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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 17:35

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29650

 

Depuis plus de deux ans, la majorité des observateurs analysent le processus révolutionnaire syrien en termes géopolitiques, par en haut, en ignorant les dynamiques populaires d’en bas, politiques et socio-économiques. Les menaces (verbales jusqu’à présent) d’interventions occidentales n’ont fait que renforcer cette vision d’une opposition entre deux camps, les Etats occidentaux et les monarchies du golfe d’un côté, l’Iran, la Russie et le Hezbollah de l’autre.

 

Nous refusons de choisir entre ces deux camps, nous refusons cette logique du « moindre mal » qui ne mènera qu’à la défaite de la révolution syrienne et de ses objectifs : la démocratie, la justice sociale et le refus du confessionnalisme. Notre soutien va au peuple révolutionnaire en lutte pour sa libération et son émancipation. En effet, seul le peuple en lutte permettra non seulement la chute du régime mais également l’édification d’une société de démocratie, de justice sociale et de laïcité. Une société respectant et garantissant à chacun le droit de pratiquer sa religion et assurant l’égalité de tous et toutes sans discrimination aucune (religieuse, ethnique et de genre).

 

Seules les masses développant leur propre potentiel de mobilisation pourront réaliser le changement à travers leur action collective. C’est l’ABC de la politique révolutionnaire.

 

Mais cet ABC, aujourd’hui, se heurte à un profond scepticisme de la part de nombreux milieux de gauche en occident. On nous dit que nous prenons nos désirs pour des réalités, qu’il y a, peut-être, eu un début de révolution en Syrie il y a deux ans et demi, mais que les choses ont changé depuis. On nous dit que le djihadisme a pris le dessus dans l’opposition au régime, qu’il ne s’agit plus d’une révolution, mais d’une guerre et qu’il faut bien choisir son camp pour tracer une issue concrète…

 

Tout le « débat » à gauche est pollué par cette logique « campiste », qui s’accompagne souvent de théories du complot et qui brouille les démarcations fondamentales entre la gauche et la droite, et surtout l’extrême-droite. Quand un journaliste témoigne de ce qu’il a vu sur le terrain dans telle ou telle région sous contrôle des rebelles, et que ce témoignage bat en brèche les explications dominantes sur l’hégémonie djihadiste, il est nié. Parfois même certains insinuent que des récits de ce genre font partie des « média mensonges », qu’ils visent à rendre l’opposition présentable pour justifier l’intervention impérialiste et qu’on ne peut donc pas y accorder le moindre crédit.

 

Nous avons demandé à Joseph Daher, militant révolutionnaire syrien résidant actuellement en Suisse, de faire le point concrètement sur l’état des mouvements populaires dans son pays, en particulier sur l’auto-organisation des masses dans les régions libérées, la lutte contre le confessionnalisme et contre les islamistes. La conclusion qui en ressort est claire, oui, la révolution est toujours à l’œuvre en Syrie, et elle a besoin de notre solidarité.

 

AUTO ORGANISATION DES LUTTES POPULAIRES EN SYRIE FACE AU REGIME ET AUX GROUPES ISLAMISTES

 

Par Joseph Daher

 

Mercredi 4 Septembre 2013

 

Le mouvement populaire syrien s’est opposé depuis le début aux tentatives de division confessionnelle lancées par le régime d’abord, puis par des groupes islamistes réactionnaires ensuite.

 

Comités populaires, élections, administrations civiles

 

Dès le début de la révolution, les principales formes d’organisation ont été des comités populaires au niveau des villages, quartiers, villes et régions. Ces comités populaires étaient le véritable fer de lance du mouvement mobilisant le peuple pour les manifestations. Par la suite, dans les régions libérées du joug du régime ils ont développé des formes d’autogestion basées sur l’organisation des masses. Des conseils populaires élus ont vu le jour pour gérer ces régions libérées, prouvant par là que c’est le régime qui provoque l’anarchie, et non le peuple.

 

Dans certaines régions libérées des forces armées du régime, des administrations civiles ont aussi été mises en place pour pallier l’absence de l’État et prendre en charge ses prérogatives dans de nombreux domaines, tels que les écoles, les hôpitaux, les routes, les services d’eau, d’électricité et de communications. Ces administrations civiles sont nommées à travers des élections et (ou par ?) consensus populaires et ont pour tâches principales la fourniture des services de la fonction publique, la sécurité et la paix civile.

 

Des élections locales libres dans les zones « libérées » ont eu lieu pour la première fois depuis quarante ans dans certaines régions, quartiers et villages. C’est le cas par exemple dans la ville de Deir Ezzor, fin février 2013, dans laquelle un votant Ahmad Mohammad déclarait que « nous voulons un Etat démocratique, pas un Etat islamique, nous voulons un Etat laïc géré par des civils et pas des mollahs ».

 

Ces conseils locaux reflètent le sens de la responsabilité et la capacité des citoyens à prendre des initiatives pour gérer leurs affaires en s’appuyant sur leurs cadres, expériences et énergies propres. Ils existent sous diverses formes, tant dans les zones encore sous domination du régime que dans celles qui s’en sont émancipées.

 

Un autre exemple concret de cette dynamique d’auto-organisation est la réunion de fondation de la coalition de la jeunesse révolutionnaire en Syrie, qui a eu lieu début juin à Alep. La réunion a rassemblé un large éventail de militants et de comités de coordination qui ont joué un rôle important sur le terrain depuis le déclenchement de la révolution en Syrie et qui venaient des différentes régions du pays et représentaient de larges secteurs de la société syrienne. La conférence a été présentée comme une étape clé pour représenter la jeunesse révolutionnaire de toutes les communautés.

 

Cela ne signifie qu’il n’y pas de limites parfois à ces conseils populaires, comme le manque de représentations des femmes, ou de certaines minorités. Il ne s’agit pas d’embellir la réalité mais de rétablir la vérité.

 

L’exemple de Raqqa

 

Un exemple très marquant de l’auto-organisation des masses est la ville de Raqqa, seule capitale de province libérée des forces du régime (depuis mars 2013). Encore soumise aux bombardements du régime, Raqqa est complètement autonome et c’est la population locale qui gère tous les services à la collectivité. Un autre élément aussi important dans la dynamique populaire de la révolution est l’explosion de journaux indépendants produits par des organisations populaires. Le nombre de journaux est en effet passé de trois avant la révolution, qui étaient dans les mains du régime, à plus d’une soixantaine rédigés par des groupes populaires.

 

A Raqqa, les organisations populaires sont le plus souvent menées par des jeunes. Elles se sont multipliées, au point que plus de quarante deux mouvements sociaux étaient officiellement enregistrés à la fin du mois de mai. Les comités populaires ont organisé diverses campagnes. Un exemple est la campagne « le drapeau révolutionnaire syrien me représente », elle consiste à peindre le drapeau révolutionnaire dans les quartiers et les rues de la ville, pour s’opposer à la campagne des islamistes qui voulaient imposer le drapeau islamique noir. Sur le plan culturel, une pièce de théâtre se moquant du régime Assad a été jouée au centre la ville et, au début du mois de juin, les organisations populaires ont organisé une exposition d’art et d’artisanat local. Des centres ont été mis en place pour occuper les jeunes et traiter les troubles psychologiques causés par les conséquences de la guerre. Les examens du baccalauréat syrien de fin d’année, en juin et juillet, ont été entièrement pris en charge par des volontaires.

 

Ce genre d’expériences d’auto-organisation se retrouve dans de nombreuses régions libérées. Il est à noter que les femmes jouent un grand rôle dans ces mouvements et dans les manifestations en général. Par exemple le 18 juin 2013 dans la ville de Raqqa, une manifestation massive, menée par des femmes, a eu lieu devant le siège de Jabhat al-Nusra, groupe islamiste, dans laquelle les manifestants appellaient à la libération des prisonniers qui ont été incarcérés. Les manifestants ont scandé des slogans contre Jabhat al-Nusra, et ont dénoncé leurs actions. Les manifestants n’ont pas hésité à scander le premier slogan utilisé à Damas en février 2011, « le peuple syrien refuse d’être humilié ». Le groupe « Haquna » ( qui signifie « notre droit »), où de nombreuses femmes sont présentes, ont également organisé de nombreux rassemblements contre les groupes islamistes dans Raqqa, scandant notamment « Raqqa est libre, dehors avec Jabhat al-Nusra ».

 

Dans la ville de Deiz Zor au mois de juin, une campagne avait été lancée par les militants locaux visant à encourager les citoyens à participer aux processus de surveillance et de documentation des pratiques des conseils populaires locaux, y compris en les associant à faire valoir leurs droits et de promouvoir la culture des droits humains dans la société. Un accent particulier a été mis au cours de cette campagne sur l’idée du droit et de la justice pour tous et toutes.

 

Contre les islamistes

 

Ce sont ces mêmes organisations populaires qui se sont le plus souvent opposées aux groupes islamistes armés. Ceux-ci veulent prendre par la force le contrôle des zones libérées alors qu’ils n’ont pas de racines dans le mouvement populaire, et qu’ils ne sont pas issus de la révolution.

 

La ville de Raqqa a par exemple vu une résistance continue et inébranlable contre les groupes islamistes. Depuis que la ville a été libérée des troupes de régime, en mars 2013, de nombreuses manifestations ont été organisées contre l’idéologie et les pratiques autoritaires des groupes islamistes. Il y a eu des rassemblements de solidarité avec des militants kidnappés pour exiger leur liberté des geôles des islamistes. Cette manifestation a permis la libération de certains militants, mais de nombreux autres restent emprisonnés jusqu’à aujourd’hui comme le célèbre père Paolo Dall Oglio et d’autres tel que le fils de l’intelectuel militant Yassin Hajj Saleh, Firas.

 

Des manifestations similaires des masses populaires contestant les pratiques autoritaires et réactionnaires des islamistes ont eu lieu à Alep, à Mayādīn, al Quseir et d’autres villes comme Kafranbel. Ces combats se poursuivent aujourd’hui.

 

Dans le quartier de Bustan Qasr, à Alep, la population locale a manifesté à de nombreuses reprises pour dénoncer les actions du conseil de la charia d’Alep, qui regroupe plusieurs groupes islamistes. Le 23 août par exemple, les manifestants de Bustan Qasr, tout en condamnant le massacre à l’arme chimique commis par le régime contre la population de la Ghouta orientale, réclamaient également la libération du célèbre activiste Abu Maryam, une fois de plus emprisonné par le conseil de la charia d’Alep. Auparavant dans ce même quartier à la fin juin 2013, les manifestants avaient scandé « va te faire foutre le conseil islamique », en raison des politiques répressives et autoritaires répétitives de ce dernier. Une explosion populaire s’était également exprimée lors de l’assassinat par des jihadistes étrangers appartenant au groupe de l’Etat Islamique du Levant et d’Irak d’un jeune garçon de quatorze ans, pour soi-disant blasphème alors qu’il avait fait une blague faisant référence au prophète Mohammad.

 

Une manifestation a été organisée par le comité populaire de Bustan Qasr contre le conseil islamique et les groupes islamistes, scandant : « Quelle honte, quelle honte, les révolutionnaires shabbiha sont devenus », ou bien ils faisaient références au conseil islamique en citant les services de sécurité du régime Assad, un allusion claire à leur pratique autoritaire.

 

Il y a des manifestations hebdomadaires le vendredi. Lors de celles du vendredi 2 août 2013, les Comités de Coordination Locaux (CCL), qui jouent un rôle important d’information de la révolution mais également d’aide, d’approvisionnement et de services aux populations et aux réfugiés, ont déclaré ceci dans leur communiqué, « dans un message unifié de la révolution au monde entier, nous confirmons que les enlèvements de militants et d’acteurs essentiels de la révolution, outre qu’ils servent l’intérêt de la tyrannie, nuisent à la liberté et à la dignité de la révolution ». Ce message s’adressait directement à ces groupes islamistes réactionnaires. Dans le même esprit, le 28 juillet 2013, les CCL écrivaient un communiqué avec pour titre : « la tyrannie est une, qu’elle s’exerce au nom de la religion ou au nom de la laïcité », renvoyant dos à dos les islamistes et le régime.

 

Arabes et kurdes unis

 

Dans le nord-est de la Syrie, habitée en majorité par la population kurde, les combats récents entre islamistes et milices kurdes du PYD (lié au PKK) ont été l’occasion d’initiatives populaires des militants et de la population locale. Ces initiatives populaires visaient à démontrer la fraternité des kurdes et des arabes dans cette région et à réaffirmer que la révolution populaire syrienne est pour tous et toutes, et qu’elle exclut le racisme et le sectarisme. Au moment de ces combats, dans la province de Raqqa, la ville de Tall Abyad a d’ailleurs vu la formation du bataillon « Chirko Ayoubi », qui a rejoint la brigade du front kurde le 22 juillet 2013. Ce bataillon regroupe désormais des arabes et des kurdes ensemble. Ils ont publié une déclaration commune dénonçant les exactions commises par les groupes islamistes et les tentatives de divisions du peuple syrien sur des bases ethniques et communautaires

 

Dans la ville d’Alep, dans le quartier d’Achrafieh, habité principalement par des kurdes, une manifestation a été organisée le premier aout 2013 rassemblant plusieurs centaines de personnes en faveur de la fraternité entre arabes et kurdes, pour condamner des actes commis par des groupes extrémistes islamistes contre la population kurde.

 

Dans la ville de Tell Abyad, qui a été soumise à d’intenses combats, les militants ont tenté de lancer plusieurs initiatives visant à mettre fin au conflit militaire entre les deux groupes, à arrêter (expulsion ?) le départ de force des civils, à mettre en place un comité populaire pour gouverner et gérer la ville sur une base quotidienne, et à promouvoir des initiatives et des actions conjointes entre les populations arabes et kurdes, afin de parvenir à un consensus par des moyens pacifiques. Les efforts continuent aujourd’hui malgré la continuité des combats entres islamistes et milices kurdes.

 

Dans la ville d’Amouda, une trentaine de militants se sont réunis le 5 août 2013 avec des drapeaux kurdes et des drapeaux révolutionnaires syriens derrière une pancarte disant « je t’aime Homs », pour montrer leur solidarité avec cette ville assiégée par l’armée du régime.

 

Dernièrement encore, dans la ville de Qamichli, où vivent des populations arabes (musulmanes et chrétiennes), kurdes et assyriennes, des militants locaux ont lancé de nombreux projets pour garantir la coexistence et la gestion de certains quartiers par des comités conjoints. Dans cette même ville, la branche de l’union des étudiants libres kurdes a lancé une petite campagne internet appelant à la liberté, la paix et la fraternité, la tolérance et l’égalité pour l’avenir de la Syrie.

 

Dans sa très grande majorité, le mouvement populaire syrien n’a cessé de répéter son refus du confessionnalisme, malgré les tentatives du régime et des groupes islamistes pour allumer ce feu dangereux. Les slogans des manifestants tels que « nous sommes tous des syriens, nous sommes unis » et « non au confessionnalisme » sont répétés en permanence jusqu’à aujourd’hui.

 

Il convient de comprendre le rôle crucial joué par les comités populaires et les organisations dans la poursuite du processus révolutionnaire, car ce sont les acteurs essentiels qui permettent au mouvement populaire de résister. Il ne s’agit pas de diminuer le rôle joué par la résistance armée, mais cette dernière dépend du mouvement populaire pour continuer le combat. Sans celui-ci, nous n’aurions aucune chance.

 

« Plutôt la mort que l’humiliation »

 

Une manifestation très claire de la dynamique populaire de la révolution est l’explosion de journaux produits par des organisations populaires. Le nombre de journaux est en effet passé de trois avant la révolution, tous trois étaient des journaux du régime, à plus d’une soixantaine rédigés par des groupes populaires.

 

En conclusion, la révolution syrienne est toujours là, elle continue et ne s’arrêtera pas.

 

Malgré la guerre sans merci du régime contre le mouvement populaire et ses massacres répétés contre la population civile. Et malgré les menaces internes des groupes islamistes réactionnaires. Quoique minoritaires, ces groupes sont dangereux, ils sont également des ennemis de la révolution par leur opposition aux objectifs du soulèvement pour la démocratie et la justice sociale, leur idéologie confessionnelle et leurs pratiques autoritaires.

 

Comme les manifestants continuent à le chanter lors des multiples protestations, le peuple syrien ne sera pas humilié » et « la mort plutôt que l’humiliation ». Le mouvement populaire continuera son combat jusqu’à la victoire des objectifs de la révolution.

 

Vive la révolution populaire ! Pouvoir et richesse pour le peuple !

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 16:57

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/29/le-ps-s-attaque-au-bastion-communiste-de-saint-denis_3468001_823448.html

 

Le Parti Socialiste s’attaque au bastion communiste de Saint Denis

 

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

 

Jeudi 29 Août 2013

 

Sa candidature n’est pas une surprise, mais elle augure d’une belle bataille à Saint Denis. Le député socialiste de la Seine Saint Denis, Mathieu Hanotin, également conseiller général, vient d’annoncer sa candidature à la mairie, détenue par le communiste Didier Paillard, depuis 2004. Une ville symbole pour le PCF, qui y a installé son premier maire dès les années 1920 et qui a déjà affronté une liste du Parti Socialiste, en 2008. Depuis, les socialistes y sont dans l’opposition.

 

Mathieu Hanotin n'est pas tout à fait un inconnu dans la ville. Aux élections législatives de juin 2012, ce proche du président de l'assemblée nationale et ancien président du conseil général, Claude Bartolone, a ravi la circonscription à un ancien communiste, Patrick Braouezec. Mercredi 28 Août 2013, le jeune député a reçu sur twitter le soutien de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'assemblée nationale, qui lui a souhaité « une bonne campagne. Il n’y a aucun risque de droite à Saint Denis », ajoute Bruno Le Roux, lui aussi élu en Seine-Saint-Denis. « Qui peut avoir peur que les électeurs fassent leur choix au premier tour ? »

 

« Démarche isolée »

 

Côté communiste, c'est peu dire que sa candidature a été accueillie fraîchement. « Je suis un peu surpris qu'il annonce sa candidature au lendemain des appels à l'unité renouvelés à La Rochelle », s'étonne Didier Paillard. « Dire d'emblée qu'on y va séparément, ce n'est pas de bon augure ». La direction nationale du PCF n'a pas non plus goûté l'annonce, elle qui tente d’imposer sa ligne au sein du Front De Gauche.

 

« On ne peut pas jouer la gauche contre la gauche », prévient Pascal Savoldelli, chargé des élections, qui juge cette candidature comme « une démarche isolée et personnelle ».

 

Mathieu Hanotin, lui, a sa propre définition de l'unité de la gauche prônée à lors de l'université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle. « L’unité, c’est face à un adversaire, la droite, ou à un ennemi, l’extrême droite », explique-t-il. « Là, il n’y a pas de danger ». Ce trentenaire, qui veut incarner une « nouvelle ambition » pour la ville, justifie son appétit par une volonté de renouvellement.

 

« Ville à l’arrêt »

 

« Là, on prend les mêmes et on recommence », tacle Mathieu Hanotin, qui estime qu'un « changement de braquet est nécessaire, cette ville est à l'arrêt, en inertie, un sentiment insupportable de laissez-faire se développe ».

 

« Il ne faut être ni va-t-en-guerre ni accepter que le PCF fasse comme si rien n'avait changé à Saint-Denis », temporise Christophe Borgel, chargé des élections au Parti Socialiste, qui précise que Mathieu Hanotin est « pour le moment candidat à la candidature socialiste. Les communistes disent qu'ils sont ouverts au dialogue, mais ils ne font aucun geste qui montre qu'ils ont pris en compte l'évolution de la gauche à Saint-Denis », estime cependant Christophe Borgel avant de glisser que « le rassemblement peut souffrir des exceptions ». Surtout dans un département où le Parti Socialiste grignote les bastions communistes au fil des élections. Saint-Denis n'en est qu'une illustration supplémentaire.

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 15:58

 

http://www.unhcr.fr/5224e2f69.htm

 

Deux millions de réfugiés syriens, davantage sont en route vers l’exil

 

GENÈVE, Mardi 3 Septembre 2013 (HCR) Le nombre de Syriens forcés à fuir en quête de refuge dans un pays étranger depuis le début de la guerre civile en mars 2011 a dépassé le seuil des deux millions mardi. Ce tragique afflux ne semble pas près de s'arrêter.

 

« La Syrie s'est déjà installée dans sa troisième année de guerre et ce pays est en proie à une hémorragie de populations, des femmes, des enfants et des hommes qui traversent les frontières avec pratiquement pour seul bagage les vêtements du jour », a déclaré le HCR dans un communiqué de presse pour marquer ce triste record.

 

« Cette tendance est tout à fait alarmante, elle représente une hausse spectaculaire de près de un million huit cent mille personnes en douze mois », peut-on lire dans la déclaration du HCR.

 

Il y a un an, le nombre des syriens enregistrés en tant que réfugiés, ou en attente de l'être, s'élevait à deux cent trente mille six cent soixante dix personnes.

 

« La Syrie est devenue la grande tragédie de ce siècle, une calamité humanitaire indigne avec des souffrances et des déplacements de populations sans précédent dans l'histoire récente », a indiqué António Guterres, le Haut Commissaire des nations unies pour les Réfugiés. « La seule consolation, c'est l'humanité et la fraternité dont font preuve les pays voisins en accueillant tant de réfugiés et en leur sauvant la vie. »

 

Plus de quatre vingt dix sept pour cent des réfugiés syriens sont hébergés par des pays situés dans la région avoisinante, ce qui fait peser une charge écrasante sur leurs infrastructures, leurs économies et leurs sociétés. Ces pays ont d'urgence besoin d'un appui massif de la communauté internationale pour les aider à gérer la crise.

 

En s'exprimant à propos de ce triste record, l'émissaire du HCR Angelina Jolie a fait part de sa profonde consternation sur le niveau de mortalité ainsi que l'intensité de la destruction et des dangers auxquels sont confrontés un si grand nombre de Syriens ayant été forcés de fuir pour sauver leur vie.

 

« Le monde prend des risques en étant dangereusement complaisant vis-à-vis de la catastrophe humanitaire syrienne. La vague de souffrances humaines déclenchées par le conflit a des conséquences catastrophiques. Si la situation continue à se détériorer à ce rythme, le nombre de réfugiés augmentera et certains des pays voisins pourraient arriver à un point de non-retour », a-t-elle indiqué.

 

« Le monde est tragiquement désuni sur la façon de faire cesser le conflit syrien », a ajouté Angelina Jolie. « Mais il ne devrait y avoir aucun désaccord sur le besoin de soulager les souffrances humaines, ni aucun doute sur la responsabilité du monde pour en faire davantage. Nous devons venir en aide aux millions de personnes innocentes chassées de chez elles, et accroître la capacité des pays voisins à gérer cet afflux ».

 

Avec près de cinq mille syriens en moyenne qui fuient chaque jour vers les pays voisins, le besoin se fait désormais critique pour accroître significativement l'assistance humanitaire et l'aide au développement au bénéfice des communautés d'accueil.

 

Au vu de la pression portée par l'exode des réfugiés sur les pays voisins, y compris l'aggravation de l'impact économique, de hauts représentants iraquiens, jordaniens, libanais et turcs et du HCR se rencontreront lors d'une réunion ministérielle à Genève Mercredi 4 Septembre 2013, dans l'objectif d'accélérer le soutien de la communauté internationale.

 

Ce nombre de deux millions est constitué de syriens qui ont été enregistrés en tant que réfugiés ou qui sont en attente de l'être. A la fin août, la population réfugiée s'élevait à cent dix mille en Egypte, cent soixante huit mille en Iraq, cinq cent quinze mille en Jordanie, sept cent seize mille au Liban et quatre cent soixante mille en Turquie.

 

Environ cinquante deux pour cent de cette population sont des enfants âgés de dix sept ans ou moins. Le HCR a annoncé il y a seulement quelques jours, le 23 août, que le nombre d'enfants réfugiés syriens avait dépassé le million.

 

Par ailleurs, quelque quatre millions deux cent cinquante mille personnes sont déplacées à l'intérieur de la Syrie, selon les statistiques datant du 27 août publiées par OCHA, le bureau des nations unies pour la coordination des affaires humanitaires. Considérés dans leur ensemble, ces chiffres, qui totalisent plus de six millions de personnes déracinées, signifient que davantage de syriens sont désormais déplacés ou réfugiés, ce qui n'est le cas d'aucun autre pays.

 

Le HCR aide les déplacés internes et les réfugiés en Syrie et dirige l'action humanitaire pour gérer la crise des réfugiés syriens dans chacun des pays voisins. Les agences humanitaires sont confrontées à une grave pénurie de fonds, avec seulement quarante sept pour cent des contributions nécessaires qui ont été reçues pour répondre aux besoins essentiels des réfugiés.

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 15:36

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/egypte/egypte-liberez-haitham-mohamedain.html

 

Libérez Haitham Mohamedain

 

Nous venons d’apprendre Jeudi 5 Septembre 2013 l’arrestation par des militaires de l’avocat du travail Haitham Mohamedain, un membre de la direction des Révolutionnaires Socialistes d’Egypte. L’arrestation s’est faite à un check point près de Suez, où des luttes ouvrières sont en cours.

 

Haitham Mohamedain, qui est aussi membre de l’ONG al Nadeem Centre for Rehabilitation of Victims of Violence, a été transféré au poste de police Attaqa dans la ville de Suez.

 

Haitham Mohamedain est un avocat du travail et un militant révolutionnaire très connu pour avoir défendu des centaines de travailleurs lors de procès  qui leur étaient intentés par leurs patrons suite à des attaques de la police. Il y a deux semaines, il se trouvait à Suez pour défendre des travailleurs des aciéries en grève pour l’obtention d’augmentations salariales, une grève attaquée par l’armée. Selon la porte-parole de l’ONG al Nadeem Centre for Rehabilitation of Victims of Violence, Aida Seif al Dawla, les forces de l’ordre ont saisi les documents concernant la défense de ses clients lors de l’arrestation d’Haitham Mohamedain.

 

Il a refusé cette saisie et est, frauduleusement, accusé de violence contre des officiers et des soldats appliquant des ordres. Il doit passer devant un tribunal Vendredi 6 Septembre 2013.

 

Les accusations forgées de toutes pièces peuvent conduire à une lourde condamnation.

 

Haitham Mohamedain compte parmi le petit nombre de militants révolutionnaires qui ont publiquement condamné la répression militaire et policière contre les frères musulmans, entre autres le massacre du Mercredi 14 Août 2013, et qui ont conjointement caractérisé le général Abdel Fattah al-Sissi comme le chef d’une contre-révolution visant à rétablir un régime à la Moubarak et à s’opposer aux mouvements démocratiques et sociaux.

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 18:58

 

http://www.enantiastonantisimitismo.wordpress.com/2013/09/04/grece-savvas-mikhail-matsas-et-constantin-moutzouris-relaxes

 

Savvas Mikhail Matsas et Constantin Moutzouris relaxés

Mercredi 4 Septembre 2013

Constantin Moutzouris, ancien recteur de l’université d’Athènes, et Savvas Mikhail Matsas, intellectuel juif et militant de gauche, ont été relaxés aujourd’hui par le tribunal d’Athènes. Le parti néo nazi grec « aube dorée » avait porté plainte contre eux pour diffamation, incitation à la violence et atteinte à la paix civile. Le tribunal a estimé qu’aucun des délits n’était constitué.

Toutefois, la question qui se pose est la suivante, pourquoi la justice grecque a-t-elle retenu la plainte du parti néo nazi contre un philosophe juif qui n’a fait qu’appeler à la lutte contre la barbarie, tandis que les nazis « continuent à agresser et poignarder des migrants, des homosexuels et des militants de gauche en toute impunité ».

Nous vous proposons de voir la vidéo qui montre Savvas Mikhail Matsas savourant sa victoire en sortant du tribunal. On notera la présence de plusieurs sympathisants qui ont scandé des slogans contre le fascisme.

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 18:42

 

http://www.paris.reelledemocratie.net/node/1820

 

Quatrième gratiferia (espace de gratuité) de Démocratie Réelle Maintenant Paris (ils nous ont appelés les indignés)

Dimanche 22 Septembre 2013 à partir de 14 heures

Allée Maria Doriath à dix minutes du Festival des Utopies Concrètes

35/55 Boulevard de Charonne 75 011 Paris Métro Avron

Aux créateurs de changement, aux insoumis, à celles et ceux qui résistent et construisent au quotidien la démocratie réelle, les droits humains, et les transitions concrètes...

Aux précaires, aux  mères seules, aux chômeurs, aux exclus, aux enfants et élèves en pleine et difficile rentrée scolaire, aux retraités, aux jeunes et moins jeunes confrontés à la violence économique, au racisme  à la répression d'État...

Aux habitants de notre mégapole francilienne qui aspirent à un peu plus de solidarité et de convivialité ...

A celles et ceux qui souhaitent participer à une expérience alternative démontrant qu'il est possible de vivre autrement en société, qu'un autre système est possible sans argent, sans blé, sans fric ...

À l'appel international de Via 22 et des Incroyables Comestibles, en lien avec le Festival des Utopies Concrètes et pour construire ensemble une révolution globale...

Retrouvons-nous Dimanche 22 Septembre à partir de 14 heures, pour une gratiferia, espace de gratuité, puis à 17 heures pour une assemblée où prendre  la parole librement sur nos expériences, actions et luttes ici et ailleurs dans le monde et à 19 heures pour un banquet populaire et festif.  

Qu’est ce qu’une gratiferia ? C’est un espace festif de gratuité, d'entraide et de convivialité.

C'est une tentative de s'organiser pour mettre en commun, donner sans vendre, prendre sans acheter, donner une nouvelle vie aux objets, mettre en pratique un échange humain et solidaire, partager biens, arts, idées, légumes, fruits, connaissances, services, patisseries maisons, savoir-faire, plantes, jouets, vêtements, créations et livres.

Venez avec enfants, (arrières et grands) parents, famille, amis, collègues, voisins... 

Pour  la rentrée scolaire, appel aux sacs à dos, crayons de couleurs, dictionnaires, livres, cahiers, classeurs, compas, équerres, calculettes, chaussures, fournitures informatiques, vêtements d'hiver ou pour le sport...

Parlez-en dans votre quartier ! Collectez auprès de ceux qui ne pourront pas venir !

Apportez ce que vous souhaitez donner, et prenez ce que vous voulez. 

Ce n’est pas du troc, vous pouvez venir sans rien d’autre que votre bonne humeur. 

L'assemblée pourra être l'occasion d'échanger en particulier sur l'éducation  en France et dans le monde, que chacun, parents, élèves et enseignants, vienne parler de sa propre expérience et de ses aspirations sur ce sujet

Ensemble nous pouvons davantage agir que séparément ! Toi, elle, il, nous, tous inventons, imaginons, créons, et proposons pour que le 22 septembre soit l'exemple qu'un autre monde est possible et déjà en marche.

Dimanche 22 Septembre 2013 à 14 heures, gratiferia, espace de gratuité, apportez ce que vous souhaitez donner, et prenez ce que vous voulez. 

Dimanche 22 Septembre 2013 à 17 heures, assemblée et libre prise de parole sur nos expériences et luttes d'ici et d'ailleurs dans le monde, notamment sur l'éducation.  

Dimanche 22 Septembre 2013 à 19 heures, banquet populaire et festif

Pendant la gratiferia, gâteaux maisons, fruits et jus de fruits sont les bienvenus

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 18:09

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/la-syrie-terre-de-mission-des-conspirationnistes_1279058.html

 

La Syrie, terre de mission des conspirationnistes

 

Par Catherine Gouëset

 

Vendredi 6 Septembre 2013

 

Au moment où la communauté internationale se déchire sur une éventuelle intervention en Syrie, une partie de l'opinion publique se laisse bercer par la complotite très active des « bacharophiles ». Pourquoi un tel succès ? Eléments d'analyse. 

 

Alors que plusieurs pays dont la France s'interrogent sur l'opportunité d'une action militaire en Syrie après l’attaque chimique qui a fait plus d’un millier de morts Mercredi 21 Août 2013, une partie de l'opinion publique est sensible aux sirènes complotistes qui soutiennent plus ou moins objectivement le régime de Bachar al Assad. Ils voient dans la crise syrienne une machination contre un régime « laïc et défenseur des minorités », sans le moindre égard pour les cent dix mille morts et les six millions de déplacés causés par la réponse apportée par le régime syrien à ce qui n'était au départ qu'une demande de réformes.  

 

De l’extrême droite à la gauche de la gauche

 

Cette vision trouve un écho assez « naturel » au sein de l’extrême droite, mais également chez certaines personnalités et organisations qui se réclament de la gauche. « On observe pantois la gauche laïcarde faire des mamours à la droite identitaire et s'émouvoir soudainement du sort des chrétiens », s'emporte l'historienne Marie Peltier, « tandis que l'on découvre cette même droite subitement férue de laïcité et pourfendeuse de la volonté hégémonique occidentale dont elle a pourtant été l'un des plus fidèles apôtres ». Ces anti-impérialistes, relève Marie Peltier, ne se sont guère manifestés depuis les deux ans que dure la répression orchestrée par ce régime.  

 

Comme il en a l'habitude après chaque massacre, le régime syrien a nié, Mercredi 21 Août 2013, l'usage d'armes chimiques, « les informations sur l'utilisation d'armes chimiques dans la Ghouta sont totalement fausses », a réagi l'agence de presse officielle SANA, avant, alors que l'indignation montait, d'accuser les insurgés d'être les responsables de cette attaque. Une lecture des faits aussitôt relayée par une multitude de sites complotistes pro Assad aux noms évocateurs de www.cequelesmediasnenousdisentpas.over-blog.com, www.michelcollon.info ou www.francaisdefrance.wordpress.com. Ils s'empressent de préciser que la Russie a fourni aux Nations Unies des « images satellites, irréfutables, des deux missiles chargés de produits chimiques qui se sont abattus sur la Ghouta faisant des centaines de morts, dont la plupart des enfants », précisant que ceux-ci « ont été lancés depuis la région de Douma en Syrie, sous contrôle des rebelles ».

 

Depuis le début du soulèvement des syriens contre quarante années de règne d’Assad père et fils en mars 2011, Damas a trouvé, dans les pays occidentaux, une multitude de relais veillant à diffuser sa vision de la crise. Aux premières loges, des activistes d'extrême droite ou proches de l'extrême droite comme Frédéric Chatillon. Cette mouvance compte plusieurs figures issues de la gauche de la gauche se proclamant « anti-impérialiste », comme Thierry Meyssan, célèbre pour avoir imputé à une conspiration ourdie par la CIA les attentats du 11 septembre 2001, et fondateur du Réseau Voltaire, aujourd'hui installé à Damas. Mais aussi Alain Soral, qui dirige le site www.egaliteetreconciliation.fr, Louis Denghien, fondateur du site www.infosyrie.fr (lire l'enquête de l’Express sur la « légion française d’Assad »), le journaliste Michel Collon, fondateur du site www.michelcollon.info, ou l'écrivain Jean Bricmont. 

 

Le rôle démultiplicateur d’internet

 

L'obsession du complot à l'oeuvre à propos de la Syrie s'est largement développée grâce à internet. Dans une « époque saturée par l'information, ceux qui tendent vers le conspirationnisme se piquent de pratiquer un hyper criticisme, qui n'est en fait qu'une fainéantise intellectuelle », explique Stéphane François, chercheur spécialisé dans les sous cultures de la droite radicale. « Les publications à connotation paranoïaque et conspirationniste étaient jusqu'à présent confidentielles, très peu lues. Internet, en dématérialisant les supports, a permis une diffusion accrue de ces thèses, au travers notamment de la démultiplication de ces sites ». 

 

Relativiser les exactions du régime

 

Les conspirationnistes, s'ils sont très actifs sur internet, sont certes assez peu nombreux, mais leur activisme est parvenu, bien au delà de leur cercle à instiller le doute sur la réalité des événements en cours en Syrie. Aussi voit-on, notamment sur les réseaux sociaux, nombre d'internautes et d'activistes remettre en question la réalité des exactions du régime Assad, ou les relativiser en mettant en balance l'incroyable répression menée par Damas, avec les dérapages, condamnables bien sûr mais d'une ampleur infiniment inférieure, d'une partie des rebelles syriens et des djihadistes qui ont profité du chaos pour avancer leurs pions. Et cette prose sert de justification à de nombreux acteurs politiques en France pour justifier leur rejet de toute idée d'intervention, du Front National au Front De Gauche. Pour les « tenants de l'interprétation policière de l'histoire », peste l'éditeur franco-syrien Farouk Mardam Bey, « les manifestations populaires à travers le pays, les dizaines de milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés, les arrestations massives, les tortures, les viols, les pillages, les bombardements des villes et des villages à l'artillerie lourde et à l'aviation de combat ne sont qu'une illusion d'optique, des images fabriquées dans les officines de la CIA et les studios d'al Jazeera ».

 

Le passif des pays occidentaux

 

Comme souvent dans la complosphère, l'argumentaire sur lequel s'appuient ceux qui nient ou minimisent les crimes du régime Assad n'est pas dénué de fondement. Les réfractaires à toute intervention en Syrie ont beau jeu de rappeler les mensonges américains sur les armes de destruction massive qui ont servi de justification à l'intervention en Irak en 2003. Et « comment accorder crédit aux invocations vertueuses des Etats-Unis, dont le plan Condor a soutenu les tortionnaires d'Amérique latine avant de livrer à Saddam Hussein le gaz destiné à leur ennemi iranien », fait valoir François Burgat, chercheur à l'Institut de Recherches et d'Etudes sur le Monde Arabe et Musulman. Il est difficile, complète-t-il, de donner crédit au soutien à la démocratie de « ces européens qui boycottent les urnes arabes chaque fois que les vainqueurs ne leur plaisent pas ».

  

« Au coeur de tous les malentendus que manifeste la lamentable complotite qui paralyse aujourd'hui la solidarité internationale à l'égard de l'opposition syrienne, il y a le fait que des diplomaties occidentales au lourd passé de cynisme impérialiste ont compris, après le désaveu des révoltes tunisienne et égyptienne, les limites tactiques du soutien aveugle qu'elles apportaient à des régimes autoritaires déchus. Et qu'elles ont décidé de changer, au moins partiellement, leur fusil d'épaule », ajoute encore le chercheur. 

 

Un culturalisme frisant parfois le racisme

 

Derrière la vision tronquée de ceux qui doutent de la véracité des massacres commis par le régime, transpire aussi un « culturalisme qui assigne aux autres peuples, consciemment ou inconsciemment, une culture à jamais différente de la nôtre, et qui leur colle à la peau comme une seconde nature, dénonce Farouk Mardam-Bey. S'il est en France tout à fait naturel, quand on est de gauche, de défendre les acquis sociaux et les libertés individuelles et collectives, il est en revanche impensable, inouï, aberrant, contre nature, selon cette même gauche, de vouloir en Syrie vivre libres et égaux ».

 

Une partie de la gauche latino-américaine, et notamment la communauté d'origine levantine dans ce continent soutient elle aussi de façon inconditionnelle le régime. Janaina Herrera, ancienne diplomate et consultante relève elle aussi « l'absence d'interrogations sur les causes du soulèvement syrien. Tout se passe comme si la souveraineté du peuple syrien, si souvent invoquée contre les ingérences extérieures, était dépourvue de tout volet interne. Le grand absent de ces débats est in fine le peuple syrien lui-même ». Pire, pour ces culturalistes, « les arabes semblent être un peuple qui favorise la violence comme moyen de résoudre les conflits, s'abreuve au puits de l'extrémisme, dont la capacité à rejeter le fardeau du despotisme oriental et l'aptitude à la démocratie est toujours mise en doute. Vue sous cet angle, la violence qui accompagne la révolution n'est pas exceptionnelle et n'appelle donc pas une action urgente », avance le politologue libanais Ziad Majed.  

 

La défense des minorités contre la majorité sunnite

 

La justification que représente, selon la complosphère pro-Assad la « défense des minorités » par un régime qui les a plus souvent manipulées que véritablement défendues a un aspect paradoxal. Ainsi, ceux qui s'indignent des menaces qui pèsent sur les chrétiens ou les alaouites, ne s'embarrassent guère de justifier l'oppression de la majorité sunnite (soixante dix pour cent de la population), « ils préfèrent la tyrannie exercée sur la majorité afin de préserver la minorité », constate Ziad Majed. 

 

La hantise de l'islam est également présente chez nombre de détracteurs de l'opposition syrienne qui réunit laïcards de gauche et de droite. Pour une partie de l'opinion et notamment au sein de la gauche arabe, par ailleurs, il est difficile d'accepter le cours des événements depuis le début des printemps arabes alors que les forces islamistes ont distancé les « modernistes » à chaque fois qu'ils ont pu voter librement, observe François Burgat. D'où « la tentation de l'alliance avec ces militaires qui disent vouloir sauver la révolution, comme en Egypte ». 

 

L’obsession du « grand jeu » international

 

Les complotistes ne voient dans la crise syrienne qu'un champ de bataille pour les puissances mondiales et régionales. Les doutes légitimes sur les intentions des parrains de l'opposition que sont les monarchies du golfe, bien peu démocrates à domicile, servent aussi de prétexte pour délégitimer le combat des opposants syriens. Ceux qui voient dans la crise en cours une cabale américano israélo saoudo qatarie, « sont obsédés par la lecture géostratégique des événements, au point d'en oublier le sort de millions d'individus, de leurs droits et de leurs dignité », regrette Ziad Majed. Ces conspirationnistes « ne s'intéressent qu'aux frontières, aux ressources et aux intérêts des acteurs externes de la crise », oubliant au passage que « l'essence même des relations internationales est basée sur la quête des intérêts propres des protagonistes, Iran, Russie et Chine compris », ajoute-t-il. 

 

Ceux qui apportent leur soutien au régime baasiste au nom de la cause palestinienne, oublient qu’Assad père et fils ont plus fait peser leur bellicisme sur les libanais, les syriens et les palestiniens eux-mêmes, que sur « l'ennemi sioniste ». D'ailleurs, « l'état hébreu s'accommode fort bien des discours sur la résistance baassiste, qui n'a jamais été suivie d'effets par le passé », relève Ignace Leverrier, auteur du blog http://syrie.blog.lemonde.fr. Bien qu'inquiets de la déstabilisation de la Syrie, les israéliens préfèrent, jusqu'à aujourd'hui, « le diable qu'ils connaissent », selon l'expression employée par un responsable des services secrets israéliens. 

 

En dernier ressort, il faut souligner ce paradoxe, le soutien occidental aux rebelles syriens, décrié par les conspirationnistes « est d'autant plus absurde qu'ils n'en n'ont, pour l'heure, pas vu grand chose, contrairement à l'effort russe, iranien ou libanais, efficacement concentré sur le maintien de l'écrasante supériorité militaire du régime », déplore François Burgat. « Jalonné d'une longue série d'atermoiements, faite de promesses incertaines soumises à des exigences irréalistes (êtes-vous tous vraiment laïques ?) il est demeuré jusqu'à ce jour plus proche du baiser de la mort que de la main salvatrice ». 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 18:31

 

http://www.info-palestine.net/spip.php?article13925

 

Les putschistes égyptiens veulent faire tomber le Hamas

 

Mercredi 4 Septembre 2013

 

Middle East Monitor

 

Il semble que le coup d’État militaire en Égypte soit entré dans sa seconde phase. Les forces de sécurité affiliées au Général Abdel Fattah al-Sisi, commandant en chef des forces armées égyptiennes, a commencé à lancer des attaques graduelles visant à renverser le mouvement Hamas dans la bande de Gaza, soutenu par l’incitation des médias pro-Sisi. Quelques militants obscurs ont organisé entretemps des protestations contre le gouvernement dans la bande. On pense que les militants ont reçu des aides financières des Émirats Arabes Unis.

 

Le site d’informations « Secrets of Arabia » a observé les signes d’une campagne orchestrée, initiée par l’Égypte, pour attaquer le Hamas et renverser son gouvernement à Gaza. D’autres sources ont également affirmé que les Émirats Arabes Unis ont orchestré la campagne en collaboration avec l’ancien leader palestinien du Fatah, Mohammed Dahlan, qui travaille en tant que consultant pour le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed bin Zayed. Dahlan avait été expulsé de Gaza suite à une tentative avortée de renverser le gouvernement du Hamas démocratiquement élu.

 

Au cours des dernières semaines, les troupes égyptiennes ont lancé une vaste campagne contre les tunnels de contrebande. Ils servent à faire entrer des marchandises essentielles aux gazaouis, qui souffrent du blocus israélien draconien. L’information a également filtré selon laquelle les forces égyptiennes de sécurité ont ordonné de démolir plus de cinq cent maisons près de la frontière de la bande de Gaza et jusqu’à cinq cent mètres à l’intérieur du territoire égyptien.

 

L’opération de démolition des maisons palestiniennes sur la frontière avec Gaza est considérée comme une première en son genre dans l’histoire des relations égypto-palestiniennes. Dans la région, l’opération a suscité des inquiétudes d’une action militaire égyptienne possible contre le Hamas et les tunnels. Selon les résidents égyptiens de la zone, la communauté égyptienne pense que l’opération vise à renforcer le siège de Gaza.

 

Campagne médiatique haineuse

 

Les actions de l’armée égyptienne sont soutenues par une campagne sans précédent dans les médias égyptiens pro-coup d’État, qui appellent les palestiniens à se révolter contre le Hamas. C’est un cas évident et sans précédent d’une intervention directe dans les affaires intérieures de la Palestine. Dans le même temps, les mêmes médias critiquent les non égyptiens qui s’ingèrent dans les affaires politiques du Caire.

 

Tawfiq Okacha, une personnalité controversée dans les médias égyptiens, a surpris ses téléspectateurs ce samedi soir avec une sortie sans précédent contre les palestiniens de Gaza. Okacha a déclaré que les palestiniens devaient se soulever contre le Hamas et que l’armée égyptienne les soutiendraient militairement pour éliminer le mouvement de résistance islamique.

 

Okacha est proche du régime du général Sisi et c’est un éminent défenseur du coup d’État militaire. Il est largement admis parmi les égyptiens qu’Okacha reflète la position officielle de l’armée. Il reçoit ses instructions du ministère des armées, lequel finance sa chaîne de télévision al Faraein.

 

Tamarod Gaza

 

En attendant un nouveau mouvement dans la bande de Gaza a vu le jour sous le nom de Tamarod Gaza (Rébellion Gaza). Le mouvement a appelé les palestiniens dans la bande de Gaza à exprimer leurs protestations contre le régime du Hamas le 11 novembre prochain, et il a déclenché une controverse parmi les palestiniens.

 

La majorité des habitants de Gaza estime que ceux qui font partie de ce mouvement Tamarod Gaza sont une des pièces d’une contre-révolution conduite par les Émirats Arabes Unis pour inverser le cours des révolutions arabes et empêcher l’installation d’états islamistes dans le monde arabe. Le mouvement est similaire au mouvement Tamarod en Égypte, dirigé par l’égyptien Mahmoud Badr. Badr est connu sous l sobriquet de Mahmoud Cannabis en raison de son aveu d’une implication antérieure dans le trafic de cannabis. Badr entretient une relation solide avec les Émirats Arabes Unis et il a même pu rencontrer leur ministre des affaires étrangères, Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan .

 

Les palestiniens pensent aussi que Mohammed Dahlan a sa part de responsabilités dans les problèmes que connait le Sinaï égyptien, et que son objectif est d’entraîner l’armée égyptienne dans une confrontation avec Gaza. Dahlan est également soupçonné d’être un partisan du mouvement Tamarod Gaza, qui, comme dit plus haut, aspire à renverser le gouvernement du Hamas de la même façon que les frères musulmans ont été chassés du pouvoir en Égypte.

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 18:07

 

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/48887/les-journalistes-francais-enleves-depuis-trois-mois-en-syrie

 

Les journalistes français enlevés depuis trois mois en Syrie

 

Par Julien Monier

 

Jeudi 5 Septembre 2013

 

Didier François et Edouard Elias ont été enlevés en Syrie début juin. Alors que le cap des trois mois est atteint ce 6 septembre pour les deux journalistes, son comité de soutien entend monter d’un cran la mobilisation en faveur de leur libération, notamment en Essonne. 

 

Ce jeudi midi est inaugurée une banderole pour la libération de deux journalistes enlevés en Syrie, sur le fronton de l’immeuble du conseil général de l’Essonne à Evry. Après les communes de Grigny et Sainte-Geneviève-des-Bois, qui ont affiché des portraits de Didier François, journaliste à Europe 1, et Edouard Elias, photographe, le département souhaite « répondre à l’appel du comité de soutien » indique son président Jérôme Guedj dans un communiqué.

 

Ce geste de soutien marque une certaine montée en puissance de la mobilisation en faveur des deux journalistes en cette rentrée. Membre du comité de soutien en tant qu’ami de longue date de Didier François, Pascal Troadec, imprimeur à Grigny, fait le point sur la situation et détaille son rôle dans le comité :

 

« Je connais Didier François depuis les années 1980, on a milité ensemble dans les mouvements anti racistes et ceux qui ont débouché sur l’ébauche du droit au logement. Lui a continué dans le journalisme, mais on est resté en contact depuis lors. Cela m’a semblé normal de me mettre en mouvement, pour appuyer les familles qui ont demandé à Florence Aubenas d’être porte parole. Didier lui-même avait été très impliqué lors de son enlèvement. Mon rôle est plutôt de faire retravailler ensemble des gens qui étaient proches de Didier et qui se sont perdus de vue ces dernières années, pour faire s’intensifier la mobilisation ».

 

La question d’une intervention

 

Car les dernières actualités concernant les tensions entre la Syrie et les pays occidentaux fait s’inquiéter le comité, qui craint pour le sort des otages en cas de déclenchement d’une guerre. D’autant que peu d’informations circulent concernant le sort des deux journalistes. Enlevés le 6 juin sur la route d’Alep, on est depuis sans nouvelle d’eux. Laurent Fabius a indiqué fin août avoir « toutes les raisons de penser » que Didier François et Edouard Elias étaient en vie. Mais Pascal Troadec souligne tout de même « la situation syrienne particulièrement compliquée, ce qui ne facilite pas les contacts » avec les éventuels ravisseurs.

 

Même si le comité de soutien ne se prononce pas sur la question d’une possible intervention française et occidentale en Syrie, celui-ci craint qu’une guerre « rende le travail plus complexe, avec la loi des armes prédominante encore plus qu’aujourd’hui, et une voix des otages peu audible » affirme Pascal Troadec.

 

Le collectif a pris l’habitude depuis le mois de juillet, chaque 6 du mois, d’organiser un moment de mobilisation. Le 6 août des encarts presse ont été publiés dans plusieurs médias, et des rassemblements s’étaient déroulés. Vendredi 6 Septembre 2013, le comité de soutien donne rendez-vous sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Paris, à partir de 18 heures.

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 17:41

 

 

LES PROGRESSISTES ET LA SYRIE

 

Je diffusais récemment un message de Ramah Kudaimi relatif à la guerre de Syrie sous le titre « ne confondez pas l’Irak et la Syrie ».

 Le message de Ramah Kudaimi est contradictoire. Je ne connais pas Ramah Kudaimi, c’est apparemment un militant trostkyste des Etats Unis, le site original du message en anglais est le site états-unien www.mondoweiss.net, je ne connais pas ce site. 

La traduction de l’anglais vers le français est mauvaise. 

Par exemple, dans le message original en anglais, il y a la phrase « faking chemical weapons attacks is not needed ». On nous propose la traduction de cette phrase en anglais par la phrase suivante en français, « des armes chimiques truquées ne sont donc pas nécessaires ». On me permettra une autre traduction, par exemple « des attaques chimiques sous faux drapeau (célèbre expression de Thierry Meyssan) ne sont pas nécessaires ». Y a-t-il ou n’y a-t-il pas des armes chimiques en Syrie ? Y a-t-il ou n’y a-t-il pas utilisation de ces armes chimiques et, s’il y a utilisation de ces armes chimiques, qui sont les responsables de cette utilisation ? La condamnation des bombardements chimiques, la fameuse « ligne rouge » d’Obama et des démocraties occidentales, vaut-elle approbation des autres types d’armes de destruction massive ? Les deux traductions disent exactement le contraire l’une par rapport à l’autre. 

Dans cette affaire, tout est contradictoire. 

L’original du message en anglais est déjà disponible si on consulte deux sites.  

Il est disponible si on consulte le site www.mondoweiss.net à l’adresse ci-dessous 

http://www.mondoweiss.net/2013/08/dos-and-donts-for-progressives-discussing-syria.html 

Il est disponible si on consulte le site www.counterpunch.org à l’adresse ci-dessous 

http://www.counterpunch.org/2013/08/28/10-dos-and-donts-for-progressives-discussing-syria 

Le site de la revue Counterpunch n’est pas spécialement un site impérialiste. 

La version française est donc disponible si on consulte mon blog personnel et le site www.convergencedesluttes.fr  

Il est disponible si on consulte le site www.alencontre.org à l’adresse ci-dessous 

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/dix-remarques-pour-les-progressistes-qui-discutent-de-la-syrie.html 

Il est disponible si on consulte le site du NPA à l’adresse ci-dessous 

http://www.npa2009.org/node/38522 

Curieusement, il est disponible si on consulte le site de la FILPAC CGT à l’adresse ci dessous 

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article5823 

C’est tout pour un seul message. C'est déjà beaucoup. 

D’autres messages relatifs à cette question suivront.

 Bernard Fischer

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