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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:14

 

http://www.demosphere.eu/rv/25986

 

http://www.ism-france.org/communiques/La-Nakba-65-ans-d-injustice-65-ans-de-resistance-article-18117

 

Rassemblement pour la soixante-cinquième commémoration de la Nakba

 

Samedi 18 Mai 2013 à 15 heures à Paris Place de l’Opéra Métro Opéra

 

La Nakba, soixante cinq ans d’injustice, soixante cinq ans de résistance

 

Le 15 mai 1948, la Palestine est rayée des cartes au lendemain de la proclamation de l'Etat d'Israël que la communauté internationale s'est empressée de reconnaître. Dans les mois qui ont précédé et suivi ce jour funeste, des centaines de villes et villages palestiniens furent détruits par les forces armées sionistes, et deux tiers de la population palestinienne prit la route de l'exil.

 

La Nakba (catastrophe) palestinienne n'est pas juste une période révolue, c'est une entreprise systématique de déracinement des palestiniens de leur terre et de répression pour les priver de toute expression politique propre.

 

Preuve en est, les nombreux massacres commis par l'Etat colon depuis 1948.

 

Preuve en est, la colonisation continue en Cisjordanie et l'épuration ethnique qui se poursuit encore aujourd'hui, à Jérusalem ou dans le Naqab (Néguev). Preuve en est, du blocus et des bombardements que les habitants de Gaza subissent depuis plusieurs années. Preuve en est encore, du mur qui défigure la Palestine, privant les palestiniens de leurs terres et participant à la ghettoïsation de régions entières.

 

Cette agression a rencontré une résistance elle aussi continue, en se réorganisant sans cesse dans l'exil ou sous occupation.

 

Nous l'avons vu à Gaza en novembre dernier, la résistance palestinienne a su faire face à l'ennemi malgré le blocus et les bombardements. Nous la voyons dans les prisons de l'occupant, les prisonniers palestiniens armés de leurs simples estomacs, ont mené des grèves de la faim qui ont fait reculer l'ennemi plus d'une fois. Nous le voyons aussi, chaque semaine dans les campagnes où les paysans palestiniens manifestent contre les colons armés, et luttent contre l'expropriation de leurs terres.

 

Soixante cinq ans déjà. Plusieurs générations se sont succédées, mais la mémoire palestinienne n'en reste pas moins vive, et la jeunesse palestinienne est aujourd'hui marquée dans sa chair et dans son sang par un désir de résistance, de retour et de libération.

 

Premiers signataires de l’appel

 

Mouvement des Jeunes Palestiniens, PYM France, Association de Palestiniens en Île de France, Forum Palestine Citoyenneté, PIR (Parti des Indigènes de la République), Mouvement Echaâb (Tunisie), CMF (Collectif des Musulmans de France), Ligue Pour une Syrie Libre, Association des Jeunes Égyptiens du 25 janvier à Paris, Comité de Coordination de Soutien à la Révolution Syrienne, UNIT (Union pour la Tunisie), Collectif HAMEB (Collectif Halte Au Massacre En Birmanie), Génération Palestine, ISM France (International Solidarity Movement), UJFP (Union Juive Française pour la Paix), AURDIP (Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine), CVPRPO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche Orient), Mouvement Émergence, CICUP (Comité Inter universitaire de Coopération avec les Universités Palestiniennes), les Alternatifs, Droit Solidaire, Mouvement Marocain du 20 février Paris Ile De France, CPR France Nord (Congrès Pour la République), Collectif Intifada Seine Maritime

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 19:42

 

L’amnistie sociale sera de nouveau examinée

 

PARIS (Reuters) - Le groupe socialiste de l'assemblée nationale a décidé mardi de réexaminer la proposition de loi du Front De Gauche prévoyant une amnistie sociale pour les syndicalistes et les travailleurs auteurs de délits, qui sera renvoyée en commission.

 

Face aux critiques émanant notamment du patronat français, le gouvernement avait annoncé le 24 avril qu'il s'opposerait à cette proposition de loi qui a ensuite été ensuite rejetée par la commission des lois de l'assemblée.

 

Mais ce rejet ne faisait pas l'unanimité au sein du groupe socialiste de l'assemblée où environ quatre vingt députés sur deux cent quatre vingt douze se disaient prêts à le voter contre l'avis de la direction du groupe et de l'exécutif.

 

Lors de sa réunion mardi, le groupe a finalement décidé de renvoyer le texte en commission afin qu'il soit retravaillé.

 

« Nous n'avons pas d'opposition de principe en matière d'amnistie », a déclaré Thierry Mandon, porte-parole du groupe socialiste, lors de son point de presse hebdomadaire.

 

« En revanche nous demanderons (jeudi) le renvoi en commission car ce texte est très mal ficelé », a-t-il dit. « Son périmètre est très large mais en même temps très flou ».

 

Le député socialiste Patrick Menucci, qui a constamment exprimé sa position en faveur de la proposition de loi, s'est déclaré « satisfait » et confiant de pouvoir réunir « toute la gauche » sur un nouveau texte.

 

Un optimisme que ne partage par le communiste André Chassaigne, président du groupe du Front De Gauche.

 

« C'est un enterrement de première classe », a-t-il dit lors de son point de presse hebdomadaire.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 20:24

 

http://les.nuits.rouges.free.fr/spip.php?article19

 

Diego Giachetti et Marco Scavino

La Fiat aux mains des ouvriers

L’automne chaud de 1969 à Turin

Préface à l’édition française

Du 19 avril au 17 mai 2004, le spectre de l’autonomie ouvrière est revenu hanter l’Italie. Il avait pris la forme d’une grève sauvage déclenchée par la majorité des cinq mille ouvriers de l’usine Fiat de Melfi (dans la province méridionale du Basilicate) et des trois mille cinq cent ouvriers des entreprises sous-traitantes. Les revendications portaient sur les salaires, les conditions de travail et la levée des sanctions qui pleuvaient quotidiennement sur eux. Le choc fut d’autant plus rude que cette usine, la plus moderne du groupe Fiat, avait été construite en 1993 selon les critères les plus récents (parc industriel avec sous-traitants à proximité et méthodes japonaises d’organisation de la production), bref, tout ce qu’il fallait pour désamorcer les conflits. Bien que cette grève eut été rapidement contrôlée par la FIOM (la fédération de la métallurgie de la CGIL) et qu’on n’ait pas assisté à la création de comités ouvriers indépendants, tout le monde, des patrons (et d’abord ceux de Fiat) aux politiciens, en passant par les syndicats et les partis de gauche, avait bien compris que le pays n’était pas à l’abri d’une réédition des événements de l’année 1969.

Mais que s’était-il donc passé cette année-là qui fasse encore si peur ? Avec trois cent millions d’heures de grève, dont deux cent trente millions dans l’industrie, rien de moins que la vague de luttes ouvrières la plus massive, la moins contrôlée, de toute l’histoire de l’Italie.

Elle s’était déclenchée à l’occasion des renouvellements des conventions collectives de branche (appelées ici « contrats ») qui se font tous les trois ans, à l’automne. D’où cette expression d’« automne chaud » qui fut inventée par le quotidien de la Confindustria (l’organisation patronale), « Il Sole Ventiquattro Ore ». Cette année-là venaient à expiration les contrats de la métallurgie, du bâtiment, de la chimie et d’autres branches.

Le phénomène ne fut pas exclusivement italien et toucha tous les pays capitalistes importants, entre la fin des années soixante et le début des années soixante-dix. Il survenait à la fin d’une époque prolongée de croissance industrielle, qu’Eric Hobsbawm a qualifiée « d’époque dorée du capitalisme d’après-guerre » et qui sont connues en France comme les « trente glorieuses ».

Ce furent des grèves d’une intensité exceptionnelle, les plus fortes du vingtième siècle, tant par le nombre d’heures de travail perdues que par le nombre de pays concernés : la France en 1968, le Canada en 1969 et en 1970, l’Argentine de 1969 à 1971, les Etats-Unis en 1970, la Suède et l’Allemagne en 1971, le Japon et la Grande-Bretagne en 1971 et en 1972.

La plupart du temps, ces grèves furent qualifiées de « sauvages » par une presse inquiète et réprobatrice, c’est-à-dire organisées hors de la programmation syndicale et destinées à causer le maximum de dommages à la production. Le fer de lance en fut les OS (Ouvriers Spécialisés), privés de qualification professionnelle, souvent jeunes et immigrants de fraîche date, à peine ou nullement syndiqués. Partout, on retrouvait les mêmes objectifs : augmentation des salaires et diminution du temps de travail, en premier lieu, suivies d’une ample palette de revendications visant à réduire les différences entre ouvriers qualifiés et OS mais aussi entre ouvriers et employés. Et partout on observait la même tendance à prendre en compte tous les aspects du travail, des pauses aux sanctions disciplinaires, des mesures contre les accidents de travail à la qualité de la cantine.

Par ailleurs, les conflits débordèrent de leurs lieux d’origine, les usines et les bureaux, les universités et les écoles secondaires, et exercèrent une influence sur la société entière : la politique, la culture, les modes de vie en furent substantiellement modifiés. Ce fut, en d’autres termes, une de ces phases historiques qui, par la radicalité des transformations auxquelles elles donnent lieu, représentent un tournant, une rupture violente et accélérée avec les équilibres préexistants, une de ces phases que les historiens considèrent comme initiatrice d’une nouvelle période.

Et pourtant, ces événements semblent aujourd’hui quasiment oubliés et souvent absents des manuels d’histoire. Quand ils le sont, les auteurs privilégient la révolte étudiante, devenu un véritable mythe, avec ses icônes et ses héros, et négligent la révolte ouvrière, comme si, dans les usines, il ne s’était rien passé d’important et digne d’être raconté. Nous disposons d’excellentes études sociologiques et d’histoire des relations industrielles, mais peu de travaux de recherche historique.

Les raisons en sont nombreuses et sans aucun doute complexes. Comme l’a noté Stefano Musso, l’historiographie du mouvement ouvrier traverse une phase de crise aiguë, privée désormais des certitudes qui l’amenèrent à confondre l’histoire de la classe ouvrière avec celle de ses luttes, de ses organisations et de ses expressions idéologiques majeures. Aujourd’hui, on est dans l’excès inverse : les organisations ont disparu de la mémoire historique. La sociologie ne s’intéresse plus qu’aux modes de consommation, au « générationnel », aux références culturelles, et la classe ouvrière est réduite au rôle d’une corporation (en voie de disparition) parmi d’autres, toutes fondues dans les concepts de « classe moyenne » ou de « salariat ». C’est comme si, une fois disparue la conviction que le conflit de classe devait conduire inéluctablement à une société plus juste et égalitaire, que la classe ouvrière était destinée à devenir la « classe universelle », un certain sens de l’histoire s’était aussi écroulé. Comme si, vivant à une époque qui voit la classe ouvrière (du moins, ce type de classe ouvrière) redimensionnée et réduite au silence, on avait renoncé à analyser celles où l’usine et les ouvriers constituaient le lieu central de la conflictualité sociale.

Face à cette impasse de l’historiographie ouvrière, prévaut au contraire une interprétation très différente du développement économique et social qui en voit le moteur prépondérant dans le système de la libre entreprise, son dynamisme, sa plus ou moins grande capacité à s’adapter aux exigences qui l’environnent. Une lecture qui ne nie pas le moment du conflit (au contraire, elle l’exalte quand il est régulé à bon escient, comme élément important du développement), mais le considère comme un aspect parmi d’autres de l’histoire du système, à côté des innovations technologiques, de la formation du management, de la conquête des marchés, des rapports avec l’Etat et la classe politique.

Ce livre, publié en Italie, en 1999, a voulu combler ces lacunes et rompre ce silence. Nous avions été submergés, lors des commémorations du trentième anniversaire de 1968, par un déluge de livres, articles et discours qui tous célébraient l’événement exclusivement sous l’aspect des nouvelles modes et des nouveaux vêtements, de la rupture des rapports traditionnels entre générations et entre sexes, sans qu’interviennent jamais aucune analyse des rapports de classe.

Ce 1968 banalisé, extrait de son contexte social et politique, transformé en une métaphore du conflit éternel entre jeunes et vieux, était historiquement faux. Il fallait en quelque sorte le réécrire en le centrant sur les usines et l’influence que les luttes ouvrières ont eue aussi sur le mouvement étudiant. Non par une sorte de nostalgie « opéraïste », mais parce que cette clé de lecture nous semblait la plus efficace pour comprendre pourquoi cela était arrivé ici et à cette date, plutôt qu’ailleurs et à un autre moment.

Ce livre ne traite pas de la totalité du mouvement des grèves de 1969, au niveau national. C’eût été un travail considérable que nous n’avions ni le temps ni les moyens d’accomplir.

Nous nous sommes concentrés sur Turin et en particulier sur l’usine automobile de Fiat Mirafiori, non seulement parce que nous connaissions le sujet et que la documentation nous était la plus facile d’accès, mais pour le rôle essentiel que Turin et la Fiat ont tenu en ces circonstances. Avec environ cinquante mille salariés, Mirafiori était la plus grande concentration ouvrière d’Europe. Si l’on y ajoutait celles de Lingotto et Rivalta (cette dernière inaugurée en 1968 à la périphérie ouest de Turin), l’ensemble représentait près de quatre vingt dix mille salariés, dominé par l’industrie métallurgique et, au sein de celle-ci, par l’industrie automobile. Comme l’a dit une fois un syndicaliste : « Quand la Fiat s’ébranle, l’Italie se met en marche ».

Mais d’autres éléments nous ont incités à centrer notre travail sur Turin. D’un côté, la composition de la classe ouvrière chez Fiat, dans laquelle la main d’œuvre non-qualifiée (composée principalement de jeunes hommes immigrés récemment du sud) avait désormais un poids très important et même, dans certains départements et ateliers, hégémonique. De l’autre, l’extrême faiblesse des syndicats due, en partie, à la politique répressive de l’entreprise mais aussi aux limites d’une tradition d’organisation et de revendications. Celles-ci, qui avaient été construites historiquement par les ouvriers de métier, étaient d’emblée étrangères aux nouveaux venus, privés de qualification professionnelle.

De la même façon, le Parti Communiste était peu présent dans l’usine, conséquence de sa politique des années précédentes d’enracinement dans les villes et les villages des environs. Il mettait en avant des revendications de services publics avec l’objectif d’arracher aux partis de gouvernement les administrations locales et, ainsi, de parvenir à la direction du pays. De ce fait, le Parti avait réduit le nombre de ses cellules d’entreprise, qui ne jouaient plus guère d’autre rôle qu’une force de soutien aux syndicats. Notre choix était motivé principalement par le fait que les grèves de masse de 1969 avaient commencé, à Mirafiori, dès la fin du printemps. Elles ont eu un caractère largement spontané, avec un rôle très remarqué des OS (concentrés surtout à la carrosserie). Ce fut dans ces circonstances que naquit la revendication d’augmentation de salaires égale pour tous, à laquelle les syndicats s’opposèrent tout d’abord, ainsi que des formes de luttes plus dures, comme les cortèges dans les ateliers et les débrayages spontanés.

C’est dans ces circonstances que quelques groupes d’ouvriers se rapprochèrent des étudiants qui avaient conflué vers les grilles de Mirafiori dès les premières agitations. Les uns et les autres donnèrent vie à un organisme de masse, indépendant des syndicats, qui prit le nom « d’Assemblée ouvriers-étudiants » et réussit effectivement à diriger la lutte. L’affrontement à l’intérieur de l’usine fut dur, à la limite de la bagarre physique. Il ne porta pas tant (ou pas seulement) sur le choix des formes de lutte et sur la tactique du mouvement mais sur la possibilité de profiter de l’occasion pour ouvrir une perspective plus large : dans un cas, pour les groupes d’extrême-gauche, il s’agissait d’étendre et de généraliser sans trêve la lutte, afin de créer une situation révolutionnaire. Perspective contre laquelle les syndicats et le PCI luttaient de toutes leurs forces. Si l’on peut discuter du caractère réaliste ou non des perspectives agitées par les extrémistes, si l’on peut soutenir que ce n’était qu’aventurisme, on ne peut nier, du moins, le pensons-nous, que s’est définie là une stratégie politique alternative qui pesa fortement sur les événements des années suivantes.

C’est pour cela que nous avons tenté en priorité de dégager la signification historico-politique générale de ces événements. Les grèves de ces années-là, en Italie, et dans les autres pays industriels, constituent un cycle politique international de luttes qui attend encore d’être étudié et retracé dans toute son ampleur. Non pour la seule commémoration, mais aussi parce que, dans ses succès et dans ses échecs, il a été un élément déterminant de la restructuration du capitalisme et de l’organisation industrielle, qui apparaît aujourd’hui aux commentateurs justement « complexe ». Si la publication en France de notre travail pouvait prolonger notre réflexion sur ce sujet, nous en tirerions la plus grande des satisfactions.

Diego Giachetti et Marco Scavino,Turin, février 2005.

Pour la rédaction de ce livre, nous avons utilisé des documents d’origines diverses : tracts et documents, la plupart ronéotés, articles des quotidiens ou des hebdomadaires (politiques ou d’information), témoignages, notes, mémoires des acteurs, la plupart inédits. La majeure partie de ces matériaux provient des archives de la Fondation Vera Nocentini, à l’institut piémontais Antonio Gramsci, et du centre d’études Piero Gobetti de Turin, qui détient aussi les droits des photos du livre. Les entretiens que nous avons eus de manière informelle et occasionnelle avec Gianni Alasia, Mario Dalmaviva, Liliana Lanzardo, Rocco Papandrea et Vittorio Rieser nous ont été précieux. Enfin, des remerciements particuliers vont aux camarades de Mouvement Communiste, de Paris, qui ont établi la version française de notre livre.

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:52

 

Six ans de prison requis contre Silvio Berlusconi

 

MILAN (Reuters) - Six ans de prison et une peine d'inéligibilité à vie ont été requis lundi contre Silvio Berlusconi pour incitation à la prostitution de mineure dans l'affaire du « Rubygate ».

 

L'ancien président du conseil, âgé de soixante seize ans, est accusé d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec une danseuse, Karima El Mahroug, dite « Ruby », alors que celle-ci était encore mineure durant des soirées organisées dans sa villa d'Arcore, près de Milan.

 

Silvio Berlusconi est également accusé d'abus de pouvoir pour avoir fait libérer « Ruby » dans une affaire distincte de vol. L'accusé dément toute malversation et nie avoir eu des relations sexuelles tarifées avec quiconque.

 

« Ruby » a toujours nié s'être prostituée et avoir eu des relations sexuelles avec Berlusconi. Des témoins assurent toutefois qu'elle faisait partie des habitués de ses soirées « bunga bunga ».

 

Le « cavaliere » se dit victime de magistrats motivés par des considérations politiques.

 

Une cour d'appel de Milan a déjà confirmé mercredi une peine de quatre ans de prison, dont un an ferme, prononcée à son encontre en première instance pour les conditions frauduleuses d'achat de droits télévisés par son empire médiatique Mediaset.

 

Le dirigeant du Peuple De la liberté (PDL), revenu dans le jeu politique à la faveur des élections législatives de février, a en outre été déclaré inéligible pour cinq ans dans le cadre de cette affaire de fraude fiscale. Ces condamnations ne seront pas définitives avant un éventuel recours devant la cour de cassation.

 

À Naples, le parquet demande pour sa part que l'ancien président du conseil soit jugé pour avoir, selon l'accusation, versé en 2006 trois millions d'euros au sénateur Sergio De Gregorio afin qu'il change de camp et affaiblisse ainsi le gouvernement de centre gauche de l'époque, dirigé par Romano Prodi.

 

Le Peuple De la Liberté est l'une des principales composantes de la grande coalition entre la droite et la gauche difficilement mise en place fin avril pour sortir l'Italie de l'impasse politique consécutive aux élections.

 

Silvio Berlusconi ne participe pas lui-même au gouvernement.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:33

 

 

http://www.democraciarealya.es/blog/2013/05/06/12m15m-2013-mayo-global-de-la-indignacion-a-la-rebelion-no-al-genocidiofinanciero-escrachealsistema  

 

De l’indignation à la rébellion  

 

Non au génocide financier

 

Après deux ans de luttes intenses dans la rue et sur le front judiciaire, démocratie réelle maintenant ! 

 

Le mouvement du 15 mai célèbre son deuxième anniversaire comme un mai global de tous les évènements, manifestations et rassemblements de protestation contre le génocide financier auquel est soumis le peuple par l’exigence des pouvoirs financiers et politiques d’une Europe où la troïka et les marchés marquent le rythme des coupes contre le bien-être des citoyens, victimes de la dette générée par les excès et la cupidité de quelques-uns.

 

Au moment ou sont définies et précisées un certain nombre de propositions dans les domaines qui préoccupent et affectent le plus les citoyens, dans ce qui est maintenant connu sous le nom de plan de sauvetage des citoyens, nous agissons pour faire prévaloir les droits et les intérêts des personnes contre les marchés et les pouvoirs financiers.

 

Après ces deux années de propositions et de pétitions, une deuxième phase commence, des actions directes, nous les appelons des « escrache » contre le système, ce qui contribue à générer la volonté politique nécessaire pour répondre aux légitimes revendications des citoyens, dont l'exemple le plus notoire a été la présentation de l'Initiative Législative Populaire contre les expulsions approuvée par près d'un million et demi de personnes, refusée de manière catégorique par le gouvernement du Parti Populaire.  

 

Comme toujours, et avec plus de détermination que jamais, le deuxième anniversaire du mouvement du 15 mai sera une célébration dans laquelle le seul drapeau sera l'espace commun de lutte que les citoyens construisent pour leur défense, réaffirmant le front contre les manipulations intéressées ou partisanes, le caractère inclusif, apartidaire et asyndical du mouvement, comme une valeur nécessaire contre ce système corrompu et individualiste, pour le changement intégral, commençant un nouveau processus constitutionnel entre tous.

 

Ce printemps global, soutenu par des actions contre le génocide financier et les politiques de la troïka dans de nombreux pays voisins tels que le Portugal, l'Italie, la Slovénie, l'Autriche, la France, Chypre, la Grande Bretagne et la Grèce, sera le début d'un processus de lutte pour un automne européen, de lutte et de mobilisation, conduisant définitivement ce système corrompu à sa fin.

 

Vous trouverez ci dessous les événements et les actions appelées en ce moment pour Dimanche 12 Mai 2013, avec une carte des nouveaux appels qui peuvent survenir.

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:46

 

http://les.nuits.rouges.free.fr/spip.php?article23

 

Ni parlement ni syndicats

Les conseils ouvriers

Les communistes de gauche dans la révolution allemande (1918-1922)

Par Otto Rühle

Initialement, l’article ci dessous, paru dans « Die Aktion » du 17 avril 1920, s’intitulait « Un nouveau parti communiste ». Mais nous conservons ce titre devenu classique. A cette date, Otto Rühle appartient encore au KAPD, mais exprime pleinement le point de vue de l’organisation unitaire : la distinction entre parti et union est pour lui devenue aussi caduque que celle existant entre parti et syndicat. Séparer (pour les relier ensuite, quelle qu’en soit la formule) les plans « politique » et « économico social » signifie que l’on ne dépasse pas le capitalisme.

Il développera cette thèse l’année suivante dans les problèmes fondamentaux de l’organisation.

L’analyse de Rühle ne prend son sens que dans une situation historique que les kapédistes, qu’ils soient pro ou anti parti, interprétaient comme pré révolutionnaire. Le feu s’en fait sentir jusque dans le style, paragraphes courts, parfois réduits à une phrase, parfois à quelques mots, phrases rapides, mots-cris, qui révèlent presque un dédain de trop démontrer. L’action coupe le souffle, l’article devient texte d’affiche, comme si auteur et lecteur, sûrs des urgences de l’histoire, dans la rue bientôt ne feront qu’un. La révolution n’est pas advenue.

Pannekoek semble avoir été l’un des rares à n’avoir pas cru le capitalisme au bout du rouleau. Cependant, l’avenir prédit par Rühle au PC allemand, parti « au sens traditionnel », s’est vu tristement confirmé : pression sur l’Etat pour la reprise des relations diplomatiques avec la Russie, « gouvernements ouvriers » de Saxe et de Thuringe (1923), en fait coalitions gouvernementales appuyées sur une majorité parlementaire composée de partis ouvriers, avant d’aboutir à la rivalité avec les nazis pour savoir qui était le plus fidèle à la nation. Rühle ne se trompait pas non plus en traitant les syndicats allemands, avec leurs sept millions de membres, de « colosses aux pieds d’argile ».

La révolution n’est pas une affaire de parti (1920) 

Le parlementarisme apparut avec la domination de la bourgeoisie. Avec les parlements apparurent les partis politiques. L’époque bourgeoise trouva dans les parlements l’arène historique de ses premiers démêlés avec la couronne et la noblesse. Elle s’organisa politiquement et donna à la législation une forme correspondant aux besoins du capitalisme.

Mais le capitalisme n’est pas quelque chose d’homogène. Les diverses couches et les divers groupes d’intérêts à l’intérieur de la bourgeoisie firent valoir chacun leurs revendications de nature différente. C’est pour faire aboutir ces revendications que naquirent les partis qui envoyaient leurs représentants et leurs acteurs aux parlements. Aussi le parlement se transforma-t-il en un forum, lieu de toutes les luttes pour le pouvoir économique et politique, pour le pouvoir législatif d’abord, mais ensuite également, dans le cadre du système parlementaire, pour le pouvoir gouvernemental. Mais les luttes parlementaires, comme les luttes entre les partis, ne sont que des combats de mots. Programmes, polémiques journalistiques, tracts, rapports, résolutions, discours parlementaires, décisions, rien que des mots. Le parlement dégénéra en salon à bavardages (de plus en plus au fur et à mesure que le temps passait), mais dès le premier jour les partis n’étaient que de simples machines à préparer les élections. Ce n’est pas par hasard s’ils s’appelaient à l’origine « unions électorales ».

Bourgeoisie, parlementarisme, partis politiques se conditionnent mutuellement, réciproquement. L’un est nécessaire à l’autre. Aucun n’est concevable sans l’autre. Ils marquent la physionomie politique du système bourgeois, de l’époque capitaliste-bourgeoise.

La révolution de 1848 fut arrêtée dès le départ.

Mais l’idéal de l’ère bourgeoise, la république démocratique, fut érigé.

La bourgeoisie, impuissante et lâche par nature, ne fournit aucune force, ne montra aucune volonté de réaliser cet idéal dans la lutte. Elle baissa pavillon devant la couronne et la noblesse, se contenta du droit d’exploiter économiquement les masses et réduisit le parlementarisme à une parodie. Il en résulta alors pour la classe ouvrière le devoir d’envoyer des représentants au parlement. Ceux-ci reprirent les revendications démocratiques des mains perfides de la bourgeoisie. Ils en firent une propagande énergique. Ils tentèrent de les inscrire dans la législation. La social-démocratie se donna dans ce but un programme démocratique minimum. Un programme de revendications actuelles et pratiques, adaptées à l’époque bourgeoise. Son action au parlement était dominée par ce programme. Dominée par le souci d’obtenir pour la classe ouvrière elle aussi, et pour son activité politique, les avantages d’un champ de manœuvre légal, en construisant et en parachevant la démocratie formelle bourgeoise libérale. Lorsque Wilhelm Liebknecht proposa l’absentéisme, il s’agissait d’une méconnaissance de la situation historique. Si la social-démocratie voulait être efficace comme parti politique, elle devait entrer au parlement. Il n’y avait aucune autre possibilité d’agir et de se faire valoir politiquement. Lorsque les syndicalistes se détournèrent du parlementarisme et prêchèrent l’anti parlementarisme, cela faisait honneur à leur appréciation sur la vanité et la corruption croissante de la pratique parlementaire. Mais, en pratique, ils exigeaient de la social-démocratie quelque chose d’impossible. Ils exigeaient que l’on prenne une décision allant à l’encontre de la nécessité historique, que la social-démocratie renonce à elle-même. Celle-ci ne pouvait pas adopter ce point de vue. Elle devait aller au parlement car elle était un parti politique.

Le KPD lui aussi est devenu un parti politique. Un parti dans le sens historique, comme les partis bourgeois, comme le SPD et l’USPD.

Les chefs ont la parole en premier. Ils parlent, promettent, séduisent, commandent. Les masses, quand elles sont là, se trouvent devant le fait accompli. Elles ont à se mettre en rang, à marcher au pas. Elles ont à croire, à se taire, à payer. Elles ont à recevoir les ordres et les instructions et à les exécuter. Et elles ont à voter !

Leurs chefs veulent entrer au parlement. Ils sont donc à élire. Après quoi, les masses s’en tenant à une soumission muette et à une passivité dévote, ce sont les chefs qui font de la haute politique au parlement.

Le KPD lui aussi est devenu un parti politique. Le KPD lui aussi veut aller au parlement. La centrale du KPD ment lorsqu’elle dit aux masses qu’elle ne veut entrer au parlement que pour le détruire. Elle ment lorsqu’elle certifie qu’elle ne veut accomplir au parlement aucun travail positif. Elle ne détruira pas le parlement, elle ne le veut pas, elle ne le peut pas. Elle fera un « travail positif » au parlement, elle y est contrainte, et elle le veut. Elle en vit. Le KPD est devenu un parti parlementaire comme les autres partis. Un parti du compromis, de l’opportunisme, de la critique et de la joute oratoire. Un parti qui a cessé d’être révolutionnaire.

Regardez-le ! Il revient au parlement. Il reconnaît les syndicats. Il s’incline devant la constitution démocratique. Il fait la paix avec le pouvoir régnant. Il se place sur le terrain des rapports de force réels. Il prend part à l’œuvre de restauration nationale et capitaliste. Qu’est ce qui le différencie de l’USPD ? Il critique au lieu de nier. Il fait de l’opposition au lieu de faire la révolution. Il marchande au lieu d’agir. Il bavarde au lieu de lutter. C’est pourquoi il cesse d’être une organisation révolutionnaire. Il devient un parti social-démocrate. Il ne se distingue des Scheidemann et des Daümig que par des nuances. C’est l’avatar de l’USPD. Il deviendra bientôt un parti de gouvernement, avec celui de Scheidemann et celui de Daümig. Et ce sera sa fin !

Il reste une consolation aux masses : il y a toujours une opposition ! Cette opposition refuse tout accommodement avec le camp de la contre-révolution. Que pouvait-elle faire ? Qu’a-t-elle fait ? Elle s’est rassemblée et s’est unie en une organisation politique. Cela était-il nécessaire ?

Les éléments les plus mûrs politiquement, les plus décidés et les plus actifs d’un point de vue révolutionnaire ont le devoir de former la phalange de la révolution. Ils ne pouvaient accomplir ce devoir que sous forme de phalange, c’est-à-dire de formation fermée. Ils sont l’élite du prolétariat révolutionnaire. Par le caractère fermé de leur organisation, ils gagnent en force et acquièrent une profondeur de jugement toujours plus grande. Ils se manifestent en tant qu’avant-garde du prolétariat, comme volonté d’action vis-à-vis des individus hésitants et confus. Au moment décisif, ils forment le centre magnétique de toute activité. Ils sont une organisation politique.

Mais pas un parti politique. Pas un parti au sens traditionnel.

Le sigle de parti communiste ouvrier (KAPD) est le dernier vestige extérieur, bientôt superflu, d’une tradition qu’un simple coup d’éponge ne suffit pas malheureusement à effacer d’une idéologie politique de masse, hier encore vivante, mais aujourd’hui dépassée. Mais ce vestige lui aussi sera effacé.

L’organisation des premières lignes communistes de la révolution ne doit pas être un parti habituel, sous peine de mort, sous peine de reproduire le sort qui échoit au KPD. L’époque des fondations de partis est passée, parce qu’est passée l’époque des partis politiques en général. Le KPD est le dernier parti. Sa banqueroute est la plus honteuse, sa fin est la plus dépourvue de dignité et de gloire. Mais qu’advient-il de l’opposition ? Qu’advient-il de la révolution ? La révolution n’est pas une affaire de parti. Les trois partis sociaux-démocrates ont la folie de considérer la révolution comme leur propre affaire de parti et de proclamer la victoire de la révolution comme leur but de parti. La révolution est l’affaire politique et économique de la totalité de la classe prolétarienne.

Seul le prolétariat en tant que classe peut mener la révolution à la victoire. Tout le reste est superstition, démagogie, charlatanerie politique. Ce dont il s’agit, c’est de concevoir le prolétariat comme classe et de déclencher son activité pour la lutte révolutionnaire. Sur la base la plus large, dans le cadre le plus vaste. C’est pourquoi tous les prolétaires prêts au combat révolutionnaire, sans se soucier de la provenance ni de la base sur laquelle ils se recrutent, doivent être rassemblés dans les ateliers et les entreprises en organisations révolutionnaires d’entreprises, et être réunis dans le cadre de l’union générale ouvrière (AAUD). L’union générale ouvrière, ce n’est pas « n’importe qui », ce n’est pas une salade, ni une formation fortuite. C’est le regroupement de tous les éléments prolétariens prêts à une activité révolutionnaire, qui se déclarent pour la lutte de classe, pour le système des conseils et pour la dictature. C’est l’armée révolutionnaire du prolétariat. Cette union générale ouvrière prend racine dans les entreprises, et s’édifie d’après les branches d’industries, de bas en haut, fédérativement à la base et organisée au sommet par le système des hommes de confiance révolutionnaires. Elle pousse du bas vers le haut, à partir des masses ouvrières.

Elle s’élève en conformité avec elles : c’est la chair et le sang du prolétariat ; la force qui la pousse, c’est l’action des masses ; son âme, c’est le souffle brûlant de la révolution. Elle n’est pas une création de chefs. Ce n’est pas une construction subtilement agencée. Pas un parti politique avec bavardage parlementaire et bonzes payés. Pas non plus un syndicat. C’est le prolétariat révolutionnaire.

Que va donc faire le KAPD ? Il créera des organisations révolutionnaires d’entreprise. Il propagera l’union générale ouvrière. Favorisant les relations d’entreprises à entreprises, de branches industrielles à branches industrielles, il formera les cadres des masses révolutionnaires. Il les formera pour l’assaut, il les raffermira et leur donnera des forces pour le combat décisif, jusqu’à ce que toute résistance de la part du capitalisme en train de s’écrouler puisse être vaincue. Il insufflera aux masses combattantes la confiance en leur propre force, garantie de toute victoire dans la mesure où cette confiance les libérera des chefs ambitieux et traîtres. Et à partir de l’union générale ouvrière, enracinée dans les entreprises, s’étendant sur les régions économiques, et finalement sur tout le pays, se cristallisera le mouvement communiste. Le nouveau « parti » communiste, qui n’est plus un parti. Mais qui est, pour la première fois, communiste ! Cœur et tête de la révolution !

Représentons-nous le processus de manière concrète. Il y a deux cent hommes dans une entreprise. Une partie d’entre eux appartiennent à l’AAUD et fait de la propagande pour elle, tout d’abord sans succès. Mais le premier combat, dans lequel les syndicats, naturellement, flanchent, rompt les anciens liens. Bientôt, cent hommes sont passés à l’union. Il y a parmi eux vingt communistes, le reste étant composé de gens de l’USPD, de syndicalistes et d’inorganisés. Au début, l’USPD inspire la plus grande confiance. Sa politique domine la tactique des combats qui sont menés dans l’entreprise.

 Cependant, lentement mais sûrement, la politique de l’USPD s’avère fausse, non révolutionnaire. La confiance que les travailleurs ont pour l’USPD s’atténue. La politique des communistes s’affirme. Les vingt communistes deviennent cinquante, puis cent et plus, bientôt le groupe communiste domine politiquement la totalité de l’entreprise, détermine la tactique de l’union, domine dans les combats pour le but révolutionnaire. Il en est ainsi en petit comme en grand. La politique communiste s’implante d’entreprise à entreprise, de région économique à région économique. Elle se réalise, gagne le commandement, devient le corps, la tête et l’idée directrice.

C’est à partir des cellules des groupes communistes dans les entreprises, à partir des secteurs de masse communistes dans les régions économiques que se constitue, dans l’édification du système des conseils, le nouveau mouvement communiste. Donc : une « révolutionnarisation » des syndicats, une « restructuration » ? Et combien de temps durera ce processus ? Des années ? Des dizaines d’années ? Jusqu’à 1926 par hasard ? En aucun cas. Le but ne saurait être de démolir d’anéantir le colosse d’argile des centrales syndicales avec leurs sept millions de membres, pour les reconstruire après sous une autre forme. Le but, c’est de s’emparer des leviers de commande dans les entreprises prépondérantes pour l’industrie, pour le processus de production social, et par là d’emporter la décision dans le combat révolutionnaire. De s’emparer du levier qui peut mettre en l’air le capitalisme dans des branches et des régions industrielles entières. C’est là que la disponibilité résolue à l’action d’une organisation unique peut, le cas échéant, l’emporter en efficacité sur toute une grève générale. C’est là que le David de l’entreprise abat le Goliath de la bureaucratie syndicale.

Le KPD a cessé d’être l’incarnation du mouvement communiste en Allemagne. Il a beau se réclamer bruyamment de Marx, de Lénine, de Radek ! Il ne forme que le dernier membre du front unique de la contre-révolution. Bientôt il se présentera en bonne entente avec le SPD et l’USPD, dans le cadre d’un front unique pour un gouvernement ouvrier « purement socialiste ». Son assurance d’une « opposition loyale » envers les partis meurtriers qui ont trahi les ouvriers en est une étape. Renoncer à exterminer de façon révolutionnaire les Ebert et les Kautsky (voir Die Rote Fahne du 21 mars 1920), c’est déjà s’allier tacitement avec eux.

Ebert Kautsky Levi. Le dernier stade du capitalisme sur sa fin. Le dernier « secours politique » de la bourgeoisie allemande. La fin. La fin des partis eux aussi, de la politique de parti, de la supercherie des partis, de la trahison des partis. C’est le nouveau début du mouvement communiste. Le parti communiste ouvrier. Les organisations d’entreprise révolutionnaires, regroupées dans l’union générale ouvrière. Les conseils révolutionnaires. Le congrès des conseils révolutionnaires. Le gouvernement des conseils révolutionnaires. La dictature communiste des conseils.

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:09

 

http://www.elwatan.com/actualite/bouteflika-est-il-lache-par-les-siens-09-05-2013-213071_109.php

 

Le silence troublant de la « famille révolutionnaire » du FLN et du RND

Bouteflika est il lâché par les siens ?

 

Jeudi 9 Mai 2013

 

Que se passe t il au sein de la « famille révolutionnaire », des partis présidentiels, du moins ceux qui s’en réclament encore : le Front de Libération Nationale (FLN) et le Rassemblement National Démocratique (RND), du mouvement associatif et des personnalités qui ont prêté allégeance à Bouteflika pour faire subitement les morts s’agissant de l’information sur la santé du président ?

 

En d’autres temps, tous ces supporters, réagissant au quart de tour, n’hésitent pas à rivaliser de zèle et à surenchérir en déclarations et manifestations de soutien pour tout ce qui émane de la Présidence et touche à la personne du président. Ce fut le cas notamment en 2005, lorsque le président Bouteflika avait eu ses premiers ennuis de santé ayant nécessité son transfert à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce. Personne ne manquait à l’appel. Les rédactions étaient inondées de messages de soutien et de vœux de prompt rétablissement à Bouteflika tout au long de son hospitalisation et à la suite de sa sortie de l’hôpital. L’ENTV ne manquait pas de répercuter quotidiennement avec, à l’appui, des images et du son des citoyens et des personnalités de tous bords exprimant leur préoccupation et leur joie de voir le président Bouteflika rétabli et regagner le pays.

 

Cette fois-ci, il y a comme de la friture dans la ligne, une entente tacite, une instruction partie de quelque part pour s’abstenir d’aborder de quelque façon que ce soit le sujet.

 

Pas même en le prenant sous l’angle du rituel message de vœux de prompt rétablissement qui fait partie de notre culture ; une manière toute orientale de se réconcilier devant l’adversité même entre pires ennemis. Ceci dans l’absolu. Car en politique, il n’y a pas de déclaration, de geste, voire jusqu’au frémissement et au silence qui ne soient pas connotés et décryptés dans un sens ou un autre. Ne rien dire, c’est aussi une façon très diplomatique de communiquer. Un procédé subtil qui trahit un embarras à se positionner sur un sujet aussi sensible que la maladie du président, que l’on gère dans son entourage restreint avec soin, comme on manipulerait de la dynamite.

 

L’absence de déclaration frisant la censure consciente et préméditée de tous les porte-voix de Bouteflika ne peut pas, à l’évidence, s’expliquer uniquement par une supposée attitude morale invitant à la retenue et à la décence face à la maladie d’autrui. Face à l’épreuve qu’il traverse, Bouteflika apparaît, dans une première lecture, comme un homme seul, ne comptant que sur l’entourage familial et la fratrie pour doper le moral et surmonter ses ennuis de santé. Tout indique, d’ailleurs, que c’est sur le levier familial qu’il s’appuie pour gérer scrupuleusement la communication sur sa santé, objet de vives spéculations dans les médias et au sein de l’opinion publique.

 

La maladie du président, qui est passée à la suite de son AVC à une phase nouvelle et sensible, laisse penser que ce fait imprévu qui ne manquera pas inévitablement d’être porté et souligné en gras au bas de son CV a donné lieu à des repositionnements ou, à tout le moins, à une attitude de wait and see dans les sphères et la clientèle du pouvoir par rapport à la donne Bouteflika et à son avenir politique. Cette prudence de la classe politique proche de Bouteflika à se déterminer face à la nouvelle équation politique posée par sa maladie illustre parfaitement le statu quo, l’absence totale de visibilité et le coma politique dans lequel est plongé le pays. La santé de Bouteflika, désormais encore plus fragile qu’elle ne l’était auparavant, a brouillé toutes les cartes qui doivent être redistribuées dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

 

Ne rien dire, ne rien faire ni dans un sens ni dans un autre, tel semble être le credo du moment des soutiens traditionnels de Bouteflika, qui attendent des signaux plus clairs pour sortir du bois. Bien que certains analystes soient formels pour dire que même si cliniquement le président se tire d’affaire, politiquement en revanche, il est déjà mort et enterré.

 

Omar Berbiche

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 15:35

 

J’y suis, j’y reste.

 

Ce texte n’est pas une justification. Pas même une mise au point.

 

C’est juste la réaffirmation tranquille de mon espérance de construire un grand mouvement de l’écologie politique ouvert à la société civile. C’est la promesse initiale d’Europe Ecologie Les Verts.  C’est le sens de mon action depuis que j’ai contribué, avec d’autres, à sa fondation.

 

L’heure est pourtant venue de tirer un premier bilan. Après avoir rencontré le succès aux européennes et aux régionales, après avoir su mobiliser et attirer des électeurs et des militants désireux de construire une force politique capable de bousculer les appareils traditionnels, EELV marque le pas, comme en panne d’inspiration, comme si le souffle et l’esprit de renouveau des débuts avaient disparu.

 

Pascal Durand ne disait pas autre chose en prenant ses fonctions de secrétaire national.

 

A en croire ce que disent nombre de membres ou de sympathisantes et sympathisants, notre mouvement ne va pas bien. Il est aujourd’hui faible en adhérent,  et je crains qu’il ne soit demain, faible en influence, si la sclérose l’emporte sur l’envie de faire mouvement.

 

C’est à cette aune, qu’il faut comprendre mon action politique récente. Je refuse que notre mouvement se normalise et se dissolve dans la participation gouvernementale. Nous ne devons pas renoncer à marcher sur nos deux jambes : l’écologie est une force de proposition qui s’appuie sur un esprit de résistance. C’est cette double identité que j’entends faire vivre. Ces dernières semaines, ma prise de position en faveur de la participation à la manifestation du 5 mai a fait débat. J’ai même vu avec étonnement surgir la menace d’ouvrir le débat sur ma campagne présidentielle.

 

J’y suis prête.

 

Ma campagne présidentielle n’a pas été réussie. Cet échec a plusieurs causes.

 

En premier lieu,  les failles de la candidate. Mon impréparation, mon inexpérience, le fait de ne disposer d’aucune garde rapproché avant la campagne, ma naïveté, ma faible connaissance du jeu médiatique ont incontestablement pesé lourd. Mon équation personnelle ne faisait peut être pas de moi la meilleure candidate.  

 

Pire, nous n’avons pas su faire de notre primaire le point de départ d’une dynamique de rassemblement. Au contraire notre élection primaire est devenue une machine à perdre. Avec le recul, il me reste dans la bouche un goût de cendres, et la désagréable sensation que Nicolas Hulot et moi-même avons été instrumentalisés pour des jeux internes. Bien sur, nombre de nos partisans respectifs étaient sincères et enthousiastes. Mais les promoteurs de nos candidatures n’avaient pas tous en tête le bien de l’écologie politique, Certains développaient bel et bien des stratégies visant uniquement à empêcher tel ou telle de nous représenter à la présidentielle. Une fois l’élection primaire passée, ma victoire surprise ayant troublé le jeu, la campagne n’était manifestement plus la priorité.

 

La meilleure solution aurait été, au lendemain de l’élection primaire, de mettre en place un ticket présidentiel Hulot Joly pour porter l’idée de la priorité donnée à la transition écologique et à la république exemplaire.

 

En faisant campagne ensemble, nous aurions été dans la continuité de la dynamique des élections européennes et des régionales

 

Hélas, le dépassement des égos n’a pas été possible. Je le regrette amèrement. J’y ai ma part de responsabilité, mais ne laisserait personne dire que j’en suis seule responsable.

 

L’autre raison de mon faible score que je voudrais évoquer, n’est pas la moindre, même si elle peut sembler dérisoire : la multiplication des attaques, chausse trappe, pièges et défections venus de nos rangs a entamé le crédit de ma candidature.

 

Ce n’est pas une question de courant : des hommes et des femmes de toutes les sensibilités se sont engagés dans la campagne, y compris des hulotistes de l’élection primaire. Je les en remercie. Mais les mauvais coups sont eux aussi venus de partout. C’est une question de culture : nous ne savons pas nous mettre autour d’une table pour déterminer ensemble ou est notre intérêt commun. Les snipers n’ont pas seulement plombé ma campagne, ils ont manqué de respect à ces milliers de militants et sympathisants qui, eux, sur le terrain, se sont mobilisés sans compter, par conviction et par loyauté.

 

Aucune dynamique n’est possible quand on devient le punching-ball de sa propre famille. Le récit de ma campagne n’a donc jamais été celui d’une candidature de conquête, mais bien celui d’un long calvaire ou une seule question était posée : « va t’elle tenir ?»  J’ai tenu, mais cette campagne s’est vite avérée être une mission impossible.

 

Enfin, l’échec de la présidentielle à une cause plus fondamentale encore, d’ordre politique : la difficulté de mener campagne en même temps qu’on négocie un accord avec le parti socialiste, et d’autant plus dans un contexte où la question principale était le rejet du sarkozysme plus que la confrontation de projets de société. Je ne tire aucune amertume du choix qui a été fait : il nous a permis d’avoir un groupe à l’assemblée et deux ministres. Je crois que l’écologie politique s’en trouve renforcée dans les institutions. Mais reconnaissons quand même que notre image de force politique différente a été écornée et que nous sommes affaiblis dans la société pour quelques temps.

 

C’est ce point qui m’agite. Comment renouer avec la société ?  Quand la colère et la déception monte dans le pays, il me semble difficile de se tenir à l’écart de la protestation et de la demande d’un changement de cap. Pourquoi ce que disent de plus en plus l’ensemble de nos dirigeants sur la politique conduite par l’actuel gouvernement ne pourrait être porté sur la place publique ?

 

Je crois à la complémentarité des discours. Nos ministres, se battent au gouvernement, pour faire exister dans le secteur qui leur a été confié, une approche écologiste, et pour avoir un bilan ministériel digne de ce nom à présenter. Nous devons donc les soutenir sans réserve. Mais comment peuvent ils avoir des marges de manœuvre si nous mêmes, nous appliquons, ce que personne  ne nous demande, la même discipline que celle à laquelle ils sont soumis ? Notre solidarité ne peut pas s’exercer par l’auto censure. Je pense au contraire qu’en parlant clairement, et en disant les positions qui sont les nôtres nous leur donnons l’occasion de témoigner de l’existence dans la société d’une demande d’une politique plus conforme à nos aspirations.

 

François Hollande est nécessairement sensible aux rapports de force.

 

L’oublier, c’est tout faire reposer sur le seul jeu institutionnel. Moi je crois à la société mobilisée. Sans les citoyens, nous serons impuissants à faire triompher nos idées. Sur Notre Dame des Landes par exemple, c’est bien la dialectique entre un mouvement social radical et une présence d’écologistes dans les institutions de la république qui permet de continuer à bloquer ce funeste projet. 

 

Je peux comprendre qu’on affirme que manifester aux côtés de Mélenchon est une erreur. Je note au passage la grande sollicitude de ceux qui s’inquiètent hypocritement sur le mode « Eva va se faire bouffer par Mélenchon ». Qu’ils disent les choses plus clairement : « Eva est nulle » est le fond de leur pensée. La plupart sont d’ailleurs les mêmes qui relaient avec gourmandise les rumeurs sur mon prétendu départ sur une liste Front De Gauche. La manœuvre est simple : me discréditer aux yeux des militantes et des militants pour dénaturer le débat de fond que je veux ouvrir. On me dit même que certains ont déjà décidé de me le faire payer et de m’écarter pour les prochaines élections européennes si d’aventure je décidais de me représenter.

 

La messe est dite ?

 

Et bien justement non.

 

Je concède bien volontiers mon inexpérience politicienne et mon peu d’appétence pour les jeux internes. Mais ce qui se joue depuis le début de l’affaire Cahuzac est autre. Les françaises et les français sont écœurés par leur classe politique. La crise de confiance est à son paroxysme. Voilà pourquoi nous sommes sommés de répondre aux interrogations. Nous devons dire si nous considérons que c’est un accident de parcours ou si c’est le fruit d’un système. Il se trouve que depuis vingt ans je dis que c’est un système d’irresponsabilité et de soumission au pouvoir de l’argent qu’il faut combattre.

 

Et quand les faits me donnent raison, nous donnent raison, je devrais me taire ?

 

Ce n’est pas Eva Joly qui fait du Mélenchon, mais c’est bien Mélenchon qui dit ce que je dis depuis toujours sur la corruption et les affaires. Mélenchon a parlé de coup de balai, choquant les oreilles sensibles ?

 

La belle affaire ! La vérité, c’est qu’il est en deçà de la réalité : un karcher ne suffirait pas à décrasser le système actuel. Il faut un changement radical. Voilà ce que veut dire pour moi la sixième république.

 

C’est sur cette base que j’ai un temps discuté avec François Bayrou, ce qu’on me reproche aujourd’hui, en disant « elle passe de Bayrou à Mélenchon. » C’est faux.

 

Avec constance je plaide depuis longtemps pour la république exemplaire. C’est un combat fondateur de mon engagement en politique. Mais ces dernières années, au passage, mes yeux se sont ouverts sur la question sociale, sur l’idiotie des politiques d’austérité, sur les manques cruels de la construction européenne. Mon parcours a enrichi ma vision du monde et des moyens de le transformer. Je suis devenue une militante écologiste qui se bat pour faire émerger une autre voie au sein des forces progressistes. Ne pas laisser le monopole de la rue au Front De Gauche, c’était pour moi ne pas leur abandonner le terrain de la critique démocratique et sociale.

 

Personne n’a réfuté sur le fond cette volonté. On a juste brandi des arguments disciplinaires dont j’aurais aimé qu’on les utilise à l’égard de la noble cohorte des tireurs dans le dos, pour calmer les attaques fratricides pendant ma campagne  Indiscipline ? On ne trouvera aucune déclaration publique de ma part attaquant l’un ou l’autre de nos responsables. J’aurais aimé que la réciproque soit vraie.

 

Celles et ceux qui nous enjoignent de nous taire ne nous disent pas par ailleurs quelle est leur stratégie. J’ai seulement entendu notre secrétaire national esquisser la possibilité d’un bloc majoritaire allant du MODEM au front de gauche dans une interview au Journal Du Dimanche.

 

Cette position ne me semble pas juste au regard de la séquence politique que nous vivons. Elle n’est pas scandaleuse, mais erronée. Je rappelle d’ailleurs qu’une telle hypothèse, émise lors de ma campagne a été balayée par Bayrou comme par Mélenchon. Il faut donc choisir.

 

Alors disons les choses clairement : je plaide pour une majorité rouge rose verte ouverte à la société civile, pour bâtir une coalition de l’arc en ciel. A l’heure où François Hollande parle de remaniement, nous devrions adosser notre demande de changement de cap à une demande de rééquilibrage gouvernemental. Cécile Duflot, qui a fait ses preuves comme excellente ministre doit monter en grade et en influence pour renforcer le poids des écologistes, la coalition doit s’élargir au front de gauche pour répondre à la demande sociale, des ministres de la société civile doivent permettre au gouvernement de retrouver le chemin du peuple en intégrant des luttes symboliques de la société mobilisée et du changement.

 

Voila la ligne que je pense être juste. Elle ne me conduit pas à intégrer le Front De Gauche, mais à dialoguer avec lui. Nous avons en effet des divergences profondes avec les communistes, comme avec le Parti de Gauche. Mais si nous sommes capables de gouverner avec les socialistes, nous devons au moins être capable de déterminer des luttes communes avec le Front De Gauche, et au delà avec la société civile, pour peser sur les politiques menées. La soumission à l’agenda politique du Parti Socialiste ne peut pas être une ligne de conduite.

 

Ce débat ne fait que commencer.

 

Puisqu’on me fait reproche de ne pas assez participer à la vie de notre mouvement, je vais davantage m’y impliquer et je continuerai à faire vivre le débat engagé. Je prendrai mes responsabilités, notamment en soutenant une motion lors du congrès à venir. L’enjeu de ce congrès ne peut pas être de monter une opération anti Durand ou anti Duflot : nous devons par contre avoir un vrai débat politique sur la stratégie à mener pour retrouver la société. Parce que l’avenir de notre mouvement est déterminant pour l’avenir de notre pays.

 

J’ai peu d’ambition pour moi, beaucoup pour nous et plus encore pour les jeunes générations de l’écologie qui doivent prendre la relève.

 

Europe Ecologie Les Verts ? J’y suis, j’y reste.

 

Fidèlement, 

 

Eva Joly

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 14:57

 

La Turquie impute l’attentat de samedi à des partisans d’Assad

 

REYHANLI, Turquie (Reuters) - Le gouvernement turc a imputé dimanche le double attentat à la voiture piégée qui a fait quarante six morts la veille près de la frontière syrienne à des éléments fidèles au régime de Bachar al Assad et a invité la communauté internationale à agir contre son régime.

 

Neuf suspects, tous de nationalité turque, ont été arrêtés, a annoncé le vice-premier ministre turc Besir Atalay, ajoutant que le cerveau présumé était du nombre. Selon son collègue de l'Intérieur, Muammer Guler, l'attentat a été commis par un groupe connu des autorités qui entretient des liens avec les Moukhabarat, les services secrets syriens.

 

Le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu a quant à lui indiqué que les auteurs de l'attentat de Reyhanli, ville de la province de Hatay où se trouvent de nombreux réfugiés syriens, étaient également responsables de celui de qui a fait soixante deux morts il y a une semaine à Banias, sur la côte syrienne.

 

« Cet attentat n'a rien à voir avec les réfugiés syriens présents en Turquie, il a tout à voir avec le régime syrien », a-t-il assuré à la chaîne de télévision turque TRT.

 

« Nous devons être attentifs aux provocations ethniques en Turquie et au Liban après le massacre de Banias », a poursuivi le ministre, qui a en outre jugé le moment venu pour la communauté internationale d'intervenir pour éviter un débordement du conflit syrien.

 

Omran Zoubi, ministre syrien de l'information, a nié toute implication de Damas dans l'attentat de Reyhanli et l'a jugé de la responsabilité d'Ankara, qui a selon lui pris le parti d'activistes liés à al Qaïda.

 

« La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte, parce que nos valeurs ne le permettent pas. Nul n'a le droit de lancer des accusations sans fondement », s'est-il indigné, selon les propos rapportés par la presse officielle.

 

« TOUT LE MONDE A PEUR ICI » 

 

Banias est une enclave sunnite en pays alaouite, minorité issue de l'islam chiite à laquelle appartiennent Bachar al Assad et la plupart des caciques du régime syrien.

 

Côté turc, Reyhanli est devenu une base logistique des insurgés syriens et les milliers de réfugiés qui s'y trouvent sont majoritairement sunnites.

 

L'attentat a été commis alors que les Etats-Unis et la Russie semblaient avoir décidé de mettre leurs divergences sur le conflit syrien de côté.

 

En visite à Moscou, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait déclaré mardi en présence de son homologue russe Sergueï Lavrov, qu'une conférence internationale avec des représentants de Bachar al Assad et de l'opposition pourrait avoir lieu avant la fin du mois.

 

Samedi, un membre de l'administration russe a toutefois jugé le délai trop court et a fait état de divergences sur les délégués à inviter.

 

Le drame de samedi vient en outre souligner la charge que les réfugiés syriens font peser sur les pays voisins, aussi bien sur le plan économique que sur celui de la sécurité. La Turquie en accueille trois cent mille à elle seule.

 

L'attentat a été suivi des mouvements de protestation à Reyhanli, dont certains tiennent les réfugiés pour responsables du débordement de la guerre civile. Des manifestants ont brisé les vitres de voitures immatriculées en Syrie. D'autres s'en sont pris à la politique étrangère d'Ankara.

 

« C'est la politique de Tayyip Erdogan (le premier ministre) qui en est responsable. La Turquie n'aurait jamais dû s'impliquer dans ce pétrin. Nous avons neuf cent kilomètres de frontière avec la Syrie. Ils vont et ils viennent comme ils l'entendent.Tout le monde a peur ici », a déploré un enseignant de la ville.

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 16:43

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/05/09/une-mousse-blanche-leur-coulait-du-nez-et-de-la-bouche_901900

 

« Une mousse blanche leur coulait du nez et de la bouche »

 

Jeudi 9 Mai 2013

 

« Libération » a rencontré des victimes d’un bombardement dans la ville d’Alep, ainsi que des médecins à Afrin. Les symptômes décrits sont compatibles avec une attaque au gaz sarin.

 

Par Luc Mathieu, envoyé spécial de Libération à Alep et à Afrin

 

Yasser Yunis n’a pas vu mourir sa femme et ses deux fils. Il a juste entendu Sadiq, dix huit mois, suffoquer, incapable de respirer. Il a aussi aperçu sa femme à travers un nuage de fumée alors qu’elle tentait de s’enfuir avec Yahyah, cinq mois. « Elle titubait mais elle a réussi à sortir de la maison. Elle s’est écroulée juste après ». Chancelant, la vision brouillée, la gorge et le nez brûlants, Yasser Yunis a tenté de la rejoindre. Il n’a fait que quelques pas avant de tomber à son tour. « J’ai juste eu le temps de les voir, étendus dans la rue. J’ai rampé pour me rapprocher mais je me suis évanoui. Je ne me rappelle de rien d’autre jusqu’à mon réveil à l’hôpital ».

 

Que s’est-il passé le 13 avril peu après 3 heures du matin dans le quartier kurde de Cheikh Maqsoud, à Alep ? La maison de Yasser Yunis, un mécanicien arabe de 27 ans, a-t-elle été la cible d’une attaque à l’arme chimique ? Sa femme et ses deux fils ont-ils péri des suites d’une intoxication au gaz sarin ? Si oui, qui est responsable de cette attaque, qui a franchi la «ligne rouge» consistant à employer des armes chimiques en Syrie ? Le régime de Bachar al Assad, comme l’a sous-entendu Chuck Hagel, le secrétaire d’Etat américain à la défense ? Ou les rebelles, comme l’a affirmé lundi Carla Del Ponte, membre d’une commission d’enquête de l’ONU ?

 

Symptômes. Ces questions n’ont pas encore, et n’auront peut-être jamais, de réponses définitives. Mais les témoignages de victimes, de voisins accourus après l’explosion et de médecins qui les ont soignés fournissent des indices concordants, laissant penser que Yasser Yunis et sa famille ont bien été visés par une arme chimique. « Selon moi, cela ne fait aucun doute, il s’agit d’une attaque au gaz sarin. Les symptômes coïncident. Et plusieurs membres du personnel soignant on t également été contaminés alors qu’ils n’étaient pas sur le lieu de l’attaque. Cela n’arrive pas avec des armes conventionnelles », affirme Hassan Kawa, directeur de l’hôpital d’Afrin, où ont été traitées les victimes. Un chef de mission d’une ONG française, qui a envoyé une équipe à Afrin, est moins catégorique. « Les symptômes observés sur une vidéo sont compatibles avec une attaque au gaz sarin. Mais n’ayant pu examiner les corps, il est impossible de trancher ». Un expert français, contacté par « Libération », avoue lui aussi ne pas pouvoir émettre d’avis définitif. « Certains symptômes corroborent l’exposition à un agent neurotoxique tel le sarin, mais d’autres non. C’est d’autant plus difficile de trancher que des agents chimiques peuvent être combinés. Il est alors plus compliqué de les détecter et d’isoler les symptômes ».

 

Yasser Yunis, le mécanicien, n’a pas plus de réponse. « Le médecin qui m’a soigné m’a juste dit que c’était une attaque chimique, mais je ne sais pas quel produit a été utilisé », explique-t-il. En cette fin d’après-midi du premier mai, il revient de son travail, les mains noircies, le tee-shirt couvert de cambouis. Il habite toujours la même petite maison de plain-pied, au coin d’une ruelle au macadam troué de Cheikh Maqsoud. De l’attaque du 13 avril, il ne reste que des sacs de gravier qui se trouvaient sur le toit, où l’engin a explosé, et des bâches en plastique calcinées. « On a préféré y mettre le feu au cas où elles seraient contaminées. Sinon, on a tout lavé à grande eau. Il aurait mieux valu déménager, ou au moins acheter de nouveaux meubles, mais je n’ai pas les moyens » ajoute-t-il. Le jeune syrien semble méfiant, comme s’il craignait d’être repéré ou victime de représailles. Son quartier est resté à l’écart de la guerre jusqu’à la mi-mars, lorsque les Kurdes, majoritaires, ont décidé de se joindre à la rébellion contre le régime. Yasser Yunis ne combat pas avec eux, et n’a jamais participé aux défilés appelant à la chute de Bachar al-Assad.

 

Fumée. Le 13 avril, lorsqu’il est réveillé par une explosion vers 3 heures 30, il croit d’abord qu’un obus de char s’est abattu sur sa maison où dorment sa femme, ses deux fils et sa sœur. Il sort de sa chambre mais ne constate aucun dégât. « Je n’ai vu qu’une fumée blanche mêlée de poussière qui se déplaçait lentement ». L’air qu’il respire est sec, comme « tranchant ». Yasser Younis repart dans sa chambre et voit son fils d’un an et demi qui ne parvient plus à respirer. Il crie à sa femme de sortir, la voit prendre leur plus jeune fils dans ses bras, avancer de quelques mètres avant de laisser tomber l’enfant. Yasser Younis a juste le temps de dire à son frère d’aller aider leur sœur restée à l’intérieur, avant de sombrer dans l’inconscience.

 

« Je les ai vus tous les quatre, allongés ici », explique une voisine en pointant du doigt la rigole qui court au milieu de la chaussée. « Ils ne bougeaient plus et avaient comme de la mousse blanche qui leur coulait du nez et de la bouche ». Le frère de Yasser sort au même moment de la maison. Il n’y est resté que quelques minutes mais il ressent déjà des vertiges. Il s’évanouit.

 

« D’autres gens du quartier sont venus voir ce qui se passait. Certains avaient aussi des maux de tête et des étourdissements. Mon mari s’est senti mal, au bout de deux heures, il saignait du nez et a fini par s’évanouir. On a aussi retrouvé plusieurs cadavres de chats », poursuit la voisine. Sans attendre, des combattants kurdes emmènent les blessés à Afrin, à environ une heure de route. A proximité de la frontière turque, la ville est épargnée par les combats et fait figure de base pour le mouvement kurde syrien, proche du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc.

 

Tests. Les vingt victimes seront toutes traitées dans un hôpital de fortune, créé il y a cinq mois. Sur des vidéos tournées à leur arrivée, on voit Yasser, yeux ouverts et pupilles fixes, de la mousse blanche autour du nez et au-dessus de la bouche. Sa femme est immobile, intubée. Un autre se gratte frénétiquement la tête. « Plusieurs avaient également des mouvements incontrôlés des bras et des jambes. C’est un symptôme d’une exposition à un gaz neurotoxique. Nous leur avons fait des injections d’atropine », explique Hassan Kawa. Dans les heures qui suivent, plusieurs membres de l’équipe médicale d’Afrin, dont Hassan Kawa, seront victimes d’étourdissements.

 

Certains resteront inconscients plusieurs heures. « La seule solution pour confirmer qu’il s’agit bien d’une attaque chimique serait d’effectuer des tests. Mais nous n’avons pas les moyens de les faire ici, nous n’avions même pas d’antidote pour les victimes », poursuit Hassan Kawa. Le médecin dit avoir contacté plusieurs organisations internationales dans les jours qui ont suivi l’attaque. « Aucune n’a répondu. Seuls des représentants d’une organisation américaine sont venus et ont récupéré des échantillons. J’ignore ce qu’ont donné les analyses, ni même si elles ont été faites ». 

 

Devant sa maison de Cheikh Maqsoud, Yasser Yunis répète qu’il « ne comprend rien à ce qui s’est passé. Pourquoi nous viser ? Il n’y a ni rebelle ni ligne de front ici ». Sa voisine, assise sur une chaise en plastique devant une échoppe vide, lève les bras au ciel en expliquant que Yasser Yunis a simplement manqué de chance. « C’est tombé sur sa maison mais ça aurait pu tomber sur la mienne. A mon avis, c’était un avertissement, une tentative pour nous faire peur et nous pousser à partir. L’armée syrienne veut reprendre le quartier. Je ne serais pas surprise si elle lançait une autre attaque chimique. Mais, cette fois, elle sera massive, conçue pour nous tuer tous ».

 

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