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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 18:41

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/08/29/le-dilemme-des-sociaux-democrates-allemands-face-a-la-gauche-radicale_3468026_3214.html

 

Le dilemme des sociaux démocrates allemands face à la gauche radicale

 

Par Frédéric Lemaître, envoyé spécial du Monde à Leipzig

 

Jeudi 29 Août 2013

 

Le hasard a bien fait les choses, le jour même où Die Linke, le parti de la gauche radicale, tenait un grand rassemblement électoral à Leipzig (Saxe), Mercredi 28 Août 2013, pour lancer la dernière phase de sa campagne en vue des élections législatives du 22 septembre en Allemagne, l'institut Forsa publiait un sondage le créditant de dix pour cent des voix. Or si Die Linke a obtenu 11,9 % des suffrages aux dernières élections générales (2009), les sondages ne lui accordaient jusqu'à présent que sept pour cent à huit pour cent des voix.

 

A Leipzig, ses deux principaux orateurs, Sahra Wagenknecht et l'avocat Gregor Gysi, qui dirigent le groupe parlementaire du Bundestag (fort de soixante seize élus), étaient donc aux anges.

 

Devant environ deux mille personnes (dont de nombreux sexagénaires, mais aussi un bon nombre de jeunes), ces deux excellents tribuns, Sahra Wagenknecht, docteur en philosophie, se veut l'héritière de Rosa Luxembourg, et l'avocat Gregor Gysi est une vedette des médias, étaient, il est vrai, en terrain conquis.

 

Issu de la fusion, en 2007, de l'ancien parti du socialisme démocratique (PDS), qui a succédé au parti communiste de la république démocratique allemande, et de la WASG, formation créée par des déçus du parti social démocrate (SPD) emmenés par Oskar Lafontaine, Die Linke continue de faire des scores honorables (entre vingt pour cent et trente pour cent) dans l'ancienne Allemagne de l'Est, notamment grâce à l'électorat âgé.

 

De la création d'un salaire minimum légal à 10,50 euros de l'heure à l'égalité des retraites entre l'est et l'ouest de l'Allemagne, l'égalité sociale constitue habituellement son thème de prédilection. Actualité oblige, les deux orateurs ont développé un autre point qui leur tient à coeur, leur opposition à toute intervention militaire en Syrie. « On ne sait pas encore clairement qui a utilisé les gaz », affirme Sahra Wagenknecht.

 

Par principe, Die Linke est opposée à tout envoi de la Bundeswehr à l'étranger, que ce soit en Afghanistan, au Kosovo, au Mali ou en Syrie. Le parti est même favorable à une sortie de l'Allemagne de l'OTAN.

 

Outre ces deux thématiques, le social et le pacifisme, Sahra Wagenknecht et Gregor Gysi insistent sur un troisième argument pour attirer les électeurs, le consensus qui règne entre les autres partis au Bundestag. « Les autres partis sont d'accord sur l'engagement de la Bundeswehr à l'étranger, sur les exportations d'armes, sur les plans de sauvetage de l'euro, sur la retraite à soixante sept ans, sur le développement de l’emploi précaire et sur les lois Hartz IV votées sous le gouvernement Schröder. Sur ces six points, nous sommes seuls au Bundestag contre tous les autres. Notre présence est un plus pour la démocratie allemande », explique Gregor Gysi.

 

Apparemment, celui-ci ne voit pas Die Linke participer à une coalition de gauche. Cela tombe bien, officiellement, le parti social-démocrate exclut aussi une telle éventualité. Pourtant, sans les voix de cette formation, le SPD (crédité d'environ vingt deux pour cent des voix) et les Verts (environ onze pour cent) n'ont aucune chance de battre la CDU d’Angela Merkel (environ quarante pour cent). D'ailleurs, l'entourage de la chancelière l'affirme, dès le soir des élections, le SPD et les Verts négocieront avec Die Linke.

 

Ce parti n'est-il pas membre de la majorité qui dirige l'Etat région du Brandebourg ? N'a-t-il pas longtemps dirigé la ville de Berlin avec le SPD ? N'a-t-il pas soutenu le gouvernement du SPD et des Verts qui dirige la Rhénanie du Nord Westphalie ?

 

« Trahison »

 

Pour le SPD, qui n'a jamais pardonné à Oskar Lafontaine et à ses proches leur « trahison », une telle alliance au niveau national n'est pas d'actualité. Elle l'est d'autant moins que Peer Steinbrück, le candidat du SPD à la chancellerie, incarne l'aile droite de son parti. Mais si celui-ci échoue contre Angela Merkel, beaucoup à Berlin jugent probable un rapprochement entre le SPD et Die Linke en vue des élections de 2017. En coulisses, les manoeuvres ont d'ailleurs commencé, la secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles, a discrètement lancé un petit groupe de réflexion associant quelques députés des trois partis. En refusant, au printemps, de réclamer une sortie de l'Allemagne de l'euro, contrairement à ce que souhaitait Oskar Lafontaine, qui, du coup, a été marginalisé, les dirigeants de Die Linke ont d'ailleurs rendu une telle alliance moins impossible.

 

D'ailleurs, Sigmar Gabriel, président du SPD, le dit explicitement, « il y a encore deux partis dans Die Linke. A l'ouest, ses responsables sont des extrémistes alors qu'à l'est, ce sont quasiment des sociaux-démocrates ». Un appel du pied à peine voilé à Gregor Gysi et à certains de ses camarades.

 

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 18:02

 

 

 

 

 

 

 

http://www.eldiario.es/andalucia/mes-caminando-Bruselas-desahucios_0_159234757.html

 

Objectif Bruxelles

Les marcheurs contre les expulsions feront mille kilomètres en un mois

Les six membres de la plate forme contre les expulsions de Cordoue qui feront un mois de marche à pied « pour la dignité » arrivent à Les Borges Blanques (Lleida).

 Ils feront mille des deux mille six cent kilomètres, les participants de cette marche de protestation dépasseront les plus grands moments d'effort physique et mental par « l’esprit et l’accueil exceptionnel » qu’ils recevront dans chacune des municipalités où ils feront étape.

A Madrid, où ils ont été identifiés par la Police Nationale, ils présenteront un mémoire aux groupes politiques du congrès contre l'appel du gouvernement contre le décret andalou contre les expulsions.

 

 

Le premier août, cela fera exactement un mois que six membres de la plate forme contre les expulsions de Cordoue commençaient une marche à pied de Cordoue à Bruxelles, pour lutter « pour la dignité et la récupération des droits » des familles victimes des prêts hypothécaires.

 

 

Leonor, Richard, Ana Belen, Eugenio, Antonio, Nazaret et Nani qui les a rejoint feront plus de mille kilomètres à pied.

 

 

Dans l’aventure qui commençait à la fin du mois de mars à Borges Blanques (Lleida) et qui arrivera dans les prochains jours dans la province de Barcelone, ils diront qu’ils surmontent les moments de « crise mentale et d'effort physique » par l’esprit et l’accueil qu’ils reçoivent dans les villes où ils arrivent.

" Nous sommes hébergés exceptionnellement par certaines municipalités ", dit Richard à notre site.

« Nous sommes toujours hébergés et nous recevons souvent de la nourriture », dit-il, expliquant que les habitants, les maires, les conseillers et les membres de la plate-forme dans chaque province les soutiennent de cette façon.

Depuis Cordoue, ce sont les camarades de la plate forme contre les expulsions qui « ouvrent la voie et frappent aux portes » à l'avance pour chercher des endroits où les marcheurs passent la nuit dans les villages qui jalonnent cette marche revendicative à pied.
 

Les moments les plus durs

Parmi les moments d’effort physique les plus durs, les membres de la plate forme contre les expulsions se souviennent du passage à travers les montagnes de Jaen, pour leur pente et la chaleur du sud, ou des raideurs de l’étape de la Muela dans la province de Saragosse.

 

 

 « Le physique suivra », dit Richard, alors que les ampoules et les irritations de ses pieds l’accompagnent depuis le premier jour du voyage, mais, comme alors, il explique que rien n'est aussi difficile que la situation que chacun d'entre eux vit et qui est la cause de la réalisation de cette marche.

 

 

Cependant, la souffrance de cette marche n’est pas seulement physique.

A Madrid, les participants de la marche vivaient « le moment le plus désagréable », dit Richard, quand ils étaient contrôlés par la Police Nationale à Villaverde, puis, à l'arrivée à la Puerta del Sol, quand ils « avaient trois minutes pour enlever la banderole que nous portions avec nous et pour quitter la place ».

Ce jour là, ils organisaient une réunion sur la marche. Ils allaient au congrès des députés pour déposer une lettre aux groupes parlementaires contre le recours du gouvernement devant la cour constitutionnelle contre le décret contre les expulsions du gouvernement d’Andalousie.

Devant le parlement européen

Au-delà de l'effort physique accompli du début à la fin de la marche, ils arriveront à Bruxelles à la fin du mois de septembre et ils n’arrêteront pas leur action avant le dépôt d’une plainte devant le parlement européen pour la dénonciation de la situation vécue par des milliers de familles en Espagne en voie d'expulsion.

Richard, Leonor, Eugenio, Nani , Ana Belen, Nazaret et Antonio sont des exemples de chacune des familles au chômage depuis des années, des personnes dont les maisons ont été saisies en raison du non paiement de leurs prêts hypothécaires, dans l’attente de la date d’expulsion de leurs maisons. 

  

 

C'est la réalité qu’ils dénoncent tous les jours dans les villes qu’ils traversent et, finalement, à Bruxelles. 

 

 

Parallèlement à cela, quand les conditions le permettent à la fin de chaque journée et quand les conditions techniques le permettent également, ils transmettent leurs propres chroniques de chaque étape à un blog créé pour ce voyage spécial.

 

C’est le blog http://viajeporladignidad.blogspot.com.es

Les membres de la marche racontent et partagent leurs expériences et remercient les soutiens qu’ils reçoivent.

Maintenant, leur objectif à court terme, c’est Barcelone. Dans la capitale catalane, ou ils sont attendus vers le 6 août, il y aura un événement de bienvenue qui permettra de rappeler à voix haute la situation des familles touchées par les expulsions dans tout le pays.

Pendant ce temps, le travail avance, les camarades de la plate forme contre les expulsions de Cordoue prévoyaient déjà plusieurs étapes du sud de la France où ils seront « accueillis concrètement par plusieurs municipalités », la collaboration avec les membres de la marche est une solidarité sans interruption pendant un mois. 

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:20

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un hommage de Léon Trotsky à Karl Liebknecht et à Rosa Luxemburg.

 

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1919/01/190118.htm

 

Hommage à Karl Liebknecht et à Rosa Luxemburg

 

Par Léon Trotsky

 

Samedi 18 Janvier 1919

 

L’inflexible Karl Liebknecht

 

Nous venons d'éprouver la plus lourde perte. Un double deuil nous atteint.

 

Deux chefs ont été brutalement enlevés, deux chefs dont les noms resteront à jamais inscrits au livre d'or de la révolution prolétarienne, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg.

 

Le nom de Karl Liebknecht a été universellement connu dès les premiers jours de la grande guerre européenne.

 

Dans les premières semaines de cette guerre, au moment où le militarisme allemand fêtait ses premières victoires, ses premières orgies sanglantes, où les armées allemandes développaient leur offensive en Belgique, détruisaient les forteresses belges, où les canons de quatre cent vingt millimètres promettaient, semble-t-il, de mettre tout l'univers aux pieds de Guillaume II, au moment où la social-démocratie officielle, Scheidemann et Ebert en tête, s'agenouillait devant le militarisme allemand et l'impérialisme allemand auxquels tout semblait se soumettre, le monde extérieur avec la France envahie au nord et le monde intérieur non seulement avec la caste militaire et la bourgeoisie, mais aussi avec les représentants officiels de la classe ouvrière, dans ces sombres et tragiques journées, une seule voix s'éleva en Allemagne pour protester et pour maudire, celle de Karl Liebknecht.

 

Et cette voix retentit par le monde entier. En France, où l'esprit des masses ouvrières se trouvait alors sous la hantise de l'occupation allemande où le parti des social-patriotes au pouvoir prêchait une lutte sans trêve ni merci contre l'ennemi qui menaçait Paris, la bourgeoisie et les chauvins eux-mêmes reconnurent que seul Liebknecht faisait exception aux sentiments qui animaient le peuple allemand tout entier.

 

Liebknecht, en réalité, n'était déjà plus isolé. Rosa Luxemburg , femme du plus grand courage, luttait à ses côtés, bien que les lois bourgeoises du parlementarisme allemand ne lui aient pas permis de jeter sa protestation du haut de la tribune, ainsi que l'avait fait Karl Liebknecht. Il convient de remarquer qu'elle était secondée par les éléments les plus conscients de la classe ouvrière, où la puissance de sa pensée et de sa parole avaient semé des germes féconds. Ces deux personnalités, ces deux militants, se complétaient mutuellement et marchaient ensemble au même but.

 

Karl Liebknecht incarnait le type du révolutionnaire inébranlable dans le sens le plus large de ce mot. Des légendes sans nombre se tissaient autour de lui, entourant son nom de ces renseignements et de ces communications dont notre presse était si généreuse au temps où elle était au pouvoir.

 

Karl Liebknecht était, nous ne pouvons plus en parler qu'au passé, dans la vie courante, l'incarnation même de la bonté et de l'amitié. On peut dire que son caractère était d'une douceur toute féminine, dans le meilleur sens de ce mot, tandis que sa volonté de révolutionnaire, d'une trempe exceptionnelle, le rendait capable de combattre à outrance au nom des principes qu'il professait. Il l'a prouvé en élevant ses protestations contre les représentants de la bourgeoisie et des traîtres sociaux démocrates du Reichstag allemand, où l'atmosphère était saturée des miasmes du chauvinisme et du militarisme triomphants. Il l'a prouvé lorsque, il leva, sur la place de Potsdam, à Berlin, l'étendard de la révolte contre les Hohenzollern et le militarisme bourgeois.

 

Il fut arrêté. Mais ni la prison, ni les travaux forcés n'arrivèrent à briser sa volonté et, délivré par la révolution de novembre, Liebknecht se mit à la tête des éléments les plus valeureux de la classe ouvrière allemande.

 

Puissance des idées de Rosa Luxemburg

 

Le nom de Rosa Luxemburg est moins connu dans les autres pays et en Russie, mais on peut dire, sans craindre d'exagérer, que sa personnalité ne le cède en à celle de Liebknecht.

 

Petite de taille, frêle et maladive, elle étonnait par la puissance de sa pensée.

 

J'ai dit que ces deux leaders se complétaient mutuellement. L'intransigeance et la fermeté révolutionnaire de Liebknecht se combinaient avec une douceur et une aménité féminines, et Rosa Luxemburg, malgré sa fragilité, était douée d'une puissance de pensée virile.

 

Nous trouvons chez Ferdinand Lassalle des appréciations sur le travail physique de la pensée et sur la tension surnaturelle dont l'esprit humain est capable pour vaincre et renverser les obstacles matériels, telle était bien l'impression de puissance que donnait Rosa Luxemburg lorsqu'elle parlait à la tribune, entourée d'ennemis. Et ses ennemis étaient nombreux. Malgré sa petite taille et la fragilité de toute sa personne, Rosa Luxemburg savait dominer et tenir en suspens un large auditoire, même hostile à ses idées.

 

Par la rigueur de sa logique, elle savait réduire au silence ses ennemis les plus résolus, surtout lorsque ses paroles s'adressaient aux masses ouvrières.

 

Ce qui aurait pu arriver chez nous pendant les journées de juillet

 

Nous savons trop bien comment procède la réaction pour organiser certaines émeutes populaires. Nous nous souvenons tous des journées que nous avons vécues en juillet dans le murs de Petrograd, alors que les bandes noires rassemblées par Kérensky et Tseretelli contre les bolcheviks organisaient le massacre des ouvriers, assommant les militants, fusillant et passant au fil de la baïonnette les ouvriers isolés surpris dans la rue. Les noms des martyrs prolétariens, tel celui de Veinoff, sont encore présents à l'esprit de la plupart d'entre nous. Si nous avons conservé alors Lénine, si nous avons conservé Zinoviev, c'est qu'ils ont su échapper aux mains des assassins. Il s'est trouvé alors parmi les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires des voix pour reprocher à Lénine et à Zinoviev de se soustraire au jugement, tandis qu'il leur eût été si facile de se laver de l'accusation élevée contre eux, et qui les dénonçait comme des espions allemands. De quel tribunal voulait-on parler ? De celui probablement auquel on mena plus tard Liebknecht, et à mi-chemin duquel Lénine et Zinoviev auraient été fusillés pour tentative d'évasion ? Telle aurait été sans nul doute la déclaration officielle. Après la terrible expérience de Berlin, nous avons tout lieu de nous féliciter de ce que Lénine et Zinoviev se soient abstenus de comparaître devant le tribunal du gouvernement bourgeois.

 

Aberration historique

 

Perte irréparable, trahison sans exemple ! Les chefs du parti communiste allemand ne sont plus. Nous avons perdu les meilleurs de nos frères, et leurs assassins demeurent sous le drapeau du parti social-démocrate qui a l'audace de commencer sa généalogie à Karl Marx ! Voilà ce qui se passe, camarades ! Ce même parti, qui a trahi les intérêts de la classe ouvrière dès le début de la guerre, qui a soutenu le militarisme allemand, qui a encouragé la destruction de la Belgique et l'envahissement des provinces françaises du Nord, ce parti dont les chefs nous livraient à nos ennemis les militaristes allemands aux jours de la paix de Brest-Litovsk, ce parti et ses chefs, Scheidemann et Ebert, s'intitulent toujours marxistes tout en organisant les bandes noires qui ont assassiné Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg !

 

Nous avons déjà été les témoins d'une semblable aberration historique, d'une semblable félonie historique, car le même tour a déjà été joué avec le christianisme. Le christianisme évangélique, idéologie de pêcheurs opprimés, d'esclaves, de travailleurs écrasés par la société idéologie du prolétariat, n'a-t-il pas été accaparé par ceux qui monopolisaient la richesse par les rois, les patriarches et les papes ? Il est hors de doute que l'abîme qui sépare le christianisme primitif tel qu'il surgit de la conscience du peuple et des bas-fonds de la société, est séparé du catholicisme et des théories orthodoxes par un abîme tout aussi profond que celui qui s'est maintenant creusé entre les théories de Marx, fruits purs de la pensée et des sentiments révolutionnaires, et les résidus d'idées bourgeoises dont trafiquent les Scheidemann et les Ebert de tous les pays.

 

Le sang des militants assassinés crie vengeance

 

Camarades ! Je suis convaincu que ce crime abominable sera le dernier sur la liste des forfaits commis par les Scheidemann et les Ebert. Le prolétariat a supporté longtemps les iniquités de ceux que l'histoire a placés à sa tête, mais sa patience est à bout et ce dernier crime ne restera pas impuni. Le sang de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg crie vengeance, il fera parler les pavés des rues de Berlin et ceux de la place de Potsdam, où Karl Liebknecht a le premier levé l'étendard de la révolte contre les Hohenzollern. Et ces pavés, n'en doutez pas, serviront à ériger de nouvelles barricades contre les exécuteurs de basses œuvres, les chiens de garde de la société bourgeoise - contre les Scheidemann et les Ebert !

 

La lutte ne fait que commencer

 

Scheidemann et Ebert ont étouffé, pour un moment, le mouvement spartakiste (communistes allemands), ils ont tué deux des meilleurs chefs de ce mouvement et peut-être fêtent-ils encore à l'heure qu'il est leur victoire, mais cette victoire est illusoire, car il n'y a pas encore eu, en fait, d'action décisive. Le prolétariat allemand ne s'est pas encore soulevé pour conquérir le pouvoir politique. Tout ce qui a précédé les événements actuels n'a été de sa part qu'une puissante reconnaissance pour découvrir les positions de l'ennemi. Ce sont les préliminaires de la bataille, mais ce n'est pas encore la bataille même. Et ces manœuvres de reconnaissance étaient indispensables au prolétariat allemand, de même qu'elles nous étaient indispensables dans les journées de Juillet.

 

Le rôle historique des journées de Juillet

 

Vous connaissez le cours des événements et leur logique intérieure. A la fin de février 1917 (ancien style), le peuple avait renversé l'autocratie, et pendant les premières semaines qui suivirent, il sembla que l'essentiel était accompli. Les hommes de nouvelle trempe qui surgissent des autres partis - des partis qui n'avaient jamais joué chez nous un rôle dominant - ces hommes jouirent au début de la confiance ou plutôt de la demi-confiance des masses ouvrières.

 

Mais Petrograd se trouvait comme il le fallait, à la tête du mouvement, en février, comme en juillet, il représentait l'avant-garde appelant les ouvriers à une guerre déclarée contre le gouvernement bourgeois, contre les ententistes, c'est cette avant-garde qui accomplit les grandes manœuvres de reconnaissance.

 

Elle se heurta précisément, dans les journées de juillet, au gouvernement de Kérensky.

 

Ce ne fut pas encore la révolution, telle que nous l'avons accomplie en octobre, ce fut une expérience dont le sens n'était pas encore clair à ce moment à l'esprit des masses ouvrières.

 

Les travailleurs de Petrograd s'étaient bornés à déclarer la guerre de Kérensky mais, dans la collision qui eut lieu, ils purent se convaincre et prouver aux masses ouvrières du monde entier qu'aucune force révolutionnaire réelle ne soutenait Kérensky et que son parti était composé des forces réunies de la bourgeoisie, de la garde blanche et de la contre-révolution.

 

Comme il vous en souvient, les journées de juillet se terminèrent pour nous par une défaite au sens formel de ce mot, les camarades Lénine et Zinoviev furent contraints de se cacher.

 

Beaucoup d'entre nous furent emprisonnés, nos journaux furent bâillonnés, le soviet des députés ouvriers et soldats réduit à l'impuissance, les typographies ouvrières saccagées, les locaux des organisations ouvrières mis sous scellés, les bandes noires avaient tout envahi, tout détruit.

 

Il se passait à Petrograd exactement ce qui s'est passé en janvier 1919 dans les rues de Berlin, mais pas in instant nous n'avons douté alors de ce que les journées de juillet ne seraient que le prélude de notre victoire.

 

Ces journées nous ont permis d'évaluer le nombre et la composition des forces de l'ennemi, elles ont démontré avec évidence que le gouvernement de Kérensky et de Tseretelli représentait en réalité un pouvoir au service des bourgeois et des gros propriétaires contre-révolutionnaires.

 

Les mêmes faits se sont produits à Berlin

 

Des événements analogues ont eu lieu à Berlin. A Berlin, comme à Petrograd, le mouvement révolutionnaire a devancé celui des masses ouvrières arriérées. Tout comme chez nous, les ennemis de la classe ouvrière criaient que « nous ne pouvons pas nous soumettre à la volonté de Berlin, Berlin est isolé, il faut réunir une Assemblée Constituante et la transporter dans une ville provinciale de traditions plus saines. Berlin est perverti par la propagande de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg ». Tout ce qui a été entrepris dans ce sens chez nous, toutes les calomnies et toute la propagande contre-révolutionnaire que nous avons entendues ici, tout cela a été répandu en traduction allemande par Scheidemann et Ebert contre le prolétariat berlinois et contre les chefs du Parti Communiste, Liebknecht et Rosa Luxemburg. Il est vrai que cette campagne de reconnaissances a revêtu en Allemagne des proportions plus larges que chez nous, mais cela s'explique par le fait que les allemands répètent une manœuvre qui a déjà été accomplie une fois chez nous ; de plus, les antagonismes de classes sont plus nettement établis chez eux.

 

Chez nous, camarades, quatre mois se sont écoulés entre la révolution de février et les journées de juillet.

 

Il a fallu quatre mois au prolétariat de Petrograd pour éprouver la nécessité absolue de descendre dans la rue afin d'ébranler les colonnes qui servaient d'appui au temple de Kérensky et de Tseretelli.

 

Quatre mois se sont écoulés après les journées de juillet avant que les lourdes réserves de la province arrivassent à Petrograd, nous permettant de compter sur une victoire certaine et de monter à l'assaut des positions de la classe ennemie en octobre 1917.

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:01

 

http://www.andalucesdiario.es/ciudadanxs/un-centenar-de-miembros-del-sat-sacan-una-decena-de-carros-con-material-escolar-de-un-carrefour-en-sevilla

 

Le Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT) remplit une douzaine de chariots avec des fournitures scolaires d'un Carrefour de Séville


Diego Canamero, qui a participé à cette action, a justifié l'initiative en disant  « qu 'il y a des milliers de familles qui ne peuvent payer les fournitures scolaires » pour la prochaine rentrée scolaire. La protestation s’est terminée sans aucun incident.

 

À partir de 11 heures du matin, une centaine de membres du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT) s’est rassemblé dans le parking de l'université Pablo de Olavide de Séville.

 

Une personne a donné le signal et une file de voitures est allée au Carrefour du quartier de Montequinto à proximité de la ville de Dos Hermanas en bordure de Séville.

 

Presqu’immédiatement après le stationnement des véhicules, il y avait les premières courses à la porte du supermarché, où plusieurs ouvriers du syndicat les attendaient et remplissaient rapidement « entre huit et dix » caddies chargés de fournitures scolaires de base, cahiers et crayons de couleur.


« Appelez le 091 » criait un garde de sécurité. A la porte du centre commercial, on commençait à entendre les premiers slogans, « contre le chômage, lutte ouvrière », ont scandé à plusieurs reprises les membres du syndicat. En attendant, le matériel scolaire « exproprié » a été chargé dans plusieurs véhicules. « Les dépenses militaires pour les écoles et les hôpitaux » chantaient encore les membres du SAT, tandis que les clients et les travailleurs du Carrefour observaient attentivement l'évolution des événements dans l’attente de l'arrivée de la Police Nationale.

Le porte-parole national du syndicat, le leader ouvrier historique Diego Canamero, se plaçait devant la porte d’entrée du supermarché et justifiait cette nouvelle « action symbolique » du SAT. « Deux millions d’andalouses et d’andalous sont en situation de pauvreté et quatre cent mille familles ne reçoivent aucune aide, et maintenant quand l'école va commencer leurs enfants ne pourront pas porter de chaussures, ils n’auront pas de stylos ni de cahiers. Ils n'ont absolument rien et c'est injuste » criait Canamero, tout en dénonçant « l'arnaque » du système et  « le vol » que suppose le paiement de la dette publique. Selon son explication, « le matériel sera distribué dans les écoles entre les familles qui en ont besoin ».


Après le bref discours, Canamero a donné des directives pour quitter le parking avant l’arrivée de la police. Au bout de quelques minutes, le parking du centre commercial était vide et les voitures des syndicalistes et des travailleurs ont croisé à la sortie du parking deux véhicules de la Police Nationale à une vitesse telle que les véhicules de police ne pouvaient les contrôler.

 

Sans incident et sans plainte de Carrefour

 

« Y avait il agression ou voie de fait ? ». C'est la première question que j’ai posé au policier qui était au centre du dispositif. La réponse du responsable du supermarché était négative.

 

Contrairement à l'été 2012 , pendant lequel les membres de SAT remplissaient dans la province de Séville plusieurs chariots de nourriture , il n’y avait cette fois aucune altercation ni bagarre avec les travailleurs du supermarché. Juan Manuel Sánchez Gordillo, le député d’Izquierda Unida au parlement andalou, ne participait pas non plus à l’opération.

 

Les responsables du supermarché ne porteront pas plainte contre le SAT. « Il n’y avait aucun incident, nous ne porterons pas plainte » ont-ils dit à notre site.

 

Pendant ce temps, alors que les membres du syndicat étaient loin de Carrefour, plusieurs agents de police entouraient deux grandes camionnettes blanches. A côté d'elles se trouvaient plusieurs des voitures qui avaient été utilisées pour transporter les fournitures scolaires.

 

« Maintenant, ils sont tous partis. Il ya deux camionnettes blanches et nous allons vérifier si le matériel scolaire est ici », a rapporté un agent de police dans son talkie walkie.

Après plusieurs minutes d'attente, un maçon, qui était en train de faire son ciment, comme en témoignaient ses bottes pleines d’eau, est venu ouvrir les deux véhicules. Il n’y avait pas ni de stylos, ni de crayons ni de cahiers. Comme les membres du SAT, le matériel scolaire était loin.

 

Selon Canamero, « c’était une action symbolique pour dénoncer les coupes dans l'éducation et à quel point elles frappent les familles. Ce qui a été fait dans ce Carrefour aurait pu être fait  dans un Lidl, un Mercadona ou tout autre supermarché ».

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:48

 

http://www.sindicatoandaluz.org/?q=node/1267

 

Le Syndicat Andalou des Travailleurs exproprie des fournitures scolaires pour les familles nécessiteuses

 

Vendredi 30 Août 2013

Dans un geste symbolique pour l'égalité des chances, deux cent syndicalistes du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT) ont exproprié aujourd’hui à 11 heures des fournitures scolaires du supermarché Carrefour de Séville. Ces fournitures scolaires de base (crayons, gommes, marqueurs, cahiers et stylos) seront livrées demain aux familles nécessiteuses. Avec cette action, le SAT entend attirer l'attention sur la situation de deux millions d’andalous en situation de pauvreté et de quatre cent mille familles qui ne reçoivent pas d'aides et de prestations et dont tous les membres sont au chômage. Elles sont confrontées à la situation de ne pas pouvoir se permettre de revenir à l'école pour une somme de cent à cent cinquante euros.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:17

 

La course contre la montre des experts de l’ONU en Syrie

 

AMSTERDAM (Reuters) - Les experts en armes chimiques de l'ONU présents à Damas sont engagés dans une course contre la montre, les conclusions de leurs investigations sur l'attaque présumée au gaz neurotoxique étant déterminantes pour une éventuelle action militaire occidentale.

Les inspecteurs, qui recueillent des échantillons depuis lundi dans les quartiers de Damas visés, possèdent peut-être déjà de premiers résultats après avoir travaillé toute la nuit dans leur hôtel de la capitale.

Ils ne désigneront aucun « coupable », leur rôle étant de se borner à donner des indices sur la nature des munitions utilisées.

La préservation de l'intégrité des échantillons recueillis dans la banlieue de la capitale, où des centaines de civils, femmes et enfants compris, auraient péri le 21 août victimes de gaz neurotoxiques interdits d'après l'opposition syrienne, constituera une priorité.

« Dans le cas contraire, s'ils ne peuvent pas garantir avoir été en permanence en possession des prélèvements, les inspecteurs de l'ONU ne pourront pas garantir in fine que les échantillons n'auront pas été trafiqués par des tiers », souligne Dieter Rothbacher, un expert en armes chimiques qui a formé les membres des inspecteurs présents en Syrie.

Ces derniers, dont le chef est le Suédois Ake Sellstrom, comptent quitter la Syrie samedi, aux dires du secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon. Il appartiendra ensuite aux quinze membres du conseil de sécurité d'examiner leurs conclusions.

Abou Akram, un médecin qui a aidé les inspecteurs à accomplir leur mission dans un hôpital de campagne, s'est dit surpris de leur refus d'accepter certains prélèvements sanguins effectués sur des victimes décédées, inhumées dans les vingt quatre heures qui ont suivi leur mort selon la coutume de l'islam, et de fragments de roquette.

Cela aurait, en effet, été contraire au principe selon lequel tous les échantillons doivent être prélevés par les experts eux-mêmes.

Les vingt membres de l'équipe comprennent dans leurs rangs des experts de l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) ayant servi précédemment en Irak ainsi que trois spécialistes de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

« S'ils possèdent, ce dont je suis certain, des capacités d'analyse sur place, alors ils détiennent déjà certains résultats analytiques », assure Dieter Rothbacher, qui a travaillé pour l'OIAC jusqu'en 2009. « Ensuite, naturellement, reste à savoir comment l’ONU traitera ces résultats », dit-il.

Malgré des tirs non identifiés au premier jour de leur mission, les experts, une fois sur zone, s'organisent en équipes de deux pour interroger les victimes et faire des prélèvements sanguins et d'urine dans les hôpitaux et dispensaires. D'autres collectent de la terre et des échantillons provenant de possibles munitions chimiques.

Sur le terrain où des projectiles sont tombés, ils enfilent des combinaisons de protection contre les substances chimiques, portent des masques à gaz et sont équipés de capteurs d'analyse de l'air et de bottes dont la languette change de couleur en cas de présence de toxines.

« Si des armes chimiques ont bien été utilisées, l'équipe aura, selon moi, de fortes chances d'obtenir, si ce n'est déjà fait, des preuves concluantes de cela », pense Ralf Trapp, un spécialiste des questions de désarmement qui a travaillé pour l'OIAC.

Les fragments recueillis sur le terrain peuvent être « croisés » avec la banque de données de l'OIAC, qui recense un millier d'agents chimiques et a pu déjà donner un résultat positif concernant le sarin, un gaz innervant que le régime de Damas possèderait, dit-on, en grande quantité. 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 19:46

 

http://www.alencontre.org/debats/armes-chimiques-en-syrie-ce-qui-sest-passe-le-21-aout.html

 

Armes chimiques en Syrie

 

Ce qui s’est passé Mercredi 21 Août 2013

 

Par Caroline Donati

 

MSF (Médecins Sans Frontières) et bien d’autres organisations ont conclu à l’utilisation dans la nuit du 21 août d’armes chimiques contre la population civile de faubourgs de Damas.

 

Mediapart publie le détail des rapports et informations disponibles. Le régime syrien a provoqué le massacre pour enrayer l’avancée de l’Armée Syrienne Libre vers le centre de la capitale.

 

Les inspecteurs de l’ONU qui se sont rendus Lundi 26 Août 2013 à Moadamiyeh,  une des localités de la Ghouta touchée par l’attaque du mercredi 21 août, vont devoir établir l’utilisation d’armes chimiques responsables d’un massacre de masse. Ils ont été au préalable accueillis par un barrage de tirs. Les bombardements ont d’ailleurs repris sur cette localité dès leur départ.

 

Depuis mercredi, les opposants au régime syrien, combattants et diverses ONG présentes sur place, ont établi des premiers bilans accablants. Selon le réseau de médecins syriens de l’UOSSM, plus de mille trois cent personnes sont mortes en raison de l’utilisation de gaz toxiques, dont soixante sept pour cent de femmes et enfants. Les structures médicales de la Ghouta ont pris en charge neuf mille huit cent trente huit personnes dont trois mille quarante et un cas graves.

 

Médecins Sans Frontières (MSF), qui appuie plusieurs hôpitaux dans cette zone, a aussi recensé les décès de trois cent cinquante cinq patients « présentant des symptômes neurotoxiques. Les symptômes qui nous ont été rapportés, le schéma épidémiologique de cet événement, caractérisé par l’afflux massif de patients dans un laps de temps très court, la provenance des patients et la contamination des secouristes et du personnel ayant fourni les premiers soins, suggèrent fortement l’exposition massive à un agent neurotoxique », a précisé MSF dans un communiqué publié samedi.

 

Dès vendredi, l’ONG Violations Documentation Center in Syria (VDC), qui travaille sur place avec un réseau de militants et avocats, publiait un rapport extrêmement précis sur les attaques de la nuit de mardi 20 août à mercredi 21 août. Les équipes de VDC basées dans la Ghouta-est se sont rendues dans plus de quatre vingt pour cent des points médicaux et ont pu recueillir très rapidement des témoignages sur le désastre humanitaire de la Ghouta.

 

Selon ces témoignages, une dizaine de roquettes chargées d’agents toxiques se sont abattues sur les localités de Zamalka et Ein Tarma, dans la Ghouta-est, et sur la localité de Mouadamiyé, dans la Ghouta-ouest. Mais c’est la totalité de la Ghouta qui s’est trouvée plongée dans l’horreur de cette nuit chimique, dès les premiers bombardements, les victimes ont été dirigées sur l’ensemble des centres médicaux de la banlieue, contribuant ainsi à la contamination de toute la zone. Une zone déjà largement sinistrée, fief de l’insurrection, la Ghouta est assiégée et bombardée sans relâche depuis des semaines par les troupes du régime syrien et les soins ont été délivrés dans des hôpitaux de fortune.

 

Ni les médecins, ni les équipes paramédicales et volontaires, ni les militants qui sont allés recueillir les informations n’ont été épargnés. « Faute de masques suffisants et de tenues de protection, la plupart des soignants ont été contaminés en procédant à l’évacuation et en apportant assistance », rapporte l’ONG. Dans le point médical de Khawlaani, les médecins ont dû utiliser comme traitement de l’atropine pour animaux, fournie par un vétérinaire, leur stock d’atropine étant épuisé depuis deux mois. Ailleurs, comme à Hamourieh, il n’y avait tout simplement plus aucun antidote à administrer.

 

L’ONG confirme aussi la nature civile des cibles, à Zamalka, un missile est tombé sur la rue Tawfik, à côté de la mosquée, une zone très peuplée. Si la Ghouta-est et la Ghouta-ouest sont les bastions de l’insurrection et la base opérationnelle de l’Armée Syrienne Libre (ASL), les cibles atteintes par les missiles étaient loin des zones de combats et des positions militaires de l’ASL. « Ils n’ont pas visé l’Armée Syrienne Libre mais des positions civiles », assure al-Attar, le chef du conseil unifié de Damas et sa région (commandement militaire de l’ASL), joint par Skype samedi 24 août. « Deux kilomètres séparaient nos positions des places civiles visées ».

 

En frappant la population, le régime cherchait-il à la punir de son soutien à l’ASL? Ou bien ce bombardement répondait-il à des objectifs militaires pour déloger l’ASL? Les deux à la fois.

 

« Le régime a recouru à l’arme chimique pour infliger des pertes à l’ASL », estime l’opposant Imad Eddin Rachid, en lien avec le commandement de l’ASL de Damas, « mais en procédant de nuit, comme il l’a fait, sur des civils, il s’agissait surtout de la détourner du combat en l’obligeant à quitter son poste pour faire face à la crise humanitaire et venir au secours des populations civiles ».

 

Selon le rapport établi par la coalition qui a reconstitué la chronologie de la nuit de mardi à mercredi, les attaques ont été menées par la Brigade 155 du régime, sous la responsabilité du général Tahir Hamid Khalil, directeur de l’agence balistique des missiles de l’armée. Elles ont été étalées sur toute la nuit dans une volonté évidente « d’étouffer » la Ghouta et de ne laisser aucun répit aux habitants et aux secours.

 

Les premiers missiles sont ainsi tombés à 2 heures 31 à l’est de Zamalka puis, dix minutes plus tard, à Ayn Tarma. Près de deux heures plus tard, dix huit missiles visent à nouveau la Ghouta-est et c’est seulement à 5 heures 41 que Moadamiyeh, dans la Ghouta-ouest, est frappée à son tour. Les centres médicaux de Daraya, qui jouxtent cette localité, reçoivent en effet les victimes à partir de 6 heures du matin, toujours selon le rapport de la coalition. Les tirs de missiles portant des armes chimiques ont été accompagnés de bombardements conventionnels, missiles et tirs de mortiers, afin d’entraver les secours.

 

Une attaque chimique préparée de longue date

 

 « Par cette stratégie de diversion, le régime cherchait à reprendre la Ghouta », poursuit Imad Eddin Rachid. « Mais l’ASL n’est pas tombée dans le panneau et ce sont les services établis par l’administration civile des zones touchées qui ont pris en charge la catastrophe humanitaire ».

 

Toutes les structures médicales de la Ghouta mises en place par les insurgés ont été mobilisées après l’attaque. Un tel scénario était envisagé depuis des semaines.

 

L’attaque est intervenue alors que le réseau de médecins de la diaspora et, en particulier, l’UOSSM, était en train de préparer les médecins en leur procurant formation, protocole de traitement unifié, médicaments. « L’attaque de mercredi nous a pris de court », dit Ammar al-Chakr, de l’UOSSM.

 

Néanmoins, cette organisation de la société civile a permis aux combattants de l’ASL de continuer à défendre leur position. Ainsi à Moadamiya, plus de cent combattants loyalistes et des chabihas (des lumpens) recrutés par le régime ont été tués par l’ASL alors qu’ils tentaient de réinvestir la localité touchée. Le lendemain de l’attaque, les combats continuaient sur la rue Bagdad, au centre de Damas. Et vendredi 23 août, la place des Abassides, haut lieu sécuritaire, essuyait des tirs des rebelles.

 

« Cette attaque n’est que le reflet de l’affaiblissement du régime, ses troupes sont fatiguées et de plus en plus inorganisées, reprend le chef du conseil unifié de Damas et sa région. Après être entré à Qaboun (au nord de la Ghouta-est), le régime cherchait à montrer à ses partisans qu’il était en train de reprendre la main au moment où l’ASL avançait à nouveau à Qaboun. En réalité, depuis un an et demi, les lignes sont les mêmes, les forces d’Assad avancent puis sont contraintes de se retirer. Les pertes dans leurs rangs augmentent ».

 

Ne pouvant déployer ses forces terrestres pour reprendre le contrôle des territoires qu’il a perdus, le régime use de son artillerie et de son aviation pour écraser les foyers de la rébellion.

 

À plusieurs reprises, entre douze et quinze fois, selon l’opposition, des missiles chargés d’agents neurotoxiques ont été utilisés pour réinvestir des positions de l’ASL.

 

L’attaque chimique de mercredi s’inscrit donc dans cette logique militaire et souligne toutes ses limites, la Ghouta assiégée et pilonnée demeure une forteresse de l’insurrection.

 

 « Cette attaque à l’arme chimique était prévisible, analyse un fin connaisseur du dossier, « elle marque l’échec de la stratégie d’encerclement de la Ghouta orientale pour éradiquer la résistance dans ces zones. La résistance ne faiblit pas et elle est parvenue à reconstruire ses réseaux d’approvisionnement ».

 

De fait, l’insurrection occupe toujours les mêmes positions à Damas, contrairement à ce que voudrait faire croire la médiatisation qui souligne les victoires militaires du régime et les revers de l’opposition. La réalité de cette résistance a été en effet occultée par la bataille de Homs et par la montée en puissance, dans le nord du pays, de l’Armée islamique d’Irak et du Levant, des jihadistes affiliés à al-Qaïda, impliqués dans des affrontements contre les Kurdes et des enlèvements d’activistes et de journalistes.

 

Or, non seulement l’ASL ne faiblit pas, mais elle semblait sur le point d’étendre ses positions dans la capitale. Selon nos informations, les combattants rebelles étaient engagés dans une contre-offensive qui leur aurait permis de continuer à défendre la Ghouta-est et de progresser dans le centre de Damas, à partir de la place des Abbassides et de la rue Bagdad, vers ses quartiers nord, coupant ainsi la ville en deux.

 

« L’attaque de mercredi est intervenue à un moment où les combattants avançaient sur Faiyat afin de rejoindre le quartier de Rouqneddine (nord-ouest), précise Imad Eddin Rachid. S’ils y étaient parvenus, cela leur aurait permis de constituer un nouvel axe, partant de la place des Abassides, jusqu’au nord-ouest à Rouknnedine, et de faire le lien avec leurs forces qui se trouvent déjà sur l’axe nord-est à Berzé, Qaboun et Jobar, à la limite de la Ghouta-est. Les rebelles auraient ainsi constitué une poche à l’intérieur de Damas et encerclé les forces d'Assad, à l’intérieur et par la banlieue ».

 

Les éléments de l’armée loyaliste qui défendent la banlieue est à partir du périphérique sud ou du boulevard Hafez al-Assad se seraient ainsi retrouvés coincés entre la banlieue est et les quartiers intérieurs tenus par les rebelles. Les quartiers nord comptent aussi des centres sécuritaires qui auraient été à la portée de main des opérations des rebelles.  

 

« Prendre le contrôle des quartiers nord de la ville, c’était aussi avancer sur l’axe nord, la route internationale d’Alep, coupant Damas de tout le nord, d’Homs et Alep », ajoute un membre du mouvement révolutionnaire.

 

Les rebelles n’ont guère les moyens de prendre la place des Abbassides. Cette forteresse sécuritaire fait fonction de verrou au centre: les immeubles ont été investis par les services de renseignement, son stade a été transformé en camp militaire, sans oublier les deux centres sécuritaires, établis à quelques centaines de mètres, dans la rue Bagdad.

 

Forcer la négociation d’une transition politique

 

La nuit de l’attaque, les insurgés étaient parvenus à se positionner à cinquante mètres des forces loyalistes, les encerclant sur les deux tiers de la place. Le régime ne semble guère pouvoir compter à Damas sur le soutien de ses supplétifs libanais, les hommes du Hezbollah.

 

Présents aux abords de la place des Abbassides, mais surtout déployés au sud de la banlieue est, à Qazzaz, Dwela, Jaramanah et surtout Saydda Zeinab, le sanctuaire chiite de Damas, les combattants de la formation chiite ont enregistré des pertes importantes dans la nuit de mercredi. Les combattants de l’ASL se seraient même emparés de l’hôpital Khomeïni de Saydda Zeinab, dimanche 25 août. La formation chiite ne peut non plus se permettre de quitter le front de Qousseir et de Homs, repris difficilement aux rebelles, en juin et qui constitue un axe vital pour le régime et le Hezbollah.

 

La progression de l’insurrection à Damas est à mettre au compte d’une meilleure organisation. La contre-offensive de la rébellion, enrayée par l’attaque chimique, aurait été préparée depuis quarante jours. Elle a mobilisé l’ensemble des brigades de la capitale. Les combats dans le périmètre de Sayda Zeinab ont été menés par des brigades de Jobar et des réfugiés du Golan, tandis que la progression sur l’axe nord était le fait de commandos de l’ASL. À la différence du nord, la coordination à Damas est plus avancée et ce sont des factions islamo-nationalistes qui sont à la pointe du combat, à l’instar de la Brigade Liwa al-Islam. Le Front al-Nusra n’y est ainsi que marginal.

 

« Il y a une nette amélioration des capacités opérationnelles de l’ASL depuis six mois grâce à l’implication d’officiers dissidents qui ont pris la direction des opérations des brigades », affirme Imad Eddin Rachid. « L’ASL peut aussi compter sur une équipe d’ingénieurs pour préparer les opérations, et dispose d’un service de renseignements car l’armée d’Assad est de plus en plus infiltrée ». L’ASL dispose en effet de complicités au sein de l’armée auprès d’officiers sunnites dissidents restés en poste quand elle ne monnaye pas des informations auprès d’officiers corrompus. C’est à partir de ses informateurs que la coalition a pu établir la chronologie de l’attaque. Selon ces sources, le convoi de missiles destinés à l’attaque de mercredi a été acheminé sur le site militaire d’al Qutayfah, au nord-est de Damas, le 10 août, soit dix jours avant leur lancement.

 

Le 8 août, le président Assad aurait réchappé à une tentative d’attentat alors qu’il se rendait à la mosquée Ibn al-Malek pour la prière de l’Aïd, la fête de Ramadan, l’un des convois a été la cible d’une attaque menée par la brigade Liwa Tahrir al-Azmé, qui agit sous le commandement de Liwa al-Islam, la principale force de combat de l’ASL de la capitale.

 

C’est pour rassurer ses troupes que le président s’est rendu quelques jours plus tard aux abords de la banlieue de Daraya, sans y pénétrer. Contrairement à ses déclarations triomphalistes, le régime ne parvient pas à reprendre cette localité de la banlieue ouest de Damas, qui est pourtant encerclée et bombardée depuis un an et en dépit de sa proximité des zones militaires, les services de renseignement de l’armée de l’air, l’aéroport militaire. Les militants de Daraya démontent la propagande sur la visite du président Assad dans cette banlieue, toujours contrôlée par l’insurrection.

 

Dans ces conditions, la Ghouta de Damas, qui a une longue histoire de résistance, elle fut notamment la base de l’insurrection nationaliste contre l’occupation française au temps du mandat, constitue un défi de taille pour le régime d’Assad. Elle est une porte d’entrée pour une offensive générale sur la capitale qui serait appuyée, par le front sud, dans la province de Déraa, à la frontière avec la Jordanie.

 

Les militaires syriens formés en Jordanie sous supervision saoudienne et américaine ne jouent aucun rôle dans les combats et les dernières opérations de la capitale. « Il s’agit d’annonces sans fondement destinées à la presse », tranche al-Attar du conseil révolutionnaire unifié qui à l’instar d’autres sources remet en cause l’engagement de ces forces sur le terrain. Pour ces combattants comme pour ceux de Damas, ce travail militaire reste tributaire des sources d’approvisionnement en armes. Or, il n’est pas sûr que le massacre de la Ghouta pousse les occidentaux et les pays du golfe à armer plus les mouvements d’insurrection. Les pays amis de la Syrie restent en effet attachés à une solution politique.

 

Les éventuelles frappes militaires que prépareraient plusieurs pays occidentaux viseraient ainsi à forcer la négociation d’une transition politique. « Les frappes sont envisagées non pas pour renverser le régime de Bachar al-Assad mais pour aller à Genève, et à la solution politique concoctée par les puissances », confie un opposant de la coalition syrienne. 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 19:16

 

L’ONU poursuit son enquête à Damas, réunion à New York

 

BEYROUTH (Reuters) - Des experts de l’ONU se sont rendus mercredi en zone rebelle dans la banlieue de Damas, pour la deuxième fois en trois jours, afin d'enquêter sur l'attaque chimique présumée qui aurait fait plusieurs centaines de morts il y a une semaine.

 

À la suite de cette attaque, que les Etats-Unis et leurs alliés imputent aux forces du président Bachar al Assad, la perspective de frappes aériennes occidentales en Syrie se précise. La France a estimé que le « massacre chimique de Damas » ne pouvait rester impuni.

 

L'équipe de l’ONU a poursuivi ses investigations et recueilli des éléments sur place.

 

Elle avait déjà été autorisée à se rendre lundi dans des zones rebelles proches de la capitale.

 

En visite à La Haye, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, a estimé qu'il fallait encore quatre jours aux experts pour mener à bien leurs travaux sur place. Il s'agira ensuite d'analyser scientifiquement les éléments recueillis et de présenter les conclusions au conseil de sécurité de l'ONU, a-t-il dit.

 

Tant que les experts seront à Damas, des frappes occidentales paraissent peu probables afin de ne pas les mettre en danger.

 

Les inspecteurs avaient quitté dans la matinée leur hôtel du centre de la capitale syrienne et franchi la ligne de front pour se rendre dans le faubourg de Zamalka, à l'est de la ville. Ils ont regagné leur hôtel dans l'après-midi.

 

Le premier ministre britannique, David Cameron, qui a reçu l'appui « unanime » de son conseil de sécurité nationale, a annoncé que le Royaume-Uni avait préparé un projet de résolution au conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime syrien et autorisant les mesures nécessaires pour protéger la population civile.

 

L'AVAL DE L'ONU

 

Le conseil de sécurité de l’ONU s'est réuni pour examiner ce texte mais la Chine et la Russie, alliées de Damas, devraient s'opposer à son adoption.

 

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Vladimir Titov, a jugé que le Conseil de sécurité devait attendre les conclusions des experts avant d'envisager une réponse.

 

À Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a estimé que l'usage d'armes chimiques par le gouvernement syrien était « inacceptable » et ne pouvait « rester sans réponse ».

 

À Damas, la plupart des bâtiments de l'armée ont été évacués mercredi dans l'attente d'une attaque et la population a commencé à faire des réserves d'eau et de provisions.

 

Le gouvernement syrien affirme que ce sont les rebelles qui ont eu recours aux armes chimiques. Le vice-ministre des affaires étrangères, Fayçal Makdad, a déclaré mercredi qu'américains, britanniques et français avaient aidé les « terroristes » à utiliser du gaz sarin en Syrie.

 

Pour l'émissaire spécial de l'ONU sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, une éventuelle intervention militaire occidentale devra être approuvée par le conseil de sécurité. « Je pense que le droit international est clair à ce sujet. Le droit international dit qu'une action militaire doit être prise après une décision du conseil de sécurité », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Genève.

 

En laissant prévoir de prochaines frappes aériennes contre le régime d'Assad, même sans l'aval de l'ONU, les Etats-Unis ont souligné qu'il ne s'agissait pas d'entraîner un « changement de régime » à Damas mais seulement de punir le recours aux armes chimiques.

 

L'IRAN CRAINT UN « DÉSASTRE »

 

Ces déclarations n'ont pas convaincu la Chine. Le quotidien du peuple, organe du Parti Communiste Chinois, évoque l'invasion de l'Irak en 2003, quand les américains accusaient Saddam Hussein de disposer d'armes de destruction massive jamais découvertes par la suite.

 

Pour la Russie, une attaque contre la Syrie ne fera que déstabiliser encore plus le pays et la région.

 

Le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a jugé qu'une intervention américaine en Syrie serait « un désastre pour la région ».

 

L'Irak, voisin de la Syrie, a placé ses forces en état d'alerte renforcée.

 

Israël a rappelé une petite fraction de ses réservistes et renforcé ses défenses anti-missiles de crainte d'éventuelles attaques de représailles de la part de Damas. Israël redoute aussi des tirs de roquettes du Hezbollah libanais, allié militaire de la Syrie.

 

Mardi, le vice-président américain Joe Biden a affirmé n'avoir « aucun doute » sur la responsabilité des gouvernementaux dans l'attaque chimique du 21 août.

 

Un avis partagé par David Cameron qui a prôné une action « ciblée » contre le régime de Damas. Un débat est prévu jeudi au parlement de Westminster. Comme les américains, les britanniques ont des navires de guerre en Méditerranée. Ils disposent aussi d'une base aérienne à Chypre, à deux cent kilomètres des côtes syriennes.

 

La France a également poursuivi la préparation d'une éventuelle participation à des frappes internationales, avec un conseil de défense et la convocation du parlement en session extraordinaire mercredi prochain.

 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 19:01

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’un très long message relatif à la « march on Washington for jobs and freedom » il y a cinquante ans à Washington.

 

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-les-marcheurs-qui-firent-le-reve.html

 

Les marcheurs qui firent le rêve

 

Dimanche 25 Août 2013

 

Par Elizabeth Schulte

 

Le point culminant de la journée à Washington fut le discours de King. Il donna voix au mécontentement répandu devant les promesses non tenues d’égalité raciale aux Etats-Unis.

 

« Nous sommes montés à la capitale de notre pays pour toucher un chèque. En traçant les mots magnifiques qui forment notre constitution et notre déclaration d’indépendance, les architectes de notre république signaient une promesse dont hériterait chaque américain. Aux termes de cet engagement, tous les hommes, les noirs, oui, aussi bien que les blancs, se verraient garantir leurs droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur. Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a failli à sa promesse en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple noir un chèque sans valeur, un chèque qui est revenu avec la mention provisions insuffisantes ».

 

King exprima l’urgence de ces revendications du mouvement des droits civiques ainsi que le fait que les activistes ne se contenteraient plus de s’asseoir et d’attendre l’égalité, « nous sommes également venus en ce lieu sanctifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Il n’est plus temps de se laisser aller au luxe d’attendre, ni de prendre les tranquillisants des demi-mesures. Le moment est maintenant venu de réaliser les promesses de la démocratie. Le moment est venu d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. Le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la fraternité. Le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du bon dieu. Il serait fatal à notre nation d’ignorer qu’il y a péril en la demeure. Cet étouffant été du légitime mécontentement des noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.

 

Mille neuf cent soixante-trois n’est pas une fin mais un commencement. Ceux qui espèrent que le noir avait seulement besoin de laisser fuser la vapeur et se montrera désormais satisfait se préparent un rude réveil si le pays retourne à ses affaires comme devant. Il n’y aura plus ni repos ni tranquillité en Amérique tant que le noir n’aura pas obtenu ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte continueront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’au jour où naîtra l’aube brillante de la justice ». 

 

Pour la plupart des gens, il s’agit du discours de King le plus connu. Il a été usé et abusé par des politiciens de toutes tendances. Ainsi que remarque Gary Younge dans son nouvel ouvrage The Speech, « la capacité des puissants d’Amérique de coopter et de refaçonner les résistances face aux inégalités du passé comme des preuves du génie unique et fondamental de la nation est aussi impressionnante qu’elle est cynique. De tels tours de passe-passe sont souvent pratiqués au même moment où des tentatives de se battre contre les inégalités qui ont rendu avant tout de telles résistances nécessaires sont ignorées ou marginalisées. Sanctifié après sa mort, le discours de King sera finalement célébré par ceux qui se sont activement opposés à ses efforts lorsqu’il vivait ».

 

La version plus radicale de King, par exemple celle de l’homme qui s’exprima contre la guerre des Etats-Unis au Vietnam en 1967 dans l’Eglise de Riverside à Harlem, ne se trouve pas dans les livres d’histoire.

 

Dans le même mouvement, lorsque l’on parle de la marche elle-même, il est important d’insister sur les luttes qui se déroulèrent avant et après celle-ci, y compris les nombreuses actions et événements beaucoup plus modestes. On devrait se souvenir des activistes qui défièrent Jim Crow et organisèrent le mouvement comme étant le cœur et l’âme de la marche sur Washington, plus encore que les personnes qui parlèrent sur l’estrade.

 

La marche rassembla autant des militants de ces luttes acharnées que des personnes qui furent inspirés par eux et, de ce fait, ce fut quelque chose qui exerça une influence à beaucoup de niveaux. Mais cela ne signifia pas que la lutte fut où que cela soit près de s’achever. Le parti démocrate, en particulier, continua de traîner les pieds au sujet de la législation sur les droits civiques alors que, simultanément, il tentait de freiner les revendications plus radicales du mouvement.

 

Après l’assassinat de Kennedy, plus tard en 1963, son successeur, Lyndon Johnson, présenta le Civil Rights Act devant le congrès, en 1964. Il rendit finalement hors la loi la ségrégation de Jim Crow. Suivi, l’année suivante, le Voting Rights Act qui assurait aux noirs du sud le droit de vote.

 

Ces lois furent adoptées non parce que le cœur des politiciens démocrates changea, mais en raison des pressions exercées par le mouvement des droits civiques à travers le sud et dans tous les Etats-Unis.

 

L’establishment du parti démocrate fit la démonstration de ses véritables allégeances une fois de plus lors de la convention nationale de 1964 à Atlantic City. Le SNCC avait fait en sorte que des délégués du Mississippi Freedom Democratic Party (MFDP), non ségrégé, réclament les sièges de cet Etat à la convention contre ceux de la délégation des Dixiecrat (des notables démocrates racistes). Les membres « progressistes » du parti montrèrent néanmoins la voix en tentant de pousser à un compromis pourri au sujet du MFDP. Lorsque les délégués des droits civiques refusèrent les exhortations de personnalités telles qu’Hubert Humphrey (vice-président de Lyndon B. Jonhson de 1965 à 1969), et même de Martin Luther King, à se retirer, ils furent expulsés de la convention démocrate par la police.

 

Cinquante ans après

 

Ceci et d’autres trahisons conduiront certains militants des droits civiques à rejeter les liens avec le parti démocrate et à se tourner vers des idées plus radicales, tels que celles avancées par Malcolm X. Cela créa les conditions pour l’apparition du Black Power Movement de la fin des années 1960 et début 1970.

 

Un membre du SNCC, Cleveland Sellers, rappela plus tard, « plus jamais nous serons bercés par la croyance selon laquelle notre tâche était d’exposer les injustices de telle sorte que le bon peuple d’Amérique les éliminerait. Après Atlantic City, nos luttes n’étaient plus pour les droits civiques mais pour la libération ».

  

D’autres, comme John Lewis, se consacreront eux-mêmes au parti démocrate en dépit des promesses brisées.

 

L’un des plus grands enseignements de l’époque des droits civiques est que ce que nous faisons fait une différence. Ce sont les mobilisations massives à travers le sud qui vainquirent la ségrégation de Jim Crow. Ce sont aussi les centaines de milliers qui vinrent dans la capitale fédérale pour la marche sur Washington qui en firent le moment historique qu’il fut.  

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 18:53

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message relatif à la « march on Washington for jobs and freedom » il y a cinquante ans à Washington.

 

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-les-marcheurs-qui-firent-le-reve.html

 

Les marcheurs qui firent le rêve

 

Dimanche 25 Août 2013

 

Par Elizabeth Schulte

 

Ils arrivèrent de tous les coins du pays, de New York, de l’Ohio, de Géorgie et du Mississippi  pour participer à la plus grande manifestation qui ne s’était jamais déroulée à Washington.

 

L’organisateur Bayard Rustin saisi ainsi l’esprit de la « march on Washington for jobs and freedom », qui s’est déroulée il y a cinquante ans ce mois d’août, « ce ne sont pas les Harry Belafonte, acteur et chanteur, né en 1927 à Harlem, et les grands noms d’Hollywood qui firent la marche. Ceux qui la firent sont les gens noirs qui ce jour-là votèrent avec leurs pieds. Ils vinrent de tous les Etats, dans des vieux tacots, en train, en bus, avec tout ce qu’ils trouvèrent. Certains virent même en marchant ».

 

Plus de trente trains réservés et plus de deux mille bus conduisirent les gens vers la capitale nationale. La section de Brooklyn du Congress On Racial Equality (CORE) couvrit en treize jours les deux cent trente miles (trois cent soixante dix kilomètres) entre New York City et la capitale fédérale.

 

L’United Auto Workers (UAW), l’un des supporters de la marche, imprima des centaines de pancartes portant des inscriptions telles que « l’UAW revendique des emplois et la liberté pour tous les américains ». D’autres marcheurs portaient des pancartes qu’ils avaient confectionnées eux-mêmes, arborant des messages tels que « nous aurions pu être bien plus nombreux ici, mais nombre d’entre nous sont en prison. Liberté immédiate » ou « arrêtez les meurtres légaux ».

 

Un avion plein de célébrités, dont Ossie Davis, Sammy Davis Junior, Sidney Poitier, Lena Horne, Paul Newman, Josephine Baker et Marlon Brando, fut organisé par Harry Belafonte.

 

Des chanteuses et chanteur comme Mahalia Jackson, Odetta, Bob Dylan, Joan Baez et les Freedom Singers firent des interprétations. La chaîne CBS annula ses émissions de la journée pour diffuser l’ensemble de l’événement et le fameux discours « je fais un rêve » de Martin Luther King passa sur les télévisions du monde entier.

 

A partir de 9 heures 30, quelque quarante mille personnes s’étaient assemblées sur le Mall. Ils furent, deux heures plus tard, deux fois plus. Lorsque la marche commença, la foule était estimée à deux cent cinquante mille personnes. Tous les âges étaient représentés, collégiens, membres de syndicats, familles avec des enfants, des personnes âgées. Environ un cinquième de la foule était composé de blancs. Il s’agissait d’une marche pour les emplois et la liberté dont l’écrasante majorité était composée d’afro-américains.

 

L’enthousiasme parmi les contestataires était si grand qu’ils commencèrent à marcher de leur propre chef, les personnes qui devaient officiellement se trouver à la tête durent courir pour se retrouver devant.

 

Les années qui conduisirent à la marche historique de 1963 furent marquées par des batailles explosives pour les droits civiques à travers le sud ainsi que par une radicalisation croissante de ceux et celles qui y prirent part.

 

Le coup d’envoi de la deuxième vague du mouvement des droits civiques fut lancé deux ans auparavant par une poignée d’étudiants qui organisèrent, en Caroline du Nord, des sit-in à des comptoirs de restaurants ségrégués à partir de février 1960. En deux mois, ces sit-in se répandirent à travers le sud, impliquant quelque cinquante mille jeunes noirs et blancs.

 

Les activistes du Student Non-violent Coordinating Committe (SNCC), récemment créé, rejoignirent en 1961 les Freedom Rides organisées par le CORE. Le but de celles-ci était de déségréger les lignes de bus entre Etats à travers le sud. Les Freedom Riders furent attaqués par des foules racistes, alors que les flics locaux regardaient, passifs.

 

L’instinct des démocrates (parti démocrate) à l’échelle nationale, vers lesquelles se tournèrent initialement les activistes des droits civiques, fut de tenter de dompter la lutte. L’attorney general (« ministre de la justice »), Robert Kennedy, offrit aux activistes des droits civiques des exemptions d’impôt s’ils acceptaient d’abandonner leurs sit-in et leurs Freedom Rides et de se concentrer sur les campagnes d’enregistrement sur les listes électorales.

 

Reconnaissant cette possibilité pour approfondir l’engagement militant, les activistes se saisirent de la proposition et établirent des centres pour l’enregistrement des noirs sur les listes électorales dans l’Etat du Mississippi (capitale Jackson). Des animateurs du CORE, de la SNCC et d’autres groupes lancèrent une campagne pour enregistrer autant d’électeurs noirs qu’il était possible dans cet Etat du sud. Ils établirent, dans le cadre de cette campagne, des Freedom Schools, soit des centres communautaires. Ainsi prirent forme d’autres initiatives visant à soutenir les noirs vivant dans l’Etat le plus pauvre du pays.

 

Les activistes durent, à chaque étape, faire face à la violence d’organisations racistes terroristes telles que le Ku Klux Klan (organisation créée en 1865 affirmant la suprématie blanche et s’appuyant sur une interprétation spécifique de la Bible) et les White Citizens’ Councils (organisation ségrégationniste créée en 1954 et structurée dans divers Etats du sud, à la différence du Ki Klux Klan, les sections du WCC se réunissaient publiquement et adoptaient un « profil respectable »). Alors qu’ils étaient harcelés, emprisonnés et frappés, l’administration Kennedy, de janvier 1961 à novembre 1963), ne souhaitant pas intervenir de crainte de se mettre à dos l’aile ségrégationniste des notables démocrates du sud (qui dominaient complètement, par exemple, l’Etat du Mississippi), continua à détourner le regard.

 

Les activistes des droits civiques ciblèrent, en avril 1963, la ville de Birmingham en Alabama, domicile du gouverneur ségrégationniste connu George Wallace, ainsi que du chef raciste de la police, Eugene « Bull » (le taureau) Connor.

 

Lorsque Connor donna l’ordre à ses flics d’utiliser des matraques, des chiens et des lances à incendie contre des manifestants pacifiques, cela fut diffusé à la télévision, montrant au monde entier ce à quoi ressemblait le règne de Jim Crow (nom donné à une ensemble de règlements et d'arrêtés racistes adoptés dans les Etats du sud entre 1876 et 1964 à une ensemble de règlements et d'arrêtés racistes adoptés dans les Etat du sud) dans le sud des Etats-Unis.

 

Pour les activistes, la violence posa cette question, pourquoi l’administration Kennedy ne fait-elle rien pour arrêter cela ? Ainsi qu’une autre, comment un pays qui se proclame être le phare de la démocratie pour le monde peut-il attaquer des enfants Noirs dans les rues ?

 

Cet événement contribua à faire prendre conscience du racisme dans le sud des Etats-Unis à un public plus large. Selon les sondages de l’époque, avant Birmingham en mai 1963, seuls quatre pour cent des américains considéraient que la question des droits civiques était urgente. Ce nombre, ensuite, grimpa jusqu’à cinquante deux pour cent.

 

Le mouvement ne s’arrêta pas aux rues de Birmingham. Le combat pour les droits civiques s’étendit à travers le sud des Etats-Unis et dans l’ensemble du pays. On compta, au cours de l’année 1963, plus de neuf cent manifestations dans plus de cent villes, au cours desquelles plus de vingt mille personnes furent arrêtées et au moins dix personnes furent tuées dans la lutte pour les droits civiques. Ces actions placèrent l’administration Kennedy sur la sellette, la mettant sous pression de réaliser ses promesses de passer une législation sur les droits civiques, alors au point mort.

 

La marche sur Washington de 1963 rassemblera les activistes de ce mouvement, mais aussi des personnes qui furent radicalisées par ces événements (ainsi que par les réalités quotidiennes des noirs dans le nord et le sud du pays).

 

Le scandale provoqué par la répression de Bull Connor força Kennedy à présenter devant le congrès une loi sur les droits civiques et nourri l’énorme participation à la marche sur Washington. Les objectifs de l’administration Kennedy, ainsi que ceux de la direction de cette marche, ne correspondaient pas toujours aux aspirations des manifestants.

 

Dans leur conception de la marche, de nombreux activistes du Student Non violent Coordinating Committee (SNCC), y compris John Lewis (qui participa en 1961 aux Freedom Rides et présida le SNCC de 1963 à 1966), envisageaient des actions de désobéissance civile massives mettant en scène des sit-in et des lie-in (actions au cours desquelles les manifestants s’allongent) à travers Washington, en particulier devant les bureaux des membres sudistes du congrès.

 

Mais ces projets plus radicaux furent arrêtés par des forces plus conservatrices qui prirent en main la direction de l’organisation de la marche.

 

Le président John F. Kennedy tenta d’empêcher la marche. Lorsqu’il échoua, il tenta de la coopter.

 

Une réunion de préparation de la marche se tint en juillet. Les « big six » dirigeants du mouvement des droits civiques y participèrent, A. Philip Randolph, qui dirigea en 1941 la marche avortée sur Washington (celle-ci revendiquait la déségrégation des industries de guerre, elle fut annulée lorsque Roosevelt promis de satisfaire cette revendication), Roy Wilkins de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), James Farmer du CORE, John Lewis du SNCC, Whitney Young Junior de l’Urban League et Martin Luther King, représentant la Southern Christian Leadership Conference.

 

Aux yeux des activistes plus militants du CORE et du SNCC, la marche devait être l’expression du mécontentement croissant des noirs devant l’échec du gouvernement fédéral de prendre parti dans la bataille contre le sud Jim Crow. Pour les dirigeants du mouvement plus conservateurs, cependant, tels que Wilkins de la NAACP, la marche devait se concentrer uniquement sur le fait d’obtenir qu’une loi sur les droits civiques soutenue par Kennedy soit présentée au congrès. Les dirigeants auto proclamés firent tout ce qu’ils purent pour que la marche reste acceptable à l’administration.

 

Cela n’arrêta pas le directeur du FBI, J. Edgar Hoover (à la tête du FBI de 1924 à 1972) qui était particulièrement agité par le badge de la marche montrant deux mains, l’une noire l’autre blanche, serrée en solidarité, de traiter la manifestation comme un complot terroriste en préparation.

 

Alors que d’avoir affirmé à Kennedy que King était sous l’influence des communistes ne suffit pas à faire annuler la marche, Hoover ne s’interdit aucune dépense pour se préparer à la violence qui ne vint jamais. Kennedy et l’armée rédigèrent même le projet d’une proclamation qui donnerait l’autorisation d’intervention aux quatre mille soldats cantonnés à la périphérie de Washington, ainsi qu’à quinze mille parachutistes, pour briser la manifestation.

 

En parallèle, les dirigeants de la marche éliminèrent des orateurs qui auraient pu sembler trop radicaux, tel que l’écrivain James Baldwin. D’autres furent censurés. Le jour qui précéda la marche, le discours prévu du dirigeant du SNCC, John Lewis, fut revu par les organisateurs.

 

La version originale, à laquelle contribuèrent de nombreux activistes du SNCC, disait que « nous ne pouvons, en notre âme et conscience, soutenir la loi sur les droits civiques de l’administration parce qu’elle arrive trop tard et qu’elle est insuffisante. Il n’y a rien dans cette loi qui protégera notre peuple de la brutalité policière. Qu’y a-t-il dans cette loi qui protégera les sans domicile et les gens affamés de cette nation ? Qu’y a-t-il dans cette loi qui garantira l’égalité d’une domestique recevant cinq dollars par semaine dans une maison dont le revenu de la famille est de cent mille dollars par année ».  

 

Des objections furent également soulevées contre le ton colérique du discours original de Lewis, tel qu’on le voit dans ce passage, « nous marcherons à travers le sud, à travers le cœur du pays de Dixie (expression qui désigne le sud) de la même façon que le fit Sherman (général des armées du nord qui, à partir de 1864, opéra une vaste percée vers l’océan au cours de la guerre civile américaine). Nous mènerons notre propre politique de la terre brûlée et incendierons Jim Crow. Sans violence. Nous réduirons le sud en mille morceaux et nous les récolerons à l’image de la démocratie ».  

 

Toutefois, même avec ces révisions, le discours de Lewis posait une question cruciale, « où se trouve notre parti ? Où se trouve le parti qui rendra inutile pour nous de marcher sur Washington ? Où se trouve le parti politique qui rendra inutile de défiler dans les rues de Birmingham ? » 

 

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