Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 21:02

 

http://www.palestine-solidarite.org/actualite.Ziad_Medoukh.301213.htm

 

Ziad Medoukh à Agen

 

Samedi 30 Novembre 2013, pour célébrer le dixième anniversaire de sa création, le comité AFPS de solidarité avec le peuple palestinien d’Agen  a organisé dans le complexe sportif d’Agen une grande soirée de solidarité avec le peuple palestinien. 

Ce comité a invité à cette soirée trois intervenants, Jean-Claude Lefort, député honoraire, et président d’honneur de l’Association France-Palestine-Solidarité, Michel Warchawski, directeur du Centre d’Information Alternative, et Ziad Medoukh, responsable du département de français à l’université al Aqsa de Gaza, en séjour scientifique à l’université de Bordeaux.

Danièle Partouche, co-présidente du comité Palestine d’Agen, a présenté les conférenciers.  C’est un honneur pour son comité a-t-elle dit,  que de recevoir Ziad Medoukh  de Gaza à cette grande soirée de solidarité qui coïncide avec la journée internationale de solidarité envers le peuple palestinien.

Dans son intervention devant un public nombreux et attentif d'environ deux cent cinquante personnes, Ziad Medoukh s’est dit très ému de venir rencontrer ces personnes de bonne volonté afin d’échanger avec elles sur la situation en Palestine en général et dans la bande de Gaza en particulier.

Le conférencier palestinien a montré les différentes formes de résistance en Palestine face aux différentes mesures et agressions israéliennes.

Il a beaucoup insisté sur la résistance au quotidien de toute une population civile sous l’occupation.

Il a parlé du blocus israélien inhumain imposé de façon illégale par l’occupation israélienne à plus d’un million sept cent mille palestiniens  et ses conséquences sur la population civile.

Il a expliqué comment cette population résiste au  blocus, et comment les palestiniens sont plus que jamais très attachés à leur terre en dépit de toutes les mesures de l’occupation israélienne.

 Les palestiniens gardent et maintiennent l’espoir a-t-il dit. Ils continuent leur combat pour la liberté, la fin de l’occupation et la paix dans la justice.

Il a beaucoup échangé avec le public présent et a répondu aux différentes questions.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 20:48

 

http://www.ensemble-fdg.org/content/montpellier-le-front-de-gauche-en-campagne

 

Le Front De Gauche en campagne à Montpellier

 

Par David Hermet

 

Lundi 30 Décembre 2013

 

Derrière la vitrine attractive, Montpellier cumule les mauvais records en termes de bas salaire, de chômage et de précarité. Son taux de pauvreté est par exemple supérieur à celui de Marseille tandis que les entreprises phares comme Sanofi suppriment des centaines d’emplois.  

 

La majorité dominée par le Parti Socialiste mène, à la commune comme à l’agglomération, une politique de type libéral. Elle a multiplié les DSP (Délégations de Services Publics au privé) avec, dernière en date, la reconduction pour sept ans du contrat sur l’eau avec Véolia.

 

La majorité joue à fond la logique de compétition des territoires, poursuivant une politique inaugurée par Georges Frèche qui, dans les années 1980, avait été le premier à faire une campagne publicitaire pour une ville.

 

En multipliant les dépenses et les infrastructures de prestige surdimensionnées au nom de l’objectif irréaliste de rivaliser avec des métropoles bien plus grandes (Barcelone, Marseille, Toulouse), Montpellier réussit surtout à écraser les villes moyennes de sa propre région, la plus pauvre de métropole. La politique d’attractivité, et le choix délibéré d’offrir régulièrement de nouveaux marchés aux promoteurs, se traduit par une urbanisation galopante aux conséquences très négatives sur l’environnement et la qualité de vie. 

 

Au conseil municipal, les deux élus d’Ensemble (Gauche Anticapitaliste et FASE) sont souvent les seuls à s’opposer à cette politique et à proposer des choix alternatifs.

 

Heureusement, pour les prochaines municipales, le Front de Gauche Montpellier est uni et a choisi de présenter une liste indépendante. Il est entré en campagne dès la fin du printemps, conférences de presse, tracts, ateliers programmatiques, rencontres avec les syndicats et les associations. Cependant, malgré un accord global tant sur les critiques à faire vis-à-vis de la politique de la majorité sortante que sur les propositions à avancer, la liste a connu plusieurs difficultés, qui ne sont pas toutes résolues.  

 

En effet, si la section locale du Parti Communiste Français a voté à plus de quatre vingt dix pour cent pour partir avec le Front De Gauche, la direction nationale du PCF n’a toujours pas indiqué si elle lui donnerait l’investiture. Il est à craindre qu’elle ne respecte pas le vote des militants car les cinq élus sortants, appuyés par la direction départementale, sont pour reconduire l’alliance avec le Parti Socialiste, qui dirige la ville depuis 1977. La section locale du PCF a cependant choisi, dans tous les cas, de rester au sein de la liste du FDG. Elle a d’ailleurs souvent manifesté son désaccord avec les votes de « ses » élus.  

 

La liste a aussi connu une crise en décembre du fait de l’attitude du Parti de Gauche.

 

Bien que celui-ci n’ait aucun élu sortant, il a revendiqué depuis le début la tête de liste et a fait le forcing pour s’imposer, face notamment à Francis Viguié, conseiller municipal de la Gauche Anticapitaliste et de la FASE unanimement reconnu pour le travail qu’il a accompli. Le Parti de Gauche est allé jusqu’à organiser une conférence de presse en solo, quelques heures avant la réunion du Front De Gauche devant désigner la tête de liste, menaçant de faire sa propre liste si sa proposition n’était pas retenue.

 

La presse ne s’y est pas trompé et a présenté cette initiative comme « un coup de force du Parti de Gauche ». Ensemble et le PCF ont choisi de préserver l’unité du Front De Gauche car il aurait été incompréhensible d’aller vers deux listes au programme identique pour des questions de préséance. De plus, le protocole d’accord signé par les trois composantes devrait garantir à l’avenir une animation collégiale de la campagne tandis que les composantes en troisième et seconde position sont favorisées dans l’ordre des éligibles. Le Parti de Gauche a cependant gâché l’annonce officielle de la tête de liste et fait peser sur celle-ci, une militante peu connue, une très grande responsabilité. Surmonter la crise de confiance ne sera pas une mince affaire.  

 

La situation générale devrait heureusement y aider, surtout vu ce qu’est le paysage politique local. La liste du Parti Socialiste est conduite par le maire d’un village de l’agglomération, un fréchiste convaincu qui poursuit la politique de son mentor, sans en avoir ni le charisme ni la popularité. EELV, qui n’était pas dans la majorité, a fait le choix de se rallier dès le premier tour à cette liste sans obtenir aucun infléchissement significatif de la politique menée, si ce n’est de vagues promesses. Il y aura peut être une liste dissidente du Parti Socialiste mais celle-ci est plus motivée par des problèmes de places, liés à la succession de Georges Frèche que par des désaccords politiques de fond.

 

La liste initiée par le Front De Gauche est donc la seule à proposer une alternative à gauche aussi bien sur les questions sociales, écologiques que démocratiques.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 17:01

 

REVOLUTION DANS LES URNES

 

Les élections municipales sont les plus difficiles de toutes les élections. Par définition, ce sont des élections locales. Elles font la plus grande place aux notables locaux, des maires et des majorités municipales de droite comme de gauche gèrent des villes depuis des dizaines d’années.

 

Les maires et les majorités municipales pratiquent depuis toujours la fausse alternance entre la vraie droite et la fausse gauche, ils respectent et ils appliquent tous les lois de la cinquième république française et les diktats de la troïka européenne sans aucune volonté de désobéissance.

 

Il y a liberté totale de présentation, multiplicité et même infinité des listes au premier tour des élections municipales, dans la limite bien évidemment du nombre de candidats nécessaire.

 

En même temps, il y a trente six mille communes françaises, seuls quatre ou cinq partis ou coalitions électorales nationales sous une étiquette commune ont les moyens de la présentation de listes dans la majorité des communes françaises et toute centralisation nationale, toute analyse de la modification du paysage politique national français par l’intermédiaire des résultats du premier tour des élections municipales, est difficile.

 

La gestion de plusieurs milliers de communes françaises par des majorités municipales d’union de la gauche entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français est depuis quatre vingt ans l’une des deux bases existentielles les plus fondamentales de la gauche française.

 

Les révolutionnaires faisaient depuis toujours l’impasse par rapport à cette stratégie d’union de la gauche, tant elle semblait systématique, intangible et indestructible.

 

Le premier tour des élections municipales de mars 2014 fait et fera exception à cette règle, comme résultat d’une double éclipse de Soleil et de Lune, vingt cinq ans après la disparition de l’union soviétique et donc de la base la plus fondamentale de l’existence des partis communistes d’Europe occidentale et cinq ans après le début de la crise des dettes souveraines des états de l’Union Européenne.

 

La stratégie d’union de la gauche du PCF aboutissait à une première catastrophe par les résultats de la candidature Buffet au premier tour des élections présidentielles de 2007. Il y avait ensuite deux évènements importants, la fondation du Front De Gauche en 2009 et la candidature Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2012 et ses quatre millions d’électeurs. Il y a maintenant la campagne pour le premier tour des élections municipales de mars 2014.

 

Si on croit les médias nationaux français, il y aurait des divergences entre Laurent et Mélenchon, entre le PCF et le Parti de Gauche, le PCF défendrait toujours la stratégie historique d’union de la gauche comme à Paris et le Parti de Gauche défendrait la stratégie d’autonomie conquérante au premier tour des élections municipales.

 

Comme d’habitude, les médias nationaux français ne comprennent rien. La direction nationale du PCF défend effectivement toujours la stratégie historique d’union de la gauche comme à Paris, mais elle est ultra minoritaire dans son propre parti. Il y a effectivement une règle et des exceptions, mais l’autonomie conquérante est la règle et l’union de la gauche est l’exception.

 

Région par région, département par département, ville par ville, les militants et les sections locales du PCF votent pour des listes du Front De Gauche au premier tour des élections municipales. Les informations sont exclusivement  dans la presse régionale et dans les encore rares sites et blogs électroniques des sections locales et des fédérations départementales du PCF, il n’y a aucune centralisation nationale de ces informations.

 

La compréhension et la description de ce tremblement de terre souterrain nécessite un peu de géographie politique française. Vous trouverez ci-dessous une liste d’une cinquantaine de villes françaises de plus de cent mille habitants dans lesquelles il y aura une liste du Front De Gauche au premier tour des élections municipales et dans lesquelles les militants et les sections locales du PCF sont et seront partie prenante et participeront activement à la campagne.

 

Il y a vingt et une régions françaises métropolitaines, plus la Corse et les départements et les territoires d’Outre Mer. Il y a aura des listes du Front De Gauche dans des villes d’Alsace (Strasbourg), Aquitaine (Bordeaux, Pau, Dax), Auvergne (Montluçon), Basse Normandie (Cherbourg, Saint Lô), Bourgogne (Dijon), Bretagne (Rennes, Quimper, Saint Malo), Centre (Orléans), Champagne Ardenne (Reims), Franche Comté (Besançon), Haute Normandie (Le Havre, Rouen, Dieppe), Ile De France (Saint Denis, La Courneuve, Nanterre, Evry, Ivry sur Seine, Argenteuil), Languedoc Roussillon (Montpellier, Nîmes, Carcassonne), Limousin (Limoges), Lorraine (Nancy, Metz), Midi Pyrénées (Toulouse, Tarbes), Nord Pas De Calais (Lille, Tourcoing, Arras, Lens), Pays de la Loire (Angers, Le Mans, La Roche sur Yon), Picardie (Saint Quentin, Beauvais, Soissons), Poitou Charentes (Niort, Cognac), Provence Alpes Côte d’Azur (Marseille, Nice, Toulon, Aix en Provence, Avignon, Cannes), Rhône Alpes (Lyon, Grenoble, Aubenas).

 

Cette liste est une liste approximative, ce n’est pas une liste ni officielle ni exacte. Elle intègre les actuelles majorités municipales du Front De Gauche. Nous l’écrivons très tranquillement. Si le Parti Socialiste soutient ces listes, c’est positif. Si le Parti Socialiste ne soutient pas ces listes, c’est négatif pour le Parti Socialiste, c’est le problème du Parti Socialiste, ce n’est pas nôtre problème. Si le NPA soutient ces listes, c’est positif. Si le NPA ne soutient pas ces listes, c’est négatif pour le NPA, c’est le problème du NPA, ce n’est pas notre problème.

 

Nous l’écrivons encore plus tranquillement pour le deuxième tour. Si les résultats de la liste du Front De Gauche au premier tour sont supérieurs au pourcentage minimum pour son maintien au deuxième tour, nous prenons position pour son maintien au deuxième tour. Si la liste du Front De Gauche au premier tour arrive devant la liste du Parti Socialiste, nous prenons position pour le désistement au deuxième tour de la liste du Parti Socialiste en faveur de la liste du Front De Gauche, pour la négociation d’un programme de gauche anti gouvernemental et anti capitaliste entre les deux tours.

 

La liste des villes françaises dans lesquelles il y aura une liste du Front De Gauche au premier tour des élections municipales est une photographie de la situation actuelle avant la date d’ouverture de la campagne électorale officielle et à fortiori avant la date limite de dépôt des candidatures. Elle concerne uniquement la question des relations entre le Parti Socialiste et le PCF. Elle n’exclut malheureusement pas des situations de division et de présentation d’au moins deux listes de composantes du Front De Gauche l’une contre l’autre au premier tour des élections municipales. Il y aura encore beaucoup d’évolutions dans tous les sens avant la date limite de dépôt des candidatures.

 

En particulier, cette situation est réversible. Il y a déjà au moins deux villes, Clermont Ferrand et Poitiers, dans lesquelles, après un vote majoritaire de la section locale du PCF pour une liste du Front De Gauche, aux dernières nouvelles à la date d’aujourd’hui, trois mois ou six mois après le vote de la section locale du PCF, des militants du PCF participeraient à des listes d’union de la gauche de soutien à l’actuelle majorité municipale socialiste.    

 

Front De Gauche, front du peuple, front de classe, que monte la colère du peuple.

 

Bernard Fischer 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 15:42

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/28/espagne-batailles-d-histoire_4340961_3214.html

 

Batailles d’histoire

 

Par Sandrine Morel, envoyée spéciale du Monde à Barcelone

 

Samedi 28 Décembre 2013

 

Avant de monter dans le train à grande vitesse à destination de Barcelone, trois hommes en costume cravate devisent en espagnol sur un quai de la gare d’Atocha à Madrid.

 

L’un d’eux montre sa sacoche aux autres. Il a cousu sur le tissu un drapeau espagnol miniature, « je vais les provoquer, ces catalans », annonce t il en riant. A l’arrivée, à Barcelone, l’ambiance est en effet à la provocation.

 

Près du quartier gothique, où de nombreux drapeaux nationalistes ou indépendantistes pendent aux balcons, l'Institut d'Etudes Catalanes (IEC) a organisé, à la mi-décembre, sous la direction du Centre d'Histoire Contemporaine de Catalogne, rattaché à la Généralité (le gouvernement régional), un séminaire de trois jours baptisé « Espagne contre Catalogne, un regard historique (1714-2014) ».

 

L'événement a réuni une vingtaine d'historiens, d'économistes, de sociologues et de journalistes venus s'exprimer sur toutes les formes « d'oppression » dont ont souffert les catalans. Au menu, notamment, « répression militaire, l’armée contre le pays », « trois cents ans d'espagnolisme en Catalogne », « l'apothéose de la spoliation », conférence qui a conclu que l'Espagne a dérobé deux cent cinquante milliards d'euros à la Catalogne en trente-cinq ans, ou encore « l'humiliation comme détonateur de l'éclosion indépendantiste ».

 

A Madrid et à Barcelone, la polémique a enflé autour de ce cycle de conférences, dont l'objectif, tel que formulé dans le document de présentation, ne laissait que peu de place aux nuances, « analyser avec des critères historiques, du dix huitième siècle à nos jours, les conséquences de l'action politique, presque toujours répressive, de l'état espagnol vis-à-vis de la Catalogne et les conditions d'oppression nationale dont a pâti le peuple catalan tout au long des siècles, ce qui a empêché le plein développement politique, social, culturel et économique de la Catalogne ».

 

Pour les nationalistes, l'histoire est devenue un outil fondamental de promotion de la cause indépendantiste. Au grand dam des autres partis de droite et de gauche, le parti populaire (PPC), l'union progrès et démocratie (UPYD) et Ciutadans, qui ont décidé de porter plainte contre l'organisation de ce séminaire. Ils considèrent qu'il enfreint l'article cinq cent dix du code pénal espagnol et constitue « un délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence ». Des historiens reconnus se sont offusqués de l'interprétation biaisée et partielle de l'histoire qui y a été donnée, comme John H. Elliott, qui a qualifié l'événement « d’aberration ».

 

« Ce séminaire répond parfaitement à ce que nous avions prévu quand nous l'avons organisé. L'animosité de l'Espagne envers la Catalogne est une réalité objective », tranche, pour sa part, l'historien Jaume Sobreques, le très médiatique directeur de l'IEC.

 

Très critiques eux aussi, les socialistes catalans estiment que le séminaire est « un élément supplémentaire dans l'actuelle spirale de tension politique et civile ». Des tensions accrues le jour même de l'inauguration, choisi par le président du gouvernement catalan, Artur Mas, pour annoncer la date du référendum sur l'indépendance qu'il compte organiser en novembre 2014, bravant l'interdiction de Madrid.

 

Dans la petite salle pleine à craquer de l'IEC, les conférences, en catalan, ont été ponctuées d'applaudissements plus ou moins chaleureux en fonction de la véhémence des critiques contre l'Espagne. Les questions du public ou l'échange d'opinions n'y étaient pas autorisés.

 

Trois siècles ont passé mais, en Catalogne, impossible de parler d’avenir sans revenir sur le 11 septembre 1714, quand la ville de Barcelone est tombée, après onze mois de siège, aux mains des troupes de Philippe V d'Espagne. Pour les nationalistes, cette date marque la fin des « libertés catalanes », la principauté jouissant, avant la guerre de succession d'Espagne, d'une certaine autonomie au sein de la couronne d'Aragon. Pour eux, la victoire des Bourbons sur les Habsbourg a signifié la victoire d'une monarchie absolue marquée par une volonté centralisatrice au bénéfice de Madrid, qui n'a cessé de leur nuire.

 

Cette défaite est commémorée tous les ans depuis qu'en 1980 le parlement régional, qui venait d'être rétabli après quarante ans de dictature franquiste, l'a choisie comme date de la Diada, la fête de la « nation catalane ». En 2012 et 2013, elle a donné lieu à de grandes mobilisations de citoyens en faveur de l'indépendance, avec, à chaque fois, plus d'un million de manifestants. Il est temps que la Catalogne « récupère ses libertés », assène régulièrement Artur Mas, qui n'hésite pas à comparer le combat pour l'indépendance à la lutte contre l'esclavage.

 

Trois siècles plus tard, 2014 sera une année de commémorations, dont certaines ont déjà commencé, non sans polémiques. Expositions, conférences ou séminaires se succéderont pour trouver une justification historique à un mouvement indépendantiste revigoré par la crise économique. De son côté, le gouvernement régional compte publier dix-huit rapports sur les conséquences d'une possible indépendance, et son département d'histoire contemporaine, explique Jaume Sobreques, élaborera un inventaire des « trois cents années de torts de l'Espagne envers la Catalogne » qui attestera de « l'animosité de l'Espagne envers la Catalogne de manière absolument incontestable », fondée sur le bulletin officiel de l’état.

 

Inspiré du Mémorial de Caen, le nouveau Born Centre Cultural (Born CC), inauguré en septembre dans l'ancien marché couvert du dix neuvième siècle, en fer forgé, du quartier du Born, a mis au jour les ruines de la ville assiégée en 1714. Le musée, véritable défi à la domination espagnole, s'affranchit des termes scientifiques pour préférer les métaphores grandiloquentes. Ainsi une « furia borbonica » (furie des Bourbons) se serait abattue sur la Catalogne en 1714, expliquent les panneaux, qui présentent la guerre de succession comme une guerre d'annexion entre l'Espagne et « l’état catalan », bien que la Catalogne fît partie du royaume.

 

L'exposition sur « le siège de 1714 » va plus loin encore, en reconstituant les exactions de soldats durant le siège. Sur l'une des scènes, l'un d'eux arrache un bébé des bras de sa mère, sur fond de musique classique. Dans la dernière salle, deux écrans géants se font face et le visiteur se retrouve entre les troupes de Philippe V et les « résistants » barcelonais, ce qui oblige chacun à choisir son camp. Le dernier panneau explicatif revient sur la défaite et se conclut par cette phrase, « pour les catalans, c'est le début d'une longue nuit ».

 

« Je ne pense pas que cette expression soit exagérée. Après la défaite, la Catalogne est un état détruit, avec vingt mille exilés, qui connaît un quasi-génocide, comme le génocide arménien, explique le commissaire de l'exposition, l'historien Francesc Xavier Hernandez. Cela a été une guerre des bons contre les méchants. Ce n'est pas qu'une guerre de succession. Ce sont deux conceptions du monde qui s'affrontent, la monarchie absolue représentée par Louis XIV et Philippe V, les Bourbons, et le système parlementaire des Habsbourg, défendu par l'Angleterre ». Pour Francesc Xavier Hernandez, « la guerre de succession est encore vive dans les esprits. Elle fait partie de notre mémoire ».

 

Dans l'imaginaire collectif des nationalistes catalans, le 11 septembre 1714 est un mythe fondateur. Dans son livre « Escucha, Sefarad. Los motivos que llevaron a la independencia de Cataluña » (« Ecoute, sépharade. Les raisons qui ont conduit à l'indépendance de la Catalogne »), le président du cercle catalan des affaires, Albert Pont, écrit que « durant trois cents ans, la nation catalane a été soumise à un traitement fiscal injuste et inéquitable. L'oligarchie espagnole a imposé des conditions fiscales propres à un pays occupé. Aujourd'hui plus que jamais, il faut savoir et connaître l'origine de l’antagonisme avec l'Espagne ».

 

De son côté, le gouvernement central espagnol va mettre l'accent, dans les prochains programmes scolaires, sur l'histoire de l'Hispanie romaine, dont le territoire incluait des provinces aujourd'hui catalanes, ou sur l'unité de l'Espagne sous le règne des rois catholiques. De quoi provoquer de nouvelles tensions.

 

En septembre, la mairie de Barcelone a interdit aux producteurs de la série télévisée « Isabel », commandée et diffusée par la première chaîne publique espagnole, TVE, de tourner dans le musée d'histoire de la capitale catalane, à cause, officiellement, d'un « manque de rigueur historique ». La série porte sur l'un des personnages-clés du nationalisme espagnol, Isabel la Catholique, qui, en épousant Fernando II d'Aragon, a unifié le royaume d'Espagne. Dénonçant une « censure », l'opposition socialiste a rappelé que « la fonction de la mairie est de promouvoir les tournages dans la ville ».

 

En septembre 2014, la télévision régionale catalane, TV3, répliquera en diffusant une série adaptée de la trilogie romanesque intitulée « 1714 », du député indépendantiste et historien Alfred Bosch. « Les nationalistes écossais ont enregistré beaucoup de ralliements après la sortie du film Braveheart », aime à rappeler Alfred Bosch.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 15:06

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/26/alep-ravage-par-d-incessants-bombardements_969122

 

Alep ravagé par d’incessants bombardements

 

Par Hala Kodmani

 

Jeudi 26 Décembre 2013

 

Dans la deuxième ville de Syrie, l’aviation du régime vise indifféremment depuis dix jours civils et rebelles, alors que ces derniers ont progressé au sol.

 

La liste du médecin d’Alep ressemble à une commande au père Noël, « sérum de perfusions, plâtre, compresses, bandes adhésives, produits anesthésiants, gants chirurgicaux ». Elle comprend vingt cinq articles les plus urgents et se termine par « et puis surtout, du carburant pour les ambulances et du fioul pour le chauffage». Membre de l’Union Médicale Libre d’Alep et de ses environs, qui gère une trentaine d’hôpitaux de campagne, le jeune chirurgien communique « les besoins les plus urgents » à ses contacts Skype, comme une bouteille à la mer.

 

Le déluge de feu qui s’abat, depuis plus de dix jours, sur les quartiers contrôlés par la rébellion dans la deuxième ville du pays a fait au moins quatre cent vingt deux morts, dont « quatre vingt dix pour cent de civils », selon le médecin d’Alep.

 

Baril. « Dans les régions civiles évoquées par le porte-parole de la Maison Blanche, il n’y a en fait que des groupes de saoudiens, de qataris et de tchétchènes », affirme l’agence de presse officielle Sana au lendemain de la condamnation par les Etats-Unis des « attaques aériennes par les forces gouvernementales syriennes contre des civils ».

 

Martelant le message de la guerre aux jihadistes qui continue de lui valoir l’impunité internationale, le régime al Assad poursuit à Alep ses « massacres au baril », comme les qualifie un site de l’opposition. Cent trente six de ces conteneurs métalliques, qui ressemblent à de vieux chauffe-eau chargés de TNT, se sont abattus en une semaine sur Alep, en plus des obus. « Ce ne sont jamais des corps entiers que l’on récupère après la frappe », raconte un secouriste joint par Skype, « même si nous tentons de rassembler des morceaux dans les décombres. Quand l’avion largue un premier baril sur un quartier, les gens fuient en courant, mais ils y retournent très vite pour tenter de retrouver des survivants. L’avion revient alors bombarder le même lieu, achevant certains et tuant ceux venus les secourir ».

 

Densément peuplé, y compris par des réfugiés d’autres régions, le quartier populaire de Soukkari, à la bordure sud d’Alep, a reçu mardi le lot le plus meurtrier. Six raids de l’aviation ont visé maisons, commerces et écoles, faisant dix neuf morts en quelques heures, dont plusieurs enfants. Les images de pères éplorés portant dans leurs bras des petits corps ensanglantés prises par les télévisions locales ont été diffusées par les chaînes d’information satellitaires arabes et internationales. La photo du visage radieux d’un garçon d’une dizaine d’années retrouvant vivante sa petite sœur portée par un secouriste a fait le tour des pages des activistes, avec pour commentaire, « voici les terroristes visés par l’aviation de Bachar al-Assad ».

 

La distinction entre cibles militaires et civiles n’a pas beaucoup de sens à Alep. Ville traversée d’est en ouest par une ligne de front mouvante et plus ou moins animée depuis l’été 2012, on s’y bat d’une rue et d’un immeuble à l’autre. Dans la grande moitié sud et est de la ville, contrôlée par les rebelles, les groupes armés sont installés parmi les habitants tandis qu’en face, des hôpitaux et des mosquées occupés par les forces du régime ont été transformés en véritables casernes.

 

L’une des grosses batailles remportée par les rebelles la semaine dernière a été celle de l’hôpital al Kindi, situé sur une colline au nord de la ville et surplombant une route stratégique. Une cinquantaine de soldats et miliciens loyalistes auraient été tués dans l’attaque, selon les rebelles.

 

Place forte. Dans le quartier de Bustan al-Qasr, le long de la ligne de démarcation, une bataille est en cours pour le contrôle de la mosquée Huzaifah bin Yaman, également transformée en place forte par l’armée. Est-ce pour se venger de ces quelques revers au sol que l’aviation de Bachar al-Assad se déchaîne contre les quartiers d’Alep ? « On ne se demande plus pourquoi », dit le secouriste. « Certains disent que c’est pour gagner des positions avant la conférence de Genève, d’autres que c’est pour vider la ville de ses habitants, qui fuient d’ailleurs par milliers vers la Turquie à la première accalmie ».

 

Punir la population des zones contrôlées par la rébellion est une stratégie non dissimulée du régime syrien, à Alep comme ailleurs. Dans les environs de Damas, c’est l’arme de la faim qui a révélé très brièvement son efficacité, venant momentanément à bout de la résistance de Moadamyeh, une localité assiégée et bombardée depuis un an par les forces loyalistes.

 

L’accord pour une trêve conclue mercredi entre les deux camps prévoyait, symboliquement, de hisser le drapeau syrien régulier sur les citernes d’eau en échange de l’autorisation de laisser entrer nourriture et produits médicaux dans la ville.

 

Les rebelles devaient également remettre leur armement lourd si l’accord était respecté. Mais, dès hier après-midi, le cessez-le-feu a volé en éclats et les combats ont repris, à l’initiative de l’armée syrienne, selon la rébellion.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 14:39

 

http://www.sudouest.fr/2013/12/22/cognac-le-pcf-choisit-l-alliance-a-gauche-toute-1410051-882.php

 

http://www.gauchemip.org/spip.php?article21889

 

Le PCF choisit l’alliance à gauche toute à Cognac

 

Dimanche 22 Décembre 2013

 

A une large majorité, les militants du PCF préfèrent s’associer à la liste du Parti de Gauche et du NPA plutôt qu’à celle du maire sortant

 

Trois, c'est le nombre d'options proposées au vote des quarante neuf militants de la section du PCF à Cognac pour les prochaines municipales. Avec un taux de participation de 78,57%, ils ont tranché très nettement. A 81,82%, ils ont choisi une alliance avec « résistants par les actes », la liste emmenée par le Parti de Gauche et le NPA. Le reste des voix, 18,18%, s'est porté sur un accord avec le maire sortant Michel Gourinchas. La troisième hypothèse, une liste isolée du PCF, n'a recueilli aucun suffrage.

 

« C'est un bon choix », estime Simone Fayaud, secrétaire de la section départementale du PCF, qui regrette que Michel Gourinchas n'ait pas proposé « d'accord politique ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 17:03

 

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14289

 

L’icône des grévistes de la faim Samer Issawi est enfin libre

 

Mardi 24 Décembre 2013

 

L’information a été donnée sur facebook, où Shireen Issawi, la sœur de Samer a, en direct devant la porte de la prison israélienne de Shatta, publié « Samer Issawi est libre ». A son commentaire, elle a ajouté une photo de son frère à l’intérieur d’une ambulance, tout souriant et arborant le signe V de la victoire.

 

Agé de trente quatre ans, Samer est devenu un symbole national de la lutte palestinienne contre l’oppression israélienne. Pour protester contre son emprisonnement, Samer a entamé, l’an dernier, une grève de la faim. Après près de neuf mois de refus de se nourrir, Samer a mis fin à sa grève le 23 avril de l’année en cours. Cette décision intervient après un accord conclu avec les autorités pénitentiaires israéliennes. Il a donc été convenu que le prisonnier purge une peine de huit mois pour une présumée violation de la liberté conditionnelle.

 

Au début de cette année, des milliers de palestiniens sont descendus presque chaque jour dans les rues pour appeler à la libération de Samer. Ils se sont souvent heurtés aux forces de l’occupation israélienne qui essayaient de les disperser avec des gaz lacrymogène et des balles d’acier enrobées de caoutchouc. Souvent, l’armée faisait usage de balles réelles.

 

Très vite, la voix du mouvement de libération de Samer ainsi que celles des autres prisonniers palestiniens ont résonné au-delà des frontières pour enfin susciter un large soutien international, avec des mouvements et des manifestations de solidarité en Europe et aux Etats-Unis.

 

Pour rappel, Samer Issawi fut arrêté pour la première fois il y a onze ans. Il était en possession d’armes et fut emprisonné jusqu’à sa libération en octobre 2011 dans le cadre de l’accord d’échange de prisonniers conclut entre le Hamas et Israël.

 

Samer est à nouveau arrêté le 7 juillet 2012 par Israël qui l’a accusé d’avoir voyagé en dehors de Jérusalem, faisant fi de sa liberté conditionnelle, et l’a ordonné de purger le restant de sa peine initiale de vingt six ans.

 

L’état de santé de Samer s’est gravement détérioré vers la fin de sa grève de la faim. Sa famille ne cessait d’avertir et de crier que le prisonnier était sur le point de mourir. Pour leur part, des observateurs avaient prévenu que si Samer succombait, sa mort pourrait déclencher un nouveau soulèvement.

 

La grève de la faim de Samer fut inspirée d’un mouvement de grève de masse, entamé plus tôt par quelques deux mille prisonniers palestiniens qui ont décidé de refuser la nourriture pour protester contre ladite détention administrative.

 

En effet, cette politique permet à Israël de détenir des prisonniers sans chef d’accusation pour une période de six mois, renouvelable pour une durée indéterminée. Amnesty International et Human Rights Watch ont qualifié la détention administrative opérée par Israël de violation du droit humanitaire international.

 

Ces prisonniers ont mis fin à leur grève de la faim au mois de mai 2012 suite à un accord conclu avec Israël leur promettant la libération. Toutefois, certains d’entre eux ont décidé de reconduire leur grève après qu’Israël ait enfreint l’accord en renouvelant leur détention sans chef d’accusation.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:47

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/18/leurs-tortures-valent-celles-du-regime_967565

 

« Leurs tortures valent celles du régime »

 

Par Hala Kodmani

 

Mercredi 18 Décembre 2013.

 

« Libéré » de la terreur d’al Assad, Raqqa, où notre reporter s’était rendu il y a trois mois, subit désormais celle des islamistes. Echos téléphoniques d’une ville inaccessible.

 

La récréation neigeuse se termine à Raqqa. Exceptionnelle pour un début décembre, la vague qui a couvert de blanc tout le Moyen-Orient a apporté un répit inespéré à la ville du nord-est syrien, soumise pendant les jours précédents à des bombardements meurtriers qui ont fait une quarantaine de morts. Les avions du régime ne pouvaient plus voler, ni ses missiles balistiques être tirés contre la population. La tension qui montait entre les groupes armés rivaux, qui se disputent le contrôle de la ville, est retombée. Même les extrémistes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, émanation d’al Qaeda, qui exercent leur terreur sur les activistes sont devenus moins visibles.

 

Comme d’autres habitants de la ville, Oum Nabil se trouve encore chanceuse en imaginant qu’elle a évité le pire. « On venait de faire remplacer les vitres de la cuisine et du séjour où dorment les enfants quand la tempête de neige s’est déclenchée », se réconforte la mère de famille, jointe sur son téléphone portable. Les fenêtres et les baies vitrées de l’appartement du troisième étage avaient été soufflées par l’un des sept raids aériens qui ont visé la ville dans la terrible journée du 7 décembre. « C’était l’apocalypse un obus est tombé devant la boulangerie, à deux cent mètres de la maison », soupire-t-elle.

 

Hommes cagoulés. Relativiser est la clé de survie d’une population trop absorbée par les urgences de ses épreuves quotidiennes pour se plaindre. Raqqa n’en finit plus de payer le prix de sa « libération » depuis qu’elle est passée aux mains de la rébellion en mars 2013. Les forces du régime qui avaient cédé la première capitale provinciale, faute de moyens ou de volonté de la tenir, continuent de punir ses habitants. Les raids aériens quasi quotidiens visent les habitations, les écoles et les marchés, faisant chaque fois des victimes civiles. « Si vous voulez dormir tranquilles, allez installer votre matelas au siège du gouvernorat », écrit un activiste de Raqqa sur facebook. Une allusion qui n’échappe à personne, le bâtiment imposant au centre de la ville n’a jamais été touché par l’aviation alors qu’il est occupé par les hommes de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, désigné par les syriens sous son acronyme arabe Daech.

 

C’est en hissant leur drapeau noir en haut du gouvernorat, au début de l’été dernier, que les jihadistes ont signifié leur mainmise sur une ville qui « avait respiré pendant quelques mois un air de liberté inédit en Syrie », selon Aziz, citoyen reporter, originaire d’Homs et dont la famille a trouvé refuge à Raqqa après la destruction de leur maison.

 

L’impunité dont jouit la formation née d’une scission au sein du Front al Nosra, première branche qui s’est réclamée d’al Qaeda en Syrie, est soulignée par la plupart des habitants acquis à la révolution. L’intérêt du régime est de favoriser les extrémistes pour diaboliser la rébellion aux yeux des syriens et surtout du reste du monde. Cette stratégie s’est révélée gagnante.

 

La comparaison entre les pratiques des forces de sécurité de Bachar al-Assad et les exactions actuelles par les hommes cagoulés de Daech revient dans toutes les conversations avec les correspondants de Raqqa. « Ils ont fini par réussir à paralyser toute activité démocratique », se désole Abboud, joint par Skype. Cet ingénieur, diplômé juste avant que la guerre ne ravage le pays, sort à peine de chez lui depuis plusieurs semaines. La dernière fois, c’était pour manifester devant l’église arménienne attaquée par les jihadistes fin septembre, il a alors été enlevé par trois hommes cagoulés. Cette deuxième arrestation, qui a duré près d’une semaine, lui a servi de « correction définitive » selon ses mots. « Les tortures qu’ils m’ont infligées au titre de renégat valaient celles que j’avais endurées dans les geôles du régime dont les hommes préféraient insulter ma mère. Je suis ressorti avec le dos brûlé au deuxième degré par les barres de fer chauffé avec lesquelles ils me frappaient jusqu’à l’étourdissement. Mon seul défi maintenant est de ne pas quitter Raqqa comme ont dû le faire la plupart de mes amis », explique-t-il.

 

Sit in solitaire. Supprimer tous les opposants et les témoins dans les zones qu’ils contrôlent, la stratégie des extrémistes de Daech rappelle encore les pratiques du régime. Les enlèvements de plusieurs journalistes étrangers, quatre français dont deux à Raqqa, ainsi que le père jésuite Paolo Di Oglio, dissuadent forcément depuis plusieurs mois tout reporter de se rendre en Syrie. Les citoyens reporters syriens sont aussi pourchassés. Des dizaines de jeunes de Raqqa sont tenus au secret par le groupe extrémiste, et leurs familles sont sans nouvelles d’eux. « Il n’était plus question que je sorte dans la rue avec un appareil », raconte Aziz, photographe et cameraman, qui s’est replié depuis un mois en Turquie, comme des milliers d’autres activistes démocrates avant lui. « J’avais pourtant juré de ne pas quitter le pays », se désole-t-il.

 

La résistante emblématique de Raqqa, Souad Naufal, est elle aussi réfugiée en Turquie depuis le mois dernier. Cette institutrice de quarante quatre ans, dont le beau-frère a été enlevé par Daech, se présentait tous les soirs devant le gouvernorat, foulard sur la tête et pancarte à la main, pour son sit-in solitaire. « L’état du mal », comme elle appelle les hommes cagoulés, n’a plus supporté ses messages de défi réclamant la libération de tous les détenus, y compris le père Paolo. Arrêtée et molestée à plusieurs reprises puis menacée de pire, elle a fini par abandonner son combat.

 

« Un islam aberrant ». Seule la résistance passive qu’oppose la majorité des habitants de Raqqa se poursuit face aux extrémistes. « Ils évitent de nous approcher et ne réussiront jamais à nous changer », assure Oum Nabil. « Leur islam aberrant est incompatible avec la société d’ici. Leurs hommes sont les seuls à porter le niqab », plaisante-t-elle. Contrairement à d’autres zones sous leur influence, les jihadistes n’ont pas réussi à imposer la fermeture des commerces à l’heure des prières, ni à interdire le tabac à Raqqa. Les services d’éducation, de santé, de voirie ou d’électricité de la ville fonctionnent de mieux en mieux grâce au conseil local et aux groupes de bénévoles civils, qui assurent le nettoyage des jardins publics en temps calme comme le déblaiement des gravats après les raids aériens ou de la neige sur les routes. Ils viennent de lancer des appels aux dons pour des poêles à chauffer et des collectes de vêtements pour des réfugiés venus d’un village ravagé par les bombardements. « Dès lors qu’on ne conteste pas leur ordre, qu’on n’a pas de revendications démocratiques et qu’on ne fait pas de politique, on nous laisse tranquille », dit l’un des animateurs de ces groupes. « Exactement comme du temps du régime ».  

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:20

 

Un député sunnite arrêté lors d’un violent raid en Irak

 

RAMADI, Irak (Reuters) - Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté Samedi 28 Décembre 2013 à Ramadi, dans la province d'Anbar, un député sunnite de premier plan, Ahmed al Alouani, lors d'une opération qui a coûté la vie à au moins cinq personnes, a-t-on appris de source proche de la police.

 

L'arrestation du parlementaire et la fusillade survenue au cours de l'opération à son domicile risquent de déclencher de nouvelles violences à travers Anbar, province de l'ouest irakien peuplée majoritairement de sunnites.

 

Ahmed al Alouani appartient au bloc Irakiya, mouvement laïc à dominante sunnite.

 

Ouvertement hostile au premier ministre chiite Nouri al Maliki, Ahmed al Alouani est l'une des figures de proue du mouvement de manifestations organisé par les sunnites, minoritaires dans le pays mais qui s'estiment victimes de discriminations de la part des chiites.

 

Lorsque les policiers se sont présentés à la résidence du député, dans la ville de Ramadi, une fusillade a éclaté, qui a duré deux heures. Les gardes du corps, mais aussi des membres de la tribu d'Alouani, ont tenté de résister aux forces de l'ordre venues arrêter l'élu pour « terrorisme ».

 

Trois des gardes du corps ont été tués, ainsi qu'un frère et une soeur d'Ahmed al Alouani, a-t-on déclaré de sources proches de la police.

 

« Des militaires et des membres des forces spéciales de la police essayaient d'arrêter Alouani à son domicile, quand de violents affrontements ont éclaté. Cinq corps, dont celui d'une femme, ont été conduits à l'hôpital de Falloudja », a précisé l'une de ces sources.

 

Aucun membre de la famille Alouani n'a pu être contacté pour l'instant pour exposer sa version des événements.

 

Pour le président du parlement irakien, le sunnite Oussama al Noudjaïfi, l'opération des forces de sécurité est une « violation évidente » de la constitution irakienne et constitue un « précédent dangereux ».

 

LES VIOLENCES A UN PIC DEPUIS 2006-2007

 

Le général Ali Ghaïdan, commandant de l'armée de terre, a déclaré à la télévision publique que les forces de sécurité avaient tenté également d'arrêter le frère d'Alouani, Ali, qu'il a accusé d'avoir joué un rôle dans des attaques où ont péri des soldats irakiens dans la province d'Anbar.

 

Ali a été tué dans la fusillade, de même qu'un soldat irakien, et deux gardes du corps ont été blessés, selon le général Ghaïdan.

 

« Nous avons bien traité Ahmed al Alouani. Nous lui avons signifié que nous avions un mandat d'arrestation, et l'avons appréhendé », a-t-il dit.

 

Les violences atteignent cette année un pic en Irak depuis la période 2006-2007, durant laquelle des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées dans les combats entre sunnites et chiites.

 

Les attentats à la bombe, les fusillades et les attentats suicide, commis dans nombre de cas par des activistes d'al Qaïda, sont redevenus monnaie courante en Irak. La fusillade de samedi à Ramadi risque fort de réduire à néant les efforts du premier ministre pour en finir avec les manifestations sunnites à Anbar à l'approche des élections législatives d'avril prochain.

 

En septembre 2012, le vice-président Tarek al Hachémi, l'une des plus hautes personnalités politiques sunnites, a été condamné à mort par contumace pour des meurtres commis par des escadrons de la mort. Hachémi, qui dément les accusations, s'est enfui en Turquie.

 

Les gardes du corps du ministre des finances Rafie al Essaoui ont quant à eux été arrêtés en décembre 2012, déclenchant la vague de manifestations sunnites en cours.

 

Un raid contre un camp de manifestants en avril dernier à Haouidja, dans le nord de l'Irak, a déclenché des affrontements qui ont fait plus de quarante morts.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:05

 

http://www.alencontre.org/europe/russie/russie-la-relation-de-soumission-du-pouvoir-russe-a-ses-hommes-ressemble-beaucoup-a-la-structure-dun-camp-de-travail.html

 

« La relation de soumission du pouvoir russe à ses hommes ressemble beaucoup à la structure d’un camp de travail »

 

Entretien avec Nadia Tolokonnikova conduit par Elena Servettaz

 

Jeudi 26 Décembre 2013

 

Deux jours après sa libération, Nadia Tolokonnikova, membre du groupe contestataire Pussy Riot, exprime sa détermination à continuer sa lutte pour la défense des droits de l’homme en Russie. Dans un entretien exclusif à RFI, la première donnée à un média français, la jeune femme parle des projets qu’elle compte désormais mener à bien avec une autre Pussy Riot, Maria Alekhina, elle aussi graciée Lundi 23 Décembre 2013.

 

Elena Servettaz. Nadia Tolokonnikova, vous êtes aujourd’hui libre, physiquement du moins. Mais avez-vous conscience d’être réellement sorite du camp de travail, ou une partie de vous est elle restée enfermée ? Est-ce peut être la raison pour laquelle vous et Maria Alekhina n’avez pas encore revu vos enfants ?

 

Nadia Tolokonnikova. C’est vrai que je ne sens pas encore une frontière claire entre moi et le camp de travail. En fait, je me sens responsable pour les gens que j’ai laissés derrière moi. Il me faudra du temps pour me libérer de tout cela.

 

Nous sommes décidées à nous acquitter, dans quelques jours, de la dette que nous avons envers les prisonniers qui restent. Maria et moi avons déjà discuté des projets à venir. Mais d’abord, nous allons rentrer Jeudi 26 Décembre 2013 à Moscou où, enfin, nous allons revoir nos enfants.

 

Elena Servettaz. Votre peine allait se terminer de toute manière dans quelques mois. Pourquoi pensez-vous qu’on vous a libérées toutes les deux maintenant ? Est-ce l’approche des jeux olympiques, ou peut être celle du G8 ?

 

Nadia Tolokonnikova. Je pense que c’est en raison des jeux olympiques. Parce qu’une menace réelle d’un boycott pèse sur les jeux olympiques. Plusieurs chefs d’état ont déjà annoncé leur refus de s’y rendre. Pour contrer ce boycott, le système a décidé de faire preuve d’humanité.

 

Ils ont donc choisi des personnes à gracier auxquelles il ne restait justement plus beaucoup de temps en prison. En revanche, les gens qui auraient vraiment eu besoin d’être graciés sont restés derrière les barreaux.

 

Elena Servettaz. Pensez vous que la pression internationale peut faire réagir le régime russe ?

 

Nadia Tolokonnikova. Je crois que Vladimir Poutine tient personnellement au projet des jeux olympiques. Pour lui, c’est une question d’honneur, d’orgueil viril. Du coup, les pressions internationales concernant les jeux olympiques, cela compte pour lui.

 

Ce n’est pas le cas pour d’autres affaires. Rappelez-vous notre procès par exemple, durant notre procès, les pressions internationales étaient très fortes et pourtant, cela n’a rien changé à notre destin. Nous avons tout de même pris deux ans de camp. A l’inverse, les jeux olympiques sont sacrés pour Poutine.

 

En ce moment, l’état russe fonctionne comme dans un conte pour enfants, dans lequel les jeux olympiques sont l’objet magique. On ne peut appuyer sur ce bouton qu’une seule fois. C’est une occasion unique.

 

Elena Servettaz. Après votre libération, votre première décllaration fut « la Russie sans Poutine ». Vous, les Pussy Riot, avez été condamnées à deux ans de camp pour avoir chanté une prière punk dans une cathédrale de Moscou. Maintenant, vous souhaitez vous engager pour la défense des droits de l’homme. N’avez-vous pas peur d’une nouvelle sanction de la part du régime ? Pis, de ne plus être défendues à ce moment là par la communauté internationale ?

 

Nadia Tolokonnikova. Ce serait étrange d’avoir peur alors que nous ressentons en nous un besoin profond de faire ce que nous faisons. Un besoin qui sort de nos tripes.

 

Cette motivation est née pendant des mois et des mois d’enfermement. Elle vaincra toutes les craintes que nous pourrions ressentir, bien sûr, comme n’importe qui.

 

Mais en aucun cas, nous n’allons permettre à ces craintes de s’emparer de nous. Nous sommes déterminées à agir de la manière que nous avons décidée, sans nous laisser distraire par la peur.

 

Elena Servettaz. Après votre libération, vous avez déclaré que la Russie dans son ensemble ressemble à un grand camp de travail. Que vouliez-vous dire par là ?

 

Nadia Tolokonnikova. La relation de soumission du pouvoir russe à ses hommes ressemble beaucoup à la structure d’un camp de travail et à la manière dont fonctionne le système hiérarchique dans la Russie de Poutine. Les responsables russes refusent d’être ouverts et transparents. Et ce refus, cette peur, cela se sent également dans les camps de travail. Au niveau de l’état russe, les responsables ont peur que leurs actions ne soient rendues publiques, même s’ils ne font rien de répréhensible. C’est une peur irrationnelle.

 

Nous aimerions obtenir de la transparence dans le système pénitentiaire, dans l’état.

 

Nous aimerions que la société civile contrôle le gouvernement. La connivence entre le système pénitentiaire et le pouvoir a des racines profondes. Elle a connu son apothéose à l’époque de Staline. Et son héritage perdure. Malheureusement, il y a aujourd’hui beaucoup de gens qui idéalisent Staline. Même les élèves disent aujourd’hui que Staline était un dirigeant efficace. Cette formule idiote de l’ère Poutine est transmise à nos enfants. Et ça ne peut que me faire peur.

 

Ce genre de discours, cette idéologie font de notre pays une prison. C’est pour cela qu’il faut changer la direction que prend l’état russe. Nous aimerions mener des actions concrètes.

 

D’ailleurs, nous avons déjà commencé durant les deux années de notre détention. Nos projets sont au point. En braquant les projecteurs sur le système pénitentiaire russe, et en le changeant, nous allons changer l’idéologie de l’état.

 

Elena Servettaz. Comment comptez-vous exactement apporter ce changement ? Allez-vous parler haut et fort des abus qui sont commis dans les camps de travail ?

 

Nadia Tolokonnikova. Nous allons parler des cas concrets, des gens qui se trouvent toujours dans les camps ou qui ont été libérés. On travaillera avec des personnes prêtes à prendre une position plus radicale que celle de la majorité des prisonniers, qui sont dans la tolérance, la soumission ou encore la collaboration avec l’administration pénitentiaire.

 

Nous avons déjà identifié plusieurs personnes qui ont exprimé le souhait de résister de cette manière au système pénitentiaire. En aidant ces résistants, nous allons porter un coup au système. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, notre expérience a montré qu’une personne seule peut mener un combat. Une personne seule pourra changer un petit bout du système.

 

Alors, s’il y a beaucoup de personnes réunies dans une chaîne, nous espérons que le changement prendra enfin une autre ampleur et atteindra le niveau supérieur. Nous sommes prêtes à travailler avec les gens qui ont souffert de l’arbitraire du système pénitentiaire, avec les juristes qui pourront nous indiquer la direction dans laquelle il faut s’engager, mais aussi avec les représentants du pouvoir.

 

Si les représentants du service pénitentiaire fédéral sont prêts à faire un pas vers les militants qui souhaitent améliorer le système, ce serait formidable ! Nous ne rejetons pas les représentants de l’état. Nous savons qu’il y en a qui font leur travail de manière honnête et nous aimerions qu’ils servent d’exemple à ceux qui violent les lois.

 

Elena Servettaz. Allez vous aussi continuer votre travail artistique au sein du groupe Pussy Riot ? Par exemple, enregistrer un disque ou partir en tournée ?

 

Nadia Tolokonnikova. Nous avons d’autres projets. Quand notre groupe existait encore, nous avions déjà expliqué que les actions commerciales, comme la sortie d’un album ou une tournée, ne nous intéressaient pas. En ce qui concerne la participation de chacune d’entre nous au groupe, nous n’allons bien évidemment pas nous séparer puisque nous sommes liées à jamais à Pussy Riot.

 

Mais il faut comprendre aussi que Pussy Riot existe maintenant indépendamment de nous. Nous avons lancé cette idée, et elle n’est pas morte. Elle apparaît ci et là. Elle existe indépendamment de nous. Celui qui aime l’idée de Pussy Riot peut l’utiliser. Je vois que les gens le font et cela me plaît. Ma participation n’est plus obligatoire.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens