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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 18:09

 

http://www.rfi.fr/europe/20170101-asli-erdogan-turquie-liberte-expression-nous-unir-exclu-rfi

 

http://www.alencontre.org/asie/turquie/turquie-pour-defendre-la-liberte-dexpression-nous-devons-nous-unir.html

 

Pour défendre la liberté d’expression, nous devons nous unir

 

Interview d'Asli Erdogan par Stefanie Schüler

 

Jeudi 29 Décembre 2016, la célèbre romancière Asli Erdogan a été remise en liberté sous contrôle judiciaire après cent trente six jours en prison. Sa détention avait provoqué une vague d'indignation dans le monde entier. Lundi 2 Janvier 2017, son procès se poursuit. L'intellectuelle est accusée d'appartenance à une organisation terroriste pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem. Radio France Internationale (RFI) a pu joindre Asli Erdogan en Turquie.

 

Stefanie Schüler. Vous avez été libérée sous contrôle judiciaire après cent trente six jours en détention. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

 

Asli Erdogan. Je pense qu’une grande partie de moi est toujours en prison. Depuis ma sortie de prison, j’ai rencontré des gens et je me suis rendue compte que je ne faisais que parler de la prison. Ma mémoire est restée en prison. C’est difficile à expliquer. Pendant quatre mois et demi, je n’ai pas vu un seul arbre. Et maintenant il y a des milliers d’arbres. C’est trop d’un coup, trop d’arbres et trop de gens. Vous savez, en prison tout est très limité. Donc c’est comme un énorme choc. Le monde est si vaste et si bruyant. La réadaptation est vraiment difficile. Mais c’était très chouette de caresser un chat par exemple. Chose que vous ne pouvez pas faire en prison. Vous ne pouvez pas toucher un animal. Le ciel y est très réduit. Hier j’ai contemplé la mer. C’est la mer d’hiver. Elle est très sombre. J’essaye d’y aller doucement. Mais j’ai toujours peur. Chaque nuit je me demande s'ils vont revenir. Peut-être dans trois jours ils vont encore m’arrêter. En fait je revis le traumatisme initial d’avoir été arrêtée. La nuit dernière je ne pouvais pas dormir. J’attendais la police.

 

Stefanie Schüler. Quelles étaient vos conditions de détention ?

 

Asli Erdogan. Les cinq premiers jours après mon incarcération ils m’ont mise à l’isolement. Et cela c’était vraiment très dur. Les premiers trois jours surtout ils ont été très durs avec moi. Ils ne m’ont pas donné à boire pendant quarante huit heures. Mais ces traitements ont filtré dans la presse. J’ai rencontré les autorités carcérales tardivement. Ils ont réalisé que je n’étais ni membre du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ni kurde. Ces choses-là font la différence. Et petit à petit, les autorités carcérales se sont montrées protectrices envers moi. Mais être en détention restait difficile pour moi, bien que Bakirköy soit la prison la moins dure de Turquie. Seules des femmes y sont incarcérées. Un jour je suis tombée très malade, c’était un mardi. Et ils m’ont dit que je ne pourrais aller à l’infirmerie que le vendredi. J’avais beaucoup de fièvre. J’ai donc vu le médecin le vendredi. Mais je n’ai reçu les médicaments que le lundi. Tout est comme cela. En ce moment, les prisons sont encore plus dures que d’habitude. Nous avons eu le droit de passer un coup de fil de cinq minutes toutes les deux semaines. Des rumeurs circulaient comme quoi des personnes de l’extérieur allaient attaquer des prisonniers. La peur est donc omniprésente. Sans parler du fait que les cellules sont surpeuplées, car quelque cinquante mille personnes ont été arrêtées durant les cinq derniers mois. Et ils ne cessent de changer de manière arbitraire les détenues de prison. Donc chaque matin vous vous réveillez avec la peur au ventre. Vais-je rester dans cette prison, ou vont-ils me transférer dans une autre, pire que celle-là ? C’est difficile d’être en prison.

 

Stefanie Schüler. Vous êtes accusée « d'appartenance à une organisation terroriste » pour avoir collaboré au journal prokurde Ozgür Gündem. Votre procès se poursuit Lundi 2 Janvier 2017. Etes-vous confiante ou avez-vous peur ?

 

Asli Erdogan. J’ai peur bien sûr. Ils m’ont laissée sortir de prison mais ils ne m’ont pas acquittée. Les chefs d’accusation peuvent me valoir des peines allant de deux ans et demi de détention jusqu’à la prison à perpétuité. Toutefois il est probable que je sois acquittée de la plupart des chefs d’accusation à mon encontre. Mais je pressens qu’ils me condamneront quand même à une peine de deux ans de prison ou quelque chose dans le genre. Et la situation peut changer du jour au lendemain. Peut-être demain, ils passeront un coup de fil et j’aurais une peine plus sévère, donc bien sûr que j’appréhende ce procès. Rien n’est encore joué. Je suis juste sortie de prison. Et puis il y a ces rumeurs qui prédisent de futurs assassinats d’écrivains, de journalistes et d’avocats. Des listes circulent sur internet. Donc en ce moment personne ne peut se sentir en sécurité en Turquie. Sincèrement, j’ai peur. En revanche je pense que le soutien et la mobilisation internationale a été pour beaucoup. Je vous en remercie, vous les écrivains et journalistes européens et notamment français. Sans vous je serais toujours en prison. Vraiment, ils ne m’auraient pas laissée sortir.

 

Stefanie Schüler. La liberté d’expression est-elle encore garantie dans la Turquie d’aujourd’hui ?

 

Asli Erdogan. C’est une blague. La liberté d’expression en Turquie n’est plus qu’une blague. Ils nous ont laissées sortir et le lendemain ils ont arrêté un journaliste très réputé, accusé d’aider trois organisations terroristes différentes, Ahmet Sik. Il avait déjà été en prison. Actuellement, quelque cent cinquante journalistes sont emprisonnés, voire même plus. Aujourd’hui, des gens sont arrêtés pour avoir posté un message sur twitter. Beaucoup d’académiciens aussi sont menacés. Même les gens du cinéma qui sont très populaires. Un procès s’ouvre contre des réalisateurs et d’autres artistes. A partir du moment où vous vous exprimez sur twitter, vous pouvez déjà vous attendre à ce que la police vienne vous chercher. Les gens ont extrêmement peur. Même de parler au téléphone. Et je les comprends.

 

Stefanie Schüler. Quelle peut être dans ces conditions la marge de manœuvre de gens comme vous, les défenseurs de la liberté d’expression ?

 

Asli Erdogan. Chacun doit décider pour soi-même. Mais je pense que la seule chose qui peut aider à changer la situation est la solidarité. Je veux lancer un appel. Où que vous soyez, quelles que soient vos convictions, pour défendre la liberté d’expression nous devons nous unir. Nous devons mener des campagnes pour ceux qui sont emprisonnés pour des raisons diverses. C’est la seule voie, être ensemble.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 17:42

 

CONTRIBUTION A L HISTOIRE DE NUIT DEBOUT

 

La revue des Temps Modernes publiait récemment un numéro spécial relatif au bilan du mouvement des Nuits Debout. Vous trouverez ci-dessous la première partie du témoignage de Patrice Maniglier relatif à cette question.

 

Le témoignage est disponible en totalité si vous consultez le site www.bibliobs.nouvelobs.com à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161230.OBS3220/pourquoi-nuit-debout-n-a-pas-tenu-ses-promesses-le-recit-inedit-de-patrice-maniglier.html

 

Nuit debout, une expérience de pensée

 

Par Patrice Maniglier

 

La commission démocratie était chargée de l’organisation des assemblées et d’une réflexion plus générale sur le sens du mot démocratie. J’y suis allé un peu par hasard, pour répondre à la contingence d’un appel, lorsque j’étais venu à l’accueil, au début du mois d’avril 2016, pour demander comment je pouvais me rendre utile, on m’avait demandé ce que je faisais dans la vie. J’avais répondu que cela n’allait pas vraiment nous avancer car, étant professeur de philosophie, ce que je faisais n’avait aucune utilité directe. On m’a cependant opposé que la commission démocratie avait justement besoin de philosophes et que j’y serai sans doute utile. Je me suis de bonne grâce soumis à cette suggestion.

Je me suis d’abord livré à des tâches pratiques. J’écoutais, je rédigeais des compte-rendu des réunions, je participais à la modération des assemblées du soir et à la formation de celles et ceux qui, toujours différents, devaient chaque jour modérer, j’aidais à monter et à démonter les barnums, à trouver les micros et à apporter les gaffeurs, j’allais acheter du matériel, je l’emportais chez moi à minuit et je le rapportais le lendemain à 16 heures, bref je me livrais corps et âme à des tâches d’organisation qui convenaient à l’idée que je m’étais faite d’une certaine neutralité politique et intellectuelle dans laquelle je devais, du moins dans un premier temps, me tenir, ayant pour ma part d’autres lieux d’expression aisément accessibles. De ce point de vue, j’étais un typique militant de Nuit Debout, je m’intéressais à faire vivre le cadre pour lui-même, en déléguant à d’autres le soin de définir les orientations de contenu. Mais je pris néanmoins assez rapidement conscience de la nécessité de sortir de cette réserve.

La commission semblait en effet s’embourber dans une tentative hors sol pour élaborer ce qui s’était mis à ressembler à une sorte de constitution idéale de la place de la République, avec des documents qui ont fait jusqu’à quatorze pages. Il s’agissait de régler le fonctionnement des assemblées, les rapports entre les commissions et même jusqu’au fonctionnement de chaque commission en particulier, bref d’imaginer un petit état doté d’honnêtes statuts et réglementant tous les comportements internes des membres. Je considérais ce projet absurde et pédant mais une étrange dynamique de groupe, mélange de politesse et de mollesse, faisait qu’il semblait brave et honnête d’en discuter puisqu’une personne l’avait proposé.

La difficulté même à le discuter en commission montrait bien cependant combien ce petit délire hyper formaliste était inadapté. On y retrouvait, comme dans les autres commissions, deux groupes, littéralement et physiquement un premier cercle, composé d’habitués puis, dans un deuxième cercle, des gens qui s’y agrégeaient, certains s’asseyant, d’autres restant debout, des passants, des curieux et des âmes errantes.

Les seconds accusaient facilement les premiers d’avoir déjà pris le pouvoir. De fait, les gens qui étaient là depuis plusieurs jours voulaient discuter de ce qui avait été présenté la veille, ils voulaient avancer, aller plus loin et ne pas sans cesse repartir de zéro. Les autres au contraire protestaient que démocratie voulait dire que chacun avait un pouvoir égal et que ce n’était manifestement pas le cas dans ces conditions, ceux qui venaient d’arriver devant se taire et écouter, étant nécessairement hors-sujet, puisqu’il aurait fallu qu’ils prennent connaissance d’un texte de quatorze pages avant même de prendre la parole et que ce texte, d’ailleurs, n’était disponible qu’en un seul exemplaire.

Ceux du premier cercle répondaient parfois, non sans une certaine condescendance, mais souvent avec un sincère désir de prendre en compte les nouveaux venus, que ceux-ci pouvaient écouter aujourd’hui et revenir demain, après avoir lu le texte pour participer aux réunions de manière plus informée. La thèse, en somme, était que le groupe est ouvert, vous pouvez y entrer sans condition, mais pas le bloquer. Le principe me paraissait raisonnable, la question intéressante, comment faire naître une véritable organisation collective sur la place, à partir de rien, assis par terre autour de bouts de carton, et donc dans une temporalité non cumulative. Mais, outre le manque de bon sens sur le contenu des discussions proposées, je voyais de clairs problèmes d’organisation.

Cette commission, qui semblait pourtant si importante pour l’ensemble du mouvement, puisqu’elle était censée être le lieu où l’on réfléchissait au fonctionnement des assemblées, à mes yeux un moment essentiel de notre vie collective, et qui en plus se croyait chargée d’élaborer une petite constitution collective, paraissait aussi l’une des plus démunies. Il n’y avait pas d’accueil, contrairement à ce qu’on voyait pour d’autres commissions.

Les documents dont nous parlions n’étaient pas disponibles, ni sur papier, ni en ligne, certains les avaient reçus par internet, mais on ne savait comment, les autres ne les avaient pas reçus. J’essayais d’ailleurs de m’inscrire sur des listes électroniques, mais sans succès. Je ne recevais toujours pas les documents en question.

Certains disaient qu’on leur cachait des choses. D’autres invoquaient le joyeux bordel qu’était censée être Nuit Debout, garantie supposée de son fonctionnement démocratique. Bref, je pensais que j’avais trouvé là de quoi me rendre utile. Pour cela, il fallait être, semble-t-il, référent.

Les référents étaient des personnes désignées par chaque commission pour faire le lien avec les autres commissions, passer des informations et éventuellement veiller à ces problèmes pratiques. En principe, les référents devaient tourner et avoir un rôle strictement administratif. Dans le cas de la commission démocratie, cela n’était pas le cas, pour une raison assez amusante. Nous étions si procéduriers et si vigilants envers toute impureté démocratique qu’il fallut plusieurs semaines pour se mettre d’accord sur la procédure de désignation.

Je devins malgré tout finalement référent à mon tour. Je découvris alors l’existence de Telegram. Cette application pour téléphone portable permet en somme d’avoir des conversations comme on en trouve sur les forums mais par textos, à travers des fils de conversation thématiques. Longtemps, je n’ai pas compris à quoi elle nous servait concrètement, car il faut être invité sur ces fils pour pouvoir y avoir accès et notre référent n’avait pas pensé à m’y inviter.

Finalement je découvris qu’il existait en fait toutes sortes de conversations parallèles à celles qui se trouvaient sur la place. Sur le principe, cela n’a rien de malsain. Les niveaux d’échange peuvent se démultiplier sans se nuire. Mais dans les faits, je comprenais pourquoi un certain nombre de gens des commissions, les insiders, ne ressentaient pas le besoin de venir en assemblée. Ils étaient déjà en contact les uns avec les autres ailleurs et de différentes manières.

L’assemblée était faite pour les outsiders, qui devenaient une sorte de public. Pire, au lieu de les informer correctement des conditions pour passer de la passivité à l’activité, on continuait son affaire entre soi. Je commençais à découvrir ce qui devait devenir, à mes yeux, un des ingrédients principaux de l’échec.

Ma priorité fut dès lors d’essayer de refaire des assemblées un enjeu important pour le mouvement et de remettre la question du fonctionnement des assemblées quotidiennes au cœur des préoccupations de la commission démocratie, dont cela me semblait la vocation. La commission s’était divisée en deux groupes thématiques distincts, l’un s’occupait des outils de modération et l’autre s’occupait du processus de vote. Les vastes projets de constitution de la place de la République avaient été recentrés sur des choses plus raisonnables mais encore très décalées à mes yeux, en l’occurrence mettre en place un processus de vote permettant de prendre des décisions au nom de Nuit Debout République dans son ensemble.

J’étais plutôt hostile sur le principe à cette démarche. Je trouvais qu’elle ne convenait pas au genre de collectif fragile et éphémère que nous étions. Les gens qui venaient un jour en assemblée ne venaient pas le lendemain, nous n’étions pas sûrs d’être encore là dans quelques semaines, les assemblées se vidaient, la place aussi se vidait et il fallait des mécanismes rapides capables de recréer de la cohésion avant qu’il ne soit trop tard.

En fait, l’affaissement de la capacité de mobilisation du mouvement s’est fait sentir dès les vacances du mois d’avril 2016, peut-être à cause de la pluie, du froid, des vacances, des persécutions policières, de la fatigue des uns et des autres et des premiers désenchantements, je ne sais pas.

Mais il me semblait que, pendant qu’on réfléchissait à mettre en place un protocole pour donner de la légitimité à des décisions collectives, c’est-à-dire pour faire que des décisions prises par des gens particuliers valent comme si elles étaient légitimement imposées à tous, autrement dit pour reconstruire un instrument de pouvoir, pendant qu’on faisait assaut dans cette tâche de prudence et de pureté, nous laissions à l’abandon et à la ruine notre propre maison.

Je voyais mes camarades comme un petit groupe de gens fort distingués en train de prendre le thé et de discuter les détails du règlement de la copropriété entre voisins, lentement, avec une bienveillance appuyée et un pointillisme éclatant de vertu, pendant que, tout autour d’eux, leur immeuble s’effondre.

J’étais d’autant plus agacé qu’il y avait, me semblait-il, des solutions pour au moins essayer de faire revivre les assemblées autrement et même inventer un fonctionnement démocratique qui soit adapté à notre contexte.

Un débat, en effet, avait très vite divisé passionnément la place, l’assemblée était-elle souveraine ? Pouvait-elle voter ? Il y avait d’un côté ceux qui protestaient, généralement pendant les assemblées, qu’il n’y avait pas d’autre source de pouvoir que les assemblées, de sorte que ce qui était approuvé ici et maintenant devait valoir comme loi ou décision de tous, et, de l’autre côté, ceux qui rappelaient que les gens assemblés un jour ne représentaient personne, qu’ils ne pouvaient prendre des décisions pour ceux du lendemain et qu’il fallait encore décider collectivement d’un processus de vote.

Je croyais comprendre ce que ces derniers voulaient dire, mais ils avaient des arguments parfois révoltants. Par exemple, ils disaient qu’il fallait éviter ce genre de vote immédiat, parce que, c’était écrit en toute lettre dans le document même que nous utilisions pour expliquer aux nouveaux modérateurs les quelques règles qui avaient été mises au point sur le tas, nous devions éviter les propositions démagogiques que ferait voter un bon tribun en manipulant la foule hébétée. Il fallait donc forcer l’assemblée à prendre son temps, à réfléchir à ce qu’on lui propose et à ne pas prendre de décision immédiate.

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 16:59

 

La résolution russe sur le cessez-le-feu en Syrie adoptée (Reuters)

 

Le conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté Samedi 31 Décembre 2016 à l'unanimité une résolution russe saluant l'accord de cessez-le-feu conclu en Syrie sous l'égide de Moscou et d'Ankara.

La trêve entrée en vigueur Jeudi 29 Décembre 2016 à 24 heures sur tout le territoire syrien est la troisième depuis le début de l'année.

Le texte russe original proposait d'entériner l'accord alors que la version approuvée, modifiée à la dernière minute pour emporter l'adhésion de certains états membres, le salue et le soutient, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Les auteurs du texte saluent également la conférence de paix prévue dans le cadre de l'accord parrainé par la Russie et la Turquie, qui doit avoir lieu à Astana en présence du gouvernement syrien et de l'opposition avant la reprise, le 8 février 2017, des discussions organisées à Genève par l'ONU.

Après le vote, plusieurs diplomates se sont félicités de la cessation des hostilités, mais ont regretté sa fragilité et les zones d'ombres qui entourent l'accord.

Un certain flou règne notamment au sujet des mouvements exclus du cessez-le-feu. Selon l'armée syrienne, le Front Fatah al Cham, ancien Front al Nosra, n'est pas concerné, ce que contestent plusieurs chefs rebelles.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 16:45

 

Une boîte de nuit attaquée à Istanbul, au moins trente neuf morts (Reuters)

 

Un individu au moins a ouvert le feu à l'aveuglette dans un night-club d'Istanbul, faisant au moins trente neuf morts et plus de quarante blessés dans la nuit du Samedi 31 Décembre 2016 au Dimanche Premier Janvier 2017, selon un bilan fourni par le gouverneur de la plus grande ville de Turquie, qui a parlé d'attentat terroriste.

L'attaque n'a pas été revendiquée pour le moment.

« Un terroriste avec une arme de gros calibre a commis cet acte brutal et sauvage, en ouvrant le feu sur des innocents qui étaient là pour fêter la nouvelle année et s'amuser », a déclaré à la presse le gouverneur, Vasip Sahin, venu sur les lieux de l'attaque.

Cinq à six cents personnes devaient se trouver à l'intérieur de la boîte de nuit Reina, où elles fêtaient le passage à 2017, quand l'assaillant, tuant un policier et un civil à l'entrée, s'est introduit à l'intérieur, Dimanche Premier Janvier 2017 vers 1 heure 15 du matin.

La boîte de nuit se trouve sur le rivage du Bosphore, dans le quartier d'Ortaköy, dans la partie européenne de la mégalopole turque.

Certaines personnes se sont échappées des lieux en plongeant dans les eaux du Bosphore et ont été secourues par les policiers.

Plusieurs dizaines d'ambulances et de véhicules de police ont été dépêchés vers la boîte de nuit d'Ortaköy, quartier niché sous l'un des trois points qui franchissent le Bosphore et où se trouvent des restaurants, des boîtes de nuit, des galeries d'art et des musées.

Reina est l'une des boîtes de nuit les plus connues d'Istanbul, fréquenté aussi bien par des stambouliotes que par des touristes.

Selon le gouverneur d'Istanbul, il n'y a eu qu'un seul assaillant, mais à en croire d'autres informations, notamment sur les réseaux sociaux, ils étaient au moins deux, déguisés en pères Noël. Des témoins, cités par le journal Hürriyet, ont parlé de plusieurs tireurs, qui ont crié en arabe.

« Nous étions en train de nous amuser. Tout à coup, des gens se sont mis à courir. Mon mari a été touché à trois endroits », a déclaré au journal une femme qui se trouvait au Reina.

« Je n'ai pas vu qui tirait mais j'ai entendu les coups de feu et les gens ont pris la fuite. La police est intervenue rapidement », a témoigné sur Twitter Sefa Boydas, un footballeur turc.

Le propriétaire du Reina, Mehmet Kocarslan, cité par Hürriyet, a déclaré que des mesures de sécurité avaient été prises récemment, les services de renseignements américains ayant laissé entendre qu'il pourrait y avoir un attentat.

Le président américain Barack Obama, actuellement en vacances à Hawaï, a adressé ses condoléances à la Turquie et demandé à son administration de proposer à Ankara l'aide des Etats-Unis, a fait savoir la Maison Blanche.

Cette attaque constitue une nouvelle épreuve pour la Turquie, qui cherche à se remettre après la tentative de putsch du Vendredi 15 Juillet 2016 et une série d'attentats meurtriers à Istanbul, Ankara et dans d'autres villes, imputés pour certains au groupe djihadiste Etat Islamique et revendiqués pour d'autres par des organisations séparatistes kurdes.

A Istanbul, le dernier attentat remontait au Samedi 10 Décembre 2016, quand deux bombes avaient explosé aux abords d'un stade de football, faisant quarante quatre morts et plus de cent cinquante blessés. Un groupe kurde avait revendiqué les explosions.

Le 28 juin 2016, un triple attentat suicide a été commis à l'aéroport international Mustapha Kemal Atatürk d'Istanbul, faisant quarante cinq morts et près de deux cent quarante blessés. Le 12 janvier 2016, une explosion avait fait une dizaine de morts dans le centre touristique d'Istanbul, près de la Mosquée Bleue. Huit allemands étaient au nombre des tués.

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:41

 

https://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/12/18/etats-unis-le-gigantesque-affrontement-de-classe-qui-va-decider-de-notre-sort-vient-de-commencer

 

Le gigantesque affrontement de classe qui va décider de notre sort vient de commencer aux Etats Unis

 

Par Yorgos Mitralias

 

Dimanche 18 Décembre 2016

 

Cela se peut que la chute de Matteo Renzi ou le suspens des élections présidentielles en Autriche aient fait dernièrement les grands titres des médias et aient dominé les débats mais là où notre sort est en train d’être joué n’est ni à Rome ou à Vienne, ni à Paris ou même à Berlin.

C’est à Standing Rock dans le lointain état du Dakota du Nord aux Etats Unis, dans le blizzard et le froid polaire.

Évidemment, vous n’avez pas entendu parler de Standing Rock parce que les médias européens et internationaux font bien leur travail. Cela n’empêche pas les quelques vingt mille militants, les indiens sioux et leurs partisans, les trois mille vétérans de l’armée américaine, les écologistes ou tout simplement les syndicalistes et les militants de gauche, de livrer là-bas, depuis déjà huit mois, le plus grand combat écologique contre des géants du pétrole, le système bancaire et le terrible appareil répressif de la super puissance mondiale. Et en plus, de gagner ce combat, tout au moins pour l’instant.

Mais il y a plus. De l’avis commun, là-bas à Standing Rock est actuellement en train de naître et de prendre forme l’opposition radicale populaire contre Donald Trump et ses copains, l’opposition radicale populaire qui livrera demain bataille au nom et pour le compte de nous tous contre ce monstre obscurantiste, raciste, réactionnaire, islamophobe, antisémite, misogyne, néo libéral, anti-ouvrier, va-t-en-guerre et fascistoïde incarné par ce grossier président élu milliardaire des États Unis. Un monstre qui, et ne l’oublions plus jamais, menace non seulement nous tous sans exception mais aussi la planète elle-même.

Alors, s’il y a un endroit au monde où on est actuellement en train d’écrire l’histoire, c’est sûrement à Standing Rock où se concentrent tous les grands problèmes de notre temps et où ceux d’en haut se confrontent à ceux d’en bas des Etats-Unis mais aussi du monde entier. Voici donc pourquoi il y a des moments de cette lutte qui acquièrent des dimensions mythiques et provoquent la plus authentique émotion comme par exemple quand, parlant au nom des trois mille vétérans accourus à Standing Rock, le vétéran et fils de l'ancien commandant suprême de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Wesley Clark Junior, demande agenouillé le pardon du chef des Sioux Lakota pour le génocide et tous les terribles méfaits qu’a fait subir à la nation indigène l'état nord-américain et son armée. Voyant ces images extraordinaires, nous comprenons mieux pourquoi on nous interdit de les voir, parce qu’il est probable qu’elles nous inspirent à nous tous, les opprimés de la terre, les idées dites dangereuses qui font si peur à nos gouvernants.

Mais, il ne faut pas croire que les activistes héroïques de Standing Rock sont seuls face au monstre capitaliste. A part les milliers de leurs compatriotes qui manifestent presque jour après jour leur solidarité dans des centaines de villes nord-américaines, aux États Unis sont aujourd’hui en cours des dizaines de luttes sociales et économiques, ayant comme protagonistes au moins une douzaine de mouvements radicaux de masse. Comme par exemple celui qui a manifesté au début du mois de décembre 2016 dans au moins trois cent quarante villes nord-américaines revendiquant le doublement du salaire horaire minimum de huit à quinze dollars. Au-delà du fait qu’une telle revendication offensive est totalement inimaginable dans notre Europe dans laquelle, depuis trente ans, sont systématiquement perdus même les plus élémentaires des combats défensifs, ce qui impressionne sont les grandes dimensions de ce mouvement qui a réussi à mobiliser une grande partie des soixante huit millions de travailleurs nord-américains, par exemple dans le secteur du fast food, qui gagnent des salaires de famine.

Ce n’est donc sûrement pas un hasard si le mouvement pour les quinze dollars, qui organise surtout des travailleurs afro-américains et latino-américains, soutient et collabore étroitement tant avec le mouvement des peuples indigènes contre l’oléoduc à Standing Rock qu’avec le grand mouvement radical de masse Black Lives Matter. En général, une importante caractéristique de la multitude de mouvements qui couvrent tous les fronts de lutte sociaux, économiques et politiques aux États-Unis est qu’ils collaborent étroitement entre eux, formant ainsi un énorme mouvement unitaire sans précèdent dans l’histoire du pays.

Un énorme mouvement qui, tout en gardant son indépendance, se réfère à Bernie Sanders et le reconnait comme figure emblématique de son combat.

Ceci étant dit, Bernie Sanders est non seulement plus populaire et estimé que jamais, mais il apparaît désormais comme le principal, sinon l’unique adversaire ou plutôt l'ennemi juré de Donald Trump.

Indépendamment de ce qu’on pourrait penser de la possibilité de réformer le parti démocrate, c’est un fait que l’entreprise en cours de Bernie Sanders visant à la démocratisation et la radicalisation du parti démocrate marque des points importants. Et c’est un fait que le protégé de Bernie Sanders, le sénateur noir, musulman, pro-palestinien et homme de gauche Keith Ellison gagne jour après jour du terrain, American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL-CIO) vient de lui accorder son soutien, et semble prêt à devenir le nouveau président du parti démocrate.

Nous terminons cet article avec un rappel que nous considérons bien utile au lecteur. Etant donné que, aux États Unis, l'histoire est en train de galoper et donne lieu à une foule d’événements cataclysmiques, dont plusieurs ont une importance planétaire. Étant aussi donné qu’il est pratiquement impossible non pas d’analyser mais même d’énumérer tous ces événements même dans plusieurs articles. Et enfin, étant donné que les médias européens et internationaux vont intensifier ce qui est déjà un effort sans précèdent de désinformer, censurer ou passer sous silence tous ces développements historiques nord-américains. Pour toutes ces raisons, seul le suivi soutenu de cette actualité nord-américaine si riche et si variée, peut permettre au lecteur et encore plus au lecteur de gauche de se faire sa propre opinion et de tirer ses propres conclusions militantes et autres.

C’est exactement cette actualité quotidienne comme d’ailleurs les développements de tout genre à l’intérieur du mouvement social et ouvrier que couvre, avec des textes, images et vidéos, le Facebook de l'initiative « grecs pour le mouvement de masse de Bernie Sanders ».

Alors, consultez-le en ayant toujours en tête que c’est l’issue de ce gigantesque affrontement de classe déjà en cours aux États Unis qui va décider plus que tout autre du sort de nous tous.

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:11

 

https://blogs.mediapart.fr/loup-espargiliere/blog/231216/liberation-sous-caution-du-journaliste-maxime-azadi-blogueur-sur-mediapart

 

Libération sous caution du journaliste Maxime Azadi, blogueur sur Mediapart

 

Le journaliste kurde de nationalité franco-turque Maxime Azadi a été remis en liberté, moyennant caution, Vendredi 23 Décembre 2016, après plus d’une semaine passée en détention en Belgique. Il avait été arrêté Jeudi 15 Décembre 2016 à Turnhout en Belgique lors d’un contrôle de routine, alors qu’il faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol émise par les autorités turques. La menace d’une extradition vers la Turquie pèse toujours sur lui.

Maxime Azadi, journaliste kurde de nationalité franco-turque, directeur de l’agence de presse en langue kurde Firat News Agency implantée aux Pays-Bas et rédacteur d’un blog sur Mediapart, a été arrêté et placé en détention le Jeudi 15 Décembre 2016 par la police belge lors d’un contrôle de routine. Il faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol, souvent appelée par abus de langage mandat d’arrêt international, émise par les autorités turques. La police belge l’avait alors mis en détention en vertu des accords judiciaires qui lient l’Union Européenne à la Turquie. Sa demande de remise en liberté était examinée Vendredi 23 Décembre 2016 par les juges de la chambre du conseil de Turnhout, une ville située à l’est d’Anvers, qui se sont prononcés en faveur de sa libération sous caution.

Pour autant, le journaliste n’est pas à l’abri d’une extradition future vers la Turquie réclamée par Ankara. Comme l’explique son avocat, Luc Walleyn, la cour d’appel devra rendre un avis juridique, puis le gouvernement belge rendra sa décision de poursuivre ou non la procédure d’extradition. Une décision qui n’est pas pour tout de suite, reprend Luc Walleyn, qui prévient que « nous continuerons à nous opposer à son extradition ».

Selon la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) et la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), comme elles l’ont écrit dans une alerte conjointe publiée sur la plate forme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes du conseil de l’Europe, c’est au motif officiel d’une « collaboration avec une organisation terroriste » que le journaliste a été arrêté.

Pour le comité de soutien à Maxime Azadi, il apparaît clairement que la notice rouge d’Interpol est directement liée aux histoires qu’il a couvertes.

La déclaration, relayée par Firat News Agency, ajoute « qu'un journaliste arrêté pour son travail dans un pays de l’Union Européenne est une honte pour la démocratie et les libertés. L’arrestation de Maxime Azadi révèle l’extension à l’Europe des pressions turques sur la presse ». Deux jours plus tôt, la FIJ s’était émue d’une « arrestation qui constitue un dangereux précédent et est susceptible de menacer la sécurité des journalistes kurdes et turcs exilés en Europe ».

Conjointement avec la FEJ, la FIJ entend « dénoncer cette violation manifeste de la liberté de la presse en Belgique au conseil de l’Europe ».

Maxime Azadi avait récemment raconté sur son blog comment les autorités turques de régulation de la radio et de la télévision (RTÜK) avaient obtenu du groupe français de diffusion par satellite Eutelsat qu’il coupe la transmission de deux chaînes, Newroz Télévision et Med Nuce Télévision.

Le pouvoir turc avait accusé ces médias d’être financés par le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré par l’Union Européenne comme une organisation terroriste.

Le tribunal de commerce de Paris avait finalement ordonné le rétablissement de la diffusion des deux chaînes sous peine d’astreintes financières. Firat News Agency a par ailleurs fait de la liberté de la presse l’un de ses chevaux de bataille, en témoigne un onglet spécialement dédié à ce thème sur son site internet où les nombreuses arrestations de journalistes et les fermetures de médias pro-kurdes sont chroniquées par le menu.

Avant l’ouverture de l’audience devant le tribunal, une pétition réclamant la libération immédiate de Maxime Azadi avait totalisé plus de deux mille cinq cent signatures. Deux jours plus tôt, la société des journalistes de Mediapart avait fait la même demande, détaillant la mainmise toujours plus grande de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan sur les médias pro-kurdes et la presse d'opposition en général.

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:43

 

http://www.liberation.fr/france/2016/12/27/y-a-t-il-des-camps-secrets-autour-de-calais_1537711

 

Y a-t-il des camps secrets autour de Calais ?

 

Par Charlotte Belaich

 

Mardi 27 Décembre 2016

 

Le journal britannique The Independent affirme que des mini jungles se reforment autour de Calais depuis le démantèlement du camp à la fin du mois d'octobre 2016. Si des réfugiés, envoyés dans des centres d'accueil, reviennent en effet sur leur pas, ces camps n'ont rien de secret ni de nouveau.

« Des centaines de réfugiés reviennent dans des camps secrets près de Calais pour rejoindre la Grande-Bretagne ». Ainsi titré, cet article du journal anglais The Independent a été très rapidement repris par Russia Today, site pro russe financé par le Kremlin, mais qui n’aime pas qu’on le dise. « Calais, deux mois après, les camps réapparaissent et les migrants reviennent de plus en plus nombreux », titrait cette fois le site, qui s’est grosso modo contenté d’un copié collé de la version originale anglaise.

Selon The Independent, ces camps secrets sont progressivement remplis par des réfugiés envoyés dans des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) lors du démantèlement de la jungle il y a deux mois revenant aujourd’hui sur leurs pas. « Les autorités trouveront de plus en plus de ces camps secrets qui émergent, parce que ces gens sont de plus en plus frustrés », explique ainsi une avocate du droit des étrangers qui aurait « découvert le camp caché plus tôt ce mois-ci ».

Sauf que le camp caché en question ne l’est pas tout à fait. Créé en 2008 dans la commune de Norrent-Fontes, dans le département du Pas-de-Calais, il a un nom, le camp de la Marnière. Et on a un peu de mal à croire qu’il serait inconnu des pouvoirs publics, puisque, le 12 octobre 2016, la justice a débouté la mairie de Norrent-Fontes qui demandait son évacuation.

Le quotidien admet que le camp existait avant le démantèlement, mais assure qu’il a considérablement grossi depuis. « Il y a quelques réfugiés qui sont arrivés en effet, mais cela reste une poignée de personnes sur deux mois », décrit à Libération Nan Suel, membre de l’association Terre d'Errance, qui gère le camp.

Les cinq autres camps évoqués, qui ne sont pas nommés, semblent en fait être ceux de Tatinghem, Steenvoorde, Grande-Synthe, Angres et Hazebrouck, plus ou moins clandestins mais ni secrets, ni nouveaux.

Apparus ces dernières années, ils n’ont pas été démantelés en même temps que la jungle de Calais.

La plupart des associatifs interrogés expliquent en outre avoir du mal à imaginer des centaines de réfugiés se réinstaller tranquillement à Calais avec le dispositif policier en place. « Dès qu’une personne ressemble à un migrant, elle est contrôlée », explique François Guennoc, vice-président de l’Auberge des Migrants. « Il y a des hélicoptères qui passent avec des détecteurs thermiques. Jusqu’aux élections présidentielles au moins, les pouvoirs publics ne laisseront pas de camps se recréer ».

La préfecture, en effet, s’empresse de rappeler l’existence d’un « dispositif contre les squats » avec des hélicoptères et des patrouilles au sol. Aucun nouveau campement n’a été détecté, assure-t-elle à Libération.

Ce phénomène de retour, pour l’instant limité, pourrait cependant s’amplifier. « Nous ne pouvons pas dire que des camps se remontent, ce n’est pas vrai. Mais des gens reviennent discrètement », explique Yann, membre de l’association de bénévolat humanitaire Utopia Cinquante Huit qui travaille notamment à Grande-Synthe.

Pour convaincre certains mineurs de quitter Calais, la France avait rameuté des agents britanniques dans les bus pour traiter leur demande de transfert vers la Grande-Bretagne. Les retours dans le Pas-de-Calais surviennent au moment où les réponses aux demandes d’asile commencent à arriver de Grande Bretagne. Lorsqu’elles sont négatives, comme c’est souvent le cas, le pays ne pouvant être qualifié de franchement accueillant, certains mineurs décident de retenter leur chance par la voie clandestine, ce que The Independent soulignait à juste titre dans son article.

Jeudi 22 Décembre 2016 par exemple, France Trois Midi Pyrénées rapportait que trente cinq des quarante sept réfugiés installés à Luchon depuis deux mois avaient quitté leur centre d’hébergement en direction de Calais. Ils venaient alors d’apprendre qu’ils ne seraient probablement pas accueillis en Grande-Bretagne. «Depuis dix jours, certains reviennent et nous pensons que cela va s’accélérer dans les semaines qui viennent. Nous leur disons de rester dans leur CAO pour faire des recours, mais certains n’ont plus confiance », raconte Yann.

« Nous savons qu’il y a pas mal de gens qui voudraient revenir », explique Nan Suel. « Des mineurs mais aussi des majeurs qui ne voulaient pas partir dans les CAO et qui veulent aller en Grande Bretagne parce qu’ils ont de la famille ou un projet. Il y a aussi des réfugiés qui ont décidé de rester en France, mais qui attendent depuis deux mois dans des CAO pour avoir un rendez-vous à la préfecture et se découragent ».

Quand ils reviennent, ils ne recréent donc pas ces fameux camps secrets évoqués par The Independent, mais ils rejoignent ceux qui existent déjà ou ils s’isolent. « A Calais, depuis le démantèlement, il y a des gens qui se terrent parce qu’ils ne veulent pas partir », assure Nan Suel. « Ils n’osent même pas allumer un feu de peur d’être repérés ».

« Il y a aussi des migrants que nous cachons chez l’habitant », complète Claudine, de l’association Salam, « un peu comme en 1940 ».

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:14

 

http://www.liberation.fr/france/2016/12/21/les-cinq-militants-basques-remis-en-liberte-sous-controle-judiciaire_1536659

 

Les cinq militants basques remis en liberté sous contrôle judiciaire

 

Par Jean-Manuel Escarnot

 

Affirmant avoir voulu participer à une opération de désarmement de l'organisation indépendantiste basque Euskadi Ta Askatasuna (ETA), qui a abandonné la lutte armée en 2011, les cinq mis en examen avaient été interpellés Vendredi 16 Décembre 2016 en possession de pistolets, de fusils et de produits explosifs.

Les cinq membres de la société civile basque arrêtés à Louhossoa, dans le département des Pyrénées Atlantiques, Vendredi 16 Décembre 2016, en possession d’un stock d’armes de l’organisation séparatiste ETA ont été mises en examen, Mardi 20 Décembre 2016 à Paris, par un juge antiterroriste. Déférés après quatre vingt seize heures de garde à vue, Jean-Noël Etcheverry, dirigeant du mouvement écologiste Bizi, Michel Berhocoirigoin, ancien président de la chambre d’agriculture alternative du pays basque, Michel Bergougnian, coopérateur viticole, Béatrice Haran-Molle, journaliste, et Stéphane Etchegaray, cameraman, ont tous été laissés libres sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet. Une information judiciaire avait été ouverte pour port, transport et détention d’armes, de munitions et de produits explosifs, en relation avec une entreprise terroriste.

Les défenseurs de ces cinq personnes mises en examen ont dénoncé une opération politique contre une initiative de paix, affirmant qu’elles comptaient neutraliser ces armes avant de les remettre symboliquement aux autorités françaises.

Dans un registre diamétralement opposé les autorités de Madrid et de Paris s’étaient félicitées de cette arrestation. Elle a été qualifiée de « nouveau coup dur porté à ETA » par Bruno Le Roux, le nouveau ministre de l’intérieur français. Menée sur la base de « renseignements espagnols » selon une source policière jointe par Libération, l’opération a permis de saisir vingt neuf armes de poing, neuf fusils d’assaut, douze pistolets-mitrailleurs, deux roquettes, des chargeurs, des munitions, des détonateurs et des produits explosifs. Des membres de la Guardia Civil espagnole étaient présents, aux côtés des policiers du RAID, de la SDAT et de la DGSI, lors de l’interpellation des cinq « militants de la paix ».

Au pays basque français, de nombreux élus locaux de droite comme de gauche se sont élevés contre cette arrestation. Ainsi la sénatrice socialiste Frédérique Espagnac, proche de François Hollande, a apporté son soutien aux cinq personnes interpellées. Même son de cloche du coté de Max Brisson, vice président des Républicains du département, ou de Jean-René Etchegaray, maire de l'Union des Démocrates et des Indépendants (UDI) de Bayonne et président du conseil des élus du pays basque, qui s’est dit très inquiet de la tournure des événements.

« La libération des cinq militants de la paix est une bonne nouvelle pour eux et leur famille », se félicite Jean-François Lefort, responsable de Sortu, le parti de la gauche indépendantiste basque. « L’ensemble de la société basque au nord comme au sud soutient le processus de paix et l’arrêt définitif de la violence armée initiés par ETA en 2011. Il est grand temps désormais de tourner la page du conflit et de mettre tous les acteurs autour de la table pour sortir par le haut d’un conflit qui dure depuis cinquante ans ».

Une résolution qui passe notamment par la libération et le regroupement des prisonniers basques incarcérés en France et en Espagne. Ils sont au nombre de trois cent soixante dix dont quatre vingt dans les prisons françaises.

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 20:35

 

http://www.placegrenet.fr/2016/12/20/grenoble-vote-budget-2017-fond-de-manifestation-gaz-lacrymo-degradations/115331

 

Le conseil municipal de Grenoble vote son budget 2017 sur fond de manifestation, de gaz lacrymogènes et de dégradations

 

Par Joël Kermabon

 

La session du Lundi 19 Décembre 2016 du conseil municipal de la ville de Grenoble n’a pas dérogé à la nouvelle règle qui veut qu’il se déroule dans une ambiance survoltée. Une nouvelle fois, l’assemblée a été contrainte de délibérer sous protection policière. Et ce alors même qu’elle s’apprêtait à voter notamment deux délibérations très importantes pour la ville, le budget 2017 et le protocole de préfiguration du Nouveau Programme de Rénovation Urbaine (NPRU).

Près de deux cent personnes se sont rassemblées, Lundi 19 Décembre 2016, devant l’hôtel de ville de Grenoble où devait se dérouler le dernier conseil municipal de l’année 2016.

Dans la petite foule, il y a des bibliothécaires, des agents de la ville cornaqués par leur intersyndicale, des animateurs périscolaires, des commerçants, sédentaires ou non, des producteurs et des agriculteurs dont un venu en tracteur.

Du côté de la mairie, on s’était préparé à toute éventualité, comme à l’accoutumée depuis six mois, en filtrant les entrées afin que les manifestants ne puissent pas aller plus loin que le parvis. Ce rassemblement n’était d’ailleurs pas une surprise puisque les différentes organisations syndicales avaient prévenu qu’elles ne lâcheraient rien quant à leurs revendications respectives.

Réouverture des bibliothèques et demande de moratoire pour les bibliothécaires, bronca contre la fermeture du boulevard Agutte Sembat pour les commerçants, fronde contre la nouvelle réglementation des marchés pour les commerçants non sédentaires, lutte contre la casse des services liée au plan de sauvegarde pour les agents de la ville et malaise chez les animateurs périscolaires, toute une litanie revendicative, chaque conseil municipal en recensant une de plus, avec laquelle il a bien fallu que la ville compose, à l’orée de ce qui s’annonçait d’emblée comme un conseil municipal sous haute tension.

Une tension qui s’est concrétisée à travers quelques exactions ayant occasionné d’importantes dégradations, notamment des intrusions musclées de la part de la frange la plus radicale des manifestants, jugulée très durement par une escouade de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) venues à la rescousse à coups de grenades lacrymogènes et de matraques. Des actes « inqualifiables » contre lesquels, dans la foulée, la ville a décidé de porter plainte, ne souhaitant pas laisser impunies les dégradations commises par certains des manifestants.

Tout cela ne doit pas faire oublier que le conseil municipal devait, entre autres délibérations, parmi les quatre vingt quatorze délibérations à l’ordre du jour, voter le budget primitif 2017 et, au titre des politiques de la ville, le protocole de préfiguration du NPRU.

En préliminaire aux importants débats qui allaient suivre, la ville de Grenoble a décidé d’accorder un temps de parole à ses agents au début du conseil municipal. Mais, là aussi, la déception a été au rendez-vous pour les agents en lutte.

« Aucune ligne ne peut bouger selon Éric Piolle, le maire de Grenoble, ce que nous persistons à ne pas croire », rapporte une porte-parole un peu dépitée, qui déclare que les agents poursuivront, envers et contre tout, leur action. De quoi promettre des lendemains difficiles à Éric Piolle qui devra compter sur leur détermination lors des prochains conseils municipaux, si rien ne bouge entre temps.

Ce conseil municipal perturbé n’est d’ailleurs pas la seule déconvenue à laquelle a été confronté le maire de Grenoble. En effet, à l’issue de la délibération sur le budget 2017, deux membres du groupe Rassemblement Citoyen de la Gauche et des Ecologistes (RCGE), majoritaire à la ville de Grenoble, Bernadette Richard-Finot, conseillère municipale du Parti de Gauche, et Guy Tuscher, conseiller municipal d'Ensemble, se sont abstenus. Un premier coup de canif dans le contrat majoritaire ? C’est, après l’avoir interrogé sur les violences de la soirée, l’une des questions que nous avons posées à Éric Piolle juste avant la pause.

Autant dire que, du côté syndical, le son de cloche n’est pas le même. L'Union Syndicale Solidaire du département de l'Isère n’y va pas avec le dos de la cuillère, n’hésitant pas à parler de provocation policière. « Face aux grenoblois, la police condamnait l’accès de toutes et tous à la maison commune. Cela serait-il une énième provocation policière », questionne le syndicat, qui poursuit que cette provocation policière est suivie par les jets de gaz et les coups de matraques assénés par les policiers aux manifestants.

« Les grenoblois n’approuvent pas le plan de casse ? Qu’on les gaze. Voilà le vrai visage de la démocratie participative à la sauce d’Eric Piolle, la pensée unique gestionnaire et les coups pour ceux qui ne se soumettent pas aux mesures unilatérales des élus d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), du Parti de Gauche et d’Ensemble », conclut sans prendre de gants l’Union Syndicale Solidaire du département de l’Isère.

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 19:51

 

http://www.pressenza.com/fr/2016/12/la-reponse-officielle-de-san-francisco-lelection-de-trump

 

https://blogs.mediapart.fr/corinne-n/blog/261216/la-reponse-officielle-de-san-francisco-l-election-de-trump

 

La réponse officielle de San Francisco à l’élection de Donald Trump

 

Samedi 24 Décembre 2016

 

Le conseil des autorités de surveillance de San Francisco a récemment pris une résolution introduite par le président du conseil London Breed en réponse à l’élection de Donald Trump.

 

Voici le texte de la résolution

 

Attendu que, le Mardi 8 Novembre 2016, Donald Trump a été élu pour devenir le quarante cinquième président des États-Unis, en conséquence de quoi a été prise la résolution que, quelles que soient les menaces proférées par le président élu Donald Trump, San Francisco demeurera une Ville Sanctuaire. Nous ne tournerons pas le dos aux hommes et aux femmes originaires d’autres pays qui participent à la grandeur de la ville et qui représentent plus d’un tiers de la population. Il y a ici le Golden Gate, nous construisons des ponts, nous ne construisons pas des murs.

Nous ne reviendrons jamais sur les droits des femmes, que cela soit dans le domaine de la santé, du travail ou dans n’importe quel domaine menacé par un homme qui traite les femmes comme des obstacles à rabaisser ou des objets à agresser. Et non moins important, nous nous assurerons que nos jeunes filles grandiront avec des modèles qui leur montrent qu’elles peuvent être et faire ce qu’elles veulent.

Il n’y aura pas de thérapie de conversion, ni de suppression des droits à San Francisco. Nous avons commencé à accueillir les mariages homosexuels depuis douze ans et nous n’allons pas nous arrêter maintenant. Et pour toutes les personnes Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles, Transexuellles et Queers (LGBTQ) de tout le pays qui se sentent effrayées, intimidées ou seules, vous comptez. Vous êtes vues et vous êtes aimées, San Francisco n’arrêtera jamais de se battre pour vous.

Nous croyons encore au principe fondamental de liberté religieuse de cette nation. Nous ne bannissons pas des personnes pour leur foi. Et les seules listes que nous gardons sont des invitations à venir prier ensemble.

La vie des personnes de couleur compte à San Francisco, même si cela pourrait ne pas être le cas à la Maison Blanche. Et, guidés par l’équipe de travail du président Barack Obama sur la police du vingt et unième siècle, nous continuerons à réformer notre service de police et à reconstruire une relation de confiance entre la police et les communautés de couleur, afin que tous les citoyens se sentent en sécurité dans leurs quartiers.

Le changement climatique n’est pas un canular ou un complot des chinois. Dans cette ville entourée d’eau sur trois côtés, la science est importante. Et nous continuerons notre travail sur l'énergie propre et le zéro déchet, ainsi que tout ce que nous faisons pour protéger les générations futures.

Nous avons fourni des soins de santé à tous dans cette ville depuis presque une décennie, si la nouvelle administration va au bout de sa promesse impitoyable d’annuler l’assurance maladie pour vingt millions de personnes, les habitants de San Francisco seront protégés.

Nous sommes le lieu de naissance de l'Organisation des Nations Unies (ONU), une ville rendue plus forte par les milliers de visiteurs internationaux que nous accueillons chaque jour. Nous resterons engagés pour l’internationalisme ainsi que pour nos amis et alliés du monde entier, que cela soit ou ne soit pas le cas de l’administration à Washington.

San Francisco restera une des premières villes pour le transport et continuera à construire les systèmes MUNI et BART, les réseaux de transport de San Francisco sur lesquels nous pouvons tous compter, même si l’administration de Washington va au bout de son projet de supprimer le financement fédéral pour le transport en commun.

La Californie est la sixième plus grande économie du monde. La région de la Baie est la capitale de l’innovation du pays. Nous ne serons pas intimidés par les menaces de révoquer notre financement fédéral, nous ne voulons pas non plus sacrifier nos valeurs ou les membres de notre communauté pour vos dollars.

Nous condamnons tous les crimes et les discours haineux perpétués en raison de cette élection. Et bien que les États-Unis vont bientôt avoir un président qui a fait preuve d’un manque de respect envers les valeurs que nous tenons en haute estime à San Francisco, il ne peut pas changer qui nous sommes et il ne changera jamais nos valeurs. Nous argumentons, nous militons et nous débattons vigoureusement au sein de San Francisco, mais sur ces points nous sommes unis à cent pour cent. Nous combattrons la discrimination et l’irresponsabilité dans toutes ses formes. Nous sommes une ville. Et nous avancerons ensemble.

 

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