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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 16:52

 

Les Etats Unis vont livrer des armes à l’opposition syrienne

 

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis, qui sont parvenus à la conclusion que les forces de Bachar al Assad avaient utilisé des armes chimiques, ont décidé d'armer les rebelles syriens.

 

La Maison Blanche, qui a seulement annoncé jeudi une « assistance militaire directe », n'a pas précisé si ce soutien impliquerait la fourniture d'armes létales, ce qui marquerait un changement de position de Barack Obama, réticent à armer les insurgés syriens.

 

Mais une source au fait du dossier a indiqué que les nouvelles dispositions prévoyaient bien l'envoi d'armes, Barack Obama estimant qu'une « ligne rouge » avait été franchie avec l'emploi d'agents chimiques dont du gaz sarin.

 

D'après le New York Times, qui cite des responsables américains, ces livraisons, qui seront coordonnées par la CIA, porteront sur des petites armes et des munitions. Mais l'envoi d'armes anti chars est également à l'étude. En revanche, la question d'armes anti aériennes n'est pas actuellement en considération, ajoute le New York Times.

 

« Le président avait clairement indiqué que l'usage d'armes chimiques ou le transfert d'armes chimiques à des groupes terroristes constituait une ligne rouge. Il avait dit que l'emploi d'armes chimiques changerait la donne, et c'est le cas », a expliqué à la presse Ben Rhodes, conseiller adjoint d'Obama à la sécurité nationale.

 

Cette décision intervient après d'intenses délibérations entre Obama et ses conseillers à la sécurité nationale et au moment où les pressions tant intérieures qu'étrangères se multipliaient en faveur d'un soutien des insurgés qui ont subi de graves revers récemment, notamment la chute de Koussaïr.

 

Reprise le 5 juin par les forces régulières syriennes appuyées par des combattants du Hezbollah libanais et par l'Iran, cette ville, située entre la frontière libanaise et Homs, était stratégique pour le réapprovisionnement des troupes insurgées.

 

Les villes d’Homs et d'Alep, plus au nord, semblent aujourd'hui dans le viseur des forces d'Assad.

 

RENCONTRE EN TURQUIE AVEC LE CHEF DE L'ASL

 

Plusieurs mois d'enquête ont été nécessaires avant que la Maison blanche acquiert la certitude que les troupes pro-Assad avaient effectivement employé des armes chimiques.

 

Cette escalade a « changé la donne » quant à la position que Washington entendait adopter à l'égard de ce conflit qui dure depuis mars 2011 et a fait plus de quatre vingt treize mille morts, selon le nouveau bilan établi par les Nations Unies.

 

« Au terme d'un examen mûrement réfléchi, nos services de renseignement ont évalué que le régime d'Assad avait utilisé contre les opposants des armes chimiques, y compris du gaz sarin, à petite échelle mais à de multiples reprises l'an dernier », a précisé Ben Rhodes.

 

« Nos services de renseignement estiment qu'entre cent et cent cinquante personnes ont été tuées par des attaques à l'arme chimique en Syrie à ce jour. Toutefois, le bilan est probablement incomplet », a-t-il ajouté.

 

Ces évaluations des services américains sont corroborées par celles de la Grande Bretagne qui a indiqué jeudi soir avoir des preuves croissantes démontrant que les forces gouvernementales syriennes ont fait usage et continuent de faire usage d'armes chimiques.

 

La France est elle aussi parvenue à la conclusion, au début du mois, que du gaz sarin a été utilisé en Syrie « à plusieurs reprises et de façon localisée ». Dans un cas au moins, « il ne fait aucun doute que c'est le régime et ses complices » qui ont utilisé ces armes chimiques, expliquait le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, le 4 juin.

 

La Grande Bretagne et la France ont obtenu, faute d'accord pour le prolonger, la levée de l'embargo de l'Union Européenne sur les armes à destination des rebelles. Paris et Londres seront libres, à compter du premier août et dans le respect du code de conduite européen, de livrer des armes à la rébellion syrienne.

 

Pour l'heure, ni les autorités françaises ni le gouvernement britannique n'ont annoncé qu'ils allaient armer directement les insurgés.

 

Mais responsables européens et américains rencontrent ce vendredi en Turquie le général Salim Idriss, transfuge de l'armée syrienne et commandant en chef de l'Armée Syrienne Libre (ASL), principale force combattante rebelle sur le terrain.

 

ARMES ANTI CHARS ET ZONE D'EXCLUSION AÉRIENNE

 

Les occidentaux estiment qu'un soutien aux troupes de Salim Idriss permettrait de faire contrepoids à l'influence croissante de groupes sunnites liés à al Qaïda qui ont rejoint l'insurrection, comme le Front al Nosra.

 

« Idriss a besoin d'argent, de munitions et d'armes pour asseoir son leadership et gagner en crédibilité au sein des combattants », soulignait cette semaine un diplomate.

 

Intervenant sur l'antenne de la chaîne de télévision al Arabia, George Sabra, qui assure l'intérim à la tête de la Coalition Nationale Syrienne (CNS), a réclamé « des armes anti char et des armes anti aériennes ».

 

« Nous espérons des résultats positifs et un soutien militaire véritable », a-t-il ajouté.

 

Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, indique lui que l'armée américaine recommanderait une zone d'exclusion aérienne d'environ quarante kilomètres qui serait assurée par les avions américains et alliés stationnés en Jordanie.

 

Il s'agirait d'une zone protégée des combats permettant d'abriter des réfugiés et d'entraîner des rebelles en territoire syrien, le long de la frontière jordanienne.

 

« Washington envisage une zone d'exclusion aérienne pour aider les opposants d'Assad », a confirmé un diplomate occidental en Turquie, ajoutant que cette initiative serait limitée « dans le temps et l'espace ». Elle serait définie au dessus du sud syrien, près de la frontière jordanienne, précisent deux autres diplomates.

 

« Les rebelles ont suffisamment d'armes légères, suffisamment d'AK 47. Mas les AK 47 ne sont pas franchement utiles face à des chars. Il leur faut des armes anti chars et des armes anti aériennes », a plaidé sur CNN le sénateur républicain John Mac Cain.

 

L'envoi de plusieurs milliers de combattants chiites du Hezbollah libanais aux côtés des troupes syriennes a modifié l'équilibre des forces sur le terrain et permis aux pro-Assad d'enregistrer des succès.

 

Ces derniers semblent avoir concentré des forces près d'Alep, jeudi, en particulier à proximité de l'aéroport que les rebelles avaient tenté de reprendre. Une offensive a également été lancée sur Homs.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 17:22

 

 

 

Erdogan lance un ultime avertissement aux manifestants

 

ISTANBUL/ ANKARA (Reuters) - Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé jeudi un « dernier avertissement » aux occupants du parc Gezi, aux abords de la place Taksim, dans le centre d'Istanbul, leur demandant de quitter les lieux.



« Notre patience touche à sa fin. Je lance cet avertissement pour la dernière fois. Je dis aux mères et aux pères, s'il vous plaît, prenez vos enfants en main et faites-les sortir », a déclaré le chef du gouvernement lors d'une réunion de sa formation, le Parti de la Justice et du Développement (AKP, islamo-conservateur) lors d'une réunion à Ankara.



« Nous ne pouvons plus attendre parce que le parc Gezi n'appartient pas aux forces qui l'occupent mais au peuple », a-t-il poursuivi.



Des centaines de manifestants se sont de nouveau réunis jeudi matin sur la place Taksim, défiant les précédentes injonctions du premier ministre.

 

Le vice-président du Parti de la Justice et du Développement (AKP au pouvoir) avait lui aussi demander dès mercredi soir aux protestataires de quitter le parc, point de départ de la contestation fin mai.

 

Mais dans son intervention, Huseyin Celik a proposé aussi l'organisation d'un référendum sur le projet de développement immobilier qui a mis le feu aux poudres, sans préciser qui serait appelé ainsi à se prononcer par vote (tous les électeurs d'Istanbul ou les habitants du seul quartier de Taksim).

 

Star, un quotidien favorable au gouvernement, titre jeudi à la une que « la solution, c'est un référendum », tandis que Cumhuriyet, journal de gauche, très critique vis-à-vis du gouvernement islamo-conservateur, dénonce un « piège ».



Pour Inan Demir, économiste en chef pour Finansbank, la proposition de référendum « apparaît comme une volte-face importante de la part du premier ministre qui, au début des manifestations, affirmait que le projet immobilier serait de toute façon mené à bien et qu'il ne demanderait pas leur avis à un groupe de pillards ».



Mais, ajoute-t-il, ce « vague signal d'un référendum ne devrait pas conduire les organisateurs du mouvement de protestation à lever l'occupation du parc Gezi ».



TROIS MORTS

 

Mercredi soir et dans la nuit, plutôt calme, la situation contrastait fortement avec celle de la veille lorsque les forces de l'ordre étaient intervenues et avaient détruit les barricades de fortune érigées par les manifestants et rouvert la place pour la première fois depuis le début de la contestation.

 

« Le gouvernement ne peut pas accepter que ces manifestations se poursuivent indéfiniment », a commenté Huseyin Celik, qui s'exprimait mercredi soir à Ankara après une rencontre entre Erdogan et des représentants des opposants au projet d'aménagement urbain.



« Ceux qui ont de mauvaises intentions ou ceux qui cherchent à provoquer et qui restent dans le parc devront faire face à la police », a-t-il prévenu.



Selon un bilan fourni par les autorités sanitaires turques, les troubles, qui ont éclaté après la violente intervention policière du 31 mai dernier contre les occupants du parc Gezi, ont fait trois morts, dont un policier, et environ cinq mille blessés.

 

A l'origine, les manifestants souhaitaient que le parc, principal espace vert du centre ville, demeure en l'état. A la suite de la brutale intervention de la police, le mouvement s'est transformé en une contestation plus générale d'Erdogan et de sa pratique du pouvoir, qu'il occupe depuis 2003.

 

« Il est indispensable que Gezi demeure un parc, que la violence s'arrête et que les responsables soient l'objet d'enquêtes », estime Ipek Akpinar, un architecte appartenant à la délégation qui a rencontré le premier ministre.  



Pour Recep Tayyip Erdogan, ces troubles sont le fait de puissances étrangères, de médias internationaux et de spéculateurs qui cherchent à affaiblir l'économie turque. 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 17:07

 

Samaras fait un geste après la fermeture de la télévision publique grecque

 

ATHENES (Reuters) - Le premier ministre grec, Antonis Samaras, a fait un geste pour tenter de désamorcer la crise gouvernementale qui couve à propos de la radio télévision publique ERT dont la fermeture brutale a amené les syndicats à lancer un ordre de grève générale ce jeudi.

 

Le chef du gouvernement conservateur, qui a traité « d'hypocrites » ceux qui ont pris fait et cause pour l'audiovisuel public, a invité ses deux partenaires, les socialistes du PASOK et la Gauche Démocratique, hostiles à cette fermeture, à discuter lundi à partir de 15 heures avec lui.

 

La décision de mettre l'ERT en sommeil, motivée officiellement par un souci d'austérité budgétaire, a provoqué des remous au sein de la coalition gouvernementale et ravivé une atmosphère de tension dans un pays qui semblait émerger de la crise politique qui avait accompagné la récession.

 

D'après un haut responsable gouvernemental, Antonis Samaras est ouvert à la discussion et un compromis est possible même s'il n'entend pas revenir sur sa décision de fermeture et de recréer une nouvelle entité plus resserrée et efficace.

 

« Je crois qu'il y a la place pour un compromis et que nous n'irons pas vers de nouvelles élections », a confié à Reuters cette source.

 

Toutefois, l'affrontement ouvert entre Antonis Samaras, qui a juré de moderniser le « Jurassic Park » qu'est, selon lui, devenue la Grèce contemporaine, et ses alliés au sein de l'exécutif font douter qu'il soit possible de trouver une formule permettant à tous de « sauver la face ».

 

« SUR LE FIL DU RASOIR »

 

« Le pays est sur le fil du rasoir », a fait savoir une source proche de la coalition.

 

Le conflit avec le PASOK et Gauche Démocratique, qui demandent au premier ministre de revenir sur sa décision, a tourné à la crise politique la plus grave depuis la formation de la coalition en juin.

 

« Soit une solution se dessine d'ici une semaine, soit des élections sont inévitables », proclame à la une le journal conservateur Kathimerini.

 

« Le pays n'a pas besoin d'élections, ce serait une erreur colossale. Mais le PASOK n'en a pas peur », a réagi le chef de file de ce parti, Evangelos Venizelos. « Nous sommes en faveur d'une restructuration de fond en comble de l'ERT, mais pas des partisans de l'écran noir ».

 

De son côté, Dimitris Hatzisokratis, de Gauche Démocratique, a déclaré : « Enfin ! Mais cette rencontre aurait dû se tenir aujourd'hui. Quatre jours peuvent donner lieu à des développements irréversibles ».

 

Les quelque deux mille six cent employés de l'ERT, qui était doté d'un budget annuel de trois cent millions d'euros, doivent perdre leur emploi. Le déblocage d'une nouvelle tranche de prêt de trois milliards trois cent millions d’euros doit faire l'objet de discussions dans le courant de la journée avec de hauts responsables de la zone euro.

 

D'après un responsable gouvernemental, la Grèce fait l'objet de pression pour démontrer aux inspecteurs de la « troïka » (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) qu'elle dispose d'un plan de mise à pied de deux mille agents de l'Etat comme requis. La fermeture de l'ERT était, semble-t-il, la seule option disponible pour remplir cet objectif.

 

LES CAFES NE DESEMPLISSENT PAS

 

Qualifiant cette mesure de « décision aux allures de coup d'Etat visant à bâillonner l'information impartiale », les deux principales organisations syndicales ont organisé jeudi une grève générale de protestation de vingt quatre heures.

 

Dans la capitale, les bus municipaux sont restés à l'arrêt tout comme l'opérateur ferroviaire public OSE dans tout le pays.

 

Plus de treize mille personnes brandissant des drapeaux et des banderoles avec pour inscription « Limogez Samaras, pas le personnel d'ERT » se sont rassemblées devant le siège de l'audiovisuel public, où le personnel organise une veille depuis l'annonce de la fermeture.

 

Le syndicat des journalistes d'Athènes a lancé un mot d'ordre de grève illimitée qui a bloqué la parution de plusieurs titres et obligé des chaînes de télévision privées à rediffuser d'anciennes séries à la place de leurs journaux d'information.

 

Mais pour le moment, les travailleurs du secteur privé ne semblent pas avoir rejoint en masse la grève générale.

 

Les rues de la capitale sont, comme chaque jour, encombrées de voitures, les supermarchés ont ouvert et les cafés ne désemplissent pas. Plusieurs défilés sont prévus avec, en point d'orgue, une grande manifestation devant le siège de l'ERT.

 

« Ce que le plus mal payé des employés d'ERT se fait en un jour, je le gagne en une semaine. Alors, pourquoi devrais-je faire la grève pour eux », demande Iannis Papailias en train de ranger sa marchandise.

 

Le taux de chômage atteint près de vingt sept pour cent en Grèce. Depuis le début de la récession il y a six ans, plus de huit cent cinquante mille emplois ont été supprimés, la plupart dans le secteur privé.

 

De nombreux grecs considéraient les trois chaînes de l'ERT comme des sinécures et le symbole du clientélisme permettant à certains partis politiques de placer leurs obligés.

 

Mais la brutalité avec laquelle est intervenu l'arrêt de la diffusion a été ressentie comme un choc par la population.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 17:50

 

Stéphane Richard mis en examen dans l’affaire Tapie

 

PARIS (Reuters) - L'affaire Tapie a pris une nouvelle dimension mercredi avec la mise en examen pour « escroquerie en bande organisée » de Stéphane Richard, le PDG d'Orange.

 

Ce rebondissement autour de l'arbitrage qui avait bénéficié en 2008 à l'homme d'affaires dans son conflit avec le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas pose la question du maintien du dirigeant à la tête de l'opérateur de télécommunications.

 

Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère de l'Economie, est la seconde personnalité mise en examen après Pierre Estoup, l'un des trois juges arbitres, poursuivi pour le même chef fin mai.

 

Jean-François Rocchi, président du Consortium De Réalisation (CDR) chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, a été pour sa part présenté à un juge mercredi après-midi, a dit le procureur de la république de Paris dans un communiqué.

 

L'enquête devrait dans un second temps se diriger vers Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy en 2008, qui avait reçu plusieurs protagonistes pour « valider », selon eux, le choix de l'arbitrage.

 

Elle pourrait, en fonction de l'évolution des investigations, remettre en cause le statut de témoin assisté dont bénéficie Christine Lagarde, actuelle directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI).

 

« Fatigué » par son audition, selon son avocat Jean-Etienne Giamarchi, le PDG d'Orange a été mis en examen par les juges à l'Hôtel-Dieu, à Paris, où il avait été transféré.

 

« Stéphane Richard est mis en examen pour escroquerie en bande organisée. Il est confiant et combatif. Il a d'ores et déjà quitté les lieux », a dit son porte-parole personnel.

 

Sa garde à vue, qui avait débuté lundi matin, avait été levée mercredi matin.

 

« PAS DE CONSÉQUENCES » POUR ORANGE

 

Stéphane Richard et Jean-François Rocchi ont dû s'expliquer sur leur choix en faveur de l'arbitrage dont a bénéficié en 2008 Bernard Tapie dans son conflit avec la banque.

La question du maintien de Stéphane Richard à la tête d'Orange est désormais en suspens.

 

« Il n'y pas de conséquences sur les responsabilités de Stéphane Richard à Orange. Il sera à son bureau demain matin », a déclaré un porte-parole de l'entreprise.

 

Les services du premier ministre Jean-Marc Ayrault ont annoncé que le conseil d'administration de l'entreprise se réunirait « dans les prochains jours et que l'Etat fera valoir sa position en tant qu'actionnaire ».

 

Le chef du groupe socialiste à l'assemblée nationale, Bruno Le Roux, a estimé avant la mise en examen de Stéphane Richard qu'il appartiendrait à Orange de convoquer son PDG pour évoquer « les conséquences sur la gouvernance de l'entreprise ».

 

Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, cité jeudi dernier par le quotidien Le Monde, avait lui aussi jugé que la question de son maintien à la tête d'Orange pourrait alors se poser avant de modérer ses propos dans un communiqué.

 

Stéphane Richard a déclaré de son côté avoir obtenu de François Hollande des assurances sur son maintien.

 

QUI A PRIS L'INITIATIVE DE L'ARBITRAGE ?

 

Les enquêteurs s'efforcent de déterminer qui a pris l'initiative de proposer un arbitrage privé pour solder le conflit, s'il y a eu un accord entre Nicolas Sarkozy et Bernard Tapie et s'il a existé une entente pour biaiser le processus.

 

Les enquêteurs doivent également déterminer s'il y a eu des instructions de l'Elysée, les protagonistes ayant confirmé la tenue d'une réunion avec Claude Guéant à l'été 2007.

 

Christine Lagarde a été placée le 24 mai sous statut de témoin assisté dans ce dossier par la Cour de Justice de la République.

 

L'ex-ministre a officiellement lancé la procédure d'arbitrage, assez inhabituelle pour le règlement d'un conflit qui engage de l'argent public et prise contre l'avis des services de son ministère et de plusieurs avocats consultés, qui prévoyaient une lourde facture pour l'Etat.

 

Christine Lagarde a dit à plusieurs reprises qu'elle assumait le choix de cette procédure qui a permis à Bernard Tapie d'obtenir quatre cent trois millions d'euros avec les intérêts comme compensation pour la revente par le Crédit Lyonnais de son ancienne entreprise Adidas, dans laquelle il se dit floué.

 

Mais il n'est pas certain qu'elle ait été informée de toutes les tractations et notamment de la réunion de 2007 à l'Elysée.

 

Bernard Tapie, qui dément toute entente, a qualifié lui-même de « très grave » le chef d'escroquerie en bande organisée et déclaré qu'il annulerait l'arbitrage « si l'on découvre la moindre entourloupe », mais il ne pourrait en fait renoncer qu'à une partie du montant qui lui a été octroyé.

 

Stéphane Richard a varié pour sa part dans ses déclarations, assurant au Canard Enchaîné de la semaine dernière avoir mis en musique des instructions de l'Elysée, alors que Nicolas Sarkozy venait d'arriver au pouvoir.

 

Interrogé le 5 juin par Reuters, il a démenti toute pression et évoqué un « consensus » entre les acteurs du dossier avec « validation de l'Elysée ».

 

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 17:32

 

Tension en Grèce après la fermeture de l’audio visuel public

 

ATHÈNES (Reuters) - La mise en sommeil des trois chaînes de télévision et des radios du service public a provoqué une levée de boucliers en Grèce, où les partenaires de la coalition du premier ministre, Antonis Samaras, mis devant le fait accompli, se concertent sur les suites à donner à cette décision.

 

« L'ERT est devenue le catalyseur des questions liées à la démocratie, à l'impartialité de l'Etat et à la stabilité de la voie suivie par le pays », estime Evangélos Vénizélos, chef de file du PASOK, le parti socialiste. « Nous ne devons pas provoquer de crise sans raison », dit-il dans un communiqué diffusé après une réunion des cadres du parti.

 

En fin d'après-midi, le dirigeant socialiste rencontrait son homologue de la Gauche Démocratique, le parti dirigé par Fotis Kouvelis, pour décider ensemble de la marche à suivre.

 

Les deux partis, dont dépend la majorité du gouvernement Samaras, disent qu'ils pourraient déposer une proposition de loi annulant la décision prise par décret et annoncé sans préavis mardi en toute fin d'après-midi, moins de cinq heures avant l'extinction brutale des antennes de l'ERT.

 

Les syndicats grecs ont appelé à une grève générale de vingt quatre heures jeudi pour protester contre cette décision qui été un choc pour les quelque deux mille six cent salariés du groupe audiovisuel public, dont six cent journalistes environ, et pour une partie de la population.

 

Le gouvernement grec s'est justifié en invoquant un « incroyable gâchis » de l'argent public.

 

L'ERT est doté d'un budget annuel de trois cent millions d'euros. En audience cumulée, elle représente environ treize pour cent de part de marché.

 

« C'est une mesure très temporaire », a dit Antonis Samaras mercredi à la mi-journée.

 

« Certains prétendent que ce que nous faisons est scandaleux, mais il était de notre devoir de mettre fin à ce qui se passait jusque là, de cesser de cacher nos problèmes et de commencer par nous y attaquer », a-t-il ajouté.

 

UN VOTE DE CONFIANCE AU PARLEMENT ?

 

Le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a précisé à Reuters que la décision avait été prise il y a six semaines qu'elle n'avait aucun lien avec l'échec de la privatisation de la compagnie gazière publique DEPA (qui était censée rapporter un milliard d'euros à l'Etat) ou avec la venue à Athènes des inspecteurs de la « troïka », formée par l'Union Européenne, la BCE et le FMI, les partenaires avec lesquels la Grèce a négocié les conditions de son sauvetage financier.

 

La version restructurée de l'ERT sera relancée au plus tôt d'ici quelques semaines, a-t-il dit, ou au plus tard cet automne.

 

Mais cette décision totalement inattendue pourrait déboucher sur une nouvelle crise politique.

 

Selon un cadre de Nouvelle Démocratie, Samaras pourrait même provoquer un vote de confiance au parlement, une hypothèse qu'écarte cependant un membre influent du gouvernement.

 

« Ce serait hautement déstabilisant que la situation se transforme en confrontation au parlement où les deux petits partis de la coalition devraient soit accepter de s'humilier pour éviter une nouvelle élection ou au contraire s'en tenir à leur opposition et contraindre la tenue d'élections », explique le politologue Theodore Couloumbis.

 

UN « COUP D'ÉTAT » MUSELANT L'INFORMATION?

 

Dès l'annonce de la fermeture provisoire de l'audiovisuel public, les salariés se sont regroupés devant le siège de l'ERT, où ils ont été rejoints par des manifestants. Mercredi, alors que des centaines d'employés et de manifestants se trouvaient aux abords du siège, plusieurs journalistes continuaient d'émettre via le site internet du groupe.

 

Les journalistes de tous les médias grecs ont été appelés à une grève illimitée qui ne cessera, explique leur syndicat ESIE, que « lorsque le gouvernement reviendra sur ce coup d'Etat qui muselle l'information ».

 

Le syndicat de la fonction publique ADEDY et le syndicat du secteur privée GSSE ont lancé un appel à une grève générale de vingt quatre heures jeudi pour exprimer leur « solidarité aux employés de la télévision publique et protester contre ces réformes inacceptables du secteur public exigées par les créanciers », a dit le secrétaire général d'ADEDY, Ilias Iliopoulos.

 

La Commission Européenne a dit n'avoir jamais exigé une telle mesure, sans pour autant la commenter. « La commission n'a pas demandé la fermeture de l'ERT, pas plus qu'elle ne conteste le mandat du gouvernement grec à gérer le secteur public », a déclaré Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires.

 

Un haut responsable du gouvernement grec a noté cependant qu'Athènes était pressé de démontrer aux inspecteurs de la « troïka » qu'il pouvait supprimer deux mille postes dans la fonction publique, conformément à ses engagements, et que la fermeture de l'ERT était la seule option possible pour tenir cet objectif.

 

A l'étranger, l'Union Européenne de Radio télévision (UER) a demandé à Athènes de revenir sur cette décision. Dans une lettre adressée à Antonis Samaras, son président, Jean Paul Philippot, souligne que « l'existence de médias de service public et leur indépendance vis-à-vis des gouvernements sont au coeur des sociétés démocratiques ».

 

A Paris, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a déploré cette situation. « Il ne faut pas que l'austérité à laquelle la Grèce est soumise depuis plusieurs mois rime avec un abandon du pluralisme », a-t-elle dit à la sortie du conseil des ministres.

 

Cette mesure spectaculaire ravive en outre les inquiétudes sur l'avenir à court terme de la Grèce, au moment où elle a été brutalement ramenée au rang de marché émergent par la société financière MSCI qui fournit des indices sur les performances boursières.

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 20:06

 

Athènes éteint l’audio visuel public par mesure d’économie

 

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec a annoncé mardi la fermeture temporaire de la société de radio télévision publique ERT dans le cadre des mesures d'économies budgétaires, suscitant les protestations des salariés et de certains partenaires de la coalition au pouvoir.

 

Les trois chaînes de télévision de l'ERT ainsi que la radio publique cesseront d'émettre dès ce mardi à minuit et seront relancées à une date qui n'a pas été précisée, après des réformes prévoyant notamment une réduction des effectifs, a précisé le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou.

 

« Au moment où l'on impose au peuple grec de lourds sacrifices, il n'est plus question de repousser au lendemain, d'hésiter, d'épargner les vaches sacrées », a-t-il ajouté, justement à la télévision publique.

 

Après cette annonce, de nombreux employés de l'ERT se sont rassemblés devant le siège de l'entreprise à Athènes et se sont engagés à combattre cette décision.

 

L'ERT, qui emploie quelque deux mille six cent salariés, est doté d'un budget annuel de trois cent millions d'euros.

 

La suspension de toutes ses émissions est l'une des mesures les plus spectaculaires prises par le gouvernement grec dans le cadre du programme d'austérité imposé en échange de l'aide financière internationale accordée par l'Union Européenne, le FMI et la BCE.

 

Pour Simos Kedikoglou, le groupe audiovisuel public était devenu « un cas typique d'un incroyable gâchis ».

 

Les employés de l'ERT toucheront un dédommagement et pourront faire acte de candidature pour retrouver en emploi au sein de la future organisation.

 

REMOUS DANS LA COALITION

 

Dès l'annonce, des salariés se sont regroupés devant le siège athénien du groupe, promettant de lutter et appelant à un black-out général des médias en guise de protestation. « Le journalisme est persécuté. Nous ne permettrons pas que la voix de la Grèce soit réduite au silence », a dit George Savvidis, qui dirige le syndicat des journalistes POESY.

 

Des chaînes privées ont interrompu leurs programmes normaux dans le cadre d'un mouvement de solidarité prévu pour durer six heures.

 

Des unités des forces de police anti émeutes ont été déployées à l'entrée d'un studio de l'ERT, dans le centre d'Athènes, où des manifestants avaient déroulé une banderole « A bas la junte, l'ERT ne fermera pas ».

 

La suspension spectaculaire des émissions de radio et de télévision pourrait aussi avoir des répercussions politiques, deux des partis associés à Nouvelle Démocratie, la formation du premier ministre Antonis Samaras, ont exprimé leur opposition à cette mesure.

 

« La radio et la télévision publiques ne peuvent cesser d'émettre », a notamment dit Yannis Maniatis, un cadre du PASOK, le Parti socialiste, précisant « qu'une coalition à trois ne peut fonctionner par une politique du fait accompli ».

 

La décision survient alors que les pouvoirs publics n'arrivent pas à trouver preneur pour sa compagnie gazière DEPA, l'une des compagnies publiques visées par le programme de privatisations en cours. La privatisation de DEPA était censée rapporter un milliard d'euros.

 

Mais le seul candidat pressenti pour cette opération, le russe GAZPROM a renoncé.

 

Selon le plan de sauvetage financier mis au point par l'Union Européenne et le Fonds Monétaire International, la Grèce doit lever au moins un milliard huit cent millions d'euros d'ici fin septembre par le biais de privatisations, avec un objectif d'au moins deux milliards cinq cent millions d'euros d'ici la fin de l'année.

 

« Cette frappe aveugle contre l'ERT est une diversion après le fiasco DEPA », analyse le député indépendant Christos Aidonis.

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:45

 

Les affrontements continuent sur la place Taksim d’Istanbul

 

ISTANBUL (Reuters) - La police turque tentait toujours de reprendre mardi soir le contrôle de la place Taksim, berceau du mouvement de contestation contre le gouvernement dans le centre d'Istanbul, une opération qui a donné lieu toute la journée à de violents affrontements.

 

Après une première intervention au petit matin qui avait permis de dégager une grande partie de la place, la police anti-émeute a tenté à plusieurs reprises de repousser les derniers manifestants, à l'aide de grenades lacrymogènes et de canons à eau.

 

Une nouvelle tentative a eu lieu en fin d'après-midi, peu après que les protestataires aient réclamé au son des tambours la démission du premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

 

Mais à la tombée de la nuit, plusieurs milliers de jeunes très déterminés tenaient toujours tête aux forces de sécurité, dans l'odeur âcre des gaz lacrymogènes, des feux de camp et des pneus incendiés.

 

En milieu de journée, les policiers ont aussi fait une brève incursion, d'une dizaine de minutes, dans le parc Gezi qui jouxte la place, avant de se retirer.

 

Les contestataires occupent toujours un campement de fortune à l'intérieur du parc, qu'ils disent vouloir protéger d'un projet immobilier voulu par le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan.

 

ERDOGAN « NE CHANGERA PAS »

 

Le premier ministre a redit mardi sa détermination à ne pas céder à la pression de la rue, après plus de dix jours de manifestations qui se sont étendues à plusieurs villes du pays. Il a toutefois accepté de recevoir mercredi des représentants des manifestants.

 

« Ils disent que le premier ministre est dur. Alors que faire ? Est-ce que nous allons nous mettre à genoux devant ces gens-là », a déclaré le premier ministre. « Si vous appelez cela de la dureté, je suis désolé mais Tayyip Erdogan ne changera pas ».

 

Pour le chef du gouvernement, ce mouvement de contestation constitue une tentative délibérée de nuire à l'image et à l'économie de la Turquie.

 

« J'invite les manifestants à quitter le parc et je le leur demande en tant que premier ministre », a dit Erdogan lors d'une réunion du groupe parlementaire de sa formation, le Parti de la Justice et du Développement (AKP).

 

« L'économie turque est visée à travers ces événements. Des efforts destinés à ternir l'image de la Turquie sont mis en oeuvre dans le cadre d'un plan systématique », a-t-il ajouté.

 

Le mouvement lancé fin mai pour protéger les arbres du parc Gezi et la place Taksim, lieu hautement symbolique pour la gauche turque, s'est transformé en vaste contestation de l'AKP, au pouvoir depuis 2002.

 

Appuyées par des véhicules blindés, les forces de l'ordre ont repris dans la matinée le contrôle de Taksim et enlevé des banderoles accrochées sur la façade d'un bâtiment donnant sur la place.

 

« Notre objectif est de retirer les écriteaux et les images installés sur la statue d'Atatürk et sur le centre culturel Atatürk. Nous n'avons aucun autre but », a écrit le gouverneur de la ville, Huseyin Avni Mutlu, sur Twitter.

 

La police n'a laissé sur le bâtiment qu'un seul drapeau turc ainsi qu'un portrait de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne dont les partis laïques affirment défendre l'héritage.

 

Elle a tiré au canon à eau sur des groupes de manifestants qui lançaient dans sa direction des pierres, des cocktails Molotov et divers objets. Non loin de là, plusieurs centaines de manifestants portant des masques sur le visage pour se protéger des gaz lacrymogènes se sont rassemblés sur les marches menant de la place Taksim au parc Gezi.

 

« Taksim partout, résistance partout », ont scandé les manifestants.

 

CRAINTES POUR L'ÉCONOMIE

 

La police a lancé par haut-parleurs des appels au calme, « chers amis de Gezi. Cette situation ne nous satisfait pas. Nous ne voulons pas intervenir. Nous ne voulons pas vous faire de mal. S'il vous plaît, retirez-vous ».

 

Après la violente répression policière du 31 mai contre les occupants du parc Gezi et les affrontements des jours qui ont suivi, qui ont abouti à la mort de trois personnes et fait environ cinq mille blessés dans tout le pays, les forces de l'ordre s'étaient tenues à distance de la place Taksim ces derniers jours. Les manifestants en ont profité pour s'installer sur la place, dont ils contrôlaient les accès protégés par des barricades.

 

Recep Tayyip Erdogan a qualifié à de multiples reprises les manifestants de voyous en défendant la légitimité de son gouvernement démocratiquement élu.

 

Les manifestants accusent l'AKP de remettre en cause les fondements laïques de la Turquie et de vouloir imposer un carcan religieux à la société. Le président Abdullah Gül a promulgué lundi une loi imposant des restrictions à la vente et à la consommation d'alcool.

 

Ces troubles ternissent l'image d'une Turquie démocratique et ouverte à l'économie de marché que l'AKP s'emploie à donner au monde depuis une décennie.

 

La bourse d'Istanbul a perdu plus de onze pour cent depuis les premières manifestations, le 31 mai. Elle a encore cédé 1,76% mardi.

 

La livre turque s'est raffermie après l'annonce par la banque centrale qu'elle interviendrait si nécessaire pour soutenir la devise nationale « en raison de la volatilité excessive due à la situation intérieure et internationale depuis un mois ».

 

Le produit intérieur brut (PIB) de la Turquie a augmenté de trois pour cent en glissement annuel au premier trimestre. L'économie turque avait enregistré une croissance de 2,2% l'an dernier.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:16

 

 

ENCORE UNE FOIS LE MARXISME ET LA RELIGION

 

Pierre Tevanian écrivait récemment un livre dont le titre est « la haine de la religion ». Je ne lisais pas ce livre, il provoquait déjà beaucoup de commentaires dans tous les sens et, de mon point de vue, dans ces commentaires, je ne vois aucune incitation à la lecture du livre de Pierre Tevanian, ce livre n’apporte rien de nouveau à la question de la position de Marx et des marxistes par rapport à la question de la religion.

 

Je connais bien Pierre Tevanian, de mon point de vue, c’est un intellectuel respectable, je ne suis pas d’accord par rapport à  sa position relative à cette question, mais c’est une discussion politique et beaucoup de militants et d’organisations racontent des conneries nettement pire par rapport à cette question. La position de Pierre Tevanian est constante depuis dix ans, son dernier livre n’apporte rien de nouveau.

 

Quelle est la position du NPA par rapport à Pierre Tevanian ? Je n’en sais rien mais, sauf erreur, il y a certainement des divergences très importantes entre Alain Krivine et Pierre Tevanian, et il y a par contre certainement beaucoup de convergences, mais certainement pas identité de point de vue,  entre Pierre Tevanian et Olivier Besancenot.

 

Je connais encore mieux Fahima Laïdoudi. Sauf erreur également, Fahima Laïdoudi n’est pas et n’était jamais militante du NPA, en tout cas elle ne revendiquait jamais son appartenance au NPA.

 

Le site internet du NPA, et je suppose l’hebdomadaire du NPA, ouvrait récemment une discussion relative à la question du marxisme et de la religion.

 

Dans cette discussion, il y a effectivement le message de Fahima Laïdoudi relatif au livre de Pierre Tevanian. De mon point de vue, ce livre n’apporte donc rien de nouveau et ce sont les raisons pour lesquelles je ne diffuse pas de message relatif à ce livre.

 

Si on consulte le site de Pierre Tevanian, on trouve certainement un très bon message de présentation de son livre et le message de Fahima Laïdoudi est donc disponible si on consulte le site du NPA. En même temps, la critique de ce livre ne me semble pas non plus importante, il y a beaucoup d’autres questions beaucoup plus importantes dans la situation politique et sociale française et internationale.

 

Quelles sont les raisons pour lesquelles le NPA ouvre une discussion par rapport à cette question ? Je n’en ai aucune idée.

 

Il y a donc un faux débat dans tous les sens par rapport aux positions constantes de Pierre Tevanian depuis dix ans.

 

Par contre, les mêmes rédacteurs et les mêmes diffuseurs ne lisaient apparemment pas un autre message beaucoup plus important du même site du NPA relatif à cette question.

 

C’est un message de Michael Lowy. Plus exactement, ce sont des extraits d’un message de Michael Lowy dont la version intégrale date de 2005. Il est disponible depuis huit ans si vous consultez le site de la revue Contretemps. Il est disponible depuis une dizaine de jours dans sa version intégrale si vous consultez mon blog personnel, sous le titre « opium du peuple, marxisme critique et religion », même s’il y a apparemment une censure du moteur de recherche google contre la publication de ce message par mon blog personnel.

 

Quelles sont les raisons pour lesquelles le site du NPA publie des citations de ce message huit ans plus tard ? Quelles sont les raisons pour lesquelles le site du NPA ne publie pas le message en totalité, quelles sont les raisons de cette sélection ? Personne n’en sait rien.

 

Si vous ne le savez pas, je terminerais seulement ce message et cette incitation à la lecture du message de Michael Lowy, et donc cette incitation à la lecture des véritables positions des fondateurs du socialisme scientifique par rapport à la question des religions en général, par une petite information supplémentaire.

 

Si vous ne le savez pas, la revue Contretemps est une revue anticapitaliste dont le site internet est d’ailleurs en permanence difficilement accessible pour des raisons également incompréhensibles et dont le fondateur était Daniel Bensaïd en 2001.

 

Arrêtons donc les polémiques contre les commentaires des commentaires et discutons donc des véritables problèmes, du « caractère contradictoire de la détresse religieuse, parfois légitimation de la société existante, parfois protestation contre celle-ci ».

 

Bernard Fischer

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 20:21

 

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1372


La journée du Samedi 8 Juin 2013 est une grosse journée de manifestations dans toutes les villes de Turquie, qui se sont terminées tard dans la nuit par des rassemblements généralement festifs, sauf à Ankara. Partout, les manifestations ont été plus massives que dans la semaine, démontrant que le mouvement de contestation était encore en plein expansion.

Une semaine après le début des manifestations initiées à Istanbul et qui se sont rapidement étendues à toute la Turquie, la répression policière s’est surtout fait sentir dans la capitale, Ankara, qui, dans la journée de samedi 8 juin, a été le théâtre d’affrontements entre la police et les manifestants, les pires de ces trois derniers jours.

Des dizaines de manifestants ont été blessés cette nuit lorsque la police les a chargés avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre les différentes manifestations réunissant des milliers de personnes qui voulaient accéder à la place centrale Kızılay pour l’occuper nuit et jour, lieu de rassemblement traditionnel des manifestations contre le gouvernement Erdoğan.

Les affrontements ont commencé en fin d’après-midi. Au bout de plusieurs heures, vers 2 heures 30 du matin, les policiers se sont retirés et les manifestants ont pu prendre possession de la grande place centrale, montant des tentes et rajoutant des barricades dans les rues adjacentes.

Une victoire de la détermination et du caractère massif des protestations. Voir récit dans un article du quotidien français Libération.

Dans la soirée, plus de dix mille manifestants qui voulaient se rendre au parlement, se sont violemment heuré aux forces de l’ordre.

Après Taksim, une nouvelle « place libérée » hautement symbolique ?

Pour beaucoup, Ankara n’est pas Istanbul et il est peu probable que le pouvoir tolère longtemps un tel défi à son autorité, et autoritarisme, et laisse s’installer un tel désordre au cœur de la capitale politique du pays, là où se trouve le siège du gouvernement et toutes les institutions du pouvoir politique. Dans l’après-midi du dimanche, les forces de l’ordre semblaient converger vers la place Kızılay occupée tandis qu’un hélicoptère survolait le centre de la ville.

Samedi 8 Juin à Istanbul, des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers, de manifestants ont inondé les rues d’Istanbul.

Les supporters des trois équipes de football de la ville (Beşiktaş Fenerbahçe et Galatasaray), qui se battent au coude à coude depuis le début, en particulier dans les affrontements avec la police, ont organisé une manifestation commune. Des milliers de jeunes se sont rassemblés et sont partis en cortège jusqu’à la fameuse place Taksim.

Ils étaient accompagnés par des anarchistes, des féministes, des militants de groupes de gauche et surtout d’anonymes, venus pour la première fois dans une manifestation de rue qui a été une démonstration de force du mouvement. Dans la soirée, la place Taksim était trop petite pour contenir tout le monde. D’après tous les témoins, la place Taksim a connu sa plus forte affluence depuis le début du mouvement. Pendant ce temps, plusieurs manifestations étaient organisées dans différents quartiers, dans la journée, dans la soirée, de cette gigantesque métropole de quinze ou dix sept millions d’habitants. Une manifestation de femmes a également eu lieu au départ de Galatasaray en direction de Taksim via l’avenue de l’Istiklal,  « nous voulons une vie sans violence, sans Tayyip », « gouvernement homophobe, tu vas être anéanti », « le budget pour le logement, pas pour les centres commerciaux », « nous voulons les nuits, les rues et les places ».

Réponse du pouvoir

L’AKP a commencé à reprendre l’initiative. A son retour d’un voyage de quatre jours au Maghreb, le 7 juin, trois mille à quatre mille membres du parti de la justice et du développement (AKP) sont venus accueillir Erdoğan en héros en hurlaient, « nous sommes tes soldats, laisse nous y aller, on va les écraser ». Mais, s’ils sont rentrés chez eux comme leur chef le leur demandait, cette foule montre la capacité de rassemblement de la base militante d’Erdoğan qui a menacé à plusieurs reprises d’envoyer ses partisans dans la rue pour chasser les « vandales » et reprendre politiquement la situation en main.

A Adana d’abord ce samedi où des militants de ce parti se sont rassemblés et ont attaqué, avec l’aide de policiers, un groupe de cinq cent manifestants dans le quartier d’Akkapı aux cris de « nous sommes les soldats de l’AKP », réplique au « nous sommes les soldats d’Atatürk » des kémalistes. Des habitants de divers quartiers de la ville ont alors convergé vers Akkapı pour soutenir ceux qui ont été attaqués. Dans l’après-midi du dimanche, près de dix mille manifestants marchaient en direction du siège de l’AKP, protégé par un important dispositif policier.

Les choses devraient commencer à se préciser dans les prochains jours. Erdoğan ne cesse de proférer des menaces contre les « voyous » et des « terroristes » qui le défient. L’AKP a fait savoir ce dimanche qu’elle a prévu d’organiser deux réunions publiques de masse Samedi 15 Juin à Ankara et le lendemain à Istanbul, officiellement pour lancer sa campagne pour les élections municipales de début 2014, que le pouvoir a exclu d’anticiper.

Pendant que les autorités municipales d’Istanbul (AKP) font mine de jouer la concertation (sans pour autant renoncer au projet initial), le gouvernement de la Turquie semble jouer à la fois le pourrissement (à Taksim) et prépare la contre-offensive.

La confrontation entre le pouvoir et les manifestants, avec à la fois l’usage de la force et une contre-mobilisation politique de la base électorale de l’AKP, base populaire et traditionaliste, va donner une perspective immédiate à un mouvement qui risquait, tôt ou tard, de s’essouffler, de faire du surplace et de tournant en rond, paralysé par son hétérogénéité.

De son côté, le pouvoir d’Erdoğan et de l’AKP, qui peut compter sur une légitimité électorale (près de cinquante pour cent des voix aux dernières élections) et tout un réseau de puissants appuis dans tout le pays, notamment l’ensemble des médias de masse que sont les chaînes de télévision, nationales et locales, regardes par la grande majorité de la population. Mais, en reprenant l’initiative politique d’organiser des contre manifestations, le pouvoir montre qu’il n’a pas entièrement confiance dans la seule capacité répressive des forces de l’ordre pour en finir avec le soulèvement et qu’il craint une érosion de sa base qui, ici ou là, a montré de la sympathie pour le mouvement en cours, une petite partie s’étant même mise en mouvement.

Ainsi, à Istanbul, dès les premiers jours et à plusieurs reprises, le pont sur le Bosphore a été fermé pour empêcher des milliers de manifestants de la partie asiatique de se joindre au mouvement. Ceux qui traversaient par les bateaux bus ont été bloqués par les forces de l’ordre. C’est dans la rive orientale de la ville que l’AKP recueille le plus de suffrage.

Les affrontements se sont concentrés autour de la place Taksim, et les quartiers Beşiktaş et Dolmabahçe (siège des bureaux du premier ministre), sur la rive européenne, des rassemblements ont été organisés, dès le 2 juin, dans des quartiers périphériques (Sultangazi l’ouest et Sarigazi à l’est) ou simplement sur le côté asiatique de la métropole (Kadiköy). Des manifestations ont éclaté dans les arrondissements d’Ümraniye (où un manifestant a été tué) et celui de Pendik. Dans le district d’Ümraniye, où l’AKP bénéficie d’une base électorale importante, dans la semaine, près de dix mille manifestants se sont rassemblés, ont dressé des barricades et n’ont pas hésité à s’installer sur une autoroute pour bloquer le trafic.

Si effectivement, le mouvement en cours est majoritairement l’expression, disparate, des classes moyennes urbaines (quatre vingt pour cent de la population turque vit aujourd’hui en ville) et de nombreuses « minorités », il peut entrainer avec lui des franges significatives de l’électorat populaire-conservateur, à condition de ne pas se polariser et s’enfermer totalement dans l’occupation des places centrales et d’avancer des contenus liés aux politiques de privatisations de services sociaux ou de restructuration urbaine profitant essentiellement aux couches les aisées. Car l’AKP peut aussi compter avec le soutien d’une très grande partie du mouvement syndical (du privé et des fonctionnaires) et des associations professionnelles de toutes sortes, pour qui, ce qui compte le plus, est le retour à la paix sociale.

Le mouvement en cours sera-t-il l’étincelle qui allumera le feu des révoltes sociales, dans les entreprises comme sur le territoire, sur une « ligne de classe » reliant les résistances à l’exploitation capitaliste et un mouvement d’insubordination orienté vers l’appropriation sociale ?

Dans l’immédiat, entre la répression à outrance et le pourrissement, le gouvernement semble avoir choisi une troisième solution, la contre mobilisation dans la rue, une reprise en main autant politique que policière. C’est un pari risqué. 

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 20:01

 

http://www.lorientlejour.com/article/818420/place-des-martyrs-libanais-et-syriens-contre-la-guerre-du-hezbollah-en-syrie.html

 

Place des Martyrs, libanais et syriens contre la guerre du Hezbollah en Syrie

 

Lundi 10 Juin 2013

 

Parallèlement à l’incident tragique devant l’ambassade d’Iran, une centaine de personnes se sont rassemblées hier sur la place des Martyrs dans le centre-ville de Beyrouth avec pour slogan « Les libanais avec la liberté et la dignité du peuple syrien, contre la participation du Hezbollah aux combats en Syrie ».

« Le Hezbollah doit se retirer de Syrie. Ce qu’il fait, aucun mouvement armé libanais ne l’a jamais fait, c’est-à-dire participer à une guerre dans un autre pays », a affirmé Charles Jabbour, journaliste et coorganisateur du sit-in.

« Le Liban n’a jamais été aussi fragile, ils sont en train de transférer la guerre de Syrie dans le pays. L’armée libanaise doit se déployer à la frontière pour empêcher le Hezbollah d’entrer en Syrie », a-t-il ajouté.

De son côté, le journaliste Saleh al Machnouk a réitéré le refus de la participation du Hezbollah aux combats en Syrie, « où ce parti libanais représente l’Iran ». Insistant sur « l’inéluctabilité de la victoire de la révolution syrienne », il a estimé que « les sunnites du Liban sont les partisans du Liban d’abord, c’est-à-dire les sunnites qui adhèrent aux thèses de sayyed Ali al Amine et de l’imam cheikh Mohammad Mahdi Chamseddine ». Était également présent à la manifestation le député de l’Akkar Khaled Zahraman.

La foule a scandé « Bachar, dégage » et observé une minute de silence en hommage aux dizaines de milliers de tués Syrie, dont le nombre s’élève à plus de quatre vingt quatorze mille selon une ONG. « Pourquoi tuent-ils des syriens ? Ils doivent revenir au Liban pour redevenir des résistants » contre Israël, affirme Mohammad, venu de Tripoli.

Des réfugiés syriens, qui participaient également à la manifestation, ont exprimé leur colère contre le Hezbollah.

« L’armée syrienne et le Hezbollah n’arrêtent pas d’accuser la révolution d’attirer des jihadistes de l’étranger, mais qu’en est-il du Hezbollah ? Ils viennent d’un autre pays combattre en Syrie », a lancé un syrien de Qousseir, arrivé il y a deux mois au Liban.

« Nous ne voulons pas qu’une guerre confessionnelle (entre sunnites et chiites) éclate ici en raison de la présence du Hezbollah à Qousseir », affirme de son côté Khaled Nasra, vingt cinq ans et originaire de la ville syrienne d’Alep. 

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