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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 20:42

 

http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/24/1759524-cahors-creation-d-un-collectif-de-soutien-au-peuple-grec.html#xtor=EPR-1

 

Création d’un collectif de soutien au peuple grec à Cahors

Un collectif, déjà composé d’ATTAC, la libraithèque DALP (Droit A La Paresse), ETM (École Tiers Monde du Lot), le Lot en action, Parti de Gauche du Lot, Front De Gauche, Nouveau Parti Anticapitaliste, FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), Sud Education, Sénaillac en transition, est en voie de création pour tout le département du Lot.

Ce collectif a pour objectif de venir en soutien au peuple grec.

Profitant de la semaine de la solidarité internationale ayant pour thème « les droits à l’essentiel », les organisateurs avaient programmé Mercredi 20 Novembre 2013 à la bourse du travail de Cahors une soirée avec exposition photo, projection du film « ne vivons plus comme des esclaves », débat et pour terminer buffet convivial grec. Le réalisateur du film Yannis Youlountas, franco-grec était présent ainsi que Georges Zacchariou du comité santé Grèce de Toulouse. Près de deux cents personnes participaient à cette première manifestation.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:48

 

http://www.promethee-1871.com/en-passant-par-la-bretagne

 

En passant par la Bretagne

 

Par Emile Fabrol

 

Samedi 23 Novembre 2013

 

A elle seule la Bretagne est un concentré de l’horreur capitaliste. L’agriculture a été colonisée par l’industrie agro-alimentaire aux conséquences destructrices pour les paysans (devenus dépendants des firmes industrielles) et pour l’environnement (pollution et algues vertes).

 

Pendant de longues années, l’industrie agro-alimentaire s’est engraissée par l’exploitation d’une niche productiviste et à grand renfort de subventions publiques.

 

Aujourd’hui, cette niche subit les assauts de concurrents, essentiellement d’outre-Atlantique. Un comble, Doux importe même des poulets du Brésil. Ajoutons que l’austérité généralisée dans les états membres de l’Union Européenne conduit à la réduction drastique des subventions. Et, cerise sur le gâteau, le gouvernement de « gauche » décide de mettre en œuvre l’écotaxe votée dans une touchante unanimité avec la droite sous Nicolas Sarkozy.

 

Les paysans sont de plus en plus paupérisés, quand ils ne disparaissent pas, les ouvriers subissent plans de licenciement sur plans de licenciement, les artisans et les petits commerçants sont ruinés. C’est l’explosion ! 

 

A l’initiative d’un collectif de travailleurs des entreprises en lutte, cette explosion sociale s’est manifestée le 2 novembre dernier à Quimper, trente mille personnes exprimant leurs mécontentements, leurs exaspérations. Au-delà du battage médiatique d’une presse aux ordres de la classe dominante qui a voulu voir à Quimper une manifestation populiste avec la participation de Philippe Poutou pour le NPA, il est vrai que la manifestation de Quimper ne ressemblait pas à ces images idylliques où l’on voit les ouvriers et les paysans marchant bras dessus bras dessous sur le château du prince.

 

Même si la référence à la révolte des bonnets rouges contre les taxes de Louis XIV invoquait ces révoltes populaires qui peuvent engendrer des révolutions.

 

Oui, il y avait des revendications différentes, voire contradictoires, dans les rues de Quimper. Comme il y en a, et il y en aura de plus en plus, ailleurs en France et dans les états membres de l’Union Européenne. Quoi de plus normal que des forces hostiles à la classe ouvrière utilisent aussi les conditions sociales et politiques existantes et décident de ne pas rester cloîtrées derrière le pont-levis du château. Est-ce une raison suffisante pour refuser de les affronter ? Est-ce une raison suffisante pour laisser les victimes du capital sous l’emprise de l’idéologie dominante ? Est-ce une raison suffisante pour aller s’isoler des masses en mouvement ? Est-ce une raison suffisante pour tenter de diviser le mouvement en appelant le même jour à la même heure à une manifestation des « purs » et des « élus » à Carhaix ? Non, mille fois non ! La lutte des classes n’est pas une recette de cuisine dont on connaît à l’avance les ingrédients et quasiment le résultat.

 

Comme le disait Antonio Gramsci, « la vérité est qu’on ne peut pas choisir la forme de guerre qu’on veut, à moins d’avoir d’emblée une supériorité écrasante sur l’ennemi ».

 

Force est de constater qu’actuellement la classe ouvrière n’a pas la supériorité. Le président Hollande et son gouvernement PS-EELV poursuivent et aggravent la politique de l’équipe précédente, remettant en cause du code du travail avec la loi, issue de l’accord MEDEF-CFDT, qui généralise la flexibilité, augmentant les impôts et les taxes pour alimenter le crédit d’impôts accordés aux entreprises, poursuivant la destruction de la protection sociale. Le tout sans que le monde du travail se mobilise pour combattre cette casse sociale et humaine et tenter de briser cette spirale infernale qui peut déboucher sur des solutions autoritaires.

 

Est-ce que cela va perdurer encore longtemps ? Nul ne le sait. Par contre les centrales qui ont lancé l’appel intersyndical (sauf Force Ouvrière) pour des manifestations le 23 novembre en Bretagne ont décidé que cela doit perdurer.

 

Leur appel éclaire sous son vrai jour l’initiative de Carhaix. N’y cherchez pas le refus des licenciements, vous y trouverez seulement la nécessité de « combattre les suppressions d’emploi ». Trouvant un peu trop léger le pacte d’avenir proposé par le gouvernement, les centrales syndicales se prononcent pour un pacte social, mieux, ou pire, « elles s’engagent dans le dialogue social (souligné par nous) tant dans les entreprises, les services, que dans les institutions et face au gouvernement pour exiger la prise en compte de nos revendications ».

 

Conclusion, pas question que les travailleurs manifestent à Quimper car ils pourraient faire de mauvaises rencontres, mais les délégués syndicaux autoproclamés peuvent débattre dans les salons du pouvoir.

 

Tel n’est pas le choix de celles et ceux qui pensent que l’avenir de l’humanité passe par mettre un terme à l’horreur capitaliste. Ce choix n’est pas une lente et sûre progression car comme l’expliquait Karl Marx, « les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants ».

 

Il est vraiment temps de cesser d’analyser la situation réelle à travers les prismes déformants des institutions et des organisations existantes. Ce qui ne signifie pas les ignorer parce que leurs actions ont des effets concrets sur la lutte des classes.

 

Il est temps de saisir la situation dans sa totalité où s’affrontent l’état actuel et le mouvement réel, seul capable d’en finir avec l’état actuel. Inutile de vouloir être dans ces deux sphères à la fois.

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 16:55

 

http://www.rebellyon.info/?Analyse-et-reflexion-sur-la

 

Analyse et réflexion sur la Plataforma de Afectados por la Hipoteca

Vendredi 25 Octobre 2013

A Salt, municipalité de la région de Gérone une dizaine de familles occupent depuis Mars 2013 tout un bloc d’appartement (trente sur cinq étages) appartenant au SAREB.

Cette occupation est singulière. Au delà de la simple cohabitation des familles relogées qui avaient été touchées par des expulsions, l’organisation collective dans ce bloc au fil de la lutte a été capable de tisser des liens forts entre les habitants jusqu’à créer un peu de communauté.

L’expulsion devait avoir lieu le 16 octobre. Suite au recours mené auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la décision à été prise par cette dernière de suspendre l’expulsion jusqu’au 29 Octobre.

Mouvement critique

L’explosion de la bulle immobilière en 2008 et l’aggravation de la crise économique en Espagne continuent de plonger des milliers de personnes dans la misère. Alors que les politiques ne cessent de prétendre que la relance économique est pour bientôt, qu’ils semblent s’apercevoir d’une sortie de crise à l’horizon 2014, les répercussions sur les conditions d’existence ne cessent de se faire ressentir.

L’accroissement du taux de chômage (vingt cinq pour cent), la multiplication des expulsions de famille suite à des incapacités de rembourser des emprunts (deux cent expulsions par jour en Espagne en 2013), la mise en hypothèque des logements acquis lors du boom de l’accession à la propriété des années 1990 et 2000, les mouvements de privatisation massifs dans le secteur de la santé ou de l’éducation, sont quelques-uns des bouleversements de l’économie politique auxquels les gens sont ici de fait confronté. Il n’y a pas un jour ou l’on ne voit pas une usine fermée, des familles expulsées, des gens à la rue, les stigmates de « la crise » et son lot de misère.

Dans le même temps où la situation devient critique, apparaissent des initiatives capables d’enrayer en partie la machine et de s’attaquer a ce monde. Bien souvent celles-ci ne proviennent pas des milieux politiques radicaux depuis lesquels pourtant elles pourraient émerger. La période de reflux du mouvement d’insoumission en Catalogne après le 15 mai 2011, son affaiblissement, ses incapacités à formuler des hypothèses territoriales claires, la question de l’indépendance, les embrouilles internes et une faible remise en question de certaines pratiques, ont contribué au fait qu’il est aujourd’hui contraint de ce rapporter à ces initiatives malgré le fait qui les a pendant longtemps critiqué.

Critique du mouvement

Les gens ici en sont d’ailleurs conscients. Il devient urgent de renforcer nos liens et nos pratiques en les rendant capables d’affecter plus largement afin de mieux se préparer aux prochaines vagues de contestation. En définitive, il s’agit de répondre d’une certaine manière à la question de l’agir, dans des échelles de temps et d’espace, où la crise et les politiques, semblent vouloir imposer leurs rythmes. Il y aurait beaucoup à en dire, d’un point de vue tactique, mais aussi stratégique. Car répondre en ces temps difficiles, à des nécessités premières (comment bouffer, se loger, se soigner, avoir de la thune) implique parfois de passer par l’usage des mécanismes et dispositifs que l’on à l’habitude de critiquer (comme certains camarades en Grèce qui ne pensaient jamais devoir travailler et qui se retrouve aujourd’hui obliger d’aller récolter les olives dans les villages ou de bosser comme serveur pour trois euros de l’heure). La question de la représentation, de l’usage des voies dites « légales », la centralité, le travail, l’argent, l’activisme, l’entre soi, la bureaucratie, la reproduction de la séparation de la vie et de la politique, sont souvent des critiques que l’on peut faire de certaines formes d’organisation et qui sembleraient de fait nous préserver de toutes compromissions. Comment faire dès lors, pour rencontrer d’autres formes de vies, de luttes, comment faire pour rester ferme sur notre éthique toutes en restant sincèrement ouvert à d’autres. Comment faire coïncider la nécessité de l’urgence de l’attaque, à celle de l’urgence de répondre collectivement à des nécessités premières ?

Ce monde n’est pas contre nous, ce sont nos vies qui s’y opposent

Porosité aux frontières du milieu. Transgression de nos propres règles. Élévation de nos capacités respiratoires. Sortie de l’asphyxie. S’attaquer à nos propres contradictions. Organiser nos outils. Créer des alliances.

Dans certains cas, cela peut avoir de la gueule. Nonobstant le fait qu’il est facile sinon juste d’émettre des critiques à l’égard de certaines manières de faire de la politique, de certains « rapports au monde démocratique ». Mais nous avons bien plus à gagner à affiner la critique de ces formes d’organisation en cherchant les irréductibilités sur lesquelles construire (ou pas) des alliances, plutôt que de nous complaire dans des modes de justifications, radicaux, qui s’attachent le plus souvent à émettre de simple avis, sans jamais déjà trouver en l’objet, des puissances en devenirs. Comme le disait un camarade brésilien sur le mouvement de contestation au Brésil, « c’est fou comme d’une simple lutte contre les prix des transports en commun on a pu arriver à un mouvement de contestation historique au Brésil, qui affirmait d’un seul coup à la mierda la copa ».

Si l’espace laissé vacant par la perte de crédibilité des discours sur la démocratie, a été récupéré par ce qu’il est parfois juste de nommer, mouvement associatif, citoyens, droits de l’hommistes, réformistes, ici indépendantistes, c’est avant tout parce que les mouvements plus radicaux ont eu des difficultés, sinon des incapacités, à élaborer des discours, des gestes, a la hauteur de la situation, capable de renforcer les dynamiques sur les territoires depuis lesquels ils s’organisent. Il est temps de prendre toute ou partie de nos responsabilités en se disant que c’est aussi parce que l’identité radicale, au risque de ne demeurer que la simple antithèse du monde auquel elle prétend vouloir s’opposer, n’a remporté que trop peu de victoire pour continuer a se rapporter aux choses du monde que par leurs négations. Nos vies s’immiscent sur les bords et au travers du monde. Nous nous sommes construits sur des failles aussi profondes qu’il parait difficile de les résorber. La seule chose qui semble bonne est de continuer à se questionner sur nos manières d’habiter, autant que sur celles qui nous habitent.

Alors que l’on s’accorde à dire que le milieu est lui aussi en crise, la manière de se rapporter, puis de se rattacher à de nouvelles situations par leurs négations mêmes, n’a de cesse d’affaiblir pourtant les justes positions politiques que nous avons. À défaut de ne pas trouver notre propre présence au monde, nous nous en satisfaisons de fait et préférons remettre à l’extérieur de nous-mêmes les causes de nos malheurs. Inutile de ricaner des initiatives prétendument réformistes lorsque l’on a du mal à porter autre chose que du discours ou de la révolte.

La Plataforma de Afectados por la Hipoteca est l’une de ces initiatives qui a été construites depuis quelques années en réponse à la crise du logement en Espagne. Il serait bon d’analyser les prises qu’elle a sur le réel sans se complaire dans une critique acerbe des mécanismes bureaucratiques, de la représentation et du spectacle dans lesquels elle est pourtant en partie empêtrée, mais aussi d’y trouver les lignes de forces capables de nous faire avancer.

La PAH, c’est quoi ?

La PAH à vue le jour en 2009 et s’inscrit dans la lignée d’un autre collectif de lutte pour le logement « V de vivienda » qui travaillait depuis de nombreuses années sur Barcelone et ailleurs à rassembler les personnes touchées par la question du logement. Suite à l’explosion de la bulle immobilière, la crise du logement, face à la multiplication des expulsions, a cessé d’être quelque chose de marginal. De plus en plus de personnes se retrouvent à la rue, avec le devoir de continuer de payer une maison dans laquelle elles ne vivent plus. Les gens ont contracté des prêts qu’ils ne peuvent plus payer. Le rêve de devenir propriétaire devient un cauchemar. À la suite d’une perte d’emploi viennent le chômage, les arriérés, l’hypothèque puis l’expulsion. Violence du quotidien, toujours le même mécanisme, celui de la propriété, qui paye, détient, qui ne paye pas se retrouve à la rue, ou en taule !

Dans ces premières années d’existence, la PAH était plutôt discrète. Agissant sur le terrain, organisant de multiples réunions et constituant un large réseau de soutien, la PAH a peu à peu pris une place importante dans le mouvement de contestation générale à travers notamment l’une de ces têtes visibles, Ada Colau, avocate présente à l’origine du mouvement. Rassemblant toutes sortes de personnes, le plus souvent touchées, d’une manière ou d’une autre, par la question du logement, la présence de la PAH s’est fait sentir sur le terrain.

D’une problématique plus générale, la plateforme s’est avant tout concentrée à organiser les différentes initiatives de résistances au niveau local. Cela expliquant sa présence essaimée sur tout le territoire espagnol (Madrid, Barcelone, Valence, Tarragona, Sabadell) mais aussi dans des petites villes de province.

Les pratiques de la PAH sont diverses. En commençant par des actions directes d’opposition aux expulsions, la plateforme s’est également dotée d’un arsenal juridique capable de procédé à des recours en cas d’expulsion avec une certaine efficacité. En plus d’un site internet, donnant accès à des fiches pratiques pour résister à une expulsion, le mouvement a réussi peu à peu à s’immiscer dans le débat public à travers des campagnes de soutien massif, pétitions, manifestations, occupation symbolique de banque, mais aussi harcèlement collectif de personnalité politique. De plus la PAH a proposé en 2010, au parlement de Madrid, une réforme de la loi sur les hypothèques qui exigeait la suppression de la dette contractée auprès des banques à la suite d’une expulsion (ILP). Cette procédure visait à interdirent aux banques de continuer de réclamer le reste de la dette aux familles qui venaient d’être expulsées de leurs logements. Face au refus du gouvernement et du reste des partis politiques de valider cette réforme de loi, accompagné de la multiplication des cas d’expulsions, la PAH a décidé de franchir un autre niveau d’offensivité en optant pour la pratique de l’occupation.

Depuis a commencé une nouvelle phase où la PAH mène en ce moment une campagne d’occupation de bâtiments vides appartenant à des banques pour reloger les familles qui venaient d’être expulsées. Selon les chiffres annoncés sur sa page web, plus de huit cent expulsions ont été empêchées et plus de sept cent personnes ont été relogées. Ce qu’il y a d’incroyable là dedans, c’est la capacité de milliers de personnes à se réapproprier le discours et les gestes offensifs du mouvement d’occupation pour répondre à des situations d’urgences très concrètes. Des gens qui n’étaient pas forcément des militants se retrouvent à occuper, à porter un discours plus offensif. En s’organisant collectivement l’on voit mieux le lien qu’il pourrait avoir avec le mouvement d’occupation. Vu la multiplicité et la transversalité de cette plateforme, certaines commissions de la PAH ont élargi le champ de bataille en s’auto définissant comme anticapitaliste (manresa) continuant d’être rejoint par de plus en plus de monde.

Pour autant apparaissent quelques doutes sur les stratégies politiciennes dans lesquelles se retrouve parfois la PAH. Autant la PAH sollicitée et sollicitant les médias à chaque action de résistance, fait savoir qu’elle compte bien peser dans le débat public (ILD, Stop Desahucios) autant le fait que les médias en parlent participe au fait que de plus en plus de personnes se sentent concernées. En pointant un ennemi commun, la culpabilité vécue par les gens qui vont être expulsés se transforme. De l’impuissance d’être expulsé, de ne pas pouvoir soutenir sa famille, l’on passe à une lecture qui n’était pas si claire avant, à savoir celle qui fait que lorsque l’on se retrouve pris dans une force collective comme la PAH on peut un peu relever la tête, se ressentir puissant face à cette impuissance. La question de l’expulsion n’est plus un tabou, elle n’est plus qu’un simple problème individuel sinon ressenti comme un problème systématique et systémique. La PAH semble définir peu à peu une stratégie à plus long terme. Il y a effectivement un risque que les actions de la plateforme, avant tout orientées en réaction à la crise économique de la finance, glissent vers une certaine forme de militantisme capable d’être récupérée par des partis politiques de la gauche traditionnelle. Mais n’enterrons pas si vite ce mouvement !

Ne touchez pas au bloc de Salt

À Salt, municipalité de la région de Gérone une dizaine de familles occupent depuis mars 2013 tout un bloc d’appartement (trente sur cinq étages) appartenant au SAREB (banque crée ces dernières années pour regrouper tous les actifs toxiques de la banque espagnole). Cette occupation est singulière. Au-delà de la simple cohabitation des familles relogées qui avaient été touchées par des expulsions, l’organisation collective dans ce bloc au fil de la lutte a été capable de tisser des liens forts entre les habitants jusqu’à créer un peu de communautés, la garde des enfants est partagée et l’on s’occupe de cultiver le jardin ensemble. Au cours de ces derniers mois, les soutiens ont été nombreux.

Le rendez-vous étant donné le Mardi 15 Octobre autour d’une soirée festive, organisée face à la menace d’expulsion prévue le lendemain. Il y a des concerts prévus autour du bloc, la « commission cuisine » prépare la bouffe, l’après-midi se déroule entre une ambiance festive, une inquiétude partagée et les préparatifs face à la possible expulsion. De multiples banderoles recouvrent la façade de l’édifice « No Pasaran », « aucune famille sans toit et nourriture » « le bloc de Salt ne se touche pas ».

Du monde arrive d’un peu partout, « On attend un bus d’une des commissions de la PAH de Madrid » la nuit tombe, mais les gens restent dehors. Les rues sont désertes, mais autour de l’immeuble il y a de la vie. La stratégie est bien rodée. Une table d’accueil organise l’espace libre pour dormir, face à l’afflux de personnes venues de toute part apporter leurs déterminations à empêcher l’expulsion. Des journalistes de la télévision catalane viennent gratter des informations, « Ils nous ont dit qu’il y avait des français, où sont-ils ». Entre les chansons et l’alarme du mégaphone, tout le monde essaye de dormir un peu, la journée de demain s’annonce éprouvante.

6 heures du matin, il y a déjà du mouvement, on attend les flics à n’importe quel moment. Le café du coin à décidé d’ouvrir plus tôt pour permettre à tout le monde de se réveiller. On regarde les images de la veille. L’on parle de plus de sept cent personnes qui ont dormi dans les environs. Le petit déjeuner est aussi servi aux portes du bâtiment. Les gens commencent à se rassembler. On se compte part centaines. Le vert, couleur de la PAH, envahit l’espace. Les cris et les pancartes réclament les têtes du gouvernement, « si se puede, pero no quieren ».

À 9 heures la nouvelle tombe, l’expulsion a été suspendue. Un militant de la PAH prend la parole et explique que suite au recours mené auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la décision a été prise par cette dernière de suspendre l’expulsion jusqu’au 29 octobre. La joie éclate parmi les manifestants et les familles. Cette annonce leur donne un peu plus de temps pour s’organiser.

Lors de la table de presse, on se rend compte que c’est l’Europe qui est mise en avant comme défenseur des droits humains. Alors que les médias nationaux titrent en première page que « l’Europe empêche l’expulsion de l’immeuble occupé par la PAH », les habitants affirment que c’est bien grâce à la lutte et aux différents soutiens que cela a été possible. Une petite victoire pour les habitants. Mais tout le monde le sait ici. Si l’état compte s’attaquer à cette occupation, il faudra bien plus qu’un simple communiqué et une jolie pirouette droit de l’hommiste pour en venir à bout. Dans la foulée une manifestation est organisée dans le quartier pour appeler les voisins à se joindre à une bouffe prévue en bas de l’immeuble.

Les mille personnes présentes ce jour-là s’en souviendront. La prochaine fois, il faudra être encore plus nombreux et audacieux pour arrêter les flics et les huissiers. Car les victoires peuvent se transformer en défaites si un nouveau niveau d’intensité n’est pas assumé par le mouvement. Alors que l’attention du public était focalisée sur cette expulsion, le lendemain les Mossos et la Guardia en ont profité pour expulser le Mas Castelló, maison occupée par les opposants aux projets de la MAT (Ligne Très Haute Tension) à quelques kilomètres de là

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 16:02

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/23/en-bretagne-les-syndicats-veulent-se-demarquer-des-bonnets-rouges_3519353_3224.html

 

En Bretagne, les syndicats veulent se démarquer des « bonnets rouges »

 

Par Philippe Euzen

 

Samedi 23 Novembre 2013

 

Les syndicats s’engagent sur le terrain dans un bras de fer avec les leaders des « bonnets rouges ». A Lorient dans le Morbihan, l’une des quatre villes choisies par les syndicats pour couvrir l’ensemble des départements bretons, cette ambition a eu un écho particulier.

 

Réunies autour des patrons de la CFDT et de la CGT, Laurent Berger et Thierry Lepaon, les deux « stars de la journée », comme les appelle une militante syndicale lorientaise, un peu plus d'un millier de manifestants ont défilé pour « exiger un volet social » dans le pacte d’avenir pour la Bretagne, mais aussi, pour beaucoup d'entre eux, se démarquer du mouvement des « bonnets rouges ».

 

Et c'est le leader de ce mouvement, organisateur des manifestations du 2 novembre à Quimper et du 30 novembre à Carhaix (Finistère), le maire divers gauche de Carhaix, Christian Troadec, qui a été la victime de cette reprise en main syndicale. Alors qu'il est interviewé par une chaîne d'information en continu en marge du cortège, un drapeau vient s’intercaler entre lui et la caméra. Les cégétistes s'arrêtent à sa hauteur. « Il n'a rien à faire là », s'exclament-ils. Les invectives fusent.

 

L'homme au drapeau, Alan Courtel, affilié à la CGT et employé à la DDE, explique son geste. « Je ne comprends pas pourquoi il est là. Ici, c'est une manifestation de salariés, et lui, il a l'habitude de manifester avec les patrons. Avec les bonnets rouges, ils font du détournement. Ils détournent le message des salariés au profit des patrons ».

 

« Nous sommes légitimes ici », répond Christian Troadec. « L’emploi, c'est aussi ce qu'on défend. Nous nous retrouvons dans ce message unitaire », dit-il, avant de reprendre son mantra, « le pacte d’avenir doit être fait par des bretons pour éviter les diktats faits par Paris ».

 

« Qu’attendent les autres pour s’y mettre ? »

 

« Nous (les syndicats) voulons lutter contre la montée du poujadisme et des corporatismes », a déclaré Laurent Berger au début de la manifestation. « Nous allons nous rencontrer dans les prochains jours pour discuter et voir ce que nous pouvons faire contre ce phénomène ». Leurs cibles sont les patrons « pas prêts à appréhender les mutations économiques nécessaires pour redynamiser la région et qui exploitent les salariés et volent le droit de pouvoir vivre et travailler au pays ». Et « les bonnets rouges qui ont surfé sur la vague du mécontentement », explique Thierry Lepaon.

 

Pour Christian Le Tallec, salarié à la direction générale des finances publiques, « les difficultés de la Bretagne doivent être reprises par les organisations syndicales et non par des mouvements comme les bonnets rouges. L’écotaxe sert de fait de générateur des contestations. Mais c'est décalé par rapport aux vraies problématiques », juge-t-il. « C'est l'emploi en général qu'il faut défendre et notamment en Bretagne, une région particulièrement touchée. Le message que nous souhaitons envoyer aujourd'hui est que nous voulons montrer que nos organisations syndicales sont capables de faire entendre la voix des salariés contrairement à d'autres qui se font les porte-voix d'intérêts particuliers ».

 

Des salariés d'Ebrex, un transporteur dont les soixante dix salariés vont être mutés dans d'autres villes après son rachat, pensent que les discours ne doivent « pas uniquement porter sur la Bretagne. Qu'attendent les autres pour s'y mettre ». Et eux aussi tiennent à dire qu'ils ne se reconnaissent pas dans les bonnets rouges. « Ils font des amalgames. Nous ne voulons pas tomber dans la politique politicienne. C'est pourquoi nous manifestons avec les syndicats mais pas avec les bonnets rouges ».

 

La manifestation n'a pas réuni autant de personnes qu'escompté par ses organisateurs. « On a eu du mal à mobiliser », explique une déléguée syndicale locale. « Les gens ont du mal à sortir, à part quelques-uns notamment de chez Doux et Gad. Le message était trop large et flou. Mais nous sommes quand même contents de cette journée ».

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 15:34

 

http://www.isabelleattard.eelv.fr/audition-de-remy-pflimlin-pourquoi-la-censure-des-nouveaux-chiens-de-garde

http://www.acrimed.org/article4201.html

 

Audition de Rémy Pflimlin, pourquoi la censure des « nouveaux chiens de garde »

 

Mercredi 20 Novembre 2013

 

Monsieur Pflimlin, je ne sais pas quelle sera la durée de votre mandat comme PDG de France Télévision. Je sais par contre pourquoi vous resterez célèbre bien au-delà. Votre plus beau titre de gloire, à mon avis, restera le refus, le blacklistage, le bannissement, du Harry Potter du documentaire, j’ai nommé « les nouveaux chiens de garde », sorti en janvier 2012, réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, tiré d’un essai de Serge Halimi.

 

A ce jour, seule Canal Plus a diffusé « Les Nouveaux Chiens de Garde ». A une heure tardive. Je précise que la direction ne l’a fait que sous la menace de résiliation des abonnés.

 

Dites-moi, Monsieur Pflimlin. Comme moi, vous avez vu ce documentaire. Toute votre profession en a parlé, vous vous êtes forcément renseigné avant de le refuser. Quelle est la raison de la non-diffusion, par le service public, des Nouveaux Chiens de Garde ?

 

Pensiez-vous qu’après plus de deux cent vingt mille entrées en salles, tous ceux qui voulaient le voir l’avaient vu ?

 

Aviez-vous peur de faire de la publicité déguisée pour les ménages des journalistes ?

 

Vous savez, ces prestations commerciales, grassement payées, au mépris de l’indépendance et de la déontologie du journalisme.

 

A moins que vous ne vouliez préserver vos bonnes relations avec les grands patrons des médias, les Dassault, Bolloré, Lagardère, Pinault, Bouygues et Arnault. Il est vrai que plusieurs d’entre eux ont été vos employeurs. Et vue leur influence sur les médias français, vous retravaillerez probablement aussi pour eux à l’avenir, n’est-ce pas ?

 

Auriez-vous peur d’être exclu du cercle très sélect des membres du Siècle ? Il est vrai que Les Nouveaux Chiens de Garde ne sont pas tendres avec ce club, ce concentré d’oligarchie, qui regroupe les élites auto proclamées de notre pays, ministres, députés, PDG, et bien sûr, journalistes et patrons de presse.

 

Le Siècle fait preuve, dans son recrutement, d’une diversité remarquable. Être de droite ou de gauche n’est pas important. Si j’osais, je dirais que c’est un haut lieu de la pluralité.

 

Je tente une dernière hypothèse, vous êtes vexé de ne pas faire partie des nombreux membres du Siècle qui apparaissent dans le documentaire ?

 

Vous l’aurez compris, je ne crois pas vraiment à toutes ces propositions. Je compte sur vous pour me donner la vraie réponse.

 

Bien sûr, je préférerais votre engagement de programmer ce documentaire à une heure de grande écoute.

 

Ce serait une très belle illustration du pluralisme dont vous êtes capable, en privé. 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 15:15

 

Accord historique sur le nucléaire iranien

 

GENEVE (Reuters) - L'Iran a conclu Dimanche 24 Novembre 2013 avec les grandes puissances un accord préliminaire sur son programme nucléaire qui prévoit de limiter l'enrichissement d'uranium en échange d'un allégement des sanctions qui pèsent sur la république islamique.

 

L'accord entre l'Iran, d'un côté, et l'Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, de l'autre, a été conclu après plus de quatre jours de négociations et constitue un premier pas vers la sortie d'une impasse diplomatique vieille de plus d'une décennie.

 

Il a été salué à la fois par le président américain Barack Obama et par le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, mais a été qualifié « d'erreur historique » par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

 

Le texte n'est que préliminaire et a pour but de permettre de rétablir pas à pas la confiance entre Téhéran et les grandes puissances après des décennies de tensions avec l'occident. Les Etats-Unis et les pays européens soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que nie Téhéran.

 

Selon les Etats-Unis, l'accord suspend les volets les plus controversés du programme atomique de l'Iran et notamment le réacteur à eau lourde d'Arak. Le compromis prévoit aussi l'arrêt de l'enrichissement d'uranium au-dessus de cinq pour cent, la neutralisation des réserves enrichies à vingt pour cent ainsi que des inspections de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).

 

L'uranium enrichi peut être utilisé pour alimenter des centrales nucléaires, but affiché par l'Iran, mais aussi en tant que matière d'une bombe atomique à un degré d'enrichissement plus élevé.

 

AVOIRS INACCESSIBLES

 

Les six grandes puissances s'engagent quant à elle à ne pas imposer de nouvelles sanctions au cours des six prochains mois. Les Etats Unis estiment que l'allégement des restrictions existantes va permettre à Téhéran d'accéder à un milliard cinq cent millions de dollars de revenus lié au commerce de l'or et des métaux précieux.

 

Certaines sanctions pourraient également être suspendues dans le secteur automobile.

 

Les exportations de produits pétro chimiques iraniens pourraient redémarrer.

 

Mais l'essentiel des sanctions restera en vigueur et notamment l'interdiction faite à l'Iran d'accéder au système bancaire international, tant qu'un accord ne sera pas conclu pour écarter définitivement tout risque de construction d'une bombe atomique par l'Iran.

 

« Les quelque sept milliards de dollars d'allègement ne sont qu'une petite partie des coûts qui continueront à peser sur l'Iran durant cette première phase dans le cadre des sanctions qui resteront en vigueur », a déclaré la Maison Blanche. « La grande majorité des quelque cent milliards de dollars d'avoirs iraniens en devises est inaccessible ou d'accès restreint ».

 

L'allègement des sanctions commencera effectivement dans deux ou trois semaines, a déclaré Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, selon l'agence MEHR.

 

La devise iranienne était en hausse de trois pour cent Dimanche 24 Novembre face au dollar tandis que de nombreux iraniens ont exprimé leur soulagement. L'annonce par Mohammad Javad Zarif de l'accord sur facebook a reçu près de quarante huit mille « j'aime » en deux heures. Certains ont décerné au ministre le titre de « héros national ».

 

SOULAGÉS

 

Les représentants des grandes puissances négociatrices sont apparus eux aussi soulagés, voire euphoriques après la lecture du communiqué annonçant l'accord par Catherine Ashton, la représentante de l'Union Européenne au niveau diplomatique, en plein milieu de la nuit à Genève.

 

Catherine Ashton et le secrétaire d'état américain John Kerry sont tombés dans les bras l'un de l'autre. John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont serré la main. Quelques minutes après, alors que la délégation iranienne posait pour des photos, le ministre des affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif et le ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius se donnaient l'accolade.

 

Barack Obama, le président des Etats-Unis, a salué l'accord comme un « premier pas important », mais a prévenu que Washington mettrait fin au bout de six mois à l'allégement des sanctions et « augmenterait la pression » si Téhéran ne respectait pas ses engagements.

 

« Cela peut être la base de nouvelles actions intelligentes. Sans aucun doute, la grâce de dieu et les prières de la nation iranienne ont été un facteur de ce succès », a pour sa part déclaré Ali Khamenei dans une lettre adressée au président Hassan Rohani publiée par l'agence de presse iranienne IRNA.

 

Dans le camp français, qui a manifesté son intransigeance lors de la précédente série de négociations il y a quinze jours, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, s'est prudemment contenté de souligner que l'accord excluait « tout accès à l'arme nucléaire » de la part de l'Iran.

 

François Hollande, qui parle d'un « pas important dans la bonne direction », estime que l'accord « constitue une étape vers l'arrêt du programme militaire nucléaire iranien, et donc vers la normalisation de nos relations avec l'Iran. La France continuera de se mobiliser pour parvenir à un accord final sur ce sujet », a-t-il dit dans un communiqué.

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 18:34

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/11/22/l-espagne-se-prepare-a-faire-le-proces-des-ex-dirigeants-de-ses-banques_3518638_3234.html

 

L’Espagne se prépare à faire le procès des anciens dirigeants de ses banques

 

Par Sandrine Morel

 

La nouvelle est passée presqu’inaperçue tant les procédures judiciaires visant des banquiers se sont multipliées en Espagne ces derniers mois.

 

Jeudi 21 Novembre 2013, treize membres du conseil d’administration de Banco de Valencia ainsi qu’un employé du cabinet d’audit Deloitte ont été mis en examen pour « falsification comptable ». Le juge leur reproche d’avoir validé les comptes de 2009 de cette banque régionale, malgré des « déficiences dans la gestion du risque de crédit et dans la prise de décision sur les refinancements ».

 

Banco de Valencia, établissement nationalisé par Madrid il y a deux ans, a touché cinq milliards cinq cent millions d’euros d’argent public avant d’être revendu à Caixa Bank pour un euro symbolique. Elle n’est qu’une des nombreuses banques qui s’est enrichie pendant le boom immobilier avant de succomber aux faillites des promoteurs et des constructeurs, sur lesquelles se penche aujourd’hui la justice.

 

Au total, l’Espagne a injecté près de soixante et un milliards d’euros d’argent public dans le système bancaire, dont quarante et un milliards débloqués par Bruxelles en 2012.

 

Parallèlement, les plaintes se sont multipliées contre la gestion désastreuse, les millions d’indemnités touchées par les dirigeants, la fraude ou l’escroquerie qui ont conduit à des faillites. Elles concernent quasiment toutes les banques, une douzaine au total dont plusieurs anciennes caisses d’épargne, fortement politisées et contrôlées par les régions autonomes, que l’état a dû recapitaliser.

 

Falsifications comptables

 

Mercredi 20 Novembre 2013, quatre anciens directeurs de l’ancienne caisse d’épargne Caja Castilla la Mancha (CCM) passaient ainsi devant le juge pour des « opérations singulières ayant porté préjudice » à la banque. Premier établissement financier à avoir fait faillite en Espagne, en 2009, la CCM avait un trou (entre ses actifs et son passif) de deux cent soixante sept millions d’euros selon la banque d’Espagne.

 

Mercredi 13 Novembre 2013, l’ancien directeur général de la caisse d’épargne de la Méditerranée (CAM) quittait, après avoir payé une caution d’un million cinq cent mille euros, la prison où il avait été incarcéré, six jours plus tôt, avec quatre autres dirigeants de la CAM.

 

Mis en examen pour falsification comptable, administration déloyale et détournement de fonds, il aurait poussé la CAM à concéder des prêts à une société hôtelière dont elle détenait soixante dix pour cent du capital et qui détourna près de deux cent cinquante millions d’euros de bénéfices vers Curaçao, paradis fiscal situé au large des côtes du Venezuela.

 

La CAM, que l’ancien président de la banque d’Espagne, Miguel Angel Ordoñez, qualifia en son temps de « pire du pire », a reçu plus de cinq milliards d’euros d’aide publique.

 

A Nova Caixa Galicia, société née de la fusion de deux caisses d’épargne de Galice, quatre anciens dirigeants se sont répartis près de trente millions d’euros d’indemnités peu avant sa faillite, l’injection par l’état de neuf milliards d’euros et sa nationalisation.

 

Ces dernières années, la banque avait vendu des milliers d’actions préférentielles, produits financiers complexes et risqués, à des petits épargnants qui pensaient faire un placement sûr. Le cas d’une personne âgée, analphabète, qui avait signé d’une simple croix, avait fait scandale.

 

Tourner la page

 

Autre faillite retentissante, celle de Catalunya Caixa, qui a reçu plus de douze milliards d’euros d’aide publique et reste l’un des points noirs du système bancaire espagnol. Sa délicate situation financière empêche pour l’heure de trouver des acheteurs potentiels et donc d’espérer récupérer à court terme les sommes injectées.

 

Enfin, il y a Bankia et la perspective d’un procès géant de la crise financière. En 2012, trente-trois anciens dirigeants et membres du conseil d’administration de la banque née de la fusion de sept caisses d’épargne ont été mis en examen, dont Rodrigo Rato, l’ancien président, ancien directeur général du Fonds Monétaire International, pour escroquerie, falsification des comptes et détournement de fonds.

 

Au menu, des pertes colossales, une entrée en bourse désastreuse en 2011 après la fusion des caisses, une commercialisation d’actions préférentielles abusive, des crédits suspects et une aide publique de vingt deux milliards d’euros. Le cocktail d’une crise financière sur laquelle l’Espagne espère tourner la page.

 

Alors que Bruxelles vient de clore le plan d’aide au secteur bancaire du pays, jugé comme un succès, les espagnols, eux, estiment avoir payé pour les banques.

Selon le fonds de restructuration bancaire, trente cinq milliards d’euros d’aide sont considérés comme perdus.

 

Samedi 23 novembre 2013, sous le slogan « procès à la banque, sauvons le public, sauvons les pensions, sauvons les gens », les « indignés » devaient arpenter les rues de Madrid.

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 18:12

 

http://www.autogestion.asso.fr/?p=3668

 

LIP, quarante ans après

 

La lutte des LIP a déjà quarante ans. Une des premières luttes sur l’emploi et le maintien de la production. Parmi les nombreux événements de Besançon relatant ce conflit historique, une réunion rassemblait les anciens de LIP venus débattre avec quelques entreprises en lutte ou récemment reprises en SCOP.

  

Samedi 16 Novembre 2013 une réunion soutenue par AC, ATTAC, le NPA et les partis du Front De Gauche était organisée par BESAC (Besançon, Écologie, Solidarité, Autogestion, Citoyenneté) et l’Association Autogestion dans le quartier populaire de Palente, cœur du conflit LIP de 1973, à cinquante mètres du gymnase Jean Zay qui servit de lieu d’assemblée générale après l’expulsion des LIP et l’évacuation de l’usine par les forces de l’ordre. L’usine a depuis bien longtemps été transformée et abrite aujourd’hui plusieurs entreprises, classiques ou relevant de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire), rasée et laisse place à des immeubles de bureau. Charles Piaget, Monique Piton, François Laurent et d’autres anciens de ce conflit étaient là pour témoigner et échanger avec les plus jeunes générations. La SCOP Ceralep de Saint Vallier dans la Drôme, relancée en 2004 par ses salariés, une représentante des FRALIB et un syndicaliste de PILPA (Carcassonne), deux conflits où la perspective d’une reprise en SCOP est posée, participaient à ce débat avec la salle et les anciens de LIP.

 

Charles Piaget, l’ancien porte-parole CFDT, relate les principaux moments de la lutte.

 

Ce conflit éclate le 12 juin 1973 lorsque les salariés découvrent un plan de fermeture de l’usine LIP rachetée en 1968 par le groupe suisse Ébauches SA. D’emblée, Charles Piaget positionne la lutte, « nous voulions le maintien de la totalité des emplois, nous ne nous battions pas pour des indemnités plus fortes. » Les salariés occupent immédiatement l’usine et réquisitionnent un stock de quarante cinq mille montres.

 

« Nous en avons donné symboliquement une à l’archevêque et une autre au maire, tous deux l’ont qui l’a acceptée » rappelle malicieusement un autre ancien de LIP. Le site est ouvert à l’ensemble des sympathisants. Le lieu devient une ruche bouillonnante où se tiennent assemblées générales, commissions, repas et travaux d’entretien. Afin de maintenir les salaires, la production est relancée et revendue dans toute la France.

 

Sur ordre du gouvernement, les gardes mobiles interviennent le 14 août 1973 pour évacuer le site. En dépit de cela, la production va se poursuivre dans le quartier et dans différents endroits de l’agglomération de Besançon. Le 29 septembre 1973, une grande marche sur Besançon est appelée. Cent mille personnes viendront des quatre coins du pays pour y participer1. Le 15 octobre 1973, le premier ministre, Pierre Messmer, annonçait que « LIP, c’est fini ». En coulisse, une solution s’ébauche. C’est finalement Claude Neuschwander, alors numéro deux du groupe Publicis et membre du PSU, qui accepte de prendre les rênes de l’entreprise. Les accords de Dole sont signés le 29 janvier 1974 qui promettent la réembauche dans l’année de la totalité des huit cent cinquante ouvriers. L’engagement sera tenu.

 

Tout en rappelant que « cette lutte de 1973 était formidable », Monique Piton a mentionné la difficulté des femmes de se faire entendre et ce, même si elles représentaient plus de la moitié des salariés. Le débat relatera aussi la seconde lutte de 1976, celle où la frange la plus réactionnaire du patronat, soutenue par le premier ministre de l’époque, Jacques Chirac, cherche à tuer LIP par la suspension sans préavis des commandes de Renault et l’exigence du tribunal de commerce d’honorer les six millions de dettes de l’ancienne entreprise auprès des fournisseurs, exigence contraire aux accords de Dole. L’entreprise est liquidée le 12 septembre 1977. Les salariés de LIP vivront alors une période difficile. Monique Piton garde un souvenir terrible de cette période, alors que son collègue François Laurent « ne partage pas le même pessimisme ». Les salariés de LIP créeront sept coopératives dont deux fonctionnent toujours.

 

Les années 1970 marquent l’irruption du chômage de masse dans la société française.

 

« On fabrique, on vend, on se paie » disaient les LIP en leur temps, signifiant par là-même qu’il est possible de se passer du patron. C’est la classe politique qui, dans un premier temps, a préféré maintenir LIP pour éviter la confrontation. Elle l’abandonnera quelques années plus tard.

 

C’est cette situation de laissez-faire économique qui pousse de nombreux salariés à envisager aujourd’hui la reprise de leur entreprise sous forme coopérative. Depuis 2010, ces reprises se multiplient, Helio-Corbeil (Essonne), Fontanille (Haute Loire), Arfeo (Mayenne), SET (Haute Savoie), Pilpa (Aude) pour n’en citer que quelques unes. Le conflit LIP dans les années 1970 a été emblématique de cette évolution.

 

L’INSEE pointe que le taux de survie à trois ans des SCOP est de 82,3 %, largement supérieur à celui des entreprises classiques de soixante six pour cent. La maîtrise du travail par les salariés s’avère donc être un atout économique. Néanmoins, la forme coopérative n’est pas une baguette magique qui marcherait à tous les coups.

 

L’économie est tout sauf un « marché libre et non faussé ». Comme en 1973 dans la solution qui a été trouvée pour LIP, la multiplication de ces entreprises nécessite une volonté politique, passant notamment par plus de coopération et moins de marché.

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:39

 

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Junta_de_Andalucia_Larret_des_poursuites_et_de_la_repression_a_lencontre_des_54_du_SAT_2//?launch

 

Pour que la terre soit un bien commun

 

Les associations mémorielles ci-dessous signataires, regroupées en coordination nationale, initiatrices de cette pétition, n’oublient pas qu’un des principaux points du programme de la république espagnole était la réforme agraire, engagée en septembre 1932.

 

A l'époque il y avait deux millions d'ouvriers agricoles sans terre, soumis à l’arbitraire des grands propriétaires.

 

Aujourd'hui, la situation n'a pas beaucoup changé, deux pour cent des riches propriétaires possèdent plus de cinquante pour cent des terres. En Andalousie, il y a cinq cent mille sans terre et trente sept pour cent de chômeurs.

 

Les « jornaleros » organisés dans le SAT continuent cette lutte ancestrale afin que la terre revienne à ceux qui la travaillent.

 

C'est pour cela que les gouvernements successifs se sont acharnés et s'acharnent encore à l'encontre des syndicats agricoles et les mouvements sociaux les plus combatifs.

 

Pour avoir occupé de grandes propriétés laissées à l'abandon, appartenant notamment au ministère de la défense, cinquante quatre militants, dont le député maire de Marinaleda Juan Manuel Sánchez Gordillo et le porte-parole du SAT Diego Cañamero, sont l'objet de plusieurs procès politiques visant à criminaliser leur action, et ainsi intimider les militants.

 

Ils encourent de nombreuses peines de prison et des amendes de plusieurs centaines de milliers d'euros.

 

Leur lutte pacifique est légitime, rejoint les valeurs que nous défendons et mérite d'être largement soutenue et popularisée.

 

Les signataires de cette pétition demandent l’arrêt des poursuites et de la répression à l'encontre des cinquante quatre du SAT, l’annulation du procès et la recherche d'une solution afin que la terre devienne enfin un bien commun.

 

Cette pétition sera adressée au gouvernement autonome régional d'Andalousie, au gouvernement espagnol, à l'ambassade d'Espagne en France, à la mairie de Marinaleda et au SAT.

 

Associations signataires, membres de la coordination

 

Amis des Républicains Espagnols en Région Parisienne (Paris), ASEREF (Hérault), Ay Carmela (Gironde), IRIS Mémoire d'Espagne (Hautes-Pyrénées), Memoria Andando (Aveyron), Mémoire de l’Espagne Républicaine (Lot et Garonne), Terre de Mémoire et de Lutte (Hautes-Pyrénées), Mémoire de l’Espagne Républicaine (Pyrénées Atlantiques), MHRE Yonne

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:22

 

http://www.reperes-antiracistes.org/article-petition-pour-l-abrogation-de-la-circulaire-contre-les-militants-bds-121204798.html

 

Pétition à Christiane Taubira pour l’abrogation de la circulaire Alliot Marie ordonnant la poursuite des militants BDS

 

Mercredi 20 Novembre 2013

 

En février 2010, Michèle Alliot-Marie, alors garde des sceaux, demandait par une lettre circulaire aux parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant ou participant à des actions de boycott des produits déclarés israéliens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, elle assimilait ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale.

 

La Campagne BDS France s'associe à l'initiative du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) demandant l’abrogation de cette circulaire scélérate qui attaque directement la liberté d’expression et vise, en tentant de les criminaliser, à museler des actions citoyennes et non violentes contre l’impunité d’un état, Israël, qui viole en permanence le droit, notamment par la colonisation.

 

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