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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 19:00

 

Le maire de Cholet quitte l’UDI pour ses propos sur Hitler

 

PARIS (Reuters) - Le député-maire de Cholet Gilles Bourdouleix, visé par une enquête préliminaire pour « apologie de crime contre l'humanité », a démissionné par courrier de l'UDI, a-t-on appris mercredi auprès de la formation centriste.

 

La décision de l'élu, qui ne quitte pas le groupe à l'assemblée nationale, a été rendue publique alors que le comité exécutif de l'UDI se réunissait pour décider de son sort.

 

Le président de l'UDI Jean Louis Borloo avait fait savoir mardi qu'il ne pouvait pas exclure Gilles Bourdouleix mercredi comme cela était envisagé pour des raisons de procédure et qu'il proposerait dans l'immédiat sa suspension.

 

Une enquête préliminaire pour « apologie de crime contre l'humanité » a été ouverte mardi à la suite des propos du député-maire UDI de Cholet (Maine-et-Loire), qui a déclaré lors d'une altercation avec des gens du voyage « qu’Hitler n'en a peut-être pas tué assez ».

 

Ce délit est passible de cinq ans de prison et de quarante cinq mille euros d'amende.

 

« La justice a été saisie parce que ces propos, c'est l'apologie des crimes de la seconde guerre mondiale, c'est l'apologie du nazisme, et dans la bouche d'un maire c'est tout à fait insupportable », a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 18:47

 

Deux nouveaux groupes d’extrême droite dissous en France

 

PARIS (Reuters) - Le gouvernement a annoncé mercredi la dissolution de deux nouvelles organisations d'extrême droite, l'Oeuvre Française et les Jeunesses Nationalistes, quinze jours après celle de trois structures d'un même groupuscule.

 

Le processus de dissolution avait été lancé après la mort début juin à Paris d'un jeune militant antifasciste, Clément Méric, lors d'une rixe avec des sympathisants des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR).

 

Le 10 juillet, le conseil des ministres avait déjà prononcé la dissolution de Troisième Voie, organisation fondée par Serge Ayoub, de son association « envie de rêver » et de son mouvement de jeunesse, les JNR.

 

Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti, présidents respectifs des Jeunesses Nationalistes et de l'Oeuvre Française, ont annoncé le dépôt d'un recours en référé suspensif devant le conseil d'Etat afin d'obtenir l'annulation de la dissolution de leurs mouvements.

 

« On ne dissout pas l'Oeuvre Française ni les Jeunesses Nationalistes, pas plus qu'on ne peut dissoudre la France ou les français », écrivent-ils dans un communiqué commun.

 

Au lendemain de la mort de Clément Méric, de nombreux dirigeants et partis de gauche avaient appelé le gouvernement à prendre des mesures énergiques contre les groupes les plus extrémistes.

 

Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait dit lui-même vouloir « tailler en pièces » les groupes d'extrême droite.

 

« DES MOMENTS TRÈS IMPORTANTS »

 

Les cinq structures visées présentent les caractéristiques de milices privées incitant à la haine, a expliqué le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

 

« Il n'y a pas de place dans notre pays pour la haine, la xénophobie, l'antisémitisme, les actes anti musulmans. Ce sont, après les dissolutions déjà intervenues, des moments très importants », a-t-il dit à l'issue du conseil des ministres.

 

Il a souligné que l'Oeuvre Française, très liée aux Jeunesses Nationalistes, était organisée en « milice privée » avec « des camps de formation para militaires » et que certains de ses membres faisaient le salut hitlérien.

 

La dissolution d'organisations doit répondre à des critères parfois difficiles à définir.

 

L'article L212-1 du code de la sécurité intérieure, issu d'une loi de 1936 sur les groupes de combat et les milices privées, en prévoit sept.

 

Sont notamment concernées les associations provoquant des « manifestations armées dans la rue », ayant pour objectif « d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement » ou provoquant « à la haine ou à la violence envers une personne en raison de ses origines, son ethnie, sa race ou religion ».

 

Pour nombre de spécialistes de l'extrême droite, la dissolution ne constitue pas une solution à long terme.

 

« On sait très bien que chaque fois qu'on dissout un groupe violent, il renaît sous un autre nom », expliquait récemment Nonna Mayer, politologue spécialiste de l'extrême droite rattachée au CEVIPOF.

 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 18:33

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/07/23/ahmad-jarba-le-syrien-de-la-derniere-chance_920362

http://www.atlasinfo.fr/Ahmad-Jarba-le-Syrien-de-la-derniere-chance_a44362.html

 

Ahmed Jarba, le syrien de la dernière chance

Mercredi 24 Juillet 2013

Le nouveau chef de la Coalition Nationale Syrienne, en visite à Paris, a rencontré hier « Libération ». Chef de tribu bédouin, laïc mais proche des saoudiens, il est surtout un homme de terrain.

Par Jean Pierre Perrin

C’est un homme providentiel qu’attend l’opposition syrienne pour la diriger. Pour plusieurs raisons, le régime vient de remporter des succès militaires importants, les groupes jihadistes ne cessent de progresser sur le terrain, et il lui faut faire oublier la désastreuse présidence du précédent chef de la coalition nationale de l’opposition, Mouaz al-Khatib. Démissionnaire en mars au prétexte de dénoncer « l’inaction » de la communauté internationale dans le conflit syrien, ce religieux populiste s’était englué dans les querelles internes et prenait ses décisions en solitaire, qu’il faisait ensuite connaître sur facebook. D’où un long passage à vide de l’opposition, avec, comme conséquence, un discrédit autant sur la scène intérieure qu’internationale.

Alternative. Soit autant de défis que se doit de relever le nouveau chef de la coalition, Ahmad Assi Jarba, élu le 6 juillet avec comme mission d’incarner l’alternative à Bachar al-Assad.

Une alternative qu’il veut démocratique et plurielle. Il l’a assuré, hier à Paris, lors d’une rencontre avec quelques journalistes en marge d’une audition à la commission des affaires étrangères de l’assemblée nationale française, « la révolution n’a pas eu lieu pour amener au pouvoir des courants extérieurs. Nous sommes les premiers à en souffrir, avant les pays de la région. L’un des facteurs essentiels qui ont permis leur émergence, c’est la durée de cette crise. Plus elle durera, plus elle les favorisera », a-t-il déclaré à propos du péril jihadiste.

A l’évidence, l’homme, que doit recevoir aujourd’hui François Hollande pour sa première visite ès qualité dans un pays occidental, est atypique. C’est un homme de la Syrie profonde, la province d’Hassaké, où se déroulent depuis une semaine des combats entre kurdes et groupes jihadistes. Lui-même est un chef bédouin de la puissante confédération tribale des Chammar, dont l’aire s’étend sur cinq pays, notamment l’Irak, l’Arabie Saoudite et la Syrie.

Une tribu connue pour son conservatisme, dans le royaume saoudien, elle a fait la guerre dans le passé contre le clan royal des Soudairi, jugé trop moderniste. Mais Jarba a la réputation d’être un laïc convaincu. Il est proche de Michel Kilo, un opposant de gauche historique, qui a fait son entrée début juillet dans la coalition.

Sa qualité de chef de tribu vaut à ce laïc d’être considéré comme très proche de l’Arabie Saoudite, la mère de l’actuel roi Abdallah est une Chammar. « Il a même ses entrées dans son bureau », indique un diplomate. « En fait, il est surtout très proche des services secrets saoudiens », précise un spécialiste. Sa victoire à la tête de la coalition est donc aussi celle de Riyad face au candidat des frères musulmans soutenus par le Qatar.

Avant son élection à la tête de l’opposition, il était chargé du dossier délicat de l’armement de la rébellion. C’est avec l’appui de ces mêmes services saoudiens qu’il a négocié l’achat d’armes dans les surplus croates. Autre point en sa faveur, il est proche du général Sélim Idriss, le chef de l’Armée Syrienne Libre, qui d’ailleurs l’accompagne lors de son déplacement à Paris. On le dit aussi très francophile, il est chevalier de la légion d’honneur.

« Avec lui, c’est le retour de la réalité du terrain au sein de l’opposition », souligne-t-on de source diplomatique. Mais il lui faudra être politique. Or, les chefs de l’opposition n’ont jamais réussi à ce jour à être à la fois des politiques et des hommes de terrain. « La prochaine étape », a-t-il déclaré lors du même entretien, « ce sera la gestion de nos affaires à l’intérieur de la Syrie. Les relations doivent être quotidiennes. Dès le premier jour après mon élection, je suis allé en Syrie et, à l’issue de notre visite en Europe, j’y retournerai, au sud, à l’est et au nord ».

Transition. Il s’est aussi engagé à fournir aux combattants « des armes qui feront la différence » et à annoncer « dans un délai d’un mois un gouvernement provisoire  qui devra travailler à l’intérieur de la Syrie ». Pas de discussions, en revanche, avec des représentants du régime, « c’est un peu prématuré. Nous ne voulons pas de négociations tant que la situation sur le terrain n’est pas très bonne ». On le voit, la rébellion n’est pas en phase ascendante et la deuxième conférence de Genève n’est pas pour demain. Après Paris, Jarba est attendu à New York pour une réunion informelle au conseil de sécurité de l’ONU, en présence du représentant de la Russie, qui a prononcé trois vetos à des résolutions condamnant le régime. Selim Idriss n’y participera pas en raison de la gravité de la situation militaire.

C’est donc un beau succès diplomatique que vient d’engranger Jarba. D’autant que Paris, qui a beaucoup « investi » dans l’opposition depuis sa création, a voulu donner à sa visite une grande importance, témoignant ainsi qu’il croit toujours la coalition capable de prendre en charge la transition en Syrie. Il faudra maintenant, pour Jarba, régler l’épineuse question des fournitures d’armes occidentales, toujours aussi floue, et, autre défi, s’imposer en Syrie même. Ce ne sont pas les moindres. 
 

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 18:06

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article8491

 

Rassemblement Jeudi 25 Juillet 2013 à 18 heures devant l’ambassade d’Egypte à Paris pour la libération de notre ami le médecin Christophe Denantes, détenu au Caire depuis Dimanche 21 Juillet 2013

 

Place de l’Uruguay 75 016 Paris Métro Kléber

 

Médecin anesthésiste réputé, Christophe Denantes participe depuis trente ans à des missions de médecine humanitaire dans le monde entier. Depuis 2002, il se rend trois fois par an  à Gaza dans le cadre de missions chirurgicales pour opérer les blessés et les enfants de la bande de Gaza.

 

La dernière mission à Gaza s’est déroulée du 29 juin au 8 juillet 2013, en compagnie de Christophe Oberlin et d’un chirurgien britannique.  La « coordination », c’est-à-dire le signalement auprès des autorités égyptiennes, a été faite, et l’accord de celles-ci obtenu, avant le départ de la mission,  par les services du consulat de France au Caire. La fermeture de la bande de Gaza dès le coup d’Etat militaire en Egypte début juillet, a contraint l’équipe à revenir de Gaza par les tunnels qui relient Gaza à l’Egypte. Les deux chirurgiens de la mission ont regagné l’Europe le 8 juillet.

 

Christophe Denantes, resté sur place pour suivre un cours d’arabe à l’Institut Français du Caire,  selon la recommandation du consulat de France, a souhaité régulariser sa situation auprès des autorités égyptiennes, et s’est rendu de lui-même au service égyptien  désigné par le consulat, intitulé « mogamma ». Christophe Denantes a été invité à revenir Dimanche 21 juillet 2013, date à laquelle il a été incarcéré.

 

Christophe Denantes est actuellement détenu au centre de  police de Garden City rue Qasr al Nil (en face de l’ambassade grecque) pendant la journée,  et transféré la nuit dans un lieu inconnu.

 

Il est impératif que Christophe Denantes soit libéré sans plus attendre, et qu’il ne figure pas sur la liste des persona non grata en Egypte afin de pouvoir poursuivre à l’avenir son travail humanitaire dans la bande de Gaza. 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 19:24

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/07/23/avec-l-exclusion-de-gilles-bourdouleix-la-fin-du-turbulent-cnip-au-sein-de-l-udi_3451436_823448.html

 

Avec l’exclusion de Gilles Bourdouleix, la fin de la frange droitière de l’UDI

 

Par Abel Mestre

 

C’est le genre de propos dont le centre droit n’est pas habitué. Gilles Bourdouleix, député UDI et maire de Cholet dans le Maine et Loire, a plus que dérapé, Dimanche 21 Juillet 2013. Après de vifs échanges avec des gens du voyage venus s’installer sur un terrain de sa commune et apparemment excédé par les saluts nazis le visant et le fait que les gens l’appellent « Hitler », Gilles Bourdouleix  a marmonné : « comme quoi Hitler n’en a peut être pas tué assez ».

 

Plus de cinq cent mille tsiganes ont été exécutés par les nazis lors de la seconde guerre mondiale.

 

Un journaliste du Courrier de l’Ouest était présent et a enregistré la phrase. Dans un premier temps, le journal a rapporté les propos de Gilles Bourdouleix dans ses pages. Mais, le député et maire criant à la manipulation, nos confrères ont pris la décision de mettre en ligne l'enregistrement, rendant caduque la défense de Gilles Bourdouleix, bien obligé de reconnaître les faits. Celui-ci continue à se dire victime d'une manipulation de la part du Courrier de l’Ouest, même s'il ne nie pas ses propos.

 

Ces propos indignes, d'une rare violence, ont évidemment déclenché une avalanche de condamnations, à commencer par les dirigeants de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI). Ils ont rapidement promis l'exclusion de l'édile qui est un des vice-présidents du parti de Jean Louis Borloo. Le président de l'assemblée nationale, Claude Bartolone, a, lui, condamné « avec la plus grande fermeté ces mots abjects et insoutenables ».

 

Il devrait y avoir aussi des suites judiciaires puisqu'à la demande de Manuel Valls, ministre de l'intérieur, le préfet du Maine-et-Loire va saisir le procureur de la république pour apologie de crime contre l'humanité.

 

« Etre exclu ? Je n’en ai rien à foutre »

 

Gilles Bourdouleix, qui n'en est pas à sa première sortie problématique contre les gens du voyage et les roms, en tout cas ne devrait plus être membre de l'UDI à partir de mercredi. Le comité exécutif, auquel il appartient, doit se réunir ce jour-là pour décider de son exclusion. « On coupe les branches mortes. Ce sont les valeurs qui sont en cause », relève Yves Jégo, délégué général de l'UDI.

« Etre exclu ? Je n'en ai rien à foutre ! Ce n'est pas Borloo qui m'a fait élire, il fait ce qu'il veut », a déclaré au Monde Gilles Bourdouleix, qui prendra « du recul » en se mettant « en congé pour une longue période ».

 

Il faut dire qu'au-delà de la sortie de Gilles Bourdouleix, son exclusion marque la fin du compagnonnage entre les centristes et les « indépendants » du CNIP (Centre National des Indépendants et Paysans) dont Gilles Bourdouleix est le président. Ce dernier ne s'y trompe pas, qui lance crânement que « le CNIP quitte l'UDI ».

 

« Nous n'avons que des problèmes avec le CNIP, il y a de fausses adhésions. Cinq dirigeants départementaux issus de ce parti sont en voie d'exclusion », raconte un cacique du parti de Jean Louis Borloo. Déjà lors du débat sur le mariage homosexuel, des membres du CNIP, comme le maire du huitième arrondissement de Paris, François Lebel, qui avait comparé le mariage gay avec « la polygamie, l'inceste et la pédophilie », s'étaient distingués par la virulence de leurs propos.

 

Ce départ des indépendants de l'UDI marque un échec politique pour Jean-Louis Borloo. Il a eu pour ambition de réunir tous les centres, même les plus droitiers comme le CNIP (l'ancien parti d'Antoine Pinay et de Valéry Giscard d'Estaing).

 

Mais cela n'a jamais marché. « Jean-Louis Borloo avait justifié l'adhésion du CNIP en disant qu'ils allaient contribuer à l'implantation locale et rurale », se rappelle Yves Jego, très hostile au CNIP.

 

Escalade verbale

 

« Tout le monde a sa place au sein de l'UDI à partir du moment où ils respectent la charte des valeurs du mouvement », rappelle Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis, qui précise que « c’est vrai que le CNIP a eu une dérive très droitière il y a quelques années, mais sous la présidence de Bourdouleix, il y a eu un recentrage ». Il faut noter que, dans les années 1980, le CNIP faisait office de lessiveuse pour des cadres d'extrême droite désireux de faire carrière.

 

En tout cas, les déclarations de Gilles Bourdouleix marquent le point culminant d'une escalade verbale dans les propos anti roms et hostiles aux gens du voyage, dont on ne sait où elle s'arrêtera. Au début du mois, Jean-Marie Le Pen a ainsi évoqué une supposée « présence urticante et odorante » des roms. Christian Estrosi (UMP) a embrayé quelques jours après en appelant « les maires de France à la révolte » et en utilisant des clichés éculés sur les gens du voyage. Il a ainsi évoqué les « belles et grosses voitures avec lesquelles ils tirent leurs belles et grosses caravanes pour lesquelles il faudrait parfois aux français toute une vie pour pouvoir se payer les mêmes ».

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 18:55

 

http://www.maghrebemergent.com/actualite/internationale/item/26629-egypte-combien-de-millions-etions-nous-mon-general.html

 

http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/ligue_arabe/egypte_combien_de_millions.htm

 

http://www.internationalboulevard.com/arab-world/110-egypt/263-exactly-how-many-millions-were-we-my-general

 

« Combien de millions étaient ils mon général » ?

 

Par Jack Brown

 

Jeudi 11 Juillet 2013

 

Dix, dix sept, trente trois millions de manifestants. Les chiffres du nombre des manifestants anti-Morsi ont atteint le 30 juin des sommets effarants pour justifier le coup d’Etat en Egypte.

 

Jack Brown, éditeur d'International Boulevard, démontre que ces chiffres ne résistent pas à l’analyse scientifique.

 

Nombreux sont ceux qui en appellent au nombre de manifestants le 30 juin exigeant la démission de Mohamed Morsi pour justifier le coup d'Etat militaire qui a suivi ces manifestations. Ils donnent des estimations extravagantes du nombre de manifestants pour affirmer que le nombre de personnes exigeant de Morsi de quitter le pouvoir est supérieur au nombre d'électeurs qui ont voté pour lui.

 

Cela me semble être une exagération grotesque, même si l'on fait mine d'ignorer que les appels à la démission du président égyptien ont été assimilés à un appel au coup d'Etat militaire et même si l'on acceptait comme légitime l'idée de court-circuiter le processus électoral par le vote de la foule.

 

Mais arrêtons-nous tout de même un instant pour examiner avec sérieux l'idée de la légitimité de la foule. Est-il vraiment possible que les foules à Tahrir aient dépassé le nombre d'électeurs qui ont voté pour Morsi l'année dernière?

 

Généreusement délimitée, la place Tahrir a la forme d'un polygone irrégulier qui s'étale sur tout l'espace vide entre le bâtiment du Mogamaa et la franchise du Kentucky Fried Chicken à l'angle de l'avenue Talaat Harb au nord, et qui va de l'avenue Qasr al Aini jusqu'aux clôtures du chantier des promoteurs arabes qui se trouve en face du musée national à l'ouest, à savoir une surface de près de cent soixante mètres sur deux cent cinquante mètres.

 

Il faut également inclure l'espace ouvert en face de la mosquée Omar Makram et toute la surface des rues qui y mènent, les rues Mohamed Mahmoud et Abd al Qadir Hamza.

 

Cela apporte un plus de soixante mètres sur cent vingt mètres à la surface totale de la place Tahrir et nous donne un total de quarante sept mille deux cent mètres carrés.

 

Enfin, on peut ajouter l'entièreté des six cent mètres du pont Qasr al Nil qui va de la place Tahrir jusqu'a la place de l'Opéra, puisqu'il y avait fréquemment des foules couvrant presque tout le pont. Si l'on compte une largeur de près de quinze mètres d'espace pouvant être utilisé par les piétons, cela fait neuf mille mètres carrés de plus.

 

Donc nous avons en tout près de cinquante six mille deux cent mètres carrés de surface.

 

Combien de personnes un mètre carré peut-il contenir ? Les études scientifiques faites par des allemands suggèrent que la densité maximale des grandes foules qu'ils ont observées est en général de près de quatre personnes par mètre carré, elles n'arrivent que très rarement à cinq personnes par mètre carré.

 

Moins de cinq cent mille personnes

 

Au Royaume-Uni, les directives officielles encadrant les événements publics fixent la limite à un maximum de deux personnes par mètre carré. Ces mêmes directives fixent à quatre personnes par mètre carré la limite supérieure pour ce qui est des foules en mouvement (à savoir en files d'attente). 4,7 personnes par mètre carré est la densité de foule maximale permise lors d'événements sportifs. Je pense que nous pouvons sans crainte utiliser cette limite supérieure pour décrire, dans son ensemble, la densité de la foule place Tahrir la semaine dernière. En supposant que les foules rassemblées sur toute la place Tahrir et sur le pont étaient pareillement bondées, épaule contre épaule, jusqu'à la maison de l'Opéra, nous avons affaire à une foule de deux cent soixante quatre mille cent quarante personnes.

 

Généralement les foules sont substantiellement plus éparses aux marges, ceci pour dire que c'est une estimation très généreuse. J'ai fait mes calculs ici sur la base d'une moyenne de 4,7 personnes par mètre carré, si l'on se base sur les vues aériennes (fournies par l'armée égyptienne) des foules prises par les hélicoptères, je pense que deux personnes par mètre carré serait une estimation plus correcte de la densité moyenne de la foule de manifestants, ce qui suggère un nombre de manifestants proportionnellement moindre. Il y avait simultanément des manifestations à Héliopolis en face du palais présidentiel. Soyons altruistes et disons que les manifestants ont rempli entièrement la largeur de quarante cinq mètres de l'avenue al Nadi, partant de Salah Salem et jusqu' à l'intersection de Mostafa Kemal, une distance de plus d'un kilomètre.

 

Les vidéos des foules de manifestants que j'ai regardées indiquent qu'il n'y avait pas plus d'une ou deux personnes par mètre carré (ce qui demeure tout de même une foule dense), mais accordons leur aussi la moyenne de 4,7 personnes par mètre carré, en supposant qu'il y a eu des piques ou les gens étaient comprimés comme des sardines, épaule contre épaule, sur un kilomètre en entier.

 

Ceci nous donne une foule de deux cent onze mille personnes. Ce qui revient à dire qu'au Caire, les deux plus grands rassemblements ont fait affluer, à mon avis, moins, probablement bien moins, de cinq cent mille de personnes.

 

Comment sont nés les « millions »

 

Les agences de presse occidentales couvrant les manifestations ont donné des estimations vagues des manifestations dans le reste du pays, s'en tenant à parler de « centaines de milliers » de personnes marchant à Alexandrie et dans d'autres villes.

 

Morsi a recueilli près de trois millions de voix au Caire et Guiza (et dix autres millions de voix dans le reste du pays) au deuxième tour de l'élection présidentielle de juin 2012.

 

Les manifestations de la semaine dernière étaient spectaculaires et enthousiasmantes, mais elles ne représentaient incontestablement qu'une fraction du nombre de personnes qui ont voté pour Mohamed Morsi.

 

Même si l'on s'en tient au nombre de voix recueillies par Morsi au premier tour, vraisemblablement une meilleure indication de sa base réelle (cela soustrait les substantiels votes anti-Shafiq du deuxième tour) était bien au-delà du million au Caire et à Guiza. Les premières sources à compter des « millions » de manifestants la semaine dernière semblent avoir été l'armée et le ministère de l'intérieur (demeuré sous le contrôle des militaires en dépit du gouvernement civil). Ce ne sont franchement pas là les sources les plus objectives qui soient étant donné qu'elles préparaient un coup sur la base de la « légitimité de la foule ».

 

Et, avec le temps, les estimations du nombre de manifestants ont dérivé vers ce qui relève de l'improbable puis carrément de l'absurde, emportées probablement dans l'élan du désir inconscient de l'opposition de justifier une prise de pouvoir illégale. Au départ, il y a eu les déclarations parlant de quatorze millions de manifestants, un chiffre commode étant légèrement supérieur au nombre d'électeurs qui ont voté pour Morsi l'année dernière. Plus tard, a déboulé le chiffre de dix sept millions, suggérant qu'une majorité écrasante des électeurs de l'année dernière était maintenant dans la rue.

 

Plus récemment, Nawal Saadawi a déclaré que plus de trente trois millions de personnes ont manifesté, un autre chiffre impeccable, une majorité de toute la population en âge de voter en Egypte. Comme cela tombe bien !

 

Un moment hallucinatoire

 

Il y a un moyen bien plus simple de jouer aux jeux des chiffres, un moyen d'établir les légitimités qui a assez bien fonctionné pendant deux mille cinq cent ans d'histoire de l'humanité, et c'est voter. Morsi aurait dû être obligé de passer par un referendum anticipé, peut être un referendum qui aurait coïncidé avec les élections parlementaires en septembre.

 

Cela aurait constitué un petit écart d'avec les règles constitutionnelles mais un écart qu'il aurait sans doute accepté. Et étant donné la mobilisation impressionnante du peuple égyptien la semaine dernière contre son administration opaque et incompétente, il y a de fortes chances que c'est un vote qu'il aurait perdu. Ce qui s'est passé le 30 juin a dû être vécu comme un moment hallucinatoire par les militants égyptiens pour la démocratie, un vaste soulèvement des masses exigeant de l'Etat d'améliorer leurs conditions de vie, un soulèvement contre un gouvernement des frères musulmans. Ce sont des militants qui ont passé leur vie dans l'ombre des frères musulmans, ouvertement accusés par le courant dominant des islamistes égyptiens d'être coupés de leur société. Il s'est avéré que ce sont les frères musulmans qui sont déconnectés des réalités, menant un insipide et inefficace programme social et économique qui n'arrange que leur classe sociale et non pas les masses égyptiennes. S'il y avait eu un véritable leadership à Tamarod, ceci aurait été le moment d'émergence d'une véritable alternative démocratique aux frères musulmans. L'opposition égyptienne aurait dû immédiatement et fermement rejeter l'ultimatum lancé par l'armée à Morsi le premier juillet.

 

Au lieu de cela, sans leaders et désorganisée, elle est tombée dans le piège habilement monté et sans nul doute minutieusement préparé par al Sissi et sa sinistre petite clique.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 18:29

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/francois-bonnet/190713/censure-un-air-de-second-empire

 

Par François Bonnet

 

Il faut bien mesurer la portée de la décision de justice qui nous ordonne de supprimer, avant Lundi 22 Juillet 2013 à minuit, toute citation des enregistrements Bettencourt.

 

Nous allons détruire environ cent articles, fichiers audio et vidéo. Il s’agit d’un acte de censure massive et sans précédent pour un titre de presse numérique en France. En ce sens, cette censure est un événement jamais vu dans notre pays depuis la naissance d’internet et de l’information sur support numérique.

 

Car c'est à l'heure de la révolution numérique, d'un renouvellement profond des relations entre journalistes et lecteurs, c'est à l'heure des lanceurs d'alerte planétaires et d'un débat démocratique revivifié par internet que la justice versaillaise nous renvoie dans les catacombes du Second Empire. Dans cette époque où le journalisme, suspendu à une autorisation préalable de publication ou menacé d'embastillement immédiat, n'avait d'autre choix que de porter la tyrannie fade de Napoléon le Petit.

 

« Le droit à l'intimité de la vie privée », n'ont cessé de répondre nos détracteurs, balayant d'un coup notre travail journalistique et cette première étape qui a consisté à trier, éliminer, ne retenir que ce qui relevait du seul intérêt public, fraude fiscale, pression sur la justice, financement de la vie politique, trafic d'influence.

 

Est-il par exemple question de vie privée quand Patrice de Maistre rencontre Liliane Bettencourt dans sa fonction de gestionnaire de fortune et lui dresse l'état des lieux des comptes cachés en Suisse, lui fait signer des chèques à Nicolas Sarkozy, Éric Woerth et Valérie Pécresse, lui résume les conversations en cours avec le procureur de Nanterre Philippe Courroye, alors saisi d'une plainte pour abus de faiblesse ? Est-il question encore d'intimité de la vie privée quand une bande d'aigrefins dévalisent par centaines de millions d'euros une vieille femme qui n'est plus en possession de ses moyens ?

 

Non et non, avait évidemment jugé le tribunal de grande instance de Paris dans son ordonnance du premier juillet 2010.

 

Vie privée et encore vie privée, a décidé la cour d'appel de Versailles, prenant le contre-pied exact du jugement de première instance du tribunal de Paris puis de la cour d'appel de Paris.

 

Nous avons dans d'autres articles longuement détaillé nos arguments, et ceux de nos avocats, inutile d'y revenir. Et nous appliquerons bien sûr cette décision de justice liberticide. Oui, nous verserons mille euros de dommages et intérêts à Patrice de Maistre et éviterons, par la destruction de nos contenus, une sanction financière qui nous serait fatale, dix mille euros par infraction constatée et par période de vingt-quatre heures.

 

Lundi 22 Juillet 2013 à 19 heures, Bettencourt deviendra donc une affaire que vous ne pourrez plus lire sur Mediapart. Sur la centaine d'articles supprimés figurera la mention « censuré, arrêt du 4 juillet de la cour d'appel de Versailles ».

 

Autant le dire simplement, pour ceux qui sont enclins à penser que « nous en faisons un peu trop » sur cet arrêt, voire que nous « sommes mauvais joueurs », cette censure est un échec, pas seulement pour Mediapart, ou pour Le Point qui a également supprimé ses contenus ce vendredi, elle est une déroute pour l'ensemble de notre profession. L'absurdité de la justice versaillaise sera mise en morceaux par la cour de cassation, soutiendront les plus optimistes, nous l'espérons mais la cour ne se prononcera que dans plusieurs mois et, dans l'attente, c'est la censure qui s'exerce.

 

Les pouvoirs publics et le gouvernement s'en moquent visiblement qui, à ce jour, n'ont pas émis la moindre remarque. « On ne commente pas une décision de justice », nous disent rituellement les ministres, un principe toujours respecté dans les affaires qui les embarrassent et vite oublié quand ils peuvent en tirer quelque bénéfice.

 

Heureusement, bon nombre de parlementaires se sont affranchis de cette réserve hypocrite. Ils sont aujourd'hui plus de soixante élus et responsables de partis à avoir signé l’appel « nous avons le droit de savoir ».

 

Car c'est bien le seul signe d'espoir face à cette justice qui avance à rebours de notre métier, de notre société et de nos libertés. Trente-cinq titres de presse français et étrangers, une douzaine de grandes associations de défense des libertés et près de quarante cinq mille personnes se retrouvent sur ce texte commun qui affirme un principe simple, « rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime, notamment quand le secret protège indûment des injustices et des délits, des atteintes au bien collectif ou aux droits humains ».

 

Merci de votre soutien et bonne lecture d'ici Lundi 22 Juillet 2013 à 19 heures.

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 17:10

 

 

 

http://www.democraciarealya.es/blog/2013/07/13/el-encuentro-estatal-por-una-democracia-real-ya-se-celebraran-en-madrid-entre-el-19-y-el-21-de-julio-de-2013  

 

Rencontre nationale de la plate forme pour une démocratie réelle maintenant à Madrid du Vendredi 19 Juillet au Dimanche 21 Juillet 2013

 

Cette réunion servira à partager les expériences des gens de différentes localités après ces deux années grisantes de lutte et de construction politique avec ses succès et ses défaites. La réunion servira également à réfléchir, à discuter et à proposer un agenda pour le futur, que nous imaginons plein d'expérience à accumuler et de batailles à mener à court, moyen et long terme. 

 

Nous sommes en constante évolution, et les soulèvements populaires au Brésil, en Turquie et en Bulgarie, font que nous voyons la possibilité d’une révolution globale des personnes contre la tyrannie du capitalisme financier. En outre, la surdité du gouvernement actuel face aux cris du peuple dans la rue fait que nous voulons expérimenter d'autres voies de mobilisation alternative. Il faut discuter de toutes ces questions.

 

Nous voyons cette réunion principalement comme un cadre de réflexion sur la plate-forme et les dynamiques développées par ses militants, comme un cadre pour analyser le contexte politique au sein et en dehors de l'État et pour l'échange d'idées et de propositions pour l'avenir, pour aider à faire avancer le mouvement.

 

Nous profitons de cette phase de transition pour discuter et proposer la voie à suivre.
 

 

Les questions les plus importantes à traiter sont les suivantes.

 

Discussion sur la situation actuelle de Democracia Real Ya comme état collectif et comme présentation de la dynamique d’action des groupes de militants DRY et des personnes qui sont toujours actives mais qui ne travaillent plus avec DRY.



Proposition d’actions nationales pour l'automne prochain, des manifestations intenses attendues et des actes de résistance citoyenne, ainsi que l'étude des axes de travail à moyen et à long terme de la plate-forme.

 

Présentation des conclusions de la réunion et des discussions avec d'autres groupes et personnes.

 

La réunion aura lieu pendant trois jours, Vendredi 19 Juillet dans l’après midi, ce sera l’accueil des camarades des autres provinces qui viennent à Madrid.

 

Le Samedi 20 Juillet sera consacré au débat interne de DRY. Nous discuterons de la dynamique des différentes localités, des propositions de réorganisation de la plate-forme et des lignes d'action générale pour cette nouvelle étape qui commence.

 

Dimanche 21 Juillet, nous aurons le plaisir d'inviter tous les groupes, collectifs et personnes qui veulent participer, de partager les conclusions de la réunion et de discuter des lignes stratégiques du prochain cours de la lutte ouverte contre le système dominant, de la non- violence, l'horizontalité et l'inclusivité grâce à l'intelligence collective. Ce sera l'ordre du jour de la journée porte ouverte du Dimanche 21 Juillet 2013, des propositions communes et des méthodes de travail qui surgiront des propositions de DRY et des collectifs.

 

Dimanche 21 Juillet 2013 de 11 heures à 15 heures, conclusions et réflexion, conclusions à partager avec le mouvement, débat sur l’agenda pour l’automne et pour l’hiver.

 

Nous le savons, vous le pouvez

 

Parce que nous ne sommes pas des marchandises dans les mains des politiciens et des banquiers 

 

 Démocratie Réelle Maintenant

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 16:04

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/07/19/la-syrie-eldorado-des-jihadistes_919604

 

Entre deux mille cinq cent et sept mille combattants étrangers ont rejoint la lutte contre le régime d’al Assad.

 

Vendredi 19 Juillet 2013

 

La Syrie, eldorado des jihadistes

 

Par Luc Mathieu

 

Est-ce parce qu’ils sont français ? Ou parce que l’un a accepté de parler à visage découvert ? Al Furqan, la branche médiatique d’al Qaeda en Irak, a en tout cas choisi les témoignages de Nicolas, alias Abou Abdel Rahman, et de son frère Jean-Daniel pour inaugurer sa nouvelle campagne de propagande visant à attirer des combattants étrangers en Syrie. Ornée du logo d’al Furqan, la vidéo, dont l’authenticité est confirmée par Aaron Zelin, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, est apparue le 9 juillet sur Internet. Trois jours plus tard, une autre vidéo mettait en scène un combattant du Kazakhstan. Toutes deux font partie d’une série baptisée « ceux qui ont cru et ont émigré ». Leurs premières images montrent des photos de neuf jihadistes étrangers posant à visage découvert.

 

La vidéo des deux frères ne donne aucune précision sur la région où ils opèrent. Seule indication, la séquence qui clôt l’enregistrement montre un convoi de véhicules circulant sur la route entre Atmé et Ad Dana. Proches de la frontière turque, ces deux bourgs du Nord-Ouest syrien sont connus pour abriter des groupes islamistes radicaux.

 

Deux ans et demi après le début du soulèvement contre Bachar al Assad, la Syrie est devenue le nouveau pays du jihad, surpassant l’Afghanistan, le Pakistan ou le Yémen.

 

D’après une étude du Washington Institute, entre deux mille cinq cent et sept mille combattants étrangers y sont actifs. Une majorité est originaire d’Arabie Saoudite, de Libye, de Tunisie et de Jordanie.

 

Mais des occidentaux, dont des français, ont également fait le voyage. Si quelques-uns ont intégré les rangs de l’Armée Syrienne Libre (ASL), avec comme unique objectif de renverser Bachar al Assad, la plupart ont rejoint des groupes radicaux qui veulent, eux, créer un « califat » au Moyen-Orient.

 

Kalachnikov. Parmi ces derniers, loin de l’image de guerriers fanatiques, certains donnent plus l’impression d’être des « touristes de guerre ». Libération en avait rencontré plusieurs en novembre à Alep, dans le nord de la Syrie. Un égyptien, employé par Nokia au Caire, avait intégré le groupe salafiste Ahrar al Sham pour, disait-il, « faire son devoir de musulman ».

 

En fait de jihad, il est resté trois semaines en Syrie sans jamais combattre, ses commandants se méfiant de toute évidence de sa capacité à utiliser une kalachnikov. Ils l’avaient finalement envoyé distribuer de l’argent aux familles de martyrs.

 

Dans le chaos qu’est devenue la Syrie, l’arrivée massive d’islamistes étrangers, capables ou non de combattre, n’aboutit qu’à déstabiliser encore un peu plus l’opposition. S’ils parvenaient à combattre côte à côte il y a encore quelques mois, jihadistes et rebelles de l’ASL se heurtent de plus en plus souvent. Les combats entre les différentes factions ont fait plusieurs dizaines de morts dans les rangs de l’ASL ces dernières semaines, dans le nord ouest du pays. Et, depuis mercredi, ce sont les kurdes qui livrent bataille aux islamistes. Après les avoir chassé de Ras al Aïn, à la frontière turque, ils les combattent dans la région pétrolière d’Hassaka au Nord Est. Les affrontements ont fait au moins vingt neuf morts, dont dix jihadistes. Quand ils ne se combattent pas frontalement, jihadistes et membres de l’ASL ne parviennent plus à adopter une stratégie commune. A l’aéroport militaire de Menagh, au nord d’Alep, l’ASL tente de convaincre les soldats loyalistes de se retirer en échange de la vie sauve. Mais, regroupés à l’autre extrémité de l’enceinte, des combattants radicaux majoritairement tchétchènes refusent toute reddition, persuadés que des officiers russes sont présents aux côtés des militaires syriens. Chaque soir ou presque, ils mènent donc des raids à l’intérieur de l’aéroport, ce qui déclenche inévitablement une riposte de l’aviation syrienne.

 

Allégeance. Plus surprenant, les divergences se multiplient depuis quelques mois au sein de la mouvance islamiste. En avril, la branche irakienne d’al Qaeda a annoncé sa fusion avec le Front al Nusra, principale formation jihadiste en Syrie. Mais, quelques jours plus tard, Abou Mohammed al Joulani, chef du Front al Nusra, démentait et réaffirmait son allégeance à Ayman al Zawahiri, successeur de Ben Laden à la tête d’al Qaeda.

 

L’imbroglio, qui continue à susciter des débats sur les sites jihadistes, a finalement abouti à la création de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), le groupe qu’ont rejoint les deux frères français.  

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 15:15

 

http://www.info-palestine.net/spip.php?article13749

 

Les habitants de Gaza toujours bloqués à la frontière avec l’Egypte

 

Mercredi 17 Juillet 2013

 

Par Rami al Meghari

 

Marouf est maintenant de retour en Tunisie après avoir été expulsé d’Egypte et où il avait déjà passé une semaine pour assister à une conférence sur les médias.

 

Il est l’un des milliers a avoir été affectés par l’interdiction imposée par l’Égypte aux palestiniens de traverser le pays pour retourner à Gaza, l’Égypte étant la seule voie d’accès pour la grande majorité des habitants du territoire assiégé..

 

Le passage de Rafah, à la frontière entre l’Égypte et Gaza, situé à six heures de route de l’aéroport du Caire, est le principal débouché vers le monde extérieur pour près d’un million sept cent mille habitants de Gaza en raison du blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël.

 

L’Égypte a verrouillé le passage de Rafah après l’éviction par l’armée du président élu Mohammed Morsi, le 3 juillet, bloquant ainsi des milliers de palestiniens à l’étranger.

 

« Pour moi, personnellement, j’ai eu la chance d’obtenir un visa de retour en Tunisie avec l’aide des organisateurs de la conférence », a déclaré Marouf. « Beaucoup d’autres voyageurs avec qui j’étais bloqué avaient des difficultés à obtenir de nouveau un visa vers le pays d’où ils étaient venus. Nous avons récemment appris que la décision des autorités égyptiennes est toujours appliquée et il n’est pas possible pour des centaines de palestiniens de retourner à Gaza ».

 

Après le bouclage de Rafah, l’Égypte a commencé à expulser les habitants de Gaza au fur et à mesure de leur arrivés à l’aéroport du Caire, et a demandé aux compagnies aériennes internationales de refuser l’embarquement aux détenteurs de passeports de l’autorité palestinienne, sur les vols à destination du Caire.

 

Yousef al Jamal, un contributeur à The Electronic Intifada, était parmi ceux expulsés après avoir débarqué au Caire en provenance de Malaisie la semaine dernière, sur le chemin du retour vers Gaza. Al Jamal a rapporté avoir vu des dizaines d’autres palestiniens expulsés vers l’Algérie, la Jordanie, le Pakistan, le Canada et la Malaisie.

 

L’Égypte a également expulsé des centaines de syriens qui arrivaient dans le pays, certains fuyant la guerre civile, en imposant une nouvelle règle qui est d’obtenir un visa à l’avance.

 

« C’est totalement injuste que les autorités égyptiennes semblent blâmer tous les palestiniens pour certaines actions ici et là à travers l’Égypte », a déclaré Marouf. « C’est totalement injuste que les familles et les enfants soient renvoyés de cette façon sous le prétexte de l’instabilité de la sécurité en Égypte. »

 

La séparation forcée des familles et les déportations sont particulièrement cruelles durant le mois de ramadan qui a débuté cette semaine, a ajouté Marouf.

 

Calomnies anti-palestiniennes

 

Il y a eu plusieurs attaques contre des postes de l’armée égyptienne par des militants dans la péninsule du Sinaï depuis le putsch militaire, et les responsables militaires égyptiens ont à plusieurs reprises accusé les palestiniens et le Hamas, qui dirige le gouvernement de Gaza, de participer à ces attaques. Mais aucune preuve tangible ne soutient ces accusations

 

Lina Atallah et Mohamad Salama Adam, du site indépendant d’informations Mada Masr, ont rapporté le 9 juillet que les affirmations militaires concernant l’instabilité dans le Sinaï, utilisées pour justifier la fermeture de Rafah, sont exagérées.

 

Un juge égyptien, qui s’est félicité du putsch de l’armée, a même accusé le Hamas de la pénurie de carburant qui avait frappé l’Égypte dans les jours précédant l’éviction de Morsi. Le juge a affirmé, dans le New York Times le 10 Juillet, que le gouvernement Morsi avait retenu l’approvisionnement en carburant pour les égyptiens afin de pouvoir fournir Gaza. Cette affirmation, aussi totalement dénuée de fondement que le reste, fait écho aux rumeurs anti-palestiniennes omniprésentes dans les médias égyptiens.

 

Peu de répit

 

Le terminal de Rafah a été rouvert pendant quelques heures mercredi et jeudi, après six jours consécutifs de fermeture. Mais selon des responsables palestiniens, le problème de plusieurs centaines de voyageurs bloqués à la frontière avec Gaza, dont des pèlerins qui ont été en Arabie Saoudite, n’a pas encore été résolu.

 

Malgré le nombre grandissant de personnes bloquées des deux côtés de la frontière entre Gaza et l’Égypte, seuls les malades, les détenteurs de passeports étrangers et égyptiens ont été autorisés à entrer en Égypte à partir de Gaza.

 

« Je suis ici depuis la visite à ma sœur et à mon grand-père malade, il y a presque un mois », nous déclare Thaer al Madhoun, un citoyen canadien palestinien, tandis qu’il attendait du côté de Gaza au terminal de Rafah. « J’avais l’intention de retourner au Canada avant le 23 juillet, mais comme la situation est instable en Égypte et que le passage était fermé, j’ai décidé de tenter de traverser aujourd’hui », a expliqué al Madhoun.

 

Il craint en effet les effets de son retard sur son entreprise de construction au Canada.

 

« Les conditions de vie dans la bande de Gaza sont très mauvaises avec le manque de matières premières et de produits de base, y compris l’essence, l’électricité et même la difficulté de changer leur monnaie principale, le shekel israélien », a déclaré al Madhoun. « J’espère que je pourrai traverser Rafah, puis prendre l’avion pour le Canada. »

 

Al Madhoun était l’un des quatre cent voyageurs qui ont été autorisés à franchir la frontière le mercredi.

 

Situation difficile

 

De l’autre côté de la frontière, les autorités égyptiennes ont permis à plus de mille deux cent palestiniens restés bloqués, des malades des étudiants et des personnes qui avaient rendu visite à leur famille en Égypte, de retourner à Gaza mercredi.

 

Khitam Abdulrahman, une femme dans la cinquantaine, a traversé le terminal pour rentrer à Gaza après avoir été forcée de rester dans la ville égyptienne de Cheikh Zuwayid à quelques kilomètres du terminal de Rafah.

 

« Dieu merci, j’ai été hébergée par une bonne et gentille famille à Sheikh Zuwayid », nous dit Abdulrahman, de retour à Gaza après être restée presque une semaine bloquée de l’autre côté.

 

« Je ne pouvais pas retourner au Caire après que le terminal a été fermé jeudi dernier ».

 

Abdulrahman avait été au Caire pendant trois semaines pour le traitement d’une blessure au genou.

 

Elle a ajouté qu’elle avait eu la chance de trouver un endroit pour séjourner près de la frontière de Gaza, « mais tous ceux qui sont contraints de rester près de la frontière s’inquiètent car nous nous demandons ce que nous avons à faire avec ce qui se passe en Égypte. Ils devraient nous permettre de retrouver nos familles dans, Gaza au lieu de boucler le terminal de Rafah ».

 

D’autres habitants de Gaza, comme Hazim al Bashiti, dormaient du côté égyptien dans le passage lui-même.

 

« J’ai été coincé au passage frontalier pendant les six derniers jours. La situation était très difficile. Les hommes, les femmes et les enfants voulaient revenir à Gaza pour observer le mois sacré du ramadan avec les membres de leur famille », a déclaré al Bashiti, âgé de trente ans, qui avait également été en dehors de Gaza pour un traitement médical.

 

Les fermetures répétées

 

Depuis plus d’un an maintenant, le terminal de Rafah a été souvent fermé par l’Égypte, et les Palestiniens ont dû subir de longs retards et des refus arbitraires.

 

Selon les responsables palestiniens, les autorités égyptiennes retournent deux à trois cars de voyageurs presque quotidiennement, que ce soit pour des raisons de « sécurité » ou lorsque les fonctionnaires frontaliers disent que leur journée de travail est terminée.

 

« La plupart des gens qui voyagent le font par nécessité, comme des malades en traitement ou des étudiants. Chaque jour, nous nous demandons pourquoi ils renvoient cinquante à cent voyageurs », a déclaré à The Electronic Intifada Khaled al Shaer, directeur du côté Gaza du terminal de Rafah, juste avant la fermeture prolongée de ce moment.

 

« Nous sommes en contact permanent avec les responsables égyptiens au point de passage. Parfois, certains de ces fonctionnaires montrent de la sympathie envers les voyageurs », a déclaré al Shaer.

 

« Mais nous attendons un changement réel du système de gestion du passage de Rafah, d’une façon qui permettrait des mouvements plus fluides pour nos voyageurs palestiniens. Les restrictions de voyage sont toujours là. Par exemple, certains jours cinq cent voyageurs peuvent traverser, les autres jours sept cent et parfois mille », a ajouté al Shaer.

 

Rafah a été fermé ce vendredi, a rapporté l’agence de nouvelles Maan, car c’est généralement le jour de repos hebdomadaire, bien que les responsables palestiniens aient espéré qu’il resterait ouvert pour permettre à ceux qui sont encore bloqués à l’extérieur de Gaza de rentrer chez eux.

 

Le terminal doit rouvrir samedi pour les malades et les détenteurs d’un passeport étranger.

 

Pour les palestiniens encore à l’étranger, avec parmi eux Salama Marouf qui a été expulsé vers la Tunisie, l’incertitude et l’attente se poursuivent alors que les troubles politiques en Égypte s’éternisent.

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