Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 15:18

 

http://www.socialinfogr.blogspot.fr/2013/10/conference-de-presse-du-manifeste.html#more

 

Conférence de presse du Manifeste Antifasciste Européen

 

Ce Jeudi 10 Octobre 2013 s’est tenue la première conférence de presse du comité grec du Manifeste Antifasciste Européen, réunissant soixante dix personnes environ dans le local de l’Union des Rédacteurs de la Presse Quotidienne d’Athènes (ESIEA). Cette initiative, lancée dans l’état espagnol et la Slovénie voici huit mois, a vocation à s’étendre à tous les pays européens.

Le texte du Manifeste Antifasciste Européen peut être consulté en français sur le site

http://www.manifesteantifascisteeuropeen.fr/

 

En Grèce, l’appel a été signé par cinquante trois députés de SYRIZA. Il cherche le soutien de personnalités issues du milieu culturel et artistique.

 

Nous mettons en ligne une prise de note très partielle de la conférence de presse de ce jour.

 

Elle permettra au lecteur de se faire une idée de la teneur des débats et des personnalités présentes.

 

Sous la présidence de

 

Moisis Litsis, animateur de la conférence, journaliste au Journal des Rédacteurs ; Giorgos Mitralias, initiateur du Manifeste Antifasciste Européen ; Aris Hatzistefanou, réalisateur des documentaires Debtocracy et Catastroïka ; Sofia Tzitzikou, vice présidente du comité national de l’UNICEF, pharmacienne investie dans la défense des droits reproductifs des femmes ; Dimitris Vitsas, coordinateur du secrétariat politique de SYRIZA ; Savvas Michail, dirigeant du Parti Révolutionnaire des Travailleurs (EEK) ; Dimitris Tsoukalas, député de SYRIZA ; Giorgos Katrougalos, professeur de droit constitutionnel

 

Etaient également présents

 

Lambros Kanellopoulos, président de l’UNICEF ; Dimitris Trimis, ancien président de l’Union des Rédacteurs de la Presse Quotidienne d’Athènes ; Maria Arvaniti Sotiropoulou, présidente de l’entreprise médicale panhellénique de protection de la nature et contre la menace atomique et biochimique ; Pascal Franchet, vice président du CADTM France ; Sofia Sakorafa, député de SYRIZA ; Vassiliki Katrivanou, député de SYRIZA ; Olga Gerovassili, député de SYRIZA ; Aphroditi Stampouli, député de SYRIZA ; Manolis Glezos, député de SYRIZA ; Yannis Milios, député de SYRIZA

 

Introduction présentation de Giorgos Mitralias

 

Ce manifeste est la première initiative européenne sur cette question. L’unité la plus large est nécessaire. Une conférence antifasciste réunissant des intellectuels est envisagée. La démarche du Manifeste Antifasciste Européen a été initiée il y a huit mois dans l’état espagnol et la Slovénie. La dimension européenne du Manifeste Antifasciste Européen ne doit pas se limiter à l’Union Européenne, mais doit inclure les pays des Balkans et de l’Europe de l’Est.

 

Aris Hatzistefanou

 

Nous sommes engagés dans la réalisation d’un documentaire ayant l’antifascisme pour thème. Nous souhaitons nous associer à cette initiative. La première partie de ce documentaire sera historique et théorique, la seconde sera consacrée à l’examen du cas grec. Y interviendront des universitaires. L’objectif est de toucher un public large, jeune en particulier (y compris dans les écoles). La première partie sera un matériel libre d’usage pour des réalisateurs souhaitant réaliser une seconde partie en lien avec le phénomène du fascisme dans leur pays.

 

Sofia Tzitzikou

 

Soixante pour cent de la population n’a pas accès au système de santé. Beaucoup de patients atteints de maladies de longue durée doivent abandonner leur traitement au péril de leur vie pour raison économique. Certaines femmes enceintes ne peuvent réaliser aucun examen tout au long de leur grossesse par manque d’argent, et ne peuvent payer que l’accouchement à la maternité. D’autres décident d’avorter parce qu’elles n’avaient pas les moyens de recourir à la contraception et parce qu’elles n’auront pas les moyens d’élever leur enfant. Dans les hôpitaux publics les femmes grecques paient six cent euros pour accoucher, tandis que les immigrées doivent payer le double.

 

Dimitris Vitsas

 

La cause du fascisme est la profonde crise du capitalisme. La montée du racisme a favorisé le développement du nationalisme. Nous devons contrer la tolérance de la société vis-à-vis du racisme.

 

Savvas Michaïl

 

Dans le cas de mon procès en août sur plainte de l’Aube Dorée, il est inacceptable que le procureur ait reçu la plainte de cette organisation. Une campagne antisémite a parallèlement eu lieu. Cependant un mouvement de soutien international a eu lieu en ma faveur. Sans pratique internationaliste nous ne pouvons vaincre le fascisme ni en Grèce ni ailleurs.

 

Le capitalisme est la matrice du fascisme. Nous n’en avons pas encore fini avec le fascisme, la lutte véritable commence maintenant. La troïka nourrit le fascisme. C’est pourquoi nous ne devons pas flirter avec l’arc constitutionnel, mais un arc des opprimés qui sont les victimes du fascisme. Nous avons besoin d’une vision d’une autre société et nous devons parler du socialisme et du communisme.

 

Dimitris Tsoukalas

 

Cette initiative doit être unitaire à laquelle participeront des députés européens et plus largement des personnalités.

 

Giorgos Katrougalos

 

Quand le sans coule, est-il normal de se préoccuper des institutions ? Dans ces circonstances, la constitution n’est plus qu’un bout de papier gras. Comme dans la République de Weimar et en Italie où des politiques d’austérité avaient aussi été mises en place, nous sommes confrontés à une forme offensive du capitalisme. L’intensité de la crise est due à la crise du système politique, lequel n’a plus aucune crédibilité.

 

Le renversement de ce système est donc une condition préalable. Nous devons être unis face au fascisme dans nos quartiers, dans le mouvement à l’échelle de l’Europe et de la Grèce. Unis non pas avec les responsables de la flambée du phénomène fasciste.

 

Interventions de la salle

 

Intervention d’un écrivain et journaliste

 

J’ai été immigré en Allemagne jusqu’en 1992. A cette époque encore des agressions racistes avaient lieu de la part de groupes nazis. Des comités antifascistes s’étaient parallèlement crées dans de nombreuses villes du pays. Ces comités comprenaient des allemands et des immigrés et tentaient de faire face aux agressions néo nazies, soit dans les maisons des immigrés, soit dans les centres de demandeurs d’asile où se rendaient de nombreux réfugiés. Une chaîne téléphonique avait été mise en place, dans laquelle chacun devait en contacter un autre en cas d’agression. Ainsi en une demi-heure cinq cent personnes pouvaient se rassembler sur les lieux.

 

Kostas Fotinakis, conseiller municipal écologiste de la commune d’Haïdari

 

A Haïdari existait un camp de concentration nazi pendant l’occupation. De plus il existe un réseau des villes qui avaient été détruites par les allemands à l’époque. Nous devrions prendre une initiative avec ce réseau. Le 9 novembre est la journée mondiale contre le racisme et l’antisémitisme. Il faudrait rebondir sur cette date pour alimenter la dynamique du Manifeste Antifasciste Européen.

 

Petros Konstantinou, militant du SEK et de KEERFA, conseiller municipal ANTARSYA d’Athènes

 

Le Manifeste Antifasciste Européen nous offre la possibilité de discuter avec d’autres pays. Sous la pression du mouvement le gouvernement a dû ouvrir le dossier de l’Aube Dorée.

 

Auparavant l’état n’a fait qu’ouvrir la voie à l’Aube Dorée en couvrant ses actions et en adoptant la totalité de son agenda raciste. Nous ne saluerons donc pas l’initiative de Samaras. De même dans le cas de Lampedusa, l’Union Européenne par ses politiques est totalement responsable des morts.

 

Nous sommes favorables à un mouvement européen, KEERFA est prête à discuter d’initiatives communes mais dans le refus absolu de faire quoi que ce soit avec des partis de droite. La lutte contre le fascisme doit être menée dans la rue.

 

Maria Gasouka, professeur à l’université d’Egée

 

Le sexisme doit être évoqué de façon plus claire dans le Manifeste Antifasciste Européen, car le fascisme a un sexe. Les femmes font partie des premières cibles du fascisme, et nous ne devons pas oublier le triptyque de l’idéologie fasciste (les trois K en langue allemande), enfants, église, cuisine.

 

Nikos Skorinis, secrétaire général de la Confédération Générale des Professionnels, Artisans et Commerçants de Grèce (GSEBEE)

 

Soixante dix ans ont passé depuis la seconde guerre mondiale, et je constate en discutant avec les jeunes qui viennent dans ma librairie qu’ils ignorent tout de la question du fascisme. Nous devons trouver le moyen de nous rapprocher des jeunes.

 

Panos Trigazis, économiste, membre de SYRIZA

 

Le Manifeste devrait se revendiquer « paneuropéen » et pas seulement « européen », car l’Europe n’est pas l’Union Européenne. Des antifascistes de pays de l’est tels que la Russie et la Turquie devraient pouvoir le signer. Il existe un mouvement antifasciste puissant en Turquie. J’ai d’ailleurs discuté avec la fondation Nazim Hikmet qui désire participer à l’initiative. Nous devons aussi utiliser l’arme du droit international.

 

Marios Soussis, membre de l’association des descendants des victimes de la shoah

 

On assiste aujourd’hui à un retour du fascisme en Grèce. L’intervenant a ensuite évoqué le souvenir de la révolte de trois cents juifs grecs dans le camp d’extermination d’Auschwitz le 7 octobre 1944.

 

Conclusion de Giorgos Mitralias

 

Nous pouvons considérer qu’à partir de ce jour le comité grec de la campagne européenne est lancé. Chacun est invité à signer le texte de l’initiative.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 14:20

 

http://www.mareagranate.org/?page_id=244

 

Qu’est ce que Marea Granate ?

 

Marea Granate est un mouvement transnational mis en place par des émigrants espagnols. Nous luttons à l’extérieur de l’Espagne contre les causes qui ont provoqué la crise économique et sociale qui nous a conduits à une émigration forcée.

Nôtre collectif est né suivant l’exemple d’autres mouvements sociaux espagnols qui sont apparus en Espagne ces dernières années. Nous sommes le relais de ces mouvements en dehors du pays. Notre marée est grenat, comme la couleur de nos passeports, symbole de notre émigration forcée.

Pourquoi nous luttons ?

Notre situation actuelle en tant qu’émigrants est le résultat direct des politiques économiques et de l’augmentation de l’injustice sociale appliqués en Espagne. La corruption encouragée par un système politique sans scrupule au niveau national nous a volé notre espace, tout comme l’inexistante démocratie nous a volé notre voix. Une minorité remplis de cupidité prend les décisions qui nous appartiennent pour leur propre et exclusif bénéfice. Nous dénonçons le rôle de la troïka (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et FMI).

Nous appelons à analyser et dénoncer les conséquences destructives du système économique actuel. D’un côté, en identifiant les raisons qui nous ont obligé à abandonner notre pays d’origine, nos familles et nos amis et, de l’autre, nous voulons dénoncer les conditions de vie difficiles que les personnes émigrées endurent.

Nous sommes conscients que notre lutte n’est pas isolée, car les raisons qui nous ont fait quitter l’Espagne sont similaires dans d’autres pays. C’est pour cette raison que nous essayons de créer des liens avec les collectifs locaux. En outre, nous rencontrons d’autres collectifs d’émigrés dans nos pays d’accueils avec lesquels nous collaborons, en créant ainsi un réseau de soutien pour les personnes qui viennent d’arriver. Les membres de Marea Granate militent afin de modifier cette situation actuelle.

Comment nous nous organisons ?

Nous sommes un mouvement horizontal qui se réunit régulièrement, physiquement lors de rassemblements, mais aussi sur internet aussi bien au niveau local que national. Nous encourageons de nouveaux moyens de participation, auto-organisation et défense des droits au-delà des frontières. C’est pour cela que nous sommes en train de créer un réseau de coopération international, afin de rassembler d’autres initiatives ayant pour but la construction d’un avenir juste et non précaire.

Nos actions sont basées sur la non-violence, le respect d’autrui, l’auto-organisation, la solidarité et la recherche du bien commun.

Comment je peux participer ?

Nous pensons que tout le monde a beaucoup à donner aux autres. Si vous avez dû d’émigrer, nous vous invitons à joindre l’équipe locale de Marea Granate. Si dans votre région Marea Granate n’a pas d’équipe vous pouvez en créer une.

Si vous êtes toujours en Espagne, merci de diffuser notre mouvement social. 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 19:54

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/10/04/espagne-la-royaute-dans-un-etat-critique_937069

 

La royauté dans un état critique

 

Par François Musseau

 

Vendredi 4 Octobre 2013

 

Empêtré dans une série de scandales et touché par un nouveau problème de santé, Juan Carlos fait face à une contestation grandissante. Sur fond de crise et de regain indépendantiste, les opposants à la monarchie gagnent du terrain mais, même chancelant, le vieux roi refuse d’abdiquer.

 

« Me voilà une nouvelle fois bon pour le garage, tout cela n’est qu’une question de tournevis, je vais avoir besoin de brillants mécaniciens pour me remettre d’aplomb ».

 

S’il y a un domaine où Juan Carlos n’a jamais failli, c’est bien l’humour. Ce lundi 23 septembre, face à un parterre d’ambassadeurs étrangers à la Zarzuela (sa résidence madrilène), un large sourire éclairant son visage rougissant, le roi d’Espagne réagit avec cette boutade à la mauvaise nouvelle que ses médecins viennent de lui annoncer, il doit repasser sur le billard pour la quatrième fois depuis l’an dernier, difficile à supporter pour un homme de soixante quinze ans. Cette fois, il faut lui placer une nouvelle prothèse à la hanche gauche, car les tissus autour de l’ancienne se sont infectés.

 

Ce jour-là, le monarque a beau prendre cette rechute à la rigolade, la situation est critique. Pour sa santé comme pour le sort d’un pays tout entier, suspendu au moindre détail concernant cette opération délicate. Un des meilleurs chirurgiens espagnols, Miguel Cabanela, a d’ailleurs été spécialement rappelé du Minnesota, où il exerce. L’infection de la hanche supposera le placement d’une prothèse définitive à la mi-novembre, ce qui clouera le roi au lit pendant plusieurs semaines et l’obligera à environ six mois de rééducation. Et c’est le scénario le plus optimiste, diverses sources médicales n’excluant pas une aggravation de son état de santé.

 

Meilleur ambassadeur du pays

 

Juan Carlos était un homme affaibli, c’est désormais un malade qui, comme l’a confirmé fin septembre la maison royale, ne fait plus illusion, il ne sera en état de présider ni le défilé de la fête nationale du 12 octobre ni le sommet ibéro-américain qui aura lieu à Panama la semaine suivante. En d’autres termes, pour une période indéterminée, le chef d’Etat espagnol n’est plus en mesure d’exercer ses fonctions.

 

« Y a-t-il un pilote dans l’avion ? » s’interrogeait récemment El Mundo, non sans ironie, mettant le doigt sur ce que tout le monde sait, la déchéance du roi a atteint un palier et le futur reste incertain. Juan Carlos peut certes signer les décrets depuis son lit d’hôpital ou son fauteuil de convalescent, mais il n’y aura plus personne pour représenter l’Espagne lors des sommets, faire du lobbying, peser sur les gros contrats…

 

« Le roi est le meilleur ambassadeur du pays », confie un diplomate étranger. « S’il n’est pas physiquement présent dans les lieux clés et dans les moments importants, l’Espagne, qui ne pèse déjà pas très lourd sur la scène européenne et mondiale, perdra toute voix au chapitre ».

 

Figure historique de la transition démocratique, révéré à la quasi-unanimité pour son rôle décisif lors de la tentative de coup d’Etat du lieutenant-colonel Tejero, en février 1981, Juan Carlos est un pilier de la jeune démocratie espagnole, travaillée par le nationalisme basque et catalan, tiraillée entre les partisans d’un centralisme renforcé (la droite) ou d’un fédéralisme accentué (la gauche).

 

« Plus que des monarchistes, la plupart des espagnols ont toujours été « juancarlistes », rappelle l’historien Julian Casanova. « Il incarne une forme de neutralité, une figure arbitrale dont l’autorité est le garant de notre fragile architecture institutionnelle ». Du coup, son affaiblissement ressuscite des démons et donne à beaucoup une sensation de vide, voire provoque des frayeurs, notamment parmi les élites politiques. Le ministre des affaires étrangères, José Manuel García-Margallo, ne mâche pas ses mots, « en plein marasme économique et face au défi indépendantiste en Catalogne, la figure du roi est cruciale pour maintenir l’unité de l’Espagne ». Une peur pas si infondée, puisque le déclin de Juan Carlos donne lieu, par un effet de balancier, à une contestation montante, et pas seulement en Catalogne où les séparatistes brûlent périodiquement en public des portraits du roi.

 

Des indignés sous la pluie

 

Après s’en être pris au chef du gouvernement, Mariano Rajoy, aux parlementaires, puis aux banquiers, les Indignés rugissent ces jours-ci contre une famille royale en déclin et salie par les affaires. Samedi dernier, des milliers de manifestants bravaient la pluie derrière la bannière « échec au roi », et aux cris de « los borbones a los tiburones » (« les bourbons aux requins »).

 

L’avocate Doris Benegas, soixante et un ans, une indignée de renom, rêve comme les autres d’un changement de régime, « la maison royale est impliquée dans des scandales de corruption. Pourquoi ne pas abolir la monarchie ? C’est l’occasion ou jamais. Dans l’histoire, on a bien mis dehors les bourbons à deux reprises ». Les détracteurs de la monarchie, qui gagnent du terrain, sentent bien que la période est propice.

 

Depuis 2009, Juan Carlos est passé à huit reprises par le bloc opératoire, une tumeur bénigne au poumon droit, une prothèse au genou droit, une rupture du tendon d’Achille gauche, une prothèse puis une luxation à la hanche droite, une prothèse à la hanche gauche pour arthrose, une hernie discale. Le corps du patriarche accuse le coup de ses innombrables audaces sportives. Fan de sport et casse-cou notoire depuis sa jeunesse (voile, chasse, ski), il a collectionné fractures et contusions.

 

Chevrotant ses discours

 

Longtemps, ces divers maux participaient de l’image d’un roi athlétique, noceur, coureur de jupons et fantasque. Aujourd’hui, ils ne font plus rire : ils confirment la décrépitude avancée d’un géronte arc-bouté à son trône.

 

Juan Carlos, chef des armées, perd d’ailleurs souvent l’équilibre, se prend les pieds dans le tapis, tombe parfois en pleine cérémonie, comme en août 2012 face à l’ensemble de son état-major. Il parle avec difficulté, bredouille en chevrotant ses sempiternels discours et commet de fréquents impairs, à l’occasion de la nouvelle année judiciaire, à la mi-septembre, il a confondu un magistrat avec le ministre de la justice. Des symptômes de sénilité que l’intéressé réfute à chaque fois par une formule consacrée, « je suis en grande forme et parfaitement apte à occuper mon poste ».

 

Cristina s’enfuit avec ses quatre bambins

 

Ce roi qui claudique, c’est aussi la métaphore d’une monarchie sonnée, à bout de souffle et en perte de légitimité, car empêtrée dans une série de scandales. Le plus fracassant d’entre eux concerne son gendre Iñaki Urdangarin, mis en examen pour avoir détourné jusqu’en 2007 au moins six millions d’euros d’argent public au profit d’une fondation soi-disant non lucrative, Nóos, qu’il présidait. Juan Carlos l’a en partie renié en l’excluant, lui et son épouse Cristina, des cérémonies officielles.

 

En juillet, cette même Cristina, fille cadette du roi, elle aussi impliquée dans le scandale, a profité de la confusion estivale pour s’exiler avec ses quatre bambins à Genève. Où, officiellement, elle va « coordonner des programmes de l’ONU. On n’avait jamais vu cela », s’étrangle le politologue Gil Calvo. « Des membres de la famille royale, qui se distinguaient jusque-là par leur attitude exemplaire, prenant la fuite, tel un aveu de culpabilité ». La prise de distance avec Urdangarin et l’infante Cristina n’a pas suffi à blanchir un roi désormais cible principale des critiques.

 

Tout a commencé en avril 2012 quand il s’est platement excusé auprès des espagnols pour avoir participé à une chasse à l’éléphant au Botswana, un safari clandestin éventé parce que le monarque s’y était blessé. Peu avant, il avait assuré « mal dormir la nuit » en raison des difficultés financières d’une majorité d’espagnols.

 

Ce safari à trente sept mille euros, organisé par la sulfureuse Corinna zu Sayn Wittgenstein, fut interprété comme la marque d’une duplicité, désormais inacceptable. « Mener grand train en cachette et jouer en public à la proximité avec l’espagnol de la rue, c’était presque drôle pendant la prospérité, en pleine récession, cela provoque de la colère », écrit le chroniqueur David Torres. « Pour moi, l’affaire du safari au Bostwana fut le début de la chute, le moment où son immense légitimité fut souillée à jamais ».

 

La belle intrigante germano danoise Corinna

 

Depuis, d’autres polémiques ont rattrapé sa majesté, le roi aurait prêté un million deux cent mille euros à sa fille Cristina pour la secourir en pleins démêlés judiciaires, lui-même aurait touché une partie de l’héritage de son père, Juan, placé sur des comptes en Suisse (un peu plus d’un milliard d’euros) et, pire, il aurait pendant six ans payé avec l’argent du contribuable un logement luxueux, situé près de sa résidence de la Zarzuela, à Corinna zu Sayn Wittgenstein.

 

Cette belle et intrigante germano-danoise, connue dans la presse people comme « la tendre amie du roi », a reconnu, pour le plus grand embarras de Juan Carlos, avoir « mené des affaires délicates pour l’état espagnol », entre 2006 et 2007. « Le roi reste à l’abri grâce à l’immunité dont il bénéficie », analyse le commentateur Ernesto Elkaizer. « Mais, en pleine crise économique, avec un chômage à vingt six pour cent et une flopée de jeunes condamnés à émigrer, ces intrigues et ces présumées malversations royales ont un goût écœurant ».

 

Cette déconvenue collective se traduit dans les sondages. Selon l’institut Metroscopia, cinquante trois pour cent des espagnols ont une opinion négative du roi, lui qui, jusqu’alors, avait su rester au-dessus de la mêlée, tel un père de la nation sympathique, bienveillant, rassurant. Après avoir joui d’une popularité immaculée pendant quatre décennies, Juan Carlos est largement mal perçu, réprouvé.

 

Son entourage en est conscient. « Les citoyens nous rangent désormais parmi les institutions les moins crédibles », se lamente Rafael Spottorno, le chef de la maison royale. « C’est pour nous un gros sujet de préoccupation ». Une inquiétude qu’alimente notamment le rejet manifeste des jeunes générations, selon Metroscopia, crime de lèse-majesté, une bonne moitié des moins de trente cinq ans souhaitent le retour de la république, la deuxième fut interrompue en 1936 avec le putsch du général Franco. Même la presse, qui pendant longtemps avait signé avec la monarchie un pacte de non-agression, rend désormais compte librement de l’ambiance délétère, pour ne pas dire de « fin de règne », entourant la famille royale.

 

Felipe a tous les atouts pour perpétuer la dynastie

 

L’infante Elena, la fille aînée, se terre dans l’anonymat le plus complet depuis son divorce, en 2009, de l’aristocrate Jaime de Marichalar, victime d’un ictus et, aux dires de la revue Epoca, consommateur assidu de cocaïne. Doña Cristina et son mari, Urdanganrin, sous les feux judiciaires, fuient les médias comme la peste. Certes, la reine Sofia demeure populaire, même si « tout le monde sait que son couple est au point mort depuis une bonne vingtaine d’années », dit cette connaisseuse de la Familia Real. Quant à la princesse Letizia, ex-journaliste roturière souffrant d’anorexie, elle n’a jamais décollé dans les sondages.

 

Reste son mari, seul espoir de la Maison royale. Le prince héritier, Felipe, a tout pour perpétrer le règne des Bourbons, quarante cinq ans, portant beau, barbe de trois jours, silhouette de basketteur, un casier judiciaire vierge, une réputation immaculée. Formé dans la meilleure académie militaire (Saragosse), passé par l’université de Georgetown, ses discours sont éloquents et il en impose dans toutes les chancelleries. Avec un père aussi amoché, c’est Felipe qui représente chaque jour davantage l’Etat espagnol, surtout en Amérique latine, début septembre, il présidait la candidature olympique (malheureuse) de Madrid à Buenos Aires. Le bât blesse, cependant. Le prince Felipe a tous les atouts, mais tant que son père n’a pas abdiqué, ses prérogatives sont nulles, il n’est qu’un simple figurant.

 

Hormis la Gauche Unie et les nationalistes (basques et catalans), férocement républicains, la classe politique s’arrache les cheveux pour perpétuer la dynastie des Bourbons. Socialistes et membres du Parti populaire, les deux grandes formations politiques, parlent de modifier l’article cinquante neuf de la constitution, afin que, « pour cause de maladie du roi, le prince puisse disposer de pouvoirs délégués ». Une sorte de régence, en quelque sorte. « Ce serait une formule temporaire idéale qui ne priverait à aucun moment le roi de sa couronne et qui permettrait à l’Espagne d’avoir un représentant apte à exercer si la santé du roi ne s’améliore pas », souligne l’ancien député Jaime del Burgo. « Plus le temps passe, plus la situation pourrit, et plus ceux qui veulent dynamiter l’institution monarchiste vont hausser le ton et gagner du terrain », éditorialise le quotidien ABC, étendard des Bourbons.

 

Les défenseurs de la monarchie bataillent donc pour que le monarque abdique en faveur de Felipe, dont le règne, espèrent-ils, permettra de consolider la dynastie pour longtemps. Ils invoquent notamment le renoncement, en avril, de la reine néerlandaise Beatrix, au profit du prince Willem-Alexander, ou celui, en juillet, du roi belge Albert II en faveur de son fils Philippe. Felipe y semble aussi tout disposé, bien conscient qu’il devra se forger une légitimité propre. « Ici, la passation de pouvoir est délicate, car la monarchie a été restaurée par Franco », note l’écrivaine Elvira Lindo. « C’est pourquoi Juan Carlos a intérêt à laisser au plus vite le champ libre à son fils ».

 

Mais le vieux lion n’a pas dit son dernier mot. Il ne déteste rien tant qu’on prédise haut et fort l’aggravation de son état de santé, comme en 2011, lorsque ce roi d’ordinaire bonhomme a lancé d’un air mauvais à un groupe de journalistes, « tout ce que vous voulez, c’est me tuer et me planter un bâton dans l’estomac ». D’après ABC, le monarque entend régner jusqu’à son dernier souffle et n’accepterait l’abdication que si son état de santé empirait bien davantage. D’après la constitution, lui seul peut prendre une telle décision. A quand la prochaine rechute ?

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:45

 

http://www.politis.fr/La-direction-parisienne-du-PCF,24015.html

 

La direction parisienne du PCF pour une alliance avec le Parti Socialiste

 

Par Michel Soudais

 

Mercredi 9 Octobre 2013

 

Le conseil départemental du PCF de Paris a voté mardi soir à soixante sept pour cent pour une alliance avec le Parti Socialiste dès le premier tour des municipales dans la capitale. Trente et un pour cent ont voté contre et deux pour cent se sont abstenus. La décision définitive revient toutefois aux adhérents, ils seraient quatre mille dont la moitié à jour de cotisation, qui auront à trancher les 17, 18 et 19 octobre entre deux options, s’allier avec le Parti Socialiste ou concourir avec le Parti de Gauche et ses autres partenaires du Front De Gauche.

 

Les partisans de l’alliance avec le Parti Socialiste, parmi lesquels figurent le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, sénateur de Paris, font valoir un accord de répartition des places éligibles qui prévoit de réserver au PCF, sur les listes d’Anne Hidalgo, trente deux postes de conseillers d’arrondissement et treize sièges au conseil de Paris (contre huit actuellement).

 

Ils se satisfont également d’avoir obtenu des socialistes des « avancées concrètes importantes », notamment sur leur objectif, repris par Anne Hidalgo, de « trente pour cent de logements sociaux à l’horizon 2030 », sur « la gratuité des premiers mètres cubes d’eau ou la défense du service public de santé ».

 

La résolution du conseil départemental, dévoilée lors d’une conférence de presse mercredi, assure que « l’accord stratégique et programmatique avec le Parti Socialiste parisien exprime clairement la nécessité de refuser toute politique d’austérité qui viendrait s’opposer à l’intérêt des parisiens ».

 

A contrario, un cadre communiste déplore, sur le site du Monde, n’avoir pu obtenir du Parti de Gauche « la garantie que le PCF aurait une représentation politique actuelle qui reflète la composition actuelle du conseil de Paris ».

 

D’autres auraient expliqué en conseil fédéral que le Parti de Gauche demandait la moitié des sièges.

 

Pour Éric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche, ce ne sont que des « extrapolations, les discussions ont été stoppées il y a longtemps parce qu’on estimait qu’il fallait d’abord que les communistes prennent une décision politique ».

 

 « Nous voulons que le PCF fasse un vote politique qui engage l’avenir du Front De Gauche », abonde Alexis Corbière, un des deux conseillers de Paris du Parti de Gauche, qui déplore que « ses responsables ne nous parlent que cuisine interne et répartition de sièges ». Avant de faire observer que les cinq élus supplémentaires promis au PCF par le Parti Socialiste correspondent aux cinq élus MRC, dont le groupe n’existera plus dans la prochaine mandature. Et ne rééquilibreront donc pas les rapports de force au sein du conseil de Paris, les socialistes prévoyant de conserver le même nombre d’élus.

 

Ce matin, avant l’annonce publique des préférences de la direction parisienne, Jean-Luc Mélenchon déplorait sur son blog que le Front De Gauche soit « enfoncé jusqu’aux essieux dans les jeux politiciens à Paris », avec des conséquences pour celui-ci qui ne se limitent pas à la capitale, « on pouvait avaler bien des couleuvres, mais pas à Paris. »

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 16:22

 

http://www.politis.fr/A-Marseille-les-communistes,24031.html

 

À Marseille, les communistes choisissent le Front De Gauche

 

Par Michel Soudais

 

Jeudi 10 Octobre 2013

 

Jean-Marc Coppola, tête de liste du PCF aux municipales à Marseille, vient de rendre public dans un communiqué le choix des communistes dans la deuxième ville de France. À 92,5 % ils se sont prononcés « pour des listes de rassemblement populaire, avec le Front De Gauche. Près de sept adhérents cotisants sur dix ont participé » à cette consultation interne, précise ce communiqué dont la tonalité diffère beaucoup du discours tenu par la direction de la fédération du PCF de Paris.

 

« Très majoritairement, les adhérents marseillais du PCF ont choisi l’audace du rassemblement populaire, de la conquête collective.

 

Mobilisés, ils ont confirmé leur attachement au Front De Gauche, leur refus des compromissions et du clientélisme.

 

Ils ont redit avec force leur volonté de contribuer à la défaite de la droite et au recul de l’extrême droite en proposant une alternative de gauche, offensive sur les contenus et exigeante sur la nécessité d’un vrai changement.

 

Enfin, et c’est sans doute la raison essentielle de leur choix, ils ont gravé au cœur de leur démarche l’intervention citoyenne permanente et à tous les niveaux, pour refonder le sens de la démocratie en lui donnant comme objectif  la restitution du pouvoir et de la chose publique à la population ».

 

Le PCF marseillais, qui avait organisé le 28 septembre, avec ses partenaires du Front De Gauche, des assises citoyennes pour Marseille, annonce qu’il va poursuivre ses « rencontres avec des collectifs de citoyens, de militants politiques, associatifs, syndicaux, pour examiner les convergences possibles sur des actions immédiates (emploi, logement, déplacements, formation, jeunesse, santé, sécurité de vie), sur le projet pour Marseille, sur la constitution des listes ».

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 13:37

 

Le prix Nobel de la paix décerné à l’OIAC

 

OSLO (Reuters) - Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué vendredi à l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), qui supervise actuellement la destruction de l'arsenal chimique syrien.

 

Selon l'accord conclu le mois dernier à Genève par les Etats-Unis et la Russie après l'attaque au gaz de combat du 21 août qui a fait mille quatre cent morts dans la banlieue de Damas, la totalité de cet arsenal doit être détruit d'ici au 30 juin 2014.

 

Le choix du comité Nobel, a souligné son président Thorbjörn Jagland, est un moyen d'inviter les détenteurs de gros stocks d'armes chimiques tels que les Etats-Unis et la Russie à les détruire, « en particulier quand ils demandent à d'autres, comme la Syrie, de le faire ».

 

« Nous avons maintenant l'occasion de nous débarrasser de toutes les catégories d'armes de destruction massive. Y parvenir serait un grand événement historique », a-t-il ajouté.

 

L'OIAC, dont le siège est à La Haye, a été fondée en 1997 avec pour mission d'éliminer tous les arsenaux chimiques de la planète. Elle emploie cinq cent personnes et dispose d'un budget annuel inférieur à cent millions de dollars.

 

« Je suis certain que cela va encourager nos équipes afin qu'elles démontrent plus encore ce qu'elles peuvent faire pour la paix et la sécurité mondiales », a réagi son directeur général, Ahmet Uzumcu, à la télévision norvégienne NRK.

 

Le prix Nobel de la paix, qui est doté de dix millions de couronnes suédoises (environ un million d'euros), sera remis à Oslo le 10 décembre, jour de l'anniversaire de l'industriel suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite devenu pacifiste.

 

UN MILLIER DE TONNES EN SYRIE

 

L'OIAC, qui compte cent quatre vingt neuf états membres, assure que la Syrie du président Bachar al Assad coopère au démantèlement de son arsenal, qui pourrait être achevé à la mi-2014.

 

Ses inspecteurs avaient été pris pour cible le 26 août près de Damas. Vingt-sept d'entre eux sont aujourd'hui à pied d'oeuvre en Syrie dans des conditions inédites, en pleine guerre civile.

 

« Par essence, nous oeuvrons pour la paix. Et pas simplement pour la paix, mais aussi pour le renforcement des normes humanitaires », a déclaré à Reuters Malik Ellahi, conseiller politique auprès du directeur général de l'OIAC.

 

Les armes chimiques, largement employées sur les champs de bataille lors de la première guerre mondiale, il y a un siècle, sont « une horreur », a-t-il ajouté. « Il ne faut jamais les employer, et cela contribue non seulement à la paix mais aussi au renforcement de notre humanité », a-t-il insisté.

 

Les spécialistes pensent que Damas possède un millier de tonnes de gaz sarin, de gaz moutarde et de gaz innervants VX. Certains pourraient être stockés sous forme de composants chimiques à l'état brut, d'autres équiperaient déjà des missiles, des ogives ou des fusées.

 

Conformément à l'accord de Genève formalisé par la résolution 2118 du conseil de sécurité de L'ONU et accepté par le régime de Damas, la Syrie devrait neutraliser tous ses sites de fabrication d'armes chimiques d'ici novembre dans le cadre d'un processus qui a débuté ces dernières semaines.

 

PAS DE RÉACTION OFFICIELLE DE MOSCOU

 

La Russie, qui a repoussé la perspective de frappes militaires contre la Syrie en proposant le démantèlement de l'arsenal chimique de Damas, n'a pas officiellement réagi à l'attribution du Nobel à l'OIAC.

 

Dmitri Peskov, le porte-parole du président Vladimir Poutine, a dit n'avoir aucun commentaire. En revanche, un député du parti majoritaire Russie Unie, Viatcheslav Nikonov, a loué la décision du comité Nobel.

 

« C'est l'un des meilleurs choix réalisés par le comité Nobel dans son histoire. Ils ne souhaitaient pas commettre d'erreur cette fois-ci, parce qu'il y en a trop eu par le passé », a-t-il dit à la télévision russe en faisant allusion au choix de Barack Obama il y a quatre ans.

 

À Paris, le président François Hollande a adressé ses félicitations à l'OIAC et rappelé que la convention internationale sur les armes chimiques qu'elle est chargée d'appliquer a été signée en 1993 dans la capitale française.

 

« Je souhaite que cette distinction la renforce dans sa mission pour l'élimination complète et définitive des armes chimiques dans le monde entier », dit-il dans un communiqué.

 

« Ces armes de terreur ont été employées une fois encore le 21 août 2013 par le régime syrien contre des populations civiles, de tels actes de barbarie ne doivent plus jamais pouvoir se reproduire », ajoute le chef de l'état français.

 

Après le choix de l'Union Européenne l'an dernier et celui de Barack Obama en 2009, qui ont valu des critiques au comité Nobel, celui de l'OIAC marque un retour aux sources du prix, traditionnellement attribué à des acteurs du désarmement.

 

Selon son directeur général, quatre vingt pour cent des stocks d'armes chimiques placées sous le contrôle de l'OIAC, à l'exception de l'arsenal syrien, ont été détruits.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 19:36

 

http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Ahmet_%C3%9Cz%C3%BCmc%C3%BC

 

Ahmet Uzumcu est un diplomate turc, né le 30 août 1951 à Armutlu en Turquie.

 

Il est l’actuel directeur général de l'Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) jusqu'en 2014, date de la fin de son premier mandat.

 

Il a obtenu un diplôme en relations internationales avec une spécialité en administration publique à la faculté de sciences politiques de l'université d’Ankara. Il parle le français et l’anglais couramment.

 

Il fut d'abord ambassadeur de Turquie à Vienne en Autriche, de 1979 à 1982, puis consul à Alep de 1982 à 1984.

 

De 1986 à 1989, il représenta la délégation turque auprès de l’OTAN. Il travailla d’ailleurs pour cette organisation jusqu’en 1994. De 1996 à 1999, il dirigea le personnel du ministère des affaires étrangères turc. Il fut ensuite nommé ambassadeur de Turquie en Israël, jusqu’en 2002. Il fut par la suite le représentant permanent de la Turquie au conseil de l’OTAN à Bruxelles.

 

Par la suite, il fut sous-secrétaire adjoint d'état aux affaires politiques bilatérales puis représentant permanent de la Turquie à l’ONU jusqu’à son élection au poste de directeur général de l’Organisation for the Prohibition of Chemical Weapons (OPCW, OIAC en français) en 2009.

 

En octobre 2009, le conseil exécutif de l’OPCW se réunissait et recommandait Ahmet Üzümcü en tant que directeur général de l’organisation.

 

La recommandation fut suivie lors de la conférence des états-parties en décembre 2009 qui l’investit alors officiellement. Ahmet Üzümcü prenait ses fonctions le premier août 2010 et est en poste jusqu’en 2014 ou 2018 s’il est réélu.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 17:32

 

Le pari pro roms de Gardanne face au Front National

GARDANNE, Bouches-du-Rhône (Reuters) – « On n'a rien inventé, on n'a fait qu'appliquer la déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui stipule que les hommes naissent libres et égaux en droit ».

Le maire communiste de Gardanne, Roger Méï, a fait le pari d'intégrer des familles roms dans cette cité de vingt et un mille habitants située entre Aix-en-Provence et Marseille, région où le Front National obtient des scores généralement très élevés.

Un pari électoralement risqué dans une ville qui a donné vingt six pour cent des voix à Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2012, bien devant François Hollande et Nicolas Sarkozy.

« On a simplement pris notre part d'humanité », dit-il à cinq mois des élections municipales, où le thème de l'intégration des roms risque de peser lourd, comme en témoigne la récente polémique entre le ministre de l'intérieur Manuel Valls et sa collègue écologiste du logement Cécile Duflot.

Gardanne accueille depuis plus d'un an une douzaine de familles roms qui ont trouvé refuge sur une ancienne friche industrielle dans cette cité ouvrière aux murs rougis par les résidus de bauxite issus de l'extraction de l'alumine dans la dernière grande usine de la commune encore en activité depuis la fermeture de la mine de charbon, en janvier 2003.

C'est d'ailleurs sur le carreau d'un ancien puits de la mine que quatre vingt roms sont aujourd'hui installés, trente cinq adultes, dix neuf enfants de moins de six ans et vingt six autres plus âgés.

Dans leurs caravanes et des maisons mobiles fournies par des associations, ils disposent de points d'eau et d'électricité.

« Ce n'est pas le grand luxe, sans douche ni toilettes, mais personne ne les chasse », explique la vice-présidente du collectif des roms de Gardanne, Christine Verilhac.

LA MAÎTRISE DU NOMBRE

Nicolaï, le chef de l'une des onze familles du camp, évoque dans un français hésitant « le racisme et la xénophobie » dont les roms sont victimes en Transylvanie, sa région d'origine.

« Après plusieurs années d'errance, on a un endroit où se poser sans craindre que la police nous expulse. Il est très dur de supporter que l'on détruise plusieurs fois par an le peu de choses qu'on a », dit-il par le truchement d'une interprète.

« On n'est pas là pour créer des problèmes, on veut juste vivre un peu mieux », ajoute-t-il.

En contrepartie, la municipalité a posé ses exigences. Les roms ont signé une charte de bonne conduite les engageant à scolariser leurs enfants et à ne pas mendier dans les rues.

La clé de la réussite, c'est aussi la maîtrise du nombre.

« D'autres familles sont venues, on les a chassées. Une famille s'est manquée, elle n'a pas respecté la charte, on l'a chassée aussi », déclare Roger Méï.

C'est le prix à payer pour obtenir une stabilisation de cette population nécessaire à la scolarisation et au suivi médical des personnes, deux conditions incontournables sur la voie d'une possible intégration.

« Quand on est posé, même dans des conditions difficiles, on peut commencer à travailler plus en profondeur car l'épée de Damoclès qu'est l'expulsion n'existe plus », souligne le vice-président de Rencontres Tziganes, Marc Durand.

« On peut envisager le lendemain sinon sans inquiétude, du moins sans l'angoisse de cette expulsion toujours imminente ». Il estime à deux mille le nombre de roms présents dans les Bouches-du-Rhône sur les vingt mille que compterait la France.

« Difficile dans ces conditions de parler de déferlante, mais les clichés ont la vie dure. Les roms nous renvoient l'image dégradante de nos peurs et de nos craintes », estime-t-il.

PAS DE CALCUL POLITICIEN

A Gardanne comme ailleurs, les à prioris entourant les roms restent tenaces.

Régulièrement resurgissent les rumeurs d'enlèvements d'enfants, d'une augmentation incontrôlée des cambriolages, rumeurs régulièrement battues en brèche par les statistiques des services de la police municipale.

Le maire communiste, qui, à soixante dix huit ans, devrait briguer un nouveau mandat au mois de mars, a pris ce pari sans méconnaître les risques électoraux.

« A un moment donné, il faut savoir prendre ses responsabilités. Sans calcul politicien », dit-il.

« Cette expérience était compliquée au départ, elle l'est toujours et cela risque de le devenir encore plus dans les prochains mois. Mais si c'était à refaire, je le referais sans hésitation ».

Elu depuis 1977 à la tête de la ville, il a obtenu cinquante cinq pour cent des voix au premier tour du scrutin de 2008. Aucun des autres postulants au fauteuil de maire ne s'est pour l'instant prononcé sur la poursuite éventuelle de l'expérience au puits Z.

« On n'a pas le droit à l'échec », insiste le député écologiste de la circonscription, François-Michel Lambert. « Il y a une impérieuse nécessité à démontrer que onze familles peuvent s'intégrer en quelques mois. C'est la seule manière de pouvoir convaincre d'autres communes à nous emboîter le pas ».

Environ vingt mille roms originaires de Bulgarie et de Roumanie vivent actuellement dans quelque quatre cent campements en France et continuent, selon Amnesty International, d'être victimes d'expulsions forcées en violation du droit international en matière de droits de l'homme. 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 17:05

 

Le MRAP porte plainte contre Manuel Valls pour discrimination

 

PARIS (Reuters) - Le MRAP a annoncé jeudi sa décision de porter plainte devant la cour de justice de la république contre Manuel Valls pour provocation à la violence, à la haine et à la discrimination raciale en raison de ses propos sur les roms.

 

Le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples vise les déclarations du ministre de l'intérieur sur France Inter, le 24 septembre dernier.

 

Manuel Valls avait alors estimé que les roms étaient des « populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation ».

 

Il avait ajouté que les roms avaient « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie », précisant qu’il « aide les français contre ces populations, ces populations contre les français ».

 

Pour le MRAP, ces propos s'inscrivent « dans la continuité d'une politique de bouc émissaire », à l'instar de ceux tenus par les ministres UMP de l'intérieur de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Claude Guéant.

 

Brice Hortefeux a été condamné en 2010 pour « injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine » sur plainte du MRAP mais a été relaxé en 2011 par la cour d'appel de Paris. L'infraction a été requalifiée en contravention d'injures non publiques.

 

La ministre écologiste du logement, Cécile Duflot, a eu une vive passe d'armes avec Manuel Valls auquel elle a reproché de mettre en danger le pacte républicain, contraignant François Hollande à les rappeler à l'ordre.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 19:03

 

Damas coopératif avec les experts en armes chimiques de l’OIAC

 

LA HAYE (Reuters) - L'arsenal chimique de la Syrie pourra être détruit comme prévu à la mi-2014 si toutes les parties au conflit syrien coopèrent, a déclaré mercredi le directeur général de l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC), l'organisation chargée de cette opération.

 

Dans cette première phase de l'opération, les autorités syriennes se montrent coopératives, a estimé Ahmet Üzümcü, précisant que les experts de l'OIAC pensaient se rendre sur une vingtaine de sites dans les semaines à venir.

 

« La coopération est tout à fait constructive et je dirais que les autorités syriennes sont coopératives », a-t-il dit lors d'une conférence de presse à La Haye, où l'OIAC a son siège.

 

« Si nous pouvons nous assurer de la coopération de toutes les parties et si l'on peut établir des cessez-le-feu temporaires pour permettre à nos experts de travailler dans un environnement propice, je pense que les objectifs pourraient être atteints », a-t-il ajouté.

 

La Syrie a présenté fin septembre à l'OIAC un inventaire de son stock chimique, conformément à l'accord américano-russe conclu le 14 septembre à Genève.

 

Ce compromis visait à éviter une action militaire que les Etats-Unis comptaient mener avec la France pour sanctionner le régime de Bachar al Assad en représailles à une attaque meurtrière au gaz sarin menée le 21 août près de Damas.

 

Les détails du stock syrien n'ont pas été divulgués. Il est estimé par les spécialistes à mille tonnes de gaz moutarde, sarin et VX, en partie entreposées à l'état brut et en partie déjà chargées dans divers missiles.

 

Selon l'accord conclu à Genève, la totalité de l'arsenal chimique syrien doit être détruit d'ici au 30 juin 2014.

 

La majeure partie de ces agents chimiques serait entreposée dans les zones sous contrôle du gouvernement syrien, qui s'est engagé à assurer la sécurité des membres de l'OIAC.

 

L'équipe actuellement en Syrie compte vingt sept experts, qui ne se rendront dans les centres de stockage que s'ils sont sûrs qu'il n'y a pas de danger, a précisé Malik Ellahi, conseiller politique d'Ahmet Üzümcü.

 

S'agissant des zones où les combats se poursuivent, le gouvernement syrien et l’ONU devront négocier des cessez-le-feu avec les rebelles.

 

Un responsable de l'OIAC qui a requis l'anonymat a souligné que les sites chimiques qui pourraient se trouver en territoire rebelle ou dans les zones de combat avaient été pratiquement vidés avant le début des hostilités.

 

Il faudra toutefois les inspecter, a-t-il ajouté.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens