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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 18:51

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/06/05/on-ne-pourra-plus-dire-que-l-on-ne-savait-pas_3424408_3218.html

 

On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas

 

Editorial du Monde

 

Par Natalie Nougayrède

 

La preuve en est désormais apportée, de manière scientifique et irréfutable. Des armes chimiques ont bel et bien été employées en Syrie, des agents de la catégorie des substances prohibées par la convention sur l'interdiction des armes chimiques, datant de 1993. Le régime de Bachar al Assad a eu recours, lors d'attaques contre l'opposition armée et la population dans laquelle celle-ci se fond, à des gaz toxiques contenant du sarin, puissant neurotoxique.

 

Après des mois d’hésitation ou de déclarations alambiquées des pays occidentaux, la France est devenue, Mardi 4 Juin 2013, le premier Etat à faire publiquement ce constat, avec « certitude ». Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, l’a annoncé, « la France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée ». Il a ajouté que, dans un cas précis et documenté, il n’y avait « aucun doute que le régime et ses complices » étaient responsables du crime.

 

Le Foreign Office britannique a affirmé dans la foulée détenir lui aussi des preuves d'usage d'armes chimiques. A Washington, en revanche, la prudence reste de mise, le porte-parole de la Maison Blanche estime que d'autres éléments doivent encore être réunis avant toute conclusion définitive.

 

La déclaration officielle française est spectaculaire. Elle est de nature à changer la donne dans le dossier syrien. Mais pourquoi une telle annonce maintenant ?

 

Les autorités françaises peuvent alléguer ne pas avoir disposé plus tôt, c'est-à-dire avant ces derniers jours, d'éléments suffisamment probants. Il est permis d'en douter. Alors que les signaux d’emploi d'armes chimiques se multipliaient depuis l'année dernière et que ce sujet mobilisait les moyens considérables de services de renseignement de plusieurs pays occidentaux, tout porte à croire qu'il y a eu, en particulier de la part de l'administration Obama, une volonté de temporiser. L'objectif étant de ménager une relance de la diplomatie par la préparation d'une nouvelle conférence de Genève. Le dossier chimique venait compliquer singulièrement cette stratégie nécessitant une étroite coopération avec les russes.

 

Les autorités américaines semblent avoir en conséquence demandé à leurs partenaires britanniques et français de ne pas faire de déclaration définitive susceptible d’entraver des pourparlers. D'autant que les déclarations faites depuis l'été 2012 par Washington, Londres et Paris, indiquant que le recours aux armes chimiques pourrait déclencher une intervention en Syrie, risquaient de placer les uns et les autres devant de considérables contradictions, voire des reculades avérées. Laurent Fabius a déclaré, Mercredi 5 Juin 2013, qu'il y avait « incontestablement » un « franchissement » de cette ligne.

 

Le travail effectué par deux journalistes du Monde ayant rapporté de Syrie, dans des conditions périlleuses, des échantillons de sang, d'urine et de cheveux prélevés sur des victimes d'armes chimiques a constitué un important facteur, accélérateur contraignant pour les autorités françaises.

 

Soyons clairs sur la démarche du Monde, qui peut soulever, ici ou là, la question du rapport entre médias et Etat. L'un des faisceaux de preuves brandies par les autorités françaises repose sur les échantillons rapportés de Syrie par nos reporters. Le Monde a réalisé ses reportages à Damas de manière entièrement indépendante et clandestine, sans d'ailleurs fixer comme objectif initial une enquête sur le chimique.

 

C'est en constatant sur place l'ampleur de l'utilisation de gaz toxiques que nos journalistes ont décidé qu'ils devaient tenter de sortir du pays des échantillons, destinés à être expertisés. Le Monde a ensuite décidé de confier ces échantillons aux autorités françaises. Pour une raison simple, le seul laboratoire en France habilité à établir de manière incontestable la nature des substances transportées dépend de la Délégation Générale de l'Armement. Le Monde a parallèlement obtenu un engagement formel, par écrit, des autorités françaises, selon lequel il aurait accès à l'intégralité des résultats des analyses.

 

Le Monde considère qu'il est au service de l'établissement des faits et qu'il ne peut en aucune manière contribuer à dissimuler une éventuelle preuve de crime de guerre ou d'utilisation d'armes chimiques. Nous savions aussi que, en cas de doute sur l'authenticité des résultats qui nous seraient transmis, nous poursuivrions l'enquête. Les autorités françaises ont joué la transparence et on ne peut que s'en féliciter. Dans le cas inverse, l'affaire aurait potentiellement relevé d'un mensonge d'Etat.

 

Est-ce un tournant ? La France, tout en déclarant désormais que « toutes les options sont sur la table », renvoie le dossier à une commission d'enquête de l'ONU dont la capacité à mener à bien son travail est des plus compromises. La priorité est clairement de sauver l'option diplomatique, quelles que soient les contradictions des uns et des autres sur les « lignes rouges ». L'administration Obama agit avec, à l'esprit, comme contre exemple absolu, la guerre d’Irak, déclenchée sans légitimité onusienne et sur la base d'allégations mensongères sur des armes de destruction massive. Mais, s'agissant du chimique en Syrie, on ne pourra plus dire, désormais, que l'on ne savait pas.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 18:19

 

L’armée syrienne s’empare de la ville clé de Koussaïr

 

BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne a pris mercredi le contrôle de la ville stratégique de Koussaïr, près de la frontière libanaise, signant une importante défaite pour les forces opposées au président Bachar al Assad qui ont confirmé leur retrait.

 

Occupée par les insurgés il y a dix-huit mois, Koussaïr était assiégée depuis plus de deux semaines par les forces gouvernementales, appuyées par des miliciens chiites du Hezbollah libanais.

 

« Nous n'hésiterons pas à écraser avec une poigne de fer ceux qui nous attaquent. Ils auront le choix entre se rendre ou périr », a déclaré le commandement des forces armées syriennes dans un communiqué. « Nous poursuivrons notre série de victoires jusqu'à ce que nous ayons reconquis chaque mètre carré de territoire syrien », lit-on également dans le communiqué.

 

En reprenant la ville, le gouvernement de Damas veut assurer la liaison entre la plaine de la Bekaa au Liban, bastion du Hezbollah, et les régions de la côte syrienne où vivent de nombreux alaouites, membres d'une branche du chiisme à laquelle appartient le président Assad.

 

Selon un combattant de la Force de Défense Nationale (FDN, pro Assad), l'armée syrienne pourrait désormais concentrer ses efforts sur la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, tenue en pratique par les rebelles depuis un an.

 

Un combattant du Hezbollah a raconté à Reuters que Koussaïr avait été prise lors d'une offensive-éclair menée dans la nuit de mardi à mercredi et qu'une partie des insurgés avaient pu fuir. « Nous avons procédé à une attaque surprise aux premières heures et nous sommes entrés dans la ville ; ils (les rebelles) se sont échappés », a-t-il dit.

 

Des images de Koussaïr diffusées par les télévisions mercredi montrent d'importantes destructions, avec des bâtiments en ruine, des rues dévastées et aucun habitant en vue.

 

« Qui contrôle Koussaïr contrôle le centre du pays et qui contrôle le centre du pays contrôle toute la Syrie », a déclaré le général Yahya Souleiman, à la chaîne de télévision libanaise Mayadine.

 

La chaîne du Hezbollah, al Manar, montre un homme qui escalade la tour de l'horloge sur la place centrale de la ville pour y planter un drapeau syrien, tandis que des chars circulent dans les rues.

 

« Nos forces armées héroïques ont ramené la sécurité et la stabilité dans toute la ville de Koussaïr », affirme un communiqué diffusé par la télévision publique syrienne.

 

FEUX D'ARTIFICE

 

Dans le sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, les habitants ont fêté la prise de Koussaïr en lançant des feux d'artifice.

 

De source politique libanaise proche du Hezbollah, on déclarait voir dans la chute de Koussaïr un succès stratégique de nature à remonter le moral des forces du régime Assad. On ajoutait de même source que le Hezbollah n'interviendrait pas nécessairement dans d'autres batailles mais qu'il pourrait apporter une aide indirecte à l'armée syrienne.

 

Soulignant que le conflit risquait de s'étendre au Liban, le commandant de l'Armée Syrienne Libre (ASL), Salim Idriss, a déclaré au micro de la BBC que ses combattants pourraient frapper le Hezbollah sur son propre terrain.

 

« Les combattants du Hezbollah envahissent le territoire syrien. Et vu qu'ils continuent de le faire sans que les autorités libanaises prennent des mesures pour les en empêcher, je pense que nous sommes fondés à lutter contre les hommes du Hezbollah en territoire libanais », a-t-il averti.

 

La chute de Koussaïr renforce la position de Bachar al Assad en prévision de négociations de paix dont doivent s'entretenir les représentants des Etats-Unis et de la Russie mercredi à Genève en présence de l'émissaire spécial des Nations Unies et de la Ligue Arabe, Lakhdar Brahimi.

 

Les rebelles défaits expliquent qu'ils se sont retirés de Koussaïr « face à un énorme arsenal, au manque d'équipement et à l'intervention manifeste du Hezbollah. Des dizaines de combattants sont restés derrière et ont assuré le retrait de leurs camarades ainsi que des civils », disent-ils dans un communiqué.

 

Les forces de Bachar al Assad avaient ouvert un couloir d'évacuation vers Debaa et la ville frontalière d'Arsal pour inciter les combattants rebelles à quitter Koussaïr, une localité qui comptait autrefois trente mille habitants, apprend-on auprès des forces de sécurité.

 

L'armée contrôle l'essentiel de la ville, mais continue à combattre dans le quartier nord où des rebelles sont encore cachés, précise-t-on.

  

Selon un commandant rebelle en contact avec les brigades qui se sont retirées, la décision de retrait a été prise après une journée de tirs de roquettes par l'armée syrienne et le Hezbollah qui « ont rasé ce qui restait » de Koussaïr.

 

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition basée à Londres, se dit préoccupée par le sort de mille deux cent personnes blessées à Koussaïr et demande que la Croix Rouge ait immédiatement accès à la ville.

 

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 20:20

 

http://www.contretemps.eu/archives/opium-peuple-marxisme-critique-religion

 

Opium du peuple, marxisme critique et religion

 

Partisans et adversaires du marxisme semblent s’accorder sur un point, la célèbre phrase, « la religion est l’opium du peuple » représente la quintessence de la conception marxiste du phénomène religieux. Or, cette formule n’a rien de spécifiquement marxiste.

 

On peut la trouver, avant Marx, à quelques nuances près, chez Kant, Herder, Feuerbach, Bruno Bauer et beaucoup d’autres. Prenons deux exemples d’auteurs proches de Marx.

 

Dans son livre sur Ludwig Börne, de 1840, Heine se réfère au rôle narcotique de la religion plutôt de façon positive, avec un brin d’ironie, « bénie soit une religion, qui verse dans l’amer calice de l’humanité souffrante quelques douces et soporifiques goûtes d’opium spirituel, quelques goûtes d’amour, foi et espérance ». Moses Hess, dans ses essais publiés en Suisse en 1843, adopte une position plus critique, mais non dépourvue d’ambiguïté, « la religion peut rendre supportable la conscience malheureuse de la servitude de la même façon que l’opium est d’une grande aide dans les maladies douloureuses ».

 

L’expression apparaît peu après dans l’article de Marx « contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel » (1844). Une lecture attentive du paragraphe entier montre que sa pensée est plus complexe qu’on ne le pense habituellement. En réalité, tout en rejetant la religion, Marx ne prend pas moins en compte son double caractère :

 

« la détresse religieuse et en même temps l’expression de la vraie détresse et la protestation contre cette vraie détresse. La religion est le soupir de la créature opprimée, le cœur d’un monde sans cœur, tout comme elle est l’esprit d’une situation sans spiritualité. Elle est l’opium du peuple ».

 

Une lecture de l’essai dans son ensemble montre clairement que le point de vue de Marx en 1844 relève plus du néo hégélianisme de gauche, qui voit dans la religion l’aliénation de l’essence humaine, que de la philosophie des lumières, qui la dénonce simplement comme une conspiration cléricale (le « modèle égyptien »). En fait, lorsque Marx écrivit le passage ci-dessus, il était encore un disciple de Feuerbach, un néo hégélien. Son analyse de la religion était donc « pré marxiste », sans référence aux classes sociales et plutôt a-historique. Mais elle n’était pas moins dialectique car elle appréhendait le caractère contradictoire de la « détresse » religieuse, parfois légitimation de la société existante, parfois protestation contre celle-ci.

 

Ce n’est que plus tard, en particulier dans « l’idéologie allemande » (1846) que l’étude proprement marxiste de la religion comme réalité sociale et historique a commencé.

 

L’élément central de cette nouvelle méthode d’analyse des faits religieux c’est de les considérer, ensemble avec le droit, la morale, la métaphysique et les idées politiques, comme une des multiples formes de l’idéologie, c’est-à-dire de la production spirituelle (geistige produktion) d’un peuple, la production d’idées, représentations et formes de conscience, nécessairement conditionné par la production matérielle et les relations sociales correspondantes.

 

On pourrait résumer cette démarche par un passage « programmatique » qui apparaît dans un article rédigé quelques années plus tard : « Il est clair que tout bouleversement historique des conditions sociales entraîne en même temps le bouleversement des conceptions et des représentations des hommes et donc de leurs représentations religieuses ». Cette méthode d’analyse macro sociale aura une influence durable sur la sociologie des religions, même au-delà de la mouvance marxiste.

 

A partir de 1846, Marx ne prêta plus qu’une attention distraite à la religion en tant que telle, comme univers culturel et idéologique spécifique. On ne trouve dans son œuvre pratiquement aucune étude plus développée d’un phénomène religieux quelconque.

 

Convaincu que, comme il l’affirme dès l’article de 1844, la critique de la religion doit se transformer en critique de cette vallée de larmes et la critique de la théologie en critique de la politique, il semble détourner son attention du domaine religieux.

 

C’est peut-être à cause de son éducation piétiste que Friedrich Engels a montré un intérêt bien plus soutenu que Marx pour les phénomènes religieux et leur rôle historique, tout en partageant, bien entendu, les options décidemment matérialistes et athées de son ami. Sa principale contribution à la sociologie marxiste des religions est sans doute son analyse du rapport entre les représentations religieuses et les classes sociales. Le christianisme, par exemple, n’apparaît plus dans ses écrits (comme chez Feuerbach) en tant qu’ « essence » a-historique, mais comme une forme culturelle (« idéologique ») qui se transforme au cours de l’histoire et comme un espace symbolique, enjeu de forces sociales antagoniques.

 

Grâce à sa méthode fondée sur la lutte de classe, Engels a compris, contrairement aux philosophes des lumières, que le conflit entre matérialisme et religion ne s’identifie pas toujours à celui entre révolution et réaction. En Angleterre, par exemple, au dix septième siècle, le matérialisme en la personne de Hobbes, défendit la monarchie tandis que les sectes protestantes firent de la religion leur bannière dans la lutte révolutionnaire contre les Stuarts.

 

De même, loin de concevoir l’église comme une entité sociale homogène, il esquisse une remarquable analyse montrant que dans certaines conjonctures historiques, elle se divise selon ses composantes de classe. C’est ainsi qu’à l’époque de la réforme, on avait d’une part le haut clergé, sommet féodal de la hiérarchie, et de l’autre, le bas clergé, qui fournit les idéologues de la réforme et du mouvement paysan révolutionnaire.

 

Tout en restant matérialiste, athée et adversaire irréconciliable de la religion, Engels comprenait, comme le jeune Marx, la dualité de nature de ce phénomène, son rôle dans la légitimation de l’ordre établie, aussi bien que, les circonstances sociales s’y prêtant, son rôle critique, contestataire et même révolutionnaire. Plus même, c’est ce deuxième aspect qui s’est trouvé au centre de la plupart de ses études concrètes. En effet, il s’est penché d’abord sur le christianisme primitif, religion des pauvres, exclus, damnés, persécutés et opprimés. Les premiers chrétiens étaient originaires des derniers rangs de la société, esclaves, affranchis privés de leurs droits et petits paysans accablés de dettes. Engels alla même jusqu’à établir un parallèle étonnant entre ce christianisme primitif et le socialisme moderne. La différence essentielle entre les deux mouvements résidait en ce que les chrétiens primitifs repoussaient la délivrance à l’au-delà tandis que le socialisme la plaçait dans ce monde.

 

Mais cette différence est-elle aussi tranchée qu’elle apparaît à première vue ? Dans son étude d’un deuxième grand mouvement chrétien, la guerre des paysans en Allemagne, elle semble perdre de sa netteté, Thomas Münzer, le théologien et dirigeant des paysans révolutionnaires et des plébéiens hérétiques du seizième siècle, voulait l’établissement immédiat du royaume de dieu, ce royaume millénariste des prophètes, sur la terre.

 

D’après Engels, le royaume de dieu était pour Münzer une société sans différences de classe, sans propriété privée et sans autorité de l’Etat indépendante ou étrangère aux membres de cette société.

 

Par son analyse des phénomènes religieux à la lumière de la lutte des classes, Engels a révélé le potentiel contestataire de la religion et ouvert la voie à une nouvelle approche des rapports entre religion et société distincte à la fois de celle de la philosophie des lumières et de celle du néo-hégélianisme allemand.

 

La plupart des études marxistes de la religion écrites au vingtième siècle se sont limitées à commenter ou à développer les idées esquissées par Marx et Engels, ou à les appliquer à une réalité particulière. Il en va ainsi, par exemple, des études historiques de Karl Kautsky sur le christianisme primitif, les hérésies médiévales, Thomas More et Thomas Münzer.

 

Dans le mouvement ouvrier européen, nombreux étaient les marxistes qui étaient radicalement hostiles à l’égard de la religion mais pensaient en même temps que le combat de l’athéisme contre l’idéologie religieuse devait être subordonné aux nécessités concrètes de la lutte de classe, qui exige l’unité des travailleurs qui croient en dieu et de ceux qui n’y croient pas. Lénine lui-même, qui dénonçait souvent la religion comme « brouillard mystique », insiste dans son article de 1905, « le socialisme et la religion » sur le fait que l’athéisme ne devait pas faire partie du programme du parti parce que « l’unité dans la lutte réellement révolutionnaire de la classe opprimée pour la création d’un paradis sur terre est plus importante pour nous que l’unité de l’opinion prolétarienne sur le paradis aux cieux ».

 

Rosa Luxembourg était du même avis, mais elle élabora une démarche différente et plus souple. Bien qu’athée, elle s’attaqua moins, dans ses écrits, à la religion en tant que telle qu’à la politique réactionnaire de l’église, au nom même de la tradition propre de celle-ci. Dans un opuscule de 1905, « l’église et le socialisme », elle affirma que les socialistes modernes étaient plus fidèles aux préceptes originels du christianisme que le clergé conservateur d’aujourd’hui. Puisque les socialistes se battent pour un ordre social d’égalité, de liberté et de fraternité, les prêtres devraient accueillir favorablement leur mouvement, s’ils voulaient honnêtement appliquer dans la vie de l’humanité le précepte chrétien « aime ton prochain comme toi-même ». Lorsque le clergé soutient les riches, qui exploitent et oppriment les pauvres, ils sont en contradiction explicite avec les enseignements chrétiens, ils ne servent pas le christ mais le veau d’or. Les premiers apôtres du christianisme étaient des communistes passionnés et les pères et premiers docteurs de l’église (comme Basile le Grand et Jean Chrysostome) dénonçaient l’injustice sociale. Aujourd’hui cette cause a été prise en charge par le mouvement socialiste qui apporte aux pauvres l’évangile de la fraternité et de l’égalité, et appelle le peuple à établir sur terre le royaume de la liberté et de l’amour du voisin.

 

Plutôt que d’engager une bataille philosophique au nom du matérialisme, Rosa Luxembourg cherche à sauver la dimension sociale de la tradition chrétienne pour la transmettre au mouvement ouvrier.

 

Dans l’internationale communiste, on ne prêtait guère d’attention à la religion. Un nombre significatif de chrétiens rejoignirent le mouvement, et un ancien pasteur protestant suisse, Jules Humbert-Droz, devint même dans les années 1920, un des principaux dirigeants du Komintern. A l’époque, l’idée la plus répandue chez les marxistes était qu’un chrétien qui devenait socialiste ou communiste abandonnait forcément ses croyances religieuses antérieures « anti-scientifiques » et « idéalistes ».

 

La merveilleuse pièce de théâtre de Bertold Brecht, «  Sainte Jeanne des Abattoirs » (1932), est un bon exemple de ce type de démarche simpliste à l’égard de la conversion des chrétiens à la lutte pour l’émancipation prolétarienne. Brecht décrit avec un grand talent le processus qui amène Jeanne, dirigeante de l’Armée du Salut, à découvrir la vérité sur l’exploitation et l’injustice sociale, et à dénoncer ses anciennes croyances, au moment de mourir. Mais, pour lui, il doit y avoir une rupture absolue et totale entre son ancienne foi chrétienne et son nouveau credo de lutte révolutionnaire. Juste avant de mourir, Jeanne dit à ses amis :

 

« Si jamais quelqu’un vient vous dire en bas qu’il existe un dieu, invisible il est vrai, dont vous pouvez pourtant attendre le secours, cognez-lui le crâne sur la pierre jusqu’à ce qu’il en crève »

 

L’intuition de Rosa Luxembourg selon laquelle on pouvait se battre pour le socialisme au nom des vraies valeurs du christianisme originel, s’est perdue dans ce type de perspective « matérialiste » grossière, et plutôt intolérante. En fait, quelques années après que Brecht ai écrit cette pièce, il est apparu en France, entre 1936 et 1938, un mouvement de chrétiens révolutionnaires qui rassemblait plusieurs milliers de militants qui soutenaient activement le mouvement ouvrier, en particulier son aile plus radicale (les socialistes de gauche de Marceau Pivert). Leur mot d’ordre principal était : « Nous sommes socialistes parce que nous sommes chrétiens ».

 

Parmi les dirigeants et penseurs du mouvement communiste, Gramsci est probablement celui qui a manifesté le plus grand intérêt pour les questions religieuses. C’est aussi un des premiers marxistes à chercher à comprendre le rôle contemporain de l’église catholique et le poids de la culture religieuse dans les masses populaires. Ces remarques sur la religion dans ses cahiers de prison sont fragmentaires, non-systématiques et allusives, mais néanmoins très perspicaces.

 

Sa critique décapante et ironique des formes conservatrices de la religion, notamment la version jésuitique du catholicisme, qu’il détestait allègrement, ne l’empêchait pas de percevoir aussi la dimension utopique des idées religieuses.

 

Les études de Gramsci sont riches et stimulantes, mais en dernière analyse, elles n’innovent pas dans leur méthode d’appréhender la religion. Ernst Bloch est le premier auteur marxiste à avoir changé ce cadre théorique - sans abandonner la perspective marxiste et révolutionnaire.

 

Dans une démarche similaire à celle d’Engels, il distingue deux courants sociaux opposés, d’une part, la religion théocratique des églises officielles, opium du peuple, appareil de mystification au service des puissants, de l’autre la religion clandestine, subversive et hérétique des cathares, des hussites, de Joachim de Flore, Thomas Münzer, Franz von Baader, Wilhelm Weitling et Léo Tolstoï. Dans ses formes protestataires et rebelles, la religion est une des formes les plus significatives de la conscience utopique, une des plus riches expressions du principe d’espoir et une des plus puissantes représentations imaginaires du pas encore existant.

 

Bloch, comme le jeune Marx de la fameuse citation de 1844, reconnaît évidemment le caractère double du phénomène religieux, son aspect oppressif en même temps que son potentiel de révolte. Il faut, pour appréhender le premier, ce qu’il appelle « le courant froid du marxisme », l’analyse matérialiste impitoyable des idéologies, des idoles et des idolâtres. Pour le second, par contre, c’est « le courant chaud du marxisme » qui est de mise, pour chercher à sauvegarder le surplus culturel utopique de la religion, sa force critique et anticipatrice.

 

Marx et Engels pensaient que le rôle subversif de la religion était un phénomène du passé, sans signification pour l’époque de la lutte de classe moderne. Cette prévision s’est avérée juste pendant un siècle, avec quelques importantes exceptions, notamment en France où l’on a connu les socialistes chrétiens des années 1930, les prêtres ouvriers des années 1940 et la gauche des syndicats chrétiens (CFTC) dans les années 1950. Mais pour comprendre ce qui se passe depuis trente ans en Amérique latine, la théologie de la libération, les chrétiens pour le socialisme, il faut prendre en compte les intuitions de Bloch sur le potentiel utopique de certaines traditions religieuses.

 

Article paru dans la revue Contretemps numéro 12, février 2005.

 

Michael Löwy

 

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:39

 

L’ordre d’arbitrer le dossier Tapie serait venu de l’Elysée

 

PARIS (Reuters) - L'ordre de régler le litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais par un arbitrage est venu de l'Elysée, déclare l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, dans Le Canard Enchaîné à paraître mercredi.

 

L'ancienne ministre de l'économie, devenue directrice générale du Fonds Monétaire International, a été placée sous le statut de témoin assisté dans cette affaire et l'un des trois juges du tribunal arbitral a été mis en examen du chef d'escroquerie en bande organisée.

 

Plusieurs personnalités, dont l'ancien PDG du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade, ont estimé que la ministre de l'économie avait agi sur ordre de la présidence de la république.

 

Mais Stéphane Richard, aujourd'hui PDG de France Télécom, est plus direct dans Le Canard Enchaîné.

 

« En juillet 2007, Jean-François Rocchi, président du CDR (Consortium De Réalisation chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais), et moi avons été convoqués par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Il nous a donné pour instruction de recourir à un arbitrage. Le choix de l'exécutif était parfaitement clair », dit-il.

 

Stéphane Richard a fait part de son intention d'informer la justice de cette instruction lors de sa convocation le 10 juin, ajoute l'hebdomadaire.

 

Joint par Reuters, Claude Guéant n'a pas souhaité s'exprimer au sujet de cet article.

 

En juillet 2008, les trois juges du tribunal arbitral ont condamné le CDR à verser à Bernard Tapie deux cent quatre vingt cinq millions d'euros d'indemnités, dont quarante cinq millions à titre de préjudice moral (quatre cent trois millions d'euros avec les intérêts).

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 19:42

 

http://www.french.irib.ir/info/international/item/259528-manifestations-anti-sioniste-en-turquie

Manifestation anti sioniste en Turquie (IRIB)

 

Dimanche 2 Juin 2013

 

Des cris de « A bas le régime sioniste » de millier de turcs ont retenti à Istanbul.

 

Le peuple d'Istanbul accompagné de plusieurs activistes des droits de l'homme du monde a, une nouvelle fois, exprimé, lors de la cérémonie organisée à l'occasion du troisième anniversaire de l'attaque des sionistes contre la flottille de la liberté « Marmara »  sa colère et son indignation contre les politiques d'agression et expansionniste du régime sioniste contre les musulmans, a rapporté l'IRNA. Des dizaines de milliers d'habitants d'Istanbul ont entamé une marche à partir de la place de Fatah vers le cimetière des martyrs Adrana Capi, où les neuf victimes de l'attaque du régime sioniste contre la flottille de la liberté « Marmara » se reposent. Ils réclamaient la libération d’al Qods et des territoires occupés des mains des sionistes et le châtiment des auteurs de cette attaque.

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 19:30

 

Ouverture du procès de Bradley Manning, informateur de Wikileaks

 

WASHINGTON (Reuters) - Le procès militaire de Bradley Manning, le soldat américain qui a communiqué au site Wikileaks des centaines de milliers de notes confidentielles de l'armée des Etats-Unis, s'ouvre lundi et devrait durer jusqu'à la fin août.

Arrêté en mai 2010 alors qu'il travaillait pour les services de renseignement de l'armée américaine en Irak, Bradley Manning sera jugé, comme il l'a souhaité, par une seule personne, le colonel Denise Lind, et non par un jury militaire.

Le procès aura lieu à Fort Meade, à une cinquantaine de kilomètres de Washington, où se trouve le siège de la National Security Agency (NSA), l'un des principaux services de renseignements des Etats-Unis.

Bradley Manning, qui a notamment transmis au site de Julian Assange des télégrammes diplomatiques et des vidéos de combats, fait face à vingt et un chefs d'accusation, et plaide non coupable en ce qui concerne le plus grave, celui de collusion avec l'ennemi, passible de la prison à vie.

Le soldat a en revanche plaidé coupable à dix autres charges moins sérieuses, dont la possession et la diffusion d'informations classés secrètes sur l'Irak et l'Afghanistan, pour lesquelles il risque une peine pouvant aller jusqu'à vingt ans de prison.

Lors d'une audition devant la juge militaire, en février, Bradley Manning avait expliqué avoir diffusé les documents à Wikileaks afin d'entraîner un débat sur les actions de l'armée américaine et, plus généralement, sur la politique étrangère des Etats-Unis.

« J'assume l'entière responsabilité de mes actions », avait-il dit à cette occasion. « J'avais le sentiment d'accomplir quelque chose qui me permettrait d'être en paix avec ma conscience ».

L'accusation, qui a convoqué plus de cent témoins, estime de son côté que les fuites provoquées par Bradley Manning ont mis en danger la sécurité nationale des Etats-Unis et menacé la vie de plusieurs personne.

Julian Assange se trouve quant à lui toujours dans l'ambassade de l'Equateur à Londres, où il s'est réfugié en juin 2012 pour éviter d'être extradé en Suède. La justice suédoise veut interroger le fondateur de Wikileaks sur des accusations de viol.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 19:19

 

Six morts dans de nouveaux accrochages à Tripoli, au Liban

 

TRIPOLI, Liban (Reuters) - Six personnes ont été tuées et trente huit autres blessées à Tripoli, dans le nord du Liban, lors de nouveaux accrochages, et des individus armés ont ouvert le feu lundi sur un religieux sunnite à Saïda, dans le sud du pays, apprend-on auprès des forces de sécurité.

 

Les heurts à Tripoli, dans la nuit de dimanche à lundi, ont mis fin à une semaine de calme relatif dans la ville après la mort de vingt neuf personnes le mois dernier dans des affrontements entre partisans et opposants du président syrien Bachar al Assad.

 

Trois des personnes tuées étaient originaire du quartier sunnite de Bab Tebbaneh, ajoute-t-on de mêmes sources.

 

A Saïda, dans le sud du pays, des inconnus ont ouvert le feu sur un imam sunnite, Maher Hammoud, alors qu'il se rendait à la mosquée pour la prière du matin. Les agresseurs ont manqué leur cible et se sont enfuis quand les gardes du corps de l'imam ont riposté.

 

Maher Hammoud est considéré comme proche du Hezbollah chiite. Il a critiqué les prises de position du cheikh Ahmed al Assir, un islamiste de Saïda, qui a appelé les musulmans sunnites du Liban à aller combattre les forces loyalistes en Syrie.

 

Le Hezbollah combat lui-même aux côtés des forces syriennes dans la région frontalière entre les deux pays.

 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 19:06

 

Quatrième journée de manifestations en Turquie

 

ISTANBUL (Reuters) - Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé lundi les manifestants descendus dans la rue un peu partout en Turquie de faire le jeu de ceux qui marchent « main dans la main avec les terroristes ».

 

Pour la quatrième journée consécutive, des manifestants se sont rassemblés en début de journée sur la place Taksim, épicentre des troubles au coeur d'Istanbul.

 

A Ankara, la capitale, les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser un millier de protestataires, des jeunes en majorité, qui marchaient vers les policiers au cri de « Tayyip, démission ».

 

Le mouvement de contestation, parmi les plus importants de ces trente dernières années en Turquie, est né de la colère provoquée par un projet de rénovation immobilière place Taksim.

 

Au fil des jours, il a pris une tournure politique, reflétant le rejet par une partie des turcs de ce qu'ils perçoivent comme une dérive autoritaire du premier ministre et l'islamisation rampante des institutions d'une république officiellement laïque.

 

« Soyez calme », a lancé le chef du gouvernement issu de la mouvance islamiste lors d'une conférence de presse avant son départ pour une visite prévue en Afrique du Nord.

 

« Tout cela sera surmonté. Ce mouvement de contestation est organisé par des éléments extrémistes », a dit l'homme fort de la Turquie, élu démocratiquement et à trois reprises consécutives par ses compatriotes.

 

« Nous nous comportons de manière très mesurée », a-t-il assuré, semblant rejeter les accusations d'usage excessif de la force contre les protestataires formulées par les Etats-Unis et l'Union européenne.

 

PAS DE SIGNE DE CONCESSIONS

 

Erdogan a laissé entendre aussi qu'il n'était pas prêt à faire des concessions.

 

« Nous ne céderons rien à ceux qui sont vivent main dans la main avec le terrorisme. Bien des choses sont arrivées dans ce pays. Mais nous irons de l'avant avec détermination et dans le respect de nos valeurs », a-t-il dit avant de prendre l'avion.

 

De son côté, le chef de l'Etat, Abdullah Gül, lui aussi issu du parti de la justice et du développement (AKP, islamo conservateur), a lancé un appel au calme en précisant que les manifestations pacifiques faisaient partie de la démocratie. Il a ajouté que le pouvoir ne saurait toutefois tolérer la présence de groupes interdits dans les rassemblements.

 

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002 à la tête de l'AKP, Recep Tayyip Erdogan a mis au pas l'armée, qui s'était érigée en gardienne sourcilleuse du kémalisme et était jadis toute puissante.

 

Depuis le début, vendredi, des troubles, plusieurs centaines de manifestants et de policiers ont été blessés dans les grandes villes turques, dont Istanbul, Ankara et Izmir.

 

Selon l'association des médecins turcs (TBB), un jeune manifestant a été tué lorsqu'un taxi a heurté un groupe de contestataires sur une voie rapide d'Istanbul.

 

Le mouvement de contestation qui agite un pays qui, jusqu'à récemment, passait pour un modèle d'islam modéré prospère et démocratique, regroupe des étudiants, des membres des classes moyennes, des syndicalistes et des militants de la cause kurde.

 

L'ont également rejoint des partisans de la laïcité, qui voient en Recep Tayyip Erdogan le fossoyeur de l'Etat laïque imposé par Atatürk, le père de la Turquie moderne, sur les ruines de l'empire ottoman en 1923.

 

Cette agitation a ébranlé les marchés financiers, qui ont prospéré sous le gouvernement AKP.

 

La bourse d'Istanbul a accusé une baisse de plus de six pour cent et la livre turque, la devise nationale, a plongé à son cours le plus bas depuis seize mois.

 

« PAS DE RETOUR EN ARRIERE »

 

Recep Tayyip Erdogan, qui a considérablement libéralisé et modernisé l'économie, est crédité d'un boom sans précédent en Turquie.

 

La confédération des syndicats de la fonction publique (KESK) a de son côté lancé un appel à une « grève d'avertissement » de quarante huit heures à compter de mardi pour protester contre la répression policière.

 

« La terreur d'Etat mise en oeuvre contre les manifestations massives à travers le pays a démontré une fois de plus l'hostilité du gouvernement AKP à l'égard de la démocratie », dénonce l'organisation syndicale, qui représente onze syndicats et revendique quelque deux cent quarante mille adhérents.

 

Place Taksim, des groupes gauchistes ont hissé des drapeaux rouges et noirs. Des barricades faites de gravats barrent l'entrée du secteur et l'odeur du gaz lacrymogène est palpable dans l'air chaud et humide. On peut voir des banderoles appelant à la démission du premier ministre et affirmer : « quoi qu'il arrive, il n'y aura pas de retour en arrière ».

 

Les murs des environs de la place sont recouverts de posters avec une photo diffusée largement par les manifestants sur les réseaux sociaux. On y voit un policier lançant du gaz lacrymogène à une jeune passante arborant une robe d'été rouge, sa longue chevelure ébouriffée par le souffle des gaz.

 

Les forces de l'ordre ont adopté un profil bas et sont invisibles sur la place Taksim ainsi que dans le quartier de Besiktas.

 

Le premier ministre, qui a traité les manifestants de « pillards », a annoncé le maintien du plan de rénovation du parc Gezi bordant Taksim qui prévoit la reconstruction d'une caserne dans le style ottoman ainsi que la construction d'une nouvelle mosquée et d'un centre commercial.

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:52

 

ASSAD SOUTIENT L OPPOSITION TURQUE

 

 

Il y a une extraordinaire campagne médiatique internationale relative aux manifestations de la Place Taksim à Istanbul.

 

Le bilan de la répression des forces de l’ordre du gouvernement turc d’Erdogan contre les manifestations de la Place Taksim est de mille arrestations, c’est effectivement une répression très importante et elle est condamnable du point de vue de la défense universelle et inconditionnelle des droits de l’homme et de la liberté de manifestation.

 

Il y a un problème. Un certain nombre d’expéditeurs des messages contre la répression en Turquie ont une position de soutien total au gouvernement syrien d’Assad responsable de la mort de cent mille citoyens syriens et de la déportation de plus d’un million d’entre eux depuis le début de la guerre civile du gouvernement syrien contre son propre peuple depuis maintenant plus de deux ans.

 

Ils diffusent encore une fois la propagande du gouvernement syrien.

 

Les medias gouvernementaux syriens condamnent bien évidemment la répression en Turquie.

 

Cent mille morts, ce serait certainement la démocratie.

 

L’opposition turque est extrêmement diverse, elle a au moins trois composantes.

 

Il y a l’opposition des organisations écologiques contre les projets de rénovation urbaine de l’ancien maire d’Istanbul. Il y a l’opposition officielle laïque du CHP, c’est le parti républicain du peuple, par ailleurs section turque de la deuxième internationale. Il y a l’opposition kurde. Il y a certainement peu de relations entre ces trois oppositions.

 

Le soutien médiatique hypocrite du gouvernement syrien à l’opposition turque, et je ne parlerais même pas de la participation d’agents syriens aux évènements de la Place Taksim d’Istanbul, comme la participation massive des militants du Hezbollah à la bataille de Koussaïr, est un pas en avant supplémentaire dans le sens de la régionalisation et de l’internationalisation de la guerre de Syrie.

 

Bernard Fischer

 

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:16

 

La Russie bloque une déclaration de l’ONU sur la Syrie

 

NATIONS UNIES (Reuters) - La Russie a bloqué samedi au conseil de sécurité des Nations Unies une déclaration proposée par le Royaume Uni, qui s'alarme des affrontements meurtriers dans la ville syrienne de Koussaïr, à la frontière avec le Liban, où la rébellion est assiégée par les forces fidèles au président Bachar al Assad.

 

Londres, qui préside le conseil de sécurité, souhaitait exprimer « les graves préoccupations à propos de la situation à Koussaïr, en particulier les conséquences sur les civils » des combats entre les soldats syriens, soutenus par les combattants du Hezbollah libanais, et les rebelles.

 

La déclaration aurait en outre appelé les deux camps « à faire leur possible pour éviter de faire des victimes parmi les civils », et demandé au gouvernement syrien en particulier « d'assumer ses responsabilités sans la protection des civils ».

 

Un diplomate a expliqué que pour Moscou, « il n'est pas souhaitable de s'exprimer, alors que le conseil de sécurité ne l'a pas fait lors de la prise de Koussaïr par les opposants ».

 

Plus tôt dans la journée les Nations Unies ont averti les différences forces en présence qu'elles pourraient être tenues pour responsables de la souffrance des civils pris au piège dans la ville.

 

Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition, les combats se sont poursuivis samedi dans Koussaïr ainsi que dans des villages environnants, majoritairement contrôlés par les forces de Bachar al Assad qui ont fermé l'accès à la ville. Au moins une personne a été tuée dans la ville, selon l'organisation.

 

Les rebelles de Koussaïr, qui ont perdu les deux tiers de la ville de trente mille habitants depuis deux semaines et sont désormais encerclés, avaient lancé jeudi un appel à l'aide pour demander des renforts et l'ouverture d'un corridor pour évacuer leurs blessés.

 

Face à l'aggravation de la situation dans cette ville-frontière stratégique, les Nations Unies ont indiqué samedi que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon surveillait la bataille de Koussaïr « avec une profonde préoccupation » et qu'il appelait les deux parties à laisser les civils sortir de la ville.

 

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