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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 17:52

 

Journée de violences et état d’urgence en Egypte

 

LE CAIRE (Reuters) - Les forces de sécurité égyptiennes ont donné l'assaut mercredi contre les rassemblements des partisans de l'ancien président islamiste Mohamed Morsi au Caire, déclenchant des violences à l'origine de près de cent cinquante morts dans l'ensemble du pays, selon un bilan officiel.

 

La présidence a proclamé l'état d'urgence dans toute l'Egypte, pour une durée d'au moins un mois et ordonné à l'armée d'apporter son soutien aux forces du ministère de l'intérieur.

 

Protestant contre l'usage de la violence, Mohamed al Baradeï, qui était vice-président du gouvernement intérimaire mis en place après la destitution de Mohamed Morsi, a remis sa démission et estimé que les seuls bénéficiaires de l'intervention des forces de sécurité seraient « ceux qui appellent à la violence et au terrorisme ».

 

Les troubles, qui se sont entre autres étendus à Alexandrie, deuxième ville du pays, ont fait cent quarante neuf morts et plus de mille quatre cent blessés à travers l'Egypte, selon le dernier bilan du ministère de la santé.

 

Des affrontements meurtriers ont notamment eu lieu dans la province du Fayoum, dans le port de Suez et dans la ville d'Ismaïlia.

 

L'assaut du Caire, lancé vers 7 heures locales (5 heures GMT), intervient après l'échec de plusieurs tentatives de médiation pour mettre fin au bras de fer engagé entre les partisans de Mohamed Morsi, souvent issus comme lui des frères musulmans, et le gouvernement provisoire soutenu par l'armée.

 

En tout début de soirée, l'agence officielle de presse Mena rapportait que la police avait pris le contrôle total du site de Rabaa al Adaouia, dans le nord-est de la capitale, où des milliers de partisans de Morsi campaient depuis sa destitution par les militaires, le 3 juillet.

 

SOIXANTE MORTS DANS UN HÔPITAL

 

Une source médicale a annoncé que soixante morts étaient recensés dans un seul hôpital du Caire et que le bilan allait probablement s'alourdir. La plupart des victimes ont été touchées par balles.

 

Un deuxième campement, plus petit, établi sur la place al Nahda, près de l'université du Caire sur la rive gauche du Nil, a été rapidement vidé par les policiers aux premières heures de l'intervention.

 

Mohamed al Beltagi, l'un des responsables du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), l'aile politique des frères musulmans égyptiens, dont l'arrestation a été annoncée avant d'être démentie, a comparé la situation en Egypte au conflit syrien, accusant les militaires de vouloir plonger le pays dans la guerre civile.

 

Les salafistes d'al Nour, deuxième parti islamiste après le PLJ, ont de leur côté demandé la fin des violences politiques qui « menacent de diviser la société ».

 

Dans un communiqué, le gouvernement a demandé aux partisans de Mohamed Morsi « d’entendre la voix de la raison » et a prévenu que les cadres des frères musulmans seraient tenus responsables de « toutes les émeutes et les violences ».

 

La dispersion des sit-in de protestation enlève aux frères musulmans l'un de leurs derniers moyens de pression sur le nouveau pouvoir. Les dirigeants de la confrérie ont été arrêtés ou sont recherchés et leurs avoirs ont été gelés.

 

En plus de l'état d'urgence proclamé mercredi, le gouvernement de transition a imposé un couvre-feu sur onze des vingt sept provinces égyptiennes, dont celles où se trouvent Le Caire, Alexandrie et Suez.

 

CONDAMNATION DES ÉTATS-UNIS

 

Plusieurs militants des droits de l'homme craignent que l'état d'urgence permette aux militaires d'effectuer légalement des arrestations. Le précédent état d'urgence avait été imposé en 1981 par le président Hosni Moubarak qui l'a utilisé pour réprimer les activités des dissidents, en particulier des Frères musulmans, jusqu'à son éviction du pouvoir en 2011.

 

Sur le plan international, les Etats-Unis se sont fermement opposés à la proclamation de l'état d'urgence et ont condamné l'usage de la force par les autorités, en pressant l'armée égyptienne de respecter les droits élémentaires des citoyens.

 

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, a exhorté lui le conseil de sécurité de l’ONU et la Ligue arabe à intervenir pour mettre fin à un « massacre » et a dénoncé le « silence » de la communauté internationale.

 

Le Qatar, soutien régional de l'ancien gouvernement de Mohamed Morsi, a condamné les assauts contre les manifestants et l'Iran a estimé que l'Egypte courait le risque d'une « guerre civile ».

 

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a également regretté « que les autorités égyptiennes aient utilisées la force » et a condamné « dans les termes les plus forts » la violence de l'intervention des forces de sécurité égyptiennes.

 

Depuis la chute de Mohamed Morsi et avant l'assaut lancé mercredi, plus de trois cent personnes sont mortes dans les violences politiques dans le pays, parmi lesquelles des dizaines de partisans des Frères musulmans tués par les forces de sécurité lors de deux interventions les 8 et 27 juillet.

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 18:17

 

http://www.bataillesocialiste.wordpress.com/2013/05/23/fernand-loriot-monatte-1932

 

Hommage de Pierre Monatte à Fernand Loriot

 

Paru dans la « Révolution Prolétarienne » numéro 140 (25 novembre 1932)

 

Loriot est à l’hôpital Saint-Denis, il va très mal. J’apprenais cette nouvelle dans l’après-midi du Mercredi 12 Octobre 1932. Le même jour il mourait, à l’âge de soixante-deux ans.

 

Nous ne nous étions pas rencontré, si je me souviens bien, depuis l’enterrement de Fulconis. Son visage creusé, sa taille plus voûtée m’avaient frappé. « Ça ne va pas fort, mais ça va mieux », m’avait-il dit. On ne s’était pas revu depuis. Nulle part on ne se rencontre plus difficilement qu’à Paris.  Surtout quand les camarades de pensée ne sont pas entraînés par le courant comme après 1919, ou ne se tiennent coude à coude pour le remonter comme après 1914. Nous ne sommes pas à l’une de ces périodes. Chacun est plus ou moins tenté de rester dans son coin, pris par son travail et ses soucis. Loriot a toujours travaillé dur. Longtemps, il a dû accepter des travaux de comptabilité, après sa classe, pour faire face à ses charges. Même une fois sa retraite prise. Et le faire malgré une santé menacée.

 

Un dernier échange de lettres remonte à plusieurs mois. Je lui avais écrit au sujet d’un certain nombre d’inexactitudes, entre beaucoup, rapportées par Ferrat dans son « histoire du parti communiste français ». Sa réponse est datée du 23 mars 1932.

 

Nous n’étions guère nombreux Samedi 15 Octobre 1932, dans le cimetière de Pantin, derrière le cercueil de celui qui sauva l’honneur du socialisme français pendant la guerre et qui personnifia ici le communisme dans les années 1917-1920.

 

Ceux qui exploitent le monopole du socialisme comme ceux qui détiennent le monopole du communisme n’ont pas ressenti la perte d’un des leurs. C’est trop naturel.

 

Mais dans le monde entier, les hommes qui restèrent internationalistes pendant la guerre et se portèrent tout de suite à la défense de la révolution russe, ceux-là dans tous les pays, en Russie comme ailleurs, plus qu’ailleurs, et pas seulement parmi les opposants, déportés ou non, auront baissé le front à la nouvelle de la mort de Loriot.

 

Il sauva l’honneur

 

Oui, l’on peut dire de Loriot qu’il sauva l’honneur du socialisme français pendant la guerre. Ce n’est pas une fleur pour oraison funèbre. C’est la pure vérité. Il a eu le courage d’aller plus loin que Bourderon, et de poursuivre l’effort de Zimmerwald. Il l’a continuée même lorsque Louise Saumonneau, qui l’avait secondé jusqu’alors, se retira, effrayée à la perspective d’une scission du parti socialiste.

 

Il y avait deux branches dans le comité pour la reprise des relations internationales, une branche socialiste et une branche syndicaliste. Loriot appartenait plutôt à la première. Il était au parti socialiste avant-guerre. Les camarades de Puteaux ne l’ont pas oublié.

 

Cela ne l’empêchait pas, bien sûr, de militer à son syndicat, mais il attachait plus de prix au parti qu’au syndicat, et c’est à la fin de sa vie seulement qu’il modifia son point de vue.

 

Bouët a rappelé dans l’« Ecole Emancipée » un fait peu connu. Au lendemain du congrès de Chambéry, en pleine tourmente des syndicats d’instituteurs et en pleine répression, c’est Loriot qui prit la fonction de trésorier dans le nouveau bureau fédéral constitué par le syndicat de la Seine. En 1913, au congrès de Bourges, Glay et ses amis, qui avaient appelé à la rescousse Laval, l’avocat de la fédération, préconisaient la dissolution et disaient à Chalopin qu’il n’aurait plus personne dans la Seine, qu’il serait révoqué, ainsi que tous ceux qui entreraient au bureau fédéral, le ministre en avait fait la menace. Du fond de la salle une voix s’éleva, celle du trésorier, en train de verser aux délégués leurs indemnités de chemin de fer, « tu ne seras pas seul, Chalopin, tu peux compter sur moi ».

 

Ce Loriot des jours héroïques, on devait le retrouver non pas au mois d’août 1915, comme l’écrit Bouët, mais certainement plus tôt. Il s’était laissé entraîner au début par la vague d’union sacrée.

 

Ses adversaires du parti lui ont souvent reproché un article écrit dans les premières semaines de guerre. Mais il s’était ressaisi très vite. J’en trouve le témoignage dans une lettre que m’écrivait Marie Guillot en janvier 1915, elle m’annonçait avoir vu Lapierre, celui du syndicat national, et appris par lui que non seulement lui-même mais Loriot et le vieux Murgier (le bûcheron) étaient disposés à lutter. Il faut dire que les marseillais, Lafosse, Audoye et leurs camarades, qui avaient la charge de l’« Ecole Emancipée » et qui la portèrent avec tant de mérite pendant toute la guerre, avaient tout de suite donné l’exemple de la résistance. Les militants de province et de Paris de la fédération de l’enseignement, ont sans doute discuté entre eux à ce premier congrès fédéral de guerre, tenu à la veille d’une conférence confédérale, ils ont mis au point leurs opinions. Loriot mettait un soin méticuleux à ces discussions. Mais il y avait déjà plusieurs mois qu’il était gagné.

 

En octobre-novembre 1914, Hélène Brion, dans les discussions du comité confédéral, on s’en rendra compte quand la CGT se décidera à publier les procès-verbaux du comité confédéral de cette époque, penchait déjà de notre côté. Elle, ni Loriot n’avaient pas attendu août 1915 pour se ranger parmi les pacifistes et les internationalistes.

 

Loriot travailla d’accord avec Merrheim jusqu’à la conférence des bourses et des fédérations qui se tint à Clermont en décembre 1917.

 

Cependant Merrheim, au cours de l’année 1917, s’occupait moins du comité pour la reprise des relations internationales. Une cassure s’était produite au sein de la section syndicaliste, certains éléments étaient partis pour former le comité de défense syndicaliste. Loriot m’a raconté que, n’ayant pas compris les raisons de cette cassure, il avait fait une démarche auprès du comité de défense pour tenter de le ramener, il y avait échoué, mais avait compris la difficulté d’un travail commun.

 

C’est aussi parce que Merrheim et Bourderon refusaient, en avril 1917, de répondre à la convocation en Suisse d’une nouvelle conférence internationale, que Loriot y partait.

 

Cette conférence, il ne l’apprit que sur place, devait fixer l’attitude des révolutionnaires russes réfugiés en Suisse avant le refus des alliés de leur laisser traverser leur territoire pour rentrer.

 

Au cours de 1917, Loriot et Saumonneau doivent peu à peu assumer le travail du Comité de la reprise délaissé par Merrheim. Si bien qu’à partir de 1918 ils en sont les chefs de file. En juillet 1918, au congrès confédéral, Merrheim signe une trêve avec Jouhaux. Mais le même mois, au conseil national socialiste, la droite jusqu’au boutiste est battue. La minorité syndicaliste, qui avait été jusqu’alors à la pointe de l’opposition à la guerre, va marquer un mouvement de recul, tandis que la minorité socialiste, rattrapant son retard, part avec élan. Les chemins de Loriot et de Merrheim s’écartent désormais. Dans le nouveau bureau du parti socialiste, Loriot prend la fonction de trésorier.

 

Du bolchevisme au syndicalisme

 

Au début de 1919, la guerre finie, avec le retour des démobilisés, le mouvement va-t-il faire peau neuve ? La tâche du comité de la reprise est achevée, une nouvelle commence. La troisième internationale est le symbole de l’espérance révolutionnaire. Le comité se transforme et devient le comité de la troisième internationale, il garde ses deux sections, la syndicaliste et la socialiste. Louise Saumonneau ne veut plus du secrétariat, je le prends.

 

Nous partons pour une double expérience. Les socialistes comme Loriot adhèrent sans réserves au bolchevisme et en adoptent la conception du parti animateur et maître de toutes les autres organisations. Les syndicalistes révolutionnaires, sans adopter cette conception, mais d’accord sur les soviets, et la dictature du prolétariat, pensent pouvoir travailler avec le bolchevisme dans toute l’œuvre révolutionnaire.

 

Nous nous sommes souvent chamaillés, avec Loriot, il défendait avec ardeur son point de vue, nous défendîmes le nôtre. Mais nous avions tant de pensées communes et tant d’ennemis communs que nous ne pouvions cesser de nous regarder comme de bons camarades. En mai 1920, quand le gouvernement imagina un mystérieux complot pour expliquer et pour briser la deuxième grève des cheminots, nous fûmes fourrés à la Santé,  Monmousseau et moi, Loriot et Souvarine qui avait rallié depuis le comité de la troisième internationale. Les deux sections du comité de la troisième internationale étaient ainsi pareillement à l’honneur.

 

C’est pendant notre séjour de dix mois à la Santé que se produisit à Tours la scission du parti socialiste. On discutera longtemps sur elle. Loriot, a-t-on dit, en avait non seulement accueilli l’hypothèse mais proclamé la nécessité. Le grand crime ! Un parti politique est un organisme basé sur des opinions, ce n’est pas comme le syndicat un organisme basé sur le fait d’être ouvrier, quand dans un parti les opinions se heurtent aussi violemment et sur des questions aussi essentielles que la guerre et la révolution, ce parti est forcé de se briser. Le parti socialiste s’est brisé à Tours. Dans sa large majorité il a rallié la troisième internationale. Il l’aurait ralliée dans une plus large majorité encore si la cassure s’était faite non derrière Frossard et Cachin mais derrière Longuet et Paul Faure. Que serait-il resté autour de Renaudel ? Et même telle que la scission s’était faite, le parti communiste pouvait facilement devenir le grand parti de la classe ouvrière française. Sans la crise ouverte dans le parti russe et dans l’internationale communiste, en 1924, par la mort de Lénine, il le serait devenu probablement. Sans quelque autre chose aussi, les mœurs de cliques que le bolchevisme a étalées partout depuis 1914 pointaient déjà dans l’ombre avec Souvarine. Sans tout cela le parti communiste aurait eu un autre destin. Le parti socialiste pourrait aujourd’hui chercher ses éléments ouvriers.

 

Peu après son retour de Moscou, où il avait participé au troisième congrès de l’internationale communiste, Loriot fut obligé, par son état de santé, de se mettre en marge du mouvement pour un temps. Il ne devait reparaître qu’en 1925 pour combattre la « bolchévisation ». Au congrès de Clichy, il put mesurer ce qu’était devenu le parti qu’il avait tant contribué à créer. Gouralsky, le délégué de l’internationale, lui proposa, ainsi qu’à Dunois, le marché traditionnel, signez une déclaration désavouant Hoeglund, Monatte et Rosmer et vous rentrez en grâce. Loriot et Dunois l’envoyèrent promener sans ménagement. C’est encore à ce congrès de Clichy que Loriot entendit cette menace de Treint, « nous vous combattrons par tous les moyens ». Ce « par tous les moyens », Loriot ne l’avait jamais pu digérer, il le rappelait à chaque instant.

 

En 1926, il ne reprit pas sa carte du parti. Cependant, il continua encore à militer avec le groupe de « contre le courant ». Mais un jour se rend compte que l’opposition de parti n’avait pas moins tort que le parti. C’est alors qu’il écrivit ici ses deux articles sur les « problèmes de la révolution prolétarienne ». Il déclarait avec fermeté :

 

« L’expérience de ces dix dernières années permet aujourd’hui de mesurer l’erreur de la thèse russe sur le parti communiste et ses tâches historiques ». S’il est quelqu’un qui a eu confiance dans le parti, une confiance raisonnée, passionnée, c’est bien Loriot.

 

L’expérience la lui a fait perdre. Sans faux amour-propre il l’a proclamé et s’est rallié au syndicalisme révolutionnaire.

 

Le coup de pied de l’âne

 

Ce ralliement a permis à Frossard de montrer un talent de philosophe qui n’a d’égal qu’un ingénu cynisme.

 

« Depuis des années, a-t-il écrit de Loriot, il n’était plus question de lui qu’au sein de ces petits groupes de doctrinaires immobiles, aigris par de rudes déceptions, et qui passent leur temps à se décerner des certificats de clairvoyance politique sans même s’apercevoir que la vie les a dépassés et les dédaigne. A ces foyers où vacille une flamme pauvre, Loriot était venu prendre place, las sans doute, épuisé physiquement et moralement. »

 

Frossard préfère les foyers où brille une flamme riche. Pas de crainte qu’il soit prisonnier de ses idées. Quelles idées ? Celles d’avant-hier, d’hier, d’aujourd’hui, de demain, d’après-demain ? Il est tout prêt à en afficher de nouvelles pour jouer un rôle.

 

Pour être quoi ? Député de la Guadeloupe ? Pour enfiler la défroque de Briand ou celle de Laval ? Du moment que celui-ci a pu être président du conseil, pourquoi lui, Frossard, ne pourrait-il en espérer autant ? Ce malin pourrait bien se tromper. Les beaux temps pour les renégats du socialisme touchent à leur fin. La bourgeoisie a ses hommes et le socialisme aura les siens, qui ne seront pas les mêmes. La fidélité à des idées sera bientôt mieux portée. Les sans-idées pourront s’apercevoir que la vie fait mieux que les dépasser et les dédaigner, elle les force à se rouler dans le crottin de la piste du cirque et s’amuse de leurs grimaces.

 

Ce Loriot, « plus maître d’école qu’instituteur, sans calcul et sans malice, dont le rôle n’était point à sa taille », n’a pas couru après ce rôle pas plus pendant la guerre qu’après, il ne l’a disputé à personne, il l’a pris uniquement parce que personne d’autre ne le prenait, parce que sa droiture, sa conscience et sa fidélité à ses idées lui commandaient de le prendre malgré les dangers qui pouvaient en résulter, le poteau pendant la guerre, l’assassinat politique aujourd’hui, pour les révolutionnaires qui refusent de penser par ordre.

 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 17:42

 

Les efforts pour parvenir à la paix civile à al Hasakah, al Raqqah et Alep

 

Communiqué du bureau de presse de la Coalition Nationale Syrienne

 

Lundi 12 aout 2013

 

La Coalition Nationale Syrienne demande à toutes les forces politiques et militaires de respecter les objectifs de la révolution syrienne qui sont la lutte contre la corruption, l'oppression et l'exclusion et le souhait de la liberté, la dignité pour tous les citoyens syriens, ainsi que la justice et l'égalité au sein d'un État démocratique.

 

La Coalition rappelle refuser tous les projets d’exclusion qui visent à déchirer le pays et à imposer une idéologie ou un sectarisme, mais aussi le déplacement, les enlèvements et les tentatives de discorde entre les arabes et les kurdes qui ne servent qu’au régime et à ses collaborateurs.

 

La Coalition salue les efforts entrepris par les dirigeants civils et militaires d’al Hasakah, al Raqqah et Alep, qui ont permis la signature d’un accord entre l’Armée Syrienne Libre et l’Autorité Suprême Kurde, et invite toutes les forces nationales à respecter les règles suivantes :

 

Mettre fin au déplacement des civils dans toutes les régions et stopper les groupes armés responsables de ces actes criminels.

 

Soutenir les efforts des chefs d’état major afin d’accélérer l’institutionnalisation de l’Armée Syrienne Libre et l’unification de la tenue militaire.

 

Refuser tous les actes d’enlèvements et appeler les bataillons armés à protéger les civils et prendre la responsabilité des évènements dans les zones sous leur contrôle qui mettent en péril les droits ou la vie des citoyens.

 

Empêcher tous les bataillons armés d’imposer des projets politiques qui tendent à modifier l’identité et les frontières du pays, à ne plus assurer la sécurité, le maintien de l’unité, l’intégrité du territoire syrien et la coexistence.

 

Permettre l’arrivée du matériel humanitaire à tous les citoyens dans toutes les régions et ne pas avoir recours à la méthode de punition collective contre les citoyens.

 

Préserver les biens publics et privés et la richesse nationale, et remettre les passages frontières aux autorités nationales dépendantes de la coalition comme les chefs  d'état major ou le gouvernement intérimaire après sa formation.

 

Former des comités comprenant toutes les forces politiques et les composantes de la communauté afin de contrôler l’anarchie dans les provinces citées ci-dessus, superviser le retour des civils dans leurs habitations et discuter des moyens d’indemnisation des personnes touchées, et également dans le but de parvenir à une « administration civile » pour les villes et villages.

 

Inviter tous les bataillons armés à se comporter avec la plus grande prudence dans les zones d’identités, religieuses et idéologiques mixtes. Nous appelons également les bataillons venant d'autres régions à se diriger vers les zones de combats avec le régime afin de venir en aide et de participer aux opérations de libération.

 

Chercher à créer un organe suprême qui rassemble toutes les composantes de la région, qui se baserait sur une force militaire conjointe capable de maintenir la paix et la sécurité.

 

Ne pas oublier que la bataille principale est le renversement du régime d’Assad, seul bénéficiaire et responsable de tous ces actes, et qu’il faut concentrer les efforts pour faire face au régime et ses organes sécuritaires et militaires.

 

La coalition appelle toutes les forces politiques et militaires à respecter la volonté des syriens dans la construction d'un état de liberté et de dignité.

 

Vive la Syrie démocratique, et que vive son peuple libre et digne.

 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 17:28

 

http://www.hrw.org/fr/news/2013/07/03/egypte-epidemie-de-violence-sexuelle

 

Au moins quatre vingt onze attaques en quatre jours, dans un climat d’impunité nourri par l’inaction du gouvernement

 

New York, Mercredi 3 Juillet 2013

 

Les autorités égyptiennes et les dirigeants politiques de tous bords devraient condamner l’escalade alarmante des violences sexuelles contre des femmes sur la place Tahrir et prendre des mesures immédiates pour endiguer ce problème, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Des organisations égyptiennes de lutte contre le harcèlement sexuel ont confirmé que des bandes ont agressé sexuellement et, dans certains cas violé en toute impunité au moins quatre vingt onze femmes sur la place Tahrir, au cours de quatre jours lors des récentes manifestations.

« Les nombreuses agressions sexuelles en marge des manifestations sur la place Tahrir reflètent l’incapacité du gouvernement et de tous les partis politiques à  s’attaquer au problème de la violence subie quotidiennement par les femmes égyptiennes dans des lieux publics », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Il s’agit de crimes graves qui empêchent en outre les femmes de participer pleinement à la vie publique en Égypte, à un moment charnière de l’histoire de ce pays ».


L’organisation égyptienne Operation Anti Sexual Harassment Assault a recensé quatre vingt six agressions contre des femmes sur la place Tahrir en trois jours, quarante six agressions le 30 juin, dix sept agressions le premier juillet et vingt trois agressions le 2 juillet. Dans trente et un cas, les bénévoles de l’organisation ont pu intervenir et secourir les femmes agressées.

 

Quatre d’entre elles ont obtenu des soins médicaux, dont deux qui ont été évacuées par ambulance. Une autre organisation, Nazra for Feminist Studies, a en outre recensé cinq autres cas d’agressions sexuelles survenues le 28 juin.

L’une des victimes a dû subir une intervention chirurgicale après avoir été violée avec un « objet pointu », selon des militants égyptiens. Dans d'autres cas, les femmes ont été battues avec des chaînes métalliques, des bâtons et des chaises, et ont attaquées avec des couteaux.

 

Dans certains cas, l’agression a duré quarante cinq minutes avant qu’elles ne réussissent à prendre la fuite.

Les témoignages recueillis indiquent que les attaques ont tendance à se dérouler de manière semblable. Selon un scenario récurrent, plusieurs jeunes hommes ciblent une femme lors d’une manifestation et l’encerclent, la séparant ainsi de ses amis. Lors de l’attaque, dont la durée peut aller de quelques minutes à plus d'une heure, le nombre d'attaquants augmente alors qu’ils molestent la victime et tentent de lui arracher ses vêtements. Dans plusieurs cas, les assaillants ont traîné la femme vers un autre lieu tout en continuant à l’agresser sexuellement.

 

Le conseil national égyptien pour les femmes récemment rédigé une loi sur la violence anti-sexuelle et l'a soumise au conseil des ministres ainsi qu’à la présidence le 12 Juin.

 

Le 9 mai, le ministère de l'intérieur a annoncé la création d’une unité spéciale au sein de la division des droits humains, composée de femmes faisant partie de la police, pour combattre la violence contre les femmes.

Toutefois certains discours officiels au sujet du harcèlement sexuel en Egypte font partie du problème, selon Human Rights Watch. En février 2012, les membres du conseil de la choura, organe législatif de l'Égypte, ont imputé la responsabilité des agressions sexuelles sur la place Tahrir aux femmes elles-mêmes. L’un des membres de ce conseil, le général Adel Afifi, a ainsi déclaré que « les femmes contribuent à cent pour cent à leurs viols parce qu'elles se placent dans de telles circonstances ».

L'Égypte est partie à plusieurs conventions internationales relatives aux droits humains, notamment le pacte international relatif aux droits civils et politiques, la convention sur l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et la convention contre la torture, qui imposent des obligations juridiques contraignantes relatives aux protections contre le viol et d’autres formes d’abus sexuels. L'Egypte est également tenue, en vertu du droit international relatif aux droits humains, de fournir une assistance médicale et d'autres types d’aide aux victimes de violence sexuelle.

 

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 17:12

 

Les partisans de Mohamed Morsi appellent à défiler en masse

 

LE CAIRE (Reuters) - Les partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi ont appelé lundi la population à descendre dans la rue pour empêcher l'intervention des forces de l'ordre contre les deux campements occupés depuis plusieurs semaines par des milliers d'entre eux au Caire.

 

Des sources des services de sécurité et un représentant du gouvernement avaient expliqué dimanche que le démantèlement de ces camps débuterait à l'aube ce lundi en dépit des risques de voir l'opération déclencher de nouveaux affrontements meurtriers.

 

Mais d'après une source sécuritaire, l'opération a été reportée après l'arrivée de plusieurs milliers de personnes sur les deux sites de rassemblement des pro-Morsi.

 

L'Alliance nationale de soutien à la légitimité, qui regroupe différents soutiens de Mohamed Morsi à commencer par les frères musulmans, a appelé à des manifestations dans tout le pays contre le pouvoir militaire qui a renversé le 3 juillet le président élu un an plus tôt.

 

« L'Alliance appelle le peuple d'Egypte, dans toutes les provinces, à participer aux manifestations lundi et à se rassembler partout », dit-elle dans un communiqué qui évoque également une « marche d'un million d'hommes » mardi contre ce qu'elle présente comme un coup d'Etat militaire.

 

Au camp d'al Nahda, installé autour d'un rond-point et qui s'étend désormais le long d'un boulevard proche du zoo du Caire, l'ambiance était grave lundi après-midi mais la peur n'était pas perceptible.

 

Interrogé sur la menace de démantèlement, Ahmed Chargaoui, un traducteur de vingt trois ans, a répondu « qu’ils ont déjà dit ça il y a quinze jours. Ils disent tout le temps qu'ils vont en finir ».

 

Des émissaires occidentaux et arabes ainsi que plusieurs membres du gouvernement ont appelé l'armée à éviter le recours à la force.

 

Le ministre des affaires étrangères, Nabil Fahmy, a assuré que le droit à manifester pacifiquement serait respecté et que tous les efforts nécessaires seraient entrepris pour aboutir à une solution négociée. Mais il a laissé entendre que la patience du gouvernement avait des limites.

 

« NOUS VOULONS L'ISLAM, ILS VEULENT LE LIBÉRALISME »

 

« Il n'est pas raisonnable qu'un gouvernement démocratique soit obligé d'accepter des sit in qui ont recours à la violence et qui menacent la sécurité des citoyens et du pays », a-t-il dit, selon des extraits d'un entretien à la BBC rapportés par l'agence officielle Mena.

 

Un responsable des services de sécurité a déclaré que les manifestants seraient dispersés progressivement. Si de simples avertissements et des invitations à quitter les lieux ne suffisent pas, la police utilisera des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser ceux qui refusent d'obtempérer, a-t-il expliqué.

 

Un autre responsable sécuritaire a déclaré que « la violence ne sera pas utilisée tant que les manifestants ne deviennent pas violents ».

 

Les manifestants pro-Morsi ont construits des barricades de sacs de sable et de pierres pour protéger les abords de leurs campements.

 

Plusieurs milliers de personnes étaient encore rassemblées dans le principal campement, près de la mosquée Rabaa al Adaouia du nord-est de la capitale, aux entrées duquel des hommes armés brandissant des bâtons scandaient « Allah est grand ».

 

« Je suis là depuis vingt huit jours et je resterai jusqu'à la mort, la question est religieuse désormais et plus politique. Nous voulons l'islam, ils veulent le libéralisme », a déclaré Ahmed Ramadan, qui a abandonné son emploi dans une station touristique de la mer Rouge pour rejoindre le campement.

 

Depuis la destitution du premier président librement élu de l'histoire du pays, les violences politiques ont fait quelque trois cent morts, dont plusieurs dizaines de sympathisants islamistes tués par les forces de sécurité.

 

Le général Abdel Fattah al Sissi, chef d'état-major des forces armées qui a prononcé la destitution du président, est soumis à des pressions fortes de la part des « radicaux » de l'armée qui veulent en finir avec les rassemblements des pro-Morsi, notent des sources sécuritaires.

 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 16:34

 

http://www.lorientlejour.com/article/827091/joumblatt-appelle-le-hezbollah-a-se-retirer-de-syrie-avant-la-chute-du-regime.html

 

Joumblatt appelle le Hezbollah à se retirer de Syrie avant la chute du régime

 

Le chef du Parti Socialiste Progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a appelé Mercredi 7 Août 2013 le Hezbollah à se retirer de Syrie avant la chute du régime de Damas. 

« Je conseille au chef du Hezbollah Hassan Nasrallah de se retirer de Syrie parce que le compte à rebours de la chute du régime syrien a commencé », a déclaré Walid Joumblatt à l’agence officielle égyptienne Mena.

« Le compte à rebours a commencé parce qu’il est impossible que le régime syrien continue d’opprimer son peuple », a-t-il ajouté. 

Concernant les efforts déployés pour la formation d’un gouvernement au Liban, le leader druze a affirmé étudier « toutes les options, même celle d’un cabinet neutre de fait accompli, formé de technocrates ». Walid Joumblatt s’est dit aussi en faveur d’un gouvernement qui ne compterait pas de membres de partis politiques. 

Au sujet des armes du Hezbollah, le chef du PSP a estimé que « Nasrallah ne peut remettre les armes du parti et cela même s’il le voulait, parce que cette décision est entre les mains de l’Iran ».

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 16:21

 

http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?temp=1&t=520&a=40056

 

Une rencontre est prévue Lundi 12 août 2013 entre le secrétaire général de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Houcine Abassi, et le leader du parti al Nahdha, Rached Ghannouchi, en présence du président de l’Assemblée Nationale Constituante, Mustapha Ben Jaâfar.

Notons que, Vendredi 9 août 2013, Rached Ghannouchi a également rencontré Wided Bouchamaoui, présidente de la centrale patronale UTICA. Cette rencontre s’est conclue par  « la décision de relancer le dialogue et d’encourager toutes les initiatives, parce que seul l’intérêt de la Tunisie doit primer ».

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 15:30

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/08/08/egypte-comment-l-armee-a-recupere-la-place-tahrir_3458846_3210.html

 

Comment l’armée a récupéré la place Tahrir

Jeudi 8 Août 2013

Par Christophe Ayad, envoyé spécial du Monde au Caire

Où est passée la place Tahrir ? Elle est bien là, au centre du Caire, non loin du Nil, bordée par l'éternel Musée égyptien, l'hôtel Nile Hilton en perpétuelle réfection et le Mogamma, le grand bâtiment de type stalinien qui incarne la permanence de l'administration égyptienne. La place est là, mais son esprit s'est enfui. Le lieu est désormais occupé par les enfants des rues et les dealers, toute une petite faune miséreuse qui a pris possession de l'immense esplanade, toujours à moitié fermée à la circulation. Des banderoles, des tags et des slogans, il y a en a encore. Mais de vrais révolutionnaires, plus vraiment.

Au milieu du terre-plein central, dont tout le gazon a été mangé par le sable, se trouve un « musée de la révolution » fait de bric et de broc. Des photos de « martyrs » agrémentent l'entrée, tous des jeunes tués durant l'année écoulée lors d'affrontements avec les frères musulmans.

Les morts de la « première révolution », celle de janvier et de février 2011, tombés sous les balles de la police qui défendait le régime d'Hosni Moubarak, sont escamotés. Tout comme ceux de la rue Mohamed Mahmoud, tombés devant le ministère de l'intérieur à l'automne 2011. Et les salafistes tués à Abbasseya lors des manifestations de protestation contre l'élimination du cheikh Hazem Abou Ismaïl de la course à la présidentielle au printemps 2012.

Gardé par des hommes à la mine patibulaire, le « musée » est essentiellement une rétrospective de la propagande anti frères musulmans, caricaturés en moutons, et à la gloire de l'éternel peuple égyptien et de sa valeureuse armée. Partout, des posters assimilent le général Abdel Fattah al Sissi, chef de l'armée, ministre de la défense et homme fort du nouveau gouvernement, au digne descendant de Nasser et de Sadate. Moubarak est oublié dans cette nouvelle sainte trinité.

« Avant, c’était une révolution avortée »

Le nouveau maître des lieux, Moustafa al Guindy, est un vieux routier de la politique égyptienne, un aventurier qui, après avoir fait fortune dans le tourisme de croisière, a lancé à la fin des années 1990 une ONG, Tourism for Development, incitant au réinvestissement des profits tirés du tourisme dans la lutte contre la pauvreté.

Impossible de vérifier les retombées réelles du projet, mais la carrière politique de son parrain, elle, a prospéré. Député indépendant de 2005 à 2010, vice-président du parlement pan africain, à nouveau élu député à l'automne 2011, il se présente comme un compagnon de route de la révolution, un proche du libéral Mohamed al Baradei et du nassérien Hamdin Sabahi, deux des principaux chefs du Front de Salut National, qui regroupe les opposants au président déchu Mohamed Morsi.

L'homme débarque à Tahrir à bord d'une berline noire, en djellaba noire et souliers vernis, noirs eux aussi, comme ses cheveux. Accueillant, sympathique, volubile, il s'exprime dans un français parfait. A partir de l'arrivée des frères musulmans au pouvoir, Moustafa al Guindy devient très actif. « Je les connais », persifle-t-il. « C'est une organisation mafieuse internationale qui n'oeuvre pas pour le bien du pays. Ils ont voulu changer l'identité de l’Egypte. Je suis leur bête noire, j'ai tenu la place avec une poignée de jeunes aux mains nues. Ils ont failli me tuer deux fois ».

Hâbleur, il tisse sa légende sans complexes, se présente comme une cheville ouvrière de Tamarrod, l'organisation de jeunes qui a recueilli plusieurs millions de signatures exigeant la destitution de Mohamed Morsi et a organisé la gigantesque manifestation du 30 juin qui a signé sa chute.

Selon lui, c'est le début de la « grande révolution populaire ». A la tribune, il fait monter des officiers de police repentants et en pleurs. « Cette révolution-là va marcher, parce que le peuple, la police et l'armée sont enfin unis. Avant, c'était une révolution avortée. Nous voulions le pain, la liberté et la dignité et l'on n'a eu qu'un président extrémiste qui a divisé le pays. Maintenant, on va pouvoir commencer à travailler ».

« Nassermania »

Son rôle a consisté à récupérer tous ceux que la révolution des jeunes militants de Tahrir a effrayés, le « parti du canapé », qui a regardé les événements à la télévision, et même les fouloul, les partisans de l'ancien régime. « Ce sont des égyptiens après tout », plaide-t-il. Avec, pour ciment de cette union nationale retrouvée, l'armée, garante de la protection de l'Egypte contre ses ennemis extérieurs et intérieurs.

Lorsque le 26 juillet, jour anniversaire de la révolution de 1952 qui chassa le roi Farouk, le général Sissi a appelé les Egyptiens à lui confier un mandat pour lutter « contre le terrorisme » des frères musulmans, Moustafa al Guindy est redescendu place Tahrir avec des millions d'autres égyptiens. Pour lui, cette manifestation de soutien populaire est la preuve que la destitution de Morsi, le 3 juillet, « n'était pas un coup d'Etat ». La place Tahrir, qui avait vu la naissance de l'individu et du pluralisme en Egypte, est aujourd'hui le théâtre du retour du peuple et des masses.

Un autre terre-plein de la place est occupé par une tente recouverte de slogans hostiles à l'administration Obama et aux médias occidentaux, taxés de complaisance envers les frères musulmans. La tente est occupée par un petit parti, al Ahrar al Ichitakiyin (les libéraux socialistes), comme l'explique un de ses cadres, Mohamed Wajdi, officier à la retraite. L'armée, encore et toujours, et le général Sissi en réincarnation de Nasser.

Moustafa al Guindy n'écarte pas une candidature du nouveau héros de l'Egypte, dont les médias chantent les louanges à longueur d'émissions. Expert en récupération, il enfourche un discours nationaliste et social populiste, très en vogue en ces temps de nassermania. Il compte d'ailleurs lancer un parti de centre-gauche avec le fils du grand Nasser, Abdel Hakim, avec le professeur Mohamed Ghoneim, un spécialiste mondial de la transplantation rénale, et « avec les jeunes de la révolution, les vrais, pas ceux des salons d'ambassade ».

Le programme de ce futur parti présidentiel ? « Le minimum vital, le pain, l'eau potable et l'électricité gratuites ». Il prend des accents prophétiques, «  les pauvres sont là, tout autour. Si l'on ne s'occupe pas d'eux, ils envahiront la place ». Puis il s'engouffre dans sa berline pour disparaître dans la nuit de Tahrir. 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 15:06

 

http://www.info-palestine.eu/spip.php?article13800

 

Pour Abdel-Fatah al Sisi, les intérêts d’Israël valent bien un coup d’état

 

Mardi 30 Juillet 2013

 

Par Robert Fisk

 

Qu’est-il arrivé à l’Égypte ? Les morts sont appelés des « terroristes », le mot que les israéliens utilisent pour leurs ennemis. Le mot que les américains utilisent. La presse égyptienne parle « d’affrontements », comme si des frères musulmans en armes avaient combattu la police. Hier matin, j’ai rencontré un vieil ami égyptien qui m’a dit qu’il avoir regardé le drapeau de son pays puis s’être mis à pleurer.

Je peux comprendre pourquoi. Pourquoi tant de morts ? Qui les a tués ? Il y a beaucoup d’égyptiens aujourd’hui, des personnes anti-Morsi, bien sûr, qui m’ont dit hier ne pas croire que les partisans des frères étaient tous avec des fusils, comme celui de la veille, tenant une kalachnikov près de l’hôpital, un homme que j’ai aperçu, car la vérité est que la police a abattu des hommes désarmés et pas un seul policier n’a été tué. Ce fut un massacre. Ce fut un véritable massacre. Il n’y a pas d’autre mot.

Et nous entendons les paroles de nos ministres bien-aimés. Prenez William Hague, qui a demandé aux autorités égyptiennes de s’abstenir de toute violence, car « est venu maintenant le temps pour le dialogue et non la confrontation ».

Oh mon cher ! Certainement pas les mots qu’il allait utiliser pour le gouvernement syrien, bien sûr. N’allons pas plus loin quand nos amis égyptiens utilisent une telle puissance de feu contre leurs adversaires.

Si c’étaient des copains de Bachar al Assad qui tuaient tant de manifestants dans les rues de Damas, l’ONU ferait part de son horreur, de notre fureur sans limites, de notre dégoût. Mais bien sûr, c’est Le Caire, et pas Damas, et nos paroles doivent être tempérées quand nous nous adressons à nos amis, surtout à ce général qui dirige le pays. Et attention ! Le ministre de l’intérieur égyptien a dit à son peuple que « le sit-in de la fraternité à la mosquée Rabaa, si dieu le permet, doit cesser. Nous espérons qu’ils reviennent à la raison et rejoignent le processus politique ». Mais n’était-ce pas ce qu’ils avaient fait quand ils ont gagné les élections ? Le général Mohamed Ibrahim, le ministre de l’intérieur, a déclaré que vingt et un membres des frères musulmans avaient été tués. Alors, pourquoi ai-je compté trente sept corps sur le sol de l’hôpital hier matin ?

Mais quel est le « processus politique » en Égypte ? Si vous pouvez participer à une élection et gagner, et ensuite être déposé par un général (par exemple un type du nom d’Abdel-Fatah al Sisi), quel est l’avenir de la politique en Égypte ? L’occident peut vouloir aimer l’Egypte, mais elle est maintenant dirigé par un général très difficile qui ne semble pas se soucier beaucoup ce que nous pensons. Il se rend compte que les relations de l’Égypte avec Israël sont beaucoup plus importantes que n’importe quel coup d’État au Caire, et que la préservation du traité de paix entre l’Égypte et Israël vaut bien plus que toute prétention à la démocratie au Caire.

Et nous, en occident, allons marcher de concert avec cela. Barack Obama a dit aux égyptiens que les aux États-Unis « seront toujours un partenaire solide pour le peuple égyptien car ils tracent leur voie vers l’avenir ». Et le peuple égyptien, tenez-vous bien, s’était vu « donné une chance de mettre sur les rails la transition post révolutionnaire dans le pays ». Donc là vous l’avez ! Le coup d’État militaire était une « transition post révolutionnaire ». Oubliés les trente sept morts que j’ai vus à l’hôpital Samedi 27 Juillet 2013. Oublié le discours que Barack Obama a fait dans le bâtiment de l’université du Caire il y a quatre ans. Nous sommes dans une transition post révolutionnaire. Appelez Lénine.

Robert Fisk est le correspondant du journal « The Independent » pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont « la grande guerre pour la civilisation, l’occident à la conquête du Moyen Orient »

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 16:43

 

http://journalmetro.com/monde/356333/un-leader-kurde-menace-dintervenir-en-syrie

 

Un leader kurde menace d’intervenir en Syrie

 

Par Barbara Surk et Sameer Yacoub (Associated Press)

 

BEYROUTH – Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a menacé Samedi 10 Août 2013 d’intervenir en Syrie pour protéger la population kurde de ce pays contre les groupes liés à al Qaïda.

Des affrontements opposent depuis plusieurs semaines miliciens kurdes et extrémistes islamistes dans le nord-est de la Syrie. Les combats ont tué des dizaines de personnes des deux côtés.

Dans une déclaration affichée sur le site internet officiel du gouvernement de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani a demandé qu’une mission se rende en Syrie pour s’informer de la situation. Si des kurdes sont menacés par des « terroristes », la région du Kurdistan d’Irak « utilisera tous les moyens dont elle dispose pour défendre les femmes, les enfants et les citoyens innocents », a-t-il déclaré.

Massoud Barzani n’a donné aucune indication sur les façons avec lesquelles il compte protéger les kurdes de Syrie. La région autonome de Kurdistan a une puissante milice bien équipée et comptant sur des soldats qui ont des années d’expérience en guérilla.

Il sera douteux que Massoud Barzani se risque à une intervention militaire directe. Un tel geste pourrait entraîner de furieuses réactions du gouvernement central irakien et de la Turquie voisine.

Les kurdes irakiens contrôlent trois provinces dans le nord du pays. La région autonome, si elle aspire à l’indépendance, a encore beaucoup besoin de Bagad, surtout au chapitre financier.

Des dizaines de milliers de kurdes syriens se sont refugiés au Kurdistan irakien depuis le début de la guerre civile en mars 2011.

En Syrie, les kurdes représentent plus de dix pour cent de l’ensemble de la population du pays.

Ils vivent en majeure partie dans les régions septentrionales, près des frontières turque et irakienne.

Par ailleurs, des avions de l’armée loyaliste ont bombardé un village sunnite dans le nord-ouest du pays, tuant au moins vingt personnes, ont indiqué des rebelles.

 

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