Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 15:30

 

http://www.cadtm.org/Le-CADTM-et-ATTAC-France

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2013/04/27/le-cadtm-et-attac-france-soutiennent-les-collectivites-publiques-en-proces-contre-dexia-et-exigent-la-mise-en-faillite-de-la-bad-bank

 

Le CADTM et ATTAC France soutiennent les collectivités publiques en procès contre Dexia et exigent la mise en faillite de la « bad bank »

 

Vendredi 19 Avril 2013

 

Dexia Crédit Local est un gouffre sans fond pour les finances publiques locales et nationales en Belgique et en France. Le CADTM et ATTAC France invitent les collectivités territoriales lésées par Dexia à suspendre le versement des intérêts, comme la loi les y autorise. Les États français et belge doivent annuler les quatre vingt cinq milliards d’euros de garanties consenties à Dexia et à ses créanciers : s’ils ont pris des risques excessifs, les créanciers doivent assumer leurs pertes, pas les contribuables !

 

Dexia Crédit Local (DCL) fait l’objet en France d’au moins quatre vingt plaintes intentées par les collectivités locales. En cause, ses prêts « toxiques » reposant sur des indices plus spéculatifs les uns que les autres : la parité entre l’euro et le franc suisse, mais aussi le yen, le dollar, l’inflation, les indices de la courbe des swaps, jusqu’’au cours du pétrole ! La banque a ainsi pu augmenter considérablement ses bénéfices à court terme tandis que les acteurs publics locaux (collectivités territoriales, hôpitaux publics) se trouvent aujourd’hui piégés par des taux d’intérêt dépassant souvent les vingt pour cent.

 

Ces taux usuraires pourraient toutefois être réduits radicalement en cas de victoire des collectivités locales, à l’instar des trois jugements rendus le 8 février dernier par le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre. Ce dernier a condamné Dexia à ne recevoir que le taux légal, soit 0,04% sur trois crédits contractés par le département de la Seine-Saint-Denis. Dexia vient de faire appel de ce jugement. Sans attendre l’issue de ce procès, tous les acteurs lésés par Dexia ont intérêt à suspendre unilatéralement et immédiatement la totalité des intérêts dus à Dexia, comme l’a fait la commune de Sassenage. En effet, le paiement des intérêts, considéré comme sérieusement contesté, ne constitue pas une dépense obligatoire comme l’a souligné la chambre régionale des comptes d’Auvergne Rhône-Alpes dans un avis rendu le 31 mai 2012.

 

Sans occulter la responsabilité de certains élus politiques dans ces dettes toxiques illégales et illégitimes, le CADTM et ATTAC France soutiennent les actions en justice intentées par les pouvoirs publics contre Dexia et les responsables de la débâcle en France et ailleurs comme en Belgique où plusieurs communes ont décidé de porter plainte contre les administrateurs du Holding communal de Dexia, qui était l’un des principaux actionnaires de la banque en Belgique. Le CADTM et ATTAC France invitent les collectivités locales, les hôpitaux et les organismes de logement social impactés par les prêts toxiques à suspendre le paiement de leurs échéances et à attaquer en justice les banques qui leur ont fait souscrire ces prêts.

 

Il est temps de mettre fin à l’impunité des responsables du fiasco Dexia qui continue de plomber les finances de nos États et de mettre un terme aux sauvetages à répétition.

 

Rappelons que Dexia a déjà été sauvée trois fois depuis 2008 grâce à l’argent public et que cela peut encore durer jusqu’en 2031 ! Car la Belgique, la France et le Luxembourg ont décidé de garantir les dettes de la bad bank de Dexia, dont fait partir DCL, pendant près de vingt ans pour un montant atteignant quatre vingt cinq milliards d’euros (sans compter les intérêts et les accessoires).

 

Autrement dit, si Dexia ne rembourse pas ses créanciers dont nous ne connaissons toujours pas l’identité malgré nos demandes répétées, ce sont les citoyens qui devront régler ses dettes. Cerise sur le gâteau : nos États se sont même engagés à renoncer à tout moyen de défense contre Dexia et ses créanciers en s’engageant à payer automatiquement même si ces dettes sont illégales, précise la convention de garantie signée par les ministres des finances !

 

Cette convention et tous les autres engagements de nos États à garantir les emprunts de Dexia doivent donc être annulés. Rappelons qu’une action en justice pour l’annulation de la garantie accordée par la Belgique a été introduite par le CADTM, ATTAC et deux députées belges et est en cours d’examen par le Conseil d’État belge. Une fois ces engagements annulés, il est dans l’intérêt des citoyens de mettre la bad bank de Dexia en faillite afin de stopper ces sauvetages à répétition.

 

Le cas Dexia est un cas emblématique de dettes illégitimes léguées par les banques aux États ou, autrement dit, de socialisation des pertes. Ces sauvetages bancaires expliquent largement l’augmentation de la dette publique en Europe depuis ces cinq dernières années. Or, cette dette illégitime sert aujourd’hui de prétexte pour imposer des coupes budgétaires dans les secteurs sociaux et privatiser les services publics au détriment des populations qui ne sont pas responsables.

 

Ce n’est pas aux populations de payer la facture à travers les augmentations d’impôts injustes comme la TVA, les coupes budgétaires, les licenciements, le démantèlement du code du travail, les baisses de salaires, d’allocations de chômage, etc.

 

Pour refuser le paiement de ces dettes illégitimes et remettre en cause ces politiques d’austérité, la mobilisation autour de l’audit citoyen de la dette est plus que jamais nécessaire. L’audit permettra d’identifier toutes les dettes illégitimes mais aussi les créances odieuses sur les pays en développement et pousser à leur annulation.

 

À cette fin, le CADTM et ATTAC France s’engagent à renforcer les comités d’audits citoyens de la dette existant notamment en France et en Belgique et appellent à en créer de nouveaux.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 15:09

 

http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/04/24/avant-daller-voir-film-hannah-arendt-lisez-241752

 

Avant d’aller voir le film « Hannah Arendt », lisez-la

 

Mercredi 24 Avril 2013

 

Par Pierre Haski

 

« Hannah Arendt », le film

 

En voyant la bande-annonce et les affiches du film « Hannah Arendt » de Margarethe Von Trotta, qui sort ce mercredi en salles, j’ai surtout eu envie de relire (vous avez remarqué, on « relit » toujours Hannah Arendt) « Eichmann à Jérusalem », le texte qui figure au cœur du film.

 

« Eichmann à Jérusalem », quatre cent quatre vingt quatre pages en collection Folio (transparence : je n’ai aucun intérêt dans les ventes du livre et Gallimard n’est pas mon éditeur), n’est pas un livre de philosophie, mais un reportage.

 

Hannah Arendt a voulu suivre le procès d’Adolf Eichmann, ce haut responsable nazi en charge de la mise en œuvre de la « solution finale » pour les juifs, kidnappé par les Israéliens alors qu’il vivait caché en Argentine, et qui fut jugé par un tribunal spécial en 1961 et en 1962 à Jérusalem. Eichmann fut condamné à mort et exécuté.

 

L’intellectuelle d’origine juive allemande, qui avait fui son pays pour vivre en France puis aux Etats-Unis après la montée du nazisme, s’est rendue à Jérusalem pour « couvrir » le procès pour le magazine américain The New Yorker. Elle était déjà accompagnée d’une solide réputation après la publication de son « Origine du totalitarisme » ; d’une réputation polémique, aussi, pour ses écrits critiques sur le sionisme.

 

La banalité du mal

 

Elle publiera cinq articles de fond dans The New Yorker, qu’elle reprendra ensuite pour ce livre qui déclenchera une tempête publique et privée.

 

C’est écrit comme un reportage sur un événement de portée historique, pas comme une thèse philosophique, même si elle y développe son concept de « banalité du mal » au cœur de la polémique.

 

Hannah Arendt sera violemment attaquée, comme peu d’intellectuels ont pu l’être au vingtième siècle, pour avoir fait le portrait d’Eichmann en homme médiocre, banal rouage d’une machine infernale, plutôt que comme personnage exceptionnel, monstrueux, spectaculaire, comme le voulaient les initiateurs israéliens de ce procès « pour l’exemple et pour l’histoire ».

 

Elle écrit :

 

« Malgré tous les efforts de l’accusation, tout le monde pouvait voir que cet homme n’était pas un monstre ; mais il était vraiment difficile de ne pas présumer que ce n’était pas un clown. Et comme une telle présomption aurait été fatale à toute l’entreprise, comme il était aussi assez difficile de la soutenir vu les souffrances qu’Eichmann et ses semblables avaient infligé à des milliers de personnes, ses pires clowneries passèrent quasiment inaperçues et l’on n’en rendit jamais compte. »

 

Dans sa postface à une seconde édition, répondant à ses détracteurs, elle enfonce le clou en soulignant qu’« il est dans la nature même du totalitarisme, et peut-être de la bureaucratie, de transformer les hommes en fonctionnaires, en rouages administratifs, et ainsi de les déshumaniser ».

 

« Un citoyen obéissant à la loi »

 

Comme l’écrit Laure Adler dans sa biographie d’Arendt :

 

« Hannah ne conteste nullement la responsabilité d’Eichmann, mais elle explique son manque de conscience de culpabilité par le mécanisme du nazisme qui avait mis le commandement du führer au centre absolu de l’ordre juridique. Eichmann était donc un citoyen obéissant à la loi. »

 

Dans sa présentation du livre en français, Michelle Irène Brudny de Launay rappelle qu’Hannah Arendt fut accusée de se montrer plus bienveillante vis-à-vis d’Eichmann que vis-à-vis de ses victimes. Mais elle explique :

 

« Quant à la banalité du mal, elle a pour fonction, en reprenant la vision kantienne de la religion dans les limites de la simple raison selon laquelle l’homme n’est pas diabolique, de souligner, de manière polémique, qu’Eichmann n’est pas une figure démoniaque, mais plutôt l’incarnation de l’absence de pensée chez l’être humain. »

 

Cette thèse, largement acceptée aujourd’hui (Rony Brauman et Eyal Sivan y ont contribué en 1999 en reprenant, dans le film « un spécialiste », les images du procès Eichmann à la lumière des écrits d’Arendt), et qui a ressurgi lors de situations similaires comme les procès de Khmers rouges au Cambodge (voir les films de Rithy Panh ou les livres de François Bizot), ou dans ceux des tribunaux de la justice internationale, fut largement combattue à l’époque.

 

En disant cela, Hannah Arendt faisait ressortir la capacité de tout être à devenir l’un de ces serviteurs dociles de systèmes monstrueux, une pensée insupportable pour les survivants de la seconde guerre mondiale qui tentaient de se reconstruire « après Auschwitz ».

 

D’autant qu’Arendt ne s’arrêtait pas là. Elle mit en cause de manière là aussi violente l’attitude de la communauté juive d’Europe qui s’est, selon elle, laissée massacrer sans se révolter. Elle s’en prenait en particulier aux conseils juifs mis en place par les nazis, et qui « coopérèrent » (une première traduction française avait employé le mot « collaborer ») avec leurs bourreaux.

 

« Réexamen du sionisme »

 

Mais il faut dire qu’Hannah Arendt n’en est pas à sa première polémique. Elle s’est en effet mise à dos une partie de la communauté juive organisée, en particulier aux Etats-Unis, en critiquant sévèrement l’évolution du sionisme auquel elle a initialement adhéré, au point de se voir stupidement traiter d’« antisémite ».

 

Dans un autre recueil d’essais, « Auschwitz et Jérusalem », on peut lire « Réexamen du sionisme », un texte d’octobre 1944 (en pleine guerre, donc), dont il est précisé qu’il avait d’abord été refusé par la revue américaine Commentary, « alléguant qu’un lecteur mal intentionné pourrait y déceler trop d’implications antisémites », avant de paraître dans Menorah Journal, toujours aux Etats-Unis.

 

Dans ce texte important, Hannah Arendt dénonce le fait que la section américaine de l’organisation sioniste mondiale ait gommé la référence aux arabes dans sa vision de la future Palestine, « ce qui ne leur laisse manifestement plus d’autre choix que l’émigration volontaire ou le statut de citoyens de deuxième classe ». La suite ne l’a pas démentie.

 

Et elle conclut, quatre ans avant la naissance d’Israël :

 

« Ainsi, le mouvement national juif social-révolutionnaire qui prit son essor il y a un demi-siècle avec des idéaux si élevés qu’il en oublia les réalités du Proche-Orient et la méchanceté générale du monde, en est-il arrivé, comme la plupart de ces mouvements, à soutenir sans ambiguïté des revendications non seulement nationales, mais même chauvines, non pas contre les ennemis du peuple juif mais contre ses amis potentiels et ses actuels voisins. »

 

Prise de risque

 

Toute sa vie, Hannah Arendt a pris des risques intellectuels et même personnels, sa liaison amoureuse avec le philosophe allemand Martin Heidegger, membre du parti nazi, explorant des territoires minés.

 

Aujourd’hui, paradoxalement, en particulier en France, son œuvre est reconnue et étudiée, vulgarisée au point que la « banalité du mal » en soit presque devenue un cliché journalistique.

 

Le film de Margarethe Von Trotta replace la femme et sa pensée dans son contexte historique des années 1960, explosif et polémique.

 

Mais rien ne remplace la lecture de ses textes, à commencer par « Eichmann à Jérusalem », qui frappe par son universalité et son actualité, hélas sans cesse renouvelée.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 20:11

 

Un garde turc tué dans un incident à la frontière syrienne

 

ANKARA (Reuters) - Un garde-frontière turc a été tué et six autres blessés jeudi à la frontière syrienne dans un accrochage avec des hommes armés, apprend-on auprès des services de sécurité.

 

Les hommes armés ont été présentés par Ankara comme des trafiquants, mais, selon un membre de l'opposition syrienne, il s'agirait de combattants rebelles membres de l'Armée Syrienne Libre (ASL). Deux d'entre eux auraient été tués dans l'échange de tirs.

 

Selon les médias turcs, l'incident, qui s'est produit à Akcakale, dans la province turque de Sanliurfa, a fait également dix blessés parmi les civils.

 

D'après la chaîne de télévision privée NTV, les syriens cherchaient à entrer en territoire turc et ont ouvert le feu lorsqu'ils ont été refoulés.

 

Des soldats de l'ASL pénètrent régulièrement en Syrie en venant de Turquie, où ils bénéficient de sanctuaires. La Turquie accueille plus de trois cent mille réfugiés syriens, la plupart dans des camps établis le long de la frontière.

 

Ankara a récemment démenti des informations selon lesquelles le gouvernement avait décidé de ne plus accepter de syriens, mais précisé qu'il lui fallait périodiquement réguler le flot de réfugiés.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 19:59

 

http://5maicitoyen.wesign.it/fr


Nous simples citoyens, sans mandat, sans titre, sans nom remarquable, appelons à venir manifester en nombre le 5 mai, pour une réelle démocratie.

Nous voulons en être, nous devons en être.

Le pouvoir politique est confisqué par une oligarchie élective elle même sous influence d'une oligarchie financière.


De concert, ils détruisent la planète, piétinent les droits humains, pillent le bien commun et méprisent les populations.

Nous décidons de nous joindre aux forces politiques, associatives, écologistes et sociales qui manifesteront le 5 Mai. Nous y serons, non pas pour marquer notre soutien à leurs innombrables drapeaux, mais pour nous soutenir nous même, pour notre dignité et notre avenir.

La refondation démocratique par un processus constituant, ne peut être l'affaire de quelques uns, elle ne peut être opérante que si elle est l'affaire de tous. Il ne peut y avoir d'intérêt général sans implication générale, il ne peut y avoir de règle pour tous sans élaboration par tous des règles, il ne peut y avoir de démocratie sans le peuple.

De Bastille à Nation, faisons savoir que s'ils ont des millions nous sommes des millions.

Venons et que foisonnent les mots d'ordres les idées les chants les slogans, fabriquons pancartes et banderoles, écrivons tracts et affiches, que chacun parle librement et fraternellement pour nous soyons tous à égalité.

Diffusons cet appel qu'il résonne partout, dans chaque quartier, dans chaque village, dans chaque entreprise, dans chaque école, dans chaque foyer.

Nous sommes le peuple !

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:43

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un message d’Alan Benjamin,  militant trotskyste des Etats Unis, relatif au bilan des deux premières années de la première présidence Obama.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci dessous

Bernard Fischer

http://www.quatrieme-internationale.org/spip.php?article193&lang=fr

Léon Trotsky sur le Labour Party et le Parti Noir aux Etats Unis

 

Par Alan Benjamin

 

Août 2010

 

Introduction

 

Alors que nous mettons cet article sous presse, aux Etats-Unis, il ne reste que quatre mois avant les élections de mi-mandat du 2 novembre 2010, une période marquée par des crises politiques qui se succèdent dans le principal pays impérialiste de la planète.

 

En novembre 2008, pour la première fois dans l’histoire de ce pays, un noir était élu président, exprimant les profondes aspirations au changement, à un changement d’orientation, au sein des populations laborieuses et surtout dans les secteurs les plus opprimés, à commencer par les noirs autrefois privés de leurs droits.

 

Ce n’était pas Barack Obama qui était le candidat de la classe dirigeante américaine pour occuper la plus haute fonction de la nation. C’était Hillary Clinton. Obama s’est hissé au rang de favori durant les primaires, puis au moment de l’élection elle-même, porté par une armée de volontaires et de sympathisants largement organisée en dehors de la machine électorale du parti démocrate et avec le soutien énergique du mouvement syndical et du mouvement noir.

 

Mais Obama était le candidat d’un des deux partis de la classe dirigeante aux Etats-Unis et le mandat auquel il devait se tenir était de mettre en œuvre la politique de la classe capitaliste dans une période d’aggravation de la crise du système capitaliste mondial, même si c’était en contradiction ouverte avec les aspirations des millions qui l’avaient porté à la présidence.

 

Et c’est justement là que se situe l’une des principales causes des convulsions dont le capitalisme américain est aujourd’hui la proie : le profond mouvement pour le changement qui a porté Obama à la présidence contre la direction du parti démocrate n’a pas été vaincu et continue à chercher la moindre ouverture pour faire avancer son combat contre les guerres en Irak et en Afghanistan, pour le système d’assurance maladie basé sur la répartition, pour l’emploi pour tous, pour l’autodétermination des Noirs et plus encore.

 

Cependant, et parce que le mouvement syndical américain reste subordonné au parti démocrate, les travailleurs, et en particulier les noirs, continuent de porter le poids de la crise du capitalisme. Il y a près de vingt sept millions de personnes au chômage ou qui ont des emplois à temps très partiel. Cinquante millions de personnes n’ont toujours pas de couverture maladie. Les saisies immobilières s’accélèrent et atteignent des records. Et tout cela se produit alors qu’Obama continue l’opération de sauvetage de Wall Street et des banques, et continue d’alimenter la machine de guerre dans le monde entier.

 

La situation est si mauvaise pour la classe ouvrière américaine qu’Harold Meyerson, journaliste au Washington Post, écrivait en février :

 

« Pour les syndicats américains, la première année de l’administration Obama est un quasi-désastre ».

 

En effet, Obama a impulsé un projet de loi de réforme de l’assurance maladie qui va détruire les plans d’assurance actuels pour les salariés et remplir les poches des assureurs privés. Il tourne le dos à la loi de libre choix pour les salariés (qui permettrait à de nouveaux adhérents de rejoindre les syndicats) et il n’a pas mis en œuvre un véritable programme de créations d’emplois.

 

Il tourne également le dos à la population noire en refusant d’écouter l’appel à la justice de Mumia Abu-Jamal, en refusant de reconstruire La Nouvelle-Orléans et le Sud, et en refusant de fournir des emplois et des logements pour les plus opprimés, c’est-à-dire les travailleurs noirs et latinos.

 

Les faits sont là : le mouvement syndical ne peut pas se battre pour l’emploi et ne peut pas défendre les intérêts de ses adhérents, et ceux de tous les travailleurs de ce pays, tant qu’il reste lié au parti démocrate. C’est parce que le mouvement syndical est subordonné à l’administration Obama et au parti démocrate qu’est intervenu ce « quasi-désastre pour le mouvement syndical » dont parle Meyerson, le journaliste du Washington Post.

 

Et ce désastre va encore s’aggraver si le mouvement syndical ne rompt pas avec la politique du parti démocrate et des patrons, et ne mobilise pas sur sa propre orientation indépendante sur les lieux de travail et dans la rue partout dans le pays.

 

Il faut que les syndicats deviennent des instruments de combat au service de leurs adhérents contre les restrictions budgétaires, les dégraissages, les concessions, les rafles, les expulsions et une véritable politique de destruction des syndicats mise en œuvre par le gouvernement et les patrons. Cela fait trop longtemps que les syndicats ne sont guère plus que des comités d’action politique au service des démocrates. Il faut que cela cesse !

 

Il faut aussi que ce combat soit mené sur le terrain politique par des candidats ouvriers politiques indépendants et un parti, un Labor Party, rattaché au combat pour construire un Parti Noir.

 

La classe dirigeante a deux partis, les démocrates et les républicains. Les travailleurs ont besoin de leur propre parti. Il est temps que le mouvement syndical rompe avec les démocrates. Il est temps d’ouvrir la plus large discussion dans le mouvement syndical sur la nécessité d’engager le combat pour le Labor Party et pour un Parti Noir qui lutterait main dans la main avec le Labor Party, les deux pouvant même se fédérer pour constituer un instrument unique de combat.

 

C’est avec cet objectif en tête que, en ce soixante dixième anniversaire de l’assassinat du révolutionnaire russe Léon Trotsky, nous publions ci-dessous un bref résumé des conceptions de Trotsky sur la question du Labor Party et du Parti Noir aux Etats-Unis.

 

Ces conceptions sont tout à fait actuelles dans les combats que mènent les travailleurs américains et la nation noire opprimée aux Etats-Unis aujourd’hui.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:20

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/04/25/des-maires-pour-la-liberation-de-prisonniers-palestiniens_899037

 

Des maires pour la libération des prisonniers palestiniens

 

Jeudi 25 Avril 2013

 

Par un collectif de maires français du Parti Communiste Français et du Front De Gauche à l’occasion de la conférence internationale pour les prisonniers à Ramallah en Cisjordanie du 22 au 28 avril 2013

 

Près de quatre mille huit cent palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes pour des faits de résistance dans les territoires occupés. Environ trois cent d’entre eux sont en détention administrative, une mesure qui autorise une détention de six mois sans jugement, sans preuve, sans avocat, et renouvelable à l’infini.

 

Fait unique au monde, vingt sept députés palestiniens sont en prison. Parmi eux, Marwan Barghouti, enfermé depuis onze ans et condamné par un tribunal militaire d’occupation cinq fois à la prison à vie et à quarante ans de sûreté. Cinq cent vingt sept autres prisonniers ont été condamnés à vie et à ce jour, cent onze ont passé plus de vingt ans en prison. Selon l’UNICEF, chaque année, ce sont environ sept cent enfants palestiniens de douze à dix sept ans qui sont en détention. A partir de quatorze ans, ils peuvent être condamnés jusqu’à dix ou vingt ans de prison pour jet de pierre. Actuellement, douze femmes palestiniennes sont détenues dans des conditions particulièrement difficiles du fait qu’elles sont isolées au milieu de prisonnières israéliennes de droit commun.

 

Pour résister aux mauvais traitements qui leur sont infligés les prisonniers palestiniens n’ont d’autre recours que la grève de la faim. C’est ce que deux mille d’entre eux ont fait au printemps 2012 avec comme principale revendication la libération des prisonniers en détention administrative. Le 14 mai 2012, l’administration pénitentiaire avait dû consentir à un accord mais, en février 2013, le porte-parole du ministère des affaires étrangères de la France, Philippe Lalliot, a exprimé sa « préoccupation » devant l’aggravation de l’état de santé de quatre palestiniens observant une grève de la faim depuis plus de trente jours. Le 16 février 2013, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé Israël à respecter ses obligations internationales en matière de droits de l’homme. Deux cent un prisonniers sont décédés en prison depuis 1967, et, comble de cruauté, les corps ne sont rendus aux familles qu’après extinction de la peine.

 

Dans les territoires occupés de Cisjordanie et à Gaza, presque toutes les familles palestiniennes ont des maris ou des fils qui ont subi des peines d’emprisonnement, souvent à plusieurs reprises. Cette violence institutionnalisée de la politique carcérale des autorités israéliennes n’a d’autre but que de chercher à briser la résistance de toute une société et à étouffer les aspirations légitimes d’un peuple à disposer d’un Etat souverain.

 

Nous, maires de villes de France, exprimons notre indignation devant de telles pratiques de la part d’un Etat qui se prétend démocratique. La sécurité d’Israël ne pourra jamais être acquise en jetant en prison tous ceux qui s’opposent à l’extension des colonies ou à la poursuite de l’édification du mur d’annexion en Cisjordanie, à la destruction des maisons palestiniennes dans Jérusalem-Est ou au blocus de Gaza. Depuis soixante-cinq ans, les Palestiniens attendent la création d’un Etat au côté de celui d’Israël conformément aux engagements de la communauté internationale. La création de cet Etat, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, est la solution incontournable pour parvenir enfin à instaurer une paix durable dans cette région du monde. Israël maintient en prison des dirigeants, comme Marwan Barghouti, capables de rassembler le peuple palestinien autour de cette idée simple « deux peuples, deux Etats ». Leur libération permettrait de donner une chance à la paix et d’ouvrir de véritables négociations sous l’égide de la communauté internationale.

 

C’est notre attachement à la paix et aux droits des peuples, en particulier lorsqu’ils sont légitimés par les résolutions de l’ONU, qui nous amène à exiger la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens. Nous faisons appel aux autorités françaises et européennes pour engager les sanctions économiques contre l’Etat d’Israël, telles qu’elles sont prévues en cas d’atteintes aux droits de l’homme.

 

Nous, maires de villes de France, appelons nos concitoyens à prendre part à une grande mobilisation pacifique et citoyenne pour exiger que s’ouvrent les portes des prisons israéliennes et que, dans la continuité de l’admission de la Palestine à l’ONU à titre d’Etat observateur, les palestiniens puissent enfin vivre, circuler, étudier, travailler librement dans un Etat viable, indépendant et souverain.

 

Premiers signataires : Michel Beaumale, maire de Stains (Seine-Saint-Denis) ; Gilles Poux, maire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ; Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) ; Pierre Gosnat, maire d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; Françoise Baud, maire de Valenton (Val-de-Marne) ; Franck Demaumont, maire de Châlette-sur-Loing (Loiret) ; Jean-Pierre Bosino, maire de Montataire (Oise) ; Nicolas Garcia, maire d’Elne (Pyrénées-Orientales) ; Christophe Faverjon, maire d’Unieux (Haute-Loire) ; Gilles Leproust maire d’Allonnes (Sarthe) ; Alain Outreman, maire d’Achères (Yvelines) ; Michel Lefebvre, maire de Douchy-les-Mines (Nord)

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 17:03

 

http://www.lematindz.net/news/11625-congres-mondial-amazigh-graves-derives-du-pouvoir-algerien.html



 Congrès mondial amazigh : graves dérives du pouvoir algérien

 

Communiqué du Congrès mondial amazigh.

 

Le 20 Avril émaillé par les arrestations de militants.

 

A l’occasion de la célébration du trente troisième anniversaire du printemps amazigh, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) Algérie a invité les membres de ses instances dirigeantes (conseil fédéral et bureau mondial) à une réunion en Kabylie et à participer aux marches populaires prévues le 20 avril 2013. Les autorités algériennes ont refusé de délivrer un visa à Fethi Nkhlifa, président du CMA, de nationalité libyenne, ce qui l’a empêché de se rendre en Algérie.

 

A l’issue de la marche le 20 avril, plusieurs membres du Congrès Mondial Amazigh ont été interpellés par la police. A Vgayet, Mustafa Felfoul membre du conseil fédéral et Belkacem Lounes, responsable des relations internationales du CMA, ont été arrêtés à l’issue de la marche, vers 13 heures et emmenés au commissariat de police de ville où ils ont été interrogés, puis libérés en fin de journée. Mustafa Felfoul a été photographié et ses empreintes digitales enregistrées.

 

A Tizi-Wezzu, Khalid Zerrari, vice-président du CMA pour le Maroc et Rabah Issadi, membre du conseil fédéral du CMA Algérie, ont été également interpellés dès la fin de la marche qui a eu lieu dans cette ville, vers la mi-journée.

 

Rabah Issadi a été libéré quelques heures après mais Khalid Zerrari a été gardé au commissariat central de Tizi-Wezzu. Il devait être expulsé d’Algérie vers le Maroc immédiatement mais quarante huit heures après il est toujours détenu par les autorités de police algérienne dans un lieu inconnu et sans possibilité de contact avec lui. Le CMA met en garde le gouvernement contre toute atteinte à l’intégrité physique et morale de Khalid Zerrari.

 

Le Congrès Mondial Amazigh dénonce avec force ces graves abus d’autorité et atteintes aux droits et libertés fondamentaux et particulièrement au traitement inique dont a été victime Khalid Zerrari.

 

Rien ne justifie l’arrestation des membres du CMA à Vgayet et à Tizi-Wezzu qui constitue par conséquent un acte totalement arbitraire des autorités algériennes.

 

Le CMA réaffirme que ces pratiques d’intimidation autant mesquines que brutales, n’entament en rien sa détermination de poursuivre sans relâche sa tâche de lutte en faveur des droits du peuple amazigh et en particulier la liberté de circulation des amazighs dans tous les pays de Tamazgha, conformément à l’article trente six de la déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée par l’Algérie.

 

A l’attention du gouvernement algérien, le CMA rappelle que ses déclarations de bonnes intentions en matière de respect des droits humains, ne peuvent cacher les pratiques racistes anti-amazighes en Algérie. Les interdits et la répression contre les organisations politiques démocratiques et la société civile particulièrement en Kabylie, mettent en évidence une politique de mise en quarantaine de cette région.

 

Le CMA appelle les instances et les organisations internationales des droits de l’homme à agir avec la plus grande fermeté afin que l’Etat algérien respecte enfin ses engagements et obligations internationaux en matière de droits humains et des peuples.

 

Tizi-Wezzu, Dimanche 21 Avril 2013

 

Le bureau du CMA

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 16:40

 

https://www.partipirate.org/spip.php?article313

 

Convocation d’une assemblée constituante

 

Parti Pirate

 

Vendredi 5 Avril 2013

 

Nous avons lancé une consultation interne au Parti Pirate en vue de formuler une demande solennelle de convocation d’une assemblée constituante dans les termes suivants.

 

Le devoir, incontournable en vertu des circonstances, s’impose au Parti Pirate, à la suite de la passation des aveux d’un responsable de l’exécutif, de demander solennellement la convocation d’une assemblée constituante.  

 

Le temps des tergiversations a passé. Il ne suffit plus de redresser une morale, privée ou publique, mais de redonner une ambition politique à notre pays. Cette exigence dépasse le cadre d’une simple réparation mais procède d’une refondation utile et nécessaire : cette refondation est constitutionnelle.

 

Les « rustines » législatives ne sont plus d’actualité.

 

Il n’est pas question de légiférer dans un cadre obsolète. Le peuple souverain ne peut se résigner devant l’impuissance des institutions à se réformer. Les institutions qui manifesteraient encore une volonté de réforme se trouvent liées par l’habitus de l’oligarchie qui ne manifeste nullement le désir réel de rendre des comptes.

 

Le changement attendu par les français n’est pas réductible à un « supplément d’âme réformiste ».  

 

Dans ce contexte institutionnel, une loi supplémentaire ne garantirait donc rien de plus car ce sont les fondements du pacte républicain qui sont ruinés : il s’agit de repenser les rapports entre représentants et représentés qui restent seuls fondateurs de la démocratie réelle. La légitimité de l’édifice constitutionnel actuel ne peut qu’être remise en cause.

 

Contrairement à nos voisins européens (allemands et italiens) dotés d’une cour constitutionnelle, le pouvoir judiciaire n’est pas constitué en France d’une manière objectivement autonome susceptible de garantir l’indépendance de son action. Il se trouve réduit à la portion congrue d’une autorité judiciaire, maîtrisée par le pouvoir exécutif par des moyens que nous dénonçons de manière programmatique. Le conseil constitutionnel ne saurait devenir dans le cadre actuel une cour constitutionnelle !

 

Pétitionner serait aussi vain qu’improductif sauf à vouloir noyer le poisson au bénéfice d’hommes ou de femmes connues pour ne pas être exemptes d’arrière-pensées. Ces oligarques voudraient renverser la charge de la preuve au détriment du peuple français en lui extorquant un acquiescement à leurs thèses.

 

La nature du Parti Pirate est de porter un projet de rupture  

 

La fonction et le devoir du Parti Pirate, constitué de citoyens dynamiques et formés de la nation, sont de prendre acte du déficit démocratique et d’en tirer les conséquences.

 

Le moment est opportun de faire en sorte que le destin de notre pays s’inscrive dans une nouvelle logique républicaine de la constitutionnalité qui s’affranchisse des limites actuelles dont il n’est plus temps de mesurer l’inefficacité.

 

Si nous ne le faisions pas, nous jouerions le triste jeu politicien qui conduira le peuple français, une fois poussé à bout par l’exaspération de la crise morale, économique et constitutionnelle, à choisir l’un des extrêmes. Celui-là ne manquera pas alors de se présenter comme le recours susceptible de procurer l’homme ou la femme providentielle dans lequel tous voudront croire que réside le salut national, confondu dans l’affolement général avec le salut public.

 

Le Parti Pirate veut croire à l’existence d’une autre voie, qui passe par un partage fraternel des savoirs culturels et scientifiques de l’humanité, la protection de l’égalité des droits des citoyens grâce à des institutions humaines et transparentes et la défense les libertés fondamentales sur Internet comme dans la vie quotidienne. Dans le contexte actuel, nous pensons que cette voie ne peut que passer par une refonte constitutionnelle grâce à la convocation d’une assemblée constituante.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:59

 

http://www.gauche-anticapitaliste.org/content/no-nos-vamos-nos-echan-part-pas-ils-nous-virent

 

No Nos Vamos Nos Echan (On ne part pas, ils nous virent)

Lundi 8 Avril 2013

À l’appel du mouvement « Jovenes Sin Futuro », une mobilisation européenne de la jeunesse espagnole a eu lieu Dimanche 7 Avril 2013. À Montpellier, comme dans plusieurs villes françaises, un rassemblement s’est tenu ce dimanche. Place Jean-Jaures, entre cent cinquante et deux cent personnes se sont regroupées pour partir ensuite  en manifestation jusqu’au jardin du Peyrou.

Derrière une banderole au slogan : « no nos vamos, nos echan » (nous ne partons pas, ils nous virent), des jeunes travailleurs et des étudiants espagnols ont crié leur colère. Avec créativité, ironie et rage, ils ont dénoncé les politiques des derniers gouvernements espagnols qui font qu’ils ne trouvent pas de travail dans l’État espagnol. Un mélange de mots d’ordre revendicatifs et politiques ont rythmé le cortége, comme par exemple : « lo llaman démocracia pero no lo es » (ils l’appellent démocratie mais elle ne l’est pas), « se va  a acabar la paz social » (c’est la fin de la paix sociale), « no hay pan para tantos chorizos » (il n’y a pas assez de pain pour autant de voleurs), « esta crisis no la vamos a pagar » (cette crise nous n’allons pas la payer) et aussi une adaptation en français « nous voulons décider de faire nos valises ».

Au Peyrou, un jeune a lu leur manifeste en français et une jeune l’a lu en espagnol.

Ils proposent une réunion ouverte le samedi 14 avril à 18 heures à la librairie Scrupule

La Gauche Anticapitaliste se félicite de cette initiative de mobilisation européenne. L’exil forcé  de quatre cent mille jeunes depuis 2008 n’est pas un problème individuel mais la résultante des politiques d’austérité. Leur réaction coordonnée est exemplaire et ceci d’autant plus au moment où le projet de loi ANI est débattu au parlement français. Ce projet de destruction des garanties et du droit du travail conduira au même résultat qu’en Espagne, c’est-à-dire plus de précarité, plus de licenciements, plus de pauvreté. Plus que jamais, la convergence des luttes est un enjeu majeur, le rassemblement de ce dimanche est un premier pas porteur d’avenir. C’est en ce sens que militeront les militants de la Gauche Anticapitaliste avec le Front De Gauche.

Manifeste « on n’est pas parti, ils nous ont virés » (Montpellier)

Nous, jeunes espagnols qui nous trouvons hors de notre pays, nous voulons dénoncer aujourd'hui publiquement que, comme des millions d'autres citoyens de ce monde, nous avons été obligés d'abandonner notre pays, devenant des exilés économiques. Nous avons laissé derrière nous famille, amis et projets de vie, non pas par esprit d'aventure, comme l'a pu dire récemment la secrétaire d'état à l'immigration et l'émigration, mais par pure nécessité, devant l'absence d'offre d'emploi dans notre pays. L'impossibilité de trouver un emploi, alors que nous sommes la génération la mieux formée de l'histoire d'Espagne, montre qu'il ne s'agit pas de problèmes individuels propres à chacun, mais d'un problème d'intérêt général.

Le travail est le moyen pour chacun de nous de subvenir à ses besoins minimum, et la base sur laquelle construire un projet de vie. Ce n'est pas pour rien que le travail est un droit reconnu par la déclaration universelle des droits de l'homme, et même par la constitution espagnole.

Pour autant, c'est une obligation pour les administrateurs publics et les représentants politiques de veiller à l'intérêt général en garantissant ce droit, et non de le laisser au bon vouloir des va-et-vient des marchés, qui sont aux mains d'agents économiques privés dont certains ont des objectifs diamétralement opposés à l'intérêt général. Nous tenons le gouvernement espagnol actuel pour responsable de la situation où nous sommes, puisqu'il a renoncé à intervenir sur ce sujet d'intérêt général du plus haut degré. Nous étendons cette accusation au gouvernement précédent, qui avait approuvé une réforme du travail de la même nature que l'actuelle, qui n'a fait qu'augmenter le nombre de chômeurs.

Tant que la situation sera la même en Espagne, nous estimons peu probable notre retour au pays, bien que notre situation dans nos lieux d'accueil soit loin d'être idyllique : difficultés pour trouver un logement, promiscuité des colocations, difficultés pour faire reconnaître nos diplômes, emplois précaires et couverture sociale minimum. La mesure récente qui prive les chômeurs du droit à la carte sanitaire européenne ne fait que compliquer la situation des émigrés récents.

D'autre part nous voulons insister sur le fait que notre départ prive le pays d'un capital humain irremplaçable, et donc d'une opportunité de moderniser notre économie. A travers l'éducation publique, l'Etat a beaucoup investi dans notre formation. Et chaque départ est une opportunité perdue, au moins temporairement, pour construire un tissu productif soutenable et prospère, basé sur la connaissance et la satisfaction des besoins humains, et d'abandonner une fois pour toute le modèle de la spéculation, notamment immobilière.

On nous dit que l'économie espagnole est peu productive et qu'on doit donc travailler plus pour moins d'argent si on veut s'en sortir et créer enfin des emplois. Mais si la logique économique qui nous guide est d'augmenter  la productivité en taillant dans les salaires, alors on arrive inexorablement à la conclusion que le modèle à suivre est celui de la Rome antique, avec ses esclaves. Certains contrats concernant les jeunes, comme les stages non rémunérés, semblent indiquer qu'on prend ce chemin.

Il nous est dit également que l’Etat ne peut pas créer d’emplois publics car notre dette publique est très haute, et qu’il faut non seulement la rembourser dès que possible, mais en plus prouver à nos usuriers que nous ne sommes pas dépensiers pour qu’ils continuent à nous prêter. Il ne faut pas oublier que si la dette de l’état en est arrivée là, c’est parce que nous avons secouru les banques en faillite en assumant leur passif. Au travers de différents mécanismes, ce sont cent quatre vingt cinq milliards d’euros que l’état a prêté aux banques.

Cela signifie que les pertes ont été socialisées mais que les bénéfices eux seront partagés par les mêmes. Nous considérons cette partie de la dette comme illégitime et nous ne voyons pas pourquoi nous devons la payer, décision qui a déjà été prise par d’autres pays dans le passé et qui s’en sont très bien sortis. 

Nous croyons que les politiques économiques actuelles et sociales ne font qu’empirer la situation de la majorité des personnes. Certaines mesures très différentes sont pourtant nécessaires, des mesures que n’ont pas pour objectif de maintenir la situation de certains privilégiés, au coût d’un appauvrissement général, mais en satisfaisant les nécessités premières de tous les citoyens sans compromettre le bien être des générations futures.

S’il s’agit d’augmenter la productivité, nous croyons que le meilleur moyen pour le faire est d’investir dans la recherche et de mettre en valeur la formation acquise ces derniers temps par les jeunes espagnols. Dans tous les cas, nous croyons que la création d’emplois ne peut être soumise à la seule loi du marché. C’est pour cela que nous exigeons la réduction du temps de travail et le maintien de la retraite à soixante cinq ans comme moyens pour répartir le travail.

En ce qui concerne la création d’emplois publics, nous pensons que le problème ne vient pas des dépenses publiques trop élevées, l’Espagne ayant un des taux de dépenses publiques les plus bas parmi ses voisins. Le problème est avant tout que l’Etat ne collecte pas suffisamment et pas au bon endroit : alors que les travailleurs supportent une pression fiscale élevée, les grandes entreprises et grandes fortunes bénéficient d’une fiscalité pleine de niches, qui leur permet de payer des pourcentages moindres par rapport à ce que payent leurs propres employés ou les PME. Si à cela nous additionnons l’énorme fraude fiscale de notre pays (de laquelle sont responsables à plus de soixante dix pour cent ces mêmes entreprises et fortunes personnelles) nous nous rendons compte que le problème n’est pas le manque d’argent en Espagne mais que celui-ci est entre peu de mains, en billets de cinq cent euros. Pour tout cela, nous exigeons un système plus progressif dans lequel payent ceux qui ont le plus et qui polluent le plus, avec par exemple un suivi plus ferme des fraudes fiscales. C’est la seule façon pour que notre pays ait les ressources nécessaires pour maintenir le niveau de vie et créer des emplois publics, et surtout là où il y en a le plus besoin : éducation, santé et services sociaux. En outre,  nous exigeons que soient remplacées à cent pour cent les places vacantes des retraités.

Enfin, concernant le logement, nous exigeons le rétablissement des aides au logement pour les jeunes et, sur la base des actifs immobiliers des entités qui ont été nationalisées, la création d'un parc immobilier de logements sociaux.

Depuis cinq ans nous sommes déjà quatre cent mille jeunes espagnols qui avons du émigrer et recommencer une nouvelle vie à l´étranger à cause des politiques d’austérité de nos gouvernements. C’est une véritable régression à la situation des années 1960, où une génération a été condamnée à l’émigration économique. La différence c’est que nous sommes, exilés du vingt et unième siècle, la génération la mieux formée de l’histoire de notre pays.

Mais comme eux, nous aurons le travail précaire, les contrats temporaires, sans rapport avec nos diplômes, une protection et des salaires minimaux, que ce soit en anglais, en allemand ou en français.

C’est pour cela que les espagnols émigrés dans le monde entier s’unissent dans le mouvement « On ne part pas, ils nous virent ». Nous avons manifesté Dimanche 7 Avril 2013 à Montpellier. Ils aimeraient que nous nous résignons, que nous restons loin, mais nous allons leur montrer que nous continuons à nous battre pour nos droits et ceux des nôtres, et ils vont nous entendre !

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:30

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/15/bobby-sands-a-guantanamo_3159711_3232.html

 

Bobby Sands à Guantanamo

 

Lundi 15 Avril 2013

 

Par Sylvie Kauffmann

 

L’air du monde

 

Dans le débat sur l'héritage de Margaret Thatcher, dominé par la lecture britannique, un élément, important, est passé à l'arrière-plan : l'épisode de la grève de la faim des détenus de l'IRA, l'armée républicaine irlandaise d’Irlande du Nord, en 1981. Il est pourtant d'autant plus important que, trente-deux ans plus tard, une nouvelle grève de la faim, à Guantanamo, est en train d’exploser au visage de Barack Obama, incapable de tenir sa promesse de fermer cette prison militaire américaine de l'après 11 septembre 2001.

 

«Crime is crime. It is not political ». Lentement énoncée, de sa voix haut placée, un brin d'exaspération dans le ton, cette phrase illustrait l'obstination de la « dame de fer », alors premier ministre, face au mouvement qui était en train d’embraser l'Irlande du Nord. « Un crime, c'est un crime. Ce n'est pas un délit politique ».

 

Devenu commandant des prisonniers de l’IRA à Maze (Long Kesh, pour les irlandais) où il purgeait une peine de quatorze ans de prison pour possession d’arme à feu, Bobby Sands cessa de s’alimenter le premier mars 1981, pour obtenir le statut de prisonnier politique, supprimé cinq ans plus tôt.

 

Le 9 avril 1981, allongé dans sa cellule, il était élu député à Westminster, à la faveur d’une élection partielle dans une circonscription d’Irlande du Nord. Le 5 mai 1981, il s’éteignait.

 

La nouvelle, annoncée à 2 heures du matin par le vacarme des couvercles de poubelles sur Falls Road, à Belfast, fut saluée par des nuits et des jours d'émeutes. Cent mille personnes assistèrent à ses funérailles.

 

D'autres détenus avaient déjà pris le relais. Le suivant, Francis Hughes, mourut une semaine plus tard. Arc-boutée sur sa position, soutenue par l'opinion publique britannique, Margaret Thatcher ne bougea pas. De mai à octobre, elle laissa mourir à petit feu dix de ces grévistes de la faim. Ce sont les mères des détenus qui mirent fin au mouvement en demandant l'intervention des médecins une fois leurs fils tombés dans le coma.

 

Coup de propagande majeur, la grève de la faim permit à l'IRA de recruter abondamment, renforça le Sinn Féin, son bras politique, et radicalisa le conflit. L'argent des sympathisants américains coula à flots. Les attentats meurtriers se poursuivirent, dont celui auquel, trois ans plus tard, Margaret Thatcher échappa de justesse dans son hôtel, pendant le congrès conservateur à Brighton. C'est finalement Tony Blair qui, en 1998, conclut un accord de paix avec la province rebelle.

 

La situation à Guantanamo est différente, mais l'arme de la grève de la faim conduit au même piège. Le mouvement y a été lancé début février, puis s'est étendu parmi les cent soixante six détenus du camp, tous arrêtés dans le cadre de la lutte antiterroriste après le 11 septembre 2001. Selon les autorités du camp, vendredi 12 avril, quarante trois prisonniers répondaient au critère officiel de grève de la faim (refuser neuf repas successifs) et treize d'entre eux étaient nourris de force, attachés sur des fauteuils, par absorption d'un liquide hautement nutritif par le nez, afin de les empêcher de mourir.

 

Les avocats font état d'un mouvement beaucoup plus ample, touchant de cent à cent trente détenus.

 

Samedi à l'aube, afin de briser ce mouvement, l’armée américaine a investi le camp six, qui abrite les détenus les moins dangereux. Ceux-là, la majorité des prisonniers, en réalité, ne sont pas inculpés et ont obtenu le droit d’avoir des activités communes, sportives, culturelles et religieuses. Mais ils avaient obturé les caméras de surveillance à l’aide de boîtes de céréales, empêchant les militaires de voir qui était en grève de la faim et qui ne l'était pas.

 

Le raid de samedi, mené quelques heures après le départ d'une délégation du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et alors que les visites des médias sont interdites jusqu'au 6 mai, a permis aux militaires de reprendre le contrôle du camp six, en plaçant chaque détenu dans une cellule individuelle de haute sécurité.

 

Les autorités du camp, où pas moins de mille sept cent militaires américains gèrent les cent soixante six détenus de pays arabes et musulmans, soupçonnent certains prisonniers de s’alimenter en cachette. Mais la vraie terreur du commandement, explique Carol Rosenberg, journaliste du Miami Herald dont il faut saluer la remarquable et constante couverture de Guantanamo depuis 2002, ce sont « les grèves de la faim invisibles » : ceux qui font semblant de s’alimenter pour que les gardes ne s'aperçoivent pas qu'ils sont en train de mourir.

 

La dernière chose que l'on veut à Guantanamo, c'est un Bobby Sands. « les martyrs du camp six » : succès garanti au box-office du Moyen-Orient. Il suffit de penser aux détails macabres de l'agonie de Bobby Sands, décrits par ses proches, sa maigreur, le moment où il est devenu sourd, puis aveugle, où il s'est arrêté de parler, pour comprendre que ce scénario doit être exclu à tout prix.

 

C'est pour cela que les grévistes dont la vie est en danger sont nourris de force, une pratique que dénonce le CICR. Pour autant, le problème est-il résolu ? Non, bien sûr. Il a été parfaitement décrit, le 20 mars, devant une commission du Congrès, par le général John F. Kelly, qui commande la région Sud : les détenus de Guantanamo, dont quatre vingt six ont été décrétés libérables il y a trois ans, sont en train de perdre l'espoir de sortir un jour. Sept se sont suicidés depuis 2006. Le président Obama s'était engagé à fermer la prison « avant un an », c'était le 22 janvier 2009.

 

Ses bonnes intentions se sont perdues dans le labyrinthe des querelles avec le congrès, qui a bloqué les crédits nécessaires au transfèrement des détenus. L'office du représentant spécial pour la fermeture de Guantanamo va disparaître, le commandant du camp a demandé deux cent millions de dollars (cent cinquante millions d'euros) pour pérenniser des installations conçues il y a onze ans comme provisoires : les détenus, a dit le général Kelly, sont « dévastés » par ce qu'ils interprètent comme des signes d'abandon de toute solution au no man's land juridique dans lequel ils sont enfermés.

 

Margaret Thatcher aurait pu donner satisfaction aux grévistes de la faim de Long Kesh, mais ne voulait pas. Barack Obama voudrait donner satisfaction à ceux de Guantanamo, mais ne peut pas. Dirigeants de deux grandes démocraties, tous deux sont associés à la défense des droits de l'homme et des valeurs universelles. Mais sur ces deux dossiers, ils ont failli.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens