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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 18:31

 

http://www.info-palestine.net/spip.php?article13925

 

Les putschistes égyptiens veulent faire tomber le Hamas

 

Mercredi 4 Septembre 2013

 

Middle East Monitor

 

Il semble que le coup d’État militaire en Égypte soit entré dans sa seconde phase. Les forces de sécurité affiliées au Général Abdel Fattah al-Sisi, commandant en chef des forces armées égyptiennes, a commencé à lancer des attaques graduelles visant à renverser le mouvement Hamas dans la bande de Gaza, soutenu par l’incitation des médias pro-Sisi. Quelques militants obscurs ont organisé entretemps des protestations contre le gouvernement dans la bande. On pense que les militants ont reçu des aides financières des Émirats Arabes Unis.

 

Le site d’informations « Secrets of Arabia » a observé les signes d’une campagne orchestrée, initiée par l’Égypte, pour attaquer le Hamas et renverser son gouvernement à Gaza. D’autres sources ont également affirmé que les Émirats Arabes Unis ont orchestré la campagne en collaboration avec l’ancien leader palestinien du Fatah, Mohammed Dahlan, qui travaille en tant que consultant pour le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed bin Zayed. Dahlan avait été expulsé de Gaza suite à une tentative avortée de renverser le gouvernement du Hamas démocratiquement élu.

 

Au cours des dernières semaines, les troupes égyptiennes ont lancé une vaste campagne contre les tunnels de contrebande. Ils servent à faire entrer des marchandises essentielles aux gazaouis, qui souffrent du blocus israélien draconien. L’information a également filtré selon laquelle les forces égyptiennes de sécurité ont ordonné de démolir plus de cinq cent maisons près de la frontière de la bande de Gaza et jusqu’à cinq cent mètres à l’intérieur du territoire égyptien.

 

L’opération de démolition des maisons palestiniennes sur la frontière avec Gaza est considérée comme une première en son genre dans l’histoire des relations égypto-palestiniennes. Dans la région, l’opération a suscité des inquiétudes d’une action militaire égyptienne possible contre le Hamas et les tunnels. Selon les résidents égyptiens de la zone, la communauté égyptienne pense que l’opération vise à renforcer le siège de Gaza.

 

Campagne médiatique haineuse

 

Les actions de l’armée égyptienne sont soutenues par une campagne sans précédent dans les médias égyptiens pro-coup d’État, qui appellent les palestiniens à se révolter contre le Hamas. C’est un cas évident et sans précédent d’une intervention directe dans les affaires intérieures de la Palestine. Dans le même temps, les mêmes médias critiquent les non égyptiens qui s’ingèrent dans les affaires politiques du Caire.

 

Tawfiq Okacha, une personnalité controversée dans les médias égyptiens, a surpris ses téléspectateurs ce samedi soir avec une sortie sans précédent contre les palestiniens de Gaza. Okacha a déclaré que les palestiniens devaient se soulever contre le Hamas et que l’armée égyptienne les soutiendraient militairement pour éliminer le mouvement de résistance islamique.

 

Okacha est proche du régime du général Sisi et c’est un éminent défenseur du coup d’État militaire. Il est largement admis parmi les égyptiens qu’Okacha reflète la position officielle de l’armée. Il reçoit ses instructions du ministère des armées, lequel finance sa chaîne de télévision al Faraein.

 

Tamarod Gaza

 

En attendant un nouveau mouvement dans la bande de Gaza a vu le jour sous le nom de Tamarod Gaza (Rébellion Gaza). Le mouvement a appelé les palestiniens dans la bande de Gaza à exprimer leurs protestations contre le régime du Hamas le 11 novembre prochain, et il a déclenché une controverse parmi les palestiniens.

 

La majorité des habitants de Gaza estime que ceux qui font partie de ce mouvement Tamarod Gaza sont une des pièces d’une contre-révolution conduite par les Émirats Arabes Unis pour inverser le cours des révolutions arabes et empêcher l’installation d’états islamistes dans le monde arabe. Le mouvement est similaire au mouvement Tamarod en Égypte, dirigé par l’égyptien Mahmoud Badr. Badr est connu sous l sobriquet de Mahmoud Cannabis en raison de son aveu d’une implication antérieure dans le trafic de cannabis. Badr entretient une relation solide avec les Émirats Arabes Unis et il a même pu rencontrer leur ministre des affaires étrangères, Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan .

 

Les palestiniens pensent aussi que Mohammed Dahlan a sa part de responsabilités dans les problèmes que connait le Sinaï égyptien, et que son objectif est d’entraîner l’armée égyptienne dans une confrontation avec Gaza. Dahlan est également soupçonné d’être un partisan du mouvement Tamarod Gaza, qui, comme dit plus haut, aspire à renverser le gouvernement du Hamas de la même façon que les frères musulmans ont été chassés du pouvoir en Égypte.

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 18:07

 

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/48887/les-journalistes-francais-enleves-depuis-trois-mois-en-syrie

 

Les journalistes français enlevés depuis trois mois en Syrie

 

Par Julien Monier

 

Jeudi 5 Septembre 2013

 

Didier François et Edouard Elias ont été enlevés en Syrie début juin. Alors que le cap des trois mois est atteint ce 6 septembre pour les deux journalistes, son comité de soutien entend monter d’un cran la mobilisation en faveur de leur libération, notamment en Essonne. 

 

Ce jeudi midi est inaugurée une banderole pour la libération de deux journalistes enlevés en Syrie, sur le fronton de l’immeuble du conseil général de l’Essonne à Evry. Après les communes de Grigny et Sainte-Geneviève-des-Bois, qui ont affiché des portraits de Didier François, journaliste à Europe 1, et Edouard Elias, photographe, le département souhaite « répondre à l’appel du comité de soutien » indique son président Jérôme Guedj dans un communiqué.

 

Ce geste de soutien marque une certaine montée en puissance de la mobilisation en faveur des deux journalistes en cette rentrée. Membre du comité de soutien en tant qu’ami de longue date de Didier François, Pascal Troadec, imprimeur à Grigny, fait le point sur la situation et détaille son rôle dans le comité :

 

« Je connais Didier François depuis les années 1980, on a milité ensemble dans les mouvements anti racistes et ceux qui ont débouché sur l’ébauche du droit au logement. Lui a continué dans le journalisme, mais on est resté en contact depuis lors. Cela m’a semblé normal de me mettre en mouvement, pour appuyer les familles qui ont demandé à Florence Aubenas d’être porte parole. Didier lui-même avait été très impliqué lors de son enlèvement. Mon rôle est plutôt de faire retravailler ensemble des gens qui étaient proches de Didier et qui se sont perdus de vue ces dernières années, pour faire s’intensifier la mobilisation ».

 

La question d’une intervention

 

Car les dernières actualités concernant les tensions entre la Syrie et les pays occidentaux fait s’inquiéter le comité, qui craint pour le sort des otages en cas de déclenchement d’une guerre. D’autant que peu d’informations circulent concernant le sort des deux journalistes. Enlevés le 6 juin sur la route d’Alep, on est depuis sans nouvelle d’eux. Laurent Fabius a indiqué fin août avoir « toutes les raisons de penser » que Didier François et Edouard Elias étaient en vie. Mais Pascal Troadec souligne tout de même « la situation syrienne particulièrement compliquée, ce qui ne facilite pas les contacts » avec les éventuels ravisseurs.

 

Même si le comité de soutien ne se prononce pas sur la question d’une possible intervention française et occidentale en Syrie, celui-ci craint qu’une guerre « rende le travail plus complexe, avec la loi des armes prédominante encore plus qu’aujourd’hui, et une voix des otages peu audible » affirme Pascal Troadec.

 

Le collectif a pris l’habitude depuis le mois de juillet, chaque 6 du mois, d’organiser un moment de mobilisation. Le 6 août des encarts presse ont été publiés dans plusieurs médias, et des rassemblements s’étaient déroulés. Vendredi 6 Septembre 2013, le comité de soutien donne rendez-vous sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Paris, à partir de 18 heures.

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 17:41

 

 

LES PROGRESSISTES ET LA SYRIE

 

Je diffusais récemment un message de Ramah Kudaimi relatif à la guerre de Syrie sous le titre « ne confondez pas l’Irak et la Syrie ».

 Le message de Ramah Kudaimi est contradictoire. Je ne connais pas Ramah Kudaimi, c’est apparemment un militant trostkyste des Etats Unis, le site original du message en anglais est le site états-unien www.mondoweiss.net, je ne connais pas ce site. 

La traduction de l’anglais vers le français est mauvaise. 

Par exemple, dans le message original en anglais, il y a la phrase « faking chemical weapons attacks is not needed ». On nous propose la traduction de cette phrase en anglais par la phrase suivante en français, « des armes chimiques truquées ne sont donc pas nécessaires ». On me permettra une autre traduction, par exemple « des attaques chimiques sous faux drapeau (célèbre expression de Thierry Meyssan) ne sont pas nécessaires ». Y a-t-il ou n’y a-t-il pas des armes chimiques en Syrie ? Y a-t-il ou n’y a-t-il pas utilisation de ces armes chimiques et, s’il y a utilisation de ces armes chimiques, qui sont les responsables de cette utilisation ? La condamnation des bombardements chimiques, la fameuse « ligne rouge » d’Obama et des démocraties occidentales, vaut-elle approbation des autres types d’armes de destruction massive ? Les deux traductions disent exactement le contraire l’une par rapport à l’autre. 

Dans cette affaire, tout est contradictoire. 

L’original du message en anglais est déjà disponible si on consulte deux sites.  

Il est disponible si on consulte le site www.mondoweiss.net à l’adresse ci-dessous 

http://www.mondoweiss.net/2013/08/dos-and-donts-for-progressives-discussing-syria.html 

Il est disponible si on consulte le site www.counterpunch.org à l’adresse ci-dessous 

http://www.counterpunch.org/2013/08/28/10-dos-and-donts-for-progressives-discussing-syria 

Le site de la revue Counterpunch n’est pas spécialement un site impérialiste. 

La version française est donc disponible si on consulte mon blog personnel et le site www.convergencedesluttes.fr  

Il est disponible si on consulte le site www.alencontre.org à l’adresse ci-dessous 

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/dix-remarques-pour-les-progressistes-qui-discutent-de-la-syrie.html 

Il est disponible si on consulte le site du NPA à l’adresse ci-dessous 

http://www.npa2009.org/node/38522 

Curieusement, il est disponible si on consulte le site de la FILPAC CGT à l’adresse ci dessous 

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article5823 

C’est tout pour un seul message. C'est déjà beaucoup. 

D’autres messages relatifs à cette question suivront.

 Bernard Fischer

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 17:17

 

SUIVISME

La guerre de Syrie interpelle, dérange et perturbe la vieille société française immobile et en crise profonde.

Le groupe parlementaire de l’UMP portait récemment une accusation capitale contre le gouvernement socialiste d’Hollande, il l’accusait de suivisme par rapport aux Etats Unis d’Obama.

Nous lisions et nous écoutions de nombreuses fois ces accusations et nous n’en croyions pas nos oreilles.

Nous ne défendrons pas ici le gouvernement Hollande, ni par rapport à la Syrie, ni par rapport à rien.

Mais nous nous souvenons de l’invitation d’al Assad à Paris par Sarkozy le 14 juillet 2008 à l’occasion des cérémonies de la fête nationale française dans la tribune d’honneur de la Place de la Concorde et nous comprenons le problème.

Plus fondamentalement, les années et les décennies passent et l’histoire de l’UMP n’est pas une histoire linéaire, mais les militants de l’UMP sont tout de même les lointains héritiers du général de Gaulle et des fondateurs de la cinquième république.

Le général de Gaulle dans son célèbre appel du 18 juin 1940 à Londres et par la diffusion de son appel par la BBC était suiviste par rapport à l’impérialisme britannique.

Le 6 juin 1944, quand l’armée des Etats Unis débarquait à Omaha Beach, quand il y avait une coalition internationale pour la libération de la France sous la direction de l’armée des Etats Unis et quand il y avait dans cette coalition le Conseil National de la Résistance dans toutes ses composantes, la résistance française faisait du suivisme par rapport aux Etats Unis.

Le 4 juin 1994, à l’occasion du cinquantième anniversaire du débarquement de Normandie, des milliers de citoyens français, les militants des collectifs contre la purification ethnique en ex Yougoslavie, sauvaient l’honneur du peuple français et manifestaient à Caen contre la guerre en Bosnie et pour la défense des musulmans bosniaques. Il y avait Francis Jeanson, le fondateur des réseaux Jeanson des porteurs de valise pendant la guerre d’Algérie. Il y avait Jean René Chauvin, vieux militant trotskyste pendant soixante dix ans, il passait plusieurs années de sa vie dans les camps de concentration nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Jeanson mourrait en 2009. Chauvin mourrait en 2011.

Les musulmans bosniaques ne demandaient aucune intervention militaire terrestre d’aucune armée occidentale, ils le pouvaient, ils ne le faisaient pas, ils avaient suffisamment de soldats, ils demandaient seulement des armes, ils les obtenaient et ils gagnaient la guerre.

Un spectre hante le vieux monde, la vieille Europe et les vieux Etats Unis d’Amérique, c’est le spectre de l’isolationnisme, du repli nationaliste    , comme si les citoyens des Etats Unis étaient seuls au monde, comme si les citoyens français étaient seuls au monde.

L’arme de la critique ne remplacera jamais la critique des armes.

Bernard Fischer

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 18:59

 

http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=2656%3Aproces-bds-perpignan-une-nouvelle-victoire&catid=49%3Aactualites&lang=fr

 

Procès BDS de Perpignan, une nouvelle victoire

 

La campagne BDS France se félicite de la décision de justice rendue Mercredi 14 Août 2013 par le Tri­bunal de Grande Ins­tance de Per­pignan qui relaxe les accusés.

 

Après trois ans de procédures et de reports, Jeanne, Yamina et Bernard, poursuivis par des officines du lobby pro israélien en France, comme le « Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme » (BNVCA) ont été jugés sur le fond le 20 juin dernier pour « incitation à la haine, à la discrimination, et à la violence » suite à une action Boycott Désinvestissement Sanctions auprès des consommateurs du magasin Carrefour de Perpignan, les appelant au boycott des produits exportés par Israël, dénonçant la colonisation au travers des produits issus des colonies illégalement commercialisés par Israël.

 

Une centaine de personnes (dont une délégation d'Alençon) s'est retrouvée ce 14 août devant le palais de justice pour le rendu du jugement.

 

Le tribunal a constaté la nullité de la citation concernant les discours et les écrits (les discours et les écrits incriminés ne sont pas précisés).

 

Le tribunal a constaté la relaxe concernant les affiches et les imprimés en raison de défaut d’élément matériel (rien qui ne ressemble à une provocation à la discrimination, la haine ou la violence ou à une entrave à l’exercice d’une activité économique.

 

C'est une nouvelle victoire pour le mouvement de solidarité qui depuis trois ans apporte son soutien à nos trois camarades et bien entendu pour la Campagne BDS.

 

C'est un message à ceux qui nous ont accusés, ils ne feront jamais taire notre solidarité au peuple palestinien en tentant de criminaliser nos actions militantes.

 

Nous saurons dans dix jours, si les parties civiles ou le parquet font appel.

 

Les nombreuses décisions de justice rendues jusqu'ici  (Mulhouse, Paris, Bobigny)  sur ces fausses affaires  reconnaissent toutes  que  les militants  qui s'inscrivent dans l'appel du Boycott Désinvestissement Sanction  n'ont rien à voir avec le racisme ou la haine. En réalité ils  luttent par des actions citoyennes et pacifiques contre l'impunité de l'Etat d'Israël, et  ses innombrables violations des droits humains et du droit international.

 

Il est  temps aujourd'hui  que la ministre de la justice prenne acte de l'inanité de la circulaire dite « Michèle Alliot Marie » qui n'était qu'une tentative du gouvernement précédent d'instrumentaliser la justice au profit d'une cause politique.

 

Pour que la  justice puisse être rendue sereinement et pour que les actes véritablement racistes soient sanctionnés sans amalgame avec une légitime action citoyenne, cette  circulaire doit être abrogée.

 

Les tribunaux français viennent de le rappeler à nouveau, le boycott d'Israël est légal.

La prochaine décision pour un procès BDS sera rendue le 19 Septembre à Alençon, ou sept autres militants sont également poursuivis.

 

Plus que jamais la campagne BDS pour l'isolement politique de l'état d'Israël doit continuer et se renforcer jusqu'à ce que justice soit enfin rendue au peuple palestinien.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 18:46

 

http://www.montpellier-journal.fr/2013/08/municipales-les-elus-communistes-veulent-ils-surtout-etre-reelus.html

 

Les élus communistes veulent ils surtout être réélus ?

C’est le sentiment de Claude Avenante, secrétaire de la section PCF de Montpellier. Cette dernière s’est prononcée pour une liste du Front De Gauche autonome au premier tour (donc sans le Parti Socialiste) alors que Michel Passet, secrétaire départemental du PCF et maire adjoint de Montpellier, a milité cet été dans un courrier envoyé à ses camarades du collège exécutif, pour des listes « rassemblant toutes celles et ceux qui s’opposent à la droite et à son extrême, le Front National ». Donc des listes d’union avec notamment le Parti Socialiste. Les enjeux financiers pour le PCF et ses élus sont bien présents dans les esprits.

« Pour bien comprendre les échanges de cet été au sein du PCF de Montpellier et entre Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, il faut rappeler un chiffre publié par Le Monde du 26 mai 2013 à propos du PCF, « sur les quelque neuf mille deux cent élus que compte le parti, plus de huit mille huit cent sont des élus municipaux ». Donc, cela fait huit mille huit cent élus communistes qui reversent un pourcentage de leur indemnité à leur parti, qui font vivre des salariés dans les groupes politiques au sein des mairies, souvent des militants et/ou des membres de la famille des élus.

Elections capitales pour le PCF

D’un point de vue économique, ces élections sont donc capitales pour le PCF voire pour certains élus qui, ayant goûté à la saveur du pouvoir, pourraient avoir du mal à renoncer à un poste d’adjoint ou de vice-président de l’agglomération. À Montpellier, c’est environ deux mille huit cent euros pour chaque poste contre mille cent euros pour un poste de simple conseiller communautaire et moins de trois cent euros pour un conseiller municipal.

Il y a un problème, le PCF ne peut conserver tous ces élus sans alliance avec le Parti Socialiste. Dès lors, un dilemme se pose aux militants et aux dirigeants qui s’opposent chaque jour un peu plus à la politique du gouvernement socialiste, la réforme des retraites à venir n’étant pas des moindres, comment faire alliance localement avec un parti dont on dénonce nationalement la politique ? En cas de non alliance, combien d’élus et d’indemnités restera-t-il pour financer le parti et donc payer ses permanents et autres frais de structure ?

Situation plus confortable pour le Parti de Gauche

Le Parti de Gauche, autre composante du Front De Gauche (avec le PCF, la Gauche Anticapitaliste, la FASE et d’autres composantes) qui n’a que très peu d’élus municipaux, est dans une situation plus confortable, il n’a que peu à perdre à ne pas faire alliance avec le Parti Socialiste. Il s’est donc prononcé très rapidement, au printemps, pour une liste autonome au premier tour. Une liste du Front De Gauche dans l’idéal, du Parti de Gauche au minimum.

C’est dans ce contexte que lorsque Pierre Laurent a déclaré (Libération du Mercredi 21 Août 2013) que « pour convaincre, nous ne devons pas confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective »,Jean-Luc Mélenchon a non seulement répondu à l’attaque le 23 août en qualifiant le secrétaire national du PCF de « tireur dans le dos » mais ensuite à très rapidement fait le lien entre les déclarations de Pierre Laurent et les élections municipales, en gros le Parti Socialiste demande au PCF de lui donner des gages s’il veut faire alliance avec lui notamment en attaquant Jean-Luc Mélenchon.

« Le Front De Gauche n’est pas une machine à cash électorale »

Quelques heures plus tôt, ce dernier avait été très explicite lors d’une conférence de presse concernant les municipales, « le Front De Gauche n’est pas une machine à cash électoral pour une de ses composantes et donc nous n’admettons pas qu’on négocie l’influence du Front De Gauche auprès de sa majesté solférinienne pour constituer des listes qui régalent chacun à proportion de la taille de son assiette. Voilà. Nous ne sommes pas d’accord. Et je le dirai ce soir parce que nous sommes dans le cadre du Remue méninges (réunion des militants) du Parti de Gauche et parce que la parole du Parti de Gauche est libre. Nous avons créé ce parti pour être libres. Ça n’est pas pour retourner à nous mettre nous-mêmes des muselières parce que notre manière d’être ou de parler déplairait à je ne sais quelle excellence socialiste »

À Montpellier, on retrouve précisément le même clivage. Du moins entre le Parti de Gauche et les élus municipaux du PCF (Hervé Martin, Michel Passet, Françoise Prunier, Cédric Sudres et Claudine Troadec-Robert). Car, comme « Montpellier Journal » l’a déjà rapporté, les militants de la section communiste de Montpellier, eux, sont majoritairement en faveur d’une liste initiée par le Front De Gauche autonome au premier tour donc sur la même ligne que le Parti de Gauche. Mais Michel Passet, le secrétaire départemental et président du groupe communiste à la ville de Montpellier, ne désarme pas. Il a donc envoyé un courrier daté du 18 juillet aux membres du collège exécutif départemental du PCF pour leur proposer de lancer « un appel à toute la population de l’Hérault » visant notamment à s’engager « à présenter des listes aux élections municipales rassemblant toutes celles et ceux qui s’opposent à la droite et à son extrême le Front national ».

« En opposition avec les choix stratégiques du dernier congrès » du PCF

Même si le texte de Michel Passet ne se voulait « qu’une base de travail à compléter et à enrichir », il proposait quand même un calendrier avec notamment un conseil départemental, où il est a priori majoritaire, le 3 septembre « pour adoption de l’initiative » et une conférence de presse deux jours plus tard « annonçant l’initiative ». La réponse de Claude Avenante n’a pas tardé. Dans un courrier daté du 29 juillet, le secrétaire de la section du PCF de Montpellier parle d’une initiative « contestable voire dangereuse qui est en complète opposition avec les choix stratégiques du dernier congrès. Elle confirme que la stratégie de Front De Gauche est complètement absente de l’horizon politique du premier secrétaire fédéral ».

Interrogé par « Montpellier Journal », Claude Avenante complète, « on sent qu’il n’y a pas de volonté des élus communistes de participer à la construction d’un projet avec nous. Après il faut voir les préoccupations qui sont les leurs, est-ce d’être réélus simplement ? Avec les élus, c’est très difficile ». Et un conseil départemental est bien prévu le 3 septembre. La rentrée au parti communiste aussi devrait être chaude.

À plus long terme, on peut se demander si on ne va pas vers une configuration type Gayssot-Frêche ? En effet, en 2010, quatre élus communistes (Jean-Paul Boré, Josianne Collerais, Henry Garino et Jean-Claude Gayssot) avaient décidé de partir avec l’ancien président de région plutôt que de se plier à l’accord entre le Front De Gauche et le NPA pourtant voté par les militants communistes et de soutenir la liste Revol. Deux sur quatre sont aujourd’hui vice-présidents de région (Gayssot et Collerais).

 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 18:15

 

Un ancien ministre syrien de la défense a fait défection

 

AMMAN (Reuters) - L'ancien ministre syrien de la défense et ancien chef d'état-major de l'armée Ali Habib a fait défection en Turquie, a déclaré mercredi à Reuters un haut responsable de la Coalition Nationale Syrienne (CNS, opposition), Kamal al Labouani.

 

La télévision nationale syrienne a démenti que l'ancien ministre ait quitté la Syrie, assurant qu'il se trouvait toujours à son domicile.

 

« Il n'y rien de vrai dans ce que les médias ont rapporté du voyage de l'ancien ministre de la Défense Ali Habib Mahmoud en dehors de la Syrie. Il est toujours chez lui », a assuré la télévision en citant des sources autorisées.

 

Si cette défection était confirmée, le général Ali Habib serait la plus haute personnalité alaouite (branche du chiisme dont est issu le clan au pouvoir) à rompre avec Bachar al Assad depuis le début du soulèvement en mars 2011.

 

« Ali Habib a réussi à échapper aux griffes du régime et il se trouve désormais en Turquie, mais cela ne signifie pas qu'il a rallié l'opposition. C'est un responsable de la diplomatie occidentale qui me l'a dit », a indiqué Kamal al Labouani, qui se trouvait à Paris.

 

Selon une source dans le golfe, l'ancien ministre a fait défection mardi soir en se présentant à un poste-frontière turc à bord d'un convoi de voitures en compagnie de deux ou trois autres personnes, qui seraient des officiers de l'armée syrienne désireux eux aussi de rompre avec le régime.

 

L'ancien ministre, dit Kamal al Labouani, est passé en Turquie avec l'aide d'un pays occidental.

 

Habib, déclare pour sa part un officier de l'Armée Syrienne Libre (ASL), semble avoir coordonné son départ avec les Etats-Unis.

 

Né en 1939, il a été ministre de la défense pendant un peu plus de deux ans, de juin 2009 à août 2011. Il l'était encore durant les tout premiers mois du soulèvement contre le régime.

 

Habib, qui a rang de général, est originaire de Tartous, dans la frange alaouite des rivages de la Méditerranée.

 

UNE MINE DE RENSEIGNEMENTS

 

Ali Habib, selon des sources proches de l'opposition, aurait été en désaccord avec le pouvoir syrien concernant l'usage de la force contre les manifestants au début des manifestations anti-Assad de 2011. Ses points de vue lui auraient même valu d'être écarté du pouvoir, selon ces mêmes sources.

 

Ali Habib, qui avait pris part en 1973 à la guerre du Kippour contre Israël, avait déclaré après avoir quitté ses fonctions ministérielles s'être retiré pour raisons de santé. Des rumeurs courant sur le motif de sa mise à l'écart, il avait été montré à la télévision nationale jurant fidélité au régime.

 

« Il sera une source de renseignements de premier ordre. Habib a une longue carrière militaire derrière lui. Il était de fait en résidence surveillée depuis qu'il avait défié Assad en réprouvant la mort de manifestants », a estimé Kamal al Labouani.

 

Selon des officiers qui ont fait défection, l'armée syrienne compte trente six mille officiers, dont vingt huit mille sont alaouites. Les huit mille autres sont soit des sunnites (la communauté majoritaire en Syrie), soit appartiennent aux minorités chrétienne et druze.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 19:58

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/08/30/a-ierissos-le-bon-or-des-uns-fait-le-malheur-des-autres_928389

 

A Iérissos, le bon or des uns fait le malheur des autres

Vendredi 30 Août 2013

Depuis plus d’un an, les habitants de la petite station balnéaire grecque manifestent contre la construction d’une mine à ciel ouvert. Une mobilisation environnementale violemment réprimée par les forces de l’ordre.

Par Maria Malagardis

A Iérissos, le bar de la plage est un endroit stratégique. Pas forcément pour flirter avec les touristes serbes ou bulgares, nombreux à fréquenter cette petite station balnéaire du nord de la Grèce, mais, plus concrètement, pour y rencontrer les témoins des violences qui, depuis plus d’un an, ont bouleversé la vie de ce petit village de trois mille âmes.

« Bienvenue en Chalcidique ! Dans cette région, vous devez oublier tout ce que vous savez sur la démocratie et les droits de l’homme », lance, avec une emphase presque rageuse, Vassilis Tsimourdos. Il ne faut pas se fier à sa tenue ce jour-là, c’est un dimanche du mois d’août et, au bar de la plage, maître Tsimourdos affiche un maillot de bain plutôt seyant pour son corps musclé. Le jeune avocat sait aller au-delà des apparences. Si le temps d’un été, Iérissos peut bien offrir l’image d’une douceur de vivre nonchalante, la carte postale est en réalité trompeuse.

« Sous ces parasols », indique l’avocat en balayant d’un geste la grande plage d’Iérissos, « on peut aussi croiser des adolescents mineurs qui ont été retenus par la police dans le plus grand secret, des femmes battues par les forces de l’ordre alors qu’elles protestaient pacifiquement, ou encore leurs maris et frères forcés de donner leur ADN, la mâchoire solidement tenue par les flics, alors qu’aucune charge n’a été retenue contre eux. Ce qui est illégal », énumère-t-il, indifférent à la faune en tongs et paréo qui déambule autour de lui.

Astérix et Obélix contre les romains

D’autres souvenirs le hantent. Au printemps, les rues d’Iérissos étaient noyées sous les gaz lacrymogènes. Les forces antiémeutes ont même jeté une grenade dans une école. Un bébé de dix mois, asphyxié, a dû être hospitalisé en urgence. Depuis, plus aucun policier n’ose se montrer en ville. D’ailleurs, le commissariat n’existe plus, il a brûlé en mars. A chaque entrée d’Iérissos, des habitants surveillent jour et nuit les allers et venues, installés sous des guérites de fortune. « Si les flics se pointent, on donne l’alarme. Toutes les cloches des églises se mettront alors à sonner et on sortira tous dans la rue, pour empêcher les forces de l’ordre d’entrer dans Iérissos », explique Panagiotis, un quinquagénaire en tricot de peau qui assume ce jour-là son tour de garde à l’entrée du village. Son fils de vingt six ans est emprisonné depuis début juillet, « sans aucune charge retenue contre lui », souligne Panagiotis en tirant sur son mégot, avant de rappeler que « près de deux cent personnes ont, un jour, ou l’autre été interpellées depuis plus d’un an ».

Juste en face de la guérite où se tient Panagiotis, un immense panneau a été installé en avril, Astérix et Obélix y souhaitent la bienvenue aux visiteurs « dans le dernier village gaulois ». Dans le rôle des romains, il y a bien sûr les forces de l’ordre et l’Etat grec. Mais le véritable adversaire des irréductibles « gaulois » d’Iérissos s’appelle Eldorado Gold. Cette multinationale canadienne, basée à Vancouver, a acquis les droits d’exploitation de trois cent dix sept kilomètres carrés du sous-sol de la région, lequel recèle un trésor, de l’or. Plusieurs milliers de tonnes, selon certaines études. Le magot est enfoui sous cette montagne qui plonge vers la mer juste au-dessus d’Iérissos.

A neuf kilomètres seulement de la station balnéaire, Eldorado Gold veut construire une mine à ciel ouvert de sept cent mètres de diamètre, avec des galeries qui s’enfonceront parfois sous le niveau de la mer et un tunnel qui traversera la fameuse faille sismique qui avait provoqué la destruction complète du village en 1932. Ce n’est pas le seul des dangers pointés par plusieurs scientifiques, qui soutiennent les habitants en lutte. Problème numéro un, la mine à ciel ouvert rejettera trois mille tonnes de poussière toxique par heure. Problème numéro deux, les nombreux cours d’eau de la forêt de Skouries risquent d’être pollués par les déchets rejetés par l’usine de retraitement du précieux métal. Or, les sources d’eau de cette enclave boisée alimentent toute la région de la Chalcidique.

Des soupçons sur le processus d’acquisition

Certes, les experts d’Eldorado Gold ont produit des études, bien plus rassurantes, insistant sur les effets limités pour l’environnement et mettant en avant une nouvelle méthode d’extraction, « qui n’a cependant jamais été testée à ciel ouver t», affirme Vassilis Tsimourdos. « Ils prétendent que les poussières toxiques seront localisées, alors qu’ici nous sentons les effets de vents venus du Sahara » s’exclame Irene Markou, qui tient un petit hôtel à Iérissos. « La vérité, c’est que cette région, qui vit du tourisme et de l’agriculture, sera ruinée. L’eau ne sera plus potable, nos sols seront empoisonnés, tout comme le lait de nos cheptels. Tant que je respire, je me battrai pour les empêcher de nous détruire », ajoute cette dame élégante, qu’on imagine plus facilement jouer au bridge que monter sur une barricade.

«Nous ne sommes pas des anarchistes belliqueux, comme on en voit dans les manifestations à Athènes. Nous sommes des gens tranquilles, qui jusqu’à présent ne s’étaient jamais opposés aux autorités. Pour nous, tout ça, c’est nouveau, l’idée de résister, mais aussi de s’en prendre plein la gueule de manière totalement arbitraire », souligne de son côté Iossif, un épicier qui, depuis le début de la contestation, s’est improvisé blogueur militant, filmant tous les excès des forces de l’ordre, avant de les poster sur son site. « Jamais les gens d’Eldorado Gold n’ont voulu discuter avec nous. On manifeste et on se fait tabasser, arrêter, intimider. Un gosse de dix neuf ans est resté toute une nuit aux mains des forces de l’ordre qui ont joué avec lui au ping-pong, ils l’ont balancé comme une balle entre eux, à tour de rôle », s’insurge ce quadragénaire qui avoue ne jamais avoir eu d’affinités politiques avec l’écologie.

Au-delà du débat d’experts sur les conséquences réelles du projet minier, c’est la violence policière qui a choqué même les plus tièdes. Et le processus d’acquisition des droits sur le sous-sol renforce les soupçons sur un jeu d’ombres qui sacrifierait les habitants à des intérêts bien plus puissants. En 2002, une autre société canadienne, TVX, qui possédait à l’époque les droits miniers dans la région, fait soudain faillite. Un an plus tard, l’Etat grec rachète les permis de l’entreprise ruinée pour onze millions d’euros, un montant notoirement sous-évalué. Puis les revend au même prix, sans rien gagner de la transaction, à une société, Hellas Gold, créée quelques jours auparavant par un célèbre magnat de l’industrie grecque, Fotis Bobolas, sans appel d’offres public. La transaction sera condamnée en 2008 par l’Union européenne. Mais, entre-temps, Hellas Gold a été absorbée par Eldorado Gold, qui possède désormais quatre vingt quinze pour cent du capital. Le reste étant toujours détenu par l’industriel Bobolas, également maître d’œuvre des travaux d’infrastructures.

« La Grèce ne gagnera pas un centime de l’exploitation de cette mine à ciel ouvert, sauf quelques emplois et des taxes, dont la collecte est une faiblesse nationale notoire », s’indigne Vassilis Tsimourdos. « Mais, au fond, quel modèle de développement souhaitons-nous pour notre pays ? Satisfaire les intérêts à court terme des multinationales qui, comme TVX, peuvent plier bagage du jour au lendemain en laissant sur le carreau leurs employés impayés et un environnement détruit » ?

Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre dans le village voisin, à Stratoni, également en bord de mer, où TVX réalisait l’essentiel de sa production et où règne désormais Eldorado Gold. Certes, la compagnie subventionne des maisons pour ses employés, tous acquis à sa cause. Mais, après plusieurs années d’exploitation, la plage n’est qu’une bande de sable sale désertée et le village affiche une désolation fanée qui contraste avec l’éclat joyeux d’Iérissos.

« Ils veulent nous faire taire par la peur »

A partir d’octobre 2012, les opposants au nouveau projet ont donc commencé à protester par des marches dans la montagne, lesquelles ont été violemment réprimées, transformant la forêt en champ de bataille. Très vite, les manifestants ont réagi. « A mains nues ou avec des pierres, contre des forces de sécurité souvent masquées et qui nous arrosaient de gaz lacrymogènes avant de nous taper dessus », souligne Iossif.

Puis, le 17 février, des inconnus eux aussi cagoulés ont investi les installations d’Eldorado Gold et ont brûlé les équipements. En réaction, les forces antiémeutes ont envahi Iérissos, procédant à des arrestations en pleine nuit sous le regard de familles traumatisées. La plupart des personnes interpellées ont été relâchées, mais quatre habitants d’Iérissos sont toujours emprisonnés depuis avril.

« Ils veulent nous faire taire par la peur. Mais leurs intimidations ont produit l’effet inverse, nous sommes plus soudés que jamais. Des gens qui ne s’étaient jamais adressé la parole ont découvert une nouvelle forme de solidarité », rappelle Lola, une jolie brunette de trente sept ans qui a elle-même été molestée par les forces de l’ordre lors d’une marche des femmes dans la montagne le 12 mai.

Lola travaille à la fromagerie Stathoris juste à la sortie du village. Le fondateur de cette petite entreprise florissante, Giannis Stathoris, est une personnalité à Iérissos. Fin 2010, il est entré au Guiness des records en produisant le plus gros fromage de chèvre frais de tous les temps, neuf cent trente sept kilogrammes. Le « diplôme » figure en bonne place, non loin d’une série d’icônes religieuses éclairées par un cierge, sur le mur de son bureau, au premier étage de la fromagerie, à en juger par la grande photo qui le montre au côté de sa femme Eleni, Giannis a la tête d’un bon gars au sourire franc. Depuis le 10 juillet, il est en prison.

« On l’accuse d’avoir participé à l’attaque contre les installations d’Eldorado Gold en février », soupire sa femme. « Bien sûr, c’est un opposant au projet, mais le seul motif qu’ils ont trouvé, ce sont les appels sans réponse reçus par Giannis sur son portable ce jour-là. Nous étions à la messe et c’est notre fille cadette, restée à la maison, qui essayait de le joindre. C’est facile à démontrer, et notre pope est venu témoigner de notre présence à l’église. Mais ils refusent de le libérer, même sous caution. Comme s’il allait s’enfuir, avec son entreprise, et une famille de trois enfants », se désespère Eleni qui semble tendue, épuisée de « gérer toute seule la fromagerie, ses vingt employés et ses cent cinquante producteurs de lait».

Assis dans le même bureau, le père de Giannis montre volontiers le creux laissé sur son thorax par la matraque d’un policier, « le 10 juillet, mon fils avait été convoqué au tribunal, raconte-t-il. Quand ils ont annoncé soudain qu’ils le gardaient et qu’ils allaient l’emprisonner, je me suis mis en colère. Alors les policiers ont foncé sur moi et m’ont battu. J’ai reçu trois coups dans le thorax, je ne pouvais plus respirer. Mon petit-fils de dix sept ans a protesté lui aussi et ils l’ont embarqué. Il a été libéré en fin de journée, mais le petit reste sous le coup de poursuites judiciaires. Dans quelle démocratie vit-on ? On tabasse des vieillards et on poursuit des enfants », s’insurge le vieux Dimitri, qui a soudain du mal à retenir ses larmes. « La première fois que j’ai rendu visite à Giannis en prison, je m’étais préparé. J’avais durci mon cœur comme une pierre. Mais quand je l’ai vu au parloir entouré de vrais délinquants, quand j’ai appris qu’il partageait une cellule avec dix inculpés de droit commun, j’ai craqué. Il ne mérite pas un tel traitement », murmure le vieil homme, qui rappelle que le jour de l’emprisonnement de son fils, le tribunal a, dans la foulée, libéré sous caution un homme soupçonné d’avoir violé une fillette de quatre ans.

« Un climat d’injustice institutionnalisé »

Son petit-fils, également prénommé Dimitri, est un adolescent taciturne. Avec un père en prison et un dossier judiciaire planant comme une menace sur ses frêles épaules, difficile d’être totalement insouciant. « C’est un bon petit, il étudie dans le seul lycée professionnel de Grèce spécialisé dans la fromagerie. Mais l’établissement risque de fermer depuis que l’Etat a coupé toutes les subventions, au nom des mesures d’austérité imposées par l’Europe. En Grèce, nos dirigeants ont un curieux sens des priorités », soupire Eleni, qui s’affirme plus déterminée que jamais « à se battre contre ce climat d’injustice institutionnalisé ».

Mais dans un pays en faillite, il est parfois difficile de résister à l’appât du gain. A Megali Panagia, juste au-dessus d’Iérissos, les opposants à la mine d’or à ciel ouvert se rassemblent au café style, perché le long d’une des rues en pente de ce village de montagne. Est-ce à cause des nuages, bloqués par les sommets qui voilent le soleil ?

L’ambiance y semble d’emblée plus sombre. Elli est une jeune femme toute mince qui parle d’une voix sourde. « Ici, Eldorado Gold a réussi à diviser le village. Ils ont offert une centaine d’emplois et beaucoup de promesses. Certains se sont laissés corrompre », murmure-t-elle. Elli, trente trois ans, ne peut oublier ce soir d’été où plusieurs employés d’Eldorado Gold ont débarqué chez elle. « Ils avaient bu, ils m’ont jetée par terre et m’ont rouée de coups à l’estomac, à la tête. Ils m’insultaient, et parmi eux, il y avait des proches, des gens de ma propre famille. Quand on se croise désormais, on change de trottoir », explique la jeune femme, dont la plainte est pour l’instant restée sans suite, malgré le certificat médical établi après son agression. « Et c’est nous qui sommes des terroristes, selon la télévision grecque » s’emporte soudain un homme dans le café. « Les médias nous traitent de casseurs, mais qui est actionnaire de Mega TV, la principale chaîne de télé grecque ? Fotis Bobolas ! Il possède également un journal, Ethnos, il a des appuis partout ». Theodore Karavassilikos l’écoute en hochant la tête, « c’’est le retour des temps obscurs. Moi, j’ai bien connu la guerre civile, juste après l’occupation », soupire le vieil homme. « Je suis né en 1940. Mon père fut un résistant communiste. Ils l’ont tué, puis ils ont tué ma mère et mon frère aîné. J’avais sept ans quand ils m’ont emprisonné. Je ne pensais pas revivre de tels moments », explique-t-il.

Le vieux Theodore a passé dix jours à l’hôpital début juillet. « A la suite d’une manifestation contre la mine, les policiers m’ont jeté à terre et m’ont écrasé les mains et les chevilles, en sautant sur moi avec leurs bottes. Ils m’ont menotté et emmené au poste, d’où je suis allé direct à l’hôpital », raconte-t-il d’un ton neutre. C’est un beau vieillard, encore svelte, au regard pétillant. « Cette forêt », s’exclame-t-il soudain, « j’en connais tous les recoins, tous les arbres. Elle recèle une biodiversité unique. Moi, je n’ai jamais eu besoin d’aller chez le médecin, je trouve tout ce qu’il faut pour me soigner là-haut. Dès que j’entre dans les bois, je me sens revivre ».

La forêt de Skouries est le trésor caché de la région. Des cascades jaillissent au milieu d’une végétation luxuriante, des ruisseaux glissent parmi des fleurs et des nénuphars. Un décor féerique dont il faut désormais parcourir les sentiers en cachette. En chuchotant, pour éviter d’attirer l’attention des hommes d’Eldorado Gold qui guettent les intrus sur «leur» territoire. Ils sont également omniprésents sur les routes municipales qui traversent la forêt : pas vraiment aimables, ils ne saluent jamais les visiteurs, mais les suivent de près, en voiture, tout en les filmant ostensiblement.

« Je n’en ai rien à foutre » enrage Iossif, l’épicier-blogueur. Il vient tout juste d’arrêter son pick-up rouge devant une vaste clairière lunaire qui forme comme une plaie béante au milieu de la forêt. « Ils ont coupé tous les arbres ! Pourtant, ils n’ont pas encore le permis pour déboiser cet endroit. Il y a eu une action en justice, ils sont censés attendre la décision du tribunal », s’étrangle-t-il de rage, indifférent aux silhouettes vêtues de noir qui continuent de le filmer juste derrière lui.

En quittant la zone forestière, il faut encore subir un dernier contrôle. Policier, cette fois. Les forces de l’ordre veulent non seulement voir les papiers, mais les confisquent aussi pour les enregistrer. « Totalement illégal quand il n’y a pas de soupçon d’infraction », selon les avocats des opposants, qui rappellent que Naomi Klein s’est vu retirer ses papiers d’identité « pendant quarante minutes » lors de sa visite en juin. La célèbre activiste canadienne, auteure de « no logo » et de « la stratégie du choc », prépare un documentaire sur les insoumis en lutte contre Eldorado Gold. Des députés canadiens se sont également mobilisés et Amnesty International devrait publier en novembre un rapport sur les violations des droits de l’homme liés au conflit minier.

Début juillet, coup de théâtre, Eldorado Gold annonce soudain vouloir marquer une pause et ralentir ses activités dans les mines, officiellement à cause de la baisse du prix de l’or. « Cette annonce n’est qu’un répit. Si c’est réellement à cause de la baisse du prix de l’or, alors nous avons la preuve que cette entreprise n’a aucun projet de développement à long terme dans notre région. Si c’est aussi en raison de notre mobilisation, de l’écho qu’elle commence à recevoir, alors on va continuer d’éveiller les consciences. De toute façon, nous n’avons pas le choix pour nous, c’est une question de survie »,assure Vassilis Tsimourdos en esquissant un sourire timide.

Le vœu du roi Midas à Dyonisos

L’or de la forêt de Skouries (qui signifie « rouille » en grec) était déjà connu à l’époque d’Alexandre le Grand. Mais en ces temps anciens, on croyait aussi aux légendes. Comme celle du roi Midas, qui avait obtenu les faveurs de Dyonisos. Le dieu du vin avait proposé au roi de Phrygie d’exaucer son vœu le plus cher. « Que tout ce que je touche devienne de l’or », avait alors demandé Midas. Mais, d’abord ébloui de voir tous les objets se transformer en métal précieux, il a vite déchanté, il ne pouvait plus ni boire ni manger. Et s’est retrouvé affamé, avant de supplier le dieu de revenir sur ce don maudit qui l’enrichissait, mais menaçait aussi de le tuer.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 19:20

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/dix-remarques-pour-les-progressistes-qui-discutent-de-la-syrie.html

 

 

Dix remarques pour les progressistes qui discutent de la Syrie

 

Par Ramah Kudaimi

 

Alors que la Syrie est de retour sur la scène médiatique en raison des horribles attaques à l’arme chimique de la semaine dernière (Mercredi 21 Août 2013) qui tuèrent des centaines de personnes ainsi qu’en raison des menaces des Etats-Unis d’opérer des frappes militaires, voici quelques remarques pour les militants et organisations progressistes et radicales aux Etats-Unis alors qu’elles envisagent une réponse adéquate.

 

Ne dites pas ou ne laissez pas entendre, en aucune manière, que les deux côtés ont tort et qu’il n’est pas clair qui devrait être soutenu si nous sommes impliqués militairement. C’est une insulte à tous les syriens qui sont sortis et continuent à sortir dans les rues et qui protestent autant contre le régime que contre les forces qui cherchent à utiliser cette période de guerre pour affirmer leur propre pouvoir sur d’autres. C’est une honte de voir combien de groupes progressistes aux Etats-Unis sautent dans le wagon « les deux côtés sont mauvais », affirmant que nous ne devrions pas être impliqués. Un million d’enfants sont des réfugiés et c’est de la faute du régime. C’est le régime qui bombarde les villes avec des avions de combat. C’est le régime qui a dirigé le pays par la force brutale pendant des décennies. Toute déclaration qui ne reconnaît pas cela est, une fois de plus, une insulte envers ceux et celles qui ont tant sacrifié.

 

Ne confondez pas l’Irak avec la Syrie. C’est aussi grotesque que ceux qui regardent le Kosovo comme un exemple d’intervention militaire pour en soutenir une en Syrie. C’est assez pathétique lorsque tant de progressistes et d’activistes de gauche sont obsédés par les affirmations prétendument fausses d’utilisation d’armes chimiques. Plus de cent mille syriennes et syriens ont été tués, la majorité par des armes conventionnelles. Il y a donc mille et une excuses pour que les Etats-Unis interviennent. Des armes chimiques truquées ne sont donc pas nécessaires. Il n’y a aussi aucun élément qui me convainc selon lequel al Qaida a accès et utilise de telles armes. Al Qaida a combattu les Etats-Unis en Irak pendant une décennie et n’a jamais fait usage de telles armes. Mais, subitement, Al Qaida les utiliserait en Syrie? Et si les rebelles possédaient de telles armes, le régime se serait effondré, il y a déjà longtemps.

 

Ne soyez pas obsédés par Al-Qaida, les extrémistes islamistes et les djihadistes. Depuis le 11 septembre 2001, les progressistes ont justement esquivé l’utilisation de toutes ces étiquettes lorsqu’il était question de la guerre des Etats-Unis contre le « terrorisme », alors que nous les utilisons librement lorsqu’il s’agit de la Syrie et, en fait, nous en sommes convaincus. L’écrasante majorité des syriens, autant ceux qui ont pris les armes que ceux qui continuent de résister par des moyens non violents, n’ont rien à voir avec les groupes extrémistes et se sont soulevés contre toutes les forces qui détruisent leur pays, qu’il s’agisse du régime ou des prétendus groupes « d’opposition » (allusion, entre autres, aux manifestations contre al Nosra dans le nord de la Syrie). Il est aussi important de comprendre que l’Armée Syrienne Libre (ASL) n’est pas une armée disposant d’un centre de commandement unique dont les ordres viennent d’en haut. Il s’agit d’un groupe dont le système d’affiliation des « bataillons » est lâche et dont quiconque peut affirmer en faire partie.

 

Soulignez tous les échecs des Etats-Unis envers la Syrie et comment larguer des bombes sur le pays n’est pas ce qui est nécessaire. Je ne suis pas personnellement convaincu que les Etats-Unis seront impliqués militairement. Ils ont promis des armes aux rebelles qui doivent encore être fournies. En aucune manière les Etats-Unis ne seront directement impliqués (sur le terrain) parce que, ainsi que cela a été souligné par le général Martin Dempsey et dans une tribune du New York Times, il est bien plus utile pour les « intérêts » des Etats-Unis que les syriens se massacrent les uns les autres. Je pense que prendre position sur le fait que les Etats-Unis ne doivent pas être impliqués par le biais d’une intervention militaire est bien. N’écrivez pas « hands off Syria » (bas les pattes devant la Syrie) en supposant qu’il s’agit d’un genre de conspiration américaine. N’affirmez pas que cela à avoir avec le fait que les Etats-Unis ne disposent pas du droit de prendre parti dans une guerre civile. Ne faites pas comme s’il s’agissait d’argent pour ici (les Etats-Unis) dans la mesure où nous (syriens) avons besoin de plus d’aide humanitaire. Faites de telle sorte que ce qui est mis en relief dans vos propos porte sur qui apportera de l’aide pour mettre un terme aux souffrances des syriennes et syriens.

 

Soulignez l’hypocrisie des Etats-Unis alors qu’ils jugent la Russie pour envoyer des armes au régime. La semaine dernière uniquement, un reportage est paru selon lequel les Etats-Unis expédiaient des bombes à fragmentation d’une valeur de six cent quarante millions de dollars à l’Arabie Saoudite. Les armes (américaines) continuent de se répandre en Egypte, au Bahreïn et en Israël malgré de massives violations des droits humains. Appelez à ce que soit mis un terme à la vente à tous les régimes de la région.

 

Ne laissez pas d’authentiques préoccupations au sujet de l’impérialisme des Etats-Unis, d’Israël et de l’Arabie Saoudite, vous faire croire, lorsque vous observez des images et des vidéos d’enfants morts, qu’il s’agit de conspiration. Bachar al Assad est un dictateur autoritaire et ses lettres de noblesse en matière de résistance sont un peu sommaires. Souvenez-vous simplement qu’il collabora avec les Etats-Unis sur des initiatives telles que les transferts (« renditions », le programme de prisons secrètes et de tortures sous-traité à des régimes autoritaires amis) de la CIA. Ce n’est pas parce que la CIA entraîne quelques combattants en Jordanie ou que quelque dirigeant rebelle anonyme est cité dans un journal israélien que le soulèvement syrien contre un régime brutal n’est pas légitime.

 

Insistez sur la bravoure continue du peuple syrien qui descend dans les rues et qui proteste contre le régime, les extrémistes et tous ceux qui cherchent à détruire leurs luttes pour la liberté et la dignité. Comme c’est le cas partout, la couverture des violences prend le dessus sur les résistances non-violentes continues.

 

Exhortez avec force les gens à donner de l’argent pour l’aide humanitaire (Médecins Sans Frontières, par exemple). Entre les morts, les emprisonnements, les déplacements intérieurs de populations et les réfugiés, je pense que trente à quarante pour cent de la population syrienne est d’une façon ou d’une autre déracinée (le HCR estime que d’ici à la fin de l’année près de dix millions de syriennes et syriens, soit presque la moitié de la population du pays, seront réfugiés ou déplacés intérieurs).

 

Je n’ai pas de solutions réelles à vous proposer dont vous pourriez vous emparer pour encourager les gens à les soutenir. Peut-être que pousser à un véritable cessez-le-feu pourrait être une option, ce qui supposerait une pression sur la Russie pour exiger de Bachar qu’il se rétracte. Je sais que le fait que je ne possède pas de réponse sur ce qu’il faudrait faire est une lacune, mais quelquefois le meilleur moyen d’action est de seulement être en solidarité avec des personnes en lutte en le reconnaissant, tout simplement.

 

Les syriennes et les syriens méritent le même respect pour leur lutte que toutes les autres luttes de la région, en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Bahreïn, au Yémen et, toujours, en Palestine.

 

Texte publié Mardi 27 Août 2013 sur le site www.mondoweiss.net

 

Traduction de la rédaction du site www.alencontre.org

 

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 19:16

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29622

 

Nous comptons sur le peuple syrien révolté et non sur une intervention extérieure !

 

Plus de cent cinquante mille morts, des centaines de milliers de blessés et d’invalides et des millions de personnes déplacées à l’intérieur et vers l’extérieur de la Syrie, des villes, des villages et des quartiers rasés ou presque totalement détruits à l’aide de diverses armes, dont des avions de combat et des missiles SCUD, des barils explosifs, des chars, et autres matériels payés avec le prix du sang et de la sueur du peuple syrien sous le prétexte de défendre la patrie et assurer un équilibre militaire avec Israël (que, en réalité, le régime syrien protège pendant qu’elle occupe son territoire, se gardant même de répondre à ses assauts répétitifs).

Pourtant, malgré les énormes pertes susmentionnées subies par les syriens et les syriennes, et malgré les catastrophes qui se sont abattues sur eux, aucune institution internationale, aucun grands pays ou autre entité moins importante n’a senti le besoin de se solidariser avec eux et les soutenir dans leur quête pour leurs droits les plus élémentaires de liberté, dignité humaine et justice sociale. Excepté certains pays du Golfe, comme le Qatar et l’Arabie Saoudite, cependant dans le but d’orienter la nature de la lutte en Syrie vers le fanatisme, et dénigrer la révolution syrienne et l’avorter. Ce qui dénote la crainte profonde d’une propagation de l’étincelle révolutionnaire à ces états, d’où leur soutien à des forces obscurantistes takfiries venues, pour l’essentiel, de partout dans le monde et qui essayent d’imposer leur conception abominable du pouvoir sur la base de la charia islamique, commettant de façon répétitive des massacres horribles contre des citoyens syriens qui se sont opposés à leurs agissements répressifs et leurs agressions dans les zones qu’ils contrôlent ou celles qu’ils attaquent de temps à autre, à l’image de ce qui s’est passé récemment dans certains villages de Lattaquié.

D’autre part, une multitude de forces hostiles, à travers le monde, complotent contre la révolution du peuple syrien qui intervient dans le contexte de plusieurs soulèvements qui touchent une partie importante de la région arabe et du grand Maghreb où, depuis près de trois ans, les populations font valoir leur volonté pour mettre un terme à une histoire faite d’oppression, d’injustices et d’exploitation. Des populations qui veulent arracher leurs droits à la liberté, à la dignité et à la justice sociale, enflammant du coup, contre elles, non seulement les dictatures tyranniques locales, mais aussi la plupart des puissances impérialistes, qui cherchent à perpétuer le pillage des richesses de nos peuples, ainsi que les différentes classes et forces réactionnaires, le long de la région concernée et dans les pays voisins.

Quant à la Syrie, la coalition qui bataille contre le peuple révolté, englobe une multitude de forces sectaires réactionnaires, à leur tête l’état iranien et les milices sectaires irakiennes, mais aussi, fort malheureusement, la force de frappe du Hezbollah, qui se noie aujourd’hui dans le bourbier de la défense d’un régime dictatorial foncièrement corrompu et profondément criminel.

Malheureusement aussi, une partie importante de la gauche arabe, traditionnelle, aux racines staliniennes, que ce soit en Syrie même, au Liban ou en Egypte et dans le reste de la région arabe, et même à l’échelle mondiale, a clairement et de façon honteuse pris le parti de cette coalition misérable, accrochée au régime d’al Assad, sous prétexte, pour certains, qu’il est « résilient » et même « résistant » ! Cela malgré sa longue histoire de gardien de l’occupation sioniste du Golan syrien, et la répression dans le sang, à plusieurs reprises depuis qu’il est au pouvoir, de nombreuses parties palestiniennes et libanaises (et syriennes aussi) qui résistent à Israël, et qu’il est resté indifférent et servile depuis la guerre d’octobre 1973 vis-à-vis des attaques israéliennes contre les territoires syriens. Ce parti pris peut avoir des conséquences graves en ce qui concerne la position du commun des syriens envers la gauche dans son ensemble.

D’autre part, l’Organisation des Nations Unies, en général, et le conseil de sécurité, en particulier, sont restés incapables de condamner les crimes de ce régime que le peuple syrien rejette pacifiquement pendant plus de sept mois, tandis que les manifestants tombent chaque jour sous les balles des snipers et des shabbiha et que les activistes les plus efficaces sont détenus et soumis aux pires formes de torture et de liquidation dans les geôles et les centres de détention. Pendant tout ce temps, le monde est resté silencieux adoptant une attitude négative.

Cette situation a persisté avec l’escalade des crimes commis par le régime après que le peuple se soit trouvé obligé de prendre les armes, à travers l’émergence de ce qui est devenu connu comme l’Armée Syrienne Libre (ASL) dont une partie importante de son commandement et ses éléments sont des dissidents de l’armée régulière.

Ceci parce que l’allié le plus important du régime baasiste de Damas, en l’occurrence l’impérialisme russe qui lui fournit toutes sortes de soutien, est resté à l’affût du conseil de sécurité pour bloquer tout effort visant à condamner ces crimes.

Les Etats-Unis, en revanche, ne voient pas un vrai problème dans le maintien du statu quo, avec toutes les conséquences de la destruction du pays, malgré les menaces et les intimidations auxquelles recourt le président américain chaque fois qu’une voix de l’opposition syrienne s’élève à propos de l’utilisation des armes chimiques par le régime, jusqu’à la dernière escalade quand il a estimé que la « ligne rouge » a été franchie !

Il est clair qu’Obama, qui donne l’impression qu’il ira de l’avant dans la mise à exécution de ses menaces, se serait trouvé dans l’embarras s’il s’était abstenu et que cette abstention n’aurait pas seulement un impact négatif sur lui mais également sur ​​l’image de l’arrogant puissant état qu’il dirige, et pas uniquement de la part des pays arabes serviles, mais aussi à l’échelle mondiale.

Des frappes, en substance américaines, mais avec l’accord et la coopération de leurs alliés impérialistes, sont donc imminentes contre les forces armées syriennes. Décidées sans la couverture farce de la « légitimité internationale » (à savoir des décisions d’une institution mondiale, l’ONU, qui a toujours reflété, et continue de le faire, les intérêts des grandes puissances, en conflit ou en accord selon les circonstances), et les rapports de force entre ces puissances. En d’autres termes, ces frappes ne vont pas attendre le consentement du conseil de sécurité, en raison d’un prévisible veto russo-chinois.

Malheureusement, plusieurs parties de l’opposition syrienne parient sur ces frappes et sur la position américaine en général, ce qui pourrait, à leur avis, créer une opportunité de s’emparer du pouvoir, plus tard, donc en ignorant le mouvement des masses et leurs décisions. Et, bien sûr, il n’est plus surprenant alors que des représentants de l’opposition et de l’armée libre ne se sont aucunement gênés pour dire que ces dernières fourniront aux américains des informations concernant les cibles militaires à frapper !

Dans tous les cas, nous déclarons que nous sommes d’accord sur ce qui suit :

L’alliance impérialiste occidentale va frapper plusieurs endroits, et même des parties importantes de l’infrastructure militaire et civile en Syrie (avec de nombreuses victimes parmi les civils, comme d’habitude), mais, comme il a été annoncé, les frappes ne sont pas destinées à renverser le régime. Elles sont tout simplement destinées à punir, selon les mots d’Obama, le pouvoir syrien, et à la fois sauver la face à l’administration américaine après toutes les menaces concernant les armes chimiques.

Les intentions du président américain de sanctionner le pouvoir syrien ne reflètent pas une solidarité de Washington avec la douleur des enfants qui sont tombés dans les massacres des deux Ghouta, mais de son engagement envers ce que Barack Obama appelle les « intérêts vitaux de l’Amérique et sa sécurité nationale », ainsi que les intérêts d’Israël et sa sécurité.

Le régime syrien et ses alliés régionaux, à leur tête le régime iranien, n’auront sans doute pas assez de courage pour mettre à exécution ce qui semblait être des menaces de leurs hauts responsables que toute attaque occidentale contre la Syrie va enflammer toute la région, et si cette option extrême reste probable, elle pourrait avoir des conséquences catastrophiques.

L’attaque impérialiste occidentale imminente ne vise absolument pas à soutenir la révolution syrienne, mais à pousser Damas à s’engager dans des marchandages qui permettent le retrait de Bachar al Assad du régime syrien, mais gardent le régime, tout en améliorant considérablement les conditions à même de renforcer la position de l’impérialisme américain dans la Syrie future, au détriment de l’impérialisme russe.

Pour autant que les plus conscients, les plus honnêtes et ceux qui sont le plus dévoués à l’avenir de la Syrie et de son peuple, parmi les engagés dans le mouvement populaire continuent, puissent prendre conscience de ces faits, leurs conséquences et leurs résultats, et agir sur la base de leur compréhension de ces faits, cela contribuera à aider le peuple syrien à faire émerger une direction révolutionnaire véritable, qui produira, dans le contexte de la lutte sur la base des intérêts immédiats et futurs du peuple, un programme radical conforme à ses intérêts, dont la lutte pour sa mise en œuvre et sa concrétisation permettront d’avancer sur chemin de la victoire.

Non à toutes les formes d’intervention impérialiste que ce soit américaine ou russe

Non à l’intervention sectaire réactionnaire, qu’elle soit de l’Iran ou des monarchies du golfe

Non à l’intervention du Hezbollah, qui mérite la pire des condamnations

A bas toutes les illusions quant aux frappes militaires américaines à venir !

Que les dépôts d’armes s’ouvrent au peuple syrien qui lutte pour la liberté, la dignité et la justice sociale !

Victoire pour une Syrie libre, démocratique et à bas la dictature d’al Assad et toutes les dictatures !

Vive la révolution du peuple syrien !

Jeudi 29 Août 2013

Organisations signataires

Socialistes Révolutionnaires d’Egypte, Mouvement de la Gauche Révolutionnaire de Syrie, Union des Communistes d’Irak, Courant al Monadil du Maroc, Forum Socialiste du Liban

Traduit de l’arabe par Rafik Khalfaoui

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