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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:46

 

http://www.gauchemip.org/spip.php?article21445

 

Valls nourrit la bête immonde

 

Par Philippe Marlière

 

Mardi Premier Octobre 2013

 

Manuel Valls est un personnage politique dont les idées sont insignifiantes à gauche. En effet, ce qu’il dit ou promeut est incompatible avec les valeurs d’égalité, de solidarité, de fraternité et de tolérance que porte la gauche.

 

J’ai récemment ébauché une analyse de son sarkozysme décomplexé et j’ai décrit son conformisme politique qui s’inscrit dans l’air du temps « austéritaire » des droites réactionnaires.

 

Le ministre de l’intérieur a beau porter les couleurs du Parti Socialiste, tout dans ses propos et son action le marque à droite : une droite dure, celle des Sarkozy et Guéant avec qui il partage la même appétence pour les politiques économiques néo libérales (Valls confesse être un admirateur de Tony Blair) et pour les rodomontades répressives.

 

Si j’étais un militant de ce parti, je me garderais de confier à Manuel Valls la direction d’une section locale du PS, tant je redouterais que son action ne la déshonore. Peine perdue :

 

Manuel Valls n’est pas à la tête d’une section socialiste, mais il dirige le ministère de l’intérieur de la république française. C’est à ce poste extrêmement sensible, au sein d’un gouvernement de gauche, qu’il prolonge les politiques sécuritaires de Sarkozy et Guéant.

 

Ce qui motive ce nouveau billet, ce sont les propos que Manuel Valls a tenus sur les roms ce matin sur France Inter. À cette occasion, un pas supplémentaire a été franchi dans l’horreur et l’indignité. Renchérissant l’UMP et le FN qui font de la « question rom » un thème majeur de la campagne municipale, le ministre de l’intérieur a affirmé que l’intégration de ces populations est « illusoire » et que le « démantèlement des campements » et la « reconduite à la frontière » sont les seules solutions valables à ses yeux.

 

Manuel Valls avait pourtant mis en place des « villages d’insertion » en août 2012. Un an plus tard, Valls le conformiste choisit de chasser le rom avec la meute et considère dorénavant qu’il s’agit d’une mesure « marginale », qui ne concerne que « quelques familles ».

 

Valls préconise la reconduite aux frontières des roms, insistant sur le fait que ces populations « ont vocation à revenir en Bulgarie ou en Roumanie ». Il faudra rappeler au ministre de l’Intérieur qu’en janvier 2014, la Bulgarie et la Roumanie entreront dans l’espace de Schengen. L’expulsion manu militari de ressortissants d’états membres d’une zone de libre circulation des personnes n’est pas laissée à la discrétion d’un ministre parti à la chasse aux voix.

 

Mais il y a pire : Valls a affirmé, lors de cet entretien, qu’il existait une corrélation entre délinquance et présence de roms, indiquant qu’il s’agissait là d’une « évidence ». Selon lui, le lien entre la « proximité des campements et les vols » ne faisait aucun doute. Il s’agit de l’évidence du préjugé raciste, de l’amalgame et de la pensée beauf, assurément, puisqu’aucune statistique nationale n’a jamais établi une telle corrélation.

 

Manuel Valls a d’ailleurs reconnu qu’il n’en savait rien. Et pour cause : la police française ne peut pas relever les origines ethniques des délinquants. Les chiffres incriminant la population rom n’existent donc pas.

 

Pratiquant un différentialisme culturel très en vogue dans le Front National depuis les années 1980, Valls a conclu que « ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres, les deux étant en confrontation ». Manuel Valls a le « courage » de suivre l’extrême droite et la droite sarkozyste à la trace, voire de leur ouvrir le chemin. Quand Valls assène que « les politiques de sécurité ne sont ni de droite, ni de gauche », il faut entendre que « les politiques de sécurité en vogue sont de droite ; je suis donc de droite ».

 

En stigmatisant de la sorte la population rom, il se déporte sur la droite de Marine Le Pen qui est marginalement plus prudente que lui sur le plan oratoire. Anne Hidalgo a qualifié d’« indignes » des propos similaires sur les roms de Nathalie Kosciusko-Morizet. Hidalgo a ajouté que « Paris a des valeurs, on ne stigmatise pas une population ». Son camarade Valls n’a pas ce type de scrupules. Comment va-t-elle réagir aux propos de son collègue ? Va-t-elle réagir ?

 

A la suite de cette énième sortie terrifiante de la part du ministre, trois questions méritent d’être posées et débattues :

 

Faut-il rappeler à Manuel Valls, d’origine étrangère comme des millions de ses concitoyens, que la France est un pays d’immigration et un melting pot culturel et ethnique ? L’intégration n’est pas « illusoire », mais un fait, quand on s’en donne les moyens politiques.

 

Des « indices » permettent de conclure à l’existence d’un discours vallsien qui est ethniquement différentialiste et culturellement intolérant. Ce type de discours est-il compatible avec les valeurs universalistes de la république française ?

 

En Grèce les néo nazis d’Aube Dorée, après avoir tenu dans un premier temps un discours d’exclusion raciste, sont aujourd’hui passés à l’acte. Depuis plusieurs mois, ils ratonnent et tuent des immigrés et des militants antifascistes en toute impunité. Dans le climat de crise généralisée en Europe, est-il responsable de la part d’un ministre de l’intérieur de jeter en pâture une population fortement stigmatisée et rejetée ? Faudra-t-il attendre les premières ratonnades contre les roms en France pour apporter une réponse à cette question ?

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:28

 

http://www.alexis-corbiere.com/index.php/post/2013/09/24/Municipales-%3A-A-nos-amis-communistes-parisiens

http://www.gauchemip.org/spip.php?article21468

 

Lettre ouverte aux militants communistes parisiens

 

Par Alexis Corbière

 

Depuis 2008, année où nous avons fondé le Front De Gauche, nous avons réalisé une grande œuvre politique à Paris dont nous devons tous être collectivement fiers.

 

Ensemble, nous avons construit cette grande force politique, dynamique et militante, qui porte un projet clair de rupture avec l’ordre établi. Ensemble, nous avons permis que cette force devienne une référence et un point d’appui pour des milliers de parisiennes et parisiens qui luttent pour un avenir meilleur. N’est-ce pas à Paris, que nous avons organisé la formidable manifestation du 18 mars 2012 qui fut le plus grand évènement populaire de la campagne présidentielle ?

 

Ensemble, nous avons permis que cette force politique et sociale devienne la deuxième force électorale à gauche, notamment en rassemblant plus de onze pour cent des voix dans la capitale à l’occasion de l’élection présidentielle. Plus de cent mille parisiens qui votent Jean-Luc Mélenchon à Paris, c’est une force considérable qui nous oblige, non ?

 

Ensemble donc, nous avons changé profondément, et nous le voulons durablement, le visage de la gauche à Paris.

 

Nous vous proposons de continuer dans cette voie. Nous pouvons créer à nouveau la surprise du scrutin des municipales parisiennes.

 

Les échéances électorales municipales qui sont devant nous sont un rendez-vous important, particulièrement à Paris. Aussi, durant les mois de la campagne électorale, le Front De Gauche doit impérativement continuer à se faire entendre, de façon autonome et cohérente.

 

C’est une condition pour continuer à nous développer. Sans quoi, nous courrons le risque qu’à l’occasion de cette campagne municipale, lorsque des centaines de milliers de parisiennes et de parisiens vont s’intéresser avec plus d’attention aux débats politiques, et aux propositions des uns et des autres, nous soyons comme absents, peu audibles, ou ramenés à une position subalterne, de surcroît directement liée à ceux qui soutiennent la politique actuelle du gouvernement, que nous combattons par ailleurs.

Qui comprendrait ce paradoxe ?

 

C’est pourquoi nous proposons une nouvelle fois de maintenir la ligne stratégique qui nous rassemble depuis 2008, en présentant des listes autonomes du Front De Gauche, ouvertes à d’autres forces qui partageraient nos analyses et propositions, dans tous les arrondissements de Paris, dès le premier tour. Nous sommes déjà ensemble dans toutes les luttes, y compris parisiennes, qui nous opposent aux choix de l’actuelle municipalité (fermeture de l’Hôtel Dieu, sous effectifs et précarité des agents de la ville de Paris, soutien aux structures culturelles que la ville de Paris abandonne, relogement des familles avec enfants auprès de l’ASE ou exigence de la poursuite des prises en charge des jeunes majeurs isolés étrangers, le projet grand Paris, fausse réforme des rythmes scolaires, pour ne reprendre que quelques exemples récents). Ensemble dans ces luttes, restons ensemble dans les urnes. Et puis, ne soyons pas dupes, comme à chaque élection municipale depuis des décennies, les conséquences de la politique nationale menée par le gouvernement se feront directement entendre dans ce scrutin. Ceux qui, à gauche, rejettent le TSCG, l’ANI, l’allongement de la durée de cotisations des retraites, l’austérité et la rigueur, la fiscalité injuste, exprimeront, d’une façon ou d’une autre leur colère et leur recherche d’une issue politique et d’un changement. Qui peut douter de cela ? Qui croit à la fable qu’aux municipales à Paris les citoyens voteront uniquement en fonction d’enjeux locaux ? La politique nationale a des conséquences directes sur les problèmes locaux et immédiats des parisiens (loyers élevés, vie chère) et les électeurs le savent bien.

 

Nous avons donc la conviction, basée sur des résultats électoraux déjà obtenus lors des trois derniers scrutins, que si nous maintenons la dynamique politique du Front De Gauche engagée depuis cinq ans, nous renforcerons considérablement le nombre d’élus Front De Gauche, tant au conseil de Paris que dans les conseils d’arrondissements. C’est important.

 

Notre stratégie fera progresser le nombre d’élus. Mais pour nous, et pour le dire en toute franchise, il importe, pour qu’ils soient entendus et écoutés, que ces futurs élus s’appuient sur une force électorale réelle. Par exemple, de 2001 à 2008, les élus communistes étaient plus nombreux que les élus actuels (de 2008 à 2014) du Front De Gauche au conseil de Paris. Cela signifie-t-il que l’influence des communistes a reculé à Paris lors du dernier mandat ? Bien sûr que non, c’est l’inverse. Ceci démontre qu’une influence politique ne se limite pas aux nombres d’élus, mais bien à ce qu’ils représentent dans la société.

 

En plaidant pour des listes du Front De Gauche, nous ne perdons pas de vue qu’il faudra aussi battre la droite. Précisément, nous considérons également que présenter des listes du Front De Gauche est la condition pour empêcher vraiment que Nathalie Kosciusko-Morizet, l’ancienne porte parole de Nicolas Sarkozy, mette la main sur Paris. Durant cette campagne, elle cherchera à profiter de la forte abstention qui frappera les listes soutenues par le gouvernement et soutenant le gouvernement actuel.

 

Aussi, pour faire revenir des citoyens au vote et à l’action politique, notamment dans les quartiers populaires dont la participation est un enjeu majeur et empêcher la droite de reprendre Paris, il faut des listes du Front De Gauche.

 

Elles sont le moyen le plus efficace pour mobiliser des consciences de gauche et pour faire reculer l’abstention, si haute déjà lors des dernières municipales de 2008 (quarante trois pour cent d’abstention) dont nous ne nous accommoderons jamais. Sans implication populaire, aucun changement n’est possible.

 

Au passage, l’existence de nos listes autonomes au premier tour, évitera aussi concrètement que le PS s’allie au second tour avec des forces de droite comme le MODEM. A tout point de vue, pour battre la droite, politiquement et électoralement, le Front De Gauche, par le rapport de force social et électoral qu’il construit, demeure l’outil le plus pertinent.

 

Quant au Front National, au-delà de la crise de la droite et de la forte abstention que subiront les listes socialistes, et dont il cherchera à tirer profit à Paris, son discours xénophobe et inégalitaire ne pourra être combattu que par la clarté de nos idées. Si notre voix s’éteint, alors l’extrême droite aura beau jeu de se présenter comme la seule force d’opposition au gouvernement. Est-ce cela que nous voulons ? Pour battre l’extrême droite aussi, il faut des listes Front De Gauche, autonome dans leur expression et leurs actions.

 

Cette discussion nous l’avons ensemble depuis des mois. Tout en étant à l’écoute de nos arguments, le PCF Paris a fait aussi le choix d’engager parallèlement une autre discussion et une négociation avec le PS pour explorer les conditions d’un accord électoral dès le premier tour. Nous tenons à vous dire une nouvelle fois, de la façon la plus fraternelle qui soit, que nous sommes en radical désaccord avec cette démarche tant sur le fond que sur la forme.

 

Disons-nous les choses franchement, par son existence même, cette démarche de discussion et de négociation avec le PS « empoisonne » nos échanges depuis des semaines. Elle bloque toutes réflexions sérieuses. Toutes nos discussions entre forces du Front De Gauche à Paris, sont venues se heurter à l’idée que nos listes autonomes seraient moins profitables, en nombre de sièges potentiellement élus, aux propositions que le PS vous a faites, ou va vous faire. Tout cela produit un drôle de climat et ne nous semble pas à la hauteur de nos ambitions communes.

 

Le choix de la poursuite ou non de la stratégie politique autonome et conquérante du Front De Gauche, ne saurait résulter d’un comparatif d’offre potentielle en nombre d’élus entre deux options.

 

C’est pourquoi nous proposons une autre méthode.

 

Nous demandons donc solennellement à nos camarades et amis communistes de Paris de profiter de leur vote des 15, 16 et 17 octobre pour d’abord et essentiellement voter sur la ligne stratégique. La question à trancher pour nos camarades communistes est la suivante : Continuons-nous de construire le Front De Gauche avec des listes autonomes aux municipales ou faisons-nous le choix de nous allier au PS ?

 

Chacun peut comprendre que faire alliance avec le PS dès le premier tour ce n’est pas la même chose que faire des listes autonomes du Front De Gauche. Chacun comprendra les conséquences de son vote qui n’aura rien d’innocent. Aussi, nous ne voulons pas que cette décision importante, soit embrouillée, aux yeux des militants communistes, par des considérants secondaires sur la place des uns et des autres sur de futures listes. Cela ne serait pas digne de nous.

 

En fonction de l’issue de ce vote, il nous semble que les futures discussions seront débarrassées de tout arrière-pensée. Si vous faites le choix du Front De Gauche, ce que nous souhaitons vivement, alors nous saurons trouver rapidement le meilleur accord entre nous, cet accord qui évidemment ne pourra se résumer au fait qu’une seule des composantes du Front De Gauche dispose de toutes les têtes de listes et quatre vingt pour cent des sièges potentiellement éligibles. Le Front De Gauche est fort de sa diversité. Nous ne doutons pas de la possibilité de parvenir à un accord qui respecte chacun, et profite à tous.

 

Dernier argument. Ce que nous ferons ensemble à Paris aura des conséquences dans toute la France. Ce que nous donnerons à voir sera un point d’appui, ou non, pour tous nos camarades qui construisent le Front De Gauche dans des conditions bien plus difficiles que les nôtres.

 

Vive le Front De Gauche. Continuons ensemble à le construire à Paris.

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 17:58

 

http://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/49588/tractations-a-la-gauche-de-la-gauche-a-evry

 

Tractations pour la gauche de la gauche à Evry

 

Mercredi 25 Septembre 2013

 

Le NPA et le Parti de Gauche d’Evry annoncent dans un communiqué leur intention de monter une liste conjointe aux prochaines élections municipales. De son côté, le PCF décidera le 7 octobre si il s’allie au PS majoritaire ou bien si il tente l’aventure à gauche. 

 

Combien de listes de gauche se présenteront aux suffrages des évryens en mars prochain? S’il fait peu de doute que l’actuel maire Francis Chouat (PS), qui a pris le siège de Manuel Valls devenu ministre, conduira une liste avec sa majorité sortante, les cartes doivent encore être battues à sa gauche. Les écologistes ne montrent pour le moment pas de velléités à partir seuls, et s’allieront très probablement avec le PS.

 

Concernant le PCF, membre de la majorité sortante, les choses s’annoncent plus compliquées. Si les quatre élus communistes (l’une a depuis rejoint le PS) ont fait part à de multiples reprises de leur intention de rester dans la majorité, une partie des militants souhaite la constitution d’une liste estampillée Front De Gauche. « Dans l’état actuel, rien ne justifie un refus de participer à une prochaine liste municipale qui se situerait dans la continuité du travail de l’équipe municipale majoritaire aujourd’hui à Evry » expliquaient les élus PCF il y a quelques mois. Pas question de s’allier avec le PS au premier tour pour d’autres militants, qui souhaitent « renverser le rapport de force » contre la finance mais aussi à Evry, expliquent-ils dans un tract.

 

C’est en assemblée de la section PCF d’Evry, le 7 octobre prochain, que la stratégie à adopter ainsi que le chef de file communiste seront décidés par un vote, qui s’annonce serré. « Evry, c’est un sujet compliqué, comme Corbeil » confie un cadre de la fédération PCF de l’Essonne.

 

D’autant plus compliqué qu’à cela s’ajoute la diffusion d’un communiqué, cosigné par le NPA, qui dispose d’un élu d’opposition, et le Parti de Gauche, dans lequel les deux forces appellent à construire une liste pour « une alternative avec une gauche des solidarités » et radicalement opposée à la politique municipale actuelle.

 

Le conseiller municipal d’opposition (NPA) Francis Couvidat serait pressenti pour aller à la bataille, avec le soutien du Parti de Gauche, qui fait pourtant partie de la coalition du Front De Gauche avec le PCF. « Nous recherchons l’unité d’une liste unique et nous nous adressons bien sûr au PCF local qui est divisé » explique un membre du Parti de Gauche d’Evry. Mais concernant le décision finale, la structure nationale du parti de Jean-Luc Mélenchon aura le dernier mot, et pourrait choisir une alliance avec le PCF si ce dernier se montre intéressé.

 

A droite, l’UMP Stéphane Le Personnic s’est déclaré candidat, il attaque d’ailleurs la majorité sortante sur la question de la sécurité. Le MODEM ainsi que l’UDI envisagent aussi de faire campagne, mais n’ont pour le moment pas pris de décision. Le Front National a également fait part de sa volonté de se présenter dans la ville préfecture.

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:36

 

http://www.souriahouria.com/01102013-paris-reunion-dinformation-et-de-debat-les-voix-de-la-syrie-libre

 

Mardi Premier Octobre 2013 à 19 heures

 

Salle Colbert de l’Assemblée Nationale

 

126 Rue de l’Université 75 007 Paris

 

Réunion d’information et de débat à l’invitation de Philippe Baumel, député de Saône et Loire, membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale, et Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l’Université Paris Ouest Nanterre, coordinateur de l’Appel d’Avignon pour la solidarité avec le peuple syrien

 

Introduction d’Elisabeth Guigou, ancienne ministre, présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale

 

LES VOIX DE LA SYRIE LIBRE

 

Appel de l’opposition démocratique syrienne à la communauté internationale avec la participation de

 

Yahia Nanah, chef du conseil provincial de la province libre d’Alep

 

Qasem Saad al Dine, membre et porte parole du haut commandement de l’Armée Syrienne Libre

 

Lina Shawaf, animatrice de la radio libre syrienne Rozana

 

Salam Kawakibi, directeur adjoint de l’Arab Reform Initiative, professeur associé à l’université Paris I Panthéon Sorbonne

 

Raphaël Pitti, médecin urgentiste, membre de l’Union des Organisations Syriennes de Secours Médicaux

 

Jean Pierre Filiu, professeur d’études moyen orientales à Sciences Politiques Paris

 

Eric Chevallier, ambassadeur de France pour la Syrie

 

Monzer Makhous, ambassadeur de la Syrie libre à Paris, représentant pour l’Europe de la Coalition Nationale de la révolution et de l’opposition Syriennes

 

Hala Kodmani, journaliste indépendante, de retour de Syrie

 

La politique de fermeté prônée par le président de la république à l’égard du régime de Bachar al Assad, qui n’a pas hésité à lancer des attaques au gaz massives contre les populations civiles, a favorisé à la mise au point d’un plan de contrôle de ses armes chimiques, négociée à Genève entre les russes et les américains. Sans la menace d’un recours à la force, qui a convaincu Moscou de faire pression sur Damas et de renouer le dialogue avec Washington, ce plan redeviendrait vite lettre morte, comme les accords précédents. Sans préjuger de ses chances de réussite dans un pays à feu et à sang, force est de constater que le dictateur a résolument repris les bombardements et les massacres, les arrestations et les tortures.

 

Aucune solution politique ne saurait prévaloir si elle ne prend pas en compte les aspirations du peuple syrien et les souffrances qu’il endure depuis deux ans et demi dans sa quête de liberté. Il faut aider l’opposition démocratique syrienne à se faire entendre davantage. Luttant pied à pied contre les apologues de la répression et les fanatiques du djihad, elle s’efforce malgré tout de défendre et d’administrer les zones soustraites au contrôle du pouvoir, en tentant de tracer les perspectives d’une société de tolérance et de progrès en Syrie. Ses appels à l’aide peuvent-ils être ignorés ?

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:03

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/syrie-a-raqqa-pas-question-de-nous-imposer-une-tyrannie-a-la-place-dune-autre.html

http://www.liberation.fr/monde/2013/09/28/ville-rebelle-raqqa-brule-t-il_935316

 

Ville rebelle, Raqqa brûle-t-elle ?

Par Hala Kodmani, envoyée spéciale de Libération en Syrie

Samedi 28 Septembre 2013

Notre envoyée spéciale a sillonné Raqqa, ville syrienne « libérée », aux mains des islamistes depuis six mois.

Ils sont bien là. A l’entrée nord de Raqqa, ils ont planté leur drapeau noir sur le portique qui enjambe la route et signé « Etat Islamique en Irak et au Levant ». Quatre ninjas (on ne voit que leurs yeux par les trous de leur cagoule noire) en pantalon de treillis, kalachnikov à la main, arrêtent le minibus. « Vos cartes d’identité, jeunes gens » dit l’un d’entre eux en ouvrant la portière coulissante du véhicule. Dix hommes, dont le chauffeur, s’exécutent et tendent leur carte plastifiée tandis que les quatre passagères ne réagissent pas. Les jihadistes ignorent les femmes au point de ne pas les voir et encore moins de vouloir contrôler leurs papiers. Il suffit de porter un foulard bien serré autour de la tête, comme toutes les femmes de la région, pour savourer cette inexistence.

Mieux vaut ne pas être repérée comme journaliste venant de l’étranger par ces hommes d’un groupe lié à Al-Qaeda, dont le feuilleton de terreur est suivi à travers le monde. Ce sont eux qui auraient enlevé le père jésuite Paolo dall Oglio il y a trois mois, ici, dans leur bastion de Raqqa, où ont aussi disparu plusieurs reporters européens et des centaines d’activistes syriens. Eux qui ont signé la prise de la ville, en mai 2013, par l’exécution de trois hommes, fusillés sur la place publique.

Bouffons masqués

Le contrôle dure moins de trois minutes, même pas le temps d’un frisson devant ces bouffons masqués plus mystérieux qu’effrayants. Le minibus blanc roule en direction du centre-ville, grouillant d’activité juste avant l’heure du déjeuner. Vieux taxis jaunes, voitures poussiéreuses, triporteurs surchargés de contenants en plastique ou de légumes, camionnettes transportant briques en ciment et barres de fer qui dépassent de trois mètres derrière, circulent et klaxonnent dans tous les sens. Des hommes en jellabah ou en jeans, des femmes en longue robe et en foulard se précipitent dans les magasins.

Le long des grandes artères plutôt propres, les palmiers sont le seul attrait d’une ville sans caractère, aux maisons sans finition. Un air de Gaza sans la mer ou de Baalbek loin des ruines romaines. « Vous voyez bien que ce n’est pas Kandahar, comme le racontent les télévisions », dit la frêle Oum Nabil en accueillant ses visiteurs. Fille d’une fière famille de Raqqa, cette mère de trois adolescents ne supporte pas de voir l’image de sa ville défigurée par les récits « très exagérés » selon elle, de la mainmise et des exactions des groupes extrémistes. « Ils ne se mêlent pas de nos affaires et la vie est normale ici », affirme-t-elle. « Ma fille de seize ans continue de sortir cheveux au vent et moi, je sors comme cela », fait-elle remarquer dans son jeans et sa chemise à carreaux. Comme beaucoup de raqqaouis résolument opposés au régime de Bachar al-Assad dès le début de la révolution au printemps 2011, Oum Nabil continue de positiver la « libération » de la ville.

Le sort de la population de la première capitale provinciale à tomber aux mains de la rébellion a basculé en même temps que la statue géante d’Hafez al-Assad, renversée sur la place centrale le 4 mars 2013. Raqqa, environ deux cent mille habitants, dans le nord-est du pays, aurait pu être un test et un modèle de la Syrie d’après al Assad. Six mois plus tard, elle concentre tous les périls et les paradoxes que le pourrissement de la crise syrienne accumule.

Les avions chasseurs de l’armée régulière continuent de lâcher leur bombe quotidienne au hasard sur l’un de ses quartiers tandis que des groupes armés de plus en plus inquiétants rivalisent pour contrôler la ville et ses habitants.

« Des dizaines de bouteilles »

Oum Nabil sort de sa cuisine avec un plateau de café turc en se plaignant de la double coupure d’eau et d’électricité qui a gâché sa matinée. Pas de ventilateur alors qu’il fait trente cinq degrés centigrades dans la journée en ce début septembre et pas d’eau fraîche à boire avec le café. « C’est devenu le principal poison de mon quotidien. Quand l’eau arrive et monte bien jusqu’à notre troisième étage, je me dépêche de remplir des dizaines de bouteilles en réserve pour la salle de bains et la cuisine. Je fais tourner la machine à laver à 2 heures du matin parce que c’est le moment où il y a le moins de risque de coupures », dit l’ancienne fonctionnaire devenue ces derniers mois ménagère à plein-temps.

Enchaînant les cigarettes, elle parle avec regret du bouleversement de son rythme de vie depuis que le tribunal de la ville où elle était employée a cessé de fonctionner, au lendemain de la « libération. Avant, je sortais tous les matins à 8 heures pour aller au travail, puis je rentrais vers 15 heures. Le temps de préparer le déjeuner, de ranger la maison, la journée était finie. Maintenant, il n’y a plus d’horaires pour personne, ni pour mon mari, également fonctionnaire, ni pour les enfants ».

Elle confie son angoisse pour ses deux fils oisifs. Nabil et Jamil, vingt et vingt quatre ans, ont dû interrompre leurs études. L’un à Damas, où il avait été arrêté pendant un mois parce qu’il était de Raqqa, et l’autre à Alep. Pas question pour eux de prendre les armes ni de faire de politique en s’exposant aux extrémistes dans la ville. Ils traînent devant la télé et les jeux vidéo quand il y a l’électricité, parlent beaucoup des nouvelles et cherchent surtout le moyen de quitter le pays. « Coucher tard, lever tard, tous les jours se ressemblent et on découvre la date à la télévision », soupire la mère.

Le poste vient justement de s’allumer, signalant le retour du courant. L’initiative lancée la veille par Moscou pour organiser la destruction de l’arsenal chimique syrien semble avancer, éloignant la perspective d’une frappe militaire occidentale imminente. « On l’attendait pour la nuit du 12 au 13, après la réunion du G20 et l’anniversaire du 11 septembre », affirme Oum Nabil. « C’est pour quand maintenant ? Que va encore trouver Abou Hussein pour reculer ? » Le surnom que la dame à l’humour grinçant donne à Barack Hussein Obama est bien compris ici, où la tradition prévoit que l’homme prénomme son fils d’après son père.

« Il a fui vers Lattaquié »

Après la tombée de la nuit et de la chaleur, c’est l’heure de la sortie en famille à Raqqa. On va au cybercafé, où chacun plonge dans l’écran de son portable, essentiellement sur sa page facebook. On déambule dans les rues commerçantes devant les vitrines de prêt-à-porter féminin aux couleurs éclatantes. Tous les tee-shirts sont nécessairement incrustés de brillants et les chaussures au moins bicolores. Dans un magasin de lingerie où se pressent et discutent des femmes à l’accent d’Alep, le patron s’excuse de n’avoir pas de chemises de nuit en simple coton puisqu’il ne fait que dans les déshabillés de satin et dentelle « pour les trousseaux de mariées ». Quelques mètres plus loin, autour d’un pick-up surmonté d’une « Douchka », mitrailleuse lourde russe célèbre dans la région, plusieurs hommes masqués de noir surveillent pendant que d’autres sortent d’un magasin de grandes caisses et des appareils, de chauffage, semble-t-il. « Bravo, ils sont en train de dépouiller cette ordure », commente Oum Nabil en parlant d’un grand commerçant de la ville, proche du régime, qui a fait fortune ces dernières années à coups de passe-droit et de corruption. « Il a fui vers Lattaquié aussitôt après la chute de Raqqa ».

Par crainte des exactions, des milliers d’hommes d’affaires, d’apparatchiks ou de fonctionnaires, alaouites ou pas, se sont réfugiés avec leur famille dans la région côtière, bastion des forces de Bachar al-Assad, quand la ville est tombée aux mains des rebelles.

L’opération commando des ninjas en plein centre-ville fait apparaître les hommes de l’Etat Islamique en Irak et au Levant comme des justiciers aux yeux de certains habitants.

« Il est plus probable qu’ils soient commissionnés par le commerçant influent pour évacuer ses biens », corrige Abboud, militant dans un mouvement de jeunes démocrates civils très mobilisé contre « Daech », acronyme arabe de la formation jihadiste, devenu leur appellation courante parmi les Syriens. Dans le langage quotidien des raqqaouis, on les évoque comme al Dawla (« l’état »), un terme d’une confusion intéressante pour désigner ceux qui s’imposent aujourd’hui par une terreur plus grande encore que les sbires du régime auparavant.

« Je ne peux pas affirmer, comme beaucoup de gens le font ici, qu’ils sont alliés au régime, mais la connivence de leurs intérêts est évidente. Ils combattent pareillement les libertés, la démocratie et la société civile, et leurs cibles prioritaires sont les activistes laïcs », affirme Abboud. Le jeune ingénieur avait été arrêté pendant quarante-huit heures par « Daech » à l’issue de l’une des grosses manifestations de la population contre les islamistes radicaux en juillet.

Les habitants de Raqqa se sont fortement mobilisés dès que les extrémistes ont cherché à appliquer les préceptes de leur émirat islamique. « Pas question de nous imposer une tyrannie à la place d’une autre », entend-on répéter parmi les opposants persuadés que ces gens-là travaillent pour et avec le régime de Bachar al-Assad. Les « preuves » de cette collusion reviennent régulièrement dans les conversations, « Daech n’a jamais tiré une balle contre les forces régulières. Leurs positions ne sont jamais visées par l’aviation ou l’artillerie alors qu’ils tiennent toutes les entrées de Raqqa ».

Il faut acheter le pain en rentrant de la promenade du soir. Devant «le four», comme on appelle ici la boulangerie, Oum Nabil se dirige vers la file réservée aux femmes, tandis que celle des hommes, du côté opposé sur le trottoir, est bien plus longue. Deux hommes armés et masqués de noir, encore eux, se tiennent au milieu. « Non, ceux-là n’ont rien à voir avec Daech », précise Oum Nabil. « Ils se cachent le visage parce que ce sont des jeunes du coin et qu’ils ne veulent pas être reconnus par leurs proches ou parents qui leur demanderaient la faveur d’être servis sans attendre ». Il faut connaître les codes. La filière du pain est tenue par les Ahrar al-Sham, une formation armée salafiste qui apparaît comme modérée dans le contexte actuel.

Arrivées de la région d’Idlib dans les premiers jours après la chute de Raqqa en mars, ces brigades on fait main basse sur tous les fonds et les ressources qui se trouvaient dans la ville.

Elles se sont attaquées aux banques et aux administrations, ramassant un pactole en liquide que certains estiment à dix sept milliards de livres syriennes (près de six millions d’euros). Ils ont pillé les bâtiments publics, les stocks de denrées de base, sucre, farine, et démantelé les usines, du matériel lourd jusqu’aux fenêtres, pour les revendre.

Ils ont ainsi pu acheter des armes, mais surtout de l’influence, en prenant le contrôle de larges secteurs vitaux pour la population. Leur monopole sur la farine, qu’ils transportent et distribuent aux boulangeries en surveillant la vente du pain, leur a permis d’acquérir un certificat de bonne gestion. Avec les véhicules municipaux qu’ils ont saisis, ces robins des bois ont pris en charge une partie des services publics essentiels, dont le ramassage des ordures, les pompiers et les ambulances, à la grande satisfaction des habitants, tandis que leur « police islamique » s’occupe aussi bien de la circulation que de la délinquance quotidienne.

Le passage du Mig

Etait-ce le bruit d’un avion, ce matin, dans un demi-sommeil? En effet, le Mig est passé vers 9 heures. Il a visé Thakana, « la caserne ». Ce quartier résidentiel tient son nom de la garnison française qui s’y trouvait à l’époque du mandat. Le  « barmil », sorte de ballon d’eau chaude rempli de matières explosives et incendiaires, est tombé entre deux immeubles, ne faisant que quelques blessés légers. « Ces bombardements sont comme des messages de Bachar pour dire qu’il ne nous oublie pas. Une fois dans la journée, pas plus, mais à une heure tout à fait variable », ironise Oum Nabil. « Au début, dès qu’on apercevait ou entendait un avion dans le ciel, toute la famille se précipitait dans les escaliers pour se réfugier au rez-de-chaussée, chez les voisins. Maintenant, c’est devenu la routine, on ne fait que relever le passage du Mig tout en continuant de prendre le café et en priant pour qu’il fasse le moins de dégâts et de victimes possibles ».

Sur Raqqa, les bombes ne tombent pas que du ciel et pas que dans la journée. En soirée, des tirs d’obus tonnent. Deux ou trois, parfois bien plus, plus ou moins proches. Les fils d’Oum Nabil savent déterminer au son l’origine et la destination de chacun. A cinq kilomètres au nord de Raqqa, la dix-septième compagnie de l’armée du régime occupe encore une position bien fortifiée mais encerclée par les brigades rebelles. Quelque deux cent soldats sont retranchés dans cette poche approvisionnée tous les jours en munitions et nourriture par les hélicoptères qui lâchent de petits parachutes blancs. « Les boîtes de mortadelle et les paquets de pain tombent la moitié du temps entre les mains des assiégeants, ravis d’être nourris aux frais de Bachar », s’amuse Nabil. C’est le seul point de confrontation directe entre rebelles et régime qu’il reste dans le secteur. Il est souvent meurtrier.

Un soir où la canonnade se fait plus intense, nous montons sur le toit pour voir les roquettes tracer dans le ciel. Nabil et Jamil comptent les tirs des uns et des autres et devinent au son où tombent les obus. Trois d’entre eux, à quelques minutes d’écart, viennent d’atteindre le quartier résidentiel de Fardous. On aperçoit des flammes depuis le toit. « Là, cela a dû faire mal » dit Jamil. En effet, sept morts, découvre-t-on le lendemain matin, dont deux jeunes de dix sept ans que Jamil connaissait. « Ils étaient accourus après la chute du premier obus pour secourir les gens des maisons touchées. Le deuxième est tombé au même endroit ».

« Ce n’est pas cela, notre problème, les armes chimiques, toutes les autres tueries ne comptent elles pas ? »

Sauf pendant les coupures de courant, la télévision est branchée nuit et jour sur l’une ou l’autre des chaînes d’information satellite arabe ou syrienne, du régime ou de l’opposition.

L’annonce de l’accord sur les armes chimiques entre le secrétaire d’état américain, John Kerry, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, révolte et stupéfie toute la famille qui prend le thé après le déjeuner. « Ce n’est pas cela, notre problème, les armes chimiques », s’exclame Abou Nabil. « Toutes les autres tueries ne comptent pas ? Les cent mille morts, les raids aériens, les obus, les massacres, deux ans et demi de dévastation du pays, le régime ne va pas s’en sortir comme cela ». Chacun y va de son commentaire sur « l’hypocrisie des occidentaux, la lâcheté d’Obama » ou le complot russo-américain qui se concrétise.

« C’est tout le contraire qu’on veut, livrer Bachar et garder les armes chimiques » résume Noha, la jeune sœur d’Oum Nabil. Ces nouvelles ne gâchent toutefois pas la bonne humeur de l’institutrice, qui a remporté ce matin-là une victoire plus importante.

Ce 15 septembre 2013 était jour de rentrée scolaire. Une centaine d’élèves sur le millier que compte habituellement son école primaire sont venus, mais des dizaines d’autres familles attendaient cette journée test pour envoyer leurs enfants. « Ils seront plus nombreux demain. Pour nous encourager, certains commerçants nous ont livré des cartons pleins de craies, de cahiers et de crayons », raconte Noha, tout sourire.

La vie reprend pour cette célibataire de trente cinq ans, vieille fille dans les normes locales, qui se consacre aux enfants de sa ville. Toute la semaine dernière, les enseignantes s’étaient mobilisées pour préparer les classes, fermées depuis le mois de mars. « Une partie était encore occupée par des réfugiés de Deir al Zor qu’il a fallu évacuer vers une autre école regroupant les déplacés. Les manuels scolaires promis par le ministère de l’éducation seraient en route. Un groupe d’enseignants a négocié avec le régime pour les obtenir ». Ce sont les mêmes qui ont collé dans la ville les petites affichettes roses, jaunes et vertes disant « l’école me manque ».

Alors qu’elle passait dans un magasin de photocopies, Noha s’est vu remettre un communiqué à l’encre pâle au nom des « enseignants libres » appelant à bien « respecter le curriculum islamique, à séparer mâles et femelles, tant parmi les élèves que les enseignants, et à bien observer la tenue islamique ». De toute évidence, c’est une campagne menée par l’une des formations islamiques. « Personne ne va les écouter ».

Noha souligne surtout qu’elle va toucher quatre mois de salaire en retard, comme tous ses collègues. L’un d’entre eux s’est rendu dans la partie de Deir al Zor toujours contrôlée par l’état avec des procurations d’une centaine d’enseignants pour encaisser tous les salaires. Le récit de sa sœur éveille l’intérêt d’Oum Nabil. Elle aussi a commissionné un collègue fonctionnaire pour aller toucher ses salaires en retard.

Certains ont fait de cette mission un vrai commerce et font payer un pourcentage sur les sommes collectées. « Cela vaut la peine, vu les risques qu’ils prennent sur la route avec toutes sortes de check-points, y compris de brigands ».

Repérage des cibles

Promenade en fin d’après-midi sur les rives de l’Euphrate. La chaleur est encore accablante sous le hijab en traversant le pont al Mansour, dit « le vieux pont » depuis qu’un nouvel ouvrage, plus à l’ouest, a été construit sur la grande route d’Alep.

Nostalgique, Oum Nabil fait observer les immeubles récemment construits le long du fleuve majestueux, gâchant les étendues de verdure de ses rives cultivées. Quelques pêcheurs tiennent leurs lignes, des enfants se baignent  habillés. « Avant, il y avait des cafés restaurants sous les arbres, au bord de l’eau. Ils ont fermé parce que les gens n’y allaient plus par crainte des bombes ou par manque d’argent. Certains aussi parce qu’ils servaient des boissons alcoolisées », regrette Oum Nabil.

Au bout du pont, une grosse borne porte le nom d’al Mansour avec, en dessous, la signature de l’Etat Islamique en Irak et au Levant barrée, suivie de la celle de son grand rival, le Front al-Nusra, affilié à une autre branche d’al Qaeda.

Trois jeunes garçons aux pantalons trempés viennent de remonter de la rivière et jouent à la guerre avec des bouts de branche ou de ferraille qu’ils ont ramassés. Ils rient et se cachent quand on veut les prendre en photo. La promenade se poursuit le long de la corniche, devenue une grande voie automobile bruyante. Les piétons sont rares. Après vingt minutes de marche, un pick-up surmonté d’une Douchka s’arrête devant nous.

Cinq hommes armés, chevelus et barbus mais aux visages découverts, nous braquent des yeux. Le plus vieux d’entre eux, la quarantaine, nous explique qu’il a été averti que nous prenions des photos de leur position. Tout sourire, Oum Nabil lui répond que nous rigolions avec les enfants qui sortaient trempés avec leurs habits.

S’excusant de devoir contrôler son identité, l’homme explique que c’est pour éviter tout repérage de cibles pour les avions. « C’est aussi pour votre protection », ajoute-t-il en vérifiant sur sa carte qu’Oum Nabil est bien native de Raqqa. Les combattants nous saluent poliment en repartant après nous avoir confirmé qu’ils appartiennent au Front al-Nusra. Soulagement.

Toute la société rejette les islamistes

On nous expliquera plus tard cette nouvelle méfiance éprouvée à l’égard des femmes qui seraient utilisées comme indics par le régime, y compris pour poser des balises à l’intention des chasseurs de l’armée. C’est l’une des accusations que la rumeur colporte sur la jeune Imane, tuée il y a quelques jours à la sortie d’un cybercafé d’une rafale de mitraillettes tirée par deux hommes masqués en voiture.

La jolie fille de dix neuf ans a passé plusieurs mois à Raqqa en se présentant aux uns comme militante kurde, à d’autres comme activiste média ou encore comme réfugiée ayant perdu sa famille à Homs. Elle a fréquenté les groupes de jeunes opposants politiques comme les différentes katibas locales de l’ASL et aurait accordé ses faveurs à nombre d’entre eux.

Plusieurs locaux qu’elle a visités auraient été bombardés après son passage.

L’histoire d’Imane alimente les conversations et son exécution en pleine rue est sujette à des débats animés en famille. « Peu importe ce qu’on lui reproche, il fallait la juger ou au moins rendre publique ce dont on l’accusait », argumente Nabil face à son père, pourtant juriste.

Celui-ci s’énerve « qu’on accorde tant d’importance à une fille qui, de toute façon, était d’une immoralité confirmée par tous, alors que des innocents meurent tous les jours sous les bombes ».

On ne peut ébranler la détermination d’Abou Nabil sur la priorité du combat contre le régime.

« Les islamistes n’ont aucune chance de s’imposer à Raqqa. Toute la société les rejette. On va d’ailleurs de moins en moins à la mosquée depuis qu’ils sont là. Il ne faut pas se tromper d’ennemi. Si le régime tombe, ils seront balayés en quelques jours ou quelques semaines ».  

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 16:05

 

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20130927/424609/fr/La-France-condamnee-pour-violation-Convention-europeenne-des-droits-l%E2%80%99homme

 

La France condamnée pour violation de la convention européenne des droits de l’homme

 

Vendredi 27 Septembre 2013

 

Par Antton Rouget

 

C’est un sacré camouflet pour la « patrie des droits de l’homme ».

 

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a une nouvelle fois condamné l’état français pour ses délais « déraisonnables » dans le cadre de la détention provisoire de prisonniers basques. Dans deux arrêts publiés hier, la CEDH a considéré, à l’unanimité de ses membres, qu’en prolongeant à près de six ans l’attente d’un procès pour deux détenus, la France a violé la convention européenne des droits de l’homme.

 

L’État doit verser cinq mille euros à chaque requérant et deux mille euros au titre des frais.

 

Cinq ans, onze mois et vingt-trois jours. C’est le temps que Patxi Abad a passé derrière les barreaux de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis avant d’être jugé devant la cour d’assises spéciale de Paris, le 26 novembre 2009. Un délai en décalage avec les règles du droit pénal français et contraire aux dispositions de l’article cinq de la convention européenne des droits de l’homme, « toute personne arrêtée ou détenue a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable ».

 

Interpellé le 4 décembre 2003, l’homme de vingt sept ans est rapidement présenté comme le « responsable d’une cellule de recrutement de l’ETA » et incarcéré. S’en suivront des années d’attente et une interminable succession de recours.

 

Une première demande de remise en liberté, le 2 avril 2007 est rejetée dix jours plus tard. Une seconde requête arrive sur le bureau du juge d’instruction le 5 août 2007, elle est aussi refusée. Troisième demande (toujours rejetée) le 10 mars 2008, alors que l’instruction est close depuis le 6 décembre 2007. Nouvelles requêtes le 22 juillet 2009 et le 28 septembre 2009, la défense se heurte à chaque fois au refus de la chambre de l’instruction.

 

Devant la CEDH, la défense du gouvernement expose la « complexité de l’affaire » et prétexte que la juridiction anti terroriste est débordée, « le gouvernement reconnaît que le délai d’audiencement devant la cour d’assises spécialement composée fut très important, mais l’explique par la lourde charge de cette juridiction d’exception qui a vocation à connaître toutes les affaires criminelles à caractère terroriste ». La ficelle est un peu grosse pour les juges de Strasbourg, « un tel délai ne peut être justifié par l’encombrement de la cour d’assises. Il appartient aux États d’agencer leur système judiciaire de manière à permettre à leurs tribunaux de répondre aux exigences de l’article cinq de la convention européenne des droits de l’homme ».

 

L’enchaînement des recours est tout aussi impressionnant dans le dossier de Mikel Almandoz, pas moins de neuf prolongations de la détention provisoire par la chambre de l’instruction et deux requêtes de remise en liberté.

 

Interpellé cinq jours après Patxi Abad, le 9 décembre 2003, il est jugé en même temps que lui. Soit une période de cinq ans, onze mois et dix-huit jours de détention provisoire, là aussi bien loin du « délai raisonnable » préconisé par la convention européenne des droits de l’homme. Le gouvernement réitère sa défense. Toujours avec si peu de réussite.

 

Condamnés à cette pratique ?

 

Contactée par téléphone hier, Amaia Recarte, avocate des deux militants basques, ne cachait pas sa satisfaction de voir la CEDH, saisie le 30 juillet 2010 dans les deux cas, condamner la France pour une « pratique régulière et maintes fois dénoncée ». D’autant plus que ces deux décisions ne font que renforcer une jurisprudence déjà marquée par cinq condamnations en 2012 pour les mêmes motifs. « Reste à savoir maintenant si Paris préfère être condamné plutôt que de changer ses pratiques », prévient Amaia Recarte.

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 15:38

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/09/22/merkel-tranches-de-villes_933896

 

Retour sur cinq lieux de la vie de la chancelière, reflet de l’histoire de son pays.

 

Devenue la plus jeune chancelière de l’histoire allemande en 2005, à tout juste cinquante et un ans, Angela Merkel est aussi la première femme à avoir dirigé le pays et la première à venir de l’ancienne RDA. « Sa carrière est profondément atypique dans un pays où les hommes politiques ne quittent guère leur milieu d’origine, voire leur Land », note Jacqueline Boysen, auteure de deux biographies de Merkel. Retour sur les lieux qui ont marqué sa vie.

 

Merkel, tranches de villes

 

Par Marc Semo, Nathalie Versieux et Lilian Alemagna

 

Lundi 23 Septembre 2013

 

Quelques semaines à l’ouest

 

C’est un quartier excentré du grand port hanséatique, sans charme, aux tristes maisons de brique sombre. Là, à Barmbek-Nord, le 17 juillet 1954, naît Angela Dorothea Kasner, premier enfant du théologien protestant Horst Kasner (1926-2011) et de Herlind Jentzsch, professeure de latin et d’anglais. Quelques semaines après la naissance de sa fille, le pasteur décide de migrer vers la RDA, à la demande de ses supérieurs de l’Eglise évangélique de Hambourg, inquiets du manque de prêtres à l’Est et pleins d’espoir sur une évolution du régime après la mort de Staline. La frontière n’est alors pas encore hermétique et, rien que sur les cinq premiers mois de cette année-là, cent quatre vingt mille personnes fuient la RDA pour rejoindre l’Ouest. Entre 1949 et la construction du mur en 1961, la RDA perdra deux millions cinq cent mille citoyens. Adepte de la doctrine de « l’Eglise dans le socialisme », Horst Kasner n’a rien d’un opposant au régime, qui lui accorde, privilège incroyable à l’époque, deux voitures de fonction et le droit de voyager en occident. Mais les biographes d’Angela Merkel sont d’accord sur un point, ce pasteur n’était pas non plus un « collaborateur ». Lorsqu’il recevait des opposants, il partait pour de longues promenades en forêt, afin de discuter tranquillement à l’abri de la Stasi.

 

Une enfance à l’est

 

La tombe est d’une grande simplicité. Depuis deux ans, Horst Kasner est enterré ici, dans ce cimetière de Templin, en lisière de forêt. La famille Kasner a débarqué en 1957 dans cette petite ville du Brandebourg, à près de quatre vingt kilomètres au nord de Berlin. Lors de leur arrivée en RDA trois ans plus tôt, le déménageur leur aurait lancé, « je ne connais que deux sortes de personnes qui passent de l’Ouest à l’Est, les communistes et les idiots ». Horst Kasner était simplement un jeune pasteur prêt à former de jeunes séminaristes.

 

Lorsqu’elle revient dans sa ville d’enfance, Angela Merkel est discrète. Sa mère y habite toujours, elle y donne même encore des cours d’anglais pour adultes certains soirs. La chancelière dispose aussi d’une petite maison dans un village tout proche. Les habitants ne semblent pas plus fiers que ça de compter une chancelière parmi eux. Autour de la place du marché, il est bien plus facile de trouver des livres est-allemands de cuisine qu’une biographie de leur dirigeante. Ici, on est en plein fief social-démocrate. Même sur sa maison d’enfance, pas de trace du passage de Merkel. A une centaine de mètres de là, on tombe sur l’école où elle a passé son bac. C’est devenu une « école de la nature », établissement libre sous contrat où l’enseignement se fait selon la pédagogie Montessori. Heike Schröder a connu la jeune Kasner. Elle se souvient d’une élève « à peine visible, mais très intelligente, son frère était délégué de classe. Pas elle. Ça peut aussi expliquer la femme politique qu’elle est devenue, elle ne s’asseyait jamais au premier rang ».

 

Cinq ans d’études et un mariage

 

Le bâtiment a tout de ces édifices soviétiques construits après la seconde guerre mondiale. A l’entrée, l’escalier mène directement à deux bustes et à une moulure en bronze, les physiciens Gustav Hertz, Peter Debye et Werner Heisenberg, l’un des fondateurs de la mécanique quantique. Au dix neuvième siècle, Leipzig (Saxe) est une capitale mondiale de la physique. La ville de Jean-Sébastien Bach, futur épicentre de la « révolution pacifique » qui mènera à la chute du mur, perd de son lustre scientifique sous la RDA. Angela Kasner y débarque en 1973.

 

Elle y étudiera cinq ans, dans la faculté dépendante de l’université Karl-Marx. « Angela était davantage intéressée par la théorie que par la pratique », raconte le professeur Jürgen Haase, qui était très ami avec Marcus Kasner, le frère de la chancelière. Dans cette fac, Angela Kasner rencontre Ulrich Merkel, avec qui elle se marie en 1977 à Templin pour divorcer quatre ans plus tard. Une récente biographie prête à Angela Merkel un activisme politique du temps où elle était à la fac. « Tout le monde était à la FDJ (Freie Deutsche Jugend, mouvement politique de jeunesse en RDA) », rétorque Jürgen Haase. « Elle, au contraire, était en contact avec des étudiants qui se mobilisaient contre le régime. Et je sais par une de ses proches amies qu’elle a eu des soucis avec la Stasi à la fin de ses études ici ». Il conclut en riant, « personne ne pensait qu’elle ferait un jour de la politique ».

 

De la physique à la politique

 

 « J’étais une bonne physicienne, mais pas un futur prix Nobel », reconnaît volontiers dans ses interviews la chancelière qui, arrivée à Berlin, mène une tranquille carrière à l’académie des sciences, austère bâtiment installé sur la place Adlershof. C’est là qu’elle se sépare d’Ulrich Merkel, dont elle garde le nom, et s’installe dans un immeuble de Schönhauser Allee, à Prenzlauer Berg, quartier alors populaire plutôt épargné par les destructions de la seconde guerre mondiale devenu depuis la chute du mur le cœur « bobo » de la capitale allemande.

 

Elle est déjà une bosseuse acharnée, discrète, mais nombre de ses amis sont des jeunes en rupture avec un système moribond. « Je n’étais pas une activiste anti régime, mais, depuis l’enfance, j’avais une vision très critique du système », expliquera-t-elle plus tard.

 

Elle est dans cet appartement retapé avec les moyens du bord quand elle entend, le soir du 9 novembre 1989, la conférence de presse du porte-parole du Parti, Günter Schabowski, annonçant l’ouverture des frontières avec effet immédiat, alors même que, depuis l’été, des milliers d’allemands de l’Est partaient par la Hongrie où le rideau de fer s’était déjà entrouvert.

 

« Je ne savais pas trop ce que cela voulait dire », se souvient-elle. Aussitôt, elle téléphone à sa mère mais ne change rien à son programme, comme chaque jeudi soir, elle va au sauna. Une marée humaine est dans la rue, marchant vers les postes frontières. Elle suit, passe à l’ouest dans le quartier de Moabit. « Puis je suis rentrée en me disant que le mur serait encore ouvert le lendemain », a-t-elle raconté. Elle avait une conférence à préparer pour une université polonaise.

 

Le monde bascule. Sa mère adhère au parti social-démocrate. Son petit frère aux verts. Elle s’énerve du tutoiement de rigueur à gauche et de la confusion. La très sage physicienne choisit le Renouveau Démocratique, proche de la CDU qui triomphe lors des premières élections libres de mars 1990.

 

L’ascension de « das Mädchen »

 

C’est l’époque de sa coupe au bol, de ses jupes informes. Un compliment la fait encore rougir, tandis qu’un revers peut la pousser à aller se cacher dans un coin pour pleurer.

 

Ses années à Bonn sont celles où Merkel fait preuve d’une incroyable capacité d’adaptation. Propulsée sans réseaux, sans soutien, seule ossie dans un panier de crabes macho dominé par les catholiques, elle apprend à se méfier de tous. Elle a trente six ans et un succès électoral derrière elle, elle vient de remporter quarante huit pour cent des voix dans sa circonscription des bords de la Baltique dans l’ancienne RDA. Divorcée et sans enfants, elle est bombardée ministre de la famille et des femmes, dans un bâtiment des bords du Rhin au charme d’une caserne.

 

Lorsqu’elle réédite son score aux élections de 1994, elle quitte enfin un ministère qu’elle n’aime guère pour l’environnement, un domaine qui passionne l’ancienne physicienne que son mentor Helmut Kohl surnomme, mi-affectueux mi-goguenard, « das Mädchen » (« la gamine »). En 1998, profitant de la débâcle de Kohl face à Schröder et du scandale des caisses noires de la CDU, elle arrache à la surprise générale la direction du parti chrétien démocrate.

 

Autour d’elle, les têtes commencent à tomber. Le 22 décembre 1999, elle signe dans le « Frankfurter Allgemeine Zeitung » la colonne qui allait « tuer le père ». « Le parti doit, comme un jeune dans l’adolescence, trouver son propre chemin ». Le Bundestag vient de déménager à Berlin et c’est dans la nouvelle capitale allemande qu’Angela Merkel poursuit son ascension vers le pouvoir.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 15:00

 

Vous trouverez ci-dessous la dernière partie d’un long message de Wilebaldo Solano en février 1989 dont le titre est « Andreu Nin y Léon Trotsky ».

 

Le message est disponible en totalité en espagnol si vous consultez le site de la fondation Andreu Nin à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.fundanin.org/solano10.htm

Trotsky et l'assassinat de Nin

Entre le 25 Août 1936, isolé dans sa prison norvégienne, et le 9 Janvier 1937, date de son arrivée au Mexique, Trotsky avait peu de possibilités de se renseigner sur la révolution espagnole, qui vivait six mois décisifs. Les premières informations sérieuses venaient de la délégation du POUM animée par David King et Costa Amic, qui a été très bien reçue par Trotsky. Ces camarades constataient que, en dépit de toutes ses préoccupations, son intérêt pour le POUM était très grand. Mais à cette époque, le Mexique était beaucoup plus loin de l'Espagne qu’aujourd'hui. Trotsky les recevait trop tard, leurs informations étaient mauvaises et, parfois, venant de groupes trotskistes en conflit avec leurs problèmes internes, elles ajoutaient à la confusion. Nous ne nous expliquons pas le ton de certains de ses articles nous reprochant d’avoir organisé notre propre milice alors que toutes les organisations avaient fait la même chose et que nous étions par la création d'une armée révolutionnaire. Certaines critiques, comme par exemple les critiques contre la participation de Nin dans le conseil du gouvernement de Catalogne et son implication dans les événements de mai, ont également été faites à l’intérieur du POUM, mais le ton général de Trotsky a été fortement influencé par la crise ouverte dans le mouvement pour la Quatrième Internationale autour du POUM et de sa politique. Le parti hollandais de Sneevliet, la tendance belge de Vereecken, ses vieux amis Victor Serge et Alfred Rosmer, entre autres, avaient critiqué sa nouvelle attitude envers le POUM, l'accusant de sectarisme. Tout cela était trop pour Trotsky dans ces circonstances.

En effet, les polémiques qui ont été ouvertes ont été d’autant plus douloureuses pour Nin qui attendait une autre attitude de Trotsky. Il est vrai que, loin de l'Europe à Coyoacán, il vivait un des moments les plus dramatiques de sa vie. La répression stalinienne avait atteint sa propre famille, ses meilleurs amis russes avaient capitulé ou avaient été éliminés par Staline. Il était de plus en plus seul et savait que Staline ferait tout pour l'éliminer. Il savait que le GPU infiltrait le mouvement trotskyste. Mais il sous estimait peut-être l'importance de cette action.

 

Maintenant, vous pouvez enfin avoir accès à des archives soviétiques et, bien sûr, nous voyons que l'une des tâches du GPU à cette époque était d'ouvrir une crise entre le POUM et le mouvement trotskyste, entre Trotsky et Nin. Nous l'avons dit plusieurs fois et je le répète aujourd'hui, c'était très important d'isoler et de discréditer un parti révolutionnaire qui jouait un rôle important dans l’Espagne combattante et qui était un espoir pour les socialistes révolutionnaires dans le monde entier.

Lors de la conférence de Paris dont j'ai parlé au début de mon discours, il a été de nouveau soulevé la question de l'absence du POUM dans la conférence de fondation de la Quatrième Internationale (il avait été invité en tant qu'observateur et l'observateur devait être Molins i Fabrega, le représentant à Paris du comité exécutif du POUM). Eh bien, Yvan Craipeau et Michel Pablo expliquaient à mon grand étonnement que Molins n’avait pas pu assister à la réunion à cause de la personne qui devait l'emmener à l' endroit de la réunion. Et cette personne n'était autre que le camarade Etienne, membre du Secrétariat International de la Quatrième Internationale, dont le véritable nom était Marc Zborowski et qui était un agent du GPU spécifiquement chargé de la surveillance de Léon Sedov, le fils de Trotsky. En 1955, dans son témoignage devant une commission du Sénat des États-Unis, Zborovski reconnaissait son implication dans le vol des archives de Trotsky, dans la mort suspecte de Léon Sedov dans une clinique à Paris et dans l'assassinat d’Ignacio Reiss. Les autorités américaines lui ont pardonné pour services rendus.

Le POUM ne pouvait pas rejoindre la Quatrième Internationale parce qu’il avait un point de vue différent et estimait qu'il était prématuré de créer une nouvelle internationale. Mais la collaboration de toutes les forces socialistes et communistes indépendantes du Kremlin, à l'époque, était particulièrement importante sous toutes ses formes possibles pour combattre la répression stalinienne en Espagne et ses conséquences lamentables dans la lutte armée contre Franco. C’est la raison pour laquelle le POUM, malgré les attaques et les objections de Trotsky et de certains trotskystes, avait décidé de participer en tant qu'observateur à la conférence de la Quatrième Internationale. Dans un document inédit et publié récemment (une information des délégués britanniques à la conférence de 1938) il affirme textuellement, « le fait de ne pas avoir de contact avec le POUM et le PSOP est une grosse erreur. Demain, nous devons avoir une commission pour les rencontrer et leur dire ce qui s'est passé lors de la conférence, pour planifier un travail en commun. La proposition de la commission pour la rencontre avec le POUM était adoptée par Lesoil, James, Cannon, Shachtman, Lebrun (Mario Pedrosa), Buson, Clart (Rous) et Stefan ». Autrement dit, les principaux dirigeants du mouvement, ce qui explique l’importance pour eux des relations avec le POUM.

Evidemment, la situation s'est aggravée en Espagne et en Europe. Les problèmes de la révolution en Espagne ont facilité les offensives de Franco. Le POUM était dans la clandestinité. Staline préparait l'alliance avec Hitler et organisait la répression contre la vieille garde bolchévique, les purges et le processus de déportation. La menace de guerre était plus claire que jamais après l'annexion de l'Autriche par Hitler. Les révolutionnaires d'Europe et, en particulier, ceux de l'Espagne et de l'URSS, étaient dans une situation réellement dramatique et commençaient à comprendre l’aspect le plus réactionnaire et terroriste du stalinisme.

 Je me souviens qu’en 1938, dans la prison d’état de Barcelone, où nous étions détenus, les dirigeants du POUM, Andrade, Rey et d'autres camarades, nous avons été surpris du silence de Trotsky relatif à la répression contre le POUM et à l’assassinat de Nin. En fait, nous étions nous mêmes mal informés. Le 8 août 1937, Trotsky avait publié un communiqué au Mexique dans lequel il disait, « Nin est un vieux révolutionnaire incorruptible. Il défendait les intérêts du peuple espagnol contre les agents de la bureaucratie soviétique. Il s'efforçait de défendre l'indépendance du prolétariat espagnol contre les machinations bureaucratiques de la bande au pouvoir à Moscou. Il refusait la collaboration avec le GPU pour la ruine des intérêts du prolétariat espagnol. C'est son seul crime. Et il l’a payé de sa vie ». Le ton de cette déclaration suggère que nous devons regretter l'absence d'un dialogue efficace avec Nin et le manque de coopération efficace avec le POUM, un parti qui a combattu en Espagne pour la vérité contre le stalinisme et pour ceux qui sont morts en URSS pour la défense des principes fondamentaux du socialisme contre Staline. Trotsky a déclaré à plusieurs reprises que Nin était « son ami » et cela avait beaucoup d’importance pour lui, même si ce n'était pas toujours vrai pour tous ses amis et camarades. Tous les hommes, et en particulier les plus éminents, ont leurs passions et leurs faiblesses. Mais laissez-moi finir en rappelant que Trotski disait aussi que le POUM « était le parti le plus honnête d’Espagne ».

 

Wilebaldo Solano

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 13:23

 

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2010/09/11/wilebaldo-solano-militant-revolutionnaire-espagnol_1409954_3382.html

 

A la fois militant indéfectible du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM) et gardien de la mémoire de cette organisation espagnole broyée par la répression stalinienne pendant la guerre d’Espagne entre 1936 et 1939 et de son leader Andreu Nin, assassiné en juin 1937, Wilebaldo Solano est mort le 7 septembre 2010 à l’hôpital de Barcelone, à l’âge de quatre vingt quatorze ans.

 

En juillet 1936, quand les généraux putschistes déclenchent un coup d’état pour renverser la république espagnole, Wilebaldo Solano vient d’avoir vingt ans, il est né le 7 juillet 1916 à Burgos, et peut se prévaloir déjà d’un début de carrière politique.

 

Etudiant en médecine à Barcelone, il milite dès 1932 au Bloc Ouvrier et Paysan (BOC) de Joaquin Maurin, organisation qui s’alliera en 1935 avec la Gauche Communiste d’Andreu Nin.

 

Le processus aboutira à la création du POUM. Les affrontements en mai 1937 entre milices anarchistes et « poumistes » face aux communistes et aux socialistes vont être le point de départ d’une chasse aux militants du POUM.

 

Emprisonné à Barcelone en 1938, Wilebaldo Solano, qui dirige l'organisation de jeunesse du parti (Jeunesse Communiste Ibérique), va être transféré, ainsi que plusieurs dirigeants du POUM, dans une prison de Cadaquès, près de la frontière française, au début 1939. Craignant d'être livrés aux franquistes au milieu de la retraite de l’armée républicaine, les poumistes décident de fausser compagnie à leurs gardiens. Par chance, le commando de secours envoyé par leurs amis français du PSOP (Parti Socialiste Ouvrier et Paysan) mené par Daniel Guérin (1904-1988) les retrouve dans les Pyrénées.

 

Wilebaldo Solano et ses amis se retrouvent, après ces aventures périlleuses, à Paris où ils sont accueillis par l'oppositionnel communiste, Victor Serge (1890-1947), et le militant d'extrême gauche, Marceau Pivert (1895-1958).

 

Après la répression stalinienne, les militants du POUM vont subir celle des autorités de Vichy.

 

Avec, entre autres, Juan Andrade et Ignacio Iglesias, Wilebaldo Solano est arrêté à Montauban en février 1941. Considéré comme le principal responsable de l'organisation, il est condamné à vingt ans de travaux forcés pour « propagande politique d'inspiration étrangère » par un tribunal militaire. Emprisonné, il est libéré en 1944 de la centrale d'Eysses par les résistants des Forces Françaises de l'Intérieur. Il refuse de se joindre aux guérilleros espagnols communistes, dont il se méfie, et il s'engage dans le bataillon Libertad formé de résistants anarchistes.

 

A Paris, à partir de 1947, Wilebaldo Solano va reconstituer le POUM et continuer inlassablement la lutte contre le franquisme, en marxiste révolutionnaire indépendant et non trotskiste, comme on l'écrit souvent, le POUM n'a jamais adhéré à la Quatrième Internationale et Trotski critiquait violemment sa politique qu'il jugeait « centriste et traître » à la révolution.

 

Parallèlement à son activité militante, il travaille comme journaliste à l'Agence France-Presse à partir de 1953 jusqu'en 1981.

 

Partageant sa vie entre Barcelone et Fontenay-sous-Bois à partir de la mort de Franco en 1975, Wilebaldo Solano n'aura de cesse de témoigner sur l'action du POUM et sur Andreu Nin enlevé, torturé et assassiné par des agents des services secrets de Staline.

 

« La pureté des idéaux »

 

Ce travail de mémoire inlassable prendra plusieurs formes, il soutient le documentaire sur Andreu Nin, « Opération Nicolaï » de Dolorès Genoves et Libert Ferri en 1995, ou le film de Ken Loach, « Land and Freedom », la même année. A propos de ce dernier, il déclarait au Monde, «  le film dépeint parfaitement la pureté des idéaux que nous partagions alors, tous unis dans la même espérance, renverser Franco et transformer radicalement la société espagnole. Et puis Moscou est intervenu pour briser l'unité anti franquiste, en arguant de notre radicalisme déviationniste ».

 

A l'origine de la création de la fondation Andreu Nin en 1989, rédacteur de plusieurs livres, « le POUM, révolution dans la guerre d’Espagne » (Syllepse, 2002) a fait date, d'innombrables articles, pilier de nombreux colloques et conférences, infatigable après soixante quinze ans de vie militante, Wilebaldo Solano citait volontiers cette phrase de son ami Victor Serge qui résume bien sa vie, « à travers tant de déroutes, les unes méritées, les autres glorieusement imméritées, il est évident que la raison plus que l'erreur est de notre côté. Qui peut en dire autant ? »  

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 19:02

 

http://www.eldiario.es/catalunya/Andreu-Nin-movimientos-nacionales-revolucionarios_0_143835944.html


 

« Andreu Nin disait que les mouvements nationaux sont aussi révolutionnaires »

 

Le parlement de Catalogne rend hommage Lundi 17 Juin 2013 à Andreu Nin, soixante seize ans après son assassinat. Les idées de celui qui était le secrétaire général de la CNT et le secrétaire politique du POUM sont toujours actuelles.

Teresa Carbonell, présidente de la fondation Andreu Nin, « s’il y a une mobilisation populaire pour l'indépendance, le peuple peut aller plus loin ».

 

Maître d'école, journaliste, traducteur, idéologue, révolutionnaire et victime de la répression stalinienne, Andreu Nin était secrétaire général de la CNT et de l’Internationale Syndicale Rouge, régisseur de la ville de Moscou et secrétaire politique du POUM, le parti qui voulait organiser la révolution. Il était également ministre de la justice de la Generalitat de Catalogne.

 

Son travail est plus que jamais d'actualité, comme celui de Karl Marx, mais beaucoup plus récent, Nin parlait de la crise de la monarchie, du fascisme, de la grève générale, du « lerrouxismo », qui n'a jamais été éradiqué, de la révolution et de la nécessité de la coordination des luttes. Andreu Nin était volontairement réduit au silence pendant plus de soixante dix ans.

Contre cet oubli, la fondation Andreu Nin a veillé à ce que le parlement de Catalogne lui rende hommage, soixante seize ans après son assassinat. La présidente de la fondation est Teresa Carbonell, fille de militants du POUM et compagne de Wilebaldo Solano, avec qui elle vivait pendant cinquante huit ans. Carbonell revendique la révolution, sans armes, mais comme un changement radical. Elle croit que l’auto détermination de la Catalogne est en soi une révolution, la mobilisation de tout un peuple, mais elle avertit que nous devons travailler aussi pour « l'émancipation » du reste de l'état. La lutte doit être internationale. L'entretien a lieu chez elle, à Barcelone.

Question. Comment le parlement a-t-il accepté de rendre un hommage à Andreu Nin ?

Réponse. Depuis de nombreuses années, nous nous battons pour cet hommage, mais le Parti Communiste refusait toujours. La clandestinité du POUM continuait longtemps après la guerre, pas parce qu'il était interdit, mais parce que le Parti Communiste le voulait. Nous sortions du silence d’abord grâce à un documentaire de la télévision catalane dont le titre était Opération Nikolai puis grâce au film Land and Freedom de Ken Loach. Mais l’idée de l’hommage venait de nombreux partis du parlement. Elle venait de David Companyon, député du Parti Ouvrier Révolutionnaire, qui est une composante d’EUIA, quand nous avons dit que nous voulions accrocher un portrait d’Andreu Nin dans son bureau. Nous étions cinq pour accrocher le portrait et six pour faire l'hommage.

Question. Après avoir proposé l'idée, c’était difficile pour l'obtenir ?

Réponse. Les gens étaient contre pendant de nombreuses années. Les mentalités changent lentement. Les choses germent lentement, elles mûrissent. Lors de cet événement, tout le monde veut parler, de nombreuses organisations de gauche, les syndicats, les partis. C’est quelque chose qui est en train d'émerger. Surtout dans la situation actuelle, qui est très explosive.

Question. Cette situation explosive pourrait aboutir à une révolution ?

Réponse. Cela ne dépend pas de ce que l'on pense, mais des événements. Mais les gens sont fatigués d'une société corrompue et d’aussi grandes inégalités. La prise de conscience peut prendre plus ou moins de temps, mais on ne sait pas ce que les gens peuvent endurer.

Question. Dans ses articles, Andreu Nin dit que la révolution a besoin d'un parti ou d'un mouvement avec une stratégie, parce que sinon, elle ne mène nulle part. Est-ce que c’est ce qui se passe avec le mouvement du 15 mai ?

Réponse. Il est faux de penser que le mouvement révolutionnaire apparaît spontanément. Le mouvement du 15 mai est très important car il favorise la prise de conscience et le changement des mentalités est très important. Aujourd'hui, beaucoup de gens comprennent beaucoup plus de choses grâce au mouvement du 15 mai. Ils écoutaient tous et ils entraient lentement dans l'inconscient collectif du peuple.

Question. Avez-vous participé au mouvement du 15 mai ?

Réponse. Oui, et je l’appréciais. Je voyais le changement dans la compréhension des choses. Le comportement des gens changeait. Et l'état d'esprit est très important. Si les gens ne comprennent pas les choses, vous ne pouvez rien faire. Mais s’ils comprennent, vous pouvez avancer. Cela ne signifie pas que vous devez prendre les armes, ni vous en servir. Parce que vous pouvez avoir des changements dans la mentalité des gens, ce qui est ce que nous voulons, sans avoir besoin de tirer un seul coup de feu. La révolution est un changement radical, pas nécessairement par les armes. Et cela nécessite la compréhension des gens. Ce n’est pas deux ou trois personnes. Les idées doivent faire leur chemin. Il faut une organisation, un parti ou autre chose, parce que les partis sont tellement discrédités.

Question. Le mot révolution semble avoir une connotation presque terroriste.

Réponse. C'est l'intérêt de ceux qui n’en veulent pas. Si vous remarquez, chaque fois qu'il y a des mouvements populaires, ceux qui commencent à tirer, ce ne sont pas ceux qui se lèvent, mais ceux qui ont peur de perdre leur pouvoir.

Question. La PAH a été accusée de terrorisme.

Réponse. Oui, et ils ne sont pas armés. Il suffit d'agir pour la raison et la justice et nous allons vers la révolution.

Question. Vous avez eu de nombreuses discussions sur l'internationalisation de la révolution. Mais alors, la révolution est encore plus difficile, non ?

Réponse. Oui, c'est difficile, mais c’est inévitable. Si chacun lutte pour son pays, on ne peut pas lutter pour tous.

Question. Est-il vrai que le moment historique que nous vivons va déterminer l'avenir de plusieurs générations ?

 

Réponse. Je crois. Peut-être que pour l'instant il semble que rien ne se fait, mais c'est une période de changement.

Question. Lénine prenait clairement position pour le droit à l'auto détermination. Andreu Nin aussi. Comment se fait-il qu’il y a des voix de la gauche, dans tout l’état espagnol, qui s'y opposent frontalement ?

Réponse. En Espagne ce n’est pas si clair, c'est parce qu'ils ne connaissent pas la Catalogne. L'émancipation de la Catalogne, c’est très bien, mais il faut également l'émancipation de toute l'Espagne. Nous devons l’expliquer. Mais le gouvernement de droite fait exactement le contraire, il ne fait qu'exacerber les différences pour diviser.

Question. Le gouvernement de droite catalan ou bien espagnol ?

Réponse. Le nôtre et celui de l'Espagne, qui est pire que celui d’ici. Parce que Rajoy a dit des choses négatives contre la Catalogne pour monter les uns contre les autres. La gauche devrait parler davantage avec tous les peuples du reste de l'Espagne. Que notre libération sera aussi celle du reste de l'Espagne.


Question. Le PSOE ne semble pas pour l’auto détermination.

Réponse. Ils défendent le fédéralisme, qui s'il était possible, nous semble également bon. Le fédéralisme signifie que toutes les autonomies sont libres dans la fédération.

Question. Il semble clair qu’il y aura un changement dans la relation entre la Catalogne et l'Espagne. Comment le voyez-vous ?


Réponse. Je ne vois rien clairement. Il semble que notre gouvernement commence à faire marche arrière. CIU exaltait le séparatisme, pour couvrir d'autres questions, mais ils ont beaucoup d'intérêts avec le gouvernement de Madrid.


Question. Nin disait que celui qui ne veut pas la révolution ne vit pas.

Réponse. C’est vrai. C'est le problème de la CIU. Elle exaltait un mouvement séparatiste juste pour obtenir la majorité absolue, mais c’est très dangereux pour la bourgeoisie. Une fois que vous avez mobilisé les gens, même si ce n'est que pour l'indépendance, alors ils peuvent décider qu’ils sont contre la propriété privée, ce qui est le fondement de la CIU et de toute la droite. Jusqu'à présent, la question décisive est la question de l'indépendance, mais elle doit tenir compte des dangers.

 

Question. La bourgeoisie a-t-elle intérêt à ce que les gens ne se mobilisent jamais ?

 

Réponse. Oui, parce que si vous mobiliser les gens pour avoir l'indépendance, alors les gens peuvent vouloir aller plus loin, comme cela arrive souvent avec les mouvements nationaux, et aller contre la droite. Et puis quoi ? Nin disait que les mouvements nationaux sont aussi révolutionnaires. Si vous mobiliser un peuple entier, vous ne savez pas ce qui peut arriver. Mais je dois dire que le parti lui-même ne le sais pas et doit être prudent.

Question. Comment se fait il que de nombreuses idées de Nin il y a soixante dix ans sont encore actuelles ?

Réponse. Oui, elles sont nombreuses. Et c'est une honte qu'il ait été tué si jeune. Je prépare un livre sur les mouvements nationaux et de libération nationale.
 

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