Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 20:04

 

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/04/12/a-grande-synthe-un-maire-combattif-des-associations-inquietes-et-des-migrants-desempares_5109746_1654200.html

 

A Grande-Synthe, un maire combatif, des associations inquiètes et des migrants désemparés

 

Par Geoffroy Deffrennes, correspondant du Monde à Lille

 

En l’espace de quelques heures, le camp de la Linière, ouvert au mois de mars 2016 par le maire d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) de Grande-Synthe, Damien Carême, où intervient l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) Médecins Sans Frontières (MSF), s’est consumé à quatre vingt pour cent. Dans la nuit du Lundi 10 Avril au Mardi 11 Avril 2017, des feux manifestement volontaires sont partis, après une série de rixes entre kurdes irakiens, historiquement majoritaires dans le camp, et afghans, arrivés lors de la fermeture de la jungle de Calais.

« Il n’y aura pas de reconstruction de nouveau campement ici », a déclaré le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, en déplacement à Grande-Synthe, Mardi 11 Avril 2017. Le maire de la ville, Damien Carême, de son côté, n’excluait pas de recréer un camp. Alors que l'état, qui a affirmé Mercredi 12 Avril 2017 avoir mis à l’abri mille deux cent personnes, envisage d’héberger les migrants dans des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) répartis dans toute la France, rien ne garantit qu’ils accepteront de s’éloigner des points de passage vers la Grande Bretagne. Le risque est grand de voir se reconstituer des campements sauvages dans le Calaisis, ce que les autorités veulent à tout prix éviter.

Il sera difficile pour les enquêteurs de trouver des coupables. « On parle d’une attaque des cuisines, où vivent sommairement les afghans, qui n’ont pas droit aux cabanons, réservés aux kurdes, avec des représailles afghanes contre les chalets », croit savoir Christian Salomé, président de l’Auberge des Migrants.

Mardi, les rares kurdes qui desserraient les lèvres, allongés sur les pelouses ou sur des lits de camp dans les trois gymnases où ils ont été accueillis, sur les mille cinq cent personnes que le camp comptait, mille personnes ont été mises à l’abri, restaient évasifs. Quant aux afghans, impossible d’en trouver. « Ils ont peur des kurdes qui peuvent être violents. Ils se sentent indésirables », lâche un bénévole.

« J’ai entendu différentes versions. Je suis incapable de dire comment cela a commencé », affirme Damien Carême. « Mais nous avions monté ce camp pour sept cent personnes, au-delà les conflits devenaient inévitables. Je suis pour le maintien de ce camp, mais à condition de revenir à sa norme initiale ».

Dans son bureau, Mardi 11 Avril 2017, le maire de Grande-Synthe consulte ses messages sur sa tablette. « Je suis ragaillardi par les propositions d’aides que je reçois. Regardez, on m’envoie une photo des images de l’incendie diffusées sur l’écran géant d’une gare britannique ». Lundi 10 Avril 2017, Damien Carême participait au quatre vingt cinquième anniversaire de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) à Paris, « pour intervenir précisément sur les migrants », lorsqu’on l’a averti. « Plus de train, je suis resté au téléphone jusqu’à 3 heures du matin avec mon directeur de cabinet, Olivier Caremelle, puis levé à 5 heures du matin pour filer à la gare ».

Depuis quelques semaines, l’élu a pris son bâton de pèlerin. « La surpopulation du camp de Grande-Synthe est due au nombre insuffisant de CAO ». Le site du ministère de l’intérieur en dénombre près de quatre cent. Ils devaient recevoir les sept mille migrants expulsés de la jungle de Calais à l’automne 2016.

Le ministre de l’intérieur d’alors, Bruno Le Roux, avait émis l’idée de fermer la Linière, mais la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, avait aussitôt donné un avis contraire. « La ministre a signé le 17 mars 2017 une prolongation de la convention de gestion du camp entre l’état, la commune et l’Association des Flandres pour l’Education, la formation des Jeunes et l’Insertion sociale (AFEJI) », rappelle Damien Carême. « Nous avions décidé de diminuer la taille du camp, démonté des tentes et retiré cent chalets. Mais depuis la fermeture de Calais, l’élan de création des CAO n’a pas été suffisant. Il manque quatre mille places ».

Le maire est donc parti sur les routes. « Je parcours les mairies. Je suis allé à La Rochelle, Niort, Grenoble, Montpellier, Bourg-la-Reine et Arras, je vais à Angers dans quelques jours, partout je vois des maires contents de leur CAO, pas un ne m’a dit que cela se passait mal. J’encourage à en créer ». Son voisin, le maire de Saint-Pol-sur-Mer, Christian Hutin, estimait Mardi 11 Avril 2017 dans la presse locale que quatre vingt dix pour cent des migrants ne voulaient pas aller dans les CAO. « C’est absurde », réplique Damien Carême. « La grande majorité accepte. Les exceptions sont dans des CAO où le lien est moins efficace ».

Mardi 11 Avril 2017, devant la salle de sport Victor-Hugo, quelques centaines de réfugiés prennent leur repas du jour, tardivement. Les membres de l’AFEJI refusent de répondre aux questions, tout comme les fonctionnaires de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII).

« On nous a interdit de répondre à la presse », explique poliment une jeune fille au blouson rouge de l’OFII. Même refus d’Hervé Desvergnes, le responsable des cinquante deux salariés de l’AFEJI recrutés pour le camp, dont certains se retrouveront peut-être au chômage, « la parole aux ministres ce soir ».

A l’intérieur du gymnase, des couples se reposent, essayant d’occuper les enfants. Un bébé de quelques semaines est pris en charge par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR). La directrice de l’école élémentaire Francisco-Ferrer, où sont scolarisés les enfants du camp, et deux institutrices s’affairent. Ces enseignantes ont pris l’habitude de continuer à s’occuper de ces enfants durant les vacances scolaires, bénévolement.

Devant la halle du Basroch, les membres de l’association britannique Dunkirk Legal Support Team (DLST), créée au mois d’avril 2016, sont, eux, plus loquaces. Evelyn Mac Gregor, quinquagénaire écossaise, et Niamh Quille, jeune anglaise, mettent leurs connaissances en droit au service des mineurs.

Lucille Agins est la seule française de l’association. Après son master en droits de l’homme à Grenoble, elle s’est engagée en service civique au Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués (CIMADE) et auprès de DLST. « A l’origine, il s’agissait d’information et d’orientation, puis l’association s’est développée au sein de Citizens United Kingdom. Car le problème des mineurs isolés de leur famille en Grande-Bretagne devient aigu ».

Alors qu’on ignorait, Mardi 11 Avril 2017, où étaient passés les cinq cent migrants non abrités dans les gymnases, Corinne Torre, coordinatrice des programmes de MSF, imagine un avenir sombre.

« Cela donne l’impression qu’ils sont violents, mais les tensions viennent du manque de management, pour accompagner ces réfugiés, il faut du personnel. Nous le voyons aussi à Paris, entre afghans et soudanais, à la Chapelle. J’ai entendu parler de transferts vers les CAO, c’est une utopie, il n’y a pas mille cinq cent places libres. Ils vont se disperser et certains iront sans doute aussi à Paris ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 19:29

 

http://www.arte.tv/guide/fr/047435-001-A/ni-dieu-ni-maitre-une-histoire-de-l-anarchisme-1-2

 

Ni dieu ni maitre, une histoire de l'anarchisme

 

Du manifeste fondateur de Pierre Joseph Proudhon en 1840 à la chute de Barcelone en 1939, cette fresque documentaire fait revivre la richesse foisonnante d'un mouvement multiforme, montrant combien l'anarchisme continue d'irriguer tout le champ des luttes sociales et politiques.

 

Pourquoi l'anarchisme est-il perçu aujourd'hui comme marginal ? Comment expliquer que, alors que ses combats et ses mots d'ordre libertaires et égalitaires ont largement contribué à écrire l'histoire des luttes sociales et des révolutions et qu'ils résonnent aujourd'hui avec une force nouvelle, ses origines aient été à ce point oubliées ? Cette passionnante fresque documentaire, qui retrace pour la première fois les débats et les événements clés de l'histoire de l'anarchisme sur un siècle, de 1840 à la seconde guerre mondiale, élucide en partie le paradoxe. D'une part, les pouvoirs que les anarchistes ont toujours défiés, parfois la bombe à la main, sont largement parvenus, par la répression et la propagande, à museler ou discréditer leur pensée.

 

D'autre part, la diversité étonnante d'un mouvement d'envergure mondiale, mais qui a refusé avec constance tout embrigadement derrière un chef ou une doctrine, a contribué à occulter, dans la mémoire collective, son rôle pionnier dans les conquêtes sociales, de la journée de huit heures à l'émancipation des femmes. De Paris à Chicago, de Tokyo à Mexico, de Saint-Pétersbourg à Barcelone, Tancrède Ramonet redonne vie à cette richesse foisonnante à travers l'évocation de ses principales figures, le récit d'une dizaine de spécialistes et de très belles archives.

 

Qu'est-ce que la propriété ? C'est avec ce manifeste fondateur qu'en 1840 l'ouvrier typographe Pierre-Joseph Proudhon jette les bases d'une solution anarchiste à la misère terrible qui se développe depuis le début du siècle dans les grands bassins industriels. En 1864, lors du congrès de la première internationale des travailleurs à Londres, les anarchistes sont largement majoritaires. Mikhaïl Bakounine voit dans la dictature du prolétariat proposée par Karl Marx « la menace d'une effrayante bureaucratie rouge ». De la Commune de Paris, en 1871, à la grève générale de 1906, de l'émergence des bourses du travail à celle des grandes organisations syndicales, des premiers votes féminins aux communautés de vie alternative, de l'éducation populaire à la mise en place d'écoles libertaires, le mouvement anarchiste suscite des expériences révolutionnaires inédites et se révèle l'un des principaux promoteurs des grandes avancées sociales. De Ravachol à Jules Bonnot, de l'assassinat de Sadi Carnot en 1894 à celui d'Umberto Premier en Italie en 1900, ce premier épisode rappelle aussi que la propagande par le fait que choisissent certains anarchistes inaugure un terrorisme international qui cible avec succès les sommets de l’état, mais qui contribue à forger sa légende noire.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 19:18

 

http://www.tamurt.info/redaction/

 

Grève de la faim dans les prisons turques

 

Communiqué du comité sur les prisons du parti démocratique des peuples (HDP)

 

La grève de la faim des prisonniers politiques dans les centres pénitenciers turcs a atteint un point critique. Lancé dans la prison de haute sécurité de Sakran, dans la province d'Izmir le 15 février 2017 pour attirer l’attention sur les graves violations des droits humains dans les prisons, l’isolement imposé au leader du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan et les politiques répétées de violence et de guerre mises en œuvre par le président Recep Tayyip Erdogan et le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) en tant que réponse à la question kurde, le mouvement de grève de la faim s’est rapidement propagé aux autres prisons à travers toute la Turquie.

 

A la date du Lundi 10 Avril 2017, près de cent quatre vingt sept prisonniers politiques, dont trente sept femmes, mènent une grève de la faim illimitée dans vingt établissements pénitentiaires. Par ailleurs, depuis le 15 mars 2017, des grèves de la faim par rotation de cinq jours sont menées par de nombreux autres prisonniers politiques, en solidarité avec le mouvement de la grève de la faim illimitée.Tandis que les autorités pénitentiaires restent sourdes aux revendications des prisonniers politiques, les pressions et les mauvais traitements à l’encontre des grévistes de la faim augmentent dangereusement, constituant des menaces pour leur santé et leur vie.

 

Le présent rapport est fondé sur les données recueillies par les députés du HDP, l'association turque des droits de l'homme (IHD), l'initiative de solidarité avec les prisonniers (ZDI), la plateforme des avocats libertaires (OHP), l'association des avocats progressistes (CHD), l'union des médecins turcs (TTB) et plusieurs autres Organisations Non Gouvernementales (ONG) agissant pour les droits des prisonniers, ainsi que sur des informations vérifiées publiées par les médias. Le comité sur les prisons du HDP s’engage à informer régulièrement l’opinion publique nationale et internationale sur la grève de la faim et les conditions de détention dans les prisons.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 19:00

 

http://www.publico.es/politica/prepara-internacional-democratica-europea-combata.html

http://www.anti-k.org/2017/04/09/podemos-prepara-una-internacional-democratica-europea/

 

Podemos prépare une internationale démocratique européenne pour lutter contre l'extrême droite et Donald Trump

La formation violette défend la confluence des forces politiques et des organisations civiles aux élections européennes de 2019 et elle invite les partis sociaux-démocrates à cesser de soutenir les conservateurs, agissant comme des « institutions zombies ».

 

Par Alejandro Lopez de Miguel

 

Samedi 8 Avril 2017

 

Contre Donald Trump d’un côté de l'Atlantique et plusieurs partis d'extrême-droite qui montent dans les sondages de l’autre côté, Podemos prépare un espace qui rassemble les forces progressistes européennes, une sorte d’internationale démocratique qui puisse résister à l’internationale réactionnaire de l'extrême droite, de la xénophobie et de l'austérité.

Cet espace est destiné à inclure les partis politiques, les organisations sociales et d'autres parties prenantes, et à moyen terme pourrait se cristalliser dans la création d’une candidature majoritaire pour les élections européennes de 2019, selon les mots du porte-parole de Podemos au parlement européen et secrétaire européen de la formation, Miguel Urbán.

Il précise que son objectif n’est pas seulement de regrouper des formations dans un même parti, un groupe parlementaire ou une candidature, mais de construire des canaux de communication entre les différentes réalités qui, selon lui, vont au-delà d'un groupe parlementaire.

« L'idée est de construire une structure, plus un mouvement qu’un parti, travaillant à la confluence et à la synergie, pour voir ce qui peut être fait », dit-il. Cet espace accueillerait des initiatives telles que le plan B, DIEM 25 et Blockupy. « À un certain moment, nous devons les mettre tous autour d’une table. L'idée est de parler à tout le monde », ajoute-t-il.

Pour sa part, le député au congrès et secrétaire international du parti, Pablo Bustinduy, dit que dans le contexte actuel les européens estiment qu’ils doivent choisir « entre l'établissement, la grande coalition entre les sociaux démocrates et les conservateurs et les formations d'extrême droite » comme le Front National de Marine le Pen en France.

Cependant, Pablo Bustinduy suppose qu'il y a « beaucoup de mouvement et d’agitation dans la gauche européenne », à l’intérieur de formations sociales démocrates en colère, comme dans les groupes verts et des secteurs du Mouvement Cinq Etoiles (MCE). « De la confluence de ces mouvements peut émerger un grand mouvement politique comme une alternative à la grande coalition et à l'extrême droite », ajoute-il. Il accuse également les grands partis européens de maintenir une attitude d’obéissance aveugle et de soumission à Bruxelles et aux politiques néo libérales européennes qui, selon lui, constituent un projet qui a échoué. « C’est le discours d'un européanisme vide, qui semble cynique », a-t-il noté.

Miguel Urban et Pablo Bustinduy ont développé Vendredi 7 Avril 2017 à Madrid les idées qui sous-tendent la conférence internationale convoquée par la formation violette le 22 Avril 2017 au théâtre el Pavón de la capitale. C’est une réunion qui est un point de départ, « ce n’est pas une rencontre finale », a répété Miguel Urban, qui veut se servir de la force d’attraction de Podemos en Europe pour réunir les partis et les mouvements qui partagent l'analyse que cette année est une année cruciale pour le projet européen et pour « récupérer l’idée de respect et de bien-être des peuples », a déclaré Pablo Bustinduy.

Le secrétaire international du parti violet soutient que Podemos devrait être l’avant-garde de la construction de ce mouvement international et le leader de la formation, Pablo Iglesias, participera au meeting de clôture de l’événement.

Les organisateurs annoncent également la participation de Marina Albiol, porte-parole d’Izquierda Unida au parlement européen, de Caterina Martins, coordinatrice générale du Bloco de Esquerda du Portugal, et de Winnie Wong, coordinatrice de People’s Summit et de People for Bernie. Il y aura aussi des surprises.

L'une des clés pour comprendre le scénario actuel est, de l'avis des deux leaders du parti violet, la situation des formations sociales démocrates de différents pays européens. Miguel Urbán fait valoir que, dans leur configuration actuelle, les partis sociaux-démocrates « font partie du problème de l’Europe et de la grande coalition ». Il affirme que ce sont aujourd'hui des « institutions zombies » et il fait valoir qu’elles doivent abandonner la voie de l'austérité et s’éloigner de la droite pour survivre. « Ou bien la sociale démocratie quitte la grande coalition, ou bien elle meurt », dit-il.

Selon lui, la situation est favorable en Espagne, avec un Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) sans leadership et sans volonté apparente d'aborder une réforme en profondeur de son projet politique, comme en Europe. Pablo Bustinduy rappelle que le PSOE, comme parti qui aspire à gouverner, « doit prendre le projet européen au sérieux » et il caractérise la situation actuelle de cette formation comme une « lutte de pouvoir sans divergence politique ». Dans ce contexte, il fait valoir que Pedro Sanchez, ancien secrétaire général et à nouveau candidat à la direction du PSOE, est devenu anti système depuis qu’il a perdu son poste. « C’est un outsider dans le PSOE », ajoute Miguel Urbán. La solution, insistent-ils, ne peut pas venir de la droite ni de la sociale démocratie qui a fusionné avec ceux qu’elle voulait combattre.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 19:11

 

https://blogs.mediapart.fr/francois-bonnet/blog/100417/mediapart-et-melenchon-un-d-invitations-un-de-refus

 

Mediapart et Jean Luc Mélenchon, un an d’invitations, un an de refus

 

Par François Bonnet

 

Lundi 10 Avril 2017

 

Nos lecteurs nous interrogent à juste titre. Pourquoi ne pas inviter Jean-Luc Mélenchon à notre émission « en direct de Mediapart », comme nous le faisons pour de nombreux autres candidats ? La réponse est simple. Invité depuis un an, Jean-Luc Mélenchon a systématiquement refusé toutes nos propositions, faisant savoir qu’il « ne voulait pas venir ».

Emmanuel Macron, Yannick Jadot, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Oscar Temaru, Charlotte Marchandise et Vincent Peillon, mais aussi de nombreuses personnalités de la droite, depuis des mois, notre émission vidéo hebdomadaire « en direct de Mediapart », retransmise en direct et en accès libre, reçoit de nombreux responsables politiques. Nous nous sommes fixé une seule limite, ne pas inviter Marine Le Pen, son parti ayant sa liste noire de journalistes sur laquelle Mediapart figure.

Pour le reste, Mediapart s'efforce de faire vivre la pluralité des débats publics en invitant les responsables de toutes les forces politiques. Ce sera encore le cas, le Mercredi 19 Avril 2017, avec François Bayrou puis plusieurs élus de la droite qui seront interrogés par la rédaction de Mediapart. Pourquoi pas Jean-Luc Mélenchon, nous demandent des lecteurs, certains nous accusant au passage de ne pas vouloir donner la parole au candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI).

L'histoire n'est pas celle-là. Depuis 2012, Jean-Luc Mélenchon a participé à trois émissions « d'en direct de Mediapart ». Mais depuis un an maintenant, il refuse systématiquement toute participation, malgré nos invitations répétées. Il nous a fallu de longs mois pour comprendre que les problèmes d'agenda, de disponibilité ou d'opportunité du moment qui nous furent longtemps opposés masquaient en fait un choix déterminé. Jean-Luc Mélenchon ne veut pas être interrogé par la rédaction de Mediapart dans le cadre de notre émission.

Au mois d'avril 2016, nous lui avions fait une proposition qui nous semblait très intéressante, débattre avec Emmanuel Macron dans le cadre d'une grande réunion publique organisée à Paris, sans doute au Théâtre de la Ville qui permet d'accueillir plus de mille personnes.

Emmanuel Macron était intéressé. L'équipe de Jean Luc Mélenchon était également intéressée. Et les dates défilent, le 23 avril 2016, puis début mai 2016, puis entre le 10 et 20 juin 2016. Impossible, l'agenda du leader du MFI se referme à chaque fois. Trois mois passent et le débat tombe à l'eau.

Nouvelle salve d'invitations dès le début du mois d'octobre 2016, Stéphane Alliès et Christophe Gueugneau proposent à l'attachée de presse de Jean-Luc Mélenchon plusieurs dates jusqu'à la fin du mois de décembre 2016. Au début du mois de novembre 2016, notre émission « en direct de Mediapart » devient hebdomadaire, chaque mercredi, ce qui permet d'assouplir les calendriers et de s'adapter plus aisément aux contraintes des responsables politiques. Relancé, l'entourage de Jean-Luc Mélenchon nous fait savoir qu'il est souvent à Bruxelles ou à Strasbourg les mercredis pour les sessions du parlement européen mais que cela devrait se faire.

Et l'automne passe. A la fin du mois de novembre 2016, nous proposons au candidat du MFI des dates au mois de février 2017, soit après l'élection primaire du Parti Socialiste.

Nous faisons de nouvelles relances au mois de décembre 2016 et au mois de janvier 2017, en passant aussi par son directeur de campagne. Nous faisons de nouvelles propositions à la fin du mois de février 2017 avec des propositions pour les deux mois à venir jusqu'à la fin du mois d'avril 2017.

De fait, nous l'avions compris, mais il est toujours plus courtois que les personnes invitées nous opposent des refus clairs et motivés. Le 10 mars 2017, lors de son déplacement à Rome que Christophe Gueugneau couvrait, Jean-Luc Mélenchon nous explique enfin lui-même qu'il ne veut pas venir à Mediapart. Des inimitiés, des contentieux et l'accusation que nous organiserions des traquenards, c'est ce que nous comprenons de ces explications. Mediapart agace Jean-Luc Mélenchon.

C'est oublier plusieurs choses essentielles. Mediapart n'organise pas de traquenards. Au contraire, nos émissions sont conçues pour laisser aux personnes invitées tout le temps nécessaire pour s'expliquer, deux heures, deux heures et demie, trois heures parfois. C'est justement ce long format, trop long, parfois, qui est apprécié par les invités comme par ceux qui nous regardent. Les argumentaires peuvent être déployés et les explications peuvent aller au bout.

Il y a ensuite cette règle journalistique de base, dans un entretien, les journalistes sont maîtres de leurs questions et les invités sont maîtres de leurs réponses. Ce principe bête reste le meilleur moyen d'être crédible, mais aussi d'organiser une confrontation où l'interviewé ne parle pas seulement à son fan-club via des questions ineptes ou complaisantes. Donc, oui, depuis le début « d'en direct de Mediapart », comme dans nos entretiens écrits, notre devoir professionnel est aussi de poser des questions qui fâchent, par exemple, en 2012, sur les relations de Jean-Luc Mélenchon avec Serge Dassault.

Jean-Luc Mélenchon se fâche d'autant plus vite que, durant des années, sa stratégie fut de clouer au pilori les journalistes, avec parfois de bonnes raisons tant notre profession ne saurait être à l'abri de critiques. Le voilà fâché avec Mediapart et nous devinons en partie pourquoi. Nous avons souvent été en complet désaccord, dans nos analyses ou nos partis pris, avec ses positions sur la Russie, sur la nature du régime de Vladimir Poutine, sur la guerre en Ukraine, sur l'annexion de la Crimée et sur la Syrie. Des analyses et des partis pris qui n'engagent que leurs auteurs tant Mediapart est une rédaction diverse, avec des opinions différentes et un pluralisme revendiqué.

Voilà, par exemple, quatre articles qui ont fâché Jean-Luc Mélenchon, « Mediapart, Jean Luc Mélenchon et Vladimir Poutine, quelques mises au point » au mois de mars 2015, « Mediapart et l'Ukraine, quelques mises au point » au mois de février 2015, « Vladimir Poutine, le boulet russe de Marine Le Pen, de François Fillon et de Jean Luc Mélenchon » le 21 décembre 2016, et « Jean-Luc Mélenchon joue à saute-cadavre » au mois de mars 2015.

Ce dernier article est mis en avant pour justifier les refus. L'argument ne tient guère puisque Mediapart a fait depuis trois entretiens écrits avec Jean-Luc Mélenchon, dont les deux premiers sur sa proposition, « la clarification politique n’a jamais été aussi avancée » le 16 septembre 2015, « l’élection primaire est une machine à enterrer les questions de fond » le 6 février 2016, et « si je suis élu, j’abrogerai la loi travail » le 3 juillet 2016.

Dès lors, nous nous inquiétons de cette pleine année de refus réitérés. Le leader du MFI préférerait-il une presse soumise ou, à tout le moins, des journalistes ne venant pas l'interroger sur quelques-unes des questions les plus sensibles ? Sa stature de candidat à la présidence de la république l'exonère-t-il de répondre, donc de rendre compte et d'expliquer ?

Le 23 mars 2017, Edwy Plenel, président de Mediapart, a une dernière fois relancé de manière formelle l'attachée de presse de Jean-Luc Mélenchon.

Voici le message envoyé, « chère Juliette Prados, comme vous le savez, Christophe Gueugneau vous a transmis depuis longtemps notre invitation à ce que Jean-Luc Mélenchon soit l’invité d’une de nos émissions hebdomadaires qui se tiennent chaque mercredi soir. À ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse formelle, dans un sens ou dans un autre. L’échéance du premier tour des élections présidentielles approchant à grands pas, nous avons maintenant besoin de savoir ce qu’il en est. Les dates des Mercredi 5 Avril, Mercredi 12 Avril ou Mercredi 19 Avril 2017 sont disponibles. Pouvez-vous me dire rapidement si vous êtes preneur d’un de ces créneaux. Je n’imagine évidemment pas un refus tant le public de Mediapart est concerné et intéressé par les enjeux porté par votre candidat. Et d’autant moins que, dans le passé, à plusieurs reprises, nous n’avons jamais eu de difficultés à l'interviewer pour notre journal ou à le recevoir lors de nos émissions. En vous remerciant de votre réponse, quelle qu’elle soit, bien cordialement, Edwy Plenel ».

Message doublé le jour même d’un message téléphonique sur son répondeur et d’un texto sur son portable ainsi libellé, « chère Juliette Prados, je viens de vous envoyer un message réitérant notre invitation à Jean Luc Mélenchon pour être l’invité d’une émission de Mediapart avant le premier tour des élections présidentielles. Pouvez-vous me répondre rapidement car il ne reste plus beaucoup de dates, merci par avance ».

Une réponse est arrivée Vendredi 24 Mars 2017, « bonjour Edwy, bien vu vos messages. J’étais mobilisée par le salon du livre. Je vous réponds ce week-end ». Depuis, c’est le silence radio.

Pas de Jean Luc Mélenchon donc, mais nous couvrons largement la campagne du MFI et nous accueillons régulièrement ses autres responsables. Nous vous proposions, par exemple, il y a deux semaines un débat entre Eric Coquerel et Thomas Piketty sur les fractures de la gauche et l'Europe. Nous avons longuement interrogé son directeur de campagne, Manuel Bompard, comme son principal conseiller économique, Jacques Généreux. Nous avons également reçu Marie-Christine Vergiat, députée européenne du Front De Gauche (FDG), Frédéric Pierru et Corinne Morel-Darleux.

Et à défaut d'émission, c'est un entretien écrit que nous avons demandé au candidat du MFI pour publication avant le premier tour des élections présidentielles.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:36

 

Le camp de migrants de Grande-Synthe est parti en fumée (Reuters)

 

Le camp de migrants de Grande-Synthe a été en grande partie détruit dans la nuit du Lundi 10 Avril au Mardi 11 Avril 2017 par un violent incendie à la suite de rixes entre migrants, obligeant l’état à trouver une solution pour reloger quelque mille cinq cent personnes.

« Le camp est détruit dans une très large mesure. On peut évaluer à soixante dix pour cent les installations ravagées par le feu », a déclaré à Reuters le préfet du département, Michel Lalande.

Non loin de là, la jungle de Calais, qui a abrité jusqu'à dix mille personnes décidées à passer au Royaume-Uni par tous les moyens, avait été fermée à la fin de l’année 2016 et les accès au port et au tunnel sous la Manche avaient été sécurisés à grands frais.

Plusieurs dizaines de pompiers étaient sur place Mardi 11 Avril 2017 à Grande-Synthe pour sécuriser le site où deux cent des trois cent cabanes sont parties en fumée et pour vérifier qu'il n'y a pas de victimes, ce qui était le cas Mardi 11 Avril 2017, selon les secouristes.

Le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, et la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, ont assuré dans un communiqué que « toutes les mesures de protection des populations » seraient mises en oeuvre pour héberger les migrants.

Environ cinq cent migrants ont été hébergés dans trois gymnases de la ville de Grande-Synthe et il a été décidé d'accélérer l’accueil des migrants désireux d’entrer dans la démarche d’asile dans les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO).

Trois unités de forces mobiles ont été déployées en renfort dans la région afin de prévenir les troubles à l’ordre public.

« L’incendie a été provoqué dans le cadre de rixes intervenues entre personnes qui vivaient sur le camp, entre communautés kurdes et afghanes », a précisé le préfet.

Les kurdes irakiens, majoritaires au départ, ont été rejoints depuis quelques semaines par de nombreux afghans.

François Guennoc, de l'organisation humanitaire Auberge des Migrants, estime que des tensions étaient inévitables.

« Depuis plusieurs semaines, la tension montait, il y avait de plus en plus de monde et cette augmentation du nombre se faisait ressentir. La tension entre les kurdes et les afghans était connue », a-t-il déclaré Mardi 11 Avril 2017 à Reuters.

Lundi 10 Avril 2017, des heurts à l'arme blanche entre migrants avaient éclaté vers 18 heures, faisant cinq blessés et entraînant l'intervention des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS).

Les échauffourées se sont poursuivies à l’extérieur du camp. Un migrant, renversé par un véhicule sur une autoroute, est dans un état grave.

Le calme est revenu Lundi 10 Avril 2017 vers 20 heures mais les heurts entre migrants ont repris Lundi 10 Avril 2017 vers 21 heures, accompagnés des premières flammes.

Le feu s’est très rapidement propagé entre les chalets en bois, très proches les uns des autres.

Le camp de la Linière, construit aux normes humanitaires sur un projet du maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Damien Carême et de l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Médecins Sans Frontières (MSF), a remplacé au mois de mars 2016 un bidonville insalubre de Grande-Synthe, le Basroch.

Le camp est géré par la ville, par MSF et par des bénévoles d’associations humanitaires. Il était composé d’environ trois cent chalets en bois, dortoirs, blocs sanitaires et réfectoires, disposés le long d’une autoroute à la sortie de Dunkerque.

Le 23 janvier 2017, un exercice incendie important a eu lieu au camp, preuve de l’inquiétude des pompiers.

Au mois de mars 2016, au moment de l’ouverture de Grande-Synthe, le préfet avait menacé de refuser l’autorisation en raison des risques liés à l’incendie et à la proximité de l’autoroute. Après un bras de fer avec le maire, le préfet avait autorisé l'ouverture après avoir obtenu des aménagements.

Jeudi 6 Avril 2017, des migrants avaient tenté de bloquer l’autoroute en jetant des troncs d’arbres afin d’obliger les voitures et les camions à s’arrêter pour qu'ils puissent monter à bord dans l’espoir d’un hypothétique passage au Royaume-Uni.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 20:07

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/05/tourmente-judiciaire-autour-de-la-maire-de-rome_1546343

 

Tourmente judiciaire autour de la maire de Rome

 

Par Eric Jozsef, correspondant de Libération à Rome

 

Dimanche 5 Février 2017

 

L'administration de Virginia Raggi est ébranlée par une affaire de corruption touchant deux proches collaborateurs, un scandale qui met en difficulté le Mouvement Cinq Etoiles (MCE).

« Le vent est en train de tourner », se réjouissait au mois de juin 2016 Virginia Raggi à la veille de son triomphe avec soixante sept pour cent des suffrages à la mairie de Rome. Huit mois plus tard, c’est un blizzard qui est en train de s’abattre sur le Capitole. L’élue du MCE se retrouve dans une tourmente judiciaire et politique qui ébranle le mouvement de Beppe Grillo. Jeudi 2 Février 2017, la maire a été entendue pendant plus de huit heures par les magistrats dans le cadre d’une enquête de corruption. Celle qui devait incarner la capacité du parti contre le système à se muer en force de gouvernement, est soupçonnée d’abus de biens sociaux et de faux.

« L’interrogatoire a été tranquille et j’ai répondu à toutes les questions », a assuré Virginia Raggi qui doit notamment clarifier ses rapports avec Raffaele Marra, son ancien chef du personnel. Celui-ci se trouve depuis le mois de décembre 2016 derrière les barreaux, accusé d’avoir touché de l’argent de la part d’un promoteur immobilier qui a lui aussi été appréhendé. La malversation remonte à 2013, c’est-à-dire bien avant l’accession de Virginia Raggi au fauteuil de maire de la ville.

Reste que les magistrats veulent comprendre les raisons de la promotion, après la victoire du MCE, de ce fonctionnaire lié à l’ancienne municipalité de droite de Gianni Alemanno et surtout les conditions de la nomination du frère de Raffaele Marra à la direction du tourisme de la capitale.

Au moment de l’arrestation de son proche collaborateur, Virginia Raggi a tenté de minimiser le rôle de ce personnage sulfureux, « Raffaele Marra n’est que l’un des vingt trois mille employés de la mairie ». Les magistrats sont au contraire convaincus que celui qui est désigné par la presse comme le Grigori Raspoutine du Capitole avait la mainmise sur les décisions de la mairie et que c’est sous son influence que son frère, Renato Marra, a obtenu son avancement.

Mais pour Virginia Raggi, les ennuis ne s’arrêtent pas au dossier de Raffaele Marra. Alors qu’elle était entendue par les magistrats, l’hebdomadaire l’Espresso a révélé Jeudi 2 Février 2017 que son ancien secrétaire politique Salvatore Romeo, figure presque aussi controversée que Raffaele Marra, aurait étrangement souscrit au mois de janvier 2016 une assurance vie de trente mille euros au nom de Virginia Raggi. « Je suis bouleversée et je n’étais pas au courant », s’est défendue l’intéressée qui, malgré les mises en garde, avait personnellement choisi Salvatore Romeo comme bras droit, permettant ainsi a cet employé communal de voir son salaire tripler pour atteindre quatre vingt dix sept mille euros annuels.

Au mois de décembre 2016, sous la pression de Beppe Grillo, Virginia Raggi a été contrainte de se séparer de Salvatore Romeo. Mais les révélations concernant l’assurance vie relancent les spéculations.

D’autant que dans ses messages privés avec Raffaele Marra, saisis par la justice, Salvatore Romeo parlait de ce dernier comme de son chef.

Parmi les militants du MCE, c’est la surprise et le désarroi. Jusqu’à présent, le chaos au sein de la nouvelle équipe municipale et l’inertie dans la gestion de la ville étaient mis sur le compte de l’inexpérience des jeunes élus et de la résistance des pouvoirs forts. « Ils nous font payer le renoncement à la candidature de Rome aux jeux olympiques de 2024 », ont notamment répété les leaders du MCE. « Il y a un complot pour nous faire gagner », avait même avancé avant les élections Paola Taverna, l’une des responsables les plus populaires du MCE. Sur le même registre, Virginia Raggi a justifié il y a quelques mois les carences dans le système du ramassage des ordures en laissant entendre que ses adversaires politiques s’amusaient à salir les trottoirs de la ville,« c'est bizarre, je n’ai jamais vu autant de réfrigérateurs abandonnés dans la rue ».

Dans cette atmosphère de forteresse assiégée, même les multiples démissions d’adjoints au maire, dont celle de la magistrate Carla Ranieri qui avait parlé d’un groupe de malfaiteurs réunis autour de Virginia Raggi, n’ont réellement fait vaciller la jeune maire. Mais depuis Jeudi 2 Février 2017, certains partisans de Beppe Grillo s’interrogent. Pour le journal Il Fatto Quotidiano, proche du MCE, « soit Virginia Raggi s’explique, soit elle démissionne ».

Samedi 4 Février 2017, l’intéressée a répété qu’elle n’était au courant de rien, « ce type d’assurance peut être souscrit sans en informer le bénéficiaire ». « N’ayant ni épouse, ni enfants, j’ai indiqué comme bénéficiaires et uniquement en cas de décès, les personnes que j’estime le plus », a de son coté indiqué Salvatore Romeo. Pour l’heure, Beppe Grillo a apporté son soutien à Virginia Raggi, évoquant son administration courageuse.

Reste que cette prise de position n’est pas une assurance vie politique pour la maire. Parmi les parlementaires du MCE, certains demandent en coulisses sa démission, notamment dans l’entourage de Roberto Lombardi, le grande adversaire de Virginia Raggi et qui avait défini Raffaele Marra comme « un virus qui a infecté le MCE ». Les opposants internes craignent que les affaires du Capitole ne jettent une ombre sur une formation qui a fait de l’honnêteté et de la chasse aux corrompus son fonds de commerce.

Reste qu’un départ précoce de Virginia Raggi risquerait de ruiner les efforts du MCE, crédité de près de trente pour cent des voix dans les sondages, pour se montrer prêt, après Rome, à gouverner le pays.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 16:46

 

https://rsf.org/fr/actualites/six-mois-detat-durgence-en-turquie-le-journalisme-lagonie

 

Six mois d’état d’urgence en Turquie, le journalisme à l’agonie

 

Six mois après l’instauration de l’état d’urgence, le 20 juillet 2016, l’arbitraire n’en finit pas de s’abattre sur les journalistes et les médias turcs.

Reporters Sans Frontières (RSF) dresse le bilan de six mois de dérive continue et demande à l'assemblée nationale d’abroger les décrets-lois incompatibles avec la constitution et les obligations internationales de la Turquie.

Une centaine de journalistes emprisonnés sans procès, cent quarante neuf médias fermés, sept cent soixante quinze cartes de presse annulées, des retraits de passeport et des saisies de biens non justifiées, depuis six mois, sous couvert d’état d’urgence, les professionnels des médias sont frappés par une répression toujours plus arbitraire. Dans un courrier envoyé Vendredi 20 Janvier 2017 à la commission d’enquête sur les droits de l’homme de l’assemblée nationale, RSF demande aux parlementaires turcs d’abroger les décrets-lois adoptés dans le cadre de l’état d’urgence. Une analyse juridique détaillée jointe à ce courrier démontre que ces décrets sont inconstitutionnels et incompatibles avec les obligations internationales de la Turquie.

« Après six mois d’état d’urgence, le journalisme est à l’agonie en Turquie », dénonce Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

« Le pluralisme est en passe d’être anéanti et les médias restants vivent sous une épée de Damoclès permanente, dans un climat de peur et d’intimidation renforcé par les propos de certains dirigeants. Il est grand temps de mettre fin à ces pratiques arbitraires et de revenir aux normes constitutionnelles garantissant la liberté de la presse ».

Quatre mois après son rapport intitulé « état d’urgence, état d’arbitraire », RSF dresse un nouvel état des lieux qui documente des pratiques toujours plus arbitraires à l’encontre des journalistes critiques.

De nombreux journalistes croupissent en prison sans procès

Pas d’inculpation, pas de libération

La grande majorité des journalistes incarcérés au lendemain de la tentative de coup d'état du 15 juillet 2016 attendent toujours l’ouverture de leurs procès. Les demandes de libération formulées par leurs avocats sont généralement rejetées par des juges de paix, hommes de main du pouvoir, en l’absence de tout argumentaire juridique solide. De très rares remises en liberté conditionnelles sont accordées, qui ne mettent pas un terme aux poursuites. Le reporter Arda Akin, du quotidien Hürriyet, a été libéré le 9 septembre 2016 après vingt quatre jours de prison. Lale Kemal et Nuriye Akman, anciennes éditorialistes du quotidien Zaman, ont été libérées le 12 octobre 2016 après plus de deux mois derrière les barreaux. La romancière Aslı Erdoğan et la traductrice Necmiye Alpay, également chroniqueuses pour Özgür Gündem, ont été libérées le 29 décembre 2016 après plus de quatre mois de prison.

Plus de quatre vingt journalistes sont emprisonnés pour avoir collaboré avec des médias favorables au prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié du président Recep Tayyip Erdoğan et devenu sa bête noire. Moins d’une trentaine d’entre eux disposent à ce jour d’un acte d’accusation. Ce n’est que le 10 mars 2017 que s’ouvrira le premier procès. Des journalistes d’Adana, au sud du pays, seront jugés pour appartenance à une organisation illégale. Parmi eux, Aytekin Gezici et Abdullah Özyurt auront déjà passé près de huit mois en détention.

Un second procès s’ouvrira prochainement contre vingt huit journalistes, dont vingt cinq sont toujours incarcérés. Parmi les prévenus, qui risquent jusqu’à dix ans de prison pour appartenance à une organisation illégale, figurent Murat Aksoy, Atilla Tas, Hanim Busra Erdal ou encore Cihan Acar.

« Je n’ai pas vu un seul procureur en six mois de détention », témoigne l’éditorialiste de Zaman, Sahin Alpay. « Nous avons directement été déférés au tribunal qui a ordonné le placement en détention provisoire après notre interrogatoire par la police. Je suis le plus âgé, j’ai fêté mes soixante treize ans en prison. Mes éditoriaux n’ont rien à voir avec la mouvance de Fethullah Gülen. Je demande à ce que notre procès démarre le plus rapidement possible ».

Plusieurs journalistes ont saisi la cour constitutionnelle pour réclamer leur libération, mais la juridiction suprême tarde à répondre. Devant son silence, les avocats de deux d’entre eux ont fini par saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), à la fin du mois de décembre 2016, pour maintien en détention illégale.

Isolement renforcé pour de nombreux journalistes emprisonnés

En vertu des décrets-lois adoptés sous l’état d’urgence, les conversations entre les détenus et leurs avocats se déroulent en présence de policiers et sous vidéo surveillance. Les journalistes incarcérés du fait de liens présumés avec la confrérie de Fethullah Gülen font l’objet d’un régime d’isolement particulièrement sévère, détenus dans la neuvième section de la prison de Silivri, à soixante dix kilomètres d‘Istanbul, ils sont privés de courrier, coupés des médias et leur droit de visites est extrêmement limité.

Cela concerne les journalistes de Zaman, mais aussi onze collaborateurs de Cumhuriyet, que la justice accuse d’avoir altéré la ligne éditoriale du journal en accord avec la confrérie de Fethullah Gülen. Pour le parquet, la couverture par Cumhuriyet d’affaires sensibles telles que les livraisons d’armes turques à des groupes djihadistes syriens, les exactions commises par les forces armées en marge de leur lutte contre la rébellion kurde ou encore les allégations de tortures à l’encontre de putschistes présumés, sont autant de preuves d’une complicité avec le mouvement de Fethullah Gülen.

Une dizaine de collaborateurs du journal, dont son rédacteur en chef Murat Sabuncu, l’éditorialiste Kadri Gürsel, le caricaturiste Musa Kart ou encore l’administrateur Bülent Utku, ont été arrêtés le 31 octobre 2016. Ahmet Sik a été arrêté le 29 décembre 2016. L’accusation de soutenir Fethullah Gülen est un sommet d’absurdité pour ce journaliste d’investigation, incarcéré pendant plus d’un an entre 2011 et 2012 pour avoir critiqué l’emprise de la confrérie sur l’appareil d’état.

« Sur les cent soixante huit heures que compte une semaine, je ne peux voir des êtres humains que deux heures, une heure avec mon épouse et une autre avec mon avocat », raconte Murat Sabuncu. « Normalement, nous avons le droit de recevoir la visite de trois autres personnes, mais cette règle n’est plus appliquée ».

L'arbitraire toujours croissant des sanctions administratives

Des centaines de cartes de presse annulées

Depuis la mise en place de l’état d’urgence, pas moins de sept cent soixante quinze journalistes ont été privés de leur carte de presse par la direction générale de l’information et des médias (BYEGM), un organisme rattaché aux services du premier ministre. A la fin du mois d’octobre 2016, c’était au tour des journalistes Hasan Cemal et Doğan Akin d’être ainsi sanctionnés. Le 16 décembre 2016, la BYEGM annonçait à Nevzat Onaran que sa carte de presse, censée être permanente, ne lui serait plus renouvelée malgré ses dix sept ans de carrière. Pour toute explication, l’organisme a fait référence à une ancienne condamnation du journaliste pour avoir détourné le peuple du service militaire. Au début du mois de janvier 2017, la BYEGM a retiré sa carte à la célèbre journaliste Amberin Zaman, accusée d’incitation à la haine et à l’hostilité pour avoir déclaré sur les réseaux sociaux que « les kurdes constituent la force la plus importante dans le combat contre l’Etat Islamique ».

Les biens de cinquante quatre journalistes saisis

Le premier décembre 2016, un juge de paix d’Istanbul a ordonné la saisie des biens de cinquante quatre anciens collaborateurs de Zaman, dont Sahin Alpay, Mümtazer Türköne, Ali Bulac, Hilmi Yavuz, İhsan Duran Dagi ou encore Hamit Bilici, accusés de liens avec le mouvement de Fethullah Gülen. Une mesure adoptée alors que le procès de ces journalistes n’a pas encore commencé et qu’ils sont donc censés bénéficier de la présomption d’innocence.

L'état s’acharne contre les journalistes contraints à l’exil et leurs proches

Face à l’arbitraire de l’administration et des tribunaux turcs, des dizaines de journalistes ont été contraints à l’exil depuis six mois. Condamné à cinq ans et dix mois de prison au mois de mai 2016, l’ancien directeur de la rédaction de Cumhuriyet, Can Dündar, a ainsi décidé de ne pas rentrer au pays tant que l’état d’urgence restait en vigueur. Mais son épouse, Dilek Dündar, est bloquée en Turquie, son passeport a été annulé sans explication le 4 août 2016.

Une autre menace plane désormais sur les journalistes contraints à l’exil. Le décret-loi du 7 janvier 2017 prévoit que les individus suspectés ou poursuivis pour activité subversive, attaque contre le président de la république, crime contre le gouvernement ou appartenance à une organisation illégale, peuvent être déchus de leur nationalité turque s’ils ne répondent pas sous trois mois à leur convocation.

Le pluralisme en voie d’extinction

Cent quarante neuf médias liquidés d’un trait de plume

Depuis le 20 juillet 2016, pas moins de cent quarante neuf médias considérés comme proches de la confrérie de Fethullah Gülen ou du mouvement kurde ont été fermés manu militari, par décret ou sur décision administrative. Au premier décret liquidant cent deux médias, à la fin du mois de juillet 2016, ont succédé d’autres ordres similaires, fermeture de deux douzaines de télévisions et de radios au début du mois d’octobre 2016 et de quinze médias kurdes à la fin du mois d’octobre 2016. Le pluralisme médiatique est réduit à la portion congrue.

Vingt des titres liquidés ont finalement été autorisés à rouvrir. Un décret a par exemple autorisé la réouverture de onze médias locaux. Mais la portée de ce revirement est extrêmement limitée, au regard de l’influence de ces titres et des coupes claires opérées dans le paysage médiatique. La plupart des médias fermés par décret, dont les chaînes d’opposition Hayatin Sesi et İMC Télévision, attendent toujours des nouvelles quant aux recours qu’ils ont formulés auprès de la justice administrative. Ils comptent saisir la CEDH, étant donné que la cour constitutionnelle s’est déclarée incompétente, au mois d’octobre 2016, pour les affaires liées aux décrets-lois adoptés sous l’état d’urgence.

Carcan renforcé sur l’audiovisuel

Les décrets-lois ont renforcé les pouvoirs de sanction du haut conseil de l’audiovisuel (RTÜK). Ce dernier peut désormais suspendre toute radio ou télévision pour un jour, en cas de violation de la loi sur la presse. En cas de récidive, la suspension peut être portée à cinq jours, puis à quinze jours, et la licence du média peut finalement être révoquée.

Une nouvelle disposition introduite dans les statuts du RTÜK interdit « la couverture des actes terroristes, de leurs exécutants et de leurs victimes, lorsqu’elle contribue aux objectifs du terrorisme ». RTUK peut désormais refuser d’accorder une licence à tout média censé représenter une « menace à la sécurité nationale, à l’ordre public ou à l’intérêt général ». Il peut également le faire dès lors que la police ou les services de renseignement l’avertissent de liens du personnel du média en question avec une organisation terroriste.

Le contrôle d’internet porté à un niveau inédit

Le blocage ponctuel des plateformes Twitter, YouTube et Facebook est devenu une habitude après chaque attentat ou autre situation d’urgence en Turquie, mais les autorités ont passé un nouveau cap en rendant temporairement inaccessibles les services de messagerie WhatsApp, Skype et Telegram, au début du mois de novembre 2016. Les fournisseurs d’accès à internet ont reçu l’ordre de restreindre l’accès à une dizaine de VPN et au réseau Tor, permettant de contourner la censure et de chiffrer le trafic. Au même moment, l’accès à internet était coupé pendant plusieurs jours dans les régions du sud est, peuplées majoritairement de kurdes.

Face à cette dérive continue, RSF réitère les demandes formulées dans son rapport intitulé « état d’urgence, état d’arbitraire », à commencer par l’abrogation des décrets-lois inconstitutionnels et la libération immédiate des journalistes incarcérés du fait de leurs activités professionnelles.

RSF réclame en outre la levée de l’isolement imposé aux journalistes détenus dans la neuvième section de la prison de Silivri.

La Turquie occupait la cent-cinquante-et-unième place sur cent quatre vingt pays au classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2016, publié par RSF.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 16:10

 

Pas de visite de Donald Trump en Grande-Bretagne « avant des mois » (Reuters)

 

La visite d’état prévue de Donald Trump en Grande-Bretagne n'aura pas lieu « avant des mois » et aucun programme ne fait pour l'instant l'objet de discussions concrètes avec Washington, a déclaré Mardi 31 Janvier 2017 la porte-parole de Theresa May.

L'invitation, qui émane de la reine Elizabeth, a été remise la semaine dernière par la première ministre britannique lors de son entretien à la Maison Blanche avec le nouveau président des Etats-Unis.

Mais la perspective de voir Donald Trump venir au Royaume-Uni, où son décret contre l’immigration suscite comme ailleurs une vaste contestation, est rejetée par une partie de l'opinion. Mardi 31 Janvier 2017, une pétition mise en ligne pour réclamer l'annulation de cette visite d’état avait recueilli plus d’un million six cent mille signatures.

Les députés de la chambre des communes débattront le 20 février 2017 de cette pétition. Le même jour, ils débattront aussi d'une deuxième pétition, celle-ci en faveur du maintien de la visite d’état, qui a été signée jusqu'à présent par plus de cent mille personnes. Les pétitions atteignant la barre des cent mille signatures doivent être automatiquement soumises à un débat parlementaire en Grande-Bretagne.

« La première ministre a très clairement dit Lundi 30 Janvier 2017 que l'invitation avait été remise. Elle en était très heureuse et elle est impatiente d'accueillir le président, ce sera une visite d’état dans le courant de l'année », a dit la porte-parole de Theresa May aux journalistes.

« Pour ce qui est du programme de cette visite d’état, tout devra être travaillé en temps voulu. Nous en sommes à des mois », a-t-elle ajouté.

Selon le protocole, une visite d’état en Grande-Bretagne implique nécessairement une réception royale et un banquet offert par la souveraine.

La pétition contre la venue de Donald Trump avait été lancée avant l'annonce officielle de l'invitation. Mais le mouvement a pris une vigueur nouvelle après le décret du président américain interdisant pendant quatre vingt dix jours l'accès du territoire américain aux ressortissants en provenance d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen, pendant cent vingt jours l'accueil de tout réfugié aux Etats-Unis, et suspendant sine die l'accueil de tous les réfugiés syriens.

Sadiq Khan, le maire de Londres, devait dire Mardi 31 Janvier 2017 au chargé d'affaires américain Lewis Lukens que le décret pris par Donald Trump, loin de renforcer la sécurité des Etats-Unis, était préjudiciable à celle-ci.

Sadiq Khan, le plus illustre des hommes politiques musulmans de Grande-Bretagne, devait s'exprimer devant un parterre de diplomates étrangers et notamment devant les ambassadeurs de certains des pays les plus touchés par l'interdiction d'entrée aux Etats-Unis, a fait savoir la mairie de Londres.

« Prendre pour cible des personnes pour des raisons touchant uniquement à leur foi ou à leur pays d'origine est cruel, empreint de préjugés et improductif », doit déclarer le maire travailliste de Londres.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 15:56

 

http://mediabask.naiz.eus/eu/info_mbsk/20170408/les-artisans-de-la-paix-regardent-vers-lavenir

 

Les Artisans de la Paix regardent vers l’avenir

 

A Bayonne, le Samedi 8 Avril 2017 a marqué la fin du désarmement d’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) mais, surtout, une nouvelle phase dans la résolution du conflit basque.

Le ciel était clément à Bayonne, Samedi 8 Avril 2017. La température était chaude. Sur l’estrade, il y avait Michel Tubiana et Michel Berhocoirigoin, deux des Artisans de la Paix. « L’essentiel est là », lance le premier aux milliers de personnes amassées devant lui, « aujourd’hui, Samedi 8 Avril 2017, ETA est désarmé », reprend-il après une pause.

Mais cela ne suffit pas, pour apprendre à vivre ensemble, « il faudra désarmer les esprits ». L’assistance l’écoute, elle est là pour cela, pour vivre ce moment historique dans lequel les armes utilisées par ETA sont mises hors d’usage.

Les organisateurs parlent de vingt mille personnes présentes. La place Paul Bert est pleine et il fait chaud. La plupart des participants sont là depuis 14 heures et n’importe quel bout d’ombre peut devenir refuge de fortune. Pendant les prises de parole, un homme s’est senti mal. Couché sur le bitume, ses proches l’ont rafraîchi avec de l’eau sur la tête.

La voix de Louis Joinet, elle, a été envahie par l’émotion, au moment où il a remercié tous ceux qui ont rendu possible cette journée du désarmement. Chargé de lire le Manifeste de Bayonne, il a montré à quel point se sont engagés des centaines d’Artisans de la Paix. Un engagement collectif qui n’est devenu réalité que par l’engagement personnel de chacun d’entre eux.

Le texte a été lu en quatre langues. Estitxu Eizagirre, la directrice de la revue Argia, Susan George, écrivaine franco-américaine, et Fernando Armendariz, membre du Forum Social, ont pris le témoin de l’ancien expert de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Derrière eux, il y avait les signataires. Ils sont par dizaines, représentants de partis politiques, de syndicats ou d’associations, ils ont soutenu le manifeste.

Le travail mené depuis la Conférence d’Aiete en 2011 est « bel et bien une oeuvre artisanale, d’un ouvrage irrégulier, imparfait et humain, tellement humain », reconnaît le texte, c’est probablement pour cela que les personnes présentes à Bayonne se sentent partie prenante.

Bien sûr, il y a des absents de cette journée, les gouvernements français et espagnols. Les signataires attendent d’eux qu’ils s’expriment, afin que toutes ces années qu’ils ont laissées en héritage aux habitants du Pays Basque puissent être évoquées.

« La paix n’est pas seulement une absence de violence », rappellent-ils. Aux victimes, toutes et chacune d’elles, les signataires du manifeste voudraient leur dire que « non, cela ne se reproduira pas ». Sur la question des prisonniers et des exilés basques, « nous pensons que personne n’est perdant si la loi et la politique s’inscrivent dans le présent, si leur éloignement prend fin, s’ils sont rapatriés en Euskadi et alentour et si les malades et ceux arrivés en fin de peine sont libérés », ont-ils avancé.

Les détenus basques, la dernière pensée du révérend méthodiste nord-irlandais Harold Good a aussi été vers eux. Acteur du processus de paix au Pays Basque, il a demandé à Madrid et à Paris « qu’ils entendent la voix des personnes présentes et qu’ils permettent le retour des prisonniers chez eux, auprès de leurs familles ».

L’assistance a relayé l’appel avec des cris en faveur du retour des prisonniers. Des slogans qui ont résonné tout au long du rassemblement.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens