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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 20:39

 

Fin du transfert des mineurs isolés du camp de Calais (Reuters)

 

Les mineurs isolés restés à Calais après le démantèlement du campement de migrants de la jungle ont tous été transférés Mercredi 2 Novembre 2016 dans des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) en France, a annoncé la préfecture du Pas-de-Calais.

Leur sort n'est cependant pas pour autant totalement réglé et dépend pour une grande partie d'entre eux du Royaume-Uni.

« Nous avons fait partir tous les mineurs non accompagnés. Au total, trente huit bus ont emmené mille six cent seize mineurs non accompagnés », a dit un porte-parole de la préfecture.

Jusqu'ici, il n'était question que de mille cinq cent mineurs migrants isolés à Calais. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a pour sa part avancé Mercredi 2 Novembre 2016 le chiffre de deux mille mineurs.

Ce n'est pas le seul point d'interrogation dans ce dossier, qui a fait l'objet Mercredi 2 Novembre 2016 d'une réunion interministérielle présidée par le premier ministre, Manuel Valls, à laquelle ont participé des représentants des collectivités territoriales.

L'accueil d'une partie de ces mineurs au Royaume-Uni, où la plupart voulaient aller, comme l'essentiel des six mille migrants adultes évacués de la jungle, restent une grande inconnue.

Selon la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, qui a participé à la réunion du Mercredi 2 Novembre 2016, « il semble » que la moitié d'entre eux soient susceptibles d'aller au Royaume-Uni au titre du regroupement familial.

« Les britanniques prendront en charge ceux qui ont des liens familiaux avec la Grande-Bretagne, ou ceux qui relèvent de l'amendement d’Alf Dubs, c'est-à-dire plusieurs centaines de mineurs isolés non accompagnés », a déclaré pour sa part Bernard Cazeneuve à l’assemblée nationale.

L'amendement d’Alf Dubs permet au Royaume-Uni d’accueillir des enfants mineurs isolés particulièrement vulnérables, y compris s’ils n’y ont pas de relations familiales.

Les autorités britanniques ont jusqu'ici traîné des pieds. A ce jour, elles n'ont accepté qu'environ trois cent mineurs.

Le gouvernement français fait cependant état de progrès dans les discussions avec Londres et la polémique franco-britannique de la semaine passée sur le peu d'empressement du Royaume-Uni semble donc apaisée.

« Cette négociation s'est passée dans des conditions équilibrées, dans des conditions positives », a assuré Bernard Cazeneuve à l’assemblée nationale. « Il nous appartient maintenant de mettre en oeuvre les termes de cet accord ».

Des fonctionnaires du ministère britannique de l’intérieur accompagnent les mineurs envoyés dans les CAO pour examiner leur situation, avait-il précisé après la réunion interministérielle.

« Nous prévoyons que le processus d'admission reprenne cette semaine », a pour sa part déclaré Mardi Premier Novembre 2016 le ministre britannique chargé du Brexit, David Jones.

Un objectif du gouvernement français était de sortir les mineurs isolés des mains des passeurs, a dit Emmanuelle Cosse. Or les autorités françaises avaient difficilement accès à eux avant le démantèlement du camp.

Reste à savoir si des majeurs ou des mineurs accompagnés ne se dissimulent pas parmi les mineurs isolés désormais mis à l'abri, a souligné la ministre du logement.

Autre question, qui assumera financièrement l'intégration de ceux qui resteront en France, au-delà des trois premiers mois de prise en charge par l’état ?

Selon le président des Républicains de l'Assemblée des Départements de France (ADF), Dominique Bussereau, qui a aussi participé à la réunion du Mercredi 2 Novembre 2016, chaque mineur isolé pris en charge coûte en moyenne cinquante mille à soixante mille euros par an.

Selon l'ADF, environ dix mille mineurs isolés sont pris en charge actuellement dans les départements métropolitains, sans compter ceux qui arriveront de Calais, au lieu de mille mineurs en 2012.

« Dans la plupart des départements, depuis le début de l'année, le nombre a été multiplié par deux ou trois. Avec ceux qui vont arriver de Calais, plus l'appel d'air que cela va faire, il faut voir comment nous finançons tout cela à terme », a déclaré à Reuters Dominique Bussereau.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 18:36

 

http://www.infolibre.es/noticias/politica/2016/10/30/pedro_sanchez_psoe_56924_1012.html

 

Pedro Sanchez démissionne de son siège de député du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et accuse la direction du PSOE de ne pas écouter les militants

L’ancien secrétaire général du PSOE a communiqué sa décision quelques heures après l’investiture de Mariano Rajoy grâce à l'abstention de la majorité des députés du PSOE

Il accuse la direction du PSOE de ne pas écouter les militants et lui demande de ne pas adopter de sanctions contre les députés qui ont voté contre Mariano Rajoy.

Il annonce sa candidature pour diriger à nouveau le parti et demande à l’actuelle direction qu’elle décide, Lundi 31 Octobre 2016, la date d’un congrès extraordinaire du PSOE

Pedro Sanchez démissionne de son siège de député du PSOE. L'ancien secrétaire général du PSOE l’a annoncé, Samedi 29 Octobre 2016, au congrès des députés, quelques heures avant l’investiture de Mariano Rajoy grâce à l'abstention de la majorité des députés du PSOE. Certains de ses partisans ont soutenu ces jours-ci que la démission était la bonne décision, car il lui permet de garder le capital politique accumulé dans la défense du non au Parti Populaire sans désobéir aux organes du PSOE.

Dans une déclaration sans questions, Pedro Sanchez a annoncé une « étape momentanée de côté », accusant la direction de ne pas écouter les militants. Il a rappelé que, pendant le mois d’octobre 2016, des centaines de réunions ont eu lieu dans les groupes socialistes qui ont été organisées sur une base volontaire et dans lesquelles le non à Mariano Rajoy était majoritaire. Il a regretté que, malgré cela, il n’y a pas eu de consultation des adhérents, ce qui, à son avis, a également servi à légitimer la décision de la direction pour l’abstention de tous les membres du groupe socialiste, plutôt que seulement les onze abstentions nécessaires pour l’investiture de Mariano Rajoy.

À cet égard, Pedro Sanchez a demandé aux gestionnaires qui ont pris la direction du parti de ne pas prendre de sanctions contre les députés qui ont voté contre Mariano Rajoy, Samedi 29 Octobre 2016, vote qu’il a identifié au sentiment de la majorité des membres du PSOE. Il a également appelé la direction à ne pas rompre l'alliance avec le Parti Socialiste Catalan, une possibilité qui a été mise sur la table après la décision du conseil national des socialistes catalans que ses sept députés votent contre Mariano Rajoy. « Dans le PSOE, il n’y a rien en trop, ni un député, ni un militant, ni un vote », a-t-il dit. Il a rappelé que, dans tous les cas, la décision de rompre avec le parti frère en Catalogne devrait être prise dans un congrès du parti.

D'autre part, il a annoncé que, à partir du Lundi 31 Octobre 2016, il va prendre sa voiture pour aller dans « tous les coins d’Espagne pour écouter ceux qui n’ont pas été entendus. Nous allons tous récupérer un PSOE ouvert, contre le Parti Populaire », a-t-il dit. De cette façon, il a annoncé sa candidature pour diriger à nouveau le PSOE dans le prochain congrès extraordinaire, un événement que la direction socialiste actuelle veut retarder d’un an et qu’elle doit décider dès Lundi 31 Octobre 2016. « Les socialistes veulent voter. En tant que militant de base, je consacrerai tous mes efforts pour exiger le droit de vote et pour corriger le cours dans lequel la direction a mis le PSOE », a-t-il dit.

Pedro Sanchez a expliqué combien était « douloureuse » pour lui la décision de renoncer à son siège de député. « La décision n'a pas été facile. Pour quelqu'un qui aime la politique,  il n'y a pas de plus grand honneur que de faire partie du PSOE », a-t-il dit. « Mais je ne peux pas faillir à mon parti, je ne peux pas faillir à des millions de socialistes de coeur qui m’ont fait confiance et qui m’ont accompagné sur le chemin de dire non à Mariano Rajoy ».

Pedro Sanchez a envoyé, Samedi 29 Octobre 2016, une lettre à Javier Fernández, aux membres de la direction du PSOE, au président du groupe parlementaire du PSOE, Antonio Hernando, et aux autres membres de son parti, dans laquelle il annonce cette décision.

« Quelque chose ne va pas quand on oblige des politiciens honnêtes à partir et quand on permet l’élection, comme premier ministre, d’une personne responsable de la corruption », écrit-il dans cette lettre, à laquelle a eu accès www.infolibre.es

Reprendre le contrôle du PSOE

Ces derniers jours, tous les yeux étaient rivés sur Pedro Sanchez. Après avoir été battu au sein du comité fédéral du premier octobre 2016 et avoir présenté sa démission le soir même, il a passé plus de vingt jours absent et loin des projecteurs. Il a été vu pour la première fois Mercredi 26 Octobre et Jeudi 27 Octobre 2016 au congrès, pour la première session de l'investiture de Mariano Rajoy. Ces derniers jours, il a participé à plusieurs réunions sans expliquer jusqu'au Samedi 29 Octobre 2016 ce qu'il ferait dans le vote.

Les députés les plus proches de Pedro Sanchez, toutefois, ont convenu que lui-même saurait prendre la décision qui garantira le plus d'options pour reprendre le contrôle du PSOE. Dans tous les cas, pour eux, il faut attendre la convocation d’un congrès fédéral et des élections primaires pour l’élection du secrétaire général, dont la date n’est pas fixée pour l'instant. Lors de sa conférence de presse, Samedi 29 Octobre 2016, il a demandé à la direction de fixer la date du prochain congrès, dès le Lundi 29 Octobre 2016. « Le mandat de la direction expire aujourd'hui. Aujourd’hui, elle a permis l’investiture de Mariano Rajoy et, Lundi 29 Octobre 2016, elle doit fixer la date du congrès du PSOE », a-t-il dit.

Plusieurs dirigeants du PSOE de son entourage ont affirmé ces derniers jours que dans les conversations privées qu'il avait eues avec eux, l'ancien numéro un du parti a fait valoir que, s'il voulait être à nouveau secrétaire général, il ne pouvait pas ne pas appliquer le mandat du comité fédéral car, s’il veut que ses plans pour reprendre la direction progressent, il ne pourra pas demander à d’autres responsables et députés d’appliquer ses décisions.

C’est le même argument que Pedro Sanchez a utilisé, Samedi 29 Octobre 2016. Il a admis avoir été écartelé entre l’abstention et le vote contre Mariano Rajoy, ce qui voulait dire aller contre une décision de son organisation, même s’il ne la partageait pas. « Sur les deux options, il n’y avait aucune bonne option », a-t-il dit.

En fait, tous les socialistes ont été confrontés au même problème pendant toute la semaine. Lors de la dernière réunion du groupe socialiste, Mercredi 26 Octobre 2016, le député de Valence Cipria Ciscar se demandait comment les députés qui faisaient partie de la direction de Pedro Sanchez allaient bafouer un mandat de l'organe suprême entre les congrès du PSOE. Cipria Císcar expliquait qu’il y avait une différence entre, d’une part, des indépendants comme Margarita Robles ou Zaida Cantera qui avaient annoncé qu’elles voteraient contre Mariano Rajoy et, d’autre part, des parlementaires qui avaient occupé une charge organique.

Contre l'argument selon lequel il ne pouvait pas désobéir à la résolution adoptée par le comité fédéral s’il voulait maintenir sa candidature à la direction, d'autres députés fidèles à Pedro Sanchez lui demandèrent d'annoncer Samedi 29 Octobre 2016 qu’il voterait contre Mariano Rajoy, comme il l’a défendu pendant des mois.

Dans les discussions avec l'ancien secrétaire général, ces députés lui ont dit que, s’il votait contre le candidat conservateur, il pourrait générer un effet d’entraînement  qui porterait à environ vingt cinq le nombre de députés contestataires. La puissance de cet effet ne sera pas connue car Pedro Sanchez a préféré démissionner pour éviter d'avoir à désobéir au comité fédéral.

 

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 16:22

 

http://www.npa-dr.org/index.php/9-article-lettre/38-nation-etat-police-vous-avez-dit-insoumis

 

Nation, Etat, Police, vous avez dit insoumis

Par François Minvielle

Jeudi 27 Octobre 2016

Si la convention de la France Insoumise qui s’est tenue à Lille, Samedi 15 Octobre 2016, a voulu se donner un air moderniste, tirage au sort des participants, interaction vidéo et programme participatif, le contenu politique est resté très soumis aux clichés républicains les plus conservateurs.

Cinq ans après la campagne du Front De Gauche (FDG), « l'humain d’abord », sur laquelle la base sociale du Parti Communiste Français (PCF) avait pesé, c’est une campagne bien plus droitière, où le rouge a cédé la place au bleu pâle, qu’entend imposer Jean Luc Mélenchon à ceux qui se rallient à lui, sur la base d’une démagogie nationaliste proclamée par le nom même du mouvement de la France Insoumise.

L’apologie de la nation, du peuple souverain, de l'état et de la loi constitue son fondement, une orientation qui flirte de plus en plus avec des préjugés réactionnaires, contradictoire avec ses propres revendications pour une « société humaine » face aux inégalités sociales et à la destruction de l’environnement.

La mystification du « peuple souverain »

Il est fréquent d’entendre autour de nous des gens protester que le peuple ne compte pour rien et qu'il faudrait que le peuple dirige.

Comprendre la légitimité de cette colère face au mépris et à l’exclusion des couches populaires dans cette société de classe est cependant autre chose que de la flatter en laissant croire qu’il pourrait y avoir un « peuple souverain » dans ce système.

C’est ce que fait le projet de Jean Luc Mélenchon pour 2017 en affirmant que le « point essentiel est que tant que dureront la monarchie présidentielle et les traités européens actuels, notre peuple sera privé de tout pouvoir pour régler ses problèmes. Là est la racine de toutes nos misères, celle qu’il faut trancher d’urgence ».

La « racine de toutes nos misères » ne serait pas dans l’exploitation capitaliste et dans la propriété privée d’une minorité profitant du travail de la classe ouvrière. Elle serait dans la constitution et dans les traités internationaux. Une mystification qui en alimente une autre, autour de l’idée que « notre peuple est privé de pouvoir ».

D’abord, le mot « peuple » est confus, pouvant désigner « les classes populaires » aussi bien que « toute la population », en effaçant les différences de classes, comme s’il n’y avait plus de bourgeois et d’ouvriers, plus de paysans riches et paysans pauvres, plus de moyenne et petite bourgeoisie. Il ne s’agit pas de jouer avec les mots, mais de comprendre que les rapports sociaux ont besoin d’être désignés clairement pour être combattus. La confusion a un sens politique, celle de faire croire qu’on aurait tous « un avenir commun », comme devrait s’intituler le programme de Jean Luc Mélenchon, sans dire clairement qu’il y a une domination de classe à disputer, celle de la bourgeoisie, qui détient tous les pouvoirs, la propriété privée des moyens de production, les pouvoirs financiers, étatiques et médiatiques en découlant.

Surtout, « privé de pouvoir » laisse entendre que, dans la république, les classes pauvres pourraient avoir le pouvoir. C’est toute l’ambigüité politique qui est née avec la révolution française, une révolution faite par les classes populaires qui avait permis à la classe bourgeoise de s’emparer du pouvoir au nom du « peuple souverain ». Les travailleurs et les paysans pauvres n’ont jamais eu le pouvoir sans affronter l'état que la bourgeoisie s’est construit et le remplacer par le leur, comme l’ont montré par exemple la Commune de Paris de 1871 et la révolution russe de 1917.

Bien sûr, le projet de Jean Luc Mélenchon pour 2017 dénonce les puissants, la caste et l’oligarchie financière, tant il est évident que les responsabilités de la crise du capitalisme viennent de ce côté là. Mais il épargne l’exploitation capitaliste et il efface la radicalité de la lutte des classes qui, en engageant le combat pour une autre répartition des richesses, est porteuse d’une transformation révolutionnaire de la société, remettant en cause la propriété privée de la bourgeoisie.

La seule révolution que promet le projet de Jean Luc Mélenchon pour 2017, c’est « la révolution citoyenne, le moyen pacifique et démocratique de tourner la page de la tyrannie de l’oligarchie financière et de la caste qui est à son service. Je voudrais être le dernier président de la cinquième république et rentrer chez moi sitôt qu’une assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l’initiative populaire. La sixième république commencera et ce sera une refondation de la France elle-même. ». Un changement constitutionnel, la grande bourgeoisie en a connu d’autres, les a parfois demandés elle-même, quand le fonctionnement des institutions était en crise. C’est à mille lieues des besoins des classes populaires, un pouvoir des travailleurs.

La nation, l’ordre et la police

Cette « révolution par les urnes » viserait à la « refondation de la France, une France indépendante ». Ce recours à la nation est répété dans les déclarations souverainistes qui prétendent que la France serait soumise aux institutions internationales, avec ce qu’il faut de démagogie anti allemande, « notre indépendance d’action, la souveraineté de nos décisions ne doivent donc plus être abandonnées aux obsessions idéologiques de la commission européenne ni à la superbe du gouvernement de grande coalition de la droite et du Parti Socialiste en Allemagne ».

Sa perspective est celle de la nation comme cadre uni et indépassable, faisant comme s’il n’y avait pas des classes aux intérêts opposés en son sein.

Cette pente glissante du nationalisme conduit vers la pire démagogie chauvine, Jean Luc Mélenchon confirmant lui-même que les petites phrases réitérées sur ce sujet ne sont pas des dérapages, comme celle du 5 juillet 2016, « un travailleur détaché vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place », réaffirmée le 9 octobre 2016, « si je suis élu, plus un travailleur détaché n'entrera dans notre pays ».

Les récentes prises de position en défense de la police, de l’ordre et de l'état, confirment cette logique. « La population et la police républicaine, ce doit être une seule et même chose, les uns surveillant les autres, pour trouver le point d’équilibre qui permet que force reste à la loi ». Jean Luc Mélenchon ne se pose pas le problème du rôle que l'état fait jouer aux policiers. Un rôle qui devient invivable pour les policiers eux-mêmes quand la police exige de ses membres qu’ils exercent violences et humiliations contre les pauvres, les migrants, les jeunes des quartiers populaires et les manifestants. Autant de brutalités qui se retournent contre eux en haine de la police et en agressions.

Affirmer ainsi qu’il faut que « force reste à la loi », c’est-à-dire que les lois injustes doivent continuer à être imposées, y compris par l’emploi des « forces de l’ordre », revient à nous demander d’attendre tranquillement la « révolution par les urnes » qui adoptera de bonnes lois républicaines.

C’est dire qu’il veut le maintien de l’ordre social et qu’il n’a pas plus de réponse pour ceux qui le contestent, que pour le ras-le-bol de la corporation policière, certes flattée par l’extrême-droite et les politiciens qui attisent la démagogie sécuritaire. Un mouvement ouvrier puissant et radical, contestant l’ordre social actuel, pourrait, en se faisant respecter d’elle par le rapport de forces, porter d’autres perspectives pour la fraction des policiers qui aspire à autre chose que d’être les bras armés de l'état qui les utilise et dans le fond les méprise.

L’impasse de l’étatisme et du « protectionnisme solidaire »

La perspective nationale portée par le projet de Jean Luc Mélenchon pour 2017 ne peut avoir qu’un sens, la défense d’une nation contre les autres dans le cadre du capitalisme mondialisé, c’est-à-dire la défense de la bourgeoisie nationale, Bolloré, Dassault, Bettencourt et Peugeot, et des milliers de bourgeois de moindre envergure menacés par leurs concurrents.

L’équipe de Jean Luc Mélenchon affirme qu’il faut « remplacer l’idéologie du libre-échange par un protectionnisme solidaire », en prétendant que le repli derrière les frontières serait une protection pour les travailleurs. On entend d’ailleurs les ravages du souverainisme y compris dans des milieux militants progressistes, « c’est la crise partout, comment faire, il faut se protéger d’abord ici ». Ce raisonnement est totalement faux et Jean Luc Mélenchon le flatte et l’instrumentalise à des fins électorales.

Le protectionnisme, même s’il était poussé à l’extrême avec un contrôle absolu du commerce extérieur par l'état, nous en sommes loin, n’empêcherait pas les lois du marché mondial de s’imposer par les indispensables échanges avec les autres pays. Et ce serait l'état protectionniste qui serait chargé d’imposer un dumping social aux travailleurs, en baissant les salaires et en intensifiant le travail, pour produire des marchandises dont la valeur serait concurrentielle afin de pouvoir les échanger avec l’extérieur, sous peine de se ruiner en important. Il est vain de tenter de sauver par les frontières une partie de la propriété privée nationale, celle des moyenne et petite bourgeoisies, parce qu’elles sont autant écrasées par la concurrence des multinationales « françaises » que par les autres. Aucun pays ne peut échapper à ces lois du marché.

Et ajouter « solidaire » après « protectionnisme » ne change rien au fait qu’il y a des économies nationales plus puissantes que d’autres et qu’elles s’enrichissent en exploitant les plus faibles. La France en fait partie, exploitant depuis plusieurs siècles les travailleurs et les richesses de nombreux pays pauvres.

Pour l’internationalisme et la classe ouvrière

Si un courant protectionniste connait un renouveau aujourd’hui, y compris dans les rangs déboussolés de la gauche, c’est parce que les rapports de concurrence deviennent de plus en plus durs au moment où le marché mondial trouve ses limites. L’étatisme protectionniste est une utopie réactionnaire qui sera bien incapable d’empêcher les destructions provoquées par le capital lui-même, qui élimine et absorbe ses branches les plus faibles. Utopie réactionnaire aussi parce que pas une production ne peut être « nationale », voire « cent pour cent locale » comme certains le prétendent.

Face à cette impasse, il s’agit de réaffirmer notre internationalisme, celui des intérêts généraux de la classe ouvrière mondiale. Il ne s’agit pas d’une proclamation abstraite, mais bien de la compréhension que la mondialisation capitaliste a transformé en profondeur le monde entier, développant comme jamais les rangs de la classe ouvrière dans tous les pays.

L’internationalisme de la classe ouvrière est bien sûr l’affirmation de la solidarité avec tous les travailleurs du monde et avec les migrants, à l’opposé de la concurrence que flatte Jean Luc Mélenchon avec ses déclarations malsaines.

C’est aussi la compréhension que les classes ouvrières de tous les pays n’en forment qu’une, parce que les rapports d’exploitations sont les mêmes, même si les rapports de forces et les niveaux de développement nationaux sont différents. C’est la même loi du marché capitaliste et la même valeur de la force de travail qui, par le biais de la circulation du capital, s’imposent partout.

En socialisant la production internationalement et en mettant en relation tous les peuples du monde, la mondialisation est en train de créer les conditions même d’une autre société à l’échelle mondiale, le communisme, et d’étendre aussi, par-delà les frontières, la force sociale, la classe ouvrière, portant cette perspective.

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 15:53

 

Les forces spéciales irakiennes entrent dans Mossoul (Reuters)

 

Les forces spéciales irakiennes reparties Lundi 31 Octobre 2016 à l'offensive sur le front est de la bataille de Mossoul ont pris pied dans le quartier de Karamah, situé à l'intérieur des limites administratives de la ville, a annoncé un officier irakien à l'agence Reuters.

C'est la première fois que des éléments engagés depuis deux semaines dans la contre-offensive visant à reprendre la métropole du nord de l'Irak aux djihadistes de l'organisation Etat Islamique entrent dans la ville.

Les unités spéciales du service de contre-terrorisme (CTS) avaient marqué une pause ce week-end après avoir progressé la semaine dernière plus rapidement que les forces engagées sur les autres fronts de l'offensive contre l'Etat Islamique.

« L'opération visant à libérer la rive gauche du Tigre à Mossoul a débuté », avait annoncé l'armée dans un communiqué diffusé Lundi 31 Octobre 2016 en début de matinée. Le Tigre, qui coule du nord au sud, traverse la ville.

Sur le front nord de l'offensive, où sont également engagés les peshmergas kurdes, cinq villages ont été pris Lundi 31 Octobre 2016 dans la matinée, selon un autre communiqué militaire.

Au cours du week-end, l'armée irakienne et les forces de sécurité déployées sur le front sud ont gagné du terrain avec l'appui aérien et terrestre de la coalition internationale. La neuvième division blindée s'est emparée de la localité d'Ali Rach, située à sept kilomètres au sud-est de la ville, selon un communiqué militaire.

L'offensive contre Mossoul, qui est de loin la plus grande ville tenue par les djihadistes de l'organisation Etat Islamique, est entrée Lundi 31 Octobre 2016 dans sa troisième semaine.

On estime à un million cinq cent mille le nombre d'habitants qui sont toujours pris au piège dans la ville et l’Organisation des Nations Unies (ONU) redoute une crise humanitaire et un exode de réfugiés à mesure que les affrontements se rapprocheront de la ville.

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 15:17

 

http://www.bondyblog.fr/201610312313/une-operation-de-police-detruit-partiellement-le-campement-du-nord-est-de-paris

 

Une opération de police détruit partiellement le campement de migrants du nord-est de Paris

Une opération dite de contrôle par les autorités a eu lieu Lundi 31 Octobre 2016. Certains migrants ont été emmenés par la police, tandis que d’autres ont assisté à la destruction de leur campement, réinvestissant les lieux une fois les forces de l’ordre parties.

Lundi 31 Octobre 2016, une opération dite de contrôle par la préfecture de Paris a eu lieu dans le campement des quartiers de Jaurès et de Stalingrad dans le dix neuvième arrondissement de Paris où entre deux mille et trois mille migrants selon les sources dorment à même le sol. Ils sont essentiellement originaires d’Afghanistan, du Soudan et d’Erythrée.

Selon plusieurs sources, la police a eu recours à du gaz lacrymogène contre des migrants et des militants associatifs qui s’opposaient au démantèlement. Certains d’entre eux ont été emmenés par la police après des contrôles d’identité, tandis que d’autres attendaient la fin de l’opération observant pelleteuses, camions bennes et équipes de nettoyage déblayer matelas, couvertures, draps, cartons et autres effets de survie. Parmi eux, Navid, jeune afghan, qui, après être passé par l’Allemagne, est arrivé en France il y a une semaine. « Je ne comprends pas, je suis venu ici en pensant me mettre à l’abri. Pourquoi, alors que je n’ai rien, la police vient tout me prendre ». Une fois les forces de l’ordre parties, de nombreux migrants ont réinvesti les lieux et réinstallé leurs tentes. Ce type d’interventions est courant, témoignent les associations d’aide aux migrants sur place. Cette opération s’est déroulée alors que le premier ministre Manuel Valls a indiqué que le campement sera évacué cette semaine, sans précision de date. Aucune mise à l’abri n’a été faite.

Un centre d’accueil humanitaire doit ouvrir ses portes dans le dix huitième arrondissement tout proche. Il accueillera les migrants quelques jours avant leur départ pour des structures d’hébergement plus pérennes en région notamment.

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 21:09

 

http://www.regards.fr/web/article/gaspard-glanz-un-reporter-engage-dans-la-ligne-de-mire-du-gouvernement

 

Gaspard Glanz, un reporter dans la ligne de mire du gouvernement

Par Thomas Clerget

Lundi 31 Octobre 2016

Interpellé Mercredi 26 Octobre 2016, le fondateur de Taranis News, connu pour sa couverture des abus policiers, a été placé sous contrôle judiciaire et interdit de séjour à Calais. Deux procès à son encontre sont également programmés.

Est-il possible, en France, de poursuivre un journaliste pour des motifs fallacieux, simplement parce que son travail dérange le pouvoir ? Le reste de la presse, du moins celle qui se veut indépendante et attachée à sa fonction critique, peut-elle tolérer ces pratiques sans prendre le risque de voir les moyens de l'état tôt ou tard dirigés contre elle ? Telles sont les questions posées par l’interpellation à Calais, Mercredi 26 Octobre 2016, du reporter Gaspard Glanz et par l’avalanche de procédures engagées à son encontre.

Taranis News, l’agence d’information indépendante fondée par ce vidéaste de vingt-neuf ans, s’est signalée par une couverture au plus près du terrain des manifestations contre la loi travail, des événements sur la Zone A Défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes ou encore à Calais. Adepte de vidéos long format très diffusées sur internet et les réseaux sociaux qui documentent le déroulement des manifestations et mettent en exergue les violences policières, Gaspard Glanz, qui fait régulièrement état d’intimidations à son encontre, semblait dans le collimateur des autorités depuis plusieurs mois.

Trente trois heures de garde à vue

D’après son récit, c’est en prenant des images durant l’évacuation du camp de migrants à Calais qu’il est « agrippé par douze gendarmes mobiles » avant d’être placé en garde à vue où il restera durant plus de trente heures. Il s’y voit signifier un placement sous contrôle judiciaire extrêmement contraignant avec obligation de pointage une fois par semaine dans la ville de Strasbourg qui est son lieu de résidence officiel. Par arrêté préfectoral, il est également interdit de séjour sur l’arrondissement de Calais et ce jusqu’à expiration de la période de l’état d’urgence.

Les motifs avancés sont, d'abord, le non-respect de la zone de protection instaurée la veille des opérations par le préfet du Pas-de-Calais en vertu d’une autre disposition de l’état d’urgence. Le dispositif, qui préfigure probablement le traitement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en cas d’évacuation, a donné au gouvernement un droit de regard sur l’ensemble des personnes présentes sur la zone, y compris les journalistes. Après une demande d’accréditation restée sans réponse, Gaspard Glanz raconte s’être rendu sur place pour tourner avant d’être reconnu par un responsable des forces de l’ordre et immédiatement interpellé.

Une liberté d’expression à géométrie variable

Mais son placement sous contrôle judiciaire est d’abord justifié par un événement dont l’insignifiance laisse imaginer la détermination des pouvoirs publics à inquiéter le jeune reporter. Ce dernier est en effet accusé d’avoir ramassé puis « soustrait frauduleusement », le premier octobre 2016 à Calais, un talkie-walkie perdu sur place par un policier d'une Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS). Qualifiés de vol simple par le procureur, ces faits, qui restent à établir, vaudront par ailleurs à Gaspard Glanz une comparution au tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer, programmée le 2 mars 2017.

Mais ce n’est pas tout. Une seconde citation à comparaître a été signifiée au journaliste. Il est cette fois accusé d’injure publique envers douze policiers suite à une image prise à Rennes pendant une manifestation contre la loi travail et postée sur un réseau social accompagnée du commentaire « ein volk, ein reich, ein führer », slogan utilisé dans les années 1930 par le parti nazi. « Je rappelle qu’il existe un truc qui s’appelle la liberté d’expression et que des magazines comme Charlie Hebdo, pour ne citer que le plus illustratif, ont fait bien pire que cela », se défend Gaspard Glanz. L’outrance n’est-elle pas le propre de la caricature à même d’alerter sur les excès du pouvoir ?

Un travail de contre-information

Mais la qualité de journaliste, et par conséquent certaines des protections qui vont avec, sont discutés à Gaspard Glanz. En premier lieu par le gouvernement qui, note blanche à l’appui, tente d’assimiler le reporter à un activiste proche du mouvement No Border et d’une ultra gauche aux contours flous mais très commode pour justifier certaines mesures décidées en application, ainsi détournée, de la loi sur l’état d’urgence. Sans qu’il s’agisse d’humour, l’arrêté d’interdiction de séjour prête ainsi à Gaspard Glanz l’intention de « se livrer à des actions revendicatives violentes de nature à constituer un trouble grave pour l’ordre public ».

Le déclenchement simultané de ces différentes procédures, ainsi que la disproportion des moyens utilisés au regard des faits reprochés, ne laissent aucun doute sur les intentions réelles des autorités. Il s’agit d’entraver le travail du journaliste et de son agence qui ont la fâcheuse habitude de contredire les discours officiels vantant un emploi raisonné de la force publique. « Il faut comprendre que je me déplace en permanence », développe Gaspard Glanz. « M’obliger à faire mille six cent à mille huit cent kilomètres aller et retour, si je suis à Rennes ou à Nantes par exemple, chaque semaine et juste pour pointer au commissariat de Strasbourg, économiquement cela va me laminer ».

Le précédent du groupe de la Rumeur

L’affaire fait immanquablement penser au harcèlement judiciaire du chanteur Hamé, membre du groupe de rap de la Rumeur, poursuivi en 2002 en diffamation et « atteinte à l’honneur et la considération de la police nationale » par le ministère de l’intérieur alors dirigé par Nicolas Sarkozy. En cause, un texte ici aussi très engagé, évoquant les « centaines de nos frères abattus par les forces l’ordre sans que les assassins ne soient inquiétés ». Il faudra cinq procès et huit ans de procédure pour voir le rappeur, « essoré », finalement relaxé après, fait rare, deux pourvois en cassation par l’état.

Les personnes attachées à la liberté d’informer peuvent-elles se permettre d’abandonner le reporter à cette perspective ? Son travail, journalisme underground et contestataire fait d’empathie avec les mouvements de lutte, volontiers porté sur la provocation, tranche il est vrai avec les normes dominantes du métier, plus enclin à la « neutralité » et à une stricte mise en retrait de l’observateur. Mais peut-être s’agit-il aussi d’une occasion de réinterroger ces dogmes qui, poussés à l’extrême, finissent par désarmer toute critique. Face à l’autoritarisme qui se fait jour, ne serait-il pas temps, comme nous y invite Gaspard Glanz, de revenir à l’un des fondamentaux du journalisme, le combat pour la démocratie ?

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 19:03

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/31/turquie-arrestation-du-redacteur-en-chef-du-quotidien-d-opposition-cumhuriyet_5022900_3214.html

 

Arrestation du rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet

Plus de dix mille fonctionnaires sont par ailleurs mis à pied.

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

La police turque a fait une descente, Lundi 31 Octobre 2016 à l’aube, aux domiciles de plusieurs journalistes du quotidien d’opposition Cumhuriyet. A Istanbul, le rédacteur en chef, Murat Sabuncu, a été arrêté. A Ankara, le journaliste Güray Öz a été interpellé. En revanche, les policiers n’ont pas trouvé chez lui Akin Atalay, le président du directoire, qui séjourne actuellement à l’étranger.

Treize mandats d’arrêt ont été émis contre les journalistes du quotidien soupçonnés, selon le procureur d’Istanbul, de connivence avec deux organisations terroristes, le mouvement de Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté la tentative de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016, et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie.

Cumhuriyet est un quotidien à faible tirage, cinquante deux mille exemplaires, mais très respecté en Turquie. Axé sur les valeurs républicaines transmises par Mustapha Kemal Atatürk, il a fait sienne la défense de la laïcité, notamment en publiant, en 2015, les caricatures parues dans Charlie Hebdo. Le 6 mai 2016, Can Dündar, l’ancien rédacteur en chef, ainsi qu’Erdem Gül, le correspondant du journal à Ankara, ont été condamnés, en première instance, à cinq ans de prison ferme pour avoir publié une enquête sur la livraison d’armes, par les services turcs, à la rébellion contre Bachar al Assad, en Syrie. Victime d’une tentative d’assassinat devant le tribunal ce jour-là, Can Dündar vit aujourd’hui en exil en Europe.

Recteurs nommés par Recep Tayyip Erdogan

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’un nouveau tour de vis déclenché Samedi 29 Octobre 2016, le jour où la fondation de la république est célébrée dans toute la Turquie.

Depuis le putsch manqué du Vendredi 15 Juillet 2016, l’état d’urgence est en vigueur dans le pays, ce qui permet à l’exécutif d’agir sans entraves, sans passer par le parlement, encore moins par les instances judiciaires, ravagées par les purges après l’éviction de plus de quatre mille magistrats.

Selon le nouveau décret publié Samedi 29 Octobre 2016 environ dix mille fonctionnaires ont été mis à pied, quinze médias ont été fermés, les droits des avocats ont été limités et les recteurs d’université seront dorénavant nommés par le président Recep Tayyip Erdogan. Les décrets précédents avaient permis, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de limoger cent mille fonctionnaires et d’arrêter plus de trente mille personnes. Le dernier en date met donc à pied dix mille cent trente et une personnes, dont deux mille cinq cent trente quatre au ministère de la justice, trois mille quatre cent quatre vingt six au ministère de l’éducation, deux mille sept cent soixante quatorze au ministère de la santé et cent une personnes au ministère de la défense.

Le nouveau décret porte surtout un rude coup à l’exercice du métier d’avocat. Dorénavant, leurs conversations avec leurs clients soupçonnés de « terrorisme » seront enregistrées, la présence d’un gardien sera obligatoire et les documents écrits échangés devront être visés par les autorités. Si le juge l’estime nécessaire, les visites de l’avocat pourront être supprimées pendant six mois. Les partis d’opposition et les défenseurs des droits de l’homme reprochent au gouvernement de profiter de l’état d’urgence, prolongé jusqu’en janvier 2017, pour museler toute forme d’opposition sous couvert de lutte contre le terrorisme.

Les quinze médias fermés Samedi 29 Octobre 2016 sont des médias kurdes connus, tels l’agence de presse Dicle et le magazine mensuel Evrensel Kultur.

Dimanche 30 Octobre 2016, Gültan Kisanak et Firat Anli, les deux maires de Diyarbakir, la capitale du sud est à majorité kurde, qui avaient été interpellés quelques jours plus tôt, ont été inculpés pour « soutien logistique à une organisation terroriste ». Politiciens respectés, les maires sont accusés, entre autres, d’avoir fourni des véhicules municipaux pour les enterrements de rebelles du PKK.

 « Tout vient d’une seule personne. On nous traîne vers le régime présidentiel à poigne, comme un fait accompli. Il s’agit d’un abus du régime d’état d’urgence », a dénoncé la députée Lale Karabiyik, du parti républicain du peuple (CHP), premier parti d’opposition au parlement, à l’agence Anadolu.

Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a réitéré Samedi 29 Octobre 2016 sa volonté de rétablir la peine de mort, veut une réforme constitutionnelle, soumise au parlement « dans les plus brefs délais », a annoncé récemment le premier ministre, Binali Yildirim. Comme le parti de la justice et du développement (AKP), fondé par Recep Tayyip Erdogan, ne possède pas la majorité nécessaire au parlement, un référendum pourrait être convoqué avant le mois d’avril 2017.

 

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 18:31

 

 

DU PARTI DE GAUCHE A LA FRANCE INSOUMISE

 

Vous trouverez ci dessous un très long message relatif à la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017.

De mon point de vue, il y a dans ce message une analyse extrêmement pertinente de cette candidature et du fonctionnement du Parti de Gauche et de la France Insoumise.

Par contre, il y a aussi dans ce message une comparaison entre la France Insoumise et l'Etat Islamique. Cette comparaison me semble totalement fausse et excessive. C'est, comme souvent en politique française, la goutte de goudron dans le tonneau de miel.

Cette comparaison n'apporte absolument rien au message. A l'inverse, elle provoque bien évidemment une multiplication des critiques et des réponses polémiques contre ce message et elle le rend donc totalement inaudible.

Ce sont les raisons pour lesquelles je diffuse le message sans la phrase relative à cette comparaison.

Bernard Fischer

http://www.descartes.over-blog.fr/2016/10/melenchon-pape.html

MELENCHON PAPE  

Par Descartes

Dimanche 23 Octobre 2016

Quand un ami m’a proposé d’assister à « l’assemblée générale des insoumis » des Bouches du Rhône Samedi 8 Octobre 2016, j’ai sauté sur l’occasion d’observer ces « insoumis » dans leur sauce. Je dois avouer en effet que depuis que j’ai quitté la région pour aller travailler ailleurs, je n’y fais que des sauts occasionnels et je ne garde que de loin un œil sur l’évolution de la situation politique locale.

Nous nous sommes donc retrouvés à deux cent cinquante dans une salle municipale de la banlieue de Marseille avec la disposition « en cercle » devenue classique dans ce genre de réunion depuis que la « gauche radicale », se laissant aller à ses penchants gauchistes, a décidé qu’il n’y aurait plus d’estrade, ni de tribune, ni rien qui puisse établir une séparation entre « dirigeants et dirigés ». Je vous rassure, la séparation est toujours là, plus forte que jamais, et c’est pourquoi il ne faut pas qu’elle soit visible. J’y reviendrai.

Après la disposition, le public, je n’ai bien entendu aucun moyen de faire une statistique, mais sur les deux cent cinquante personnes présentes, il y a une très grande majorité de têtes blanches. En fait, cela avait un petit côté « minuit à Paris », nous nous serions cru revenus aux collectifs antilibéraux de 2007. Etaient présentes le ban et l’arrière ban des vieilles gloires gauchistes locales que j’ai connues autrefois. Essentiellement des enseignants ou des professions libérales, abonnés permanents à tous les forums, collectifs et autres causes perdues qui vont de la lutte contre un contournement routier aux campagnes contre l’islamophobie. Quelques jeunes, essentiellement des étudiants et un ou deux syndicalistes, on notait la présence de beaucoup d'anciens militants du Parti Communiste Français (PCF) et l’absence de tout dirigeant local de cette formation.

La réunion était structurée en trois temps, une intervention d’introduction confiée à Alexis Corbière en tant que porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, un débat de politique générale et un deuxième débat sur l’organisation de la campagne. Pour ce qui concerne le débat de politique générale, c’était là encore un retour nostalgique vers le passé qui m’a renforcé dans la conviction que ces gens n’ont rien oublié, et rien appris. Nous avons entendu les mêmes discours devenus à force de répétition quasi-rituels. Il y eut le jeune qui intervient en tant que jeune et qui explique que les jeunes sont une catégorie sociale, comme si les intérêts du jeune ouvrier était plus proche du jeune bourgeois que de l’ouvrier adulte. Il y eut la militante contre l’islamophobie pour appeler les femmes présentes à se baigner en burkini en solidarité avec leurs sœurs musulmanes. Il y eut le traditionnel appel à ne pas relativiser la question sociale suivie d’une avalanche de questionnements sociétaux. Seule dissonance, venue d’anciens militants du PCF, la demande d’une position plus claire et plus ferme vis-à-vis de la sortie de l'euro et de l’Union Européenne.

Clairement, ceux qui militent dans les quartiers sentent combien il est difficile de contrer l’argumentaire du Front National avec des logiques du type plan A ou bien plan B.

Pour ce qui concerne le débat sur la campagne, ce fut là bien plus intéressant pour l’observateur dans la mesure où le sujet qui semble obséder les dirigeants « insoumis » est la cueillette des cinq cent parrainages. Le discours à tenir aux élus qu’on démarche semble d’ailleurs assez honnête, « nous ne vous demandons pas d’être d’accord avec nous, mais de permettre à un candidat soutenu par quelque dix pour cent de l’électorat de se présenter ». C’était drôle d’entendre cela dans la bouche de ceux qui en d’autres circonstances se sont battus pour que Jean Marie Le Pen, qui à l’époque avait lui aussi le soutien de dix pour cent de l’électorat, n’ait pas les parrainages pour se présenter mais, bon, s’il n’y avait que cela. Le principal problème est qu’on passe assez vite de cette noble position à la question des pressions qu’on peut exercer sur des élus et surtout ceux du PCF pour obtenir leur parrainage. Et très vite, chassez le nature, il revient au galop, une partie de l’audience perd de vue l’objectif stratégique pour voir dans cette affaire une opportunité de régler les comptes avec les communistes. Il faut « leur mettre la pression et les menacer de mettre des candidats contre eux ». Cela promet pour la campagne.

Et finalement, il y a le discours d'Alexis Corbière. Au départ, c'est un discours assez classique, répétant les différents arguments que nous avons entendu mille fois dans la bouche de Jean Luc Mélenchon, y compris les absurdités comme la « règle verte ». Mais le plus intéressant ne se trouvait pas là, mais dans la justification de l’organisation adoptée par, ou plutôt pour,  les « insoumis ». Car si tous les « insoumis » sont égaux, il apparaît clairement que, à l’heure de participer aux décisions, certains sont bien plus égaux que les autres. Il y a « l’insoumis de base », qui écoute assis sur sa chaise et à qui on donne de temps en temps la parole, et il y a « l’insoumis intermédiaire », qui organise les réunions, distribue les tracts et colle les affiches. Et en haut de l’échelle, il y a « l’insoumis d’élite » qui fait partie du cercle étroit de ceux qui ont accès à Jean Luc Mélenchon en personne et qui participe aux décisions. Et cette division est subtilement dissimulée par le langage. Prenons par exemple l’usage du pronom « nous ». En général, il est utilisé par Alexis Corbière pour désigner l’ensemble des « insoumis ». Mais plus tard, ayant entendu des remarques et des critiques, il promet que « nous tiendrons compte de vos remarques ».

Qui est ce « nous » particulier qui écoute ce que le « nous » général a à dire ? Georges Marchais avait pour habitude de dire « nous les communistes » ou « nous au bureau politique », pour distinguer les deux cas. Chez les « insoumis », on ne prend pas de pareilles précautions.

Mais si je vous parle de tout cela, c’est que, en écoutant Alexis Corbière, j’ai vraiment pris conscience de quelque chose qui me tarabustait depuis longtemps dans l’organisation du mouvement mélenchonien. Et j’ai pu confirmer mon analyse en regardant la « convention de la France Insoumise » de Lille la semaine suivante.

Nous sommes devant un phénomène rare à gauche, celui d’un mouvement totalement vertical, où la souveraineté réside en une seule personne. Tous ceux qui chez les « insoumis » exercent une fonction et une autorité le font au nom du chef et investis par lui.

Qui a décidé de faire d’Alexis Corbière un porte-parole, de faire de Manuel Bompard un directeur de campagne et de confier à Jacques Généreux et à Charlotte Girard la rédaction du programme ? Et cela ne concerne pas seulement les nominations. Qui décide en dernier ressort du contenu du programme ? Qui a décidé d’organiser la « convention » et fixé sa forme et son ordre du jour ? Qui choisit les candidats pour les élections législatives ou, ce qui revient au même, la commission chargée de les sélectionner ?

Ces questions ont une double réponse. La première est que nous ne savons pas. Les processus de décision à l’intérieur du « mouvement des insoumis » sont totalement opaques. Celui-ci n’a  pas de statuts, pas de dirigeants connus, pas d’instances constituées. Nous ne connaissons les processus de décision que par des confidences ou des lapsus de ses dirigeants. La deuxième, c’est que cette opacité a pour fonction, ou du moins pour effet, d’occulter la toute-puissance du petit timonier, toute-puissance qu’il ne partage qu’avec quelques fidèles choisis par lui. Au Parti de Gauche, Jean Luc Mélenchon faisait déjà la pluie et le beau temps et se réservait le droit de décider en dehors de toute procédure et de toute instance, nous l'avons vu lors de l’adhésion au Parti de Gauche de Martine Billard et de ses amis, lorsqu’il fut annoncé que Martine Billard avait « accepté de co-organiser le congrès du Parti de Gauche » sans que nous sachions très bien qui lui avait proposé ni dans quel cadre statutaire se plaçait cette « co-organisation ». Mais, même au Parti de Gauche, la dictature de Jean Luc Mélenchon avait été occultée derrière les apparences de la démocratie, avec des comités nationaux et des bureaux exécutifs élus en théorie par les militants et des statuts votés par un congrès et rendus publics, même si in fine on n’en tenait aucun compte. Chez les « insoumis », on ne s’encombre plus de telles précautions.

Certains trouveront que je pinaille. Je ne le pense pas, la démocratie repose en dernière instance sur l’existence de procédures formalisées et transparentes de décision. Ce sont elles qui garantissent que les décisions reflètent la volonté des citoyens et non celle d’un homme ou d’un groupe. Dès lors que le dirigeant peut les adapter ou les redéfinir à sa convenance sans avoir à rendre des comptes, il n’y a plus de démocratie. A cela, les partisans de Jean Luc Mélenchon répondent qu’on n’avait pas le temps de constituer des procédures car « il fallait agir vite ». Une sorte « d'état d’urgence politique ». Or si l’argument de l’urgence est traditionnellement invoqué, et pas forcément à tort, pour justifier toutes sortes de violations des règles et des procédures démocratiques,  l’expérience fait que dans ce cas particulier la  justification paraît douteuse. Après tout, Jean Luc Mélenchon a eu huit ans pour donner au Parti de Gauche un véritable fonctionnement démocratique. Il ne semble pas qu’il se soit empressé de le faire.

Nous sommes conduits à conclure donc que, loin d’être une question d’urgence, la structuration du « mouvement des insoumis » en pontificat absolu de son leader obéit à un choix politique mûrement réfléchi et non à une quelconque urgence.

Mais le plus surprenant, ce n’est pas tant que Jean Luc Mélenchon veuille devenir pontife. Après tout, sa trajectoire et ses affinités sont toujours allées dans ce sens. Ce n’est pas par hasard s’il y a toujours une place dans son autel intime pour François Mitterrand. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’il y ait autant de gens dans la « gauche radicale » pour le laisser faire. C’est d’autant plus surprenant lorsque nous pensons au fait que cette gauche a une vieille tradition de méfiance envers les sauveurs suprêmes et autres hommes providentiels, bref, envers tout ce qui sent de près ou de loin le pouvoir personnel. Ceux qui ont fréquenté cette gauche n’ont pu qu’être frappés par l’importance donnée aux procédures démocratiques formelles et aux instances délibératives et à la méfiance presque instinctive vers toute tentative d’accaparation du pouvoir par une personne ou un groupe. Et voilà que, tout à coup, ces gens si sourcilleux de délibération collective et de démocratie participative et, croyez-moi, à Marseille ce jour-là j’ai vu des gens qui dans d’autres circonstances auraient crié à la manipulation, sont ravis et extatiques de se voir annoncer par le porte-parole du chef des décisions prises en dehors d’eux et par une structure totalement opaque. Avouez qu’il y a de quoi perdre son latin.

Comment comprendre cette abdication ? Je ne vois une explication, lorsque nous observons les choses, nous nous apercevons que le fonctionnement du « mouvement des insoumis » tient plus du mouvement religieux que du mouvement politique. La vision insoumise évacue le propre du politique, c'est-à-dire le conflit entre des conceptions et des intérêts différents, pour se placer dans une logique de communion entre des gens qui partagent un projet naturel qui n’admet aucune discussion. Le mouvement se conçoit plus comme une élite d’illuminés qui, ayant vu la vérité, vont porter la bonne parole au monde. Et bien entendu, une fois confronté à cette vérité qui relève de l’évidence, l’homme de bonne foi ne pourra que l’admettre.

Seuls la refuseront ceux qui ont partie liée avec Satan, les suppôts du un pour cent et du grand capital. Cette vérité est de l’ordre de la morale transcendante et non politique. Ecoutez Jean Luc Mélenchon parlant à Toulouse au mois de septembre 2016, vous entendrez un prêche, avec ses hypocrites lancés à la volée, pas un discours politique. C’est d’ailleurs pourquoi le projet n’est pour les insoumis qu’un exercice secondaire qui n’intéresse personne. Au point qu’on adhère aux insoumis avant de connaître le projet et même avant qu’il y ait un projet à connaître.

Ce penchant religieux concerne autant le fond que la forme. Les discours « déambulatoires » qui sont devenus la règle dans les rassemblements mélenchoniens rappellent curieusement les techniques des évangélistes américains. Le défilé des insoumis qui ressemblait drôlement à une procession présenté par une Charlotte Girard aux accents de télé-évangéliste. Ajoutez à cela la rupture totale avec la symbolique traditionnelle du mouvement ouvrier français, la couleur rouge et l’Internationale, qui permet de fabriquer un langage symbolique auto référent, la couleur bleu ciel et le « phi », et vous retrouverez des éléments qui sont d’habitude l’apanage des églises et des sectes.

Jean Luc Mélenchon tire en fait profit de la demande de religion qui affecte notre société et qui est particulièrement forte chez les « classes moyennes » qui voient des catastrophes se profiler à l’horizon et que trente ans de matérialisme forcené ont laissée sans références transcendante.

Il y a à gauche un public qui a besoin de croire et ce public est prêt à tout abdiquer au bénéfice de celui qui répondra à ce besoin. Et ce besoin de croire s’impose à toutes les contradictions, on peut tonner contre la monarchie présidentielle et diriger son propre mouvement comme un monarque et personne ne trouve rien la chose bizarre.

Le mouvement des insoumis n’est pas un parti politique, c’est une église. Une église avec un dieu, le peuple, qui comme sied à un dieu reste silencieux mais nous envoie un messie pour parler en son nom.

Un messie qui tient son autorité non de l’investiture de ses camarades, non d’un projet, non d’une théorie politique, non d’une élection, mais qui s’autorise de lui-même. Et qui par conséquent ne saurait être contredit ou voir son autorité contestée.

Le mérite de Jean Luc Mélenchon, dont nous ne saurions trop dire que c’est un tacticien hors pair, est d’avoir compris avant tous les autres ce besoin de croire et de l’avoir exploité. Cependant, si Jean Luc Mélenchon est un grand tacticien, il s’est révélé ces dernières années un piètre stratège et nous pouvons nous demander jusqu’où le « mouvement des insoumis » peut survivre aux élections présidentielles.

En effet, le contexte des élections présidentielles se prête particulièrement aux débordements messianiques. Mais une fois les élections passées, la politique ne peut plus se faire d’une manière aussi centralisée. Rien que pour les élections législatives, la désignation des candidats implique rentrer dans des logiques locales complexes qu’il est difficile de piloter depuis un centre.

Et une fois désignés, il sera difficile d’éviter que ces candidats deviennent autonomes, agissant en fonction de leurs propres idées et de leurs propres intérêts, plutôt que des directives venues du centre. Nous avons vu les difficultés que la faiblesse de ses institutions internes a posées au Parti de Gauche lorsqu’il s’est agi de négocier des positions locales. Le refus de toute institutionnalisation chez les « insoumis » risque de poser des problèmes encore plus sérieux.

Post Scriptum

Suite à la publication de ce papier et de l'avalanche de commentaires qu'il a provoqué, un de mes commentateurs m'a suggéré de signaler aux lecteurs combien ces commentaires démontrent post facto la thèse de mon papier, à savoir que la logique des insoumis est d'ordre religieux et non politique. Je vous laisse découvrir ces commentaires.

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 17:44

 

http://www.souriahouria.com/une-delegation-dalep-recue-par-les-deputes-et-le-president-francois-hollande

 

Une délégation d'Alep reçue par les députés français et par François Hollande

A l’initiative de la députée Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l'assemblée nationale française, une délégation d’Alep composée de médecins et de casques blancs conduite par l’Union des Organisations de Soins et de Secours Médicaux (UOSSM), a été reçue Mardi 18 Octobre 2016 par le parlement français et Mercredi 19 Octobre 2016 par le président de la république française François Hollande.

Tammam Loudami, médecin, est directeur régional du nord de la Syrie au sein de l’UOSSM. Il vit au coeur d’Alep Est et coordonne pour l’UOSSM les actions médicales dans le nord du pays, centre de santé primaire, clinique mobile et convoi humanitaire. Le 11 août 2016, il a lui-même acheminé avec son équipe le premier convoi humanitaire médical après l’ouverture de la route vers Alep Est contenant des équipements médicaux de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Brita Hagi Hassan est président du conseil local de la ville d’Alep.

Abdulrahman Almawwas est vice-président des casques blancs syriens.

Raed al Saleh est président des casques blancs syriens.

A travers cette visite, l’UOSSM France souhaite soulever trois points primordiaux.

Elle souhaite dénoncer le ciblage systématique des hôpitaux qui subissent de plein fouet les bombardements aériens et  les attaques à l’encontre des travailleurs humanitaires et du personnel médical en Syrie, en violation des conventions de Genève et des résolutions de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ce sont des crimes de guerre inacceptables.

Elle souhaite présenter les conséquences sanitaires et humanitaires catastrophiques du siège d’Alep Est sur les conditions de soins et de travail des médecins au sein des hôpitaux de fortune de la ville. Il est urgent de mettre en place une trêve humanitaire afin de pouvoir acheminer des médicaments et des équipements médicaux dans la ville.

Elle souhaite mettre en exergue la nécessité et l’urgence du soutien par les autorités nationales et les institutions internationales aux organisations humanitaires à Alep Est. En effet, les hôpitaux et les établissements médicaux à Alep Est et ailleurs en Syrie, dans la Ghouta, à Homs et à Hama, fonctionnent uniquement grâce à l’aide humanitaire venue d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) comme la nôtre.

Ainsi, nous demandons au parlement et aux plus hautes autorités de l’état de pouvoir agir en urgence face à ce massacre qui se déroule sous nos yeux.

« J’attends mon tour pour mourir », ce sont les paroles que nous confiait, il y a encore quelques jours, un médecin à Alep. Comme les deux cent cinquante mille habitants d’Alep Est, il est pris au piège d’une ville assiégée. Les bombardements y sont incessants ciblant les civils, les hôpitaux et le personnel médical. Les images qui nous parviennent sont glaçantes. Elles montrent une escalade dans l’horreur et la barbarie, des enfants mutilés, des corps déchiquetés, des morts par centaines et des blessés par milliers.

Depuis la fin de la trêve humanitaire, le Lundi 19 Septembre 2016, les attaques se sont intensifiées visant plusieurs hôpitaux et centres de santé.Les chiffres sont édifiants. Dix hôpitaux ont ainsi été visés dont le plus grand hôpital d’Alep Est qui a été bombardé deux fois en trois jours. De même, le personnel médical et les travailleurs humanitaires ont subi des pertes importantes.

Quatorze travailleurs humanitaires du Syrian Arab Red Crescent (SARC) ont été tués lors de l’attaque d’un convoi le Lundi 19 Septembre 2016, cinq collègues de l’UOSSM ont été tués lors d’une opération de secours par un raid aérien le Mardi 20 Septembre 2016 et un ambulancier a été tué lors d’une attaque à Idleb le Vendredi 14 Octobre 2016. Aujourd’hui, il ne reste que très peu de médecins à Alep Est.

Il y a eu trois cent quatre vingt douze attaques contre des établissements médicaux depuis le début du conflit.

Sept cent cinquante sept professionnels de santé et travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début du conflit, dont cent quinze depuis le début de l’année 2016.

Vingt professionnels de santé et humanitaires ont été tués depuis le Lundi 19 Septembre 2016.

L’UOSSM, ONG médicale française et internationale, a lancé une grande campagne de collecte de fonds pour Alep, « stop au massacre à Alep ». Tous les jours à Alep, dans les hôpitaux encore en service, des femmes et des hommes soignent les victimes des attaques et des bombardements.

L’état des lieux des hôpitaux à Alep est catastrophique. Nous estimons à cinq cent mille euros le coût total des besoins urgents pour faire fonctionner de nouveau les hôpitaux.

Notre objectif est de soutenir les médecins et le personnel médical qui sont en première ligne du conflit en acheminant dès que possible des consommables médicaux, des médicaments d’urgence et des équipements médicaux pour remplacer ceux endommagés, moniteurs, colonnes d’anesthésie et appareils chirurgicaux, pour rééquiper les salles d’urgence et pour apporter un soutien financier aux médecins et personnels médicaux.

Depuis le début du conflit, nous assistons à un effondrement total du système de santé en Syrie. La majorité des hôpitaux fonctionnent uniquement grâce à l’aide humanitaire.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 17:08

 

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/10/29/dans-le-nord-de-paris-des-migrants-de-plus-en-plus-nombreux_5022396_1654200.html

 

Dans le nord de Paris, de plus en plus de tentes de fortune abritent des migrants

Plus de deux mille exilés survivent dans les campements de la capitale que le ministre de l’intérieur a promis de démanteler « dans les jours qui viennent ».

Par Adrien Pécout

Dehors, concert improvisé, « mon cœur est touché quand je vois toutes ces souffrances dans un pays qui s’appelle la France ». A côté du bassin de la Villette et de sa rotonde aménagée en restaurant branché, dans le dix neuvième arrondissement de Paris, deux musiciens réinterprètent du Bob Marley. Face à eux, il y a une quarantaine de migrants. D’autres tapent dans un ballon pour feinter la froidure de l’automne. Il est 21 heures passées, Vendredi 28 Octobre 2016, et le duo chante en soutien à tous les réfugiés installés dans les campements de la capitale.

Ils sont de plus en plus nombreux en situation d’urgence, depuis le début de la semaine, à avoir disposé leurs tentes de fortune et déroulé des couvertures de survie. « Selon les associations qui font des maraudes ici, même si tout décompte est très compliqué, on est passé d’environ mille cinq cent migrants à deux mille deux cent migrants en quelques jours », estime Colombe Brossel, adjointe à la mairie de Paris chargée de la sécurité, de la prévention, de la politique de la ville et de l’intégration. Sous le métro aérien de la station Stalingrad, des grillages restreignent pourtant les possibilités depuis l’intervention policière de septembre. Restent le terre-plein de l’avenue de Flandre et le quai de Jemmapes.

Alentour, il y a beaucoup d’hommes, certains aux traits d’adolescents, et aussi quelques femmes. « Au moins cinquante nouveaux migrants arrivent chaque jour à Paris », précise Colombe Brossel, laissant entrevoir la diversité de leur provenance. Tous assurent vivre ici depuis des semaines.

Soudan, Afghanistan, Erythrée, Libye ou Egypte, à chacun son exil et ses besoins d’obtenir des papiers et un logement. Bilal Abdel-Aziz, vingt sept ans, survit dans les rues depuis deux mois et demi, « nous sommes des êtres humains. Le froid qu’il fait maintenant, même les pigeons ne peuvent pas le supporter ». Fataliste, ce soudanais poursuit, toujours en français, « quand je vois que la police vient pour nous embarquer et qu’elle jette nos affaires dans des poubelles, je vous le jure, je me dis qu’il est inutile de vouloir rester en France. Maintenant, je veux aller en Allemagne ».

Plus tard dans la soirée, un de ses compatriotes prend la parole en arabe, « au Soudan, on dit qu’en France il y a la liberté et la justice, ce sont de très beaux mots, des mots qui réchauffent le cœur, mais il y a une différence entre cet affichage et la vie dans la rue », regrette Khalid, trente ans, à l’aide d’un traducteur. Malgré cette désillusion, ce dernier désire rester dans ce « beau pays et cette belle ville où j'ai rencontré des gens biens », en allusion aux bénévoles qui l’accompagnent dans ses démarches juridiques et administratives.

L’objectif étant pour lui, à terme, de « pouvoir quitter la rue et de pouvoir s’occuper de soi-même sans être dépendant » d’autrui.

Vendredi 28 Octobre 2016, une fois encore, selon plusieurs témoins cités par l’Agence France Presse (AFP), « une trentaine de migrants » ont été contraints de monter dans un bus de la police. Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) appellent cela une « opération de contrôle » censée vérifier la situation administrative des occupants et l’état sanitaire du campement. Houssam al Assimi, traducteur bénévole et parisien bien connu des réfugiés arabophones, parle plutôt de « rafles », tout comme Baptiste Pelletan. Ce dernier est membre d’une association, le Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants (BAAM), qui donne des cours de français tous les soirs à « environ cinq cent apprenants chaque semaine ».

Les deux parisiens insistent, l’urgence pour les migrants à Paris n’est pas neuve et leur situation avait déjà connu une ampleur similaire à plusieurs reprises depuis 2014, alors même que le futur « camp humanitaire de pré-accueil pour migrants », annoncé par la mairie pour le mois d'octobre 2016 porte de la Chapelle, n’a toujours pas ouvert ses portes. Sur une carte, Baptiste Pelletan énumère les divers campements qui se sont succédé depuis 2014 et qui n’ont été suivis d’aucune réponse durable. « Pour l’instant, nous n'en sommes même pas à construire un projet d’accueil, les négociations et les crispations avec la mairie ont jusque-là plutôt concerné la pose de toilettes et l’ouverture d’un accès à l’eau pour les campements ».

Quel lien entre la situation du nord est parisien et, dans le même temps, le démantèlement du bidonville de Calais ? Colombe Brossel concède « une porosité » ayant toujours entraîné un va-et-vient. Bernard Cazeneuve, pourtant, réfute tout « mouvement de migrants » ces derniers jours entre ces deux villes distantes de moins de trois cent kilomètres. En visite dans un Centre d'Accueil et d'Orientation (CAO) à Gelos, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le ministre de l’intérieur a annoncé Vendredi 28 Octobre 2016 vouloir démanteler « dans les jours qui viennent » les campements de la capitale.

 

 

 

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