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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 15:52

 

http://www.legrandsoir.info/marinaleda-le-village-modele-communiste-d-espagne-the-observer.html

 

Marinaleda, le village modèle communiste d’Espagne

Par Dan Hancox, The Observer, Dimanche 20 Octobre 2013

Il fut un temps où, dans une Andalousie déshéritée, Marinaleda devait traverser de terribles épreuves. Sous la direction d’un maire charismatique, le village s’est auto proclamé utopie communiste et s’est emparé de terres arables afin de subvenir aux besoins de chacun. Pourrait-il apporter la réponse à la faillite du capitalisme moderne ?

En 2004, en feuilletant un guide de voyage sur l’Andalousie, alors que je passais mes vacances à Séville, je tombai sur une brève allusion à un petit village perdu, appelé Marinaleda, une « utopie communiste » d’ouvriers agricoles révolutionnaires, tels étaient les termes employés. Ma fascination fut immédiate, mais je ne pus trouver quasiment aucun détail pour l’alimenter. En dehors de ce bref résumé, les renseignements disponibles sur ce village étaient trop peu nombreux, que ce soit dans le guide, sur internet, ou encore dans la bouche des étrangers que je croisai à Séville. Quelques-uns d’entre eux me dirent « ah, oui, le petit village communiste bizarre, l’utopie ». Mais aucun d’entre eux ne l’avait visité, ni ne connaissait quelqu’un l’ayant visité, et personne ne sut me dire s’il s’agissait véritablement d’une utopie. Le mieux que l’on put faire, fut de me fournir ce renseignement supplémentaire, il possédait un maire excentrique, charismatique, à la barbe de prophète et dont la présence valait celle d’un démagogue, du nom de Juan Manuel Sánchez Gordillo.

Je finis par en apprendre davantage. La première partie du miracle de Marinaleda tient à ce qu’aux débuts de sa lutte pour créer une utopie, à la fin des années 1970, il partit d’une situation de pauvreté extrême. Le village souffrait d’un taux de chômage supérieur à soixante pour cent, il s’agissait d’une communauté de paysans sans terres, dont les membres devaient fréquemment se passer de nourriture pendant des jours entiers, à une période rongée par le doute de l’histoire de l‘Espagne, celle qui suivit la mort du dictateur fasciste, le général Franco. La deuxième partie du miracle de Marinaleda tient à ce que, en l’espace de trois décennies extraordinaires, il remporta la victoire. En 1985, alors que ce voyage remarquable de luttes, de sacrifices, était déjà bien entamé, Sanchez Gordillo confia au journal El Pais que « nous avons appris qu’il ne suffit pas de définir l’utopie, pas plus qu’il ne suffit de combattre les forces réactionnaires. On se doit de construire ici et maintenant, brique après brique, avec patience mais sans interruption, jusqu’au jour où nous pourrons faire de nos vieux rêves une réalité, quand il y aura du pain pour tous, que la liberté règnera parmi les citoyens et que nous pourrons lire le mot paix avec respect. Nous croyons sincèrement qu’il n’est pas d’avenir qui ne soit construit dans le présent. »

Comme il sied à un rebelle, Sánchez Gordillo aime beaucoup citer Che Guevara, plus précisément cette maxime du Che qui nous dit que « seuls les rêveurs verront un jour leur rêves devenir réalité ». Dans un petit village du sud de l’Espagne, il ne s’agit pas seulement d’un slogan sur un t shirt.

Au printemps 2013, l’Andalousie compte trente six pour cent de chômeurs, un taux ahurissant, pour ceux qui ont entre seize et vingt quatre ans, le chiffre est supérieur à cinquante cinq pour cent, des chiffres qui sont encore pires que la moyenne nationale, elle-même astronomique. Dans les années 2000, l’essor de l’industrie du bâtiment se traduisit par un amoncellement de grues le long de la côte, en même temps qu’il encourageait une génération à ne pas finir ses études, pour accepter les emplois à quarante mille euros par an, que proposaient les chantiers de construction. Ces emplois se sont envolés, et rien ne va les remplacer. Alors que la silhouette menaçante de la Banque Centrale Européenne se dessine par-dessus son épaule, le premier ministre Mariano Rajoy a introduit des réformes du marché du travail qui facilitent les procédures de licenciement des employés par les entreprises, les accélèrent tout en diminuant le montant des indemnités, et ce sont ces nouvelles lois qui tracent aujourd’hui des andains dans la main d’œuvre espagnole, dans le privé comme dans le public.

Entre 1996 et 2008, le marché espagnol de l’immobilier connut un essor foudroyant. Au cours de ces douze années, le prix du mètre carré de terrain tripla, sa crise renvoie aujourd’hui le reflet tragique de l’ampleur de son augmentation. Sur le plan national, depuis 2008, ce sont près de quatre cent mille familles qui ont été expulsées. Là encore, la situation est particulièrement grave dans le sud, chaque jour, les banques y flanquent quarante familles par jour à la porte de chez elles. Pire, selon la législation espagnole en matière de logement, une fois que votre prêteur vous a expulsé, vous n’en avez pas fini, il vous faut continuer à rembourser l’emprunt. Derniers gestes d’impuissance, les suicides de propriétaires à deux doigts de la saisie, sont devenus d’une effroyable banalité, plus d’une fois, ceux qu’on venait expulser se précipitèrent par leur fenêtre, pendant que l’huissier montait l’escalier.

En Espagne, quand les gens mentionnent la crise, c’est à la crise de l’euro-zone qu’ils font référence, une crise économique, mais ce terme veut dire bien plus. C’est une crise systémique, celle d’une écologie politique fissurée d’un bord à l’autre, une crise dont tout semble dire qu’elle résulte de la propagation d’une corruption endémique parmi les élites du pays, qu’il s’agisse des politiciens, des banquiers, des membres de la famille royale, ou encore de bureaucrates, elle est également une crise de foi en l’accord démocratique instauré après la mort du général Franco en 1975. En Décembre 2012, un sondage réalisé par le centre pour la recherche sociologique (un organisme public) révéla que 67,5% des espagnols n’étaient pas satisfaits du fonctionnement de leur démocratie. C’est ce mépris pour l’état espagnol en général, plus que les simples effets de la crise économique, qui fit descendre dans la rue huit millions d’indignados, au printemps et à l’été 2011, et qui inspira leur cri de ralliement « Democratia Real Ya » (une vraie démocratie, maintenant).

Pourtant, dans un village du cœur sauvage de l’Andalousie, l’ordre et la stabilité règnent. Comme le village d’Astérix, qui accomplit la tâche impossible consistant à résister encore et toujours aux romains, un grand empire a trouvé à qui parler avec ce minuscule peuple, et son armée en guenilles de parvenus turbulents, qui aspirent à la liberté. Le combat semble déséquilibré au point d’en être risible, la population de Marinaleda compte deux mille sept cent personnes, l’Espagne quarante sept millions, cependant, à maintes et maintes reprises, l’empire a connu la défaite.

En 1979, à l’âge de trente ans, Sánchez Gordillo devint le premier maire élu de Marinaleda, un poste qu’il occupe depuis, sans interruption, il est réélu, scrutin après scrutin, à une écrasante majorité. Cependant, occuper des places officielles de pouvoir, reconnues par l’état, ne servit qu’à le divertir de son travail sérieux,  la lutte. Dans la chaleur intense de l’été 1980, le village lança « une grève de la faim contre la faim », qui les fit connaître de toute la nation, et leur valu même une reconnaissance mondiale. Tout ce qu’ils ont accompli depuis l’été de cette année-là, n’a fait qu’accroître la notoriété de Sánchez Gordillo et de son village, ainsi qu’augmenter le nombre de leurs admirateurs, comme de leurs ennemis, dans toute l’Espagne.

La philosophie de Sánchez Gordillo, dont il traça les grandes lignes dans son livre paru en 1980, « Andaluces, Levantaos », puis dans d’innombrables discours et entretiens, lui est tout à fait propre, même si elle s’appuie sur les fondations solides des luttes historiques, ainsi que des soulèvements, des pueblos paysans de l’Andalousie, et de leur tendance, dont les racines atteignent une profondeur remarquable, à l’anarchisme. Ces communautés impressionnent par leur opposition à toute forme d’autorité. Au cours d’un entretien, réalisé en 2011, Sánchez Gordillo déclara que « je n’ai jamais appartenu au Parti Communiste, celui de la faucille et du marteau, mais je suis communiste, ou communautariste », avant d’ajouter qu’il tirait ses croyances politiques de celles de Jésus Christ, Gandhi, Marx, Lénine et le Che.

En Août 2012, il accéda à un niveau supérieur de notoriété, à la suite d’une kyrielle d’actions qui commença, sous une température de quarante degrés centigrades, par l’occupation d’un terrain militaire, la saisie du palais d’un aristocrate, ainsi que par une traversée du sud à pied, au cours de laquelle il tenta de convaincre ses collègues maires de ne pas rembourser leurs dettes. L’apogée fut atteinte lorsque Sánchez Gordillo mena une série d’expropriations de supermarchés, en compagnie des autres membres du syndicat de la gauche communiste SOC-SAT. Ils défilèrent dans des supermarchés où ils s’emparèrent de pain, de riz, d’huile d’olive, et d’autres aliments de base, afin d’en faire don à des banques alimentaires destinées aux Andalous n’ayant pas les moyens de se nourrir. Ceci fit de lui une immense vedette, et lui valut d’apparaître non seulement sur les couvertures des journaux espagnols, mais aussi dans les grands médias internationaux, sous les titres de « maire Robin des Bois », « Don Quichotte de la crise espagnole », ou encore du « William Wallace d’Espagne », selon le journal que vous lisiez.

Dans la pénombre d’un matin d’hiver, entre six et sept heures du matin, les travailleurs de Marinaleda sont regroupés autour du comptoir de la pâtisserie Horno el Cedazo, peinte en orange. Ils sont là, occupés à engloutir du café noir, fort, accompagné de jus d’orange, pâtisseries, et de pan con tomate, incontestablement l’un des meilleurs petits déjeuners au monde, constitué d’une énorme tartine que l’on sert avec une bouteille d’huile d’olive ainsi qu’une carafe de pulpe de tomate rose, douce et salée. Versez la première, puis la seconde, saupoudrez d’une mince couche de sel et de poivre, et vous voilà prêts pour une journée aux champs. Ceux dont l’estomac est mieux accroché, peuvent également descendre une rasade de l’une des liqueurs blafardes rangées sur une étagère située derrière le comptoir, l’anis sirupeux, âcre, est la plus populaire de ces boissons destinées à faire descendre le café. Tous font les quarts à la coopérative de Marinaleda, en fonction de ce qu’il est nécessaire de récolter, et de la quantité à récolter. S’il y a suffisamment de travail pour votre équipe, on vous prévient à l’avance, grâce au mégaphone placé sur le toit de la camionnette qui fait le tour du village, le soir. C’est une expérience étrange, quasi-soviétique, que d’être assis chez soi, et d’entendre la camionnette qui passe en annonçant « demain, travail aux champs pour le groupe B ». Le volume des annonces, que l’électricité statique étouffe, augmente puis diminue à mesure que la camionnette sillonne le village, comme si quelqu’un s’était égaré dans un labyrinthe en portant un transistor.

En 1991, après que le village eut, enfin, obtenu les mille deux cent hectares de la ferme El Humoso, que le gouvernement régional lui accorda au bout d’une décennie d’occupation, de grèves et d’appels incessants, son exploitation débuta. La nouvelle coopérative de Marinaleda sélectionna des cultures qui nécessiteraient la quantité maximale de travail humain, afin de créer autant d’emplois que possible. En plus des olives, omniprésentes, et de la création d’une huilerie, ils plantèrent toutes sortes de poivrons, des artichauts, des fèves, des haricots verts, des brocoli, des produits que l’on pouvait transformer, mettre en conserves, ou en bocaux, afin de justifier la création d’une usine de transformation qui, en retour, munirait le village d’une industrie sous-traitante, synonyme d’emplois supplémentaires. Sánchez Gordillo m’expliqua que, « notre but n’était pas de faire des profits, mais de créer des emplois ». Cette philosophie s’oppose de manière frontale à la toute dernière obsession capitaliste pour « l’efficience », un mot auquel le jargon néo-libéral a conféré un statut quasi-sacré, mais qui est devenu, en réalité, un euphémisme honteux pour le sacrifice de la dignité humaine, sur l’autel de la valeur des actions.

Sánchez Gordillo me suggéra une fois que la famille aristocratique de la maison d’Albe pourrait investir son immense fortune (qui provient aussi bien d’actions dans les banques et les entreprises de distribution d’énergie, que de l’étendue de ses terres, qui lui rapportent des millions sous la forme de subventions agricoles) pour créer des emplois, mais qu’elle n’a jamais éprouvé le moindre intérêt pour cela. « Nous croyons que la terre devrait échapper à la mainmise de la noblesse, pour appartenir à la communauté qui l’exploite ». Il m’expliqua que telle était la raison pour laquelle les grands propriétaires terriens plantaient du blé, qu’une machine peut moissonner, sous la surveillance de quelques ouvriers. A Marinaleda, des produits comme les artichauts, les tomates, furent choisis précisément parce qu’ils nécessitaient énormément de main d’œuvre. Ceci, en vertu d’une logique, pourquoi « l’efficience » devrait-elle être la valeur la plus importante de la société, au détriment même de la vie humaine ?

La coopérative municipale ne distribue pas de bénéfices, tout excédent est réinvesti pour créer de nouveaux emplois. Chacun de ses membres gagne le même salaire journalier, quarante sept euros pour six heures et demie de travail, ce qui ne semble peut-être pas beaucoup, mais représente en fait plus du double du salaire minimum espagnol. La participation aux décisions relatives au choix, des produits à cultiver, et du moment où ils le seront, est encouragée, et constitue souvent le point le plus important des assemblées générales du village, à cet égard, être un coopérateur signifie devenir un rouage essentiel du pueblo dans son ensemble. Là où, autrefois, l’absence d’intérêt économique marginalisait les journaliers andalous, sur le plan politique comme sur le plan social, il leur revient maintenant, à Marinaleda, tout au moins, de montrer le chemin. Les non-coopérateurs ne sont en aucun cas exclus de la participation à la vie culturelle, sociale, et politique de la municipalité, c’est plutôt que, si vous êtes membre de la coopérative, il n’y pas moyen d’éviter d’être aspiré par le tourbillon des activités locales, qui sortent des limites de la journée de travail.

Le village autorise l’entreprise privée, plus important peut-être, il y est toujours admis que celle-ci fait partie de la vie. À l’image des sept bars et cafés du village, qui sont autant de propriétés privées (le syndicat est propriétaire du bar Sindicato), s’il vous prenait l’envie d’y ouvrir une pizzeria, ou n’importe quel type d’entreprise familiale, personne ne vous en empêcherait. Par contre, dans l’hypothèse ou des responsables du développement et des franchises de, disons, Carrefour ou Starbucks, dotés d’un sens pervers de l’humour et de tendances masochistes, décideraient que ce petit village pourrait constituer l’emplacement idéal pour étendre leurs activités, ils n’iraient pas bien loin. Sánchez Gordillo me confia, de manière on ne peut plus directe, « nous ne le permettrions pas, tout simplement ».

Cela fait des décennies que le chantier alternatif de Marinaleda est ouvert, mais d’autres alternatives anticapitalistes ont germé dans les fissures de la crise espagnole, sous la forme d’innombrables actes quotidiens de résistance, pas seulement de manifestations, de grèves, mais dans les comportements de tous les jours, l’occupation de constructions nouvelles par ceux que leurs banques ont jetés à la rue, des pompiers qui refusent d’expulser des familles sans ressources, des médecins qui refusent de congédier des immigrants sans papiers. À Somonte, il y a également cette nouvelle coopérative agricole dans le style de Marinaleda, une ferme collective établie en 2012 sur une terre gouvernementale occupée, et qui se trouve à un peu plus d’une heure du village. En début d‘année, lorsque j’ai visité Somonte, j’y ai rencontré des marinaleños qui était partis de chez eux pour porter le message de Sánchez Gordillo, « la terre appartient à ceux qui l’exploitent », en territoire nouveau.

En février de cette année, lorsque je leur rendis visite, un jeune homme prénommé Román traversa, torse nu, les champs qui s’étendent à perte de vue, pour venir à notre rencontre, on sentait sa force, mais il semblait fatigué, ils travaillent de l’aube au crépuscule, ne s’arrêtant que pour se servir dans d’indispensables chaudrons de soupes de pâtes, riz, et haricots, les excédents de légumes sont vendus dans les villages environnants, les jours de marché. À l’époque de ma visite, ils cultivaient haricots, piments, haricots et choux, plantaient des arbres et tentaient de ressusciter quatre cent hectares de terres laissées à l’abandon, du mieux qu’ils le pouvaient, à seulement deux douzaines de paires de mains. À la lumière des statistiques effarantes du chômage en Espagne, il est paradoxal que leurs besoins en individus susceptibles de se joindre à leur coopérative continuent d’augmenter, et qu’ils possèdent plus de terres arables qu’ils ne peuvent en cultiver. L’une des fresques peintes sur le mur de la grange de Somonte affichait un slogan éloquent, aux côtés des portraits de Malcolm X, Geronimo, et Zapata, « andalous, n’émigrez pas, luttez ! Cette terre est à vous, récupérez la ! ». Ce cri est un message adressé au vide, en quelque sorte, à un moment où des milliers de jeunes espagnols détalent, se laissant entraîner par le mouvement de fuite des cerveaux, qui les emmène en Grande-Bretagne, en Allemagne, en France, ou vers des destinations plus lointaines encore.

Mais Somonte n’est pas dépourvue de soutien. Des centaines de personnes y font une visite, le week-end, ou pour des séjours de courte durée, certains viennent de Madrid, de Séville, mais nombreux sont ceux qui, venus d’outre-mer, amènent force de travail et autres ressources, afin de contribuer à l’exploitation de la terre, à la construction d’infrastructures, et à la réalisation de peintures murales, ou encore pour faire don de matériel agricole d’occasion, de meubles et d’ustensiles de cuisine. Tandis que nous déambulions le long d’un groupe de poules et de chèvres, Florence, une française qui vivait à Marinaleda avant de se joindre à la « nouvelle lutte » à Somonte, m’expliqua que la terre était l’une des plus fertiles d’Espagne, mais que le gouvernement l’utilisait depuis des années pour y faire pousser du blé, afin d’engranger les subventions européennes, en ne créant quasiment aucun emploi, et pour un rendement nul, on laissait pourrir le blé. Le gouvernement s’apprêtait à vendre aux enchères ces quatre cent hectares de terre désolée lorsque, en mars 2012, le Syndicat des Travailleurs Andalous se présenta, ils l’occupèrent, furent expulsés par deux cent CRS, avant de revenir, le jour suivant, dans le plus pur style de Marinaleda, et de recommencer. La vente n’eut jamais lieu. Somonte a maintenant dix-huit mois, sa croissance est lente mais régulière, et constitue un exemple d’effet domino de type Marinaleda, dont la crise pourrait bien produire un plus grand nombre encore.

Personne n’oublie cette « expérience émouvante et bizarre » qui consiste à croire en une révolution, ainsi que George Orwell en fit la réflexion, après son arrivée à Barcelone, alors au bord d’une guerre civile, au contact d’une société à l’énergie bouillonnante, qui faisait alors l’expérience fugitive d’un communisme vivant. Marinaleda n’est pas complètement communiste, ni complètement une utopie, mais faites un pas en dehors du pueblo, pour entrer dans l’Espagne contemporaine, vous y découvrirez une société rouée de coups, appauvrie, atomisée, qu’un système économique, et une classe politique, qui semblent ne se soucier, ni de la survie ni de la mort des pauvres, entraînent à la mort. Ce que Sánchez Gordillo a accompli ne se résume pas à des acquis concrets, culturels, alimentaires, ou fonciers, aussi phénoménaux soient-ils, se trouver là constitue une expérience émouvante, bizarre et, ainsi qu’Orwell l’avait suggéré, inoubliable.

Cela fait un peu plus de huit ans que je connais l’existence de Marinaleda, au cours desquelles il m’a fallu parfois me rappeler à moi-même le fossé qui sépare les revendications grandiloquentes au sujet du village, que portent aussi bien la gauche que la droite, de la taille modeste, et de l’intimité, de l’endroit lui-même. C’est un village d’une si grande signification, pour tant d’individus dans le monde entier, mais sa population ne compte que deux mille sept cent habitants, et des heures entières peuvent passer, pendant lesquelles l’unique bruit provient d’une moto qui descend l’Avenida de la Libertad à pleine vitesse, ou des vocalises d’un coq très affaibli.

D’une manière à la fois poignante, et appropriée, Sánchez Gordillo semble ne voir nulle contradiction, nul pathos, dans le fait de consacrer autant d’attention aux spécificités locales du pueblo, le besoin de commencer ce mois-ci la plante des artichauts, plutôt que celle des pimentos, qu’au plan large, dans lequel il persuade le monde que seule la fin du capitalisme rendra leur dignité aux existences de milliards d’individus.

Le mouvement des indignados a fait savoir, non seulement à l’Espagne, mais aussi au monde, que des millions d’espagnols n’étaient pas prêts à supporter le poids de la crise. Ils essayaient désespérément de trouver une alternative au système actuel, alors que, en leur sein même, l’une d’entre elles était déjà opérationnelle. Alors qu’ils étaient confrontés aux rangées de manifestants qui s’amassaient à Madrid sur la place Puerta del Sol, à New York sur Wall Street, ou devant la cathédrale Saint-Paul à Londres, les mêmes questions accablantes résonnaient, dans la bouche des conservateurs comme dans celle des libéraux, « Quelle est votre alternative ? Quel est votre programme ? En pratique, comment cela fonctionnerait-il ? »

Peut-être ne savaient-ils rien du village auparavant, ou peut-être rejetaient-ils en gloussant cette curiosité rurale qu’un barbu excentrique gouvernait, mais ils ne le peuvent plus. Les chiens du réalisme capitaliste aboient, « Quelle est votre alternative ? ». De plus en plus souvent, les indignados peuvent désormais leur répondre : « Que dites-vous de Marinaleda ? ». 

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 15:16

 

Victoire des kurdes syriens contre des djihadistes à la frontière

 

BEYROUTH (Reuters) - Des kurdes syriens ont pris le contrôle d'un poste situé à la frontière avec l'Irak, après trois jours de combats contre le groupe djihadiste de l'Etat Islamique d'Irak et du Levant (EIIL), lié au réseau al Qaïda, ont annoncé Samedi 26 Octobre 2013 des combattants et des observateurs.

 

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition au président Bachar al Assad, a précisé qu'il s'agissait du poste-frontière de Yaroubiya, contrôlé depuis mars par l'EIIL qui l'avait pris à l'armée fidèle à Damas.

 

Les miliciens kurdes des unités de défense populaire (YPG) ont précisé que les combats continuaient dimanche matin et que le poste-frontière donnait une ouverture sur le Kurdistan irakien aux combattants, pris entre les groupes djihadistes d'un côté et des forces turques de l'autre.

 

Il est « trop tôt pour envisager d'utiliser le passage », a cependant prévenu Redur Xelil, porte-parole des YPG.

 

La Turquie et l'Irak, préoccupés par la montée en puissance d'al Qaïda en Syrie, se sont promis vendredi d'améliorer leurs relations, tendues par le rapprochement entre Ankara et le Kurdistan irakien, et de coopérer davantage pour limiter les retombées de la guerre civile syrienne.

 

L'OSDH a par ailleurs fait état samedi de la mort de quarante personnes lors d'un attentat à la voiture piégée, mené la veille contre une mosquée de Ouadi Barada, dans la province de Damas.

 

L'agence officielle Sana a confirmé l'attaque, et a annoncé la mort de nombreux « terroristes », selon la terminologie officielle pour désigner les insurgés.

 

La télévision officielle a elle annoncé vendredi le décès d'Abou Mohammad al Golani, meneur des djihadistes du Front al Nosra, mais l'OSDH s'est fait l'écho d'un démenti de deux cadres du groupe rebelles.

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 16:39

 

http://www.trtfrancais.com/fr/informations/detail/monde/14/portugal-5me-grve-de-lanne-au-mtro-de-lisbon/10807

Cinquième grève de l’année au métro de Lisbonne

Vendredi Premier Novembre 2013

La vie est paralysée à Lisbonne en raison de l'annulation des voyages de métro qui intéressent deux cent cinquante mille personnes chaque jour. 

Les portugais qui ont eu hier des difficultés à se rendre au travail et à l'école, ont fait de longues files d'attente dans les arrêts de bus. 

Cette grève est la cinquième de cette année, organisée par les employés de métro au Portugal. 

Les employés protestent contre les plans de privatisation du transport en commun et la baisse des salaires par le gouvernement. 

Le gouvernement portugais qui souhaite surmonter la crise financière qui frappe le pays, avait réduit certaines dépenses publiques et s'était engagé à adopter des mesures d'austérité pour bénéficier d'une aide de soixante dix huit milliards d'euros de l'Union Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International. 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 16:17

 

 

http://www.b92.net/eng/news/politics.php?yyyy=2013&mm=10&dd=28&nav_id=88133  

 

Le ministre turc des affaires étrangères a dit que la déclaration d'Erdogan a été « mal interprétée ».



ANKARA, BELGRADE – Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a déclaré Dimanche 27 Octobre 2013 que la déclaration faite par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan au sujet du Kosovo a été « mal interprétée et sortie de son contexte ».

« Les mots ont été extraits du contexte de tout un discours et un sens a été attaché à eux que nous n'avons pas l'intention de transmettre », a déclaré Davutoglu à la Turkish Radio and Television corporate (TRT).

Les médias albanais rapportaient une déclaration de Recep Tayyip Erdogan selon laquelle « la Turquie est le Kosovo et le Kosovo est la Turquie » lors de sa visite à Prizren, dans le sud de la province de Kosovo Metohija, le 23 Octobre qui a provoqué de vives critiques du gouvernement serbe.

 

Le 26 Octobre, le président serbe Tomislav Nikolic a demandé des excuses sur le scandale et a annoncé qu'il allait se retirer des pourparlers trilatéraux entre la Serbie, la Bosnie Herzégovine et la Turquie sur la stabilité dans les Balkans.


Davutoglu a déclaré qu'il avait discuté de la situation provoquée par la déclaration du premier ministre turc lors d'une « longue consultation téléphonique avec le ministre serbe des affaires étrangères Ivan Mrkic ».

« Nous visons à maintenir de bonnes relations entre la Serbie et la Turquie et nous avons la même attitude envers tous les pays des Balkans », a déclaré Davutoglu.

« Erdogan a évoqué le sort commun de toutes les nations des Balkans, et a noté que tous les pays des Balkans devraient progresser ensemble vers la paix et la stabilité », a dit le ministre turc des affaires étrangères.

Davutoglu a noté, dans ses entretiens avec Mrkic, qu’Erdogan a également soutenu le dialogue entre Belgrade et Pristina.

Mrkic a confirmé pour la radio B92 que Davutoglu était à l’origine de la conversation téléphonique, mais que les autorités de Belgrade attendaient de recevoir le discours controversé sous forme écrite.

Les fonctionnaires ont déclaré que les autres réactions de la Serbie seraient connues « seulement après cela ». 

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:53

 

DE PONTARLIER A LAMPEDUSA

 

L’expulsion d’une lycéenne de quinze ans, Léonarda Dibrani, et de toute sa famille Mardi 15 Octobre 2013 provoquait une affaire d’état.

 

Après des centaines et des milliers de messages dans les médias, une présentation et une analyse de cette affaire en deux ou trois pages est difficile.

 

Les dizaines de milliers d’expulsions par an par tous les gouvernements successifs de droite comme de gauche depuis des années dans toute l’Europe ne provoquent malheureusement plus aucune mobilisation.

 

Au point de départ de cette affaire d’état, il y a d’abord l’incommensurable incompréhension de son exceptionnalité.

 

Il y a d’abord les circonstances de l’arrestation de Léonarda Dibrani dans un bus scolaire le jour de son expulsion. Il y a avait apparemment de bonnes relations entre les responsables locaux et départementaux du Réseau Education Sans Frontières, les professeurs du collège et du lycée André Malraux de Pontarlier et les fonctionnaires de la Police Aux Frontières. Les fonctionnaires de la PAF avaient le numéro de téléphone portable du responsable du comité de soutien des sans papiers de Pontarlier et du professeur du lycée chef de bord du bus scolaire, les communications téléphoniques n’étaient apparemment pas conflictuelles, ils demandaient et obtenaient l’arrêt du bus et la lycéenne quittait le bus sans l’intervention d’aucune compagnie de CRS ni de gendarmes mobiles.

 

Ni Léonarda Dibrani ni aucun membre de sa famille n’étaient en France depuis deux ou trois jours, elle est la deuxième fille d’une famille de sept personnes, deux parents et cinq enfants. La préfecture du Doubs décidait l’expulsion de toute la famille en application d’une Obligation de Quitter le Territoire Français, après l’expiration et le refus de tous les recours juridiques de la famille. La préfecture du Doubs décidait son expulsion au Kosovo, dans une situation dans laquelle seul le père de famille est originaire du Kosovo. Le Kosovo présente un avantage considérable dans cette affaire du point de vue du gouvernement français, le Kosovo n’est pas un pays de l’Union Européenne. 

 

La famille arrivait en France en 2009. Elle venait d’Italie. Seule la dernière fille naissait en France, aucun enfant ne naissait jamais au Kosovo, ni n’y mettait jamais les pieds. Les quatre premiers enfants naissaient en Italie. La première fille a dix sept ans, elle vivait donc les treize premières années de sa vie en Italie.

 

Léonarda Dibrani a quinze ans, elle vivait donc les onze premières années de sa vie en Italie. Depuis quatre ans, la famille multipliait les dossiers de demande de droit d’asile. Elle déposait d’abord un dossier à l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, elle faisait ensuite un recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile, il y avait un rapport de l’Inspection Générale de l’Administration selon lequel il n’y avait aucune erreur ni aucune illégalité dans le traitement du dossier. Une dizaine de fonctionnaires passait certainement une centaine d’heures de travail dans le dossier de la famille Dibrani. Personne ne posait jamais l’une des questions les plus élémentaires de tout dossier de demande d’asile, la question du pays de naissance des enfants.

 

Les enfants ne naissaient ni en France ni au Kosovo, ils naissaient en Italie et cette question du lieu de naissance des enfants pose, comme Lampedusa, la question politique centrale de la forteresse Europe et de l’espace Schengen.

 

Cette situation est une conséquence de nombreuses années de défaites politiques du mouvement anti raciste et de la disparition de toute mobilisation pour la régularisation de tous les sans papiers.

 

Le parti socialiste participait à la fondation de RESF en 2004 comme il participait à la fondation de SOS Racisme en 1984. La stratégie de RESF est une stratégie de mobilisation réformiste pour une régularisation des sans papiers au cas par cas en lieu et place d’une mobilisation révolutionnaire pour la régularisation de tous les sans papiers.

 

En 2006, un ministre de l’intérieur extrêmement progressiste, un certain Sarkozy, signait une circulaire dont la principale disposition était l’interdiction de l’expulsion des jeunes lycéens et étudiants pendant leur temps de scolarisation avant la fin de l’année scolaire et universitaire. On mesure la régression xénophobe des gouvernements successifs.

 

Tous les fusibles sautaient donc les uns après les autres en l’espace de cinq jours entre la date de l’expulsion de Léonarda Dibrani, Mardi 15 Octobre, et la date de l’intervention de François Hollande, Samedi 19 Octobre. Il y avait pourtant beaucoup de fusibles, OFPRA, CNDA, préfecture du Doubs, ministère de l’intérieur, ministère de l’éducation nationale. Ils sautaient dans le sens où il n’y avait aucune volonté politique pour leur utilisation.

 

Après deux jours de manifestations lycéennes, les deux derniers jours d’ouverture des collèges et des lycées avant les vacances scolaires de la Toussaint, nous étions à nouveau en pleine hyper présidence de la cinquième république, une situation dans laquelle le président de la république décide de tout.

 

Nous en arrivions au jugement de Salomon d’Hollande, une décision intermédiaire entre une synthèse socialiste, une grâce royale ou présidentielle et un conseil pédagogique pour une inscription au Centre National d’Enseignement à Distance.

 

Cette affaire d’état a et aura forcément de graves conséquences dans les sondages, dans la rue et dans les urnes.

 

La question d’une véritable mobilisation populaire contre le front républicain, contre l’extrême droite en France et dans toute l’Europe et contre la lepénisation des esprits grandit et grandira tous les jours.

 

Bernard Fischer

 

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 14:42

 

Deux membres d’Aube Dorée abattus devant leur Quartier Général à Athènes

 

ATHENES (Reuters) - Deux membres du parti grec Aube Dorée ont été abattus devant le siège social de la formation d'extrême droite vendredi à Athènes laissant craindre une reprise des violences politiques en Grèce.

 

Les victimes, deux hommes âgés d'une vingtaine d'années ont été tués par des agresseurs circulant en voiture qui ont réussi à prendre la fuite. Un troisième homme a été blessé dans la fusillade qui s'est produite dans une rue fréquentée de la capitale grecque à l'heure de pointe, a précisé la police.

 

La formation est dans la ligne de mire du gouvernement depuis l'assassinat, le 17 septembre, du rappeur d'extrême-gauche Pavlos Fissas par un sympathisant du parti.

 

« Ce crime est imputable au gouvernement anti grec d’Antonis Samaras, qui a laissé des terroristes incontrôlables assassiner des jeunes gens de sang froid », affirme Aube Dorée dans un communiqué.

 

« Les assassins, quels qu'ils soient, seront traités sans ménagement par notre démocratie. Qu'on se le dise », a quant à lui averti Simos Kedikoglou, porte-parole du gouvernement, s'adressant à la presse devant la résidence du premier ministre.

 

Jusqu'au meurtre de Pavlos Fissas, le mouvement d'extrême droite est monté en puissance à la faveur du mécontentement populaire suscité par les mesures d'austérité mises en œuvre ces dernières années.

 

Devenu le troisième parti de Grèce, la formation dont l'emblème évoque la croix gammée nazie a fait son entrée au parlement en l'an dernier avec dix huit élus.

 

Nikolaos Mihaloliakos, son chef de file, et deux députés du parti ont été placés en détention le mois dernier avant leur procès pour appartenance à une organisation criminelle.

 

Dimitris Papadimoulis, député de l'opposition de gauche SYRIZA qui s'est souvent opposé de manière ferme à Aube Dorée, a jugé que ces assassinats constituaient une « atteinte à la démocratie. Cela nourrit le fascisme. Cela ne l'abat pas », a-t-il écrit sur son compte twitter.

 

L'attaque n'a pas été revendiquée.

 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 18:46

 

 

 

http://www.lamarea.com/2013/10/25/falange-se-queda-sin-lugar-donde-celebrar-su-aniversario  

 

Ce n’est pas un lieu pour célébrer votre anniversaire

 

Vendredi 25 Octobre 2013

 

L'événement organisé par la Phalange espagnole pour demain à 12 heures au théâtre Figaro de Madrid n’aura finalement pas lieu après le refus de la demande de l'organisation politique par la société gestionnaire du théâtre.

Après avoir pris connaissance de la demande de la Phalange, la pression du public sur le théâtre Figaro et le club Smedia, l’entreprise de gestion du théâtre, a conduit à l'annulation du contrat qu'elle avait avec le parti politique d'extrême droite. La Phalange, dans un communiqué, a dit que la campagne d'insultes et de menaces de l'extrême gauche était la raison pour laquelle la direction a annulé l'événement.

Alors que la Phalange n’avait pas de salle pour célébrer la commémoration du quatre vingtième anniversaire de la fondation du parti, sa direction a décidé de l’organiser dans la rue devant les portes du théâtre Figaro, un fait qui, selon le parti, a été communiqué au bureau du gouvernement, mais qui n'a pas encore été confirmé.

Au mois d’avril de cette année, un autre parti d'extrême droite, Alliance Nationale, était incapable de tenir sa conférence « interdiction de la pensée » en hommage à Hitler dans l'hôtel Michel Ange situé sur le Paseo de la Castellana. Quelques jours plus tôt, l’hôtel NH avait fait de même après un appel à l'opinion publique dans les réseaux sociaux.  

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 18:11

 

 

 

https://www.15mvalladolid.com/2013/10/19oct-convocatoria-internacional-contra-las-politicas-de-austeridad  

Appel international contre les politiques d’austérité  

Mondialisons l'égalité, la justice et la démocratie.

Pour la troisième année consécutive, nous lançons à nouveau un appel à la lutte et à la mobilisation au niveau international. Si l'année dernière la clé de la situation actuelle passait par plusieurs pays, nous organisons cette année la mobilisation sous le titre « d’appel international contre les politiques d’austérité ».

Les mesures d'austérité imposées contre nous aujourd'hui sont les mêmes que celles qui sont appliquées depuis plus de trente ans dans les pays de la périphérie. Elles affectent tous les citoyens et tous les domaines de notre société, justice, santé, dépendance, éducation, science et culture.

Le Mouvement du 15 Mai de Valladolid choisit cette date dans notre ville, et décide de travailler le dernier jour de cette semaine de lutte, Samedi 19 Octobre 2013. Nous décidons d'organiser une manifestation qui débutera à 19 heures Place de l'Université et qui passera dans les rues du centre de Valladolid.

Nous lançons un appel à tous les citoyens à se joindre à cette manifestation s’ils le veulent, mais le Mouvement du 15 Mai en lui-même est déjà ouvert à tous.

 

En outre, nous appelons tous les groupes sociaux à se joindre à cette manifestation s’ils le jugent nécessaire, et à participer à la diffusion de cet appel dans notre ville.  

Le 19 Octobre, nous dirons haut et fort que nous ne voulons plus de politique d'austérité. Parce que nous sommes des personnes humaines ! Ne nous laissons pas exterminer ! Ce n'est pas une utopie, c'est une réalité.

Ils essaient de faire taire notre voix, et limiter notre autonomie. Manuel Azaña disait que « la liberté n’est pas le bonheur des hommes, c’est la définition même de l’humanité ». 

Défendons la liberté, recouvrons la démocratie

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 17:33

 

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/49576/les-roms-evacues-de-wissous

 

Les roms évacués de Wissous

 

La communauté présente depuis presqu’un an et demi sur la ville a été expulsée de son campement Mardi 24 Septembre 2013 par les forces de l’ordre

 

Pendant que le ministre de l’intérieur était à la radio mardi matin, pour notamment annoncer sa volonté de poursuivre les démantèlements de bidonville, et qu’il a déclaré que les roms « avaient vocation à retourner en Roumanie ou Bulgarie », ses services en Essonne procédaient à une évacuation de campements.

 

Après Evry il y a une semaine, c’est au tour de Wissous. Les campements illicites installés par les familles roms ont été démantelés mardi matin, avant 7 heures, par les forces de police et de gendarmerie. Une expulsion qui s’est faite « très calmement, sans aucune violence », témoigne Ève Desjardins, représentante EELV sur Wissous, venue soutenir les quelques cent occupants des lieux, en compagnie notamment de la Ligue des Droits de l’Homme et du collectif ASEFFR.

 

Dans l’attente d’une expulsion imminente, les familles roms avaient déserté en début de semaine dernière le camp où elles étaient installées depuis avril 2012 pour improviser un autre campement. « Finalement, le maire a annoncé hier un arrêté pour les évacuer, compte-tenu de la dangerosité de l’endroit et des risques d’incendie », note l’élue du conseil départemental écologiste.

 

Deux familles ont reçu une proposition de relogement par le conseil général, et la préfecture a fait une offre d’hébergement sous forme de nuitées d’hôtel. Une partie des expulsés pourrait essayer de repartir jusqu’en Roumanie, un retour qui serait facilité si des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) sont mises en place.

 

« C’est devenu banal », s’attriste Ève Desjardins. « Ils ont presque plus l’habitude que nous. Et les expulsions vont continuer jusqu’à la fin des lois transitoires en 2014(ils n’auront alors plus de restrictions au niveau de leur accès au marché de l’emploi, ayant les mêmes droits que les autres citoyens de l’Union Européenne). « Cela n’est qu’une question de mois avant qu’ils ne reviennent sur Wissous ».

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 17:15

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/10/31/la-haye-et-le-dossier-empoisonne_3506468_3232.html

 

La Haye et le dossier empoisonné

 

Par Christophe Châtelot

 

Jeudi 31 Octobre 2013

 

Les juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) sont à n’en pas douter des experts dans leur domaine. Depuis la création en 2002 de cette juridiction sise à La Haye, ces magistrats venus du monde entier ont affaire aux pires criminels, ceux accusés de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. On peut supposer que les juges de la CPI sont donc des juristes de haut vol. Personne ne leur demande d’être des as de la communication, mais certaines de leurs décisions ternissent l’idéal après lequel l’humanité court depuis plus d’un demi-siècle, la justice internationale.

 

En atteste leur décision du 11 octobre sur « l'admissibilité » de l'affaire Abdallah al Senoussi.

 

Les juges estiment en effet que la Libye, état failli sous la coupe de milices, peut garantir un procès juste et équitable à l'ancien tortionnaire en chef de la Libye au temps de Mouammar Kadhafi. On apprend donc que la justice libyenne et les services garants de la sécurité publique fonctionnent. Stupéfaction.

 

La veille, le premier ministre, Ali Zeidan, a été extrait de force de l'hôtel qui sert d'annexe au gouvernement à Tripoli par des hommes en armes agissant au nom d'on ne sait quel potentat local. Détenu plusieurs heures puis relâché. Un modèle en matière d'ordre et de sécurité.

 

Il n'aurait plus manqué que la CPI se débarrasse du dossier Senoussi par peur de commettre une erreur judiciaire. Car en termes de crimes contre l'humanité, Senoussi (soixante quatre ans) est un client sérieux. Un expert lui aussi. Au moment de son arrestation à l'aéroport de Nouakchott en mars 2012, avant son transfert, six mois plus tard, vers la Libye, le beau-frère de l'ancien guide de la révolution était déjà visé par une triple demande d'extradition de la Libye, de la France et de la CPI. Il est, pêle-mêle, soupçonné d'être responsable du massacre de mille deux cent prisonniers dans la prison d'Abou Salim en 1996. La justice française l'a condamné par contumace en 1999 pour son rôle dans l'attentat du DC 10 d'UTA qui a coûté la vie à cent soixante dix passagers. Enfin, du 15 au 20 février 2011, au début de la révolte contre le régime de Kadhafi, c'est lui qui mène une répression féroce contre le soulèvement de Benghazi.

 

Evénement qui aboutit le 27 juin 2011 à l'émission par la CPI d'un mandat d'arrêt international pour crime contre l'humanité.

 

Pourquoi, la CPI lâche-t-elle un si bon client ? On comprend sans mal que les nouvelles autorités veuillent se charger de « leur » tortionnaire. D'après les juges internationaux et les experts du dossier, les magistrats libyens ont d'ailleurs réuni suffisamment de preuves et entendu suffisamment de témoins pour bâtir un dossier qui tient la route. La CPI ajoute, dans son argumentaire, que « les juges n'ont pas à se prononcer sur le fonctionnement du système judiciaire libyen dans son ensemble. Ce serait de l'ingérence », explique-t-on à la cour, « pas plus qu'ils ne doivent juger les droits de l'homme dans le pays ». Et tant pis, comme le dénonce Ben Emmerson, avocat d'Abdallah al Senoussi, si la Libye est « un pays où le droit est réglé par les armes où l’issue du procès en Libye sera inévitablement la peine de mort ».

 

« Utilisation politique »

 

La CPI a balayé un à un les arguments de la défense et ceux des victimes parties civiles.

 

Abdallah al Senoussi n'a pas d'avocat en Libye alors même qu'il a été interrogé à plusieurs reprises par les enquêteurs libyens ? Il pourra, selon la CPI, le désigner plus tard.

 

L'indépendance des magistrats libyens est mise en doute ? Des réformes sont en cours sous la supervision de la mission de l’ONU en Libye. Les témoins, et notamment ceux que pourrait appeler Abdallah al Senoussi, ne sont pas protégés ? Les magistrats de La Haye assurent que les enquêteurs libyens ont interrogé une centaine de personnes sans difficultés majeures. Les problèmes sécuritaires qui secouent quotidiennement la Libye ? Elles n’ont aucun impact sur l'affaire Senoussi, tranche la CPI. Dans une démarche très inhabituelle pour une juge partie prenante à l'affaire, Christine van den Wyngaert s'inquiète pourtant, dans une note, des circonstances de l'enlèvement du premier ministre.

 

La décision donne l'impression que les juges cherchaient à sortir d'un dossier empoisonné. La Cour de La Haye a été saisie des crimes libyens par le conseil de sécurité de l’ONU au début de la révolte, dès février 2011, dans l'objectif déclaré de susciter des redditions au sein du régime. Avec la chute de Kadhafi, elle n'était plus d'aucune utilité. « Dans cette affaire-là, il y a eu une utilisation politique de la cour par trois poids lourds du conseil de sécurité, les américains, les français et les britanniques », confie un analyste de la CPI à notre correspondante à La Haye. « La visite du procureur de la cour en Libye fin novembre 2011 marque un tournant », poursuit-il. « A-t-il rencontré les diplomates occidentaux sur place ? Lui a-t-on signifié qu'il n'obtiendrait jamais le transfert des deux inculpés ? Rien n'est écrit, mais c'est à partir de ce moment-là qu'il a laissé tomber ». L'auteur des mandats d'arrêt contre Senoussi soutient la nouvelle Libye, et comme la cour n'intervient que si un état n'a pas la volonté ou les moyens de conduire les procès, il demande aux juges de laisser Tripoli mettre sur pied son « procès de Nuremberg ». Depuis, les juges affrontaient donc un procureur qui n'avait, lui, ni la volonté ni les moyens d'enquêter..

 

Le 11 octobre, jour de la décision de la CPI, l'Union Africaine (UA) ouvrait un sommet « anti CPI » à Addis-Abeba. L'Union Africaine reproche à la Cour de ne s'en prendre qu'à des africains et, dans le cas du Kenya, à un chef d'état en exercice, Uhuru Kenyatta, démocratiquement élu. C’est une bien mauvaise semaine, décidément, pour la CPI et la justice internationale.

 

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