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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 18:05

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/03/dans-l-est-d-alep-on-ne-demande-rien-d-impossible-seulement-d-arreter-le-massacre_5042905_1618247.html

 

A Alep Est, « nous ne demandons rien d’impossible, seulement d’arrêter le massacre »

 

Brita Hagi Hassan, président du conseil local d'Alep Est, appelle à la mise en place de couloirs humanitaires sécurisés pour permettre à la population de fuir et éviter un génocide.

 

Interview de Brita Hagi Hassan par Hélène Sallon

 

L’étau se resserre sur Alep Est. Dans la deuxième ville syrienne, deux cent cinquante mille habitants sont pris au piège de l’offensive lancée par le régime du président, Bachar al Assad, avec le soutien de la Russie et des milices chiites armées par l’Iran, pour reconquérir ces zones tenues par la rebellion depuis 2012.

 

De passage en France, Brita Hagi Hassan, élu au mois de novembre 2015 président du conseil local d'Alep Est, une structure civile qui gère la fourniture des services publics dans les zones tenues par la rébellion, alerte sur la « catastrophe humanitaire » en cours et appelle à la mise en place de couloirs humanitaires sécurisés pour permettre à la population de fuir un « massacre orchestré et éviter un génocide ».

 

Hélène Sallon. Quelle est la situation à Alep-Est ?

 

Brita Hagi Hassan. La situation à Alep est catastrophique, plus que cela même. C’est le cent unième jour de siège pour deux cent cinquante mille personnes, victimes d’un massacre orchestré avec tous les moyens imaginables. Au mois de novembre 2016, il y a eu mille cinq cent cinquante bombardements, sept cent cinquante barils explosifs tirés par des hélicoptères, plusieurs milliers d’obus et le gaz chlore a été utilisé à cinq reprises. Aujourd’hui, les blessés ne peuvent plus être soignés car les hôpitaux ont été détruits. Les équipements publics ne fonctionnent plus car il n’y a plus d’électricité. Même les denrées de première nécessité ne seront bientôt plus fournies. Les déplacements sont devenus impossibles. Chacun attend la mort.

Le régime syrien mène une politique de la terre brûlée pour obliger Alep Est à se rendre. Nous avons alerté à plusieurs reprises sur la catastrophe humanitaire. Tout le monde regarde, personne ne bouge. Le terrorisme de ce régime dépasse l’entendement. Ils disent combattre le terrorisme à Alep-Est mais ils ne bombardent que des civils. La seule partie qui combat l'Etat Islamique est l’Armée Syrienne Libre (ASL). Le régime a commis deux massacres au cours des derniers jours qui ont fait quarante cinq morts et vingt cinq morts parmi les civils. Au mois de novembre 2016, sept cent quatre vingt dix personnes sont mortes, dont cent dix huit enfants et soixante et onze femmes.

Cette politique de la terre brûlée à permis au régime de reprendre un certain nombre de quartiers où il restait peu d’habitants. Parmi ceux qui sont restés, les hommes entre dix huit et quarante ans ont été arrêtés et certains ont été enrôlés par l’armée. S’il y a le moindre soupçon que la personne a fait de la protection civile, elle est arrêtée ou son compte est réglé. Des camps ont été créés pour y mettre les femmes et les enfants.

 

Hélène Sallon. Le sort d’Alep Est est-il désormais scellé ?

 

Brita Hagi Hassan. Nous pouvons dire que c’est fini. Le cas d’Alep se résume aujourd’hui à secourir une ville qui a été presque entièrement détruite, je ne sais pas s’il existe une ville qui a été autant détruite dans l’histoire, et à sauver deux cent cinquante mille habitants qui sont menacés de génocide. Mais, le régime peut occuper Alep, la révolution continue. La révolution est une idée qui ne mourra pas. Quelle que soit la répression qu’opposera le régime, le peuple finira par vaincre. Quelle que soit l’injustice, la révolution triomphera.

L’expérience des conseils locaux continue dans toute la Syrie. Ils ont permis à la population de résister en lui donnant les ressources et les infrastructures pour le faire. C’est pour cela que le régime et la Russie bombardent les infrastructures de la société civile. Ces conseils locaux sont la plus grande menace pour le régime. Ils ont la légitimité de l’élection qu’il n’a pas.

 

Hélène Sallon. La Russie a à nouveau mis Mercredi 30 Novembre 2016 son veto à une résolution du conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) demandant l’arrêt des bombardements à Alep Est, pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire et l’instauration de « couloirs » pour l’évacuation des deux cent cinquante mille civils assiégés dans cette zone. Face à cette impasse au conseil de sécurité de l'ONU, avez-vous encore l’espoir qu’une solution diplomatique soit trouvée pour secourir la population d’Alep ?

 

Brita Hagi Hassan. La communauté internationale continue de regarder sans rien faire. Où sont les droits de l’homme ? Qu’est-ce que ce droit international qui s’est transformé en droit de tuer et de massacrer ? Qu’est-ce que ce conseil de sécurité de l'ONU constamment paralysé par le veto russe ? La communauté internationale a même échoué à apporter un minimum d’aide et de secours à la population d'Alep Est. Même en ce qui concerne notre appel à l’ouverture d’un couloir humanitaire pour permettre aux habitants de fuir et faire entrer de l’aide humanitaire.

Aujourd’hui, notre dernier espoir est dans une solution hors du conseil de sécurité de l'ONU. L’Union Européenne peut et doit jouer un rôle. Elle reste trop en retrait derrière les Etats-Unis et la Russie. C’est une puissance économique qui doit prendre tout son rôle. Elle a, par le passé, pris des mesures qui ont eu des effets, comme les sanctions contre la Russie. Elle peut aussi prendre l’initiative d’envoyer de l’aide par les airs. Si la volonté existe, c’est possible. L’Union Européenne a intérêt à le faire car elle est directement touchée par l’arrivée des migrants syriens.

Nous ne voulons pas que les peuples et les états interviennent militairement ou même arment les rebelles. Nous demandons seulement qu’une réponse humanitaire soit apportée. Les massacres perpétrés par le régime syrien contre la population civile ne font qu’amplifier le terrorisme. Nous avons déjà eu cinq cent mille morts en Syrie. Qui veut prendre la responsabilité d’un nouveau génocide de deux cent cinquante mille personnes ? Nous ne demandons rien d’impossible, seulement d’arrêter le massacre.

 

Hélène Sallon. La Russie a proposé Jeudi Premier Décembre 2016 l’ouverture de quatre couloirs sécurisés pour l’évacuation des civils. Que pensez-vous de cette proposition ?

 

Brita Hagi Hassan. Les quatre couloirs humanitaires proposés par la Russie visent essentiellement à diriger la population vers les zones contrôlées par le régime. Les habitants ne veulent pas y aller, car ils n’ont aucune confiance et craignent d’être arrêtés ou liquidés. Comment voulez-vous que celui qui tire et assiège la population inspire confiance ? Ce régime criminel a perdu toute sa légitimité. La Russie ne fait que louvoyer et continue à soutenir le régime. Les russes eux-mêmes prétendent que ceux qui fuient font partie de l’ASL ou d’autres groupes armés. C’est de la propagande.

C’est pour cela que nous insistons sur des couloirs humanitaires placés sous l’égide de l'ONU ou d’un organisme indépendant, qui offrent la liberté aux civils d’aller où ils le désirent. Ceux qui veulent aller vers les zones tenues par le régime seront libres de le faire. Nous demandons également que de l’aide entre, ce que le régime refuse toujours.

 

Hélène Sallon. Certains groupes rebelles ont été accusés d’empêcher des civils de fuir Alep. L’émissaire spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, a fait mention de quelques cas. Qu’en est-il ?

 

Brita Hagi Hassan. Aucun groupe rebelle n’a empêché des civils de sortir. Cinquante mille habitants ont même pu aller de l’autre côté, dans les zones tenues par le régime.

 

Hélène Sallon. Le régime syrien et la Russie justifient leur offensive par la lutte contre le terrorisme, arguant notamment de la présence des combattants djihadistes du Front Fatah al Cham, ancien Front al Nosra, lié à al Qaida, parmi la rébellion à Alep-Est…

 

Brita Hagi Hassan. Cette présence est très minime et n’a aucun impact. Ils ne sont pas plus de deux cent à trois cent personnes, le plus gros des combattants appartient à l’ASL. Staffan de Mistura a avancé le chiffre de neuf cent combattants de Fatah al Cham. Quand bien même ils seraient neuf cent, cela justifie-t-il de liquider deux cent cinquante mille personnes pour neuf cent combattants ?

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 17:36

 

La Russie veut aboutir à un retrait total des rebelles d'Alep (Reuters)

 

La Russie s'est dit prête Samedi 3 Décembre 2016 à discuter avec les Etats-Unis d'un retrait de la totalité des rebelles syriens de la partie est d'Alep où l'armée syrienne soutenue par la Russie et ses alliés continue de gagner du terrain.

Malgré les bombardements intenses, les commandants rebelles ont décidé de continuer le combat, a déclaré un responsable d'un groupe d'insurgés présents à Alep. Il a accusé Moscou de revenir sur les points arrêtés lors de discussions en Turquie qui auraient débouché sur un arrêt des combats.

La Russie a reconnu qu'il y avait des contacts avec les rebelles mais n'a pas donné de précisions sur les discussions qui ont lieu en Turquie.

« Les factions disent qu’elles ne se rendront pas », a déclaré Zakaria Malahifdji, chef du bureau politique du groupe Fastakim basé à Alep, contacté en Turquie.

Alep-Est pourrait tomber aux mains du gouvernement d'ici la fin de l'année, a laissé entendre l'émissaire spécial de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui s'exprimait lors d'une conférence à Rome. Il a dit espérer qu'une formule soit trouvée pour éviter « une terrible bataille qui se terminerait le 25 décembre 2016 ou le premier janvier 2017 ».

Soutenue par l'armée de l'air russe et des milices chiites venues d'Iran, d'Irak et du Liban, le régime du président syrien Bachar al Assad s'est peu à peu rapproché d'Alep-Est ces derniers mois. La dernière phase de cette offensive a privé les rebelles de plus de la moitié du territoire qu'ils occupaient.

Selon l’ONU, près de trente mille personnes ont été déplacées par les derniers combats, dont dix huit mille personnes se sont réfugiées vers les secteurs tenus par le gouvernement et huit mille cinq cent personnes vers le quartier de Cheikh Maksoud contrôlé par les kurdes.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se trouveraient encore à Alep-Est. Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), une Organisation Non Gouvernementale (ONG) qui tient la chronique du conflit, deux cent mille personnes pourraient se trouver encore en secteur rebelle. Staffan de Mistura a parlé de cent mille personnes.

Selon la Russie, dont l'intervention de l'armée de l'air il y a quinze mois en Syrie a constitué un tournant dans la guerre qui dure depuis 2011, a évoqué une « normalisation de la vie » à Alep-Est après le retrait de tous les rebelles.

« Nous sommes immédiatement prêts à envoyer des experts militaires et des diplomates à Genève dans le but de nous mettre d'accord avec nos collègues américains sur des actions mutuelles pour assurer le retrait de tous les rebelles sans exception d'Alep-Est », a déclaré le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Les Etats-Unis, qui soutiennent certains des groupes d'insurgés en lutte contre Bachar al Assad, et notamment ceux de l'Armée Syrienne Libre (ASL) qui combattent dans le secteur d'Alep, n'ont pas réagi dans l'immédiat.

En position de faiblesse, les rebelles ont accepté de discuter avec des émissaires russes. Il y aurait eu un accord sur le départ de tous les djihadistes d'Alep mais, pour Zakaria Malahifdji, les propos de Sergueï Lavrov ont tout annulé et les réunions en Turquie sont pratiquement à l'arrêt.

« Les commandants militaires à Alep ont dit qu’ils ne quitteront pas la ville. Il n'y a pas de problème pour des couloirs permettant aux civils de partir, mais nous ne quitterons pas la ville », a-t-il dit.

Selon l'OSDH, l'armée et les milices qui lui prêtent main forte se sont emparées Vendredi 2 Décembre 2016 du quartier de Tarik al Bab. Des combats intenses ont lieu à Aziza où les rebelles tentent de repousser l'avancée des forces gouvernementales.

Sept colonnes de fumée étaient visibles Samedi 3 Décembre 2016 dans les secteurs de la ville tenus par les rebelles tandis que des avions survolaient la grande ville du nord de la Syrie, selon un journaliste de Reuters présent dans la partie occidentale.

Dans le quartier d’al Chaer d'Alep-Est, un raid aérien a fait au moins trois morts, ajoute l'OSDH. La défense civile d'Alep-Est fait quant à elle état de six tués et ajoute qu'un groupe de déplacés a été pris pour cible. L'armée syrienne nie s'en prendre à des civils.

Le gouvernement syrien a conclu plusieurs accords locaux avec les rebelles des secteurs assiégés par lesquels il leur a été accordé une évacuation sécurisée vers Idlib, province du nord-ouest de la Syrie qui se trouve aux mains des insurgés.

Selon certains analystes, les rebelles d'Alep-Est seront peut-être contraints d'accepter un accord de ce genre.

Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui était elle aussi à Rome, s'est dite convaincue que la chute d'Alep ne mettrait pas fin à la guerre.

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 16:58

 

http://www.partidegauche80.canalblog.com/archives/2016/12/02/34638292.html

 

La France Insoumise de Jean Luc Mélenchon désigne ses candidats dans les cinq circonscriptions du département de la Somme

 

Mercredi 30 Novembre 2016, c’est une centaine de militants insoumis qui se sont rassemblés simultanément à Amiens et à Roye, dans des salles bondées, afin de désigner les candidats aux élections législatives du mois de juin 2017.

A Amiens, de nombreux militants du Parti de Gauche, de la Nouvelle Gauche Socialiste (NGS), d’Ensemble, des communistes et des écologistes insoumis, d’anciens responsables du Parti Socialiste et bien entendu des citoyens non cartés ayant rejoint le mouvement large de la France Insoumise se sont réunis.

François Ruffin quitte l'assemblée, refusant de signer la charte de la France Insoumise

Parmi ces militants, il y avait la présence remarquée de François Ruffin, qui a réitéré son souhait de rassemblement, tout en refusant de signer la charte des candidats, condition sine qua non pour pouvoir candidater.

Les règles portées à la connaissance de l'assemblée générale et le contenu de la charte, lue collectivement, ont permis de poursuivre la réunion avec les militants engagés dans le mouvement de la France Insoumise, François Ruffin préférant quitter l'assemblée générale, avec une douzaine de personnes. Les assemblées générales ont pu se poursuivre avec environ quatre vingt personnes présentes.

Elles ont ainsi permis de désigner un vivier de candidats pour la première, la deuxième, la troisième et la cinquième circonscription.

Il a été rappelé que la date limite afin de déposer sa candidature sur la plateforme informatique www.jlm2017.fr était fixée au Vendredi 9 Décembre 2016. Déjà, plusieurs candidatures sont à ce jour enregistrées, notamment pour la première et la deuxième circonscription, plus de dix candidats, la quatrième circonscription ayant depuis également reçu des candidatures.

Il est à regretter qu’un article du quotidien le Monde, visiblement mal informé ou l’ayant été par des personnes peu au fait des règles et/ou préférant l’intrigue à la Respublica, ait retranscrit, dans son édition du 3 décembre 2016, des informations fausses.

Nous vous rappelons ici le prochain rendez-vous de campagne à Amiens, Mercredi 7 Décembre 2016, en présence de l’ancien député européen Liem Hoang Ngoc, coordinateur de NGS et soutien national des campagnes présidentielles et législatives de la France Insoumise aux côtés de Jean-Luc Mélenchon.

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 20:44

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article178&var_hasard=543693821583f2ac2c2403

 

Réunion débat contre la persistance de la lecture stalinienne de l'histoire

Samedi 10 Décembre 2016 à 14 heures 30

Librairie de l'EDMP

8 impasse Crozatier 75 012 Paris Métro Gare de Lyon

Introduction au débat par François Pallarés Aran

La révolution espagnole et la signification du 19 juillet 1936 comme explosion de l'état et constitution de comités-gouvernements assumant tous les pouvoirs de la société dans les campagnes et dans les villes.

L’évolution dans l’imposture de la lecture de l’histoire avec la chape de plomb stalinienne dans les médias, les universités et l'intelligentsia, pendant des décennies, imposant un romantisme fallacieux, la non-intervention défendue aussi par Joseph Staline, on l’oublie, les brigades Internationales, les militants envoyés à la boucherie, les combattants juifs, surtout polonais, chair à canon et otages de la politique du Komintern, particulièrement ceux venant de Palestine, l’escroquerie de la livraison d’armes et les batailles de Teruel et de l’Ebre, en réalité, préparant le pacte germano-soviétique. En gros, la vision imposée par les staliniens particulièrement en France, en Italie et en Espagne, de la guerre civile, avec les pitreries d’André Malraux et d’Ernest Hemingway.

Pour synthétiser, comment on est passé d’une lecture de l’histoire sous le prisme de l’Espoir ou de Mourir à Madrid jusqu’à la révélation pour certains de Land and Freedom.

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 18:34

 

MANDAT UNIQUE DE CINQ ANS

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message du Monde relatif aux derniers mois de la présidence de François Hollande.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site internet du Monde à l’adresse ci dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/12/02/et-hollande-renonca-a-se-representer_5042285_4854003.html

 

ET FRANCOIS HOLLANDE RENONCA A SE REPRESENTER

 

Par Raphaëlle Bacqué, Bastien Bonnefous et Ariane Chemin

 

Le président de la république est en avance. Jeudi Premier Décembre 2016, la salle des fêtes de l’Elysée regorge d’invités et, fait inhabituel, François Hollande est arrivé quinze minutes avant l’horaire prévu, à 17 heures 45, pour décorer de la Légion d'Honneur six personnalités qui patientent déjà.

Depuis le matin, son agenda était resté étrangement vide. Une célébration en l’honneur des médaillés des jeux olympiques et paralympiques de Rio de Janeiro, à 11 heures, et puis plus rien jusqu’à cette cérémonie, sous les tentures rouge et or.

A peine a-t-on noté qu’il flotte, dans ce vaste salon illuminé, comme un petit air de nostalgie, un vague souvenir de moments d’insouciance et un bref retour aux sources. A côté de l’ancien patron Bernard Attali et de l'ancien ministre socialiste Thierry Repentin, qui attendent leur médaille, se tiennent deux hommes qui ont accompagné les premiers pas de François Hollande à l’Elysée, quatre ans et demi plus tôt.

Le premier est photographe, c’est Raymond Depardon. Il est l’auteur du cliché officiel du président, celui qui orne toutes les mairies de France, curieuse image d’un chef de l'état un peu raide, dans l’ombre projetée de son palais, au loin. Le second retrouve ce soir sa maison, c’est l’ancien secrétaire général de l’Elysée, Pierre-René Lemas, qui, au lendemain de l’élection présidentielle de 2012, avait quitté le Sénat pour rejoindre un chef de l'état novice. François Hollande plaisante en retraçant la carrière de son camarade de promotion de l’Ecole Nationale d'Administration (ENA) au fil des changements de majorité, « je parle du passé, bien sûr, il n’y aura pas d’alternance à venir ».

Le président de la république salue les familles et les amis, mais il ne s’attarde pas. Lorsque la communicante Marie-France Lavarini, fidèle d’entre les fidèles, l’une des rares à continuer à pousser sa candidature, veut l’interroger, il pose une main sur son bras et met un doigt sur sa bouche, pour décourager toute question.

Personne dans la petite assemblée ne se doute que, une heure plus tard, le chef de l'état va s’adresser aux français. Seul le cercle étroit de ses plus proches amis, le secrétaire général Jean-Pierre Jouyet et son conseiller en communication Gaspard Gantzer, a été prévenu en fin de matinée par le chef de l'état. Il annoncera le soir même à la télévision sa décision, se représenter à la présidence de la république, ou renoncer à un second mandat.

Le studio qui sert habituellement de décor aux comptes rendus du conseil des ministres, de l’autre côté de l’aile est du palais, a été réservé pour un direct à 20 heures. Gaspard Gantzer a reçu pour consigne de ne rien laisser filtrer. Mais il n’a pas eu besoin de mots pour que le reste du cabinet comprenne, le président lancerait-il sa candidature dans ce décor à la fois si solennel et si froid ?

Depuis des semaines, le sujet a été si rebattu, dans le secret des bureaux et des couloirs du palais, qu’il a fini par lasser. Les indices semés semblent conforter la thèse d’une prochaine entrée en campagne. Le président a ainsi laissé son ami Julien Dray organiser, Mardi 29 Novembre 2016, à la Bellevilloise, dans le vingtième arrondissement de Paris, une soirée de mobilisation de la société civile en sa faveur. Cinq jours plus tôt, devant les journalistes de l'Observateur, il a détaillé l’une des mesures phares de son prochain programme présidentiel, le patrimoine universel pour tous, plus égalitaire qu’un revenu universel.

De suppositions contradictoires en conjectures, personne ne sait plus quoi penser. Chaque fois qu’ils viennent rendre visite à François Hollande dans son bureau, Julien Dray ou le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, ressortent gonflés à bloc, persuadés que le président est déterminé à repartir à la bataille.

Chaque fois qu’elle dîne avec son ancien compagnon, Ségolène Royal déroule son argumentaire pour le persuader de renoncer. Une défaite à l’élection primaire le laisserait humilié, dit-elle.

Depuis l’été, à chacune de ses visites, elle plaide et plaide encore et quitte toujours le président convaincue qu’il n’ira pas.

Plusieurs vieux amis sont favorables à une nouvelle candidature. L’avocat Jean-Pierre Mignard conseille de renoncer ou de passer en force, sans se plier à l'élection primaire. Mais les quatre enfants du président, et notamment Thomas Hollande, sont résolument contre. Ils refusent de voir leur père se lancer dans une bataille perdue d’avance.

François Hollande paraît lui-même traversé par ce dilemme. Un jour, avec l’ancien ministre François Rebsamen, il a passé en revue tous les risques d’une nouvelle candidature et la liste était si longue qu’elle paraissait rédhibitoire. Mais lorsque le secrétaire général de l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, a confié un soir qu’il faudrait peut-être laisser une nouvelle génération partir au combat, le chef de l'état a sursauté comme sous la morsure de la trahison.

Les derniers mois ont pourtant été un calvaire, une longue désillusion et un divorce peu à peu éclatant et irréversible entre le président et l’opinion, le président et ses anciens alliés et le président et son premier ministre. Depuis le 29 août 2016, lors d’un meeting organisé par les hollandais pour lancer la nouvelle candidature présidentielle, à Colomiers, Manuel Valls donne d’inquiétants signes d’indépendance. Il s’y proclamait « premier ministre et libre, premier ministre mais libre ».

Depuis, le doute s’est insinué comme un poison dans l’esprit des proches de François Hollande, se pourrait-il que Manuel Valls ne soit pas loyal ?

Ce caillou n’a été que le premier sur le chemin semé d’embûches du président. Le lendemain, 30 août 2016, Emmanuel Macron démissionne. Le ministre de l’économie était le plus populaire du gouvernement, la figure moderne sur laquelle François Hollande comptait pour ramener vers lui des voix centristes. Son départ devient le signe d’un aveuglement du chef de l'état et un aveu d’irrémédiable faiblesse.

Même dans l’entourage du président, d’aussi fervents supporters que le communicant Robert Zarader, qui passait chaque samedi à l’Elysée, ou Philippe Grangeon, le directeur de la communication de Cap Gémini, paraissent désormais séduits par le jeune candidat.

Mais tout bascule vraiment le 13 octobre 2016. Ce jour-là, François Hollande fait la une de l'Observateur. « Je suis prêt », lâche-t-il en couverture de l’hebdomadaire. L’interview ressemble à une longue profession de foi en prévision des élections présidentielles.

Curieusement, pas une question sur le livre publié le même jour par deux journalistes du Monde et dont les bonnes feuilles sont parues dans le Parisien et dans l'Express. « Un président ne devrait pas dire cela », gronde le titre de l’ouvrage de Gérard Davet et de Fabrice Lhomme, comme un reproche à un enfant pris en faute.

Envolé au Canada, Manuel Valls lit le livre d’une traite dans l’avion qui le ramène à Paris. Il est choqué par les confessions sans tamis de François Hollande, une manière qu’il considère comme une rupture avec l’exercice du pouvoir.

« Je suis d’accord pour qu’un président soit transparent, mais mettre le haut-parleur devant des journalistes pendant des conversations avec des chefs d'état étrangers ou avec des responsables politiques, pour moi, cela ne passe pas », explique-t-il quelques jours plus tard.

Le 18 octobre 2016, le dîner traditionnel de la majorité à l’Elysée autour du chef de l'état laisse exploser les rancœurs. Furieux des propos tenus par François Hollande et rapportés par les journalistes dans leur livre, le président évoque la colère de Claude Bartolone contre l’enquête d’une juge sur un soupçon d’emploi fictif le concernant, le président de l'assemblée nationale se fait porter pâle.

Mais le ton monte entre les autres convives. La publicité faite autour du livre de Gérard Davet et de Fabrice Lhomme est dévastatrice. Rue de Solférino, le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a reçu des appels indignés d’une bonne partie des fédérations socialistes. « Tu as encore beaucoup d’autres surprises de ce genre », interroge Jean Christophe Cambadélis devant un chef de l'état qui fait l’étonné. Manuel Valls explose lui aussi, « arrête, personne autour de cette table ne t’a jamais fait défaut. Et que je sache, ce n’est pas nous qui avons écrit ce livre ».

L’Elysée s’attelle à déminer l’affaire. On explique que les phrases polémiques ont été sorties de leur contexte. « Quand on a connu ici le 7 janvier 2015 et le 13 novembre 2015, Charlie Hebdo et le Bataclan, les livres et les articles, cela nous passe au-dessus du cigare ». Les plus hollandais vont même jusqu’à expliquer que, au fond, ces confessions, pour qui se donne la peine de les lire, plaident pour le chef de l'état.

« J’ai lu le livre, je l’ai trouvé super », lâche Julien Dray. « C’est un formidable exercice de transparence politique et démocratique ».

A l’Assemblée Nationale, au Parti Socialiste et au gouvernement, la colère continue pourtant de gronder. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, est furieux qu’on puisse laisser des journalistes entendre les conversations téléphoniques qu’il tient avec le chef de l’état. Le ministre de la défense, Jean-Yves le Drian, qui découvre la mise au jour dans le Monde d’un projet de frappes aériennes en Syrie, n’en revient pas. Une enquête judiciaire a d’ailleurs été ouverte, depuis, à la suite de cette révélation. Déjà faible, la cote de popularité du président plonge à des niveaux inégalés dans les sondages.

La défiance gagne tous les camps. Le 20 octobre 2016, un appel, dont les initiateurs restent dans l’ombre, demandant à François Hollande de renoncer à une candidature aux élections présidentielles circule parmi les parlementaires socialistes. « C’est l’honneur d’un président de la république de mettre fin au suspense qui paralyse et glace le système et d’annoncer qu’il renonce à porter les couleurs de sa famille politique à la présidentielle », lit-on.

Quand les hollandais en entendent parler, ils soupçonnent aussitôt Manuel Valls d’être derrière. Ce dernier dément, mais aucun des proches du président ne le croit. Même le ministre Stéphane Le Foll, qui, jusqu’à présent, avait toujours jugé le premier ministre « loyal et correct », s’inquiète. Déchéance, loi travail, polémique sur le burkini et intransigeance sur le projet d’aéroport controversé à Notre-Dame-des-Landes, les lieutenants du chef de l’état accusent le premier ministre de l’avoir coupé d’une partie de la gauche avec ses rodomontades sécuritaires.

Le livre des deux journalistes vient cristalliser les passions et alimenter de sidérantes polémiques. « Manuel Valls aussi a participé à la rédaction du livre, il a reçu les journalistes chez lui, dans son appartement du onzième arrondissement de Paris », accuse-t-on du côté de François Hollande. Le nombre de pages où le premier ministre a la parole à leurs yeux en atteste, « Il y a dix neuf pages ».

L’avocat Jean-Pierre Mignard, qui, quelques mois auparavant, tressait des couronnes à Manuel Valls et lui avait demandé de préfacer son dernier livre sur Robert Kennedy, ne veut plus entendre parler du chef du gouvernement. La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, bat froid Matignon. Un hollandais parle tout à coup du premier ministre comme d’un « fasciste ». Le premier ministre, de son côté, pousse ses pions.

Depuis des mois, son ami de jeunesse, le vice-président d’Havas, Stéphane Fouks, s’en va expliquer partout dans Paris que « Manuel Valls est le meilleur candidat » pour 2017.

Manuel Valls de son côté multiplie les déplacements loin de Paris et du chef de l’état. Dans l’avion qui l’emmène à Bordeaux, le 27 octobre 2016, il confie devant des journalistes, dont celui du Monde, sa colère à la lecture du livre et la honte que ressentent selon lui les militants socialistes. Les propos enflamment le week-end de la Toussaint. A Berlin, le 17 novembre 2016, il dresse ensuite le « portrait idéal » du candidat pour 2017. C’est davantage son autoportrait que celui de François Hollande.

Pour Manuel Valls, en acceptant l’élection primaire, François Hollande a commis un acte de faiblesse.

« Vous imaginez, au mois de janvier 2017, François Hollande face à Marie Noëlle Lienemann et François de Rugy, cela va avoir de la gueule. Arnaud Montebourg viendra avec le livre sous le coude et dira à François Hollande, page tant, vous dites, page tant, vous dites encore. C’est surréaliste », lâche-t-il le 27 octobre 2016.

Depuis qu’il a été nommé à Matignon, au mois d’avril 2014, Manuel Valls a pris l’habitude de recevoir chaque semaine des parlementaires socialistes. En cette fin d’automne 2016, ses visiteurs épousent l’éventail de toutes les sensibilités du Parti Socialiste et lui confient leur ras-le-bol.

« Si François Hollande est candidat, qu’il ne compte pas sur moi pour aller coller les affiches ou pour parler dans les trains », répète-t-il aux élus comme aux journalistes, un clin d’œil à la campagne de 2012, lorsqu’il dirigeait la communication du candidat François Hollande.

Rarement on a connu président si isolé. François Hollande semble même incapable de renouer avec sa majorité. Il a renoncé à recevoir les députés les plus râleurs et, lorsqu’il s’invite à un apéritif avec quatre vingt députés, organisé par son fidèle Stéphane Le Foll au ministère de l’agriculture, ses propos restent plats.

Les parlementaires réclament pourtant une autocritique ou un aveu de lucidité, « François Hollande refuse de voir les problèmes, il fait comme si tout allait bien. Il se fout vraiment de notre gueule ». La garde rapprochée du président serre les rangs. Ne demeurent que quelques dizaines de fidèles, Stéphane Le Foll, François Rebsamen, Julien Dray, la sénatrice Frédérique Espagnac, une poignée de députés dont Kader Arif et Sébastien Denaja et, à l’Elysée, Jean-Pierre Jouyet, Gaspard Gantzer, Bernard Poignant, Vincent Feltesse et Bernard Combes.

Dans les pires moments, François Hollande pratique toujours la politique qu’il connaît, celle des alliances et des majorités bâties à coups de compromis. L’insolente popularité d’Emmanuel Macron a longtemps été mesurée à cette aune, qu’est-ce qu’un candidat sans parti ni alliés ? Mais le Parti Socialiste se racornit et les alliés font tout autant défaut au président.

A l’issue d’une élection primaire, les Verts ont choisi un candidat, Yannick Jadot, qui partira sous ses propres couleurs. Le Parti des Radicaux de Gauche (PRG) envoie à la bataille Sylvia Pinel, pourtant ministre du gouvernement pendant quatre ans. Même le Parti Communiste Français (PCF) s’est finalement décidé à soutenir Jean-Luc Mélenchon. Comment, avec un tel éparpillement des voix de gauche, ce président plombé par une impopularité record aurait-il la moindre chance de parvenir au second tour ?

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:43

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/pour-le-maire-d-alep-est-le-peuple-syrien-a-perdu-toute-confiance-dans-la-communaute-internationale_1946685.html

 

Pour le maire d'Alep-Est, « le peuple syrien a perdu toute confiance dans la communauté internationale »

 

Après un entretien avec Jean-Marc Ayrault, ministre français des affaires étrangères, Brita Hagi Hasan, le président élu du conseil d’Alep-Est, a exprimé, Mercredi 30 Novembre 2016, le désarroi du peuple syrien devant l'inaction de la communauté internationale.

Le président du conseil communal d'Alep-Est, Brita Hagi Hasan, a estimé Mercredi 30 Novembre 2016 que « le peuple syrien a perdu toute confiance dans la communauté internationale ». Alors que l'exode des civils s'accélère dans les quartiers rebelles d'Alep-Est en raison de violents combats, une réunion urgente du conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU) s'est tenue Mercredi 30 Novembre 2016.

Brita Hagi Hasan est venu à Paris pour rencontrer le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Il a trouvé que sa position était « très honorable ».  Après l'entrevue avec l'élu syrien, Jean-Marc Ayrault a appelé à une réunion urgente du conseil de sécurité de l’ONU.

Cependant, le président du conseil social d'Alep Est s'est montré très sévère au sujet de la communauté internationale. Il l'a jugé « impuissante et pas au niveau de ses responsabilités », notamment parce que la Russie pourrait utiliser son droit de veto pour empêcher certaines interventions allant à l'encontre de son allié syrien.

« Où est la démocratie quand on est devant l’usage d’un droit de veto qui permet de tuer et qui donne la légitimité au régime d’un dictateur », demande Brita Hagi Hassan qui parle de génocide.

« Tous ceux qui se taisent devant l’assassinat des civils sont complices de ces tueries. Où sont les droits de l’homme ? Où est le droit international ? Le droit international aujourd’hui s’est transformé en une loi de la jungle qui permet de tuer », a martelé Brita Hagi Hasan. « Nous avons perdu tout espoir sur le sujet du soutien militaire », a-t-il ajouté, précisant qu'il espérait maintenant recevoir des aides humanitaires. Des aides qui pourtant « ne font que retarder la mort ».

Au sujet du refus de certains civils de quitter la ville en passant par les corridors humanitaires mis en place par la Russie, Brita Hagi Hasan s'est interrogé, « comment les civils pourraient-ils partir et faire confiance à ceux qui les tuent ? Il n’y a, à Alep, aucune famille dont aucun membre n’ait été tué par Bachar al-Assad ou son allié ». Il a par ailleurs ajouté que, même si certains refusent de quitter la ville, « ceci ne veut pas dire que deux cent cinquante mille personnes désirent rester à Alep », avant de trancher en disant que « la résistance veut dire le suicide parce qu’il y a des tueries quotidiennement à Alep ».

Brita Hagi Hasan a enfin prévenu que la réunion du conseil de sécurité de l'ONU, Mercredi 30 Novembre 2016, était « la dernière occasion et la dernière opportunité pour la communauté internationale de prendre ses responsabilités. C’est le dernier appel que nous lançons ». Le 10 décembre 2016, il a invité « le reste de l'humanité » à se réunir partout à travers le monde pour apporter son soutien aux syriens. « C’est le cri qui est lancé par les enfants et par les femmes. Ce cri a été adressé au monde entier et nous espérons qu'il sera entendu ».

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:25

 

Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine favorables à un cessez-le-feu à Alep (Reuters)

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu Mercredi 30 Novembre 2016 avec son homologue russe Vladimir Poutine de la situation à Alep et les deux dirigeants ont convenu de la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu et de livrer de l'aide humanitaire à la ville syrienne, a-t-on appris de sources à la présidence turque.

Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, dont c'était le troisième entretien téléphonique à ce sujet en une semaine, se sont promis d'intensifier leurs efforts pour parvenir à une cessation des hostilités, ont ajouté les sources.

La Russie soutient activement les forces du président syrien Bachar al Assad tandis que la Turquie appuie certains rebelles qui le combattent mais les deux dirigeants ont cherché depuis cet été à rapprocher leurs positions.

Les rebelles assiégés à Alep-Est ont affirmé Mercredi 30 Novembre 2016 qu'ils ne quitteraient pas la ville malgré la perte de plusieurs quartiers ces derniers jours après une violente offensive des forces gouvernementales.

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 20:50

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article178&var_hasard=543693821583f2ac2c2403

 

Guerre d’Espagne, la fin des mythes

 

Par François Pallares Aran

 

Je commencerais par une citation d'Albert Camus, « le 19 juillet 1936 sera aussi l’une des dates de la deuxième révolution du siècle, celle qui prend sa source dans la Commune de Paris et qui chemine toujours sous les apparences de la défaite, mais qui n’a pas encore fini de secouer le monde et qui pour finir portera l’homme plus loin que n’a pu le faire la révolution russe d’octobre 1917. Nourrie par l’Espagne et, en général, par le génie libertaire, elle nous rendra un jour une Espagne et une Europe et avec elles de nouvelles tâches et des combats enfin à ciel ouvert. Ceci du moins c’est notre espoir et nos raisons de lutter ».

Quatre-vingts ans après, l’écho de la révolution et de la guerre d’Espagne retentit encore. Il ne s’agit pas de refaire un énième récit de la guerre civile espagnole. Nous nous attacherons à deux aspects, qui nous semblent éclairer singulièrement les problématiques politiques actuelles.

Le premier aspect, c'est le 19 juillet 1936 et l’explosion révolutionnaire en Espagne. L’enjeu était très clair, en finir avec les oppresseurs et le système de la propriété privée et réaliser l’émancipation dans une société constituée de femmes et d’hommes libres.

La fin des légendes

Force est de constater que l’histoire, loin d’être objective, semble n’être bien souvent que la réécriture permanente d’un récit en fonction de la situation politique présente. L’histoire de la guerre d’Espagne en constitue un paradigme quasi absolu. En 1969, Noam Chomsky dénonçait déjà « l’asservissement contre révolutionnaire » des historiens officiels à l’idéologie dominante, dans « l’Amérique et ses nouveaux mandarins ». Il soulignait le peu d’intérêt de ces mêmes universitaires pour les collectivisations pendant la guerre civile espagnole.

En fait, ce bouleversement social semble avoir été complètement oublié.

Malgré l’indépendance affichée et la fin des légendes, lire par exemple le numéro 427 de la revue Histoire du mois de septembre 2016, force est de constater que cet aspect brille toujours par son absence.

Nous apprenons même que l’affaire Andrés Nin est « un crime stalinien ». Ipso-facto, on suggère d’en innocenter les militants du Parti Communiste d’Espagne (PCE). Inutile d’imaginer, d’ailleurs, qu’ils aient pu être des « marionettes de Moscou » d’après l’historien madrilène Fernando Hernández Sánchez, quitte à « oublier » les échanges de courriers serviles entre les correspondants du Komintern de Madrid et de Barcelone avec le centre.

Evidemment, il a coulé de l’eau sous les ponts, nul n’ose plus se revendiquer des crimes du petit père des peuples, ni croire encore à la pureté immaculée de la pasionaria. Mais sous la surface, plus ou moins consciemment, de manière plus ou moins subliminale, les légendes demeurent. C’est tout l’intérêt d’en débattre.

Le 19 juillet 1936, en réponse au pronunciamiento de l’armée soutenu par les financiers, les grands propriétaires terriens, les industriels, les groupes fascisants et l’église, les organisations ouvrières prennent les armes et elles mettent en échec le golpe dans les deux tiers de l’Espagne. Les factieux voulaient empêcher la révolution, ils la précipitent.

L’état républicain explose et spontanément, dans les villes et les campagnes, se constituent des comités-gouvernements qui assument toutes les nécessités et les fonctions d’une société civilisée, nourriture, logement, santé, culture, école, énergie, sécurité, justice, transports, échanges et argent. La suite des événements sera conditionnée, en grande partie, par la victoire ou l’échec des organisations ouvrières, le 19 juillet 1936.

La lecture de l’histoire a évolué. Après la Libération, pendant des décennies, la prégnance stalinienne a largement imposé à l’opinion, médias, université et intelligentzia, l’imposture d’un romantisme fallacieux et manichéen. Citons pêle-mêle, la non intervention, défendue par Léon Blum, mais aussi par Joseph Staline et Maurice Thorez, les brigades internationales, des militants sincères et idéalistes envoyés à l’abattoir, les combattants juifs, surtout polonais, chair à canon et otages de la politique du Komintern, l’escroquerie de l’aide désintéressée, six cent trente neuf tonnes d’or, et de la livraison d’armes, soixante dix pour cent de moins en valeur et cinquante pour cent de moins en tonnage à partir de 1938, surprofit de sept cent millions de dollars prélevés sur le dos de la république par le Kremlin, et les batailles de Teruel et de l’Ebre, préparant en réalité le pacte germano-soviétique. En gros c’est la vision de la guerre civile qu’ont imposée les partis communistes, particulièrement en France en Italie et en Espagne, mais qui a été aussi reprise ad nauseam par les médias de la bourgeoisie, propagande franquiste en Espagne ou le Figaro voire le Monde ou le Nouvel Observateur, en France.

N’oublions pas les pitreries d’André Malraux et d’Ernest Hemingway.

Pour synthétiser, comment est-on passé d’une révision, d’une lecture de l’histoire sous le prisme de l’Espoir ou de Mourir à Madrid jusqu’à la révélation pour beaucoup de Land and Freedom ? Comment se fait-il que la réalité des faits, qui avait pourtant été très vite dénoncée, et à de nombreuses reprises, dès les années 1940, 1950 et 1960, par John dos Passos, Andreu Nin, George Orwell, Julian Gorkín, Benjamin Péret, Victor Serge, Burnett Bolloten, José Peirats Valls, Walter Krivitsky, Albert Camus, Daniel Guérin, Pierre Broué, Wilebaldo Solano et Noam Chomsky, ait pu être à ce point étouffée, déformée, bâillonnée et occultée, au point de devenir invisible et de disparaître ?

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 20:37

 

http://www.merejkowskypierre.over-blog.com/2016/11/think-tank.html

 

THINK TANK

 

Par Pierre Merejkowsky

 

Jeudi 24 Novembre 2016

 

J'ai assisté à la dernière séance du Club Politique Bastille.

J'y ai particulièrement apprécié la qualité des analyses écrites et lues, entre autre sur le phénomène des bombes humaines qui est le bras armé de l'ultra libéralisme et non le résultat de fanatiques religieux.

Peut être, et vous pardonnerez j'espère ma naïveté, il me semble que, pour qu'une lutte puisse se développer, elle doit se construire autour d'une réflexion  écrite.

Il me semble en effet qu’un écrit est susceptible d’amener d’autres commentaires écrits qui, par leur renouvellement et leurs foisonnements, seront émulations, émancipation et donc brèche dans la certitude du dirigeant.

Ainsi pour notre lutte  en faveur des immigrés, peut être devrions nous réfléchir à un texte appelant à une ouverture totale des frontières, de même si la grève des journalistes d'iTélé est légitime face à un capital qui rêve de supprimer toute forme d'information « pragmatique », il me semble que la grève s'est arrêtée parce qu'elle manquait de perspectives générales et éthiques. Un journaliste étant, pardonnez encore une fois ma coupable naïveté, le produit d’un inconscient collectif qui se satisfait  de l’argument « cela va de soi ».

Peut être que le Club Politique Bastille  devrait en ce sens se consacrer à l'écriture d'un manifeste ainsi que, comme j'ai cru le comprendre, l'avait suggéré un camarade dans une déclaration écrite.

Pour toutes ces raisons, j'espère que vous aurez le désir de me tenir informé de la date de la prochaine rencontre du Club Politique Bastille.

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 21:17

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2016/11/26/le-carrefour-de-martine-aubry-peine-a-choisir-une-direction_5038773_4854003.html

 

Le Carrefour des Gauches de Martine Aubry n’a pas trouvé la sortie

 

Le Carrefour des Gauches autour de la maire de Lille, Samedi 26 Novembre 2016 à Bondy, a été percuté par la mort de Fidel Castro et l’offensive de Claude Bartolone.

 

Par Bastien Bonnefous

 

Le rendez-vous devait être celui des militants contre Manuel Valls, mais Fidel Castro et Claude Bartolone lui ont donné une tout autre coloration.

Martine Aubry et ses amis au sein du Parti Socialiste ont organisé, Samedi 26 Novembre 2016 à Bondy, dans le département de la Seine-Saint-Denis, leur Carrefour Citoyen des Gauches et de l'Ecologie. Au menu, il y avait un appel au rassemblement de toutes les gauches, socialistes, écologistes et communistes, à cinq mois des élections présidentielles et à huit semaines des élections primaires du Parti Socialiste. Le casting était alléchant, outre la maire de Lille, l’ancienne garde des sceaux Christiane Taubira et la maire de Paris Anne Hidalgo, sont présentes, ainsi qu’un parterre de frondeurs du Parti Socialiste.

Trois femmes qui représentent encore un tout petit espoir pour ceux qui, à gauche, ne veulent ni de François Hollande, ni de Manuel Valls, ni d’Emmanuel Macron pour les élections présidentielles de 2017.

L'événement est percuté par l’annonce de la mort de l’ancien dirigeant cubain, qui l’occulte dans l’agenda médiatique du week-end. Et, dès son arrivée à l’hôtel de ville de Bondy, Claude Bartolone tire également un coup de feu à la table familiale. Le président de l'assemblée nationale, vexé par les paroles du chef de l'état à son égard dans le livre « un président ne devrait pas dire cela », a décidé de régler ses comptes et de porter un coup rude à une nouvelle candidature de François Hollande.

Claude Bartolone offre un soutien de taille à Manuel Valls

Alors que le premier ministre ne cache plus ses intentions d’empêcher le président de la république pour prendre sa place aux élections primaires du Parti Socialiste, Claude Bartolone lui offre un soutien de taille en expliquant que les deux têtes de l’exécutif peuvent sans problème concourir au mois de janvier 2017. « Je préférerais qu’ils participent tous les deux aux élections primaires, plutôt que l’un puisse se dire qu'il est éliminé sur le tapis vert, donc qu'il s'éloigne de la campagne, des socialistes et de l’action gouvernementale. S’ils se sentent porteurs tous les deux d’un projet pour la France et s’ils sentent qu’ils ont des choses à dire aux français, autant qu’ils aillent aux élections primaires et que l’on puisse les voir se rassembler au second tour de cette élection primaire », déclare le président de l'assemblée nationale à la presse.

En appuyant aussi ouvertement Manuel Valls, Claude Bartolone l’absout par avance du procès en déloyauté ou en traîtrise qui ne manquerait pas de lui être fait dans les rangs socialistes, si le premier ministre devait bousculer le chef de l'état. Et il donne à François Hollande le baiser de la mort en le démonétisant. « Nous savions que Claude Bartolone était prêt à aller loin, mais nous ne nous attendions pas à une telle bombe. Maintenant, je vais m’asseoir avec du pop-corn et observer comment cela tourne dans les prochains jours », jubile un proche de Manuel Valls. Pour l’entourage du chef du gouvernement, le président de l'assemblée nationale « n’est pas sourd, il voit ce qui se passe sur le terrain, qu’il y a un problème avec François Hollande chez les militants et les élus et qu’il faut trouver une solution avant la catastrophe des élections primaires ».

Une analyse que ne partagent pas du tout, bien sûr, les proches de François Hollande. « Ce que dit Claude Bartolone est irresponsable. Il appelle soi-disant à l’unité, mais il propose en même temps d’ouvrir une crise institutionnelle au sommet de l'état, cela n’a aucun sens », s’insurge le député Kader Arif, venu écouter les débats à Bondy.

La sortie du président de l'assemblée nationale ne réjouit pas non plus les amis de Martine Aubry. « Claude Bartolone nous emmerde, nous ne sommes pas là pour soutenir Manuel Valls », peste un proche de la maire de Lille. Car Martine Aubry a prévenu, il ne faut pas compter sur elle pour qu’elle dise Samedi 26 Novembre 2016 qui aura ses faveurs au mois de janvier 2017. « Chacun me connaît, j’ai toujours pris des positions en fonction de mes convictions. J’attends les programmes et les projets. Aujourd’hui, je ne sais pas pour qui je voterai », explique-t-elle.

Martine Aubry s’en prend à Emmanuel Macron

Pas question pour la maire de Lille de laisser penser que, à l’arrivée, elle se ralliera au chef de l'état, par défaut et par rejet de tous les autres candidats. Fidèle à elle-même, Martine Aubry fait donc à Bondy ce qu’elle sait faire le mieux, distribuer les bons et les mauvais points à ses camarades socialistes et, à défaut de dire qui a ses suffrages, indiquer qui ne les a pas.

« Pour certains, je sais que je ne pourrai jamais être avec eux, Emmanuel Macron par exemple, lui, c’est le seul que je citerai aujourd’hui car il n’est pas à gauche », précise-t-elle. Dans son discours, elle s’en prend au nouveau candidat d’En Marche, « celui qui n’est plus parmi nous, j’ai envie de dire heureusement ».

A la tribune, devant les quelque quatre cent personnes présentes, l’ancienne candidate aux élections primaires de 2011 se doit également d’égratigner le premier ministre. Elle sait que Manuel Valls tente de rallier à sa cause de nombreux députés, y compris des élus étiquetés aubristes. Sans jamais le citer, elle se félicite « qu'aujourd’hui, nous n'avons pas parlé d’islam » et elle estime que « ceux qui pensent à gauche que l’identité devrait supplanter l’égalité se trompent complètement ». Au chef du gouvernement, qui a théorisé des « gauches irréconciliables », elle répond par « la gauche de toutes les couleurs, rouge, rose et verte » et elle rend un hommage appuyé à Jean-Marc Ayrault, le prédécesseur de Manuel Valls à l'hôtel Matignon, qui « a été un grand premier ministre ».

Un coup pour Emmanuel Macron et un autre pour Manuel Valls, mais Martine Aubry préserve le chef de l'état, regrettant simplement son quinquennat trop technocratique. « Nous ne mobilisons pas un pays avec la réduction des déficits, je l’ai dit à qui de droit », déclare-t-elle, prévenant que « nous ne gagnerons pas en 2017 en disant qu’avec nous, ce sera moins pire qu’avec la droite ».

Tous semblent anticiper la défaite en 2017

Dans le bras de fer en coulisses que se livrent François Hollande et Manuel Valls, la maire de Lille a choisi son camp, mais le président de la république va devoir encore donner des gages. Cette gauche de Bondy parle par messages codés. Elle veut montrer que, si elle le voulait, elle pourrait renverser tous les murs. Mais elle ne le veut pas.

Citant Paul Eluard ou Rainer Maria Rilke, Christiane Taubira explique que « nous ne sommes pas condamnés à la déréliction qui semble frapper ».

« Des mots durs et blessants ont été prononcés sous cette législature. Des actes perturbants, imprévus et difficiles à défendre, ont été accomplis. Ces mots ne s’effaceront pas tout seuls, ces actes ne s’expliqueront pas tout seuls », ajoute l’ancienne ministre de la justice sous les applaudissements. Qui vise-t-elle, François Hollande, Manuel Valls ou bien les deux ? Comme souvent avec Christiane Taubira, le non-dit servira de prose.

« Elle dit de jolis mots, mais elle dit surtout que 2017, ce sera sans elle », décrypte un participant.

A Bondy, l’atmosphère fleurait déjà l’avant congrès socialiste. Celui qui suivra les élections présidentielles de 2017 et la défaite du Parti Socialiste que tous semblent déjà anticiper ici.

Martine Aubry ne sera pas candidate, Christiane Taubira et Anne Hidalgo non plus. Certes, elles reconnaissent que les périls sont immenses et que les défis sont majeurs, mais aucune ne veut monter sur le plongeoir. A Bondy, le Carrefour des Gauches refuse de choisir une direction, au risque de déboucher sur un cul-de-sac.

 

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