires en Espagne ».

 

Toutefois, il a admis que ces évènements le poussent à « faire son autocritique » parce « quelque chose a été mal fait », mais sans préciser quoi.



Javier Lacalle a également nié les « pressions » de son parti, et a même mis en évidence le « soutien total » du Parti Populaire, « en particulier » de sa direction régionale.



Le maire, qui est apparu au Forum de l’Evolution de la capitale accompagné de tous les conseillers de son groupe municipal, a rappelé les « menaces » reçues par les entreprises parties prenantes du projet et a averti que « si des actes de violence se produisent dans les prochaines heures, personne ne pourra les relier au boulevard ».  

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 19:19

 

Après trois morts, un mince espoir de dialogue en Ukraine

 

KIEV (Reuters) - Après une nuit d'affrontements ayant fait trois morts à Kiev, les autorités ukrainiennes ont assimilé Mercredi 22 Janvier 2014 les partisans de l'opposition à des « terroristes » mais le président Viktor Ianoukovitch a reçu pendant trois heures les chefs de file de la contestation.

 

La présidence n'a pas publié de déclaration à l'issue de la rencontre mais les dirigeants de l'opposition ont annoncé qu'ils allaient en rendre compte aux manifestants de la place Maidan.

 

Deux des personnes tuées durant la nuit ont succombé à des blessures par balle, disent les services du procureur général. La troisième est décédée en tombant du toit du stade de football du Dynamo, proche du lieu des affrontements.

 

Le premier ministre, Mikola Azarov, avait auparavant déclaré que la police ne possédait pas d'armes à feu.

 

Ce durcissement subit de la situation a conduit le président Viktor Ianoukovitch à reprendre le dialogue.

 

Dans un communiqué déplorant la mort des trois manifestants et exhortant la population à ne pas céder aux appels des « radicaux », il a déclaré que « je suis contre le bain de sang, contre l'usage de la force, contre l'incitation à la haine et à la violence ».

 

Le site internet de la présidence précise que le chef de l'état s'est entretenu avec les trois principaux chefs de file de la contestation, le chef du parti libéral UDAR et ancien boxeur Vitali Klitschko, l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk et l'ultra nationaliste Oleh Tiahnibok.

 

Ianoukovitch fait face à un vaste mouvement de protestation depuis qu'il a décidé, en novembre 2013, d'annuler la signature d'un accord de libre-échange avec l'Union Européenne et de privilégier un partenariat avec la Russie.

 

« ASSASSINS »

 

Les événements ont pris un tour violent dimanche après un rassemblement de masse auquel avait appelé l'opposition pour protester contre une nouvelle législation visant à empêcher toute forme de protestation contre le gouvernement.

 

Le chef de l'état s'est jusqu'à présent refusé à limoger le gouvernement Azarov ou à sanctionner le ministre de l'intérieur pour la répression policière, comme le réclame l'opposition.

 

Cinquante personnes ont été arrêtées dans la nuit et vingt neuf d'entre elles inculpées de participation à une manifestation de masse, rapporte la police, qui parle de cent soixante sept blessés dans ses propres rangs. Aucun chiffre n'était disponible dans l'immédiat sur le nombre de civils blessés.

 

« Les terroristes de Maidan (place de l'indépendance) se sont emparés de dizaines de personnes et les ont battues. Je déclare officiellement que ce sont des criminels qui doivent répondre de leurs actions », a déclaré le premier ministre en conseil des ministres. Il a accusé les dirigeants de l'opposition d'inciter leurs partisans à « des actes criminels » en appelant à manifester contre le gouvernement.

 

De leur côté, les manifestants ont crié « assassins » et « gloire à l'Ukraine » dans le centre de Kiev quand une information a commencé à circuler selon laquelle un homme avait été abattu par un tireur embusqué de la police.

 

L'information n'a pas été confirmée par les autorités ukrainiennes mais un cameraman de Reuters a filmé le corps d'un homme identifié comme étant un manifestant qui portait des marques de blessures par balles à la tête. La police a démenti avoir fait usage d'armes à feu pour repousser les manifestants.

 

Les tout derniers affrontements ont éclaté alors que la police tentait de démanteler un campement de manifestants à l'aide de gaz lacrymogènes. Les policiers ont été repoussés à coups de cocktail Molotov, ont raconté des témoins.

 

INQUIÉTUDE AUX USA ET DANS L'UE

 

L'ambassade des Etats-Unis à Kiev a dit avoir révoqué les visas de « plusieurs ukrainiens », sans plus de précision, en réponse aux actions menées contre les manifestants anti-Ianoukovitch. Elle a ajouté envisager de nouvelles mesures contre les responsables des violences actuelles.

 

Pour sa part, l'Union Européenne a appelé à un « véritable dialogue. L'annonce de la mort de plusieurs manifestants est source d'une vive inquiétude », a dit la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

 

A Paris, le président François Hollande a exprimé sa « très vive préoccupation » en conseil des ministres et déploré les affrontements en appelant au respect des droits de l'homme.

 

Le ministère polonais des affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur d'Ukraine à Varsovie.

 

Les violences de mercredi dans le centre de Kiev, sans précédent dans l'histoire récente du pays, ont transformé le quartier des administrations et des ministères en zone de guérilla urbaine. Certains manifestants, ignorant les appels au calme des chefs de file du mouvement, ont attaqué les forces de l'ordre avec des cocktails Molotov et des pavés.

 

La police anti émeutes, la Berkout, a riposté par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes et elle a chargé des manifestants à plusieurs reprises.

 

Dans un message à l'occasion de la journée de l'unification du pays célébrée mercredi, Viktor Ianoukovitch a exprimé la conviction que 2014 serait une année de « compréhension mutuelle et de discussions franches sur notre avenir commun ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 19:03

 

Divergences massives sur le sort d’Assad à Genève

 

MONTREUX, Suisse (Reuters) - Face à face pour la première fois depuis le début du conflit syrien, le gouvernement de Damas et l'opposition en exil ont affiché avec virulence des positions inconciliables mercredi lors de la conférence de paix internationale de Montreux.

 

Les Etats-Unis et la Russie, coparrains de cette réunion diplomatique dont l’ONU espère qu'elle se poursuivra par des négociations à partir de vendredi à Genève, ont également fait étalage de leurs divergences d'approche sur la question de l'avenir du président Bachar al Assad.

 

Ahmad Djarba, chef de la délégation représentant l'opposition et président de la Coalition Nationale Syrienne (CNS), a accusé Assad de crimes de guerre rappelant l'Allemagne nazie et estimé que le maintien au pouvoir du président syrien était inenvisageable.

 

Le ministre syrien des affaires étrangères Walid al Moualem a déclaré que Bachar al Assad ne se plierait pas aux demandes extérieures et a demandé aux puissances étrangères de cesser de « soutenir le terrorisme » et de lever les sanctions contre Damas.

 

« Nous sommes ici en tant que représentants du peuple et de l'état syrien et tout le monde devrait savoir que personne d'autre que les syriens eux-mêmes n'a le droit dans ce monde-ci de retirer sa légitimité à un président ou à un gouvernement », a-t-il déclaré.

 

Un peu plus tard, le ministre syrien de l'information, Omran Zoabi, a de nouveau exclu tout départ d'Assad, « Assad ne s'en va pas », a-t-il dit aux journalistes en marge de la conférence.

 

« Le problème, c'est Assad », a répliqué Monzer Abkik, porte-parole de l'opposition.

 

« Nous disons démocratie, ils répondent Assad, nous parlons d'une nation, ils parlent d'un homme », a-t-il poursuivi.

 

Les Etats-Unis et la Russie n'ont pas non plus caché leurs positions divergentes sur le président syrien et leur interprétation du « communiqué de la première conférence de Genève ».

 

« DANSER SUR LES TABLES »

 

Adoptée le 30 juin 2012, cette déclaration appelait à la constitution d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs pour superviser le changement en Syrie « formé sur la base du consentement mutuel ».

 

Pour les pays occidentaux et les pays arabes qui soutiennent l'opposition syrienne, Etats-Unis en tête, la mise en place d'une telle autorité transitoire implique le départ immédiat d'Assad, ce que conteste le gouvernement russe.

 

Le décalage de même que la virulence des propos de la délégation de Damas sont tels que des diplomates doutent que Montreux, où chacune des délégations a pu exposer son point de vue sur la guerre civile, se transforme en négociations à partir de vendredi à Genève.

 

Lors d'un point de presse en fin d'après-midi, peu avant la fin de la conférence, Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères, a souligné que « les élucubrations longues et agressives » de Moualem contrastaient avec « la position responsable et démocratique du président de la coalition ».

 

Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a jugé pour sa part que le ministre syrien des affaires étrangères avait tenu des propos « stupéfiants et exaspérants ». Si les représentants du régime ne font pas preuve d'intelligence, a-t-il ajouté, il sera difficile de progresser.

 

« Il va falloir que le régime montre qu'il est là pour négocier. A ce stade, c'est loin d'être encourageant. On a l'impression que le régime est venu à Genève pour faire échec à Genève », indique une source diplomatique française. « La délégation du régime doit comprendre qu'on ne vient pas à Genève pour danser sur les tables ».

 

ACCÈS HUMANITAIRE

 

Ouvrant mercredi cette réunion formelle, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a demandé d'emblée aux parties en conflit d'organiser un accès humanitaire, « immédiat et total », notamment dans les zones assiégées. Laurent Fabius a appelé à un cessez-le-feu immédiat en Syrie et à l'ouverture de corridors humanitaires pour venir en aide aux civils.

 

La guerre civile en Syrie, simple soulèvement populaire à son origine en mars 2011, a fait cent trente mille morts et jeté sur les routes un tiers des vingt deux millions de syriens.

 

« Après près de trois années douloureuses de conflit et de souffrances en Syrie, aujourd'hui est une journée d'espoir fragile mais réel », a déclaré Ban Ki-Moon.

 

Affichant la détermination de l'opposition, Ahmed Djarba a appelé en vain la délégation gouvernementale à se retourner contre le président syrien avant le début des négociations.

 

« Nous voulons nous assurer que nous avons un partenaire dans cette pièce qui, d'une délégation de Bachar al Assad, se transforme en délégation libre de sorte que la totalité du pouvoir exécutif soit remis par Bachar al Assad », a-t-il dit.

 

« Ma question est claire. Avons-nous un tel partenaire » ?

 

Retournant les accusations du gouvernement syrien selon lesquelles les rebelles ont renforcé l'action des djihadistes, le chef de la CNS a accusé les forces syriennes d'avoir créé les conditions pour la montée en puissance d'al Qaïda.

 

CONSENTEMENT MUTUEL

 

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a lui aussi réaffirmé que Bachar al Assad ne pouvait en aucune façon faire partie d'un gouvernement de transition.

 

« Nous ne voyons qu'une option, négocier un gouvernement de transition issu d'un consentement mutuel. Cela signifie que Bachar al Assad ne fera pas partie de ce gouvernement de transition. Il n'est absolument pas possible qu'un homme qui a mené une réponse brutale contre son peuple puisse retrouver une légitimité pour gouverner », a-t-il dit.

 

Son homologue russe Sergueï Lavrov, invitant les « acteurs extérieurs » à ne pas se mêler des affaires de la Syrie, a expliqué lui que « l'essence du communiqué de la première conférence de Genève, c'est que l'avenir de la Syrie doit être déterminé par consentement mutuel entre le gouvernement et l'opposition ».

 

Il a estimé que l'opposition politique intérieure syrienne devait faire partie du dialogue national syrien et que l'Iran, finalement absent de la deuxième conférence de Genève à la suite des menaces de boycott de la Coalition Nationale Syrienne et des pressions occidentales, devait faire partie du dialogue international.

 

L'Arabie Saoudite, qui soutient l'opposition syrienne, a déclaré par la voix de son ministre des affaires étrangères le prince Saoud al Fayçal qu'il ne pouvait y avoir aucun rôle dans la phase de transition pour Assad dont les mains, a-t-il dit, sont « tachées de sang ». Il a appelé au retrait de toutes les forces étrangères de Syrie y compris des combattants chiites du Hezbollah libanais et des gardiens iraniens de la révolution qui combattent aux côtés des forces de Bachar al Assad.

 

Pour l'Iran, absent de Montreux et s'exprimant par la voix de son président, Hassan Rohani, « la réunion de Genève a déjà échoué avant même d'avoir commencé ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens