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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 17:53

 

 

Violences à Bobigny en marge d'une manifestation pour Théo Luhaka (Reuters)

 

Des violences ont éclaté Samedi 11 Février 2017 à Bobigny, dans le département de la Seine Saint Denis, en marge d'une manifestation de soutien à Théo Luhaka, un jeune homme blessé lors d'une interpellation, des policiers essuyant des jets de projectiles tandis que des véhicules ont été incendiés.

La préfecture de police a annoncé dans un communiqué qu'aucun blessé n'était à déplorer parmi les manifestants et les forces de l'ordre, Samedi 11 Février 2017 à 20 heures, tout en précisant que « des effectifs de police ont dû intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu ».

Des bâtiments ont été dégradés et un véhicule de Radio Télévision Luxembourg (RTL) a été brûlé, a-t-on constaté sur place. Les affrontements se poursuivaient en début de soirée.

Selon la préfecture de police, quatre véhicules ont été incendiés et deux établissements commerciaux ainsi que la gare routière de Bobigny ont été dégradés.

Près de deux mille personnes s'étaient auparavant rassemblées près du tribunal de Bobigny en soutien à Théo Luhaka, blessé au visage, au crâne mais surtout au rectum lors de son interpellation le Jeudi 2 Février 2017 à Aulnay-sous-Bois, dans le département de la Seine Saint Denis, selon l'estimation de la police.

Les quatre policiers présents au moment de son arrestation ont été mis en examen, l'un pour viol, les trois autres pour violences volontaires.

Le président du département de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a condamné Samedi 11 Février 2017 « les débordements violents qui ont lieu en marge de la manifestation » et il a précisé que des bâtiments du conseil départemental avaient été visés.

« Alors que Théo Luhaka et sa famille ont appelé au calme et à la dignité, l'attaque de divers bâtiments publics ou véhicules est intolérable. La détermination de quelques individus à en découdre ne correspond en rien à un soutien à Théo Luhaka et sa famille, qui aspirent à là sérénité », poursuit-il dans un communiqué.

L'interpellation violente du jeune homme avait provoqué plusieurs nuits de tensions dans des villes françaises.

François Hollande s'était rendu Mardi 7 Février 2017 à son chevet et avait appelé à faire confiance à la justice.

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:35

 

http://www.revolutionpermanente.fr/De-quoi-Generation-Ingouvernable-est-il-le-nom

 

De quoi Génération Ingouvernable est-il le nom ?

 

Samedi 28 Janvier et Dimanche 29 Janvier 2017 se tenait à Paris la première rencontre à l’appel de Génération Ingouvernable. Ce sont plusieurs centaines de personnes qui ont débattu sur le week-end de la meilleure manière de perturber les élections présidentielles à venir. Si les participants partageaient le sentiment commun de ne pas se sentir représentés dans ces élections, force est de constater que les réponses à apporter étaient fortes différentes. Mais surtout, difficile de savoir pour l’instant sur quoi cela va-t-il déboucher.

La première chose à constater, c’est que la participation était au rendez-vous pour cet événement diffusé par la seule force militante, collages, réseaux sociaux et bouche à oreille. Samedi 28 Janvier 2017, nous avons compté environ deux cent cinquante personnes et, selon les organisateurs, l’événement aurait attiré quatre cent personnes sur les deux jours. Et parmi ces participants, nous avons pu voir une grande diversité de profils, différentes générations et différents parcours militants. Si nous pouvions dégager un point commun entre ces divers protagonistes, c’est peut-être celui d’avoir participé à la mobilisation contre la loi travail, bien souvent au sein du cortège de tête.

La réussite quantitative tient en grande partie à la préoccupation claire de massifier en amont de l’événement, une communication soignée, accompagnée d’une forte présence sur les réseaux sociaux, le tout sur un ton très pédagogique et accessible. A l’image du mot d’ordre Génération Ingouvernable, qui exprime l’idée de ne pas se sentir représentés par cette caste politique au pouvoir. Un sentiment qui est, dans ce contexte d’accumulations des scandales et des cinq ans d’attaque de la gauche, plutôt largement partagé dans la population.

Notamment, force est de constater que ce mot d’ordre tranche avec celui qui prévalait lors des précédents rassemblements, comme celui d'A l’abordage, un mot d’ordre offensif souvent illustré par des scènes d’émeutes. Sur le logo de Génération Ingouvernable, en revanche, nous ne trouvons ni affrontements, ni volonté claire d’en découdre. Sur l’affiche imprimée pour l’occasion, nous pouvons voir une foule, ni armée, ni cagoulée, faisant face à un ensemble symbolisant l’alliance de la police, de l’armée et des classes dominantes. Une idée, notamment, semble avoir disparu du paysage, celle que 2017 n’aura pas lieu.

Ces transformations sont directement issues du bilan critique que tiraient un certain nombre de militants après l’action ratée du 29 novembre 2016 visant à perturber la tenue des élections primaires de la droite, « les lignes politiques d’À l’abordage parlent énormément aux militants convaincus, mais elles peinent à résonner au-delà de l’entre-soi anarchiste. Comme cela a été proposé sur Blocus Paris, il faudrait se réunir pour offrir quelque chose de plus parlant aux électeurs désillusionnés, quelque chose de plus concret et positif que les affirmations abstraites qui ont tourné jusqu’ici. Organisons-nous en amont des élections présidentielles pour rester vraiment ingouvernables et pour porter des critiques basées sur des propositions tangibles ».

Cette volonté de s’adresser à d’autres secteurs et de sortir d’un entre soi proprement militant s’est traduit lors de ce weekend par l’expression d’un débat d’idées parfois contradictoires, où l’on a pu constater des prises de positions relativement différentes. Cependant, la forme d’organisation du débat s’est révélée être un obstacle à leur expression la plus complète.

L’absence d’un tour de parole, ou même d’une tribune élue, a parfois empêché toutes les voix de s’exprimer, entraînant par exemple des plaintes de la part de camarades n’étant pas de genre masculin.

Malgré cela, la diversité des positions est apparue de manière évidente entre certains participants qui voulaient organiser des comités de vigilance citoyens, convoquer une assemblée constituante ou avoir des méthodes d’action plus directes, perturbation de meetings, enfarinage des candidats et dégradation de permanences d’élus. La discussion du Samedi 28 Janvier 2017 a notamment pu apparaître à certains égards très clivée, entre les différentes méthodes proposées et une question centrale, « pourquoi sommes-nous là », et une interpellation qui revenait, régulièrement, « nous ne sommes pas à Nuit Debout ici ».

Cependant, comment s’étonner de cette pluralité de points de vue au vu de la préparation de cet événement dont la seule délimitation était de se dire ingouvernable, sous-entendu de ne pas se sentir représentés par le système politique actuel ? « Représentons nous nous-même » pouvait-on lire sur une banderole placardée dans la salle, une préoccupation qui n’était pas très éloignée de celles et ceux qui organisaient et participaient aux assemblées générales de Nuit Debout durant la mobilisation contre la loi travail. Dès lors, peut-on s’étonner d’y voir et des débats et des préoccupations similaires ?

Pourtant, si cela n’était jamais clairement annoncé, cela ressemblait à s’y méprendre au congrès de fondation d’une organisation qui prendrait le nom de Génération Ingouvernable.

A l’image de la première discussion du Samedi 28 Janvier 2017, intitulée « discussion stratégique pour poser des dates communes », si on peut à priori mal voir ce qu’il y a de stratégique dans une discussion sur les dates, qui est au contraire une question très technique ou tactique, le déroulé de la discussion, soigneusement maîtrisé par la tribune, apportait certains éléments de réponse. En effet, derrière les discussions sur les dates, il s’agissait en réalité d’une discussion sur le label que devait prendre ces différentes dates pour être se rendre visibles de manière commune, une discussion qui a débouché sur une autre, plus stratégique, celle de fonder un mouvement ou une organisation.

Un intervenant a même posé les pieds dans les plats, « les classes dominantes ont le parti, il nous faut le nôtre ». Une discussion habituellement taboue dans la tradition politique autonome, refusant de s’organiser dans un mouvement, et d’autant plus quand celui-ci prend le nom de parti. D’ailleurs, la discussion a pu susciter des réactions hostiles, sur des argumentaires plutôt classiques du mouvement autonome, prendre les mêmes formes que la politique dominante, c’est perdre sa capacité à les subvertir justement.

« Voter ou ne pas voter. Telle n’est pas la question ». Ainsi était intitulée la discussion du Samedi 28 Janvier 2017. Il faut dire que pour un certain nombre de participants, se dire ingouvernable ne signifiait pas de ne pas aller voter. Au contraire, plusieurs interventions ont revendiqué le vote pour Jean Luc Mélenchon pour transformer le système politique, voire expliqué qu’il voterait pour la gauche pour faire barrage à un scénario à la Donald Trump, comme il y a pu avoir lieu aux Etats-Unis récemment.

Si ces interventions ont parfois suscité des réactions outrées, elle ne semblait cependant pas déranger outre mesure les organisateurs du débat. Pour eux, voter aux élections ne leur semblait pas contradictoire avec le fait de participer à Génération Ingouvernable. Au contraire, ceux-ci espéraient bien que même les gens ayant voté viendraient perturber le soir du premier tour avec eux. Là était l’essentiel.

Pourtant, derrière les discours, nous voyons mal comment le fait de voter et de participer à Génération Ingouvernable pourrait être compatible. Et en premier lieu quand nous regardons l’activité proposée par les organisateurs à la fin du weekend, un autodafé électoral. Comment pourrait-on bien voter après avoir brûlé sa carte électorale ?

Surtout, le soutien à Jean Luc Mélenchon et le fait de remettre en cause de manière radicale ce système ne peut pas être compatible. Doit-on rappeler à ce propos, que dans le programme du candidat du mouvement de la France Insoumise, nous trouvons par exemple la proposition d’augmenter les effectifs de police ? Cette même police qui nous a réprimé durant la mobilisation contre la loi travail et qui sera évidemment en première ligne pour empêcher quiconque voudra se rendre ingouvernable. Tout cela, les organisateurs de ce débat le savent évidemment, mais ils ont choisi de ne pas l’assumer jusqu’au bout. Et c’est là l’une des principales critiques que nous pourrions faire à propos de ce week-end de débats. N’est-ce pas au contraire la tâche des révolutionnaires au contraire d’expliquer et du convaincre du fait qu’il n’est pas possible de réformer ce système, mais aussi, par exemple, de dévoiler ce qui se cache derrière la candidature de Jean Luc Mélenchon, les complaisances avec le patronat et les relents réactionnaires ?

Si depuis la mobilisation contre la loi travail, certains secteurs du cortège de tête semblent avoir opérer un certain nombre de clarifications d’ordre tactique et stratégique, force est de constater que celle-ci se font de manière implicite. Dès lors, le mot d’ordre de Génération Ingouvernable ne peut que prêter à confusion, au malentendu et limiter le débat. Les révolutionnaires doivent-ils passer à l’action directe maintenant ou tenter de convaincre d’abord de larges franges de la population de l’actualité et de la nécessité de l’insurrection, pourquoi et comment ? Doivent-ils s’organiser dans un parti ? Quel comportement doivent-ils avoir face aux élections ? Autant de questions légitimes, vitales même pour celles et ceux qui prétendent renverser ce système.

Ces questions, pour être débattues et tranchées, doivent se faire à visage découvert et à destination du plus grand nombre. Débattre en tant que révolutionnaires, débattre de stratégie, et non pas en tant que citoyens ou autres nuitdeboutistes, constitue une voie obligatoire pour forger des militants convaincus et préparés, non seulement pour construire les soulèvements à venir mais surtout pour permettre de les convertir en une véritable révolution. Malgré ses limites, le weekend de Génération Ingouvernable apparaît comme une première tentative en ce sens. Cependant, force est de constater que l’on ne sait pas, pour l’instant, de quoi il est le nom. Un débat à continuer donc.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:11

 

http://www.melenchon.fr/2017/02/09/le-telephone-rose-na-pas-sonne

 

Le téléphone rose n’a pas sonné

 

Par Jean Luc Mélenchon

 

Jeudi 9 février 2017

 

Je ne lui en veux pas. Benoît Hamon n’a pas eu le temps de me téléphoner depuis sa victoire contre Manuel Valls. Pourtant il disait dans sa campagne qu’il me contacterait dès le lendemain du vote interne au Parti Socialiste. De toute façon, je suis à la campagne cette semaine. Je ne lui en veux pas car j’aurai mal pris d’être calé entre un rendez-vous chez Bernard Cazeneuve, un autre chez François Hollande ou bien juste derrière sa rencontre avec le groupe des parlementaires du Parti Socialiste, à qui il fut dit que la démarche vers moi est essentiellement destinée à me marginaliser. Je préfère cette pause dans les postures car l’image serait très brouillée et négative pour moi si je figurais dans une telle série. En effet, un nombre considérable de gens ne supportent plus l’idée de voter pour le Parti Socialiste, quel que soit l’emballage. Un nombre remarquable de gens n’ont aucune envie de se faire faire une deuxième fois le coup du Bourget ou de la renégociation du traité européen. Ces personnes savent avec quel aplomb un candidat du Parti Socialiste peut mentir sur les sujets essentiels et tromper tout le monde sans vergogne. Nous avons payé pour voir.

Je crois que bien des politiciens ne comprennent rien à cet état d’esprit protestataire. Ils pensent qu’un peu de pipeau unitaire couvrira bien vite les protestations. La tentation est forte pour ceux-là de jouer le numéro classique de celui qui refuse l’unité sera électoralement puni. C’était le grand must des années de l’union de la gauche. Mais celle-ci avait été construite en vingt ans au moins. Et elle s’appuyait sur une classe ouvrière et une nouvelle classe moyenne nombreuse, socialement structurée politiquement liée à une superstructure dense de syndicats, d’associations et de partis influents et organisés. Ce monde a disparu.

La conscience du ridicule d’un programme commun imaginé, écrit, et signé soixante dix jours avant le premier tour des élections présidentielles n’a pas l’air d’effleurer ceux qui s’y abandonnent. Et comment gérer un programme commun quand le Parti Socialiste n’a toujours pas le sien, en propre et que Benoît Hamon l’annonce pour le mois de mars 2017 ? Au passage, je me demande où sont passées toutes les bonnes âmes qui glapissaient le programme d’abord, le casting après, il y a de cela quelques mois.

Les incantations unitaires ne prennent pas en compte qu’en mettant le doigt dans la tambouille des cartels de partis nous détruirions le rassemblement que nous avons construit. Cela n’a rien à voir avec la compétition des personnes candidates. Ce qui est en jeu c’est l’appréciation qu’on se fait du moment politique et de l’état des consciences. Il est vrai qu’il existe une gauche traditionnelle à qui les raisonnements des années 1970 et des années 1980 parlent toujours quand bien même aucune des bases sociales et psychologiques de l’époque n’existent plus. Je ne méprise pas ce fait. Je tâche de lui répondre sur des bases rationnelles de conviction. Mais ce secteur méconnaît gravement la crise morale qui a déchiré les profondeurs de la société et notamment les milieux populaires du fait de la politique menée par la gauche au gouvernement.

Lorsque je demande des garanties de bonne foi à Benoît Hamon, je ne pose pas des problèmes de personnes comme l’affirme si frivolement Cécile Duflot. Je rends compte d’une exigence populaire que n’importe qui peut entendre autour de lui sitôt qu’il sort du premier cercle des belles personnes. Et je crois que je fais bien. Car la lecture détaillée de ce qu’on me dit est souvent très perturbante. Ainsi quand je pose la question du refus des candidatures du Parti Socialiste aux élections législatives pour les responsables du désastre quinquennal. La réponse de Cécile Duflot interrogée à mon sujet est typique, « il se trompe en posant la question des personnes. Il ne faut fermer la porte à personne. Si Myriam el Khomri accepte le fait qu’il faut abroger une large partie de sa loi et qu’elle est d’accord sur la politique que nous voulons mener ». Vous avez bien lu. Ce serait une question de personne et pas une question politique. Et l’abrogation de la loi travail ne concernerait qu’une partie de celle-ci, certes large. Cette impression de faire l’objet d’un piège dans lequel mon accord servirait de caution à une amnistie générale des anciens ministres ne se dissipe pas facilement. Surtout quand je lis qu’il s’agit de me siphonner, de creuser le trou avec moi et ainsi de suite.

Certes, de mon côté je ne veux pas passer l’occasion que présente l’investiture de Benoît Hamon. Il peut être l’homme qui fera le ménage au Parti Socialiste. Celui qui changerait du tout au tout le cap de ce parti. Il faut en faire le pari. Il est très important pour nous que la droite du Parti Socialiste soit progressivement soumise ou expulsée par un courant de gauche de ce parti, si approximatif soit-il. Il faut donc l’y aider, sans illusion, certes, mais franchement. Il y a une volonté populaire de ce côté. En effet l’étude des votes montre que la moitié des participants au vote de cette élection primaire du Parti Socialiste n’était pas membre ni sympathisante des partis au gouvernement. Et parmi eux un bon nombre venait de nos rangs en dépit de tout ce que j’ai pu dire avec d’autres pour demander aux nôtres de ne pas participer à cette consultation. Il est donc évident que la demande numéro un des participants est de dégager Manuel Valls, non pour des raisons de personne, encore une fois, mais par opposition à la politique gouvernementale qu’il incarne. C’est cette politique qu’il faut extirper du Parti Socialiste pour que ce parti puisse encore servir à quelque chose dans le futur.

Le jour venu, je verrai Benoît Hamon. Je l’ai dit depuis le début. Je suis prêt à boire le café et à écouter comment il répond à nos exigences de clarté. En effet, il ne peut prétendre à la fois nous tendre la main et recycler dans sa campagne tout le Parti Socialiste dont nous avons combattu la politique ces dernières années. Je l’ai dit plusieurs fois ces derniers jours. Je le redis bien volontiers et très tranquillement, discuter oui, mais participer à des combines non. En effet, Benoît Hamon parle de former une majorité gouvernementale. Mais on ne peut pas former une majorité gouvernementale cohérente et stable sans avoir tranché avant les grandes questions. Je ne prends qu’un exemple. Comment prétendre demain abroger la loi travail en reconduisant la masse des députés qui l’ont soutenue hier ? En tant que frondeur, Benoît Hamon est bien placé pour savoir que quand c’est flou, il y a un loup, et que cela finit par créer toute sorte de difficultés. L’une, et non la moindre, est qu’il s’agit de gouverner un grand pays sur un programme audacieux. Comment pouvoir le faire si nous embarquons comme députés autant de gens qui sont absolument hostiles à cette politique ?

Pourtant, les premiers signes donnés allaient tous dans le sens d’une nouvelle tentative de synthèse à la sauce hollandaise bien connue. Sa première semaine de candidat du Parti Socialiste l’a ainsi conduit à aller rencontrer, à sa demande, le premier ministre Bernard Cazeneuve puis François Hollande. Sur la deuxième chaîne de la télévision française, Lundi 30 Janvier 2017, il a ainsi déclaré n’avoir jamais considéré que le bilan du quinquennat était indéfendable et ce contrairement à ce que disait, par exemple, Arnaud Montebourg dans l'élection primaire. Il ne cesse de répéter qu’il faut se tourner vers l’avenir. Comment est-ce possible avec ceux qui défendent le passé ?

En réponse à ma question concernant la cohérence de sa candidature avec celles que le Parti Socialiste propose aux élections législatives du mois de juin 2017, Benoît Hamon a aussi été très clair. C’était dans une vidéo en direct sur sa page Facebook le Jeudi 2 Février 2017. Un internaute lui a demandé s’il soutenait la candidature de Myriam el Khomri pour être députée du dix huitième arrondissement de Paris au mois de juin 2017. La réponse de Benoît Hamon est claire, « on peut avoir combattu la loi travail sans considérer que le rassemblement ne se fait qu’à la condition d’offrir la tête politique de qui que ce soit ».

A-t-on bien compris que Myriam el Khomri a le soutien de Benoît Hamon pour les élections législatives ? Évidemment, cet argument d’offrir les têtes vise à nous faire passer pour des guillotineurs. Ce ne sont évidemment pas des têtes qu’il faut trancher mais les contradictions et les grandes questions politiques du moment. J’ai déjà dit que je ne demandais pas de têtes sur des piques mais juste qu’on ne se paie pas la tête des gens qui ont déjà été beaucoup trompés.

Myriam el Khomri n’est évidemment pas la seule concernée. C’est une logique politique qui est en cause. On ne peut prétendre former une majorité cohérente pour abroger la loi travail tout en proposant d’élire Myriam el Khomri comme députée. On ne peut prétendre écrire une nouvelle page en reconduisant Manuel Valls dans sa circonscription d’Évry. On ne peut faire battre le cœur de la gauche en proposant aux électeurs de réélire Stéphane Le Foll dans la Sarthe ou Michel Sapin dans l’Indre. Et comment croire aux promesses de réorientation de l’Union Européenne par ceux-là même qui ont approuvé la non-renégociation du traité budgétaire de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel en 2012 ?

Le journal le Monde a compté, pas moins de seize ministres actuels sont présentés par le Parti Socialiste pour les élections législatives du mois de juin 2017, sans compter les trois que je viens de citer à l’instant. Ce sera donc une vingtaine au total. Sont par exemple déjà investis outre Myriam el Khomri, le très vallsiste Jean-Marie Le Guen, le ministre des budgets d’austérité Christian Eckert, la ministre du burn-out des hôpitaux Marisol Touraine, les ministres de la reconduction de l’état d’urgence et des violences policières non sanctionnées Jean-Jacques Urvoas et Bruno Le Roux.

La question est encore plus profonde que cela. Le Parti Socialiste a investi déjà quatre cent candidats aux élections législatives sur les cinq cent soixante dix sept circonscriptions du pays. Un citoyen a fait un décompte très précis des engagements des uns et des autres. Le résultat est sans appel. Parmi les quatre cent candidats du Parti Socialiste, les deux-tiers ont été des soutiens actifs et enthousiastes de toutes les mesures des gouvernements de Jean Marc Ayrault et de Manuel Valls, traité budgétaire européen en 2012, pacte de responsabilité et crédit d’impôt compétitivité, loi d'Emmanuel Macron et loi travail. Cela représente deux cent cinquante cinq candidats. À l’inverse seuls quatorze pour cent des candidats, soit une cinquantaine, ont émis des critiques régulières. Les autres ont savamment évité de prendre des positions trop claires. C’est encore plus édifiant si l’on regarde uniquement les députés sortants réinvestis. Là, ce sont quatre vingt six pour cent des députés sortants réinvestis qui ont approuvé la ligne de François Hollande depuis 2012. Soit cent quarante trois députés que Benoît Hamon et le Parti Socialiste proposent donc de reconduire.

Comment former une majorité gouvernementale avec un tel attelage ? Est-ce avec toutes ces personnes élues ou réélues demain députés que Benoît Hamon entend appliquer son programme ? Compte-t-il réellement faire autre chose que la politique menée depuis cinq ans en s’appuyant sur ceux qui ont décidé et mis en œuvre cette politique ? Ce n’est pas crédible. Faudra-t-il espérer qu’à notre tour nous devions agir demain en monarques et recourir à son tour au quarante neuvième article de la constitution pour imposer à notre future majorité cohérente les mesures emblématiques de son projet comme l’abrogation de la loi travail ? Ce serait un comble. Faut-il alors se préparer à l’abandon programmé du projet de Benoît Hamon ?

La paralysie est déjà là. Jeudi 2 Février 2017, à l'assemblée nationale, le Parti Socialiste s’est auto-bloqué sur un sujet aussi important que l’accord de libre-échange avec le Canada. Les députés issus du Front De Gauche (FDG) avaient déposé une résolution exigeant un référendum en France sur ce traité. Ce traité doit être soumis au vote du parlement européen, Mercredi 15 Février 2017, puis à la ratification dans chacun des états membres. La question est donc d’une brûlante actualité. Et qu’ont fait les députés du Parti Socialiste ? Ils se sont abstenus parce qu’ils n’étaient pas d’accord entre eux. Faut-il voir là un avant-goût de ce que serait un quinquennat à la sauce de synthèse qui nous est proposé ?

Je vais plus loin. Benoît Hamon propose d’abroger la loi travail. Puisqu’il est convaincu de pouvoir le faire demain tout en reconduisant les députés qui ont soutenu cette loi en 2016, je pose une question, pourquoi attendre ? Puisque le candidat du Parti Socialiste veut abroger cette loi et que le Parti Socialiste gouverne encore, pourquoi Benoît Hamon n’exige-t-il pas de son parti qu’il abroge la loi travail avant la fin du mandat ? C’est encore possible. Cela montrerait sa capacité à rompre vraiment au-delà des paroles. Cela montrerait sa capacité à convaincre les députés du Parti Socialiste de se déjuger de leurs votes d’hier. La confiance et l’union ne décrètent pas depuis des tribunes. Elle se construit ou elle se rompt au moment de passer aux actes.

Benoît Hamon, choisissez. C’est maintenant qu’il vous faut donner son sens à votre victoire aux élections primaires. Sinon vous verrez bien vite comment vous allez être auto-bloqué par le jeu des courants et sous courant. Je ne suis pas le seul à penser de cette façon. Cécile Duflot, votre alliée acquise le dit aussi à sa façon, « la question de fond posée par Jean Luc Mélenchon est celle de la cohérence. Et là-dessus il a raison ».

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:37

 

http://www.cadtm.org/Les-defis-pour-la-gauche-dans-la

 

Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

 

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, voici dix propositions pour la mobilisation sociale et l’action d’un gouvernement réellement au service du peuple à mettre en œuvre immédiatement et simultanément.

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, nous pensons à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire que « nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d’austérité et pour entreprendre la transition écologique ». Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

La deuxième proposition est de s'engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué en 2015 en Grèce et en Europe. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations qui certes eurent lieu, mais qui ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand le gouvernement d'Alexis Tsipras a appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de soixante et un pour cent des grecs, qui avaient refusé d’obéir aux exigences des créanciers et avaient rejeté leurs propositions. Rappelons-nous qu’à partir de la fin février 2015 et jusque fin juin 2015, Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras ont fait des déclarations qui visaient à convaincre l’opinion qu’un accord était en vue et que les choses s’arrangeaient. Imaginons au contraire qu’après chaque négociation importante, ils aient expliqué les enjeux, au travers de communiqués, par des déclarations orales aux médias, par des prises de parole sur les places publiques, devant le siège des institutions européennes à Bruxelles et ailleurs. Imaginons qu’ils aient fait la lumière sur ce qui se tramait, cela aurait abouti à des concentrations de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, les réseaux sociaux auraient relayé à des centaines de milliers ou des millions de destinataires ce discours alternatif.

La troisième proposition est de s'engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Les situations dans les vingt huit pays de l’Union Européenne sont différentes, de même bien sûr à l’intérieur de la zone euro. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce dans le but de répondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C’est aussi un élément clé d’une stratégie d’autodéfense. En Espagne, au Portugal, à Chypre et en Irlande, cela dépend du rapport de force et de la conjoncture. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

La quatrième proposition est de mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus de ce montant.

La cinquième proposition est de socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Il s’agit d’une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

La sixième proposition est la création d’une monnaie complémentaire, non convertible et l’inévitable débat sur l’euro. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics. Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque Centrale Européenne (BCE). Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue par les partis, les syndicats et d’autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en œuvre une réforme monétaire redistributive, soit appliquer un impôt exceptionnel progressif au-dessus de deux cent mille euros. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier évoqué dans la septième proposition.

La septième proposition est une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité, le gaz et l’eau, pour ces trois derniers, jusqu’à un certain niveau de consommation par individu, et d’autres biens de première nécessité. Par contre, nous proposons une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau, autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d’habitation devrait être exonérée d’impôt en dessous d’un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La réforme de la fiscalité doit produire des effets immédiats, une baisse très sensible des impôts indirects et directs pour la majorité de la population et une augmentation très sensible pour les dix pour cent les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait intensifiée.

La huitième proposition, ce sont les déprivatisations. C'est de racheter les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

La neuvième proposition est la mise en œuvre d’un vaste plan d’urgence pour la création d’emplois socialement utiles et pour la justice. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire abusive, des dispositions qui concernent en priorité des pays comme l’Espagne, l’Irlande et la Grèce. Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès, car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques. Un parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à cent cinquante mille euros par exemple et mettre ainsi un terme à des procédures judiciaires. Il s’agit aussi de mettre en œuvre un vaste programme de dépenses publiques afin de relancer l’emploi et l’activité socialement utile en favorisant les circuits courts.

La dixième proposition est d'entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une assemblée constituante. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont dix propositions de base à soumettre au débat. Mais une chose est certaine, les mesures à prendre doivent aller à la racine des problèmes et elles doivent être appliquées simultanément car il faut un programme cohérent. En l’absence de la mise en œuvre de mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec les politiques d’austérité. Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l’on peut éviter cela sont des enfumeurs qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Au niveau européen, la nature de l’architecture européenne et l’ampleur de la crise du capitalisme font qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. L’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doivent venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin de l’anticapitalisme. La transition écosocialiste est une nécessité absolue et immédiate.

 

Premiers signataires

 

Éric Toussaint, Daniel Albarracín, Marina Albiol, Josep Maria Antentas, Rommy Arce, Raúl Camargo, Manuel Gari, Teresa Rodríguez, Carlos Sanchez Mato, Miguel Urbán Crespo, Olivier Besancenot, Eric Coquerel, Pierre Cours-Salies, Léon Crémieux, Alexis Cukier, Pierre Khalfa, Djordje Kuzmanovic, Myriam Martin, Jean-François Pellissier, Corinne Morel Darleux, Christine Poupin, Catherine Samary, Patrick Saurin, Tassos Anastassiadis, Aris Chatzistefanou, Nikos Chountis, Zoe Konstantopoulou, Stathis Kouvelakis, Costas Lapavitsas, Yorgos Mitralias, Antonis Ntavanelos, Leonidas Vatikiotis, Zbigniew Marcin Kowalewski

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 17:41

 

http://www.elmundo.es/espana/2017/02/12/58a02dbe46163fd3688b45f5.html

 

Victoire de Pablo Iglesias contre Inigo Errejón

 

Après les résultats du deuxième congrès de Podemos, Inigo Errejon se met à la disposition de Pablo Iglesias

Fin du débat, Pablo Iglesias a obtenu une nette victoire contre Inigo Errejón et il pourra diriger Podemos comme il le voudra. Le leader de Podemos aura une majorité de soixante pour cent du comité de direction et ses documents ont obtenu plus de cinquante pour cent des voix, contre trente trois pour cent pour son numéro deux.

Après les problèmes des dernières semaines, les militants de base ont accordé à Pablo Iglesias un soutien massif et lui ont laisser les mains libres pour diriger le cours politique du Podemos avec son équipe de fidèles, comme Irene Montero, Pablo Echenique ou Rafael Mayoral.

La victoire des pablistes a été si importante que dans le même temps elle représente également un test décisif pour l'intégration du second courant du parti, qui dans ce vote a obtenu beaucoup moins de voix que prévu. Pablo Iglesias a cité Inigo Errejón quand il a parlé d’unité, mais il reste à voir si son discours comme secrétaire général nouvellement réélu donne quelques indices qui pourront au moins apaiser les craintes de purges des errejonistes.

Les données sont très claires, elles ne sont pas discutables et elles sont fortement légitimées par le niveau élevé de la participation des militants de Podemos, le plus grand dans l'histoire de Podemos, avec plus de cent cinquante et un mille votants. Par conséquent, les premières réactions des partisans d’Inigo Errejón sont « d’assumer les résultats ». Ils ont reçu un coup fort, parce que Pablo Iglesias a maintenant les mains libres pour appliquer les résultats.

Un conseil citoyen pabliste

Pablo Iglesias obtient un contrôle absolu du conseil citoyen, le comité de direction de Podemos, qui se compose de soixante deux membres élus. L'équipe du secrétaire général obtient trente sept conseillers tandis que l’équipe d’Inigo Errejón obtient vingt trois conseillers. Et pour la première fois, le courant des actuels anticapitalistes obtient deux conseillers.

Au sein du conseil des citoyens siègent également le secrétaire général, Pablo Iglesias, et les leaders territoriaux. Cela ne change pas l'équilibre, parce qu'au moins huit leaders territoriaux sont des pablistes et trois d’entre eux sont des errejonistes. Les autres sont proches des anticapitalistes ou bien des indépendants.

Les membres du conseil des citoyens les plus connus sont les representants de tous les courants, Inigo Errejón, Irène Montero, Pablo Echenique, Rafael Mayoral, Rita Maestre, Miguel Urbán et Juan Pedro Yllanes. Il y a aussi une grande surprise, l'acteur Pepe Viyuela , qui conduit symboliquement la liste des errejonistes.

Pablo Iglesias promet l'unité et l'humilité

La victoire de Pablo Iglesias peut également être mesurée dans un aspect symbolique. Inigo Errejón n'a même pas été le deuxième conseiller qui a obtenu le plus de voix. Cela a été le secrétaire à l’organisation, Pablo Echenique, ce qui signifie un soutien supplémentaire à l'équipe de Pablo Iglesias, donnant encore plus de force à sa victoire.

Pendant ce temps, dans son discours après sa réélection en tant que secrétaire général, Pablo Iglesias a promis « unité et humilité », parce qu'il a dit que c’était le message des militants et que c’était la meilleure façon d'être utile. « Nous avons reçu un mandat et nous allons l’appliquer », a-t-il promis.

Avec un ton plus solennel, Pablo Iglesias a promis que « l'unité et l'humilité » vont présider l'attitude de Podemos pour relever de nouveaux défis, la défense du droit de décider, les droits de l'homme, être les meilleurs députés du parlement, continuer à s’opposer au Parti Populaire, gagner les élections et gouverner pour changer l'Espagne avec son peuple et ses peuples.

« Nous ferons certainement beaucoup d'erreurs. C’est impossible de ne pas en faire quand nous prenons des décisions mais, je vous le promets, nous ne nous tromperons pas de côté », a-t-il proclamé, se référant au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et à son abstention face à Mariano Rajoy.

Pablo Iglesias a dit qu'à partir de maintenant Podemos sera plus ferme, féministe et unitaire. « Aujourd'hui, nous sommes plus forts et nous avons plus d’expérience », a-t-il dit, dans l'espoir que sa victoire écrasante serve à fermer la porte à la crise de l'année dernière. Et il a terminé son discours en disant « l’unité et l'humilité jusqu'à la victoire ».

Pablo Iglesias change également le modèle du parti

Le secrétaire général de Podemos a obtenu ce week-end tout le pouvoir dans une organisation conçue à sa convenance. Les militants ont livré pleinement le parti à son fondateur et dirigeant, dont les quatre documents, politiques, organisationnels, éthiques et pour l’égalité, ont obtenu toujours plus de cinquante pour cent des voix de plus de cent cinquante cinq mille votants.

Il faut signaler en particulier la victoire du document politique de Pablo Iglesias, qui a obtenu cinquante six pour cent des voix contre trente trois pour cent des voix pour celui d’Inigo Errejon et neuf pour cent des voix pour celui des anticapitalistes.

Lors du vote des documents organisationnels, l'équipe du secrétaire général obtient cinquante quatre pour cent des voix contre trente quatre pour cent des voix pour le document d’Inigo Errejón et dix pour cent des voix pour le document des anticapitalistes. Pour le vote des documents éthiques, Pablo Iglesias gagne à nouveau avec un pourcentage similaire, cinquante trois pour cent des voix, contre trente trois pour cent des voix pour le document d’Inigo Errejón et onze pour cent des voix pour le document de Miguel Urbán et de Teresa Rodriguez.

Cela signifie que Pablo Iglesias a les mains complètement libres pour faire ce qu’il veut de Podemos, parce qu’il a presque deux fois plus de voix qu’Inigo Errejón, aussi bien dans ses propositions politiques que dans ses propositions organisationnelles. A partir de maintenant, dans cette phase de maturation du parti, le secrétaire général aura beaucoup plus de pouvoir que le leader du Parti Populaire ou bien celui du PSOE, par exemple, et qu’il pourra, avec l'approbation de ses militants, prendre des décisions par-dessus le conseil citoyen, dans un modèle ultra présidentialiste.

Les militants ont décidé d'accorder les pleins pouvoirs au puissant secrétaire général, comme dans les trois premières années de la vie de Podemos. Le secrétaire général, par exemple, a la pleine capacité de convoquer des référendums militants. Il peut modifier les statuts de Podemos, protégeant les pouvoirs du leader.

Inigo Errejón a dit que, comme cela a été le cas jusqu'à présent, les principes fondamentaux, tels que des alliances pré et post électorales, nécessitent une consultation obligatoire des militants de Podemos. Les partisans du numéro deux proposent la décentralisation et la déconcentration des décisions, ce qui donne plus de pouvoir au conseil citoyen et aux organismes régionaux, comme cela se produit dans le PSOE, et moins de pouvoir au leader. C’est un modèle plus parlementaire et moins césariste.

Pablo Iglesias, cependant, refuse de reproduire un modèle similaire à celui du PSOE, dans lequel les secrétaires généraux régionaux, ceux qu’on appelle les barons, accumulent beaucoup de pouvoir et le contrôle du parti et sont un véritable contrepoids au secrétaire général.

Opposition à toute fusion avec Izquierda Unida

La victoire de Pablo Iglesias soulève également de nombreux autres aspects nouveaux. Parmi eux, il y a l’opposition à toute éventuelle fusion avec Izquierda Unida. Le secrétaire général a proposé que « la fusion avec une autre organisation devra être approuvée par les deux tiers des militants et des cercles actifs ».

En outre, il y a également la limitation des charges de Podemos. Pablo Iglesias a fait valoir qu'une seule personne ne peut occuper « une charge interne et une charge externe » en même temps. Cette proposition concerne des membres de tous les courants actuels. Inigo Errejón a également repris cette proposition.

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:26

 

Donald Trump dit qu'il respectera le principe de la Chine unique (Reuters)

 

Le président américain Donald Trump a fait savoir à son homologue chinois Xi Jinping qu'il avait changé d'avis et qu'il respecterait le principe de la Chine unique, une déclaration de nature à apaiser les relations entre Washington et Pékin, très attaché à ses revendications sur Taïwan.

Donald Trump avait mis Pékin en colère au mois de décembre 2016 et s'entretenant avec la présidente de Taïwan. Il avait expliqué que les Etats-Unis n'étaient pas forcément tenus de se conformer à ce principe respecté depuis quarante ans par les Etats-Unis et qui consiste à s'aligner sur la position de la Chine communiste selon laquelle il y a une seule Chine dont Taïwan a vocation à faire partie.

Un communiqué de la Maison Blanche indique que les deux présidents ont eu une longue conversation, Jeudi 9 Février 2017, quelques heures avant une rencontre prévue entre Donald Trump et le premier ministre japonais Shinzo Abe.

La Maison Blanche a décrit l'entretien téléphonique, le premier depuis l'investiture du nouveau président américain le Vendredi 20 Janvier 2017, comme extrêmement cordial.

« A la demande du président Xi Jinping, le président Donald Trump a accepté de respecter le principe de la Chine unique », dit le texte.

La présidente taïwanaise Tsai Ingwen a déclaré par voie de communiqué qu'il était dans l'intérêt de son pays de maintenir de bonnes relations avec les Etats-Unis et la Chine.

En Chine, dit-on dans les milieux diplomatiques à Pékin, on craignait une humiliation du président Xi Jinping au cas où la conversation téléphonique entre les deux dirigeants aurait mal tourné et où les détails en auraient été divulgués par la presse.

Le cas s'est produit la semaine dernière après un entretien téléphonique difficile entre le premier ministre australien Malcolm Turnbull et Donald Trump à propos de l'immigration. Le Washington Post s'en est fait l'écho et les relations se sont tendues entre les deux pays pourtant alliés.

La question de Taiwan est la question la plus sensible de toutes pour la Chine. Dans leur conversation, les deux chefs d’état ont mentionné qu'une fois résolue la question de la Chine unique, leurs relations pourraient se normaliser.

« Des représentants des Etats-Unis et de la Chine vont engager des discussions sur une série de questions intéressant les deux pays », indique le communiqué.

Xi Jinping a déclaré par l'intermédiaire du ministère chinois des affaires étrangères qu'il avait été sensible à l'engagement pris Jeudi 9 Février 2017 par Donald Trump.

« Je crois que les Etats-Unis et la Chine sont des partenaires qui coopèrent et que nous pourrons, grâce à des efforts conjoints, améliorer nos relations à un niveau inédit », a déclaré Xi Jinping.

« Le développement de la Chine et des Etats-Unis peuvent absolument être complémentaires et avancer de concert. Les deux parties peuvent absolument devenir de très bons partenaires de coopération », a ajouté le président.

La Chine se montre particulièrement méfiante envers la présidente taïwanaise, dont le parti démocrate progressiste (DPP) est favorable à l'indépendance officielle de l'île, ce qui constitue une ligne rouge à ne pas franchir pour Pékin.

La Chine revendique la souveraineté sur Taïwan depuis 1949, depuis la victoire des communistes de Mao Tsétoung sur les forces nationalistes de Tchang Kaïchek qui, après leur défaite, se sont repliées dans l'île de Taïwan pour fonder la république de Chine.

Les Etats-Unis, qui ont d'abord reconnu Taïwan, ont modifié leur politique en 1979 sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, pour reconnaître la Chine communiste.

L'avocat James Zimmerman, ancien chef de la chambre américaine de commerce en Chine, explique que Donald Trump n'aurait jamais dû aborder en premier la question de la Chine unique.

« Il y a bien sûr un moyen de négocier avec les chinois, mais les menaces concernant leurs intérêts vitaux et fondamentaux sont d'emblée contre-productives », déclare l'avocat par courriel.

« Au final, Donald Trump a confirmé à la face du monde qu'il n'est qu'un tigre de papier, un zhilaohu, quelqu'un qui semble menacer, mais qui est totalement inefficace et incapable de supporter une difficulté ».

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:11

 

https://www.francebleu.fr/infos/international/manifestation-dans-le-calme-pour-plusieurs-milliers-de-kurdes-strasbourg-1486814609

 

Manifestation dans le calme de quinze mille à vingt mille kurdes à Strasbourg

 

Par Romane Porcon et Olivier Vogel

 

Ils sont près de vingt mille kurdes à défiler Samedi 11 Février 2017 dans les rues de Strasbourg, la capitale européenne. C'est un défilé dans le calme. Comme chaque année depuis dix huit ans, les militants réclament la libération de leur leader Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie et plus de libertés pour le peuple kurde.

 

Manifestation dans le calme à Strasbourg Samedi 11 Février 2017 de quinze mille à vingt mille kurdes qui participent au défilé annuel des kurdes d'Europe. L'ambiance est festive pour le cortège avec de la musique et les drapeaux déployés. Cette semaine, des incidents avec des membres de la communauté turque pro gouvernementale ont eu lieu à Sarre Union et à Saverne. Le cortège sous surveillance policière, dispose de son propre service de sécurité, Samedi 11 Février 2017, pour éviter tout débordement.

 

Les militants se sont d'abord réunis dans le quartier de la gare de Strasbourg avant de rejoindre le quartier de la Meinau. Un meeting doit se tenir Samedi 11 Février 2017 en début d'après-midi place des Vanneaux. Les années passent, les slogans restent. « Libérez Abdullah Öcalan » crient les manifestants. Depuis dix huit ans, ils réclament la libération de leur leader Abdullah Öcalan, capturé à Nairobi en 1999 et condamné en Turquie à la prison à perpétuité. Ils s'en prennent également à l’état turc, ils réclament la libération de tous les prisonniers politiques en Turquie et ils demandent également un statut pour le Kurdistan. L'année dernière, quinze mille personnes avaient participé au défilé.

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 15:54

 

http://www.alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-podemos-a-la-croisee-des-chemins.html

 

http://www.vientosur.info/spip.php?article12195

 

Podemos à la croisée des chemins

 

Par Manuel Gari, économiste, membre de Podemos, d’Anticapitalistas et du conseil de rédaction de Viento Sur

 

Jeudi 9 Février 2017

 

Toute personne qui n’est pas un initié des labyrinthes internes de l’élite de Podemos ne peut comprendre les clés du débat dans le débat qui se déroule de manière publique et ininterrompue entre les errejonistes et les pablistes. C’est d’autant plus incompréhensible quand la conjoncture est optimale pour consolider Podemos qui se situe au deuxième rang dans les intentions de vote et au premier parmi les partis d’opposition au Parti Populaire de Mariano Rajoy avec la possibilité à venir de former un gouvernement.

Le capital de confiance accumulé en faveur de Podemos peut s’évaporer si, lors de son deuxième congrès, l’organisation ne sort pas avec un projet politique clair visant à empêcher qu’il y ait une résolution de la crise de 1978, qui n’est pas une crise de l'état, en particulier de sa clé de voûte, le bipartisme. Ce qui déboucherait sur un processus dur et difficile de modification de la constitution. La confiance des classes subalternes et des jeunes dans la nouvelle organisation peut s’éteindre si ne sont pas combattues et freinées les politiques d’austérité imposées par l’Union Européenne qui imprègnent les budgets antisociaux et la réforme de la législation du travail, conçue contre les droits des travailleurs et travailleuses, d'où l’irresponsabilité fratricide.

Le mouvement du 15 mai 2011 a mis en question le régime de 1978 et il a dénoncé la corruption. Mais, avant tout, il a exigé des responsabilités à ceux qui jusque-là représentaient symboliquement, dans le camp populaire, les aspirations les plus profondes, c’est-à-dire le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Ce dernier est entré dans une profonde crise de projet. C’est dans Podemos que ces aspirations populaires, pour beaucoup, ont trouvé leur expression. La seule chose qui explique que, malgré le spectacle digne d’un feuilleton que sont en train d’offrir ceux qui devraient chercher à donner des solutions, les intentions de vote pour Podemos ne s’affaissent pas, selon le centre de recherche sociologique (CIS), repose sur deux éléments. Tout d’abord, nous naissons comme un besoin pour un large secteur après les luttes des marées et non pas, comme cela a été écrit de façon idiote et prétentieuse, par des politologues dans un bureau de sciences politiques de l’université. Ensuite, Podemos résiste parce que le PSOE ne surmonte pas sa prostration, pour le moment.

Ces jours, nous avons lu et entendu une série d’explications de la crise interne de Podemos selon une grille d’interprétation du type conspiration entre cliques. Il parle plus de loyautés personnelles que d’allégeances à un projet et aux gens d’en bas. Certains de ces écrits deviennent pathétiques avec une tonalité d’amour éconduit. D’autres justifient, en dépit de l’importante formation philosophique des auteurs, les options politiques fort erronées du congrès de fondation de Podemos. Et cela sur le terrain des orientations politiques, les illusions sur la possibilité de prendre le gouvernement en dehors des relations de force entre classes sociales, et sur le terrain organisationnel, la construction d’une machine de guerre hiérarchique empêchant, sous une forme quotidienne, la participation et les débats des militants.

Et pour justifier ce qui est dit, on présente des vieilles photographies de la fonction de Podemos sur lesquelles ne sont pas visibles beaucoup de ceux qui étaient alors présents. Mais ceux qui le font commettent une violation de la vérité. Ce sont les photographies d’une fraction, Claro Que Podemos (CQP), qui a dirigé l’organisation depuis la direction unifiée, celle dont les composantes, aujourd’hui, se chamaillent. Cette photographie arrive tard, l’image réelle de la fondation de Podemos est celle prise bien avant dans le Teatro del Barrio, le 17 janvier 2014, jour où a été présentée l’initiative de Podemos, théâtre se situant dans le quartier Lavapiés de Madrid. Cette photographie est celle qui représente le mieux le futur du Podemos dont il ne reste personne. Devant une centaine de personnes, l’initiative était présentée, dans la perspective des élections européennes, et ses premiers pas se faisaient en présence de Miguel Urbán, Jorge Moruno, Teresa Rodríguez, Juan Carlos Monedero et Inigo Errejon.

Podemos, lors de son deuxième congrès, fait face à deux défis qui ne sont pas si simples pour ceux qui détiennent la couronne. D’une part, conclure cette assemblée avec un plan de travail et des propositions de programme qui permettent d’apparaître comme une option fiable pour former un gouvernement de changement qui, tôt ou tard, devra s’affronter à l’oligarchie européenne et espagnole et opter entre ceux d’en haut et ceux d’en bas. D’autre part, mettre en place un parti-mouvement démocratique capable d’alimenter les énergies de la société et de s’en nourrir, au même titre que les énergies des organisations sociales, de leurs aspirations et des luttes des classes subalternes. Nous devons ouvrir des brèches populaires dans les institutions, nous battre pour améliorer les conditions de vie de la majorité, mais ne pas croire que marcher sur les moquettes suffit à résoudre en modifier les rapports de force entre classe en faveur du peuple. Pour cela, il faut que Podemos, Unidos Podemos, les confluences en Galice et en Catalogne et le nouveau municipalisme alternatif se constituent dans leur ensemble en un nouveau sujet politique. Cela en plus d’utiliser de manière adéquate les sièges conquis afin d’impulser l’auto-organisation populaire. Le peuple, les peuples, ni ne se créent, ni ne se détruisent, ils se transforment. Il se transforme si augmente son degré de conscience, d’organisation et de capacité d’agir, et si se forgent de nouvelles alliances, des identités et des communautés.

Dans la lutte entre les Montaigu et les Capulet, dans celle entre les Guelfes et les Gibelins, il n’est pas question de choisir l’un ou l’autre.

Je choisis une autre saga historique qui apparaît et réapparaît dans le cours de l’histoire et prend des formes différentes, celle de Spartacus.

Et cela pour aucune autre raison de fond que le soutien aux documents et aux candidats pour le deuxième congrès présentés par Podemos en Movimiento, car il s’agit de propositions responsables, démocratiques, non sectaires, en dehors des conspirations et qui offrent des solutions, et non pas des histoires. Aujourd’hui, l’essentiel est de faire face à la grande coalition entre le Parti Populaire, le PSOE et Ciudadanos. En outre, comme l’affirme avec sagesse l’Ecclésiaste, « vanitas vanitatum, omnia vanitas », « vanité des vanités, tout est vanité ».

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 15:24

 

http://www.francoisruffin.fr/je-me-presente

 

Je me présente

 

Par François Ruffin

 

Né à Calais, j’ai grandi à Amiens, où j’ai fondé le journal Fakir, « fâché avec tout le monde », en 1999. Mes articles m’ont valu un paquet de procès, sept, dont six de gagnés, contre un premier adjoint, contre le Président Directeur Général (PDG) de Casino et contre l’ancien propriétaire de Flodor.

C’est une petite entreprise qui a prospéré, devenu national, avec six salariés, le journal est aujourd’hui vendu à trente mille exemplaires. Je sais ce que signifie équilibrer un budget, payer des cotisations et faire le tour des administrations.

L’an dernier, j’ai réalisé le film Merci Patron. Avec cinq cent mille entrées, cette mini-production tournée à Flixecourt, dans le Nord, à Amiens, a été le plus gros succès au cinéma pour un documentaire en 2016. Le film est maintenant diffusé en Italie, en Espagne, au Canada, au Mexique et sur Canal Plus.

J’ai également travaillé durant sept ans pour la radio France Inter, avec des allers retours quotidiens à Paris, l'intercité et ses aléas, je connais, ou encore pour le Monde Diplomatique.

J’ai reçu le « prix des lycéens du livre économique » pour un livre rédigé avec Antoine Dumini, « comment ils nous ont volé le football ».

Car c’est mon loisir préféré, ma passion d’enfance qui se prolonge, le football. Après Ribemont-sur-Ancre, puis les portugais d’Amiens, je joue chaque dimanche matin en vétérans avec l'olympique amiénois. Et nous coorganisons chaque année, avec Fakir, le tournoi de sixte d’Eaucourt-sur-Somme, en mémoire de notre copain Antoine.

Quant à ma famille, j’ai deux enfants, de cinq et de huit ans, en garde alternée, une semaine sur deux. Et c’est mon grand souci, si je suis élu. Les séances se déroulent le mercredi, à l'assemblée, et j’aime bien accompagner mes enfants à leurs activités. Comme pour plein de gens, je m’arrangerai avec mes parents ou leur maman.

Journaliste depuis dix huit ans à Amiens, jamais encarté dans un parti politique, je me présente aux élections législatives du Dimanche 11 Juin et du Dimanche 18 Juin 2017 dans la première circonscription de la Somme.

Cette candidature est une initiative citoyenne, soutenue par le Parti Communiste Français (PCF) , le mouvement de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, Europe Ecologie Les Verts (EELV), Ensemble, le site www.laprimaire.org et toutes les forces qui voudront bien nous rejoindre

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 19:47

 

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/103443/duo-nouaille-fayed-non-retenu-france-insoumise-legislatives

 

L’attribution de l’investiture du mouvement de la France Insoumise fait polémique à Evry et à Corbeil

 

Par Maxime Berthelot

 

Mardi 7 Février 2017

 

Candidats aux élections législatives sur la première circonscription de l’Essonne, Michel Nouaille et Mina Fayed proposaient au mois de novembre 2016 leur candidature au mouvement de la France Insoumise.

Déjà investis par le Parti Communiste Français (PCF), ils n’ont pas obtenu le soutien du mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon, qui a préféré accordé son investiture à Ulysse Rabaté et à Farida Amrani.

Soutenu par le PCF de la première circonscription de l’Essonne, mais aussi par le mouvement Ensemble et plusieurs militants du Parti de Gauche d’Evry-Courcouronnes, Michel Nouaille et Mina Fayed n’ont pas été investis par le mouvement de la France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. « Nous avons été écoutés par les groupes locaux du mouvement de la France Insoumise pour leur proposer d’être leur candidat. Ils étudient notre candidature », expliquaient-ils au début du mois de décembre 2016.

Le 30 novembre 2016, les groupes d’appuis locaux de soutien à Jean Luc Mélenchon à Corbeil et à Évry avaient affiché leur rejet des candidatures de Farida Amrani et d’Ulysse Rabaté, sans étiquette mais soutenus par Bruno Piriou, figure historique du PCF de Corbeil-Essonnes, conseillers municipaux du PCF à Evry et à Corbeil. Ils ne s’étaient d’ailleurs pas présentés devant l’assemblée générale. Ils avaient alors émis une préférence sur les candidatures de Michel Nouaille et Mina Fayed, tout en proposant quatre autres noms possibles.

Mais après deux mois d’attente, ils n’ont finalement pas été investis par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui leur a préféré Farida Amrani et Ulysse Rabaté, déjà candidat du Front De Gauche (FDG) lors des élections législatives de 2012.
 

« Quelle déception pour eux d’avoir cru que, au mouvement de la France Insoumise, on allait changer les pratiques politiques et de voir que c’est par le haut, de manière oligarchique, que ces candidats allaient quand même être désignés sans tenir compte des appréciations qu’ils ont fait remonter », regrette le groupe d’appui à Jean Luc Mélenchon d’Évry.
 

« Pour nous, ce qui est clair, c’est que nous ne nous reconnaîtrons jamais dans ces deux candidats désignés par le haut ».

Une investiture que les heureux élus ont accueillie avec sérénité.

« C’est dans la continuité des choses », estime Farida Amrani. « Il faut maintenant appeler à un large rassemblement de gauche ». Quant au soutien de Bruno Piriou, qui aurait pu faire la différence, « il a vu ce que nous avons fait, il connaît notre engagement. Lui, comme le mouvement de la France Insoumise, ont estimé que nous étions les plus à même de couper les ponts avec un Parti Socialiste local si particulier, celui de Manuel Valls ».

Dans un communiqué, Michel Nouaille et Mina Fayed ont de leur côté tenu à réaffirmer leurs engagements dans la campagne pour les élections législatives du mois de juin 2017, « forts de notre ancrage local, de notre désignation démocratique par les militants du FDG de la première circonscription et du soutien des deux groupes locaux de Corbeil-Essonnes et d’Evry du mouvement de la France Insoumise, nous œuvrons plus que jamais pour le rassemblement de la gauche de transformation sociale, écologique et démocratique exigé par celles et ceux qui se retrouvent dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon, par les déçus du quinquennat de François Hollande et de Manuel Valls et par les écologistes ».

Avant de conclure sur un ton optimiste, « encouragés par de nombreux soutiens qui nous parviennent chaque jour, nous sommes décidés à continuer et amplifier cette campagne dans les prochaines semaines ».

 

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