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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 18:57

 

Aux Etats Unis, le gel du décret contre l’immigration confirmé (Reuters)

 

La justice américaine a infligé Jeudi 9 Février 2017 un nouveau camouflet au président Donald Trump en confirmant en appel le gel du décret présidentiel interdisant aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane l'accès au territoire des Etats-Unis.

Trois magistrats de la cour d'appel fédérale de San Francisco ont jugé que le gouvernement américain n'avait pas apporté la preuve que la nécessité de préserver la sécurité nationale justifiait les interdictions visées dans le décret pris le Vendredi 27 Janvier 2017 par Donald Trump.

Dans la foulée de la publication de l'arrêt de vingt neuf pages, le dirigeant américain a tweeté « rendez vous devant la justice, la sécurité de notre nation est en jeu ». Il a ensuite déclaré à des journalistes que la décision des juges californiens avait des motivations politiques.

Le département de la justice, qui représentait les intérêts du gouvernement devant la juridiction de San Francisco, a dit étudier la décision et réfléchir à ses options.

Il a quatorze jours pour demander au neuvième circuit qu'un panel de juges plus large réexamine la décision ou pour saisir directement la cour suprême.

Le décret du Vendredi 27 Janvier 2017 interdit pour quatre vingt dix jours l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, la Libye, la Somalie, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Yémen et le Soudan.

Il interrompt également pendant quatre mois l'arrivée de réfugiés sur le sol américain, à l'exception des réfugiés syriens, interdits de territoire pour une durée indéterminée.

Les états de Washington et du Minnesota ont contesté la validité du décret devant la justice, estimant qu'il violait certaines dispositions de la constitution des Etats-Unis protégeant les libertés religieuses.

Un magistrat fédéral de l’état de Washington, le juge James Robart, a ensuite bloqué au début du mois de février 2017 l'application du décret présidentiel, conduisant la Maison Blanche à contester cette décision devant la cour d'appel fédérale de San Francisco.

Jeudi 9 Février 2017, la cour d'appel de San Francisco a souligné qu'aucun ressortissant des pays visés dans le décret présidentiel n'avait commis la moindre attaque terroriste aux Etats-Unis.

Si elle ne résout pas sur le fond le litige entre les états et la Maison Blanche, la décision confirme le gel de l'application du décret présidentiel.

Deux des trois magistrats à l'origine de l'arrêt rendu Jeudi 9 Février 2017 ont été désignés par des présidents démocrates, Jimmy Carter et Barack Obama. Le troisième a été nommé par le républicain George Bush.

En condamnant la décision de la cour d’appel de San Francisco, qu'il a qualifiée de scandaleuse, Donald Trump a cité Vendredi 10 Février 2017 comme argument un blog spécialisé sur les questions de sécurité, Lawfare, qui a relevé que le président avait le pouvoir d'interdire ou de restreindre l'accès du territoire à des étrangers susceptibles de nuire aux intérêts américains.

L'article du Lawfare ajoute cependant que la cour d'appel était en droit de maintenir la suspension du décret car « il n'y a pas de raison de plonger à nouveau le pays dans l'agitation pendant que les tribunaux étudieront les aspects de cette affaire pendant les prochaines semaines ».

Le décret a provoqué de nombreuses manifestations dans les aéroports américains et de multiples recours ont été déposés.

« Actuellement, le cas qui occupe le devant de la scène est celui de l’état de Washington mais il y a beaucoup d'autres recours prêts à être enclenchés au cas où le décret serait restauré », a déclaré Melissa Keaney, du National Immigration Law Center.

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 20:18

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/02/09/a-paris-un-rassemblement-contre-le-delit-de-solidarite_5077363_3224.html

 

A Paris, un rassemblement contre le délit de solidarité

 

Plusieurs militants venus en aide à des sans-papiers ou des roms et inquiétés par la justice sont venus dénoncer des actions de l'état et revendiquer leur statut de délinquants solidaires.

 

Par Florian Reynaud

 

Près de deux cents personnes se sont rassemblées, Jeudi 9 Février 2017, sur la place de la République, à Paris, pour soutenir les délinquants solidaires, qui aident les personnes en situation irrégulière ou certaines populations en difficulté. Les militants rassemblés dénoncent des poursuites judiciaires faites pour criminaliser l’aide aux sans-papiers, alors que l’Europe traverse une grande crise migratoire.

Ce rassemblement est une action parmi plusieurs organisées en France depuis Mercredi 8 Février 2017, alors que le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nice doit rendre Vendredi 10 Février 2017 son délibéré concernant Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière italienne, et jugé pour avoir aidé des migrants.

Jeudi 9 Février 2017, place de la République à Paris, les associations présentes et regroupées sous la bannière des délinquants solidaires, s’en prennent aux actions de l'état, à la fois contre les migrants et contre ceux qui leur viennent en aide. Le délit de solidarité est le surnom donné au six cent vingt deuxième article du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA), qui sanctionne « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ». Il a aujourd’hui été amendé pour ne plus concerner l’hébergement par des bénévoles, mais sans convaincre les associations.

Place de la République à Paris, plusieurs personnes qui ont été poursuivies dans le cadre de leur action en faveur des migrants sont venues témoigner. Peu sont concernées par le délit de solidarité au sens strict. Certains ont été jugés pour des violences ou outrages, à l’issue de poursuites qu’ils disent faites pour les intimider.

C’est le cas de François Loret. Il raconte avoir été condamné au mois de juin 2015 pour violences à agent dépositaire de l’autorité publique, après une bousculade lors de l’évacuation d’un campement de roms, dans le secteur de Marne-la-Vallée. « La solidarité dérange nos politiques », dénonce-t-il. Prévenu dans une affaire plus récente, l’élu écologiste Jean-Luc Munro est également venu témoigner. Mercredi 8 Février 2017, ce soutien de la cause rom était jugé à Lille pour violences sur agent dépositaire de l’autorité publique avec arme par destination, accusé d’avoir foncé sur des forces de l’ordre à un barrage avec son vélo, en marge d’une opération policière dans un campement.

Aubépine Dahan, récemment jugée et relaxée, est venue parler du triangle des migrants, où de nombreuses personnes vivent dans la rue, dans le nord de Paris. « Nous avons été nassés pendant cinq heures à Stalingrad, puis convoqués et jugés pour rassemblement illicite et fausse déclaration de manifestation », explique-t-elle à la tribune.

« L'état cherche à circonscrire et à définir lui-même ce qu’est la solidarité », s’inquiète Houssam al Assimi, qui avait été jugé avec la jeune femme.

Venu de Perpignan, Denis Lambert a été poursuivi en 2015 pour avoir hébergé une famille arménienne, puis l’audience s’est soldée par un non-lieu. Aujourd’hui, il assure continuer, comme il le fait depuis 2005, à héberger des familles et il collabore au Secours Populaire Français (SPF).

A la tribune, le directeur d’Emmaüs France, Thierry Kuhn, demande notamment l’abrogation du six cent vingt deuxième article du CESEDA ou encore la régularisation des travailleurs sans papiers ». « Si venir en aide aux étrangers est un délit alors nous sommes tous des délinquants », estime-t-il.

Pour la directrice du Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués (CIMADE), Geneviève Jacques, « on constate malheureusement une recrudescence de ces mouvements » de répression de militants et bénévoles et elle craint un « esprit état d’urgence qui amène des responsables politiques à se tromper de cible. Dans le monde dans lequel nous vivons, c’est au contraire la solidarité qui permet d’avoir de l’espoir », assure-t-elle.

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 19:50

 

http://www.revue-ballast.fr/jean-luc-melenchon-limmigration-entre-convictions

 

Jean-Luc Mélenchon et l’immigration entre convictions et ambiguïtés

 

Texte inédit pour le site de Ballast

 

Sur le fond comme sur la forme, Jean-Luc Mélenchon ne laisse personne indifférent et n’en finit pas d’alimenter, au fil de ses prises de position, les débats qui traversent le vaste camp de l’émancipation, espoir d’une présidentielle dissidente pour les uns, notable réformiste pour les autres, et chacun de s’accrocher sur la Syrie, le traité de Maastricht, Vladimir Poutine, la stratégie populiste, le foulard à l’école ou son fidèle soutien à François Mitterrand. Nous savons son verbe haut et son parcours, d’ancien sénateur socialiste au candidat autonome du mouvement de la France Insoumise, n’y revenons pas.

Cet article s’attarde sur l’évolution du discours de Jean-Luc Mélenchon en matière d’immigration, entre le Front De Gauche (FDG) de 2012 et l’actuelle campagne. Ces derniers mois, ce glissement lui valut, à gauche, de fortes critiques, qu’il rejeta, « une poignée de gauchistes et de gens malveillants ». Jusqu’où peut-on parler de changement dans son propos ? Quelles pourraient en être les conséquences politiques et électorales ? L’auteur du présent article apporte ses réponses.

 

Par Pablo Castaño Tierno

 

Le 13 avril 2012, à Marseille, devant une foule de plus de cent mille personnes, Jean-Luc Mélenchon soutient que le métissage est une chance pour la France et refuse absolument l’idée morbide et paranoïaque du choc des civilisations, provoquant les applaudissements enthousiastes du public.

Cette célébration de la diversité culturelle et de l’immigration figure dans le programme de l'humain d’abord, où l’on peut lire que la présence des immigrés en France n’est pas un problème, ou encore que l'immigration zéro est un mythe qui divise et affaiblit notre pays.

Quant à l’accueil des personnes réfugiées, le programme affirme que « nous respecterons scrupuleusement le droit d’asile qui sera déconnecté des politiques migratoires ». Cinq ans plus tard, dans le programme du mouvement de la France Insoumise, l'avenir en commun, le sujet de la migration n’est plus abordé depuis la perspective des droits et des problèmes soufferts par les migrants et réfugiés. La priorité consiste désormais à lutter contre les causes des migrations, titre de la section dédiée à la politique migratoire. Si le programme inclut l’amélioration des moyens civils de sauvetage en mer Méditerranée et le respect du droit d’asile, nous n'y trouvons plus de mesures précises pour le garantir, ni pour faciliter l’accès à un titre de séjour ou à la nationalité française. Pourtant, des propositions existaient dans le programme de 2012. Plus surprenant, le programme du mouvement de la France Insoumise n’inclut pas la fermeture des centres de rétention d’étrangers.

Ces derniers mois, certaines des interventions publiques de Jean-Luc Mélenchon sur ces questions ont soulevé, à gauche, de vives critiques. Commentant la décision du gouvernement allemand d’accueillir huit cent mille réfugiés en un an, le candidat du mouvement de la France Insoumise assure que « nous devons les accueillir pour la raison qu’il n’y a aucune autre solution rationnelle », mais il prend soin d’ajouter que « nous ne pouvons pas faire face à la situation avec de telles méthodes. Il faut donc dissuader les gens de partir en leur donnant des raisons de rester ». Au lieu de louer le fait que le gouvernement allemand accueille un grand nombre de réfugiés, Jean Luc Mélenchon estime donc que ce n’est pas la bonne méthode. Et tandis qu’il appelle à répartir les migrants de la jungle de Calais sur l’ensemble du territoire, qu’il qualifie comme étant « une charge qui devrait revenir à la patrie toute entière », Jean Luc Mélenchon plaide pour une régularisation des travailleurs sans-papiers en déclarant que « je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Est-ce que, s’il venait dix mille médecins s’installer en France, ce serait une chance, oui ». Deux mois après, le 15 novembre 2016, il se rétracte et concède avoir dit une bêtise.

Sur la question de l’islamophobie, cette fois-ci, le candidat écrit dans un tweet daté du 24 août 2016, « dans notre pays, nous avons persécuté les juifs, puis les protestants et aujourd’hui les musulmans. La solution, c’est la laïcité ». Il s’éloignera de cette ligne lorsque le journaliste Jean-Jacques Bourdin l’interrogera sur cette déclaration, lors de la polémique sur le burkini, en rétorquant aux pratiquants, « foutez-nous la paix avec vos histoires de religion ». Le tweet du 24 août 2016 est alors évincé au profit d’un discours résumant l’affaire du burkini à une histoire de religion, esquivant la question de la violation des libertés fondamentales et du racisme institutionnel. Le 5 juillet 2016, Jean-Luc Mélenchon lançait au parlement européen que « je crois que l’Europe qui a été construite, c’est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place ». D’après Libération, il regrettera ces mots en privé.

Mais le 9 octobre 2016, il confie au Grand Jury de Radio Télévision Luxembourg (RTL) que « plus un travailleur détaché n’entrera dans notre pays », s’il est élu, puis publie cette phrase sur son compte Twitter. Au lieu d’accuser les patrons qui pratiquent le dumping social via le travail détaché, le député européen use d’une rhétorique équivoque. Ces travailleurs semblent être coupables de la situation, alors qu’ils en sont les premières victimes. Du reste, ainsi que le souligne un syndicaliste bien au fait de la question du travail détaché, il s’avère surprenant d’entendre à ce point parler de cette forme de dumping social mais beaucoup moins de « la sous-traitance franco-française », ce contrat par lequel une entreprise demande à une autre de réaliser une partie de sa production, détériorant bien souvent les conditions de travail des salariés.

Nous pourrions accumuler les citations. La conclusion s’impose néanmoins. La position du candidat vis-à-vis de l’immigration est aujourd’hui bien plus ambiguë qu’en 2012. Jean Luc Mélenchon paraît volontiers sur la défensive, n’osant pas défier le discours dominant en matière de migration et de droit d’asile, imposé par l’extrême droite et relayé par les Républicains comme par toute une frange du Parti Socialiste. Ce changement, nous l’avons dit, lui valut de fortes critiques à gauche et certains des portes paroles du mouvement de la France Insoumise choisissent la stratégie de la réduction à l’absurde afin d’y répondre. Ainsi, Raquel Garrido a avancé « qu'on ne nous fera pas passer pour des racistes ». De même, un autre proche de Jean Luc Mélenchon dit que « ce monde devient fou, on tente de faire croire que nous sommes devenus racistes ». Jean-Luc Mélenchon a quant à lui attribué le harcèlement dont il souffre sur ces questions à une poignée de gauchistes et de gens malveillants. Ces déclarations suggèrent qu’il n’y aurait que deux positions possibles face aux positions de Jean-Luc Mélenchon, être entièrement d’accord ou le tenir pour raciste. La réduction à l’absurde, stratégie bien maladroite en vue d’esquiver la discussion, consiste ici à faire passer une critique légitime pour une insulte, tout en mettant au même niveau les adversaires politiques du mouvement de la France Insoumise et celles et ceux qui soutiennent, quoique de façon critique, sa candidature. Dans quelle mesure l’ambiguïté de l’ancien sénateur vis-à-vis de l’immigration constitue-t-elle à la fois une erreur politique et une erreur de stratégie électorale ?

Ces derniers mois, Jean-Luc Mélenchon a affirmé à plusieurs reprises le besoin de construire un populisme de gauche et il a reçu le soutien de Chantal Mouffe, théoricienne belge du populisme, aux côtés d’Ernesto Laclau. L’une des principales prémisses théoriques de la pensée de Chantal Mouffe et d'Ernesto Laclau est que le discours constitue la réalité sociale.

Cette notion peut paraître abstraite, mais elle opère d’une manière douloureusement concrète sur le terrain de la xénophobie et du racisme. Au Royaume-Uni, le débat public, durant la campagne du référendum sur le Brexit, s’est vu submerger par une parole ouvertement xénophobe. Les agressions, dont un meurtre, contre les étrangers et les minorités ethniques se sont multipliées, principalement dans les jours qui ont suivi la victoire du oui. Le même phénomène s’est produit aux États-Unis à la suite de l’élection de Donald Trump.

Dans les deux cas, les agressions homophobes et transphobes ont augmenté. Lorsque la haine se manifeste, ce sont toujours les mêmes groupes qui en sont les victimes.

En France, les agressions xénophobes et racistes, notamment islamophobes, sont en hausse. Lorsque Jean-Luc Mélenchon soutient sur Twitter que les musulmans sont persécutés en France, il devient le seul candidat présidentiel de premier plan à dénoncer ce grave problème. Mais en n’osant pas le répéter ni l’expliquer sur BFM Télévision, face à Jean-Jacques Bourdin, il laisse à nouveau tout l’espace du débat public à ceux qui nient la montée de l’islamophobie en France. L’idée que l’ambiguïté de Jean Luc Mélenchon soit un choix conscient a été avancée par Olivier Besancenot et ouvertement revendiquée par un cadre anonyme du mouvement de la France Insoumise, expliquant à un journaliste du Figaro « qu'il faut être réaliste. Si nous adoptons la même ligne que les formations d’extrême gauche sur l’immigration, dans le contexte actuel, nous sommes morts politiquement ». Depuis la publication du livre-programme de l'avenir en commun, il ne fait plus aucun doute qu’il s’agisse d’une stratégie consciente.

Semblable manque de courage, proposer un discours alternatif à ceux qui dominent sur ces sujets, n’est pas seulement une erreur politique et éthique, mais une erreur du strict point de vue électoral et pour plusieurs raisons. Il est inutile d’essayer de concurrencer les Républicains et le Front National sur leur terrain. Jean Luc Mélenchon n’est pas soupçonnable, à le lire ou l’écouter depuis des années, de racisme ni de xénophobie. Il paraît très improbable, dès lors, que des racistes convaincus s’en aillent voter pour lui. Le petit pourcentage d’électeurs pour lesquels l’immigration s’avère le principal problème de la France, onze pour cent, d’après un sondage du CEVIPOF, préférera toujours d’autres candidats, comme Marine Le Pen ou François Fillon.

Pourquoi tenter d’attirer à soi ces onze pour cent plutôt que de se concentrer sur le reste de l’électorat, pour qui l’immigration n’est que le troisième problème du pays, bien loin derrière le chômage et la sécurité ?

L’ambivalence de Jean-Luc Mélenchon comporte pour lui le risque de se mettre à dos nombre d’électeurs de gauche et constitue une arme précieuse pour ses opposants politiques et médiatiques, comme l’a démontré le scandale suite à ses propos sur les travailleurs détachés.

Il ne s’agit pas tant de s’offusquer de l’injustice des médias qui réagiraient davantage aux sorties de Jean Luc Mélenchon qu’à celles, clairement racistes, des autres candidats. La meilleure façon d’éviter le scandale serait de retrouver quelque clarté dans son message. Ce discours confus pourrait d’ailleurs poser un grave problème si Jean-Luc Mélenchon parvenait au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen. Que fera-t-il lorsque la candidate frontiste tempêtera sur les questions d’immigration et d’identité nationale ? S’il escompte mobiliser l’électorat sensible à son projet politique émancipateur, le candidat du mouvement de la France Insoumise aura besoin d’un discours diamétralement opposé à celui de Marine Le Pen.

Dimanche 5 Février 2017, en meeting à Lyon, Jean Luc Mélenchon s’est opposé de façon très nette au projet du Front National visant à restreindre l’accès des enfants d’étrangers à l’école publique.

Espérons que cette fermeté se prolonge dans la campagne présidentielle.

La position singulière qu’il occupe, sa popularité, sa base militante active et son bagage de candidat qui avait, en 2012, obtenu le score le plus élevé, dans la gauche critique, depuis de nombreuses années, devrait lui permettre de défier de façon nette le discours hégémonique sur l’immigration. Ce serait une irresponsabilité historique de ne pas le faire. Bernie Sanders et Jeremy Corbyn, leaders de la gauche radicale dans des pays également rongés par le rejet, les tensions communautaires et la discrimination, n’ont jamais tergiversé sur ces questions.

Pour preuve, lors de sa première déclaration suite à l’élection de Donald Trump, le sénateur démocrate a averti que « s'il entend mener des politiques racistes, sexistes, xénophobes et contre l’environnement, nous nous opposerons vigoureusement à lui ». De son côté, le leader du parti travailliste britannique a fait savoir que la réduction de l’immigration n’était pas un objectif à ses yeux, quand bien même cela constituait une obsession pour les conservateurs britanniques, qui plus est au lendemain du Brexit. Si l’argumentaire déployé par Jean-Luc Mélenchon en 2012 consistait à montrer qu’il était possible de revendiquer les notions de patrie ou de peuple tout en célébrant sans trembler l’immigration comme source de diversité culturelle et de richesses, ses positionnements actuels ne font que renforcer l’allergie que l’extrême gauche nourrit à l’endroit de tout récit national.

Au regard des forces en présence et du cadre fixé par l’élection présidentielle, la candidature du mouvement de la France Insoumise constitue pourtant, à l’heure qu’il est, la principale espérance pour 2017. Mais il est impossible de gagner le pouvoir politique sans entamer la bataille des idées, comme le théoricien marxiste italien Antonio Gramsci le soulignait, surtout depuis la porte grande ouverte par l’accession au pouvoir de Donald Trump. L’immigration et l’identité nationale se trouvent, déplorons-le, au centre du débat politique. Tout candidat qui entend construire une majorité politique doit afficher une position claire, ce qui ne signifie en rien qu’il faille en faire une priorité de campagne. Benoît Hamon, désormais concurrent sérieux de Jean-Luc Mélenchon, a affirmé que la France doit accueillir plus de migrants. Son programme revendique des mesures précises, notamment en termes de droit d’asile. Nous ne saurions imaginer que Jean Luc Mélenchon soit moins progressiste que le Parti Socialiste en la matière.

Pour tenir tête à la vague identitaire, il ne suffit pas d’en appeler au devoir humanitaire, sauver les victimes des naufrages, et expliquer les causes ultimes des migrations, comme Jean Luc Mélenchon le fait à chaque fois qu’on lui pose une question sur le sujet. Défier un discours implique surtout d’attaquer les idées sur lesquelles celui-ci se structure.

Rappeler, par exemple, que moins de neuf pour cent des résidents en France sont étrangers, qu’il est absurde d’accuser les étrangers de voler à la fois le travail des français et de profiter des allocations sociales, que la France accueille un nombre infime de réfugiés, un peu plus d'un pour dix mille habitants, ou que la migration constitue une contribution positive pour le système de protection social français. Si l’on est convaincu que le peuple français a cru les mensonges propagés par l’extrême droite sur l’immigration, cela ne vaut pas la peine de se présenter aux élections et le Front National et ses émules ont déjà gagné. Si, au contraire, on pense que les discours de haine peuvent être affrontés puis désarmés, Jean-Luc Mélenchon a dès lors la responsabilité historique de faire entendre une voix dissonante, plus franchement qu’il ne l’a fait jusqu’ici.

 

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 20:19

 

Audience d'appel pour le décret contre l’immigration de Donald Trump (Reuters)

 

L'administration de Donald Trump a demandé Mardi 7 Février 2017 à la cour d'appel de San Francisco de revenir sur le blocage du décret contre l’immigration du président américain interdisant l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays, mais le tribunal a mis son jugement en délibéré.

Les juges d'appel ont écouté pendant environ une heure les arguments de l'avocat du département de la justice et de ceux des états de Washington et du Minnesota, dont la plainte a débouché sur l'ordre de suspension temporaire de l'application du décret par un juge fédéral de Seattle.

Le tribunal, qui avait indiqué avant l'audience qu'il ne rendrait pas son jugement dans la foulée mais probablement cette semaine, a promis à l'issue de celle-ci de rendre son verdict dès que possible.

August Flentje, l'avocat du département de la justice, a fait valoir que Donald Trump n'avait pas outrepassé ses droits présidentiels en interdisant l'entrée de ressortissants de pays spécifiques.

« Le congrès a expressément autorisé le président à suspendre l'entrée de certaines catégories d'étrangers », a-t-il déclaré devant la cour d'appel.

« C'est ce que le président a fait ici », a-t-il poursuivi au début de l'audience, prévue pour durer une heure. Le décret signé le Vendredi 27 Janvier 2017 par Donald Trump ne viole donc pas la constitution, a plaidé August Flentje.

Le décret vise les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Yémen, le Soudan, la Somalie et la Libye, sans toutefois faire explicitement référence à leur religion, ce qui serait explicitement contraire à la constitution.

Donald Trump a présenté cette mesure temporaire de quatre vingt dix jours comme nécessaire pour assurer la sécurité des Etats-Unis, quand bien même l'immense majorité des personnes qui en ont fait les frais ne représentaient aucune menace.

« Je ne peux pas croire qu’il nous faille nous battre devant un tribunal pour assurer notre sécurité et pour assurer la sécurité de notre pays », a tempêté le président américain pendant une réception à la Maison Blanche, Mardi 7 Février 2017.

Les adversaires du décret estiment au contraire que le texte de loi n'apporte rien à la sécurité des Etats-Unis, en plus d'être discriminatoire.

D'anciens responsables des services de sécurité et des entreprises, en particulier les géants des technologies de l'information, se sont ainsi associés aux actions en justice intentées dans une dizaine d’états, dont celle qui a abouti à la suspension provisoire de l'application du décret.

C'est à la question de savoir si le juge fédéral de Seattle était habilité à prendre une telle décision que la cour d'appel de San Francisco est appelée à répondre et non au fond de l'affaire.

« Que les choses soient claires, ce qui est en jeu, c'est la décision temporaire d'appliquer ou non le décret du président, en attendant que l'affaire soit jugée sur le fond », a rappelé le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer.

Si l'appel du département de la justice n'aboutit pas, l'administration de Donald Trump devra se tourner vers la cour suprême pour tenter de faire appliquer à nouveau le décret controversé.

 

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 20:01

 

https://blogs.mediapart.fr/vincent-presumey/blog/050217/trump-premier-bilan

 

Donald Trump, premier bilan

 

Par Vincent Présumey

 

Dimanche 5 Février 2017

 

Après deux semaines de Donald Trump, quel est le premier bilan ? le fait dominant n'est pas la mise au pas de la société nord-américaine mais son ébullition et sa résistance.

A grands coups de grosse caisse, l'exécutif nord-américain déclare la guerre aux libertés démocratiques et civiles à l'échelle mondiale. Mais il le fait sur un mode tonitruant frisant le ridicule, exhibant sa propre crise désormais permanente.

Le décret contre les immigrés en provenance de six pays musulmans choisis, outre l'Iran, parmi les plus pauvres ou ceux dans lesquels guerre et répression font fuir les réfugiés, a été pris comme une déclaration de guerre par la jeunesse et de larges secteurs de la société nord-américaine. Parmi le flot désormais quotidien de décrets sous forme de tweets, Donald Trump vient aussi d'abolir les restrictions aux activités politiques menées ouvertement par des églises et des sectes religieuses. Et il préparerait, en relation avec le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, des attaques contre les syndicats et le droit de grève, au nom de la liberté du travail, c'est-à-dire de l'absence de liberté au travail.

La tension est ouverte avec le Mexique, la construction du mur étant annoncée, mais aussi avec la Chine dont Steve Bannon a déclaré Vendredi 3 Février 2017 que la guerre avec elle, en mer de Chine, aurait lieu dans cinq à dix ans, avec l'Iran accusé d'essais de missiles et ciblé par les mesures contre les immigrés et même avec l'Australie, Donald Trump ayant engueulé violemment au téléphone le premier ministre à propos de l'immigration.

Le cap sur l'affrontement est également donné par la décision de faire passer l'oléoduc du Dakota, provoquant le regroupement des indiens, des défenseurs de l'environnement et des vétérans, rejoints par la fille de Barack Obama, pour l'empêcher de passer.

Les premiers bruits sur les mesures contre les syndicats dévoilent la nature de tout ce ramdam. C'est une préparation d'artillerie, ce n'est pas encore l'affrontement direct et général, dont la cible sera la nation nord-américaine. Car l'affrontement direct et général visera la classe ouvrière américaine et c'est précisément pour cela que ce sont les libertés démocratiques et leurs garanties constitutionnelles qui sont attaquées, ou plus exactement insultées, désignées comme l'ennemi à abattre par une Maison Blanche en mode Folamour.

De larges secteurs du capital financier et de l'état, jusqu'aux sommets du parti républicain, crient casse-cou. Donald Trump, acculé par les scandales qui le hantent, malgré l'élimination ou l'arrestation des cadres du FSB liés à la révélation des informations à ce sujet, à Moscou, et confronté à une vague de manifestations sans précédent dans l'histoire des Etats-Unis dès son investiture, doit attaquer. Sans doute se le doit-il à lui-même pour son ego de petit boss médiocre qui n'a jamais eu que le pouvoir du capital qu'il représente, mais ceci est en l'occurrence secondaire. Il le doit parce que si, dans ces conditions, il n'attaquait pas, c'est l'exécutif nord-américain qui ne s'en remettrait pas. Wall Street et le capital financier sont d'accord avec Donald Trump sur ce point. Mais jusqu'où aller et ne risque-t-il pas la casse avant d'y être arrivé ?

Car le fait dominant n'est pas la mise au pas de la société nord-américaine mais son ébullition et sa résistance.

Dès le jour de l'investiture il y avait des millions de manifestants, cinq millions le lendemain, et depuis les manifestations se répètent dans tout le pays. Le décret contre les immigrés, appelé Muslim Ban par ses partisans et par ses adversaires, et à cet égard les français doivent comprendre que quel que soit l'équivoque entretenue autour du terme d'islamophobie en France, il s'agit bien là d'une campagne visant un groupe religieux, a été invalidé par le pouvoir judiciaire suite à une plainte de l'état de Washington, qui se fonde sur la discrimination religieuse, le texte du décret lui-même présentant l'interdiction d'entrée à des ressortissants de divers pays comme visant les terroristes islamistes radicaux, et l'accusant en outre de saper l'intérêt souverain des Etats-Unis à être un endroit accueillant pour les immigrés et les réfugiés. Environ soixante mille visas ont retrouvé leur validité.

Donald Trump a pondu un tweet annonçant que cette suspension judiciaire serait balayée, de dont il n'a pas les moyens constitutionnels, sauf à appeler un coup d'état de ses vœux et c'est bien ce qu'il fait.

Les services des douanes ont parfois tenté, comme à l'aéroport de Washington, d'en imposer l'application, sous les huées des manifestants.

Le décret sur les activités politiques des églises va lui aussi poser un problème constitutionnel par rapport au premier amendement de la constitution, interdisant l'établissement d'une religion, ce à quoi peut s'apparenter le projet de conférer des droits politiques aux églises. Et les plaintes pour conflit d'intérêt contre Donald Trump et sa camarilla s'accumulent.

Surtout, ce qui est ressenti partout est que Donald Trump ne gouverne pas vraiment. Il fait son numéro. Qui gouverne ? Steve Bannon est entré au conseil national de sécurité. Ancien de la Navy, de Goldman Sachs et d'Hollywood, accusé de violences conjugales, suprématiste blanc, admirateur du nazisme, grand manitou de la blogosphère complotiste, au cœur des passerelles idéologiques entre alt right et anti-impérialistes fans de Vladimir Poutine, c'est donc lui qui écrit les décrets et fait la partition. Il serait à l'origine de l'attaque menée au Yémen en même temps qu'était annoncée le décret, un fiasco criminel et sanglant. Combien de temps cela peut-il durer, se demande beaucoup de monde.

De fait de larges secteurs du patronat et de l'état souhaitent soit que Donald Trump s'en aille soit qu'il se calme et ils pensent que cela ne pourra pas durer. Crise au sommet et mouvement d'en bas se nourrissent maintenant mutuellement. Ceux d'en bas veulent de moins en moins continuer comme avant et ceux d'en haut ne peuvent plus ou pas encore gouverner. Dans cet interface monte le mouvement démocratique.

Car le mouvement de masse qui parcourt les Etats-Unis est démocratique. Il est même constitutionnel, en ce sens qu'il défend une série d'acquis codifiés dans la constitution. C'est un mouvement qui n'est par lui-même ni socialiste ni même radical. Il est liberal et c'est très bien ainsi, car il rassemble des couches croissantes de la population, tandis que personne n'a vu, ni ne verra, manifester les supposés et mythiques prolétaires blancs qui soutiennent Donald Trump, ce que l'on voit et que l'on verra, c'est la réaction habituelle, Tea Party, Ku Klux Klan, évangélistes et néo nazis. C'est sur le terrain de la bataille pour la démocratie et pour défendre la nation et la constitution nord-américaine contre l'offensive de l'exécutif que le regroupement s'opère. Les vrais radicaux et les vrais socialistes doivent y aller et à fond.

A partir de là deux questions se posent, qui font de plus en plus débat aux Etats-Unis. La première est celle du parti démocrate.

Chose extraordinaire, des jugements sont encore rendus qui confirment l'ampleur des trucages qui ont visé à garantir l'investiture d'Hillary Clinton, qui a fait élire Donald Trump. A San Diego en Californie, dixit le tribunal, ce n'était pas cinquante huit pour cent pour Hillary Clinton, mais cinquante huit pour cent pour Bernie Sanders, qui se situe pourtant à nouveau à l'extérieur du parti démocrate et qui appelle en même temps, comme Michael Moore et, cette fois-ci, le cœur des organisations noires traditionnelles, à une reconquête complète du parti démocrate pour en chasser l'oligarchie. Les groupes d'extrême-gauche ont repris le discours traditionnel rappelant, à juste titre, que le parti démocrate est un parti capitaliste irredressable et impossible à conquérir, ce qu'aurait démontré selon eux l'expérience de Bernie Sanders.

Mais ce disant, ils passent à côté de faits essentiels. L'expérience de Bernie Sanders a ouvert de nouvelles perspectives en secouant le parti démocrate contre son appareil et, à une échelle de masse, dans la jeunesse qui manifeste, la question d'un nouveau parti se pose dans les termes et sous la forme non d'un théorique parti révolutionnaire ou ouvrier à construire ex nihilo, mais d'un véritable parti démocrate.

Le caractère civique et même constitutionnel de l'affrontement qui monte contre Donald Trump met justement en exergue, comme l'avait fait la campagne de Bernie Sanders et dans son prolongement amplifié, à la fois la présence de forces puissantes à la base ou dans la sphère du parti démocrate qui veulent combattre et l'incapacité de ce parti à assurer un tel combat car il n'est pas fait pour cela. Hillary Clinton a disparu, à la différence de Barack Obama lui-même, soucieux de combler en partie le vide politique qui apparaît à la base démocrate.

Mais il ne s'agit plus à proprement parler de base démocrate. Le débordement qui avait commencé avec Bernie Sanders, amorcé par Occupy et par Black Lives Matter, s'amplifie.

Au lieu de claironner en rase campagne qu'il faut un vrai parti révolutionnaire en Amérique, ceux qui veulent réellement avancer dans cette direction feraient bien de tisser la toile du vrai parti démocratique, libéral, radical et même constitutionnel, dressé contre toutes les composantes de l'oligarchie capitaliste de Donald Trump à Hillary Clinton.

Le second débat porte sur les méthodes de lutte sociale et donc sur la place des syndicats.

Les chauffeurs de taxis de New York, qui ont fait avec ceux d'Uber une grève importante au mois de février, ont les premiers manié l'arme de la grève contre le Ban Muslim. A Philadelphie et à Comcast Corporation, premier cablo-opérateur américain, des débrayages massifs ont commencé contre ce même décret. C'est aussi cette poussée passant de façon naturelle de la lutte démocratique à la lutte sociale qui a conduit le juge de l'état de Washington à suspendre l'application du décret de Steve Bannon et de Donald Trump.

Adhérents et sections de base de l'American Federation of Labor Congress of Industrial Organisations (AFL CIO) sont depuis le début dans les manifestations, mais la direction de la centrale est silencieuse et son secrétaire Richard Trumka a été reçu par Donald Trump, ainsi que d'autres dirigeants de fédérations membres ou non de l'AFL CIO, et tous sont pour l'heure dans les starting blocks, soutenant la mise à mort des traités commerciaux multilatéraux, qu'ils réclamaient, ainsi que Bernie Sanders, mais qui ne conduit à aucun progrès pour la classe ouvrière sous l'égide de Donald Trump et de ses amis de Wall Street, car les vrais amis de Donald Trump sont à Wall Street.

Par le biais des mouvements à idéologie démocratique liberale et des féministes, la question de la grève contre Donald Trump est de plus en plus discutée dans tout le pays, avec des dates qui déjà sont proposées, du 8 mars 2017 au premier mai 2017. Cela ne veut pas dire que nous allons vers une grève générale maintenant aux Etats-Unis, mais cela veut dire que cette méthode, qui est par excellence celle des salariés, est en train d'être envisagée par de larges secteurs comme la méthode de défense des libertés civiles et des droits démocratiques, fait en lui-même d'une immense importance.

Mais c'est au niveau mondial que se pose, bien sûr, la question de Donald Trump. Theresa May a commencé à s'aligner, signifiant au peuple britannique que sa soi-disant indépendance acquise avec le Brexit sera la vassalité envers le gros cousin d'outre-Atlantique, ce que les écossais n'accepteront pas. Angela Merkel et François Hollande font la morale à Donald Trump ou laissent entendre qu'ils la font. Mais chacun voit très bien qu'ils n'ont ni la capacité ni la volonté de défendre autre chose qu'un statu quo qui s'effondre.

Mais le fait le plus important dans la situation internationale est l'attaque menée sur ordre russe dans le Donbass ukrainien contre Avdiivka, près de Donetzk, qui a reçu de nombreux missiles tirés depuis la zone sous contrôle russe, bien que cette ville soit elle-même occupée. Vladimir Poutine a-t-il fait un test ? En tout cas la résistance ukrainienne a été effective.

L'ambassadrice des Etats Unis à l'Organisation des Nations Unies (ONU) a alors fait savoir que les sanctions contre la Russie seraient maintenues tant que durerait l'annexion de la Crimée, ce qui contredit les discours de Donald Trump.

L'impérialisme nord-américain tend la main à Vladimir Poutine contre la Chine, il s'oppose au commerce extérieur allemand et il donne carte blanche à Vladimir Poutine en Syrie, mais il doit fixer les bornes en deçà desquelles il n'entend pas reculer. Reste qu'en Ukraine, l'immense majorité a compris qu'elle ne doit pas compter sur une aide occidentale.

La question de Donald Trump au niveau mondial place la gauche poutinienne soi-disant anti-impérialiste dans une posture équivoque, car sa vision du monde recoupe largement celle de Donald Trump et plus encore celle de Steve Bannon. Néo stalinisme et néo conservatisme s'accouplent, c'est un douteux spectacle, mais c'est une belle leçon.

Tant mieux, donc, puisque ceci doit accélérer les clarifications, y compris aux Etats-Unis même où les secteurs de soutien à Vladimir Poutine et à Bachar al Assad dans la gauche et l'extrême-gauche, façon Tulsie Gabbart, élue démocrate de Hawaï, anti-musulmane et récemment en visite chez Bachar al Assad comme agent officieux, ou Jill Stein, candidate écologiste aux dernières élections présidentielles, autant familière que Donald Trump des suites hôtelières moscovites, sont des obstacles qu'il faudra écarter pour construire un réel parti démocratique anticapitaliste.

La question de Donald Trump au niveau mondial souligne la double inanité des solutions capitalistes libre-échangistes et protectionnistes, qui ni l'une ni l'autre ne sauraient restaurer le taux général de profit. En Europe, l'Union Européenne et le Brexit sont les deux revers de cette médaille.

La rupture avec l'Union Européenne et les traités de la zone euro est nécessaire à une vraie démocratie, mais ce n'est pas une condition suffisante. Il faut maintenant mettre en discussion la défense d'une union libre des peuples souverains à l'échelle de tout le continent, contre l'Union Européenne, contre Donald Trump et contre Vladimir Poutine. D'une abstraction pour beaucoup, cette question va devenir un besoin concret. Non pas accompagner ou combattre la construction européenne, mais remettre en avant ce que le mouvement socialiste européen avait appelé, pendant la première guerre mondiale, la perspective des Etats-Unis socialistes d'Europe, sauf que cela ne peut pas être un état fédéral, en la reformulant et en la réactualisant.

La question de Donald Trump au niveau mondial soulève la nécessité d'arrêter les incendiaires qui entendent brûler, littéralement, notre atmosphère, d'abord par la bataille des oléoducs et des gaz de schiste en Amérique du Nord pour laquelle, soit dit en passant, l'adversaire se nomme Donald Trump, mais aussi Justin Trudeau.

Pour la survie et pour nos enfants, il faut arrêter les incendiaires criminels. La question de Donald Trump est celle, non de l'imminence, mais de l'urgence de la révolution démocratique et prolétarienne.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:55

 

http://www.actu.leparisien.fr/elections/presidentielle/affaires-fillon-qui-est-eliane-houlette-cette-procureur-sans-pitie-pour-les-cols-blancs-07-02-2017-6661254.php

 

Qui est Eliane Houlette, cette procureure sans pitié pour les cols blancs ?

 

Dans sa conférence de presse du Lundi 6 Février 2017, le candidat des Républicains au premier tour des élections présidentielles, François Fillon, a admis une erreur et il a souhaité un nouveau départ. Mais l'enquête judiciaire se poursuit.

Et si Éliane Houlette,la procureure du Parquet National Financier (PNF), tenait entre ses mains le sort de la prochaine élection présidentielle ? A soixante quatre ans, cette magistrate, mère de deux grands enfants, quasi inconnue du grand public, gère en direct l'affaire de François Fillon. Quelle que soit la décision qu'elle prendra, celle-ci sera commentée et sans aucun doute critiquée.

La magistrate le sait, mais s'en moque, convaincue de faire son travail et seulement son travail, comme elle a l'habitude de le répéter à ses interlocuteurs qui défilent dans son grand bureau d'angle donnant sur la rue des Italiens, dans les anciens locaux du Monde. Au mur, elle a d'ailleurs affiché une vieille une du quotidien du soir. « Elle a l'air frêle, mais c'est une femme forte. Vous ne négociez pas. Quand elle s'est fait un avis sur une procédure, vous ne lui en faites pas changer », commente un avocat, habitué du PNF.

Ce fut le cas pour l'emblématique affaire de Jérôme Cahuzac. Face à cette délinquance en col blanc qui « enrichit les uns, appauvrit les populations, creuse les inégalités et nourrit les frustrations, le ressentiment et la crispation, aucune tolérance ne peut plus être admise ». Le 14 septembre 2016, la chef du PNF requiert d'une voix douce trois ans de prison ferme contre Jérôme Cahuzac, ancien ministre du budget. Quelques mois plus tard, le tribunal suit ses réquisitions. C'est la première victoire du PNF, créé en 2014, justement après le scandale de Jérôme Cahuzac.

Juge des enfants puis spécialiste des affaires économiques et financières, elle fut la première à endosser les habits de procureur national financier. Son nom avait été suggéré par la garde des sceaux, Christiane Taubira, sans pour autant que la magistrate soit étiquetée politiquement, ni affiliée à un syndicat.

Eliane Houlette est aujourd'hui à la tête d'une task force de quatorze magistrats, traitant plus de quatre cent affaires, dont les plus sensibles du quinquennat de François Hollande, Wendel, Guy Wildenstein, Claude Guéant, Serge Dassault et maintenant François Fillon. « C'est une grosse bosseuse, qui se croit porteuse d'une mission », observe, laconique, un juge d'instruction. A peine installée, le premier février 2014, elle ouvrait une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence, qui a débouché sur les mises en examen de Nicolas Sarkozy.

Pas de quoi démentir le dicton qui veut que les affaires touchant un camp politique prospèrent plus rapidement quand son adversaire est au pouvoir et vice versa.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:37

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/07/la-prison-de-saidnaya-centre-d-extermination-du-regime-syrien_1546640

 

La prison de Saidnaya, centre d'extermination du régime syrien

 

Par Luc Mathieu

 

Mardi 7 Février 2017

 

La prison de Saidnaya, à trente kilomètres au nord de Damas, n’est pas seulement l’une des plus atroces de Syrie, là où tortures et mauvais traitements sont systématiques et institutionnalisés. C’est aussi un lieu de massacre organisé, un abattoir, selon un rapport d’Amnesty International publié Mardi 7 Février 2017. Entre cinq mille et treize mille prisonniers y ont été pendus entre le mois de septembre 2011 et le mois de décembre 2015.

« Il n’y a pas de raison de penser que les exécutions extra judiciaires aient cessé depuis », ajoute l’organisation. Les victimes sont dans la quasi-totalité des cas des civils opposés au régime. « La prison militaire de Saidnaya est un endroit où l'état syrien massacre en silence son propre peuple », note Amnesty International, qui a interviewé plus de quatre vingt personnes, dont des détenus libérés, des anciens gardes et des anciens juges.

La procédure débute par un simulacre de procès devant un tribunal militaire dans le quartier d'al Qaboun à Damas. Les prisonniers n’ont pas d’avocat. « Ils ne restent qu’une minute ou deux avant d’être renvoyés. Le juge demande le nom du détenu et s’il a commis le crime. Que la réponse soit oui ou non, il sera condamné. Ce tribunal n’a rien à voir avec un état de droit. Ce n’est pas un tribunal », a affirmé un ancien juge à Amnesty International. Les détenus repartent à Saidnaya dans des minibus ou à l'arrière de camions. Ceux qui ont été condamnés à mort ne le savent pas. Ils ne l’apprendront que quand ils seront face à la potence.

Le jour de la pendaison, des gardiens parcourent les couloirs de la prison, une liste de noms à la main, en début d'après-midi. Dans les cellules, ceux qui sont appelés s'agenouillent face au mur, mains sur les yeux. Ils sont extraits tour à tour, tee-shirt rabattu sur la tête. Les gardiens leur disent qu’ils vont être transférés dans des prisons civiles, le plus souvent à Adra, non loin de Damas, ou à Alep, dans le nord du pays. Ils sont en réalité amenés dans une cellule d’une quinzaine de mètres carrés au sous-sol. « Ils ont interdiction de s’asseoir. Ils doivent rester debout. Nous leur hurlons dessus. Et nous commençons à les battre. Quiconque passe peut les taper, jusqu’à ce que l’officier arrive. Nous savons qu’ils vont de toute façon mourir, nous faisons ce qu’on veut d’eux. Ils restent là jusqu’à l’aube », a expliqué un ancien gardien. Ils sont alors transférés dans un autre bâtiment de la prison.

Fosses communes près de Damas

La salle d’exécution a été agrandie au mois de juin 2012. Il y a en réalité deux pièces, l’une où dix personnes peuvent être pendues en même temps et l'autre où vingt personnes peuvent être pendues en même temps. Quand ils arrivent, les détenus signent de leur empreinte digitale leur avis de décès et se voient demander leurs dernières volontés. Ils ont les yeux bandés.

« Certains restaient silencieux après avoir posé leurs empreintes et d’autres s’évanouissaient. Mais ils ne savaient quand ils seraient exécutés ni comment, par pendaison, par balles ou d’une autre manière », a déclaré un ancien responsable de la prison.

Les prisonniers sont alors amenés sur une plateforme surélevée à un mètre du sol. Ils ont toujours les yeux bandés. Des gardiens leur passent la corde autour du coup. Dans la première pièce, une trappe bascule. Dans la seconde pièce, ils sont poussés dans le vide par un gardien. Ils restent pendus entre dix et quinze minutes. « Certains ne meurent pas parce qu’ils sont trop légers. Pour les jeunes, leur poids ne suffit pas à les tuer », a expliqué un ancien juge du tribunal militaire.

Un médecin est chargé de désigner ceux qui ne sont pas morts. « Des assistants de l’officier en charge tirent alors leurs corps vers le bas pour leur casser le cou », a déclaré l'ancien juge. Ces séances d’exécution se tiennent une à deux fois par semaine. Entre vingt et cinquante personnes sont tuées à chaque fois.

Les cadavres sont envoyés à l’hôpital militaire de Tishreen, à Damas, pour être répertoriés. Ils sont parfois placés dans des cercueils en bois. Quand il y a trop de corps et quand il n'y a pas assez de place dans le camion, ils sont simplement enveloppés dans un sac en plastique ou simplement laissés tels quels. Les cadavres sont ensuite enterrés dans des fosses communes situées sur des terrains appartenant à l’armée. D’après des témoignages recueillis par Amnesty International, mais que l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) n’a pu vérifier, n’ayant pas le droit de travailler en Syrie, les corps sont souvent emmenés à Najha, un village entre Damas et Sweida, ou Qatana, une petite ville dans la banlieue ouest de la capitale syrienne.

L'état syrien n’a bien sûr jamais reconnu cette politique d’extermination. Les procédures restent secrètes et elles sont connues seulement de ceux, gardes et responsables, qui sont directement impliqués. Mais les exécutions ont été autorisées par les plus hauts niveaux de l'état. Les condamnations à mort sont approuvées par le grand mufti de Syrie et soit par le ministre de la défense, soit par le chef d’état-major, qui agissent de la part du président Bachar al-Assad. Dans un rapport publié au mois de février 2016, l'Organisation des Nations Unies (ONU) avaient déjà accusé le gouvernement syrien d'exterminer des détenus, ce qui constitue un crime contre l’humanité.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:13

 

http://www.liberation.fr/france/2017/02/07/temoignage-de-theo-tirs-de-la-police-le-point-sur-la-situation-a-aulnay-sous-bois_1546865

 

Témoignage de Théo Luhaka et tirs de la police, le point sur la situation à Aulnay-sous-Bois

 

Des policiers ont fait des tirs de sommation à balles réelles dans la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, où des incidents ont éclaté pour la troisième nuit consécutive après l’interpellation Jeudi 2 Février 2017 d’un jeune homme gravement blessé à coups de matraque.

 

Que s’est-il passé ?

 

Un jeune homme de vingt deux ans a été gravement blessé à coups de matraque par des agents de police lors d’une opération de contrôle qui a fini en interpellation Jeudi 2 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Les faits se sont produits dans le quartier de la Rose-des-Vents, Jeudi 2 Février 2017 vers 17 heures.

« Lors de l’interpellation, très violente, deux policiers étaient en sécurisation, pendant que deux autres lui donnaient de nombreux coups », détaille une source proche du dossier à Libération. C’est à ce moment-là qu’un policier lui a causé une importante blessure à l’anus avec son arme. Les images de vidéo surveillance de la ville permettent de voir « nettement les violences et, à un moment, un coup de matraque télescopique, porté à l’horizontale, transperce le caleçon du jeune homme », d’après cette même source. Dimanche 5 Février 2017, l’un des quatre policiers a été mis en examen pour viol et les trois autres ont été mis en examen pour violences volontaires en réunion.

 

Le témoignage de Théo Luhaka, « j'ai cru que j’allais mourir »

 

BFM Télévision a recueilli Lundi 6 Février 2017 le témoignage de Théo Luhaka, le jeune homme grièvement blessé lors d’une interpellation policière à Aulnay-sous-Bois. Dans cet article, il raconte qu’il s’est débrouillé pour se placer dans le champ de caméras, sachant que les policiers seraient violents avec lui. Ce qui ne les a pas arrêtés, « il prend sa matraque et il me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement », raconte Théo Luhaka. Puis « ils m’ont mis des gaz lacrymogènes dans la tête et dans la bouche et un coup de matraque en pleine tête et moi j’avais tellement mal aux fesses que cette douleur-là semblait éphémère », raconte-t-il. « Je croyais que j’allais mourir et je marchais mais parce qu’ils me tenaient bien ». Il fait aussi état d’insultes.

 

Des tirs de la police pendant la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017

 

Confirmant une information de Taranis News, la préfecture de police, jointe par Libération, admet que des policiers ont fait des tirs de sommation à balles réelles dans la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, où des incidents ont éclaté pour la troisième nuit consécutive suite à l’interpellation de Théo Luhaka, Jeudi 2 Février 2017.

« Des policiers encerclés et acculés sans aucun autre moyen mis à leur disposition, comme une grenade de désencerclement, ont fait usage de leur arme en tirant en l’air », indique la préfecture, sans donner de détails sur le nombre de balles tirées et le nombre de tireurs. Elle assure qu’il n’y a pas eu de blessés et elle a indiqué que vingt six interpellations avaient eu lieu pendant la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017.

L’information avait déjà été confirmée sur France Info par un membre du syndicat de police Alliance, qui a expliqué Mardi 7 Février 2017 que « le quartier s’est littéralement embrasé. Certains collègues ont dû prendre leur pistolet automatique pour tirer en l’air devant la violence des attaques ».

Le photographe de Taranis News qui était sur place et qui a publié une photo de douilles ramassées à Aunay sous Bois précise à Libération que c’est un groupe d’habitants du quartier qui l’a alerté sur la question Mardi 7 Février 2017 entre 0 heure 10 et 0 heure 20 du matin.

Le maire des Républicains d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza, a apporté son soutien à la famille et il a demandé des explications sur la requalification des faits, le viol ayant un temps été écarté. A propos des incidents survenus dans la nuit du Lundi 6 Février au Mardi 7 Février 2017, il a ensuite insisté dans un communiqué que « nous n’en sommes pas au stade où il y aurait des émeutes ». Il explique surtout que « ces troubles font suite à la vive émotion ressentie par beaucoup d'habitants d'Aulnay sous Bois », compte tenu du fait qu’un jeune homme a été violé lors d’une interpellation policière. Il en appelle à nouveau à une réaction plus vigoureuse du ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux.

Resté silencieux depuis les faits, le gouvernement a enfin réagi Mardi 7 Février 2017 par la voix du premier ministre Bernard Cazeneuve. Il a plaidé pour la plus grande fermeté contre les forces de l’ordre qui se rendraient coupables de manquements graves, « je sais à quel point les policiers et les gendarmes sont exposés dans la lutte antiterroriste et aux violences, mais ils doivent être à chaque instant absolument exemplaires », a-t-il déclaré dans les couloirs de l'assemblée nationale.

François Hollande lui, a affirmé Mardi 7 Février 2017 que la justice protégeait les citoyens, « y compris lorsqu'un agent des forces de l’ordre est impliqué. La justice est garante des libertés et les citoyens doivent comprendre que c’est le juge qui les protège », a souligné le chef de l'état lors de l’inauguration d’un « service d’accueil unique du justiciable » au tribunal de Pontoise. Le président de la république s'est rendu Mardi 7 Février 2017 à l'hôpital, au chevet de Théo Luhaka. Il est resté une demie-heure avec lui et plusieurs membres de sa famille, indiquant qu’il entendait ainsi « souligner combien il avait réagi avec dignité et avec responsabilité après ce qui lui est arrivé ».

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 19:38

 

François Fillon dénonce une volonté de nuire du Canard Enchaîné (Reuters)

 

François Fillon a dénoncé Mardi 7 Février 2017 une volonté de nuire du Canard Enchaîné après la publication par l'hebdomadaire d'informations sur des indemnités s'élevant à quarante cinq mille euros qu'aurait perçues en deux fois l'épouse du candidat de la droite au premier tour des élections présidentielles.

Le vainqueur des élections primaires de la droite au mois de novembre 2016, déstabilisé depuis la fin du mois de janvier 2017 par des révélations de la presse en cascade, conteste les chiffres livrés par le Canard Enchaîné dans son édition du Mercredi 8 Février 2017.

« Seule la volonté de nuire peut expliquer cette présentation mensongère », écrit François Fillon dans un communiqué.

« Non seulement le Canard Enchaîné essaye de remettre en cause, à tort, le calcul du salaire net moyen de mon épouse, mais il commet de nombreuses erreurs dans l’analyse des informations figurant sur les bulletins de paye », ajoute le député de Paris.

Selon l'hebdomadaire, Pénélope Fillon a perçu seize mille euros au mois d’août 2002 après la fin de son contrat d'attachée parlementaire auprès de son époux, puis vingt neuf mille euros de primes au mois de novembre 2013 à la suite de la rupture d'un dernier contrat.

François Fillon affirme que ces sommes sont erronées, en particulier celles concernant les primes versées au mois de novembre 2013 qui, selon lui, s'élèvent en réalité à sept mille sept cent cinquante quatre euros « comprenant les congés payés ».

Par ailleurs, les montants dont fait état le Canard Enchaîné sont déjà inclus dans de précédents calculs, se défend-il.

Le Parquet National Financier (PNF) a ouvert le Mercredi 25 Janvier 2017 une enquête préliminaire pour faire la lumière sur les soupçons d'emplois fictifs de Pénélope Fillon, rémunérée pour des postes d'attachée parlementaire et de collaboratrice à la Revue des Deux Mondes.

 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 20:44

 

Troisième décès en une semaine dans le camp grec de Moria (Reuters)

 

Un migrant a été retrouvé mort Lundi 30 Janvier 2017 dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, le troisième décès inexpliqué en moins d'une semaine, ce qui préoccupe les responsables locaux et met en lumière les conditions de vie extrêmement difficiles dans les camps de réfugiés de la mer Egée.

L'homme était âgé d'une vingtaine d'années et sans doute originaire du Pakistan, a déclaré un officier de police. Un autre migrant, qui partageait sa tente, a été hospitalisé dans un état critique.

Deux autres décès sont survenus ces derniers jours dans le même camp de réfugiés. Un égyptien de vingt deux ans est mort le Mardi 24 Janvier 2017 et un syrien de quarante six ans est mort le Samedi 28 Janvier 2017.

Les deux hommes vivaient sous la même tente. Selon les médias grecs, ces deux premiers décès étaient dus à l'inhalation de fumées dégagées par un poêle, information que les autorités grecques n'ont pas commentée.

Environ quatre mille huit cent réfugiés et migrants vivent dans deux camps sur l'île de Lesbos, soit mille de plus que les capacités d'accueil. Les conditions de vie à Moria, une ancienne base militaire, se sont détériorées alors que ses occupants attendent depuis des mois une réponse à leurs demandes d'asile.

Au total, plus de soixante mille réfugiés et migrants, pour la plupart originaires de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan, sont bloqués en Grèce depuis le mois de mars 2016.

Le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et d'autres organisations internationales ont exhorté Athènes à améliorer les conditions de vie dans ces camps de réfugiés, qualifiées de déplorables par l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) Human Rights Watch.

Cité par l'agence Athens News Agency (ANA), le ministre grec de la politique migratoire, Yannis Mouzalas, a ordonné l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de ces décès et il a promis que des mesures seraient prises pour rendre la situation plus gérable dans les camps de réfugiés installés dans les îles de la mer Egée.

« Nous nous demandons combien il faudra de décès supplémentaires pour que notre gouvernement se réveille », a accusé Stavros Theodorakis, le dirigeant du parti centriste To Potami.

Du côté des ONG, Panos Navrozidis, directeur pour la Grèce de l'International Rescue Committee, a souligné que « ces décès gratuits ne pouvaient plus être tolérés ».

 

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