Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 19:17

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_105_art4.htm

 

Le ghetto des protestataires

Mardi 16 Juillet 2013

Par Dominique Dionisi

Ce message s'adresse à celles et ceux qui, parmi vous et en raison de leurs engagements politiques ou, plus simplement, humanistes, sont amenés à organiser ou à participer à des rassemblements sur ce que la ville de Paris a pompeusement baptisée « place des libertés et des droits de l'homme », bien plus connue sous le nom « esplanade du Trocadéro », dans le seizième arrondissement de Paris.

La réflexion que je veux vous soumettre m'est venue à l'esprit tout récemment, pendant le rassemblement en solidarité avec le peuple bolivien et son président, Evo Morales, qui fut l'objet d'une insulte majeure faite tout récemment, à lui, à son peuple, à son pays comme à tous les pays d'Amérique latine et caribéenne, par le président de la république française.

Ma réflexion porte sur la nature et la configuration du lieu (1) où, depuis un certain temps, il est devenu traditionnel et convenu avec la préfecture de police de Paris, d'appeler à se rassembler pour exprimer notre solidarité avec les peuples et les victimes des politiques européennes et états uniennes, à savoir cette « fameuse » place des libertés.

Cela fait, maintenant, plusieurs fois que je réponds à ce type d'appel et, à chaque fois, que je constate que ce lieu est, par décision de la préfecture de police et la ville de Paris, sa complice en matière de répression, celui où l'on aurait le « droit » de se rendre pour manifester. 

Autrement dit, c'est devenu le ghetto des protestataires. C'est ainsi que celles et ceux qui étaient venus exprimer leur soutien à Evo Morales et aux boliviens, se sont retrouvés à deux cent mètres d'un groupe de manifestants égyptiens « pro Morsi », en clair des « frères mulsumans ».

Quelques semaines plus tôt, on pouvait y trouver un rassemblement de « pro Bachar al Assad » manifestant à cinquante mètres de chiliens qui, eux, revendiquaient le droit de vote dans leur pays aux chiliens résidant hors du pays. Un peu plus loin, c'étaient des tibétains qui revendiquaient leur indépendance.

Surtout ne vous méprenez pas sur le sens de ma réflexion. Il n'est nullement question pour moi de dire si tel ou tel autre mouvement de protestation est juste ou non.

Ce sur quoi je souhaite avoir votre avis c'est sur l'aspect « ghettoïsation » du principe même de la manifestation de la protestation populaire car, à mon humble avis, cette « ghettoïsation » ressemble, comme deux gouttes d'eau se ressemblent, à une mise à l'écart, pure et simple, du droit fondamental à la libre expression et où que ce soit sur le territoire national.

Le pays des « droits de l'homme » n'est-il pas devenu le pays du « doigt de l'homme » ?

Une fois de plus, de manière très perverse (logique socialo-libérale oblige), il s'agit d'un détournement du concept de démocratie. Dans le plus pur style anglo-saxon et états-unien des manifestations qui tournent en rond, au sens propre, devant les grilles de la Maison Blanche.

En conclusion, provisoire, après l'insulte faite au peuple bolivien et à l'ensemble du continent latino-américain par l'actuel « locataire » de l'Elysée, n'aurait-il pas été plus solidaire, plus fort, plus courageux, plus politique d'appeler à un rassemblement devant l'ambassade de Bolivie.

Être devant une ambassade pour manifester son soutien aux dirigeants du pays concernés, n'est-ce pas la meilleure façon de dire à ceux-ci que «  nous sommes à vos côtés » ?

(1) Les « habitués » de ce lieu auront peut-être remarqué que les issues latérales, au fond de l'esplanade et à hauteur de la balustrade qui surplombe les jardins, sont systématiquement barrées par des grilles de deux mètres de haut, mises en place par les forces de police. Ce qui veut dire qu'en cas de « problème » il ne reste qu'une seule issue, celle qui est contrôlée par les « robocops » de service.

Je profite de ce message pour vous dire tout mon écoeurement devant les, maintenant classiques, tentatives de récupération par les porte-paroles du PG et d’EELV lors de ce rassemblement. L'objet de cette manifestation était le soutien à Evo Morales et la condamnation de la honteuse interdiction faite par l'Elysée de survoler la France qui était faite au président de la Bolivie et non pas un meeting de soutien à Edward Snowden.

Attention, il ne suffit pas de planter un clou dans un mur pour, ensuite, se croire autorisé à revendiquer le mur.

Les concernés se reconnaîtront car ils sont parmi les destinataires du message. 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 18:52

 

http://www.filoche.net/2013/06/30/maurice-nadeau-retour-sur-la-disparition-d%E2%80%99un-geant

 

Retour sur la disparition d’un géant

Reçu de la part de notre camarade Julien Guérin

C’est avec une relative discrétion que les médias ont fait part de la mort à cent deux ans de Maurice Nadeau Dimanche 16 Juin 2013. Né en 1911, il a traversé un siècle de guerres et de révolutions en acteur engagé. La majeure partie de cette magnifique et longue existence s’est confondue avec le combat séculaire des peuples pour leur émancipation. C’est donc en militant que nous voulons rendre hommage à ce trotskyste internationaliste, à cet écrivain et éditeur qui a su porter avec discrétion mais fermeté le drapeau de la lutte contre la domination capitaliste sous toutes ses formes.

Entre trotskysme et surréalisme

Né en banlieue parisienne, il découvre l’engagement communiste à l’école normale d’instituteurs de Saint-Cloud où il est admis en 1930. Esprit libre et indépendant, il se rapproche rapidement du premier groupe trotskiste français dirigé par Pierre Naville. Ce petit noyau militant dénonce déjà la glaciation stalinienne et l’alignement inconditionnel du PCF sur Moscou. Maurice Nadeau s’enthousiasme à la lecture des textes de Trotsky qui dénoncent le renoncement de Staline à l’internationalisme et qui percent avec difficulté le mur de l’indifférence et de la calomnie alors vigoureusement utilisées dans les rangs du PCF. Il fréquente également Jacques Prévert et le groupe octobre qui font de la culture le vecteur d’une transformation révolutionnaire de la société. Le jeune Maurice Nadeau en sera durablement frappé et fera du combat culturel une priorité constante. Il fait aussi la connaissance, au cours de ces années-là, d’André Breton. Il partage avec le chef de file du surréalisme une condamnation sans équivoque du stalinisme. C’est l’une des raisons qui ont poussé Breton à rompre avec un Aragon de plus en plus attiré par les sirènes du petit père des peuples. La publication, en 1938, du manifeste pour un art révolutionnaire indépendant consacre une convergence de vue et un rapprochement entre Trotsky et Breton autour de la célèbre formule « toute licence en art ». Maurice Nadeau place lui aussi l’art au service d’une visée émancipatrice mais refuse tout alignement servile derrière une idéologie d’Etat, quand bien même celle-ci se proclamerait socialiste. Il faut saluer la lucidité et le courage de ces penseurs qui surent se tenir éloignés du stalinisme, qui fit des ravages dans l’intelligentsia française des années 1930, sans toutefois renier leurs idéaux révolutionnaires. Maurice Nadeau compte parmi ceux-ci.

La guerre, l’édition et le découvreur de talents

D’abord professeur de lettres, il devient ensuite instituteur à Thiais en banlieue parisienne. Il s’éloigne du militantisme politique actif mais demeure un infatigable défenseur des opprimés dans ses écrits. Mobilisé en 1939, il reprend son poste d’instituteur en 1940 avant de s’engager dans l’action résistante clandestine aux côtés d’un autre grand militant et intellectuel trotskiste, David Rousset. Ce dernier sera déporté et écrira à son retour le magnifique « les jours de notre mort » qui demeure l’un des meilleurs livres sur l’enfer des camps. Nadeau, quant à lui, parvient à échapper aux arrestations. Après la guerre il collabore à Combat, le journal de Camus, et met en œuvre ses idées sur à la liberté absolue en matière artistique, en prenant la défense de Céline à qui tout l’oppose pourtant. Il travaille ensuite chez divers éditeurs tout en signant des critiques de livres dans la presse. Il se signale par une très grande ouverture d’esprit et une propension à faire découvrir des écrivains inconnus qui deviendront des classiques (Henry Miller, René Char).

L’aventure de la « quinzaine littéraire »

C’est en 1966 qu’il lance la « Quinzaine Littéraire » avec l’aide d’universitaires, d’historiens et d’auteurs désireux de faire du neuf. Il s’agit d’exister face à la presse commerciale et à la puissante production éditoriale communiste qui est alors à son apogée. Nadeau et son équipe relèvent le défi, trouvent leur place et leur lectorat, même si le journal est menacé à plusieurs reprises. En 1977, il fonde sa propre maison d’édition qui se singularise en prenant le contre-pied des tendances commerciales de ses rivales. Ces deux entreprises audacieuses survivent à bien des difficultés et restent vivantes et actives à l’heure où leur fondateur vient de tirer sa révérence. Exigeantes et de qualité, indépendantes et refusant tout formatage, ces productions demeurent une référence dans le paysage médiatique et éditorial français.

Ces activités n’ont pas empêché pas Maurice Nadeau de participer aux grands combats de la seconde moitié du vingtième siècle, signataire du manifeste des cent vingt et un contre la torture en Algérie en 1960, pourfendeur de la guerre du Vietnam, il apporte un soutien indéfectible aux dissidents d’Europe de l’Est avant la chute du rideau de fer. Les années ne semblent pas avoir prise sur ce petit homme discret qui, jusqu’au bout, dirige sa revue, et pratique une intense activité intellectuelle.

Devant cet itinéraire dominé par l’exigence de rigueur et de vérité, par la recherche de la justice et de l’émancipation de l’Homme par la culture, ce sont les mots de l’un des derniers écrits de Léon Trotsky qui viennent spontanément à l’esprit, « la vie est belle. Que les générations futures la nettoient de tout mal, de toute oppression et de toute violence, et en jouissent pleinement ».

Julien Guérin

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 18:30

 

http://www.soleilalgerie.com/2013/07/tunisie-accuser-son-chien-davoir-la.html?showComment=1375205116585#c7071985598304916482

 

Accuser son chien d’avoir la rage, c’est bien. La lui inoculer, c’est mieux

 

Mardi 30 Juillet 2013

 

Par Djamaleddine Benchenouf

 

Le carnage qui vient de se produire en Tunisie, et qui a coûté la vie à neuf jeunes militaires, dont certains ont été égorgés et émasculés post mortem, est on ne peut plus éloquent sur ce qui se trame, depuis quelques mois, à l’insu des peuples de la région, mais aussi avec leur large, très large adhésion.

 

Une troupe, constituée de commandos d'élite, a été prise en embuscade, par un groupe de terroristes salafistes, en fin d'après-midi du Lundi 29 juillet 2013, à l'entrée de gorges très accidentées, dans les monts Chaambi, en Tunisie, à quelques kilomètres du territoire algérien.

 

Neuf militaires tunisiens y ont laissé la vie, et d'autres ont été blessés, dont certains grièvement. Les survivants ont dû se replier en catastrophe, abandonnant les corps sans vie de leurs camarades à leurs assaillants, qui ont en profité pour les dépouiller de leurs armes et de leurs tenues, avant de les profaner.

 

Le pays est mûr, désormais...

 

L'opinion publique tunisienne a été fortement choquée par cet événement tragique, à fortiori qu'il a eu lieu à un moment où une crise d'envergure secoue la scène politique de ce pays, après l'assassinat du député Mohamed Brahmi, par le même tueur salafiste qui avait assassiné, en février passé, le leader politique Chokri Belaïd.

 

La société tunisienne était donc en pleine effervescence. Des manifestations de rue avaient succédé à des sit in, où les appels à la démission du gouvernement, et à la dissolution de la troïka, se font de plus en plus pressants.

 

Et ainsi, c'est donc dans cette ambiance explosive, en pleine crise politique majeure, directement alimentée par les événements égyptiens, et plus particulièrement le coup d'Etat contre le président Morsi, que survient cette mortelle embuscade, ô combien opportune pour une certaine dynamique anti-islamiste, qui se déploie de façon massive, ces derniers temps, dans toute la région, et plus particulièrement dans les pays qui ont vécu le printemps des peuples.

 

C'est précisément cela qui rend la lecture de cette embuscade tendue à l'armée tunisienne plus ardue qu'il n'y paraît.

 

L'opposition tunisienne à la troïka, qui ne cache pas, ou qui ne cache plus sa farouche animosité contre le courant islamiste, aussi paisible et aussi convivial puisse-t-il être, refuse farouchement de faire une quelconque distinction entre les salafistes armés et le mouvement al Nahdha, pourtant démocratiquement élu. Elle fait désormais feu de tout bois, et met les bouchées doubles, pour créer le climat idoine à un Tamarrod bis.

 

Certaines voix de la gauche tunisienne n'ont pas hésité à saluer l'armée égyptienne pour avoir pris ses responsabilités, après avoir manifesté leur vibrante admiration pour la résistance héroïque de la Syrie contre l’invasion islamo-atlantiste qui a changé la donne aux pays dits du « printemps arabe ». De là à appeler les généraux tunisiens à suivre l'exemple de leurs héroïques homologues égyptiens, parions que le pas ne tardera pas à être allègrement franchi. Si ce n'est déjà fait.

 

Sus à l'islamiste !

 

En fait, nous assistons à une mise en scène tellement grossière, parce que décidée et lancée dans l'improvisation de gens qui ont pris des trains en route, que nous pouvons en deviner les péripéties futures, avant même qu'elles ne se produisent. Pourtant, et alors qu'il faut vraiment être bouché à l'émeri pour ne pas comprendre ce qui se déroule sous nos yeux, ce sont les élites de ces pays, et tout particulièrement celles qui se revendiquent de gauche, qui se montrent les plus naïves, les plus manipulables, les plus véhémentes, à la limite de l'hystérie collective, toutes à leur anti-islamisme primaire, et qui ne savent plus, ou ne veulent plus, faire la part des choses. Elles sont tellement aveuglées par cette haine dévorante, qu'elles en sont arrivées à perdre tout sens de la mesure, jusqu'à renier leurs principes les plus essentiels, allant jusqu'à soutenir ouvertement un régime aussi despotique, et aussi criminel que celui d’ Assad, pour le motif, entre autres, tous aussi hallucinants les uns que les autres, que parmi ses adversaires il se trouve des combattants salafistes, et que parmi ses soutiens, il se trouve aussi, comme par hasard, des réactionnaires wahabbites. La fable du loup et de l'agneau revisitée.

 

Le comble est que parmi ces progressistes arabes, ou dits arabes, il ne s'en est trouvé personne pour se demander que si le régime d’Assad avait voulu trouver la meilleure solution pour retourner les progressistes arabes, et l'opinion publique mondiale en sa faveur, il n'aurait pas trouvé mieux que d'embrigader des salafistes takfiristes contre lui, et de demander gentiment à l'Arabie saoudite et au Qatar de soutenir financièrement, et fatwatiquement, les révolutionnaires syriens. Il ne s'est trouvé personne, parmi ces progressistes arabes qui ont rallié massivement Assad, pour découvrir l'évidence que ces supposés soutiens ne représentent pratiquement rien de plus que de permettre au régime de remporter victoire sur victoire, dans un effroyable bain de sang, et que le total des dons financiers consentis par le Qatar aux révolutionnaires est peut-être inférieur à ses investissements pour le PSG, comme l'affirment certaines sources. Un soutien financier tellement insignifiant qu'il permet juste aux révolutionnaires de mourir par milliers, sans obtenir le moindre avantage vraiment décisif sur le terrain.

 

Les peuples arabes sont une bonne pâte

 

Mais il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Au point où les forces embusquées, celles qui sont à la commande, ne perdent même plus de temps à peaufiner leurs coups tordus. Elles y vont à la louche, désormais. Les putschistes égyptiens ne craignent même plus de se décrédibiliser auprès des masses qu'ils ont réussi à mobiliser. Plus que de rompre avec fracas avec le Hamas palestinien, ils vont jusqu'à lui déclarer une guerre ouverte. Lorsqu'on sait à quelles fin, et à quelle partie ces professions de foi sont destinées, on en reste songeur.

 

Lorsqu'on sait, à moins d'être complètement débile, que jamais les putschistes égyptiens n'auraient pu entreprendre une telle aventure sans l'autorisation catégorique de qui de droit, on en arrive à se dire que ces élites arabes de gauche, qui soutiennent avec tant de zèle ce coup d'Etat, sont, au mieux, d'une naïveté abyssale. Comment font-elles pour ne pas voir que c'est l'ancien régime qui a repris le pouvoir en Egypte ? Sous d'autres dehors bien sûr, avec d'autres hommes. Mais en grattant juste un peu, on découvre vite que certains hommes de l'ombre, mais qui n'en ont pas été moins décisifs, dans la préparation du coup d'Etat, et dans la formidable mobilisation de masses chauffées à blanc, étaient des partenaires très proches de la famille Moubarak, et des généraux égyptiens. Parmi eux, et juste pour l'exemple, le milliardaire copte Nadjib Sawiris, patron de presse, fondateur d'un nouveau parti politique, et propriétaire d'une chaîne de télévision très populaire en Egypte.

 

Il a été un associé très proche de Gamal Moubarak, le fils cadet du raïs, en plus d'avoir été un acteur en pôle position dans de grosses opérations de courtage et dans de nombreuses autres transactions financières de très grande importance. C'est à l'ombre de Moubarak qu'il a construit son empire, et c'est avec des généraux algériens, pendant la décennie rouge et après elle, qu'il a gagné plus de dix milliards de dollars. Au moins !

 

Cet homme là, qui a des accointances outrancières, avec des milieux évangéliques américains, ennemis farouches et déclarés de l'islam, et qui ne prend même pas la peine de cacher ses amitiés sionistes, a été l'un des principaux artisans de la formidable mobilisation de la rue égyptienne contre le président Morsi, et contre les frères musulmans en général. C'est lui qui a permis le ralliement très actif des coptes, pourtant très réservés habituellement, pour les raisons évidentes que l'on sait. C'est lui qui a fait connaitre le mouvement Tamarrod, et qui a mis à sa disposition des moyens, matériels, humains et financiers à peine imaginables.

 

Gauche autiste, shootée à la haine !

 

Mais malgré ces gros sabots, et ces cabales cousues de fil fluo, notre bienheureuse gauche arabe n'y a vu que du feu, et là où il n'y avait que chafouins escamotages, elle n'a vu qu'un salutaire sursaut contre la régression annoncée.

 

Cette gauche qui n'a gardé de ses attributs que le nom, et de ses principes que des intentions en trompe-l’œil, ne veut plus faire dans le détail. Qu'importe le flacon ! Pourvu que des soudards providentiels s'installent dans le rôle de sauveurs de la république et de la modernité qu'elle leur a brodé.

 

Bientôt, à ce rythme, nous allons découvrir que les printemps arabes ont accouché de bien curieux fruits, dont l'arrière goût ne nous est pas inconnu du tout. Nous allons bientôt nous réveiller, et découvrir que finalement on peut faire du vieux avec du jeune, avec du sang de jeunes.

 

Non seulement les anciens régimes vont revenir plus forts que jamais, mais ce sera avec la bénédiction, et l'adhésion enthousiaste des élites qui étaient censées veiller sur la révolution des peuples, les mener à bon port, ne pas permettre à la contre-révolution de se déployer.

 

Ces élites, dans le meilleur des cas, lorsqu'elles ne sont pas constituées elles-mêmes d'agents à la solde de forces qu'elles sont supposées combattre, ont perdu toute capacité à lire l’événement, à le décoder, à en débusquer les sombres échafaudages qui le structurent.

 

En Tunisie, elles n'ont même pas vu que des salafistes un tant soit peu intelligents se seraient faits oublier, par les temps qui courent. Ils n'auraient pas ordonné l'assassinat de politiciens populaires, ni tendu d'embuscades à des jeunes militaires. Ils ne les auraient pas égorgés, sauvagement, après les avoir tués, et ils ne les auraient pas émasculés. L'ennemi des islamistes, celui qui aurait voulu créer un climat propice à toutes les aventures contre eux aurait tenté de monter un gros complot qu'il n'aurait pas mieux fait.  

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 19:06

 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=30802#.UfgZyKyYFFI

 

Le HCR alarmé par la détention de réfugiés syriens en Egypte

 

Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a dit Vendredi 26 Juillet 2013 sa vive préoccupation devant le nombre grandissant de réfugiés syriens, y compris des mineurs, détenus en Egypte, alors que le sentiment anti syrien dans le pays prend chaque jour de l'importance.

 

« Ce nouveau climat s'est instauré suite à des allégations selon lesquelles quelques syriens auraient participé aux violentes manifestations de juillet en Egypte », a expliqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR.

 

« De nombreuses remarques à caractère xénophobe, ainsi que des attaques verbales contre les syriens, nous ont été rapportées, y compris des déclarations répréhensibles relayées par certains médias », a-t-elle affirmé.

 

Au début du conflit en Syrie en mars 2011, les syriens ont bénéficié d'une grande hospitalité en Egypte, les autorités du pays ayant délivré des visas sans limitation de durée et des permis de séjour.

 

« Un nombre grandissant de syriens, qui n'ont pas renouvelé leurs permis de séjour, ont désormais peur d'être arrêtés dans la rue », a poursuivi Melissa Fleming.

 

Le gouvernement égyptien estime à entre deux cent cinquante mille et trois cent mille le nombre de syriens résidant actuellement en Egypte, quatre vingt mille d'entre eux étant enregistrés jusqu'à présent auprès du HCR.

 

« Le HCR appelle le gouvernement égyptien à prendre, à titre de précaution et à la lumière des événements récents dans le pays, les mesures permettant de garantir le droit d'asile et la protection des réfugiés », a conclu Melissa Fleming.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 18:50

 

Laurent Fabius appelle à la libération de Mohamed Morsi

 

PARIS (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a condamné mardi les violences en Egypte et appelé à la libération du président déchu Mohamed Morsi à l'heure où le pays se prépare à une nouvelle journée de manifestations.

 

« La situation est très critique en Egypte », a-t-il dit lors d'un point presse à Paris. « Nous, la France, nous appelons au refus de la violence et à la libération des prisonniers politiques y compris celle de l'ancien président Morsi ».

 

« Il faut revenir vers un cheminement démocratique et refuser la violence », a-t-il ajouté.

 

« On n'obtiendra rien par des affrontements entre l'armée et les frères musulmans ».

 

Laurent Fabius devait s'entretenir mardi par téléphone avec le chef de la diplomatie de l'Union Européenne, Catherine Ashton, qui a rencontré durant la nuit l'ancien président égyptien. La diplomate a indiqué l'avoir trouvé en bonne santé.

 

Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, est détenu depuis sa destitution par l'armée le 3 juillet dernier. Sa famille a annoncé son intention d'entamer une procédure judiciaire contre l'armée.

 

Les militaires affirment que la détention de Mohammed Morsi est seulement une mesure de précaution visant à assurer sa sécurité.

 

Les frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, organisent depuis un mois des manifestations pour réclamer le rétablissement du président déchu dans ses fonctions.

 

Deux jours après un week-end marqué par des affrontements violents qui ont fait quatre vingt morts dans les rangs de la confrérie, ils ont appelé à une marche réunissant « un million » de personnes mardi dans le pays.

 

« Les affrontements entre l'armée et les frères musulmans ont créé une tension qu'il faut essayer de réduire par l'appel à un comportement inclusif, nous demandons que le plus vite possible on revienne à un schéma civil et démocratique », a dit Laurent Fabius.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 18:32

 

Al Nahda prêt à discuter d’un gouvernement d’union en Tunisie

 

TUNIS (Reuters) - Le parti islamiste al Nahda, qui dirige le gouvernement tunisien, s'est dit prêt mardi à discuter d'un gouvernement de salut national comme le réclament l'opposition et Ettakatol, l'un des trois partis de l'actuelle coalition gouvernementale.

 

Le Premier ministre, Ali Larayedh, issu d'al Nahda, avait pourtant rejeté lundi l'appel d'Ettakatol à la démission du gouvernement et à la formation d'un cabinet d'union nationale.

 

« Nous sommes ouverts à toutes les propositions pour parvenir à un accord, notamment un gouvernement d'union nationale ou de salut national », a dit à Reuters Ameur Larayedh, un responsable d'al Nahda. « Mais nous n'accepterons pas la dissolution de l'Assemblée Nationale Constituante, c'est une ligne à ne pas franchir ».

 

L'Assemblée Nationale Constituante (ANC) devrait achever d'ici quelques semaines la rédaction d'un projet de nouvelle constitution. L'assassinat jeudi dernier à Tunis d'un opposant laïque de gauche, Mohamed Brahmi, plus de cinq mois après celui de Chokri Belaïd, une personnalité clé de l'opposition, a de nouveau plongé le pays dans une crise aiguë entre partisans et adversaires du gouvernement dominé par al Nahda.

 

Menaçant d'éclatement la coalition au pouvoir, le ministre de l'intérieur, Lotfi Ben Jeddou, s'est dit prêt à démissionner en l'absence de formation d'un gouvernement d'union nationale.

 

« Je souhaite grandement démissionner », a déclaré mardi à la radio Lotfi Ben Jeddou, qui n'appartient à aucun parti. « Un gouvernement de salut national ou d'union nationale doit être formé pour sortir la Tunisie de cette impasse ».

 

APPEL À LA DÉMISSION

 

Certains dirigeants de l'opposition se sont déclarés insatisfaits de la proposition d'al Nahda de former un nouveau gouvernement tout en maintenant l'ANC.

 

« La rue veut dissoudre l'Assemblée Nationale Constituante, qui est déjà morte d'un point de vue politique et éthique. Sa légitimité est terminée », a dit Mongi Rahoui, chef de file du Front Populaire, une coalition d'opposition qui regroupe une douzaine de formations.

 

Les dirigeants de l'opposition reprochent à l'Assemblée Nationale Constituante d'avoir dépassé depuis longtemps la date limite d'un an qui lui avait été fixée en décembre 2011 pour remplir ses objectifs et élaborer notamment un projet de constitution.

 

Mongi Rahoui a également estimé qu'al Nahda devrait renoncer au poste de premier ministre dans le cadre d'un accord sur un nouveau gouvernement.

 

L'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), le premier syndicat du pays, qui compte six cent mille membres, a appelé à la démission du gouvernement pour le remplacer par un cabinet de techniciens mené par une personnalité indépendante.

 

La confédération syndicale a cependant aussi refusé la dissolution de l'Assemblée Nationale Constituante.

 

« Nous considérons que ce gouvernement est incapable de continuer à travailler », a déclaré Hussein Abbassi, secrétaire général de l'UGTT. « Nous proposons de maintenir l'Assemblée Nationale Constituante mais avec un calendrier pour accélérer l'achèvement de son travail », a-t-il ajouté.

 

La mort de huit soldats dans une embuscade près de la frontière algérienne a alimenté lundi soir la colère de milliers de manifestants anti gouvernementaux rassemblés à Tunis.

 

Le président Moncef Marzouki a qualifié l'embuscade d'attaque terroriste, décrétant trois jours de deuil national et lançant un appel à l'union nationale.

 

Cette attaque, la plus grave contre les forces de sécurité tunisiennes depuis des années, s'est produite dans le secteur du djebel Châambi, massif montagneux situé à deux cent vingt kilomètres au sud-ouest de Tunis, où les forces de sécurité traquent des combattants affiliés à Al Qaïda depuis décembre.

 

Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Kasserine, près du lieu de l'attaque, en réclamant la démission du gouvernement, rapportent des habitants de la région.

 

A Tunis, plus de dix mille personnes se sont également rassemblées contre le gouvernement et le chef de file des islamistes d'Ennahda, Rached Ghannouchi.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 19:06

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2013/07/06/resolution-of-solidarity-complete-par-un-texte-de-michael-lowy

http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/020713/grece-l-antisemitisme-fait-il-la-loi

L’antisémitisme fait il la loi en Grèce ?

 

Un marxiste juif « accusé » par les néo nazis

 

Mardi 2 Juillet 2013

 

Par Michael Löwy

 

Un marxiste juif est traîné devant les tribunaux, accusés par les nazis de les avoir « calomniés ». Sommes-nous en Allemagne en 1933 ? Pas du tout, il s’agit de la Grèce « démocratique » (avec beaucoup de guillemets) de 2013.

 

L’accusé en question s’appelle Savas Mikhail, brillant intellectuel et dirigeant d’une des organisations de la gauche marxiste révolutionnaire grecque.

 

Savas Mikhail est un penseur atypique et parfaitement « hors normes ». Juif grec antisioniste et internationaliste, il est l’auteur d’une œuvre considérable, inclassable, quelque part entre littérature, philosophie et lutte de classes, qui se distingue par l’originalité et le dynamisme de sa démarche. La première chose qui impressionne le lecteur de ses écrits c’est son immense culture, l’auteur connaît de près la Bible, le Talmud, la Kabbale, le théâtre grec ancien, la littérature européenne, la philosophie française contemporaine, la poésie grecque moderne, Hegel et Marx, sans parler de Trotsky, sa principale boussole politique, on pourrait allonger la liste.

 

Une des caractéristiques les plus singulières de sa pensée est la tentative de ré-interpreter le marxisme et la théorie révolutionnaire à la lumière du messianisme et de la mystique juive, et inversement. Il s’agit d’une démarche paradoxale et inventive, qui relève, comme celle d’Ernst Bloch ou de Walter Benjamin, deux de ses auteurs préférés, de l’athéisme religieux, ou, si l’on veut, du messianisme profane.

 

Cette problématique est abordée, pour la première fois de forme centrale, dans un remarquable recueil d’essais publié en 1999, « figures du messianique ». Le dernier ouvrage de Savas Mikhail, « Golem. A propos du sujet et d’autres fantômes » (2010), est un autre exemple de cette approche athée religieuse, judéo-marxiste. Il s’agit d’un recueil d’essais, concernant non seulement le Golem, mais aussi Kafka, Hölderlin, Lacan, Philippe Lacoue-Labarthe, Hegel, Marx et certains poètes grecs modernes comme Andreas Embirikos. La cohérence du livre est donnée par la façon, tout à fait singulière, dont l’auteur associe, articule et fusionne la mystique juive, la littérature, grecque et universelle, et le marxisme révolutionnaire.

 

Savas Mikhail n’a jamais caché ses convictions antifascistes, et n’a pas cessé, ces dernières années, de dénoncer les activités néfastes de l’organisation néo-nazie « Aube Dorée » (Chryssi Avghi), qui aurait dû s’appeler plutôt « Crépuscule Sanglant ».

 

Or, en 2009, cette organisation qui se réclame avec insistance de l’héritage du troisième reich, a présenté, devant la justice grecque, un protocole d’accusation contre un grand nombre de personnalités de différents courants de la gauche et l’extrême-gauche grecque. Par décision du procureur, nommé par le gouvernement hégémonisé par la droite néolibérale, la police a convoqué en 2012 ces personnalités pour un interrogatoire.

 

D’un commun accord ils ont tous refusé, mais on envoyé des déclarations légales réfutant les accusations. Après examen de ses documents, le procureur a décidé de traîner devant les tribunaux deux de ces personnes, Savas Mikhail et l’ancien doyen de l’école polytechnique, Constantin Moutzouri, accusé d’avoir permis à indymedia, un media social alternatif, d’utiliser les installations de l’école pour ses émissions. Savas Mikhail a été pour sa part accusé de « diffamation » envers les néo-nazis, pour les avoir traité de criminels, d’« incitation à la violence », pour avoir appelé à combattre le fascisme, et « d’atteinte à la paix civile », pour avoir appelé, dans un tract, à manifester contre Chryssi Avghi. Pendant ce temps, les néo-nazis grecs menaient une campagne antisémite forcenée contre Savas Mikhail, en le dénonçant dans leurs moyens de communication comme « un agent de la conspiration juive mondiale contre la nation grecque, pour provoquer une guerre civile et établir un régime judéo-bolchévique ». Sinistre impression de déjà-vu.

 

Cette affaire a bien entendu suscité de nombreuses protestations en Grèce et en Europe mais il n’empêche le jugement aura lieu et la date prévue est le 3 septembre 2013.

 

L’enjeu est important, au delà des personnes inculpées, il s’agit de savoir s’il pourra ou non exister en Grèce, à l’avenir, une liberté d’expression pour des idées antifascistes.

 

L’affaire illustre non seulement l’extraordinaire culot des messieurs de l’« Aube Dorée », mais aussi la complicité, de plus en plus évidente, de l’actuel gouvernement grec, présidé par Antonis Samaras, avec les fascistes grecs. Plusieurs des ministres de ce gouvernement de plus en plus autoritaire et répressif, sont originaires de l’extrême droite, le secrétaire d’Etat à l’immigration, Kostoulas, est l’auteur d’un ouvrage négationniste à la gloire du troisième reich, et son porte parole au parlement, le député Voridis, est un ancien dirigeant du mouvement de jeunesse nationaliste promu par la dictature du colonel Papadopoulos entre 1967 et 1974. Par ailleurs, la récente décision d’Antonis Samaras de fermer purement et simplement l’ERT, la radio télévision publique grecque, en coupant le courant à ses antennes, décision qui a provoqué un crise gouvernementale, avec le départ du parti de la gauche démocratique, a été chaleureusement soutenue par Chryssi Avghi.

 

On saura le 3 septembre si les antisémites font la loi en Grèce ou si un minimum de garanties démocratiques subsiste encore.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 18:36

 

http://www.solidaires.org/article45205.html

 

Journée nationale d’action interprofessionnelle le 10 septembre

Communiqué des organisations syndicales CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires

Les organisations syndicales CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires se sont réunies sur les questions des retraites, de l’emploi, des salaires, de l’avenir des services publics.

Après la conférence sociale et les concertations de l’été, le gouvernement attend le mois de septembre pour donner les grandes mesures qu’il compte prendre.

Ses premières déclarations inquiètent les salariés, les retraités et les demandeurs d’emploi d’autant que le calendrier imposé est très resserré.

Les organisations syndicales ont déjà largement fait part de leur analyse sur le rapport Moreau et des mesures qu’elles ne sauraient accepter, tout allongement de la durée de cotisation, l’opposition entre le public et le privé, la sous-indexation des pensions et des salaires portés aux comptes.

Pérenniser le système solidaire de retraite par répartition nécessite de réparer les injustices dues aux précédentes réformes. Il faut sortir des logiques qui ont diminué le niveau des pensions et créé des inégalités notamment entre les femmes et les hommes.

L’allongement de la durée de cotisation, déjà engagé, fixe des conditions inaccessibles aux plus jeunes dont la durée d’étude, de formation, de recherche d’emploi est allongée par rapport aux générations antérieures.

Le financement des retraites nécessite de construire des alternatives par l’apport de ressources nouvelles, tout particulièrement en améliorant le pouvoir d’achat des salariés et en créant des emplois. Il est urgent d’augmenter l’ensemble des salaires, du privé comme du public, ce qui impose d’en finir avec le gel du point d’indice et de revaloriser réellement le SMIC.

Il est nécessaire de redonner confiance aux salariés, particulièrement aux jeunes générations dans le système de retraite solidaire.

Pour changer de cap et faire face à la situation, il faut rompre avec les politiques d’austérité.

Les organisations syndicales CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires appellent à une journée nationale d’action interprofessionnelle avec grèves et manifestations le 10 septembre 2013 pour ne pas laisser les propositions du MEDEF faire la loi et pour imposer d’autres choix au gouvernement.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 18:22

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/07/28/en-egypte-la-revolution-confisquee_921380

 

En Egypte, la révolution confisquée

 

Dimanche 28 Juillet 2013

 

Les libéraux et le mouvement Tamarod à l’origine du soulèvement anti-Morsi commencent à s’inquiéter des dérives de l’armée et du général al Sissi, qui tient désormais les rênes du pays.

 

Par Marwan Chahine, correspondant de Libération au Caire

 

Si les victimes sont dans le camp islamiste, la tuerie aux abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya a également secoué jusqu’aux plus farouches opposants à Mohamed Morsi. Ceux-là mêmes qui ressassent depuis des semaines que le 30 juin est une révolution et non un coup d’Etat, ceux qui vendredi encore, place Tahrir, pensaient goûter aux délices de la grande réconciliation égyptienne, se sont réveillés avec la gueule de bois.

 

L’heure n’est pas au divorce, mais l’union sacrée contre les Frères musulmans se fissure un peu plus. Des personnalités liées à la coalition au pouvoir ont dénoncé les violences policières du week-end. Le parti salafiste al Nour, qui a soutenu la destitution de Morsi mais avait déjà pris ses distances avec l’armée, a évoqué un « carnage » et son président, Younes Makhyoun, a demandé des « des poursuites contre les auteurs ». Mohamed al Baradei, vice-président et principale figure de l’opposition libérale sous Morsi, a condamné sur Twitter « un usage excessif de la force » et a appelé « toutes les parties à rejeter la violence et à arrêter le bain de sang ». Pour timide qu’elle soit, cette position traduit un malaise de plus en plus palpable chez un homme qui a toujours mis en avant des principes démocratiques et s’est opposé avec virulence à l’ancien régime.

 

Réserves. Hier, le mouvement Tamarod, à l’origine de la mobilisation anti Morsi du 30 juin, a lui aussi pour la première fois exprimé des réserves sur l’évolution de la transition politique.

 

« Nous soutenons les plans de l’Etat dans sa lutte contre le terrorisme, mais nous avons déjà souligné que cela ne justifiait pas les lois d’exceptions ou les mesures contraires à la liberté et aux droits de l’homme », a déclaré son leader, Mahmoud Badr, avant d’ajouter que « nous n’accepterons jamais le retour de l’appareil de sécurité d’Etat de Moubarak ». Une réaction aux propos du nouveau ministre de l’intérieur, Mohamed Ibrahim, qui, samedi, avait expliqué la flambée de violence par « la fermeture de certains services après le 25 janvier 2011 et une restructuration inadéquate de la police sous Morsi », et annoncé la réintégration de certains officiers écartés après la chute de Moubarak. Ce discours ouvertement contre révolutionnaire et la répétition des bavures sanglantes laisse craindre un retour de la brutalité et de l’arbitraire policier de l’ancien régime. « Nous ne sommes pas dupes, nous savons que certaines personnes de l’ère Moubarak cherchent à récupérer à leur profit notre révolution. Mais nous ne les laisserons pas faire », affirme un membre important de Tamarod.

 

C’est pourtant en réponse à l’appel du général Al-Sissi, qui avait demandé au peuple de lui donner un « mandat pour en finir avec la violence et le terrorisme », que des centaines de milliers de personnes, dont les membres fondateurs de Tamarod, ont manifesté sur la place Tahrir, vendredi. Beaucoup tenaient même dans leurs mains le portrait du général, qui fait clairement figure d’homme fort du nouveau régime.

 

Non alignés. Mais certains groupes ont refusé de prendre part à la grande messe pro armée. C’est notamment le cas du mouvement du 6 avril ou des socialistes révolutionnaires qui, dès jeudi, ont affirmé dans un communiqué tristement visionnaire qu’ils « ne voulaient pas signer un chèque en blanc pour commettre des massacres ».

 

Au côté de groupes salafistes révolutionnaires et d’islamistes modérés proches de l’ancien candidat à la présidentielle Aboul Foutouh, ces formations de gauche entendent incarner une troisième voie, en refusant l’alternative entre les frères musulmans et l’armée.

 

Une manifestation de ces non alignés, qui se revendiquent des idéaux de la révolution de 2011 qui avait fait tomber Moubarak, était prévue hier soir au Caire. Un premier rassemblement avait réuni quelques milliers de personnes vendredi. Sans réelle structure ni appui partisan solide, cette initiative a peu de chances de peser dans le débat. Elle pourrait néanmoins séduire de nombreux égyptiens hostiles à Morsi mais inquiets de la tournure autoritaire et violente que la transition a prise.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 17:44

 

Ettakatol prône un nouveau cabinet d’union en Tunisie

 

TUNIS (Reuters) - Le parti laïc de centre gauche Ettakatol, membre de la coalition au pouvoir en Tunisie emmenée par les islamistes d'al Nahda, a réclamé lundi la démission du gouvernement tripartite et la constitution d'un cabinet d'union nationale.

 

« Nous avons demandé la dissolution du gouvernement en faveur d'un nouveau gouvernement d'union qui incarnerait la forme la plus large de consensus », a déclaré à Reuters Lobni Jribi, l'un des dirigeants de cette formation.

 

« En cas de rejet de cette suggestion par al Nahda, nous nous retirerions du gouvernement », a-t-il ajouté.

 

La menace de départ d'Ettakatol accroît la pression sur al Nahda, qui jusqu'à présent refuse une dissolution du gouvernement, comme le réclame l'opposition.

 

D'ores et déjà, le ministre de l'éducation Salem Labyedh, un indépendant, a présenté sa démission au premier ministre Ali Larayedh, ont rapporté les médias tunisiens.

 

Ettakatol a lancé son appel quelques heures après le bouclage par l'armée d'une place de la capitale, Tunis, où des heurts s'étaient produits entre manifestants rivaux.

 

L'armée a bouclé à l'aide de barbelés l'accès à la place du Bardo, sur laquelle donne l'Assemblée Nationale Constituante et l'a déclarée « zone militaire fermée », après des affrontements entre manifestants des deux camps.

 

« Le premier ministre sera tenu responsable pour toute goutte de sang qui coulera lors du sit-in du Bardo », a prévenu Manji Rahaoui, un cadre de l'opposition.

 

Les deux camps ont prévu de manifester de nouveau place du Bardo malgré la prise de contrôle des lieux par l'armée, ont rapporté des médias tunisiens.

 

Le président de l'Assemblée Nationale Constituante, Moustafa Ben Jaafar, est membre d'Ettakatol. Son assemblée, dit-il, a encore plusieurs semaines de travail avant de pouvoir soumettre à référendum une constitution dont la rédaction a déjà subi des retards.

 

L'opposition laïque, encouragée par l'intervention de l'armée égyptienne qui a déposé le 3 juillet le président égyptien Mohamed Morsi, issu des frères musulmans, rejette désormais toute concession et tous les efforts de réconciliation menés par le gouvernement.

 

POSSIBILITÉ D'UNE NOUVELLE GRÈVE

 

L'opposition réclame aussi la dissolution de l'Assemblée Nationale Constituante, dont, ces derniers jours, soixante dix des deux cent dix sept membres se sont retirés pour observer un sit-in place du Bardo, devant le bâtiment où elle siège.

 

A Sidi Bouzid dans le sud de la Tunisie, des manifestants en colère ont tenté lundi de prendre le contrôle de l'hôtel de ville et d'empêcher les employés de travailler, ce qui a provoqué des affrontements avec des partisans d'al Nahda, ont rapporté des habitants.

 

L'armée est intervenue pour protéger l'hôtel de ville et les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes, mais, selon des habitants, des milliers de manifestants continuaient de se rassembler dans la ville, qui fut le berceau de la « révolution du jasmin » en décembre 2010 et au début 2011.

 

Les dirigeants de l'opposition clament depuis le week-end qu'ils pourraient mettre en place un « gouvernement de salut », rival du gouvernement en place. Ils devaient débattre de cette idée lundi dans la soirée.

 

Pour Noureddine Bhiri, porte-parole d'Ali Larayedh, les manifestations d'opposition équivalent à un appel à la « destruction de l'Etat », au moment où le gouvernement cherche à gérer la situation après l'assassinat de Mohamed Brahmi, un opposant de gauche tué par balles jeudi dernier à Tunis.

 

« Quelles solutions de rechange proposent-ils après une dissolution du gouvernement ? Rien d'autre que la violence et la destruction. Nous devons restés unis pour franchir cette étape et mettre fin au terrorisme », a ajouté le porte-parole.

 

Ali Larayedh, qui a été reçu par le chef de l'Etat, le président Moncef Marzouki et a vu également les commandants des forces de sécurité, devait s'adresser à la nation en fin de journée.

 

Les puissants syndicats tunisiens ont rencontré lundi des représentants des partis de l'opposition et devaient envisager la possibilité d'une nouvelle grève. Vendredi, la grève déclenchée par la grande centrale syndicale UGTT au lendemain de l'assassinat de Mohamed Brahmi avait paralysé une bonne partie du pays.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens