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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 18:20

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/21/abderrazak-makri-nous-appelons-a-plus-de-transparence-sur-la-sante-du-president_3434096_3210.html

 

Nous appelons à plus de transparence sur la santé du président

 

Vendredi 21 Juin 2013

 

Par Isabelle Mandraud

 

Elu en mai président du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP, ancien Hamas), Abderrazak Makri, un médecin de cinquante trois ans, dirige le premier parti islamiste d'Algérie. Sorti de la coalition au pouvoir après les élections législatives de mai 2012, le MSP détient cinquante et un sièges à l'assemblée.

 

Question. Le président Bouteflika est en convalescence à Paris depuis le 27 avril. Souhaitez-vous une élection présidentielle anticipée ?

 

Réponse. La situation est floue et opaque, d'où l'embarras actuel de la classe politique. Aucun parti n'a encore annoncé de candidature pour l'élection présidentielle, car personne ne sait comment elle se présentera. Le plus important est de bâtir un programme pour des réformes fiscales, administratives, législatives, une économie hors hydrocarbures, le développement du secteur privé, de la santé... Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais la démocratie.

 

Nous préférons nous en tenir au calendrier qui était prévu, en avril 2014, et nous ne demandons pas l’application de la procédure d’empêchement. Mais nous appelons le gouvernement à plus de transparence sur lasanté du président. On nous dit qu’il est en convalescence, mais est il en mesure d’exercer ses fonctions ? Ce ne sont pas les photographies qui ont été diffusées qui peuvent le prouver, mais un rapport médical, sauf à penser que certains sont en train de régler la succession de manière opaque. La situation n’est pas normale et tous les scénarios sont envisageables.

 

Question. Lesquels ?

 

Réponse. Il y a d'abord le scénario traditionnel, le camp du pouvoir choisit un successeur en imposant à quelques partis de le soutenir et en faisant jouer à d'autres le rôle de lièvres. Un autre scénario consisterait à organiser une conférence nationale avec tous les partis pour nommer un candidat chargé de former un gouvernement d'union nationale et de lancer les réformes nécessaires dans la perspective d'élections législatives anticipées après une réforme de la constitution. Ou bien, l'opposition se rassemble sur un seul candidat pour faire face à celui du pouvoir. Ou encore, un appel au boycottage généralisé est lancé. Ou enfin, de véritables élections ouvertes sont organisées. Pour l'instant, personne ne sait ce qui va se passer.

 

Les travaux sur la réforme de la constitution ont échoué. On ne peut toujours pas, en Algérie, créer une association, organiser une manifestation, lancer une chaîne de télévision. Nous sommes le dernier pays d'Afrique, derrière la Somalie, à ne pas avoir de téléphone 3G. Le système politique ne ressemble à aucun autre : ce n'est ni un régime présidentiel ni un régime parlementaire. Le président a toutes les prérogatives et même si un parti obtenait cent pour cent des sièges à l'assemblée, il n'est pas obligé de choisir un gouvernement issu de ce parti. C'est une aberration parmi d'autres. Il faut assainir la vie politique. Nous sommes partisans d'un régime parlementaire plus adapté à une transition démocratique.

 

Question. Quelle transition revendiquez-vous ?

 

Réponse. L'Algérie est un régime non démocratique. Quand on voit aujourd'hui l'ampleur de la corruption, on se demande comment ceux qui l'ont organisée vont accepter une transition douce. De toute façon, le futur président trouvera une Algérie beaucoup plus difficile à gérer avec nos frontières qui se sont embrasées et un contexte de grosses difficultés économiques. Ce n'est plus comme avant, où l'on pouvait se satisfaire des hydrocarbures. L'inflation est importante. Et le régime algérien n'a plus cette base politique sur laquelle il s'appuyait, l'alliance présidentielle, dont nous nous sommes retirés.

 

Question. Le MSP a été sévèrement battu aux dernières élections législatives de mai 2012.

 

Réponse. Nous sommes le premier parti d'opposition et il est clair qu'il y a eu une fraude massive. La Commission Nationale Electorale l'a reconnu. Tout le monde sait que les algériens ne se sont pas rendus aux urnes. Ils ne l'ont plus fait depuis 1997. Pourquoi se déplacer quand ce sont toujours les mêmes partis qui sortent ? Pour leur redonner l'envie, il faut des élections transparentes. Même si une minorité a fait dévier l'armée de sa vraie nature, tout rentrera dans l'ordre avec une véritable démocratie car la majorité des militaires sont patriotes. Nous n'avons pas peur de notre armée. Ce n'est pas un problème d'institution mais une question de quelques personnes.

 

Question. L'Algérie est-elle un cas à part dans le monde arabe ?

 

Réponse. Oui. Une même génération ne fait pas la révolution deux fois. Elle a trop souffert, vu trop de sang, trop de massacres. Personne ne veut revenir à une période de terreur. Nous-mêmes, au MSP, avons perdu quatre cent de nos cadres, tués par les terroristes, dont notre vice-président. Le camp au pouvoir a su profiter de cette situation, aidé par une aisance financière qui lui a permis d'acheter la paix sociale. Ce n'est pas un Etat fort, mais une société civile forte qui protège un pays du terrorisme. Nous avons assumé notre rôle quand l'Algérie était en péril à cause du terrorisme, mais aujourd'hui, le péril qui nous guette, c'est la corruption et la déliquescence de l'Etat. C'est pour cela que nous sommes dans l'opposition, pour rétablir un rapport de force nécessaire. Il ne peut plus y avoir de dictature dans le monde arabe.

 

Question. Les partis issus des frères musulmans arrivés au pouvoir en Egypte, en Tunisie, et depuis bien plus longtemps en Turquie, connaissent des difficultés.

 

Réponse. C'est logique après une révolution. Ce qui est important, ce n'est pas leur ascension au pouvoir mais l'acquisition de la liberté sans retour en arrière possible. Bien sûr, la culture de la démocratie n'est pas encore incarnée et nous vivons une période de transition. Il y a un monde économique et une intelligentsia très présents avec lesquels il faut faire avec. Ce serait une erreur fatale des partis islamiques s'ils se présentaient comme des partis au pouvoir, ce sont des partis, aujourd'hui, de transition. En Turquie, la situation est différente. C'est un Etat fort, qui a une tradition démocratique et qui fait figure d'exception économique en Europe. La place Taksim n'est la place Tahrir. Les problèmes ne se régleront pas dans la rue mais dans les urnes. Quant à nous, notre tour arrivera. Et notre parti est expérimenté. Nous savons comment fonctionnent des ministères, un Etat.

 

Question. Au pouvoir, instaureriez-vous la charia ?

 

Réponse. La charia est une référence, une voie qui mène vers le bon sens et l'intérêt général. La finalité de l'islam, ce n'est pas de châtier les gens mais de leur permettre de vivre dans la dignité et de gagner leur pain. L'islam est doté d'une très grande flexibilité qui lui permet de s'adapter à toutes les cultures.

 

Question. Ce qui se passe en Syrie inspire-t-il des craintes en Algérie ?

 

Réponse. La Syrie est devenue un repoussoir en quelque sorte, mais la situation est devenue claire avec l'implication de l'Iran et du Hezbollah. C'est une contre-révolution chiite. Les chiites ont l'ambition de diriger le monde musulman mais avec les révolutions arabes, ils sont confrontés au développement d'un projet politique sunnite qu'ils n'acceptent pas. Çela se tend beaucoup entre les deux, et c'est très dangereux. Le conflit syrien est une guerre mondiale qui ne dit pas son nom, où toutes les forces internationales sont impliquées.

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 17:47

 

http://www.promethee-1871.com/ou-va-la-turquie

Ou va la Turquie

Lundi 17 Juin 2013

Questions posées par Prométhée à Gülçin Erdi Lelandais, chargée de recherche CNRS à l’Université de Tours. Elle a publié « Altermondialistes en Turquie » à L’Harmattan (Paris, 2011) et « Quartiers de contestation, quartiers d’exclusion, politiques d’urbanisation et résistances populaires à Istanbul » dans la numéro 76 (2010) de la revue « cultures et conflits ».

Question. Comment se déroule ce moment magique où les exploités deviennent soudain ce que Marx appelait « une classe pour soi » ? Est-ce la même nature qu’Occupy Wall Street ou différent ?

Réponse. On ne peut pas parler du mouvement des exploités pour la mobilisation autour de Gezi La mobilisation réunit des couches de la société très diverses avec des sensibilités politiques différentes (kémalistes, nationalistes, écologistes, extrême-gauche ensemble). Le mouvement reste majoritairement jeune et étudiant, ceux qui n’ont pas encore accédé réellement au marché du travail. On ne peut pas parler d’une conscience de classe. La lutte de classe n’a jamais été la motivation. Dans les formes d’action, ce mouvement ressemble beaucoup aux mouvements des Indignés puisque les gens sont descendus dans la rue en raison de leur indignation contre la violence policière et la destruction des arbres.

En revanche, leur cible n’est pas la pauvreté, le chômage ou la spéculation boursière. Leur action s’inscrit dans un refus du système néolibéral qui est mis en pratique par le gouvernement d’une matière autoritaire. Ils s’opposent également aux actions de plus en plus conservatrices du gouvernement qui intervient de plus en plus dans la vie privée et même sexuelle de ses citoyens (avortement, maquillages, appel aux comportements corrects des couples dans l’espace publique, alcool, demande aux familles d’avoir trois enfants, restrictions sur les pilules)

Question. La Turquie redevient-elle « le maillon faible de l’impérialisme » ? L’endroit d’où peut partir la révolution prolétarienne, ce que certains courants en Turquie pensaient avant l’époque du coup d’Etat et même encore en 1981 (cf. la tendance de gauche Isçinin Sesi du TKP ).

Réponse. Je ne pense pas pour l’instant. Le fait que ce soit une mobilisation sans organisation empêche pour l’instant qu’elle débouche sur des demandes politiques bien formulées visant l’accès au pouvoir politique. De plus, l’impérialisme quand il vient de la Turquie elle-même envers les autres ne choque pas autant la plupart des gens en Turquie. Ils le considèrent comme la signe de la puissance de la Turquie (je ne parle pas là des manifestants de Gezi). En revanche, cette mobilisation est très importante dans la mesure où elle a permis la discussion sans censure dans l’espace publique des dérives autoritaires et liberticides des politiques urbaines néolibérales dans sa globalité.

Question. Quelle place la gauche (l’extrême-gauche) joue-t-elle dans le mouvement ? Les différents groupes parviennent-ils à surmonter division et sectarisme ? Sont-ils « dépassés »‘ par le mouvement de masse ?

Réponse. Au départ, ce mouvement a été lancé par des activistes à sensibilité d’extrême-gauche. Ceci est incontestable. Mais le fait qu’ils ne trouvent pas un écho sur des couches populaires élargies est un véritable problème. Les préjugés sur l’extrême-gauche existent toujours en Turquie et les méfiances parmi ces groupes ne facilitent pas la tâche. Ils sont encore qualifiés de « marginal », le gouvernement n’hésite pas à utiliser le terme « illégal » alors que nombreux groupes d’extrême-gauche ont un statut juridique légal.

A l’heure actuelle ils sont un peu dépassés par le mouvement de masse. La position réticente du mouvement kurde et de son parti ne facilite pas non plus à faire passer le message. Une autre faiblesse est également la position des syndicats qui n’est pas suffisamment puissante. Ils n’ont pas encore su se joindre en masse à ce mouvement, malgré l’appel à plusieurs journées de grève générale. C’est une erreur fatale dans la mesure où l’unification des jeunes et des ouvriers pourrait avoir un impact davantage important sur le gouvernement et sur l’avenir de la Turquie.

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 17:31

 

NOUS SOMMES DANS UN AUTRE SIECLE

 

À travers l’histoire, les organisations dans le mouvement ouvrier se développent ou dépérissent en fonction des liens quelles tissent avec la masse des opprimés, en relation bien sûr avec la politique qu’elles mettent en œuvre.

 

Pendant longtemps, au moins jusqu’en 1988, le Parti Socialiste relooké à Epinay est parvenu malgré les échecs et les déceptions (1983) à maintenir vivant un certain rapport avec les salariés. Nous étions encore au vingtième siècle.

 

L’époque n’est plus où, gouvernant, le Parti Socialiste pouvait, avec ou sans le Parti Communiste, faire marcher la planche à billets, emprunter pour accorder quelques miettes aux salariés (cinquième semaine de congés payés, trente neuf heures payées quarante) en contrepartie des « réformes ».

 

Assujettis à une monnaie commune, à une banque centrale indépendante, et surtout aux pouvoirs de la commission européenne, le Parti Socialiste ne peut plus rien céder. Il avance vers l’Europe fédérale, celle qui dessaisira les gouvernements nationaux de l’essentiel de leurs pouvoirs. Le Parti Socialiste doit tout reprendre , privatisations, soutien au patronat, augmentation des impôts, réforme des retraites, plan drastique de « redressement » de la sécurité sociale, implosion du code du travail, baisse des salaires, de la consommation, explosion du chômage.

 

Le Parti Socialiste n’a plus aucun lien avec les salariés. C’est une machine électorale dont les cadres vivent sur une autre planète sociale.

 

Parlementaires européens, français, dirigeants de régions (vingt et une sur vingt deux), maires. Matériellement, il y a autant de rapports entre un élu et un salarié qu’entre un chien et un chat. La multiplication des « fromages » en région (intercommunalité, syndicats) assimile la plupart des élus aux couches aisées de la bourgeoisie. A un pôle les privilèges, à l’autre pauvreté, paupérisation. Même les « petits » élus vivent de prébendes. Il faudrait faire une étude sérieuse sur cette question.

 

La génération qui est aux manettes n’est plus celle de 1981, c’est celle de Bruxelles, du oui au traité de Maastricht, les porte-voix de la mondialisation.

 

Ce sont des technocrates du capital. La direction du Parti Socialiste a des pratiques de « gang », a déclaré récemment l’un des membres de la minorité de « gauche ». François Hollande, Jean Marc Ayrault et les ministres sont conscients de leurs responsabilités. Quel qu’en soit le prix électoral, ils iront jusqu’au bout de leur politique anti-ouvrière. Lorsqu’ils seront liquidés électoralement, la droite reprendra le fil de la même politique. Malgré le rejet de Sarkozy, les masses pressentaient intuitivement cette réalité. Voilà pourquoi Hollande a eu un si petit résultat électoral.

 

C’est donc totalement différent d’avant. François Hollande n’a qu’un objectif, mettre en œuvre en France, la politique que mène le « centre-gauche » en Italie, la politique que le Parti Socialiste a menée en Espagne, celle qui « triomphe » à Berlin. Un mot encore. Bruxelles « n’impose » rien. Les gouvernements sont partie constitutive de la commission et de tous les autres organes. Récemment François Hollande a fait mine d’envoyer Bruxelles sur les roses pour préciser que la réforme des retraites était déjà dans les tuyaux !

 

Simplement, il est possible que cette fois les débâcles électorales soient encore plus fortes que par le passé. Il est même possible que la haine qui monte contre le Parti Socialiste aboutisse à une dislocation totale de l’organisation.

 

La multiplication en Espagne, Italie, Allemagne, USA de mouvements plus ou moins structurés est d’abord l’expression de rejet des appareils de « gauche ». C’est la tentation de créer d’autres lieux, d’autres forces de mobilisation. Ici c’est la rue, là ces mouvements prennent une forme électorale. Ces mouvements n’ont pas de programmes achevés et leur faiblesse majeure, c’est qu’ils ne revendiquent pas le pouvoir. Leur programme c’est leur existence. Les uns disparaissent, les autres perdurent. Ce n’est pas le problème. Ils expriment un processus général plus ou moins anticapitaliste. Leur force, ils rassemblent dans la rue ou les usines un mouvement profond.

 

La société politique ne les représente plus ! C’est là un point majeur. Les camarades qui montent la garde « programmatique » sont inquiets de cette situation, rêvent d’un processus révolutionnaire modèle 1917 qui n’existe ni n’existera plus. Il faut être encore plus clair, la floraison de ces mouvements est le revers d’une médaille, l’échec historique des organisations trotskystes, plus généralement d’extrême gauche. Ce modèle politique aussi est révolu, il appartient à un autre siècle. Ces mouvements, des Indignés aux pirates en passant par Cinq Etoiles sont des transitions plus ou moins organisées vers la mobilisation plus ample. En 1968 le mouvement du 22 Mars a joué un rôle dans le déclenchement de la mobilisation étudiante, puis a disparu. Un moment politique d’auto-organisation. Ne l’oublions pas.

 

Si je m’autorise ces quelques réflexions, c’est qu’il me semble que trop de camarades cherchent des points de repère, des références dans les années 1930. Tout est maintenant différent. À l’époque le centre du monde se situait en Europe. Victoire ou échec de la révolution, se jouait en Allemagne, Italie, en France, en Espagne. La puissance économique était en Europe. Les Etats-Unis n’étaient pas encore le centre du monde. Aujourd’hui c’est la Chine. La Chine, le Japon, la Corée, le Brésil et encore les Etats-Unis, ce n'est plus l’Europe. La fabrique du monde dispose du plus important prolétariat de la planète.

 

Nous devons réfléchir à ces éléments stratégiques. Si bien que lorsque des camarades, à propos de l’assassinat involontaire de Clément Méric, évoquent le fascisme, ils se trompent lourdement.

 

Il n’y a pas de menace fasciste.

 

Il y a, en France, en Europe, des partis nationalistes plus ou moins extrémistes. Le Front National n’est lui-même pas un parti fasciste. C’est un parti qui veut intégrer une majorité gouvernementale, comme en Italie, et qui, pour y parvenir, se normalise et passe essentiellement par le suffrage universel. Les fascistes existent, c’est une ultra-minorité. Gardons raison, les JNR, disait un spécialiste de l’extrême droite, c’est trente militants !

 

Nous sommes à des années lumière des fascistes italiens ou des groupes nazis !

 

Mais il y a absence de menace fasciste, pour une tout autre raison, elle fondamentale, la lutte des classes en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en Russie, est au point mort ou pas loin. Ce n’est pas le cas en Espagne, ou en Grèce, là la menace politique pour le pouvoir existe, d’autant qu’en Grèce les salariés ont frôlé la victoire. Quand les salariés sont dans le combat social, politique, la formation, le financement de groupes fascistes est une nécessité pour le capital.

 

Je ne suis pas en train d’affirmer que rien ne se passera en Europe, il y aura des luttes, des affrontements, et espérons-le, l’essentiel, l’irruption de mouvements spontanés. Mais pour ce faire, les exploités, les opprimés doivent reprendre confiance en eux. Retrouver le chemin de l’action collective, briser la contagion mortifère de l’individualisme. Ce n’est pas rien. La lucidité commande d’apprécier les faits tels que l’histoire nous les propose.

 

Ajoutons que nous devrions mener à bien une radioscopie du salariat, aujourd’hui en France. Pour mesurer le coût social des délocalisations, des salariés à « nouveaux » statuts, de la précarité, l’intermittence. Pour parler au salariat il faut savoir de quoi exactement il est fait.

 

Autant de débats à mener entre nous, mais aussi avec d’autres. Nous sommes dans un autre siècle.

 

Charles Jérémie 

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 17:10

 

http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/une-femme-voile-agressee-a-argenteuil-recue-au-ministere-de-l-interieur-20-06-2013-2914455.php

 

Une femme voilée agressée à Argenteuil reçue au ministère de l’intérieur

 

Jeudi 20 Juin 2013

 

L'une des deux femmes voilées qui ont porté plainte pour des agressions à Argenteuil dans le Val d’Oise a été reçue jeudi en compagnie de son mari au ministère de l'intérieur où la seconde était représentée par son avocate.

« Les deux victimes ont été invitées hier, celle qui a été agressée le 13 juin est venue avec son mari mais celle qui a été agressée le 20 mai n'a pas pu venir et a été représentée par son avocat », précise le ministère. Le cabinet du ministre a rappelé « la détermination des autorités à retrouver les auteurs de ces agressions extrêmement graves » et assuré les deux femmes que « tous les moyens d’enquête seront mis en œuvre » pour cela. Le ministre de l'intérieur Manuel Valls a lui-même adressé une lettre aux deux femmes « pour leur apporter son soutien », a indiqué le ministère.

Une information judiciaire ouverte pour violences volontaires aggravées

Le président de l'observatoire de l'islamophobie, Abdallah Zekri, s'est réjoui de ce rendez-vous. « Cela prouve que le ministre a entendu notre cri de colère et compris le ressentiment qui a touché les musulmans ».

 

Le parquet de Pontoise a ouvert mercredi une information judiciaire sur ces faits survenus les 20 mai et 13 juin pour « violences volontaires aggravées » concernant la première victime et pour « violences volontaires en réunion ». Un seul juge d'instruction sera chargé d'enquêter sur ces affaires.

Un rassemblement silencieux prévu ce samedi à Argenteuil

La première victime, une jeune femme de 17 ans, a expliqué avoir été agressée le 20 mai, alors qu'elle se trouvait dans la rue. Selon l'Observatoire National contre l'Islamophobie, elle a été jetée par terre, rouée de coups et traitée de « sale arabe ».


La seconde, âgée de vingt et un ans, a raconté avoir été agressée par deux hommes le 13 juin, également dans la rue. Enceinte de quatre mois, elle a fait une fausse couche lundi, mais le lien entre sa fausse couche et l'agression n'est pas établi.


Ces agressions ont suscité une vive émotion dans la communauté musulmane d'Argenteuil, ville de cent cinq mille habitants située à une dizaine de kilomètres de Paris.

Le Collectif contre l'Islamophobie en France a lancé un appel à un « rassemblement silencieux » Samedi 22 Juin 2013 à 15 heures à Argenteuil sous le mot d'ordre « aujourd'hui en France, l'islamophobie tue ».

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 19:04

 

http://www.liberation.fr/politiques/2013/06/19/carpentras-ou-la-fin-du-tres-discutable-front-republicain_912208

 

Carpentras ou la fin du très discutable front républicain

 

Mercredi 19 Juin 2013

 

Par Jean Gatel, ancien ministre et député socialiste

 

Carpentras, cette modeste sous-préfecture du Vaucluse, vient au-devant de l’actualité régulièrement, Giscard souhaitait protéger la « veuve de Carpentras » contre les risques de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, puis vint le sordide crime antisémite du cimetière juif en 1990 et, peut-être parce que cette ville est le reflet des fantasmes de la France profonde, nous revoilà à Carpentras, dans un délire politico médiatique d’une soi disant connivence entre le Front National et le Parti Socialiste.

 

Tous les médias se précipitent « à charge » sur cette incongruité, née de l’aigreur d’un homme.

 

Ce dernier, choisi pour diriger la campagne législative, puis brutalement éjecté par les mêmes qui l’avaient fait roi, aurait parlé à un journaliste qui, sans même écouter d’autres témoins, ou vérifier certains faits, s’est érigé en procureur, vite relayé par les fanas du buzz qui, bien sûr, ne se satisfont que de leur audience et non de l’éthique journalistique.

 

Pourquoi la candidate socialiste Catherine Arkilovitch s’est-elle maintenue à Carpentras en juin 2012 ? La réponse est tellement simple, c’est parce que les électeurs de la troisième circonscription du Vaucluse avaient voté pour elle, montrant bien qu’ils ne voulaient ni le Front National ni l’UMP.

 

Et il aurait fallu priver ces électeurs-là du second tour ? Et il aurait fallu, au pas de charge, les obliger à un vote qui les révulsait. La preuve en est que cet électorat est resté fidèle à la gauche au second tour.

 

En vérité, c’est la notion même de front républicain qui a explosé en vol en juin 2012, en Vaucluse, et il faut le comprendre.

 

Reprenons l’histoire, Jacques Bompard gagne la mairie d’Orange en 1995, de par la responsabilité des deux camps républicains et des coups de pouce de Jean Claude Gaudin, qui en a fait un vice président de région. En 1997, toutes les bonnes consciences de gauche demandent au candidat socialiste Jean Pierre Lambertin de se retirer pour sauver le « soldat » Mariani contre le « méchant » Bompard. Ceux qui connaissent les positions idéologiques de celui qui devait devenir le leader de la droite dite « populaire » ont grincé des dents. Voter pour un candidat reconnu comme xénophobe, homophobe, profondément convaincu des thèses néo libérales, pourfendeur des politiques sociales, défenseur de tous les lobbies, y compris les plus curieux (sur les machines à sous, en particulier) parce qu’il était candidat d’un parti républicain, c’était rude. Où s’arrête le label de républicain ? Et qui le donne ? Le Parti Socialiste se retire et l’UMP gagne.

 

En 2001, même scénario à la cantonale d’Orange ouest. Bien que qualifié pour le second tour, et fort d’un score potentiel pouvant créer la surprise, je décide, là encore, de sauver le suppléant de Thierry Mariani, contre l’éternel Jacques Bompard.

 

La gauche disparaît des écrans, de par ses absences répétées au second tour. Pourquoi voter au premier tour, si au second nous ne pouvons pas exprimer nos valeurs ? La gauche, qui avait eu un député dans la circonscription d’Orange, de 1981, date de mon élection, jusqu’en 1993, perd, peu à peu, son audience. Son reflux est inversement proportionnel à la montée de l’extrême droite.

 

En 2002, nouvelle blessure pour les électeurs de gauche, le candidat socialiste Jean Pierre Lambertin est sommé, de nouveau, de se retirer et ce par la direction du parti, toujours pour permettre l’élection de Thierry Mariani, devenu totalement « décomplexé » face aux thèses du Front National.

 

La colère gagne les militants. Que cherche-t-on par cette tactique-là ? Les électeurs ne suivent plus. Ils assistent à une course à l’extrémisme entre les deux hommes, les deux camps, et à des rapprochements entre élus qui ne surprennent que les naïfs et qui gagnent tout le département, Carpentras est à vingt huit kilomètres d’Orange.

 

Voici la réalité. Les socialistes du Vaucluse n’ont cessé de sauver une UMP de plus en plus droitière. Ils n’ont jamais bénéficié, jamais, de la réciproque. Ils ont constaté que leurs voix servaient d’appoint à des candidats qui se droitisaient de plus en plus.

 

Ils ont donc décidé, lors de la législative de 2012, de ne plus arbitrer entre la droite extrême et l’extrême droite. Et ce sont ces électrices et électeurs, écœurés et lucides que l’on viendrait mettre en accusation.

 

Est-il encore possible de faire de la politique et non du sensationnel ? Est-il encore possible de poser les vraies questions ? Pourquoi n’a-t-on pas dit que, en juin 2012, la candidate UMP éliminée à Orange, au lieu de faire le moindre geste en direction du Parti Socialiste, a appelé ses électeurs à aller à la pêche ?

 

Le maire d’Orange a annoncé, il y a peu de temps, qu’il y aurait des alliances de gouvernance aux municipales, entre l’UMP et l’extrême droite. Guillaume Peltier est parti du Front National et se retrouve vice président de l’UMP, après avoir rallié le MPF villiériste.

 

Alors, il faut que la direction du Parti Socialiste et tous les observateurs avisés de la vie politique le sachent, le front républicain n’existe plus en Vaucluse et nous espérons avoir évité, à Carpentras, et peut-être en Vaucluse, le syndrome orangeois. La résistance est à ce prix là.

 

Mais ce qui se passe en Vaucluse vaut-il pour la France ? Les laboratoires sont toujours intéressants à étudier.

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 18:34

 

http://fr.euronews.com/2013/06/21/la-gauche-democratique-claque-la-porte-du-gouvernement-grec

 

La gauche démocratique claque la porte du gouvernement grec

 

Après les menaces, les faits. La gauche démocratique (DIMAR) a décidé de retirer ses ministres du gouvernement grec. Un signe de protestation après l‘échec des négociations sur la réouverture de l’audio visuel public (ERT). Il y a dix jours, le premier ministre, Antonis Samaras, avait ordonné la fermeture de l’ERT, invoquant des raisons budgétaires, une mesure jugée brutale par certains élus. « Pour nous c’est un problème de légalité démocratique », a expliqué Fotis Kouvelis, le dirigeant du plus parti de la coalition avec quatorze élus au parlement.

 

Une majorité que DIMAR continue de soutenir malgré son retrait. En conséquences, il ne devrait pas y avoir d‘élections anticipées. Mais la situation demeure plus confuse qu’auparavant pour les citoyens.

 

« Je suis perdu, vraiment perdu. D’un côté, je ne souhaite pas replonger dans l’incertitude, mais de l’autre, la situation actuelle n’est pas bonne. Il y aura encore des licenciements, de la récession, on avait de l’espoir, mais c’est bien une catastrophe qui pourrait nous tomber dessus », explique un résident d’Athènes.

 

L’autre parti de la gauche, le PASOK, avait pourtant tenté de convaincre ses alliés de ne pas se retirer en raison de la fragilité du contexte politique.

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 18:17

 

http://www.demosphere.eu/rv/27092

 

Samedi 22 Juin 2013 à 17 heures

 

Manifestation de soutien aux manifestants au Brésil

 

La manifestation aura lieu place de la Nation à Paris et non pas place Saint Michel

 

À São Paulo, Rio de Janeiro et dans d'autres grandes villes au Brésil, des grandes manifestations pacifiques ont eu lieu pour revendiquer le droit au transport et le droit à tous les biens publics. Sans aucun sens de proportion, la police militaire a réprimé violemment les manifestants et des dizaines de personnes ont été blessés. Les flics profitent de l'occasion pour assommer les gens. Geraldo Alckmin, le gouvernant de São Paulo, félicite la police pour la "discipline" contre les manifestants. Haddad, le maire, refuse le dialogue.

 

Même éloignés d'un océan, nous, brésiliens en outre-mer, voulons démontrer notre refus d'accepter la violence militaire contre les manifestations démocratiques au Brésil. Contre la répression policière, contre la barbarie des gouvernants.

 

Pour les révoltes démocratiques du peuple brésilien! Pelo direito à cidade!  

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 18:01

 

Violence et divisions menacent la contestation au Brésil

 

SAO PAULO (Reuters) - Le mouvement de contestation au Brésil a connu vendredi une soudaine crise de croissance après une nuit de violences en marge des manifestations ayant rassemblé plus d'un million de personnes dans une centaine de villes.

 

Prise de court par cette vague de protestation tous azimuts, la présidente Dilma Rousseff a réuni ses principaux collaborateurs vendredi matin pour définir la réponse du gouvernement.

 

Le mouvement est parti le 13 juin d'une petite manifestation violemment réprimée par la police contre la hausse des tarifs des transports publics à Sao Paulo. Face à cette répression, la contestation a brusquement pris de l'ampleur et s'est dirigée pêle mêle contre le coût de la vie, la corruption et les milliards de dollars dépensés pour l'organisation de la coupe du monde de football en 2014 au détriment d'investissements dans la santé ou l'éducation.

 

Les manifestations ont été largement pacifiques mais, dans la nuit de jeudi à vendredi, on a pu voir de jeunes gens masqués piller des magasins et incendier et saccager des bâtiments dont le ministère des affaires étrangères à Brasilia, dont des fenêtres ont été brisées.

 

En pleine coupe des confédérations, tournoi de préparation à la coupe du monde de football, les chaînes de télévision ont diffusé des images montrant des touristes et des amateurs de football apeurés courant pour éviter les heurts entre manifestants et forces de l'ordre sur le chemin du stade.

 

Au-delà de la condamnation de ces violences sur les réseaux sociaux, le Mouvement Libre Passage a annoncé qu'il cessait pour le moment d'organiser de nouveaux rassemblements à la suite d'accrochages jeudi entre contestataires ne partageant ni les mêmes objectifs ni les mêmes opinions politiques.

 

« Au moins pour le moment, aucune nouvelle manifestation n'est organisée », a dit Douglas Belome, membre de ce mouvement, à Reuters.

 

Un mort et des dizaines de blessés

 

Le Mouvement Libre Passage milite depuis des années pour la gratuité des transports à Sao Paulo et sa manifestation est à l'origine de la contestation.

 

La décision de ce groupe ne va pas mettre un terme aux manifestations puisque le mouvement social a acquis sa propre dynamique et que se sont agrégées une multitude d'autres organisations aux revendications variées. De nouveaux rassemblements étaient ainsi prévus vendredi.

 

Contrairement aux précédents jours, les violences de jeudi soir étaient essentiellement dues aux manifestants eux mêmes et non à la police. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées à travers le pays, dont soixante deux à Rio de Janeiro, selon les autorités municipales.

 

Dans l'Etat de Sao Paulo, un jeune manifestant est mort écrasé par un véhicule qui a foncé sur la foule.

 

« Je soutiens les manifestants mais j'ai l'impression que cela échappe à tout contrôle », dit Nilson Chabat, employé d'une station service interrogé sur le chemin de son travail à Sao Paulo. « Nous sommes nombreux à être en colère mais on ne peut pas aller mettre le bazar tous les soirs ».

 

Ce mouvement de contestation a surpris au Brésil, largement considéré comme l'une des principales puissances émergentes au monde malgré un léger ralentissement économique après des années de forte croissance.

 

De nombreux brésiliens se plaignent toutefois d'un manque d'investissements publics dans l'éducation, la santé et les infrastructures.

 

La contestation n'a pas faibli malgré l'annulation dans plusieurs grandes villes des hausses récentes des tarifs des transports publics.

 

Ancienne opposante de gauche à la dictature militaire dans les années 1970, Dilma Rousseff a exprimé sa solidarité envers les manifestants mais sa marge de manoeuvre semble limitée à court terme, au moins d'ici l'élection présidentielle de 2014.

 

Dans le journal Folha de Sao Paulo, l'éditorialiste Fernando Rodrigues écrit au sujet du silence de la présidente jeudi soir, « cela illustre l'inaction des politiques. Ils semblent essentiellement attendre que le tsunami passe ».

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 20:32

 

L’Egypte rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie

LE CAIRE (Reuters) - Le président égyptien Mohamed Morsi a annoncé Samedi 15 Juin 2013 la rupture complète des relations diplomatiques avec le régime de Bachar al Assad et a exigé le départ des combattants du Hezbollah de Syrie.

S'exprimant devant des dignitaires sunnites réunis au Caire, le président égyptien, issu des frères musulmans, a déclaré : « nous avons décidé aujourd'hui de rompre complètement les relations avec la Syrie et avec l'actuel régime syrien ».

Mohamed Morsi a aussi adressé une mise en garde au Hezbollah, mouvement chiite libanais combattant aux côtés des forces gouvernementales syriennes contre les insurgés cherchant à renverser Bachar al Assad.

« Nous nous opposons au Hezbollah dans son agression contre le peuple syrien », a-t-il dit.

« Le Hezbollah doit quitter la Syrie et ce ne sont pas des paroles en l'air. Il n'y a pas de place pour le Hezbollah en Syrie ».

Mohamed Morsi a aussi exhorté la communauté internationale à instaurer une zone d'exclusion aérienne en Syrie afin de favoriser les rebelles contre les forces gouvernementales, qui disposent de la maîtrise des airs.

Cette réunion traduit la division croissante qui s'installe dans la région proche-orientale entre les sunnites et les chiites.

Dans son allocution devant près de vingt mille partisans, le président égyptien n'a pas mentionné la communauté chiites, ni l'Iran, mais il a fait une allusion à peine voilée à Téhéran en accusant les Etats de la région et d'autres régions d'entretenir « une campagne d'extermination et de nettoyage ethnique programmé » en Syrie.

« Le peuple égyptien soutient le combat du peuple syrien matériellement et moralement et l'Egypte, sa nation, son gouvernement et son armée n'abandonneront pas le peuple syrien avant qu'il ait retrouvé ses droits et sa dignité », a-t-il poursuivi.

Les frères musulmans se sont joints cette semaine aux appels d'organisations religieuses sunnites en faveur d'une guerre sainte contre Assad et ses alliés chiites.

Le Caire n'a pas pour l'instant adopté un rôle actif dans le conflit syrien, par exemple en fournissant des armes aux rebelles, mais un conseiller de Mohamed Morsi a indiqué que le gouvernement n'empêcherait pas les égyptiens qui le souhaitent d'aller se battre en Syrie.

Des diplomates occidentaux ont annoncé vendredi que les Etats-Unis avaient l'intention d'instaurer une zone d'exclusion aérienne en Syrie, mais la Maison Blanche a précisé qu'une telle option ne correspondait pas à l'intérêt national américain.

La Russie, alliée indéfectible d'Assad, a prévenu que l'instauration d'une « no-fly zone » à l'aide de chasseurs F 16 et de missiles Patriot stationnés en Jordanie serait illégale.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:38

 

http://www.alencontre.org/europe/grece/la-grece-nest-pas-un-pays-normal.html

 

 

La mobilisation en Grèce déclenchée par la fermeture de l’ERT a posé la question du gouvernement. En effet, le PASOK d’Evangelos Venizelos et DIMAR (gauche démocratique) de Fotis Kouvélis sont opposés à la décision de Samaras. Le débat porte sur la nécessaire « réouverture » de l’ERT et « sous quelle forme » elle doit de faire.

 

Une rencontre a commencé entre le premier ministre, Antonis Samaras, et ses deux partenaires gouvernementaux. A 21 heures, Mercredi 19 Juin 2013, Venizelos et Kouvélis ont signalé qu’un accord n’était pas intervenu entre eux et Samaras.  La négociation doit de prolonger Jeudi 20 Juin 2013. La crainte d’une crise gouvernementale et d’élections, entre autres pour le PASOK et DIMAR, est grande. Ce d’autant plus qu’une échéance encore plus importante s’annonce, l’échec non seulement des plans d’ajustement, mais la crise à venir de la recapitalisation des banques avec les mesures brutales qui peuvent en découler.

 

« Au moment où les chefs d’une coalition en crise, qu’ils veulent contenir, SYRIZA et d’autres formations de gauche ont appelé à une grande manifestation, Mercredi 19 Juin au soir, devant le siège d’ERT. A cet effet, SYRIZA a supprimé quelque cent réunions de quartiers qui devaient élire des délégués pour son congrès début juillet ».

 

Lors des premières mobilisations devant ERT, les rapports entre la base de SYRIZA et les membres du KKE étaient assez fraternels, pour une fois. Mais, rapidement, la nouvelle direction du KKE, Dimitris Koutsoumpas, a insisté sur un point, un gouvernement « progressiste » implique, à la fois et de manière équivalente, une bataille contre la Nouvelle Démocratie de Samaras et contre SYRIZA de Tsipras ! Ce sectarisme délirant joue en faveur de la droite, de manière indéniable. Nous reviendrons sur la situation grecque dans les jours à venir. (Charles André Udry) 

 

La Grèce n’est pas un pays normal

  

Mercredi 19 Juin 2013

  

Par Stathis Kouvelakis

 

Si un doute subsistait encore à ce sujet, il est désormais levé, la Grèce n’est pas un pays « normal ». Dans un pays « normal », de nos jours, en Europe, ce genre de choses n’arrive pas, seulement dans des dictatures ou dans des pays sous occupation.

 

Seulement voilà, sans être sous le joug des militaires, ou d’une armée étrangère, la Grèce a cessé d’être un pays « normal ». Depuis maintenant trois ans, elle a, en effet, pris congé de ce qui, ici ou ailleurs dans notre continent, est considéré comme relevant de la « normalité ».

 

Car il ne saurait bien entendu y avoir de « normalité », de vie en commun tolérable, dans un pays dévasté, où la récession et le chômage atteignent des niveaux inconnus depuis les années 1930. Dans un pays où la discussion ordinaire des lycéens est la destination vers laquelle elles ou ils comptent émigrer.

 

Il ne saurait y avoir de « normalité » avec des écoles, des universités, des hôpitaux qui partent à la dérive, quand la population est confrontée à ce qu’on peut qualifier de désastre humanitaire.

 

Il ne saurait y avoir de « normalité » quand, comme nous l’enseigne l’expérience historique, le désespoir et la colère impuissante d’une société paupérisée et humiliée se tournent contre les groupes les plus fragiles, dont la vie devient un enfer et qui replongent dans une horreur que, là aussi, on croyait oubliée dans nos pays depuis les années 1930.

 

Mais ce qu’il faut avant tout souligner maintenant, ce que les écrans noirs et les silences des fréquences radio nous imposent de dire avec la plus grande force, c’est que cette descente aux enfers n’a pu se faire qu’au prix et à la condition d’un déni grandissant de démocratie. Ce que la Grèce vit depuis sa mise sous tutelle par la troïka de ses bailleurs de fond, c’est-à-dire le FMI et, surtout, l’Union Européenne, c’est un état d’exception permanent.

 

Car comment qualifier autrement un état où toute notion de souveraineté nationale et populaire est bafouée, où les décisions clés sont prises par décret, où les institutions représentatives ne sont qu’une façade de parlementarisme ? L’exception est ainsi devenue la règle lorsque les gouvernements en place se sont transformés en exécutants des instructions de ces fameux mémorandums, monstrueux pavés de milliers de pages, qui règlent jusqu’au moindre poste de dépense de la moindre ligne budgétaire. Ces mémorandums qui organisent le dépeçage du pays, la privatisation de son patrimoine, la liquidation de ses services publics et de ses institutions scientifiques et culturelles. Car même si la méthode porte la marque d’Antonis Samaras et de son parti, la décision de fusionner et de restructurer drastiquement l’audio visuel public, et de licencier des milliers de salariés du secteur public, faisait bien partie des engagements contractés par le gouvernement actuel vis-à-vis de la troïka.

 

Cette décision a choqué et déclenché un tollé à l’échelle internationale, dont témoigne, entre autres manifestations du même type, notre rassemblement de ce soir. Il y a sans doute une part de démesure, d’hubris auraient dit les anciens, dans la décision de Samaras et dans sa méthode.

 

Mais, pour celles et ceux qui suivent les événements de ces derniers mois en Grèce, cette fuite en avant autoritaire ne tombe pas du ciel. Dans son excès même, elle s’inscrit dans une escalade ininterrompue dans la politique de la poigne de fer. Car avant de s’en prendre à l’audiovisuel public, ce gouvernement a brisé quatre mouvements de grève par simple décret de réquisition des grévistes, les derniers en date étant les enseignants.

 

Ce même gouvernement a réprimé avec sauvagerie des dizaines de mouvements de protestation, évacué manu militari des espaces autogérés, torturé des manifestants anti fascistes. Il a couvert les exactions des bandes néo nazies et légitimé leur discours en poursuivant la chasse aux migrants et aux travailleurs étrangers entamée par ses prédécesseurs.

 

C’est tout cela, qui s’est fait à bas bruit, médiatique s’entend,  qui a préparé le terrain au coup de force actuel et qui en explique la logique profonde et le déroulement concret.

 

Quant à la conclusion qui en découle, elle me semble limpide, la doctrine néo libérale de choc appliquée depuis trois ans à la Grèce sous les auspices et le contrôle tatillon de l’Union Européenne est incompatible avec la démocratie. Ce qui veut dire aussi, qu’on ne saurait, je dirai même qu’on n’a pas le droit de s’émouvoir des écrans noirs de la télé publique si on se tait devant la violence des diktats de la troïka et de la destruction parfaitement prévisible qu’ils infligent à ce pays, comme au reste de l’Europe du sud.

 

Un ami, qui a vécu cette période, me disait il y a deux jours, tu sais, ce qui se passe devant le bâtiment d’ERT, ces gens rassemblés, ce fourmillement de débats et d’actions, cela rappelle l’occupation de l’école polytechnique d’Athènes par les étudiants, en 1973, et sa radio libre qui brisait la chape de plomb de la dictature et qui annonçait sa fin prochaine. Aujourd’hui comme alors, grâce au soulèvement populaire, c’est l’espoir d’une fin prochaine de l’oppression qui surgit. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, devant les bâtiments occupés des télés et des radios aussi bien que sur les ondes et dans les images télévisuelles d’un type totalement inédit, c’est un esprit de résistance et de liberté qui souffle actuellement en Grèce et qui finira par l’emporter. Retrouvons-nous donc bientôt, chers amis et chères amies, en ce lieu ou ailleurs, pour soutenir une Grèce libérée et démocratique !

 

Stathis Kouvelakis, professeur en philosophie politique au King’s College de Londres et membre du comité central de SYRIZA, ainsi qu’adhérent au « courant de gauche » animé, entre autres, par Panayiotias Lafazanis, porte-parole de la fraction parlementaire.

 

Ce courant présente une « plate forme de gauche », avec le Rproject (DEA, APO, KOKKINO) pour le futur congrès de SYRIZA (qui peut être repoussé suivant les évolutions politiques). Stathis Kouvelakis était un des invités de Mediapart et Reporters Sans Frontières, Mardi 18 Juin 2013, au Théâtre du Châtelet à Paris. Le texte publié ici a été diffusé par Mediapart (rédaction du site www.alencontre.org )

 

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