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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 19:58

 

Bernard Cazeneuve, premier ministre, et Bruno Le Roux, ministre de l’intérieur (Reuters)

 

Bernard Cazeneuve a été nommé Mardi 6 Décembre 2016 en remplacement de Manuel Valls à la tête du gouvernement français, dans lequel Bruno Le Roux est le nouveau ministre de l’intérieur au terme d'un remaniement a minima qui laisse inchangés les équilibres dans la majorité.

Cette nouvelle équipe sera chargée de gouverner jusqu'à l'élection présidentielle des mois d’avril et de mai 2017, à laquelle le président François Hollande a renoncé à se présenter.

Le remaniement survient cinq jours après l'annonce présidentielle qui a conduit Manuel Valls à se lancer Lundi 5 Décembre 2016 dans la course à l'Elysée, via l’élection primaire que la gauche organise au mois de janvier 2017.

Bernard Cazeneuve arrive à Matignon fort d'une réputation consolidée par sa gestion de la menace terroriste qui pèse sur la France, frappée depuis deux ans par des attentats, malgré les failles relevées par l'opposition de droite.

En déplacement en banlieue parisienne, François Hollande a dit lui avoir demandé de protéger le pays et de préparer l'avenir.

« La mission que j’ai confié au gouvernement, c’est d’aller jusqu’au bout, jusqu’au dernier jour dans la préparation de l’avenir parce que c’est le devoir que l’on a vis-à-vis des générations futures », a-t-il déclaré.

La passation de pouvoirs à Matignon a eu lieu Mardi 6 Décembre 2016 dans l'après-midi, avant un conseil des ministres réunissant le nouveau gouvernement au grand complet, Mercredi 7 Décembre 2016.

« Je pars tranquille », a dit Manuel Valls après trente deux mois à la tête du gouvernement. « Je sais qu'il y a ici il y a un homme d’état ».

Intervenant à sa suite, Bernard Cazeneuve a placé au rang de ses priorités la lutte contre le terrorisme, la protection du modèle social et la préparation de l'avenir, guidé par la « seule boussole du sens de l’état ».

Malgré un temps d'action limité à cinq mois, Bernard Cazeneuve a dit son souci d'agir au plus tôt, car « en politique, chaque jour est utile et chaque jour compte ».

Nommé à sa place au ministère de l’intérieur, Bruno Le Roux était jusqu'ici le président du groupe du Parti Socialiste à l’Assemblée Nationale. Ce proche de François Hollande a dit à la presse ressentir « une grande responsabilité ».

L'ancien ministre François Rebsamen a fait savoir sur Twitter qu'il avait refusé le poste de ministre de l’intérieur pour se consacrer à la mairie de Dijon.

André Vallini a été nommé secrétaire d’état chargé des relations avec le parlement et Jean-Marie Le Guen a été nommé secrétaire d’état au développement et à la francophonie. Les deux hommes échangent ainsi leurs postes.

Député puis sénateur de l'Isère, André Vallini est considéré comme un hollandais historique, à la différence de Jean-Marie Le Guen, proche de Manuel Valls.

Le reste du gouvernement est inchangé par rapport au précédent. Les radicaux de gauche ne sont ainsi pas pénalisés par la candidature directe de la ministre du logement, Sylvia Pinel, au premier tour des élections présidentielles sans participer à l’élection primaire de la gauche.

« L'objectif était d'avoir un gouvernement immédiatement opérationnel avec des hommes et des femmes d'expérience », a-t-on expliqué dans l'entourage de François Hollande.

Les réactions à ce remaniement ont été, à droite, l'occasion de souligner ce que l'opposition considère comme l'échec de la politique menée sous le quinquennat de François Hollande.

« François Hollande abat les cartes qui lui restent et il ne lui reste dans son jeu somme toute plus grand-chose », a commenté Valérie Debord, porte-parole des Républicains, sur La Chaîne Info (LCI). « Ces cartes ne sont pas des as, ce sont au pire des valets ».

Pour l'ancien ministre des Républicains Eric Woerth, cette nomination d'un « gouvernement passerelle qui va fonctionner jusqu'à la prochaine élection » est un non événement.

Le député du Front National Gilbert Collard a décrit sur LCI un « sentiment de bric-à-brac ».

Bernard Cazeneuve « restera dans l’histoire comme Bernard Cazeneuve le bref, qui aura occupé le poste de premier ministre pendant quelques mois parce qu'il faut trouver quelqu'un pour colmater la brèche du vide institutionnel ».

Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise au premier tour des élections présidentielles, a lui aussi minimisé l'importance de ce remaniement.

« Sur le plan politique, c'est la continuité de toute façon de ce qui a été fait précédemment », a-t-il dit sur France Info.

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 21:13

 

Donald Trump réaffirme son soutien au projet contesté d'oléoduc au Dakota (Reuters)

 

Donald Trump est toujours favorable à la construction d'un oléoduc au Dakota du Nord, a déclaré Lundi 5 Décembre 2016 le porte-parole du président élu après le refus de l'armée américaine de délivrer un permis pour un tronçon du projet controversé.

Le corps des ingénieurs de l'United States Army a expliqué Dimanche 4 Décembre 2016 qu'il ne pouvait pas approuver le tracé proposé pour le Dakota Access Pipeline, qui devait le faire passer sous le fleuve Missouri et à travers une réserve indienne, donnant raison à une tribu Sioux et aux écologistes qui le contestaient depuis des mois.

Le projet d'oléoduc, d'un coût estimé à trois milliards huit cent millions de dollars, a été lancé en 2014 par la société texane Energy Transfer Partners pour relier les champs pétrolifères du Dakota du Nord, près de la frontière canadienne, aux réservoirs de stockage de l'Illinois, à mille huit cent quatre vingt cinq kilomètres au sud-est.

Mais son tracé suscite depuis le début la controverse et l'administration de Barack Obama a retardé à deux reprises la délivrance d'un permis pour pouvoir consulter les tribus amérindiennes qui disent craindre une contamination de leurs sources d'eau potable et dénoncent la violation de terres sacrées.

L'armée leur a finalement donné gain de cause en jugeant indispensable d'étudier des tracés alternatifs à celui qui prévoyait de faire passer l'oléoduc sous le Lake Oahe, un vaste lac créé par un barrage sur le Missouri, sans toutefois préciser lesquels.

Energy Transfer Partners et sa partenaire Sunoco Logistics Partners ont dénoncé une décision politique et elles ont annoncé qu'elles ne modifieraient pas le tracé prévu. La section d’un kilomètre et six cent mètres de long sous le lac Oahe est la seule partie du pipeline qui n'a pas encore été construite.

Les partisans du projet comptent désormais sur Donald Trump pour faire pencher la balance de leur côté, comme il s'y est engagé à plusieurs reprises pendant la campagne électorale, promettant de lever toutes les contraintes qui pèsent sur le secteur de l'énergie.

« En ce qui concerne le Dakota Access Pipeline, nous soutenons sa construction, nous réexaminerons totalement la situation quand nous serons à la Maison Blanche et nous prendrons la décision appropriée à ce moment-là », a déclaré le porte-parole de Donald Trump, Jason Miller, pendant une conférence de presse de son équipe de transition.

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:55

 

https://www.solidaires.org/Rencontre-avec-le-maire-d-ALEP-EST

 

Appel à une rencontre avec le maire d'Alep libre Brita Hagi Hassan

Mardi 6 Décembre 2016 de 18 heures 30 à 22 heures

Salle des expositions de la mairie du deuxième arrondissement de Paris

8 rue de la Banque 75 002 Paris Métro Bourse

 

Alep Est est assiégée, depuis sa libération en 2012, par la dictature de Bachar al-Assad et ses soutiens. Ses deux cent cinquante mille habitants subissent leur siège qui les affame, leurs bombardements, intensifiés depuis l’été 2016, qui ont détruit les hôpitaux et les infrastructures, qui tuent et blessent chaque jour des centaines de civils, dans l’objectif de soumettre la principale résistance démocratique populaire à la dictature en Syrie.

Brita Hagi Hassan, président du Conseil Local de la Ville d’Alep (CLVA) élu par soixante trois quartiers au mois de décembre 2015 de la partie Est d’Alep libérée en 2012, aujourd’hui menacée d’un massacre de masse, est à Paris du Jeudi Premier Décembre au Mardi 6 Décembre 2016, à l’invitation du collectif des amis d'Alep de Lyon. Le CLVA, de même que le conseil du gouvernorat d’Alep dont il fait partie, ont été créés en 2013 pour continuer d’assurer les services publics désertés par le régime lors de la libération d’Alep et de son gouvernorat au mois de juillet 2012.

Brita Hagi Hassan est donc responsable, avec les membres du CLVA, de la coordination des services à Alep Est, secours aux blessés, soins et approvisionnement et transport des deux cent cinquante mille habitants, réparation des infrastructures d’eau et d’électricité, scolarisation des enfants et vie culturelle, et de la gestion, avec les syndicats, les associations et indépendants membres du CLVA de la vie démocratique de la cité.

Il représente aussi sa ville dans les instances de la révolution et il est, de ce fait, un des porte parole de la résistance civile en Syrie.

Aujourd’hui le régime a reconquis le quartier de Massaken Hanan, qui divise la zone libérée en deux. Ses bombardements contre Alep Est, bâtiment par bâtiment, dont certains avec des attaques chimiques au chlore, ont provoqué la mort de deux cent vingt cinq personnes depuis le 15 novembre 2016. Du Vendredi 25 Novembre au Lundi 28 Novembre 2016, dix mille habitants ont fui la zone libérée, dont six mille habitants vers le quartier de Cheikh Maksoud, contrôlé par le parti de l'union démocratique (PYD) du Kurdistan de Syrie.

Pour éviter un massacre et des arrestations massives aux habitants qui fuient Alep Est, le président du CLVA, Brita Hagi Hassan, appelle toutes les instances internationales et l’Union Européenne à imposer et sécuriser un couloir humanitaire permettant aux civils qui le souhaitent, de sortir d'Alep Est bombardée et investie par l’armée du régime syrien et ses alliés, sans risquer d’être massacrés ou arrêtés massivement par ces derniers.

Pour mieux comprendre la situation à Alep Est et en Syrie, l’organisation des zones libérées démocratiques, obtenir des informations, débattre ou affirmer votre solidarité, venez écouter Brita Hagi Hassan maire d'Alep Est et discuter avec lui le Mardi 6 Décembre 2016 à partir de 18 heures 30, à la salle des expositions de la mairie du deuxième arrondissement de Paris, 8 rue de la Banque 75002 Paris Métro Bourse

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:30

 

Matteo Renzi invité à rester en fonction jusqu'à l'adoption du budget (Reuters)

 

Au lendemain de sa défaite au référendum, le président du conseil italien Matteo Renzi a été reçu Lundi 5 Décembre 2016 au palais du Quirinal par le chef de l’état, Sergio Mattarella, qui lui a demandé d'attendre, pour démissionner, que le budget 2017 ait été adopté par le parlement, ce qui pourrait intervenir dès Vendredi 9 Décembre 2016.

A l'issue de l'entretien, la présidence a indiqué dans un communiqué que le chef du gouvernement avait déclaré au chef de l’état qu'il ne pouvait plus rester en fonctions.

Le président lui a demandé de ne pas démissionner tant que le budget 2017 n'aurait pas été adopté, pour éviter que des mesures palliatives exceptionnelles n'entrent en vigueur au premier janvier 2017 en matière de finances publiques. Dès que le budget aura été entériné, Matteo Renzi sera libre de quitter ses fonctions, lit-on dans le communiqué du Quirinal.

Sitôt connue l'ampleur de sa défaite au référendum sur son projet de réforme de la constitution, le chef du gouvernement avait fait part Dimanche 4 Décembre 2016 de son intention de démissionner, conformément à ce qu'il avait laissé entendre durant la campagne en cas de défaite.

Matteo Renzi n'a recueilli qu'à peine plus de quarante pour cent des voix en faveur de sa proposition de réduction des pouvoirs du sénat et des régions, un résultat encore pire que celui prédit par les instituts de sondage. Selon les résultats définitifs, le non l'emporte avec cinquante neuf pour cent des suffrages.

Contrairement à ce qui était redouté, les principales bourses européennes, y compris celle de Milan, ont bien résisté au choc de l'annonce de la démission du président du conseil italien.

Le prochain départ de Matteo Renzi pourrait ouvrir la voie à des élections législatives anticipées dès l'an prochain et à la possibilité d'une victoire du Mouvement Cinq Etoiles (MCE), hostile à la classe politique traditionnelle et à l'Union Européenne.

« L'expérience de mon gouvernement s'arrête ici », a dit Matteo Renzi dans une allocution télévisée après la publication des premières projections, qui ne laissaient guère de place au doute quant à l'issue du scrutin. « J'assume pleinement la responsabilité de cette défaite », a ajouté Matteo Renzi, âgé de quarante et un ans.

Le prochain président du conseil sera le quatrième de suite à accéder au pouvoir sans avoir remporté au préalable les élections législatives, ce qui illustre l'instabilité du système politique italien.

Matteo Renzi soutenait justement que son projet de réforme constitutionnelle visait à stabiliser les institutions, mais ses adversaires ont vu dans cette proposition une menace contre l'équilibre des pouvoirs mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale et du fascisme.

Le futur chef de gouvernement, qui aura besoin du soutien du Parti Démocrate de Matteo Renzi pour obtenir la confiance du parlement, sera censé mettre au point un nouveau code électoral alors que le MCE se tient en embuscade.

La formation de Beppe Grillo souhaite que ce code soit mis au point le plus rapidement possible pour permettre la tenue d'élections dès le début de l’année 2017, soit avec un an d'avance sur la calendrier prévu.

Les sondages donnent le Parti Démocrate au coude-à-coude avec le MCE, qui milite pour un référendum sur l'appartenance de l'Italie à la zone euro.

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 20:13

 

Manuel Valls l'ambitieux à la conquête de l'Elysée (Reuters)

 

Libéré par le renoncement de François Hollande, Manuel Valls s'est lancé dans la course à la présidence de la république, le rêve de cet ambitieux naturalisé français à vingt ans qui tentera d'unir un Parti Socialiste à la dérive autour de sa candidature.

« Je me prépare », avait déclaré à la fin du mois de novembre 2016 le locataire de Matignon depuis deux ans et demi, provoquant l'ire du camp hollandais qui y voyait une pression sur le chef de l’état, trois jours avant la décision du président.

Il a franchi le pas Lundi 5 Décembre 2016, dans son fief d'Evry, dans le département de l’Essonne.

« J'ai cette force en moi et cette volonté de servir mon pays, c'est au-delà des mots et c'est une conviction totale, je veux tout donner pour la France qui m'a tant donné », a-t-il dit.

S'il n'a jamais caché son ambition d'accéder un jour aux plus hautes fonctions, initialement programmée pour 2022, Manuel Valls, cinquante quatre ans, aura fort à faire pour rassembler une gauche en partie rétive à son égard.

L'aile gauche du Parti Socialiste ne pardonne pas à l'ancien ministre de l’intérieur d'avoir soutenu le projet de déchéance de nationalité pour les personnes coupables de terrorisme, qualifié d’erreur par François Hollande lui-même.

Les frondeurs socialistes se souviennent aussi de son passage en force, via le quarante-neuvième article de la constitution permettant d'adopter des textes sans vote, sur deux projets relatifs à la relance de l'économie et au code du travail.

Les positions du premier ministre sur la république et le rôle de l'islam en France, qui ont notamment alimenté le débat de l'été dernier sur le port du burkini, maillot de bain porté par des femmes musulmanes, sont aussi clivantes.

S'il ne fait pas l'unanimité, « l'homme aux cinq pour cent » des voix recueillies à l’élection primaire du Parti Socialiste en 2011 peut compter sur des sondages de popularité encourageants.

Près de la moitié des sympathisants de gauche, quarante cinq pour cent, interrogés après le renoncement de François Hollande disent souhaiter qu'il soit le candidat du Parti Socialiste au premier tour des élections présidentielles de 2017, selon un sondage de l’Institut Français d’Opinion Publique (IFOP) pour le Journal Du Dimanche (JDD).

Ils n'étaient que trente huit pour cent à le désigner parmi une liste de candidats avant l'annonce du président de la république, Jeudi Premier Décembre 2016.

La progression du premier ministre se retrouve de la même manière chez les sympathisants du Parti Socialiste, qui disent à soixante et un pour cent souhaiter qu'il soit le candidat désigné du Parti Socialiste après l'annonce du président, contre cinquante quatre pour cent auparavant.

C'est à Evry, ville populaire de la région parisienne, que Manuel Valls a entamé son ascension politique bâtie sur une réputation d'homme à poigne du Parti Socialiste, ébauchée à la fin des années 1990, peaufinée au ministère de l’intérieur, entre 2012 et 2014, puis à Matignon, où il entre au mois d’avril 2014.

Classé à l'aile droite du Parti Socialiste, cet ambitieux à la gestuelle énergique qui pratique la boxe, a été longtemps le ministre le plus populaire du gouvernement en s'affichant sans complexe comme le « premier flic de France ».

Avant d'accéder au ministère de l’intérieur, ce catalan au verbe tranchant tenait l'essentiel de son expérience de ses quatre ans au cabinet de Lionel Jospin en tant que conseiller pour la communication et de ses mandats de maire d'Evry depuis 2001 et de député de l'Essonne depuis 2002.

Né en 1962 à Barcelone d'un père espagnol et d'une mère à la double nationalité espagnole et suisse, ce diplômé d'histoire, grand admirateur de Georges Clémenceau, est l'un des rares hommes politiques français à avoir acquis la nationalité par naturalisation, à l'âge de vingt ans.

« J'ai passé un entretien au commissariat du quatrième arrondissement de Paris et j’ai dû répondre à des questions sur mes parents et sur ma vie personnelle », raconte-t-il au mois de mars 2015 au Parisien Magazine.

« C'est à ce moment-là, sans doute, que la question de la nationalité française s'est imposée à moi ».

Entré à dix sept ans au Parti Socialiste, Manuel Valls rallie d'abord Michel Rocard et sa deuxième gauche, avant de devenir jospiniste puis, sur le tard, défenseur de François Hollande qu'il rallie dès le soir du premier tour de l’élection primaire de 2011.

Son discours décomplexé et ses positions dérangeantes au yeux du Parti Socialiste lui ont valu des inimitiés tenaces, de la maire de Lille Martine Aubry à celle de Paris Anne Hidalgo en passant par l’ancienne ministre de la justice, Christiane Taubira.

Son arrivée au gouvernement provoque le départ des ministres écologistes, dont Cécile Duflot, en désaccord avec ses positions sur le nucléaire ou l'immigration.

L'été suivant, au mois d’août 2014, le ministre de l’économie Arnaud Montebourg, le ministre de l’éducation nationale Benoît Hamon et la ministre de la culture Aurélie Filippetti, quittent son gouvernement après avoir trop ouvertement critiqué sa politique économique.

Considéré avec méfiance par les hollandais qui n'ont pas toujours cru à sa loyauté affichée envers le président, Manuel Valls peut compter sur l'appui d'amis de longue date comme le sénateur Luc Carvounas, le député Carlos da Silva, les ministres Jean-Marie le Guen et Jean-Jacques Urvoas ou encore Harold Hauzy et Christian Gravel, qui ont travaillé à ses côtés à Matignon.

Père de quatre enfants, Manuel Valls s'est remarié en 2010 avec la violoniste Anne Gravoin.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 19:22

 

http://www.latimes.com/opinion/editorials/la-ed-trump-immigration-daca-20161115-story.html

 

Donald Trump a gagné les élections sur la rhétorique contre les migrants, mais il devrait néanmoins appliquer le Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA)

 

Samedi 19 Novembre 2016

 

Même avant le jour de l'élection, Donald Trump s'éloignait déjà de son absurde engagement de campagne pour déporter plus de onze millions de personnes vivant aux États-Unis sans statut légal.

Maintenant, il dit à la nation qu’il va se concentrer d'abord sur l'élimination de plus de trois millions de « personnes qui sont criminelles ou qui ont des casiers judiciaires » tout en sécurisant la frontière mexicaine avec un mur qui pourrait également inclure des sections de clôture. Il a également adouci sa rhétorique en admettant que certains non-criminels vivant illégalement aux États-Unis sans autorisation sont des « gens formidables » qui pourraient être autorisés à revenir.

Mais jusqu'à présent il n'y a pas de plan. En particulier pour les soit disant rêveurs, les personnes arrivées aux États-Unis comme mineurs et élevés dans ce pays depuis lors, mais qui n'ont pas la permission légale de vivre ici. Pour leur donner un peu de respiration, le président Barack Obama a créé unilatéralement le programme DACA en 2012 qui a accordé des autorisations temporaires de séjour à sept cent quarante deux mille personnes, environ un sur trois vivent en Californie, permettant à beaucoup d'entre eux de travailler ou autrement de sortir de la clandestinité. Barack Obama, il y a deux ans, a cherché à élargir le DACA et à créer le programme Deferred Action for Parents of Americans (DAPA) pour les résidents permanents réguliers, mais les tribunaux ont mis ces initiatives en suspens en réponse à un procès accusant l'administration de dépasser son autorité.

Donald Trump a gagné les élections sur la rhétorique contre les migrants qui a été entachée parfois d’accents de fanatisme. Sa promesse de campagne « expulsez les tous » était manifestement impraticable et, selon l’American Action Forum, il faudrait vingt ans pour la réaliser et elle coûterait jusqu'à six cent milliards de dollars. Il est difficile de comprendre comment ce genre de dommage infligé à une société construite sur l'immigration rendrait sa grandeur à l'Amérique.

Mais Donald Trump a également promis de mettre fin immédiatement aux programmes DACA et DAPA de Barack Obama, qui ont été violemment contestés par le parti républicain. En tant que président, Donald Trump pourrait facilement annuler les ordres administratifs signés par Barack Obama pour créer ces programmes. Il n'a pas encore envoyé de signaux post électoraux sur le sort de ces programmes, mais le sénateur Jeff Sessions, un des principaux sénateurs pour augmenter les expulsions, a été nommé à la tête du ministère de la justice.

Donald Trump ne devrait pas aller dans ce sens. Les rêveurs qui bénéficiaient de la DACA n'ont aucune responsabilité personnelle pour leur statut de sans-papiers, ils sont arrivés ici en raison des actions de leurs parents et pas en raison de leurs actions personnelles. Pour être admissibles au programme, ils doivent être nés après le 15 juin 1981, être arrivés aux Etats Unis avant leur seizième anniversaire et ne pas avoir abandonné l'école ou avoir commis des crimes graves. Ils ne peuvent pas non plus constituer un risque pour la sécurité nationale ou la sécurité publique.

Ceux qui ont déjà reçu le statut de DACA sont, dans l'ensemble, des membres contributeurs de la société, certains ont même servi dans l'armée. La majorité, s'ils étaient admissibles au statut légal, seraient tout simplement le genre d'immigrants que la nation devrait accueillir. Il serait injuste de les forcer à quitter leur pays de résidence et de les renvoyer dans des pays potentiellement dangereux où ils ne parlent peut-être même pas la langue, en raison des actions de leurs parents.

Le programme DACA n'est pas un programme d'amnistie, peu importe comment le candidat Donald Trump et ses partisans de droite ont cherché à le présenter.

Le programme DACA a été conçu comme un compromis raisonnable et humanitaire par l'administration de Barack Obama, tandis que le congrès a lutté pour adopter une réforme significative à long terme de l'immigration qui traiterait de leur statut de résidents. Le refus du congrès d’accepter un compromis était purement politique, les derniers congrès passeront dans l'histoire pour leur refus tenace de travailler avec la Maison-Blanche de Barack Obama sur certaines des questions d’actualité les plus urgentes, y compris la réforme de l'immigration.

Mais Donald Trump va bientôt occuper le bureau oval, les républicains contrôlent les deux chambres du congrès et la nation va pouvoir enfin obtenir de nouvelles lois sur l'immigration. De l’accès à la citoyenneté pour les personnes vivant illégalement dans le pays et d'autres réformes de bon sens, les législateurs pourraient passer à l’adoption de politiques d'immigration encore pire.

Pourtant, nous espérons que Donald Trump et le congrès reconnaîtront qu'une vaste campagne de déportation visant à déraciner des millions de personnes qui sont ici en moyenne depuis plus d'une décennie serait impraticable, injuste et dommageable. Un tel programme dévasterait les familles, affaiblirait les quartiers et déstabiliserait les marchés du travail dans l'agriculture, la construction et même les industries de cols blancs où les travailleurs de classe professionnelle sont au travail sans statut légal. Donald Trump pourrait commencer à diminuer les inquiétudes des communautés immigrées et embrasser la décence humaine fondamentale en préservant le programme DACA comme un pont vers une vraie et humaine réforme de l'immigration et en reconnaissant que retenir les jeunes élevés et éduqués ici serait bon pour le pays.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 18:20

 

Les rebelles syriens ont dit aux Etats Unis leur refus de quitter Alep (Reuters)

 

Les groupes rebelles syriens ont fait savoir aux Etats-Unis qu'ils ne quitteraient pas Alep et qu’ils n'acceptaient pas la demande de la Russie d'un retrait total des combattants de la partie est d'Alep assiégée, a annoncé Dimanche 4 Décembre 2016 un responsable des insurgés.

Contacté en Turquie, le chef du bureau politique du groupe Fastakim basé à Alep, Zakaria Malahifji, a déclaré que cette fin de non recevoir avait été transmise lors de contact avec les américains Samedi 3 Décembre 2016 après les déclarations de la Russie, allié clé du président syrien Bachar al Assad.

« Notre réponse aux américains a été la suivante, nous ne pouvons pas quitter notre ville et nos maisons pour les laisser aux milices mercenaires que le régime a mobilisées à Alep », a déclaré Zakaria Malahifdji.

La question posée par les responsables américains aux rebelles était en substance la question de savoir s’ils voulaient partir ou rester sur leurs positions, a précisé Zacaria Malahifdji.

« Ils ont écouté la réponse et n'ont pas fait de commentaires », a-t-il ajouté.

« Nous ne pouvons laisser nos maisons à des afghans et à des irakiens », a ajouté le dirigeant de Fastakim. « Les responsables américains étaient en contact avec moi et avec certains des chefs politiques et militaires à Alep. Nous nous sommes mis d'accord sur cette réponse », a-t-il précisé.

Zakaria Malahifdji avait déjà déclaré Samedi 3 Décembre 2016 que les groupes rebelles ne quitteraient pas Alep.

Samedi 3 Décembre 2016, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie était prête à envoyer des experts militaires et des diplomates à Genève dans le but de se mettre d'accord avec les Etats-Unis pour organiser le retrait de « tous les rebelles sans exception » d'Alep-Est.

Les Etats-Unis n'ont pas encore rendue publique leur réaction à cet appel.

Les rebelles appellent les amis du peuple syrien à se tenir à leurs côtés et demandent que de la nourriture et du matériel médical soient livrés le plus rapidement possible dans la partie est d'Alep. Ils demandent aussi que les blessés soient évacués.

Soutenue par l'armée de l'air russe et des milices chiites venues d'Iran, d'Irak et du Liban, l'armée du président syrien Bachar al Assad a progressé vers Alep-Est ces derniers mois. La dernière phase de cette offensive a privé les rebelles de plus de la moitié du territoire qu'ils occupaient.

Dans ce cadre, Abou Abdelrahman Nour, un commandant rebelle qui avait été nommé la semaine dernière à la tête de l'Armée d'Alep, une nouvelle alliance militaire, a été gravement blessé, a déclaré Zakaria Malahifdji.

Un dirigeant rebelle du groupe d'Abou Abdelrahman Nour, Djabha Chamiya, a confirmé l'information et précisé que le commandant avait été blessé Samedi 3 Décembre 2016.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 18:03

 

Jill Stein renonce au recompte des voix en Pennsylvanie (Reuters)

 

Jill Stein, la candidate écologiste à l'élection présidentielle américaine, a renoncé Samedi 3 Décembre 2016 à réclamer un recomptage des voix en Pennsylvanie.

Cette décision a été prise en raison du montant d'un million de dollars, neuf cent trente sept mille euros, fixé par un juge pour procéder au recomptage des voix.

« Les pétitionnaires sont des citoyens ordinaires avec des moyens ordinaires. Ils ne peuvent se permettre de déposer la caution d’un million de dollars réclamée par le tribunal », écrit un avocat de la campagne lancée par Jill Stein dans des documents transmis à la justice, selon un porte-parole de ce mouvement.

Jill Stein a réagi sur Twitter en s'étonnant qu'il faille « franchir des obstacles administratifs et lever des millions de dollars pour pouvoir avoir confiance dans les résultats de nos élections ».

La candidate écologiste, qui a recueilli environ un pour cent des voix le Mardi 8 Novembre 2016, souhaite aussi faire procéder à un recomptage des voix dans le Michigan et dans le Wisconsin pour, dit-elle, garantir l'intégrité du résultat.

Le républicain Donald Trump a été déclaré vainqueur au nombre de grands électeurs, répartis entre les états, alors que son adversaire démocrate Hillary Clinton a recueilli au plan national plus de deux millions cinq cent mille suffrages de plus que lui, selon le décompte de Cook Political Report.

Pour que le résultat de l'élection présidentielle soit inversé, il faudrait que le recomptage dans les trois états visés par Jill Stein les fasse basculer du côté d'Hillary Clinton, ce qui paraît très peu probable.

 

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 17:44

 

FIDEL CASTRO DANS UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un long message de Samuel Farber relatif à Fidel Castro.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez les liens ci-dessous du site www.alencontre.org en français ou bien du site www.inthesetimes.com en anglais.

 

Bernard Fischer

 

http://www.alencontre.org/ameriques/amelat/cuba/cuba-fidel-castro-1926-2016.html

 

http://www.inthesetimes.com/article/19672/fidel-castro-1926-2016-death-history-communist-party

 

FIDEL CASTRO DANS UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

 

Par Samuel Farber

 

La défaite absolue que les forces de la guérilla dirigée par Fidel Castro infligèrent à l’armée de Fulgencio Batista, une guérilla étayée socialement par la proclamation, depuis la Sierra Maestra, de la loi de réforme agraire et, y compris, par une tentative de grève urbaine, au mois d'avril 1958, grève qui ne fut pas relayée par le parti socialiste populaire, ce qui conduisit à son échec, a ouvert la voie à la transformation d’une révolution politique démocratique pluriclassiste en une révolution sociale. Lors les deux premières années après la révolution, Fidel Castro a renforcé son appui populaire massif avec une redistribution radicale de la richesse qui s’est transformée plus tard en une nationalisation de l’économie qui a inclus y compris les plus petits établissements artisanaux et commerciaux.

Cette économie hautement bureaucratique a entraîné des performances très médiocres qui ont été fortement aggravées par le blocus économique criminel que les Etats-Unis ont imposé à Cuba, dès 1960.

C’est l’aide massive soviétique que Cuba a reçue qui a permis au régime de maintenir un niveau de vie qui a garanti la satisfaction des besoins les plus fondamentaux de la population, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. Le renouveau d’un anti impérialisme populaire, qui avait été mis en sommeil dans l’île depuis les années 1930, fut tout aussi important pour renforcer le soutien populaire au régime de Fidel Castro.

Le gouvernement de Fidel Castro a canalisé le soutien populaire dans le sens d’une mobilisation populaire. Ce fut la contribution la plus significative du gouvernement cubain par rapport à la tradition « communiste » internationale. Mais tout en encourageant la participation populaire, Fidel Castro empêcha un contrôle démocratique populaire effectif et garda, autant qu’il le pouvait, un commandement politique personnel.

Sous sa direction, l'état parti unique cubain a été mis en place dès les années 1960 et fut légalement sanctionné par la constitution adoptée en 1976. Le parti communiste dirigeant utilise les organisations de masse comme des courroies de transmission des orientations du parti.

Lorsque les organisations de masse ont été créées en 1960, toutes les organisations indépendantes existantes, qui auraient pu rivaliser avec les institutions officielles, ont été éliminées. Ces dernières comprenaient les sociétés de couleur qui, depuis longtemps, étaient le fondement de la vie sociale organisée des noirs à Cuba, de nombreuses organisations de femmes exerçant principalement des activités d’aide sociale et les syndicats qui furent incorporés à l’appareil d'état, après une purge complète de toutes les opinions divergentes.

Le contrôle personnel de Fidel Castro depuis le sommet fut une source majeure d’irrationalité et de gaspillage économique. Le bilan global de ses interventions personnelles dans les affaires économiques est tout à fait négatif. Celles-ci allèrent de la campagne économiquement désastreuse pour une récolte de sucre de dix millions de tonnes en 1970, la « zafra de los diez milliones de toneladas » proclamée lors du discours de Fidel Castro le 27 octobre 1969 dans le théâtre Chaplin à la Havane, qui non seulement n’a pas atteint ses objectifs mais a déstabilisé fortement le reste de l’économie, jusqu’à l’incohérence économique et la microgestion intrusive de sa « bataille des idées », lancée peu de temps avant qu’il quitte la direction et passe le pouvoir à son frère Raul Castro.

Une caractéristique majeure du règne de quarante sept ans de Fidel Castro réside dans sa manipulation du soutien populaire. Cela a été particulièrement évident lors des deux premières années de la révolution, en 1959 et en 1960, au cours desquelles il n’a jamais révélé, même à ses partisans, où il avait l’intention d’aller politiquement.

La censure systématique que son gouvernement a établie depuis 1960 est intrinsèque à la politique manipulatrice de son régime. Cela a continué sous Raúl Castro. Les médias de masse, en conformité avec les orientations du département idéologique du Parti Communiste Cubain (PCC), ne publient que les nouvelles qui répondent aux besoins politiques du gouvernement. La censure est particulièrement frappante à la radio et à la télévision, sous l’égide de l’Institut Cubain de Radio et Télévision (ICRT), institution méprisée par de nombreux artistes et intellectuels pour ses pratiques de censure et l’arbitraire de l’information.

L’absence systématique de transparence dans les opérations du gouvernement cubain s’est poursuivie sous le règne de Raúl Castro.

Un exemple clair réside dans la destitution brutale, en 2009, de deux dirigeants politiques de premier plan, le ministre des affaires étrangères Felipe Pérez Roque et le vice-président Carlos Lage sans qu’une explication complète de cette décision soit fournie par le gouvernement. Depuis lors, une vidéo détaillant la version gouvernementale de cet événement a été produite. Toutefois, elle a été montrée seulement à des auditoires sélectionnés de dirigeants et de cadres du PCC.

La censure et le manque de transparence se sont parfois transformés en véritables mensonges, comme dans le cas des rejets répétés de Fidel Castro de reconnaître la maltraitance physique dans les prisons cubaines, malgré son existence bien documentée par plusieurs organisations indépendantes de défense des droits humains.

Fidel Castro a créé un système politique qui n’hésite pas à utiliser la répression, et pas seulement contre les ennemis de classe, pour consolider son pouvoir. C’est un système qui a recours aux méthodes policières et administratives pour régler les conflits politiques. Ce système a utilisé le système judiciaire de manière arbitraire pour étouffer la dissidence et l’opposition politique. Parmi les lois qu’il a invoquées pour atteindre cet objectif, on peut citer celles qui punissent la propagande ennemie, le mépris de l’autorité, la rébellion, les actes contre la sécurité de l'état, l’impression clandestine de documents, la distribution de fausses nouvelles, la dangerosité sociale précriminelle, les associations illicites, la résistance et la diffamation. En 2006, Fidel Castro a admis qu’à une époque il y avait eu quinze mille prisonniers politiques à Cuba, bien qu’en 1967 il ait cité le chiffre de vingt mille prisonniers politiques.

Pour beaucoup de latino-américains et d’autres peuples du tiers-monde, ce n’est pas l’instauration du « communisme » à Cuba qui a suscité leur sympathie pour le dirigeant cubain. Il s’agissait plutôt de son véritable défi face à l’empire états-unien et de sa persévérance obstinée dans cet effort, non seulement en affirmant l’indépendance cubaine, mais en soutenant et aussi en appuyant, à l’extérieur, des mouvements contre les classes dirigeantes locales et l’empire américain.

Pour cela, le gouvernement de Fidel Castro a payé un prix fort sous la forme du parrainage de Washington aux invasions militaires, aux multiples tentatives d’assassinat le visant ainsi qu’à des campagnes de terreur. A cela s’ajoute un embargo durable et élargi contre l’île. Se tenir debout face au Goliath des Etats Unis ne constituait pas seulement une épreuve pour résister avec succès à une puissance largement supérieure, mais il s’agissait aussi de faire face à l’arrogance et au racisme du puissant voisin du nord. Comme l’a souligné l’historien Louis Pérez, Washington a souvent vu les cubains comme des enfants à qui il fallait apprendre à se comporter.

Pourtant, il existe de nombreuses idées erronées dans la gauche sur la politique étrangère cubaine. S’il est vrai que Fidel Castro a maintenu son opposition à l’empire américain jusqu’à son dernier souffle, sa politique étrangère, surtout après la fin des années 1960, a été davantage poussée par la défense des intérêts de l'état cubain tel qu’il les définissait à partir de l’alliance avec l'union soviétique et non pas en relation avec la poursuite d’une révolution anticapitaliste en tant que telle.

Parce que l'union soviétique considérait l’Amérique Latine comme faisant partie de la sphère d’influence des Etats-Unis, elle a exercé une forte pression politique et économique sur Cuba pour minimiser son soutien ouvert aux mouvements de guérilla en Amérique Latine. Vers la fin des années 1960, l'union soviétique a fait aboutir cet effort. C’est pourquoi, dans les années 1970, Cuba s’est tourné vers l’Afrique avec une vigueur qu’il faut rattacher au fait que ses initiatives politiques sur ce continent étaient stratégiquement plus compatibles avec les intérêts soviétiques, malgré leurs nombreux désaccords tactiques. Cette alliance stratégique avec l'union soviétique contribue à expliquer pourquoi la politique africaine de Cuba avait des implications tout à fait différentes pour ce qui relève de la situation en Angola ou contre l’apartheid sud-africain. Ici cette politique se situait à gauche alors que, pour la corne de l’Afrique, ce n’était pas le cas. Dans cette partie du continent, le gouvernement de Fidel Castro a soutenu une dictature sanglante de gauche en Ethiopie et indirectement aidé ce gouvernement dans ses efforts pour réprimer l’indépendance érythréenne.

Le facteur le plus important expliquant la politique cubaine dans ce domaine était que le nouveau gouvernement éthiopien avait pris le parti des soviétiques dans la guerre froide. C’est pour les mêmes raisons que Fidel Castro, à la grande surprise et déception du peuple cubain, a soutenu l’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968, bien qu’il soit clair que l’aversion politique de Fidel Castro pour les politiques libérales d'Alexandre Dubcek, premier secrétaire du parti communiste tchécoslovaque entre le mois de janvier 1968 et le mois d'avril 1969, a joué un rôle important dans sa décision de soutenir l’action soviétique. Fidel Castro a également appuyé, du moins implicitement, l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979, bien qu’il l’ait fait avec beaucoup de réticence et de façon discrète parce que Cuba venait de prendre la direction du Mouvement des Non Alignés dont une grande majorité des membres s’opposait fortement à l’intervention soviétique.

En règle générale, le Cuba de Fidel Castro, même au début des années 1960, s’est abstenu de soutenir les mouvements révolutionnaires contre les gouvernements qui avaient de bonnes relations avec la Havane et qui rejetaient la politique des Etats-Unis contre l’île, cela indépendamment de leur couleur idéologique. Les cas les plus emblématiques d’une approche de la politique étrangère cubaine placée sous l’emprise des raisons d'état sont les relations très amicales que Cuba entretenait avec le Mexique du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) et avec l’Espagne de Francisco Franco. Il est également intéressant de noter que dans plusieurs pays d’Amérique Latine, tels que le Guatemala, le Salvador et le Venezuela, le gouvernement de Fidel Castro a favorisé certains mouvements de guérilla et d’opposition et s’est opposé à d’autres selon le degré auquel ils étaient disposés à soutenir la politique cubaine.

L’instauration d’un régime de type soviétique à Cuba ne peut s’expliquer par des simples généralisations politiques à partir de considérations sur le sous-développement, les dictatures et l’impérialisme qui touchent toute l’Amérique Latine. Le facteur le plus important qui explique le caractère unique du développement de Cuba est la direction politique de Fidel Castro qui a imposé une différence majeure aussi bien dans le type de triomphe contre le régime de Fulgencio Batista que dans la détermination de la voie suivie par la révolution cubaine après son arrivée au pouvoir.

A son tour, le rôle de Fidel Castro a été rendu possible par la composition socio-économique et politique particulière de Cuba à la fin des années 1950. Cela comprenait l’existence de classes sociales importantes au plan économique, mais ayant une expression politique faible, capitalistes, moyennes et ouvrières, une armée professionnelle à bien des égards de type mercenaire dont la direction avait des liens fragiles avec les classes les plus puissantes au plan économique et un système très dégradé de partis politiques traditionnels.

L’héritage de Fidel Castro, cependant, est devenu incertain depuis l’effondrement de l'union soviétique. Sous Raúl Castro, le gouvernement, en particulier après le sixième congrès du PCC en 2011, a promis des changements importants dans l’économie cubaine.

Ces derniers pointent dans la direction générale du modèle sino-vietnamien qui combine une ouverture au marché capitaliste combiné à l’autoritarisme politique.

Le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, annoncé au mois de décembre 2014, que Fidel Castro a approuvé à contrecœur quelque temps plus tard, serait susceptible de faciliter cette stratégie économique, en particulier si le congrès américain modifie ou abroge la loi de Jesse Helms et de Dan Burton, approuvée en 1996, avec le consentement du président Bill Clinton. Une loi qui fait du blocus économique américain de l’île une obligation ne pouvant être révoquée que par le congrès des Etats Unis. Or, avec la future présidence de Donald Trump et un congrès républicain, la concrétisation de cette stratégie est moins probable.

Pendant ce temps, la corruption et les inégalités grandissent et corrodent la société cubaine, ce qui alimente un sentiment général de pessimisme et un désir de beaucoup, en particulier parmi les jeunes, de quitter le pays à la première occasion.

A la lumière d’une future transition capitaliste d'état et du rôle que peuvent jouer les capitaux étrangers et les pouvoirs politiques comme les Etats-Unis, le Brésil, l’Espagne, le Canada, la Russie et la Chine, les perspectives de la souveraineté nationale cubaine, élément décisif de l’héritage de Fidel Castro, sont très incertaines.

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 20:27

 

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/12/03/dans-les-alpes-maritimes-eric-ciotti-porte-plainte-contre-les-citoyens-de-la-roya-solidaires-des-migrants_5042927_1654200.html

 

Dans les Alpes-Maritimes, Eric Ciotti porte plainte contre des citoyens de la vallée de la Roya solidaires des migrants

Alors que des citoyens solidaires des migrants sont déjà poursuivis, Eric Ciotti, président du conseil départemental des Alpes Maritimes, les assimile à une filière d’immigration.

Par Maryline Baumard

Samedi 3 Décembre 2016

Dans la vallée de la Roya l’hiver s’est invité pour de vrai ce week-end, avec son froid et ses enfants oubliés qui dorment sous des toiles de tente. A Breil-sur-Roya, premier village d’entrée en France lorsqu’on quitte à pied Vintimille, dernière ville italienne, les migrants arrivent toujours, en dépit des dangers de la montagne en hiver. Samedi 3 Décembre 2016, Cédric Herrou, un paysan du lieu héberge encore une douzaine de mineurs, oubliés des autorités du pays.

Vendredi 2 Décembre 2016, la guerre larvée que se livrent les autorités locales et les citoyens de la vallée a franchi une nouvelle étape. Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a annoncé qu’il venait de signaler à la justice l’organisation, par « une poignée d’activistes, du passage clandestin d’étrangers à la frontière franco-italienne », écrivait-il dans un communiqué.

La veille, deux cent cinquante sept citoyens de la Roya, membres de l’association Roya citoyenne, avaient déposé une plainte contre X visant les autorités françaises, pour « délaissement de mineurs isolés étrangers ». Ils estiment en effet que les autorités départementales refusent de prendre en charge les enfants migrants qui échouent là après un dangereux périple à travers l’Afrique et l’Italie. Selon cette association, des mineurs étrangers qui auraient dû être placés en foyer ont au contraire été refoulés vers l’Italie et cela constitue, selon elle, une infraction de « délaissement d’une personne hors d’état de se protéger ».

De l’intérêt supérieur de l’enfant

La frontière italienne est donc désormais devenue un échiquier sur lequel s’opposent par justice interposée deux regards antagonistes sur « l’intérêt supérieur de l’enfant », concept qui devrait prévaloir pour gérer la prise en charge de ces adolescents perdus…

Quand le chien de l’agriculteur aboie en pleine nuit, Cédric Herrou sait en effet que des migrants s’écroulent épuisés autour des cendres encore chaudes au milieu de son jardin. le néorural tient une petite ferme à l’entrée du village de Breil sur Roya, non loin de la voie ferrée que les migrants suivent pour venir d’Italie. Ils arrivent donc chez lui, en hypothermie, après au moins six heures d’une marche nocturne. La galère commence alors pour Cedric Herrou, qui voudrait bien pouvoir se concentrer sur son élevage de poules et sa cueillette annuelle d’olives, mais ne se sent pas de laisser ces jeunes garçons sans aide. Cédric Herrou rêve en effet que ces mineurs, essentiellement érythréens, dorment au chaud, pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Ce qui n’est pas vraiment le cas, comme le dénoncent les habitants solidaires des migrants.

En vertu des décisions prises au lendemain des attentats du Vendredi 13 Novembre 2015 de réinstaurer des points de contrôle frontaliers, les autorités françaises déploient beaucoup de zèle pour stopper les migrants dans la bande de vingt kilomètres qui jouxte la frontière, afin de pouvoir les renvoyer directement en Italie, en vertu des accords bilatéraux.

Les citoyens de la Roya, qui entendent les arguments de ces jeunes mandatés par leur famille pour atteindre un but précis, rejoindre un membre de leur famille, demandent que l’aide à l’enfance se charge d’eux. Ils aident parfois les majeurs et les familles à quitter ce cul-de-sac qu’est leur vallée, pour qu’ils puissent continuer leur voyage. Pour cela, ils déposent les adultes dans des gares éloignées de la bande des vingt kilomètres, leur permettant de continuer leur route.

Hors la loi

Pour le député des Républicains, qui agit sur la base du quarantième article du code de procédure pénale, « les agissements de ces individus correspondent à une aide au séjour irrégulier d’étrangers constitutive d’une infraction à la loi ». L’élu qualifie de passeurs ces citoyens qui, eux, se disent solidaires de cette détresse humaine. Pour Eric Ciotti, « les mineurs sont les premières victimes de ces filières ». Il demande donc au ministère de l’intérieur de « traquer, sans aucune complaisance, ceux qui exploitent la détresse humaine ».

Cédric Herrou est déjà poursuivi pour avoir apporté de l’aide, comme une poignée d’autres citoyens proches de l'Association Roya Citoyenne.

A la fin du mois de novembre 2016, un universitaire avait été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir emmené dans son véhicule des jeunes érythréennes qui avaient un rendez-vous médical à Marseille.

Eric Ciotti affirme que « la loi de la république doit s’appliquer dans la vallée de la Roya » et demande que ce principal point de passage vers la France des migrants venus d’Italie n’évolue pas « vers une zone de non-droit gérée par des individus hors la loi aveuglés par l’idéologie de la mouvance d’extrême gauche ».

Selon les chiffres de la préfecture, plus de trente trois mille étrangers en séjour irrégulier ont été interpellés depuis le mois de janvier 2016, plus que sur toute l’année 2015, pendant laquelle vingt sept mille migrants en séjour irrégulier avaient été interpellés. Quelque mille cinq cent mineurs isolés étrangers avaient été pris en charge en 2015, contre seulement trois cent quarante huit à ce jour en 2016.

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