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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 15:51

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article8834

http://www.rue89.com/2013/06/27/bal-dhypocrites-mandela-quand-loccident-soutenait-pretoria-243746

 

Bal d’hypocrites pour Mandela

 

Quand l’occident soutenait Pretoria

 

Par Pierre Haski

 

Jeudi 27 Juin 2013

 

L’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.

 

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales.

 

La polémique autour de l’attitude de Jean Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix...

 

Du coté de l’apartheid

 

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

 

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent.

 

Dans les années 1960 et 1970, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’OTAN comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les super tankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.

 

L’appartenance à l’OTAN du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 1960 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ».

 

A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

 

Complicités françaises

 

La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 1970, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

 

En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteur Ntatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.

 

Le congrès national africain (ANC), dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé. Dans les années 1970, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

 

Chirac et la « troisième voie »

 

Plus tard, au début des années 1980, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un noir « présentable ».

 

Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu Natal).

 

Au même moment, Laurent Fabius, alors premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.

 

Il faudra la révolte des noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.

 

Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.

 

Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.

 

La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 15:31

 

L’opposition ukrainienne mobilise pour l’Europe à Kiev

 

KIEV (Reuters) - Des centaines de milliers de manifestants étaient massés Dimanche 8 Décembre 2013 en milieu de journée sur la place de l'indépendance à Kiev pour accentuer la pression sur le gouvernement ukrainien, qui cherche à se rapprocher de la Russie après avoir renoncé à un partenariat avec l'Union Européenne.

 

L'opposition au président Viktor Ianoukovitch espère rassembler un million de personnes dans ce lieu symbolique de la « révolution orange » en décembre 2004.

 

Des manifestants ont affiché sur un arbre de Noël dominant le « village de tentes » installé sur la place un portrait de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, ancien premier ministre et grande rivale du chef de l'état.

 

« C'est un moment décisif, les ukrainiens sont rassemblés ici parce qu'ils ne veulent pas vivre dans un pays où règne la corruption et où il n'y a pas de justice », a lancé à la foule l'imposant Vitali Klitschko, ancien champion de boxe devenu l'une des figures de l'opposition.

 

« Ce n'est pas la matraque d'un policier qui nous fera taire », a-t-il ajouté, appelant à la libération des prisonniers politiques, à la démission du premier ministre Mikola Azarov et à l'organisation d'élections présidentielle et législatives anticipées.

 

Ioulia Timochenko a adressé un message aux manifestants, qui a été lu par sa fille Evguenia.

 

« Nous sommes sur le fil du rasoir, entre un plongeon définitif dans une dictature cruelle ou un retour dans la communauté européenne, c'est-à-dire chez nous », dit-elle dans ce message.

 

« Il y a beaucoup plus de risques de finir dans une dictature médiévale. Le choix est entre vos mains », ajoute-t-elle, exhortant l'opposition à ne pas baisser les bras et à ne pas négocier avec la « bande » de Viktor Ianoukovitch.

 

« L'EUROPE OU LE JOUG DE MOSCOU »

 

Le dirigeant d'extrême droite Oleh Tiahnibok a interrogé la foule. « Voulez-vous passer sous le joug de Moscou ». « Non », ont répondu des centaines de milliers de voix. « Voulez-vous revenir en Europe ». « Oui », a rugi la foule.

 

Un peu plus tard, un groupe de manifestants s'est dirigé vers le siège du gouvernement, à un kilomètre de la place, et a commencé à dresser des barricades et à installer des tentes, apparemment dans le but de paralyser l'activité gouvernementale la semaine prochaine.

 

« Tout le pays souffre avec un tel gouvernement », a déclaré une étudiante de vingt ans venue en train de Poltava, à trois cent kilomètres de la capitale. « Si Ianoukovitch reste au pouvoir, nous finirons comme les biélorusses », ajoute-t-elle, faisant allusion à la répression du mouvement d'opposition dans le pays voisin.

 

« Nous voulons une Ukraine européenne », dit Vasil Didoukh, vingt trois ans, venu comme de nombreux manifestants de l'ouest du pays, fief de Timochenko et d'autres dirigeants d'opposition, alors que l'est russophone de l'Ukraine est un bastion du parti des régions de Ianoukovitch.

 

Un allié de Timochenko, l'ancien ministre de l'Intérieur Youri Loutsenko, a appelé les russophones à rejoindre l'opposition. « Nous sommes le même peuple », a-t-il dit.

 

Dimanche dernier, trois cent cinquante mille personnes avaient participé sur la place de l'indépendance à un rassemblement de ce type, au lendemain d'une violente intervention de la police contre des manifestants et des journalistes, qui a suscité les critiques des pays occidentaux.

 

Les forces de l'ordre ont menacé de faire évacuer par la force les bâtiments publics occupés par les opposants, notamment la mairie de Kiev.

 

« NOUS SOUHAITONS LA RÉVOLUTION »

 

Ce face-à-face entre l'opposition et le gouvernement suscite des inquiétudes sur la stabilité politique et économique de l'Ukraine, ancienne république soviétique de quarante six millions d'habitants, bordée par quatre états membres de l'Union Européenne et voie de transit du gaz russe vers l'Europe.

 

Cette mobilisation intervient dans un climat d'incertitude entourant la position de Viktor Ianoukovitch. Ce dernier a rencontré vendredi Vladimir Poutine dans la station balnéaire de Sotchi sur la mer Noire et des rumeurs font état d'une possible adhésion à l'union douanière mise en place par le Kremlin et réunissant déjà la Biélorussie et le Kazakhstan.

 

Moscou et Kiev ont tenté d'apaiser les inquiétudes en affirmant que la question d'une union douanière n'a même pas été abordée lors de la rencontre mais une réunion gouvernementale est prévue le 17 décembre.

 

« Toute signature d'un accord visant à former une nouvelle union soviétique signifierait une explosion du pays », a estimé Arseni Iatseniouk, ancien ministre de l'économie et dirigeant de l'opposition.

 

Poutine considère que l'Ukraine est un pays stratégique pour les intérêts vitaux de la Russie.

 

Les observateurs estiment que le président russe et son homologue ukrainien ont négocié un ralliement de l'Ukraine en échange d'approvisionnement en gaz à coût réduit et de possibles créances supplémentaires.

 

Kiev se trouve dans une situation délicate de dépendance à l'égard de la Russie pour ses approvisionnements en gaz mais aussi en raison de sa dette à l'égard de Moscou.

 

Les manifestants de la place de l'indépendance affirment que leur lutte n'a rien à voir avec l'argent.

 

« Nous souhaitons que notre pays accède au niveau des pays les plus avancés en Europe. Cela signifie une réelle démocratie et des droits identiques devant la loi », explique Valentina Mysak, cinquante huit ans.

 

« Au fond de notre coeur, nous souhaitons la révolution », lance Dennis Tcherniavski, un ouvrier agricole de vingt cinq ans. « La question n'est plus de rejoindre l'Europe mais d'avoir un gouvernement à visage humain ».

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 16:07

 

Concernant la mort de Nelson Mandela.

 

Communiqué du bureau de presse de la Coalition Nationale Syrienne

 

Samedi 7 Décembre 2013

 

La Coalition Nationale Syrienne exprime sa profonde tristesse quant à la perte d'un grand leader qui a oeuvré pour la paix et la fraternité humaine dans le monde. Nelson Mandela connaissait le sens profond de la liberté et la défendait pour tous les peuples.

 

Le peuple syrien est le plus apte à comprendre l'histoire douloureuse subie par le peuple d'Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid et qui maintenant jouit d’une liberté gagnée.

 

La coalition présente toutes ses condoléances au peuple d'Afrique du Sud, suite à la mort de l'un des symboles de la lutte révolutionnaire contre le régime de l'apartheid. Le monde doit oeuvrer aux côtés du peuple syrien pour que cesse l’ère de la tyrannie et de l'injustice du régime d’Assad.

 

Vive la Syrie démocratique, et que vive son peuple libre et digne.

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 15:54

 

 

 

http://www.latabacalera.net/proyecto/traducimos-en-red

 

 

LA TABACALERA DE LAVAPIES

 

 

Le bâtiment de l'ancienne usine de tabac d'Embajadores est de propriété publique et est lié au ministère de la culture au travers de la Direction Générale des Beaux Arts (DGBA). Il est inscrit au patrimoine historique et considéré bien d'intérêt culturel.

 

L'usine de tabac de Madrid n'est plus occupée depuis l'an 2000, juste après la privatisation de La Tabacalera Altadis. Le bâtiment est resté abandonné pendant dix ans et s'est progressivement détérioré à force de ne pas être entretenu. Ces dix ans ont été marqués par la lutte pour faire de ce lieu un espace public dans un quartier en manquant cruellement.

 

En novembre 2007, le conseil des ministres approuve un accord prévoyant la création du Centre National des Arts Visuels (CNAV) dont le siège devait se trouver au sein de la Tabacalera. Le 29 juillet 2008, sept équipes d'architectes sont contactés par courrier électronique et invités à présenter un projet.

 

En novembre 2008, le ministre de la culture, César Antonio Molina présente à la presse le projet choisi ainsi que ses auteurs, Nieto et Sobejano. 

 

Le 26 novembre 2008, le conseil supérieur des architectes conteste le processus d'attribution.

 

Le 25 février 2009, un nouveau concours est mis en place et le 2 juin 2009 on accorde finalement le projet à Nieto et Sobejano avec cette fois Angeles Gonzalez-Sinde en tant que ministre.

 

Le projet dont le coût s'élève à trente millions d'euros n'est pas mené à bien par manque de moyens et la DGBA propose à l'association culturelle SCCPP de réaliser un projet artistico-culturel dans le bâtiment. Cette association qui avait auparavant participé aux débats citoyens sur l'avenir du bâtiment a étendu la proposition à d'autres collectifs et aux habitants du quartier de Lavapiés et a accepté la commande de la DGBA signant ainsi un contrat d'un an par lequel elle s'engage a développer le centre social autogéré la Tabacalera sur les neuf mille deux cent mètres carrés des trente mille mètres carrés composant le bâtiment. 

 

Après deux ans de procédure administrative et de travaux de rénovation, LTBC conçue comme projet autonome a sollicité auprès de la DGBA l'usufruit du bâtiment pour donner plus de stabilité à cette expérience de participation citoyenne. Il est entré en vigueur en janvier 2012 pour une période de deux ans renouvelable jusqu'à huit ans.

 

Dans les statuts de l'association (alternativa), les locaux furent cédés à l'association culturelle CSA « la Tabacalera de Lavapiés », association  crée par le comité directeur du centre social, et à laquelle chacun peut  s'associer, dans l'unique but de développer une entité juridique légale qui puisse se charger de la cession. Dans les statuts de l'association, il est fait mention du fait qu'elle n'intervient pas dans les prises de  décisions du CSA, laissant ce sujet aux mains des commissions gérant le centre, toutes ouvertes à qui souhaitent y participer.

 

LTBC est un centre social, qui soutient  la participation directe des citoyens dans la gestion du  domaine public.

 

Un centre culturel qui  comprend la culture comme une notion qui relève des capacités créatives et sociales de la population. Ces capacités ne comprennent pas seulement la production artistique, mais aussi l'action sociale, la réflexion critique, ainsi que la diffusion des idées, oeuvres et systèmes qui cherchent à étendre et démocratiser la sphère publique.

 

LTBC est un centre global comprenant langues et modes d'expressions, mais aussi les complexités démographiques, culturelles, ethniques,  ainsi que des manières et façons de vivre de l'espace commun, à notre l'époque.  

 

Dans ce contexte, le projet de LTBC est un soutien populaire qui offre des opportunités de rencontre et accepte de faire face à ses inconvénients.

 

Depuis ses débuts, il est une porte ouverte à tout type de collectif et personnes prêtes à s'investir et participer à son projet.

 

De fait  la composition sociale interne de LTBC montre la complexité ainsi que la richesse d'une vie qui admet la diversité des êtres humains  et construit son propre écosystème en pariant sur la coexistence interculturelle, inter générationnelle, inter ethnique, de types et d'exceptions sexuelles et, en définitif, pour l'hétérogénéité. 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 15:25

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.gilles_munier.041213.htm

http://www.france-irak-actualite.com/article-le-kurdistan-irakien-a-pas-de-loup-vers-l-independance-121428848.html

 

Le Kurdistan irakien à pas de loup vers l’indépendance

 

Par Gilles Munier

 

Mercredi 4 Décembre 2013

 

L’avenir d’un plus grand Kurdistan se joue actuellement dans sa partie syrienne, auto-administrée par une filiale du PKK, parti turc accusé de terrorisme par l’Union Européenne.   

 

Le 16 novembre dernier, la visite effectuée par Massoud Barzani à Diyarbakir, cœur du Kurdistan turc, a été qualifiée « d’historique » par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, Clou des cérémonies, le président de la Région autonome irakienne était accompagné du grand chanteur kurde Sivan Perwer, persona non grata en Turquie depuis trente sept ans. A l’hôtel de ville, il a salué Leyla Zana, députée kurde turque accusée de « collusion avec le PKK » qui voit dans sa venue un motif d’espoir.

 

Emprisonnée pendant dix ans entre 1994 et 2004 pour avoir parlé dans sa langue natale au parlement, sa participation à cette opération séduction devrait permettre à l’AKP, le parti d’Erdogan, d’engranger des voix dans la perspective des élections provinciales de mars 2014 en Turquie et de relancer le processus de paix avec le PKK qui piétine. Son leader, Abdullah Öcalan, incarcéré « à vie » sur l’île prison d'Imrali, dans la mer de Marmara, réclame notamment la reconnaissance de l’identité kurde et qu’Ankara cesse de traiter son peuple de « turcs montagnards ». 

 

La rencontre de Diyarbakir peut aussi être interprétée sous un autre angle, celui du rapprochement du Kurdistan irakien majoritairement sunnite de rite chaféite, avec la Turquie néo-ottomane, et au-delà avec l’Europe et l’OTAN. Le commerce entre Ankara et Erbil est des plus florissants. La région autonome qui exportait illégalement son pétrole par camions vers la Turquie et l’Iran a, depuis septembre dernier, son propre oléoduc, d’une capacité de trois cent mille barils de pétrole par jour, aboutissant au port turc de Ceyhan. Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki, à Erbil en juin dernier, n’est pas parvenu à ce qu’il soit raccordé au pipeline irakien vers la Turquie.

 

Pour Barzani, les puits de Khurmala et d’Avana de l’immense champ pétrolier de Kirkouk sont, de fait, sous sa juridiction et l’attribution du troisième, Baba Gargour, et son feu éternel brûlant depuis l’antiquité, dépend de l’application de l’article cent quarante de la constitution irakienne de 2005 qui doit décider du statut de la province qu’il revendique.

 

Partage du gâteau kurde

 

Depuis la première guerre du Golfe, le Kurdistan irakien était dirigé par les chefs de deux tribus féodales. Massoud Barzani d’abord, fruit des amours de Mulla Mustapha, son père légendaire, avec Hamael, décédée en 2011, fille de Mahmoud Agha, chef de la puissante tribu Zebari, mercenaire attitré des régimes de Bagdad, qu’il voulait neutraliser. L’autre, Jalal Talabani, chef de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), élu président irakien après le renversement de Saddam Hussein, est par ailleurs vice-président de l’internationale socialiste et allié privilégié du régime de Téhéran. Les conflits sanglants qui les ont longtemps opposés ayant été en partie réglés par Madeleine Albright, secrétaire d’état états unienne après la première guerre du Golfe, ils se sont réconciliés et ont partagé le gâteau kurde, dans le plus pur style des gangsters de Chicago. Mais, passons. La santé fragile de Jalal Talabani, puis son hospitalisation d’urgence en Allemagne après une attaque cérébrale en décembre 2012 ont laissé du champ libre à Massoud Barzani pour verrouiller le paysage politique kurde, à tous les niveaux. Son fils Masrour, conseiller pour la sécurité nationale, est le véritable chef de l’Azayish, redoutable service secret, son neveu Nechirvan est premier ministre du gouvernement régional (GRK) et, cerise sur le gâteau, Hoshyar Zebari, ministre irakien des affaires étrangères est son oncle maternel. Mais, cela n’a pas empêché ses opposants de dire à leur manière « Barzani, dégage » en refusant qu’il se présente à la présidence pour un troisième mandat. Il n’en tiendra pas compte. Aux élections législatives d’octobre dernier, son parti était toujours en tête, mais la montée en puissance du Gorran (mouvement pour le changement) comme seconde force politique kurde, sonne à ses oreilles comme un avertissement.

 

Corrompu jusqu’à l’os.

 

Massoud Barzani, soixante six ans, est à la croisée des chemins. Scolarisée en kurde, et ayant choisi l’anglais comme seconde langue plutôt que l’arabe, la jeunesse réclame l’indépendance que lui ont fait miroiter les dirigeants des guérillas anti-arabes, avec d’autant plus d’ardeur que la région autonome est, potentiellement, la sixième puissance pétrolière du monde. Face à cette attente, et à la déception d’une population trouvant que les richesses sont mal distribuées, le système Barzani, corrompu jusqu’à l’os, n’a d’autre solution que la fuite en avant.  

 

Apparemment, Recep Erdogan ne voit  que des avantages dans le développement et la marche du Kurdistan irakien vers plus d’indépendance, même si c’est sur le dos des turkmènes irakiens, deux à trois millions de personnes habitant depuis l’époque abbasside des régions revendiquées par Barzani. Il espère sans doute que les peshmergas irakiens l’aideront à neutraliser ceux du PYD-PKK en Syrie, comme son père Mustapha l’a fait en Iran pour satisfaire le chah. Un parti kurde turc pro-Barzani serait en voie de constitution.  

 

L’influence des kurdes pro-occidentaux est plus importante qu’on ne le pense, Arguant de leur origine aryenne, ils rêvent de parvenir, un jour, à un accord privilégié entre leur région devenue état et l’Union Européenne, et de couper les amarres avec le Proche-Orient arabe ou perse. C’est sans doute la carte jouée maintenant par Massoud Barzani, à cours d’imagination.  

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 14:58

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/04/espagne-la-catalogne-prend-le-large_964176

 

La Catalogne prend le large

 

Par François Musseau, envoyé spécial de Libération à Sant Vicenc dels Horts et à Barcelone

 

Mercredi 4 Décembre 2013

 

A Sant Vicenc dels Horts, près de Barcelone, on vit déjà bien loin de Madrid. Dans toute la région, à la faveur de la crise, l’indépendantisme gagne du terrain.

 

La flamme a une allure olympique. L’urne métallique qui lui sert de support a été placée en surplomb des regards, comme si elle trônait, devant les balcons de la mairie pavoisés d’une longue senyera, le drapeau catalan sang et or. Tôt ce samedi-là, les membres du club des cyclistes et des excursionnistes l’avaient recueillie des mains de leurs compères de la ville voisine pour l’apporter ici, sur la place de Sant Vicenç dels Horts.

 

C’est jour de fête dans cette bourgade dortoir de vingt huit mille cinq cent habitants, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Barcelone. La correllengua, littéralement « la langue qui court », est une initiative annuelle du collectif citoyen CAL, qui promène de ville en ville cette flamme, symbole de la « résistance culturelle » catalane. Vers 11 heures, sous un doux soleil d’automne, un chœur s’est formé face à la flamme pour entonner à pleins poumons Els Segadors (« les faucheurs »), l’hymne national catalan inspiré d’une vieille chanson populaire faisant référence aux injustes taxes imposées par Madrid au dix septième siècle.

 

L’hymne sert de coup d’envoi à une série de réjouissances qui durera jusque dans la soirée, on danse la sardane, on déguste les produits du terroir, on édifie les célèbres castelers, ces tours humaines auxquelles contribuent les plus petits et, selon la tradition des diables e angels diabolics, on actionne un mammouth articulé couvert de laine d’où explosent des pétards et sous lequel les plus jeunes s’en donnent à cœur joie et se trémoussent en poussant des cris.

 

Dans une ambiance champêtre à la Jacques Tati, on découvre un condensé de la culture populaire de Catalogne. Mais malgré les accents de kermesse, les activités sont vécues avec intensité et discipline.

 

« L’Espagne, le reste de l’Espagne, semble bien loin, n’est-ce pas ? » remarque Imma Prats, élue chargée de la culture. Il y a, dans la voix de cette jeune femme brune, la satisfaction d’avoir réussi la gageure de « catalaniser » la bourgade. Rien à voir avec les provinces de Lleida ou de Gérone, où cette culture millénaire est très enracinée, avec ses bâtiments laids et défraîchis des années 1960, sans patrimoine historique ou si peu, coincé entre une autoroute, une nationale et une voie de chemin de fer, Sant Vicenç dels Horts est caractéristique du cinturon, cette grande agglomération barcelonaise peuplée majoritairement de gens ayant émigré il y a trois ou quatre décennies du sud de l’Espagne. De sorte que soixante dix pour cent des vicentinos parlent le castillan et, au mieux, bredouillent le catalan.

 

« A la mairie, on propose des cours de langue », poursuit Imma Prats. « Ce bain culturel prend du temps, on a longtemps ramé, mais cela porte ses fruits ». Pour preuve, après trente ans de domination socialiste (parti espagnoliste), la municipalité est tombée en 2011 dans le giron d’Esquerra Republicana de Catalunya (gauche républicaine de Catalogne, ERC), formation qui prône l’indépendance et qui, en coalition avec les démocrates-chrétiens de CIU, au pouvoir régional, a annoncé un référendum d’autodétermination pour 2014, malgré les cris d’orfraie de Madrid.

 

« Maîtriser son destin »

 

Cette perspective enflamme Montse Siñol et Ivan Barquero. Au départ, ils ont peu en commun. Elle a cinquante quatre ans, formée dans l’administration, de famille catalanophone, un père passé pendant la guerre par le camp de concentration d’Argelès. Lui a trente six ans, technicien chez Canon, d’origine castellano andalouse, une mère ultra espagnoliste. Montse et Ivan partagent un même rêve, l’indépendance.

 

Tous les deux vivent « en catalan », la radio (la Rac 1 ou Cat Radio), la télévision (TV3), les lectures et les activités culturelles. Tous les deux se réjouissent que les arènes municipales ne servent plus depuis l’interdiction de la corrida, symbole de « l’Espagne rance », disent-ils, décrétée par le parlement catalan en 2010. Mais cela ne leur suffit plus, ils veulent pleinement s’émanciper du reste du pays, « vivre dans une Catalogne souveraine » (Ivan), « dans un pays qui maîtrise son destin » (Montse). Au chômage depuis peu, ils pensent qu’alors, leur situation s’améliorera. « En Catalogne, les choses se font mieux, plus sérieusement », insiste Ivan. « J’ai découvert cela dès l’école. Et puis, notre culture est différente, plus flexible, moins bornée, moins agressive. Vraiment, le mieux est de divorcer, et de devenir de bons voisins ».

 

Ce sont eux qui, à Sant Vicenç dels Horts, animent la branche locale de l’Assemblée Nationale de Catalogne, l’ANC, séparatiste, qui compte quarante membres et deux cent sympathisants. Ce n’est pas mal pour une organisation née en mars 2012. A l’échelle de la Catalogne, c’est déjà un collectif conséquent avec cinquante mille socios (adhérents), dont vingt mille avec droit de vote, et six cent assemblées territoriales, soit deux tiers des municipalités catalanes. A l’ANC, aucun des adhérents ne peut exercer une fonction dans un parti, et l’indépendance financière, dons des membres et merchandising, est totale. L’ANC se veut un mouvement citoyen, transversal (presque toutes les professions y sont représentées), sans affiliation politique. Une sorte d’avant-garde de la lutte indépendantiste au sein d’une société qui, depuis longtemps, se caractérise par un militantisme actif.

 

Là réside la singularité du mouvement séparatiste catalan, à la différence du Québec ou de l’Ecosse (les deux principaux modèles, vu de Barcelone), la société civile pèse davantage que les leaders politiques. « Nous avons plusieurs longueurs d’avance sur eux. Sans nous, cela fait longtemps que la flamme indépendantiste serait retombée », assure Jaume Marfany, qui travaille au département de politique linguistique. C’est l’un des hommes forts de l’ANC, il reçoit dans ses locaux barcelonais de deux mille mètres carrés, non loin de la Sagrada Familia. « Notre mouvement n’a pas d’équivalent ailleurs. A l’échelle européenne, c’est sans aucun doute le projet collectif qui suscite le plus d’engouement. Et ce en pleine morosité économique ».

 

Ces dernières années, la société catalane s’est fortement éloignée de Madrid. D’après un récent sondage de la Generalitat (l’exécutif autonome), 54,7% des sept millions cinq cent mille habitants sont favorables à l’indépendance (contre un tiers en 2005) et quatre vingt pour cent approuvent l’organisation d’un référendum. Le déclic principal, ce fut l’énorme manifestation de colère, en juillet 2010 à Barcelone, après que le tribunal constitutionnel réduisit à néant un nouveau statut d’autonomie pour la Catalogne. Un terreau fertile, labouré aussi par la crise économique, qui a préparé la naissance de l’ANC.

 

En 2012, lors de la Diada, la «fête nationale» du 11 septembre, l’ANC organise une immense marche qui oblige le président régional nationaliste, Artur Mas, à promettre un référendum.

 

Rebelote lors de la Diada de cette année, avec l’organisation de la «Via Catalana », une impressionnante chaîne humaine d’un bout à l’autre de la Catalogne, des Pyrénées à Tarragone.

 

« Cela fait trois cents ans que nous essayons de trouver notre place au sein de l’Espagne », dit Jaume Marfany. « Nous avons tout essayé, de façon tolérante et constructive, mais il n’y a pas moyen. L’heure est venue de dire basta ». Les doléances sont avant tout d’ordre économique.

 

D’après les indépendantistes, le système de financement défavorise la Catalogne, région la plus dynamique, assurant un quart du PIB espagnol, et impliquerait un manque à gagner de seize milliards d’euros par an. Madrid réduit ce chiffre de moitié.

 

Le pouvoir central ayant peu investi ici, le malaise est grandissant, autoroutes payantes (gratuites dans le reste de l’Espagne, hors pays basque), infrastructures vétustes, aéroport délaissé (El Prat, pourtant plus fréquenté que Barajas, celui de la capitale), couloir méditerranéen non développé, centralisme madrilène. « Tout n’est qu’aberrations. Par exemple, une voiture produite ici doit souvent passer par la Castille pour être exportée. Comment un pays peut-il marginaliser sa région la plus forte », s’étrangle Oriol Junqueras, leader de la gauche républicaine ERC et maire de Sant Vicenç.

 

Un « nationalisme obligatoire »

 

Ricard Rosenfeld, un pharmacien d’origine germano-hongroise élevé dans un milieu pro-franquiste, a épousé les doléances nationalistes. Il ne décolère pas contre une récente loi détrônant le catalan au profit du castillan comme langue de référence à l’école, « c’est une atteinte à notre liberté, à notre culture ». Sa fille Anna, qui n’a pas raté une seule manifestation de l’ANC, abonde dans son sens, « Madrid nous oblige à justifier le fait que nous parlons une autre langue. Certains me demandent même si je parle catalan dans la rue. Mais c’est ma langue, ma richesse, ils n’ont rien compris ».

 

Certes, toute la Catalogne n’obéit pas à la lame de fond indépendantiste. Outre les deux formations « espagnolistes », les partis populaire et socialiste, l’ascension de Ciutadans (« Citoyens », neuf députés au parlement autonome) montre que beaucoup manifestent leur rejet.

 

A l’instar du professeur de droit constitutionnel Francesc de Contreras, l’un des inspirateurs de Ciutadans, « on vit ici sous le règne d’une espèce de nationalisme obligatoire et d’une pression médiatique qui veulent nous faire penser de la même façon et proclament pour la Catalogne le ridicule et infondé statut de victime ».

 

Retour à Sant Vicenç dels Horts. Là, la spectaculaire montée du séparatisme n’est pas tant une affaire de langue, puisque près des trois quarts ne parlent pas catalan. Elle est surtout liée à la peur de l’avenir, alors que le taux de chômage a atteint vingt trois pour cent. De plus en plus, on se méfie de l’état central, jugé inefficace, et on parie pour une nation catalane, perçue plus proche et plus efficace.

 

Fils d’immigrés andalous, affable et loquace, Manolo Garcia, quarante neuf ans, se sent pleinement espagnol, il vibre pour le Real Madrid, ne parle pas un mot de catalan et n’avait jusque-là jamais prêté l’oreille aux sirènes indépendantistes. Mais, en 2011, il vire sa cuti lorsque son entreprise de fibre optique, Fercable, menace d’un plan social, lui et quatre vingt quinze autres salariés. « Seuls les séparatistes se sont démenés pour nous sauver et éviter la délocalisation. Cela a marché. J’ai alors compris que l’indépendance était la seule solution pour lutter contre la crise et la globalisation ».

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 15:54

 

http://www.gauchevraimentunitaire.wordpress.com/2013/11/28/communique-sur-la-situation-dans-gauche-unitaire

 

Communiqué sur la situation dans Gauche Unitaire

 

Le bureau national de Gauche Unitaire a adopté une motion Lundi 25 Novembre 2013 suite à la participation de militants de Gauche Unitaire aux assises de constitution du mouvement Ensemble qui se sont tenues à Saint Denis les 23 et 24 novembre.

 

Cette motion, présentée par Christian Picquet et Alain Faradji, considère que les trente cinq membres de Gauche Unitaire, signataires de la contribution « Militants de Gauche Unitaire, nous sommes partie prenante du mouvement Ensemble », ne sont plus membres de Gauche Unitaire.

 

Cette décision, d’une rare brutalité, est totalement contraire aux statuts de Gauche Unitaire et revient de fait à exclure des camarades, sans même qu’ils puissent faire entendre leur point de vue devant les instances de l’organisation.

 

Gauche Unitaire connaît aujourd’hui une crise profonde qu’aucune mesure administrative ne pourra régler. Alors qu’un appel pour la tenue d’un véritable congrès est en train d’être largement signé au sein de l’organisation, et ce malgré le refus de ceux qui ont la maîtrise de la liste des adhérents de le diffuser à l’ensemble des militants.

 

De telles méthodes antidémocratiques fragilisent Gauche Unitaire et le Front De Gauche, mais nous sommes persuadés qu’elles n’ont aucun avenir.

 

Pour notre part, nous ne reconnaissons pas de légitimité à cette décision contraire aux statuts, et nous considérons pleinement comme militants et militantes de Gauche Unitaire, engagés dans le mouvement Ensemble pour la réussite du Front De Gauche.

 

François Calaret, bureau national de Gauche Unitaire ; Francis Sitel, bureau national de Gauche Unitaire ; Marie Pierre Toubhans, porte parole nationale de Gauche Unitaire

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 15:32

 

http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article1016

 

De l’écotaxe aux bonnets rouges

Fondation Copernic

Vendredi 22 Novembre 2013

Les récents événements en Bretagne sont d’une importance politique majeure. L’instauration d’une écotaxe, votée sous Nicolas Sarkozy par la droite et la quasi totalité de la gauche et sur le point d’être mise en œuvre par le gouvernement Hollande, a déclenché une révolte qui voit se coaliser salariés licenciés, patrons licencieurs, régionalistes radicaux, petits commerçants et artisans touchés par les conséquences de la désindustrialisation et de la crise de l’agro alimentaire. Comment en est-on arrivé là ?

L’écotaxe, un impôt qui n’a d’écologique que le nom

Le premier scandale concernant cet impôt a trait à sa collecte, privatisée par le gouvernement précédent dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé (PPP) avec la société Ecomouv pour une rémunération garantie de deux cent cinquante millions d’euros par an, soit quelque vingt pour cent de la recette attendue. De surcroît, les frais de dédit sont énormes : si le gouvernement renonce à mettre en œuvre l’écotaxe, il devra verser huit cent millions d’euros à Ecomouv.

Le but affiché de cette écotaxe est une réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) à travers une diminution du trafic routier, en taxant les kilomètres parcourus par les camions. Mais elle ne doit s’appliquer que sur la majorité des routes nationales, sur certaines routes départementales et sur les autoroutes gratuites, soit une infime partie du réseau autoroutier.

Le secteur des transports étant le premier secteur émetteur de GES avec vingt sept pour cent des émissions, l’objectif a pu sembler louable. La mise en œuvre envisagée lui tourne malheureusement le dos, et appelle plusieurs remarques.

Ne pas vouloir taxer les autoroutes à péage, où passe l’essentiel du trafic européen, est une aberration. Cela aboutit à pénaliser les producteurs locaux et à privilégier au contraire le trafic longue distance. De plus, les régions qui ont peu d’autoroutes, c’est le cas de la Bretagne, vont être handicapées par un trafic routier rendu pour elles plus onéreux. Le gouvernement a tenté d’expliquer que les camions empruntant les autoroutes acquittaient déjà l’écotaxe en payant le péage et la taxe à l’essieu. Ils paieraient donc une écotaxe depuis des années sans le savoir ! Cet argument est, pour le moins, une contre vérité : le péage est la redevance due, théoriquement, pour financer la construction des autoroutes et leur entretien ; la taxe à l’essieu doit compenser les dommages à la chaussée générés par le trafic des camions. C’est le prix, relativement modique d’ailleurs, payé par les transporteurs routiers pour les dégradations causées par leur activité.

De plus, si l’objectif de cette écotaxe est de réduire le trafic routier, encore faudrait-il que des alternatives à la route existent, en l’occurrence que le ferroutage et le fret ferroviaire et fluvial soient développés. Or, tel n’est pas le cas, au contraire. Du côté fiscalité, le taux de TVA sur les transports collectifs et ferroviaires, déjà passé de 5,5 % à 7 % en janvier 2012 avec le gouvernement précédent, va augmenter pour atteindre dix pour cent dès janvier 2014. Un quasi doublement en deux ans alors qu’il faut développer et promouvoir les transports en commun ! Du côté infrastructures, la part du fret ne cesse de reculer et le ferroutage reste marginal. Prise dans une logique de rentabilité financière et soumise à la déréglementation imposée par les institutions et les gouvernements européens, dont la France, la SNCF n’a évidemment rien fait pour inverser cette tendance.

En l’absence de solutions alternatives, cette écotaxe ne peut donc entraîner aucun changement de comportement et apparaît seulement comme une taxe sur l’utilisation des infrastructures routières, qui pénalisera essentiellement les petites entreprises du secteur faisant du cabotage (et qui n’ont plus les moyens de recourir au fret ferroviaire depuis l’abandon de la pratique du wagon isolé par la SNCF).

La fiscalité écologique doit satisfaire trois conditions, d’une part, elle doit permettre un changement réel des comportements, ce qui suppose qu’il y ait des solutions alternatives et accessibles aux produits que l’on taxe ; d’autre part, elle ne doit être qu’un élément de toute une série de mesures visant à engager réellement la transition écologique ; enfin, elle doit s’insérer dans une réforme globale de la fiscalité, exigence d’autant plus importante que règne actuellement une forte injustice en la matière – propice au développement de la dangereuse thématique du « ras-le-bol fiscal ».

Un système fiscal inique

Un système fiscal progressiste doit répondre à trois enjeux, d’abord permettre à l’état d’avoir les recettes fiscales pour faire face à ses obligations en termes de services publics et d’investissements de long terme ; ensuite, organiser une redistribution financière qui réduise les inégalités sociales ; enfin, entraîner un changement de comportement d’un certain nombre d’acteurs en fonction d’objectifs politiques décidés démocratiquement. Le projet actuel d’« écotaxe » l’illustre suffisamment, le système fiscal français ne remplit aucun de ces trois objectifs.

Ces dernières années ont vu la mise en œuvre d’une véritable contre-révolution fiscale au bénéfice des ménages les plus riches et des entreprises, particulièrement les plus grandes. Elle a été initiée par la droite, prolongée sous le gouvernement de Lionel Jospin, amplifiée par la suite. En 2010, les pertes de recettes dues à la multiplication des niches fiscales s’élevaient, suivant le conseil des prélèvements obligatoires, à environ cent cinquante milliards d’euros.

Suivant un rapport de 2010 du rapporteur général du budget, le député UMP Gilles Carrez, si la fiscalité était restée ce qu’elle était en 2000, la France aurait connu un excédent budgétaire en 2006, 2007 et 2008 et son déficit n’aurait été que de 3,7 % en 2009, année de la plus forte récession depuis la seconde guerre mondiale, au lieu des 7,5 % enregistrés.

De plus, la modification du barème et la diminution du nombre de tranches de l’impôt sur le revenu ont rendu celui-ci de moins en moins progressif. Le taux marginal d’imposition sur le revenu était de soixante cinq pour cent en 1986, il était de quarante pour cent en 2010. Le taux de l’impôt sur les sociétés n’a cessé de baisser pour arriver à un taux théorique de trente trois pour cent. Théorique seulement, car, dans la pratique, le taux implicite, c’est-à-dire l’imposition réelle des entreprises, décroît au fur à mesure que croît la taille de l’entreprise, le taux d’imposition des entreprises du CAC 40 est ainsi en moyenne de huit pour cent (certaines ne payent aucun impôt), quand les PME sont taxées en moyenne à vingt huit pour cent.

Tout cela a abouti à un appauvrissement relatif de l’état, dont les recettes fiscales sont passées de vingt deux pour cent du PIB au début des années 1980 à seize pour cent en 2010. Certes, décentralisation oblige, la part des impôts locaux a augmenté de 1,5 % depuis le milieu des années 1980, pour représenter en 2010 environ 4,6 % du PIB. Cette augmentation du poids des impôts locaux, à la charge de quasiment tous les ménages, est donc loin d’avoir compensé la baisse des recettes fiscales de l’état. Depuis le milieu des années 1980, la puissance publique a vu, globalement et relativement, ses moyens se réduire.

Certes, depuis 2011, les impôts ont globalement augmenté, mais cela s’est fait en aggravant l’injustice fiscale antérieure. Par exemple, le gel du barème de l’impôt, instauré par Nicolas Sarkozy et maintenu par François Hollande jusqu’en 2013, a entraîné une augmentation d’impôt qui a pesé sur la quasi-totalité des ménages. Malgré la mise en place d’une décote pour les plus pauvres, nombre de ménages se sont retrouvés imposables. Aucune réelle réforme fiscale d’ampleur n’a été menée et l’ajout d’une tranche à quarante cinq pour cent pour l’impôt sur le revenu est une mesure dérisoire qui ne lui rend pas la progressivité nécessaire. La capitulation devant les « pigeons » a mis au placard la volonté de taxer les revenus du capital au niveau de ceux du travail.

Les palinodies autour de la taxe à soixante quinze pour cent illustrent la logique actuelle du gouvernement. Tout d’abord, le taux de cette taxe ne sera pas de soixante quinze pour cent, mais seulement de cinquante pour cent. Elle ne sera pas intégrée à l’impôt sur le revenu, mais sera payée par les entreprises sur les rémunérations supérieures à un million d’euros annuel. Ce qui devrait concerner les rémunérations versées à environ un millier de dirigeants et hauts cadres. C’est une taxe exceptionnelle, qui ne concerne que les années 2013 et 2014, plafonnée de surcroît à hauteur de cinq pour cent du chiffre d’affaires des entreprises, et qui ne s’appliquera pas aux revenus du capital. Il s’agit donc d’un véritable bouclier fiscal qui va protéger les plus grosses entreprises. Enfin, cette taxe est déductible de l’impôt sur les sociétés.

Pour financer le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) d’un montant de vingt milliards d’euros à terme (dix milliards en 2014), dont vont bénéficier les entreprises sans la moindre contrepartie en matière d’investissement ou d’emploi, le gouvernement va augmenter la TVA au premier janvier 2014. Le taux normal de TVA passera de 19,6 à 20 %, le taux intermédiaire de sept à dix pour cent. Or, la TVA est un impôt particulièrement injuste, car il touche de manière disproportionnée ceux qui consomment l’essentiel, sinon la totalité, de leur revenu, c’est-à-dire les classes populaires, voire une partie des classes moyennes. Enfin, de nombreux nouveaux impôts vont frapper les classes modestes en 2014. Au total, l’année 2014 verra un transfert financier au bénéfice des entreprises (douze milliards d’euros de baisse d’impôts) et au détriment des ménages (onze milliards d’euros d’augmentation).

L’injustice fiscale règne et prospère. Il est donc compréhensible qu’un « ras-le-bol fiscal » naisse et se développe, d’autant que l’idée en a été légitimée par des déclarations au plus haut sommet de l’état, venant du ministre de l’économie et des finances et du président de la république lui-même. L’enjeu de la bataille actuelle autour de ce « ras-le-bol fiscal » est de savoir si elle va déboucher sur une nouvelle baisse de la fiscalité pour les plus riches et les entreprises, comme le demandent avec insistance le MEDEF et la FNSEA, ou si une réforme fiscale qui redonne des moyens à la puissance publique et permette une redistribution des richesses sera enfin entreprise.

Un système agro alimentaire en bout de course

Comme l’indique la confédération paysanne, « la situation actuelle de l’agro alimentaire est la conséquence de mauvais choix économiques de dirigeants d’entreprises, y compris coopératives, pariant incessamment sur la croissance des volumes, plus que sur la valeur ajoutée des productions bretonnes ». La Bretagne produit plus de cinquante pour cent des porcs élevés en France, un tiers des volailles et quarante pour cent des œufs. Une partie non négligeable de cette production est exportée. Ainsi, les poulets congelés bretons ont inondé les pays d’Afrique et du Moyen-Orient, grâce à des subventions européennes à l’exportation, les « restitutions ».

Les tenants de cette agriculture productiviste, dont le MEDEF et la FNSEA sont les représentants les plus actifs, refusent obstinément de prendre en compte les impératifs écologiques. L’élévation des taux de nitrates dans l’eau et la prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes sont pourtant les symptômes les plus manifestes des conséquences de ce développement de l’élevage intensif.

Ce modèle est aujourd’hui en bout de course. Axée sur des marges faibles compensées par l’ampleur des volumes, cette agriculture est fortement concurrencée par les pays émergents comme le Brésil, ou par des pays de l’Union Européenne qui, comme l’Allemagne ou le Danemark, pratiquent un dumping social éhonté en employant massivement des salariés d’Europe centrale et orientale détachés sous-payés. Certaines entreprises bretonnes ne sont d’ailleurs pas en reste en la matière. Ainsi, l’entreprise GAD, qui va licencier près de neuf cent salariés, fait travailler dans des conditions indignes des intérimaires roumains. Enfin, la grande distribution, qui pèse toujours plus sur les prix des produits achetés aux agriculteurs, a joué un rôle non négligeable dans la crise. La fin des subventions à l’exportation a donné le coup de grâce à ce modèle productiviste.

Comme l’écrit la confédération paysanne, « les travailleurs, qu’ils soient salariés ou paysans sont, ensemble, victimes des dérives de l’industrie agro-alimentaire.
Repenser le modèle breton en termes de valeur ajoutée et de relocalisation serait un projet véritablement porteur d’avenir ». Or, toute l’action de la FNSEA et du MEDEF vise au contraire à le faire perdurer, et ce sont ces organisations qui ont l’oreille du gouvernement. La crise de l’agro alimentaire en Bretagne a plongé la région dans une crise identitaire profonde. Structurée autour d’un modèle dominant qui semblait encore récemment bien fonctionner, la Bretagne a brusquement vu sa représentation du monde s’effondrer. S’y ajoutent les effets de la crise qui touchent les autres secteurs industriels (automobile, télécom) et ceux des politiques d’austérité. Toutes les classes sociales sont touchées, les salariés licenciés, évidemment, mais aussi les agriculteurs qui voient leur revenu s’effondrer, les artisans et les commerçants que ruine le délitement du tissu social.

Dans ce cadre, l’écotaxe est apparue comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans une région excentrée où la question des transports est cruciale. Cette situation a été d’autant plus propice à toutes les manipulations que le gouvernement est très sensible à la pression patronale et que la gauche critique (au sens large, politique et sociale) a été incapable de prendre la moindre initiative politique, ouvrant ainsi une autoroute au patronat local pour essayer de tourner la colère populaire contre l’écotaxe et, plus globalement, le « trop-plein fiscal ». La manifestation de Quimper illustre le succès de cette stratégie, même si l’on peut penser que la situation n’est pas figée.

Quelles réponses progressistes ?

Elles passent à la fois par des réponses sur le fond et par la possibilité pour le mouvement social et les forces politiques de gauche opposées à la politique gouvernementale de proposer des initiatives de mobilisation à la hauteur de la situation. Ces deux aspects sont indissociables. Sans réponses sur le fond, sans la capacité de montrer que l’on peut faire autrement, il sera impossible de construire une véritable mobilisation populaire qui pèse sur les rapports de forces.

Le modèle de l’agroalimentaire productiviste n’est soutenable ni économiquement, ni socialement, ni écologiquement. C’est le rôle des pouvoirs publics, État et collectivités locales, d’aider financièrement à la mise en œuvre d’un plan de reconversion basé sur une agriculture et un élevage moins intensifs, pour des produits de meilleure qualité, la relocalisation de la transformation et la garantie d’une juste rémunération du travail salarié et paysan.

Au-delà, il est de la responsabilité du gouvernement français de s’attaquer au dumping social illégal pratiqué par les entreprises françaises et de peser pour que cette question soit réglée au niveau européen. La PAC doit être réorientée.

De plus, il faut décréter un moratoire sur tous les plans de licenciements et protéger les salariés victimes de plans sociaux en mettant en place un statut du salarié, une sécurité sociale professionnelle qui garantisse la continuité de la rémunération et de la protection sociale. Enfin, il faut une réforme fiscale progressiste qui mette fin à l’injustice fiscale actuelle. Dans ce cadre, la première mesure à prendre est d’annuler l’augmentation prévue de la TVA, ce qui suppose d’annuler le crédit impôt compétitivité emploi qu’elle est censée financer.

C’est donc d’un véritable changement de cap politique qu’il est question. Il est peu probable que le gouvernement actuel l’envisage, tant il a intégré la doxa patronale sur la compétitivité et la réduction des dépenses publiques. Comme les sondages en témoignent, le mécontentement social actuel est important et pourrait déboucher sur des mouvements de grande ampleur.

Quel sera alors le sens de ces éventuels mouvements ? Seront-ils récupérés par le patronat, la droite et l’extrême droite, qui réussiraient ainsi à transformer une révolte populaire en mouvement de type poujadiste ou, au contraire, seront-ils porteurs d’un refus des politiques néo libérales et d’une visée de transformation sociale progressiste ?

La réponse à cette question dépendra en partie des capacités d’initiative de la gauche critique, tant au niveau local que national.  

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 14:50

 

http://www.le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-quimper-une-liste-de-la-gauche-de-transformation-sociale-front-de-gauche-npa-osons-la-democrat-120683411.html

http://quimper.letelegramme.fr/local/finistere-sud/quimper/ville/municipales-la-gauche-de-la-gauche-au-1er-tour-20-10-2013-2274787.php

La gauche de la gauche au premier tour des élections municipales

 

Dimanche 20 Octobre 2013

 

« Osons la démocratie », c’est le nom du collectif soutenu par le NPA et le Front De Gauche.

 

Comme à chaque scrutin municipal, depuis 1995, la gauche de la gauche va présenter une liste au premier tour. En 2008, elle avait réalisé 6,6 % des suffrages.

 

Dans la continuité des listes de premier tour présentées par la LCR et les Alternatifs, la gauche de la gauche a annoncé hier matin, place Terre-au-Duc, son entrée en lice.

Sous l'appellation « osons la démocratie », la future liste soutenue par le NPA et le Front De Gauche s'est présentée comme une « liste large, unitaire, ouverte au-delà de ses premières composantes et totalement indépendante du Parti Socialiste au premier et au deuxième tour. Le gouvernement Hollande-Ayrault tourne le dos aux intérêts des salariés et des couches populaires, il aggrave les politiques de Sarkozy-Fillon », affirme Gérard Mas (NPA).

 

Une démocratie participative réelle

 

Les critiques sont tout aussi fermes contre la gestion socialiste de la ville de Quimper. « Nous allons substituer une démocratie participative réelle à la démocratie représentative », annonce Daniel Ferrenback (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique). « Quand une mandature se finit avec autant de controverses avec les associations, c'est qu'il y a un problème », souligne-t-il.

 

Débats confisqués

 

Le collectif « résolument à gauche a listé toute une série de débats confisqués » critiquant la méthode du maire, Bernard Poignant : « Sur les délégations de service public, la gouvernance du pôle Max-Jacob, la polémique née de la tentative de fermeture de trois écoles en milieu de mandat, les rythmes scolaires plus récemment », abondent Marie-Claire Poder (PCF Front De Gauche) et Philippe Levallois (Alternatifs Front De Gauche). Ce qui fait dire à ce dernier que « nous voulons une reconquête et un développement des services publics, nous reverrons les règlements de services et créerons une commission de contrôle financier des DSP ».

 

Révision du plan transport


Si le futur plan transport est critiqué à droite, il l'est aussi à la gauche de la gauche qui en demande sa révision. « Pour nous, la gratuité n'est pas un tabou », affirme Jeanine Carrasco (NPA), faisant référence à cette politique mise en place à Aubagne avec « une augmentation de cent quatre vingt pour cent de voyageurs ». Les propositions portent aussi sur une extension des horaires des bus le matin et le soir et une meilleure desserte des quartiers. Pour « une municipalité de gauche, sociale et écologiste », Osons la démocratie a élaboré un programme en douze propositions. Aucun nom n'a été avancé hier comme tête de liste. De même, Osons la démocratie se « donne le temps pour présenter sa liste ».

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 12:00

 

L’Afrique du Sud pleure Nelson Mandela

 

JOHANNESBURG (Reuters) - Les sud africains se sont réveillés Vendredi 6 Décembre 2013 sous le choc et orphelins au lendemain de la disparition du « père de la nation-arc-en-ciel » et de l'icône absolue de la lutte contre l'apartheid.

 

Nelson Mandela, premier président noir de l'Afrique du Sud et artisan du démantèlement du système ségrégationniste, s'est éteint jeudi, soir laissant le souvenir d'un géant politique dont le courage et l'influence ont été salués par les dirigeants de la communauté internationale.

 

« Madiba » est décédé à l'âge de quatre vingt quinze ans, après avoir été soigné pendant plusieurs mois cette année pour une infection pulmonaire récurrente, résultat de ses vingt sept années d'internement, notamment au bagne de Robben Island, au large du Cap.

 

Si l'état de santé du lauréat du prix Nobel de la paix 1993 demeurait fragile depuis sa sortie de l'hôpital et son retour chez lui, l'annonce de sa mort par le président Jacob Zuma a été ressentie comme un choc en Afrique du Sud et dans le reste du monde.

 

Dès l'annonce de sa disparition, certains en Afrique du Sud ont exprimé un malaise face à l'absence physique d'un homme perçu avant tout comme un homme de paix et de réconciliation.

 

« Je pense que le pays va devenir de plus en plus raciste, les gens vont s'affronter les uns, les autres et mettre dehors les étrangers », a prophétisé Sharçon Qubeka, une secrétaire de vingt huit ans se rendant à son travail à Johannesburg. « Nelson Mandela était le seul de nos dirigeants capable de garder le pays uni ».

 

Lors d'une messe à la mémoire du défunt, Desmond Tutu, ancien archevêque du Cap et compagnon de lutte de « Madiba », a répondu à ces craintes. « Faisons-lui ce cadeau d'une Afrique du Sud unie », a-t-il lancé.

 

Dès l'annonce faite par Zuma, les réactions ont commencé à affluer pour saluer le « courage et l'influence » de l'ancien opposant devenu l'infatigable combattant de la lutte contre l'injustice et pour la réconciliation raciale.

 

Le président américain Barack Obama a jugé que « le monde avait perdu l'un des êtres humains les plus influents et les plus courageux et les plus sincèrement bons. Il a accompli plus que l'on pouvait attendre d'un homme ».

 

Le président français François Hollande a rendu hommage à « un résistant exceptionnel et un conquérant magnifique dont le message continuera d'inspirer les combattants de la liberté et de donner confiance aux peuples dans la défense des causes justes et des droits universels ».

 

S'exprimant le visage grave à la télévision, Jacob Zuma a précisé que Nelson Mandela sera honoré par des funérailles nationales la semaine prochaine. Il a ordonné que tous les drapeaux du pays soient mis en berne.

 

Mandela « s'en est allé paisiblement entouré de sa famille vers 20 heures 50, le 5 décembre 2013. Il repose maintenant. Il est en paix », a dit Jacob Zuma.

 

Le conseil de sécurité de l’ONU se trouvait en session lors de l'annonce du décès et les ambassadeurs ont interrompu leurs travaux pour observer une minute de silence.

 

Premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama a tenu à rappeler quelle influence Nelson Mandela avait joué dans sa vie, admettant « avoir appris de lui ».

 

Originaire d'un milieu rural, Nelson Mandela fut l'un des premiers partisans de la résistance armée à l'apartheid en 1960, un combat qui est devenu un symbole de la seconde moitié du vingtième siècle dans les pays émergents.

 

Lorsque le régime blanc conduit par le président Frederik de Klerk dut céder le pouvoir, Mandela fut le premier à prôner la réconciliation et le pardon des Noirs en faveur de la minorité blanche.

 

« Madiba » était devenu président après la victoire de l'ANC aux élections de 1994 avant de se retirer de la politique cinq ans plus tard.

 

« Il était un grand unificateur et un homme très très spécial de ce point de vue au-delà de tout ce qu'il a pu accomplir », a commenté Frederik de Klerk dans un entretien à CNN.

 

Le dernier président blanc de l'Afrique du Sud et son adversaire le plus déterminé partagèrent en 1993 le prix Nobel de la paix. De Klerk avait ordonné la libération de Mandela en 1990 et avait négocié avec lui la fin du régime de l'apartheid.

 

Mandela fut pour lui un homme « humain et compatissant » qui avait su comprendre la peur des blancs face à la perspective d'une transition démocratique.

 

Qualifié de « colosse, de modèle d'humilité, d'équité, de justice, de paix et d'espoir » par le congrès national africain, Mandela fût vite confronté à la tâche immense de bâtir une nouvelle nation à son arrivée à la tête de l'état.

 

UN EXEMPLE UNIQUE

 

Il prit les rênes d'un pays profondément divisé, vivant sur l'héritage de plusieurs décennies de racisme institutionnel et il fit de la réconciliation le thème central de l'unique mandat qu'il servit.

 

Il créa une commission « vérité et réconciliation » chargée de panser les blessures ouvertes d'un pays en proie à la violence, offrant un modèle pour les autres nations traversées par des conflits civils.

 

En 1999, il céda le pouvoir à des dirigeants plus jeunes et mieux rompus que lui aux réalités de la gestion économique, se révélant encore une fois un exemple, il fut l'un des rares dirigeants africains à quitter ses fonctions de sa propre volonté.

 

Sa dernière grande apparition sur la scène mondiale fut en 2010 lorsqu'il assista à la coupe du monde de football dans son pays après avoir suivi la victoire des springboks lors de la coupe du monde de rugby en 1995.

 

Dans le stade de Soweto, Mandela reçut une ovation de la part de quatre vingt dix mille spectateurs présents, témoignage de l'immense popularité dont il continuait de bénéficier malgré son éloignement des affaires publiques.

 

Signe de cette reconnaissance, la FIFA a ordonné que tous les drapeaux des deux cent neuf nations membres de la fédération soient mis en berne avant les prochains matches internationaux au cours desquels sera observée une minute de silence.

 

La bourse de Johannesburg observera vendredi à 11 heures locales (9 heures GMT) cinq minutes de silence à la mémoire du défunt.

 

« Suggérer que l'Afrique du Sud puisse s'embraser, comme certains l'ont prédit, revient à discréditer les sud africains et l'héritage de Madiba », a commenté Desmond Tutu.

 

« Le soleil va lever demain et le jour suivant, et encore le suivant. Il ne sera peut-être pas aussi brillant qu'hier, mais la vie continue ».

 

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