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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 18:28

 

Chaîne humaine pour un référendum sur la Catalogne

 

BARCELONE, Espagne (Reuters) - Des centaines de milliers de personnes ont formé mercredi une chaîne humaine sur quatre cent kilomètres de long pour réclamer la tenue d'un référendum sur l'indépendance de la Catalogne.

 

La récession et les coupes claires dans les dépenses publiques décidées par le gouvernement central de Madrid pour redresser les comptes du pays ont provoqué la colère de nombreux catalans, dont la province représente environ un cinquième de l'économie espagnole.

 

L'idée d'une Catalogne indépendante n'a cessé de croître ces dernières années, selon les sondages, et une majorité de la population catalane se dit favorable à la tenue d'un référendum sur la question.

 

La chaîne humaine formée par les partisans d'une consultation populaire s'est étendue à travers la Catalogne, des Pyrénées, au nord, jusqu'à la frontière de la province de Valence, au sud.

 

Ses organisateurs se sont inspirés d'une manifestation de ce type organisée en 1989 dans les républiques baltes d'Estonie, de Lettonie et de Lituanie, alors sous domination soviétique, et qui avait contribué à assurer l'indépendance de ces trois états.

 

L'essor du séparatisme catalan est venu ajouter aux soucis du président du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, déjà confronté à un scandale de corruption dans les rangs de sa formation, le Parti Populaire, et qui doit appliquer des mesures impopulaires afin de rétablir les finances du pays.

 

EN SOUVENIR DE 1714

 

Mariano Rajoy et le président de la communauté autonome de Catalogne, Artur Mas, se sont dits récemment ouverts à des discussions après une année de blocage sur les questions financières et l'éventualité d'un référendum.

 

« Aujourd'hui, nous voulons montrer que le peuple catalan veut l'indépendance. Nous voulons qu'une date soit fixée pour un référendum », lance Montserrat Espina, qui participait à la chaîne humaine à Barcelone, portant une banderole aux couleurs indépendantistes, une étoile blanche sur un triangle bleu posé sur le blason « sang et or » traditionnel de la Catalogne.

 

Comme prévu, la chaîne humaine a été entièrement formée à 17 heures 14, en souvenir de l'année 1714, lors de la guerre de succession d'Espagne, quand le roi Philippe V, petit-fils de Louis XIV, décida d'abolir le système institutionnel de la Generalitat qui garantissait une grande autonomie à la Catalogne.

 

Forts de leur langue, de leur histoire et de la richesse économique de leur province, nombre des sept millions cinq cent mille catalans, dont les aspirations identitaires ont été réprimées pendant près de quarante ans sous le franquisme, pensent aujourd'hui qu'ils vivraient mieux en dehors du cadre espagnol.

 

Ils suivront de près le référendum prévu en septembre 2014 en Ecosse, où une partie de la population veut se séparer du Royaume-Uni.

 

« POINT DE NON RETOUR »

 

Pour Mariano Rajoy, une vote d'autodétermination serait contraire à la constitution.

 

Les adversaires de l'indépendance soulignent que la Catalogne n'a jamais été vraiment indépendante, la principauté médiévale dépendant de la couronne d'Aragon, même si elle jouissait d'une grande autonomie grâce à la Generalitat.

 

Pour les séparatistes, la Catalogne a toujours eu son identité culturelle et linguistique et a parfaitement le droit de rompre les ponts avec Madrid.

 

« Aujourd'hui, nous allons démontrer que nous avons atteint un point de non retour », a déclaré à Reuters Carme Forcadell, présidente de l'organisation séparatiste Assemblée Nationale Catalane (ANC), qui organisait cette manifestation.

 

Le président Artur Mas menace d'organiser des élections anticipées et d'en faire un plébiscite sur l'indépendance si Mariano Rajoy se tourne vers les tribunaux pour bloquer la tenue d'un référendum.

 

Il fait toutefois un pari risqué car l'alliance politique CIU qu'il dirige a perdu du terrain dans l'opinion publique au bénéfice du parti séparatiste de gauche Esquerra Republicana.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 18:47

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article8579

 

Tous à Pontoise Jeudi 12 Septembre 2013

Nous attendons nombreux toutes celles et tous ceux qui peuvent venir soutenir les sept inculpés du Val d’Oise, qui comparaîtront Jeudi 12 Septembre 2013 devant le tribunal de Pontoise pour avoir appelé au boycott des produits dit « israéliens ». Rendez-vous à partir de midi devant le tribunal.

La « gauche » au pouvoir n’a peur de rien. Prête à attaquer la Syrie à coup de bombardements, elle refuse de prendre la moindre sanction contre l’occupant israélien, sa colonisation, sa prise en otage de toute une population, le camp de concentration de Gaza, et ses massacres de population.

Et non contente d’encourager ces crimes de guerre, elle poursuit en justice et tente de criminaliser les femmes et les hommes qui refusent cette impunité et qui appellent à ne pas financer l’apartheid et les crimes de guerre !

Soyons nombreux à exprimer notre refus de ce scandale et notre engagement dans la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’occupant israélien !

Soutenons Laurent Alcini (PCF, Front De Gauche), Sylvette Amestoy (EELV), Alima Boumédiene-Thiery (ancienne sénatrice), Sylvain De Smet (EELV), Serge Groswak (FASE), Nicolas Shahshahani (Europalestine) et Omar Slaouti (NPA, Gauche Anticapitaliste).

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 18:35

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’une biographie de Jean Christophe Cambadélis.

La biographie en totalité est disponible à l’adresse ci-dessous.

Elle est, de mon point de vue, beaucoup moins importante.

Bernard Fischer

 

http://www.cambadelis.net/mon-parcours

 

Jean-Christophe Cambadélis est né le 14 août 1951 à Neuilly sur Seine. Son père diamantaire d’origine grecque et sa mère picarde employée à la Banque de France sont rapidement partis chercher fortune au Canada. Le jeune Jean-Christophe tombera là-bas du troisième étage de son immeuble et se relèvera sans une égratignure, obtenant au passage son premier papier dans la presse et sa première interview.

De retour en France avec sa soeur et sa mère, séparée de son mari, il retrouve l’école à Bondy où on lui attache la main gauche dans le dos pour qu’il écrive avec sa main droite. Ce « gaucher contrarié » en gardera une profonde dyslexie qui l’handicapera longtemps. Mais la vocation était là, il sera à gauche. Dès l’adolescence il organisera des groupes de jeunes pour faire du théâtre, de l’expression corporelle, de la danse, mais aussi du basket, du rugby où il rencontrera Gérard Segura futur maire d’Aulnay Sous Bois, trois quart centre puis troisième ligne de rugby à l’Association Sportive de Sarcelles, le week-end. Il suivait des cours de danse en semaine ou jouait Molière le jeudi après-midi. Mais la politique le guette dans ces années de radicalisation de la jeunesse. Il adhère à un groupuscule anarchisant mais l’esprit de synthèse est déjà là puisqu’il s’intitule « rouge et noir ».

Le premier février 1969 lors d’un rassemblement au Bourget il adhère à l’AJS mais n’y milite pas. C’est avec son bac en poche qu’il rencontre à l’université de Nanterre l’historien Benjamin Stora. Ensemble, il se lance avec l’éditorialiste à Libération Pierre Marcelle et quelques autres dans la construction du cercle AJS Nanterre. Si Stora est le politique, « Camba » c’est ainsi qu’on l’appelle, devient le syndicaliste. L’UNEF vient d’éclater le 10 janvier 1971 suite au départ du PSU, laissant face à face communistes et trotskyste de l’AJS et dans cette nuit mémorable où les affrontements furent nombreux, Jean-Christophe Cambadélis recevra un fauteuil sur la tête le laissant groggy.

C’est l’époque où Guy Konopnicki se réclame de Angela Davis et les amis de « Camba » des travailleurs polonais qui ont donné le premier coup de boutoir à l’édifice communiste stalinien. Dans la salle, on reconnaîtra le futur journaliste de TF1 Jean-Luc Mano ou le futur dirigeant du PCF Pierre Laurent.

Très rapidement l’Association Générale des Étudiants de Nanterre deviendra le fleuron de l’UNEF dite AJS, c’est-à-dire non communiste portée sur ses fonts baptismaux par la CFDT et la FEN, grâce à l’entremise d’André Bergeron le leader de la CGT-FO.

Mais ce syndicat étudiant est exsangue et pour tout dire marginalisé dans les mouvements étudiants, dirigés par la LCR de Henri Weber et Gérard Filoche, même si « Camba » et « Méluche » (Jean-Luc Mélenchon), lui même président de l’AG de Besançon lui donnent quelques couleurs.

Mais dès 1973 Jean-Christophe Cambadélis devient l’un des porte-paroles du mouvement étudiant, pendant que Benjamin Stora pilote les jeunes lycéens de l’AJS qui seront la colonne vertébrale de la future UNEF.

Repéré par Pierre Lambert le « patron » des trotskystes lambertistes pour ses qualités d’orateur et d’organisateur. Il va devenir président de l’UNEF en 1977, après avoir été le vice-président de Denis Sieffert, l’actuel rédacteur en chef de Politis. Il venait de sortir de la grève étudiante de 1976 où il fut l’un des trois porte-paroles avec Charles Najman et Julien Dray. Il affrontera d’ailleurs Alice Saunier Seïté, ministre de l’enseignement supérieur, dans une émission de télévision qui va tout à la fois le révéler et le consacrer « leader » étudiant.

« Président », l’étudiant nanterrois propose aux socialistes qui étaient membres de l’autre UNEF, celle des communistes, de rentrer dans l’UNEF-AJS ou Soufflot du nom du siège historique de l’UNEF. Ces derniers le feront timidement, puis sous l’égide de Jean-Marie Le Guen, Jean Loup Salzman et Patrick Menucci, ils s’engageront plus avant pour réaliser la réunification syndicale (unification de tous les syndicats étudiants non communistes) en mai 1980.

Dans ce congrès mythique où Jean-Christophe Cambadélis sortira président de l’UNEF réunifiée, on retrouve toute une génération politique, Julien Dray, Harlem Désir, Roby Morder, Laurence Rossignol, Laurent Zappi, Jean-Marie Le Guen, Patrick Menucci, Pascal Beau, Alain Bauer, Stéphane Fouks, Benjamin Stora, Marc Rozenblat, Philippe Darriulat, Jean Loup Salzman, Gilles Casanova, Philippe Plantagenest et beaucoup d’autres aujourd’hui leaders du Parti Socialiste en province.

Dans la foulée, « Camba » lance l’Association Internationale des Etudiants réussissant en quelques années à « damner le pion » à la puissante Union Internationale des Etudiants dirigée par le Parti Communiste d’Union Soviétique. Avec quelques amis intrépides, ils montent des réseaux de soutien aux étudiants d’Europe de l’Est, leur fournissant clandestinement matériel d’imprimerie dans des voitures à double-fond ou passant en retour à l’ouest des documents et des proclamations. Il multiplie textes, manifestes et tribunes qui font de lui « le » représentant des étudiants pour les organisations syndicales, y compris pour la CGT qui soutient à bout de bras ce qu’on appelle dorénavant l’UNEF PC. André Henry, le leader de la FEN, à l’époque syndicat unitaire des enseignants soutient son action. Il est l’interlocuteur de Pierre Bérégovoy, chargé des relations extérieures du PS de François Mitterrand.

En 1981, il organise avec Paul Quilès et Olivier Spithakis le rassemblement de la Bastille prenant la parole entre Gaston Deferre et Lionel Jospin, appelant à la « dissolution de l’assemblée nationale et à un gouvernement PS-PCF ».

Il quitte l’UNEF en 1983, après avoir gagné les élections universitaires battant enfin l’autre UNEF qui ne s’en relèvera jamais. Marc Rozenblat lui succédera. Il aura auparavant aidé ses amis socialistes à s’emparer de la mutuelle étudiante (MNEF) et se sera emparé du syndicalisme étudiant en résidence universitaire, lancera une éphémère fédération dans les grandes écoles et « régnera » sur une organisation étudiante implantée dans toutes les villes universitaires.

Pierre Lambert propulsera immédiatement le déjà médiatique « Camba » au bureau politique du PCI où l’on parlera de lui comme le numéro deux du groupuscule trotskyste. Mais c’est à Force Ouvrière, ce que l’on sait moins, qu’il va poursuivre son parcours. André Bergeron lui demande de « monter des listes » pour les élections professionnelles dans la fonction publique, chez les enseignants. Il fait alors le tour des Unions Départementales du syndicat de l’avenue du Maine, trouve des femmes de syndicalistes FO institutrices, constitue des listes à coups de porte-à-porte, fonde des sections universitaires du syndicat de l’enseignement supérieur avec le sociologue Gérard Namer et l’historien Ladurie et finit par créer la surprise, FO faisant des scores dans tous les collèges.

Fort de ce succès, la direction de Force Ouvrière « l’embauche » pour les élections à la sécurité sociale où le syndicat triomphe contre toute attente.

En 1985, un désaccord intervient entre le chef du groupuscule trotskyste et son lieutenant à propos de François Mitterrand. « Camba » pointe la menace Le Pen alors que le chef trotskyste ne veut voir que la « trahison » de Mitterrand avec le tournant de la rigueur.

Jean-Christophe Cambadélis dont le pseudonyme était « Kostas » claquera la porte emmenant avec lui quatre cent militants pour fonder « convergence socialiste ». On retrouve là le metteur en scène Bernard Murat, l’historien Benjamin Stora, le philosophe Pierre Dardeau, Jean Grosset le futur secrétaire général adjoint de l’UNSA ou Luc Bérille secrétaire général du SE-UNSA jusqu’en 2009, Jacques Dupont responsable CGT, le communiquant Khaled Melhaa, l’économiste Liem Hoang Ngoc, les anciens de l’UNEF, Frédéric Decazes, Bernard Rayard, Marc Rozenblat, Michel Assoun, François Belen, Gérard Obadia, Christophe Borgel, le futur président de la fédération des parents d’élèves Jean-Jacques Hazan ou le mathématicien Pierre Broué, les journalistes Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Frédéric Augendre et Dominique Paganelli qui mèneront chacun leur chemin.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 18:10

 

LA GUERRE DE SYRIE SERA LONGUE

 

C’est le moment d’un premier bilan de la dernière séquence de la guerre de Syrie dont le point de départ était l’utilisation par l’armée du régime de Bachar al Assad de ses armes chimiques contre les quartiers de la banlieue de Damas dans lesquels l’Armée Syrienne Libre est majoritaire. C’était Mercredi 21 Août 2013, c’était il y a trois semaines, c’était il y a déjà très longtemps.

J’écrivais déjà un premier message il y a un mois relatif à cette question des armes chimiques en Syrie sous la forme d’une parabole et d’un dialogue imaginaire entre deux militants. Les médias faisaient déjà la comparaison entre la guerre des Etats Unis contre l’Irak en 2003 et la guerre de la Russie contre la Syrie en 2013. J’écrivais un message dans lequel je dénonçais la nullité totale de cette comparaison. En Irak en 2003, il n’y avait pas d’armes de destruction massive et Bush utilisait ce faux prétexte pour une guerre d’occupation coloniale de l’Irak et de renversement de son régime. En Syrie en 2013, il y a des armes de destruction massive et précisément pour cette raison il n’y a pas et il n’y aura pas d’intervention terrestre d’aucune armée occidentale.

Depuis trois semaines, les medias mainstream racontent une quantité de conneries nettement supérieure à la moyenne. D’abord, ils donnent tous les jours contre leur propre propagande des arguments supplémentaires selon lesquels les guerres d’Irak et de Syrie sont exactement contradictoires l’une par rapport à l’autre. En 2003, les sondages, les opinions publiques et les parlements occidentaux, en particulier les citoyens et les parlementaires du congrès des Etats Unis, étaient pour la guerre, les fameux évènements du 11 septembre 2001 à New York et à Washington étaient la principale cause de cette situation, et les opinions publiques et les parlementaires occidentaux seraient aujourd’hui, j’en parlerais ci-dessous, contre la guerre.

Soixante cinq pour cent des citoyens des Etats Unis, de Grande Bretagne et de France seraient donc contre la guerre. Cet argument massue tourne en boucle dans tous les médias comme s’il était le plus banal, le plus normal et le plus naturel du monde.

C’est vraiment une arme de propagande massive. D’abord, le pourcentage est beaucoup trop faible. Le pourcentage de citoyens occidentaux contre la guerre, posez la question à tous vos voisins, à votre conjoint, à vos enfants et à vos parents, à vos collègues de travail, ce n’est pas soixante cinq pour cent, c’est cent pour cent, nous sommes tous contre la guerre.

Ensuite, curieusement, aucun sondage d’aucun institut occidental, ne pose jamais les questions les plus simples de la guerre de Syrie. Y a-t-il oui ou non des armes chimiques en Syrie, ces armes chimiques sont elles à cent pour cent la propriété du régime syrien, le régime syrien utilisait il ses armes chimiques contre son propre peuple, qu’en pensent ils les citoyens occidentaux de cette situation, sont ils pour ou bien sont ils contre, que diraient ils si le gouvernement français utilisait des armes chimiques contre le peuple français, et ainsi de suite ?

La bonne comparaison entre l’Irak et la Syrie, ce n’est pas la comparaison entre l’Irak de 2003 et la Syrie de 2013, c’est la comparaison entre l’Irak de 1991 et la Syrie de 2013, les médias occidentaux confondent tout simplement le début d’un processus et la fin d’un processus, des unités de l’armée syrienne d’Hafez al Assad, le père de Bachar al Assad, participaient d’ailleurs en 1991 à la première guerre du golfe contre l’Irak comme une composante vraiment pas indispensable de la coalition militaire occidentale.

La guerre de Syrie sera malheureusement longue, le peuple syrien et la paix dans la région en paieront encore le prix pendant de nombreux mois, la nakba syrienne durera encore des semaines et des mois, elle déstabilisera encore plus tous les pays de la région. La diplomatie et l’armée russes connaissent parfaitement bien l’arsenal chimique du gouvernement syrien, il vient des stocks d’armes chimiques de l’ancienne union soviétique. Demain en Syrie, comme pendant douze ans entre 1991 et 2003 en Irak, après le vote à l’unanimité de la future résolution du conseil de sécurité de l’ONU relative au contrôle, à l’identification, à la localisation, au regroupement et à la destruction de l’arsenal chimique du gouvernement de Bachar al Assad, il y aura de nombreuses missions d’inspecteurs de l’ONU et d’experts de l’AEIA pendant de nombreux mois en vue de la vérification de ce processus.   

Bernard Fischer        

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 17:14

 

Damas accepte l’offre russe, Paris saisit l’ONU

 

PARIS/BEYROUTH (Reuters) - Damas a accepté mardi de placer son arsenal chimique sous contrôle international, conformément à la proposition russe que la France a entrepris de faire adopter à l’ONU sous la forme d'une résolution contraignante du conseil de sécurité.

 

« Nous avons eu hier un cycle de discussions très fructueux avec le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov qui a proposé une initiative relative aux armes chimiques. Et, dans la soirée, nous nous sommes entendus sur l'initiative russe », a déclaré le ministre syrien des affaires étrangères Walid al Moualem, selon l'agence de presse russe Interfax.

 

A Paris, Laurent Fabius a quant à lui annoncé que la France présenterait ce mardi au conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur le contrôle et la destruction des armes chimiques syriennes.

 

Ce texte prévoira des conséquences « extrêmement sérieuses » en cas de violation par la Syrie des conditions qui y seront énumérées, a souligné le ministre français des affaires étrangères, lors d'une conférence de presse.

 

« Il faut prendre la perche qui est tendue, mais il ne faut pas tomber dans un piège », a-t-il souligné, exigeant que les mesures proposées soient mises en oeuvre de manière quasiment « immédiate pour éviter les manoeuvres dilatoires ».

 

Moscou collabore avec Damas à la mise en place d'un projet « effectif et concret », a quant à lui assuré le ministre russe des affaires étrangères. Sergueï Lavrov a précisé que ce projet serait présenté prochainement à d'autres états et que la proposition qu'il a avancée lundi n'était pas spécifiquement russe mais le fruit de contacts avec les Etats-Unis.

 

LES FRAPPES PLUS D'ACTUALITÉ

 

Le projet, que Barack Obama et Vladimir Poutine auraient évoqué la semaine dernière lors du G20 de Saint-Pétersbourg, permettrait au président des Etats-Unis d'éviter un recours à la force auquel les américains ne sont pas favorables et d'échapper à un possible échec au congrès, dont il a demandé l'aval.

 

Après des mois de paralysie, le texte pourrait en outre faire l'unanimité au conseil de sécurité, la Chine ayant elle aussi exprimé son soutien à la proposition russe, tout comme l'Iran.

 

Dans une série de six interviews télévisées accordées lundi, Barack Obama a souligné que sa préférence allait à une solution diplomatique et que la proposition russe pourrait éviter des représailles militaires au bombardement à l'arme chimique du 21 août que Washington impute à l'armée syrienne.

 

« Ce pourrait être potentiellement une avancée importante », a-t-il déclaré sur NBC News.

 

« Mais nous nous devons d'être sceptiques parce que ce n'est pas la manière dont nous les avons vu fonctionner ces deux dernières années », a-t-il ajouté.

 

Si la Syrie agissait ainsi, cela remettrait « absolument » en cause une action militaire américaine, a ajouté le président, qui doit s'adresser aux américains mardi soir.

 

Pour laisser le temps aux élus d'étudier la proposition russe, Harry Reid, chef de file de la majorité démocrate au sénat, a repoussé le vote sur l'examen de l'autorisation de frappes américaines, qui était prévu mercredi.

 

UN DÉMANTÈLEMENT DIFFICILE

 

Il devrait toutefois avoir lieu cette semaine. Un scrutin encore plus périlleux est prévu ultérieurement à la chambre des représentants, dominée par les républicains.

 

L'opposition syrienne, qui réclame depuis des mois une intervention étrangère, a quant à elle regretté ce coup de théâtre diplomatique.

 

Avec l'offre russe « le régime d'Assad n'est pas tenu responsable de la mort d'innocents », déplore l'Armée Syrienne Libre (ASL), parlant d'une « manoeuvre politique » lourde de conséquences pour les syriens et la région.

 

« Les crimes contre l'humanité ne peuvent se payer par des concessions politiques ou en renonçant aux moyens qui ont permis de les commettre », ajoute-t-elle.

 

Dans cette effervescence diplomatique, l'aviation syrienne a bombardé mardi des quartiers de la banlieue de Damas tenus par les rebelles, qui n'avaient pas été visés depuis l'attaque chimique du 21 août. Damas exprime ainsi la conviction que les occidentaux n'auront pas le courage d'agir, dit-on dans l'opposition.

 

Le démantèlement de l'arsenal chimique syrien risque d'être difficile à mettre en oeuvre et sa destruction pourrait prendre des années, estiment les spécialistes.

 

La Syrie, qui n'a pas ratifié la convention sur l'interdiction de la fabrication et du stockage des armes chimiques entrée en vigueur en 1997, détiendrait d'importants stocks de sarin, de gaz moutarde et de VX, un gaz innervant.

 

La localisation des stocks, qui sont, semble-t-il, disséminés un peu partout, sera difficile, comme le sera la protection des inspecteurs chargés de vérifier.

 

« C'est une bonne idée mais difficile à réaliser », commente un responsable américain sous le sceau de l'anonymat. « On est en pleine guerre civile où le régime syrien massacre son propre peuple. Est-ce que quelqu'un pense vraiment qu'il va brusquement cesser de tuer pour permette aux inspecteurs de sécuriser les armes chimiques et de les détruire ? »

 

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 20:41

 

L’opposant Navalny réunit des milliers de manifestants à Moscou

 

MOSCOU (Reuters) - L'opposant Alexeï Navalny a réuni lundi soir des milliers de manifestants à Moscou pour contester les résultats officiels de l'élection municipale dans la capitale russe, selon lesquels le maire sortant, Sergueï Sobianine, un proche de Vladimir Poutine, a été reconduit dès le premier tour.

 

Galvanisé par son propre résultat, vingt sept pour cent, largement supérieur aux prévisions du début de campagne, Alexeï Navalny a exigé la tenue d'un second tour et a vu dans ce rassemblement d'au moins dix mille personnes lundi soir la naissance d'un véritable mouvement d'opposition à Vladimir Poutine, au pouvoir depuis treize ans soit en tant que président soit en tant que premier ministre.

 

« Depuis tellement longtemps maintenant, nous voulions tous participer à un rassemblement fêtant une victoire. Nous sommes fatigués après ces treize années perdues. Je suis certain que nous obtiendrons un deuxième tour », a-t-il lancé à la foule scandant son nom rassemblée sur la place Bolotnaïa, qui fait face au Kremlin sur l'autre rive de la Moskova.

 

Répondant aux applaudissements et aux cris de joie des manifestants, pour la plupart des hommes d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années dont beaucoup portaient des badges « Navalny, mon maire », ce blogueur et militant anti corruption a crié « une opposition politique sérieuse est née en Russie ».

 

La foule a repris « deuxième tour, deuxième tour » et « Sobianine est un lâche ».

 

Selon les résultats définitifs publiés par la commission électorale, Sergueï Sobianine a été élu au premier tour avec 51,37% des voix.

 

« Nous avons organisé l'élection la plus propre, la plus concurrentielle et la plus ouverte de l'histoire de Moscou », a assuré le maire.

 

Dans un communiqué publié avant la manifestation dans la soirée, Alexeï Navalny a exigé des discussions avec les autorités municipales sur les soupçons de fraudes, appuyés selon lui par les observateurs électoraux dont le décompte place Sergueï Sobianine juste en-dessous de cinquante pour cent.

 

FAIBLE PARTICIPATION

 

« Hier, nous avons vu que nous pouvions gagner. Aujourd'hui, nous devons savoir si nous pouvons défendre notre victoire », écrit-il dans ce communiqué, en affirmant avoir recueilli en réalité trente cinq pour cent des suffrages malgré sa faible exposition médiatique.

 

C'est sur la place Bolotnaïa qu'eut lieu le 6 mai 2012 la dernière grande manifestation contre Vladimir Poutine, à la veille de la prestation de serment du président russe, élu pour un mandat de six ans lors d'un scrutin entaché de fraudes selon l'opposition.

 

Outre Sergueï Sobianine et Alexeï Navalny, quatre autres candidats se présentaient devant les sept millions deux cent mille électeurs de Moscou. La participation ne s'est élevée qu'à trente trois pour cent, ce qui a profité à Alexeï Navalny, dont les jeunes partisans se sont largement mobilisés, les électeurs plus âgés étant moins nombreux dans les bureaux de vote.

 

Alexeï Navalny comptait sur l'élection à la mairie de Moscou pour prouver que ses compatriotes ont soif de changement et qu'il peut l'incarner.

 

Il s'est présenté alors qu'il reste menacé de prison. À l'issue d'un procès qu'il a qualifié de manipulation politique, ce farouche détracteur de Vladimir Poutine a été condamné en juillet à cinq ans de prison pour détournement de fonds dans une entreprise publique d'exploitation forestière.

 

La justice russe a toutefois pris une décision inhabituelle le lendemain et l'a libéré dans l'attente de l'examen de son appel, ce qui lui a permis de poursuivre sa campagne électorale.

 

Pour de nombreux observateurs, le Kremlin souhaitait qu'Alexeï Navalny puisse se présenter dans l'espoir de lui infliger une cuisante défaite électorale et discréditer cette voix dissidente animée d'ambitions présidentielles.

 

L'élection de Sergueï Sobianine, propulsé à la tête de la mairie de Moscou sans vote populaire en 2010, permet au président russe de verrouiller la capitale au moins jusqu'en 2018, date de la prochaine élection présidentielle lors de laquelle il n'a pas exclu de briguer un quatrième mandat.

 

Outre Moscou, le parti Russie Unie de Vladimir Poutine a remporté la plupart des sept mille scrutins régionaux et municipaux organisés dimanche dans le pays, à l'exception d'Ekaterinbourg, quatrième ville de Russie dans l'Oural, où l'opposant Evguéni Roizman a été élu maire.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 18:36

 

http://www.baleiniers.org/index.php?option=com_content&view=article&id=172:arret-de-la-cour-de-cassation-du-28-mai-2013-service-minimum-pour-sanction-maximum&catid=7:le-juridique&Itemid=12

 

Arrêt de la cour de cassation du 28 mai 2013

 

Service minimum pour sanction maximum

 

La cour de cassation, dans son arrêt n°K 12-83.225 FD en date du 28 mai 2013 a rejeté en tous ses points le pourvoi en cassation de nos camarades Abd el Kader Aït Mohamed, du RESF 37, Jean-Christophe Berrier et Muriel el Kolli, du collectif Soif d’Utopies. Ils s’étaient pourvus en cassation contre l’arrêt de la cour d’appel d’Orléans du 10 avril 2012 qui, en plus d’avoir multiplié par deux les sommes à débourser en faveur de l’Agent Judiciaire du Trésor, avocat de la partie civile, avait traité par le plus grand mépris les témoins de la défense, accusés de « propos outranciers ».

 

Tout au long des douze pages de l’arrêt, la cour de cassation se contente de reprendre mot pour mot les conclusions de la cour d’appel d’Orléans, tant en ce qui concerne les trois « nullités de procédure » soulevées par Abd el Kader Aït Mohamed (et Chantal Beauchamp lors des audiences en correctionnelle et en appel), que les attendus sur le caractère « diffamatoire » du communiqué de presse du 12 février 2010, qui a valu toutes ces poursuites pénales.

 

Dans son mémoire, l’avocat des prévenus avait soulevé un certains nombre de « moyens », d’une part, concernant le non respect des droits de la défense (plainte du ministre de l’intérieur qui comportait de fausses allégations, assignation du procureur imprécise, voire fautive sur la date présumée du « délit » et les lieux de la diffusion du texte incriminé), d’autre part, concernant le caractère prétendument diffamatoire du communiqué de presse du 12 février 2010. Comment considérer comme diffamatoire un texte qui fait part de « soupçons » sur l’usage détourné du fichier base élèves, alors que le conseil d’Etat lui-même, et le comité des droits de l’enfant de l’ONU, se sont inquiétés des détournements possibles par d’autres administrations de ce fichier scolaire ?

 

A cette argumentation serrée contre l’arrêt de la cour d’appel, que répond la cour de cassation ? Rien d’autre que la cour d’appel a jugé comme il faut. Pas une amorce de début de discussion. Même quand la cour d’Orléans se contredit (quand elle énonce que les faits cités dans le communiqué sont « invérifiables » mais reproche aux prévenus de ne pas les avoir vérifiés) ; même quand elle outrepasse ses prérogatives en se permettant des jugements politiques sur les interventions des témoins, non, les juges d’Orléans n’ont en rien failli. Et cela doit être d’autant plus convaincant que ce n’est pas démontré. Et pas un mot sur ce qui constituait l’essentiel des motifs de condamnation en appel, la référence au régime de Vichy. Qu’en pensent les juges ? Nous ne le saurons pas.

 

La seule “innovation”, si l’on peut dire, de cet arrêt de la cour de cassation tient à son ultime décision, nos camarades sont conjointement condamnés à verser deux mille euros supplémentaires à l’avocat de la partie civile sur la base de l’article 618-1 du code de procédure pénale :

 

« Lorsqu'une demande en cassation formée par la personne poursuivie ou par la partie civile a été rejetée, la cour peut condamner le demandeur à payer à l'autre partie la somme qu'elle détermine, au titre des frais non payés par l'Etat et exposés par celle-ci. La cour tient compte de l'équité ou de la situation économique du demandeur pour décider du prononcé de cette condamnation et en fixer le montant. »

 

Retenez bien ceci, quand il s’agit de museler des militants (pas des vedettes des médias, pas des professionnels de la politique, à qui la liberté de s’exprimer, de soupçonner, de critiquer, voire de comparer en invoquant l’histoire est largement acquise), on met le paquet, trois mille euros infligés par le tribunal correctionnel de Tours, trois mille euros de plus infligés par la cour d’appel et deux mille euros supplémentaires par la cour de cassation.

 

Ce n’est pas nous qui insistons lourdement, ce sont les tribunaux de la république, au nom de l’équité, cela console un peu ! Comme le disait un slogan anarchiste de la fin du dix neuvième siècle, « le pire des tyrans, ce n’est pas celui qui vous prend au collet, c’est celui qui vous prend au ventre  »

 

Bien évidemment, cet article du code de procédure pénale n’a pas été inventé pour les militants, même si ces derniers y sont particulièrement sensibles. Plus généralement, il indique une évolution, nettement marquée du sceau des conceptions néolibérales, dans ce que signifie aujourd’hui « rendre la justice ».

 

Celui qui saisit un tribunal doit payer au moins en partie cette « prestation » puisque c'est dans son intérêt qu'il le fait et s'il perd,  il est alors en quelque  sorte considéré comme ayant plus ou moins abusé d'un bien public, conception  de la « justice » sur le modèle états-unien.

 

Cet article 618-1 met en place, par l’argent, une limitation à la liberté d'expression de tout citoyen ; c'est le versant « économique » de la limitation « politique » justifiée dans l’argumentation du procureur général de la cour d’appel d’Orléans, selon laquelle seul le cercle restreint des détenteurs de la parole « autorisée » (les personnalités médiatiques, les hommes politiques) échappe à cette double limitation, financière et politique. Plus que jamais la formule « se payer de mots » n'aura été aussi pertinente...

Ce détour par l’article 618-1 nous permet de mieux comprendre dans quel contexte plus général l’institution judiciaire s’inscrit dans la stratégie du pouvoir qui consiste à « sucer le sang » des militants et de leurs soutiens, dans le but d’étouffer la contestation des politiques gouvernementales.

 

Tout au long de ces trois années  de lutte des « Quatre de Tours », la solidarité financière a soutenu sans faille les prévenus. Ce sont au total quelques dix neuf mille euros qui ont été collectés directement pour la caisse de solidarité, et presque quatre mille euros en chèques libellés à l’Agent Judiciaire du Trésor - ce qui est considérable.

 

Sans l’aide de tous et de chacun, il eut été impossible de poursuivre aussi loin ce combat. Ce n’est cependant pas tout à fait suffisant pour « solder » le passif. Il manque encore à notre caisse de solidarité exactement mille cent dix euros. Les trois camarades condamnés auront alors fini de s’acquitter des frais de justice, des dommages et intérêts, et surtout de ces sommes exorbitantes au profit de l’avocat du ministre.

 

Pour permettre aux « Quatre de Tours » (c’est le contraire des mousquetaires, en réalité ils ne sont plus que trois, en raison de la relaxe de Chantal Beauchamp) d’être prêts à régler le reliquat des sommes à devoir, il ne manque donc plus que mille cent dix euros. Vous pouvez donc faire un chèque en inscrivant au dos « soutien aux Quatre de Tours » à l’ordre de Chantal Beauchamp.

 

Enfin, le comité de soutien s’est posé la question d’aider à la poursuite de la procédure en permettant à Muriel el Kolli et à Jean-Christophe Berrier, par un apport financier supplémentaire, de saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

 

Indépendamment de l’intérêt juridique et politique d’une telle initiative, la somme minimale nécessaire serait de l’ordre de sept mille euros (honoraires d’avocat, frais de déplacement et frais de procédure). Cela nous a paru trop considérable, eu égard aux efforts financiers que vous avez, les uns et les autres, déjà consentis.  D’une certaine manière, les juges ont « gagné », non pas tant parce qu’ils ont condamné, cette justice-là n’est pas la nôtre-, mais parce qu’ils ont asséché nos porte-monnaie, à défaut d’anéantir notre combativité.

 

D’autres luttes nous appellent…

 

Comité de soutien aux « Quatre de Tours »

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 18:08

 

Enquête ouverte en Egypte sur des militants pour la démocratie

 

LE CAIRE (Reuters) - Le procureur général d'Egypte examine des plaintes déposées contre plusieurs défenseurs des droits de l'homme et militants pro-démocratie, dont bon nombre sont des figures de proue de la révolution de janvier-février 2011 ayant abouti au renversement d'Hosni Moubarak, a-t-on appris de source proche du parquet.

 

Confirmant le contenu d'un article publié samedi par le journal al Ahram sur son site internet, cette source précise que le parquet a reçu des plaintes de citoyens contre trente cinq personnalités politiques, parmi lesquelles le militant Ahmed Maher, le blogueur Ahmed Douma ou encore l'homme politique libéral Amr Hamzaoui.

 

Les plaignants accusent ces personnalités d'avoir accepté de l'argent des Etats-Unis et d'autres pays et affirment que des télégrammes diplomatiques rendus publics par Wikileaks soutiennent ces accusations, dit-on de même source.

 

On ignore à quels câbles révélés par Wikileaks font référence ces plaintes mais certains d'entre eux évoquaient des rencontres ou des dîners en 2007 et 2008 entre l'ambassadeur des Etats-Unis de l'époque et des militants.

 

Amr Hamzaoui a démenti sur twitter les accusations portées à son encontre. « Les affirmations selon lesquelles j'ai perçu de l'argent de l'étranger sont complètement fausses », a-t-il écrit, en dénonçant une campagne de manipulation.

 

Le parquet n'était pas joignable dans l'immédiat.

 

Les poursuites engagées sur la base de plaintes déposées par des citoyens sont perçues depuis longtemps en Egypte comme un moyen d'intimidation contre les opposants.

 

Cela a continué à être le cas sous la présidence de Mohamed Morsi, issu des frères musulmans.

 

Depuis que ce dernier a été renversé par l'armée le 3 juillet, le nouveau pouvoir a lancé une vaste répression contre la confrérie, dont les principaux dirigeants ont été arrêtés pour incitation à la violence, de même qu'environ deux mille islamistes.

 

JOURNALISTE EN DÉTENTION

 

Certains en Egypte craignent que les militaires ne se tournent maintenant contre d'autres mouvements ayant participé au renversement d'Hosni Moubarak, lui-même issu de l'armée, avec l'espoir de bâtir une démocratie dirigée par les civils.

 

« Ce sont des accusations montées de toutes pièces », a dit Gamal Eïd, avocat et militant des droits de l'homme, interrogé par Reuters. « Ces plaintes émanent de gens qui savent que c'est faux mais qui tentent d'étouffer les revendications des militants en faveur de la réalisation des objectifs de la révolution ».

 

Par ailleurs, l'avocat Haïssam Mohamedine a comparu devant des procureurs militaires à Suez avant d'être libéré, a-t-on appris de sources judiciaires. On ignore si les charges à son encontre ont été abandonnées.

 

Ce militant des droits de l'homme, membre du mouvement socialiste révolutionnaire, une organisation critique envers l'armée, avait été arrêté jeudi. Il était notamment accusé d'appartenance à une organisation clandestine menaçant l'Etat et l'armée.

 

Dans une autre affaire, le journaliste Ahmed Abou Deraa est maintenu en détention après son arrestation mercredi dans le nord du Sinaï, où l'armée lutte contre des activistes islamistes.

 

Le parquet militaire l'accuse de propagation de mensonges et de divulgation d'informations sensibles à des organisations clandestines, a dit une source proche du parquet.

 

« La détention d'Ahmed Abou Deraa renvoie à l'époque Moubarak, lorsque les journalistes étaient confrontés à de terribles obstacles pour couvrir les activités de l'armée dans la péninsule du Sinaï », a réagi Robert Mahoney, directeur adjoint du Comité de Protection des Journalistes (CPJ).

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 17:36

 

http://www.elconfidencial.com/espana/cataluna/2013-09-06/motivos-del-frenazo-de-mas-evitar-la-presion-de-la-diada-y-salvar-su-imagen_25527

 

Les raisons du changement de politique de Mas, éviter la pression de la journée nationale et sauver la face

Le président de la Generalitat, Artur Mas, a annoncé à Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) qu’il allait renoncer au référendum pour l'indépendance en 2014 mais, à la place, qu’il allait appeler à des élections « plébiscitaires » ou « constituantes » pour 2016, si les républicains continuent d'apporter leur soutien au gouvernement actuel après l'année prochaine. L'annonce a pris tout le monde par surprise, à l’exception des partenaires de CiU, qui savaient ce que le président allait annoncer et avaient préparé leur réponse.

Mais il y a une autre raison fondamentale, la grande mobilisation du 11 Septembre, la Journée Nationale de la Catalogne, sera un succès. Mais Artur Mas ne veut pas être à la remorque de la mobilisation populaire. En annonçant son intention de ne pas tenir un référendum illégal, et sa position ne changera pas quoi qu'il arrive au cours de la journée du 11 septembre, il ne sera pas obligé de prendre des décisions en dehors de la loi. Autrement dit, il ne sera pas obligé d'accélérer le processus vers l’indépendance, même si la Diada et la chaîne humaine que les séparatistes veulent faire du nord au sud de la Catalogne est un succès retentissant.

Pour les partisans du président, l'annonce était « une démonstration d'honnêteté politique ». Pour ses adversaires, elle représente « un manque de courage politique. Elle manifeste sa peur d'affronter Via Catalana » (c’est le nom de la chaîne humaine que les indépendantistes veulent faire).

   

 

La position de Mas était une position claire, le pacte signé par CIU et ERC précise que le référendum sur l'indépendance sera mené courant 2014, sauf cas de force majeure. C'était la principale condition des républicains et la raison pour laquelle ils étaient prêts à soutenir le gouvernement d’Artur Mas. Il fallait donc donner une explication plausible pour son changement d'attitude et trouver une cause de force majeure pour justifier le changement de sa feuille de route, le respect de la loi.

 

 

« Le gouvernement ne peut pas organiser un référendum qui est en dehors de la loi, parce que cela nous délégitimerait devant les instances internationales. Nous devons être très prudents avec ces questions », nous a dit une source proche de l’exécutif catalan. Une source de la Convergence Démocratique de Catalogne (CDC) indique que « si l'état ne nous permet pas d'organiser le référendum, s’il ne nous laisse pas appliquer le droit de consultation et si la cour constitutionnelle casse cette loi, nous ne pouvons pas passer par-dessus la légalité. Nous organiserons des élections plébiscitaires en 2016 ».

 

 

Que devient l'exigence d’ERC d'organiser un référendum ? « Nous ne travaillons pas avec une autre possibilité que d'organiser le référendum l'année prochaine » nous dit une source d’ERC. Cela a été confirmé par le secrétaire général adjoint, Lluís Salvado, pour qui l'année prochaine « le peuple de Catalogne doit être en mesure de tenir la consultation qui décidera de l'avenir du pays ». En d'autres termes, Salvado a déclaré qu’il n’y a pas d’alternative à la consultation. 

 

 

Mais, pour la CDC, ce n’est pas si clair. « Vous devez tenir compte de nombreuses variables. Nous devons voir si oui ou non la consultation est légale et, si tout le reste échoue, nous organiserons des élections plébiscitaires », disent des sources convergentes aujourd’hui, en minimisant la pression des républicains.

  

  

L’avis des conseillers

 

La stratégie nationaliste reste intacte, conformément au front internationaliste ouvert par Mas lui-même au début de la législature. Les conseillers du président ont averti à plusieurs reprises que la bataille souverainiste doit être gagnée dans les forums internationaux et qu’il faut toujours respecter la loi. Si la Catalogne commence à ne pas respecter les lois existantes, elle ne trouvera jamais un soutien extérieur et, encore moins, dans l'Union Européenne.

En se réservant le droit d'appeler à la tenue d'élections référendaires, elle ne met pas sur la table la question de la légitimité démocratique. Il est vrai que le nouveau calendrier met en cause la feuille de route des républicains, qui avaient demandé des élections « constituantes » en Catalogne avant la fin de l'année prochaine, anticipant le refus probable du gouvernement central de tenir un référendum. L'intention de l'ERC était, après avoir épuisé toutes les voies légales pour aller au référendum, d’organiser une élection avec un programme dans lequel il n’y aurait qu’un seul point, la proclamation de l'indépendance. Il a même laissé la porte ouverte à une grande coalition qui pourrait être formée par CIU, ERC et d'autres formations en faveur de l'indépendance, qui pourraient provenir du PSC, d’ICV ou de la Coordinadora d’Unitat Popular (CUP, issue d’une scission d’ERC). Cette grande coalition, cependant, n'est plus une utopie, il y a des secteurs nationalistes, comme l’UDC, qui n’allaient jamais à une élection avec ERC. Mas gagne un peu de temps, en organisant les élections réclamées par les républicains en 2016 plutôt qu'en 2014.

Les responsables des deux partis disent que la prudence manifestée par Mas renonçant au référendum n'affectera pas les relations entre les deux formations. Mais la réalité est très différente, les républicains manifesteront leur colère l’année prochaine et feront pression sur le gouvernement catalan parce qu'ils ne peuvent pas décevoir leurs militants. Mais ils pourraient maintenir l’exécutif de la CIU en raison de leur « responsabilité envers le pays ». Et tenter de gagner les élections de 2016 dans les urnes devant la CIU.

Le problème de CIU, quant à lui, est que la marche forcée en faveur du référendum est maintenant dans une impasse. Si Artur Mas se rétracte et abandonne la feuille de route souverainiste, il perdra le soutien populaire, ce qui peut conduire CIU au plus petit nombre de députés de toute son histoire (les sondages prévoient une hémorragie majeure, depuis les intentions de vote modérées des dernières élections régionales). Et ERC, qui veut l'indépendance, mais est également conscient des difficultés juridiques pour y parvenir, prendra sa place. Ce sera la conséquence de la responsabilité du gouvernement de Catalogne de renoncer publiquement à ses promesses faites à haute voix au cours des deux dernières années 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 17:35

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29650

 

Depuis plus de deux ans, la majorité des observateurs analysent le processus révolutionnaire syrien en termes géopolitiques, par en haut, en ignorant les dynamiques populaires d’en bas, politiques et socio-économiques. Les menaces (verbales jusqu’à présent) d’interventions occidentales n’ont fait que renforcer cette vision d’une opposition entre deux camps, les Etats occidentaux et les monarchies du golfe d’un côté, l’Iran, la Russie et le Hezbollah de l’autre.

 

Nous refusons de choisir entre ces deux camps, nous refusons cette logique du « moindre mal » qui ne mènera qu’à la défaite de la révolution syrienne et de ses objectifs : la démocratie, la justice sociale et le refus du confessionnalisme. Notre soutien va au peuple révolutionnaire en lutte pour sa libération et son émancipation. En effet, seul le peuple en lutte permettra non seulement la chute du régime mais également l’édification d’une société de démocratie, de justice sociale et de laïcité. Une société respectant et garantissant à chacun le droit de pratiquer sa religion et assurant l’égalité de tous et toutes sans discrimination aucune (religieuse, ethnique et de genre).

 

Seules les masses développant leur propre potentiel de mobilisation pourront réaliser le changement à travers leur action collective. C’est l’ABC de la politique révolutionnaire.

 

Mais cet ABC, aujourd’hui, se heurte à un profond scepticisme de la part de nombreux milieux de gauche en occident. On nous dit que nous prenons nos désirs pour des réalités, qu’il y a, peut-être, eu un début de révolution en Syrie il y a deux ans et demi, mais que les choses ont changé depuis. On nous dit que le djihadisme a pris le dessus dans l’opposition au régime, qu’il ne s’agit plus d’une révolution, mais d’une guerre et qu’il faut bien choisir son camp pour tracer une issue concrète…

 

Tout le « débat » à gauche est pollué par cette logique « campiste », qui s’accompagne souvent de théories du complot et qui brouille les démarcations fondamentales entre la gauche et la droite, et surtout l’extrême-droite. Quand un journaliste témoigne de ce qu’il a vu sur le terrain dans telle ou telle région sous contrôle des rebelles, et que ce témoignage bat en brèche les explications dominantes sur l’hégémonie djihadiste, il est nié. Parfois même certains insinuent que des récits de ce genre font partie des « média mensonges », qu’ils visent à rendre l’opposition présentable pour justifier l’intervention impérialiste et qu’on ne peut donc pas y accorder le moindre crédit.

 

Nous avons demandé à Joseph Daher, militant révolutionnaire syrien résidant actuellement en Suisse, de faire le point concrètement sur l’état des mouvements populaires dans son pays, en particulier sur l’auto-organisation des masses dans les régions libérées, la lutte contre le confessionnalisme et contre les islamistes. La conclusion qui en ressort est claire, oui, la révolution est toujours à l’œuvre en Syrie, et elle a besoin de notre solidarité.

 

AUTO ORGANISATION DES LUTTES POPULAIRES EN SYRIE FACE AU REGIME ET AUX GROUPES ISLAMISTES

 

Par Joseph Daher

 

Mercredi 4 Septembre 2013

 

Le mouvement populaire syrien s’est opposé depuis le début aux tentatives de division confessionnelle lancées par le régime d’abord, puis par des groupes islamistes réactionnaires ensuite.

 

Comités populaires, élections, administrations civiles

 

Dès le début de la révolution, les principales formes d’organisation ont été des comités populaires au niveau des villages, quartiers, villes et régions. Ces comités populaires étaient le véritable fer de lance du mouvement mobilisant le peuple pour les manifestations. Par la suite, dans les régions libérées du joug du régime ils ont développé des formes d’autogestion basées sur l’organisation des masses. Des conseils populaires élus ont vu le jour pour gérer ces régions libérées, prouvant par là que c’est le régime qui provoque l’anarchie, et non le peuple.

 

Dans certaines régions libérées des forces armées du régime, des administrations civiles ont aussi été mises en place pour pallier l’absence de l’État et prendre en charge ses prérogatives dans de nombreux domaines, tels que les écoles, les hôpitaux, les routes, les services d’eau, d’électricité et de communications. Ces administrations civiles sont nommées à travers des élections et (ou par ?) consensus populaires et ont pour tâches principales la fourniture des services de la fonction publique, la sécurité et la paix civile.

 

Des élections locales libres dans les zones « libérées » ont eu lieu pour la première fois depuis quarante ans dans certaines régions, quartiers et villages. C’est le cas par exemple dans la ville de Deir Ezzor, fin février 2013, dans laquelle un votant Ahmad Mohammad déclarait que « nous voulons un Etat démocratique, pas un Etat islamique, nous voulons un Etat laïc géré par des civils et pas des mollahs ».

 

Ces conseils locaux reflètent le sens de la responsabilité et la capacité des citoyens à prendre des initiatives pour gérer leurs affaires en s’appuyant sur leurs cadres, expériences et énergies propres. Ils existent sous diverses formes, tant dans les zones encore sous domination du régime que dans celles qui s’en sont émancipées.

 

Un autre exemple concret de cette dynamique d’auto-organisation est la réunion de fondation de la coalition de la jeunesse révolutionnaire en Syrie, qui a eu lieu début juin à Alep. La réunion a rassemblé un large éventail de militants et de comités de coordination qui ont joué un rôle important sur le terrain depuis le déclenchement de la révolution en Syrie et qui venaient des différentes régions du pays et représentaient de larges secteurs de la société syrienne. La conférence a été présentée comme une étape clé pour représenter la jeunesse révolutionnaire de toutes les communautés.

 

Cela ne signifie qu’il n’y pas de limites parfois à ces conseils populaires, comme le manque de représentations des femmes, ou de certaines minorités. Il ne s’agit pas d’embellir la réalité mais de rétablir la vérité.

 

L’exemple de Raqqa

 

Un exemple très marquant de l’auto-organisation des masses est la ville de Raqqa, seule capitale de province libérée des forces du régime (depuis mars 2013). Encore soumise aux bombardements du régime, Raqqa est complètement autonome et c’est la population locale qui gère tous les services à la collectivité. Un autre élément aussi important dans la dynamique populaire de la révolution est l’explosion de journaux indépendants produits par des organisations populaires. Le nombre de journaux est en effet passé de trois avant la révolution, qui étaient dans les mains du régime, à plus d’une soixantaine rédigés par des groupes populaires.

 

A Raqqa, les organisations populaires sont le plus souvent menées par des jeunes. Elles se sont multipliées, au point que plus de quarante deux mouvements sociaux étaient officiellement enregistrés à la fin du mois de mai. Les comités populaires ont organisé diverses campagnes. Un exemple est la campagne « le drapeau révolutionnaire syrien me représente », elle consiste à peindre le drapeau révolutionnaire dans les quartiers et les rues de la ville, pour s’opposer à la campagne des islamistes qui voulaient imposer le drapeau islamique noir. Sur le plan culturel, une pièce de théâtre se moquant du régime Assad a été jouée au centre la ville et, au début du mois de juin, les organisations populaires ont organisé une exposition d’art et d’artisanat local. Des centres ont été mis en place pour occuper les jeunes et traiter les troubles psychologiques causés par les conséquences de la guerre. Les examens du baccalauréat syrien de fin d’année, en juin et juillet, ont été entièrement pris en charge par des volontaires.

 

Ce genre d’expériences d’auto-organisation se retrouve dans de nombreuses régions libérées. Il est à noter que les femmes jouent un grand rôle dans ces mouvements et dans les manifestations en général. Par exemple le 18 juin 2013 dans la ville de Raqqa, une manifestation massive, menée par des femmes, a eu lieu devant le siège de Jabhat al-Nusra, groupe islamiste, dans laquelle les manifestants appellaient à la libération des prisonniers qui ont été incarcérés. Les manifestants ont scandé des slogans contre Jabhat al-Nusra, et ont dénoncé leurs actions. Les manifestants n’ont pas hésité à scander le premier slogan utilisé à Damas en février 2011, « le peuple syrien refuse d’être humilié ». Le groupe « Haquna » ( qui signifie « notre droit »), où de nombreuses femmes sont présentes, ont également organisé de nombreux rassemblements contre les groupes islamistes dans Raqqa, scandant notamment « Raqqa est libre, dehors avec Jabhat al-Nusra ».

 

Dans la ville de Deiz Zor au mois de juin, une campagne avait été lancée par les militants locaux visant à encourager les citoyens à participer aux processus de surveillance et de documentation des pratiques des conseils populaires locaux, y compris en les associant à faire valoir leurs droits et de promouvoir la culture des droits humains dans la société. Un accent particulier a été mis au cours de cette campagne sur l’idée du droit et de la justice pour tous et toutes.

 

Contre les islamistes

 

Ce sont ces mêmes organisations populaires qui se sont le plus souvent opposées aux groupes islamistes armés. Ceux-ci veulent prendre par la force le contrôle des zones libérées alors qu’ils n’ont pas de racines dans le mouvement populaire, et qu’ils ne sont pas issus de la révolution.

 

La ville de Raqqa a par exemple vu une résistance continue et inébranlable contre les groupes islamistes. Depuis que la ville a été libérée des troupes de régime, en mars 2013, de nombreuses manifestations ont été organisées contre l’idéologie et les pratiques autoritaires des groupes islamistes. Il y a eu des rassemblements de solidarité avec des militants kidnappés pour exiger leur liberté des geôles des islamistes. Cette manifestation a permis la libération de certains militants, mais de nombreux autres restent emprisonnés jusqu’à aujourd’hui comme le célèbre père Paolo Dall Oglio et d’autres tel que le fils de l’intelectuel militant Yassin Hajj Saleh, Firas.

 

Des manifestations similaires des masses populaires contestant les pratiques autoritaires et réactionnaires des islamistes ont eu lieu à Alep, à Mayādīn, al Quseir et d’autres villes comme Kafranbel. Ces combats se poursuivent aujourd’hui.

 

Dans le quartier de Bustan Qasr, à Alep, la population locale a manifesté à de nombreuses reprises pour dénoncer les actions du conseil de la charia d’Alep, qui regroupe plusieurs groupes islamistes. Le 23 août par exemple, les manifestants de Bustan Qasr, tout en condamnant le massacre à l’arme chimique commis par le régime contre la population de la Ghouta orientale, réclamaient également la libération du célèbre activiste Abu Maryam, une fois de plus emprisonné par le conseil de la charia d’Alep. Auparavant dans ce même quartier à la fin juin 2013, les manifestants avaient scandé « va te faire foutre le conseil islamique », en raison des politiques répressives et autoritaires répétitives de ce dernier. Une explosion populaire s’était également exprimée lors de l’assassinat par des jihadistes étrangers appartenant au groupe de l’Etat Islamique du Levant et d’Irak d’un jeune garçon de quatorze ans, pour soi-disant blasphème alors qu’il avait fait une blague faisant référence au prophète Mohammad.

 

Une manifestation a été organisée par le comité populaire de Bustan Qasr contre le conseil islamique et les groupes islamistes, scandant : « Quelle honte, quelle honte, les révolutionnaires shabbiha sont devenus », ou bien ils faisaient références au conseil islamique en citant les services de sécurité du régime Assad, un allusion claire à leur pratique autoritaire.

 

Il y a des manifestations hebdomadaires le vendredi. Lors de celles du vendredi 2 août 2013, les Comités de Coordination Locaux (CCL), qui jouent un rôle important d’information de la révolution mais également d’aide, d’approvisionnement et de services aux populations et aux réfugiés, ont déclaré ceci dans leur communiqué, « dans un message unifié de la révolution au monde entier, nous confirmons que les enlèvements de militants et d’acteurs essentiels de la révolution, outre qu’ils servent l’intérêt de la tyrannie, nuisent à la liberté et à la dignité de la révolution ». Ce message s’adressait directement à ces groupes islamistes réactionnaires. Dans le même esprit, le 28 juillet 2013, les CCL écrivaient un communiqué avec pour titre : « la tyrannie est une, qu’elle s’exerce au nom de la religion ou au nom de la laïcité », renvoyant dos à dos les islamistes et le régime.

 

Arabes et kurdes unis

 

Dans le nord-est de la Syrie, habitée en majorité par la population kurde, les combats récents entre islamistes et milices kurdes du PYD (lié au PKK) ont été l’occasion d’initiatives populaires des militants et de la population locale. Ces initiatives populaires visaient à démontrer la fraternité des kurdes et des arabes dans cette région et à réaffirmer que la révolution populaire syrienne est pour tous et toutes, et qu’elle exclut le racisme et le sectarisme. Au moment de ces combats, dans la province de Raqqa, la ville de Tall Abyad a d’ailleurs vu la formation du bataillon « Chirko Ayoubi », qui a rejoint la brigade du front kurde le 22 juillet 2013. Ce bataillon regroupe désormais des arabes et des kurdes ensemble. Ils ont publié une déclaration commune dénonçant les exactions commises par les groupes islamistes et les tentatives de divisions du peuple syrien sur des bases ethniques et communautaires

 

Dans la ville d’Alep, dans le quartier d’Achrafieh, habité principalement par des kurdes, une manifestation a été organisée le premier aout 2013 rassemblant plusieurs centaines de personnes en faveur de la fraternité entre arabes et kurdes, pour condamner des actes commis par des groupes extrémistes islamistes contre la population kurde.

 

Dans la ville de Tell Abyad, qui a été soumise à d’intenses combats, les militants ont tenté de lancer plusieurs initiatives visant à mettre fin au conflit militaire entre les deux groupes, à arrêter (expulsion ?) le départ de force des civils, à mettre en place un comité populaire pour gouverner et gérer la ville sur une base quotidienne, et à promouvoir des initiatives et des actions conjointes entre les populations arabes et kurdes, afin de parvenir à un consensus par des moyens pacifiques. Les efforts continuent aujourd’hui malgré la continuité des combats entres islamistes et milices kurdes.

 

Dans la ville d’Amouda, une trentaine de militants se sont réunis le 5 août 2013 avec des drapeaux kurdes et des drapeaux révolutionnaires syriens derrière une pancarte disant « je t’aime Homs », pour montrer leur solidarité avec cette ville assiégée par l’armée du régime.

 

Dernièrement encore, dans la ville de Qamichli, où vivent des populations arabes (musulmanes et chrétiennes), kurdes et assyriennes, des militants locaux ont lancé de nombreux projets pour garantir la coexistence et la gestion de certains quartiers par des comités conjoints. Dans cette même ville, la branche de l’union des étudiants libres kurdes a lancé une petite campagne internet appelant à la liberté, la paix et la fraternité, la tolérance et l’égalité pour l’avenir de la Syrie.

 

Dans sa très grande majorité, le mouvement populaire syrien n’a cessé de répéter son refus du confessionnalisme, malgré les tentatives du régime et des groupes islamistes pour allumer ce feu dangereux. Les slogans des manifestants tels que « nous sommes tous des syriens, nous sommes unis » et « non au confessionnalisme » sont répétés en permanence jusqu’à aujourd’hui.

 

Il convient de comprendre le rôle crucial joué par les comités populaires et les organisations dans la poursuite du processus révolutionnaire, car ce sont les acteurs essentiels qui permettent au mouvement populaire de résister. Il ne s’agit pas de diminuer le rôle joué par la résistance armée, mais cette dernière dépend du mouvement populaire pour continuer le combat. Sans celui-ci, nous n’aurions aucune chance.

 

« Plutôt la mort que l’humiliation »

 

Une manifestation très claire de la dynamique populaire de la révolution est l’explosion de journaux produits par des organisations populaires. Le nombre de journaux est en effet passé de trois avant la révolution, tous trois étaient des journaux du régime, à plus d’une soixantaine rédigés par des groupes populaires.

 

En conclusion, la révolution syrienne est toujours là, elle continue et ne s’arrêtera pas.

 

Malgré la guerre sans merci du régime contre le mouvement populaire et ses massacres répétés contre la population civile. Et malgré les menaces internes des groupes islamistes réactionnaires. Quoique minoritaires, ces groupes sont dangereux, ils sont également des ennemis de la révolution par leur opposition aux objectifs du soulèvement pour la démocratie et la justice sociale, leur idéologie confessionnelle et leurs pratiques autoritaires.

 

Comme les manifestants continuent à le chanter lors des multiples protestations, le peuple syrien ne sera pas humilié » et « la mort plutôt que l’humiliation ». Le mouvement populaire continuera son combat jusqu’à la victoire des objectifs de la révolution.

 

Vive la révolution populaire ! Pouvoir et richesse pour le peuple !

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